Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1993, Vol. 59, no 1
Numéro 1,1993 % LE TEMPS DU DÉPOUSSIÉRAGE \ Bâtir ensemble Claude Béland .2.En diagonale .4.Ma Caisse: n°1 des FINANCES PERSONNELLES GRÂCE À 25 RETRAITÉS Pierre Goulet .5.Norgroupe Une transaction NÉCESSAIRE Lise Harbour m\ Norûroupe Assurances générales inc.6.Crédit mutuel-Desjardins Vers une COLLABORATION PLUS ÉTROITE Un 15e Congrès SUR L’EAU UN ÉCHANGE POUR UN RAPPROCHEMENT TANGIBLE Jacques Dufour Réforme du Code civil Le TEMPS DU DÉPOUSSIÉRAGE Gilles Drouin .14.CIJD Un contenu QUÉBÉCOIS PLUS IMPORTANT .15.L’aide a ux pats en développement Charité ou nécessité?Céline Auclair Quand l’engagement EST UNE TRADITION Bernard Samson AU CARREFOUR DE l’emploi .21.Dons ET COMMANDITES Les tendances CANADIENNES EN 1991 .22.Un peu d’histoire Guy Bélanger .24.Des ouvrages utiles Benjamin Fortin BATIR MFOME DU CODE CIVIL , UNE AUTRE DIMENSION DE LA QUALITE V e réseau des caisses a vécu de nombreux changements au cours des dernières années.La «nouvelle» législation sur les coopératives d’épargne et de crédit et les nombreux progrès technologiques ont exigé, et exigent en-I core, des efforts constants des J caisses.Il ne faut toutefois pas j jgj se surprendre de ce phénomène.Nous vivons dans un monde en constante évolution et, en tant qu’institution financière, nous devons nous adapter constamment à cette réalité mouvante.C’est d’autant plus vrai que les caisses sont la propriété de leurs membres-usagers; elles doivent donc correspondre à ce que sont ses membres et non à ce qu’elles voudraient qu’ils soient.Cette adaptation est d’ailleurs au cœur de notre démarche d’amélioration de la qualité car la qualité du service, c’est bien d’être à l’écoute des gens, d’apprendre à mieux les connaître et de leur offrir des services qui correspondent le plus possible à leurs besoins.C’est dans cette perspective qu’il est souhaitable d’aborder la réforme du Code civil québécois.Cette réforme n’est pas un caprice du législateur.Elle est nécessaire si nous voulons un code qui correspond le plus parfaitement possible aux réalités d’aujourd’hui.C’est une réalité à laquelle tous seront confrontés, autant les caisses Desjardins que nos principaux compétiteurs.Nous n’avons tout simplement pas le choix de nous adapter à ces changements.Selon les dernières informations, le nouveau code devrait entrer en vigueur au début de 1994.Trop tôt pour en parler?Rien n’est moins sûr.Nous devrons, dès l’automne prochain, mobiliser nos forces pour intégrer les nouvelles règles du jeu, particulièrement en matière de crédit.Déjà, dans les fédérations et à la Confédération, des gens s’activent pour mettre en place un programme de formation qui permettra aux gens des caisses d’assimiler le mieux possible ces nouvelles règles.Se former pour informer Cette formation sera d’autant plus importante que les caisses joueront un autre rôle dans la réforme du Code civil.En raison de leur enracinement profond dans leur communauté, de la confiance qu’elles ont acquise au fil des ans, les caisses seront un lieu d’information des membres.En effet, il y a fort à parier que les membres profiteront de leur rencontre avec un conseiller pour obtenir les explications nécessaires concernant les nouvelles dispositions du code.Les conseillers des caisses devront alors être en mesure de répondre avec précision à ces interrogations bien légitimes.Encore une fois, nous revenons à la qualité du service.L’exemple de la réforme du Code civil nous montrera sans doute le rôle clé que joue la formation dans le processus d’amélioration de la qualité.La réforme du Code civil agira sur la qualité des services d’une autre manière.Plus complexe, la démarche de crédit, particulièrement pour le crédit commercial, demandera une plus grande maîtrise des dossiers, une meilleure connaissance de l’emprunteur et de son environnement économique.Nous devrons être de meilleurs prêteurs.Non pas que nous soyons médiocres, les caisses ayant d’ailleurs connu une performance remarquable en 1992, mais bien parce que les nouvelles dispositions du Code civil exigeront de nous plus de rigueur dans l’analyse et le suivi des dossiers.Et les entreprises qui font des affaires avec nous auront aussi besoin de notre soutien.La réforme du Code civil sera donc l’occasion pour chacun de nous de poursuivre une démarche d’amélioration de la qualité déjà solidement enclenchée.L’intégration des nouvelles règles du Code civil constitue un défi de taille pour les caisses et le réseau Desjardins.En fait, elle sera un des dossiers majeurs du Mouvement Desjardins en 1993 et c’est ensemble que nous trouverons l’énergie nécessaire pour le relever et pour en sortir plus grands.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 1 E N Aide Paiement direct Depuis le 23 novembre dernier, les utilisateurs du service Paiement direct peuvent obtenir de l’aide du Centre d’assistance Desjardins au moyen d’une ligne téléphonique sans frais.Ce soutien aux usagers n’est pas entièrement nouveau puisque les utilisateurs des guichets automatiques peuvent compter sur le soutien téléphonique du Centre d’assistance Desjardins depuis 1981.Ce service est particulièrement utile lorsqu’il est impossible de rejoindre sa caisse.Les membres peuvent ainsi obtenir en tout temps des informations générales sur la marche à suivre de même que sur le fonctionnement des guichets automatiques et des terminaux aux points de vente.Au Québec, le numéro à composer est le 1 800 361-7632.A l’extérieur du Québec, il faut composer le 1 800 361-2185 (régions 506, 416 et 705) ou le 0-514-281-9289 (à frais virés) pour les autres régions.Tous les membres de caisses affiliées au Mouvement Desjardins peuvent utiliser ce service à l’exception de ceux des caisses manitobaines.Relève d'excellence 1992 Claude PauTHus, vice-président Développement et Gestion financière de la Fédération des caisses d’économie Desjardins, a mérité le prix Relève d’excellence 1992 dans la catégorie «Grande Entreprise».Cette distinction est remise par l’Association des diplômés de l’École des hautes études commerciales (HEC) dans le cadre d’un événement annuel qui souligne l’apport des jeunes diplômés des HEC dans leur secteur d’activité.Sur la photographie, on aperçoit Alban Asselin, vice-président Affaires publiques chez Molson-O’Keefe, qui remet le prix à Claude Paul-Hus.Benoît Cyr, président de l’Association des diplômés des HEC, et Robert Allard, vice-président, Opérations de l’individuelle à la Sun Life, ont aussi assisté à la remise.D’EXCELlii Centre de documentation Desjardins Afin de souligner le soutien que lui a apporté la Fédération des caisses Desjardins du Centre du Québec, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a donné le nom de Desjardins à son Centre de documentation en études québécoises.En effet, depuis plus de 15 ans, la fédération des caisses contribue au développement de l’institution universitaire trifluvienne.En mars 1990, par exemple, elle a versé une somme de 250 000 $ à la Fondation universitaire du Centre du Québec lors de sa campagne de financement.La fédération a déjà accordé des subventions, dont une de 37 000 $ au chercheur Roger Levasseur pour les travaux qu’il poursuit sur l’histoire du Mouvement Desjardins en Mauricie.Ce professeur, associé au Centre d’études québécoises de l’UQTR, a aussi reçu dernièrement une somme additionnelle de 10 000 $ pour la publication d’un ouvrage sur l’histoire de Desjardins dans cette région.Par ailleurs, la Fondation universitaire du Centre du Québec a annoncé qu’une bourse Desjardins de 5000 $ sera remise annuellement à une étudiante ou un étudiant inscrit à la maîtrise ou au doctorat en études québécoises et dont les recherches portent sur le Mouvement Desjardins.2 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 •••I Centre de valorisation des déchets domestiques Le Mouvement Desjardins s’est associé à la Société de développement industriel du Québec pour assurer le financement du Centre de valorisation des déchets domestiques du Bas-Richelieu, à Tracy.Ce centre est une composante de la société Conporec inc.qui se spécialise dans la gestion intégrée des déchets domestiques.Il s’agit d’un investissement total de 12,5 millions de dollars auquel Desjardins apporte une contribution de 7,75 millions.La Fédération des caisses populaires Desjardins de Richelieu-Yamaska de même que les Caisses populaires de Sorel, de Saint-Robert et de Saint-Aimé participent à ce financement.Le centre de Conporec procédera au compostage d’une bonne partie des déchets domestiques de la région.Jumelée à la collecte sélective, la valorisation des déchets selon la méthode de Conporec permettra une réduction de 70 % du volume des déchets.Lors de l’inauguration officielle du centre, le président du Mouvement, Claude Béland, a souligné qu’il est possible de concilier les exigences de la croissance économique et celles auxquelles nous soumet, de toute urgence, la détérioration de notre environnement.La mise sur pied du centre de valorisation a entraîné la création de 30 emplois directs et sa construction a donné du travail à quelque 150 personnes pendant 6 mois.Le bâtiment abritant le Centre de valorisation des déchets domestiques du Bas Richelieu.I %.Fonds famille Au mois de décembre dernier, Violette Trépanier, ministre québécoise responsable de la Famille, a annoncé la création du Fonds famille.Le Conseil québécois de la recherche sociale et le Secrétariat à la famille conjugueront leurs efforts pour développer, gérer et financer ce programme.Le Fonds famille aura un budget total de 1,2 million de dollars pour la période 1993-1995.Ce fonds vise à favoriser l’expérimentation et l’évaluation de nouvelles méthodes d’intervention, ou encore l’adaptation d’approches existantes de façon à ce qu’elles correspondent mieux aux besoins et aux réalités des familles.Les organismes sans but lucratif qui œuvrent auprès des familles, les comités de parents de même que les entreprises, les coopératives et leurs syndicats peuvent présenter des projets au Fonds famille.Cependant, pour chaque projet, les organismes demandeurs devront s’associer avec un partenaire concerné par la politique familiale comme une commission scolaire ou un centre local de services communautaires.Entre autres conditions, les projets devront comporter une participation financière du demandeur et de ses partenaires d’au moins 25 % du coût total du projet.Les projets devront être terminés au plus tard le 31 décembre 1995.Ce fonds entend aussi solliciter l’appui des établissements du réseau de la santé et des services sociaux et ceux du secteur de l’éducation de même que celui des municipalités et des municipalités régionales de comté (MRC).Etant donné que les caisses sont très souvent des partenaires des organismes œuvrant auprès des familles, elles sont invitées à faire connaître l’existence de ce programme dans leur communauté.La date limite pour déposer un projet est le 1er avril 1993 et les organismes intéressés peuvent se procurer le formulaire de demande de subvention et obtenir de plus amples informations à l’adresse suivante: Secrétariat à la famille, 875, Grande Allée Est, bureau 3.300, Québec G1R4Y8.