Québec science, 1 janvier 2003, Février
A 'IQ Cuisinecommen*ne p*us rater ses plats Les sens, le sexe et la science IHC D2H DS le^uoM -UOH anj 5^32 ie6^i i§d^a nesjng 3aq^n0 ateuûïqeN enb^qqoiiqta 921 Ü.6IOOOOOO Les 7333 5 u 1 y v4 S) "T T • l'effet des caresses sur les bébés • un Gulf Stream bien fragile • l'immunité du cerveau une forêt sortie du fond des âges • et 6 autres découvertes qui ont marqué la recherche québécoise 773333019949 Avec nous, vous irez loin.Vous tentez de créer ou d'améliorer des produits ou vous essayez de perfectionner des procédés existants?Le temps est venu de faire équipe avec nous, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CR5NG).Par le truchement de nos programmes de partenariats de recherche, nous collaborons avec des petites et des grandes entreprises qui désirent tirer parti de la recherche menée dans les universités du pays.Votre investissement financier vous permettra de profiter : • d'une recherche ciblée qui répond à vos besoins; • d'un accès rapide à la main-d'œuvre qualifiée de la nouvelle génération.Sans compter que nous assumerons une partie des frais de la recherche.Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez notre site Web à l'adresse www.crsng.ca ou composez le (613) 947-9452.CRSNG Q NSERC 1*1 Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada Canada FÉVRIER 2003, VOLUME 41, NUMÉRO 5 www.cybersciences.com ARSENIO COROA NEUROPSYCHOLOGIE 18 Les lois du désir Comment le désir se manifeste-t-il dans le corps ?Enquête sur une cascade de réactions neuro-hormonalo-chimiques.par Yan Muckle LE PATRIMOINE INDUSTRIEL (18e EPISODE) 46 Cent mille brevets et une auto ! L'automobile a fait des bonds techniques prodiqieux.Ce ne serait encore qu'un début.par Alec Castonguay 8 This is a cook ! Attachez vos toques ! Un chimiste s’est mis le nez dans les chaudrons.Il nous mijote une délicieuse révolution ! par Raymond Lemieux l'événement Astronomie 12 Rosetta l'intrépide Sauter sur le dos d’une comète ?Une prouesse attendue ! par Vincent Sicotte Innovation 14 Guerre chirurgicale dfamteSDE L'ANNÉE10'® Notre grand rendez-vous annuel avec le meilleur de la recherche québécoise Un dossier réalisé par David Abesdris, Violaine Ballivy, Sylvie Braqard, Isabelle Cuchet, Gilles Drouin, Marie-Pier Elie, Raymond Lemieux, Debora Pinheiro, Isabelle Vaillancourt et Vincent Sicotte.L’ozone stérilise plus efficacement et à moindre coût les instruments chirurgicaux.Il pourrait même détruire les prions, les plus redoutables des agents infectieux.par Gilles Drouin Planète ADN 17 Les apprentis sorciers de la variole < Des chercheurs ont créé en laboratoire un O g « supervirus » de la variole de la souris.De quoi o donner des idées à des terroristes ?par Jean-Pierre Rogel techn pratique Internet 53 Eurêka ! « Patenteux », inventeurs, découvreurs Internet regorge de sites à votre intention ! par Philippe Chartier 55 Aujourd'hui le futur par Philippe Desrosiers ***é*M| « «•• •• Science et culture 56 Les instruments de l'abbé Mollet Les rudiments de la physique racontés aux courtisans de Louis XV.par Mélanie Saint-Hilaire 57 Jeux par Jean-Marie Labrie BABG 58 Costumes et sarraus L'habit ne fait ni le moine ni le chercheur.À tout le moins, il fait le style.par Bernard Arcand et Brigitte Gemme Science .Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine ifontaine@quebecscience.qc.ca par Raymond Lemieux .En hausse : la science Drôle d’époque pour les sondages.Ils se veulent des miroirs fiables de la bonne mesure de l’opinion publique, mais savons-nous les lire ?Surtout quand ils nous retournent des réponses qui ébranlent nos idées reçues ?Pourtant, c’est à ces moments-là qu’ils nous indiquent des changements profonds dans la société.Comme c’est le cas de l’intérêt des gens envers la science.La récente enquête qui vient d’être publiée par le Conseil de la science et de la technologie a tout pour en intriguer plusieurs.Elle porte sur « la culture scientifique et technique des Québécoises et des Québécois »L On croyait la science peu accrocheuse ?Ce sondage nous apprend que 70 % des Québécois se disent « intéressés » par les sciences et les technologies.Ce qui est plus que la proportion de répondants qui affichent, selon la même enquête, un intérêt pour la politique (39,6 %), pour le sport (58,5 %) ou pour l’économie (66,5%).Seule la culture recueille plus de faveur (76,5 %).Les attentes de cette population sont-elles comblées ?C’est une autre chanson.Car en matière de science et de technologie, environ 56 % des répondants s’estiment bien informés.Pour le sport, 7 Québécois sur 10 se disent « bien informés » alors qu’ils ne sont pas autant à vouloir connaître les frasques de nos athlètes aussi remarquables qu’elles puissent être.Sur des sujets politiques, même constatation : 55 % des Québécois se considèrent « bien informés ».Le calcul n’est pas compliqué : dans ces deux derniers secteurs, on en offre plus que le client en demande.C’est tout le contraire en science et en économie (à ce chapitre, 54,7 % des répondants se disent « bien informés »).Plus de science ?Oui mais - et c’est là le nœud identifié par le Conseil - la science souffre d’une « représentation négative ».Bien que les analystes du Conseil ne se soient pas trop attardés à définir ce qu’ils entendent par « représentation négative », le côté rébarbatif qui se dégagerait du monde des sar-raus et des éprouvettes aurait de multiples conséquences.Le désintérêt des jeunes devant les carrières scientifiques en est une.Pourtant, on n’a pas à sermonner nos élèves car, comme le constate encore le Conseil, ils réussissent bien en biologie, en chimie, en physique et en mathématiques.C’est seulement qu’ils ne tiennent pas particulièrement à travailler dans un laboratoire.Il faudrait peut-être commencer à réfléchir là-dessus.Peut-on croire que, devenus adultes, parents ou enseignants, leur intérêt pour la science (ce qui est tout de même différent que l’intérêt de faire une carrière scientifique) diminuerait ?Ce qui est sûr, c’est ce que la population en général reste ouverte à l’actualité scientifique.Mais si cette demande n’est plus comblée, faut-il s’étonner que les nouveaux adultes, parents et aussi enseignants, perçoivent finalement les sciences et technologies « comme des matières secondaires », dixit le Conseil ?Il en serait certainement tout autrement si l’information scientifique n’était plus reléguée derrière le sport, la politique et l’économie.La science prendrait alors tout son sens et ne serait plus perçue comme une « matière secondaire ».Et il faut croire que les gens n’attendent que cela.Q5 Conseil de la science et de la technologie.Enquête sur la culture scientifique et technique des Québécoises et des Québécois, Québec, 2002,244 p.culture scientifique «technique naue 4 Québec Science ~ Février 2003 Collaborateurs David Abesdris, Bernard Arcand, Violaine Ballivy, Sylvie Braqard, Alec Castonguay, Philippe Chartier, Philippe Desrosiers, Gilles Drouin, Catherine Dubé, Marie-Pier Elle, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Yan MucKIe, Debora Pinheiro, Jean-Pierre Rogel, Mélanie Saint-Hilaire, Vincent Sicotte et Isabelle Vaillancourt Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Arsenic Corôa, Michel Larose, Yves Provencher, Michel Rouleau, Rémy Simard Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Conseiller, Promotion et relations avec les médias Hermann Gagnon Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Secteur public : Carole Martin cmartinquebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur privé : Relations Média inc.info@relationsmedia.ca Tél.: (450) 661-8200 Téléc.: (450) 661-8500 Toronto, Printcorp Advertising inc.Tél.: (416) 323-3069 Téléc.: (416) 323-3725 SITES INTERNET www.cybersciences.com Journaliste Aurélie Deléglise www.cybersciences-junior.org Responsable Isabelle Cuchet Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d’adresse Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LMPI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentabon et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Culture et Communications g _JvîJ Québec S S Canada Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous recevons aussi l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d'envoi postal.