Le devoir, 5 juin 2010, Cahier F
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 iiiiiii I I IDEES DE LECTURE ' ' ' Dix libraires vous conseillent “ - - Page F 2 LITTERATURE QUÉBÉCOISE Les suggestions de Danielle Laurin Page F 3 Lectures d’été .¦'¦¦'S-î'l ¦ÿ 'S .-3 i ïi'i f'i - ¦¦¦ .• V .' %K PHILIPPE MATSAS La nuit américaine de James Ellroy Underworld USA boucle avec éclat une trilogie colossale consacrée aux États-Unis des années 1958 à 1972.Rencontre.CHRISTIAN DESMEULES A 62 ans, James Ellroy, maître incontestable du roman noir américain, se défend bien de coller à l’Histoire.Tout au plus lui sert-elle de canevas sur lequel poser ses immenses et terribles fresques morales.L’auteur du Dalhia noir et de L.A.Confidential (deux de ses romans adaptés au cinéma) met tout son art au service de l’excavation tranquille de conspirations, manœuvres à go-go, coulisses sanglantes, pouvoir occulte.Destins tordus en tous genres.Humains, trop humains.«J’ai mieux fait que l’historien, écrit Balzac dans son avant-propos à La Comédie humaine, je suis plus libre.» Ellroy revendique la même liberté, cherchant à faire lui aussi, d’une certaine façon, «l’envers de l’histoire contemporaine», en mélangeant dans ses romans quelques personnages réels avec un bon nombre de ses propres créatures.Ultime volet d’une trilogie qui couvre les années 1958 à 1972, de Kennedy à Nixon, Underworld USA va du 24 juin 1968 au 26 mars 1972, soit peu de temps après les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy jusqu’à la veille du Watergate.Elles corrompus, politiciens véreux, militants politiques, agents très spéciaux, mercenaires, pa-sionarias, drogués.L’œuvre est gigantesque, tentaculaire, sans partage.Elle frappe fort et en profondeiu (lire la critique qu’en a faite Michel Bélair dans Le Devoir du 6 février dernier).Quinze années se sont écoulées depuis la publication du premier tome de ce monument de plus de 2000 pages, amorcé en 1995 ssrec American Tabloïd, suivi en 2001 ^American Death Trip — on notera au passage l’obsession un peu fanatique de l’éditeur français à placer la référence américaine dans chacun des titres.Près de deux ans après le début du «processus» qui a entoiué la naissance du livre — édition, publication, tournée de promotion —, c’est im Ellroy plus très frais et peut-être un peu blasé, il faut le dire, qui atterrissait cette semaine à Montréal pour rencontrer, en groupe ou au compte-gouttes, une poignée de joiu-nalistes dans l’atmosphère contrôlée de son nid d’aigle de l’hôtel Reine Elizabeth.Une machine à voyager dans le temps En congé d’écriture pendant que sa douce moitié fait les boutiques, bien calé dans son fauteuil, Ellroy attend les questions comme un joueur de tennis guette le service de son adversaire.«Bien ^«Underworld USA ne soit pas vraiment de l’histoire ancienne, raconte-t-il en anglais, le sentiment de soulagement et d’accomplissement que j’ai éprouvé quand j’ai terminé la trilogie s’est dissipé il y a déjà un bon moment Je suis déjà ailleurs, j’ai aussi écrit autre chose.» 11 continue: «Avec cette trilogie, je voulais simplement réécrire une période de l’Histoire à ma propre façon.J’ai voulu remonter dans le temps et éprouver le plaisir sensuel de vivre à cette époque-là.D’y habiter.Ça, c’est vraiment mon affaire.Mais il faut du temps.Il faut passer beaucoup de temps tout seul dans le noir, insiste-t-il.Mais à ça, je suis un expert.» C’est son mantra.11 le répète souvent.Et on le croit sans difficulté.La politique et la corruption sont-elles des frères siamois?Les politiciens font-ils l’Histoire?Chose étonnante, on ne discernera pas une ombre de cjmis-me chez Ellroy.«Ils font l’Histoire, oui, ils créent des politiques publiques, ils imposent aussi leur vision, qu’elle soit bonne ou mauvaise.Et je pense qu’il est important de les inclure dans les textes, comme je l’ai fait dans Underworld USA.Mais le plus intéressant pour moi, dans le cas des grandes figures poli- tiques, c’est que chaque jour leurs rapports humains les plus consistants sont avec des gens qui évoluent dans l’ombre.C’est vraiment ce qui m’intéresse.» Et seuls les ressorts dramatiques préoccupent vraiment le romancier.L’invention verbale, les interactions entre ses personnages, sa liberté de créateiu passent d’abord.Tout le reste est accessoire, secondaire, abstrait.L’Histoire (et les personnages connus de l’Histoire) n’est qu’au service de son immense désir de fiction.«On sait qu’on a tiré sur JFK le 22 novembre 1963, la baie des Cochons le 14 avril 1961, etc.Mais au-delà de ces dates et de ces événements, que sait-on en réalité?On a beaucoup de latitude.» Précision historique, extrapolation, connaissance approfondie des rapports humains, utilisation judicieuse de personnages réels: ce sont les seules règles qui relient entre eux ces trois romans historiques.«Au fait, l’année 1972 marque la fin chronologique de ma carrière de romancier historique», assiue-t-il.«J’aime rester tout seul dans le noir» Sa réputation de misanthrope n’est pas usurpée, même si on a parfois VOIR PAGE F 2: ELLROY Ci Oserez-vous découvrir le dernier roman de HANS-JÜRGEN GREIF HANS-JURGEN GREIF M.UinStantmèm LinUantmême wwwi nstantmemecom 234 pages, 25 2 F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 1 V 1 1 .i 1 l .rr.IIR.ES D’ETI J J'L'U i ii'i i iéI B B ü!4 ?[} Il i f ^ V* • H i ri \ ^ L’été vu par votre libraire ! ^\ll ill< .>;! M S @ Im£ Votre libraire les aime courts, légers ou nordiques, parce qu’il fait trop chaud.Ou, au contraire, il les préfère touffus, exigeants et de longue haleine, parce qu’il juge qu’on a plus de temps pour lire à la belle saison.Voici les livres d’été proposés par quelques-uns de nos libraires.¦ Avec son grand rire communicatif, Manon Trépanier, de la librairie Alire, bien connue des auditeurs de Radio-Canada pour sa participation hebdomadaire à l’émission La Librairie francophone, suggère La Foi du braconnier de Marc Séguin, lauréat du Prix littéraire des collégiens cette année.«Les premiers mots qui me viennent pour parler de ce livre, ce sont “pulsion de vie", “pulsion de morf.Séguin est un artiste en arts visuels.On le sent On ne comprend pas tout, mais ça nous touche, ça nous dérange.Ce n’est pas vilain d’être dérangé dans une lecture d’été.» ¦ Francine Beauchemin, de la succursale de l’avenue du Parc de la chaîne Renaud-Bray, suggère la lecture du Goût des pépins de pomme de Katharina Ha-gena, aux éditions Anne Carrière, un livre qui compte beaucoup d’ardents défenseurs.De quoi s’agit-il?C’est l’histoire d’une maison de famille, léguée à une jeune femme, qui sert de prétexte à une exploration de la mémoire familiale, le tout servi par une écriture enlevante, semble-t-il.En livre de poche, donc à plus petit prix, la représentante de l’enseigne Renaud-Bray suggère Meltitz (éditions Grasset), saga familiale suisse de Châles Lewinsky qui se déroule entre 1871 et 1945, de la guerre franco-prussienne jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.