Le devoir, 20 mars 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MARS 2010 DANSE Edgy Women ou.la fiesta des femmes fiyées Page E 4 CINEMA Ghost Writer, le nouveau Polanski Page E 9 CULTURE I I I I I I I I I I I I I I :00:14.6 K’ I À w K K Jour 5 Le cinéaste Robert Morin ODILE TREMBLAY Depuis plus d’un quart de siècle, il tisse une œuvre à nulle autre pareille, à cheval sur toutes les ambivalences, où le noir n’est jamais tout à fait noir et où le blanc est toujours taché.Une œuvre qui rejette en des formes éclatées la moindre zone de confort et ravage les bonnes consciences.«J’aime le cinéma d’ambiguïté, affirme Robert Morin.Le cinéaste de Papa à la chasse aux lagopèdes et de Petit Pow! Pow! Noël précise être allergique aux personnages à la psychologie primaire, alors que l’être humain est si complexe, avec tant de coins d’ombre.«Disons que je préfère Shakespeare à James Cameron.C’est cette ambiguïté à la frontière de l’amour, de la haine et de la responsabilité qui me fascine.Mes films démontrent à quel point on aime mal et à quel point on s’en justifie toujours.» Plongeant une fois de plus le spectateur en plein malaise, il secoue à travers Journal d’un coopérant le mjThe de l’aide internationale.Le gouffre Ce film a déjà fait couler beaucoup d’encre, puisque le cinéaste avait entrepris de le diffuser en fragments sur le Web, appelant l’internaute à modiber son cours.Une première du genre.«La construction du film le permettait.Chaque jour avait son chapitre livré au fur et à mesure.» Mais l’expérience fut moins concluante que prévu.11 espérait recevoir de ses correspondants des scènes vidéo signib- JACQUES GRENIER LE DEVOIR catives à incorporer peut-être au blm.«J’ai surtout reçu des messages écrits, la plupart sans une expérience de coopération, histoire de se rendre utile.Mais les renseignements glanés sur la coopération internationale lui firent découvrir d’alarmantes statistiques (présentes dans le blm), démontrant à quel point les fonds servent surtout à raffermir les liens économiques des anciennes colonies et que, mal distribués, ils font plus de mal que de bien.Ça l’a refroidi.Lors du tournage A’Un dimanche à Kigali, sur lequel sa conjointe Andrée-Line Beaupar-lant travaillait comme directrice artistique, il s’était rendu au Rwanda, avait observé les grosses cabanes des Blancs et la misère des pauvres, également tous ces bonshommes âgés avec des «Je voulais faire un autre film à la première personne, mettant en scène un personnage fragile qui s’expose» grand intérêt.Les gens qui s’expriment sont plutôt conservateurs et veulent du Walt Disney.Si f avais suivi leurs avis, f aurais eu un happy end.Certains croyaient l’action réelle et ne voyaient pas que je tournais une fiction.Mais environ 2 % des commentaires m’ont été utiles pour mieux définir la psychologie de mon personnage.» Après la sortie de son film Que Dieu bénisse l’Amérique, Morin avait eu envie de vivre petites filles de seize ans.Des conversations avec un ami qui avait fait de la coopération ont achevé de plomber à ses yeux le phénomène.Exit son projet d’exil momentané.«Je voulais faire un autre film à la première personne, mettant en scène un personnage fragile qui s’expose.Journal d’un coopérant fut écrit en une semaine au Mexique, mais 50 % de sa matière est restée alors que le reste se transformait au fil du tournage et du montage.J’ai respecté en tout cas toutes mes intentions initiales.» Dans Journal d’un coopérant, Robert Morin se met lui-même en scène en technicien québécois rempb au départ de bonnes intentions qui part travailler en Afrique dans un pays non identi-bé (on a tourné à Bujumbura, au Burundi) pour une ONG qui installe des stations radios.Son héros se bfrne avec une caméra subjective et capte des images de son quotidien en Afrique.Mais la corruption, la violence du pays, les désillusions de tous ordres et ses doutes transformés en certitudes sur l’inefficacité du système, sans oublier ses pulsions personnelles qui le poussent vers une préadolescente, l’entraînent dans un gouffre.«J’ai utilisé l’ellipse pour les scènes de sexe.C’était plus fort Ce que je désirais avant tout était de créer une métaphore entre l’aide internationale et le rapport aux enfants», précise Morin.Voyager léger Son blm fut tourné avec une petite caméra HD, une miniéquipe et lui comme acteur, ce qui s’avérait plus simple.Seule la jeune actrice Jani Alban avait été sélectionnée à Montréal.Les autres interprètes, français ou africains, furent choisis sur place.«Mon intention n’était pas de montrer une Afrique d’extrême misère ou postgénocidaire.Plutôt celle de tous les jours.L’accent devait être placé d’abord sur un petit monsieur qui perd ses illusions.» Ce qui n’empêche pas des scènes dramatiques: ce procès fait au mari d’une femme à qui il a coupé les deux bras pour la punir d’être enceinte d’une fille plutôt que d’un garçon, ces jeunes rebelles armés transformés en bandits des grands chemins qui volent et parfois tuent les occupants des véhicules, etc.