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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-02-27, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 EEVRIER 2010 THEATRE Marie-Josée Bastien travaille à Montréal sur quatre spectacles! Page E 3 CINEMA ! L’Enfer de Georges-Henri Clouzot ] enfin sorti des limbes ' Page E 8 MICHEL BELAIR Robert Lepage vit sur tellement de fuseaux horaires pour suivre l’évolution de tellement de projets différents, en même temps, qu’il est devenu un candidat logique à l’ubiquité.Au téléphone, trois heures plus tôt ou six heures plus tard à l’autre bout du fil, il pourrait être en Asie, en Australie, même à Aix-en-Provence, où il signe la mise en scène d’un opéra cet été: Le Rossignol et autres fables, deux courtes oeuvres de Stravinski.11 est plutôt à Vancouver au tout début de ces Jeux d’hiver qui drainent des foules bruyantes, partisanes et animées.11 donnait là-bas 28 représentations du Dragon bleu, certaines en français dans la programmation du Théâtre de la Seizième (le théâtre francophone de la ville), la plupart en anglais, à l’Université Simon Fra- ser, dans le cadre de l’Olympiade culturelle Vancouver 2010.Multiplier les repères Tout ce tumulte simultané s’amorce à peine au moment où je l’ai joint pour l’entrevue, il y a déjà plus d’une quinzaine de jours, horaires chargés de l’auteur-comédien-metteur en «Le déroulement et la mécanique du spectacle font partie du spectacle; ensemble sur le plateau comme dans la salle, nous allons du chaos vers le sens.scène et ex-cinéaste obligent.Mais il faut retenir qu’alors que s’entamait la dernière représentation du Dragon bleu à Vancouver, ce samedi, la première de Lipsynch dans sa version intégrale de neuf heures était en cours dans la grande salle du théâtre Denise-Pelletier, à Montréal.De quoi perdre quelques-uns de ses points de repère.Robert Lepage n’est toutefois pas homme à les perdre, ses repères; au contraire, en s’entourant d’une équipe solide, il est même plutôt arrivé à les multiplier.Avec sa voix calme, lentement comme s’il faisait aussi le point pour lui-même dans ce dossier, il souligne que ce Lipsynch — dont on avait vu une première version de trois heures il y a quelques années au Festival TransAmé-riques (FTA) — a beaucoup évolué mais qu’il traite toujours du même thème central: la voix humaine.«Ce thème central de la voix, nous avons eu l’occasion de le fouiller davantage et de le découper clairement en trois segments, explique-t-il.La voix, qui réfère à la spiritualité, à Dieu, à l’aspect paternel; la langue, qui est plus sociale, qui renvoie à la mère; et la parole, qui est d’abord l’expression de l’individu.Chacun de ces segments tourne autour d’un personnage différent, qui tous trois étaient de la version montréalaise que vous avez vue.» Cette «version intégrale» de Lipsynch tourne depuis déjà un an et demi: Ex Machina l’a montrée à Moscpu, aux Canaries et à New York.A Montréal, on pourra la voir six fois en entier (les samedis et dimanches à compter de 13h), dans des séances de neuf heures, et deux fois par tranches de trois fois trois heures (à compter de 19h30).La mise en scène est bien sûr de Lepage, qui s’est entouré ici de ses complices habituels, de Marie Gignac à la dramaturgie et aux textes, avec les neuf interprètes de Lipsynch, jusqu’à Jean Hazel à la scéno.Si le propos est toujours le même, la nouvelle version intégrale est plus riche, «différente», ajoute Lepage.«Il y a maintenant une toute nouvelle section dans le segment sur la voix où nous explorons la musique et aussi la radio, qui a joué un rôle majeur durant la guerre; cela s’incarne dans une intrigue qui se déroule à la BBC.Les personnages se sont développés, étoffés, tout comme les événements qu’ils vivent.Cela me permet de souligner que, dans une fresque pareille, il faut que tout soit à la vue sur le plateau; que le spectateur voie tout, tout le temps, y compris les changements de décor.J’aime bien me dire que le déroulement et la mécanique du spectacle font partie du spectacle et que, ensemble sur le plateau comme dans la salle, nous allons du chaos vers le sens.C’est ce qui fait également que le spectacle commence à prendre vraiment son rythme de croisière, à donner tout son jus à la cinquantième représentation», dit-il un léger sourire au fond de la voix.Entrer au garage Chez Ex Machina, que Lepage et son équipe travaillent à un PHOTOS: ERICK LABBE opéra, à un spectacle de cirque, de danse ou de théâtre.même à des «illuminations urbaines» comme Le Moulin à images ou Aurora borealis, on se donne le temps de faire les choses.Lipsynch est ainsi venu se placer lentement, au fil des répétitions, des refontes et des représentations un peu partout, dans le cheminement de la compagnie.«Lipsjm-ch, comme chaque fois tous nos autres spectacles, est le pur produit de toutes nos activités, de tous nos projets», dit Lepage.La durée de vie prévisible du spectacle est d’environ 250-300 représentations, un chiffre qui fait rêver tous les directeurs de théâtre d’ici et qui rejoint presque les résultats des grands spectacles québécois de théâtre pour jeunes publics tournant autour de la planète — «souvent nous les croisons sur les mêmes circuits internationaux».