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Titre :
Québec rock
Magazine mensuel présentant le monde de la musique rock et de la musique populaire d'ici et d'ailleurs. [...]

Québec Rock est un magazine consacré à la musique et publié à Montréal de 1977 à 1986. Fondé par Paul Haince, Jacques « Coco » Letendre et le journaliste Marc Desjardins, qui y fera carrière, il est d'abord offert gratuitement sur papier journal dans les magasins de disques; il connaîtra un fort succès commercial en format magazine à la suite de son rachat par Guy Perron.

Québec Rock rassemblera au cours des ans une équipe de journalistes jeunes et dynamiques, dont certains connaîtront une longue carrière médiatique - notamment Georges-Hébert Germain, Nathalie Petrowski, Franco Nuovo et Laurent Saulnier. Le magazine s'occupe surtout de couvrir les événements musicaux, avec des entrevues, des nouvelles du milieu musical québécois et international, des critiques de disques, mais aussi des chroniques variées, particulièrement sur la mode et le cinéma.

Plusieurs numéros ont été de grands succès en kiosque, s'écoulant à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires : ils présentaient en page couverture Normand Brathwaite (pour la comédie musicale Pied de poule), Michael Jackson, Ding et Dong, Corey Hart, Diane Dufresne, etc. Québec Rock a été une sorte de Rolling Stone québécois qui, avec sa version anglaise Graffiti, en est venu à détrôner le magazine américain dans son créneau au pays.

Son éditeur a aussi publié un magazine à succès pour les adolescents, Fan Club, et a été un exemple à l'époque sur le plan de la convergence médiatique, profitant de productions télévisuelles associées sur TQS pour utiliser la dynamique des renvois promotionnels.

Éditeur :
  • Montréal, Québec :Québec rock,1977-1986
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Québec rock, 1986-06, Collections de BAnQ.

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106-CANADA 2,95$ BELGIQUE 155FB FRANCE EXCLUSIF MARCEL / LA CULTURE FRANCOPHONE YESSIR! L'ÉTÉ ÉCLATÉ LE SOUFFLE DE L’HIMALAYA mm m SME LUC HÉEiir ULT/ IANTE LE PIGEON VOmGR RENAUD QUAND LE VERBE TIENT LE HAUT DU PAVÉ ; NUANCE-1926-JOUËIÜ INAIRE-JIM CORCORA FLAMBEURS- DISQ HJXSIE AND THE BANSHEES INÉMA- VIDÉO NEWS-ETC. mmmm %'t i-f mmwm gglg*f : .,rf> -Æ» 'A :; : .- - - îSi-a-?1 ••¦ ¦¦ -««»4 .imtefi' QUÉBEC ROCK est publié par le Groupe Québec Rock Siège social: 3510 St-Laurent, Bureau 404, Montréal, Québec,! H2X 2V2.Tél.: (514) 844-8491.ÉDITEUR: GUY PERRON DIRECTRICE DE LA PUBLICATION: Suzanne Fortin RÉDACTEUR EN CHEF: Patrick Emiroglu.REDACTEUR ADJOINT: Frédéric Tomesco.SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Catherine Choquette.DIRECTEUR ARTISTIQUE: Pierre Durocher.CONCEPTEURS GRAPHIQUES: Dominique Bussière et Robert Gaboury.RECHERCHE: Katherine Adams, Christian Belleau, Jean Brouillard, André Dalcourt, Alain Denis, Marie-Claude Ducas, Sylvain-Claude Filion, Francis Juneau, Gérard Lambert, Hugo Léger, Pierre Leroux, Fred Personne, Laurent Saulnier, Alasthair Suterland.CINÉMA: Marie-Christine Abel, Marie France Bazzo.DISQUES: Christian Belleau, Marie-Catherine Giguère, Francis Juneau, Gérard Lambert, Louis Léger, Laurent Saulnier.PHOTOGRAPHIE: Alpha diffusion, Aventure Studio, Harold Beaulieu, Eve-Lucie Bourque, Sylvain Côté, Jacques Dufresne, André Durocher, François Jannin, Suzanne Lange-vin, Ponopresse, Raj Rama.PRODUCTION: Typographie et montage: Photocomposition Tréma Inc.; Quadrichromie: Stan-mont, Graphiscan.IMPRESSION: Litho-Prestige.PELLICULAGE: Graphiscan.SERVICE DES ABONNEMENTS: B.P.247, Dépôt «N», Montréal, Québec, H2X 9Z9.Tarif d'abonnement annuel: 28$, États-Unis 34$, Europe 40$.Tél.286-9616.GÉRANT DE DISTRIBUTION: Normand Therrien.COMPTABLE: Carmen Paquette.SECRÉTARIAT: Anne-Marie Le Beau, Odile Vallières.BUREAU DE TORONTO: Bulwer St., Toronto, Ontario M5T 2V3; (416)598-2998 DÉPÔT LÉGAL: Bibliothèque nationale du Québec.Bibliothèque nationale du Canada, ISSN 02267187.COURRIER 2e CLASSE, enregistrement no 5047.Port de retour garanti.PRÉSIDENT ET DIRECTEUR GÉNÉRAL: Guy Perron DIRECTEUR DES VENTES: François Carrière.REPRÉSENTANTS: Montréal: Arthur Pearson, Gisela Stephany, Nathalie Keiller 844-8491 Québec: Martyne Rioux 654-9503 (418) Toronto: Magazine Network 962-8400 (416) Pour la France: Service de Vente SOC.Responsable Lauric Montfort.Tél.: 05-21-32-07 (sans frais pour tout le territoire français).' NO.106 GRAFFITI Styles: le biki ne nie plus rien.ou presque.Pulsions: Anguille sous rock, America über Ailes, Dix-neuf autres groupes pour les bègues, Et comme dessert, etc.Graffiti: La Chine pop, le Japon met la main à la pâte, Lucky Luke et les Dalton, Harlem Désir, etc.Événements: La Ronde des spectacles, Le Grand Prix du Canada, Le Festival de jazz de Montréal, Les Ballets Kirov, Concerts rock, etc.Franco Rock: Jim Corcoran, 1926, Nuance, Festival de la chanson de Granby.MUSIQUE 14 Siouxsie & the Banshees.Même sur une seule jambe, la Pythie du punk est bien décidée à poursuivre inlassablement sa quête de la vieillesse éternelle.20 Richard Cocciante et Fabienne Thibeault.Perché sur la plus haute branche des palmarès, le duo roucoulant peut dire merci aux diseuses de bonne aventure.34 Renaud.Mistral Gagnant en poupe, le Capitaine Paname vogue avec assurance sur les eaux troubles du showbusi-ness.Pourra-t-il éviter les écueils de la critique et les remous de la célébrité transatlantique?ACTUALITÉ 30 Le grand retour extraordinaire.Inspirée par le spectaculaire come-back de Super-Boubou, la troupe de théâtre du Grand Cirque Ordinaire remonte sur les planches.54 II fait riche, jouez les flambeurs.la crise économique?Connais pas.66 CJMF: Y’a du français dans l'air.Entrevue avec le Directeur de la programmation de CJMF-Québec, Claude Thibodeau.REPORTAGE 26 Lhassa Calling.Volontaires demandés pour une promenade sur le toit du monde.Yétis s'abstenir.40 L'été éclaté.Suggestions surprenantes pour un sensationnel séjour citadin.DOSSIER 50 SIDA.Le mal du siècle: quand la mort est en retard au rendez-vous, a-t-on d'autres choix que de l'attendre?ENTREVUE DU MOIS 22 Marcel Masse.En réponse à Luc Pla-mondon, le Ministre des Communications promet beaucoup d'oxygène aux créateurs canadiens.CINEMA 72 Costa-Gavras, Conseil de famille, John Wildman, A.I.D.S., Shoah, Hollywood Punch, le neveu de Beethoven.RUBRIQUES 58 Profil Rock Pepsi: Talking Heads 60 Disques 68 Vidéo News 78 Vidéo Films 81 Mythes: Phil Spector 82 Jet Set: Poupée de sires, poupée passion N.B.: La chronique «Livres» vous reviendra le mois prochain.QUÉBEC ROCK 3 AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage-éviter d'inhaler.Moyenne par cigarette-Belvedere Régulier et King Size: «goudron» 15 mg, nicotine 1.1 mg.Belvedere Extra Douce Régulier: «goudron» 10 mg, nicotine 0.8 mg; King Size: «goudron» 10 mg, nicotine 0.9 mg. le mm.NE NIE PLUS RIEN, OU PRESQUE Mis à part les tous premiers modèles datant du 3ème siècle après J.C.— portés par les Romaines adaptes de la culture physique — le bikini est né dans l’enthousiasme général en 1946, à Paris comme il se doit.Son concepteur, Louis Réard, permit l’apparition publique de l’érotique nombril féminin dans toute sa splendeur.Passant du traditionnel coton à motif fleuri à l’avant-gardiste nylon imitation léopard, le bikini a, au fil des années, évolué de façon à découvrir chaque fois davantage le corps des Vénus en mal de bronzage impeccable.Un tournant dans les années 70 réduisait le tissu à deux ou trois lacets stratégiquement placés pour retenir les quelques centimètres carrés indispensables.Tissu éponge, jersey et lycra se parent de rayures étroites ou larges préparant le bikini des années 80: le tanga, dont la sensuelle échancrure dégage entièrement les hanches et ne laisse pas grand chose à l’imagination des admirateurs quant aux rondes formes du bas du dos de ces dames.' C.C.f ALPHADIFFUSION 4 Ruber Rodeo PAR LAURENT SAULNIER ET FRÉDÉRIC TOMESCO DES CHIFFRES ET DES GROUPES Va.Half Man Half Biscuit 1.One to One 2.U2 3.Three Johns 4.Gang of Four 5.MC 5 6.Vanity 6 7.Seven Sisters 8.The Crazy 8’s 9.Nine Below Zero 10.10cc FT.DIX-NEUF AUTRES GROUPES POUR LES BÈGUES 1.Allez Allez 2.Tirez Tirez 3.Liquid Liquid 4.Mau Maus 5.Melle Mel 6.Go-Go’s 7.Gah Ga 8.Eye Eye 9.Thirteen 13 10.Ten Ten 11.Vee VV 12.ZZTop 13.Sha Na Na 14.TomTom Club 15.Ho Ho Kam 16.Ram Ram Kino 17.Ra RaZoo 18.Boom Boom Boom FT.19.Well, Well, Well ETCOMME DESSERT.1.Virgin Prunes 2.Bananamen 3.Fruits of Passion 4.Raspberries 5.Psychotic Pineapple 6.Les Coconuts (sans Kid Creole) 7.Grapes of Wrath 8.Strawbs 9.Electric Prunes 10.Brilliant Orange 11.Cherry Bombz 12.Humble Pie 13.Peaches & Herbs 14.The Jam 15.JelloBiafra 16.Vanilla Fudge 17.Blancmange 18.Hot Chocolate 19.Mighty Lemon Drops 20.Tangerine Dream AMERICA ÜBER ALLES 1.America (Prince) 2.For America (Jackson Browne) 3.Born in the U.S.A.(Bruce Springsteen) 4.R.O.C.K.in the U.S.A.(J.C.Mellencamp) 5.American Storm (Bob Seger) 6.Voice of America (Little Steven) FT.7.Living in America (James Brown) 8.Elvis Presley and America (U2) 9.This is Not America (Bowie/Metheny) 10.Calling America (E.L.O.) L.S.LES COWBOYS.1.Long Tall Texans 2.Yip Yip Coyote 3.Blood on the Saddle 4.Lazy Cowgirls 5.Rubber Rodeo 6.Long Ryders 7.Living in Texas 8.Lone Justice 9.London Cowboys 10.Sacred Cowboys FT ET LES INDIENS 1.Flux of Pink Indians 2.The Redskins 3.The Cherokees 4.Siouxsie & the Banshees 5.Chumba Wumba 6.Indians in Moscow 7.Ttye Chiefs of Relief 8.Screaming Tribesmen 9.London Apaches 10.Arrows FT.ANGUILLE SOUS ROCK 2e ÉPISODE Les remous provoqués par les révélations de NBC News sur l’usage de pots-de-vin dans la promotion Les Coconut de disques continuent de brasser le bateau de l’industrie.Cette affaire a un profil aussi séduisant que celui de Godzilla, et il est fort surprenant que les parties en cause ne s’entendent pas pour l'étouffer sous l’oreiller géant de l’indifférence générale.Les promoteurs s’étranglent de rage, se trouvant injustement condamnés par l’opinion.Les dirigeants des compagnies de disques voient déjà leurs ventes baisser, et les stations radiophoniques craignent que cette saga du viny-le ne fasse à la longue plus de bruit qu’elles.Quant aux gérants d’artistes, ils sont furieux eux aussi, estimant essentiels les services des promoteurs indépendants.Frank Dileo, l'imprésario de Michael Jackson, dénonce l’attitude des compagnies qui laissent tomber les indies, et proclame son intention d'avoir recours à eux pour promouvoir le nouveau disque de son poulain en septembre.Même Michael a besoin des indies.De son côté le sénateur Gore, rendu célèbre cet automne par la chasse au rock osé de sa femme, déclarait récemment que l’enquête frôlait à peine la pointe de l’iceberg.Le Titanic de l’industrie devra-t-il couler sous la glace du scandale?F.J.6 QUÉBEC ROCK Le plus long chez Honda de Laval c'est de faire un choix parmi nos 200 voitures! A quand remonte votre dernier coup de foudre?Si vous avez un faible pour les voitures Civic, Accord, Prélude vous risquez de succomber car nous avons tous les modèles en inventaires pour livraison immédiate à des prix défiant toute compétition!! Un seul coup d'oeil sur la vaste et moderne salle de montre du nouveau concessionnaire Honda de Laval vous surprendra! ! ! ! Venez vite découvrir le nouveau concessionnaire Honda de Laval; ce sera peut-être le début d'une merveilleuse histoire d'amour!!!! HONDA de Laval Rien qu'à voir! HONDA de Laval 700 est, boul.St-Martin entre le pont Papineau et le boulevard des Laurentides 384-9444 INCLUANT PRODUIT PAR DAVID B E N D E T H DISPONIBLE SUR DISQUE ET CASSETTE AU CHROME BILLY NEWTON-DAVIS DEEPER RIGHT BESIDE YOU PERFECT LOVE LOVE IS A CONTACT SPORT ÉM ¦ jÿCj: Prendre un p'tit coup c'est agréable.FAITES VOS JEUX! Un bon créateur de jeux peut très bien vivre, à condition qu’il puisse mettre de côté l’ambition de devenir millionnaire.» Tels sont les propos tenus par Monsieur Jean Branchaud, conseiller de l’association des créateurs de jeux du Québec.Cette association a pour but d’aider les créateurs dans leurs démarches de mise en marché «Et ce n’est pas facile.» S’il le désire, le créateur peut obtenir une évaluation du potentiel de sa création, afin d'éviter une dépense d’énergie et d’argent pour développer un jeu ou un jouet qui n ’a que peu de chance de succès.Le processus de création comprend les étapes suivantes: croquis, plan, prototype primaire, prototype final et produit commercialisé.Alors, si vous vous sentez Tâme créatrice, rappelez-vous que les jeux qui offrent le plus de possibilités à l’heure actuelle sont les jeux éducatifs et les jeux pour handicapés.PAR KATHERINE ADAMS DÛNNE-Z-Y LA CLAQUE ombes, offensives, menace nucléaire, terrorisme, répression.Violence.Les événements qui ont marqué la planète ces derniers mois engendrent la peur, le doute (2 ou 2000 morts?), l’angoisse, la panique.Sentiments violents.«C’est à la violence que le socialisme doit les hautes valeurs morales par lesquelles il apporte le salut au monde moderne.» Huysmans «Non seulement la violence prolétaire peut assurer la révolution future, mais encore, elle semble être le seul moyen dont disposent les nations européennes, abruties par l’humanitarisme, pour retrouver leur ancienne énergie.» Georges Sorel «Au milieu des individus, la violence désintoxique, elle débarrasse le colonisé de son complexe d’infériorité et de ses attitudes contemplatives ou désespérées.Elle le rend intrépide, et le réhabilite à ses propres yeux.» Fanon «La violence a coutume d’engendrer la violence.» Eschyle «Je ne peux admettre la violence même contre la violence.» Martin du Guard 1914 «La vérité doit s’imposer sans violence» Tolstoï eom**** vous hêriie* (JE î"'0 'Z0***» le ^ Enfin, toujours selon TassodmjQr tion, un créateur peut s’attendre à recevoir de 10 000 à 50 000 dollars pour un jeu, tandis que les royautés varient entre 2 et 3% par jeu, à partir du prix de détail.Il faudra donc en vendre un certain nombre avant de penser au million! , K.A.«Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l’inciter encore plus.» Pascal «Plus fait douceur que violence.» Lafontaine «Quand tu rencontres la douceur, sois prudent, n’en abuse pas, prends garde de ne pas démasquer la violence.» Reverdy «L’action révoltée authentique ne consentira à s’armer que pour des institutions qui limitent la violence, non pour celles qui la codifient.» Camus «La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’au-tant que la force de celui qui commande sur celle de ceux qui obéissent.» Diderot «La violence est juste là où la douleur est vaine.» Corneille «La violence appelle la violence et la justifie.» Gauthier Plusieurs philosophes ont aussi défini la contradiction comme source de violence, mais également comme source d’énergie.Il faut la fusion d’un positif et d’un négatif pour obtenir l’électricité, et n’est-ce pas du choc des idées que naît la lumière?Lessing, quant à lui, ne prétend pas à une solution au fléau mais le ramène à un niveau beaucoup plus individuel: «Ce qu’on appelle violence, ce n’est rien, la séduction est la véritable violence.» K.A.