Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1951, Août - Septembre
r ¦?iRiliDiSiâîfi EDIFICE DESJARDINS f \ ' 'Itiyf.ft* m I Août-Septembre 1951 Volume XVII - Nos 8-9 NOTRE COUVERTURE - ?- O Terre de Gascogne, ô nourrice des races Dont le soleil de France a mûri la moisson.Terre où germe le Rire, où fleurit la chanson.Où les pas des aïeux ont imprimé leurs traces ! CES vers d’Armand SUvestre reviennent à ta mémoire, en contemplant ce beau champ de blé.Il est bien de chez nous ; la récolte est tout proche : et elle sera excellente.Mais pour récolter, ne jaut-il pas semer ?Parce que La terre reste toujours la grande amie, elle l’acceptera, la semence, mais exigeant qu’on la traite avec tous les égards que l’on doit aux amis.Cette légitime délicatesse accordée, alors le semeur jettera à pleines mains le bon blé de chez nous, et il le jettera avec beaucoup d’amour et d’espoir.Le grand soleil du bon Dieu, un peu de mauvais temps aussi, de la pluie de temps en temps, viendront réconforter le sol qui a besoin de toutes ces attentions.Cependant tout semble mort ; la terre absorbe tout en ne donne aucun signe de vie.Mais le semeur sait, lui, qu il faut laisser (( le temps au temps )) / Et quand le moment sera venu, l’homme de foi aura sa récompense.Voyez, aussi, la belle récolte ! Pour le laboureur, c’est la paye.Coopérateurs, ne sommes-nous pas aussi des semeurs 7 Aux quatre vents de notre province, nous jetons la semence de la vraie, de la saine coopération.Nous de meme, nous y allons largement, sans compter, et parce que nous avons semé à pleines mains, nous aurons une belle récolte.Sans doute, il y aura des jours sans soleil, des heures de pluie, des moments de crainte et d’inquiétude.Qu importe, j’ai semé avec foi, avec confiance ; pourquoi douterai-je puisque c’est Dieu qui fait pousser 7 Coopérateur, veux-tu une belle récolte 7 Sème, mais sème donc ; tout vient à point à qui sait attendre ! Avec le paysan, sème, mais espère aussi, aime Surtout, si tu veux avec lui faire tienne cette trophe connue de François Coppée : Donnez sans espoir qu'on vous rende.Donner sans savoir qui reçoit ; Le plus noble geste qui soit C'est d'ouvrir la main toute grande.Jos.Turmel La photo frontispice, une gracieuseté du Service de Ciné-photographie provincial, représente un champ de blé de Deschambault.J rf EDIFICE DESJARDINS DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XVII, No» 8-9 QUÉBEC Août-Septembre 1951 Sommaire Prêts aux coopératives.L'importance de l’épargne.Nos meilleurs vœux aux nouveaux élus.Loin des yeux, loin du cœur.PAGE C.Vaillancourt.123 .124 .125 .125 Le Conseil canadien de la Coopération a tenu son congrès à Régina.La C.P.de N.-D.de Hull célèbre son 35e anniversaire.126 127 Observations sur les opérations de crédit.La paroisse Saint-Pacôme a.cent ans.Paul-Eugène Doyle.128 Joseph Turmel.129 De la réserve mathématique en assurance-vie .L’Union régionale de Québec.L’aspect social de la coopération .M.Abel Marion.Gardons l’esprit des Caisses !.Les fins de l’épargne.Consultations légales.Paul-E.Plante.130 .132 M.Yrjo Kallinen.134 .135 Albertine Desjardins 136 René Croteau.138 Le conseiller juridi- que.139 Quels hommes sont nécessaires à la coopération ?.140 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES EDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa.LA REVUE DES JARDIN S est imprimée aux aie Le rs Charrier c3 DugaL, Limitée, Québec msi Ti p irai Jcs y MOU! lace: lot Prêts aux coopératives NOUS revenons encore sur le sujet, car il faut convaincre les dirigeants des coopératives et ceux de nos Caisses populaires qu'il ne suffit pas de dire qu'on organise une coopérative pour que l'organisme que l'on met sur pied soit vraiment une coopérative.Trop de gens, qui veulent bâtir une coopérative, ne connaissent pas le premier mot de la coopération et encore moins le premier principe.Ne l'oublions pas, pour organiser une coopérative il importe d'avoir des coopérateurs ; et les organisateurs eux-mêmes doivent en tout premier lieu être des coopérateurs.Les membres d'une coopérative seront vraiment des coopérateurs, s'ils consentent à se sacrifier, à se donner eux-mêmes à l'œuvre dont ils veulent assurer le succès.Nous l'avons dit et nous le répétons pour la centième fois : trop de gens s'imaginent qu'on peut organiser une coopérative en demandant aux autres de prendre les risques et de payer pour eux.Non, l'organisation d'une coopérative est l'affaire des coopérateurs de cet organisme, et chacun doit prendre ses responsabilités et faire les sacrifices voulus.Rappelons-nous aussi qu'il y a des lois à observer et que ces lois ont été faites pour empêcher les abus et pour que chacun prenne ses responsabilités.Nous vous citons ci-après un cas qui illustre bien notre pensée : Une coopérative de distribution s'organise dans une paroisse.Soixante-quinze sociétaires souscrivent et paient $50.chacun, ce qui fait un capital payé de $3,750.Après quelques mois, voyant que le capital n'est pas assez élevé, on décide de le porter à $300.pour chaque sociétaire, ce qui est censé donner un capital de $22,500.Quelques sociétaires paient la différence de leur souscription, soit de $50.à $300.Les autres signent un billet par lequel ils s'engagent à payer jusqu'à $300.de capital, mais ils n'auront pas à débourser d'argent, ce nouveau capital devant être pris à même la ristourne.Est-ce assez ridicule : Les fervents, les vrais coopérateurs ont payé leur souscription ; et, fait surprenant, ceux qui feront le moins d’opérations avec leur coopérative n'ont rien donné sur le surplus du capital demandé, et s'il n'y a pas de ristourne, ils ne paieront rien.Les dirigeants de la coopérative s'en vont aujourd'hui à la Caisse populaire et demandent un emprunt en donnant ces billets en garantie.Quelle garantie y a-t-il pour la Caisse populaire ?Aucune.Si la coopérative ne fait pas de bénéfices, avec quoi la Caisse populaire se paiera-t-elle ?Un procédé semblable est des plus ridicules ; on n'aurait même jamais dû y penser.Il y a encore ceci : À une assemblée générale de la coopérative, on décide d'emprunter $11,000.de la Caisse populaire, et de tenir chaque sociétaire conjointement et solidairement responsable.Disons d’abord qu'une assemblée générale n'a aucun droit de passer une telle résolution, qui rend responsable chacun des sociétaires.Chaque sociétaire est