Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2010-01-23, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 I THEATRE Performance exceptionnelle de Sylvie Drapeau dansZn Liste Page E 3 CINEMA Jeff Bridges convainc les plus endurcis en chanteur country Page Eli «TIRE 1 YVES RENAUD Le tournant du XX® siècle est l’heure de gloire de l’opéra à Montréal, avec la création d’une compagnie locale, l’Opéra français (1893-96) Madame Butterfly de Puccini (printemps 2008), mise en scène de Moffatt Oxenbould ans dlstoire tounnentée YVES RENAUD Michel Beaulac «La Première Guerre mondiale porta un coup sévère au théâtre lyrique au Canada, et la reprise se fît attendre.» Samedi prochain, 30 janvier, la première représentation de Tosca de Puccini marquera les 30 ans de l’acte de naissance de l’Opéra de Montréal.Si une telle institution n’a «que» trente ans, c’est parce que l’histoire de l’art lyrique à Montréal est assez tumultueuse.CHRISTOPHE HUSS elon VEncyclopédie de la musique canadienne, la naissance de rOpéra de Montréal (OdM) a été annon- » YVES RENAUD Schicchi (septembre 09), mise en scène d’Alain Gauthier cée le 5 février 1980.La première représentation, Tosca, le 7 octobre 1980, était dirigée par Charles Dutoit.Dans une mise en scène de Jean Gascon et des décors et costumes de Robert Prévost, Nicole Lorange était Tosca, Luis Lima chantait le rôle de Mario Cavaradossi et Garbis Boyagian incarnait le méchant Scarpia.Robert Savoie, qui, avec Joseph Rouleau, avait mené le combat menant à la création de cette nouvelle institution, s’était vu confier le rôle du sacristain.Meyerbeer et Wagner à la pelle C’est probablement au Théâtre royal ou Royal-Molson, construit par John Molson à l’endroit de l’actuel Marché Bonsecours, que furent organisées les premières saisons lyriques.D’après les précieuses recherches de Gilles Potvin et Mireille Barrière, des troupes venaient, en 1840 et 1843, y présenter des ouvrages de Mozart, Auber, Rossini ou Bellini.Après la démolition du Royal-Molson, en 1844, lesdites troupes se replièrent sur le Royal-Hayes, au square Dalhousie, puis sur le Royal-Côté, entre 1852 et 1913.La troupe la plus influente de la seconde moitié du XIX® siècle, celle de IJtalien Lui^ Arditi, était active non seulement à Montréal, mais aussi à Toronto.La fameuse Emma Albani (1847-1930), native de Cham-bly, fut la grande diva de la fin de siècle.Après avoir mené carrière en Europe, elle chanta La Traviata et Lucia di Lammer-moor en 1890 à l’Académie de musique de Montréal, une salle ¦m I f YVES RENAUD Pagliacci (septembre 09), mise en scène d’Alain Gauthier de 2000 places détruite en 1910 pour permettre l’agrandissement du magasin Eaton! Albani revint en 1892 pour Lohengrin ce n’est pas fini.La Compagnie d’Opéra de Montréal, qui ne vécut hélas que trois ans (1910-13), créa Tosca au Cana- «II y a toujours eu de grandes voix, mais elles étaient très en évidence.Maintenant il y a un éventail nettement plus large.» et Les Huguenots, des opéras que Montréal ne peut plus se permettre aujourd’hui.Le tournant du XX® siècle est l’heure de gloire de l’opéra à Montréal, avec la création d’une compagnie locale, l’Opéra français (1893-96), puis la concurrence entre des troupes de Paris et de la Nouvelle-Orléans.A cette époque on entend La Juive d’Halévy, Sigurd de Reyer, Mireille de Gounod ou Robert le Diable et L’Africaine de Meyerbeerl Qui dit mieux?Et da.La Montréalaise Louise Edvina (1878-1948), star du Covent Garden de Londres, chantait Tosca; Wilfrid Pelletier était.pianiste-répétiteur! Ces représentations se donnaient au His Majesty’s de la rue Guy, une salle qui vit en 1914 la Quinlan English Opera Company présenter la Tétralogie de Wagner et plusieurs autres opéras du compositeur allemand.On croit rêver.Disette Comme l’a écrit Gilles Potvin: «La Première Guerre mondiale VOIR PAGE E 8: OPÉRA « On voit un nouveau type de construction et d’écriture scénique, très contemporaines.» « La technologie est un des matériaux utilisés par les artistes.» Technologies et arts à TUsine C Temps d’images L’art au temps du copier-coller CATHERINE LALONDE Le festival international Temps d’images s’empare pour une cinquième fois de l’Usine C.Du 27 janvier au 7 février, les propositions artistiques qui intègrent technologie, écran et images envahiront toutes les salles de l’Usine.Toutes?Toutes.Danse, théâtre, musique, installa- tions, performances et vidéos sont du parcours.«L’idée de Temps d’images, précise la co-directrice artistique Danièle de Eontenay, est d’offrir une mosaïque de ce qui se fait, en ce moment, en intégration des nouvelles technologies aux arts, ici et ailleurs.[L’utilisation des technologies] crée une nouvelle fécondité: elle change le mode d’écriture de la création, la relation au jeu et la relation scène-salle.On retrouve plus d’interactions.Le temps se découpe autrement et n’est plus linéaire.» Sa complice â la programmation, Sylvie Teste, renchérit: «On voit un nouveau type de construction et d’écriture scénique, très contemporaines.Les jeunes sont nés avec des écrans sous les yeux, mais ce qui nous intéresse, c’est le mode de pensée qui vient avec la technologie: le copier-coller, par exemple.Nous, on a dû apprendre à l’utiliser, alors que les jeunes sont nés avec ça.Il y a une évolution.On est maintenant bien au-delà du fait qu’il y a un écran sur scène.VOIR PAGE E 2: IMAGES E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 CULTURE Les mémoires du cœur Odile Tremblay Paris — Prenant la direction du Grand Palais, dédié une fois par an aux installations monumentales majeures, on va sous la bruine parisienne offrir son cœur au grand artiste multidisciplinaire Christian Bol-tanski.— Tenez! Rouge et vibrant.Il est à vous.Romantique comme tout?Pas vraiment! Les visiteurs de son expo Personnes sont invités en parallèle à pénétrer dans une petite chambre, armés d’un numéro: «Chacun son tour.Ne poussez pas.» Une dame aux allrues d’infirmière enregistrera vos battements cardiaques.On les confie au Fonds Boltanski pour son projet Les Archives du cœur, photographies sonores d’une humanité appelée à moruir, dont la trace palpitante peut ainsi persister.Il conserve son lot de battements (15 000 déjà en stock) dans une sonothèque sur l’île de Teshima, au Japon.Viendra les entendre qui fera le voyage, dès juillet 2010.Voici donc un cœru de plus à s’envoler vers le Japon, le mien, une goutte dans une mer de sons, arythmique à travers les écouterus.«La plupart de ces organes battent irrégulièrement», assure la dame au stéthoscope, qui en connaît un bout sru la question.Il fait froid au Grand Palais, où l’hiver parisien s’engouffre.L’artiste a refusé au public le confort du chauffage.Alors, l’immense nef Art nouveau tient du hall de gare traversé de courants d’air, sans voies ni trains, recouvert de sa célèbre verrière.De la pointe du dôme au plancher, elle fait bien 45 mètres de haut, cette verrière-là, projetant de la lumière partout.Boltanski affirme qu’en travaillant au Grand Palais, il eut l’impression de créer un opéra, où l’architecture remplacerait la musique.Il cherche aussi à utiliser le froid ambiant, l’angoisse des visiteurs, pour les immerger dans un univers qui se répercute de cœurs battants à cœurs battants.L’expo s’intitule Personnes, après tout.Au départ, des espèces de casiers rouillés en forme de stèles semblent contenir des restes humains non identifiés.Dans la nef, les sons vous affolent.Soixante-neuf battements de cœur résonnent devant autant de rectangles au sol remplis de manteaux empilés: des noirs, des blancs, des gris, etc., sans propriétaire autre que celui, peut-être, du cœur battant, aujourd’hui vivant ou mort.Qui sait?Pour tout dire, ces amas de vêtements nous rappellent des images atroces du documentaire Nuit et brouillard d’Alain Resnais, pour les résidus matériels des camps de la mort fdmés dans la stupeur et l’affolement au lendemain de l’Holocauste.Son installation est une sorte de monument commémoratif, comme Auschwitz, Hiroshima ou tout Port-au-Prince.Peut-être même le nôtre.Boltanski affirme demander à travers son œuvre à chaque passant: «Comment mourras-tu?Quand?» 11 cultive le malaise de nos dénégations muettes.Plus éloquente encore, une montagne géante de vêtements domine le hall de sa masse.Une grue à mâchoire rouge va piger dans l’amas de textiles, remonte puis recrache son butin.Assis sur les marches des beaux escaliers, quelques apprentis peintres sont venus croquer la scène.Sur leurs toiles, la gueule d’acier devient presque naïve, adoucie, inoffensive.On se protège comme on peut.Mais autant lâcher prise, car chacun est là pour vivre un choc artistique et humain puissant, en échange de frissons de froid et de battements du cœur abandonnés à la sortie, troublé, impressionné.C’est là son but.Unique et fascinant Boltanski! Né à Paris sous l’Occupation d’un père juif caché pendant deux ans entre deux étages, et qui en émergea en vitesse pour le concevoir avec une chrétienne.Tous les amis de sa famille étaient des survivants, qui ne parlaient que de la Shoah.11 n’allait pas à l’école, ne sortit seul dans la rue qu’à l’âge de 18 ans.