Le soleil, 20 juin 1992, Cahier C
[" Quebec.Le Soleil, samedi 20 juin 1992 CHANSON Dan Bigras, passionné à mourir ! Dan Bigras est non seulement un bum, un baiseur et un pilier de bars, mais également un musicien déchaîné doublé d'un chanteur à la voix rauque inoubliable page 5 THÉÂTRE Bill Glassco redevenu québécois Après de nombreuses années passées à Toronto, où il s'est efforcé à faire connaître le théâtre québécois, le metteur en scène retrouve sa ville natale.pageG L I T T É R A Jean Pierre Girard « habité » par ses textes Le lauréat du Prix Adrienne-Choquette en 1990 publie un nouveau recueil de nouvelles qui porte en dédicace : « à ceux qui n'ont pas le temps ».pages T U R E i.u$ijumuw,,V| y*** CINÉMA c.Le retour de «< Batman » Si la première mondiale de ce nouveau Batman avait heu mercredi à Los Angeles, Québec n'a pas mis de temps à retrouver ce héros mythique sur ses écrans page3 Demain lisez cdo dans Cahier LES ARTS ET SPECTACLES LEIL pour participer au concours |jE GRAND OÉCOMPTF ; irgnt-r i i « /' N Quel lien peut-il exister entre Dominique, la jeune femme de Jamais deux sans toi qui subit plutôt passivement les goujateries de son compagnon, et l\u2019Orchestre du Conservatoire de musique du Québec que l\u2019on entendra à Québec jeudi ?par MARC SAMSON LE SOLEIL \u2018Aucun à prime abord.Pourtant si l\u2019on y regarde de plus près, le petit mystère s\u2019éclaicit.La Dominique en question, chanteuse d\u2019opéra dans le téléroman de Guy Fournier, est jouée par Valérie Gagné, également chanteuse.Fraîche diplômée du Conservatoire de Montréal en mai 1991, elle a été choisie à titre de porte-parole des Concerts Bell, appellation de ces auditions annuelles de l\u2019Orchestre réseau du Conservatoire.Malgré sa déjà longue association avec la télé (d'abord avec la première série de Jamais deux sans toi, puis Chop Suey et le nouveau Jamais deux), Valérie Gagné se considère tout autant chanteuse que comédienne.« Si j\u2019ai étudié pendant huit ans au Conservatoire, précisait-elle lors d'un récent interview, je n\u2019ai jamais pris de leçon d'art dramatique.» Ses parents étant du milieu du cinéma et de la publicité, la future comédienne-chanteuse devait se retrouver devant une caméra dès l\u2019àge de sept ans.Quant au chant, elle y est venue en passant par la guitare classique.« Je faisais aussi partie d\u2019une chorale et le directeur m\u2019a dit que j'aurais intérêt à prendre des leçons d'art vocal.» Pendant cinq ans, Valérie Gagne a alterné des studios de Télé-Métropole aux classes de cours du Conservatoire.Au cours des deux dernières années, elle a mené de front deux séries télévisées et ses études de chant en vue de préparer le concours de sortie du conservatoire (on lui a attribué un 2e prix).Un programme drôlement chargé.« Je suis une personne organisée, dit la comedienne.Quand on m\u2019a proposé le rôle dans Chop Suey, j\u2019ai d'abord refusé.Et puis, je me suis dit que c\u2019était là une façon de gagner des sous.» Mezzo leger Si Dominique, dans la dernière émission de cette année de Jamais deux sans toi, recevait une invitation pour chanter Kundry dans Parsifal de Wagner.Valérie Gagné ne se voit pas du tout dans ce rôle.«Jusqu\u2019ici ma carrière dans le téléroman se limitait à Chérubin des Noces de Figaro de Mozart.personnage que j\u2019ai incarné à l\u2019Atelier d\u2019opéra du Conservatoire ; tout comme Do-rabella de Cosi fan tutte.Ma voix est celle d un mezzo léger et il me serait impossible de chanter la dramatique Kundry.» Mais entre la télé et la réalité.! » L\u2019expérience de comedienne n\u2019est pas pour nuire à Valérie Gagné lorsqu\u2019elle passe à l\u2019opéra.« C\u2019est sûr.Quoique, mis à part l\u2019apprentissage d\u2019un texte, il s\u2019agit de deux moyens d\u2019expression bien différents.