Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1964, Novembre
£ *%, K r -^ u:^ - .V- 'Ik.• * S V» iJOLUME 30 / NUMÉRO 11 / NOVEMBRE 1964 DESJARDINS ' ' * ¦ S» > -«e - , a propos d’une brochure U Pays de Québec, où le vocabu-• • bulaire est pauvre et les idées rares, les sujets de conversation, peu nombreux, se ramènent généralement au hockey et à Fautomobile.A la taverne, au restaurant, à la maison, au travail, au garage, voire en société, on parle de son « char » dont on analyse les mérites, étudie les problèmes, se préoccupe des maladies, etc., etc., etc.L'économie nord-américaine repose d'ailleurs sur l'automobile.Et au sein d'innombrables familles, nord-américaines aussi, l’automobile est le centre des préoccupations, et la cause immédiate, plus que souvent, de difficultés financières insurmontables.Car il n’y a pas de pardon.Il faut payer la « finance ».Fort de ces données, le Service de l’éducation de la Fédération avait conçu le projet — que certains, dans le temps, avaient encouragé, trouvé juste — de publier une brochure sur le fameux sujet de l’automobile.Après des mois d'efforts, d'essais, pour réaliser une couverture qui ferait époque, après des démarches laborieuses auprès de spécialistes pour la rédaction des divers chapitres, nous avons annoncé, par une lettre-circulaire adressée à toutes les Caisses populaires, la parution prochaine d'une brochure intitulée U Automobile.Un sommaire détaillé du contenu de la brochure accompagnait la lettre-circulaire, et nous avions pris le soin d'inclure un échantillon de ce que serait la couverture, fort élégante et d'avant-garde, à notre avis.Nous nous sommes dit que l'annonce de cette publication ferait fureur, qu'immédiatement des commandes pour des milliers d'exemplaires afflueraient au Service de l'éducation.Allez-y voir ! Au 30 octobre, date limite que nous avions indiquée aux Caisses pour donner leurs commandes, nous n'avions reçu de demandes que pour quelque 1,300 exemplaires.Des Caisses ont commandé deux exemplaires, d'autres six, certaines quatre 1 Quelqu'un a pensé faire faire plaisir à ses directeurs, sans doute, en en demandant douzel En raison de ces circonstances, et à moins d'un changement d’attitude vis-à-vis cette publication, qui eut quand même été unique, tant par la valeur de son contenu que par sa tenue générale, nous en reporterons la date de parution sine die.Peut-être au printemps, à l'époque de la fièvre de l'auto .Peut-être.JEAN-JACQUES LEFRANÇOIS L’ÉDIFICE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Caisses d’épargne et de crédit Vol.30 - N° 11 Lévis, novembre 1964 DESJRRD NS l‘l l«l M III 163 164 165 166-167 SOMMAIRE L’union fait la force et c’est la discipline qui fait l’union Cyrille Vaillancourt Le programme d’information de la Fédération — An 1965 Jean-Jacques LeFrançois La Grande Charte a 750 ans J.C.Holt, m.a.Notes et commentaires Cyrille Vaillan court 167 168-169 170-173 174-175 176-177 178-179 Le mot juste Le « désarroi )) de notre civilisation Gilles Boyer L’enquête Chronique du Service d’inspection de la Fédération Rosario Tremblay Chronique de la Société de Fiducie du Québec Ici on vous renseigne Paul-Émile Charron LA COUVERTURE : Vision de l’hiver .{Photo de l’Office national du film.) RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN LÉVIS (QUÉBEC) PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les Caisses et leurs sociétaires.$1.75 Pour les autres.$2.25 LA REVUE DESJARDINS, publiée sous la direction de Jean-Jacques IvcFrançois, et tirée ce mois-ci à 17,000 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal, Inc., à Québec.¦ Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé Taffrancbissement en numéraire et l’envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication. ÉDITORIAL l’union fait la force et c’est la discipline qui fait l’union ^IES paroles prononcées par Sa Sainteté le pape Pie XI devant les représentants de la Fédération nationale catholique française, le 12 juin 1929, sont, si on peut ainsi s'exprimer, de plus en plus vraies ; on n'a qu'à s'y arrêter et les méditer pour s'en rendre compte.Regardons autour de nous, et plus loin même, à travers le monde, à commencer par les Nations-Unies où les nations paraissent de moins en moins unies.Chacun voudrait faire prédominer son ou ses idées.Il n'y a plus de discipline.C'est le chaos.On voit ce qui se passe au Viêt-Nam, à Chypre, au Congo, etc.Tout de même, il y a heureusement certaines gens faisant partie des Nations-Unies qui se rendent bien compte qu'il faut s'employer de toutes ses forces à mettre de l'ordre et de la discipline dans le monde, car sans cela ce sera peut-être l'anéantissement des peuples.Sans discipline, c'est l'anarchie.Revenons sur un plan beaucoup plus concret, plus réduit, et plus rapproché de nous, et voyons ce qui en est au sein de notre mouvement des Caisses populaires.S'il n'y avait pas eu dans notre mouvement cette discipline lorsque la Fédération a été organisée en 