Découvrir, 1 septembre 2001, Septembre-octobre
>LOGIE EN PLEIN ESSOR BNQ LA REVUE DE LA REC ¦ridhan VOLUME 22, NUMÉRO 5 | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2001 Une main pour le bras canadien Soigner soi-même son trouble panique Floribec, le Québec tropical La santé publique: l'affaire d'une société i - PpII v" ;; :':v- ; .et innovation Regions Trois-Rivières mski Chicoutimi Abitibi- Témiscamingue mm- Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 N° de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 1260413 77831300468725 Fonds de la recherche en santé • du Québec Le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) joue un rôle majeur dans le financement d'équipes, de centres et de réseaux de recherche reconnus à travers le monde.Il offre des bourses aux étudiants et aux chercheurs les plus méritants et contribue à former et à retenir au Québec nos meilleurs cerveaux.rathercfte en Mnté rtu Québec NT» O I RE DÀPTATION IA RDI O VA S C U LA [ R E dk W Kctwctecn Qs-W [VRSQ cUs* ,v- que nous avons numérisées.L’analyse de cette série permet de connaître l’évolution du territoire.» Un des constats les plus frappants est sans contredit la diminution des activités agricoles et l’abandon progressif des terres, qui retournent à la friche.Grâce à un programme de Valorisation- Recherche Québec, on finance actuellement un projet qui vise justement à revaloriser ces terres au moyen de la sylviculture.« On pense pouvoir y planter des arbres, principalement des feuillus nobles qui ont une haute valeur commerciale », précise la professeure.Le recours à la géomatique est précieux dans le cadre de ce projet.« Grâce au traitement d’images numériques, nous pouvons repérer très rapidement les terres en friche, propices à la sylviculture.Par exemple, notre logiciel analyse les différents tons et textures qui se trouvent dans l’image satellitaire.En effet, on peut noter des différences de couleurs et de densité qui sont associées à des types d’utilisation du sol.Une forêt, par exemple, ressort par rapport à un champ agricole ou à une friche.» Un autre projet qui occupe beaucoup la professeure Marceau porte sur la modélisation de la dynamique de la forêt.«Grâce à de nouveaux modèles, nous pouvons simuler le cycle de vie de chaque arbre qui compose une forêt en tenant compte de ses interactions avec ses voisins.On voit comment les arbres croissent, se reproduisent, meurent, 5 etc.» Ces modèles permettent ï aussi d’évaluer les effets de >- ï perturbations naturelles ou § anthropiques.Par exemple, S comment la forêt réagirait-§ elle si l’on coupait sélectivement tous les arbres d’un diamètre supérieur à 40 centimètres?Inversement, on peut déterminer ce qu’il faudrait faire pour promouvoir le développement d’une espèce en particulier.Évidemment, ce genre d’analyse intéresse beaucoup les compagnies forestières et les gestionnaires de la forêt.DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds NATEO pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.6 EB bLLuuvRlr Reste dans ta chambre! « T'auras pas de dessert! Je vais t’enfermer dans le noir! » Cris, menaces, punitions.les enfants sont parfois victimes d’actes de violence psychologique qui peuvent nuire à leur fonctionnement normal et à leur développement.Mais comment définir précisément ce type de mauvais traitements?Qu'est-ce qui est normal, acceptable ou abusif?l’isolement social, les insultes ou l’absence de contacts affectifs peuvent nuire autant que la violence physique.Avec le soutien du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture, une équipe de l’Institut de recherche pour le développement social des jeunes, un organisme mis sur pied par les centres jeunesse de Montréal Tout dépend du contexte, de l’âge de l’enfant, de la fréquence des abus, de leur sévérité, des normes sociales.Depuis plus de 20 ans, les chercheurs se cassent les dents sur ce concept de mauvais traitement psychologique (MTR) : leurs connaissances demeurent tellement parcellaires que rares sont les parents condamnés pour ces seuls actes, même si ceux-ci sont fréquemment observés par les spécialistes de la protection de l’enfance.Car le mépris, avec l’Université de Montréal et l'UOAM, s’est lancée dans une étude exploratoire visant à mieux cerner le risque de mauvais traitements psychologiques envers des enfants d’âge préscolaire.Les chercheurs ont mené une enquête auprès de 45 mères et 13 pères ayant tous eu leur premier enfant avant l'âge de 20 ans, la maternité précoce étant très souvent associée au risque d’abus.Un tiers des jeunes mères a été recruté parmi les familles prises en charge par les centres jeunesse de Montréal à la suite d’un signalement de violence physique; un tiers est issu de la clientèle de l’Envol, un service communautaire d’aide aux parents en difficulté; les autres mères ont été sélectionnées au hasard dans la population, par l’intermédiaire de garderies ou de pédiatres.Les jeunes pères ont été recrutés à l’Envol ou dans la population générale.En analysant des situations de crise racontées par les parents, Claire Malo et ses collègues ont cerné quatre profils d’interactions mère/enfant, allant d’un risque d’abus psychologique pratiquement nul à un risque élevé.Les résultats obtenus avec les pères sont similaires.1) Dans le premier groupe — la mère exemplaire et l’enfant affirmatif —, la mère est d’abord patiente lorsque l’enfant refuse d'obéir, mais devant l’intensité croissante des réactions de celui-ci, elle s’énerve, puis se calme et parvient alors à apaiser l’enfant.Rapidement, tout rentre dans l'ordre et la réconciliation ne tarde guère.2) La mère traditionnelle et l'enfant obéissant correspondent d'après les chercheurs au profil le plus représentatif des normes sociales actuelles en matière de discipline parentale.L’enfant déclenche le conflit, la mère réagit immédiatement de manière intense, souvent par un acte de violence physique mineur comme une claque sur les fesses, ce qui a pour effet de calmer l’enfant.Le conflit est finalement résolu et expliqué.3) La mère impuissante qui ne parvient pas à calmer l’enfant terrible a été jugée plus à risque d’abus psychologiques : elle a beau faire, rien n’apaise l’enfant et les conflits s’éternisent.4) Enfin, c’est chez la mère dégoupillée et l’enfant yoyo que le risque est le plus élevé.Dans ces familles, l’escalade des conflits est très rapide.L’enfant se calme le premier, souvent il demande pardon, mais sa mère réagit de plus en plus intensément et le conflit ne se résout pas.C’est dans ce profil que les chercheurs ont retrouvé le plus de mères recrutées par l’intermédiaire des centres jeunesse.Ils espèrent que grâce à cette analyse, il sera possible de développer de meilleurs instruments de dépistage pour repérer les familles à risque, mais aussi d’améliorer l’efficacité des interventions menées auprès d'elles par les responsables de la petite enfance ou les organismes d’aide.VALÉRIE BORDE Claire MALO, Jacques MOREAU, Claire CHAMBERLAND, Catherine ROY, Sophie LÉVEILLÉ, Brigitte BEAUVAIS, Étude exploratoire des manifestations de mauvais traitements psychologiques chez de jeunes parents « à risque » avec leur enfant d’âge préscolaire, rapport déposé au CORS en août 2000.Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.7 DELUUVkJl EH PSYCHOSOCIOLOGIE SCIENCE o' L’avenir des lacs inscrit dans leur vase Si les lacs n'avaient pas un moyen d’emmagasiner leurs surplus de substances naturelles qui résultent de la météorisation et de polluants agricoles ou industriels, il y a longtemps qu’ils seraient tous morts, étouffés.Ce moyen, c’est la vase qui s’accumule chaque année.Mais ces sédiments ne sont pas inertes : ils sont le théâtre de réactions chimiques complexes et imprévisibles.Parfois, les éléments nutritifs emmagasinés et polluants se libèrent d’un coup.et tuent toute la faune aquatique.Le physicien Denis Ran-court, codirecteur du LSSE1, tente de comprendre les causes de ces sursauts de toxicité.Avec son groupe, il pense être en mesure, dans cinq ans environ, de prévoir ces catastrophes.Dotée d’un budget fédéral de i,5 million de dollars, l’équipe réunit parmi les meilleurs experts canadiens, américains et hollandais dans le domaine.« La biodiversité d’un lac dépend surtout de la qualité de son eau, souligne Denis Rancourt.Tout repose sur la disponibilité de certains éléments chimiques essentiels à la vie, comme l’oxygène, le phosphore ou l’azote, dont la teneur varie en fonction de l'interaction de l’eau avec les sédiments.Mais le détail de ces réactions chimiques est encore mal connu et c’est ce que nous aimerions préciser.» On sait pour l’instant que la vase ne s’accumule pas par strates statiques, année après Prélèvement de carottes par les plongeurs pendant l’été 2000.Expérience réalisée en collaboration avec une équipe d’Environnement Canada.PHOTO DU HAUT : Échantillonnage des sédiments lacustres en juillet 2000 afin d’établir la distribution verticale des métaux.année : elle subit un brassage constant.«Les animaux aquatiques en déplacent une partie, mais le vrai moteur de ce mouvement, c’est la matière organique en décomposition, explique Denis Rancourt.Elle consomme des quantités variables d’oxygène.S’il en reste beaucoup dans l’eau, les métaux lourds se lient aux oxydes de fer de précipitation et se déposent au fond sous des formes relativement inertes et inoffensives pour la vie.Mais s’il n’y a plus assez d’oxygène, le processus peut s’inverser et les métaux se dissoudre de nouveau.» Pour développer leur modèle, les chercheurs canadiens se serviront de lacs situés en Abitibi, dont certains contiennent de fortes quantités de métaux lourds rejetés par l’industrie minière.La contribution étrangère proviendra de l’étude de lieux comme le lac Biwa, le plus grand au Japon, ainsi que de vase recueillie au fond de la Méditerranée.Leur composition minéralogique sera déterminée par une batterie d’analyses très poussées, dont plus de la moitié n’ont jamais encore porté sur des sédiments lacustres.1.Le Lake Sediment Structure and Evolution (LSSE) est un groupe de recherche international rattaché à la Faculté des sciences de l’Université d’Ottawa et à la Commission géologique du Canada (CGC).Il est dirigé par le physicien Denis Rancourt, par la géochimiste Sam Alpay (composante CGC) et par le physicien Ivan L’Heureux (composante modélisation théorique).Le LSSE est une de trois composantes dans la collaboration Metals in the Environment (MITE) de CGC, phase II.Pour en savoir plus : www.science.uottawa.ca/lsse PHILIPPE GAUTHIER Agence Science-Presse Une main 8 Efl deluù\7r]F Le bras installé depuis avril dernier sur la Station spatiale internationale est déjà un grand succès technologique, et les chercheurs de l'Agence spatiale canadienne ont entrepris de le doter d'une main-robot qui lui procurera en plus dextérité,finesse et habileté.Cette main-robot porte officiellement le nom de manipulateur agile spécialisé (Special Purpose Dexterous Manipulator, SPDM).Lui-même muni de deux « bras » longs de 3,30 m chacun et d’un «corps » haut de 3,50 m, ce manipulateur pèse quelque 1 700 kg.Ses 15 articulations, sept à chaque « bras » plus une sur le « corps », lui procurent une grande souplesse.Il est même doté de sensations tactiles, une première dans l’histoire de la robotique spatiale.La main-robot pourra ainsi manipuler des objets à la manière des humains, en ressentant les forces et les moments d’une charge et en compensant immédiatement afin de la déplacer en douceur.Un peu comme quand vous remettez un livre dans votre bibliothèque: délicatement, précisément, sans trop forcer mais avec la pression suffisante.Aidés par les projecteurs et les quatre caméras fixés sur le manipulateur, les astronautes pourront s’appliquer à faire la même chose de l’intérieur de la Station.Ils ne sentiront pas le retour de force dans les commandes de pilotage, comme on pourrait l’imaginer; ils se fieront simplement aux données affichées à l’écran. 8CIENC1 fTHT^ pour le bras canadien « Ce système de sensation tactile fut le principal défi technologique », reconnaît Doug Bassett, un des responsables du projet à l’Agence spatiale canadienne.Les ingénieurs ont dû sélectionner des capteurs de mouvement et de pression ultracom- qu’on appelle en jargon des « unités remplaçables en orbite ».Tout comme les pièces d’un jeu de Lego, ces unités sont toutes compatibles et elles s’emboîtent avec une grande précision étape par étape.Si l’une d’entre elles tombait en panne, elle serait harnachées comme des joueurs de hockey.En effet, engoncés dans leur scaphandre de 127 kg, les mains recouvertes d’énormes gants, obligés de se débattre avec l'absence de gravité, les astronautes ne sont pas toujours très à l’aise pour enle- .¦ A -V.m L’astronaute Scott E.Parazynski (au centre) et l’astronaute de l’Agence spatiale canadienne (ASC) Chris A.Hadfield (partiellement caché) se préparent à déballer le télémanipulateur de la station spatiale (SSRMS) ou Canadarm 2 au cours de la première des deux sorties de la mission STS-100.L’image a été prise à l’aide d’un appareil photographique 70 mm de l’intérieur du poste d’équipage de la navette Endeavour (22 avril 2001).plexes, perfectionner des logiciels, et optimiser les aspects mécaniques et thermiques.N’oublions pas qu’à 400 km au-dessus de nos têtes, les astronautes assistent à 16 levers et couchers de soleil par «jour » et que la température passe fréquemment du zéro absolu à 100 °C.Le manipulateur est lui-même assemblé comme la station spatiale, à partir de ce remplacée en orbite.Mais un tel incident obligerait tout de même les astronautes à sortir dans l’espace, aucun autre robot n’ayant encore été prévu pour secourir.le manipulateur! Ce dernier a justement pour principal objectif de limiter les sorties extravéhiculaires de l'équipage, toujours risquées et surtout très épuisantes pour des personnes ver un boulon ou installer une batterie, un dispositif d’alimentation ou un ordinateur.Le manipulateur est conçu pour les opérations délicates d’entretien et de réparation de la station.Chacun de ses bras peut manier quatre types d’outils, essentiellement des clés et des rallonges de douilles, et ainsi se déjouer des vis, écrous et autres boulons.Cette main sera fixée de manière indépendante à une dizaine d’endroits sur la station.Extrêmement souple, elle pourra intervenir partout, d’autant qu'elle sera assistée du Canadarm 2, lui-même capable de se mouvoir grâce à une plate-forme qui se déplace sur des rails couvrant l’extérieur de la Station.Ce système d’entretien mobile représente la contribution de l’Agence spatiale canadienne à la Station spatiale internationale.En échange, les scientifiques canadiens ont accès au laboratoire situé dans la partie non russe de la station, ainsi qu’à une plate-forme extérieure pour les expériences hors labo, lesquelles seront d’ailleurs réalisées à l'aide du manipulateur.Car, ultime prouesse, celui-ci peut aussi transmettre de l’électricité et des données aux charges qu’il manipule.Où en est cette main-robot aujourd’hui?Doug Bassett déclare avec fierté que la partie matérielle est déjà en phase de test.La première version des logiciels devrait être terminée d’ici la fin de l’année.«Monsieur Bricolage », comme plusieurs de ses concepteurs surnomment cette main à tout faire, sera alors fonctionnel.Mais les chercheurs de l'Agence qui y travaillent depuis dix ans, devront toutefois faire preuve de patience.Initialement prévu pour 2003, le lancement de ce manipulateur a été reporté par la NASA à 2004.Qu’à cela ne tienne, une fois installé en orbite, il y restera au moins une dizaine d’années.De quoi laisser aux astronautes le temps de se faire la main, sans aucun doute! ÉRIC MAUNOIR < CL LH O c* 'LU < 9 plcouvkji EH ILLUSTRATION : VIRGINIE EGGER SCIENCE u O O U O en 0 1 u > en CL K) Soigner soi-même son trouble panique Renée n'ose plus sortir de chez elle depuis qu’elle a expérimenté sa première crise de panique, à l’église.Le cœur qui bat la chamade, la peur de s'évanouir.les impressions qu’elle a ressenties alors l'ont à ce point effrayée qu’elle n’ose plus fréquenter des lieux publics, par crainte de s'évanouir effectivement au beau milieu de la foule, même si cela ne lui est jamais arrivé.Renée souffre de trouble panique avec agoraphobie (TPA), un mal qui affecte près de 2 p.100 de la population et qui se caractérise par la « peur d’avoir peur », associée à des comportements d’évitement face à de nombreuses situations.Perte d'emploi, problèmes familiaux et sociaux, multiplication des consultations médicales, etc., le TPA engendre d’énormes coûts directs et indirects.Aux États-Unis, une étude a montré que les personnes atteintes de TPA coûtent six fois plus cher en soins de santé que la population en général, sans compter que plus de la moitié d’entre elles sont en chômage! La maladie est longue à diagnostiquer, car elle se manifeste par des symptômes somatiques comme de la tachycardie ou des maux d’estomac dont l’origine est difficile à déceler.Souvent, le médecin élimine une multitude d’autres troubles, d'où les consultations à répétition, avant éventuellement d’aboutir au bon diagnostic.Le trouble panique peut alors être traité par une thérapie cognitivo-comportementale conduite par un psychologue.En une quinzaine de rencontres, individuelles ou en groupe, le malade apprend peu à peu à maîtriser ses peurs, à comprendre leur absurdité et à reprendre une vie normale.Mais même si le traitement est souvent efficace, les délais d’attente très longs dans les cliniques externes des hôpitaux, et le coût des consultations en clinique privée ou les contraintes qu’imposent des visites hebdomadaires à un spécialiste, poussent de très nombreuses personnes à ne pas se faire soigner.De plus en plus de chercheurs et de médecins prônent une autre solution : laisser le patient « autogérer» son traitement, en lui offrant du matériel qui lui permet de «faire ses devoirs» en dehors de rencontres avec un psychologue.Quelques visites au spécialiste sont alors suffisantes.À l’occasion d’une étude financée par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture, une équipe du Centre de recherche Fernand-Seguin, affilié à l’hôpital Louis-H.Lafontaine à Montréal, a tenté de déterminer si ce nouveau type de traitement, encore peu répandu, était réellement efficace et moins coûteux que les thérapies plus conventionnelles, individuelles ou en groupe.André Marchand et ses collègues ont sélectionné 86 personnes et les ont répar- DÉCQUVRir ties entre les trois modalités de traitement.En suivant les patients jusqu’à trois mois après la thérapie, les chercheurs ont constaté que les trois façons de faire sont toutes aussi efficaces.Ils soupçonnent même que le traitement autogéré puisse être plus performant à long terme, ce qu’ils vérifieront prochainement.Dans tous les cas, la thérapie a engendré une nette diminution de l’utilisation des services de santé au fil des mois, une fois le traitement terminé.Et en moyenne, le traitement autogéré n’a coûté que 143 $ par personne, contre 336 $ pour le suivi individuel et 183 $ pour la thérapie de groupe.Moins contraignante et moins chère, donc plus accessible, l’autogestion semble la voie à privilégier pour traiter les personnes atteintes de TPA.et peut-être d’autres troubles anxieux, selon les chercheurs.VALÉRIE BORDE André MARCHAND, Pasquale ROBERGE, Gilles DUPUIS, André-Pierre CONTANDRIOPOULOS, Nicole MAINGUY et Pierre SAVARD, du Centre de recherche Fernand Seguin affilié à l’hôpital Louis-H.Lafontaine, Évaluation clinique, psychosociale et économique de trois modalités de traitement du trouble panique avec agoraphobie, rapport déposé au CQRS en décembre 2000.Découvrir remercie le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.