Ça marque son homme.Aujorud’hui, ce créateru s’affiche contre la culture du divertissement, porutant triomphante, et poru un art qui incite à la réflexion métaphysique.Artiste hanté véritable, sommité qui représentera la France à la Biennale de Venise en 2011.11 est depuis 50 ans obsédé dans ses œuvres par la mort, les camps, la mémoire, le destin, la persistance et l’oubli, multipliant les installations, semant sru sa route des spectacles, des photos, des films, des écrits à la gloire du souvenir.Au Musée d’art moderne de Paris, Boltanski avait réuni en 1999 1000 annuaires de Téléphone recensant 400 millions de personnes.Eternel archiviste obsédé par l’idée de maintenir des traces, de retrouver le temps perdu, son œuvre défie la mort, qu’il a tant côtoyée.11 s’avoue vaincu d’avance, quoique déterminé à se battre le plus longtemps possible pour garder les empreintes des vivants.Boltanski entretient une connivence avec le diable.N’a-t-il pas accepté un pari faustien avec un mécène de Tasmanie, richissime joueur interdit de casino?Celui-ci a installé une caméra pour le filmer joiu et nuit dans son atelier, mais ne pourra exploiter ces images qu’après son décès.Le joueur paie cette vidéo-réalité par versements mensuels, et les deux hommes ont étalé le pari sur huit ans.Si Boltanski (qui a 65 ans) meurt avant l’échéance, le Tasmanien aura fait un coup d’argent.Si l’artiste survit plus longtemps que prévu, le prix payé deviendra excessif.Il mise sur sa longévité; le collectionneur, sur son décès; un jeu apparemment sinistre quoique non dénué de poésie.On pense au film Le Septième Sceau de Bergman, lorsque le chevalier défie la mort aux échecs pour gagner du temps et sonder les mystères de la vie.Sur ce damier semble danser Boltanski.Chose certaine, il s’agit là d’un des principaux rendez-vous de Paris, jusqu’au 21 février, avec ce créateur fiévreux, illuminé, zombie, n’ayant peut-être jamais sruvécu à son enfance et qui fréquente les limbes d’où il envoie ses cris.otremblay@ledevoir.corn IMAGES SUITE DE LA PAGE E 1 La technologie est un des matériaux utilisés par les artistes.» En devenant abordable, disent les directrices artistiques, la technologie devient un outil supplémentaire à la disposition du sens, et se moule organiquement à la création.«Ce n’est plus plaqué sur le spectacle la veille de la première», rappelle de Eonte-nay.À Temps d’images, le spectateur peut passer à travers les installations, souvent gratuites, et construire son parcours en choisissant des spectacles dans les deux ou trois différentes représentations données chaque jour.US PiÂes ^kctrixfiAes i.N, \l tri Hstii/al ç~iz fevtUc 2.0 10 À la Sala Rossa - 4848, boul.St-Laureivit dÎMaiMche 7 février - 20h30 -12$ Sky de Sela: IN^aiMteiMaisit Un dialogue décoNcertaNt eNtre la parole et la gestuelle du clown.Dépouillé et jouissif.Avec les Musiciens Benoit Jayot et Rerre-Yves Martel.Mercredi 10 février - 20h30 - 22$ Fred FortÎN: Plastrerla luiMe Fred Fortin en grande torMe à La Sala Rossa.Avec ses coMplices Olivier Langevin et Justin Allard.Billetterie : ESPACE GO | 514.845.4890 ADMISSION 514.790.1245 | www.adMission.coM Eondé en 2002 en Erance par la télévision Arte et la friche artistique La Eerme du Buisson, Temps d’images fait rapidement des petits.Dix anteimes, à la programmation indépendante, naissent à travers l’Eiuope, à Rome, Istanbul, Varsovie ou Bucarest.Danièle de Eontenay et Sylvie Teste établissent en 2006 le fort montréalais, qui demeure à ce jolu le seul Temps d’images de ce côté de l’océan.«Ce n’est pas l’aspect quincaillerie des spectacles qui nous intéressent, mais le rendu.Ça peut être low-tech, artisanal et très simple, ou très high-tech», spécifie de Eontenay, aussi directrice de l’Usine C.Pour de Eontenay comme poru Sylvie Teste, qui dirige par ailleurs les Escales Improbables de Montréal, le multidisciplinaire est essentiel afin de «ne pas couper l’art en morceaux».Une formule qui résonne, puisque le festival attire un public particulièrement jeune et branché.LA COMMUNAUTÉ ARMÉNIENNE DE SOURP HAGOP ttvff Rftuigntii _____________________ VIVAVOCE Présentent Ih Mme Christine St-Pierre ^ -Ministre de la Culture, des Communications .Q ^ et de IsjCondition féminine L’orchestre de chambre et l’ensemble choral VivaVoce , diripéspar Peter Schubert (I nt PP ^  l’occasion, nouvelle œuvre dédiée à Komitas de Petros Shoujounîaii P Le dimanche, y février 2010, à ighoo Christ Church Cathedral (1444 avenue Union, Montréal) Billets 25,00 $ — Réservations: 514-331-5445, poste 202 À surveiller en cette cinquième édition.Big 3"‘Episode, des européens Superamas, un spectacle danse-théâtre-multimédia caustique, inspiré des sitcoms et du bonheur obligatoire.Aussi, China du sino-australien William Yang, sur le clash entre la modernité et la tradition chinoise.Après son succès à Avignon, Denis Marleau revienf présenter Une fête pour Boris.A revoir côté danse, La problématique de l’erreur, de Line Nault, avant de découvrir le jeu sur les champs électromagnétiques Ground, d’Emmanuel Ma-dan.Et Temps d’images s’ouvre cette année davantage à la musique avec Stereoptik, Misteur Valaire, ime grande Nuit Musicale festive où DJs et VJs investissent les installations.Et avec le Belge Thierry De Mey, qui présentera ses films ainsi que Light Music, où le geste esf littérale-menf transformé en liunière.La programmation complète comprend des rencontres avec les artistes, des chantiers et des installations, dont la plupart sont gratuits.La totale sur http://www.usine-c.com/fr/09-tempsdimages.html Collaboratrice du Devoir TEMPS DTMAGES A l’Usine C, du 27 janvier au 7 février, à partir de IThSO le groupe de IPveillee de HANOKH LEVIN YEL Yaacobi et Leidental Comédie en 30 tableaux et 12 chansons mise en scène Claude Lemieux avec KATHLEEN FORTIN MANUEL TADROS ROC lAFORTUNE et LAURENT CHAPUT musicien.Concepteurs : Simon Guilbault, )ean Gervais, Noémie Avidar, Frédéric St-Hilaire.Musiaue de Francis Covan LE THEATRE DE LA MANUFACTURE présente AU CHAMP DE MARS DU 26 JANVIER AU 6 MARS 2010 wa Pierre-Michel Tremblay iniiss m scina Michel Moity Ane Josée Deschâies, Justin Laramée, MalMeu Quesnel, Sébastien Rblone ii David Savard •' 'e Yi onjoueau[pROs'peB]/ du mardi au samedi à 20 h, mercredi à 19 h www.laveillee.qc.ca ConsQll dos arts otd6s lettres Québec ein Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL LE DEVOIR Billetterie 514 526-6582 Admission 514 790-1245 Partenaire de saison r\ Hydro Québec ¦HH |H|H LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 E 3 CULTURE théâtre Territoires minés Pierre-Michel Tremblay s’attaque à la guerre, flanqué de Michel Monty à la mise en scène ; danger d’explosion imminent.MICHEL BELAIR Il fallait Jean-Denis Leduc, le patron de La Licorne en plein congé sabbatique, pour penser réunir le dramaturge Pierre-Michel Tremblay {Le Rire de la mer, Mille-feuilles, Coma unplugged) au metteur en scène Michel Monty {Le Pensionnat, La Société des loisirs, Gagarin Way).C’est ce genre d’intuition, menant à des séries de rencontres à la chaîne d’univers complètement différents, qui façoime peu à peu la persoimalité d’une compagnie ou d’un lieu.Ça ne s’apprend pas: on l’a ou on ne l’a pas.Pourtant, avec un peu de recul, ce choix entériné rapidement par le nouveau chef Denis Bernard, semble aller presque de soi: Tremblay sait insuffler un humoiu cinglant à ses comédies dramatiques et Monty monte ses pièces comme autant de mécanismes de précision prêts à vous éclabousser l’âme.Avec ce Au champ de Mars qui prend l’affiche mardi dans la grande salle, rue Papineau, la chose est d’autant plus évidente que Tremblay et Monty s’attaquent à la guerre, la vraie, celle que le Canada mène en Afghanistan.La guerre et toutes ses horreurs, avec tous les dérèglements qu’elle fait surgir.Les deux complices nous proposent en fait une sorte de plongée dans l’insupportable, sur fond de comédie un peu heavy.Si le conflit est le principal moteur dramatique pour Michel Monty, Pierre-Michel Tremblay n’y va pas non plus avec le dos de la main morte, comme dirait un commentateur bien connu.11 base son récit sur deux personnages: un soldat de retour d’Afghanistan, sorte de loose cannon taloimé par l’horreur; et une psychologue en burn-out qui en a jusque-là d’écouter les histoires inavouables d’un peu tout le monde.Rajoutez à cela im pacifiste et im ré^sateur de cinéma populaire en quête de sérieux et Passez le tout s’a^ter en vous attendant à ce que, évidemment, ça explose.