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 3 Mil CAISSE: N°1 DES FINANCES PERSONNELLES GRÂCE À 25 RETRAITÉS PIERRE GOULET our rajeunir son image auprès des caisses et pour bien montrer tout le potentiel qu’elle recèle, Ma Caisse a fait appel, pour sa campagne d’abonnement 1993, à des éléments parmi les plus dynamiques du Mouvement: ses retraités.Et les «vieux», comme ils aimaient à se qualifier eux-mêmes, ont fait un travail formidable: 35 226 nouveaux abonnements en seulement six semaines de campagne, ce qui fait de Ma Caisse la revue de finances personnelles à plus fort tirage au Québec, avec ses 145 000 abonnés.Ils étaient donc 25 - anciens directeurs et directrices de caisses pour la plupart - prêts à reprendre du service pour la bonne cause.Convaincus que le nouveau visage de la revue méritait un appui concret de l’ensemble des caisses, aussi bien au Québec que dans les autres provinces canadiennes, les retraités du Mouvement sont partis en croisade.Il va sans dire que les personnes recrutées avaient ceci en commun: un leadership naturel, un dynamisme contagieux, un attachement profond à Desjardins et à sa mission d’information et, en fin de compte, la conviction que Ma Caisse, avec sa nouvelle orientation financière, constituait l’instrument à privilégier.Ces 2 femmes et 23 hommes sont partis, au début de novembre, avec des données précises sur les caisses et de solides arguments en faveur de la revue.Leur mission: • faire en sorte que le nombre d’abonnements souscrits par une caisse soit équivalent à 5 % du total de ses membres; • recueillir les commentaires et les suggestions des directeurs et directrices de caisses; • rappeler aux caisses leur mission d’éducation économique auprès des membres; • faire à Ma Caisse, seule revue du Mouvement Desjardins à l’intention des membres, la place qui lui revient.Pratiquement toutes les caisses ont accepté de recevoir le représentant ou la représentante et, dans la très grande majorité des cas, les explications ont porté fruit.A la lumière des cinq numéros de la «nouvelle» revue Ma Caisse parus en 1992, les caisses se sont laissé convaincre que «leur revue» visait essentiellement trois objectifs: • seconder la caisse dans son offre de services aux membres; • aider les membres à faire face à leurs obligations financières; • mieux faire connaître l’expertise de Desjardins en matière de services financiers.A l’heure où 50 % des membres traitent leurs affaires au guichet automatique, quand ce n’est pas par paiement direct, les directeurs et les directrices de caisses ont compris qu’une revue comme Ma Caisse constitue un lien utile et profitable entre ces membres éloignés et leur caisse.Quand on sait, de surcroît, que les caisses ont eu, en 1992, 1,5 million de contacts personnels avec des membres pour des ouvertures de comptes (autres que EOP), on imagine facilement que les occasions de remettre la revue, de main à main, sont nombreuses.C’est cela que les 25 ambassadeurs de Ma Caisse sont allés dire à leurs anciens collègues et amis.Ils ont été d’autant plus convaincants que, pour tout nouvel abonnement, ils touchaient un léger montant symbolique, mais qui visait à fouetter l’ardeur de chacun et chacune.Du reste, nos 25 retraités ne sont certainement pas étrangers au fait que les caisses aient commandé 32 729 exemplaires supplémentaires du numéro 1 de Ma Caisse consacré à la planification de la retraite.Gageons que c’est là la conséquence logique de leur action dans le milieu.En terminant, je voudrais souligner le précieux apport du Salon des bâtisseurs et de son président, Gérard Marcotte, qui a recruté, en un temps record, les représentants dont nous avions besoin pour couvrir le territoire de la Fédération de Montréal et de l’Ouest-du-Québec.4 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 TRANSFERT DU PORTEFEUILLE DE NORGROUPE UNE TRANSACTION NÉCESSAIRE LISE HARBOUR orGroupe assurances générales, une filiale de la Société de portefeuille du Groupe Desjardins assurances générales (SPGDAG), a transféré son portefeuille à la société AXA Assurances.La transaction a pris effet le 1er janvier 1993.Dans un secteur de plus en plus dominé par de grandes sociétés, NorGroupe devait nécessairement croître pour atteindre le volume d’affaires essentiel à une meilleure compétitivité de même qu’aux impératifs de développement et de qualité du service aux courtiers et aux assurés.Or, un tel objectif ne pouvait être atteint sans une injection significative de capitaux ou une alliance avec un autre membre de l’industrie.C’est dans ce contexte qu’en 1991 la filiale NorGroupe s’est mise à la recherche d’un partenaire qui l’aiderait à renforcer sa position en assurance des entreprises et dans le marché en général.Mais les compagnies pressenties désiraient une position majoritaire dans cette association.Desjardins aurait ainsi perdu le contrôle de l’organisation, une situation difficilement acceptable tant sur le plan de la politique du Mouvement que sur celui de sa culture.C’est pourquoi il a été convenu de vendre certains éléments d’actif ainsi que le portefeuille de NorGroupe, de façon à assurer la continuité de l’entreprise.Sauvegarder les emplois et les relations d'affaires NorGroupe s’était imposée deux grands critères pour choisir le nouvel acquéreur.Celui-ci devait avoir une orientation axée sur la qualité du service aux courtiers et la capacité organisationnelle d’intégrer les employés de NorGropupe.Au terme de longues négociations, NorGroupe a trouvé chez AXA Assurances l’acquéreur qui répondait à ses critères.Fondée en 1927, AXA Assurances (antérieurement Provinces unies, compagnie d’assurance) est une entreprise à charte québécoise dont le siège social est à Montréal.Elle est donc présente dans notre province depuis 65 ans.Avec l’acquisition du portefeuille de NorGroupe, AXA Assurances passe du 11e au 5e rang des sociétés québécoises d’assurances générales avec un chiffre d’affaires de plus de 160 millions.Elle dispose maintenant d’un réseau de distribution de 750 courtiers et compte plus de 400 employés.AXA poursuivra donc le travail accompli auprès des courtiers québécois depuis près de 50 ans tout en maintenant les possibilités de carrière pour les employés de NorGroupe.Pour ces derniers, la transaction est positive à plusieurs égards: ils conservent leur emploi, à Montréal comme à Saint-Romuald, et ils se joignent à une compagnie entièrement vouée au courtage.Les courtiers seront aussi heureux de cette nouvelle car AXA Assurances est tout à fait en mesure d’assurer la continuité de NorGroupe et de maintenir les relations d’affaires avec eux.Cette compagnie jouit en effet d’une excellente réputation dans le domaine du courtage.A la suite de cette transaction, la SPGDAG regroupera désormais deux filiales: Assurances générales des caisses Desjardins et La Sécurité, compagnie d’assurances du Canada.Ces deux filiales distribuent leurs produits sans intermédiaires.La SPGDAG se consacrera donc pleinement à la vente directe d’assurances, un secteur où elle occupe une place de leader.Elle retrouve ainsi sa mission fondamentale, celle de servir avant tout les membres et le réseau des caisses Desjardins.En plus, grâce aux capitaux libérés par la transaction, la société se trouve en excellente position pour répondre aux besoins croissants des caisses.5 ENTENTE CRÉDIT MJTUEL-DESJARDM f VERS UNE COLLABORATION PLUS ETROITE GILLES DROUIN «Jusqu’ici, notre entente avec le Crédit mutuel nous a surtout permis de faire plus ample connaissance, résume Michel Doray, premier vice-président aux Affaires publiques et internationales, mais maintenant tout est en place pour dépasser le stade des visites de courtoisie et pour donner à cette relation une dimension d’affaires beaucoup plus importante.» A l’exception de la participation française à la Société de portefeuille du Groupe Desjardins, la collaboration avec le Crédit mutuel n’a pas encore eu de grandes retombées sur le plan des relations d’affaires.Certains dossiers n’ont pas porté fruit aussi rapidement que prévu.C’est le cas de l’accueil des membres de Desjardins dans les succursales du Crédit mutuel.«Nous avons bon espoir de régler tous les problèmes techniques qui empêchent les membres de Desjardins d’utiliser les services automatisés du Crédit mutuel», estime Michel Doray.D’ailleurs, il souligne que des membres de Desjardins peuvent déjà témoigner du bon accueil qu’ils ont reçu dans les bureaux du Crédit mutuel.Tout le secteur des activités internationales et des interventions sur le marché est aussi particulièrement porteur d’avenir pour Desjardins.«C’est un des secteurs dans lequel nous serons plus actifs au cours des trois prochaines années», remarque M.Doray.Déjà, la Caisse centrale Desjardins est le partenaire de certaines banques fédérales (Brest et Sprasbourg) du Crédit mutuel pour toutes leurs transactions en dollars canadiens.La Caisse centrale Desjardins a aussi réalisé des opérations de trésorerie avec le Crédit mutuel.Dans l’ensemble, les trois premières années de la collaboration entre le Mouvement Desjardins et le Crédit mutuel de France ont donné lieu à un échange d’expérience et de savoir-faire.En contrepartie, Desjardins est en mesure de profiter de l’expérience du Crédit mutuel en matière de partage des responsabilités puisque l’institution française, qui possède elle aussi une structure à trois niveaux, a revu son organisation au cours des dernières années.Des représentants de l’institution française sont aussi venus au Québec pour tirer profit de l’expérience du Mouvement Desjardins en matière de congrès d’orientation.En effet, le Crédit mutuel prépare un grand rassemblement de ses dirigeants au cours de 1994.Un précieux allié Sur la scène internationale, le Crédit mutuel constitue également un précieux allié pour le Mouvement Desjardins.«Nous sommes présentement à revoir toutes nos participations aux associations internationales de coopératives, explique Michel Doray, et nos échanges avec le Crédit mutuel nous permettront sûrement de mieux définir nos objectifs et notre orientation.Nous pourrons créer des alliances stratégiques avec le Crédit mutuel de façon à nous tailler une meilleure place au sein de ces associations internationales, et tout cela dans le respect de nos stratégies respectives.» Incidemment, la collaboration avec le Crédit mutuel a pavé la voie à la signature d’un protocole entre la Société de développement international Desjardins et le Centre international du Crédit mutuel pour une intervention commune en Côte-d’Ivoire.Sur le plan de la coopération technique entre ks deux institutions de langue française, la récolte s’est avérée plus abondante bien que souvent plus discrète.Ainsi, l’approche de planification stratégique de Desjardins s’est beaucoup inspirée de celle qui est préconisée par le Crédit mutuel d’Alsace, Lorraine, Franche-Comté.Pour leur part, les Français s’intéressent aux méthodes de télémarketing des Assurances générales des caisses Desjardins.L’Assurance-vie Desjardins de même que les fédérations de Lanaudière, de Montréal et de l’Ouest-du-Québec et du Saguenay - Lac-Saint-Jean poursuivent toutes des expériences de collaboration dans différents secteurs.En résumé, les prochaines années de la collaboration avec le Crédit mutuel devraient permettre au Mouvement Desjardins d’améliorer le service aux membres tout en développant son volet international.h Mouvement des cuisses Desjurdins renouvelât Fuutomne dernier son entente de colkborution uvec le Crédit mutuel de Frnnce.Cet ueeord qui, comme le premier, svetendru sur une période de trois unspermettru uux deuxpurtenuires d}upprofondir leurs relutions dïffuires.Au cours des trois premières unnées, les deux mouvements ont eu Voeeusm de sefumiliuriser uvec leur structure et leur mode de fonctionnement respectifs.Le groupe frunçuis u égulement pris une purtieipution duns le cupitul de lu Société de portefeuille du Groupe Desjurdins ussuruncesgénérules.6 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 CAISSE POPULAIRE DE BMUJED UN 15'CONGRÈS SUR L’EAU • M fin de donner un suivi au 15e Congrès et de mettre tous ses dirigeants dans le coup, la direction de la Caisse populaire de Beaujeu a eu l’idée pour le moins originale d’organiser, à la fin du mois d’août, une journée de réflexion à bord d’un bateau-maison voguant sur le Richelieu.Les quinze dirigeants de cette caisse située à Lacolle, près de la frontière américaine, ont donc passé la journée à échanger sur les principaux thèmes du dernier congrès des dirigeants du Mouvement Desjardins.Pendant ce temps, conjoints et conjointes participaient à un atelier spécialement conçu pour eux à bord d’un deuxième bateau-maison.Les discussions étaient entrecoupées d’activités sociales comme la visite du Fort Lennox et les repas aux restaurants des marinas locales.