1932, les Caisses auraient-elles atteint le développement que nous leur connaissons aujourd'hui?Soyons alertes, attentifs, prudents.Actuellement, existent dans certains secteurs des idées subversives qui peuvent faire énormément de tort à tout le mouvement des Caisses populaires, et partant à toute notre nationalité.Ces idées ne sont pas inspirées par la discipline mais par l'orgueil, et c'est l'orgueil qui a perdu le monde, et qui peut encore le perdre dans l'avenir.Veillons à ce que ce sentiment d'orgueil ne se développe pas chez nous, car c'est un péché sans repentance, que les mauvais anges ont été les premiers à commettre.L'orgueil rend aveugle : on ne veut plus reconnaître qu'on peut se tromper, et on a beaucoup de difficultés à admettre que d'autres peuvent avoir de bonnes idées, voire même avoir raison.Le Christ lui-même dans ses derniers jours passés sur la terre n'a-t-il pas invité ses apôtres à l'union et à la coopération : (( Soyez unis )).Et Sa Sainteté le pape glorieusement régnant, Paul VI, s'adressant à 450 prêtres itahens, aumôniers de syndicats de travail, pour la plupart, qui venaient de participer à une semaine d'étude, leur disait, après avoir cité ces paroles du Christ à ses apôtres : La distribution des réponses confirme l’importance de cette influence par le nombre prédominant des familles qui estiment vivre de la même façon que les familles avoisinantes.H y a très peu de différence entre les strates par rapport à l’influence du voisinage.La proportion de ceux qui estiment vivre moins bien que les autres est sensiblement la même que celle de ceux qui pensent vivre mieux que leurs voisins.Dans les zones métropolitaines, un peu moins de familles s’estiment TABLEAU XXVII Façons de vivre par rapport au voisinage selon le milieu de résidence Strate Mieux Même façon Moins bien Autres réponses 1 13.4 61.5 8.5< 16.6 2 13.1 64.5 13.6 8.6 3 12.6 60.0 15.3 12.0 4 13.4 59.2 16.2 11.2 5 11.0 68.6 15.7 4.7 6 12.5 60.6 18.8 > 8.2 Total.12.8 62.3 13.2 11.5 171 L’enquête défavorisées par rapport à leurs voisins tandis que dans la strate résidentielle déprimée les familles qui se jugent dans une condition économique inférieure sont plus nombreuses.Comme nous le disions au début de cette section, Tobjectif visé par ces questions introductives sur la situation financière était de compromettre, jusqu’à un certain point, les familles, tout en les préparant à nous avouer leurs revenus et leurs dépenses à la fin de l’entrevue.Le caractère qualitatif de ces premières questions fournit peu de mesures précises de la situation financière, mais il permet des regroupements avec les données chiffrées que nous avons recueillies par la suite.Ces recoupements éclaireront sur la véracité des réponses obtenues et aussi sur la possibilité ou l’impossibilité des familles à prendre conscience de leur situation réelle.3.LE REVENU ANNUEL À partir de ces premières approximations, nous utiliserons maintenant des mesures plus précises de la situation financière : le revenu actuel et le niveau de vie.1.Les déterminants sociaux du revenu Les familles canadiennes-françaises reçoivent en moyenne des revenus annuels qui se chiffrent à $4,200.Cette moyenne, comme telle, ne reflète pas les variations possibles entre les sous-groupes de notre population.La première analyse consiste donc à étudier les revenus moyens pour chacun des principaux groupes.A.Le milieu d’origine TABLEAU XXVIII Revenu annuel moyen pour chaque strate Strates Revenu moyen ($) I 4,581.> 2 4,375.= 3 4,376.= 4 4,153.= 5 3,624.< 6 3,536.< Total 4,202.Il existe une différence substantielle entre la strate métropolitaine et la strate rurale la plus pauvre, soit une différence de $1,000.D’ailleurs le revenu total moyen décroît d’une strate à l’autre et la différence entre le milieu urbain et rural est visible.Cette tendance s’explique fort probablement par la structure industrielle de chacun de ces milieux.Par exemple, plus le milieu de résidence est industrialisé, plus le travailleur aura des chances de recevoir des revenus annuels élevés pour son travail.Les milieux à faible industrialisation ont proportionnellement moins d’emplois à offrir et ces emplois n’ont pas le caractère de stabilité des emplois urbains.[ j'tflit }ioi f jiP I s# [à1 B.Le niveau professionnel Le revenu moyen diminue à mesure qu’on descend dans l’échelle'des occupations.Les « collets k Je blancs )) et les ouvriers spécialisés, en plus grand nombre dans le milieu urbain et surtout dans les zones métropolitaines ont des revenus annuels moyens supérieurs à ceux de l’ensemble ; les ouvriers non spécialisés et les autres occupations, en majorité dans le milieu rural, ont des revenus annuels moyens plus bas que ceux de l’ensemble.Ce sont ces principales tendances que fait ressortir le tableau XXIX : l’occupation influence donc aussi considérablement le revenu.Il faut remarquer enfin que les différences entre le milieu rural et le milieu urbain ne sont pas dues ; -uniquement à Ja différence dans la structure professionnelle.A occupation égale, les revenus sont plus faibles en campagne qu’en ville.Comme nous le verrons plus bas, il en va de même des niveaux de vie.TABLEAU XXIX Revenu annuel moyen selon le niveau professionnel Niveau Revenu moyen ($) « Collets blancs » 4,908.