Le devoir, 23 janvier 2010, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 EDUCATION ENSEIGNEMENT SUPERIEUR LE DEVOIR ï i JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’université sera planétaire ou ne serait plus.et le cégep serait un outil de développement régional L’université, un bastion empêchant toute infiltration extérieure?Nenni.Le cégep, une simple étape dans un parcours de formation?Pas nécessairement.Le monde de l’enseignement supérieur est en transformation, mondialisation et financement obligent.NORMAND THERIAULT AUX Entretiens Jacques-Cartier tenus en décembre dernier, à Lyon, on retrouvait dans une même salle, et ce, pour un «petit» colloque, en nombre de participants s’entend, une petite trentaine en fait, des étudiants et des universitaires venus certes de la ville hôtesse, mais aussi du Québec, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke et l’Université de Montréal étant représentées, mais aussi d’autres qui s’étaient déplacés de Shanghai ou de Pékin pour informer et s’informer à propos des nanosciences.Ajoutons à cela, de l’Hexagone, quelques Parisiens et autres Grenoblois, et il faut alors admettre que, oui, l’université, comme ses composantes, ne fonctionne plus en vase clos.En fait, lors du même événement, ce grand rendez-vous annuel qui au départ, il y a 20 ans, ne visait qu’à établir des échanges entre le Québec et la région Rhône-Alpes, les recteurs, principaux et directeurs de grandes écoles s’étaient même donné pour thème de leur grande rencontre, elle aussi annuelle, «Internationalisation de la recherche: nouveaux mécanismes et programmes, partenariats avec le secteur privé-public».Et dire que cet énoncé contient autant de germes d’un virus que plus d’un universitaire craignait, il y a peu de temps encore, de voir apparaître: internationalisation contre indépendance, mécanismes contre liberté, partenariats contre recherche libre, public-privé contre non-ingérence.Devrions-nous en conclure que l’université, telle qu’on l’a connue pendant des siècles, serait une entité en voie de disparition?Besoins Et, dans le cycle des études, à l’étape pré-universitaire, en territoire québécois du moins, là aussi il y a transformation institutionnelle.Si l’acronyme «cégep» veut aussi dire «collège d’enseignement général», il semble que cela soit de moins en moins prioritaire.Bien sûr, on y donne toujours des cours de français (dans le réseau francophone, s’entend) et de philosophie: ils demeurent obligatoires, même si le quatrième cours de philo peut à l’occasion intégrer l’éthique et la sécurité routière.Mais, pour le reste, il semblerait que la vocation des «lycées» québécois devienne autre: leur mission serait même de devenir des intervenants directs çlans l’économie régionale.A un même enseignement pour tous, il y aurait une préférence accordée à des cours particuliers.Pour un Jean-Pierre Villeneuve, directeur général du cégep de Rimouski, il en va donc de l’avenir de son établissement comme de sa région: «On va connaître une baisse démographique dans les prochaines années et cette baisse-là va faire en sorte que certains programmes, qui répondent à des besoins criants, n’auront pas suffisamment d’étudiants pour être financés à la hauteur de ce que ça coûte.Il faudra peut-être réévaluer ces façons de financer des programmes, pour qu’on puisse offrir à la grandeur du Québec une carte de programmes qui corresponde aux besoins et aux droits aussi desffersonnes en région.» A l’université planétaire correspondra donc bientôt le collège régional.Ententes Et, à Lyon, les dirigeants universitaires n’ont pas sursauté, ils ont en fait eu l’oreille sympathique, quand Marcel Boyer, professeur émérite au département des sciences économiques de l’Université de Montréal, a soutenu que l’avenir des hauts lieux de savoir passait par la mise en place de réseaux comme ceux qui relient maintenant les compagnies aériennes: il faut signer des ententes interconti-nentales par secteur de recherche et partager découvertes, moyens et équipements pour que la compétitivité ne se manifeste plus sous la forme d’une université contre l’autre mais par blocs: Toulouse, Montréal et Erancfort contre Seattle, Los Angeles et Tokyo, si on parle encore d’aéronautique.Et le recteur Luc Vinet de soutenir une telle démarche: «Comme je l’ai déjà écrit: toute la question de l’internationalisation des universités est essentielle dans le contexte où on se trouve, parce qu’il faut former des citoyens du monde, parce qu’on doit se mesurer aux meilleurs et travailler selon les normes internationales.» Ajoutons à cela les contraintes budgétaires, où régulièrement on dénonce un état de sous-financement, et bientôt on pourra, nécessité fai- ¦ % sant loi, refuser, ou accorder, un financement à la recherche sous prétexte que cela se fait déjà, ici ou ailleqrs, pour un domaine donné.A l’expert alors de se rendre là où ses services seraient utiles.Mesures Si l’université, dans le discours politique, voit son financement être justifié parce qu’elle forme les générations futures, en fait, une révolution est là en cours.Que des étudiants aient «la tête bien faicte», cela serait tant mieux, mais il serait prioritaire que l’économie du savoir soit d’abord «économique», donc à haut rendement et à l’efficacité rentable.Dans une telle optique, pas de doublon pour une recherche, pas non plus de cours «inutiles» quand le savoir dans un seul domaine est devenu complexe: il y aura toujours Google pour combler les manques hors discipline! Et nous verrons donc apparaître ce jour où notre étudîant de Rîmouskî formé en scîences de la mer devra se rendre à Tokyo pour compléter sa maîtrise en scîences hydroponîques, car telle est l’entente que son local Institut aura signée pour garantir son inscription dans la liste des lieux de haut savoir.Le Devoir LUC VINET «On a maintenant des nnités mixtes qni mettent en commnn des laboratoires appartenant à différents pays» âge 2 POPULATION ÉTUDIANTE «Il s’agit de réfléchir snr les changements strnctnrants qni penvent être faits» Page 3 COLLÈGES Des formations sont maintenant offertes en lien avec des activités économiqnes régionales Page 4 SOUTIEN Inscrits, certes, mais épronvant des tronbles d’apprentissage! Page 5 GESTION L’Université McGill a inangnré en 1906 nne première école Page 6 PROGRAMMES L’interdisciplinarité et le transfert des connaissances ont la cote Page 7 Réalisez vos rêves ! Vous cherchez à répondre aux exigences et aux défis du monde du travail ?Le Centre d'éducation permanente de l'Université McGill offre une gamme de programmes et de cours qui peuvent vous procurer un net avantage concurrentiel.