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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Juin - Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1943, Collections de BAnQ.

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Vol.ix.No.6 Juin-Juillet 1943 SOMMAI O E Common! juger de la valeur d'une obligation C.Vaillancourt - 102 L'honorable Cyrille Vaillancouri, à Hot Springs E.L.-.-.—.-.- — 103 Le jubilé d’argeni de Sainte-Cécile de Montréal^ —.— .104 Monsieur l'abbé Emile Turmel revient R.L.-.107 Du fonctionnement, du rouage régional des caisses J.-A.Saint-Laurent, ptre- 107 Pour vos assemblées annuelles E.L.-.- -.-.- 109 Dans la région de Rimouski C.B- 110 Pour servir d'antidote C.B_____________- 110 Lettre ouverte à Messieurs les gérants et officiers des caisses populaires du Québec Louis Arneau - 111 Une Caisse utile______________________- 111 A lire attentivement- 112 Ce qu'on écrit ailleurs B.L_____________________________________________- H3 La coopération, notre espoir Paul-Emile Charron- 114 Copeaux et retailles C.B- 115 Chez la gent enfantine R.L_____________________________r- HO Quelques notes sur la caisse de S.Romuald d'Etchemin- 116 Un haut-parleur pour les jeunes ouvriers- 117 La voix de l'agriculture__________________-.— 117 Police de cambriolage du coffre-fort Rosaire-H.Tremblay-.— 118 De l'utilisation des résolutions du conseil d'administration Du droit de la Caisse à prêter aux paroisses ou fabriques Du droit d'expulsion de la caisse L’aviseur légal—.-.- 119 Table d'intérêt simple à 31£%.—.120 O/tyCUUL Of^iCLiZ£ cl& , FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS Revu Organe officiel de la Fédération société régie par Prix des abonnements: pour un seul abonnement $1.00 par groupe de quatre abonnements 3.50 par groupe de douze abonnements 9.00 , .a,es de Caisses Popular Desjardins de Québec des Unions Québec.,0 toi des Syndicots cooperatifs Rédaction et administration : La Fédération des Caisses Populaires, Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec.EDITORIAL U ri.1 A L> Comment juger de la valeur d une obligation ¦ 1 T-* ' I ' __¦ ¦ _ 1T _ T# 1 a 1 ^ .«a Pourquoi la Fédération autorise-t-elle l'achat de telle valeur à une caisse tandis qu'elle le refuse à une autre?D’ l’après les statuts des caisses populaires tels que rédigés par M.Desjardins, nous avons comme principe général d’employer l’argent là où il est produit, afin de nous aider nous-mêmes.C’est toujours le vieux principe: “Aide-toi, le Ciel t’aidera”.Voici une municipalité qui par suite des années de crise est dans une situation plutôt précaire.Des étrangers n’iront certainement pas aider ces gens à sortir de leur impasse, à moins d’exiger des conditions très onéreuses.C’est la même situation pour un ouvrier qui est en chômage, qui a des dettes, et qui voudrait emprunter; il trouvera des gens qui sont disposés à lui prêter mais à des conditions usuraires.Dans un cas semblable, pourvu que ceux qui dirigent la municipalité soient intègres, veulent réellement en améliorer le sort, nous permettrons à la caisse populaire de cette municipalité de lui venir en aide; et en agissant ainsi, la caisse se fait du bien à elle-même parce qu’en définitive les sociétaires de la caisse sont aussi ceux qui paient taxe à la municipalité.Mais nous ne permettrons pas aux autres caisses de la province d’acheter des obligations de cette municipalité.Que la Caisse veuille s’aider en aidant les siens, parfait.Mais il ne faut pas mettre les autres en péril.Si les choses tournaient au plus mal, il n’y aurait que les gens de cette municipalité qui seraient affectés.En procédant ainsi on exige des gens directement intéressés à faire l’effort voulu et nécessaire pour se sauver.Si on veut un exemple concret, nous sommes heureux de le donner parce que ça i * 1 n i _ t ' • _ Tn__ -1 r\0 O 1 _ _ - * 1~ T O V\ r« n v» rx ci "f 11 o + i r\n concerne notre propre ville de Lévis.En 1933, la ville de Lévis s’est trouvée dans une situation ; obligations étaient tombées à 70 et personne de l’extérieur financière assez embarrassante: ses obligations _ ^ ne voulait aider à la sauver.Les directeurs de la Caisse populaire de Lévis et les nouveaux élus à l’Hôtel de ville étudièrent la situation financière et avisèrent aux moyens à prendre.La Caisse populaire de Lévis a sauvé sa propre municipalité, et en agissant ainsi, la Caisse a sauvé le prestige de sa ville et a empêché qu’elle ne tombe sous le contrôle de la Commission municipale; elle a conservé le crédit de la ville; et elle en a profité pour améliorer le contrôle nois, tout était entré dans l’ordre.Les obligations 7 _ ._ ii»' de ses finances et au bout de quelques mois, _ , de la ville de Lévis se vendent maintenant au-dessus du pair et les taxes ont baisse.Cependant, au même moment, si une caisse de la ville de Québec avait demande l’autorisation d’acheter des obligations de la ville de Lévis, la Fédération la lui aurait refusée parce que le placement était hasardeux.^ _ , Il peut y avoir certains cas où nous refuserons absolument à la caisse situee dans une localité où les choses vont mal, d’acheter les valeurs de la municipalité.Ce serait dans le cas où la situation nous paraîtrait désespérée.Il y aurait peut-être à la tête de cette municipalité des démagogues, gens sur lesquels on ne pourrait compter.Il y a aussi d’autres cas.Lorsqu’une municipalité ou un corps public, fabrique, syn- • 102 REVUE DESJARDINS dies, fait une émission d’obligations, nous ne permettons ordinairement pas l’achat de la dernière échéance.Un exemple fera mieux comprendre: Voici une municipalité ou une communauté qui fait une émission d’obligations pour $1,000,000, à dix ans.Pendant les neuf premières années, il y a un montant de rachat de $10,000; la dixième année il reste $910,000.Nous permettons généralement l’achat des neuf premières années, mais nous refusons l’achat des valeurs de la dixième année parce que si, à l’échéance, au bout de dix ans, le marché des obligations était mauvais, la municipalité ou la communauté ne pourrait se financer avec avantage et proposerait probablement un concordat; les détenteurs d’obligations seraient peut-être forcés d’accepter une échéance de 10, 20, 30 ou 40 ans, et les capitaux de la Caisse seraient immobilisés.Il y a actuellement affluence d’argent et nos caisses cherchent à placer.Ne prenons pas de risque.Privons-nous plutôt de quelques revenus pour le moment et ne risquons pas d’être placés demain dans une mauvaise situation.Nous ne pouvons autoriser l’achat d’obligations de municipalités sous le contrôle de la Commission municipale.On objectera peut-être: la municipalité est sous le contrôle de la Commission municipale, mais la commission scolaire ne l’est pas, nous pouvons acheter des obligations de la commission scolaire.Nous répondrons: Peut-être, mais en définitive ce sont les mêmes gens et il y a risque lorsque la municipalité est sous le contrôle de la Commission municipale, que la commission scolaire le soit dans un avenir prochain.L’article 33, paragraphe 2 et 3, de nos règlements dit: “Le sociétaire emprunteur doit: 2.Avoir remboursé tout emprunt antérieur, ou encore, n’être pas en retard pour le remboursement d’un prêt en cours ou des versements qu’il s’est obligé de faire.3.Ne pas avoir mis ses endosseurs ou cautions en cause.” Les municipalités qui sont en défaut sont-elles en retard?Ont-elles rempli leurs obligations antérieures?Non pas.Peut-on raisonnablement leur prêter en achetant des obligations, car un achat d’obligations, c’est en définitive un prêt?C.VAILLANCOURT L'HONORABLE CYRILLE VAILLANCOURT, A HOT SPRINGS Nous avons appris trop tard pour en faire mention dans la Revue Des jardins de mai, le départ de l'honorable Cyrille Vaillancouri, C.L., directeur-gérant de la Fédération des caisses populaires Desjardins, pour Hot Springs, Virginie, où il représentait le Canada en compagnie d'un certain nombre de hauts fonctionnaires du gouvernement canadien, dont M.Georges Bouchard, sous-ministre adjoint de l'Agriculture au fédéral, et de M.H.Kannam, chef coopéraieur canadien bien connu.On remarquera que les deux principales nominations faites dans le public sont départies à deux coopérateurs de réputation établie, l'un de langue française, et l'autre de langue anglaise.Nos lecteurs savent déjà qu'à cette conférence internationale où plus d'une quarantaine de nations étaient représentées, on se préoccupa de poser les prémices de réformes à effectuer dès la fin du conflit mondial.A cette conférence, les journalistes ne furent pas invités.Cette réunion de représentants de toutes les nations du monde, ou presque, vise à rétablir un peu plus de justice distributive, à favoriser une plus libre circulation des richesses, et à élever le niveau de vie des nations placées jusqu'ici dans une condition économique et sociale inférieure.Il ne nous appartient pas, et il est d'ailleurs trop tôt pour le faire, de supputer ce qui sortira de cette première conférence dont la mission est de préparer un après-guerre où individus et nations devront jouir d'un sort matériel et moral meilleur.Il faut que cesse, estiment certains, l'anomalie à laquelle nous avons assisté en ces récentes an- nées et qui faisait que des individus et leurs familles souffraient de l'absence de riz, de café, ou d'autres produits alimentaires, pendant que d'autres nations ou individus étaient privés de blé, de beurre, et que l'on recourait à toutes sortes d'expédients pour restreindre la production.Nous l'avons déjà écrit, l'économie de la privation ne doit plus prévaloir dans un monde où existe l'économie de l'abondance.Ce n'est là qu'un aspect de l'immense problème de la production, de la répartition, de la circulation des produits, qu'ont étudié et qu'étudieront de nouveau les représentants des différentes nations réunis une première fois récemment à Hot Springs.D'autres réunions similaires suivront après que chacun des délégués aura pu étudier dans son milieu respectif le problème précité.On comprendra que les coopérateurs en épargne et en crédit se réjouissent que le directeur-gérant de notre Fédération ait été choisi pour y représenter les sociétaires de nos caisses d'une façon particulière et l'élément canadien-français aussi, en ne restreignant cependant pas son mandat aux seuls intérêts d'un groupe ou d'une race.C'est tout le Canada que M.Vaillancouri représenta avec ses collègues, mais les membres de notre grande famille coopérative veulent y voir la reconnaissance du prestige accru qui s'attache à sa personne et aux caisses populaires auxquelles il s'est identifié depuis de longues années.Nos félicitations et nos voeux l'ont déjà accompagné.Nous lui réitérons nos hommages au nom de tous nos lecteurs et de tous nos socéitaires.R.L.VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 103 • LE JUBILE D'ARGENT DE SAINTE-CECILE DE MONTREAL La Caisse populaire de Sainte-Cécile de Montreal, ayant pour président le notaire Eugène Poirier, également président de l'Union régionale de Montréal et de la Fédération des caisses populaires du Québec, fête le 25e anniversaire de sa fondation.Allocution de Mgr Philippe Perrier et de l'honorable Cyrille Vaillancourt, directeur-gérant de la Fédération.La caisse populaire de Sainte-Cécile de Montréal a marqué par un "iriduum" de célébrations diverses le 25e anniversaire de son existence.Cette caisse n'a pas végété pendant un quart de siècle; elle a au contraire vécu pleinement dès le premier jour de sa naissance.Elle a eu ses heures sombres, nous dit-on, mais il n'y paraît guère aujourd'hui si on examine le bilan de cette caisse paroissiale.L'actif touche $625,000.Depuis sa fondation, ses sociétaires lui ont confié la somme globale d'environ $17,000,000.Les administrateurs de cette caisse ont tenu à intéresser les enfants à la vie de la^ caisse: des concours sont organisés chaque année entre les deux institutions, (filles et garçons) afin de provoquer une certaine émulation.On compte 786 déposants d’âge scolaire.La célébration du 25e anniversaire de la Caisse populaire de Sainte-Cécile commença vendredi le 14 mai pour se continuer le samedi, le dimanche, et se clore le lundi matin par une grand’messe chantée aux intentions des sociétaires vivants et de leurs fils aux armées.Vendredi soir, le 14 mai, les organisateurs des fêtes ont eu la bonne pensée de reconstituer l’assemblée de fondation, sous la présidence de M.l’abbé Hector Girard, aujourd’hui curé de S.