«Pour la question de la pédophilie, j’ai consulté des psychologues.Le personnage fait partie de ceux qui tombent amoureux des enfants.D’autres ne font que les exploiter à des fins sexuelles.» Le cinéaste affirme avoir éprouvé un grand plaisir à incarner ce personnage ambigu qui passe du docteur Jekyll à monsieur Hyde.«Ce fut le plus grand rôle de ma vie et je l’ai poussé à la hauteur de mes limites.» Robert Morin, membre fondateur de la Coop Vidéo de Montréal, a l’habitude de voyager léger.Journal d’un coopérant fut réalisé avec 900 000 $, mais son projet, longtemps laissé en friche, de tourner 4 soldats, une adaptation du roman d’Hubert Mingarelli, film de guerre qui réclame un budget de 3,5 millions, sera déposé en septembre.11 a toujours plusieurs fers au feu de toute façon et peut aussi bien réaliser bientôt sa propre adaptation du Docteur Jekyll et monsieur Plyde avec une minicaméra et des moyens de fortune.Le Devoir E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MARS 2010 CULTURE Gouffre à combler Odile Tremblay Plusieurs voix s’élèvent ces temps-ci, affolées par le gouffre qui se creuse entre une culture de transmission et la plongée contemporaine dans un cyberespace aux méandres infinis.Les nouvelles technologies agissent comme un tremblement de terre, jetant bas les anciens modes de savoir, caducs paraît-il, et les contenus culturels itou, sans qu’on comprenne vraiment où le navire s’en va.La vitesse des communications sur un clic de souris est si accélérée que la concentration a du mal à garder son rythme.Alors, lire un livre jusqu’au bout.Je veux ajouter ma voix à ce concert d’inquiétudes.Ces questions sont capitales et les dangers en vue, énormes.Pareille rupture sans précédent dans l’histoire de l’Occident mériterait à elle seule une commission d’enquête et un brasse-méninges en mode aigu.Ce débat aurait d’ailleurs tout intérêt à dépasser le simple combat des anciens et des modernes dans un choc générationnel, pour tenter d’évaluer les prohts et les pertes de la dérive des continents.Avant d’assassiner Mozart, vieux barbon diront certains — Certes! certes! mon ami, mais encore?—, offrons-lui à tout le moins un procès équitablq.Quant à dénigrer les nouvelles technologies.A quoi bon?Elles offrent un accès illimité à des millions de connaissances, poussent au survol en mode fragmenté, tissent des liens, mais virtuels, changent nos rapports aux autres.On a des ventouses au bout des doigts, alors que le tapis culturel nous glisse sous les pieds.Le bilan des dommages au royaume des an- ciens s’alourdit toujours.C’est la lecture des classiques, l’écriture manuscrite qui foutent le camp après le reste: les arts de la scène traditionnels, théâtre, opéra et compagnie, attirant un public globalement plus vieux.Cette semaine, La Presse dévoilait les lignes de nouvelles modifications des programmes d’enseignement au secondaire.Depuis des décennies au Québec, réformes sur réformes ont surtout conduit à niveler par le bas et à former des incultes en série, tant l’effort n’a plus la cote en matière scolaire.Au point où plusieurs cégé-piens se demandent quelle utilité peut bien avoir l’acquisition d’une culture générale dans leur plan de carrière.Personne n’ayant su les convaincre du contraire.Qu’il reste des jeunes assez curieux pour se bâtir un fonds culturel envers et contre tout, en mariant les acquis aux nouveaux modes de transmission, projette un rayon de lumière dans cette nouvelle noirceur, mais ils ne font plus nombre ni poids.«Le passé pèse trop lourd pour s’en encombrer dans ses bagages, assurent certains.C’est la course en avant.Les temps ont changé.Notre nouvelle culture a autant d’importance que l’ancienne, etc.» Air connu, mais peu convaincant.Qn est quand même en train de sacriher collectivement un legs des siècles passés de façon étourdie, sans réfléchir aux conséquences, fous d’ivresse au volant.Alerte! Savourer à 16 ans La Romance du vin de Nel-ligan ou L’Adieu d’Apollinaire est un voyage vers la beauté, la révolte et toute la mélancolie du monde.Qffrons-les en pâture encore et toujours aux ados.Pour l’inspiration, la vie intérieure, le niveau de conscience à élever sur le trajet de la vie.Durant des millénaires, la transmission du savoir s’est faite par tradition orale au foyer et dans la communauté immédiate, sur les bancs d’école quant au reste.Cette école désormais en perte de sens.Le vieil héritage des siècles passés avait de Daniel Brière et Alexis Martin www.nte.qc.ca/fin LA Ville des deux paix : ^ LA PAIX CÉLESTE I ET LA PAIX TERRESTRE | i m , ^ JORDI SAVALL & —^ ' Montserrat Figueras AVEC HESPÈRIONXXI H _ IA Capelia reial de Catalunya Al darweesh PLACE DES Arts SALLE WILFRID-PELLETIER JEUDI 29 AVRIL 2010 À 20 H WWW.TRAQyENAKr.CA ' WWW.LAPLACEDESAKrS.COM ““"(SébecBB Le cinéaste Robert Morin nettoyé les os de la culture, pour ne