À Hollywood Beach, en banlieue de Miami, une communauté de Québécois est implantée.Ils ont fui l’hiver, le débat constitutionnel ou le régime fiscal, mais n'ont pas abandonné le Québec: ils en ont transposé la culture dans un climat subtropical.Rémy Tremblay, agent de programme au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et professeur de géographie à temps partiel à l’Université d'Ottawa, s'est intéressé à ces gens.Il leur a consacré sa thèse de doctorat en géographie et a baptisé la communauté « Flori-bec » ! « J’étais souvent allé en Floride avec mes parents quand j'étais enfant.Alors que je cherchais un sujet de recherche, nous y sommes retournés et pour la première fois, nous avons visité Hollywood Beach.J’ai été frappé.J’avais déjà visité plusieurs foyers francophones en Amérique du Nord, mais cette fois, c’était différent : c’était une communauté vivante, avec des gens qui avaient choisi de s’établir là.» L’arrivée des Canadiens français en Floride remonte au début du siècle dernier.Miami se développant rapidement, la construction d’infrastructures et d’hôtels entraîne de grands besoins en main-d’œuvre.Des Québécois qui s’étaient exilés en Nouvelle-Angleterre vont y travailler, et certains y restent.Puis, ______SCIEMCE fTTffl Floribec : le Québec tropical Soirée « Elvis » au Frenchie en Floride.dans les années 1960-70, deuxième vague : « Les gens avaient plus de temps de loisir, et la Floride faisait partie de l’imaginaire québécois.Le marketing des compagnies aériennes a certainement contribué à créer cet effet de mode.» Mais c’est dans les années 1980 et 1990 que Floribec naît véritablement, avec comme centre névralgique le « P’tit Québec », un secteur de Hollywood Beach.En effet, les Floribécois prennent alors possession des lieux et créent un espace où les touristes québécois peuvent être servis en français et avoir accès à tous les produits auxquels ils sont habitués.Une sorte d’extension du Québec, facilitée par les nouveaux moyens de communication.«Ça fonctionne très bien; c’est un succès extraordinaire », affirme Rémy Tremblay.Tout n'est cependant pas rose à Floribec.Se lancer dans l’industrie touristique n’est pas facile.Certains ne peuvent tenir le coup, financièrement et moralement, et rentrent au bercail.D’autres sont incommodés par le climat chaud et très humide, et par la violence omniprésente à Miami.Fait particulier, les Floribécois se considèrent toujours comme des Canadiens, même lorsqu’ils ont obtenu leur citoyenneté américaine.M.Tremblay a constaté que la plupart ne s’imaginent pas mourir aux États-Unis; ils gar- dent toujours la porte ouverte pour un retour.Et leurs enfants?« On ne retrouve à Floribec aucune institution sociale qui permet l’épanouissement de la culture québécoise.Les enfants s’américanisent à toute vitesse, ou s’embêtent et reviennent au Québec.C’est le grand problème : il n’y a pas de deuxième génération et s’il n’y a pas un apport constant d’immigrants, la communauté va mourir.» L'expansion de Miami menace aussi le P’tit Québec.Toute la région se développe à un rythme soutenu.On rase les petits commerces pour les remplacer par des hôtels et condos de luxe.Déjà, des lieux de rencontre des Québécois sont passés sous le pic des démolisseurs.« Les Québécois sont de plus en plus éparpillés, et la vie en français est moins palpable.Dans 20 ans, Floribec risque d’avoir déménagé ailleurs ou d’être complètement disparue.» CLAUDINE SAINT-GERMAIN Agence Science-Presse DÉCOUVRir PHOTOS : MICHÈLE SÉNÉCAL/PLANÈTE QUÉBEC HISTOIRE iemce prni Culture et loisirs en ville « La fierté a une ville », clament ces panneaux publicitaires où des attraits propres à la ville de Montréal sont illustrés : musées, festivals, parcs et jardins, etc.Pour faire mousser sa popularité auprès des citoyens et des touristes, la Ville de Montréal n’hésite pas à s’approprier de nombreux attributs ayant trait à la culture et aux loisirs.Mais il n’en fut pas toujours ainsi.Autrefois, les grandes villes ne se souciaient guère du diver- cheurs » du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (Fonds NATEQ), elle a déjà retracé en soient en charge d’aménager les lieux récréatifs.» La prise en charge de la culture et des loisirs par les mu- municipalités.Aujourd’hui, pratiquement toutes les villes du Québec et de l’Ontario sont pourvues d’un service Pavillon japonais au Jardin botanique de Montréal.tissement et de la culture de leurs citoyens.C’était une affaire privée qui ne regardait pas les conseils municipaux.Michèle Dagenais, profes-seure au Département d’histoire de l’Université de Montréal, s’intéresse aux antécédents qui ont poussé les villes à développer des activités culturelles et à mettre sur pied des services de loisirs.Plus particulièrement, elle se penche sur les villes de Montréal et de Toronto.Grâce à une bourse « Nouveaux cher- grande partie l’évolution des activités prises en charge par ces municipalités entre 1870 et 1940.« C’est au cours des années 1870 que les autorités municipales sont saisies pour la première fois de questions relatives aux loisirs,explique la pro-fesseure.Les citoyens demandent à la Ville de créer des parcs, des jardins et des places publiques.Les municipalités étaient déjà responsables du développement du territoire; il était donc normal qu’elles Carré Viger, Montréal, 1907.nicipalités se poursuit au cours des années 1880 alors que les premières bibliothèques municipales sont créées.À Montréal, les choses se déroulent plus lentement qu'à Toronto.Au Québec, les bibliothèques paroissiales comblent déjà les be-g soins de la population, du ° moins en partie.« L’impo- £ santé présence du clergé au Québec a retardé l’intervention des pouvoirs publics dans le domaine de la culture et des loisirs, commente la professeure Dagenais.Contrairement à l’Église protestante, l’Église catholique s’est beaucoup immiscée dans les affaires publiques.» Au cours du 20e siècle, l’administration des loisirs et de la culture s’est graduellement organisée au sein des villes de Montréal et Toronto.Dès le début des années 1940, la question des loisirs était devenue un attribut propre aux des loisirs.Pourtant, toutes les questions ne sont pas résolues.Au Québec, les fusions municipales soulèvent tout un tollé à ce sujet.« À mon avis, les fusions ne peuvent que favoriser la vie culturelle et récréative des citoyens en assurant une meilleure coordination entre les futurs arrondissements.Déjà, le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM) travaille à cette fin.Son rôle pourra être renforcé et ce, tout en préservant la personnalité des différents arrondissements.Les anciennes villes de Montréal annexées il y a plus d’un siècle, comme Saint-Henri et Notre-Dame-de-Grâce, ont conservé leur identité.Pourquoi n’en serait-il pas de même avec Outremont et Westmount?» DOMINIQUE FORGET Découvrir remercie le Fonds NATEQ pour son soutien financier en vue de la publication de ce texte.12 Bfl ULLUUVRir PHOTO : MONTRÉ/U/ÉDITIONS DE L'HOMME/MICHEL LESSARD UUU.TQUTSIMF'LEMËNTGENIAL.ÛC.CA exposmoM * ^ LE QUEBEC TECHNOLOGIQUE Ç* f^^Jt Ai J Tout simplement otrf 1AL • Venez découvrir le savoir-faire québécois, dans une exposition interactive rassemblant plus de 80 innovations en géomatique, aéronautique, télécommunications, optique, multimédia, biotechnologies et autres secteurs de pointe.Une exposition à ne pas manquer pour ses nombreuses expériences et démonstrations.ÉCOLE DE TECHNOLOGIE SUPÉRIEURE GRAW'* 1100, rue Notre-Dame Ouest, Montréal Recherche, Science et Technologie Québec KM KM KM KM sc 14 is wee prni Divorces et gardes partagées Le divorce, ce n’est pas l’affaire des enfants.Car si les parents ne peuvent plus vivre ensemble, leurs rejetons ne cessent pas d’avoir besoin d’eux.C’est pourquoi la plupart des spécialistes estiment que la garde partagée constitue la meilleure option.Les parents séparés pouvant passer un temps à peu près égal avec leur enfant, chacun peut entretenir une relation significative avec lui.Mais encore faut-il que les parents collaborent! « Lorsque les ex-conjoints se disputent ou se dénigrent au vu et au su de l'enfant, ou s'ils le prennent en otage pour se faire obstacle, ça peut avoir des effets dévastateurs sur son développement, signale Francine Cyr, de l’Université de Montréal.Cela veut dire que l'enfant ne peut pas aimer ses deux parents sans gêne ni culpabilité.» Et si un parent véhicule une image négative de son ex, ça peut «nuire au processus d’identi- fication de l'enfant et donc, à la construction de son identité et à l’estime qu’il a de lui-même ».De plus, l’absence de modèle relationnel valable chez l’enfant pourra, plus tard, affecter sa propre vie affective et sa capacité à gérer les conflits.Et que faire si, justement, la garde partagée ne permet pas le développement de relations saines?Il faudra souvent faire appel à une tierce partie.Le médiateur est là pour ça.Il pourra expliquer aux parents les conséquences de leur attitude sur l’épanouissement de l’enfant et leur proposer des solutions.Et si vraiment c’est l’impasse et qu’un parent doit se retirer, il devra faire savoir à l’enfant qu’il ne l’abandonne pas et garder contact avec lui, explique Mme Cyr, qui s’intéresse aux effets du divorce depuis 25 ans.Par ailleurs, la garde partagée n’est pas recommandée lorsqu’elle touche des bambins de o à 5 ans.« Les tout- petits ont besoin d’une continuité spatio-temporelle et affective », soutient Francine Cyr.Pour un enfant âgé entre o et 3 ans, une personne absente n’existe pas.En ce sens, changer de domicile et de parent chaque semaine pourrait nuire à sa stabilité émotionnelle.« Comme la relation avec le parent repose sur sa présence physique, la meilleure solution est de permettre à l'ex-conjoint de visiter chaque jour son enfant et de lui prodiguer des soins.Les sorties seront pour plus tard, quand l’enfant aura 3 ans.Et à partir de 5 ans, il pourra dormir chez maman ou chez papa et tout se passera bien.À condition, bien sûr, que ceux-ci se respectent et collaborent! » HÉLÈNE CÔTÉ Agence Science-Presse Les récidivistes de Des tragédies comme celle qui s’est produite à Thetford Mines il y a quelques mois, alors que deux enfants ont été fauchés par un chauffard ivre, provoquent l’indignation.Comment se fait-il qu’après des années de sensibilisation, des individus persistent à conduire avec des facultés affaiblies, même lorsqu’ils ont déjà été condamnés plusieurs fois?C’est à cette question qu’a voulu répondre une équipe de l'Université de Montréal, dans le cadre d’une recherche réalisée pour le compte de la Société de l’assurance-automobile du Québec (SAAQ).Jacques Bergeron, Pierre Thifault, Serge Brochu et Louise Nadeau se sont demandé qui étaient ces récidivistes et pourquoi ils résistaient à toutes les mesures prises au cours des ans pour éliminer ce fléau — la principale cause de décès sur les routes du Québec.Les chercheurs ont observé plusieurs caractéristiques communes chez les récidivistes.Ce sont en très grande majorité des hommes (10 fois plus nombreux que les femmes).Les deux tiers ont entre 25 et 34 ans.Par rapport à l’ensemble de la population, ils sont moins sco- DECOUVRir d’alcool au volant larisés, ont plus de difficultés à trouver un emploi et souffrent davantage de troubles psychologiques — anxiété, dépression, comportements agressifs.Et, comme on s’en doute, ils ont en majorité d’importants problèmes de consommation d’alcool.L'étude a également démontré que proportionnellement, les récidivistes seraient trois fois plus nombreux dans les régions éloignées.C’est le cas en Gaspésie, aux îles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord, en Abitibi-Témiscamingue et dans le nord du Québec.Les sanctions pénales, de plus en plus lourdes, ayant eu peu d'effets sur eux, il faudrait, selon les chercheurs, plutôt agir à la base du problème.C’est pourquoi ils recommandent qu’en plus de subir des sanctions pénales et administratives — révocation du permis, saisie du véhicule, etc.—, ces récidivistes soient évalués et orientés vers des programmes de traitement de l’alcoolisme.Une mesure qui pourrait, qui sait, les inciter à mettre enfin un terme à leur spirale de problèmes.CLAUDINE SAINT-GERMAIN Agence Science-Presse Félicitations aux lauréats! Qe édition du Concours de vulgarisation scientifique de O' < < O 3 O O 5 O 3 < U l’Acfas Clermont Dionne Chercheur au Groupe de recherche en épidémiologie, rattaché au Centre de recherche du Centre hospitalier affilié à l’Hôpital Saint-Sacrement J’AI MAL AU DOS, J'AI MAL À LAME?Marc-André Fortin Étudiant au programme de maîtrise en sciences de l’énergie et des matériaux à l’INRS-Énergie et Matériaux RENDRE LES ARTÈRES RADIOACTIVES POUR LES GUÉRIR Sophie Gilbert Étudiante à l’Université du Québec à Montréal en psychologie L’ITINÉRANCE CHEZ LES JEUNES ADULTES : UN MESSAGE À DÉCRYPTER Nathalie Perret Étudiante à l’Université de Sherbrooke en physique du solide LUMIÈRE SUR LES BOÎTES OUANTIOUES Patrick Pollefeys Étudiant en sciences forestières de l’Université Laval LA BIOLOGIE MOLÉCULAIRE AU SECOURS DE BACCHUS! Information et textes des lauréats Internet : www.acfas.ca/concours iConcours de l’auteur de l’année 2000 de Découvrir, la revue de la recherche Yvan Chouinard Professeur au Département des sciences animales de l’Université Laval DU LAIT ENCORE MEILLEUR POUR LA SANTÉ MEDECINE O SC IENCE t I Les femmes souffrent plus que les hommes « Il faut souffrir pour être belle! » Quelle femme n’a pas entendu cent fois ce célèbre adage?Bientôt, il pourrait être remplacé par une maxime encore plus percutante : «Il faut souffrir pour être femme », un point c’est tout! À l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), des recherches fondamentales chez le rat tendent à démontrer que les femmes seraient plus sensibles à la douleur que les hommes.En effet, selon les résultats obtenus, l’œstrogène et la progestérone, deux hormones féminines, accentueraient la sen- sation de douleur.Inversement, la testostérone protégerait les hommes contre la douleur.Serge Marchand, directeur du Laboratoire de recherche sur la douleur à l'UQAT, étudie le phénomène de la douleur depuis plusieurs années déjà.Son équipe s’intéresse notamment à la fibromyalgie, une maladie qui provoque d’intenses douleurs musculaires.« Pendant de nombreuses années, on croyait que la fibromyalgie était une maladie psychosomatique.On avait constaté que les patients étaient majoritaire- ment des femmes et on attribuait leurs maux à des problèmes nerveux.» Avec l'aide de l’une de ses étudiantes à la maîtrise, Isabelle Gaumond, le professeur Marchand a voulu vérifier le rôle joué par les hor- Vous êtes à la recherche du meilleur cabinet en propriété intellectuelle au Canada?#1 #\ #| 1999 2000 2001 P our une troisième annee consecutive, le magazine LEXPERT / American Lawyer Guide to the Leading 500 Lawyers in Canada a désigné Smart & Biggar comme étant le cabinet canadien qui compte le plus d’avocats et de plaideurs de premier plan dans le domaine de propriété intellectuelle.Nous sommes fiers de cet honneur qui nous est fait une fois de plus et tenons a féliciter nos SMART BIGGAR Droit de la propriété intellectuelle & associés dont l’excellence du travail a ainsi été reconnue.de h technologie Montreal Ottawa Toronto Vancouver Edmonton smart-biggar.ca SCIENCE ^ Quelques points de fibromylagie.o 0 < mones sexuelles chez le rat.1 « Sachant que les femmes S étaient plus souvent attein- Z 5 tes de fibromyalgie que les | hommes, nous nous som-S mes doutés que la maladie g devait comporter une com-z posante hormonale.Nous 5 avons donc évalué la contri-§ bution des hormones dans la - perception de la douleur », explique le professeur Marchand.Dans le cadre de ses travaux, Isabelle Gaumond a étudié la réponse à la douleur chez plusieurs groupes de rats, mâles et femelles.Pour bien évaluer le rôle joué par les hormones, certains rats avaient été castrés, et des rates ovariectomisées.« Chez les rats castrés et les rates ovariectomisées, nous avons introduit, en sous-cutané, des hormones féminines ou masculines, sous forme de comprimés », poursuit le professeur Marchand.Premier constat : les femelles saines (non ovariectomisées) réagissent davantage à la douleur que les mâles sains (non castrés).Par ailleurs, les résultats ont démontré que les mâles sains éprouvaient moins de douleur que les rats castrés.Les femelles saines, quant à elles, avaient tendance à souffrir davantage que les rates ovariectomisées.De plus, les recherches ont démontré que les mâles castrés et les femelles ovariectomisées avaient des réponses semblables à la douleur.Autre découverte intéressante : lorsque l’on administre de la testotérone à des mâles et à des femelles gona-dectomisés, leur réponse à la douleur s'apparente à celle d’un mâle sain.Inversement, lorsqu’on leur administre une combinaison d’œstrogène et de progestégone, leur réponse équivaut à celle d'une femelle saine.« Nos recherches permettent de croire que les hormones femelles et mâles peuvent jouer un rôle dans la douleur chez les fibromyalgi-ques, probablement en affectant des neurotransmetteurs du système nerveux », con- clut le professeur Marchand.Pourrait-on penser à une thérapie hormonale pour soulager les patients?« C’est trop tôt pour le dire, mais c’est une voie envisageable.» DOMINIQUE FORGET ffèst Bourses d’études SANTÉ ET SÉCURITÉ DU TRAVAIL DATE LIMITE 6 NOVEMBRE 20 2e CYCLE E CYCLE fTŒTO 27 OOO $ à 36 OOO $ POSTDOCTORALE DOMAINES DE RECHERCHE ERGONOMIE SCIENCES NATURELLES ET GENIE SCIENCES DE LA SANTE SCIENCES SOCIALES ET HUMAINES INFORMATION ET FORMULAIRES www.irsst.qc.ca INSTITUT DE RECHERCHE ROBERT-SAUVÉ EN SANTÉ ET EN SÉCURITÉ DU TRAVAIL (514) 288-1551 17 DECOUVRIT '.'4’T robots .22|5 iflauiaan Quand il rencontre les collègues de son épouse, François Michaud a toute une réputation à soutenir! En effet, au traditionnel « Que fait ton mari?», Annie Lessard a pris l'habitude de répondre : « Il fabrique des cerveaux artificiels.» Ce qui n'est pas faux puisqu’il met au point des robots intelligents.« Mais je suis loin de reproduire la complexité de l'intelligence humaine! », se défend ce chercheur en génie électrique de l'Université de Sherbrooke.Détenteur d'un doctorat à 25 ans, professeur à l'Université de Sherbrooke à 26 ans, François Michaud occupe sa trentaine toute neuve à « faire sa place » dans l'établissement et.dans le monde de l'intelligence artificielle.Au sous-sol d’un pavillon du campus où il vient d'aménager son laboratoire de recherche en robotique mobile et systèmes intelligents (Laborius), le chercheur monte ses projets avec une poignée d'étudiants diplômés.Sans compter Lolita Hall (encadré), Hercule, Ro-ball et autres robots! Par ailleurs, le jeune prof a pris une part active à la récente réforme des programmes de génie informatique et de génie électrique de son université, en plus d'avoir lancé un concours de robots-jouets destinés aux enfants autistiques (voir Découvrir, vol.21, n° 5, septembre-octobre 2000, p.9).Pour l'autonomie des robots François Michaud a fait toutes ses études à l'Université de Sherbrooke.Seul son stage post-doctoral l'a temporairement éloigné de la ville de ses amours.Fils d'un ingénieur électrique, il entre au cégep en pensant devenir un jour architecte, pour finalement se laisser tenter par le métier de son père.Après le bac, il passe huit mois la tête penchée sur des piles d’articles, à la recherche de son sujet de thèse de maîtrise, qu'il veut à la fine pointe de son domaine.Résultat : avant même la fin de Michaud LOUISE DESAUTELS Malgré ce que pourraient croire les amateurs de science-fiction, les robots de l'an 2000 arrivent à peine à imiter certains comportements rudimentaires d'insectes, comme contourner un objet qui ne devait pas se trouver sur leur chemin.Pour effectuer une tâche dans un milieu non contrôlé — une maison où jouets et chaises sont souvent déplacés, par exemple — les robots doivent « apprendre à apprendre ».C'est ce genre de mécanismes d'apprentissage que François Michaud s'emploie à développer, à coup d'algorithmes et de logique floue, en s'inspirant de propriétés qu'on réservait jusqu'ici aux humains : le raisonnement, l'introspection, et même, l'émotion! sa scolarité, il dépose une thèse sur Neurex, un système expert qui est capable de concevoir de façon autonome des interconnexions informatiques (appelées réseaux de neurones artificiels).Neurex établit par lui-même les paramètres d'entraînement des réseaux de neurones artificiels, en évaluant les résultats de ses apprentissages.Ce système a été utilisé avec succès dans différentes applications, notamment en télédétection.En plus de générer des articles scientifiques, cette thèse a valu à l'étudiant-chercheur la médaille d'or du gouverneur général du Canada.François Michaud a trouvé sa voie.