Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1958, Août - Septembre
a^wue R-243 COLLEGE ÉDIFICE DESJARDINS ?t ' V' DESJARDINS TMIPIDIDBTI XXIV —N Août-septembre 1958 BILLET - ?- DES volumes ont été écrits, des éditions populaires ont été faites en grand nombre pour faire connaître à la ville et à la campagne le grand secret de faire de l’argent.Il n y a pas de secret là-dedans.Les proverbes populaires de toutes les nations l’attestent : « Ayez soin des sous et les piastres auront soin d'elles-mêmes.)) « Un sou épargné est un sou gagné.» « La diligence est la mère de la bonne fortune.)) « On n’a rien sans peine.» « Sans ardeur point de douceur.)) « L’indolence est la clef de la pauvreté.» « Travaillez et vous posséderez.» « Celui qui ne travaille pas ne mérite guère de manger.» « Le monde appartient à l’homme patient et industrieux.» (( Il est trop tard pour ménager quand tout est dépensé.» (( Couchez-vous sans souper plutôt que de vous réveiller dans les dettes.)) « L'heure matinale a la bouche pleine d’or.)> Voilà des extraits d’une philosophie proverbiale qui exprime l’expérience accumulée par de nombreuses générations et qui enseigne le meilleur moyen de faire son chemin dans le monde.Les livres n’étaient pas encore inventés que ces proverbes volaient de bouche en bouche.Ils furent les premiers codes de morale populaire.Ils ont subi l’épreuve du temps.Chaque jour nous rend témoins de leur exactitude, de leur force, de leur solidité.Qui ne connaît les (( Proverbes de Salomon )) ?Ne sont-ils pas remplis de sagesse à l’égard de la valeur du travail, tout comme de l’usage et de l’abus de l’argent ?(( Celui qui flâne à l’ouvrage est frère d’un grand gaspilleur.» Mais, pour le laborieux, pour l’homme intègre : v « Sa main diligente l’enrichit.)) (( Celui qui ne laboure point par crainte de la gelée, quêtera à la moisson et il n’aura rien.)) (( L'ivrogne et le glouton iront à la pauvreté ; la nonchalance couvre un homme de guenilles.» (( Le fainéant dit qu'il y a un lion dans les rues.» « Avez-vous vu un homme diligent dans ses affaires ?Il est digne de paraître devant les rois.)) (Suite à la page 125) NOTRE COUVERTURE.— La récolte, récompense du travail.— {Photo : Service de Ci né-photographie.) fS\ a EDIFICE DESJARDINS DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXIV, Nos 8-9 QUÉBEC Août-septembre 1958 Sommaire - Billet Jos.Turmel PAGE .122 Éditorial : Chèques : abus — utilité .C.Vaillancourt .123 De son cloître Sr Marie-du-Calvaire.124 « Brûle pas ta paye 1 » Jos.Turmel .125 L’industrie de la construction en 1958 .126 La production des véhicules automobiles .126 M.Clovis Bernard, chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand .127 Courage E.de Amicis .128 La Caisse populaire de Roberval.129 Les entrées de capitaux durant le deuxième trimestre .130 In Memoriam .130 Un programme éducatif à la télévision .131 Congrès des inspecteurs Fernand Blache .132 Le produit national brut en 1957.133 Prenons nos responsabilités Jules Delorme, pire.134 Et vous ?Jos.Turmel.134 La Caisse populaire de Notre-Dame de Ham célèbre son jubilé d’argent.135 Les exportations canadiennes du premier trimestre .136 L’homme de la masse S.Ém.le cardinal LÉGER.136 Un solennel avertissement .137 La vocation de l’homme et de la femme Edith Stein .137 Une augmentation record de $45 millions André Morin .138 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, ¦ LÉVIS, P.Q.• PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 • LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier assurance qui vous appartiennent : la SOCIÉTÉ d’ASSURANCE des CAISSES POPULAIRES et (’ASSURANCE-VIE DESJARDINS.Y pensez-vous ? Volume XXIV, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 125 « Brûle pas ta paye ! » LES Caisses populaires ne peuvent rester indifférentes à la belle campagne entreprise par notre admirable J.O.C.Du 21 au 28 septembre, la jeunesse ouvrière clôturera plusieurs mois consacrés à des études et à des enquêtes sur le problème de l’épargne chez les jeunes.L’enjeu en vaut la peine, même s’il exige un travail difficile.Il’y une classe d’endormis qu’il