Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1956, Mars
PER R-243 ïïTTil riTTCTnifi] EDIFICE DESJARDINS m:.o.i mci v; BILLET - ?- FILS du peuple, donc d’humble origine, il veut comme n importe qui gagner son pain; il s’essaye à divers métiers: sacristain d’une modeste église de village, il abandonne son poste peu payant pour devenir garçon de course ; plus tard il sera aussi comptable dans un bureau.Mais tout en voulant améliorer son sort, il n’oublie pas que le meilleur moyen d’arriver, c’est encore de savoir bien utiliser ce que l’on gagne.Il fait Jructifier son petit salaire.Et il réussit.En 1906, il est déjà plusieurs jois millionnaire.À sa mort, il contrôle tous les puits de pétrole des États-Unis.Voulez-vous connaître l’un des secrets de cette brillante réussite financière ?Lisez ce qu’en écrit Raymond Cartier dans un récent article de Match : (( Pour le culte et pour les œuvres, John D.Rockjeller {c’est de lui qu’il s’agit) avait toujours été généreux, même lorsqu il n était qu’un saute-ruisseau.Il va de soi qu’il comptabilisait ses dépenses pieuses et charitables afin de tenir exactement à jour son bilan avec Dieu : les 12 cents qu’il donnait à la Five Point Mission, les 10 cents qu’il distribuait chaque dimanche aux pauvres, les 5 cents pour lesquels il contribuait à la Sabbath School et le dollar tout entier, le gros dollar que lui coûtait pour l’année sa stalle à l’église.« S’enrichissant, ses contributions avaient augmenté et, s’il plaisait au Seigneur de bénir l’année 1865, il était décidé à les porter jusqu à un bon millier de dollars.« En outre, il donnait son temps généreusement ; rien n était plus important que l’école du dimanche, la Sabbath School.ramasseuse d’âmes égarées, gardeuse de la sanctification du jour du Seigneur.Mme, Rockjeller y Jaisait une classe, et John D.avait pris en main la lourde tâche de l’administration.« Une Jois,., il organisa une excursion sur le lac Eriè : — Combien Jaites-vous payer la place 7 demanda-t-il au batelier.— Tant.— Oui .par millier?£Sja#D/M Les méfaits du crédit trop facile LE mémoire présenté par la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec sur les abus du crédit à la Commission Gordon nous a valu nombre de lettres d'approbation et, aussi, de désapprobation, demandes de renseignements, etc., etc.Il en est d'ailleurs ainsi dans la vie : les uns pensent d'une façon, les autres, d'une manière différente.Nous voudrions, dans cet article, préciser davantage notre pensée, dire comment, d'après nous, le crédit trop facile tue l'initiative, est la cause de la désintégration de bien des foyers, et, enfin, peut nuire à la prospérité économique de la nation.Le crédit trop facile restreint l'initiative et décourage l'effort personnel.Le fait est simple à constater.Celui qui n'a pas même à faire l'effort de mettre la main dans sa poche pour payer la marchandise achetée, celui-là, dis-je, peut tout acheter à crédit.Que dire aussi de la publicité.On dit toujours : c'est l'occasion qui fait le larron ; cet axiome est particulièrement vrai dans le domaine du crédit.Lisez les journaux, écoutez la radio, regardez la télévision ; on y annonce toutes les marchandises imaginables et on dit : (( Venez acheter sans même avoir un sou à débourser.)) Cependant, quand arrive la première échéance, l'acheteur s'aperçoit qu'il doit débourser, et avec les taux d'intérêt qui lui sont chargés, il est littéralement broyé.Si le vendeur était obligé d'exiger un montant substantiel au moment de la vente, l'acheteur se verrait dans l'obligation de mettre de côté $3., $4.ou $5.par semaine pour pouvoir se procurer la marchandise désirée ; de ce fait, il connaîtrait mieux la valeur de l'argent, il s'habituerait à la pratique de l'épar- gne, il n'achèterait que des choses nécessaires ou utiles, et pas plus qu'il est capable d'en payer.Enfin, l'initiative des individus est complètement annihilée par ces ventes à crédit trop facile.Ces ventes à crédit trop facile sont la cause de la mésentente qui existe dans trop de foyers et des ruptures qui s'ensuivent.Nous nous occupons, dans notre secteur, du service familial, et l'expérience acquise après nombre d'années dans ce domaine nous a prouvé cette regrettable constatation.C'est une cause économique : ne pouvant plus rencontrer ses obligations, l'homme se décourage et il se met à boire ; la femme, n'ayant pas ce dont elle a besoin, se laisse, elle aussi, aller au découragement, et vient nous voir pour nous demander de placer les enfants.C'est alors un foyer brisé : les enfants sont élevés en dehors de la famille, c'est une femme déchue, c'est un homme sans valeur.N'est-ce pas que les ventes à tempérament pour des choses très souvent futiles et parfois nuisibles, sont la grande cause de la désintégration de bien des foyers ?En outre, les ventes à crédit trop facile restreignent la production économique de la nation.On nous dit souvent que ces ventes à tempérament doivent être continuées et développées parce qu'elles maintiennent l'activité économique.Nous prétendons le contraire et nous croyons pouvoir le prouver.Dans la Revue Desjardins de février dernier, nous expliquons le cas de quelqu'un qui achète des marchandises pour un montant de $500.avec ce système de vente à crédit facile.Au bout de 24 mois, il doit 44 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1956 rembourser en intérêts $135.02.Si ce même individu procède plutôt par Tépar-gne, en mettant de côté $5.par semaine, soit $21.30 par mois, au bout de 24 mois, en retirant 2^% d'intérêt capitalisé tous les six mois, il aura épargné $532.S'il va chez un marchand pour acheter des meubles ou autres articles, au coût de $500., et qu'il offre de payer comptant, le marchand lui donnera facilement un escompte de 10%, et parfois davantage.Sur un montant de $500., un escompte de 10% représente $50.Notre épargnant achète alors à $450.ce qu'on lui offre à $500.par vente à tempérament.Ce montant de $50.économisé et les $32.déjà retirés en intérêts lui font une somme de $82.qu'il peut employer à l'achat d'autres choses utiles — vêtements, etc., etc.Et voilà comment on pratique l'épargne.On arrive non pas à restreindre l'activité économique, mais à activer l'économie de la nation en faisant travailler davantage les manufactures et les usines.L'épargne augment le pouvoir d'achat des individus et favorise une plus grande production économique.Au contraire, dans les ventes à crédit trop facile, on écrase l'acheteur en lui chargeant des intérêts trop élevés, et en réduisant ainsi son pouvoir d'achat ; quel- ques compagnies de finance font de l'argent, mais la nation en souffre à un tel degré qu'elle en mourra économiquement si on ne remédie pas à ce problème.Des gens s'imaginent qu'en prêchant l'épargne on prêche la thésaurisation.L'épargne, ce n'est pas cela.Pour me servir d'un slogan moderne, on épargne pour dépenser, pour pouvoir acheter les choses nécessaires à la vie et, si possible, se procurer un certain confort.On n'épargne pas pour enfouir cet argent en terre ou dans un coffre ; il est préférable, de laisser après sa mort, des œuvres, des industries qui opèrent, des manufactures qui emploient des ouvriers, et, en tout premier lieu, laisser une maison confortable à ses descendants.Voilà de quelle façon nous devons pratiquer l'épargne.Voilà comment il se fait que l'épargne est quelque chose de productif, tandis que le crédit trop facile, appliqué à l'achat d'articles inutiles et souvent nuisibles, contribue à l'affaiblissement des individus, de la famille et de la nation.Visiteurs étrangers UN boursier du plan Colombo, qui prend actuellement des cours à la Faculté des sciences sociales de l'université Laval, M.Man-Unseng, directeur de la Caisse centrale de l'Office du Crédit populaire du Cambodge, dont le siège social est à Pnôm-Penh, capitale du pays, est venu passer quelque temps, en février, à la Fédération des Caisses populaires Desjardins pour étudier notre mouvement coopératif d'épargne et de crédit.Cette Caisse centrale, qui a certains éléments coopératifs, est alimentée à même le budget du gouvernement du Cambodge, avec l'aide d'agences internationales.