«La tournée est pour nous extrêmement importante, poursuit VOIR PAGE E 2: LIPSYNCH Financière Sun Life présente If POINTE-À-CALLIÈRE 350, place Royale I - Vieux-Montréal Musée d’andiéologie 514 872-9150 et d’histoire de Montréal ww.pacmusee.qc.ca Montréal© © Place-d’Armes \^he, Charles-Édouard Gaudreau, Musée québécois de culture populaire _SUR LE CHEMIN DES LEGENDES AVEC JEAN-CLAUDE DUPONT Rÿe A Pointe-â-Calliëre j’usqu^au 16 mai 2010 150 Musôe québécois de culture populaire 1 • E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 EEVRIER 2010 CULTURE Entre films gadgets et bijoux d’auteurs Odile Tremblay n août dernier, Disney avait convié le milieu du cinéma à Toronto à une méga-offensive promotionnelle.Venus d’un océan à l’autre, journalistes et exploitants de salles canadiens se marchaient sur les pieds, regardaient le menu à l’écran, savouraient des petits fours.But inavoué de l’opération: redorer le blason de Disney, qui avait connu son poids de déroutes dans la foulée de la crise économique: pertes de revenus, licenciements de cadres, crise existentielle, etc.Le «za/or entendait ouvertement promouvoir les fdms de l’année, ceux en trois dimensions par-dessus tout.L’industrie tirait la langue et comptait ses sous, alors que le krach nuisait également au virage 3D de Hollywood, les salles nord-américaines ayant été moins nombreuses que prévu à s’équiper en conséquence.Les productions en relief qui se préparaient à voler à l’assaut du marché rongeaient leur frein.Si bien q\ïAvatar de Cameron (hors du giron Disney), appelé à sortir uniquement en 3D, mit de l’eau dans son vin et occupa également des écrans traditionnels.Mais le hlm rencontra un tel succès qu’il poussa le bouchon de la conversion des écrans en 3D, avec accélération du processus.Fin de la parenthèse et retour en août dernier, lors du jour J de la promotion Disney en sol canadien.Le studio misait avant tout sur une grande star: la sortie printanière d’Alice in Wonderland de Tim Burton, avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, la jeune Mia Wasi-kowska, etc.Une expo itinérante de costumes, d’accessoires et de décors tirés de Tunivers de Lewis Carroll revisité par Burton faisait escale dans la Ville reine pour inviter les médias à garder le public avide.Les blo^eurs s’attelaient au décompte des jours.Ah! voir Alice transformée en ado sexy, plonger dans son terrier à la suite du lapin pressé! Sourire de concert avec le chat du Cheshire! Savourer à l’avance la griffe du cinéaste d’Edward Scissorhands posée sur cette ode à l’imagination folle.Vivement le 5 mars! Mais à quelques jours de la sortie commerciale, les choses ont changé.L’équipée d’Alice, d’un côté comme de l’autre du miroir, tourne un peu casaque.Disney a écourté sa vie en salle: douze semaines plutôt que les dix-sept habituelles sur grand écran.Puis presto] On passe au support DVD.Bien entendu, les exploitants de salles crai- IQ groupe de Eiveillee présente du 13 avril au 8 mai avec Andrée Lachapelle Marie-France Marcotte Chantal Dnmoulin Gabriel Arcand Concepteurs ; Lucie Bazzo, Linda Brunelle Véronique Bertrand, Érik Shoup onate a autQmne de BERGMAN en scène MARCEL FOMERLO onjou£Au[pROSPeB]/ Réservation 514 526-6582 Admission 514 790-1245 www.iaveiiiee.qc.ca Québec El El Partenaire de production ERICSSON $ Partsnaire de Mison LE DEVOIR i^Hydio Ouéb LE THEATRE DE LA MANUFACTURE présente AU CHAMP DE MARS DU 26 JANVIER AU 6 MARS 2010 wa Pierre-Michel Tremblay Miss m sciiia Michel Moity Ans Josée Deschâies, Justin Laraiée, MalMeu Quesnel, lébasden Riilone si David Savard 1 dernière SEMWl^ V VenBuneto^f.îSS.^i' 1 licorne i Ce^ extrêmement lucide, drôle et poignant Allez-y ! Rafaële Germain—Je i'ai vu à la radio/ SRC Au-delà du sujet lui-même, la justesse du regard de Tremblay sur les choses em ttaciuaute.Aurélie Olivier—Voir Ce texte serré bénéCcie d'une efficace mise en scène de Michel Monty, soutenue par un bon timing comique.Marie Labrecque - Le Devoir Inqxissible de ne pas rite durant ITieure et quart de ce ballet dramatique.I Jean Siag — La Presse Une fonnidable téHexion sur la guerre., (.) Au diamp de Mars B lu très grande ' qualité d'être à la ibis hyper accessible etréHéchie.Philippe Meilleur—ruefrontBnac.cDm Mmhieu Quesnel est une révél^on.\f Retenez ce non !