Le devoir, 13 septembre 2010, Cahier A
TORONTO Woody Allen porte son ^ pessimisme comme un étendard V Æ?* Page B 10 MEDICAMENTS Une assurance universelle serait beaucoup plus économique Page A 3 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ci N°206 4 LE LUNDI 13 SEPTEMBRE 2010 I,IO$ + TAXES = 1,25$ m I SHAUN BEST REUTERS Le Néerlandais Robert Gesink levant le poing en signe de victoire après avoir remporté hier le premier Grand Prix cycliste de Montréal.Grand Prix cycliste L’audace triomphe à Montréal Robert Gesink, des Pays-Bas, joue son va-tout et l’emporte par quatre secondes MARC DELBES Comme à Québec vendredi, il aura fallu attendre la dernière boucle dy cycliste en tête pour assister à l’action décisive.Ail km de l’arrivée, le Néerlandais Robert Gesink a joué son va- tout dans la dernière ascension de la voie Camil-lien-Houde, et son audace a payé puisqu’il a remporté la première édition du Grand Prix cycliste de Montréal, comptant pour le Pro Tour.Le Canadien Ryder Hesjedal, grand favori de la foule, n’est pas rentré bredouille cette fois puisqu’il est monté sur la troisième marche du podium.Gesink, un jeune coureur prometteur de 24 ans de l’équipe Rabobank, a tenu le coup jusqu’au fil d’arrivée, effectuant les 193,6 km de VOIR PAGE A 10: GRAND PRIX OSMAN ORSAL REUTERS TURQUIE «Oui» très net à une révision constitutionnelle À lire en page B 1 MEDIAS La page «Convergence» de retour tous les lundis dans Le Devoir A lire en page B 9 INDEX Annonces.B 2 Idées .A 9 Automobile.B 4 Météo.B 6 Avis pubiics.B 8 Monde.B 1 Cuiture.B 9 Mots croisés.B 6 Décès.B 2 Reiigions.B 8 Économie .B 7 Sudoku.B 6 Éditoriai.A 8 Téiévision.B 9 L’ENTREVUE Le chef des chefs Pour Jean-Luc Boulay, les Québécois sont devenus des champions en matière de gastronomie Il y a tout juste une semaine, le chef Jean-Luc Boulay était l’un des hommes les plus craints au Québec.Juge à l’émission Les Chefs, à Radio-Canada, le copropriétaire du restaurant Le Saint-Amour de Québec n’en laissait pas passer une.Et pourtant, on l’aimait bien.ISABELLE PORTER Québec — Quelques jours après la fin de l’émission, on s’ennuie presque de l’entendre dire qu’il faut «respecter le produit» ou que «ce n’est pas assez bien assaisonné».«Je n’étais pas trop sévère?», a-t-il demandé, l’air inquiet, lors d’im entretien accordé dans son restaurant du Vieux-Québec.La veille, l’équipe de l’émission avait fêté la fin de la série.Pas lui.«Ce n’est pas mon genre», a-t-il dit, «je suis un peu sauvage, voussavez».Sauvage, peut-être, mais terri- fieütiai' !' mM GUILLAUME D CYR LE DEVOIR Le chef Jean-Luc Boulay, un étudiant perpétuel blement passionné par son métier.Au point de le placer au cœur de ses vacances.Le lendemain de l’entrevue, il quittait la ville pour im «safari de chasse et pêche» dans le Nord.«Je fais ça assez souvent, confie-t-il./c monte avec six gars de Montréal, dont Serge Savard, du Canadien.Le but, c’est de partir sans protéines.On ne se nourrit que de ce qu’on pêche et chasse.» Et alors?Les prises sont belles?«Ah oui! Il y ale grand caribou, le saumon, la ouananiche, la truite grise, VOIR PAGE A 10: BOULAY Le federal limitera-til le salaire de Nagano ?Un plafond de 250 000 $ pourrait être imposé aux organismes comme l’OSM GUILLAUME B O U R G AU LT - C ÔT É Ottawa — Le salaire de Kent Nagano pourrait-il être plafonné à 250 000 $ par année?C’est la «menace» qui pèse sur le chef d’orchestre montréalais si la Chambre des commîmes adopte un projet de loi qui veut augmenter la transparence des organismes de bienfaisance comme l’QSM.Une initiative qui soulève des inquiétudes diverses dans plusieurs milieux.Le projet de loi C470 propose d’empêcher qu’une œuvre de bienfaisance, une fondation publique ou une fondation privée puisse verser à un employé une rémunération annuelle supérieure à un quart de million.La Loi de l’impôt sur le revenu serait modifiée pour permettre au