Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1943, Octobre
Vol.ix.No.8 Ouébec, Octobre 1943 /W 7 SOMMAIRE T Hos caisses populaires ei le mouvement coopératif C.Vaillancourt- Contre le prélèvement de la livre de chair Rodolphe Laplante- La loi des banques c.V- La caisse populaire rurale ei 1 aide aux cooperatives J.E.Michaud - Taux d'intérêt sur les dépôts c.V.- Faites l'éducation coopérative de vos sociétaires Paul-Emile Charron- Les prêts aux coopératives C.V.-;- Le jubilé d'arqent de la Caisse populaire de Sami-Luc Joseph Pouliot- La vie des caisses dans le district de Joliette R.L.________- —.- Lettre ouverte: Les ligues du Sacré-Coeur et la coopération Louis Arneau- Protégez-vous C.V.- Nouvelle union régionale de caisses- Nous avons besoin de voire concours- Rectifications_____________________________________________ Pas de collusion- R.L______________________ La coopérative agricole- Pour Thisioire Louis Arneau — -;- La caisse est consacrée oeuvre d'utilité publique à Saint-Romuald R, L.- Le crédit maritime gaspésien J.Georges Day - -.- - Faits coopératifs R.L- Nouvelles fondations C.B_______________________________________ Copeaux et retailles R.Tj.- Consultations légales L’aviseur légal- Table d'intérêt simple sur 100 à 2^% ______________________ 143 144 144 145 145 146 147 147 148 150 151 152 152 152 152 152 152 153 154 155 156 156 153 159 160 ÛToaaj^-t off'Lclei de a FÉDÉRATION TTES CAISSES POP U1 AIRES DESJARDINS Revue Organe officiel d® la Fédération de Québec ^ Unions Régionales da Caisses Populaires Desjardins Prix des cbonnements: pour un seul abonnement par groupe de quatre abonnements par groupe de douze abonnements société régie par $1.00 la loi des Syndicats coopératifs de Québec.3.50 9.00 Rédaction et administration : La Fédération des Caisses Populaires, Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec.EDITORIAL ^Vc oi j2oj2uLaifiz^ Et Ie mouvEmEnt COOjJE’ On se rappelle que l’an dernier, dans notre numéro du mois de novembre, nous avons écrit un article donnant en raccourci ce que nos caisses populaires ont fait pour aider le mouvement coopératif chez nous pendant ces dernières années., Notre enquête est terminée; 639 caisses ont fourni des chiffres.Au cours de ces derniers mois, nos caisses populaires ont prêté aux coopératives de tous genres la somme totale de $2,126,775.81 se répartissant comme suit: Cercles de TUnion catholique des cultivateurs:_________________ $ 12,464.49 Coopératives de consommation:_________________________________ 311,743.28 Coopératives de production: ____________________________________ 876,067.19 Cercles agricoles:_____________________________________________ 136,158.12 Achats et ventes:________________________________________________ 566,000.16 Couvoir:______________________________________________________ 29,613.76 Criblage:______________________- ______________________________ 14,026.47 Sociétés mutuelles: ___________________________________________ 48,121.44 Divers: ________________________________— —- 132,580.90 Au 30 septembre 1942, il restait un solde dû de $762,666.94.Nos caisses populaires ont, en outre, prêté aux corps publics de leur localité, tels que fabriques ou syndics, commissions scolaires, municipalités, industries locales, communautés religieuses, par simples reconnaissances de dettes (nous précisons bien, ce ne sont pas des achats d’obligations, ce sont des prêts consentis à des sociétaires sur billets ou reconnaissances de dettes), la somme de $6,170,228.86 se répartissant de la façon suivante: Commissions scolaires:_________________________________________ $ 945,853.40 Municipalités:_______________________________________________ 2,662,952.41 Fabriques ou syndics: _______________________________________ 1,099,294.55 Industries locales:_____—-____________ __________________ — — 826,743.50 Communautés religieuses:_______________ _________________ — — 635,385-00 En plus, au 31 décembre 1942, les caisses populaires avaient en prêts à leurs sociétaires- soit sur hypothèques ou sur reconnaissances de dettes, la somme total de $13,901,325.82, Enfin, nous avions en prêts sur obligations à nos municipalités scolaires, rurales ou autres, syndics, fabriques, communautés religieuses, etc., un montant total de $20,380,382.80-Cette année, si nous faisions le relevé des prêts aux coopératives, nous croyons que le montant serait plus élevé que celui mentionné plus haut, parce que dans deux cas seulement les prêts atteignent près d’un million.On nous a reproché parfois que nos caisses populaires n’aidaient que les petites organisations et que les grosses organisations coopératives ne pouvaient avoir notre appui.Nous sommes heureux de dire que cette assertion n’est pas exacte.Nos caisses centrales, du moins une, aident les grosses organisations comme les autres, puisque seulement deux prê+s atteignent presque le million au cours de l’année- Nos caisses populaires par leur organisme de caisses régionales aident aux organisa- 142 REVUE DESJARDINS A tiens coopératives quelles qu’elles soient, pourvu toutefois que ces organisations coopératives soient organisées et dirigées sainement et coopérativement, que les sociétaires de ces coopératives soient de vrais coopérateurs et comprennent bien leur rôle.Il ne faut pas penser que nous croyons actuellement notre tâche terminée- Nous nous proposons d’aider les nôtres de bien d’autres manières.Nous ne faisons, pour ainsi dire, que commencer.Si nous faisons le bien sans bruit- c’est précisément parce que nous voulons le faire plus sûrement., C.VAILLANCOURT Contre le prélèvement de la livre de chair La coopéraiion généralisée sera un correctif à l'usure dans tous les domaines Les Shylocks ne sont pas disparus du monde moderne.Ils prennent parfois des allures de bienfaiteurs, mais ils n’en exigent pas moins la livre de chair sous des formes diverses.Cette exploitation du débiteur se pratique encore trop souvent.Que de rémérés odieux auxquels recourent des prêteurs réputés bons citoyens! Le réméré peut occasionnellement se défendre mais il prend souvent l’allure d’un vol légalisé.(Nous exceptons les caisses qui l’utilisent mais avec humanité.) La loi défend de prêter à des taux usuraires, mais qui osera affirmer que jamais certains prêteurs n’ont abusé d’un emprunteur aux abois?Et que dire des prêteurs à la petite semaine?Il n’y a pas de statistiques en Canada ou dans notre province pour nous permettre de mesurer l’ampleur de ce fléau.On sait en outre ce que la vente à tempérament, autre formule de l’usure, comportait d’abus avant que le Fédéral vint, par une heureuse mesure d’exception du temps de guerre, limiter et restreindre ce genre d’achat.Espérons que ce correctif nécessaire ne sera pas aboli dans la paix sous le faux prétexte de la liberté du commerce.Les Shylocks, mais ils sont à toutes les avenues de l’activité économique.Ils y guettent aussi bien l’ouvrier qu’ils pressurent en lui refusant un salaire raisonnable, que le modeste fabricant à qui ils imposent une concurrence ruineuse, et que le cultivateur dont ils découragent la production en le laissant en butte à la mévente à laquelle on prétendait naguère ne rien pouvoir.C’est contre ce fléau, dans le domaine du prêt-argent, que le fondateur des caisses voulait réagir quand il lança son mouvement de caisses populaires.Le mouvement s’est répandu dans la province de Québec.Il existe maintenant plus de 620 caisses populaires dans les huit provinces canadiennes, en dehors du Québec, et on compte 10,300 caisses populaires aux Etats-Unis.Qu’elles prennent le nom de “crédit unions”, de coopératives de crédit ou de caisses populaires, elles gardent les caractéristiques maîtresses que leur avait données le fondateur et l’animateur des caisses populaires en Amérique du Nord.Cependant, M.Thomas Doig, qui esi assistant du directeur-gérant de la Credit Union National Association à Madison, ne déclarait-il pas récemment qu'aux Etats-Unis seulement on pouvait établir qu'il y avait $500,000,000 de prêts portant intérêt à des taux annuels variant de 24% à 42% et $750,000,000 à des taux annuels excédant 100%.On a donc là un total de $1.250.000.000 demandé et obtenu par de petites gens qui pour soulager leurs maux financiers se sont jetés dans les mains, ou plutôt dans les griffes de prêteurs usuraires.Malgré la loi régissant les petits prêts aux Etats-Unis, cette usure se continue sous le manteau et avec une insolence sans égale.Cela se comprend car quiconque est emprunteur en de telles condi- VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 tiens est exposé à l’être de nouveau demain et ne peut par conséquent encourir le risque de mécontenter son prêteur.Et le mal persiste parce qu’une victime s’ajoute aujourd’hui à la victime d’hier.Redevances lourdes envers des prêteurs qui profitent de la misère humaine, des embarras financiers des individus, de leur imprévoyance, parfois hélas, de leurs fautes ou de leurs faiblesses.L’usure ronge toute une catégorie de gens encore de nos jours et seuls ferment les yeux sur cette plaie ceux qui ne connaissent rien des conditions qui prévalent dans le peuple ou au sein de la classe moyenne.L’ignorent aussi ceux qui, ont sous la main des modalités ou des sources d’emprunt parant à leurs besoins essentiels.Feignent de l’ignorer en outre ceux qui profitent du système.Raisons de ce malaise Mais, me dira-t-on, comment se fait-il que la loi prévenant l’usure ou l’exploitation ne soit pas plus opérante, aux Etats-Unis surtout, et même chez nous?Comment se fait-il que ceux qui ont besoin d’une accommodation temporaire à court terme ne s’adressent pas à une caisse populaire ou à une “crédit union”?Comment se fait-il qu’il n’y ait pas de caisse populaire dans chaque endroit où le besoin s’en fait sentir?Comment se fait-il que de tels abus persistent ou^ du moins persistaient avant la période de prospérité artificielle que nous traversons?Pourquoi?Parce que: a) Téducaiion familiale, sociale ou coopérative a fait défaut et parce qu'en trop d'endroits la notion morale a disparu des rapports des hommes entre eux et que la loi du plus fort domine ou la loi dite de la jungle; _ ., b) beaucoup de ceux qui sont exploites, et nous l'avons mentionné plus haut, n'aiment pa.s eux-mêmes à découvrir la plaie financière dont ils souffrent; c) même si les Etat-Unis comptent 10,300 caisses populaires ou "credit unions", et le Canada plus de~l,3QG, ce nombre est encore insuffisant pour subvenir aux besoins.Nous offrons en guise de correctif: a) Que le nombre des caisses populaires soit encore accru mais ce qui vaudrait mieux ce serait d'augmenter le nombre de nos sociétaires et que ces derniers se servent de tous nos services.On combattra ainsi, par une concurrence saine, les taux d'intérêt abusifs comme les conditions inhumaines de remboursement.b) Que nos dirigeants locaux se pénètrent bien de l'idée que îe service doit primer le capital, même si le capital ne doit jamais être mis en dancer par imprudence; que les taux de 7% ou de S % sur billets n'ont pas leur raison d'être en ce moment; que le boni doit être en certaines caisses 143 • diminué si on ne veut pas paralyser le développement normal de la caisse ou empêcher certaines améliorations ou aménagements qui donneraient au local de la caisse meilleure allure et accentueraient la confiance des sociétaires et du public en général.(Ajoutons ici qu’une moins lourde rétribution du capital permettrait aussi de payer convenablement le gérant ou le personnel.Autant il faut prévenir certaines ambitions de mauvais aloi lors de la fondation d’une caisse, de la part de personnes qui ne voient que les quelques dollars à retirer de la gérance de la caisse, autant aussi les administrateurs doivent se garer du danger réel, et nous pourrions citer des exemples, de ne pas accorder au gérant ou à la gérante une rémunération convenable.) Quand il y aura à l’ombre de chaque clocher une caisse populaire, nous aurons créé un élément d’intérêt envers les oeuvres économiques de la région, nous aurons familiarisé la population d’un territoire déterminé avec les questions monétaires et les avantages du dépôt continu même modique, avec les modalités d’emprunt, et on aura fait toucher du doigt la grande force de l’épargne cristallisée.Et alors disparaîtront l’usure, les requins du prêt, de la vente et du patronat.