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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juillet-Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

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Références

Québec science, 2006, Collections de BAnQ.

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Crèmes solaires, deodorants, anti-moustiques Attention, danger ! H TWÎ rk' wW Ma.UNE AUTO ÉCOL FAiïE AU QUÉBEC Roulez ZENN FORÊTS Boom boréal 4 SJ'-: ml r • ' SS s » • rs-fy V & ¦¦’‘ • r i ^ ; V'/yJ Æg r* : ¦M d tontifiu^ftt fakinërlil c:iëiWifiqüe& nouvelles recouvertes * * is fontvb^ ^ 7 *s sites lysténeux itrement.:S*|65 385 63761 .0^ ' ^ ^ to - '¦ |l4‘.ai fv 10 -w'/‘'*'Î A''v J-JJmI m (f.É www.cybersciences.com "" - - Vivez dans le futur Le site i .'k : ¦ '4 à :-7' .M /i - .-•«: s- .«S Actualités ^ • ; M 9 : T" ^ ‘4.s ü ?JUILLET-AOÛT 2006, VOLUME 44, NUMÉRO 10 www.cybersciences.com 7 Et pourtant, elle roule La ZEN N est compacte, silencieuse et non polluante.Pincez-1 moi, je rêve! par Joël Leblanc 9 Le petit prince de Miguasha Un fossile découvert en Gaspésie révèle comment s'est développé l'appareil respiratoire des vertébrés.par Thomas Gervais 10 Pas une seconde à perdre On compte remettre nos pendules à l'heure grâce à une horloge atomique actuellement en construction à Ottawa.par Binh An Vu Van 12 Le pouce des pandas La découverte d'un squelette de panda muni d'un pouce prouve encore une fois l'incroyable dynamisme de l'évolution.par Jean-Pierre Rogel Tendances 42 Chauds, les bouquins! Le soleil tape! Notre sélection de livres d'été réveillera les esprits! par Mélanie Saint-Hilaire 43 Jeux par Jean-Marie Labrie 44 Aujourd’hui le futur par Philippe Desrosiers Portfolio 45 Les dessous de Jupiter Bien vu! 46 Avant Champlain, le déluge Que serait la vie sans les mystères divins et les cachotteries humaines?par Bernard Arcand et Serge Bouchard Ces mystères qui font rêver Khéops, l'Atlantide, les pistes de Nazca, le volcan Tambora, le temple du soleil, le Déluge.ces sites magiques continuent de fasciner les scientifiques.par Hélène de Billy, Joël Leblanc, Julie Sergent, Anne-Marie Simard.14 La chambre de Khéops Le tombeau du pharaon est-il caché dans la pyramide de Gizeh?17 Coup de soleil Les scientifiques ont observé un étrange phénomène à Cuzco, là où les Incas priaient le dieu soleil.18 Lîle engloutie LAtlantide, l'île de légende noyée en une nuit, a-t-elle réellement existé?ijÊSk ’ P i i if.20 Le Vatican d’Amérique du Sud À quoi servaient les pistes de Nazca, ces figures spectaculaires tracées dans le désert du Pérou?22 Les aventuriers de l’arche perdue Le mythe du Déluge trouve peut-être son explication au fond de la mer Noire.24 La fin d’un peuple En Indonésie, une éruption volcanique plus meurtrière que celle qui a englouti Pompéi fascine les archéologues.rw1 r 26 Eté: sommes-nous bien protégés?un dossier de Catherine Dubé Inoffensive, la crème solaire?Cancérigène, le déodorant?Toxique, le chasse moustiques?Le point sur ces compagnons de l'été qui nous collent dangereusement à la peau.27 Sauver sa peau Se protéger du soleil peut-il être nocif pour notre santé?29 Un parfum de scandale Poison, les antisudorifiques?31 Qui s’y frotte s’y pique Comment une plante comestible pourrait-elle être dangereuse?Environnement 34 Boom boréal Le réchauffement climatique pourrait provoquer une croissance accélérée des arbres.Mais les insectes et les parasites risquent de se régaler.par Gilles Drouin Des idées pour demain 38 L’enchanteur du Rhône Lambition du muséologue Michel Côté: arrimer science et culture pour mieux expliquer le monde.par Pascale Millot 1 Billet Science »»-par Kaymond Lemieux Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Rédactrice en chef adjointe Pascale Millot p.miUot@quebecscience.qc.ca Tous coupables! Cet été, une équipe d’inspecteurs plus verts que vert fouilleront les poubelles que les habitants du Haut-Richelieu déposeront en bordure du chemin.Bien intentionnés, ils vérifieront si quelques rebuts recyclables n’auraient pas été jetés.Si tel est le cas, un « billet de courtoisie » sera remis aux « fautifs ».Prochaine étape : la contravention et l’amende ?Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas nommer un vérificateur général des « vidanges » du Québec.Une sorte de « pôpa » en chef?En fait, on veut que tous retiennent la leçon : recycler ce qui est recyclable.Bien.Le prêchi-prêcha est très tendance, en ce moment.Les avis, les conseils, les avertissements foisonnent.Ce sont des spécialistes diplômés qui nous font la leçon.Des pédiatres recommandent aux parents d’éviter les garderies pour leurs marmots de moins de 18 mois.Les traumatologues demandent aux cyclistes de porter le casque.Les médecins assurent aux plus de 50 ans qu’il est bon de se plier aux tests de dépistage du cancer.Et en ces temps de festivals de l’environnement, attendons-nous à être servis en « écoconseils ».Citoyens, citoyennes : n’arrosez pas inutilement la pelouse ! Prenez votre vélo ! Et tutti quanti ! Comprenez : la planète repose sur vos épaules.Jadis, c’étaient les codes de bienséance qui nous dictaient notre façon de vivre.Aujourd’hui, ce sont les médecins « éducateurs », les « intervenants » sociaux, et les écologistes « civiques » qui le font avec un esprit plutôt réducteur ce qui est le propre du prêchi-prêcha.Mais reprenons : les marmots de moins de 18 mois à la maison ?Et la conciliation travail-famille là-dedans ?N’est-ce pas surtout aux employeurs d’y voir ?Le port du casque des cycfistes ?Le traumatisme crânien est la première cause de mortafité chez les cyclistes, soit; mais il l’est aussi chez les automobilistes.Devrait-on leur imposer le port du casque ?Le dépistage préventif du cancer ?Certains oncologues commencent à constater qu’il fait plus de mal que de bien ! Le recyclage des déchets ?Pourquoi pas la réduction de la consommation ?N’est-il pas risible de voir, à l’épicerie, des consommateurs consciencieux remplir leurs sacs réutilisables de piments, de tomates et de charcuteries que l’on a placés dans une barquette avant de les emballer dans un kilomètre de pellicule plastique ?La pelouse trop arrosée ?Que dire des municipalités qui nettoient les rues à grande eau ?Dans le domaine de la santé, les sermons des nouveaux directeurs de conscience risquent d’avoir des répercussions particulièrement discriminatoires.Les artères bloquées des adeptes du fast-food seront-elles moins prioritaires que celles des végétariens ?Les fumeurs seront-ils relégués à la fin des listes d’attente ?Les dépressions des workaholics seront-elles moins considérées que celles des adeptes de la méditation ?Comme si nous étions tous un peu les artisans de nos malheurs.Tout ce prêchi-prêcha est en train de prendre la place de la prévention, de l’éducation, de l’art de vivre.Des choses plus difficiles à enseigner que de fouiller dans nos poubelles.4 Québec Science I Juillet-août 2006 .¦ WSyJGmwW} -••.Xvay-v/Lv Reporters Catherine Dubé, Marie-Fier Elie et Noémi Mercier Collaborateurs Bernard Arcand, Serge Bouchard, Hélène de Billy, Philippe Desrosiers, Gilles Drouin, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Jean-Pierre Rogel, Mélanie Saint-Hilaire, Julie Sergent, Anne-Marie Simard et Binh An Vu Van.Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Christian Fleury, Tara Hardy, Jean-François Leblanc et Sylvain Majeau.Le c< pour Éric Di KUt à «6 J Direction Sylvie Bergeron Adjointe administrative Nicole Lévesque Promotion et relations médias Dominique Owen PUBLICITÉ LOCALE ET NATIONALE : Siège social à Montréal Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: 1514) 843-4897 Ginette Hamel poste 23 ghamel@quebecscience.qc.