¦ Claire Taillon, de la librairie Pantoute, plaide pour Le Souffle du vent du Nord (Grasset), de Daniel Glattauer, «un roman épistolaire, léger, qui se lit très bien et qu’on a tout simplement du mal à arrêter de lire une fois qu’on a le nez dedans».¦ Au Port de tête, on est en pleins travaux d’agrandissement à l’approche de l’été.D’ici une quinzaine, la librairie de l’avenue du Mont-Royal comptera sur, environ 50 % plus d’espace.Eric Blackburn, un des animateurs de la librairie, suggère de relire Mailloux, le roman déjanté d’Hervé Bouchard, désormais disponible en poche (éditions Le Quartanier).Son collègue Antoine Peuchmaurd propose pour sa parti entre autres choses, de lire Le Discours sur la tombe de l’idiot, de Julie Mazzieri 0osé Corti), tout en avouant relire chaque été avec bonheur un ou plusieurs livres de Richard Brautigan, «pour leur fausse innocence, leur humour et leur poésie».11 suggère Tokyo-Montana Express (10/18), un recueil où les nouvelles, très courtes, comptent parmi ses favorites.¦ A la librairie Monet, le libraire Benoît Desmarais, très enthousiaste, conseille de lire le nouveau Nancy Huston, Infrarouge (Leméac/Actes Sud).Ce livre provocant, dit-il, suscite bien des discussions à la librairie.«Deux dames nous l’ont retourné, scandalisées!» Son cœur balance aussi pour Les Larmes de saint Laurent de Dominique Fortier (Alto), un livre qui, avec une forme classique, lui apparaît «très convaincant».Le lîbraire de chez Monet estime aussi beaucoup le dernier roman de Martin Page, intitulé La Disparition de Paris et sa renaissance en Afrique (éditions de l’Olivier).Nancy Huston Infrarouge Suzanne Mvre « Itans sa bulle ACTES SUD / U-ÜAîfyiG \ h A «Je fais souvent r^érence à Woody Allen lorsque je parle de Martin Page.Ici, il part d’une situation tout à fait crédible d’une dame qui revient à Paris après des années et qui se fait apostropher par un policier.Résultat: hôpital et coma.A travers les pirouettes de la situation, l’auteur propose une vraie réflexion autour de la politique et du rôle des gens qui sont près des politiciens.» Entre autres suggestions, le libraire propose aussi la lecture de Sukkwan Island de David Vann (éditions Gallmeister), «un roman intense qui propose l’histoire d’un père et de son fils qui se retrouvent sur une île du Nord.La rencontre au milieu de la nature se transforme en affrontement.L’écriture est très forte, dans un climat qui ressemble un peu au Cormac McCarthy de La Route, dans la lignée de Jim Harrison.C’est un roman que nous poussons beaucoup à nos lecteurs».Benoît Desmarais parle encore avec passion du Cimetière de piano, un livre de José Luis Peîxoto disponible désormais en poche chez Folio.«Une lecture plus exigeante mais, comme on a du temps l’été, il faut s’y lancer! Ce roman propose un grand travail d’écriture.Nous sommes à Lisbonne au début du siècle.Un fils s’entraîne pour courir le marathon des Olympiques de 1912.Tout cela tient avec la mort de son père, sur un ton haletant qui rappelle justement la course à pied!» ¦ Franck Vignal, à la librairie Gallimard, ne propose que A’«excellents romans», promet-il.«Le Projet Lazarus d’Alek-sandar Hemon a des allures de policier parce qu’il y a une enquête; on retourne dans le passé, il y a eu un meurtre, mais l’objet du livre, c’est plutôt une quête personnelle.» Et comme on a le temps de lire des pavés l’été, il cite Oméga mineur de Paul Verhaeghen (Cherche Midi), qui relit «toute l’histoire européenne du XX‘ siècle à travers trois destins croisés.L’écriture est assez pointue, mais ça se lit quand même bien».«Je me suis battu toute l’année pour qu’il gagne [le Prix des libraires], lance-t-il à propos de Vu d’ici, tout est petit de Nicolas Chalifour.C’est très novateur dans la forme pour un premier roman.» Polar atypique.Les Visages de Jessee Keller man retient aussi son attention.«Ça change de la facture des polars traditionnels, les Connely et compagnie, parce qu’il y a toute une dimension historique aussi.» ¦ Mireille Frenette, de la librairie Zone libre, invite à lire ou à relire La Rage de Lords Hamelin, réédité chez Boréal.«Ça tourne autour de la dépossession des fermiers pour construire l’aéroport de Mirabel.C’est vraiment un grand livre», estime celle qui avoue avoir découvert l’auteur sur le tard.La libraire sort des ornières de l’actualité pour ses suggestions d’été, avec Saison de porc de l’auteur haïtien Gary Victor (Mémoire d’encrier).«On est à Port-au-Prince dans les années Duvalier, il y a du vaudou, c’est extraordinaire.J’ai trouvé l’écriture très moderne.» Et pourquoi pas un peu de poésie?Le premier recueil de l’auteure innue Joséphine Bacon, Bâtons à message, vient de remporter le Prix des lecteurs du Marché de la poésie.«Elle écrit vraiment de belles choses et c’est bilingue, en innu et en français», observe-t-elle.¦ Si l’hiver certains se réchauffent par des lectures du Sud, Rp-ger Chénier, de la librairie L’Ecume des jours, se rafraîchit l’été avec la littérature nordique.«A chacun son exotisme!», lance en rigolant le libraire, qui a choi- si Une autre vie (Actes Sud) du Suédois Per Olov Enquist, autobiographie en forme de «témoignage de fin de vie», et le roman Entre ciel et terre, de Jon Kalman Stefansson (Gallimard).«C’est une fresque historique qui se passe en Islande à la fin du XIX‘ sur des barques de pêcheurs.J’aime beaucoup le ton.» Cet amateur d’essais retient aussi Duplinesca, d’Enrique Vila-Matas (Editions Christian Bour-gois).«Ça tourne autour de James Joyce, dit-il.Il réussit à ramasser tout ça.Il est très bon pour faire des espèces de pots pourris et raconter des anecdotes sur la littérature en rendant ça intelligent» 11 ne s’aventure généralement pas dans les biographies, à moins qu’il soit question de Jean-Luc Godard et que l’auteur, spécialiste du cinéma, s’appelle Antoine De Baecque (éditions Grasset).«Pour mon amour du cinéma, dit-il.C’est une biographie critique, un peu intellectuelle.» Deux fois plutôt qu’une ! Avec sa consœur de la librairie Alire, Francine Beauchemin retient le dernier roman de Suzanne MjTe, Dans sa bulle, publié aux éditions du Marchand de feuilles.Les deux libraires n’ont que de bons mots pour ce livre qui manifeste une vision lucide du monde arrimée à un solide sens de l’humour.