# # # Si aux Etats-Unis, où l’argent est abondant, il y a autant d’abus et d’usure, il y a lieu enfin de se demander ce qu’est dans les couches populaires chez nous la situation de ces pauvres gens qui ne sont pas organisés en syndicats professionnels, en cooperatives! Ils sont à toutes fins pratiques des exploités.Conclusion Personne, parmi les tenants du coopératisme, ne songe à organiser toute notre économie nationale selon ce mode.Mais vu notre esprit individualiste, notre absence d’initiative et d’audace, la coopération peut nous donner un esprit de corps, un souci du bien commun et individuel, un sens de la réalité que nous avons perdu.Il y aura place tout à côté et pour longtemps, pour de bonnes et solides initiatives personnelles, pour de petites entreprises reposant sur une capitalisation saine, sur un travail ordonné et méthodique.La coopération intelligemment pratiquée, par l’étude préalable et constante qu’elle ^ suppose, nous ouvrira les yeux au sens des réalités et préviendra des abus comme ceux qui existent encore aux Etats-Unis et en quelques milieux chez nous.Nul autre que M.Esdras Minville écrivait récemment dans son INVITATION A L’ETUDE: "Mais le coopératisme lui-même ne saurait suffire à tout.Il est plus ou moins utopique de songer à une société entièrement coopératiste.Cela d'ailleurs ne serait pas désirable, car le coopératisme, comme les autres formes d'action collective, tend vers un certain nivellement qu'il ne faudrait pas pousser jusqu'au point où il réprimerait les initiatives et entraverait le progrès." Nous n’en sommes pas encore rendus aux dangers du coopératisme et nous devrons parcourir une longue étape avant qu’il ait mobilisé tous ceux à qui il est susceptible de rendre service.L’expérience atteste que dans une paroisse, dans la mesure où l’étude de la coopération a été poursuivie, les sociétaires et même les non-sociétaires possèdent un esprit éveillé, un allant qui fait d’eux des citoyens plus complets et plus agissants.N’ayons donc de cesse que nous ayons tiré de la coopération d’épargne et de crédit, comme des autres formes de la coopération, tout ce qu’elle tient en puissance pour notre peuple.Il faut soustraire nos gens à l’usure découlant du prêt- argent, mais aussi à l’exploitation sous toutes ses formes.Ce combat contre l’exploitation devra s’exercer non seulement par la coopération mais par l’organisation professionnelle quiv bien dirigée, appuyée sur une saine doctrine, préviendra les abus dans le domaine du travail auquel nous avons assisté, comme la coopération corrige dans le domaine de la production et de la vente les injustices criantes dont nous étions jusqu’à ces derniers temps l’objet et qui existent encore malheureusement trop.Cessons de croire que notre peuple est plus dépourvu que les autres et qu’il aime sa misère.Il n’y a d’ailleurs pas que chez nous que cette misère imméritée prévaut: nous en avons la preuve dans l’exemple que nous a donné M.Doig.La coopération d’épargne et de crédit est la première étape de l’organisation coopérative et nous devons continuellement renouveler l’éducation faite hier, car de nouvelles générations montent à qui il faut enseigner ce qu’était hier sans cette formule, et à qui il faut faire comprendre ce que pourra être demain si nous décuplons nos efforts, si nous croyons de pkis en plus en ce mouvement sauveur.Desjardins serait heureux des progrès que nous avons réalisés depuis trente ans, depuis dix ans surtout, mais nous sommes persuadé qu’il insisterait pour accentuer encore cette libération qui n’a atteint, quelque beaux que soient les résultats, que le premier palier.Les autres seront atteints si nous gardons un esprit de corps, une conscience nette du but à atteindre et qui est de faire de toutes les unités composantes de notre peuple des citoyens intègres, actifs, entreprenants et audacieux, animés d’idéal, car il n’est pas de durables réalisations sans enthousiasme et sans une grande conviction intime.Rodolphe LAPLANTE LA LOI DES BANQUES L’association du Barreau canadien, à sa réunion du 27 août, a adopté une motion dans laquelle elle réclame la nomination d’un comité de cinq membres devant étudier les effets de tout amendement qui pourrait être adopté à la Loi des banques en 1944.Si nécessaire, le comité fera connaître l’opinion de l’association relativement à tout amendement proposé.Comme on le sait, la Loi des banques est revisée tous les dix ans.Il y aura dix ans l’an prochain qu’elle aura été revisée.Ce qui veut donc dire qu’il faudra avoir l’oeil ouvert.Que feront les caisses populaires Desjardins et les credit unions des autres provinces?Adopteront-elles chacune une politique opposée?C’est à espérer que non.Alors.C.V.Signez bien Il arrive encore au bureau de la Fédération, des lettres, des documents, des chèques portant des signatures illisibles.Avoir une signature originale, inimitable: passe encore.Mais en avoir une indéchiffrable: ça ne passe plus.• 144 REVUE DESJARDINS La caisse populaire rurale et Vaide aux coopératives Monsieur J.-E.Michaud, gérant de la Caisse populaire de Ste-Croix de Lotbinière, a présenté un intéressant travail au congrès des caisses de TUnion de Québec, le 4 juillet 1943.Nous sommes heureux d’en fournir ici quelques tranches à nos lecteurs: “Le mouvement coopératif semble vouloir prendre dans notre province beaucoup d’ampleur et offre d’immenses ressources.Les hommes unissent leurs efforts d’autant de manières que possible afin de mieux servir leurs intérêts mutuels pour établir de bonnes sociétés coopératives.Les coopératives servent l’intérêt général dans une paroisse et aident à l’organisation économique paroissiale.Comme toute organisation économique, les coopératives ont besoin de capital.Je lisais un jour que la caisse populaire était le complément des organisations coopératives dans une paroisse.Je ne suis pas tout à fait de cet avis et je crois plutôt qu’on doit commencer par fonder une caisse populaire avant d’organiser toute autre société coopérative.Les caisses populaires rurales remplissent l’une de leurs fins en fonctionnant comme organisme de crédit.Elles doivent faire servir l’épargne au bénéfice du plus grand nombre.La caisse populaire est l’organisme tout désigné pour aider financièrement à l’établissement et à la marche des coopératives.Si certaines caisses ont un crédit nécessairement limité, par ailleurs, un grand nombre de caisses ont des possibilités d’accommodation très intéressantes et peuvent étendre leur crédit pour aider au développement des oeuvres paroissiales, des industries rurales, etc.Souvent le progrès d’une coopérative est arrêté par le manque de capital.La caisse populaire qui le peut doit l’aider à obtenir le succès désiré pour qu’elle puisse rendre à ses sociétaires les services attendus.Taux d’intérêt Un officier des caisses populaires nous demande ce que nous pensons de la suggestion suivante: Actuellement, le taux d’intérêt que cette caisse demande pour les prêts sur hypothèques est de 5%.Quelqu’un a suggéré que ce taux d’intérêt soit de 5% pour tout prêt de $1,000 ou moins; de % pour tout prêt de $1,000 à $2,000; de 4% pour tout prêt au-dessus de $2,000.Notre réponse est bien claire.Les coopératives, c’est fait pour aider tout le monde, les petits comme les gros, mais sur un pied d’égalité.Pourquoi charger plus cher aux petits emprunteurs?En effet celui qui emprunte $1,000 ou moins, c’est parce que lui il vit modestement et on est certain que c’est pour lui l’argent qu’il emprunte.Mais celui qui emprunte $5,000 ou $10,000, c’est celui qui vit plus largement, dans une maison beaucoup plus vaste.Peut-être spécule-t-il avec cet argent.Peut-être prendra-t-il une grande maison de deux ou trois logements, de sept à huit pièces, et se servira-t-il de cet argent pour faire de petits logements de trois ou quatre pièces, afin de faire plus d’argent mais, d’un autre côté, rendant moins service à la société et surtout excluant de sa maison les familles nombreuses.Ceci ne veut pas dire qu’une caisse doit prêter son argent sans discernement parce que c’est une coopérative.Le prêteur a aussi des droits qu’on ne saurait mépriser.Les personnes qui confient leurs épargnes à la caisse deviennent les créanciers de ceux qui empruntent.Il n’y a pas de crédit possible s’il n’y a pas de morale à la base.En accordant un prêt à une coopérative, ne croyez-vous pas que la garantie morale soit parfaite?Nous ne pouvons prêter à une coopérative sans risque pas plus du reste qu'à qui que ce soit.Quelque précaution que l’on prenne le risque existe toujours.^ C’est normal et c’est une erreur d’essayer de l’éliminer entièrement.Certains sont portés à reprocher aux caisses populaires de ne pas accorder aux coopératives assez de crédit.M.Vaillancourt a déjà répondu à ce reproche dans la Revue Desjardins.Si ce reproche est mérité par certaines caisses, je ne crois pas qu’on le fasse envers la nôtre.et j’ai pensé qu’il y avait lieu de vous donner quelques chiffres sur ce qu’a fait notre caisse en ce domaine.En 1937 s’organisait dans notre paroisse une coopérative de beurrerie.Il y avait trois fabriques dans notre paroisse.Nous avons prêté à cette coopérative la somme de $7,500 pour acheter deux de ces fabriques.En 1940 nous étions remboursés au complet.Nos prêts coopératifs: Prêt à une coopérative de consommation de________________$5,800 Coopérative avicole-v- 4,500 Coopérative d’engrais alimentaires 36,000 Nous avons prêté à quatre coopératives $53,800 et à date on nous doit $37,500.Je crois que c’est de la caisse populaire que peut venir l’aide la plus précieuse à la cause de la coopération.La coopération bien comprise de part et d’autre par les coopératives et les caisses populaires donnera à notre province, j’en suis convaincu, l’amélioration tant demandée de notre système économique.” sur les dépôts Pourquoi ruiner les petits au détriment des plus puissants?Tout le monde sur un pied d’égalité.Comme cette caisse où l’on voulait adopter cette méthode est une jeune caisse, dont le fonds de réserve est plutôt restreint, nous croyons qu’il vaut mieux bâtir d’abord un bon fonds de réserve et quand arriveront les années de disette on ne sera pas pris au dépourvu.Puis si par hasard une caisse était très forte et très puissante, qu’elle avait un fonds de réserve très vaste, il n’y aurait qu’une chose à faire.Ce serait, par exemple, d’imiter la Caisse populaire de Lévis, ou la Caisse populaire de ITmmaculée-Conception, ou d’autres caisses encore, et de donner une ristourne à la fin de l’année à tous les emprunteurs qui ont rempli fidèlement leurs engagements, de donner par exemple Yz de 1%.Autre considération qu’il ne faut pas oublier.Actuellement, le taux d’intérêt est très bas mais restera-t-il toujours à un niveau aussi bas?Qui nous dit que dans cinq ans, huit ans, le taux d’intérêt ne remontera pas à 5%^ ou à 6%.,Ces prêts que vous aurez faits à 4%, à dix ou quinze ans, vous ne pourrez pas les remonter.Voilà ce que nous avons répondu à notre officier de caisse.C.V.VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 145 • Faites l'éducation coopérative de vos sociétaires On l’a dit et répété, la coopération est un mode démocratique d’organisation de la vie économique et sociale qui confie au peuple l’édification et le contrôle des entreprises économiques et des institutions sociales destinées à satisfaire ses besoins.Le système coopératif exige donc de sa nature que le peuple soit éduqué s’il veut qu’il réalise convenablement sa fonction d’édification, de direction et de contrôle de la vie économique et sociale.Si la vraie démocratie est véritablement le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, il faut de toute nécessité, pour qu’elle