******(?lk VRRAOUM! Attention! Du 13 au 15 juin prochain, au circuit Gilles-Villeneuve de nie Notre-Dame, tous les mordus de course automobile vont pouvoir se régaler du spectacle époustouflant qu’est la Formule Un, où s’affronteront les plus grandes écuries de la planète en vue de remporter le Grand Prix Labatt du Canada.Après les Grands Prix du Brésil (Rio), d’Espagne (Jerez), de Saint-Marin (Imola), de Monaco et de Belgique (Spa-Francorchamps), c’est à Montréal que les meilleurs se disputeront la victoire: Alain Prost (le Champion du monde en titre) et Keke Rosberg au volant de leur McLaren, les Brésiliens Nelson Piquet (Williams-Honda) et Ayrton Senna (Lotus-Renault), Stefan Johansson (Ferrari) et d’autres coureurs (Nigel Mansell, Jacques Laffite, etc.) dont les noms se retrouveront peut-être parmi les gagnants.Les organisateurs de la course ont de plus prévu une foule d’activités parallèles, dont un Grand Prix de Karting (disputé aux Galeries d’Anjou le 8 juin), des spectacles d’acrobaties aériennes, de parachutisme, etc.Après les Jeux Olympiques et le Mundial de soccer, les courses de Formule Un constituent le spectacle sportif le plus suivi, avec la bagatelle de 600 millions de téléspectateurs pour chaque Grand prix.C.C.et F.T.• PIL au Palladium du Palais du Commerce le 14 juin.• DEPECHE MODE à l’Auditorium de Verdun le 17 juin.• RENAUD à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA les 21,22 et 23 juin.LA RONDE DES CONCERTS ESTIVAUX La Ronde, c’est bien sûr les manèges.Trois nouveaux s’ajouteront cette année, mais rien d’aussi palpitant que Le Monstre.Trois manèges plus «pépères»: L’Ovni, Discoronde et Tapis Volant.Il y a aussi l’Aquaparc, les skieurs nautiques et le festival des feux d’artifice.Et, cette année, des spectacles! Ça commence dans la rétro avec les Beach Boys (26 juin ) et les Everly Brothers (30 juin).Le 3 juillet, un invité mystère (on chuchote les noms de Whitney Houston, Bryan Adams ou Corey Hart), le 8, Martine St-Clair, le 17, le retour de Gowan, le 22, les vieux de Starship et on clôt la saison le 28 juillet avec Mr.Mister.Bonne Chance! L.S. 1 2 PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION DONUT Cinq jeunes délinquants servent de cobayes dans une prison-pilote nouveau genre où règne une matrone, Madame Parent-Paré.Dans une ambiance tendue où le rire est fou, ils veulent s’évader.Une fois libres, ils iront déguster un beigne, symbole de la liberté au coeur du centre-ville.DONUT est un spectacle dé-, bridé conçu par Jean-François l Caron et défendu par sept re- : crues de l’Ecole Nationale de f Théâtre.Mais ils ont été cher- \ cher un metteur en scène fort ^ en vogue, René-Richard Cyr.; «Leur enthousiasme m’a conquis, dit-il.Ils sont encore tellement ouverts à la recherche.ce sont des comédiens totalement disponibles.» Né en 1958 sous le pont Jacques-Cartier, Cyr a d’abord terminé son cours secondaire à Lon-gueuil avec Michel Lemieux, et Suzanne Champagne et LE RAPIDO Mgr DESMOND TUTU sera l’invité d’honneur du Spectacle-Bénéfice Anti-Apartheid, le 2 juin à la salle Wilfrid-Pelletier.Michel Rivard et Marie-Michèle Desrosiers joueront un texte bilingue de Maryse Pelletier, mise en scène par Alain Fournier, et orchestré par Robert Léger.• LE CIRQUE DU SOLEIL est de retour cette année, et sera stationné au Vieux-Port de Montréal jusqu’au 1er juillet.• VENDRED113 ÉTOILES, un spectacle-bénéfice pour le SIDA, réunira vendredi le 13 juin à la Place-des-Arts des artistes comme Peggy Lee, Joe Bocan, Peter Pringle, Michel Louvain, l’OSM, les Grands Ballets Canadiens, les Ballets-Jazz de Montréal, le Denny Christianson Big Band et plusieurs autres.• LA QUINZAINE INTERNATIONALE DU THÉ TRE se poursuit à Québec jusqu’au 14 juin.Philippe Noiret et Ingmar Bergman sont sur place, parmi les 25 troupes venus des 5 continents.Le Quat’Sous de Montréal présent Being At Home With Claude et le théâtre Julie mise en scène par Bergman, Ralph Vallone, d’Italie, et Sylvie Legault, aujourd’hui comédiennes.Diplômé en interprétation à l’École Nationale en 1980, il a fait de tout: il joue d’abord dans les cafés-théâtres, puis avec la troupe P’tit à P’tit.Il fait les mises en scène de Michel Lemieux et de Joe Bocan en variétés, puis Piel de Toro pièce créée par l’Espagne expressément pour la Quinzaine.Information: (418) 694-0206.• LES FEUX D’ARTIFICE se poursuivent sur le site de La Ronde les 3, 4, 5, 10, 11, 12 et 17 juin.Noir de monde encore cette année, alors trouvez-vous un balcon haut-perché.• AU-DELÀ DE SATURNE, au Planétarium Dow (1000 St-Jacques ouest) à l’affiche jusqu’au 22 juin.• RYTHMES D’AFRIQUE avec Sonny Okosun, Ozzidi et Lorraine Klaasen les 5, 6 et 7 juin au Club Soda (5240 Parc).• PASSEPORT POUR LA PAIX, une exp«l«osition prévue pour les 9 et 10 juin au Spectrum de Montréal.Une kyrielle de participants qui ont ce point commun: ils ont tous travaillé avec la doyenne des professeurs de chant, Gina Beauson.• LE GRAND CIRQUE ORDINAIRE présente son Avec Lorenzaccio à mes côtés pour quelques jours encore au théâtre de Quat-Sous (100 des Pins est).• BROUE encore à l’affiche les 1er et 2 juin à la salle Maisonneuve et du 4 au 6 juin à l’Arlequin (rue Ste-Catherine Est).• L ’ÉCOLE DE DANSE LOUISE LAPIERRE occupe la salle Port-Royal de la PdA celles d’Aurore L’Enfant-Martyre et de Couple Ouvert au théâtre de Quat-Sous.Maintenant, on peut le voir incarner Jean-Marie dans le sitcom Poivre et Sel.Occupé, René-Richard Cyr?«Bien sûr, en ce moment, je dois refuser des offres.Mais je me considère encore en état d’apprentissage, J’ai la chance d’apprendre encore du métier en travaillant avec des artistes chevronnés.» DONUT sera joué dans la cour intérieure de l’École Nationale de Théâtre (5030 St-Denis) dès le 19 juin.L 1 les 5, 6, et 7 juin.• GERSHWIN, THE MAN I LOVE.F sur George Gershwin présenté sous for- me de spectacle multidisciplinaire du 5 au 15 juin au Centaur (453 St-François-Xavier).QUÉBEC ROCK 13 PAR FREDERIC TOMESCO LA CANTATRICE FAUVE A peine rétablie d’un grave accident de scène (qu’elle a mis à profit pour compléter l’enregistrement du huitième album studio des Banshees, Tinderbox), Siouxsie Sioux n’a pas hésité à reprendre le collier.Au moment où vous lirez ces lignes, ses incantations hanteront encore probablement les murs du Théâtre St-Denis et l’âme de ceux qui s’y seront rendus le 19 mai.Pour sa part, tout ce qu’espère la cantatrice fauve, c’est de ne pas avoir à terminer sa tournée en chaise roulante — telle une lionne en cage- Québec Rock: Ton métier semble plutôt risqué.Après avoir attrapé une laryngite et une hépatite, tu t’es disloqué le genou l’automne dernier.Est-ce cela, le «Rock’n’roll Lifestyle»?Siouxsie Sioux: Ça m’étonnerait! (Rires).Je ne connais pas beaucoup de rockers qui se soient démis la rotule ou qui aient souffert d’une hépatite.Q.R.: J’ai entendu dire qu’on t’avait offert un rôle au cinéma.Les Banshees ne devaient-ils pas également écrire la musique d’un film?S.S.: C’est exact: il y a environ deux ans, on nous avait proposé de composer la musique de Howling II.Nous étions intéressés, en autant qu’on ne nous voie pas la tronche dans le film en question.Or, venant de Hollywood, les producteurs insistaient pour nous y faire jouer le rôle de «premiers punks»! À ces conditions, nous avons refusé.Par contre, en janvier dernier, nous avons tourné dans Out of Bounds, qui n’est pas encore sorti.J’avoue avoir été très surprise; grâce à la mise en scène et aux prises de vue, ce film faisait penser à Repo Man: acteurs peu connus, ambiance tendue, bref beaucoup d’excitation.Les Banshees y ont fait quelques présences, et la bande sonore contient plusieurs de nos pièces.Q.R.: Au sujet de votre musique, on dirait que Tinderbox essaie d’impliquer plus directement l’auditeur.Je pense à un morceau comme par exemple le 451 Cities in Dust, où tu t’adresses à l’auditeur en l’appelant «Mon ami».S.S.: Ce n’était pas vraiment conscient.La chanson résulte 14 QUÉBEC ROCK «J'ai toujours été ancienne — et non vieille.d’une visite effectuée à Pompéi lors d’une récente tournée italienne.J’ai été marquée par le fait que l’atmosphère de l’époque y était intacte: même l’abondance de touristes ne parvenait pas à entamer cette sensation d’être témoin d’un événement historique.On aurait dit que les fantômes de ce qui s’était produit il y a 2 000 ans étaient encore vivants! Je crois que ce qui m’a le plus impressionnée, ce fut de voir ces corps pétrifiés, sortes d’empreintes d’une civilisation disparue.Inconsciemment, Cities in Dust leur est dédiée.Q.R.: Qu’est-ce qui t’énerve dans la manière dont les Banshees sont perçus par le public?S.S.: Les gens ne peuvent s’empêcher de dire que nous sommes un groupe lugubre! (Rires).Q.R.: Le contraire serait surprenant, non?S.S.: Écoute, je les comprends, mais seulement jusqu’à un certain point; je considère quand même que c’est une façon très paresseuse de décrire la réalité.C’est comme les journalistes qui disent que nous sommes finis parce que nous durons depuis dix ans: ils se basent sur ce que font les autres formations pour porter un tel jugement.De toute façon, un vieux croulant sera toujours un vieux croulant, peu importe son âge: to peux déjà être sénile à 18 ans comme tu peux encore être un gamin à 75 ans.Je déteste les préjugés relatifs à l’âge! Q.R.: Et toi, te considères-tu jeune?S.S.: Non, je me considère.an-ciennel (Rires).J’ai toujours été ancienne — et non vieille.J’imagine que je rajeunis au fur et à mesure que les années avancent.Je préfère discuter avec les vieillards, ils sont tellement plus intéressants, surtout lorsqu’ils savent raconter de bonnes histoires.En fait, quand je parle d’ancienneté, c’est surtout en termes d’intemporalité: «Le temps ne commence et ne finit jamais.» Q.R.: Comment comparerais-tu la jeunesse d’aujourd’hui à celle d’il y a dix ans — ta génération, en quelque sorte.?S.S.: Hum.(Silence).Je suppose que ce n’est pas facile d’êtrejeuneen 1986.Il n’y a plus de quoi s’émouvoir et je les plains: toute tentative de rébellion est inévitablement calculée, rien n’est naturel.Tout est tellement pré-emballé dans sa petite boîte qu’il n’y a plus vraiment de choix ou d’autonomie de pensée possible, du moins en ce qui concerne la musique.Tu n’as qu’à regarder la montagne d’étiquettes que les gens ont essayé de nous coller depuis dix ans: «Ils sont punks, ils sont gothiques, bla bla bla.» Nous sommes Siouxsie & the Banshees, un point c’est tout.F.T. i&ÉM POUR OBTENIR UN EXEMPLAIRE DE CETTE AFFICHE 20" X 24 ’.ENVOYEZ 3.00S À stereophones KOSS LIÉE, 4112.SOUTH SERVICE ROAD, BURLINGTON, ONTARIO, L7L 4X5 ¦fe___lËi NCOROCK PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION NUANCE DANS LES PALMARÈS Sandra Dorion est un parfait cordon-bleu qui a grandi dans la région de l’Outaouais.Elle a pratiquement chanté toute sa vie, mais ne prend pas le métier de chanteuse trop au sérieux.«Je n’ai pas envie de livrer de grands messages parce qu’à 22 ans, j’ai encore beaucoup à apprendre de la vie.Là où je suis le plus à l’aise, c’est sur une scène.» Sandra est le seul élément féminin de Nuance qui compte également Denis Lalonde (guitare), Mario Dubé (claviers), Mario Laniel (basse) et Daniel King, (batterie).Cinq jeunes francophones qui chantent en français et qui commencent lentement à se démarquer de la nouvelle génération rock qui envahit le Québec.Déjà, leur 45t Amour Sans Romance s’est maintenu plusieurs semaines en 3e position du Guide Radio-Activité l’hiver dernier, et voici qu’une nouvelle chanson, Vivre Dans La Nuit est en passe de connaître le même sort.Nuance a travaillé des années pour se bâtir un style propre et l’heure de miser est venue.Un microsillon est en préparation et la forte personnalité de Sandra Dorion y ajoute un intérêt de plus.Nuance est peut-être le groupe rock à surveiller.Car pendant que les autres rockeu-ses du Québec s’exilent ou sont en année sabbatique, Sandra est sans doute la tigresse à mettre dans votre moteur.S.C.F.îtltlü GRANBY: BERCEAU DE LA NOUVELLE CHANSON QUÉBÉCOISE?A P heure où l’on devise sans concertation sur une chanson québécoise agonisante, les initiatives, concours, prix, bourses, fondations, pieuvent sur notre industrie chancelante.Maintenant, c’est au tour du Festival de la Chanson de Granby d’affirmer une envergure nouvelle en soufflant dans les voiles de notre chanson francophone.Depuis 18 ans déjà, sans faire de bruit, le Festival a lancé la carrière de beaucoup d’artistes comme Fabienne Thi-beault, Robert Paquette, Priscilla, Marie-Denyse Pelletier et Joe Bocan.Le mois dernier, l’autre pôle d’action du Festival a parrainé la sortie d’un microsillon constitué de huit chansons créées par d’illustres inconnus qui ont participé à l’Atelier-Chanson de Granby durant l’été 1985.Atelier-Chanson, sur des arrangements de Jean Corri-veau, a été réalisé par Daniel Deshaime (Tension Attention pour Daniel Lavoie).Inégal à cause de la diversité de ses interprètes, Atelier-Chanson demeure un disque truffé de bonnes surprises.On y découvre en effet un Québec bien implanté dans le style «techno», et discrètement, l’émergence d’un nouveau discours francophone.C’est peut-être le disque d’ici qui nous ressemble le plus en ces temps d’incertitude.À signaler surtout la présence de Lina Boudreau, d’Yve Rochon et de Lise Picard.Pendant que les producteurs exigent toujours des projets rapides et fuient le risque comme la peste, l’attachée de presse du Festival, Thérèse David, qui agit dans l’industrie du disque depuis une quinzai- ne d’années, rappelle les justes proportions de notre marché de la chanson.«On est une génération d’enfants relativement gâtés.On a eu, de Félix à Beau Dommage, des succès faciles puisque sociologiques et politiques.Ce n’était pas l’époque des 100 000 copies vendues qui était normale, il s’agissait d’un phénomène d’identification.C’est maintenant que le marché est revenu à la normale; c’est maintenant qu’on a à prouver notre talent et notre pouvoir de création.» On reprendra l’expérience de l’Atelier-Chanson durant l’été 86.Il y aura à nouveau des rencontres/échanges avec une quinzaine d’intervenants comme Mouffe, Paul Piché, Pauline Julien, François Cousineau, Michel Lemieux et plusieurs autres.On y trouvera également l’accès à un studio 8-pistes et à des ordinateurs, l’hébergement, et la possibilité d’enregistrer des chansons et de donner des spectacles.Les jeunes qui veulent sérieusement faire carrière dans la chanson peuvent s’y inscrire jusqu’au 20 juin.Parallèlement, le Festival de la Chanson de Granby recueille les inscriptions pour son édition 86.32 candidats participeront aux préliminaires du 18 au 21 septembre, alors que la grande finale, soir de gala, aura lieu le 4 octobre.Des informations au (514)375-7555.Et une fois encore, on insiste pour faire disparaître le terme condescendant de «relève».Durant la conférence de presse qui présentait le disque Atelier-Chanson, Thérèse David a dénoncé l’esprit post-yuppie qui risque d’embourgeoiser notre industrie du disque, et a fait l’éloge du labeur.