-Léonard de Port-Maurice, mais qui, il y a vingLcinq ans, était vicaire à Sainte-Cécile.On le considère comme le véritable fondateur de la caisse.Monsieur l’abbé Philémon Desmarchais, propagandiste des caisses pour l’Union de Montréal, y prononça un discours-revue de l’oeuvre accomplie par la Caisse populaire de Sainte-Cécile (Nous aurons l’occasion de revenir sur ce texte substantiel).Le secrétaire de la Fédération, M.Rodolphe La-plante, se rendit, dès l’arrivée du train, à cette réunion pour y apporter un message de l’Union de Québec.Samedi matin, en l’église de Sainte-Cécile, M.l’abbé Eudore Charbonneau, v.f., curé de Saint-Edouard, célébra une messe de requiem pour les officiels et sociétaires disparus depuis la fondation.Le diacre était M.l’abbé Philémon Desmarchais, et le sous-diacre M.l’abbé Gérald Lefebvre.Dans l’après-midi du samedi, il y eut séance de cinéma pour les élèves du couvent.Au cours de la soirée du samedi 15 mai, au sous-sol de l’église, s’est tenue la 25e asssemblée générale annuelle de la Caisse populaire de Sainte-Cécile.Cette réunion était sous la présidence du notaire Eugène Poirier, président de la Caisse de Sainte-Cécile, président de l’Union des^ caisses de de Montréal, et président de la Fédération des caisses de la province de Québec.Il y eut représentation d’un film sonore sur l’artisanat, lecture des rapports annuels sur les opérations de la caisse et brefs discours des délégués de plusieurs caisses-soeurs de Montréal.C’est ainsi que nous eûmes le plaisir d’entendre le notaire Wilfrid Guérin, directeur de l’Union de Montréal, gérant de la Caisse populaire de l’Immaculée-Conception.“La caisse ainée de l’Immaculée-Conception, dit-il en substance, se réjouit de la montée de la Caisse populaire de Sainte-Cécile; l’épreuve du sang a été faite et la Caisse est de bonne lignée”.Puis, MM.Hector Blain, de la Caisse populaire du S.-Enfant-Jésus; Roméo Rivest, de la Caisse populaire de S.-Alphonse d’Youville; J.-B.Beaudoin, de la Caisse populaire de S.-Stanislas et inspecteur de la Fédération; Lucien Rémillard, de la Caisse de S.-Jean de la Croix; et J.-Adélard Cyr, de la Caisse de N.-D.du Saint-Sacrement, dans des allocutions bien senties où l’on percevait une belle confraternité, exprimèrent aux sociétaires de la Caisse populaire de Sainte-Cécile leurs voeux de succès, et les uns et les autres soulignèrent qu’il ne s’agissait là que d’une étape et que l’objectif à atteindre pour la caisse devait être fixé à un million de dollars.Le dimanche matin, le major abbé Emile Turmel, aumônier du Régiment de la Chaudière, qui fut pendant de longues années propagandiste de l’Union régionale de Québec et le premier secrétaire de la Fédération des caisses, célébra la grand’messe en l’église de Sainte-Cécile.Le diacre était M.l’abbé Chs-Omer Rouleau, actif propagandiste des caisses dans le diocèse de Joliette; M.l’abbé Philémon Desmarchais agissait comme sous-diacre.Le midi, les invités dont nous donnerons les noms plus bas, et les dirigeants de la caisse locale prirent le dîner en commun.Les manifestations du dimanche après-midi revêtirent un caractère d’une émouvante grandeur et nous savons plus d’un qui fut ému au spectacle auquel nous eûmes l’heur d’assister.Il y eut présentation des armes à Mgr Philippe Perrier, vicaire général de l’archidiocèse de Montréal, constant ami des caisses populaires.M.l’abbé Edmour Hébert qui fut vicaire de Mgr Perrier au Très Saint-Enfant-Jésus et alors propagandiste des caisses à Montréal, avait jeté les bases de la Caisse de Sainte-Cécile, d’accord avec M.l’abbé Girard et quelques paroissiens de l’endroit.Puis sonnerie de clairons, salut au drapeau de la caisse, appel des disparus par M.Emile Girardin, gérant de l’Union de Montréal.Les citoyens présents, ceux aux abords de la cinquantaine surtout, évoquèrent intérieurement la mémoire des disparus, des collaborateurs de la première heure, des grands artisans de l’oeuvre aujourd’hui en pleine expansion.Puis on dévoila une plaque commémorative en témoignage de gratitude des sociétaires envers leurs officiels disparus.Le notaire Eugène Poirier agissait comme maître de cérémonie, et l’honorable Cyrille Vaillancourt, directeur-gérant de la Fédération, fut invité à prendre la parole.Il le fit avec émotion, faisant appel aux mânes du fondateur des caisses, le commandeur Alphonse Desjardins (nous reviendrons sur ce texte).Cette fête de la reconnaissance émut l’assistance et restera gravée dans l’esprit des paroissiens qui en furent les témoins.La cérémonie close, il y eut dépôt d’une couronne sur le tombeau de feu l’abbé J.-E.Beaulac, curé fondateur de la paroisse de Sainte-Cécile.LE CLOU DE LA CELEBRATION A huit heures, le dimanche soir, dans la grande salle paroissiale, en dessous de l’église, il y eut assemblée-concert.La salle était remplie de sociétaires de Sainte-Cécile et d’ailleurs.On entendit • 104 REVUE DESJARDINS ce soir-là la voix de quelques représentants des unions-soeurs, notamment M.S.-T.Lupien, président de l’Union des Trois-Rivières; l’honorable Cyrille Vaillancourt, au nom de l’Union de Québec, et Me Jacques Perrault, au nom de l’Union de Montréal.• • MM.Stanislas Villeneuve, du conseil d administration de la Caisse; Godfroi Poirier, de la commission de crédit, et Pierre Léveillé, du conseil de surveillance, vinrent tour à tour exposer le travail fructueux de leur coopérative^ d’épargne et de crédit.Monsieur Villeneuve déclara notamment que la Caisse de Sainte-Cécile n’avait déboursé que $10 de consultations légales, en 25 ans.L’administration annuelle n’a coûté, ajouta-t-il, que 1%.La Caisse, nota M.Godfroi Poirier, de la commission de crédit, n’a subi aucune perte de capital sur les placements effectués.M.Pierre Léveillé, du conseil de surveillance, indiqua que la tâche de ce conseil avait été facilitée par la bonne administration de la caisse.L'HONORABLE CYRILLE VAILLANCOURT L’honorable Cyrille Vaillancourt, obligé de partir le même soir pour Washington, en route vers Hot Springs, Virginie, où il représentera, avec quelques collègues, le Canada à la conférence de production d’après-guerre, prit la parole."M.Vaillancourt souligne l'importance de la conférence prochaine et montre qu'il s'agit d un projet formidable: déterminer la production de chaque pays afin qu'il n'y ait ni famine ni misère dans aucun pays d'Europe ou d'autre continent apres la guerre.M.Vaillancourt fait ensuite observer que pour que le monde de demain soit meilleur que celui d'aujourd'hui, il faudra que chacun devienne meilleur.Chacun est-il disposé à devenir meilleur?Voilà le point.Il passe de là à la coopération et montre que ce système aide précisément à rendre meilleur et a pratiquer une plus grande justice.Il rappelle le précepte du Christ: ''Aimez-vous les uns les autres et indique que ce précepte contient le principe de la coopération.Il définit la coopération sur laquelle est basé le système des caisses populaires — donne des exemples de coopération et de ses résultats: l'abeille fait 25,000 voyages pour fabriquer une livre de miel, et la multiplication des gouttes d'eau d'érable fait la livre de sucre ou de sirop.Ce sont toutes ces énergies éparses d'abord, repérées puis réunies qui font le résultat collectif.Ainsi en est-il de l'épargne de nos sous et de nos dollars, dit-il.M.Vaillancourt démontre ensuite que la cooperation est à la fois productive, éducative et moralisatrice et il illustre ses propros d'exemples concrets et convaincants.Il termine en disant que la première coopérative à encourager est celle de 1 é-pargne et il affirme que les CAISSES POPULAIRES sont l'oeuvre salvatrice de notre race, qui deviendra la plus forte en Amérique, si elle en observe le principe." (Le Devoir, 18 mai 1943).Son allocution terminée, M.Vaillancourt quitta immédiatement la réunion, emportant les voeux de ses collègues et de ses amis.Le trio lyrique, dont la réputation n’est plus à établir, charma l’auditoire par des pièces d’un caractère léger et qui furent rendues avec le brio, le talent et l’harmonie que l’on sait.Rappelés à plusieurs reprises, ces artistes se rendirent de bonne grâce au voeu de la foule et ajoutèrent quelques pièces au répertoire promis.Me JACQUES PERRAULT Me Jacques Perrault, président de la Caisse populaire de S.-Jean-Baptiste de LaSalle, de Mont- réal, directeur de l'Union de Montréal et administrateur de la Fédération, dit que "les fondateurs de la Caisse de Sainte-Cécile ont fait preuve de courage en l'avenir en établissant leur caisse en 1918, année de guerre.Il fait l'éloge du notaire Poirier et le présente comme le type idéal de ce qu'il y a de mieux chez les Canadiens français.Il travaille et agit, dit-il, pour que l'oeuvre prospère.Il souhaite que cette prospérité continue et se multiplie au centuple".(Le Devoir, dixit).Dans une allocution sobre, de belle facture littéraire, le jeune et brillant avocat du Barreau de Montréal, prouva qu'il était le digne fils de son père.Me Antonio Perrault.Monsieur l’abbé J.-H.Lachapelle, curé de Sainte-Cécile, rendit hommage aux fondateurs et félicita les administrateurs de la Caisse de Sainte-Cécile.Monsieur l’abbé Girard transmit les remerciements des paroissiens sociétaires.MONSEIGNEUR PHILIPPE PERRIER Mgr Philippe Perrier, identifié à toutes les oeuvres économico-sociales de Montréal depuis 35 ans, prononça une allocution vigoureuse, l’une des plus vigoureuses entendues par ceux qui ont eu la joie de l’entendre souvent au cours de son active carrière."Après quelques mots aimables envers les organisateurs des fêtes et les administrateurs de la CAISSE DE SAINTE-CECILE, Mgr le Vicaire général fait remarquer que les questions économiques confinent aux questions morales, que les questions morales touchent aux questions religieuses, que les questions religieuses rejoignent enfin les questions de catholicisme romain, que par conséquent l'Eglise ne reste pas étrangère aux questions économiques.Elle n'a pas de plus grande joie, dit-il, que d'assister à l'essor économique d'un peuple.Elle ne veut pas que nous fassions figure d'enfants pauvres dans ce Canada, qui est nôtre.Vous connaissez, dit-il, le principe de saint Thomas.Si les très riches ont de la difficulté à se sauver, les très pauvres sont souvent exposés à être victimes du vice.L'état moyen entre la grande richesse et la pauvreté favorise la vertu.Nous ne sommes pas contre l'acquisition de la richesse ni contre le progrès matériel, à la condition que l'honnêteté et la justice soient respectées et qu'on ne fasse pas une fin de ces bien siemporels.Mgr Perrier insiste ensuite sur ce que l'Eglise a fait dans le passé dans le domaine de l'ordre social Il rappelle qu'elle a tiré l'homme de la barbarie pour l'élever au rang de chrétien civilisé.Il affirme que sans le christianisme à sa base, il n'y a pas de vraie civilisation.Entre des larrons Aujourd'hui encore, dit-il, on répète que le Christ est entre deux larrons: le nazisme et le communisme.Sur le Calvaire, l'un des larrons s'est converti.Lequel des deux larrons d'aujourd'hui se convertira?Mais il y a aussi le libéralisme économique, qui conduit à la dictature économique.Il faudra, si le monde veut sortir de son marasme, qu'il accepte la doctrine de l'Eglise en matière économique et sociale; il faudra qu'il renonce à la dictature économique et au communisme, autrement il retournera vers les bas-fonds d'où l'Eglise elle-même Ta déjà' tiré.Mgr Perrier termine alors en exprimant le voeu que près de chaque clocher, comme il y a déjà une école, existe une CAISSE POPULAIRE, administrée par des hommes honnêtes et compétents.Alors, dit-il, nous pourrons envisager l'avenir avec confiance".(Le Devoir, 18 mai 1943).Le notaire Eugène Poirier remercia tous les organisateurs, notamment M.Emile Girardin, direc- VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 105 • tcur et gérant de l’Union de Montréal, et M.Emmanuel Cadieux, secrétaire-gérant de la Caisse de Sainte-Cécile.Présences Assistaient entre autres: M.l’abbé J.