(-.) Je suis restée presque tétanie par cette perhunance.J.Nathalie Patrowski—Six dans la cité/SRC INj Une solide comédie satirique.Une pièce ^, chocdansuoemiseenscènedeMichel I Monty, merveilleux director d'act^rs.Francine Grimaldi—Samedi et rien d'autre / : SRC satirique, touchant actuel.Une pièce mÊÊggU a voir, définitivement David Lefebvre—niorrtheatre.qc.ca gnent de dangereux précédents et, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Italie surtout, plusieurs d’entre eux boycottent le hlm.Ici, on est généralement moins vindicatifs.En attendant, le public y perd son latin.Pourquoi, juste au moment oû le bassin de salles en 3D atteint son seuil critique, Disney ne prohte-t-elle pas de l’aubaine pour étirer la vie d’Alice en relief, sa production chouchou?Chouchou?Hum! Moins qu’hier, semble-t-il.Ce n’est pas pour briser les embargos, mais, soit dit entre nous, le film éprouve des problèmes de tous ordres: rythme, ton, etc.Tim Burton, si acide, est-il vraiment soluble dans l’alcool sucré Disney?Bonjour les concessions! Au début de sa carrière, tous ses projets avaient été recalés dans son giron.Le cinéaste avait quitté la boîte le caquet bas, récoltant la gloire ailleurs, chez ceux qui croyaient en son noir génie.L’argument du studio invoquant les dangers de piratage pour justiher la rapide réincarnation sur DVD d’Alice paraît absurde, puisque ni le piratage ni le DVD ne rendent la troisième dimension, supposément racoleuse.Et si Disney, après une batterie de visionne-ments-tests, croyait moins en sa petite Alice?Mon petit doigt m’assure qu’il y a de la déception dans l’air.Autre chose aussi.Fantaisie du moment, bonbon à la mode, le 3D n’est pqs un gadget au long cours et il tire déjà la patte.Enième tentative pour attirer le public devant les grands écrans en multipliant les effets boeufs, le cinéma en relief se verra-t-il recalé par une autre technologie plus sensationnelle?Faudrait-il ressusciter l’odorama du Polyester de John Waters en 1981, quand le spectateur muni de cartes à gratter pouvait sentir la pizza, la rose ou la merde, au hl de l’action?Plus grande, plus excitante, plus folle, la production de divertissement, jusqu’à ce que la ballonne crève un jour, renvoyant bientôt les spectateurs directement au DVD sans le tremplin du grand écran.Faute de nouvelles contorsions à offrir.Et pourtant.Dans le champ du vrai cinéma, aux antipodes des machines à sensations, de petits miracles ont lieu, discrets, timides, dont on salue la véritable audace.Prenez The Hurt Locker (Le Démineur) de Ka-thrjm Bigelow, grand concurrent d’Avatar dans la course aux Oscar — neuf nominations chacun —, supérieur à lui, au fait.Alors que la fable post-apocaljqjtique de Cameron se répand dans tous les cinémas de Montréal, le merveilleux hlm de guerre de son ex-épouse demeure confiné à l’ombre.Mais pas tout à fait.En effet, un irréductible propriétaire de salle le présente bel et bien toujours, seul de sa sorte en ville.J’ai nommé Bernie Gurberg, à la tête du cinéma Dollar, en plein centre commercial du boulevard Décarie, il croyait au film, l’a maintenu longtemps, avant de lui retirer l’affiche un mois, faute de clients.Or, après l’annonce des nominations aux Oscar, Gurberg a remis The Hurt Locker en salle et les cinéphiles se ruent sur cette denrée devenue rare et précieuse.Car allez comprendre les enjeux du gala de Hollywood en fin de semaine prochaine après avoir raté le hlm de Bigelow.Au Dollar, le vrai bijou! Juste pour ne pas laisser au cinéma-spectacle le dernier mot.otremblay@ledevoir.corn LIPSYNCH SUITE DE LA PAGE E 1 Lepage de sa voix toujours aussi sereine.Nous avons développé une sorte de réseau dont certaines escales, comme Châlons en Prance et d’autres endroits aussi en Asie, sont pour nous des lieux de travail intense où nous pouvons nous arrêter une semaine ou deux et “entrer au garage” avec un spectacle comme chez nous à la Caserne.La tournée nous permet de financer la création et de développer de nouveaux contenus, elle nous donne aussi l’occasion de bonifier nos productions en les jouant plus souvent.» C’est à Châlons d’ailleurs, avant même de poursuivre l’opération plus sérieusement à Québec, que Lepage a d’abord dirigé une séance d’exploration sur son prochain spectacle encore sans titre.«C’est une tétralogie qui sera présentée dans un espace circulaire.Sur le jeu.Plus précisément les jeux de cartes.Avec douze participants sur douze heures au rythme de quatre fois trois heures.Le travail est bien amorcé et devrait permettre la rencontre de plusieurs disciplines.[.] Comme dans toutes nos productions, Lip- ERICK LABBE Une scène de Lipsynch, de Robert Lepage synch.Le Dragon bleu ou Zulu Time, l’objectif ultime est encore une fois d’utiliser les langages et les outils du monde qui nous entoure et tenter d’inscrire ainsi un peu de sens dans le chaos.» Tout le monde pourra se fai- re sa propre idée là-dessus dès ce week-end au théâtre Denise-Pelletier.si bien sûr vous réussissez à mettre la main sur des billets pour Lipsynch.Le Devoir SUPPLEMENTAIRES! 