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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-05-03, Collections de BAnQ.

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MAREE NOIRE « Une catastrophe peut-être sans précédent », dit Obama / Page A 4 -?www.ledcvoir.com ?- LE DEVOIR Vol.ci V “ 9 6 ?LE LUNDI 3 MAI 2010 I,IO$+TAXES= 1,25 y V V L’HISTOIRE SE REPETE A PITTSBURGH JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans un bar du boulevard Saint-Laurent, des partisans du Canadien e^losent de joie à la fin du match que leurs favoris ont remporté 3-1, hier à Pittsburgh, dans le deuxième match de la demi-finale de l’Assodation de l’Est.La série est égale et se poursuivra à Montréal demain.Le Canadien en subtilise une autre JEAN DION Après une brève éclipse, l’histoire a décidé de se répéter par un certain dimanche après-midi de début mai.On pourrait pratiquement prendre le résumé des trois derniers matchs du premier tour, copier-coUer le tout, et dire voilà le travail, profitons-en pour aller jouer dehors.L’histoire?Rien d’autre que le Canadien de Montréal qui se fait dominer, mais qui peut compter sur les prouesses de son gardien Jaroslav Halak et se sauver avec la victoire.En l’occurrence, gain de 3-1 au Mellon Arena, grâce notamment à deux buts de Michael Cammalleri, 38 arrêts de l’intrai- table Slovaque et quantité de tirs bloqués en défense, dans le deuxième affrontement de la demi-finale de l’Association de l’Est qui oppose le CH aux Penguins de Rttsburgh.La série est maintenant égale 1-1 et se transporte au Centre Bell pour les deux prochaines joutes, demain et jeudi.La différence avec le premier match, remporté par les Penguins G3?L’attaque à cinq qui ne produit pas, 0 en 3, et Halak qui est redevenu à peu près celui qu’il était en fin de parcours contre Washington.Les Penguins sont sortis d’une VOIR PAGE A 8: CANADIEN » l.«» i N I îmm i\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR 1^^ MAI Les travailleurs unis contre le gouvernement Charest ¦ À lire en page A 3 CRISE GRECQUE Un prêt de 110 milliards d’euros ¦ À lire en page A 4 ¦ La chronique d’Éric Desrosiers, page A 5 INDEX Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Décès.B 2 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 ANDREW WINNING REUTERS Le premier ministre travailliste.Gordon Brown, en campagne hier à Londres.Les Britanniques éliront jeudi un gouvernement qui aura des décisions extrêmement difficiles à prendre.Mauvaise année pour être élu Les Britanniques choisiront jeudi à quelle sauce ils seront mangés A trois jours du scrutin, les candidats n’osent pas le dire h*op fort, mais, s’il veut éviter un scénario à la grecque, le pays devra se résigner au plan d’austérité le plus draconien de son histoire.CHRISTIAN RIOUX Londres — Le 30 mars 2009, lorsqu’il a été convoqué dans le bureau de ses patrons, Mathieu Bouthillier, un jeune analyste québécois de 28 ans, se doutait bien de ce qui allait se passer.Engagé depuis un an à peine par le géant du courtage J.P.Morgan, il n’a eu que quelques heures pour ramasser ses affaires.Adieu les alléchantes commissions, le bureau en haut d’une tour de verre et l’appartement ELECTIONS BRITANNIQUES à deux pas de la City.Comme 70 000 de ses semblables, il a plié bagage et est rentré chez lui le temps de laisser passer la tempête.Un an plus tard, Mathieu vient à peine de retrouver un emploi plus modeste dans une petite firme de courtage spécialisée dans les titres étrangers.Exotix est située sur Baker Street, loin de la City, où 50 000 emplois n’ont toujours pas réapparu.«Jamais Londres ne retrouvera l’excitation des années qui ont précédé la crise», dit-il.Comme tout VOIR PAGE A 8: ELECTIONS Le conservateur David Cameron creuse son avance, mais pas assez, page B 1 Les talibans, une fausse piste ?Le maire de New York promet de retrouver les auteurs de l’attentat manqué de samedi à Times Square MARCO BÉLAIR-CIRINO Le maire de New York, Michael Bloomberg, a fait savoir qu’il n’y avait pas de preuve indiquant que l’attentat manqué, samedi soir, à Times Square, le secteur le plus animé de Manhattan, soit lié à al-Qaïda ou à une autre organisation terroriste d’envergure.«n n’y a pas de preuve que cela soit lié à al-Qaïda ou à une autre organisation terroriste importante.Je suis certain que nous allons trouver qui a fait ça», a affirmé M.Bloomberg, hier.Plus tôt, les talibans pakistanais avaient revendiqué cette tentative d’attentat par l’entremise d’une vidéo signée Tehrik-e-Taliban mise en ligne sur YouTube.Les talibans pakistanais faisaient valoir, dans l’enregistrement d’une durée d’une minute et onze secondes, que l’attentat intervenait en représailles à la mort de leur VOIR PAGE A 8: TALIBANS BRENDAN MCDERMID REUTERS Un artificier de la police de New York examine le véhicule dans lequel un engin explosif a été découvert samedi à Times Square.L’ENTREVUE La démographe qui rue dans les brancards Michèle Tribalat dresse un tableau sombre de l’immigration en France Ceux qui comptent sur l’immigration pour contrer le vieillissement de la population, pour combler les déficits publics et pour garantir la croissance économique feraient mieux d’y regarder à deux fois.La démographe française Michèle Tribalat ébranle quelques certitudes à propos de l’immigration.CHRISTIAN RIOUX Cela paraît simple et semble même tomber sous le sens.Puisque nous ne faisons plus assez d’enfants et que la population des pays occidentaux vieillit rapidement, il n’y aurait qu’à ouvrir les portes à l’immigration.Combien de fois n’avons-nous pas entendu ce raisonnement dans les médias?Pourtant, rien n’est moins évident explique Michèle Tribalat En se fondant sur des projections de rONU, la démographe française explique que, pour stopper le vieillissement, la Erance devrait accueillir 1,3 million d’immigrants chaque année jusqu’en 2025.Puis, il en faudrait pas moins de 2,4 millions par an entre 2025 et 2050.Des chiffres insupportables pour n’importe quel pays.«Cela n’empêche pas les chroniqueurs et les éditorialistes de parler régulièrement de l’importance de l’immigration pour contrer le Michèle Tribalat vieillissement de la population, dit Michèle Tribalat Certains mythes ont la vie dure.Pourtant, celui-là a été démonté mille fois.» Ce n’est là qu’une des certitudes que la démographe s’amuse à déboulonner dans son dernier livre.Les Yeux grands fermés, l’immigration en France (Denoël).Directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques, Michèle Tribalat a participé aux travaux du Haut Comité à l’intégration (HCI).Partout elle s’est fait la réputation sulfureuse d’une empêcheuse de tourner en rond.«En France, on fait très peu d’enquêtes sur autre chose que la diversité et les discriminations, dit-elle.A deux reprises, j’ai fait des estimations de l’importance démographique des populations d’origine étrangère étalées sur trois générations et j’ai fait un calcul pour estimer ce qui se serait passé sans l’immigration.On m’a VOIR PAGE A 8: TRIBALAT 77831302380019 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI MAI 2010 ACTUALITES E N BREF Ignatieff souhaite que Michaëlle Jean reste plus longtemps Ottawa — Le chef du Parti libé-ral, Michael Ignatieff, presse le premier ministre de prolonger le mandat de cinq ans de Michaëlle Jean au poste de gouvemeure générale lorsque celui-ci prendra fin au mois de septembre.A la demande du premier ministre Stephen Harper, le secrétaire canadien de la reine.Kevin MacLeod, a consulté M.Ignatieff pour que celui-ci lui propose des noms de candidats qui pourraient remplacer Mme J ean.Mais M.Ignatieff a répliqué que Michaëlle Jean devait rester en poste puisqu’elle avait servi son pays avec distinction et honneur et qu’elle méritait ainsi que le pays lui exprime ses remerciements.- La, Presse canadienne Le Bloc réclame le retour d’écoAUTO Le Bloc québécois demande le retour du défunt programme écoAUTO, qui offrait une somme d’argent à l’achat d’un véhicule à faibles émissions polluantes.Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, était à Montréal hier pour réclamer le rétablissement et la bonihcation du programme, éliminé en 2009.Celui-ci récompensait d’une remise de 1000 $ à 2000 $ les consommateurs qui faisaient l’acquisition d’un véhicule écoénergétique.M.Duceppe a argué que ce programme ralliait à la fois l’économie et l’environnement en stimulant la vente de véhicules verts, tout en réduisant la dépendance au pétrole.Le Bloc québécois propose également de boniher les incitatifs, en offrant des remises allant de 3500 $ à 7000 $ pour les véhicules électriques ou rechargeables.- Im, Presse canadienne Marÿuana: le projet de loi conservateur bientôt reconduit Ottawa — Les conservateurs s’apprêtent à ressusciter un projet de loi qui imposerait une peine de prison minimale obligatoire aux personnes ayant fait pousser de petites quantités de marijuana.Le ministre de Injustice, Rob Nicholson, a laissé entendre hier que la législation rétablirait une provision controversée qui prévoit une peine de six mois de prison obligatoire pour ceux qui ont été condamnés pour avoir cultivé aussi peu que cinq plants d’herbe illégale.Le comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles avait amendé le projet de loi conservateur en décembre, en haussant à 200 le nombre de plants nécessaires pour être admissible à cette peine.- Im, Presse canadienne Le Devoir, c’est moi Pour une poignée de dollars Faire partie du Devoir, c’est y travailler, l’appuyer, le lire assidûment.De cette communauté, qui s’est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits.Chaque lundi, jusqu’en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d’ailleurs, abonné récent ou fidèle d’entre les fidèles.Et qui ont parfois pris bien des risques pour ce journal.STEPHANE BAILLARGEON Douze dollars de plus par semaine.C’est l’augmentation proposée par un tribunal d’arbitrage que les typographes du Devoir rejetaient à l’unanimité en avril 1955 tout en décidant d’entrer en grève pour en obtenir cinq de plus.Une fortune.Une folie selon la direction qui répondait par son propre coup de bélier: le lock-out.L’éditorial justificatif signé par le directeur Gérard Filion le samedi 23 avril estimait qu’une telle augmentation, portant leur salaire hebdomadaire moyen à 111 $, ferait des typographes du journal {«déficitaire», précise-t-il) les mieux payés de Montréal.«Ce salaire dépasserait celui qui est octroyé à tous les journalistes à l’emploi du Devoir, y compris le rédacteur en chef, M.Héroux, le secrétaire de rédaction, M.Sauriol, le premier au service du Devoir depuis sa fondation, le second depuis 1928», écrit le grand patron.Il pousse sa riposte jusqu’à fournir en page éditoriale la liste des 26 grévistes et leurs salaires de 1954, à la «cenne» près.Le compagnon Rosaire Marcoux gagne 5070,82 $ en douze mois, l’apprenti Claude Durocher empoche 2434,86 $.«Nous espérons pouvoir tenir le coup, conclut Gérard Filion.Si cela devient impossible, il n’y aura qu’une solution, la faillite et la liquidation.» Les distributeurs vont à leur tour entrer en grève, par solidarité.Pour «tenir le coup», le journal va compter sur ses employés restants et une petite armée de sympathisants qui vont assurer la production et la distribution du journal.L’adolescent Pierre Gravel était du nombre.Il avait la conscience sociale bien aiguisée et le goût de résister, y compris contre les apparences trompeuses.Duçlessis là-dessous ?