Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2010-04-28, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LA CRISE GRECQUE FAIT RECULER LE DOLLAR CANADIEN Page B 1 ?www.ledevoir.com-*- LE DEVOIR Vol.ci N ° 9 2 ?LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 I,I0$+TAXES= 1,25$ Voitures de métro La STM forcée de relancer l’appel d’offres L’espagnole CAF se qualifie et se mesurera à Alstom-Bombardier JEANNE CORRIVEAU Le lancement d’un nouvel appel d’offres pour le renouvellement du parc de voitures du métro de Montréal apparaît maintenant inévitable.Le Devoir a appris que le constructeur espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles) respectait toutes les exigences imposées par la Société de transport de Montréal (STM) dans son avis international de janvier dernier, ce qui ouvre la porte à une nouvelle course pour l’attribution du contrat convoité par le consortium Alstom-Bombardier.La firme Hatch Mott Mac-Donald, chargée d’examiner la proposition déposée par CAF à la suite du lancement de l’avis international du 22 janvier dernier, a terminé son analyse.Selon les informations obtenues par Le Devoir, les conclusions sont claires: le constructeur espagnol remplit toutes les conditions imposées par la STM.L’entreprise a notamment réussi à démontrer qu’elle possédait la capacité technique et financière de fabriquer des voitures de métro dotées de pneumatiques comme l’exige la STM.L’avis stipulait aussi que le constructeur devait respecter l’exigence de contenu canadien de 60 % et que l’assemblage final devait être fait au Canada.Hatch Mott MacDonald a fait part de ses conclusions à la STM hier de façon verbale et son rapport sera déposé aujourd’hui aux autorités de la société de transport, selon une source proche du dossier.La STM et le gouvernement du Québec, qui assume 75 % de la facture, n’auront d’autre choix que de lancer un nouvel appel d’offres, ce qui pourrait retarder d’au moins un an la livraison des premières voitures, initialement prévue pour 2012.VOIR PAGE A 10: MÉTRO CAF a réussi à démontrer sa capacité technique et financière Èr JIM YOUNG REUTERS Fabrice Tourre, au cœur des accusations de fraude GOLDMAN SACHS Les dirigeants malmenés par les sénateurs ¦ À lire en page B 1 J JACQUES GRENIER LE DEVOIR ARTHUR H Récapituler sans capituler À lire en page B 10 INDEX Actualités.A 2 Editorial.A 8 Annonces.A4 Idées .A9 Avis publics.A 6 Météo.B 7 Carrières.B 4 Monde.A 7 Culture.B 9 Mots croisés.B 7 Décès.A4 Sudoku.B 5 Économie .B 1 Télévision.B 8 BLAIR GABLE REUTERS Le président de la Chambre des communes, Peter Milliken, a rappelé hier, dans une décision très attendue, que le Parlement détient le privilège incontestable d’obliger le gouvernement à rendre compte de ses actes.Détenus afghéms Harper perd sa bataille Milliken réaffirme la suprématie de la Chambre Les élus ont deux semaines pour trouver un compromis GUILLAUME B O U RG AU LT-C OTE Ottawa — Le gouvernement Harper a perdu la bataille acharnée qu’il livrait pour éviter de remettre des documents non censurés à l’opposition.Le président de la Chambre, Peter Milliken, a réaffirmé hier haut et fort la suprématie de la Chambre sur le gouvernement, tout en imposant aux parlementaires de s’entendre pour trouver une façon d’étudier les documents sans nuire à la sécurité nationale.En rendant hier une décision jugée historique par les observateurs, Peter Milliken a souligné qu’il «n’est pas exagéré d’affirmer que le président a rarement été saisi d’une affaire aussi complexe et lourde de conséquences».Sur le fond, M.Milliken devait déterminer qui, du gouvernement ou de la Chambre, est souverain dans notre régime.Et sa réponse fut limpide: le Parlement est roi.«La non-exécution par le gouvernement de l’ordre [de production de documents non censurés liés au dossier des détenus afghans] du 10 décembre 2009 constitue une question de privilège», a tranché M.Milliken en se rendant aux arguments de l’opposition.VOIR PAGE A 10: BATAILLE La chronique de Manon Cornellier, page A 3 ¦ L’éditorial de Josée Boileau, page A 8 ¦ Des documents coincés à Kandahar, page A 4 ^1 iiiw I RJ VE^E Nach der Entladuiïg ist das Parken aufdiesemPiatz ' nicht gestattet.SOURCE PHILIPPE LAMARRE Exemples de typographies urbaines à Berlin, Montréal et Buenos Aires Menace sur la diversité typographique des villes La banalité guette le graphisme urbain, constate la tête chercheuse û'Urbania, Philippe Lamarre Dans la ville, la lettre est partout.Peut-on imaginer une métropole muette, sans messages?Pictogrammes, pub ou enseignes: le langage des signes façonne le visage d’une métropole, au même titre que sa cuisine ou son architecture.Mais pour combien de temps encore?ISABELLE PARE Côté graphisme urbain, Montréal est plutôt du genre cafouillis, ouvertement américaine et éclectique.Rien à voir avec Berlin où la typographie se conjugue à l’impératif, dans un style officiel, net et uniforme.Schnell! Sitôt rendu à Buenos Aires, la lettre se met à ondoyer, à l’image du tango qui fait vibrer les tanguerias.C’est du moins la lecture que fait Philippe Lamarre, designer, amoureux de graphisme vernaculaire VOIR PAGE A 10: VILLES Élève lourdement handicapée La CSDM retire la petite Lucie d’une classe ordinaire LISA-MARIE GERVAIS T a petite Lucie, lourdement handicapée, ne -f-'pourra plus fréquenter l’école alternative Elan, où elle avait été intégrée en classe ordinaire.Rendue publique hier, cette décision prise par le Conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) promet de relancer le débat sur l’intégration des enfants en difficulté.Pourtant en décembre 2008, ce même Conseil s’était montré favorable à ce que Lucie, atteinte de paralysie cérébrale et d’une déficience intellectuelle, puisse vivre une expérience d’intégration aux côtés d’enfants «normaux».Selon lui, compte tenu du rapport du comité de révision, ce fut un échec.Et on suggère maintenant à Lucie d’aller à Victor-Doray, une école spécialisée.«Une école a ses limites et ne peut se substituer à une école spéciale en termes d’expérience professionnelle», a statué le Conseil, qui ne reconnaît pas les progrès de Lucie et parle plutôt d’une expérience «exigeante» pour les enseignants et la direction de l’école.Profondément déçue, la mère de la fillette de sept ans estime souffrir d’incompréhension.«Je comprends la décision au sens où d’énormes efforts ont été fournis», a indiqué Anne-Iise Polo au terme de la séance.«Mais à chaque étape, c’est une levée de boucliers, il y a une résistance au changement.Le projet n’est pas compris», a-t-elle ajouté.«Une école a ses limites et ne peut se substituer à une école spéciale» VOIR PAGE A 10: LUCIE 77831302382418 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 ACTUALITES Les entreprises puisant de l’eau devront payer Québec imposera deux taux de redevances, plus élevés que ceux de l’Ontario MARTIN OUELLET Québec — A compter de 2011, les industriels québécois devront acquitter une redevance annuelle totalisant 8,8 millions sur le prélèvement de l’eau, a annoncé hier la ministre du Développement durable.Line Beauchamp, marquant d’un nouveau jalon l’évolution d’un projet dont parlent les gouvernements depuis 2002.«A notre connaissance, le Québec sera la province canadienne qui imposera les rede- vances les plus élevées et surtout qui rapporteront le plus», s’est félicitée la ministre, en confé-reqce de presse à Québec.A l’exception notable des exploitations agricoles, toutes les entreprises industrielles et commerciales puisant 75 m^ d’eau ou plus par jour — l’équivalent de deux grosses piscines — seront tenues d’acquitter cette nouvelle taxe sur l’eau.Comme en Ontario, le projet de règlement de la ministre Beauchamp introduit deux taux distincts de redevance sur la LA FONDATION POUR LE JOURNALISME CANADIEN ATTRIBUE LE PRIX COURONNEMENT DE CARRIÈRE 2010 À LISE BISSONNEHE « Suivre Use Bissonnette dans ses édiio-riaux, c'était l'appel à l'intelligence, à la profondeur, le luxe de la réflexion et le bonheur d'y trouver un sens.» • Bernard Derome *Lise Bissonnette a toujours été une incitation comme journaliste pour la rigueur de sa pensée, la clarté de son language et la déterminah'on de son engagement.Son intégrité et son courage moral ont toujours été exemplaires.» - Graham Fraser, Commissaire aux langues officielles « Lise a beau être souverainiste québécoise, elle respecte toujours l'opinion d'autrui.Ses contributions au Devoir et à la Bibliothèque du Québec en font hi.» ¦ Norman Webster, lauréat du prix Couronnement de carrière 2CX)7 de la FJC « C'est une supeibe /ouma//sfe, unfvers//of/e et adm/n/s/rafrfce.Pas moins de huit doctorats honorifiques d'universités canadiennes et éial^niennes ont récompensé son travail.» - Geoffrey Stevens, président du jury LA FONDATION POUR LE JOURNALISME CANADIEN I ANS D'APPUI ' ÀL'E^œELLENGE â|HPMALISTIQUE 13E GALA ANNUEL DE REMISE DES PRIX 10 JUIN 2010 H0tel Fairmonl Royal York, salle Canadian 100, rue Frant Ouest, Toronto POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS, veuillez composer le 416-955-0394 ou consulter le site www.cjf-fjc.ca HOMMAGE A JIM BALSILLIE ET MIKE LAZARIDIS, CO-PRÉSIDENTS DE RESEARCH IN MOTION ANIMÉ PAR PETER MANSBRIDGE, CHEF D'ANTENNE DE CBC NEWS LE 10 JUIN 2010, LA FONDATION POUR LE JOURNALISME CANADIEN ORGANISE UNE SOIRÉE DE GALA afin d'honorer la crème de la profession et de favoriser l'excellence journalistique à tous les niveaux.En plus de son Prix Couronnement de carrière, la fondation attribue le Prix d'Excellence en journalisme, le Prix Greg Clark, le Prix Torn Hanson en photojournalisme, les Bourses d'études pour journalistes canadiens, et la Bourse Atkinson en affaires publiques.L'ÉVÉNEMENT INCONTOURNABLE DU MONDE JOURNALISTIQUE, où LES GRANDES PERSONNALITÉS EN VUE DE L'ACTUALITÉ CANADIENNE RENCONTRENT LES MEILLEURS JOURNALISTES DE NOUVELLES DU PAYS LA FONDATION POUR LE JOURNALISME CANADIEN SOUHAITE REMERCIER : Financière g g Sun Life ^tCLO€ttt w Pour ce qui compte dans votre vie Walton Investing on Solid Ground^ POUR LEUR APPUI GENEREUX AU GALA ANNUEL 2010 DE REMISE DE PRIX.The Canadian Journalism Foundation La Fondation pour le Journalisme canadien AINSI VA LE JOURNALISME, AINSI VA LA DÉMOCRATIE.ressource.Le plus modeste, à 2,50 $ le million de litres d’eau, s’appliquera aux industries qui retournent dans l’écosystème la majeure partie de l’eau puisée.Le taux le plus élevé, à 70 $ le million de litres, touchera les entreprises d’embouteillage et les fabricants de boissons et de produits chimiques.La redevance est moindre pour les industries comme les pâtes et papiers, la métallurgie et les mines car l’eau qu’elles utilisent dans leur production retourne pour l’essentiel dans le milieu naturel.Ce n’est pas le cas pour les embouteilleurs, les fabricants de jus, de bière, de marinades et de produits chimiques, qui incorporent l’essentiel, de l’eau à leurs produits.A 70 $ pour chaque million de litres, la redevance québécoise est 20 fois supérieure à celle imposée en Ontario, a fait valoir Mme Beauchamp.Le taux de 2,50 $ est pour sa part trois fois plus élevé que celui en cours dans la province voisine.Comme il ne s’agit pas d’une mesure de nature financière mais plutôt d’une «mesure environnementale», l’argent des redevances sera versé au Fonds vert pour des projets liés à la protection de l’eau, a ajouté la ministre.Le gouvernement Charest a cru bon d’épargner les entreprises accoles, notamment les porcheries, de la nouvelle réglementation.La raison invoquée est que très peu d’exploitations agricoles puisent le niveau d’eau minimum requis pour verser une redevance.La Presse canadienne CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Le péquiste Nicolas Girard a dévoilé hier une lettre signée de la main de Tony Tomassi (notre photo), divulgant que ce dernier a accordé à la fin de novembre 2009 34 places supplémentaires à 7 $ à la garderie Prématernelle Monalisa.Les garderies privées réclament la démission de Tomassî ROBERT DUTRISAC Québec — C’est au tour de l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ), pourtant qualibée d’alliée naturelle des libéraux, de réclamer la tête du ministre de la Famille, Tony Tomassi.Qutré par l’arbitraire des mesures qu’a dévoilées lundi Tony Tomassi, le président du conseil d’administration de l’AGPQ, Sylvain Lévesque, estime que le ministre a perdu toute crédibilité et qu’il tente de «laver sa réputation» en instaurant un régime de terreur contre les garderies privées.