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Magazines du Québec CEGEP de Jonquière courrier@OuebecScience.qc.ca ¦àStWqiJîy, tfelraii I IStSTOi, iPittto, WSkiij I 843-4Î97 i-4444 (dre*: Wisl «iLW ÜWH*' sjiü* &*** M'iie «s*»* 0W*f Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) vous invite au irum international sur is approches Écosystèmes santé ' du 18 au 23 mai 2003 Université du Québec à Montréal (UQÀM) Pavillon Judith-Jasmin 405, rue Ste-Catherine Est Montréal (Québec) La santé humaine est intimement liée à la santé des écosystèmes essentiels au maintien de la vie.Le Forum donnera la possibilité de poursuivre les discussions amorcées lors du Sommet mondial sur le développement durable en août 2002 et d’établir, entre des disciplines et des intervenants pluriels, des liens qui permettront de rendre le développement plus concret et équitable.Il permettra aux chercheurs, aux responsables de politiques, aux décideurs et aux représentants de la société civile du Sud et du Nord de discuter des possibilités d’améliorer la santé humaine et de créer des écosystèmes plus durables en tenant compte de la santé des écosystèmes et de celle des populations.Le forum s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux questions de santé humaine et d’environnement.Pour obtenir plus de renseignements sur le programme et les modalités d’inscription, composez le (613) 236-6163 poste 2273 ou consulter le http://www.idrc.ca/forum2003.Partenaires du Forum FORD FOUNDATION A ' V >r 1 UQÀM ISEH l+l Canada Canada Environment Environnement 1*1 Health Santé Canada Canada UNEP UNITED NATIONS 'Hi2/T'OUNDATION Québec ca n aa IDRC ^ CRDI Canada ^ courra science.qc.ca Médecines douces à la bonne place ! En novembre dernier, Québec Science a demandé ce que vous pensiez de la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’encourager la pratique des médecines douces.Nous avons reçu un abondant courrier à ce sujet.Mireille Despard de Montréal voit d’un bon oeil que l’OMS étudie l’efficacité des médecines traditionnelles et elle tenait à nous livrer son témoignage : « ]e fais partie des 70 % de Canadiens qui ont eu recours aux remèdes parallèles, en l’occurrence l’acupuncture.Après plus de 15 ans à souffrir de migraines très sévères et fréquentes [.] et après avoir essayé sans succès tous les médicaments antimigraine, j’ai décidé de consulter une acupunctrice que l’on m’avait recommandée.J’y suis allée à reculons, avec scepticisme.et pourtant ! Je vais tellement mieux ! Depuis que j’ai commencé les traitements, il y a 10 mois, je n’ai eu que trois migraines et elles furent très légères.Absolument rien à voir avec les maux de tête qui m’affligeaient et m’obligeaient à garder le lit, immobile dans l’obscurité, pendant deux ou trois jours.» Quant à Claudette Boisvert de Granby : « Il me paraît indiqué de parler de médecine intégrée plutôt que de médecines alternatives.Je vois une médecine où le public, le privé, l’allopathique, l’holistique, les soins à domicile auraient tous leur place de façon intégrée et non de façon compétitive.» Elisabeth Doyon, pour sa part, s’interroge sur la création d’une carte-soleil mondiale : « Nous vivons dans des conditions confortables qui, par elles-mêmes, augmentent notre espérance de vie.Mais le Québec est sous-peuplé : il ne convient la revanche des guérisseurs pas d’appliquer notre conception de la santé à des régions comme l’Inde ou l’Afrique.[.] Avant de mettre toutes les médecines sur le même pied, il faut réaliser que les Africains se plaignent rarement de maux de dos chroniques, de toux sèche ou de difficultés érectiles.La médecine là-bas n’a pas pour but d’augmenter la qualité de vie des patients, mais d’augmenter la quantité de gens en vie, tout simplement.La médecine douce y aurait sa place si elle offrait une solution aux problèmes à moindre coût.» Cochons et maïs Le reportage Grain et groin : une alliance qui sent mauvais, publié en novembre dernier, a suscité de nombreuses réactions.« Le texte renferme une foule d’informations de base très intéressantes sur le maïs, ses utilisations et la situation de la culture en rapport avec l’élevage », écrit J.Pierre Desnoyers, conseiller agricole depuis une trentaine d’années au Québec, qui indique que le prix de vente des sols en Montérégie oscille entre 15 000 et 18 0000 dollars par hectare - le chiffre de 6 000 dollars, dans le texte de notre jour- 11 1 11 M .naliste, s'applique pour un acre de terre et non un hectare.Denis Couture, président de la Fédération des producteurs des cultures commerciales du Québec (FPCC) a par contre tenu à exprimer son mécontentement à la suite de ce reportage : « La superficie consacrée au maïs ne représente pas la moitié de la superficie « Il me paraît indiqué de parler de médecine intégrée plutôt que de médecines alternatives.Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante : Québec Science, 4388 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2J 2L1 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique : courrier@iquebecscience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d'en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.cultivée totale du Québec mais moins du quart.[.] De même, aucun agriculteur ou agronome ne qualifie de “produits chimiques” les éléments fertilisants que l’on retrouve dans les engrais organiques tels que le fumier et le lisier.L’auteur affirme aussi que la rivière Châteauguay coule dans une région comptant parmi celles où se concentre la production porcine alors que la-région agricole de Saint-Jean-Valley field compte 1,5 % du nombre de porcs produits à l’échelle de la province et 1,4 % du nombre total de producteurs porcins du Québec.[.] Je suis estomaqué par la relation exagérée que l’auteur s’est permis d’établir entre la production de porcs et celle de maïs.[.] L’article a de la même façon proposé une relation qui n’existe pas entre la demande de l’éventuelle usine d’éthanol de Varennes et la superficie dédiée au maïs.Il faut savoir [.] que le prix reçu par les producteurs de maïs est déterminé par les cours boursiers à Chicago et ce sont les prix, et la perspective de rentabilité d’une culture, qui influencent les décisions d’ensemencement du producteur.» Notre journaliste Mathieu-Robert Sauvé tient à apporter des précisions : « L'utilisation de l'expression produits chimiques n'est pas inappropriée quand des "fertilisants organiques " sont produits avec une telle abondance dans la vallée du Saint-Laurent, réplique t-il.Si la surproduction de phosphore découlant de ce lisier était répartie sur un continent, les problèmes environnementaux seraient peut-être moins évidents, mais comme elle se concentre dans certaines régions, dont la Montérégie, elle contribue fortement à l'eutrophisation des cours d'eau.Il n'y a que les producteurs de porcs pour en douter encore.« Par ailleurs, M.Couture m'offre l'occasion de préciser que la culture du maïs couvre bien la moitié de la superficie céréalière du Québec (et non » N in 6 Québec Science - Février 2003 ^f>oj Mais 5 Ifûis fit few, hint, ntr/gm COIKMM fipcrfiiB Mijiii’jur iBn’til '«dm à rtifailt irtléoi mhM I’iimm ii.II fml rk/irth m nl Its cm iptlti ill firsj iltm 'illl/iw- frdii- iiif Mî' veifflii rtni'f Jjnsh lei-il-4 '’Ulllltf 0iTl jffjirf /((»*'¦ sir#' tf>0 tié' de la superficie totale).Cette mesure exclut le fourrage.Selon le site de l'Institut de la statistique du Québec, le maïs s'étend sur 450 000 hectares, alors que toutes les autres céréales réunies (avoine, blé, orge, soya, etc.) ne couvrent que 479 000 hectares.Quant à la production de maïs, M.Couture a raison de dire que ce n 'est pas la demande locale qui la fait fluctuer (encore que la politique de stabilisation [assurance récolte] du gou- « Aucun agriculteur ou agronome ne qualifie de “produits chimiques ” les éléments fertilisants que l’on retrouve dans les engrais organiques tels que le fumier et le lisier.» vernement québécois en fasse une culture sans risque pour les producteurs).Mais il semble évident qu'une usine recevant annuellement 375 000 tonnes de maïs, située au beau milieu d'une région concentrée dans le blé d'Inde, n'incitera pas les agriculteurs à se tourner vers la pomme de terre ou le rutabaga.» QS Le 11 novembre dernier, le magazine Québec Science proposait un autre rendez-vous sous la formule des « bars des sciences ».Le sujet : l’évolution de l’homme.Plus d’une centaine d'homo sapiens y ont participé pour échanger avec les paléontologues Pascal Picg et Serge Lebel.La discussion a été animée par Yanick Ville-dieu de l'émission Les années-lumière (Radio-Canada).Les prochains bars des sciences : À Montréal : le 11 février au Barouf, 4171, rue Saint-Denis de 17h30 à 19h30.À Québec : le 12 février au Théâtre du Petit Champlain, 78, rue Petit Champlain de 17h30 à 19h30.Le sujet : Changements climatiques : sommes-nous alarmistes ?Le climat change.Et il va continuer de changer.En exagérons-nous les conséguences ?Le traité de Kyoto sera-t-il suffisant pour maintenir l'éguilibre chimigue de l'atmosphère ?Animés par Yanick Villedieu (Les années-lumière, Radio-Canada) Organisé par réguipe de rédaction de Québec Science en collaboration avec le consulat général de France à Québec et le cégep de Limoilou.Entre autres invités : Christian Brodhag, ingénieur chimiste et auteur de guelques ouvrages sur l'environnement et la politique.Pascal Yiacouvakis, météorologue.Robert-Noël de Tilly, directeur du programme changements climatiques au ministère de l’Environnement du Québec.Nathalie Barrette, climatologue (Université Laval).Le nombre de places est cependant limité.Nous vous suggérons fortement de réserver la vôtre auprès de Mme Nicole Lévesque (514) 843-6888.cybersciences.com Près de 400 000 visiteurs par mois Nouvelles, bulletin, forum, dossiers.Tout sur l'actualité scientifique au jour le jour L'un des sites ***** de la francophonie Québec Science ~ Février 2003 7 PHOTOS : WES PROVENCHER THIS V, SM W : 919 ~*â V Quelques degrés qui font toute la différence.Nos thermomètres de cuisine ont-ils la précision qu'il faut ?Pas sûr ! Attachez vos toques ! Un chimiste s’est mis le nez dans les chaudrons.Pas de panique : il nous mijote une délicieuse révolution ! par Raymond Lemieux Ça, c’est de la nouvelle cuisine ! Recette à éclipse de goût, biscuit sans farine, chocolat Chantilly (sans lait !), omelette norvégienne inversée.