À la télé, la caméra vient nous chercher ; à la scène, il faut rejoindre le public.En plus, a l\u2019opéra, il faut tenir compte du rythme musical qui est bien différent de celui de la voix parlée.» Seduite par le théâtre lyrique, Valérie Gagné ne pensait toutefois qu\u2019au lied et à la mélodie (elle adore toujours l\u2019un et l\u2019autre) en venant au chant.« Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fisher-Dieskau, et surtout ma grande idole Janet Baker, étaient mes chanteurs de predilection ; bien plus que Cal-las ou Pavarotti ».Maintenant, elle mentionne les noms de Cecilia Bartoli et d\u2019Anne Sofie von Otter (les deux jeunes mezzos devenus des stars) qui apportent un élément de fraîcheur à ce métier.Étudiants et télé « Tiens ! C\u2019est curieux que vous me fassiez parler de musique ! D\u2019ordinaire on me pose des questions sur ma vie personnelle.sur mes relations avec mon \u201cchum\u201d de la télé.Ça me change du .(ici mettez le nom de l\u2019un ou l\u2019autre de ces journaux consacrés aux vedettes).» Au fait, qu'elles étaient les relations des autres etudiants du Conservatoire avec leur collègue « vedette de télé » ?« Ça n'a pas changé grand-chose.Dans mon groupe d'amis chacun devait gagner sa vie, je tra- uP «gp Hi ?i Smm'- m ' - \";i iü m » t » Cette fois je me sens impliquée, je fais partie 6 * de la tournée » vaillais comme tout le monde.Certains étudiants se retrouvaient serveurs de restaurant, moi c'était la télé ; un bon gagne-pain.» De ses professeurs au Conservatoire \u2014 Marie Daveluy.pour le chant.Claudette Denis, son accompagnatrice, et Roland Laroche, pour la mise en scène \u2014 Valérie Gagné garde d'excellents souvenirs.« Il s\u2019était créé une complicité entre Marie et moi.Avec elle, jamais rien d\u2019acquis.Elle m a donné le goût de la recherche, le plaisir de découvrir de nouvelles choses, la passion du chant.Je continue d\u2019ailleurs avec elle en cours privés.» Suite a la page 2 MICHAEL\tDAN N V\tMICHELLE KEATON Di; VITO PFEIFFER Du lundi au 1 ,^ÿ*»ndredl seulement ÀÀiK ItC ' 13 ANS + m.FAMOUS PLAYERS i»./ È.¦ ï fy ,o/T j \u2022 - Mais pour sa femme et son enfant \"Si vous avez aime 'Wayne\u2019s World\u2019, vous aimerez \u2018ENCINO MAN'.Jim Svefda.CBS RADIO NETWORK i;.sû?TTsrrrran putHiTrxHA rwan* m »\u2019«< TOUS LES JOURS 13h.16h.19h.21 H45 sort ouverts UNE COMEDIE REFRIGERANTE TOUTE IN NEANDERVISION Version française TOUS LES JOURS 12h3S 14h3S 16h4!> 19h 21h?0 lil T?m Pas De Sexe Pas D'Alcool Pas D'Homme Pas D'Issue./ ilaiftft*/ pa*M»r non valides rm TOUS LES JOURS 14h.17h.?0h TOUS LES JOURS 13h.16h 1»h.2?h SAM ET DIM IP h 45 15h30 IShPO, 21 h 10 J Plus Pc Wm dans k>s cinê pures Lu.T \u2018: {4riâi J rn-flTWLL-J j TOUSLES JOURS 13b.1®h4î>.PI h 15 Aussi auctoA parc Saquonny TOUS LESJOURS 1?h40.14h45 16 b 55.19h?0 21h30 \u2018\"'.TH CAPITALE l2,2*\u201c 5401 Bout.Oct G»l«ri«s C> TOUS!ES JOURS iPhlS 14 b 30 10h5O.19b 10 P1b40 TOUSLES JOURS 14 h 10 15 b 30 18 h 45 21 h15 TOUS LES JOURS 13h.19h ClNIMâ JT 61060(1 TOUSLES JOURS 13b, 1êb45.21 b 15 SAM ET DIM 13b30 16b.16b30, 21 b s\u2019 .i '\u2022 .i< Pi ma i ?\u2022 ¦'« rV.':' y'1: BATMAN R F TURNS WAKNt K BROS MM RI IRION MK II AH.kl AION DANNY t> VITO MK Hill 1 1*1 till IR BATMAN RI TURNS ( IIKISTOl\u2019Ill R VVAI KIN MICHAR MHJGM PATMINWI MKYIAlï.MURPHY* -DANNY H.FMAN ., TARRY FRANK) ««JON IM TI RS, PETER (TIBER, BENIAMIN Mi l NIKER.MICHAEL USIAN .SM BOB RAM\tIK COMICS ' IIANIEX WATERS - SAM IIAMM DANIIT WATERS * ¦ DENISE IR NOVI TIM BURTON \u201d TIM BURTON I STE-FOY \u2018««M J600 B oui laurier\t(K CINEMA OU COMPLEXE C-2 LES ARTS ET SPECTACLES Québec, Le Soleil, samedi 20 juin 1992 Là jyjusique La fièvre se fait attendre