Le soleil, 15 décembre 2001, Cahier D
[" Cahier I) LE SOLEIL LE SAMEDI 15 DECEMBRE 2001 Les ados canadiens sont bons au jeu des comparaisons D 2 Le périple d'un fils de l'Amérique vers l'Afghanistan de ben Laden et d'AI-Qaida D 3 Les puces de Trudel font peur I H i J d 'A I )¦ l » fcl Les dossiers médicaux sont appelés à disparaître au profit de la carte à puce.Votre carte-soleil pourrait bientôt être garnie de l\u2019intégrale de votre dossier médical.Le gouvernement en rêve mais des voix s\u2019élèvent au nom de la vie privée.t.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une puce savante qui a l\u2019immense __________ pouvoir de révéler votre passé médical en un rien de temps et que le ministre de la Santé veut coller à toutes les cartes-soleil en 2003.La puce est un outil de gestion à faire rêver la Régie de l\u2019assurance-maladie et potentiellement une bonne amie des médecins.Mais des usagers Valérie craignent l\u2019invasion dans leur vie privée.Lesage Pourquoi veut-on adopter si vite la petite \\Zesage@lesoleiLcom bête aux airs de Big Brother?CARTE À PUCE ¦\tQU EST-CE QUE LA CARTE À PUCE DE LA SANTÉ?C'est une carte munie d'un microprocesseur qui permettra aux professionnels de la santé d'avoir un accès rapide à des informations sur votre état de santé Les informations seront contenues dans une banque de données centralisée contrôlée par la RAMQ La carte à puces et un numéro d'identification personnel permettront d'accéder à votre résumé de renseignements de santé C'est une sorte de clé pour ouvrir votre dossier.¦\tQU'Y AURA-T-IL DANS LE DOSSIER?La RAMQ souhaite retrouver 9 éléments dans le dossier médical informatisé et centralisé, que l'on appelle désormais « résumé de renseignements de santé ».3 noms et coordonnées des proches à rejoindre en cas d'urgence 3 identification du personnel soignant j (médecin traitant, pharmacien, cardiolo-j gue, infirmière pivot, etc ) I ü allergies 1 1 diagnostics confirmés I 1 derniers résultats de laboratoire I 3 médication ^ 3 parcours de soins de santé^visites chez le médecin, le pharmacien, le spécialiste) 3 consentement ou non au don d\u2019organes ¦\tQUI AURA ACCÈS À CES INFORMATIONS?Potentiellement beaucoup de oens Les professionnels de la santé, médecins, infirmières, pharmaciens, inhalothérapeutes ou autres, posséderont une carte d'habilitation leur permettant d\u2019accéder à votre dossier santé Cependant, ils devront obtenir votre autorisation.La RAMQ, comme gestionnaire de la banque de données, possédera aussi l\u2019information à votre sujet.Toutes les personnes qui ouvriront votre dossier laisseront des traces, qui vous permettront de savoir qui Ta consulté ¦\tLA CARTE A PUCE NOUS OBLIGERA-T-ELLE À PARTAGER NOTRE DOSSIER MÉDICAL?Non.Vous pourrez choisir de ne rien inscrire dans votre dossier médical informatisé.Vous pourrez aussi sélectionner les renseignements que vous souhaitez inscrire.Si une information jugée pertinente par un professionnel n'apparaît pas au dossier la mention incomplet figurer*.V.L.Quand des journalistes ont montré que la photo sur la ear-te-soleil n'était pas le moyen de contrôle infaillible que l\u2019on croyait, le ministre de la Santé Rémy Trudel venait de trouver un bel argument de vente pour sa controversée carte à puce.Elle serait la solution pour mettre fin à toutes les fraudes, son contenu (à la condition qu\u2019on choisisse d\u2019en avoir un.) découragerait quiconque de « prêter » à un autre son droit d\u2019accès aux services médicaux.La Régie de l\u2019assurance-maladie, qui est à l\u2019origine du projet, minimise aujourd\u2019hui cet avantage de la carte à puce.« Le volet clinique vient damer le pion au volet administratif », soutient Laval Côté, un des responsables du projet.Le nouveau discours de la RAMQ, c\u2019est que les médecins pourront mieux soigner les patients en obtenant rapidement les principaux renseignements sur leur état de santé.Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que les propos ont beaucoup évolué depuis le printemps dernier.En avril 2001, seulement quelques paragraphes d\u2019un mémoire de 17 pages présenté par Rémy Trudel au êonseil des ministres expliquaient les avantages de la carte à puce pour les usagers.Par contre, le document faisait longuement état de toutes les possibilités administratives de cette nouvelle technologie.Et aussi des intérêts commerciaux qui y sont rattachés.La RAMQ a en partie développé l\u2019expertise de cette carte intelligente avec l\u2019entreprise Motte Technologies de Québec, dont elle est action- naire à 33%.L\u2019introduction de la carte à puce dans le réseau de la santé donnerait son envol à Motus et placerait le Québec dans un rôle de « leadership systémique et technologique enviable», souligne le mémoire du ministre, qui expose les possibilités de commercialiser des produits dérivés et d\u2019exporter la technologie.RÉCUPÉRER LE CONTRÔLE Au chapitre de l\u2019administration, on apprend dans le mémoire du ministre que la Régie voit la carte à puce comme un moyen de récupérer le contrôle qu\u2019elle a perdu sur l\u2019utilisation de la carte-soleil.Depuis l\u2019arrivée des ordinateurs, le médecin a la possibilité de facturer des actes médicaux sans voir un patient.Car une fois que les données de la carte sont enregistrées, le médecin n\u2019en a plus besoin pour faire ses factures comme à l\u2019époque de la castonguette.Une porte ouverte sur les abus, laisse-t-on entendre.D\u2019autre part, la carte a puce permettrait de connaître immédiatement l\u2019admissibilité d\u2019un patient.L\u2019actuelle carte-soleil a une durée de vie de quatre ans, mais pour diverses raisons \u2014 décès, déménagement à l\u2019étranger \u2014, elle peut être désactivée en cours de route tout en restant entre les mains de l\u2019utilisateur, qui reçoit les services sans y avoir droit.Cela coûte quelques millions de dollars à la RAMQ Pôur diminuer les coûts de la santé, on a aussi songé à inscrire dans le dossier informatisé le coût de services consommés.Faute d\u2019information sur la valeur financière des services reçus, la plupart des citoyens méeon- Voir PUCES en D 8 ?i ARCHIVES LE SOLEIL LE SOLEIL D 2 LE SAMEDI 15 DECEMBRE 2001 Au début du mois, à Paris, l\u2019Organisation do coopération et de développement économiques rendait publique une brique de 350 pages, truffées de graphiques, de statistiques et de données, révélant l\u2019excellente performance des Canadiens de 15 ans: deuxièmes en lecture, sixièmes en mathématiques et cinquièmes en sciences, sur 32 pays.LE SOLEIL fait le point sur une ambitieuse évaluation internationale et tente d\u2019expliquer les résultats des Canadiens.et des Québécois.ARCHIVES LE SOLEIL Tant en lecture qu'en mathématiques et en sciences, les filles ont fait mieux que les garçons.\u2022m.Legault conforté dans ses choix ¦ Pour le ministre François Legault, les bonnes performances des élèves québécois dans l\u2019étude PI-SA prouvent ce qu\u2019il avance depuis des années : investir en éducation donne des résultats.Si le Québec était un pays, il se classerait deuxième en mathématiques, et quatrième en lecture et en sciences.La Corée, toujours dans les parages, est le seul pays qui dépense plus que le Québec en éducation, au prorata de son produit intérieur brut (PIB), note François Legault, qui se réjouit, évidemment, des données de cette étude de l\u2019OCDE, d\u2019autant plus qu\u2019elles le confortent dans plusieurs de ses choix.Les Québécois de 15 ans sont toujours forts en maths ?C\u2019est grâce à notre approche par résolution de problèmes, qui fait le lien entre des concepts et des situations de vie réelle, ont expliqué les fonctionnaires au ministre de l\u2019Éducation.Le Québec fait figure de pionnier, puisqu\u2019il utilise cette méthode depuis une quinzaine d'années.« Avec la réforme, on étend cette approche par compétences à toutes les matières», mentionne M.Legault.Au Canada comme au Québec, l\u2019écart de rendement est faible entre les élèves de milieux aisés et ceux de milieux pauvres.Le ministre y voit là la démonstration que la province n\u2019a pas un système d'éducation à deux vitesses.11 a beaucoup investi dans les écoles de milieux défavorisés, notamment pour contrer le décrochage, et il s\u2019en félicite aujourd\u2019hui à la lumière des résultats de ses élèves.MÈRE INSTRUITES.Pour François Legault, il est clair que les programmes scolaires sont à l\u2019avant-garde, que les quatre ans d\u2019université de nos enseignants font leurs preuves et que les parents québécois ont à cœur la réussite de leurs enfants.A cet égard, il a noté, il y a quelques années, une grande corrélation entre le degré de scolarité de la mère et la performance des élèves.Avant, les experts croyaient que le revenu des parents comptait davantage.Ils ont dû redessiner la carte socioéconomique du Québec.«On mettra donc plus de ressources pour améliorer le degré de formation des mères», souligne le ministre.Il a mandaté de nombreuses personnes de son ministère pour qu\u2019elles analysent rigoureusement l\u2019étude PISAet qu\u2019elles continuent d\u2019améliorer les programmes scolaires à la lumière de ses données.Oui, le Québec se classe parmi les premiers en lecture, en maths et en sciences.Fidèle à son discours des dernières années, François Legault affirme que la réforme de l\u2019éducation lui permettra de garder son avance et de mieux encadrer ses élèves.L\u2019approche par compétences est son credo.« Dans le test de lecture, l\u2019accent était mis sur les compétences», fait-il remarquer.Mais il est un domaine où le Québec ne fait guère mieux que les autres pays : le rendement (faible) des garçons en lecture par rapport à celui des filles.Rien de nouveau pour le ministre de l\u2019Éducation, qui a déjà deux pistes d\u2019explication: les garçons ne savent pas pourquoi la lecture est importante et l\u2019école ne valorise pas suffisamment cette matière à leurs yeux.