Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1955, Février
I R-243 ÎOLLEG irriininirir EDIFICE DESJARDINS .efeS- %?V- t t S ¦r 1/ J \ '* x.'•J »• A mt -M v :'4i.«*•••• 4 ^ ¦TIlPKIlDnil hr V^ym $ .'-Æ ^ *Â* ; ss|* ¦ '¦* V l‘ • Î •« ?» BILLET - 4 - UN jour de l’été dernier, en parcourant Le cimetière du Père La Chaise, à Paris, oil, sur les épitaphes, on lit tant de noms qui ont illustré Leur temps, j’ai été Jrappé par cette poésie de Henri Becque, gravée sur une pierre tombale : « Le temps et ses leçons amères Ne nous guérissent qu'à moitié.Nous reconnaissons nos chimères Sans pouvoir les prendre en pitié.Un jour, après des maux sans trêve.Nous nous arrêtons, consternés .Et puis nous reprenons nos rêves Que leur histoire a condamnés.Artistes, quel sort est le nôtre 1 Nous courons d'une erreur à l'autre.Têtes folles et cœurs blessés.Dans ce besoin d'amour immense Une voix nous dit « recommence », Quand l'autre nous dit « c'est assez ».» Par la volonté du Créateur, ne sommes-nous tous des artistes ?Nous avons la mission, en effet, de faire un chej-d’ œuvre de notre vie, et aussi d’aider les autres dans le même travail de beauté, pour nous grandir à nos propres yeux.Nous n’aurons vraiment de succès que dans la mesure où nous aimerons notre prochain comme nous-même.« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu .» C’est le plus grand et le premier commandement.Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain .De ces deux commandements, toute la Loi dépend.Dans un monde rempli de haines, voilà un ordre qui paraît bien nouveau : les hommes se comportent comme s’ils ignorent qu il y a un devoir d’aimer leurs frères, les autres hommes ; et pourtant il n’y a pas d’équivoque : « C’est à cela que tous vous reconnaîtront : si vous avez de l’amour les uns pour Les autres.» Il ne s’agit donc pas tant de sauvegarder la justice, que de savoir si nous avons de l’amour.Il ne s’agit donc pas de ne pas se nuire, ni de sauver Les apparences, mais il s’agit d’aimer.Ce n’est pas une simple convention sociale, un geste extérieur, mais quelque chose de cordial, d’affectif, qui nous fera considérer (( l’éminente dignité de la personne humaine.» L’amour du prochain ne sera pas le caprice passager d’une sentimentalité versatile ou d’une émotion de surface.Au-dessus des préférences ou des répulsions naturelles, il y a la vraie charité qui veut ignorer ces sentiments : elle n’en connaît qu un qui l’emporte sur tous les autres, elle sait qu elle doit se donner et pour cela s’oublier elle-même : « elle n’est pas envieuse ; elle n’a ni jactance, ni enflure, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne garde pas rancune du mal.» Cette loi d’universelle charité est dure au cœur égoïste qui bat dans toute poitrine humaine.Et pourtant l (Suite à la page 35.) NOTRE COUVERTURE.— Québec : La côte de la Citadelle sous le givre.— {Photo : Service de Ciné-photographie.) 1 nïminnnFi EDIFICE DESJARDINS 0ESJHRDIN5 Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXI, N° 2 QUÉBEC Février 1955 Sommaire Billet.1.Éditorial : Allons de l’avant.Savez-vous que .?.Échos du centenaire.In Memoriam.Soyons propriétaires de nos épargnes Me René Paré.Situation financière de l’agriculture américaine.Au collège de Lévis.Un apôtre — Un généreux.Le budget familial.L’Assurance-Vie Desjardins.Des jubilés.Notes et commentaires.Service de renseignements.Consultation légale.Revenu brut à l’acre.Œuvre d’éducation auprès des jeunes PAGE Jos.Turmel.22 C.Vaillancourt.23 .24 .25 .27 Émile Gagnon, n.p.28 .29 Paul-Émile Charron.30 Jos.Turmel.33 Jos.Turmel.35 .35 36 37 38 Le Conseiller juridique 39 39 S.É.le card.P.-É.Leger.40 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS S9, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier ci DugaL, inc., Québec.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Allons de l'avant NOUS disions dans notre éditorial du mois dernier qu'il faut aller de Tavant et être de notre temps si nous voulons faire le plus de bien possible.Et nous continuions : ((Nos Caisses populaires ne doivent pas se reposer sur leurs lauriers, car qui n'avance recule.)) Un des moyens d'aller de l'avant, un moyen efficace et sûr de succès, c'est de faire l'éducation des sociétaires de nos Caisses populaires, et quand ils auront fait un effort personnel, ils auront réussi du même coup à développer chez eux une vertu d'initiative et une force qui en feront des hommes de caractère et de valeur qui seront un actif pour notre société.Les représentants des Unions régionales des Caisses populaires de la province de Québec, en novembre dernier, ont discuté, entre autres choses, de Caisses d'établissement, de Caisses d'habitation, de dépôts d'épargne à terme, de Caisses-dotation, Caisses de prévoyance.C'est déjà très bien d'avoir étudié ce problème.Ce qu'il importe maintenant, c'est de prendre les mesures qui s'imposent pour assurer l'avenir de notre jeunesse en l'amenant à la pratique des vertus de prévoyance, d'économie, d'épargne, seul moyen, pour eux, de régler le problème de leur avenir.Depuis quinze ans, on nous parle d'habitation, on nous dit qu'il n'y a pas assez de maisons pour loger toutes nos familles, dont un bon nombre n'ont pas la sécurité du logement pour le lendemain.Depuis longtemps déjà on entend répéter : (( Que le gouvernement nous construise, que les Caisses populaires nous mettent chez nous, dans notre propre maison, qu'on nous donne ceci, qu'on nous donne cela.)) Mais nous avons dit à ces gens qui voulaient tout avoir sans faire l'effort sérieux qui compte, que s'ils avaient voulu mettre seulement quelques piastres de côté, chaque semaine ou chaque mois, la solution cherchée depuis si longtemps à ce problème du logement, aurait été trouvée à date.Combien de jeunes gens ont gagné, depuis dix ans, $50., $60.et même $70.par semaine, et cependant, aujourd'hui, à 30 ans, ils n'ont pas un sou de côté.Ils viennent alors à