« À elle seule, l'expression " intelligence artificielle " m'intéressait», se souvient-il.Il pousse donc de ce côté, au doctorat, en 19 DÉcouvRir Efl jJO FACE À FACE établissant une nouvelle architecture logicielle pour la prise de décision intelligente par des systèmes.« Ma thèse est le résultat d'une synthèse de différents principes, comme la délibération, la planification, la motivation, que j'ai intégrés dans une seule architecture », explique le chercheur.Poursuivant dans la même veine au postdoctorat, il aborde une problématique particulière d'apprentissage : celui qui se déroule lorsqu'un robot doit accomplir une tâche en compagnie d'autres robots.Pour ce faire, il joint l'équipe de Maja Mataric, à l'université américaine de Brandeis (Massachussets).L'algorithme qu'il développe là-bas, de 1996 à 1997, et qui permet à un robot de modifier sa façon de se comporter au fil de ses expériences, sert encore aujourd'hui de base à ses recherches.Après ce post-doc, son rapatriement en Estrie ne tarde pas, puisque son aima mater lui offre un poste de professeur-chercheur en 1997.Voilà des perspectives de recherche excitantes, mais qui le forcent à diversifier considérablement ses champs d'intérêt.Parce que François Michaud ne prend pas la portion « professeur » à la légère.Moins de deux ans après son embauche, tous les étudiants de génie informatique et de génie électrique de l'Université de Sherbrooke tâtaient du robot dès leur première session, grâce à Robus.Robus est une plate-forme modulaire mise au point par M.Michaud, et que les étudiants assemblent par petits groupes.Voilà qui ouvre la porte très concrètement à toutes les notions théoriques qu'ils verront par la suite : composantes électriques et électroniques, circuits électroniques et logiques, microprocesseurs, etc.La plateforme robotisée est également utilisée dans d'autres cours.Coût du matériel de base : 350 $, soit moins du tiers du prix des « kits » offerts sur le marché et qui ne sont pas aussi bien adaptés à l'enseignement.« Avec Robus, témoigne M.Michaud, les étudiants se salissent les mains, soudent, cherchent des réponses aux problèmes qui surgissent, discutent entre eux.» Ce cours présageait en quelque sorte la réforme du programme de génie électrique et celui de génie informatique, qui sera en place dès cet automne (voir Découvrir, vol.22, n° 3, mai-juin 2001, p.9j.Évacués, les cours magistraux.Les étudiants travailleront désormais sur des projets intégrant les diverses spécialités de leur domaine.« Cette approche par compétences est certainement insécurisante pour nous, les professeurs, puisqu'il n'est plus question de prendre le manuel de circuits, par exemple, et de livrer son contenu », explique M.Michaud.Le professeur se transforme en tuteur qui guide les étudiants à travers la connaissance.Robus est également au cœur d'une autre innovation de l'ingénieur : le concours Robot-jouet pour enfants autistes.« Je voulais créer une compétition de robots Lolita en solo 20 DEC0UVR]r Lolita Hall est la star du labo de Sherbrooke depuis qu’elle a fait sensation, l'an dernier, en participant à un congrès américain sur l’intelligence artificielle.Le robot s'est rendu à sa salle de conférence non pas sous le bras de François Michaud, et encore moins grâce à un système de téléguidage, mais bien tout seul.Aussitôt déposée dans le hall d’inscription, Lolita s’est mise à chercher des symboles connus en tournant l'objectif de sa caméra et en ajustant sa mise au point.Une fois le « H » de son nom de famille repéré, le robot s’est mis sagement en rang.Puis, devant le préposé, il a communiqué son intention de prendre part au congrès, et ce, au moyen de son écran tactile, qui affichait par ailleurs un large sourire — signe qu'il avait surmonté le premier défi imposé.Une fois inscrite, Lolita a cherché le symbole des ascenseurs (E), un message sur son écran sollicitant ensuite l’aide de compagnons humains afin d’appuyer sur le bouton de l’étage requis.Hors de l'ascenseur, le robot a perçu le signal indiquant que ses piles avaient besoin d’une recharge.Il a donc balayé le corridor et trouvé le « C », symbole de sa station de recharge (que les gens de son labo venaient d’installer).Lolita a alors manœuvré pour se brancher, avant de pénétrer dans la salle du congrès où, à l’heure prévue, elle a livré sa communication.Celle-ci consistait en une présentation html des prouesses réalisées depuis son arrivée au congrès.« La prestation de Lolita mettait en évidence ce que j'ai développé au cours des dernières années, c’est-à-dire la reconnaissance des symboles et la recharge autonome.» Des six robots qui avaient jusque-là participé au Mobile Robot Challenge de l’American Association for Artificial Intelligence (AAAI), Lolita a été le seul à accomplir toutes les étapes prévues.En 2001, cette compétition ne figurait plus au programme du congrès. « Mes robots ont notamment besoin de psychologues! » parce que c'est très motivant pour les étudiants, mais je voulais aussi que le produit soit utile à la société », rapporte-t-il.Le défi?Proposer un jouet automatisé capable d'attirer l'attention d'enfants qui présentent de graves troubles de communication.Le robot doit être un outil pour le pédagogue, qui cherche à éveiller l'enfant enfermé dans son monde.Depuis trois ans, les participants au concours déploient des trésors d'imagination pour aider les petits autistes.Leur point de départ est habituellement la plate-forme Robus, sur laquelle ils greffent divers modules permettant au robot-jouet de reconnaître la présence d'un enfant, d'attirer son attention par des sons ou des lumières, de faire entendre une voix, de réagir à des pressions.L'équipe gagnante, en 2001, a transformé la plate-forme d'allure rébarbative en un chat au pelage doux, capable de se déplacer et de bouger la tête, les oreilles ou la queue, et qui fait entendre un ronron lorsqu'on le caresse.Le robot demande à l'enfant de toucher diverses parties de son corps et récompense toute bonne réponse par l'émission de notes de musique.Dans la majorité des 19 équipes inscrites cette année, les filles étaient représentées, « .ce qui ne serait peut-être pas le cas si l'objectif du concours était de développer un robot-sumo (lutteur japonais)! », considère M.Michaud.Attirer des collaborateurs Les étudiants ainsi formés et qui, en plus, n'hésitent pas à mettre de l'énergie dans un tel concours, élèvent grandement le niveau des projets de spécialité (fin de bac) qui sont présentés.Et François Michaud en est heureux, lui qui veut intéresser le plus de cerveaux possible aux recherches menées à son laboratoire.« Le marché de l'emploi fait que les étudiants décidés à poursuivre à la maîtrise et au doctorat sont de vrais missionnaires », observe-t-il.Mais il ne compte pas seulement sur les étudiants-chercheurs.Maintenant qu'il a établi l'infrastructure de son laboratoire, M.Michaud s'active à y attirer d’autres scientifiques.Et pas seulement des ingénieurs! « Laborius doit assurer le lien entre science et génie, et faire appel à différentes experts du comportement humain et animal, estime-t-il.Mes robots ont notamment besoin de psychologues! » Il ne blague pas.Pour développer la prochaine génération de robots, son laboratoire doit améliorer la compréhension qu'ont les ingénieurs des mécanismes en place dans le monde du vivant, pour mieux en reproduire certains aspects.À cet égard, François Michaud voit trois types d’habiletés nécessaires à des robots qui seraient vraiment autonomes et capables d'assister les humains.D’abord, l'adaptation et le contrôle des actions : agir rationnellement et en fonction de ses limites; par exemple, un robot autonome envoyé sur Mars ne tentera pas inlassablement de prendre un échantillon impossible à saisir.Puis, l'établissement de stratégies de groupe : coordination des actions, hiérarchie, territoire, schémas de négociation ; par exemple, si deux robots se présentent en même temps à la station de recharge de leurs piles, lequel se branchera en premier?Finalement, l'apprentissage dans les environnements courants (bureau, maison ou en plein air) : auto-évaluation des critères de performance; par exemple, pour circuler dans un commerce encombré (peut-être bondé de robots, un jour!), un robot doit trouver la meilleure stratégie de déplacement, soit en longeant les murs, soit en trouvant le flot de personnes qui avancent à son rythme.Quoi qu'on en pense généralement, les robots, pour acquérir toutes ces habiletés, ne doivent pas se limiter à la logique cartésienne.C’est pourquoi, dans le domaine de l'intelligence artificielle, on introduit de plus en plus la notion d'émotion, qui fera par exemple que le robot sur Mars « se découragera » après la 10e tentative de saisir l'échantillon demandé, ou qu'un robot cédera «humblement» sa place à un «dominant» à la station de recharge.« La volonté de développer l'intelligence artificielle a suscité de grands débats dans les années 1980, mais elle est généralement acceptée aujourd'hui; par contre, en parlant d'émotions, nous ouvrons la porte à de nouvelles remises en cause », considère François Michaud.Ce qui ne l'empêchera pas de pousser de ce côté.Maintenant bien en selle comme professeur, à la tête d'un laboratoire prometteur, le jeune homme veut aller plus loin dans la recherche logicielle et améliorer la capacité d'apprentissage des robots.Gageons que sa recette habituelle fonctionnera : vite et bien! ?21 DECüUVRÎr ES Les spécialistes du financement de l’innovation technologique Chefs de file du capital de risque en haute technologie depuis 1992, les sociétés Innovatech, avec un fonds de 525 millions de dollars, se distinguent en investissant exclusivement dans des projets d'innovation technologique au Québec.Les quatre sociétés Innovatech s'impliquent dans une variété de projets avec une préférence pour les démarrages et les transferts technologiques et les premières ou deuxièmes rondes de financement.Le portefeuille combiné des sociétés d'investissement Innovatech comptent plus de 200 entreprises dans les secteurs des technologies de l'information, des télécommunications, de la biotechnologie, de la pharmaceutique, de l'industrie aéronautique, de l'optique et des nouveaux matériaux.Connues pour être partenaire avec tous les investisseurs et les intervenants du milieu du développement économique, les sociétés Innovatech constituent un premier contact de choix pour tout projet de création ou de développement d'entreprise de la nouvelle économie.Pour des renseignements au sujet d'un partenariat fructueux, consultez le site web des Innovatech ou téléphonez en composant le numéro de votre choix : ¦ MONTRÉAL ¦ QUÉBEC ¦ SHERBROOKE ¦ RÉGIONS RESSOURCES 2020, rue University 10, rue Pierre-Olivier-Chauveau 455, rue King Ouest 1305, ch.Sainte-Foy Bureau 1527 Québec, Québec GIR 4J3 Sherbrooke, Québec J1H 6E9 Bureau 101 Montreal, Québec H3A 2A5 (418)528-9770 (819)820-3305 Québec, Québec GIS 4N5 (514) 864-2929 (418) 528-0315 innovatech W \ Sociétés d’investissement www.innovatech.com Hfl Les régions ont développé, au cours des années, des axes de recherche étroitement liés à leur environnement naturel.Dans plusieurs cas, les chercheurs et les chercheuses ont dû faire preuve d’imagination et innover pour maintenir bien vivants leurs travaux à la fois centrés sur les besoins régionaux et ouverts aux préoccupations contemporaines et mondiales.L’hydrogène comme nouvelle source d’énergie à Trois-Rivières, les sciences de la mer à Rimouski, le dégivrage à Chicoutimi et les petites communautés en Abitibi-Témiscamingue sont autant de secteurs qui ont bénéficié tant des ressources et des traditions régionales que de la créativité des chercheurs.DECOUVRir RECHERCHE Trois-Rivières DOMINIQUE FOROET Affronter les nouveaux Traditionnellement, l'économie de la Mauricie a toujours été dominée par l’exploitation et la transformation des ressources forestières.Les acteurs de la science et de la technologie ont suivi dans le sillage : plusieurs centres de recherche spécialisés en pâtes et papiers ont vu le jour dans la région de Trois-Rivières.Malheureusement, ce secteur a connu une perte de vitesse importante au fil des dernières années.Les chiffres compilés par le Conseil de la science et de la technologie en témoignent.Au cours de l’année 1997*1998, les dépenses consacrées à la recherche universitaire par habitant dans la région de la Mauricie atteignaient à peine 28 $.À la même période, pour l’ensemble du Québec, on évaluait les dépenses à 77 $ par habitant.Aujourd'hui, les chercheurs de la Mauricie semblent déterminés à mettre derrière eux cette période sombre.La région met le cap sur l'innovation.Une nouvelle expertise en procédés industriels, en énergie et en environnement se développe dans la région.Avec ses 40 professeurs, chercheurs et étudiants, l'Institut de recherche sur l'hydrogène (IRH) de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) est l'un des fleurons de la nouvelle économie mauricienne.« L'Institut est le seul centre au Canada, peut-être même au monde, qui se consacre entièrement à l'étude de l'hydrogène », affirme 24 DÉCOUVRjr RECHERCHE besoins énergétiques fièrement Jean-Marie Saint-Arnaud, directeur adjoint de l’IRH.Créé par une équipe du Département de physique de PUQTR, l'Institut a été officiellement inauguré au mois d'avril 1996.« Un groupe de physiciens dont je faisais partie s'intéressait depuis longtemps aux interactions moléculaires dans les gaz, se rappelle M.Saint-Arnaud.Système de contrôle non destructif pour des pièces de grandes dimensions (2,5 m de diamètre et 13 m de longueur).Cet appareil fonctionne avec des ondes ultrasoniques.fi» Nous travaillions principalement sur le gaz naturel, un carburant fossile abondamment utilisé comme source d'énergie.Puis un jour, nous nous sommes dit que le gaz naturel, ça n’allait pas toujours durer.Nous devions nous tourner vers de nouveaux vecteurs énergétiques.C'est alors que nous avons pensé à l'hydrogène.» UNE SOURCE D’ÉNERGIE PROPRE ET DURABLE Les problèmes liés à la consommation de carburants fossiles sont bien connus.En effet, la pénurie de la ressource et l'émission de gaz à effet de serre défraient régulièrement la manchette.Plus les années passent, plus la population augmente, et plus il devient urgent de trouver une solution de remplacement au pétrole et au gaz naturel.À titre de vecteur énergétique, l'hydrogène présente de nombreux avantages.D'abord, on en trouve à profusion : l'hydrogène est l'élément le plus abondant dans l'Univers.Ensuite, il s'agit d'une source d'énergie propre.« Une pile à combustible qui fonctionne à partir d'hy- Éolienne Bergey de 10 kW utilisée pour la production de l’électricité alimentant un électrolyseur, lequel fournit l’hydrogène nécessaire à la pile à combustible et au moteur à l’hydrogène.DÉCOUVR]r RECHERCHE 1 sr Stuart Ihtt hydros hiol fooipjKiy W at drogène pur ne rejette aucun polluant, explique M.Saint-Arnaud.Elle dégage uniquement de l'électricité, de la chaleur et de l'eau.» Les chercheurs de l'Institut croient que les piles à base d'hydrogène pourraient servir à alimenter des maisons en électricité.Selon leurs calculs, en optimisant la consommation d'énergie à l'intérieur des résidences, une pile de 5 kilowatts suffirait à alimenter une maison abritant quatre personnes.Par ailleurs, la chaleur dégagée par la pile pourrait être récupérée : « La réaction qui permet de produire de l'électricité à partir de l'hydrogène est exothermique : elle produit de la chaleur.On pourrait chauffer une partie de la maison grâce à ce dégagement thermique.» ISOLER L’HYDROGÈNE Une panacée, l’hydrogène?Pas si vite! Encore faut-il pouvoir l'isoler.« Même si l'on trouve de l'hydrogène en très grande quantité sur la Térre, une infinie partie est sous forme moléculaire, précise M.Saint-Arnaud.Plus souvent qu'autrement, l'hydrogène est l'élément d'un composé, c'est-à-dire qu'il se lie à d’autres atomes pour former, par exem- ple, de l'eau ou du méthane.» Il s'agit donc de mettre au point un procédé d'extraction efficace et peu coûteux afin d'isoler le précieux élément.Parmi les différents procédés envisageables, l'IRH a opté pour l'élec-trolyse de l'eau.Selon M.Saint-Arnaud, il s'agit de la méthode d'extraction la plus écologique.En soi, ce procédé est plutôt simple.D'abord, on envoie de l'eau à l'intérieur d'un électrolyseur.Puis, dans cette machine, l'eau, mélangée à un électrolytique, est soumise à un courant électrique qui sépare l'hydrogène de l'oxygène.Il y a cependant un obstacle.Le fameux électrolyseur fonctionne à partir.d'électricité! Comment se passer de carburants fossiles?M.Saint-Arnaud ne laisse pas cette embûche le décourager.« Nous pouvons faire fonctionner l'électroly-seur à l'aide de sources d'énergie renouvelable telles que le vent ou le soleil.Dans notre laboratoire, nous avons démontré la faisabilité d'un système fonctionnant à partir d'énergie éolienne.» En effet, depuis le mois de février 2000, une éolienne se dresse sur le campus de l’UQTR.D'une hauteur de 30 mètres et munie de trois pales Salon des carrières en technologie de Montréal 5 pavillons thématiques Nouveau pavillon sur le talent (V Biotechnologie/pharmaceutique Aéronautique/ingénierie Informatique/multimédia (^/Télécommunications & Fabricants de composants électroniques L’ÉVÉNEMENT CARRIÈRES Des dizaines d'exposants, des centaines de carrières offertes ! Conditions d'admission : 2 années d'expérience et CV obligatoire Inscrivez-vous à www.ecarrieres.com 26 Présente en collaboration avec 19 et 20 septembre 2001 OJ Place Bonaventure, Hall Est Métro Bonaventure Mercredi, le 19 septembre : 15 h à 20 h Jeudi, le 20 septembre : 11 h à 19 h 30 DECOUVRE /s’ RECHERCHE De gauche à droite : électrolyseur, banc d’essai pour pile à combustible et pile Ballard de type PEM, employés dans le cadre du projet sur les énergies renouvelables.I de sept mètres de diamètre, elle fournit à HRH une puissance maximale de dix kilowatts.L'Institut s'est également porté acquéreur de panneaux solaires d'une puissance totale de un kilowatt.Le coût et l'installation de ces équipements ont été défrayés grâce à une subvention de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI).LE STOCKAGE ET LE TRANSPORT Une fois l’hydrogène isolé, la partie n'est pas gagnée pour autant.Plusieurs problèmes majeurs devront être surmontés avant que l'on ne puisse vraiment envisager l'hydrogène comme solution de remplacement aux carburants fossiles.À l'heure actuelle, le besoin d'assurer un stockage sécuritaire est l'obstacle le plus criant auquel font face les chercheurs.En effet, vu sa faible densité volumétrique, le gaz doit être conservé dans des bonbonnes sous haute pression, ce qui soulève des inquiétudes au sein du public et des industriels.« Déjà, l'utilisation de l'hydrogène comme carburant est sérieusement étudiée par plusieurs fabricants automobiles.Cependant, la transition ne sera assu- rée que si l'on arrive à développer des méthodes de stockage sûres et efficaces.» Les chercheurs de l'IRH sondent plusieurs avenues à cet effet.Une des approches les plus prometteuses semble être l'utilisation d'hydrures métalliques.