Le devoir, 26 février 2010, Cahier B
LE DEVOIR, LE VENDREDI 26 EEVRIER 2010 ¦K MUSIQUE illl Naviguer sur ¦il de nouvelles fréquences M Page B 4 à JEUX OLYMPIQUES Curling: les Canadiennes passent en finale Page B 9 WM WttW 'i' ' i':' ' ; -K-:'/T 4}'- K Cv .'M>.f ^ vy^/ La chorégraphe Lucie Grégoire a conçu Le Retour du temps, une œuvre in situ en trois volets et autant de saisons.Les elfes du mont Royal Vingt danseurs déambulent du belvédère au lac des Castors JACQUES GRENIER LE DEVOIR FREDERIQUE DOYON Ils implorent le ciel, embrassent les arbres et font résonner les entrailles de la montagne qui domine la ville.Ce sont les elfes du mont Royal.Le temps d’une danse déambulatoire, signée Lucie Grégoire, 20 créatures épousent une saison, et font corps avec la force tranquille de la montagne, cœur battant de la ville.La chorégraphe Lucie Grégoire a conçu Le Retour du temps en trois volets et autant de saisons.Le premier volet a eu lieu en juin 2007, le second en octobre 2008.Le troisième et dernier se déroule samedi et dimanche dès 14h.Une vingtaine de danseurs effectueront alors le même parcours chorégraphique qu’à l’été et à l’automne — à quelques nuances près, compte tenu des contraintes de l’hiver —, du belvédère principal au lac des Castors, sous le nez des citadins en balade.«L'idée était d'avoir une même danse dans un lieu qui se transforme par les saisons», résume la chorégraphe québécoise, qui a toujours exploité les qualités d’écoute, de présence intérieure et d’ouverture dans son tra- Uapproche in sitUf hors les murs hermétiques d’un théâtre, invite tout un chacun à littéralement entrer dans la danse vail, notamment auprès du maître du butô Yoshito Ohno, fils de Kazuo Ohno.Elle a d’ailleurs donné des ateliers en ce sens aux interprètes avant de les amener sur la montagne.En répétition, mercredi matin sous les flocons, les danseurs portaient en eux le temps lent des saisons, le silence de l’hiver.Ça tenait à la fois du caractère immuable des choses et du mouvement éternel qui agite la nature.Ils amorcent le parcours alignés contre la balustrade du belvédère, immobiles comme la pierre.Courses et enchevêtrement des corps ne tarderont pas à semer une confusion légère.Ici, ils avancent à petits pas en un rang bien serré et ordonné.Là, ils s’éclatent en petits groupes, tournent sur eux-mêmes et s’étirent d’un côté à l’autre, comme pour dépasser les limites de leur peau.Mais toujours cette atmosphère de communion douce.«Au niveau de l'interprétation, il y a un gros travail à faire pour aller au-delà des couches de vêtements, pour transcender le mouvement, et développer une présence plus forte puisqu'on perçoit moins le corps et la peau», explique Mme Grégoire.Cette danse en symbiose % MICHAEL SLOBODIAN A l’automne 2008, quelque 700 curieux ont pris part activement à l’expérience en suivant les danseurs à la trace.avec la nature, elle voulait aussi l’offrir à de jeunes interprètes, fraîchement sortis des écoles, en guise de baptême de feu.de terre, d’eau et d’air.Pour le premier volet, elle a donc recruté les 30 finissants de 2006 des trois établissements d’enseignement de Montréal.Une manière de transmettre l’héritage de ses quelque 30 années de carrière.«Je voulais leur offrir un contexte de création professionnel dès leur sortie des établissements et leur offrir une expérience in situ, qu'ils n'auraient pas pu vivre à l'école, confie-t-elle.Cela a créé de nouveaux réseaux et donné naissance à d'autres projets qu'ils ont réalisés ensemble.» Au fil de sa carrière, partagée entre les solos et les pièces de groupe, Lucie Grégoire a souvent réalisé des chorégraphies in situ, puisant son inspiration pour créer dans des lieux aussi différents que le Jardin botanique, le pont Haza du canal Rideau à Ottawa et le Sculpture Garden de Toronto.Pour faire corps avec ces paysages, rien ne sert de surcharger la danse, puisque l’environnement fournit déjà une matière riche en mouvement, selon la chorégraphe: les flocons qui tourbillonnent, le va-et-vient des passants, les feuilles qui s’agitent dans les arbres en été.«Pour moi, il s'agissait de ramener le geste à l'essentiel, de res- ter près de cette simplicité de la nature autour de nous, indique-t-elle.Si un danseur lève seulement la main, il doit avoir la même puissance que la neige qui tombe ou que la feuille qui frémit.» Ce dépouillement facilite aussi la migration des danseurs, d’un site à l’autre, élément essentiel du projet, notamment pour attirer l’attention du spectateur.A l’automne 2008, quelque 700 curieux ont ainsi pris part activement à l’expérience, suivant parfois les danseurs à la trace dans leurs détours ou imitant leurs gestes, marchant vite quand ils marchaient vite, ou ralentissant le pas avec eux.Car l’autre grande mission de la chorégraphe consiste à démocratiser l’accès à son art, parfois boudé par le public.L’approche in situ, hors les murs hermétiques d’un théâtre, invite tout un chacun à littéralement entrer dans la danse.«C'est une transmission presque kinésique de la danse!», lance la chorégraphe, visiblement enchantée par son aventure.Ne lui reste plus qu’à rêver aux elfes du printemps.Le Devoir ¦ Le Retour du temps, les 27 et 28 février à 14h au belvédère du mont Royal, face au chalet.En cas de mauvais temps, le public est prié de s’informer au ® 514 523-1627.JACQUES GRENIER LE DEVQIR Cl e a Patin de fantaisie Ils ne ressemblent en rien aux patineurs artistiques qu’on a l’habitude de voir au petit écran.Pas de jupette en lycra pour mes-dames, pas de paillettes pour messieurs — voilà qui plairait à certains commentateurs.La troupe Patin libre fait un pied de nez aux triples doubles piqués et renouvellent l’art du genre.Sur la glace, ils jouent avec le feu, dansent le break chaussés de patins et font tout ce qui est interdit en compétition.Avec Ceci n'est pas un patin, la troupe se la pète à 22h30 demain lors de la Nuit blanche, à l’aréna-théâtre Camillien-Houde de Montréal.Elle reviendra les 6, 12 et 13 mars, avant de partir vers Boucherville et Gatineau.Billets au www.lepatinlïbre.corn.Couloir de l’art Pendant que la métropole brille de tous ses feux, dans le cadre de la Nuit blanche du festival Montréal en lumière {www.montrealenlumiere.corn), l’art, lui, anime ses couloirs souterrains.Les créations d’une