«L’idée d’organiser une activité sur l’eau nous est venue très simplement, explique Gaston Chouinard, directeur de la Caisse populaire de Beaujeu, car la caisse offre ses services à cinq municipalités dont la capitale du nautisme québécois, Saint-Paul-de-l’Ile-aux-Noix.» À l'écoute des membres Les discussions portaient sur deux grands thèmes.Le premier, «Ensemble.à l’écoute des membres nouveaux», a donné l’occasion aux dirigeants de s’interroger sur les moyens d’écoute les plus efficaces pour orienter les activités de la caisse et sur ce que devraient être les priorités de la caisse pour les cinq prochaines années.Pour les dirigeants, un sondage effectué régulièrement par une firme indépen- dante auprès des membres constitue un moyen d’écoute à privilégier.Ils préconisent aussi la création d’un comité mixte permanent.Ce comité serait chargé de l’analyse des résultats des sondages.Il vérifierait aussi le degré de satisfaction des membres à la suite de la vente d’un service financier par la caisse.Deux grands axes ont émergé des discussions en ce qui concerne les priorités de la caisse.Les participants à une première table de discussion croient que la caisse devrait jouer un rôle très actif dans le développement des secteurs névralgiques du territoire, soit le nautisme, les infrastructures touristiques et le parc industriel de Lacolle.Le deuxième groupe, tout en reconnaissant l’importance du dé- Réunis en atelier, les dirigeants ont discuté des orientations de la caisse à la lumière du 15e Congrès.veloppement économique, estime que la caisse devrait plutôt jouer un rôle de soutien envers les organismes socioéconomiques de la région.Plusieurs souhaitent également que la caisse accentue sa présence auprès des jeunes, notamment en développant l’esprit d’appartenance et en favorisant l’émergence des valeurs coopératives au sein de la relève.Dans leur atelier, les conjoints ont d’ailleurs suggéré de nombreuses activités destinées principalement aux jeunes, comme des bourses d’études, de l’aide aux bibliothèques et des concours à caractère éducatif.Une meilleure participation Le deuxième thème de la journée portait sur «Un potentiel humain.à la mesure des défis d’aujourd’hui et de demain».Tous les participants considèrent que la caisse devrait entamer des actions qui permettraient une plus grande concertation entre les PME et les agents socio-économiques de la communauté.Selon eux, des gestes concrets devraient être posés pour attirer ou pour favoriser l’émergence de nouvelles entreprises.Afin de stimuler la participation de chaque dirigeant et employé, les participants à la journée suggèrent la tenue d’un colloque annuel qui permettrait à tous d’établir ensemble les stratégies de service de la caisse.Dans l’ensemble, les participants étaient très satisfaits du déroulement de cette journée de réflexion.Nul doute que la croisière ait stimulé le sentiment d’appartenance des dirigeants à leur caisse en leur permettant de jouer le rôle qui leur revient dans le choix des grandes orientations de la caisse.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 7 FÉDÉRATION DE QUÉBEC un Échange POUR UN RAPPROCHEMENT TANGIBLE JACQUES DUFOUR Dm le but Améliorer k compréhension entre les cuisses et lu fédérution, lu Yedérutm de Québec et lu Cuissepopuluire de Suint-Duvid ont échunyé temporuirement deux employés.Cestuinsi que, du 30 murs uu30 octobre 1992, Puul Lemieux et Lise Guudreuu ont échuyé leur poste respectif.M.Lemieux est directeur Secteur courunt de lu Cuisse populuire de Suint-Duvid, tundis que Mme Guudreuu est conseillère à lu direction Mise en murché, services uux purtieuliers, u lu Lédérution de Québec.W 1 faut avoir le goût du risque Zi pour se lancer dans une telle \\ aventure», déclare d’entrée de jeu André Zizka, le patron de Lise Gaudreau à la direction Mise en marché.«Ce n’est pas nécessairement facile de quitter un travail qu’on maîtrise parfaitement pour ^ I occuper un poste entièrement nouveau.» Lise Gaudreau partage cette vision: «C’est même un peu traumatisant! Idéalement, on doit reprendre le travail exactement là où la personne qu’on remplace l’a laissé et livrer la marchandise immédiatement.C’est tout un défi!» De son côté, Cil Bruneau, directeur général de la Caisse de Saint-David, souligne qu’il aurait été bon d’ajouter une période d’observation d’une quinzaine de jours avant l’échange pour éviter que les ressources ne soient jetées trop brusquement dans le feu de l’action.Aux yeux d’André Zizka, l’immersion est par ailleurs une excellente formule pour apprendre; une session de formation, aussi bonne soit-elle, ne donne pas le pouls réel du terrain.Des révélations.«Mon séjour à la direction Mise en marché m’a apporté beaucoup, dit Paul Lemieux.J’ai parfait mes connaissances sur les produits et services, sur l’approche-conseil et sur l’argumentation de vente qui permet de répondre aux questions des membres.» Paul a aussi apprécié la diffusion des séances d’information aux membres, notamment sur l’épargne-retraite.«J’ai réalisé que les caisses pourraient être plus autonomes et plus dynamiques dans ce domaine, poursuit-il.Également, j’ai pu voir ff-m 1 0 H Lise Gaudreau en compagnie de Gil Bruneau, directeur de la Caisse populaire de Saint-David.8 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 où sont rendues d’autres caisses dans leurs approches de mise en marché.Ça m’aide à mieux situer ma caisse dans mon cheminement.» A l’issue de cette expérience, Paul Lemieux a changé sa vision de la fédération.«J’ai réalisé que je connaissais peu la fédération.Ça bouge à l’intérieur de ces gros murs gris! Le personnel se démène vraiment fort pour donner aux caisses les outils qui vont les aider à mieux performer.Le réflexe caisse est très présent, les gens ne ménagent pas leurs efforts.» Le directeur Gil Bruneau a pour sa part réalisé qu’on peut obtenir beaucoup d’informations à la fédération.«La fédération est une mine de renseignements et d’outils dont la caisse ne soupçonne pas l’existence.Compte tenu de tous les services que la fédération peut rendre à la caisse, notre cotisation annuelle est peu élevée, constate M.Bruneau.La caisse doit s’ouvrir à ce qui vient de la fédération et celle-ci devrait faire mieux connaître ses services.» Mission accomplie A cause des difficultés inhérentes à cette formule d’échange - rodage, gestion du personnel, problèmes quotidiens -Lise Gaudreau n’a peut-être pas eu le temps de faire tout ce qu’elle aurait voulu faire.Son mandat était de développer et de mettre en place des méthodes et des outils de mise en marché pour intégrer davantage le personnel du secteur courant dans la vente des produits de la caisse.«Par contre, dit Lise, j’ai rencontré une réelle ouverture de la part du personnel courant.En vivant dans une caisse, j’ai vu que même les meilleurs programmes proposés par la fédération ne peuvent pas toujours être mis en chantier aussi vite qu’on le voudrait.La caisse a Paul Lemieux et André Zizka, directeur Mise en marché à la Fédération de Québec.des priorités à satisfaire avant d’intégrer du nouveau.Il faut de la souplesse de part et d’autre.» Lise Gaudreau retourne à la fédération avec une compréhension enrichie de la réalité des caisses.«Désormais, je saurai tout de suite si un projet est conforme aux attentes et aux contraintes des caisses.» Là-dessus, Paul Lemieux convient que toutes les caisses ne sont pas au même niveau sur le plan de la mise en marché.Une expérience à répéter?Les quatre personnes qui ont participé à l’échange s’entendent sur la «profitabilité» d’échanges de ressources entre la fédération et la caisse.On peut aussi songer à d’autres formules, comme un stage de quelques jours ou de quelques semaines.Toutes les catégories de personnel peuvent en tirer profit.«Pourquoi pas un échange entre gestionnaires?», suggère André Zizka.Pour Gil Bruneau, toutes les ressources de la fédération qui interviennent dans les caisses devraient vivre «l’expérience caisse».Et pour mieux aider la caisse à voler de ses propres ailes en matière de mise en marché, le directeur de la caisse de Saint-David verrait d’un bon œil une intervention d’environ deux mois dans la caisse de la part d’une ressource spécialisée de la fédération.Son rôle serait de sensibiliser les cadres et de les initier à la pratique du marketing, à partir de situations concrètes et des ressources particulières que possède la caisse.En résumé, l’expérience ouvre la porte à des développements intéressants autant pour la fédération que pour les caisses.* Tiré d’un texte paru dans le journal En tournée de la Fédération de Québec.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 9 V ^ ; «Si.*1, 5 11 ‘‘Stf ;vv t%- « L° 0^* Ot4t ’,l P! T -' - „«,'.»®*4„iV /nT O t«f O'- -X.ii o’.^iat fjh ai||fI ?«o S.S.Ç ^ ‘fSrl ^"‘S c’'’'*'! S’ï-, ^o\ke* e"a.‘k ,si V|tV6^**'Là O'1 V * ^ \}*^°^e «\Skc •?'* ;w4 LE TEMPS DU GULES DROUIN Si tout sc pm comme privu, Ic nouvem Code civil devrait entrer en vigueur au mois de janvier 1994.C est donc dire ijue toutes les institutions du Mouvement Desjardins ont environ un an pour bien se préparer à intégrer les nombreux changements que le nouveau code entraînera, entre autres, dans les activités financières du Mouvement.Ce délai sera sans doute le bienvenu.Bien sûr, la tache n'est pas insurmontable et les caisses en ont vu d’autres.Mais le défi est de taille et il ne faudrait surtout pas sous-évaluer la somme de travail à accomplir d’ici l’entrée en vigueur.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 Le nouveau Code civil du Québec compte quelque 540 pages et 3168 articles! De quoi faire une indigestion aiguë! «Mais il ne faut surtout pas paniquer devant cette masse d’informations, assure Raymond Sauvé, car personne n’aura à assimiler tout le code.Ce ne sont pas tous les articles qui touchent nécessairement les activités des caisses.» Raymond Sauvé est conseiller en crédit agricole à la Fédération de Québec.Il participe depuis plusieurs mois aux travaux de préparation du matériel nécessaire à la formation des gens de caisses en ce qui concerne le nouveau Code civil.Tout comme les autres représentants de la Confédération, des fédérations et des caisses qui sont membres du comité, il s’assure de l’accessibilité du contenu de la formation.