faut réveiller 1 Et la classe des « À quoi bon 1 )), il faut la remuer 1 1 1 Du courage, donc .Notre organisation économique est créée, mais, dans bien des cas, notre éducation est encore à faire.Et aussi longtemps que durera cet état de chose, il faudra bien travailler.On se demande, un peu partout, quels moyens prendre pour empêcher nos jeunes de gaspiller tout ce qu’ils gagnent ?Comment leur mettre un brin de sérieux dans la tête ?Ce problème social est des plus complexes.Cependant, je crois que la Caisse populaire en donne une solution, et des plus rationnelle.Ai-je besoin de rappeler ici nos tristes habitudes?Nos jeunes gens, dès l’âge de quinze ans parfois, se trouvent de l’ouvrage, au moins pour la durée des vacances.Vous croyez peut-être que cet argent est mis en banque, ou donné au père qui, plus tard, s’en servira pour subvenir aux besoins de son fils ?Détrompez-vous : cet argent ils le gaspilleront, en futilité d’abord.Et ensuite, quand on croira le moment venu, que le salaire aura augmenté, que la situation Paraîtra stable, ce sera l’achat de automobile avec tout ce qu’il entraîne.Quelquefois même, le jeune homme poussera la crânerie lus loin ; vous le verrez acheter es objets à crédit, il engagera d’avance un salaire qui n’est pas encore gagné 1 -?- C’est contracter bien jeune une habitude qui pourra mener loin.Mais poursuivons : ce sont les meilleurs qui emploient ainsi leur argent.Pour les tenants de la bouteille, c’est bien autre chose.Ceux-là font consister le bonheur ultime à pintocher dans une buvette ; eux les font danser les écus 1 En moins de quelques heures, le fruit d’un labeur de toute une semaine aura roulé dans le tiroir d’un vendeur retors.Sur ce chapitre, il y aurait des choses invraisemblables à raconter.Les conséquences de tout cela c’est que notre jeune homme vieillit avec cette habitude de gaspiller.Arrive l’époque du mariage, il n’a pas un sou en réserve.Il va crier famine chez son pauvre père qui n’en peut rien.Alors, faute d’économie, il abandonne son projet de mariage pour devenir vieux garçon inutile.S’il se marie, vous le verrez entrer tôt dans cette classe de miséreux — ou prendre la route sous prétexte d’améliorer son malheureux sort.(( Pierre qui roule n’amasse pas mousse.» Et pourquoi tout cela ?Parce que tous ces jeunes gens sans expérience n’ont pas trouvé d’endroit où déposer leur argent.Et toutes les institutions économiques ne répondent pas parfaitement à tous nos besoins.Parce que les parents eux-mêmes ne leur donnent que des exemples de gaspillage, de crédit inutile ; parce que les débits de boisson sont beaucoup trop nombreux et que les honnêtes gens ne font pas assez pour les faire disparaître ; parce qu’enfin, l’on ne fait rien, ou presque, pour changer notre mentalité mauvaise, et que l’on ne comprend pas notre devoir social 1 Parce que .parce que .Du coup, les Caisses populaires comblent toutes ces lacunes.Si Jules Simon, ce célèbre économiste, eût connu nos jeunes gens, il aurait certainement rem- placé le mot (( pauvre )) par (( jeune )) et dit : « le plus grand banquier du monde, c’est celui qui ramasse les dollars de nos jeunes gens.)) Réveillons-nous donc 1 II en est temps.Montrons partout le chemin de la Caisse populaire.Occupons-nous de faire l’éducation économique des jeunes.Faisons-leur bien comprendre qu’eux-mêmes seront les co-propriétaires de leur Caisse, qu’il auront un mot à dire dans l’administration de leurs sous.Et vous verrez l’empressement qu’ils mettront à entrer dans le mouvement.Ils ont du cœur, ces jeunes-là 1 Multiplions sur leurs pas les occasions d’économiser, et enle-vons-leur l’occasion de gaspiller.Les Caisses ont fait des merveilles dans le passé.Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui?Nous en avons assez du système : (( Laissons faire.)) Si nous ne marchons pas de l’avant, si nous ne faisons rien pour organiser nos jeunes sur le terrain économique, nous ne sommes que des .pas généreux.Jocistes, redites bien à vos jeunes qu’on domine plus facilement les pauvres et les ignorants.Jos.Turmel BILLET (Suite de la page 122) Vous voulez des recettes pour faire de l’argent et l’amasser?Il y en a plus qu'il n’en faut.Vous n’avez qu’à choisir .Mais par-dessus tout : « Il vaut mieux amasser de la sagesse que de l’or, parce que la sagesse est au-dessus des rubis, et toutes les choses désirables ne peuvent lui être comparées.)) Recettes précieuses aux gens de tout âge et de toute condition à une époque ou l’accessoire voudrait prendre la place du principal.Jos.Turmel 126 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1958 L'industrie de la construction en 1958 LES projets de construction au Canada en 1958 atteignent le chiffre estimatif de 7,136 millions de dollars, soit 1.3% de plus que le sommet de Tannée précédente (7,048 millions), d'après les estimations publiées par le Bureau fédéral de la statistique.Cette augmentation est la plus faible depuis 10 ans, surtout en comparaison de celles de 10.4% en 1957 et de 20.2% en 1956.Ce fléchissement de l'augmentation en 1958 tient principalement au ralentissement de la construction industrielle, qu'on estime inférieure de 31% à 1957, et des pipelines, qui baisseraient de 10% par rapport à 1957.Ces baisses ont été contrebalancées ar des avances importantes des épenses pour la construction domiciliaire et pour le capital social, surtout des hôpitaux et des projets municipaux d'eaux et d'égouts.On estime qu'il faudra 614,067 travailleurs de plein temps pour exécuter les projets de construction de 1958 et que la valeur de ce travail atteindra 2,371 millions de dollars, ou 33% de la valeur totale.Le coût estimatif des matériaux requis atteindrait 3,439 millions, ou 48% du total.Ce pourcentage s'est maintenu relativement constant au cours des cinq dernières années.Le volume de la construction exécutée en 1956 a augmenté de presque 15% sur 1955.Les estimations provisoires pour 1957 indiquent une augmentation de 7.8%, soit moindre que Tannée précédente mais marquant encore une augmentation appréciable.Tant en dollars courants qu'en dollars constants, la plupart des augmentations sont survenues dans la construction neuve, les travaux de réparation n'ayant guère accusé de changement.La valeur des nouvelles constructions en 1958 est estimée à 5,991 millions de dollars (5,919 millions Tannée précédente) et celle des travaux de réparation, à -?- 1,145 (1,129) millions.Les nouvelles constructions entreprises à forfait sont estimées à 4,986 (4,924) millions de dollars et les travaux de réparation à 451 (439) millions.Les nouvelles constructions entreprises par la main-d'œuvre des services d'utilité publique, de la fabrication, des entreprises minières et d'abattage, des ministères gouvernementaux, des propriétaires et autres personnes et sociétés qui ne s'occupent pas principalement de construction ont été évaluées à 1,005 (995) millions de dollars, et les réparations, à 694 (690) millions.On estime à 1,922 (1,685) millions la hausse de la valeur des logements dont la construction est prévue pour 1958 et à 576 (503) millions celle des institutions.Le montant global des constructions industrielles tomberait à 423 (617) millions et celui des édifices commerciaux, à 675 (710) millions.La valeur des édifices divers s'établierait à 277 (260) millions de dollars.En ce qui concerne les ouvrages d'art, voici les prévisions, en La production de véhicules automobiles a fléchi de 23% en avril (37,730), par rapport à avril 1957 (48,870) et de 37%, par rapport à avril 1956 (59,594).En janvier-avril, la production (136,141) a décru de 22% comparativement à un an plus tôt (175,299), et de 18% comparativement à deux ans auparavant (165,970).En avril, la production (32,391) de Voitures particulières est tombée de 20%, au regard d'avril 1957 (40,522) et de 32%, en regard d'avril 1956 (47,775).La millions de dollars, pour 1958 (chiffres de 1957 entre parenthèses) : construction navale, 155 (157) ; chemins, routes et aéroports, 740 (742) ; aqueducs et é-gouts, 261 (202) ; digues et travaux d'irrigation, 44 (64) ; centrales électriques, 565 (564) ; voies ferrées, réseaux de téléphone et de télégraphe, 431 (411); installations de gaz et de pétrole, 726 (807) ; et autres ouvrages d'art, 341 (326).Voici, par province, la valeur des travaux de construction projetés pour 1958 (chiffres de 1957 entre parenthèses) ; Terre-Neuve, $91,200,000.