«On ne peut pas accepter de faire les frais d’une réforme pour qu’il redore son image», a livré Sylvain Lévesque au Devoir.«Les allégations de favoritisme dans l’attribution de places en garderies sont suffisamment sérieuses pour réclamer une enquête pour laver la réputation de tous les honnêtes propriétaires de garderies privées qui se retrouvent plongés au cœur d’une controverse politique à laquelle ils n’ont rien à voir», estime l’AGPQ.Avant d’être nommé ministre de la Famille, Tony Tomassi était adjoint parlementaire du premier ministre Jean Charest et intervenait régulièrement dans le dossier des services de garde, a souligné Sylvain Lévesque.11 a même défendu à l’occasion les intérêts de l’AGPQ devant le ministère, a relaté M.Lévesque.«Comment peut-on expliquer qu’autant de gens proches de lui ont obtenu des permis même s’il n’était pas ministre?C’est qu’il était adjoint parlementaire du premier ministre», croit le président de l’AGPQ.«Pensez-vous qu’il n’a pas d’influence?C’est un des ministres qui vont chercher le plus de fonds dans leur comté», estime M.Lévesque.Lui-même Les propriétaires ne veulent plus être associés au favoritisme libéral et demandent une enquête a participé à une activité de bnancement organisée par le ministre Tomassi au printemps 2009, soit un dîner à 500 $ le couvert qui a réuni 700 personnes dans un club de golf de l’est de l’île de Montréal.«Il ne faut pas être dupe: la nomination des ministres, ça ne fonctionne pas juste avec les compétences — on le voit à l’heure actuelle —ça fonctionne açec l’argent rapporté au parti.» A l’Assemblée nationale.Tony Tomassi avait soutenu le mois dernier qu’il n’avait accordé lui-même aucune place subventionnée depuis qu’il est ministre de la Famille, toutes les attributions ayant été faites par sa prédécesseure, Miphelle Courchesne.Qr, c’est inexact.A la période de questions hier, le député de Gouin et porte-parole en matière de services de garde, Nicolas Girard, a révélé, en rendant publique une lettre signée de la main de M.Tomassi, que ce dernier a accordé à la bn de novembre 2009 34 places supplémentaires à 7 $ à la garderie Prématernelle Monalisa.Qr cette garderie a présenté en 2008 un projet pour obtenir ces places, projet qui avait été refusé.Qui plus est, l’évaluation du ministère portait la mention «avec réserve», a relevé M.Girard, ce qui signibe que cette garderie avait fait l’objet d’une plainte à la suite d’inspections menées par le ministère.Tout peut s’arranger, semble-t-il: les propriétaires de la garderie Prématernelle Monalisa sont des donateurs au Parti libéral du Québec.La dirigeante, Lucia Spiridigliozzi Borrega, a contribué pour 2300 $ entre 2005 et 2008 à la caisse de Tony Tomassi.Le Devoir 20 ft.N$ AMi£S M££CH Quel est l'avenir du Québec dans le Canada ?ierre DROUILLY La place du Québec au sein d Canada et la souveraineté : perceptions et attentes politiques Claude BARITEAU Québec et Canada, deux solitudes nationales Gilbert PAQUETTE Le partage des compétences et les défis du Québec nriMMMMIMK Gilles DUCEPPE Bilan de la tournée pancanadienne Jean-François LISÉE Les perceptions au Québec et au Canada sur la souveraineté du Québec Bernard LANDRY Synthèse du colloque Æ samedi 8 mai de 9 h à 16 h colloque annuel des Intellectuels pour ' la souverajnjJtj^PSO) de 9 h à 16 h au Hilton Montréal Bohaventure Flilton-Bonaventure É3 Bonaventure 900, rue De La Gauchetière Ouest, Montréal Réservation: 514 432-3277 ou www.ipsoquebec.org/colloque2010 Prix (dîner-conférence inclus): adultes 60 $ / étudiants membres des IPSO 30 $ RÉSERVATION OBLIGATOIRE AVANT LE 29 AVRIL 2010 Q Les Intellectuels pour la souveraineté en collaboration avec Le Bloc Québécois f>^BLOC QUÉBÉCOIS V Les profits du Devoir sont en hausse En dépit d’une année qui s’annonçait difbcile en raison du ralentissement de l’économie, l’année financière 2009 s’est terminée sur une note positive pour Le Devoir, qui déclare un bénéfice net de près de 1 million de dollars, grâce à des revenus en hausse de 4,7 %.Seul quotidien indépendant au Québec, Le Devoir se démarque de l’ensemble des autres quotidiens puisque tant ses revenus de publicité que ses revenus de Le Devoir a déclaré un bénéfice net de près de 1 million de dollars en 2009 tirage — qui contribuent à parts égales au chiffre d’affaires — ont augmenté au cours de cette année, en dépit du passage difficile que représentaient la récession et l’accentuation de la crise des médias.Les revenus du journal ont été de 17 724 839 $ et les dépenses de 16 563 098 $, en diminution de 1,5 %.Il en résulte un bénéfice d’exploitation de 1 161 741 $.Une fois soustraits des amortissements de 246 626 $, il en résulte un bénéfice net de 915 115 $.Depuis 2004, Le Devoir a déclaré des probts, exception faite de l’année 2008 où fut enregistrée une perte de 72 000 $ en raison d’un accroissement de dépenses liées aux multiples campagnes électorales de cette année et une hausse du prix du papier.Les résultats du premier tri-mestte de 2010 se révèlent aussi positifs.Au cours de cette période, le bénéfice net s’est établi à 410 000 $, comparativement à 132 000 $ au premier trimestre de 2009.Les revenus ont augmenté de 9,9 % à 4,59 millions.Ces résultats financiers, ajoutés aux augmentations de tirage dont nous avons fait état hier, sont rassurants.Ils démontrent que Le Devoir a une place dans le marché de la presse quotidienne où son créneau, celui des journaux de qualité et de référence, est appelé à se développer.Les bénéfices réalisés en 2009, ajoutés à ceux des années précédentes, nous donneront des moyens nouveaux pour remplir de façon encore plus adéquate notre mandat de journal d’information et d’analyse, en respect d’une tradition de prudence financière que nous impose notre statut.Journal indépendant, lœ Devoir ne peut compter que sur ses propres ressources.Ces résultats de 2009 seront soumis à l’assemblée des actionnaires le 19 mai prochain.Bernard Descôteaux E N BREF Un sursis pour la Guinéenne menacée d’expulsion La ressortissante guinéenne enceinte de 24 semaines, Sayon Camara, qui devait être expulsée hier après-midi du Canada, s’est vu accorder in extremis un sursis.La Cour fédérale a accepté de suspendre temporairement l’avis d’expulsion à la suite d’une requête de dernière minute de son avocat, Stewart Ist-vanfty.La femme, qui souffre de diabète de type 2, pourra rester au pays pour accoucher, puisque ¦ Location à court terme d’un poste à quai 5»- Location d’un poste à quai pour les navires-excursions Ces droits et les autres droits de services non spécifiés précédemment seront en vigueur jusqu’au 31 janvier 2011.Nouveaux droits de passagers applicables aux navires-excursions Les droits seront de 3,00 $ par passager jusqu’au 31 janvier 2011.Ces nouveaux droits de passagers s’ajoutent aux droits de location d’un poste à quai pour les navires-excursions.ON PEUT OBTENIR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS SUR DEMANDE EN S’ADRESSANT AU ; Vice-président, croissance et développement Administration portuaire de Montréal Edifice du port de Montréal 2100, avenue Pierre-Dupuy, aile 1 Montréal ((Québec) H3C 3R5 Le 28 avril 2010 Courriel : boemit@port-montreal.com Canada CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL CAUSE NO : 500-22-169258-103 COUR DU QUÉBEC (Chambre civile) SOCIÉTÉ EN COMMANDITE GAZ MÉTRO Partie demanderesse c.9186-3704 QUÉBEC INC.Partie défenderesse ASSIGNATION ORDRE est donné à la gi8&3704 QUÉBEC INC.de comparaître au grefie de cette cour situé au 1, Notre-Dame Est, Montréal, dans les 30 jours de la publication du présent avis dans le journal LE DEVOIR; À défiaut de comparaître dans ce délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dés rexpiralion de ce délai.Soyez avisée que la présente REQUÊTE INTHDDUCTIVE D’INSTANCE, AVIS AU DÉFENDEUR, DEMANDE DE TRANSFERT RELATIVE Aune petite créance et PIÈCES P-1 ET P-2, seront présen-tés pour dédsbn devant le tribunal le 1 juin 2010, à 9 heures, en salle 2.06, au palais de justice de Montréal, situé au 1, Notre-Dame Est, Montréal.Une copie de la procédure décrite ci-dessus a été laissée au grefie de cette cour à l’intention de 918&3704 QUÉBEC INC.Montréal, le 23 avril 2010 MARIE-FRANCE DEVLIN GREFFIER ADJOINT perationenfanisoleil CANADA, PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE JOLIETTE COUR DU QUÉBEC, CAUSE 705-22-010351-094 COMMISSION SCOLAIRE DES AFFLUENTS, Partie Demanderesse MICHEL CHENIER, FRANCE CHARETTE, Partie Défenderesse AVIS PUBLIC DE VENTE EN JUSTICE PRENEZ AVIS que les biens de MICHEL CHENIER, FRANCE CHAREHE seront vendus par huissier LE 12 MAI 2010 À 10:00 heures, au 147, DUMONT, TERREBONNE, QC, CANADA LESDITS BIENS CONSISTENT EN UN VÉHICULE DE MARQUE CHEVROLET LUMINA ET ACC, UNE TENTE-ROULOTTE ET ACC Conditions argent comptant ou chèque visé.BENOIT GAUTHIER Huissier de justice District de Jo-liette GAUTHIER MONTPETIT senc.Huissiers de justice 215, Notre-Dame, #102 Repentigny, Qc, J6A 2R4 T 450 657 0343 F 450 657 8438 AVIS DE CLOTURE PINVEiyTAlHE Prenez avis que l'inventaire des biens de feue Lorraine de Guise, décédée le 22 janvier 2010 et résidant au 3785, rue du Barrage, appartement 705, en la ville de Laval (Québec) H7M 5A7, a été dressé conformément à la loi et qu'il peut être consulté par les intéressés au 606, rue Catheart, bureau 420, en la ville de Montréal, province de Québec, H3B 1K9 Ce 26 avril 2010 Watson Poitevin Turcot Prévost se n c ri Appel d'offres public 0?Mercier Hochdsga-Maisonneuve Montréal ( Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h, à ia date indiquée ci-dessous, au Bureau du secrétaire d'arrondissement situé au 5600, rue Hochelaga, rez-de-chaussée, Montréal, pour : Soumission no : 2010-016 Date d'ouverture : Le 13 mai 2010 à 11 h Description : Reconstruction de trottoirs, là où requis, sur différentes rues dans l'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maison-neuve de la Ville de Montréal Chaque soumission doit être accompagnée d'un chèque visé ou d'un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d'assurances autorisée par l'autorité des marchés financiers.Un engagement d'une telle compagnie d'assurances, stipulant un cautionnement d'exécution de 50% du montant annuel de la soumission et un cautionnement des obligations de l'entrepreneur pour gages, biens et services de 50% du montant annuel de la soumission, seront accordés au soumissionnaire s'il devient l'adjudicataire du contrat.