Le devoir, 30 mars 2010, Cahier A
SECTEUR PUBLIC: L’ESPOIR D’UN REGLEMENT RENAIT Page A 3 -?www.ledevoir.com ?- Le Devoir Vol.ci N ° 6 8 ?LE MARDI 30 MARS 2010 I,I0$+TAXES= 1,25 57 VLADIMIR FEDORENKO RIA NOVOSTI/AGENCE FRANCE-PRESSE Des secouristes au chevet d’un blessé peu après les attentats suicide qui ont fait au moins 38 morts hier dans deux stations de métro de Moscou.La politique sécuritaire de Poutine ébranlée Le Caucase est de nouveau montré du doigt après les attentats d’hier à Moscou Le double attentat suicide commis hier matin dans le métro de Moscou a fait au moins 38 morts et plus de 60 blessés.Il a été condamné de façon unanime.Le geste n’a pas encore été revendiqué, mais les autorités russes soupçonnent des extrémistes du Caucase.Il démontre que la politique sécuritaire du premier ministre Vladimir Poutine n’a pas réussi à extirper le terrorisme.CLAUDE LEVESQUE \ A l’automne 1999, après une série d’explosions à Moscou, Vladimir Poutine déclenchait la seconde guerre de Tchétchénie, jurant de «buter les terro- ristes jusque dans les chiottes», même si la piste tchétchène n’avait pas été prouvée hors de tout doute.Hier, après le double attentat suicide dans le métro moscovite, le premier ministre russe a réitéré sa promesse, la métaphore en moins: «Les terroristes seront anéantis», a-t-il déclaré.Les attaques d’hier n’ont pas été revendiquées, mais les autorités russes ont vite montré du doigt les extrémistes du Caucase, une région qui comprend la Tchétchénie et les petites républiques voisines du Daguestan et de l’Ingouchie.Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un coup dur porté à la réputation de Vladimir Poutine, qui a bâti toute sa carrière politique sur sa réputation d’homme VOIR PAGE A 8: POUTINE Les femmes kamikazes, arme de la rébellion islamiste en Russie, page B 5 ¦ L’éditorial de Serge Truffant, page A 6 Rapaille : « c’est raté», dit Labeaimie La Ville de Québec met fin au contrat ISABELLE PORTER Québec — C’est fait: la Ville de Québec a mis un terme hier au contrat qui la liait à Clotaire Rapaille pour revoir son image de marque.Reste maintenant aux deux parties à s’entendre sur un arrangement financier.«Ça n’a pas marché, c’est raté, on est désolés», a répété le maire Régis Labeaume lors d’un point de presse dans les locaux de l’organisme de développement économique Pôle-Québec-Chaudière-Appa-laches avec qui la Ville s’était lancée dans l’aventure.Le président de cet organisme, Cari Viel, et le chef de cabinet du maire, Louis Côté, s’étaient entretenus avec M.Rapaille plus tôt pour régler l’affaire.«Nous avons eu une conversation jranche et honnête et en sommes venus à la conclusion que, mutuellement, on mettait fin au contrat», a dit M.Viel.D’après lui, M.Rapaille n’aurait pas été difficile à convaincre de la nécessité d’interrompre le mandat et se VOIR PAGE A 8: RAPAILLE ¦ L’éditorial de Marie-Andrée Chouinard, page A 6 Régis Labeaume Clotaire Rapaille JACQUES NADEAU LE DEVOIR ECONOMIE La papetière Domtar se retire du secteur forestier À lire en page B 1 ACCUEIL BONNEAU Le sous-finaucement met des services en péril À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 4 Idées .A 7 Avis publics.B 6 Météo.B 5 Culture.B 8 Monde .B 5 Décès.B 4 Mots croisés.B 8 Economie.B 1 Sudoku.B 5 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 JACQUES DEMARTHON AGENCE FRANCE-PRESSE Un autoportrait de Lucian Freud, l’une des œuvres que le peintre expose au Centre Pompidou.Le petit-fils de Freud expose de nouveau à Paris CAROLINE MONTPETIT Paris — De la chair: une chair pleine, ridée ou marquée, portant son âge.Une chair d’hommes, de femmes, d’enfants, de chien même.Une chair nue bien sûr.C’est le sujet de prédilection du peintre Lucian Freud, petit-fils de Sigmund Freud, exposé au Centre Pompidou de Paris jusqu’au mois de juillet prochain.On dit que c’est l’artiste vivant le mieux payé au monde.Que sa toile Benefits Supervisor Sleeping, qui représente une femme nue, énorme, assoupie sur un divan, une main sous son sein, VOIR PAGE A 8: EREUD Uarmée canadienne après 2011 L’ONU voit le Canada au Congo, les États-Unis, en Afghanistan ALEC CASTONGUAY L?Organisation des Nations Unies (ONU) a discrètement demandé au gouvernement canadien de déployer des Casques bleus au Congo en 2012, après son retrait d’Afghanistan.Et Ottawa ne ferme pas la porte â cette possibilité.Selon les informations obtenues par Le Devoir de différentes sources canadiennes, la demande — pour l’instant non officielle — est venue du Département des opérations de maintien de la paix de rONU tard l’automne dernier.Les Nations unies souhaiteraient même que le Canada prenne la tête d’une mission reconfigurée au Congo.Depuis, les hauts gradés des Forces canadiennes étudient différents scénarios qui permettraient â Ottawa de répondre â cette demande.La requête dç l’ONU arrive au même moment que celle des Etats-Unis, qui veulent toutefois que le Canada poursuive son engagement en Afghanistan.Hier, dans une entrevue au réseau VOIR PAGE A 8: CANADA RENE HOMIER-ROY EN SEMAINE 5H30 Aujourd’hui à 8h35: l’ultime réunion du C.A.de Louis Morissette.Réalisation : Nadia Peiellon #95,1 PREMIERE CHAINE FM Radio-Canada.ca/biennneilleur 77831302381714 Jean-Luc Brassard, champion de ski acrobatique porte-paroie de ia Francofête 2010 SOIREE DES MERITES ET DES PRIX FRANCOPUB 2010 «Le français, une langue tout en mouvement»: c’est sur ce thème que s’est déroulée, du 5 au 28 mars, la 14^ Francofête, organisée par l’Office québécois de la langue française et ses partenaires, dont le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.Au programme de cette célébration du français et de la francophonie : la Soirée des Mérites et des prix Francopub, qui a eu lieu le 24 mars, à Montréal.Plusieurs distinctions y ont été décernées à des organisations et à des personnes qui ont fait rayonner la langue française dans leur milieu.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain y a aussi décerné le nouveau Mérite du français dans la PME à une entreprise de moins de 50 employés qui fait rayonner le français dans son milieu.BRAVO AUX LAURÉATS! m La Francofête célébration du français et de la francophonie du 5 au 28 mars 2010 ,,, VAVw.fTancofete.qc.ca MERITES DU FRANÇAIS DANS LES TECHNDLDGIES DE L’INFDRMATIDN tic ri (es ' lnürc^i.1 t ÊÉT V/ - MULTIMÉDIA - APPRENTISSAGE EN LIGNE, JEUX ET LUDACTICIELS -GRANDE ORGANISATION Ubisoft Divertissement pour ie jeu vidéo Assassin’s Creed II M.Pierre Casgiain, conseiller en francisation, Office québécois de la langue française; M.André d'Orsonnens, président du conseil d'administration d’Alliance numérique; Chloé Dodinot, coordonnatrice développement durable et communication, Ubisoft; M.Martin Bergeron, chargé des relations publiques et porte-parole, Office québécois de la langue française; M'"' Nathalie Verge, conseillère aux affaires gouvernementales, Ubisoft APPLICATION LOGICIELLE -GRANDE ORGANISATION Département de pharmacie / CHU Sainte-Justine pour le développement d’une application relative au processus de numérisation des préparations orales non stériles de médicaments M'"‘ Uette D’Amours, directrice du mariœting et des communications, CEFRIO; M.Denis Lebel, pharmacien.Département de pharmacie / CHU Sainte-Justine; M.Jean-Marc Forest, pharmacien.Département de pharmacie / CHU Sainte-Justine; M'"° Lisette Charland, conseillère en