ministre de révoquer l’enregistrement de ces organismes à but non lucratif en cas de violation de cette directive.Selon nos informations, le salaire de M.Nagano Le salaire de Kent Nagano à l’OSM est évalué à 1,5 million VOIR PAGE A 10: NAGANO ERANK PERRY AGENCE ERANCE-PRESSE Le cinéaste Claude Chabrol, décédé hier à 80 ans Claude Chabrol, 1930-2010 Cinéaste du versant sombre de l’âme humaine ERANÇOIS LÉVESQUE Claude Chabrol n’est plus.Cette nouvelle-là, personne ne l’attendait.Le cœur a lâché, tout bêtement.L’œil goguenard malgré ses 80 ans, Claude Chabrol dégageait une telle bonhomie, un tel allant dans la fréquence de ses tournages que le poids des années ne semblait guère l’inquiéter.Le cinéphile, de son côté, continuait de voir en lui le joyeux anthropologue des travers de la bourgeoisie.Laquelle pourra enfin dormir sur ses deux oreilles, pour notre plus grand chagrin.Longue feuille de route que celle de Claude Chabrol.Né à Paris en 1930 au sein d’une famille de VOIR PAGE A 10: CHABROL 77831302380038 w m LE DEVOIR, LE LUNDI IS SEPTEMBRE 2010 A 3 ACTUALITES ^?veRres Radio Ville-Marie 19 septembre 11 à 17 h La mauvaise vache à lait A Manon CORNELLIER ncore une fois, ce sont les salariés, leurs employeurs et les chômeurs qui vont passer à la caisse les premiers pour éponger le déficit.Le gouvernement Harper a confirmé la semaine dernière qu’il mettait fin aux mesures spéciales d’accessibilité à l’assurance-emploi et que les cotisations au régime allaient augmenter dès janvier prochain.La hausse des cotisations est particulièrement dérangeante, et ce, pour deux raisons.D’abord, le moment est mal choisi.La reprise est fragile et la situation de l’emploi, précaire.Encore vendredi.Statistique Canada faisait état d’une légère hausse du taux de chômage.Une hausse des cotisations dans ce contexte peut seulement décourager les employeurs d’embaucher davantage.Encore plus troublant est le caractère inéquitable de cette hausse.Si la caisse avait toujours servi sa vocation première, c’est-à-dire offrir une vraie assurance aux salariés en cas de perte d’emploi, on ne verrait aucun problème à ce que les salariés et leurs employeurs la renflouent.Le problème est qu’ils ont passé une décennie à payer davantage qu’ils n’auraient dû uniquement pour aider le gouvernement à effacer sa dette pendant que les chômeurs avaient de plus en plus de difficulté à avoir accès à des prestations.À eux seuls, les chômeurs, les salariés et leurs employeurs ont apporté plus de 50 milliards de dollars à cet effort.Un effort dont ont été épargnés les professionnels, les travailleurs autonomes et tout employé rémunéré autrement que par salaire.Si une plus ^ande portion des anciens surplus de la caisse avait servi à constituer une vraie réserve, ces salariés et leurs employeurs ne subiraient pas ce qui n’est rien d’autre qu’une taxe.Et une taxe régressive en plus puisque les petits salariés la paient sur l’ensemble de leur salaire alors que les plus hauts salariés ne la versent que sur la première tranche de 43 200 $ de leurs revenus.Ce choix est inéquitable aussi parce que l’alourdissement de la facture de l’assurance-emploi n’est pas ce qui a coûté le plus cher au gouvernement durant la crise.En 2008-2009, le compte de l’assurance-emploi a, comme à l’accoutumée, affiché un surplus de 600 millions.malgré la récession.En 2009-2010, il n’a pu éviter un déficit de cinq milliards, mais cette somme ne représente qu’un dixième du déficit total prévu par Ottawa pour la même année et qu’une fraction de la facture de son plan économique.Officiellement, c’est pour renflouer la caisse que le gouvernement a décidé, dès mars dernier, de mettre fin au gel des cotisations, le 1" janvier prochain.Il iaut savoir que, lors du budget de 2008, le gouvernement a modifié la gestion de la caisse de l’assurance-empEoi.Depuis juin 2008, elle relève d’une société d’Etat, l’Office de