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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2010-07-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 ¦m.IDEES I Oka: les dessous d’un conflit historique S Page C 5 MONDE J K IBy L’espionnage à la mode d’antan Page C 3 PERSPECTIVES PATRIMOINE ?Hors de la conversion point de salut Il est urgent d’adopter le projet de loi 82 qui remanie la Loi sur les biens culturels, vieille de plus de 30 ans Analyse au cas par cas, manque de vision d’ensemble: les critiques à l’égard du traitement réservé au patrimoine religieux se multiplient depuis quelques semaines, avec la menace qui pèse sur l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ) et l’achat-surprise par Québec de l’ancienne Maison des hommes des Sœurs grises de Montréal (MHSGM), vendue à un privé dans les années 80.Toutes tendent vers un impératif, l’analyse et l’adoption rapide du projet de loi 82 sur les biens culturels.FREDERIQUE DOYON ISABELLE PARÉ Le cas de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ) et de ses grandes orgues exceptionnelles est en passe de devenir un cas type de ce qui attend le Québec, alors que des centaines d’églises délaissées par leurs paroissiens seront tour à tour bradées par les autorités religieuses.Et les écueils rencontrés par ceux qui militent pour sa sauvegarde ont mis en relief l’absence de cadre cohérent global pour sauver ce patrimoine en déclin, estiment plusieurs observateurs.Ironie suprême, sans classement ou citation patrimonial, et déjà fermée au culte, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus est devenue inadmissible aux subventions du ministère de la Culture (MCCCQ) et du Conseil du patrimoine religieux du Québec.Cette situation paradoxale, ne cesse de rappeler le comité de sauvegarde piloté par la députée locale du PQ Carole Poirier, montre combien le contexte réglementaire actuel peine à répondre à la réalité.Des omissions Combien d’églises déjà désaffectées ou mises en vente sont ainsi privées de tout accès à des fonds de survie?Et le seul inventaire des lieux de culte utilisé par le ministère de la Culture pour statuer de la valeur patrimoniale d’une église, échafaudé selon des critères obscurs, passe pour l’instant sous silence la question des orgues.Même si les avis d’experts locaux et internationaux rapportés dans nos pages concluent pourtant tous à la présence d’un instrument exceptionnel à l’église du Très-Saint-N om-de-Jésus.Pour l’instant, répète à souhait la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, la seule issue possible pour ces églises «sans statut religieux» réside dans les subventions du Ponds de la culture, allouées seulement aux églises faisant l’objet de «projets de conversion» financièrement viables.Une vision relayée dans le projet de loi 82 sur les biens culturels.Hors de la conversion, point de salut pour les églises?Cet état de fait n’a aucun sens, estime Antoine Leduc, ex-secrétaire de la Pondation des amis de l’orgue et membre de la Coalition pour la sauvegarde du patrimoine religieux, créée en juin dans la foulée du tollé soulevé par l’affaire de l’orgue et de l’église TSNJ.«Nous avions suggéré à la Commission de la culture en 2005 la nationalisation des plus beaux lieux de culte en précisant du même souffle que l’orgue devait être un critère déterminant dans ce processus.Si la Commission a retenu cet élément, ces recommandations sont depuis restées lettre morte», affirmait-il en avril dans une lettre publiée dans Le Devoir.Assumer les frais La position du MCCCQ relance aussi la question de la capacité variable des communautés à prendre sous leurs, ailes des lieux de culte dont l’Église ne peut pas assumer les frais.«Il y a une limite aux efforts et à l’argent qui peuvent être déployés dans un milieu comme le nôtre, dit Mme Poirier.On a réussi à faire naître un projet d’habitations à l’église Saint-Clément, et il faut au même moment se remobiliser pour un deuxième problème majeur, sans aucune aide du ministère.» La communauté locale a déjà déboursé plus de 7000 $ pour évaluer la possibilité d’accueillir une bibliothèque et d’autres services culturels au TSNJ.«La ministre laisse les communautés seules avec leur patrimoine sur les bras.On se prépare à de joyeux problèmes dans l’avenir si tout le dossier du patrimoine religieux est géré de cette façon, sans planification plus globale», déplore-t-elle.J.a fil JACQUES NADEAU LE DEVOIR Présentement, on procède au cas par cas faute de cadre cohérent global pour sauver le patrimoine reiigieux.JACQUES GRENIER LE DEVOIR C’est pourquoi l’expert en patrimoine religieux et professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Luc Nop-pen propose d’établir une liste de 15 ou 20 bâtiments religieux à préserver tels quels par l’État, pour honorer la mémoire.«Mais il faut que les gens acceptent les priorités et les hiérarchies», prévient-il.Nationaliser les plus beaux lieux de culte est d’ailleurs la voie privilégiée par la Coalition pour la sauvegarde du patrimoine religieux, qui ^’inquiète de la mainmise de l’Église sur le sort de ce patrimoine, devenu biens culturels au fil ,des décennies.Pour l’heure, l’Église a encore le dernier mot sur les églises qui seront fermées et vendues.Tout au plus doit-elle aviser la communauté deux ans à l’avance de ses intentions.Comme c’est le cas à l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus, les diocèses ont aussi pleinement le droit de brader l’orgue et l’église, même s’ils ont bénéficié dç généreuses subventions de l’État — plus de 750 000 $ depuis 15 ans à TSNJ.Le boulet financier que laisse entrevoir fa prise en charge du craint que Très-Saint-Nom-de-Jé-sus ne crée un précédent pour la suite des choses», concfut-if.Droit de préemption, bis La promesse d’achat de fa Maison des hommes des Sœurs grises de Montréal (MHSGM) « Ce sont des sites complexes, un patrimoine qui a pris des siècles à se bâtir; on ne peut pas en disposer en 10 ans» patrimoine religieux en désaffection explique en bonne partie l’attitude actuelle du MCCCQ, croit Robert Cadotte, porte-parole du Comité de sauvegarde de l’église TSNJ.«Le ministère est tout simplement pris de vertige.Il y a plus de 2500 églises au Québec.On ne voit que la dépense à venir et on faite par Québec il y a dix jours détonne un peu dans le concert de critiques entourant la sauve-garde du TSNJ.Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCQ) a exercé son droit de premier acheteur, un usage exceptionnel dans l’histoire de la Loi sur les biens culturels, pour acquérir les anciennes dépendances du couvent des Sœurs grises, au centre-ville de Montréal, convoitées par un centre culturel musulman.«Ça peut être une belle façon d’avoir une vision cohérente pour l’ensemble conventuel, mais cette vision était-elle impossible sans ce geste?», se demande Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal.Le classement patrimonial du site depuis 1976 donne déjà des armes au MCCCQ pour le protéger.Et l’argent aurait pu être investi ailleurs.Pour Luc Nopen, professeur de l’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, «la décision se comprend» quand on considère le projet de mosquée sérieusement envisagé par un aspirant acheteur.