-A.Saint-Laurent, de l’Union de Gaspé; le Dr J.-O.Mousseau; Rodolphe Laplante, secrétaire de la Fédération de Québec; M.l’abbé A.Malouin, de l’Union de Sherbrooke; le notaire Philippe Cossette, de l'Union de Rimouski; l’abbé C.^ O.Rouleau, propagandiste à Joliette; Laurent Létourneau, gérant de l’Union des Trois-Rivières; Napoléon Mac-kay, inspecteur de la Fédération; Rosaire Gauthier, inspecteur de la Fédération; les abbés Gingras, Désocy et Laporte, vicaire de Sainte-Cécile; le Frère Charpentier, C.S.V., directeur de l’école^ paroissiale, Roméo Poulin, le notaire W.Labonté, président de la Caisse d’Hochelaga; Charles-A.Forest, directeur de l’Union de Gaspé; R.-H.Tremblay, insuecteur en chef des Caisses: Marcel Gravel, inspecteur de la Fédération, et les représentants des caisses avoisinant celle de Sainte-Cecile, déjà mentionnés.CEUX QUI ONT LE CULTE DU PASSE PREPARENT L'AVENIR.C'esi la conclusion que nous tirerons de ces fêtes d'une caisse paroissiale qui a connu, comme toutes nos caisses, des débuts modestes, des heures d'angoisse et d'inquiétude, mais qui après un quart de siècle d'opérations peut, du sommet atteint, regarder en arrière et se déclarer satisfaite de la moisson engrangée.Les uns et les autres out tenu en l'occurrence à marquer les débuts modestes, l'ampleur de l'oeuvre après 25 ans de vie paroissiale intense.Sans flagornerie, nous voulons endosser ce que les différents orateurs ont déclaré, à savoir que pendant vingt-quatre ans le notaire Eugène Poirier a été le grand artisan de cette caisse.Un témoin déclarait que M.Poirier pouvait bien considérer la soirée du dimanche comme un témoignage personnel à lui rendu."Nous ne faisons que devancer, avait déclaré Mgr Perrier, à la Caisse de Ste-Cécile, la célébration du 25 e anniversaire de présidence du notaire Poirier.Il le mérite bien." Nous suggérons que les caisses marquent, ainsi par des célébrations auxquelles communie toute la population, les différents anniversaires de la vie de leur caisse.Que l'on sache profiter des 5e, des 10e, des 20e, ou des 35e anniversaires de fondation pour inventorier la situation, pour plonger un regard en arrière, examiner les intentions des fondateurs de la caisse locale afin de mesurer la longueur du chemin parcouru, les résultats atteints, et se rendre compte aussi si la doctrine du fondateur a été maintenue dans toute son intégrité.Les allocutions répétées du notaire Eugène Poi-rer, les deux discours de l'honorable Cyrille Vail-lancouri et ceux de Mgr Perrier, de M.Perrault et de M.l'abbé Ph.Desmarchais auront leur prolongement chez tous ceux qui ont eu la bonne fortune de les entendre.Sainte-Cécile a bien fait les choses et nous lui en rendons hommage.Disons que: Présentement, il ne doit pas y avoir, dans nos caisses Desjardins, un seul emprunteur qui soit en retard dans ses remboursements.^ Tout le monde fait de l’argent, donc tout le monde doit payer ses dettes.Il y a des gens qui sont en retard pour tout: en retard pour se lever; en retard pour se coucher; en retard pour se mettre au travail; en retard pour la messe du dimanche; en retard pour payer leurs dettes.Messieurs les gérants et commissaires de crédit, ne soyez pas du club des “En retard”; serrez la vis: qu’au cours de 1943, pas un de vos emprunteurs ne demeure en retard dans ses remboursements.Attelez-vous à cette besogne, la vôtre.Disons que: Tout emprunteur qui ne fait pas régulièrement ses remboursements à sa caisse devient— un apprenti voleur, purement et simplement.Le mot est trop fort !.„ Non.Pas encore assez.Que fait-il en effet?Il vole sa réputation de citoyen économe, ponctuel et honnête.Il vole la réputation de sa caisse qui ne peut plus se vanter de former ses sociétaires à la prévoyance et à l’honnêteté.Il vole la réputation de ses co-sociétaires à qui sa caisse ne peut plus se fier.Il vole l’avenir de ses proches, de ses enfants eux-mêmes, en leur léguant une réputation de traînard incurable.et aussi des dettes.Emprunteurs de caisses, n’oubliez jamais que bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.Disons que: Toutes les fois qu’une caisse consent un prêt hypothécaire, elle doit exiger une bonne police d’assurance-feu.Alors, messieurs les conseillers de surveillance, ayez l’oeil ouvert.A votre prochaine réunion, constatez vous-mêmes que toutes vos hypothèques sont protégées par une assurance-feu.Autrement, il pourrait y avoir de désagréables surprises qui ne se répareraient pas.L'ENTR'AIDE EN ACTES La position d'une caisse populaire établie dans une vieille paroisse n'est pas la même que celle d'une autre établie dans une paroisse d'existence plutôt récente ou de colonisation.Dans la première, le chiffre des dépôts excédera considérablement celui des prêts, tandis que ce sera le contraire dans la deuxième.Et la caisse régionale sera le canal qui fera servir le surplus de la première aux besoins de la seconde.Chaque caisse locale est tenue de garder une encaisse proportionnée à son passif.Partie de cette encaisse, la moins active, si possible, devrait être déposée à la caisse régionale.Cela permettrait à la caisse déposante de prêter un peu plus, car elle pourrait compter sur l'appui de la régionale en cas de nécessité et par suite la proportion de l'encaisse au passif pourrait être diminuée quelque peu." Laurent Létourneau, gérant de l’Union régionale des Trois-Rivières.(Extrait de “Journée de l'Épargne", brochure publiée en 1936, à l’occasion du trente-cinquième anniversaire de fondation de la Caisse populaire de Lévis).• 106 REVUE DESJARDINS MONSIEUR L'ABBE EMILE TURMEL REVIENT Monsieur l’abbé Emile Turmel quittait le Canada il y a trois ans en qualité d’aumônier du Régiment de la Chaudière.Nous avons, de temps à autre, marqué à nos lecteurs le travail fécond qu’il poursuivait auprès de ses hommes servant en cette unité militaire canadienne-française.Le capitaine-abbé est devenu major honoraire, mais il reste pour les amis des caisses, l’abbé Turmel, le propagandiste ardent et convaincu, collaborateur de M.Desjardins dès la première heure et qui ne s’est jamais démenti.Revenu au pays à la suite de la maladie grave de sa mère, les autorités militaires lui ont confié le poste de chef des aumôniers militaires séjournant à Valcartier.Avons-nous besoin d’écrire que la plus cordiale bienvenue lui a été souhaitée par les dirigeants de la Fédération des caisses ainsi que par les différentes Unions, sans oublier les nombreux amis qu’il compte dans les centaines de caisses qu’il a fondées, visitées, organisées.Dynamique, ardent, serviable, d’un bon caractère à toute épreuve, arbitre des inévitables petits conflits qui surgissent entre hommes ardents, son départ a été vivement regretté par ses “gars”, ainsi qu’il les appelle lui-même.D’autre part, ses amis de la province de Québec savent qu’il continuera, dans une autre sphère, son rôle de prêtre, de consolateur, et de confident.Nous souhaitons bienvenue chaleureuse au major-abbé Emile Turmel.Nous lui souhaitons succès, et nous savons que l’oeuvre des Caisses continuera de l’intéresser et qu’il ne cessera d’y participer en autant que ses obligations le lui permettront.Ce qu’était l’abbé, propagandiste des caisses, le major-abbé Turmel, aumônier militaire, l’est resté.R.L.DU FONCTIONNEMENT, DU ROUAGE REGIONAL DES CAISSES (suite et fin) Ce qu'est l'Union régionale des caisses populaires Desjardins du district de Gaspé Nous avons publié dans notre numéro de mai la première partie du texte de M.l'abbé, J.-A.Saint-Laurent, curé de S.-Jean l'Evangéliste, comté de Bonaventure, et assistant-gérant de l'Union régionale de Gaspé; nous en publions aujourd'hui la deuxième et dernière partie: Le conseil d’administration de l’Union régionale de caisses s’efforce de répandre les idées coopératives et par lui-même et par des personnes compétentes.Reçoit-il des demandes d’information qu’il répond le plus clairement possible.Lorsqu’une ou plusieurs questions peuvent intéresser toutes les caisses de la région, il leur en fait part.C’est ainsi que des circulaires sont de temps en temps adressées à toutes les caisses affiliées.Les avantages d’une Union de caisses ne s’arrêtent pas là.Les situations mensuelles de chaque caisse sont examinées, surtout celle des nouvelles caisses, afin de les suivre plus particulièrement dans leurs opérations.Deux item sont particulièrement examinés dans les rapports mensuels, celui de dépôts et celui des prêts, car les membres de l’Union, qui sont de simples caisses, ne sont-elles pas des institutions d’épargne et de crédit?Nous disons une société d'épargne d’abord, puis ensuite de crédit; et non une société de crédit d’abord, et d’épargne ensuite.Il est évident qu’une caisse ne peut prêter si elle n’a pas reçu d’argent.Il y a donc des règles qui régissent l’épargne et des règles qui régissent le crédit.Ne dépose pas qui veut dans une caisse populaire, car il faut être membre de cette caisse premièrement, et posséder toutes les qualités d’un homme intègre.Les directeurs de cette caisse sont juges en dernier ressort.N’emprunte pas qui veut dans une caisse populaire, car en plus d’être membre de cette caisse, il faut que l’emprunt soit productif, c’est-à-dire que la somme empruntée doive rapporter des avantages à l’emprunteur.Ce cas relève du comité de crédit.Il peut être porté devant le bureau de direction si le membre croit être frustré dans ses droits.Du côté de l’épargne, en temps normal, une caisse ne doit jamais prêter plus que les deux tiers de ses épargnes, car il serait souverainement imprudent de s’être placée dans l’obligation d’avouer qu’il n’y a plus d’argent liquide parce que tout prêté.Ce serait un grand dommage pour cette caisse.Non! ceci ne doit jamais arriver, au grand jamais! En ces temps troublés où l’argent abonde, il n’est pas téméraire de dire que chaque caisse devrait conserver au moins la moitié de son argent liquide, afin de parer à la crise VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 107 • prochaine, qui viendra sûrement et plus cruelle que la dernière, nous affirment les économistes.Lors même que le profit net serait mince ou presque nul, une telle caisse se trouvera plus tard dans une condition très avantageuse.Les demandes d’emprunt seront plus nombreuses et plus productives, des deux côtés.C’est alors que les épargnants qui auront été prudents, comme les caisses qui auront été prudentes dans leur réserve liquide, se réjouiront d’avoir usé de sagesse.Mais comment payer des intérêts et du boni à nos membres, dira-t-on, si nous conservons ainsi la moitié de notre argent liquide qui ne rapporte rien ou presque rien.C’est ici qu’intervient l’Union des caisses.Chaque caisse conserve à sa banque un peu d’argent liquide pour ses affaires de routine et met le surplus à son Union régionale qui lui paye un intérêt plus élevé que les banques.On peut même y faire des placements à terme, du consentement de l’Union et doubler encore son revenu.Du côté des prêts, nous l’avons dit, l’emprunt doit être productif, avantageux pour l’emprunteur.Une caisse populaire est une société coopérative et de ce fait, elle cherche à faire le plus de bien possible.Elle est créée pour le petit peuple et cherchera à faire du bien chez le petit peuple, en satisfaisant le plus grand nombre possible.Prenons un exemple: Dix personnes solvables et membres d’une caisse populaire demandent chacune dix dollars à emprunter.En supposant que cette caisse n’aurait que cent dollars à disposer pour l’item prêt, elle préférera satisfaire ces dix emprunteurs plutôt que de satisfaire un onzième membre qui demanderait le même cent dollars pour lui seul.Voilà ce qu’enseigne l’Union des caisses à la suite du commandeur Desjardins, fondateur des caisses populaires.Mais, dira-t-on, dans un cas semblable, est-ce que l’Union des caisses ne pourrait pas prêter à cette caisse, afin qu’elle puisse prêter le cent dollars?La chose ne peut se faire; ce serait contre les règlements.Une caisse ne peut emprunter pour prêter ensuite.Le rôle de l’Union, dans un tel cas, est de seconder sa caisse affiliée dans son mouvement de coopération.Que dans une paroisse, tous se fassent coopérateurs, que tous soient membres de leur caisse, et jamais cette caisse manquera de fonds disponibles pour satisfaire les demandes raisonnables de prêts.On objectera que l’Union régionale des caisses de Gaspé a déjà prêté, et prête présentement aux caisses de la Gaspésie qui manquent de fonds, afin qu’elles puissent prêter aux pêcheurs solvables.Oui.Nous l’admettons.Mais il y a là un cas spécial qui intéresse toute une population, cas dont la solution est désirable au plus haut degré.Qui ne sait que le gouvernement de Québec a demandé à l’Union des caisses de Gaspé de venir en aide aux caisses de paroisse, afin qu’elles puissent répondre aux demandes d’emprunt par les pêcheurs solvables?L’Union des caisses de Gaspé s’est portée et se porte volontiers à ce secours intéressant nos pêcheries.Disons que même l’Union des caisses de Québec a aidé d’une manière splendide pour seconder nos efforts.Nous l’en remercions au nom de toute la Gaspésie.Nos remerciements vont également au gouvernement créateur de cet heureux mouvement, et au collège d’agriculture de Sainte-Anne, cet excellent MENTOR.Je viens de dire que notre Union de caisses a répondu à l’appel du gouvernement.Pouvons-nous dire que nous avons également répondu à l’appel de notre premier PASTEUR, lors de son mot d’ordre “ORGANISONS-NOUS”, lancé dans sa circulaire du 31 mai 1923.