« Les garçons ont besoin d'enseignement concret, la réforme le leur donnera», affirme-t-il.Le rapport canadien de l\u2019étude PISA rapporte d\u2019ailleurs que « le plaisir de la lecture » avait un effet positif sur les résultats du test de lecture.« Le Canada fait partie des pays où cet effet est le plus fort », écrit-on.Les ministres de l\u2019Éducation du Canada se réunissent deux ou trois fois par année.Lors de ees rencontres, M.Legault a toujours préconisé la nécessité des comparaisons entre les provinces.« C\u2019est important de savoir où on se situe, croit-il.Dans un contexte de mondialisation, on veut aussi le faire au niveau des universités.On peut penser que le Québec est performant parce que ses universités obtiennent un gros pourcentage des fonds de recherche.Mais il faudra aller plus loin.» M.L.ARCHIVES LE SOLEIL François Legault EXEMPLE DE TEST DE LECTURE Titre des textes: «Graffiti» Je bous de rage en voyant que le mur de l'école a été nettoyé et repeint pour la quatrième fois consécutive pour effacer le graffiti.La créativité est admirable, mais les gens devraient trouver le moyen de s'exprimer sans infliger des coûts supplémentaires à la société.Pourquoi tenez-vous à ternir la réputation des jeunes en peignant des graffitis là où c\u2019est interdit ?Les artistes professionnels n\u2019accrochent pourtant pas leurs tableaux dans la rue ! Ils cherchent plutôt à obtenir des subventions et se font connaître à travers des çxpositions légales.A mon sens, les bâtiments, les palissades et les bancs publics sont eux-mêmes déjà des œuvres d'art.C\u2019est vraiment pitoyable de gâcher cette architecture par des graffitis et.de plus, la méthode utilisée détruit la couche d'ozone Vraiment, je ne comprends pas pourquoi ces artistes criminels prennent tant de peine, alors que leurs «œuvres d'art» sont, chaque fois, simplement ôtées de la vue Helga On n'a pas à rendre compte de ses goûts.Notre société est envahie par la communication et la publicité.Logos d'entreprises, noms de boutiques.Immenses affiches s\u2019imposant partout dans les rues.Sont-elles acceptables ?Certains disent que oui, d'autres disent que non.Qui paie le prix des graffitis ?Qui, en fin de compte, paie le prix de la publicité ?Bonne question.Le consommateur.Les gens qui ont placé des panneaux publicitaires vous ont-ils demandé la permission ?Non.Les auteurs des graffitis devraient-ils le faire, dans ce cas ?N\u2019est-ce pas simplement une question de communication - votre propre nom.les noms de bandes et de grandes œuvres d'art dans la rue ?Pensez aux vêtements à rayures et à carreaux qui ont fait leur apparition dans les magasins il y a quelques années.Et aux équipements de ski.Les motifs et les tons ont souvent été empruntés tout droit à ces murs de béton fleuris.Il est assez amusant de constater que ces motifs et ces tons sont acceptés et admirés, mais que les graffitis du même style sont considérés comme abominables.Les temps sont durs pour l\u2019art Sophia QUESTIONS Question 1 Le but de ces deux lettres est : A.D'expliquer ce que sont les graffitis.B De présenter une opinion sur les graffitis.C.\tDe démontrer la popularité des graffitis D.\tDe faire savoir aux gens ce que cela coûte d'effacer les graffitis Question 2 Avec laquelle des deux lettres êtes-vous d'accord ?Justifiez votre réponse en utilisant vos propres mots pour évoquer ce qui est dit dans la lettre choisie, ou dans les deux lettres _________________M-Z- Seule* Pis* OCDE 200't Question 3 Pourquoi Sophia évoque-t-elle la publicité ?Question 4 En faisant abstraction de votre propre opinion, qui a écrit la meilleure lettre, d'après vous ?Justifiez votre réponse en vous référant à la façon dont la lettre choisie est écrite (ou à la façon dont sont écrites les deux lettres).iNFOGfUPHIf u siita Nos ados en ont dans le ciboulot ! ¦ Chaque automne, les Québécois vivent un grand émoi lorsque les médias publient le palmarès des écoles secondaires.Être comparés leur déplaît, ils voudraient tous obtenir LE meilleur score.Or, voici qu'une vaste étude menée l'an dernier dans 32 pays auprès d'un quart de million d\u2019élèves de 15 ans place le Canada et le Québec dans le peloton de tête, en lecture, en mathématiques et en sciences.Quand ils se regardent entre eux, les Québécois ont tendance à se désoler.Mais quand ils se comparent à d'autres, ils ont bien des raisons de se consoler.Les 28 pays de l\u2019OCDE ont participé à cette étude, ainsi que le Brésil, la Fédération de Russie, la Lettonie et le Liechtenstein.Seuls 1\u2019Afrique et le Moyen-Orient n\u2019en faisaient pas partie.L\u2019étude est connue sous le nom de PISA, le diminutif de ITogramme international pour le suivi des acquis des élèves 2000.Elle est chapeautée par l\u2019OCDE.Au Canada, elle a pour partenaires Statistique Canada, Développement des ressources humaines et le Conseil des ministres de l\u2019Éducation (CMEC).En avril et en mai 2000, plus de 30 000 Canadiens de 15 ans, dont 4500 Québécois, ont été évalués dans 1200 écoles choisies au hasard (165 au Québec), au cours d\u2019un test d\u2019une durée de deux heures.Les organisateurs ont convenu que la liste des écoles sélectionnées demeurerait confidentielle.Marc Lachance, le gestionnaire principal de cette étude chez Statistique Canada, explique que les ministères de l\u2019Éducation de chaque province ont d\u2019abord fourni la liste de leurs écoles.Statistique Canada a ensuite fait sa sélection en fonction d'une bonne représentativité des réseaux public et privé, de la ville et de la campagne, des petites et des grosses écoles, des petites et des grandes familles.Un tirage au sort a finalement désigné 35 jeunes par école, qui ont été soumis à des tests écrits, à choix multiples et à développement, pendant une demi-journée.« Tout le monde a eu un test de lecture, mentionne M.La-chance.Quelques-uns ont aussi fait le test de mathématiques, d\u2019autres, celui de sciences.» En 2003, le PISA poussera plus loin son analyse en mathématiques, et en 2006, en culture scientifique, dans des études de plus grande envergure que celle-ci, puisqu'une quinzaine de pays supplémentaires y participeront.DEUXIÈME EN LECTURE Quels sont-ils, ces résultats que les Canadiens et les Québécois peuvent si fièrement afficher ?En lecture, le Canada s'est classé deuxième, derrière la Finlande.En maths, il a obtenu le sixième rang (seuls la Corée et le Japon ont eu des résultats significativement supérieurs).Et en sciences, il est arrivé cinquième (la Corée, le Japon et la Finlande le déclassant de façon éloquente).Si les provinces canadiennes étaient des pays, le rendement de leurs élèves les placerait parmi les meilleurs.L'Alberta, notamment, a obtenu une meilleure moyenne que celle du Canada dans les trois matières, tandis que le Québec a fait de même en maths et en sciences.Partout et dans les trois domaines, les filles ont fait mieux que les garçons.si bien que le faible rendement des garçons en lecture a été identifié comme une source de préoccupation pour les auteurs du rapport «puisqu\u2019il risque d\u2019avoir une incidence profonde sur leur rendement dans d'autres matières ».Le Canada, le Japon et la Finlande se distinguent toutefois des autres pays par cette caractéristique : en lecture, le statut socioéconomique a une incidence moins marquée sur le rendement de leurs jeunes que sur celui des élèves d'ailleurs.Les résultats montrent aussi qu'à l\u2019extérieur du Québec, les Canadiens inscrits dans un système scolaire de langue minoritaire ont un rendement inférieur en lecture.En revanche, les Québécois qui fréquentent une école anglophone présentent un rendement de lecture équivalent à celui des élèves inscrits à l'école francophone.Au Canada, l\u2019écart entre les élèves avec les résultats les plus élevés et ceux avec les résultats les plus bas est peu prononcé par rapport à la plupart des autres pays participants.De la même façon, le Canada figure parmi les six pays au sein desquels l\u2019écart de rendement entre les élèves de milieux socioéconomiques élevés et ceux de milieux plus modestes est faible.Les tests ont été donnés en 17 langues, mais l\u2019OCDE n'a produit pour le moment que des rapports en anglais, en français et en allemand.Et seule la version anglaise est disponible sur papier.Les autres peuvent être consultées (mais pas imprimées, puisque les rapports sont destinés à la vente) sur le site Internet de l\u2019OCDE (www.pisa.oecd.org).Selon Marc Lachance, de Statistique Canada, «chaque pays a été encouragé à rédiger son propre rapport national ».Les données provinciales constituent «une valeur ajoutée» à l'analyse canadienne.Ottawa a mis beaucoup d'argent dans cette étude : 1.9 millions par année pendant trois ans.À cette somme s\u2019ajoutent les 800000$ fournis annuellement pendant trois ans par le Conseil des ministres de l\u2019Éducation du Canada.