«Je dirais, explique Manon Trépanier, que c’est un roman de filles pour l’été, mais intelligent, avec un fond solide d’humanisme et de sociologie.» Manon Trépanier craque aussi pour La Petite et le Vieux, de Marie-Renée Lavoie (XY^, tout comme sa collègue Claire Taillon, de la librairie Pantoute à Québec.Selon Manon Trépanier, «c’est un roman vraiment savoureux, plein d’humour: une histoire d’amitié entre une fille et un psychiatrisé, pas cliché du tout et très vif» Claire Taillon et Franck Vignal attirent l’attention sur Treize heures de Deon Meyer, publié aux éditions du Seuil, une histoire de meurtre que l’inspecteur Griessel doit traiter à quelques jours de ses retrouvailles avec celle qu’il aime.«Le rythme et l’élan de ce roman sont vraiment très prenants.» Franck Vignal, de chez Gallimard, partage quant à lui l’enthousiasme de Benoît Desmarais, de chez Monet, pour Le Nazi et le Barbier, d’Edgar Hielsenrath.«On est du côté du bourreau comme dans Les Bienveillantes [de Jonathan Litell], mais à la façon conte voltairien, un peu burlesque.Ce SS mal pris à la fin de la guerre est obligé d’immigrer en Israël et devient sioniste par la force des choses.Il y a un côté très drôle dans la narration, même si ce sont des thèmes parfois durs.» Intemporel Françoise Careille, de la Librairie du Square, plaide pour sa part pour un été «intelligent», loin des simples phénomènes de mode.«Les nouveautés, pourquoi on en parlerait?Tout le monde en parle déjà! Ce que je suggère souvent pour l’été, ce sont les livres qui sont difficiles à lire durant le reste de l’année, faute de temps.Il faut partir pour les vacances avec des classiques.Il en existe au goût de chacun.Quoi par exemple?Tout le monde souhaite lire un jour Belle du seigneur d’Albert Cohen ou Le Quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durell.L’été, on a le temps de lire des livres pareils! On peut aussi entreprendre de découvrir un auteur.Pourquoi ne pas partir avec deux ou trois livres de Philip Roth?» Propos recueillis par Frédérique Doyon et Jean-François Nadeau ELLROY SUITE DE LA PAGE E 1 l’impression qu’il appuie un peu fort sur la note.«J’ai décidé il y a cinquante ans de me couper du monde», dit-il.11 y a cinquante ans aussi, ce n’est pas un hasard, sa vie basculait après le meurtre de sa mère, en 1958.Là-dessus, il faut lire Ma part d’ombre (Rivages, 1997), le récit autobiographique qu’il a tiré de sa propre enquête sur ce crime jamais élucidé.11 poursuit en se rapprochant comme s’il voulait faire une confidence: «J’ai décroché du monde depuis tellement longtemps que je ne saurais même pas par oû commencer», poursuit-il.Et comment fait-on?L’écrivain baisse la voix, jette un œil derrière son épaule, comme s’il fallait préserver des oreilles sensibles: «Tu sais quoi?T’es capable, t’as juste à le faire.Quand tu rentreras chez toi ce soir, ne réponds pas au téléphone, n’allume pas la télé, n’allume pas l’ordinateur.Tu t’assois dans le noir et tu te grattes les couilles.C’est ce que je fais depuis cinquante ans! Je suis une brute.J’aime rester tout seul dans le noir.Et si je n’avais pas de blonde, je ne sortirais jamais de chez moi.J’irais peut-être à l’épicerie de temps à autre», confie l’ancien voyou repenti dans la discipline de l’écriture.Et un cran encore plus bas: «En réalité, je ne connais que cinq ou six choses et rien d’autre.Et ça fonctionne! Ça m’attire des ennuis, mais ça fonctionne.» 11 fait la liste de ce qu’il aime vrairnent: «La boxe, l’histoire des Etats-Unis, les femmes, la musique classique, les chiens.J’aime les chiens.J’aime aussi les bonnes voitures sport.C’est pas mal tout» En dehors de l’écriture et de rester assis tout seul dans le noir.Bien entendu.«Je préfère vivre dans CHRISTIAN LEMIEUX-FOURNIER Marie et les deux François ROMAN 167 PAGES 118.95 $ ALAIN POISSANT Heureux qui comme Ulysse 5 ROMAN 103 PAGES 16.95 $ Marie a deux amours.C est une douce dingue que vous aimerez beaucoup.Et quelle maîtrise de la langue [.Pas une enflure pour épater la galerie Culturehebdo (février 2010) Un road-story écrit dans une langue alerte et épurée où se mêlent avec un grand réalisme le destin d'un homme parti à la conquête de lui-même et la condition amérindieime.Suzanne Giguère, Le Devoir LES ÉDITIONS - Sémaphore www.editionssemaphore.qc.ca ma tête», reconnaît l’homme, qui est aussi capable de beaucoup d’humour.Son prochain livre, intitulé en anglais The Hilliker Curse, est un récit autobio^aphique dans lequel il devrait explorer la question de ses relations avec les femmes.L’écrivain, qui est retourné vivre à Los Angeles depuis quelques années, projette aussi d’entreprendre une autre grande série historique.«Ça, par contre, je n’en parlerai pas avant un certain temps.» Une belle grande brune, beaucoup plus jeune, s’approche de lui par-derrière en s’excusant de nous interrompre.Petite pause.Conciliabule amoureux.Reprise.Son esprit est ailleurs, on le sent.Je choisis de le libérer de sa corvée avant terme: «That’s okay, man.I think we’re done.» «C’est fini?Vraiment?» Un grand sourire de petit garçon illumine son visage.11 gambade à travers la pièce et me remercie chaleureusement avant de s’éclipser sans demander son reste vers Tombre ou vers la lumière.Qn ne le sait pas trop.Collaborateur du Devoir UNDERWORLD USA James EUroy Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias Rivages/Thriller Paris, 2010,840 pages îàbv-A»M>.£ sr L'ECHANGf LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 F 3 LECTURES D'ETE Des romans québécois pour l’été c Laurin omment choisir ses lectures pour l’été?Si on commençait par un tour d’horizon des meilleurs romans parus au Québec depuis le début de l’année.Attention: grosses pointures en vue.Le livre le plus inattendu de tous: Je ne veux pas mourir seul (Boréal), de Gil Courteman-che.D’abord, parce qu’il ne s’agit pas d’un roman, mais d’une autofiction.On vous l’a dit, on vous le répète, l’auteur A’Un dimanche à la piscine à Kigali signe son ouvrage le plus personnel, le plus intime.ûa mort plane, comme dans tous ses romans.Comme dans Une belle mort, récemment adapté au cinéma par Léa Pool et tout juste réédité (Boréal compact).Mais cette fois, c’est la sienne, sa mort à lui, qui est en jeu.C’est lui-même que Gil Courtemanche met en scène, en train d’écrire ce qu’il considère comme son testament.11 vient d’apprendre qu’il a le cancer du larynx, il passe à travers différents traitements, c’est difficile, on l’imagine bien.Mais le plus difficile pour lui, c’est qu’il vient de perdre la femme qu’il aime.Elle est partie, elle l’a quitté.Pourquoi survivre, alors?Pourquoi se battre, lutter contre la mort?On peut lire ce livre comme une déclaration d’amour, comme une longue lettre d’amour à l’absente.Mais on lit surtout Je ne veux pas mourir seul comme le dialogue d’un homme avec lui-même.Un homme qui admet qu’il n’a pas fait les bons choix, qui constate que sa vie est un échec.Ce n’est pas seulement le livre québécois le plus inattendu de ces derniers mois.C’est aussi le plus déchirant.L’un des plus éprouvants.On est frappés de plein fouet par cette effroyable mise à nu, cette catastrophe de l’intime livrée sans complaisance aucune.La catastrophe naturelle frappe, tue en masse, dans Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier), de Dany Laferrière.Pas un roman non plps.Une chronique, plutôt.Ecrite à chaud, dans l’urgence.Dans la foulée du séisme qui s’est abattu sur Haiti le 12 janvier dernier.C’est comme si nous y étions, dès la première secousse qui fait trembler la terre.Le même auteur fait la lecture intégrale sur support CD de son livre précédent, celui qui lui a valu une flopée de prix, L’Enigme du retour (Au-diolib).Où il nous convie en Haiti avant le tremblement de terre, sur les traces de son père mort.C’est en Haiti, aussi, qu’il nous transporte dans Le Charme des après-midis sans Jïn, paru en 1997 et réédité il y a peu (Boréal compact).On retrouve ici le narrateur au moment de l’adolescence, auprès de sa grand-mère adorée, Da.