¦ Études générales ¦ Études professionnelles et de gestion ¦ Programmes de langues anglaise et française ¦ Traduction (options de langues anglaise, française et espagnole) Pour obtenir plus de renseignements : 514-398-5700 info.conted@mcgill.ca I www.mcgill.ca/potentiel McGül Centre d'éducation permanente G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 EDUCATION Universités québécoises Les établissements trouvent un second souffle à l’international « On a maintenant des unités mixtes internationales qui mettent en commun des laboratoires appartenant à différents pays » Les universités québécoises dispensent une formation qui sert à la vitalité intellectuelle, à la prospérité économique et à la richesse culturelle des grands ensembles régionaux où elles prennent place.Dans le secteur de la recherche, ces établissements forment des réseaux sur la scène internationale afin de disposer des moyens nécessaires pour conduire des travaux dont l’impact est planétaire.REGINALD HARVEY Luc Vinet, recteur de fUniver-sité de Montréal, dépeint la situation des établissements de haut savoir québécois à l’échelle mondiale.Est-ce qu’ils se sont taillé une place à l’intérieur de ce vaste spectre?«Je dirais que oui, parce qu’il y a toutes sortes d’indicateurs qui le montrent» Il cerne aussi l’importance d’une telle ouverture sur le monde: «Comme je l’ai déjà écrit: toute la question de l’internationalisation des universités est essentielle dans le contexte où on se trouve, parce qu’il faut former des citoyens du monde, parce qu’on doit se mesurer aux meilleurs et travailler selon les normes internationales.» Et il ajoute encore: «Il faut répondre aux besoins mondiaux en enseignement supérieur, s’occuper de la solidarité Nord-Sud et, entre autres également, travailler sur les grands enjeux globaux et offrir dans ce sens notre contribution pour rapiécer les morceaux ensemble.A cet égard, si on regarde l’environnement, la question est d’une grande actualité ces temps-ci.» Il fait appel à ce qu’il qualifie de diplomatie du savoir: «Celle-ci sert à faire avancer, dans ce monde globalisé, les relations entre les Etats, qui passent par le savoir et pour lesquelles les universités sont des agents très importants.» Il signale que chaque université québécoise, à l’intérieur d’un réseau très diversifié et selon la personnalité propre à chacune, accentue ses efforts de participation à l’international.A titre d’exemple, les universités d’ici accueillent plus de 22 000 étudiants étrangers chaque année; en 2009, elles se sont dotées d’une nouvelle stratégie commune à l’international dans le but d’accroître de fO % annuellement cette clientèle: «On a à la fois de plus en plus d’étudiants étrangers qui viennent étudier dans les universités du Québec et on envoie bon nombre des nôtres à l’extérieur.» Voilà pour la formation.Une recherche sans frontière Les chercheurs ne peuvent de nos jours s’offrir le luxe de travailler en vase clos, comme le fait observer le recteur: «De longue date, les intellectuels ont interagi sur une base internatio- Un tramway dans le centre-ville de Hong Kong: une des solutions de l’avenir environnement imposent aux universités la mise en commun des ressources.TYRONE SIU REUTERS pour les villes surpeuplées?Les études en nale, mais là c’est de plus en plus structuré: on voit des laboratoires conjoints qui sont venus s’installer à l’Université de Montréal, comme celui de l’INSERM (Institut national de la santé et de la re- Pour un enseignement supérieur à la mesure de votre projet de vie à Laval AAONTAAOBENCY: GRANDIT ! Information sur les programmes: 450-975-6309 www.cmontmorency.qc.ca 475, boulevard de l’Avenir, Laval A COLLEGE MONTMORENCY „c*aFNTÀLAVAL Q Autobus de la STL Train Montréal/Blainville/St-Jérôme Métro station Montmoicncy Programmes de formation préuniversitaires Sciences de la nature, profils : Sciences biologiques et de la santé Sciences pures et appliquées Sciences humaines, profils : Gestion des organisations Regards sur l'individu Monde et sociétés : les grands défis(avec ou sans mathématiques) Arts et lettres, profils : • Communication Cinéma Littérature Langues, cultures et traduction Danse Arts plastiques Grilles combinées (doubles DEC) Cheminement particulier Accueil et intégration Programmes de formation technique Techniques de diététique Techniques de réadaptation physique Techniques d'orthèses et de prothèses orthopédiques Paysage et commercialisation en horticulture ornementale Soins infirmiers Technologie de l'architecture Technologie du génie civil Technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment Technologie de l'électronique option Ordinateurs et réseaux Technologie de l'électronique industrielle Techniques de sécurité incendie Techniques d'éducation à l'enfance Techniques de comptabilité et de gestion Conseil en assurances et en services financiers Gestion de commerces Techniques de bureautique spécialisation Micro-édition et hypermédia Techniques de tourisme Techniques de l'informatique spécialisation Informatique de gestion et spécialisation Gestion de réseaux informatiques Gestion d'un établissement de restauration Techniques de muséologie Inscrivez-vous avant le 1®*^ mars au: www.sram.qc.ca cherche médicale), qui est le grand institut français de financement de la recherche médicale.On a maintenant des unités mixtes internationales qui mettent en commun des laboratoires appartenant à différents pays.Tout cela est en croissance.» Impossible, dans ce contexte, d’échapper à une tendance lourde qui va dans le sens de la mise sur pied de réseaux internationaux, comme le soutient son collègue Marcel Boyer, professeur au département de sciences économiques.Luc Vinet abonde dans le même sens: «Les universités vont s’associer pour mettre en commun les ressources et l’expertise des unes et des autres relativement à tous les enjeux qui sont leurs; une certaine concurrence en découlera qui va faire en sorte que ce sont les réseaux les plus dynamiques et les plus forts qui subsisteront.» Du régional à l’international Il existe un point de vue théorique, se situant dans une projection vers l’avenir des universi- sVOIR umontreai.ca Université de Montréal tés, sur lequel élabore le recteur; il pose d’abord ce constat: «On vit une réalité qui est celle de la concurrence entre les régions-villes, les grandes métropoles qui cherchent à offrir des conditions favorables aux investisseurs; l’idée est que les investissements stimulent l’économie, qui crée de la richesse, d’où s’ensuit le mieux-être des collectivités.» De ce concept émane un engagement universitaire sur deux plans: «Il est intéressant de voir que les universités ont un rôle à jouer sur deux tableaux, soit celui plus régional et un autre qui est d’ordre supranational.» Il s’explique: «Sur la scène régionale, une des clés du développement de l’économie vient de la jbr-mation de la main-d’œuvre; on sait bien qu’il existe une corrélation directe entre le niveau élevé de scolarisation de la population et celui du produit intérieur brut (PIB).Les universités sont donc à deux titres des ingrédients-clés dans l’attrait qu’exercent ces grandes