Le soleil, 26 janvier 2005, Supplément 1
[" au Québec 25 ans d'évolution! Le Québec évolue lentement vers une culture entrepreneuriale.Mais, bientôt il devra prendre les bouchées doubles s'il ne veut pas dépérir économiquement Ainsi, face à la Chine et à l'Inde, vers qui de plus en plus d'industries se tournent pour fabriquer leurs produits, le Québec devra faire preuve de créativité et d'entrepreneurship sous peine de stagner et même de dépérir économiquement.Mais celui qui a créé la Fondation de l'entrepre-neurship il y a 25 ans, M.Paul-Arthur Fortin, est optimiste: «Nous sommes en train de prendre le virage».Cet homme de 69 ans, qui dirige encore son entreprise «Accès entrepreneur», à Lévis, trouve les Québécois très frileux dans le domaine des affaires.Il reconnaît cependant que de plus en plus de tranches de la société sont maintenant convaincues de l'importance de développer une culture entrepreneuriale.« Il y a 25 ans, le mot \"entrepreneurship\" n'était même pas connu au Québec», dit M.Fortin.Quand il a créé la Fondation, en janvier 1980, il travaillait dans son sous-sol, à Sainte-Foy, avec son épouse Hélène.Tous deux sont partis à la chasse aux alliés, une chasse passablement infructueuse.Les cinq premières années furent difficiles, c'était les balbutiements.C'est en 1985 qu'il y eut un réveil, avec la publication d'une série d'articles (32 pages grand format) dans le quotidien Le Soleil sous la rubrique « Devenez entrepreneur », un projet de la Faculté des sciences de l'administration, réalisé par M.Fortin.Quand les HEC formaient des «voleurs»! À l'époque, le Québec presque entier travaillait pour de grandes entreprises et ('entrepreneurship «ce n'était pas sérieux ».Et M.Fortin d'expliquer que les Québécois avaient développé une culture anti-entrepreneurship depuis bien des lunes.Et de rappeler que « lors de la création des HEC (Hautes Études commerciales), en 1907, plusieurs personnes s'insurgeaient parce qu'on allait former des voleurs » ! L'Église catholique occupait une grande place et était très influente.Or, elle n'avait aucun penchant pour l'entrepre-En 1902, Mgr Louis-Adolphe Paquet, éminent du Canada français, affirmait: «Notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées, elle consiste moins à allumer le feu des usines qu'à entretenir et à faire rayonner au loin le foyer de la religion et de la pensée face à la montée de l'industrialisation ».Le gouvernement devient actif Mais, petit à petit, le gouvernement s'est ouvert à l'importance de former des entrepreneurs.Après un premier mandat sous le signe du «préjugé favorable aux syndicats», le gouvernement du Parti québécois a développé un discours très favorable à l'entrepreneuriat et posé des gestes en conséquence.Le ministre Rodrigue Biron, issu d'une famille d'entrepreneurs, a été très actif dans ce dossier.Puis, les quotidiens ont suivi Le Soleil et participé à la campagne «Devenez entrepreneur».Des colloques ont été tenus sur l'importance des incubateurs d'entreprises, sur le capital de risque, etc.M.Fortin a publié le volume « Devenez entrepreneur ».Puis ce fut la publication d'autres volumes et brochures sur le même sujet.Acculés au pied du mur Au fil des années, la conjoncture économique a aidé les divers partenaires à poser des gestes pour encourager l'entrepreneurship.La fermeture de grandes industries et la réduction massive d'emplois dans d'autres grandes industries ont obligé les gens à se demander quoi faire d'autre.Ici, M.Fortin salue l'attitude positive du maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, devant l'annonce de fermeture de deux usines qui emploient plusieurs citoyens de sa municipalité.Le maire a choisi de mettre ses efforts à trouver de nouvelles entreprises plutôt que d'uniquement quémander et se plaindre.Il marche ainsi sur les traces d'élus locaux comme la mairesse Jutras de Drummondville et le maire Roger Carette de Saint-Georges de Beauce.«C'est acculés au pied du mur que les Québécois deviennent entrepreneurs ».Plus les années passent et plus les actions se font nombreuses de même que les acteurs.M.Fortin rappelle que le gouvernement du Québec pose de plus en plus de gestes pour favoriser l'éclosion d'une culture entrepreneuriale.La création, il y a un an, du programme « Défi entrepreneuriat jeunesse» et la collaboration de ministères, dont celui de l'Éducation, font partie des signes encourageants.L'adoption de la loi 34 amènera les élus locaux à s'occuper plus de développement économique.M.Fortin dit que les Québécois doivent se défaire de leur attitude d'attentisme, de dépendance.des gouvernements et des étrangers.Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à ce que le Québec ait une vraie culture entrepreneuriale.Mais M.Fortin est optimiste: «Nous avons la tête dure, nous ne comprenons pas vite, mais nous avons un bon estomac.Nous l'avons vu avec la révolution tranquille».mm ' foiul.ition de l'entrepreneurship.( colloque w annuel Hôtel Hilton Bori.rventure à Montréal NOUVEAUTÉS 0 Conférences de sommités internationales en entrepreneurship p journée réservée entièrement aux entrepreneurs o Conférences-témoignages d\u2019entrepreneurs vedettes d Ateliers-débats sur la culture entrepreneuriale par région B Spectacle 25e anniversaire de la Fondation de l\u2019entrepreneurship c Entretien en direct Lit* Olon, humoriste, comédienne, auteure et femmes d\u2019affaires Pour consulter la programmation complète et pour vous inscrire : www.vntreprenvurihip.qc.c* Fondation de l\u2019entrepreneurship Téléphone : (418) 646-1994, poste 7 Courriel : fondation@entrepreneurship.qc.ca l\u2019.itU'naires l)Mni ,I\u2019,UIK Québec llli ¦\t+ ¦ O»v«opp«wnt ¦\t¦ éconotniqu* Canada DavaEopmant Canada (lcij ^LE MERCREDI 26 JANVIER 2005 L'entrepreneurship au Québec 25 ans d'évolution! Le Québec s'éveille lentement \\ m #\t¦ 1# j.\t¦ m\t.\tfondation do, .a la nécessite de I entrepreneunat lentrepreneurship^c Les Québécois constatent de plus en plus que l'entrepreneuriat est un gage d'avenir, que la culture entrepreneuriale est d'une grande importance pour assurer le développement économique, mais « nous n'en sommes encore qu'au début du changement des mentalités».C'est le constat que dit avoir fait M.Régis Labeaume après un an et demi au poste de président-directeur général de la Fondation de l'entrepreneurship.Il affirme que les gens sont plus conscients qu'il y a quelques années de la nécessité de se prendre en mains.Surtout en région, alors que les grosses industries traditionnelles qui faisaient vivre des régions entières ferment leurs portes ou réduisent leur personnel.