«C’était la seule façon de garder l’intégrité du site», juge-t-il.Une mosquée aurait impliqué des changements majeurs au site.VOIR PAGE C 2: SALUT C 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 PERSPECTIVES Le monde est un ballon Gil Courtemanche Juillet approchait et je ne pouvais plus nier l’évidence ni repousser la décision sous peine d’épuisement et de «burn-out»: je devais prendre des vacances.Ce n’était pas le fait d’une santé physiquement diminuée et alarmante ou encore d’un surcroît de travail.Non, je souffrais d’une maladie parfois incurable qui menace tout observateur un peu engagé de l’actuabté: l’épuisement mental, dont les plus évidents symptômes sont la destruction des illusions, un sentiment d’inutilité intellectuelle et l’apparition du décrochage, premier pas vers le suicide intellectuel.Le Canada et le Québec m’épuisaient, me vidaient de toute énergie mentale comme si je souffrais d’une lancinante maladie du sang.Il lallait que j’oubbe ce gouvernement conservateur qui impunément diminuait l’espace de bberté et de respect du droit, qui joyeusement avançait les yeux fermés vers la catastrophe écologique, qui méprisait artistes, scientibques, groupes féminins, tout ce qui ne correspondait pas à son image biblique et réactionnaire de la vie en société.Il lallait que j’oubbe la valse à mibe temps de nos indécisions coUectives: laïcité ouverte, à demi fermée, à demi entrouverte, la dix-septième version du buUetin, le neuvième CHUM, les écoles qui ne seraient plus des passe-reUes, mais des ponts, et aussi l’opéra bouffe de la commission Bastarache.Il faUait que je cesse de m’intéresser au PQ, qui transforme petit à petit la sacrée quête du Saint-Graal national en course aux œufs de Pâque.Il faUait que je décroche et que je me passionne pour quelque chose de vrai.Je prendrais deux semaines de vacances inteUectuelles pour me consacrer exclusivement à la planète foot réunie en Afrique du Sud.C’était le rendez-vous de la nouvelle planète, peut-être le triomphe par le baUon du G20 sur le G8, qui s’amenaient dans Toronto la pure et la placide.Six pays africains, plus de Latinos que d’Européens.L’équipe du Brésil qui faisait son Lula créatif et systématique, un miracle africain peut-être avec le Ghana, le Nigeria ou le Cameroun.Trois matchs par jour en prébminaires, plus les reprises, des reportages sur les enjeux de ce continent.Voilà ce qui annonçait des vacances rédemptrices.Pour ce qui est de l’information, de l’occasion rêvée de nous faire prendre conscience entre deux matchs des enjeux du continenL je désenchantai rapidement.Radio-Canada ne s’adresse maintenant qu’à cette chose pobtiquement correcte qui s’appeUe «l’Afrique qui marche».L’information du réseau national en Afrique n’aime pas se sabr les pieds dans la fange de la pauvreté et le sang des bouleversements.Elle cherche de «bonnes» personnes qui font du «bien» avec leurs petits moyens.C’est admirable, je le sais pour les avoir fréquentées.Ce sont aussi les premiers qu’on éb-mbie.Justementi quelques jours avant le début du Mondial, on enterrait à Kinshasa, en République démocratique du Congo, Eloribert Chebeya, le respecté leader de l’ONG «La Voix des sans-voix».Mais le Mondial a aussi son opéra bouffe ou son CHUM, l’équipe de Erance, mon équipe par fidélité historique et viticole.Ils étaient tous souls, ces Erançais, ivres d’eux-mêmes et de leur statut de stars bitouchables.Au Gubmess du ridicule, les Bleus ont ravi la première place au CHUM et aux accommodements raisonnables.Mais contrafrement à nous, les Erançais possèdent un vrai gouvernement qui se préoccupe de ce qui intéresse les Erançais.Convoqués qu’ils sont par le président outré personnellement dans son orgueil napoléonien et aussi par l’Assemblée nationale.Cela m’amuse plus que cela m’attriste, car mon cœur est africabi et je rêve de justice finalement pour le continent qui court.Drogba, Eto’o, génies qui enrichissent la Champions League, ils disparaissent un après l’autre.L’Afrique du ballon ressemble finalement à l’Afrique qui ne marche pas.Mêmes maladies.Exode des pieds vers les pays riches sans retombées pour l’Afrique comme l’exode des cerveaux.Gouvernements footbabistiques pléthoriques et corrompus, comme les gouvernements.Limousines et comptes en Suisse, conseibers techniques européens qui vont et viennent comme des mercenaires.L’Afrique du baUon, c’est comme l’Afrique des mbies, les richesses du G20 bradées au profit du G8.Or voUà qu’ils se pobitent le nez, ces deux rendez-vous biutiles, malgré la fête du ballon.Rien à dfre sur le G8 parce qu’U ne dit rien, mais comme ça coûte un mübard, ü faut bien que l’mformation fasse semblant que c’est frnportant même si l’bi-formation n’a rien à dire.Les cbiq milliards pour les femmes africaines, c’est comme les objectifs du millénaire: des baudruches, des communiqués versés aux archives avant même que l’encre ne sèche.Et puis, tout à coup, l’info a quelque chose à se mettre sous la dent: la violence.Non pas celle qu’on attendait de la violente Afrique du Sud, un des pays les plus violents de la planète, mais une violence canadienne.Je ne parle pas des six vitrbies et des trois automobiles bicendiées, non, je parle d’une sorte de violence institutionnelle, africaine en quelque sorte, qui suspend les droits civiques et passe en secret des lois d’exception, qui arrête parce qu’on porte un tee-shirt foncé ou parce qu’on crie ou dort en compagnie de suspects, suspectés parce qu’ils ont les cheveux longs.Müle arrestations, dont la plupart de toute évidence arbitrafres.Pour la police, Toronto, c’était une partie de foot sans arbitre.Surprenant?Non.Quand un gouvernement se fout de la Cour fédérale ou de la Cour suprême, pourquoi demander à de simples policiers de respecter les droits civiques?Au mobis, au foof il y a des lois que tout le monde connaît et respecte.¦¦ .f, DAVID W.CERNY REUTERS Le spectre du «climategate» a plané sur les négociations de Copenhague.Le « climategate » se dégonfle Le travail des experts du climat est lavé de tout soupçon STEPHANE EOUCART Beaucoup de bruit pour rien.Qu pas grand-chose.Deux rapports, rendus pubbcs, ramènent à une modeste mesure les scandales qui, ces derniers mois, ont enflammé la blogosphère et la presse britannique, jetant le discrédit sur les sciences du cbmat.Le premier, publié lundi par l’agence néerlandaise d’évaluation de l’environnement (PBL), évalue la qualité du dernier rapport du Groupe bitergouvernemental d’experts sur l’évolution du cbmat (GIEC).La crédibibté de ce dernier avait été écornée en début d’année avec la découverte d’une grossière erreur sur la date estfrnée de la fonte des glaciers himalayens.La décision est exceptionnelle.Le Sunday Times a officiellement rétracté, fin jubi, un article publié le 31 janvier accusant le GIEC de déclaration erronée et catastrophiste sur la réponse du bassbi amazonien au réchauffement.Selon le journal, propriété du magnat australo-américain Rupert Murdoch, l’affirmation selon laquelle 40 % de la forêt amazonienne est sensible à de faibles réductions de précipitations ne s’appuyait sur aucune étude sérieuse.Il a finalement reconnu avoir commis des erreurs d’appréciation et avofr attribué à certains scientifiques interrogés des opinions qui n’étaient pas les leurs.Le quotidien leur a adressé ses excuses.Le second rapport dévoilé mercredi, était très attendu.Il rend compte de l’enquête, menée par un panel scientifique indépendant à la demande de l’Université d’East Angba (Royaume-Uni), sur le réel frnpact du «cbmategate».Les courriels Ce scandale est né de la divulgation sur le Net, fin novembre 2009, d’environ un millier de courriels, pfratés dans les serveurs de la Cbmatic Research Unit (CRU) de l’Université d’East Angba.Des morceaux choisis de cette correspondance entre climatologues avaient alimenté — et alimentent toujours — l’idée que les sciences du cbmat sont fondées sur des manipulations et des dissimulations de données, ainsi que sur une conspfration destinée à rédufre toute «dissidence» scientifique.Des allégations notamment colportées en Erance par des personnabtés comme l’ancien ministre Claude Allègre, ou encore le phüosophe Dombiique Lecourt.Ce «climategate», dont les commanditaires sont biconnus, a fait l’objet d’une attention considérable outre-Manche et outre-Atlantique.Son spectre a aussi plané sur les négociations de Copenhague.Le 7 décembre 2009, au cours de la première séance plénière de la conférence, le délégué saoudien avait déclaré que «le niveau de confiance» dans la science climatique était «affec- té».Mohammed al-Sabban faisait implicitement référence au contenu des courriels piratés.Signe des répercussions médiatiques considérables de l’affafre, pas moins de trois autres enquêtes ont été düigentées par des universités et le Parlement britannique.Leurs conclusions ont été rendues publiques ces dernières semaines.La dernière enquête, celle publiée le 7 juillet et dirigée par sir Muir Russell, ancien doyen de l’Université de Glasgow, ne tranche pas avec les précédentes.Elle exonère de toute malversation les clfrnatologues du CRU.Selon le rapport Russell, «la rigueur et l’honnêteté scientifiques» de ces derniers «ne sont pas en doute».Les études menées au CRU sont cruciales.Ebes consistent en particulier à compüer les données météorologiques mondiales pour en extraire la température moyenne terrestre.La mesure du réchauffement récent repose donc, en partie, sur ces travaux.Les enquêteurs disent ne pas avoir trouvé d’éléments à même «de mettre en cause la confiance» à placer dans ces recherches.Ni dissimulations ni manipulations.Le rapport Russeb exonère aussi les cher- Le cheurs du CRU de toute tentative d’en-traver les travaux de contradicteurs.