6 + 7 + 8 AVRIL HUIS£LOS Jean-Paul Sartre / Mise en scene Lorraine Pintal WW Avec PASCALE BUSSIERES/ SEBASTIEN DODGE/ JULIE LE BRETON / PATRICE ROBITAILLE ¦Théâtre du Nouveau IVIonde À L’AFFICHE DÈS LE 9 MARS /TNM.QC.CA / 514.866.8668 M” ^ LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 EEVRIER 2010 E 3 CULTURE théâtre Gestion de projets Figure importante à Québec, Marie-Josée Bastien travaille sur quatre productions à Montréal ALEXANDRE CADIEUX Marie-Josée Bastien adore l’autoroute 20.Celle qu’on a vue en mai dernier à Espace libre dans Transcanadienne PQ avoue qu’elle a déjà conçu au volant toute la mise en scène d’un spectacle, lors d’incessants allers-retours en voiture sur le long ruban plat.Cet hiver, elle ne regagne la Vieille Capitale qu’une fois par semaine afin d’enseigner au Conservatoire d’art dramatique.C’est que la comédienne, auteure et metteure en scène travaille sur pas moins de quatre projets en ce moment à Montréal.On achève bien les chevaux, son adaptation du roman de Horace McCoy créée au Périscope en 2006, reprend l’affiche cette semaine au Quat’Sous; dès le 10 mars, elle rejouera à Espace libre dans L’Enéide, le très beau spectacle d’Olivier Kemeid.Sa Reine Margot, coproduction de la Bordée et du Théâtre Denise-Pelletier, effectuera sa rentrée montréalaise le 24 mars.Et comme si ce n’était pas suffisant, Bastien suit de près le laboratoire de création du spectacle Eclats et autres libertés du Théâtre Le Clou, texte qu’elle a coécriL Boiureau de travail, Marie-Josée Bastien?«Un peu, mais ce sont des projets tellement stimulants, avec des équipes d’enfer», plaide-t-elle pour sa défense, dans un grand éclat de rire.11 faut dire que trois des quatre spectacles constituent des reprises, qui nécessitent bien sûr de petits ajustements, mais qui possèdent déjà leiu vie propre.Danser jusqu’à l’épuisement Bastien gardait en mémoire quelques fragments de They Shoot Horses, Don’t They?, le film de Sydney Pollack qu’elle avait visionné enfant.«Avec ma compagnie.Les Enfants Terribles, on tente toujours d’établir des dialogues avec d’autres arts, explique-t-elle.Cette fois-ci, en compagnie du chorégraphe Harold Rhéaume, j’avais envie d’explorer la danse, et je revoyais dans ma tête ces images des marathons de danse du film, ces corps au bord de l’épuisement, les spectateurs qui assistent à ça.» j^rès une première séance en salle de répétition, elle a abandonné son idée d’une transposition contemporaine du récit «Aujourd’hui, avec les événements raves, les limites physiques et sociales liées à ce type de rassemblement ne sont plus du tout les mêmes.» Sa passion pour l’histoire, notamment celle de Québec et de ses habitants, l’a poussée à explorer les possibilités de planter son décor dans cette ville, à l’époque de la Crise et de la prohibition.Bastien a donc mené de nombreuses recherches en compagnie d’un historien et a ainsi pu dessiner des personnages ayant un fort ancrage dans le réel québécois.Elle parle avec passion des ouvrières de la Dominion Corset des ganteries et autres «factries», des veuves de guerre, de ces jeunes hommes venus de la campa^e poiu chercher un emploi et à qui on versait vingt «cennes» par jour pour travailler sur les grands chantiers, comme l’aménagement de la terrasse Dufferin.«Ce qui m’intéresse beaucoup dans le théâtre, c’est de raconter la vie extraordinaire de gens ordinaires».f JACQUES GRENIER LE DEVOIR La comédienne, auteure et metteure en scène Marie-Josée Bastien raconte celle qui a participé, avec le Théâtre Niveau Parking, à la création du magnifique Lentement la beauté.Lors de l’écriture des Chevaux, alors qu’elle traversait une période creuse où elle doutait à la fois de ses capacités d’auteure et de la finalité de son projet, une visite impromptue l’aura remise en selle.«Un homme a sonné à ma porte un dimanche soir alors que je sentais le désespoir monter en moi.Il m’a dit qu’il était né dans l’appartement que j’habitais, qu’il y avait vécu une partie de son enfance et qu’il aimerait jeter un coup d’œil.Alors que je lui montre mon bureau, il me raconte qu’il a encore le souvenir vivace de la naissance de sa jeune sœur dans cette même chambre, il y a plus de 70 ans.J’étais bouleversée par ce qu’il me racontait, et cette sensation m’a confirmé que ces tranches de vie méritent d’être relatées, qu’elles ont un potentiel dramatique très fort.» S’emparer de la scène Et les grands personnages de l’histoire de la Erance mis en scène par Dumas dans son roman, les Marguerite de Valois, Catherine de Mé-dicis et Henri IV de Navarre: des personnes ordinaires, vraiment?«Bon, d’accord, ici c’est autre chose», dit-elle en s’esclaffant, avant de préciser que c’est encore sa passion pour l’histoire qui l’a menée vers La Reine Margot.«J’aime fiévreusement ces personnages que j’entrevois comme des rock stars des temps jadis, qui tentent tous de s’emparer de la scène et du pouvoir en même temps», confie-t-elle à propos de ce projet amorcé avec les finissants 2007 du Conservatoire de Québec et repris ici avec une nouvelle distribution.Le grand champ d’intérêt de cette habituée des créations en collectif reste l’acteur et sa capacité d’invention.«Je suis une personne rigoureuse, qui arrive toujours en répétition très préparée, mais je suis également prête à tout entendre, à tout changer.» Elle mentionne également l’importance du plaisir et du rire dans le processus de création, là où on peut et doit tout essayer, quitte à se planter.