ttancisation, Dfhce québécois de la langue française; M'"' Joanne Dinelle, gestionnaire Affaires publiques et générales.Financière Sun Life; M'"° Isabelle Goyer, résidente en phanmacie.Département de phannacie / CHU Sainte-Justine; M'"’ Gabrielle Feriand, résidente en pharmacie.Département de pharmacie / CHU Sainte-Justine SITE INTERNET - PETITE ET MOYENNE ORGANISATION Conseil du médicament pour son site Internet M"'^ Lisette Charland, conseillère en francisation.Office québécois de la langue française; M.Patrice-Guy Martin, président-idirec-teur général.Réseau ACTION Tl; M'"' Maggie Charest-Poulin, conseillère en communication.Conseil du médicament; M"'° Kim Tardif, réviseure linguistique et graphiste.Conseil du médicament; M"'" Nicole Martel, présidente-directrice générale, Association québécoise des ter^nologies SITE INTERNET - GRANDE ORGANISATION L’Hôpital de Montréal pour enfants pour la nouvelle section de Traumatologie de son site Internet M.Carlo Galli, coordonnateur de traumatologie, L’Hôpital de Montréal pour enfants; M"" Usa Grilli, coordonnatrice de traumatologie, [Hôpital de Montréal pour enfants; M'"° Usa Dutton, chef des relations publiques et des communications, L’Hôpital de Montréal pour enfants; M'"' Johanne Boucher, Association de l’industrie de la langue; M.Jean-François Feriand, journaliste, DiidCÈniiÉmatifie-, M'"^ Usette Charland, conseillère en ttancisation.Office québécois APPLICATION LOGICIELLE -PETITE ET MOYENNE ORGANISATION Solutions documentaires GESTAR et Dexero pour l’application logicielle OmniDokêEntieprise M.Azim Mandjee, conseiller en francisation des technologies de l'information.Office québécois de la langue française; M.Michel Roberge, président et chef de la direction, GESTAR; M.Pierre Chadi, directeur, région du Québec, Microsoft Une mention spéciale a été décernée au journal Le Devoir pour la refonte de son site Internet MERITES DU FRANÇAIS AU TRAVAIL, DANS LE CDMMERCE ET DANS L’ADMINISTRATIDN I /tlcriicé * a g.yg î I AU TRAVAIL ET DANS LE COMMERCE - GRANDE ENTREPRISE Siemens Canada Limitée M"'' Nathalie Giroux, chargée de comptes, Siemens Canada limitée; M"'' Joanne Dinelle, gestionnaire Affaires publiques et générales, Rnancière Sun Life; M"'' Danièle Zalloni, coordonnatrice de la francisation, Siemens Canada limitée; M'"° Diane Poitras, directrice régionale.Ressources humaines, Siemens Canada limitée; M"” Marie-Claude Du Perron, conseillère en francisation.Office québécois de la langue française; M"" Danielle Feriand, directrice générale adjointe de la francisation et du traitement des plaintes.Office québécois de la langue française AU TRAVAIL ET DANS LE COMMERCE -PETITE ET MOYENNE ENTREPRISE PharmAthene Canada M'"° Chantal Larouche, consultante et mandataire de l'entreprise pour la francisation, PharmAthene Canada; M'"° Annie St-Yires, gestionnaire aux ressources humaines, PharmAthene Canada; M.Cari Turcotte, directeur associé aux opérations, PharmAthene Canada; M.David P.Wright; président et chef de la direction, PhannAthene Canada; M.Daniel Tremblay, conseiller en francisation.Office québécois de la langue française; M"" Joanne Dinelle, gestionnaire Affaires publiques et générales, Rnancière Sun Ufe; M'™ Danielle Feriand, directrice générale adjointe de la francisation et du traitement des plaintes.Office québécois de la langue française DANS L’ADMINISTRATION Commission des lésions professionnelles M.Jean-François ClémenL président.Commission des lésions professionnelles; M"*' Joanne Dinelle, gestionnaire Affaires publiques et générales.Financière Sun Ufe; M"*' Hélène Curodeau, technicienne en information.Commission des lésions professionnelles; M"'' Karine Bédard, conseillère en francisation.Office québécois de la langue française; M"'' Une Corriveau, secrétaire générale.Commission des lésions professionnelles; M"'' Isabelle St-Pierre, responsable des communications.Commission des lésions professionnelles; M'"^ Danielle Feriand, directrice générale adjointe de la francisation et du traitement des plaintes.Office québécois de la langue française MERITES EN FRANCISATIDN DES NDUVEAUX ARRIVANTS LES PRIX FRANCDPUB MÉRITE DU FRANÇAIS DANS LA PME PERSONNE IMMIGRANTE NON FRANCOPHONE M.Veaceslav (Slava) Lapin M.Jacques Leroux, directeur des politiques, des programmes, des partenariats et de la promotion de la ttancisation, ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles; M.Veaceslav (Slava) Lapin, docteur en science politique et auteur-compositeur-interprète originaire de Moldavie PERSONNE ŒUVRANT DANS LE DOMAINE DE LA FRANCISATION DES IMMIGRANTS M'"' Nélida Pinto M"” Nélida Pinto, conseillère experte et chargée de projets, services d’intégration en ligne, ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles; M.Jacques Leroux, directeur des politiques, des programmes, des partenariats et de la promotion de la francisation, ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles faia PARTENAIRE INSTITUTIONNEL OU COMMUNAUTAIRE EN FRANCISATION Centre d’appui aux communautés immigrantes M.Jacques Leroux, directeur des politiques, des programmes, des partenariats et de la promotion de la francisation, ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles; M"'° Anait Aleksanian, directrice générale.Centre d’appui aux communautés immigrantes ENTREPRISE Systèmes médicaux Intelerad M™ Nancy-Élizabeth Mundy, coordonnatrice des ressources humaines.Systèmes médicaux Intelerad; M.Jacques Leroux, directeur des politiques, des programmes, des partenariats et de la promotion de la francisation, ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles; M'"° Julie Chalifour, généraliste des ressources humaines.Systèmes médicaux Intelerad GRAND PRIX FRANCOPUD -DOURSE SERGES-TQUGAS Campagne télé L’Institut texto de Marketel pour Rogers Cédric AudeL rédacteur de l'agence Marketel (absent) M.Simon St-Germain, superviseur, Marketel; M'"° Danielle Tremblay, membre du jury; M'"° Magalie Samson, directrice artistique, Marketel; M'"° Thérèse Laferrière, conseillère en francisation, Dffice québécois de la langue française; M.Hubert Sacy, président, agence bleublancrouge Q J3J /'tlcriir /rtr/t, i ^ PRIX FRANCOPUD - PRIX DU PUDLIC Campagne d’automne, ARTY François Jean, concepteur-rédacteur, AHIV M.Guy Bertrand, premier conseiller linguistique, Radio-Canada; M.François Jean, concepteur-rédacteur, ARfV; M.Benoît Pilon, vice-président création, agence Tank Centre Régional de Récupération et de Recyclage Laval M'"' Chantal Bouvier, vice-présidente Stratégie et affaires publiques.Chambre de commerce du Montréal métropolitain; M'"’ Jocelyne Arbic, directrice générale.Centre Régional de Récupération et de Recyclage Laval Une mention spéciale a été décernée à la Compagnie tiiéâlrale du Centaur.PRIX CAMILLE-LAURIN M.Raynald Gagné M'Richard Baril, secrétaire par intérim de l’Office québécois de la langue française; M.Raynald Gagné, producteur de télévision, lauréat; M"'' Monique Connier, vice-doyenne aux affaires professorales, Faculté des arts et des sciences.Université de Montréal, membre de l’Office québécois de la langue française SONY.Microsoft A'^PoTe fî# ©URobERT La remede a tous vos mote.I û i i r IV» V., I- LAROUSSE xerox £) CISCO.LES ÉDITIONS UEfiSE Canon ro'l LES EDITIONS DE i al U HOMME Une compagnie de Québécor Media Financière Sun Life Office québécois de la langue française ^ 1 ES ES Québec El El Avec la participation