«J’ai écrit ce Danielle livre pour une seule raison: revoir Da», note Dany Laferrière à la fin de l’ouvrage, rendant hommage à celle qui est morte en 1992, à l’âge de 96 ans.Si c’est une histoire à plusieurs strates que vous cherchez, si vous voulez lire un roman sensible, profond, intelligent.et très sexuel, plongez dans le dernier Nancy Huston, Infrarouge (Actes Sud/Leméac).Une réussite sur toute la ligne.Si l’histoire du Québec vous passionne, son histoire politique, notamment, des heures de plaisir vous attendent dans La Fureur et l’Enchantement (Libre Expression), de Georges-Hébert Germain.Vous y trouverez un point de vue peu exploité concernant la période 1837-1838, les Patriotes, leurs combats, leurs échecs.La narration est alerte, coule de source.En prime: sensualité, amour, volupté.Un humour qui décape, mais aussi des personnages attachants qui luttent contre le cynisme ambiant: c’est ce que propose la nouvelliste Suzanne Myre dans son premier roman.Dans sa bulle (Marchand de feuilles).Le milieu hospitalier en prend pour son rhume, mais tout n’est pas perdu, si l’on en croit l’héro'me, qui, tout comme l’auteure, connaît de l’intérieur cette réalité.Pour la fantaisie, l’imagination sans bornes, le style hors mode, on optera pour Les Larmes de saint Laurent (Alto), de Dominique Portier.Une histoire à tiroirs, sur le thème des tremblements de terre, volcans et autres séismes.Une histoire d’amour, aussi.Pour voyager jusque dans les grottes de Lascaux de façon tout à fait surprenante, par l’entremise d’une lignée de femmes hors du commun: Un poker à Lascaux (Québec Amérique), de Normand de Belle-feuille.Une douce ironie enveloppe ce récit baigné par la nostalgie de l’enfance, tandis que la mort rôde.Pour qui aime sortir des sentiers battus, il y a ce tout petit livre, dur, épuré, admirablement écrit, sur l’enfance gâchée: L’Arrivée au monde (VLB), de Carole Massé.«Qu’avait dit Dieudonné à Petites Cendres, aime, mon ami, aime, avant que sur toi sonnent tous les glas [.]»: ainsi commence Mai au bal des prédateurs (Boréal), tout chaud en librairie.Où, dans la foulée de sa monumentale série romanesque entamée avec Soifr, Marie-Claire Blais poursuit sa plongée vertigineuse dans l’âme humaine, parmi les laissés-pour-compte, les marginaux.Avec, au centre, des êtres à la fois fdles et garçons, ouverts à toute forme de,transgression.A suivre, la semaine prochaine: d’autres suggestions de lecture pour l’été.éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Pierre Tremblay Le délinquant idéal Performance, discipline, solidarité Pierre Tremblay LEDÉLINQLLANT IDÉAL performance, discipline, solidarité 268 pages, 27 dollars JACQUES GRENIER LE DEVOIR JEAN-ERANÇOIS LEBLANC LE DEVOIR N- JACQUES GRENIER LE DEVOIR JACQUES GRENIER LE DEVOIR Parmi les auteurs incontournables de Pété: les Dany Laferrière, Nancy Huston, Suzanne Myre et Gil Courtemanche.Plus de trente églises ou chapelles lui doivent leur décoration partielle ou totale.->È^@Sa4v- Levis Martin Presses de l’Université Lavai 1.ÉVIS IV/lARTIN Pour un ultime t^eft-d’muvr^^ L, décorition df^ol'S» Ozias Leduc Pour un ultime chef-d^œuvre 192 pages / 29,95 $ Quand la presse ne suffît plus.LE f DELIVRE La lecture délivre, des libraires se livrent Déjà 1 an et plus de 150 articles sur le livre et la lecture.www.librairiennonet.conn/blogue F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 LECTURES D'ETE Une infinie tempête de beauté Louis Hamelin Pendant que je distille une fine bruine sur le potager avec mon pistolet à eau à jet ajustable, je vois, du coin de l’œil, nos amis fureter au fond du jardin.Sous le noyer (je sais maintenant que c’en est un, grâce à eux, qui m’en ont exhibé la preuve la plus élémentaire qui soit: une noix), les voici qui s’intéressent encore à quelque chose d’autre.Ils pourraient être dans la rue, à faire rugir leurs moteurs modifiés, leurs scooters et leurs autoradios avec les autres, participer à cet autisme collectif galopant, mais non: ils sont dans ma cour, penchés sur du vivant, du vert et du frais, du frémissant.L’amour de la nature n’est jamais diminué ou entaché par la connaissance, qui au contraire le décuple.De plus en plus porté à me détourner des gens qui sont enclos comme des vaches dans leur vérité, je ne respecte vraiment que ceux aux yeux de qui apprendre est une tâche de tous les jours.Je veux herboriser avec Marie-Victorin sur les grands rochers rouges de Mingan parés pour une noce d’iris versicolores, champignonner avec mon oncle El Deno dans les hauts du Saint-Maurice, oiseauloguer à l’aube dans mon lit.L’amour de la nature n’a rien à voir avec l’innocence, il aime la souillure.Je lâche mon pistolet et vais rejoindre ces deux-là, sous l’arbre de la connaissance.Ils me montrent: le troupeau de pucerons rassemblés à la fourche d’une branche d’arbuste.Autour, les fourmis bergères qui vont et viennent et qui les élèvent et les traient pour leur miel, et voici le loup, une larve de coccinelle qui chemine sur son minuscule rameau avec une idée de steak de puceron derrière la tête.La suite n’est pas difficile à deviner.Sur ces quelques centimètres carrés de végétation.c’est la guerre de chaque jour pour se nourrir ou mourir, pour survivre à mort, ou, comme le dit si bien Annie Dillard, «c’est toujours croque ou crève».Rarement les deux en même temps, même si ça arrive aussi.Un entomologiste a décrit une guêpe qui continuait de se gorger du sirop vomi par l’abdomen de l’abeille mellifère qu’elle était en train d’occire en même temps qu’elle-même avait le corps grignoté par une mante religieuse! On dirait la rencontre du marquis de Sade et de Winnie l’Ourson sur une table de dissection.Or ces incroyables tragédies, ces fastes spectacles se déroulant au grand jour et dans un secret à couper le souffle, la Nature