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Noémi Mercier n.mercier@quebecscience.qc.ca (•Cap Dt pemui im.,; Ifil! ¦ mW p" ' ¦ .ET fl: t www.cybersciences-junior.org j Responsable: Catherine Dubé j courrier@cybersciences-junior.org J Stagiaire multimédia: Joël Landry Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 43,45 $, 2 ans = 74,85$, 3 ans = 103,95 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans= 139 $.Pour abonnement et changement d’adresse Tél.: 1514) 521-5376 ou 1 866 828-9879 Québec Science, Service à la clientèle, 1251, rue Rachel Est, Montréal (Québec) H2J 2J9 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : | Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2005, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2005 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Poste : Convention de la poste-publications n« 40064577, n° d'enrégistrement 08024.Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, le magazine sert avant tout un public qui recherche une informabon libre et de | qualité en matere de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quel-i ques exigences publicitaires, les journaüstes de Québec Science sont tenus de j respecter le guide de déontologie de la Fédérabon professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par l la revue Québec Science, la direcfon laisse aux auteurs l'entière responsabilité de : leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés, les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 595-0105 Québec a a Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide financière du ministère du Développement économique de l'Innovation et de l'Exportation.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.La Revue Québec Science Canada Le; ü: TT, tes T Sèr o T ; T: fhk ETi; tï Et kk tejjirs 'It crois ?à: >, 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: [5141 843-6888 Téléc.: (514)843-4897 courrier® quebecscience.qc.ca Magazines du Québec I CEGEP de Jonquière Courrier courrier@quebecscience.qc.ca Le café, bon pour la santé?Éric Deland, spécialiste en médecine interne à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, conteste le lien entre la consommation de café et le risque de souffrir de maladies cardiovasculaires.(«Capsules et particules», mai 2006).« De solides études épidémiologiques ont permis, au cours des 20 dernières années, d’innocenter le café et la caféine de tout rôle dans la genèse de ce type de pathologies.Le café et le thé demeurent, aux yeux de la grande majorité des experts et pour les principaux organismes de santé publique, des produits inoffensifs, autant du point de vue cardiovasculaire que de celui de la santé en général.Une consommation de 20 tasses en moins de 24 heures peut provoquer un état d’intoxication aiguë, mais les décès associés sont extrêmement rares.Il est néanmoins prudent d’éviter plus de 15 tasses par jour!» Ne serait-ce que pour ne pas faire fuir ses amis ! Rencontre du troisième type Jacques Sormany, de Chicoutimi, est sceptique quant aux risques de contamination de Mars par des bactéries terriennes (« Nos microbes sont-ils en train de contaminer Nos microbes sont-ils en train de contaminer l’Univers?IScience la «m don l’Univers ?»,mai2006).«D’abord,seulement une minorité de bactéries sont capables de produire des spores.Celles-ci, certes, sont hautement résistantes et peuvent survivre des milliers d’années dans le vide et la sécheresse absolue, mais non seulement faut-il de l’eau pour qu’elles puissent germer, il faudrait aussi qu’elles trouvent un milieu organique et des conditions ambiantes leur permettant de se nourrir et de se développer! Les hypothétiques bactéries existant déjà sur Mars sont certainement très différentes des nôtres.Les possibilités de croisement, de contamination ou même de simple compétition relèvent davantage du domaine de la science-fiction ! » Les questions de cybersciences.com Les produits domestiques nous empoisonnent-ils?Les internautes ont répondu à Vunanimité.Oui «]e suis d’une vigilance quasi paranoïaque.Hélas, toutes les nouvelles sur ces présumés polluants sont sûrement véridiques.Je n’imagine pas que le corps humain, cette fragile machine, puisse tolérer tous ces produits, comme le téflon par exemple, sans en subir les effets négatifs.Ce qui est encore plus triste, c’est que nous acceptons les innovations sans jamais irraiment penser à demain ou poser trop de questions, simplement parce qu’elles rendent notre vie plus facile.Moi, maintenant, je pense avant d’acheter.» Chantal Perron, Montréal «L’industrie est très pressée de mettre sur le marché des produits qui peuvent être très utiles, mais dont la toxicité n’a pas été vraiment vérifiée à plus ou moins long terme.L’argent, toujours l’argent.» Claude Comeau, Longueuil « Je crois sincèrement qu’on ne connaît pas tous les risques reliés à l’utilisation des produits domestiques.On devrait être plus prudent avant de les mettre sur le marché.Je suis enseignante en biologie et j’essaie de rendre les jeunes pli critiques face à ce qu’ils consomment ou utilisent dans leur quotidien.Étant aussi une jeune mère, l’abondance de toxines dans l’environnement me préoccupe énormément.Je sens que nous n’avons pas un contrôle total Sur ce qui se retrouve dans notre assiette ou dans notre eau, mais je crois qu’en travaillant collectivement et en faisant pression sur les industries, nous pouvons améliorer la qualité des produits.» Lyna Bouchard, Saint-Thomas «Nous sommes continuellement confrontés à des expositions de toutes sortes.Les produits domestiques nous empoisonnent la vie tout en nous la facilitant.[.] La question est peut-être de savoir s’ils l’améliorent waiment.Je serais tenté de répondre que oui, mais nous devons comprendre qu’il est important de les utiliser dans des conditions optimales, qu’il s’agisse d’un four à micro-ondes, ’’une poêle en téflon ou encore d’un grille-pain.Car si votre rôtie est brûlée, oui votre grille-pain vous empoisonne.Bien sûr, il est possible que cela soit votre voisin qui vous empoisonne la vie; alors, là, mieux vaut être un peu téflon.» Guy Dubé, Montréal « Chez nous, en Haiti, on utilise les produits domestiques pour cuisiner, pour aérer les maisons, etc.Nous savons tous que ces produits nous sont [utiles] sans toutefois nier qu’ils sont toxiques.Par exemple, on utilise un plat en aluminium pour cuisiner chez nous.Après la cuisson, on remarque que le métal a réagi avec la nourriture.En absorbant ces produits, l’organisme va être intoxiqué.» Alain Medgy Jean Jacques, Pétionville, Haiti «À mon avis, tout va beaucoup trop vite.