centaine d’artistes contemporains jalonneront les quatre kilomètres de la viUe souterraine, qui s’étend de la Place des Arts au complexe Les Ailes.Pendant la spéciale nocturne, les artistes et une foule de bénévoles viendront établir un lien entre les œuvres et le public.Jusqu’au 14 mars, les installations demeurent à cet endroit et autour d’elles s’articuleront des débats, des visites guidées, des conférences et des performances.www.artsouterrain.com.Bain de lumière Même si elle est en marge de Montréal en lumière, la galerie d’écodesign Monde Ruelle joue le jeu et propose jusqu’à dimanche son Bal des lampes, où seront exposées les créations lumineuses de 17 designers locaux.On s’y rend spécialement le soir de la Nuit blanche, alors que les bijoux illumineront la galerie jusqu’à minuit www.monderuelle.com.Sons marins Bateaux, trains, cloches de la basilique Notre-Dame unissent leur puissance sonore pour la 16" édition des Symphonies portuaires du musée de Pointe-à-Cal-lière à Montréal.Pour La rumeur court, ce nouveau volet de cet inusité concert en plein air sur le thème des légendes et des contes de l’Amérique du Nord francophone, le compositeur Pierre Lab-bé propose une œuvre originale à laquelle se joint le conteur Michel Eaubert Concert gratuit devant le musée, ce dimanche et le 7 mars, dès 13h30.www.pacmusee.qc.ca Exqnises esqnisses On profite de l’exposition sur la haute couture du Musée national des beaux-arts du Québec pour se délier les doigts et jouer à l’artiste, lors des après-midi entièrement consacrés au dessin d’observation de modèles vivants.Livrés au bon soin d’un professeur qui nous livre ses conseils de maître, on tente de dessiner les nuances du corps humain et d’en faire jaillir les émotions.Eaut être rapide, les modèles tiennent la pose entre 2 et 15 minutes.Réservations: "S- 418 643-2150.Tous les samedis jusqu’au 10 avril.www.mnba.qc.ca.Emilie Folie-Boivin B 2 LE DEVOIR LE VENDREDI 26 EEVRIER 2010 WEEK-END CULTURE Des artistes dénoncent r« apartheid israélien » FREDERIQUE DOYON Cinq cents artistes montréalais se mobilisent contre les politiques d’Israël envers la Palestine, politiques qu’ils comparent à l’apartheid sud-africain.Ils ont signé une lettre ouverte appelant au «boycottage, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat d’Israël», joignant leurs voix à une campagne internationale instiguée en 2005 par plus de 170 organismes palestiniens (campagne BDS).Les cinéastes André Turpin, Hugo La-tulippe et Anaïs Barbeau-Lavalet-te, le comédien Paul Ahmarani, l’auteur François Avard et les chanteurs Richard Desjardins et feue Lhasa de Sela comptent parmi les signataires.«Les Palestiniens subissent un système institutionnalisé de racisme et de ségrégation qui ressemble à l’apartheid sud-africain d’autrefois», fait valoir la lettre, initiative du collectif Tadamon, qui œuvre pour Légalité et la justice des diasporas du Moyen-Orient.Israël soumet Gaza «à une pénurie chronique d’électricité, de carburant, de nourriture et d’autres produits de base, tout en poursuivant sa campagne de violences militaires».L’Etat hébreu sape aussi les «droits inaliénables des réfugiés palestiniens de regagner leurs terres», est-il écrit.Les signataires invitent ainsi la population à les suivre en re- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les artistes Fortner Anderson, Malcom Guy et Paul Ahmarani, ainsi que les porte-parole du collectif Tadamon, Sara et Stefan Christoff, ont parlé hier en conférence de presse de la déclaration de solidarité avec la lutte des Palestiniens pour la liberté.fusant notamment de consommer des produits israéliens et de participer à des événements culturels, sportifs ou autres qui font la promotion de l’État israélien.«C’est une question de principe assez élémentaire que de soutenir une population qui vit une situation épouvantable, et qui empire», a déclaré le comédien Paul Ahmarani en conférence de presse, hier, pour justifier son geste.Ce geste s’impose d’autant plus aujourd’hui que «le gouvernement canadien prend de plus en plus une position pro-israé-lienne», juge le réalisateur Mal- colm Guy, faisant référence à la crise qui entoure des organismes tel Kairos, Alternatives et Droits et Démocratie.Rappelons que le droit au retour des réfugiés palestiniens reste la question la plus épineuse du conflit israélo-palestinien.Le gouvernement israélien souligne le fait que la résolution 194 des Nations unies, sur laquelle s’appuie ce droit au retour, ne mentionne justement pas le mot «droit», mais exprime plutôt un souhait.Le Devoir Une université américaine restitue une lettre volée de Descartes à la France GUILLAUME DECAMME Washington — Une lettre du père de la philosophie moderne, René Descartes, volée à Paris au XIX" siècle, va être restituée en juin à l’Institut de France par l’université américaine de Haverford, en Pennsylvanie (est des États-Unis), a annoncé le président de l’établissement hier à l’Agence France-Presse.Le geste de Haverford — qualifié par son président, Stephen Emerson, de «seule chose sensée à faire» — mettra un terme aux rocambolesques aventures et mésaventures de la missive, adressée par Descartes (1596-1650) à son ami le religieux Marin Mersenne, depuis le château d’En-degeest aux Pays-Bas le 27 mai 1641.Dans cette lettre, l’auteur du célèbre «je pense, donc je suis» aborde la prochaine publication des Méditations métaphysiques, ouvrage majeur paru à Paris en août 1641.Après la mort du philosophe, le manuscrit est conservé à l’Institut de France, selon un communiqué de Haverford publié sur son site Internet.Ce n’est qu’au milieu du XIX" siècle qu’il refait parler de lui, par l’entremise du comte italien Gugliemo Libri, qui travaille alors à la Commission du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France.Lors de ses pérégrinations à travers la France, le comte Libri aime «emprunter» des ouvrages originaux.sans jamais les restituer à ses propriétaires.C’est ainsi qu’il dérobe 72 lettres de René Descartes, parmi lesquelles se trouve la fameuse missive écrite en mai 1641.Se sachant recherché pour ses larcins, Libri s’enfuit à Londres où, pour régler ses factures, il vend les livres et manuscrits volés en France.Charles Roberts, grand amateur d’autographes et d’ouvrages originaux, acquiert