«Les comédiens des Chevaux.ont été d’une générosité et d’un engagement extraordinaires, me nourrissant de leurs propres anecdotes famïliaks tout au long du parcours.C’est cet heureux mélange de dépassement, d’énergie et de folie que je retrouve avec la bande de Margot et celle de L’Enéide» Collaborateur du Devoir ON ACHÈVE BIEN LES CHEVAUX D’après le roman de Horace McCoy.Une coproduction des Enfants Terribles et du Théâtre Niveau Parking présentée au théâtre de Quaf Sous du 4 au 20 mars.L’ÉNÉIDE Texte et mise en scène d’Olivier Kemeid, d’après Virgile.Une production des Trois Tristes Tigres présentée â Espace libre du 10 au 20 mars.LA REINE MARGOT D’après le roman d’Alexandre Dumas père.Une coproduction du Théâtre de la Bordée et du Théâtre Denise-Pelletier, présentée au théâtre Denise-Pelletier du 24 mars au 21 avril.Fais comme l’oiseau SILENCE RADIO Une création du Théâtre de la Banquqtte arrière.Mise en scène de Geoffrey Gaquère.A Espace libre jusqu’au 6 mars.MARIE LABRECQUE Après trois productions de textes solides, la dynamique petite troupe Théâtre de la Banquette arrière se lance dans l’aventure toujours risquée de l’écriture.Trame entrecroisant les destins de nombreux personnages.Silence radio porte l’empreinte de la création collective.La pièce explore la dérive d’une humanité fragile, en perte de sens mais aspirée par une soif d’absolu.Du faux médium (Mathieu Gosselin) qui se débat dans des problèmes bassement matériels à l’ex-cantatrice vivant dans les hauteurs qui pousse ses élèves à se dépasser, cette faune s’agite entre ciel et terre, entre la chute et l’élévation.Et elle habite un monde si aride que même les oiseaux y tombent de chaleur (littéralement!).(Jette mosaïque dessine surtout un tableau prenant de la solitude.Une constellation d’étoiles solitaires, en mal de connexion, cherchant un contact par l’entremise des appareils de transmission, où certains personnages n’ont pour tout compagnon que la mort ou un fantôme.Qn est ainsi saisi par certaines voix fortes lancées dans l’isolement de la nuit, celles d’une cosmonaute russe (Rose-Maïté Erkoreka) perdue dans l’espace et d’un animateur de radio à la poésie trash (Patrick Hivon), surgi des bas-fonds.Si le texte finit par nouer assez bien ses différents fils, les histoires et les figures esquissées ne présentent, inévitablemenL pas tous le même intérêt.Qn y retiendra la composition touchante de Sophie Cadieux en jeune femme fr^e qui s’accroche à un oisqau morfi et le pathétique paranoïaque campé par Eric Paulhus.Autour de ce thème pas nécessairement original, il faut le dire, la mise en scène de Geoffrey Gaquère réussit à accrocher l’imagination.Dans un espace dépouillé, habité par la musique atmosphérique de Philippe B, il crée quelques images frappantes grâce à un nombre restreint d’objets.Notamment un réseau de cordes qui suggèrent d’abord des ondes radio, un filet de mailles dans lesquelles sont interconnectés les êtres, puis qui finissent par former des ailes, bientôt coupées.Sjmibole fort d’une humanité qui tente désespérément de s’élever au-dessus de son pauvre sort.Collaboratriee du Devoir S LUC LAVERGNE DU 16 FÉVRIER AU 6 MARS 2010 LES ESSAIS D’APRES MONTAIGNE Une création du Théâtre du Sous-marin jaune, en coproduction avec la Fabrique de Théâtre (Province du Hainaut), le Théâtre de l’Éveil (Bruxelles), le TJP Strasbourg (CDN Alsace) et le Théâtre de la Bordée (Québec), en codiffusion avec le Théâtre d’AuJourd’hui DU LOUP BLEU ET DE MICHELTANNER - MISE EN SCÈNE JACQUES LAROCHE AVEC ANNIE DARISSE.BÉATRIXFERAUGE, ANTOINE LAPRISE, JACQUES LAROCHE ET GUY DANIEL TREMBLAY - « UN SPECTACLE QUI «SURFE» SUR LA LITTÉRATURE, LA PHILOSOPHIE, L'HISTOIRE, LA MARIONNETTE, LE CINÉMA ET LE ROCK'N'ROLL.» - LE DEVOIR - 11 AVRIL 2609 EN SUPPLÉMENTAIRE LES SAMEDIS 20, 27 FÉVRIER ET 6 MARS À 15H THEATRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL, H2W 2M2 m SHERBROOKE 514-282-3900 WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.WWW.LOUPBLEU.COM CA/ESSAIS L£ UkK.MRON 3AüNe efdMtetfras Québec a 0 Une production de Sibyllines 0)1 U «Ce Woyzeck est indispensable et beau.Et inoubliable.» la presse «?» Voir «.UNE PRODUCTION DÉROUTANTE.DÉSTABILISANTE.» Le DEVOIR 4 SIBYLLINES „ THÉÂTRE OE CRÉATION Adaptation et mise en scène // Brigitte HaeNTJENS Avec MARC DÉLAND DiINS le rôle-titre et PAUL AHMARANI, CATHERINE ALLARD RAOUL FORTIER-MERCIER, PIERRE-ANTOINE LASNIER, GAÉTAN NADEAU SÉBASTIEN RICARD, ÉVELYNE ROMPRÉ, PAUL SAVOIE Les complices // Colette Drouin, Mélanie Dumont, Anick La Bissonnière YSO, Claude Cournoyer, Alexander MacSween, Angelo Barsetti Catherine La Frenière et Jean-François Landry Présenté en codiffusion AVEC Usine G (Montréal) 1345.AVENUE LALONDE Du 9 AU 13 MARS 3010 Billetterie 314 321 4493 n ANOELO EAkBETTI - O STUDIO T-D( E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 EEVRIER 2010 CULTURE DANSE L’amour au temps des colonies Tout a commencé au XV® siècle.Quittant l’Inde avec des cales pleines, Vasco de Gama laisse derrière lui quelques Portugais pour y établir un comptoir commercial.Prélude à des années et des années de colonisation.La compagnie de danse-théâtre Pigeons International raconte dans Boa Goa cette rencontre indo-portugaise.CATHERINE LALONDE Paula de Vasconcelos est d’origine portugaise et fascinée par les explorateurs.