Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1959, Août - Septembre
R-243 ^ Ro|'£ EDIFICE DESJARDINS ff \ ¦?IrUDMOiprn Août-Septembre 1959 Vol.XXV-N BILLET - ?- LA lettre est datée du 29 novembre 1954 ; cette journêe-Là, comme toutes les autres, a été remplie du travail quotidien, souvent pénible.Mais la maman ne se couchera pas avant d’avoir écrit à son fils, jeune missionnaire qui vient de partir pour l’Ajrique.Et, à onze heures du soir, elle s’installe au bout de la table pour tracer, d’une main plus habile à raccommoder des hardes qu’à écrire, Les lignes destinées à celui qu elle doit aimer plus que les autres parce qu aujourd’hui il est loin .et qu il est prêtre.Qu il devait être beau, ce soir-là, Le visage ridé de maman qui n’a eu peur ni des années ni du travail! Son jront ridé, le regard encore perçant, elle écrit d’une écriture ronde, à peine appliquée, parce qu elle laisse parler son cœur, la belle lettre qui suit et que je vous livre telle quelle, après quelques corrections de grammaire.29 novembre, 11 heures du soir.Mon cher enfant.C'est l'heure habituelle de nos causeries : en ce moment, je suis seule avec toi ; ta bonne lettre si attendue est arrivée ce soir.J oies et pleurs se mêlent, mon petit, cela fait déjà si longtemps que nous t’avons vu.Le bon Dieu est bien bon de nous aider.Oh 1 que cela a été dur : tous les jours étaient comptés : le dernier dimanche, le dernier lundi .Quand tu es monté te coucher, ton dernier soir, je te regardais monter .Mon Dieu, aidez-nous ; cela faisait si mal 1 Le lendemain à la messe, ta dernière ici, je disais toujours la même chose : « Mon Dieu, je vous le donne, faites qu'il soit un saint missionnaire, qu’il fasse votre volonté en tout.» Je disais toujours la même chose.Ta dernière bénédiction, mon cher enfant, je ne l’oublierai jamais 1 Quand tu as déposé les ornements dans la caisse-chapelle, je pensais ne pouvoir tenir.Il le fallait pourtant, pour toi et tous les autres.Et quand M .a sorti la petite caisse-chapelle, le cœur me faisait bien mal ; je disais : ft Vous aussi, mon Dieu, vous vous en allez.» Il faut bien garder cela en dedans, et faire figure, et répondre à des banalités.Je me suis mise à regarder l’horloge ; encore une heure, trois quarts d’heure .Soudain, tu arrives près de moi, et tu me dis : « Bonjour, Maman.» Mon Dieu, mon petit gars 1 Pour vous, mon Dieu ! Henri, je ne voulais pas te dire tout cela ; excuse-moi.Ton père et moi, nous allons souvent au salon voir le Sacré-Cœur (ton autel est encore là) et renouveler notre offrande.J'ai ramené Notre-Dame de la Confiance dans ma chambre : ton pere et moi, {Suite à la page 128) NOTRE COUVERTURE.— {Photo: Service de ci né-photographie.) ÉDIFICE DESJARDINS a DESJRRDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXV, Nos 8-9 QUÉBEC Août-Septembre 1959 Sommaire Billet.Éditorial : La situation aujourd'hui.Notre ancien président : M.J.-Abel Marion.Nombres-indices des prix à la ferme Le fondateur du mouvement coopératif d’Antigonish est mort.Groupe de dirigeants des Credit Unions.M.l’abbé Adélard-J.Couture.Congrès des Caisses scolaires à Saint- Hyacinthe.La coopération refait l'homme et le libère.Non seulement de cœur, mais, de bouche.Les stocks de beurre.Le Canada : Un exemple de la place de la coopération dans un pays en développement.La promotion de l'épargne chez les jeunes travailleurs.In Memoriam.!.Étudiants étrangers.Gaspillage, luxure et boisson {suite).Les faillites commerciales en 1958.La production de véhicules automobiles .Service de renseignements.Consultation légale.Pour ou contre.Les 10 commandements du sociétaire PAGE Jos.Turmel.122 C.Vaillancourt.123 C.Vaillancourt.126 .126 C.Vaillancourt.127 .127 .128 Lucien Pilon.129 P.-É.Charron.130 .131 .131 .132 .133 .'.134 Rosario Tremblay.134 J.-Marie Bégin, c.ss.r.135 .137 .137 .138 Le Conseiller juridique.139 Jos.Turmel.139 .140 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, - LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier et de 125.9% en juin.Si le coût de la vie continue à monter dans la proportion des deux derniers mois, nous toucherons, le mois prochain, un sommet non encore atteint.Nos exportations pour les six premiers mois de l’année 1959 se sont élevées à $2,416,700,000., soit $35,400,000.de plus que durant le premier semestre de 1958.Cette hausse d’exportations s’adresse surtout aux Etats-Unis ; tandis qu’au Royaume-Uni ainsi que dans les parties du Commonwealth et les autres pays du monde nos exportations vont en diminuant, ce qui est attribuable, prétend-on, au coût élevé de nos marchandises.Par contre, nos importations pour les quatre premiers mois de l’année 1959 étaient de $1,774,700,000., tandis que pour les quatre premiers mois de l’année 1958 elles s’élevaient à $1,638,500,000.C’est dire que nos importations ont augmenté beaucoup plus que nos exportations au cours du premier trimestre de cette année.Il y a un autre point à souligner : les taux d’intérêt sont à la hausse et les bons du Trésor se vendent à un prix encore inégalé.Pendant que le coût de la vie augmente, une chose nous frappe particulièrement : le prix de la nourriture a diminué.L’indice en janvier 1959 était de 122.3% et, en juin, de 119.1%, tandis que pour les autres item il était de 127.8% en janvier dernier, et de 129.0% en juin.C’est là une situation troublante : la marchandise du cultivateur, l’ouvrier de la terre, se vend à rabais ; lui qui