nos Caisses populaires et demandent à emprunter.Comment voulez-vous que les Caisses populaires prêtent à ceux qui n'ont pas su épargner pendant qu'ils en avaient la possibilité, étant donné qu'ils n'avaient aucune charge de famille.Maintenant qu'ils sont pères de famille, avec trois, quatre ou cinq enfants à charge, pourraient-ils réussir à rembourser un emprunt ?C'est plus que douteux.Ces jeunes gens auraient pu facilement mettre $5.de côté par semaine ; ces dépôts d'épargne, ^ 2J/2% d'intérêt capitalisé tous les six mois, leur assureraient, au bout de dix ans, $2,942.Les Caisses populaires pourraient alors prêter à ces jeunes gens qui ont démontré leur sérieux et qui ont fait le bon apprentissage du crédit par la pratique d'une épargne intelligente.Bon nombre d'entre eux auraient pu mettre $10.de côté par semaine ; aujourd'hui, après dix ans d'épargne, à 2J^% d'intérêt, ils auraient $5,885.Les moins favorisés qui n'auraient pu vraiment mettre ce côté que $3.par semaine, auraient tout de même, au bout de dix ans, à 23^% d'intérêt, $1,177.Malheureusement, on crie, on demande du secours, mais on ne fait pas tout l'effort personnel nécessaire pour préparer l'avenir. 24 LA REVUE DES JARDINS Québec, février 1955 Que les parents se rendent compte combien ils doivent aider leurs enfants dans cette préparation, parfois pénible, mais toujours nécessaire.Leur exemple, d'abord, aura, sans aucun doute, la force d'amener à la pratique d'économie, une jeunesse qui n'attend peut-être que cet exemple pour réfléchir et agir plus raisonnablement.Les enfants doivent apprendre de leurs parents que la préparation de l'avenir exige, que l'on veuille ou non, un effort constant et courageux de la part de ceux qui ont à bâtir et qui, plus que tout autre, sont sur leurs propres chantiers de construction.La jeunesse est le propre artisan de son bonheur.Les parents sont là pour aider et non remplacer les bâtisseurs.Si l'on veut organiser des Caisses d'établissement, n'allons pas le faire en dehors des Caisses populaires, car en agissant ainsi nous diviserions nos forces et nous nous exposerions à des déboires.Comment pourrions-nous alors surveiller ces prêts comme nous pouvons le faire dans nos Caisses populaires ?La Revue Desjardins, de janvier 1955, rapportant les paroles de monsieur Des- jardins lors du Congrès de la Jeunesse, en 1908, disait que le crédit coopératif pour les Caisses populaires, doit être à base paroissiale, et si l'on veut que ce crédit se développe et fasse du bien, il doit s'exercer là où il est produit.Développons dans nos Caisses populaires des sections d'établissement, sections d'habitation, sections de dotation et de prévoyance où les jeunes gens, jeunes filles et gens mariés viennent déposer un certain montant chaque semaine.Après quelques années, ils auront réussi à accumuler une certaine somme, auront pris l'habitude d'épargner, appris à vivre selon leurs moyens.Après avoir épargné $1,500.$2,000., ils peuvent aller à la Caisse populaire et obtenir ce qui leur manque pour se construire une maison ; alors, la Caisse populaire les aidera.C'est monsieur Desjardins qui a eu l'idée des Caisses d'établissement, elle n'est donc pas nouvelle.D'ailleurs, qu'on lise le Catéchisme des Caisses populaires et on aura toutes les explications désirées.Savez-vous que .?-?- Le revenu argent provenant de la vente des produits agricoles au Canada pour les neuf premiers mois de l’année 1954 est de 13% moins considérable que celui de la période correspondante de 1953.* * * 44% des 127,381 des Canadiens qui sont décédés en 1954 ont succombé à une maladie du cœur.Le cancer, pour sa part, a fait 19,120 victimes, et les accidents, eux, 18,642.* * * Le capital social dans nos Caisses populaires n’est-il pas en pratique de l’épargne à terme ; si le capital social de nos Caisses populaires est retirable, en pratique il est stable ; peu de retraits sont faits ; la taxe d’entrée et un boni plus élevé sur le capital social que l’intérêt sur l’épargne le stabilisent.Les Caisses populaires ne devraient-elles pas encourager encore davantage les sociétaires, surtout les jeunes qui devront s’établir demain, à prendre des parts sociales à leur Caisse populaire ?* * * D’après le recensement américain de 1950, 42% des maisons aux États-Unis ont été construites avant 1920.Les autres maisons se répartissent ainsi quant à leur âge, si on peut ainsi s’exprimer : 1920-29 : 19% ; 1930-44 : 19% ; et 1945-55 : 20%.* * * Au 1er décembre 1954, la population canadienne se totalisait à 15,410,000 habitants, d’après le Bulletin du 14 janvier 1955 du Bureau fédéral de la statistique, Ottawa.* * * Un excellent moyen d’épargner, et le seul pour bien des gens, c’est de prévoir ses dépenses par un budget, de façon à les répartir selon les nécessités de la vie et faire les coupures qui s’imposent pour épargner un peu de son revenu.AVEZ-VOUS PAYÉ VOTRE ABONNEMENT À /W* POUR L’ANNÉE 1955 ? Volume XXI, np 2 LA REVUE DESJARDINS 25 Echos du centenaire -?- Le dernier numéro de la Revue a donné Le compte rendu des fêtes qui ont souligné Le centenaire de naissance de notre fondateur, M.Le commandeur Alphonse Desjardins.Nos lecteurs ont du être vivement intéressés à La Lecture du discours de M.Le président Laurent Létourneau, et à La conférence si vivante de Monseigneur Elias Roy, p.a.Nous croyons vous faire plaisir en vous donnant, cette fois, le texte du discours de Maître Valmore De Billy, c.r., président de la Caisse populaire de Lévis, nous ajoutons l’allocution, remplie de piété filiale, de Mademoiselle Albertine Desjardins, fille du commandeur ; et ainsi, nos sociétaires, désireux de se tenir au courant de toutes nos activités, seront servis à souhait, et trouveront sans doute, dans ces textes, matière à sérieuse réflexion.Jos.Turmel NOUS sommes' réunis pour commémorer le centenaire de la naissance de Monsieur Alphonse Desjardins, à qui nous devons l’idée de la fondation