la lettre, sans toutefois savoir qu’elle avait été volée, précise l’Université de Haverford.A sa mort, sa veuve fait don de la lettre à l’établissement où M.Roberts avait étudié.Passe plus d’un siècle jusqu’à ce qu’au mois de janvier dernier, un universitaire néerlandais apprenne l’existence de la lettre lors de recherches sur Internet.Intrigué, Erik-Jan Bos contacte Stephen Emerson, qui dirige la petite université de Haverford.Lors d’un entretien accordé à l’AFP, M.Emerson a fait part de sa surprise à l’annonce de la nouvelle, d’autant plus qu’il se décrit comme un «grand admirateur de Descartes».Agenee Franee-Presse MEDIAS Groupe TVA accouche de Yoopa C’est une première: une «marque multiplateforme préscolaire éducative», liant une télé, un portail et un magazine poiu les enfants de deux à six ans.STEPHANE BAILLARGEON Le Groupe TVA plonge à plein dans le divertissement pour les enfants d’âge préscolaire.La proposition multiplateforme dévoilée hier matin s’organise autour d’une nouvelle télévision spécialisée, d’un portail Internet pour parents et enfants et d’un magazine.La totale, quoi, et une première puisqu’il n’existe pas de chaîne pour les très jeunes au Québec.La nouvelle «marque» (le directeur général Denis Dubois a abusé du terme commercial hier) s’intitule Yoopa, un mot qui veut évoquer l’allégresse et le bonheur communicatif.C’est Yoopa, comme on crie «Youpi».Yoopa s’adresse aux enfants de deux à six ans.La licence pour la chaîne spécialisée a été accordée lundi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).Le duo chaîne-magazine apparaîtra le 1"" avril.Le portail Web suivra le 28 mai.«Yoopa, c’est une chaîne de télé, mais c’est beaucoup plus, a expliqué le directeur Dubois.C’est une marque multiplateforme qui vise les enfants et les parents avec une promesse précise: des aventures éducatives valorisantes.» La programmation télévisuelle sera dévoilée à la fin de mars.Le Groupe TVA a en chantier deux séries originales et promet de dépasser le seuil du tiers de contenu canadien avant les trois ans réglementaires prévus par le CRTC.Les tarifs d’abonnement seront annoncés au lancement de la chaîne sans publicité (sauf pour deux minutes à l’heure de «messages de commanditaires»).Les négociations se poursuivent avec les distributeurs de signaux.Elles doivent logiquement être plus simples avec Vidéotron, propriété de Québécor, comme le Groupe TVA Astral Media, qui a son propre projet de télé pour très jeunes (Vrak Junior), s’est plainte de l’échec des négociations avec le câblodistributeur.Le portail Internet de Yoopa proposera deux espaces, un pour les petits, un pour les grands, l’idée étant de constituer une sorte de communauté de parents qui pourront par exemple échanger des conseils pédagogiques ou des idées de sortie culturelle.Le nouveau site absorbe PetitMonde.com et EspaceParents.ca.De même, le magazine Yoopa prend le relais de la publication Espace parents, qui compte déjà 30 000 abonnés.Les dirigeants de la «marque» ont conscience d’avancer sur un terrain glissant.L’association des pédopsychiatres américaine a recommandé l’an dernier de ne pas mettre les très jeunes (de deux ans et moins) en contact avec le petit écran.«Nous avons nos responsabilités et les parents ont la leur», a résumé M.Dubois, qui annonce la formation d’un groupe de sages et promet une programmation dans les faits destinée aux enfants de trois ans et plus.Le Devoir Festival Montréal en lumière Virginia Rodrigues: un ange passe YVES BERNARD Virginia Rodrigues est un ange.La voix de mezzo-soprano céleste et si pure qui sort pourtant de la favela bahianaise, l’interprétation qui ouvre à la musique de chambre, le ton grave et cette douce solennité qui rappellent parfois le plain-chant, une fluidité Ijnique sans trémolo, elle vient présenter Recomeço, un quatrième disque sobre et dénudé, interprété en duo avec presque toujours un simple piano pour tout accompagnement.La Rodrigues est une voix sans âge, contrairement à celle de l’équipe actuelle du Buena Vista avec qui elle partage ce soir la scène de la salle Wilfrid-Pelletier.Difficile de trouver programme plus contrasté.Les deux artistes ont émergé sur la scène internationale à la même époque, il y a plus d’une décennie, et les deux vivaient en marge des tendances les plus pop de leur pays respectif.Mais là s’arrêtent les comparaisons.En 1998, Rodriguez, adepte du candomblé, découverte par Gaetano, lance Sol Negro et s’élève avec spiritualité sur les chansons de samba.Au tournant du siècle, elle offre Nos, qui remanie le rjRhme axé, apanage habituel du carnaval, avant d’enregistrer chez la très classique Deutsche Grammophon Mares profundos, qui lorgne vers les afro-sambas.Avec Recomeço, la voici sur la route des auteurs-compositeurs qui l’ont marquée: Chico Buarque, Torn Jobim, Vinicius de Moraes, Paulo César Pinheiro et autres icônes de la bossa ou de la MPB.Est-ce un changement de trajectoire pour celle qui est considérée comme interprète classique dans son pays et comme chanteuse à AP- ’* • , .¦ Virginia Rodrigues ANA QUINTELLA forte connotation religieuse à l’extérieur?«E s’agit d’une évolution naturelle, répond-elle.Indépendamment des étiquettes, je suis une chanteuse de musique populaire et je ne pense pas parler de religion dans mes chansons.Mais je rends hommage aux Noirs.E m’est donc impossible de passer à côté du candomblé et de cet univers qui permet notre musicalité.» Loin des ambiances percutées des précédents, le disque ne renferme que des chansons d’amour: l’amour idéalisé, inconditionnel, désillusionné, impossible.Explication: «Je caressais ce projet depuis longtemps et plusieurs de ces titres faisaient déjà partie de mon répertoire.Le pianiste Cristâvâo Bastos m’accompagne.Je le considère comme l’un des meilleurs musiciens de l’histoire brésilienne.Mais à Montréal, je viendrai avec le claviériste Keco Brandâo et le percussionniste DaLua.» Un ange passe en trio.Collaborateur du Devoir ¦ Renseignements: s 514 842-2112 VOX VOTRE TELE CITOYENNE KM VIDÉOTRON chaîne 9 et 609 en HD | voxtv.ca MEMOIRE DE PROULX CE SOIR 18 H A LA TELEVISION Le Téléjournal 18h45 Eeux sur Vancouver KAMPAII / Spéciale enfants/ Tania Kontoyanni Paquet voleur Une heure sur terre Le Téléjournal I Pleins feux sur Vancouver I Les invincibles I