“Pour favoriser le bon fonctionnement des coopératives, dans les pêcheries comme dans l’agriculture, écrivait Son Excellence, il est nécessaire qu’elles soient appuyées par des ressources pécuniaires à la disposition des coopérateurs.Aussi, ai-je vu avec plaisir que la plupart des paroisses de Bonaventure possèdent des caisses populaires qui fonctionnent bien”.Monseigneur de Gaspé écrivait encore: “Ces sociétés coopératives agricoles fonctionnent déjà dans toutes les paroisses de Bonaventure”.Or, mes amis, sans compter la Caisse populaire de Maria, qui est une coopérative et qui fut fondée en 1908, il y a trente-cinq ans, il y avait donc d’autres coopératives dans la Gaspésie en 1923?L’honorable ministre Caron ne disait-il pas, lors de la création de la Coopérative Fédérée de Québec, ceci: “Les quatre coopératives de la province qui font le plus d’affaires sont: lo) une coopérative de comté; 2o) une coopérative de tabac, comprenant plusieurs paroisses; 3o) la Coopérative de Bonaventure; 4o) la Coopérative de S.-Jean l’Evangéliste, en Gaspésie”?Il y avait donc à cette date deux coopératives à l’honneur; les autres ne devaient pas être sans mérites.L’appel de notre évêque voulait justement répandre le bienfait de ces coopératives dans tout son diocèse.Malgré les difficultés sans nombre, de nouvelles coopératives modernisées se fondent à la suite de cet appel.Des syndicats de toutes sortes, des syndicats de pêcheurs plus spé- • 108 REVUE DESJARDINS cialement se groupent en fédération sous le nom de “Pêcheurs Unis de Québec”.Les caisses populaires gaspésiennes ne demeurent pas en arrière.La même année de la circulaire de notre Evêque, exactement le 3 décembre 1923, elles se forment en union sous le nom de l’Union régionale des caisses populaires de Gaspé.De nombreuses caisses se fondent.Afin de rendre plus efficace son mouvement de coopération, notre nouvelle union de caisses se groupe avec les autres unions de caisses, de Montréal, de Québec et des Trois-Rivières.On est en 1932, et la Fédération des unions de caisses Des jardins est fondée.Désormais, nos caisses gaspésiennes profiteront des recommandations de cette fédération provinciale.A date, l’Union a reçu une partie des réserves de ses caisses, au montant de plus d’un million deux cent mille dollars ($1,200,000), en leur payant un intérêt plus élevé que les banques.Elle a prêté plus de $355,000, dont 95 pour cent en Gaspésie.Qui a profité de ces prêts?Nos caisses populaires; nos syndicats de pêcheurs; nos coopératives; nos institutions religieuses et civiles.Maintenant, si l’on faisait le calcul de ce qui fut prêté par nos propres caisses, nous arriverions à un chiffre étonnant, n’en doutons pas! “Notre peuple sera fort et respecté, écrivait encore Mgr de Gaspé, quand il aura acquis son indépendance économique; il l’acquerra en s’assurant à lui-même le contrôle et la maîtrise de ses ressources”.” J.-A.Saint-Laurent, ptre POUR VOS ASSEMBLEES ANNUELLES Nous avons déjà attiré l’attention des dirigeants de nos caisses sur l’à-propos de bien préparer l’assemblée annuelle.Il ressort de témoignages reçus que certaines assemblées sont insuffisament prévues et organisées et que l’on s’y contente d’expédier les affaires courantes et de routine sans plus.Nous sommes d’avis que l’assemblée annuelle est beaucoup plus que cela.N’est-ce pas l’occasion de dresser un inventaire de l’état d’esprit qui anime une caisse populaire, de vérifier si elle garde les sains principes coopératifs, si un effort suffissant est tenté et poursuivi pour susciter des coopérateurs progressifs, prudents et audacieux à la fois?C’est l’occasion pour chaque sociétaire d’exposer son point de vue, de formuler ses critiques pertinentes, s’il en a.Il faut que l’ordre du jour de l’assemblée générale y pourvoit.Telle caisse, nous dit-on, prospère, à l’actif considérable, comptant des centaines de sociétaires, ne réunit qu’une cinquantaine de membres-sociétaires lors de son assemblée annuelle.Notre formule de canalisation de l’épargne par le truchement de la coopération et de son remploiement en crédit selon la même formule, est basée sur un fonctionnement démocratique dans une unité de direction inspirée de confiance mutuelle On se plaint parfois que la démocratie a engendré des abus, et même un certain totalitarisme.A qui la faute si ce n’est aux électeurs dans la démocratie politique qui n’ont pas surveillé suffisamment les intérêts confiés à leurs mandataires impréparés ou insuffisamment surveillés?La même vérité s’applique en démo- cratie économique et notamment dans nos coopératives d’épargne et de crédit.Il ne s’agit pas d’agiter en soi et autour de soi un mauvais esprit critique, de parler pour l’unique raison de parler, et d’agir en brouillon à l’assemblée annuelle.On ne construit pas ainsi une oeuvre durable! Mais vous êtes un sociétaire libre, conscient de son rôle, au fait des problèmes économiques inhérents à votre région: ne restez pas passif.Aux dirigeants de chacune des caisses, il importe, nous le répétons avec instance, de préparer un ordre du jour simple, souple, prévoyant la libre expression d’opinions, un é-change de vues de bon aloi.Nous sommes à une époque où les assemblées annuelles se multiplient; elles constituent l’un de nos meilleurs moyens d’inventaire collectif, l’arrêt, dans une marche en avant, vers des destinées de plus en plus prometteuses et réalisatrices.Que l’assemblée annuelle marque l’intérêt que tous les sociétaires portent à leur caisse.R.L.RESTONS UNIS Si vous voulez que votre caisse ait beaucoup d'influence, restez unis à votre union régionale, a votre caisse centrale: L'union fait la force.Vous avez même constaté qu'une caisse qui dispose d'un gros capital a plus d'influence qu'une petite caisse qui n'a qu'un actif modeste, et ce n'est qu'une union bien organisée, bien vivante, bien puissante, qui peut rémédier à cet état de choses et faire qu'une petite caisse jouisse partout des mêmes privilèges qu'une autre forte et puissante.C'est alors qu'on constate que les services rendus par l'Union valent bien les déboursés versés comme contribution.Chanoine J.V.ROCHETTE (Extrait d’une allocution prononcée au congrès de l’Union régionale de Québec, en 1942).VOLUME 9.JUIN-JUILLET 1943 109 • DANS LA REGION DE RIMOUSKI On nous fait tenir quelques chiffres de la Caisse populaire de Causapscal, en Matapé-dia.Cette caisse fut fondée le 15 février 1937.Le montant des parts sociales payées en 1937 s’élevait à $2,097.99.Cette année, le montant de ces parts s’élève à $3,976.17.Pour la même période, l’épargne est passée de $12,369.48 à $27,447.44.En cinq ans, le nombre des sociétaires est monté de 198 à 279.Au 31 mai 1943, cette caisse avait prêté $10,249.85 sur reconnaissances de dettes.Pour l’information de ceux qui déclarent de façon irréfléchie que les caisses populaires ne prêtent pas sur reconnaissances de dettes, voyons un peut comment se répartissent les prêts sur billets pour cette seule caisse à l’actif moyen.On a consenti depuis la fondation, soit depuis cinq ans, 108 prêts de $1 à $5; 53 de $5 à $10 (nous omettons diverses catégories de petits prêts, ne pouvant les énumérer toutes).La Caisse populaire de Causapscal a aussi accordé, par exemple, 19 prêts de $40 à $50; 25 de $70 à $80; 108 de $100 à $200; 30 de $200 à $300; 25 de $300 à $400; 12 de $1,000 et plus.POUR SERVIR Il n’est pas dans notre habitude de souligner et de commenter volumes ou brochures publiés même par des conférenciers ayant quelque chose à exprimer.Nous recevons, à la Fédération, une bro-churette d’une trentaine de pages intitulée Le libéralisme économique.Ce tract sort de la plume du révérend Père Gérard Petit, c.s.c.Le soussigné se rappelle avoir entendu le directeur-gérant de la Fédération, l’honorable Cyrille Vaillancourt, c.L, dénoncer avec feu le libéralisme économique qui a fait tant de mal aux populations non possédantes.Elevant la voix, M.Vaillancourt ajoutait qu’un monde nouveau est en train de s’élaborer, dans lequel il devra y avoir plus de justice et plus de christianisme.Qui osera dire qu’il n’a pas raison?Aussi, est-ce opportun de vous recommander la lecture de cette brochure en vente dans toutes les librairies au prix de $0.10 l’unité.Un court extrait fera saisir la manière facile, simple et convaincante de l’auteur: “Devant ces gens du peuple désireux d’être éclairés sur leur devoir et sur la conception chrétienne de la vie économique et sociale, Marcel (c’est un jeune ouvrier) se rappelle un article ré- Le tout forme un total de 678 prêts sur reconnaissances de dettes, pour un montant de $66,201.88; de 3 prêts hypothécaires se totalisant à $3,671.22.On a acheté 8 obligations, pour une somme de $22,200.La moyenne des prêts sur billets est de $97.65.Si ce n’est pas là prêter pour répondre aux besoins de la population locale, en un temps de prospérité où les besoins sont moindres, nous ne savons plus alors ce qu’est le crédit à court terme.Le cas de la Caisse populaire de Causapscal n’est pas unique et n’offre rien de particulièrement saillant.L’image que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs illustre bien ce qui peut être accompli quand une caisse est dirigée par un conseil d’administration à la fois prudent et progressif, et dont la commission de crédit assume ses responsabilités et son rôle.Cette caisse a pour président de son conseil d’administration M.Charles Castonguay; comme président de sa commission de crédit M.Arthur J.Rioux.Monsieur Alcide Paré est président du conseil de surveillance, et le notaire Philippe Cossette en est le secrétaire-gérant.C.B.D'ANTIDOTE cent publié dans une revue montréalaise par l’un de ces intellectuels manchots, possédés du “démon du moi-moi-moi”.A entendre ce “surhomme”, le peuple serait irréformable, sa simplicité serait une grossièreté inguérissable, et ceux qui travaillent à l’aider seraient des pharisiens ou des nigauds, ou les deux à la fois.Cet article, bijou d’erreurs, de prétentions et de confusions sous le clinquant d’idées mal dirigées, suintait le phari-saïsme qu’il reprochait aux autres.Il n’était que prétexte à peine verni pour masquer un égoïsme et un orgueil répugnants et l’évasion des tâches temporelles.” Pour prévenir l’écrasement de la masse par quelques-uns, pour neutraliser les effets des monopoles de tout genre, il reste aux ruraux comme aux citadins à encourager d’effective façon leurs groupements corporatifs (syndicats, unions, etc.), à multiplier les coopératives, à seconder leurs efforts afin d’opposer à la doctrine fausse et dissolvante du “lais-ser-faire” et du “laisser-passer”, celle que les sociétaires de nos caisses vivent depuis quarante-deux ans, imprégnée de charité chrétienne, par conséquent d’entr’aide mutuelle.Ouvriers surtout, petits commis, tous pour n’exclure personne, feront bien d’acheter cette brochure.C.B.