«Le t^e de Pierre-Michel fait le lien entre l’intime et le politique, ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pierre-Michel Tremblay et Michel Monty, respectivement auteur et metteur en scène de la pièce Au champ de Mars explique Michel Monty: c’est précisément ce qui m’intéresse au théâtre et c’est toujours ce que j’ai fait à La Licorne.Au Champ de mars se place dans la continuité des grands textes présentés ici; des textes en relation directe avec ce qui se passe dans le monde et qui touche les gens dans leur propre vie souvent.Quand Jean-Denis m’a proposé de monter un Pierre-Michel Tremblay, qui m’avait jeté par terre avec son Coma unplugged, quand il m’a dit aussi que c’était une pièce sur la guerre, j’ai tout de suite dit oui.» La rencontre a engendré des heures de discussions passionnées.Habités par le sujet, l’auteur et le metteur en scène ont ensemble cherché à clarifier et à eiuichir le propos durant quelques semaines: ils y ont pris goût.Ce n’est finalement qu’à la huitième version du texte que tout le monde décidait de passer à l’étape suivante.Rire jaune Dans la froide salle de répétition, à l’étage rue Papineau, les deux hommes s’enflamment facilement, le sourire aux yeux, discutent passionnément, s’amusent à préciser des détails.«C’est très stimulant, cette pério- de de la préproduction, raconte Tremblay.Michel est précis, méthodique et il a une idée très claire de ce qu’il fait au théâtre; et moi je suis très ouvert à ce genre de remise en question puisque je souhaite que mon texte gagne dans l’exercice un impact encore plus considérable.Nous avons beaucoup échangé.Mais une fois les répétitions enclenchées, je me suis retiré; ce n’est plus mon domaine, c’est celui du metteur en scène.» Monty poursuit.«La pièce n’existe qu’une fois créée.Le texte, comme les comédiens, est un des matériaux du spectacle qui vient s’écrire dans la propre langue de la scène: le récit sur le papier n’est pas nécessairement le récit sur scène.Sur scène, il y aura une confrontation bien réelle entre la vraie guerre du soldat perturbé par l’Afghanistan et la guerre de fiction du réalisateur.Moi, je cherche toujours le potentiel le plus fort, le plus riche et mon rôle c’est de le faire “sortir” le plus possible.Le metteur en scène est un monteur, comme au cinéma; un monteur qui veut donner vie à des mots écrits sur du papier.Celui qui fait en sorte que “le contenu éditorial” passe par le personnage!» Ici, Pierre-Michel Tremblay inscrit cette proposition dans une comédie dramatique intense.c’est le mot «intense» plus que la comédie dramatique qui fait vibrer Michel Monty, on le devine.Comme à l’habitude avec Tremblay, on rira beaucoup: toutes ces années avpc le Groupe sanguin puis les Eternels pigistes lui ont appris à dégainer comme pas un.Mais on rira jaune dans ce Champ de mars.Très.L’humour y est cinglant, le ton satirique, sarcastique.«Nous abordons un terrain miné et les personnages principaux, surtout Eric le soldat [Mathieu Quesnel], qui risque de sauter une coche à tout moment, et la psychologue [Josée Deschênes] sont vraiment constamment au bord de l’éclatement et de l’implosion.Le texte est en fait truffé de bombes à retardement, plus dur que celui de Coma implugged.» Aussi bien vous faire à l’idée tout de suite que vous n’en sortirez pas indemne.Le Devoir AU CHAMP DE MARS Une production de La Manufacture présentée à La Dcorne du 26 janvier au 6 mars.Submergée LA LISTE Texte de Jennifer Tremblay.Mise en scène de Marie-Thérèse Fortin.Au Théâtre d’Aujourd’hui, jusqu’au 6 février.MARIE LABRECQUE Réussissant à lier quotidien et tragédie, la première création théâtrale de Jeimifer Tremblay fait ipontre d’une grande maîtrise.A partir d’une histoire simple, son solo atteint des couches profondes en évitant de verser dans des épanchements émotife.Un récit qui transite par la domesticité, par l’apparem-ment banal, pour déboucher siu des questions fondamentales.Comme dans cette litanie d’obligations triviales que se récite la protagoniste de La Liste et où se cache, sans qu’elle s’en rende compte, une tâche plus importante que les autres.Un univers d’abord féminin, où l’on recoimaît des traits volontiers attribués aux femmes dans notre société: perfectionnisme, sentiment de culpabilité, obsession de l’ordre, nécessité de se savoir utile.La pièce montre aussi l’isolement d’une mère au foyer, prisoimière du quotidien, d’une vie très accaparante à laquelle elle peine poiutant à donner un sens.Cette citadine ùans-plantée à la campagne est envahie par les tâches joiunalières à accomplir, submergée par les détails, au point d’en laisser échapper l’essentiel.On découvrira que le «crime» qu’elle se reproche amèrement est celui de ne pas avoir porté suffisamment d’attention à sa sympathique mais dérangeante — et si désordoimée!, introductrice de chaos—voisine.Ce qui aura des conséquences funestes.Zzü Liste interroge donc notre responsabilité dans un monde individualiste frénétique où aider autrui devient une chose comme une autre sur une liste de corvées; où on ne prend plus guère le temps d’écouter l’autre, d’être attentif à ses appels à l’aide.Une négligence dont on peut tous se rendre coupables, à n’importe quel moment.Ce qui rend cette faute par omission à la fois banale, mineure, et totalement troublante pour le spectateur.Le spectacle créé au Théâtre d’Aujourd’hui est un peu à l’image de cet imivers mental où tout est soigneusement rangé avec un ordre maniaque (véritables boîtes à surprises, les trois portes sur scène découvrent des placards dissimulant divers objets placés dans des bacs transparents) .Un objet placé, rigoureux, un peu sec, troué de silences, avec très peu de musique et seuls quelques excès illustratifs (notamment, cet éclairage rouge sang un peu sensatioima-listeàlafin).Toute de gris vêtue, très élégante mais l’œil morne, Sylvie Drapeau incarne une femme absente à elle-même, qui semble accomplir les choses mécaniquement depuis que la tragédie a frappé.Cette virtuose de la scène y déploie une interprétation très contrôlée, avec un décalage qui fait entendre la dérision et l’ironie occasionnelles dans le texte, mais aussi la vulnérabilité du personnage.Sa fêlure.Bref, une interprétation tout en nuances et en finesse.CoUaboratriee du Devoir lÉU SOURCE THEATRE D’AUJOURD’HUI Sylvie Drapeau dans La Liste, de Jennifer Tremblay Spectacle 30® anniversaire d’ESPACE GO Enfin à Montréal après le succès remporté à sa création en France ESPACE GOSEXTETT COMÉDIE ÉROTIQUE DE HÉMI PB vos DU12JfltlVHRAUert«aER2010 AVECANME-MAiaECADIEUX + MAaE-FRAHCE LAMBERr+ MICtmE9COr+ MISE EN SCÈNE ÉRIC VWMER Délirant.Amusant.Etrange.MIcha Lescot a une présence magnétique.Excellente Anne-Marie Cadieux.Il faut voir Marie-France Lambert ep femme-chienne.La mise en scène d'Eric VIgner est hyper fluide.Pièce marquante, Incontournable production de la rentrée 2010.Jean Siag, La Presse Un objet tout simplement jouissif, et plus sérieux qu'il n'y paraît.(.) Sextett est une savoureuse plongée dans la psyché en pleine ébullition d'un jeune homme submergé par les désirs les plus divers.(.) Si le voyage s'avère éprouvant pour le héros, il est plus que divertissant pour le spectateur.C'est que l'aventure est éminemment ludique, fantastique et fantasmatique, bercée par la musique et le chant, truffée d'images fortes et contrastées, de répliques assassines et de corps â corps sulfureux.En même temps, l'ensemble de la représentation est sous-tendu par des enjeux sexuels, sociaux et Identitaires hautement pertinents.De quoi réjouir le plus blasé des psychanalystes.(.) Pour arriver à cet objet, aussi distingué qu'irrévérencieux, réglé au quartdetour,Vignera réuni une équipe en or.On en redemandel Christian Saint- Pierre, VOiR Et heureusement, on n'a pas tout vu au théâtre.(.J Zones obscures de l'inconscient, images proche de la s^bolique des rêves, on est Ici dans un théâtre où le corps parle davantage que les mots.Un univers loin du réalisme et de la clarté.VIgner veut redonner â «l'esthétique toute la place qui lui revient au théâtres, il penche pour un théâtre d'art et de recherche.Sa mise en scène affiche des Influences : Almadovar, Fellini, la bédé.Son décor et ses costumes très sixties sont splendides! Côté distribution, si les actrices se défendent fort bien, c'est le Français Micha Lescot qui étonne et détonnei Avec un jeu totalement déjanté, physique, il flotte sur le plateau et nous fascine.Luc Boulanger, Le Devoir MARIA DE MEDEIROe+JOHANNANIZARD+JUnAJOHANNAWEISS UNE COPRODUCTION FRANCE-QUEBEC Bientôt COMPLET ! Faites vite, aucune supplémentaire possible.THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTREAL 514845-A890 VVWW.ESPACEGO.COM ADMiSSiON 514790-1245 WWW.ADMISSION.COM transat /^Hydro ioV Ouéb m cmsai DES ARTS ) CgihoI dâi Artt LEMONTBËAl M mm CONCOURS QJ'^îSbee Us Rencontres d’Ariane Voyez SEXTETT et courez la chance de remporter un forfait* pour deux personnes à la Baie-James offert par Hydro-Québec.Valeur 3 600$.Assistez à la rencontre d’Ariane du jeudi 28 janvier 2010 et recevez 2 coupons de participation supplémentaires.Détails et réglements disponibles au www.espacego.com.