[.] Je dirais que les changements se font tellement rapidement que, lorsqu’un problème survient, nous avons de la difficulté à en identifier la provenance.Beaucoup de substances se retrouvent dans l’air, dans l’eau ou dans notre nourriture.Alors pour ce qui est de la poêle antiadhésive, lorsque sa surface finit par se détériorer, je pense que cela aussi pose problème ! Pourquoi sommes-nous si pressés ?Dites-moi, ai-je manqué la course h> André Clément, Gatineau Juillet-août 2006 I Québec Science 5 Vous lisez Québec Science ?Vous lisez l’excellence! Bonheurs terreurs de l’été Prix artide pratique Prix reportage Science Où s’arrête vraiment la vie?ENQUfTt SUR LA MORT Cf RtBRAlC ET U DON O ORGANES AU IAPON Marie-Pier Elle Prix Jean-Paré Serge Bouchard et Bernard Arcand Prix meilleure chronique d'humeur Noémi Merder Prix Prix de la relève dossier thématique îScience Québec Science, grand gagnant de l'édition 2006 des Grands prix des magazines du Québec Québec Science est le magazine qui s'est le plus distingué lors de la remise des Grands prix des magazines du Québec.Les journalistes de Québec Science sont montés six fois sur le podium du Centre Mont-Royal, à Montréal, le 31 mai dernier.Marie-Pier Elie remporte le prestigieux Prix Jean-Paré qui récompense Le journaliste de l'année.Elle rafle également le Prix du reportage - (tirage de moins de 50 000), pour son enquête sur la mort cérébrale au Japon (« Le pays où l'on meurt deux fois », mars 2005).Son article « Bonheurs et terreurs de l'été » (juillet-août 2005) obtient la faveur du jury dans la catégorie Artide pratique ou de service, (tirage de moins de 50 000).Noémi Merder, qui s'est joint à notre équipe l'an dernier, a reçu le Prix de la relève.Objectif Éducation, un numéro spécial paru en octobre dernier, s'est distingué dans la catégorie Dossier thématique - (tirage de moins de 50 000).Dans la catégorie Chronique d'humeur, billet, Bernard Arcand et Serge Bouchard se sont illustrés pour leur chronique « Bien vu ! ».Bravo à toute l'équipe! itu'imi-nn Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante: Québec Science, 4388, rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec] H2J 2L1 Téléc.: (514] 843-4897 ou par courriel: courrier@quebecscience.qc.ca.La rédaction se réserve le droit de publier les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.Merci d'indiquer votre nom complet et votre lieu de résidence.Tout s’explique.L'avancement des sociétés repose sur la recherche et le partage du savoir.À (’UQAM, nous vous offrons plus d'une centaine de programmes de cycles supérieurs pour vous permettre d’approfondir vos connaissances.Renseignez-vous sur nos programmes de formation et de recherche.uqam.ca UQÀM Prenez position 6 Québec Science I Juillet-août 2006 .L .L'J »GÉNiE Et pourtant, elle roule La ZENN est la première voiture entièrement électrique de série assemblée au Québec.Compacte, silencieuse et non polluante.Fincez-moi, je rêve ! par Joël Leblanc Avec son grand pare-brise, sa silhouette moderne, ses roues en alliage et ses freins à disque aux quatre roues, elle ressemble à une voiture compacte comme en dessinent chaque année les grands constructeurs.Mais l’observateur attentif remarquera qu’il lui manque un pot d’échappement et qu’à la place du bouchon du réservoir, on trouve une prise de courant.Lorsqu’elle démarre, c’est le silence.La ZENN (Zero Emission No Noise) est la première voiture entièrement électrique de série assemblée au Québec.« Avec une vitesse maximale de 40 km/h, la ZENN n’est pas conçue pour la route, mais pour les déplacements de proximité dans un environnement à basse vitesse.Les anglophones parlent de NEV, pour Neighborhood Electrical Vehicle», ex- plique Hugo Marsolais, ingénieur et directeur des opérations à l’Institut du transport avancé du Québec (ITAQ), à Saint-Jérôme, au nord de Montréal.Pas vraiment un bolide, mais toute une championne de l’économie d’énergie.« Avec huit ou neuf heures de charge dans une prise de courant domestique, continue l’ingénieur, la voiture a une autonomie d’un peu plus de 50 km.Cela revient à 2 $ d’électricité aux 100 km.» Bien plus avantageux que l’essence, et sans pollution.Voilà près d’un an que les ingénieurs de l’ITAQ planchent sur le véhicule.Depuis l’intégration du système de propulsion électrique jusqu’au choix des composants, en passant par le positionnement des batteries, la capacité de charge, la vitesse maximale et l’accélération, tous les aspects techniques de la ZENN ont été élaborés par ce centre de transfert technologique associé au cégep de Saint-Jérôme.« Dans la région, c’est la “zennmania”, sourit Hugo Marsolais.Les gens ne parlent que de la petite voiture électrique dont les premiers exemplaires devraient commencer à sortir de l’usine dès la fin de cet été.» Il faut dire qu’en plus d’être très écolo, elle générera bien des emplois dans la région.Aux Etats-Unis, plusieurs concessionnaires attendent leurs premières ZENN.On espère les vendre aux campus universitaires, aux gros complexes technologiques, aux grands studios de cinéma, etc.« Tous ces fieux sont en fait comme de petites villes, résume l’ingénieur.Aux Etats-Unis, il existe même des communautés “fermées” dans lesquelles seuls les déplacements à faible vitesse sont permis.C’est ce marché qu’on tentera de percer.» Dépourvue d’embrayage, la voiture offre une conduite très agréable.Même à vitesse maximale, on ne ressent pas le besoin de changer de rapport, puisque le moteur répond très bien sans bruit ni vibration.Cette facilité d’utilisation permettra à un très grand nombre de personnes de la conduire, depuis les jeunes travailleurs d’usine sans permis jusqu’aux personnes âgées en quête d’autonomie.A l’origine de la ZENN, on trouve Feel Good Cars, une compagnie torontoise qui se spécialise dans le développement de véhicules électriques.« Dès les débuts de l’aventure, il y a plus d’un an, se rappelle Hugo Marsolais, ils se sont adressés à as-sci Juillet-août 2006 I Québec Science 7 GENIE nous.Depuis la fermeture de l’usine de General Motors, à Boisbriand, on trouve dans la région une main-d’œuvre qualifiée et disponible.Les Laurentides sont d’ailleurs associées depuis quelques années au transport écologique.On deviendra peut-être une petite Silicon Valley du véhicule propre ! » À Saint-Jérôme, c’est dans l’ancienne usine d’équipement de hockey Bauer que la voiture sera assemblée.« Pour l’instant, on parle d’assemblage et non de construction, explique Gilles Allard, vice-président production, car la voiture est en fait la version électrique d’un modèle au diesel qui existe déjà en Europe.» La compagnie française Microcar envoie au Québec ses voitures sans moteur, sans radiateur, sans On n’est jamais trop curieux.-?- www.ledevoir.com " FEEL GOOD CARS Les Basses-Laurentides se remettent lentement de la fermeture de l'usine GM à Boisbriand.Grâce à la ZENN, la région deviendra peut-être une petite «Silicon Valley» du véhicule écologique.pot d’échappement ni réservoir.À l’usine de Saint-Jérôme, on installe le moteur, le chargeur, le contrôleur électrique, la transmission, etc.Les batteries, des modèles au plomb comme ceux des voitures régulières, sont au nombre de six; elles sont dissimulées sous le capot et à la place du réservoir à essence.Elles fournissent un total de 72 V.« Plus tard, explique Gilles Allard, on espère pouvoir faire l’assemblage complet au Québec, ce qui réduirait les frais de transport, puisqu’on recevrait des pièces détachées plutôt que des voitures en partie montées.Mieux encore, on aimerait que des fournisseurs québécois fabriquent ici même les sièges, les moulures internes, les roues, et - pourquoi pas ?- tout le véhicule ! » Verra-t-on la pente ZENN bientôt sur nos routes ?« Dès que le Québec aura légiféré sur ce type de véhicule, prédit Gilles Allard.Pour l’instant, la majorité des Etats l’autorisent sur les routes et dans les villes.Au Canada, la Colombie-Britannique permet déjà la circulation de tels véhicules et les autres provinces devraient emboîter le pas d’ici un ou deux ans.J’ai bien hâte de conduire la mienne dans les rues de Saint-Jérôme.» 05 8 Québec Science I Juillet-août 2006 ^PALÉONTOLOGIE H____ Le petit prince de Miguasha Un fossile découvert en Gaspésie révèle comment s est développé Vappareil respiratoire des vertébrés.Une évolution anatomique aussi importante que la transformation des nageoires en pattes! V.< sS'V- ¦- -L*-' > ^ * v v cl •• .:h' V*,.En haut, l'esquisse de ce que devait être Endeiolepis aneri, dont on a trouvé un fossile dan: le parc de Miguasha en Gaspésie.Sur le dessin, on voit très bien le nombre exceptionnel d'ori fices branchiaux de ce poisson sans mâchoire.En bas, les traces de branchies sont visibles su le fossile récemment découvert.par Thomas Gervais C’est au cours de l’une de ses patrouilles printanières que Jason Willett, gardien au parc national de Miguasha en Gaspésie, a fait la découverte d’un fossile de poisson étrange.