soit telle, que le peuple sache et veuille bien gouverner; il faut que le peuple sache gouverner dans le sens de ses intérêts.Et pour qu’il en soit ainsi, il faut bien penser qu’il est nécessaire que le peuple connaisse bien ses véritables intérêts, où ils sont situés, en quoi ils consistent, par quels voies et moyens les atteindre et comment utiliser efficacement ces voies et moyens.D’où l’on voit qu’une formule démocratique d’organisation de la vie économique et sociale ne peut valoir quelque chose que si elle s’appuie sur l’éducation économique et sociale du citoyen.La démocratie économique présuppose l’éducation économique du peuple.Sans cette éducation qui permet une organisation et une direction rationnelles et efficaces, pas de saine démocratie possible; ce sera l’anarchie, le désordre, le chaos.D’où l’on voit que plus le peuple sera éduqué, plus la démocratie sera assurée, que la solidité et l’efficacité du mouvement coopératif sortent de l’éducation coopérative de ceux qui le soutiennent.La nature du mouvement coopératif nous indique bien la nature de l’éducation que nous devons donner aux coopérateurs.L’entreprise coopérative, qui constitue l’unité basique du mouvement coopératif, est une société qui, pour atteindre son but, doit jouir d’une certaine unité de fin et d’une certaine unité d’action.Il y a là un ensemble de règles qui doivent être connues et observées par les membres qui la composent- Ce qui requiert un certain degré d’éducation morale et sociale, de formation intellectuelle et d’information technique chez ses membres.Ainsi, par exemple, le sens de la justice, de la solidarité, et l’amour du bien général de l’institution doit se trouver chez tous les membres en même temps qu’une certaine connaissance des principes et méthodes techniques qui régissent l’institution et les actes qu’elle pose.Et c’est là toute la raison qui vous fait accorder la préférence au système coopératif sur les autres formes d’organisation de la vie économique et sociale.C’est que la coopération s’adresse en premier à l’intelligence, au coeur et à la volonté de l’homme qu’elle cherche à développer et à fortifier.C’est que la coopération rend le peuple maître de sa propre destinée, confiant en lui-même, lui permet de découvrir ses virtualités, lui donne le goût de les actualiser, développe le sens de l’initiative, de la responsabilité et de la dignité personnelle.C’est que la coopération fait chez le coopérateur l’éducation de la liberté de façon positive, efficace, et non pas négative et dangereuse.C’est que la coopération et l’éducation s’accompagnent, ne se laissent jamais, et assurent l’équilibre dans le développement des vertus qui font le bon citoyen.La coopération est avant tout un mouvement d’éducation populaire.C’est à tort que certains considèrent le système coopératif comme un système économique destiné à préparer de belles funérailles au système capitaliste et à lui substituer la dictature des classes laborieuses.Non, la coopération veut assurer la paix, l’ordre, l’équilibre entre les classes sociales, et la réalisation harmonieuse du progrès social et technique par l’éducation de la liberté, du sens de la responsabilité personnelle et du respect du bien des individus et de la société.La coopération réforme par l’intérieur tout en mettant plus d’ordre dans les relations économiques et sociales.Elle humanise la vie économique et sociale et adoucit par la charité chrétienne les relations humaines que régit la justice.Voilà ce qui fait la force et l’efficacité d’un tel système à base d’éducation des meilleurs principes.Dirigeants de caisses, de coopératives de toutes sortes, ne l’oubliez jamais: c’est dans la mesure que vous travaillez, par le truchement des cercles d’étude et des écoles de formation pratique que sont vos coopératives, à faire l’éducation populaire que le mouvement coopératif se solidifiera, vous dédommagera de vos peines et portera des fruits bienfaisants.Paul-Emile Charron Discrétion Une discrétion de tombeau: voilà l’une, si non la première des qualités de tous les officiers des Caisses Desjardins.Le bien que vous faites dans vos caisses vaut bien le sacrifice d’une indiscrétion.Que chacun de vous en soit bien convaincu.9 146 REVUE DESJARDINS LES PRETS AUX COOPERATIVES Un autre dirigeant d’une caisse populaire nous dit: Nous avons déjà prêté à notre coopérative de consommation $1,500.Rien n’a été remis sur ce prêt.Cette coopérative voudrait maintenant avoir une ouverture de crédit de $5,000 pour pouvoir emmagasiner des engrais alimentaires pour l’hiver.Comme garantie, on nous offre une hypothèque sur un hangar qui a coûté $1,300, qui est évalué au municipal a $1,000.Ce hangar est bâti sur un fonds de terre qui n’appartient pas à la coopérative.Que devons-nous faire?Nous avons répondu à ce monsieur: Nous n’avons pas d’objection à ce que vous prêtiez à cette coopérative pourvu qu’elle ait le droit d’emprunter.Comme vous m’expliquez, au point de vue capital, elle a un montant suffisant pour emprunter le montant demandé.Mais si elle a le droit de faire une chose, cela ne veut pas dire que la caisse doit risquer son argent sans garantie.Demandez à cette coopérative quelle garantie sera donnée.L’officier de nous répondre: Mais, la garantie, on ne veut pas nous en donner.C’est simple, on nous dit: prêtez-nous, et nous vous remettrons votre argent.—Vraiment, mon cher directeur, croyez-vous que la caisse est plus responsable envers la coopérative que les propres sociétaires de la coopérative?Prêtez à la coopérative, mais vous n’avez pas le droit de prêter sans garantie.Ce serait là un geste à la légère dont les sociétaires pourraient vous tenir personnellement responsables, comme la chose est arrivée dans une caisse pas très loin de chez vous.Les directeurs ont été obligés de payer personnellement.Nous ne pouvons pas demander aux directeurs qui se dévouent gratuitement de se rendre responsables pour les autres.Si la coopérative de chez vous veut faire des affaires pour ses sociétaires et que les sociétaires croient en l’efficacité de cette coopérative, qu’ils croient que cette coopérative, comme nous n’en doutons-pas, leur fera du bien, que ces sociétaires garantissent.Ça me fait toujours penser à cette histoire des gens qui s’imaginent que ce sont les autres qui doivent les sauver et qu’eux ne doivent pas faire d’efforts.C’est le petit gars qui est pour se noyer et à qui la mère crie: Prie sainte Anne qu’elle te sauve.Mais, pauvre petit, de dire le père, commence par nager; sainte Anne ne sauve pas les paresseux.Aide-toi et le ciel t’aidera.Que la caisse prête à condition que ceux qui veulent emprunter prennent leurs responsabilités.Autre considération: Cette coopérative vend presque au prix coûtant: moins de 1% de bénéfices nets l’an dernier.Raison de plus pour exiger des garanties, car avec des bénéfices aussi petits comment pourra-t-elle payer ses dettes?C’est évident que l’on veut exploiter la caisse.Mais les gens de la coopérative disent: La caisse voisine a bien prêté avec pas plus de garantie.—Peut-être, mais si la caisse voisine a fait des choses qui n’avaient pas de bon sens, ce n’est pas nécessaire de faire comme elle.C.V.Le jubilé d'argent de la Caisse populaire de Saint-Luc Au cours de l’année 1917, doué d’un courage et d’une volonté qui ne se démentent pas, un prêtre quittait la belle paroisse de Sainte-Germaine de Dorchester, où il était vicaire depuis quelques années, pour s’implanter avec un groupe de bons et solides défricheurs dans une forêt à peu près vierge, pour fonder une paroisse qui devait s’appeler Saint—Luc.Cet homme dont nous vantons les qualités de coeur, n’est autre que l’abbé Victor Rochette aujourd’hui chanoine à l’Archevêché.Les citoyens de Saint-Luc ont encore tout frais à la mémoire les fêtes inoubliables du mois d’août 1942 qui rappellaient les 25 ans d’existence de la petite paroisse de Saint-Luc.A cette occasion elle avait justement l’insigne honneur de recevoir son digne fondateur qui fut en même temps fondateur de la Caisse populaire, qui s’était prêté de bonne grâce au voeu ardent de ses anciens paroissiens à célébrer ce jour-là, comme il l’avait fait autrefois, le Saint Sacrifice de la messe, au milieu d’eux et pour eux.Entouraient ce vénéré Pasteur, ses dignes successeurs: l’abbé Désiré Chabot, aujourd’hui curé à Notre-Dame des Anges, comté de Portneuf; l’abbé P.J.Fortier, curé à St-Maxime de Scott, et l’abbé Isidore Pelletier, curé actuel.Chacun de ces curés fut à son tour gérant de la Caisse populaire de Saint-Luc.Un an après, la Caisse populaire de Saint-Luc célèbre ses noces d’argent.C’est bien le 18 mars 1918 que s’implantait dans cette jeune colonie une caisse populaire qui depuis a toujours continuer d’exister.Elle fut là pour soutenir et aider les premiers défricheurs.Ses débuts furent lents, mais soutenus par le courage indomptable et jamais démenti de son fondateur et de ses successeurs qui voulaient ici une colonie forte et prospère.Notre caisse a traversé les temps difficiles et aujourd’hui elle progresse rondement.Parfait défricheur, l’abbé Rochette amassait les pierres, arrachait une par une les souches enracinées si profondément dans cette terre- qui déjà annonçait la prospérité.Il a été, par les oeuvres qu’il a fondées et menées à bonne fin, un exemple de ténacité.Il s’intéressa vivement à la caisse dont il fut l’animateur en même temps que le gérant.Sa tâche quotidienne bien remplie, curé VOLUME 9, QUEBEC.OCTOBRE 1943 147 • .—1 mm de défricheurs, il était à toute heure gérant de la Caisse populaire, jonglait avec les chiffres d’une manière admirable.Il ambitionnait d’élargir les cadres de son entreprise en déployant pour elle un zèle incomparable.Il n’accepta aucune renumération durant toutes les années qu’il exerça la gérance; les chiffres compilés au rapport du temps démontrent bien la vérité de ce fait.Pendant qu’il se consacrait par dévouement à une aussi louable tâche, il carressait l’idée de bâtir solidement l’avenir du petit pays qui continue de s’appeler Saint-Luc.Ses dignes successeurs, à l’exclusion du gérant actuel, ont pratiqué dans un même esprit généreux un travail gratuit qui devait dans une large part contribuer à créer un avoir propre appréciable à la société- Comme plusieurs de nos caisses populaires, celle de Saint-Luc connut elle aussi ses petites difficultés.L’esprit de coopération semblait difficile à implanter chez un bon nombre de paroissiens de Saint-Luc.Au livre des délibérations de la Caisse, soit le 20 août 1920, après deux années d’administration, réunis en assemblée générale, les dirigeants constatent qu’il n’existe qu’un petit nombre de sociétaires et que parmi eux un bon nombre d’autres paroissiens préfèrent encourager les intitulions étrangères plutôt que leur propre caisse.Un an après sa fondation, soit du 18 mars 1918 au 30 juin 1919, le bilan s’arrêtait comme suit: Au 30 juin 1919 Passif: Aciif: Capital social _$ 295.41 Prêts _____$2,011.30 Epargne__________ 2,565.80 Encaisse_____ 962.81 Bénéfices- 104.50 - Taxes d’entrée - 8.40 $2,974.11 - $2,974.11 Au 30 juin 1942 Prêts._______$ 4,686.02 Encaisse_____ 11,578.08 Dépenses.226.99 $16,648.39 Passif: Capital social _.$ 501.75 Epargne.13,109.37 Bénéfices .— 386.90 Avoir propre de la Société—.2,646.67 Taxes d’entrée .3.70 $16,648.39 Au 30 juin 1943, soit dans l’espace d’une année, on remarque vants: Prêts’.______$10,866.19 Encaisse_____ 10,523.82 Dépenses_______________ 226.99 $21,617.00 les changements sui-Passif: Capital social .