> Ouvriers spécialisés 4,708.> Ouvriers semi-spécialisés 4,041.= Ouvriers non-spécialisés 3,768.< Autres occupations 2,486.< Total 4,202.2.Le revenu annuel par unité de consommation Les divers niveaux de revenus nous serviront fréquemment de facteur d’explication.Cependant, il s’agit ici de revenu brut par famille.Dans nos analyses subséquentes, nous utiliserons surtout 172 le revenu par unité adulte de consommation.Les revenus annuels moyens pour chaque catégorie d'unités de consommation sont présentés au tableau XXX.Nous remarquons d’abord que le revenu moyen augmente à mesure que le nombre d’unités augmente.Ceci peut être dû en partie au fait que plus il y a de personnes dans le ménage, plus les paiements de transferts, les salaires d’enfants qui travaillent ou les pensions payées par les enfants ou les parents vivant dans la famille, peuvent être considérables.TABLEAU XXX Revenu annuel moyen par unité adulte de consommation Nombre cTunité de consommation Revenu moyen ($) Revenu moyen par unité ($) 1 à 2 4,137.2,758.2 à 3 3,891.1,556.3 à 4 4,164.1,190.4 à 5 4,310.958.5 à 6 4,594.834.6 à 7 4,655.715.7 à 8 4,726.630.8 à 9 5,551.653.9 à 10 4,687.493.10 et plus 6,655.639.Par contre, la colonne de droite du tableau XXX indique que le revenu moyen disponible par unité adulte de consommation diminue à mesure qu’augmente le nombre des unités dans la famille (exception pour ceux qui ont 8 à 9 unités ou 10 unités de plus).Cette dernière moyenne est obtenue en divisant le revenu moyen de la classe par le point milieu de la classe.(4,137^-1.5 = 2,758, etc.) Ainsi plus le ménage est grand, plus chaque membre de ce ménage a de chance d'être privé même si le revenu total augmente sensiblement.Dans l'ensemble, donc, une grande famille retire plus de revenu qu'une petite famille mais chaque membre reçoit un quote-part annuelle plus faible.3.Les sources de revenu A.CaractérLsüques générâtes Pour pousser plus avant l’étude du revenu annuel, une seconde question doit attirer l’attention : les sources de revenu.Ce revenu annuel moyen de $4,200.provient de différentes sources.Il serait intéressant de les identifier et de définir leur importance relative en déterminant leur contribution spécifique au revenu total.Ici, nous devons tenir compte de deux facteurs : a) le nombre total de familles salariées à l’étude ; et b) le nombre total de familles salariées se réclamant d une source donnée.Le premier nous fournira les données de base pour la construction des budgets-types quant aux différentes sources de revenu ; le second, nous donne une idée exacte de l’importance véritable d’une source de revenu donnée pour les familles qui l’ont.Le tableau XXXI réunit ces deux types de données pour l’échantillon prise comme un tout.TABLEAU XXXI Importance relative des sources de revenu Sources de revenu Contribution au budget (%) Pourcentage des famille ayant cette source Salaire annuel 66.3 91.8 Emprunts non remboursés 5.7 41.2 Désépargne 3.9 27.0 Pensions : parents et enfants .4.3 20.6 Allocations familiales 4.2 75.3 Assurance-chômage 2.8 26.2 Salaire de l’épouse 2.2 11.0 Pensions du gouvernement 2.2 9.9 Location de logement 2.2 11.2 Occupation secondaire 2.1 18.4 Autres revenus 1.6 8.8 Caisses de retraite .8 3.3 Location de chambre .6 19.7 Cadeaux en argent .6 9.5 Intérêts sur placements .3 8.1 Dividendes et obligations .2 4.0 Héritage .2 1.2 B.Variation dans tes sources de revenu seton te mitieu de résidence et te niveau professionnet Si on examine l’importance des sources de revenu dans le budget-type selon le milieu de résidence des salariés, trois tendances méritent d’être soulignées : a) Le salaire du chef de famille représente une plus forte proportion du budget total à la ville qu’à la campagne (68% par rapport à 63%) ; b') La contribution de l’emprunt et de la désé-pargne est plus forte dans les milieux ruraux que dans les milieux urbains ; c) Les paiements de transfert sont deux fois plus importants à la campagne qu’à la ville.Ceci est dû à un plus fort taux de chômage, au plus grand nombre d’enfants dans les milieux ruraux et à une plus grande dépendance sociale.Pour ce qui est des autres item, on ne remarque aucune différence entre les deux milieux.173 T E but du contrôle interne est de rendre plus difficiles sinon impossibles les égarements des employés.Les administrateurs ont la responsabilité de veiller à ce que les employés travaillent dans des conditions telles qu'ils soient protégés contre les égarements accidentels de leurs confrères et contre leurs propres égarements.Des statistiques des États-Unis démontrent que les « employés honnêtes et consciencieux )) volent plus d'un billion de dollars par