«A l’époque, les fervents du journal sont persuadés que les i JACQUES NADEAU LE DEVOIR La famille progressiste de Pierre Gravel avait Le Devoir dans le sang.Lui-même a commencé à le lire vers l’âge de 12 ans.demandes excessives du syndicat sont alimentées par Maurice Duplessis qui voudrait ainsi tuer Le Devoir, explique Pierre Gravel 55 ans plus tard.C’est toujours plausible, et je le croyais alors.En tout cas, les demandes au- d’exemplaires et on allait les livrer aux kiosques à journaux, escortés par la police de Montréal.Jean Drapeau venait tout juste d’étre élu maire de Montréal et il avait une sorte de dette morale envers Le Devoir qui grand-père s’est fait élire comme président du Conseil des métiers de Montréal en 1903.J’ai le souvenir de l’avoir vu en réunion, chez lui, vers 1942, avec “des messieurs importants”, comme il me l’avait dit.Il m’avait donné un jeu de blocs 100 ans de regards sur l’information «Le Devoir était presque l’objet d’un culte à l’époque, comme Cité Libre.En tout cas, c’est tout ce qu’on avait contre Duplessis, et il fallait le sauver coûte que coûte» raient fait des typographes du Devoir les mieux payés alors que le quotidien était toujours menacé de faillite.Gérard Filion avait toujours été très pro-syndical, ce qui alimentait l’impression d’un conflit télécommandé pour tuer le quotidien.Mais c’était très pénible de jouer les scabs dans une entreprise réputée sympathique aux syndicats.» Pendant plusieurs semaines, il a donc rejoint des équipes qui distribuaient gratuitement les exemplaires du quotidien.«J’avais 17 ans et je travaillais de nuit, bénévolement», raconte-t-il, assis dans le solarium de sa maison, sur la Rive-Sud.«On utilisait une flotte de taxis pour se rendre de la place d’Armes au journal, au 434, rue Notre-Dame.Vers 22 h, on remplissait les taxis l’avait appuyé.Il a donc décidé que la police allait protéger les briseurs de grève.» Pierre Gravel a depuis connu une carrière fructueuse, notamment comme éditorialiste à La Presse.Il est depuis 2004 conseiller éthique pour la Ville de Longueuil.«Le Devoir était presque l’objet d’un culte à l’époque, comme Cité Libre.En tout cas, c’est tout ce qu’on avait contre Duplessis, et il fallait le sauver coûte que coûte.» Une affaire de famille Ce journal, sa famille progressiste l’avait dans le sang.Lui-même a commencé à le lire vers l’âge de 12 ans, sous la pression paternelle.Son grand-père, un homme très impliqué socialement, l’appuyait depuis sa fondation en 1910.«Mon pour me faire patienter et, soudain, je les ai entendus crier ensemble: “En bloc pour le Bloc”.Après coup, fai compris qu’ils venaient d’inventer le slogan du Bloc populaire.Il devait y avoir André Laurendeau et Jean Drapeau dans le groupe, mais je n’en suis pas certain.» La distribution parallèle du Devoir l’a occupé pendant «un certain temps, quelques semaines au moins».Après coup, le directeur de la distribution, Gaétan Baillargeon, l’a invité à travailler au journal, au secteur des abonnements.Il a accepté parce qu’il rêvait déjà de devenir journaliste.L’offre lui laissait aussi du temps pour reprendre ses études.«J’étais toujours à la salle de rédaction pour voir travailler en personne André Laurendeau ou Paul Sauriol Certains soirs, Pierre Laporte, qui était chroniqueur politique, me donnait un “M” jusqu’à l’Université de Montréal.» Le 12 juin 1958, alors qu’il traînait dans la salle, M.Baillargeon lui a demandé de rester, en soirée, «pour un travail très spécial».Il l’a ensuite entraîné avec un autre jeune au bureau de Gérard Filion qui les a mis au courant de la mission.«Il nous a dit carrément: “Ce soir on sort une bombe et on va tuer Duplessis avec ça.” Il a ajouté qu’il fallait que les autres médias en parlent pour faire vendre le journal et qu’il fallait donc le distribuer auprès des stations de radio.» C’était évidemment l’édition datée du lendemain, un vendredi, sur la fameuse enquête dénonçant «le scandale du gaz naturel», un cas de délit d’initiés et de «coup de Bourse» impliquant des ministres et le lieutenant-gouverneur.«J’ai été à CKVL, à CKAC, je rentrais dans les studios et je brandissais la copie du lendemain, raconte l’ancien courrier.Les animateurs sautaient sur l’information et la relayaient.On en a tellement vendu que le journal a fait rentrer au travail les pressiers le samedi pour un nouveau tirage.» La grève était finie depuis belle lurette.Pierre Gravel a quitté Le Devoir en 1959.La Révolution tranquille grondait, et un nouveau temps allait commencer.Le Devoir .” •'V APPEL A CONTRIBUTION POPULAIRE POUR LE 24 HEURES OE SCIENCE Soyez de votre tempi, pemez à no4 jeunei et à l'avenir icientihique du Québec! Soutenez {financièrement le 24 heures de science les 7-8 mai 2010 plus de 200 activités partout au Québec une pête organisée par Science pour tous Par chèque à l’ordre de Science pour totis ou par carte de crédit appelez-nou6 au (514) 252-7456 4545.avenue Pierre-De Coubertin, c.p.1000, ôucc.M, Montréal (Québec) HtV3R2 WWW.science24 heures, corn AFGHANISTAN Les partis discutent en coulisses de l’avenir de la mission après 2011 STEVE RENNIE Ottawa — L’avenir de la mission canadienne en Afghanistan prend discrètement forme dans les corridors et l’arrière-scène de la colline parlementaire à Ottawa.Les conservateurs et les libéraux discutent à voix basse du rôle du Canada en Afghanistan après le retrait des troupes canadiennes l’an prochain, a appris La Presse canadienne.Mais aucune conclusion ne peut être tirée de ces pourparlers discrets puisqu’il semblerait que les partis tentent da- vantage tirer les vers du nez de leurs opposants qu’autre chose.Il y a deux ans, le Parlement a adopté une motion qui vise à mettre un terme aux opérations de combat à Kandahar d’ici juillet 2011.Mais cette dernière ne précise pas ce qu’il adviendra dans le reste du pays.Le premier ministre n’a cessé de répéter que tous les soldats sans exception quitteraient l’Afghanistan.Mais le sénateur conservateur Hugh Segal témoigne que deux ou trois membres influents du Parti libéral se seraient dits plus qu’ouverts à l’idée de maintenir une présence militaire où les sol- dats participeraient à la formation de leurs confrères afghans.Un autre libéral a quant à lui souligné à La Presse canadienne que le parti a «essayé d’étre constructif, en tentant d’étre clair vis-à-vis du gouvernement en lui répétant qu’il était ouvert aux discussions concernant la formation [en Afghanistan]».Interrogé à ce propos, le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a écrit hier dans un courriel que la mission canadienne en Afghanistan cesserait en 2011, «pointfinal».La Presse canadienne www.le2-22.coni partager,, .(a realisation SOCIETE DE A \ DÉVELOPPEMENT • ANGUS aîîtiRadio- Montréal CIBL1015.com d’un rêve ! LE DEVOIR, LE LUNDI 3 MAI 2010 A ACTUALITES Jouer sur les mots A Manon I CORNELLIER Le gouvernement Harper le répète volontiers.Il ne souhaite rien d’autre que de faire la lumière sur l’affaire Guergis-Jaffer.Il ne veut pas relancer le débat sur l’avortement et, dans le dossier des détenus afghans, il désire un compromis tout en protégeant la sécurité nationale, celle des soldats et des relations internationales du Canada.Mais il a beau faire, ces trois dossiers le minent, chacun à sa manière, car ils ont en commun de mettre en relief un travers qui contribue à sa mauvaise performance dans les sondages.Les conservateurs ont en effet la manie de déformer la réalité et de jouer sur les mots pour éviter de répondre de leurs actes et surtout de débattre sérieusement des enjeux.Prenons l’affaire Guergis.Une ministre de la Couronne a été renvoyée du cabinet et le dossier, confié à la GRC.Plus de trois semaines après les faits, personne au gouvernement n’a confirmé les motifs du renvoi d’Helena Guergis.On a appris dans les médias qu’elle avait laissé son mari Rahim Jaffer utiliser son bureau parlementaire et un de ses téléphones portables pour mener ses affaires, mais on ne sait rien de plus, et le gouvernement ne veut rien dire.Il est par contre beaucoup plus diligent à lever le voile sur les apparentes activités de lobbying de M.Jaffer, un ancien député conservateur.Après un déluge de révélations dans les journaux et la comparution du principal intéressé devant un comité parlementaire, le gouvernement a dévoilé des pages de documents sur les contacts de M.Jaffer avec une poignée de ministères.Cette soudaine et inhabituelle transparence n’efface cependant pas le fait que l’ancien député a bénéficié d’un accès plus facile que la moyenne à sept bureaux de ministres et que des adjoints politiques ont pressé les fonctionnaires d’offrir une réponse rapide à leur ancien collègue.Les conservateurs ne cessent de répéter que M.Jaffer n’a obtenu aucun financement gouvernemental, mais que ses essais aient été infructueux n’y change rien.Cette affaire montre au contraire que, malgré leur promesse d’intégrité et de transparence, les conservateurs peuvent céder eux aussi à la culture du passe-droit quand il s’agit d’un des leurs, quitte à sacrifier sans explication une ministre trop encombrante.?Dans le dossier de l’avortement, le discours déformant est d’un autre ordre.Le gouvernement répète sans arrêt qu’il ne veut pas relancer le débat, mais se permet de changer la politique bien établie voulant que l’aide canadienne en matière de santé maternelle inclue tout l’éventail des services de planification des naissances, y compris l’avortement.En d’autres mots, ce n’est pas le débat sur l’avortement que le gouvernement cherche à éviter, mais un débat sur le chok qu’il a fait, b ne veut pas répondre de sa décision d’exclure l’avortement de la contribution canadienne à la future initiative du G8 en faveur de la santé maternelle et infantile dans les pays en développement.L’enjeu est de taille.L’offre d’information et de services sécuritaires d’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste un volet marginal, mais indissociable des programmes de planification des naissances dans les pays en développement.On cherche bien plus à rendre la contraception accessible et à éviter les grossesses non désirées.Mais à peu près toutes les organisations non gouvernementales actives dans ce domaine offrent les deux.Comment alors financer des projets sérieux de planification des naissances sans soutenir les services liés à l’IVG?L’administration Bush, aux Etats-Unis, avait résolu l’affaire en s’en remettant à des organisations chrétiennes ouvertement pro-vie et en laissant en plan les programmes offerts par les autres ONG.C’est le risque que pose le refus de financer des services d’IVG dans le cadre de l’initiative du G8.Sans parler du sort réservé aux programmes existants et dont le gouvernement ne veut rien dire.Voilà le vrai débat que veut éviter Stephen Harper.?Et il y a ce litige autour des documents sur le transfert des détenus afghans que le président de la Chambre, Peter Milliken, a tranché en faveur du Parlement, la semaine dernière.Les quatre partis discutent maintenant d’un compromis qui permettrait à la fois de respecter le pouvoir du Parlement d’exiger ces documents et le devoir de tous de protéger la sécurité nationale.C’est loin d’être fait, d’autant plus que, même s’il dit souhaiter un compromis, le gouvernement persiste à dire qu’il doit respecter ses «obligations juridiques», laissant entendre, comme avant la décision du président, qu’il y a des obstacles juridiques à la production de documents demandés.Le gouvernement joue sur les mots, car le président a été très clair: «Les ouvrages deprocedure affirment catégoriquement, à bon nombre de reprises, le pouvoir qu’a la Chambre d’ordonner la production de documents.Ils ne prévoient aucune exception pour aucune catégorie de documents gouvernementaux, même ceux qui ont trait à la sécurité nationale.» Si le gouvernement a une objection, il peut la faire valoir, mais il revient à la Chambre de juger de sa validité.De toute évidence, le gouvernement digère mal cette contrainte.Et tout ce que la décision du président a servi à rappeler est combien il est difficile pour Stephen Harper d’accepter qu’il ne détient pas le pouvoir absolu que lui accorderait une majorité.mcornellier@ledevoir.corn Les mieux rémunérés au Québec ne sont plus ceux que l’on croit Les Québécois l’ignorent, mais les francophones touchent maintenant des revenus d’emploi supérieurs à ceux des anglophones CLAUDE LEVESQUE La majorité des Québécois ignorent que les francophones touchent maintenant des revenus d’emploi supérieurs à ceux de leurs concitoyens anglophones, indique un sondage Léger Marketing réalisé fin mars pour le compte de l’Association des études canadiennes et du Quebec Community Groups Network.Seulement 2,9 % des Québécois sont au courant de cette nouvelle situation; la proportion des Québécois francophones qui le savent serait encore plus faible, soit 0,5 %, selon l’enquête, qui précise qu’un peu plus du tiers de la population (34,7 %) pense que les anglophones continuent à gagner plus, que 30 % pense que les revenus des uns et des autres s’équivalent et que 31,6 % avoue son ignorance sur la question.Le directeur général de l’Association des études canadiennes, Jack Jedwab, s’est dit étonné d’apprendre qu’aussi peu de Québécois francophones savent qu’ils occupent, dans l’ensemble, des emplois mieux rémunérés que les locuteurs de l’anglais, selon les chiffres du dernier recensement fédéral.Celui-ci établit à 26 388 $ et 24 617 $ respectivement le revenu d’emploi médian pour les deux groupes.