Chaudes soirées sans nuits blanches QUÉBEC \u2014 Le démarrage, jeudi soir, des Nuits internationales de jazz et de blues de Québec aura été un peu laborieux au niveau de l\u2019organisation et de la qualité du son (sous le grand chapiteau), mais il paraissait tout de même évident que Michel Cloutier s\u2019est davantage rapproché de la formule idéale pour la tenue de cet événement.par LEONCE GAUDREAULT LE SOLEIL Évidemment, on n\u2019a pas eu peine à remplir le grand chapiteau situé au coeur de la ville, soit sur la colline parlementaire là où pas- sent tant de milliers de touristes en quête de divertissements.Il en en était de même pour hier soir comme ce sera le cas ce soir avec le dernier spectacle de cette premiere série offerte par le pianiste Henry Butler.Demain soir, les Nuits Black Valérie Gagné.Une complicité que Valérie Gagné connaît également avec son personnage de Dominique.« C\u2019est un très beau rôle.Je suis une fille équilibrée, ce qui ne m\u2019empêche pas de m\u2019attacher à ce personnage de femme protectrice.Il existe bien plus de monde qu\u2019on le croit à se retrouver dans la situation de Dominique.Les plus choqués sont ceux qui vivent pareille situation, ou ceux connaissant des gens qui la vivent.» Tournée de l'orchestre Valérie Gagné a commencé la semaine dernière les enregistrements de la prochaine saison (la dernière) de Jamais deux sans toi.« Et je ne sais toujours rien de Francis.! » Comme elle ne fait partie que de huit des 13 émissions, cela lui a laissé le temps d\u2019aller à Saint-Adolphe (dans le nord de Montréal) où répétaient les jeunes musiciens du Conservatoire.Elle se dit emballée par l\u2019atmosphère qui y régnait.Depuis lundi, elle accompagne l\u2019orchestre dans sa tournée : Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, Montréal, Rivière-du-Loup avant Québec (jeudi), Chicoutimi (vendredi) et le Festival de La-naudière (où se terminera la tournée dimanche prochain) et agit comme commentatrice.« Quelques fois, nous les chanteurs, avions l\u2019impression d\u2019être mis de côté au Conservatoire.Cette fois je me sens impliquée, je fais partie de la tournée », dit Valérie Gagné qui ne sait plus trop qui croire en entendant dire : « elle est bien meilleure à la télé », quand elle commence à chanter, ou encore « elle devrait chanter plus souvent et abandonner les téléromans ».Enfin si vous avez cru reconnaître sa voix dans certains commerciaux chantés, au cinéma dans des interventions vocales (notamment dans Jésus de Montréal) ou dans des versions québécoises de films étrangers, ou encore interprétant Édith Piaf, vous ne vous êtes pas trompé.Et vous retrouverez peut-être Valérie Gagné à la scène dans la version théâtrale de Jamais deux sans toi prévue pour le printemps.proposent un autre concert gratuit avec un groupe gospel de Chicago.Après, ce sera la série de trois concerts payants (20$), avec les groupes de John Abercrombie (lundi), Richard Davis (mardi) et le duo Tuck & Patti (mercredi) se succédant sur la scène.Sous le petit chapiteau voisin, les amateurs pourront entendre des concerts (tous gratuits) dès 15 h.Cet après-midi, la musique est assurée par le duo québécois formé par Daniel Marcoux.Et à 18 h, le John Watkins Blues Band de Chicago prendra la relève, tout comme demain.Tournée nocture Lors d\u2019une première tournée nocturne du réseau de cafés, bars, restes.accueillant les artistes des Nuits Black, on ne pouvait dire que la fièvre de jazz et de blues s\u2019était emparé de la ville.Il n\u2019y avait encore aucun risque de « nuits blanches », puisque les musiciens performaient alors devant des publics clairsemés, sauf au bar gay Le Drague où le groupe du chanteur et harmoniciste de Chicago James Harman poussait son blues