• 110 REVUE DESJARDINS à Messieurs les gérants et officiers des caisses populaires du Québec Voulez-vous des moyens infaillibles pour que votre caisse marche mal, tombe en léthargie et meurt?Je viens vous les fournir “gratis”.Mettez-les en pratique, et çà ne sera pas long.Vous êtes gérants, officiers, commencez par croire, dûr comme fer, qu’une caisse Desjar-dins ne peut pas vivre dans votre paroisse.Choisissez parmi vous un gérant qui n’a pas la confiance du public, un sans dessien, un souillon sans dévouement ni esprit social qui travaille quand ça paie.Il aura en outre les défauts suivants: Il ne fera sa caisse qu’une fois le mois; il fera ses entrées aux livres des comptes particuliers, quand il en aura le temps.Et rien ne presse.Jamais de pointage, ça va de soi.Ce travail, c’est pour les employés de la Fédération.Il se gardera de gaspiller du papier et de l’encre pour faire des reçus et des bordereaux.Ça fait durer les plumes plus longtemps.D’après lui, c’est perdre son temps et faire perdre du temps aux emprunteurs de la caisse, que de les obliger à rembourser leurs emprunts par versements hebdomadaires mensuels ou trimestriels.Qu’ils amassent leur argent! Ils savent qu’ils doivent à la caisse.Ils la paieront quand.ils le pourront.Il se gardera bien de faire renouveler billets et reconnaissances de dette, d’exiger le paiement régulier des intérêts.Ça donne du trouble ça.Ce gérant est un bon diable, de votre couleur politique, il se chauffe et vous réchauffe; il vous reçoit toujours très bien, et, il tuera très bien votre caisse.Voilà pour votre gérant.* * * Quant à vous, méfiez-vous d’étudier la coopération, la loi des caisses, leurs statuts, le Cathéchisme; ne recevez pas la revue Desjardins, et, si elle vous arrive par hasard, ne la lisez jamais.Ne vous réunissez qu’une fois l’an.A cette occasion, contentez-vous d’opiner du bonnet et de dire à votre gérant: arrange-ça, tu connais ça toi.Gardez-vous soigneusement de faire une propagande active; d’inciter vos enfants, vos voisins, votre parenté à devenir sociétaire de votre caisse.Laissez cette besogne aux chinois ou aux zoulous.Faites de la politique caille, bleue, ou rouge 365 jours par année.Voyez toujours et partout aux intérêts du parti.Méfiez-vous d’aller rencontrer l’un ou l’autre des inspecteurs de la Fédération, de lire et d’étudier leurs rapports de vérification.Ils pourraient vous éclairer et réveiller chez vous le sens de vos graves responsabilités.Parlez toujours en mal de votre caisse.Critiquez la à tort et à travers- consciencieusement.Soyez indiscret.Racontez à votre femme, à vos enfants, à vos voisins, à votre visite tout ce que vous savez de ce qui se passe à votre caisse.Au besoin forcez la vérité.Mettez un petit fion; ça vous donnera de l’importance.Ne prenez qu’une part dans votre caisse, et n’y déposez jamais un sou.C’est bien assez de l’honneur que vous lui faites de fouler de vos semelles le parquet de son humble bureau! Allez, allez faire vos affaires aux bureaux des grandes institutions.C’est plus chic ! Tachez de payer votre gérant le moins cher possible.Logez votre caisse dans un endroit inaccessible.Préparez votre assemblée annuelle pour qu’elle soit ennuyante au suprême.N’allez jamais y joindre une petite soirée récréative.Encouragez votre gérant à se montrer ourson, déplaisant pour tout le monde.Et la recette pour tuer votre caisse n’est pas encore épuisée.Mais, non.Vous ne la prendrai pas.Si j’ai chargé ce tableau, ce n’est que pour attirer davantage votre attention sur les défauts à éviter dans l’administration de vos caisses, pour vous aider à les corriger.Ainsi vos caisses vivront, et je continuerai à me souscrire, votre vieil ami, Louis Arneau.Une caisse utile La Caisse populaire de Saint-Hubert de Spaulding, comté de Frontenac, a atteint l’âge de discrétion au cours de l’année 1942; autrement dit, elle a eu ses sept ans révolus puisqu’au 31 décembre 1942, elle comptait sept ans, sept mois et vingt-six jours d’existence.Cette caisse populaire, comme toute jeune fille qui se respecte, n’a pas attendu sept ans pour être raisonnable et son gérant VOLUME S.JUIN-JUILLET 1943 111 • PASSIF raisonne de façon très juste dans le rapport qu’il met sous nos yeux.Nous résumons les notes du gérant de la caisse, M.H.-E.Grondin.“Depuis la fondation de cette caisse reliée à l’Union régionale de Sherbrooke, le 5 mai 1935, les sociétaires ont déposé à l’épargne la jolie somme de $198,268.03.Le chiffre d’affaires a été de $244,125.27 au 31 décembre 1942.Ce chiffre d’affaires marque une augmentation de $54,933.09 au cours de la seule année écoulée.Notre caisse, dit le gérant, avait prêté, au 31 décembre 1942, la somme de $42,587.41 répartie en 434 prêts.Les emprunteurs ont remboursé $40,-137.41 laissant une balance non remboursée de $2,450 que nous recouvrons par acomptes mensuels.Quels furent les avantages retirés par les emprunteurs?Us n’ont pas payé d’intérêt plus élevé qu’aux banques et souvent ils en ont payé moins.Notre caisse leur a permis de rembourser par petits montants diminuant d’autant les intérêts.S’il n’y avait pas eu de caisse en existence chez nous, les sociétaires auraient dû se rendre à Mégantic, effectuer 434 voyages pour obtenir ces prêts, et une moyenne de quatre autres voyages pour aller les renouveler.C’est 1736 voyages à $1 chacun, sans compter la journée de travail perdue pour aller à Mégantic (une distance de 11 milles) à $2 par jour; le tout représente $5,208, ce qui signifie une économie d’autant à nos emprunteurs.Ajoutons que plusieurs n’auraient pu emprunter ailleurs.En outre, notre caisse a rendu service en prêtant à la fabrique de fromagerie de notre paroisse et accommode maintenant la commission scolaire et le conseil municipal.En d’autres termes, s’il n’y avait pas eu de caisse chez nous, nos sociétaires auraient perdu au delà de $5,000 et près de $1,000 par année, sans compter les services rendus au conseil, à la commission scolaire et à la fabrique.Soulignons ici les avantages obtenus du fait que notre caisse est située à proximité de tous.Au 31 décembre 1942, nous comptions 154 sociétaires, 103 déposants et 33 emprunteurs.Veuillez remarquer que nous ne comptons que 142 familles.L’actif au 31 décembre 1942 était de $14,878.53 et est en gra- dation ascendante.ACTIF Obligations du fédéral:______________$ 200.00 Parts à :a Caisse sociale de Sherbrooke:-_________________ 2,000.00 Prêts aux sociétaires: ______________ 2,450.00 Inventaire:___________________________ 55.00 En caisse: ________________________ 10,038.15 Dépenses: ______________________________ 85.17 Intérêt:__________________________ 50.21 Toial:____________$14,878.53 Capital social:_______________________$ 768.20 Epargne: - 13,732.25 Bénéfices:_____________________________ 282.34 Taxe d’entrée: ___________________________ 1.30 Avoir propre:___________________________ 94.44 Total:.—$14.878.53 Nous accordons un intérêt de 3% sur nos parts sociales.Il nous appartient de souligner que l’administration depuis plus de sept ans n’a coûté en tout et partout que $738.53.A l’honneur des résidents de Saint-Hubert de Spauling, notons que ce résultat a été atteint en un peu plus de sept ans et malgré que, en 1932, il y avait en cette paroisse 135 familles dont 65 touchaient des allocations de chômage.Voilà une preuve du bienfait économique et social que peut accomplir une caisse même dans une paroisse à population restreinte et aux sociétaires ayant des revenus modestes.On peut dire que presque chaque famille est représentée à la Caisse par un membre.Les administrateurs ont droit à nos félicitations, les membres de la commnssion de crédit tour autant, ainsi que les conseillers de surveillance.Terminons en affirmant une fois de plus que lorsqu’une caisse accomplit ainsi sa mission, c’est que le gérant a déployé du dévouement, de la prudence et de l’initiative.Il y a bon nombre de caisses dans la province qui peuvent présenter un semblable bilan.Nous nous servons du cas de Saint-Hubert de Spaulding, que nous avons sous les yeux, comme exemple et comme argument.Nos amis, les sociétaires de Saint-Hubert, conviendront que quel que soit le résultat atteint, il y a place encore pour un accroissement des épargnes.Et ils travaillent dans ce sens.La Revue Desjardins, répandue davantage chez eux comme ailleurs, aura comme effet d’ancrer les convictions, de fortifier encore l’esprit coopératif.Au nom des dirigeants de la Fédération et de l’IJnion régionale de Sherbrooke, nous félicitons cette caisse des résultats atteints et de son magnifique esprit.A lire attentivement A la suggestion de gérants de caisses po- centrale de leur région, et une ou deux pen-pulaires du district de Québec, nous avons cartes leur seront transmises, préparé une pancarte annonçant la REVUE Autre suggestion: on pourra attendre, pour DES JARDINS.Un certain nombre de ces se procurer ces pancartes, le prochain con- pancartes a été adressé à différentes caisses grès régional.Si quelques caisses n’ont per- centrales.sonne se rendant occasionnellement à la Cais- Afin de diminuer les frais d’envoi, nous se centrale de leur Union ou si elles prévoient suggérons aux caisses qui n’ont pas encore qu’elles n’auront pas de délégué ou de repré- cette réclame de communiquer avec la Caisse sentant au prochain congrès régional, nous • 112 REVUE DESJARDINS leur suggérons d’écrire pour obtenir ces pancartes.Il faut qu’au moins une pancarte et même deux soient affichées dans chacun des bureaux de nos caisses locales.Voulez-vous vous assurer que votre caisse a reçu cette pancarte ou qu’elle a pris les moyens de l’obtenir?Ce n’est que par la collaboration de tous que cette publicité forcément coûteuse donnera des résultats.Qu’on se le dise! CE QU'ON ECRIT AILLEURS Dans le Devoir du 21 mai 1943, M.Orner Héroux écrivait sous le titre: “Pour les Caisses populaires”: "Le vingt-cinquième anniversaire de la Caisse de Sainte-Cécile a remis en lumière l'oeuvre admirable des Caisses populaires.Coïncidence intéressante, à l'heure même où Mgr Perrier exprimait le souhait qu'à l'ombre de chaque église s'établisse une caisse populaire, l'ancien ministre ontarien Paul Leduc écrivait, à propos de la Semaine de la Mutualité, organisée sous les auspices du Comité permanent de la Survivance française et des grandes sociétés mutuelles.Ici même, dans notre ville d’Ottawa, nous avons quelques caisses populaires très fortes et très vivantes, qui ont rendu et qui rendent encore de précieux services à notre population.Il est regrettable que chaque centre canadien-fran-çais de la province d’Ontario ne possède pas une institution de ce genre.Il devrait y en avoir dans toutes nos paroisses.La fondation d’une caisse, si elle exige beaucoup de zèle et de dévouement de ses fondateurs, ne requiert pas beaucoup d’argent, mais elle peut rendre d’immenses services à la population environnante.Nos cultivateurs et nos ouvriers gagnent plus d’argent depuis le début de la guerre qu’ils n’en avaient gagné depuis 1929.Il me semble que le moment est favorable à l’établissement d’un grand nombre de caisses populaires.La loi qui les régit a été amendée il y a quelques années par la Législature d’Ontario et rien n’empêche plus ces institutions de se multiplier sur notre sol.Nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir.Ces petites banques locales, bien organisées et bien administrées, peuvent, dans les années qui viendront, sauver bien des foyers et bien des terres.Cela ne vaut-il pas la peine qu’on s’en occupe, et dès maintenant?Sages paroles qui irouveni leur application bien ailleurs qu'en Ontario." Où l’on voit que les échos de la Semaine de la fierté nationale, de la Semaine de la mutualité se prolongent non seulement dans la province de Québec mais même dans les provinces-soeurs.Nous sommes de ceux qui croient que notre premier devoir est de former des coopérateurs conscients et non pas simplement des déposants ou des emprunteurs qui ne songeront qu’à leur intérêt personnel sans s’occuper du mouvement d’ensemble.Nous préconisons aussi que le nombre de nos sociétaires dans les caisses déjà fondées double et triple; c’est possible en plusieurs endroits.Il y a lieu également de souhaiter que nos sociétaires nous confient tous leurs dépôts et que, sous prétexte de ne pas faire connaître leurs affaires personnelles, ils ne s’abstiennent pas d’accorder confiance à la caisse de leur milieu.Ceci posé, il reste que des fondations s’imposent lorsqu’un cercle d’étude a préalablement fonctionné et que ses promoteurs veulent plus et mieux qu’une caisse d’épargne et qu’une agence de prêts.Il y a lieu aussi de constater une fois de plus qu’un non moindre personnage que M.Paul Leduc nous apporte un tel encouragement.La coopération ne vise pas à la destruction des institutions capitalistes canadiennes-françaises; il s’agit uniquement de les compléter.Dans une économie normalement constituée, il y a place pour de saines initiatives capitalistes.Notre effort se poursuit dans l’édification et non dans la destruction.Les encouragements que nous recevons de tous milieux attestent que l’on saisit très bien dans quel esprit nous exécutons notre tâche économico-sociale.