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée en utilisant les formulaires spécialement préparés à cette fin par l'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve dans l'enveloppe prévue à cet effet.Les personnes intéressées peuvent se procurer les documents relatifs à cet appel d'offres public à compter du 28 avril 2010, en payant un montant non remboursable de 101,88 $ (plus taxes), payable en argent comptant ou par chèque visé à l'ordre de la Ville de Montréal, de 8 h 30 à 16 h 30, au Bureau Accès Montréal, situé au 5600, ruo Hochelaga, bureau RC.20, Montréal.Si vous désirez obtenir des renseignements, vous pouvez communiquer avec Monsieur Daniel Bronsard (514) 872-5431.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au Bureau d'arrondissement, situé au 5600, rue Hochelaga, à la salle Longue-Pointe, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception, soit le 13 mai 2010 à 11 h.L'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 28^ JOUR D'AVRIL 2010.M.Daniel Hébert Secrétaire d'arrondissement substitut Avis de Clôture D'inventaire Prenez avis que Arttiur Kofman, en son vivant domicilié au 11909 rue Fngon, Montréal, Québec H3M 2S1, est décédé à Côte St Luc le 8 Janvier 2008 Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Lynn Kofman au 9800 bivd Cavendish suite 200, St Laurent, Qc H4M 2V9 Donné à Montréal, ce 26 Avril 2010 Lynn Kofman, liquidateur CANADA PRQVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LAVAL No 540-22-014290-109 COUR DU QUÉBEC - CHAMBRE CiViLE COMMISSION DE LA CONSTRUCTION DU QUÉBEC, Partie demanderesse c CÉRAMIQUE L'AVALANCHE INC., Partie défenderesse ASSIGNATION (139 C.p.c.) PAR ORDRE DU TRIBUNAL: [1] Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec/chambre civile du district de Laval une Requête introductive d'instance Une copie de cette Requête introductive d'instance, de l'avis à la partie défenderesse et l'avis de dénonciation des pièces ont été laissées à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Laval, situé au 2800, boul St-Mar-tin 0 II est ordonné à la partie défenderesse de comparaître dans un délai de trente (30) jours de la publication de la présente ordonnance [2] À défaut de comparaître dans ce délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dés l'expiration de ce délai [3] Soyez aussi avisée que la Requête introductive d'instance sera présentée pour décision devant le tribunal le 17 juin 2010 à 9 30 heures en la salle 210 du palais de justice de Laval À Laval, le 23 avril 2010 (s) Josiane Hamelin Josiane Hamelin G AC S AVIS DE DEMANDE DE DISSOLUTION PRENEZ AVIS que la compagnie 9205-5193 Québec inc demandera au Registraire des Entreprises la permission de se dissoudre SIGNÉ à Montréal, ce 26éme jour d'avril 2010 Jacques Tamrazo Administrateur et Secrétaire de la compagnie AVIS DE DISSOLUTION prenez avis que la compagnie Films Traffik International Inc.demandera au Registraire des entreprises du Québec la permission de se dissoudre AVIS est par les présentes donné qu'en vertu des dispositions de la Loi sur les compagnies (Québec), 9019-2089 QUÉBEC INC.s'adressera au Registraire des entreprises afin que sa dissolution soit acceptée et qu'une date soit fixée à compter de laquelle la compagnie sera dissoute Montréal, province de Québec, ce 26 avril 2010 Alex Zambito pour Elizabeth Rodi, Présidente 9019-2089 Québec Inc Tel (514) 255-6915 Prenez avis que Jena Roberts, dont l'adresse du domicile est le 1864, rue Plessis, Montreal, présentera au Directeur de l'etat civil une demande pour changer son nom en celui de Justine Genevieve Bibiane Bovet Lenoir CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE BEAUHAR-NOIS COUR SUPERIEURE, VAL-LEYFIELD No 760-05-004820-070 ET GST-3803-07 SOUS-MINIS-TRE DU REVENU DU QUEBEC Partie demanderesse 9104-6425 QUEBEC INC Partie défenderesse PRENEZ AVIS que le 10/05/2010 à 10 00 AU 175 2E AVENUE ST-ZOTIQUE seront vendus par autorité de justice, les biens et effets de 9104-6425 QUEBEC INC FAISANT AFFAIRE SOUS LE NOM DE Electricité duperron, saisis en cette cause, soit UN VÉHICULE PONTIAC MONTANA 2007 ET UN VÉHICULE CMC SA-VANA 2001 CONDITIONS ARGENT OU CHEQUE VISE CATHERINE LACHANCE, huissier de Justice PHIUPPE ET ASSOCIÉS HUISSIERS 165 DU MOULIN ST-EUSTACHE QUÉBEC TEL : 450491-7575 AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s’y serait glissée.En cas d’erreur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.AVIS LEGAUX & APPELS D^OFFRES HEURES DE TOMBEE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du iundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Pubiications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/setvices-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com QUAND LA TOXiœMANIE faites les premiers pas Pjut vabKtB t tjxlcajiai^ LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 A 7 LE MONDE GLEB GARANICH REUTERS Fumigènes, œufs, coups de poing, morsures : Fhémicyle ukrainien s’est transformé en foire d’empoigne hier La flotte russe dans les eaux ukrainiennes jusqu’en 2042 Crêpage de chignon au Parlement de Kiev Une violente mêlée entre députés à Kiev provoquée hier par le vote d’un texte autorisant la marine de guerre russe à mouiller dans les eaux ukrainiennes jusqu’en 2042 laisse présager de nouvelles turbulences dans un pays lassé par les crises politiques à répétition.Kiev — L’accord controversé sur le maintien jusqu’en 2042 de la flotte russe en Crimée a été ratifié hier par les Parlements ukrainien et russe, lors d’un vote rocambolesque émaîUé d’incidents à Kiev où l’opposition pro-occidentale s’inquiète pour la souveraineté du pays.Lancers de fumigènes, volées d’œufs, coups de poing et morsures: l’hémicycle ukrainien s’est transformé en foire d’empoigne entre députés de l’opposition pro-occidentale et la majorité du président Viktor lanouko- vitch, favorable à la ratification du texte.Le président du Parlement, Volodymyr Litvine, malgré cette fronde spectaculaire, n’a pas interrompu la séance, animant les débats, abrité derrière des parapluies noirs, alors que certains de ses collègues, les visages rouges de colère, tentaient de s’assommer ou de s’étrangler dans une salle enfumée.Malgré ces péripéties, 236 des 450 députés ukrainiens ont validé l’accord, qui prévoit le maintien jusqu’en 2042 de la flotte russe de la mer Noire stationnée en Crimée (sud), en échange d’une considérable ristourne sur le prix du gaz russe pour l’Ukraine.Des milliers de manifestants d’opposition ont par ailleurs manifesté dans la matinée devant le siège du Parlement pour dénoncer l’accord, clamant notamment: «La flotte de Moscou, dehors !».Timochenko L’ex-premier ministre ukrainien, loulia Timochenko, leur a d’ailleurs juré de continuer la lutte et a appelé à une vaste manifestation le 11 mai à Kiev.«Aujourd’hui, nous commençons à unir tout le pays pour que, le 11 mai, les gens se rassemblent [.] pour bloquer le travail du Parlement et obtenir des élections anticipées», a déclaré la candidate à l’élection présidentielle de février remportée par M.lanoukovitch.Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, s’est lui réjoui du succès du vote, fustigeant au passage les opposants pro-occiden-taux qui voient dans ce texte un acte de trahison, une tentative de brader la souveraineté du pays.«Malgré les sorties de hooligans de l’opposition [.] la situation en Ukraine commence à se stabiliser», a déclaré Poutine lors d’une réunion à Sotchi (sud de la Russie).«Ce qui s’est passé aujourd’hui à Kiev envoie deux signaux: le nouveau pouvoir ukrainien a l’intention de construire une nouvelle relation avec la Russie et est prêt à consolider la société» ukrainienne, a-t-il poursuivi.Agence France-Presse E N BREF Vejjajiva prêt à jeter l’éponge Londres — Le premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva a assuré hier qu’il renoncerait à ses fonctions s’il était convaincu de nuire à la stabilité de son pays, dans une interview à la chaîne de télévision BBC World service.Interrogé sur la question de savoir s’ü pourrait démissionner s’ü pensait être un obstacle à la stabilité et au rétablissement de la Thaïlande, ü a répondu : «Bien sûr, je ne place jamais mes intérêts au dessus de ceux de mon pays.» Cependant «nous devons convenir en ce moment que les problèmes que nous voyons ne sont pas purement politiques».«Il y a des problèmes sécuritaires, des problèmes de terrorisme en jeu», a-t-il ajouté.Abhisit Vejjajiva a souligné qu’il n’y avait pas de projet d’imposer la loi martiale pour réprimer les manifestants qui réclament depuis plusieurs semaines la convocation d’élections - AFP Journaliste libéré Tunis — Le journaliste tunisien dissident Taouflk Ben Brik a été libéré hier après avoir effectué sa peine, a-t-on appris auprès de son épouse Azza Zarrad.11 avait été condamné en novembre 2009 à six mois de prison ferme pour «agression», «violence, atteinte aux bonnes mcmrs et dégradation de biens d’autrui» lors d’un incident avec une femme d’affaires, Rym Nasraoui, qui avait porté plainte.Lors de son jugement, le journaliste avait dénoncé un «procès politique» et s’était dit victime d’un «traquenard monté par les services spéciaux», alors que les autorités avançaient qu’il s’agissait d’une «affaire de droit commun», aou-flk Ben Brik, 50 ans, avait publié dans la presse française une série d’articles virulents à la veille des élections d’octobre 2009, qui avaient reconduit le président Zine El Abidine Ben Ali à la tête du pays, pour un cinquième mandat consécutif de cinq ans.-AP Extradé en France lundi Noriega veut rentrer au Panama Paris — L’ancien dictateur panaméen Manuel Noriega a demandé hier à la justice française son rapatriement au Panama, quelques hçures après son extradition des Etats-Unis vers la Erance où il a été placé en détention avant un procès pour blanchiment d’argent de la drogue.«Comme prisonnier de guerre, j’ai droit à tout ce que la convention de Genève prévoit, comme le rapatriement à la fin de la captivité», a déclaré l’ancien dirigeant, âgé de 76 aqs, au cours de l’audience.Les Etats-Unis où il a été condamné pour trafic de drogue et où il a passé 20 ans en détention, lui ont conféré le statut de prisonnier de guerre.Selon ses avocats, le général Noriega bénéficie toujours de ce statut une fois transféré en Erance.L’ancien dirigeant panaméen a fait ces premières déclarations en Erance lors d’une audience publique devant un juge de la liberté et de la détention du tribunal de Paris, qui a ordonné son placement en détention dans l’attente de son procès.Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel de cette décision.Cheveux de jais coiffés en arrière, chemise blanche et blouson de toile noir, l’homme, dont les traités sont tirés et le dos voûté, est apparu physiquement diminué, mais son regard était vif.11 était arrivé tôt hier matin à Paris, à bord d’un vol de la compagnie Air Erance, en provenance de Miami, après une décision américaine de l’extrader vers la Erance.