rythmé et sensuel.Au bar Le D\u2019Auteuil, la guitariste et chanteuse Rita Chiarelli a pu en quelques tunes révéler une solide expression vocale, avec beaucoup de couleurs, faisant parfois penser à celle d\u2019Ellen Mcll-waine (sauf pour le jeu plus conventionnel à la guitare).Au bar L\u2019Emprise du Clarendon, on a pu aussi entendre quelques doux accents du trompettiste Steven Jensen (également de Chicago) soutenu par une solide formation, dont un brillant guitariste.Enfin, au Turf, j\u2019ai eu la chance de capter au passage un solo à la batterie assez époustouflant (et plein de raffinement sonore) de Paul Brochu, sans pouvoir toutefois entendre ses deux acolytes.Il était 1 h 30 du matin ! Tous ces musiciens sont encore là une der- nière fois ce soir.Cette série de spectacles dans ces établissements reprendra ensuite pour le week-end prochain, avec une toute nouvelle programmation de musiciens.ïiïïiïz Le groupe du chanteur et Le trompettiste Steven Jensen (à droite) en compagnie d\u2019un membre de sa harmoniciste James Harman a attiré formation, le « Jensen Chicago Swing Summit ».Encore ce soir au bar une bonne foule au bar Le Drague.L'Emprise de l'hôtel Clarendon.92 musiciens du Québec réunis dans l\u2019Orchestre réseau du Conservatoire QUÉBEC \u2014 L\u2019Orchestre réseau du Conservatoire de Musique que l\u2019on pourra entendre jeudi, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, regroupe cette année 92 musiciens venant des sept institutions (réparties partout au Québec).De ceux-ci, 20 sont du Conservatoire de la ville de Québec, et certains assureront les postes de premiers pupitres pour chacune des quatre oeuvres figurant au programme (Ouverture des Vêpres siciliennes de Verdi, L'Étoile noire de François Morel, Don Juan de Richard Strauss, 5e Symphonie de Chostakovitch).Ainsi Judith Chamberland agira comme violon-solo dans le Chostkovitch, Julie-Anne Ferland-Drolet se retrouvera au pupitre\u2019de premier cor dans le Strauss.Elle y sera précédée par Danielle Lefebvre dans le Verdi et par Julie Roy dans le Morel.De son côté, Caroline Gauthier tiendra les parties de première clarinette dans le Morel et le Strauss, et Marie-Claude Parent dans le Verdi.L\u2019altiste Marylène Gingras-Roy s\u2019est vu confier la responsabilité du premier pupitre des altos dans le Verdi, le Morel et le Strauss, tandis que Michèle Plante tiendra Cet été, prenez le large! ( Il suffit d'être abonné* ) CROISIÈRE PAR SEMAINE POUR 2 PERSONNES \u2019\u2019Abonncmenl li mi T jours uniquement.647-3333 LE SOLEIL IL BRILLE POUR TOUT LE-MONDE1 Marie-Perle Roy, flûtiste, l une des Québécoises à faire partie de l'Orchestre réseau du Conservatoire.ISybii la partie de timbales dans le Strauss et le Chostakovitch.Philippe Gendron, violoncelle (Strauss), Sébastien Langlois, timbales (Morel), Marie-Perle Roy, flûte et piccolo (Strauss) se retrouveront aussi aux premiers pupitres de leur instrument.Caroline Lizotte est cette année la harpiste de l\u2019orchestre que dirige Raffi Armenian.À la suite du concert de dimanche à Lanaudière marquant la fin de la tournée, les jeunes musiciens (qui toucheront cette fois encore un cachet de 1000 $ offert par Bell Canada pour leur participation à l\u2019orchestre) se retrouveront en studio pour l\u2019enregistrement, par Radio-Canada, des oeuvres qu\u2019ils ont jouées en concert.U Dès le 26 juin, Mitsou et Patrick Labbé brûleront d'amour sur grand écran.délété 92 I I I A NM ^iîfÎS I V A I II M\tsa.O L'Hôtel Québec A4+C Quebec.Le Soleil, samedi 20 juin 1992 LES ARTS ET SPECTACLES C-3 - LeC inema En direct de JJollywi ood Première mondiale éclatante La « Batmania » envahit Hollywood Que se passe-t-il quand le correspondant hollywoodien du SOLEIL se laisse tenter par une invitation à la soirée de gala de la première mondiale de Batman Returns, avec projection au Chinese Theatre suivie d'une réception dans les studios de Warner Bros sur le plateau même du tournage ?