des Caisses populaires, non seulement à Lévis, et au Canada, mais en Amérique.Le hasard veut que je sois présentement à la tête de la Caisse de Lévis, celle que Monsieur Desjardins a fondée en 1900, et qui a essaimé par la création de milliers de Caisses sur ce continent.C’est à ce titre que l’on m’a demandé de prendre part à cette réunion.Je n’ai pas l’intention de vous faire le panégyrique de Monsieur Desjardins ; les organisateurs ont avec raison demandé à un de ceux qui ont été mêlés le plus à l’œuvre de Monsieur Desjardins, et qui l’ont secondé au début et soutenu ensuite, de vous parler de lui plus au long.Il convient bien que cette démonstration ait lieu dans cette institution, le collège de Lévis ; les messieurs du Collège ont compté parmis les plus dévoués collaborateurs de l’œuvre de Monsieur Desjardins ; tous l’ont aidé, et les uns ont pris une part plus active au succès de l’entreprise ; et parmi ceux-là, je me contente de mentionner plus spécialement Monsieur Lecours, Mgr Célestin Lemieux, Mgr Elias Roy, Mgr Hallé et l’abbé Grondin.Je pourrais en nommer bien d’autres.Le collège a été intimement lié à la vie de notre Caisse, et nos sociétaires se font toujours un devoir et un plaisir d’avoir un représentant du collège dans le conseil d’administration de la Caisse ; actuellement le vice-président de notre Caisse est Monsieur l’abbé Dallaire) le dynami- que procureur du collège, le grand artisan des récents agrandissements et améliorations dont nous sommes tous fiers.Monsieur Desjardins a été soutenu et encouragé par les messieurs du collège, mais aussi par son curé, et messieurs les vicaires ; Mgr Gosselin a été curé de Notre-Dame dès avant 1900, et jusqu’après le décès de Monsieur Desjardins ; ce saint prêtre a compris l’œuvre de rédemption économique que la Caisse populaire était appelée à édifier, et il a donné à Monsieur Desjardins son appui sincère et éclairé.Les messieurs qui se sont succédés à la cure Notre-Dame depuis ont continué ce soutien efficace.L’on commémore l’anniversaire d’un personnage éminent en repassant les œuvres qu’il a fondées, en faisant un retour sur le passé et en formant des résolutions pour l’avenir.Mon rôle, ce soir, est de vous parler en particulier de la Caisse de Lévis et de vous dire en quelques mots ce qui a été fait, et se demander si nous continuons l’œuvre dans l’esprit dans lequel elle a été fondée.L’on vous a souvent dit que l’idée de la fondation de ces Caisses est venue à Monsieur Desjardins lors des discussions qui se sont faites à Ottawa sur les taux usuraires qui étaient chargés par certains prêteurs.Il a cru qu’en créant des Caisses, il obtiendrait un double but, soit inculquer l’esprit d’économie à notre population et former des capitaux qui serviraient à ceux qui seraient dans la situation d’emprunter.Monsieur Desjardins se rendaient bien compte que notre population peu fortunée individuellement devrait en grande partie son salut à l’union et le groupement des avoirs et énergies d’un chacun.Nous avons donc à Lévis comme dans les autres Caisses deux idées maîtresses : l’économie par l’épargne, et le crédit.Dans le premier de nos domaines, nous pouvons dire que la Caisse de Lévis a dépassé grandement tout ce que son fondateur a pu envisager ; ni lui, ni personne n’aurait même rêvé le développement atteint.Lors de la première réunion en 1900, les sociétaires ont souscrit $26.; en 1930, l’actif avait atteint $1,412,000., soit $366,450.en capital, $792,505.en épargne et un avoir propre de $196,000., etc.Il est à remarquer que pendant les quinze premières années, le capital social dépassait l’épargne : Monsieur Desjardins a sans doute voulu stabiliser l’institution en encourageant la souscription du capital plutôt que l’épargne ; le capital fluctue moins.L’actif est actuellement de $6,274,061.dont $5,265,292.pour l’épargne, $413,-542.pour le capital social et un avoir propre de $491,424.Nous n’avons pas toujours progressé ; nous avons subi un recul ; en 1928, notre actif était de $1,001,620.; il a diminué à $690,000.en 1932 ; nous nous sommes stabilisés et avons ensuite repris notre marche ascendante.Je ne vous donne pas ces chiffres pour vous épater en brandissant devant vous des millions, mais puisque l’on m’a demandé de vous indiquer le chemin parcouru, il me faut bien vous donner le résultat de nos activités.Nous avons atteint graduellement ces chiffres fabuleux, sans bruit ou réclame, mais simplement parce que notre population a compris, petit à petit, la nécessité de l’économie et de l’entr’aide mutuelle.Nous aurions failli à notre tâche si nous nous étions contentés d’amasser des capitaux sans les faire servir directement à l’avantage de la communauté.Les administrateurs de la Caisse sont fiers de leur passé dans le domaine du crédit, et je considère que c’est là que nous avons les plus grands services à rendre ; nous croyons n’y avoir pas failli.Dans les dernières dix années, la Caisse a fait 3,022 prêts pour un total de $6,200,483.; actuellement nous avons 26 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1955 752 prêts en cours pour un total de $2,851,177.• si vous tenez compte d'un actif total de $6,274,061., vous admettrez que la Caisse est pratiquement rendue à la limite qu'une saine administration doit fixer.Nous détenons les épargnes de nos sociétaires que nous devons être en mesure de leur rendre à demande ; tenant compte de ce qui peut survenir, nous plaçons le surplus de nos fonds dans des valeurs obligataires, prenant bien soin d'équilibrer les échéances des obligations afin de pouvoir faire face à toutes éventualités.1955 .