TVA Nouvelles Le cercle J.E.Du talent à revendre Esprits criminels / Meurtres sur le campus TVA Nouvelles |22h45 Denis Lévesque 23h45 DIE HARD III: MARCHE OU CRÈVE (1995) Bruce Willis, Sam Chicotte Tactik Les moquettes coquettes / Catherine Trudeau La joute Curieux Bégin / Après-ski / Chantal Eontaine Belle et Bum / Marjo , Jonathan Painchaud.L'HISTOIRE OEEICIELLE (1985) Norma Aleandro, 1 Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver - Hockey masculin demi-finales (D) | RDI monde RDI économie 24 heures en 60 minutes Grands Report.Imax Le Téléjournal RDI économie | Vancouver Le Téléiournal I Pleins feux I 117h50 Champion Journal ER Partir Autrement Thalassa Le feu de la mer Club social / Pascale Bussières TV5le ournal |23h35 LOVE ME (2000) Le Grand Rire de Québec 2006 Histoires de crimes NCIS enquêtes spéciales Scènes de crime Alliance meurtrière Ganqland / Basic Traininq Sexe Réalité Idées-qrandeurI Cuisinez Louis Décore ta vie | Airoldi-sortie Maison Sarah | Propriétaire César parle chiens BveMaison I Ma maison Maison en otaqe Cinéma 17h30 Palmarès Décompte MusiquePlus Rikki et Vikki: Célibs et Bi Tila: Célib et Bi Coup de rock Punk'd: Stars Les années / Les Colocs Le grand décompte MusiMax Génération 2000/ 2000 EOOTLOOSE (1984) avec Lori Singer, Kevin Bacon, Hollywood Inc, Derek Ca plane VRAK la vie Grenade?Dans le trouble 1 Eamille parfaite Degrassi Degrassi 70 1 Changement | ErankGirard lEanClub Hors d'ondes Les Simpson Iron Man Iron Man Star Wars Star Wars Star Wars Les Simpson American Dad 1 EN QUETE D'UNE GALAXIE (1999) avec Alan Rickman, Sigourney Weaver.I 17h30Jeux2010 18h45 Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver (D) Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver (D) | Jeux olympiques 2010 (D) | 1 Tragédies Si i'avais un char Dans le secret des villes The Unit: Commando d'élite L'ABBAYE DE NORTHANGER (2007) avec Eelicity Jones, Geraldine James, | Cormoran Toutsurmoi ICommemaqie Anne - piqnons verts C'est juste de la TV Les grandes entrevues/Jean-Michel Anctil ELEVE LIBRE (2008) 1 Les experts / Le troisième oeil Bones / Mon père, le criminel Les experts Protection de témoins La loi et l'ordre: Crimes sexuels Nip/Tuck/Sanq froid Rêve Diana La porte des étoiles / Chimères S'coucher | Jobs de bras Le cobaye iLestripeux Péril en haute mer Chasseurs de fantômes / Salem Dollhouse / Mourir sur scène Pk Head's Up 17h30 Terre.TV I Campus CursUS-santé CodeChasten 21h15 Cherche | L'histoire de l'univers Journalisme 123h50 Bâtiment CORIM Marie par -30 / Charlevoix Le qlobe cooker/Maroc Guide restes VOIR Hell's Kitchen I Glam Citv/Miami Coups de coeur pour le Québec ,,,de la pêche WonderChoux | Caillou Panorama documentaire Eacteur | Rebut global 1 LA TERRE DE LA GRANDE PROMESSE (1975) Météo+ IVolt Presserebelle fcfflB!liJ!Hl7h45 BRUBAKER (1980) avec Yaphet Kotto, Robert Redford.| lELAMMESUR LA GLACE: EN ROUTE VERS L'.|21h40 LE ELIC DE BEVERLY HILLS II (1987) Eddie Murphy.l23h25 DRACULA (1992) | |l7h30 LE JOUR OU LA TERR.|l9h15 DROLE DE GROSSESSE (2009) 120h45 Cinéjour SECONDE CHANCE (2009) Rvan Scott Greene.122h35 LA GUERRE DES MARIEES (2009) | Cinéma | 17h30 Eachos Nos années 60 | La bête des Vosges Horizon / Pérou | Nos années 60 | La boue Mémoire P Vert tendre Le 9.5 LHJMQ Hockey/Junior de Montréal c.Olvmpigues de Gatineau (D) iLeLab BoxeRock [Mise à jour | 17h00 News Coronation St.Wheel Eortune Jeopardy I Rick Mercer I Marketplace I the fifth estate Partie 3 de 3 ICBC News: The National 22h55 CBCNews/23h05 The Hour Ghost BEIEEljIll Vancouver 2010 Winter Olvmpics - Women's Curling Gold Medal Game, Men's Speed Skating 500m and 5000m Relav, Men's Hockev Semifinal (D) 1 News House & Home E.T.Canada Ent.Toniqht X-Weighted / Madison Shark Tank Numb3rs/7 Men Out News 1 Desiqner Guvs Ent, Tonight Green Gables Elec.Companv Eeast India Eeast India The Agenda with Steve Paikin Heartbeat / My One and Only Allan Gregg lEilmlOl The Agenda with Steve Paikin Heartbeat Be Millionaire World News Eox 44 News Smarter Than BLADES OE GLORY (2007) avec Jon Heder, Will Eerrell.20/20 The Office 1 23h35 News 0h05 Kimmel 1 News Eveninq News Ent.Toniqht Ghost Whisperer I Medium/You Give Me Eever Numb3rs/7 Men Out News 123h35 David Letterman | 1 News NBC News Jeopardv Wheel Eortune Vancouver 2010 Winter Olympics (D) Newschannel 5 0h05 Olvmpics EamilyGuy The Simpsons 2 1/2 Men 2 1/2 Men The 41st NAACP Image Awards EOX 44 News at 10 ITMZ Scrubs Seinfeld KlilylËHB News Worldfocus Vermont Week Wash.Week NOW Bill Moyers'Journal Independent Lens / Behind the Rainbow Business Charlie Rose MüiKiliTiH News 1 Business PBS NewsHour Roadside Adv Outdoors Wash.Week | NOW Bill Moyers'Journal I News 1 Charlie Rose | 1 Vancouver 2010 Winter Olympics - Women's Curling Gold Medal Game, Men's Speed Skating 500m and 5000m Relay, Men's Hockey Semifinal (D) I CSI: Miami / One of Our Own Criminal Minds Criminal Minds Criminal Minds/About Eace Criminal Minds / Identity Criminal Minds / Luckv Criminal Minds Emilv of New Moon Matthew Good Eact Presents I Cover Stories White Collar / Bottlenecked Dexter/The Dark Defender 23h15 Law & Order/Pro Se 0h15 W,Trace Cash Cab I How It's Made Dailv Planet Dirtv Jobs / Bio Animal Vet Man vs.Wild JEK: The Ruby Connection Daily Planet Man vs.Wild Air-Cranel Exile Nostradamus Effect (AMERICAN HISTORY X (1998) avec Edward Eurlong, Edward Norton.Urban Legends Exile Trailer Park I Trailer Park Relic Hunter Tornado Terror/New York City iK.vs.Spennv iK.vs.Spennv iTrailerPark Eoundation NCIS 12010 Winter Olympics - Women's Curling Gold Medal Game, Women's Alpine Skiing Slalom, Four Man Bobsleigh, Men's and Women's Long Track Speed Skating Team Pursuit, Men's Hockey Semifinals (D) I ^HîîTTîTTTT^H Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable NOS CHOIX CE SOIR Amélie Gaudreau C’EST JUSTE DE LA TV Les chroniqueurs habituels et leur invitée, Ma-rie-Soleü Michon, dressent un bilan télévisuel des Jeux oljmipiques et s’intéressent à la programmation des chaînes généralistes les vendredis soirs, donc aux concurrents directs de l’émission, et dévoilent leurs coups de cœur.Artv, 21h UNE HEURE SUR TERRE Parlant de concurrent direct.Place ce soir à un reportage de Jean-François Bélanger qui nous fait découvrir le quotidien sûrement pas très routinier d’un hôpital militaire en zone de guerre, plus précisément à Kandahar.Radio-Canada, 21h CLUB SOCIAL Parmi les sujets de ce soir, on s’interroge à propos du végétarisme/végétalismç, qui aurait la cote par les temps qui courent.