«Climategate» a fait l’objet d’une Des critiques Pour autant, le rapport Russell n’est pas exempt de critiques.Le CRU a ainsi échoué à «faire preuve du niveau ap- attention proprié d’ouverture», notamment dans .,, , .la divulgation de certaines données à considerable des tiers qui en faisaient la demande.Ce n’est pas tout.Le CRU a produit une courbe de variations de températures que les rapporteurs jugent trompeuse.Celle-ci n’était cependant vouée qu’à illustrer un rapport de l’Grgani-sation météorologique mondiale (QMM), publié en 1999.Dans cette figure, les chercheurs accolaient des températures thermométriques récentes et des températures anciennes, déduites de l’épaisseur de cernes d’arbres.Les rapporteurs jugent licite le procédé, mais estiment que la légende du schéma aurait dû indiquer les provenances différentes des données et les marges d’erreur.Pour autant, le rapport Russell ne trouve «aucune preuve que le comportement des chercheurs du CRU fragilise les conclusions du rapport du GIEC».Ce dernier est au centre de l’audit mené par l’agence néerlandaise d’évaluation de l’envfron-nement.Dans la foulée du «climategate» et de l’échec des négociations de Copenhague, de nombreuses mformations de presse ont fait état d’un grand nombre d’erreurs et d’imprécisions dans le rapport du GIEC — et plus précisément dans son deuxième volet {«Impacts, vulnérabilité, adaptation») consacré aux impacts régionaux du réchauffement.Le GIEC en a reconnu deux.La première consistait en l’évaluation fautive de la fonte totale des glaciers himalayens qu’une coquille plaçait en 2035.La seconde plaçait 55 % du territoire néerlandais sous le niveau moyen de la mer, contre 26 % en réalité (sans compter les 29 % du territoire en zone inondable, d’oû la confusion).De leur côté, des quotidiens britanniques ont soubgné un grand nombre d’autres fautes présumées: exagération de la sensibilité de la forêt amazonienne à la sécheresse, lien statistique abusif entre réchauffement et dégâts occasionnés, références fantaisistes, exagération des risques de propagation de certaines maladies comme le paludisme, etc.Exagération L’essentiel de ces abégations est fantasmatique ou très exagéré.En récité, selon l’agence néerlandaise, il n’existe, dans le Résumé à l’intention des décideurs du rapport exambié, «aucune erreur significative».«Notre travail ne contredit en rien les principales conclusions du GIEC sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité au changement climatique, écrit l’agence néerlandaise.Il y a d’amples preuves observationnelles que les systèmes naturels sont influencés par le changement climatique à des échelles régionales.Ces impacts négatifs présentent dans le futur des risques substantiels dans la plupart des régions du monde, les risques augmentant avec une plus haute température moyenne globale.» Cependant, l’agence néerlandaise formule quelques critiques.Ebe réclame plus de transparence sur la provenance de certaines affirmations du Résumé.Et explique avoir détecté une troisième erreur significative dans les quelque 1000 pages du corps du rapport.Il s’agit d’une erreur d’estimation de la réponse au réchauffe-menfi des stocks d’anchois au large de l’Afrique de l’Guest.L’^ence néerlandaise ajoute que le Résumé à l’bi-tention des décideurs est «orienté risque»: il met plus l’accent sur les aspects négatifs que sur les aspects positifs du changement climatique.«Nous pensons que cette critique est infondée, estime Martin Parry, professeur à l’Imperial Cobege de Londres et coprésident du groupe 2 du GIEC.La tâche que nous ont assignée les gouvernements est d’identifier les impacts les plus importants à prendre en compte.Dans la synthèse, nous devons mettre l’accent sur les changements dont il faut se protéger plutôt que sur ceux qui constitueraient des opportunités.» Le Monde SALUT SUITE DE LA PAGE C 1 Pour plusieurs, c’est un nouvel épisode d’un patrimoine religieux défendu à la sauvette ou analysé au cas par cas.Mais il vient surtout souligner la très grande diversité de ce patrimoine, qui dépasse largement l’architecture.Il compte des bâtiments — dont quelque 2500 églises — et des complexes immobiliers, mais aussi des œuvres d’art, des orgues, sans oublier ses liens particuliers avec les communautés.Une valeur symbolique beaucoup plus difficile à mesurer et à classer.«Ce sont des sites complexes, un patrimoine qui a pris des siècles à se bâtir; on ne peut pas en disposer en 10 ans», note M.Bumbaru.Au pobit oû il s’avère quasi frnpossible d’adopter une vision globale, selon M.Noppen, comme certabis le réclament de la part du mbiistère.Là oû tous les intervenants en patrimoine s’entendent pourtant, c’est dans l’urgence d’analyser et d’adopter le projet de loi 82 qui remanie une Loi sur les biens culturels, vieille de plus de 30 ans.«On est bien avancé dans ce texte de loi, et même s’il y a des améliorations à apporter, il faut que ça soit applicable rapidement», bisiste M.Bumbaru.Au chapitre des ajustements, il relève surtout l’importance d’établir un meibeur équüibre entre le coercitif et l’bicitatif, entre l’obligation de résultat en matière de protection et de mise en valeur du patrimoine et le soutien aux propriétafres et associations qui le font revivre.La nouvelle loi a toutefois le mérite, selon M.Noppen, d’éviter que le Conseü du patrfrnobie religieux bivestisse dans des égbses promises à la fermeture.«Il faut s’assurer au départ que le site est porté par la collectivité et par un projet de développement», juge-t-il à l’instar de la ministre.Ce projet de développement, pour être viable.doit s’arrfrner à la fois à une valeur nationale qui lui ouvre les portes du financement public et à une vision contemporabie de la culture.M.Noppen avait déjà proposé de faire du TSNJ un palais de l’orgue québécois.Bref, «il y a une entente qui transcende les différentes écoles de pensée, c’est qu’il faut trouver une façon de projeter ce patrimoine dans l’avenir», résume M.Bumbaru.Ce dernier estime que cette réflexion devrait faire l’objet de chantiers de concertation au sein de la société civile, avec le soutien et le leadership de la ministre St-Pierre, en parallèle avec l’analyse et le dépôt du projet de loi.«Quand la loi sera modernisée, il faudra qu’elle soit accompagnée d’un exercice préparé sur la question du patrimoine religieux parce que ce sera le premier sujet à l’ordre du jour.» Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 C 3 PERSPECTIVES r Echange d’espions entre Washington et Moscou L’espionnage à la mode d’antan Les activités de surveillance dans le cyberespace ont fait oublier les méthodes traditionnelles qui avaient cours pendant la guerre froide L’affaire des 10 espions russes que les Etats-Unis ont échangés contre quatre personnes condamnées en Russie pour espionnage au profit de Washington paraît d’un autre âge.Mais comme Washington le sait bien, l’espionnage est une activité florissante.MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Au lieu d’agir sous le couvert d’un poste diplomatique à l’ambassade de Russie à Washington ou au siège des Nations unies à New York, les espions russes opéraient sous la forme de petites cellules dormantes et étaient parfaitement intégrés à la société américaine dans les quartiers où ils vivaient, à Boston, à New York, dans une ville du New Jersey et dans une proche banlieue de Washington.Une espionne était ainsi connue de ses voisines pour ses talents de jardinière, férue d’hortensias.D’autres espions vivaient en famille, avec des enfants dotés de la citoyenneté américaine.Selon le FBI, qui les surveillait depuis au moins 10 ans, ces individus étaient chargés par Moscou d’infiltrer les milieux politique et économique américains, de recruter d’autres agents et de réunir des informations gur la politique étrangère des Etats-Unis.Les médias américains se sont emparés de l’affaire, évoquant à satiété les romans d’espionnage de John le Carré et faisant appel à d’anciens espions et responsables de la CIA pour agiter le vieux spectre de l’ours russe dans le cœur de nombreux Américains.Infiltration «Il y a plus d’un millier d’espions russes aux Etats-Unis», a ainsi lancé au New York Post un ancien agent double qui travaillait pour la CIA entre 1973 et 1980, tandis qu’un ancien dirigeant de l’agence américaine de renseignement assure qu’il y a plus d’espions russes aux Etats-Unis à l’heure actuelle ’.