« Au début, personne n’était capable de dire de quelle espèce il s’agissait », explique-t-il.Le hasard fait parfois bien les choses.Quelques mois plus tard, Philippe Janvier, paléontologue affilié au Muséum d’histoire naturelle de Paris, alors en visite au Québec, a réussi à identifier le spécimen.Endeiolepis, un poisson filtreur - donc sans mâchoire - d’environ 15 cm de long, sillonnait les eaux gaspésiennes du Dévonien supérieur, il y a 370 millions d’années, lorsqu’il a été frappé d’une mort « idéale », tout au moins selon les scientifiques.Probablement enterré vif par une coulée de boue inopinée, le poisson a été tellement bien préservé des ravages du temps qu’on distingue clairement le relief d’un bout de l’intestin, et surtout la délicate structure des branchies, finement ciselée dans le grès fossilifère.Un peu plus, et on pourrait le servir en ceviche\ « Normalement, un tissu aussi délicat que celui des branchies a tôt fait de se décomposer, attaqué par les bactéries environnantes », remarque Sylvain Desbiens, paléontologue à Miguasha et coauteur d’un article sur le sujet, paru dans la revue Nature, en avril 2006.« Mais les eaux de l’estuaire où vivait ce poisson étaient très pauvres en oxygène, donc en vie bactérienne, ce qui explique, avec son enfouissement rapide, l’état de conservation exceptionnel du spécimen.» La découverte n’a rien d’anodin, car elle a permis aux chercheurs de mettre en lumière un moment crucial de l’évolution du système respiratoire chez nos ancêtres aquatiques.« C’est la première fois que la structure branchiale d’un poisson sans mâchoire aussi ancien est observée», explique Syl- vain Desbiens.Cette structure, qui s’apparente à celle des lamproies actuelles, met en évidence pas moins de 30 paires de branchies enfermées dans de petits sacs gonflables le long de l’abdomen.Cette hy- i ! Juillet-août 2006 [ Québec Science 9 S ÿ::;î pertrophie de l’appareil respiratoire permettait à Endeiolepis de survivre dans les eaux peu oxygénées de l’ancien estuaire de Miguasha.Si des pêcheurs avaient attrapé ce spécimen au Dévonien, ils l’auraient probablement déjà qualifié de préhistorique, puisqu’au moment de sa mort, son espèce existait déjà depuis 100 millions d’années, et elle était pratiquement éteinte.«Beaucoup de poissons du Dévonien avaient déjà des mâchobes, exphque Sylvain Desbiens.Endeiolepis, lui, provient d’une époque où la mâchoire n’était pas encore apparue dans l’évolution.» On peut donc en conclure que les poches branchiales fermées de type « lamproie » sont antérieures aux branchies de type « saumon » et de la plupart des poissons actuels.Avant de servir à croquer les proies, la mâchoire des poissons jouait en effet un rôle essentiellement respiratoire, en amenant continuellement l’eau aux branchies et en la faisant ressortir par les ouïes.Une fonction qu’elle a toujours chez les poissons d’aujourd’hui.La disparition des sacs gonflables primitifs et l’apparition des branchies libres actionnées par la mâchoire constituent « une révolution anatomique aussi importante que l’ont été, bien plus tard, la transformation des nageoires en pattes ou, encore plus tard, celle des pattes en ailes », écrit Philippe Janvier, auteur principal de l’article paru dans Nature.Selon le chercheur français, ce bond évolutif a permis d’augmenter l’efficacité du système respiratoire et de réduire sa taille, laissant plus de place à la mâchoire qui, après des milhons d’années d’évolution, est devenue la nôtre.Chaque année, plus de 500 nouveaux spécimens sont découverts à Miguasha, reconnu, en 1999, Patrimoine mondial de l’UNESCO.C’est là notamment qu’on avait découvert le fameux Eusthenop-teron, au XIXe siècle.Cette créature mi-poisson, mi-amphibien rebaptisée le prince de Miguasha a maintenant un cousin qui deviendra peut-être aussi célèbre que lui.pour repeupler le nouveau 1 monde.Le récit biblique tel 2 que nous le connaissons Saurait été écrit bien plus ^tard, entre -500 et -600, et Sserait largement inspiré de o cette légende imésopotamienne.Juillet-août 2006 I Québec Science 23 Les grands mystères Tambora Jü, ü.i- f-jm f'VwilP: La find’ pe e 5 avril 1815, le mont Tambora, en Indonésie, émet un rugissement.Inquiétant, mais pas assez pour que les habitants du village, situé à flanc de montagne, interrompent leurs tâches quotidiennes.Cinq jours plus tard, toute la population aura disparu.C’est vers 10 h, le 10 avril, qu’une gi- sommet décapité jaillit une colonne de roches en fusion qui s’élève jusqu’à 45 km dans le ciel - 240 fois plus haut que l’édifice de la Place Ville-Marie ! Des coulées de lave foncent vers le village, à 150 km/h.Plus de 10 000 paysans sont brûlés vif.Dans les semaines qui suivent, 100 000 personnes mourront de faim ou terrassées « i par une épidémie.De mémoire d’homme, l jamais une éruption volcanique aussi violente n’a été enregistrée.C’est aussi la plus meurtrière : elle a fait trois fois plus de victimes que celle du Vésuve, en Italie, qui, en 79, avait détruit la ville de Pompéi.Au cours des mois suivant la catastrophe, des milhons de tonnes de gaz soufré se répandent dans l’atmosphère.Le mercure chute.En Amérique du Nord, le sol gèle à plusieurs reprises en été.Les historiens rapportent même une tempête de neige dans l’est du Canada le 21 août ! L’année 1815 restera «l’année sans été» dans les almanachs de l’époque.Et ce n’est que beaucoup plus tard que les scientifiques établiront un lien entre cette anomalie climatique et l’éruption du mont Tambora.Parmi eux, Haraldur Sigurdsson, de l’univer- jatcté XOfTy.24 Québec Science I Juillet-août 2006 i En Indonésie, une éruption volcanique plus meurtrière que celle qui a englouti Pompéi fascine les archéologues.Les habitants de Tambora avaient une langue et une culture bien distinctes.Qui étaient-ils?par Anne-Marie Simard Ces poteries ensevelies sur le site de Tambora contenaient encore du riz au moment de leur découverte.sité du Rhode Island, aux États-Unis.Celui-ci s’intéresse aux volcans depuis 40 ans.Cette passion l’a conduit en Indonésie à plusieurs reprises, car cet archipel se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique.Sigurdsson est fasciné par le mont Tambora.Un jour, un villageois l’emmène en pleine jungle près d’un ruisseau à sec où, dit-il, des fragments de céramique ont été retrouvés.Sigurdsson y reviendra avec deux autres géologues à l’été 2004 dont Lewis Abrams, de l’université de Caroline-du-Nord, à Wilmington.Ce dernier est un spécialiste des radars.« Nous avons analysé le sol près du ruisseau.Nous avons choisi les endroits où la pierre volcanique n’était pas trop épaisse, puis nous avons creusé des tranchées à 10 endroits différents », raconte-t-il.Rapidement, l’équipe découvre des poutres disposées de façon géométrique : les fondations d’une maison.Dans la demeure, deux corps carbonisés.« Un des corps se trouvait dans ce que l’on croit être la cuisine, parce qu’on y a trouvé des plats et des poteries.Cer- tains bols étaient encore remplis de riz ! » Sur les deux corps carbonisés, les dents étaient bien visibles.« C’était assez sinistre et bizarre, comme si on profanait une tombe», confie le docteur Abrams.Haraldur Sigurdsson se réjouit tout de même de la portée de cette trouvaille : « Tous les habitants, leurs maisons et leur culture sont encapsulés ici, exactement dans le même état qu’ils étaient en 1815», a-t-il déclaré aux médias lors de l’annonce de la découverte.Parmi les bols en terre cuite déterrés, il y a des vases de porcelaine élégamment ornés, dans un style similaire à ce qui se faisait à l’époque au Viêtnam et au Cambodge.