« La mondialisation fait que ces entreprises sont de moins en moins fidèles à la région qui les a fait croître durant des décennies ».La Fondation enfin entendue Le pdg de la Fondation reconnaît qu'enfin les gouvernements commencent à entendre la voix de la Fondation qui a longtemps crié dans le désert.Ces gouvernements, autant au fédéral qu'au provincial, trouvaient plus rentable de faire des investissements directs aux entreprises pour les soutenir que d'investir dans des programmes susceptibles d'encourager l'avènement d'une culture entrepreneuriale.Aujourd'hui, tant à Ottawa qu'à Québec, les gouvernements mettent en place des programmes d'éducation à la culture entrepreneuriale.M.Labeaume salue la décision du premier ministre Jean Charest de créer le programme « Défi de l'entrepreneuriat jeunesse » et d'en prendre la responsabilité.C'est un signe pour la fonction publique qu'elle doit en faire une priorité.Au gouvernement fédéral aussi, l'éveil à la nécessité de développer une culture entrepreneuriale au pays se fait.«Ottawa est avancé dans ce domaine», reconnaît M.Labeaume.Le gouvernement fédéral est vraiment plus axé sur l'encadrement des entrepreneurs et le long terme.Une situation inconfortable Au Québec, la culture entrepreneuriale est dans une situation plutôt inconfortable, selon le pdg de la Fondation de l'entrepreneurship.Les statistiques disent en effet qu'en 2003 il y avait dix (10) fois moins de jeunes de 18 à 25 ans qui désiraient fonder une entreprise au Québec qu'en Ontario.Mais de plus en plus, entre autres grâce à la création des CRÉ (Conseil régional des élus), les Québécois réalisent que leur salut économique ne viendra pas de l'extérieur et qu'ils doivent créer eux-mêmes la richesse dans chacune de leur région.La sensibilisation à cette réalité passe beaucoup par l'éducation, par le système scolaire.Il faut développer chez les jeunes le goût d'entreprendre, car les besoins sont là, dans toutes les régions.M.Labeaume s'appuie encore sur les statistiques pour souligner l'importance de sensibiliser les jeunes à la culture entrepreneuriale.D'ici 10 ans, de 25% à 30% des entreprises changeront de mains.Or, la relève n'est pas nécessairement prête au Québec.Ce peut être là un problème grave, car ça va jusqu'à mettre en péril nos capacités de conserver la propriété de nos entreprises.M.Labeaume pense que, si le Québec n'en est qu'aux balbutiements d'une culture entrepreneuriale, c'est probablement parce qu'il a cru le travail fait au début des années 1980, qui ont vu éclore une belle génération d'entrepreneurs.Or, il n'en était rien.Oui, on a connu des résultats spectaculaires, entre autres grâce à la Société générale de financement (SGF) et les incitatifs fiscaux, mais la culture entrepreneuriale n'était pas devenue une réalité.Œuvre à poursuivre Le travail est amorcé, les gouvernements investissent de plus en plus dans des programmes d'éducation mais la Fondation de ('entrepreneurship continue de « sonner le tocsin », car il faut encore accroître les efforts pour changer les mentalités.Sinon, à cause de la décroissance démographique, les grandes entreprises s'arracheront les jeunes diplômés et la relève entrepreneuriale deviendra un problème criant, particulièrement pour les PME.1980: Création de la fondation de l\u2019entrepreneurship 1986: Tenue du premier colloque de la Fondation, devenu aujourd'hui le plus grand rassemblement muitiréseaux du milieu de l'entrepreneurship 1989 : Lancement du Programme d'aide aux initiatives en entrepreneurship 1992 : Lancement de la collection Entreprendre, qui compte aujourd'hui plus de 200 produits spécialisés en entrepreneurship 2000 : Mise en place du réseau de parrainage de la Fondation 2002 : Inauguration de la Toile entrepreneuriale 2002 : Lancement de la tournée des régions « Conférences et dédicaces partout au Québec » avec les auteurs de la collection Entreprendre 2004 : Création du Centre de vigie sur la culture entrepreneuriale 101 « Fonceurs &Cie > C'est tout Desjardins qui appuie les entreprises.i 1\\ J à W/Jn f/j/t r///ù / J i % I C'est une façon de voir le leadership.À l'impossible nul n'est tenu.Surtout pas vous n'est-ce pas?Foncer est dans votre nature et vous tenez déjà pour acquis qu'une institution prendra vos projets d'affaires au sérieux.Bienvenue dans le monde de Desjardins, un groupe financier intégré de nature coopérative qui appuie les entreprises de toutes ses forces Pas besoin d'aller bien loin pour aller plus loin.Ceci n\u2019est pas une façon d\u2019ouvrir des portes Desjardins Conjuguer avoirs et êtres 3 L\u2019entrepreneurship au Québec 25 ans d évolution! *5 m Le Québec est-il entrepreneurial ?Nous avons posé la question à divers spécialistes du privé et du public, en leur demandant également si la culture entrepreneriale était suffisamment valorisée au Québec.Voici ce qu'ils nous ont répondu Martine Blain Présidente de l'entreprise Praxcim, Mme Martine Blain, prétend que la culture entrepreneuriale est en bonne posture au Québec.« Parce que, dit-elle, la plupart des gens ressentent au moins une fierté lorsqu'on parle du succès des Québécois en affaires et de l\u2019inquiétude quand une entreprise québécoise rencontre des difficultés ».L'admiration qu'ont les gens pour les 1 petits » entrepreneurs tels les agriculteurs, les inventeurs ou les consultants est un autre signe que la culture entrepreneuriale existe ici.« Mais peut-être pas plus qu'ailleurs », précise Mme Blain.Surtout si on pense qu'au Canada français particulièrement le développement s'est beaucoup fait à l'aide de l'État et grâce à la présence d'un seul très grand employeur dans plusieurs villages.La présidente de Praxcim croit que le gouvernement ne devrait pas faire plus que ce qu'il fait déjà pour aider les entreprises, parce que cette aide est apportée aux grandes entreprises, étrangères ou non, et décourage le petit entrepreneur qui n'y a pas droit.De plus, les ressources requises pour faire les démarches et remplir les « incontournables formulaires » sont telles que seules les plus grandes entreprises peuvent se permettre cet investissement de temps et d\u2019argent.Michel Lavigne Pour M Michel Lavigne, du bureau Raymond Chabot Grant Thornton, la culture entrepreneuriale n'est pas suffisamment valorisée au Québec de ce temps-ci Pis, elle le serait moins aujourd'hui qu elle pouvait l'être il y a 20 ou 30 ans, soit la période qui a vu naître une pépinière d'entrepreneurs québécois tels les Jean Coutu, les frères Lemaire, les Rémi Marcoux, etc.M.Lavigne croit que les nouvelles générations se fient trop à l'État providence Mais si la culture entrepreneuriale est si peu développée c'est aussi dû au fait que, lorsque l'instruction était aux mains de l'Église, le domaine des affaires était mal vu (l'argent c\u2019est sale) et au fait que le Québec est l\u2019endroit où le syndicalisme est le plus large ment implanté.Pour créer une culture entrepreneuriale, M.Lavigne croit que tout le monde doit mettre l'épaule à la roue : les dirigeants d'entreprises qui peuvent