financement de l’assurance-emploi.Le gouvernement continue de déterminer les modalités d’accès au programme, mais l’Office gère le compte et fixe le niveau des cotisations de façon à maintenir un équilibre entre les revenus et les dépenses.Le gouvernement l’a doté dès le départ d’un coussin pour éventualités de deux milliards — que l’Office doit toutefois renflouer dès que possible — et a prévu, pour éviter une flambée des cotisations, que la variation annuelle du taux ne pourrait dépasser 15 cents.Un gros grain de sable est venu contrecarrer ce beau plan.Il avait pour noms «récession» et «crise économique».On a gelé les cotisations pour aider les entreprises.La hausse soudaine du chômage a fait gonfler la facture et forcé l’adoption de mesures spéciales.Cela ne suffit toutefois pas à expliquer le déficit de l’an dernier et la hausse de janvier prochain.La caisse a surtout souffert de son sous-fmancement initial.La réserve de deux milliards était bien loin du coussin de 15 milliards que l’actuaire en chef avait recommandé pour protéger le programme contre les contrecoups économiques.L’Office devrait dévoiler sa proposition de nouveau taux le 4 novembre.Le gouvernement aura jusqu’au 30 du même mois pour y répondre.Il a toutefois bâti tout son budget et son plan de lutte contre le déficit sur la base d’ime hausse de 15 cents.Pire, 11 tenait pour acquis que les taux grimperaient du montant maximal plusieurs années d’affilée, assez en tout cas pour permettre au compte d’afficher im su^lus de 19 milliards sur quatre ans.Si l’on soustrait le déficit affiché par la caisse au cours de la dernière année et la réserve pour éventualités que l’Office doit renflouer, cela veut dire que le gouvernement compte sur un excédent cumulatif réel de 12 milliards au chapitre de l’assurance-emploi.En vertu de la réforme de 2008, la caisse devrait, théoriquement et une fois l’encre rouge des dernières années effacée, conserver ces surplus ou baisser les cotisations.Mais en attendant qu’elle atteigne l’équilibre, les conservateurs font comme les libéraux.Ils comptabilisent les revenus et les dépenses du programme d’assurance-emploi dans le budget et les prévisions à long terme du gouvernement.Et quand on y regarde de plus près, on constate que, sans les surplus annuels de l’assurance-emploi et les rondelets 12 milliards accumulés sur quatre ans, le déficit général du fédéral serait plus important que prévu et ne disparaîtrait pas aussi vite que le promettent les conservateurs, c’est-à-dire dans cinq ans.mcornellier@ledevoir.corn ¦1 i ^ n T c» a» i* (f' LUCAS JACKSON REUTERS Au Canada, 45 % des dépenses en médicaments sont assumées par PÉtat Médicaments : un régime universel serait beaucoup plus économique Un système entièrement public permettrait d’épargner jusqu’à 10,7 milliards, soit une réduction de 43 %, calculent deux instituts indépendants PAULINE GRAVEL Un régime public universel d’assurance médicaments oû tous les citoyens se verraient rembourser par l’Etat les médicaments qui leur sont prescrits serait nettement plus économique que la formule public-privé qui prévaut actuellement au Canada.Un régime pubbc permettrait à tous les Canadiens d’économiser jusqu’à 10,7 milliards de dollars, soit une réduction de 43 % des coûts du régime actuel, souligne avec moult arguments économiques un rapport que le Centre canadien de pobtiques alternatives (CCPA) et l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques QRIS), deux instituts indépendants sans but lucratif reconnus pour leur discours progressiste, rendent public aujourd’hui.Au Canada, 45 % des dépenses ep médicaments sont assumées par l’Etat, dont la contribution apparaît très faible comparativement à celles des autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), parmi lesquels figurent le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Erance et la Suède qui offrent une assurance