«Historiquement, il y a une perception voulant que les anglophones soient relativement à l’aise au Québec, a expliqué hier M.Jedwab.On n’a pas une vue d’ensemble de la réalité, qui a évolué depuis 50 ans.Dans les années 50, les anglophones gagnaient plus que les francophones parce que la langue anglaise était le moteur de l’économie.» Selon le recensement de 2006, seuls les Anglo-Québécois de plus de 45 ans ont touché des revenus d’emploi supérieurs à ceux des francophones en 2005.Ces derniers ont gagné davantage que les anglophones dans toutes les régions du Québec, à l’exception de la municipalité de Hampstead, établissent les enquêteurs de Léger marketing après analyse des données de ce recensement La perception selon laquelle les anglophones occupent des emplois mieux rémunérés prévaut dans toutes les régions du Québec, quoique le pourcentage de réponses contraires soit un peu plus fort dans la partie ouest du territoire.Plus les répondants sont instruits, plus ils ont tendance à penser que les anglophones occupent les meilleurs emplois, les détenteurs de doctorats faisant toutefois exception à cette règle.D’autre part, plus les personnes interrogées ont de bons revenus, plus elles ont tendance à croire que ce ne sont pas elles, mais les anglophones, qui sont les grands gagnants au jeu de l’économie.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR À Montréal, un premier cortège s’est mis en branle sur le coup de midi pour dénoncer le budget Bachand, déposé le mois dernier, budget qualifié de «régressif et antisocial».Manifestations du 1®" mai Les travailleurs unis coutre le gouveruement Charest MARCO BÉLAIR-CIRINO Des milliers de Québécois, dont de nombreux militants syndicaux, ont profité de la Eête internationale des travailleurs, samedi, pour descendre dans les rues de Montréal, de Québec, de Gatineau et de Sherbrooke pour manifester leur profond mécontentement à l’égard du dernier budget du gouvernement de Jean Charest.A Montréal, un premier cortège s’est mis en branle à l’intersection des rues Atwater et Saint-Jacques sur le coup de midi pour s’arrêter au parc Saint-Gabriel à Pointe-Saint-Charles.Les centaines de manifestants qui y ont pris part ont dénoncé vertement le budget dévoilé par le ministre des Einances, Raymond Bachand, il y a un mois.Ils l’ont qualifié de «régressif et antisocial».Les protestataires ont conspué toute hausse de taxes et de tarifs, ont exigé le maintien d’un système de santé public gratuit et universel, et ont rejeté toute forme de privatisation des services publics.D’autre part, ils ont soutenu que les compressions budgétaires torpilleront la lutte contre la pauvreté.Les manifestants ont aussi rendu un hommage posthume au syndicaliste au franc-parler légendaire, Michel Chartrand, décédé le 12 avril.Une deuxième manifestation «anticapitaliste» s’est amorcée en fin d’après-midi au carré Saint-Louis et a été suivie de près par le Service de police de la Ville de Montréal.La marche, marquée par quelques escarmouches, s’est terminée vers 18h30 devant les bureaux du centre-ville de Montréal du premier ministre du Québec, Jean Charest, où l’effigie du chef de gouvernement a été brûlée.A Gatineau, les manifestants ont déposé des JACQUES NADEAU LE DEVQIR Une manifestation «anticapitaliste» au carré Saint-Louis a été suivie de près par le SPVM.chaussures usées devant l’édifice Jos-Montferrand, rue Laurier, et y ont collé des images de mains rouges.«Si les chaussures usées marquent notre état d’épuisement, les mains rouges qui les accompagnent se veulent un message d’optimisme: nous n’allons pas accepter les orientations du budget Charest», a affirmé le représentant du Réseau Vigilance Ou-taopais, Eloï Bureau, par voie de communiqué.A Québec, les manifestants ont choisi le thème «Démasquons les vrais clowns.Non au cirque de la privatisation et des hausses de tarifs».Plusieurs d’entre eux ont pris part à un pique-nique familial et à une manifestation dans le quartier S^t-Roch.Le Devoir Avec La Presse canadienne Compressions budgétaires Les cabinets politiques échapperaient au couperet JOCELYNE RICHER Québec — Le grand ménage promis par le premier ministre Jean Charest dans les dépenses gouvernementales pourrait bien s’arrêter aux portes des cabinets politiques, selon ce qu’a appris La Presse canadienne.Tout indique que les ministres et le premier ministre pourront continuer à dépenser à leur guise dans leur cabinet respectif, malgré le plan d’austérité budgétaire déposé par la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay.Le plan d’action vise à faire en sorte que l’appareil gouvernemental donne l’exemple, en s’imposant d’ici 2013-2014 une série de compressions budgétaires devant contribuer au retour à l’équilibre budgétaire.Or, le plan d’action est pratiquement muet sur le sort réservé aux cabinets, et ce, même si leur budget, au total, a fait un bond important entre 2003 et 2009, passant de 18,9 millions à 26,4 millions.Rien, dans le plan, n’annonce de sacrifice à ce chapitre.Au total, le gouvernement compte sur quelque 467 personnes pour seconder les élus dans leur tâche dans les cabinets.Le plan d’action n’annonce pas, non plus, de réduction d’effectifs à ce chapitre.Pour ce qui est de la rémunération du personnel de cabinet, par contre, le document est plus bavard.Québec abolira les primes au rendement et s’alignera sur les salaires négociés avec la fonction publique.Ce que le document ne dit pas, cependant, c’est que, contrairement aux fonctionnaires, les employés de cabinet pourront bénéficier de passe-droit.Grâce à la procédure de dérogation aux règles, certains obtiennent un revenu bien supérieur aux normes en vigueur.En 2009, c’était le cas de quatre directeurs de cabinet et 13 attachés politiques.Par exemple, le salaire maximal prévu pour un directeur de cabinet est de 116 000 $.Mais le salaire offert à Philippe Dubuisson, quand il dirigeait le cabinet de l’ex-ministre des Einances, Monique Jérôme-Eorget, atteignait 155 000 $, soit 25 % plus que la norme.Québec a aussi décrété un gel de la masse salariale «globale» des ministères jusqu’en 2013-2014 et imposé une réduction de 10 % de leur budget de fonctionnement d’ici là.Mais qu’est-ce qui empêchera un ministre d’appliquer ces mesures uniquement au palier administratif, en préservant le budget de son cabinet?L’important, aux yeux du Conseil du trésor, «c’est que l’objectif soit respecté», a répondu la porte-parole de la présidente du Conseil du trésor, Geneviève Villemure-Denis.La Presse canadienne Reconstruction de Port-au-Prince Le Québec veut sa part du gâteau VALERIE DUHAIME Le Québec entend bien bénéficier de la manne des contrats de reconstruction d’Haïti, dont la capitale Port-au-Prince a été dévastée par le séisme du 12 janvier dernier.De retour à Montréal hier après une visite de deux jours en Haiti où il a notanment rencontré le président haïtien, René Préval, le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, a confié à La Presse canadienne avoir discuté des «mécanismes qui pourraient permettre aux entreprises québécoises» de bénéficier de certains contrats de reconstruction.Le ministre a affirmé qu’il comptait travailler de concert avec le gouvernement haïtien à ce sujet Pierre Arcand a expliqué que le processus sera complexe, mais bien encadré.Comme les contrats viendront de la part de plusieurs organismes différents, c’est l’Association patronale des entreprises en construction du Québec qui se chargera de transmettre les informations au sujet des appels d’offres aux entreprises du Québec.«Les gens veulent que ça se fasse dans la transparence, que les entreprises qui vont obtenir les contrats soient de qualité et que la gouvernance soit correcte, a-t-il dit Mais je pense qu’il y a une urgence pour la reconstruction d’Haïti et que ça devrait aller assez vite à partir de ce moment-là.» Le ministre s’était également rendu en Haïti dans le but de déterminer de quelles façons le Québec viendra en aide à l’île dévastée.Il a révélé que le gouvernement québécois se concentrerait sur les besoins en éducation, sans toutefois donner plus de détails.M.Arcand rencontrera à ce sujet la ministre fédérale de la Coopération internationale, Bev Oda, au cours de la semaine prochaine.M.Arcand a annoncé que le projet d’appui au renforcement de la gestion publique d’Haïti, entamé avant le tremblement de terre, serait repris.Le gpuvernement du Québec, avec l’implication de l’École nationale d’administration publique, aidera Haïti à combler un urgent besoin de 300 fonctionnaires.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI MAI 2010 ACTUALITES La Grèce resserre encore sa ceinture La zone euro et le FMI s’entendent sur un prêt de 110 milliards sur trois ans «Nous sommes ELENA BECATOROS ET RAE CASERT Atliènes — Un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans pour aider la Grèce: après plus d’une semaine de négociations, Athènes a obtenu la mise en œuvre du plan de soutien cofinancé par le Fonds monétaire international (FMI) et la zone euro.En échange, le gouvernement grec a appelé ses concitoyens à de «grands sacrifices», annonçant hier de nouvelles mesures d’austérité draconiennes.Le montant du prêt atteindra 110 milliards d’euros sur trois ans, a annoncé le premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe.Les ministres des Einances des 16 pays qui utilisent la monnaie unique s’étaient réunis hier à Bruxelles pour discuter du plan de sauvetage, le premier pour un pays de la zone euro.Le plan doit encore recevoir le feu vert des Parlements de certains pays.Mais M.Juncker a affirmé que la Grèce toucherait la première partie de l’argent d’ici au 19 mai, date à laquelle elle doit rembourser des prêts à hauteur de 8,5 milliards d’euros.Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, a demandé la tenue d’un sommet spécial de l’Eurogroupe le 7 mai «pour conclure toute la procédure et pour tirer les premières conclusions de la crise de gouvernance de la zone euro».Il a ajouté que plusieurs procédures parlementaires devaient appelés aujourd’hui à faire un choix simple.Le choix est entre l’effondrement et le salut.» être suivies «à un niveau national dans les prochains jours».M.Juncker a expliqué que les gouvernements de la zone euro débloqueraient 80 milliards d’euros en prêts, dont 30 milliards d’euros disponibles dès cette année.Le commissaire européen aux Affaires monétaires, Ollie Rehn, a affirmé que les prêts des pays de la zone euro à la Grèce auraient un taux d’intérêt d’environ 5 %.La chancelière Angela Merkel a précisé que les crédits allemands pourraient être débloqués d’ici au week-end prochain.L’Allemagne, qui possède la plus grande économie de la zone euro, et à ce titre sera le principal pays contributeur, était très réticente à débloquer des fonds tant que la Grèce n’imposait pas des mesures d’austérité draconiennes.Ce qu’Athènes a fait hier matin.«Nous sommes appelés aujourd’hui à faire un choix simple.Le choix est entre l’effondrement et le salut», a résumé le ministre des Einances, Georges Papaconstan-tinou.La Grèce, qui affiche actuellement un déficit équivalant à 13,6 % du PIB, entend le ramener sous la barre des 3 % d’ici 2014.Pour ce faire, la taxe sur la valeur ajoutée va passer de 21 % à 23 %.Les taxes sur l’alcool et le tabac vont aussi augmenter.Surtout, les fonctionnaires et les retraités vont devoir se serrer la ceinture.Georges Papa-constantinou espère ainsi économiser 30 milliards d’euros jusqu’en 2012.Associated Press E N BREF Continental et United appronvent lenr rapprochement Philadelphie — Les conseils d’administration de Continental Airlines et de United Airlines ont approuvé leur rapprochement, a-t-on appris hier selon une source proche du dossier.Le rachat de Continental Airlines par United Airlines, qui doit donner naissance à la pre- miere compagnie aerienne mondiale, coûtera 3,2 milliards de dollars.Les deux compagnies aériennes américaines se sont mises d’accord sur une parité d’échange de 1,05 action UAL pour une action Continental.Le patron d’UAL Glen Tilton deviendrait président du nouveau groupe et celui de Continental Jeff Smisek deviendrait directeur général.Le groupe opérerait sous la marque United et aurait son siège à Chicago.- Reuters ROLEX OYSTER PERPETUAL DATEJUST EN ACIER ET OR EVEROSE 18 CARATS Gambard Marée noire aux États-Unis « BP est responsable » et « paiera » Le président américain semonce la pétrolière britannique et évoque une catastrophe « peut-être sans précédent » MIRA OBERMAN Venice, Etats-Unis — Le président américain, Barack Obama, a qualifié hier la marée noire, qui a commencé à toucher la Louisiane, de catastrophe «peut-être sans précédent», au cours de sa première visite sur place pour examiner le dispositif d’intervention.Non sans égratigner BP qu’il tient pour «responsable de cette fuite».«Je pense que les Américains se rendent compte, c’est d’ailleurs certainement le cas des gens d’ici, que nous sommes confrontés à une catastrophe écologique peut-être sans précédent», a déclaré M.Obama à Venice, une des communes côtières les plus menacées par la marée noire provoquée par l’explosion d’une plateforme pétrolière le 20 avril.^ «En tant que président des États-Unis, je ne ménagerai pas mes efforts pour répondre à cette crise», a-t-il promis, soulignant qu’elle risquait «de se prolonger longtemps» et de «menacer les moyens d’existence de milliers d’Américains».Le président a défendu son administration, critiquée pour la lenteur de sa réaction.«Le gouvernement fédéral a lancé et coordonné une intervention où tous les acteurs sont impliqués, sans relâche, depuis le premier jour», a-t-il dit.Il a incriminé en revanche la compagnie britannique BP, qui exploitait la plateforme Deepwater Horizon, à environ 70 km des côtes.Le puits foré sous la plateforme fuit, lâchant chaque jour quelque 800 000 litres de pétrole en mer.«Que les choses soient bien claires: BP est responsable de cette fuite.BP paiera», a-t-il lancé devant la presse.MARK RALSTON AGENCE ERANCE-PRESSE Un premier oiseau touché, un fou de Bassan, a été démazouté par une association embauchée par BP.La compa^ie britannique travaille sur trois fronts pour tenter de stopper la fuite.Six robots sous-marins tentent de fermer la valve de sécurité du puits, qui pèse 450 tonnes, et la compagnie a commencé à forer des puits de secours pour réduire la pression et injecter un enduit pour colmater définitivement les fuites.La première opération a échoué pour le moment, et la seconde pourrait prendre jusqu’à trois mois.BP compte donc sur la fabrication d’un énorme «couvercle» de confinement de 70 tonnes à poser sur le fond de la mer pour boucher la sortie du puits.Le président de BP America, Lamar McKay, a déclaré hier que la fabrication de ce «couvercle» était quasi terminée et qu’il «serait sans doute déployé dans six à huit jours».Or, le temps presse.Si la tête de puits lâche, la fuite «pourrait dépasser les 16 millions de litres par jour», a averti sur CNN l’amiral Thad Allen, chargé de coordonner les opérations.M.McKay a déclaré que l’accident de la plateforme était dû à «une pièce d’équipement défectueuse», mais a ajouté que les responsables de BP itéraient la raison de ce dysfonctionnement.Des vents forts et une mer houleuse contraignaient les bateaux à renoncer à endiguer la nappe de brut, qui s’étend désormais sur plus de 200 km de long.Les avions chargés de répandre des produits chimiques dispersants étaient cloués au sol.Les dernières prévisions de l’agence météorologique NOAA indiquaient que le pétrole avait atteint ou était sur le point de toucher les îles de la Chandeleur, une région inhabitée, mais qui abrite un refiige naturel fréquenté par pélicans, sternes et pluviers siffleurs.Les zones humides de Louisiane, étape sur le chemin des oiseaux migrateurs, constituent une réserve de faune exceptionnelle.La marée noire «menace le mode de vie» de la Louisiane, a déclqré samedi le gouverneur de l’État, Bobby Jindal.Les pêcheurs, éleveurs de crevettes et ostréiculteurs de la région commençaient tout juste à se remettre du passage en 2005 de l’ouragan Katrina.Les autorités américaines ont imposé hier une interdiction de pêche de dix jours dans la zone affectée.Le secteur des coquillages et crustacés en Louisiane fournit un fiers de la production annuelle du pays.Agence France-Presse Avions de recherche et sauvetage Boeing veut vendre son V-22 au Canada À la fois hélicoptère et avion, l’appareil est utilisé par les États-Unis depuis 2008 ALEC CASTONGUAY Philadelphie — Un nouveau joueur d’importance veut entrer dans la bagarre pour l’obtention du contrat de trois milliards de dollars qui vise à remplacer les avions canadiens de recherche et sauvetage.La compagnie américaine Boeing a discrètement fait connaître ses intentions au gouvernement fédéral l’automne dernier.Elle offre son nouveau V-22 Osprey, un appareil à l’allure étrange qui peut se comporter à la fois comme un hélicoptère et comme un avion.Boeing s’ajoute ainsi à une liste de plus en plus imposante d’entreprises désireuses de décrocher ce contrat pour 15 à 17 nouveaux avions.On compte également Alenia (Italie), favori de la course, ainsi que CASA-EADS (Espagne), Viking Air (Canada) et Lockheed Martin (États-Unis).Les Lorces canadiennes veulent une nouvelle flotte complète d’ici 2015, puisque les BufMo et Hercules qui font actuellement le travail — 1000 missions de recherche et sauvetage par année au Canada — arrivent à la fin de leur vie ufile.«On a répondu à la demande LEON NEAL AGENCE ERANCE-PRESSE Le V-22 est à mi-chemin entre Thélicoptère et l’avion.d’informations qui a été lancée par le gouvernement canadien.On a signifié clairement notre intérêt», a révélé cette semaine William Sunick, directeur du développement des affaires du programme V-22 Osprey chez Boeing, lors d’une séance d’information avec une poignée de journalistes canadiens qui couvrent le secteur de la défense.Les Lorces canadiennes n’avaient pas envisagé le V-22 jusqu’à récemment, lui qui est coproduit par Boeing et Bell Heli- LOTO QUEBEC Résultats des tirages du : 2010-04-24 03 10 M 36 38 40 Gagnants 2 2 113 5 794 107 257 82 653 Ventes totales Lots 960 327,00 $ 140 023,30 $ 2 047,30 $ 75,60 $ 10,00 $ 5,00 $ 13 523 852 $ Prochain gros lot (approx.) : 3 500 000 $ P3SB3 13 Gagnants 4/6 451 3/6 8 915 2/6T-C 7 519 Ventes totales 30 38 40 46 Lots 2 000 000,00 $ 75 000,00 $ 750,00 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 712 632,00 $ 7080250 copter.Il a été développé pour devenir un appareil très polyvalent à la demande des marines américains et des forces spéciales, qui en ont commandé 460 exemplaires.Plus de 140 ont été livrés depuis trois ans.Et depuis 2009, quelques V-22 opèrent en Irak et enAlghanistan.Le V-22 est un appareil à mi-chemin entre l’hélicoptère et l’avion de transport.D décolle et atterrit comme un hélicoptère, mais, en vol, ses moteurs pivotent à l’horizontale pour lui donner la vitesse de croisière d’un avion.Il peut changer de mode à sa guise durant l’opération, ce qui lui permet de laire du surplace lorsque cela est nécessaire.Boeing estime que son appareil est parfait pour répondre aux besoins complexes du Canada en matière de recherche et sauvetage: un vaste territoire qui demande de la vitesse, mais avec certaines zones accidentées qui demandent de l’agilité, comme les Rocheuses.Un appareil qui détonne Chez Boeing, on est conscient que cette nouvelle technologie surprend les futurs clients.«C’est nouveau comme approche, abrs il faut que les acheteurs pensent en dehors du cadre.E faut leur laisser le temps de l’analyser», dit William Sunick.Il fait l’analogie suivante: «C’est comme quelqu’un qui brise son enregistreur VHS.E peut aller au magasin acheter exactement la même chose, parce que c’est ce qu’il connaît.Mais il peut aussi penser autrement et regarderies nouvelles technologies sur le marché» Sans surcharge, le V-22 Osprey peut voler à 600 km/h.Une fois chargé avec 4500 kilos d’équipements, il vole à 425 km/h.Sa capacité de transport est de 24 soldats.Les marines et les forces spéciales des États-Unis ont payé environ 65 millions dç dollars pour chaque appareil.A ce prix, Boeing estime être concurrentiel pour obtenir le contrat canadien, puisque Ottawa prévoit dépenser 1,5 milliard de dollars pour l’achat des avions (plus 1,5 milliard pour l’entretien pendant 20 ans).L’acquisition doit se faire dans les prochains mois, mais elle est présentement bloquée au cabinet par un bras de fer entre les ministères de l’Industrie et de la Défense.Les Lorces canadiennes ont mis en place des critères de sélection du futur appareil très restrictifs, ce qui limiterait la concurrence lors de l’appel d’offres.Or, le ministère de l’Industrie souhaite que plusieurs entreprises soient sur les rangs, et demande donc aux Lorces canadiennes de revoir ses critères, un fait rare.Un récent rapport secret du Conseil national de recherche du Canada, commandé pour évaluer la situation et dont Le Devoir a révélé la teneur le 22 avril dernier, va dans le sens des demandes du ministère de l’Industrie.Le Devoir Notre journaliste s’est rendu aux États- Unis à l’invitation de Boeing.V COMPLEMENTAIRE (C) Résultats des tirages du : 2010-04-23 g 1128550 GAGNANTS LOTS 7/7 1 41 716 532,70 $ 6/7+C 1 506 755,60 $ 6/7 75 6 756,70 $ 5/7 5 386 117,60 $ 4/7 116 262 20,00 $ 3/7+C 106 184 20,00 $ 3/7 1 019 481 Participation gratuite Ventes totales 40 759 510 $ rochain gros lot (approx.) 10 000 000 s Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 Pariez sur le hockey! Demandez le PROGRAMME 1 OU 6.