servir de mentors aux jeunes, l'école, le gouvernement « C'est très têt qu'il faut ouvrir les yeux des jeunes pour qu'ils voient tous les avantages de devenir entrepreneurs » Germain Oesbiens Le Québec n\u2019est pas encore une province entrepreneuriale, même si des valeurs de créativité et d'initiatives sont observables.Pour améliorer la situation il faut entre autres accroître le rôle de l'école dans l'émergence des valeurs entrepreneuriales.C'est là la conviction de M.Germain Desbiens, qui a déjà été président-directeur général de la Fondation de l\u2019entrepreneurship, organisme voué à la promotion d'une culture entrepreneuriale au Québec.Des carences importantes freinent l'entrepreneurship ici.Par rapport à l'Ontario et à l\u2019Ouest canadien, nous avons un plus faible taux de création d'entreprises.Nous avons aussi de la difficulté à transmettre les entreprises d'une génération à une autre.Pour stimuler la culture entrepreneuriale au Québec, M.Desbiens suggère quatre choses : susciter un plus grand sens des responsabilités individuelles et collectives ; effectuer un véritable virage PME ; accélérer le perfectionnement et l'accompagnement des entrepreneurs à tous les niveaux et, enfin, accroître le rôle de l'école.Alain Dubuc Chroniqueur pour les quotidiens du réseau Gesca, M.Dubuc affirme que le Québec peut être fier de ses réussites, de la performance de ceux et celles qui ont manifesté un remarquable esprit entrepreneurial.Mais ces succès, réels et nombreux, ne peuvent nous faire oublier que l'entrepreneurship ne s'est pas encore imposé comme valeur commune.« Nous n'avons pas tout à fait rompu avec un passé qui menait à la méfiance du monde des affaires et de l\u2019argent, précise-t-il.Et cela se manifeste dans notre refus d'accepter, collectivement, la création de richesse comme objectif de société.Cela s'exprime également par la grande importance que les Québécois accordent aux vertus de la solidarité, ce qui les a menés à privilégier l\u2019État comme garant du partage et de la sécurité.» Louis Roquet « Le Québec ne sera jamais assez entrepreneurial et la culture entrepreneuriale n'y sera jamais assez valorisée.» C'est là l'opinion du président et chef de l'exploitation de Desjardins Capital de risque, M Louis Roquet.Il précise que la structure de notre économie est surtout basée sur la PME et que la vigueur d'une économie est basée sur la création d'entreprises.Or, le taux de création d'entreprises diminue au Québec, ce qui ne peut que taire augmenter le taux de chômage.Il faut reconnaître que nous sommes dans une situation préoccupante et le seul moyen de s'en sortir c'est de stimuler les jeunes pour l'entrepreneuriat.Il faut leur donner des modèles et les médias ont un grand rôle à jouer dans ce domaine Mais l'inspiration ne suffit pas, il faut absolument fournir aux jeunes ou moins jeunes désireux de se lancer en entreprise les conseils de gens expérimentés.Le mentorat est la façon la plus efficace pour leur procurer cette aide.Ces jeunes et moins jeunes devront innover et trouver de nouveaux créneaux de l'économie « C'est la condition de notre salut », conclut M.Roquet.Jacques Saada « Personnellement, je pense que le Québec foisonne de gens qui, au départ, ont une idée, un rêve », explique Jacques Saada, ministre de Développement économique Canada et ministre responsable de la Francophonie.« Et ce sont ces idées et ces rêves qu'il faut les aider à concrétiser.» Il ajoute que ce sont souvent la passion, l'imagination et l'esprit d\u2019entreprise des gens du milieu qui sont à la base du développement.« L'action gouvernementale doit con sister en priorité à soutenir l'initiative locale.En fait, c\u2019est comme cela que j'interprète le mandat de mon ministère.À mes yeux, la plus grande force dont nous disposons, ce sont nos collectivités.» Pouvons-nous nous libérer de nos préjugés ?demande M.Dubuc.Certainement, répond-il, si l\u2019on comprend que la création de richesse \u2014 et son outil incontournable, l'entrepreneurship \u2014 n'est pas incompatible avec les objectifs de solidarité, bien au contraire.Parce que l'esprit entrepreneurial, essentiel au succès des entreprises, peut également être mis au service du fonctionnement de l'État et du monde associatif.Yvon Casse « Je pense qu'il y a beaucoup de ressources disponibles au Québec pour appuyer tant le démarrage que le développement de nouvelles entreprises, renchérit il Développement économique Canada est en relation plus particulière avec divers intervenants clés.Avec l'aide du Réseau des Sociétés d'aide au développement des collectivités (SADC), nous offrons aux jeunes de 18 à 35 ans, vivant hors des grands cen très urbains, un programme de soutien pour les aider à se lancer en affaires.» Si on parle strictement de création d'entreprises nouvelles, il semble que le Québec soit moins entrepreneurial que la plupart des autres provinces du Canada.Toutefois il y a eu une grande évolution de la culture entrepreneuriale, ici, au cours des 40 dernières années.Mais il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la situation.C\u2019est le portrait tracé par M.Yvon Gasse, directeur du Centre d'en-trepreneuriat et de PME à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval.M.Gasse rappelle les statistiques de la Banque de Montréal voulant qu\u2019entre 1998 et 2003, le Québec a créé 10 fois moins de petites entreprises que la moyenne canadienne.La croissance du nom bre d'entreprises de moins de 50 employés au Québec, entre 1998 et 2002, a été de seulement 0,3 %, alors que la moyenne canadienne était de 3 %.Par contre, la culture entrepreneuriale a franchi de grands pas.M.Gasse croit par ailleurs que l'on en parle moins depuis une dizaine d\u2019années.L'Université Laval, pour sa part, fait de l\u2019entrepreneurship depuis 35 ans à la Faculté des sciences de l'administration.Elle a aussi un programme pour former les conseillers et « intervenants » en entreprises, un incubateur d'entreprises depuis 1993 et depuis l'an dernier, un Profil entrepreneurial offert à tous les étudiants Les Québécois sont moins enclins à créer leur entreprise que le reste du Canada Nathaly Riverin CEM-HEC Montréal directrice du Centre de vigie sur la culture entrepreneuriale, Fondation de l'entrepreneurship Le Québec comptait 175 000 entreprises avec employés et plus de 302 300 autres sans employé en 2003.Malgré ces chiffres pour le moins impressionnants, nous constatons que l\u2019entrepreneuriat est plus timide au Québec comparativement au reste du Canada et plus particulièrement par comparaison aux régions de l\u2019Ouest du pays et à l'Ontario.Selon le GEM Canada, en 2003, le Québec affichait un taux d'entreprises en création en dessous de la moyenne canadienne, et ce, pour une quatrième année consécutive : 4,8 % des adultes étaient en