concentrations urbaines: elles forment les gens et ce sont à la fois des foyers de recherche et d’innovation qui sont en mesure de faire du transfert de technologie et de susciter de la création.» Les gouvernements locaux et provinciaux prennent en compte cette réalité: «Pour attirer les investissements et faire rouler toute cette machine, ceux-ci adoptent, entre autres, cette stratégie de diminuer la taxation, d’offrir des crédits d’impôt et diverses conditions favorables à la venue de capitaux étrangers.Je pense que la démarche est généralement correcte: on stimule de la sorte toute l’industrie et on en tire des bénéfices.» Les grands établissements publics subissent par contre les effets pervers d’une telle pratique: «La bourse publique s’en trouve appauvrie.On se retrouve dans une situation où il est difficile de trouver du financement pour réaliser des travaux qui ne se situent pas dans cette dynamique ou dans cette compréhension écono- mique-là.» De là découle l’importance de mettre en place et de développer des structures et des réseaux internationaux qui sont axés sur des recherches qui échappent à de telles préoccupations.Le recteur fournit un exemple probant: «Prenons la malaria.C’est un problème et un fléau de santé publique majeur mais, dans l’économie des grandes sociétés pharmaceutiques, ce n’est pas une voie dont la rentabilité est évidente; c’est le moins qu’on puisse dire.» Cette réalité ne représente pas une priorité ni pour celles-ci, ni à l’échelle de la concurrence entre les régions.Des profits vers l’altruisme La malaria appartient plutôt à une problématique plus globale: «Il faut donc convenir de manière suprarégionale et typiquement internationale de mettre des fonds en commun, parce qu’il y va, sur cette question, du bien-être de la planète en entier.Il faut développer une vision altruiste, et c’est là que se présentent dans le portrait les réseaux internationaux d’universités.» Toute cette démarche est actuellement développée sur une base plus théorique, mais celle-ci prend déjà forme: «En même temps que cette réflexion se déroule, à titre de praticien responsable d’une université, je constate qu’on est à faire ces explorations sur le plan pratique avec le développement d’un réseau dont l’Université de Montréal a pris l’initiative et qui s’appelle le Eo-rum international des universités publiques (EIUP).» Luc Vinet décrit cet organisme: «C’est un réseau qui va dans ce sensdà; il veut défendre les valeurs d’accessibilité à l’enseignement supérieur de l’université publique.Il table également sur la diversité culturelle et linguistique qui, dans un monde globalisé, doit aussi être valorisée.» Collaborateur du Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le recteur Luc Vinet, de l’Université de Montréal, «il faut répondre aux besoins mondiaux en enseignement supérieur, s’occuper de la solidarité Nord-Sud et, entre autres également, travailfer sur les grands enjeux globaux». LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 G 3 EDUCATION Population étudiante Une baisse de fréquentation est à prévoir à long terme « Il s’agit de réfléchir sur les changements structurants qui peuvent être faits » La baisse appréhendée, au cours des prochaines années, de la fréquentation sur une base régulière des étudiants aux niveaux collégial et universitaire ne sera pas sans incidence sur les programmes, sur le corps professoral ainsi que sur le mode opératoire de certains établissements.Observations en compagnie de deux acteurs de premier plan.réseau collégial, au titre de la fréquentation et des enjeux qui y sont liés, c’est celui de la formation continue.«Au départ, les collèges ont été conçus pour y accueillir des jeunes.Le défi d’aujourd’hui est d’y intégrer à la fois des jeunes et des adultes.» A ce titre, il rappelle que, en 2007, 290 000 adultes fréquentaient les collèges communautaires ontariens, comparativement à seulement 23 800 dans les 48 cégeps du Québec.«C’est très important comme écart.Il s’agit maintenant de réfléchir sur les changements qui peuvent être faits, de façon à s’assurer que notre réseau collégial livre ce à quoi le Québec s’attend de nous pour assurer sa prospérité et son développement.» M.Boucher ajoute qu’il y a du pain sur la planche pour que la formation continue puisse répondre, à terme, aux besoins.«En effet, la formation continue touche plusieurs dimensions.Il y a, dans un premier temps, la question du financement.Il y a aussi la question de l’organisation du travail, la question de la culture organisationnelle des collèges eux-mêmes et il y a la question de la mise en marché du produit qu’on appelle la “formation continue”.» En outre, poursuit Gaëtan Boucher, «aujourd’hui encore, les chiffres démontrent que, lorsqu’une personne décide de se recycler ou de se perfectionner dans un domaine, elle ne choisit pas d’instinct un collège».Rappelons que la formation continue est aussi offerte par les commissions scolaires, le réseau universitaire ou encore sous forme de formation privée.La baisse de fréquentation des étudiants affectera l’effectif professoral, fait-il remarquer.«Au moment où on entame les négociations des conventions collectives, c’est là une question qu’on va vouloir aborder avec nos vis-à-vis.» THIERRY HAROUN En toute logique, la baisse attendue à long terme de la fréquentation étudiante à l’échelle de l’enseignement supérieur est inexorablement liée à la baisse démographique de la population québécoise.Les acteurs intéressés par cette question ne sont pas dépourvus de solutions pour autant, au contraire.Le collégial Ils sont près de 170 000 étudiants à fréquenter le réseau des 48 cégeps de la province dans le secteur de l’enseignement général.Or les prévisions de fréquentation, réalisées par le ministère de l’Education indiquent qu’il y aura une baisse de 23,6 % d’ici 2016 et de 27,1 % d’ici 2023.On note toutefois une légère hausse au cours des trois prochaines années.Bien au fait de ces chiffres, Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Eédéra-tion des cégeps du Québec, admet qu’il n’y a rien de très rassurant dans cette tendance à la baisse.«A bien des égards, c’est sûr que tout cela est très inquiétant.On sait aussi que certaines régions seront plus affectées que d’autres.D’autant qu’il est très important de maintenir l’accessibilité de l’enseignement collégial sur l’ensemble du territoire.» Ainsi, d’ici 2023, on prévoit une baisse de 7,4 % dans la région de Laval, de 10,1 % à Montréal, de 17,9 % en Estrie, de 29,9 % en Maqricie et de 41,5 % en Gaspé-sie-Iles-de-la-Madeleine.«En fait, il faut aussi noter, continue M.Boucher, que, au cours des années à venir, le Québec va vouloir continuer à se développer, à prospérer, et, pour ce faire, on sera à la recherche de diplômés liés à la formation technique.D’autant qu’on sait aussi que 70 % des emplois qui seront créés exigeront au minimum un diplôme d’études collégiales.» Que faire alors pour augmenter la fréquentation?