«Nous allons tout faire pour démontrer que sa place n’est pas en France, que cet homme doit rentrer dans son pays, le Panama, qui d’ailleurs le demande également», a affirmé l’un de ses avocats français, Olivier Metz-ner.11 a ajouté que Noriega, «sous traitement médical», était «très affaibli».Noriega a déjà été jugé en Erance en 1999 et condamné par défaut à 10 ans de prison.Lors de ce procès, tenu en son absence.Injustice française l’a reconnu coupable d’avoir blanchi en Erance plusieurs millions d’euros provenant du cartel de la drogue de MedeUin.Noriega a été condamné au Panama à 54 ans de prison pour son implication dans la disparition et le meurtre d’opposants entre 1968 et 1989.Agence France-Presse Avec sa nouvelle loi sur l’immigration L’Arizona inquiète Washington Washington — La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a mêlé sa voix aux critiques contre la nouvelle loi sur l’immigration dans l’État de l’Arizona, estimant hier que ce texte risquait de détourner les forces de l’ordre de tâches plus importantes.La loi, promulguée vendredi et qui entrera en vigueur dans le courant de l’aniiée, impose aux policiers de cet État frontalier du Mexique de vérifier les conditions de séjour de toute personne au sujet de laquelle ils auraient un «soupçon raisonnable».Elle fait également du transport et de l’embauche d’immigrés en situation irrégulière un délit.«Nous avons de profondes inquiétudes à l’égard de cette loi, dans la perspective de l’action des forces de l’ordre, parce que nous pensons qu’elle aura pour effet de détourner les moyens qu’il nous faut concentrer sur les clandestins qui commettent des crimes très f ARCHIVES LE DEVOIR Janet Napolitano graves», a dit Janet Napolitano devant les sénateurs de la commission des Affaires judiciaires.«Nous redoutons qu’à un certain stade, il nous faille employer les moyens à notre disposition en matière d’immigration contre quiconque serait appréhendé en Arizona», a ajouté cette ancienne gouverneure démocrate de l’Ari-zona.La nouvelle loi a soulevé une vive polémique, ses détracteurs s’élevant contre un risque de multiplication des contrôles au faciès et mettant en doute sa constitutionnalité.La veille, c’est le président mexicain, Eelipe Calderon, qui s’était invité dans le débat en accusant ce texte d’encourager la haine et les discriminations.«Criminaliser l’immigration, qui est un phénomène social et économique, ouvre la porte à l’intolérance, à la haine et aux discriminations», a dit le chef de l’État mexicain.La loi de l’État de l’Arizona figurera à l’ordre du jour de sa rencontre du mois prochain avec Barack Obama à Washington, a-t-ü ajouté.Le nombre d’immigrés en si-tpation irrégulière vivant aux États-Unis est estimé à 11 millions de personnes environ, dont 460 000 en Arizona.Reuters Les États-Unis et Israël inquiets Le Hezbollah a des missiles de plus en plus puissants Washin^on — Les ministres américain et israélien de la Défense ont accusé hier la Syrie d’armer le Hezbollah libanais avec des missiles de plus en plus puissants., Mais le ministre israélien, Éhoud Barak, a pris soin de préciser que son pays n’avait pas l’intention de provoquer un coijflit à ce sujet.Éhoud Barak et son collègue américain, Robert Gates, se sont gardés d’identifier le type de missiles transférés aux chiites libanais.Selon des informations non confirmées de source indépendante, la milice libanaise aurait obtenu des missiles Scud à longue portée capables de frapper des cibles sur toute l’étendue du territoire israélien.Des responsables de l’administration et des services de renseignement américains ont quant à eux émis des doutes quant aux affirmations d’Israël sur la présence effective de ces Scud sur le sol libanais.Le secrétaire américain à la Défense, qui s’exprimait au Pentagone flanqué d’Éhoud Barak, a déclaré qu’autant la Syrie que l’Iran livraient actuellement au Hezbollah des armes «dotées de capacités croissantes».«Nous en sommes aujourd’hui au point où le Hezbollah dispose de bien plus de roquettes et de missiles que la plupart des Etats de la planète», a affirmé le patron du pentagone en soulignant que les États-Unis suivaient de près ce dossier.Pour son homologue israélien, les missiles pourraient «bouleverser l’équilibre très délicat au Liban».Mais il a minimisé les perspectives de conflit à propos de ces livraisons.«Nous n’avons pas l’intention de provoquer une quelconque collision majeure au Liban ou avec la Syrie [.] mais nous observons attentivement ces développements et pensons qu’ils ne contribuent pas à la stabilité de la région», a poursuivi le ministre israélien.Le Hezbollah a tiré des milliers de roquettes de type Katioucha, pour la plupart à courte portée, sur Israë en 2006.L’État hébreu redoute que la milice chiite cherche à reconstituer son arsenal dans le but de frapper Israël au cas où les installations nucléaires de l’Iran seraient attaquées.Ce week-end, le chef d’état-major de l’armée libanaise s’était déclaré convaincu qu’aucun Scud n’avait pu entrer dans son pays, écartant les rumeurs de livraison de ce type de missiles par la Syrie aux islamistes du Hezbollah.La rumeur sur de semblables transferts est partie d’un article paru le 10 avril dans un journal du Koweït.Washington a exprimé à l’époque sa consternation tandis que les gouvernements syrien et libanais ont démenti ces informations.Malgré ces démentis, le président israélien Shimon Peres s’est déclaré certain que les rumeurs étaient fondées.Le Hezbollah, qui siège au sein du gouvernement d’union libanais, n’a pas voulu faire de commentaires, mais Damas et Beyrouth se sont empressés de préciser que les Israéliens cherchaient dans cette affaire le prétexte à une intervention militaire.Reuters Nétanyahou est optimiste Jérusalem — Benjamin Nétanyahou a déclaré hier que le président palestinien Mahmoud Abbas avait «l’intention» de reprendre les pourparlers de paix au Proche-Orient, laissant ainsi entendre une avancée majeure après des mois d’impasse.Le premier ministre israélien a ajouté espérer que le dialogue israélo-palestinien puisse être renoué dès la semaine prochaine lors de la visite qu’il projette d’effectuer en Égypte.Dans un discours prononcé à Tel Aviv devant des membres de son parti, le Likoud, Benjamin Nétanyahou a précisé qu’il en- tendait se rendre lundi en Égypte pour y rencontrer le président Hosni Moubarak.Le «raïs» égyptien, dont le pays est le premier du monde arabe à avoir fait la paix avec Israël, propose depuis longtemps ses bons offices dans le processus de paix.Le chef du gouvernement israélien a dit «avoir entendu avec plaisir» que le président de l’Autorité palestinienne serait «[.] disposé à renouer les fils du dialogue.Je serais très heureux si cela pouvait se matérialiser la semaine prochaine».Reuters A ERANÇOIS LENOIR REUTERS Le premier ministre sortant belge, Yves Leterme Crise belge Élections en vue Bruxelles — Des élections anticipées sont inévitables après l’échec des négociations sur une réforme territoriale en Belgique, a déclaré hier Yves Leterme.Dans une interview à Reuters, le premier ministre belge a par ailleurs voulu rassurer ses partenaires européens sur la capacité de son pays à assumer pleinement son rôle à la tête de la présidence tournante de l’UE, à partir du U juillet.«Je crois que les élections anticipées sont presque inévitables [.] Un parti du gouvernement a décidé de quitter la table des négociations, les élections seront difficiles à éviter», a-t-il déclaré.«La Belgique est un pays fondateur de l’UE.E n’y a aucun doute à avoir sur le fait que nous serons prêts pour avoir une bonne présidence belge», a-t-il ajouté.Le roi des Belges, Albert 11, a accepté lundi la démission du gouvernement Leterme, présentée jeudi dernier après le départ de la coalition gouvernementale des libéraux flamands du parti Open VLD du fait de nouvelles tensions entre les partis politiques flamands et wallons sur le statut du «BHV», l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Yilvorde.Reuters A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 EDITORIAL Outrage au Parlement Loin d’être terminé Si le principe fondamental de l’autorité du Parlement a été réitéré hier par le président de la Chambre des communes, en pratique le débat qui oppose gouvernement et opposition a peu évolué depuis décembre dernier.L’appel au compromis du président Peter Milliken en fait foi, la réaction conservatrice aussi.Q Josée Boileau uand, en décembre, les partis d’opposition ont décidé de s’unir pour ordonner au gouvernement de remettre au comité sur l’Afghanistan des documents non censurés sur le transfert de prisonniers, le président des Commîmes avait eu ce commentaire: «Il est malheureux, si je puis me permettre une observation, que des arrangements n’aient pas été faits pour régler la question au comité [.] où on aurait pu s’entendre sur les documents à présenter aux députés et sur la forme de ces documents.» C’est au fond cette observation que Peter Milliken a concrétisée hier, en renvoyant tous les partis à chercher, et trouver!, d’ici deux semaines une solution qui reconnaîtrait les rôles et responsabilités respectifs du Parlement et du gouvernement Et si l’opposition a salué sa victoire de principe, puisque le président Milliken confirme que les privilèges de la Chambre ont été bafoués par le refus du gouvernement de produire les documents demandés, en pratique le débat est loin d’être éteint Ainsi, le communiqué des libéraux y va d’une mise en garde: «Nous allons certainement considérer la position du gouvernement.Mais soyons clairs: nous ne lui permettrons pas de se cacher derrière des questions de sécurité nationale là où il n’y en a pas.» Le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a de son côté rappelé que les conservateurs ne transigeront pas sur la sécurité nationale, concept qu’ils ont toujours interprété strictement Mêmes arguments, mêmes acteurs.L’art du compromis souhaité par M.Milliken semble déjà bien compromis! Ce qui est en cause dans cette affaire, c’est la confiance envers le gouvernement Harper.Mais puisqu’aucun parti n’a intérêt à provoquer des élections (les sondages les placent tous sous la barre des 30 %), le bras de fer doit se jouer autrement L’opposition s’imagine triompher dans deux semaines, lorsque le président Milliken sonnera la fin de la médiation.Mais ne concluons pas trop vite à l’absence de riposte du côté conservateur.Les experts ont beau dire qu’un recours à la Cour suprême serait inapproprié, si la chose est possible, elle n’est donc pas à exclure.Explorer toutes les portes de sortie fait partie du modus operandi de ce gouvernement Par exemple, il a fallu, en juin dernier, que la Cour fédérale lui ordonne non seulement de rapatrier Abousfian Abdelrazik, ce Canadien coincé au Soudan, mais que celui-ci se présente devant le juge pour prouver que l’engagement avait été tenu, pour que le gouvernement cède.Visiblement celui-ci n’avait pas grand égard pour le Canadien d’adoption.Et il n’en a pas plus envers le Parlement dont Stephen Harper a bousculé les usages davantage que tous ces prédécesseurs: coup de force auprès de la gouverneure générale pour ne pas être renversé par l’opposition unie, prorogation du Parlement pour éviter les débats, comités parlementaires paralysés par les agissements conservateurs.La liste est longue.Quelle ironie d’ailleurs de constater que c’est par respect pour la Chambre que Peter Milliken a décidé de donner une nouvelle chance à «140 ans de collaboration et d’accommodement» alors que c’est précisément la mauvaise foi gouvernementale qui a conduit à ce point de rupture! C’est pourquoi il faut encore attendre avant d’applaudir la sage décision rendue.Places en garderie Premier pas Marie-Andrée Chouinard e ministre de la Pamille et de l’Enfance, Tony Tomassi, peut enjoliver sa spectaculaire volte-face en la parsemant de mots comme «bonification» ou «système perfectible».Ce jeu de sémantique ne mystifiera pas les incrédules.J Ceux-ci souhaitent non seulement des