Le devoir, 12 juillet 2010, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 12 JUILLET 2010 LE MONDE Un million de Catalans manifestent pour l’autonomie de leur «nation» Page B 2 ETHIQUE ft TllOîlÛt Inonde aurait-il trouvé Deficit refaites le gouvernement osent — une voie d’avenir?I Page B 6 MOPE AFFAIRE BETTENCOURT Un rapport blanchit Éric Woerth Nicolas Sarkozy interviendra à la télévision aujourd’hui afin de calmer la tempête Paris — Le rapport de Ulnspection générale des finances (ÎGF) sur l’affaire Bettencourt affirme que le ministre du Travail n’est pas intervenu dans le dossier fiscal de liliane Bettencourt.Il avance également que les informations transmises par le parquet de Nanterre au ministère du Budget alors dirigé par Eric Woerth n’étaient pas de nature à susciter le déclenchement d’une enquête sur la situation de la milliardaire.Ce rapport, diffusé hier, était très attendu par Nicolas Sarkozy et la majorité pour tenter de desserrer l’étau autour du ministre du Travail, au centre d’une tempête politique depuis près de quatre semaines.Eric Woerth est notamment soupçonné d’avoir fermé les yeux sur la situation fiscale de l’héritière de L’Oréal en raison de l’embauche de son épouse par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.La sortie du rapport de l’IGF, commandé par l’actuel ministre du Budget François Baroin, intervient à la veille d’une intervention télévisée grâce à laquelle Nicolas Sarkozy tentera de reprendre la main.En conclusion, ce document indique qu’Eric Woerth, durant la période où il était ministre du Budget, «n’est pas intervenu auprès des services placés sous son autorité pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Mme Bettencourt, MM.Banier ou de Maistre, ainsi que sur les sociétés Téthys et Clymène».« Partiel et partial » En outre, «les informations obtenues dans le cadre du contrôle fiscal de M.Banier, notamment de source judiciaire, n’étaient pas de nature à conduire l’administration à déclencher un examen de la situation fiscale personnelle de Mme Bettencourt», ajoute le texte.Le parquet de Nanterre avait indiqué avoir transmis aux services d’Eric Woerth un dossier qui faisait apparaître des opérations de fraude fis-calç autour de liliane Bettencourt.Eric Woerth avait répliqué que ces éléments ne concernaient que la situation de François-Marie Banier, le photographe poursuivi en justice pour «abus de faiblesse» après avoir obtenu près d’un milliard d’euros de dons de la milliardaire.Pour le député socialiste Bruno Le Roux, il s’agit d’un «rapport partiel et partial» mené par un organisme interne et la justice doit absolument désigner un juge d’instruction pour «mener une enquête indépendante».Il a souligné sur i-Télé que de multiples interrogations demeuraient sur le ministre du Travail, dont le nom apparaît, selon lui, dans d’autres dossiers comme l’affaire Wîldensteîn du nom d’une autre grande famille fortunée.Trois enquêtes préliminaires, dont deux susceptibles de viser Eric Woerth et son épouse Florence, ont été ouvertes par le parquet de Nanterre.VOIR PAGE B 2 WOERTH î % DIMITAR DILKOFF AFP Une Bosniaque pleurait hier sur les tombes de ces deux fils, morts lors du massacre il y a 15 ans.Les cercueils contenant les restes de 775 victimes recouverts d’un tissu vert, la couleur de l’islam, ont été portés en terre au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica, dans l’est de la Bosnie.Srebrenica se souvient du massacre Bosniaques et chefs d’État commémorent les 15 ans de la tragédie RUSMIR SMAJILHODZIC Srebrenica, Bosnie-Herzégovine — Des dizaines de milliers de personnes ont participé hier aux commémorations du massacre commis en 1995 à Srebrenica, durant laquelle le président américain Barack Obama a appelé dans un message à l’arrestation de Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie au moment du massacre.Cette tragédie survenue en juillet 1995, au cours de laquelle périrent quelque 8000 musulmans bosniaques et qui fut le massacre le plus sanglant commis en Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est qualifiée de «génocide» par la justice internationale.Les cérémonies, civile et reli^euse, ont débuté en fin de matinée.Les cercueils contenant les restes de 775 victimes recouverts d’un tissu vert, la couleur de l’islam, ont été portés en terre dans l’après-midi au centre mémorial de Potocari, près de,Srebrenica, dans l’est de la Bosnie.A ce jour, près de 6500 des quelque 8000 victimes ont été identifiées par des tests ADN.Dans un message lu devant la foule, Barack Obama a qualifié le massacre de «tache sur notre conscience collective» et a appelé à l’arrestation de l’ex-général Ratko Mladic.