« Ces hydrures permettent de stocker des atomes d'hydrogène dans les espaces inter- atomiques d'une matrice constituée d'un métal granulaire.On obtient ainsi une très haute densité d'hydrogène.Pour le libérer, il suffit de chauffer la matrice.Cette méthode permet un stockage compact et sécuritaire.Cependant, elle de- meure coûteuse.» Une autre option consiste à liquéfier l'hydrogène avant de le stocker.Pour l’instant, les usines conventionnelles de liquéfaction par réfri- L'Institut de recherche sur L'hydrogène de l'Université du Québec à Trois-Rivières >?CD I_i CD I I I Pour être à l'avant-garde www.uqtr.uquebec.ca/IRH (819) 376-5108 Université du Québec à Trois-Rivières 27 DECOUVRir RECHERCHE UHiveisue- du Québec à Trois-Rivières Stockage de gaz naturel et d’hydrogène dans du charbon activé.La noix de coco est broyée en fine poudre, et celle-ci sert à fabriquer des pastilles qui sont insérées dans les réservoirs d’aluminium.Le gaz est stocké sous pression.gération sont seulement rentables à grande échelle (plus de 60 tonnes/jour).Les chercheurs de l'IRH tentent de développer une technique de réfrigération magnétique, plus efficace et moins coûteuse que les réfrigérateurs traditionnels fonctionnant grâce à la compression des gaz.Le deuxième problème majeur auquel s'attaquent les chercheurs est la distribution de l'hydrogène.Pour transporter le gaz de l'usine de production jusqu'au site d'utilisation, on utilise des réservoirs cryogéniques ou des réservoirs sous haute pression.Les ingénieurs et les physiciens de l'IRH tentent de mettre au point des moyens fiables et rapides pour détecter tous les types Banc moteur pour moteur à combustion interne alimenté à l’hydrogène, à l’hythane (mélange de gaz naturel et d’hydrogène) ou à l’essence.de défauts susceptibles d'affecter ces réservoirs.« Étant donné la vaste plage d'inflammabilité de l'hydrogène dans l’air, il importe de s'assurer que les réservoirs soient parfaitement étanches et résistants.Nos chercheurs utilisent entre autres des ondes ultraso-nores pour détecter et localiser les défauts.» Grâce à une seconde subvention du FCI, les chercheurs et les techniciens de l'Institut pourront pousser le travail de détection des défauts mécaniques encore plus loin.« Nous sommes maintenant équipés d'un nouvel appareil de localisation de défauts, d'une valeur de un million de dollars.Il s'agit d'un appareil ultra-performant, spécialement conçu pour détecter en 3-D les micro-fissures dans les réservoirs d'hydrogène.Nous sommes le seul centre au Canada qui possède une telle machine.» RETOMBÉES POUR LA RÉGION Grâce à son nouvel appareil, l'IRH espère attirer dans la région de Trois-Rivières des compagnies qui se spécialisent dans la production de réservoirs sous haute pression ou de réservoirs cryogéniques.Mais ce n'est pas le seul type d'entreprises qui se trouvent dans la mire des chercheurs de l'IRH.« Nous voulons attirer toutes les entreprises qui sont reliées à la production ou à l'utilisation d'hydrogène, de près ou de loin.Déjà, nous avons conclu un partenariat avec la compagnie Systèmes énergétiques Stuart, qui produit des électrolyseurs.» Même s'il reste plusieurs défis à surmonter avant que l'on ne puisse considérer l'hydrogène comme source d'énergie rentable, Jean-Marie Saint-Arnaud demeure très optimiste.« Le développement rapide de plusieurs pays et l'accroissement de la demande mondiale en énergie ne laisseront aucun autre choix : les citoyens devront se tourner vers de nouvelles ressources énergétiques.Grâce à la recherche que nous effectuons aujourd'hui, la région de Trois-Rivières sera en excellente position pour jouer un rôle de premier plan dans cette transition.» L'économie de la Mauricie ne dépend plus, désormais, des seules ressources forestières.?28 DECOUVRir £HOTO^ÇUUJD^DEMERSMJ£T£ POUR CREER UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE AU DÉPLOIEMENT DE LA RECHERCHE, DES CONNAISSANCES ET DE L'INNOVATION Renseignements : Téléphone : (418) 643-8757 Télécopieur : (418) 528-2565 Ailleurs au Québec : 1 877 511-5889 www.mrst.gouv.qc.ca Recherche, Science et Technologie Québec fcjj B SI B J El RECHERCHE J Rimouski Le chercheur et lamer NATHALIE KINNARD Depuis 25 ans, la région de Rimouski se spécialise dans les sciences de la mer, vocation sans doute toute naturelle due à sa position géographique, à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.Dans un rayon de 40 km, on retrouve, entre autres, l’Institut des sciences de la mer et l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), deux établissements de renom.En fait, la région peut se flatter d’abriter la plus grande concentration de chercheurs francophones dans les domaines de l’océanographie et des technologies de la mer, ce qui vaut à Rimouski le titre de capitale océanographique du Québec.Phare de Pointe-Métis au Québec.LE MONDE MARIN SOUS QUELQUES COUTURES L'Institut Maurice-Lamontagne, un des 11 centres de recherche en sciences de la mer de Pêches et Océans Canada, se spécialise dans l'étude de l'environnement marin du Saint-Laurent et des eaux marines côtières du nord du Québec.Situé à Mont-Joli, l'Institut fournit au gouvernement canadien une base scientifique visant à mieux gérer, protéger et mettre en valeur les ressources vivantes et le milieu marin.L'étude des variations climatiques trouve aussi sa place à l'IML.Les chercheurs s'inquiètent des effets du climat sur le fleuve et le golfe Saint-Laurent.Par exemple, entre 1985 et 1999, la couche d'eau située entre 30 et 100 m de profondeur à partir de la surface a été plus froide que la normale.Cette situation semble avoir contribué à l'effondrement de certains stocks de poissons en 30 Bfl DkLuuvRir I modifiant leur distribution spatiale et leur condition physiologique.Denis Gilbert, chercheur à la Division des sciences océaniques, travaille justement à documenter la variabilité climatique dans le golfe.Il étudie plus précisément les variations de température, de salinité, d'épaisseur et de volume de la couche intermédiaire froide.Dans le golfe, cette couche se retrouve approximativement entre 30 et 100 m de profondeur sous la surface de l'eau et elle se caractérise par une température inférieure à 1 0 C.« La couche intermédiaire froide constitue en fait une relique de l'hiver précédent », précise Denis Gilbert.En effet, pendant l'hiver, la masse d'eau se refroidit, la température de la surface oscillant autour de -1 °C (l'eau salée gèle à près de -2 °C).Au printemps, seule la surface connaît un réchauffement, les rayons du soleil n'atteignant pas les couches plus profondes.Ainsi, la couche intermédiaire froide conserve presque les mêmes température, salinité et autres caractéristiques que durant l'hiver.Ce phénomène se confirme par l'étude de données historiques.Par exemple, la température de l'air et l'étendue de la couche de glace indiquent des hivers très froids en Ascophyllum nodosum, une algue que l’on trouve dan les eaux du Saint-Laurent.wèm RECHERCHE 1991 et 1993.« Ces années-là, la masse d'eau présentant une température inférieure ou égale à 1 ° C a été plus importante.Autrement dit, la couche intermédiaire froide a atteint son maximum d'épaisseur et de volume », relate le chercheur.Le projet de Denis Gilbert poursuit l'objectif d'établir des séries temporelles des différentes caractéristiques de la couche intermédiaire froide.Ces données pourront être utilisées entre autres par Environnement Canada dans ses études sur le climat, ou encore, par Pêches et Océans pour expliquer les variations dans la distribution et la condition physiologique des stocks de poissons.Le milieu marin est à la merci non seulement du climat, mais aussi de la pollution.Plusieurs chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne s'attardent ainsi aux contaminants organiques persistants, tels les pesticides ou les biphényles polychlo-rés (BPC).Michel Lebeuf, chercheur à la section Contaminants et éco-toxicologie, étudie entre autres les polybromodiphényléthers (PBDE), des composés chimiques ajoutés aux peintures, plastiques et textiles pour en diminuer l'inflammabilité.« Le milieu industriel utilise les PBDE depuis longtemps, mais depuis 10 à 15 ans l'usage mondial a augmenté considérablement.Non réglementés, ces polluants persistants s'accumulent dans l'environnement et pourraient bien connaître une situation similaire à celle des BPC », commente Michel Lebeuf.Ainsi, depuis 10 ans, les études montrent que Algues et roches sur une plage à Pointe-Métis.31 DECOUVRir PHOTO : MORGANE LAMOTE RECHERCHE Gros filament d’Urospora sp.pris au microscope avec un grossissement ioox parmi des filaments d’Ulothrix sp.mm les niveaux de PBDE ont considérablement monté dans le gras des bélugas adultes du Saint-Laurent.« À ma connaissance, nous sommes le seul groupe de recherche au Québec à étudier ces composés », poursuit-il.Afin de comprendre comment ces composés sont transférés et accumulés dans les organismes marins, l'équipe de Michel Lebeuf mène des expériences d'exposition à des sédiments contaminés.Les résultats de ce projet seront très importants pour le secteur des pêches, qui doit s'assurer de respecter les normes de polluants admis pour l'exportation des poissons.Peut-être les travaux en cours, jumelés à d'autres études sur la toxicité des PBDE, déboucheront-ils sur une réglementation de l'industrie concernant l'utilisation de ces composés.^ Un autre ennemi du fleuve et du § golfe : les déversements de pétrole à £ la suite des accidents maritimes.Il ?s est possible de nettoyer, mais à quel | prix?Les méthodes traditionnelles, ^ qui consistent à enlever et à élimi- < ner les résidus et les sédiments con- o taminés à l'aide de techniques telles | que la récupération physique et le nettoyage à haute pression, occasionnent souvent plus de dommages à l'environnement que la contamination elle-même.Gilles-H.Tremblay, océanographe chimiste à l'IML, participe à des études qui explorent des solutions de rechange.Il expérimente ainsi des approches de biorestauration, respectueuses de 32 Hfl lAcuumT] Site experimental a Sainte-Croix-de-Lotbinière lors d’une étude de biorestauration.Lorsqu’on trouve des carcasses de mammifères marins sur les rives, les scientifiques de l’IML sont prévenus.Ils se rendent alors sur les lieux pour effectuer des prélèvements de tissus dont certains seront ensuite utilisés pour le dosage de contaminants organiques.Prélèvement d’organes sur une carcasse de béluga échouée sur les rives du Saint-Laurent.PHOTO : M.BLOUIN/GARDE CÔTIÈRE/PÊCHES ET OCÉANS CANADA PHOTO : M.BLOUIN / CARDE CÔTIÈRE / PÈCHES ET OCÉANS CANADA RECHERCHE Équipe scientifique en préparation pour un épandage de pétrole à l’occasion d’une expérience de biorestau- Après l’épandage de pétrole, une équipe scien-ration à Sainte-Croix-de-Lotbinière.tifique râtelle le sol pour faire pénétrer les hydro- carbures dans le sédiment.l'environnement : on provoque de petits déversements contrôlés de pétrole dans des marais d'eau douce, milieux représentatifs du Saint-Laurent.« La première possibilité consiste à ajouter des bactéries qui se nourrissent du pétrole et par le fait même, le dégradent, explique Gilles-H.Tremblay.La seconde option est d'utiliser des fertilisants, tels le phosphore ou l'azote, pour stimuler la croissance des bactéries ^ ¦ K X Depuis 1980, la couche d'ozone qui nous protège contre les ultraviolets s’amincit, provoquant une augmentation du rayonnement solaire.présentes.» Des résultats préliminaires montrent que le manque d'oxygène limite la dégradation du pétrole.Le problème pourrait être contré, semble-t-il, par l'ajout d'oxydants ou de plantes.À ce sujet, une étude réalisée par l'IML en 1999 indique que la présence de plantes est bénéfique, permettant un meilleur contact entre les bactéries et le pétrole, et induisant une meilleure oxygénation du milieu.« Les résultats des expériences de biorestauration semblent prometteurs, signale l'océanographe chimiste.Nous devons toutefois vérifier les concentrations de fertilisants à appliquer afin de favoriser la croissance des plantes sans nui-?re aux organismes présents na-! turellement.De plus, nous de-^ vons étendre nos études à d'au-£ très milieux avant de conclure ce 1 projet.» I r SILLONNER LA CÔTE Z < £ Depuis 1980, la couche d'ozone ° qui nous protège contre les ultra- violets s'amincit, provoquant une augmentation du rayonnement solaire.Les substances chimiques tels les chlorofluorocarbones (CFC), utilisés comme gaz réfrigérants, isolants ou solvants sont responsables de cet amincissement.Ainsi, des chercheurs de l'Institut s'intéressent aux effets de l'augmentation de radiation.L'ensemble de la zone côtière maritime représente 8 p.100 de la surface du globe, mais elle totalise 26 p.100 de la production de biomasse mondiale.Une grande partie de la population habite en bordure de cette zone, la rendant très sensibles aux perturbations d'origine humaine.L'Institut des sciences de la mer de Rimouski (IS-MER), situé sur le campus de l'Université du Québec à Rimouski, regroupe des spécialistes en océanographie côtière qui se penchent sur cette situation.D'autres chercheurs s'intéressent, eux, aux effets des rayons ultraviolets sur les bactéries du milieu marin, tels le phytoplancton et le zooplancton.Comme ces effets semblent 33 RECHERCHE 1 Au-delà de Rimouski.La passion de la mer s'étend au-delà du giron de Rimouski et de ses environs.Le Groupe interuniversitaire de recherches océanographiques du Québec (Gl-ROQ) rassemble des chercheurs des universités Laval et McGill principalement, qui partagent ressources matérielles et monétaires.Les projets de recherche se concentrent surtout sur l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent mais aussi sur d'autres océans et milieux d’eau douce.Par exemple, Ladd Johnson, écologiste aquatique et directeur scientifique du Gl-ROO, essaie de mieux comprendre l'effet du climat sur les communautés d'algues en milieu intertidal.Le projet se réalise à Pointe-Métis, entre Matane et Rimouski.Le chercheur étudie les facteurs physiques et biologiques qui influent sur l'abondance et la dominance des algues, par exemple l’action des glaces.« Plusieurs chercheurs d’autres établissements sont membres du GIROO et collaborent à nos projets, dit Ladd Jonhson.C'est le cas, entre autres, de Serge Demers de l’ISMER.» Le GIROO, un pont entre Rimouski et les autres régions du Québec.34 •"•V* Les chercheurs de l'IML et de l'ISMER tentent de mieux comprendre les effets de la pollution sur le milieu côtier.plus importants au pôle sud et au pôle nord, en raison de l'amincissement de la couche d'ozone à ces endroits, l'ISMER s'est associé à des centres de recherche de l'Argentine, du Brésil et des États-Unis.Serge De-mers, directeur et écophysiologiste à l'ISMER, s'occupe d'un des volets de l'étude, soit la simulation de différentes variations de la couche d'ozone en milieux contrôlés.Les chercheurs prélèvent des colonnes d'eau en milieu marin, qu'ils déversent dans neuf bassins de 2 500 à D'importants travaux de laboratoire sont requis pour étudier l’effet des rayons ultraviolets sur la vie marine.3 000 litres.« On fait ensuite varier de 50 p.100 ou même de 100 p.100 l'intensité des ultraviolets », explique Serge Demers.S'ensuit une analyse des interactions entre les organismes exposés et leur productivité.« L'utilisation de bassins facilite la comparaison entre les divers environnements, en éliminant entre au- DÉCOUVRir ioe edition MM' vulgarisation scientifique deVAcfcLb Pour qui?#7 Les étudiantes et étudiants universitaires des 2eet 3ecycles; v' Les chercheuses et chercheurs des centres de recherche publics et privés; s?7 Les professeures et professeurs des cégeps et universités ainsi que toute autre personne faisant de la recherche dans ces établissements.De plus, le concours est ouvert aux seuls Canadiens francophones résidant à l’extérieur du Québec ainsi qu’aux étudiants et aux travailleurs étrangers en séjour au Québec.Comment participer?#' Soumettre un article traitant de son sujet de recherche.Cet article doit comporter un maximum de cinq feuillets à interligne double (consulter le formulaire d’inscription), joindre un bref curriculum vitæ.La qualité de la rédaction, la rigueur scientifique, le souci de vulgarisation et l’originalité du traitement seront les critères de base retenus par le jury.Cinq prix de 2000$, ainsi que ta publication des textes primés.Le Projet Métropolis, un forum international pour la recherche et le développement de politiques publiques sur les migrations, la diversité et les villes en évolution, double le montant du prix remis par l'Acfas pour des articles qui traitent de l'immigration et autres sujets apparentés.Voir: www.canada.metropolis.net.Date de clôture du concours: ier février 2002 Le Concours de vulgarisation scientifique de l’Acfas est l’occasion de rendre accessibles au grand public tous les domaines dans lesquels travaillent nos chercheuses et chercheurs, qu’il s’agisse de philosophie, de littérature, d’histoire, de démographie, de nutrition, de biotechnologie, d’océanographie ou de sciences de l’environnement, etc.Le Guide de vulgarisation scientifique peut être obtenu sur demande au coût de 8 $ (+ taxes + frais d’envoi).Pour recevoir le formulaire d’inscription au Concours de vulgarisation scientifique, s'adresser à : Acfas - Association francophone pour le savoir 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Téléphone: (514) 849-0045 Télécopieur: (514) 849-5558 Courrier électronique: concours.v-s@acfas.ca QuébecSS Mimstére de la «•cherche, de U Science et d« (a ÏWhnokKjifc Projet réalisé avec l’aide financière du ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie IIAiiO NUMÉRIQUE Page(s) blanche(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec E9 E3 ES ES DÉCOUVRÎr LA REVUE DE LA RECHERCHE Au-delà des apparences, la science ABÛNNIZ-VOUS maintenant et ÉCONOMISEZ 20 % sur le prix en kiosque i L’abonnement d’un an comprend : La science vulgarisée dans 5 numéros remplis de nouvelles sur la recherche et des dossiers scientifiques sur les grands enjeux sociaux, économiques, culturels et politiques.+ le Bottin de la recherche répertorie plus de 2000 organismes scientifiques, plus de 1000 adresses Internet dans 125 disciplines. Cotisation de membre de l'Acfas incluse ?Nouvelle adhésion ?Renouvellement ?Changement, correction Prénom Établissement/entreprise Département/division Ville Code postal Adresse ?au travail ?À domicile Téléphone ?au travail ?à domicile ADRESSE ÉLECTRONIQUE Statut ?Chercheur-se attitré-e ?Professeur-e O Administrateur-trice ?Professionnel-le ?Charcé-e de cours ?Journaliste-relationniste ?Étudiant e (joindre photocopie de la carte d’étudiant) ?Institution ?Autre Sexe ?Masculin Domaine d’activité (discipline et spécialisation) Cotisation-abonnement RÉGULIER ÉTUDIANT INSTITUTION ET HORS CANADA 2 ans (toutes taxes incluses) 48$ ?170$ ?Paiement ?Visa ÛMaster Card DAmerican Express DChèoue ou mandat-poste (à l'ordre de l'Acfas) ?Comptant Numéro L Découvrir-Acfas:Téléphone: (514) 849-0045 Télécopieur: (514) 849-5558 decouvrir@acfas.ca http://www.acfas.ca/interface/ ?J’accepte ?Je refuse que mon nom et mes coordonnées soient inscrits dans la liste publique des membres de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences ACFAS 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 RECHERCHE très des variables du milieu naturel, tel le mélange de la colonne d’eau, non nécessaires à ce stade-ci de l'étude », poursuit le chercheur.Ces effets des rayons sur le phytoplancton, quels qu'ils soient, auront-ils eux-mêmes des répercussions sur les pêches?Voilà une question importante à laquelle les chercheurs de l'ISMER tentent de répondre; la réponse aidera le gouvernement à prendre des mesures appropriées.Le milieu marin ne se limite pas au golfe et au fleuve Saint-Laurent.Il caractérise aussi les bras de mer, tel le fjord du Saguenay.Thus se rappellent le déluge du Saguenay en 1996, qui a entraîné plus de 6 millions de tonnes de sédiments relativement propres, selon les analyses, dans la baie des Ha! Ha! et le bras Nord (en amont du fjord du Saguenay).Émilien Pelletier, chercheur en écotoxicologie à l'ISMER, fait partie de la délégation des 14 scientifiques qui décrivent et modélisent, depuis 1996, le fjord du Sa- guenay à la suite de cet événement.« Avant le déluge, les sédiments de la baie des Ha! Ha! et du bras Nord étaient contaminés par une pollution d'origine humaine — déversements industriels ou agricoles, bateaux, etc., explique le chercheur.Ces couches se trouvent actuellement enfouies sous l'ajout des nouveaux sédiments.« Les contaminants ensevelis vont-ils cheminer à travers les sédiments et rejoindre la surface?Comment les organismes benthiques réagissent-ils à cet apport de sédiments qui a bouleversé leur environnement?