À côté de cela, les sempiternels potages farinés, les suprêmes de volaille aux qualificatifs prétentieux, les côtelettes d’agneau de n’importe où manquent cruellement d’originalité.« C’est trop facile d’inventer un plat », dit Hervé This, grand amoureux de la cuisine et surtout chimiste.Il veut renouveler la gastronomie.Et la pousser résolument dans le XXIe siècle.On salive ! Serait-ce que, à l’heure d’Internet, de la physique quantique et de la génétique, les marmitons radotent depuis 500 ans ?Qu’ils répètent à l’envi et à l’aveugle des recettes rebattues, et parfois truffées de croyances ?Hervé This le pense : « La cuisine change à la condition de la comprendre.C’est la part de science qui peut faire la différence.» Avec quelques notions de physique et de chimie, les inventions gourmandes sont à la portée de toutes les fourchettes.Hervé This était récemment l’invité de l’Institut du tourisme et de Phôtellerie du Québec (ITHQ), rue Saint-Denis à Montréal.Devant la future élite culinaire québécoise, il a démontré pourquoi les cuisiniers devaient faire de la recherche.« Vous avez un microscope en cuisine ?Non ! Mais alors comment pouvez-vous travailler ?» laisse-t-il tomber pendant le cours de pâtisserie.Chez les étudiants, c’est l’étonnement.EtFi lot m HJ L I.fe Plusieurs n’avaient encore jamais eu de cours de science.Le tableau périodique pouvait leur sembler tout aussi étranger qu’un jardin potager pour un Inuit.« Je suis un chercheur, cependant mes ingrédients sont toujours culinaires.Je ne mets pas de produits chimiques bizarroïdes dans les plats et je n’emploierai jamais quelque chose qui ne se mange pas.Pour le reste, faire de la chimie ressemble beaucoup à la manière de faire la cuisine.Comme le cuisinier, le chimiste broie, chauffe, coupe, refroidit et distille substances et ingrédients.La différence, c’est que les cuisiniers travaillent encore avec des outils du Moyen Age.Pour réussir une émulsion, par exemple, une cuve à ultrasons est aujourd’hui bien plus efficace qu’un fouet.» Provocateur ?Il ne s’en 8 Québec Science ~ Février 2003 "i litique de la gastronomie doit être soutenue par de bonnes techniques et une bonne connaissance des réactions en cours • • • cache pas : « C’est parce que j’ai l’ambition démesurée de changer la cuisine.» En France, paradis de la gourmandise, Hervé This a su gagner un public important à sa cause : ce qu’il appelle la gastronomie moléculaire.Il s’est fait également connaître par ses chroniques régulières dans la revue Pour la science, dont il a été rédacteur en chef, et par quelques ouvrages dont le plus récent est Casseroles et éprouvettes (Editions Belin, 2002).Côté savant, il travaille au laboratoire des interactions moléculaires de l’Institut national de recherche.Côté gourmand, ses honneurs ne se comptent plus.Ce qui lui permet d’avoir une solide crédibilité aux yeux des gastronomes.Il a notamment été reçu chevalier de la confrérie Saint-Grégoire du Taste fromage de la vallée de Munster et compagnon de la Comman-derie de France des Talmeliers du bon pain.(Le monde culinaire s’est arrêté au Moyen Âge, disait-il ?) Et puis, c’est un académicien (deux fois plutôt qu’une) : il est membre de l’Académie française du chocolat et de la confiserie, et de l’Académie nationale de la cuisine (également en France comme on s’en doute).Excentrique, ce monsieur ?Un peu.Les critiques gastronomiques de Montréal Françoise Kayler et Philippe Mollé lui ont même attribué les épithètes de « magicien » et de « Harry Potter des temps modernes ».Pourtant non, ce n’est pas un sorcier.Il fait seulement de la chimie.Pourquoi rate-t-on un œuf à la coque ?Les haricots verts coupés aux extrémités sont-ils moins amers ?Vaut-il mieux faire mariner la viande de bœuf dans le vin rouge ou le vin blanc ?Que nous apporte la mastication ?« Il faut chercher les réponses en réalisant des expériences simples.C’est d’ailleurs le travail habituel de la science », affirme Hervé This.Ce n’est tout de même pas d’hier que le contenu des chaudrons intéresse les chimistes.Dès la fin du XVIIIe siècle, le physicien Antoine Lavoisier s’est questionné sur la confection des bouillons.C’est à la même époque que Von Liebeg trouve le moyen de produire des extraits de viande.Au siècle dernier, le fait saillant est certainement réalisé par le médecin chimiste Louis Maillard qui étudie, en 1912, la réaction des sucres et des protéines - celle qui donne tout le goût à la croûte de pain, au doré de la bière et aux rôtis de viande.Hervé This s’inscrit dans le sillage de cette grande famille.« Cuisinons en connaissance de cause », clame-t-il en tirant de sa mallette un cahier de laboratoire : 35 pages de formules et de notes d’observations bien tassées.« J’ai une vingtaine de cahiers comme celui-là.Mais ce n’est pas parce qu’on a écrit une formule qu’on a réglé un problème de cuisine.Reste que la vision artistique de la gastronomie doit être soutenue par de bonnes techniques et une bonne connaissance des réactions en cours.» Faut-il une alliance entre les cordons bleus et les chimistes ?Il en a prouvé l’intérêt à l’ITHQ.Lors d’un dîner pour le moins inusité - oubliez la terrine de champignons, le potage aux carottes ou le poulet à l’ananas -, il a concocté avec les chefs de l’Institut Philippe Métayer et William Chacon un parfait repas scientifique.L’initiative était une sorte de réédition d’un événement pareil * / S5 Réussir un œuf avec un jaune bien centré ?C'est le défi qu'HervéThis propose dans de grands concours de cuisine en France.Et où se situe le jaune dans l'œuf ?« Il faut faire une expérience pour résoudre l'énigme », tranche le chimiste.Québec Science ~ Février 2003 9 Gastronomie : C'est un poète qui a introduit, en 1800, cet évocateur mot dans la langue française.Le chimiste français du début du XIXe siècle, Jean-Anthelme Brillat-Savarin l'a ensuite bien défini dans son célèbre Physiologie du goût : « La PHYSIOmr.lF X/ü GÛU'J\ MÉDITATIOXK DE G ASTRONOMIE TOME rauiii r.PARIS.gastronomie est la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l'homme, en tant qu'il se nourrit.Son but est de veiller à la conservation des hommes, au moyen de la meilleure nourriture possible [.].)> fax.Le sorbet à l'azote liquide, un classique de la cuisine thissienne.tenu en 2000 à l’Académie des sciences.Quelle démonstration ! Les commensaux étaient ébahis.L’entrée : une soupe à l’oignon en flan -dans le cahier de notes du chimiste, cela est résumé par la formule ( ( E+S ) / S+O+S ).Aussi appelé « flan de l’extrême » parce qu’il tient compte de la quantité maximale d’eau que l’on peut ajouter à un œuf pour obtenir ce flan (voir la recette en encadré).L’intérêt ?La faible quantité d’œuf que l’on retrouve dans cette proportion permet une « meilleure tendreté du flan », soutient le chimiste.Puis, une gelée de poireaux ( (E / S) + (H \ E ) + S ), un plat parfait, selon Hervé This.On peut s’en souvenir longtemps.C’est rarissime ! « La préparation du plat cumule plusieurs réactions : une réduction (évaporation de l’eau) pour obtenir une solution concentrée d’arômes, l’effet Maillard (la fameuse réaction des sucres et des acides aminés qui engendre des arômes variés), une émulsion en partant du bouillon de poireaux, l’éclatement des cellules de champignons sous l’effet de la chaleur pour que leur contenu aromatique se dissolve dans le liquide.« Comme on le constate dans la préparation de ce dîner, il restera toujours une part d’intuition, convient Hervé This.L’exploration des combinaisons alimentaires des composés et des parfums ne sera jamais terminée.» Un végétal comme la sauge contient environ 500 composés aromatiques, écrit-il dans son livre Les secrets de la casserole.