($81,800,000) ; Ile-du-Prince-Edouard, $21,900,-000.($17,300,000.) ; Nouvelle-Ecosse, $180,600,000.($152,200,-000.) ; Nouveau-Brunswick, $152,800,000.($147,100,000.) ; Québec, $1,636,100,000.($1,662,- 400.000.) ; Ontario, $2,705,700,-000.($2,522,600,000.) ; Manitoba, $345,500,000.($334,200,000.); Saskatchewan, $372,700,000.($379,300,000.) ; Alberta, $804,- 700.000.($713,300,000.) ; et Colombie canadienne, $825,500,000.($1,038,100,000.).production de janvier-avril (116,-024) a été inférieure de 21% à celle d'un an plus tôt (146,623) et de 13% à celle de deux ans auparavant (133,281).La production de véhicules commerciaux au cours du mois (5,339) a reculé de 36%, au regard d'avril 1957 (8,348j et de 55%, au regard d'avril 1956 (11,819).La production des quatre mois (20,117) est descendue de 30% sous celle (28,676) d'un an plus tôt et de 39% sous celle (32,689) de deux ans auparavant.• -—:- • La production des véhicules automobiles -?- Volume XXIV, n°s 8-9 LA REVUE DESJARDINS 127 Monsieur Clovis Bernard, Chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand Dimanche le 17 août.Son Excellence Mgr Paul Bernier, archevêque-évêque de Gaspé, remettait les insignes de Chevalier de l’Ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand à un éminent citoyen de Maria, M.Clovis Bernard.Cette cérémonie marquait en même temps l’ouverture des fêtes du cinquantenaire de la Caisse populaire de Maria, la première institution du genre au diocèse de Gaspé.Les nombreux paroissiens présents à.cette cérémonie entendirent M.le chanoine J.-A.St-Laurent rappeler, en termes émus, les débuts de l’œuvre des Caisses populaires en Gaspésie et les mérites du nouveau Chevalier.M.Clovis Bernard fut toujours un chrétien exemplaire et un véritable apôtre.En plus de ses trente années à la gérance de la Caisse populaire, il se dévoua dans tous les autres mouvements qui eurent besoin de son appui.M.Clovis Bernard est né à Maria le 27 décembre 1876.Issu d’une famille de cultivateurs à revenu très modeste, son cours d’études ne dépassa pas l’école primaire paroissiale.Cependant, doué d’une intelligence assez vive, d’un jugement sain, et possédant l’amour du travail, il ne cessa de^se cultiver.À l’exemple des siens, il se consacre à l’agriculture.Né cultivateur, il le sera toute sa vie, et s’efforcera d’être un cultivateur progressif dans la mesure que le permettent le milieu et la petite ferme qu’il exploite.Il est appelé à servir les siens dans les charges publiques : Pendant quarante ans, jusqu’en 1948, il remplit la fonction de secrétaire municipal.L’intégrité dans l’accomplissement de son devoir, le soucis du bien commun et un grand zèle vis-à-vis l’administration municipale ont caractérisé son stage à cette fonction publique.De 1919 à 1949, il est gé- rant de la Caisse populaire paroissiale.À cette œuvre, il se dévoue sans compter.Ame dirigeante de cette société, il en inculque l’esprit chez tous ses coparoissiens jusqu’à obtenir que tous fassent partie de leur Caisse populaire et y confient leurs épargnes.Aussi, sous sa gérance, la Caisse dont l’actif est de $30,000.à peine lorsqu’il en prend charge, a atteint le demi-million lorsqu’il abandonne la gérance en 1949.Un esprit profondément chrétien l’a toujours guidé dans l’accomplissement de ses devoirs publics.Son sain jugement, son sens critique, son esprit de justice et sa grande charité ont fait de lui un guide sûr pour tous ses concitoyens, de qui il a toujours été le conseiller dans les moments critiques, le conciliateur dans les disputes, le juge dans les différents.Cet esprit chrétien doublé d’une foi profonde est demeuré un pilier de l’Eglise dans la paroisse.Il fut de toutes les œuvres : le service religieux a bénéficié de son dévouement à la chorale qu’il a soutenue sans compter.Il a été et demeure un ardent apôtre du Sacré-Cœur comme ligueur exemplaire.Il fut dans les premiers à joindre le Tiers-Ordre de saint François lors de sa fondation dans la paroisse.Et même déjà âgé, lorsque, en vue