-?__________ Le gros problème à résoudre présentement au Cambodge, c'est de créer une mentalité favorable à l'épargne.D'un côté, le peuple n'est pas habitué à l'économie parce que très pauvre et, par ailleurs, la dévalorisation successive de la monnaie décourage l'épargne.On espère, cependant, qu'à l'exemple des pays occidentaux, les habitants du Cambodge pourront, peu à peu, prendre conscience de l'importance et de la nécessité de l'épargne et que, grâce à des Caisses d'épargne et de crédit, il leur sera éventuellement possible d'amasser les sommes d'argent nécessaires à un crédit bienfaisant, au bénéfice de la population en général.Le Cambodge, protectorat français, a obtenu son indépendance.Il est devenu royaume indépendant en 1953.La royauté n'est pas héréditaire ; le roi est élu par les membres de la Chambre des représentants et les sénateurs.Le Cambodge est un pays de l'Indochine.Il est peuplé de 3,046,000 indigènes.La langue seconde est le français.L'agriculture est la principale industrie ; on y cultive le riz, le poivre, le coton et le tabac.La pêche, très active, donne lieu à un grand commerce de poisson séché et fumé. Volume XXII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 45 Nous avions également le plaisir de recevoir en même temps que M.Man-Unseng, Mademoiselle Maria Theresa Mendès, boursière de Brazilian Traction Co., de Rio de Janeiro, Brésil.Mademoiselle Mendès dirige le Service d’éducation coopérative du Brésil, tout en faisant, à temps partiel, du service social dans une entreprise privée.Elle a étudié la coopération en Europe, spécialement en Suisse et en Italie.Elle a fait un stage d’étude à l'université Laval.Elle complète actuellement un cours sur les méthodes d'éducation populaire à l'université Saint-François-Xavier d’An-tigonish, Nouvelle-Écosse.Des Caisses Raiffeisen opèrent parmi la population allemande du sud du Brésil.Les autres formes de Caisses d'épargne et de crédit sont pratiquement inexistantes dans le pays.Le Brésil, comme la plupart des pays de l’Amérique latine, est un pays de contrastes ; une richesse extraordinaire à côté de la plus grande pauvreté.Ceux qui ont à cœur le bien-être économique et la santé morale du peuple voudraient organiser l'épargne et le crédit selon la formule coopérative afin de relever le niveau de vie des classes populaires.C’est une des préoccupations de Mademoiselle Mendès qui est venu étudier sur place l'organisation de nos Caisses populaires Desjardins.Le Brésil couvre près de la moitié du continent sud-américain.C'est une république.La population est de 44,000,000 âmes.Elle parle le portugais.Les principales villes sont Rio de Janeiro, la capitale, et SSo Paulo.On y cultive le café, le coton, les arbres fruitiers, le thé, les céréales (blé, riz), les haricots, la canne à sucre, le cacao et le tabac.L’élevage est important et les ressources minières sont considérables.Le Brésil, terre d’avenir, a connu une forte industrialisation en ces derniers vingt-cinq ans.Rosario Tremblay Les Caisses populaires Desjardins -?- DANS un discours qu’il prononçait le 30 janvier 1949 Pie XII déclarait : (( La famille chrétienne a une mission presque divine : celle de transmettre et d’allumer la vie comme se propage le feu saint lorsqu’il passe d’une mèche à l’autre des cierges sur l’autel.)) Cette mission consiste à orienter d’abord les personnes humaines sur le plan surnaturel, en leur rappelant qu’elles sont les membres du Corps mystique dont le Christ est le chef.Sur le plan naturel, en plus de continuer l’espèce, la famille doit veiller à la formation intellectuelle et morale des jeunes.Elle doit favoriser l’éclosion des valeurs spirituelles, sauvegarde de notre société.L’accomplissement de ce grand rôle n’est possible que dans un climat de stabilité et d’indépendance économique, en un mot, ce rôle présuppose l’épargne.L’epargne, ' prélèvement d’une partie des revenus en vue d’un bénéfice futur, exige un esprit de sacrifice, une maîtrise de soi, une force de caractère puisée au sein même de la famille.Lorsqu’un jeune homme choisit, dans un acte libre, de se priver pour un plus grand bien, il obéit aux influences de son passé, de son milieu, de sa famille.L’esprit d’épargne assure la continuité de la famille et permet l’ascension lente mais sûre des enfants aux situations les plus élevées.Si on examine les origines des Canadiens français qui ont atteint les sommets de la vie religieuse, politique, économique, on en arrive bientôt à des familles modestes qui se sont lentement élevées par l’épargne.La nécessité de l’épargne une fois admise par tous, plusieurs affirmeront qu’il leur est difficile, voire même impossible d’épargner.JBien entendu, la parole de l’Evangile : « Il y aura toujours des pauvres au milieu de vous » est vraie, même au XXe siècle.Ce fait de la pauvreté une fois constaté, disons que l’épargne est possible, mais au prix de l’effort et du sacrifice.Cette force de caractère nécessaire à l’épargne s’acquiert et se développe par l’éducation, par l’exemple dans la famille.Le fait que les uns réussissent à épargner alors que d’autres se débattent continuellement dans des difficultés financières est, bien souvent, non une question de salaire mais plutôt d’esprit d’ordre, d’administration.Combien de familles sont parvenues, grâce à une bonne gestion des ressources familiales, à acquérir leur propre maison, à assurer à leurs enfants une instruction des plus solides, alors que d’autres, avec des revenus plus élevés, n’ont pratiqué qu’une politique à courte échéance, ce qui les exemptait de faire l’effort nécessaire.C’est dans la famille et à l’école, avec les Caisses scolaires, que se forment les épargnants de demain.M.Alphonse Desjardins a voulu que les Caisses populaires soient des écoles de formation à l’épargne.La Caisse populaire demande au père et à la mère de famille de coopérer au mouvement économique de leur paroisse.Avec le service spécial d’épargne qu’elle opère en vue de leur établissement, elle s’adresse aux jeunes désireux de préparer leur avenir et, avec les Caisses scolaires, aux élèves de nos écoles.La Caisse populaire favorise ainsi l’épargne chez tous les membres de la famille.Jules Delorme, pire, propagandiste des Caisse populaires, Montréal.{La famille, octobre 1955.) 46 LA REVUE DES JARDINS Québec, mars 1956 Hommage au pape -?