garanties pour l’avenir, mais l’assurance que le processus d’octroi des places en garderie n’a pas été, dans un récent passé libéral, miné par le favoritisme.La myriade de nouvelles mesures annoncées lundi par M.Tomassi constitue un excellent premier pas.Elles dépolitisent un processus que l’opposition péquiste soupçonne être rongé par les faveurs.L’attribution des places en garderie est-elle directement motivée par les contributions à la caisse libérale?Depuis décembre dernier, le député de Gouin et porte-parole en matière de services de garde, Nicolas Girard, offre une solide et tenace attaque dans ce dossier.Hier encore, le député Girard a soulevé de nouveaux doutes en établissant un lien entre une garderie de Montréal à qui on a refusé un permis dans un premier temps pour le lui accorder ensuite.Entre les deux décisions, un montant de 2300 $ a circulé d’une des dirigeantes de l’établissement à la cagnotte générale.Y a-t-il un laissez-passer pour les généreux propriétaires?Les règles dévoilées cette semaine ne permettent pas d’en juger.La réponse, au regard du potentiel problème, est faible.Voilà des mois que, maladroitement.Tony Tomassi défend l’intégrité de ce réseau de services de garde et repousse mollement les attaques portées à la transparence du processus d’octroi des permis.Adepte de la volte-face, il concède désormais que ce resserrement des règles constitue une réponse aux «inquiétudes soulevées depuis de nombreuses semaines par des allégations et des insinuations».Des inspecteurs en plus grand nombre.Le retour aux comités régionaux plutôt qu’au ministre de la Eamille pour distribuer les places.Des sanctions sévères pour les adeptes de la surfacturation.La consécration du caractère laïque des établissements.Des exigences accrues pour prouver le statut d’une entreprise de garde.Un projet de loi pointant le transfert d’actions et d’actifs.En apparence, ce coup de balai fera lever la poussière.Mais il évite précisément de répondre aux «allégations et insinuations» d’importance soulevées depuis des mois.Oui ou non, une contribution à la caisse du Parti libéral est-elle devenue le premier critère pour la distribution de nouvelles places en garderie à des propriétaires?Critiqué précisément sur le front de la rectitude, le gouvernement Charest tente de colmater les brèches.Ses tentatives de réparation sont toutefois toujours incomplètes et laissent derrière des trous béants.Comme le demande le Parti québécois, un examen du vérificateur général et la publication des rapports d’évaluation liés à l’attribution des places en 2008 permettraient d’ajouter une réelle transparence à ces corrections.Les véritables doutes s’effaceront le jour où lumière sera faite sur la mécanique générale de financement du Parti libéral.machouinarfXSyiBdevoir.corn LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO PE PE5 y Turcot, les choix Dans Le Devoir du 24 avril, votre journaliste Jeanne Corriveau écrit, au sujet de l’échangeur Turcot, que le projet divise non seulement les élus, mais aussi la population et les spécialistes en génie de la construction.Deux éminents ingénieurs se prononcent: l’un pour le projet du ministère des Transports du Québec qui vise à baisser les structures sur des talus et, en passant, démolir une centaine de logements des quartiers avoisinants; l’autre, persuadé qu’avec les connaissances actuelles, il est possible de construire des structures en hauteur qui peuvent durer jusqu’à 125 ans, est donc pour l’échangeur circulaire, proposition avancée par l’administration Tremblay avec le soutien des deux partis de l’opposition à l’Hôtel de Ville.Curieuse prise de position de la part de cette même administration qui favorise le projet avancé par la Société du Havre de Montréal de jeter à terre l’autoroute Bonaventure et de la remplacer par un boulevard urbain! C’était dans l’euphorie engendrée par les préparatifs pour l’Expo universelle que ces projets routiers ont été construits avec peu d’égard pour les effets climatiques de nos hivers sur le béton armé.Il est tout à fait raisonnable d’émettre des doutes sur le bien-fondé des prédictions de ceux qui opinent qu’il est possible de construire des structures en hauteur qui peuvent durer jusqu’à 125 ans.Il fut une époque où la rénovation urbaine faisait rage, où l’on démolissait un peu partout de vieilles maisons et des quartiers entiers.Rien n’était à l’abri du bulldozer, jusqu’au jour où l’on s’est rendu compte que la restauration des vieux bâtiments et des vieux quartiers était une option viable.La réparation sélective des autoroutes en hauteur et l’insertion de structures d’acier, comme le LETTRES propose le professeur Pieter Sijpkes de l’Université McGill, dans l’ouvrage Montreal at the Crossroads, mérite réflexion.Cette démarche aurait surtout pour avantage de gagner du temps afin de permettre la mise en place d’un réseau de transport public digne d’une ville du XXI® siècle.Joseph Baker Architecte, FRAIC, APOAQ Le 26 avril 2010 Investir dans la formation Dans les régions les plus pauvres du monde, 500 000 mères décèdent chaque année des suites de complications liées à l’accouchement.Les causes de ces décès sont attribuables au manque de soins prénatals et postnatals.La pénurie de travailleurs de la santé compétents et les grandes distances à parcourir pour consulter diminuent les chances de survie pour ces mères.De plus, 8,8 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent des suites de maladies (paludisme, diarrhée, pneumonie, malnutrition) qui pourraient,être prévenues.En Ethiopie, 28 000 travailleurs de la santé ont été formés et répartis dans 15 000 centres de santé.Ces travailleurs fournissent un éventail de services communautaires pour améliorer la santé des mères et des enfants.L’Initiative catalytique pour sauver un million de vies, lancée en 2007 par le Canada, a contribué largement à sauver des vies.Dans les régions rurales d’Afrique ou d’ailleurs, ce sont des travailleurs qualifiés en santé communautaire qui pourront sauver des vies dans leur propre communauté.Ces travailleurs auront la compétence de poser un diagnostic avant qu’il ne soit trop tard et de prodiguer les soins appropriés aux malades.Espérons que le sommet du G8 qui se tiendra à Huntsville en juin prochain sera le tremplin idéal pour concrétiser les promesses de monsieur Harper d’investir dans la santé des plus pauvres de la planète.Denise Doiron Québec, le 24 avril 2010 De l’option à la solution?L’ADQ fait fi^re de parent pauvre dans l’échiquier politique québécois.Mais les déboires du gouvernement Charest semblent graduellement changer cette perception.De soupçons de corruption en cas de gaspillage de fonds publics, ce gouvernement devient graduellement un sujet de gêne pour tous.L’opposition officielle avait déjà un handicap: son option souverainiste.Les Québécois en grande majorité sont nationalistes, mais sont peu enclins, en ces jours difficiles économiquement, à suivre le Parti québécois dans ce grand projet incertain.La sortie du Parti québécois pour le projet d’échangeur Turcot du maire Tremblay enlève à plusieurs leurs dernières illusions.Le Parti québécois n’a pas compris lui non plus le désir des Québécois d’avoir une gestion saine des fonds publics, des efforts pour réduire la dette et surtout de meilleurs services de santé.Les mécontents — et ils sont nombreux — n’ont pas d’autre choix: ils devront réhabiliter l’ADQ et utiliser ce véhicule pour amener les changements nécessaires au Québec.Le véhicule est là, un peu abîmé, mais en état de marche.Il y a sans doute quelques mécaniciens chez la majorité de Québécois désabusés par les vieux partis! Pierre Langlois Montréal, le 26 avril 2010 LIBRE OPINION Des principes mis en brèche GILLES HOGUE Avocat Par-delà la question de la véracité des allégations tous azimuts de trafic d’influence dans le processus de nomination des juges, je me permets comme citoyen et juriste de vous transmettre mes réflexions.D’entrée de jeu, il est impératif de rappeler que notre régime démocratique repose sur le principe de la séparation des trois pouvoirs, l’exécutif, le législatif et le judiciaire.Les péripéties de ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Bellemare nous enseignent que le régime actuel de nomination des juges constitue un accroc majeur à ce principe dans la mesure où il appartient à la seule prérogative du pouvoir exécutif.D’autant que Le Devoir nous apprenait que la procédure de sélection d’un juge a été modifiée en 2003 par le présent gouvernement, de telle sorte que toute recommandation du comité de sélection doit faire l’objet d’une délibération du Conseil des ministres, et non pas se limiter à la seule prérogative du ministre de Injustice.D’autre part, pour justifier le fait que la réglementation québécoise sur la nomination des juges est la meilleure au Canada, cer- tains prétendent qu’elle permet de sélectionner les candidats les plus compétents à partir d’une liste confectionnée à la suite d’une entrevue par un comité de sélection.Qr, nonobstant la qualité indéniable du processus, celui-ci n’offre pas de garantie minimale coptre l’influence politique.Egalement, il est légitime de se demander comment un comité de sélection peut évaluer les qualités personnelles et intellectuelles d’un candidat après une entrevue d’une durée d’environ une heure, même si elle est complétée par une enquête des autorités policières relativement aux antécédents judiciaires du candidat.La crise actuelle fait également ressortir un deuxième principe selon lequel non seulement justice doit être rendue, mais tout processus judiciaire ou quasi judiciaire doit manifester une apparence de justice.A ce sujet, il n’est qu’à référer aux révélations des médias sur des faits troublants d’influence politique nous permettant d’affirmer que justice n’a pas toujours été rendue, à tout le moins en apparence dans le processus de nomination des juges.Il y a lieu ici de souhaiter que la commission d’enquête présidée par M® Bastarache puisse faire la lumière sur ces faits et recommander des mesures visant à contrer toute influence politique.Pour éviter que ces deux principes sous-tendant notre démocratie continuent d’être mis en brèche, il est nécessaire de procéder à une réforme systémique majeure dans le processus de nomination des juges.Comme le suggérait M® Jean-Claude Hébert, il faudrait qu’il relève uniquement de l’autorité ultime du Conseil de la magistrature qui assurerait la constitution et le fonctionnement des comités consultatifs dont les recommandations en faveur d’un candidat seraient obligatoirement entérinées par le ministre de la Justice.Une réforme pourrait consister, comme l’a déjà suggéré M® Denis Paradis, ancien bâtonnier du Barreau du Québec, en l’élection par les membres du Barreau et de la magistrature des candidats à un poste de juge.Une autre proposition consisterait à élire, comme cela existe aux Etats-Unis, des candidats au suffrage universel.Enfin, la réforme pourrait se faire en créant, à l’instar de la Erance, une école de la magistrature.Quoi qu’il en soit, il faut espérer que la commission d’enquête, en dépit des critiques acerbes de nombreux intervenants, saura par ses recommandations judicieuses atténuer la crise actuelle de confiance du public envers nos institutions, notamment notre système judiciaire. LE DEVOIR LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 A 9 IDEES Contre l’abolition du Conseil de la famille et de l’enfance COLLECTIF