«Je ne suis pas juriste de formation, explique-t-il, c’est donc important pour moi que le langage soit le plus clair possible.» Cette étape est d’ailleurs essentielle car la formation du personnel des caisses sera un élément clé dans l’intégration du nouveau code aux activités de la caisse.Pour certaines personnes, comme Josée Simard, directrice des services conseils à la Caisse populaire Carrefour Therrien, à Longueuil, les caisses qui ne consacreront pas un sérieux effort à la formation de leur personnel de crédit risquent un jour ou l’autre de se retrouver avec de sérieux problèmes sur les bras.Un nouveau vocabulaire Mme Simard, qui participe au même comité que M.Sauvé, précise toutefois que la plupart des caisses seront en mesure d’assimiler assez facilement les nouvelles dispositions du Code civil.«Une fois que les gens de caisses seront familiers avec le nouveau vocabulaire, estime-t-elle, leur travail sera plus facile.» Raymond Sauvé est aussi d’accord pour dire que le nouveau vocabulaire introduit par le Code civil constitue l’une des difficultés à surmonter.«Le principal problème, souligne-t-il, c’est que des mots familiers désignent maintenant de nouvelles réalités.C’est le cas de la notion d’hypothèque, qui englobera tout aussi bien une maison qu’un certain nombre de biens comme les meubles ou de l’équipement d’usine.» Pour Raymond Sauvé, l’entrée en vigueur du nouveau Code civil sera aussi l’occasion de faire un certain ménage dans les formulaires.«Une fois que les gens de crédit auront rempli à quelques reprises les nouveaux formulaires, croit-il, tout sera plus facile.» Incidemment, d’ici l’entrée en vigueur du nouveau code, les caisses devront faire une gestion plus serrée de leur stock de formulaires.«Il y a plus de 200 formulaires qui seront révisés en vue de l’utilisation du nouveau code, souligne Josée Simard.Il faut donc s’attendre à ce que plusieurs soient inutiles en 1994.» Une vieille réforme La réforme du Code civil n’est pas une nouveauté.En fait, elle a débuté en 1955 alors que le gouvernement du Québec, constatant certaines lacunes du Code civil, exigeait qu’une mise à jour soit faite.Il ne s’agissait pas d’un simple caprice, mais bien d’une nécessité puisque le code date de 1866.Étant donné qu’un code civil se doit de coller le plus possible à la réalité de la société qu’il est sensé régir, il allait de soi qu’un certain époussetage s’imposait.Personne, en effet, ne sera surpris d’apprendre que, depuis 1866, la société québécoise a connu de profonds changements.Et depuis 1955, les législateurs n’ont pas eu plus de répit.Qu’on songe seulement à tout ce qui concerne la place des femmes dans la société.Il n’y a pas si longtemps encore, les Québécoises n’avaient pratiquement pas d’existence juridique.Aujourd’hui, la loi stipule que les deux conjoints choisissent de concert la résidence principale.En 1955, l’adoption internationale ne faisait pas la une des journaux tandis que la procréation assistée Raymond Sauvé croit que les gens des caisses intégreront bien les nouveautés du Code civil du Québec.1 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 11 LE TEMPS DU médicalement, les bébés-éprouvettes, appartenait encore très largement au domaine de la science-fiction.C’est donc à toutes ces transformations, et à bien d’autres encore, que le Code civil devait en quelque sorte répondre.C’est donc pour coller à la réalité que la réforme du Code civil a été entreprise par le gouvernement.Une réalité qui est la même pour tous.«Nous n’avons pas le choix de composer avec ces changements», ajoute Josée Simard.Bien sûr, au cours des années, le Code civil a connu quelques changements.Mais ces modifications et ces mises à jour ont souvent été réalisées à la pièce.Il restait à fondre toutes ces nouvelles dispositions en un code unifié et à compléter le travail pour les parties inchangées ou presque.Mais faire en sorte que près de 3200 articles, régissant différents domaines, constituent un tout cohérent, sans contradiction entre les articles, ne constitue pas une mince tâche.Il s’agit d’un travail de moine.A la différence toutefois qu’il ne requiert pas un long travail solitaire, mais plutôt une foule de consultations.Pensez seulement que chacun de ces articles a été examiné à la loupe non seulement par des équipes de juristes, mais aussi par les représentants élus siégeant en commission parlementaire.Ceci explique en bonne partie qu’il aura fallu attendre presque 40 ans avant d’obtenir le résultat final.Plus cTéquité Sans entrer dans les détails, on peut dire que, fondamentalement, l’ancien Code civil laissait le soin aux parties signataires d’un contrat d’y inscrire ce qu’elles voulaient bien.Si, plus tard, un différend émergeait, le contrat servait de base de règlement et ce, qu’il soit juste ou injuste.De là toute l’importance qu’il y avait à bien lire le contrat, y compris ces fameux paragraphes écrits en tout petits caractères et parfois dans un style quelque peu ésotérique.Le nouveau Code civil aura l’avantage d’apporter une plus grande équité entre les parties signataires d’un contrat.En effet, à la demande d’une partie, le tribunal pourra intervenir pour déterminer si les dispositions du contrat sont justes pour les deux parties.Au besoin, il pourra rétablir l’équilibre entre les signataires.Comme il s’agit de droit nouveau, les premières années d’application des nouvelles règles donneront Josée Simard estime que les caisses ne devront surtout pas lésiner sur la formation de leur personnel.sûrement lieu à quelques différences d’interprétation.Il faudra un certain temps avant qu’une nouvelle jurisprudence, fondée sur les décisions des tribunaux, vienne clarifier les principales dispositions du Code civil.Toutefois, les nombreuses discussions qui ont entouré la réforme permettent de croire que les différentes parties en cause s’entendent relativement bien sur la portée des principaux articles du code.Tous veulent éviter que le nouveau code devienne un fouillis prétexte à de multiples interprétations.Le nouveau code est complet en ce qui concerne le crédit aux entreprises.Quant au crédit aux particuliers, une autre loi viendra compléter le Code civil.De nouvelles garanties Comme il a été mentionné antérieurement, l’une des difficultés du nouveau code tient au vocabulaire utilisé.En effet, certains termes de l’ancienne version ont maintenant un nouveau sens.Le cas le plus important est sans doute celui de la notion d’hypothèque.Avec le nouveau code, on parle toujours d’hypothèque, mais ce terme prend une signification beaucoup plus large.Il englobe toujours les biens immobiliers, mais également les anciennes sûretés mobilières tels les nantissements commercial ou agricole, la cession de biens en stocks, la cession des créances et l’acte de fiducie.Dorénavant, on parlera d’hypothèque pour désigner l’ensemble de ces garanties.Dans l’ancien Code civil, il existait un certain nombre de sûretés que l’institution financière pouvait prendre pour accorder du crédit à une entreprise ou à une personne.Mais ces sûretés avaient toutes des restrictions.Le nouveau code introduit aussi une notion d’entreprise beaucoup plus large qui inclura, entre autres, les professionnels comme les avocats, les médecins ou les artisans.Ceux-ci pourront offrir des garanties sur leur emprunt auxquelles ils n’avaient pas droit dans le passé.L’autre difficulté importante propre au nouveau Code civil est sans doute la partie qui concerne les types de garanties et les recours auxquels auront droit les créanciers lors d’un défaut de paiement.L’introduction de nouvelles garanties et surtout l’établissement d’un ordre de priorité 12 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 pour la réalisation de ces garanties sont sans contredit les deux éléments les plus importants du nouveau Code civil québécois.«Ce sera sans doute le principal problème qu’auront à résoudre les caisses», estime Josée Simard.Cette procédure ajoute un élément de risque supplémentaire lors de l’octroi de crédit à une entreprise ou à un particulier.L’Etat devenant le créancier prioritaire, il faudra que la caisse s’assure que l’emprunteur soit en mesure de rembourser son dû une fois que les gouvernements auront obtenu paiement pour, par exemple, les arrérages d’impôts.Les caisses jouiront d’un plus grand nombre de recours pour réaliser les garanties.Elles devront toutefois apprendre à bien les connaître car les débiteurs bénéficieront de nouvelles façons de se défendre.Les caisses devront apprendre à choisir le recours approprié et à tenir compte des délais dans lesquels elles pourront entreprendre ces recours.Un crédit plus rigoureux En fait, c’est toute la façon de prêter qui sera influencée par cette nouvelle réalité.«A mon avis, c’est la principale exigence, ou du moins une des principales, du nouveau code, croit Josée Simard.Le crédit demandera une analyse plus rigoureuse des dossiers.» Selon Mme Simard, il faudra tenir compte en premier lieu de la structure financière de l’entreprise qui désire obtenir du crédit et non pas simplement des garanties qu’elle peut offrir.La santé financière de l’entreprise sera d’autant plus importante que, peu importe la qualité des garanties, il ne sera pas certain, compte tenu de l’ordre de priorité des créanciers, que le prêteur pourra récupérer son argent s’il y a défaut de paiement.«La démarche de crédit sera plus exigeante, mais elle sera aussi plus rigoureuse et donc beaucoup plus saine.» Le crédit commercial devrait être plus touché par les nouvelles dispositions du Code civil.«Les entreprises, avance Josée Simard, devront présenter de meilleurs dossiers et démontrer que leur structure financière est saine.» Pour Mme Simard, ce sont les entreprises qui subiront les contrecoups les plus importants du nouveau Code civil.«Certaines pourraient voir leur marge de crédit réduite de façon notable.» La caisse devra aussi exercer un meilleur suivi auprès des emprunteurs, en particulier les entreprises.«Cela fait déjà partie de notre travail, mais le nouveau code nous obligera à être encore plus actif sur ce plan.» Dès lors, la formation du personnel prend une importance indéniable.«Lorsque j’ai assisté aux premières rencontres, se rappelle Mme Simard, j’avais l’impression de n’avoir jamais fait de crédit de ma vie.J’ai alors compris qu’il faudrait prendre la formation au sérieux.» Josée Simard nuance toutefois ses propos: «Il ne faudra quand même pas tomber dans une extrême prudence en essayant de prévoir tous les scénarios possibles parce que nous risquons de ne plus jamais faire de crédit.» Pour Josée Simard, la réforme du Code civil, dans l’ensemble, sera un bien.«Il y aura une période d’adaptation entre les deux législations qui permettra aux gens des caisses de bien comprendre les nouvelles dispositions de la loi.Ces changements, ajoute-t-elle, ne peuvent que refléter un sain équilibre en matière de gestion de crédit.» La réforme du Code civil aura été un long processus qui, espérons-le, permettra à tous d’évoluer dans le cadre de règles de droit civil plus conformes à leurs besoins et à leurs aspirations.L’introduction des nouvelles règles du Code civil exigera des efforts importants de la part des gens des caisses qui pourront compter sur l’appui constant de leur fédération.Dès le début de l’automne, les caisses commenceront à recevoir la documentation nécessaire à la formation du personnel.Certes, ces changements requerront une meilleure formation et une plus grande rigueur dans l’analyse des dossiers de crédit.Mais, contrairement aux changements technologiques, qui risquent de se produire plus fréquemment, le nouveau Code civil devrait être là pour un certain temps.