du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles LE DEVOIR, LE MARDI SO MARS 2010 A 3 ACTÜALITES Choisir ses batailles 'i iVllUJd Michel David Il fallait entendre les cris d’orfraie poussés par le PQ en mai 1993, quand le gouvernement Bourassa a fait adopter la loi 86, qui autorisait l’affichage commercial bilingue.Le père de la loi 101, Camille Laurin, ne trouvait pas de mots assez forts pour dénoncer cette ignominie: «une tragédie, une catastrophe, un désastre.».Dans son esprip c’était «le début de l’effondrement».M.Laurin ajoutait: «Il faut vraiment être colonisé pour trouver cela normal.Il faut avoir une longue habitude de la soumission, de la renonciation à sa propre personne pour accepter une chose comme celledà.» Devant un aussi grand péril, il n’était pas étonnant qu’au mois d’août suivant, les délégués au congrès national du PQ adoptent une résolution qui exigeait qu’un gouvernement péquiste rétablisse les dispositions originelles de la Charte de la langue française adoptée en 1977.PourtauL entre son arrivée au pouvoir, en septembre 1994, et son retour dans l’opposition en avril 2003, le PQ n’a pourtant rien fait pour corriger ce «désastre».Les militants qui réclamaient que l’on applique la décision du congrès ont été qualifiés de radicaux, sinon de boutefeux.Le gouvernement Bouchard a même tripoté un rapport qui avait été commandé à l’ancien président du Conseil de la langue française Michel Plourde et à la politologue Josée Legault pour le rendre moins alarmiste sur la situation à Montréal.11 est vrai qu’après avoir tendu la main à la communauté anglophone dans son célèbre discours au théâtre Centaur, Lucien Bouchard pouvait difficilement revenir à la règle de l’unilinguisme, mais ni Jacques Parizeau ni Bernard Landry n’ont même parlé de renforcer la loi, si l’on excepte l’adoption de la loi 104 pour éliminer les écoles-passerelles.En réalité, ils se sont rendu compte que le compromis proposé par la loi 86, qui prévoyait la «nette prédominance» du français, satisfaisait la majorité des Québécois, naturellement réfractaires aux mesures draconiennes, au risque de pécher par bonasserie.La réaction de l’opposition péquiste au projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables dans les différents ministères et organismes gouvernementaux rappelle — en moins apocalyptique, il est vrai — celle de 1993.Comme l’était la loi 86, le projet présenté mercredi dernier par la ministre de la Justice, Kathleen Weil, se veut un compromis.Cette fois-ci, entre la laïcité intégrale et un vide qui s’apparente au laisser-faire.Qn a fait grand état d’un sondage Angus Reid-The Gazette selon lequel 95 % des Québécois (et 80 % des Canadiens) approuvent l’obligation d’avoir le vis^e découvert pour toute personne qui donne ou qui reçoit des services gouvernementaux.Certes, il est assez distrayant de voir confondus les commentateurs du RQC, qui y voyaient une autre manifestation de notre intolérance légendaire.11 ne faut cependant pas faire dire au sondage ce qu’il ne dit pas.Même si le gouvernement Charest n’a pas voulu aller plus loin que l’interdiction du niqab ou de la burqa, cela ne signifie pas que des restrictions supplémentaires seraient nécessairement mal reçues au Québec.Dans son édition de dimanche, The Gazette faisait état d’un autre sondage, commandé à Léger Marketing par l’Association d’études canadiennes, selon lequel 75 % des Québécois s’opposaient à ce que les élèves musulmanes portent le hijab dans les écoles publiques.11 est probable que la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, qui proposait d’interdire le port de signes religieux aux magistrats et procureurs de la Couronne, aux policiers et aux gardiens de prison, ne poserait pas problème.De là à imposer la laïcité intégrale, comme le propose aujourd’hui Mme Marois, sans même que le PQ ait tenu de véritable débat, c’est une autre histoire.Si la famille souverainiste est divisée sur la question, on peut penser que la société québécoise l’est au moins autant.À défaut d’être en mesure de tenir un référendum sur la souveraineté, Mme Marois a décidé, avec un certain succès, de réinvestir le champ identitaire, qu’André Boisclair avait abandonné à Î’ADQ.Encore faut-il bien choisir ses batailles.A courir trop de lièvres.Tout le monde ou presque reconnaît l’importance de poser certaines balises, en particulier pour assurer Légalité entre les sexes.Même si l’on peut y voir une question de principe, imposer la laïcité intégrale ne répond cependant à aucune nécessité immédiate.Un éventuel gouvernement péquiste pourrait dépenser son énergie à meilleur escient S’il existe présentement une menace à l’identité québécoise, elle vient bien davantage de la détérioration de la situation du français, en particulier à Montréal, à laquelle le gouvernement Charest semble indifférent Pauline Marois s’est engagée à présenter une «nouvelle loi 101», qui étendrait notamment les dispositions de la Charte de la langue française aux entreprises de moins de 50 employés, ce qui n’est pas une mince tâche.Est-il plus préoccupant qu’une fonctionnaire du ministère des Transports porte un hijab ou que la moitié des élèves allophones qui terminent leurs études secondaires choisissent de s’inscrire à un cégep anglais?mdavid@ledevoir.corn Nouvel élan dans les négociations du secteur public La rencontre entre les syndicats et les ministres permet d’espérer un règlement d’ici avril LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY MARCO BÉLAIR-CIRINO Le Eront commun SISP-CSN-F^PQ qui représente 475 000 employés de l’État a dit avoir bon espoir d’en arriver, d’ici à quelques jours, à une entente négociée d’une nouvelle convention collective.Les sept chefs syndicaux sont sortis ragaillardis, hier soir, de la rencontre de «la dernière chance» avec la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, et les ministres de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, et de l’Éducation, du Loisir et du SporL Michelle Courchesne.Le gouvernement a accepté de retirer «ses récupérations», alors que le Eront commun s’est pour sa part engagé à cibler ses priorités aujourd’hui.«On aura [seulement] trois ou quatre demandes par table», a fait savoir le président de la FTQ, Michel Ar-«Ce serait senault, au terme du huis , clos.«C’est une très grande agréable avancée.Il y avait de nom- niièbop breuses demandes», a fait re- au yueoec marquer Mme Gagnon- d’avoir pour Trembla,y.La présidente de la CSN, une fois une Claudette Carbonneau, s’est .réjouie du «ton de la négocia- convention tion, y compris à la table cen-11 ^ traie [qui] est fort différent de cuiiecuve [qu’elle] a connu par le pas- négociée du’il y a encore une volonté de la part du gou-avec les vernement d’avoir un règle- , ment négocié duns les premiers employes jours d’avril.Ça, c’est fort im- .I»A, , portant pour nous autres», a ae 1 liiai.» Arsenault.- Michel ^ gouvernement de Jean Charest propose des augmenta-Arsenault, FTQ lions salariales et des améliorations des conditions de travail de 2,3 milliards de dollars (7 %) sur cinq ans alors que le Eront commun, qui réunit les syndicats de la SISP (CSQ, EIQ, SEPQ, APTS et SPGQ), de la CSN (ESSS, EEESP, ENEEQ et PP) ainsi de la FTQ (SCFR SQEES, SEPB et UES), réclame une hausse de 11,2 % sur trois ans.