D’AUTEURS ans son dernier budget, le gouvernement libéral du Québec a aboli plusieurs de ses organismes consultatifs sans que les médias y portent une attention particulière et sans que les responsables politiques ne mentionnent la portée majeure de certaines de ces abolitions, comme s’il s’agissait uniquement de coupes dans des dépenses accessoires.Pourtant, ces organismes consultatife incarnent l’une des facettes les plus importantes de ce que l’Etat québécois a permis d’apporter à la vie démocratique en se donnant les moyens de rapprocher l’appareil gouvernemental d’un espace citoyen de réflexion et de délibération.Le gouvernement a notamment décidé d’abolir le Conseil de la famille et de l’enfance (CFE), au moment même où il nous annonçait, entre autres mesures, que tous les contribuables allaient maintenant devoir payer l’accès aux consultations médicales et aux soins de santé, peu importe leru niveau de revenu et lerus charges familiales.Autrement dit, il fait disparaître l’instance gouvernementale qui aurait justement eu la responsabilité et le devoir d’étudier l’impact de sa «révolution» budgétaire, laquelle va à l’encontre des principes les plus élémentaires de justice et d’équité dans la répartition des charges qu’impose le fonctionnement d’un système de santé universel.Perte importante Nous sommes opposés à la décision d’abolir le CFE.Loin de constituer une mesure raisonnable dans l’effort de réduction des dépenses de l’Etat, cette compression représente une perte importante polu la société québécoise.L’existence et la raison d’être du CFE sont liées très étroitement à l’histoire sociale et politique du Québec des vingt dernières années, notamment au projet d’élaboration d’une véritable politique familiale au Québec qui a commencé à germer au cours des années 1960, mais qui n’a pas encore trouvé son véritable aboutissement.Rappelons que le ministère du Bien-être social et de la Famille avait créé, en 1964, le Conseil su-périeiu de la famille qui a été présidé par le sociologue Philippe Garigue.Ce conseil a défendu fermement, mais avec peu de moyens, la nécessité d’élaborer une politique familiale au Québec.11 a encoruagé les mouvements familiaux à qssumer des fonctions d’intervention auprès de l’Etat.Le Conseil des affaires sociales et de la famille (CASE) lui a succédé en 1970, avec des moyens accrus et le mandat de réfléchir, notammenL à la participation des citoyens aux réformes et services gouvernementaux.Le CASE a repris l’objectif d’une politique familiale.Après plusieurs années de consultation interministérielle et de mobilisation des organismes concernés, un énoncé d’orientation sur la politique familiale a été déposé par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, en 1988.Le Conseil de la famille (CF) est alors créé, en même temps qu’un Secrétariat à la famille.11 deviendra le Conseil de la famille et de l’enfance (CFE) en 1997, lors de la création du ministère de la Famille et de l’Enfance.Politique familiale Des avancées très importantes ont été faites au Québec poru soutenir les familles.Toutefois, convenons qu’une véritable politique familiale ne se résume pas à une politique de services de gar- 1 H JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Conseil de la famille et de l’enfance est un petit organisme doté d’un budget modeste, dont le rôle consultatif au sein de l’appareil gouvernemental est néanmoins crucial.Il propose au gouvernement et à la société québécoise une mise en perspective de la réalité des familles.de et de congés parentaux.11 y a donc encore beaucoup de travail à faire pour doter le Québec d’une politique familiale consistante.Le travail continu de concertation, de consultation et de recherche que cela implique se trouve contredit par l’abolition du CFE.Tous les partis politiques du Québec ont soutenu à tour de rôle la mise en place d’une politique familiale et c’est un ministre libéral qui en fut le premier responsable.Auraient-ils perdu la mémoire?Le CFE est un petit organisme doté d’un budget modeste, dont le rôle consultatif au sein de l’appareil gouvernemental est néanmoins crucial.11 propose au gouvernement et à la société québécoise une mise en perspective de la réalité des familles en allant chercher l’éclairage que peuvent apporter ses membres, lesquels sont issus de divers secteurs.11 est un interlocuteur attentif de tous les groupes et intervenants qui se préoccupent de la famille et de l’enfance, auprès desquels il a eu une fonction de rassembleur.11 contribue grandement à l’orientation des actions ministérielles concernant les familles, tout en prenant du recul par rapport à l’ordre du jour gouvernemental et en portant un regard critique et constructif sru les lois, les politiques et les pro^ammes gouvernementaux en la matière.11 fait donc entendre à divers moments un son de cloche différent de celui que le gouvernement apporte, ce qui est non seulement utile, mais souhaitable.Ses nombreux rapports, avis, mémoires, qu’on peut consulter facilement sur son site Internet et dont plusieurs ont été diffusés dans des publications destinées à un large public, témoignent de la grande pertinence de ses activités.Collaboration Parce qu’il constitue une importante courroie de transmission entre les, organismes du secteru famille et l’appareil de l’État, entre la recherche et les politiques, le CFE a joué un rôle important dans Iq mobilisation des connaissances sur la famille.À cet égard, sa contribution spécifique sera irremplaçable.Notre équipe de recherche en partenariat Familles en mouvance et dynamiques intergénérationnelles est née, en 1993, d’une collaboration avec le CFE.Cette lon^e collaboration en partenariat multidisciplinaire et multisectoriel nous permet de témoigner de la rigueru et de la compétence qui sous-tendent l’action du CFE, mais aussi de la richesse des échanges que stimulent ses productions (sru la fiscalité des familles, sur la paternité, par exemple).La société du savoir a besoin de ce type de collaborations.Avec l’abolition du CFE et de plusieurs autres organismes consultatifs, le gouvernement libéral ferme des canaux importants de communication avec les membres de la société civile qu’il réduit aux rôles de contribuables ou de consommaterus ou, dans le cas des associations et autres organismes, qu’il traite comme autant de lobbys qui doivent négocier ses faveurs.Ont signé ce texte: Françoise-Romaine Ouellette, responsable seientiüque Familles en mouvanee et dynamiques intergénérationnelles, Héléne Belleau, Mieheile Comeau, Renée B.Dandurand, Benoît Laplante, Denise Lemieux, Myriam Simard (Centre urbanisation eulture soeiété de IINRS); Marianne Kempeneers, Soléne Lardoux, Alain Roy (Université de Montréal); Carmen Lavallée (Université de Sherbrooke); Nathalie St-Amour (Université du Québee en Outaouais); Alex Battaglini, ehereheur; Sylvie Lévesque (Fédération des assoeiations de familles monoparentales et reeomposées du Québee); Louisane Côté (Fédération québéeoise des organismes eommunautaires - Famille); Sylvie Dumouehel (Confédération des organismes familiaux du Québee); Naney Harvey (Regroupement des organismes eommunautaires famille de Montréal).Musée national des beaux-arts du Québec Il faut sauver le monastère ! COLLECTIF D’AUTEURS 1 y a quelques jorus, le facteru déposait dans nos boîtes un dépliant publicitaire produit par le Musée national des beaux-arts du Québec.Papier de qualité et photographies en couleurs, le grand luxe.Nous en ignorons le coût.Nous ne le saluons jamais, car c’est en «petit comité» calfeutré que ce dépliant, tout comme le projet d’agrandissement, a été décidé.La population, pourtant fort intéressée, n’a pas été appelée à débattre de l’agrandissement.Les demandes de consultations publiques déposées auprès des diverses autorités ont été purement et simplement rejetées.Ce projet de 90 millions de dollars passera-t-il sans discussion publique au-dessus de la tête des contribuables, propriétaires des lieux?L’information sans réelle consultation est une farce.De plus, c’est un déni de démocratie.Erreur Nous croyons l’agrandissement nécessaire, mais nous croyons aussi que le projet proposé en lieu et place du monastère est une erreur.Le monastère est un bâtiment solide et intéressant.11 peut poursuivre sa route au profit des générations futures et il peut être recyclé pour des usages contemporains et contribuer ainsi à l’essor économique de la ville dans le respect des principes du développement durable.Le projet actuel du Musée, en annonçant la destruction du monastère des Dominicains, en est tout le contraire.La sagesse aurait commandé que soit proposé un site plus respectueux des richesses historiques de la ville et que soit reconstruite la toiture originale si spectaculaire, sur le monastère, provoquant de ce fait une renaissance de l’esthétique de l’ensemble conventuel ef partanf de la Grande Allée.En annonçant la démolition du monastère, les autorités donnent un fort mauvais signal.Alors que la mission du Musée est de sauvegarder les collections d’œuvres et d’artefacts qui sont représentatives de la production des générations successives de Québécois, voilà qu’avec une arrogance béotienne il anéantit totalement un patrimoine religieux conventuel irremplaçable.Gardien du patrimoine Qr, le Musée national des beaux-arts doit être le gardien de notre patrimoine culturel.Le projet d’agrandissement s’attaque à un ensemble architectural homogène, exemple rare et le plus achevé à Québec de style néo-gothique.Le presbjùè-re, l’église et le monastère forment une unité spatiale bien définie ceinturant un jardin cloîtré, sur le modçle des ensembles monastiques du Moyen Age.En démolir une partie, c’est confirmer la perte de sens de l’ensemble, la perte d’un lieu de mémoire.Aujourd’hui, l’intérêt d’un édifice ou d’un site, qu’il soit glorieux ou modeste, s’apprécie autant, sinon davantage, à l’aune de l’importance symbolique et affective que lui accorde la communauté qui le revendique qu’à celle de la valeur savante que lui attribuent les spécialistes de l’art.C’est le cas du monastère des Dominicains.Madame la Ministre de la Culture, vous êtes l’ultime responsable, aussi bien à l’Assemblée nationale que devqnt les Québécois, du Musée et du patrimoine.