« Ce n’est pas demain qu’on l’on aura défini le rôle de chacun de ces arômes comme de ceux que referment tous les produits alimentaires.Ce que le cuisinier ne doit toutefois pas négliger, c’est qu’il chauffe parfois tant d’aliments qu’il peut aussi provoquer des réactions chimiques, c’est-à-dire dissocier des molécules, les réarranger, en créer de nouvelles.» Plus tard, un rôti de porc à l’ananas caramélisé ( (E+Sl) \S2) < S3) + S4 + S5 ).Un bon prétexte pour expliquer que la cuisson d’une viande se fait en plusieurs étapes.Thermomètre précis à l’appui, Hervé This a fait toutes les mesures : à 40 °C, les protéines commencent à se dénaturer et la viande devient moins transparente.Juste 10 °C de plus et on constate que le tissu de soutien des cellules musculaires, le collagène, se contracte et, à 55 °C, la myo-sine (une des principales protéines que l’on retrouve dans ce tissu) se coagule tandis que le collagène se dissout.A 66 °C, plusieurs réactions de coagulation ont cours dont celui de la myosine.A 70 °C - le moment est important -, la myoglobine cesse de fixer l’oxygène, l’intérieur de la viande devient alors rosé.Poussée à 80 °C, la chaleur brisera ensuite les parois cellulaires, la viande devient grise, puis à 100 °C, l’eau s’évaporera et.la viande perd sa tendreté.Que retenir de cette leçon ?Le cuisinier n’obtient pas les mêmes goûts selon la température de cuisson qu’il choisit pour concocter son plat.Vient le coup d’éclat, un clas- sique de la cuisine thissienne : le sorbet à l’azote liquide ( (G+H) \E ) + ( (S + G + H) \E) + S\S2).Sa confection met en émoi la salle.« C’est facile pourtant », s’amuse Hervé This en saisissant une grosse citerne et en revêtant lunettes et gants de protection, car l’azote liquide est utilisé en médecine pour brûler les verrues.« C’est plus spectaculaire, mais'voyez le résultat ! » Les gourmets o observent.Un nuage se t dégage.En congelant très | rapidement le mélange g d’œuf, de sucres et de lait, le < chimiste obtient un sorbet S d’une merveilleuse finesse Ê composé de très petits cristaux.Audacieuse et aventureuse, cette manière de faire la cuisine inspirée de la gastronomie moléculaire ?Intelligente, surtout ! Mais ça n’empêche pas Hervé This de prôner une ascèse de l’expérience.D’ailleurs, il revendique ni plus ni moins l’honneur d’avoir réinventé l’œuf.« On veut faire du foie gras poêlé et on ne sait pas faire un œuf dur, ben voyons ! Si des gens n’ont qu’un œuf à bouffer, je veux que cet œuf soit bon.» Alors comment réussir cet œuf avec un jaune bien centré ?C’est le défi qu’il propose dans de grands concours de cuisine en France.Où se situe le jaune dans l’œuf ?demande-t-il.Les avis sont toujours partagés.On dit qu’il est collé aux parois de la coquille, on prétend aussi qu’il est au fond de la coquille et on raconte qu’il flotte sur le blanc « Bref, il faut faire une expérience pour résoudre l’énigme », tranche le chimiste.L’expérience ?D’une simplicité ! On brise la coquille pour verser le contenu (le blanc et le jaune essentiellement) dans un récipient transparent et on observe.Le jaune remonte lentement à la surface du blanc en trois secondes bien chronométrées.Conclusion : pour obtenir un jaune centré, il suffira 1 O Québec Science - Février 2003 Quelques trouvailles du chimico-marmiton Le flan de l’extrême L’idée est d’employer un maximum d’eau avec un œuf, ce qui permet une soupe à l’oigiron plus savoureuse que d’ordinaire.Il y a en effet moûts d'arômes qui sont piégés par des protéines de l’œuf Après avoir fait un bouillon de poulet, il s’agit de le verser dans une casserole où on a déjà fait revenir des oignons dans du beurre.On laisse cuire.Puis, on laisse refroidir, après quoi on ajoute un demi-litre de cette soupe à un œuf entier.Il faut ensuite passer le tout dans un four très chaud.La soupe va devenir un flan.Il reste à servir avec des croûtons.Chocolat Chantilly Une innovation signée Hervé This.C’est une variante de la fameuse crème Cltantilly que l’on obtiait en fouettant, dans un bol refroidi, de la crème — un composé de gouttelettes de matières grasses dans l’eau du lait.« C’est une émulsion », explique le chimiste.Peut-on alors faire un chocolat Chantilly sacltant que le chocolat contient aussi de la matière grasse, c’est-à-dire du beurre de cacao 1 « En deux temps, trois mouvements », dit-il.Démonstration.1.Dans une petite casserole, on met 20 centilitres d’un liquide parfumé.Ce peut être du jus d’orange, une infusion de menthe ou du café bien tassé.Puis, une feuille de gélatine et 250 grammes de chocolat.Le chocolat belge Callebaut fera très bien l’affaire.2.On chauffe doucement.3.Lorsque que le chocolat est fondu, on retire la casserole du feu et on la refroidit en la plaçant dans la glace.On fouette pour introduire de l’air dans le mélange.Ces bulles sont stabilisées par des molécules de caséine et par la cristallisation de la matière grasse qui a lieu à froid.Ainsi, en refroidissant, la préparation devrait gonfler et blanchir légèrement.Votre chocolat Chantilly scientifique est prêt ! Le canard à la Brillât'Savarin Monsieur Brillat-Savarin est le mentor de tous les scientifiques de la cuisine.En son honneur, voici un plat qui allie la réaction qui porte son nom et un des plus récents outils de la cuisine.Dans une poêle, on chauffe très fort, dans du beurre, un morceau de canard jusqu’à la coloration.On retire du feu, on enlève la matière grasse et on éponge la viande.Puis, à la seringue, on injecte dans la viande du Cointreau où l’on a dissout du sel et infusé du poivre.La cuisson se termine en quelques minutes au micro-ondes.d’agiter délicatement l’œuf afin d’éviter que le jaune y prenne sa place naturelle au-dessus du blanc.Facile ! Fort bien, mais comment, maintenant, doit-on le cuire ?« La cuisson, c’est ici une affaire de température, non pas de temps », dit notre Christophe Colomb de la cuisine.Thermomètre précis à la main.U observe : le blanc cuit à 61 °C.Et le jaune à.68 °C.Quelques degrés qui font toute la différence.Mais nos thermomètres de cuisine ont-ils la précision qu’il faut ?Pas sûr ! « Si on a des idées fausses, on ne peut pas intervenir, continue Hervé This.L’expérience de l’œuf démontre que l’on peut agir sur les résultats.Surtout si on n’est pas trop certain de ce que l’on fait.Les livres de cuisine et les coutumes culinaires sont pleines de ces pièges.C’est d’ailleurs marrant de constater que c’est au sujet des plats faciles à rater que subsistent toutes sortes de croyances.» C’est le cas notamment des soufflés, de la mayonnaise, de la viande pas tendre, de la pâte à chou, de la génoise et de la pâte feuilletée.« Si on a des idées vraies, on saura, dans le cas de la mayonnaise, qu’il faut dis- perser de l’huile dans l’eau.Rien de trop compliqué.Au début, quand la mayonnaise a été inventée, on mettait le jaune d’œuf à la fin.Ça tournait une fois sur deux.Pourquoi ?On accusait les forces de la lune, la température, les règles féminines.Et ça s’est propagé.Sans jamais être testé.Facile aujourd’hui de constater que tout cela n’a rien à voir.La mayonnaise réussit quand l’huile ne s’incorpore pas à l’eau.On le voit très bien au microscope.Or les cuisiniers ont longtemps cru que l’huile devait se mélanger à l’eau comme du sucre peut s’y dissoudre.» Quelques restaurants haut de gamme I * * osent maintenant l’innovation scientifique à la façon de Hervé This.Même l’œuf dur cuit à 68 °C est au menu d’un grand restaurant parisien.Dans un trois étoiles de Bray, près de Windsor en Angleterre, le propriétaire a littéralement transformé son outillage pour se mettre résolument à Père moderne.« C’est un Beatles de la cuisine, dit Hervé This.Comme de plus en plus de chefs, il prouve hors de tout doute que la science, ça ne nous empêche pas d’être gourmands.» Et en plus, ça ouvre l’appétit ! Q5 Pour en savoir plus THIS, Hervé.Les secrets de la casserole, Éditions Belin, 1993, 222 p.À ranger aux côtés de vos livres de recettes ! THIS, Hervé.Casseroles et éprouvettes.Éditions Belin/Pour la science, 2002,240 p.Un recueil des meilleures chroniques que Hervé This a publiées dans Pour la science.Un régal de lecture ! Les mythes culinaires volent en éclats les uns après les autres ! secrets île In cnssemli BELIN J Casseroles ep|0%vettes Québec Science Février 2003 1 1 ASTRONOMIE IScience Rosetta l'intrépide Atterrir sur le dos d’une comète ?Une prouesse attendue ! par Vincent Sicotte tel;.'•V >•' ' -, te, 1 Atterrir sur la Lune ?Du déjà vu.Sur Mars ?Un peu mieux.Sur un astéroïde ?Ça devient intéressant.Une comète ?Une aventure a priori impossible ! Et pourtant.La mission européenne Rosetta, lancée en janvier, veut réussir l’incroyable prouesse d’aller se poser en douceur sur une de ces flamboyantes vagabondes.« Rosetta effectuera la première analyse in situ de la composition d’un noyau cométaire », explique Bernt Feuerbacher, leader du projet à l’Agence spatiale allemande (DLR).Parmi les quelque 1 500 comètes connues aujourd’hui, deux seulement ont été approchées par des sondes spatiales (Halley et Borelly).Et lorsque le noyau d’une comète arrive à la portée des télescopes terrestres, il est complètement caché par un immense nuage de glaces sublimées (la chevelure).D’où les attentes envers Rosetta : « Cette mission devrait révolutionner notre connaissance des comètes », affirme Bernt Feuerbacher.Composées de poussières et de glaces (eau et gaz gelés), les comètes sont les blocs de construction des planètes.Celles qui subsistent aujourd’hui ne se sont pas agglomérées parce qu’elles orbitaient trop loin, dans des régions trop clairsemées.Ainsi, ces « boules de neige sale » vieilles de 4 milliards et demi d’années n’ont jamais été modifiées par la température ni par la gravité.