« Il est vraiment passionnant de constater la vitesse à laquelle les espèces marines recolonisent le milieu.Ça se fait plus vite qu'on le prévoyait », révèle l'écotoxicologue.Selon lui, les contaminants semblent bien piégés en dessous de la nouvelle couche de sédiments.Cet été, Émilien Pelletier et son équipe retournent sur le terrain pour effectuer le suivi.« Le fjord constitue un immense laboratoire naturel qui nous permet d'étudier une technique encore peu connue d’enfouissement des contaminants par des sédiments propres.» Le projet permettra de construire des modèles; les ingénieurs en environnement, par exemple, pourront savoir quel type de sédiments, et de quelle épaisseur, il faudrait utiliser pour enterrer des polluants en milieu marin ou lacustre.Mais en cinq ans, peut-on réellement voir tous les mécanismes se mettre en place?Émilien Pelletier se pose la question et espère que le projet « Saguenay postdéluge » se poursuivra au-delà de la date limite.Que ce soit le long des côtes, dans le fjord du Saguenay, dans le fleuve ou le golfe Saint-Laurent, les milieux marin et d'eau douce québécois se trouvent sous la loupe des chercheurs.« Homme libre, toujours tu chériras la mer », disait Baudelaire.Il semble que la région de Rimous-ki ait adhéré à cet adage de belle façon.?Les sciences de la mer à Rimouski, un eMvimmemeM de ckotM La GESTION DES RESSOURCES MARITIMES de la mer de Rimouski (ISMER) forme des spécia-dans les principaux domaines de l’océanographie l’ISMER recherche fondamentale et appliquée des expertises (biologie, chimie, géologie, physique) - infrastructures et laboratoires de pointe - station aquicole et bateau pour renseignement et la recherche - maîtrise et doctorat regroupant près d’une centaine d’étudiants L’UQAR, par sa maîtrise en gestion des ressources maritimes, forme des spécialistes en gestion dans les trois champs d’intervention suivants : les ressources halieutiques, l’environnement maritime et le transport maritime.Caractéristiques - maîtrise de type professionnel - approche multidisciplinaire (économie, gestion et biologie marine) ISMER - Océanographie 1 800 511-3382 poste 1702 etud_oceano@uqar.qc.ca W Renseignez-vous Gestion des ressources maritimes 1 800 511-3382 poste 1544 grrn@uqar.qc.ca tfah-tfc.35 DECOUVRir RECHERCHE 36 Chicoutimi Les chercheurs DOMINIQUE FORGET Pout la majorité des Québécois, la tempête de verglas de janvier 1998 restera gravée dans la mémoire comme un événement incomparable.Et pourtant, cet épisode n’était pas sans précédents.Dans les années 1970, à deux reprises, de sérieuses tempêtes de neige et de verglas avaient fait tomber une dizaine de pylônes d’Hydro-Ouébec dans la région de la Côte-Nord.Quoiqu’ils aient plongé dans le noir une partie de la population, ces incidents n’ont pas eu que des conséquences fâcheuses.Ils ont aussi servi d’élément déclencheur à la création du Groupe de recherche en ingénierie de l'environnement atmosphérique (G RIE A), un centre de renommée internationale rattaché à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).« L'UQAC est située en milieu nordique, déclare Masoud Farzaneh, coordonnateur du GRIEA.Lors des épisodes de glace atmosphérique des années 1970, il était naturel qu'Hydro-Québec se tourne vers les chercheurs de Chicoutimi pour l'aider à résoudre les problèmes liés au givrage.» Au cours des trente dernières années, l'UQAC s'est bâti une solide réputation dans le domaine du givrage atmosphérique.Le GRIEA réunit aujourd'hui une cin- Salle à haute tension dans le pavillon de la recherche sur le givrage.tüm h V iï ¦s ~ 2 ¦¦H quantaine de professeurs, chercheurs, étudiants, professionnels et techniciens.En parallèle aux activités du GRIEA, qui portent sur des sujets très diversifiés, des groupes de recherche ultra-spécialisés dans divers domaines du givrage se sont formés à l'UQAC.Ainsi, le Laboratoire international des matériaux antigivre (LIMA) se consacre à l'étude du dégivrage des avions.Par ailleurs, l'UQAC a obtenu en 1997 le feu vert pour lancer la Chaire industrielle CRSNG/Hydro-Québec/UQAC sur le givrage atmosphérique des équipements de réseaux électriques (CI-GELE).« La chaire est rattachée au GRIEA, mais son mandat est beaucoup plus spécifique », précise M.Farzaneh qui, en plus de superviser les travaux du GRIEA, agit comme titulaire de la CIGELE.« Comme son nom l'indique, la CIGELE concentre ses activités uniquement autour de l'étude des équipements électri- ques.» L'infrastructure dont disposent les scientifiques de la CIGELE n'a rien d'ordinaire.Il y a un an, une subvention de près de trois millions de dollars a servi à la construction d'un tout nouveau pavillon dédié aux travaux réalisés par l'équipe du professeur Farzaneh.« Nous sommes maintenant dotés d'une infrastructure ultra-moderne comprenant un tunnel réfrigéré et trois chambres climatiques.L'une de ces chambres est munie d'un toit ouvrant qui permet de recueillir la neige et de simuler différents types de glace atmosphérique.« Les équipements comprennent également plusieurs appareils haute tension, dont un générateur de chocs de 800 000 volts ainsi que deux transformateurs de 350 000 et 120 000 volts.Les chercheurs peuvent ainsi reproduire en laboratoire les phénomènes de gi- DÉCOUVRlf RECHERCHE ; brisent la glace vrage des équipements haute tension.En plus des simulations physiques, l'équipe procède à des simulations par ordinateur ainsi qu'à des observations sur le terrain.« Les problèmes auxquels s'intéresse la CIGELE sont de deux ordres, explique le professeur Farzaneh.D'abord, nous étudions les problè-f mes mécaniques.Il peut s'agir, par exemple, de la rupture de conducteurs ou de la chute de pylônes, causées par le vent, le givre ou la neige.En second lieu, nous étudions les problèmes électriques, comme le contournement des isolateurs.» Les isolateurs sont des dispositifs placés entre les pylônes et les fils électriques.Leur fonction consiste à empêcher le courant qui parcourt le fil d'atteindre le pylône et, par conséquent, de se propager jusqu'au sol et dans l'environnement.« Lorsque l'isolateur est couvert de glace ou de neige, le courant peut être transporté par la fine couche d'eau qui se trouve à la surface de la glace ou à l'intérieur de la neige.Le courant peut ainsi contourner l'isolateur et rejoindre le pylône.On assiste alors à des étincelles spectaculaires et, au grand désarroi des consommatéurs, à des pannes d'électricité importantes.» plusieurs autres faisant face au même problème.La tempête de verglas de janvier 1998 est venue nous le rappeler de façon fracassante.» Les résultats obtenus par ces chercheurs ont fait l'objet de plus de 150 publications scientifiques depuis la création de la Chaire en 1997.Trois de ces publications ont d'ailleurs été retenues à titre de meilleur article scientifique dans le cadre de concours internationaux.En outre, un des modèles mathématiques développés par la Chaire a été retenu comme l'une des dix découvertes de l’année 1999 au Québec.Ce modèle, qui constitue une première mondia- d 5 Arc de contournement dans le cadre d’un essai sur un isolateur recouvert de glace.i.iii'i I syt %.'y*' Laboratoire de modélisation et simulation numérique.L'importance des travaux réalisés par la CIGELE ne fait aucun doute.« Au Québec, le territoire est sillonné par plus de 120 000 kilomètres de lignes de transport et de distribution d'énergie électrique.Évidemment, beaucoup de ces lignes sont vulnérables au givrage.On peut constater à quel point des efforts accrus de recherche dans ce domaine sont importants pour notre pays et pour le, sert à prévoir l'arc de contournement des isolateurs recouverts de glace.Une autre marque de reconnaissance est venue du prestigieux Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE).Cet organisme américain a confié au professeur Farzaneh la tâche de créer un groupe d'action qui se penchera sur le problème du contournement électrique des isolateurs.Les recommandations de ce groupe, qui comprend 37 DECOUVRJf RECHERCHE 38 i'M La région du Saguenay - Lac-Saint-Jean est devenue une plaque tournante pour la recherche sur le givrage atmosphérique.Masoud Farzaneh, coordonnateur du GRIEA, avec étudiants, à côté d’un isolateur recouvert de glace.des spécialistes de plusieurs pays, permettront d'établir des normes internationales pour évaluer la performance des isolateurs destinés aux régions froides.La renommée de la Chaire a permis à l'UQAC de nouer de nom- breux partenariats, sur le plan tant national qu'international.« Sur le plan national, nous collaborons notamment avec les universités Laval, McGill, d'Alberta et de la Colombie-Britannique, avec l'École Polytechnique de Montréal ainsi qu'avec Énergie atomique du Canada.Sur le plan international, nous travaillons avec des chercheurs de l'École Centrale de Lyon en France ainsi qu'avec les universités de Savoie en France, de Karlsruhe en Allemagne et Chongqing en Chine.Il va sans dire que les étudiants bénéficient énormément de ces collaborations.Plusieurs d'entre eux ef- deux fectuent une partie de leurs études aux cycles supérieurs dans ces universités, sous la supervision d'experts chevronnés.» Selon Masoud Farzaneh, les travaux de la CIGELE ont permis de faire avancer considérablement les connaissances dans le domaine du givrage, en plus d'accroître la visibilité de l'UQAC et de la région du Saguenay — Lac-Saint-Jean.« Grâce à son leadership mondial ainsi qu'à son infrastructure de recherche imposante et unique, la CIGELE a fait de la région du Saguenay — Lac-Saint-Jean une plaque tournante pour la recherche sur le givrage atmosphérique.Aujourd'hui, l'UQAC arrive à recruter des chercheurs et des étudiants de calibre international.» ?La science à la portée de tous.32 14 98 12 41 29 é * MARDI 22h DÈS LE 18 SEPTEMBRE Æ X \ \ / :y^AnTrftéxpaf Frédéric Loiselle t> W/ K : 1 O VA Télé-Québec Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Programme «'Etalez votre science».Production Icotop inc.DECOUVRIT §liÉ %.Une division- pw» uns U! &P.m.*dWdro-Oi ' *, ¦jm %.^ ; \ m-k IL, |L, |L, ÇSw %, \V RECHERCHE 1 NATHALIE KINNARD Abitibi-Témiscamingue La survie des petite! communautés L'Abitibi-Témiscamingue, région de grands espaces, reconnue pour ses forêts, ses mines et ses terres agricoles, ne serait pas la même sans ses nombreux petits villages, éparpillés sur un territoire de 65 000 km2.Mais la tendance à vouloir centraliser ressources et services vient déstabiliser l’essence même de ces petites communautés qui confèrent à la région une partie de son charme.Pas étonnant que l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UOAT) se soit forgé une expertise en développement des petites collectivités, reconnue au- jourd’hui à travers le Québec! i Eglise de campagne en Abitibi-Témiscamingue AU SERVICE DE LA RURALITE Tbut a débuté en 1991 lors d'une rencontre informelle entre Jules Arsenault, recteur de l'UQAT, Roger Guy, professeur à la même université, et Richard Robinson, directeur général de la caisse populaire de Rouyn-Noranda.Ces leaders de la communauté rentraient tout juste des États généraux du monde rural qui avaient rassemblé à Montréal tous les intervenants sociaux, économiques et politiques concernés par l'avenir avec des communautés rurales.Un projet a germé : engager plus à fond l'Université de l'Abitibi-Témiscamingue dans le développement régional.En 1993, la Chaire Desjardins en développement des petites collectivités voyait le jour.Les petites collectivités, des établissements humains de moins de 3000 habitants, ont connu un bouleversement il y a 40 ou 50 ans, alors que les 40 SH DÉCOUVRIR secteurs forestiers et agricoles se sont industrialisés à la faveur du développement technologique.Les nombreuses pertes d'emplois ont alors provoqué l'exode d'une partie de la population vers les grands centres urbains.À cela s'est ajoutée la perte graduelle d'écoles, de bureaux de poste et de services de santé, liée à ce déclin démographique et au regroupement des ressources.« La Chaire Desjardins se veut justement un lieu de rassemblement autours de cette problématique», précise Mario Carrier, directeur de la Chaire depuis 1996.En 1993-1994, la Chaire s'est penchée sur l'organisation de l'enseignement primaire de la municipalité de Preissac, située à mi-chemin Centrale hydroélectrique de la Première Chute à Notre-Dame-du-Nord au Témiscamingue.Cette centrale fait partie du réseau des centrales de l'Outaouais supérieur d'Hydro-Ouébec. Le milieu agricole bénéficie du regroupement des différents intervenants de la région.Miimmih, entre Val-d'Or et Rouyn-Noranda.« Leur école était fermée depuis deux ans et la population luttait pour sa réouverture », explique le directeur de la Chaire.L'étude a entre autres démontré que les petites écoles ne produisent pas les déficits dont on les accusait souvent.De plus, elles offraient une formation équivalente, voire supérieure à celle que dispensaient les grands établissements.À la suite du projet, la Chaire encourageait les autorités locales à créer des classes regroupant trois niveaux scolaires.Quelques mois plus tard, la commission scolaire ouvrait ses portes, avec le soutien financier de la municipalité! « Ce premier mandat représentait bien une dimension importante de notre mission qui consiste à accompagner et à soutenir les populations locales dans la prise en charge de leur développement », souligne Mario Carrier.À partir de cette expérience, la Chaire a ensuite développé tout un axe de recherche sur les services de proximité dans les petites collectivités.Par ailleurs, en 1997, l'UQAT et la Chaire, soutenues par le réseau de l'Université du Québec et plusieurs organismes de développement, ont organisé un atelier de formation continue et pratique en développe- ment rural.Il s'agissait de la première session estivale de l'université rurale québécoise.Basée sur une idée européenne, cette activité est un regroupement de tous les acteurs du développement local et régional en un même lieu.« Notre objectif était de favoriser les échanges entre différents intervenants du milieu rural et de promouvoir la ruralité », indique Mario Carrier.L'activité est un succès, au point d’être répétée en 1999 dans le Bas-Saint-Laurent, par l'entremise de l'Université du Québec à Rimouski.Une prochaine session est prévue en septembre 2001 dans les MRC de Manicouagan et de la Haute-Côte-Nord.Depuis sa création, la Chaire s'est entre autres penchée sur la place des caisses populaires dans le développement local, l'organisation des services publics au Témiscamingue, l'évaluation des besoins des centres de la petite enfance et la viabilité des communautés forestières.Ce dernier projet implique la collaboration du Département de foresterie de l'Université Laval.Les chercheurs étudient quatre communautés réputées dépendantes de la forêt.Ils veulent connaître l’aptitude de ces collectivités à s'adapter à des changements économiques, sociaux et politiques.« L'étude vise notamment à apporter des solutions pour assurer la gestion et le maintien des ressources à long terme », rajoute Mario Carrier.Par ailleurs, depuis 1999, la Chaire mène une campagne de consultation auprès des petites collectivités pour dresser un bilan de la gestion du réseau routier.En effet, depuis 1993, les municipalités sont en charge des routes sur leur territoire.En collaboration avec le secteur privé et le ministère des TYansports, la Chaire dirige une étude dont l'objectif est de cerner 41 DÉcouvRir Eg RECHERCHE MHRÉ Petite ferme de l'Abitibi, un exemple de développement durable des communautés.iv r ¦ ¦ ¦ s&aSmm.• :1 w- 11% m* |«Ci; r.' -i êÊÊÊHÊÊ cïïlSfiiislSs les besoins futurs des communautés rurales et d'établir les bases d'une bonne gestion du réseau routier local.TOURNÉE VERS L’AVENIR La Chaire Desjardins, actuellement composée d'une équipe de six professeurs-chercheurs de l'UQAT — des politicologues, des sociologues et des spécialistes en gestion— et de collaborateurs externes, prévoit allonger la liste de ses réalisations.Pour les cinq prochaines années, les chercheurs développeront d'ailleurs leurs projets autour de quatre axes principaux : l'étude des populations et de leurs conditions de vie, le développement durable, l'entreprise ainsi que l'organisation politique et la gestion municipale en milieu rural.« Nous avons entre autres un projet d'Observatoire de la ruralité québécoise, en partenariat avec l'UQAR et Solidarité rurale du Québec, qui servirait d'outil d'information et d'analyse de l'évolution du monde rural québécois », mentionne Mario Carrier.Le projet regroupera un ré- Le T.E.Draper est un remorqueur de bois qui a été en service de 1929 à 1972 sur le lac des Quinze.Il fut classé bien culturel en 1979.On peut le voir à Angliers au Témiscamingue.« Notre mission consiste à soutenir les populations locales dans la prise en charge de leur développement.» Mario Carrier seau de chercheurs spécialisés en études rurales et d'agents de développement qui suivront systématiquement l'évolution socio-économique, sociodémographique et socio-sanitaire des petites collectivités du Québec.L'Observatoire publiera des bulletins informant le public des résultats de recherche.Les activités de- vraient débuter cet automne.Par ailleurs, un chercheur de la Chaire, Daniel Thomas, vient tout juste de recevoir une sub-vention du gouvernement fédéral pour une étude sur la prévention de l'abus et de la négligence à l'égard des aînés, particulièrement au sein des collectivités rurales.Deux autres projets débutant sous peu, dont un en collaboration avec INRS-Urbanisation-Culture et Société, mesureront l'impact de la réor-ganisation municipale, notamment des fusions, sur les petites collectivités.« Il s'agit d'évaluer les formes d'organisation qui permettront aux localités de conserver leur pouvoir de décision et leurs services de proximité comme les écoles, les infirmière, etc.», clarifie Mario Carrier.Enfin, entre autres exemples, une étude en cours s'attarde à la recomposition et à la restructuration des systèmes ruraux au Québec.Plus précisément, Mario Carrier et Bruno Jean, de l’UQAR, tentent d'évaluer le rôle de la grande entreprise forestière sur le territoire de Dolbeau, l'intervention de l'État dans les activités récréo-touristiques de Charlevoix et celle de la petite entreprise agricole dans la région de TYois-Pistoles.Alors que la Chaire Desjardins carbure à la théorie du développement local, l'UQAT a fait du développement des petites collectivités l'un des deux pôles d'excellence et de renommée de son plan de développement 1997-2002.?42 Efl ÜLLOUVRlf -uien mus plus aucune question de science la recherche est source de vie.Chaque année, les compagnies membres de Rx&D dépensent plus d’un milliard de dollars dans la recherche médicale au Canada.Chaque jour, dans les laboratoires du pays, plus de 9 000 chercheurs tentent de trouver les remèdes de l’avenir.Leurs efforts sauvent des vies, allègent la douleur et la souffrance et préviennent la maladie.Les nouveaux médicaments qu’ils mettent au point améliorent la qualité de vie de tous en aidant à garder les familles intactes, en prolongeant des vies et en les rendant plus productives et en économisant les ressources précieuses du secteur de la santé.(M) Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada •V La recherche : source de vie www.canadapharma.org WM Hwl8e .m : ¥ v-rm SOPHIE PAYEUR ue: l’affaire d’une société Jamais on n'a autant entendu parler de santé publique.Tous les jours, les médias, LES POLITICIENS ET LES PROFESSIONNELS SE DONNENT RENDEZ-VOUS POUR DÉBATTRE D’ORGANISATION DES SOINS, DE FINANCEMENT PRIVÉ ET DE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION.SONT-CE LÀ LES VRAIS MAUX OUI MENACENT LA QUALITÉ DE NOTRE SANTÉ À TOUS?APRÈS UNE VUE D’ENSEMBLE DE LA SITUATION, ON S’ATTARDE ICI À CERTAINS PROBLÈMES PARTICULIERS DE SANTÉ PUBLIQUE : LA DÉTRESSE EN MILIEU DE TRAVAIL, LES PROBLÈMES GRAVES DE SANTÉ MENTALE, LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE, LA SANTÉ BUCCODENTAIRE ET LE SUICIDE CHEZ LES TRÈS JEUNES.