$ 696.70 Epargne________ 17,799.79 Bénéfices _____ 462.53 Taxes d’entrée.5.00 Avoir propre de la société______ 2,652.98 $21,617.00 Comme gérant actuel de la Caisse populaire de Saint-Luc, je supplie la Providence de nous continuer ses bénédictions, afin que notre caisse grandisse et continue son oeuvre de progrès dans notre milieu.A l’occasion de ses 25 ans, la Caisse populaire se devait de ne pas laisser passer inaperçu ce jubilé sans rendre hommage à son digne fondateur.Elle a voulu dans un court message rappeller des souvenirs qui sont demeurés attachés à son oeuvre.C’est avec une reconnaissance profonde qu’elle dit un cordial “merci”, et demande à Dieu de récompenser celui qui fit tant de biens durant les années qu’il passa parmi ceux qui ne l’oublient pas.A l’occasion de son jubilé d’argent, la Caisse populaire de Saint-Luc formule le voeu que chaque citoyen comprenne son devoir en continuant cette oeuvre et fasse fructifier l’idée que carressait le commandeur Des jardins, de regrettée mémoire.Joseph Pouliot, sec.-gérant.des caisses dans le district de Joliette Dans le diocèse de Joliette comme dans tous les autres diocèses de la province, la vie des caisses est intense.Les fondations se multiplient et les anciennes caisses se consolident sous la faveur populaire.C’est ainsi que nous constatons par exemple que la Caisse populaire de St-Lin, comté de l’Assomption, démontre un actif de $91,-958.21.Comme il se doit, cette caisse détient le maximum de parts possible à la Caisse centrale, soit $3,000.00.Elle a prêté sur reconnaissances de dettes $4,498.00, sur hypothèques $7,800.00, à la Fabrique $4,000.00 et en placements divers $57,864.00.La caisse démontre un capital social de $4,630.75 et détient de l’épargne pour $86,-170.13.On a affecté au fonds de propagande $30.00, au fonds de réserve $495.24, au fonds de prévoyance $166.48.On a ainsi un surplus de $349.61.Ce résultat est atteint avec 369 sociétaires, 361 déposants et 37 emprunteurs.Monsieur Jos.-P.Bélanger est président de cette caisse.Monsieur Zénon Chaumont est président de la commission de crédit et M.Alfred Chartrand est président du conseil de surveillance.Le gérant est M.Alphonse Brien.Cette caisse ouvre tous les jours de 9 heu- • 148 REVUE DESJARDINS res a.m.à 4 heures p.m.et trois soirs par semaine.C’est une caisse active, en pleine progression.Ce sont des caisses comme celle de St-Lin qui, se développant dans nos districts ruraux, fourniront demain les prêts sur reconnaissances de dettes, autrement dit les petits prêts à la production dont nos cultivateurs ont besoin à des dates fixes.Avec l’actif que cette caisse possède, elle peut s’engager de plus en plus dans cette voie tout en maintenant la forte liquidité qui la caractérise.Voilà une belle caisse dont nous sommes heureux de souligner les progrès.* * * L’intéressant hebdomadaire, L'Action Populaire de Joliette, nous apprend que dimanche, le 27 juin 1943, les paroissiens de Notre-Dame de Lourdes, comté de Joliette, ont procédé à la fondation d’une caisse populaire.C’est M.le curé E.Filiatrault qui présida la réunion.M.l’abbé Chs-Omer Rouleau, dont on connaît l’activité, le dévouement et le dynamisme en faveur des caisses, se rendit à Notre-Dame de Lourdes pour donner une dernière impulsion à la fondation projetée depuis quelques mois.Le bureau de direction de la nouvelle caisse est composé comme suit: MM.Adem Adam, président, Moïse Savoie, vice-président, Séverin Asselin, secrétaire-gérant, Jos.Champagne et Roland Laferrière.A la commission de crédit: MM.Jos Laporte, Emile Laporte et Aristide Pelland.Au conseil de surveillance: MM.Tancrède Joly, maire, F.X.Thibodeau et Armand Coutu.* * * Le même jour se tenait en la paroisse de Ste-Emélie de l’Energie l’assemblée annuelle de la caisse de cet endroit.Cette jeune caisse terminait sa troisième année d’existence.On attribue le succès de cette unité à M.l’abbé C.-O.Rouleau et aux officiers qui se sont dévoués pour faire un succès de leur organisation coopérative d’épargne et de crédit.En raison du départ de M.Joseph M.Ro-billard qui demeure maintenant à St-Jean de Matha, on dut procéder à son remplacement et M.Joseph Belleville fut élu au conseil d’administration.M.William Coutu remplace M.Albert Champagne comme administrateur.Les autres administrateurs demeurent MM.Orner Pelland, J.-Eug.Robillard, Azellus Héroux qui est en même temps secrétaire-gérant.Furent élus à la commission de crédit et au conseil de surveillance: MM.Emery Beaudoin, J.R.Desrosiers, Napoléon Beaudoin.VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 Paul Toupin, vicaire, Emile Thériault, Her-ménégilde Arbour.* * * Nous puisons, au hasard des journaux qui nous parviennent et des informations qui nous sont fournies, des détails sur la vie de nos anciennes et nouvelles caisses.Nous sera-t-il permis de traiter ici d’une toute jeune caisse, celle de la paroisse de l’Assomption?M.Tabbé Rouleau, officier propagandiste des caisses populaires dans le diocèse de Joliette rattaché à l’Union de Montréal, nous déclarait, lors d’une entrevue que nous avions avec lui lors des fêtes de la Caisse populaire de Ste-Cécile de Montréal, que là où il y avait une Société Saint-Jean-Baptiste vivante, la caisse populaire était de fondation plus facile et d’un développement plus rapide.Cette observation vaut pour la paroisse de l’Assomption.La Terre de Chez Nous nous apprend que le 6 juin dernier la Caisse populaire de l’Assomption tenait sa première assemblée annuelle.Deux cents sociétaires assistaient à cette éunion.Les sociétaires furent étonnés, comme nous le sommes, d’apprendre que cette caisse établie dans un milieu qui n’a nulle-assod ‘ouanS ap saij;snpuT(p apijauaq }uaui de un actif de $99,7i7.03 et un effectif de 505 membres.Le rapporteur de l’article que nous avons sous les yeux taquine, oh! fort aimablement, M.Tabbé Philémon Desmarchais qui, en propagandiste avisé et prudent, avait fixé comme objectif à ladite caisse un actif de $10,-000.00 et un effectif de 125 membres pour la fin de la première année.Le narrateur de cette réunion souligne avec joie que cet objectif a été décuplé.Les officiers sortant de charge ont tous été réélus à l’unanimité.Le conseil d’administration se compose de: M.Joseph Lacombe, maire de l’Assomption (paroisse), président, M.Ronald Guilbault, vice-président, M.Lud-ger Garon, gérant; les directeurs sont: M.le chanoine H.Lussier, supérieur du Collège de l’Assomption, MM.P.E.Perreault, Elzéar Lafortune et Wellie Forest.Les conseillers de surveillance: MM.J.Lachapelle, G.Boucher et André Pilon.Les commissaires de crédit: MM.Nap.Jobin, Stanislas Coiteux et Geo.Berlati.Les sociétaires rendirent hommage à Mme Garon, assistante-gérante, qui a, on s’en rend compte, exécuté un travail formidable au cours de cette première année.MM.les abbés Rouleau et Desmarchais, propagandistes des caisses pour les diocèses de Montréal et de Joliette, ont raison d’être fiers de cette caisse rurale qui deviendra un modèle du genre dans la région.149 • Nous nous réjouissons ici, comme il convient, du succès extraordinaire de cette jeune caisse* de la montée vertigineuse des dépôts.Nous n’avons pas de détail sur l’emploi des fonds, sur la répartition des profits, mais nous profitons de l’occasion pour faire une réflexion d’ordre général une fois de plus: n’ayons crainte de constituer des réserves et des fonds de prévoyance substantiels pendant la période de prospérité que nous traversons.On a beau dire que l’après-guerre ne provoquera pas une crise comparable à celle que nous avons connue lors du premier con- flit mondial, il n’en reste pas moins vrai qu’il faudra alors de la prudence, beaucoup de prudence et qu’il est toujours plus facile d’augmenter l’intérêt sur les dépôts et sur les parts qua de le baisser et surtout que, toutes précautions étant prises, l’on n’ait crainte de prêter sur reconnaissances de dettes aux cultivateurs qui ont besoin de prêts saisonniers.Ainsi, nous remplirons de plus en plus et partout notre fonction de réservoir d’épargne alimentant la production, la distribution, facilitant en outre l’accession à la propriété.Nos félicitations.R.L.LES LIGUES DU SACRE-COEUR ET LA COOPERATION La volonté expresse des directeurs actuels des Ligues du Sacré-Coeur, c’est de voir les membres de ces associations pieuses s’occuper des Caisses Desjardins et de coopération.Et, ils ont raison.En effet, c’est perdre son temps ou à peu près- que de parler spiritualité à des gens qui ont faim.Un loustic le fit comprendre au pasteur danois Sonne, quand il lui cria au beau milieu d’un grand sermon sur le ciel: “Eh! M.le prédicateur: dites-nous donc comment nous y prendre pour avoir du pain et du beurre en ce monde-ci!____ De cette boutade, méditée par ce prédi-cant protestant, est né tout le mouvement coopératif qui a sauvé le Danemark.Certes, l’Eglise catholique ne méritera pas une semblable et si cuisante réplique puisque, pendant un gros quart de siècle, elle fut la seule à prêcher les principes de vraie coopération.Il y a quelques mois à peine, dans le Bulletin mensuel des Ligues du Sacré-Coeur, le Rév.Père Bélanger, s.j., est revenu sur le sujet en parlant de l’esprit de collaboration qu’il faut aux sociétaires des Caisses Desjardins et des coopératives.Il y écrit: “La Caisse populaire n’est pas seulement une entreprise financière, c’est “une coopérative” de crédit.C’est-à-dire une union de personnes groupées pour s’aider et aider les autres au moyen de la finance.“La Caisse populaire, disait son fondateur, le commandeur Alphonse Des jardins, est l’expression d’une conception vraiment chrétienne et élevée du devoir sur le terrain économique.Elle est basée sur la pensée souverainement juste et féconde de l’union pour la vie, au lieu de la lutte pour la vie.” L’esprit qui doit animer les sociétaires d’une vraie caisse populaire telle que conçue par son fondateur, c’est donc un esprit de charité, qui fait vivre, dans la pratique, ce principe: “Chacun pour tous et tous pour chacun.” Les coopérateurs d’une caisse populaire doivent être bien déterminés à utiliser le capital-argent mis dans l’entreprise, non pas comme un maître à qui l’on sacrifie tout pour le voir grossir le plus vite possible, mais comme un serviteur à l’usage du capital humain.L’esprit de coopération dans une caisse populaire est donc un esprit de modération dans l’usage de l’argent.Modération qui fera économiser pour prêter à la caisse.Modération dans l’amour de l’argent qui rendra capable de sacrifier parfois un plus grand bénéfice personnel pour le bien de l’entreprise commune.L’esprit de coopération dans une caisse populaire suppose du désintéressement, pour donner de son temps, de son intelligence et de sa peine pour l’administration de l’entreprise., L’esprit de coopération dans une caisse exige que l’on consente à une entr’aide loyale et fraternelle, là où l’égoïsme se montre ordinairement le plus rapace: dans les affaires d’argent.Le principal organisateur des coopératives de crédit aux Etats-Unis disait: “La véritable tâche de la coopérative de crédit est de démontrer de façon pratique, bien que modeste, que les hommes sont frères”, et, ajoutons, qu’ils doivent s’entr’aider comme des frères même avec leur argent.Pour développer cet esprit de coopération; Il faut s'instruire.—“De fort braves gens s’imaginent qu’un bon coopérateur s’improvise, qu’il suffit de vouloir, de donner son nom, de payer ses redevances à sa coopérative.Un point, c’est tout.• 150 REVUE DESJARDINS ‘‘Une coopérative composée de membres qui ne comprennent même pas les principes qui les unissent naît, vivote et meurt.Celles de nos caisses qui sont mortes moururent de ce mal” écrit quelque part l’abbé Ph.Grondin.L’esprit de collaboration se développe chez les membees d’une caisse dans la mesure où l’étude sérieuse aura éclairé l’intelligence et fait comprendre pourquoi il faut s’unir dans une coopérative de crédit, quels avantages on va en retirer, et, pour obtenir ces avantages, quels sacrifices il faudra consentir.L’esprit de collaboration se développera dans la mesure où l’étude en commun aura amené des intelligences différentes à une même manière de penser, à une même façon de concevoir l’entreprise, pourvu que cette conception commune soit la vraie.“Les oeuvres sociales, — et la Caisse en est une, — ont d’abord besoin de lumière.Elles meurent souvent d’obscurité et de confusion parce qu’elles sont mal connues, parce qu’elles ne sont pas comprises___, hâtivement conçues.” Dans les Caisses populaires comme dans toutes les autres entreprises coopératives, si on veut le succès, “il ne faut rien commencer avant d’avoir étudié à fond le mécanisme des oeuvres que l’on veut établir”.Il faut croire à l'efficacité de la coopération.