«Une réflexion assez large s’impose.Il faut, par exemple, augmenter le taux de diplomation.Et cela suppose bien sûr que les collèges s’emploient à mettre en oeuvre un train de mesures qui aideraient, par exemple, les élèves qui sont plus faibles à s’intégrer dans un parcours d’enseignement collégial et à pouvoir y réussir.» Formation continue D’autre part, M.Boucher souligne que le plus grand défi qui repose sur les épaules du ?y Ils sont près de 170 000 étudiants à fréquenter le réseau des 48 cégeps de la province.L’université Qu’en est-il de cet enjeu à l’échelle universitaire?Actuellement, les trois cycles universitaires sont fréquentés sur une base régulière par quelque 190 000 étudiants.D’ici l’année 2014-2015, on prévoit une hausse de plus de 8000 étudiants, suivie d’une chute graduelle qui fera passer la fréquentation sous la barre des 180 000 étudiants en 2022-2023.Des prévisions qui demeurent.des prévisions pour Daniel Zizian, président-directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRE-PUQ).«Oui, le ministère fait des prévisions, mais en fait elles sont toujours plus conservatrices que ne l’est la réalité.Il est toujours hasardeux de faire des prévisions à long terme, c’est-à-dire surplus de cinq ans.» Même si ces chiffres ne semblent pas avoir ébranlé outre mesure M.Zizian, il n’en demeure pas moins qu’il prend tout de même cet enjeu au sérieux.Qr une des solutions pour contrer une éventuelle baisse de fréquentation se trouve dans les efforts qui doivent être déployés pour faire augmenter le taux de diplomation.«Il faudrait d’ailleurs se donner pour objectif de rejoindre à tout le moins la moyenne canadienne en visant à terme la moyenne ontarienne», note M.Zizian, qui, à ce titre, rappelle les chiffres du recensement de 2006 de Statistique Canada selon lesquels la proportion de la population canadienne âgée de 25 à 64 ans ayant un diplôme universitaire est de 22,9 %.Cette proportion atteint 26 % en Qntario, alors qu’elle est de 20,8 % au Québec.Solutions?«Ecoutez, les succès universitaires sont bâtis sur les succès collégiaux et ceux-ci sont bâtis sur les succès à l’échelle du secondaire.Il faut s’assurer que le Québec fasse de l’éducation une priorité et déploie davantage d’efforts pour contrer le décrochage scolaire.» Donc de travailler en amont?«Oui, voilà.» Et que, parmi les solutions envisagées pour affronter une baisse de fréquentation, il indique qu’il faut miser sur la formation continue et poursuivre les efforts déjà entamés par les universités pour attirer davantage d’étudiants étrangers et canadiens.«Notre système [universitaire] est un des principaux atouts dont dis- JACQUES NADEAU LE DEVOIR pose le Québec pour qu’il prenne sa place au sein d’une économie ouverte», conclut-il.Collaborateur du Devoir Une gouvernance axée sur la collégialité assure la légitimité et la transparence fneeq Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec f CSN L’UQAM vous donne les moyens de réussir.I PLUS DE 1,3 M $ EN BOURSES AUX CYCLES SUPÉRIEURS Portes ouvertes Mardi 2 février 12hà19h L’UQAM offre de généreuses bourses de recrutement aux nouveaux étudiants admis aux cycles supérieurs qui se démarquent par l’excellence de leur dossier académique.^ Bourses de 8 500$ à la maîtrise ^ Bourses de 12 000 $ au doctorat uqam.ca/qfclessup UQÀM G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 EDUCATION Du tourisme d’aventure au génie métallurgique Des collèges offrent des formations en lien avec des activités économiqnes dans lenr région « Il faudra réévaluer les façons de financer pour offrir à la grandeur du Québec une carte de programmes qui corresponde aux besoins et aux droits des personnes en région » De Gaspé à Rouyn-Noranda en passant par Rimouski, des cégeps offrent, parmi leurs programmes, des formations liées à des activités économiques et des besoins dans leur région.Coup d’œil sur certains d’entre eux.BRIGITTE SAINT-PIERRE Le tourisme d’aventure, la technologie de l’architecture navale, le génie métallurgique et la technologie minérale sont quelques-uns des domaines dans lesquels des cégeps en région proposent des programmes de formation.Le cégep de^ la Gaspésie-et-des-Iles offre notamment des programmes liés au tourisme d’aventure, à l’aquaculture et à la transformation des produits aquatiques, ainsi qu’à la maintenance d’éoliennes.Différentes autres formations peuvent répondre à des besoins dans la région, par exemple la technique en soins inhrmiers.Le cégep comprend un campus à Gaspé, dont une section française et une section anglaise, le centre d’études collégiales Baie-des-Chaleurs à Car-leton-sur-mer, un cejitre d’études collégiajes aux Iles-de-la-Madeleine, l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec à Grande-Rivière et un service de formation continue.Roland Auger, directeur général 4u cégep de la Gaspésie-et-des-Iles, indique que l’un des défis pour l’établissement consiste à attirer des élèves dans des formations techniques et ainsi à répondre à des besoins du marché du travail.«Evidemment, le nombre de jeunes, comme partout ailleurs, diminue.Il faut donc augmenter la proportion des jeunes qui décident d’aller au cégep, qui décident de suivre ces formations-là, [et] en attirer de l’extérieur qui Des établissements peuvent avoir de la difficulté à conserver leur main-d’œuvre enseignante dans un domaine qui va temporairement moins bien vont venir dans des créneaux qui sont propres à la région», dit-il.Rimouski Jean-Pierre Villeneuve, directeur général du cégep de Rimouski, mentionne que l’établissement qu’il dirige a une vocation régionale, desservant l’est du Québec.Le cégep offre par exemple ainsi des techniques en radio-diagnostic et en analyses biomédicales.De façon plus spécifique, le Bas-Saint-Laurent cherche à développer le créneau de l’écocons-truction.M.Villeneuve souligne, dans cette optique, que le cégep de Rimouski pro-pose des programmes liés au domaine de la construction, soit des techniques en architecture, en génie civil et en mécanique du bâtiment.«Un autre créneau qui est en développement, c’est l’utilisation de la biomasse, sa transformation en énergie», dit le directeur général, soulignant le lien qu’il peut y avoir entre ce créneau et la technique en génie mécanique.«On est en train de développer, à Amqui, une attestation d’études collégiales en utilisation de la biomasse», mentionne aussi M.Villeneuve.Situé à Amqui, le Centre matapé-dien d’études collégiales relève du cégep de Rimouski et béné-hcie aussi du soutien du cégep de Matane.Composante du cégep de Rimouski, l’Institut maritime du Québec propose des programmes en technologie d’architecture navale, en navigation, en techniques de génie mécanique de marine, en techniques de la logistique m Un navire au quai de chargement des instaiiations de ia société formations sur mesure en tien avec ie secteur minier.SOURCE lOC minière lOC à Sept-Iies.Le cégep de Sept-Iies a déveioppé des du transport et en plongée professionnelle.M.Villeneuve estime qu’un des grands défis concerne la démographie et le hnancement des programmes.