Étudier cette matière, c’est comme lire la liste d’ingrédients du Système solaire.D’où le nom de la mission, qui fait référence à la pierre de Rosette ayant permis de déchiffrer les anciens hiéroglyphes égyptiens.C’est la fusée Ariane 5 qui a la mission de larguer Rosetta.Après quelques rendez-vous planétaires en 2005 et 2007 pour accroître sa vitesse, la sonde Rosetta filera à la rencontre de la comète Wirta-nen, à plus de 130 000 km/h.En 2011, alors que la comète sera dans les parages de l’orbite de Jupiter, la sonde la rejoindra et se mettra en orbite autour.Divers instruments de télédétection lui permettront d’étudier cet astre de un kilomètre de diamètre.Grâce à cette cartographie précise, un site d’atterrissage sera choisi.Vers l’été 2012, le lander sera mis en opération et atterrira sur cet iceberg cosmique.Comme la gravité sera des millions de fois plus faible que sur Terre, des mécanismes spéciaux empêcheront la sonde de rebondir ou de tomber sur le flanc.Un harpon ira se planter dans le sol et de grosses vis, sur chacun des pieds du lander, pénétreront la glace.Une dizaine d’expériences scientifiques et des caméras se mettront alors en marche.Rosetta étudiera en particulier la composition chimique, les propriétés physiques de la surface et la structure interne du noyau.L’objectif principal - l’aspect le plus excitant, selon Feuerbacher - est l’étude des molécules organiques de cette neige sale.Une fois sur la comète, le lander percera la croûte du noyau cométaire à l’aide d’une foreuse pour aller chercher un échantillon en profondeur.L’analyse de cet échantillon pourrait aider les scientifiques à déterminer rien de moins que l’origine de la vie sur Terre.On sait que les comètes renferment des molécules organiques dans leur queue et leur chevelure (les parties visibles de la Terre).Mais ces molécules ne sont pas originelles.Elles sont le résultat des réactions physicochimiques dues au Soleil.« L’étude d’un échantillon non modifié nous permettra de déterminer si les molécules organiques qui se trouvaient sur Terre avant l’apparition de la vie ont pu être amenées ici par les comètes.Dans ce cas, la vie pourrait être un phénomène courant dans l’Univers », explique le scientifique du DLR.D’une durée de six mois environ, cette mission permettra également de suivre l’évolution « saisonnière » de la comète Wirtanen.En se dirigeant vers le Soleil, le noyau commencera à interagir avec le vent solaire et développera une chevelure puis une queue.Littéralement dans le feu de l’action, la petite Rosetta ne devrait malheureusement pas survivre à cet embrasement.QS La sonde Rosetta.Elle devrait atteindre la comète Wirtanen en 2011.itmik 1 2 Québec Science - Février 2003 ACTUALITES VUES PAR CYBERSCIENCES.COM '(pies Je eaeJii île plus tMe «H mi Wer | 'malra iJerles Tminei on» léciiles lueiieei parlies Mais «pas erésil- ipsico- Soleü.ni» «élira 0 ifaie» 0 ne»«s ijns* ouèif poflr Montréal, berceau du hockey Où s’est jouée la première partie de hockey ?De l’Ontario à la Russie, de nombreuses villes revendiquent cette première sportive.Les dirigeants de la fédération internationale de hockey (FIHG) ont tranché : ce sport est né à Montréal, le 3 mars 1875 selon les critères de la Society for International Hockey Research.Ainsi, reconnaît la FIHG, ce match a été joué par deux équipes dûment formées, avec des règles préétablies.« La partie a été disputée avec une rondelle en bois pour la première fois, au lieu d’une balle provenant du jeu de crosse, précise le rapport.» Kennewick enfin étudié On va enfin pourvoir étudier le squelette de l’homme de Kennewick.Découvert en juillet 1996, sur les bords de la rivière Columbia, dans l’Etat de Washington, le squelette vieux de 9 000 ans a été l’enjeu d’une bataille politique hors du commun entre les scientifiques et les L'homme de Kennewick reconfiguré à l'ordinateur Maurice Richard, février 1956 Umatillas (voir Québec Science, mars 1998).Les autochtones, qui revendiquaient le droit de protéger leur « grand ancêtre », ont d’abord obtenu gain de cause devant la justice.Mais les anthropologues ont réussi à faire renverser le jugement : les Amérindiens devront donc leur « prêter » le squelette, conservé à 95 %, pour que les chercheurs puissent l’analyser en profondeur et voir à qui il ressemble vraiment, car l’homme de Kennewick n’a pas le type amérindien.Au moment de sa découverte, les chercheurs l’ont classé dans le type caucasien; il serait plus proche des Polynésiens.On comprend que son étude pourrait même bouleverser les théories 410 milliards • C'est le nombre d'opérations par seconde que peut effectuer CLUMEQ, le nouvel ordinateur le plus rapide du Canada.Ce supercalculateur porte le nom de son créateur, le Consortium Laval-UQAM, McGill et l'Est du Québec.Les chercheurs de toutes les universités canadiennes y auront accès par le Réseau d'information scientifique du Québec (RISQ).Construit à McGill, cet ordinateur comprend deux systèmes calculateurs.Le plus puissant, « Beowulf », assemble en parallèle une multitude d'ordinateurs ordinaires qui se partagent des fractions d'un problème à résoudre, et qui communiquent très rapidement entre eux grâce à une nouvelle génération de commutateurs électroniques capables de traiter des centaines de milliards d'opérations à la seconde.- répandues sur les premières migrations en Amérique.Roux et douillets Les roux sont plus sensibles que les bruns ou les blonds.C’est ce qu’a constaté Edwin Liem, de l’université de Louisville au Kentucky.Il a administré une dose d’anesthésiant à 10 femmes rousses et à 10 brunes avant de leur transmettre une décharge électrique.Puis il a mesuré quelle dose d’anesthésiant il devait ajouter pour que ces femmes ne ressentent plus les chocs électriques.Les rousses ont eu besoin de 20 % d’anesthésiant de plus que les autres pour ne pas réagir à la douleur.Selon le chercheur, c’est la mélanocor-tine-1 qui explique cette plus forte sensibilité.Cette hormone localisée dans les cellules de la peau stimule la synthèse de la mélanine (la molécule qui donne sa pigmentation à notre peau et à nos cheveux).Elle active aussi un récepteur cérébral associé à la sensibilité et à la douleur.Or, chez les roux, le récepteur de la mélanocortine-1 fonctionne mal.Il libère de trop grandes quantités de cette hormone.Québec Science - Février 2003 1 3 CANAPRESS TS03 Guerre chirurgicale L’ozone stérilise plus efficacement, et à moindre coût, les instruments chirurgicaux.Il pourrait même détruire les prions.par Gilles Drouin On dirait un gros frigo.Mais sous son air banal, le stérilisateur à l’ozone mis au point par TSO3, une firme de Québec, cache une percée technologique dans le traitement des instruments chirurgicaux.Il est capable de détruire tous les microorganismes susceptibles d’infecter les patients, comme les bactéries et leurs endotoxines.Mais il est peut-être aussi capable d’éliminer les prions, ces petites protéines susceptibles de transmettre la maladie de Creutzfeldt-Jacob.Mieux encore, la technologie de TSO3 est plus économique, plus rapide et plus propre que toutes les techniques de stérilisation à basse température utilisées actuellement.« Nous demeurons encore prudents sur la capacité du stérilisateur-à détruire les prions, prévient Jocelyn Vézina, président-directeur général de TS03, mais les tests avec des prions de hamsters ont montré qu’il n’était plus possible de détecter la présence de prions avec les méthodes de mesure utilisées.Il faudra des tests plus poussés sur des prions humains, en cours au laboratoire du CNRC de Winnipeg, pour démontrer hors de tout doute que notre stérilisateur les élimine complètement.» Prions ou pas, TS03 change la donne avec son stérilisateur.Depuis Pasteur, la communauté médicale sait qu’il faut stériliser les instruments chirurgicaux.Une technique courante et efficace consiste à utiliser une très haute température obtenue dans des autoclaves.Mais cette Les propriétés antiseptiques de l'ozone sont connues depuis une centaine d'années.Récemment, l'entreprise TS03 a développé un appareil permettant de stériliser de façon efficace les instruments chirurgicaux.Ça semble réussir.technique ne peut s’appliquer aux instruments en polymères qui sont de plus en plus nombreux, notamment dans le domaine de la microchirurgie (cathéters, endoscopes, etc.).En réponse à ce problème, des procédés à basse température ont vu le jour.La technique la plus courante utilise l’oxyde d’éthylène, un gaz difficile à manipuler.Explosif et cancérigène, il est aussi inodore et incolore.Un gaz « vicieux », comme le qualifie Jocelyn Vézina.Son utilisation 1 4 Québec Science - Février 2003 exige de multiples précautions, dont la ventilation de la chambre de décontamination.A lui seul, ce processus exige facilement une douzaine d’heures.Le peroxyde d’hydrogène représente une autre solution, mais il est plus coûteux que l’oxyde d’éthylène.La science en action pour un monde en ÉVOLUTION Les propriétés antiseptiques de l’ozone sont connues depuis une centaine d’années.Mais c’est en 1994 que Simon Robitaille, directeur de la recherche chez TS03, a eu l’idée d’appliquer l’ozone à la stérilisation des instruments chirurgicaux.