laisser que la substantihque moelle: les artistes qui méritaient de passer à la postérité, les faits historiques saillants, les grandes mythologies, cadeau du passé à chaque modernité qui grimpait dessus pour mieux voir au loin.Au balai, les méthodes éprouvées! Mais pourquoi?Qui, pourquoi ne pas marier outils modernes et bagages anciens?Rien ne l’interdit.Faut-il vraiment mettre en veilleuse les complaintes de Villon, les Gymnopédies de Satie, la lumière des tableaux de Vermeer, les images cristallines de La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer pour se sentir moderne?Je parlais avec le cinéaste Robert Morin cette semaine, qui lance son fdm Journal d’un coopérant, au départ servi en feuilleton sur le Web.Les nouvelles technologies, il en joue sans cesse, mais il les considère avant tout comme un moyen, estimant aussi qu’il est trop JACQUES GRENIER LE DEVOIR tôt pour évaluer leurs dangers et leurs bienfaits sur nos sociétés.Aux yeux du cinéaste, même Marshall MacLu-han, qui sut saisir que le média est le message, eut du mal à percevoir les impacts de la télévision, dont l’implantation était en son temps trop récente.«La télé a aidé le Québec à sortir de la religion, mais a brisé les liens des familles», estime aujourd’hui Morin.Plus facile d’ausculter un patient quinquagénaire comme le petit écran que le Web tout jeunot.Faute de recul.Hélas! les mutations sont si rapides qu’on n’a plus le temps d’attendre avant de donner des coups de barre.D’où l’espoir du moment d’arrêt, de la réflexion collective.Sur la Toile et ailleurs, tous médias unis, en se demandant enhn où on s’en va et s’il est bien sage d’y courir avec des oeillères devant notre ordi.otremblay@ledevoir.corn 201©-2011 ^ajdi Mouawad Direction artistique Québec ! 28 SEPT.AU 2 OCT.20 AU 23 OCTOBRE 23 AU 27 NOVEMBRE 8 AU 11 DÉCEMBRE Albert Camus / Stanislas Nordey Gaétan Nadeau / Jacques Brochu, Marie-Stéphane Ledoux cSg/T uAt/Ede/ cRoAAæ/ Yasushi Inoué / François Girard 9îtaT qxiT me/pia/i£2/ cv moT-frtamc/ (JctnA/ ^^utuA/ Marie Brassard 16 AU 19 FÉVRIER 25 FÉVRIER 8 AU 12 MARS 30 MARS AU 2 AVRIL Emma Haché §tcjx(icn/DLj/tpeA/?Yann Martel ‘^Q/iitd/cLe/Aa£(Lat/ Alioune Ifra Ndiaye / Jean-Louis Sagot-Duvauroux / Patrick Le Mauff cSa/cêtAiV Jennifer Tremblay / Marie-Thérèse Fortin 12 AU 16 AVRIL Wajdi Mouawad ŒiÆatAy (La/ AaLàxin/ 613-947-7000 # 620 CENTRE NAnONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE FORFAIT 5 PIECES : à partir de 100 $ "DlcLcd/-!- piuiLiA Avww.cna-nac.ca/tf LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MARS 2010 E 3 CULTURE THEATRE Le plaisir de faire tomber les masques Martine Beaulne met en scène le deuxième texte à quatre mains d’Isabelle Vincent et Sylvie Drapeau, Les Saisons MICHEL BELAIR Le succès Avaler la mer et les poissons — 130 représentations un peu partout au Québec sur une période de quatre ans — n’expiique pas tout: ii y a ie piaisir aussi.Le piaisir de se sentir compiices, de se faire confiance au point d’écrire un seui et même texte.Non?C’est ia première question qui est sortie toute seuie et qui s’est posée sur ia tabie entre nous pendant que nous nous instaiiions tous ies trois (Martine Beaulne, la metteure en scène du spectacle, est là avec Isabelle Vincent) dans la salle de réunion de l’Espace Go en début de semaine, alors que le soleil explosait au-dessus de la ville.Conversation animée autour de la parole des femmes, du dur temps qui passe et des grandes questions qui font de notre vie ce qu’elle est.Rien de moins.Huis clos C’est Isabelle Vincent qui amorce tout cela, en se lançant dans une longue tirade au cours de laquelle elle réussira à résumer l’action de la pièce tout en expliquant les deux axes sur lesquels l’histoire se déploie et les grands enjeux mis en relief par le spectacle.Clairement.En à peine quatre ou cinq minutes, nous voilà plongés tous les trois au cœur du problème, dans ce passage presque brutal de la ruralité à l’urbanité, de la tradition à la modernité, puisque quatre sœurs se retrouvent, aujourd’hui en plein hiver, dans la ferme familiale pour célébrer le 80® anniversaire de leur père.Avec absence de la mère à la clé.Et violente tempête de neige.Concrètement et symboliquement.D’où le huis clos et le syndrome de «l’enfer, c’est les autres» qui s’installe.En n’oubliant surtout pas que tout cela parle de vérité, de masques qui tombent, d’identité et de transmission.Oufffffff.Parce que c’est dans ce cadre bien précis, celui de la famille et des liens «automatiques» qui s’y tressent — la plus jeune, la moins cela, la liseuse, la plus ceci.—, que tout cela se passe.La famille et les images toutes faites que l’on a de ses sœurs, de ses frères, de ses parents, et qui changent si peu.C’est Martine Beaulne, je crois, qui parle du «temps fixé» dans ces fausses images et qui n’a rien à voir avec le temps qui passe.Ma mère parle de mes sœurs qui sont dans la cinquantaine avancée en disant «lespetites».