- IL reste un rempart à la civilisation, un défenseur à la liberté humaine, menacées ensemble par tous les despotismes à la fois : c’est la Papauté.Tous les pouvoirs réguliers, c’est-à-dire tous les pouvoirs protecteurs, sont ébranlés ; celui-là seul est assuré de ne point périr.Parce qu’il est pur, parce qu’il n’a point failli à sa mission, parce qu’il n’a trahi ni Dieu ni les hommes.Dieu ne l’abandonnera point, et les hommes, dégoûtés de tant de maîtres insensés ou méchants, désabusés de tant de causes incertaines, viendront à ses pieds lui demander la consolation de combattre pour la justice et de mourir pour la vérité.Ils formeront une armée ou ils ne formeront qu’un petit troupeau: peu importe 1 Ils seront ceux qui toujours ont cru inébranlablement à la parole de Jésus-Christ, qui toujours ont aimé invinciblement sa loi, qui toujours ont obéi fidèlement à Son Vicaire, et qui par là, toujours, pour le salut du monde, ont vaincu l’esprit et la force du monde.Dieu a fait ce miracle, il n’a pas cessé de le faire, il le fera toujours ; et ainsi se continuera l’histoire des actes de Dieu par l’intermédiaire des Souverains Pontifes, qui est depuis dix-huit siècles et qui sera jusqu’à la fin des temps le fonds de l’histoire humaine.Louis Veuillot (De quelques erreurs sur la Papauté) p» :U.ie pof»* L E lien de l’unité, chef de l’Assemblée, Interprète infaillible de la pensée du Christ, Gardien du dépôt sacré, Guide et Pasteur du troupeau.Au-dessus de nos petites combines, de nos mesquines passions, pilote sur.Dévotion au pape, signe de prédestination.Lire, médder les lettres, les paroles du pape, une libération pour l’esprit.Lucarne à la cave ou lunette marine plantée sur un sommet.Pourquoi, borner, limiter ses horizons ?Avec Le pape.(( Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église.)) « Pais mes agneaux, pais mes brebis.)) Cardinal Saliège Volume XXII, n° 3 LA REVUE DES JARDIN S 47 L'éducation des jeunes à l’épargne -?- Quelques considérations tout à fait justes et opportunes sur la valeur humaine de l’éducation des jeunes à l’épargne.Nous les empruntons au Journal des Caisses d'épargne, janvier 1956, que dirige M.René Laurent, directeur du Bureau central des Caisses d’épargne, à Paris.Un peu de réflexion sur ce texte ne peut qu aviver nos convictions sur la nécessité pressante d’entraîner notre jeunesse à la pratique de l’épargne en vue de lui assurer cette formation morale et sociale qui Lui sera si précieuse demain.UNE habitude, quelle qu'elle soit, ne porte en elle aucune signification, elle ne constitue qu'un réflexe naturel, mais pour que cette habitude présente les caractères de vertu que l'on veut bien attribuer à l'esprit d'épargne, il faut que l'intelligence puisse être mise en éveil et que le (( pourquoi )) se trouve posé à un certain stade de l'éducation.Vouloir célébrer à cette occasion le bas de laine traditionnel serait tout aussi ineflicace qu'un discours officiel où, derrière les mots, on cherche souvent en vain l'idée qui incite à la réflexion.La valeur humaine de l'épargne ce n'est pas une exaltation des vertus qu'elle suppose, mais lorsqu'on s'adresse à des jeunes, c’est toute une série de leçons aussi utiles que les leçons d'histoire ou de morale.Sur le plan individuel, en effet, la promotion de l'épargne contribue à former le caractère.En apprenant à l'enfant que la persévérance dans l'effort doit trouver sa récompense dans une satisfaction qu'il jugera finalement plus grande que le total des petites satisfactions qu'il aurait pu éprouver, on forgera en lui la nécessité d'une discipline qu'il sera libre de s'imposer.En lui permettant d’effectuer à certaines occasions un acte individuel d'épargne dans la collectivité de sa classe, on lui inculquera la notion d'indépendance.Enfin, et surtout, en favorisant ainsi par différents moyens son geste d'épargne on contribuera à spiritualiser en lui la possession d'argent et à lui donner à cet égard un comportement aussi éloigné de celui de l'avare que de celui du prodigue.Il est bien certain, vous en conviendrez, que la formation du caractère ne peut qu'être favorablement influencée si l'ordre, la discipline, la persévérance et l'indépendance lui sont ainsi enseignées dès l'école, et les habitudes essentiellement saines qu'il aura acquises dans sa jeunesse conditionneront son comportement social dès qu'il sera devenu un homme.On entend fréquemment dire que la jeunesse actuelle n'a plus le goût de l'épargne et que les jeunes générations n'ont aucun souci d’ordre public, aucune conscience de l'intérêt général.A qui la faute si — tout en faisant la part des choses — on admet que ces générations ont reçu une éducation incomplète ?Comment s'étonner aussi que dans ces conditions les aventures de tous ordres entraîneront tous ceux qui n'auront pas appris à apprécier l'indépendance que procure l'épargne.Vous êtes tous persuadés que la pratique de l'épargne est un gage de civisme pour des raisons évidentes, souvênt exposées, et qu'il n'est pas nécessaire de vous rappeler.Mais il existe entre la vertu d'épargne et la vertu civique un processus psychologique identique qu'il est peut-être utile d'essayer de mettre en lumière.Tout comme l'épargne est le résultat d'une multiplication d'actes qui, pris isolément, n'auraient qu'une signification fort limitée, le civisme n'a de sens qu'autant qu'il résulte aussi d'une multitude d'attitudes individuelles.Dans les deux cas, il y a, en effet, de la part de l'individu un réflexe de même nature qui lui fait considérer son épargne non pas en fonction de la valeur nominale des économies qu'il réalise périodiquement, mais en fonction du total des satisfactions qu'il en obtiendra ultérieurement ; de même l'esprit civique qu'il manifeste en prenant certaines responsabilités procède d'un acte réfléchi auquel il n'attribue une valeur que parce qu’il suppose que la plupart de ses compatriotes agiront de même.Favoriser chez les enfants l'habitude de l'épargne, leur faire comprendre progressivement tout ce que contient cette notion, c'est donc aussi, n'en doutons pas, procéder à une éducation de la pensée, leur apprendre ce qu'est un moyen et ce que doit constituer une fin, bref préparer leur esprit à considérer les problèmes auxquels plus tard ils auront à faire face sous un angle beaucoup plus large, où la réflexion et la prévoyance joueront leur rôle bienfaisant, ainsi qu'en fonction d'un idéal qui ne manquera pas de bases solides.?SUCCESSION À Altamont {Tennessee), Miss Fanny Moffett, décédée récemment en Laissant une Jortune estimée à un million de dollars, avait déclaré à son notaire, qui la pressait de rédiger un testament à L’intention de ses nombreux héritiers : « Laissez-les donc se battre / )) Ce vœu s’est exaucé : soixante-deux cousins de la défunte, appelés à se partager, à l’amiable, biens immobiliers, puits de pétrole et mines de charbons, se sont opposés, toutes griffes dehors, devant le tribunal de la localité.?(( En aucun temps, en aucun pays, le bien commun n’a pu être obtenu sans une certaine coopération de tous les citoyens.)) — Pie XI 48 LA REVUE DES JARDIN S Québec, mars 1956 L’ASSURANCE-VIE DESJARDINS • Voici une liste des réclamations de décès qui ont été reçues et approuvées depuis le 1er janvier jusqu’au 25 février, en vertu des contrats d’assurance-vie « prêt » et « épargne » actuellement en vigueur dans les Caisses populaires Desjardins.ASSURANCE-VIE «PRÊT» Les Caisses populaires de : Saint-François-d'Assise de Québec $ 728.78 Giffard 74.25 Sainte-Jeanne-d’Arc-d'Almaville.1,190.27 Mont-Joli (Matane) 300.90 Sainte-Claire (Montréal) 401.49 Matane 1,560.22 Amos 150.50 Saint-Côme 40.00 Mascouche 102.75 Québec-Est 60.22 Notre-Dame-de-Grâce (Québec).2,715.09 Québec-Est 6,268.29 Vallée-Jonction 275.75 Beauharnois 428.45 Sainte-Famille-du-Cap 325.28 Dolbeau (Roberval) 2,711.52 Sainte-Madeleine 3,756.57 Notre-Dame-de-Lourdes de Ver- dun 564.92 Kénogami 167.34 Saint-Esprit (Québec) 6,913.35 Saint-Médard de Warwick 80.43 Petite- Rivière - Saint -F r ançois.2,000.00 Saint-Henri de Montréal 1,650.28 Plessisville 140.27 Saint-Esprit (Québec) 14.20 Beauceville 797.73 Notre-Dame de Hull 409.30 Boischâtel 5,355.10 Sainte-Madelaine 1,294.12 Saint-Raymond (Portneuf) 408.80 Kapuskasing 589.39 Côte-Saint-Paul 3,751.00 Sainte-Marguerite-de-Cortone.2,575.98 Mont-Joli 1,630.35 Christ-Roi (Shawinigan) 3,303.17 Saint-Hyacinthe 10,000.00 Mauricienne (Shawinigan) 1,820.22 Dolbeau 2,671.76 Ernest-Boivin 3,610.65 Roberval 3,218.33 Québec-Est 7,844.78 ASSURANCE-VIE « ÉPARGNE » Les Caisses populaires de : Sainte-Thérèse-de-Blainville $ 45.60 Sainte-Cécile des Trois-Rivières .981.79 Maria (Bonaventure) 482.55 Christ-Roi (Shawinigan) 4.26 Saint-Zénon (Berthier) 1.12 Sainte-Thérèse-de-Blainville 250.00 Saint-Laurent (Montréal) 3.06 Giffard 371.70 Sainte-Jeanne-d'Arc-d’Almaville.387.87 Verdun 84.25 Sainte-Madeleine 775.43 Notre-Dame-des-Sept-AUégresses.655.56 Sainte-Croix (Shawinigan) 20.87 Château-Richer 400.88 Les Caisses populaires de : Saint-Fidèle (Québec) 74.25 Saint-Georges de Beauce 29.98 Ville-Émard (Montréal) 866.93 Matane 425.45 Saint-Hyacinthe 253.85 Roberval 38.95 Amos 9.33 Buckland 10.00 Manneville 5.00 Saint-Frédéric de Drummond.95.75 Mascouche 42.39 Charny (Lévis) 1.13 Charny (Lévis) 7.70 Saint-François-d'Assise (T.