« Il faudra des analyses pour déterminer si ces vases ont été fabriqués dans la région », précise Lewis Abrams.Mais les spécialistes en doutent.Alors que faisait donc cette fine céramique en cet endroit ?Autre fait troublant: selon les rapports rédigés par les dirigeants britanniques et hollandais qui administraient la région au XVIIIe et XIXe siècles, les habitants de Tambora parlaient une langue similaire à celle des Môn-khmers, une peuplade du sud-est asiatique.Selon le professeur Sigurdsson, cette langue ne ressemble à aucune autre parlée en Indonésie.Ces gens étaient-ils des immigrants cambodgiens installés sur l’île de Sumbawa, où se dressait le volcan ?Que faisaient-ils dans cette région éloignée et difficile d’accès ?Lewis Abrams croit plutôt qu’il s’agissait de riches commerçants faisant des échanges avec le Cambodge et le Viêtnam.L’île n’est-elle pas célèbre pour ses poneys sandalwood - nommés en l’honneur du bois de santal, abondant en Indonésie ?En plus du commerce des 3 chevaux, ces négociants auraient aussi vendu du miel, de l’encens < et des bois précieux.^ Mais le 11 avril 1815, il ne reste plus rien d’eux.« L’explosion § a éradiqué leur langue et leur culture, explique le docteur Sigurdsson.ï Par nos fouilles, nous essayons de les faire parler à nouveau.» > Ce dernier n’a qu’une idée en tête : retourner sur l’île cet été.Son g rêve : retrouver un grand palais de bois qui aurait été la résidence 1 du raja de Tambora, le roi du village.z Ces citoyens menaient une existence tranquille.Victimes de l’érup-£ tion du millénaire, ils sont maintenant célèbres malgré eux.GS CH Z) O IS) s Le géologue Lewis Abrams a fouillé le sol autour de Tambora, 5 une ville aujourd'hui ensevelie : la Pompéi du XIXe siècle.< m* - a!' ‘¦ma *>Uk I/ù» mmà Juillet-août 2006 I Québec Science 25 Sommes-nous bien ifc '.' v: y, par Catherine Dubé A l'épicerie, décrypter les listes d’ingrédients est une corvée.Ce n'est rien comparé aux étiquettes de bouteilles de crème solaire ou de bâtons de déodorant! Cet exercice nécessite non seulement des lunettes, mais aussi un dictionnaire de chimie.Et encore, pour être totalement rassuré à propos de ce qu’on s’appliquera sous les aisselles ou sur les bras cet été, il faut presque éplucher soi-même la littérature scientifique ou se résoudre.à écrire au fabricant.Alors, inoffensive, la crème solaire?Cancérigène, le déodorant?Toxique, le chasse-moustiques?Le point sur ces compagnons de l’été qui nous collent parfois dangereusement à la peau.26 Québec Science Juillet-août 2006 Sauver sa peau Se protéger du soleil peut-il être nocif?Quand un patient entre dans son bureau, le docteur An Demir-jian sait tout de suite s’il est plus souvent conducteur ou passager.« Il y a toujours un côté du visage qui vieillit prématurément, à cause des rayons UVA passant à travers les vitres d’automobile », dit le dermatologue montréalais.Plus pernicieux que les rayons ultraviolets B (responsables des coups de soleil), les UVA causent leurs ravages en douce.Ils pénètrent plus profondément dans la peau et abîment les cellules sans causer de rougeur.Leurs méfaits se révèlent à long terme : vieillissement de la peau et cancer.On devrait donc se badigeonner de crème solaire non seulement sur la plage, mais chaque matin avant de partir pour le bureau, affirme le docteur Demir|ian.Mais pas avec n’importe quelle mixture ! Certames contiennent des ingrédients douteux qui risquent d occasionner des dérèglements hormonaux.D’autres ne protègent tout simplement pas aussi bien qu’elles le prétendent, procurant un faux sentiment de sécurité.Pour aider sa clientèle déboussolée devant l’étalage des lotions solaires, Ari Demirjian a préparé une liste des bons et des mauvais ingrédients à rechercher sur les étiquettes (voir l’encadré ci-dessous).Margaret Schlumpf a pour sa part dressé une liste des ingrédients à fuir.Cette chercheuse de l’Institut de pharmacologie et de toxi- La recette d'une bonne crème solaire Il n existe pas — du moins pas encore — de filtres qui protègent contre tout le spectre des radiations UV.Pour être efficace, la crème doit donc contenir des filtres contre les UVA et contre les UVB, qui peuvent tous les deux engendrer le cancer de la peau.Idéalement elle contiendra aussi une combinaison de filtres chimiques, qui absorbent les rayons, et d'écrans physiques, qui les bloquent L'écran physique recommandé par le dermatologue montréalais Ari Demirjian est l'oxyde de zinc ou le dioxyde de titane.Le filtre chimique qu'il privilégie est le Parsol 1789 (aussi appelé avobenzone), combiné à de l'octocrylène ou à du MexoryL La combinaison est importante : tout seul, le Parsol 1789 est instable et ne conserve pas ses propriétés.Mais lorsqu'il est associé à de l'octocrylène, son efficarité est garantie.Evidemment il ne suffit pas de mettre les deux ingrédients dans la bouteille et de secouer.La façon dont la crème est formulée a son importance.Le Mexoryl SX, une des molécules vedettes de L'Oréal, est elle aussi réputée pour sa stabilité.Et elle ne traverse pas la barrière de la peau.Acheter une crème de qualité ne suffit pas.Il faut appliquer le I volume d'une balle de golf plusieurs fois durant la journée.Juillet-août 2006 I Québec Science 27 cologie de l’Université de Zurich, en Suisse, a ébranlé l’industrie des filtres solaires lorsqu’elle a découvert qu’ils pouvaient se comporter comme des hormones.Son laboratoire fait partie du programme de recherche européen Credo, qui vise justement à évaluer les effets des perturbateurs endocriniens, ces substances imitant les hormones.Présents partout dans l’environnement, ils sont Le jeu des synonymes Pour un magasinage efficace, ne partez pas sans un bon dictionnaire technique.Un même filtre solaire peut se soupçonnés d’être à la source de bien des maux, no- , tamment du déclin des spermatozoïdes et de l’augmen- Presen erP usreurs , r ^ noms differents ! tation de 1 mcidence des cancers.yn exem .g , Mme Schlumpf a analysé l’effet de neuf filtres so- L'octyl-méthoxy'cinna- §ra^er-0,ur es cations (dont trois enfants de 2 a 12 décès d'enfant) ont ans : utilisation été rapportés à la moderee (Pas Plus suite d'applications de 3 applications par répétées sur la peau.lour) d un Pr°duit L'une des façons de contenant 10% de limiter la pénétration DEET ou moins' de cette substance est seulement sur les d'éviter de s'enduire parties du corps non de crème solaire en protegees par des même temps! Xi-veyments-Pour les aochen Gu, un cher- enfants de moins de cheur de l'université ûeux ans : e DEET ne du Manitoba, a ob- devrait pas être servé que les deux nolise.produits favorisent mutuellement leur ab- Source: Ministère de la santé et des services sociaux du Québec sorption par l'organisme.Si on doit absolument se protéger à la fois des moustiques et du soleil, mieux vaut d'abord appliquer la crème solaire, attendre un peu puis se vaporiser de DEET, plutôt que de choisir le produit en lotion qui pénètre six fois plus.Surtout, on ne mélangera jamais une lotion contenant du DEET à de la crème solaire avant l'application.La pénétration du chasse-moustiques augmente alors de 2 673 % comparé à du DEET en vaporisateur utilisé seul! *Le DEET est aussi connu sous les noms: N, N-dieth\/l-3-methylbenzamide ou N, N-diethyl-m-toluamide ou diethyltoluamide.Juillet-août 2006 | Québec Science 31 A la mode nanotechnologique Les chercheurs en nanotechnologie ne sont pas que des scientifiques, ils ont aussi l'étoffe de grands couturiers.Fringues intelligentes, pansements plus efficaces, vestes pare-balles moins lourdes et même œuvres d'art interactives.Le milieu du textile est en voie de passer en mode nanotechnologique, changement qui pourrait modifier radicalement notre conception du vêtement traditionnel.