«Tout cela est évidemment exacerbé par le fait que la mère n’est pas là», poursuit la metteure en scène attitrée du tandem Vincent-Drapeau, qui avait aussi signé Avaler la mer et les poissons.«C’est d’abord ce vide de l’absence de la mère que l’on perçoit.C’est elle qui fait les liens, d’habitude, entre les membres de la famille; c’est la médiatrice, celle qui parle et réconcilie.Elle n’est pas là et la tempête se lève dans la grande maison autant qu’à l’extérieur.» «Il y a la figure du père que l’on voulait creuser, aussi, reprend Isabelle Vincent.La figure du père qui a travaillé la terre toute sa vie et dont aucun des enfants ne prendra la relève.Surtout que l’héritage et la succession posent des problèmes compliqués.Pour qui a-t-il fait tout ce travail?C’est aussi une réflexion sur la transmission.Sur le genre de valeurs que le père incarne aussi par rapport à ce que vivent et ce que pensent ses filles; la tempête qu’ils traversent est une tempête identitaire.» Et il y a aussi, bien sûr, l’écriture à quatre m / Isabelle Vincent et Martine Beaulne mains, ce fascinant phénomène que je n’arrive absolument pas à saisir.Comment fait-on?Bon! Prendre le temps Recentrage.Rires aussi.C’est cool ce qui se passe dans la cage vitrée suspendue dans la lumière de ce glorieux après-midi.Comme Isabelle Vincent joue aussi dans le spectacle, elle explique que c’est tout à fait bizarre de se détacher de son personnage et de reprendre la vue d’ensemble de l’auteur.Mais comme j’insiste et qu’elle est super gentille, elle revient sur la «technique» d’écriture à deux qu’elle a développée avec Sylvie Drapeau au cours des ans.Première règle: pas de chasse gardée.Elles écrivent vraiment à deux tous les personnages comme toutes les situations.«L’écriture, c’est une pulsion: ça vient.Ça s’impose.Ce coup-ci, c’est venu de moi: fai envoyé un courriel à Sylvie pour lui proposer d’écrire un deuxième texte et elle a dit oui.Nous avons d’abord défini un cadre; celui de la famille.Tout de suite, le père et ses quatre filles sont apparus.Puis le thème du passage des saisons, lié aux filles, s’est imposé; le passage du temps aussi et la présence du monde tout autour, du social.Nous avons échangé beaucoup à ce niveau-là parce que, si l’on veut tout écrire sans se réserver de personnages ou de petits coins à part, il faut tout se dire.Savoir de qui et de quoi nous parlons: bien connaître tout le monde.Ce premier jet-là, les premières rencontres qui ont suivi entre Sylvie et moi précisément autour de ce projet, ça remonte à mars 2006.» Martine Beaulne, elle, a le texte en main depuis un peu plus d’un an et demi.«C’est rare que l’on a l’occasion de prendre le temps comme on l’a pris là, raconte-t-elle.Depuis les premières lectures avec Jean-Denis [Leduc, de La Licorne, qui a tout de suite accepté le projet] jusqu’aux ateliers Des auteures d’AVALER LA MER ET LES POISSONS ESPACE GOLES SAISONS % D&SYLVIE DRAPEAU + I8ABELLÆ VINCENT DU 23 MARS AU 24 AVRIL 2010 AVEC ISABELLE VINCENT + ANNICK BERGERON + MICHEUNE BERNARD + MISE EN SCÈNE MARTINE BEAUl SOPHIE CADIEUX + PIERRE COLLIN unecoproductionthEAtredelamanufacture+espacego JACQUES GRENIER LE DEVOIR ensuite que nous avons tenus toutes les trois, en passant par tout le travail de répétition, cette création est un objet que nous avons façonné ensemble.» Isabelle Vincent précisera que tout cela est maintenant tellement tissé serré que personne ne peut dire qui a écrit telle ou telle réplique.«C’est une magnifique et trop rare parole de femme sur le monde, poursuit Martine Beaulne.Un matériau auquel nous avons toutes ensemble donné, je crois, une belle cohérence.On souhaiterait que cela se produise plus souvent.Que les paroles de femmes soient plus présentes sur nos scènes et que, en même temps, l’on ait toujours autant de temps à consacrer à une production.» Toutes deux insistent pour souligner l’attitude d’ouverture de tous ceux et celles qui ont travaillé sur le plateau des Saisons, de Pierre Collin qui joue le père aux quatre filles (Annick Bergeron, Micheline Bernard, Sophie Cadieux et Isabelle Vincent), en passant par l’équipe de concepteurs.Ne reste plus qu’à aller voir et entendre tout cela.Le Devoir LES SAISONS Texte de Sylvie Dr^au et Isabelle Vincent mis en scène par Martine Beaulne.Une coproduction La Ma-nuiacture-Espace Go présentée du 23 mars au 24 avril dans la grande salle de l’Espace Go.514 8454890 THEATRE Kick Cola KICK Texte d’Etienne Lepage mis en scène par Michel-Maxime Legault.Une produçtion duTTiéâtre de la Marée haute présentée aux Ecuries (7285, rue Chabot) jusqu’au 27 mars.ALEXANDRE CADIEUX En octobre dernier, le Théâtre PàP créait l’ambigu Rouge gueule, une série de monologues souvent percutants et cyniques livrés par des personnages à propos desquels on apprenait au final peu de choses.Afin de faire naître scéniquenient Kick, son nouveau texte, le dramaturge Etienne Lepage s’est cette fois tourné vers