— Ce n’est pas tout pour les membres d’une caisse d’avoir étudié, de bien connaître la coopération en général et en particulier dans une coopérative d’épargne et de crédit, il faut croire à l’efficacité de cette méthode.Les sociétaires d’une caisse seront bons coopérateurs quand l’étude et la réflexion leur auront enfoncé dans l’esprit la conviction inébranlable que la coopérative d’épargne et de crédit est une organisation capable de défendre leurs intérêts, de protéger leurs épargnes contre les spéculations véreuses, de la faire fructifier pour le plus grand bien du groupe paroissial d’abord et du groupe cana-dien-français.Cette conviction devra être assez ferme pour leur faire consentir au besoin de petits sacrifices d’intérêt pour le bien de l’entreprise, pour leur faire pardonner les défauts et les négligences de leurs associés, pour dominer l’égoïsme boudeur et rancunier qui faisait dire à un organisateur de caisses: ‘‘Quand je vois des coopérateurs ne rien pardonner à leurs chefs et que, par ailleurs, je les vois comme individus bousculés, humiliés par des étrangers qui ignorent parfois jusqu’à leur langue, je me dis à part moi que la sottise humaine a des mystères impénétrables.” Cette conviction devra être assez ferme pour croire dans la valeur d’une coopérative d’épargne et de crédit, même si elle ne rend pas tout de suite après quelques mois, et même quelques années, tous les services d’une caisse vieille de cinquante ans.L’esprit de coopération, dans les Caisses populaires, exige que l’on bannisse de l’organisation la politique et l’esprit de parti.Un homme d’expérience dans l’organisation des Caisses disait: “N’avoir jamais de couleur politique, en coopération, c’est la clef du succès.S’il n’y avait pas eu de politique dans les organisations coopératives, la coopération serait debout et bien vivante chez nous.Je connais une belle et solide caisse populaire morte d’indigestion politique., et à jamais enterrée.” Conclusion.— La guerre met plus d’argent en circulation.Ce n’est pas une raison pour gaspiller davantage.Prévoyons les difficultés d’après-guerre en économisant- La caisse populaire est dans une paroisse une excellente école d’épargne.En plus, elle répond aux besoins urgents par des prêts faciles qui rendent l’argent bienfaisant aux classes laborieuses, à la différence d’autres organisations financières qui n’ont en vue que le profit et qui asservissent le peuple à l’argent.Elle est une merveilleuse école de bonne entente, d’entr’aide et de charité chrétienne.Ligueurs, intéressons-nous aux caisses pu-pulaires: encourageons-les.Et si les circonstances le permettent, fondons-en.”_ Et, nous ajoutons: Ligueurs du Sacré-Coeur, voulez-vous exercer une salutaire influence dans votre milieu: “Aidez les travailleurs à manger trois fois par jour, et, convenablement, en étudiant le régime coopératif et en faisant marcher des coopératives.” Voulez-vous barrer la route au communisme: donnez de l’ouvrage et de quoi manger à notre monde.Ça vaudra cent fois mieux que les plus belles démonstrations et les plus beaux discours.Il n’y a rien de mieux que le pain, pour tuer le communisme.Louis ARNEAU PROTEGEZ-VOUS Depuis moins d’un mois, deux vols avec effraction dans nos caisses populaires.Dans un cas, la caisse était assurée; elle n'a donc rien perdu.Dans l’autre cas, pas d’assurance.Pourquoi ne pas prendre des assurances et vous assurer contre le vol ordinaire comme contre le vol à main armée, pour l’argent liquide et les obligations que vous gardez dans votre coffre-fort?C’est l’élémentaire prudence.C.V.VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 151 • f NOUVELLE UNION REGIONALE DE CAISSES Nous empruntons à L'Action Catholique du 3 août 1943, le compte rendu suivant: "Une union régionale des caisses populaires des comtés de Chicoutimi, Lac St-Jean et Roberval a été fondée dimanche à St-Jérôme, sous le nom de les "Caisses populaires Des jardins du diocèse de Chicoutimi", avec siège social à Chicoutimi.Cette fondation a été faite au cours d'un congrès régional qui groupait des délégués de 41 caisses et auquel on remarquait tout particulièrement la présence de l'honorable Vaillancouri, directeur-gérant de la Fédération des caisses et président-gérant de la Caisse Centrale Desjardins de Lévis.M.le notaire J.-A.Plourde, de St-Jérôme, a été élu président de la fédération régionale; M.Auguste Tremblay, de Port-Alfred, vice-président; M.Paul Simard, de St-Jérôme, secrétaire-gérant.M.Alphonse Saulnier.de Chicoutimi, a été nommé president du comité de surveillance." NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE CONCOURS La Fédération des caisses populaires Desjardins vient de mettre en circulation un petit feuillet pour insertion dans le carnet des sociétaires lorsqu'ils se présentent au guichet de la caisse.Ce feuillet constitue un appel à lire la Revue Desjardins.Nous en faisons la distribution gratuitement.Il ne s'agit pas de profits en l'occurrence; il s'agit d'éducation à poursuivre, de notre revue à répandre, et nous sollicitons avec instance le concours de tous.Songez que l’éducation de nos sociétaires doit être poursuivie sans relâche.Vous ne devez pas négliger le facteur-formation.Certaines caisses nous ont représenté, avec raison, que nous ne poussions pas assez intensément à l'éducation par le moyen de la revue, de l'affiche et du dépliant.Nous nous sommes rendus à cette remarque fondée et nous vous demandons en retour que.ces feuillets soient distribués abondamment.Veuillez nous faire connaître la quantité dont vous avez besoin.# * # Nous rappelons par la même occasion que nous avons fait imprimer des pancartes annonçant la revue et que nous en tenons en disponibUité pour toutes les caisses.Ces pancartes sont distribuées gratuitement.a # # Nos caisses pourront également se procurer le feuillet CE QU'EST LA CAISSE POPULAIRE au prix de $2.25 le mille (frais de port en plus).Notre service de papeterie de la Fédération est à la disposition de toutes nos caisses: l'encourager c'est aider la Fédération dans son oeuvre d'éducation, de formation et d'orientation.Que le concours des caisses de partout ne nous fasse pas défaut! RECTIFICATIONS Dans la revue Desjardins, août-septembre 1943, page 139, sous la rubrique “Copeaux et retailles”, nous avons écrit: “D’abord, qu’est-ce que CUNA?Le mot CUNA est formé des quatre premières lettres de CANADIAN UNION NATIONAL ASSOCIATION, etc.” Nos lecteurs auront rétabli d’eux-mêmes et compris qu’une erreur typogra- phique est responsable de ce non-sens et de cette inexactitude.Il fallait évidemment lire: CREDIT UNION NATIONAL ASSOCIATION.Dans le même numéro, à la page 127, traitant de “La yie des caisses au Nouveau-Brunswick”, nous écrivions que M.J.T.Poirier a été élu président de la New-Brunswick Credit Union League.Il aurait fallu lire gérant au lieu de président, car le président de la ligue du Nouveau'Brunswick est M.J.Cyril Lunney.PAS DE COLLUSION Dans le numéro de mai de la Revue Desjardins, nous commentions une déclaration de l’honorable J.-D.MacKenzie, ministre de la Voirie de la Nouvelle-Ecosse.Nous protestions contre la collusion qu’il voulait établir entre le mouvement C.C.F.et le mouvement de coopération.Une erreur de mise en page a fait tomber la dernière partie de notre article intitulé: “Ce qu’on écrit ailleurs”.Nous le rétablissons ici pour l’intelligence des commentaires que nous rédigions alors: "Nous nous occupons ici du mouvement de coopération et, qui plus est, de notre seul secteur, celui de la coopération d'épargne et de crédit, et nous nous plaisons à déclarer que tous les partis politiques qui se partagent la faveur populaire en notre province, ont tous également protesté de leur sympathie en faveur des caisses populaires notamment.Par contre, notre mouvement ne vise qu'à améliorer le sort de nos populations et n'accorde ses préférences à aucun parti politique.Il est donc souverainement injuste pour la CANADIAN BUSINESS, comme pour ce politicien de la Nouvelle-Ecosse, d'établir une affinité entre la C.C.F.et le mouvement coopératiste canadien.Nous ne sommes pas de ceux qui méprisent ou sous-estiment la politique; elle a son importance, sa capitale importance, mais nos forces coopératives comme telles ne visent qu'à concrétiser l'idéal et la doctrine qui les meuvent." R.L.Texte à relire LE CREDIT A LA PRODUCTION EN ACTES "Monsieur Desjardins voulut, par son oeuvre, mettre les emprunteurs en état de s'acquitter de leurs dettes, en les obligeant à faire des petits remboursements hebdomadaires ou mensuels."Il voulut aussi leur enseigner le bon usage du crédit en les obligeant à dire "le pourquoi de leur emprunt", afin de peser, avec eux.le pour et le contre de leur demande, les raisons d'engager leurs salaires pour les mois ou années à venir."En principe, il fut toujours opposé au crédit de consommation, mais en faveur du crédit de production; en d'autres termes, il voulait que le travailleur s'accoutumât à faire des épargnes, pour toujours acheter, au comptant, provisions et vêlements, se réservant le CREDIT pour améliorer sa situation, par exemple, pour s'acheter une maison, une ferme, des outils, etc."N'est-ce pas là un motif de vraie charité chrétienne, de l'amour du prochain?." L'abbé Philibert GRONDIN, propagandiste.(Extrait de “JOURNEE DE L’EPARGNE”, brochure publiée en 1936, à l’occasion du trente-cinquième anniversaire de fondation de la Caisse populaire de Lévis).• 152 REVUE DESJARDINS Pour F histoire Elles furent bien dures pour les caisses Des jardins les années qui suivirent la mort de leur fondateur.Il est facile d’en comprendre les raisons profondes.Quand il mourut en 1920, l’oeuvre de M.Desjardins était encore incomplète.Il avait rêvé la fédération de ses caisses.La maladie l’empêchait de la faire.Il comptait sur quelques laïques pour compléter et pour continuer son oeuvre.Ceux qu’il avait essayé de préparer lui manquèrent.Ce n’est pas tout.Cette oeuvre, nouvelle en Amérique, avait de puissants et tenaces ennemis.Chacun devine où ils logeaient.Les usuriers de tout poil, les exploiteurs, petits et grands, remuaient ciel et terre pour étouffer dans l’oeuf cette organisation coopérative.Aussi, fallait-il que ces rares partisans tinssent l’opinion publique en éveil pour empêcher les caisses Desjardins de sombrer à jamais.Ce fut le grand mérite de feu l’abbé Irénée Trudel de faire naître les occasions de parler de la Caisse populaire en public le plus souvent possible.Dans la deuxième partie de sa conférence aux membres de la Société d’industrie laitière, il traite des bienfaits des caisses au point de vue économique.Du point de vue économique dit-il, la Caisse populaire est nécessaire pour protéger notre peuple contre les usuriers.Dans son rapport sur le crédit agricole du 4 avril 1924, M.W.