î» w# i'?IL'j .OflHTeJIb! BbIKniOMM ABHiaienb OTKPOH MaUlHHV nna AocMoipa I L p203mp77_ 1: La prison à haute sécurité de Lefortovo, en Russie, où sont emprisonnés ies espions.que pendant la guerre froide.Neuf ans après les attentats du 11 septembre 2001 à Washington et New York, l’éditorialiste H.D.S.Greenway attribue l’affaire des 10 Russes aux errements des énormes bureaucraties que sont les services russe et américain de renseignement.«Les terroristes et les acteurs non étatiques sont difficiles à cerner, les musulmans en colère, si difficiles à connaître.Mais infiltrer les Etats-Unis, retourner à ce que l’ancien KGB faisait de mieux pendant si longtemps, voilà qui est gratifiant, même si ce n’est pas très utile», écrit H.D.S.Greenway dans le New York Times.«Quant au EBI, pas si bon quand il s’agit de repérer les complots de terroristes suicidaires ou d’attentats à la bombe chez nous, qui peut y comprendre les complexités de l’is- lam, nom de Dieu?Mais des espions russes, des taupes sans couverture diplomatique, voilà quelque chose que le EBI connaît», ajoute-t-il.Du reste, le premier départ enregistré dans l’équipe du président Barack Obama fut celui du directeur national du renseignement, Dennis Blair, qui dut démissionner le 20 mai, après 16 mois tumultueux au çours desquels les Etats-Unis n’ont pas su empêcher un attentat meurtrier sur une base militaire au Texas et deux tentatives d’attentat, l’une dans un avion arrivant à Detroit et l’autre à New York, tous perpétrés par de jeunes musulmans inspirés par al-Qaïda.Créé dans la foulée des atten- « Des espions russes, des taupes sans couverture diplomatique, voilà quelque chose que le FBI connaît» tats de 2001, le poste de directeur national du renseignement vise à mieux coordonner le travail des services secrets américains pour améliorer la prévention du terrorisme.Mais dans un rapport qui a précipité le départ de M.Blair, le Sénat américain a conclu que, mal^é cette refonte, il existe encore «des défaillances systémiques au sein des agences de renseignement du gouvernement américain».Refonte ou pas, guerre froide ou pas, l’espionnage et le contre-espionnage demeurent des activités florissantes.Peter Earnest, ancien agent de la CIA et aujourd’hui directeur du Musée international de l’espionnage qui a ouvert ses DENIS SINYAKOV REUTERS portes à Washington en 2002, indique dans un blogue sur le site de CNN que, «dans un monde où même des alliés s’espionnent, les services russes seraient terriblement incompétents s’ils n’espionnaient pas les Etats-Unis».Plusieurs pays Et les Russes sont loin d’être les seuls coupables en la matière.«Il n’y a pas que les Russes à espionner», rappelle dans une tribune pour le Daily Telegraph Stella Remington, patronne du MIS britannique de 1992 à 1996, devenue auteure à succès de romans d’espionnage.En novembre, une commission mandatée par le Congrès américain avertissait en effet que la Chine est «le pays le plus entreprenant dans sa conduite d’opérations d’espionnage contre les Etats-Unis».Au cours des dernières années, des affaires cj’espionnage découvertes aux Etats-Unis ont aussi impliqué des agents travaillant pour la Corée du Nord et Cuba, mais égalemenj pour Israël.Si les Etats-Unis restent la cible privilégiée de l’espionnage en raison de leur position en tant qu’hyperpuissance mondiale sur les plans politique, militaire, économique et scientifique, ils mènent aussi l’une des plus importantes opérations d’espionnage au monde, peut-être la plus importante.En effet, pas moins de 16 organismes s’occupent d’espionnage au sein du gouvernement américain.Le plus connu est sans doute la CIA, dont les effectifs sont estimés à 20 000 personnes.Mais dans un rapport au Congrès remis avant son départ, le directeur national du renseignement Dennis Blair confirmait que la DIA, la Defense Intelligence Agency, organisme rattaché au Pentagone, emploie «plus de 15 000 civils et militaires postés à travers le monde».Parmi les organismes américains de renseignement ligure aussi la NSA, la National Security Agency, l’agence d’écoutes et de surveillance cryptographique, elle aussi rattachée au ministère de la Défense.ECHELON, le programme d’interception de messages téléphoniques et électroniques que la NSA administre en partenariat avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne, fut accusé d’atteintes à la vie privée et ciblé par une enquête du Parlement européen en 2000 et en 2001.Selon des informations dévoilées au titre d’une loi adoptée pour mettre en œuvre les conclusions de la commission d’enquête sur les attentats de 2001, le budget total des services américains de renseignement s’élevait à près de 50 milliards de dollars en 2009, soit 6 milliards de plus qu’en 2007.D’après le Center for Strategie and Budgetary Assessments, un centre indépendant d’études dont le siège est à Washington, le budget de l’espionnage américain a augmenté d’un tiers depuis 2000.Collaboration spéciale NETANYAHOU AUX ETATS-UNIS Une visite pour rien ?Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a effectué cette semaine une, tournée de trois jours aux Etats-Unis.Au-delà de l’opération de relations publiques, que peut-on retenir de ce voyage?La principale annonce a été faite mardi, lorsque le président américain, Barack Obama, a évoqué la reprise de négociations directes d’ici septembre entre Israéliens et Palestiniens.Pour Iç ministre de 1h Défense de l’Etat hébreu, Ehoud Barak, ces pourparlers démarreraient «dans quelques semaines».Explications.Obama et Nétanyahou se sont-ils rabibochés?Les deux dirigeants ont montré d’indéniables signes d’apaisement, après des derniers mois difficiles: Joe Biden humilié en mars par l’annonce de la construction de colonies à Jérusalem-Est, accueil glacial de Nétanyahou à la Maison-Blanche.sans oublier le raid sur la flottille humanitaire pour Gaza le 31 mai dernier.Les médias israéliens relèvent le caractère circonstanciel du réchauffement.Selon eux.Nétanyahou ne peut se permettre une brouille durable avec l’allié américain, alors qu’Obama voit arriver des élections cruciales en novembre.D’ailleurs, selon Denis Bau-chard, conseiller spécial à l’IFRI [NDLR Institut français des relations internationales], «les Etats-Unis ont largement renoncé à exercer une pression efficace sur Israël.Ils vont attendre, pour des raisons de politique intérieure, la tenue des élections de mi-mandat», avance-t-il, décrivant une déclaration d’amitié «sur commande».De quoi les deux dirigeants ont-ils convenu?L’Autorité palestinienne ne parle plus directement avec Israël depuis décembre 2008 et le lancement de l’opération Plomb durci sur la bande de Gaza.Des discussions de «proximité» ont bien repris depuis début mai par l’intermédiaire du médiateur américain George Mitchell, mais elles n’ont encore débouché sur rien.Mardi, Barack Obama a dit espérer que des négociations directes reprenqent avant le 26 septembre.A ses côtés.Benjamin Nétanyahou a promis des «mesures concrètes» en ce sens.Au cours des prochaines semaines, une question deviendra centrale: la prolongation — ou non — du moratoire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie.Le gel, décidé en novembre 2009, devait durer dix mois.Il arrive à expiration fin septembre.Pour l’instant, deux hypothèses circulent: selon certains observateurs, Obama a semblé minimiser l’importance de ce dossier, en expliquant que l’élan que pourraient créer des négociations directes rendrait la question de la prolongation moins centrale.En revanche, pour l’ancien diplomate américain Aaron Da- KEVIN LAMARQUE REUTERS Benjamin Nétanyahou (à gauche) a été accueilli chaleureusement par Barack Ohama.vid Miller, «il doit bien y avoir une raison justifiant que le président [Obama] soit plus positifi>.Selon cet expert de l’institut Woodrow Wilson, la prolongation du moratoire «aura lieu».Elle pourrait avoir déjà été actée en privé par les deux dirigeants.Une thèse à laquelle ne croit pas Denis Bauchard, qui décrit un entretien guère «conclusif».Des négociations directes, pour quoi?La rencontre Obama-Néta-nyahou était «essentielle pour éviter une crise en septembre», juge Robert Danin, l’ancien chef du bureau de Jérusalem du Quartette pour le Proche-Orient, sur le site du think tank américain CFR.C’est en effet à la rentrée que le président palestinien.Mahmoud Abbas, devra rendre compte des résultats du dialogue «de proximité» devant la Ligue arabe.Ce sera aussi le moment du rendez-vous annuel, à New York, de l’assemblée générale de l’ONU.Avec ces signes de bonne volonté.Nétanyahou se donne donc une légère marge de manœuvre.Pour autant, le fond du dossier reste miné.Selon Robert Danin, «la négociation directe ne fera que révéler la largeur fiu fossé entre les deux parties».