-R.).62.50 Saint-Antoine de Verchères 19.65 Sociale de Sherbrooke 227.25 Sainte-Cécile des T.-R 687.50 D'Alma ville 298.05 Notre-Dame-de-Grâce (Québec).40.00 Mauricienne de Shawinigan 680.57 Donnacona 898.20 Granby (Shefford) 509.27 Saint-Philippe (T.-R.) 1,000.00 Sainte-Thérèse de Drummond.30.00 Grand'Mère (Laviolette) 30.25 Roberval 486.28 Asbestos (Richmond) 23.81 Trois-Pistoles 5.03 Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.64.99 Saint-Adrien-de-Ham 500.00 Verdun ' 484.62 Granby (Shefford) 1,000.00 Saint-Célestin 3.46 Saint-Joseph de Sherbrooke 125.00 LE BUDGET FAMILIAL ?¦ Brochure de 32 pages.¦ Format commode (5^” X 8") ¦ Couverture illustrée.¦ Présentation simple.¦ Utilisation facile.C’est un article de propagande de premier choix pour la Caisse populaire, et chaque sociétaire souhaitera posséder et utiliser ce livret de budget.Prix : $0.10 l’unité 0.75 la douzaine 5.00 le cent 45.00 le mille • Vos commandes seront complétées sans délai, au comptoir de papeterie de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec.Les Caisses populaires de : Sociale de Sherbrooke 250.00 Saint-Jean-Baptiste de Windsor (Ontario) 89.57 V erdun 52.81 Sainte-Madeleine 0.69 Limoilou 204.02 Notre-Dame-de-Lourdes de V 68.59 Notre-Dame-de-Lourdes de V 89.19 Trois-Pistoles 42.87 Saint-Médard-de-Warwick 181.39 Plessisville 1,000.00 Saint-Grégoire de Nicolet 242.84 Verdun 36.49 Granby 180.42 Sainte-Anne-de-Beaupré 366.06 Ville-Émard 743.54 Notre-Dame de Hull 93.94 Sainte-Claire (Dorchester) 82.28 Saint-Médard de Warwick 4.69 Saint-Laurent (Montréal) 75.77 Field, Ltd 13.58 Saint-Narcisse 164.27 Nicolet 94.64 Plessisville 493.59 Saint-Sacrement des T.-R 500.00 Saint-Frédéric de Drummond.0.83 Nicolet 2.73 Saint-Philippe des T.-R 917.52 Saint-Arsène de Montréal 245.37 Saint-Célestin 13.60 Grandby (Shefford) 39.40 Beauceville 500.00 Nicolet 33.59 Notre-Dame-de-Hull 1.23 Notre-Dame-de-Hull 125.99 Verdun 1,000.00 Saint-Étienne-des-Grès 27.06 Plessisville 27.30 Trois-Rivières 628.63 Verner, Ltd 16.09 Sainte-Madeleine 7.32 Saint-Philippe des T.-R 27.11 Saint-Frédéric de Drummond .4.40 Kapuskasing, Ltd 14.58 Saint-Simon de Drummond 60.30 Sainte-Marguerite de Cortone.0.88 Mont-Joli 34.08 Christ-Roi de Shawinigan 25.50 Saint-Hyacinthe 569.88 Mauricienne de Shawinigan 124.18 Dolbeau 5.41 Ernest-Boivin 500.27 Roberval 206.44 (( Les Joris sont ceux qui auront eu le courage de se prémunir moralement contre les désillusions.» — Jules Savarin ?(( On est plus heureux souvent du bonheur qu’on espère que du bonheur qu’on a.)> — Louis Veuillot Volume XXII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 49 Bénédiction et inauguration de l’édifice de la Caisse populaire de Trois-Rivières DE toutes les Caisses populaires Desjardins de notre province, la Caisse populaire de Trois-Rivières est une des premières ; quant à Tâge d’abord, puisqu’elle a été fondée le 24 octobre 1909, alors que M.Desjardins établissait sa première Caisse populaire en décembre 1900 ; et quant à sa stature ; elle comptait, au 31 janvier dernier, 6,929 sociétaires, avec un actif de $5,737,506.21, et un mouvement d’opérations de $36,111,-659.au cours de Tannée sociale se terminant le 30 novembre 1955.Samedi, le 4 février, les dirigeants de la Caisse populaire de Trois-Rivières, auxquels s’étaient joints des représentants de l’Union régionale de Trois-Rivières, dont le président M.Gérard Rivard et le gérant M.J.-J.Caron ; de la Fédération des Caisses populaires Ç)esjardins de Québec, dont M.Emile Girardin, premier vice-président, et M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire ; de TAs- -?- surance-Vie Desjardins, dont M.Alfred Rouleau, gérant général ; et de la Société d’assurance des Caisses populaires Desjardins dont M.François Adam, son directeur général, avaient le plaisir d’accueillir Son Excellence Monseigneur Georges-Léon Pelletier, évêque de Trois-Rivières, qui avait bien voulu accepter de bénir le nouvel édifice de la Caisse populaire de Trois-Rivières.À Tissue de la cérémonie.Son Excellence exprima le témoignage de l’Eglise envers l’œuvre si bienfaisante de nos Caisses populaires Desjardins.Nous sommes heureux de reproduire ci-après, au bénéfice de tous, l’allocution de Son Excellence, qui évoque l’esprit de dévouement tout imprégné de sens chrétien des pionniers et continuateurs de l’œuvre des Caisses populaires Desjardins et les bienfaits qu’elles dispensent à notre peuple.Furent également appelés à adresser la parole, M.Frédéric Poliquin, président, qui retraça l’histoire de la Caisse populaire de Trois-Rivières et rendit hommage à la mémoire de M.le commandeur Laurent Létourneau, qui en fut le président de 1940 jusqu’à son /îécès en décembre dernier ; M.Emile Girardin, qui, à titre de premier vice-président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec, exprima les bons sentiments et les vœux de la Fédération envers la Caisse populaire de Trois-Rivières et envers l’Union régionale de Trois-Rivières, qui ont connu les difficultés de l’œuvre naissante et qui ont su, avec une énergie indomptable, les vaincre.Son honneur le maire Laurent Paradis félicita la Caisse populaire de Trois-Rivières de sa belle contribution à la prospérité de la ville et lui souhaita d’autres succès.M.Gérard Rivard, agronome, président de l’Union régionale de Trois-Rivières, félicita la Caisse de son magnifique édifice A la bénédiction de l’édifice de la Caisse populaire de Trois-Rivières.I (Photo : H.-A.Beaudoin.) r m % !¦'> m M • _# ; ; U fP u \ St M* vQ ¦ m v*'.**' '"-T * / * m v V 4 v» >t % ” (f ' ,f >(.f-jj* 'fi * P ¦P «I f» i î •C i» * 2* S»» m ^ ^ «SM % .«SK.1 * 50 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1956 et rappela Tesprit qui ne doit cesser d’animer l’œuvre.M.Robert Durand, gérant de la Caisse populaire de Trois-Rivières, présenta et remercia les orateurs.Il exprima la reconnaissance des dirigeants de la Caisse populaire de Trois-Rivières à tous ceux qui ont contribué à son progrès, ainsi qu’à ceux qui ont participé à la manifestation, à son Excellence, en particulier.Parmi les assistants, on remarquait, outre ceux déjà mentionnés.M.l’abbé Armand Lamy, secrétaire de l’évêque, M.H.-R.De Cotret, administrateur, M.Orner Desjardins, m.d., neveu du fondateur, le commandeur Alphonse Desjardins, M.Napoléon Alarie, Me François Norbert, etc.ALLOCUTION DE SON EXC.M*r G.