«On va connaître une baisse démographique dans les prochaines années et cette baissedà va faire en sorte que certains programmes, qui répondent à des besoins criants, n’auront pas suffisamment d’étudiants pour être financés à la hauteur de ce que ça coûte», dit le directeur général.«Il faudra peut-être réévaluer ces façons de financer des programmes, pour qu’on puisse offrir à la grandeur du Québec une carte de programmes qui -N - ad MISSION La Vie fait partie du programme • 80 programmes de maîtrise et de doctorat • Plus de 100 chaires et centres de recherche • 3200 personnes travaillant en recherche Mélanie Pachkowski, stagiaire de recherche prédoctoraie en biologie.Participer à une culture d'innovation.Collaborer à des découvertes majeures.Laisser sa passion nous mener très loin.UNIVERSITE DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca/etudes-superieures umontreai.ca Université de Montréal corresponde aux besoins et aux droits aussi des personnes en région», poursuit-il.A Sept-Iies Le cégep de Sept-Iies a développé des formations sur mesure en lien avec le secteur minier.Il offre par exemple un programme d’attestation d’études collégiales en traitement du minerai de fer.«On a développé aussi un programme de chefs de train, parce que les mines sont à 250 kilomètres au nord.Alors, il faut transporter le minerai», explique Donald Bherer, direcjeur général du cégep de Sept-Iies.Le cégep propose aussi notamment des techniques en maintenance industrielle et en électronique industrielle.Ces formations peuvent par exemple mener à des emplois dans les industries minière et métallurgique.M.Bherer rnentionne que le cégep de Sept-Iies a connu une croissance de clientèle.«Il nous faut agrandir, affirme-f il.Ce que je dis, ça sert aussi d’une certaine façon à briser une certaine image misérabiliste qu’il peut y avoir des régions, selon laquelle ça va mal dans les régions, l’économie est à vau-l’eau et puis les régions en arrachent, etc.Je comprends qu’il y a certaines régions qui ont des difficultés, notamment celles qui dépendent énormément de l’industrie forestière, mais ce n’est pas notre cas à nous.» Chicoutimi Le cégep de Chicoutimi offre pour sa part notamment une technique du génie métallurgique.«C’est un partenariat avec le collège d’Alma.La première année du programme est donnée à Alma.La deuxième et la troisième sont données ici», indique Claude Roy, directeur des études du cégep de Chicoutimi.Le cégep propose aussi une attestation d’études collégiales en technologie de la transformation de l’aluminium.Il a également créé, pour répondre à un besoin dans la région, le programme de technique en soins préhospitaliers d’urgence.Ce programme for- me des techniciens ambulanciers.Le cégep propose aussi d’autres techniques dans le domaine de la santé.Parmi les principaux défis, le directeur des études mentionne le maintien des clientèles et le renouvellement du personnel.Il indique aussi que le cégep doit répondre aux besoins de formation.Abitibi-Témiscamingue Le programme de technologie minérale du cégep de l’Abiti-bi-Témiscamingue permet aux étudiants de se spécialiser en géologie appliquée, en exploitation ou en minéralurgie.«On a également des techniques qui sont connexes au domaine minéral», indique Daniel Marcotte, directeur général du cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.Des diplômés en technologie de maintenance industrielle peuvent par exemple travailler pour des entreprises minières.Le cégep propose aussi un prograpime en technologie forestière.A l’instar du cégep de Chicoutimi, le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue offre aussi une technique en soins préhospitaliers d’urgence.M.Marcotte mentionne, parmi les principaux défis, le maintien de la carte des programmes et de l’attrait des jeunes pour ceux-ci.Il souligne également le caractère cyclique de certaines industries, par exemple celle des mines.«Actuellement, ça va bien.En tout cas, dans notre région ici, ça va très bien grâce au prix de l’or.Donc, on a quand même passablement de jeunes [dans notre programme de technologie minérale].» Le directeur général indique qu’un changement de la conjoncture pourrait toutefois entraîner une diminution du nombre des étudiants dans ce domaine.Il mentionne que, dans un tel contexte, des établissements peuvent avoir de la dif ficulté à conserver leur main-d’œuvre enseignante dans un domaine qui va temporairement moins bien et à maintenir ouvert le programme de formation en question.Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 G 5 EDUCATION Soutien scolaire Les cégeps déploieront des services pour les étudiants en dilïiculté Le nombre des étudiants éprouvant des troubles d’apprentissage est passé de 136, à l’automne 2000.à 1071.à l’automne 2008! Il existe depuis quelques années des clientèles qualifiées d’émergentes dans les cégeps.Celles-ci sont formées par des étudiants éprouvant des troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie et autres) ou des problèmes de santé mentale qui peuvent prendre plusieurs formes et se manifester avec plus ou moins d’intensité.L’heure est venue de leur apporter une aide appropriée.REGINALD HARVEY Selon les données fournies par Caroline Tessier, directrice des communications de la Fédération des cégeps, le tableau se présente comme suit: pour l’ensemble des 48 cégeps du réseau, le nombre des étudiants éprouvant des troubles d’apprentissage est passé de 136, à l’automne 2000, à 764, à l’automne 2007, soit une augmentation de 461,8 % en l’espace de sept ans seulement.A l’automne 2008, ils étaient au nombre de 1071, ce qui représente une autre hausse, de l’ordre de 40,2 % celle-là.La Fédération fait observer que «ces chiffres sont minimaux et pourraient être supérieurs dans la réalité, notamment parce que les personnes éprouvant ce genre de troubles ne sont pas toutes diagnostiquées ou déclarées telles à leur arrivée au cégep».Devant cette progression significative, deux établissements collégiaux ont été mandatés pour coordonner l’organisation des services offerts à ces clientèles et pour soutenir les autres cégeps dans leurs interventions: le cégep du Vieux-Montréal et le cégep de Sainte-Foy.Carole Lavallée, directrice intérimaire des études au cégep du Vieux-Montréal, fournit la raison de la présence marquée dans les cégeps d’étudiants éprouvant des troubles d’apprentissage ou de santé mentale: «C’est un phénomène en émergence dans le secteur collégial.On retrouvait principalement ces jeunes en garderie, au primaire et au secondaire, mais les mesures d’intégration se sont développées pour eux, les luttes des parents se sont accentuées en leur faveur, les