Michel-Maxime Legault et sa jeune compagnie, le Théâtre de la Marée haute (Kvet-ch, Tjop Dogs).De cette rencontre accueillie par les Ecuries naît un spectacle qui s’avère plutôt tonique et riche en glucides, mais dont la valeur nutritive réelle reste à prouver.La scénographie de Julie Deslaurlers évoque par la bande les modules de jeu que l’on trouve dans les parcs où les ados aiment glander; 11 s’agit de grandes structures rectangulaires percées de trous qui deviennent parfois refuges ou tribunes.Lorsque les éclairages d’Anne-Marie Rodrlque Lecours les transpercent, 11 se forme sur la scène un espace en clair-obscur où les silhouettes des acteurs Isabeau Blanche, Marie-Claude Glroux, Sébastien Leblanc, Gabriel Lessard, Joachim Tanguay et Marie-Eve Trudel se meuvent et se croisent, masse anonyme d’où surgiront tour à tour les prises de parole.Le texte aux phrases hachées et rythmées donne à entendre les élucubrations d’un voleur à l’étalage, d’un couple d’amoureux gnangnan, d’une philosophe de 15 ans et d’une jeune amatrice de faits divers, pour ne nommer que ceux-là.Il en découle une sorte de radiographie moins sociologique que ludique des préoccupations et des modes d’expression des adolescents contemporains.SI on reconnaît la forme maîtrisée de Rouge gueule et certains thèmes comme la cruauté ordinaire et la violence sourde, ce nouvel opus de Lepage n’Instllle pas le même trouble que son prédécesseur.Legault a efficacement Insufflé une énergie juvénile à la production, notamment grâce à sa collaboration avec la chorégraphe Caroline Laurln-Beaucage.Les explorations gestuelles qui ponctuent Kick sont tissées dans un alliage de nonchalance et de verdeur, recréant ainsi cette dégaine propre aux jeunes gens, qui se colore Ici parfois d’un brin de hlp-hop.Par ce travail sur le corps performatif, le jeune metteur en scène ouvre un nouveau chantier d’exploration, lui qui fut davantage attiré jusqu’ici par des œuvres européennes aux structures dramatiques un peu plus classiques.Tout ceci pour dire que Kick constitue un objet théâtral d’une belle cohérence et qui descend bien, apte à dérider et à étonner, même si son propos et son dialogue Interdisciplinaire ne viennent pas ébranler outre mesure les Idées reçues sur le sujet abordé.Collaborateur du Devoir USINE @ PRÉSENTE du 16 mars au 3 avril Après avoir conquis le monde entier avec Rain, Nebbia et Cortéo, Daniele Finzi Pasca est de retour à Montréal avec son spectacle solo.À ne pas manquer ! « Tour de force d'un acteur seul, dans ce spectacle où le rire et l'émotion côtoient la poésie et la fiction.Un réel enchantement.» - journal du nord vaudois (suisse] « Acteur, clown, improvisateur, diablotin, cet artiste accomplit sous nos yeux rien de moins qu'un miracle, le miracle du théâtre.» - le devdir « Vbu would have to be dead inside not to be touched by this stunning piece and i can only urge you with all my heart to go and see it.» - THEATRE REVIEWS (EDINBURGH, UK] « Icaro leaves a sens of wonder and delight not felt since childhood.» - THE SCOTSMAN (EDINBURGH, UK] « Nous avons ri, pleuré et applaudi longuement ce magnifique spectacle » - novedades (Mexique] [ splendeur!.] L témoin, je | \ prendre a la théâtrale privilégiée.| I c A R O MOHIBÊAl THEATRE ESPACE G 489Ô^ÔÎj^ÂÎÎÎ^^ÜrËÎÎt 514 845-4890 ESPACEGO ADMISSION 514 790 PARTENAIRE PRIVILEGIE AU RE NT, MÙWTRÉAL JEGO.COM 1245 ADMISSIoV.COM QUEBEC usine-c.com BILLETTERIE 514 521-4493 ADMISSION 514 790-1245 E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MARS 2010 CULTURE ARTS MULTIDISCIPLINAIRES Edgy Women : la fiesta des femmes fiyées CATHERINE LALONDE Attachez vos tuques, et avec de la broche: jusqu’au 28 mars, le Studio 303 présente son 17® festival Edgy Women.Une fiesta artistique pour femmes fiyées.Et un vaste échantillon de courtes formes en performances, en installations, en danse et en «arts indisciplinés».Ed^ Women est un festival artistique féministe.Mais d’un féminisme fou et festif, comme l’indique la directrice artistique Miriam Ginestier.La programmation éclatée reflète ce désir de montrer «que le féminisme n’est pas une pensée unidimensionnelle, périmée et plate.On peut être politique, frivole, ridicule même, et s’amuser!» Un exemple?Edgy Women a débuté mercredi dernier avec Neon Nightz, une soirée où The Scandelles se sont emparées de l’univers des bars de strip-tease pour en détourner la danseuse exotique et les salons privés.Eéministe, ça?