À ce titre, nous vous demandons une fois de plus que le projet d’agrandissement du Musée fasse l’objet d’une étude d’impact sur la sauvegarde de la valeur historique, culturelle, sociale et économique de l’ensemble monastique autant que sur l’esprit de la Grande Allée et que des audiences publiques soient tenues avant que ne soit commis l’irréparable.C’est une demande citoyenne.Ont signé ee texte: Mareel Junius, Mareel Masse, Miehel Bonnette, Jean Cimon, Jaeques Lemieux, André Mareeau, Claude Paulette.P Un échangeur n’est pas une île PIERRE NEPVEU Professeur et écrivain our tout citoyen montréalais amoureux de sa ville et estimant qu’elle a droit à un développement harmonieux et durable, le conflit qui déchire l’administration du maire Tremblay et le ministère des Transports du Québec ne peut qu’être navrant.Personne ne va nier que l’échangeur Turcot, dans son état actuel de décrépitude, est un monstre.La falaise Saint-Jacques qu’il surplombe, avec l’autoroute 720, puis 20, en contrebas, est une des zones les plus déprimantes de Montréal.11 suffit de descendre à vélo la rue de Courcelles, la rue Saint-Rémi ou, plus à l’ouest, la rue Saint-Jacques pour éprouver un sentiment de désolation: il faut souffrir avant d’atteindre enfin les berges verdoyantes du canal de I^chine, et souf frir encore si l’on passe sous les bretelles hallucinantes de l’échangeur, dont on craint toujours qu’il nous lâche sur la tête un morceau de béton.L’idée de refaire l’échangeur, d’embellir la falaise et de développer des zones résidentielles en contrebas est donc heureuse.Mais il ne suffit pas de crier des noms au ministère des Transports du Québec, si «arriéré social» soit-il, pour justifier le projet montréalais d’échangeur circulaire, ni d’en appeler à une vision du XXI® siècle.En faif le projet du maire Tremblay est un véritable désastre sur le plan de sa présentation et de sa pédago^e, et on s’explique très mal l’enthousiasme qu’il a suscité.lœ maire Tremblay a brandi jovialement l’idée d’un tramway, mais comme on suppose que celui-ci ne va pas tourner en rond dans l’échangeur, il aurait fallu qu’il nous en explique le trajet et qu’il nous dise dans quelle mesure il allait réduire la circulation.Retard effarant Qn semble avoir oublié qu’un échangeur n’est pas une île et qu’il n’est que le résultat ou le déversoir de la circulation qui falimente.Réduire le nombre de voies de 20, 30 ou 40 % dans féchangeur Turcot ne peut se concevoir que si l’on réduit aussi le nombre de voies qui s’y déversent.Qr, si ce carrefour est le plus important au Québec, c’est qu’il reçoit le débit combiné de l’autoroute Ville-Marie à l’esf de l’autoroute Décarie au nord, de fautoroute venant du pont Champlain et du boulevard La Vérendrye au sud, et de l’autoroute 20 à l’ouesf drainant la circulation venue du pont Mercier, de l’aéroport de Dorval et de tout l’Quest-de-l’Ile.L’incompétence, c’est de ne pas expliquer ce contexte et c’est d’annoncer une diminution de l’échangeur sans remonter en amont et expliquer où et comment on compte couper dans son alimentation.Atermoiements lœ problème de Montréal, c’est bien connu, est bien plus large que celui de l’échangeur Turcot: il tient à un retard effarant dans l’aménagement de lignes de trains de banlieue et dans l’améliora-tion du transport en commun dans l’axe de la falaise Saint-Jacques comme dans d’autres axes majeurs (la rue Notre-Dame, notamment).Il dent aussi aux atermoiements concernant l’autoroute 30 qui offrira un jour, enfin, une voie de contournement.C’est un des principes de base de l’écologie: une vision systémique des choses, soucieuse de leurs interrelations.Tout le reste n’est que discours creux.Et puis, inutile de s’illusionner: même des villes disposant d’un réseau infiniment mieux développé de trains régionaux et de transport en commun n’échappent pas aux bouchons.Il suffit d’avoir roulé un jour sur le boulevard périphérique à Paris pour s’en rendre compte.Cela ne signifie pas qu’il faut rester les bras croisés.Mais parler d’un «échangeur vert» est une insulte à l’intelligence si on ne le situe pas clairement dans une économie générale des transports dans la métropole québécoise.Il faut que Montréal et Québec retournent ensemble faire leurs devoirs et qu’ils expliquent aux citoyens leur nouveau projet avec cohérence et clarté.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaiUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ;Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ;André^ne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Émilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, David Dumouehel et Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint) ,'Se.axi de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie FÜion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 AVRIL 2010 ACTUALITES MÉTRO SUITE DE LA PAGE 1 Le contrat, qui prévoit la fourniture de 765 voitures avec une option pour 288 voitures supplémentaires, semblait presque dans la poche pour le consortium Alstom-Bombardier qui avait conclu une entente avec la STM au terme de huit mois d’intenses négociations.Mais comme l’appel d’offres initial prévoyait le remplacement de 342 voitures et qu’au fil des mois, la commande était finalement passée à 1053 voitures, la STM se retrouvait dans l’obligation de lancer un avis international pour inciter les concurrents de Bombardier et Alstom à manifester leur intérêt, conformément à la Loi sur les sociétés de transport en commun.A la suite de l’avis international du 22 janvier dernier, deux entreprises ont manifesté leur intérêt, soit Zhuzhou Electric Locomotive et CAR La STM a d’emblée rejeté la candidature de la société chinoise, qui proposait des voitures montées sur roues d’acier alors que la société de transport exigeait des voitures sur pneumatiques.Pour sa part, CAF était en mesure de fabriquer des voitures sur pneus, ayant déjà fourni ce type de matériel roulant pour les métros de Mexico et de Santiago, au Chili.Le constructeur espagnol, dont le carnet de commandes au 31 décembre 2009 s’élevait à 6,58 milliards de dollars canadiens, ne possède pas d’usine au Canada, mais a promis d’effectuer la fabrication et la finition des voitures au Québec si elle obtenait le contrat.Le 7 avril dernier, les dirigeants de CAF avaient même visité l’ancienne usine de Hyundai, à Bromont, ainsi qu’une usine désaffectée de la rue Sherbrooke Est, à Pointe-aux-Trembles.L’entreprise avait toutefois manifesté une certaine irritation à l’égard de la STM qui, selon elle, réclamait des informations jugées non pertinentes à l’étude de sa proposition.Elle laissait entendre qu’elle doutait de l’intégrité du processus.Dans l’attente d’une décision concernant CAF, les constructeurs Alstom et Bombardier cachaient mal leur impatience.Le consortium répète depuis le mois de mars qu’il est prêt à entreprendre promptement la réalisation du contrat.Malgré les retards appréhendés, le lancement d’un nouvel appel d’offres et l’arrivée d’un nouveau concurrent seraient peut-être pour la STM l’occasion d’obtenir un meilleur prix pour le remplacement de son parc vieillissant, ùi société de transport n’a jamais voulu dévoiler la valeur de l’entente conclue avec Alstom-Bombardier, mais celle-ci pourrait dépasser les 3 milliards de dollars.Saga sans fin Le lancement d’un nouvel appel d’offres constituera donc un nouvel épisode dans la rocambo-lesque saga des voitures du métro.En 2006, le gouvernement du Québec avait autorisé la STM à négocier de gré à gré avec Bombardier, mais Alstom avait contesté ce traitement préférentiel qui, selon le constructeur européen, contrevenait à la loi.En donnant raison à Alstom, le tribunal avait obligé la STM à lancer un appel d’offres public international, ce qui fut fait le 31 juillet 2008.A cette époque, la STM avait aussi communiqué avec CAF et d’autres constructeurs, dont la compagnie japonaise Kawasaki et l’allemande Siemens.Finalement, seuls Bombardier et Alstom avaient signifié leur intérêt en déposant une offre conjointe.n a été hier soir impossible d’obtenir les commentaires de la porte-parole de la STM, Odile Paradis.Le Devoir Rectificatif Une erreur s’est glissée dans un texte publié hier en page Idées du Devoir.Dans le texte «Quelle OTAN pour le Canada?»y il est question du passage du ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon àTalinn, en Estonie, les 22 et 23 avril derniers.Cette visite, prévue au moment de la rédaction du texte, a été annulée en raison du nuage de cendres volcaniques en provenance de l’Islande.Nos excuses.BATAILLE SUITE DE LA PAGE 1 Il a donc donné deux semaines aux leaders parlementaires des partis pour qu’ils trouvent une façon de divulguer et d’étudier les documents sans nuire à la sécurité nationale.Sans entente, M.Mil-liken donnera le feu vert à l’opposition pour qu’elle dépose une rarissime motion d’outrage au Parlement visant trois ministres de premier plan du gouvernement Harper: ceux-ci pourraient carrément être expulsés de la Chambre.Uobligation du gouvernement Dans un discours de près d’une heure étalé sur 40 pages (il a remonté l’histoire jusqu’aux acquis de la glorieuse révolution de 1689), Peter Milli-ken a rappelé que «dans un régime de gouvernement responsable, le droit fondamental de la Chambre des communes d’obliger le gouvernement à rendre compte de ses actes est un privilège incontestable et, en fait, une obligation.» Accepter une situation où le gouvernement peut simplement refuser de répondre à un ordre adopté par une majorité de députés parce que les documents demandés sont très délicats «reviendrait à miner complètement l’importance du rôle qu’ont les parlementaires d’obliger le gouvernement à rendre des comptes», dit-il.Le président Milliken estime également que si l’exécutif avait un «pouvoir inconditionnel de censurer les renseignements fournis au Parlement», cela «compromettrait la séparation des pouvoirs censée reposer au cœur même de notre régime parlementaire».Bien sûr, un ministre peut refuser de remettre un document s’il juge que sa divulgation pourrait compromettre la sécurité nationale.Mais si la Chambre insiste, il doit obtempérer, dit M.Milliken.Car «il existe une nette différence» entre la valeur du jugement d’un seul ministre et le poids d’un «ordre dûment adopté par la Chambre».«Il ne faut jamais oublier que c’est la Chambre qui décide si les raisons invoquées pour refuser de fournir des renseignements sont suffisantes», a-t-il précisé.Négociation Cette obligation de remettre les documents établie, Peter Milliken n’a pas voulu imposer hier un dénouement à la crise qui secoue le Parlement depuis le mois de décembre.Trouver comment «instaurer un mécanisme par lequel ces documents pourraient être mis à la disposition de la Chambre sans compromettre la sécurité et la confidentialité des renseignements qu’ils contiennent» est une responsabilité des parlementaires, estime M.Milliken.Le Canada a une histoire «enviable» de plus de 140 ans de parlementarisme, a-t-il rappelé.«Ce serait un signe d’échec si ce bilan devait être entaché» parce que le gouvernement et l’opposition sont incapables de trouver une façon de manipuler ces documents.C’est pourquoi il a imposé deux semaines de trêve aux belligérants, afin que la Chambre trouve une «solution respectueuse des intérêts de chacun».n a suggéré des pistes: étude à huis clos du comité parlementaire sur l’Afghanistan [à qui les documents doivent être remis], identification numérotée des exemplaires et destruction immédiate de ceux-ci après les rencontres, nomination d’un arbitre indépendant, etc.M.Milliken a laissé entendre que la solution proposée par le gouvernement en mars — une révision de la censure par l’ancien juge Frank laco-bucci — ne répond pas au problème.Car M.laco-bucci doit rendre des comptes au ministre de la Justice, et non à la Chambre.«Son client est donc le gouvernement», a-t-il fait remarquer.