« Le vieillissement de la population est un merveilleux paravent à la prise en considération des véritables enjeux qui transformeraient efficacement notre système de santé », pense André-Pierre Contandriopou-los, directeur du Département d'administration de la santé de l'Université de Montréal et membre du Groupe de recherche interdisciplinaire en santé (GRIS).Les statistiques montrent que le vieillissement de la population commence à peine : il décollera plus tard, vers 2020 ou 2030.De plus, l'évolution fulgurante des technologies et des connaissances, dont celles issues de la génétique, outille les soins de santé comme jamais avant.Au cours des dernières années, les Canadiens ont gagné entre huit et neuf années d'espérance de vie.Paradoxalement, les gens meurent plus tôt à cause du cancer et des maladies cardiovasculaires.« Ce n'est pas en guérissant la maladie qu'on améliore la santé, clame M.Con-tandriopoulos.La santé publique, ce sont les conditions sociales dans lesquelles le vivant a le plus de chances de s'exprimer et de s'épanouir.» Quelles sont-elles, ces « conditions gagnantes »?Une boîte noire que les chercheurs ont bien du mal à pénétrer.Des études ont montré que l'éducation constitue un facteur de santé important.Mais le plus récalcitrant des déterminants de santé qui émane des travaux de recherche est le revenu.Vice-présidente du conseil d'administration des nouveaux instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), Louise Nadeau ne le sait que trop bien.« Entre les Canadiens riches et les Canadiens pau- 45 I DÉCQUVRjf^Bff ILLUSTRATION: SOPHIE CASSON ENJEUX LA SANTÉ PUBLiqUE Détresse au travail -B—jRi-A • J___________J - .vres, il y a une différence de quatre ans d'espérance de vie.Et à Montréal, cette différence est de dix ans.» Selon elle, les acteurs qui travaillent à faire progresser la santé doivent tenir compte simultanément de quatre dimensions : la recherche biomédicale, la recherche clinique, les services ainsi que les conditions sociales et culturelles, y compris le revenu.C'est d'ailleurs sur ces quatre piliers que sont construits les IRSC.Avec ces nouvelles structures, on espère encourager les chercheurs de différentes disciplines à se parler davantage.Toutefois, ils ne pourront pas faire tout le boulot.« On peut générer des données probantes très utiles aux acteurs communautaires, fait remarquer Louise Nadeau.Mais la santé publique demeure une question d'organisation et de volonté sociale.» Directeur de l'Unité de recherche en santé publique du CHUL, à Québec, et chercheur en santé environ-nementale, Éric Dewailly fait observer que la pauvreté intimide bien des chercheurs et praticiens, qui ont du mal à prendre en charge cette réalité et à composer avec elle.Dans un très proche avenir, toutefois, ils n'auront plus le choix.« De plus en plus de recherches démontrent des liens clairs entre le revenu et la santé.Nous, en tout cas, on travaille très fort sur cette question.» « Les aspects sociaux sont plus importants que les aspects biologiques», renchérit A.-P.Contandrio-poulos.Les chercheurs, les professionnels, les décideurs et la société en général doivent être vigilants et prendre au sérieux les facteurs qui permettent à la santé de s'accroître pour tout le monde.La science, certainement, peut faire beaucoup.Mais il faut aussi tenir compte de la pauvreté, de la démocratie, de l'environnement et de la liberté de choix des individus.» ?Dix millions de dollars par année : c'est ce qu'il en coûte à Gaston Pel-lan pour remplacer ses 250 employés malades.Directeur du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA), M.Pellan est convaincu que l'absentéisme au travail est la cause principale du déficit budgétaire des hôpitaux.Professeur chercheur à l'Université Laval et chef de la Direction de la santé publique de Québec, Michel Vézina n'est pas surpris par ces chiffres.Ses recherches montrent que le person- nel soignant est le groupe de travailleurs qui s'est le plus absenté au cours des dernières années.En effet, près de 50 p.100 d'entre eux ont quitté leur travail pour des périodes plus ou moins longues.De ces absences, 30 p.100 étaient causées par des problèmes de santé mentale.« Le personnel soignant est le groupe de travailleurs le plus en crise actuellement, dit Michel Vézina.Toutefois, les problèmes de santé mentale dus aux conditions de travail prendront de plus en plus d'am- 46 EH DkcuuvRlr PHOTO : ESTELLE LACOMBE ENJEUX IA SANTE PUBLIQUE « Ce n’est pas en guérissant la maladie qu'on améliore la santé.» André-Pierre Contandriopoulos pleur, et pas seulement chez les infirmières et infirmiers.« Bousculé par le virage ambulatoire et la pénurie de personnel, le travail des infirmières subit une tension continue; 41 p.100 d'entre elles éprouvent un haut degré de détresse psychologique.L'augmentation de la charge de travail, le peu de soutien social, le manque de reconnaissance pour les tâches accomplies ainsi que la faible latitude dans la prise de décisions, alimentent sournoisement ces troubles.« Le fait de ne pas participer aux décisions qui les concernent crée un sentiment de menace constante de perdre soit son emploi, soit la responsabilité de dossiers importants, ou encore, une certaine stabilité », explique Michel Vézina.Voilà tous les ingrédients qu'il faut pour empoisonner le climat de travail et l'état psychologique du personnel.Dans le cadre d'un programme de recherche de trois ans, ce chercheur tentera d’agir sur certains facteurs pour voir si l'on peut renverser la situation.Dans la première étape du projet, qui se terminera au cours de l'automne 2001, on s'attarde à faire le bilan psychosocial des conditions de travail de 3 000 personnes soignantes dans 29 centres hospitaliers de soins de longue durée.Par la suite, les établissements les plus touchés par des conditions de travail dures sur le plan psychologique, serviront de bancs d'essai pour un programme d'interventions.Celui-ci vise les trois facteurs pathogènes sur lesquels on DES RECHERCHES ESSENTIELLES INSTITUT MAURICE-LAMONTAGNE CENTRE DE RECHERCHE EN SCIENCES DE LA MER Nos écosystèmes marins sont riches et complexes.Leur gestion et leur protection requièrent une connaissance précise de leur état et l’élaboration de moyens novateurs de mise en valeur.L’Institut Maurice-Lamontagne se consacre, avec ses partenaires, à des recherches de pointe, appliquées aux domaines des pêches, du milieu marin et de l’hydrographie, dans l’est du Canada.850, route de la Mer C.P.1000, Mont-Joli (Québec) G5H 3Z4 Téléphone : (418) 775-0500 ¦ ¦ Pêches et Océans Fisheries and Oceans Canada Canada Télécopieur : (418) 775-0542 www.qc.dfo-mpo.gc.ca/inil Canada ENJEUX LA SANTE PUBLIQUE peut agir pour améliorer la santé mentale des travailleurs : la reconnaissance du travail accompli, le soutien social et la latitude décisionnelle.La charge de travail est, pour sa part, difficilement contrôlable.À cette étape critique du projet collaboreront bien sûr les cadres et les administrateurs, dont le type de gestion a des effets indéniables sur le personnel soignant.« Une gestion qui incite à la compétition entre travailleurs, le favoritisme ou une organisation officieuse ouvrent toute grande la porte à la détérioration de l'état psychologique des troupes», souligne M.Vézina.Le chercheur envisage d'augmenter le suivi auprès des cadres et des organisateurs du travail, de donner plus de sou- tien aux travailleurs et de rétablir un climat de confiance au sein du personnel.Les résultats, comparés à ceux obtenus avec un groupe contrôle où aucune intervention n'aura été pratiquée, pourraient mener à élargir cette initiative à d'autres milieux de travail, où la santé mentale des travailleurs est aussi mise à rude épreuve.?Une solution de rechange pour les personnes atteintes de troubles mentaux graves Méconnues et vulnérables, les personnes atteintes de schizophrénie et de troubles affectifs graves représentent néanmoins 2 à 3 p.100 de la population.Les neuroleptiques, les soins psychiatriques dispensés par les hôpitaux traditionnels et les cliniques externes viennent en aide à la majorité de ces patients.Pour un petit nombre d'entre eux, toutefois, ce type de soins ne fonctionne pas, et ils comptent souvent parmi les cas les plus sévères.Étant particulièrement sensibles au stress et menant une vie désorganisée, le moindre événement perturbant peut les clouer à l'hôpital pendant des jours.Ces patients préoccupent beaucoup les chercheurs, dont Éric Latimer.Économiste de la santé, ce dernier s'intéresse à une approche utilisée d'abord aux États-Unis pour venir en aide aux patients durement éprouvés.Ce modèle, PACT (Assertive Community Treatment), fournit un support intensif aux patients marginaux dans leur propre milieu de vie, 7 jours sur 7, 24 heures sur 48 EH DtLUUVRlT ffl1 24.Assumé par une équipe formée de psychiatres, d'infirmières, de travailleurs so- ciaux, de psychologues, d'ergothérapeutes, d'éducateurs spécialisés et de spécialistes en toxicomanie, le service est offert au patient aussi longtemps que nécessaire, pen- « Le retour de Martin à la maison » PHOTO : JEAN-MARC SAVARD/JOURNAL L'ITINÉRAIRE Les personnes atteintes de schizophrénie et de troubles affectifs graves représentent 2 à 3 p.100 de la population.dant des dizaines d'années, voire toute la vie.Jusqu'ici, aucun autre modèle n'a donné de résultats aussi positifs chez cette population marginale.Il permet d'améliorer les symptômes et la qualité de vie de la personne, réduit la fréquence des hospitalisations de manière remarquable et entraîne moins de coûts : annuellement, 7 500 $ par patient au Québec.Éric Latimer tente de trouver des façons d'optimiser ce programme, déjà très répandu en Ontario et aux États-Unis.Une des questions auxquelles il veut répondre est celle de l'attribution des tâches.Deux types d'équipes sont à l'étude.Les premières équipes ACT, issues des hôpitaux et des CLSC, sont formées essentiellement de psychiatres et d'infirmières, et elles axent leurs interventions sur des actes médicaux tels que la médication et le suivi psychiatrique.Les deuxièmes, issues d'organismes communautaires, sont formées de gens diplômés en sciences humaines, qui appuient le patient dans sa démarche et misent sur sa volonté de s'en sortir.Or, par qui le programme devrait-il être assumé?Par les équipes hospitalières ou par les équipes communautaires?Et pour quel type de patient l'ACT est-il plus rentable?Voilà des questions que se pose Éric Latimer.Quatre hôpitaux participent au projet : l'Hôpital général de Montréal, l'hôpital Douglas, l'hôpital Charles-Lemoyne et l'hôpital Pierre-Janet, à Hull.Les résultats des travaux seront connus cet automne.« Une chose ressort clairement : le programme est très apprécié des pa- tients, ils aiment énormément ce que les équipes font pour eux.» Basé sur l'action concertée de plusieurs intervenants, TACT agit sur divers plans de la vie de l'individu à la fois en tenant compte de ses objectifs et de ses champs d'intérêt.La force de cette approche, selon Éric Latimer, c'est le fait que l'ensemble des services cliniques soit intégré dans la même équipe, et non dispensé par plusieurs personnes qui se parlent plus ou moins.« Nous nous attendons à obtenir des résultats très intéressants, souligne Éric Latimer, enthousiaste.Étudié auprès d'une petite partie de la population, le modèle ACT pourrait ap-porter des réponses aux grandes questions de santé publique et d'organisation de soins.» Le programme pourrait être élargi à d'autres clientèles aux prises avec des problématiques multiples, comme les personnes âgées.?r Nous sommes témoins d'une révolution mondiale dans le .domaine de la recherche en santé, révolution dont l'étendue, depuis la découverte des mystères du génome, touchera virtuellement tous les secteurs de la recherche en santé.Pour savoir comment IRSC (Instituts de recherche santé du Canada) et 13 instituts s'assurent que le Canada joue un important rôle dans cette révolution en santé, consultez le site www.irsc.ca Canada IRSCCIHR Instituts de recherche Canadian Institutes of en santé du Canada Health Research 49 DÉcoüVRir EET 2sM ENJEUX LA SANTE PUBLIOUE La leçon des peuples de la mer Postés à chaque coin du globe, des chercheurs de tout acabit essaient de comprendre les effets de la pollution et des changements climatiques sur la santé des humains.Mais comment mesurer ces effets si nombreux, si diffus et si lents?« La santé environnementale est intimement liée à notre alimentation », soutient Éric De-wailly, directeur de l'Unité de recherche en santé publique du CHUL.Contact privilégié entre la nature et l'être humain, la nourriture est un bon indicateur des effets de l'environnement sur la santé des gens.Depuis plusieurs années, M.Dewailly étudie des populations éloignées qui vivent en lien étroit avec leur environnement.Les peuples de la mer, selon lui, ont beaucoup à nous apprendre sur l'évolution de ce que nous mangeons et sur les conséquences de ces transformations dans notre corps et sur notre santé.« Ces populations mangent littéralement leur environnement, dit-il.Grâce à elles, nous pouvons savoir quels aliments protègent ou non la santé.» Inukjuak Contact privilégié entre la nature et l'être humain, la nourriture est un bon indicateur des effets de l’environnement sur la santé des gens.Ainsi, les infarctus frappent très peu souvent les Inuits.Pourtant, c'est une des premières causes de mortalité chez les Québécois.Les Inuits, cependant, consomment en moyenne 200 à 300 grammes de poisson par jour, alors qu'au Québec et au Canada, la consommation moyenne est de 12 à 14 grammes.Or le poisson est riche en sélénium, un oligo-élément essentiel à l'humain et qui le protège des maladies chroniques.Augmenter l'apport en sélénium dans l'alimentation des Québécois ne coûterait pratiquement rien, s'empresse de souligner Éric Dewailly.Un des seuls animaux sauvages qui figure au menu des Québécois, le poisson est un laboratoire de recherche des plus intéressants.Par suite des changements climatiques, l'arrivée de toxines tropicales dans notre environnement nordique se répercutera un jour ou l'autre chez le poisson.Les communautés maritimes seront les premières touchées.Éric Dewailly souhaite que, tout comme lui, les responsables de santé publique étudient de près les aliments dits traditionnels.Ceux-ci, comparés aux aliments issus des technologies de transformation et de mise en mar- 50 Efl UfcLUUVRir Croupe de jeunes à Salluit, dans le Nord québécois.PHOTO : SOCIÉTÉ MAKIVIK ENJEUX LA SANTÉ PUBLIQUE Repas communautaire.ché, permettent de tracer des liens entre l'environnement, l'alimentation et la santé.De telles recherches permettent de justifier également les décisions à prendre en matière de biotechnologies alimentaires, telles les manipulations génétiques.«On ne peut pas demander aux six milliards d'humains de redevenir des chasseurs-cueilleurs, concède le chercheur.Par contre, on peut changer nos pratiques alimentaires.» ?mment va la santé.Quand on vous demande comment ça va, il est rare que vous parliez.de vos dents.Pourtant, la santé buc-codentaire des Québécois n'a pas de quoi faire des jaloux.Au cours des dernières années, Jean-Marc Brodeur, dentiste de formation et chercheur au GRIS de l'Université de Montréal, a étudié les habitudes et la santé dentaires de milliers de Québécois de tous âges.Par des examens cliniques et des questionnaires, il a amassé des résultats plutôt surprenants touchant ce domaine pour lequel on avait jusqu'ici très peu d'information.La bonne nouvelle d'abord.Depuis 1977, les enfants montrent une baisse importante de la carie.Les 13-14 ans, par exemple, ont aujourd'hui trois caries en moyenne, alors qu'avant ils en avaient neuf.Malgré cette réduction de 70 p.100, les enfants québécois ont encore 1,5 fois plus de caries que leurs voisins ontariens et américains.« Là-bas, 65 à 70 p.100 de la population a accès à de l'eau fluorée, alors que c'est le cas de seulement 13 p.100 des Québécois, note Jean-Marc Brodeur, qui croit que la faible accessibilité à cette eau contribue à faire monter le nombre de caries des jeunes Québécois.Les adultes de 35 à 44 ans, eux, détiennent le record mondial peu réjouissant du nombre de dents extraites : 24 p.100 d'entre eux n'ont plus aucune dent naturelle.Les prothèses dentaires qui remplacent ces dents sont beaucoup moins efficaces pour mastiquer, ce qui entraî- ne avec l'âge des problèmes digestifs.Les autres données compilées par le docteur Brodeur ont également de quoi inquiéter : 90 p.100 des adultes ont besoin d'un détartrage complet et plus de la moitié présentent au moins une dent qui saigne.Pourtant, les recherches de Jean-Marc Brodeur démontrent que 69 p.100 d'entre eux ont visité leur dentiste au moins une fois dans l'année précédant l'enquête, et que 61 p.100 se brossent les dents au moins deux fois par jour.Et malgré cela, 94 p.100 des adultes ont besoin de conseils d'hygiène.Des réalités qui se reflètent durement dans les classes défavorisées.« Faute de moyens, les personnes à faible revenu attendent à la dernière minute pour aller voir le dentiste, quand la douleur est solidement installée, rapporte le docteur Brodeur, qui s'est intéressé à la représentation sociale que se font les personnes pauvres des soins dentaires.Puisque la majorité des soins de santé sont accessibles au moyen de l'assurance-maladie, les personnes à faible revenu se sentent inégales au reste de la société quant elles entrent dans le cabinet de dentiste.» ?51 DÉcouvRir Efl ENJEUX LA SANTE PUBLIQUE Prévenir le suicide.f Quand une personne envisage le suicide, c'est que ses yeux se ferment sur l'horizon des possibles.Le regard sur la vie est obstrué par des œillères qui tombent peu à peu sur les solutions que représentent les amis, la famille, les professionnels ou les organismes qui ne demandent qu'à devenir des phares dans la nuit.Brian Mishara s'efforce de faire prendre conscience aux tout jeunes des possibilités qui s'offrent à eux pour résoudre leurs difficultés.Directeur du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), M.Mishara expérimente depuis 1998 un programme de prévention du suicide ambitieux et original auprès d'enfants de 6 ans d'écoles primaires du Danemark et de Litua- « Notre but est d'enseigner le plus tôt possible aux enfants des façons de composer avec leurs difficultés.» Brian Mishara nie.Jamais, cependant, il n'est question de suicide au sein de ce projet.« Notre but est d'enseigner le plus tôt possible aux enfants des façons de composer avec leurs difficultés, insiste Brian Mishara.On ne prévient pas les problèmes, mais on fait peut-être en sorte qu'à l'adolescence ces jeunes aient développé des mécanismes d'adaptation et qu'ils soient disposés à demander de l'aide.» Construit autour d'histoires qui portent sur six thématiques — l'amitié, communiquer ses émotions et sentiments, la solitu- de, les brimades, composer avec les changements de la vie et entreprendre un nouveau départ —, le programme est constitué de sessions de 45 minutes réparties sur 24 semaines.Les 70 activités du programme, animées par les professeurs, tentent d'amener les enfants à reconnaître leurs sentiments, à les communiquer et à trouver des façons de jongler avec eux.Elles les sensibilisent également à l'importance de savoir écouter les autres.Les premières évaluations ont montré que le programme est apprécié tant des enfants, des professeurs que des parents.Brian Mishara et sa collègue Mette Ystgaard, de l'Université d'Oslo, ont cependant noté que si les activités influent sur les comportements sociaux, les mécanismes d'adaptation, eux, ont été moins bien intégrés par les enfants.Les chercheurs ont donc bâti d'autres contenus de sessions qui portent davantage sur l'appropriation de moyens, par les jeunes, pour faire face aux boutades de la vie.Peut-on s’attendre à ce qu'il soit implanté au Québec?