*Certalnes restrictions Rappliquent.Aucun achat obligatoire.Le règlement du concours est disponible aux bureaux administratifs d'ESRACE GO.THEATRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS MONTRÉAL H2W2M2 @SHERBROOKE \ LOUISE FORESTIER, JE L’AI VU  LA RADIO « SYLVIE DRAPEAU [.]EST ABSOLUMENT FULGURANTE DE VÉRITÉ, D’ÉMOTION, D’HUMOUR.[.] JE N’AI JAMAIS VU UNE ACTRICE, ICI, DONNER UNE TELLE PERFORMANCE.» NATHALIE PETROWSKI, LA PRESSE « TEXTE ADMIRABLE ET POIGNANT.» ALEXANDRE VIGNEAULT, LA PRESSE « DROIT AU CŒUR.» REBECCA MAKONNEN, C’EST BIEN MEILLEUR LE MATIN « ON EST ESTOMAQUÉ.» CATHERINE PERRIN, SIX DANS LA CITÉ, RADIO-CANADA « UNE PIÈCE FORMIDABLE.» JULIE LAFERRIÈRE, OUVERT LE SAMEDI « SYLVIE DRAPEAU [.] JOUE CETTE PARTITION  MERVEILLE.MÉLANYE BOISSONNAULT, DESAUTELS « LA PUISSANCE DES MOTS EST MAGNIFIÉE PAR LA MISE EN SCÈNE.» CLAUDIA LAROCHELLE, RUE FRONTENAC « MISE EN SCÈNE SOBRE, INTELLIGENTE ET INTEMPORELLE.» DU 12 JANVIER AU 6 FEVRIER 2010 LA LISTE DE JENNIFER TREMBLAY - LAURÉATE DU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2008 EN THÉÂTRE CREATION THEATRE D’AUJOURD’HUI MISE EN SCÈNE MARIE-THÉRÈSE FORTIN AVEC SYLVIE DRAPEAU COLLABORATEURS STEPHANIE CAPISTRAN-LALONDE,CHARLOTTE FARCET, JASMINE CATUDAL, ISABELLE LARIVIÈRE, CLAUDE COURNOYER ET NANCY TOBIN ¦ WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/LISTE 514-282-3900 \ Hydro Québec LE DEVOIR oilmen dea oréÊ OtaOtKftret Québec an E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 CULTURE THEATRE JEUNES PUBLICS Le tour du jardin LES MAUVAISES HERBES Texte de Jasmine Dubé mis en scène par Benoît Vermeulen.Production du Théâtre Bouches décousues présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 31 jan\ier.Public visé: les entants de 7 â 12 ans.Durée: environ une heure.MICHEL BÉLAIR Partout, sur tous les continents, les enfants ne l’ont pas toujours belle, on le sait.Tout comme le fait que, depuis ses tout débuts.Jasmine Dubé s’entête à garder allumée la flamme de l’espoir chez les jeunes mal traités, mal élevés, mal aimés et autres écorchés.Elle leur consacre d’ailleurs cette année, pour marquer les 25 ans de sa compagnie, un triptyque dont la Maison Théâtre présente le volet pour les plus âgés: Les Mauvaises Herbes.J’y étais jeudi matin, au beau milieu d’une salle hondée particulièrement réceptive.Sur scène, trois écorchés, trois «mauvaises herhes» — Vincent Bolduc, Monia Chakri, Hubert Lemire, toujours justes.Ils incarnent Lina Perçue, Momo et Tatou, trois enfants qui ont manqué de soins, d’amour et d’attention et que Flore la jardinière Üasmine Dubé) a recueillis chez elle pour leur permettre de prendre racine en eux-mêmes avant de «voler de leurs propres ailes».La métaphore de la mauvaise herbe allait de soi.Mais il n’est pas du tout évident de planter trois comédiens dans un pot de fleurs et de leur faire prononcer des phrases assassines sur l’horreur que vivent les enfants abandonnés.C’est pourtant ce que réussit à faire le texte remarquable et sans compromis de Jasmine Dubé.On ressortira de là avec l’envie d’empêcher que de telles choses arrivent et en pensant à ses propres enfants de façon différente.Pertinence et efficacité La mise en scène de Benoît Vermeulen, qui a pourtant l’habitude de travailler pour les ados, est d’une pertinence et d’une efficacité qui ne se démentent jamais tout au long de la pièce en proposant des allers-retours entre la mauvaise herbe-plante en pot et la mauvaise herbe-enfant blessé.On s’y laisse prendre, et quand vient l’abandon, le texte agit bientôt sur nous comme l’eau sur les plantes bonnes ou mauvaises.Faites vous-même le tour du jardin, vous verrez bien à quelles extrémités cela vous mènera.Le Devoir PEAU D'0R, SORS DE L'OMBRE SMMAnUELLE CALVÉ LE Z00 "ChALEURhUMAiDE" MiChASL CR0S URBATION 28, 2^ et 30 janvier 2010 à 19h30 31 envier à 16h |jrang®ntë| Billetterie = 514.525.1500 Réseau Admission = 514.790.1245 840, rue Cherrier, Montréai (métro Sherbrooke) www.tangente.qc.ca La plus authentique troupe de flamenco actuellement en tournée à travers le monde! SOLEDAD BARRIO s NOCHE FLAMENCA « Actuellement, aucune autre danseuse au monde n’est aussi fabuleuse que Soledad Barrio.» - new york times « Du tréfonds de l’ame.tendre et féroce » - new york times 27~28'-29 JANVIER à 20h30 ^^ ^ LE NATIONAL 1220 Ste-Catherine Est (Métro Beaudry) Montréal Billetterie & Info : Le National 514-845-2014 www.lenational.ca Admission 514-790-1245 www.admission.com y Une présentation de Les Productions Nuits d’Afrique Inc.*\ www.festivalnuitsdafrique.com DANSE Le flamenco envahit Le National FREDERIQUE DOYON Depuis sa dernière venue, elle a modifié son nom.Mais n’ayez crainte, son essence demeure.Elle chante, elle danse, et livre toujours une musique aussi envoûtante.C’est la compagnie Noche Flamenca, devenue Soledad Barrio & Noche Flamenca (SBNF).Parce que la danse troublante de Soledad Barrio porte l’âme de la petite troupe, qui revient pour la dixième fois à Montréal.La belle dame dansera d’ailleurs à nouveau Solea, son poignant solo signature dont le public montréalais ne se lasse pas, peut-être parce qu’il gagne en maturité à chaque représentation.Au New York Times, elle disait d’ailleurs en décemtjre dernier: «Comprendre et connaître Solea, c’est un peu comme connaître son mari ou soi-même.Ça prend des années, des années et des années.J’aime voir les choses bien faites, les choses vraies, qui ont un poids réel et de l'histoire.» L’exaltant A/egrms de Juan Ogalla revient aussi, «parce qu’il l’interprète si superbement!», lance le directeur de la compagnie et mari de Mme Barrio, Martin Santangelo, lors d’une entrevue téléphonique avec Ix Devoir.Car SBNF est une affaire de famille.Les deux biles du couple voyagent d’ailleurs avec la troupe aussitôt que la bu des classes le leur permet «Elles adorent le flamenco, mais elles le haïssent aussi parce qu’il leur vole leurs parents», sourit M.Santangelo.Du sang neuf Le reste du spectacle est constitué de matériel neuf.Les trois guitaristes, deux chanteurs et trois danseurs alterneront les chants, les pièces musi- cales et les danses, celles-ci émanant des deux premières expressions du flamenco.La soirée s’ouvre avec Alba, un hommage à la Brigade Abraham Lincoln, qui a combattu le fascisme et Franco pendant la guerre civile espagnole.«Sur les 45 000 “soldats” volontaires, beaucoup étaient des Latino-américains, rapporte M.Santangelo qui a chorégraphié cette pièce de groupe.La moitié sont morts.Je leur dis un grand merci parce qu’aujourd’hui en Espagne on peut être qui on veut Es ont planté le germe de la liberté.» Le thème rejoint l’esprit du flamenco, selon le directeur, qui trouve ainsi un sens à créer des oeuvres sans bafouer son art, né sur les routes, loin d’être destiné à la scène.«Maintenant, c’est un boulot.Mais si on le fait juste pour ça, ça ne fonctionne pas.Le flamenco vient de quelque part — au début, c’était un cri rebelle pour combattre l’injustice — et doit aller quelque part.» Cultiver le sentiment fondateur du flamenco dans ses expressions contemporaines, c’est ce qui fait de SBNF un incontournable du genre.Le même moteur a nourri la création de Refugiados, une pièce inspirée de poèmes d’enfants réfugiés sous l’égide des Nations unies.Les poèmes, que la troupe a traduits en chansons, traitent du sentiment d’isolement propre aux réfugiés, de leur incertitude par rapport à l’avenir.«Parce que ce sont des enfants, ils sont plein de colère, mais en même temps ils ont plein d’espoir en l’avenir, ce qui me rappelait vraiment tout ce qui définit le flamenco: être déplacé, puis vivre dans l’expectative, trouver la force et l’espoir dans l’avenir alors qu’on La danseuse Soledad Barrio vit dans des circonstances très difficiles», conhe Martin Santangelo qui a puisé ces poèmes dans une infolettre des Nations unies.Basée à Madrid, SBNF voyage beaucoup, en Europe, en Australie, au Canada à Buenos Aires, mais surtout aux Etats-Unis.«Depuis le début du dernier siècle, la Californie, New York et Paris cultivent la plus forte tradition du flamenco hors de l’Espagne», ejqrlique le directeur et gérant de la troupe.On pourrait sûrement ajouter ZARMIK MOQTADERI Montréal à cette liste, pour les dernières décennies.SBNF rien est-elle pas à sa 10" visite ici?