«Il y a une chose qu’on a perdue en cours de route, c’est l’envie de travailler.On parle, on revendique, mais il faudrait peut-être retrouver le goût de vouloir changer le monde.Quitte à manger, comme Claude Dubois en 67, des sandwiches à la moutarde.» S.C.F.16 QUÉBEC ROCK JIM CORCORAN: LA CHAIR DEROULE J’ai hâte de voir l’accueil du public, je suis toujours un peu anxieux.Mais ça va bien marcher.C’est un maudit bon disque!» Jim Corcoran est à la fois inquiet et enthousiaste quand il parle de son nouveau microsillon cjUi sort ce mois-ci et qu’il est allé enregistrer aux U.S.A.À Memphis, pour être précis'.L’Américain Cari Marsh, qui a déjà travaillé à la réalisation de son précédent album, Plaisirs, lui a recruté plusieurs musiciens de calibre international: on retrouve des gens qui ont travaillé avec les Rolling Stones, les Doo-bie Brothers, Jeff Beck, Steven Stills, Joe Cocker.Jouant le tout pour le tout, Corcoran assume lui-même les frais de production.Le contenu?«Beaucoup de couleurs.On ne retrouvera pas deux «tounes» qui se ressem-blent:.il y a des morceaux excessivement électriques, une pièce entièrement acoustique, du vieux rhythm’n blues.Puis il y a des choses faites entièrement à l’ordinateur, des affaires expérimentales.*.» Les textes sont tous en français.On retrouve d’ailleurs la chanson Chair de poule que l’on peut déjà entendre à la radio Chapeautant le tout, un titre pour le moins bizarre: Ne cherchez pas trop, à moins que vous ne partagiez certains souvenirs d’enfance de M.Corcoran.Cela lui fait déjà 13 ans de carrière, dont quatre hors du duo Jim et Bertrand, qu’ils ont dissous «parce qu’il était temps de passer à autre chose».Depuis, bien que peu visible pour nos média, Corcoran n’a cessé de travailler, enregistrant deux microsillons dont l’un se méritait un Félix, faisant plusieurs tournées au Québec et en Europe (où il a participé à des festivals.pour représenter le Canada!).Il a même remporté le Grand Prix de Spa en 1984, pour la meilleure chanson du festival.Tout cela sans qu’on en entende trop parler.fl promet toutefois de corriger la situation.Après Vancouver où il ira, fin juin, seul avec sa guitare, puis un festival de la francophonie en Bretagne (toujours le Canada.), ce sera sa rentrée.Il s’occupera de la promotion de Mississkalabash et préparera sa prochaine tournée québécoise «avec un band».Du pain sur la planche, quoi.Il adore décidément nous surprendre.cet Irlandais d’origine qui si, comme il le chante, «a toujours voulu danser», n’a par contre jamais voulu chanter: il souhaitait décrocher un doctorat de philosophie, puis enseigner.Ce 1926: LE ROCK ’N’ ROLL AVANT SON TEMPS Dans le cadre du Festival International de Jazz, le Spectrum de Montréal présentera dès le 27 juin la plus importante comédie musicale à être montée depuis Starmania.Ce spectacle entièrement chanté s’intitule 1926 et fait travailler intensivement une cinquantaine de personnes depuis avril.L’auteur est Claude Robert, un scripteur-TV qui avait déjà monté la comédie country Dodge City en 1982.Il avait eu le flash pour 1926 dès l’année suivante: «L’époque de la prohibition était très intéressante; le jazz n’était pas encore une musique d'élite mais la musique de danse, le rock’n’roll du temps.» Avec un budget de 400 000$, la production promet d’être soignée.Les musiques sont composées principalement par Alain Jo-doin et c’est Vic Vogel qui signe les arrangements.Louis Saia est à la mise en scène.L’humour sera évidemment omniprésent et l’on promet beaucoup d’attractions: vidéo, danse à claquettes, effets spéciaux et même de la magie.Le spectacle débutera avec un film muet où apparaîtront en caméo Serge Fiori et Pierre Verville.On peut aussi s’attendre à un numéro de danse «électrisant» dans tous les sens du mot.Un microsillon paraîtra à l’automne, mais déjà, le 45t Chicago 1926 est disponible.L’intrigue?L’auteur est avare de commentaires.«C’est une histoire-prétexte, mais il va se passer quelque chose.On veut rendre le feeling, la couleur des années 20, mais traités à la moderne.C’est un gros cartoon.» Breen Leboeuf (ex-Offenbach) incarne Angelo Silicone, gangster millionnaire qui a pour meil- leur ami son revolver.Il affrontera Black Jack, interprété par Jean-Claude Marsan (ex-guitariste de Plume).Le tout se passe dans un salon mortuaire qui camoufle un tripot de luxe, le Silver Coffin.Alors que dans cette comédie musicale où valsent les affaires de coeur, les dollars et les revolvers, Nanette Workman t / sera pour une autre fois.À Plus long terme, il aimerait beaucoup produire d’autres artistes; il se dit toujours révolté de voir au Québec la quantité de talents inconnus et originaux dans lesquels personne n’est prêt à investir.Quant àjui, Jim Corcoran ne s’inquiète pas: «Il y aura toujours le métro.!» M.C.D.(Victoria, la tenancière du Silver Coffin) chante Quand on veut trouver l’amour, il faut faire des détours, l’auteur Claude Robert propose une morale beaucoup plus simple: «Tu peux avoir du fun n’importe quand avec n’importe quoi.C’est ça le feeling de faire de la musique.et c’est le feeling de 1926.» S.C.F. PAR GÉRARD LAMBERT De quoi s'en prendre plein les nouilles.LEMPOn MET LA MAIN À LA PÂTE Les fabriquants de macaroni ont récemment organisé un concours de cuisson de pâtes.Les Japonais espéraient ainsi démontrer leur savoir-faire dans le but non-dissimulé d’empêcher les industriels étrangers de prendre pied sur le marché local de la nouille.Treize équipes de cuisiniers amateurs étrangers, résidant au Japon, ont ainsi afflué à Tokyo, armés d'ingrédients divers, du LA CHINE POP Zhang Xing, Zhang Gian et Zhang Kuan font le désespoir des gardiens du dogme marxiste-léniniste en Chine.Ils sont devenus les idoles des jeunes chinois des années 80.Ils ne sont ni soldats héroïques, ni ouvriers modèles, ni cadres vertueux mais les premières stars rock de la Chine pop.À l’avant-garde d’une véritable révolution culturelle qui effraie plus d’un Chinois et pas seulement les cadres du Parti, ils sont ceux par qui le scandale arrive.Comme tous les pionniers, ils le paient parfois cher.Le premier a été interdit d’enregistrement après avoir fait un séjour en prison, la seconde ne jouera peut-être pas très longtemps les Martine St-Clair, et le troisième a été décrit par son papa comme un «rebelle» parce qu’il a préféré la guitare électrique aux instruments traditionnels.Le radio-cassette, de préférence de marque japonaise a succédé à la montre parmi les «must» des nouveaux Chinois.Dans les villages isolés, les plus prospères des paysans en possèdent.Il s’est vendu des millions de cassettes en Chine populaire l’année dernière et elles sont devenues une in- 18 QUÉBEC ROCK fromage au chocolat en passant par le curry, destinés à la préparation des pâtes japonaises.Résultat inattendu, le vainqueur n’est ni Italien, ni même Japonais, mais Malaisien, grâce à des beignets de macaroni très appréciés paraît-il, par les membres du jury.Entretemps, chez Barilla, la nouillissime, on a fait-appel aux services d’un designer industriel de chez Fiat pour créer les nouvelles «collections» de pâtes: coquillettes au look aérodynamique, canelloni racé.Bientôt, on signera les lasagnes.dustrie majeure et fort lucrative.Celles qui sont produites dans le pays se vendent dans les 5,5 yuans (3$ environ).Les importations de Hong-Kong, Taïwan ou mieux des États-Unis et du Japon s’échangent à prix d’or.En même temps, salles de bal et discours ont fleuri dans toutes les grandes villes du pays, on en comptait 136 à la fin de l’année dernière pour la seule ville de Shangaï; nombre de ces établissements organisent des concerts.Cassettes et concerts ont transformé certains chanteurs et chanteuses en véritables stars nationales.Depuis la révolution de 1949, le seul culte de personnalité autorisé avait été celui de Mao.Mais aujourd’hui les jeunes chanteurs et chanteuses qui vendent leurs hits par centaine de milliers, ont leur fans — hystériques comme il se doit, qui les inondent de courrier.Mais le malaise des autorités devant ces mutants de la révolution prolétarienne qui parlent de rock et d’idylle sur des riffs de guitare électrique est perceptible.Au mois de mars, les média viennent diannoncer à grand renfort de publicité l’organisation d’un grand concours national de jeunes chanteurs.Objet de l’exercice: promouvoir la scène «chansons folkloriques» contre «la pop song malsaine».LES COUPS CHAS Coton, arachide, sésame, soja, noyer, olivier: autant de plantes annuelles ou vivaces, tropicales ou «tempérées», ayant en commun la faculté de donner de l’huile.Alimentation humaine, alimentation animale, industrie: les multiples usages des produits et sous-produits de ces végétaux leur donnent beaucoup de poids dans le commerce | mondial.Qui produit?Qui uti-| lise?Quels sont les enjeux de | l’industrie mondiale des corps ! gras?Ce premier ouvrage en français sur l’économie des oléagineux fournit des réponses claires et accessibles Les Oléagineux dans le monde par Yves Rehaut (Economica).QU’ILS SE LE DISENT Les braconniers n'ont qu’à bien se tenir au Swaziland.Ils seront désormais abattus à vue par les gardiens des réserves d’animaux.La raison de cette soudaine colère du ministre des Ressources naturelles, le prince Khuzul-wandle: la disparition progressive des rhinocéros noirs.Il y a cinq ans, ils étaient encore une centaine.Il n’en reste plus qu’une trentaine dans la grande réserve d’Hlane où ils sont impitoyablement pourchassés pour leur corne qui vaut de l'or à cause de prétendues vertus aphrodisiaques.Krishna au pays des Soviets Dernière manifestation en date de l’idéologie du vice exportée par l’Occident: la secte Krishna, que Moscou accuse de corrompre la population à renforts de mantras et de clochettes.Ses adeptes sont envoyés au goulag pour y trouver la juste paix.Ce brave Andrei Gromyko, le doyen du Politburo et chef de l’État, s’est inquiété de l’influence que l’Occident exerce sur les jeunes soviétiques.«Les moeurs de la société» exploiteuse, a-t-il dit à la tribune du XXVIIe congrès, qui s’est déroulé au mois de mars dernier, «l’idéologie du vice et la pseudo-culture issue du monde du profit doivent être étrangères à nos jeunes, de même que le virus petit-bourgeois, de la laideur morale et du cynisme.» Le Komsomol, l’organisation de la jeunesse du Parti, n’a pas su élever un barrage idéologique suffisant pour enrayer ce que Gromyko a défini comme «l’imitation aveugle de la vulgarité venue de l’extérieur».Les modes musicales et vestimentaires occidentales ne sont pas seules en cause et la jeunesse soviétique emprunte à l’Ouest bien plus largement, comme en témoigne la récente apparition en URSS de la secte Krishna.L’été dernier, les Soviétiques se sont découvert un nouvel «ennemi intérieur»: Hare Krishna.Au mois de juillet (1985) une petite communauté établie dans le village de Koudjinovo (Nord du Caucase) a été liquidée à l’issue d’un procès qui a vu la condamnation de cinq adeptes à des peines allant de deux à cinq ans de camp.Ils ont été condamnés pour avoir «porté atteinte à la santé des gens en les incitant à suivre un régime végétarien et à réciter des mantras».Pour balancer le tout ils ont été également accusés d’être liés au Comité Sakharov, au «mouvement juif international» et à «d’autres centres de subversion»! Le camp leur offre-un menu unique: soupe au chou tous les jours.ALPHA DIFFUSION CEI HAS?8UDSH CEI AWECOUtEUR Donnez à la couleur naturelle de vos cheveux l’audace d’un moment.Avec Flirt* le gel avive-couleur.Flirt ajoute des reflets chauds et vibrants.Un peu ou passionnément, selon le temps que vous le laissez agir: de 5 minutes, pour de légers reflets, à 15 minutes pour des tons plus vibrants.Facile à utiliser, Flirt illumine vos cheveux, sans jamais les pâlir, pendant six shampooings.Seule subsistera l’impression que vous aurez créée.Flirt, gel avive-couleur: un lustre chatoyant, en six tons: Safran, Grenadine, Carmine, Chianti, Cassis, Raisin.•MC° 1985 CLAIROL CANADA, DIVISION DE BRISTOL-MYERS CANADA INC., DÉTENTEUR AUTORISÉ MONTRÉAL, OUÉBEC, H3A 2N4.GRENADINE 55 mi RICHARD COCOANTE ET FABIENNE THIBEAULT question Wm i siasiia I W t PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION Ils sont nés au début des années 50f elle dans un coin paisible de Tîle de Montréal; lui à Saigon, dans un Viêt-Nam tourmenté, d'une mère française et d'un père italien.Propulsés dans la vie sans ambitions précises, ils se retrouvent tous deux à mener des carrières florissantes dans le monde de la chanson.Même si leurs existences ont leurs ressemblances, Fabienne Thibeault et Richard Cocciante ont peu en commun, elle, rossignol éclectique et lui, pigeon voyageur.En avril, ils ont à nouveau passé quelques heures ensemble, à Montréal, à l'occasion du Gala de la Femme.Puis elle repartait donner des spectacles en Afrique, et lui regagnait Rome.Un feeling de Luc Plamondon les a unis, mais entre Fabienne Thibeault et Richard Cocciante, c'est surtout une question de timing.TIMI Fabienne Thibeault chante comme elle respire.Enfant différente, elle développe une véritable rage d’apprendre, de vivre.Sans savoir qu’elle ferait une carrière internationale dans le chant.«J’aime profondément chanter, mais au fond, j’aurais pu faire n’importe quoi d’autre.» Elle a, par exemple, une licence en orthopédagogie.À 22 ans, pourtant, Fabienne se retrouve au Festival de la Chanson de Granby, puis, l’année suivante, Vigneault la fait triompher à la Chantaoût.Les premiers microsillons sortent, Fabienne a du succès partout.Elle porte des lunettes rondes, étale ses longs cheveux sur une tunique paysanne et tape du sabot en chantant Contrecoeur, Le stomp de l’accidenté et autres irrésistibles histoires de jeans patchés que glorifie une génération électrisée par le nationalisme.Arrive Luc Plamondon, parolier-vedette en ascension, et son Starmania.«C’est encore l’expérience la plus marquante de toute ma carrière à tous les niveaux», précise Fabienne.Propulsée sur la scène internationale grâce aux chansons magistrales de son .personnage de Marie-Jeanne, Fabienne est définitivement lancée.Richard Cocciante est lui aussi un enfant différent.C’est sa tante qui le pousse à apprendre le piano, mais il s’abstient longtemps de penser à la chanson.«Jeune, je pensais ne pouvoir rien faire, dit-il.Je me pensais incapable de faire quoi que ce soit, sans possibilités.J’ai travaillé un jour comme secrétaire d’hôtel à Rome, et c’est chanter qui m’a fait comprendre ce que j’avais à faire.J’ai compris la puissance du rêve.» Cocciante chante d’abord en français, et enregistre son premier microsillon en 1972.On se souvient de ses succès Si j’étais, puis Je t’attendais ce soir, qui l’ont fait connaître au Québec.Il a un style intimiste qui charme sans racoler.Vedette dans la francophonie, star en Italie où il reprend ses chansons en italien, Richard est lui aussi lancé pour de bon.VOGUE LA CARRIÈRE, VOGUE LA VIE Au tournant des années 80, une révolution se produit dans la vie de Fabienne Thibeault.