de la lutte anti-alcoolique, on organise le Cercle Lacordaire, il n’hésite pas à sacrifier l’usage tempérant des boissons alcooliques et arborer fièrement le bouton bleu des abstinents, continuant par ce geste, à prêcher d’exemple à tous les siens.Son Excellence Msr Bernier exprima sa joie de lui remettre au nom du Souverain Pontife cette décoration pontificale à l’un des paroissiens les plus méritants de la paroisse de Maria.En conclusion.Son Excellence déclara qu’il avait voulu décorer un pionnier des Caisses populaires pour indiquer que, tous ensemble, nous devions orienter notre vie chrétienne vers cet apostolat social sur le terrain économique % % 128 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1958 parce que en ce moment, et très souvent, le salut des âmes se joue en grande partie sur ce terrain.Cet apôtre, souligne aussi Son Excellence, représente une légion d'apôtres sociaux qui, comme lui, ont à cœur de défendre l'Église et la religion sur ce terrain où elles sont le plus menacées aujourd'hui, sur le terrain économique.Invité à prendre la parole, le nouveau Chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand remercia Son Excellence de ce grand honneur et déclara qu'il le devait à la Divine Providence et à tous ceux qui ont travaillé avec lui à l'œuvre de la Caisse populaire.M.Bernard profita de la circonstance pour rappeler à l'assistance quelques souvenirs.Co u rage LES étudiants à tous les stages, ont repris leur besogne : les uns avec enthousiasme, les autres parce qu'il le faut, quelques-uns malgré eux.C'est ainsi, d'ailleurs, que se divisent les hommes au travail.Les « travaux » sont finis.Étudier c'est travailler : il faut apprendre dans la jeunesse la valeur de la belle besogne bien accomplie, dans la joie et l'amour, afin d'atteindre un idéal fixé assez haut pour y consacrer toute notre vie.(Photo : Service de Ciné-photographie.) «c: ,v * %% y* -M ¦y* W' ' I * I m \l\h\ i • / .«y., ¦ •* S§§':; - W C’est ainsi qu'un papa, voulant encourager son petit garçon qui va à l'école presque malgré lui, trouve des arguments à la portée de son âge : (( Courage, lui dit-il, et occupe ton poste dans la grande armée des travailleurs ; tu ne travailles pas pour toi seulement ; avec tous les autres, tu rebâtis le monde.)) « Pense aux ouvriers qui vont à l'école, le soir, après avoir travaillé toute la journée ; aux jeunes filles qui vont à l’école le dimanche, après avoir été toute la semaine occupées dans les ateliers ; aux soldats qui se mettent à écrire et à étudier quand ils viennent de l’exercice.Pense aux enfants muets et aveugles, qui étudient aussi .« Pense encore à tous les enfants qui, presque en même temps, dans tous les ,pays du monde, vont à l'école.Evoque-les dans ton imagination, s'en allant par les sentiers des campagnes, par les rues des cités animées, sous un ciel ardent ou à travers la neige ; en barque, dans les pays traversés de canaux ; à cheval par les grandes plaines ; en traîneau sur la glace ; par les vallées et les collines, à travers les bois et les torrents, sur les sentiers solitaires tracés dans les montagnes ; seuls, à deux ou par groupes, en longue file, tous avec leurs livres sous le bras, vêtus de mille manières, parlant des langues diverses, depuis la dernière école de Russie perdue dans les neiges, jusqu’à la dernière école de l'Arabie, ombragée de palmiers .Millions et millions d'enfants, apprenant tous la même chose sous des formes diverses.(( Imagine-toi cette fourmillière d'écoliers de cent peuples différents, l'immense mouvement dont ils font partie, et dis-toi : (( Si ce mouvement cessait, l'humanité retomberait dans la barbarie ; ce mouvement est le progrès, l'expé-rance, la gloire du monde 1 )) « Courage, donc, petit soldat de l'armée immense ; tes livres sont tes armes, ta classe est ton escadron, le champ de bataille est la terre entière, et la victoire, la civilisation humaine 1 )) E.de Amicis Volume XXIV, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 129 La Caisse populaire de Roberval -?- BÉNÉDICTION ET INAUGURATION DE SON ÉDIFICE
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