est obligé de travailler de dix à quinze heures par jour, sinon davantage, beau temps mauvais temps, est le premier frappé.Disons en passant que le cultivateur qui veut se protéger a un excellent et peut-être unique moyen à sa disposition : qu’il entre dans les mouvements coopératifs bien organisés.Ces organismes pourront diriger sa production de façon aussi efficace que possible, et il y trouvera non pas une solution parfaite à tous ses problèmes, mais au moins une protection adéquate.Le nombre de maisons familiales mises en chantier a diminué de façon assez notable, comparé aux années antérieures.Cependant, étant donné l’inflation et le coût excessif des matériaux, le montant d’argent prêté a été plus élevé.Une maison qui coûtait $10,000., il y a quelque temps, en coûte aujourd’hui $12,000.et $12,500.; c’est pourtant la même maison.Voilà 124 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1959 pourquoi le nombre habitations mises en chantier depuis quelques mois est moins élevé que les années dernières.Les ventes d'automobiles ont augmenté considérablement, soit de 15.3% pour la période de janvier à mai 1959, pour se chiffrer à 231,644 véhicules, contre 200,905 au cours des mêmes mois en 1958.Est-ce un signe de progrès ?est-ce un signe d'inquiétude pour les gens un peu raisonnables ?Le crédit à la consommation a monté de 3% au cours du mois de mai 1959, pour atteindre $1,029,500,000.En avril il était de $1,000,500,000.Il est cependant de 2.3% moins élevé qu'un an auparavant, alors qu'en mai 1958 il était de $1,053,-600,000.Quant aux dépôts d'épargne dans les institutions bancaires comme dans les Caisses populaires, il y a eu augmentation considérable durant les premiers mois de l'année 1959, mais en mai dernier ces dépôts d'épargne dans les Banques ont baissé de $35 millions, alors que dans le mois précédent ils avaient augmenté de $62 millions.C'est là un fait qui devrait nous inciter à être plus prudents dans les prêts.On dirait qu'un vent de folie passe partout.Les gens veulent avoir immédiatement toutes les commodités possibles, et pour y arriver combien s'endettent sans compter 1 Nous craignons que cette hausse qui s'est opérée depuis le printemps et que les Américains appellent boom soit (( en voie )), comme le dit le chroniqueur financier de La Presse, M.Eugène Lafond, (( d'épuiser les réserves de vigueur et de préparer la prochaine crise dont l'échéance ne peut être bien éloignée )).Même si cette crise arrivait, elle ne se produirait pas comme celle de 1929, car elle ne sera pas le dégonflement des valeurs de la bourse, ces dernières étant à la baisse depuis plusieurs mois.Les Banques ont beaucoup de demandes d'emprunt, elles sont obligées de ralentir dans ce domaine.À la fin de mai 1959, les prêts commerciaux au Canada s'élevaient à $5,864 millions, soit $93 millions plus élevés qu'à la fin d'avril et $797 millions de plus que le 31 mai 1958.Les prêts à demande et à court terme ont augmenté de $36 millions au mois de mai 1959 au total de $183 millions, mais ils étaient de $164 millions de moins qu'à la même date l'an dernier.Quant aux prêts hypothécaires faits par les Banques, ils sont passés de $846 millions à la fin de mai 1959, contre $835 millions le 30 avril dernier.Au 31 mai 1958 ils étaient de $631 millions.En regardant tous ces chiffres, on est porté à croire que la situation n'est pas mauvaise.Peut-être, mais à condition que le boom n'aille pas trop loin et que l'inflation ne vienne pas détruire la valeur de notre monnaie ; à condition aussi que ce boom ne provoque pas le retrait de l'argent des Banques et des institutions d'épargne et de crédit.Après avoir considéré la situation, ne perdons pas le nord, envisageons l'avenir dans ses perspectives les plus réalistes.Que les gérants et les dirigeants de nos Caisses populaires se rappellent toujours qu'ils doivent rester dans l'esprit des Caisses populaires et n'entrer dans aucun domaine spéculatif.Quand bien même un emprunteur viendrait à votre Caisse et promettrait la lune, ne le croyez pas, les voyages interplanétaires ne sont encore qu'une hypothèse.Soyez prudents dans vos prêts : un sociétaire vient demander un emprunt à votre Caisse populaire, sous prétexte qu'il veut réparer sa maison, mais l'amélioration qu'il veut faire consiste à agrandir sa propriété pour en faire une auberge ; on y vendra de la boisson, source presqu'indubitable de désordres.Nous avons quelques cas qui nous ont été soumis où des emprunteurs ont eu des prêts de Caisses populaires sous de fausses représentations ; aujourd'hui ils ne peuvent rembourser leurs emprunts parce que d'une maison privée ils ont fait une hôtellerie, ils ont dépensé tout le montant emprunté pour agrandir la maison.Ajoutons une autre considération dans la situation d'aujourd'hui : le flot d'argent étranger qui entrait dans notre pays, ces dernières années, a diminué depuis quelques mois.Nos exportations de blé ont baissé, tandis que pour les autres pays producteurs, Volume XXV, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 125 tels les États-Unis, l'Argentine, l'Australie, les exportations ont augmenté.L'Angleterre vient d'ouvrir ses portes aux marchandises venant des États-Unis et du Canada, mais la plupart des économistes disent que cela ne corrigera à peu près rien, parce que le prix de nos marchandises est plus élevé que celui en vigueur en Angleterre et les autres pays d'Europe.Nous venons