«Il sera difficile de trouver un terrain d’entente» en deux semaines, reconnaît Peter Milliken, qui préside quotidiennement aux acrimonieux débats de la Chambre.Pour calmer le jeu, il a sermonné un peu tout le monde, hier: le gouvernement qui dit que certains députés «ne sont pas suffisamment dignes de confiance», l’opposition qui suggè- re que le «gouvernement a des motifs cachés et intéressés de caviarder les documents».La récréation doit cesser, avertit-il.Pour le constitutionnaliste Pierre Thibault, de l’Université d’Ottawa, «il est sain que le président Milliken se soit prononcé d’une façon aussi claire sur la suprématie de la Chambre».Il remarque que si le président a «un peu coupé la poire en deux en disant aux élus: “Assoyez-vous, ça fait 140 ans qu’on fonctionne, alors négociez”.Il s’attend sur le fond à ce que le gouvernement fournisse les documents non censurés».Réactions Le gouvernement acceptera-t-il?Le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a indiqué immédiatement après la présentation de M.Milliken qu’il «accueillait favorablement la possibilité d’un compromis qui respectera nos obligations légales».Il a affirmé dans une brève déclaration que «le gouvernement ne brisera pas intentionnellement les lois parlementaires», mais qu’il ne compromettra pas non plus «la sécurité nationale du pays ou celle de nos soldats».Les trois partis d’opposition ont applaudi la décision de M.Milliken.Pour le chef libéral, Michael Ignatieff, celle-ci constitue «une victoire claire pour le Parlement».M.Ignatieff a assuré qu’il allait «travailler avec le gouvernement» et trouver d’ici deux semaines «un compromis honorable qui sauvegarde les droits du Parlement, mais qui respecte la sécurité nationale».Selon Gilles Duceppe, un compromis est facile: «C’est que ça se fasse à huis clos et que les partis jugent du contenu de chacune des lettres, au lieu de laisser ça au jugement — déficient d’ailleurs — de ce gouvernement.» Au NPD, Jack Layton a indiqué que le «gouvernement n’a pas le choix.Il doit travailler avec nous pour trouver une solution, et nous serons raisonnables dans ces discussions.Mais s’il n’y a pas de solution, nous avons une motion» d’outrage qui est prête.Le Devoir LUCIE SUITE DE LA PAGE 1 Les membres du comité de révision ont insisté pour dire qu’ils avaient pris leur décision dans le pur intérêt de Lucie.Sa mère s’en étonne.«Aucun d’entre eux ne connaît ma fille, ils n’ont qu’une version papier», a-t-elle dit.Mme Polo avait fondé beaucoup d’espoirs sur ce projet d’intégration de sa fille qui, diagnostiquée neurovégétative à la naissance, avait fait des pas de géant ces dernières années.«Lucie arrivait avec cinq ans d’intégration réussie en CPE, un milieu médical engagé, avec moi qui me suis formée pour l’accompagner.Lucie arrivait avec une dot et la CSDM devait fournir les ressources financières», a-t-elle précisé.Mais l’intégration de la petite a été un véritable enfer, croit-elle.De l’ajout des installations jusqu’à, selon elle, l’attitude rébarbative de certains enseignants et membres de la direction, rien ne s’est passé comme prévu.«En quittant son poste, l’ancienne directrice m’avait dit que l’équipe était prête et qu’on attendait ma fille.Si j’avais su que ce n’était pas le cas.» a dit Mme Polo.Conflit de vision Gérald Boutin, professeur au Département de l’éducation et de la formation spécialisées de rUQAM, une intégration réussie d’un handicapé repose sur la réunion d’un minimum de conditions matérielles, techniques et pédagogiques, qui n’étaient peut-être pas au rendez-vous pour Lucie.«J’ai vu de très bons enseignants avec une volonté d’intégrer.Mais rien n’assure que l’intégration sera réussie», soutient-il.«Dans quelle mesure cette fillette profitait-elle de cet entourage d’enfants normaux?Et dans quelle mesure les autres enfants peuvent-ils avoir un seuil de tolérance?» s’interroge le chercheur, également coauteur d’inclusion ou illusion?Elèves en difficulté en classe ordinaire: défis, limites et modalités.Pour lui, une classe ordinaire n’est pas le seul lieu pour scolariser un enfant en difficulté.«Il y a JACQUES NADEAU LE DEVOIR Anne-Iise Polo, la mère de Lucie, âgée de sept ans, était profondément déçue de la décision annoncée hier soir par la CSDM.Lourdement handicapée, sa fille fréquentait depuis septembre ime école non spécialisée.d’autres dispositifs.[.] Je ne crois pas que le retour à la classe spécialisée soit suffisant, il faut être plus ouvert que ça», a dit le chercheur, en invitant à ne pa^ trancher le débat en «pour ou contre».A partir du 10 mai prochain, date à laquelle Lucie sera retirée de l’école Elan, Mme Polo entend scolariser sa fille à la maison jusqu’à ce qu’elle trouve une solution.Elle a entrepris des démarches auprès d’écoles privées, mais n’a pas réussi à convaincre les enseignants.D’autres commissions scolaires, notamment à Laval et Gatineau, sont «plus ouvertes à accepter des cas comme Lucie», mais cela impliquerait un déménagement de la famille.Et pourquoi pas Victor-Doray?«Je ne partage pas du tout l’approche pédagogique, la vision du handicap.Victor-Doray tablait davantage sur les limitations de Lucie, alors que moi je tablais sur ses forces», a dit Mme Polo, qui y voit un conflit entre une culture révolutionnaire et une autre, plus traditionnelle.«Lucie fait des progrès, mais c’est trop peu pour un milieu qui reste figé sur ses valeurs.Ils ont une approche conventionnelle sur le plan mé- dical.Notre société a besoin d’intégrer les enfants de tous les milieux si elle veut être le reflet réel de notre société».Le débat est rouvert La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, fait écho aux propos tenus par le premier ministre Jean Charest qui soutenait, la semaine dernière, que le temps était venu de relancer le débat sur la question.«Il faut qu’il y ait une intention politique claire sur ce qu’est l’intérêt individuel des enfants qui présentent des défis et l’intérêt collectif de ces enfants intégrés, mais aussi l’intérêt des enfants qui ne posent pas de défis.Ça s’appelle le bien commun.Il faut avoir cette discussion, car il y a tellement de tapage autour de la tâche des enseignants, de l’épuisement, qu’il faut être capable de faire la part de choses», a soutenu Mme de Courcy en insistant bien sur une chose: «Il ne faut pas que ce débat repose sur les frêles épaules de Lucie.» Le Devoir VILLES SUITE DE LA PAGE 1 et traqueur de signes oubliés, qui a sillonné l’an dernier ces trois métropoles pour faire enquête sur le graphisme et l’empreinte picturale en milieu urbain.«Ce projet est né d’un intérêt personnel.Quand je voyage, le langage urbain est pour moi aussi important que l’architecture.Je voulais pousser l’idée plus loin et voir si la personnalité d’une ville se lisait dans la typographie et le graphisme environnant en comparant trois villes différentes», explique le designer et rédacteur en chef d’Urbania.Pour dresser le portrait typographique de Montréal, Buenos Aires et Berlin, trois métropoles désignées villes de design par rUNESCO, le graphiste a obtenu en 2008 la bourse Phyllis-Lambert Design Montréal, octroyée chaque année à de jeunes designers comptant moins de dix ans d’expérience.Personnalités graphiques Un an et 3000 photos plus tard, le verdict est sans équivoque.Les trois métropoles affichent des personnalités graphiques très nettes, situées aux antipodes, tant sur la mappemonde qu’en matière de graphisme (voir les photos à www.ledevoir.com).Interdiction de faire faire caca à pitou dans le parc, attention! travaux en cours ou passage d’éco- LE DEVOIR www.Iedevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 liers: le pictogramme berlinois est léché, frappe dans le mille, se voit à des mètres de distance.Efficace comme un bataillon allemand.A Buenos Aires, les lettres ondulent et s’enjolivent de fleurs et de fioritures.«Il y a une force graphique qui se dégage à Berlin, où tout est net et tranché.La typo r^ète le poids de l’autorité.C’est quand même l’Allemagne qui a inventé le bauhaus et la croix gammée! A Buenos Aires, on sent partout, même jusque sur les bus, l’impact du fileteado, un style graphique très coulant et sensuel inspiré du tango», décrit Lamarre.A New York, le graphisme ambiant, très pragmatique, ne fait pas dans la dentelle.«Don’t even think of parking here!», ou «Air will be taken out of tires, license plates removed of unauthorized parkers», rugissent les majuscules de panneaux de stationnement.A Montréal, c’est tout autre chose.^ «Montréal est un peu à l’image de notre urbanisme.Eclectique et sans lignes directrices, mais influencée par le style américain», soutient Lamarre.L’éclectisme se lit sur les pancartes des dépanneurs, les réclames anciennes peintes sur les murs ou les enseignes de patates frites barbouillées par un pinceau maladroit, composent la signature unique du Montréal graphique.Malheureusement, ces savoureuses affiches vintage annonçant Aforc/zé Roger, La Maison du chien chaud et autres bijoux de graphisme vernaculaire sont en voie de disparition, affirme Lamarre.«La typo locale est de moins en moins présente.Je me suis arraché les cheveux pour Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 ^ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel redaction( La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 trouver des affiches qui étaient partout dans mon enfance.Le but du projet est justement de préserver cette mémoirelà», insiste le graphiste.Car à Paris, New York ou Hong Kong, les particularités typographiques s’estompent et l’unicité graphique de chaque ville en prend pour son rhume.Les lettreurs, ces maîtresrartisans qui peignaient à la main affiches et lettrages, ont disparu du paysage.On a même eu du mal à mettre la main sur un vrai lettreur encore actif à Montréal pour repeindre, à la manière traditionnelle, la fameuse pinte de lait Ga-ranteed Milk rénovée l’an dernier.«Que ce soit à Paris, New York, ou Hong Kong, aujourd’hui tout le lettrage commercial provient de découpes de vinyle faites à l’ordinateur.C’est d’une banalité désarmante.C’est l’effet Starbucks et McDonald’s appliqué au graphisme urbain», déplore Lamarre.Les trouvailles de la tête chercheuse d’Urbania sont consignées sur un site Web où les internautes sont invités à ajouter les leurs et à comparer le graphisme de différentes villes.D’emblée, on constate qu’à Montréal et Berlin, les écoliers n’ont résolument pas la même tête.Vieilles enseignes et signes fantômes Philippe Lamarre n’est d’ailleurs pas le seul à s’émoiivoir du sort des lettres qui composent le paysage.A Berlin, il a rencontré deux femmes qui ont créé un musée, le Buchstaden Museum, pour conserver les vieilles enseignes provenant de bou- tiques berlinoises qui ferment leurs portes.A New York, on organise même des type walks pour faire redécouvrir au public le visage typographique de la Grosse Pomme, affirme Philippe Lamarre.Ces parcours urbains font le relevé des signes fantômes {?iwe\és ghost signs), ces réclames centenaires peintes en blanc sur le flanc des immeubles que le temps et les intempéries ont souvent rendues illisibles.De tels signes fantômes ornent d’ailleurs plusieurs endroits du Vieux-Montréal et du centre-ville.Même le tout nouveau panneau illuminé du Devoir, accroché au sommet du Caron Building, a récemment recouvert une de ces réclames anciennes.«Tout cela va bientôt disparaître.Pourtant, ces enseignes enrichissent et définissent le paysage montréalais, tout comme le design citoyen, qui est celui des af fiches maison, des ventes de garage, des logements à louer.Autant de bijoux qui se cachent au coin des rues», pense Lamarre.Le Devoir ¦ Pour parcourir la planète en mode typographique, rendez-vous sur le site de Philippe Lamarre kgraphisme-vernaculaire.com.Ajoutez aussi vos propres trouvailles à la galerie de photos publiées aujourdhui dans Le Devoir en envoyant vos fichiers photo Oibres de droits) ainsi qu’une brève description kpupitreweb@ledevoir.com.Notre galerie sera mise à jour quotidiennement Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition d'organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9" etage Montreal (Quebec) H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n° 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.