année à leurs employeurs.Toutes les catégories d'entreprises sont frappées par cette déficience de contrôle interne qui demande constamment des ajustements et des applications différentes variant avec l'équipement utilisé, le nombre d'employés, le volume des opérations, etc.Les principes de base du contrôle interne sont universellement reconnus et se résument comme suit : a) Les responsabilités des membres du personnel doivent être bien déterminées ; b) Les employés responsables de la tenue de livres doivent être autres que ceux responsables des opérations à l'origine des écritures comptables ; c) Les employés doivent être choisis et formés avec soin ; d) Tous les membres du personnel doivent prendre des vacances annuelles ; si possible, les employés subalternes doivent alterner d'une fonction à l'autre ; e) Les comptes de contrôle et de conciliation doivent être nombreux.Ils servent de preuve d'exactitude entre les comptes et de protection entre les employés.Aujourd'hui, un grand nombre de Caisses populaires ont un actif qui dépasse un milion et comptent cinq employés ou plus.Le gérant devient en quelque sorte incapable de contrôler personnellement les faits et gestes d'un personnel aussi considérable sans un contrôle interne efficace ; c'est pourquoi un Service du personnel bien organisé s'impose dans un mouvement comme le nôtre.Monsieur Duncan M.Du-quet, le directeur du Service du personnel de la Fédération, vous en parlera plus longuement dans un prochain numéro. peu près tout ce qui se rapporte au contrôle interne touche de près ou de loin au personnel.Il serait Chronique du Service d’inspection de la Federation donc intéressant pour chaque Caisse populaire de collaborer avec ce nouveau service afin de bénéficier des avantages considérables qu'il pourra fournir éventuellement à toutes celles qui voudront s'en servir sans, pour autant, enlever l'autorité finale que chacune d'elles détient dans la gérance du personnel et la conduite de ses opérations selon la loi et les règlements.Ces éléments forment un tout que l'on appelle (( contrôle interne ».Il y va de l'intérêt du mouvement de s'organiser en conséquence.?contrôle interne T E Service d'inspection de la Fédération vient de publier la troisième partie du Manuel de comptabilité et d’instruction de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins.Cette troisième partie comporte deux sections, comme ceci : Le mode de comptabilité : Pièces justificatives ; Journaux ; Livres auxiliaires ; Grand livre général ; Opérations journalières.La régie interne : Normes d'organisation ; Contrôle interne.La principale innovation de la première section comporte le souhait que les Caisses populaires (principalement, au début, celles dont l'actif dépasse le million) dressent un index des comptes du grand livre général et rédigent un état spécial de leurs opérations comme complément au rapport mensuel existant.Selon le résultat de l'expérimentation faite dans quelques Caisses populaires, cet état facilite aux administrateurs et aux gérants la prévision et le contrôle des bénéfices et des dépenses.De plus, la rédaction d'un tel état permettrait au Service de la statistique de la Fédération de préparer des rapports statistiques pouvant aider les administrateurs des Caisses populaires à l'établissement de leur politique administrative.Il est toutefois préférable d'attendre le début d'une année sociale pour commencer la mise en opération de cet index des comptes.La seconde section traite d'un projet de répartition des tâches en regard des différents besoins dans les Caisses populaires, ainsi que d’une énumération des normes fondamentales de contrôle interne.Les textes sont forcément condensés et les suggestions tjue vous voudrez bien nous soumettre seront toujours appréciées.Ce manuel est le fruit d’un projet vieux de plusieurs années.En premier lieu, il faut accorder à juste titre un crédit particulier à monsieur Paul Fournier, inspecteur de la Fédération, qui a travaillé plusieurs mois à des expertises et des recherches pratiques dans le domaine du contrôle interne ; des succès étonnants ont été obtenus dans presque tous les cas.C'est en partant de ce travail préliminaire qui a permis l'accumulation d'une vaste documentation que monsieur Simon L'Heureux, c.a., attaché au Service de l'inspection de la Fédération, a été capable de réaliser le présent manuel.C'est grâce à monsieur Simon L'Heureux, comptable agréé, attaché au Service de l'inspec- tion de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, qu'il a été possible de le réaliser.Parmi les collaborateurs principaux à cette œuvre, mentionnons monsieur Rosaire Gauthier, directeur adjoint du Service de l'inspection, qui y a travaillé durant plusieurs mois avec monsieur Simon L’Heureux.La revision en a été faite en collaboration par MM.Georges Robi-taille, sous-directeur du Service de l'inspection, Jean-Louis Bolduc, sous-directeur adjoint, et Paul Fournier, inspecteur, tous du bureau de