«Un matin je me suis pesée: 198 livres.Je me suis dit alors: bon, c’est assez! J’avais 29 ans.Avant ça, je travaillais mon intérieur, je pensais plus à mon âme.» À mesure que son succès grandit, les média pardonnent moins à Fabienne son apparence physique.D’où son désir soudain de vouloir être mince et belle.«Quand je suis passée du granola à un style plus moderne, je n’ai vraiment fait que comme tout le monde, comme le reste des Québécois.Tout le monde a changé.» De plus, en diversifiant ses expériences discographiques, en adoucissant son genre vocal, Fabienne a dérouté les critiques.On lui a finalement accolé l’étiquette «chanteuse vague».«Si mes propos ont semblé vagues, c’est que j’ai toujours voulu éviter de me contredire au fil des années.On change, tout change tellement!» Cependant, Fabienne vit depuis dix ans avec un Pathan (originaire de la frontière Afghanistan/Pakistan) qui lui apprend à parler le pashtu.C’est elle qui lui enseignait le français, ici, il y a dix ans.Depuis la naissance de leur fille, Fabienne passe plus de temps à Montréal qu’à Paris.Richard Cocciante, en Europe surtout, a bâti l’édifice de sa carrière morceau par morceau.En établissant sa réputation et en chantant en quatre langues, il s’est offert des collaborations enrichissantes avec des compositeurs comme Ennio Morricone, Vangelis, Jean-Loup Daba-die.Au Québec, on entend peu parler de lui au début des années 80 pendant qu’il se fait consacrer star dans les vieux frays.Sa vie publique demeure discrète, il préfère passer ses rares moments libres à Rome auprès de sa femme et de ses enfants.Car sa carrière internationale l’astreint à un rythme de vie que seul son goût pour le moderne lui permet d’apprécier.«Si je fais le compte, je suis très peu chez moi.Mais j’aime beaucoup les temps modernes.Je trouve que c’est excitant, on vit une période de changements unique dans l’histoire de l’humanité.» LE ROCK ET LES PLANCHES En dépit de la gratifiante expérience de Starmania, Fabienne n’est pas folle de la scène, qui lui laisse d’amers souvenirs d’affrontements avec la presse québécoise.Son style changeant a éparpillé son auditoire et pourtant, forte de sa popularité géné- rale, Fabienne est encore ouverte à tous les défis.Évoquant le succès de sa chanson Secrétaire de star en 1982, on lui demande pourquoi elle ne fait pas plus de rock: «J’en chanterais plus souvent, mais personne ne m’en écrit.» Avis aux intéressés.Sous son couvert timide, Richard Cocciante se révèle un homme tout autre sur scène.Même si ses succès les plus marquants donnent plutôt dans la ballade, il offre des prestations beaucoup plus rock.«Mes spectacles ne sont pas du tout ce à quoi on peut s’attendre en me voyant.Et le rock est important.C’est une expression vivante, de notre temps, un rythme qui vit.» Interprète polyglotte, Cocciante reprend actuellement le succès Question de feeling en italien avec la vedette locale Mina, et en espagnol avec la chanteuse vénézuélienne Melissa.OUEST» Au début de 1985, Fabienne Thibeault et Richard Cocciante ne se sont toujours pas croisés.Si, une fois, dans un studio de radio à Paris où ils ont chanté un bout de quelque chose ensemble sur les ondes.Mais il a fallu le concours de l’inévitable Luc Plamondon pour que naisse le duo gagnant.D’abord, Fabienne consulte, comme ça, une voyante qui lui prédit un événement particulier qui lui amènera plein de conséquences heureuses.À surveiller, la lettre C.Lorsque Plamondon lui téléphone pour lui proposer un duo avec Richard Cocciante, elle s’exclame: «C’est certainement ça.Il y a trois C dans Cocciante!» Cocciante, qui connaissait quelque peu Plamondon, l’avait auparavant invité à passer quelques jours chez lui à Rome.Le courant est passé et ils se sont mis à écrire quelques chansons.Avec pour résultat une participation massive de Luc sur le dernier disque de Cocciante, L’homme qui vole.«Il a une manière très homme-de-la-rue d’écrire, dit Cocciante, avec des rimes à la fois très profondes et très quotidiennes.» De son côté, Fabienne reconnaît l’influence déterminante de Plamondon sur sa carrière.«Il est intelligent et tellement professionnel.Il m’a procuré les heures les plus belles et à la fois les plus douloureuses de ma vie.Il m’a remuée, m’a fait évoluer.Je l’aime beaucoup.» Tous trois se sont réunis en studio pour enregistrer Question de feeling.Cocciante aime le contraste de sa voix avec celle de Fabienne; elle parle de la gentillesse de Richard et de l’admiration mutuelle qui les lie d’une façon nouvelle.Racines simples et destins intenses.La vie finit bien par nous amener partout où l’on veut, pour peu qu’on y ait foi et qu’on s’arrange pour faire ce que l’on aime.Question de feeling et question de timing.¦ QUÉBEC ROCK 21 20 MARCH PAR ANDRÉ DALCOURT Québec Rock rencontre le Ministre des Communications du Canada, M.Marcel Masse, et lui parle de son programme d'aide de 25 millions$ à l'industrie du disque et du vidéo-clip.Il y est question de concerts, d'émissions radiophoniques, de vidéo-clips, de tournées internationales, et, surtout, pour la fin de l'année, d'une nouvelle loi des droits d'auteur plus généreuse envers les créateurs et les créatrices.Québec Rock: Monsieur le ministre, vous avez annoncé il y a quelques jours un programme d’aide à l’industrie du disque qui amènera le gouvernement fédéral à dépenser 25 millionsS au cours des cinq prochaines années.Pourriez-vous nous en résumer les grandes lignes et surtout nous dire ce qui vous a poussé à l’élaborer?Marcel Masse: Nous l’avons mis au point parce que la part du marché national occupée par les disques canadiens a baissé considérablement ces dernières années.Elle a chuté de 15 pour cent au Canada anglais et de 45 pour cent au Canada français.Q.R.: Quelles sont les causes de ce déclin?M.M.: Il y en a plusieurs.Il y a d’abord le fait que les compagnies de disques canadiennes sont désavantagées sur leur propre marché par rapport aux sociétés multinationales.Ces dernières importent les bandes maîtresses de leur société mère.Les société canadiennes, elles, doivent investir entre 39 000$ et 125 000$ pour produire cette bande.Il y a ensuire le fait que, pour les compagnies étrangères, le Canada est un marché d’exportation qui sert à accroître les profits.Les sociétés canadiennes, elles, doivent y financer leurs bandes maîtresses.Or le marché canadien est très petit.Il n’y a pas au pays un marché de 25 millions de consommateurs mais deux: un, francophone, de 7 millions et un, anglophone, de 18 millions.22 QUÉBEC ROCK Un volet du programme, celui qui concerne la commercialisation et l’aide aux tournées à l’étranger, vise à contrer les difficultés qu’engendre la petitesse des marchés.Il a pour objectif d’aider le disque canadien à se tailler une place sur la scène internationale.Il est indispensable de faire connaître nos talents à l’étranger.Les succès remportés au niveau international accroissent de dix à quinze fois le volume des ventes effectuées au pays.Avec notre programme, on pense pouvoir aider entre 20 et 25 artistes canadiens à faire des tournées internationales.L’industrie du disque canadienne-française recevra 40 pour cent de ces sommes.Si l’on tient compte du fait que les francophones représentent 28% de la population du pays, c’est un programme d’action positive très marqué envers les artistes francophones.Q.R.: Vous ne craignez pas de susciter par là certaines réactions chez les anglophones?M.M.: Si on tient compte de l’affaissement plus marqué de la production du côté francophone, notre décision est tout à fait justifiée.Comme toute décision publique, il va falloir l’expliquer.Il y aura, bien sûr, des gens qui souligneront le fait que le ministre est francophone, mais.(soupirs et bof!) Q.R.: Comment sera administré le programme?Qui décidera qu’une aide sera apportée à tel artiste et non pas à tel autre?M.M.: Le programme sera administré directement par le ministère, mais il fonc- Éd.NTÀIftSC PPOUTIQUESA «Il faut donner de l'oxygène à nos créateurs pout q donnera selon la formule de Téléfilm.Physiquement même, les responsables seront installés dans les locaux de Téléfilm à Montréal.L’artiste qui voudra faire une tournée soumettra un programme, et un jury sélectionnera les projets.Q.R.: Vous financerez aussi la production d’émissions radiophoniques?M.M.: Oui.On enregistrera des spectacles qu’on offrira ensuite aux radiodiffu-seurs.Ainsi, on aidera la production de spectacles mais aussi l’industrie de la radio.Q.R.: En annonçant le programme, vous avez indiqué que, au besoin, le gouvernement pourrait envisager d’autres mesures pour venir en aide à l’industrie, telles que des modifications aux tarifs douaniers.Pourriez-vous nous donner un exemple?M.M.: Oui.Par exemple, lorsque des artistes font une tournée, ils louent un équipement de scène: amplificateurs, micros, éclairage.Ces équipements appartiennent le plus souvent à des compagnies américaines, et les artistes canadiens paient un tarif douanier pour les (¦lUK ils aient intérêt à créer».utiliser.Mais lorsque les Américains emploient ces mêmes équipements au Canada, ils ne paient pas de douanes.On arrive à l’aberration suivante: l’artiste canadien paie au Canada ces équipements plus cher que l’artiste américain.On va essayer de réviser cela.Q.R.: Un mythe s’effondre avec l’apparition de votre programme: au Québec, la langue n’est plus le bouclier qu’on croyait pour toutes les industries culturelles.M.M.: Exact.On n’a pas toujours distingué la Culture des industries culturelles.L’industrie culturelle tient compte de données objectives: la petitesse du marché, la présence des concurrents, la capitalisation.Or, quand on examine la situation, on constate que la partie «industrie culturelle» est plus faible au Québec qu’au Canada anglais.C’est relié, comme je l’ai dit, à la surface du marché.Au Canada français, il y a eu un débat sur la réalité culturelle il y a quelques années.Mais la réalité culturelle, c’est une chose, et l’industrialisation de cette réalité, c’en est une autre.La protection de l’une n’entraîne pas nécessairement la survie de l’autre.Q.R.: Quel pourcentage du marché national souhaiteriez-vous voir occupé par les disques canadiens?M.M.: En France, le répertoire d’origine nationale accapare 66 pour cent du marché.En Angleterre, 64 pour cent.Au Canada, il n’occupe que de 11 pour cent.C’est une donnée révélatrice.Quand les gens me demandent quel pourcentage je vise, je réponds qu’il n’est pas normal que l’on ne retrouve pas au Canada le moyenne des pourcentages enregistrés dans les pays de l’OCDE.Cette organisation regroupe les pays du même type de civilisation que nous.Que le pourcentage canadien soit si bas entraîne deux conséquences.Cela affecte premièrement notre identité culturelle.Le disque a une influence culturelle énorme, à travers la radio, à travers les discothèques.Et une conséquence économique très importante: si le fait d’occuper 11% de notre marché crée 15 000 emplois, imaginons combien de milliers d’emplois créerait le fait de pren- dre possession de 50% de notre marché! Q.R.: Mais dans le contexte des négociations sur le libre-échange qui vont débuter bientôt avec les Etats-Unis, vous ne craignez pas que les Américains vous reprochent de leur faire une concurrence déloyale en subventionnant la production de disques et de vi-déoclips?M.M.: Dans toute négociation, il faut que les deux parties sachent ce qui est intouchable pour l’autre.Les Etats-Unis, par exemple, n’accepteraient pas que le Canada définisse leur politique de défense par le biais de l’industrie des armements.Le Canada de son côté n’acceptera pas que les Américains définissent sa politique culturelle.Il est évident qu’il va y avoir une discussion musclée sur cette question.Il se peut même que toute la négociation achoppe là-dessus.Cela peut arriver.Q.R.: Parlons maintenant un peu des droits d’auteurs.Au printemps de 1984, le Ministre des Communications d’alors, M.Francis Fox, avait publié De Gutenberg à Télidon.En octobre dernier, de votre côté, vous avez rendu publique La charte des créateurs et des créatrices.La nouvelle loi du droit d’auteur s’en vient donc à grand pas?M.M.: Oui.Au moment où sera publiée cette entrevue, j’aurai probablement présenté, à son sujet, un mémoire au conseil des ministres, signé par le Ministre des Communications et le Ministre de laCon-sommation et des Corporations.Ce mémoire demandera au ministère de la Justice de rédiger la nouvelle loi, en consultation avec les deux ministères concernés.Le reste du document touchera le contenu et les principes en fonction desquels devront travailler les légistes.Ensuite, le processus sera assez long.C’est tout de même une loi compliquée.Mais on peut penser que le gouvernement présentera la nouvelle loi en première lecture au Parlement avant la fin de l’année.La seconde lecture, elle, pourrait avoir lieu vers les mois de février ou mars.Suivra l’étape du comité parlementaire durant laquelle tout le monde pourra faire valoir son opinion.Après quoi, la loi reviendra en Chambre, amendée ou pas.Et, l’an prochain, à la même date, le Canada aura probablement une nouvelle loi d’auteur.Q.R.: Mais dites-nous ce qu’elle contiendra s’il n’en tient qu’à vous?Couvrira-t-elle les juke-boxes, les discothèques, et toutes les techniques qui n’existaient pas lors de l’adoption de la loi actuelle, en 1924?M.M.: La loi va effectivement tenir compte de tout ce qui existe de nouveau, que ce soit du côté de l’informatique ou du côté culturel.Le monde d’aujourd’hui n’est pas celui de 1924.On va couvrir tous les nouveaux champs.QUÉBEC ROCK 23 Q.R.: Tous! Elle sera donc très généreuse envers les créateurs?M.M.: Oui.Elle reflétera un juste équilibre entre les intérêts des consommateurs et ceux des créateurs.C’est pour cela que deux ministres s’en occupent.La loi actuelle est plus du côté des consommateurs.L’espère que la nouvelle loi, et c’est là mon combat, permettra aux créateurs de récupérer une juste part de la richesse qu’engendrent leurs oeuvres.Il faut donner de l’oxygène à nos créa- 24 QUÉBEC ROCK teurs pour qu’ils aient intérêt à créer.Q.R.: Couvrir tous les secteurs émergés depuis 1924, ça implique la câblodistribution, les discothèques, la musique de films, etc.?M.M.: Oui.Q.R.: Dans cette optique, avez-vous trouvé inspirante la loi française que l’ex-ministre de la Culture, M.Jack Lang, a fait adopter avant de partir?M.M.: Oui.J’ai même rencontré des Français qui ont travaillé à sa rédaction afin de m’assurerque la loi que nous présenterons sera une loi juste.La loi actuelle ne l’est pas.La nouvelle loi sera juste et généreuse et tout le monde y trouvera