«J’adore Montréal, lance-t-il sans hésitation.C’est une des villes les plus dynamiques du monde.» Le Devoir SOLEDAD BARRIO & NOCHE FLAMENCA Les 27,28 et 29 janvier au National 26 janvier au 6 février Espace 4001,4001 rue Berri Réservations 514.386.6381 MISE EN SCÈNE Michel-Maxime Legault / avec Émile Beaudry et Amélie Carrier / scénographie et costumes Julie Emery / lumières Josiane Fontaine-Zuchowski www.meacuIpatheatre.org carte PREMiÈREs^"’'’Québec ^ ULYSSE, NOUS ET LES SIRENES DU 3 AU 6 février, 20 H SYSTÈME D / DOMINIQUE PORTE Mouvement, musique live, mythologie.CHORÉGRAPHIE ; DOMINIQUE PORTE DANSEURS ; MARC DOIVIN, HEATHER MAH, VICTORIA MAY ET DOMINIQUE PORTE COMPOSITION MUSICALE : LAURENT MASLÉ ET CHARLES PAPASOFF CHANTEUSES SUR SCÈNE : NADINE MEDAWAR ET ISABELLE LIGOT (MEZZO-SOPRANO) ÉCLAIRAGE : MARC TÉTREAULT 30 ANS ET MOINS RABAIS D'ENVIRON 30 fsà LE DEVOIR Québec “° UIEMESALLE.COM laplacedesarts.com 514 842 2112/1 066 842 2112 5^ CINQUIEME SALLE SPECIAL AVANT-PREMIERE 2 pour 1 pour les representations du 25,26 et 27 janvier.Sur présentation de cette publicité.Applicable sur le tarif régulier.Selon la disponibilité des sièges.Mon corps deviendra froid TEXTE : ANNE-MARIE OLIVIER MISE EN SCÈNE : STÉPHAN ALLARD .1 AVEC:SUZANNE CHAMPAfiNE.CLAUDE DESPINS.BRIGITTE LAFLEUR.MYRIAM LEBLANC.ROSER LA RUE I I t I , ^Concepteurs : Angelo Bar8ettl,Jull^esjaurler8^llvjei^audet-^rard, Sophie Martin, , , JeaiHPrédéric Messier^haroi^cotMAartii^iroi^^^^^^^^^^^^^^^^HN^ 25 JANVIER de'quapsdüsi l'.'XXX/, /XxX xx- cjaBLmAzn Québec H “-845-7277 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 E 5 TELEVISIOS MEDIAS La grille gourmande Pourquoi les émissions sur l’alimentation ont-elles la cote?STEPHANE BAILLARGEON Il lâllait bien y arriver.Une nouvelle chaîne spécialisée entièrement consacrée «à la gastronomie et à l’art de la table» entrera en ondes le 22 mars au Québec.En annonçant la nouvelle cette semaine, le Groupe Serdy déjà propriétaire de la chaîne Evasion, a annoncé que la grille s’organisera autour de trois axes, soit la cuisine au quotidien, les compétitions culinaires et les aventures gastronomiques.Le nom de la chaîne et sa programmation complète seront annoncés en février.La création de cette food channel à la québécoise mise évidemment sur la popularité croissante des productions culturelles autour de la cuisine, ici comme ailleurs.On a droit à tout, des films {Chocolat, Ratatouille, Julie & Julia.), des documentaires (Fast Food Nation, Supersize Me, Durs à cuire.), des émissions de télé (Curieux Bégin, Ricardo, A la di Stasio, Martin sur la route.), sans oublier les innombrables livres de recettes, dont un récent par «le cuisinier rebelle».Pourquoi pas une série, tant qu’à y être?On attend le cuistot moumoune, le cordon-bleu béni oui-oui, le maître queux leu leu et le marmiton terroriste.«0 1 - Wmm SOURCE GALERIE VOX Un portrait de Chantal Maes jeaux detdürs CIRCUITS CULTURELS OPERAS ET MUSEES NEW YORK - NEWYi 23-24-25 avril ES ENCORE NEW YORK : un 2^ voyage! 29-30 avril-1“ mai Prix spécial jusqu'au 10 février Le Vaisseau fantôme au Metropolitan Opéra Tour de ville et trois visites de musées www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont RICHARD-MAX TREMBLAY Mobile Perspective 2009, d’Anthony Burnham Dans les plissures du réel ANTHONY BURNHAM Galerie René Blouin 372, rue Saint-Catherine Ouest, Montréal, espace 501 Jusqu’au 20 février MARIE-ÈVE CHARRON Que peindre?La question, formulée il y a vingt ans par le philosophe Jean-Erançois Lyotard, n’a pas perdu de son actualité.Maintes fois renée de ses cendres, la peinture a-t-elle toujours aujourd’hui quelque chose à dire efi si oui, comment?L’exposition en cours à la galerie René Blouin permet de croire que la matière picturale n’a pas encore tout livré, qu’elle peut encore bousculer les habitudes de perception et revenir sur son histoire pour en proposer une lecture critique.H faut dire que la voie conceptualiste et hyperréaliste choisie par son auteur.Anthony Burnham, s’inscrit dans une filière déjà richement explorée, par exemple avec le travail de Stéphane La Rue et de Pierre Dorion.La production de Burnham se taille néanmoins une place bien à elle.Du reste, ce qu’on avait pu voir de lui à la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain en 2008 n’en était que le timide prélude.Depuis, l’artiste semble avoir trouvé de plus solides assises pour déployer son art, donner le tour de vis qui manquait pour nous convaincre de la force de sa démarche.Cela prend forme à travers des tableaux figuratifs exécutés avec doigté et dont les sujets font voir des compositions simples qui semblent coïncider avec la planéité du support ou, à tout le moins, qui montrent peu de profondeur illusoire.Là commence une étude stimulante sur la représentation et ses moyens.ÉcheUe 1:1 Bien que l’artiste exploite la peinture pour sa capacité à faire illusion, tous ses tableaux sont d’abord et avant tout générés à partir d’une expérience concrète de la matière et de l’espace.C’est ainsi que l’exploration des lignes de perspective et de leurs ombres, déclinée en trois tableaux dans la série Mobile Perspective, vient d’un bricolage sommaire élaboré au moyen de foamcore, de papier et de ruban adhésif.Pour complexifier le rapport de l’image au réel, que l’artiste fient d’ailleurs à représenter à l’échelle 1:1, il cadre de près la construction, isolant ainsi le contexte qui aurait permis de clairement désigner l’angle de vue, frontal ou en plongée, sur la scène.Ce n’est qu’après avoir bien regardé que le spectateur finit par être situé.Loin de s’enfermer dans la copie servile du modèle, Burnham cultive dans ses images une part d’énigme.Il choisit d’abord de faire du référent son lieu d’invention, manipulant la matière dans son laboratoire qu’est l’espace de l’atelier avant d’en capter les effets sur la toile.Si le modèle est trop imposant pour être transposé sur la toile avec ses dimensions réelles, l’artiste passe par des intermédiaires.Ainsi, ce n’est pas le sac rembourré faisant office de pouf que l’œuvre Trace montre, mais son image imprimée en noir et blanc, laquelle s’étale sur six feuilles, mais qui, néanmoins, se présente dans un format réduit pouvant finalement tenir dans un seul tableau.Hyperréalistes, les tableaux feignent de coller au réel, d’en rapporter les moindres détails.L’artiste se joue de cette approche en forçant le modèle, dont on doute finalement qu’il puisse être original ou vrai, à passer par plusieurs transferts, photocopie ou impression, avant d’aboutir sur la toile.Ces procédures sont volontairement trahies dans la peinture, qui représente les pliures du support papier.Alors que la peinture se fait transparente, qu’elle est au service du sujet peint, le support papier, lui, avec ses plissures, bloque le regard, se fait opaque, dissimulant, ou reléguant au second plan, ce qu’il représente.Négative, Blue Sail fait de la sorte un clin d’œil à une œuvre de Hans Haacke, un artiste conceptuel très critique des institutions et du mécénat culturel pour qui la peinture, d’ailleurs, n’apportait rien à l’art Burnham a peint la photocopie, une feuille se pliant contre le mur au contact du sol, d’une vue de l’installation Blue Sail (1964-1965).L’allusion à cette période de Haacke, où il réalisait des systèmes à partir de phénomènes physiques, n’est pas dénuée de sens.Burnham, en effet, provoque des renvois entre les œuvres de son exposition, entraînant une forme de circularité ou de réflexivité.Ce repli, ce retour des œuvres sur elles-mêmes, se confirme dans la série des «plateaux».L’artiste a aussi peint les cabarets de cafétéria qu’il emploie pour faire ses palettes de couleurs.Plateau {Mobile Perspective) représente la palette de couleurs utilisée pour la série du même nom, située dans la pièce à côté.Dévoilant la peinture dans sa matérialité — l’épaisseur des couleurs ne trompe pas —, l’artifice de la représentation est à la fois démasqué et mis en abyme.C’est encore plus vrai dans Plateau (bleu), où la palette représentée, cette fois imaginaire, est celle de ce tableau.Cette proposition laisse entendre qu’il n’y a plus de distinction nette entre le référent et son image, qu’il n’y a plus le refuge de la représentation habile des plissures de la matière, mais plutôt la matière picturale qui affirme sa concrétude, sa texture et ses replis bien tangibles.Collaboratrice du Devoir SQ) O O GRANDE BIBLIOTHÈQUE « Paysage issu de la nuit » : Roland Giguère, poète et artiste Conférencière : Mariloue Sainte-Marie, agente de recherche à la Direction de la recherche et de l’édition de BAnQ et commissaire de l’exposition Roland Giguère -Artisan du rêve à l’Auditorium de ia Grande Bibliothèque le mardi 26 janvier de 12 h 15 à 13 h 15 Entrée libre GRANDE BIBLIOTHEQUE 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal èi.