Échanges de territoires, «droit au retour» des Palestiniens, question du statut de Jérusalem-Est: la paix entre Israël et les Palestiniens suppose d’importants sacrifices, que les deux acteurs ne semblent pas prêts à faire.Mahmoud Abbas a répondu mercredi qu’il attendrait des «signaux» israéliens sur les questions de la sécurité et des frontières avant d’accepter de reprendre les pourparlers.L’Autorité palestinienne exige notamment un arrêt total de la colonisation et souhaite inclure Jérusalem — revendiquée par les Palestiniens corpme la capitale de leur futur État — dans, les négociations.L’État hébreu, de son côté, a déjà annoncé qu’il comptait poursuivre la colonisation à Jérusalem-Est.Autant dire que les deux positions restent encore très éloignées, pour ne pas dire irréconciliables.«Cette rencontre ne règle pas le problème de la dégradation des relations israélo-américaines, tant du point de vue des autorités que des opinions publiques», ajoute Denis Bauchard.Le chercheur pointe notamment «l’impuissance» du gouvernement de coalition de Benjamin Nétanyahou, prêt à tomber à chaque décision d’importance.Libération C 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 EDITORIAL 20 ans après Oka Les plaies vives Oka, plus jamais.C’est sur ce consensus que nations autochtones et non autochtones ont exprimé leur volonté ferme de ne plus laisser les incompréhensions nourrir un conflit jusqu’à l’échange de coups de feu, la mort d’un homme, une ville assiégée par l’armée canadienne.Mais qu’a effacé cette promesse des différends qui l’ont fait germer?Ils riment toujours avec revendications des territoires et respect des droits autochtones.T Marie-Andrée Chouinard out ça pour un terrain de golf.» C’est ce que conclut le ministre québécois des Affaires indiennes, John Ciacca, dans une lettre écrite en plein cœur de la crise d’Oka, demandant — en vain! — aux autorités municipales d’Oka de suspendre leur projet d’agrandissement d’un terrain de golf et de construction de condominiums.On a retenu de la crise d’Oka ses éléments spectacle: au printemps 1990, le barrage installé sur une petite route de terre par les autochtones, en guise de protestation au projet de construction sur des terres ancestrales; le 11 juillet, cette fusillade entre Warriors et policiers de la Sûreté du Québec, qui fut fatale pour le caporal Marcel Lemay; les barricades sur la route 344 et sur le pont Mercier, érigées par les Mohawks.Quelques images-chocs meublent aussi les souvenirs, au détriment des fondements de cette crise: les face-à-face entre soldats et Guerriers autochtones; de violentes émeutes à Châteauguay, le jour même où les représentants fédéral et québécois signent avec un homme masqué une entente sur les conditions de négociation des Mohawks.Tout ça pour im terrain de golf?Derrière la réaction vive mais frère des Mohawks à ces neuf trous de golf commandés par un groupe borné, il y avait une longue histoire de revendications non abouties.Le tristement célèbre lopin de terre d’Qka est devenu, au Québec, le sjmibole d’une lutte acharnée des autochtones pour des territoires qu’on ne leur reconnaît pas.Ce n’est pas sans raison que, comme il le rappelait cette semaine lors d’un passage à Québec, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, évoque les «plaies vives» qui subsistent toujours, reflet des tensions et de l’incompréhension entre la majorité non autochtone et les groupes autochtones.M.Picard a raison d’évoquer aussi «l’éducation» qui est toujours à faire auprès de la société québécoise afin qu’elle saisisse les fondements de la crise.La sœur du défunt caporal Lemay, Francine Lemay, vient tout juste de traduire une anthologie sur l’histoire du peuple de Kanesatake, précisément afin de lutter contre une incroyable méconnaissance de l’histoire autochtone.Lorsque son frère est décédé, elle ne «connaissait rien des Mohawks, ni des revendications, ni des autochtones en général».En ce vingtième anniversaire, les images défilenL mais n’exposent rien de l’injustice et de l’iniquité qui ont généré le conflit.Six cents revendications territoriales demeurent non réglées au Canada — de la matière à encourager les conflits.Coimaît-on leur histoire?C’est pour aplanir ces litiges et favoriser une amorce de communication que Le Devoir offre un morceau de sa page Idées d’été à M.Picard et à la réalisatrice Manon Barbeau, fondatrice du Wapi-koni mobile, ce studio qui parcourt les communautés autochtones et permet à des jeunes des Premières Nations de goûter l’expression audiovisuelle.En nos pages, une correspondance est née.Tous deux s’interrogent sur le fil brisé, qu’ils veulent renouer.Au moment où ces lignes sont écrites, Mme Barbeau est à Kitci-sakik, dans une communauté algonquine au sud-est de Val-d’Qr.Quelque 425 habitants y vivent sans accès ni à l’eau courante, ni à l’électricité, ni non plus aux installations sanitaires.Invité des Nations unies en juin 2009, M.Picard a doimé cette communauté en exemple pour revendiquer au nom des autochtones le droit à un logement adéquat.Cela doit être su, et ensuite corrigé.En 1990, au plus fort de la crise, les autochtones posaient ces questions: le Canada est-il à la hauteur de sa réputation?Se soucie-t-il vraiment des droits de la personne?II n’a toujours pas signé la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, formulée en septembre 2007 et à laquelle 143 Etats membres de l’Assemblée générale de l’QNU ont adhéré.Les autorités de l’époque, au Québec comme au Canada, ont été sermoimées pour avoir mal «géré» la crise d’Qka.Vingt ans plus tard, qu’on se le dise: les revendications des terres ancestrales restent toujours non résolues et constituent un terreau fertile pour d’autres conflits.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO éiLSfPt RoZ-aM, Vi MONT(i£At- a.