son compte.Q.R.: Votre «combat» n’est pas facile?M.M.: Non, effectivement, il ne l’est pas.Les utilisateurs du produit des créateurs sont bien organisés, possèdent de bons lobbies et sont présents partout.Les créateurs, moins.Q.R.: Mais comment allez-vous concilier l’intérêt des radiodiffuseurs et celui des créateurs, qui semblent s’opposer à première vue?M.M.: À court terme, les intérêts financiers des radiodiffuseurs peuvent être d’économiser au maximum sur les droits d’auteur.Mais leur intérêt à long terme est de faire en sorte que les créateurs soient nombreux et prolifiques.Et moi, comme Ministre des Communications, je suis plutôt enclin à me préoccuper des questions à long terme.Q.R.: Se pourrait-il que la nouvelle loi contienne une petite taxe sur les cassettes pour compenser les pertes dûes au piratage?M.M.: Le ministère des Finances à Ottawa n’aime pas qu’une taxe finance directement un programme.Téléfilm est financé par une taxe imposée aux utilisateurs du câble.Mais c’est une approche qui va contre la théologie du ministère des Finances.Le ministère voit plutôt un ensemble de taxes qui financent un ensemble de programmes.Il est possible qu’une taxe soit appliquée un jour sur les cassettes, mais c’est loin d’être acquis.Q.R.: De quels appuis bénéficiez-vous au cabinet?Faites-vous face à l’opposition du ministre des Finances?Le Premier ministre a-t-il avalisé votre approche?M.M.: Le Premier ministre et le cabinet sont très sensibles aux problèmes des auteurs et ils appuient mon orientation.Q.R.: Pour finir, peut-on croire que les discussions sur le libre-échange avec les États-Unis aideront les auteurs?M.M.: Moi, je pense que ces négociations seront une très grande chance pour le secteur culturel canadien.Le libre-échange va forcer un débat sur la réalité culturelle canadienne et sur l’intérêt qu’ont les Canadiens d’avoir une réalité culturelle distincte de celle des Américains.Les Canadiens ont voulu un pays distinct des Etats-Unis et ils savent fort bien que la réalité culturelle est l’une des grandes différences à maintenir.Q.R.: Pas de souveraineté politique sans identité culturelle.M.M.: Exactement.Dans ce sens-là, je pense que l’on va sortir du débat avec une plus grande volonté d’avoir une identité bien à nous.Et cela va aider le gouvernement à obtenir l’appui de la population pour développer le secteur culturel à travers tout le pays. LE CONTROLE DES NAISSANCES EST .UNE LOURDE RESPONSABILITE.QUE DIRE DE LA PATERNITÉ ! U 'n jour vous vous sentirez prêt à fonder votre propre famille.Mais jusque-là, il est primordial que vous fassiez votre part pour éviter une grossesse non planifiée.Vous pouvez vous procurer des condoms sans ordonnance, dans n’importe quelle pharmacie.Il n’y a rien d’embarrassant ou de difficile à se les procurer ou à les utiliser.Et la technologie moderne a rendu les risques de rupture d’un condom pratiquement nuis.De plus, les responsables médicaux et de la planification familiale recommandent l’usage d’un condoi pn nliiQ Hp tutre précautioi votre par e peut (rendre) comi >rotection Ses maladies 7 A p Ay>\ prmpÇ | V* JUl V/X Jl Vs A11 Le condoi bon sens.Un souci le moins pour rOUS.LE CONDOM DU BON SENS.PARCE QUE L’ACTE SEXUEL NE DEVRAIT PAS ETRE UN SOUCI.lot sensitivity »m( confidence pout la sensibilité et le confiance Julius Schmid du Canada Ltée Scarborough, Ontario ALPHA DIFFUSION LHASSA CALL PAR FRED PERSO Novem la vieille Tibétaine, creusé meillé, s'éclaire lente-m'en approche.Les n de ma légèreté > /> Î4' i I If „ i I v O •• ' x ! , ¦ kmrm^ .¦ i" ” i ; 1 Femme tibétaine Une de* nombreuses chapelles à ('intérieur du Potala, ou s'amoncellent écharpes et offrandes.ü Partis de Pokhara (Népal) cinq jours auparavant, nous avons cheminé vers Jomo-somt cité interdite, et croisé plusieurs caravanes de réfugiés tibétains.Étrange cortège aux yeux de l’Occidental que ces mulets portant un collier de cuir garni de clochettes tintinnabulantes, que ces hommes et ces femmes au sourire éclatant, en costume traditionnel qui, parfois, s’appuient contre un rocher pour se reposer un peu.Nous n’en revenons pas.Comment font-ils donc pour marcher des jours durant, en portant d’invraisemblables charges à l’aide de leur bandeau frontal?Le refuge s’éveille maintenant, le jour se lève doucement et il est temps de sacrifier au rituel quotidien, celui d’aller voir le soleil se hisser au-dessus des cimes neigeuses de l’Himalaya.S’il existait un paysage auquel on pourrait coller le mot de «liberté», je choisirais celui-ci.Assis â l’écart du petit groupe d’étrangers, beaucoup plus intéressés semble-t-il à régler leurs objectifs pour la photo-souvenir qu’à jouir du spectacle, nous sommes occupés, en compagnie du sherpa de corvée, à nous rouler le «pétard» des familles; grâces soient rendues à cette villageoise qui, pour quelques crayons-feutre offerts à ses petites filles, nous a fait don de cette herbe bénie des dieux! Le décor est maintenant irréel: perdus dans cet océan de montagnes, à quelques 6000 mètres d’altitude, baigné d’une lumière rose, nous «dérivons» en silence, le coeur battant à tout rompre.Plus tard, nous redescendrons en dévalant les pentes, ivres du bonheur d’avoir entrevu, pour quelques instants, la vision d’un paradis perdu.Une mauvaise nouvelle nous attend cependant à Gorapani: pas question de filer vers Jomosom sous peine d’amende assez lourde et le petit pécule dont nous disposons n’y suffirait pas.Et puis, la perspective de rencontrer les gardes-frontières chinois qui parfois tirent sans sommation n’est pas particulièrement réjouissante.Le rêve s’écroule mais, malgré tout, nous nous serons rendus jusqu’à l’ultime limite permise et le périple accompli restera gravé de façon indélébile dans nos mémoires.Oui, je sais, tout cela sonne un peu trop «poétique»; hé Fred, on n’est pas chez Mallarmé, mais attendez, ce qui va suivre l’est beaucoup moins.DÉCEMBRE 85: LA TRANSHIMALAYENNE EST RÉOUVERTE Sur les téléscripteurs du monde entier, la nouvelle est tombée, sèche, sans plus de commentaire.Ainsi le Tibet, cette région sauvage et mystérieuse, le «toit du monde», allait être livré en pâture au tou- îkm z & ¦ : ¦" Yf.¦ 31-• '.ft>¦ .Berger tibétain vêtu d'une «dzomos» (peau de mouton).Le toit du monde.BOUDDHA VS MAO On vous a parlé plus tôt des méchants Chinois! Savez-vous maintenant ce qui a sauvé les Tibétains de la (cré)sinisation totale?La religion.Cela fera peut-être sourire certains, mais tous ceux qui ont approché ce peuple peuvent en témoigner: le Tibétain est animé d’une foi inébranlable.Le bouddhisme tantrique ou lamaïsme n’est pas à proprement parler une religion en soi, mais bien plutôt un ensemble de doctrines tirées d’un certain nombre d’ouvrages parus vers le 6e siècle après J.-C.en Inde, comme le Rudrayamala, le Kali-ka, le Maha-Nirvana et d’autres.Les caractéristiques les plus marquantes du tantrisme sont la symbo- lique, l’occultisme, la magie, l’icono-latrie, le oga; en un mot, une importance capitale attachée aux «rites», soit aux «règles d’actions» par opposition «aux règles de pensée et de conduite».Spirituel oui, éthéré non et le lama n’est pas forcément contre l’arrivée d’un certain modernisme en autant qu’il ne soit pas trop tapageur.Le Dalaï-Lama, la plus haute autorité religieuse, vit aujourd’hui exilé à Dharmsala (Inde); Pékin, tourisme oblige, envisage même de le laisser revenir à Lhassa.Surtout, si vous voulez en connaître plus long sur le sujet, évitez les fadaises d’un T.Lobsang Ramba ou d’un Pauwels et reportez-vous au bouquin de référence: Buddhist Lamaism de L.A.Waddell.QUEBEC ROCK 27 » ' ¦ && Wk » x.HUÏÏuBiv ¦«r^rr*- ' * v,'; *p wfBroTWTti W«« frnuiiTmîl lîSMB|rts! À I enfrec du Da-Zhao, le sanctuaire le plu$ vénéré de Lhassa ft à, A Wi‘M E£_«Æ~, ,v: m 'ffÊpk*****.i , K# ' è ^''' .*Æ$ ' v •' "'''" Villageois de Zansfcar (Cachemire) Le palais du Potala et les vestiges de la vieille ville de Lhassa ALPHA DIFFUSION ALPHA DIFFUSION risme occidental! Combien seront-ils à découvrir Lhassa, la capitale, l’étoile-fleur comme l’appelle si affectueusement Han Suyin, l’eurasienne aux best-sellers et la plus formidable propagandis-tedes hommes de Pékin?Il faut, en effet, être gonflée à bloc pour soutenir que l’arrivée des Chinois dans ce coin de la planète a été accueillie avec chaleur et qu’elle a marqué le début d’un âge d’or.Dans son bouquin sur la question, notre révolutionnaire de service n’y va pas par quatre chemins! Chapitre 5: Naissance de l’ouvrier tibétain.Chapitre 7: Téléphonez, Lhassa n’est plus le bout du monde.Chapitre 8: Le vieil ordre cède la place à la nouvelle femme tibétaine.Et pourquoi pas chapitre 43: Avis de recherche, ce soir à Radio-Tibet.Ceux qui se reconnaissent sur la photo en compagnie du Dalaï-Lama sont priés de.?Chapeau! Je savais que les Russes étaient passés maîtres en matière de désinformation, mais avouez que les Chinois ne se défendent pas trop mal non plus.Radio-Pékin annonce que ses troupes ont pénétré au Tibet pour «libérer ce pays des impérialistes et consolider ses frontières».La suite ressemble à toute invasion d’un pays satellite, à la différence près que Mao ne se montrera pas aussi brutal dans un premier temps qu’aurait pu l’être, tenez, disons ce cher Staline.Tout d’abord, il se contente d’occuper «pacifiquement» le pays, en essayant de convertir le peuple à ses thèses.Devant l’échec de la manoeuvre, vient alors le temps de la répression musclée.Le Tibet étant un pays essentiellement religieux (on dénombrait avant Mao quelques 2 400 monastères et 15 000 moines!), les gardes rouges vont systématiquement détruire tous les lieux saints et en martyriser les occupants.Monastère de Rawa, près de Lithang, LHASSA CALLING Pour les plus riches.Il existe déjà, en Amérique du nord, quelques agences qui proposent le voyage vers Lhassa, mais la grande offensive touristique se fera au printemps 87.Si vous avez l’intention de voir ce à quoi pouvait ressembler le Tibet avant le coca-cola et les bataillons nippons, adressez-vous au club Aventure (286-9014).Ils proposent à partir de juin des forfaits à 5 500 $ (!) qui vous feront passer tout de même par la Finlande, l’URSS, la Mongolie, la Chine (Pékin.Lhassa) et le Népal.Petits budgets, bonnes jambes, coeurs vaillants Sorry, folks! L’ancienne route des LE YETI Une attraction «touristique» que plusieurs ont soi-disant vue mais que personne n'a encore jamais réussi à photographier.Bon nombre d’expéditions ont tenté de percer le mystère mais aucune ne peut se targuer d'avoir serré la paluche de «l’abominable homme des neiges».Détracteurs de la thèse de l’existence du yé-ti et défenseurs s’affrontent à qui 1956: «Les Chinois rassemblèrent la population et tuèrent deux lamas devant elle.Ils furent fusillés mais comme ils tardaient à mourir, les Chinois versèrent de l’eau bouillante sur l’un et l’étranglèrent.Ils lapidèrent le second et l’achevèrent à la hache.» De Derge, dans le Kham, 1957: «Les Chinois rassemblèrent tous les moines du district et les exécutèrent.En deux semaines, ils tuèrent un millier de religieux.Dzorchen Rimpoche, l’un des lamas les plus connus du Kham fut attaché et écartelé.Il fut complètement déchiré jusqu’à la ceinture.» Les Tibétains ne se laissèrent pourtant pas faire et en 1959, à la suite d’une ultime tentative pour secouer le joug de leurs «protecteurs» chinois, le Tibet allait devenir un pays interdit aux étrangers.Black-out total pendant plus de 20 ans; la partie est belle pour les occupants qui se livrent à des séances collectives de lavage de cerveau et ruinent la région.En 1984, un rapport, émanant de Dharmsala dans le nord de l’Inde où se sont réfugiés le Dalaï-Lama et son entourage, faisait état de plus d’un million de Tibétains décédés de causes non naturelles.Selon ces statistiques, 430 000 furent tués au cours des combats, 343 000 moururent de faim, 173 000 périrent en prison, 157 000 furent exécutés, 93 000 torturés à mort et enfin neuf mille choisirent pour leur part la voie «express», l’aller sans re- Indes qui passait par l’Iran et l’Afghanistan est quelque peu compromise (un grand merci et un grand bravo aux Ayatollahs et aux Russkoffs) mais avec un billet pour Bénarés (la cité sainte de l’Inde), l’aventure est encore possible.Attention, il vous faudra prendre votre visa chinois avant le départ, sinon vous pourriez vous retrouver coincés à Kathmandu.Visa en poche, tête légère et dollars «in the pockets», cherchez un bus pour la frontière chinoise et ensuite de là, un autre pour Lhassa.Une fois sur place, vous pourrez encore trouver des chambres à 3 ou 4$ la nuit, mais ne cherchez surtout pas à vous faire héberger.N’oubliez jamais que vous n’êtes plus au Tibet mais bien en République Populaire de Chine.mieux mieux depuis un certain temps déjà, mais, finalement, toutes ces escarmouches ressemblent fort à la polémique sur les ovnis.Ajoutons toutefois qu’il faut tenir compte des croyances et superstitions locales.Pour les Tibétains, le monde est peuplé de bons et mauvais esprits et pour un sherpa, le seul fait d’apercevoir un yéti équivaut à un arrêt de mort.Ce yéti-là, personne ne le verra sans doute jamais, mais l’autre.qui sait?tour: le suicide.Chiffres impressionnants certes, mais dont nous n’avons jamais entendu parler.Tenez, faites-en l’expérience au cours des prochains jours et interrogez votre parenté, vos amis, le dépanneur du coin: «Le Tibet, tu connais?».Dans 90% des cas, la seule chose qu’évoquera pour tout ce beau monde ce pays, c’est., vous brûlez., Tintin au TibeV.W Depuis 1980, les choses vont tout de même un peu mieux.Hu-Yao-Bang, un des sbires envoyés par Deng Xiao Ping (le successeur de Mao), chasse Rong Ran, le bourreau local, et le remplace par Yin Fatang, Chinois lui aussi mais beaucoup plus «libéral» et ayant au moins fait l’effort d’apprendre la langue tibétaine.L’étau se desserre: on libère les prisonniers (plus de cent mille), on allège considérablement les impôts, on redistribue les terres et on prend la mesure peut-être la plus significative, celle de réouvrir quelques temples et de garantir a liberté de culte.Seuls, le Potala, palais du Dalaï-Lama et le Jo-Khang, le grand temple, n’ont pas trop eu à souffrir des bombardements.Le reste?Baraquements aux couleurs pisseuses construits sur les ruines de cette cité millénaire, antennes de télé dressées comme des barbelés dans le ciel azur et partout, pourtant, ces visages souriants qui ont l’air de n’avoir pas trop été marqués par les événements.Vous croiserez ces «survivants» au teint de cuivre, demeurés fidèles au port du tchou-ba, sorte de grand manteau serré à la taille par une ceinture, parés de leurs bijoux en argent souvent ornés de turquoises.Voilà! Le constat était brutal, l’amitié entre les peuples en a encore pris un sacré coup, mais vous possédez au moins maintenant deux bonnes raisons d’aller déambuler là-bas.Celle de vous laisser subjuguer par la beauté prenante de cette nature, de ces quelques rares vestiges de