Lévis, et MM.Marcel Voisard, sous-directeur, Louis Arnaud et Raymond Comtois, sous-directeurs adjoints du bureau de Montréal.MM.René Croteau, assistant-gérant de l'Union régionale des Caisses populaires Desjardins du district de Québec, et François Richard, c.a., assistant-gérant de l'Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins, ont également participé à la révision du présent texte.Les dessins et modèles ont été faits par monsieur Fernand Blache, inspecteur.Les noms des personnes et les chiffres utilisés dans le manuel sont fictifs.Nous remercions particulièrement le gérant et le personnel de la Caisse populaire de Loretteville de leur entière coopération au cours de l'expérimentation du texte et de l'application du nouveau mode d'index des comptes généraux.Nous ouvrons donc cette chronique nouvelle du Service de l'inspection de la Fédération en présentant cette troisième partie du manuel de comptabilité et en rendant, aussi, un hommage particulier à ceux qui ont rendu possible cette publication.Rosario Tremblay le manuel 175 les valeurs 11 un commerce plutôt jeune W E Canada est un pays jeune, riche ** en ressources naturelles.Mais, jusqu’à ces dernières années, il n’avait pas les capitaux nécessaires pour mettre en valeur ses immenses réserves de richesses.C’est dire que les capitaux devaient être importés pour construire les chemins de fer et les canaux, les systèmes de télégraphe et de téléphone, les routes et les ponts, les manufactures et les entrepôts, et tout l’équipement supplémentaire qu’un pays doit posséder pour satisfaire les besoins d’une population croissante dont le standard de vie augmente constamment.Ainsi, le marché canadien des capitaux est d’origine récente.Jusqu’à la première grande-guerre, les épargnes canadiennes étaient d’un volume restreint et investies principalement dans des immeubles et dans des hypothèques, ou laissées en dépôt dans les banques.Celles-ci employaient la plus grande partie de leurs actifs à des prêts commerciaux, n’en plaçant qu’une partie infime dans les valeurs.Dans de telles circonstances, le marché des capitaux était pratiquement inexistant.avant la première grande-guerre Il a été établi que les capitaux étrangers investis au Canada au début du siècle se chiffraient à environ $1.2 milliard et consistaient surtout en emprunts gouvernementaux et municipaux, ainsi qu’en obligations de chemins de fer et d’entreprises de services publics.Entre 1900 et 1913, les capitaux étrangers (dont la moitié environ provenait de la Grande-Bretagne), affluèrent au Canada dans un mouvement largement accru pour atteindre $2.5 milliards.Londres était alors le marché financier le plus important du monde et les sociétés britanniques d’émissions avaient acquis une longue expérience auprès des emprunteurs étrangers.Bien que le commerce canadien des obligations prît naissance vers 1880, lorsque furent fondées certaines de nos sociétés-membres maintenant engagées dans l’émission et la vente des valeurs mobilières jusqu’en 1914, presque tout le financement canadien se fit en Grande-Bretagne.Les Sociétés anglaises d’émissions contrôlaient le marché et les courtiers canadiens agissaient, pour la plupart, comme agents seulement.Après avoir reçu les renseignements d’un courtier canadien, la société anglaise d’obligations négociait directement avec l’emprunteur et consentait le prêt, assumant l’entière responsabilité.courtiers canadiens Pendant ce temps, les courtiers canadiens développèrent leur commerce de (( revendeurs » limitant leurs activités surtout aux obligations des gouvernements et des municipalités.Les méthodes d’achat étaient plutôt élémentaires ; souvent le courtier lisait soigneusement les journaux locaux pour découvrir les avis des municipalités.Puis, il s’adressait aux autorités locales afin d’acheter l’émission globale pour ensuite la vendre au détail.Profitant de l’expansion formidables des affaires de 1900 à 1913, les sociétés canadiennes d’obligations furent capables d’étendre leurs opérations jusqu’à comprendre quelques émissions de compagnies se livrant à l’exploitation de services publics, à la fabrication et au transport.entrée des capitaux américains La déclaration de la Première Grande-Guerre en 1914 nous prive immédiatement de notre principale source de capitaux : la Grande-Bretagne.Pour trouver les fonds nécessaires au financement de ses besoins et des exigences d’ordre militaire, le Canada se tourna alors vers les États-Unis.Vers 1916, environ 65% de ses émissions étaient lancées sur le marché américain.A l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, cette source de capitaux se tarit à son tour et le Canada fut dorénavant obligé de vendre, sur son propre marché, ses emprunts de la Victoire.Ce qui eut pour effet de donner une vigueur nouvelle au développement du marché domestique des obligations.premiers emprunts de la victoire Les ventes des obligations étaient jusqu’alors confinées à des institutions financières et à des individus riches.Cependant, la grande poussée d’exploitation des richesses au Canada, avant et pendant la Première Grande-Guerre, rendit possible le succès des premiers « Emprunts de la Victoire », vendus à un grand nombre de petits acheteurs.Facilitées par les taux d’intérêt élevés — 5% et 53^2% — ces campagnes remportèrent de vifs succès.En 1915, lors de l’émission du premier Emprunt de Guerre, 24,862 personnes souscrivirent une somme de $78,729,000.176 ' res au Canada tain !aij! Lors de l’Emprunt de la Victoire de 1918, plus d’un million de personnes souscrivirent au-delà de $660 millions.'andf.