-M.Tory reconnut que la Caisse populaire Desjardins a eu, dans notre province, un succès financier d’un grand mérite, et qu’elle a contribué à délivrer nombre de cultivateurs et d’ouvriers de la tyrannie des usuriers.Une caisse populaire est avant tout une école d’économie et de prévoyance.Elle ne saurait donc faire à ses membres des prêts qui seraient pour eux l’occasion de dépenses inutiles.Elle ne fait que des prêts productifs, c’est-à-dire des prêts qui rapportent à l’emprunteur un bénéfice réel.Voilà pourquoi elle refusera un prêt pour l’achat d’un piano, le piano étant considéré comme un objet de luxe, au moins dans une foule de cas.Par ailleurs, elle consentira volontiers un prêt pour l’achat d’une machine à coudre ou de toute autre machine qui rapportera un bénéfice à l’emprunteur.Dans les villes, une caisse prête pour l’achat d’un terrain, la construction d’une maison, afin de procurer à l’ouvrier l’avantage d’avoir un chez soi.Elle prête également pour l’achat de provisions d’hiver.Grâce aux facilités de remboursement que possède une caisse, l’ouvrier remet la somme empruntée par petits versements et il paie ainsi moins cher les provisions qu’il achète.Dans les paroisses rurales, les cultivateurs trouvent dans la caisse populaire l’argent nécessaire pour l’achat d’une machine, d’un animal, d’engrais chimiques, de grains de semence qu’ils paient comptant.Ainsi ils profitent de la réduction que les vendeurs accordent dans ces circonstances.En outre, une caisse populaire offre l’avantage d’acheter, en gros, certaines provisions que l’on paie toujours moins cher.Elle consent aussi volontiers des prêts pour payer des versements annuels dus sur paiement des terres, etc.En 1918, Son Eminence feu le Cardinal Bégin disait: “Il me paraît très important, qu’à côté du foyer religieux et du foyer intellectuel, il y ait un centre économique d’où rayonne partout l’argent si nécessaire à la vie du corps et au bien-être de la paroisse.” En 1924, M.Yves Tessier Lavigne écrivait: “On a pensé à l’organisation canonique et politique des paroisses de notre pays; on n’a jamais songé, de nos jours, à leur organisation économique.” Une caisse populaire a pour principe de faire fructifier l’argent dans l’endroit même d’où il est tiré.Certaines institutions financières font le contraire.Elles drainent l’argent de nos paroisses rurales pour alimenter les grandes agglomérations urbaines.“Charité bien ordonnée commence par soi-même.” Cet axiome est vrai dans l’ordre économique comme dans Tordre moral.Il est juste que les ressources financières d’une paroisse soient d’abord affectées à son progrès et à son propre développement.Les besoins de chaque paroisse sont considérables, et il importe, plus que jamais, d’en canaliser et d’en centraliser les épargnes.Avant de songer à venir en aide aux monopoles, aux accapareurs, même aux grandes industries, une paroisse rurale doit faire servir ses épargnes au développement de l’agriculture et de la colonisation.Quand chaque paroisse aura sa caisse populaire, quand l’argent sorti de nos mains aura été centralisé entre nos mains, nous verrons alors apparaître l’aurore de notre indépendance économique; nous pourrons lever plus haut et plus fièrement la tête; nous comprendrons mieux la nécessité de ces grandes oeuvres sociales et économi- VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 153 • ques que notre peuple réclame, parce qu’il en ressent le besoin.Nos paroisses ne seront convenablement organisées que le jour où elles posséderont une caisse populaire et une société coopérative agricole.La Caisse populaire, c’est le premier pas vers la coopération.Les principaux obstacles à la fondation de toutes les oeuvres sociales, c’est la défiance et l’inertie.Quand une caisse populaire a été fondée, qu’elle fonctionne bien, que ses membres se rencontrent souvent, qu’ils s’habituent à s’intéresser mutuellement à leurs affaires, la fondation d’une coopérative de vente et d’achat est facile.Une caisse populaire fait largement crédit au bon citoyen.Elle tient compte de son énergie et de sa bonne volonté.Une coopérative agricole se fonde tout à côté d’une La Caisse est consacrée oeuvre On porte à notre connaissance que la Caisse populaire de St-Romuald d’Etchemin, comté de Lévis, vient de renouveler un bail de location avec la municipalité de l’endroit, pour une période de dix ans, au coût de un dollar annuellement.A une réunion du conseil municipal, au cours de laquelle cette décision fut prise, le maire de l’endroit, M.Orner Roberge, fit é-loquemment ressortir les avantages d’une caisse populaire et, ajoute la résolution adoptée par ledit conseil, “les services nombreux qu’elle a rendus (la Caisse) à notre population jusqu’à date, sans oublier ceux de plus en plus importants qu’elle sera en mesure de rendre dans l’avenir en continuant sa marche ascendante vers le progrès.Le conseil de St-Romuald, le 13 mai 1940, avait autorisé l’installation de la Caisse populaire de St-Romuald dans le bureau du secrétaire-trésorier, et un local avait été fourni gratuitement pour une période de cinq ans.Cette offre généreuse, dont a bénéficié jusqu’ici la Caisse populaire de l’endroit, est remplacée par une autre aussi généreuse et de plus longue durée, sur proposition de M.Georges E.Samson, appuyée par M.L.-P.St-Hilaire.Les dirigeants du conseil municipal de St-Romuald ont donné un bel exemple de civisme et de sens social en prenant cette décision.On a même pris soin d’ajouter que la Caisse populaire pourrait utiliser une voûte de sûreté sise à l’Hôtel de ville.Ce bail a été rédigé en bonne et due forme par devant le notaire Raoul Demers.La Caisse populaire de St-Romuald fut fondée en avril 1940.Elle paye 2% d’intérêt caisse; elle en est comme son complément nécessaire.Si la caisse populaire permet à ses sociétaires d’échapper aux griffes des u-suriers; si elle provoque l’épargne et dispense le crédit à bon escient; la coopérative se présente pour utiliser ce crédit dans l’intérêt de tous et d’un chacun, elle protège ses membres contre les intermédiaires inutiles et leur procure tous les avantages de la coopération.Comme on le voit, ce n’est pas d’hier que des membres du clergé travaillent à la diffusion des idées coopératives en cette province.Sans eux, il faut l’admettre franchement, la coopérative aurait fatalement glissé sous le capitalisme malsain né du libéralisme économique dont notre monde moderne se meurt.Louis ARNEAU utilité .à Saint-Romuald sur ses dépôts d’épargne, et accorde 3% de boni sur ses parts sociales.Après trente mois d’existence, elle comptait 874 sociétaires et 205 emprunteurs.Au 30 avril 1943, ses dépôts d’épargne s’élevaient à $210,642.88, son fonds de réserve à $686.91, son fonds de prévoyance à $126.05.Où l’on voit que cette caisse, toute jeune encore, a su obtenir le concours de la population, appuyée par un conseil municipal averti et comprenant les intérêts de la population aux destinées de laquelle il préside.Les officiers de la Caisse de St-Romuald sont les suivants: MM.J.-A.St-Hilaire, président; J.-Alphonse Demers, vice-président; Maurice Daigle, gérant; MM.Albert Rioux, Orner Roberge, Maximilien Lemieux, Eugène Bernard, Léo Hamelin, Chs-Henri Chamber-land, administrateurs; MM.Willie Slater, Arthur Morin et Jos Lemelin, membres de la commission de crédit; MM.L.-P.Duquet, Antonio Roberge et J.-Georges Trudelle, membres du conseil de surveillance.La population, le conseil de la municipalité de St-Romuald, les administrateurs de la Caisse ont droit à nos félicitations pour les résultats atteints jusqu’ici.La détision récente du conseil municipal de St-Romuald atteste que la caisse est reconnue, en cette localité, oeuvre d’utilité publique.R.L.“Le communisme n’a pu et ne pourra réaliser son but, pas même sur le plan purement économique.” (Divini RedempiorLs ¦ Pie XI) • 154 REVUE DESJARDINS 3905 LE CREDIT MARITIME GASPESIEN Quand a commencé la politique des prêts sur barges et outillages de pêche en Gas-pésie?Une première assemblée fut tenue à Québec le 17 décembre 1940.Assistaient à cette assemblée: M.l’abbé J.-A.Saint-Laurent, directeur des caisses en Gaspésie; M.l’abbé J.-N.Ahier, curé de Newport; M.Narcisse Riou, de la Rivière-au-Renard; M.l’abbé Alfred Gagnon, curé de St-Maurice, et M.J.-Georges Day, propagandiste des caisses populaires en Gaspésie.A cette occasion, les représentants de la Gaspésie rencontrèrent M.Cyrille Vaillan-court, gérant de la Fédération des caisses populaires, et l’honorable Edgar Rochette, ministre des Pêcheries.On discuta des responsabilités d’un crédit maritime par les caisses populaires.Il fut décidé de tenir une assemblée à Gaspé le 14 janvier 1941.Cette assemblée fut tenue au Séminaire de Gaspé le 14 janvier 1941.Vingt-quatre représentants de nos caisses assistaient à cette assemblée.La Fédération des unions des caisses populaires Desjardins était représentée par M.Cyrille Vaillancourt, son gérant, et le ministère des Pêcheries par M.Arthur Labrie, sous-ministre.Les deux résolutions suivantes furent adoptées à cette occasion: “lo) Que les caisses locales prêtent aux pêcheurs pour leur aider à s’organiser d’une barque avec agrès compris, à condition que le gouvernement garantisse le paiement d’un intérêt de 4% plus le remboursement du prêt en cas de perte soit par le feu, la tempête, la destruction ou la mort du propriétaire, et que la caisse populaire locale charge en plus de l’intérêt de 4% payé par le gouvernement (département des Pêcheries), un intérêt de 2% à l’emprunteur, soit un taux de 6%.” “2o) Que le montant maximum prêté à chaque emprunteur soit de $300 pour une barque de 30 pieds avec le prix d’un “engin” de 10 chevaux-vapeur et $150 pour les agrès de pêche; de $200 pour une barge de 25 pieds avec le prix d’un “engin” de 6 chevaux-vapeur; de $75 pour une barge de 20 pieds avec le prix d’un “engin” de 5 chevaux-vapeur: le montant total prêté ne devant jamais dépasser plus que les 2/3 de la valeur réelle de la barge, remboursable pour la construction de la barge et le prix de 1’“engin” dans quatre ans, soit 1/4^ chaque année, et que les prêts faits pour les agrès soient remboursables annuellement durant la saison de la pêche et que chaque caisse locale s’entende avec l’emprunteur quant aux conditions du prêt pour les agrès.” Cette politique fut mise en marche dès la saison de pêche 1941.(390 pêcheurs bénéficièrent de ce crédit maritime.) Les méthodes suivantes furent adoptées par les caisses quant à l’application de ce crédit maritime: h—Les argents prêtés par le Crédit maritime le sont par les caisses populaires locales et l’Union régionale de Gaspé.2.—L’emprunteur du Crédit maritime est traité de la même manière qu’un emprunteur ordinaire, i.e.il faut qu’il soit sociétaire de sa caisse populaire et donne toutes les garanties exigées par la loi.3.—Quand la caisse populaire locale n’a pas les argents nécessaires pour répondre aux demandes des emprunteurs du crédit maritime, l’Union régionale prête à cette caisse populaire et cette caisse prête cet argent aux emprunteurs.4.—Il y a deux sortes de prêts: bl) Les prêts consentis pour un an pour l'achat d'agrès de pêche.La 2e résolution dit que les prêts pour agrès doivent être remis durant la saisen de pêche.La pratique nous dit qu'il vaut mieux accepter ces prêts pour un an complet.Bon nombre de pêcheurs règlent leurs prêts à la caisse lors de la réception de la ristourne distribuée ordinairement au cours de février ou de mars chaque amce.b) Des prêts consentis pour quatre ans pour l'achat d'''engins" ou construction de barges.5.—Les prêts consentis pour un an le sont sur reconnaissances de dettes portant la signature de deux cautions.6.—Les prêts consentis pour quatre ans sont garantis sur reconnaissances de dettes portant la signature dy deux cautions et par un transport de la barge à la caisse et cela par un contrat signé devant deux témoins.7.—Le département des Pêcheries paye un intérêt semi-annuel.Cet intérêt est de quatre pour cent (4%).8.—Le département paye une assurance sur la vie du pêcheur pour le montant emprunté de la caisse.Monsieur X a emprunté la somme de $300, l’assurance couvrira ce montant de $300; s’il meurt et que la balance payable à la caisse populaire est de $200, la compagnie d’assurance paye le montant dû à la caisse lors du décès.9.—Le contrat de vente n’est pas enregistré car il n’existe pas de loi du nantissement maritime.Toutefois, le privilège du gage ne subsiste qu’en autant que le gage reste en la possession du créancier ou d’un tiers convenu entre les parties (art.1970 du Code civil de la province de Québec).En cas de contestation, on peut toujours invoquer le principe légal qui dit que tout contrat est valide s’il ne contient rien contre les bonnes moeurs et l’ordre public.10.—L’emprunteur du Crédit maritime paye 2% d’intérêt et le département des Pêcheries 4%: le prêt étant accordé à 6% d’intérêt.11.