-L.PELLETIER L’événement que nous célébrons aujourd’hui marque une glorieuse réalisation dans la montée constante des Caisses populaires Desjardins.Il nous engage aussi à faire encore mieux demain.Ce qui distingue les Caisses populaires des autres organisations économiques similaires, c’est la pensée éminemment sociale qui a présidé à la fondation de cet organisme.Pensée qui en est restée la règle d’or.C’est pourquoi aujourd’hui, dans la bénédiction de cet édifice somptueux, nous sommes venus surtout apporter le témoignage de notre vive satisfaction à cet esprit hautement bienfaisant, cette lumière rayonnante grâce à laquelle les peuples se portent mieux.Personne ici n’ignore que les fondateurs des Caisses populaires ne sont pas réunis pour se demander quoi faire afin d’accuser des profits personnels, mais ils se sont plutôt penchés sur une formule capable d’aider les autres, voire de les mettre en état de s’aider eux-mêmes.Il s'agissait d’apprendre à chacun que l’argent s’épargne et de montrer ensuite comment cette richesse matérielle peut servir de crédit à l’entourage.C’est ce qui fait que les Caisses populaires ont réuni dans une seule formule ce qui, jusque-là, avait été distinct, c’est-à-dire l’épargne en même temps que le crédit populaire.Pour cela, il fallait penser au prochain parce que l’argent, chacun en convient, est plus facile à gagner qu’à conserver.Ainsi, par l’éducation, au moyen de cercles d’études, on a inculqué petit à petit aux nôtres le goût de l’épargne.En déposant à la Caisse populaire, un sou sur un sou, un dix sous sur un dix sous, un dollar sur un autre dollar, l’épargnant compréhensif taillait dans son budget quotidien se préparant ainsi un meilleur lendemain.Ceci est pour l’individu.Mais les Caisses populaires, selon le geste de leur fondateur, ont poussé la notion de l’épargne plus loin.Monsieur Desjardins, en effet, a voulu que le petit déposant songeât sans doute à épargner pour lui, sans non plus oublier les autres.C’est-à-dire que les montants accumulés par les dépôts à la Caisse populaire augmentent d’autant les possibilités pour le crédit.Dès lors, la Caisse devient non seulement un endroit où l’on se rend dans le but de pratiquer l’économie, mais c’est aussi un lieu où l’on va pour augmenter le potentiel du bien commun.Ce dernier aspect représente pour le milieu une énorme assurance de progrès.Aujourd’hui, en bénissant cette majestueuse construction, dont l’extérieur marque la solidité de l’entreprise et dont l’intérieur symbolise notre fierté, nous voulons dire notre joie profonde à tous ces vaillants apôtres qui ont apporté une heureuse solution à un problème angoissant de chez nous, à ces patriotes clairvoyants qui ont su que nous, les Canadiens français, devions tout rebâtir.À ces collaborateurs intrépides et généreux, à cette phalange d’authentiques bâtisseurs de notre peuple, nous disons aujourd'hui notre plus profonde et notre meilleure reconnaissance.La liturgie de la Septuagésime qui nous achemine au careme, parlera de la mortification dans le but de nous faire épargner.Cette liturgie nous montre qu’une telle façon d’agir augmente de beaucoup notre crédit.Cette fois, il s’agit d’un crédit éternel.Vous voyez à quel sommet les Caisses Ïpopulaires puisent la vérité qui es anime.D'ailleurs, Monsieur Desjardins et son équipe, avaient surtout des pensées du ciel.Il n’est pas exagéré de dire que c’est un sermon, d’ordinaire propre à nos églises, qu’il faudrait donner lors de la bénédiction des Caisses populaires, afin d’expliquer nettement la pensée des pionniers et montrer pourquoi cette œuvre qui a commencé comme un grain de sénevé, est aujourd’hui un grand arbre, dont le riche feuillage pourra abriter longtemps encore notre peuple.Pour avoir pris comme premier président celui qui est à la gouverne du ciel et de la terre, celui dont le crucifix est suspendu dans chacune de nos Caisses populaires, la lumière est venue.Cette lumière n’a pas été à courte portée, mais elle a permis de voir grand, de bâtir sur du solide, de bien enseigner aux nôtres comment on doit gravir peu à peu une pente, si abrupte soit-elle, et de quelle façon on s’achemine vers les sommets.Avec la grâce de Dieu, par le sens chrétien, et le travail consciencieux, les directeurs des Caisses populaires ancraient dans les esprits l'idée de l’épargne, laquelle faisait du déposant lui-même un capital pour les autres.La grande valeur des Caisses populaires, c’est qu’avant d’être un capital-argent, elles ont été un capital humain et un capital chrétien.Dans la mesure où elles resteront ce capital chrétien et ce capital humain, elles pourront garantir pour les nôtres une richesse provenant sans doute de l’épargne de chacun, mais qui permettra de s’élever vers une saine prospérité, et d’assurer l’épanouissement des plus belles qualités de notre peuple. Volume XXII, n° 3 LA REVUE DES JARDINS 51 L’épargne scolaire LES élèves du couvent du Saint-Esprit, à Québec, assistaient récemment à une manifestation en faveur de l’épargne, qui vise à développer chez les jeunes des habitudes de modération et de prévoyance.M.J.-J.Girard, n.p., président de la Caisse populaire du Saint-Esprit, présidait.Après avoir déploré le gaspillage auquel se livrent des enfants, Me Girard encouragea les élèves à faire un usage modéré de leur argent, à s’entraîner à l'économie, et à devenir des épargnants par la pratique de l’épargne des sous.M.Roland Nadeau, directeur des études à la Commissions des écoles catholiques de Québec, était aussi présent.(( C’est sur vous que nous comptons surtout, vous, les mères de famille de demain, car la maman est la clef du succès au .foyer, )) dit-il.« Il faut vous préparer immédiatement à votre tâche future en pratiquant l’économie et la tempérance de vie.)) M.Joseph Turmel, propagandiste des Caisses populaires pour l’Union régionale de Québec, a fait un vibrant appel à l’esprit de sacrifice, base d’une saine épargne.au couvent du Saint-Esprit (Québec) -?- Assistèrent également à cette manifestation M.Jean-Thomas Payeur, gérant de la Caisse populaire du Saint-Esprit, M.Raymond Lemieux, responsable auprès de la Caisse populaire paroissiale de la Caisse scolaire du couvent du Saint-Esprit, la Révérende Sœur Sainte-Monica, responsable de la Caisse scolaire au couvent, et la Révérende Sœur Saint-Norbert, directrice du couvent.Plus de 400 enfants déposent a cette Caisse scolaire qui est administrée par les élèves de 11e année; on peut les voir à l’œuvre, ci-dessous, en train de recevoir les dépôts sous les regards admirateurs de leurs aînés.Voici une partie du texte de l’allocution de M.le directeur des études, M.Roland Nadeau : « Je vous félicite pour l’entrain que vous apportez à la Caisse scolaire.Vous tenez le premier rang dans nos écoles pour le souci de l’économie de vos sous.(( Nous comptons sur vous, chères élèves : l’avenir de notre population est entre vos mains, vous êtes les femmes de demain.Il est vrai que plusieurs parmi vous feront des religieuses .donc, vous saurez donner à vos élèves le sens de l’économie.Pour vous-mêmes, la chose sera réglée par le vœu de pauvreté .Cependant, la majorité des élèves seront dans quelques années des mères de famille, songez quel avantage vous retirerez alors d’avoir appris à épargner.On dit que quand les hommes réussissent, cela dépend de la femme .Et cette habitude de l’économie chez la mère de famille s’est prise à l’école.« Oui, votre Caisse est active.Les grandes élèves s’entraînent en même temps à la tenue du carnet de dépôt, plusieurs, je crois, ont déjà rempli les fonctions de caissières ?Elles seront donc toutes préparées à tenir plus tard leur budget familial.