«Tous les pays sont différents, commente Marc Lachance.Chaque parent, chaque ministère de l\u2019Éducation, chaque dirigeant fera ensuite ce qu\u2019il peut avec ces résultats.» Une chose est sûre, affirme-t-il, « ce projet amènera les pays à communiquer».11 prévoit que «les autres pays vont essayer de comprendre pourquoi le Canada a fait mieux qu\u2019eux.Ici, on va se comparer entre provinces ».Le PISA reflète une situation qui débute au primaire, poursuit-il.Le Québec et les autres provinces seront sans doute tentés d\u2019aller voir de plus près le système d\u2019éducation albertain, d\u2019où sont issus les meilleurs élèves.Et dans les prochaines années, il est certain que l\u2019écart des garçons et des filles sera scruté à la loupe.Marc Lachance est statisticien.Il sait tirer des conclusions à partir de chiffres et de graphiques.Pourquoi les Canadiens ont-ils obtenu de si bons résultats au PISA ?Il lance quatre hypothèses : le niveau de scolarité de base des parents, la qualité des écoles, les attentes élevées des parents et la culture éducative.Pris individuellement, ces facteurs ont des impacts minimes, nuance-t-il.Il ne faudrait surtout pas y chercher de panacée.MtCKIVES LE SOLEIL Le faible rendement de* garçon* en lecture par rapport aux filles g été identifie comme une source de j préoccupation pour les auteurs.Michèle LaFerrière MLafemnvta lesiJrilciwi Ottawa a investi 1,9 M $ par année durant trois ans dans cette étude Le samedi 15 DECEMBRE 2001\tLE SOLEIL\tI) 3 AP\tREUTERS\tAP\tAP ** « ' laÇ ,f.' CONTEXTE L#& .Américains sont bouleverses.Ils aimeraient bien comprendre comment John Walker Lindh.un des rejetons de t Amérique libertaire, a pu être attire /w le fondamentalisme islamique ( 'était /s >u riant un jeune \u2022 de la classe moyenne» si \u2022gentil, doux et timide», dit-on.P ressemble d'ailleurs à n importe quel petit Américain sur ces photos rendues publiques et le présentant a 10 ou II ans.Mans, IA ans et l?ans.Le sinueux voyage d\u2019un fils infidèle de l\u2019Amérique De Washington à l\u2019Afghanistan, John Walker a changé d\u2019univers AP ' Son passage dans des mosquées de San Francisco le mettra en contact arec le tabtigh jamaat, le mouvement du renouveau islamique qui sympathise mer les courants fondamentalistes de l'islam.¦ Quand l\u2019Amérique a découvert l\u2019un de ses fils, émergeant de la prison fortifiée de Qala-i-Jangi sous les traits boueux et les loques dépenaillées des talibans, le choc fut tel que les médias ont répercuté son écho interrogatif à pleines pages: comment John Walker, l\u2019Américain moyen de 20 ans, est-il devenu Abdul Hamid, le djihadiste?Une question complexe qui rend les .Américains perplexes, eux qui éprouvent le besoin d'envisager une situation tranchée en noir et blanc pour déterminer qui sont le Bon et le Méchant.Elle s\u2019est d'ailleurs cristallisée autour de l\u2019opposition entre Johnny « Mike » Spann, l'agent de la CIA assassiné au même endroit, et Walker.Plusieurs analystes et éditorialistes ont mis en parallèle le destin de ces deux hommes que tout sépare et qui finit par se télescoper avec fracas sur fond de psychodrame national.Car derrière celui qui défend son pays et celui qui le combat se profile la dualité entre l\u2019Amérique rurale et de la banlieue, républicains et démocrates, tradition et modernité, droiture et laissez-faire, entre ceux qui hurlent traîtrise et ceux qui rétorquent lavage de cerveau.Pour se rendre compte que les zones d\u2019ombres sont nombreuses.En conséquence, sa découv erte a ébranlé les fondements d\u2019une lutte manichéenne \u2014 le Eux contre Nous \u2014 et semé le doute sur le traitement qu\u2019on doit lui réserver.Une ambivalence qui s\u2019est même reflétée dans les déclarations successives des président et vice-président américains à son propos.Alors que Georges W.Bush y voit un « pauvre garçon » qui a subi de mauvaises influences, Dick Cheney est plus embarrassé.«J\u2019ai de la difficulté, comme beaucoup d'Américains j'imagine, à comprendre comment quelqu'un qui a grandi (aux États-Unis) peut se retrouver en \u2022Afghanistan à combattre avec les talibans et Al-Qaida.» Le malaise est d'autant plus grand aux États-Unis qu'on se demande comment un blanc-bec élevé dans une société d'abondance et un milieu de tolérance a pu se retourner contre la main qui l\u2019a nourri.Pire, à se rebeller contre la valeur qu\u2019ils chérissent entre toutes, la liberté.En embrassant l\u2019islam, l\u2019adolescent épouse un mode de vie, régi par le Coran et la charia, qui lui impose un code vestimentaire, une alimentation.une pratique religieuse ordonnée et un mode de pensée.C\u2019est le genre d\u2019histoire d'épouvante qui débute sur le mode classique : un jeune « de la classe moyenne» si «gentil, doux et timide».Évidemment, rien ne prédisposait l'adolescent comme les autres à se retrouver l'arme en bandoulière et la barbe réglementaire pour combattre avec les « fous de Dieu ».Impossible de connaître ses motivations profondes tant qu'il n'aura pas livré le fond de sa pensée \u2014 s\u2019il le fait.On ne peut que remonter dans le temps à la recherche d'indices qu'il a semés sur son parcours, des maisons opulentes de la Californie aux huttes de boue du Pakistan et de l'Afghanistan.JOHN COMME DANS LENNON Né à Washington en 1981.John Walker Lindh.le deuxième d'une famille de trois, est le fruit typique d'une union de baby-boomers qui ont conjugué les valeurs des sixties avec le matérialisme des eighties.Il doit d'ailleurs son prénom à John Lennon.H a 10 ans lorsque ses parents déménagent à San Alsemo.en banlieue de San Francisco, domicile 'des .Andre .Agassi.George Lucas.Sean Penn et bastion du relativisme moral typique de la côte Ouest américaine.Élevé dans la foi catholique, John répète à son cercle restreint d\u2019amis qu\u2019il veut aider les pauvres quand il sera grand.Sa mère abandonne le catholicisme pour le bouddhisme, après un détour par l'exploration de la spiritualité autochtone.Faut-il s\u2019en surprendre, quand l\u2019adolescent se met à fréquenter une école alternative, il s\u2019intéresse aux arts, à la culture et aux religions du monde, incluant l\u2019islam et le Moyen-Orient.Même si ses parents ont toujours encouragé leurs enfants à trouver leur propre voie spirituelle, ce sera apparemment YAutobiograph ie vie Malcom X qui le convaincra de devenir musulman, à 16 ans.Comme le militant noir, il se convertit et change son nom en Suleyman al-l'hris.Il vend alors sa collection de CD hip-hop dans Internet \u2014 sur lequel il passe beaucoup de temps dans les forums de discussions à s'enflammer pour sa foi nouvelle \u2014 et s\u2019habille avec la grande robe blanche et le chapeau traditionnels.Loin d\u2019y voir une quelconque excentricité, voire une passade d'adolescent en mal de révolte, son père l'appuie dans sa démarche qu\u2019il trouve cohérente sur le plan intellectuel.« Il était pieux, chaste et studieux.L\u2019islam semblait parfait pour un garçon sensible comme John.» Il réussit même à vaincre les réticences initiales de sa mère sur le traitement réservé aux femmes par les musulmans en fréquentant une mosquée modérée des environs, à Mill Valley.Son passage dans deux autres mosquées de San Francisco le mettra toutefois en contact avec le tabligh jamaat.le mouvement du renouveau islamique qui sympathise avec les courants fondamentalistes de l\u2019islam.C\u2019est, justement, en 1998.alors que ses parents se séparent, que Suleyman commence sa quête de la vérité absolue \u2014 financée par ceux-ci.Elle la mène d'abord au Yémen, où, croit-il, on parle l'arabe le plus proche de la « pureté» de la langue du Coran II désenchante rapidement, confronté aux réalités multiples de l'islam, notamment les disions entre chiites et sunnites.À sa dernière visite aux États-Unis, à la fin de 1999, il indique à ses parents vouloir étudier la médecine pour, un jour, retourner aider les pauvres du Pakistan.Moins d'un an plus tard, il quitte le Yémen pour étudier dans une madrassa du « pays des purs ».11 semble que déjà, à cette époque, il compte sur de nombreux amis dans les camps d'entraînement d .Al-Qaida situés non loiti de Bannu.L\u2019attentat-suicide du USS ('oie, en octobre 2000, donne d\u2019ailleurs un sérieux indice sur sa radicalisation.Alors que, dans un courriel, son père Frank déplore la mort de 17 marins, il répond que l\u2019accostage du destroyer dans un port du Yémen était un « acte de guerre » contre l\u2019islam.En toute logique, il appuie les attentats terroristes du 11 septembre lorsqu\u2019il est interrogé par un journaliste peu après son arrestation.Vraiment ?On peut tout de même s\u2019interroger sur son état mental alors qu\u2019il souffre de déshydratation et de deux balles dans la jambe.Mais avant d\u2019en arriver là, son contact avec les «étudiants en religion » pakistanais l\u2019amènera à partager leur affection pour les talibans.«J\u2019ai commencé à lire les enseignements, l'histoire de Kaboul.J\u2019ai été séduit », a déclaré John Walker.Un certain mystère persiste sur le comment et le pourquoi Suleyman s\u2019est métamorphosé, à nouveau, en Abdul Hamid \u2014 son nom de guerre.En mai, il disait à ses parents vouloir continuer ses études dans un endroit plus frais (les montagnes de la frontière) du Pakistan.11 s\u2019est plutôt retrouvé en Afghanistan dans un camp d\u2019Al-Qaida à apprendre le maniement de la «Mon fils ne pointait pas son arme en direction de compatriotes.Il a embrassé l'islam et s\u2019est retrouvé avec les talibans.Il sera toujours mon fils.Je voudrais le prendre dans mes bras et peut-être lui donner un petit coup de pied au cul pour ne pas m'avoir demandé la permission d aller en .Afghanistan.» La déclaration de F rank Lindh a déclenché un barrage de protestations de la part des chroniqueurs et des éditorialistes de la droite, qui ont vu dans celle-ci le parfait exemple du manque d'encadrement parental et du laxisme moral qui ont conduit le jeune Américain dans le « mauvais » camp.