les distribue avec une générosité si confondante que toute recherche d’explication qui prétend se passer du divin aboutit fatalement à une tautologie: c’est dans la nature de la Nature, faut croire.Vous pouvez aussi changer l’échelle et mettre du pétrole à la place du miel.Regard et présence Oubliez la table de dissection.La rencontre de Sade et de Winnie se déroule in vivo dans le classique Pèlerinage à Trinker Creek de Dillard, devenu le cent-douzième volume de l’épatante collection «Titre» chez Christian Bourgois.Tinker Creek, c’est le Walden des années 70.Un siècle après Thoreau, son maître et sujet de thèse, dont la banlieue de Boston a avalé la célèbre cabane, Dillard nous refait, dans les montagnes Bleues de la Virginie, le coup du «J’ai beaucoup voyagé dans Concord».Après la mort d’un frère terrassé par le tétanos, Thoreau trouva, au bord de l’étang de Walden, la solitude nécessaire à l’achèvement de son livre dédié à la mémoire du frangin disparu.Dillard, elle, est passée d’une pneumonie presque fatale au prix Pulitzer, en passant par une année d’écriture et d’isolement créateur sur les berges de Tinker Creek.Comme si la conscience de la mort qui rôde avait servi de déclencheur à la rupture chez ces deux êtres qui vont, en tenant un instant le monde humain et ses chères distractions à distance, s’ouvrir activement les yeux sur la vie, celle du monde vivant, des êtres vécus, lesquels donnent parfois l’impression, chez Dillard, de s’écrire comme ils vivent, en se consumant dans une heureuse abondance.Pendant l’année en question, Annie Dillard va devenir essentiellement deux choses: un regard, une présence.La campagne qu’elle décrit n’est pas «sauvage», sauf dans la mesure où peut l’être le moindre racoin d’herbes du cœur de la ville.Car la sauvagerie, ici, est d’abord celle des forces élémentaires à l’œuvre dans le monde, de l’avidité primitive, et se trouve donc à la portée du premier imbécile venu en train de passer sa tondeuse.La nature produit toute une beauté qui, gratuite en apparence (donc suspecte!), passe en général inaperçue et dont les signaux (à travers les notes vibrantes du bruant chanteur, celles extraordinairement confiantes et enjouées de la paruline jaune, qui s’élèvent du moindre buisson urbain pour défier l’asphalte et le béton; le flamboiement de la robe du cardinal dans le petit matin) résonnent au milieu d’une population humaine frappée de cécité et de surdité dans une proportion de 95 %.Et c’est une estimation conservatrice.Mais de ces minuscules accidents, un parcours matinal s’illumine.Le cœur simple, mais l’esprit sophistiqué: voilà qui pourrait être notre devise, à nous amis de l’infime, de la «complexité du détail et de la variété des formes», de l’obscur génie sanglant de cette étrange création! Quelle énergie dans cette écriture dillardien-ne, dans ce monde-là, qu’elle fait sien.L’exubérance irrésistible et tourmentée de sa plume semble parfaitement en phase avec le ciel changeant de ce paysage montagneux.Deux grandes questions: celle de la cruauté, de «l’inutile souffrance», et celle de la beauté.Ou: pourquoi et comment un univers qui libère de la cruauté comme il respire fabrique-t-il malgrç tout de la beauté en aussi grande quantité?A quoi joue l’évolution, si le jeu lui-même n’est pas le but — ce qui, à bien y penser, est probablement le cas?Pour affronter ces graves questions, Dillard, à force de se poser en médium des forces naturelles déclenchées par son seul regard, comme des apocalypses confidentielles occasionnées par la lumière, verse progressivement dans un mysticisme de moulin à prières tibétain où j’ai un peu moins envie de la suivre, surtout quand ©PHYLLIS ROSE Annie Dillard il l’amène à considérer avec bienveillance les sacrifices dus à un dieu hassidique certes cruel, mais qui, au contraire de la Nature, produit bien peu de beauté.Comme si le monothéisme n’était pas, justement, à l’origine de cette dérive qui est la nôtre comme espèce exilée de la nature ici-bas.Je préfère retenir, de ce livre important, l’invitation pressante, incessante, à vivre l’intense religion des irréligieux: «Le présent est un tableau qui s’offre gratuitement.» hamelinlo@sympatico.ca PÈLERINAGE À TINKER CREEK Annie Dillard Traduit de l’anglais par Pierre Gault Christian Bourgois éditeur Paris, 2010,393 pages f f ROMAN QUEBECOIS La vie pétarade Un bon premier roman pour adultes d’un auteur jeunesse Marie et les deux François dégouline de bonne humeur.Cet auteur jeunesse signe un premier roman pour adultes rempli de fraîcheur et de sensibilité où l’humour et la fantaisie dissimulent la difficulté d’aimer et d’être aimé.SUZANNE GIGUERE Marie, le personnage principal, a deux amours, comme dans la chanson de Joséphine Baker.Erançois, un peintre avec qui elle a une liaison, et Erançois Rabelais, son auteur fétiche.Mélangeant vie réelle et vie rêvée — souvent plus colorée et enivrante que la réalité —, Marie écrit un roman.Le mariage de Graupen aura-t-il lieu?, un peu à la manière paillarde de Rabelais, alors que sa vie sentimentale connaît de multiples complications.«Maître Graupen, sur un arbre perché, tenait en sa tête une question.Une grave, lancinante, piétinante, lassante, constante, dynamique et éternelle question.Dois-je ou ne dois-je point me marier?» Graupen, l’âme inquiète, recherche le grand amour dans le Nouveau Monde.Rompu à l’art de la dissertation, avec une étonnante éloquence, il entreprend sa «quête glorieuse de la substanti-fique connaissance matrimoniale» à travers les forêts et les bois du Québec.11 déclare son amour à Marie la Sage, totalement indifférente à son émoi, survit à ce chagrin d’amour, rencontre la rayonnante Irma dans le nord de l’Abitibi, apprend que tous les goûts sont dans la nature puisqu’lrma préfère les femmes.Graupen a des «états d’âme», s’embrouille, s’embarrasse, crie qu’il veut être heureux dans la vie! Toute la vie! Sur la place du marché Champlain à Québec, il croise Cunégonde, Iq bonne du gouverneur.Etourdi par sa beauté, il s’apprête à vivre le plus important moment de sa vie.11 lui écrit des poèmes, des lettres.Sé- Pauvreté, langues et rémunération, le modèle québécois, financiarisation de l’industrie forestière, l’ordre de Jacques Cartier, les peuples autochtones, la recherche libre La relève agricole, concentration de la propriété des médias, convergence des comportements de consommation, deux textes sur Philippe Garigue, refondation et reconnaissance de la nation, le Nord québécois Numéro du 50^ anniversaire : Le Québec qui change Aussi dans chaque numéro : notes critiques, comptes rendus, débats.Renouvelez votre abonnement maintenant.Quelques clics sur notre site web suffiront On peut aussi payer par chèque en faisant imprimer le formulaire qui est disponible