«Ce serait agréable au Québec d’avoir pour une fois une convention collective négociée avec les employés de l’État.Depuis 40 ans, les négociations sont difficiles», a affirmé M.Arsenault Douche froide Par contre, la journée avait bien mal débuté.La publicité défendant une entente «raisonnable et responsable» parue dans les journaux d’hier a eu l’effet d’une douche froide pour le front commun qui accuse Québec de vouloir sabrer les conditions de travail des travailleurs sans rien offrir en retour.Qualifiée dî«odieuse» et de «mensongère», la publicité parue dans les journaux d’hier occulte tous les reculs que l’on veut imposer aux travailleurs, ont déploré les syndicats.Une gifle ressentie plus particulièrement par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) 'S: JACQUES NADEAU LE DEVOIR Réunies en conseil fédéral extraordinaire, les déléguées de la FIQ ont massivement appuyé l’appel à la lutte de leur présidente hier.«Notre survie en dépend», a fait valoir Régine Laurent, sous un tonnerre d’applaudissements.qui a carrément retiré sa confiance au ministre de la Santé, Yves Bolduc.Les professionnelles en soins, qui dénoncent depuis plusieurs années leurs conditions de travail pénibles, ont trouvé la pilule particulièrement difficile à avaler.Réunies en conseil fédéral extraordinaire, les 500 déléguées de la FIQ ont applaudi à la décision de leur présidente, Régine ÉaurenL de claquer la porte de la table sectorielle pour ne pas avoir à «accepter l’inacceptable».Rassurée par les membres du gouvernement de Jean Charest, la FIQ a fait volte-face en annonçant, hier soir, qu’elle regagnerait la table à compter d’aujourd’hui.Les conditions de travail des infirmières sont déjà «abjectes et inhumaines», avait fait valoir plus tôt Mme Laurent, qui affirme que Québec fait tout pour les détériorer davantage.«Il va jusqu’à vouloir changer les règles en créant des postes de 35 à 40 heures de manière à payer le temps supplémentaire à taux simple.» Pire, le comité de négociation a opposé une tin de non-recevoir au réaménagement du temps de travail comme à la tin des agences privées dans le réseau, avait ajouté Mme Laurent, qui croit que ce gouvernement court «à la catastrophe».«Nous hypothéquons nos vies personnelles pour pallier vos irresponsabilités», a-t-elle lancé.Son discours a été repris sur un ton un peu plus conciliant, mais tout aussi pressant, par la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ).Sa présidente, Monique Bélanger, a pressé le comité patronal de donner sa chance à son projet de réaménagement du travail.Elle a par la même occasion demandé au ministre Bolduc de renoncer aux «offres inacceptables» formulées jusqu’ici.Creuser la pénurie La Fédération des professionnèles affiliée à la CSN a renchéri en dénonçant le dépôt patronal qui, selon elle, ne peut qu’accentuer les problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui minent le réseau.«En détériorant encore plus nos conditions de travail, l’appel du privé pour nos membres ne sera que plus tentant», s’est inquiétée la vice-présidente de la fédération, Ginette Langlois De passage à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a balayé leurs inquiétudes du revers de la main.11 s’est dit au contraire sûr de conclure une entente à la faveur de ce dernier sprint.«Dans toute grande négociation, le temps devient un élément important et c’est souvent à la fin qu’on réussit à avoir un dénouement heureux.» Le Devoir Avec La Presse canadienne E N BREF Conflits d’intérêts: la CCQ veut resserrer ses règles Québec — La Commission de la construction du Québec (CCQ) va resserrer ses règles afin d’éliminer les possibilités de conflits d’intérêts de ses employés qui ont des liens familiaux avec la Fédération des travailleurs du Québec ou d’autres organisations du secteur.Le président et chef de la direction de la CCQ, André Ménard, a reconnu hier que, même si tout fonctionne bien à la CCQ, les liens personnels de certains membres de son organisation peuvent nuire aux apparences.Lors d’une entrevue à La Presse canadienne, M.Ménard a affirmé que la CCQ avait l’intention d’améliorer son code d’éthique afin d’implanter des balises plus précises relativement à d’éventuels conflits d’intérêts reliés aux liens familiaux de ses employés.Aucune directive écrite n’existe actuellement pour que les employés, notamment ceux affectés aux enquêtes, s’abstiennent de traiter des dossiers impliquant des membres de leur famille.- La Presse canadienne Froid à propos de l’Arctique Chelsea — Le Canada s’est retrouvé seul au micro pour vanter l’issue des discussions de sa rencontre internationale sur l’Arctique, hier, au terme d’une journée qui semble ^’être soldée par un différend, avec les États-Unis.La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, n’a pas participé à la conférence de presse de clôture de la réunion, qui rassemblait, en Qutaouais, les ministres des Affaires étrangères de cinq pays côtiers du continent nordique.Au cours de la journée, hier, Mme Clinton a dit regretter que les pourparlers n’aient pas inclus des groupes autochtones, ni d’autres pays côtiers (comme la Suède, la Finlande et l’Islande), car ceux-ci lui auraient af fumé être déçus de ne pas participer.- La Presse canadienne Congédié?Voyez B François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 # ROLEX OYSTER PERPETUAL DATEJUST EN ACIER ET OR JAUNE 18 CARATS Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 30 MARS 2010 ACTUALITES Gel des impôts des entreprises Les conservateurs ne font qu’une bouchée de la proposition d’Ignatieff Une hausse fiscale nuirait à la création d’emplois, critique Baird HELENE BUZZETTI Ottawa — En promettant de geler le taux d’imposition des entreprises s’il est élu, le chef libéral, Michael Ignatieff, a donné aux conservateurs les munitions qu’ils attendaient.Sans surprise, les troupes de Stephen Harper se sont attaquées à sa proposition hier, mettant en garde les électeurs contre un éventuel gouvernement libéral qui compromettrait la création d’emplois en haussant toutes les taxes et tous les impôts.Lors de la période de questions hier après-midi, le chef libéral a demandé au gouvernement pourquoi il s’entêtait à «offrir des réductions d’impôt corporatif que le pays n’a pas les moyens de se payer».La réplique partisane ne s’est pas fait attendre.«Le Parti libéral a eu tout un week-end placé sous le signe des taxes», a lancé le ministre des Transports John Baird, qui répond lorsque le premier ministre n’est pas en Chambre.«Les libéraux veulent augmenter les taxes sur tout.Es veulent augmenter la TPS.Es veulent augmenter les taxes sur la masse salariale avec leur idée de l’année de travail de 45 jours.Maintenant, ils veulent augmenter les impôts de ceux qui créent des empbis et augmenter les taxes sur les investissements.Cela n’aidera pas la création d’emplois.» Dimanche, Michael Ignatieff s’est engagé à maintenir le taux d’imposition des entreprises au niveau où il sera rendu quand il prendra le pouvoir.Ce taux I BLAIR GABLE REUTERS Dimanche, Michael Ignatieff s’est engagé à maintenir le taux d’imposition des entreprises au niveau où il sera rendu quand il prendra le pouvoir s’élève à 18 %, mais les conservateurs ont promis de le ramener à 16,5 % le 1er janvier prochain, et à 15 % l’année suivante, déficit ou pas.A 18 %, les libéraux dégageraient une marge de manœuvre hnancière de 5 à 6 milliards de dollars par année.Pas de hausse de taxes Le Parti libéral n’a jamais proposé de ramener la TPS à 7 % malgré ce que martèlent les ministres.En outre, c’est le gouvernement conservateur qui augmentera les taxes sur la masse salariale en prévoyant trois hausses de cotisations à l’assurance-em-ploi.Le budget 2010 évalue que ces hausses rapporteront 2,4 mil- liards de dollars de plus l’année prochaine.Dans trois ans, les revenus de l’assurance-emploi auront augmenté de 52 %.Qu’importe: les conservateurs disent défendre «un ordre du jour d’emplois et de croissance» contre les libéraux qui défendent un «ordre du jour de taxes».Le NPD a félicité le Parti libéral de se prononcer contre les baisses d’impôt des entreprises.