médicaments publique universelle.De plus, le Canada est le deuxième pays de l’OCDE, après les Etats-Unis, oû on compte le plus grand nombre d’assureurs privés couvrant les dépenses en médicaments.Loin d’entraîner une flambée des coûts, un régime universel d’assurance médicaments permettrait à tous les contribuables de faire des économies substantielles, indiquent les auteurs du rapport Marc-André Gagnon, professeur à la School of Pubbc Pobcy and Administration de l’Université Carleton d’Ottawa, et Guibaume Hébert, chercheur à l’IRIS, qui rap- peUent d’entrée de jeu que les prix de détaü des médicaments d’ordonnance au Canada sont parmi les plus élevés des pays de l’OCDE, et que c’est aussi au Canada qu’üs ont augmenté le plus rapidement.Cette inflation est imputable en grande partie à une politique bidus-triebe visant à biciter l’bidusfrie pharmaceutique à bivestir sur notre terri-toire.Cette politique consiste à adopter les prix en cours dans les pays oû l’bidusfrie pharmaceutique est très présente et bivestit substantiellement dans la recherche et le développement (R&D), dans Tespofr d’obtenir les mêmes retombées ici.«Quand on a adopté cette politique du prix des médicaments au Canada, les compagnies pharmaceutiques avaient promis de maintenir un ratio de 10 % entre leur investissement en R&D et leurs ventes.Ce ratio a graduellement fondu pour atteindre 7,5 % en 2009.On maintient donc artificiellement élevé le prix des médicaments sans toutefois bénéficier des retombées qu’il devrait entraîner», expbque M.Gagnon.Un modèle à repenser Ce dernier cite l’exemple des Sibsses qui paient leurs médicaments plus cher pour appuyer leur bidustrie pharmaceutique, mais qui en récoltent beaucoup plus de fruits que nous, puisque le ratio des activités de R&D sur les ventes y atteint 113 %, contre 7,5 % au Canada.E( c’est sans compter sur le fait que l’État suisse paie 94 % des coûts des médicaments, comparativement à 45 % au Canada.Marc-André Gagnon rappelle au passage la fermeture en jibbet dernier «En matière de coût et de prix, [le modèle québécois] est vraiment un modèle d’inefficacité» des laboratofres de Merck Erosst au Québec qui étaient «un des fleurons de la recherche novatrice au sein de l’entreprise».«Cette fermeture en dit long sur le modèle d’affaires des entreprises pharmaceutiques actuellement La recherche novatrice étant très coûteuse, risquée et peu profitable, les entreprises travaillent plutôt à la mise au point de “me-too drugs”, des médicaments très similaires aux molécules déjà distantes, à l’exception de quelques légères modifications.Des campagnes promotionnelles massives en font ensuite des “blockbusters” qui rapporteront beaucoup même si, en termes thérapeutiques, ils ne sont pas meilleurs que les médicaments précédents.L’innovation thérapeutique n’est plus essentielle à la rentabilité de l’entreprise.» Mais les assurances privées acceptent de rembourser tous les nouveaux médicaments, même s’ils ne sont pas plus bénéfiques que des médicaments existants moins chers, comme des médicaments d’origbie non brevetés ou des génériques.«Les compagnies d’assurances privées n’ont aucun incitatif financier à réduire les dépenses puisqu’elles réajustent leurs primes annuellement.Conséquemment, les primes des assurances privées ont grimpé de 15 % au cours des années 2000, alors que les coûts des médicaments ne se sont accrus que de 8 %», précise M.Gagnon.Un régime pubbc universel assure quant à lui une évaluation plus rigoureuse des nouveaux médicaments afin de s’assurer que celui qui sera remboursé et qui sera davantage prescrit est celui qui est le plus efficace au meilleur coût, explique le chercheur.En Nouvebe-Zélande, les gens demeurent libres d’acheter le médicament qu’üs désfrent, mais on ne leur rembourse que le prix du médicament de référence.