^ JV - « Le retour de Patman » Encore le succès de l'été i - Une dote à retenir pour la comédie de l\u2019été 92.Y PATRICK FIERRY MÎTSOU ?\t\u2022 A (?ii il < LE 3 JUILLET '/ par ANDRE GUIMOND collaboration specials Eh bien, il doit admettre que cela crée son petit effet et qu\u2019il n'aurait pas voulu manquer cet événement.Comme pour les Oscars, il faut vivre ça au moins une fois dans sa vie.Si la première au Chinese Theatre (cette icône du cinéma située sur Hollywood Boulevard qui figure si souvent dans les films américains), avec projecteurs, limousines et tout le tralala, donne une impression de déjà-vu, la version contemporaine demande toutefois un peu plus d\u2019organisation.De s\u2019y rendre constitue probablement l\u2019étape la plus difficile.Les environs du cinéma étant sous contrôle de la police, avec des barrages partout et la circulation détournée, cela ne facilite pas les choses en pleine heure de pointe.(Personne, mais vraiment personne qui se respecte a Los Angeles, n\u2019utilise les transports en commun !).On pénètre enfin dans l\u2019enclave réservée au stationnement où une foule de préposés revêtus de t-shirts de Batman vous désignent une place.On s\u2019y rend tout en navigant à travers le flot de limousines qui, elles, poursuivent leur route jusqu'à l\u2019entrée du Chinese Theatre.Badauds et admirateurs Des estrades ont été érigées derrière des barricades, de l\u2019autre côté de la rue, en face du cinéma, et une foule de badauds et d\u2019admirateurs s\u2019égosillent ' à qui mieux mieux, en essayant d\u2019attirer l\u2019attention d\u2019une star qui s\u2019extirpe d\u2019une de ces limousines.l\u2019une de celles qui a finalement réussi à tourner le coin de la rue pour arriver devant le cinéma.Après avoir franchi au moins trois postes de contrôle, les invités se retrouvent sur le tapis rouge qui les amène jusqu\u2019à l\u2019entrée.Une fois à l\u2019intérieur, la tension diminue.Dans la foule des habitués a ces événements, on reconnaît certains importants producteurs, accompagnés des obligatoires superbes starlettes.Avec son architecture spectaculaire, le Chinese Theatre, par son luxe et son ampleur, donne l\u2019impression d\u2019un de ces « palais » d\u2019autrefois.Pour l\u2019occasion, mais soufflé et rafraîchissements sont gratuits et tout un chacun, même les gens les plus sophistiqués, se promene avec de gros sacs et d\u2019immenses verres.Quand la projection commence et que le générique défile, le spectateur sait qu\u2019il assiste à un événement destiné aux gens du métier en entendant les applaudissements, les cris d\u2019appréciation à chaque apparition du nom d\u2019un ami.A la sortie, tout ce beau monde est aveuglé par les lampes des équipes de télévision et les gros projecteurs qui éclairent toute la rue.Les estrades sont toujours pleines des mêmes admirateurs : sont-ils vraiment restés là pendant tout ce temps pour leur propre plaisir, ou sont-ils payés par Warner Bros, pour le faire ?FAMOUS Sur le plateau Pour la réception, les invités «ordinaires» suivent la ligne de limos pour arriver aux studios de Warner Bros.Encore une fois, il faut ranger la voiture mais, ici, de nombreux jeunes gens \u2014 toujours arborant des t-shirts de Batman \u2014 vous échangent votre véhicule contre un carton numéroté.La réception a lieu sur le plateau même du tournage, parmi des décors plutôt morbides portant, dit-on, l\u2019empreinte personnelle du réalisateur Tim Burton.Convenons qu\u2019il est excitant, après avoir vu le film, de se retrouver dans ces décors.