«Cette approche casse-cou de réduction aveugle des impôts des entreprises les plus grosses et les plus profitables met en péril nos finances nationales», dit le chef, Jack Layton.Il reproche toutefois à M.Ignatieff de se contredire puisqu’il aurait voté contre le gel du taux des entreprises il y a quelques jours.En fait, le vote concernait de manière générale le budget et ne faisait pas référence aux taux d’imposition.Le NPD a fait campagne en 2008 pour ramener le taux d’imposition à 22,12 %, son niveau de 2007.La position du NPD a depuis évolué: il est question d’un gel à 18 % pour l’instant Le chef du Bloc québécois n’a pas voulu se prononcer directement sur le gel des impôts des entreprises.«E faut voir l’ensemble de la fiscalité.On ne peut pas prendre une mesure isolée des autres», a dit M.Duceppe.Le Devoir Les députés se résignent à cesser leurs envois postaux En modifiant ses règles, Ottawa économisera plus de 5 millions de dollars par an HELENE BUZZETTI Ottawa — L’époque des envois postaux ultrapartisans commandités par les députés fédéraux tire à sa hn.La Chambre des communes a décidé hier que les élus à Ottawa n’auraient plus le droit d’envoyer, aux frais des contribuables, des dépliants à l’extérieur de leur circonscription.Il s’agit d’une économie d’au moins 5,1 millions de dollars par année.Les députés ont le droit d’envoyer à leurs commettants des documents les informant de leurs activités.Ils avaient aussi le droit d’envoyer des dépliants à l’extérieur de leur circonscription, en théorie pour atteindre d’anciens électeurs, en pratique pour attaquer leur adversaire politique.Ces envois étaient illimités.Les élus conservateurs sont devenus les champions toutes catégories de ces envois extérieurs, dépensant chacun en moyenne plus que le double des autres élus.En 2008, leurs envois avaient engendré une facture de 6,3 millions de dollars à la Chambre des communes.Quelques jours avant le déclenchement de l’élection de 2008, 60 000 dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion avaient été distribués — sans frais pour le Parti conservateur.En 2008, leurs envois avaient engendré une facture de 6,3 millions Ce sont ces envois extérieurs que le bureau de régie interne de la Chambre, auquel siège un représentant de chaque parti politique, a décidé d’abolir.Les nouvelles règles entreront en vigueur le 1“ avril.Quant aux envois à l’intérieur de sa circonscription, un député sera désormais limité à 60 000 pages par année.La Chambre économisera au minimum 5,1 millions de dollars en frais d’impression, évalue le député libéral Marcel Proulx, sans compter les frais de transport qu’assumait Postes Canada.Enhn, les envois par enveloppe affranchie seront aussi plafonnés à l’équivalent de trois fois le nombre de portes que compte une circonscription.Cette technique, beaucoup plus chère car elle requiert une enveloppe et un timbre contrairement aux envois de masse, permet d’atteindre les électeurs avec beaucoup plus de précision.Le NPD la privilégiait Rappelons que le Parti conservateur a retourné sa veste dans ce dossier.Il y a deux semaines, les troupes de Stephen Harper ont voté contre l’abolition des envois.Le premier ministre avait mis les libéraux au déh de cesser leurs envois à eux sans vouloir faire de même.Le Devoir Charest défendra le budget avant Bachand ROBERT DUTRISAC Québec — Lait exceptionnel, c’est le premier ministre Jean Charest qui montera le premier sur une tribune pour défendre le budget préparé par le ministre des Pinances, Raymond Bachand.Demain à Québec, Jean Charest prononcera une allocution devant la Chambre de commerce de Québec pour vanter les mérites du budget présenté aujourd’hui.Habituellement, le premier ministre du Québec laisse au ministre des Pinances le soin de faire le «service après-vente» eu égard au budget.Ainsi, c’est au ministre que reviendrait la tâche de faire la tournée des chambres de commerce.Cette fois-ci, Raymond Bachand passera derrière son patron et ce n’est que jeudi qu’il s’adressera à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Il y a un peu plus d’une semaine, Jean Charest avait encore une fois éclipsé son ministre des Pinances en accordant pour la première fois des entrevues «prébudgétaires» aux grands quotidiens.L’importance de ce Camps d’été DEPUIS 1983 CAMPS D’IMMERSION EN ANGLAIS Pour étudiants de 7 à 17 ans Centre-ville de Montréal et Toronto Pour information: Centre-ville de Montréal et Toronto à Toronto: (416) 921-6998 Camp de jour et résidence a Montréal: (514) 531-4193 www.mwscamps.com office@mwscannps.coiTi «bu^et charnière» justifiait cette initiative médiatique sans précédent, a-t-on expliqué l’entourage du premier minisfre.Lors de la prise de photo rituelle à ses bureaux, hier, le ministre des Pinances, Raymond Bachand, a affirmé que le budget qu’il dépose aujourd’hui n’était pas «traditionnel».Au lieu d’arborer des souliers neufs, M.Bachand portait des souliers qui sortaient de chez le cordonnier et qu’il avait cirés lui-même.Le cirage et le papier journal étaient à ses pieds, pour l’image, mais ses mains étaient immaculées.Poussant la métaphore, le ministre a aussi montré ses nouvelles lunettes «parce qu’on espère que les Québécois vont vraiment avoir de la clar- té dans leurs finances publiques».«C’est un budget qui prend des décisions et qui fait des choix pour l’avenir du Québec», a fait valoir Raymond Bachand.Selon le ministre, depuis cinq mois, le Québec connaît le «plus grand débat budgétaire de son histoire», débat qu’il a lancé en octobre dernier.Il a remercié les médias, et en particulier TVA, qui ont alimenté le débat et préparé l’opinion publique.«Les Québécois ont un sens plus aigu des finances publiques, de la dette de la province, de ce qui doit être fait.Es se sont exprimés clairement.Us auront des réponses claires», a assuré Raymond Bachand.Le Devoir - -a ¦3^- - CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Plutôt qu’une paire de souliers neufs, le ministre des Finances, Raymond Bachand, portait à ses pieds des chaussures qui avaient séjourné chez le cordonnier et qu’il avait lui-même cirées.Toutefois, les mains du ministre étaient immaculées.Consultation générale Sur le projet de loi n° 94, Loi établissant les balises encadrant les deinandes d’accoirimodennent dans l’Administration gouvernementale et dans certains établissements La Commission des institutions tiendra des auditions publiques sur le projet de loi n° 94.COMMENT PARTICIPER • Organismes : mémoire écrit • Citoyens : mémoire écrit ou intervention sans mémoire Pour plus de détails, consultez le site Internet de l’Assemblée ou communiquez avec le secrétaire de la Commission.QUAND Les auditions débuteront le 18 mai 2010.OÙ Â l’hôtel du Parlement, à Québec.DATE LIMITE Les mémoires et les demandes d’intervention doivent être reçus au plus tard le 7 mai 2010.La Commission choisira ensuite les personnes et les organismes qu’elle entendra.