«Edgy Women n’est pas un festival de revendications.C’est une célébration.C’est un lieu où l’on montre des propositions différentes sur une même scène: des artistes émergents autant que des artistes établis, des pièces intellectuelles ou des parodies, du travail ^périmental et des choses plus facilement accessibles.Je ne veux surtout pas que les artistes se sentent pris dans un ghetto ou dans une cage, que ce soit celle du féminisme ou une autre.Et je ne leur demande pas de défendre une cause.Le but, c’est de montrer du travail innovateur et multidisciplinaire qui repousse les limites.» On retrouve cette année les soirées partagées, où trois artistes se divisent le programme.Primordial vaudeville met en scène samedi et dimanche l’artiste de cirque montréalaise Krin Haglund, la performeuse torontoise Shannon Cochrane et La Zampa, un duo elle-lui de danseurs marseillais que la presse qualifie d’insolite et de chaotique.Jeudi et vendredi, des habituées d’Edgy Women: la danseuse de buto de Berlin Yumiko Yoshioka, la performeuse Lise Vigneault de Montréal et la danseuse Karen Sherman, de Minneapolis, réunies pour En On.Et mercredi, Everything I’ve Got, soirée solo pour la performeuse Jess Dobkin, de Toronto.Remises en question «Le public d’Edgy Women est extraordinaire», explique en anglais l’artiste Karen Sherman, à quelques jours d’atterrir à Montréal pour y participer.«Eou, sauvage, réfléchi et intelligent.» Sherman vient montrer Demolition Boy, un faux solo avec des personnages vidéo — «à la fin, c’est même un quatuor» — où l’artiste cherche.son gai intérieur.«L’idée est venue d’un de mes amis, homosexuel, qui s’affiche dans toute la splendeur des préjugés gais: efféminé, fashionata et formidable.Alors qu’il est pour moi la quintessence de l’homosexuel affirmé, il m’a dit un jour qu’il se sentait comme une lesbienne prise dans un corps d’homme.Et moi qui suis lesbienne, même si je n’ai aucune envie de devenir transgenre, je me suis demandé ce que ce serait que de me connec- 'gWyr., â La danseuse de buto Yumiko Yoshioka ter avec mon gai intérieur.» En résulte, dit Sherman, une performance qui remet aussi en question la notion d’art par rapport au divertissement.Et qui oscille entre les deux, s’inspirant autant des artistes Gilbert & George que de la mannequin internationale Tyra Banks.Son plus grand défi?«Disons que j’ai encore du mal avec le côté victime de la mode», dit-elle en rigolant.Pour la directrice artistique Miriam Ginestier, ce questionnement des genres est tout à fait dans l’esprit d’Edgy Women.«Je veux illustrer la complexité du féminisme avec des idées qui dépassent la bataille pour les droits ou pour le niveau de vie.On va trouver de grands thèmes féminins, comme l’identité sexuelle, la maternité, le travail sexuel ou le lesbianisme.» Et Ginestier se réjouit de recevoir pour la première fois C'EST AINSI MON AMOUR OUE J'APPRIS MA BLESSURE à SOURCE EDGY WOMEN cette année la directrice du festival Slovène Mesto Zensk / City of Women, «un festival âme sœur» qui pourrait se mettre à accueillir les artistes d’ici.«Souvent, sous la bannière du féminisme, on retrouve des festivals qui présentent des pièces seulement revendicatrices ou politiques, où l’artistique compte peu.» IJne vision que Ginestier et sa programmation de folles femmes ne partagent certes pas.Collaboratrice du Devoir EDGY WOMEN Une production du Studio 303 présentée à Tangente, jusqu’au 28 mars, www.edgywomen.ca Au FIFA Une vingtaine de films sur la danse sont programmés au Eestival international des films sur l’art (ElEA), qui se poursuit jusqu’au 28 mars.En compétition.Quarantaine recrée en images ce spectacle conçu par Charmaine Leblanc en 2007 autour de quatre danseurs ou ex-danseurs quarantenaires qui se prêtent au jeu des confidences et des métamorphoses de l’illustrateur PolTurgeon: Benoît Lachambre, Ken Roy, Marc Béland et Marc Daigle.Le document-film d’arfi magnifiquement réalisé par Philip Szporer et Marlène Millar, entrecroise les témoignages parfois très touchants ou drôles sur des sujets toujours essentiels (la peur, les actes manqués ou honteux, le père, le sexe), les courtes scènes de danse, les superbes illustrations parfois animées — dont l’une lait l’affiche officielle du festival — inspirées de toiles célèbres dJngres, de Munch, de Bacon et de Keigh Haring.La danse, un peu en retraifi permet d’accéder à l’humanité de ces hommes, artistes, amants, pères, ce qui transcende l’intimité individuelle pour révéler le masculin pluriel au mitan de la vie.Le 23 mars à 21h à la Cinquième salle de la Place des Arts et le 24 mars à 18h30 au cinéma ONE Parmi les productions québécoises, on peut revoir La Chambre blanche d’O Vertigo, entrer dans les coulisses des Grands Ballets canadiens en spectacle à Paris avec Quelques pas à Paris, ou revisiter, à travers Blanc, noir ou rien, ime oeuvre de Jeanne Renaud, pionnière de la danse d’ici, créée au Centre national des arts en 1991, à l’occasion du 25® anniversaire du défunt Groupe de la place Royale, cofondé par Mme Renaud.Au rayon des films éfiangers, notons le portrait de Sidi Larbi Cherkaoui, en cours de création de Babel, dans Rêves de Babel, son plus récent opus chorégraphique.Tous les détails sur www.artflfa.com.Frédérique Doyon 24 mars IShSO^ 25, 26 mars 19h30 de FABRICE MELQUIOT MISE EN SCÈNE : DENIS LAVALOU & MARIE-JOSÉE GAUTHIER AVEC : DENIS LAVALOU & ViaORIA DIAMOND France Geoffroy traces-interprètes 