«Élevé par des pacifistes et \u201cmariné\u2019\u2019 dans la tolérance, (John Walker) a pris la AK-47 pour défendre des misogynes et des homophobes : pas un paradoxe, mais une conclusion logique à la nullité morale.de la gauche», écrit Mark Steyn dans le.London Daily Telegraph II ne AK-47 où.paraît-il.il aurait croisé Ossama bon Ui-den en personne.Son baptême du feu se déroulera pendant I'otc.au Cachemire II joint la guérilla pakistanaise opposée aux Indiens.Après la réplique américaine aux événements du Mardi noir, le jeune combattant est envoyé à Kun-duz pour affronter l'Alliance du Nord.Vendus par leur commandant.Walker et plusieurs centaines de talibans seront conduits dans une prison près de Mazar-é-Charif où il sera interrogé par Mike Spann et un autre agent de la CIA.l\u2019eu après, les prisonniers se révoltent.Mike Spann sera une de leurs victimes.« Dès que j'ai entendu les tirs et les cris, j\u2019ai couru, sur un mètre ou deux, avant d\u2019être atteint aux jambes », a raconté Walker.Les rebelles se réfugient dans le sous-sol.Après six jours de bombardements et de tentatives pour les brûler vifs puis les noyer, ils se rendent.C\u2019est à ce moment que sa réelle identité sera dévoilée.11 a ensuite été conduit au camp Rhino, à proximité de Kandahar.LE PÈRE ASSURE SA DÉFENSE Depuis, son père Frank plaide la cause de son fils \u2014 il est avocat \u2014 dans le circuit des talk-shows, malgré les menaces de mort.A cause de celles-ci, sa mère et sa sœur sont disparues de la circulation.Mais avant, Marilyn Walker avait soutenu que le cas de son cadet s'apparentait à celui de l\u201cti-tricia Hearst \u2014 la fille du magnat de la presse enlevée en 1974 par l\u2019Armée symhionèse de libération.Elle aurait tout aussi bien pu évoquer Jane Fonda, dont la visite à Hanoi en 1972, en pleine guerre du Vietnam, avait aussi provoqué une clameur de « trahison ».En fait, il faut remonter à la Deuxième Guerre mondiale et l\u2019arrestation du poète Ezra Round pour retrouver la trace d\u2019une telle accusation.Quant aux exemples d\u2019Américains qui se sont battus pour des raisons religieuses, politiques ou culturelles en terre étrangère, ils sont légion.Le plus récent étant probablement celui de Benjamin Linder, un ingénieur de 27 ans qui s\u2019est joint aux Sandinistes, au Nicaragua, en 1987, et fut tué lors d\u2019une attaque des Contras \u2014 financés par les États-Unis.l'eu importe, dans les médias et autres tribunes, l\u2019Américain moyen réclame un procès pour trahison.Et s\u2019il est reconnu coupable, qu\u2019il soit pendu haut et court.« Avec un tuyau d\u2019incendie », a sug-géré un New-Yorkais.Mais qu\u2019est-ce qui l\u2019attend vraiment à son retour mis à part une réprobation (presque) unanime?Si on se fie à l\u2019histoire récente, probablement quelques années de prison, un pardon et.un contrat pour un livre et une adaptation au cinéma, l'arce que, malgré ce que peuvent prétendre experts patentés et chroniqueurs de tout acabit, l\u2019Amérique reste fondamentalement la même.En plus paranoïaque! Sources : Newsweek, Time, Loudon Daily Telegraph, New York Times, San Francisco ('hro-niv le et Washington Times détonne en rien sur scs collègues américains comme Diana West dans le Washington Times : «C\u2019est un traître qui doit affronter les conséquences de sa trahison.» En fait, un des seuls à prendre la défense du taliban américain en éditorial fut Louis Freedberg, du San Francisco Chronicle, le 7 décembre.«L\u2019accuser de trahison revient a faire preuve de moins de compassion qu\u2019avec les talibans (.).A la place, (.) le président Bush devrait lui permettre de remettre sa vie sur la bonne voie.Nous ne voudrions pas moins pour nos enfants, qui auraient facilement pu se retrouver dans un tel bordel.» Seulement pourvoir son propre journal publier un éditorial cinglant, trois jours plus tard, sous la plume de Debra J.Saunders, qui s'étonne de voir que les parents « dérangés » du^eune Walker « ne sont pas les seuls à le défendre».É.M.jflHgjH Éric Moreault E\\toreault(g>lesrileil.C(m «Il était pieux, chaste et studieux.L\u2019islam semblait parfait pour un garçon sensible comme John» Les parents vilipendés par la presse de droite «C\u2019est un traître qui doit affronter les conséquences de sa trahison» LE SOLEIL LE SAMEDI 15 DECEMBRE 2001 \\ S\u2019 D 4 EDITORIAL Prntdrmt et EéUrur ALAIN DI Bit kedédeur *\u2022 chef YVES BELLEFLELK Ütrecteur de l editorial J -JAI Ql ES SAMSON Directeur de l'im/ormaiiou FRANÇOIS BOt RQt E Fontaine de jouvence Julie Lemieux .Ib\u2019mieujtelemleiLcoin Le gouvernement du Québec devrait porter une attention particulière au rapport du Comité sur l\u2019intégration des jeunes à la fonction publique.Car ce document pourrait permettre de redorer l'image ternie des fonctionnaires québécois et donner le goût a des milliers de jeunes de participer à la reconstruction de l\u2019appareil gouvernemental.11 y a longtemps que la fonction publique n\u2019a eu l\u2019occasion de soulever autant d\u2019intérêt chez les jeunes.La première vague de dynamisme a frappé ce secteur dans les années 60, au moment où tout était a construire.Et le deuxième épisode pte\tde fébrilité est survenu a la fin des années *\t-\t¦ 70, lorsqu\u2019un pays était à bâtir.La récession de 1982 a toutefois étouffé cet engouement.Pour justifier des baisses de salaires de 20% chez les fonctionnaires, le gouvernement Lévesque a lui-même miné la réputation de ses employés en rabaissant l\u2019importance de leur travail.Pendant ce temps, les syndicats marchaient sur le drapeau du Québec pour démontrer leur frustration.Maiblie par ces événements, la fonction publique n\u2019a jamais réussi à rebâtir sa réputation.La crise économique du début des années 90 et la croisade pour le déficit zéro ne l\u2019ont pas aidée à remonter la pente.En 1993, le gouvernement a décidé de réduire la fonction publique de 12u/o sur cinq ans, provoquant le départ à la retraite de 5800 employés.Mais en contrepartie, bien peu d\u2019efforts ont été investis dans le recrutement de nouveaux fonctionnaires.Résultat : les jeunes de moins de 35 ne constituent que 6,8% des employés réguliers de l\u2019appareil gouvernemental.Le comité propose de rétablir l\u2019équilibre en doublant la présence des jeunes fonctionnaires permanents d\u2019ici 2006, et en la triplant d\u2019ici 2011.Le mot permanent est important, car il serait inacceptable de profiter de l\u2019occasion pour « précariser » les emplois de la relève.Le défi est de taille, mais le comité apporte au président du Conseil du Trésor, Sylvain Simard, 28 recommandations concrètes pour y faire face.Ainsi, il suggère aux ministères de faire un recrutement plus agressif dans les institutions scolaires, de permettre aux étudiants occupant des emplois d\u2019été de travailler à temps partiel pendant I hiver et de reconnaître financièrement les années de scolarité des détenteurs de maîtrise et de doctorat.Deux autres recommandations attirent en outre l\u2019attention : celles de mandater de jeunes ambassadeurs de la fonction publique pour promouvoir ees carrières dans les écoles, et de lancer une campagne de publicité plus agressive pour vanter les avantages de travailler pour l\u2019État.Ces suggestions, combinées aux 26 autres, contribueraient à revaloriser le travail de fonctionnaire, qui n\u2019a toujours pas la cote dans la population.Car il s\u2019agit là du plus grand handicap du gouvernement.En effet, on entend rarement les jeunes se vanter de vouloir faire carrière dans la fonction publique.Et il serait utopique de croire que la création de plusieurs postes a court terme provoquera un engouement certain chez les moins de 35 ans.Pour attirer les jeunes, et surtout les garder, le gouvernement devra donc s\u2019attaquer d'abord et avant tout à son problème d'image.À cet égard, le rapport du comité constitue Les moins de 35 ans constituent 6,8% des employés un outil solide de réflexion.Reste à savoir ce qu\u2019en fera le ministre Simard.Chose certaine, le document ne devrait pas rejoindre les centaines d\u2019autres rapports qui dorment sur les tablettes.Il est rare qu\u2019un comité de travail formé par le gouvernement accouche de recommandations aussi innovatrices.Même le Conseil permanent de la Jeunesse affirme ne pas pouvoir demander mieux.Si le gouvernement tient vraiment à dynamiser sa fonction publique, à changer les mentalités et à permettre aux jeunes de goûter à leur tour à la fébrilité des années 60 et 70, il n\u2019aura d'autre choix que d\u2019investir l\u2019énergie et l'argent nécessaires pour que les suggestions de ce rapport deviennent réalité.Qui a tourne la vidéo os Ben Laden ?y y., H /9//Z/OI Se faire converger.Tout a commencé il y a presque deux ans, en février 2000 lorsque nous avons appris que Rogers Communications, le géant ontarien du câble, voulait se porter acquéreur de Vidéotron.Cette transaction pouvait provoquer un pincement de cœur parce qu\u2019une belle entreprise québécoise passait sous contrôle ontarien.Mais elle semblait répondre à une logique irréfutable.Tout d\u2019abord, la famille Chagnon, qui avait bâti Vidéotron, semblait incapable d\u2019assurer une relève qui aurait pu maintenir le même niveau de dynamisme.Mais surtout, la globalisation du monde des communications, et la concurrence entre le câble et le téléphone, exigeaient la formation d\u2019un groupe de câblodistribution fort, qui ne soit pas entravé par la fragmentation géographique, capable de maintenir son avance technologique.La synergie Vidéotron-Rogers semblait donc souhaitable pour le câble, pour la concurrence, pour les usagers, pour l'économie.Tout semblait beau.D\u2019autant plus que le réseau TVA, contrôlé par Vidéotron.