* * * Le Maritime Co-operator du 15 avril 1943 nous apprend que les Acadiens de langue française de Petit Rocher, N.-B., ont bénéficié de cours portant sur la coopération, les 22, 23 et 24 mars dernier.Ces cours étaient sous la direction de l’Université Saint-François-Xavier d’Antigonish.Monsieur l’abbé Chiasson, de Shippegan, qui anime le mouvement d’étude coopératif dans le Nouveau-Brunswick, s’occupe de ces cours aidé de M.Martin J.Légère, vérificateur des caisses populaires de la province du Nouveau-Brunswick, Cinquante-cinq élèves de la paroisse de Be-resford suivirent les cours, et des assemblées de quatre cent à cinq cents personnes se tinrent le soir.Le révérend Père Maillet, de Bathurst, et Son Excellence Mgr.C.LeBlanc, évêque de Bathurst, prirent part à ces délibérations.Comme on le voit, nos frères acadiens s’occupent de coopération et l’étudient pour la pratiquer de façon plus pertinente.R.L.Disons que: Un sociétaire qui ne dépose pas toutes ses épargnes ou presque à sa caisse locale, est un bien médiocre coopérateur, pour ne pas dire plus.Une caisse Desjardins qui ne dépose pas toutes ses épargnes disponibles, c’est-à-dire le pourcentage qu’elle doit déposer à sa Caisse régionale, n’a guère l’esprit coopératif.VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 113 • LA COOPERATION, NOTRE ESPOIR La vie économique canadienne-française est soumise à un contrôle quasi dictatorial qui permet aux maîtres étrangers qui l’exercent de distribuer à leurs concitoyens ses plus beaux fruits, ne laissant à notre peuple de quoi entretenir et faire fonctionner une machine humaine vouée à la production.Nous avons trop compté sur les étrangers dans l’édification de notre économie.Nous avons fait appel au capital étranger à un moment où le drainage de notre épargne dans les mains des Anglo-Saxons était bien organisé et fonctionnait à plein rendement.Nous avons mis entre les mains de nos concurrents l’arme qui devait nous placer sous le joug.Nous nous sommes départis comme à notre insu d’un facteur essentiel de production: le capital.C’est ainsi que s’explique chez-nous ce phénomène bizarre que la majorité est au service de la minorité, que nous sommes serviteurs dans la maison que nous avons construite de peine et de misère sur le sol que nous avons défriché et arrosé de nos sueurs.Les Anglo-Saxons sont devenus les entrepreneurs; nous les exécuteurs.Ceux-ci fournissent le travail, ceux-là le capital.Eux, dirigent les travaux et nous, nous les exécutons.Ils sont les patrons et nous sommes les employés.Eux récoltent les dividendes sur le capital, et nous, nous touchons la pitance qu’ils veulent bien nous accorder pour entretenir leur main-d’oeuvre.C’est là l’essence de la liberté économique dont nous jouissons encore.De grâce, soyons justes cependant et n’allons pas commettre la si grave erreur du passé d’accuser nos maîtres.C’est nous qui les avons constitués les maîtres en leur cédant nos épargnes si péniblement réalisées, dont l’accumulation entre leurs mains a constitué une arme qui leur a permis de nous asservir sans coup férir.Cet état de choses constitue, tant du point de vue moral que national, une menace des plus graves pour notre peuple minoritaire qui a encore à ce point le sens de la moralité pour se multiplier.La liberté économique est nécessaire à la vie morale.Sans un minimum de biens matériels, il est impossible de pratiquer la vertu.De même, il est impossible pour un peuple de se développer s’il ne jouit d’une certaine aisance matérielle.Nous nous sommes engagés sur une pente susceptible de nous mener à la ruine, du moins à une sorte d’esclavage qui entravera le développement de notre nationalité en privant nos familles des ressources essentielles à leur fécondité et à leur multiplication.Il en résultera un état d’esprit qui peut amener notre dispersion et préparer notre assimilation.Nos gens semblent prendre conscience du danger qui les menacent.A l’exemple de leurs ancêtres qui se sont groupés pour la résistance autour des clochers paroissiaux, ils semblent bien résolus à compléter dans la coopération l’organisation paroissiale qui a contribuée pour beaucoup à les maintenir.Ils réalisent que l’évolution de la vie économique a rendu l’organisation paroissiale actuelle impuissante à satisfaire complètement les besoins de la communauté paroissiale.Ils veulent la compléter par l’organisation coopérative et professionnelle qui est une application des principes qu’on retrouve à la base de l’organisation de la vie paroissiale.Si nous n’avons pas le contrôle du commerce, de l’industrie et de la finance, nous avons celui du sol que nous avons conquis.Nous avons du coeur, de l’intelligence, de bons bras.A l’aide d’institutions économiques et sociales du genre de celles que nous sommes à fonder solidement, nous reprendrons petit à petit le contrôle de notre vie économique, nous nous doterons de traditions commerciales, industrielles et financières qui nous vaudront d’assurer à notre peuple la prospérité matérielle et nous permettront le développement de nos potentialités selon les exigences de notre tempérament et de notre culture.Nous avons adopté la formule coopérative sur le plan économique et professionnel.Cette formule a toutes les garanties du succès, parce qu’elle met à contribution ce qu’il y a de meilleur dans le peuple.Le mouvement coopératif est un mouvement d’éducation populaire.Il repose sur les principes chrétiens.Il est une application des principes évangéliques à la vie économique et sociale.Le mouvement coopératif tend tout d’abord à l’éducation du peuple.Il présente cet avantage particulier qu’il dote chaque peuple qui le pratique d’une structure économique et sociale faite à son image et adaptée à ses besoins matériels, intellectuels et moraux.Tel est le sens de la vraie démocratie.Et c’est cette démocratie que nous, Canadiens français, voulons construire.C’est de cette façon que nous entendons restaurer sur ses vraies bases la démocratie sociale et politique.Nous croyons à la justesse de notre solution, car elle repose sur l’effort personnel et l’esprit de collaboration qui ne va pas sans une haute conception du sens de la justice et de la charité chrétienne.Nous croyons que si les autres éléments éthniques veulent en • 114 REVUE DESJARDINS faire autant, ce problème de l’unité nationale dont on parle tant n’en sera plus un; la pratique de la coopération créera entre les groupes ethniques un terrain solide d’entente et leur permettra de découvrir leurs communs COPEAUX E La Caisse populaire de Rouyn fut fondée en décembre 1942.C’est donc une toute jeune caisse.Elle grandit en espérances mais aussi en réalisations et elle est en outre animée d’un excellent esprit paroissial sans se désintéresser de l’ensemble du mouvement auquel nous participons.Dans une lettre récente adressée à la Fédé-pation des caisses populaires, Mlle Gisèle Thibault, gérante de la Caisse, écrit: “Nous avons reçu un numéro de la Revue Desjar-dins.Nous l’aimons déjà.Nous trouverons dans une telle revue des conseils de grande importance qui seront très utiles à notre caisse si jeune encore”.Notre grande ambition est de rendre la revue intéressante, vivante, afin qu’elle soit lue de plus en plus.Le rapport annuel publié par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario sur les caisses populaires ou credit unions, pour la période se terminant au 31 mars 1943, nous apprend qu’il y a actuellement 129 caisses populaires en Ontario, dont 27 d’un caractère confessionnel groupant 5,757 sociétaires et 1,260 emprunteurs, avec un actif de $1,225,047.55.A côté, il y a 14 caisses dites raciales (racial) avec 1,733 sociétaires, 1,043 emprunteurs, et un actif de $251,288.55.Il existe une caisse populaire dite ouvrière, neuf dénommées coopératives, trois du type confessionnel, et les autres sont établies au sein du gouvernement fédéral, de conseils municipaux ou d’entreprises privées.Il existe en outre 18 caisses rurales et 13 caisses urbaines.Au cours de l’année écoulée, les mauvaises dettes ne furent que de $92.42, soit moins de 5/1000 de 1% du montant total prêté.En Ontario, au cours de l’année écoulée, on a incorporé ces credit unions ou caisses populaires dans un organisme appelé Ontario Credit Union League Ltd.Soixante-huit caisses ont déjà adhéré à cette ligue.Les buts de la Ligue sont les suivants: 1.— D’encourager et d’aider les credit unions; 2.— De protéger et de promouvoir les intérêts des credit unions; 3.—D’aider à la vérification des credit unions; 4.— De pourvoir à la publication de formules et à l’impression de la papeterie adap- intérêts.C’est ainsi que les Canadiens français, dans l’amour, l’esprit de concorde, sans bruit, entendent grandir et travailler à la grandeur du Canada.Paul-Emile CHARRON.T RETAILLES tée aux conditions et aux lois de la province d’Ontario; 5.—D’agir comme centrale des surplus de fonds des caisses individuelles et en outre de consentir des prêts aux credit unions ayant temporairement une demande pour prêts excédant leurs disponibilités.Au 31 décembre, bien que cette dite ligue n’ait été en fonction que pendant trois mois, les groupes adhérents avaient déposé $4,640, et des prêts pour $3,100 avaient été consentis- Comme on le voit, il ne s’agit là que d’un effort modeste mais en ascension.Nous du Québec suivons avec attention les efforts de nos amis d’Ontario en raison de l’intérêt que nous portons au mouvement de coopération en général et aux nombreuses caisses canadiennes-françaises en existence dans la province voisine.Une dépêche publiée dans la Gazette de Montréal, en date du 24 mai, nous apprend que M.G.C.Smith, de Hamilton, a été élu président de la Ontario Credit Union League, M.R.MacDonald, de Toronto, fut élu vice-président, et M.George Scott, de Toronto, secrétaire.Le professeur A.B.MacDonald, d’Antigonish, Nouvelle-Ecosse, gérant général de la Nova Scotia Credit Union League, fut l’orateur invité au banquet qui marqua la fin de la convention.L'Action Catholique du 17 mai dernier portait à notre connaissance que l’Académie S.Michel de Jonquière a remporté un immense succès avec sa caisse populaire scolaire.On nous informe que 740 élèves ont contribué à cette réussite de la caisse en déposant la somme imposante de $5,813.38.Les élèves s’étaient fixé un objectif de $5,000.Les caisses populaires scolaires se multiplient et se développent.Nous nous en réjouissons surtout parce qu’elles forment des coopérateurs.Nous comptons plus de 185,000 sociétaires, mais personne n’osera affirmer que nous avons 185,000 coopérateurs.Les jeunes des deux sexes apprennent à l’âge où l’on s’enthousiasme pour des idées, ce qu’est la coopérative d’épargne et de crédit; adultes, ils seront des sociétaires ardents, enthousiastes, et rien ni personne ne pourra les ébraler.C.B.VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 115 • Chez la gent enfantine L’argent coule à flot et la jeunesse elle-même est atteinte par les revenus abondants dont bénéficient de nombreux parents.Là où des éducateurs prévoyants, des dirigeants de caisses locales sont à la page, il en résulte des organismes d’épargne scolaire ou une expansion de ceux déjà en existence.Tl n’y a qu’une classe de gens qui ne bénéficie pas d’un surplus d’argent: c’est celle des salariés subissant les taxes accrues et ne touchant aucun boni de guerre.Ils ont peut-être joui d’une situation privilégiée dans la paix; ils ne sont certes pas des profiteurs de guerre!