| fonds [ de ses l’ordn lalois d, ei' talent ricak s-l'nls am se la fit: e, s® praÉ pou : luiellf lé d»' I 'Ulltl toirî Itaieal astitii' lividi! : pens' seal l’ère de croissance de l’entre-guerres Alors que de nouvelles techniques étaient employées dans le développement de nos ressources naturelles, la décade suivant la guerre connaissait une grande expansion des capitaux.Les forces hydrauliques, le moteur à essence et les nouveaux métaux industriels, tels que le nickel et le cuivre, renversèrent l’avance industrielle de la vapeur, du charbon et du fer.Les hommes et les machines envahirent le grand bouclier canadien et construisirent de grandes centrales électriques, des moulins à pulpe et à papier, des fonderies et des usines de raffinage des métaux.L’automobile donna l’élan aux fabriques, aux raffineries de pétrole, aux postes d’essence, aux garages et à un vaste système de grandes routes modernes.Les com-pagnies de chemin de fer se développèrent jusque dans les provinces des Prairies et investirent des montants Chronique La société de Fiducie du Québec d énormes dans les hôtels, les télégraphes, les bateaux à vapeur, et l’équipement.Cela, en retour, donna une impulsion au rythme des échanges et du commerce et moussa le développement de nouvelles activités comme l’industrie touristique.De plus, une suite de bonnes récoltes contribua à la prospérité générale.essor des capitaux canadiens Durant la période 1920-1930, près de $5 milliards furent investis dans des biens de capital de développement, mais contrairement aux périodes précédentes, le montant des investissements de capitaux étrangers furent beaucoup moindre.De ces $6 milliards, $1 milliard représentait des capitaux importés dont les deux-tiers provenaient des Etats-Unis.La montée rapide de l’investissement des années « 20 » fut largement financée par les épargnes des Canadiens.D’où les occasions magnifiques qui se présentèrent, durant cette période, aux sociétés financières canadiennes et dont elles profitèrent grandement.Il est intéressant de noter que, durant cette période, le Canada devint un pays exportateur de capitaux.Alors que les compagnies d’assurance achetaient de substantiels montants de valeurs étrangères, les banques canadiennes augmentaient les sommes d’argent remboursables à demande qu’elles avaient à l’étranger.De 1919 à 1924, la livre anglaise se transigea au rabais et les Canadiens saisirent cette occasion pour payer leurs dettes au bloc sterling à des prix avantageux, réduisant ainsi leurs obligations à l’étranger.Vers 1939, l’on estimait que les investissements canadiens dans les autres pays avaient atteint le chiffre imposant de $1,340 millions, soit près du cinquième du total des investissements étrangers au Canada.Ainsi vers 1939, le Canada était devenu un jeune mais véritable géant parmi les nations et était en voie de devenir une nation créancière développement industriel depuis 1947 Au cours de la Deuxième Grande-Guerre presque tout le financement fut effectué au moyen d’opérations financières domestiques.A l’occasion de 11 emprunts, le gouvernement préleva de ses citoyens quelques $12,200 millions.Cette constatation est une preuve concluante de l’accroissement extraordinaire des ressources du Canada et de sa capacité de production pendant l’entre-deux guerres.A compter de 1947, avec les découvertes de champs prétrolifères et de nouveaux gisements minéraux, l’attention des capitalistes étrangers fut attirée et leurs capitaux commencèrent à affluer au Canada.L’intérêt témoigné par les capitalistes étrangers aux valeurs canadiennes stimula l’intérêt des Canadiens qui eux aussi s’empressèrent d’y investir leur argent.Bien que les campagnes des Emprunts de la Victoire aient fait beaucoup pour amener le citoyen moyen à penser en termes de valeurs et distribuer largement ces valeurs parmi le peuple canadien, il est néanmoins vrai que les institutions financières, telles que les banques, les sociétés de fiducie, les compagnies d’assurances détiennent aujourd’hui la plus forte part de la dette publique du Canada.Cette demande constante d’obligations de la part des institutions financières, et le pouvoir d’achat croissant des individus, ont suscité la création d’un vaste marché d’obligations, maintenant capable d’absorber de très grandes émissions.