Ça fait vraiment Hollywood.En plus, la réception allait bon train avec des mets pour tous les goûts, un orchestre au complet installe dans les marches de ce qui semble être l\u2019équivalent du Rockfeller Plaza, un groupe de comédiens portant des costumes des personnages du film, des amuseurs publics, de même que les artisans du film dont le comédien Christopher Walken et le réalisateur Tim Burton.Pour ce qui est de ce dernier, il a vraiment l\u2019air bizarre, avec un L\u2019indestructible Batmobile a fait courir bien des badauds mercredi à Toronto lors d\u2019une tournée de promotion du film « Le retour de Batman ».corps extrêmement mince qui bouge sans arrêt.Il correspond à sa légende de « savant dément ».Cette vision à elle seule couron- nait toute cette soirée car on comprenait soudainement l\u2019origine de ces Batman, de ces «contes de fées bizarres».^,USer intell'9ernment Radio-Canada\t_\u201e\u201efinnnelie .- __Ac t \"On peut rire *a6'0'CZade qualité exceptionnelle ÏÏlSnada\ta tous po.nts < \"Ne rT»anqoSSiSF Mi Maison Hamel Brune au ¦\t* CENTRE DE DIFFUSION CULTURELLE ¦\t\" 2608, chemin Saint Louis, Sainte Foy (Québec) G1V4E1 , (418)654-4325 A Quebec.Le Soleil, samedi 20 juin 1992 LES ARTS ET SPECTACLES C-7 - Le rp héâtre Le Carrefour international de théâtre passe la rampe Alain Fournier dans 5$ qS ans et plu: 4$.étudiants 3Ç entrée gratuite pour les moins de 16 ans et pour les Amis du Muser du Quebec Les Mercredis Bell: entrée gratuite.Accès libre à la boutique à la bibliothèque et au calé-restaurant L'Heure inauiv Devenez Ami du Musée et profite: Je nombreux privilèges dont I entrée gratuite au Musée MUSÉE DU QUÉBEC I avenue Wolfe-Montcalm Parc des Champs-de hataille Québec (4181641-2150 Le Mu?ee du Québec est subventionné par le ministère des Allaires culturelles du Quebec C-8 - LES ARTS ET SPECTACLES Quebec, Le Soleil, samedi 20 juin 1992 uL, literature Jean Pierre Girard vit par l\u2019écriture La vüle et la campagne.Il lui faut les deux.La \\ille pour s'immerger et boire ses bols de café au lait.La campagne pour y rester.Mais d'abord il écrit, en s'adressant « à ceux qui n'ont pas le temps ».Son nom : Jean Pierre (sans trait d\u2019union) Girard.par ANNE-MARIE VOISARD U SOLEIL Dépouillement de la ponctuation qui, parfois, s\u2019étend au prénom des personnages.P.A., l'enfant autistique qui avait donné son titre à une des nouvelles de Silences ne s\u2019embarrassait pas davantage du trait-d'union.Toujours aussi émouvant, il n\u2019en poursuit pas moins son existence, depuis peu sous la forme d'un moyen métrage.Pour ce qui est de Silences, le recueil paru en 1990, on se souviendra qu'il a valu à son auteur le prix Adrienne-Choquette de la nouvelle.Travail de l'écrivain Espaces à occuper, édité lui aussi par L'instant même, est venu s'ajouter récemment.C\u2019est ce qui explique le passage à Québec de Jean Pierre Girard et l\u2019entretien que nous avons eu un matin de cette semaine.Un entretien où, quels que soient les sujets abordés \u2014 et ils furent nombreux, depuis les vieux, le cinéma, la terre ou l'enseignement \u2014 toujours on en revient au travail de l\u2019écrivain.Impossible d'en douter, il occupe le centre de sa vie.Quand, par exemple, il affirme : « mes textes m'habitent », on sait que ce ne sont pas des his- toires qu il raconte.Ses textes, il les sait par coeur.Ça tient, croit-il, a son habitude de se relire à voix haute.Si ça ne fonctionne pas au niveau oral, c\u2019est que des changements alors s\u2019imposent.