—Le nombre de prêts en cours pour les années se terminant le 31 janvier 1942, c’est-à-dire durant les années 1941-1942, est de 600, formant un total emprunté de $52,598.La moyenne des prêts individuels pour la construction de barges, achat d’“engins” est de $249 du côté sud.La moyenne des prêts pour ces paroisses de Gascons, Newport, Percé, Grande-Rivière, mais pour achat d’agrès de pêche, est de $78.Le maximum de prêt accordé à un même pêcheur pour la construction d’une barge est de $430, et pour les agrès, $188; le minimum est de $75 pour la construction de barge ou achat d’“engin”, et de $15 pour l’achat d’agrès.Voici maintenant la moyenne des prêts con- VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 155 • sentis sur le côté nord gaspésien, région s’étendant de Gaspé à Grande-Vallée: Moyenne pour barges et “engins”_$ 69; Maximum:_______________________ 140; Minimum:______________________ 40; Moyenne pour achat d’agrès de pêche: .28; Maximum pour achat d’agrès de pêche: ________ 50; Minimum:________________________ 15; Un prêt de $48,000 fut accordé par la Caisse centrale Des jardins de Lévis aux Pêcheurs- Unis de Québec, pour payer leur entrepôt de Montréal.Si l’on ajoute le montant prêté par nos caisses gaspésiennes, soit l’Union de Gaspé, nous avons engagé $52,598 en deux ans.Si l’on ajoute encore le montant prêté par la Caisse centrale Desjardins de Lévis, c’est une somme de $100,598 qui fut prêtée à nos pêcheurs pour les libérer économiquement.J.Georges DAY, propagandiste des caisses populaires Desjardins en Gaspésie.FAITS COOPERATIFS Une série de causeries sur la coopération ont été irradiées au cours de l’hiver dernier par le poste CHNC de New-Carlisle.La Terre de Chez-Nous nous apprend que ‘Thon.Cyrille Vaillancourt, C.L., Esdras Minville, Philémon Huard, Georges Day, Gérard Bernard et André Bujold ont également traité de divers autres sujets au cours de cette série de causeries, entre autres, les coopératives de consommation dans le mouvement coopératif, la^ situation des pêcheurs avant la fondation des Pêcheurs-Unis, les syndicats forestiers dans le mouvement coopératif, les qualités d’un bon coopérateur, les caisses populaires dans le mouvement coopératif, les caisses d’établissement, la médecine coopérative, les cercles d’étude et enfin la coordination des forces coopératives gaspésiennes.” o—o—O Quatre caisses populaires de langue française de la ville d’Ottawa viennent de se former en union régionale.M.L.-J.Billy, directeur-gérant de la Caisse coopérative Notre-Dame a été nommé président; M.Hector Ménard, de la Caisse Ste-Anne d’Ottawa, a été nommé vice-président; M.René McNicoll, de la Caisse coopérative de Notre-Dame, a été nommé secrétaire-trésorier de la nouvelle Union.Les statuts établissent que “toutes les caisses populaires de la ville d’Ottawa et des environs, ainsi que les autres caisses populaires canadiennes-françaises de la province d’Ontario qui adhéreront aux présents Statuts, peuvent demander leur affiliation à l’Union régionale d’Ottawa et peuvent en devenir sociétaires”.Ont adhéré à cette Union: la Caisse Notre-Dame, la Caisse St-Charles, la Caisse St-Jean-Baptiste, la Caisse Ste-Anne.Les autres membres du conseil d’administration sont: MM.J.-U.Bray, Marius Gay, O.Boileau, J.-A.LeBlanc, Edgar Tissot, et R.Boulet Ce groupement n’est pas inféodé à la Fédération des caisses populaires du Québec, mais une même communauté d’esprit l’anime.Nous souhaitons plein succès à nos frères franco-ontariens.o—o—o La petite Caisse populaire de Cléricy, qui ne compte que neuf mois d’existence, donne de ses nouvelles.L’assemblée annuelle a eu lieu sous la présidence de M.Ed.Miljours; 150 personnes assistaient à la réunion.Etaient également présents: le révérend Père Bouillon, l’abbé Henri Vézina, curé de Mont-Brun, M.Joseph Laliberté, agronome, de Ste-Anne de Roquemaure.“Le secrétaire présenta le bilan suivant des ac- tivités de la période du 4 octobre 1942 au 31 mai Actions à l’Union régionale_________$ 50.00 Prêts aux sociétaires________________ 150.00 Inventaire .221.70 Banque C.N.à Rouyn________________ 461.32 Caisse centrale_________________ 2,148.26 Argent en main.2,089.66 Total de l'actif_____________$5,120.94 Passif: - Capital social .—_____________ 874.07 Epargne .4,197.57 Bonis à payer_______________________ 10.57 Réserve______________________________ 29.43 Prévoyance ____________________________ 5.56 Surplus______________________________ 3.74 Total du passif_____________ $5,120.94 La Caisse populaire compte actuellement 130 sociétaires dans cette paroisse de 172 familles.Les nouveaux officiers pour l’année fiscale 1943-44 sont les suivants: MM.Edouard Miljours, président; Wilfrid Giroux, vice-président; Alfred Bu-teau, Gédéon Carrier, Champlain Paquet, Henri Gosselin, Barthélémy Poulin, Alphonse Turgeon; Mlle Blanche Trépanier, secrétaire-gérante; comité de surveillance: MM.Raymond Langlois, Camil Miljours, Augustin Bemier; commission de crédit: J.-Olier Ménard, prés., Darie Corriveau, Emile Du-péré.Le champ d’action de cette caisse est limité, mais il n’est pas exagéré de supposer que l’on triplera ces réalisations d’ici deux ans, pour le plus grand avantage de la population locale.o—o—o Une caisse populaire qui réunit 500 paroissiens pour son assemblée annuelle, voilà qui n’est pas banal! Tel est pourtant le résultat atteint par les directeurs de la Caisse populaire de St-Denis-sur-Richelieu.Au cours de l’assemblée, le notaire Meunier et M.Louis-Napoléon Huard furent réélus au conseil d’administration; M.François Archambault réélu membre de la commission de crédit; M.Josaphat Dragon, élu au conseil de surveillance.M.l’abbé Jean-Charles Leclaire, professeur au Grand Séminaire de Saint-Hyacinthe, donna une magnifique causerie sur la coopération et l’esprit coopératif.Cette caisse fut fondée en mai 1937.L’actif atteint $129,257.68.Le nombre des sociétaires est passé de 145 en 1937 à 380 en 1942-1943.L’avoir propre de la société est de $1,978.10.On a surtout une idée des services rendus par la Caisse en examinant le montant des prêts aux sociétaires, d’année en année.Ces prêts étaient • 159 BEVUE DESJARDINS déjà de $6,255.49 en 1937, mais ils augmentèrent comme suit: 1938-39, $14,603.32; 1939-40, $28,883.19; 1940-41, $24,147.31; 1941-42, $30,772.76; 1942-43, $30,617.83.Pour la dernière année, le conseil d’administration de la Caisse se composait de MM.Alphonse Meunier, président; Lévis Phaneuf, vice-président; L.-N.Huard et Wilbrod Richer, directeurs; Hermann Phaneuf, secrétaire-gérant.Commission de crédit: MM.Orner Dragon, François Archambault et Donat Durocher.Conseil de Surveillance: MM.Laurent Gaudette, Josaphat Dragon et Wilbrod Gariépy.M.le chanoine F.-A.Laroche, curé de Saint-Denis-sur-Richelieu, est aumônier de la Cais-se.On éprouve parfois, en certaines paroisses relativement à l’aise, plus de difficultés à inculquer l’esprit de coopération qu’en certaines autres où tout est à créer.Les vieilles paroisses ont parfois de belles traditions mais sont aussi quelquefois victimes de la routine.Nous félicitons nos amis de St-Denis d’être sortis du trantran qui caractérise trop de belles paroisses qui pourraient concourir davantage au bien de leurs sociétaires paroissiaux comme a celui de la collectivité en général.o—o—o La Caisse populaire de Château-Richer a tenu son assemblée annuelle, dimanche, le 25 juillet 1943.Cette caisse populaire est dans la quatrième année de son existence.Elle possède un actif de $84,623.94.On a immobilisé en placements $35,-560.00 et prêté aux sociétaires, tant en hypothèques que sur reconnaissances de dettes, $32,232,74.Le capital social est de $10,166.37.La Caisse, qui opère dans une paroisse de 458 familles, compte 531 sociétaires.N C UVE LLE/ Cette caisse est bien administrée.C’est un conseil d’administration à l’esprit éveillé.Le gérant est M.J.-E.Rancourt.Le président est M.Pierre Jobidon; le président de la commission de crédit, M.Arthur Julien; et le président du conseil de surveillance, M.Valère Pouliot.M.Rodolphe Laplante représentait l’Union de Québec à cette assemblée annuelle, et il fit un tableau de la coopération dans le domaine des caisses., En cette paroisse de Château-Richer, la coopération est à l’honneur: on y compte une coopérative pour la production et la vente du fromage et une coopérative de frais funéraires.Cette caisse populaire est appelée à de plus grands succès encore et nous les lui souhaitons de tout coeur.Sortant des cadres de notre province, portons à la connaissance de nos lecteurs que la Caisse populaire de Caraquet, au Nouveau-Brunswick français, compte six ans d’existence.Cette caisse possède $30,000 en capital payé, et 530 membres.La Caisse populaire a ainsi pris 75 nouveaux membres au cours de l’année écoulée, et les enfants ont accumulé $500.00 en épargnes.Des prêts pour $75,000 ont été consentis depuis la fondation.La Caisse de Caraquet est la première caisse rurale de la province et la sixième de toutes les caisses du Nouveau-Brunswick.M.Martin J.Légère est le gérant de cette caisse.On sait son dévouement et son esprit de coopération parmi nos frères acadiens.Nous souhaitons à cette coopérative des succès croissants- R.L.FONDATION/ Au cours du mois de juillet 1943, vingt et une caisses ont été fondées et se répartissent comme suit: Union de Gaspé Saint-Bernard des Lacs, (Gaspé-Nord) Cap Chat, (Gaspé-Nord) Union des Trois-Rivières Saint-Philippe, (Drummond) Sainte-Cécile de Lévrard, (Nicolet) Mauricienne de Shawinigan, (Saint-Maurice) Union de Québec Portneuf, Saint-Stanislas, Girardville, Saint-Edmond, L’Ascension, Sainte-Monique, (Portneuf) (Roberval) (Roberval) (Roberval) (Lac Saint-Jean) (Lac Saint-Jean) Union de Montréal Saint-Timothée, Saint-Benoît de la Corne, Beaudry, Mont-Brun, Notre-Dame de Lourdes, (Beauharnois) (Abitibi) (Témiscamingue) (Abitibi) (Joliette) Union de Rimouski Sainte-Luce Station, Saint-Gabriel, Saint-Adelme Saint-Jean de Cherbourg, Saint-Paulin-Dalibaire, (Rimouski) (Rimouski) (Matane) (Matane) (Matane) Récemment, une nouvelle caisse populaire était fondée à Gracefield, comté de Gatineau.Monsieur l’abbé J.-A.Roy, aumônier diocésain de l’U.C.C., exposa les avantages d’une caisse populaire.Il fut suivi par M.J.-B.Beaudoin, inspecteur, qui compléta les informations fournies.Furent élus au conseil d’administration: MM.Rodolphe Alie, président, Jules Marois, Ernest Dupras, John McConnery, Aldège Rondeau qui agira en plus comme secrétaire-gérant.Les membres du conseil de surveillance sont: MM.Mathias St-Amour, président, Emile Petit et Hector Rochon.Les membres de la commission de crédit: MM.David Mo-nette, président, Xavier Bertrand et René Clément.Les sociétaires de la Caisse de Gracefield sont en outre reconnaissants à MM.les abbés Picard, de Mont-Laurier, et J.-N.Richard, curé de Bouchette, qui, par leur présence et leurs paroles, ont aidé à la création de cette coopérative d’épargne et de crédit.Cette nouvelle unité, fondée sous d’aussi heureux auspices, est appelée à un avenir prometteur, C.B.VOLUME 9, QUEBEC, OCTOBRE 1943 157 • COPEAUX ET RETAILLES Le 10 juin 1943 se tint à Grande-Digue, Nouveau-Brunswick, l’assemblée annuelle des représentants des caisses populaires du comté de Kent.En cette province, la réunion des caisses populaires d’un même comté constitue un chapitre.L’assemblée fut très nombreuse, et les participants des coopératives de crédit, toutes de langue française, délibérèrent dans la plus grande harmonie.Les officiers suivants furent élus: MM.Prémélite Robichaud, agronome de Bouctouche, président; M.Honoré Bourgeois, secrétaire-trésorier; Edmond Au-coin, de Rogersville, et Edmond Caissie, de Grande-Digue, directeurs.Dans la soirée, il y eut assemblée publique.M.l’abbé Brideau, le sympathique curé de Grande-Digue, homme ardent et plein de zèle, prononça une belle allocution.M.Martin J.Légère, vérificateur des caisses pour la province, prononça un discours faisant appel à l’union des Acadiens.M.Hervé Michaud fit ressortir les facteurs qui contribuent au bon fonctionnement des caisses, et il insista sur l’étude avant et après la fondation.