$374,000.1956 .360,000.1957 .328,000.1958 .200,000.1959 .261,000.soit au-delà de un million et demi échu dans les prochaines cinq années.Ce serait plus profitable d'acheter des obligations à plus long terme, le rendement est plus élevé, mais nous considérons que nous devons garder une partie importante de nos placements à court terme ; il faut tout prévoir ; l'expérience du passé démontre qu’il faut être prudent.Les prêts faits par la Caisse ont bénéficié à notre population ; nous avons permis à notre classe ouvière et salariée de devenir propriétaire ; ce sont ces gens qui avaient le moins de facilité pour obtenir du crédit, non pas parce que le crédit n’était pas bon, mais parce qu’ils n'avaient pas les relations que les gens d’affaires peuvent avoir ; maintenant, ils savent où aller ; il n'y a pas de commissions à payer et ils s'adressent à des gens qui les connaissent et qui les comprennent.Quel est le résultat de cette politique de prêts sur la communauté en général?C’est que Lévis est actuellement la seconde sinon la première des villes de la province au point de vue du nombre de ses propriétaires par rapport au chiffre de sa population.Vous admettrez que c’est une situation qui est tout à l’avantage de la communauté ; le propriétaire a un intérêt plus direct dans sa ville.Il vous plaira sans doute de savoir que la Caisse a fait une seule perte depuis sa fondation ; nous avions voulu aider une entreprise commerciale en tenant compte des pères de famille qui y gagnaient leur vie.Notre but premier est d’encourager l'achat de la propriété qui sert de foyer à une famille ou la consolidation de dettes ; et les quelques diffi- cultés que nous avons eus ne proviennent pas de ces prêts.D'une façon générale, notre rôle ne consiste pas à investir des capitaux dans des entreprises commerciales ou industrielles, et l’expérience démontre que dans l'intérêt de nos Caisses, nous faisons bien de nous en tenir à des prêts individuels pour fins personnelles, et plus particulièrement le prêt d’habitation.Nous faisons des prêts et nous les faisons à un taux d'intérêt de 5% ; il y a quelques années, les prêts se faisaient à 6% ; lorsque nous avons pu le faire, nous avons prêté à 5% ; nous ne sommes pas contentés de prêter à ce taux ; nous avons réduit à 5% l’intérêt des prêts courants qui avaient été contractés à 6%.Nous faisons plus ; depuis 1939, nous votons une ristourne aux emprunteurs ; elle était de un demi de un pour cent à l’origine, et depuis dix années, elle est de trois quarts de un pour cent ; la ristourne a représenté une remise de $15,500.l'année dernière, et, depuis M.le Président, Monseigneur, Messieurs les membres du clergé.Mesdames, Messieurs, GRACE à la délicatesse de M.l’hon.Cyrille Vaillancourt et de ses zélés collaborateurs, nous commémorons, ce soir, le centième anniversaire de naissance du fondateur des Caisses popuplaires.J’ai l’impression très douce et très nette que mon père est au milieu de nous, par son âme, toujours vivante, parce qu’immortelle.C’est donc à lui directement que j'adresserai les quelques mots qu’on m’a demandé de dire à cette occasion.Mon cher papa, en ce centenaire de votre naissance, permettez à votre enfant de révéler à ceux qui l’écoutent « l’homme intime )) que vous avez été comme époux, comme père de famille, comme chrétien.Comme époux, vous avez donné à vos enfants, une mère admirable de bonté et de dévouement.Un foyer heureux parce qu’édifié sur un amour qui n’a jamais subi de déclin.Votre vie conjugale a peut-être été parfois traversée de légers nuages ; cependant, je dois, à la vérité de dire, que jamais, au grand jamais, nous n’avons été témoins, entre vous et maman, de scènes disgracieuses, de paroles aigres-douces.Si vous avez 1939, nous avons remis $90,527.à nos sociétaires.Les épargnants retirent 3% sur leurs é-conomies et les emprunteurs payent 4 sur leurs emprunts ; ceux qui déposent ont un intérêt qui équivaut à l’intérêt payé sur les meilleures obligations et ils peuvent retirer à demande, tandis que les emprunteurs paient un intérêt qui ne se voit nulle part ailleurs.Sur la durée d’un prêt à dix ou quinze ans, l’économie faite par l’emprunteur est appréciable.Nous sommes loins des taux usuraires qui avaient scandalisé Monsieurs Desjardins.Je vous ai fait une courte revue de nos activités et de notre situation.Nous avons essayé de nous inculquer et de mettre en pratique les principes préconisés par Monsieur Desjardins, et nous avons la satisfaction de croire que nous n’avons pas failli à la tâche.Valmore de Billy, c.r.eu à régler certains différents, vous l’avez fait dans la plus stricte intimité, jamais devant vos enfants.Père de famille, vous l’étiez dans toute l’acception du mot.Nous avons été entourés de tendresse et de sollicitude.Vous vous intéressiez à tous nos petits problèmes ; nous sachant compris, nous allions vers vous en toute confiance.Vous nous aimiez profondément, et cela n'a jamais exclu votre rôle d’éducateur empreint de beaucoup de bonté et de fermeté.Dès notre jeunesse, vous nous avez inculqué le sens du devoir.Quand vous aviez dit : « c’est ton devoir )) il fallait marcher.À chacun de nous, vous avez donné l’instruction ; précieux héritage pour lequel nous ne pourrons assez vous remercier.Le côté matériel, vous y avez pourvu, jamais nous n’avons manqué de rien à la maison et comme vous avez eu dix enfants, j’imagine un peu, les sacrifices cachés que vous et maman vous vous êtes imposés pour nous.Si vous avez été un époux et un père quasi exemplaire, c’est que vous étiez un grand chrétien ! Quelle foi 1 Quelle confiance en Dieu 1 Avec quel recueillement, vous présidiez à la prière du soir en famille.Cependant un homme si doué soit-il a toujours quelques côtés faibles, autrement, il serait un ange 1 Par tempérament vous étiez d’une impulsivité qui vous rendait exigeant au- Volume XXI, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 27 tant de vous-même que des autres.Ne dit-on pas que ce défaut est généralement celui des hommes d'énergie, des volontés tenaces et même le signe d'une grande sensibilité de cœur 1 D'ailleurs ces explosions ne duraient guère longtemps et, après coup, vous répariez par un redoublement de bienveillance la peine que vous croyiez