À l’époque, lui et Jocelyn Vézina étaient parmi les dirigeants d’une entreprise spécialisée dans la purification de l’eau.Trois ingrédients sont nécessaires au stérilisateur : de l’eau déminéralisée, de l’oxygène et un peu d’électricité.Trois ingrédients qui ne manquent pas dans les hôpitaux.Ensuite, la stérilisation se déroule en quatre étapes principales.D’abord, on crée un environnement humide dans la chambre de stérilisation, de l’humidité froide obtenue en abaissant la pression atmosphérique.Ensuite, le générateur d’ozone entre en jeu.11 s’agit de fabriquer de l’ozone (O3) en soumettant l’oxygène (CD) à une charge électrique.Des conditions d’orage quoi ! Le gaz est ensuite injecté dans la chambre de stérilisation.Alors qu’il faut une concentration d’environ 2 % pour purifier l’eau, le stérilisateur de TSO3 travaille avec un taux minimal de 10 % à 14 %.Finalement, une fois le cycle de stérilisation terminé, l’humidité et l’ozone passent par un convertisseur catalytique.Instable, le gaz est facile à détruire.Seule une très fine humidité, à peine perceptible, sort du stérilisateur ainsi que de l’oxygène.Le processus exige environ quatre heures et ne nécessite pas une longue période de ventilation.TSO3 évalue aussi un procédé de stérilisation des tubes creux pour les instruments d’endoscopie.Compte tenu de la difficulté à bien aseptiser l’intérieur de ces minuscules tubes, les divers instruments de ce type sont généralement jetés après un usage unique.Certains coûtent des milliers de dollars, d’où l’intérêt d’une technique de stérilisation efficace qui permettrait de les utiliser plus d’une fois.« C’est un de nos techniciens qui a trouvé le moyen d’y arriver », {précise Jocelyn Vézina.La technique consiste à insérer le tube creux dans un récipient d’un volume prédéterminé, à bien sceller le tout et à chasser l’air de la chambre de stérilisation.La nature ayant horreur du vide, l’air humide chargé d’ozone est aspiré à l’intérieur du tube, nettoyant celui-ci au passage.De l’eau, de l’oxygène et de l’électricité : comme quoi l’innovation technologique passe parfois par l’art de conjuguer des éléments très simples.OS De l'eau, de l'oxygène et de l'électricité : comme quoi l'innovation technologique passe parfois par l'art de conjuguer des éléments très simples.b Plus que des recherches Des solutions Partenaire privilégié de l'entreprise et de la société québécoise depuis plus de 30 ans, l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) contribue au développement d'expertises de pointe dans les secteurs stratégiques suivants: :: eau, terre et environnement :: énergie, matériaux et télécommunications :: santé humaine, animale et environnementale :: urbanisation, culture et société Avec un taux de placement très élevé de ses étudiants de 2' et de 3' cycle, l'Institut contribue également à doter le Québec d'une main-d'œuvre de haut niveau.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Téléphone: (418) 654-2500 Sans frais: 1 877 326-5762 www.inrs.uquebec.ca Québec Science - Février 2003 1 5 ACTUALITES VUES PAR CYBERSCIENCES.COM Embonpoint terrestre La Terre prend de l’expansion au niveau de la taille, c’est-à-dire à l’équateur.Pas de beaucoup : 1 mm.Mais c’est assez pour intriguer les chercheurs.C’est le satellite franco-américain Topex Poséidon qui a montré cet étrange phénomène.Hypothèse : le « grossissement » de la Terre serait causé par les changements climatiques et les modifications dans le transport des masses d’eau océaniques.Il est trop tôt pour envisager une cure.Une nullea l'arraché ! En 1997, Deep Blue battait l’ancien champion du monde d’échecs Garry Gasparov.Le 19 octobre dernier, l’homme a repris du poil de la bête contre la machine en arrachant un match nul : Vladimir Kramnik, l’actuel champion du monde, est maintenant ex cequo avec Deep Fritz.Adversaire redoutable, le programme informatique de ChessBase est équipé de huit processeurs fonctionnant en parallèle.Il est ainsi capable de calculer des millions de coups par seconde.Mais si la machine est potentiellement meilleure au coup par coup, elle est moins douée pour prévoir le déroulement de la partie.Vladimir Kramnik a mené les premières manches de cette bataille homme contre machine.Une erreur dans la cinquième manche lui a cependant fait perdre confiance et il n’est pas parvenu à remporter les manches suivantes.Il s’en est tout de même tiré avec un match nul et 800 000 dollars américains.La revanche des baby-boomers L’insémination artificielle réussit très bien chez les femmes de plus de 50 ans.Entre 1991 et 2001, des gynécologues californiens ont suivi 77 femmes âgées entre 50 et 63 ans.Après avoir reçu un ovule provenant d’une jeune donneuse, plus de la moitié d’entre elles ont réussi à mettre au monde des bébés en bonne santé.Pour Richard Paulson, directeur du département de médecine reproductive à l’université de Californie, il n’y a donc pas de raison médicale pour empêcher les femmes ménopausées de recourir à l’insémination artificielle.Il avance même qu’on pourrait reculer l’âge d’une fécondation artificielle jusqu’à 60 ans.Il admet cependant que ces grossesses tardives engendrent plus de complications -hypertension, diabète de grossesse, et 7 fois sur 10 un accouchement par césarienne.Mais toutes ces situations peuvent être traitées.Commerce de l'ivoire Le commerce de l’ivoire, interdit depuis 1989, va reprendre l’an prochain en Namibie, au Botswana et en Afrique du Sud.Ces trois pays ont accumulé entre 10 et 30 tonnes d’ivoire, qui provient d’éléphants morts naturellement ou abattus dans des parcs nationaux africains où ils étaient en surnombre.Toutefois, avant la reprise des exportations, il faudra mettre au point des mécanismes de contrôle et de régulation performants pour distinguer la vente d’ivoire légal de celle issue du trafic et du braconnage, qui n’ont pas cessé.OS Au recyclage, Kyoto ! « Il faut donner un cheval à celui qui dit la vérité; il en aura besoin pour s'enfuir.» L'économiste politique André Fourçans, dans | son livre Effet de serre : Le grand mensonge ?publié chez Seuil, souffle une bouffée de C02 au visage des écologistes.Il dénonce le sensationnalisme relié à l'effet de serre en présentant une analyse des coûts et bénéfices de la réduction des gaz polluants.Sa conclusion surprend : mieux vaut vivre avec les conséquences du réchauffement planétaire qu'essayer de le contrer par des méthodes inappropriées, telles que le protocole de Kyoto.Attention au « prêt-à-penser », prévient l'auteur.Tempêtes, sécheresses, débordements des océans et autres cataclysmes annoncés demeurent incertains.Un réchauffement entre 1 °C et 3 °C, beaucoup plus probable, ne serait pas si dramatique pour l'économie planétaire : cela modifierait de 1,5 % le PIB mondial, montre-t-il en recensant plusieurs études économiques.Une légère hausse du mercure, catastrophique pour les pays en développement, serait même bénéfique pour le Canada ! Alors pourquoi appliquer le protocole de Kyoto ?Combien nous coûterait-il de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990 ?« On vous trompe quand on vous dit que Kyoto est un traité formidable ! Stabiliser les émissions au niveau de 1990, et y rester, reviendrait à payer trois fois plus que cela ne rapporterait.» Un ancien militant de Greenpeace, cité dans l'ouvrage, admet que le coût de Kyoto, pour une seule année, pourrait fournir de l'eau potable et un système sanitaire digne de ce nom à tous les habitants de la Terre.Il serait donc primordial de réfléchir aux avantages réels avant de se lancer dans une lutte contre un drame climatique supposé.Selon l'auteur, la seule façon de réduire les coûts et d'augmenter l'efficacité serait l'élaboration d’un marché mondial des droits de polluer et l'investissement dans le développement de technologies propres.Pour des lendemains qui chantent, ingéniosité et coopération seraient préférables à la contrainte d’un traité contestable.On s'en reparle dans 20 ans?par Isabelle Vaillancourt A h a?j&g- r'J I ^ 1 6 Québec Science - Février 2003 par Jean-Pierre Rogel planèteadn Les apprentis sorciers de la variole Sans le vouloir, des chercheurs ont créé en laboratoire un « supervirus » de la variole de la souris.De quoi donner des idées à des terroristes ?La variole est une vraie saloperie.Excusez mon langage, mais il faut appeler les choses par leur nom.Cette maladie hautement contagieuse est un des fléaux de l’humanité.