Également au programme, une entrevue avec Pascale Bus-sières et une rencontre avec la voix du baseball au Québec, Jacques Doucet.TV5, 22h EN QUÊTE D’UNE GALAXIE Voilà une comédie qui convient parfaitement pour conclure une semaine pénible.Les acteurs d’une série télé culte à la Star Trek sont sollicités par des extra-terrestres en détresse pour venir les sauver.Télétoon français, 22h ¦BuacMaifi» LE DEVOIR LE VENDREDI 26 EEVRIER 2010 B 3 SAQ LES RENDEZ-VOUS DU CINÉ Mfl Q UÉBÉC(rTS~ Millon MONTRÉAL 17-27 FÉVRIER 2010 RVCQ.COM # C’EST LA SAISON DES RENDEZ-VOUS! WEEK-END CINEMA L'AFFAERE COeA-SOLX K-niMS AMÉRIQUE PRÉSENTE - ç e ^ 16^*001 pi»VRAI! ; UN RLM DE GERMAN GirriÉRREZ ! ET CARMEN GARCIA J 11 DÈS AUJOURD’HUI EN EXCLUSIVITÉ! -S?j  l’affiche cette semaine SOURCE: MÉDIAFILM.CA L’AFFAIRE COCA-COLA (The Coca-Cola Case) Canada.2009.86 minutes Documentaire de German Gutierrez et Carmen Garcia.Deux avocats et un activiste américains tentent de faire porter à la multinationale Coca-Cola la responsabilité des meurtres de cinq syndicalistes de sa franchise en Colombie, perpétrés par des groupes paramilitaires à la solde des dirigeants locaux de l’entreprise.• V.O., s.-t.f : Cinéma Parallèle.BRENDAN ET LE SECRET DE KELLS France, 2008,79 minutes Film d’animation deTomm Moore.Irlande, IK" siècle après Jésus-Christ.Apprenti dans une abbaye dirigée par son oncle, qui fait ériger une muraille pour parer aux invasions vikings, un moine de douze ans vit de périlleuses aventures qui l’amèneront à terminer l’enluminure d’un livre mythique.• V.O.: Quartier latin, Beaubien.• V.a.: ÂVIC Forum.LA DERNIERE FUGUE Canada, 2010,90 minutes Drame de Léa Pool avec Yves Jacques, Andrée Lachapelle, Jacques Godin.Alors que des enfants tentent de convaincre leur mère de placer en institution leur père gravement atteint de la maladie de Parkinson, l’aîné et son neveu, avec la complicité de l’épouse du vieillard, forment le projet de l’aider à mettre fin à ses jours.• V.O.: Quartier latin, StarCité, Beau-bien.• V.O., s.-t.a.:AMC Forum.L’ENFER D’HENRI-GEORGES CLOUZOT France, 2009,94 minutes Documentaire de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea.Au moyen d’entretiens et de scènes exhumées des bobines originales, récit des circonstances pénibles entourant le tournage en 1964 par Henri-Georges Clouzot de L’Enfer, film jamais achevé mettant en vedette Romy Schneider et Serge Reggiani.• V.O.: Cinéma du Parc.OSCAR ET LA DAME ROSE France, 20Q9,106 minutes Drame de Eric-Emmanuel Schmitt avec Michèle baroque, Amir, Benoît Brière.Alors qu’ü reiise d’adresser la parole à son médecin et à ses parents afin de protester contre leur refus de lui avouer qu’ü va bientôt mourir, tm garçon leucémique s’attache à une ancienne lutteuse devenue livreuse de pizzas.• V.O.: Quartier latin, Beaubien, Place L^alle, StarCité, Marché Central.• V.o., s.-La.: AMC Forum.La fenêtre d’exploitation î ft Martin Bilodeau Une infime fraction des longs métrages gardent l’affiche plus de six semaines en salles.Avatar est un cas d’exception.J’ai tué ma mère aussi.Si bien que la parution en DVD 6’Alice in Wonderland, huit semaines après sa sortie le 5 mars, annoncée par Disney, ne devrait en principe scandaliser personne.D’autant que depuis une dizaine d’années, la fenêtre d’exploitation des films en salle s’est largement rétrécie.Et dans un avenir plus ou moins rapproché, tous les prophètes du milieu soutiennent que les sorties en salle, en DVD, à la télévision à la carte, seront simultanées.Alors pourquoi tout ce boucan et ces menaces de boycottage du film de Tim Burton venues principalement de Grande-Bretagne et des Pays-Bas?Parce que la réalité rattrape les propriétaires de salles.Autrefois le maillon fort dans l’exploitation d’un film, ils sont en train de devenir son maillon le plus fragile, pour plusieurs raisons: ¦ La part de revenus qu’ils tiraient de l’exploitation des films dans leurs salles a reculé de plus de 5 % au cours des dernières années (grosso modo de 50 % à 45 %), conséquence d’un bras de fer avec les distributeurs qui doivent récupérer les pertes encourues par la réduction du nombre annuel d’entrées en saUe et couvrir une partie des sommes astronomiques investies dans la promotion.¦ Chaque gros canon fait l’objet d’une négociation à la baisse de la marge de revenus garantie au propriétaire de salles, au profit du major qui le distribue.¦ Sur la pression des studios, les réseaux de salles sont en train de s’endetter massivement pour s’équiper de projecteurs numériques, ce qui, du coup, les rend très (trop) dépendants de l’offre.¦ La fenêtre pour exploiter les films numériques et en 3D, incidemment pour amortir rapidement l’investissement, est en train de se réduire.En reconnaissant que le modèle «à l’essai» proposé par Disney deviendrait la norme, Ava- tar, toujours deuxième au box-office d’Amérique du Nord, avec des revenus considérables pour les exploitants de salles, paraîtrait, en DVD dans trois semaines.A l’Association des propriétaires de salles et de ciné-parcs du Québec, on ^ ne se mouille pas trop.Son président, Didier Earré, soutient à propos à’Alice que «ce n’est pas dans l’intérêt du distributeur de sortir le film en DVD si le film fait encore des revenus en salle».J’ai pour ma part du mal à imaginer que Disney, la plus grande puissance mondiale en matière de divertissement, travaille contre son propre intérêt.Alors qu’en est-il réellement?On ne peut que supposer.Supposer par exemple que les coûts promotionnels liés à la sortie en salle serviront aussi à faire la réclame du DVD.Alors que selon le modèle actuel, la campagne publicitaire du DVD est séparée, le film ayant, dans les quatre mois réglementaires séparant sa sortie en salle de sa parution en DVD, quitté les écrans radars.Une parution en DVD huit semaines après la sortie permet aux distributeurs de l’annoncer au bout de cinq semaines d’exploitation.Pendant qu’il est encore dans l’actualité.S’il désavantage les exploitants, le calcul est très cohérent et le modèle économique suggère d’importantes économies d’échelle.Pour les