(( On dit que si le peuple canadien ne s’habitue pas à la tempérance et à l’économie, il est appelé à disparaître, et ce peuple, c’est vous I « Soyez capables de vous priver de ces liqueurs qui n’ont aucune valeur nutritive.Si l’une de vous peut me prouver le contraire, je 52 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1956 lui en achète immédiatement une caisse .Buvez du lait, c’est plus nourrissant.Non pas qu’on veuille vous faire un crime de vous accorder, de temps à autre, une petite douceur, ni même vous interdire absolument l’entrée dans les restaurants .mais simplement, on veut travailler à votre santé et, partant, à votre bonheur futur.Et cet argent que vous déposerez à la Caisse populaire ou Caisse scolaire, ce doit être celui que vous avez la permission de dépenser à votre guise.Que penseriez-vous d’une élève qui déposerait tout l’argent de ses petits cadeaux, et qui irait ensuite arracher l’argent de ses parents pour s’accorder’ toutes sortes de friandises ?.Ce serait sûrement mal comprendre l’économie.(( Pensez que vous serez, chères demoiselles, le salut de notre race.par vos habitudes d’épargne et de tempérance, cela vous stimulera à la générosité dans le sacrifice.C’est, je vous le répète, simplement pour assurer votre bien-être futur que nous vous donnons ces conseils, et nullement pour vous prêcher le vœu de pauvreté.« Et je termine, chères enfants, en vous disant combien nous sommes fiers de vous et votre couvent 1 )) Paroissial.lui aussi LE crédit est nécessaire, c’est entendu.Pour être bon, il faut qu’il soit fait avec cœur et intelligence.Il faut aussi qu’il soit paroissial.Cette qualité a son importance.Et pourquoi un crédit paroissial plutôt qu’un autre ?Mais pour qu’il puisse être contrôlé 1 .Comment savoir si tel ou tel emprunteur use sagement de crédit s’il demeure à l’autre bout du comté ?Pourquoi encore le crédit paroissial ?Mais pour tuer le crédit chez le marchand, crédit qui s’avère mauvais 111 Et il est mauvais parce qu’il accoutume (ou a accoutumé) nos gens à vivre avec de l’argent qu’ils n'ont pas encore gagné.Je comprends qu’il se présente des cas où un petit crédit s’impose.Mais à côté de ces cas accidentels, que d'abus 1 1 1 Ils sont encore nombreux les salariés, et d’autres aussi, qui ont des comptes de cent dollars et plus, et qui, quelquefois, ont de l’argent en banque.Feuilletez ces comptes .Vous en trouverez des choses inutiles, achetées parce que « c’était à crédit )).Le crédit paroissial enseignera à tout le monde que Vous voyez le système : sans modifier la monnaie de paiement, le souverain modifiait sa valeur en monnaie de compte.C’était alors le moyen des dévaluations.Sur le louis, pas plus que sur l’écu, aucune indication de valeur n’était portée ; la pièce était ornée de l’effigie du roi ou de fleurs de lis ou de tout autre symbole.On se gardait de la marquer : 20 livres, ce qui permettait de faire varier son cours selon les besoins du trésor ou de T économie.Sans doute, il y avait d’autres moyens pour dévaluer, on pouvait aussi rogner les pièces ou les refondre, en émettre d’autres d’un poids moindre ou d’un titre plus réduit, sans modifier leur valeur en monnaie de compte.Le nouveau louis allégé valait toujours 20 livres, mais il renfermait alors moins de métal.Par l’un ou l’autre moyen, la monarchie put ainsi procéder à des dévaluations, des dévaluations en cascades, si bien que la livre, qui, à l’origine, devait représenter une livre d’argent, soit un peu moins de 500 grammes, finit, à l’agonie de l’ancien régime, par ne plus représenter que 5 grammes.Si l’on veut traduire cette même livre en termes d’or, on constate parallèlement qu’elle valait près de 5 grammes en l’an 1300, moins de 2 grammes en l’an 1500, 44 centigrammes en l’an 1700, et 29 en 1789, 29 centigrammes d’or, nous verrons qu’à cette exacte équivalence le franc de germinal prendra le relais de la livres.Il nous reste à dire pourquoi la livre fut dévaluée, pourquoi la monarchie dévaluât avec tant de persévérance.Mais pourquoi?Tout simplement parce qu’elle ne pût pas faire autrement.Tout au long de sa carrière, il lui fallut couvrir par cet expédient ses besoins financiers, soit pour mater les féodaux de l’intérieur, soit pour tenir tête aux ennemis de l’extérieur.Jusque sous Charles VII il n’y eut pas d’impôt permanent et les dévaluations tinrent lieu d’impôt.rapport métalliq À ces mobiles politiques et financiers s’ajoutèrent des mobiles techniques.Même après la découverte de l’Amérique, le métal fit cruellement défaut, parce que la production et les échanges augmentèrent plus encore que le stock métallique.Comment répondre à ces besoins grandissants ?En décidant que chaque pièce vaudrait davantage.Bref, l’ancien régime dévalua avec d’autant moins de scrupule que l’opinion blasée ne s’en indignait guère.On nous a bourré le crâne dans nos manuels scolaires en enseignant que Philippe le Bel fût honni comme roi faux-mon-nayeur.S’il a effectivement soulevé la colère populaire c’est précisément, bien au contraire, lorsqu’il a cru devoir revaloriser la monnaie aux dépens des débiteurs (qui ont toujours le nombre pour eux).S’il y eut un faux-mon-nayeur dans l’histoire de la monarchie — et il y en eut — ce fut celui qui, durant les désordres de la guerre de Cent-Ans, altéra secrètement la monnaie en trichant sur le titre des pièces d’argent ; ce fut le dauphin Charles qui devint Charles le Sage.René Sédillot {Le journal des Caisses d’épargne, France.) {À suivre') M.ADJUTOR VILLEMURE La Caisse populaire de Charette regrette la perte d’un de ses fondateurs en la personne de M.Adjutor Villemure, décédé le 30 janvier dernier, à Tâge de 69 ans.Membre du conseil de surveillance depuis la fondation de la Caisse en 1943, M.Villemure fut toujours animé d’un bel esprit de coopération.Actif et dévoué, il fut président de la commission scolaire, conseiller municipal, marguil-lier.Tous les coopérateurs auront sans doute une pensée pour lui dans leurs prières, et plaise à Dieu de récompenser IN MEMORIAM -?- celui qui l’a bien servi à travers ses frères.Nos vives sympathies à la famille.M.ÉVANGÉLISTE ROY Le 6 février 1956, décédait à East-Broughton, comté de Beauce, M.Évangéliste Roy, à l’âge de 59 ans.Il avait été membre du conseil de crédit de la Caisse populaire de Sacré-Cœur-de-Jésus, Beauce, de novembre 1942 à décembre 1952.M.Roy, homme d’expérience et d’un grand dévouement, rendit des services signalés à cette Caisse.Nous sympathisons avec ceux qu’éprouve profondément le départ de M.Évangéliste Roy.M.ÉLIAS GAGNÉ, N.P.Est décédé en février, M.le notaire É1 ias Gagné, qui fut plusieurs années gérant de la Caisse populaire de Saint-Étienne de La-Malbaie.Nos sincères sympathies à la famille si cruellement éprouvée.Tous ceux qu’il a aidés auront sans doute une pensée pieuse pour le repos de son âme. Volume XXII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 55 Ma terre : c'est ma police d'assurance-vie !.-4- TRÈS bien.Monsieur le cultivateur, votre terre est le bien qui a le plus de valeur et elle sera d'une grande utilité pour votre famille si le malheur frappait à votre porte .Mais, Monsieur, que vaut la terre sans vous ?.C'est bien vrai, la terre a de la valeur, de même la maison, les bâtisses, le tracteur, les instruments aratoires, le bétail ; tout ceci forme le capital dont vous vous servez pour bâtir votre revenu.Mais que peuvent produire ces valeurs sans la tête pour les exploiter ?Vous en doutez .eh bien voici : c'était un jeune cultivateur de 32 ans, marié et père de quatre enfants (trois garçons, une fille), intelligent, travailleur et par le revenu produit, on le considérait comme un fermier prospère.Sa ferme était une entreprise florissante ; voici en résumé quelle était son organisation : Ferme et bâtisses.