«Le textile pourrait bien devenir un nouveau médium, affirme Mathias Berlinger, président de Bermatex, une entreprise québécoise de texturation située à Montmagny.Le tissu ne servira plus seulement à nous réchauffer ou à accomplir une fonction uniquement esthétique.Grâce à plusieurs techniques - dont certaines découlent des nanotechnologies -on peut maintenant rajouter des propriétés fonctionnelles aux vêtements qui vont pouvoir réagir avec le corps et l'environnement Ce secteur d'activités est encore embryonnaire, mais il pourrait révolutionner la vision que l'on a du vêtement.» Depuis quelques années, les industries textiles connaissent ni plus ni moins qu'un véritable «nanoboom».Pour plusieurs chercheurs et entrepreneurs, l'objectif n’est plus seulement de fabriquer de jolies étoffes servant à la confection de vêtements classiques.De plus en plus, les efforts sont concentrés dans le secteur de la recherche et du développement, question de mettre au point des tissus aux propriétés novatrices.Chez Bermatex, par exemple, on développe depuis quelque temps de nouveaux fils par micro-encapsulation, un procédé inspiré des nanotechnologies.«On enferme un produit dans de petites capsules qui sont enchâssées dans les fils», explique Mathias Berlinger.Chaque fois qu'elle bouge, la personne qui porte ces vêtements brise les capsules, les déchire et relâche le produit «Entre autres, on peut ajouter des capsules odorantes pour fabriquer des bas collants qui sentiront la vanille ou l'abricot, poursuit-il.Dans d'autres cas, on a même ajouté des capsules de caféine, un ingrédient qui a la propriété de brûler les cellules adipeuses.» Résultat?Un effet légèrement amincissant sans même avoir à transpirer dans un centre de conditionnement physique.Le principal défi consiste toutefois à créer des vêtements qui conserveront leurs propriétés après plusieurs lavages.«Nos capsules tiennent sur les étoffes grâce à Nanoparticules antimicrobiennes à base d'argent issues du produit SilverClear.Photo: Groupe CTT !|| nano » québec S l'avenir des nanos est ici nanotech’s future is here -IMÉI un genre de colle, soutient Berlinger.C'est un peu comme si vous preniez des billes et que vous essayiez de les faire adhérer à une surface plane.C'est la même chose en textile: on doit développer des colles de différentes natures pour qu’elles résistent au lavage afin que les capsules ne se décrochent pas.» Présentement on retrouve sur le marché des tissus pouvant endurer une moyenne de cinq lavages.«C'est la faiblesse de la technologie, déplore Berlinger.C'est clair que notre objectif est de créer une étoffe qui conservera ses propriétés et supportera 20 ou 25 lavages.» Pour ce faire, Bermatex innove avec un nouveau procédé de fabrication.«La façon traditionnelle, bien que ces techniques soient encore très nouvelles, est de déposer la microcapsule directement sur le textile, explique Eddy Szczerbinski, adjoint à la recherche et développement chez Bermatex.Une étoffe, ce n'est pas quelque chose de plein, il y a des interstices entre les fils.Et quand on les place à la surface, plusieurs capsules se décollent lorsqu'on les lave.» Pour éviter cette situation, Bermatex propose plutôt d'enfermer les microcapsules à l'intérieur même des fils qui servent à fabriquer le tissu.«Un fil est composé de plusieurs filaments.Avec un jet, on atomise ces filaments avec une solution qui contient les capsules», continue Mathias Berlinger.Une façon de «sceller» les propriétés à l'intérieur de l'étoffe.Quoi de neuf, docteur ?Les textiles nanotechnologiques trouvent également plusieurs applications dans le monde médical.Le Groupe CTT, entreprise de Saint-Hyacinthe vouée au développement de nouvelles techniques industrielles, investit beaucoup d'efforts dans le domaine de la chimie des solutions.«Nous avons mis ^ano âbec.ca Boom Supplément publicitaire Robe animée kinétique conçue par Joanna Berzowska.Photo: Hexagram * i * 3 : au point le produit SilverClear, composé de nanoparticules à base d'argent, explique Dominic Tessier, du groupe CTT.Ce matériau a des propriétés antimicrobiennes, c'est-à-dire antibactériennes et antifongiques qui sont très appréciées dans le milieu de la santé.» En appliquant cette solution sur des pansements, on fournit une protection supplémentaire aux patients souffrant de brûlures ou de plaies de lit Des tests cliniques ont prouvé que leur utilisation permettait une guérison plus rapide, tout en minimisant les risques d'infection.«Les pansements trempés dans l'argent ne sont pas nouveaux, rappelle Dominic Tessier.Toutefois, notre procédé permet de réaliser de grosses économies à l'étape de la fabrication.» L'ancienne technique de production consistait à déposer de l'argent métallique sur les tissus.Cette technique, bien qu’encore largement répandue sur le marché, est «dépassée par des nouvelles technologies comme la nôtre», poursuit Tessier.Les nanotechnologies, de par leur petite échelle, réduisent la quantité d'argent nécessaire pour concevoir ces pansements, un avantage important compte tenu du prix de ce métal qui a «pratiquement doublé depuis un an, souligne le chercheur.Nous en utilisons très peu : c'est 0,3 % d'argent en solution qu'on applique sur les tissus.» Selon Dominic Tessier, le procédé SilverClear ne demande pas de nouveaux investissements.«Tout ce dont on a besoin, c'est de l'équipement conventionnel dans le textile comme un bain, un séchoir et un four.Le coût de production est donc vraiment plus faible.» L'entreprise Bermatex envisage elle aussi de se lancer prochainement dans la production d'équipement médical.«Par exemple, nous pourrions encapsuler des anti-inflammatoires dans nos textiles pour traiter des maux de dos, soutient Mathias Berlinger.Contrairement à une crème qui sèche en deux heures, l'effet des microcapsules pourrait durer jusqu'à deux ans, dépendant de leur résistance au lavage.» L'utilisation de médicaments sur les textiles permettrait donc un traitement transdermique qui ciblerait précisément l'endroit du corps où se trouve le problème.Le maillon de la guerre Comme c'est le cas avec plusieurs découvertes scientifiques, les militaires se sont rapidement approprié les applications nanotechnologiques dans le secteur du textile.François Simard, vice-président à la recherche et au développement chez l'entreprise québécoise Stedfast, confirme cet intérêt grandissant: «Nous fabriquons différents tissus barrière, des tissus de protection qui sont imperméables non seulement à l'eau, mais à tout ce qui peut être une menace - dont les déflagrations.Les nanotechnologies pourraient être très utiles pour nous aider à renforcer ces tissus.Elles pourraient procurer une résistance à la perforation ou à la pénétration avec un matériau plus léger, quoique plus fort ou plus tolérant à l'impact.» Stedfast est particulièrement intéressée par la structure organisée des molécules de carbone, aussi appelées nanotubes: «Nous envisageons l'idée d'ajouter ces ingrédients dans nos mélanges de polymères ou de résine qui sont appliqués sur les textiles.Cela pourrait peut-être apporter des solutions intéressantes en ce qui concerne la balistique et le militaire.» Selon François Simard, de tels vêtements pourraient être commercialisés d'ici trois ans, si les tests d'efficacité s'avèrent concluants.Les nanotechnologies pourraient donc rapidement entrer dans la fabrication de vestes pare-balles ou antidéflagrations.