responsable pour ses parts souscrites, pas plus.Une autre chose est illégale, et ceux qui ont lu La Revue Desjardins du mois d’avril vont s'en rendre compte.Le capital payé de la coopérative, qui était au début de $3,750.est passé à $11,500.Or, la loi des Syndicats coopératifs dit qu'un syndicat ne 124 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1951 peut emprunter plus du double du capital payé et du fonds de réserve non entamé.Or, le fonds de réserve est nul étant donné que la coopérative est nouvellement organisée.Le double du capital payé donne $23,000., mais, dé;à, la coopérative a un emprunt de $18,000.sur hypothèque, ce qui laisse seulement $5,000.pour le double du capital payé, et la coopérative veut emprunter $11,000.sur la garantie de billets qui ne valent rien.Si la Caisse prête dans un tel cas, ceux qui font ce prêt sont personnellement responsables, parce qu'ils violent la loi, et les directeurs de la coopérative peuvent également être tenus personnellement responsables parce qu'eux aussi violent la loi en dépassant la limite qui leur est permise sur prêts.On nous a dit que c'était un spécialiste en coopération qui avait ainsi conseillé cette coopérative.Si la chose est exacte, c'est un bien pauvre spécialiste.A-t-il déjà lu la loi des Syndicats coopératifs ?Sait-il même un seul mot de la coopération?Je pose la question, et la question me paraît toute simple.La coopérative veut augmenter son capital ?Que les sociétaires qui n'ont pas l'argent voulu pour payer le montant de leur souscription, de $50 à $300., empruntent de la Caisse populaire les $100., $200.ou $250.dont ils ont besoin ; chaque cas sera jugé à sa valeur par la Caisse.Et si un sociétaire n'a aucune valeur matérielle et ne peut donner des garanties, la Caisse ne lui prêtera pas.Les coopérateurs doivent comprendre que la Caisse populaire ne peut risquer l'argent qu'elle reçoit de ses sociétaires ; ces derniers peuvent retirer à vue cet argent qui est leur propriété et non la propriété des supposés coopérateurs de la coopérative.Encore une fois, faisons attention.Il ne faudrait pas qu'un mouvement mal dirigé, mal conçu, fasse périr le plus beau mouvement coopératif que nous ayons chez nous.Soyons des coopérateurs réalistes et sincères.L'importance de l'épargne -?- De /’Osservatore Romano {édition jrançaise), est reproduit Le texte suivant de S.Em.le cardinal Elle Dalla Costa.L’éminent prélat, s’inspirant de documents pontificaux, y souligne les problèmes qu affronte la famille et y rappelle les égards dus à cette cellule première de la société humaine.Il souligne aussi les bienfaits d’une saine épargne et insiste sur l’importance qu il y a d’observer la justice sociale.Il ne faut cependant pas croire que Ton veille favoriser l'habitude désormais établie en de nombreuses familles des milieux populaires, qui ignorent complètement l'épargne grâce à laquelle on peut parvenir à la précieuse conquête de la propriété.Voici ce que le Souverain Pontife a dit de l'épargne, lors de l’audience accordée récemment aux employés de la Caisse d’épargne de Rome : « Elle fortifie et affine le sens et l’habitude de la prévoyance et en diffuse la notion et l’usage parmi les classes les plus aisées.Sa portée s’étend encore davantage : ce sens et cette habitude supposent déjà, en effet, tout en le favorisant et en le développant davantage encore, un climat de vie ordonnée et vertueusement courageuse.Car si le courage est nécessaire à toutes les époques, il l’est bien plus encore à la nôtre pour résister avec persévérance aux mille tentations de plaisir, de jouissance, d’amour-propre.de confort qui, sans arriver jusqu’au luxe, dépassent toutefois ce qui est l'honnête nécessaire.» On ne peut donc pas approuver la conduite adoptée de nos jours par tant de gens qui dépensent chaque jour des sommes considérables en tabac, au cinéma, pour le sport.Il suffira de penser à la quantité énorme de moyens de locomotion que l’on utilise souvent dans le seul but de s’amuser.Des enfants, à peine âgés de dix ou douze ans, sont en possession de sommes d’argent — les jours de fête surtout — qu’ils dépensent Dieu sait comment, mais certes pas pour aller à l’Eglise, assister aux offices religieux ou au catéchisme.{L’Action Catholique, 18 avril 1951.) Volume XVII, nos 8-9 LA REVUE DES JARDINS 125 il E: ] I tirer I é et) ‘eur^ I beau cEezl es etl ;1 j rji est Nos meilleurs vœux aux nouveaux élus Au nouveau diocèse de Sainte-Anne S.S.Pie XII vient de diviser Parchidiocèse de Québec en créant le nouveau diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.M.le chanoine Bruno Desrochers, chancelier de l’Archevêché de Québec, devient le premier évêque de Sainte-Anne.Le nouveau diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière comprend les 54 paroisses des comtés de Rivière-du-Loup, Kamourasha, L’Islet et Mont-magny.Le nouveau diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière aura une population d’environ 90,000 catholiques et un clergé de 175 prêtres.Son Exc.Mer Bruno Desrochers, évêque-élu de Sainte-Anne, est né à Lotbinière, le 17 avril 1910.Il fit ses études classiques au petit séminaire et sa théologie au grand séminaire de Québec.Il fut ordonné dans sa paroisse natale, le 30 juin 1934, par le cardinal Villeneuve.Outre son baccalauréat ès arts, il obtint de l’université Laval sa licence en philosophie et son baccalauréat en théologie ; puis de V Angelicum, à Rome, son baccalauréat en droit canonique et, de l’université catholique de Washington, son doctorat en droit canonique.Mgr Desrochers fut professeur de procédure ecclésiastique et de droit liturgique à la Faculté de droit canonique de l’université Laval.Au nouveau diocèse de Saint-Jérôme Son Exc.Mgr I.Antoniutti a annoncé le 17 juillet que Sa Sainteté le pape Pie XII venait de créer un nouveau diocèse, à Saint-Jérôme, comté de Terrebonne, et que Mgr Emilien Frenette, supérieur du collège Saint-Jean, en avait été nommé le premier évêque.Mgr Frenette est né à l’Immaculée-Conception (Montréal), le 6 mai 1905.Ordonné prêtre le 30 mai 1931, il fut professeur au séminaire de Saint-Jean jusqu’en décembre 1947 alors qu’il était nommé supérieur de cette institution, à la mort du regretté Mgr Armand Chaussé.Il passa par ailleurs deux années à Paris (1936-1938), pour étudier les lettres et les sciences sociales.De septembre 1942 à 1947, il était préfet des études au séminaire, puis en 1945, il devenait vice-supérieur.Le 24 mars 1949, il était créé p>rélat de la Maison de Sa Sainteté.Depuis déjà quelques années, il était attaché à l’université de Montréal, comme secrétaire et vice-doyen de la Faculté des arts.Le nouveau diocèse comptera 44 paroisses réparties dans les comtés de Terrebonne, des Deux-Montagnes et d’Argenteuil.