était exclu de la transaction.Mais c\u2019était compter sans les déconcertantes manifestations du modèle québécois.D\u2019abord la Caisse de dépôt, actionnaire majeur de Vidéotron, qui détenait un droit de veto sur les décisions de la compagnie, s\u2019est opposée à la transaction pour des raisons qui semblaient en partie relever de considérations étrangères à l'économie.notamment une irritation à l'égard de la famille Chagnon.Mais aussi M.Bernard Landry, alors ministre des Finances, hanté par ses vieilles obsessions anglophobes.Et c\u2019est ainsi que la Caisse, pour Alain Dubuc Président et Éditeur ADubuc@lesoleil.coin contrer Rogers, a financé à gros prix, en puisant dans notre bas de laine, l\u2019achat de Vidéotron par Québécor.Cette transaction, outre la crainte qu'elle répondait à un nationalisme économique mal placé, a suscité de nombreuses réticences.Vidéotron se retrouvait dans un groupe qui n'avait pas de know-how et pas d'intérêt pour la câblodistribution.La démarche reposait également sur une vision stratégique lourdement influencée par les effets de mode, le concept de convergence, inspiré par la transaction AOL-Time Marner, selon laquelle l\u2019avenir appartenait à ceux qui contrôleraient simultanément les différents éléments du réseau de communication.On voyait mal comment s'articulerait concrètement cette convergence.Au plan financier, la transaction, qui s'est déroulée vers la fin de l\u2019euphorie du monde boursier, fut très rapidement un gros échec.Vidéotron a perdu la moitié de sa valeur.Sur le plancher des vaches, Vidéotron, parent pauvre du réseau, a découvert les pratiques brutales de Québécor, sa direction a été décapitée, ses dépenses coupées, son service réduit.Quant à la synergie, on l\u2019a moins vu dans la création de la valeur que dans le chauvinisme corporatif des membres du groupe.Hier, un autre chapitre de cette histoire s\u2019est ouvert, quand la nouvelle direction de Vidéotron, se disant incapable de résister à la concurrence, a annoncé des compressions de 35 ou 40 millions $.Pour les usagers de Vidéotron et ses employés, la convergence prend ainsi un tout nouveau sens, celui de se faire converger.LE SOLEIL, en situation de concurrence avec Québécor, n\u2019est certes pas neutre dans ce dossier.Mais parce que cette transaction a été financée par des fonds publics, il y a là matière à débat public.Cette aventure nous fournit en effet une abondante matière à réflexion.D\u2019abord le fait que l'investissement massif de fonds collectifs risque fort de servir à financer des mises à pied et une détérioration du service.Mais aussi, encore une fois, sur le modèle québécois.L'intervention publique, faite avec des fonds publics, doit servir l'intérêt public.Dans cette aventure, nos outils collectifs semblent trop avoir été mis au service d'objectifs qui servaient moins le bien public que des projets plus personnels, que ce soit les ambitions de la Caisse de dépôt ou l'arrogance d\u2019un politicien devenu premier ministre, trop pressé de démontrer la supériorité de sa philosophie économique ou de régler ses comptes avec le passé.En soi.il ne s\u2019agit pas de remettre en cause le principe de l'intervention publique dans l\u2019économie, souvent nécessaire, ni le désir que le Québec suive un cheminement qui lui est propre.Mais un modèle, par définition, doit comporter un élément de succès et d'exemplarité.Nous ne le retrouvons certainement pas dans cette aventure bâclée.I Le poids relatif d\u2019un électeur IB île-de-Montréal perdra du poids à l\u2019Assemblée na-W tionale après les prochaines élections générales, étant amputée de deux sièges.Les délimitations de pas moins de 70 circonscriptions sont modifiées et la Gaspésie conservera ses quatre députés à Qué-I bec, même si comme pour les îles-de-la-Madeleine et IT\u2019ngava, le nombre d\u2019électeurs de chacune de celles-ci sera inférieur de plus de 25 % à la moyenne provinciale.Le dépôt de la nouvelle carte électorale du Québec, à quelques mois des élections générales, soulève des passions.Chez les députés d\u2019abord, bien sûr, puisque de légères modifications aux délimitations de leur carré de sable peuvent parfois faire la différence entre une réélection ou une amère défaite.Dans la population aussi où.dans les grands centres urbains surtout.les citoyens estiment que le nombre d'élus par région devrait refléter à peu près intégralement le poids démographique de chaque communauté, à plus forte raison lorsque des connotations linguistiques teintent le débat.J.-Jacques Samson JJSamsimdUfsnleilcom La confection de la carte ne peut toutefois être un simple exercice mathématique.La Gaspésie.par exemple, a heureusement conservé Bonaventure, Gaspé.Matane et Mata-pédia, alors que la première version de la révision prévoyait l\u2019élimination de l\u2019une d'elles.La densité de la population y est très faible, mais les distances à parcourir rendent les relations entre les citoyens et leur député plus difficiles que dans les centres-villes de Montréal ou de Québec.D\u2019autre part, le député joue un rôle fort différent en région, où il est confesseur et ombudsman, alors que ses collègues en milieu urbain peuvent souvent circuler incognito.Les difficultés économiques de la région et les problèmes sociaux qui en découlent, justifiaient amplement enfin un arbitrage en ce sens de la part des membres de la Commission de la représentation électorale.L'île-de-Montréal perd par contre deux comtés au profit de la Montérégie et de Laurentides-Lanaudière.ce qui correspond à l'évolution de la démographie.La fusion des municipalités de l'ile conférera par contre un poids politique à l'administration municipale de Montreal qui compensera Le député joue un rôle fort différent en région largement la perte de deux sièges de députés au Salon bleu.Le maire de Montréal deviendra, dans les faits, l'autorité politique numéro deux au Québec.Le redécoupage de la carte électorale comporte néanmoins quelques incongruités.C\u2019est le cas notamment de Tannexion' de Plessisville à la circonscription de Lotbiniè-re, avec laquelle elle a peu d'affinités.La loi prévoit qu'une circonscription représente une communauté naturelle, ce qui n'est pas le cas dans cet exemple.La révision de la carte électorale se révèle un pénible rafistolage depuis 1988.quand la limite de 125 circonscriptions a été atteinte.Une réforme du mode de scrutin, dans le sens d'une proportionnelle pondérée souvent mise de l'avant, assurerait plus facilement l'égalité du vote de chacun des électeurs, le principe à la base de notre démocratie.Malheureusement, même si le Parti québécois et le Parti libéral du Québec ont tour à tour été victimes depuis 1966 des distorsions auxquelles conduit l'actuel système uninominal à un tour, aucun n'a voulu le modifier une fois au pouvoir ou sur le point de le prendre.Et ce n'est pas en 2002 que les choses changeront.La commission parlementaire prévue sur le sujet ne sera rien d'autre qu'un divertissement intellectuel pour Initiés.\t' LE SOLEIL Le samedi 15 décembre 2001 OPINIONS I) 5 CHRONIQUE POLITIQUE L\u2019échec de la conscience Un lecteur.«Dan», m'a pose une question troublante hier «Que font-ils, tous ces deputes, lorsqu\u2019ils ne votent pas selon leur conscience?» Mon interlocuteur s'imaginait qu'un simple depute n'est jamais contraint de respecter la ligne de parti! Hélas.Les champions de la liberté de vote \u2014 ou plutôt de voter selon la volonté des électeurs de leur circonscription plutôt que selon celle du parti, tombent au champ d'honneur les uns après les autres.'Sic transit' Preston Manning.Sic transit' Stoekwell Day.C\u2019est ma chronique de jeudi sur ce vote invraisemblable \u2014 et sans débat ! \u2014 du projet de loi S-10 instituant un poste de « poète officiel du hir-lement », qui a inspiré cette réflexion à Dan Mais la réalité est pire que celle qu\u2019il avait imaginée.Dans la journée de mercredi, moins de 24 heures après leur vote, plusieurs députés libéraux \u2014 un seul, Denis Paradis, de Brome-Missisquoi.ayant osé rejeter cette idée surgie dans la tête d'un sénateur libéral en mal de publicité \u2014 se demandaient s\u2019ils n\u2019avaient pas commis une gaffe.Et comment ! Les réactions des lecteurs à cette décision plutôt loufoque, voire choquante dans les circonstances actuelles, sont enragées.« Des vers qui me rendent vert », disent-ils.À l\u2019Assemblée nationale où je me trouvais hier, c\u2019était la rigolade.Et Mario Dumont, qui ne manque pas d'humour, suggéra même au Vérificateur Guy Breton, tout juste retraité, de poser sa candidature et d\u2019entrepren- dre une nouvelle carrière de Versificateur général (Le comptable m\u2019a cependant dit préférer un fauteuil de sénateur.les exigences de la tâche étant encore moins lourdes .) Je m\u2019étonne toujours que des députés puissent regretter.aussi rapidement, une decision qui leur semblait bien importante la veille Us m'ont d\u2019ailleurs confirmé que Jean Chrétien n'a pas été jusqu'à leur tordre le bras Mais Us ne savaient tout simplement pas ce qu'ils faisaient.Je charrie, pensez-vous?Que nenni.11 faut savoir que lorsqu'Us arrivent dans le «//>-b// du gouvernement» \u2014 un confortable salon caché derrière les rideaux de la Chambre des communes dans lequel ils bâillent d'ennui et somnolent en regardant leurs collègues ànonner un discours généralement écrit par les fonctionnaires du ministre qui parraine le projet de loi \u2014 les députés de la majorité reçoivent une note du ivhip où on indique par exemple: «Il y aura un vote à 15 h 15.Présence obligatoire.Rejeter les amendements x, y et z.Voter pour la motion principale ».Cela arrive tellement souvent que bien des députés ne se donnent même plus la peine de vérifier sur quoi on leur demande de voter ! C'est ce qu\u2019on appelle des « chiens savants ».ma traduction un peu libre de trained seals.