«Ces équipements sont présentement très lourds parce qu'on doit introduire des plaques de céramique pour protéger les militaires, remarque François Simard.Mais est-ce qu'il y a une possibilité de substituer cette lourdeur par quelque chose de plus léger?C'est autant d’options qui seraient envisageables avec les carbones à structures organisées.» Bien entendu, les technologies développées pour les militaires sont très souvent rendues disponibles pour le grand public, comme les systèmes de régulation de la température du corps.«C'est une technologie qui a été mise au point pour les soldats en Iraq qui avaient à courir au soleil par des températures qui pouvaient atteindre 45°C», affirme Mathias Berlinger.Le principe est simple: on enchâsse des microcapsules contenant de la cire dans les vêtements, qui absorbent l'énergie du corps et le refroidit.«Quand la cire devient solide, elle dégage de l'énergie et quand elle devient liquide, elle en absorbe, explique Eddy Szczerbinski.Donc, lorsqu'on se réchauffe, on liquéfie cette cire et, par le phénomène de changement de phase, il y a une absorption d'énergie qui vient - sans nous refroidir - au moins noustempérer.» Lorsque l'activité physique cesse, la cire qui était liquide redevient solide et dégage de l'énergie qui réchauffe le corps.Loin d'être l'apanage des forces armées, ces technologies se retrouvent maintenant dans des bas et même des chandails pouvant être utilisés par les sportifs et les amateurs de plein air.Art technologique Les nanotechnologies comme moyen d'expression artistique?Mais pourquoi pas! À l'institut de recherche/création en art technologique Hexagram de Montréal, tout est possible.Dans le cadre de son volet «textiles interactifs et ordinateurs vestimentaires», des artistes-chercheurs tentent de repousser les limites du vêtement traditionnel: «Nous ne développons pas la nanotechnologie, précise Alban Asselin, directeur général d'Hexagram.On va l’utiliser, si elle est disponible, pour mettre au point des vêtements qui réagissent ou qui communiquent avec l'environnement.» Par exemple, Joanna Berzowska a conçu une «robe réactive» qui change d'apparence lorsque les gens la touchent.«Cependant, toutes les découvertes que nous faisons doivent pouvoir être transférables dans l'industrie», poursuit Alban Asselin.Pour l'instant, aucune «trouvaille textile» d'Hexagram n'a été récupérée par les grandes entreprises, mais rien ne nous empêche de rêver à une garde-robe entièrement informatisée et.nanotechnologique. JEAN-FRANÇOIS LEBLANC/AGENCE STOCK Environnement Le réchauffement climatique pourrait provoquer une croissance accélérée des arbre; !; ?>-*Vsï riR Jfc&ï i i 7*1.' -1 % ¦ '.a mm* m ^ ¦ • : - H* ’ T'V 1'^ ' ï’f' Wàt wwMm: WÊÊm ÎIt.': -v- *>j@h Ü ; |Æ if - l.v i’ 'T .¦ ' rvT->tV ;fe ; ais les insectes et les parasites risquent de se régaler.par Gilles Drouin Le long de la rivière Boniface, près de la baie d’Hudson, on distingue clairement deux genres d’épinettes : certaines noires et bien droites; d’autres plus petites et toutes rabougries.Ces conifères, qui poussent en kmmmbolz ( « bois tordu », en allemand) témoignent d’un temps pas si ancien où le climat était particulièrement rude : le « Petit âge glaciaire ».Un épisode encore mal compris que l’on situe approximativement entre 1550 et 1850.Une équipe du Centre d’études nordiques de l’Université Laval (CEN) a mesuré le rythme de croissance d’épinettes noires au cours des quatre derniers siècles.D’un côté, des arbres ayant vécu entre 1600 et 1800; de l’autre, des spécimens qui ont commencé à pousser vers 1750.Les arbres les plus jeunes sont tous des rejetons des épinettes rabougries et desséchées.« Pour une même durée, explique Serge Payette, graphique à l’appui, les rejetons des épinettes rabougries ont connu une croissance presque deux fois plus importante, avec une accélération après 1850, une fois le Petit âge glaciaire terminé.Us sont pourtant génétiquement identiques et ils poussent dans le même sol.» Pour ce spécialiste de l’écologie forestière au ^ CEN, les écarts morphologiques entre J l’épinette «mère» et l’arbre qui en est issu s’expliquent: le réchauffement des tem- ff pératures qui marque la fin du Petit âge à glaciaire a eu un effet bénéfique sur le * taux de croissance des arbres.Le bio- f logiste Yves Bergeron, du Groupe de ^ _ recherche en écologie forestière ( _ Longkorne taSiatique (GREE) de l’Université du Québec à Montréal, a observé les mêmes caractéristiques chez les cèdres d’Abitibi.Climat et forêt forment un couple aux relations complexes.Et bien malin qui pourrait prédire les conséquences du réchauffement sur la croissance des arbres.Au Québec, la question est cruciale : la moitié du pays est ime forêt.Du sud au nord, de l’est à l’ouest, feuillus et résineux couvrent une superficie de 760 000 km2, dont les trois quarts appartiennent à la forêt boréale, dominée par l’épinette noire.La plupart des modèles prévisionnels élaborés par les climatologues montrent une accélération de la croissance des arbres même si, note Pierre Y.Bernier ingénieur forestier au Centre de foresterie des Laurentides à Québec, «on ne détecte encore aucune tendance à la hausse en Amérique du Nord ».On s’attend également à un débourrement (ouverture des bourgeons) plus précoce pour des essences comme l’érable.Cela dit, la croissance ne dépend pas uniquement des températures, mais aussi des précipitations, de la nature du sol, du drainage et de la disponibilité des éléments nutritifs.Chaque augmentation de la température moyenne de 2 °C provoquerait un déplacement de la zone climatique de 300 km vers le nord.En d’autres termes, le lac Saint-Jean profiterait alors du climat prévalant actuellement à Montréal.Mais il ne faut pas penser que la composition de la forêt se transformerait pour autant du jour au lendemain.«Il faudra peut-être des centaines d’années avant de constater des changements », estime Pierre Y.Bemier.Car les arbres ne marchent pas, et ils ont leurs habitudes.« Ils ont évolué sous l’influence des conditions qui prévalent dans leur environnement immédiat», insiste-t-il.Si vous transplantez à Montréal un sapin de Chibougamau, ses bourgeons ne s’ouvriront pas plus précocement parce qu’il profitera de températures plus clémentes.L’arbre reste, pour ainsi dire, toujours un peu méfiant.« Il hésite à les déployer plus tôt parce qu’il a ^ “appris” qu’un gel tardif peut survenir et lui causer ^ du tort », poursuit Pierre Y.Bemier.^ Les essences qui voudront s’installer plus au ^ * nord par rapport à leur zone actuelle trouveront sur leur chemin d’autres espèces végétales pas forcément enclines à leur laisser la place, ainsi que des tas d’obstacles fabriqués par l’homme, notamment les terres agricoles et les routes.Le biologiste Hubert Morin, membre du Consortium de recherche sur la forêt boréale de l’Université du Québec à Chicoutimi, mène une étude consistant à mesurer la croissance des troncs d’épinette noire et de sapin baumier toutes les 15 minutes ! Sur huit parcelles situées dans un territoire compris entre le sud du lac Sain-Jean et le sud de la baie James, des dendromètres automatiques fixés aux arbres enregistrent les fluctuations de Juillet-août 2006 I Québec Science 35 ¦bu- H , .