$12,000.00 Tracteur et instruments aratoires.4,000.00 Bétail.3,000.00 L'imprévu arriva.On le trouva mort dans son champ écrasé par son tracteur.Sa femme et ses enfants encore trop jeunes ne pouvaient cultiver seuls.Des voisins les aidèrent au début, mais ils avaient déjà suffisamment à faire chez eux.Un homme engagé fut la solution pour administrer la terre, mais un engagé, bon tant que vous voudrez, ne réussit jamais à sortir le même revenu que le mari, impossible pour lui d'avoir le même intérêt, et résultat : Ferme et bâtisses.$12,000.00 Tracteur et instruments aratoires.4,000.00 Bétail.3,000.00 Total des valeurs encore.$19,000.00 Revenu de Tannée.$3,040.00 Obligations fixes (remboursement d’hypothèque).600.00 Balance.'.$2,440.00 Salaire de l’engagé.1,500.00 Total de ses valeurs $19,000.00 Revenu annuel moyen depuis 7 ans.$3,800.20 Obligations fixes (remboursement d'hypothèque).600.00 Revenu net pour lui et sa famille.$3,200.00 Revenu net pour la veuve et pour ses enfants.$940.00 Eh bien 1 en voilà un de ceux-là pour qui la terre : c était sa police d’assurance-vie ; sa femme et ses enfants, tous assurés de $1,000.00 ; lui : aucune.Et maintenant ?.avec la baisse du revenu, le Si ce papa décédait par malheur, son jeune fils pourrait-il conserver cette jerme ?(Photo : Service de Ciné-photographie.) 56 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1956 budget ne balance plus : les dépenses remportent sur les revenus ; un problème de finance se pose et quelle solution trouver ?Ne pouvant tenir le coup plus longtemps, un bon jour, le long de la route régionale, nous avons pu lire : TERRE À VENDRE La terre de $19,000.il y a trois ans a été vendue $15,400.; $9,400.comptant, et la balance payable $500.par année pendant 12 ans, sans intérêt.Du montant comptant, $3,400.a servi à payer la balance de T hypothèque.La mère et les enfants ont dû quitter avec regret une maison modeste mais confortable pour se contenter d'un loyer de trois pièces et comme revenu : l'intérêt du placement de $6,000.à 5%, soit $300.et le $500.du paiement de la terre ; au total $800.par année.Du revenu de $3,800.il y a trois ans, il ne reste plus que $800.aujourd'hui .Adieu pour les projets d'avenir, rêvés pour les enfants ; plus d'argent pour les études ; plus de carrière professionnelle ; pour eux plus de 70% des portes resteront fermées ; ces emplois sont réservés à des diplômés d'université.Et que représente en « dollar )) et « cent )) la valeur d'une instruction supérieure ?D'après une statistique récente, voici une idée du revenu d'hommes qualifiés de 25 à 65 ans.Période Revenu moyen annuel Revenu total 25-30 ans $3,000.00 $15,000.00 31-35 » 5,000.00 25,000.00 36-40 » 7,500.00 37,500.00 41-45 » 8,500.00 42,500.00 46-50 » 12,000.00 60,000.00 51-65 » 15,000.00 225,000.00 Gain total : 405,000.00 Maintenant que les portes du collège sont fermées à ces enfants .ils travailleront environ 47 ans .de 18 à 65 ans .pour un revenu moyen de $3,000.par année et leur vie représentera une valeur en argent de $140,000.à $150,000, soit le tiers du revenu possible de l'homme instruit.Et voilà.Monsieur, l'histoire vécue de notre cultivateur prospère dont la famille a connu toutes les difficultés financières.Il manquait un élément essentiel dans son organisation, il n'avait pas prévu une mort à 32 ans et un revenu pour remplacer celui gagne par son travail.* * * * famille un revenu pour pouvoir vivre sur la ferme aussi longtemps qu'ils le désireront sans s'inquiéter de la récolte de l’année prochaine ou des prix des marchés ?Qui s'intéressera à garantir à vos enfants de pouvoir prendre avantage d'un cours dans une école moderne spécialisée en agriculture ou d'un cours classique et universitaire ?Qui garantira tous ces avantages si vous avez le malheur de mourir alors que vos enfants sont encore très jeunes ?La solution Et maintenant, voulez-vous une solution à votre problème ?Toutes nos institutions canadiennes-françaises d'assurance sur la vie et, plus près de vous, l'Assurance-Vie Desjardins, fondée par vos Caisses populaires Desjardins, et la Mutuelle-Vie de l'U.C.C., fondée par votre organisation professionnelle, sont en mesure de régler tous vos problèmes d'assurance et d'apporter le moyen le plus économique pour réaliser vos ambitions.1.À votre décès : elles garantiront les montants nécessaires pour régler tous les comptes courants : hôpital, médecin, frais funéraires, services d'église, taxes, etc., et s'il y a une hypothèque, elles garantiront un montant d'argent immédiat pour annuler toutes dettes grevant la propriété.De plus, à votre décès, elles garantiront un revenu suffisant à votre femme pour payer un homme engagé et les revenus de la terre lui resteront en entier pour vivre comme auparavant et assurer l'instruction des enfants.2.De votre vivant : il n'y a pas de perte d'argent sur un contrat d'assurance-vie ; vous avez toujours une valeur égale au déboursé.Même si vous avez à discontinuer votre contrat d'assurance-vie pour des raisons personnelles ou d'affaire, vous avez toujours droit à un contrat libéré ou à des options de règlement pour la partie du contrat que vous avez payée en réalité.Comment ça coûte pour une pareille protection ?Pas cher.Sans connaître votre âge, le déboursé annuel serait soit l'équivalent de dix minots de patates par mois, ou bien la valeur d'une demi-paye de jDeurrerie ou bien la vente deux ou trois porcs.Etes-vous intéressé à avoir plus de renseignements ?Consultez un représentant ou écrivez directement au siège social.Vous recevrez gratuitement toute l'information désirée et, en plus, il nous fera plaisir de vous servir et de protéger vos biens et votre famille.Herve Hudon, C.L.U., L’Assurance-Vie Desjardins.?« La jeunesse, la beauté, la Jortune, l’amabilité n en a pas.)) ?ont un terme ; — Petiet Sans aucun doute, votre ferme servira à prendre soin de votre famille, mais qui se chargera de l'administrer ?Qui se chargera de garantir à votre « La vertu doit être le premier souci d’un État qui mérite vraiment ce nom.)) — ARISTOTE Volume XXII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 57 LES pêcheurs de la Gaspésie, des îles de la Madeleine et du comté de Saguenay, sur la Côte nord, bénéficient, depuis une quinzaine d’années d’un crédit maritime dispensé par les Caisses Crédit maritime -?- populaires, avec l’assistance du ministère des pêcheries de la province de Québec.Voici des chiffres qui indiquent l’ampleur de l’aide financière ainsi fournie aux pêcheurs : PRÊTS EN VIGUEUR au 31/3/55 au 30/9/55 Nombre Montant Nombre Montant Gaspésie 103 $55,072.79 179 $61,412.99 îles de la Madeleine 278 109,434.14 256 109,011.65 Saguenay 44 14,619.91 49 13,607.21 425 $180,126.84 484 $184,031.85 CRÉDIT MARITIME du 1er mars 1941 au 31 mars 1955 Nombre prêts Montant des prêts Rembourse- ment d’intérêts Prime d’ass.-vie Gaspésie 1,879 $582,160.91 $26,096.28 $5,365.85 îles de la Madeleine.2,101 854,426.21 25,794.06 8,093.70 Saguenay 218 41,267.86 3,922.19 488.82 4,198 $1,477,854.98 $55,812.53 $13,948.37 Montant moyen par prêt.$352.00 Remboursement d’intérêt moyen par prêt.13.30 Montant moyen par prêt.