(Madame chose, ne m'envoyez pas de courrier me traitant de «sale séparatiste» ou de «maudit-Krançais-qui-de-nigre-ce-plus-beau-pa\\ s-qui-vous-a-aecueilli » c'est la même chose à l'Assem-blee nationale du Quebec, sauf pour Mario Dumont qui ne peut tout de même pas s'imposer la discipline de parti à lui-même!) Voilà pourquoi l' Action démocratique est généralement condamnée au même sort electoral que le Mouvement réformiste devenu le parti de l\u2019Alliance canadienne Alors, mon cher Dan.la «conscience » du député, cela ne veut pas dirt* grand chose à moins d\u2019être indépendant J'en ai parfois vu pleurer lorsqu'ils se rendent compte de ce qu'ils sont obliges de voter Voici aussi [tourquoi I Veston Manning est retourné à ses chevaux et à son ranch de I \\lberla, jeudi.Voici pourquoi Stoekwell Day a quitte Stornoway.la résidence officielle des chefs de l'opposition.Car ne nous y trompons pas : l'ocluv de Manning et celui de Day, sans doute aussi celui de Dumont, c\u2019est l\u2019échec de la conscience.Dans les vieux partis, à Ottawa connue à Quebec, on n\u2019aime pas beaucoup les francs-tireurs.Manning, Day, Dumont sont tous de dangereux séditieux Mettre dans la tête des députés cette idee farfelue qu'ils pourraient exiger la généralisai ion des votes libres, c\u2019est menaçant pour un chef de pimti.Tous ces grands démocrates, et ht presse po- litiquement correcte qui pontifie sur leur conqtor-tement.trouvent inacceptable qu'on soumette des questions aussi graves que la peine de mort ou l\u2019avortement à un referendum Imaginez s\u2019il fallait que la majorité s\u2019exprime! t >n a donc satanise IVeston Manning, avant de le réhabiliter en père de la t\u2019onfederation maintenant qu'il n\u2019est plus dangereux On a ridiculise Stoekwell Day Et le S mars 2002.on lèvera le nez sur cette veux c de 52 ans.Diane Xblonczy.qui ne peut être une vraie femme puisqu'elle s\u2019est t'garee dans un parti de fondamentalistes chrétiens.On xa même discréditer le parti en donnant toute la place qu elle mérité à Fnza «supermodèle» Anderson.uwdrap qaeen dont les jambes tournent bit'll des têtes (D\u2019ailleurs avez-vous remarque comme les travestis ont généralement les jambes bien gtUbees?) l'ont indique que la course xa se jouer entre Grant Hill, leader adjoint de l'Alliance candidat do la reconciliation avtv les progressistes-conservateurs de Joe Clark \u2014.et Stcx on Harper, candidat de la lutte à finir contre toutes les autres formations de la droite canadienne.Bien peu donnent encore une chance au pauvre Stoekwell comment pourrait-il se relever de la campagne de dénigrement qui l a obligé à partir?Au-delà de cette campagne au leadership, c'est une façon de faire de la politique qui se joue.Mais ncxous faites pas trop d'illusions : aussitôt au pouvoir.le iehi/> de l\u2019Alliance canadienne distribuent lui aussi des mots d\u2019ordre dans le lobby du gouvernement à lu Chambre des communes.Michel \\ autel l/luA/Wva Ifsoletl corn Détruire la démocratie au motif de la défendre L\u2019arsenal de la loi antiterroriste: nécessité ou prétexte ARCHIVE Le projet de loi antiterroriste C-36 de la ministre de la Justice, Anne McLellan, soulevé bien des critiques.V*1 KS?: 'WwW'- Pierre Robert Avocat et professeur de droit pénal Faculté de science politique et de droit Université du Québec à Montréal « 11 y a des cas où il faut mettre, pour un temps, un voile sur les libertés comme l\u2019on cache les statues des dieux » (Montesquieu).Si parfois nécessité fait loi comme semble le suggérer la citation de Montesquieu, à la démesure du crime terroriste répond trop souvent la démesure de la réponse étatique.En fin de compte, l\u2019État de droit et la protection des droits fondamentaux de la société démocratique en font toujours les frais.Le projet de loi antiterroriste C-36 du Parlement canadien, malgré des amendements récents, continue de poser à la fois des problèmes de contenu et de contexte qui risquent de mettre sous tension l\u2019exercice des libertés démocratiques, notamment la liberté d\u2019expression et la liberté d\u2019association essentielles aux libertés universitaires et syndicales.Sur le plan du contenu, la définition du terrorisme et donc la délimitation du champ d\u2019application de la loi soulè-v'ent d\u2019importantes difficultés à cause de l\u2019imprécision, mais surtout de la portée excessive auxquelles peut donner lieu l\u2019interprétation des nombreuses et complexes dispositions gigognes qui la concernent.En fait, le terrorisme n\u2019est pas défini comme tel, mais il est plutôt cerné par neuf infractions criminelles génériques qui réfèrent à deux concepts fondamentaux définis dans le projet de loi : celui « d\u2019activité terroriste » et celui de « groupe terroriste ».PORTÉE EXCESSIVE Le danger de la portée excessive réelle de ces dispositions consiste en deux facteurs principaux.Tout d\u2019abord, en amont, les définitions d\u2019activité terroriste et de groupe terroriste demeurent trop larges malgré les amendements du 22 novembre qui n\u2019ont corrigé à cet égard que deux modalités particulières des actes de terrorisme, dont le fait de paralyser un service essentiel, afin d\u2019en exclure les activités de protestation, licites ou non.mais à la condition qu\u2019elles ne visent pas l\u2019intégrité physique des personnes ou ne compromettent pas gravement la sécurité de tout ou partie de la population.Par ailleurs, en aval, le recours aux techniques de la criminalité par association dans la définition des infractions elles-mêmes apparaît inique.Par exemple, dans le cadre de l\u2019infraction générale de participation à une activité d\u2019un groupe terroriste (et non de participation à une activité terroriste, la distinction n\u2019est pas innocente), l\u2019alinéa (4) de l\u2019article 83.18 qui crée cette infraction indique les critères très vagues de détermination de la participation d\u2019une personne à une activité d\u2019un groupe terroriste : \u2014\tl\u2019accusé utilise un signe qui est associé au groupe ; \u2014\til fréquente quiconque fait partie du groupe terroriste ; \u2014\til reçoit un avantage de ce groupe, etc.Quand, au surplus, on réalise que la participation visée par cette infraction peut se limiter simplement au fait de donner ou d'acquérir de la forma- tion ou même de recruter une autre personne pour donner cette formation.on saisit immédiatement la démesure de la réponse répressive.Les définitions d\u2019activité et de groupe terroristes demeurent trop larges Toujours sur le plan du contenu de la loi, l\u2019octroi de pouvoirs coercitifs accrus en matière d'application de la loi prend de multiples formes et surtout est disséminé judicieusement à travers des modifications secondaires à plus d\u2019une vingtaine de lois fédérales.Parmi les mesures les plus radicales, il faut signaler l\u2019arrestation préventive sans mandat sur la base de motifs raisonnables de soupçonner que la mise sous garde d\u2019une personne est nécessaire afin de l'empêcher de mettre à exécution une activité terroriste [(83.3(4)].Puis, si les soupçons ne s'avèrent pas fondés, ce n'est pas peine perdue pour l'enquête policière, puisque ce pouvoir aura permis de ficher le suspect (art.2(1) de la Loi sur l\u2019identification des criminels telle qu'amendée par le projet de loi antiterroriste).Autre mesure d'exception au droit^ criminel canadien : la procédure in- quisitoriale de l\u2019audience d\u2019investigation (art.83.28), c\u2019est-à-dire la possibilité de contraindre toute personne, suspectée ou non.à déposer devant un juge dans le cadre de l\u2019enquête policière, foule au pied le droit au silence.Bien que décriées, le gouvernement fédéral justifie ces mesures par le contexte de la lutte au terrorisme mondial et ne concède qu'à les assujettir à une temporisation de cinq ans à la suite d'amendements récents.DANGERS POUR LA DÉMOCRATIE Le voile sur les statues des dieux risque de se transformer en chape dt1 plomb.Il ne s'agit là que de quelques exemples des transformations profondes apportées au contenu du droit pénal canadien au nom de la lutte au terrorisme.Mais les dangers pour la démocratie que représente U* projet de loi C-36 sont aussi reliés au contexte juridique el politique de son dépôt au l\u2019arlement.L\u2019adoption de mesures d\u2019exception qui heurtent nécessairement les libertés démocratiques exige politiquement et juridiquement d'être justifiée par la démonstration d\u2019un état de nécessité.L\u2019ampleur des moyens doit aussi être proportionnée à la réalité et à la durée de la menace appréhendée.Dans le cas du projet de loi antiterroriste du gouvernement canadien, ces exigences élémentaires de l'Etat de droit ne sont tout simplement pas satisfaites.Plus inquiétant encore, le prétexte de la lutte antiterroriste occulte le véritable contexte législatif de construction d\u2019un Etat policier commencée bien avant que les crimes haineux du 11 septembre n\u2019en fournissent le prétexte de la nécessité.Depuis quelques années et singulièrement depuis les événements dt* Seattle, plusieurs projets de lois étendent systématiquement les pouvoirs policiers en matière d\u2019application de la loi ou renforcent significativement le droit répressif en termes d\u2019infractions nouvelles ou de procédures spéciales : la loi antigang, le projet de loi C-24, actuellement devant le Sénat, qui excuse la commission d\u2019actes illégaux par la police dans l\u2019exécution de ses devoirs, le projet de loi C-35 modifiant la Loi sur les missions étrangères et les organisations internationales qui confie à la Gendarmerie royale du Canada la responsabilité première d'assurer la sécurité lors d\u2019une conférence intergouvemementale et qui l\u2019habilite à prendre « les mesures qui s\u2019imposent», notamment en contrôlant, limitant ou en interdisant l\u2019accès à une zone de sécurité.Plus récemment, le 22 novembre, le gouvernement a déposé le projet de loi C-42 qui modifie également plusieurs lois afin d\u2019assurer la