avoir causée.Et combien vous vous êtes fait violence à vous-même 1 Au témoignage de maman, vous avez lutté toute votre vie, et avec succès, contre ce penchant que vous étiez le premier à déplorer.J’arrive à vos longues années de maladie alors que la souffrance physique et surtout morale vous torturait.Durant cette épreuve vous êtes resté l'homme de foi et d'abandon à la volonté divine ; je vous ai vu souvent pleurer .jamais je ne vous ai entendu murmurer.Au soir du 31 octobre 1920, vous receviez avec ferveur le saint Viatique et l’Extrême-Onction.Votre action de grâces terminée, vous avez pris la main de maman et, je vous entends encore lui dire : (( Mon sacrifice est fait totalement.Après toi et mes enfants, ce sont mes Caisses qui me coûtent le plus de laisser.)) Quelques minutes avant minuit, vous nous quittiez pour toujours.Nous savons maintenant que le bon Dieu a agréé votre suprême holocauste.Regardez cette belle réunion d’hommes et de femmes qui vous prolongent dans l’Œuvre que vous avez tant aimée.Tous sont résolus à maintenir, coûte que coûte, cet organisme bienfaisant et d'y développer le même esprit qui vous l'a inspiré.Soyez donc heureux et demandez à Dieu de les bénir et de les protéger 1 Mesdames et Messieurs, au nom de mon père, je vous remercie.Albertine Desjardins IN MEMORIAM -?- Maître Antonio Perrault Le Canada français vient de perdre un de ses plus éminents juristes et sociologues en la personne de Maître Antonio Perrault, 1.1., c.r., décédé, à Montréal, en janvier dernier, à l’âge de 74 ans.Professeur de carrière en droit commercial et maritime à l'université de Montréal, homme de haute pensée et de vie laborieuse qui doit servir d'inspiration à notre jeunesse, nous lui devons, entre autres travaux, un Traité de droit commercial (trois volumes, formant quelque 1,925 pages) qui fait autorité chez nous.Il était membre du Conseil de l’instruction publique et de la Société royale du Canada.Maître Perrault est le digne père de Maître Jacques Perrault, conseiller juridique de l’Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins, dont il fut le président de 1945 à 1950.Les coopérateurs auront sans doute une pensée pieuse pour ce grand chrétien qui s'est montré très généreux pour les pauvres au sein de la Saint-Vincent-de-Paul.M.Armand Tremblay Est décédé, le 21 décembre dernier, M.Armand Tremblay, gérant de la Caisse populaire de Les-Grosses-Roches (Matane).Jouissant de la confiance et de l’estime de ses concitoyens, M.Tremblay s'est beaucoup dépensé pour les œuvres paroissiales, notamment la Commission scolaire, le Conseil municipal et la Caisse populaire.Les coopérateurs auront certes une pensée pieuse pour son repos éternel.M.J oachim Arsenault Monsieur Joachim Arsenault est décédé à Bo-naventure le 28 octobre dernier, à l’âge de quatre-vingts ans.Bona venture perd, en M.Arsenault, un travailleur qu’aucune activité n’a rebuté.Directeur de la Caisse populaire depuis juillet 1919, il y est resté pendant 35 années consécutives, toujours fidèle à la besogne bénévole qu’il avait acceptée pour aider les siens.Aussi bien, ne faut-il pas s'étonner si les dix dernières années, il en était le président, poste qu'il a occupé jusqu'à juillet 1954.L’activité débordante de M.Arsenault ne pouvait se confiner à la Caisse populaire.Toutes les organisations paroissiales ont reçu de lui un appui loyal.constant, actif : la coopérative agricole, la beurrerie, le cercle agricole, le conseil municipal, dans l'esprit du bon coopérateur qu'il était, devaient compter sur lui, comme sur tous les autres : et, fait à remarquer, il était au poste qu’on lui avait confié et qu’il avait accepté.La mort de nos anciens créent des vides parfois difficiles à combler : le dévouement tenace dont ils ont fait preuve, le désir d’aider ceux qui les entouraient, nous laissent plus qu’un souvenir : c’est un exemple pour ceux qui restent, mais surtout pour les jeunes appelés tôt ou tard à remplir des charges onéreuses parfois, mais nécessaires que nous ont préparées les anciens du type de M.Arsenault.À Madame Arsenault, et à toute la famille du défunt, nos très sincères condoléances.M.Alphonse Pelletier La Caisse populaire de Saint-Marcel (L'Islet) déplore la perte de son président M.Alphonse Pelletier, décédé à la mi-janvier.Il s’est beaucoup dévoué pour la Caisse.Pendant 20 ans il fut président de cette institution paroissiale.Il est le père de M.Andréas Pelletier, qui en est le gérant.Nos vives condoléances aux Jamilles cruellement éprouvées.m.- 28 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1955 Soyons propriétaires de nos épargnes -?- Cette conférence, pratique et bien à point, a été donnée par M.Le notaire Émile Gagnon, président de L’Union régionale des Caisses populaires du diocèse de Rimouski, devant les membres des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du diocèse réunis en congrès à Rimouski, en fin de septembre dernier.M.le président, MM.les délégués.Mesdames, messieurs.SOYONS propriétaires de nos épargnes.La proposition, telle que formulée, commande Tidée d'abord d’une affirmation superflue et inutile, une sorte de vérité de la Palice.En effet, à première vue, il nous paraît bien que nous sommes les propriétaires de nos épargnes.Puisque j'économise une somme quelconque et que je la dépose dans une institution quelconque, que ce sont bien là mes économies, il paraît bien que personne ne puisse venir me dire que je n'en suis pas complètement propriétaire.Dans un sens restreint, dans le sens du mot à mot, j'admets que cette proposition détonne un peu.Mais si j'élargis la portée de cet énoncé, si je l'agrandis à l'échelle de la situation économique de notre groupe ethnique, je trouve qu'il peut arriver que nous ne soyions pas complètement propriétaires de nos épargnes, en ce sens que nos épargnes accumulées ne servent pas les causes que nous voudrions les voir servir si nous les avions bien en mains.Car