À cause de la résonance, il a envie de suggérer au lecteur le même exercice, notamment pour la lecture de L'effigie oubliée, un texte qui met l\u2019accent sur « la particularité régionale ».en l\u2019occurrence le milieu rural dans ce qu\u2019il a de plus sombre.Itinéraire Pas question pour autant d'établir une quelconque hiérarchie entre ville et campagne.D\u2019ailleurs, suffit d\u2019un « cossin » qui se glisse entre les pages pour qu\u2019aus-sitôt l\u2019auteur trahisse ses origines.Il est né, en 1961.à Sainte-Perpé-tue, près de Nicolet.Sa mère, qui n\u2019osait utiliser les gros jurons, se contentait d\u2019un « saudit » à l'occasion.Après une année à Montréal consacrée aux études, en 1986-87, Jean Pierre Girard a réintégré la nature, plus précisément Sainte-Marcelline au nord de Joliette, et bientôt Sainte-Élisabeth.C\u2019est là qu'il écrit.Mais que de chemins parcourus ; non pas des routes, c'est-à-dire « une simple ligne reliant un point à un autre », selon la définition de Milan Kundera.Des chemins plutôt, qui sont autant à'Espaces à occuper.Donc, c'est a Sainte-Perpetue que tout a commencé, sur une ferme spécialisée en aviculture jusqu\u2019en 1972.Ce qui justifie une nouvelle comme L elue, qui a son point de départ dans un poulailler.Un troupeau de vaches a succède.Et c\u2019est Jean Pierre Girard qui a pris la releve.lorsque son pere est décédé en 1983.Après la vente de l\u2019entreprise, deux ans plus tard, ce fut l\u2019entrée à l'université.Trois certificats ont suivi en gérontologie, création littéraire et scénarisation cinématographique, qui lui ont permis d\u2019obtenir le bac ès arts.Dernièrement, en mai 92.l'Université du Québec à Montréal lui décernait le diplôme de maîtrise en Études littéraires.Neuf des textes qui composent Espaces à occuper figurent dans son mémoire.lequel est orienté vers la création.Ecoute active Mais pourquoi la gérontologie et comment établir le lien entre cette spécialité et la fonction d\u2019écrivain ?Parmi les personnes âgées qu'il rencontrait, plusieurs, se souvient-il, parlaient de la peine qu elles avaient de ne rien laisser en héritage.C'est alors qu'il eut l'idée d'organiser à leur intention des ateliers de création littéraire.Cette experience lui appris, dit-il.la nécessité de laisser les autres exprimer leurs besoins.% « Une sorte d\u2019écoute », si l'on veut, qui permet de « retenir le detail » et qui est necessaire pour écrire.Ce sont là des choses, estime Jean Pierre Girard, qui ne s'enseignent pas à t'universite.Tout au plus peut-on accompagner l'etudiant dans sa démarche d\u2019écriture, lui donner « un souci du bon travail ».l\u2019inciter à remettre en cause « ses propres certitudes ».Car, note-t-il encore, « jamais rien n\u2019est definitif, si ce n'est le mouvement qui nous anime ».Voila comment il conçoit ses charges de cours à l\u2019UQAM et au collège de Joliette.« J'essaie, poursuit Jean Pierre Girard, de leur faire comprendre que c\u2019est par la langue qu'on se définit ».La langue qui est « la pour nous servir.Nous, on a à lui rendre hommage ».Comme auteur, il avoue se « fendre en quatre » pour trouver le mot juste, la forme qui colle au texte.Mais ça ne donne pas pour| autant l\u2019angoisse de la page blan- § che.« Ce qui m\u2019effraie, dit-il.c\u2019est s la page noire.Avec mes mots, j\u2019é- 5 claire une petite partie », celle-là 5 même qu\u2019il offre, en dédicace, « à | ceux qui n\u2019ont pas le temps », ^ c\u2019est -à-dire à tous, qu\u2019on soit de la Jean Pierre Girard était de passage à Quebec pour nous parler campagne ou bien de la ville. un peu platement dans une maniéré de nature morte, quelquefois a la limite de l\u2019accessoire.En cela, la plupart des photographies de l'exposition Anima Mundi représentent cet esprit esthétique de leur temps.Elles acquièrent cependant, par leur sens politique, une fonction sociale qui n\u2019est pas loin de nous faire songer aux grands reportages des debuts de la photographie.Mission sur la