voie de créer une entreprise en 2003, un taux qui atteignait 5,1 % pour l'ensemble du Canada.Une amélioration, mais.Par rapport à l'année précédente, il s'agit tout de même d'une amélioration de près de 25% pour les entreprises en création au Québec.Les autres régions du Canada voyaient ce taux diminuer de près de 38 % en deux ans, passant de 5,9 % en 2002 à 5,1 % en 2003 après avoir atteint un sommet en 2001 à 6,9 %.Nul doute que les événements extraordinaires de 2003, tels le SRAS, la crise de la vache folle, les feux de forêt dans l\u2019Ouest, ont eu des répercussions significatives sur l'entrepreneuriat au Canada.Pas d'amélioration en vue Rien ne laisse présager une amélioration de ce portrait à moyen terme, car les résultats portant sur les jeunes, sur la culture entrepreneuriale et sur les intentions d'entreprendre viennent confirmer la position désavantageuse du Québec.En 2002, GEM soulevait, par exemple, qu'il y avait dix (10) fois moins de jeunes de 18 à 24 ans en voie de créer une entreprise au Québec que dans le reste du Canada (1,2 % versus 10,2 %).Dans le même sens, une plus faible proportion de Québécois, soit 47,7 %, s'estiment capa blés et compétents pour lancer une entreprise.Dans le reste du Canada, ils sont 58,1 %.La moyenne québécoise est tout de même plus élevée que dans le reste du monde (41,3 %).Dans de telles conditions, on ne s'étonnera pas de trouver que peu de gens forment le projet de se lancer en affaires : 8,5 % des Québécois affirment avoir l\u2019intention de créer une entreprise dans les trois prochaines années et 10 % dans l'ensemble du Canada.Cette statistique semble fortement conjoncturelle car, en 2002, c'est deux (2) fois plus de Canadiens de l'extérieur du Québec qui souhaitaient créer une entreprise que de Québécois (13,1 % versus 7,6 %).On parle de 34,7 % en Chine.Chances de succès et de survie Est-ce que les entreprises créées au Québec ont de meilleures perspectives de succès et de survie?Oui et non.Le taux de jeunes entreprises (de 42 mois et moins) était au-dessus de la moyenne canadienne en 2003, mais les entreprises créées affichaient un comportement stratégique plus modéré.Seulement 57 % des Québécois nouvellement en affaires souhaitent exporter (plus de 1 % de leurs ventes) contre 76 % dans le reste du Canada.Qui plus est, 92% des nouvelles entreprises vont reproduire une activité existante avec une technologie existante, dans un secteur où trône la compétition.C'est une proportion comparable au reste du monde (93 %) mais inférieure au Canada anglais (88 %).Par ailleurs, le travail autonome s'avère moins répandu au Québec que dans l\u2019Ouest canadien.Global entrepreneurship monitor, projet de recherche en entrepreneuriat.POUR FAIRE VIVRE UNE IDÉE BRILLANTE, IL FAUT AVOIR UNE BONNE DU FINANCEMENT.Vous avez des projets en tête et les yeux tournés vers l\u2019avenir?Nous sommes des experts en financement ayant à cœur (\u2019expansion de votre entreprise.Nous pouvons vous proposer des solutions personnalisées, complémentaires à celles des institutions financières.Croissance, exportation ou développement technologique.quel que soit votre projet, prenez d\u2019abord contact avec nous.Investissement Québec vous accompagne jusqu\u2019au bout de vos idées.1 866 870-0437 | www.investquebec.com I7S1 Investissement ILw^Ouébec s k » CAHIER PUBUCITAitt EMÉRCRÉDI26 JANVIER 2005 L'entrepreneurship au Québec 25 ans d'évolution! Le gouvernement du Québec a pris conscience que les Québécois et Québécoises doivent intégrer les valeurs et la culture entrepreneuriale s'ils veulent prospérer.Il a reconnu en même temps que le renforcement de cette culture entrepreneuriale passe par l'éducation et l'émergence d'un environnement favorable.Pour atteindre ce but, le premier ministre du Québec, M.Jean Charest, a annoncé, en février 2004, une stratégie innovatrice, le « Défi de l'entrepreneuriat jeunesse ».« L'intégration des valeurs que sous-tend l'entrepreneuriat, affirmait alors M.Charest, constitue un passeport pour l'avenir et un atout indéniable pour la réussite.Choisir l'entrepreneuriat, poursuivait-il, c'est un premier pas vers l'émergence d'une véritable culture de la relève au Québec».Depuis le lancement de la stratégie, l'ensemble des mesures identifiées ont déjà été mises en œuvre.Du primaire à l'université Le gouvernement du Québec veut que les programmes et les activités scolaires, du primaire à l'université, s'appliquent à faire acquérir aux jeunes les habiletés et les valeurs entrepreneuriales.M.Jean-Paul Riverin, coordonnateur du Défi de l'entrepreneuriat jeunesse au Secrétariat à la jeunesse, précise que « le but de cette stratégie est de donner aux jeunes le goût d'entreprendre en leur permettant d'intégrer les valeurs entrepreneuriales que sont la créativité, le sens des responsabilités, le leadership, l'autonomie et la solidarité».Le premier ministre disait d'ailleurs, quand il a annoncé le Défi de l'entrepreneuriat jeunesse, que l'important n\u2019est pas tant de faire des entrepreneurs de tous les jeunes que de mieux les outiller pour la vie.« La promotion de cette culture favorisera le développement d'attitudes, de compétences et d'habiletés profitables non seulement aux entrepreneurs de demain, mais également aux futurs employés et à tous les citoyens.Je demeure convaincu que l'intégration de ces valeurs, dans l'ensemble de la société québécoise et encore davantage chez les jeunes, nous L'épanouissement de la culture entrepreneuriale passe par l'école permettra de mieux relever les défis du XXI siècle et de bâtir le Québec de demain.» Rattrapage à faire Cette démarche est devenue nécessaire face au constat que le Québec n\u2019est pas la pépinière d'entrepreneurs que l'on croyait, et que les Québécois deviennent entrepreneurs par nécessité, quand les bons emplois disparaissent plutôt que par goût Les Canadiens de l'Ouest et de l'Ontario ont plus ce sens de l'entrepreneuriat que les Québécois.Le Défi de l'entrepreneuriat jeunesse veut combler cette lacune.Depuis l'annonce de la stratégie, 75 agents de sensibilisation à l'entrepreneuriat jeunesse, tous âgés de moins de 30 ans, soutiennent, dans toutes les régions du Québec, les différents acteurs dédiés au développement de la culture entrepreneuriale, et plus spécifiquement les enseignants qu'ils mettent en contact avec des entrepreneurs.Onze postes d'agents ont aussi été créés pour promouvoir les activités d\u2019éducation à l'entrepreneuriat coopératif et à l'économie sociale.Le ministère de l'Éducation développe, quant à lui, dans le cadre de la stratégie et le prolongement de ces efforts, des outils pédagogiques à l'usage des écoles primaires, secondaires et collégiales.Le Défi de l'entrepreneuriat jeunesse a déjà permis des réalisations concrètes comme la création de Clubs d'entrepreneurs étudiants, d'écoles micro-entreprises environnementales ou encore la concrétisation d\u2019un grand nombre d'initiatives entrepreneuriales à travers des activités comme le Concours québécois en entrepreneuriat Jeunes Entreprises, Jeune Coop ou encore Coopératives jeunesse de sen/ices.