ÇT Vo'.C» Pu lP(0-ol.in Pensées francophones Je serai bref, les propos tenus dans l’article intitulé «La chanson française a peu d’avenir» paru en une du Devoir du 8 juillet, par une programmatrice d’un festival d’importance soutenu par des fonds publics (Culture, Hydro, Loto, SAQ et autres) font preuve d’une vision inexistante quant à noûe culture.Que le Festival d’été de Québec programme ce qu’il souhaite, aucun problème.Qu’il bénéficie d’aides publiques substantielles sans contrepartie d’un mandat de diffusion de la culture francophone est inacceptable.L’attaque claire portée à la chanson francophone du monde entier est d’un mauvais goût qu’il faut souligner et montre le peu de réflexion engagée sur cette question.Tout pour l’éclat et le profit.Dormons au peuple ce qu’il souhaite, chocolat et coca-cola.Abolissons les orchestres symphoniques, les ûoupes de danse et de théâûe, etc.La bataille doit être menée.Pensées francophones et ouvertes sur le monde.Edgar Bon Le 9 juillet 2010 Aide internationale J’ai 63 ans, et le tout récent sommet du G8 est un jalon dans la réalisation d’un de mes rêves les plus chers: l’avènement d’un monde où chaque enfant peut grandir en santé et s’épanouir pleinement.En effet selon Kul Gautam, directeur adjoint de l’UNICEF, il y a eu deux moments décisifs dans cette évolution.D’abord le Sommet mondial pour les enfants en 1990, depuis lequel le taux de mortalité des enfants dans le LETTRES monde a chuté de moitié, puis le récent sommet du G8, où le thème relatif au développement était la santé des mères et des enfants.Serez-vous surpris, ce sont deux premiers ministres canadiens qui ont présidé ces deux événements: MM.Brian Mulro-ney et Stephen Harper.Admettons qu’ils ont eu l’heur d’acquiescer aux exhortations de citoyens qui croient qu’on peut vaincre la pauvreté extrême.Reste qu’il faudra bien investir les sommes promises au G8.Je suggère de doubler les contributions canadieimes a) à Hititiative ca-taljùique pour sauver un million de vies et b) au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.Comme objectif prochain, ce Fonds vise à enrayer totalement la transmission du VIH de la mère à l’enfant d’ici 2015 et d’enrayer le paludisme comme problème de santé majeur d’ici 2020.Pamela Walden-Landry Montréal, le 8 juillet 2010 Phare francophone Lettre à Dominique Goulet, responsable de la programmation au Festival d’été de Québec Y eût-il un Festival d’été de Québec dans les années 1960 que la programmation en eût été en très grande partie en langue anglaise, c’est certain.Et devinez quoi.Madame Goulet si pendant les 30 aimées qui ont suivi, les choses ont changé tel que le paysage musical est devenu de plus en plus francophone à travers tous les festivals qui ont émergé pendant cette période au Québec, c’est que des gens se sont battus pour ça.Et pourquoi?Peut-être pour rien et qu’après tout, la bataille pour le fait français en Amérique ne vaut pas la peine d’être livrée.Que tous ceux et celles qui nous ont précédés depuis 400 ans et dont la Ville de Québec a loué la persévérance et le courage il y a deux ans et dont le Moulin à images continue soir après soir à faire l’éloge, n’étaient que des hurluberlus qui, à l’image de Don Quichotte, ont consacré leur vie à un fol idéal qu’ils ont confondu avec des moulins à vent.Vous dites que les jeunes chantent en anglais, ce doit être qu’il y a pour eux des débouchés en fin de compte.L’attirance à chanter dans la langue de Shakespeare est grande, c’est certain, et l’a été de tous les temps.Surtout si on peut récolter en retour le beurre et l’argent du beurre, c’est-à-dire la reconnaissance chez soi et le potentiel de vendre beaucoup, beaucoup plus de billets de spectacle.Certains se mettraient à l’apprentissage du chinois pour chanter dans cette langue que je ne serais pas plus surpris qu’il faut.Cela diti les gens dans votre position sont en mesure de poser des gestes concrets, de donner à leur façon une tangente favorable à l’épanouissement de la culture populaire francophone d’ici et d’ailleurs.Si malgré tout vous demeurez insensible aux précédents arguments, je me permets de penser que lorsque le Festival d’été de Québec se sera banalisé au point de ressembler à 100 autres manifestations du genre, que lorsque les touristes auront déserté le Festival, vous songerez.Madame GouleL à ce que signifie vraiment le fait d’être «le phare de la culture francophone en Amérique».Claud Michaud Artiste de la chanson, animateur à CIBL Radio-Montréal Le 8 juillet 2010 LIBRE OPINION Haïti, six mois après MARIO RENAUD Directeur général du CECI (Centre d’étude et de coopération internationale) Avec un certain cynisme, les critiques sur le travail des QNG et le leadership du gouvernement haïtien se font plus dures et plus pressantes, sans concession pour le travail extraordinaire accompli jusqu’à présent.Pourtant, Haïti a surtout besoin de solidarité et de coopération.Le bilan du tremblement de terre de janvier 2010 en Haïti est connu: plus de 200 000 morts, 1,5 million de sans-abri, une population déjà pauvre frappée par le séisme proportionnellement le plus dévastateur de l’histoire de l’humanité à l’échelle d’un pays.Actuellement, 20 millions de tonnes métriques de débris du tremblement de terre jonchent les rues de Port-au-Prince.Au rjfih-me de 300 camions par jour dans les trois prochains mois, il en coûtera 120 millions pour dégager seulement 10 % de ces débris qui constituent un obstacle majeur à l’aménagement des abris temporaires, aux travaux de restauration des quartiers et à tout le processus de reconstruction.Il faut aussi prendre en considération les problèmes fonciers: les droits de propriété des terrains disponibles pour la reconstruction sont souvent incertains et les documents, introuvables.L’ampleur de ce séisme est gigantesque pour un petit pays comme Haïti qui a peu de moyens, sinon ceux que la communauté internationale consent à lui accorder.Il est évident qu’Haïti a besoin d’un soutien international important et ininterrompu pour se relever.Le formidable élan de solidarité internationale qui s’est manifesté au lendemain du 12 janvier 2010 doit maintenant s’inscri- re dans la durée et dans une stratégie structurante de l’économie et de la société en général, une stratégie qui doit faire des Haïtiens les principaux acteurs de leur propre développement.Au CECI, les 160 collègues haïtiens qui forment notre équipe nationale ont travaillé sans relâche et nous sommes fiers d’informer les Québécois qui ont donné généreusement des résultats de ces six mois de travail acharné: 350 000 personnes ont reçu de l’aide sous diverses formes dans le cadre de nos interventions; des médicaments et du matériel médical pour une valeur totale de plus d’un million de dollars ont été mis à la disposition des équipes médicales; une centaine de professionnels de la santé de la diaspora haïtienne ont complété l’équivalent de 841 jours de travail bénévolement sur le terrain; plus de 19 millions de repas ont été servis; des tentes et bâches pour une valeur de plus de 360 000 $ ont été distribuées, ainsi que des trousses de survie et des vêtements pour plus d’un million.Sur le plan de l’aide alimentaire, plus de 90 % des denrées distribuées ont été achetées dans le pays même, ce qui représente plus d’un million de dollars injectés dans l’économie rurale au bénéfice des paysans.Plus de 500 000 kg de riz, de maïs, de haricots et de poisson achetés avec l’argent des dons du public ont été distribués aux familles sinistrées.Notre stratégie d’achat local a rendu très fiers les cultivateurs haïtiens qui ont pu ainsi venir en aide à leurs compatriotes tout en nous permettant d’avoir accès rapidement et à bon prix à des aliments de qualité adaptés aux conditions du pays et aux besoins des gens.Sur le plan de la relance économique, une de nos interventions a consisté à appuyer la recapi- talisation de femmes entrepreneures pour la reprise de leurs activités économiques: près de 600 femmes ont été touchées et plus de 300 000 $ ont été investis.Ces femmes sont maintenant à même de reprendre leur petit commerce, de subvenir aux besoins de leurs enfants, notamment pour la rentrée scolaire, et de reloger convenablement la famille de cinq à sept personnes dont elles sont souvent les seules responsables.Après le succès de cette initiative, nous avons obtenu le financement nécessaire afin de permettre à 5000 autres femmes de recevoir cette aide.Dans le débat sur l’efficacité de l’aide humanitaire, nous sommes favorables à une approche basée en priorité sur le respect de la dignité des personnes et sur la gestion des effets à moyen et long terme des interventions d’urgence.C’est pourquoi nos projets sont montés de telle sorte que les communautés sinistrées participent activement à la planification et à la mise en œuvre des opérations sur le terrain.De plus, nous veillons à ce que le matériel, la nourriture et les services requis proviennent autant que possible du pays même, ou d’une région voisine de la catastrophe, afin de minimiser l’impact négatif sur l’économie locale d’un apport trop massif d’aide extérieure.En ce qui concerne Haïti, la participation active de la diaspora est un fait marquant.Ils sont venus dès les premières heures offrir bénévolement leur aide à l’équipe du CECI.Bien que les défis restent immenses en Haïti, nous sommes convaincus de la pertinence de nos valeurs et de notre approche pour accompagner la population haïtienne