«Cette approche est un moyen formidable de faire des économies», dit-ü.En abaissant davantage le prix des médicaments génériques, qui sont en moyenne 40 % plus élevés que le prix de revient pour la compagnie, un régime pubbc permettrait d’ébmbier les ristournes que les compagnies pharmaceutiques proposent souvent aux pharmaciens afin de les biciter à choi-sfr leur produit plutôt qu’un autre.Un régime public aurait aussi un plus grand pouvofr de négociation avec les compagnies pharmaceutiques.«La quantité de médicaments achetée pourrait permettre d’aller chercher des rabais importants», bidique M.Gagnon.Des économies pourraient également être réalisées sur le plan des frais adnbnisfratifs, pour la gestion du régime, qui sont moindres dans un régime pubbc (2 % au Québec et en Qntario) que dans un régime privé (8 %).Toutes les entreprises peuvent bénéficier d’une déduction d’impôt équivalente à 10 % des contributions qu’elles versent à un régime privé d’assurance médicaments pour cou-vrfr les besoins de leurs employés.«Cette mesure est destinée à encourager les entreprises à pourvoir leurs employés d’une assurance médicaments, mais elle représente par ailleurs un manque à gagner pour l’Etat», fait remarquer le chercheur.«Le Québec reste un modèle en terme d’équité d’accès puisque tout le monde est couvert par une assurance médicaments.Par contre, en matière de coût et de prix, il est vraiment un modèle d’inefficacité!», lance-t-il finalement.Le Devoir 21® congrès mondial de l’énergie Les choix du gouvernement Charest dénoncés MARCO BELAIR-CIRINO Des dizaines de personnes ont dénoncé, hier après-midi, les choix énergétiques du gouvernement du Québec — notamment dans le dossier des gaz de schiste —, à deux pas du Palais des congrès de Montréal oû s’ouvrait le 21® congrès mondial de l’énergie.Le président de l’Association québécoise de lutte contre la poüution atmosphérique (AQLPA), André Bebs-le, a fait un plaidoyer vigoureux en faveur du développement des énergies renouvelables.«Il faut dire non aux énergies redoutables: au nucléaire, au pétrole, au gaz.Le temps est venu de passer à autre chose.C’est ça qu’ils doivent comprendre et entendre.Il faut qu’ils investissent pour notre avenir et non leurs profits», a tonné M.Bebsle, pressant le gouvernement de Jean Charest d’amorcer un véritable vfrage vert.«On a tenté de nous endormir au gaz, mais c’est raté, le Québec est réveillé», a-t-ü ajouté, montrant du doigt les bbéraux pour leur gestion du dossier des gaz de schiste.Tous ceux et ceües qui lui ont succédé ont réclamé, comme lui, un moratofre sur l’exploration et l’ex- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Des militants de Greenpeace, dont une poignée de personnes engluées de «pétrole», ont dénoncé les dangers de la dépendance aux énergies fossiles en rappelant la catastrophe de la marée noire dans le golfe du Mexique.ploitation du gaz de schiste.Au mbb-mum.«On est chez nous, ici.C’est notre terre, elle nous appartient.Le sous-sol, c’est la même chose.Ce n’est pas au Parti libéral de vendre ce qui n’est pas à lui», a poursuivi la présidente du comité local de Saint-Jude-mobibsation gaz de schiste.Marie-Ève Mathieu, entourée de tous côtés de dizaines de manifestants de tous âges.Elle a ensuite énoncé successivement quelques-uns des projets controversés défendus par le gouvernement au fil des dernières années; la centrale thermique du Suroît, le terminal métha- nier Rabaska, l’exploration ef l’exploitation d’uranium à Sept-Iles.«Assez, c’est assez», a-t-eüe lancé, sous les applaudissements, dont ceux de la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Environnement et de Développement durable, Martine Quellet, et de celle de Québec sobdafre, Erançoise David.Le porte-parole de la Eondation Rivières Yann Perreau a quant à lui appelé le gouvernement et la population à s’affafrer à accroître l’efficacité énergétique du Québec.La mbiistre des Ressources natu-reUes, Nathabe Normandeau, «que les intimes appellent “Baby Drib Normandeau”» prétend à tort perpétuer l’héritage des révolutionnâmes tranquüles en soutenant qu’en prodibsant du gaz ici plutôt qu’aüleurs, les Québécois accroîtront leur indépendance énergétique, selon Daniel Breton, qui est à la tête de Maîtres chez nous, XXL siècle.