« L'accès était plus facile en Lituanie car les ressources scolaires et sociales du pays sont très limitées, explique Brian Mishara.Nous devons d'abord prouver que notre programme a des effets à court terme.Dans quelques années, si nous pouvons également démontrer qu'il a des effets à long terme chez ces jeunes devenus ados, nous aimerions effectivement en faire bénéficier le Québec.» Les suicides au Québec représentent 37 p.100 des suicides canadiens.Le suicide est la première cause de mortalité chez les hommes âgés de 15 à 39 ans.?52 Efl UkLUUVRir Vadiante des montagnes Vertes est une espèce endémique aux escarpements rocheux de serpentine du Québec et du Vermont.Elle ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde.La roche serpentine couvre moins de 1 % de la superficie de la terre.Ses minéraux particuliers favorisent la croissance de plantes rares.Une botaniste étudie une population isolée de l’aspidote touffue.La forêt de conifères procure un habitat pour plusieurs espèces fauniques dont le renard roux, le tétras du Canada, le cerf de Virginie, l’orignal et la martre.Vue sur le mont Oak, classé comme un « écosystème forestier exceptionnel » du Québec de par sa chênaie mature.Situé dans la région de l’amiante, le mont Caribou représente le plus important vestige encore intact de forêts sur affleurements rocheux de serpentine à l’est du continent nord-américain.Les monts Caribou, Kerr et Oak sont connus sous le nom de monts de Coleraine, un massif forestier spectaculaire de huit kilomètres carrés.La Société Asbestos Limitée a fait don de la moitié de ce territoire contribuant ainsi à la protection de ces montagnes vierges des Appalaches.On y trouve des sentiers pédestres, des activités de randonnée et d’interprétation de la nature, des visites aux sites miniers historiques et un camping rustique.Vous pouvez contribuer à la protection du mont Caribou et d’autres habitats naturels importants.Jusqu’à maintenant, nous avons préservé plus de 1,6 million d’acres d’habitats en danger de disparition, d’un océan à l’autre.Si vous désirez faire un don, devenir membre, ou en apprendre davantage sur ce que nous avons accompli depuis près de 40 ans, appelez-nous au (514) 876-7834.Conservation ÀM ^-nature CANADA Pour la protection du patrimoine naturel -S7 * 2000 c Le mont Caribou est appuyé par le programme La nature en héritage 2000, une initiative d’envergure nationale visant à préserver les espèces sauvages et les habitats canadiens sur les terres privées et publiques.Nous remercions sincèrement le gouvernement fédéral pour le soutien financier apporté par le Programme des partenariats du millénaire du Canada. ZOOM OOMZOOM OO ZOOM ANNE FLEISCHMAN La sexologie # en plein essor ON Y PENSE, AU SEXE, ET ON EN PARLE BEAUCOUP, ET PAS SEULEMENT LES HUMORISTES.LES CHERCHEURS AUSSI! L’étude de la sexualité, un domaine de recherche marginal?Détrompez-vous.Au cours des 30 dernières années, elle a même pris, au Québec, un véritable essor.« La question de la sexualité a fait partie de la modernisation du Québec au début des années 70.Pour y répondre, nous avons créé le tout premier département au monde entièrement consacré à l’enseignement et à la recherche en sexologie », explique André Dupras, directeur du Département de sexologie de l’UQAM.Mais le défi ne s’arrête pas là.Alors que les autres chercheurs étudient la question par le prisme de leur propre discipline, l’UQAM a opté pour une vision interdisciplinaire.Ici, la sexologie est une discipline autonome à laquelle s'intéressent des professionnels de tous horizons.Car la sexualité, au delà des apparences, est une question bien complexe, qui implique de multiples dimensions, tant biologiques que psychologiques, sociales ou culturelles.La réduire à une simple mécanique du corps est aujourd’hui dépassé.Pour les chercheurs de l’UQAM, qui dit recherche en sexologie dit recherche professionnelle, en prise directe avec la réalité.« Nous ne faisons pas de recherche théorique, isolés dans notre tour d’ivoire!, souligne M.Dupras.Au contraire, ce sont les problèmes de société qui guident les nouvelles recherches.On n’a qu’à penser au sida ou aux questions de pédophilie.Le milieu nous sollicite énormément pour l’aider à mieux comprendre ces phénomènes et à trouver des solutions appropriées.» Des enfants en garderie aux personnes âgées, en passant par les personnes handicapées et les adolescents, le large spectre couvert par la recherche en sexologie témoigne de cette ouverture sur le monde.« À partir du moment où il y a une personne humaine, il y a de la sexualité», de conclure André Dupras.On fait rarement l’amour seuls sur une île déserte : le contexte dans lequel nous vivons influe grandement sur notre comportement sexuel.Voici qui résume le résultat des travaux de Johanne Otis, chercheuse en sexologie à l’UQAM.Son champ d’intérêt : les aspects psychosociaux liés à la propagation du sida dans la communauté gaie de Montréal.« On essaye de comprendre pourquoi, en 2001, il existe encore des personnes qui prennent tellement de risques», explique-t-elle.Sa conclusion: « Un même individu, s’il vivait dans un tout autre contexte social, n’aurait sans doute pas la même vulnérabilité ni le même comportement.» Mettre un préservatif n’est pas un geste simple.Il sous- tend une grande part de non-verbal : comment faire comprendre à l’autre qu’on veut se protéger sans avoir à le dire?«A chaque rencontre sexuelle, tout recommence à zéro et se renégocie », note-t-elle.C’est ici que l'univers social et psychologique joue un rôle central.« Dans notre société, on enferme les gais dans un ghetto.Or ils sont souvent très vulnérables et ne se reconnaissent pas toujours dans cette culture où le culte du corps est très important et où ils sont sans cesse sollicités sexuellement.Seulement, ils n’ont parfois pas le choix de vivre ou non dans ce milieu s’ils veulent avoir une vie sociale épanouissante.» D’où la nécessité d’un travail en profondeur, en étroite collaboration avec les organismes communautaires, pour comprendre les comportements à risque et tenter de les endiguer.Mais il ne faut pas croire qu’une vie de couple plus « tra- V \ miÊé —* '• V.• ': :*'f! ¦I ¦ 54 Efl DLLUUVRjr ZOOM ditionnelle » met davantage à l’abri du regard et des sentiments de « l’autre ».C'est ce qu’a découvert Michel Goulet, professeur en sexologie à l’UQAM, dans ses recherches sur le Viagra et les.femmes! C’est que la petite pilule bleue, tout en révolutionnant la vie sexuelle des hommes qui souffrent de troubles d’érection, entraîne son lot de nouveaux problèmes pour les conjointes.« L’aspect "technique ” est réglé, mais elles doivent répondre à de nouvelles questions : est-ce bien moi qui provoque le désir ou est-ce uniquement la pilule?Suis-je en train de devenir un simple objet sexuel pour mon conjoint?Etc.» Autant d’interrogations qui imposent un ajustement dans la vie du couple.« On a noté que les femmes jeunes s'adaptaient mieux à l’arrivée du Viagra dans leur vie sexuelle que les femmes de plus de 60 ans, qui doivent souvent faire face au recommencement d’une vie sexuelle qu’elles pensaient terminée, explique-t-il.Les conjointes d’hommes qui souffraient d’un problème d’impuissance dû à une cause organique, telles des fuites veineuses, démontrent également une meilleure adaptation.» Ces résultats prouvent que le Viagra est une pilule qui se prend à deux.Les chercheurs ont même démontré que l'adaptation au traitement était facilitée quand les médecins intégraient les conjointes dans le processus de consultation.« Il est important de bien expliquer au couple le fonctionnement du médicament : le Viagra ne produit pas l’érection mais facilite son obtention, ce qui n’est pas une mince nuance.Les hommes pensent souvent qu’à partir du moment où ils prendront la pilule, une érection se produira, alors qu’en l’absence de caresses et de désir, ce n’est pas le cas.» Les hommes ne sont pas les seuls à souffrir de problèmes affectant leur sexualité.Une étude américaine a démontré que 10 à 15 p.100 des femmes souffraient de dysparunie, un problème organique qui entraîne de la douleur pendant les rapports sexuels.Un chiffre similaire à la proportion d’hommes ayant des troubles érectiles.Oui mais voilà, les problèmes sexuels féminins sont beaucoup moins connus que leurs pendants masculins.La raison?« La plupart des chercheurs sont des hommes!, explique la sexologue Sophie Bergeron de l’UOAM.De plus, la vie sexuelle des femmes est presque toujours vue sous l’angle de la reproduction, et les médecins se préoccupent peu du bien-être sexuel de leurs patientes.» Une lacune que cherche à combler Mme Bergeron, grâce à ses travaux sur l’évaluation des traitements de la dysparunie.La chirurgie, souvent re- commandée par les médecins, est le traitement le plus efficace, avec un taux de succès de 80 p.100.La physiothérapie, qui met en jeu une technique de contrôle musculaire, et le traitement psychosexologique, davantage tourné vers la psychologie, ont des taux de succès plus faibles, de 30 à 40 p.100.« Ce qui est intéressant, c’est que la fréquence des relations sexuelles n’est pas plus élevée chez les femmes qui ont subi une chirurgie, souligne-t-elle.C’est signe qu’une fois que le problème organique est réglé, d’autres composantes entrent en jeu.On peut parler d’une mémoire corporelle de la douleur qui empêche les femmes d'avoir de nouveau une vie sexuelle normale.» La médicalisation des problèmes sexuels féminins a à la fois des effets positifs et négatifs.Positifs, car la chirurgie est un traitement efficace qui permet de régler la question de la douleur.Négatifs, car elle ne règle aucunement les aspects relationnels et sexuels.Comme le souligne Sophie Bergeron, « le danger inverse est de “ psy-chologiser” entièrement les problèmes et d’oublier les causes organiques de la douleur ».Il est vrai qu’on a parfois tendance à penser que le sexe, « c’est dans la tête que ça se passe ».Et quand il est question d’identité sexuelle, de désir ou d’orgasme, c’est effectivement le cas.Des sujets qui passionnent Claude Crépault, professeur à l’UQAM et « père » de la sexoanalyse, une approche novatrice développée dans les années 80.Son matériel de travail : les fantasmes et l’imaginaire érotiques.« Pour la plupart des chercheurs, le fantasme sexuel, c’était le tabou dans le tabou.Et personne avant nous n’osa s’aventurer sur ce terrain-là! », note-t-il.Pour le chercheur, comprendre la signification cachée des fantasmes est bien la clé pour comprendre le développement de l'identité sexuelle.Selon lui, il existe un inconscient sexuel régi par ses propres lois.Trois sphères distinctes sont en jeu : la sexualité en elle-même, le rapport à l’autre, et la « genrali-té », qui fait référence aux notions de masculinité et de féminité présentes chez chaque individu.« Quand il y a une perturbation sur le plan sexuel, c’est qu'il y a une brisure dans l’une de ces sphères-là, explique-t-il.À la différence de la psychothérapie, la sexoanalyse aborde la question sexuelle de front.Nous amenons les patients à décrire leurs fantasmes en détail sans tomber dans le piège de l’interprétation facile.» Un travail de longue haleine, qui implique en moyenne une centaine de séances de consultation.Car Claude Crépault ne croit pas aux thérapies rapides où l’on cherche à régler les problèmes psychosexuels en quelques séances.« Il existe beaucoup de désordres sexuels en apparence mineurs.Mais l’humain est tellement complexe qu’il serait naïf de croire que l'on puisse les résoudre simplement.» Une complexité qui laisse à la recherche en sexologie de belles heures devant elle! ?55 , DÉcouvRlr EET L’ÉQUILIBRE SACRÉ REDÉCOUVRIR SA PLACE DANS LA NATURE DAVID SUZUKI JEAN DUMAS Séduire par les mots Pour d« communications publiques efficaces ÇJ2JCLs~G- Jean-Yve* Bronza Centre québécois de recherche et développement de l’aluminium (CORDA), spécialisé dans les domaines de la production de l’aluminium et de la recherche de nouvelles utilisations de ce métal SOURCE : SAVOIR CHANCER LE MONDE.POLITIQUE QUÉBÉCOISE DE LA SCIENCE ET DE L'INNOVATION, MINISTÈRE DE LA RECHERCHE, DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE, P.96-98.Découvrir remercie ces cinq centres de liaison et de transfert qui participent financièrement à cette chronique.59 t DECUUVkJl Efl la fine pointe parLenaire de la bio»innouaLion Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (COVB) est un chef de file depuis 1985 en valorisation des biomasses et des biotechnologies.Il stimule et accélère l’exploitation industrielle des résultats de recherche.Quand les États-Unis ont annoncé qu’ils se retiraient de leurs engagements relatifs au protocole de Kyoto, la communauté internationale préoccupée par l’environnement s’est indignée.Ghyslain Théberge, lui, a vu dans cette décision un aveu d’impuissance : « La déclaration du président Bush a montré à la face du monde que nous n’avions toujours pas les technologies requises pour éliminer l’excédent de C02 que nous produisons.» Président Du sang de bœuf oour éliminer le CO C02 Solution est sur une piste grâce à un enzyme extrait du sang de bœuf.Trouvant son homologue chez l’humain, l’enzyme s’occupe de transformer le C02 produit par l’organisme en ions bicarbonates inoffensifs pour le corps et pour l'environnement.« Nous nous sommes dit que si cela fonc- Frédéric Outil (gauche) et Marc Desrochers à côté d’un prototype de bioréacteur.de C02 Solution, M.Théberge veut ni plus ni moins faire de sa technologie celle qui avalera une bonne partie du C02 excédentaire de la planète, le principal gaz responsable de l’augmentation de l’effet de serre.tionnait dans le corps, cela pouvait aussi marcher dans un bio-réacteur », raconte M.Théberge.Agissant comme un catalyseur, l’enzyme accélère la réaction chimique naturelle par un facteur de un million de fois.60 EH ÜLLOUVRlT Créée en 1997, l’entreprise a obtenu un prêt financier du Centre québécois de valorisation des biotechnologies (COVB), ce qui lui a permis de prendre son envol.Il a aussi aidé l’entreprise à bâtir un plan d’affaires séduisant et à établir des contacts auprès de certains partenaires potentiels.L’idée de départ a maintenant dépassé le stade embryonnaire et gagné de la crédibilité.L’équipe de C02 Solution, hébergée dans des locaux de l’Université Laval, expérimente son procédé dans les sous-marins de la Défense nationale.Le C02 produit par les marins confinés dans ces milieux restreints est habituellement éliminé par un traitement chimique.Toxique, ce processus présente un danger potentiel pour l’équipage.Avec l’enzyme bovin, non seulement le risque disparaît-il, mais on espère prolonger la durée de plongée du sous-marin.Les chercheurs s'affairent par ailleurs à adapter la technologie en vue de traiter l’air de bâtiments publics d’envergure, tels que les écoles.La jeune entreprise vise aussi le secteur industriel, où l’on consomme des quantités astronomiques de matière combustible fossile pour faire tourner les moteurs : centrales thermiques, raffineries, industries du papier, de l'acier, de l’aluminium et du ciment, etc.Pendant ce temps, le COVB a converti son premier prêt en actions et a injecté un deuxième montant trois fois plus important que le premier.Loin d’être un simple bailleur de fonds, le Centre appuie C02 Solution dans chacune de ses avancées dans la jungle des affaires.« Le COVB nous a carrément propulsés dans le monde des biotechnologies.Par son expertise, il nous a aidés à établir des contacts et nous a ouvert les portes de ce réseau d’affaires, insiste Ghyslain Théberge.Ces gens croient tellement en nous qu’ils sont devenus actionnaires! » Un sous-groupe de l’équipe de C02 Solution, qui a vu ses effectifs passer de 3 à 21, travaille actuellement au clonage de l’enzyme bovin.L'entreprise désire effectuer certaines modifications génétiques sur l'enzyme afin de le rendre plus résistant aux hautes températures et aux niveaux extrêmes de salinité et d’acidité.C02 Solution pourrait fort bien s’approprier une bonne partie du marché de la réduction du C02, estimé à sept milliards de dollars annuellement.SOPHIE PAYFUF la fine pointe CRIM Centre de recherche informatique de Montréal Le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), inauguré en 1985, a été créé pour renforcer les liens entre les universités et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, du secteur des technologies de l'information.Assouplir les logiciels de gestion de l’eau Déversoir de Chute-à-Caron sur la rivière Saguenay (près de Jonquière) durant la période de crue, lorsque les vannes sont ouvertes.La planification des ressources hydriques des barrages hydroélectriques d'Alcan au Saguenay est une besogne de taille.Le bassin hydrographique du réseau compte 6 centrales, 28 ouvrages de retenue et 43 groupes turbines-alternateurs, le tout réparti sur un territoire plus vaste que le Nouveau-Brunswick.Au total, 850 km de lignes de transport d’énergie! Pour tirer le plein potentiel de toute cette eau, le Groupe de gestion des ressources hydriques (GRH) de la compagnie, basé à Jonquière, doit donc bien planifier.Les chercheurs et planificateurs du GRH recueillent d’abord des données hydrologiques et météorologiques sur le terrain, par exemple les niveaux de précipitation.Ils les analysent ensuite pour établir des prévisions hydrologiques, les cartes maîtresses de la planification et de la gestion du réseau.Les études de simulation et d’optimisation sont menées à l’aide de systèmes informatiques fondés sur des modèles mathématiques.Très performants, ces systèmes sont par contre très peu souples lorsqu’il faut changer certaines règles de fonctionnement ou explorer de nouveaux scénarios de gestion.Pourquoi un tel manque de souplesse?« Les connais- sances de gestion et les paramètres d’exploitation sont fusionnés à l’intérieur du logiciel, explique Louise Rémillard, ingénieure-analyste en ressources hydriques chez Alcan.Quand nous voulons changer les paramètres de l’une de nos centrales, pour minimiser les risques de déversement d'un réservoir, par exemple, nous devons jouer dans les codes du programme, un processus long et fastidieux.Pourtant, les règles de gestion évoluent constamment, il n’y a rien de statique.» En 1998, le GRH a donc demandé l’aide du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) pour mettre au point un système plus flexible, un outil pour répondre aux besoins changeants du réseau.« Nous savions que nous trouverions là l'expertise que nous souhaitions », souligne Mario Deslauriers, coordonnateur du groupe des ressources hydriques.Depuis, le GRH travaille de concert avec les chercheurs Hakim Lounis et Houari Sah- raoui, du CRIM, pour créer un système qui puisse reproduire toutes les étapes du raisonnement d’un expert en gestion des ressources hydriques.L’ensemble des cas possibles et imaginables, chacune des connaissances en jeu, l’ordre de priorité des critères, tout est pensé minutieusement afin d’être intégré dans le programme.« Les experts en gestion hydrique, ce n’est pas nous, c’est eux!, dit Hakim Lounis du CRIM.Ils nous exposent les connaissances dont ils se servent pour gérer leur réseau, et nous les transposons en langage informatique.» Beaucoup plus souple, le système expert permet d’explorer plusieurs situations sans avoir à jouer dans les entrailles du logiciel.Les composantes relatives aux connaissances et celles liées au raisonnement sont d’ailleurs séparées dans le programme.En jonglant avec les données concernant le débit des riviè- res, le système expert pourra simuler les impacts associés aux caprices de dame nature.Un premier prototype a été livré au GRH en avril dernier.Jusqu'en mars 2002, date de la fin du projet, des essais seront effectués pour évaluer le système et faire les changements nécessaires.Déjà, le projet semble répondre aux besoins de l’équipe d'Alcan.« Le SBC pourra raffiner notre gestion en diminuant les écarts entre la réalité et la situation optimale », confie Mario Deslauriers.Entre-temps, Hakim Lounis a réussi à obtenir du CRSNG des fonds pour étudier minutieusement les données météorologiques recueillies depuis plus de 50 ans par Alcan.L’analyse de ces données pourrait permettre d’établir des règles de gestion; par exemple, savoir quelles conditions météorologiques sont susceptibles d'affecter les installations du réseau.Qui plus est, la collaboration entre le GRH et le CRIM aura fait d’une pierre deux coups.