« Toutes les vies sont belles oà la pensée dominante a été pour les autres.)) — Devalour Au d iocèse de Saint-Jean de Québec Le 11 juillet.Son Exc.Mgr Antoniutti annonçait la nomination de M.le chanoine Gérard Coderre comme évêque titulaire d’Egée et coadjuteur de Son Exc.Mgr Anastase Forget.Né à Saint-Jacques de Montcalm, le 19 décembre 1904, M.le chanoine Coderre est licencié en théologie, bachelier en droit canonique et détient un certificat d’études de l’université de Montréal en histoire générale et en grec.Ordonné prêtre le 30 mai 1931, il fut d’abord vicaire à Lavaltrie puis professeur au Séminaire de Joliette, au Scolas-ticat Saint-Charles et au Pensionnat Amélie-Fristel.Vicaire à Saint-Félix-de-Valois (1935-37) et à la cathédrale (1937-41) il fut l’aumônier fondateur des Scouts catholiques au Séminaire en 1934-35 et à Saint-Félix en 1935, aumônier local des Scouts, de la J.E.C.et de la J.A.C.de la cathédrale, de 1937 à 1941.Il fut le premier directeur diocésain de l’Office catéchistique et de l’Œuvre des vocations en 1946, de même qu’il avait été le fondateur du terrain de jeux de Saint-Jean-Bosco.En 1946 il devenait également aumônier diocésain de la Croisade eucharistique et était à la direction diocésaine de l’Action catholique en 1947.Nommé chanoine honoraire de la cathédrale, fin décembre 1949, récemment encore il devenait fondateur à Joliette d’un Service social d’assistance.¦.;\erb [ *c.¦'-1 j lui ll( -iveit I C:::; I Dese"' j ri fl ltl ^ I ^ i ûji' Loin des yeux, loin du coeur Comment faire connaître notre Caisse populaire ?Quelle propagande serait la plus appropriée ?Y a-t-il moyen de s’assurer toujours de nouveaux sociétaires ?Ces questions, que vous vous posez, et que vous nous posez ensuite, il vous est facile d’y répondre en sachant profiter de toutes les occasions qui se présentent de faire valoir le matériel que la Fédération des Caisses populaires met à votre disposition.La famille étant le milieu naturel de toute éducation, vous devez faire en sorte que votre Caisse populaire soit présente dans chaque foyer.Cette présence ne saurait se résumer au livret de sociétaire du père de famille.Il faut qu’on la voie la Caisse pour y penser.Vous la ferez donc voir par la distribution de buvards aux sujets variés, de tirelires figurant la maison de Famille, de bustes du commandeur Desjardins, de couvertures de coussins, à l’effigie du Commandeur également, etc.Ces objets sauront, mieux que des discours, raviver dans chaque foyer l’idée de l’épargne et de la Caisse populaire.« Une image vaut mille mots.)) Placez votre commande aujourd’hui et la Fédération sera heureuse de vous servir.Buvards.$0.35 le cent - $3.00 mille Tirelires.0.75 chacune Buste du Fondateur.1.00 chacun Couverture de coussin.2.00 chacune 126 LA REVUE DES JARDINS Québec, août-septembre 1951 Le Conseil canadien de la Coopération a tenu son congrès à Régina LES 4 et 5 juillet, le Conseil canadien de la coopération, qui associe les organismes coopératifs provinciaux de langue française, à Tinstar de la Co-Operative Union of Canada, qui représente, sur le plan national, les organismes coopératifs provinciaux de langue anglaise, a tenu à Régina son congres national.Il fut présidé par M.Martin-J.Légère, son vice-président, en l’absence de M.Henri-C.Bois, président, en voyage en Europe.M.Légère est le gérant de la fédération des Caisses populaires acadiennes du Nouveau-Brunswick.Après l'inscription des délégués, mercredi soir, à l’hotel Saskatchewan, il y eut un grand banquet auquel participèrent, entre autres personnalités.Son Excellence Mer Maurice Baudoux, évêque du diocèse de Saint-Paul, Alberta, l’honorable sénateur Cyrille Vaillancourt et Madame Vaillancourt, le R.P.A.Toupin, o.m.i., représentant les coopérateurs de langue française de l’Ontario, M.l’abbé Adélard-J.Couture, secrétaire de la section manitobain du C.C.C., M.Laurent Hébert, inspecteur des Caisses populaires de l’Alberta, M.l'abbé A.Marchildon, secrétaire de la section du C.C.C.de la Saskatchewan, M.Léo Bérubé, secrétaire du C.C.C., M.Louis-Joseph Marcotte, rédacteur de la revue Ensemble, Québec, M.l’abbé Dominique Dugas, de la Saskatchewan, le R.P.Louis Gagnon, o.m.i., recteur du collège de Gravelbourg, M.Pierre Frossais, inspecteur des Caisses populaires du Manitoba, Me C.-A.Gamache, du ministère^ de l'Agriculture, Québec.A l’issue du banquet, M.Martin Légère, après avoir souhaité à tous la plus cordiale bienvenue et transmis aux congressistes les salutations des Acadiens, fit ressortir l’espoir que les Canadiens français de tous les coms du pays fondent sur la coopération bien appliquée ; elle est, précisa-t-il, le moyen par excellence à notre disposition pour conquérir la vraie prospérité économique et la paix sociale.Les délégués firent ensuite, tour à tour, un bref exposé sur le mouvement coopératif de leur province.Après quoi.Son Excellence Mer Maurice Baudoux, invité à prendre la parole, entretint les congressistes de la Radio-Ouest française.Il marque que la coopération qui s’impose sur le plan économique est non moins urgente et efficace pour nous sur le plan social et culturel.La radio française s’avère aujourd’hui un outil nécessaire à la conservation de l’esprit français et à la préservation de la foi catholique que nous devons garder même au prix des plus grands sacrifices.-?