«En réalité, c’est doctement le contraire.Si René Lévesque et Jean Lesage ont proposé, en 1962, la nationalisation de l’électricité, c’était parce que les centrales sur notre territoire appartenaient à des intérêts privés, pour la plupart étrangers.» Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI IS SEPTEMBRE 2010 ACTUALITES Circonscription de Saint-Laurent Les électeurs appelés aux urnes aujourd’hui Les électeurs de la circonscription de Saint-Laurent, sur l’île de Montréal, se rendront aux urnes aujourd’hui, ils doivent élire un remplaçant pour l’ancien député et ministre libéral Jacques Dupuis, qui a démissionné en août.Saint-Laurent est vue comme une forteresse libérale.Depuis sa création en 1966, la circonscription a toujours été aux mains des libéraux.M.Dupuis y était député depuis 1998.Aux dernières élections générales, la majorité de M.Dupuis s’élevait à 12 158 votes.Déjà ministre mais sans circonscription, Jean-Marc Fournier tentera de conserver le siège pour le Parti libéral.11 effectue un retour, lui qui avait quitté la vie politique avant les élections de 2008 après avoir géré plusieurs portefeuilles, dont celui des Affaires municipales lors de l’épineux dossier des défusions municipales.Le premier ministre Jean Charest lui a d’ailleurs confié le ministère de la Justice lors du remaniement du mois d’août dernier.Du côté du Parti québécois, c’est Philippe Leclerc qui a la lourde tâche de conquérir les électeurs traditionnellement vendus au Parti libéral.Si le défi est grand dans cette circonscription, le PQ croit que l’insatisfaction des Québécois envers le gouvernement libéral pourrait jouer en sa faveur.M.Leclerc assure que son travail sur le terrain lui a permis de ressentir la grogne des citoyens de Saint-Laurent, et que plusieurs d’entre eux lui ont avoué que le vent pourrait tourner.L’Action démocratique du Québec (ADQ) présente José Fiorilo, qui tente de devenir député adéquiste de Saint-Laurent pour la troisième fois.D’origine bolivienne, il cadre bien avec cette circonscription fortement multiethnique.Si peu de gens donnent l’ADQ gagnant, M.Fiorilo surfe toutefois sur un éditorial du quotidien montréalais anglophone The Gazette, qui a pris position en faveur du candidat adéquiste.Québec solidaire présente pour sa part Marie-Josèphe Pigeon.La porte-parole du parti, Françoise David, avoue que leurs objectifs sont «modestes» dans cette circonscription, le but premier de l’élection complémentaire étant de faire connaître les idéaux de Québec solidaire aux électeurs.Finalement, Tim Landry représente le Parti vert du Québec.Déjà ministre, mais pas député, Jean-Marc Fournier, tentera de conserver le siège pour le Parti libéral La Presse canadienne Un dernier hommage senti pour un « modèle » et une « inspiration » Environ 1300 personnes ont assisté samedi aux funérailles nationales du ministre Claude Béchard MARTIN OUELLET ET ALEXANDRE ROBILLARD La Pocatière — Environ 1300 personnes ont assisté, samedi, aux imérailles nationales du ministre Claude Béchard, décédé la semaine dernière au terme d’im combat de deux ans conUe le cancer.La foule s’est massée dans la cathédrale Sainte-Anne, oû il a fallu installer des écrans géants au sous-sol, afin d’accueillir tous les citoyens et les personnalités du monde politique, tous partis confondus, venus rendre un dernier hommage au ministre, qui était âgé de 41 ans.Le cortège funéraire, parti du village natal de M.Béchard, Saint-Philippe-de-Néri, est arrivé vers llh pour le début de la cérémonie.Dans son homélie, l’évêque Yvon-Joseph Moreau a cité Thomas d’Aquin pour décrire le cheminement du défunt.En se consacrant avec passion aux intérêts de ces concitoyens, Claude Béchard pratiquait «la plus haute forme de charité», a-t-il dit.Justine, la fille aînée du dîsparu, a pour sa part lu la première épître de saint Jean avant d’y aller d’un message personnel.