«Après tout, lance Raymond Sauvé, le précédent existe depuis plus de 100 ans.» Pour Raymond Sauvé, le nouveau Code civil apportera de nombreux changements dans la vie des caisses, mais il aura l'avantage d'établir des règles qui prévaudront pour un certain temps.** ï- ÏÙf La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 13 CIJD / / UN CONTENU QUEBECOIS PLUS IMPORTANT ette année, les prix accordés dans le cadre du Concours international des jeunes Desjardins (CIJD) seront plus que jamais à l’enseigne de Qualité-Québec.En effet, de nombreux efforts ont permis d’augmenter de façon significative le nombre de prix fabriqués au Québec, comme plusieurs participants aux dernières assemblées générales du Mouvement l’avaient demandé.Ainsi, sur les 17 prix locaux proposés aux caisses, 13 sont fabriqués au Québec et les 4 autres sont de fabrication canadienne.Les prix régionaux et nationaux sont tous québécois.Au premier abord, il peut paraître facile de troquer des produits étrangers pour des produits québécois ou canadiens.Mais tout n’est pas aussi simple.Le hic, c’est que certains produits ne sont tout simplement pas fabriqués au Québec.Il en est ainsi des jeux ou des appareils ayant des composants électroniques.Pour contourner ce problème, les responsables du CIJD ont révisé entièrement la gamme de prix offerts.Désormais, on y trouvera, entre autres, des sacs de couchage fabriqués par Chlorophylle et des sacs à dos en cuir véritable conçus par des artisans québécois.L’extérieur du coffret de bricolage est fait au Québec tout comme une bonne partie de son contenu.Pour mieux répondre aux besoins des caisses, les prix offerts localement sont aussi moins dispendieux.Les voyages accordés aux gagnants nationaux se feront au Québec.Les jeunes lauréats auront alors l’occasion d’effectuer des voyages de découvertes et d’aventures dans si- .m#' 1>M3 des sites québécois merveilleux, mais souvent méconnus de la population comme le fjord du Saguenay ou le Moyen Nord québécois.Les destinations restent toutefois à confirmer.Mais, bien plus qu’une simple substitution, l’augmentation du contenu québécois des prix du CIJD a exigé des responsables une démarche active auprès des manufacturiers québécois.Certains produits ont été faits pratiquement sur mesure à la demande de la division de l’Approvisionnement de la Confédération.C’est le cas des sacs à dos en cuir, des sacs à bicyclette, des étuis à crayons et des porte-documents en nylon.La révision des prix offerts dans le cadre du CIJD aura donc permis à certains fournisseurs québécois d’entrer dans un marché qui était jusque-là occupé par des compagnies étrangères.Moyen de prédilection d’engagement des caisses auprès des jeunes, cette année le CIJD contribuera donc en toute modestie au développement économique du Québec.14 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 m y jhhs^ {%.ym* .* »/Aiwr «Sr* ISf » H thk» ; ’mrofÆtHa W L " * - ' L’AIDE AUX PAYS EN DEVELOPPEMENT: CHARITÉ OU NÉCESSITÉ?'»*» *P % CELINE AU CL AIR* ¦ epuis plus de deux décennies, le Canada investit dans l’aide aux pays les plus démunis.Des sommes considérables ont été injectées et il semble que bien peu de progrès aient été réalisés.Pendant ce temps, le Canada connaît lui-même des difficultés économiques considérables et doit améliorer le bien-être d’une partie de sa population qui souffre elle aussi de mauvaises conditions de vie.Au nom de quoi un pays peut-il continuer à investir dans des programmes qui semblent ne donner que des résultats mitigés?A une époque de forte récession économique, ne convient-il pas de faire prospérer d’abord les siens avant de chercher à soutenir le développement des autres?* Céline Auclair est chef de la division Relations institutionnelles à la Société de développement international Desjardins. L’AIDE AUX PAYS EN DEVELOPPEMENT: CHARITÉ OU NÉCESSITÉ?Des progrès certains Il est vrai que les images que nous envoie le petit écran témoignent peu des progrès qu’ont accomplis certains pays fortement défavorisés.Pourtant, des succès existent, et ils auraient été impensables il y a de cela quelques années.Par exemple, le vaste programme de vaccination universelle entrepris par l’Unicef en 1977 permet aujourd’hui d’immuniser plus de 80 % des enfants et l’on compte augmenter cette proportion à 90 % avant l’an 2000.L’espérance de vie de cet important segment de population s’accroît donc de plus en plus au-delà de la petite enfance.Par ailleurs, dans 12 pays sur 16 figurant sur la liste des pays les plus populeux du monde, 75 % des enfants d’âge scolaire fréquentent l’école primaire.Des pays comme le Brésil et Taïwan exportent maintenant des automobiles sur le marché nord-américain.D’autre part, une trentaine de pays en développement ont plus que doublé leur PNB depuis 1960.Certes, de graves problèmes demeurent: la famine sévit encore dans certaines régions du monde, des conflits interethniques continuent de tenir des populations en otage, le désert ne cesse de ronger d’importantes parcelles de sol fertile et les superficies boisées s’amenuisent de façon draconienne de jour en jour.C’est pour contrer ces problèmes que le Canada, comme la plupart des pays développés, a mis sur pied des programmes d’aide publique au développement.Les principes élémentaires de solidarité humaine et de justice sociale appelaient une telle intervention.Une interdépendance croissante Cependant, au-delà de ces nobles principes, il existe un ensemble d’autres raisons qui conditionnent l’appui que les pays les plus développés offrent aux pays les plus démunis.L’interdépendance des peuples, qui a été mise en exergue lors de la crise du pétrole de 1973, a éveillé davantage les dirigeants du monde industrialisé à la nécessité de réduire l’écart qui sépare le Nord et le Sud.Les tensions qui sommeillent au sein de pays subissant la pauvreté menacent l’ordre mondial et posent un défi aux représentants des gouvernements.Si la guerre froide semble résolument terminée, les conflagrations latentes du Sud demeurent au centre des préoccupations des décideurs.L’éclosion de foyers conflictuels sape les processus démocratiques, mais perturbe aussi le cours du commerce international.Il en va de même avec l’accentuation de la pauvreté.En effet, plus les pays s’appauvrissent, plus leur insertion dans le grand marché mondial s’en trouve affaiblie.Nous dépendons tous les uns des autres.Même les pays les plus pauvres contribuent avantageusement au commerce mondial en approvisionnant le marché en matières premières essentielles au développement et au bien-être des pays riches.Plusieurs biens de consommation courante ne seraient accessibles sans la production du Tiers-Monde.Le pétrole, le café, le coton n’en sont que quelques exemples.Pour le Canada, l’interdépendance avec le Sud n’en est que plus évidente.Étant fortement dépendant du commerce extérieur, le Canada doit sans cesse chercher des débouchés sur d’autres marchés.Les emplois et la prospérité des Canadiens en dépendent puisque plus de 27 % du PNB canadien provient de ses exportations.Certes, le marché américain accapare la plus large part du commerce extérieur du pays, mais son expansion connaît de sérieux ralentissements et la concurrence sur ce marché ne cesse de croître.Les pays du Tiers-Monde, dont certains sont en pleine expansion, représentent donc pour le Canada un potentiel économique non négligeable, d’autant plus que les efforts de diversification commerciale faits par le gouvernement canadien vers les marchés du Japon et de l’Europe n’ont pas donné les résultats escomptés.Ainsi, les pays producteurs de pétrole et les pays nouvellement industrialisés retiennent particulièrement l’attention des dirigeants canadiens.Cependant, jusqu’à maintenant, le Canada a eu plus de mal que les autres exportateurs du Nord à se tailler une place au sein de ces nouveaux marchés.L’intensification se poursuit et les politiques d’ouverture commerciale commencent à porter fruit.Un engagement complexe Pour qu’un pays devienne un partenaire égal et puisse contribuer à l’essor de l’économie mondiale, des efforts doivent toutefois être déployés afin de fortifier le secteur industriel et le monde des affaires.Les expériences passées ont montré clairement que le secteur public ne peut, à lui seul, soutenir l’économie et assurer des conditions de vie satisfaisantes.Les populations du Tiers-Monde doivent participer directement à leur développement en produisant les biens et services nécessaires à leur propre développement et en les exportant sur le marché mondial.Les programmes canadiens d’aide publique encouragent le secteur privé à se réaliser comme force de développement mondial.Mais, malheureusement, l’épanouissement des pays du Tiers-Monde est entravé par des facteurs qui débordent le seul secteur de l’économie.La poussée démographique sans précédent qu’ont connue les pays en développement au cours de ce siècle pose des difficultés considérables non 16 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 seulement en ce qui a trait à l’économie, mais aussi au niveau de la santé, de l’éducation, de l’habitat, de l’emploi, de l’urbanisation et de l’environnement.La question de la démographie est sans nul doute le dossier le plus complexe et le plus controversé que doivent aborder les pays développés car il fait intervenir des jugements de valeurs quant au bien-fondé d’un contrôle de la population et des moyens mis en œuvre pour ralentir la croissance.Quoi qu’il en soit, cette croissance démographique impose un fardeau considérable au bien-être socio-économique des populations ne bénéficiant que de maigres ressources.Le Canada, comme bien d’autres pays, s’intéresse à ce problème et contribue à sa résolution par l’entremise de programmes d’aide multilatérale.L’objectif de cette programmation est de soulager la pauvreté accrue au sein de certains pays, d’accroître l’autosuffisance alimentaire, de soulager l’environnement des pressions parfois intenables et, finalement, d’engager le développement économique sur des voies plus prometteuses.Certes, la preuve de l’interdépendance des peuples au niveau économique n’est plus à faire.Toutefois, une nouvelle donnée, apparue récemment sur la scène internationale, montre de manière encore plus probante la proximité des peuples.Depuis quelque temps, les populations prennent conscience de la fragilité de la planète et des conséquences parfois irréversibles des perturbations écologiques.Des incidents qui se produisent à des milliers de kilomètres de nous peuvent à un moment ou à un autre nous affecter directement.Ainsi est née une véritable «conscience planétaire» qui force les populations du monde à être un peu plus responsables de leurs actes et davantage solidaires entre elles.L’exploitation abusive des forêts de l’Amazonie, par exemple, ne laisse plus personne indifférent.Que nous soyons Australien, Sénégalais ou Canadien, nous savons tous que cette pression démesurée sur l’environnement a des répercussions sur l’ensemble de la planète.La nécessité de protéger notre milieu ambiant et de promouvoir un type