de parler de crédit.Il est peut-être le point névralgique de notre économie.Quand on vit au-dessus de ses moyens on ne peut faire que faillite.D'après certains économistes, le crédit au Canada et aux Etats-Unis égale 10% du revenu familial, tandis qu'en France il est même au-dessous de 0.5% ; ce qui veut dire que chez nous c'est l'inflation, et que la France prend les moyens pour redresser son économie.Vivre au-dessus de ses moyens c'est s'en aller à la ruine, dit-on ; c'est vrai dans tous les domaines : domaine personnel comme pour l'Etat.Occasionnellement, sauf pendant la guerre, l'État peut dépenser plus que ses revenus, mais à condition qu'il envisage la situation et qu'il sache à l'avance qu'à brève échéance les revenus permettront de combler le déficit ; autrement, c'est spéculer avec l'avenir, et Dieu seul sait ce qu'il sera.Telle est, pour nous, la situation aujourd'hui.Apparaît sur cette photo {que nous devons à la gracieuseté du département des Pêcheries de notre province) Cap-aux-Meules, îles de la Madeleine.Cap-aux-Meules est dans la paroisse de Laverniêre, qui a sa Caisse populaire depuis 1948.Elle a, aujourd’hui, un actij d’un demi-million de dollars et compte plus de 1,200 sociétaires.On peut voir, de gauche à droite : réservoirs de la Coopérative d’électricité, bureaux et entrepôts de la Coopérative centrale des pêcheurs, bureaux et entrepôts de la Coopérative de transport maritime et aérien {C.T.M.A.), aréna de Cap-aux-Meules, usine de Gorton-Pew {fish blocks), centrale de la Coopérative d’électricité, plan de halage pour barges de pêche, entrepôt frigorifique, usine à glace, bureau du département des Pêcheries, Garage Clarke {agence de G.Mi), Hôtel Central, réservoirs Esso Imperial, ateliers de poisson de la Coopérative centrale des pêcheurs, quatre fumoirs à hareng de la même coopérative, bureaux et garages des Entreprises de l Est, Ltée, et, sur la colline, tour fédérale du Marconi sans-fil. 126 LA REVUE DES JARDINS Québec, août-septembre 1959 Notre ancien président : M.J.-Abel Marion -«- LE 27 mai dernier, M.J.-Abel Marion, alors président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins, adressait a fa Fédération sa résignation à la présidence de cet organisme.Sa lettre se terminait ainsi : «.Inutile de vous dire que ce n’est pas sans un certain déchirement que je prends congé d’une œuvre qui m’a toujours tenu à cœur et que j’estimerai toujours comme la plus belle tant au point de vue organisation qu’au point de vue des services rendus.)) Nous ne pouvons laisser s’opérer ce départ sans rappeler le beau et magnifique travail accompli par M.Marion depuis un grand nombre d’années.M.Marion a été mêlé à toutes nos difficultés du début de l’organisation de la Fédération des Caisses populaires Desjardins.Il s’est donné corps et âme pour la cause qu’il aimait et qu’il continue d’aimer.Il a été pour la Fédération et pour toutes les Caisses populaires un appui éclairé, ne craignant pas de mettre au service des Caisses populaires toute son énergie, sa force et son vouloir pour main- tenir l’organisme des Caisses populaires dans la bonne direction et permettre à ces dernières de se développer, de grandir.C’est avec regret que les dirigeants de la Fédération se sont rendus à la demande de notre ancien président.M.Marion dit dans sa lettre que ce n’est pas sans un certain déchirement qu’il prend congé d’une œuvre qui lui a toujours tenu à cœur.Veuillez croire, cher M.Marion, comme je vous le disais dans ma réponse, que les dirigeants de la Fédération ont ressenti ce même déchirement, mais si vous nous quittez de corps je sais que vous serez toujours avec nous d’esprit, et il en sera de même pour nous.En reconnaissance de tous ses services et pour que nous ne perdions pas contact avec notre ancien president, les membres de la Fédération des Caisses populaires Des jardins ont élu M.Marion directeur honoraire a perpétuité.Merci, cher M.Marion, de votre dévouement, du travail généreux que vous avez consacré a l’œuvre des Caisses populaires.Nous en garderons un souvenir impérissable.Permettez-moi d’ajouter mon souvenir personnel et ma profonde gratitude pour l’amitié sincère et constante que vous m’avez témoignée.Aux jours de succès comme aux moments de difficultés, vous avez été l’ami fidèle et loyal.Je ne l’oublierai jamais.C.Vaillancourt Nombres-indices des prix à la ferme -?- L’INDICE réuni des prix des denrées et services utilisés par les cultivateurs canadiens a avancé de 3.2% de janvier a avril pour s’établir à 250.8 (1935-1939 = 100).Il était à 245.3 en avril 1958.Le coût de la vie dans les fermes étant exclus, l’indice réuni a progressé de 4.9% de janvier à avril (258.8 contre 271.4) et surpassait de 2.9% l’indice d’avril 1958 (263.7).L’indice de l'équipement et des matériaux a progressé de 1% (220.3 en avril contre 218.2 en janvier), les hausses des matériaux de construction, des aliments pour animaux et des semences ayant été les principaux responsables.L’indice du coût de la vie agricole pour tout le pays est passé de 219.4 en janvier à 220.0 en avril et surpassait de 1% l’indice d’avril 1958 (217.8).Les indices régionaux ont accusé les mêmes tendances.Les indices du vêtement, du combustible, de l’équipement ménager, des soins de santé et celui de l’alimentation reculait.?