diagnostics pour les identifier et les techniques pour les aider ont évolué, de sorte qu’ils sont de plus en plus nombreux à se rendre à la fin du secondaire et à se retrouver au cégep.» Sur les bancs des cégeps.Attention, ils ne jouissent pas de faveur ou de privilège Cégep du Vieux Montréal JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cégep du Vieux-Montréal et le cégep de Sainte-Foy ont été mandatés pour coordonner l’organisation des services offerts aux clientèles émergentes.pour leur admission: «Il est très important de souligner qu’ils sont admis sur la base de leurs notes et qu’ils sont jugés au même titre que les autres étudiants à partir de leur dossier scolaire et de critères préalables, qui sont les mêmes.» Reste à savoir si, au moment de leur arrivée dans le milieu, leurs difficultés ou leurs déficiences sont identifiées et connues: «Ils sont d’abord admis comme tous les autres.Par la suite, l’étudiant peut s’amener au collège en admettant le fait qu’il vit avec un trouble d’apprentissage reconnu par un psychologue ou avec un problème de santé mentale diagnostiqué par un spécialiste.A ce mo-ment-là, il se fait connaître et, de notre côté, on peut mettre en place des services selon ses besoins avant qu’il ne se présente dans les classes.» Ces jeunes peuvent difficilement cacher leurs difficultés, selon la directrice: «Celles-ci ne nous échappent pas de façon générale pour tout ce qui relève de la déficience motrice ou sensorielle; pour ce qui est de l’ensemble des troubles d’apprentissage, la plupart du temps, ces cas ne nous échappent pas.Celui qui peut se soustraire à notre attention pendant les premières semaines, c’est l’étudiant qui a toujours été étiqueté et qui choisit de ne pas le dire; c’est sa liberté et il peut taire ses troubles.Toutefois, il se retrouve rapidement à avoir besoin d’aide et il en demande.Il n’est pas obligé d’informer tous ses profs et il peut demander de l’appui à un conseiller pédagogique.» Tout en soulignant qu’il existe toujours un problème de tabou sociétal, sur le plan de la santé mentale, qui porte les jeunes à dissimuler leur handicap, elle apporte cet éclairage: «Ces jeunes-là sont dans le système depuis longtemps et ils comprennent que plus les gens autour d’eux savent ce qu’ils ont, moins ils sont exposés à rencontrer de la résistance.Ils s’aperçoivent que plus les projs sont informés, meilleures seront leurs chances de mieux fonctionner en classe.» La multiplication des services Ces étudiants, comme le montrent les statistiques préci- tées, sont de plus en plus nombreux dans les établissements collégiaux, ce qui contraint les directions à revoir la gamme des services qui leur sont offerts.Carole Lavallée se penche sur la situation actuelle: «Je dirais qu’on est dans les années-charnières où ces be-soins-là sont en émergence plus que jamais.En ce moment, avec les négociations dans le secteur public, tout le monde reconnaît qu’il faut les aider et qu’on a l’obligation juridique de le faire.On s’aperçoit qu’il existe des besoins sur le plan des enseignants, des professionnels et des techniciens de soutien.On voit bien qu’il est nécessaire d’organiser correctement toute l’aide apportée pour que personne ne s’épuise, parce qu’il a été prouvé, au primaire et au secondaire, que les interventions auprès de ces jeunes exigent beaucoup d’énergie.» Elle décrit le plan de match: «Les besoins sont reconnus et il reste à savoir, cette année et l’an prochain, comment il sera possible de répondre à ceux-ci.Tous les intervenants sont actuellement en discussion pour identifier les solutions viables.On doit trouver une façon de faire pour que les étudiants et les professeurs soient à l’aise à l’intérieur de celle-ci; sans oublier qu’il faut assurer le financement de cette opération.» Elle ajoute: «Le problème est posé, avec tous les chiffres que nous avons en main sur le nombre de ces jeunes.On en est rendu à l’étape de dire: comment on fait maintenant pour leur venir en aide?On est en train d’identifier les meilleurs moyens d’action à appliquer pour soutenir cette clientèle à des coûts raisonnables.» Collaborateur du Devoir cegep LE 1®-^ MARS est la date limite pour présenter une demande d’admission pour ia SESSION D’AUTOMNE dans i’un des cégeps suivants: Abitibi-Témiscamingue Ahuntsic André-Laurendeau de Bois-de-Boulogne Champlain-Lennoxville Drummondville Édouard-Montpetit Gérald-Godin Granby Haute-Yamaska Heritage John Abbott de Lanaudière - à l’Assomption - à Joliette - à Terrebonne Lionel-Groulx Macdonald College Maisonneuve Marie-Victorin Montmorency Outaouais Rosemont Saint-Hyacinthe Saint-Jean-sur-Richelieu Saint-Jérôme Saint-Laurent Shawinigan Sherbrooke Sorel-Tracy Trois-Rivières Valleyfield Vanier Vieux Montréal Institut de technologie agroalimentaire Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec École du meuble et de l’ébénisterie à Montréal Demande d’admission par Internet : http://sram.omnivox.ca Pour obtenir le Tableau des programmes offerts veuillez vous adresser à votre école, à l'un des cégeps ou au : service régional d’admission du montréal métropolitain Téléphone: 514.271.2454 •V.V ••• V.V.\viV.•••• ••• ••• UNIVER§lT^Vlîÿ‘SlUEBEC TROIS-RIVIERES * •••• ••• Bien placée pour le savoir ?es recHercHGS o'enverqure.un environnEiTiEriT excepTionneu Diplômes d’études supérieures sptelallsées (DESS) Administration scolaire Communication sociale Finance Génie industriel Littérature pour la jeunesse Loisir, culture et tourisme Loisir, santé et qualité de vie Mathématiques et informatique appliquées Relations de travail Sciences infirmières Sciences infirmières (soins de première ligne) Maîtrises Administration des affaires (MBA) Biophysique et biologie cellulaires Chimie Éducation Ergothérapie (baccalauréat-maîtrise) Études québécoises Génie électrique Génie industriel Lettres (volet communication sociale ou études littéraires) Loisir, culture et tourisme Mathématiques et informatique appliquées Orthophonie (prévue pour 2011) Philosophie Physique Psychoéducation Sciences de l’activité physique Sciences de l’énergie et des matériaux Sciences de l’environnement Sciences des pâtes et papiers Sciences infirmières Sciences infirmières (soins de première ligne) www.uqinca Doctorats Administration (DBA) Biophysique et biologie cellulaires Éducation Études québécoises Génie électrique Génie papetier Ingénierie Lettres Philosophie Psychoéducation Psychologie Sciences de l’énergie et des matériaux Sciences de l’environnement Caro me Beaudet Vî 0719 G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 EDUCATION Sciences de la gestion L’Université McGill a innové en 1906 avec l’onverture d’une première école de gestion à Montréal HEC Montréal a été mise en place l’année suivante 11 y a maintenant à Montréal quatre écoles de gestion.Si les Etats-Unis ont eu leur première en 1616, il a fallu attendre 1906 pour en voir apparaître une