«Papa, ici, tout le monde t’aime et jamais personne ne va t’oublier», a-felle dît, la voix étranglée par l’émotion.De son côté, Hélène, grande sœur et marraine de Claude, a livré un témoignage touchant, parfois teinté d’humour, sur celui qu’elle considérait comme le héros de la famille.«Tu étais un modèle pour nous tous.Tu auras été une inspiration pour nous jusqu’à la fin de ton mandat sur la terre.Tu as réalisé ton rêve de député, de ministre, mais Dieu ne t’a pas laissé le temps d’aller au bout de ton rêve», a-t-elle dit.«Ma vie, c’est la politique» Quant à lui, le premier ministre Jean Charest a survolé avec émotion les grands moments de la carrière politique du défunt, élu à 28 ans dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata, qu’il aura représentée pendant 13 ans à l’Assemblée nationale.11 a raconté que son ministre résistait à l’idée de voir ses responsabilités allégées, l’été dernier, même si la maladie gagnait du terrain.«Je trouvais qu’il en avait trop.Il trouvait qu’il n’en avait pas assez.Je voulais qu’il ralentisse, il voulait continuer.Je lui ai dit: “Claude, avant la politique il y a la vie”.Il m’a répondu: “Ma vie, c’est la poli-tiqtfc”», a relaté M.Charest.À la toute fin de la cérémonie, Marie-Claude Champoux a lu un hommage écrit par Mylène, sa sœur, et conjointe de M.Béchard.«Tu as puisé dans toute ton énergie, l’échec n’a jamais été envisagé.Mais la mer t’a emporté, nous laissant meurtris.Ce n’est pas une victoire de la mort, c’est une célébration de la vie.Une occasion de saluer ton courage, ta détermination, ta force aussi», a-t-elle dit.Plusieurs personnalités du monde politique fé- CLEMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE Claude Béchard laisse dans le deuil sa conjointe, Mylène Champoux, et ses deux filles, Justine et Béatrice, ainsi que Charles et Marianne, les enfants de sa conjointe.déral et provincial étaient là, dont le député pé-quiste François Gendron, qui représente la circonscription d’Abitibi-Quest depuis 34 ans à l’Assemblée nationale.Avant la cérémonie, devant la cathédrale, M.Gendron a décrit la personnalité de M.Béchard, insistant sur sa passion pour la joute politique qui ne l’empêchait pas de conserver son côté rieur et sjmpathique.«J’aime ces hommes déterminés, courageux, vrais, qui ne lâchent pas, à qui on peut se fier et qui ont de la ténacité, un peu cow-boys, un peu délinquants: parle-moi de ça, a-t-il lancé.Ça joue les coudes hauts, parfois trop hauts, mais une fois que la “game” est finie, la “game” est finie.» Un dernier discours Malgré le combat qu’il a livré, M.Béchard faisait preuve de réalisme face à la progression de la maladie et il savait qu’il ne verrait pas certaines choses, a raconté l’ex-ministre Jacques Dupuis, qui a quitté récemment le gouvernement après avoir travaillé avec lui de nombreuses années.M.Dupuis a notamment évoqué le dernier passage de M.Béchard au parlement, en juin dernier, lorsqu’il est revenu quelques semaines avant la fin des travaux parlementaires.«On s’est organisés tous ensemble pour qu’il puisse prononcer un discours à la dernière session, a-t-il dit.Pour qu’il puisse avoir son moment à l’Assemblée qu’on présumait peut-être son dernier.» L’ex-hockeyeur Patrice Brisebois étaient de ceux, nombreux, venus rendre hommage au défunt ministre.L’ancien défenseur du Canadien connaissait Claude Béchard depuis quatre ou cinq ans et le considérait comme un ami.N’eût été la maladie, le député de Kamouraska-Témiscouata aurait un jour occupé les fonctions les plus hautes, selon Brisebois.
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