de développement qui respecte les limites de la nature s’est imposée avec acuité et semble maintenant irréversible.Jamais l’interdépendance des peuples n’a été aussi évidente qu’au chapitre de l’environnement.La coopération internationale a aussi intégré cette nouvelle problématique.Les programmes d’aide portent de plus en plus sur le développement durable, un développement qui permet aux populations locales de ne pas épuiser les ressources de leur milieu.Les expériences passées nous ont appris que toute négligence vis-à-vis de l’environnement freine le développement socio-économique des populations, hypothèque leur avenir et provoque des déséquilibres socio-écologiques qui se répercutent au-delà des frontières.Une nécessité impérieuse Or, que ce soit pour des motifs de sécurité internationale, d’échanges commerciaux, de préservation de l’environnement ou pour des raisons de solidarité humaine, les pays industrialisés appuient le développement des pays du Tiers-Monde et en retirent sous diverses formes des retombées appréciables.Le Canada, depuis longtemps, joue un rôle primordial sur la scène internationale.Il a contribué efficacement à San Francisco à la création des Nations Unies.Il a participé activement à l’élaboration du système monétaire mondial à Bretton Woods.Il a également été un participant de premier ordre lors de la création à La Havane et à Genève du système d’échanges commerciaux.Il demeure par ailleurs un important partenaire au sein des forces de maintien de la paix de l’ONU (les casques bleus) et joue un rôle de leader au sein de groupements comme la francophonie et le Commonwealth.De tout temps, le pays s’est distingué dans la défense des principes démocratiques, dans les activités de maintien de la paix et dans le dialogue Nord-Sud.Son apport au niveau de l’aide internationale est inestimable pour les pays en développement.À travers son appui, le Canada ainsi que tous les intervenants qui œuvrent dans le développement international contribuent à réduire l’écart entre les peuples et à assurer un avenir meilleur pour l’ensemble de la planète.La Revue Des jardins, numéro 1, 1993 17 CAISSE POPULAIRE SAINT-THOMAS DE MONTMAGNÏ QUAND L’ENGAGEMENT EST UNE TRADITION BERNARD SAMSON Des 36 candidates en lice pour l’obtention du Mérite # coopératif Desjardins dans la catégorie Meilleure Diffusion de l’éducation coopérative, il ne restait plus que trois finalistes le 15 mars 1992, lors des assises annuelles du Mouvement.C’est la Caisse populaire Saint-Thomas de Montmagny qui l’a remporté.seur du citoyen; je travaille pour les défavorisés, je réponds à leurs mille et une questions.» Elle consulte ses statistiques: 40 % des gens viennent la voir pour obtenir des renseignements sur le programme • es six membres du jury ont choisi la caisse de Montmagny pour «son approche pratique de sensibilisation des jeunes à la coopération, son intégration des valeurs I coopératives à la gestion J et aux pratiques commu-I nautaires et sa solidarité avec les caisses de son milieu dans la promotion des valeurs coopératives».Au-delà du discours officiel de circonstance, ce Mérite coopératif souligne l’engagement quotidien des gens de la Caisse populaire Saint-Thomas de Montmagny.André Fortin, directeur général de la caisse depuis 1980, est évidemment très fier de cette distinction.Mais il s’empresse de souligner que cette reconnaissance officielle ne couronne pas seulement les efforts des employés et des dirigeants d’aujourd’hui: «Ces honneurs reviennent André Fortin, directeur général de la Caisse populaire Saint-Thomas de Montmagny.aussi à ceux qui, depuis la fondation, ont dirigé la caisse de Saint-Thomas sur la voie de l’engagement envers sa communauté.» Au dossier de la caisse, il note la caisse scolaire qui avait été lancée dans les écoles primaires de Montmagny, qui a été abolie, puis relancée au début des années 1980.Il souligne les services d’un conseiller social offert gracieusement par la caisse depuis 1971.«A ma connaissance, la caisse Saint-Thomas est la seule caisse Desjardins qui offre ce service.» Une conseillère populaire Au deuxième étage de la caisse de Saint-Thomas, qui se dresse sur la rue Saint-Jean-Baptiste en plein centre-ville de Montmagny, une salle d’attente est aménagée à côté du bureau de Henriette Lord, conseillère sociale depuis sept ans.En 1991, Mme Lord a accordé 2574 entrevues aux membres des caisses de Saint-Thomas et de Saint-Mathieu de Montmagny, de Cap-Saint-Ignace et de Saint-François.«Avant 1989, dit-elle, je rencontrais encore plus de gens; on venait même de Québec et de la Beauce pour me voir.» Quand on lui demande en quoi consiste son travail de conseillère sociale, elle répond: «Je suis un défen- fédéral de Sécurité de la vieillesse; 11 % pour s’inscrire à la Régie des rentes du Québec.«Bref, dit-elle, les procédures d’inscription aux programmes gou-vernementaux tels Logirente, l’assurance-chômage, la sécurité sociale ou encore les prêts et bourses du ministère de l’Éducation me fournissent la grande majorité des visites.Je commande les formulaires et je les remplis avec eux.Souvent, les gens ne retirent pas les montants auxquels ils ont droit dans le cadre de ces programmes sociaux.» D’autres la voient avant de signer un bail, ou encore parce qu’ils se demandent quand et comment La conseillère sociale Henriette Lord joue un rôle de défenseur du citoyen.: : : S; 18 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 Photos: Bernard Samson disposer de leur caisse de retraite ou simplement parce qu’ils ont des problèmes.Elle conclut: «Mon poste de conseillère sociale est un exemple d’intercoopération et de l’appartenance de la caisse de Saint-Thomas à ses membres.» Du renfort Mais la liste des «bonnes actions» de la caisse ne s’arrête pas là.Récemment, elle a aidé l’Association coopérative d’économie familiale à s’implanter à Montmagny, en annonçant sa venue et en lui fournissant des locaux pour ses réunions.En décembre 1990, la caisse de Saint-Thomas engageait Marie-Josée Corriveau à titre d’agente de communication.«Je suis le trait d’union entre la caisse et ses 10 000 membres», précise-t-elle.Deux fois l’an, Marie-Josée Corriveau rédige le bulletin d’information de la caisse.Un tabloïd de quatre pages, avec photographies, tiré à 3200 exemplaires dont 2800 sont distribués dans les maisons et les commerces.«On y trouve, explique-t-elle, des sujets d’actualité, un Marie-Josée Corriveau, agente de communication, est le trait d'union entre la caisse et ses 10 000 membres.mot du président ou du directeur général, une présentation des nouveaux employés et dirigeants, les nouveaux produits et services de la caisse, des informations sur la Semaine Desjardins.» Outre la publication de ce bulletin, l’agente de communication de la caisse ne chôme pas.Elle s’occupe également des communications internes, des relations avec la presse, de la publicité ou des demandes de commandites; elle rédige le rapport annuel, assiste aux réunions des employés cadres: «Je dois être au courant de tout», dit-elle.Comme si cela ne suffisait pas, elle a mis sur pied, en collaboration avec le CESC de Montmagny, un programme de gestion de la santé pour les employés de la caisse.«Nous organisons des séances sur la gestion du stress, la nutrition, les techniques de relaxation et le dépistage des maladies.Et les 57 employés de la caisse y participent.» En 1992, elle a coordonné un sondage qui a été distribué à 1347 membres.«Les questions portaient sur les produits et les services, de même que sur l’aménagement intérieur de la caisse.Nous demandions aux gens de nous faire des suggestions.» L’été dernier, dans le cadre d’un échange organisé par la Société de développement international Desjardins, elle était chargée de la visite de deux délégations hongroises: «Ils ont été surpris de l’intérêt que la caisse porte aux jeunes.» Préparer la relève La caisse de Saint-Thomas est très engagée auprès des jeunes.Elle participe activement à la promotion du Concours international des jeunes Desjardins.Pendant la Semaine Desjardins, André Fortin rencontre les écoliers Pour Jacques Carrier, la caisse étudiante est une école de la coopération.du primaire pour leur inculquer le sens de l’épargne.En 1991, la caisse avait invité Prouche, l’auteur de la bande dessinée sur la vie d’Alphonse Desjardins.Le dessinateur a rencontré les jeunes pour leur parler de son métier.«Chaque année, nous invitons les élèves de 6e année à visiter nos locaux, raconte André Fortin.Nous profitons de cette occasion pour les inciter à devenir membre de la caisse étudiante que nous avons lancée en octobre 1991, à l’école polyvalente Louis-Jacques-Casault.» Le président du conseil d’administration de la caisse, Jacques Carrier, qui est aussi professeur de français à la polyvalente, a servi de tête de pont.«Nous formons des coopérateurs, dit-il.Les dix membres du conseil d’administration et les six caissières de la caisse étudiante Casault sont des étudiants bénévoles qui proviennent de l’option administration, commerce et secrétariat.» La caisse étudiante loge dans un petit local de la polyvalente.La caisse de Saint-Thomas fournit le comptoir à deux guichets, le coffre-fort et tout le matériel de bureau.Toutes les transactions sont inscrites à la main.Les membres peuvent y faire des dépôts et des retraits, mais la caisse étudiante ne prête pas d’argent.Après un an d’activité, la caisse étudiante Casault a recruté 200 membres parmi les 1350 étudiants qui fréquentent la polyvalente.«Notre principal compétiteur, constate Jacques Carrier, c’est le guichet automatique de la caisse de Saint-Thomas.Peu importe cependant, notre caisse est une véritable école d’épargne et de coopération.» «L’engagement auprès des membres est une opération rentable», conclut le directeur général de la Caisse populaire Saint-Thomas de Montmagny.C’est dans cet esprit, avec tout ce bagage et un actif qui a plus que doublé en moins de 10 ans, que la caisse Saint-Thomas entend poser sa candidature lors de la prochaine édition du Mérite coopératif Desjardins.La Revue Desjardins, numéro J, J993 19 CENTRE DE CARRIÈRE DESJARDINS AU CARREFOUR DE L’EMPLOI Gilles Michaud, directeur du e printemps dernier, la Confédération créait le Centre de carrière Desjardins (CCD).Avec des bureaux à Montréal et Lévis, le principal mandat du CCD est d’aider les employés de la Confédération I dont le poste a été aboli à se l trouver un nouvel emploi.I J Après plus de six mois d’activité, environ 55 % des personnes qui étaient inscrites à la fin de juin 1992 ont trouvé un emploi qui, pour la très grande majorité, correspond entièrement à leurs objectifs de carrière.Ce résultat est excellent compte tenu du contexte économique difficile et de la période estivale.Le CCD a également commencé à offrir ses services à l’ensemble du Mouvement Desjardins.«Nous voulons offrir nos services en matière de transition de carrière et partager de l’information avec les autres institutions du Mouvement de façon à créer un carrefour où se rencontreront les compétences disponibles et les postes vacants», explique Gilles Michaud, directeur du CCD.Le CCD n’entend pas se substituer aux services de ressources humaines des fédérations et des sociétés, mais plutôt offrir des services complémentaires comme le conseil en recherche d’emploi, en évaluation et en transition de carrière.