sur le site internet et en le retournant directement au secrétariat de la revue.Numéro 1, 2010 (parution fin juin) Numéro 2, 2010 (parution fin septembre) Numéro 3, 2010 (parution en décembre) Commandez chez votre libraire ou achat en ligne possible 418.656.3544 • www.soc.ulaval.ca/recherchessociographiques/ Une source essentielle de références sur le Québec RECHERCHES SOCIOGRAPHIQUES duit, charmé — «laissez-moi vous parler» —, il lui offre des fleurs.Graupen apprend à se frotter à la douceur féminine.Cunégonde lui lance le bouquet de fleurs au visage, ne lui laissant pour réconfort que la pureté de ses sentiments.La fiction prend parfois de curieux détours, imprévisibles.Que dire alors de la vie bien réelle?Le romancier parle de choses graves, comme la perte d’un amour, la souffrance d’éprouver un amour non réciproque, la jalousie, la solitude.Mais la vie réelle connaît des revirements inattendus, comme le montre ce couple impétueux, Mireille et Pedro, que le romancier introduit dans son récit: «En ce moment, maintenant, tout de suite, la vie s’appelle Pedro et Mireille mord — Aïe! Caramba!» Pedro vit en orbite autour du soleil Mireille.Avec eux, on ne s’ennuie jamais.La vie pétarade.Collaboratrice du Devoir MARIE ET LES DEUX FRANÇOIS Christian Lemieux-Fournier Les éditions Sémaphore Montréal, 2010,168 pages NATURE La passion des champignons DENYSE VALOIS La pluie des derniers jours excite votre appétit de mycologue?Votre panier est déjà prêt à partir pour la prochaine excursion de cueillette de champignons?Quatre professeurs de l’Université Lauren-tienne et membres passionnés de l’Amicale des mycologues de Sudbury proposent un ouvrage d’ethnomycologie où ils explorent les relations entretenues par les hommes avec les champignons à travers le temps et les civilisations.Qn le voit dans ce livre, le champignon est utilisé à toutes les sauces: à des fins alimentaires, bien sûr, mais aussi religieuses, scientifiques et folkloriques.Au fil du temps, l’être humain a appris à ne pas manger toutes les espèces de champignon consommées par les animaux, certaines étant pour lui mortelles.Chez les Amérindiens, notamment, la prudence est vite de mise.Qn ne consomme que quelques espèces, comme les morilles et les marasmes des oréades.Chez les Romains, on apprécie en revanche les cèpes, les truffes et même l’amanite des Césars, alors qu’au Moyen Âge c’est la psalliote qui a la cote, de même que les chanterelles.Depuis des millénaires, les G (Piurlmiit ,\ e! h-y.kiEuch 1/ 'Inmhfm Des champignons et des hommes Consofnnmtiojf rrowmres et science (.ahemia Chinois et les Japonais utilisent les champignons comme médicaments pour traiter plusieurs pathologies et comme agents propices à accroître la durée de la vie.Les hommes de science grecs et romains connaissent eux aussi leurs vertus thérapeutiques, mais c’est à la Renaissance que se développe un véritable intérêt scientifique pour la mycologie.Des recherches récentes menées sur des moisissures du genre pénicillium sont par ailleurs à l’origine de la découverte des antibiotiques.Les hallucinations de l’histoire L’amanite tue-mouche est sans contredit l’hallucinogène le plus connu depuis la nuit des temps.Qn la connaît de longue date en Sibérie, chez les Vikings, dans la religion indoaryenne, le Veda ou chez les Amérindiens d’Amérique centrale et du Nord.Elle est notamment utilisée comme «guide spirituel» dans les rites chamaniques des Qjibwés.Dans l’histoire, une multitude de superstitions et de croyances tentent d’expliquer la toxicité ou les effets hallucinogènes de certaines espèces.Ces champignons dangereux, est-ce l’œuvre du diable, de sorcières ou l’effet de la proximité d’un crapaud, d’un serpent?Et les effets hallucinogènes des champignons seraient-ils à l’origine de la légende du père Noël, du célèbre conte de Lewis Carroll Alice au pays des merveilles ou même de la bédé des Schtroumpfs?Collaboration spéciale DES CHAMPIGNONS ET DES HOMMES Consommation, croyances ET SCIENCE Guy Gaudreau, A et E-X.Ribordy, M.Tremblay Editions Cabédita, coll.«Archives vivantes», France r lï II il II lï I! Il II li II “uj 11 11 l! Il II II II II II V CJfulex am.pmahlmu.pjùtu^ Vétl cÀ L'aehat de trais.Hares., Æe CfJorehemin.aaus, a^fre: À 15% 20% % de.rabah.mir te firemiee Uore.* derabah, sur le.dejuxtème.Imre.* www.heuresbleues.com L’iîlw-ccJiiiiv (• ni c bléués Félicitations à Robert Soulières et Marjolaine Bonenfant de mbah, sur le trelslÈÉSse lmre\ i en.mtfueiu fustfu'oMi 27 fttin 2010 SÂU préumIaiitM, de eette annenee seidement I Mezzaiihie métro BeriT-UQAM, 505, rue Saiiife-CatherUie Est Tél.: 514-845-5243 ww^'.i)archemiii.ca Grand prix du livre de la Montérégie Catégorie album L’alécéJaire t^eg Hl 6 ^ Venez voir l'autruchouette, le pumarabout, le lapingouin et bien d'autres anibêtes qui paradent à la Librairie Alire alire 825, rue Saint-Laurent Ouest, Longueuil www.librairie-alire.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 F 5 LECTURES D'ETE ESSAIS QUEBECOIS Jules Tessier, à la manière de Montaigne Louis CORNELLIER Paru en février dernier, Sur la terre comme un ciel.méritait qu’on attende l’été avant de le lire.Présenté comme un «carnet», cet ouvrage de Jules Tessier, un universitaire à la retraite, spécialiste de la francophonie d’Amérique, a en effet quelque chose d’estival dans le propos coipme dans la forme.A la fois léger et profond, élégant et simple, ce carnet, qui présente un éclectisme de bon aloi, semble tout désigné pour accompagner un farniente intelligent.Pour donner une idée de l’allure générale de cet ouvrage particulier, me viennent en tête îes Essais de Montaigne.De ces derniers, on a dit qu’ils se caractérisaient par une absence de sujet unifié, par leur diversité, leur inachèvement philosophique, par un art de l’ondoiement.Montaigne lui-même affirmait penser et écrire par «sauts et gambades».Tessier, sans se réclamer directement du maître, ne procède pas autrement.Les 21 essais qui composent Sur la terre comme un ciel.traitent en effet, librement, de tout et de rien, c’est-à-dire au- tant de la littérature francophone de l’Ouest canadien que de La Poule aux œufs d’or, des couleurs du ciel et du règne végétal que de la richesse et de l’avenir de la langue française en Amérique.Le seul élément qui réunit ces exercices de papillonnage est l’affirmation d’une vie vécue avec la culture.Honnête homme, Tessier ne plaide pas pour cette manière d’appréhender le monde, il l’incarne, montrant ainsi que la médiation culturelle donne souffle et profondeur à tout le réel.Le temps, celui qui passe, fait partie des douces obsessions de l’essayiste.Ce dernier trouve, chez Badinter, une explication «théologique» du «rythme de vie trépidant caractéristique de notre époque».L’Eglise, explique la