__ Dans la région de Sorel, par contre, le travail est abondant.Tous sont employés: pères, fils, filles, mères hélas! et parfois adolescents.Ces différentes catégories de personnes, aux revenus imprévus et considérables, n’épargnent peut-être pas comme il le faudrait.A gauche et à droite une menue monnaie tombe dans l’escarcelle des jeunes d’âge scolaire: à eux d’en profiter! C’est ainsi, par exemple, que L'Echo de l’Académie du Sacré-Coeur, de Sorel, nous apprend que la 6e année B a gagné la coupe du mois de février 1943.Les élèves ont déposé $564.44 durant le mois de février.La somme totale recueillie par ces élèves se chiffre à $2,409.73.On se dirige vers un objectif de $3,000.En 5e année C, on compte 20 déposants réguliers.En 2e année B, il y a 18 déposants assidus.Ce sont toutes les classes qu’il faudrait énumérer, et le rédacteur du périodique scolaire plus haut cité, nous relate ensuite une histoire qu’il atteste véridique: “Un de nos professeurs a fait avec ses élèves un petit calcul.Après une courte enquête, ils ont trouvé que les 24 élèves de cette classe dépensent en moyenne $36 par semaine.Ce qui donne un total de $1,872 par année.Croyez-le ou non.C’est un fait réel et bien vrai.Si vous le voulez, multipliez ce montant par 27, le nombre de nos classes, et vous aurez une idée de ce que 825 enfants peuvent dépenser dans une année.Vous croirez peut-être que vous vous êtes trompés dans votre multiplication, vous reprendrez le calcul et à la fin vous serez tentés de dire que c’est impossible, que le montant est trop fort, que c’est énorme, etc., etc.Avec l’argent gaspillé durant un an on a calculé qu’on pourrait construire une école qui logerait de 150 à 200 élèves, ou 17 maisons de $3,000 chacune; ou acheter 34 automobiles de $1,500 chacune.On pourrait tout aussi bien payer la pension au séminaire de 175 élèves pour un an.ou celle de 345 enfants dans un orphelinat.” Les éducateurs qui président aux destinées de la Caisse scolaire de l’Académie du Sacré-Coeur, de Sorel, font beaucoup mieux que de recueillir des sous; ils freinent le gaspillage inutile, ils forment des caractères, ils enseignent le sens de l’ordre, ils forment des citoyens.L’après-guerre touchera péniblement la classe ouvrière.On sera heureux alors de pouvoir puiser dans ces fonds amassés pendant les années de vaches grasses.Si on peut éviter de recourir à ces fonds constitués par la prévoyance, la prudence, on pourra se servir de ces pécules pour aider à terminer les études des enfants dont la phase d’instruction s’achèvera, ou pour venir en aide à ceux qui viennent après eux.Nous avertissons nos lecteurs que nous reviendrons souventes fois sur le sujet de l’épargne, de l’épargne scolaire notamment, car nous travaillons pour l’avenir.Cet avenir, ce sont les jeunes qui l’établiront.Formons des hommes et des femmes de caractère, prêts à maîtriser les lourdes responsabilités qui leur incomberont dans un monde qui sera transformé.Enseignons aux enfants qu’il n’y a pas de petite épargne.Que l’enfant qui économise cinq cents ou dix cents reçoive autant d’encouragement pour la régularité de son modeste dépôt que celui qui apporte tout un petit capital qui souvent ne lui appartient pas en propre et dont il ne sera pas l’administrateur unique.Pour former de jeunes épargnants, il faut que conscience soit prise que les sommes épargnées et déposées par eux restent sous leur gestion, pourvu qu’ils en fassent bon usage.C’est aux parents, aux éducateurs, aux administrateurs de nos caisses d’abord, de surveiller la cueillette des sous de la classe enfantine et adolescente, comme c’est leur rôle également de s’assurer que ces jeunes de la génération montante savent la nature de la caisse populaire, son rôle, sa mission, et le but collectif vers lequel les chefs des caisses populaires tendent.Nous félicitons ceux qui sont responsables du beau résultat atteint à Sorel et nous les citons en exemple.r.l.’t: * ATTENTION Nous prions les géranis de nous faire sans retard parvenir leur rapport mensuel au 30 juin 1943, afin que nous puissions établir nos statistiques au 30 juin le plus tôt possible.— Il ne faut pas omettre de bien remplir l'espace intitulé "détail de l'encaisse" et de mentionner le nombre de sociétaires, de déposants et d'emprunteurs ainsi que le nombre de familles dans la circonscription sociale de votre caisse.• 116 PEVUE DESJARDINS QUELQUES NOTES SUR U CAISSE DE S.-ROMUALD D'ETCHEMIN Monsieur Albert Rioux, qui fut l'un des membres fondateurs de la Caisse populaire de S.-Romuald, dont M.J.-A.S.-Hilaire est Président et M.M.Daigle, gérant, prononçait il y a quelque temps une causerie radiophonique sur Sainl-Romuald d'Etchemin.Il en vint à traiter de la caisse populaire de cette paroisse fondée en 1940.Monsieur Rioux déclarait: “Lorsque des citoyens de S.-Romuald parlèrent de fonder une caisse populaire, des avocats du diable émirent l’opinion qu’il était plus facile de tondre une pierre que de ramasser de l’argent chez une population ouvrière appauvrie par dix années de chômage.Or, c’est précisément dans les temps de crise, quand tout le monde sent le besoin de se serrer les coudes, que la coopération a le plus de chances de réussir.La caisse populaire fut fondée le 21 avril 1940.Ses résultats, après moins de trois années d’opération, dépassent toute espérance.Le 31 mars 1943, elle comptait 1029 sociétaires sur une population de 725 familles.Elle a fait un chiffre d’affaires de $803,000 depuis sa fondation; elle possède un actif de $218,000.Ses prêts actuellement en vigueur se chiffrent par $91,000 à ses sociétaires et par $102,000 en placements à l’extérieur.Son Eminence le cardinal Villeneuve a appelé la caisse populaire “le foyer paroissial UN HAUT-PARLEUR POUR LES JEUNES OUVRIERS Les jeunes ouvriers aux prises avec une multitude de problèmes complexes avaient besoin d’un porte-parole capable de réfléter leur idéal, capable de relater les différentes phases de la réorganisation de toute la jeunesse ouvrière canadienne, capable de revendiquer ses droits et d’exposer un programme fait pour tous, et c’est ainsi qu’est née il y a onze ans La Jeunesse Ouvrière, journal des jeunes travailleurs.Le Jeunesse Ouvrière est un journal jeune, fait pour les jeunes, compréhensible et attrayant.Il n’a qu’un but: servir les intérêts des jeunes travailleurs.Les adultes répètent souvent: “Si seulement nous avions eu un porte-parole comme ça quand nous avions vingt ans!” Que ceux qui ont vingt ans sachent profiter de ce précieux avantage et ils n’en seront que plus heureux.On peut s’abonner à La Jeunesse Ouvrière pour seulement $0.60 par année en écrivant à la Jeunesse Ouvrière, 1037 rue Saint-Denis, Montréal.Comm.de la force économique”.Les paroissiens de S.-Romuald constatent enfin que, s’ils sont plutôt pauvres individuellement, ils peuvent, en additionnant leurs modestes épargnes, mobiliser des capitaux importants.Ils ont en main le principal instrument de leur libération économique.Les compagnies à capital étranger ne se sont pas préoccupées du sort de leurs ouvriers en fermant les portes de leurs usines.Seuls les petits établissements fondés par les nôtres et dirigés par les nôtres sont restés en opération durant la crise.Le manque de capital les a empêchés de prendre l’expansion suffisante pour donner de l’emploi à tous les travailleurs de Saint-Romuald.La caisse populaire a pour but de grouper les épargnes de la paroisse pour les faire servir au développement et au progrès de la paroisse.Elle constitue la meilleure assurance contre les dépressions économiques: pour les individus en leur permettant de devenir propriétaires et de se faire une réserve pour les mauvais jours; pour nos industries locales en leur fournissant les capitaux indispensables à leur développement normal.Nous avons confiance dans l’avenir.Pour mettre en pleine valeur les qualités qu’ils ont hérité de leurs ancêtres, nos coparoissiens ont commencé à se forger un instrument efficace de puissance économique.” LA VOIX DE L'AGRICULTURE Les cultivateurs ont toujours eu de la difficulté à faire entendre leur voix; l’opinion publique, qui dans un pays démocratique finit toujours par gouverner, se forme sans eux, ce qui veut dire presque toujours contre eux.L'Union catholique des Cultivateurs a déployé le meilleur de ses efforts depuis quinze ans pour créer un journal qui exprime véritablement le point de vue de la classe agricole.Ce journal, c’est La Terre de chez nous, dont le tirage hebdomadaire dépasse maintenant les 55,000 copies.La Terre de chez nous est donc véritablement la voix de l’agriculture, elle contribue à façonner l’opinion publique dans le sens des intérêts agricoles.On peut s’y abonner en envoyant la somme d’un dollar à LaTerre de chez nous, 515, avenue Viger, à Montréal.Comm.VOLUME 9, JUIN-JUILLET 1943 117 • Police de cambriolage du coffre-fort Pour bien saisir ce que couvre la police de cambriolage du coffre-fort, nous citons ci-après les conditions de la police: Définitions A—Il est entendu que la propriété de l’Assuré comprenant: (1) “Marchandise” consiste de la marchandise décrite dans l’article 5 des Déclarations, appartenant à l’Assuré ou détenue par lui comme sous ses soins ou détenue par l’Assuré à tel^ titre qui le rendra responsable envers le propriétaire d’icelle pour tels pertes ou dommage couverts par les présentes; (2) “Argent” consiste en billets de banque, lingots, monnaie courante,^ monnaie métallique, timbres-poste non oblitérés; ^ (3) “Valeurs” consiste en timbres non oblitérés d’usage courant (sauf les timbres-poste), tous documents, actes ou contrats négociables ou non, représentant de l’argent ou toute autre propriété appartenant à l’Assuré ou détenue par lui comme dépositaire ou comme valeur collatérale pour dette envers l’Assuré ou détenue par l’Assuré à tel titre qui le rendrait responsable envers le propriétaire d’icelle pour tels perte ou dommage couverts par les présentes.La Compagnie ne sera pas responsable pour perte ou dommage à la propriété appartenant au Gouvernement Fédéral, ou détenue par l’Assuré comme Maître de Poste.“Local” signifie l’intérieur de cette partie de l’édifice désigné dans l’article 2 des Déclarations qui est occupée uniquement par l’Assuré pour gérer ses affaires.Marchandises autres que celle de l'Assuré B.—Dans le cas d’une réclamation pour perte ou dommage aux marchandises détenues par l’Assuré comme dépositaire ou en fidéicommis ou à commission, ou détenues par l’Assuré à tel titre qui le rendrait responsable envers le propriétaire pour tels perte ou dommage couverts par les présentes, la Compagnie aura le droit de régler la telle perte ou le tel dommage soit avec l’Assuré ou avec le propriétaire de telles marchandises, et le paiement de telle perte ou de tel dommage au propriétaire constituera quittance intégrale de toute réclamation faite en raison des présentes par l’Assuré pour tels perte ou dommage.Si des procédures légales sont intentées contre l’Assuré en recouvrement pour tels perte ou dommage, l’Assuré en donnera avis écrit immédiat à la Compagnie et la Compagnie et la Compagnie uourra diriger et contrôler la défense au nom et de la part de l’Assuré.Autres assurances C.—Si l’Assuré ou une autre partie intéressée détient d’autres assurances couvrant les pertes ou dommage couverts par cette Police, la Compagnie ne sera pas responsable pour une proportion de tous tels perte ou dommage plus considérable que la relation du montant y applicable tel que ci-assuré au montant total d’assurances valides et percevables couvrant tels perte ou dommage.Effraction, voûte, coffre-fort et caisse D.