16 AU 27 MARS THÉÂTRE LA CHAPELLE DU MARDI AU SAMEDI 20H 3700, RUE SAINT-DOMINIQUE, MONTRÉAL, 514 843-7738 WWW.LACHAPELLE.ORG ÉQUIPE DE CRÉATION : ÉRIC FORGET, CÉDRIC LORD STÉPHANE MÉNIGOT, FRÉDÉRIC SAINT-HILAIRE ÉQUIPE DE SOUTIEN : SABRINA GILBERT, JÉRÉMI GUILBAULT, SIMON LACHANCE GRAPHISME : CATHERINE TESSIER COMMUNICATIONS : ISABELLE MANDALIAN TEL : 514 839-7000 PRODUCTION THÉÂTRE COMPLICE WWW.THEATRECOMPLICE.COM COMPLICE L'ARCHE EST ÉDITEUR ET AGENT THÉÂTRAL DU TEXTE REPRÉSENT CRÉDIT FHOTD : RÉMI DEMONTIGNYÉ LACHAPELLE y LEDEVUIR UNE PROPOSITION DE France Geoffroy (Cie Corpuscule Danse) CHORÉGRAPHIE Estelle Clarelon INTERPRÈIES France Geoffroy Marie-Hélène Bellavance, Torn Casey Annie De Pauw COLLABORATEURS Annie Gélinas Eric Forget, Sophie Michaud EH PREMIÈRE PARTIE DU SPECTACLE GROUND UP & BEYOND POUR LA PREMIÈRE SEMAINE Preslation LIVE du soliste invite Luca « Lozvlegz » Patuelli dons une chorégrapnie de K8 Alsterlund a.k.a.« B-Girl Lynx » POUR LA DEUXIÈME SEMAINE un court métrage de la même chorégraphie sera présente sur écran.Une production de Danse-Cité en Collaboration avec Corpuscule Danse ÇoR PUCO C U L E Danse Danse intégrée : basée sur une proposition d'ouverture à la dissemblance, la danse intégrée oée un espace de réciprocité pour les personnes à mob'lité réduite éi les personnes sans hardicap.17 AU 20 MARS ET 24 AU 27 MARS 2010, 20H30 ^j| Studio hlydro-Québec du Monument National ¦MH 1182 Bout St-Laurent ^ BILIETTERIE 514 871-2224 Rendez-Vous Danse-Cité : Venez rencontrer les artistes les 18 et 25 mars après la représentation ! Le 18 mars, nous aurons le plaisir de recevoir M.Guy Comeau comme animateur.Cofuetl dai artf C^ébecdca c b iiextJOiXw /a, Fondation du Grand Montréal FoundatiBnofCïrRitsi'AfonCml J£SS D0BKin YUMIKO YOSHIOKA -F LISE VIGDEAULT + KARED ShERMAfl KRin HAGLUPD -F ShAFinOn COChRAPE -F LA ZAMPA L > t U d i O À l_Tang®nte| www.studio303.ca Billetterie = 514.525.1500 Réseau Admission s 514.790.1245 840, rue Cherrier, Montréal (métro Sherbrooke) www.tangente.qc.ca THEATRE SAISON 2009-2010 www.denise-pelletier.qc.ca SALLE DENISE-PELLETIER Du 24 mars au 21 avril 2010 D’apres l’œuvre d’AlexanarôDumas Adaptation et mise en scène de Marie-Josée Bastien Une coproduction du Théâtre Denise-Pelletier et du Théâtre de ia Bordée « UNE MISE EN SCENE IMPRESSIONNANTE UNE DISTRIBUTION SANS FAILLE (.) A VOIR ABSOLUMENT ! L’AUDACE DU Billetterie RENOUVEAU X 514-790-1245 ^ 1-800-361-4595 ADMISSION.COM LAGENDA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 MARS 2010 E 5 CULTURE 18-19-20 25-26-27 MARS 2010 À MONTRÉAL 3IJE1IX 24 CONCERTS L'ASTRAL UPSTAIRS ¦j_DIÈSE ONZE 5^ CONCOURS DE LA RELÈVE JUPITER-VANDOREN MUSIQUE CLASSIQUE Montréal s’ouvre sur le monde En quelques semaines, Montréal a accueilli l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et celui du théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.Ces visites inhabituelles, nous les devons à une Torontoise d’origine russe, Svetlana Dvoretskaia.Est-ce un début?En musique classique, la métropole va-t-elle enfin sortir de son isolement?CHRISTOPHE HUSS Montréal est depuis des années, voire des décennies, en dehors du grand circuit de la musique classique.Les visites des orchestres prestigieux remontent aux années de Zarin Mehta à l’Orchestre symphonique de Montréal (OSIN^.Aujourd’hui directeur général du Philharmonique de New York, celui-ci se souvient: «Nous occupions ainsi des périodes où rOSM était en tournée.Le Ge-wandhaus de Leipzig, avec Kurt Masur, ou le Symphonique de Boston, avec Seiji Ozawa, sont venus dans ce cadre.» Pour Zarin Mehta, «il est désolant qu’une ville de la dimension culturelle de Montréal n’ait pas chaque année cinq ou six concerts d’orchestres étrangers.C’est un élément important de la vie culturelle d’une ville que d’étre en contact avec ce qui se fait ailleurs.» Paul Fortin, nouveau directeur de la programmation musicale à la Place des Arts et anciennement responsable de la programmation musicale de l’OSM, renchérit: «Beaucoup de solistes très connus se sont produits en récital à Toronto, à Ottawa, parfois à Québec, et pas chez nous.» Risky business Même si beaucoup se sont poussés du col lorsque Yannick Nézet-Séguin est venu avec son Orchestre de Rotterdam, cette venue doit tout à un producteur torontois.Show One Productions, société créée et dirigée par Svetlana Dvoretskaia.A elle les risques financiers et les insomnies, lorsqu’à deux mois du spectacle quelques centaines de sièges seulement, sur les 3000 de la salle Wilfrid-Pelletier, avaient trouvé preneur.«Cette expérience prouve que seuls des fous peuvent faire ce métier!», dit au Devoir celle qui a failli perdre sa chemise parce qu’elle s’attendait à ce que «la popularité de Yannick Nézet-Séguin dans sa ville fasse de sa venue à la tête de l’Orchestre de Rotterdam un concert facile à vendre».Au final, Rotterdam a été un succès, «mais il a fallu vraiment se battre».Pour rentabiliser un concert.Show One, entrepreneur privé non subventionné, doit remplir au moins 75 % de la salle.Cela représente 2400 places à Wilfrid-Pelletier! Pourquoi persister?