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Québec, cette dernière a priorité Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 LE DEVOIR, LE LUNDI S MAI 2010 A 5 ECONOMIE ( 4 ( Éric Desrosiers PERSPECTIVES Cépamoicélui La liste des accusés dans la crise financière grecque n’a pas cessé de s’allonger ces dernières semaines.Comme la facture de ce gâchis.Le premier réflexe a été d’attribuer le problème aux effets de la crise économique mondiale.Après tout, presque tous les gouvernements ont vu leurs finances plonger dans le rouge ces derniers temps sous l’effet conjuré de l’effondrement de leurs revenus, de l’explosion des coûts de leurs filets sociaux et des milliards qu’ils ont dû déballer poiu sauver leius banques et maintenir leurs économies en vie à coup de me-siues de relance.Les non-initiés se sont rapidement rendu compte que le cas de la Grèce n’était pas tout à fait comme les autres, et que l’on était clairement en présence d’un pays qui vivait depuis des années bien au-dessus de ses moyens, fl n’a pas fallu bien longtemps avant qu’on la compare à la cigale de la fameuse fable de La Fontaine, à cause de ses 14 mois de salaire par année et de son âge moyen de reûaite in-férieiu à 60 ans.Ce portrait était aggravé par une insouciance à ^ l’égard de ses problèmes de dé-I ficits chroniques, de dette et d’économie parallèle que sa comptabilité publique créative n’arrivait plus à camoufler.Comme on avait une cigale, il fallait une fourmi.Le rôle allait parfaitement à l’austère Allemagne, et à sa non moins sévère chancelière, Angela Merkel, surnommée «Mme Nein» à cause de son entêtement à refuser toute aide financière à un pays ayant a^ de manière aussi responsable que la Grèce.La riche foiumi allemande a rapidement fini par taper siu les nerfs de tout le monde avec ses leçons de saine gestion et d’autodiscipline.On ne sait que flop bien qu’elle a longtemps été, elle aussi, en délicatesse avec les règles eiuopéennes siu les déficits et que la ténacité de sa chancelière face aux pressions extérieiues tient plus du désir de ne pas perdre flop de votes aux prochaines élections régionales que de la question de principe.On s’est aussi déchaîné, la semaine dernière, contre les agences de notation poiu avoir jeté de l’huile sur le feu en abaissant la cote de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne, au moment même oû ces pays se faisaient chahuter par les marchés financiers.Comment peuvent-elles mettre ouvertement en doute la capacité de ces pays à remboiuser leiu dette alors qu’elles n’ont même pas été capables de voir venir la crise financière mondiale?s’est-on demandé.La présidence française est allée jusqu’à qualifier leiu décision de «criminelle» même si, poiu être tout à fait hoimête, elle ne faisait qu’officMser ime perception déjà largement répandue et intégrée dans les marchés obligataires.Comme il se doit, on a accusé aussi les spéculateurs.La Grèce a même suspendu leur droit d’acheter ou de vendre des titres à découvert, comme on l’avait fait dans plusieius pays au pire de la crise financière.C’est drôle, note cette semaine la revue britannique The Economist, parce que ces spéculateius que l’on accuse d’avoir précipité la crise seraient peut-êfle aujoiud’hui les seuls à vouloir parier siu une remontée inattendue de la Grèce.On n’a pas manqué, non plus, de répéter que l’Europe était encore une fois victime de la faiblesse de ses institutions communes de gouvernance économique.«Où est le président du Conseil européen?Que fait le président de la Commission?Y a-t-il un pilote européen dans la crise grecque?», s’exclamait un élu européen cité dans Le Devoir de samedi.Arrêter de tergiverser Les critiques les plus sévères sont toutefois allées, ces derniers jours, aux gouvernements des autres pays européens pour leur incroyable lenteur à passer du discours aux actes en dépit des promesses d’aide qu’ils faisaient à la Grèce il y a presque deux mois.On croyait apparemment que de beaux discours suffiraient à rassurer les marchés tout en se disant secrètement que le pire qui pouvait arriver était un léger affaiblissement de l’euro qui aiderait les exportations.«Séduisante construction intellectuelle que la réalité s’est chargée de tailler en pièces», conunentait jeudi l’éditorialiste du quotidien français Les Echos, Daniel Fortin.Longtemps exclu par les dirigeants européens à cause de l’humiliation qu’il représenterait, l’appel au secours du Fonds monétaire international (FMI) serait perçu aujourd’hui comme ayant plusieurs avantages, observait le même jour Alan Beattie dans le Einancial Times.On aimerait ses prêts aux taux d’intérêt imbattables et la réputation de rigueur des conditions qui s’y rattachent Mais ce qui semble le plus apprécié par les politiciens est la possibilité, devant leur opinion publique, de faire porter au FMI — et aussi à la Commission européenne si nécessaire — la responsabilité des réformes impopulaires que la situation exige.Le temps des jeux politiques et des demi-mesures est plus que passé, prévenait récemment l’économiste américain, Nouriel Roubini, mieux connu sous le doux sobriquet de «Docteur Catastrophe» parce qu’il avait été l’un des rares à voir venir la crise financière mondiale.Les gouvernements européens ont déjà flop laissé la situation se dégrader, et l’ampleur de l’effort budgétaire exigé du gouvernement grec aura un impact flop grand sur l’activité économique, selon lui, pour que la Grèce ait la moindre chance de se sortir du pétrin, même avec l’aide financière promise.L’Argentine était en bien meilleure posture avant de devoir s’avouer insolvable au tournant des années 2000.La seule façon d’éviter l’effondrement complet de la Grèce et la contagion à d’autres pays, dit le «Docteur Catastrophe», est de tirer les leçons des autres grandes crises passées.C’est-à-dire: arrêter de chercher des coupables et adopter des mesures beaucoup plus ambitieuses que celles qui sont actuellement envisagées.Alain Renaud, président fondateur de DRUIDE ETHIQUES AU TRAVAIL L’éthique dans la peau Du temps des Celtes, les druides se réunissaient pour partager leur savoir en matière de soins et de remèdes.Il y a 30 ans, le photo-journaliste Alain Renaud a repris un peu de leur philosophie pour créer les produits DRUIDE, une gamme complète de produits de soins corporels, la première à avoir reçu la certification de cosmétique écologique et biologique par Écocert.Alain Renaud veut montrer à travers ses produits qu’il est possible d’allier respect du corps, respect de la nature et respect de l’éthique en affaires.LAURENT FONTAINE THIERRY FAUCHANT Qu’est-ce qui vous a mené du journalisme à la fabrication de produits co^orels?À la fin des années 1970, j’ai voulu vivre un retour aux sources, principalement en ce qui concerne les valeurs de la société.Il me semblait que nous allions vers une dégradation croissante.J’ai trouvé refuge dans les Appa-laches.Je me disais que l’essentiel est en nous et que l’on pourrait aller plus loin en retrouvant ce que la nature peut nous donner de vrai, en nous attachant à ses éléments fondamentaux.Et je me suis mis à creuser le domaine de l’herboristerie.Parce qu’en même temps, je voyais l’importance des produits de beauté qui livraient leur lot d’ingrédients toxiques à tout le monde.Peu de gens faisaient alors le lien entre l’augmentation importante des cancers (par exemple celui de la peau) et rutilisation de produits chimiques dans la composition des cosmétiques.Un peu comme les médicaments, on considérait que les produits de peau étaient inoffensifs puisqu’ils étaient vendus en pharmacie.Mais comment responsabiliser les gens?Il fallait démontrer par la pratique que l’on pouvait offrir des produits de soins sains et naturels, qui remplissaient le rôle que l’on attend de ces nécessités quotidiennes sans nuire à la santé ou à l’environnement.C’est comme cela que j’ai créé une gamme complète de produits de soins écologiques.En 2001, on a été la première firmç en Amérique à faire certifier ses produits par Écocert, et nous sommes encore la seule à avoir obtenu cette certification pour une gamme complète de produits corporels.En matière d’éthique, on peut dire que la certification est l’assurance pour le public qu’un produit respecte réellement des normes de qualité et de fabrication.Avec la certification, on n’œuvre pas seulement au niveau de la publicité: on s’engage à ce que nos produits ne contiennent aucun produit de sjmthèse.Vous évoquez les liens entre la santé humaine et l’écologie.Vous dites souvent que «vivre bio, c’est une forme d’amour: amour de la terre, de la vie, des gens, des animaux».Cela reste vos convictions?Chez DRUIDE, nous ne sommes qu’une vingtaine d’employés.Tout est pris en charge et fabriqué sous un même toit.Nous ne faisons appel à aucun sous-traitant — ce serait pourtant plus rentable.Les petites cuves que nous utilisons ne permettraient pas à de grandes entreprises de s’en sortir économiquement.Mais notre petite taille nous protège: nous arrivons à proposer des formules sans molécules de synthèse, qui rivalisent au niveau des prix et de la qualité avec les grands fabricants.Avec tout ce qui se passe dans le monde, il faut avoir une conviction profonde, pour garder l’élan qui guide les actions quotidiennes.Sans cela, on se perd rapidement.Aujourd’hui, le bio est à la mode.On voit les grands groupes s’en emparer.Nous, au laboratoire, on est un peu comme en retrait des grands jeux du marché, je dirais comme une boulangerie de campagne dans son coin de pays.J’ai cependant la fierté de dire aux gens que ces produits leur permettent de vivre leur désir de respecter la nature, de vivre l’écologie.Testez-vous vos produits?C’est essentiel de faire des tests, car un laboratoire qui fabrique des produits de soins corporels est une cuisine oû l’on agence des ingrédients qui proviennent de nombreuses sources.Naturel ne veut pas dire inoffensif: que l’on pense à Cléopâtre qui s’est empoisonnée avec des colorants ou aux Romaines qui se mettaient de l’arsenic sur le visage pour être belles.Au départ, les tests de chaque ingrédient sont faits pour garantir la non-toxicité des matières premières en évitant les matières sjmthétiques et les allergènes connus.Ces tests bien sûr n’impliquent jamais les animaux.Dès les débuts de l’entreprise, en 1979, nous avons suivi un nombre important de groupes qui conscientisaient la population à l’inutilité de tests cruels.Pourquoi avoir choisi le nom de DRUIDE?Cela correspond à une démarche de retour vers la nature.Les druides sont parmi les premiers à avoir interrogé les plantes pour trouver comment mieux soigner l’homme et mieux vivre avec la nature.Et surtout, ils se sont regroupés pour échanger cette information — on connaît ces grands lieux de rassemblements en Angleterre, par exemple.On trouve la même démarche chez les peuples amérindiens, dans cette recherche d’harmonie avec les forces qui nous entourent.Pour moi, ce partage de l’information fondamentale est le moteur d’une évolution profonde.Cela explique-t-il pourquoi DRUIDE ne fait pas de publicité en promettant de faire disparaître les rides ou en jouant sur les fantasmes habituels?Certainement.Mais cette approche ne touche pas seulement la publicité, elle concerne l’ensemble de^ activités: fabrication, stockage, distribution.A tous les niveaux, j’essaye de faire passer le message que nos choix influent sur notre avenir.On voit éclore cette société qui essaye de vivre plus en harmonie avec la nature, mais comment l’encourager?Nous devons la soutenir dans toute notre manière de gérer l’entreprise.Et les consommateurs devraient aussi s’impliquer dans cette évolution.Ils ont la possibilité de dire aux commerçants qu’il n’y a pas qu’une façon de consommer, que le prix n’est pas le seul critère qu’ils considèrent, qu’ils optent pour des produits bons pour la planète, pour leur corps, etc.Il y a cinq ans, vous avez contacté l’ACDI pour leur proposer un projet en Afghanistan.Parlez-nous de cette initiative.Une des missions que nous avons définies pour l’entreprise, c’est de s’impliquer socialement afin de participer à la construction d’une société plus humaine.C’est ce qui nous a amenés en Afghanistan à lancer une savonnerie oû travaillent