mise en œuvre de la convention sur les armes biologiques ou à toxines, en vue de renforcer la sécurité publique accordant pour ce faire de nouveaux pouvoirs de contrôle, des mesures de contrainte, des infractions nouvelles et même octroyant aux forces armées canadiennes le pouvoir de créer des zones de sécurité militaire nécessaires pour les relations internationales, la défense ou la sécurité nationales sur tout le territoire canadien.La considération du contexte législatif et politique réel dans lequel s'inscrivent les mesures d\u2019exception du projet de loi C-36 devrait faire prendre conscience aux citoyens que la nécessité d'une loi ne se limite pas à invoquer un prétexte, aussi révoltant soit-il, et qu'il n\u2019y a rien de plus facile que de détruire la démocratie au motif de la défendre., Plusieurs projets de loi étendent les pouvoir policiers LE SAMEDI 15 DECEMBRE 2001 I Université Laval 9 9 ,'NIVERSITE Œ B LAVAL CŒUR VOTRE QUOTIDIEN UN MOMENT CHARNIÈRE Le recteur François Tavenas confiant en l\u2019avenir de l\u2019Université à la suite de l\u2019entente avec le Syndicat des professeurs et professeures de l\u2019Université Laval Au lendemain d\u2019une négociation qui a connu des moments ardus, l\u2019Université Laval est bien placée pour relever les défis qui se présentent à elle et, avec la mobilisation de tous les membres de la communauté universitaire, je suis confiant que nous relèverons ces défis avec succès dans les prochaines années.» Dans une lettre qu\u2019il adresse a la communauté universitaire, publiée dans le journal Au fil des événements du 13 décembre, le recteur de l\u2019Université Laval, François Tavenas, fait le point sur le passé récent, c\u2019est-à-dire la signature d\u2019une convention collective avec le Syndicat des professeurs et professeures de l\u2019Université Laval (SPUL), qui donne à l\u2019Université «les moyens de poursuivre son développement dans le respect de ses ressources financières», tout en jetant un regard positif sur l\u2019avenir.Depuis 1995, rappelle le recteur, l\u2019Université Laval, comme les autres établissements du réseau universitaire québécois, vit une période difficile, marquée, entre autres, par une baisse prononcée de sa population étudiante et par des réductions de la subvention gouvernementale atteignant 64 millions de dollars, soit plus de 25 % de sa subvention de fonctionnement.«Nous avons cependant voulu protéger une capacité de développement, d\u2019une part en maintenant un certain renouvellement du corps professoral, d\u2019autre part en maintenant intacts le Fonds de soutien au doctorat et le budget de développement de la recherche, écrit-il.Cette capacité de développement a été maintenue au prix d\u2019un déficit accumulé de l\u2019ordre de 100 M S, mais elle nous a permis de hausser et ensuite de maintenir la population étudiante à 35 500 étudiants, tandis que les subventions et contrats de recherche ont augmenté de près de 50 % pour atteindre aujourd\u2019hui plus de 160 M $.La stratégie adoptée a donc eu les effets positifs escomptés pour l\u2019Université Laval, et on peut considérer le déficit cumulé comme un investissement rentable pour l\u2019avenir de notre établissement.» Rôle clé, méconnu, des professeurs Durant cette période, les sévères compressions gouvernementales ont entraîné dans leur sillage une inévitable gestion de la décroissance (réduction de tous les postes de dépense notamment) et, par ricochet, un accroissement considérable des tâches professionnelles de tous les membres du personnel de l\u2019Université.Les professeurs ont été particulièrement touchés, leur charge d\u2019enseignement s\u2019amplifiant - et ce malgré les opérations de rationalisation des programmes et des cours, et l\u2019apport important des chargés de cours -, de sorte qu\u2019ils ont dû faire face à l\u2019apparition d\u2019une série de nouveaux programmes de financement de la recherche et à une compétition plus François Tavenas vive pour l'obtention de subventions, signale François Tavenas.Et de rapporter que ces derniers ont aussi collaboré de façon active et constructive à des initiatives institutionnelles comme la mise en place des profils internationaux, la création de nouveaux baccalauréats intégrés, la création de DEC+BAC en collaboration avec les cégeps, l\u2019intégration des technologies de l\u2019information dans l\u2019enseignement ou encore la mise sur pied de nouveaux instituts à vocation multidisciplinaire.«Si toutes ces initiatives sur le plan pédagogique placent aujourd\u2019hui l\u2019Université Laval dans une position de pointe dans les réseaux universitaires québécois, canadiens et internationaux, le mérite en revient sans aucun doute à tous les professeurs qui ont su déployer créativité et énergie, avec l\u2019appui des autres membres de la communauté universitaire, pour permettre à notre établissement de maintenir la qualité de ses programmes et de poursuivre le développement de la recherche, malgré le contexte de ressources globalement décroissantes, affirme-t-il.Peu de personnes dans notre société ont connu, au cours des dernières années, un accroissement de travail aussi lourd que celui des professeurs d\u2019u-mversité.Ceci doit être dit et reconnu par nous et, surtout, autour de nous.» Louant le role constructif joué par les associations étudiantes et leurs prises de position équilibrées et fermes, qui ont «sans aucun doute contribué à la résolution rapide du conflit», le recteur François Tavenas considère que l\u2019accord intervenu entre l\u2019Université et le SPUL a permis de sauvegarder la session en cours et de trouver les bons équilibres pour assurer la qualité de la formation et de la recherche et, plus globalement, l\u2019avenir de l\u2019Université Laval.Qui plus est, ce dernier ne manque pas de souligner, entre autres, que les clauses relatives au plancher d\u2019emploi permettent d\u2019envisager cet avenir avec confiance et que les améliorations apportées au fonds de soutien aux activités académiques fourniront des moyens accrus aux professeurs dans l\u2019accomplissement de leurs fonctions d\u2019enseignement et de recherche.Une action concertée, renouvelée «Si la convention collective qui vient d\u2019être signée nous fournit un cadre d\u2019évolution positif compte tenu des ressources, il nous faut en même temps réaliser que ces ressources ne sont pas toujours suffisantes pour permettre à l\u2019Université Laval, comme à toutes les universités québécoises, d\u2019occuper la place qui lui revient sur la scène canadienne.Le gouvernement du Québec se doit de poursuivre l\u2019effort amorce lors du Sommet du Québec et de la jeunesse en 2000», soutient-il.On sait que, grâce à leurs efforts communs, les associations étudiantes, les syndicats et associations de personnel et les directions universitaires avaient réussi à obtenir un premier engagement du gouvernement québécois dans le contexte du Sommet.«Je suis convaincu que c\u2019est par une action concertée renouvelée que nous pourrons protéger aujourd\u2019hui les acquis du Sommet et continuer à réaliser les progrès nécessaires sur la voie du refinancement de l'enseignement supérieur.Avec le haut niveau de mobilisation des associations étudiantes et les relations constructives que nous entretenons avec elles, la conclusion heureuse des négociations avec le SPUL ouvre la voie à une telle acnon concertée avec les professeurs», se réjouit le recteur François Tavenas.UiAAQ '.\u2018-O\u2019 , L\u2019Ensemble Anonymus et l\u2019Atelier de recherche théâtrale de l\u2019Université célèbrent la Nativité, ce soir, en l\u2019église Saint-Roch e rituel de la Nativité revivra de façon grandiose à travers la quête des Rois mages, aujourd\u2019hui, 15 décembre, à 20 h, en l\u2019église Saint-Roch de Québec.Le réputé ensemble de musique ancienne Anonymus et l'Atelier de recherche théâtrale (ART) de la Faculté des lettres de l\u2019Université Laval se sont en effet associés pour monter une imposante production, intitulée Mystère de l\u2019Étoile, d\u2019après un drame liturgique du XIL siècle.Celle-ci mettra en scène neuf chanteurs et instrumentistes, un narrateur et une dizaine de manipulateurs (tous étudiants au baccalauréat en études théâtrales de l\u2019Université) qui donneront corps et âme à 18 marionnettes géantes.La direction artistique du spectacle relève de Claude Bernatchez, de l\u2019Ensemble Anonymus.José Luis Thénon, directeur du bac en études théâtrales, signe pour sa part la mise en scène et la scénographie de la production tandis que Puma Freytag, chargé de cours au bac en études théâtrales et à l\u2019ART, est responsable de la réalisation et de la manipulation des marionnettes.«Ce spectacle constitue une activité de rayonnement importante pour l\u2019Atelier de recherche théâtrale du Département des littératures en même temps qu\u2019il représente non seulement un défi intéressant de re-création des mystères selon une vision contemporaine, mais également une occasion exceptionnelle, pour nos étudiants, de vivre une expérience professionnelle très enrichissante», commente José Luis Thénon.Multimédia médiéval Entrepris en l\u2019an 2000 sous l\u2019appellation de l\u2019Office de l\u2019Etoile, le Mystère de l\u2019Etoile est basé sur Le jeu d'Hérode et explore le thème de la Nativité suivant l\u2019approche du drame liturgique, un genre musico-littéraire typique du Moyen Age.Au dire de Claude Bernatchez, ce Mystère se situe depuis au coeur des activités de la formation de musique ancienne au renom international qu\u2019il dirige.