©© Berri-UQAM Autobus : 30,15 et 125 514 873-1100 ou 1800 363-9028 www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec O O E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 CULTURE Au cœur du ressac LA DOMINATION MASCULINE Réalisation, scénario, photo : Patrie Jean.Franc^Belgique, 2009,103 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Avant même de prendre Taf-fiche cette semaine sur nos écrans, le documentaire du Belge Patrie Jean était déjà précédé d’échos inquiétants: mise en demeure, menaces de mort à peine voilées à l’approche des Rencontres internationales du documentaire.La cause de tant d’émoi?Le sujet du film, la domination masculine toujours présente, insidieuse, mais aussi, et peut-être surtout, la colère des masculinistes qui s’y prononcent candidement et qui ont réalisé subséquemment que le cinéaste n’érigeait pas un monument à leur gloire.Au menu: livres et jouets pour enfants, conditionnement, violence conjugale, gros chars et taille du sexe.La Domination masculine n’a rien d’un truc sulfureux usant du scandale comme d’une fragrance.Le choc qu’il suscite n’est engendré ni par des effets racoleurs ni par une technique manipulatrice, quoique les Eric Zemmour de ce monde en disent.La caméra braque un œil attentif sur chacun.Pour le reste, les propos captés ne sont le fruit que de qui les débitent et de personne d’autre.«La violence psychologique, c’est sûr que ça laisse des traces, mais une claque.ça reste pas!» explique le plus sérieusement du monde un MONGREL MEDIA Le réalisateur Patrie Jean jeune homme.«Oui, il y a eu Marc Lépine, mais ça, c’était une erreur politique» de préciser un autre.Ça vole, ou plutôt ça rampe, à ce niveau-là.Et si Patrie Jean va à la rencontre de ces pauvres bêtes qui ont mal à leur appendice castré, il donne aussi la parole aux femmes, et pas qu’aux féministes.Fait intéressant (représentatif, j’ose espérer que non), des participantes françaises à une séance de speed-dating tiennent un discours d’un traditionalisme affligeant, avec images de protecteur et de valorisation par la jalousie à la clé.On se pince.À l’inverse, une table ronde de féministes québécoises, dont Monique Simard, Pascale Navarro et feue Hélène Pedneault, à qui le film est d’ailleurs dédié, explique en quoi le féminisme actuel est en butte à l’illusion communément acceptée que la lutte de l’équité a été gagnée.On parle du phénomène de ressac qui a accompagné lesdites batailles.Des témoignages de femmes battues sont entendus, effrayant dans leur froide banalité.Evidemment, ça bouleverse, mais on aurait tort d’accuser Patrie Jean de manichéisme ou de malhonnêteté intellectuelle.Certes, des arguments fallacieux ont été nécessaires à ce qu’il puisse infiltrer les groupes masculinistes, mais au final, le documentariste nuance son trait.En effet, il don- ne également la parole à un homme jadis violent qui a eu le courage de demander de l’aide et qui, depuis, tente de comprendre le pourquoi du comment de ses comportements passés.Il confie poursuivre sa réflexion et être conscient que ça dort toujours en lui, qu’il doit faire attention.Eclairant.A l’inverse, l’attitude victimisante des premiers et leur mauvaise foi, qui seraient drôles si elles n’étaient pas si alarmantes, sont inducteurs de nausées.On comprend aisément la levée de boucliers de ces messieurs qui ont vu leur pensée mise au grand jour sans le filtre d’un vecteur favorable.On le conçoit mais on ne ressent aucune sympathie.Au moment d’aborder le massacre de Polytechnique, Francine Pelletier, dont le nom figurait sur la liste des féministes à abattre de Marc lœpine, explique comment ce fut pour elle la prise de conscience que contrairement à ce qu’elle avait cru jusque-là, il y avait un prix à payer à endosser la cause, un prix fort qui pouvait aller jusqu’à un peloton d’exécution dans un établissement d’enseignement Le contrecoup que les masculinistes devront encaisser, au pire, se résumera à du mépris et quelques doigts accusateurs.Alors pour la pommade, on repassera! Collaborateur du Devoir Adieu, URSS Par le biais de la fiction, le Français Christian Carion porte à notre connaissance dans L’Affaire Farewell une histoire documentée dans la marge des livres d’histoire, qui a contribué à provoquer la chute du bloc soviétique.Rencontre avec un conteur d’Histoire.MARTIN BILODEAU Iy eut en 2001 Une hirondelle a dit le printemps, éloge intimiste du Vercors rural, avec le grand Michel Serreault en fermier au soir de sa vie.Puis vint en 2005 Joyeux Noël, une œuvre ample et ambitieuse, hommage à la fraternité des hommes rendu à travers un épisode méconnu de la Première Guerre mondiale.Deux films, deux sillons, lœquel Christian Carion allait-il continuer à creuser?Réponse: le second.Comme Joyeux Noël, L’Affaire Farewell nous reporte dans le passé, en temps de guerre.Celle-ci froide et lourde de silence, vécue au début des années 80 par les citoyens de Moscou, temps et lieu de l’action.Des bons, des méchants Déçu du système soviétique qu’il souhaite voir réformer de l’intérieur, Sergei Gregoriev (Emir Kusturica, parfait), employé du KGB francophile et rê- P R jl K O PUS LE CONSEIL QUEBECOIS DE LA MUSIQUE FÉLICITE LES FINALISTES POUR LA SAISON 2008-2009! DÉCOUVREZ-LES EN CONSULTANT LE WWW.PRIXOPUS.QC.CA LES LAURÉATS SERONT CONNUS LORS DU 13® GALA DES PRIX OPUS LE 31 JANVIER 2010.CONSEIL QUEBECOIS DE U Québec «S CONSEIL DES MTS DE MONTRÉAL 0 GALAXIE musicaction CanadS LE DEVOIR Université tin de Montréal La Scona Musicae REUTERS Christian Carion veur, fait passer à l’Ouest sous le nom de code Farewell des informations ultraconfidentielles sur les services secrets de son pays.Son intermédiaire: un ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment (Guillaume Canet), mal préparé pour ce genre de mission.De leurs échanges naît une amitié profonde, que le film relate sur les quelques années qu’ont duré leur mission top-se-cret, considérée rétrospectivement comme le premier grand coup de massue dans le mur de Berlin.«L’affaire Farewell n’a pas fait tomber le Mur, précise toutefois Christian Carion, rencontré au dernier Festival international du film de Toronto.Mais Farewell a donné aux Américains le mode d’emploi du KGB.A partir de l’instant où ce secret était éventé, le système ne pouvait plus fonctionner.Le cerveau du système était paralysé.» «Farewell était le côté sombre de Gorbatchev, poursuit Carion.Il voulait par son action bousculer le système, le faire r^ormer.U n’avait pas prévu que ses actes allaient le saboter complètement.Les Russes lui doivent beaucoup mais ils ne veulent pas en entendre parler.Parce qu’il a trahi, peu importe que ses intentions étaient bonnes».Connue des historiens, très peu du grand public, XAffaire Farewell répond à toutes les exigences d’un scénario de film de genre à l’américaine, avec des bons et des méchants, des traîtres et des sacrifiés.Pourquoi a-t-il fallu plus de vingt-cinq ans de silence avant de crier «Action» sur cette affaire?Christian Carion soutient d’une part que les Russes, qui selon lui doivent beaucoup à Farewell, le considèrent encore comme un traître à la patrie.D’autre part que les Français, intimement impliqués dans l’affaire (les renseignements glanés par l’ingénieur étaient relayés à Mitterand qui les transmettait à Reagan), ont du mal à évoquer leur propre histoire au cinéma.Contrairement aux Américains, qui la racontent à chaud.Plus subtil Carion avait pour modèle narratif et esthétique Les Hommes du président, d’Alan J.Pakula, sur le scandale du Watergate.Il a d’ailleurs donné ordre à son équipe de le visionner avant le dé^ut du tournage.A cause des nombreux trous dans l’histoire de Farewell et de la précarité de certaines sources d’information, le cinéaste a compris rapidement qu’il ne pourrait pas faire une fiction scrupuleusement documentée estampillée «fait vécu» du premier au dernier plan.«Ça m’a libéré, dit-il./e ne voulais pas être ficelé à une histoire vraie, que je ne pouvais pas trahir.J’avais des documents, des témoignages, des éléments qui se recoupaient, suffisamment pour faire le film.Pour tout le reste, c’est le mystère qui m’a nourri.» Par exemple, la francophilie de Farewell est bien connue, mais personne ne peut dire quels auteurs et artistes il admirait «Alors j’ai mis dans le scénario ce que j’aime: Léo Ferré, La Mort du Ix)up d’Alfred De Vigny, etc.» Si par son intrigue UAffaire Farewell évoque des thrillers sur la guerre froide tel Le Rideau déchiré d’Hitchcock, à travers ses choix de décors et de lumière, il rappelle plutôt l’âge d’or des cinémas d’outre-Mur.recherche du cinéaste est pourtant allée dans une autre direction, en empruntant à des moscovites des films de famille de l’époque.«Je me méfiais des films officiels.Dans ces documents qu’on a récupérés, qui datent de la fin des années 70, du début des années 80, et on a vu des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé.Par exemple, que les habits étaient très colorés.Je ne l’aurais pas cru.Mais les murs étaient gris.Le Moscou de l’époque est plus subtil et compliqué que l’image qu’on s’en fait».Forcément L’Affaire Farewell aussi.Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 E 11 ’ ^ 1 ^ \ ¦¦ 1 J ¦ 1 ^ A L'AFFICHE EN EXCLUSIVITE ! EN SALLE DEPUIS 34 SEMAINES CINÉMA SecuiJiief\ CONSULTEZ LES ___„ __________ GUIDES-HORAIRES 2306, Boaubion E.721-0000 | deS CINEM/Æ ^ l-fllM flMËIIIlUE vtaN T , » CONSULTEZ LES A L'AFFICHE! QUARTIER LATInI 2390, Beaubien E.721-0000 I CHOIX DE L'AUTRICHE I POUR (il ll’OSCARoup MEILLEUR! FILM ÉTRANGER.: Le crépuscule d’un petit dieu Jeff Bridges convainc les plus endurcis en chanteur country CRAZY HEART Réalisation et scénario: Scott Cooper, d’après le roman de Thomas Cobb.Avec Jeff Bridges, Mag^e Gyllenhaal, Robert Duvall, Colin Farrell, Paul Herman.Photo: Barry Markowitz.Musique: Stephen Bruton, T-Bone Bqrnett.Montage: John Axelrad.Etats-Unis, 2009,111min.FRANÇOIS LÉVESQUE Parce qu’elle est (somme toute) moins populaire ici, on oublie parfois combien la musique country s’apparente, chez nos voisins du Sud en particulier, à une véritable religion.Dans les faits, ses stars vendent autant d’albums que les grandes vedettes de la pop.Bref, il y a dans cet univers matière à intrigue (s), un terreau fertile que se plaît parfois à remuer le septième art.Sorti juste à temps pour les Oscar, Crazy Heart devrait permettre à Jeff Bridges, magnétique, de décrocher une cinquième nomination.Une première statuette ferait le plus bel effet à côté de son récent Golden Globe.Retrouvant des paysages cuits au soleil qui auraient pu être ceux de Thuder-bolt and Lightfoot ou de Rancho Deluxe, Bridges traverse dans sa camionnette de longues étendues tantôt planes, tantôt montagneuses.Il est Bad Blake, ancienne vedette de country qui, à l’instar de son véhicule, a connu des jours meilleurs.Alcoolique invétéré, coureur impénitent.Bad roule sa bosse de bars miteux en salles de bowling de seconde zone.Quand, dans ce quotidien délabré du dehors comme du dedans, surgit une parcelle de merveilleux en la personne d’une jeune mère de famille monoparentale, le chanteur vieillissant la saisit.L’attrait est réciproque, mais pour combien de temps?En fdigra-ne, un possible retour professionnel se profile, indistinct; vague promesse d’une seconde chance.Rédemption et romance Crazy Heart est le premier long métrage de Scott Cooper.Son scénario, adapté d’un roman de Thomas Cobb, propo- Le film devrait permettre à Jeff Bridges de décrocher une cinquième nomination aux Oscar se un récit classique de rédemption agrémenté d’une romance printemps-hiver dont les grandes lignes ne sont pas sans rappeler Tender Mercies (qui mettait en vedette Robert Duvall, ici acteur et coproducteur) .Or, au cinéma comme en cuisine, même une recette traditionnelle peut devenir une révélation lorsque préparée par un chef doué qui, hormis les efforts de présentation, aura eu l’audace de prendre quelques libertés par rapport à la marche à suivre suggérée et, surtout, aura pris le temps de sélectionner des ingrédients de premier choix.Manifestement, Cooper a fait ses devoirs.Certes, certains éléments de l’intrigue, telle la trajectoire qu’emprunte l’histoire d’amour, apparaissent parfois un brin prévisibles.Toutefois, ces moments plus convenus se muent généralement, dans leur finalité, en variations inattendues, évitant ainsi au film de s’engoncer dans les conventions.Qui plus est, les personnages sonnent juste, à commencer par celui de Bad Blake.Que voilà un portrait sobre, intimiste, finement observé, d’un être narcissique mais néanmoins attachant, de la trempe de ceux brossés dans Payday et Honeysuckle Rose, à découvrir, et qui se jouaient en des contextes similaires.Que voilà une composition mémorable, une de plus, gracieuseté de monsieur Bridges.Y a-t-il quelque chose que cet acteur ne sache faire?(Jar ici, non content de livrer l’une de ses interprétations les plus accomplies, il s’acquitte au surplus de toutes ses chansons.Lesquelles, composées spécialement par le vétéran T-Bone Burnett (0 Brother, Where Art Thou?, Don’t Come Knocking), sauront flatter même les oreilles les plus rébarbatives au genre.En gestation tout du long, la pièce Brand New Angel s’avère être une perle.Fermez les yeux et vous croirez entendre Leonard Cohen.C’est beau comme ça.Collaborateur du Devoir FOX SEARCHLIGHT Jeff Bridges dans Crazy Heart Harrison Ford et Brendan Fraser dans Extraordinary Measures Course à obstacles EXTRAORDINARY MEASURES (MESURES EXTRAORDINAIRES) Réalisation: Torn Vaughan.Scénario: Nelson Jacobs, d’après le livre de Geeta Anand.Avec Brendan Fraser, Harrison Ford, Keri Rus-sel, Jared Harris.Image: Andrew Dunn.Montage: Anne V.Coates.ODILE TREMBLAY L> histoire, véridique, qui ' inspira un livre à Geeta Anand, puis ce film, est sans reproche.C’est celle d’un homme admirable de détermination (Brendan Fraser) qui refuse de baisser les bras devant la maladie rare et jugée fatale dont souffrent ses deux enfants.Il se bat, fonde une compagnie pour trouver un traitement, amasse 100 millions de dollar^ pour sauver sa progéniture.À ses côtés: un docteur excentrique (Harrison Ford) tente de prouver que ses recherches pour un médicament miracle sont valables.Et les familles éprouvées s’unissent jusqu’à faire basculer le cours des choses.En même temps.Extraordinary Measures a un côté très «movie of the month»: réalisation plus que classique, franchement ennuyeuse, direction d’acteurs déficiente.Brendan Fraser n’est pas un grand interprète, mais avec un cinéaste à poigne, il peut hausser son jeu, comme dans Gods and Monsters, The Quiet American, etc.Ici, en père modèle, d’une volonté de fer, il ne fait ^ère d’étincelles, et les émotions de son héros tombent souvent à plat.Quant à Keri Russell, dans la peau de son épouse, sa joliesse un peu fade ne saurait lui tenir lieu de talent.Harrison Ford, également producteur exécutif du film, récolte le meilleur lot avec ce personnage de médecin-chercheur marginal, colérique, à la fois grognon et émotif II en fait quand même des tonnes dans le registre.L’histoire vécue fut un peu modifiée à des fins dramatiques, cette figure du médecin constituant un amalgame de plusieurs chercheurs.Le Britannique Torn Vaughan {Starter for Ten, What Happens in Vegas) a fait un film à l’américaine, sans griffe d’auteur, comme une oeuvre de commande.Rien de transcendant dans la mise en scène, dans l’image, dans la musique.dans le montage, etc.C’est vraiment le propos qui confère un intérêt au film: une course à obstacles, avec des revirements, des trahisons, des défaites, des victoires et des vies humaines en jeu, une ode à la famille aussi.L’histoire méritait d’être contée et portée à l’écran.Mais un traitement plus novateur n’aurait certes pas nui k cet Extraordinary Measures, si conventionnel dans sa forme.Le Devoir Ici.et partout LA THEORIE DU TOUT Réalisation et scénario: Céline Baril.Photo: Julien Fontaine.Montage: Natalie Lamoureux.Québec, 2009,78 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Entreprise sociologique, anthropologique même, aux accents impressionnistes discrets, La Théorie du tout de Céline Baril pose un regard pénétrant sur un Québec qui ne fait pas les manchettes et prête une oreijle attentive à sa progéniture.À la fois documentaire et film d’essai, ce long métrage nous intrigue, nous interpelle.Lancée aux quatre coins de la province, la cinéaste est allée à la rencontre de gens qui, en apparence, n’ont que peu ou pas de points communs.Puis, lentement, à mesure que se succèdent des vignettes ponctuées de brefs intermèdes musicaux, un hl d’Ariane se dessine, parfois net, parfois plus dif fus.Au centre du projet, le lien entre l’humain et l’environnement — le sol et le sous-sol, la forêt, le fleuve et la mer, etc.— tel que perçu par des hommes et des femmes de différents âges et de divers horizons.Livrant témoignages, impressions et théories du cru, cet échantillonnage hétéroclite mais bien choisi d’individus pique la curiosité, suscite la réflexion.Forme irréprochable Ambitieux, vaste comme le territoire qu’il couvre, mais FILMS DU 3 MARS Marco Ouellet, mineur dans La Théorie du tout aussi un tantinet confus dans la somme de ses parties, du reste toutes intéressantes lorsque examinées individuellement, La Théorie du tout vaut assurément d’être vu.Et d’entrée de jeu, c’est l’œil qui est caressé par la superbe direction photo noir et blanc de Julien Fontaine et les cadrages méticuleusement composés, très évocateurs, de Céline Baril, qui propose ici, sur le plan visuel certainement, son travail le plus achevé.Un soin particulier a en outre été apporté au montage sonore et l’ensemble jouit d’une forme irréprochable, stimulante.Tributaire d’une démarche originale, sincère et porteuse d’un propos à la fois unique et collectif, cette œuvre hors normes est de celles qui ne se posent sur l’écran que le temps de quelques projections.Il n’en tient qu’à vous pour que les confidences et les préoccupations de Richard Arel, de M^"^ Pierre Morrissette, de Rosaire Guénette, de Gérald Le-moynp, d’Isabelle Boisvert, de Kaly-Eve Côté et des autres ne demeurent pas lettres mortes.