il y a différentes manières d'épargner.Que je dépose dans une Caisse populaire ou dans une banque un montant quelconque, c’est de l'épargne.Que je dépose une somme mensuelle ou annuelle, sous forme de primes, à une compagnie ou société d'assurance-vie, c’est de l'épargne.Que je place mes économies sur hypothèque ou sur reconnaissance de dette, c'est de l'épargne.Que je les place sur actions de compagnies, sur débentures, etc., etc., c'est toujours de l'épargne.Mais est-ce que je reste toujours complètement propriétaire de mon épargne dans chaque cas ?Et d'abord qu’est-ce que c'est que d'être propriétaire ?Le droit de propriété, c'est le droit d’user et d’abuser d'une chose.Si j'ai des économies et que je les prête à mes voisins, à mes proches, à mes co-paroissiens pour achat de terre, pour construction de maison, pour aide et support dans le malheur, ou pour toutes causes que je juge à propos d'aider, j'en suis, au plein sens du mot, propriétaire absolu, puisque je puis en disposer et que, de fait, j’en dispose selon ma façon de penser et de juger autour de moi.De même, si j’ajoute mes économies à celles de mes voisins, de mes co-paroissiens, dans ma Caisse populaire, je constitue un fonds qui continuera à servir les causes que je me suis proposé de servir ; un fonds qui deviendra rondelet au point d’aider des personnes, des corporations, des entreprises, que mes seules économies eussent été impuissantes à aider, et je suis donc toujours le maître incontesté de mon épargne.Mais si j'accumule $100.par année au fonds d'une importante firme étrangère, que ce soit sous forme d’actions, de primes d'assurances ou autrement, et cela pendant 10 ans, 20 ans, 30 ans, et que cette firme soutient les entreprises, les œuvres à qui vont les préférences de ses administrateurs et qui sont à l'opposé des entreprises de chez nous que j’aimerais voir grandir, je ne suis plus complètement maître de mon épargne qui m'échappe en quelque sorte pour s'en aller lutter de front souvent contre ce qui m'est le plus cher.Il peut donc arriver que mon épargne, placée inconsidérément, sans réflexion, s'en aille aider directement le développement d'entreprises que je ne voudrais pas aider, et que les énormes capitaux que j'ai contri- bué à édifier ne soient pas employés comme je l'eus désiré.Et il pourra arriver que mes modestes économies, au lieu d’aider à la construction, par exemple, d'une église dans une paroisse neuve, pour des fils de chez nous qui se sentent la mission de continuer la vie française au Québec, iront plutôt aider à la construction de quelqu'imposante église protestante au cœur même de Toronto.C'est donc dire que plus l'on restera au gouvernail, plus l'on se collera au contrôle de l'institution qui reçoit ses économies, plus l'on restera pleinement propriétaire de ses épargnes.Et un conseil d'administration que l'on a librement choisi, des commissions dont on a soi-même trié les membres sur le volet, tout un organisme que l'on tient bien en mains, vqus conviendrez que c'est l'outil qu'il faut pour suivre au mieux ses épargnes, et que l'on trouve cela à peu d’enseignes, mais pour une, dans la caisse populaire de la localité, dont le regretté cardinal Villeneuve a pu dire qu'elle faisait œuvre de rédemption sociale.Car être propriétaire absolu de son épargne, c'est non seulement de la voir s'additionner dans uîi carnet quelconque d'une institution quelconque.C'est non seulement de la voir s'accumuler mois par mois, année par année, et d'en compter et supputer les intérêts et dividendes.C'est bien plus que cela.Etre propriétaire absolu de son épargne, c'est de voir d'abord où elle va, c’est de voir ce qu'elle fait en son nom, c'est de voir à quelle catégorie de gens elle vient et aide, en retour de garanties déterminées.Etre propriétaire absolu de son épargne, c'est de voir quelles entreprises elle contribue à créer ou à faire prospérer.Etre propriétaire de son épargne, c'est de voir si elle reste au pays, chez les siens, pour aider sa paroisse, sa municipalité, sa commission scolaire, ses proches, ses co-paroissiens, plutôt que de pren- Volume XXI, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 29 dre le chemin des grands centres pour aider à édifier toutes sortes de choses plus colossales lés unes que les autres.Comme le répète depuis des années Thon, sénateur Vaillan-court, gérant de la Fédération des Caisses populaires, les économies des petites gens doivent servir aux petites gens.L’argent de la terre doit servir à la terre, l’argent de l’ouvrier doit servir au bien-être de J’ouvrier.Etre propriétaire absolu de son épargne, c’est la faculté toujours présente de posséder un contrôle efficace et direct sur les administrateurs que l’on a librement chçnsis.Etre propriétaire absolu de son épargne, c’est encore davantage, c’est de ne pas l’hypothèque r d’avance, si je puis dire, dans ces ventes à tempérament qui fleurissent maintenant partout pendant que défleurit l’ouvrier dont le salaire est grugé par les deux bouts et par le milieu.Vous connaissez le problème : $1.par semaine pour le poêle, $1.par semaine pour le frigidaire, $1.par semaine pour le chesterfield, $1.par semaine pour le mobilier de salle à manger, $1.par semaine pour l’appareil de radio et bientôt pour la télévision, $1.par semaine pour la machine à coudre, $1.par semaine pour la laveuse électrique, $1.par semaine pour le manteau de fourrure, $1.par semaine pour le mobilier de chambre à coucher, etc., etc.Avec tout ça, l’homme, à la fin de cette dure semaine, n’est plus propriétaire que de sa chemise, et le petit ^dernier vient au monde à crédit.Etre propriétaire de son épargne, c’est donc aussi ne pas la grever d’avance au point qu’elle ne devienne que l’ombre d’une épargne.Autrement vous auriez une épargne qui ressemblerait, j’imagine, à un vaisseau qu’on a tellement chargé qu’il coule à pic avant de démarrer.Et, vous en conviendrez, le temps n’a jamais été plus propice à l’épargne que de nos jours.D’abord l’incertitude du temps présent, où tout peut craquer du jour au lendemain dans une horreur d’apocalypse, et ensuite la facilité ou plutôt l’invitation pres- sante que les caisses vous font présentement au moyen de l’Assurance-Epargne .Devant ce gaspillage à profusion dont parlait M.le président de la Fédération des Caisses populaires au grand congrès de Lévis en 1950, devant ce besoin d’apporter des moyens nouveaux pour stimuler l’épargne chez nous, l’Assurance-Vie Desjardins présente aujourd'hui au public un nouveau genre d’assurance : l’Assurance-Epargne.