philosophe, professait une «pédagogie de l’attente».Nous étions là, disait-elle, pour nous préparer.Or, ajoute Badinter, «quand on n’a pas un point de vue religieux sur le monde, alors tout se fait dans l’urgence».Conscient qu’on ne peut ralentir ce nouveau temps, Tessier propose de le densiher.11 puise, chez Attali, cette idée de transformer «chaque instant en une éternité», en en faisant un lieu de création, par la littérature ou les relations humaines.11 s’agit de faire en sorte que l’éternité commence ici-bas, pour que la terre soit comme un ciel.Plus tard, quand il évoquera sa passion des plantes, Tessier dira du règne végétal qu’il «joue encore un rôle efficace pour nous ramener à une perception naturelle du temps, à une époque où tout va vite et où on se sent parfois bousculé».Personnages atypiques On croise aussi, dans les pages de ce carnet, des personnages atypiques, tombés dans l’oubli, mais que l’auteur évoque, sans souci de l’actualité, pour le seul plaisir de saluer de fulgurants parcours.C’est, d’abord, l’essayiste québécois Gilles Leclerc, qui, en 1960, dans son Journal d’un inquisiteur, accuse le régime «ethnico-théologico-politique» de la Grande Noirceur d’engendrer l’athéisme en utilisant la référence catholique à des fins opportunistes.C’est, ensuite, Calixa Lavallée, musicien et compositeur québécois d’envergure internationale, à qui l’on doit la belle musique du O Canada!, mort à 48 ans, en 1891, et dont l’œuvre, dans ce pays censé se souvenir, «a sombré dans l’oubli pour une bonne part».Lavallée attend son Alain Lefèvre.C’est, enfin, l’abbé Arthur Mugnier (1853-1944), un prêtre français adepte des mondanités et ami d’à peu près tous les grands écrivains de son temps, même des athées.Proust souhaitait qu’il vienne se recueillir chez lui, «un quart d’heure après sa mort».Critique du flafla catholique, Mugnier écrivait que «l’Evangile est un esprit, un souffle», alors que «le catholicisme est un cérémonial».Lui qui ne vivait que pour la littérature connaîtra le «crépuscule des yeux» et finira aveugle.«Ma vie était de lire, note-fil dans son journal.Je suis mort.» Sa vie mondaine n’allait pas sans susciter chez lui une certaine conscience coupable.Pour la justifier à ses propres yeux, il la transformait justement en création.«Je note toujours, écrivaifil.C’est l’une des formes de ma vie peut-être la plus intéressante: non peut-être, mais certainement.J’y mets un maximum de sincérité.» Ces derniers mots pourraient être ceux de Tessier.Lui aussi, assurément, note tout, pour mieux en parler ensuite.11 note les attitudes des lecteurs de journaux dans les transports en commun.Ceux du Journal de Montréal, rapporte-f Jules Tessier Sur la terre comme un ciel.il, lisent avec passion, alors que ceux du Devoir «ne sont pas absorbés par leur lecture de la même façon, lèvent souvent les yeux pour balayer du regard l’habitacle, sans nécessairement qu’il y ait du “m’as-tu vu” dans ce geste, pour se replonger l’instant d’après dans une lecture où la passion semble absente, dans un rapport froid, purement intellectuel avec leur quotidien».Amusant, mais contestable, mettons, tout comme ce charmant éloge de La Poule aux œufs d’or, «la meilleure émission de téléréalité qui soit», qui, contrairement au Banquier, a quelque chose de vrai.Connaisseur et amoureux de la langue française, Jules Tes- sier déplore avec raison l’infiltration de la langue anglaise au Québec, et particulièrement à Montréal, à la faveur de la mondialisation.Les Québécois, écrit il, en acceptant régulièrement de passer à l’anglais au travail et dans la vie quotidienne, se comportent comme des «collabos».Dans ce dossier, Tessier ne reproduit pas l’erreur habituelle qui consiste à faire de la qualité de la langue le garant de son avenir.«La seule façon de perpétuer une langue, explique-t-il, surtout si elle est minoritaire, est de faire en sorte qu’elle soit indispensable dans la vie de tous les jours, comme l’anglais l’est en Ontario.» Aux colonisés contents, il réserve cette phrase de la princesse-écrivaine Bibesco: «Avec l’anglais, on va au bout du monde; avec le français, on va au fond des choses.» A la manière de Montaigne, Jules Tessier, dans cet ouvrage, fait la démonstration que parler de tout et de rien, quand on vit avec la culture, c’est encore et toujours parler de l’essentiel.louisco@sympatico.ca SUR LA TERRE COMME UN CIEL.Jules Tessier Fides Montréal, 2010,276 pages Le 11-Septembre de Martin Amis MICHEL LAPIERRE Lorsque le deuxième avion heurte la tour encore intacte du World Trade Center, le mot violence acquiert un sens nouveau, imaginaire, inépuisable.L’écrivain britannique Martin Amis le pense.«Toutes les religions sont violentes; et toutes les idéologies sont violentes.Cela parce que tout système de croyance demande un certain niveau d’illusion.», soutient-il.Ainsi, depuis la chute des deux tours phalliques, le monde ressemble à un roman.Du moins Amis réussitil par ses textes (2001-2007) sur le 11-Septembre, soit 12 articles et deux nouvelles réunis dans Le Deuxième Avion, à nous en donner l’intuition grâce au pouvoir évocateur de passages qui séduisent sans nécessairement convaincre.Le simple fait de ne pas exclure l’Europe et l’Amérique du Nord de sa critique acerbe des religions et des idéologies y est pour quelque chose.11 affirme: «Même l’occiden-talisme, si impeccablement fade, est teinté d’une violence interne.» Voilà une réflexion qui confère de l’impartialité à ses attaques contre la politisation extrême du Coran.Amis s’efforce de distinguer l’islamisme de l’islam pour mieux mettre en lumière les ressemblances entre le fanatisme politico-religieux de certains musulmans et les régimes totalitaires de Hitler et de Staline.Ces deux derniers systèmes, comme l’islamisme d’aujourd’hui, se montraient, souligne-fil, «antisémites, antilibéraux, anti-individualistes, antidémocratiques et, bien plus important, antirationnels».11 ajoute: «C’étaient également des cultes de la mort.» Qn accuserait Amis de juger l’intégrisme musulman avec la suf fisance d’un inquisiteur occi- dental si, en écrivant une nouvelle, il ne tentait pas de se mettre dans la peau de Mohammed Atta, coordonnateur des attentats terroristes du 11-Septembre.L’écrivain fait d’Atta un musulman ritualiste, derrière qui se cache tantôt un nihiliste incapable de voir dans le monde autre chose qu’«une moquerie irréelle», tantôt un «apostat» considérant comme de la fumisterie les vierges du paradis promises aux martyrs de la guerre sainte.