«Il ne peut y avoir de paix durable sans justice», sans «la poursuite et la condamnation de ceux qui ont perpétré le génocide», a affirmé le président américain.Cela «inclut Ratko Mladic, qui a présidé aux tueries et reste libre», a-t-il déclaré.Ratko Mladic a été inculpé de génocide par la justice internationale, en particulier pour le massacre de Srebrenica, mais il reste introuvable.Il pourrait se cacher en Serbie, et Belgrade assure tout faire pour le retrouver.Dans un message également lu, le premier ministre britannique David Cameron a assuré que les responsables du massacre seraient «poursuivis sans relâche jusqu’à ce qu’ils comparaissent devant la justice».«Que la justice arrête surtout le général Mladic», a lancé devant la foule le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.Le président serbe, Boris Tadic, était présent à la cérémonie.«En tant que président de Serbie, je n’abandonnerai pas la recherche des coupables, et par cela, je désigne avant tout Ratko Mladic», a-t-il déclaré devant quelques journalistes, cité par l’agence de presse serbe Tanjug.Ce n’est que lorsque tous les responsables auront été déférés devant la justice «que nous serons capables de nous tendre la main et de continuer à vivre comme des gens normaux, comme c’était le cas autrefois», a ajouté le président serbe.Proches toujours hantés Dans la foule se trouvaient de nombreux proches des disparus, toujours hantés par ces journées durant lesquelles les forces serbes bosniaques se sont emparées de l’enclave musulmane de Srebrenica, pourtant sous protection de l’ONU.Hatidza Mehmedovic enterrait hier son mari Abdulah et ses deux fils Almir et Azmir, âgés de 17 et 20 ans à l’époque.«Je ne pouvais pas croire que quelqu’un ait été capable de commettre un tel crime», déclare cette femme, qui se rappelle avoir attendu pendant des jours l’arrivée des siens.En vain.VOIR PAGE B 2 SREBRENICA La Chine renouvelle la licence de Google MICHAEL WEI EMMA GRAHAM-HARRISON Pékin — Le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information a annoncé hier le renouvellement de la licence d’exploitation de Google en Chine, confirmant ainsi une annonce faite deux jours plus tôt par l’entreprise américaine.L’opérateur de Google en Chine, la firme Guxiang, a été inclus dans une liste où figurent plus de 200 entreprises qui ont vu leur licence d’exploitation renouvelée par le ministère, dont le contenu peut être sur le site Internet du ministère, www.miit.gov.cn.Dans un style laconique, le document en question précise que Guxiang a reçu un avis favorable des autorités de régulation de l’Internet chinois après avoir réalisé «des progrès».L’agence de presse Chine nouvelle rapporte de son côté que pour obtenir sa nouvelle licence, la filiale de Google s’est engagée à «se conformer à la loi chinoise» et donc à ne pas diffuser de contenu illégal sur le réseau chinois, considéré comme le plus gros marché Internet du monde.VOIR PAGE B 2 GOOGLE IMMIGRATION II J.EGAI E Le duel contre l’Arizona, un pari risqué pour Obama Au vu des enjeux de politique intérieure et à quatre mois des élections législatives, Barack Obama pourrait regretter sa décision d’attaquer la loi prononcée par l’Arizona contre les immigrants illégaux.Depuis que son gouvernement a annoncé son recours en justice contre ce texte, il se voit confronté à l’hostilité croissante des Américains.Un sondage Gallup, publié vendredi, en témoigne: 50 % d’entre eux condamnent l’initiative gouvernementale, 33 % l’approuvent Au départ, personne n’avait pris au sérieux les menaces proférées par l’administration Obama contre l’Arizona.C’était sans compter la détermination du président à conforter son image de chantre de la défense des minorités.En l’occurrence la minorité hispanique, traditionnellement démocrate et visée au premier chef par la loi SB-1070., Sur un total de 6,5 millions d’habitants, l’Arizona, Etat frontalier avec le Mexique, compte 460 000 im-mi^és clandestins, dont 400 000 Mexicains.L’objectif, affirment les instigateurs républicains de la loi, est de tenter d’enrayer l’afflux