^SEMBLEE nATIOBALE QUÉBEC Place aux citoyens assnat.qc.ca M.Yannick Vachon, Secrétaire de la Commission 1035, rue des Parlementaires, Québec QC G1A1A3 Téléphone: 418 643-2722 Télécopieur : 418 643-0248 Courriel : ci@assnat.qc.ca Numéro sans frais: 1 866 DÉPUTÉS (337-8837) E N BREF Réno d’urgence Vétuste et exiguë, l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dans l’est de Montréal sera agrandie et réaménagée en profondeur, a annoncé hier le ministre de la Santé, Yves Bolduc.Le projet de 64,2 millions portera la superficie de l’urgence à 12 492 mètres carrés.L’urgence comportera 57 civières, dont quatre dites «de choc» pour les cas les plus instables.L’urgence pédiatrique aura ses propres locaux.Les travaux devraient commencer au printemps 2011 pour se terminer environ deux ans plus tard.Le ministre a par ailleurs noté une diminution de plus de 57 % du nombre de personnes sur civières depuis plus de 48 heures au cours des dernières semaines.Selon lui, ces chiffres indiquent que les mesures mises en place par l’établissement, de concert avec l’Agence et son ministère, ont réussi à remettre l’urgence sur les rails.- Le Devoir Cette semaine, votre magazine télé sur le monde universitaire vous propose : La séquestration géologique du CO2 * Les cellules souches • Les ressources hydriques Campus Mercredi 21 h 30 En rediffusion : jeudi 13 h 30, vendredi 18 h 30 canal SAVOIR POUR TOUT SAVOIR : WWW.CANALSAVOIR.TV PARTENAIRE MÉDIA : LE DEVOIR LE DEVOIR, LE MARDI SO MARS 2010 A 5 ACTUALITES LE BUDGET DU QUÉBEC 2010 Aujourd'hui, voyez deux émissions spéciales en direct de l'Assemblée nationale.?Radio-Canada.ca/budget DÈS 15H30 LES FAITS SAILLANTS ET RÉACTIONS AVEC PATRICE ROY ET SON ÉQUIPE A18H15 LES ANALYSES DE GÉRALD FILLION ET DE SES INVITÉS À RDI ÉCONOMIE ITINERANCE L’Accueil Bonneau ne suffit plus à la tâche Le sous-financement chronique pourrait mettre en péril certains services LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Accueil Bonneau ne fait ' pas que remplir les ventres creux depuis 133 ans.11 nourrit aussi les âmes et les esprits des itinérants montréalais qui s’y pressent par centaines chaque année.Or, ces services se sont construits au fil du temps sans que le gouvernement emboîte le pas.Un désengagement qui met aujourd’hui en péril certains services essentiels, a dénoncé hier son administration.Sur les 2,3 millions nécessaires annuellement au fonctionnement de l’Accueil Bonneau, près de 90 % dépendent des collectes de fonds privés.Or, le centre de jour a dû bonifier ses services au cours des dernières années pour répondre aux besoins de plus en plus pointus de la clientèle montréalaise, explique son directeur général, Aubin Boudreau.Cette mission plus complexe a été confirmée dans le Plan d’action interministériel en itinérance 2010-2013 déposé en décembre dernier.Le plan doté d’une enveloppe de 14 millions tarde toutefois à se mettre en place, laissant à découvert une foule de services, qui mobilisent une part grandissante de l’énergie dépensée par l’organisme.«Le visage de l’itinérance a radicalement changé ces dernières années.Les problèmes de consommation sont toujours présents, mais ils sont souvent accompagnés de troubles mentaux.La moitié de notre clientèle en souffre», explique M.Boudreau.Un peu malgré lui, L’Accueil Bonneau a donc dû prendre le relais des gouvernements en offrant, en plus du couvert et des vêtements, un accompagne- «Le visage de l’itinérance a radicalement changé ces dernières années» ment psychosocial aux itinérants dans le but de favoriser leur réinsertion sociale.Des services spécialisés qu’il ne peut pas assurer seul.«Ce sont des choix qui nous dépassent et que l’État doit assumer lui aussi», croit M.Boudreau.800 à 1000 repas Chaque jour, L’Accueil Bonneau sert entre 800 et 1000 repas.Son centre de jour voit passer quotidiennement 200 personnes.Une petite proportion (165) est suivie plus étroitement et logée dans l’une des quatre maisons de logement de l’organisme.S’ajoute aussi un suivi psychosocial serré pour 250 autres.Le tout réalisé avec des bouts de ficelle et une enveloppe de seulement 150 000 $ octroyée par l’Agence de la santé de Montréal.«C’est loin d’être suffisant», calcule le directeur général de l’organisme.Pour vraiment répondre aux besoins de la clientèle, ce dernier estime qu’il faudrait porter cette enveloppe à 500 000 $ cette année, puis à 800 000 $ d’ici 2013.Autrement, ce sera le déficit, une issue qu’il refuse, lui qui s’est déjà résolu bien malgré lui à boucler l’année 2009 avec un déficit de 350 000 $.Ces derniers mois, les cris d’alarme poussés par les grands refuges leur ont permis d’obtenir un soutien gouvernemental accru.L’Accueil Bonneau estime que c’est au tour des centres de jour d’être entendus.«Les grands refuges sont importants, mais les centres de jour ne le sont pas moins», a dit M.Boudreau qui invite le public à aussi y mettre aussi du sien.Le Devoir ENQUETE DU CORONER Dany Villanueva n’a rien vu du drame Le frère de la victime était occupé à se débattre BRIAN MYLES Dany Villanueva avait beau se trouver au cœur de la tragédie, il n’a absolument rien vu quand le policier Jean-Loup Lapointe a abattu son jeune frère, Fredy, le 9 août 2008 à Montréal-Nord.L’aîné était trop occupé à se débattre afin d’échapper à une arrestation qu’il jugeait arbitraire.Après Fredy Villanueva et Jean-Loup Lapointe, Dany Villanueva est le principal protagoniste de la tragédie de Montréal-Nord.Refoulant ses larmes à quelques reprises, il a confirmé hier lors de son témoignage qu’il a vivement résisté à son arrestation.Par contre, il a nié avoir porté des coups au visage de Lapointe.Le patrouilleur avait plaqué Dany Villanueva au sol, et il tentait de lui passer les menottes, lorsqu’il a décidé d’ouvrir le feu en direction de Fr,edy Villanueva et de ses amis.A ce moment précis, Dany ne voyait pas son frère et le reste du groupe.11 a cependant entendu la voix distinctive de Fredy, qui a crié au policier: «Qu’est-ce que tu fais là?Lâche mon frère.» Après avoir entendu les coups de feu, Dany Villanueva a vu l’agent Lapointe, accroupi au-dessus de lui, tenir son arme.11 a alors tourné la tête pour apercevoir le corps de Fredy, inerte.