« Qu est-ce qu une grande vie ?Un grand rêve de jeunesse réalisé dans l’âge mâr.» — R.P.A.Eymieu Volume XXV, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 127 Le fondateur du mouvement coopératif d'Antigonish est mort Monseigneur moses M.COADY, qu/on peut appeler à juste titre (( le fondateur et le père du mouvement coopératif d’Antigonish », est décédé le 28 juillet 1959, à Tâge de 77 ans.Monseigneur Coady était Tâme vivante et vibrante de ce mouvement coopératif.De toutes les parties du monde on vient à Antigonish étudier la coopération.Avec Monseigneur MacDonald, il a commencé à insuffler aux pêcheurs ce mouvement sauveur, et il a donné aux mineurs de File du Cap-Breton le sens des responsabilités ; grâce à son initiative, nombre de petites gens malheureux et déprimés ont appris le sens des valeurs physiques et morales.Monseigneur Coady, ph.d., est Fauteur du fameux livre : Master of their own destiny, qui a été traduit en français et édité en plusieurs milliers d’exemplaires sous le titre Maître de son propre destin.Tous ceux qui ont entendu même une seule fois Monseigneur Coady donner une conférence ont été enthousiasmés et conquis par sa voix chaude et convaincante, par ses exemples réalistes, ses images frappantes.Mais il ne se contentait pas de parler, il travaillait, il se dévouait.Il s’est donné pour les siens et pour toute la classe travailleuse, il a fait dans le domaine de la coopération en général ce que M.Desjardins a accompli dans son œuvre des Caisses populaires.L’un et l’autre se sont épuisés en travaillant pour leurs concitoyens, l’un et f’autre sont morts à la tâche.Monseigneur Coady est disparu physiquement, mais son souvenir restera bien vivant parmi tous les côopérateurs de chez nous et du monde entier.Il lui sera beaucoup pardonné parce qu’il a beaucoup aimé et parce qu’il a mis en pratique cet enseignement du Christ : « Vous vous aimerez les uns les autres.Vous vous aiderez les uns les autres.» C.Vaillancourt GROUPE DE DIRIGEANTS DES « CREDIT UNIONS ».Des dirigeants de Credit Unions de L’Ontario sont venus récemment étudier sur place, à l’édifice Desjardins, le système de la compensation des ordres de paiement et des chèques tel qu’opéré par l’entremise de nos Caisses centrales ou régionales.L’honorable C.Vaillancourt, gérant de la Caisse centrale Desjardins de Lévis et de la Fédération des C.P.D.de Québec, et ses collaborateurs, leur ont donné les renseignements et Les explitations désirés.Avant de prendre l’avion qui devait Les ramener à Toronto, la délégation que dirigeait M.J.Best, gérant de /’Ontario Cooperative Credit Society, s’est rendue à la Caisse populaire de Saint-Yves, à Québec, pour voir comment s’opérait localement la compensation des ordres de paiement et des chèques.La photo ci-dessus reproduite nous indique les personnes présentes à cette rencontre : JIM.R.- V.Laliberté, vice-président de La Caisse ; J.-Léon Cantin, directeur-gérant ; Rosario Trem- blay, chej-inspecteur de la Fédération ; J.-P.Langlois, de l’Assurance-Vie Desjardins ; J.-AI.Gagnon, gérant de La Caisse populaire de Lévis ; Jacques Jlartin, de l’Assurance-Vie Desjardins ; Jean Sansjaçon, président de La commission de crédit ; Eugène Chalijour, propriétaire du Centre d’achat de Sillery, oà est la Caisse populaire Saint-Yves.Le groupe ontarien était composé de : JIJI.G.ÆcKerracher, de La Canadian Westinghouse Employees ; E.Harman, de la Terminal Credit Union, Ltd.; Re ta JIcGregor, de la Farm United Employees’ Credit Union, Limited ; Ralph Gibson, de la Canada Packers Employees' C.U.L.; V.Roy, de la Clinton Community, C.U.L.; Æ.Bridly, de la Linton Community ; Kay Sonmor et C.Way, de la John English Employees’ C.U.L.; J.Wales, de la Christie Employees ; B.Lake, de la Cageco Employees’ ; J.O’JIeara, de la Lourdes Parish ; J.Best, gérant, et son épouse, et R.et E.Nesbitt, de /’Ontario Cooperative Credit Society. 128 LA REV VE DESJARDINS Québec, août-septembre 1959 Monsieur l’abbé Adélard-J.Couture -?- LES coopérateurs de langue française du Canada ont tenu leur congrès annuel au Manitoba du 22 au 27 juin dernier.Une cinquantaine de délégués des Fédérations coopératives provinciales des secteurs français de TEst et de TOuest ont participé à ce congrès coopératif itinérant.La Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec y était représentée par M.Gérard Rivard, agronome, président de l'Union régionale de Trois-Rivières, et administrateur de la Fédération ; M.Alfred Rouleau, directeur général de T Assurance-Vie Desjardins, accompagna M.Rivard (qui donna une causerie sur le budget jami liai).Les congressistes visitèrent plusieurs coopératives et Caisses populaires au cours de leur périple à travers les centres français du Manitoba et rencontrèrent des milliers de coopérateurs à Toccasion des assemblées et des manifestations qu’ils firent, chemin faisant, notamment à Saint- BILLET [Suite de la page 122) nous avons dit notre rosaire tous les jours pour que tu fasses un bon voyage.J'ai téléphoné à P .et à ) ; ils sont venus hier, ils vont t'écrire, chez G .aussi.L .m'a écrit ; chez V .m’avait téléphoné le soir, le 16, que V .