première sur le territoire québécois.Et l’anglais était déjà la langue des affaires.CLAUDE TURCOTTE L> an dernier, on dénombrait ' dans le monde 847 écoles de gestion universitaires qui offraient un diplôme de maîtrise, dont 495 en Amérique du Nord et 213 en Europe de l’Ouest.Ce sont là les statistiques d’Ho-ward Thomas, doyen de la Warwick Business School en Angleterre, mentionnées dans un exposé fait lors d’un colloque tenu à Montréal l’automne dernier.Dans une perspective historique, la croissance et l’évolution de ces écoles ont été très importantes, depuis la toute première école ouverte en 1616 aux Etats-Unis.Il s’agissait d’une «école de métier» qui avait été créée en fait pour «légitimer» le monde des affaires.Par la suite sont apparues des écoles dites nationales qui développèrent la discipline de la recherche et dont le modèle fut celui de la London Business School.Puis, ces écoles acquirent une aura de pouvoir, de prestige et de réussite sociale, ce qui explique peut-être leur prolifération dans les récentes décennies.Dans un tel contexte, les écoles de gestion des universités montréalaises vivent intensément le phénomène de la mondialisation.L’Université McGill a été la première, en 1906, à établir une école de gestion, suivie de très près l’année suivante par la naissance de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC).Vinrent l’Université Concordia et l’UQAM Il y a maintenant à Montréal quatre écoles de gestion, les deux plus récentes étant à l’Université Concordia et à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Comment se situent-elles les unes par rapport aux autres et quelle est leur vocation propre?A première vue, si on jette un coup d’œil rapide sur les programmes, on a l’impression qu’elles offrent essentiellement les mêmes options pour les premier, deuxième et troisième cycles.Bien évidemment, chacune d’elles a son caractère propre et ne vise pas nécessairement les mêmes clientèles que les autres, comme le souligne Jacques Nantel, pro-fesseiu à HEC Montréal.Le partage le plus facile est d’ordre linguistique: deux sont de langue française (HEC Montréal et l’Ecole des sciences de la gestion (ESG-UQAM), et deux autres sont anglophones.Sur la plan de la taille, HEC Montréal prétend être la plus grosse en nombre d’élèves, mais rUQAM soutient en avoir autant, sinon un peu plus.Chacune mentionne qu’elle accueille environ 12 500 étudiants.Les quatre établissements portent attention aux clientèles internationales, tant pour les étudiants que pour les professeurs, mais l’Université McGill et HEC Montréal ont des ambitions internationales plus marquées, aussi bien pour le recrutement que pour la réputation.Il existe en quelque sorte des agences de notation ou des magazines qui attribuent, sur le plan international, des rangs aux écoles de gestion.La notoriété internationale est fort importante.HEC Montréal, par exemple, recrute 30 % de ses étudiants à l’étranger, et la bagarre pour attirer des professeurs réputés est encore plus dure.Dans le cas de la faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, 25 % des étudiants de premier cycle proviennent de 75 pays; la proportion atteint même 50 % chez les étudiants des cycles supérieurs et de 80 % dans le corps professoral.D’ici et d’ailleurs L’UQAM a pour sa part plus de 1000 étudiants étrangers, mais sa force majeure est le marché local, ce qui fait d’ailleurs partie de sa mission depuis sa fondation par le gouvernement québécois, il y a 40 ans, alors qu’elle visait une clientèle d’étudiants non traditionnels désireux de poiusuivre des études et d’obtenir des crédits, tout en continuant à travailler, «quitte à prendre plus de temps pour obtenir un diplôme», explique Benoît Bazoge, vice-doyen aux études.Actuellement, le nombre d’étudiants demeure stable, mais le nombre de cours suivis par ces étudiants augmente, ce qui peut signifier que les étudiants consacrent davantage de temps aux études et moins au travail rémunéré.La population a évolué et les gens sont plus instruits que dans les années 1970, constate M.Bazoge, qui note que, dorénavanf toutes les Portes ouvertes à l'ÉTS Au-delà de la recherche, des résultats concrets Poursuivant une mission axée depuis sa création vers la formation appliquée du génie et la recherche et le transfert technologique en entreprise, l'École de technologie supérieure forme des ingénieurs et des chercheurs reconnus pour leur approche pratique et innovatrice.Les travaux de recherche que ses chercheurs y poursuivent se déclinent tout particulièrement dans ces domaines de pointe : • Énergie • Environnement • Matériaux, conception et fabrication • Santé • Systèmes d'entreprise • Technologies de l'information et des communications • Transport - Aéronautique l\ ^ ’î V Pour en savoir plus sur les programmes d'études et les recherches réalisées à l'ÉTS, consultez le www.etsmtl.ca ou mieux encore, venez rencontrer les chercheurs le dimanche 31 janvier, entre 10 h et 17 h École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3C1K3 »Ê Université du Québec École de technologie supérieure le génie } pour lindustrie JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEcole de gestion John-Molson de l’Université Concordia, au centre-ville de Montréal, avec une œuvre en acier inoxydable de Geneviève Cadieux écoles de gestion montréalaises offrent ce même service aux étudiants.Il souligne cependant Université de Montréal A PORTES OUVERTES KIOSQUES D’INFORMATION I VISITES I CONFÉRENCES POUR TOUT SAVOIR SUR NOS PROGRAMMES D'ÉTUDES MERCREDI 27 JANVIER, DE 15 H À 20 H CEPSUM, 2100, BOUL.ÉDOUARD-MONTPETIT ^ ÉDOUARD-MONTPETIT Toutes les activités: umontreai.ca que ESG UQAM est la seule à donner un baccalauréat par le cumul des certificats, une formule qui plaît aux gens qui travaillent, soit environ 4000 des étudiants inscrits.Les principaux créneaux de cette faculté sont les baccalauréats en tourisme, en ressources humaines et en sciences financières, notamment la comptabilité.La faculté de commerce et d’administration de fUniyersi-té Concordia, rebaptisée Ecole de gestion John-Molson, met pour sa part le cap sur le développement durable et occupe même «un nouvel édifice tout écologique», insiste Nadia Khe-rif, conseillère aux relations avec les médias, qui ne manque pas de rappeler que le (Jentre d’études David-Q’Brien sur la durabilité des entreprises a pour directeur Paul Shrivastava, Ph.D., originaire de Bhopal et marqué pour la vie par la catastrophe survenue à l’usine de pesticides d’Union Carbide en 1984.Un doctorat unique lœs écoles de gestion montréalaises sont loin d’être tou- jours en concurrence.Ensemble, elles offrent depuis une trentaine d’années un diplôme de doctorat.C’est, dit-on, un cas unique au Canada et peut-être en Amérique.Par ailleurs, depuis quelques années, HEC Montréal et l’Université McGill se sont unis pour offrir une maîtrise privée en administration