«Nous ferons du cas par cas, précise Gilles Michaud, c’est-à-dire que nous négocierons des ententes avec les composantes selon les besoins exprimés par celles-ci.» Dans tous les cas, les services offerts par le centre se veulent complémentaires aux stratégies d’action en gestion des ressources humaines des fédérations et des filiales.Le CCD entend également se positionner comme un lieu privilégié de recrutement lorsqu’une composante désirera embaucher du personnel à l’extérieur du réseau de la fédération ou des filiales.Globalement, le CCD agira comme un service d’appoint qui aidera les fédérations et les filiales Desjardins à gérer leurs excédents de personnel.Il contribuera également à favoriser la mobilité du personnel et à faciliter la transition de carrière en cherchant à développer des occasions d’emploi tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mouvement Desjardins.Une gamme de services Le Centre de carrière Desjardins offrira de nombreux services à des prix compétitifs.«Nous visons l’autofinancement, ajoute Gilles I Michaud, ce qui fait que nous pour-| rons offrir nos services à un meilleur I prix que la plupart des firmes exter-s nés.» D’ailleurs, tous les services .du CCD s’adaptent aux différen- Ccntre de carrière Desjardins.^ catégories d’employés, qu’ils soient cadres, professionnels, techniciens ou employés de bureau ou de soutien.Parmi la gamme de services offerts, on trouve un service de soutien et d’encadrement à la recherche d’emploi.Ce service peut prendre la forme d’ateliers de stratégies et de techniques de recherche d’emploi, de consultation individuelle et de soutien administratif.Le CCD sera aussi en mesure d’appliquer un programme d’évaluation de carrière qui permettra aux organisations intéressées et à leurs employés d’obtenir une évaluation professionnelle et personnelle, un plan de développement ainsi que des renseignements précieux permettant une utilisation optimale des ressources humaines.D’autres services sont offerts par le CCD: la planification et la formation pour les rencontres de cessation d’emploi ou d’abolition de poste, un service d’information sur l’offre des compétences et la demande de main-d’œuvre à l’intérieur comme à l’extérieur du Mouvement Desjardins.Au moyen d’offres de services négociées selon les besoins, le Centre de carrière Desjardins entend donc devenir un partenaire privilégié des institutions du Mouvement.Un partenaire qui contribuera sans doute à améliorer la mobilité et l’employabilité des employés de Desjardins.20 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 DOM ET COMMANDITES LES TENDANCES CANADIENNES EN 1991 • e Mouvement des caisses Desjardins s’est toujours fait un point d’honneur de contribuer activement au mieux-être de la population.L’engagement social est d’ailleurs au cœur de la mission de Desjardins, et, depuis quelques années, le bilan social nous le rappelle en nous indiquant les domaines où les caisses sont les plus actives.Développement économique I et communautaire, jeunes, famille, environnement, I éducation sont autant de secteurs où Desjardins I Igf est de plus en plus présent.Mais qu’en est-il des autres?Que font les grandes sociétés canadiennes pour le développement de leur communauté?Privilégient-elles les mêmes secteurs que Desjardins?Une étude du Conference Board du Canada intitulée Investissements communautaires des entreprises au Canada 1991 apporte quelques éléments de réponses à ces questions.L’étude a porté sur 224 entreprises canadiennes qui ont versé 153,4 millions de dollars en dons et commandites pendant l’année 1991.Par comparaison, le Mouvement Desjardins a contribué pour une valeur de 13,6 millions au cours de la même période.L'éducation d'abord Lorsqu’on examine la répartition des dons et commandites des 224 entreprises canadiennes pour 1991, on constate que le secteur éducation arrive au premier rang avec 26,9 % des sommes versées.Dans cette catégorie se trouvent aussi bien des subventions de recherche que des bourses d’études ou des contributions directes aux institutions d’enseignement.L’éducation supérieure reçoit à elle seule plus de 85 % des dons et commandites versés dans ce secteur.En second lieu, les services sociaux et la santé accaparent chacun environ 20 % des dons et commandites accordés par les entreprises canadiennes.Viennent ensuite les arts et la culture, avec un peu plus de 13 %, les causes civiques (jeunes, bibliothèques, centres communautaires, etc.) avec 8,4 %, l’environnement avec près de 3 % et les sports avec un peu moins de 2 %.Depuis trois ans, la santé et les services sociaux ont connu une légère diminution de leur importance relative tandis que l’éducation, les causes civiques de même que les arts et la culture se maintiennent.Le secteur de l’environnement a connu une hausse significative, passant de 1,9 % à 2,8 %.En pourcentage des revenus avant impôts, les entreprises de tous les secteurs économiques ont accru leurs efforts puisque ce taux est passé de 0,60 % en 1990, à 0,67 % en 1991.Pour ce qui est des secteurs privilégiés par le Mouvement Desjardins, les comparaisons ne sont pas nécessairement faciles à faire en raison de certaines différences entre les catégories du Conference Board et celles qui sont utilisées par Desjardins.En tenant compte de cet avertissement, il est possible de noter quelques différences.Ainsi, Desjardins consacre une proportion moindre à l’éducation (15,8 %), tandis que les services à la communauté prennent plus d’importance (22 %).L’environnement (6 %) de même que les loisirs et les sports (14 %) ont aussi pris, en 1991, une plus grande importance chez Desjardins comparativement aux autres entreprises.Le développement économique (13,2 %) et les œuvres humanitaires (9,5 %) prenaient aussi plus de place chez Desjardins.Autre dimension importante: les contributions en nature ont augmenté en 1991.Dans un contexte de rationalisation, les entreprises ont souvent diminué leur budget de dons et commandites.Plutôt que d’aider leur communauté avec des dons en argent, elles ont préféré offrir les services de leurs ressources humaines ou fournir un soutien technique.Plusieurs entreprises, note l’étude du Conference Board du Canada, incitent leurs employés à faire du bénévolat pour la communauté.Certaines entreprises peuvent libérer du personnel pendant un certain temps tandis que d’autres reconnaissent officiellement d’une façon ou d’une autre l’engagement social de leurs employés.A bien des égards, cette dernière situation ressemble à celle de Desjardins.De plus en plus, les caisses et les autres institutions du Mouvement favorisent le bénévolat de leurs employés.A une différence près toutefois: l’engagement social des gens de Desjardins est en fait à la base même du mouvement coopératif et cette valeur propre à la coopération déteint souvent sur les employés lorsque ceux-ci ne sont pas déjà engagés socialement.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 21 UN PEU LES CAISSES DE DOTATION GUY BELANGER 1 Le but principal de la caisse de dotation est de former les jeunes filles à l'épargne pour bien les préparer à leur futur rôle de ménagère.Eien que la caisse populaire s’adresse à tout le monde dans la paroisse, Alphonse Desjardins réserve une place spéciale aux femmes et aux enfants.Rien d’éton-nant à cela.En vertu de leurs statuts et règlements, les caisses populaires ne peuvent les considérer comme des membres à part entière.Relégués au rang de sociétaires auxiliaires, les femmes et les enfants ne peuvent exercer le droit de vote, ni remplir aucune charge élective.Les caisses populaires n’en acceptent pas moins leurs épargnes pour autant.S’inspirant des méthodes commerciales modernes, Alphonse Desjardins songe à l’établissement de services spéciaux conçus en fonction de ces clientèles.Parmi ceux-ci, les plus importants sont les caisses scolaires.A la lumière des expériencés belge et française, Desjardins pense aussi à la création d’un service d’épargne réservé exclusivement aux jeunes filles, pour les inciter à accumuler une dot en vue de leur mariage.Aussi organise-t-il, le 28 décembre 1913, une première caisse de dotation, ou caisse dotale, au sein de la Congrégation des Enfants de Marie de la paroisse Notre-Dame de Lévis.Projets d'avenir Le but de la caisse de dotation est «1° d’inculquer à ses membres [ .] l’esprit de prévoyance, d’économie et de sacrifice par la pratique constante de l’épargne; 2° de former un modeste capital par l’accumulation successive et continue de versements variables quant au montant, mais fixes quant au minimum; 3° d’assurer à la bénéficiaire la propriété d’une dotation suivant l’importance de ses versements1».La bénéficiaire ne peut retirer cette dot qu a certains moments: son mariage, son entrée en vie religieuse ou son 40e anniversaire de naissance.Loin d’être faramineuse, cette dot assure tout juste un minimum de sécurité financière: « [.] tout ce dont il s’agit, c’est de faire en sorte qu’une jeune fille laborieuse, honnête, économe possède, au moment de son établissement dans le mariage ou dans la vie religieuse, de quoi se préparer un trousseau convenable, et aux heures critiques de pouvoir faire face aux éventualités de la vie2».L’importance de la caisse dotale découle davantage de sa vocation éducative que de sa capacité à recueillir les épargnes des jeunes filles.Et ses fondatrices lévisiennes lancent un appel à toutes celles qui préfèrent l’apostolat laïc aux attraits de la mode: «[ .] elles ont promis, après réflexion sérieuse, de lui prêter toujours le concours de leur dévouement, et de leurs épargnes soigneusement arrachées à toutes les tentatives de gaspillage, à toutes les attirances de la vanité et du luxe.Quand on songe à l’espèce de fascination malsaine que la toilette et la mode exerce sur l’imagination d’une jeune fille, on éprouve pour celles qui savent s’y soustraire une très vive admiration3».Comme la caisse de dotation est une coopérative, son fonctionnement s’apparente à celui de la caisse populaire.Cette «société d’épargnes accumulées» est administrée et surveillée par l’«Exécutif», une commission composée de sept membres élus par l’assemblée générale annuelle des sociétaires.Elle est toutefois placée sous la supervision d’un chapelain-directeur.De plus, sa gestion relève de la caisse populaire à laquelle elles est affiliée, en ce qui concerne particulièrement la comptabilité, l’administration courante, la garde des fonds et les placements4.La Caisse-dotation de Notre-Dame de Lévis, Québec, lmp.L’Action sociale limitée, 1914, p.8.Ibid., p.6.Ibid., p.4-5.Ibid., p.7-19.22 La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 Des débuts prometteurs Du vivant d’Alphonse Desjardins, on assiste à la fondation de seulement trois caisses de dotation, toutes parmi les Demoiselles Enfants de Marie.Outre la caisse dotale de Lévis, deux autres sociétés similaires sont mises sur pied à la fin de 1916, l’une à Notre-Dame de Hull, l’autre à Saint-Michel de Sherbrooke5.