des sans-papiers qui par milliers passent chaque jour la frontière et contribuent à aggraver la criminalité, le trafic de drogue et le nombre d’enlèvements.Le texte intime aux policiers d’interpeller tout étranger dès lors que subsiste un «soupçon légitime» quant à son statut d’immigré.Autant dire qu’un individu s’exprimant dans un anglais approximatif ou s’aventurant V SCOTT OLSON AFP Une majorité d’Américains sont en faveur de la loi SB-1Q70 de l’Arizona, laquelle resserre l’étau autour des 460 000 immigrés clandestins que compte l’État.dans un quartier considéré comme un «repère» de clandestins a peu de, chance d’échapper aux forces de l’ordre.Dans un État où un tiers de la population est hispanique, le vote d’une telle loi était voué au tollé.Les groupes de défense des libertés civiles y voient une légalisation du délit de faciès.Par ailleurs, plusieurs municipalités ont boycotté leurs échanges commerciaux avec l’Arizona, en passe de devenir le premier État de l’Union à faire de la clandestinité un crime passible de sanctions, autres que celles déjà prévues par le code pénal fédéral.C’est sur ce point de droit que l’administration Obama VOIR PAGE B 2 ARIZONA B 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 12 JUILLET 2010 LE MONDE E N BREF Des images de Fidel Castro en public La Havane — De nouvelles photos de Tex-Iider maximo Fidel Castro ont été publiées samedi soir, le montrant, un peu voûté mais souriant, en jog^g comme toujours désormais, en train de s’entretenir avec des Cubains, n s’agit des premières images le montrant en public depuis qu’il est tombé malade il y a quatre ans.La presse officielle avait diffusé à l’occasion des photos de Fidel Castro rencontrant en privé des dignitaires étrangers, le Vénézuélien Hugo Chavez ou, en février, le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.Les dernières photos, diffusées sur les blogues de deux journalistes cubains et un site Internet journalistique officiel, Cubadebate, le montrent visitant le Centre national pour la recherche scientifique de La Havane, une sortie qui aurait eu lieu mercredi.-AP Attentats à Kampala Kampala — Deux bombes ont explosé hier soir dans Kampala, la capitale ougandaise, où 23 personnes au moins ont été tuées parmi les foules massées dans des bars pour assister à la finale de la Coupe du monde de football.«D'après les informations dont nous disposons, 13 personnes sont mortes ici à VEthio-pian Village [un restaurant] et de nombreuses autres ont été blessées, et plus de dix personnes ont été tuées au Rugby Club», a déclaré à la presse l’inspecteur général de police Kale Kayihura.La police ne dispose à ce stade d’aucune indication sur l’identité des poseurs de bombe.L’an dernier, les miliciens somaliens Al Chabaab avaient menacé de frapper Kampala pour dénoncer la présence de soldats ougandais au sein de la force de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie.-Reuters Un million manifestent pour la nation catalane MARCELO APARICIO Barcelone — Une manifestation pour défendre le statut d’autonomie élargi de la Catalogne, récemment remis en cause par la justice espagnole, a pris les allures, samedi à Barcelone, d’une démonstration de force et d’affirmation de la nation catalane.Une foule compacte a envahi dans l’après-midi les grandes avenues du centre-ville pour signifier son rejet de la décision du Tribunal constitutionnel espagnol de limiter et gommer une partie des nouveaux privilèges accordés à cette riche région du nord-est de l’Espagne.Le nombre des participants à ce rassemblement aux forts accents indépendantistes a été estimé à 1,1 million par la police municipale.Le cortège était précédé d’un immense drapeau catalan, accompagné du slogan «Nous sommes une nation, nous décidons nous-mêmes», tandis que des milliers de bannières catalanes rouges et jaunes flottaient dans une foule avançant au pas.Le maire socialiste de Barcelone, Jordi Hereu, a indiqué que la cité était «débordée» par cette manifestation «sans équivalent», avec une affluence supérieure au rassemblement historique de septembre 1977 pour réclamer un statut d’autonomie régionale qui avait réuni 350 000 personnes.«Cette manifestation est le commencement de Vindépendan- brP/)ULJAHADB:iM ARA ENS ToCA A MoSALTRES JOSEP LAGO AFP Sur la bannière, il est écrit: «Paul le poulpe a décidé.C’est maintenant notre tour», en référence au célébré céphalopode aux dons de devin lors du Mondial.ce que nous voulons pour notre pays», la Catalogne, a commenté dans la foule Jordi Cau, un étudiant aux convictions indépendantistes affirmées.