« Plusieurs objectifs prévus pour la première année ont déjà été largement dépassés», soutient M.Riverin.Sensibiliser tout le monde Le Défi vise à sensibiliser le plus grand nombre de personnes possible à la nécessité de développer ici une culture entrepreneuriale.« Cela passe par tous les niveaux d'enseignement par la sensibilisation des futurs enseignants et des conseillers en orientation, mais aussi par la contribution des parents, des entrepreneurs et même des élus municipaux », affirme M.Riverin.Ce dernier constate qu'il n'est pas toujours évident pour les jeunes d\u2019obtenir la collaboration de leurs parents dans leur désir de devenir entrepreneur.Des parents sont plutôt craintifs et veulent voir leur progéniture obtenir un emploi stable plutôt que de les voir risquer la création d'une entreprise.L'initiative gouvernementale vise aussi à encourager les entrepreneurs, notamment les propriétaires d'entreprises familiales, à planifier la relève.Le Défi de l'entrepreneuriat jeunesse soutient, à cette fin, la démarche du Groupement des chefs d'entreprise du Québec par la mise sur pied de clubs de relève.Au Québec, on estime qu'entre 60 % et 70 % des PME verront leurs dirigeants prendre leur retraite d'ici 2012.' Ralentir l'exode des jeunes des régions Le Défi de l'entrepreneuriat jeunesse contribuera à ralentir l'exode des jeunes des régions.« Si, au lieu de quitter leur village, on réussissait à convaincre les jeunes d'y créer leur entreprise, ce serait déjà une grande réussite » affirme M.Riverin.« Le développement d'une culture entrepreneuriale est une nécessité incontournable en région, dans un contexte où souvent les grandes industries ferment ou réduisent de façon importante le nombre d\u2019emplois.» L'objectif rejoint d'ailleurs la volonté gouvernementale, exprimée par le premier ministre, « de tout mettre en œuvre afin que chaque jeune Québécoise et Québécois participe activement à la société.Aucune collectivité ne saurait être vivante et prospère sans la participation pleine et entière de la jeunesse ».1.JOUCOEUR, Martin.« Le manque de relève menace les acquis du Québec inc », lesaffaires.com, 29 juin 2002.Le soutien du gouvernement fédéral aux entrepreneurs L'Agence de développement économique du Canada (DEC) a pour rôle d'appuyer le dynamisme des entrepreneurs, souvent perçus comme des gens qui s'adaptent rapidement au changement, qui voient des possibilités que d'autres ne voient pas et qui mobilisent les ressources nécessaires pour faire avancer les choses.Le ministre Jacques Saada explique que l'Agence s\u2019applique à réduire les obstacles que peuvent rencontrer les personnes désireuses de fonder une entreprise soit par la recherche de financement, de renseignements stratégiques, d'études de faisabilité ou de marchés.Un outil pour ce faire, c'est le programme IDÉE-PME qui comporte trois volets : l'innovation et la productivité, le développement des marchés et l'exportation et l'entre-preneurship.L'Agence travaille aussi à l'amélioration du climat de développement économique dans les diverses régions du Québec.Pour cela, DÉC mise beaucoup sur l'Initiative régionale stratégique (1RS).Ce programme permet d'appuyer des projets susceptibles d\u2019avoir un impact majeur sur l\u2019économie régionale dans son ensemble, précise M.Saada.Ces 1RS ont comme cible première les régions et sous-régions aux prises avec des difficultés d\u2019adaptation ou de développement particulières.Développement économique Canada vient par ailleurs d'intégrer à sa programmation un volet visant l\u2019émergence de l'économie sociale.Le ministre rappelle qu'au Québec l\u2019économie sociale est valorisée par plus de 7 150 enreprises qui emploient 124 000 personnes et génèrent un chiffre d'affaires de 17,2 milliards de dollars.Le Réseau des Centres de sen/ices aux entreprises quant à lui facilite l'accès aux nombreux outils du gouvernement du Canada pour encourager et valoriser l'entrepreneurship.Les personnes désireuses de fonder une entreprise trouveront là tous les renseignements sur les programmes gouvernementaux mais aussi sur les organismes ou associations d\u2019affaires qui peuvent leur venir en aide.Les entrepreneurs actuels et futurs peuvent communiquer avec Info entreprises au 1 800 322-4636 ou consulter le site Internet (www.infoentrepreneurs.org).Le Portail des affaires du gouvernement du Canada est également un outil fort utile pour trouver les bonnes sources d'information et d'aide : www.portaildesaffaires.ca.U ; Virginie, 30 ans, conseillère aux entreprises L\u2019Université Laval, leader canadien de la formation universitaire et de l'accompagnement des étudiants en entrepreneuriat.Gagnante, en 2004, de 12 prix nationaux au Concours québécois en entrepreneurship.Informez-vous sur le profil entrepreneurial de l'Université Laval, unique au Canada.r.nnseillers(ères) aux F I.Ce prop.raiimi»! de formation r'ffi\" aux intervenants et conseillers en entrepreneuriat | et PM! I -lu.iodilalion piof/'V.iontielle de \u2022 Conseillers aux PMI de I API C \u2022 reconnue mondialement | a desip.iralion LPM! API L représente I erirjagemenl et le liant niveau de profey.ionnalisnie du conseiller dans le domaine du service conseil aux entreprises Inscrivez-vous à la prochaine session a Montreal : les ?6.?7 et 28 avril 2005 et a Quebec : les 7.8 et 9 juin 2005 Pour plus rl'mlormation : www opmeapec ca lèléplioiif' Plia) (/>(.¦ ?|.tl pnste'MVI wi par tomnel Simon chirfier^ha ulnval ca L\u2019Université Laval voit aussi loin que vous.ulaval.ca UNIVERSITÉ LAVAL L'Ordre des CGA du Québec est fier de s'associer pour une 3e année consécutive aux Éditions de la Fondation de l'entrepreneurship dans le cadre de la tournée des conférences et dédicaces partout au Québec.L'expert-comptable CGA, votre partenaire de choix dans vos décisions d'affaires .fondation de.lentrepreneurehip^c www.entrepreneurship.qc.ca CGA- AOniredesCGA du Québec www.cga-quebec.org L\u2019entrepreneurship au Québec 25 ans d'évolution! LE MERCREDI 26 JANVIER 200 Les entreprises québécoises ne se préoccupent pas assez de la relève Le programme « Entrepreneuriat-Études » roule à toute vitesse au Québec Les entreprises québécoises connaîtront un sérieux problème de sun/ie si elles ne commencent pas dès maintenant à s'occuper de leur relève.Des statistiques d'Emploi-Québec indiquent que 85% des entreprises du Québec appartiennent à des familles et que 50% des patrons prendront leur retraite d'ici 10 ans.Or, précise Alain Samson, de la Société-conseil Alain Samson inc., dans certaines