« Elle est due à un gros virus, très résistant au froid, qui persiste longtemps dans les croûtes et les vésicules », note sobrement mon dictionnaire médical.Très juste.Ajoutons qu’elle tue directement une fois sur trois, et qu’elle laisse des cicatrices indélébiles chez les survivants.Avez-vous vu ces photos d’enfants variolés que diffuse l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ?Celle où on ne discerne même plus les yeux derrière les vésicules ?Cela dit, aucun être humain n’a été infecté par le virus de la variole depuis 24 ans.En 1980, l’OMS a déclaré que cette maladie était éradiquée.Cela signifie « finie, rayée de la surface de la Terre ».Une admirable campagne de vaccination en Afrique venait de vaincre la dernière poche de résistance.Mais que faire du virus : fallait-il en détruire les cultures à tout jamais ?On convint solennellement d’en conserver seulement deux stocks afin de mettre au point de nouveaux vaccins, au cas où le tueur reviendrait nous hanter.Officiellement, il n’y a donc plus que deux stocks, l’un gardé au Center for Diseases Control à Atlanta, aux États-Unis, et l’autre au complexe Vector à Novosibirsk, en Russie.Sauf que.sauf qu’on craint que la Russie n’ait plus les moyens, par les temps qui courent, de bien garder ces virus.Et que ces derniers aient déjà trouvé le chemin de pays ou de groupes terroristes.Ou bien encore que d’anciens experts soviétiques en armes biologiques, mal payés et mal nourris, aient vendu leur expertise à quelque Saddam Hussein.A moins que le même Saddam ait gardé et cultivé des virus datant de la dernière épidémie en Iraq, survenue en 1971 et 1972.Et comme ce pays a admis, en 1995, poursuivre un programme d’armements biologiques.Bref, il y a des gens à qui tout cela fait froid dans le dos.Imaginons un instant des terroristes infectés entrant en toute légalité dans un pays, mais indétectables, car étant encore dans leur période d’incubation.Une centaine de propagateurs par une douzaine de points d’entrée.Et c’est le cauchemar.Vacciner massivement la population ?Encore faudrait-il agir très vite et disposer à l’avance d’un vaccin efficace.Les Américains viennent de relancer d’urgence un vaste programme en ce sens.Autre problème à affronter : les séquelles de ce vaccin, qui peuvent être parfois graves et même aller jusqu’à la mort (risque estimé : un sur un million).De l’avis de plusieurs experts, ce scénario est hélas plus plausible et plus meurtrier que tous ceux impliquant des gaz toxiques ou de l’anthrax.Ce qui complique les choses, c’est un autre scénario de cauchemar, découvert par hasard par deux chercheurs ausmaliens de Canberra, il y a deux ans.Voulant créer un vaccin contraceptif pour les souris, ils ont eu l’idée d’insérer un gène d’interleukine (IL-4) dans le virus de la variole de cette espèce [mousepox) pour déclencher une réaction de défense contre les protéines de l’œuf.Audacieux, mais jouable, comme on dit.En principe, ce genre de manipulation affaiblit le virus, qui est par ailleurs rarement mortel chez la souris.Mais le résultat a été l’inverse de celui escompté.Ainsi modifié, le virus a tué tous les animaux en neuf jours ! Les chercheurs venaient, sans le vouloir, de créer un supervirus de la mousepox.Et alors, dites-vous ?Et bien, la « manip » est facile et devrait marcher sur le virus de la variole humaine.De quoi donner des frissons aux auteurs de la recherche : « Si un imbécile introduisait ce gène dans le virus de la variole humaine, de déclarer Ron Jackson au New Scientist, la mortalité augmenterait de façon spectaculaire.» Le virologiste craint notamment que les vaccins actuels soient peu efficaces contre ce supervirus.Depuis, l’équipe australienne a publié son travail, affirmant que c’était pour susciter un débat sur le danger de recombinaisons « non désirées » et sur le bioterrorisme.L’intention est louable, mais Jackson et ses collègues ont été violemment pris à partie pour avoir tenté cette expérience, et pour avoir divulgué publiquement les résultat de leurs travaux.Auraient-ils dû tenter cette expérience, en tout premier lieu ?Devrait-on donner suite à ce genre de recherche ?Devrait-on en parler publiquement ?Au fait, vous, qu’en pensez-vous ?Nous vivons une époque formidable, pleine de fascinantes découvertes.mais une époque compliquée, n’est-ce pas ?CS Québec Science - Février 2003 1 7 Voici comment le désir remoote la cascade neoro-liormonalo-cliimioye qui prot/oqtie l'excitation sexuelle.bwlii lecoi® lonatB i’ik# Les lois du par Yan Muckle au ^ V 'O- ÆÊ l'éternel printemps, Itodin Avec sa barbichette noire en pointe et son regard malicieux, Jim Pfaus a tout d’un petit diable en liberté.Peut-être parce que ce psychologue a le loisir de s’adonner durant sa vie professionnelle à l’un des passe-temps favoris de l’humanité : observer le désir en action.Mais au lieu d’épier ses voisins de palier, il étudie les comportements sexuels des rats au Centre d’études en neurobiologie comportementale de l’Université Concordia.« La direction du mouvement désirant est plutôt simple à constater, dit Jim Pfaus : la tendance, répandue dans tout le règne animal, est de se rapprocher de plus en plus.D’annuler la distance qui nous sépare de ce que nous désirons.Et la synergie ultime, c’est l’acte sexuel.» Les processus physiologiques en jeu, par contre, sont extrêmement complexes.Que se passe-t-il dans notre corps lorsque nous sommes attirés comme un aimant vers quelqu’un d’autre ?Est-il possible de suivre le désir à la trace ?Rien n’est moins sûr.L’interaction entre les comportements et la biologie est un véritable palais des miroirs dont la science ne parvient à cartographier que des fragments.Commençons par prendre le désir dans sa définition la plus large : je désire quelque chose quand mon attention se porte sur un objet extérieur (qu’il soit verre d’eau, femme ou statut social) et que je veux le faire mien - parce que je me figure en avoir besoin pour ma survie, mon confort, mon plaisir ou toute autre raison que je ne parviens pas très bien à identifier.La science n’a pas la partie facile pour étudier in vivo, en temps réel, ce qui se passe dans le cerveau d’un être humain pendant que le désir croît en lui.Je ne voudrais pas qu’on m’enferme dans un scanner pendant que je parle à une femme qui m’intéresse !.Mais on sait que le système dopaminergique joue un rôle crucial dans l’activation et le maintien de cette volonté.La dopamine, un des principaux neurotransmetteurs, provient essentiellement d’une étroite région du tronc toi.ttl «Tf I.1 8 Québec Science ~ Février 2003 )pd {«J ïitt if»- cérébral, le mésencéphale, et se répand ensuite dans le reste du cerveau.Parmi la multitude de rôles qu’elle joue, dont le contrôle des mouvements volontaires (on attribue la maladie de Parkinson à l’absence de dopamine dans certaines parties du cerveau), celui de messagère du désir n’est sans doute pas le moindre.Un rat chez qui l’on neutralise l’action du système dopaminergique se retrouve au degré zéro du désir : il perd jusqu’à la volonté de changer la position dans laquelle on le place.À l’inverse, L-dopa, un précurseur de la dopamine qui avait été le premier médicament utilisé pour contrer les effets de la maladie de Parkinson, produisait des effets marqués sur la libido des patients.« Le premier aphrodisiaque de l’industrie pharmaceutique », résume Jim Pfaus en montrant du doigt une affiche de film pornographique des années 1960 intitulé.L-dopa.ario Beauregard, du Centre de recherche en sciences neurologiques de l’Université de Montréal, étudie depuis plusieurs années l’effet des émotions sur l’activité cérébrale.Il explique qu’il est relativement aisé de suivre le circuit emprunté par la dopamine lorsque le désir est activé par une stimulation visuelle.C’est d’abord l’aire visuelle, à l’arrière du cortex, qui sera stimulée; une zone un peu plus reculée de la même région sera sollicitée dans le cas d’un souvenir ou d’un fantasme.L’information sera ensuite relayée aux aires d’association frontales, puis à l’amygdale, une petite zone en forme d’amande située de chaque côté du cerveau qui a pour fonction d’analyser ce qui vient d’être vu : est-ce bon, est-ce mauvais ?Enfin, la dopamine atteindra certains noyaux de l’hypothalamus que l’on croit étroitement associés à la naissance de l’excitation sexuelle.En théorie.En pratique, la cartographie du cerveau a ses limites : chez un sujet exécutant une action aussi simple que bouger un crayon, l’activité cérébrale peut changer de localisation %.f d’une fois à l’autre.En pratique également, la dopamine et l’hypothalamus ne sont que des joueurs parmi d’autres dans le grand jeu multidimensionnel du désir; un jeu dans lequel il n’y a peut-être pas de capitaine désigné.L’hypothalamus, qui peut recevoir des signaux de toutes les zones de l’organisme et qui contrôle indirectement toutes les hormones du système endocrinien, semble tout désigné pour recevoir le titre de « commandant en chef » de la libido.Et pourtant.Mario Beauregard a récemment soumis 20 hommes et autant de femmes à des extraits de films érotiques, et regardé ce qui se passait dans leur cerveau en uti- « Pourquoi suis-je attiré par telle femme et pas par une autre ?» Romanciers et psychologues n'ont pas fini de décortiquer les infinies variations présidant à la naissance du désir.lisant un appareil d’imagerie par résonance magnétique.