dans ses efforts de reconstruction qui, selon nous, repose sur tçois piliers: la participation active et réfléchie de l’État haïtien et de la population, la coopération et le partenariat entre le gouvernement et la société civile et enfin, le développement local basé principalement sur le secteur agricole.Ainsi, les autorités haïtiennes doivent être au centre de la reconstruction pour en élaborer le plan directeur selon une approche de décentralisation des services publics.La communauté internationale doit prendre les mesures pour les appuyer dans ce sens et leur fournir les moyens techniques nécessaires.De plus, la société civile haïtienne, accompagnée par des QNG nationales et internationales reconnues, doit avoir un rôje de premier plan dans le cadre d’un partenariat État-société civile.C’est un gage d’appropriation et de durabilité.Nous pensons aussi qu’il faut porter une attention particulière aux régions périphériques, investir dans l’agriculture et soutenir les petits producteurs.Le séisme a mis beaucoup de pression sur le monde rural, où plus d’un demi-million de personnes sinistrées se sont déplacées.Cette situation compromet la sécurité alimentaire de milliers de familles paysannes qui avaient déjà de la difficulté à survivre.Les projets en cours dans les régions non touchées par le séisme doivent donc être maintenus et même amplifiés, tout comme les pro^ammes de création d’emplois et d’appui aux activités économiques.Énfin, une attention particulière doit être portée à la situation des femmes et des jeunes filles.Près de la moitié des ménages haïtiens sont à la charge des femmes et il est reconnu qu’elles sont particulièrement vulnérables à la suite de catastrophes.La réhabilitation des infrastructures et des services sociaux doit prendre en compte leurs besoins en priorité. LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 C 5 IDBES Oka, 20 ans plus tard Les dessous d’un conflit historique PIERRE TRUDEL Professeur d’anthropologie au c^ep du Vieux-Montréal et chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM 1 existe de nos jours des centaines de revendications territoriales autochtones au Canada, ce qui parfois a provoqué des crises politiques.Cependant, l’ampleur de la crise d’Oka demeure inégalée et certains facteurs en sont responsables, particulièrement le blocage, pendant 57 jours, d’un pont rebant une banbeue à un grand centre urbain et l’impbcation, du côté amérindien, d’une «Société des Guerriers» possédant une certame expérience militaire.Au-delà des diverses biterprétations de l’histoire de la crise d’Oka et des multiples questions qu’eUe soulève, que s’est-il passé le matin du 11 juillet 1990 et quebes sont plus précisément les circonstances de la mort du caporal Marcel Lemay?Le blocage du pont Mercier Les conséquences du blocage du pont Mercier par des Mohawks de Kahnawake le 11 juibet 1990 étaient évidemment beaucoup plus importantes que cebes de la barricade d’Oka érigée sur un chemin de terre que personne n’empruntait vraiment.La barricade empêchait strictement les entrepreneurs de se rendre à l’endroit où bs pouvaient commencer à agrandir le fameux terrain de golf — c’est l’a^andissement de ce terram et la construction projetée de condominiums de luxe siu des territoires ancestraux revendiqués par les Mohawks qui sont à l’orighie de la crise, rappelons-le.QueUe était donc la stratégie poursuivie par ceux qui ont bloqué le pont à Kahnawake et quebes en ont été les conséquences?Précisons d’entrée de jeu que le blocage du pont Mercier s’est fait après l’arrivée des pobciers à Oka, mais avant l’échange de coups de feu.Dans la mémoire coUective, le blocage du pont a été effectué en réaction à l’biterven-tion pobcière menée à Oka poiu enlever la barricade.Il taut examiner ici heiue par heure le déroulement des événements à Oka-Kanesatake et à Kahnawake et, notamment, distinguer le moment de l’arrivée de la Sûreté du Québec à Oka, à 5h45 le matin eL près de trois heiues plus tard, son avancée en territoire revendiqué par les Mohawks dans le but d’enlever la barricade.C’est à ce moment-là qu’est décédé le caporal Marcel Lemay.«Dévier l’attention» Phibp Deering, un traditionabste bien en vue de Kahnawake, a affirmé au coroner Guy Gilbert d’auteiu du rapport sur la mort du caporal Lemay, remis en 1995) que le blocage du pont Mercier avait comme objectif de «dévier l’attention de la Sûreté du Québec» qib bitervenait à Oka.Quant à Joe Norton, chef du Conseü de bande de I^nawake au moment de la crise, il a expliqué au coroner qu’un représentant des Guerriers lib avait répondu que le blocage du pont servait à donner un «tremendous moral boost» aux Mohawks de Kanesata-ke, qui résistaient alors aux pobciers de la Sûreté du Québec, à Qka.L’avancée de la Sûreté du Québec dans la pbiè-de, afin de lever la barricade qui bloquait un che-mbi de terre situé dans le parc municipal d’Qka, s’est produite plus de deux heiues après l’arrivée des pobciers à Qka.Le pont a été bloqué peu de temps après l’arrivée des pobciers à Qka et bien avant l’ordre d’enlever la barricade.Donner l’ordre, malgré tout L’effet «surprise» à Qka souhaité par la SQ, qui avait décidé d’intervenir à 5h45 le matin, était complètement raté parce que l’usage de gaz lacrjmo-gènes et de grenades assourdissantes n’arrivait pas à bitimider et à faire iiir les manifestants.Hésitante devant des hommes armés et bien cachés, et de plus en plus nombreux, mais n’arrivant pas à éloigner, isoler ou arrêter des femmes et leurs enfants, abisi que des hommes non armés qui s’opposaient à la venue des pobciers et au démantèlement de la barricade, la duection de la Sûreté du Québec donne malgré tout l’ordre d’avancer à 8h50 du matin.Les manifestants non armés étaient situés entre les pobciers et les membres armés de la Société des Guerriers.En l’espace de vingt à trente secondes, au moins 93 tirs d’armes à feu ont été entendus, dont 51 provenaient des armes de cbiq ou six pobciers.Le coroner a estbné qu’au moins trois autochtones ont fait usage de leurs armes, depuis deux endroits différents.Le coroner affirme qu’un «miracle» a fait qu’ü n’y eut qu’un seul mort.Les pobciers ont tiré à «hauteur d’homme» dans un mouvement balayé, d’un angle ntinimal de 90 degrés; ces tirs n’étaient pas dirigés vers une cible identifiée.Le champ de vision de la plupart des tireurs, de part et d’autre, était obstrué par des gaz lacrjuno-gènes lancés par les pobciers.L’anafyse de l’impact des projectiles sur les arbres de la pinède et sur des voitures situées sur la route 344, projectiles qui auraient été tirés par les occupants mohawks, indique, selon le coroner, que ces tirs provenaient de trois endroits différents.Du «secteur» D et du «secteur» E pour ce qui est de la plupart des projectiles, qui auraient peut-être été tirés en haut de la tête des pobciers.Selon les traces de l’impact d’un projectile sur un arbre, ce serait du «secteur» B, situé plus à l’ouesL qu’aurait été tiré le projectile qui a atteint le caporal Marcel Lemay.Toujours se- 37435 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La crise d’Oka a pris une ampieur exceptionneiie.Bien avant i’intervention de i’armée canadienne, c’est un affrontement entre des Mohawks et ia Sûreté du Québec qui a décienché cette crise, ie 11 juiiiet 1990.Ion le coroner, tout bidique que les membres de la Société des Guerriers ont tiré en premier.Prise du pont Des extraits du rapport du coroner indiquent clairement, à mon avis, que c’est la prise du pont Mercier qui a poussé la Sûreté du Québec à poser un geste qui va précipiter le Québec dans cette crise de 78 jours.«Il aurait fallu dépêcher à Kahnawake sans délai le Groupe d’intervention (GI).Mais les trois équipes disponibles à la Sûreté du Québec étaient déjà à Oka, la quatrième était à Akwesasne, et la cinquième en vacances (selon le témoignage du directeur général adjoint Lizotte).» Celui qui donna l’ordre de lever la barricade, le directeur adjobit Lizotte, ajoute, en faisant référence au blocage du pont Mercier à Kahnawake: «Je veux avoir une intervention, je veux régler le cas d’Oka le plus rapidement possible, regarde, j’ai la province qui est en train de revirer à l’envers.» La stratégie des Guerriers de diviser et de désta-bibser la Sûreté du Québec, dès son arrivée à Qka, a manifestement bien fonctionné.Contrairement à ce que rapportent les médias et presque l’ensemble des documents sur la crise d’Qka, y compris des mémoires de maîtrise, la prise du pont ne s’est pas effectuée après l’échange de coups de feu.Le blocage du pont a poussé la SQ à donner l’ordre d’enlever la barricade mal^é le danger et une évaluation biadéquate de la situation, ce qui a provoqué l’échange de coups de feu pendant lequel est mort le caporal Lemay.