régions du Québec, d'ici huit ans, la majorité des entreprises vont changer de patron et trois sur quatre de ceux-ci n'ont pas pensé à assurer leur relève ! Mais M.Samson dit que la situation au Québec n'est «ni pire ni mieux qu'ailleurs».Il précise que le plus grand transfert générationnel de l'histoire se prépare en Amérique du Nord, où 90% des entreprises sont familiales et où 78% des nouveaux emplois sont créés par des entreprises familiales.Ce qui n'est pas rassurant, c'est que seulement 30% d'entre elles se rendent à la deuxième génération et à peine 12%, à la troisième.Si 81 % des entrepreneurs nord-américains aimeraient que leur entreprise reste familiale, 20% d'entre eux doutent de la compétence de leurs enfants ! «Fidéliser» le successeur Plusieurs patrons ne préparent pas la relève parce qu'ils veulent garder leur statut le plus longtemps possible; d'autres, parce qu'ils sont devenus prisonniers de leur entreprise.Ces dirigeants devraient penser que l'absence de planification de la relève peut mettre l'entreprise en péril et entraver sa croissance, dit M.Samson.Certains croient aussi qu'il sera facile, le moment venu, de trouver un successeur.Or, avec la dénatalité et le vieillissement de la population, les entreprises s'arracheront les employés compétents capables de prendre les rênes.Ainsi, il sera moins tenté de céder au chant des sirènes d'une autre entreprise.M.Samson parle aussi de l'importance, durant une certaine période, d'une cohabitation entre le patron et son successeur.Elle permet de fournir une crédibilité à la relève auprès, notamment, des banquiers et des investisseurs.Il est bon que la patron se fasse accompagner de son « dauphin » quand il va voir son banquier, les investisseurs, etc.M.Samson donne des exemples de patrons qui n'ont pas su laisser leur place.Le fondateur de Benjamin Moore a dit toute sa vie à ses enfants qu'ils allaient le remplacer.Toutefois, il a dirigé son entreprise comme un monarque jusqu'à sa mort, à l'âge de 95 ans! M.Samson reconnaît que penser à la retraite fait peur.« C'est accepter qu'on est mortel».D'autres patrons reconnaissent leurs limites.Ainsi, le fondateur de la chaîne de restauration Wendy's, devant la croissance fulgurante de son entreprise, a commandé une réunion de son conseil d'administration pour le destituer! L'aide d'un mentor Un mentor peut être un bon guide pour un patron dans la recherche d'une relève.D'une certaine façon, le directeur ou propriétaire d'une entreprise est mal placé pour décider qui sera son successeur.Le patron doit aussi éviter de chercher une copie conforme de lui-même pour lui succéder, car l'entreprise a évolué, et son successeur devra posséder d'autres qualifications.M.Samson conseille par ailleurs au «dauphin» d'aller travailler quelque temps dans une autre entreprise, surtout si le successeur est le fils ou la fille du propriétaire.Les employés ne pourront alors dire que le choix a été fait uniquement « parce qu'il était le fils ou qu'elle était la fille du boss ».Il devient important d'identifier un employé, que ce soit le fils ou non, comme successeur.Depuis son lancement en février 2004, le programme « Entrepreneuriat-Études » roule à toute vitesse dans le système d'enseignement du Québec.Le responsable du programme à la Fondation de l'entre-preneurship, Denis Morin, explique qu'une quarantaine d'écoles primaires membres du Réseau québécois des écoles micro-entreprises environnementales ont déjà intégré le programme dans leurs cours tandis qu'on est en train de l'implanter dans une dizaine d'écoles au niveau secondaire.M.Morin prétend qu'avec la réforme de l'éducation, l'école jouera mieux son rôle dans le développement des compétences entrepreneuriales des jeunes.En effet, dit-il, le « Programme général de formation » au primaire et au secondaire présente les problématiques auxquelles les jeunes doivent faire face dans différentes sphères impor tantes de leur vie appelées « domaines généraux de formation».Les enseignants doivent aborder ces domaines dont celui de l'Orientation et entrepreneurial qui amène les jeunes à entreprendre et à mener à terme des projets orientés vers la réalisation de soi et l'insertion dans la société.Des exemples d'entrepreneuriat Déjà, bien des expériences ont été vécues par des élèves du primaire.Des élèves de maternelle gèrent une petite chocolaterie avec leur enseignante.En r et 2e année, on a vu des élèves exploiter un petit magasin de fournitures scolaires et un autre de vêtements pour enfants de 0 à 5 ans.En 3* et 41 année, des classes ont mené à bien une savonnerie.En 5 et 6\u2018 année, une classe a géré l'exploitation d'un restaurant pendant quelques jours, d'autres ont produit des pièces de théâtre et un CD de chansons sur la protection de l'environnement et d'autres travaillent à l'ensemencement de la rivière Jacques-Cartier.exploitation d'une salle d'exercices ; gestion de l'amphithéâtre de l'école, etc.Tous ces projets menés en classe sont prétextes à l'apprentissage des contenus scolaires.À la fin du programme de trois ans, M Morin dit qu'il sera implanté dans une soixantaine d'écoles au primaire et rejoindra plusieurs dizaines de milliers de jeunes qui feront de l'entrepreneu-riat.En cours de route, d'autres projets verront le jour comme la création de cours optionnels en secondaire 4 et 5, à l'intérieur desquels les élèves procéderont au lancement d'entreprises et se familiariseront avec les lois du travail, les forces syndicales et patronales, etc.Le programme «Entrepreneuriat-Études» se situe à l'intérieur du projet « Défi de l'entrepreneuriat jeunesse» lancé par le premier ministre Jean Charest en février dernier.La Fondation de l'entre-preneurship et ses partenaires, le Réseau québé cois des écoles micro-entreprises environnementales, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et Jeunes Entreprises du Québec, ont reçu le mandat de développer un programme «Entrepreneurial Études».Ils ont décidé de développer un programme susceptible de rejoindre le plus grand nombre d'écoles.A la fin du programme de trois ans, ils proposeront un portfolio des expérimentations faites dans une vingtaine d'écoles secondaires.Enfin, la Fondation entend développer un «Observatoire des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat (OPPE), qui viserait à recenser tous les projets entrepreneuriaux vécus au primai re, au secondaire, au collégial et à l'université.L'OPPE va nécessiter la collaboration de tous les acteurs du réseau scolaire.M.Morin dit que l'OPPE est appelé «à devenir l'outil de référence de l'entrepreneuriat jeunesse au Québec ».Au secondaire, de multiples projets sont sur le point d'être lancés.Citons-en quelques-uns: arboretum municipal ; dépliant touristique ; élaboration d'un « circuit patrimonial » ; aménagement et E MERCREDI 26 JANVIER 