la civilisation tibétaine.Et aussi, ne l’oublions pas, d’éviter que ne se reproduise le génocide des années 50.Peut-être d’ailleurs se reproduira-t-il tout de même, mais cette fois au vu et au su du monde entier.QUÉBEC ROCK 29 30 QUÉBEC ROCK PHOTOS JACQUES DUFRESNE RETOUR EXTRAORDINAIRE PAR JEAN-FRANÇOIS GARNEAU * Dans un état d'ivresse assez avancé, un homme d'un âge certain déblatère à voix haute à la porte d'un restaurant.Il déverse à l'intention d'un yuppie ayant le malheur d'être assis près de la baie vitrée un torrent d'imprécations imagées, émaillées, pour meubler les temps morts, d'emprunts au vocabulaire liturgique.Guy Thauvette, Gilbert Sicotte et Raymond Cloutier, au lieu d'entrer le plus discrètement possible dans l'établissement maintenant pourvu d'un crieur public, s'arrêtent comme s'ils attendaient quelqu'un, et écoutent le discours de cet improvisateur ordinaire.Je viens d'assister au spectacle qui marque le retour du Grand Cirque Ordinaire, et cette scène pourrait en faire partie.C'est pourquoi les trois acteurs affichent le sourire malin du photographe surprenant un politicien la main sur les fesses d'une admiratrice.Un morceau du Québec, coincé entre le coeur et le porte-monnaie, voilà ce que le nouveau show du Grand Cirque et cet impromptu inspiré par la bière ont en commun.Avec Lorenzo à mes côtés présente le dilemme de l’ex-passager du carrosse éblouissant des années soixante, écartelé entre le confort bourgeois et la fidélité à ses rêves de jeunesse.Le Grand Cirque Ordinaire, formé en 67 par Raymond Cloutier, Paule Baillar-geon, Suzanne Garceau, Guy Thauvette, Jocelyn Bérubé et Claude Laroche, représente une joyeuse explosion créatrice dans l’histoire du théâtre québécois.De T’es pas tannée Jeanne d’Arc aux Fiancés de Rose Latulipe, en passant par La famille transparente, Un prince, mon jour viendra et le grandiose Opéra des pauvres, le Grand Cirque en se basant sur diverses techniques d’improvisation s’est formé un style original qui attirait au théâtre un public jeune plutôt tourné en général vers le rock que vers les classiques.Gilbert Sicotte et Pierre Curzo ont joint les rangs des acteurs en route, tandis qu’une foule de musiciens regroupés autour de Louis Baillargeon a fluctué au gré des différents spectacles.Raymond Cloutier, «l’homme de roue» du Grand Cirque, a confié à Québec Rock les motifs et la portée du retour inattendu de la troupe.Québec Rock: On aurait pu croire le Grand Cirque enterré pour de bon, qu’est-ce qui lui fait jouer les phénix, le retour des Libéraux?Raymond Cloutier: Dans les premières réunions qu’on a eues pour le nouveau spectacle, on a mentionné la coïncidence bizarre de notre retour avec celui des Libéraux.Ça prend toujours un fou au roi.Avec le Parti Québécois, on avait peut-être de la difficulté à rester critique face à un pouvoir «ami», mais on aurait pu avoir un théâtre d’encouragement à préciser le rêve du pays, à nommer plus précisément le projet, tout en restant critique envers un gouvernement qui a vite eu tendance à aider quelques amis plutôt que d’autres.Mais le retour du Grand Cirque tient plutôt à un moment spécial de la vie de chacun, où on en a eu assez de la solitude, où on a eu envie d’être avec nos amis, puis de rescinder la famille, comme après un divorce, une sorte de remariage parce que les expériences.euh (rires) extra-maritales n’ont pas été si jouissantes.Q.R.: Un second souffle alors?R.C.: Oui, dans le sport, le second souffle c’est là où ça commence paraît-il, mais je peux te dire que dans cet état d’harmonie, de simplicité, de tendresse, et d’efficacité — et aussi parce qu’on avait moins de temps —, on sentait une grande différence d’avec l’époque où on pouvait toujours se dire «Ah, ça ne marche pas le Grand Cirque» en nous concentrant chacun sur nos talents, notre carrière, nos affaires.Mais là, on est allé dans nos vies, nos talents, notre carrière, nos affaires, et on a voulu que le Grand Cirque marche; ça devient une sorte de priorité intime, comme des diamants qu’on veut pas vendre, qu’on veut pas éparpiller.Il serait triste de s’arrêter là, en fait, je suis sûr maintenant que ça ne s’arrêtera pas, qu’on va continuer, peut-être pas avec un show par année, mais à intervalles plus ou moins longs; il faut se retrouver pour constater où nous sommes rendus, où est rendue la société.Moi je souhaiterais un peu plus de permanence, parce qu’une grande partie du public qu’on avait amené au théâtre et qui l’avait peut-être quitté par la suite — sans parler des QUÉBEC ROCK 31 va maintenant avoir envie qu’on perdure et qu’on joue notre rôle dans le spectre théâtral du Québec.Q.R.: Que penses-tu aujourd’hui des déclarations que tu as faites il y a quelques années dénonçant le manque d’ouverture des institutions culturelles pour les artistes de ta génération?R.C.: On a été très baveux entre 25 et 35 ans; on a fait ce que toute jeunesse doit faire.D’ailleurs, c’est une des choses qu’on veut dire dans ce show-là: c’est le rôle de la jeunesse de se révolter, et on a payé le prix très cher parce qu’on a des aînés qui ont pris ça non seulement pour du cash mais nous ont fait payer l’intérêt et le capital d’un coup.On a donc été un peu honnis de certaines places où exercer nos talents particuliers.Q.R.: Justement, ton écriture à toi.R.C.: Je n’ai pas beaucoup le temps, puis je suis habitué à écrire sur commande.Chez moi, j’écris des poèmes, des nouvelles, des projets de scénario de film, de roman.Mais je suis un gars très.pas matériel mais ancré; j’ai besoin d’un projet pour m’exprimer, d’une aventure pour créer.Pour ce spectacle-là, on a erré pendant six mois, improvisé pendant deux mois, mais à un moment donné, j’ai senti que la gang disait: «Bon ben là Raymond, faut que t’aboutisses avec l’histoire, parce qu’on a fait notre part».Alors je suis parti une fin de semaine et j’ai écrit toutes les chansons en une soirée; mais tout ça était mûri, j’avais réfléchi, mais il fallait que j’attende à la dernière minute.Il faut qu’il y ait un engagement; il y a tellement de projets, de romans dans les tiroirs, de chansons dans le salon, que, comme disait Denys Arcand je crois, si vous voulez que je m’exprime, engagez-moi! Q.R.: Tu ne t’es pas rangé, après avoir goûté au neuf à cinq de la télévision?R.C.: Au contraire, c’est à cause de ça qu’on fait ce show-là.On avait goûté à l’élixir avant la piquette, et puis bon, on ne peut plus s’en passer.Le temps compte, on voit venir 60 ans, 65, on sait ce que c’est 25 ans, on vient de le vivre, alors le prochain 25 ans on ne veut pas le perdre, on veut laisser quelque chose à nos enfants.Q.R.: C’est vrai, tu es père de famille maintenant, ça change tout.R.C.: Le référendum m’avait laissé dans une dépression; faire un enfant m’a redonné vie, je me suis dit au moins je vais donner ma vie à quelqu’un.Dès sa naissance, je me suis dit que je n’avais plus le droit de rater la mienne, je n’avais plus le droit de n’avoir pas de sens, d’arrêter de travailler à une sorte de rêve intime et de m’exprimer fondamentalement.On n’a pas le droit de donner le malheur en héritage, donner l’échec, l’homme vaincu.Q.R.: Et toute la job à faire, car la génération précédente a souvent délégué le travail à la nôtre.R.C.: Oui, en général on est les enfants d’hommes assez vaincus, qui nous ont " s Awiywàinii CLÛUTIER ¦ IKIm demandé de réussir leur vie à leur place, et ça c’est un héritage qu’il ne faut pas laisser à d’autres.Il faut arrêter cette chaîne-là.Nos enfants nous demandent d’être heureux, d’abord, puis ensuite, si on leur lègue cette clef, ils s’en serviront pour ouvrir les portes qu’ils veulent.Q.R.: Est-ce que la mort du Grand Cirque en 77 est due à l’arrêt des subventions?R.C.: Non, il y avait beaucoup de douleur, de misère affective, une sorte d’impossibilité que le mariage survive.Q.R.: La guerre de sexes.comment vois-tu la situation maintenant?R.C.: La question des sexes s’est posée dès le début, et pour nous c’est une garantie que Faute soit là, parce qu’elle est éclairée, avertie, et.en feu!.mais en même temps elle est remplie de tendresse pour les hommes, même les hommes comme nous qui avons aussi tous les défauts du monde.Mais elle a le sens du féminisme qui voit le projet à long terme et qui, en donnant l’exemple, nous amène à des positions nouvelles.Elle a toujours fait ça, mais là elle accepte de nous amener avec elle, et nous, nous voulons y aller.Q.R.: À propos du personnage de Lo-renzaccio, la pertinence est moins claire que pour Jeanne d’Arc, par exemple.R.C.: Jeanne d’Arc, son mythe est connu, Lorenzo, son mythe n’est pas connu, bon.Mais il a décidé très jeune, sans raison apparente, de tuer un tyran.Nous, nous transposons ça en un acte personnel important, d’anarchie ou de courage, qui va à l’encontre de tout ce qu’on te demande de faire automatiquement.Ce qui nous intéresse c’est le débat Lorenzo-Philippe (Philippe est joué par Jocelyn Bérubé, Lorenzo par les autres à tour de rôle).Philippe est un humaniste qui dit qu’il faut faire quelque chose pour le bonheur de l’humanité; c’est un être social.Lorenzo est un personnage très moderne, une prémonition de Musset sur le vingtième siècle, un Hamlet français sans le doute, sans la névrose, qui dit, lui, que ça ne donne rien de faire quelque chose pour les hommes — ils ne te sui- vront pas, ne le recevront pas — mais que t’es obligé de faire quelque chose pour toi-même, pour que ta propre existence ait un sens; c’est très sartrien finalement: tu te donnes à toi-même la définition de ton existence.Alors le débat se joue: est-ce qu’il faut faire quelque chose pour les hommes, est-ce qu’il faut faire quelque chose pour soi?Les hommes n’en valent peut-être pas la peine, mais il ne faut pas que l’énigme de ma vie meure en silence.C’est un débat existentiel, très peu politique finalement.Mais je savais qu’on jouait sur un terrain glissant.Q.R.: À cause du mot «tyran»?R.C.: La tyrannie est vaste, ça peut être entre deux personnes.Mais le mot tyran n’est plus utilisé nulle part; on parle de dictature.On a été un peu baveux, on a voulu garder cette difficulté-là, d’abord celle d’être des acteurs supposés tout croches, anarchiques, fuckés et d’aller vers le clacissisme parce qu’on voulait montrer que le Québec est jugé par l’universel.La définition du Québec n’est pas de parler jouai, d’habiter «Montrrréal»; c’est un esprit qui a accès à l’universel, et là nous on veut y aller.On n’a jamais fermé cette porte-là, mais elle n’était pas encore nécessaire.Maintenant, elle le devient pour comprendre la position du Québec sur la planète et dans l’éventail de la francophonie.Q.R.: On est au monde.R.C.: On est au monde, mais le Québec ne lésait pas! (rires).Q.R.: Alors la suite?R.C.: Sur le plan pratique, on devrait reprendre le spectacle à l’automne, on a du feeling.Après on verra; il y a des projets dans l’air.Sur le plan thématique, ce show-là en appelle un autre automatiquement, à propos de notre vie personnelle.C’est le couple yuppie de la fin, avec son fils adolescent gâté, pris dans la question de la survie.Est-ce qu’on va passer toute notre vie à survivre?Le geste que Lorenzo appelle, on ne le fait pas.Pour nous, le geste c’était de faire le spectacle.Q.R.: Enterminant, un mot sur la forme du spectacle.R.C.: Le drame romantique, c’est un mode idéal aujourd’hui au Québec.Au départ — c’est Victor Hugo qui l’a dit, pas moi — c’est la possibilité de mêler le tragique et le comique.Avec la vague d’humour qu’on a eu, il fallait se méfier de l’anesthésie par le rire.D’ailleurs il y a des gens qui nous disent: «Vous êtes casse-pieds avec votre Lorenzo», mais justement, c’est qu’ils se font endormir par le comique.La forme du drame romantique permet de ramener l’attention sur les choses importantes.En France peu de pièces ont fait ça.En ce sens, Lo-renzaccio est exemplaire, c’est une des pièces les plus universelles, parce qu’elle pose une question globale.¦ * membre du Grand Cirque Ordinaire de 1974 à 1978.32 QUÉBEC ROCK A A A AIWA VOUS COÛTE MOINS CHER À LONG TERME) 5-W300 i stéréo i tement de la radio ou ; Montage facile et doublage i casque stéréo.ette.Enregistre direc-licrophones incorporés.:élérée.Prise pour ALTO Rfy, |,s.HS- Maintenant, un baladeur cassette ; qui vous permet d’agencer le son à votre wa est doté d’un égalisateur sur 5 bandes.Réduc Dolby et auto-inversion.Plus l’aspect pratique d’une mande.Il faut le voir et l’entendre pour l’apprécier.HS-T06 Baladeur avec syntonisateur AM/FM incorporé.Lecteur de cassette à auto-inversion avec réduction de bruit Doiby.Sélecteur de ruban Cr02/Normal.Mécanisme anti-roulis.Casque stéréo.Dragonne.CS-W550 Radio stéréo AM/FM de luxe avec système de doublage synchro à vitesse normale ou double au simple toucher d’un bouton.Enceintes stéréo à 2 voies.Sélecteur de ruban Cr02/Normal.Circuit d’auto-correction physiologique pour rehausser le niveau du grave.I ^ ¦* * .811 CA-W40 Chaîne stéréo portative compacte.Récepteur AM/FM stéréo.Double lecteur de cassette à doublage synchro à touche simple — vitesse normale ou accélérée.Écoute à inversion automatique.Réduction de bruit Dolby.Égalisateur graphique sur 5 bandes.Enceintes détachables à 2 voies.Rendement haute-fidélité en format pratique.Distributeur National: SHRIRO (CANADA) LTD.AIWA m HS-J08 Le baladeur haut-de-gamme Aiwa à possibilité d’enregistrement avec télécommande.Écoutez ou enregistrez directement du syntonisateur AM/FM stéréo incorporé.Enregistrement en direct avec micro stéréo facultatif (14,95$).Écoute à inversion automatique.Casque de type repliable.8145 Devonshire Rd., Montréal H4P 2K6 99 Advance Rd., Toronto M8Z 2S6 PAR PIERRE LEROUX PARIS — «Le décor, c'est un port et la mer c'est vous», lance le capitaine Renaud du haut de son micro qui lui sert de mât d'artimon, sur la scène, face aux six mille moussaillons qui rêvent de partir au large avec lui.Et Renaud Séchan, «sous ses cheveux jaunes», emmène toutes les pépettes en vacances au fil de la dérive de ses chansons vagues.Sous le chapiteau de Nancy où nous l'avons rencontré, Renaud déploie ses voiles et demande à ses petits perroquets de fredonner ses airs marins.Incontestablement, le matelot a pris du galon et depuis son premier mouillage au Québec (il y a deux ans, à l'Hôtel Cla-rendale un soir de pluie, avec un micro pour trois choristes), Renaud, après avoir beaucoup navigué, a le gouvernail bien en main.Meilleur vendeur de disques en France, Renaud maîtrise son spectacle avec une habileté qui fait oublier sa gaucherie des débuts.Un peu fatigué cependant par le star-system, comme il le chante sur son dernier disque et comme il l'avoue à Québec Rock, Renaud sait encore qu'au Québec, il n'est pas «rentable», malgré l'ampleur de son succès.«Je ne prends pas de cachet quand je chante à Montréal.Je ne viens pas pour faire du fric, dit-il.Au fait, je paierais pour chanter chez vous».Pour lui, le Québec demeure un peu sa wifd card; sa façon de rester l'éternel gringalet du temps de Société, tu m'auras pas.,* Québec Rock: T’as fait un bout de chemin depuis ton premier passage au Québec.