était partie pour Montréal.J’ai reçu le 16 une lettre de J.B .avec $5.dedans ; il partait pour Baie-Comeau.Quand P .ira à Québec, je le lui donnerai.Bonne nuit, mon cher enfant, et tout pour Jésus par Marie.Excuse-moi, j'écrirai mieux une autre ^ols’ Maman Ah / la bonne maman si semblable à la mienne, à la vôtre ! La vieille maman qui n’oublie rien et nous regarde toujours comme si nous étions tout petits, de son regard profond joyeux, honnête et pur.Parvenus à l’âge d’homme, on croit reconnaître la voix de notre maman redire avec Victor Hugo : « Prenez garde à ce petit être ; Il est bien grand ; il contient Dieu.» Jos.Turmel Boniface, Notre-Dame-de-Lour-des, Saint-Malo, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Anne des Chênes.Ils profitèrent de leur passage à Winnipeg pour visiter les coopératives à caractère provincial ou interprovincial qui y ont leur siège social.Ils reçurent un bel accueil des coopérateurs de langue anglaise qui les dirigent.Son Excellence Msr Maurice Baudoux, archevêque de Saint-Boniface, et l’hon.Marcel Boulée, secrétaire provincial du Mani- vince.Le Conseil canadien de la coopération (qui groupe les coopérateurs de langue française du Canada) a voulu reconnaître officiellement la précieuse contribution de Tabbe Couture au mouvement coopératif canadien en lui décernant la haute décoration de l’Ordre canadien du Mérite coopératif.M.Martin-J.Légère, président du Conseil canadien de la coopération, après avoir déclaré que c’était la première fois qu’une mm.1*,' toba, ont participé à la séance de clôture à Saint-Boniface.Ce fut l’occasion d’une belle manifestation d’estime et de reconnaissance envers M.l’abbé Adélard-J.Couture (dont la famille fut de Saint-Nicolas de Lévis), grand apôtre et leader du mouvement coopératif, en particulier des Caisses populaires, dans le Manitoba.L’influence considérable qu’il a exercée dans le monde coopératif excède depuis longtemps les limites de sa pro- telle décoration était décernée, se dit fier de la remettre à « l’un des personnages qui ont le plus contribué à l’essor et au rayonnement de la coopération, non seulement au Manitoba, mais aussi dans plusieurs autres régions du pays.)) Nous sommes heureux de féliciter M.l'abbé Adélard-J.Couture et de rendre hommage à cet apôtre ardent de la coopération, à ce bâtisseur de Caisses populaires et de coopératives dans l’ouest canadien. Volume XXV, n°s 8-9 LA REVUE DESJARDINS 129 Congrès des Caisses scolaires à Saint-Hyacinthe POUR la première fois dans Thistoire des Caisses scolaires, TUnion régionale de Saint-Hyacinthe organisait un congrès des responsables à Saint-Hyacinthe, le 13 juin dernier.Plus de 150 élèves, garçons et filles, venus de 20 localités différentes, s’étaient donné rendez-vous ce jour-là pour venir ensemble étudier le problème de l’épargne scolaire.Sur 93 caisses scolaires que compte l’Union régionale de Saint-Hyacinthe, 68 étaient représentées.La plus forte délégation a été celle des 6e, 7e et 10e année.Les invités se sont divisés en 4 groupes, rural et urbain ; pour le bénéfice de la discussion nous avons permis aux congressistes de se mêler afin que l’on sache comment ça se passe à la campagne comme à la ville.Cependant, chacun des groupes était organisé de façon à- conserver leur identité propre.Le moniteur de chaque groupe était un adulte tandis que le secrétaire était choisi parmi les responsables.Nous pouvons dire que la discussion a été vive et animée.Les étudiants connaissaient le problème et plusieurs ont fait des suggestions très heureuses.Les secrétaires avaient pris des notes et leur compte rendu a été des plus intéressants.Parmi ceux qui se sont présentés au micro, on ne pouvait pas distinguer s’ils étaient de la campagne ou de la ville.Tous avaient une facilité d’expression et un maintien irréprochable.Parce que nous avions invité les garçons et les filles, on nous avait dit qu’il pourrait y avoir de la surveillance à faire.Si on savait comment nos jeunes se sont comportés, je suis assuré que les parents et les responsables de l’enseignement en seraient fiers.De toute façon, l’expérience que nous avons tentée à Saint-Hyacinthe a été très heureuse et les responsables des Caisses scolaires par cette rencontre ont pris conscience de l’importance de leur rôle.Ils ont réalisé aussi qu’ils n’étaient pas les seuls à se dévouer pour une si noble cause.Lorsque les buts de l’épargne scolaire ont été énumérés, on a constaté que ce n’était pas une affaire d’argent mais plutôt une de formation et de renseignement sur la valeur et le bon emploi de l’argent.C’est la répétition d’un acte qui crée l’habitude et si cette habitude est bonne, on enrichit le caractère de celui qui la pratique.À l’item des vœux, on a demandé qu’il y ait deux congrès par année ; un au début de l’année scolaire et un autre à la fin ; que ces congrès soient tenus dans des endroits différents dans le diocèse afin de permettre à chaque région d’être en évidence ; que plus de réclame soit faite pour annoncer la tenue de chaque congrès afin d’alerter davantage l’opinion publique ; qu’une semaine de l’épargne soit organisée avec des conférenciers choisis parmi les élèves ; qu’un repré- .^.I sentant de l’Union régionale visite Plus souvent les écoles pendant année scolaire pour faire comprendre aux étudiants le rôle que doit jouer l’épargne scolaire dans leur vie ; qu’il y ait des affiches publicitaires plus nombreuses en faveur de l’épargne scolaire.CONSIDÉRATIONS PERSONNELLES Ce congrès a été pour plusieurs d’entre nous une occasion unique de connaître ce que les jeunes pensaient du mouvement de l’épargne à l’école.Ils savent bien que c’est une bonne chose et ils ne demandent qu’à être encouragés.Plus nous nous occuperons de les stimuler, plus nous réussirons à les gagner à la cause.La jeunesse est prête au sacrifice et à l’effort à la condition que nous la guidions dans ce chemin.Hitler offrait à la jeunesse la conquête du monde par le sacrifice, le travail et la persévérance.C’est bien par le sacrifice, le travail et la persévérance que l’on peut atteindre un but.Ou’est-ce qu’on entend dire aux jeunes dans certains milieux : (( Dépêche-toi à t’instruire pour gagner ê* ISO! cmoRts | 'H,,., SCOLMîÆ jr -% " 130 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1959 de Targent )) et c’est ce matérialisme qui entre dans le cœur de l’étudiant et qui l’accompagne toute sa vie.Heureusement qu’il y a des mouvements d’action catholique comme la J.A.C., la J.