2005 L'entrepreneurship au Québec 25 ans d'évolution! CAHIER PUBUGTA Le programme de mentorat dépassé le cap des 1100 jumelages Hp mpntoMt de la Fondation de l'entrepreneurship, qui a vu le jour il y a moins de cinq besoin d'un suivi et le mentorat Le programme de mentorat de la Fondation de l'entrepreneurship, qui a vu le jour il y a moins de cinq ans, connaît un tel succès qu'il a dépassé le cap des 1 000 mentorés.En effet, en juin 2004, Mme Chantal Bouchard Genest devenait la 1 000' personne à bénéficier de l'aide d'un mentor, M.Roch Provencher, comptable agréé.La responsable du programme de mentorat à la Fondation, Mme Nicole Laverrière, explique qu'en juillet 2000, le programme a démarré avec 12 cellules de mentorat (gérées par des organismes de développement économique tels les CLD, les SADC, les SODEC, les chambres de commerce).Aujourd'hui, les 17 régions administratives du Québec sont couvertes par le programme avec 56 cellules et 700 mentors qui font bénéficier les jeunes entrepreneurs de leur expertise.En novembre 2004, plus de 1100 jumelages avaient déjà été réalisés.La 1 000 mentorée, dirige l'entreprise « Compte pour toi » qui offre un service de comptabilité spécialisé pour les responsables de garde en milieu familial.Mme Bouchard Genest, 33 ans, a fondé son entreprise il y deux ans et juge si précieuse l'aide de son mentor qu'elle souhaiterait l'avoir connu dès le démarrage de son entreprise.« Il m'aurait évité bien des nuits blanches et bien des soucis ».De son côté, M.Provencher dit son plaisir de pouvoir partager son bagage de connaissances avec une autre personne.« Le mentor et le mentoré retirent tous les deux des avantages de leur relation ».Il ajoute que le mentor fournit plusieurs idées à son filleul et il sera satisfait si ce filleul réalise au moins une de ces idées.« Puis, il faut aider notre relève », conclut M.Provencher qui œuvre avec les PME depuis 30 ans.Mme Marie-Claude Fontaine, coordonnatrice du mentorat à la SODEC (Société de développement économique) Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, qui a trouvé un mentor à Mme Genest Bouchard, explique que la SODEC est devenue une cellule de mentorat en mai 2004 et qu'elle a déjà aidé cinq entreprises en leur trouvant un parrain.Celui-ci, par ses conseils fournis sans jugement, s'avère un soutien très efficace pour un entrepreneur qui se retrouve souvent seul pour faire face aux difficultés inhérentes au développement d'une entreprise, selon Mme Fontaine.Le directeur général de cette SODEC, M.Jean Gauthier, parle avec un enthousiasme sans borne du mentorat.« C'est la formule la plus pure de parrainage et il faut qu'elle grandisse en qualité et qu'elle soit répandue dans tout le Québec.» Les entreprises de deux ou trois ou cinq ans d'existence ont Le Concours québécois en entrepreneuriat, un tremplin pour la relève besoin d'un suivi et le mentorat est là pour ça.Le mentorat est une formule d'aide qui ne se compare à aucune autre, car le mentor est un bénévole qui ne fait que faire profiter de jeunes entrepreneurs de son expérience.Pour le premier ministre du Québec, M.Jean Charest, \u2022 le mentorat facilite l\u2019apprentissage ainsi que le transfert d\u2019expérience et d\u2019expertise.Il favorise l\u2019échange, le partage et la solidarité intergénérationnelle.Le mentorat constitue une excellente façon de faire équipe pour développer le Québec afin de relever les défis du XXI' siècle.» Enfin, pour le ministre de l\u2019Agence de développement économique du Canada, M.Jacques Saadâ, l\u2019appui qu\u2019il donne au Réseau de parrainage de la Fondation de l'entrepreneurship est un moyen d'augmenter le taux de survie des nouvelles entreprises et de mettre les connaissances et les compétences d\u2019entrepreneurs expérimentés ou retraités à contribution dans le développement économique local.De gauche à droite : Mme Chantal Bouchard Genest mentorée; M.Roch Provencher, mentor; Mme Marie-Claude Fontaine, coordonnatrice du mentorat à la SODEC de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.Depuis maintenant sept ans, le «Concours québécois en entrepreneuriat» encourage hommes, femmes, élèves, étudiants à présenter leur candidature au plus grand concours annuel de promotion de ('entrepreneuriat au Québec.C'est un excellent outil de promotion, de développement et de valorisation de l'entrepreneuriat qui mobilise toutes les régions du Québec.Le Concours entend rappeler que le développement de l'économie et la prospérité collective ne sont assurés que si de nouvelles entreprises émergent et créent des emplois en quantité et en qualité égales ou supérieures à celles des emplois qui disparaissent parce que des entreprises ferment ou diminuent leur effectif.Cette situation signifie que chaque personne doit avoir l'occasion de découvrir et de développer son potentiel entrepreneurial et être stimulée à le faire.Par son action dans les 17 régions administratives du Québec, le Concours est lui-même développeur et promoteur de l'entrepreneuriat au Québec.Cette opération d'envergure exige la participation financière de partenaires importants, dont onze ministères du gouvernement du Québec qui appuient I organisme année après année, sans oublier le gouvernement du Canada et I apport particulier de Raymond Chabot Grant Thornton, du Mouvement des caisses Desjardins et de la Chambre des notaires du Québec qui participent activement à I organisation du Concours toute l'année et donnent chacun un montant de 200008 pour un grand total de 60000S lequel est versé aux 17 organisations régionales afin d'offrir des bourses aux meilleurs projets présentés en région dans le volet « Création d entreprise».Le Concours comporte aussi le volet «Entrepreneuriat étudiant».Les présidents d'honneur du Concours cette année sont MM.Jean-Pierre et Marc-André Coailier, deux entrepreneurs passionnés.Tandis que le père, Jean-Pierre, affirme que le travail et la persévérance sont le gage du succès pour quelqu un qui désire lancer son entreprise, le fils, Marc-André, affirme, lui, qu'être entrepreneur c est avant tout « être un vendeur, car il faut convaincre les investisseurs, convaincre son équipe et convaincre ses clients qu'on est le meilleur».Pour Marc-André, il est donc important d'être passionné de ce que l'on fait.