«Ce qui s’est passé en navigation à cette époque4à a changé le monde.Avec les moyens de l’époque, ces gens ont pris des risques inimaginables.Ils sont allés découvrir le monde alors que les équipages croyaient qu’ils tomberaient de la Terre s’ils allaient trop loin.» Si l’appât du gain est la motivation principale, la chorégraphe et metteure en scène croit en des inspirations plus hautes pour justifier les dangers courus.«Les équipages risquaient de mourir de faim, de maladie, perdus en mer.Il fallait qu’ils soient animés par une curiosité et par un désir de rencontrer l’autre.» Un désir assez fort pour traverser la mer, cette mer qui est un des grands thèmes de la nouvelle pièce de Pigeons International.«La mer est pour un Portugais ce que la neige est pour un Québécois.Ça fait partie de la psyché profonde et je m’étonne de ne pas en avoir encore parlé», dit celle qui a déjà ahordé le froid de l’hiver dans L’Autre.Côté danse Sur la scène de Boa Goa, il y aura un hateau.Rien de moins.«Ce n’est vraiment pas sage de ma part, admet en souriant la chorégraphe.La scénographie est énorme! Toute de bois, qui évoque un navire et ses passerelles.» Y évoluent six jeunes danseurs, une première pour Vasconcelos, habituée à mêler acteurs et danseurs.Si on retrouve Zoey Gauld, vue dans Kiss Bill, le reste de la distrihution travaille pour la première fois chez Pigeons International.«Je voulais voir ce que ça donnait, seulement des PIGEONS INTERNATIONAL Boa Goa, de la chorégraphe et metteure en scène Paula de Vasconcelos danseurs.Je suis toujours entre la danse et le théâtre et, dès que je vais davantage djun côté, l’autre me manque.» A deux semaines de la première, la metteure en scène prévoyait une pièce presque sans dialogue, axée sur le jeu physique et le mouvement.«J’ai choisi des gens différents les uns des autres et f essaie d’accuser leur individualité, de laisser à chacun sa saveur gestuelle, car la danse a tendance à uniformiser.» Après sa Trilogie de la terre et Kiss Bill, Vasconcelos parle donc du choc et du mélange culturel, de la rencontre de l’autre et de la pulsion de la dé-couverte, au-delà du connu.Pour comprendre l’attrait que l’Inde a eu sur les Portugais, Vasconcelos est allée découvrir le pays.Surprise par la douceur des gens, elle a trouvé une grande courtoisie, presque d’une autre époque.«Je n’ai pas entendu de sirènes, ni de fous, ni d’enfants qui pleurent.Malgré la grande pauvreté, c’est un pays luxuriant.Et tout, tout est made in India.L’Inde est une puissance autonome, sans Benetton ou McDonald’s.» A l’époque, l’ahondance de minéraux, d’épices et de pierres précieuses charme les Portugais.Si leur arrivée est entachée par le massacre des musulmans, pour prendre le contrôle de la mer, la colonisation en Inde, selon Vasconcelos, a été l’une des moins violentes de l’histoire.«Il n’y a jamais eu chez les Portugais d’interdiction raciale pour les mariages, seulement une interdiction religieuse.» Interdiction qui pouvait être outrepassée si les femmes se faisaient baptiser.Avec l’avantage qu’elles se retrouvaient «alors libérées de leur caste et obtenaient les mêmes droits que les chrétiens.» Le risque de la théâtralité Dès sa première pièce en 1987, Pigeons International trouve SH signature danse-théâtre.A l’époque, le genre est à l’avant-scène, avec les oeuvres de Carbone 14 en tête de pont et les débuts plus narratifs d’O Vertigo — rappelez-vous Chagall, Don Quichotte, La Chambre blanche et Déluge.Depuis le retour d’une danse plus formelle, de Vasconcelos est-elle toute seule de sa gang?«Je crois que le retour de la danse formelle et épurée à Mont- réal est une réponse au manque de moyens: avec un tapis de danse noir et des interprètes en jeans, c’est difficile d’évoquer quoi que ce soit.Défendre la vision d’une danse-théâtre demande énormément de travail, plus que jamais, malgré l’importance que ça garde en Europe.Plusieurs chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Pina Bausch, Crystal Pile et Robert Lepage continuent â prendre le risque de la théâtralité.» Le risque de la théâtralité?«Oui, car il doit y avoir une raison, une motivation et une cohérence â tout ce que tu fais.Le texte doit tenir la route physiquement et dans le corps.Et il doit y avoir une raison lorsque les interprètes se lèvent et se mettent â danser.Pour moi, c’est beaucoup plus simple de garder l’univers de la danse et celui du théâtre séparés.Mais je trouve fascinant de les réunir.» Collaboratrice du Devoir BOA GOA Chorégraphie de Paula de Vasconcelos.Production de Pigeons International présentée à la Place des Arts, du 4 au 20 mars.PIGEONS INTERNATIONAL La nouvelle création théâtre-danse de Paula de VASCONCELOS BOA GOA Avec Alejandro ALVAREZ, Gessuri GAITAN, Natalie Zoey GAULD.Érika MORIN.Laurence RAMSAY.Shigeki YAMADA Concepteurs Owen BELTON.Michel BEAULIEU.Anne-Marie VEEVAETE.Roger SiNHA Du 4 au 20 mars, 20h laplac®d®sarts.com Cinquième Salle de la Place des Arts w 5148422112/18668422112 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL .< I E9 E9 Québec B B Montréal® - Fondation ' Cole Foundation Communications et Conef/t/on féminine />v B E9 Québec b b [ [ T H EI T RE DE L I LES Enirs-i vus PAR- Aniha/véiou/t Motc, BoucJiotcl JcuS/yiir^ CjOtheAtie.Z^o/7 éfyii/ie.Ptou/>ç ^cMotcl Séguin Mise en scène de Luce Pelletier s VEGA Avec Catherine De Léan, Jean-François Nadeau, Benoit Rousseau, Marie-Hélène Thibault Concepteurs Daniel Fortin, Catherine Gadouas, Olivier Landreville, Jocelyn Proulx Du 23 février au 13 mars 2010 Mardi / jeudi / vendredi / samedi : 20 h - mercredi :19 h Billetterie : 514-526-6582 / 514-522-9393 Admission : 514-790-1245 ON JOUE AU [PROSPERÔ] ! CONSEIL DES ARn DE MONTRÉAL CES emploi Québec nn Cbmeffctecatis etcfMfettres Québec B B MEDIAS remo-journalisme, ça vous dit quelque chose?La mise en scène de soi comme nouveau genre dans les médias STEPHANE BAILLARGEON La mère de la patineuse artistique Joannie Rochette est morte quelques jours avant le début des compétitions pour la championne canadienne.Une très triste histoire.Quand le chroniqueur Réjean Tremblay en a parlé cette semaine dans La Presse, au début de la semaine, il a commencé par raconter la mort de sa maman à lui et surtout ses effets sur sa propre personne.«Cette peine profonde qui m’aurait libéré, je ne l’ai jamais vraiment ressentie», a-t-il écrit dans une chronique intitulée «Pleure, Joannie, pleure».«Pour des raisons qui m’échappaient et que je suis allé trouver des mois plus tard.Mais je sais maintenant que la peine, vaut mieux qu’elle soit lourde, qu’elle nous baigne.Tout de suite.Ça aide â guérir.» Et alors?L’idée n’est surtout pas de dénigrer le chagrin d’autrui, ni celui de Mme Rochette ni celui de M.Tremblay.Seulement, il faut bien se demander comment on en est arrivé là et ce que veut dire ce glissement dans le tout-à-l’émotion de l’information dont le chroniqueur-blogueur Patrick Lagacé a fait une spécialité.Le philosophe Jacques Ellul posait le problème autrement en parlant de la littérature contemporaine hypernombrilis-te.Il observait que, si on se désintéressait autrefois des cors aux pieds de Flaubert, on pourrait bien ne pas se soucier des larmes de nos Balzac contemporains plus ou moins médiatisés.«L’émotion n’est pas un problème: c’est un fait, c’est une réalité de l’être humain», commente la professeure Josette Brun, du Département d’information et de communication de l’Université Laval.Elle enseigne l’écriture journalistique mais ne juge pas des textes de professionnels en particulier.«On ne doit donc pas évacuer l’émotion.On peut même accepter certaines manifestations émotives spontanées, surtout en direct.Par contre, quand ça devient une façon de faire et peut-être un calcul pour manipuler le public et hausser les cotes d’écoute, ça peut poser un problème.» Les collègues américains de la professeure Brun ont forgé le terme «emo-journalism» pour décrire ce genre de plus en plus populaire.Un mot pour la chose.A l’origine, l’emo (pour emotional) est un sous-genre musical du punk hardcore.Le stéréotype réduit la production à l’exagération dramatique des émotions.Le chanteur emo, maigrichon, pleurniche et s’époumone, la couette au vent.Par analogie, Vemo-journa-lism a d’abord désigné la couverture de l’ouragan Katrina, en 2005, par Anderson Cooper.Le reporter-vedette de CNN avait alors multiplié les déclarations d’émoi et de désarroi.Il en a rajouté en couvrant la tragédie haïtienne, où il a été beaucoup imité.Jusqu’au kitsch L’emo-journaliste ne dit pas simplement «j’ai vu ceci», en s’exprimant au «je», comme le voulait le new journalism des années 1960.Il ajoute: «j’ai ressenti ceci et cela», puis: «j’ai tremblé ici» et «j’ai pleuré là».Le reporter devient alors la nouvelle, au moins en partie.C’est moins la réalité que sa perception sentimentale et sa relation émotive au réel qui forme le sujet du reportage.Avant, au mieux, le sujet filtrait l’objet; maintenant, au pis, le sujet devient l’objet, le sujet et surtout son intimité, ses réactions, ses émotions, jusqu’au plus larmoyant, jusqu’au kitsch.La professeure Brun souligne alors que le plus souvent la description sufht.«Ix reportage fait appel â l’affectif mais par la description», dit-elle en soulignant qu’elle a passé son dernier cours, avec ses étudiants, à analyser des textes de journaux québécois maîtrisant très bien cette technique d’écriture objectivante.«Le reporter ne s’y met pas du tout en scène comme dans Pemo-journalism.Il n’exprime pas ses propres émotions et, pourtant, chaque reportage est très émouvant.La plupart du temps, une bonne description des gestes, des expressions, des décors, suffit amplement.En Haïti, est-ce qu’un reporter doit dire qu’il se sent triste de voir 10 000 cadavres?Ils sont lâ et les décrire semble assez.Le journaliste est un témoin.S’il prend part â l’événement qu’il couvre, comment peut-il jouer son rôle?» Cela dit et bien dit, Mme Brun établit des différences entre le reportage et la chronique, par exemple, la seconde permettant davantage de mise en scène de soi.