surtout des veuves de guerre.C’était avant que notre pays ne s’engage de façon active dans ce conflit.Nous avons appris que toutes les savonneries avaient été bombardées et que les Afghans devaient importer le savon, pourtant un produit de base.Nous avons donc mis sur pied ce projet avec l’ACDI.C’est notre devoir, comme entrepreneur, d’utiliser les connaissances que l’on a au service des autres, pour les soutenir dans leur développement.Fabriquer des produits de soins bios, c’est donc aussi une question d’influence sociale?Oui, je le crois.Il faut montrer aux gens que l’on peut faire des affaires tout en respectant une démarche éthique intégrée.Nous informons beaucoup sur le pourquoi et le comment de la fabrication de nos produits de soin.Le contact et la communication sont les premiers déclencheurs d’un changement.Les gens peuvent devenir partie prenante de leur existence.L’écologie, c’est beaucoup plus qu’une affaire de publicité tapageuse sur un look «éco-chic».Malheureusement, le prix, l’odeur ou la couleur d’un flacon de produits de beauté éclipsent encore trop souvent les critères qui devraient nous guider: des soins responsables, l’équilibre de notre santé et celui de la planète.Une collaboration de la Chaire de management éthique, HEC Montréal.?Cette entrevue est extraite de l’émission Éthiques au travail, diffusée tous les jeudis soir sur Radio Ville-Marie.L’intégralité des entrevues est disponible sur www.ethiquesautravail.corn VIENT DE PARAITRE Laurent Cordonnier L'économie des Toambapiks Une fable qui n'a rien d'une fiction L’ECONOMIE DES TOAMBAPIKS Laurent Cordonnier ^39 pages Éditions Raisons d’agir L’auteur utilise le ton et le style de la fable pour décrire avec ironie les effets désastreux que produit la transformation d’une paisible économie agraire en une société capitaliste avancée qui, pour être conforme aux préceptes du néokejmé-sianisme, n’en est pas moins cauchemardesque.16 NOUVELLES QUESTIONS D’ÉCONOMIE CONTEMPORAINE Philippe Askenazy et Daniel Cohen 608 pages Éditions Albin Michel Trois thèmes principaux ont été retenus.Le premier traite de la crise financière, qui reste entourée d’une certaine opacité sur les mécanismes qui l’ont produite.Ée deuxième porte sur ce qu’on appelle depuis longtemps le «mal fran- çais».Le troisième développe les menaces qui pèsent de plus en plus sur l’État-providence.Sous ta dmctim de Philippe Askenazy et Daniel Cohen 16 NOUVELLES QUESTIONS D’ECONOMIE CONTEMPORAINE A 6 LE DEVOIR LE LUNDI MAI 2010 EDITORIAL MBA de McGill L’incohérence Si McGill va contre les règles budgétaires en exigeant 29 500 $ poiu son MBA, Québec retirera la quasi-totalité du montant en guise de pénalité.Cette bravade serait regrettable, car elle créerait un important précédent: la privatisation d’un programme au sein d’une université publique.L Marie-Andrée Chouinard e Québec a de quoi s’enorgueillir de l’excellence et de la réputation de l’IIniversité McGill.Sa fiche de qualité n’est d’ailleurs pas remise en question dans l’affaire du MBA autofinancé qui oppose l’Université au ministère de l’Education.Cela ne l’autorise pas, sans en débattre, à imaginer et à imposer une nouvelle manière de faire.L’histoire dira si le Québec finira par choisir l’option de la déréglementation sélective, tant ses universités étouffent sous le poids du sous-financement.Pour le moment, il n’a pas fait ce choix.Le débat n’a pas eu lieu.Ailleurs au Canada, une spectaculaire vague de hausses de droits de toutes sortes témoigne de la volonté des établissements de trouver des fonds en se détournant des sources publiques limitées — en fait foi le texte ci-contre, sur la faculté de droit de l’Université de Toronto.Rares sont toutefois les institutions qui font fi des règles édictées par l’Etat.Le Devoir révélait la semaine dernière un élément d’information qui remet en question la cohérence de McGill dans sa quête d’un MBA autofinancé.En effet, au cours de ses échanges avec le ministère de l’Education, l’université s’est vu offrir la possibilité de déréglementer les droits imposés aux étudiants étrangers et Canadiens non résidents du Québec.Cela lui aurait permis de hausser les droits comme elle l’entend, en tout respect des règlements, pour un pourcentage appréciable de sa clientèle inscrite au MBA.L’Université a refusé cette option.Elle soutient qu’elle n’aurait pas été rentable.C’est pourtant McGill qui, depuis des lustres, revendique le droit au déplafonnement des droits versés par les étrangers — qui fréquentent son établissement plus que tout autre au Québec.C’est McGill aussi qui, aux prises avec des difficultés financières en 2004, avait décidé de rehausser les droits de cette clientèle étrangère envers et contre les règles budgétaires.Mme Heather Munroe-Blum, principale de McGill, avait alors invoqué devant la Commission de l’éducation le fait que «la qualité et l’accessibilité sont plus importantes que les règles».C’est McGill enfin qui, en 2006, demandait à Québec de mettre fin aux exemptions accordées à près de 40 % des étudiants étrangers en vertu d’ententes avec leur pays d’origine, et ce, pour augmenter ses revenus.La recherche d’avenues diversifiées de financement n’est pas inédite sur ce campus, qui a sérieusement flirté avec l’idée de privatiser sa faculté de droifi et aussi de créer un McGill College International entièrement privé, qui offrirait un programme de premier cycle en arts et sciences.Ces projets sont morts au feuilleton, mais témoignent de la volonté de l’établissement de puiser du côté des droits de scolarité une nouvelle garantie financière.McGill n’est pas seule porteuse de ces ambitions.D’autres chefs d’établissemenfi étonnamment silencieux par les temps qui courent, sont tout aussi préoccupés par les conséquences désastreuses du sous-financement et rêvent de fracasser des portes.S’il le fauL que le débat se fasse de manière franche et que chacun ait voix au chapitre.machouinard@ledevoir.corn Crise financière Retour de bâton D Serge Truffaut eux semaines après que le gendarme de la bourse new-yorkaise, la Securities and Exchange Commission, eut annoncé avoir déposé une plainte au civil contre Goldman Sachs, voilà que le ministère fédéral de la Justice a indiqué avoir ordonné l’ouverture d’une enquête pouvant déboucher, elle, sur une plainte au criminel.Résultat net de ces offensives judiciaires, la capitalisation boursière de la première banque d’affaires du monde fondait de 20 % ou 20 milliards de dollars.Reprenons.Dans ce dossier, il faut s’arrêter à la séquence des épisodes (orchestrée il va sans dire par les autorités concernées) qui met en relief la volonté bien affirmée de ces dernières de faire un cer- ^tain ménage dans ce labyrinthe qu’est deve-^ \ nue l’industrie financière.Il y a eu tout d’abord ^ '' la communication de ces courriels échangés entre employés des agences de notation qui éclairent le côté sombre, pour rester pondéré, de ces dernières.Dans un de ces messages, composé par im salarié de Standard & Poor’s, on apprend qu’une réunion d’urgence avait été convoquée afin «de discuter d’un réajustement des critères» utilisés pour établir la valeur des subprimes parce qu’ils constituent une menace pouvant leur faire «perdre des contrats.» Dans un autre message, quelqu’un se plaint qu’on lui or-doimait «d’user d’astuce comptable avec les m}o\ynmes pour leur conserver le triple A et préserver ainsi notre part de marché».Grâce à l’enquête menée pendant un an par les limiers qui assistent les élus du Congrès, on a appris que Goldman Sachs avait débauché un analyste de l’agence Fitch versé en études des subprimes afin que celui-ci restructure la famille des hjqDothèques qu’il avait notées lorsqu’il était chez Fitch.Son mandat?S’assurer que ces véhicules financiers gardent le sésame des sésames: le triple A.Parmi ces derniers, on retrouve le désormais célèbre Abacus 2007-ACl qui a troué l’actif d’établissements financiers à travers la planète.C’est sur la base de ces découvertes qu’une soixantaine d’élus de la Chambre des représentants ont demandé au procureur général d’enquêter sur ce qui ressemble, c’est le moins que l’on puisse dire, à une culture consciente, volontaire, du maquignoimage des chiffres comme des livres.Parallèlernent, c’est à retenir, des investisseurs institutioimels, parmi eux l’Etat de l’Ohio, ont déposé des recours collectifs visant Moody’s et Standard & Poor’s.Simultanément, en Allemagne, le gouvernement a ordonné au ministère de la Justice de passer au peigne fin les gestes portant l’empreinte des agences de notation et de Goldman Sachs.Afin de ne pas être en reste, Michel Barnier, Commissaire européen au marché intérieur et aux services, envisage la création d’une agence européenne qui s’ajouterait à Moody’s et compagnie.Enfin! De cette avalanche d’actions et des possibles condamnations qu’elle suppose il faut espérer une suite.Une suite imposant un certain cloisonnement afin que le mélange des genres, des fonctions, des métiers, qui sont autant d’encouragements aux conflits d’intérêts, soit baimi.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO IVvARft NoiPf PAN5 U Pu PfMontA'tLLt îtfio ‘05-03 Bilinguisme des juges: argumentation tordue Le vote sur le bilinguisme des juges pouvant siéger à la Cour suprême nous permet d’en entendre des boimes.Des valets francophones du Québec et d’ailleurs voteront contre cette mesure pour ne pas faire de discrimination envers des candidats unilingues, en fait des candidats unilingues anglophones.Avez-vous déjà imaginé un seul instant qu’un candidat unilingue francophone pourrait un jour accéder à un tel poste de prestige et fort lucratif?Pour ma part, je me soucie assez peu de la composition de cette cour dont les jugements penchent toujours dans la même direction, juges bilingues ou pas: la raison du plus fort est toujours la meilleure.D’autre park les Québécois ont le moyen de régler le problème par eux-mêmes s’ils en ont la fierté et le courage.Mais c’est d’entendre l’argumentation hypocrite de ces bouffons grassement payés par nos impôts qui m’horripile.Inutile d’en dire davantage.La situation parle d’elle-même.Et qu’est-ce que ce sera quand la députation fédérale minorisera encore davantage le Québec?Il est grand temps d’ouvrir les yeux pour celles et ceux qui préfèrent ne pas regarder la situation en iace.René Cloutier Québec, le 28 avril 2010 LETTRES Le Festival d’été perd-il son âme?Au début, nous avons cru à une blague ou à un oubli.Ensuite, nous nous sommes demandé si M.Daniel Gélinas — que nous avons adoré pour son apport au 400® et qui nous semble en temps normal crédible et honnête — croyait réellement à ce qu’il disait en affirmant, au sujet du volet francophone de l’événement: «[.] qu’on a voulu jouer des trucs plus forts au lieu de saupoudrer l’offre dans la programmation».Finale-menfi nous avons dû conclure que le résultat était bel et bien là: le Festival d’été de Québec (FEQ), dans sa programmation 2010, a (presque) complètement laissé tomber les artistes québécois, d’une part, et francophones, d’autre part.M.Gélinas aura beau prétendre qu’il y a deux gros spectacles sur les Plaines entrant dans cette catégorie (Vigneault et celui célébrant la chanson), la réalité est limpide: sur les autres scènes, on peut compter les artistes québécois ou francophones sur les doigts d’une seule main! Historiquement, le FEQ a joué un rôle important dans la promotion de la chanson francophone ainsi que dans l’ouverture à de nouveaux genres musicaux et à la musique du monde pour les gens de Québec.Le virage des dernières aimées, avec hausse du prix du macaron à la clé et un plus grand nombre de «gros noms», ne nous avait pas en soi déplu, car l’équilibre demeurait: chaque année, un lot d’artistes québécois et de toute la Francophonie, de petite à grande envergure, électrisaient toutes les scènes du Festival.De plus, la variété des styles musicaux, bien qu’en décroissance, demeurait.Cette année, hors de Vigneault et d’Arcade Fire, point de salut.Nous adorons le patriarche de la chanson québécoise et le groupe montréalais, mais où sont tous les autres jeunes artistes reconnus et appréciés de la scène musicale québécoise (les Leloup, MoffatL Vallières, Desjardins, Cowboys Fringants, Patrick Watson, etc.)