distributeurs.En Grande-Bretagne, Odeon a menacé de ne pas exploiter le film si Disney allait de l’avant.Les deux parties ont conclu hier une entente dont les détails n’ont pas été dévoilés, mais qui très certainement ont à voir avec la part de revenus partagés.Si les studios réduisent la fenêtre d’exploitation de leurs films en salle (de 17 à 12 semaines, pour être précis), je ne vois pas d’autre solution à court terme qu’un partage plus équitable des revenus avec les propriétaires de salles.Il n’y a pas d’enjeu éthique ou artistique dans ce débat.Seulement un enjeu économique.Et les exploitants, autrefois si puissants, n’ont plus le pouvoir de négociation qu’ils avaient.E N BREF Avoir au FIFEM: Higglety Pigglety Popl Chris Lavis et Maciek Szczer-bowski, les auteurs du remarquable et très primé court métrage d’animation de l’ONE Madame Tutli-Putli, sont de retour.Ils ont réalisé une nouvelle adaptation du livre de Maurice Sendak, Higglety Pigglety Pop!, mêlant cinéma avec acteurs et animation, coproduite par TONE et Warner Home.En prime: les voix de Meryl Streep et de Eorest Whitaker.Cette merveilleuse histoire surréaliste, avec chien, cochon, lion et compagnie sera présentée en première mondiale le 28 février au Eestival international du film pour enfants de Montréal, suivie d’une présentation avec cinéastes et marionnettes.Un bijou! - Le Devoir consuHez nobie siie Internet SHUTTER ISLAND (Sin-FISH TANK (STF) RACHEL PI-L'ENFER DINRHES CLOUZOT THEIMAGINARIUM OF DR.PARNASSUS : rCINÉMA DU PARC I 3575 Du Parc 514-281-1900 FIFEM ]5 monJêcsIpVt Entretien avec le cinéaste Bruno Dumont À la recherche de la présence du sacré Le cinéaste français derrière La Vie de Jésus, UHumanité, Flandres, vient donner un cours de maître aujourd’hui à la Cinémathèque, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, qui lui consacre une rétrospective.Il présente aussi Hadewijch, son plus récent long métrage.ODILE TREMBLAY Certains le considèrent comme l’un des plus grands ci-néastes français contemporains.Son rythme et ses choix radicaux en irritent d’autres.Depuis son premier long métra-ge-choc La Vie de Jésus, en 1997, incursion dans l’univers d’une jeunesse désœuvrée d’une petite communauté du nord de la Erance, Bruno Dumont a imposé sa griffe sans concession sur le paysage du septième art.Après des études de philosophie, il demeure hanté par les questions éthiques, met souvent en scène des délinquants, des paysans, des ouvriers dans son coin de pays: le Nord de Erance.Très primé à Cannes pour La Vie de Jésus en 1997 (couronné aussi du prix Jean-Vigo), pour L’Humanité en 1999 (trois prix), et pour Flandres en 2006, Bruno Dumont a puisé à cette reconnaissance une précieuse indépendance.«Le cinéma français fait beaucoup de concessions pour obéir aux lois du marché, soupire-t-il.J’ai la liberté d’écrire un scénario, de faire un film, sans tenir compte des impératif de l’industrie.» Luxe?Nécessité, plutôt.Admirateur des grands: de Bergman à Dreyer, de Tarkovski à Sokourov, Bruno Dumont comprend l’importance d’un cinéma commercial, mais revendique une place accrue pour lui et ses pairs.«Sans faire beaucoup d’entrées, mes films sont distribués partout dans le monde.Des spectateurs mécontents de ce que l’industrie leur offre, il en existe dans tous les coins du monde.Je fais un cinéma artisanal, avec des acteurs non professionnels et des budgets peu élevés, qui me laissent une grande marge de manœuvre, loin des œuvres parisiennes et bourgeoises, tournées par des gens qui travaillent à l’intérieur d’un système clanique.Faire du cinéma pose avant tout la question du bien et du mal.» Agnostique, Bruno Dumont avoue chercher la présence du sacré en dehors des valeurs spirituelles.«Le cinéma ouvre sur RENDEZ-VOUS DU CINEMA QUEBECOIS Bruno Dumont comprend l’importance d’un cinéma commercial, mais revendique une place accrue pour lui et ses pairs.railleurs, comme la poésie, la musique, la peinture.L’art possède un lien direct avec le sacré.» Déjà le titre La Vie de Jésus ouvrait sur une dimension religieuse.L’Humanité offrait à son héros une dimension christique.Dans Hadewijch, le cinéaste met en scène une jeune mystique contemporaine, aliénée par sa foi.«Sa quête repose sur un besoin d’absolu, mais aussi sur une démence, qui peut l’entraîner vers la violence.Je voulais sortir ce personnage des sentiers battus de la représentation religieuse.Elle est une aristocrate, dont le riche décor symbolise surtout une ri- chesse intérieure, mais ancrée dans la vie.Le film aborde les dangers de l’idéalisme.» Bruno Dumont en appelle à la dignité de la création et invite les jeunes cinéastes à résister aux sirènes du marché, en cherchant leur voix propre, leur style.A son avis, les médias électroniques contribuent beaucoup à créer un problème de valeurs en incitant les spectateurs à fuir les films incitant à la réflexion.«Le public, il faut l’éduquer, et la télé est une fabrique à abrutis.» Le Devoir Tous les arts au programme du 28® FIFA CAROLINE MONTPETIT Deux cent trente documentaires sur l’art, que ce soit sur l’art visuel, la musique, la photographie, le cinéma, la littérature, la peinture, la mode et même l’art horticole, c’est ce que le Eestival international des films sur l’art (EIEA) propose à nouveau cette année, du 18 au 28 mars, à l’occasion de son 28® anniversaire.Vingt-huit ans, c’est déjà une longue vie pour un tel événement qui ne connaît pas de pareil dans le monde, du moins à cette échelle.