planete Terre L'Anima Mundi est malade.On le pressent, on le sait.L'artiste Marie Mahr nous en offre une belle allégorie avec son oeuvre Inconsciemment.peut-être.; une mappemonde de carton aux arêtes disjointes, dont les hémisphères ne tiennent plus que par du papier autrefois collant, flottant témérairement dans des es- paces apparemment intersidéraux.En octobre 1987.eut lieu en Grande-Bretagne un terrible orage qui s est inscrit dans la mémoire des Britanniques comme une cruelle atteinte de la nature a sa propre intégrité.Garry Fabian-Miller fut alors invite par trois organismes a commémorer la devastation de nombreux parcs dans une oeuvre destinee à un edifice public.Fabian-Miller ramassa donc 100 feuilles d'un arbre abattu et constitua, en juxtaposant les nervures rouillées et les chairs rongees de ces feuilles photographiées jour après jour, une monumentale planche d'herbier.Une constatation qui.au-dela du clinique botanique, renvoie le spectateur à sa propre consistance.Un peu plus loin, Roger Palmer.dans son oeuvre Ter mi na leur, nous donne à voir les reliefs La photo photographiée transmet le message de troncs d\u2019arbres décapités par une scie a chaine.images parallèlement assorties d'inhabituels calendriers suggérant quelque ineluctable compte a rebours.Mais, c'est probablement les Images du dépotoir de Keith Ar-natt qui, singeant a plaisir le moiré et les brillantes matières des natures mortes des maitres hollandais, reactualisent au mieux, en les ironisant, les qualités du genre.Amatt qui se promené.dit-on.d\u2019un pied leste dans les dépotoirs anglais afin de chasser la veritable nature morte dans toute sa jeune degenerescence.L'artiste ne joue pas ici au metteur en scene puisqu'il propose ses elements de composition dans leur état de découverte.Un miroir d'autant plus dérangeant, il va sans dire.SOYEZ EXIGEANT CHOISISSEZ UN ABONNEMENT SÉLECTIF ! iSSSSîS*' IVxrt.o** < * ICOSS6 LV.< tf'3sV -so° CPs*?***6 J THÉÂTRE JL t-aeontrebasHf avec Kdgar Fruitier et Janine Sutto danse Aniek Bissonnette et Louis Robitailie danseurs eto.les des Grands Ballets Canadiens peggy Baker Danse Moderne jUd.Mi m- Dang Thai Son Les Grands Explorateurs Sylvie Tremblay Ecoutez Choi FM et courez la chance de gagner une paire de billets.Anick Bissonnette *Cette promotion prend fin le 3 juUlet.0^ Janine Sutto FAITES VOS JEUX ! \u2022 \u2022 FAITES VOS JEUX \u2022 FAITES VOS JEUX \u2022 FAITES VOS JEUX \u2022 \u2022 FAITES VOS JEUX \u2022 \u2022 FAITES VOS JEUX Abonnez-vous et sélectionnez 9 spectacles de votre choix parmi les 27 ou assistez à t spectacle avec 8 de vos amis ou encore voyez 3 spectacles avec 2 de vos amis bref.Imagine?La formule que vous préférez! Prix de l'abonnement.105$ (tout inclus) une économie de 34(vn par rapport au guichet.Faites vos jeux et Jouez la bonne carte! Abonnez-vous aux Lundis de L'Institut.Informations : 691-7411 avec JOSE T0DAR0 et les meilleurs chanteurs de l\u2019Opéra de Paris 87 chanteurs et danseurs en scène - 25 musiciens Paroles: Daniel Ringold - Collaboration a la musique: Rodrigo Lopez Mise en scene: Carlo di Angelo - Direction d\u2019orchestre et arrangements: Guy Motta.-Chorégraphie: Patrick Schupp avec Danielle Streiff -Maria Helena de Oliviera -Nelly Wick -Isabelle Fleurs -Philippe Béranger - Evan Joanness et Jacqueline Lesperance Les 3,4,5 et 6 septembre 1992, 20 h 35$- 55$- 65$ (frais de service en sus) LE SOLEIL IL BRILLE POUR TOUT LE MONDE 1 ¦¦'.\u2022Ci \u2022 -¦ .-ki âfeüifï \u2022\t1 m.êm M* \u2022 ¦ \u2022\u2022-i-\t- i- .\u2022; \u2019 m -**f\u2018 \u2022 \u2022 v\u2022.»;\u2022\u2022\t\u2022.V.''fy¦¦\u2022Y- * \u2022?l\t\u2022.%.*'% < ¦ ' '*$*¦ .%; t ; ' .f-AvV :>\u2022' i.-' * % : : C ¦
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.