pour gens d’affaires qui est destinée aux cadres supérieurs.Selon M.Nantel, on a conçu ce produit unique pour faire concurrence à une offre comparable de certaines universités ontariennes.Mais pourquoi se mettre à quatre pour offrir ce doctorat?Les programmes dans ce niveau d’études universitaires sont très énergivores.Le regroupement des écoles permet d’offm aux étudiants un accès à différentes compétences qu’une seule école ne possède pas toutes.C’est quand même funi-versité où est inscrit un étudiant qui décerne le diplôme de doctorat et qui assume la direction de la thèse de doctorat.Collaborateur du Devoir E D ü C A T I 0 E N s E I (i N E M E N T SUPERIEUR CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT ntlierianlt@ledevoir.com 2050, me de Blenry, 9‘ étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Tél.: (5 14) 985 3333 redaction@ledevoir.com FAIS CE QUE DOIS LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 G 7 EDUCATION De Sherbrooke à Montréal et Québec L’interdisciplinarité et le transfert des connaissances ont la cote Lorsqu’elles lancent de nouveaux programmes, les universités tentent de répondre à des besoins de la société en mouvance.Si on regarde du côté de l’IIniversité de Sherbrooke (UdeS), de l’IIniversité McGill et de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), on note que l’interdisciplinarité et le transfert des connaissances ont la cote.MARTINE LETARTE Le Québec est reconnu pour sa capacité d’innover.Toutefois, beaucoup d’efforts restent à faire dans le domaine de la valorisation commerciale et, pour ce faire, l’IIniversité de Sherbrooke a lancé en septembre un diplôme de deuxième cycle en transfert technologique.«L’UdeS fait beaucoup de valorisation depuis longtemps, alors les connaissances et les structures sont bien présentes.Il était donc logique que nous développions un programme dans le domaine», indique Michèle Desrochers, coordonnatrice du diplôme de deuxième cycle en transfert technologique.Les cours sont donnés par trois facultés: génie, droit et administration.Comme le programme souhaite former des professionnels prêts à travailler, une grande partie de la formation se veut pratique.«Nos étudiants réalisent de vrais mandats de valorisation de technologies, encadrés par des experts qui leur donnent accès à un bon bagage de connaissances», ajoute Mme Desrochers.Pour les professionnels Le programme s’adresse aux professionnels en exercice et se donne à temps partiel, au campus de Longueuil.Les spécialistes de la valorisation de technologies sont recherchés par plusieurs types d’employeurs, comme les sociétés de valorisation universitaires, les sociétés de capital de risque, les cabinets de juristes et d’agents de brevet ainsi que les organismes gouvernementaux.L’UdeS a aussi lancé en septembre une maîtrise en intervention en toxicomanie, une première au Canada.Ce programme s’adresse aux professionnels qui travaillent dans différents milieux, comme les centres de réadaptation, les CSSS, les centres de santé mentale et les centres jeunesse.«Plusieurs types d’intervenants sont confrontés à des problèmes de toxicomanie et ce programme souhaite améliorer leur intervention en les mettant devant des problématiques complexes», explique Lise Roy, directrice des programmes d’études en toxicomanie à njdeS.Pour favoriser la conciliation travail-famille-études, le programme se donne à temps partiel.De plus, alors que le développement durable est devenu incontournable, l’UdeS a ajouté le cheminement en géo développement durable à sa maîtrise en sciences géographiques.«Cette maîtrise professionnelle formera des gens capables d’assister les dirigeants pour de grandes questions d’aménagement du territoire et de développement durable», indique Léo Provencher, directeru des programmes de deuxième cycle au département de géoma-tique appliquée de l’UdeS.Magasiner son professeur de doctorat Réputée mondialement, l’Université McGill est en concruren-ce avec les meilleures universi- tés américaines.Ce qui la pousse à faire des gestes stratégiques.Depuis septembre, quelques étudiants inscrits au programme de doctorat intégré en neruosciences poruront aller passer quelques mois d’essai dans les laboratoires de différents professeurs avant d’en choisir un.«Aux Etats-Unis, tous les programmes d’études supérieures en neurosciences offrent cette rotation, parce que peu d’étudiants sont acceptés dans les établissements et ils reçoivent de l’argent du gouvernement et du département.Ici, le système est complètement différent.Nous accueillons beaucoup plus d’étudiants et ce sont les professeurs qui ont les budgets pour les étudiants, donc ça complique les choses», explique Josephine Nalbantoglu, directrice du programme.Ainsi, l’Université McGill parvient à offrir cette rotation à un petit pourcentage d’inscrits.«On voulait éviter deferdre trop d’étudiants vers les Etats-Unis», précise-t-elle.L’an dernier, le programme en neurosciences est devenu interdisciplinaire.«Nous avons déjà 160 professeurs qui proviennent d’une douzaine de facultés, dont médecine, psychologie, sciences infirmières et génie biomédical.L’avantage de cette interdisciplinarité, c’est que les étudiants collaborent et échangent beaucoup, alors ils sont exposés à davantage d’enjeux que s’ils se concentraient uniquement sur leur principal sujet d’études», indique la D"" Nalbantoglu.Actuellement, près de 300 étudiants à la maîtrise ou au doctorat sont inscrits au programme intégré de neurosciences de l’Université McGill.Ils étudient des questions aussi variées que l’évolution de maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer et le Parkinson, ainsi que la récupération des neurones après un accident qui a affecté la moelle épinière.Àl’INRS Lancée il y a trois ans, la maîtrise en pratiques de recherche et actions publiques de riNRS a été chaudement accueillie par les différentes organisations publiques et privées.Si bien que l’établissement a l’intention d’ouvrir son programme à une plus grande clientèle dès l’été prochain.«L’un des problèmes de notre société, c’est que les connaissances qui sont générées dans un milieu ont de la difficulté à en sortir pour aller enrichir d’autres milieux.L’un des objec-tijs de ce programme est de former des gens disposés à créer des ponts entre la recherche universitaire et les organisations gouvernementales pour qu’on en tire davantage de bénéfices d’un côté comme de l’autre», explique Carole Lévesque, directrice du programme de l’INRS.Il semble que, en créant ce programme, l’INRS ait misé juste.«La réponse des différents milieux a été très bonne lorsqu’on a dû envoyer nos étudiants faire des stages.De plus, nos premiers diplômés se sont rapidement trouvé un emploi, que ce soit dans des organisa- "frt toch cf 9 ViK^i I 5T uvirtr û Tl '"T r-.c, Cannui; E: Summon 1) Z-shJî 2) Dr (A -a EM ¦U
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