À compter du mois d’août dernier, l’Assurance-Vie Desjardins est en mesure de payer à la succession d’un sociétaire qui décède une somme égale au depot qu’il avait lors de son décès, et jusqu’à concurrence de $500.ou $1,000.selon le mode accepté par la Caisse populaire.Vous décédez, laissant $900.en dépôt.La Caisse remet ces $900.à votre succession et l’Assurance-Vie Desjardins paie à son tour à votre succession $900.Vous laissez $1,000., $1,200., $1,500., l’Assurance-Vie Desjardins paie à votre succession $1,000.en plus du dépôt que vous remet votre Caisse.L’Assurance-Vie Desjardins vous dit donc maintenant : Non seulement, vous serez propriétaires de vos épargnes confiées aux Caisses populaires, non seulement vous les verrez aider ceux que vous voulez aider vous-mêmes, mais voici que vos successeurs, quand vous ne serez plus là pour voir à l’administration de ces épargnes, les recueilleront à 2 pour 1, et pourront ainsi continuer, et d’une manière encore plus fructueuse, l’emploi de ces économies au meilleur des intérêts de leur prochain immédiat.C’est une invitation à l’épargne, et déjà l’on signale quelques Caisses des régions de Trois-Rivières et d’ailleùrs qui ont enregistré une recrudescence dans les dépôts, dû à l’Assurance-Epargne.Devant ces moyens nouveaux, les dirigeants des Caisses populaires espèrent fortement que nos gens, en particulier nos jeunes, ne resteront pas indifférents et que leurs économies se multiplieront pour leur avantage d’abord et pour l’avantage de nos populations.Pour conclure je vous demande de vous rappeler toujours : Que 1’ épargne est faite de sacrifices.Que l’épargne est une lutte continuelle, difficile et sans merci à la folle dépense quotidienne qui nous guette du matin au soir et du soir au matin.Que 1’ épargne grandit celui qui la pratique, parce qu’elle est une vertu.C’est MKr l’évêque de Trois-Rivières, après tant d’autres, qui disait récemment au jubilé d’argent de la Caisse populaire de Saint-Marc de ShaWinigan : (( Il faut énormément de vertu pour épargner, car l'épargne exige le renoncement, demande le sacrifice, signifie que l’on ne regarde pas seulement pour aujourd’hui, mais que l’on pense à demain, et c’est pourquoi l’Eglise de toutes ses forces, loue l’épargne ; elle encourage l’épargne, elle bénit l’épargne, elle prie pour que nos gens épargnent.)) Je suis donc en excellente compagnie pour vous répéter qu’il faut à tout prix épargner.Et j’ajoute que l’épargnant doit garder toujours un droit de vue sur son épargne.Et j’ajoute encore que notre épargne doit être constamment téléguidée vers le but visé, de sorte qu’elle ne manque pas la cible et qu’elle serve toujours les causes que nous avons mission de servir dans notre monde de Canadiens français catholiques, trop petit pour éparpiller ses forces et trop grand à la fois pour accepter de se desservir.Émile Gagnon, n.p.Maître René Paré Le Saint-Père, à la recommandation de Son Eminence le cardinal Léger, vient de créer Maître René Paré, chevalier de l’Ordre pontifical de Saint-Sylvestre.Maître Paré, qui est président général de la Société des artisans, est aussi président du Conseil de la coopération du Québec.Nous nous réjouissons du grand honneur dont est l'objet Maître Paré, et nous nous permettons de lui offrir nos très sincères félicitations. 30 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1955 Situation financière de l'agriculture -4- américaine 'ACTIF de l'agriculture américaine s'est considérablement accru en ces dernières quinze années ; il est passe, en effet, de $53,700,000,000.à $166,- 100,000,000.de 1940 à 1953 ; il s'est donc triplé depuis quinze ans.Voici à ce sujet un tableau intéressant qui nous indique cette progression de l'actif de l'agri- culture américaine en même temps que la répartition du capital sur les fermes américaines du premier janvier 1940 au premier janvier 1953.Nous empruntons ces données d'un rapport préparé par le Département de la Finance agricole du Bureau d'économie rurale, de Washington.ACTIF DE L'AGRICULTURE AUX ÉTATS-UNIS 1940 1953 • $33,600,000,000.5,100,000,000.3.100.000.000.2.700.000.000.4.300.000.000.3.900.000.000.300.000.000.700.000.000.$ 93,000,000,000.14.900.000.000.17.200.000.000.9,100,000,000.10.000.000.000.14,200,000,000.5,000,000,000.2,700,000,000.Véhicules moteurs et instruments Investissements dans les coopératives 53,700,000,000.166,100,000,000.Hâtons-nous d'établir, en regard de cet actif qui s'est triplé en ces derniers quinze ans, cojn-ment les dettes se sont accrues, pour avoir ainsi la situation exacte, le visage réel que présente actuellement l'agriculture, et se rendre compte si, et dans quelle mesure, la situation agricole des Etats-Unis a progressée depuis 15 ans (voir tableau page 31).Indiquons maintenant, en regard de ce bilan de la situation agricole américaine, le comportement de la dette, et nous aurons une bonne idée de l'usage que les agriculteurs américains ont fait du crédit en ces derniers quinze ans.Voici des chiffres (dans la colonne ci-contre) sur les prêts agricoles en cours pour cette période 1940-1953, avec l'indice des prix agricoles, que nous tirons de la même source.L'étude de ces données sur l'agriculture américaine révèle les faits suivants qui ne manquent pas d'intérêt : un III! N p» | Il MS rt-1* I î j fS i ni Volume XXI, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 31 PASSIF DE L'AGRICULTURE AUX ÉTATS-UNIS 1940 1953 Dette immobilière $ 6,600,000,000.3,400,000,000.10,000,000,000.53,700,000,000.