* futur \\ Fauteuil roulant de choc Tout endroit public qui se respecte doit avoir une rampe d’accès pour fauteuils roulants.Les personnes handicapées peuvent ainsi éviter les escaliers.En ce qui concerne les lieux moins fréquentés, il leur faut cependant compter sur la gentillesse de porteurs volontaires ou se résigner à rester sur la touche.L’inventeur Brad Soden, déçu de voir que son épouse ne pouvait se rendre partout, a mis au point une chaise pourvue de chenilles, qui lui permet d’affronter les terrains les plus accidentés.C’est d’ailleurs son apparence qui lui a valu son nom: Tank Chair.Elle est mue par un moteur électrique et son autonomie est d’environ 15 km.De fabrication artisanale, elle peut être adaptée aux personnes obèses.M.Soren travaille actuellement à une autre version de la Tank Chair qui sera moins coûteuse, 17 000 $ plutôt que 23 000 $ actuellement.On peut commander la chaise tout-terrain sur le site de la compagnie.www.tankchair.com »»par Philippe Desrosiers Etre cool au bureau Alors que vous êtes absorbé dans la rédaction d’un texte ou par un jeu vidéo, vous ressentez soudain une soif impérieuse.Sans quitter l’écran des yeux, vous saisissez la canette de boisson gazeuse et avalez une rasade de liquide sucré et.tiède.Dégoûtant! Ces scènes de cauchemar sont désormais choses du passé grâce au refroidisseur de boisson développé par la compagnie Coolitsystems, une entreprise spécialisée dans le refroidissement de processeurs.L’objet se présente sous la forme d’une petite plaque qu’il suffit de brancher dans la prise USB de n’importe quel ordinateur pour que sa température descende jusqu’à 7 °C.Le froid se transfère à la canette ou au verre qui, à son tour, refroidit la boisson.Coolitsystems a tout simplement appliqué la technologie, dont elle se sert habituellement pour refroidir l’unité centrale de traitement des ordinateurs, à ce petit périphérique nouveau genre.Il en coûte 45 $ pour pouvoir faire son frais au bureau ou ailleurs.www.coolitsystems.com J Le parapluie qui prédit Pourquoi s’acheter une radio, une télé, un ordinateur ou un journal quand on peut se contenter d’un parapluie?La compagnie Ambient Devices a mis au point un parapluie qui nous informe du temps qu’il fera.Il se connecte à Internet où un site de prévision météo transmet l’information à son manche.Celui-ci est équipé d’une petite lumière qui clignote en fonction des probabilités de pluie.À moins de 30% de risque, le manche émet un flash toutes les trois ou quatre secondes.À 60%, on passe à une fréquence de un par seconde.Si la probabilité est de 100%, la lumière clignote 100 fois par seconde.Alimenté par de simples piles AAA, le parapluie météorologique sera disponible à temps pour les giboulées de juin à un prix qui n’a pas encore été fixé.www.ambientdevices.com 44 Québec Science I Juillet-août 2006 MJJJJUJl. mm • ¦ •.KM, i .-J -* Les dessous de Jupiter La planète géante comme vous ne l’avez jamais vu ! C’est la sonde Cassini qui a envoyé cette surprenante image de l’astre jovien vu de son pôle sud.Avec son gigantesque ouragan actif depuis déjà 300 ans - la fameuse tache rouge -, Jupiter est loin d’avoir livré tous ses secrets.fpl em par Serge Bouchard et Bernard Arcand Avant Champlain, le déluge Que serait la vie sans les mystères divins et les cachotteries humaines ?Bernard Arcand : Enfant, j’avais du mal à saisir le sens des mots «chaperon» et «bois dormant».Je m’interrogeais également sur l’identité de l’épouse de Gain.Qui était-elle, sinon sa propre sœur ?Puis, il y avait l’énigme du Déluge.L’histoire biblique est connue : franchement déçu, le Créateur décide un jour d’en finir avec ses créatures et fait ce qu’il faut pour noyer la planète.De très nombreuses sociétés font référence à un déluge ancien; et certains ont voulu voir là une confirmation de l’authenticité du récit biblique.En fait, si l’on souhaite imaginer et mettre en scène la destruction du monde, les choix ne sont pas illimités.On peut opter pour le feu, l’eau, les épidémies, les monstres ou les extraterrestres.Partout, les humains fabriquent du sens avec les moyens à leur disposition.Ma préoccupation enfantine concernait les poissons.Dieu veut détruire sa création, mais il élabore des conditions idéales pour la vie marine.Lors d’un déluge, les poissons peuvent enfin occuper tout l’espace et dominer la planète.Pourquoi le Créateur a-t-il refusé de soumettre à son châtiment l’ensemble des animaux marins ?La réponse m’est venue plus tard dans la vie, quand j’ai compris qu’il n’y aurait jamais de compétition sportive entre les Morues de Rimouski et les Brochets de Trois-Rivières.La contribution alimentaire des poissons est incontestable, mais leur puissance symbolique demeure négligeable.Une poignée de requins, de pieuvres et de dauphins n’y changeront rien; les animaux marins restent largement insignifiants.Bons à manger, mais pas très bons à penser.Probablement parce que la vie sous-marine est demeurée inconnue jusqu’à l’invention récente de la plongée.Autrement dit, contrairement à la pensée coutumière qui insiste sur la fascination de l’inconnu, nos plus grands mystères traitent de ce que nous connaissons vraiment bien.Serge Bouchard : La mort, déjà mystérieuse en soi, l’est encore plus quand elle demeure inexpliquée.Nos vies sont faites de quêtes et d’enquêtes; nos dossiers sont pour toujours ouverts; les affaires ne sont jamais vraiment classées.Quelque chose nous échappe; toujours.Alors, monsieur de Champlain, pourquoi vos parents vous ont-ils prénommé Samuel, nom protestant s’il en est ?Pourquoi ne trouve-t-on aucune trace de votre naissance dans les registres de Saintonge où vous dites être né?Où étiez-vous avant que votre existence nous soit révélée ?Pourquoi avoir prétendu une traversée aux Antilles et avoir signé une relation de ce voyage alors que nos enquêtes démontrent que vous n’y êtes jamais allé?Quelle est cette attirance pour les très jeunes femmes ?Et pourquoi ne trouve-t-on nulle part votre tombe ?Pourquoi n’a-t-on aucun portrait de vous, sinon celui d’un obscur comptable de province, d’un bourgeois au visage grassouillet, barbichette et yeux ronds, cheveux frisottés, dont nous savons qu’il ne vous représente en rien, mais dont nous nous obstinons à reproduire les copies dans nos têtes ?Pourquoi, monsieur de Champlain, êtes-vous si souvent retourné en Europe, à moult risques et autant de périls, comme si vous aviez vécu dans l’urgence jusqu’à la fin de vos jours ?Monsieur de Champlain, aviez-vous des accointances avec les Espagnols, comme le disent les mauvaises langues ?Quelques difficultés avec les Jésuites en plus ?Londiez-vous, monsieur de Champlain, la ville de Québec ou le pays du Canada ?Étiez-vous souverainiste ou fédéraliste ?Qu’auriez-vous fait lors des crises d’Oka et de Caledonia, vous qui connaissiez si bien les Iroquois ?Non, monsieur de Champlain, votre affaire n’est pas nette.Votre vrai nom était probablement Esteban del Castillo, fils illégitime d’un hidalgo errant et d’une picarde en cavale.Vous n’aviez pas de barbichette et votre projet secret n’avait rien à voir avec les âmes des païens ou l’argent des fourrures.Vous étiez peut-être le bras américain d’une société secrète œuvrant à l’échec de la France au Nouveau Monde.Ce qui expliquerait bien des choses.05 V’ 46 Québec Science I Juillet-août 2006 Astronomie ~ Environnement ~ Nouvelles technologies ~ Archéologie ~ Santé ~ Histoire ~ Physique ~ Enjeux de société Gagne?un séjour découverte dans les parcs naflonantt de la Gaspésiz! À gagner : 3 séjours découverte pour deux dans les parcs nationaux de la Gaspésie et de Miguasha 3 séjours de camping en famille dans le réseau Parcs Québec a,A   Parcs S Québec Conserver.Protéger.Découvrir.www.parcsquebec.com Abonnez-vous ou réabonnez-vous entre le ier juillet et le 31 août 2006, et courez la chance de gagner un séjour découverte en Gaspésie.VOUS êtes déjà abonné ?Rendez-vous sur le site de cybersciences.com et participez au tirage ! informez-vous ~ abonnez-vous www.cybersdences.com 514 521-5376 ou 1 866 828-9879 IScience ç , 7 j .A**?' w- CEGEP de Jonquière ^ , £ V*',» » >%* •!
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