Ça marche fort pour toi maintenant.Alors, tu reviens nous voir en gagnant?Renaud: Oui, mais tu sais, je ne suis pas encore rentable au Québec.Q.R.: T’es sérieux?Renaud: Tout à fait.Maintenant, je vais faire la Place des Arts, parce que le Spectrum perdait de l’argent avec moi.Q.R.: Pourtant, après Cabrel, tu es sans doute le chanteur français le plus populaire au Québec.Qu’est-ce que ça prend pour réussir?Renaud: Au Spectrum, c’était ingérable.La salle était trop petite pour que ça soit rentable.À chaque fois, il y a 14 billets d’avion à payer, les chambres d’hôtel, etc.Il faudrait monter les prix des billets, mais ça, je ne veux pas, ou que les musiciens fassent un super effort.Moi, quand je viens à Montréal, je ne viens pas pour m’enrichir.Q.R.: Peux-tu comparer le cachet que tu reçois au Québec à celui que tu touches en France?Renaud: Non; je peux pas parce qu’au Québec, je ne prends aucun cachet.C’est forcé.Sinon, on ne pourrait pas venir.Même les musiciens touchent un bon tiers en moins.Sans entrer dans les chif- fres, disons que s’ils touchent 1 500 balles (300$) par jour en France, ils font 1 000 balles (200$) là-bas.Q.R.: Et tu viens même si tu perds de l’argent?Tu joues les chevaliers blancs ou quoi?(Il ne faut cependant pas être trop naïf; il y a aussi les ventes de disques qui grimpent en flèche même si le show est techniquement déficitaire).Renaud: À la limite, moi j’investis à long terme et Gilbert Rozon qui produit mes spectacles aussi.Je pense que la dernière fois il a coulé de 25 000$.Il faut croire que dans deux ou trois, ans ça marchera.Moi, personnellement, je m’en fous.Je fais un gala devant 10 000 personnes à Lyon et je suis payé.Je peux m’arrêter de chanter toute l’année.Au fond, je paierais pour aller chanter chez vous.J’ai assez pour me payer l’hôtel quand même.Q.R.: Tu ne trouves pas ça étonnant que le chanteur le plus populaire en France ait autant de mal à percer au Québec?Renaud: C’est comme commencer une nouvelle carrière.Il y a deux ans, à Ri-mouski, Chicoutimi ou Trois-Rivières, je te rappelle qu’on avait du mal à avoir des salles de 650 personnes ou encore moins.Oui, Goldman et moi en France, on vend le plus d’albums (environ 700 000 depuis la sortie du dernier!), mais Goldman vend beaucoup plus de 45 tours: Ce qui me fait chier au Québec, c’est que je pars uniquement avec mes musiciens.Pas ma sono, pas mes éclairages, mon décor, etc.Il faudrait trois autocars pour trimbaler tout ça et 55 personnes! Alors, j’utilise le matériel qui est sur place et qui est parfois pourri.Q.R.: Tout ça, ce n’est pas comparable à la tournée française?En France, tu n’as pas les billets d’avion à payer, mais tu as toute ta caravane et tes 55 personnes à trimbaler.Renaud: Un peu, oui, Ce soir à Nancy, il faut 6 500 personnes pour que le producteur rentre dans ses frais.C’est lui qui prend les risques, mais s’il y a moins, je ne fais pas un rond.Il faut 65 briques (65 000 francs: 13 000$) pour payer tout le monde.Mais le Québec, vu le temps qu’on y reste et les salles, ça revient plus cher.Q.R.: Tu peux expliquer les raisons de ta popularité au Québec?Renaud: Non, je ne peux pas.Je ne suis pas sociologue.Pourquoi Springsteen «fait» 100 000 personnes?LA BOSSE DU BOSS DU ROCK.Q.R.: Toujours aussi fan de Springsteen qui chantait au Forum quand tu débutais ton premier tour de chant au Spectrum à Montréal?Renaud: Ouiiii! Je suis content qu’à l’époque, il y en ait eu qui ont préféré venir me voir.Q.R.: Vous vous êtes rencontrés?Renaud: Oui, trois minutes à la Courneuve à Paris, l’été dernier.Q.R.: Il te connaissait?Renaud: Tu rigoles.Bien sûr que non.Q.R.: Et ta chanson Miss Maggie, c’est sérieux, il va l’enregistrer?Renaud: Je ne pense pas.C’est la légende.Si c’était vrai, je l’aurais su avant Rock & Folk.C’est tout de même moi qui ai les droits.Il n’en a jamais été question.Il n’a pas besoin de moi pour écrire des bonnes chansons ou.des mauvaises.Q.R.: Et une carrière américaine, tu y penses encore?Renaud: Il y a beaucoup de gens qui me disent qu’une tournée des universités américaines est très réalisable si on oublie l’idée de faire du fric.Il y a toujours au moins 1 500 étudiants qui viendraient pour apprendre le français.Q.R.: Le français de Renaud.Au fait, c’est quoi un «Mistral»?Renaud: C’est pas si difficile, et puis, il y a vous, les journalistes, qui me posez la question et après, tout le monde le sait.Un mistral, c’est un «bombeck», un bonbon quoi.Q.R.: C’est encore un rêve de percer aux USA?Renaud: Pas un rêve mais un challenge.Pour faire chier les Français.Ça fait 20 ans qu’ils essaient tous de percer avec 36 «Fatigué de parler, fatigué de me taire.» des airs de rock.Le rock, ce sont les Américains qui l’ont inventé.Ils ne nous ont pas attendus pour en faire! Alors, si moi j’y vais avec mon accordéon.Q.R.: Et tu sais quand tu pourrais faire cette tournée?Cette année?Renaud: Sûrement pas cette année, mais j’y pense.Et pas question de «percer» aux États-Unis, pour un Français.Téléphone va à Los Angeles et réussit à remplir une salle de 800 places.Le lendemain, on titre à la une des journaux parisiens: «Triomphe de Téléphone à L.A.».Ça ne veut rien dire.Il y a bien 800 Français à L.A.Même chose quand Azna-vour fait le Carnegie Hall à New York et que l’on offre des centaines de places.Q.R.: Et chanter en anglais?Renaud: J’avais envie à mes débuts de faire un disque en anglais avec mon accent parigot.Puis, j’ai eu la flemme et aujourd’hui, c’est oublié.Comme dit Ca-brel, il y a assez de francophones pour qui chanter.CLIP-CLAP-CLOP Q.R.: Tu viens de terminer un vidéo-clip pour Mistral Gagnant, mais tu n’as pas la réputation d’affectionner parti- culièrement cet art auquel tu t’es d’ailleurs peu prêté jusqu’à maintenant.Renaud: Je n’aime pas les clips; je me suis forcé pour le faire.Q.R.: Alors, pourquoi l’as-tu fait tout de même?Renaud: Pour ne pas me faire chier à aller chanter à la télé avec un son pourri et une entrevue minable.C’est une façon de rester présent tout en étant absent.Q.R.: C’est ton deuxième clip; le premier a été réalisé par Gainsbourg?Renaud: Oui.C’est pas ce qu’il a fait de mieux.Il y a eu des problèmes d’éclairage.Pas vraiment navrant, pas nul, mais je m’en serais bien passé.Q.R.: Tu n’en referas plus avec Gains-bourg?Renaud: Ce n’est pas exclu s’il avait une idée géniale, mais il n’y a pas le feu, pas de plan immédiat.Q.R.: Et les autres moyens de diffusion?Ton livre de chansons, Mistral Gagnant (Ed.du Seuil) que tu viens de publier dans lequel on voit une quarantaine de tes petitsdessins.Tu penses faire une exposition?Renaud: Tu rigoles, c’est tout ce que j’ai.on m’a simplement demandé d’il- lustrer quelques chansons.Q.R.: Et la préface de San Antonio, t’es content?Il t’adore ce type-là.Renaud: Oui, mais c’est pas très bien écrit.Enfin, c’est une préface.(SAN ANTONIO): «Renaud, mon fils, Renaud réjouis-toi: tu as pour ennemis les vieux, les vrais, ceux qui n’ont jamais été jeunes.(.) Renaud, mon fils, réjouis-toi: tu as pour amis tous les jeunes de la terre, les vrais, ceux qui ne deviendront jamais vieux».FATIGUÉ DE PARLER, FATIGUÉ DE SE TAIRE Q.R.: C’est vrai que tu es fatigué de parler, fatigué de te taire, comme tu le chantes sur ton dernier disque?Renaud: Oui, je vais de surprise en surprise.Je voulais être comédien, faire le clown, maintenant ce n’est plus ma passion.Q.R.: Ta passion, c’est toujours de chanter?Renaud: Non, ma passion, c’est de vivre.Chanter, ça m’excite, ça m’amuse, mais je n’ai par le feu sacré.Je n’ai pas envie de brûler les planches.Q.R.: Alors pourquoi fais-tu les tournées?C’est ça qui t’épuise?Renaud: Je le fais pas respect pour ceux qui achètent mes disques.Mais les tournées, les cuites, les repas d’après-concert, les avocats, les séparations avec la famille, ça me tue.Si j’écoute ma flemme ou ma mauvaise humeur un matin, je ne chante plus.Q.R.: Et tu penses à ce moment où tu écouteras ta flemme et ta mauvaise humeur?Renaud: Oui, mais ce qui m’énerve, c’est qu’il faudra faire 6 000 entrevues pour dire pourquoi j’arrête.Expliquer que je n’ai plus rien à prouver, plus rien à dire.Je veux m’arrêter au top et pas au moment où je dégringole.J’ai peur à chaque fois.C’est trop facile d’arrêter quand on ne marche plus.Q.R.: Alors, c’est ce que tu diras le jour où tu te retireras?L’entrevue est déjà faite pour l’avenir.Renaud: Oui, t’as un scoop.Q.R.: Et tu as encore des choses à prouver, à dire?Renaud: Oui, des choses à dire; je crois l’avoir démontré avec mon nouvel album.Q.R.: Et des choses à prouver?Renaud: Faire changer les choses, les mentalités; ce qui est le rêve de tous les artistes.Q.R.: Et tu crois que tu marqueras ton époque comme ton idole, Brassens?Renaud: Je ne pense pas, mais j’aimerais bien.Q.R.: Et tu feras de la poterie quand tu t’arrêteras?Renaud: Oui, mais avec le bol que j’ai, je vais encore me retrouver plus grand vendeur de poterie de France.Après Ca-brel.FICHE SIGNALÉTIQUE Nom: Renaud Séchan.Âge: 33 ans; l’âge du Christ.Profession: «Faire le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot.» (San Antonio) Signes particuliers: cheveux jaunes; suce son pouce.Idoles: Brassens, Springsteen Les vidéo-clips: «J’aime pas.» Maison de disques: Virgin.Cachet au Québec: 000$.Drogues: «Je n’ai jamais rien pris de plus fort qu’une cannette de bière.» Mythe: Springsteen devait lui prendre Miss Maggie.Fausse rumeur.La retraite: «Je vais faire de la poterie, mais avec mon bol, je vais me retrouver plus grand vendeur de poterie en France».Sport favori: la pêche à la ligne («Parce que les poissons ne demandent pas d’autographes»).Q.R.: Tu as la grosse tête depuis tes succès?Renaud: Faut demander aux gens qui m’entourent.Q.R.: Tu as changé?Renaud: Oui.J’ai une attitude plus ferme avec les journalistes.Je ne veux plus les voir et entendre toujours les mêmes questions: «D’où venez-vous?», «Qui êtes-vous?», «Êtes-vous un vrai loubard?».J’en ai marre.Q.R.: Merci tout de même de nous avoir reçu.Et tu prends du temps pour toi, en dehors de tout ça?Renaud: Oui, j’ai besoin de partir.Partir en bateau.En juin dernier, j’ai pris un mois dans les Antilles françaises avec mon bateau, une goélette de 14 mètres que j’ai descendue jusqu’à Dakar.Puis, des amis l’ont amenée jusqu’aux Antilles où je l’ai retrouvée.Q.R.: Et tu penses reprendre du temps «off» cette année?Renaud: Oui, du 1er au 15 juin, après la tournée en France et juste avant d’aller au Québec.Je vais faire de la pêche à la ligne avec ma petite fille dans les environs de Paris.Pour être tout seul; parce que les poissons ne demandent pas d’autographes.Q.R.: Et pourquoi tu suces ton pouce sur la pochette de ton dernier disque?Renaud: Parce que je me suis piqué avec l’hameçon.Q.R.: Tu seras un rocker quant du seras grand?Renaud: C’est quoi un rocker?Q.R.: Celui de Tom Waits, buvant le Chivas dans une chambre à quatre dollars.Situ veux.Renaud: Non, je crois pas que je vais devenir rocker.Q.R.: Sur ton dernier disque, ta chan- son P’tite conne où tu racontes l’histoire de la mort par overdose d’une jeune fille bien, tu l’as écrite pour Pascale Ogier?Renaud: Pas pour elle, mais je pensais à elle.Q.R.: C’est très présent dans ta vie ces histoires de drogues.Tu m’avais déjà parlé de quelqu’un d’autre qui avait succombé à une overdose.Il y a eu une autre chanson, La blanche où tu dénonces ce piège.Renaud: Deux chansons en dix ans, c’est pas tellement.Je pense comme Springsteen là-dessus.Je n’ai jamais rien pris de plus fort qu’une canette de bière.Chacun est libre de mourir ou de vivre comme il le veut, mais quand tu meurs pour enrichir de gros dealers, c’est dégueulasse.Q.R.: On te parle toujours de ce que tu as fait; as-tu envie aujourd’hui de parler de ce que tu n’as pas fait?Renaud: (Interloqué).Non.Au fond je n’ai rien fait.J’ai fait des chansons.Je n’ai pas fait une carrière d’aviateur, je n’ai pas fait.Et Renaud poétique, Renaud fatigué, monte sur scène.Entre deux tests de son, il lit l’entrevue de Cabrel dans le Québec Rock d’avril et il dit: «Écoutez ça» «Renaud c’est mon idole», qu’il dit Cabrel».Ses yeux cernés ne sont pas le secret de sa maquilleuse et avant l’entrevue, en le retrouvant, sa mine atterrée en disait long.Un air de catastrophe, une tête qui pousse les gens à vous dire: «Qu’est-ce qui t’arrive mon vieux Renaud?» Mais Renaud joue la partie en oubliant ses humeurs de cafard au vestiaire.Il répond avec volubilité et entrain aux questions, puis, plus tard, se dépensera comme un forcené sur scène.The show must go on.Il y a l’industrie de sa célébrité à porter.L’engrenage lourd de toute la machine qui le suit.Au cours du dîner, Renaud s’excusera de ne pas avoir pu faire l’entrevue à Paris, car il a rendez-vous avec son médecin.Il craint l’ulcère ou un «truc comme ça».Fatigué, le Renaud qui doit voir à tout.À la fin du spectacle, il regarde avec tristesse son gros Jacquot, responsable du service de sécurité, appréhender un pauvre couple qui vend sous le manteau des posters, des T-shirts et des accessoires à son effigie.Le piratage classique des abords de concert.Jacquot parle de coups de poing.Renaud se désole: «En plus, on m’en veut quand je dis non au piratage».Le manteau est parfois lourd à traîner.S’imaginait-il, quand il a commencé à gratter sa guitare, qu’il vivrait tout ça?Il n’y pensait pas.«Quand j’ai chanté devant 200 personnes, j’ai été surpris.Puis, devant 2 000 personnes, j’ai encore été surpris.Puis, quand j’ai vendu 200 000 disques, encore plus.» Maintenant Renaud, le troubadour, rêve de retourner chanter pour les poissons.Mais là encore, il risque de tomber sur des maquereaux et des requins.¦ 37 LOWENBRÂU Pf®sente uvrE1 CLAUDE ROBERT chansonsJEAN CLAUDE MARSAN, ALAIN, JODOIN RICHARD LORD, CLAUDE ROBERT MIStfNSCtNI LOUIS SAIA ARRANGLM! N IS MUSICAUX VIC VOGEL ssAGisfiiMs ANDRÉ GAGNON, LOUIS SAIA chorégraphiés CLAIRE MAYER DECORS PIERRE LABONTÉ COSTUMES SUZANNE HAREL ECLAIRAGES MICHEL MURPHY SONORISAIRION HARVEY ROBITAILLE PRODUCER»?BERNARD SPIKEER Eweunis fuRS ANDRE MENARD, ALAIN SIMARD ORCHESTRE SOUS LA DIRECTION DE ROGER GRAVEL JACK JEAN CLAUDE MARSAN VICTORIA • NANETTE WORKMAN TONY VELCRO • ROGER GRAVEL FILS MISTER C RICHARD LORD FIFI LATOUCHE ¦ SYLVIE CHOQUETTE ANGELO SILICONE BREEN LEBOEUF Du 27juin au 6 juillet 1986 - AU GUICHET DU SrtCTRUM TOUS LIS JOURJDCIOhiUh LIS JOURS DC STCCTACLCS JUSQU À 12h CTA TOUSLCSCOMPTOIRS ©¦nCKlTRON H Gouvernement du Quêter Ministère des JM OUEST, STC CATHERINE METRO PLACE DES ARTS INF.Ul StSI UNE PRODUCTION SPECTRA SCENE Ministère des Affaires culturelles 4 JW I /}ja aa Club mam Jt Jà m • « ti « ai at ai ¦ .¦ •!'