« Au départ, il ne faut pas choisir cette voie pour faire de l'argent, mais pour faire ce que l'on aime», affirme-t-il.Son père dit qu'au fil de ses expériences comme entrepreneur, il a appris une chose : «C\u2019est que si on désire consacrer ses efforts, ses économies et une bonne partie de sa vie à un projet d'affaires, il faut avoir une idée précise de l\u2019entreprise qu'on veut démarrer.Il ne faut pas se contenter d'apprendre les trucs du métier, il faut apprendre le métier!» Des idées plein la tête On peut vous aider à aller plus loin Pour passer du rêve à la réalité, il n\u2019y a qu un pas.Pour vous aider à le franchir, vous pouvez compter sur l\u2019expertise de nos experts-comptables et nos conseillers en administration, comme le font les entrepreneurs d ici.Parce que le développement et la vitalité des organisations québécoises est depuis toujours au cœur de sa mission, RCCT tient à saluer et soutenir leur dynamisme.En tant que fier partenaire de la 7' édition du Concours québécois en entrepreneuriat, nous profitons de I occasion pour souhaiter la meilleure des chances aux participants .Pour savoir où se trouve le bureau le plus près de chez vous, consultez la section Réseau de notre site Web à www.rcgt.com.Raymond Chabot Grant Thornton 55 L'entrepreneurship au 25 ans d' Québec évolution! fs LE MERCREDI 26IANVIER200' Les SADC, un réseau qui veut susciter la passion de devenir entrepreneur Le Réseau des SADC du Québec regroupe 67 organismes à but non lucratif, présents dans toutes les régions du Québec, sauf dans les villes de Montréal, Québec, Sherbrooke et une grande partie de Gatineau.Nés en 1981 de la volonté du gouvernement fédéral, on retrouve dans le réseau 350 employés permanents et 1 350 bénévoles.Des équipes de cinq ou six personnes travaillent dans chaque région à susciter une culture entrepreneuriale et à faire démarrer des entreprises.Autrement dit fait valoir la directrice générale du Réseau des SADC, Mme Hélène Deslauriers, les SADC et CAE voient à maintenir la prospérité des régions.Ce n'est pas un travail facile.Démarrer une entreprise en région constitue déjà un défi de taille.« Avec, de surcroît un dollar canadien à 0,81$, c'est presque un exploit olympique de créer des entreprises en région » souligne Mme Deslauriers.Malgré cela, les résultats du travail de ces équipes vouées au développement de leur milieu sont impressionnants.En effet, les SADC et CAE travaillent bon an mal an sur plus de 12 000 « dossiers », dont les deux tiers sont des financements d'entreprises.« Les SADC et CAE investissent beaucoup d'énergie au montage financier des projets et à l'accompagnement des promoteurs», dit Mme Deslauriers.Une priorité : les jeunes Les membres du Réseau déploient aussi beaucoup d'efforts pour créer chez les jeunes la soif de devenir entrepreneurs.Les SADC espèrent ainsi convaincre les jeunes qui vont poursuivre leurs études dans les grands centres de retourner vivre dans leur région et d'y développer un projet de vie.Ainsi, par le biais du programme Emploi étudiant de l'Agence de développement économique du Canada (DEC), chaque été, les SADC et CAE permettent à environ 140 étudiants de travailler dans leur collectivité.Les jeunes reçoivent ainsi un encouragement à revenir travailler dans leur milieu et mettre à profit leur expertise.Les Camps Je ont aussi été développés pour sensibiliser les jeunes de 14 à 17 ans à l'entrepre-neurship.En une semaine, ils sont initiés à l'ensemble des étapes de la création d'une entreprise.Et lorsque ces jeunes atteindront 18 ans, s'ils désirent poursuivre l'expérience, les SADC peuvent les aider financièrement et les conseiller dans leur démarche de démarrage et d'acquisition d'une entreprise.En effet, la Stratégie jeunesse offre à ces jeunes des prêts personnels de 15 000$, avec un congé d'intérêt de deux ans.Grâce à la Stratégie jeunesse, développée en collaboration avec DEC, depuis novembre 1997, plus de 3 300 jeunes sont devenus des entrepreneurs et 2 700 entreprises ont été créées en région.Cette initiative connaît un gros succès, selon Mme Deslauriers et le taux de perte chez ces jeunes n'est que de 7%! Les SADC ont prouvé leur utilité, oui, mais c'est grâce aux bénévoles, reconnaît la directrice générale du Réseau qui ajoute: «On évalue à 15 M S par an l'apport de ces bénévoles en temps et en expertise ».Des projets emballants et originaux Voici quelques exemples des nombreux succès vécus par des entrepreneurs qui ont été appuyés par une SADC ou un CAE.Écoçespro : une coopérative de services environnementaux Avec l'aide de la SADC Achigan-Montcalm, cette coopérative de solidarité a vu le jour il y a un an afin d'offrir aux producteurs agricoles des solu lions innovatrices pour le traitement du lisier de porcs.Les procédés de traitement développés par Écogespro permettent de gérer de façon environnementale les surplus de fumier en réduisant la pression sur les sols agricoles fortement saturés.Aérosport Carrefour d'Aventures : les sports de vent La SADC des îles-de-la-Madeleine a aidé le jeune Éric Marchand à réaliser ses rêves.Aérosport Carrefour d'Aventures, une entreprise récréo-touristique, organise des excursions et des initia lions avec encadrement complet en cerf-volant de puissance et kayak de mer.Cette entreprise fait ainsi connaître le milieu écologique et historique des îles et participe à la préservation de l'environnement.Mme Hélène Deslauriers, directrice generale du Réseau des SADC.L'Omiriou : objets décoratifs marins La SADC Baie-des-Chaleurs a appuyé cette entreprise par le biais du Fonds AFER Canada.Située à Bonaventure, elle effectue, durant la saison tde pêche, la cueillette de produits de la mer tels qu\u2019étoiles de mer, oursins, buccins et algues.Ces produits sont ensuite séchés et transformés par la propriétaire.Line Arsenault, en différents objets décoratifs comme les étoiles et boules de Noël, mobiles, pinces à cheveux et bien d'autres produits.D'autre part, le Réseau des SADC du Québec soutient les femmes en milieu rural dans la réalisation de leurs projets d'affaires.C'est aussi en partenariat avec DEC qu'a été instauré le Fonds AFER Canada, un projet pilote disponible dans 19 SADC et qui a pour objectif de répondre aux véritables problèmes que vivent ces femmes.Pour en savoir plus, consultez notre site : www.reseau-sadc.qc.ca [ En avant depuis 20 ans i LE RESEAU DES SADC DU QUÉBEC Un réseau présent partout au Québec ]\trs: rl'a fr.ri \u2018 v,r\":' jdj j p ïtjfî ifyfHrEïï Les Sociétés d'attfi des collectwifc&JE aux .entreprises (C à hytnnn lyccafeifac \"w'fu ans au dével Les SADC dévetoppeméfi?ÏÇjëî d\u2019entreprises, cernent régipngl Plus que du financement des solutions Canada de l'entrepreneuriat jeunesse Quand on est jeune, on veut prendre sa place.1\t\u2014.a, \u201e .uodé de tout mettre en «uvre afin que les leurres se réalisent et participent activement C construire leur avenir L, Défi de I enftepteneimaneimesse^^ ^ ^ re$ponsoWltK |eu, leodership et leur espnt de solidonté le Défi de l\u2019entrepreneunot leunesse est une stratégie gm incite les parents, les enseignants, les entrepreneurs et les partenaires des milieux socioéconomiques 0 promouvoir les valeurs entrepreneuriales auprès des leurres Encouragez les initiatives de vos leunes' WWW defi.gouv.qc.ca
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