«D’autres festivals semblables peuvent présenter une vingtaine de films», dit René Rozon, fondateur de l’événement et qui en tient toujours la barre, en tant que directeur, cette année.En ouverture du EIEA, on pourra voir le film d’Anne-Ma- rie Tougas, Vivre avec l’art, un art de vivre, où l’on entre dans l’intimité du collectionneur Bernard Landriault.Suivent entre autres Offre-moi ton corps, de Bernar Hébert et de Renée-Claude Riendeau sur la démarche de photographes «qui utilisent le corps humain pour exprimer certaines préoccupations humaines et sociales».Du Québec aussi, on pourra voir Quarantaine, «une plongée au cœur de l’identité masculine» portant plus particulièrement sur les hommes dans la quarantaine, signé Marlene Millar et Philippe Szoper.En première mondiale au Eestival sera projeté un film sur Juliette Gréco, Je suis comme je suis, et l’icône du Saint-Germain-des-Prés des années 1950 sera en personne à Montréal pour le présenter.Le Ees- tival se clôturera enfin sur Views of Vermeer - 12 Short Stories, un collectif portant sur l’œuvre du peintre hollandais Vermeer.Côté jazz, on présentera un film sur Boris Vian: Boris Vian, la vie jazz, le documentaire Cool, qui porte sur la musique américaine des années 1940 et 50, et aussi Harlem et Montmartre, une histoire du jazz à Paris.Côté littérature, il semble qu’il ne faut pas manquer le film sur l’auteur de romans d’espionnage John Le Carré: King of Spies, de Wer-ber Kôhne et André Schafer.C’est évidemment sans parler des très nombreux autres qui figurent au programme de l’événement.Une nouvelle salle présentera par ailleurs des films du PIPA à Montréal.Il s’agit de la salle J.A.De Sève, de l’Université (Joncordia.L’organisation espère ainsi attirer un nouveau public qui ne lui est pas encore acquis, plus allophone, plus anglophone, et plus jeune.En effet, selon René Rozon, les anglophones ne sont pas les plus nombreux à fréquenter le PIPA année après année, bien que la majorité des films qui y sont présentés le soient en anglais.Le Devoir EN NOMINATION AUX OSCARS MEILLEUR LONG MÉTRAGE D’ANIMATION (MF quatre) €< Splendide! Merveilleux!» NOMINATION MBLLEUR LONG METRAGE D'ANIMATION EUROPEAN RLM AWARDS • PRIX ASIIA ANNIE I COI t)6SAU)0tlRC)'l)ül!r VEF1SION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE QUARTIER UfflN | |2306,DaaubienE.72i-floeol | |LE FORUM 221 CONSULTS LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS [rmetropoletilms.com t" NOMINATION AUX OSCARS' MEILLEUR FILM EN LANGUE ETRANGERE NOMINATIONS GAGNANT GAGNANT GAGNANT CÉSARS 2010 GRAND PRIX 13 lontMEILLEURFIIM * MEILLEURR£ALISATEUR festival de cannes eukdpean film awards «EXTRAORDINAIRE! LE MBLLEUR HLM DE L'ANNËI» -lA PRESSE ?(SUR QNQ) «AUSSI ÉPIQUE QUE «LE PARRAINi».-Km ntkum.LQWKIN TINES UN PROPHÈTE UN FILM DE JACQUES AUDIARD AVK NIELS ARESTRUP et TAHAR RAHIM wwW.mQtropol0films.com MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE NATIONAL nOARD OF REVIEW 16 DES VERSION ORIGINALE FRANÇAISE V.O.AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS VhW pCINEPLEXDIVERTISSEMENrn CINÉMAS AMC —i CONSULTEZ LES AUJOURD’HUI! [QUAffriER latin] [Ui forum ^ unprophete.ca cln27 février PENDANT LA SEMAINE DE RELACHE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM POUR ENFANTS^ de MONTRE'AL au T wars \ ''2j|0*L) \ INFOS ET BILLETTERIE: PROGRAMME OFFICIEL OFFERT PAR ——^ WW.FIFEM.COM Renaud-Bray o^^ioieÊû’ Caisses populaires Desjardins : De Lorimier de Rosemont Préfontaine-Hochelaga ^ Desjardins e/ii’ oia kg ou plu: je nourriture pou chats Eukanuba 4143, rue Jean-Talon E., Montreal (Qc) Téi.: 514 722-6065 www.animalBri8yogi.com 1113, boni de Maisonneuve E.Montréal (Qc) Tél.: 514 523-5425 www.animal-expert.ca Eukanuba** POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC JENNIFER BOILY-DEMERS AU 514 985-3502 OUJBOILY@LEDEVOIR.COM B 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI 26 EEVRIER 2010 «Il faut au tout-petit une bonne dose de narcissisme pour étayer la construction de sa personnalité.Il en faut autant sinon plus aux personnes âgées pour résister à son démantèlement.» - Roger Dadoun ZEITGEIST «Si la jeunesse est la plus belle des fleurs, la vieillesse est le plus savoureux des fruits.» - Anne Sophie Swetchine A La retraite ?Plutôt crever.Les sexas redevenus sexys Vous avez remarqué comme le discours entourant la retraite est en train de changer?Soudainement, les têtes blanches de-vieiment désirables, les vieilles potiches ont peut-être encore une utilité, les sexas sont sexys.Ils ont beau être délabrés, décatis, défraîchis, lanés ou usés de la calotte, on a encore besoin d’eux pour se remettre à la Josée tâche, Lucien Blanchette Bouchard l’a dit.Et il était en beau maudit, notre lucide.Allez, hop, retour à la shoppe! On a besoin de vos bras et de vos impôts.Les chiffres lui dorment raison.«Il y aura trois fois plus de vieillards de 85 ans et plus dans quinze ans qu’en 2001! Et dix fois plus en 2051.Est-ce que ce seront des pauvres vieux ou des vieux pauvres?», se demande im copain économiste qui me tait valoir que le revenu moyen des 65 ans et plus était de 25 800 $ en 2007.Comptez 6000 $ de moins pour les femmes par rapport aux hommes.On se dirige vers une société de vieilles démunies.Le décrochage massif des baby-boomers aura un coup social immense et il faudra rendre le marché du travail aussi attrayant qu’une pub de REER ou de Liberté 55 pour garder les effectifs en place.Comment?En changeant les mentalités, j’imagine.En valorisant l’expérience et les rides.Les baby-boomers ont vu neiger même si la neige se fait rare.Remarquez, elle se fait probablement rare à cause «d’eux».Mais ces baby-boomers-qui-portent-tous-les maux-de-la-terre-sur- leurs-égoïstes-épaules ont encore beaucoup à offrir, sinon pour se racheter, du moins pour se sentir utiles.Le hic, c’est qu’ils seront exigeants sur les modalités de retraite différée.Il faudra leur offrir du temps partiel, des primes pour chaque aimée additionnelle, le télétravail, une salle de sieste s’il le faut, deux-trois mois de vacances annuelles, voire un physiothérapeute «maison» pour délier les tendons usés, une salle d’exercice pour faire du yoga, un spa, et j’en passe.Ouvrez un dépbant de résidence pour les personnes âgées (55 et plus), les idées ne manquent pas.On se croirait dans un CPE.La Banque TD les courtise avec des pubs (s’adressant à 1 % de la population) mettant en scène deux boomers en planche à neige dans les Alpes qui affichent le sourire béat de la réussite et disent: «Quand pourrai-je faire ça à temps plein?» Pour les garder, les employeurs vont devoir se pber en quatre devant les volontés de ces employés qui ont rêvé d’une retraite «grand confort» et qui redoutent d’apprendre de la bouche de leur oncologue que l’heure des adieux vient de sonner.Dans 15 ans, le quart de la population aura atteint l’âge «vénérable» de 65 ans.Et cette main-d’œuvre qualifiée va désormais agir en consommateur (de loisirs, de médias, de voyages, de soins, de biens communs) et en spectateur.Qui en a les moyens?La retraite, un mot tabou Si le Québec a tout intérêt à revaloriser ses sages et à songer à reculer l’heure de la retraite, il en va de même pour de nombreux pays qui revoient l’âge du départ à la hausse.L’Espagne, la Erance (un des grands combats sarkozyens), et la plupart des pays européens.envisagent ou ont déjà mis en place un système pour relever l’âge légal de la retraite.A partir de là, ne reste plus qu’à convaincre les boomers que le mot plage est synonjune de cancer de la peau et que le mot retraite est devenu tabou.