« Le système est déjà un outil de formation extraordinaire!, mentionne avec enthousiasme Mario Deslauriers.Avec le SBC, nous avons des traces tangibles du raisonnement d'un expert en gestion hydrique.De nouveaux employés pourront éventuellement se servir du système pour se former eux-mêmes, c’est merveilleux! » -SOPHIE PAYEUR 61 DÉCOUVRI1 EH la fine pointe c&frio Le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO), fondé en 1987, contribue à l’amélioration de la performance des organisations grâce à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.Cliquera bien qui cliquera le dernier! P» En 1995, seulement 17 p.100 des PME québécoises de 10 à 200 employés étaient branchées à Internet, révèle un sondage du Groupe Everest.Cette constatation se trouve au cœur du projet INFORME, lancé en 1997 par le Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO), et dont l’objectif est d'aider les PME à prendre le virage électronique.« Nous avons ciblé trois domaines dans lesquels la situation technologique pouvait être améliorée : l’agriculture, les produits métalliques et les services comptables », indique Josée Beaudoin, gestionnaire du projet.Grâce au travail de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l'École des Hautes études commerciales, de l’Université Laval et du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAO), ces trois secteurs sont maintenant chacun dotés de portails verticaux, c’est-à-dire d’un site Internet propre à leur industrie ou à leur regroupement professionnel.Depuis janvier 2001, en effet, le site Agroclic rassemble toutes les ressources reliées à l'agriculture.Ce bureau virtuel, aussi accessible au grand pu- De Hull Le portail Agroclic offre des ressources en agriculture.LE QUEBEC CLIQUE! Associée à INFO-PME, la Tburnée Québeclic a visité l'année dernière 20 villes québécoises afin d'inciter les entreprises à adopter le monde des affaires électroniques.Le guide Québeclic, offert gratuitement dans Internet, a été produit parallèlement pour orienter les dirigeants qui adoptent les nouvelles technologies.blic, présente entre autres le Calendrier du monde agricole, où l’on annonce des événements tels que des sessions deformation, des conférences ou des rencontres.« Les entreprises et les agriculteurs apprécient la facilité de navigation, l’intérêt des sites répertoriés, les applications de gestion.le tout sous un même clic! Plus de 1500 profils sont déjà inscrits à Agroclic », signale Brigitte Dumont, directrice générale du CRAAO.Les PME de transformation du métal pourront par ailleurs bientôt communiquer entre elles grâce à Netmetal.«QuébecTel, maintenant Telus, achève l’élaboration du portail », indique Jean Ryan, vice-président au développement du groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec.Netmetal permettra aux membres de travailler en mode privé, à distance, avec leurs clients et leurs fournisseurs, par exemple pour bâtir un devis ou encore consulter l’agenda d’un collègue.« Il s’agit d’une véritable zone de travail virtuelle », précise Josée Beaudoin.Le public, pour sa part, aura accès à de l’information générale sur les produits du métal.Enfin, l’Ordre des comptables agréés du Québec termine la deuxième phase de développement d’une communauté virtuelle, un site destiné aux membres d’une même profession.« Les petits cabinets de comptables sont souvent isolés et ils n'ont ni le temps ni les ressources pour “surfer” dans Internet à la recherche de l’information nécessaire à leurs fonctions, témoigne Gérard Caron, président et directeur général de l'Ordre.Nous avons voulu remédier à ce problème en leur offrant, en ligne, des états financiers modèles, des banques de données sur la fiscalité, des applications.» Le lancement officiel du site trous-secCA.com est prévu en septembre.Note : Le projet INFO-PME est financé par une quinzaine de partenaires privés et publics, dont Manufacturiers et exportateurs du Québec, l’Ordre des comptables agréés du Québec et le Secrétariat du Conseil du Trésor par l’intermédiaire du Fonds pour l’autoroute de l'information.62 BS DHCouvRir NATHALIl KINNAKU la fine pointe f*f*W*f*£k CENTRE DE RECHERCHE W 1- V' CM.EN CALCUL APPLIQUÉ Le Centre de recherche en calcul appliqué (CERCA), créé en 1992, a pour mission de valoriser la recherche universitaire en calcul appliqué, celle qui intéresse les entreprises et les organismes de services publics.Le « nowcasting » au secours de Jacques Villeneuve " Après le forecasting, voici le nowcasting! Aux États-Unis, le vent est dans les voiles de ce nouveau service météorologique, qui fournit non pas des prévisions pour les heures et les jours à venir, mais pour les minutes qui suivent.Chez nous, des scientifiques du Centre de recherche en calcul appliqué, le CERCA, se réunissent depuis près de deux ans afin de mettre au point un service météo fait sur mesure pour les entreprises de tout acabit.« Le nowcasting est destiné aux gens d’affaires dont les activités sociales ou économiques subissent les contrecoups de la météo », explique Jean-Jacques Rousseau, pdg du CERCA.M.Rousseau imagine déjà des pêcheurs en pleine mer interrogeant leurs téléphones cellulaires : les appareils des gens abonnés au service afficheraient les prévisions météo des prochaines minutes, évitant à un chalutier de lancer ses filets 10 km plus loin, où la tempête fait rage.Précisant que l’information peut parvenir de bien d’autres manières, Jean-Jacques Rousseau ajoute que le nowcasting serait tout à fait indiqué pour les écuries automobiles, en particulier celle de Jacques Villeneuve.« Il a plu lors du Grand Prix de Montréal de 2000 et c’est Ferrari qui a gagné.L’écurie a pris les mesures adéquates car ses ingénieurs connaissaient le temps qu’il allait faire.» Mais pour passer de l’information obtenue par les stations de mesures météorologiques aux téléphones cellulaires, il y a tout un travail à accomplir! Responsable du projet, Charles Lin est aussi directeur du Département des sciences atmos-phériques et océaniques de l’Université McGill.Pour bien s’arrimer aux besoins de l’industrie, il analyse les données météorologiques utilisées par la Ville de Montréal et l'aéroport de Montréal, qui collaborent au projet.Un tableau des données employées par l’aéroport vient d’être dressé.On espère diminuer les risques d’incident grâce à des prévisions météo à très court terme.Des discussions sont également en cours avec des ingénieurs de la Ville de Montréal afin d’optimiser les opérations de mainte- nance des rues pendant l'hiver: horaires et parcours des camions de déneigement, types d’intervention comme le déneigement ou l'épandage du sel, etc.Une fois les données amassées et les besoins établis, le ra- dar Doppler, situé sur le campus McDonald de l’Université McGill, entre en jeu.Pierre d’assise du nowcasting, cet instrument détecte les particules présentes dans l’atmosphère et fournit des données en temps Radar Doppler de l’Université McGill.réel.À l’aide des patrons de précipitation et des algorithmes de prévisions, l’équipe de Charles Lin tente d’élargir les données reçues par le radar afin d’établir des prédictions pour les minutes à venir.Cette projection dans le temps s’effectue grâce à des modèles numériques mis au point par le CERCA.Toutefois, ces modèles ont du mal à gérer les conditions météorologiques initiales fournies par le radar.« Les modèles numériques doivent intégrer un champ d’information tridimensionnel très complexe, fait remarquer Charles Lin.Ils doivent capter et analyser simultanément les données relatives à la température, à l'humidité et au vent, ce qui n’est pas une mince tâche.Le projet nowcasting réunit quatre chercheurs du Groupe d'études et de recherche en analyse des décisions, du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRA-NO) et du Centre de recherche sur les transports (CRT), en plus de recevoir l’appui d’Environ-nement Canada.« Notre projet réunit des scientifiques de disciplines différentes qui ne se seraient peut-être jamais parlé autrement, glisse Charles Lin.C’est très enrichissant de pouvoir travailler ensemble! » -SWFfTFVAY EUR 63 [ DELUUVkJl Eff la fine pointe Le Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CORDA), établi en 1993, contribue à accroître les retombées économiques en soutenant activement l’interaction chercheurs-industries reliée à la production d’aluminium et au développement d’utilisations de ce métal.Le « dégazeur compact » d’Alcan constitue la plus grande invention des dix dernières années dans le domaine de l’aluminium! Cette déclaration d’un spécialiste de cette industrie semble faire l’unanimité dans le milieu.Une réussite pour la compagnie Alcan, la Société des technologies de l’aluminium (STAS) Itée et toute la région de Chicoutimi! La conception de cet appareil a débuté dans les laboratoires du centre de recherche d’Alcan.Au cours de la fabrication de produits de l'aluminium, des feuilles d’aluminium, par exemple, on a constaté qu’une trop grande quantité d’hydrogène contenue dans l’aluminium liquide pouvait former des porosités au moment du laminage du métal mince.Par ailleurs, un pourcentage élevé de métaux alcalins — lithium, sodium et calcium — cause des fissures, alors que la présence de particules solides, comme des graines, crée des imperfections dans le produit fini.Pour contrôler ces indésirables, on soumet l'aluminium en fusion au dégazage.à l’aide d’un dégazeur! Or, pour économiser de l’espace et réduire les coûts, tout en maintenant les critères de qualité, les chercheurs ont réinventé le dégazeur.Contrairement aux unités conventionnelles de dégazage en ligne, le système original d’Alcan ne requiert aucun réservoir chauffé pour le traitement du métal, ré-64 Bfl DÉcouvRir 1 De l’idée à la commercialisation Dégazeur à six rotors avec dalot et système de rétraction.L — - ! ljl duisant ainsi les dimensions physiques du dégazeur — d’où le nom compact.De plus, les coûts d’exploitation et d’entretien sont beaucoup diminués, la qualité du métal fini est supérieure et les opérations sont automatisées.Ce concept original serait peut-être resté sur papier sans l’intervention de la Société des technologies de l’aluminium (STAS), basée à Chicoutimi, qui se spécialise dans la fabrication et la commercialisation d’équipements de haute technologie.«Lorsque l’efficacité du modèle a été démontrée en laboratoire, nous avons conçu un pro- totype à l’usine d'Alcan de Grande-Baie, au Saguenay », rappelle Pierre Bouchard, son président et directeur général.En 1997, après deux ans de tests en collaboration avec Alcan, STAS a obtenu une licence pour commercialiser le dé- gazeur compact à l'échelle mondiale.Le projet d’environ un demi-million de dollars a bénéficié du programme des crédits d’impôt du gouvernement du Québec et d’une subvention de 50 000 $ du Centre québécois de recherche et de dé-veloppement de l’a-o luminium (CORDA) : | «Les retombées commerciales importantes et l’aspect compact tout à fait innovateur du dégazeur ont suscité notre intérêt », témoigne Maurice Duval, coordonnateur scientifique au CORDA.Une centaine de dégazeurs ont déjà été vendus, entre autres en Australie, en Islande, aux États-Unis et en Europe.Récemment, un contrat de 50 machines a été signé avec Alcoa, la plus grande compagnie productrice d’aluminium au monde, dont le siège social se trouve à Pittsburgh.Et comme un honneur n’attend pas l'autre, le dégazeur compact a reçu en mars 2001 le prix J.-A.Dubuc pour le mérite scientifique régional dans la catégorie innovation technologique.-N AI H A LI b KiN'N'ATCU Dans les entrailles du dégazeur compact Le dégazage, une étape fondamentale dans l’élaboration des alliages d’aluminium, s'effectue par l'injection d’un mélange de gaz (argon et chlore) dans le métal en fusion.Le contact entre ce dernier et les bulles de gaz engendre une réaction physico-chimique qui réduit les impuretés du produit final.Dans le dégazeur compact, le gaz de traitement est acheminé par le centre évidé des arbres des impulseurs, des pièces ressemblant à une hélice de bateau et qui tournent à grande vitesse, pour ensuite être injecté dans le bain d'aluminium, au moyen des diffuseurs (figure).Un groupe de deux à six impulseurs, localisés directement dans le canal d'amenée de l'aluminium liquide, réalise le dégazage en continu. apparences Le magazine de vulgarisation scientifique DÉCOUVRIR vous informe des recherches effectuées chez nous et vous fait réfléchir sur les enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels de la science et de la technologie.Cinq numéros par an + le Bottin de la recherche Abonnement: étudiant 27$ régulier 48$ Renseignements : Acfas téléphone: (514) 849-0045 télécopieur: (514)849-5558 Courriel: decouvrirô)acfas.ca Site Internet : www.acfas.ca/decouvrir DÉCOUVRIR EST DISPONIBLE EN KIOSQUE Chercheurs ! Diffuseurs ! Venez passer vos messages ! >>>>>> Première pour le milieu scientifique québécois : UN COLLOQUE SUR LA DIFFUSION DE FA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE, regroupant les producteurs et les diffuseurs du savoir.Le vendredi 14 septembre 2001 DES TABLES RONDES : > une vue d’ensemble de la recherche et de la diffusion > le rôle des producteurs de savoir en diffusion vulgarisée > les attentes et le point de vue des diffuseurs par rapport aux chercheurs DES ATELIERS : > les outils de communication > les lieux de diffusion > l’idéation > le financement Le samedi 15 septembre 2001 » Encore des ATELIERS »» Une SÉANCE PLÉNIÈRE et un BILAN EN PLUS, des invités spéciaux et différentes activités de réseautage au cours des deux jours.Rendez-vous les 14 et 15 septembre 2001 au Centre des sciences de Montréal, au Vieux-Port.Inscription et information : 514- 252-B027, poste 3458 sciencepourtous@sympatico.ca www.acfas.ca www.sciencepourtous.qc.ca Frais d’inscription : 30 $ par jour ou 50 S pour les deux jours Une réalisation conjointe de Science pour tous! et de l'Acfas, l'association francophone pour le savoir, en collaboration avec le Fonds FCAR, le Conseil québécois de la recherche sociale, le Fonds de la recherche en santé du Québec et l’Association des communicateurs scientifiques.Merci à notre partenaire principal, le ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ainsi qu'au Centre des sciences de Montréal et au ministère de la Culture et des Communications. point 1 e Hommes, femmes et sommeil Maigrir en mangeant à sa faim L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la Terre compte actuellement autant d’affamés que de suralimentés, soit 1,1 milliard de personnes dans chaque groupe.Malgré quelque 2 000 articles scientifiques sur le sujet au cours de la dernière année, 95 p.100 des gens qui perdent du poids à la suite d’un régime alimentaire le reprennent au cours des cinq années qui suivent, un phénomène connu sous le nom d’effet yo-yo.Le corps se protège contre ce qu’il perçoit comme un épuisement de ses réserves adipeuses.On a même observé une incidence de mortalité anormalement élevée chez les personnes qui ont vécu l’effet yo-yo à répétition.Il est cependant possible de maigrir tout en mangeant à sa faim, estiment les chercheurs du Laboratoire des sciences de l’activité physique de l’Université Laval.La recette : un peu d’activité physique et un régime alimentaire qui autorise peu de gras, mais des hydrates de carbone à volonté.Contact, printemps 2001, Université Laval Les femmes dorment en moyenne plus longtemps que les hommes, soit 8,2 heures contre 8 heures par nuit, révèle l’Enquête sociale générale menée par Statistique Canada en 1998.Toutefois, 29 p.100 des femmes, comparativement à 21 p.100 des hommes, ont déclaré avoir de la difficulté à s’endormir ou à rester endormies.Par ailleurs, les hommes et les femmes dorment moins lorsqu’il y a des enfants à la maison.Enfin, des recherches démontrent qu’en l'absence de réveille-matin et d’horaires à respecter, les enfants et les adultes dorment entre 10 et 12 heures; ils sont alors plus en mesure d’exécuter un certain Pasteur à l’UOAM En mai dernier, un buste de Louis Pasteur a été dévoilé sur la place Pasteur, devant le pavillon Athanase-David de l’UQAM.Ce terrain, légué à la Ville de Montréal en 1823 par Louis-Joseph Papineau, est devenu la place Pasteur en 1922, à l’occasion du centenaire de ce père de la microbiologie.UQAM, 4 mai 2001 W'Ai'* 66 EH DtLUlJ VR]f Des attosecondes Une attoseconde est le temps que met un électron pour faire le tour d’un atome d’hydrogène, un temps qui équivaut à un milliardième de milliardième de seconde.C’est à cette échelle minuscule que travaille le professeur André Ban-drauk, de l’Université de Sherbrooke, qui vient de voir la puissance de ses ordinateurs augmentée par IBM.« Le défi actuel de la science, c’est d’arriver à contrôler et à manipuler les molécules, explique-t-il.Grâce à des calculs complexes qui nécessitent des ordinateurs très puissants, nous avons analysé le comportement des molécules en présence d’impulsions lasers extrêmement brèves et nous avons démontré qu’il est m possible de § visualiser le s comporte-^ ment ondu- Q £ latoire des I noyaux dans 1 ces molécu-P les.La contri- O £ bution d’IBM nous permet d’aller encore plus loin à l’échelle de l’infiniment petit, soit d’explorer de nouvelles méthodes d’imagerie des électrons à l’intérieur des molécules.» Université de Sherbrooke, 30 mai 2001 André Bandrauk nombre de tâches psychologiques pour lesquelles ils doivent porter attention à des détails durant une longue période.Tendances sociales canadiennes, printemps 2001 Motocyclettes et pollution Les motocyclettes comptent pour moins de 2 p.100 des véhicules à moteur immatriculés et rejettent moins de 0,5 p.100 de la totalité des émissions de véhicules routiers au Canada.Dans l’ensemble, elles ne contribuent pas considérablement à la pollution atmosphérique au Canada.Cependant, de récents essais effectués au Centre de technologie environnementale (CTE) d’Environnement Canada ont démontré que chaque motocyclette peut émettre beaucoup plus de polluants atmosphériques que les voitures et les camions légers.De plus, les technologies antipollution visant les motocyclettes n’ont pas suivi celles de l’automobile.Très peu sont dotées de convertisseur catalytique, la plupart étant munies d’un carburateur à la place d’un système d’alimentation par injection.Elles rejettent ainsi dans l’atmosphère une plus grande quantité de résidus de combustion incomplète du carburant.S et E, Bulletin science et environnement, numéro 24, mai-juin 2001 PHOTO : HONDA La recherche, L’Université d’Ottawa repousse les limites du savoir.Ses chercheurs font des percées dans des secteurs déterminants pour les citoyens du monde d’aujourd’hui et pour ceux du monde de demain.Elle cible les secteurs stratégiques suivants : Le Canada s’épanouir dans la diversité; La santé source de notre bien-être; Les sciences moléculaires passeport pour l’innovation; Technologies de l’information au cœur de l’économie du savoir.L'Université d'Ottawa forme aujourd'hui les leaders de demain! www.uottawa.ca Université d’ •mm ^University of iMr Ottawa La Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) estfière d'appuyer la recherche en région, notamment la robotique à l'Université de Sherbrooke, l'hydrogène à l'Université du Québec à Trois-Rivières, le dégivrage à l'Université du Québec à Chicoutimi et les sciences de la mer à l'Université du Québec à Rimouski.Depuis sa création, la FCI a investi 921 millions de dollars dans 1 418 projets issus de toutes les disciplines et les régions du Canada.Ces projets ont mobilisé des milliers de chercheurs dont la créativité et l'engagement contribuent, chaque jour, à améliorer notre qualité de vie et à appuyer le leadership canadien dans l'économie mondiale du savoir.La FCI est une société indépendante créée par le gouvernement du Canada en 1997.Son mandat est de renforcer la capacité d'innovation des universités, des collèges, des hôpitaux et d'autres établissements canadiens, en investissant dans des infrastructures de recherche de calibre international.^ Fondation canadienne pour l’innovation Canada Foundation for Innovation
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