- L’honorable C.Vaillancourt, conférencier d’honneur, traita de l’épargne, source de progrès économique et social.Il nota tout d’abord que la première coopération qui s’impose c’est celle des esprits.Il est vain d’essayer de former des coopératives sans de vrais coopérateurs.Il rappela ensuite comment la vertu d’épargne forme des hommes de caractère et comment la Caisse populaire prépare des coopérateurs.C’est là une de ses fonctions principales.Elle permet la mise en commun des petites épargnes en vue de s’entr’aider ; c’est la charité sociale mise en pratique ; c’est l’application des principes chrétiens dans la vie économique et sociale ; c’est la mise des biens matériels au service des valeurs spirituelles.Comme nous constituons un peuple minoritaire, pour survivre et nous développer normalement, nous devons substituer la qualité à la quantité.Nous avons besoin d’être plus forts moralement et coopérer étroitement dans tous les domaines de notre activité ; c’est dans la mesure où nous croirons davantage en cette nécessité des forces spirituelles que nous serons plus forts et que nous vaincrons toutes les difficultés.La foi en nous-mêmes, la fierté de demeurer nous-mêmes, une espérance inébranlable dans les efforts conjugués, un amour vrai les uns pour les autres, véritable lien d’une solidarité pratique, voilà ce qu’il nous faut pour progresser dans tous les domaines, tels sont les principes qui doivent guider notre conduite.Sous un tel étendard, le Canada français ne saurait faillir dans sa marche vers le progrès.Le lendemain, la journée débuta par les élections de l’exécutif : président du C.C.C., M.Henri-C.Bois, gérant de la Coopérative fédérée de Québec ; vice-président : M.Martin-J.Légère ; secrétaire : M.Léo Bérubé, secrétaire du Conseil supérieur de la Coopération de (( La capacité de l’homme d’être juste rend la démocratie possible, son inclination à l’injustice rend la démocratie nécessaire.» Rheinhold Neihbor O (( Le demi-siècle qui commence est l’âge des hommes d’affaires, c est-à-dire des hommes affairés.» Duc de Lévis Mirepoix Québec ; directeurs : M.René Paré, gérant de la Société des Artisans cana-diens-français, Montréal ; le R.P.A.Toupin, d’Ottawa ; M.l’abbé Adélard Couture, de l’Ile-de-Chênes, Manitoba ; M.J.Joubert, de Montmartre, Saskatchewan ; M.Laurent Normandeau, d’Edmonton, Alberta.M.Martin Légère présenta une étude sur l’Assurance et les Caisses populaires.M.Pierre Frossais, inspecteur des Caisses populaires du Manitoba, traita de l’épargne au sein de la Caisse populaire, rappela les moyens de la développer, et il donna quelques directives pratiques en ce qui a trait à l’administration des Caisses.Le R.P.A.Toupin expliqua la formation du Conseil canadien de la coopération, rappela son but et son programme d’action, de même que les relations avec la Cooperative Union of Canada.Et M.l’abbé Adélard Couture fit un magnifique exposé des qualités et des devoirs des dirigeants de Caisses et de Coopératives.Le midi, le gouvernement de la Saskatchewan offrait un dîner officiel aux congressistes.Le premier ministre T.C.Douglas adressa la parole au nom de son gouvernement.Il souhaita aux congressistes la plus cordiale bienvenue, il loua les mérites du mouvement coopératif canadien qui concilie la liberté avec la sécurité économique et sociale, et il encouragea les coopérateurs à continuer à bien travailler au développement du Canada.M.Martin-J.Légère exprima sa reconnaissance au premier ministre d’avoir bien voulu reconnaître et patronner officiellement avec son gouvernement le Conseil canadien de la coopération, puis il manifesta sa joie de constater l’esprit de coopération nationale qui existe entre les Canadiens de différentes langues.Dans l’après-midi, Me René Paré, président du Conseil canadien de la coopération de Québec, fit ressortir ce que la Société des Artisans fait pour favoriser la pratique de l’épargne.M.Romulus Beaulac, propagandiste du Saskatchewan Wheat Pool, traita de la coopérative du blé, et Paul Sicotte, des coopératives de machineries agricoles.Me C.-A.Gamarche parla de législation coopérative, M.Léopold Girardin, des coopératives de consommation, M.Léo Bérubé, des services du Conseil canadien de la coopération, M.Léo Filion, de la Coopérative fédérée, présenta un travail sur les coopératives à fins multiples.Et le congrès se termina, après l’adoption des résolutions, par un dîner offert conjointement par le C.C.C.et le Conseil de la coopération de la Saskatchewan. 1551 'ait, am.u deU toba; aslat- aires, r des-taiu ¦ popu.dévt- jctivg.minis- for- iirtm iites K ssesei de la ielatu T.C am venae.iterté soak icon- Volume XVII, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 127 La Caisse populaire Notre-Dame de Hull célèbre son 35e anniversaire Fondée le 10 juillet 1916, elle est maintenant presque trois fois millionnaire NOTRE-DAME de Hull a sa Caisse populaire depuis le juillet 1916.C'est en effet le 35e anniversaire de fondation de la Caisse populaire Notre-Dame de Hull.Elle est donc une des plus vieilles Caisses et elle se classe aussi parmi les plus prospères.Elle est aujourd’hui presque trois fois millionnaire ; son actif était, au 30 juin 1951, de $2,766,055.67.C’est dire qu elle a fait du beau travail pour développer chez ses membres le sens de l’économie et la pratique de la petite épargne.Ses succès, elle les doit au dévouement de ses dirigeants, à leur compétence qui assurait à la Caisse la confiance des paroissiens, à l’esprit coopératif qu’ils ont su développer autour d eux et aussi à la prospérité de ces dernières années.De la fondation à 1942, le progrès fut plutôt lent ; de 1942 à 1951, l’actif passa de $249,448.-00 à $2,766,055.67.Sa naissance est due à l’initiative du R.P.M.Desjardins, o.m.i., qui sut grouper les hommes capables de prendre l’affaire en mains et de la mener à bien.On peut citer, entre autres noms M.Arthur Riel, président depuis 1934, qui le fut aussi de 1924 à 1929.Messieurs Wilfrid Coulombe, Albert Laflèche, Albert Bouvrette, Magloire Carrière, Joseph Caron, Joseph-Ed.Blanchard, Arthur Caron, Georges Ardouin, Joseph Martel, Joseph Raymond, Zéphir Laflèche, Edgar Robitaille et Adrien Labelle, directeurs fondateurs ; le Rév.Père Sylvain, o.m.i., MM.J.-E.Paquette, Ant.Carrière, Eugène Landriault, Arthur Laroche, Horace Talbot, Lucien Caron qui assura la géran- ce de 1924 à 1941, Victor Falar-deau, gérant depuis 1942, les continuateurs ; le Rév.Père Léon Courchesne, o.m.i., aumônier, MM.Jean-Paul Labelle, L.-Rodolphe Ménard, Alphonse La-bonté, Philippe Guindon, Hono-rius Reinhardt, Wilfrid Fournier, Pierre Mignault, Mastaï Pichette, Eusèbe Charron, Edmond Lalon-de, S.