(Source : « Les principes et les méthodes du placement financier au Canada », The Investment Dealers’ Association oj Canada.) 177 ^JuESTION : — Quels sont ceux qui peuvent devenir membres d’une Caisse populaire ?RÉPONSE : — l/article 19 de la loi des Caisses d’épargne et de crédit qui régit les Caisses populaires depuis son adoption le 27 mars 1963 stipule : « Les membres d’une Caisse sont ses fondateurs et toute autre personne capable de contracter, qui a) signe une demande d’admission conforme à la formule 2 (ci-après reproduite) ; b) souscrit une ou plusieurs parts sociales ; c) s’engage à respecter le règlement ; et, d) est admise par le conseil d’administration.)) La loi indique donc quatre conditions que doit réaliser celui qui veut être membre d’une Caisse populaire.Tout d’abord, la loi stipule que les fondateurs de la Caisse en sont membres.Or, les fondateurs sont les personnes qui ont signé la déclaration de fondation de la Caisse et celles qui ont été admises comme membres lors de l’assemblée d’organisation de la Caisse, la première assemblée de la Caisse, qui doit être tenue dans les trente jours de l’avis de sa formation publié dans la Gazette officielle de Québec attestant l’existence de la Caisse comme corporation au sens du Code civil et le nom sous lequel elle doit être désignée.Les membres de la Caisse sont donc ses fondateurs et les personnes qui ont été admises lors de l’assemblée d’organisation de la Caisse.S’y ajoutent ensuite comme membres, les personnes capables de contracter qui remplissent les quatre conditions susmentionnées indiquées dans la loi.Les membres doivent être des personnes capables de contracter.L’article 985 du Code civil stipule que toute personne est capable de contracter, si elle n’en est pas expressément déclarée incapable par la Loi.L’article 986 déclare incapable de contracter : I.« Les mineurs, dans les cas et suivant les dispositions contenues dans ce Code ; II.« Les interdits ; III.« Ceux à qui des dispositions spéciales de la loi défendent de contracter à raison de leurs relations ensemble, ou de l’objet du contrat ; IV.« Les personnes aliénées ou souffrant d’une aberration temporaire causée par la maladie, accident, ivresse ou autre cause, ou qui, à raison de la faiblesse de leur esprit, sont incapables de donner un consentement valable ; V.« Ceux qui sont frappés de dégradation civique.» Pour ce qui est des mineurs, l’article 22 de la Loi des Caisses d’épar- gne et de crédit dispose de leur cas en décrétant que les mineurs peuvent être admis comme membres auxiliaires de la Caisse, c’est-à-dire avec les mêmes droits que les autres membres à l’exception du droit de vote et du droit d’éligibilité, après avoir précisé que les membres auxiliaires ont droit d’assister aux assemblées mais ne peuvent voter ni remplir aucune fonction.Ce qu’il faut donc retenir c’est que toutes les personnes peuvent être membres de la Caisse populaire à moins qu’elles ne soient déclarées incapables par la loi pour l’une ou l’autre raisons prévues à l’article 986 du Code civil.Ces personnes capables de contracter, qu’elles soient majeurs ou mineurs, doivent d’abord, pour devenir membres, les unes de plein droit, les autres à titre de membres auxiliaires, signer une demande d’admission conforme à la formule 2 inscrite dans la loi des Caisses d’épargne et de crédit, et ci-après reproduite.Formule 2 Demande d’admission comme membre d’une caisse d’épargne et de crédit Je, soussigné, demande à devenir membre.dont le siège social est à Je m’engage à respecter le règlement de la Caisse et je souscris.parts sociales de cinq dollars.Signé à.ce.19 .• 1 emom.{.signature) Adresse.Occupation.ici on vous renseigne (nom de la Caisse) 178 des embres de la caisse populaire i I Admis par le Conseil d^administra-tion, ce.19.(signature de La personne autorisée) La deuxième condition : ces personnes doivent souscrire une ou plusieurs parts sociales.Ce qui veut dire que le règlement de la Caisse peut exiger que la personne souscrive plus d’une part sociale pour devenir membre d’une Caisse.Effectivement, le règlement de régie interne n’exige qu’une part sociale à être souscrite par la personne qui veut devenir membre de la Caisse en signant sa demande d’admission.Une troisième condition c’est l’engagement par la personne qui désire devenir membre à respecter les règlements de la Caisse.Une quatrième condition qu’indique la loi, c’est d’être enfin admis comme membre par le Conseil d’administration de la Caisse.Ces quatre conditions sont donc impératives en ce sens que la loi les impose pour qu’une personne physique ou morale, comme une corporation, puisse devenir membre d’une Caisse populaire.Ajoutons que les corporations et les sociétés qui sont considérées des personnes morales formées par la loi peuvent également être membres d’une Caisse populaire.On doit également indiquer que ces personnes, pour pouvoir devenir membres de la Caisse populaire de Saint-X.doivent avoir domicile, ou résidence, ou places d’affaires, ou encore travail habituel dans le territoire d’opérations de la Caisse ou encore faire partie du groupement social ou professionnel qui a pris l’initiative de fonder une Caisse pour ses membres.L’article 21 de la Loi des Caisses d’épargne et de crédit stipule, en effet, qu’une Caisse ne peut recruter ses membres que dans le territoire ou le groupement décrit dans la déclaration de fondation.