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Québécor Media tm consuüez notre site Internet LES MEILLEURS FILMS A VOIR AUX MEILLEURS PRIX rCINÉMA DU PARC I 3575 Du Parc 514-281-1900 Autobus 60/129 PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 12 au I8janvler20l0 LOST Seasons THE SIMPSONS Season 20 CSI: NEW YORK Season 4 THE HURT LOCKER HARRY POnER& THE HAIf-BLOOD PRINCE 1 DEPËREENFUC HALLOWEEN II NATHAUE LAMBERT: CARDH) BOOMER LES INVINCIBLES La série complète MOON IHGLOURIOUSBASTEROS KARINE LAROSE: CARBURO-DAHSE LES PARLEMEHTERIES 2009 AN0RÉ RIEU Romantic Europe ROME Complete series MI11ÉNIUM: LE HUH DISTRICT 9 EAME JOSÉE LAMSUEUR: ABDOS FESSIERS E ROBIN ROY: AO SOMMET BE LA FORME E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2010 CINEMA LUNDIS ÉTUDIANTS 3/1 sur présentation de la carte d'étudiant BOITE NOIRE TOUT LE CINÉMA DU MONDE Partir, revenir POUR UN INSTANT, LA LIBERTÉ D’Arash T.Riahi.Avec Navid Akhavan, Pourya Mahyari, Kam-ran Rad, Payam Madjlessi, Behi Djanati-Atai, Elika Bozorgi.Scénario: ArashT.Riahi.Photographie: Martin Gschiacht.Montage: Monika Willi.Musique: Kaman Nar.France-Autriche, 2008, 110 minutes.MARTIN BILODEAU Est-ce l’actualité politique iranienne qui a permis à Pour un instant, la liberté de trouver enfin sa place sur un écran montréalais, celui du Beaubien, près d’un an après sa date de sortie initialement prévue par le distributeur K-Films Amérique?On le soupçonne.Interdit dans la république islamique présidée par Mahmoud Ahma-dinejad, contesté depuis sa «réélection» de juin dernier, ce film signé Arash T.Riahi, ressortissant iranien établi en Autriche, ne ménage pas le régime de la république islamiste.Mis en scène avec élégance, mais sans maniérisme, le film s’ouvre sur un peloton d’exécution.Les trois condamnés ont un lien avec l’histoire qui suit.Mais lequel?La hn, qui nous ramène au même instant de «liberté», le révélera.Entre-temps, Arash T.Riahi nous fait suivre le chemin périlleux de ses personnages, réfugiés partis en autocar et à pied à destination de la Turquie, où ils espèrent obtenir un visa leur permettant de trouver asile dans un pays de la nouvelle Europe.Hôtel miteux L’essentiel du hlm humanis- Interdit en Iran, le film du ressortissant iranien établi en Autriche ne ménage pas le régime de la république islamique de Mahmoud Ahmadinejad te, à l’humour parfois forcé, se joue dans un hôtel miteux d’Ankara, où deux adolescents iraniens escortant deux enfants vers leurs parents réfugiés en Autriche (le hlm est en partie autobiographique) débarquent.À partir de cet instant, leur quotidien, tissé de revers et de frustrations, se mêle à celui d’un couple de compatriotes, ainsi qu’à celui d’un jeune Kurde et du vieux professeur qui a fait la route avec lui.Tous sont en attente du visa providentiel dans ce lieu qui, pour certains, se révélera être une impasse définitive, pour les autres, un goulot d’étranglement dont ils auront peine à s’expulser.Nécessité et survie Espoirs, petits mensonges, duplicité, sacrifices sont au programme d’un récit émouvant, bien rythmé, un brin trop démonstratif toutefois, qui parle d’espoir naïf mais aussi de nécessité et de survie.Car si, pour la plupart des personnages, partir était une nécessité, revenir reste un rêve.En témoigne une fort belle scène où des épouses, écoutant une chaîne de radio iranienne dans la chambre de l’une d’elles, espèrent entendre que la république islamiste a, depuis leur départ, été renversée par la démocratie.Un vœu que l’actualité semblait sur le point d’exaucer en juin dernier, ce qui donne à Pour un instant, la liberté, tourné bien avant les manifestations des protestataires qui ont suivi le scrutin, une couleur plus vive encore.Collaborateur du Devoir K-FILMS AMERIQUE Dans Pour un instant, la liberté, des réfugiés iraniens partent en autocar et à pied à destination de la Turquie.« Un film frappant « Un triomphe du ¦ afis et émouvant » - HOWARD ZINN journalisme d’enquête » - NAOMI KLEIN ( À ne pas manquer » - JUDY REBICK LES FILMS D’AUJOURD'HUI PRÉSENTE Rachel UN HLM DE SIMONE BITTON 23 ans.Américaine.Pacifiste.Écrasée par un buiidozer de i'armée israéiienne dans ia bande de Gaza.Pourquoi?DÈS LE 29 JANVIER version originale avec rCINÉMA DU PARC-I sous-titres français [3575_Du^rc_514^81^1900j I- _ I version originaie avec | ILE FORUM 221 sous-titr^anglais ' MEILLEUR RÉALISATEUR • MEILLEURE ACTRICE FESTIVAL DU FILM DE NEW YDRK | FESTIVAL DU FILM DE CANNES -LÔTIT"" - SOIRÉE DE CLOTURE SÉLECTION OFFICIELLE ?«CAPTIVANT! PÉNÉLOPE CRUZ EST LUMINEUSE!» - Normand Provencher, Le Soleil «ALMODÔVAR AFFICHE UNE MAÎTRISE REMARQUABLE!» - Marc-André Lussier, La Presse ».PENELOPE CRUZ ^ ÉTREINTES BRISEES UN FILM DE ALMODÔVAR métrODoli HORAIRES DES CINÉMAS Creation capture la longue et douloureuse gestation, chez Charles Darwin, de sa théorie de la sélection naturelle.L’homme derrière Darwin CREATION Réalisation: Jon Amiel.Scénario: John Collee, d’après Annie’s Box de Randal Keynes.Avec Paul Bet-tany, Jennifer ConnelU, Jeremy Northam, Martha West.Image: Jess Hall.Montage: Melanie Oliver.Musique: Christopher Young.Grande-Bretagne, 2009,108 min.ANDRÉ LAVOIE Selon certains — les créa-tionnistes, pour ne pas les nommer —, le cinéaste Jon Amiel (The Core, Copycat) évoque ni plus ni moins fhis-toire d’un crime dans Création: celui du naturaliste Charles Darwin contre Dieu.Son arme?La théorie de la sélection naturelle, brillamment démontrée dans De l’origine des espèces (1859), un ouvrage qui allait ébranler les certitudes religieuses sur l’être humain.Le «meurtre» ne fut pourtant pas commis à la légère, encore moins sous le coup de l’impulsion.C’est cette gestation, longue et douloureuse, qu’illustre Jon Amiel, s’inspirant ici d’un ouvrage de Randal Keynes, un descendant de Darwin.Dans Creation, nous voyons à peine faventurier des mers, à bord du célèbre Beagle, ratisser les îles Galapagos et pas du tout le vieux patriarche à la longue barbe blanche dont Limage s’est imposée.Au milieu du XIX® siècle, et au cœur de la campagne anglaise.Darwin (Paul Bettany, fébrile et intense du début à la hn) semble af fligé dq tous les maux de la terre.À ses nombreux problèmes de santé contractés lors de ses voyages s’ajoutent ses crises de nature religieuse, ses difficultés conjugales avec sa très croyante épouse Emma Gennifer Connelly, prise dans les carcans d’un rôle ingrat et peu nuancé), ses doutes sur ses théories révolutionnaires et surtouf la présence parfois envahissante de sa fille Annie (Martha West).Cette présence semble d’autant plus encombrante qu’elle est morte depuis quelques années déjà, mais qu’elle apparaît bîen vîvante dans fesprît troublé de Darwin.Combat intérieur Il s’agit donc moins de la description minutieuse d’un meurtre que du récit détaillé d’un combat intérieur, où les coups viennent de partout à la fois — de son épouse étouffée dans sa bondieuserie, d’un pasteur en furie, d’un collègue sur le point de publier des théories semblables aux siennes, d’une santé chancelante qui l’amène au bord de la folie.Ce déséquilibre mental permet au cinéaste de quitter temporairement le mode biographie édifiante pour celui d’une imagerie par- fois éblouissante, ou même terrifiante, comme si les spécimens collectionnés par Darwin reprenaient vie dans son bureau sombre et encombré.Certaines visions des concepts, et de l’existence, du père de l’évolutionnisme of frent des contrastes plus saisissants sur le plan moral, comme ces parallèles courageux sur le lien indicible entre Darwin et sa fille Annie.et celui-ci avec un orang-outang en captivité.Décrites avec sensibilité, nouées par d’efhcaces effets de montage donnant la mesure de l’humanité du scientifique, et de son esprit curieux, ces images transcen- dent parfois le caractère plus académique du hlm.La «genèse» de cette biographie coïncidait en 2009 avec le 200® anniversaire de naissance de Darwin (le 12 février 1809) et le 150® anniversaire du livre le plus célèbre de son auteur, cette somme capable, encore aujourd’hui, de plonger dans l’embarras des ministres du gouvernement fédéral.Dans ce contexte de célébrations, la tâche de Jon Amiel fut visiblement d’humaniser (à l’extrême) cette bgure historique, quitte à la rendre moins menaçante pour les esprits conservateurs.Collaborateur du Devoir SVBIZ Paul Bettany incarne Charles Darwin dans Creation.«Dénonce tous les stéréotypes sexuels encore à l’oeuvre dans les sociétés occidentales.» La Presse «Un bilan de la guerre des sexes à la fois déroutant et drôle qui Invite à la réflexion sur le chemin parcouru.» Première «Drôle, provocateur et tragique (.) livre une réflexion percutante dont on sort secoué.» La Croix VOUS AVEZ DIT ÉGALITÉ ?«Notre plus grande réussite n’est pas de ne jamais tomber, mais de toujours nous relever.» FRANCDISCIUZEI * RENVERSANT!» uPOlGNANTl» RTL LE FIGARO «MAGISTRAL!» «BOULEVERSANT!» VERSION FEMINA LE PARISIEN iiLi WiM irnn 11 =vnIniIR 11 imvi’.'i' CINÉMA Seatme*^ 2396.Beaubien E.721-6060 AlAFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES oném;^ A lAFFICHE DES LE VENDREDI 29 JANVIER!
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.