?On cherche encore des explications.Est-ce la nouvelle directrice de la programmation qui n’a d’yeux que pour les «gros noms»?Est-ce la mystérieuse entente avec les FrancoFolies qui a eu pour effet, littérale-meuL de marginaliser le volet francophone du FEQ?Est-ce le désir, incessanfi du FEQ de toujours grossir au détriment de ses racines et de l’âme même du Festival (qui a toujours compris une composante importante de musique québécoise et francophone)?Peut-on vraiment en espérer plus des quelques annonces qui restent à faire?Mesdames et messieurs du FEQ, pouvez-vous nous répondre?Ou formulé autrement, do you still care about our culture?Olivier Tremblay et Claire Murati Québec, le 29 avril 2010 LIBRE OPINION Le papa d’Éloi CAROLINE CYR La vie est remplie d’épreuves et les surmonter nous aide à grandir, à gagner én maturité et en sagesse.Devenir parent, que l’on soit homme ou femme, fait partie de ces épreuves qui vous marquent pour le reste de votre vie.Neuf mois de transformation du cœur, du corps et de l’esprit.Neuf mois à se demander si on sera à la hauteur.Neuf mois pour devenir papa et maman pour le reste de notre vie.Après neuf mois, nous étions prêts, convaincus que nous serions finalement à la hauteur.C’est après neuf mois de gros-sesse,que nous avons appris la mort in utero d’Éloi, notre premier bébé.La veille, comme, tous les soirs depuis un mois, le papa d’Éloi avait écouté son cœur battre en appuyant son oreille sur mon ventre.Il lui avait souhaité bonne nuit, comme il le faisait depuis plusieurs mois.Il lui avait demandé de montrer le bout de son nez, c^r il avait hâte de le voir.Selon son papa, Eloi savait déjà patiner.Il avait le meilleur coup de patin en ville! Après l’accouchement, le papa d’Éloi a coupé le cordon.Il a pris son bébé dans ses bras, a regardé son petit visage endormi et paisible, lui a dit des mots d’amour et l’a caressé.Moi, je n’ai pas eu la force de le prendre dans mes bras.Il a pris quelques photos si précieuses qu’il regarde à présent presque chaque jour.Il l’a présenté à nos parents tandis que je restais immobile sur le lit Selon l’hôpital, étant donné que le bébé était à terme, nous avions droit à un congé parental, un baume sur nos cœurs, un grand apaisement à l’idée de pouvoir se retrouver et se ressourcer ensemble pendant quelques semaines.mais «ce n’est pas l’hôpital qui fait la loi, madame, c’est le gouvernement.» Et selon le gouvernemenfi le papa d’Éloi n’est pas un papa.Son fils n’a pas respiré les deux minutes requises pour que l’on reconnaisse l’existence de son cœur de père, son cœur qui vient de se déchirer en mille morceaux.Pourtant, selon ce même gou-vernemenL je suis une maman, moi qui n’ai jamais pris mon enfant.On m’accorde un congé de maternité, plusieurs semaines pour remettre mon corps e( mon âme sur pied.Lui n’a droit à rien.Si Éloi avait respiré deux minutes, on lui aurait accordé une semaine de répit.Une semaine pour se remettre du choc violent d’une vie qui bascule, une semaine pour se remettre de la perte de son premier enfant, celui qu’il a attendu, angoissé mais heureux, pendant neuf mois, celui pour qui il a changé, celui pour qui il a grandi, celui pour qui il avait imaginé toutes sortes d’histoires et d’univers merveilleux, celui pour qui il est devenu le meilleur papa du monde.Une semaipe, ça reste aussi ridicule que de dire qu’Éloi a une maman, mais pas de papa.Égalité entre les hommes et les femmes J’essaie de comprendre où nous en sommes en tant que société quand nous parlons d’égalité entre les hommes et les femmes.Je n’y arrive pas.Si les femmes doivent avoir droit au même salaire et à la même reconnaissance professionnelle que les hommes, les hommes ne devraient-ils pas avoir droit à la même sensibilité, aux mêmes douleurs, aux mêmes deuils que les femmes?Si les femmes ont le droit d’être mamans sans jamais avoir pris leur bébé, les hommes ne devraient-ils pas être reconnus en tant que père s’ils ont passé des mois à caresser un ventre de plus en plus rebondi et à lui parler, à sentir, émus, les premiers coups de pieds, à aider et encourager celles qui portent leur rêve grandissant?Deux semaines sont passées depuis que notre vie a chaviré.Chaque jour, nous pleurons et nous nous réconfortons.Il pleure, parfois avec moi et parfois en solitaire.Il me dit qu’il se sent vide et perdu, qu’il n’a envie de rien.Il ne travaille pas.Son employeur lui a accordé du temps.Nous avons donc cette chance d’être ensemble et d’affronter cette épreuve côte à côte.Pourtant, je ressens encore de la colère, de l’amertume et de l’incompréhension face à cette situation absurde.Je comprends que nous ne vivons pas le même deuil et que nous n’avons pas les mêmes besoin^, mais je vois dans les yeux du papa d’Éloi une peine profonde et sincère.Je sens que sa douleur, bien que différente, est égale à la mienne.Je sais qu’il ressent, tout comme moi, le besoin de prendre un temps d’arrêt pour se recueillir et atténuer sa peine.Je n’arrive pas à accepter que des hommes se voient refuser le droit d’être reconnus comme papas d’un enfant qu’ils ont chéri pendant neuf mois.Je n’accepte pas que quelqu’un quelque part ait décidé que dans une situation comme la nôtre, le mieux serait de renvoyer l’homme au travail le lendemain en lui disant qu’il n’était pas un père et de laisser la femme pleurer seule à la maison en lui disant qu’en tant que mère, elle a besoin de temps pour se remettre du choc.Je trouve que c’est injuste et insensé.Je n’arrive pas 4 accepter que l’on ne reconnaisse pas qu’Éloi a un papa qui souffre d’avoir perdu sop fils.Je veux que tout le monde sache qu’Éloi a le meilleur papa du monde! LE DEVOIR LE LUNDI MAI 2010 A 7 IDEES MBA A McGILL Les leçons de l’expérience ontarienne Il faut permettre la hausse des droits de scolarité, mais exiger qu’elle s’accompagne d’un programme d’aide financière correspondant, financé à même cette hausse CATHERINE VALCKE Professeure à la Faculté de droit de l’Université de Toronto e débat qui se profile autour de l’affaire du MBA de McGill a eu lieu en Ontario il y a quelques années, lorsque le gouvernement ontarien a entrepris d’éliminer le plafond sur les droits de scolarité des études universitaires supérieures menant à des diplômes professionnels.J’étais alors vice-doyenne de la Faculté de droit de l’Université de Toronto, laquelle avait aussitôt entrepris de hausser substantiellement, quoique graduellement, ses droits de scolarité (de 2000 à 22 000 $ par année en quinze ans.) En Ontario, comme dans les autres provinces canadiennes et, contrairement à la situation générale au Québec, le diplôme en droit est un diplôme universitaire de second cycle, obtenu subséquemment au baccalauréat, donc un diplôme «professionnel» proprement dit.L’accessibilité aux études ne requiert pas que TOUS les étudiants, y compris les mieux nantis, n’aient a payer qu’une fraction de ce qu’il en coûte pour les former 1 Bon investissement 11 faut d’abord comprendre ceci: des droits de 30 000 $ pour l’obtention d’un MBA n’ont rien d’exorbitant étant donné la valeur qu’un tel diplôme confère à son détenteur.D’un point de vue strictement financier, il s’agit d’un très bon investissement pour l’étudiant.En outre, les universités québécoises ont désespérément besoin d’argent.Aux prises avec une concurrence internationale féroce, le sur-place ne suffit plus: pour rester dans la course à l’excellence, les universités québécoises devront, comme toute autre institution à rayonnement international, améliorer leurs services, donc trouver l’argent pour le faire.La seule vraie question est donc de savoir d’où cet argent doit provenir: des contribuables Une partie du campus de l’Université McGill OU de ceux qui seront les premiers à en bénéficier, les étudiants?Accessibilité Le gel des droits de scolarité est certes bien intentionné, puisqu’il vise à assurer l’accessibilité aux études.Mais le moyen est mal adapté à la fin recherchée.L’accessibilité aux études ne requiert pas que TOUS les étudiants, y compris les mieux nantis, n’aient à payer qu’une fraction de ce qu’il en coûte pour les former.Elle requiert seulement que soient subventionnés les étudiants qui ne pourraient pas l’être autrement.Subventionner les études de tous les étudiants, peu importe leurs moyens financiers, revient à exiger que des moins bien nantis paient pour les études de mieux nantis qu’eux-mêmes.Pire encore, il s’agit ici de subventionner non pas n’importe quel étudiant bien nanti, mais bien celui ou celle qui est en voie d’obtenir un diplôme particulièrement lu- JACQUES GRENIER LE DEVOIR cratif à long terme.C’est le monde à l’envers: les pauvres doivent subventionner les riches (présents ou en devenir).Choix de carrière Pour éviter cette situation tout en maintenant l’accessibilité aux études, il faut plutôt permettre la hausse des droits de scolarité, mais exiger qu’elle s’accompagne d’un programme d’aide financière correspondant, financé à même cette hausse.La Faculté de droit de l’Université de Toronto a ainsi décidé que 30 % des droits de scolarité recueillis grâce aux hausses seraient consacrés à l’aide financière (bourses ou prêts, selon le cas) de ceux de ses étudiants qui seraient incapables d’assumer ces frais.Mais les droits de scolarité élevés présentent un second problème, lequel n’est pas davantage réglé par un gel des droits de scolarité.C’est celui de l’incitatif néfaste créé par la dette en ce qui concerne le choix de carrière post-diplôme.La faculté torontoise s’est en effet inquiétée de ce que la dette croissante de ses étudiants pourrait les pousser à choisir systématiquement des postes leur permettant de rembourser cette dette et donc de délaisser des postes moins lucratifs, mais tout aussi utiles socialement.Un diplômé en droit qui envisagerait de se consacrer à la défense des droits de la personne, par exemple, pourrait néanmoins décider de se diriger vers le droit commercial puisque seule cette nouvelle direction lui permettrait de rembourser sa dette.Pour remédier à ce problème, il a été décidé d’inclure au programme d’aide financière une mesure selon laquelle l’obligation de remboursement des étudiants doit être açlaptée à leur situation d’emploi postdiplôme.