É.C., la J.O.C.et d’autres semblables, sans oublier bien entendu les Caisses scolaires qui apprennent aux jeunes à pratiquer les vertus chrétiennes et à les faire pratiquer par leurs semblables.Il faudra s’occuper davantage de l’épargne scolaire si l’on veut que notre jeunesse devenue adulte se rappelle les moyens que nous lui avons donnés pour réussir.De plus, j’ajouterai que le sort de nos Caisses populaires est lié de près à celui de la Caisse scolaire.Les déposants scolaires d’aujourd’hui ne devraient-ils pas être demain les sociétaires et les membres dirigeants de Caisses populaires ?Nos gérants de Caisse populaire devraient réaliser pendant qu’il est encore temps qu’il faut s’occuper de l’épargne scolaire.On entend quelquefois dire que les Caisses scolaires c’est beaucoup d’ouvrage, que ça ne paye pas, etc.Pourtant, lorsqu’on se donne la peine de regarder les chiffres des Caisses dont l’actif est en progression, on devrait s’en- quérir des services qu’elles dispensent.Dans la plupart des cas ces dernières ont des Caisses scolaires organisées.La Caisse scolaire est excellent médium de publicité.Elle bâtit des assises solides pour la Caisse populaire Les parents deviennent sympathiques à la Caisse populaire parce que l’on s’occupe de leurs enfants.Souhaitons que d’autres congrès des Caisses scolaires, même sur le plan provincial, s’organisent dans l’intérêt de notre jeunesse.Lucien Pilon, i nspecteur-propagandiste.La coopération refait l'homme et le libère -?- Monseigneur coady, dont on déplore la perte, avait une foi extraordinaire dans le peuple.Il voyait dans l’homme du peuple des vertus qui, s’il en était bien conscient, pourrait lui permettre de réaliser dix fois plus que ce qu’il croyait pouvoir faire, selon sa propre expression.Et il disait et répétait sans cesse qu’il appartenait aux éducateurs d’aider les petites gens à prendre conscience de leurs puissances cachées, à apprécier justement (( le riche héritage du passé et à les exprimer eux-mêmes par des œuvres )> où ils se réaliseront eux-mêmes, où ils s’épanouiront.Et c’est dans le domaine économique par le truchement de la coopération que cette utilisation des puissances et vertus des classes besogneuses devait d’abord se faire, pour les faire passer ensuite à d’autres sphères d’activité.il r a écrit tant de fois, et on peut le vérifier dans son livre Maître de son propre destin, où il fait l’histoire du mouvement d’Antigonish qui s’emploie à faire l’éducation du peuple par la coopération économique : (( La coopération donnera aux gens du peuple une certaine indépendance économique, mais elte va Leur rendre un service encore bien plus grand.Ette va Les rendre capabLes de manœuvrer efficacement Les autres forces qui devraient jouer dans une société démocratique.L’entraînement que va recevoir son esprit par la réalisation de ce programme le rendra en même temps digne de la société nouvelle ainsi créée.Son activité intellectuelle en sera stimulée ; d’où une plus grande attention aux affaires civiques.La coopération refait l’homme en même temps qu’elle le libère : quoi de plus important aujourd’hui ?La civilisation occidentale est fondée sur deux idées jumelles : le droit de propriété privée et la faculté assurée à chacun d’exercer sa liberté et son initiative personnelle.Or, à force d’insister sur ces choses, on a failli les détruire entièrement.Notre système économique, fondé sur la propriété privée, a presque complètement enlevé aux masses populaires toute véritable propriété ; il a produit ainsi des millions de prolétaires.De même, quelques centaines de mille individus sans scrupules ont enlevé au reste d’entre nous l’initiative personnelle.La mécanisation de l’industrie a fait disparaître toute possibilité pour l’ouvrier d’exprimer sa valeur indi- viduelle et d’exercer son initiative.Il est impossible à l’homme ui travaille huit heures par jour ans une industrie « taylorisée », de faire valoir ses talents.Il n’a qu’un petit geste à faire et, à force de le répéter, il devient un simple automate.La division du travail et la spécialisation sont nécessaires et resteront probablement des caractères permanents de l’industrie moderne.Il faut donc trouver, pour restaurer la personnalité, quelque autre activité qui donne la chance de s’exprimer.Les ouvriers modernes, blasés par l’éternel roulement de la tâche quotidienne, pourront consacrer leur intelligence et leurs loisirs à la création et au gouvernement d’entreprises coopératives.« Une fois réintégrés parfaitement, grâce à La coopération, dans Leur rôLe de citoyens, les gens du peuple peuvent prendre part à d’autres genres d’activités sociales qui s’ensuivent Logiquement.» P.-É.Charron ?« Ceux qui souffrent et partagent sont en général plus profondément humains que les égoïstes heureux.)) — A.de Saint-Exupéry Volume XXV, n°s 8-9 LA REVUE DESJARDINS 131 Non seulement de coeur, mais de bouche.