$ 7,100,000,000.8,800,000,000.15,900,000,000.166,100,000,000.Dette mobilière Dette totale Avoir net des cultivateurs américains 1° L'avoir net des producteurs agricoles américains s'est triplé au cours de la période 1940-1953.Un tel résultat est certes dû à de meilleurs profits réalisés par les fermes américaines par suite de Années 1er janvier Prêts à long terme Prêts à court terme Indice des prix agricoles 1940 $6,586,000,000.$3,445,000,000.100 1941 6,491,000,000.3,976,000,000.124 1942 6,372,000,000.4,093,000,000.159 1943 5,951,000,000.3,945,000,000.192 1944 5,389,000,000.3,477,000,000.195 1945 4,933,000,000.3,405,000,000.202 1946 4,682,000,000.3,148,000,000.234 1947 4,777,000,000.3,519,000,000.275 1948 4,882,000,000.4,167,000,000.285 1949 5,108,000,000.6,066,000,000.249 1950 5,407,000,000.6,957,000,000.256 1951 5,828,000,000.6,978,000,000.302 1952 6,300,000,000.7,849,000,000.288 1953 7,100,000,000.8,800,000,000.prix agricoles plus élevés et plus stables.2° Les dettes agricoles se sont accrues à compter de 1946, et cette augmentation s'est poursuivie sans interruption depuis ; cependant, les dettes agricoles ne représentent qu'un faible montant ($16,000,000,000.) par rapport à la valeur totale des biens agricoles qui s'estimaient à $150,-000,000,000.en 1953.3° La dette mobilière agricole au montant de $8,800,000,000.au premier janvier 1953 est plus considérable que la dette immobilière agricole, qui atteignait, à cette date, $7,100,000,000.C'est la première fois que la chose se produit dans l'histoire de l’agriculture américaine.En 1947, la dette mobilière agricole était de $3,405,000,000., cependant que, d'après Y Agricultural Finance Review, la dette immobilière agricole totale était alors de $5,300,000,000.De 1947 à 1953, la dette mobilière agricole a plus que doublée, et la dette immobilière agricole ne s'est accrue que de 20%.Les prêts agricoles à court terme ont passé de 3)^2 milliards à 8.8 milliards, de 1947 à 1953, alors que les^prêts à long terme se sont éléves de 1 ¥1 « "«y iJL» ' ç" "!""¦* .f -irniii L, ijggl t - r Volume XXI, n° 2 LA REVUE DES JARDINS 33 Au collège de Lévis LA Caisse populaire du collège de Lévis a été bien inspirée en fêtant, et avec quel brio, le dixième anniversaire de sa fondation.On avait tout prévu, de façon que la journée du 21 novembre fût un véritable succès.Les aumôniers qui se sont succédé à la Caisse étaient présents : M.l'abbé Lucien Dal-laire, aumônier-fondateur, célébrait la messe, entouré des abbés Lachance, Duclos et Beaudoin, ses successeurs.C'est M.l'abbé Émile Turmel, secrétaire de l'Union régionale de Québec et curé de l'Ancienne-Lorette qui fit le sermon.Le soir, à l'auditorium du collège, une belle séance académique réunissait les prêtres et les élèves de la maison ainsi que leurs invités, sous, la présidence d'honneur de M.l'abbé Raymond Nolin, supérieur du collège.Me Jean Moisan, un ouvrier de la toute première heure qui a rendu possible la fondation et le développement de la Caisse populaire du collège de Lévis, présenta un travail élaboré sur le crédit.La Revue espère pouvoir en publier le texte.Présenté par le président actuel, M.Patrick Vallée, élève de philosophie senior, le conférencier fut remercié par M.le sénateur Vaillancourt, président de l'Union régionale de Québec.Nous donnons, ci-dessous, le discours de M.Vallée.« Il y a quelques jours les délégués des Caisses de la province se réunissaient ici pour célébrer le 100e anniversaire de naissance du commandeur Desjardins, fondateur des Caisses, et rappeler ainsi le souvenir d'un homme qui a mis ses talents au service des faibles, au service de toute sa race.(( Cet homme, qui avait vu les pauvres à la merci des usuriers, voulut, animé d'une foi inébranlable en l'avenir, aider ses com- patriotes.Et il eut l'idée d'enseigner aux siens l'épargne et leur fournir en même temps des crédits à des taux raisonnables.Son idée a pris force de réalité, les Caisses populaires sont apparues et aujourd'hui on s'aperçoit que le commandeur Desjardins a peut-être fait plus, sinon autant, pour sa race que beaucoup de nos tribuns ou de nos grands héros militaires.(( Les continuateurs de l'œuvre Desjardins ont su mener à bonne fin la tâche qui leur revenait, ils l'ont perfectionnée en l'adaptant aux besoins nouveaux, et ont voulu encore employer une force qui, parfois, n'est pas à négliger : la jeunesse.Ils ont eu l'idée, téméraire pour le temps, de faire épargner les jeunes, leur faire pratiquer la tempérance sur un argent qui ne leur appartenait pas, un argent qui leur était donné.Mais le jour où ils décidèrent d'implanter des Caisses dans le milieu étudiant, des Caisses pour les étudiants et dirigées par les étudiants, ils posèrent un geste d'une portée sociale considérable pour l'avenir.(( C'est une de ces Caisses qui,' aujourd'hui, célèbre ses dix premières années d'existence et veut, à l'occasion, montrer à ceux qui ont fait preuve d'une si admirable confiance en la jeunesse que leur idée a trouvé terrain fertile et peut-être plus qu'ils ne l'avaient d'abord espéré eux-mêmes.(( Ce soir nous voulons faire de notre 10e anniversaire une étape pour considérer nos progrès, oui, mais pour voir d'abord si nous avons atteint notre but premier qui est avant tout un but éducatif.(( Pendant les 10 années que nous venons de passer, environ 2,500 élèves ont été sociétaires de la Caisse au moins une année complète et plus, c'est-à-dire qu'autant d'élèves ont été initiés aux affaires en apprenant à remplir un bordereau, une formule de retrait, à faire un chèque, etc., en apprenant à garder Un skieur contemple le paysage merveilleux du Lac-Beauport.(Photo : Service de Ciné-phptographie.) *1 •
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