À l’époque, ce modèle semble promis à un bel avenir.En 1917, la caisse-dotation de Notre-Dame de Lévis compte déjà 253 membres et un capital de près de 7 000 $6.Encouragés par ces résultats, Alphonse Desjardins et ses proches collaborateurs expriment le vœu d’assister à la création de caisses dotales dans chaque caisse populaire, surtout dans les grands centres industriels comme Québec, Montréal et Sherbrooke7.Se laissant emporter par l’imagination, Desjardins songe même à l’établissement de caisses de prévoyance réservées aux mères de famille, pour les encourager à «accumuler des épargnes afin de permettre l’achat au comptant des comestibles nécessaires à la famille, le paiement du loyer et autres charges du foyer8».Malgré l’appui de Mgr Bégin de Québec, ce projet n’aura aucune suite.Un chemin parsemé d'embûches Il y a loin de coupe aux lèvres; les caisses de dotation ne parviennenent pas à prendre leur envol.De 1917 à 1934, on n’enregistre, à notre connaissance, aucune nouvelle fondation.Sur le terrain, les caisses dotales se butent en effet à bien des obstacles.Parmi ces obstacles, le plus important découle de la nature même des caisses de dotation.Contrairement aux caisses scolaires, les caisses dotales ne sont pas un service dépendant des caisses populaires, mais plutôt des corps distincts jouissant d’une certaine autonomie.En conséquence, plusieurs dirigeants du mouvement voient d’un mauvais œil l’adjonction d’une organisation autonome et parallèle en marge des caisses populaires.Comme la caisse de dotation est une société d’épargne n’offrant pas de service de crédit, son influence s’en trouve singulièrement réduite.En outre, d’aucuns objectent que «la caisse-dotation, c’est bon pour la ville ça, mais pas pour la campagne9!» Et ce caractère urbain accentue sa marginalité, d’autant plus que la caisse dotale apparaît comme une œuvre réservée à l’élite.Conformément à leurs statuts, enfin, les caisses de dotation reçoivent des «sommes d’argent [qui] ne peuvent être retirées au caprice des sociétaires, et il s’ensuit que ces versements [ .] doivent être formés surtout du superflu dont les sociétaires peuvent disposer en évitant Nos renseignements sur les fondations de caisses dotales sont tirés de: Archives de la Confédération.Statuts constitutifs des caisses, dossier «Caisses de dotation», 3240-01-02.Pierre-Georges Roy.Dates lévisiennes, VII, Lévis, l’auteur, 1934, p.150.La Lumière, IV, 2 (20 janvier 1916), p.1; La Vérité, 28 octobre 1916, p.60.Alphonse Desjardins à Mgr Bégin, 23 mars 1918.Lettre citée dans Ronald Rudin, «Alphonse Desjardins et le marketing des caisses populaires, 1900-1920», dans Pierre Lanthier et Guildo Rousseau (dir.), La culture inventée, Québec, IQRC, 1992, p.183.La Vérité, 15 décembre 1917, p.117.les dépenses inutiles et le luxe frivole10».Or, plusieurs jeunes filles hésitent à s’«engager à faire des versements réguliers à la caisse-dotation» car, disent-elles, «il nous faut tout notre argent11».Une tentative ultime Dans la foulée de la création de la fédération provinciale (l’actuelle Confédération) en 1932, l’abbé Philibert Grondin est l’artisan de deux tournées de fondation.En 1934, une première tournée se solde par l’établissement de caisses de dotation à Saint-Marc de Shawinigan Falls, Saint-Raymond (Portneuf) et, peut-être, Saint-Côme.Suit une deuxième tournée de fondation en 1938.Cette année-là, l’abbé Grondin exprime le vœu que «toutes les villes et même tous les villages de quelque importance de la province aient leur caisse-dotation à côté de leur caisse populaire12».Mais cette tentative ultime déborde à peine le territoire de l’Union régionale de Québec.On n’assiste qu’à trois nouvelles fondations en 1938: Saint-Georges de Beauce, Saint-Alphonse de Thetford Mines et Saint-Sauveur (Québec).Les quelques caisses de dotation en activité ne sont d’ailleurs pas au bout de leurs peines.A une situation juridique inextricable s’ajoutent de sérieuses lacunes en matière de surveillance, d’autorité et de continuité.De guerre lasse, les dirigeants du Mouvement Desjardins décident, au début des années 1940, d’accorder désormais la priorité aux caisses scolaires13.En l’absence de données statistiques, il est difficile d’évaluer la capacité des caisses de dotation à recueillir l’épargne des jeunes filles.Force est de reconnaître, toutefois, qu’elles ne suscitent guère d’enthousiasme.Alphonse Desjardins et ses successeurs ne parviennent à mettre sur pied qu’une dizaine de ces caisses, dont la moitié dans la région de Québec.Quoi qu’il en soit, les caisses populaires conservent une longueur d’avance sur les banques dans ce domaine.En effet, c’est seulement dans les années 1960 que la Banque de Montréal ouvre une première succursale destinées spécifiquement aux femmes14.Quant aux caisses de dotation, elles sombrent définitivement dans l’oubli au début des années 1970.La Bonne Parole, V, 9 (novembre 1917), p.ll.Ibid., p.12.La Revue Desjardins, 4, 5 (mai 1938), p.56.Cyrille Vaillancourt à Philibert Grondin, 17 avril 1941.Archives de la Confédération.Dossiers des propagandistes: Philibert Grondin, 5.Rudin.Loc.cit., p.183 et 186.La Revue Desjardins, numéro 1, 1993 23 DES OUVRAGES BENJAMIN FORTIN DEFOURNY, Jacques et José L MONZON CAMPOS Economie sociale.Entre économie capitaliste et économie publique.The third sector.Cooperative mutual and non-profit organizations Bruxelles, De Boeck-Wesmael, 1 992, 459p.(Collection ouvertures économiques - série Jalons) Nombreuses et importantes sont les activités économiques qui n’appartiennent ni au secteur privé traditionnel ni au secteur public.Quelles sont ces entreprises et organisations d’un genre particulier?Peut-on parler de l’existence ou de l’émergence d’un troisième grand secteur?Cet ouvrage collectif, fruit des recherches menées pendant quatre ans par une équipe internationale d’une vingtaine de chercheurs sous l’égide du Centre international de recherches et d’information sur l’économie publique, sociale et coopérative (CIRIEC) étudie les activités économiques du secteur social pour en évaluer l’importance et les potentialités de développement.Le groupe s’est donné pour tâche principale d’identifier, dans neuf pays industrialisés d’Europe et d’Amérique du Nord, les activités et organisations constituant le secteur de l’économie sociale et d’en évaluer l’importance économique et sociale par quelques indicateurs essentiels.Dans ce contexte, un chapitre sur le Québec en définit l’économie sociale comme une notion méconnue qui recouvre une réalité importante.L’espoir des auteurs de ce livre est que transparaisse ce qui fait surtout l’essence de l’économie sociale, les valeurs qu’elle porte et sa contribution originale au développement de nos sociétés.LAROSE, Robert La rédaction de rapports: structure des textes et stratégie de communication Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1992, 182 p.Comment rendre efficaces vos rapports, notes de service ou soumissions?Comment obtenir un mandat clair et circonscrire votre public cible?Comment structurer un texte pour avoir du succès auprès des décideurs?Voilà autant de questions auxquelles ce volume cherche à répondre.La rédaction de rapports: structure des textes et stratégie de communication s’adresse à toute personne appelée à produire des textes commerciaux ou admi-nistratifs (du simple compte-rendu au rapport de recommandation) dans une optique professionnelle.C’est pourquoi l’étude des problèmes de rédaction de rapports a été abordée de façon pragmatique, c’est-à-dire en tenant toujours compte de l’importance de bien comprendre le mandat et les besoins des destinataires.L’ouvrage est divisé en quatre chapitres portant respectivement sur la stratégie de communication, la structure des textes, les éléments du rapport et les principales autres formes de communication écrite.Il est accompagné d’un cahier d’exercices et d’un corrigé à l’intention des enseignants et il foisonne d’exemples à l’appui des idées présentées.Le document vise à permettre au lecteur d’organiser ses idées par écrit et de les hiérarchiser en fonction d’une stratégie de communication, de distinguer l’essentiel de l’accessoire et, enfin, de rédiger et de critiquer rapidement un rapport.La Revue Desjardins, numéro 1, / 993 La Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec Destinée aux dirigeants et dirigeantes du Mouvement Desjardins, cette revue d’information est publiée cinq fois par année par la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec.Ce numéro a été tiré à 25 000 exemplaires.Ix: prix de l’abonnement est de 9,00 $ par année pour cinq numéros.Affranchissement numéraire au tarif de troisième classe en nombre, permis n° 1981.Port payé à Québec.GROUPE ÉDITIONS ET PUBLICATIONS Micheline Paradis RÉDACTEUR EN CHEF Gilles Drouin COLLABORATEURS ET COLLABORATRICES Céline Auclair, Claude Béland, Guy Bélanger, Jacques Dufour, Benjamin Fortin, Pierre Goulet, Lise Harbour, Marie Morency, Bernard Samson.RÉVISION Solange Deschênes SECRÉTARIAT Suzan Bernier CONCEPTION GRAPHIQUE ET MONTAGE ÉLECTRONIQUE Design et Infographie Eurêka PHOTOGRAPHIE DE LA PAGE COUVERTURE Sténopé SÉPARATION DE COULEURS Graphiscan (Québec) Itée IMPRESSION Imprimerie Canada EXPÉDITION Postecnik inc.CHANGEMENT D’ADRESSE Pour recevoir votre exemplaire régulièrement, veuillez nous prévenir au moins six semaines à l’avance de tout changement d’adresse, nous fournissant à la fois votre ancienne adresse et la nouvelle et joignant si possible à votre note l’étiquette apposée sur votre revue, à l’attention de La Revue Desjardins, Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec, 100, avenue des Commandeurs, Lévis (Québec), Canada G6V 7N5.Téléphone: 1 800 463-4810, poste 2203 ou (418) 835-2203.DROITS ET RESPONSABILITÉS La traduction et la reproduction totale ou partielle des photographies, illustrations et articles publiés dans La Revue Desjardins sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Les opinions émises dans les articles publiés par La Revue Desjardins n’engagent que la responsabilité de leur auteur.ISSN 0035-2284 Dépôts légaux: Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa Bibliothèque nationale du Québec, Montréal Imprimée au Canada DESJ A000004527 2 BIBLIOTHEGŒ NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 1700, RUE SAINT-DENIS MONTREAL SC H2X 3K6 5 n ’93 RICHARD DESCHÊNES (1957) Meat Puppet or Something about Landscape, 1991 Techniques mixtes sur papier 70 x 170 cm triptyque POSTE^MAIL Société eanadlinnt des postas / Canada Post Corporation Port payé Postage paid Nbre Blk QUÉBEC 1981 Port de retour garanti par: La Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec 100, avenue des Commandeurs Lévis, Québec G6V 7N5 i * SiW ¦H w3m .v / ^ lté Richard Deschênes est né à Alma et a obtenu un baccalauréat en arts plastiques à TUniversité Concordia avec spécialisation en gravure.Récipiendaire d’une bourse de perfectionnement du ministère de l’Education, il a fait un stage au Pratt Graphics Center de New York en 1985-1986.Il a depuis réalisé quelques expositions individuelles remarquables.Les cultures anciennes et actuelles des peuples méditerranéens exercent une fascination certaine sur l’imaginaire de cet artiste globe-trotter.Ses œuvres semi-abstraites se situent à mi-chemin entre la peinture et le dessin et sont un heureux mélange d’abstraction et de figuration.Les trois sections du tableau Meat Puppet or Something about Landscape sont produites sur papier à l’acrylique et au fusain.Des pastels délavés modulent un paysage montagneux sur lequel s’inscrivent des formes végétales stylisées et des empreintes de motifs architecturaux.Au bas de la partie centrale de l’œuvre, quelques lignes illisibles d’une écriture inversée contribuent au mystère de ce lieu onirique à l’atmosphère archaïque.Marie Morency Conseillère en art
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