À LA CAISSE POPULAIRE DE SAINT-J EAN-BERCHMANS DE MONTRÉAL SI ce n'est la certitude d'accomplir une besogne utile aux siens et, par voie de conséquence, utile à lui-même, qu’est-ce qui peut bien guider un commissaire de crédit, un conseiller de surveillance, un administrateur de Caisse populaire, à rem- f)lir cette tâche d'officier, non seu-ement un an, mais cinq, dix, quinze ans ?Une compensation en argent pour le travail effectué et le temps consacré ?-— Aucun officier ne reçoit « une vieille cent )) 1 La vanité d'occuper une charge d'officier ?— Bien naïf qui s’attendrait à recevoir honneur plutôt que critique pour cette tâche obscure, la plupart du temps ignorée.L'officier de Caisse n'a vraiment, comme salaire ou récom- pense, que l’approbation de sa conscience devant un travail utile, honnêtement accompli.Et pourtant, je suis d’avis que ce phénomène de générosité humaine n'est pas si fréquent qu'on ne doive faire effort pour le mettre en lumière de temps à autre.C'est l'excellente habitude qu'a prise la Caisse populaire Saint-Jean-Berchmans, une Caisse qui a’ de bonnes origines puisqu'efle a été fondée par Alphonse Desjardins lui-même, le 13 juin 1915.À la Caisse Saint-Jean Berch-mans l'on a établi la coutume de rendre hommage aux administrateurs qui « servent )) depuis quelques années.Ainsi, tout récemment, on honorait, à l'occasion de leurs quinze années de service bénévole, deux membres du conseil d’administration, MM.Lionel Lajoie et Georges Marcotte.M.Lajoie a été commissaire de crédit pendant deux ans, depuis le 24 janvier 1944, et administrateur pendant treize ans.M.Marcotte est administrateur depuis onze ans, après avoir été commissaire de crédit quatre ans durant.Le souper et la soirée récréative organisées en témoignage d'appréciation réunissaient les deux familles, leurs amis, les officiers, des sociétaires.Il faut saluer le geste (ce n'est Î)as le premier) de la Caisse popu-aire Saint-Jean-Berchmans qui contribue à faire fleurir au sein de nos Caisses un plus vif esprit de fraternité.Il est bon de remercier intérieurement les gens qui se dévouent pour leurs semblables, il vaut mieux encore le faire savoir tout haut de temps à autre.Les stocks de beurre LES stocks de beurre de fabrique et de fromage cheddar dans neuf villes canadiennes, le 1er août, étaient plus considérables qu’un an plus tôt, tandis que ceux des œufs en entrepôts frigorifiques l'étaient moins.Voici quels étaient ces stocks, le 1er août : beurre, 63,331,000 livres (46,864,000 un an plus tôt) ; fromage cheddar, 22,828,000 (22,-735,000) ; et œufs, 96,000 caisses (100,000).^ Le 1er août, les stocks de beurre de fabrique étaient plus importants qu'un an auparavant dans six des neuf villes : Québec, 6,-477,000 (5,731,000) ; Montréal, 28,470,000 (23,050,000) ; Toronto, 5,813,000 (2,402,000) ; Winnipeg, 15,286,000 (7,746,000) ; Ré-gina, 1,555,000 (1,366,000) ; Saskatoon, 1,414,000 (1,329,000) ; Edmonton, 2,189,000 (2,325,000); Calgary, 786,000 (969,000) ; et Vancouver, 1,341,000 (1,946,000).Le président de la Caisse populaire Saint-Jean-Berchmans ; M.Georges Langlois, à l’extrême gauche, et le gérant, M.G.-A.Jobin, remettent un souvenir à MM.Georges Marcotte et Lionel Lajoie, en signe d’appréciation pour leurs quinze années de service au conseil de La Caisse populaire de Saint-Jean-Berchmans.- 132 LA REVUE DES JARDIN S Québec, août-septembre 1959 Le Canada : un exemple de la place de la coopération dans un pays en développement -?- Le Bureau international du travail, qui a sa section de la coopération, a jait une étude très intéressante sur les tendances essentielles de la coopération dans le monde ; du moins, il a tenté, avec les informations statistiques générales et les documents qu il a recueillis et quelques exemples choisis, de faire un tableau de la situation et des tendances essentielles actuelles de la coopération dans le monde.À l’intention de nos lecteurs qu intéresse la coopération, nous reproduisons ici ce qui, dans cette étude, concerne le Canada, et qui est paru dans le numéro de juin 1959 de la Revue internationale du travail.'ÉVOLUTION de la coopération au Canada est intéressante à suivre car ce pays est, depuis vingt ans, en pleine expansion économique ; sans que sa structure ait fait l'objet de changements fondamentaux, la coopération a-t-elle suivi le mouvement général d'expansion économique ?Dans quels secteurs s'est-elle particulièrement développée ?Les constations suivantes sont suggérées par le tableau III, où figurent un certain nombre de données de base sur le Canada.Entre 1939 et 1956, les coopé- ratives ont vu leur nombre s'accroître d'une fois et demie environ.Mais celui de leurs membres s'est accru de 2.3 fois.Par suite, le nombre moyen d'adhérents « patrons )) (1,115,412) peut être rapproché pour 1956 du chiffre total de la population agricole (dernier chiffre donné par le recensement de 1951 : 2,827,-732) et rurale totale (5,381,176).Comme les « patrons )) représentent en général une famille d’agriculteurs, on peut sans hésitation affirmer qu'une grande partie des agriculteurs canadiens sont membres des coopératives.Tableau III LA COOPÉRATION ET L'ÉCONOMIE NATIONALE AU CANADA, 1939-1956 i (En millions de dollars) 1939 1956 Taux d’augmen- tation Produit national brut 5,636 30,098 5.3 Revenu agricole 716.1 2,667.1 3.7 