«Comment aurait-il pu, commente Amis, croire à un tel paradis, aussi incroyablement, aussi effroyablement phallique?» Les obsessions érotiques du nouvelliste occidental se marient de manière subtile avec celles de son personnage, le terroriste né en Egypte.Dans le même esprif Amis, transformé en essayiste, fait plus que scruter un autre Egyptien, Sayyid Qutb, le père de l’isla- Presses de l’Université Laval Sous la direction de Gérard Verna et Florence Piron Avec la collaboration de Corinne Béguerie Un parcours surprenant, avec des étapes inattendues qui peuvent, chacune à leur manière, jeter des regards croisés sur notre monde.380 pages / 42,95 $ Soub 1.1 direction de John Cockburn Bernard Decaluwe Ismaël Fofana Sjij s®' I Florence Piron ÉTHIQUE des rapports nord-sud regards CROISÉS .U .Corimi.iw-™ Libéralisation ‘O'""'®”'®'® pauvreté en Afrique Sous la direction de John Cockburn Bernard Decaluwé Ismaël Fofana Plusieurs études récentes concluent que dans certains pays, une libéralisation des échanges pourrait être bénéfique aux plus démunis.312 pages / 40 $ misrqe qui, en stage d’études aux Etats-Unis, découvrit, en 1949, dans une sauterie à Greeley (Colorado), une réalité à la fois horrible et délicieuse: la luxure occidentale! 11 entre dans la tête de l’intellectuel.Amis se délecte à citer Qutb, qui ne sentit «pas l’odeur du parfum mais la chair, seulement la chair» d’une jeune fdle.L’écrivain laisse deviner que le 11-Septembre fut le choc brutal de deux érotismes, l’un refoulé, l’autre ostentatoire: le nôtre.Collaborateur du Devoir LE DEUXIÈME AVION Martin Amis Gallimard Paris, 2010,272 pages RAY STUBBLEBINE REUTERS Le 11 septembre 2001, les tours du World Trade Center s’écroulent dans un nuage de poussière.Les Éditions du Noroît Nouveautés www.lenoroi't.com Ouvrir Ouvrir lan Lauda Colt Initiale L'auteur vous invite au lancement de « Ouvrir » à la Libraire Le fureteur (Saint-Lambert), le 10 juin à 17h30 - Tél.450-465-5597 Christ au calvaire Dario de Facendis Dario De Facendis CHRIST AU CALVAIRE Subversion/ Revue de théâtre SUBVERSION • Carte blanche à Olivier Choinière et Olivier Kemeid : Faites-vous un théâtre subversif ?• Propos de Guy Beausoleil, Gilbert Turp et Dave St-Pierre • Subversion dans les univers dramatiques d’Evelyne de la Chenelière, Jovette Marchessault et Suzanne Lebeau • La danse peut-elle encore être subversive ?• Réflexions sur Rodrigo Garcia, Yann Marussich et le collectif Héros du Quotidien • Regards critiques sur l'Amour incurable et Rouge gueule AUSSI • Hommage à Micheline Legendre • Mise en scène du corps souffrant : Bob Flanagan et Dave St-Pierre • Une saison au Théâtre Jean-Duceppe • Portraits de Simon Boulerice, Fabien Cloutier et Marius von Mayenburg 184 100 photos, 16$ LANCEMENT : LE MERCREDI 9 JUIN 2010 À 17H ^ à la Maison Théâtre, 245 rue Ontario Est, Montréal Le lancement précédera la représentation de la pièce SOnia, du Nouveau Théâtre de Riga, présentée dans le cadre du FTA.En vente dans les Maisons de la presse, en librairie et à nos bureaux Abonnement 1 an, 4 numéros:47,41 $ (t.i.) Renseignements : 514-875-2549 www.revuejeu.org NATHALIE LE COZ / ' ’ « Si vous aimez la cuisine en plein air, j’ai trouvé le ’ " „vv»Qnds de livre parfait ! » Gourmantts ,^g„„d»venta«_ y ^ La cuisine en Catherine ,i.4t 1 Laohaussée, Radio-Canada Une centaine de recettes et des photos remarquables ! NATHALIE LE COZ Gourmands de nature La cuisine en plein air, de la petite à la grande aventure 216 PAGES'29,95$-GUIDE Lauréat du National Jewish Book Award 2007 LUC BUREAU « Le plus intense et le plus bouleversant des romans que j’ai lus depuis le 1^' janvier ! » Didier Fessou, Le Soleil « Un roman sublime ! » Le Mande du livre MEIR SHALEV Le pigeon voyageur 480 PAGES • 29,95$ • ROMAN « Je me suis délectée de son érotisme terminologique, vernaculaire.» Josée Blanchette, Le Devoir La Presse « Magnifiquement bien écrit.» Jean-François Nadeau, Radio-Canada LUC BUREAU Terra erotica 240 PAGES •24,95$' ESSAI .y ^¦^Rogei Latour ^ GUIDB ÛRBaine r 1_V Un guide unique en son genre ! « Ce petit guide soulève le couvercle d’un coffre aux trésors méconnu.» Louis-Gilles Francceur, Le Devoir «Je sens que je vais beaucoup recommander ce livre ! » Larry Hodgson, Le jardinier paresseux «Je vous présente un livre qui est très, très agréable.» Pierre Gingras, Radio-Canada ROGER LATOUR Guide de la flore urbaine 304 PAG ES'24,95$ Fl DES JO ans de bonnes lectures www.editionsfides.com Guy Frégau lA guerre PE lA CONQUETE 1754-1760 il « Le meilleur ouvrage sur cette période troublée de notre histoire.» Jacques Lacoursière GUY FRÉGAULT La guerre de la Conquête 1754-1760 520 PAGES • 29,95$ • HISTOIRE NOUVELLE ÉDITION ^iiai Élevons la barre de l’éthique dans nos organisations Pierre Popovic Le dzi « 36 témoignages très intéressants de gens d’affaires et de leaders qui font du bien ! » Isabelle Maréchal, 98,S FM « Un livre d’actualité en cette période de questionnement éthique.» Gérald Fillion, RDI LAURENT FONTAINE et THIERRY FAUCHANT 36 façons d’être éthique au travail 258 PAGES AVEC CD-24,95$ • ÉTHIQUE « Une lecture que j’ai adorée et que je vous recommande chaudement.» Sylvie Lauzon, Rock Détente « Une plume inspirée, des personnages attachants.un livre que l’on quitte difficilement.» Pierre Turbis, FM 103,3 DENIS ROBITAILLE Comme un refrain dans la ville 432 PAGES • 29,95$ • ROMAN « Chacune des nouvelles parle de ce qui peut faillir chez l’être humain, la dignité, la volonté, la raison, et le fait avec beaucoup de sensibilité.» Voir « [Dans ce recueil] on retrouve toutes les aspirations et les failles de l’être humain.» L’actualité « Un petit bijou de nouvelles » Robert Frosi, Radio-Canada PIERRE POPOVIC Le dzi 168 PAGES • 21,95$ • NOUVELLES .AND irÉ A L E X F m ANDRÉ ALEXIS L’exil 544 PAGES'34,95$ ROMAN LIONEL BERNIER La bataille \ de Ml orillon «Je me souviens» de l’expropriation brutale de 225 familles en Gaspésie.NOUVELLE ÉDITION LIONEL BERNIER La bataille de Forillon 570 PAGES • 29,95$ J 2“ EDITION • ROMAN TAHMIMA ANAM Une vie de choix 392 PAGES'29,95$ ROMAN FRANCINE FORGET L’insoumise 416 PAGES'29,95$ ROMAN Isabelle Gaumont Cousine de personne Michael Delisie Helen avec un secret m, “ 128 PAGES • 8,95$ NOUVELLES 168 PAGES «9,95$ ROMAN Pierre Caron Françoise Deroy-Pineau Marie de Tlncamation Therese La naissance d'une nation, tome Femme d affaires, mystique et mère de la Nouvelle-France a .et toutes ses lettres 592 PAGES «16,95$ ROMAN HISTORIQUE 336 PAGES • 12,95$ BIOGRAPHIE «Un délice du début à la fin.» Jean Fugère,__]' Première chatne*-Radlo-Canadamm le RomanfàrenTURes fleiïWTé ! YVES BEAUCHEMIN « Ce “roman pour tous' réserve à ^j^eur de grandes joies^dontj un nœud^nàrâés'plus inventifs.»,.,.^ ¦:4m Tristan Malavoy-Racine, Voir « Un savoureux conte pour tou^qui réjouira ses vieuxfans tout en rejoignant un public^ jeun^ lecteur^^ L'auteur y retrô^Je style etJa ver^quTont fait som succèsr» ' r jade Bérubé, La Presse 384 PAGES > 24,95$ • ROMAN ^416
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