«Tas tiré sur mon frère», a-t-il lancé.A son souvenir, Jean-Loup Lapointe a répondu: «Oui, je le sais.Arrête de compliquer les choses.Calme-toi.» Une minute auparavant, Jean-Loup Lapointe arrivait dans le stationnement de l’aréna Henri-Bourasssa, en compagnie de son équipière du jour, Stéphanie Pilotte.11 était encore assis dans sa voiture lorsqu’il a crié à Dany Villanueva: «Toi viens ici, je JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lors de son témoignage hier, Dany Villanueva a confirmé avoir résisté à son arrestation le jour de la tragédie.Il a toutefois nié avoir porté des coups au visage du policier Jean-Loup Lapointe.t’ai vu jouer aux dés.» Le ton a vite monté, a reconnu Dany Villanueva.Celui-ci jure qu’il avait cessé de jouer aux dés depuis une bonne quinzaine de minutes lorsque Lapointe a fait irruption.11 s’est énervé et il s’est mis à gesticuler.Selon Dany Villanueva, La-pointe ne lui a jamais demandé son nom.11 a tout de suite tenté de procéder à son arrestation, sans lui dire le moindre mot.Jean-Loup Lapointe prétend au contraire qu’il a sommé Dany Villanueva de décliner son identité afin qu’il puisse lui remettre un constat d’infraction aux rè- glements municipaux.Dany Villanueva avait de bonnes raisons de ne pas révéler son identité et de résister à son arrestation.Ancien membre du gang des «rouges» (il dit l’avoir quitté à sa sortie de prison en 2006), il était sous le coup d’une probation en août 2008.En raison de ses antécédents (vol et possession d’une arme prohibée), l’Agence des services frontaliers avait entrepris une enquête afin de le renvoyer dans son pays d’origine, le Honduras, pour grande criminalité.Le Devoir Immigration; davantage de réfugiés.pour le moment Une refonte du système de demandes d’asile pourrait limiter le nombre de candidats HELENE BUZZETTI Ottawa — Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, a annoncé hier que le Canada accueillerait 2500 réfugiés de plus par année qu’auparavant.Toutefois, une refonte en profondeur du système de demandes d’asile, qui doit être annoncée ce matin, pourrait avoir l’effet inverse.Le nombre de réfugiés parrainés passera donc de 10 000-12 000 à 14 500.11 est question ici de personnes entassées dans des camps de réfugiés à l’étranger ou des taudis en milieu urbain que le Canada accepte de faire venir dans le cadre d’un programme international de relocalisation de ces populations.Cette annonce n’aura aucun effet sur les demandeurs d’asile, ceux qui fuient la persécution par eux-mêmes et demandent l’asile en arrivant à la frontière canadienne, soutient le ministre.M.Kenney doit toutefois annoncer ce matin une réforme en pro- fondeur du système qui pourrait avoir comme effet de refermer un peu la porte.«Notre approche sera équilibrée», a-t-il dit Le ministre s’apprête à créer deux catégories de demandeurs: ceux provenant de pays jugés sûrs et ceux provenant de pays jugés dangereux.Les demandes de ces derniers seront traitées plus rapidement.11 reviendra au ministère de décider quels pays sont jugés «sûrs».Le ministre Kenney estime que certaines personnes utilisent le système de réfugié pour contourner le système d’immigration.11 en veut pour preuve les demandes en provenance de la Hongrie.«Tan dernier, nous avons reçu 2533 demandes d’asile provenant de Hongrie, un pays démocratique de l’Union européenne.Seulement trois ont été acceptées.97% des demandeurs retirent leur demande une fois arrivés.Ceci m’indique qu’il y a un abus généralisé du système.[.] Nous ne protégeons pas ces gens, nousfacilitons la criminalité.» Les partis d’opposition s’in- quiètent d’im tel système à deux vitesses, faisant valoir que tous les cas devraient être évalués à leur mérite.On note par exemple que la Hongrie compte une population importante de Romç se sentant persécutés par leur EtaL tout démocratique soit-il.Les experts de la question des réfugiés estiment que M.Kenney a fait une annonce positive hier pour mieux enrober son projet de loi ce matin.Le Devoir Montréal s’exhibe à Shanghai La métropole vantera le complexe Saint-Michel à l’Exposition universelle JEANNE CORRIVEAU Montréal tentera de mettre en valeur ses atouts à l’Exposition universelle de Shanghai qui se déroulera du T mai au 31 octobre prochain.Pour l’occasion, la Ville de Montréal a choisi de vanter les mérites du Complexe environnemental de Saint-Michel, l’ancien dépotoir qui sera transformé en vaste parc urbain d’ici 2020.Montréal est l’une des quelque 50 villes sélectionnées pour participer à l’Exposition universelle de Shanghai oû 70 millions de visiteurs sont attendus.En conférence de presse hier, le maire Gérald Tremblay et le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, ont dévoilé la programmation des activités entourant la participation de Montréal à l’qvénement international.A l’aide de projections vidéo et d’une maquette, l’Espace Montréal présentera aux visiteurs la métamorphose de l’ancien dépotoir de la carrière Miron converti en centre environnemental et en parc.Plusieurs activités à caractère culturel sont prévues, cjont des spectacles du Cirque Eloize ainsi que des concerts de la violoniste Angèle Dubeau et de l’ensemble La Pietà.Une exposition regroupant une quinzaine d’artistes montréalais en art contemporain est également au programme.Un vol direct Shanghai Montréal Pour Gérald Tremblay, l’Exposition universelle permettra de resserrer les liens entre les deux villes.11 a d’ailleurs annoncé hier que Montréal accueillerait bientôt un consulat général de Chine et que la méfiopole avait reçu du gouvernement chinois le statut de destination de tourisme, ce qui permettra l’établissement une liaison aérienne directe entre Shanghai et Montréal.Le maire Tremblay se rendra lui-même à Shanghai dans le cadre d’une mission économique à laquelle participera une délégation de gens d’affaires du 8 au 18 mai.Son périple le mènera à Hong Kong, Shanghai et Guangzhou.Les coûts de participation de Montréal à l’Exposition universelle s’élèveront à 4,5 millions de dollars, dont im tiers sera assumé par le gouvernement du Québec.Le maire considère que c’est à long terme qu’il sera possible de mesurer les retombées positives de la participation de Montréal à l’Exposition universelle.Le Devoir LE BUDGET DU QUÉBEC 201D RÉACTIONS ET ANALYSES Après le dépôt du budget, nos invités l'analysent et le décortiquent.?Radio-Canada.ca/2460 ÉMISSION SPÉCIALE 24 HEURES EN 60 MINUTES CE SOIR 19H «î’RDI A 6 LE DEVOIR LE MARDI SO MARS 2010 EDITORIAL Attentats à Moscou L’expansion Une fois encore, le sang a coulé à Moscou, alors que deux femmes faisaient exploser autant de stations de métro.Cet épisode confirme, si besoin était, que la lutte entre Tchétchènes et Russes s’est étendue à tout le nord du Caucase.A peine le souffle des attentats commis hier à Moscou était-il retombé qu’ici et là, on évoquait la Tchétchénie.Quand on sait combien le contentieux entre Moscou et les habitants de cette petite république du nord du Caucase est aussi ample que profond, quand on sait également que la grande majorité des actes effectués en sol russe depuis dix ans portaient la marque de Tchétchènes, l’hjqDothèse que les attentats d’hier aient été perpétrés par ces derniers est en soi logique.A cette dernière, pourrait s’en greffer une autre tout aussi logique: les auteurs pourraient être originaires de l’Ingou-chi,e ou du Daguestan.