«Ils ne tireront pas» L’idée selon laquebe les Mohawks armés n’allaient pas tirer sur des pobciers a été soutenue devant le coroner pour expbquer, et surtout pour justifier, la décision d’intervenir.Voici à ce sujefi selon le rapport du Coroner, un extrait des discussions qui se sont tenues le 9 et le 10 jublet «Selon le directeur général adjoint Lizotte, à une question que le directeur général lui pose alors, l’inspecteur-chef répond qu’il est convaincu que les Mohawks ne tireraient pas, qu’il n’y aurait pas de problème et que l’opération serait de courte durée.Citant le rapport de Mme Falardeau, le directeur de la sécurité en dégage l’extrait selon lequel “rien n’indique que les Mohawks seraient les premiers à se servir des armes”.On ne semble pas s’être arrêté à la mention du rapport faisant état “qu’il y aura peu de sang”, l’inspecteur Charland ayant expliqué à l’enquête que, selon lui, cela s’entendait “pas de sang”.» «Encore une fois, à la question du directeur général “Crois-tu qu’on va avoir des problèmes?”, le responsable du Service de renseignement aurait répondu en substance comme suit: ‘Ils ne tireront pas, on se fera pas tirer.” Le directeur Lavigne confirme en outre que l’inspecteur-chef Charland lui a rappelé les différentes opérations oû la Sûreté du Québec est intervenue à Oka depuis deux ou trois ans, sans qu’il y ait d’affrontement ou de problème comme tel.» Changement d’opinion Le coroner écrit que le responsable du Service de renseignement, l’agent Jodobi, s’est présenté au quartier général à trois heures du matin, six heures avant la mort du caporal Lemay, et a mfor-mé le responsable de l’opération sur le terrabi qu’ü avait changé d’opbiion quant à savoir si les Guerriers allaient tirer.L’agent Jodoin rapporte avob mentionné au lieutenant Marcotte que, dans le contexte, nonobstant ce qu’ü avait difi au contraire, le 9 juillet au dbecteur général adjoint Lizotte, quant à lui, «il n’irait pas là».Le responsable de l’opération sur le terrain a déclaré au coroner qu’il ne se souvenait pas de ce changement d’opbtion du responsable du Service de renseignement.En présentant l’histoire récente de la Société des Guerriers, j’ai montré lors de l’en- La stratégie des Guerriers de diviser et de déstabiliser la Sûreté du Québec, dès son arrivée à Oka, a manifestement bien fonctionné JACQUES NADEAU LE DEVOIR quête du coroner que de sérieux bidices laissaient croire que des Guerriers pouvaient tber sur des pobciers et que la Sûreté du Québec connaissait ces laits (Trudel, 1995).Nous sommes prêts à mourir La position des manifestants à la barricade suivait le mode traditionnel qu’ont adopté les Mohawks, au cours de leur hisjobe, à l’occasion de conflits avec des pobciers.A l’avanfi les femmes mènent le groupe et, derrière, les hommes les défendent Il ünporte de rappeler que le chef (traditionabste) de la maison longue de Kanesatake, Sam-son Gabriel, s’opposait à la présence d’armes à feu et du drapeau des Guerriers sur la barricade.Les représentants de ces traditionabstes ont d’aiüeurs quitté le beu de cette barricade quelques jours avant la fusiüade, justement parce que la Société des Guerriers en avait pris le contrôle.Ils ont clairement affirmé qu’avoir laissé sur place des femmes et des enfants, entre deux groupes armés qui risquaient de se tirer dessus, avait été irresponsable.Selon une version des événements donnée par des Mohawks aux journabstes York et Pbidera pu-bbée dans le bvre People of the Pines, l’ordre donné par les leaders de la Société des Guerriers consistait à faire usage de leurs armes seulement dans la situation où les pobciers tireraient.Les dbectives étaient alors de répbquer et de tirer au-dessus des têtes des pobciers.Selon cette version, envbon trente hommes armés étaient présents à l’arrivée des pobciers à 5h45.Une heure plus tard, une douzaine d’autres hommes de la communauté, qui ne faisaient pas partie de la Société des Guerriers, se sont ajoutés au groupe qui avait des armes.Au moment de la fusülade, üs étaient de 50 à 75 hommes armés.La majorité de ces hommes n’ont pas fait usage de leurs armes au moment de l’échange de coups de feu.Cbiq ou six l’auraient fait en tirant au-dessus des têtes.Certains ont confié aux journabstes qu'üs étaient bien cachés et que, de leur position, üs auraient été en mesure de tirer et de tuer les pobciers qui avançaient pour lever la barricade.Vmgt ans plus tard, on ne sait toujours pas avec certitude qui, des Guerriers ou des pobciers, a tiré en premier.Deux versions s’opposent également quant à savob si le caporal Marcel Lemay a été visé et tué intentionnellement L’enquête du coroner tend à démontrer cette dernière hjqiothèse pendant que des Mohawks ont plutôt avancé l’idée qu’une babe tirée par les pobciers a pu ricocher sur un arbre et attebidre morteüement Marcel Lemay, ou encore que le tir d’un pobcier a pu l’attebidre directement Ouvrages cités: ¦ Rapport d’enquête du coroner Guy Gilbert sur les circonstances du décès de monsieur Marcel Lemay, Bureau du coroner, 1995.¦ Pierre Trudel, Recommandations faites à l’enquête du coroner Guy Gilbert sur les causes et circonstances de la mort du caporal Marcel Lemay.Recherches amérindiennes au Québec XXV(4), 1995.¦ Geoffrey York et Loreen Pindera, People of the Pines, Little, Brown and Company, 1991.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Choumard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair Cirmo (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel David (chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine RobitaïUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), 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viennent des mêmes lettres (C E HI N), mais disposées autrement.Dans les phrases qui suivent, inscrivez au-dessus des tirets les trois anagrammes, en vous servant des lettres indiquées entre parenthèses et en vous aidant du contexte.1.fA, ï, R R, TI Dans une de mes nombreuses chasses, i’ai vu un qui est avec un piège accroché à la patte.Plutôt que de le voir , i’ai préféré l’abattre.Premier mot + mot à ajouter à l’intérieur = troisième mot Liste des mots à ajouter 2.fA, C, E, R, S') , tu es touiours instable; tu ne réussiras iamais à te préteur + -CEP- = pré-CEP-teur (précepteur) (en désordre) 3.fE, L L, 0, V) La femme du shah leva son , mangea une et se mit à louer de la de gambe.1.rire -E = -MOI- 4.fE, LR,V)« de bord et reviens vers la », lui ai-je crié.Il était trop pour 2.mère -E = -COU- effectuer la manœuvre et il a coulé à pic.3.ruse -E = -LOI- 4.cour -E = -VIE- Chasse aux cinq voyelles 5.soupe -E = -AIGRE- 6.noire -E = -TA- Complétez les mots suivants en ajoutant à chacun les cinq voyelles (a, e.1, o, u).Notez que pour les numéros 7 et 8 on n’a pas indiqué où on doit intercaler les cinq voyelles.À vous de les placer correctement.7.mur -E = -QUI- 8.colle -E = -DES- 1) M_______D______L__________R_______ 2) R_______C__________LL_____________X 3) S___________P______R______NT______ 4) PR_____V______RB_________________X 5) V___DR.LL 6) __T__M____S.7) RLN 8) MNR R Énigmes linguistiques Le jeu consiste à trouver un mot à partir d’indices donnés.-1 - Indices : a - II n’est pas prudent d’attendre qu’elle soit vieille pour la respecter.b - Pour la faire, il faut généralement être maître, c - Elle n’est pas sans projet, d - Celle de la jungle est très permissive.Réponse : _______________________________________ - II - Indices : a - On lui doit des changements spectaculaires, b - Elle dirige son petit monde à la baguette, c - C’est une femme de pouvoir, d - A un doigté exceptionnel.Réponse :_____________________________________ O 1-^ O c» ifll s SSo o.3
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