-Edgar Dussault, Héliodore Charron et Wilfrid Monpetit, tous administrateurs actuels.On ne compte plus les services qu’elle a rendus tant sur le plan du crédit que sur celui de l’épargne.C’est plus de $10,000,000 (10 millions) qui sont passés par la Caisse en l’année sociale 1950.C’est $1,416,316,97 que les emprunteurs hypothécaires devaient au 30 ;um 1951.C’est plus de $191,643.40 en petits prêts personnels, sur reconnaissance de dette, dont bénéficiaient à cette même date les sociétaires.Ce sont 5,156 sociétaires qui en font partie.La Caisse aide tous ceux t ~ i- qui veulent s’aider et qui méritent d’être aidés, compte tenu des principes de la saine finance, il va sans dire.C’est de là que viennent ses succès.Ce sont les services rendus et la saine administration qui lui valent la confiance populaire, condition nécessaire à son progrès.La Caisse populaire Notre-Dame s’est avérée nécessaire dans la paroisse.En plus de faire un travail magnifique d’orientation de l’esprit, de formation de la volonté, elle forme une richesse qui aide toujours, n’opprime jamais, qui fait le bien et honore toujours celui qui la possède.Cette caisse populaire est riche et ceux dont les noms figurent à ses livres ne sont pas ses esclaves ; c’est la Caisse qui se fait la dévouée servante d’un système économique humanisé, fondé sur la justice et la charité, dont l’objectif est d’assurer à la famille une aisance relative, des conditions de vie favorables à sa mission.M P* %" Ulft; M 128 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1951 Observations sur les opérations de crédit -?- AU 31 décembre 1950, la Fédération de Québec comptait 1,084 -Caisses populaires maintenues par 599,-517 sociétaires.Le total de l'actif était de $224 millions et les prêts en force dépassaient $107 millions, soit 47.8% de cet actif.A bien noter que les prêts en force incluent les prêts consentis au cours de Tannée sociale 1950 évalués à un peu plus de $50 millions et le solde de prêts consentis antérieurement et non encore remboursés à la date du 31 décembre 1950.En regard de ces données, voici quelques observations sur les opérations de crédit provenant de la compilation des rapports individuels de 1,045 Caisses dont Tannée sociale se terminait à Tun ou Tautre des douze mois de Tannée 1950.1.-— Au cours de cette période, 82,231 prêts d’une valeur globale de $50,313,958.90 ont été consentis.En présumant évidemment qu’aucun sociétaire a contracté plus d’un emprunt, 82,231 sociétaires ont donc bénéficié d’un prêt.En d’autres termes, 13.7% des 599,517 sociétaires se seraient prévalus du service de crédit de leur Caisse respective.2.— De ces 82,231 prêts, 70,-860 étaient des prêts sur recon-naissance* de dette et 11,371 des prêts sur hypothèque.En attribuant ces prêts à autant de sociétaires, on en déduit les rapports suivants : un sociétaire sur huit ou un huitième des sociétaires a eu recours au prêt sur reconnaissance de dette, et un sociétaire sur cinquante-deux ou un cinquante-deuxième des sociétaires a utilisé le prêt sur hypothèque.3.— Toujours au cours de Tannée sociale 1950, chaque Caisse a consenti en moyenne 11 prêts sur hypothèque, chacun d’une valeur moyenne de $2,403.70, et 67 prêts sur reconnaissance de dette, chacun d’une valeur moyenne de $324.32.Pour chaque prêt sur hj^pothèque, il en a été accordé six sur reconnaissance de dette.4.— Des 70,860 prêts sur reconnaissance de dette, 17,264 soit 24.5% étaient de la classe $100.00 à $199.99, et 24,237 soit 34.3% étaient de la classe $200.00 à $499.99.5.— Les Caisses des Unions régionales de Québec, Montréal et Trois-Rivières, au nombre de 595, soit 57% des Caisses des dix Unions, ont consenti au cours de cette même période 53,615 prêts, soit 63% des 82,231 prêts.Ces 53,615 prêts d’une valeur totale de $37 millions représentaient 64% des $50,313,958.90 prêtés par l’ensemble des Caisses.A noter que ce montant de $37 millions constitue 22% de l’actif réuni des 595 Caisses totalisant $169 millions.À ces $37 millions il faut ajouter un solde de prêts de $44 millions consentis antérieurement à la période étudiée de sorte qu’à la date du 31 décembre 1950, -les prêts en force des Caisses de ces trois Unions totalisaient $81 millions, soit 47.9 de leur actif.6.— Ces observations ne seraient pas complètes sans un rapprochement des Caisses urbaines, semi-urbaines et rurales ACTIF DE CHAQUE GROUPE DE CAISSES, VALEUR DES PRÊTS CONSENTIS AU COURS DE L’ANNÉE SOCIALE 1950 ET SOLDES DE SOLDES DE PRÊTS CONSENTIS ANTÉRIEUREMENT À CETTE PÉRIODE MAIS NON ENCORE REMBOURSÉS À LA DATE DU 31 DÉCEMBRE 1950 192 Caisses urbaines 63 Caisses semi-urb.790 Caisses rurales 1,045 Caisses ensemble 1.— Actif de chaque groupe de Caisses à la date du 31 décembre $103 $31 $90 $224 1950 millions millions millions millions En regard de l’actif total, ceci représente 46% 14% 40% 100% 2.— Valeur des prêts consentis par chaque groupe de Caisses au cours de l’année sociale 1950.$24 $7 $19 $50 millions millions millions millions En regard de l’actif respectif de chaque groupe de Caisses, ceci représente 24% 23% 21% 22% 3.— Soldes des prêts consentis antérieurement à l’année sociale $30.5 $9 $17.5 $57 1950 mdlions millions millions millions En regard de l’actif respectif de chaque groupe de caisses, ceci représente 28.9% 28.6% 19.6% 25.8% 4.— Valeur totale des prêts en force pour chaque groupe de Caisses $54.5 $16 $36.5 $107 à la date du 31 déc.1950.millions millions millions millions En regard de l’actif respectif de chaque groupe de Caisses, ceci représente 52.9% 51.6% 40.6% 47.8% Volume XVII, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 129 en regard du Service de crédit.Le tableau qui précède illustre le comportement de chacun de ces groupes de Caisses et de l’ensemble avec pourcentages à l’appui.Ainsi, à l’item 1 les chiffres indiquent la participation de chaque groupe a l’actif total.Les Caisses urbaines, quatre fois inférieures en nombre aux Caisses rurales, ont un actif légèrement plus élevé que ces dernières.Les prêts consentis au cours de l’année sociale 1950 figurent à l’item 2.En regard de l’actif respectif de chaque groupe, il est normal que les Caisses urbaines en consacrent une plus large part.L’item 3 tient compte des soldes de prêts consentis antérieurement à l’année sociale 1950 et non encore remboursée a la date du 31 décembre 1950.Ajoutés aux montants respectifs cités dans l’item 2, on obtient les totaux respectifs des prêts en force à la date du 31 décembre 1950, c’est ce que démontre l’item 4.En somme, 47.8% de l’actif des Caisses des dix Unions, soit $107 millions, est nolisé ou utilisé en prêts à leurs sociétaires.Chez les Caisses rurales, ce pourcentage est légèrement inférieur, eu égard à leur actif alors que la tendance est contraire dans le cas des Caisses urbaines et semi-urbaines.Différents facteurs d’ordre économique surtout, domestique et géographique sont responsables de ces variations.Il n’entre pas dans le cadre de cet article de les énumérer ni d’en mesurer l’influence.Il n’est pas toutefois défendu aux lecteurs d’y réfléchir, voire même de nous faire part du fruit de leur réflexion si ça leur plaît.p._E.Doyle La paroisse Saint-Pacôme a cent ans A A la fin de juillet la paroisse de Saint-Pacôme fêtait le centenaire de sa fondation.Des démonstrations grandioses qui ont duré tout une semaine amenèrent dans cette belle paroisse du comté de Kamouraska, en plus des autorités religieuses et civiles, les anciens de Saint-Pacôme, dispersés un peu partout.M.l’abbé P.