«Pour des moments comme celui de dimanche dernier, le concert Mat-suev-Gergiev: cela met toutes les pendules à l’heure et évacue tout questionnement » Svetlana Dvoretskaia, qui a émigré au Canada en 1998, a commencé ses activités en 2003 en organisant un concert des Virtuoses de Moscou et Vladimir Spivakov à Toronto.Son pre- / La productrice Svetlana Dvoretskaia mier concert montréalais a été la venue, il y a deux ans, du baryton Dmitri Hvorostovski dans un programme populaire russe, avec, à la clé, une salle Wilfrid-Pelletier remplie à plus de 90 %.Hvorostovski, aux côtés de la soprano canadienne Sondra Radvanovski, sera à l’affiche du troisième et dernier concert de Show One à Montréal cette année.Pourtant, le florilège d’airs d’opéra célèbres présenté vendredi prochain n’est pas un pari commercial gagné d’avance.Certes, le concert a été annoncé tardivement, en raison du désistement de la soprano prévue initialement.Mais, de manière générale, remarque Svetlana Dvoretskaia, «les gens veulent savoir longtemps à l’avance ce qui va être au programme, mais achètent à la dernière minute».Nouvelle ère Les initiatives de Show One sont probablement les premiers pas d’une nouvelle ère dans la programmation musicale de prestige à Montréal.Trois acteurs, au moins, sont sur les rangs: Show One, la Place des Arts et l’OSM.La nouvelle salle va, à ce titre, créer un appel d’air par un intérêt ravivé pour Montréal, conjugué à un nombre important de soirées à combler à Wilfrid-Pelletier Svetlana Dvoretskaia souhaite créer une série de prestige avec, notamment des récitals.«Nous travaillons pour amener Denis Matsuev et d’autres artistes en récital à Toronto et Montréal.» Dans quelle salle?Pas à Wilfrid-Pelletier, pour les récitals.Pour les orchestres, il faudra voir: la salle actuelle est un peu trop grande, la prochaine est un rien trop petite pour éviter d’augmenter dangereusement le prix des billets.Aux yeux de Zarin Mehta, «si vous n’avez pas de subventions et que vous ne voulez pas vendre les billets 500 $, il faut attirer des commanditaires.Il faudrait aussi, idéalement, une salle de 2200 à 2500 places».11 confirme que «la nouvelle salle, par elle-même, va attirer» du monde.Et si l’on propose au Philharmonique de New York d’y venir?«Je vais d’abord demander à l’OSM ce qu’il en pense.» Un phénomène peut compenser les effets de la perte de capacité entre Wilfrid-Pelletier et la nouvelle «Adresse symphonique».Aux yeux de la directrice de Show One, «pour se produire dans un nouvel endroit de prestige, il est entendu dans le métier que les artistes doivent être plus flexibles» en matière de prétentions financières.L’OSM aura le choix des dates avec une occupation de 240 jours du nouveau temple musical.Les jours restants, «on veut faire du récital de musique de chambre et des orchestres en tournée», dit SOURCE SHOW ONE PRODUCTIONS Paul Fortin au nom de la Place des Arts.«Mais notre mandat n’est pas seulement d’occuper les jours vacants à la nouvelle salle.Nous devons utiliser les jours libérés à la salle Wilfrid-Pelletier et développer la programmation du théâtre Maisonneuve.» Le profil de producteur de la Place des Arts va donc se muscler avec «25 à 30 événements pour la première année».Aux yeux de Paul Fortin, «cela laisse de la place pour les autres producteurs», surtout qu’il n’est «pas question de s’aliéner les partenaires actuels».On notera d’ailleurs que l’Orchestre métropolitain est le premier sur les rangs pour utiliser la nouvelle salle qui, même si l’OSM en est le premier résident, n’est heureusement plus «la salle de l’OSM» mais «l’Adresse symphonique».Le Devoir DMITRI HVOROSTOVSKI ET SONDRA RADVANOVSKI Airs et duos d’opéra.Orchestre de la francophonie, Jean-Philippe Tremblay et Constantin Orbelian.Salle Wilirid-Pelletier, le 26 mars à 20h.a-514 842-2112.QHydro A T "Pro " Cf DTE Musica présente TÜFA^r 2009 - 2010 (Dimancfie, k 28 mars 2010,15fi 30 CingutèmeSal^ dé là (Place ties Jirts VIVA^OCE Peter Schubert Directeur artistique Des corps sortant de leur tombeau, des pressentiments sinistres, des confessions qui changent le cours d'une vie.Mises en musique au début du XVIe siècle, ces anciennes histoires peuvent encore ensorceler un auditoire.Le 26 mars 2010 à 19 h 30 Salle Redpath, 3461 rue McTavish, Montréal Billets à l'unité: 30$/25$/10$ Billets : 514-398^547 Info: 514-489-3739 www.vivavoce-montreal.com S.Conseil des Arts du Canada y; DEVOIR UIDBENCE KQQUÆH, violon PAUI, SflïWAKF, PIANO .Mpnogramme: (Brcâms, Leclair, ^ef (fkhgrimkiimsuppiffpàsdgr 25$ • 15$ (étudiants) • gratuit (enfants)*, (taxes et frais en sus) ‘Gratuit pour enfant de 11 ans ou moins accompagné d'un adulte Billetterie La Place Des Arts il itcfts l
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