$352.00 Remboursement d’intérêt moyen par prêt.13.30 CRÉDIT MARITIME du 1er avril 1955 au 30 septembre 1955 Gaspésie îles de la Madeleine Saguenay 179 256 49 37 27 9 $84,030.18 19,435.00 $167,860.00 $25,060.12 24,575.00 3,725.00 61,412.99 109,011.65 13,607.21 1,014.97 2,180.22 260.68 Ces chiffres sont éloquents, ils indiquent bien l'assistance considérable que les Caisses populaires Desjardins et le gouvernement de Québec ont fourni aux pêcheurs de ces régions.En ces derniers temps, une règlementation nouvelle a permis des prêts plus élevés ; jusqu’à $3,500., remboursables en cinq ans, pour l’achat de cordiers et de chalutiers.Il convient également de signaler que les Caisses populaires Desjardins n’ont jamais subi de pertes avec ce genre de prêts ; le département des pêcheries maritimes du Québec s’est efforcée de trouver des solutions et, parfois même, de suppléer à l’incapacité de payer de quelques emprunteurs à la suite de maladie, d’invalidité, d’accidents ou autres raisons graves jugées valables.Rosario Tremblay ?LOIN DU CIEL Madame Masami Tsujita, inspectrice générale des écoles élémentaires de Tokyo, a décidé qu’aucune institutrice ne pourrait être engagée désormais si sa taille était injérieure à 1 mètre 50.Elle a motivé ainsi cette décision : « Si elles sont trop petites, elles ne peuvent atteindre le tableau noir et, à la promenade, il est impossible de les distinguer de leurs élèves.» BILLET (Suite de la page 42) Avec un petit salaire, il a jait de petites économies, surveillées par le budget que l’histoire de sa vie semble nous montrer comme du doigt.Nous pourrions d’abord imiter le Rock-Jeller sacristain ou garçon de course, c est facile, et à la portée de tout le monde.Il est aisé, en le voulant, de faire son budget.Mais devenir président de la Standard Oil Company, ce n’est pas à la portée de toutes les ambitions.Montra ns-nous d’abord fidèles dans les petites choses.Et le reste nous viendra par surcroît.Jos.Turmel 58 LA REVUE DES JARDIN S Québec, mars 1956 La jeunesse et l'établissement rural -?- Jean Paul Lettre, agronome, assistant-directeur du Service de L’enseignement agricote, ministère provincial de L’Agriculture, a donné à l'occasion de la 31e session des Semaines sociales du Canada, section française, tenue à Mont-Laurier, en 1954, un cours magnifique sur la jeunesse et l’établissement rural.Il est à Lire, à méditer et à retenir pour action.Pour vous en donner un avant-goùt, en voici un extrait qui rappelle deux des moyens qu il suggère pour amener notre jeunesse à se préparer un avenir heureux.C’est par le travail et l’épargne que nos jeunes, conscients de leurs devoirs, se forgent un avenir heureux et se préparent à faire face à Leurs responsabilités qui iront grandissant avec la vie.« IDE-TOI et le ciel t’ai-dera », dit un vieux proverbe.Or, pour assurer le succès de l'établissement rural, il faut absolument que les jeunes s'aident eux-mêmes et participent intensément à la préparation de leur avenir en mettant en œuvre toutes les ressources de leur être.Il y a là une responsabilité que chacun doit prendre, puisqu'il s'agit, en l’occurrence, d'une chose bien personnelle.Malheureusement, nous constatons trop souvent de nos jours un désintéressement mal placé, et une sorte d'insouciance de la jeunesse en regard de son établissement.Il y a, à ce sujet, une prise de conscience claire et nette et une responsabilité qui doivent être inculquées aux jeunes, afin de les amener graduellement à voir bien en face ce qui les attend demain.Notre jeunesse doit avoir conscience de sa propre valeur, des devoirs qui lui incombent, et des ressources innombrables qu'elle représente.C'est en mettant à profit ces trésors d'intelligence, d'énergie et de bonne volonté, que chacun réussira à bâtir solidement son avenir.PAR LE TRAVAIL ET L’ÉPARGNE Mais, pour bâtir, il en coûte quelque chose, particulièrement en 1954.En conséquence, il est indispensable que la jeunesse apprenne à travailler, à se priver et à pratiquer l'épargne, afin de faire des économies suffisantes qui lui permettront d'envisager l'avenir avec confiance.Sans vouloir trop généraliser, il est cependant inquiétant de voir le gaspillage qui se fait, même dans nos bonnes paroisses rurales.De petites fortunes se dilapident en futilités de toutes sortes, qui seraient tellement utiles au moment de l’établissement.D'autres mèneront une existence misérable pour avoir manqué de prudence en dissipant follement leur avoir pendant les belles années de leur jeunesse.En bien des cas, il ne s'agit pas seulement de largesse ou de libéralité, mais plutôt de prodigalité.Or, nous savons que la prodigalité a pour objet les passions excitées par l'argent.(( Quand on ne cherche pas son plaisir dans la vertu, on le cherche dans les jouissances matérielles », nous dit saint Thomas.Il est vraiment regrettable qu'une si forte proportion de notre jeunesse n'ait pas su profiter des années de prospérité exceptionnelle que nous venons de traverser, pour accumuler sagement un petit capital lui permettant de s'établir convenablement.Il faut dire, heureusement, qu'il y a eu des sages, qui ont su prélever régulièrement, sur leurs gains, des sommes qui, à la longue, les ont conduits vers la sécurité et l'aisance.Honneur à tous ces jeunes 1 Et que leur exemple serve de modèle aux uns, et d'encouragement aux autres.Ce qu'ils ont accompli avec tant de générosité, d'autres peuvent l'accomplir.Donnons l'exemple et enseignons partout la nécessité du travail et la pratique de l'épargne.•-^-• On dit que.LE CINÉMA MOINS ACHALANDÉ Les Canadiens ont consacré une moyenne de $7.80 au cinéma en 1954, soit 6% de moins que le sommet de $8.30 dépensé en 1953 et première diminution jamais enregistrée.Au total, les Canadiens ont dépensé $118,490,819.en 1954 contre $122,655,068.en 1953- La dépense moyenne au Québec est passée de $7.00 à $6.04.Dans la province de Québec le prix d’entrée moyen à Montréal ne le cédait qu'à celui de Sherbrooke, tandis que l'utilisation moyenne ne surpassait que celle de Verdun et de Hull (19% chacune).C’est aux Trois-Rivières que l'utilisation moyenne a été la plus élevée (20%) et le prix moyen le moins élevé ($0.44).MAIN-D’ŒUVRE FÉMININE Sur 1,000 personnes de l’industrie canadienne en 1954, 225 étaient des femmes : c'est la proportion la plus haute depuis 1946, alors qu'elles répondaient pour 234.Quand, au 1er octobre 1944 (durant la guerre), l'embauchage des femmes a atteint son point culminant, la proportion était de 271 sur 1,000. Volume XXII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 59 Service de renseignements -4- Nous avons reçu récemment une lettre d'un coopérateur nous soumettant quelques questions, avec prière d'en publier la réponse dans une prochaine publication de La Revue Desjardins.Voici les questions soumises, avec notre réponse : Q.— Est-il vrai que Les Caisses populaires Desjardins sont régies par La Loi des assemblées délibérantes et que Les clauses de cette Loi prévalent sur les statuts des Caisses ?Le président d’une Caisse populaire a-t-il droit de vote lors d’une assemblée des directeurs ?Et le gérant, croyez-vous qu il devrait être directeur et par le fait même avoir droit de vote aux assemblées des directeurs ?Ne croyez-vous pas que le gérant peut être intéressé dans beaucoup de décisions que prennent les directeurs : heures de travail, salaires, y compris celui du gérant, relations des employés et des sociétaires, etc.?R.— 1 ° Il est certain que la loi prévaut sur les règlements, et la loi est bien explicite, et dit qu'on ne peut faire un règlement — ce qu'on appelle souvent statut — venant en contravention avec la loi.Exemple : une compagnie ne pourrait faire un règlement qui viendrait en contravention avec la loi des compagnies.2° Le président de la Caisse populaire a droit à deux votes : l'un comme directeur de la Caisse, parce qu'il a d'abord été élu directeur, et ce sont les directeurs entre eux qui l'ont nommé président ; l'autre comme président, s'il y a lieu.3° Monsieur Desjardins lui-même a toujours soutenu que le gérant de la Caisse populaire devait en être directeur, parce qu'il voulait que le gérant prenne les mêmes responsabilités que les directeurs.Vous savez que la loi est très formelle, elle dit à l'article 50 :
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