“Les officiers, ajouta-t-il, doivent être dévoués et compétents.” M.Théophile Poirier, gérant de la Ligue des caisses pour le Nouveau-Brunswick (ce qui correspond à notre Fédération des caisses du Québec), expliqua la fonction de l’assurance vendue par la Cuna (Credit Union National Association).M- Rodolphe Laplante, en tournée de conférences au Nouveau-Brunswick, fit l’historique des caisses de la province de Québec et exhorta les Acadiens de cette région à se faire coopérateurs.Il apporta le salut de la province de Québec.Le 14 juin 1943, en la paroisse d’Inkerman, comté de Gloucester, N.B., se tint la réunion des représentants des caisses de ce même comté.Les vingt-six caisses du comté étaient toutes représentées et on comptait, à la séance d’étude de l’après-midi, plus de cent cinquante sociétaires.La réunion se tint sous la présidence de M.l’abbé Camille Albert, curé de la Rivière du Portage.Son Excellence Mgr Leblanc, évêque de Bathurst, était présent ainsi que Mgr Jean Doucet, curé de Tracadie.Il y eut allocution par M.l’abbé Livain Chiasson, organisateur des caisses au Nouveau-Brunswick et l’un de leurs animateurs.De nombreux prêtres assistaient, ce qui souligne l’étroite collaboration qui unit le clergé acadien à son peuple.M Rodolphe Laplante, de nouveau présent, apporta les hommages de la Fédération des caisses populaires du Québec.L’honorable Cyrille Vaillancourt, directeur-gérant de la Fédération, avait eu la délicate pensée d’envoyer un télégramme de félicitations et de meilleurs voeux aux congressistes réunis.Son télégramme fut lu à la séance de l’après-midi et de nouveau à la réunion du soir.Son Excellence Mgr Leblanc exprima toute sa joie à constater le succès de la coopération parmi les Acadiens et il les incita à continuer.On ne cacha pas que l’on suivait la province de Québec avec intérêt et qu’on en surveillait les initiatives coopératives et les succès.La Caisse populaire de Saint-Damase, dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, a tenu récemment son assemblée annuelle sous la présidence active de M.Lewill Gaucher, et sous la présidence d’honneur de M.l’abbé Etienne Cormier, curé.Le notaire Lionel Cordeau est gérant de cette caisse., L’actif global s’élève à $33,974.55 et le capital payé à $2,011.On paye 2% sur les épargnes et 3% sur les parts sociales.La société compte 188 sociétaires.Sous la direction d’une belle équipe, cette unité coopérative va de progrès en progrès.R.L.LA COOPERATIVE AGRICOLE Tel est le titre d’une brochure de quelque 130 pages que distribue gratuitement le Ministère de l’Agriculture de la Province de Québec à ceux qui en font la demande.Nous recommandons fortement la lecture de cette publication préparée en collaboration par trois connaisseurs en matière d’économie rurale, MM- J.L.Descoteaux, Roméo Martin, et Raynald Ferron, qui s’occupent spécialement d’organisation, d’administration, de direction et de propagande des coopératives agricoles.La coopérative agricole y est étudiée sous tous ses aspects: buts, éléments constitutifs, organisation, administration, direction, méthodes d’affaires, moyen d’expansion.Tous ceux qui s’intéressent à la coopération, en particulier les coopérateurs agricoles, doivent lire et répandre cette brochure destinée à rendre de fiers services au mouvement coopératif agricole.P.-E.C.• 158 REVUE DESJARDINS De la distribution de l'actif en cas de dissolution Q.— Comment se distribue l’actif d’une société coopérative agricole en cas de dissolution?R.— Les dettes de la société contractées par emprunts ou autrement doivent être payées en premier lieu.Viennent ensuite les actions privilégiées, et enfin les actions ordinaires.La date de la souscription et la date du paiement des actions, de même que la date de la dette sont sans importance.En conséquence, un créancier récent peut être payé avant un sociétaire ancien et l’actionnaire privilégié n’a pas droit d’être remboursé, même si sa souscription est subséquente à la date à laquelle une vieille dette a pris naissance.Le capital ordinaire et privilégié ne doit pas être considéré comme fonds de réserve; ce n’est que le surplus du montant représenté par le capital ordinaire et privilégié qui peut être considéré comme un fonds de réserve.Du coût d'enregistrement du nantissement agricole Q.— Quels sont les frais encourus pour l’enregistrement d’un nantissement?R.— En vertu du tarif des régistrateurs, article 11 A, mis en vigueur le 28 juin 1940, le régistrateur a droit à $1- pour la réception du dépôt et l’entrée à l’index aux noms du document constatant le nantissement.Comme le nantissement affecte des meubles, il n’a pas besoin évidemment d’être enregistré contre des immeubles, et on voit Par cet item du tarif qu’il est tout simplement porté à l’index aux noms.Cet index peut être consulté gratuitement.Evidemment, si la caisse, pour avoir des dossiers plus complets, demande un certificat d’enregistrement, et si elle demande un certificat de recherches, ces deux documents se trouvent à ses frais, en plus de l’honoraire de $1.Il est utile de les avoir pour fournir à l’inspecteur la preuve du dépôt et la preuve qu’il n’y a pas d’autres nantissements enregistrés antérieurement, et affectant un même bien du même débiteur, mais cela, encore une fois, n’est pas essentiel.Je crois qu’il suffira en pratique de garder une note indiquant la date du dépôt, le numéro d’enregistrement, et il suffira également que le gérant ait vérifié ou fait vérifier l’absence de nantissement antérieur., En pratique, je ne pense pas qu’un emprunteur trompe de propos délibéré la Caisse en obtenant de l’argent à deux reprises sur les mêmes biens- De l'effet de la vente d'un immeuble pour taxes municipales et des précautions à prendre avant de prêter Q.— Quel est l’effet de la vente d’un immeuble pour taxes municipales et quelles précautions doit prendre la Caisse si elle veut prêter à l’acheteur?R.— Ce qu’il y a lieu d’abord d’établir clairement, c’est le point suivant: - Après l’expiration des deux ans, un acte de vente a-t-il été donné par la Corporation de la Municipalité du Comté?L’acte de vente consenti devant deux témoins à l’adjudicataire de l’immeuble est essentiel- S’il a été accordé, la vente a pour effet de purger l’immeuble des privilèges et hypothèques, excepté cependant le droit aux rentes foncières, les montants Pour lesquels la propriété est grèvée pour le paiement des bons municipaux pour venir en aide à la construction de chemins de fer ou autre entreprise publique, le droit des syndics pour la cotisation paroissiale, le droit d’emphytéose.Il faut vérifier en plus si l’immeuble a été vendu après l’émisson des lettres patentes de la Couronne, s’il sagit d’un terrain du Gouvernement.Il reste enfin un dernier point plus difficile, c’est celui de s’assurer que la vente n’a pas été faite, par erreur, contre une personne qui n’était pas en possession à titre de propriétaire de l’immeuble.En résumé, la vente pour taxes municipales fait disparaître les privilèges et hypothèques, mais ne fait pas disparaître les autres droits ci-haut mentionnés et la vente n’a cet effet qu’à la condition d’avoir été faite contre le propriétaire en possession- pour des taxes véritablement dues et après l’émission des lettres patentes.De la délégation de pouvoirs du gérant à son épouse Q.— Le mari peut-il déléguer ses pouvoirs de gérant de la Caisse populaire à son épouse?R.— A mon avis, malheureusement, c’est là une fonction personnelle pour laquelle on ne peut nommer de mandataire.Si l’épouse est commune en biens, les engagements qu’elle prend personnellement n’ont pas de valeur pratique suffisante.En résumé, la femme peut être mandataire de son mari, mais en autant qu’il ne s’agit pas de le représenter dans l’exécution d’une charge qui lui est personnelle, comme celle de gérant.L'aviseur légal VOLUME 9.QUEBEC.OCTOBRE 1943 159 • Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours 1 .007 38—.,260 75— -.514 112- .767 149.—1.021 186.2.014 39— -.267 76— -.521 113— .774 150.1.027 187.3.020 40—.274 77.—527 114- —.781 151.—1.034 188.4.027 41—.,281 78.534 115— -.788 152.—.1.041 189.5.034 42.— .288 79.541 116— .795 153.—1.048 190.6.041 43.— .294 80.548 117— — .801 154.—1.055 191.7.048 44.—301 81— .555 118— — .808 155.—1.062 192.8.055 45— -.308 82— .562 119— —.815 156.—1.068 193.9.062 46—.315 83— .568 120— .822 157.1.075 194.10.068 47— .322 84 .575 121— .829 158.—.1.082 195.11.075 48.—329 85.582 122— .836 159.1.089 196 12.082 49 — .336 86— .589 123— .842 160.—1.096 197.13.089 50— .342 87— .596 124- -.849 161 .1.103 198.14.096 51— —349 88— .603 125— .856 162.—1.110 199.15.103 52— .356 89— .612 126— .863 163.—1.116 200.16.110 53— .363 90 .616 127— .870 164.—1.123 201.17.116 54— .370 91 .623 128 — -.877 165.—1.130 202.18.123 55 — .377 92.630 129— .884 166.—1.137 203 19.130 56— .384 93—.637 130- —.890 167.—1.144 204.20 .137 57—.390 94.6.44 131— -.897 168.1.151 205.21.144 58.— .397 95 .651 132— .904 169.—1.157 206.22.151 59— .404 96 .658 133— .911 170.1.164 207.23.157 60 -.411 97— .664 134 918 171 .1.171 208 24.164 61— .418 98 .671 135— .925 172— -.1.178 209.25.-.171 62— .425 99 .678 136— .932 173.1.185 210 26.-.178 63— .431 100 .685 137— 938 174.1.192 211.27.185 64.438 101— .692 138— .945 175 —1.199 212.28.192 65._._ .445 102 — .699 139— -.952 176.—1.205 213.29.199 66 .452 103.705 140.959 177.—1.212 214.30.205 67.__.459 104.—712 141— — .966 178— —1.219 215.31.212 68— .466 105.719 142— .973 179._ 1.226 216 .32.219 69 — .473 106— -.726 143.979 180.—1.233 217.33 .226 70 .479 107— -733 144.986 181— —1.240 218 34 .233 71 — .486 108 — .740 145.-.993 182— —1.247 219 35 .240 72.493 109 .-.747 146.- 1.000 183— -.1.253 220 .36 .246 73.-.500 110.753 147.-1.007 184— —1.260 221.37.253 74.—507 111.-.760 148.-1.014 J CO t-H —1.267 222.sur $100 à 2%^ Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.1.274 223_____1.527 .1.281 224_____1.534 .1.288 225_____1.541 .1.294 226_____1.548 .1.301 227_____1.555 .1.308 228_____1.562 .1.315 229_____1.568 .1.322 230_____1.575 .1.329 231_____1.582 1.336 232_____1.589 1.342 233_____1.596 .1.349 234_____1.603 1.356 235_____1.610 .1.363 236____1.616 1.370 237_____1.623 .1.377 238_____1.630 .1.384 239_____1.637 1.390 240_____1.644 .1.397 241_____1.651 .1.404 242____1.658 .1.411 243_____1.664 1.418 244_____1.671 .1.425 245_____1.678 1.431 246_____1.685 1.438 247_____1.692 1.445 248_____1.699 .1.452 249_____1.705 .1.459 250_____1.712 .1.466 251_____1.719 .1.473 252_____1.726 1.479 253_____1.733 .1.486 254_____1.740 .1.493 255_____1.747 1.507 257_____1.760 1.514 258_____1.767 1.520 259_____1.774 260 ___1.781 261 ___1.788 262 ___1.795 263 ___1.801 264 ___1.808 265 ___1.815 266 ___1.822 267 ___1.829 268 ___1.836 269 ___1.842 270 ___1.849 271 ___1.856 272 ___1.863 273 ___1.870 274 ___1.877 275 ___1.884 276 ___1.890 277 ___1.897 278 ___1.904 279 ___1.911 280 ___1.918 281 ___1.925 282 ___1.932 283 ___1.938 284 ___1.945 285 ___1.952 286 ___1.959 287 ___1.966 288 ___1.973 289 ___1.979 290 ___1.986 291 ___1.993 292 ___2.000 293 ___2.007 294 ___2.014 295 ___2.020 296 ___2.027 297 ___2.034 298 ___2.041 299.2.048 300 ___2.055 301 ___2.062 302 ___2.068 303 ___2.075 304 ___2.082 305 ___2.089 306 ___2.096 307 ___2.103 308 ___2.110 309 ___2.116 310 ___2.123 311 ___2.130 312 ___2.137 313 ___2.144 314 ___2.151 315 ___2.157 316 ___2.164 317 ___2.171 318 ___2.178 319 ___2.185 320 ___2.192 321 ___2.199 322 ___2.205 323 ___2.212 324 ___2.219 325 ___2.226 326 ___2.233 327 ___2.240 328 ___2.247 329 ___2.253 330 ___2.260 331 ___2.267 332 ___2.274 333 ___2.281 334 ___2.288 335 ___2.294 336 ___2.301 337 ___2.308 338 ___2.315 339 ___2.322 340 ___2.329 341 ___2.336 342 ___2.342 343 ___2.349 344 ___2.356 345 ___2.363 346 ___2.370 347 ___2.377 348 ___2.384 349 ___2.390 350 ___2.397 351 ___2.404 352 ___2.411 353 ___2.418 354 ___2.425 355 ___2.431 356 ___2.438 357 ___2.445 358 ___2.452 359 ___2.459 360 ___2.466 361 ___2.473 362 ___2.479 363 ___2.486 364 ___2.493 365 ___2.500 366 ___2.507 367 ___2.514 368 ___2.521 369 ___2.528 370 ___2.535
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