«Anonymus a opté dès le départ pour une élaboration en Des marionnettes géantes contribuent à la magie liturgique du Mystère de l\u2019Éroile.deux étapes, se consacrant d\u2019abord à la musique et au chant pour ensuite développer l\u2019intégration théâtrale, précise-t-il.Cette approche devait permettre de bien maîtriser la complexité du sujet et l\u2019ampleur relative de la production.» Le directeur artistique de l\u2019Ensemble Anonymus qualifie de «multimédia médiéval» le spectacle qui sera présenté ce soir.Car ce dernier fera appel, selon lui, à un concept de création très élaboré et à des ressources riches et diversifiées: musique dans toutes ses composantes (créativité interprétative, instrumentation, chant et narration), éléments visuels (décors, costumes, maquillages, accessoires et éclairage) et mouvance étudiée (scénographie, gestuelle, voire chorégraphie).sans parler ici des marionnettes géantes.L\u2019entrée au spectacle sera libre, mais il faudra s\u2019être procuré auparavant des laissez-passer à l\u2019un des endroits suivants: au bureau d\u2019Anonymus (310, boulevard Lan-gelier, bureau 128), chez Archambault Vieux-Québec (1095, rue Saint-Jean), chez Sillons le Disquaire (1149, avenue Cartier) et chez Twigg musique (675, boulevard Charest Est).Notons que les spectateurs pourront verser une contribution volontaire à la fin du spectacle.GABRIEL CÔTÉ Les Canadiens vivent dans un environnement «obésitogène» Les banlieues et des lieux de travail mal adaptés contribueraient à l\u2019épidémie Les quelque 250 spécialistes présents à la première conférence multidisciplinaire canadienne sur l\u2019obésité, qui s\u2019est déroulée du 7 au 9 décembre à Toronto, ont constaté l\u2019urgence de la situation et la nécessité de développer une action concertée afin de mieux identifier non seulement les facteurs biologiques, mais également sociaux et environnementaux, responsables de l'épidémie d\u2019obésité qui frappe les Canadiens.Ils ont conclu notamment qu'il faut entreprendre de grandes études de surveillance afin de mieux évaluer l\u2019état de santé de la population canadienne ainsi que des études de prévention et de traitement à long terme où l\u2019intervention ira bien au-delà des approches classiques.On devra également intervenir de façon concertée à tous les niveaux sur tous les facteurs qui constituent des barrières à la prévention et au traitement.La population canadienne vit dans un environnement «obésitogène» que constituent les banlieues et les lieux de travail mal adaptés, a déclaré Denis Richard, directeur de la Chaire de recherche sur l\u2019obésité de l\u2019Université Laval.«L'obésité a atteint des proportions épidémiques qui nécessitent une approche globale.multifactorielle centrée sur la prévention II s'agit d'une condition hétérogène qui a des conséquences graves sur la santé et qui doit être évaluée au-delà d\u2019un simple excès de poids», a signalé son collègue Jean-Pierre Després, professeur au Département des sciences des aliments et de nutrition, lors de la séance inaugurale de la conférence.Les participants à la conférence ont reconnu l\u2019importance d'intervenir bien au-delà du domaine médical afin d\u2019enrayer le fléau de l\u2019obésité.II est urgent, par exemple, d\u2019interpeller non seulement les autorités médicales mais également le ministère de l\u2019Éducation du Québec, compte tenu de la propagation de l'épidémie = de l\u2019obésité chez les enfants.~ Est-il éthique, demandent Le projet de loi qui doit être déposé la semaine prochaine ferme la porte à un ticket modérateur ou à la coassurance des services.Mais des amendements législatifs demeurent possibles plus tard.La Régie dit qu\u2019elle ne cherche pas à obtenir plus de contrôle et que de toute façon, elle possède déjà les informations administratives.Elle parle de gestion plus efficace.«Au niveau administratif, ça ne change pas grand-chose, ça change le moyen de faire de nos mécanismes de contrôle.Ce qu\u2019on faisait a posteriori, on le fera en direct, mais on n\u2019ajoute pas plus de contrôle», affirme M.Côté.La RAMQ a recommandé que soit inclus dans le projet de loi un article stipulant que le résumé des renseignements de santé ne devrait pas servir au contrôle de l\u2019utilisation des services, ni des actes professionnels.N\u2019empêche, la RAMQ sera fiduciaire d\u2019une immense banque de données cliniques sur la population québécoise.Et la Commission d\u2019accès à l\u2019information s\u2019interroge sur le bien-fondé de ce projet.Quels sont les risques pour les citoyens de confier tous ces renseignements sensibles à la RAMQ?Et quel usage fera-t-on de ces données?La Commission poursuit son examen du projet de loi.La centralisation de l\u2019information apparaît nécessaire au président du comité directeur sur la carte à puce, le Dr Claude Poirier.« Il fallait s\u2019assurer de l\u2019accessibilité pour les acteurs du réseau et il fallait s\u2019assurer de l\u2019intégralité des données et de la responsabilité Savoir qui est responsable, qui en est le gardien, qui gère les délais de conservation», dit-il.Il ajoute que la R.AMQ a été le gardien de beaucoup d'informations depuis 3ü ans et que jamais il n\u2019y a eu fuite de renseignements.Son comité a quand même proposé l\u2019ajout d\u2019une structure indépendante qui serait chargée de la surveillance de l'utilisation de la banque de données.DES RISQUES Cela ne rassure pas le Conseil de la protection des malades.Le président Paul Brunet se rappelle d\u2019une famille qui a reçu une offre d\u2019arrangement funéraire au moment où un des aînés venait d\u2019être hospitalisé.«Comment cette information est-elle venue à l\u2019oreille de l\u2019entreprise?Il y a des risques, d'autant que les informations au dossier permettront d\u2019avoir le profil complet d\u2019un patient.Actuellement, tout ça est moreeié.» Les renseignements auxquels la carte à puce donnera accès sont nombreux.Le médecin connaîtra les maladies, les médicaments, les allergies d\u2019un patient.Il saura qui il a consulté, quand et pourquoi.«C\u2019est ce dont on a besoin de façon minimale pour permettre un meilleur maillage entre les professionnels», dit le D' Poirier.Pour lui, la connaissance de la médication est un élément clé.Un patient qui arrive à l\u2019urgence n\u2019a pas forcément ses médicaments avec lui et ne se souvient pas toujours de ce qu\u2019il doit consommer.La RAMQ croit que la connaissance de la médication permettra de diminuer le nombre des victimes d\u2019interactions médicamenteuses néfastes, dont certaines doivent être hospitalisées.En même temps, cela signifie qu\u2019elle connaîtra la consommation de médicaments de l\u2019ensemble de la province.Chaque usager aura le choix de consentir ou non à la constitution de son dossier médical informatisé, de même qu\u2019aux données qui y seront inscrites.Mais la gestion du consentement pose problème.La Commission d\u2019accès à l\u2019information relève qu\u2019il peut être impossible pour l\u2019usager d\u2019exprimer un consentement éclairé au moment de l\u2019intervention de l\u2019équipe soignante.Qu\u2019arrive-t-il en effet à un patient confus ou inconscient en situation d\u2019urgence?C\u2019est un aspect qui inquiète aussi le Conseil pour la protection des malades.« Comment expliquer aux gens qu\u2019ils pourront retirer des informations?Je trouve ça très lourd», dit Pitul Brunet.LES MÉDECINS EN RENFORT Les responsables du déploiement de la carte à puce sont convaincus que la très grande majorité des gens accepteront d\u2019avoir un dossier médical informatisé.Ils comptent sur les médecins pour leur faire valoir l\u2019utilité de cet outil.« Le médecin dira au patient qu\u2019il pense que telle information devrait figurer au dossier parce qu\u2019elle a une importance pour d\u2019autres ARCHIVES LE SOLEIL Quand un journaliste a montré que la photo sur la carte-soleil n\u2019est pas le moyen de contrôle infaillible que l\u2019on croyait, le ministre de la Santé, Rémy lYudel, venait de trouver un bel argument de vente pour sa controversée carte à puce.médecins qui pourraient le soigner», dit le Dr Poirier.Mais si on ne veut pas voir apparaître un diagnostic de dépression ou de MTS, il faudra penser à le dire.Le président du comité directeur sur la carte à puce, qui a travaillé avec 19 partenaires, parle de consensus autour du projet.Pourtant, les craintes et les objections persistent.« Il n\u2019y a pas eu de suivi sérieux sur le volet clinique», déplore Pierrot Péladeau, du Centre de bioéthique de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal.M.Péladeau croit qu\u2019il existe de meilleurs modèles pour livrer les soins.«Mais ils veulent passer leur projet sans discuter autrement qu\u2019en vase clos.Ils ont décidé.C\u2019est la dictature de la technocratie.S\u2019il n\u2019y a pas de débat public, c\u2019est probablement parce qu\u2019ils ont peur que ça dérape.» \u2014 La publicité de la Régie de l'assurance-maladie * DES MILLIERS DE PERSONNES A TRAVERS LE MONDE BENEFICIENT DU SAVOIR-FAIRE QUEBECOIS Il ne prend pas cet instant pour acquis.Nous non plus.Au cours du dernier siècle, Merck Frosst a découvert quelques-uns des médicaments et des vaccins qui ont changé le quotidien de milliers de personnes comme Robert Vincent.Des découvertes importantes qui connaissent un rayonnement mondial, comme le VIOXX\u2019 et le SINGULAIR\u2019, ont été faites au Québec par nos chercheurs et contribuent de façon notable à l'amélioration de la santé et au mieux-étre des personnes au Québec et dans le monde entier.Plus de 300 chercheurs de renommée internationale travaillent sans relâche au Centre de recherche thérapeutique Merck Frosst et participent à la recherche de découvertes qui changent nos vies.\u2022Marque déposer ?4 MERCK FROSST Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux ^492 "]
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