«Même si vous avez gagné tout cela à la sueur de votre front, nous sert Marie-Paule Dessaint dans Une retraite heureuse?Ça dépend de vous!, il serait presque indécent les hauts faits de leur brillante carrière.Ils n’en font rien.Lan-guirand (78 ans) s’éteindra au micro, le père Lacroix (94 ans) , en célébrant une messe de minuit pour handicapés, ma chum Mimi (71 ans), en écrivant son roman, mon ami Jacques (62 ans) en produisant des émissions de télé.Jacques a d’ailleurs essayé de prendre une retraite durant deux ans.Il est revenu en pédalant (c’est un grand Pour les garder, les employeurs vont devoir se plier en quatre devant les volontés de ces employés qui ont rêvé d’une retraite «grand confort» de vous replier totalement dans votre vie privée, dans votre bulle, en cette période de profonds bouleversements socio-économiques où tous, ou presque, s’inquiètent à propos de l’impact qu’aura l’arrivée massive des babyioomers à la retraite sur les finances publiques, les régimes de retraite, les soins de santé et les programmes de sécurité sociale.» «Il est donc essentiel, voire indispensable, que chacun s’efforce d’équilibrer ses propres valeurs de retraite réussie (son bien-être personnel) avec des valeurs d’équité entre les générations (le bien-être collectif).Sinon, personne ne pourra reprocher aux plus jeunes de s’engager dans une guerre des générations et de reléguer leurs aînés aux oubliettes, par tous les moyens et dans tous les domaines.» Ça vous dirait qu’on vous laisse moisir dans votre couche?Moi non plus.Un jour, ce sera ton tour Admissibles à la retraite, plusieurs boomers feront le saut seulement lorsque leurs forces les auront quittés.Je compte plusieurs ami(e)s qui pourraient jouer au bowling en ressassant cycliste): «Ça n’existe pas, la “retraite”, dit-il.Le mot me donne des boutons.C’est abstrait.Ta pas de date butoir tant que tu ne seras pas trop vieux pour le faire.Pendant deux ans, je me suis demandé si je ne devais pas devenir agent d’immeuble, missionnaire en Afrique ou ébéniste.Einale-ment, je suis revenu faire ce que j’aimais le mieux: produire des émissions.Quand tu fais un métier passionnant, lâche pas ça!» Une leçon pour moi, je constate que mes amis âgés et restés actifs (ou passionnés) vieillissent en douceur, moins isolés, moins centrés sur eux-mêmes, leurs bobos, la météo, plus optimistes quant à la société à laquelle ils participent, plus proches des jeunes, capables d’offrir leur sagesse, leur vision, de donner des conseils qui ont du recul, celui des années.Alors, à ces pré-ados qui me demandent parfois quand je compte cracher mon dentier, à ces Y qui espèrent faire du Joblo et surfer sur une piste déjà tracée, je réponds: soyez patients, mon grand-père a rendu l’âme, parfaitement lucide et sans jamais radoter, à l’âge de 96 ans.Et j’ai hérité du dentier.cherejoblo@ledevoir.corn \ Il chante mal mais il écrit bien Un blo^e qui fait des petits, c’est celui de Daniel Rondeau avec son recueil J’écris parce que je chante mal (Septentrion).Dans la foulée des mères indignes et des taxis la nuit, ce jeune prof et (jeune) papa est aussi un observateur vigilant.Qn appelle ça un écrivain quand en plus il sait raconter.Heureusement qu’il le fait d’ailleurs.Ses billets et sa douce ironie, réunis sous cette jaquette rouge, séduisent même ceux qui sont allergiques au genre.Ça se lit petit à petit et c’est parfait ainsi.Et ça s’ouvre par: «Ecrire un blogue relève beaucoup de l’exhibitionnisme anticipé.C’est un peu comme faire un strip-tease dans le Daniel Rondeau J'écris parce que je chante mol noir et souhaiter que quelqu’un ouvre la lumière.» C’est signé Arthur Rimbaud.Pourquoi pas?www.danielrondeau.corn Noté: que le père Benoît Lacroix s’entretiendra avec la journaliste Eugénie Erancœur aux Belles soirées de l’Université de Montréal le 22 mars prochain.«Existe-t-il un art de vieillir?», se questionnera l’historien, médiéviste et théologien bien connu.«La retraite, c’est un mot que je ne comprends pas», me dit cet homme né à une époque où le concept de retraite n’existait pas.«Ça ne correspond pas à ce que la nature a prévu.Ça me fait penser à “battre en retraite”! C’est incroyable les rêves transposés autour de ce mot.Pour moi, c’est l’image d’une hirondelle qui cesse de voler.» www.belles-soirees.umontreal.ca Retrouvé: dans le Manifeste pour une vieillesse ardente de Roger Dadoun, tout un chapitre sur les carrières octogénaires.Victor Hugo, Zola, Ereud, Bernard Shaw, Jung, Bachelard, Picasso ont tous franchi le cap de l’octo en parachevant leur œuvre.Vous trouverez bien les autres tout seuls.Pour se convaincre que la vie n’arrête jamais et que le travail, c’est la santé.Aimé: le guide Une retraite heureuse?de la coach Marie-Paule Dessaint (Plammarion Québec).Pour se préparer à ne pas la prendre ou la prendre à moitié, pour choisir son mode de vie selon ses capacités et ses envies, un guide complet et rempli de bonnes pistes, encore pertinent même si la publication date de 2005.Sur l’échelle des stress, prendre sa retraite va chercher 45 points (le décès du conjoint, 100 et le mariage, 50!).Peuilleté: le nouveau guide de planification Tomber à la retraite écrit à huit mains par des spécialistes de gestion de risques, des planificateurs financiers et une psy.Pour constater à quel point vous n’avez pas les moyens de la prendre ou de «tomber» plus bas.Reçu: Les nouvelles joies du sexe (Les Presses libres).Ils ont rêvé d’avoir le temps de le faire l’après-midi, le matin, à l’apéro, à l’aube, qu’importe.Le hic, c’est qu’ils ont oublié comment prendre leur temps.Voici de quoi occuper ses journées de façon improductive.Un livre bien fait, illustré sans vulgarité, pour sortir de la routine et retrouver la sensualité en chemin.m - V ^ Les nouvelles joies du sexe
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