À boulot payant, obligation de remboursement onéreuse; à boulot moins payant, obligation de remboursement moins onéreuse, voire même inexistante dans certains cas.Autofinancement En somme, il s’agit de faire en sorte qu’un groupe financièrement privilégié pour la plupart — les avocats, gens d’affaires, dentistes, et autres professionnels — s’autofinance en ce qui concerne les études universitaires de second cycle.On est ici très loin d’un financement privé des universités: il s’agit simplement de faire en sorte que ceux qui bénéficient directement de ces diplômes contribuent avant les autres.Le suivi qui fut fait dans les années qui ont succédé à la mise en place du programme to-rontois révèle en effet que c’est ce qui est en train de s’y passer, et ce, avec peu ou pas d’ef fets secondaires dommageables sur l’accessibilité et le choix de carrière.En ce qui concerne l’accessibilité, il semblerait même que le nombre d’étudiants exempts de tous droits de scolarité serait plus élevé aujourd’hui qu’aux premiers jours du programme.Enfin, il convient de mentionner deux faits particulièrement révélateurs en ce qui concerne le bien-fondé de ce programme.D’abord, ce pro^amme fut mis en place suite à une longue période de consultation des différents groupes d’intervenants, dont les étudiants, au départ farouchement opposés au projet.Ceux-ci se sont néanmoins ralliés sans peine dès lors que l’ensemble du programme leur fut exposé.Ensuite, alors que l’instauration de ce programme fut d’abord vertement critiquée de l’extérieur, notamment par les autres facultés de droit ontariennes, celles-ci n’ont pas hésité à faire de même dans les mois qui ont suivi.McGill, université québécoise ou internationale ^ 9 D COLETTE BERNIER Sociologue et professeure associée au département des relations industrielles de l’Université Laval ans la page Idées du Devoir des 24 et 25 avril dernier, quelques personnalités du monde des affaires signaient avec Lucien Bouchard un qrticle demandant au ministère de l’Education de reconsidérer sa décision de punir l’Université McGill en raison de sa décision d’imposer des droits de quelque 30 000 $ pour son MBA.Rappelons qu’au terme de ce débat, au nom des principes d’équité et d’accessibilité à l’éducation, la ministre Courchesne a finalement annoncé qu’elle ne laisserait pas McGill enfreindre les règles budgétaires du gouvernement et qu’elle retirerait de son enveloppe budgétaire globale les 11000 $ alloués par étudiant au MBA et un montant de 17 000 $ en guise de pénalité.C’est en se basant sur des valeurs telles que l’équité, l’accessibilité, l’excellence universitaire, le progrès et la croissance du Québec sur l’échiquier de l’actuelle économie du savoir que les signataires tentent de démontrer le bien-fondé de la décision de McGill.Qu’en est-il réellement de la place de ces valeurs dans la bataille que livre actuellement McGill pour se classer aux premiers rangs des universités à travers le monde, et quels seraient les impacts d’une telle action pour le système d’éducation et l’accès des étudiants et étudiantes québécois au savoir?Un bien marchand Qn ne peut soustraire l’opération que livre actuellement McGill d’autres débats globaux que connaît actuellement le Québec sur le financement des universités, la hausse des droits de scolarité et le retard des universitaires québécois francophones.Qr si, depuis la Révolution tranquille, les politiques publiques québécoises ont toujours tenté de considérer l’éducation comme un bien public pouvant servir entre autres choses à redresser la place des francophones dans la société, la tendance néolibérale qui domine actuellement serait plutôt de considérer l’édu- cation comme un bien marchand profitant d’abord aux individus et aux organisations, y compris les universités.C’est en considérant le débat actuel de ce point de vue que nous pouvons qn comprendre les tenants et les aboutissants.À l’encontre du texte paru sous la signature de Bouchard, nous soutenons que la voie ouverte par Dans la McGill poserait des problèmes d’accès à l’éducation et d’iniquité dans la sodé- course au té québécoise, et nous espérons que la ministre de l’Education persistera dans sa décision.nancement du réseau universitaire anglophone par rapport au poids démographique de la population anglophone au Québec.Dans la course au palmarès de McGill, doit-on balayer sous le tapis la question d’équité entre universités francophones et anglophones au Québec?Là est la vraie question si l’on veut parler d’équité, car elle est directement reliée à l’accès à l’éducation de la majorité francophone du Québec.De quelle équité parle-t-on?Quand les signataires de l’article prétendent que l’optique de McGill est équitable, c’est pour dénigrer la décision gouvernementale qui pourrait l’obliger à puiser dans les fonds d’autres pro^ammes pour financer son MBA.Faut-il au nom de la course de McGill quant au classement de son MBA au palmarès du Financial Times (seul programme québécois nous dit-on à figurer parmi les cent meilleurs) faire passer les besoins de financement d’autres programmes au second rang?S’il s’agit bien là d’un problème d’équité interne, on n’a pas soulevé le véritable problème, d’équité externe celui-là, à savoir de faire servir les fonds publics québécois à une seule université québécoise, anglophone de surcroît.Qn apprenait en outre dans Ix Devoir du 30 avril que la ministre avait offert à McGill de l’autoriser à déréglementer les droits de scolarité des étudiants étrangers et citoyens canadiens non résidents inscrits au MBA, ce que McGill a refusé.Une telle proposition n’était-elle pas équitable?L’ensemble des Québécois doit-il continuer à financer même de façon minime un programme dont 80 % des étudiants ne sont pas citoyens du Québec?Surtout, les données récentes sur la poursuite du retard universitaire des francophones au Québec ont fait ressurgir la question du surfi- palmarès de McGill, doit-on balayer sous le tapis la question d’équité entre universités francophones et anglophones au Québec?L’accès à l’éducation Derrière ce débat sur l’équité entre institutions francophones et anglophones du Québec se profde en effet toute la question de l’accessibilité aux études que prétendent défendre les signataires de l’article.Qr, encore une fois, on ne nous parle que d’accessibilité à l’interne, McGill ayant consenti, nous dit-on, plus de 100 000 $ au soutien financier des 28 nouveaux étudiants et, grâce à ce soutien, nous dit-on encore, aucun étudiant ne sera forcé de renoncer à une formation par manque de ressources financières.Mais comment peut-on prétendre que les étudiants et étudiantes ne s’élimineront pas d’eux-mêmes (et bien avant de choisir leur voie universitaire) au vu de tels coûts?Et comment croire que ce modèle ne ferait pas boule de neige dans les autres universités du Québec, accentuant d’autant plus le problème d’accessibilité à de telles études pour les francophones?N’est-on pas simplement en train d’ouvrir la porte à un système universitaire à deux vitesses où les finissants de certaines universités bien nanties se classeront premiers par rapport aux universités moins bien nanties?Est-ce cela l’excellence en éducation?L’excellence en éducation 11 faut enfin se questionner sur ce qu’entendent les auteurs quand ils parlent d’améliorer le système d’éducation, ou encore quand ils parlent d’ex- cellence en éducation.Leur pensée, telle qu’on peut la lire dans leur texte au Devoir, est irrémédiablement tournée vers l’idée de positionner le Québec sur ce qui est devenu le marché mondial de l’éducation où les universités se disputent les étudiants des quaùe coins de la planète.Déjà, le gouvernement a commencé à encourager les universités québécoises à aller dans cette voie en les subventionnant pour attirer des étudiants étrangers.Les universités francophones ont accepté le fait sans broncher parce que Québec allait les dédommager pendant quelques années.Et qui, croyez-vous, attire le plus grand nombre d’étudiants étrangers au Québec, sinon McGill?Les universités francophones pourront-elles, à partir du petit bassin d’étudiants moins fortunés des pays francophones de l’Afrique du Nord, se classer dans ce courant mondial de marchandisation de l’éducation?Et surtout, est-ce bien cette voie que nous devons souhaiter pour le Québec?Des choix à faire Faut-il mettre au rebut les objectifs généraux d’accessibilité et d’équité en éducation que nous nous sommes donnés comme nation francophone en Amérique du Nord pour maintenant promouvoir un système marchand de l’éducation visant à placer le Québec anglophone sur la carte des universités mondialement reconnues?Avons-nous fait assez de progrès depuis la Révolution tranquille pour renoncer aux principes d’un plus grand accès pour les francophones du Québec à l’éducation?Pensons-nous, en finançant des programmes d’élite au sein d’une université anglophone et en continuant à surfinancer ces mêmes universités, pouvoir amener le Québec sur la voie du «développement économique», du «progrès» et de la «performance» comme les auteurs de l’article veulent nous le faire croire?Si «le Québec a droit au progrès, a besoin de progrès» comme l’avancent les auteurs, c’est peut-être bien dans la direction du progrès «social» que le Québec doit continuer à regarder et à se distinguer! L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien DegHse (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), PhiHppe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaiUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ;Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ;André^ne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Émilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, David Dumouchel et Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint) ,'Se.axi de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie FÜion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 3 MAI 2010 ACTUALITES TRIBALAT «Si le rapport Bouchard-Taylor annonce ce qui s’en vient en France, je trouve ça drôlement inquiétant.» SUITE DE LA PAGE 1 aussitôt rangée dans le camp des supporteurs de Le Pen.» Par peur d’alimenter un racisme qui serait latent, on éviterait certaines enquêtes, dit-elle.On préférerait n’enquêter que sur les discriminations subies par les immigrants sans jamais s’intéresser au phénomène pourtant observable de la constitution de ghettos.Quitte à déranger, Michèle Tribalat prêche pour que l’on étudie toutes les facettes de l’immigration et reprend à son compte ces mots de l’écrivain George Orwell: «Labandon des illusions suppose la publication des faits, et les faits peuvent être désagréables.» Un déficit démocratique Michèle Tribalat, qui habite dans un des quartiers les plus colorés de Paris, le XX'’ arrondis-sement, brosse un tableau sombre de l’immigration en France.Aujourd’hui, contrairement au Canada, l’essentiel de l’immigration en France n’est pas liée au marché du travail.Elle est due à la réunification familiale, aux mariages avec des étrangers, aux réfugiés, aux étudiants ou aux régularisations d’immigrants illégaux.Or, cette immigration est essentiellement fondée sur des droits et relève de l’Union européenne depuis le traité de Lisbonne.Résultat, dit Mme Tribalat, le contrôle des flux migratoires est devenu pratiquement impossible.«L’immigration en France et dans beaucoup de pays européens fonctionne sur des droits acquis, dit-elle.Pour entrer en France, il faut faire valoir un droit.Pour contrôler les flux, les pays essaient donc de réduire les conditions d’exercice de ces droits.Un gouvernement qui voudrait, par exemple, réduire de moitié l’immigration ne le pourrait pas, sauf à enfreindre les droits.Le Danemark a essayé en obligeant ceux qui accueillent un parent à prouver qu’ils gagnent 20 % de plus que le salaire minimum.Mais il vient de se faire condamner par la Cour européenne qui a rejeté ce seuil considéré comme arbitraire.» Selon la démographe, La France n’a plus guère de prise réelle sur ses flux migratoires, le traité de Lisbonne ne lui accordant de compétence que sur la migration économique, par ailleurs pratiquement inexistante.«Cela crée un problème démocratique dans la mesure où personne n’a expliqué aux Français que l’immigration ne dépendait plus d’eux.La responsabilité démocratique ne peut plus s’exercer, les citoyens n’ayant aucun moyen de congédier les politiques ou d’en choisir d’autres pour faire une autre politique.» Ueffet sur les salaires Ces problèmes sont accentués par le fait que les pays européens (contrairement au Canada) accueillent des immigrants souvent peu qualifiés.Des études américaines et britanniques ont montré que ce type de migration joue à la baisse sur les salaires des plus pauvres, dit Mme Tribalat.
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