-J.Fortier, qui est le septième curé, et qui avait en mams l’organisation des fêtes, a toujours été un bon et fidèle coopérateur.Alors qu’il était curé de Saint-Luc, Dorchester, il consentait, dès son arrivée, à prendre la gérance de la Caisse populaire, poste qu’il a occupé jusqu’à son départ.Quelques années plus tard, il fondait la Caisse de Scott (Dorchester) dont il a gardé la gérance pendant quatre ans.M.le curé Fortier est un méritant et nous sommes heureux de souligner, à l’occasion des fêtes de sa paroisse, combien son concours nous a été précieux, et quel bon souvenir nous gardons de sa constante coopération.Ajoutons, pour être complet, que M.Alfred Lévesque, gérant de la Caisse de Saint-Pacôme, est m M.l’abbé P.-J.Fortier, curé de Saint-Pacôme de Kamouraska, paroisse centenaire.Village centenaire de Saint-Pacôme de Kamouraska.«g «rw 4Ü4, - .* JL.sacristain depuis quarante-quatre vesque, et nos félicitations pour ans.Nos vœux aussi à M.Lé- sa stabilité.Jqs.Turmel 130 LA REVUE DESJARDINS Québec, août-septembre 1951 De la réserve mathématique en assurance-vie LES assemblées générales annuelles de l’Assurance-Vie Desjardins sont l’occasion de questions sur notre réserve mathématique.Cet article essaie de répondre à ces questions.La réserve mathématique en -4- assurance-vie peut être définie comme étant la différence entre les revenus (primes et intérêts) de la société pour la période écoulée depuis l’acceptation des risques et le montant des réclamations de décès prévus par la table de mortalité pour cette même période.La réserve mathématique, c’est aussi la différence entre le montant des réclamations futures de décès prévus par la table de mortalité et les revenus (primes et intérêts) futurs de la société.Illustrons ces définitions par un exemple : TABLE DE MORTALITÉ C.S.O.1941 PRIME NETTE ANNUELLE $312.28 —TAUX DTNTÉRÊT 3% Âge (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 90 21,577 6,063 $6,738,118.$6,738,118.$202,144.$6,940,262.$6,063,000.$ 877,262.91 15,514 4,681 4,844,750.5,722,012.171,660.5,893,672.4,681,000.1,212,672.92 10,833 3,506 3,382,956.4,595,628.137,869.4,733,497.3,506,000.1,227,497.93 7,327 2,540 2,288,093.3,515,590.105,468.3,621,058.2,540,000.1,081,058.94 4,787 1,776 1,494,896.2,575,954.77,279.2,653,233.1,776,000.877,233.95 3,011 1,193 940,282.1,817,515.54,525.1,872,040.1,193,000.679,040.96 1,818 813 567,729.1,246,769.37,403.1,284,172.813,000.471,172.97 1,005 551 313,844.785,016.23,550.808,566.551,000.257,566.98 454 329 141,776.399,343.11,980.411,323.329,000.82,323.99 125 125 39,035.121,358.3,642.125,000.125,000.— 0 — (1) = Nombre de vivants au début de l’année.(2) = Nombre de décès à la fin de l’année.(3) = (1) X prime.Primes payées au début de chaque année (4) = (3) + (8) de la rangée précédente.Réserve au début de chaque année.(5) = (4) X .03 : intérêts gagnés pendant l’année.{6) = (4) -f- (5) Réserve au début de l’année plus les intérêts (7) = (2) X 1000 : Montants de réclamation de décès.(8) = (6) — (7) : Réserve à la fin de l’année.• Pour faciliter la démonstration, nous avons supposé que toutes les primes étaient payées au début de l’année et que tous les décès survenaient à la fin de l’année.21,577 personnes âgées de 90 ans achètent chacune $1,000.d’assurance et paient chacune au début de l’année une prime annuelle nette de $312.28.La société reçoit au début de l’année en primes $6,738,118, qui, placés à 3%, rapportent $202,144.d’intérêts.Les revenus de la société pour l’année sont donc de $6.-940,262.À la fin de l’année 6,063 personnes décèdent.La société paie en réclamations de décès un montant de $6,063,000.La différence entre les revenus de la société et le montant des ré- clamations de décès est de $877,-262.C’est la réserve.La société commence sa deuxième année d’opérations avec cette dernière somme en caisse.Les survivants de cette première année (15,514) paient chacun $312.28, soit $4,844,750., qui ajoutés à la réserve de l’année précédente font un total de $5,-722,012.Ce montant rapporte $171,660.d’intérêts.Les revenus de la société à sa deuxième année d’opérations sont de $5,893,672.A la fin de cette deuxième année 4,681 personnes décèdent.La société paie en réclamations de décès $4,681,000.À la fin de la deuxième année, il reste à la société une réserve de $1,212,672.Selon ce processus, la société commence la dernière année de la table de mortalité avec une réserve de $82,323.Les 125 survivants paient chacun leur prime de $312,28, soit $39,035., qui ajoutés à la réserve font un total de $121,358.sur lesquels la Compagnie gagne $3,642.d’intérêts.Les revenus de la société pour cette dernière année sont de $125,000.représentant exactement le montant de réclamations de décès ($125,000.) : les 125 personnes vivantes au début de l’année décédant toutes à la fim A l’aide du tableau, il est facile de vérifier les deux définitions que nous avons données de la réserve mathématique.Cherchons la cinquième réserve. Volume XVII, nos 8-9 LA REVUE DES JARDIN S 131 ma- en- i'& m 1 Primes payees au debut de chaque annee Montants de réclamation de décès I ?Intérêts gagnés pendant l’année Réserve à la fin de l’année D’APRÈS LA PREMIÈRE DÉFINITION : 5e réserve = Revenus des 5 premières années — Dépenses des 5 premières années.Primes + Intérêts DÉCÈS e de riffle qui total $ 6,738,118.$202,144.$6,063,000.4,844,750.171,660.4,681,000.3,382,956.137,869.3,506,000.2,288,093.105.468.2,540,000.1,494,896.77,279.1,776,000.$18,748,813.+ $694,420.= $19,443,233.- $18,566,000.= $877,233.* iréts- pour acte- tious a v pesants.I ,vec vos de ses .