À celles-ci, il faut maintenant en ajouter une dernière: entre ceux qui ont préparé les explosions d’hier et ceux qui les ont exécutées, il serait possible de retrouver des citoyens de ces trois républiques.Ces pays étant si éloignés de nous et ayant une influence sur les affaires du monde réduite à l’épaisseur du papier à cigarettes, on sait peu que le conflit entre la Russie et la Tchétchénie a débordé, qu’il s’est élargi à tout le nord du Caucase.Signe, parmi beaucoup d’autres, de cette expansion, le successeur de Chamil Bassaïev — il s’appelle Dokou Oumarov — ne s’est pas proclamé émir de Tchétchénie, mais bel et bien ,émir du Caucase.Son mandat, son ambition?Etendre le conflit à toutes les répu-bliques de ce coin du monde où les musulmans i ' .sont majoritaires.Depuis qu’il est à la tête d’un ii|( certain nombre de contingents d’insiugés, soit depuis 2007, les affrontements dans les pays voisins de la Tchétchénie, et notamment au Daguestan, ont passablement augmenté.Cela étant, les attentats d’hier présentent un dénominateiu commun important avec la majorité des précédents: les exécutants étaient des femmes.Contrairement à ce qui se passe au Proche-Orient depuis des lunes, les femmes, les Tchétchènes plus que les autres, sont très souvent impliquées dans les coups de force contre les Russes.Peu avant qu’il trouve la mort, Bassaïev avait assuré qu’il disposait d’un bataillon de femmes prêtes à sacrifier leur vie.Qu’il disposait donc d’une force dont ne disposent pas d’autres chefs de ^erre.Comment se fait-il que, dans cette région montagneuse, Bassaïev hier, Oumarov aujourd’hui, commandent des dizaines de femmes, les instrumentalisent selon leur bon vouloir?Selon des experts des deux offensives d’envergure menées par l’armée russe au cours des quinze dernières années, l’explication la plus probable à cette présence a trait aux viols répétés qu’elles ont subis.Certaines d’entre elles ayant même été des esclaves sexuelles.Conséquemment, ces victimes des Russes sont devenues aussi les victimes de leius coreligionnaires.Comme leur corps a été pris d’assaut par des étrangers avant le mariage, elles sont impures.11 leiu est donc interdit à vie de convoler en justes noces.En fait, tant de portes leur sont fermées qu’elles sont bannies de la société.Ajoutons à cela les cas des femmes dont les maris sont morts au combat et qui elles également ont été violées et.Sur les hauteurs du Caucase, les femmes sont victimes des Russes, de leurs concitoyens ainsi que des légendes de la religion dont les fanatiques font leur miel pour ne pas dire leur fonds de commerce.Serge Truffaut Mairie de Québec Quel fat! e maire de Québec, Régis Labeaume, s’est offert hier en spectacle dans un stupéfiant condensé d’arrogance et de mépris.11 reproche aux médias de vouloir transformer une banale erreur de jugement en feuilleton J d’humeur.Rageur, excédé, voire même hargneux, le maire renvoie le faiseur d’image Clotaire Rapaille peaufiner son CV, mais il accuse les journalistes de vouloir transformer une simple méprise en feuilleton d’humeur.L’humeur, les journalistes présents hier à la conférence de presse du maire Labeaume n’avaient même pas à la provoquer à coups de questions! Elle était là, entière et palpable, dans l’emportement d’un élu choqué de sa propre boiude, sonné par sa propre chute, mais in-ca-pa-ble de s’en amender avec élégance.Ce petit rappel: n’est-ce pas entre autres choses grâce à l’application d’un journaliste du Soleil que la fourberie de Rapaille, appelé avec grand bruit poiu psychanalyser Québec, fut dévoilée?Le maire reconnaît qu’après avoir été mis au fait de la vraie nature du sauveur Rapaille, il a jugé «inadmissible pour les payeurs de taxes» que son contrat soit honoré.Satisfait de ce bref constat, il s’impatiente l’instant d’après.Quoi?Encore des questions?11 assiste, irrité, à la fabrication médiatique — ouvrons les guillemets — A’«une grosse épisode».11 invective les reporters, repoussant leius Marie-Andrée questions avec effronterie.La journaliste du Chouinard Devoir, Isabelle Porter, s’est retrouvée hier la cible du courroux du maire, qui a associé en public son travail à «du journalisme de colonisée».Elle serait apparemment coupable d’être l’auteure d’un labeiu non complaisant et critique.Un travail journalistique.Nous le disons haut et fort: ce traitement était inacceptable et proche voisin d’une forme d’intimidation.11 est siutout digne d’un temps révolu.D’une sombre époque où les élus, avec une détestable fatuité, classaient les journalistes en deux camps, celui des bons et celui des méchants.Le maire de Québec a bâti sa popularité autour d’un caractère qui n’est pas tiède.Qpiniâtre, un brin «baveux», il est l’auteiu de quelques célèbres envolées, sur laquelle il fabrique son propre «marketing».Mais tout n’est pas qu’affaire d’image, même si le théâtre joué hier repose en grande partie sur des représentations: image de Québec, que le maire a souhaité décortiquer en faisant appel à un soi-disant spécialiste qui l’a embobiné; image de Clotaire Rapaille, passé de rédempteur à imposteiu; image de Régis Labeaume, qui se présentait hier comme un «gestionnaire d’affaires» alors qu’il est avant tout un élu! Un élu responsable doit répondre de ses actes, même s’ils naissent d’un caprice et se terminent en monumental fiasco.Un élu responsable ne peut pas transformer un exercice de reddition de comptes en joute querelleuse avec les médias, maniant l’insulte comme si cela était anodin.Un élu responsable, sous prétexte de caractère bouillonnant et de franchise, ne peut franchir certaines limites.Hier, M.Labeaume a dépassé la ligne.machouinard@ledevoir.corn LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO E 1950, Avant APPARTENU 'a u UCit^C, ATPANfPoRT# (.f (Î-InIrAu K CrAwiuÇ fw 'A bA UiftfPAP'oN.3t>oùoû$.CbotAiRr AnNonC€5 DU MA&AîiNf rCffudfR Un gouvernement exclu des séries ! Le match d’aujourd’hui (le budget) est crucial pour le gouvernement Charest, mais force est d’admettre que l’équipe actuelle est trop faible.Trop de joueurs, dont le ministre Tomassi dans les garderies, Jean D’Amour dans le lobbjùsme et la ministre Boulet dans le financement des partis politiques, semblent ne pas connaître le livre de règlements! Puis, trop de joueurs jouent de façon excentrique, comme le ministre Bachand nous disant que l’importanL c’est d’être heureux, ou encore nous parlant de révolution culturelle (?) ou la ministre Courchesne qui ne semble pas tenir sa position dans le dossier des congés scolaires.La défense ne parvient pas non plus à être étanche dans le dossier des accommodements raisonnables.Mais le pire est l’absence d’un bon plan de match, d’une vraie stratégie pour sortir le Québec du marasme actuel.L’entraînem a été trop absent ces derniers temps avec ses nombreux voyages.Nous sommes dans les grandes ligues avec une équipe de ligue de garage.Pierre Langlois Montréal, le 28 mars 2010 Le mépris de monsieur Charest À la lecture de l’excellent texte de Roy Dupuis sur les petites centrales électriques, «Un processus défaillant» {Le Devoir, le 27 mars 20f0), j’ai appris que les soumissions (pour obtenir un permis d’aménagement d’une chute) seront confidentielles et que tous les documents soumis le seront aussi.Tous les projets soumis qui sont conformes seront acceptés et feront l’objet d’un «octroi immédiat».Et cela, sans aucune balise en- LETTRES vironnementale donnée, peu importe que la chute soit dans un parc.Je ne peux m’empêcher de penser que M.Charest récompensera encore ainsi encore des amis qui ont garni la caisse électorale de son parti, bref, qui lui donnent la partie de son salaire qui vient du PLQ.Le mépris avec lequel M.Charest refuse de répondre à toutes les questions à l’Assemblée nationale et aux journalistes, refuse une commission d’enquête sur la construction, refuse une transparence qui nous enlèverait nos doutes sur le copinage pour avoir un permis de garderie, des contrats, ce mépris me met en colère et me fait vivre un sentiment d’impuissance totale.J’ai beau demander à ma députée des ré-ponses à mes questions, rien n’y fait.Même Gil Courtemanche («Les temps sont durs».Le Devoir 27 mars) nous informe qu’il a vu et entendu un entrepreneur dire qu’il devra se résigner à fournir plus que ses 3000 $ annuellement au Parti libéral s’il veut
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