• » U Club Paradise: Cîle de rêve.Cobra: Super-flic (Stallone) rencontre Super-nana (Neilsen).Poltergeist II: et la lumière fut.s’installe: kidnapping, violence, torture, arts martiaux, revanche finale.Catégorie «Qu’ont-ils fait pour mériter un karma pareil?»; Poltergeist II: The other side.La famille Freeling vit paisiblement à Phoenix depuis que le cauchemar cfii film précédent s’est achevé.Tout semble tranquille.jusqu’au jour où ILS reviennent.Ahhhhhh! Les effets spéciaux sont signés par le spécialiste des fantômes, Richard Edlund {Poltergeist, Ghostbusters), quatre fois primé aux Oscars.Craig T.Nelson et Jobeth Williams sont de retour en époux Freeling, et Heather O’Rourke interprète le rôle de leur fille.À signaler; la présence de Julian Beck en exorciste, rôle pour le moins étonnant pour cet homme de théâtre, fondateur du prestigieux «Living Theater».Catégorie «Il ne faut pas jouer avec la science»; deux films.The Manhattan Project, où un adolescent brillant aidé de sa copine décide de bricoler un petit gadget explosif à base de plutonium.Avec la participation de John Lithgow, et réalisé par Marshall Brickman, co-scénariste de plusieurs films de Woody Allen.Le deuxième, où une autre «bol» en sciences construit son propre robot domestique, est Deadly Friends, de Wes Craven, le réalisateur de A Nightmare on Elm Street, avec Mattew Labortaux, un rescapé de «La petite maison dans la prairie».Catégorie «Plaisir de la plage», toujours de mise en été.La série Miami Vice a réhabilité le lieu de villégiature des retraités, en faisant un paradis cool et très cinématographique.Voici justement Band of the Hand de Paul Michael Glaser, qui a réalisé quelques épisodes de Miami Vice, et dont le producteur exécutif n’est nul autre que Michael Mann, tête pensante de la célèbre série.L’histoire: une bande de jeunes un peu délinquants fait équipe avec un vétéran du Viêt-Nam pour «nettoyer» Miami du vice.Vous rêvez de romance et d’aventures dans les Caraïbes?Réservez au Club Paradise, avec Robin Williams en G.O., Peter O’Toole en Gouverneur de l’île de rêve, et Twiggy en G.M.Gentil réalisateur: Harold Ramis, qui se spécialisa dans le genre, après National Lampoon’s Vacation.Quant aux amateurs des charmes preppies des vacances sur la côte Est avec jeunes sympathiques et dynamiques, ils iront voir One crazy Summer, de Savage Steve Holland.Dans la catégorie «les exploits de Dan Cooper», un film très attendu, Top Gun, réalisé par Tony Scott (The Hunger), le frère de l’autre, avec les mêmes producteurs que Flashdance et Beverly Hills Cop, et au générique Tom Cruise {Legend, Risky Business), et Kelly McGillis (la veuve Amish de Witness).L’action se déroule dans le milieu très fermé de l’entraînement des pilotes des Corps d’Elite de la US Navy.Les producteurs insistent sur le fait que le film est l’antithèse des Rambo, et qu’il n’est surtout par un hymne au patriotisme ou à Reagan.Il est rare qu’on entoure à ce point de précautions un film américain par les temps qui courent.À venir également, Solarbabies, une aventure futuriste réalisée par Alan Johnson et produite par Mel Brooks.Cet été, vous ne bronzerez pas idiot.vous ne bronzerez pas du tout! ¦ QUÉBEC ROCK 77 ¦1 CMKaPCU A —i—niini-iiiiuT m^h—— Back to the Future: rencontre au sommet entre un entêté génial (Michael J.Fox) et un scientifique ingénieux (Christopher Brown).PAR ALAIN DENIS ET LANCELOT L'ÉPICIER toyables et corrompus.C’est beaucoup! Mais jamais assez pour Remo Williams, notre héros pas musclé, mal payé.¦ Rocky IV.La célébration ultime du rêve américain.Sylvester Stallone a de quoi être fier, son dernier Rocky lui a valu un des plus importants cachets jamais versés: 12 millions.Et pourquoi?Pour prouver que le muscle le plus difficile à développer est le cerveau.Si vous êtes fans de gros bras huilés et de têtes fromagées, exigez le Rocky fort.Knock out in-tello garanti.Reste à savoir maintenant à quoi ressemblera Rocky VIII.Vous savez, la boxe à 45 ans, c’est dangereux.¦ Le feu de St-Elmo.Version française de St.-Elmo’s Fire.Un film qui s’inscrit dans la lignée des Breakfast Club, Pretty In Pink et 16 Candies.Réalisé par Joe Schuma- Back To The Future.Dans la série des Steven Spielberg Presents il s’agit sans aucun doute du plus réussi.Si votre père n’a jamais su comment s’y prendre avec votre mère, invitez-le au salon, versez-lui un bon double de jus puissant, et laissez Michael J.Fox lui donner quelques conseils.Imbattable ce Back To The Future! Un voyage dans le temps en défunte Delorean, au pays de Berry, des milkshakes et de la crinoline, avec comme compagnon un scientifique un peu fêlé, mais pas con du tout et ingénieux en plus.Le film le plus populaire de 1985, assurément le succès vidéo de 1986.Ce sera bien mérité.Jagged Edge.Un film à deux tranchants.Monsieur est accusé de meurtre, madame le défend.Il est éditeur d’un grand journal, elle est bien sûr avocate.Entre les preuves irréfutables et l’intuition, vous balancez de quel côté?Et si vous aviez fait le mauvais choix?Un film brillant pour grand amateurs d’intrigue judiciaire, avec en vedette Glenn Close, Jeff Bridges et Robert Loggia.Remo Williams, The Adventure Begins.La réponse américaine à l’agent britannique James Bond, Remo Williams marche sur l’eau, évite les rafales de mitraillette et peut courir sur le sable sans laisser ni traces ni soupçons.Sa mission: évidemment lutter contre des crapules, des tueurs, des canailles, des escrocs, des terroristes, des gangsters, des forbans, des aigrefins et des requins impi- cher, il raconte l’histoire d’un groupe de jeunes qui, après avoir obtenu leur diplôme, se réunissent afin de planifier leur avenir.Même si la critique a été sévère, en version vidéo, Le feu de St-Elmo mérite un meilleur sort.¦ Les copains d’abord.Que sont devenus les hippies des années soixante?Leurs idéaux?Une fin de semaine pour y penser et pour finalement poser le problème: Entre l’amour, le sexe, le plaisir et l’amitié, de quoi a-t-on le plus besoin?Prétexte à cette rencontre post-paisley: la mort d’un ami commun.Les copains d’abord, version française de The Big Chill.Un regard convaincant sur une génération convaincue.Avec en plus, la musique très très sixties de Marvin Gaye, Procol Harum et The Temptations.La route des Indes.David Lean a réalisé quelques-uns des plus célèbres films de son époque: Docteur Zhivago, Lawrence d’Arabie, Le pont de la rivière Kwai.La route des Indes marquait son retour en 1985.Et comme retour, c’en fut tout un.Gagnant de deux prix de l’Académie l’an dernier, dont celui de la Meilleure actrice de soutien à Peggy Ascroft, il nous présente une performance remarquable du très respectable Sir Alec Guinness.La route des Indes (A Passage To India), un long métrage où l’aventure et les passions s’entrecoupent.¦ Et en vitesse: A Chorus Line, The Movie, avec des corps qui s’apparentent; Death Wish 3, avec un homme qui s’impatiente; Queen-We Will Rock You, filmé à Montréal, avec un groupe qui s’applique et s’humecte.¦ 13 78 QUEBEC ROCK Le microphone de la Guerre des Êtoiles f- V'?- V-.:.\ - .\ \ .^=1 Rendez visite au détaillant TO A le plus près de chez vous, ou écrivez à: TOA Electronics Inc.10712, 181e rue Edmonton, Alberta T5S 1K8 U TOA v: r~—w la technique anglaise 3lS à seulement A la recherche de la perfection, à la mesure de l'artl L'ensemble NAD'B&W s'adresse aux réels amants de la musique.Ceux qui savent savourer le dynamisme, la présence, la chaleur, la puissance même.Ceux qui veulent vivre leur musique.Réuni pour vous, cet ensemble comprend: le récepteur AM/FM stéréo NAD 7125 d'une puissance de 50 watts RMIS, la table tournante IXAD 5125 et les enceintes B&W DM-100.Magnétocassette en option sélectronic 600, Belvédère, Québec, (418) 683-2525 575, boni.Saint-Martin, à l’ouest du boul.des Laurentides, Laval, 668-9880 PHILSPECTOR LE SON D'AUJOURD'HUI.HIER PAR CHRISTIAN BELLEAU «Je me mets en colère quand les gens disent que le rock'n'roll est de la mauvaise musique.Elle possède une spontanéité qui n'existe dans aucune forme musicale.Les accords sont limités, on dit que les textes sont banals et on se plaint de ne plus avoir d'auteur comme Cole Porter, mais nous n'avons plus de président comme Lincoln non plus! C'est la seule et authentique culture américaine; elle est très présente et c'est ce que les gens désirent.Je m'adresse donc à la jeune génération.Mon travail consiste à rendre des disques émouvants.» — Phil Spector, 1964.Lorsqu’en 1964, les gens entendaient He’s A Rebel, BeMy Baby, Then He Kissed Me ou Walkin’ In The Rain, ils n’arrivaient même pas à se rappeler s’il s’agissait des RonetteS ou des Crystals.La plupart du temps, ils reconnaissaient tout simplement un disque de Phil Spector.Et cela, c’était vraiment nouveau.Car Spector fut premier.Le premier à rendre important le rôle du producteur.Le premier à donner à des disques de rock’n’roll une dimension symphonique plus-grande-que-nature.En infusant à ses «petites symphonies pour les jeunes» une vision artistique et, mieux encore, une conscience, il permit à des chansons telles You’ve Lost That Lovin’ Peelin’, Uptown, Da Doo Ron Ron et Baby, I Love You de devenir des classiques du rock, dressés comme des monuments défiant l’éternité.Mais que fit-il donc, concrètement, pour mériter ce flot d’éloges?«Tout d’abord, je traite la voix comme n’importe quel instrument.Les chanteurs sont des instruments.Ils sont des outils qui me servent à travailler.Quand je vais dans un studio d’enregistrement, je fais de l’art, je transforme le rock’n’roll en une forme d’art et je rends cette musique et le rôle du producteur enfin crédibles».Phil Spector manque sans doute de modestie, mais ses disques (et ses ventes) sont là pour lui donner raison.Des trente 45 t qu’il a produits pendant les cinq années actives de sa compagnie (entre 1961 et 1966), vingt-sept atteignirent le Top 100, neuf se rendirent jusqu’au Top 10, et trois se hissèrent en première position.Ces chiffres, avouons-le, témoignent d’un succès phénoménal pour un petit label indépendant, et finalement pour n’importe quel label.Le son inimitable de Phil Spector a été plus tard reconnu et apprécié par de nombreux artistes (Abba, The Tubes, Elton John, Mott the Hoople, The Beach Boys, Jesus and Mary Chain) et producteurs (Jimmy lo-vine, Richard Perry, Bob Ezrin, et Andrew Loog Oldham).Phil Spector est à l’origine de ce qu’on a appelé l’enregistrement «à l’anglaise», où tous les instruments, les choeurs et les voix se trouvent à un même niveau sonore,excepté la batterie, mixée légèrement en avant.Le plus fameux des producteurs et arrangeurs de pop doit sa réputation aux oeuvres qu’il a écrites dans la première moitié des années soixante.Phillip Harvey Spector est né dans le Bronx à New-York le 26 décembre 1940, mais fut élevé à partir de neuf ans à Los Angeles par sa mère Bertha.Sa nature était fantasque et, vers la fin des années 60, il souffrit de paranoïa aigüe.En 1958, il enregistre avec les Teddy Bears son premier hit, To Know Him Is To Love Him (d’après l’épitaphe insfcrite sur la tombe de son père).À New-York, il joue de la guitare dans quelques groupes et compose en particulier pour Atlantic Records dont il devient le producteur attitré.Puis, avec Jerry Leiber, il écrit Spanish Harlem-, chantée par Ben E.Kink, la chanson grimpe dans le Top 10 en 61.Il produit les Coasters et les Drifters; il travaille avec Elvis Presley, Connie Francis et Gene Pitney.À 21 ans, il est millionnaire et forme sa propre compagnie, Philles, qu’il inaugure avec Les Crystals(T77ere’s No Other Like My Baby).De 62 à 65, il réalisera ses inoubliables enregistrements avec les Ro-nettes (dont il a épousé la chanteuse Veronica «Ronnie» Bennett), Bob B.Soxx & the Blue Jeans (Zip-A-Dee-Doo-Dah), Darlene Love (Today I Met The Boy I’m Gonna Marry) et les Righteous Brothers (You’ve Lost That Lovin’ Fee-lin).En 1963, Spector publie son Christmas Album, une compilation de chansons de Noël où figurent des artistes signés sur Philles, telles les Crystals avec Santa Claus Is Cornin’ To Town, aujourd’hui reprise par Springsteen.Jusqu’en 1966, Phil Spector connaît un succès ininterrompu.Il travaille pour les Beatles, les Rolling Stones et Ike & Tina Turner (River Deep, Montain High).Fin 69, il revient au premier plan en produisant Let It Be des Beatles, en 70 avec All Things Must Pass de George Harrison et Instant Karma de Lennon, et en 71 avec The Concert for Bangla Desh, Imagine et Rock’n’roll de Lennon.En 1977 paraît une bonne introduction à sa période bénie, l’album Echoes of the 60’s.Cette même année alors reclus dans sa forteresse près de Los Angeles, Spector sort de sa retraite pour produire notamment l’album controversé de Leonard Cohen, Death of a Ladies’Man, puis en 80, End of the Century des Ramones.À cette époque, il a failli couronner sa carrière avec Bruce Springsteen.Aujourd’hui, la rumeur veut qu’il revienne à la vie active.Ses projets engloberaient l’industrie du disque et celle du vidéo.En 1986, Phil Spector n’a que 46 ans.Comme il l’a si bien dit dans une interview accordée au New Musical Express: «Les gens parlent de moi comme si j’étais mort! Je leur dirai que je ne pense même pas être arrivé au bout de mon rouleau.Je n’ai même pas commencé à atteindre mon zénith».Bientôt, le son stéréophonique sera devenu une relique du passé, et le son monophonique reviendra à la mode.Phil Spector pourra alors relancer ses slogans préférés: Back to Mono! et Tomorrow’s Sound Today! ¦ QUÉBEC ROCK 81 ICC la taille fine et les jambes longues.Barbie est mannequin jusqu'au bout des ongles.Pour son 26e anniversaire, Billy Boy — fervent collectionneur cultivant une véritable passion pour la suave poupée — a eu l'idée d'offrir à Barbie la plus fabuleuse rétrospective du genre.Habillée par rien de moins que Dior, Courrèges, Azza-ro, Nina Ricci, Hermès, Patou, Lanvain, Pierre Bal-main, Paco Rabanne et Yves St-Laurent, Barbie est coiffée par Maurice Franck et Alexandre, et maquillée par Orlane.Barbie est donc mannequin à part entière avec, sans doute, la précieuse qualité d'être moins capricieuse que les autres.82 QUÉBEC ROCK USBUDtm Jllne bcmoùté AatUt/egaMwrm.lAUub à woûte fwfotée L'IIUCMMIOHI SOME BE U PERFECTION fFRE D’UNE DURÉE LIMITÉE ¦ Faites l’achat du S612 et du MD-280.et recevez gratuitement deux collections sonores d’AKAI — une valeur de 219$.Informez-vous de cette offre auprès de votre détaillant AKAI.L'offre peut prendre fin sans préavis AKAI m série professionnelle Les produits des professionnels de la musique CARACTÉRISTIQUES • FONCTIONNEMENT SIMPLE ET RAPIDE • PRÉLEVEZ UN INSTANTANÉ DE NTMPORTE QUEL SON OU INSTRUMENT ET FAITES-EN LA REPRODUCTION EN SIX TONS • UNE PURETÉ SONORE QUI VOUS RENVERSERA • EMMAGASINEMENT SUR DISQUE RAPIDE: CRÉEZ VOTRE PROPRE COLLECTION SONORE! • À VOTRE DISPOSITION ÉGALEMENT, NOTRE VASTE BIBLIOTHÈQUE SONORE.QUE NOUS FAISONS CROÎTRE SANS CESSE • FONCTIONNE AVEC TOUT CLAVIER MIDI • UTIUSEZ LE S612 AVEC LE AX-60 DE AKAI: VOUS PRO-FTTEREZ ALORS D'UN SYSTÈME COMPLET D'ÉDITION MUSICALE • LA GRANDE CLASSE DES PROFESSIONNELS, A UN PRIX EXCEPTIONNEL 121, av.watline, Mississauga, Ontario L4Z1P2 (416) 890-2300 AKAI GIE! 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