-Vi f- N sy*. 138 LA REVUE DES JARDINS Québec, août-septembre 1951 Les fins de l'épargne UN peuple pauvre est un pauvre peuple.Et malgré une apparente prospérité, jointe à des moyens de production dont l'ampleur et l’efficacité peuvent surprendre, un peuple qui ne possède pas de capital national constitué, et qui est dépourvu de la volonté de s’en créer un, est un peuple pauvre.Dans les temps présents, alors que toute l’économie est organisée et conduite selon l’esprit d’un système avide de profits toujours plus grands, quel qu’en soit le prix, ses chances de relèvement en sont rendues plus douteuses.Non pas qu’il faille désespérer ni s’avouer impuissant avant même de tenter un redressement, mais plutôt parce que l’effort à déployer devient gigantesque.Du reste, la formation d’un capital national appuyé sur une administration adéquate n’est pas une tâche banale pouvant s’accomplir en un tournemain.En vérité, c’est un problème d'envergure dont la solution demeure difficile.Une chose est certaine, cependant, et c’est que le premier élément de cette solution réside dans l’organisation d’une épargne raisonnée et volontaire dans toutes les classes de la société.L’homme étant ainsi fait qu’il a besoin de toujours avoir présente, à l’esprit et au cœur, l’image de la fin à atteindre, il ne- faut pas cesser, en prêchant l’épargne, de rappeler, à temps et à contretemps, quels en sont les effets et les bienfaits pour l’individu comme pour la communauté, pour le présent comme pour les générations futures.LES FINS PROCHAINES C’est un fait évident que la vie des individus et des familles est aujourd’hui contenue dans l'enveloppe de paye.Que la maladie ou le chômage empêche le travailleur de toucher un revenu, et c’est la privation, souvent la misère, pour lui et les siens.Pourtant, lorsque ce même ouvrier, au jour de sa vigueur, a su entendre et suivre les conseils de prévoyance qui lui étaient donnés, ses réserves lui sont, dans les temps de difficultés, des trésors bienfaisants dont le prix est inestimable.Mis à part, ces cas extrêmes, les raisons d’épargner sont encore innombrables pour tous et chacun.Devenir propriétaire de sa maison ; donner à ses enfants la medleure instruction possible ; faire avec toute sa famille un voyage instructif, qui soit en même temps une détente, sont autant d’ambitions légitimes et normales que l'épargne permettra de satisfaire.Il n’est pas défendu, non plus, de souligner tel anniversaire en offrant un cadeau choisi : livres, disques, accessoires utiles, qui sera un enrichissement pour toute la maisonnée.Par ailleurs, l’avoir de l’épargnant constitue, en tout temps, une source de crédit fort avantageuse pour ses concitoyens.Et le crédit dispensé de façon saine, pour des fins sérieuses, est, lui aussi, un auxiliaire précieux de la vertu d’épargne.L’axiome populaire : « Qui paie ses dettes, s’enrichit », s’inspire justement de la valeur de l’épargne en même temps que de cette vertu curative du crédit dispensé avec sagesse et humanité.Toutefois, l’épargne ne saurait trouver tout son sens et son plein épanouissement si elle ne devient une source de richesses, au service du bien commun.LES FINS DERNIÈRES L’organisation de l’épargne populaire a, en effet, d’autres visées que la création de quelques réserves et l'emprunt à bonnes conditions en faveur d’un groupe donné de citoyens, ou au bénéfice de sociétés locales et privées.Ses limites sont, de loin, plus étendues.La génération présente semble bien avoir compris que l’argent, pas plus que toute autre richesse, n'est fait pour être enfoui.C’est un talent à faire fructifier avec toute l’intelligence dont on peut faire montre.Aussi, bien avant que ne soient atteints les objets prochains dont il a été question plus haut, l’épargnant se prend à considérer l’emploi à faire de ses capitaux au bénéfice de la commu- « Grands Dieux ! ne nous expliquons plus, on ne s’entend que grâce à des malentendus ! » nauté elle-même.Déjà, il a le sentiment que son épargne, jointe à d’autres épargnes va bientôt constituer une richesse vive, propre à servir les intérêts supérieurs de la société.À ce niveau, on entre dans le vestibule de la finance ; et les dollars des épargnants, les dollars des sociétaires de nos Caisses vont commencer de fournir, prudemment, leur apport de vie et de mouvement au monde du commerce, de l’industrie, et du bien public en général.Valeur nouvelle produite par l'épargne, notre dollar va travailler à créer d’autres richesses pour le bénéfice de l'artisan, de l'ouvrier, et du cultivateur lui-même.N’est-ce pas un point de fierté très légitime, que de nous trouver en mesure d’assurer le financement de nos municipalités, de nos commissions scolaires et de nos fabriques avec des dollars que nous avons produits, que nous avons conservés et dont nous sommes personnellement les administrateurs ! En vérité, c’est un commencement de liberté qu’il fait bon goûter.Continuant son travail de fidèle instrument, notre dollar va aider au développement et au maintien de nos communautés religieuses, de nos hôpitaux, de nos institutions de bienfaisance, d’éducation et autres, qui sont autant de postes à l’actif de notre bilan national.Ainsi donc, grandissent constamment et sans secousses, notre patrimoine commun et le réseau de notre influence.Aidés de nos sociétés d’assurances, de nos institutions de finances et de fiducie, qu'on nous laisse nourrir l’ambition légitime de pouvoir, avant longtemps, remplir le rôle qui nous appartient dans les finances d'Etat.A partir de ce moment, peut-être y aura-t-il moyen de discuter plus amicalement avec les grandes compagnies industrielles et les cartels commerciaux.De quelle puissance l’épargne n’est-elle pas la source ?Et dire que si tous les sociétaires de nos Caisses épargnaient chacun cinq dollars par mois, nous serions, tous ensemble, plus riches de trente-six millions au bout de l’année.TES' ;:aeü mut üo s fa W ^ iîS, Rostand René Croteau Volume XVII, nos 8-9 LA REVUE DESJARDINS 139 e senti.l’aot^ DES FORMALITES A REMPLIR EN CAS DE RETRAIT— DE LASUC-CESSION EN L’ABSENCE DU TESTAMENT te epar., ¦.: .Itivattui - : ., LS ::::i I ¦ : .r';' - ''i'i'dl, I - 3 .•• .;¦ ., A -fi ' ¦ : " es'1' A ^ :'4 Q.