—La Compagnie ne sera pas responsable (à Sections (a) ou (c) de l’Article 8 des Déclarations) moins que l’assurance ne soit spécifiée dans les pour perte de propriété enlevée de l’intérieur de tout coffre-fort contenant une caisse ou un compartiment quels qu’ils soient, à moins que l’effraction n’ait été effectuée et dans le coffre-fort et dans la caisse ou le compartiment de la façon spécifié dans l’Alinéa 1; et la Compagnie ne sera pas non plus responsable (à moins que l’assurance ne soit spécifiée dans la Section (c) du dit Article 8) pour perte de propriété enlevée de l’intérieur de toute voûte contenant un coffre-fort, ou de l’intérieur d’un coffre-fort dans une voûte, à moins que l’effraction n’ait été effectuée et dans la voûte et dans le coffre-fort de la façon spécifiée dans l’Alinéa I.Exclusions E.—La Compagnie ne sera pas responsable pour perte ou dommage; (1) si l’Assuré, tout associé en intérêt, gardien ou employé de bureau, ou commis de l’Assuré est un agent principal ou accessoire de l’accomplissement ou de la tentative d’accomplissement du cambriolage; (2) à moins que des livres ou régistres et une comptabilité ne soient détenus par l’Assuré de telle façon que la Compagnie en y référant puisse déterminer exactement le montant des perte ou dommage; (3) causé par le feu ou survenant pendant un incendie dans la bâtisse dans laquelle le local est situé; (4) de valeurs à moins que l’Assuré n’ait pris toutes les précautions raisonnables pour empêcher leur négociation, paiement ou retrait; (5) sous la Section 2 des Conventions d’Assurance à moins qu’il y ait des empreintes visibles sous le tel coffre-fort et/ou la voûte par des instruments ou outils, des explosifs, l’électricité, des gaz ou autres substances chimiques prouvant conclusivement qu’une tentative d’entrée criminelle dans tel coffre-fort et/ou telle voûte, tel que pourvu par les termes de^ la Conventions d’Assurance 1 de cette Police, a été faite; (6) si le coffre-fort et/ou la voûte a été inutilement exposé pendant des réparations d’icelui ou du local dans lequel il est contenu; (7) survenant pendant que la protection ou service spécifié dans les articles 12, 13, et 14 des Déclarations n’est pas maintenu en force.Avis de perte F.—L’assuré, dès qu’il aura connaissance de toute perte ou de tout dommage en donnera avis immédiat par télégramme à la Compagnie, a son bureau-chef canadien, Robert Hampson & Son, Limited, à Montréal, et en donnera aussi avis immédiat aux autorités publiques policières ou autres chargées de la paix, ayant juridiction compétente.L’assuré prendra toutes les précautions raisonnables pour empêcher la négociation, le paiement ou le retrait de toutes les valeurs volées.Comme dans le cas de l’assurance-vol avec violence, l’item E intitulé Exclusions est particulièrement intéressant.Au deuxième alinéa de cette clause il est dit explicitement qu’en référant aux livres et aux régistres il soit possible de déterminer le montant des pertes ou dommages.Ceci nous démontre qu’il est très important pour une caisse populaire d’avoir une comptabilité méticuleuse et qu’il est nécessaire • 118 REVUE DESJARDINS qu’elle soit toujours à date.On ne prend jamais trop de renseignements.A l’article 4 de cette clause, il est encore mentionné que des précautions raisonnables doivent être prises pour empêcher la négociation, le paiement ou le retrait des valeurs.Au 5e il est dit bien clairement qu’il faut que le coffre-fort ou la chambre forte porte des empreintes visibles qui prouvent conclusive- ment qu’une tentative d’entrée criminelle a été faite alors qu’il était fermé au moyen d’une serrure à secret ou chronométrique.Nous croyons qu’il est très important de signaler de temps à autre ces quelques clauses des polices de l’assurance groupe de la Fédération afin de mettre nos caisses populaires au courant de la protection qu’elles ont.Rosario H.Tremblay.De Tulilisaiion des résolutions du conseil d'administration.Q.— Lorsqu’une résolution a été adoptée au conseil d’administration et^ qu’il faut en faire usage avant que le procès-verbal n’ait été rédigé et avant l’assemblée suivante où ce procès-verbal sera lu et approuvé, n’y aurait-il pas lieu de consigner tout de suite aux procès-verbaux cette résolution, et d’obtenir l’assentiment immédiat des membres du conseil pour cette partie de procès-verbal?R.— Supposons le cas concret où il est résolu unaniment de vendre un immeuble que la caisse possède et où un des officiers est autorisé à signer au nom de la caisse.Cette résolution est mise par écrit, tout de suite, elle peut être lue et approuvée et le gérant de la caisse sera alors justifiée d’en donner des extraits conformes à l’original.Nous ne croyons pas qu’un notaire soit satisfait d’une résolution sans signature, et nous concevons les embarras pouvant résulter d’avoir à suspendre jusqu’à l’assemblée suivante.Du droit de la Caisse à prêter aux paroisses ou fabriques.Q.— Une paroisse ou une fabrique peut-elle emprunter d’une caisse populaire en vertu des dispositions du chapitre 197 des Statuts Refondus de 1925?R.— L’article 101 de la loi des paroisses et des fabriques, tel que remplacé par la loi 22 Georges V, chapitre 71, section 1, prévoit qu’un emprunt peut être effectué d’une banque autorisée par le Parlement Fédéral à exercer le commerce de banque au Canada, ou d’une Corporation épiscopale.Il en résulte qu’une caisse populaire ne saurait prêter à une fabrique sur simple billet, tel que prévu au paragraphe 67 de l’article 101 de la loi des fabriques.Cependant, il est loisible de contracter un emprunt par acte notarié auquel doit comparaître l’évêque ou l’administrateur du diocèse, ou autre personne désignée par l’évêque ou l’administrateur du diocèse, attestant que cet emprunt est autorisé.Il est donc loisible à une caisse d’effectuer un emprunt à la condition que l’emprunt soit cons- taté par acte notarié, tel que requis par le paragraphe 5 du même article 101.Du droit d'expulsion de la caisse.Q.— Le conseil d’administration peut-il expulser de la caisse un sociétaire indésirable, et dans quels cas?R.— En supposant que les règlements et les statuts de cette Caisse soient dans la forme habituellement employée, il faut en conclure que les causes d’exclusion sont limitativement déterminées et énumérées à l’article 14.La faillite, la condamnation à une peine correctionnelle, le défaut de remplir les obligations résultant d’un statut, le trouble aux assemblées et la tentative de tromper la société sur l’emploi des sommes empruntées sont les seules raisons qui justifieraient l’expulsion.L'Aviseur légal.RACHAT D'OBLIGATIONS “LES URSULINES DE QUEBEC”: — Cette communauté a racheté, le 1er mai, à 100., le solde en cours de son émission de $25,000., 4%, datée du 1er mai 1939, échéant le 1er mai 1950.A compter du 1er mai, ces titres ne portent plus intérêt._ “LES URSULINES DE ROBERVAL”: — Cette communauté a racheté, le 1er juin, à 101., le solde en cours de son émission de $180,000., 4%, datée du 1er déc.1937, échéant de déc.1943 à 1958.A compter du 1er juin, ces titres ne portent plus intérêt.“COLLEGE ST-JEAN”: — Cette institution a racheté, le 1er juin, à 100., le solde en cours de son émission de $300,000., 4%, datée du 1er juin 1941, échéant le 1er juin 1946.A compter du 1er juin, ces titres ne portent plus intérêt.“SYNDICS DE LA PAROISSE ST-FELICIEN” : — Cette corporation a racheté, le 1er juin, à 100., le solde en cours de son émission de $88,500., 4%, datée du 1er déc.1936, échéant de déc.1943 à 1946.A compter du 1er juin, ces titres ne portent plus intérêt.“HOTEL-DIEU DE GASPE”: — Cette institution a racheté, le 1er juin, à 100., le solde en cours de son émission de $100,000., 4^%, datée du 1er juin 1940, échéant le 1er déc.1949.A compter du 1er juin, ces titres ne portent plus intérêt.___ “FABRIQUE STE-CLOTHILDE, MONTREAL”: — Cette corporation a racheté, le 1er juin, à 100., le solde en cours de son émission de $60,000., 4%, datée du 1er juin 1935.A compter du 1er juin, ces titres ne portent plus intérêt.VOLUME 9.JUIN-JUILLET 1943 119 • Table d'intérêt simple Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jours Int.Jour: 1 .009 38.364 75 .719 112 .1.074 149— -1.429 186- 2 .019 39—.374 76 .729 113— -1.084 150— -1.438 187__ 3 .029 40— .384 77.—738 114 -1.093 151— -1.448 188- 4 .038 41— .393 78.- .748 115— .1.103 152— -1.458 189- 5 .048 42— .403 79 .757 116 .1.112 153 -1.467 190- 6 .057 43— -.412 80.— .767 117— .1.122 154— -1.477 191- 7 .067 44_.-.422 81.777 118— -1.132 155— -1.486 192- 8 .077 45— -.431 82.786 119— -1.141 156 -1.496 193- 9 .086 46.441 83— -.796 120— -1.151 157— -1.505 194- 10 .096 47— .451 84 — -.805 121— -1.160 158 -1.515 195- 11.105 48 -.460 85.-.815 122.-.-1.170 159.-1.525 196- 12.115 49— -.470 86 .825 123— -1.179 160— -1.534 197- 13.125 50— -.479 87 -.834 124— -1.189 161.-1.544 198- 14.134 51— .489 88_____ .844 125— -1.199 162— -1.553 199- 15.144 52— -.499 89.853 126— -1.208 163—.-1.563 200- 16.153 53— -.508 90-.863 127— -1.218 164 -1.573 201- 17.163 54.—518 91.873 128— .1.227 165.-1.582 202- 18.173 55.527 92.882 129— -1.237 166— -1.592 203- 19.182 56.—527 83.892 130 -1.247 167.-1.601 204- 20.192 57.547 94 — .901 131— -1.256 CO CD T—1 -1.611 205- 21 .201 58.556 95.911 132 -1.266 169— -1.620 206- 22.211 59—.—566 96.-.921 133.-1.275 170.-1.630 207- 23.220 60— .575 97.-.930 134 -1.285 171— -1.640 208- 24.230 61— .585 98.-.940 135— -1.294 172— -1.649 209- 25 .240 62.595 99.— -.949 136— -1.304 173— -1.659 210- 26.249 63— .604 100.-.959 137— -1.314 174.-1.668 211- 27.259 64.614 101— .968 138— -1.323 175— -1.678 212- 28 .268 65.623 102.—.978 139— -1.333 176.-1.688 213- 29 .278 66— -.633 103.988 140— -1.342 177— -1.697 214- 30.288 67.__.642 104 — .997 141— -1.352 178— -1.707 215- 31.297 68.-.652 105 — .1.007 142.-.-1.362 179.-1.716 216- 32.307 69 —.662 106 — .1.016 143.-1.371 180.-1.726 217- 33 .316 70.___ -.671 107.1.026 144.-1.381 181— -1.736 218- 34.326 71— .681 108 — .1.036 145 -1.390 182— -1.745 219 35.336 72.—.690 109 — .1.045 146.-1.400 183— -1.755 220- 36.345 73.—.700 HO.1.055 147.-1.410 184— -1.764 221- Jours Int.Jours Int.Jours Int.sur $100 à Int.Jours Int.1.784 223______2.138 1.793 224______2.148 1.803 225______2.157 ___1.812 226______2.167 ___1.822 227______2.177 ___1.832 228______2.186 ___1.841 229______2.196 ___1.851 230______2.205 ___1.860 231_______2.215 ___1.870 232_______2.225 ___1.879 233______2.234 ___1.889 234_______2.244 ___1.899 235_______2.253 ___1.908 236_______2.263 ___1.918 237______2.273 ___1.927 238______2.282 ___1.937 239______2.292 ___1.947 240______2.301 ___1.956 241______2.311 ___1.966 242_______2.321 ___1.975 243______2.330 ___1.985 244______2.340 ___1.995 245_______2.349 ___2.004 246_______2.359 ___2.014 247_______2.368 ___2.023 248_______2.378 ___2.033 249_______2.388 ___2.042 250_______2.397 .2,052 251_______2.407 .2.062 252_______2.416 ___2.071 253_______2.426 .2,081 254_______2.436 .2,090 255_______2.445 ___2.100 256_______2.455 .2.110 257_______2.464 ___2.119 258_______2.474 ____2.129 259_______2.484 260 - -2.493 297— -.2.848 261— -2.503 298— —2.858 262—.-2.512 299— —2.867 263— -2.522 300— —2.877 264— .2.532 301— —2.886 265— -2.541 302— —2.896 266 -2.551 303— —2.905 267— -2.560 304— —2.915 268 -2.570 305— —2.925 269— -2.579 306— —2.934 270— -2.581 307— —2.944 271— -2.599 308— —2.953 272—.-2.608 309— —2.963 273— -2.618 310— —2.973 274— -2.627 311— —2.982 ¦275— -2.637 312- —2.992 276— -2.647 313- —3.001 277— -2.656 314— —3.011 278—.-2.666 315— —3.020 279— -2.675 316- —3.030 280— -2.685 317- —.3.040 281— -2.694 318- —3.049 282— -2.704 319- —.3.059 283— -2.714 320.—3.068 284.— -2.723 321— —.3.078 285— -2.733 322.—3.088 286— -2.742 323.—3.097 287— -2.752 324— —.3.107 288— -2,762 325- —.3.116 289.— -2.771 326- —.3.126 290— -2.781 327.—.3.136 291— -.2.790 328.—.3.145 292— -2.800 329.—.3.155 293— -2.810 330.— 3.164 294— -2.819 331.—.3.174 295 2.829 332.3.184 296— —2.838 333.—3.193 234_____3.203 335 ____3.212 336 ____3.222 337 ____3.232 338 ____3.241 339 ____3.251 340 ____3.260 341 ____3.270 342 ____3.279 393_____3.289 344 ____3.299 345 ____3.308 346 ____3.318 347 ____3.327 348 ____3.337 349 ____3.347 350 ____3.356 351 ____3.366 352 ____3.375 353 ____3.385 354 ____3.395 355 ____3.404 356 ____3.414 357 ____3.423 358 ____3.433 359 ____3.342 360 ____3.352 361 ____3.462 362 ____3.471 363 ____3.481 364 ____3.490 365 ____3.500 366 ____3.510 367 ____3.519 368 ____3.529 369 ____3.538 370 ____3.548
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