«Dans une chronique, l’émotion au “je” a sa place, dit la professeure.Dans un reportage, il me semble essentiel de conserver une certaine distance, une neutralité.Il faut alors remettre en question le mélange des genres.Je me demande finalement â quel prix se fait ce glissement Cette tendance â mélanger le reportage et l’émotion va-t-elle affecter la crédibilité du journalisme?En quoi, par exemple, est-ce si utile par rapport â l’essentiel, qui consiste â témoigner et â relayer l’information?» Le Devoir S0LiD G0LD ULA SiCKL£ (Can/Beig) ns PAS S£ REDUIRE A DES EXPERIEDCES D'ADMiRATi0n CAROLinS DUB0iS ®ntë| Billetterie = 514.525.1500 Réseau Admission = 514.790.1245 840, rue Cherrier, Montréal (métro Sherbrooke) www.tangente.qc.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 EEVRIER 2010 E 5 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Chopin et ses interprètes CHRISTOPHE HUSS Lundi 1" mars est le jour du bicentenaire de la naissance de Chopin: vous en entendrez parler partout.Mieux vaut écouter sa musique.Voici quelques repères historiques situant Chopin et ses interprètes.Chopin est né en Pologne en 1810 d’un père français et d’une mère polonaise.C’est un enfant prodige.En 1829, les concerts de Paganini le renforcent dans son désir de devenir le Paganini du piano.11 est une célébrité dans son pays, qu’il quitte en novembre 1830 pour réaliser une toru-née eru-opéenne et visjter les grands centres musicaux.AVien-ne, il apprend le soulèvement de Varsovie contre le pouvoir russe.Son entourage Iç persuade de ne pas s’en mêler.A l’annonce de la chute de Varsovie, le 8 septembre 1831, il décide de gagner Paris, une ville bouillonnante qui deviendra une terre d’accueil pour les Polonais en exil.11 y demeurera d’octobre 1831 jusqu’à sa disparition en octobre 1849, sans jamais retourner en Pologne.Paris, capitale du piano Depuis le début du siècle, tous les regards sont tournés vers Paris.Beethoven en rêve avant de renoncer, outré par Napoléon.Mais tous les grands nés autour de 1810 y passeront: Chopin, Schumann (1810), Mendelssohn (1809) et liszt (1811).Le mouvement a commencé avec Bellini (né en 1802) et Berlioz (1803) et n’épargnera ni Wagner ni Verdi (millésime 1813, tous deux).Wagner s’y cassera les dents et l’ego, Chopin y sera glorifié.Car, comme l’a écrit Emmanuel Rei-bel dans l’excellent ouvrage Les Musiciens romantiques (Fayard), «Paris est Sirène, Muse et Méduse à la fois».Les bouillonnements parisiens sont lyriques (une tradition établie par Rossini, Donizetti et Meyerbeer), orchestraux (Berlioz), mais surtout pianistiques.Paris est une terre de virtuoses: Herz, Thalberg, Kalkbrenner, les Hongrois Heller et LiszL le Français Alkan et tant d’autres s’y côtoient.Dans ce Pianopolis — une expression d’Eugène de Mirecourt — «Thalberg est un roi, Liszt un prophète, Chopin un poète, Thalberg un avocat et Kalkbrenner un ménestrel» {Lettres parisiennes du vicomte de Launay, de Delphine Girardin).Le poète du piano, Chopin, admire Kalkbrenner et considère Liszt comme le meilleur pianiste de tous.Ce Paris des années 1830 est aussi la capitale mondiale de l’amélioration mécanique de l’instrument Par l’entremise de Kalkbrenner, qui a des parts dans la société de Camille Pleyel, Chopin découvre les pianos Pleyel et leur restera fidèle, liszt lui, roule pour Erard.Herz, lui, a créé sa propre manufacture.Les concerts sont légion, car chaque fabricant possède, attenant à la manufacture, une salle de concert Dans cet univers concurrentiel, Chopin, de santé fingile, préférera toujours les salons et réunions intimes.«La maladie réelle de Chopin passait aux yeux du monde pour une attitude.Ce jeune malade à pas lents, étranger avec un nom français, fils d’un pays malheureux [.] avait tout pour plaire au public d’alors, et tout cela le servait mieux encore que son talent, parfaitement incompris de ce même public», écrivait Saint-Saëns dans sa prélace pour la biographie de Chopin d’Edouard Ganche.Lucide, le compositeur finnçais écrivait plus loin: «La passion, tantôt débordante, tantôt contenue ou latente, vibre toujours dans ses œuvres, leur donne cette chaleur intérieure qui les fait vivre d’une vie si intense et que l’on remplace trop souvent par une exécution maniérée, disloquée et par des contorsions qui sont tout le contraire de son style, fait d’émotion et de simplicité du cœur.» Musique de salon, élans vitaux d’un jeune homme fragile, tout cela, au-delà des partitions, a effectivement donné lieu à pas mal de dérives.Le fameux rubato, qui modèle les phrases, signifie étymologiquement «voler».Mais, en musique, le temps qu’on vole, il faut le rendre.Comment gérer ce temps, comment jauger ce qui est reflet d’une sensibilité de cœur et ce qui tient de la sensiblerie de pacotille?Tout l’enjeu de l’interprète — et du critique qui commente sa prestation — est là.Une chose est sûre: Arthur Rubinstein a bien résumé les choses en écrivant: «Chopin l'homme est considéré comme la faiblesse personnifiée.Chopin l’artiste comme un romantique effréné.En somme, il est coutumier de le concevoir comme un personnage efféminé, mais charmant, un frêle solitaire qui transportait son âme mélancolique de salon en salon, comme un artiste maladif en proie à des humeurs changeantes et à une sensibilité morbide, esclave de préoccupations émotionnelles d’une intensité exagérée.Rien ne pourrait être plus faux que cette image.» 11 cite la
de

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