— Trop de gens commettent l’imprudence de ne pas faire de testament.Aussi, arrive-t-il que des sociétaires se présentent à la Caisse et veulent retirer les épargnes d’un membre de la famille qui est décédé sans testament et qui alors a des héritiers légaux.Des gérants de Caisses ne savent trop quoi faire alors.L’un d’entre eux nous écrit pour nous soumettre le cas que voici.Il sera peut-être utile à plus d’un autre de le communiquer ici, avec la solution indiquée.Un sociétaire est décédé chez nous.Il était majeur.Il n’avait pas de testament.Lui survivent sa femme, son père, sa mère, des frères et sœurs, et aussi quelques neveux et nièces.Quelqu’un de la famille se présente à la Caisse et veut retirer les économies de ce sociétaire décédé.Que doit faire la Caisse ?R.— L’épouse survivante a la moitié des biens, si elle était mariée sous le régime de la communauté.Elle peut cependant renoncer à la communauté, ou encore être séparée de biens et dans ces cas, la succession de son mari se partage comme suit : un tiers à l’épouse, un tiers aux père et mère, et un tiers aux frères et sœurs ou neveux et nièces représentants des frères et sœurs prédécédés.Il ne peut y avoir lieu à nomination d’un exécuteur testamentaire.La chose n’est pas possible sans testament.Les héritiers, cependant, s’ils sont majeurs, peuvent se donner les procurations pour que l’un d’entre eux reçoive paiement et donne quittance.La Caisse ne peut cependant payer sans une déclaration indiquant les noms, prénoms et adresses des héritiers, la date du décès, l’absence du testament.On doit lui fournir également un certificat relatif aux droits sur la succession.La Fédération n’a pas d’instructions écrites se rapportant à la manière de régler les successions.Il y a bien des lois générales mais chaque cas doit être étudié à son mérite, et il est préférable de consulter en cas de doute.Consultations légales -?- DES FORMALITÉS À REMPLIR EN CAS DE RETRAIT DES VALEURS PASSÉES EN SUCCESSION — AVEC TESTAMENT Q.— Que doit faire la Caisse dans le cas où l’exécuteur testamentaire se présente pour retirer l’argent de la Caisse ?R.— Quand une demande est adressée à la caisse pour la remise des sommes en mains, il y a lieu pour le gérant d’exiger les pièces suivantse : 1° Certificat de décès ; 2° Copie du testament ; J° Déclaration assermentée indiquant les noms, prénoms des héritiers, en vertu du testament.Si, parmi ces héritiers, il y en a qui soient mineurs, il faudra exiger copie de l’acte de tutelle ; 4° Certificats de l’Impôt sur les successions établissant soit l’absence de droits, soit le paiement des droits exigibles.DES PRÊTS HYPOTHÉCAIRES Q.— Plus souvent qu’autrement, des gérants de Caisses, parfois aussi des sociétaires, nous demandent si un acte hypothécaire peut servir à un autre prêt, en supposant que soit complètement remboursé le premier emprunt ou qu’il reste un montant bien minime à rembourser.Ce moyen permettrait une économie de frais d’emprunt sur hypothèque ?R.— On me demande si une Caisse qui a prêté sur acte d’obligation peut faire revivre l’hyopthèque qui n’est pas radiée pour que cette garantie serve à un nouvel emprunt.La réponse est en règle générale négative.L’hypothèque est une garantie d’une créance, et si la créance disparaît, l’hypothèque est é-teinte, même si elle n’est pas radiée.Cependant, il est possible, dans le cas par exemple d’un compte courant, de rédiger l’acte d’obligation de façon à ce que l’hypothèque subsiste malgré les fluctuations dans le montant dû par le détenteur.Dans ce cas, c’est l’acte d’obligation authentique qui doit prévoir cette convention spéciale ; mais ce qui est certain, c’est que l’hypothèque ne peut revivre par un acte sous seing privé.SECRÉTAIRE DU CONSEIL DE SURVEILLANCE Q.— L’article 21, quatrième alinéa de la loi des Syndicats coopératifs de Qué- bec, se lit comme suit : « Les délibérations du conseil de surveillance sont consignées dans les registres tenus et gardés par le gérant.» Cet article doit-il être interprété dans le sens que le gérant doit être nécessairement le secrétaire du Conseil de surveillance et que lui seul peut rédiger et écrire les procès-verbaux ?Les mots « tenus et gardés » semblent vagues et nous aimerions connaître votre avis à ce sujet.Je vous citerai également le texte anglais de cette loi qui est le suivant : « The proceedings of the board of supervision shall be entered in registers kept and written up by the manager.» En employant l’expression « written up » cela semble un peu plus clair, mais il y aurait peut-être possibilité de prétendre que la rédaction peut être arrêtée par une autre personne, voire même que les écritures elles-mêmes pourraient être faites par une autre personne et que le gérant n’en aurait en définitive que la garde ?R.— Je suis d’opinion qu’en vertu de l’article 21 de la loi des Syndicats coopératifs de Québec, le gérant devient nécessairement le dépositaire du registre des délibérations du Conseil de surveillance, délibérations qu’il est tenu de rédiger.Le gérant a donc les deux fonctions principales qui sont ordinairement les attributs d’un secrétaire, savoir : la rédaction des procès-verbaux et la garde des registres.Je vous soumets que je ne vois pas comment en arriver à une autre interprétation de cet article 21.Ceci ne veut pas dire, cependant, que le procès-verbal d’une délibération telle que comprise, interprétée et consignée par le secrétaire ne puisse être corrigé suivant les instructions formelles des membres du Conseil de surveillance.Bien au contraire, un procès-verbal, avant d’être définitif, doit être relu et approuvé ; mais, par ailleurs, ceci écarte que la rédaction des procès-verbaux puisse être arrêtée par une personne autre que le corps délibérant lui-même agissant en assemblée.Le Conseiller juridique Des hommes incorruptibles.• Des hommes que la richesse ne peut séduire.• Des hommes également honnêtes dans les grandes et dans les petites choses.• Des hommes actifs, des hommes qui ne se laissent pas décourager par les échecs.• Des hommes qui n’ont pas deux lignes de conduite : une pour leur vie personnelle, l’autre pour les affaires publiques.• Des hommes dont les préoccupations vont au delà de leur bien-être personnel.• * Des hommes qui mettent les intérêts communs au-dessus des intérêts personnels et privés.• Des hommes qui tiennent leur parole et demeurent fidèles à leurs amis, dans la joie comme dans la douleur.{Emprunté à un almanach anglais)
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