«Cette décision du Tribunal constitutionnel a accru notre volonté d’indépendance», a estimé une autre participante, Julia Na-dal, professeur dans la ville ca- talane de Sabadell.Le rassemblement, organisé par Omnium Cultural, association pour la promotion de la langue et l’identité catalane, proche des indépendantistes, avait reçu le soutien des principaux partis de la région, à l’exception des conservateurs du Parti populaire (PP).La grande coalition nationaliste de centre-droit CiU, les indépendantistes de gauche d’ERC et la branche catalane du Parti socialiste (PSOE) au pouvoir à Madrid, avaient appelé à se joindre à cette protestation, non sans arrière-pensées électorales avant le re nouvellement du parlement régional à l’automne.Le président socialiste du gou- vernement régional José Mon-tilla ainsi que ses deux prédécesr seurs, le socialiste Pasqual Mara-gall et le nationaliste Jordi Pujol, étaient présents dans le défilé.Le président de CiU, Artur Mas, s’est déclaré «ému» que «tant de gens» soient descendus dans la rue pour défendre «la dignité de la Catalogne».«La Catalogne, loin de se rendre, se montre disposée à hausser la voix pacifiquement mais de manière ferme, pour rejeter la sentence du Tribunal constitutionnel contre le statut», a commenté M.Mas.Cette démonstration de force intervient quelques heures après la confirmation par le Tribunal constitutionnel espagnol de son arrêt, rendu fin juin, dans lequel il gomme des aspects importants du nouveau statut d’autonomie, adopté en 2006 à l’issue d’un compromis entre PSOE et CiU.La haute juridiction a estimé dans le détail de son arrêt, publié vendredi, que le terme de «nation» définissant la Catalogne dans le statut, n’avait pas de valeur juridique, car «la Constitution ne connaît qu’une nation, l’Espagne».Elle a aussi rejeté le caractère «préférentiel» de la langue catalane sur l’espagnol et écarté l’émergence d’une autorité de tutelle régionale pour la justice, réaffirmant l’unicité de l’autorité nationale, le Conseil général du pouvoir judiciaire.Agence France-Presse GOOGLE SUITE DE LA PAGE B 1 Selon l’agence officielle chinoise, Guxiang a de surcroît accepté que les autorités de régulation aient la possibilité de superviser l’ensemble du contenu que la firme diffuse.Google avait annoncé la se- maine dernière qu’il arrêterait de rediriger systématiquement les utilisateurs de son moteur de recherche vers son site de Hong Kong, expliquant que Pékin avait laissé entendre que sa licence ne serait pas reconduite s’il persistait à le faire.Google avait créé la surprise en janvier lorsqu’il avait annoncé qu’il pourrait quitter la Chine, affirmant qu’il ne voulait plus se plier aux dispositions de censure obligatoires pour pouvoir opérer en Chine.En mars, Google avait entrepris de réorienter les visiteurs de son site chinois vers une page de Hong Kong donnant des résultats de recherche non censurés.A présent, ceux qui visitent la page Google.cn doivent cliquer sur un lien pour se rendre sur celle de Hong Kong.Les analystes estiment que les recettes dégagées en Chine varient de 300 à 600 millions de dollars, mais ce sont les perspectives de croissance à long terme qui sont primordiales.Le marché chinois représente près de 400 millions d’internautes, mais le taux de pénétration d’Internet n’y est que de 25 %.Reuters SREBRENICA SUITE DE LA PAGE B 1 Ramiza Gurdic, une mère de 63 ans, a perdu aussi ses deux fils et son mari.«Comment oublier, comment pardonner?J’y pense tous les jours.Je pense à eux quand je vois un garçon qui leur ressemble, quand je vois dans un magasin une mère qui achète des vêtements pour ses enfants».Dans un geste de défiance, Radovan Karadzic, le chef politique des Serbes bosniaques pendant la ^erre de 1992-1995, détenu et jugé pour génocide par la justice internationale, a été décoré samedi par son parti, à la veille de la commémoration.Agence France-Presse ARIZONA SUITE DE LA PAGE B 1 entend se battre.Parce qu’en vertu de la Constitution, la politique d’immigration est une prérogative du gouvernement fédéral, le département américain de la Jusr tice accuse l’Arizona d’avoir
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