Commerce de détail .Chiffre d'affaires total des coopératives 2,577.6 14,298 5.6 agricoles Chiffre d'affaires fait par les coopératives pour la commercialisation des produits 201.7 1,019.8 5.1 agricoles Chiffre d'affaires fait par les coopératives 180.7 750.6 4.2 pour l’approvisionnement des agriculteurs 20.4 258.8 12.5 Source : Dominion Bureau of Statistics : Canada Year Book ; Department of Agriculture : Cooperation in Canada, 1957.1.Le nombre des membres des coopératives agricoles canadiennes de 486,589 en 1939 à 1,115,412 en 1956, soit 2.3 fois plus.Le nombre des coopératives a passé de 1,332 à 2,041, soit un accroissement de 50%.Le produit national brut est 5.3 fois ce qu'il était en 1939 ; le revenu global des agriculteurs, de 3.7 fois (la différence correspondant au fait que c'est surtout en s’industrialisant que le Canada a, durant les deux dernières décennies, augmenté son revenu national) ; l'ensemble des affaires faites par les coopératives agricoles, de 5.4 fois.On peut en conclure que la part des affaires traitées par les coopératives agricoles, non seulement s'est accrue à mesure que le produit national augmentait, mais encore qu'elle s’est accrue plus vite que le produit national brut.Une décomposition des affaires traitées par les coopératives entre ventes de produits pour le compte des agriculteurs et achats faits par ces derniers montre que les ventes ont augmenté de 4.2 fois, ce qui correspond à l'ordre de grandeur des chiffres donnés pour le produit national brut et le revenu des agriculteurs, mais aussi que les achats faits par les agriculteurs par le canal de leurs coopératives étaient multipliés par 12.4.Ceci montre la place grandissante des coopératives dans l'approvisionnement des agriculteurs en produits de toutes sortes.Quelle est la tendance générale qui s'exprime par ces chiffres ?Dans le cadre de l’économie dynamique d'un pays en pleine transformation et en plein développement, la coopérative a su s'adapter aux nouvelles tâches et aux nouveaux problèmes ; l'efficacité des organisations coopératives s'est montrée largement comparable à celle des entreprises commerciales privées, et surtout la coopération a su s'étendre dans les zones en rapide développement ; elle a peu à peu rempli un vide économique, elle s'est imposée même dans les secteurs où elle était faible avant la guerre et où elle a pu conquérir une LA PROMOTION DE L’ÉPARGNE CHEZ LES JEUNES TRAVAILLEURS Cette photo ci-dessus reproduite nous fait voir quelques-uns des délégués de la J.O.C- nationale qui sont venus rencontrer les dirigeants de notre Fédération des Caisses populaires de Québec en assemblée plénière le 28 mai dernier.M.Jean-Marc Lebeau, président national de la Jeunesse ouvrière catholique canadienne, a présenté, à cette occasion, un mémoire sur la situation économique des jeunes travailleurs et leur comportement vis-à-vis l’économie et l’épargne.Il a fait appel à l’appui de la Fédération des Caisses populaires dans le travail d’éducation des jeunes travailleurs à l’économie qu’entend poursuivre la J.O.C.canadienne en tentant d’amener les jeunes travailleurs à devenir sociétaires des Caisses populaires et à déposer régulièrement au Service d’établissement des Caisses populaires.M.Emile Girardin et l’hon.sénateur C.Vaillancourt, respectivement président et gérant de la Fédération, ont assuré les délégués de la collaboration de la Fédération et des Unions régio- nales des Caisses populaires avec la J.O.C.dans ce travail combien nécessaire et urgent d’éducation des jeunes travailleurs à l économie en vue de les aider à se préparer un bel avenir.Apparaissent sur la photo, de gauche à droite, première rangée : M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération ; M.L’abbé Emile Turmel, secrétaire de la Fédération ; M.Émile Girardin, président ; ! hon.sénateur C.Vaillancourt, gérant; Rév.Père P.-E.Pelletier, o.m.i., aumônier national de la J.O.C.canadienne ; deuxième rangée : M.Gilles Gagnon, trésorier national et responsable national du mouvement d’épargne des jeunes travailleurs ; M.Jean-Guy Beaudet, responsable permanent de la J.O.C.du diocèse des Trois-Rivières ; M.Jean-Marc Lebeau, président national ; M.Yvon Comtois, responsable de la J.O.C.de Joliette ; M.Jean-Pierre Trempé, secrétaire diocésain de la Société Saint-Jean-Baptiste et trésorier de la J.O.C.de Saint-Hyacinthe.place importante ; tout ceci peut etre de grande importance pour les pays en voie rapide de développement économique.CONCLUSIONS La situation florissante de la coopération rurale au Canada et aux Etats-Unis, pays dans lesquels la libre entreprise est Tun des fondements de la vie économique et sociale, mérite d'être soulignée, car elle montre les immenses possibilités d’adaptation des formules coopératives aux structures de la vie des gens.Dans ces pays, la coopération ne s’oppose pas aux entreprises privées : elle est elle-même entreprise privée, et elle entre en compétition dans le monde rural avec les autres entreprises, quelle que soit leur forme ou leur structure, sur le plan de la productivité.Dira-t-on alors que la coopérative est une r entreprise comme les autres aux Etats-Unis ?Certes, ce sont ses aspects pratiques qui sont mis au premier plan, mais il n’est que de lire les rapports annuels des grandes coopératives agricoles pour se rendre compte du soin qu’elles apportent à tenir leurs
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