^JuESTION :—Y a-t-il d’autres points à signaler ou des nouveautés dans la loi des Caisses d’épargne et de crédit en ce qui a trait aux membres ?RÉPONSE : — Signalons que les membres qui cessent d’avoir domicile, résidence, places d’affaires ou travail habituel dans le territoire d’opérations de la Caisse deviennent membres auxiliaires.Il en va de même des membres d’une Caisse qui cessent de faire partie du groupement dans lequel la Caisse recrute ses membres selon la description inscrite dans la déclaration de fondation de la Caisse.C’est là une prescription de la loi des Caisses d’épargne et de crédit ; aucun règlement ne peut passer outre à cette prescription.C’est donc dire que les membres qui quittent le territoire de la Caisse deviennent membres auxiliaires, qu’ils perdent le droit de voter aux assemblées de leur Caisse, ils perdent aussi le droit d’être élus à une fonction ou de la remplir s’ils ont déjà une fonction.Ils conservent évidemment tous les autres droits des membres, c’est-à-dire, le droit de déposer ou de retirer leurs épargnes, le droit d’emprunter, le droit d’assister aux assemblées, etc., mais ils sont dorénavant privés du droit de vote et du droit d’éligibilité à une fonction quelconque à leur Caisse ; autrement dit, ils ne peuvent plus être ou devenir administrateurs, commissaires de crédit, conseillers de surveillance.Pour ce qui est des mineurs, qui, eux, rappelons-le, peuvent être admis comme membres auxiliaires, ils ont le droit de souscrire, comme les autres membres auxiliaires, des parts sociales, ils ont le droit de déposer leurs économies, ils ont le droit de les retirer avec les intérêts.Les femmes mariées, même si elles sont sous le régime de la communauté de biens, ont aussi les droits des membres ; elles ne sont plus des membres auxiliaires, mais des membres de pleins droit.Car la nouvelle loi des Caisses d’épargne et de crédit a donné aux femmes mariées le droit de voter aux assemblées \ et elles peuvent le faire sans l’autorisation de leur mari.Elles peuvent aussi être élues à l’une ou l’autre des fonctions de la Caisse ; elles peuvent même être nommées gérantes.Les femmes mariées qui acceptent une fonction dans la Caisse, y compris celle de gérante, ont cependant besoin de l’autorisation soit expresse, soit implicite de leur mari ; si le mari ne s’oppose pas à ce que son épouse remplisse une fonction, il est présumé qu’il l’autorise à le faire ; elle a de ce fait l’autorisation implicite, et le mari peut être tenu responsable pour elle puisque la loi des Caisses d’épargne et de crédit précise que dans ce cas (c’est-à-dire lorsque l’épouse a l’autorisation expresse ou implicite de son mari) « les condamnations pécuniaires encourues par elle peuvent se poursuivre sur les biens de la communauté » selon les termes mêmes de la loi des Caisses d’épargne et de crédit.Autant dire que le mari, qui autorise son épouse à exercer une fonction dans la Caisse, soit par écrit soit par consentement tacite en ne s’y opposant pas encourt une responsabilité qu’il ne saurait rejeter.S'il y a peu d'excellents orateurs, y a-t-il bien des gens qui puissent les entendre ?S’il n'y a pas assez de bons écrivains, où sont ceux qui savent lire ?(La Bruyère) 179 Enfin, la marche en avant s'arrêta court, le sol cessa de trembler, la ligne toute entière salua et trente musiques commencèrent à jouer ensemble .1 \ '¦ ‘ J'entendis alors un vieux chef de l'Asie centrale, à longue chevelure grise, venu du Nord avec l'Amir, poser ces ques-t tions à un officier indigène : — « Maintenant, dit-il, comment a-t-on accompli cette chose étonnante ?)> L'officier répondit : « Un ordre a été donné auquel on a obéi.» ‘ ' È \ \ — « Mais les bêtes sont-elles aussi sages que les hommes ?», demanda le chef.— « Elles obéissent comme font les hommes : mulet, cheval, éléphant ou bœuf, obéit à son conducteur, le conducteur à son sergent, le sergent à son lieutenant, le lieutenant à son capitaine, le capitaine à son major, le major à son colonel, le colonel au brigadier commandant trois régiments le brigadier au générai qui obéit au V ice-Roi qui est le serviteur de l’Impératrice.V’oilà comment cela se fait.» ï i,i k — « Je voudrais bien qu'il en soit de même en Afghanistan ! dit le chef, car là, nous n’obéissons qu’à notre propre volonté.» '¦ i, ) ' — « Et c’est pour cela, dit l’officier indigène, en frisant sa moustache, qu’il faut à votre Amir auquel vous n’obéissez pas venir prendre les ordres de notre Vice-Roi.» Rudyard Kipling (cité par André Maurois, dans Magiciens et logiciens).
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