« Etrangement, dit-il, nous n’avons noté un surcroît d’activité dans l’hypothalamus que chez les hommes.Rien chez les femmes.» Peut-être à cause de la nature même des séquences projetées ?« C’est possible, répond le chercheur.Mais plusieurs femmes disaient éprouver de l’excitation sans qu’aucun pic d’activité cérébrale puisse être détecté dans l’hypothalamus.» En fait, si l’apparition du désir et sa transformation subséquente en excitation est un processus relativement clair chez les hommes, il n’en va pas de même chez les femmes.« Des milliers d’études *1M I l I i Neuropsychologie visant à mesurer le désir et l’excitation ont été faites avec les hommes; avec les femmes, très peu », dit Irv Binik, professeur de sexologie à l’Université McGill.Les études existantes ne permettent pas de dissiper le flou.Les résultats de plas-magraphie vaginale, qui permet de mesurer l’intensité du flux sanguin dans le vagin, ne concorderont souvent pas avec l’appréciation subjective des femmes soumises au test.Ainsi, la plasmagraphie peut noter une forte augmentation de flux sanguin sans que la femme se dise excitée, ou l’inverse.« Certaines femmes rapportent éprouver du désir seulement après avoir commencé à ressentir une excitation physique, dit Binik.Pour d’autres encore, le désir et l’excitation ne sont qu’une seule et même chose.Alors comment mesurer le désir si l’on ne sait pas ce qu’on doit chercher exactement ?» Pourquoi suis-je attiré par cette femme et pas par une autre ?Romanciers et psychologues n’ont pas fini de décortiquer les infinies variations présidant à la naissance du désir, et je pourrais évoquer toutes sortes de raisons vagues.Parler d’empreintes laissées en moi à un âge très précoce par certaines expériences, certaines odeurs, formes de bouche, couleurs de cheveux que je tente maintenant de retrouver.Parler de la beauté.Parler des expériences qui m’ont permis de raffiner et de développer mes goûts, et qui me donnent aujourd’hui cette sensation aussi brûlante que convaincante que c’est elle, et pas une autre, qui fera mon bonheur.Mais un certain nombre de facteurs purement physiologiques se mêlent également, à notre insu, de façonner nos choix.Même le type génétique d’un éventuel partenaire pourrait être un facteur, suggère l’expérience des t-shirts qui « puent ».Le zoologiste suisse Cari Wedekind a demandé à 49 femmes de humer des t-shirts préalablement portés deux nuits de suite par 44 hommes différents (qui s’étaient abstenus pendant cette période d’utiliser tout déodorant).Le chercheur voulait vérifier si la préférence, connue chez les souris, de s’accoupler avec des partenaires possédant un complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) dissemblable, pouvait s’appliquer chez les humains.Les CMH sont des ensembles d’antigènes permettant à l’organisme de détecter et de détruire les cellules étrangères; en général, plus les CMH des parents sont distincts, plus le système immunitaire de l’enfant sera robuste.Il s’est avéré que les femmes de l’étude trouvaient une odeur agréable aux t-shirts portés par des hommes dont le CMH était différent du leur, et montraient de l’aversion pour ceux portés par des hommes dont le type immunologique étaient semblable - comme le serait celui de membres de leur famille.Un stratagème de la nature pour encourager le métissage ?Des scientifiques de l’université du Texas ont eux aussi fait appel à des t-shirts afin de déterminer si les hommes affichaient une préférence pour l’odeur des femmes durant leur phase la plus fertile.Réponse : oui.Comment cette information est-elle transmise ?Possiblement par le biais de molécules chimiques volatiles, qui joueraient peut-être un rôle occulte dans nos rapports avec les autres (voir encadré).Les pistes de ce genre foisonnent, et nous indiquent au moins une chose : le faisceau d’influences psychologiques, physiologiques et sociales qui président à la naissance du désir est tissé à ce point serré qu’il vaut mieux renoncer à toute prétention de rationaliser nos préférences.Autre certitude : le fil du désir est une onde fragile qu’un rien peut briser.Les compagnies pharmaceutiques rêvent de pouvoir offrir un remède aux pannes -S — le premier 20 Québec Science - Février 2003 de désir.Le Viagra, dont le sildénafil fait merveille pour augmenter le flux sanguin dans la région sexuelle et donc permettre à des hommes de connaître de fortes érections, n’a jamais été particulièrement efficace pour les femmes.Quelle compagnie réussira à ranimer un désir que de nombreuses femmes se plaignent d’avoir perdu ?Une compagnie du New Jersey, Palatin, croit que le PT-141 pourrait être ce produit miracle.Administré sous forme de vaporisateur nasal, le PT-141 pénètre rapidement dans le sang par la muqueuse'nasale et se fait passer dans le cerveau pour de Pinter-médine, ou hormone mélanotrope.Cette hormone, sécrétée par l’hypophyse, et qui agit sur l’hypothalamus et le système limbique, est responsable de la formation de la mélanine, donc de la pigmentation de la peau.Mais elle ferait bien plus : lors d’essais sur des volon-^ taires masculins, le PT-141 s’est montré capable de couper l’appétit et de provoquer l’érection -en agissant, contrairement au Viagra, directement sur le cerveau.Pour poursuivre les recherches sur l’autre sexe, Palatin a fait appel à l’expertise de Jim Pfaus, de l’Université Concordia, qui a mis ses sujets rongeurs à l’épreuve.Résultats concluants : les femelles sollicitent les mâles de quatre à cinq fois plus souvent lorsqu’elles sont sous l’emprise du PT-141.Et puisque le médicament n’accroît pas la sensation de plaisir (les rates ne marquent en tout cas aucune préférence pour la séance médicamentée), Pfaus croit que le PT-141 ne sera pas susceptible de donner lieu à des abus.Bingo ?Peut-être, mais le vaporisateur ne fera pas son apparition sur les tablettes de la pharmacie du coin demain matin.Avant d’être approuvé par la Food and Drug Administration des Etats-Unis, le médicament devra pouvoir démontrer par le biais d’un test rigoureux son efficacité sur le désir féminin - un test qui n’existe pas encore et qui, comme on l’a vu, sera loin d’être simple à concevoir.Pour Jim Pfaus, cette découverte est très (suite en page 23 ) de l'industrie piiarmaceutique un médicament utilisé pour contrer les effets de la maladie de “Iffiiiaiil I ;r if fcx J f ¦•fJoncjl maiirei fparaai.b®s, aaninid '¦«it impagrif aelfPT- mirai.irisattar iJtmfai , lasalea dans ie :Pdfr- IfT; Le 21 novembre avait lieu la Soirée reconnaissance du 40e anniversaire de Québec Science en hommage à tous ceux et celles qui ont rendu possible cette merveilleuse aventure.Quelque 200 personnes y ont participé.En voici quelques images.écho sciences 1.Pierre-Yves Gagnon, directeur de OS, Louis Berlinguet, l'un des pionniers de la science au Québec et ancien président du Conseil de la science et de la technologie.2.Jean-Pierre Rogel, ex-rédacteur en chef de OS, Frédéric Loiselle, qui a gracieusement et avec brio animé la soirée, et Frédéric Back, éminent collaborateur de OS.3.L’équipe actuelle de OS : (dans l'ordre habituel) André Carrier, président, Laurent Fontaine, Luc Asselin, Marie-Pier Elie, François Émond, Carole Martin, Isabelle Masingue, Catherine Dubé, Hermann Gagnon, Raymond Lemieux, Vincent Sicotte, Pierre-Yves Gagnon et Nicole Lévesque.4.Jean-Marc Gagnon parle avec émotion de ses quelque 20 ans comme directeur général et rédacteur en chef de OS.5.OGM ou changements climatiques ?Hélène Laurendeau, diététiste et Eve Christian, météorologiste.transcontinental IMPRESSION IMPRIMERIE INTERWEB Merci à nos commanditaires AstraZeneca à C\.Cascades Université du Québec Institut national de la recherche scientifique # rer/es ynamiques • McGill www.mcgill.ca e/icifatio/bs à - tous les auteurs de toutes les découvertes, en particulier à ceux à qui l’on doit les découvertes de l’année.Québec Science ~ Février 2003 21 Une affaire de nez Nous avons un nez à l'intérieur de notre nez.L'organe voméronasal (OVN), un minuscule trou situé de chaque côté de la paroi séparant nos narines, pourrait servir à capter des substances chimiques volatiles et inodores, les phéromones, dont l'influence est sujette à ample controverse.On reconnaît depuis longtemps l'importance de l’action des phéromones chez les animaux.Ces agents chimiques libérés à l’extérieur de l’organisme représentent probablement la forme la plus ancienne de communication : des animaux vertébrés jusqu'aux insectes, en passant par les arbres et les amibes, une très grande variété d'espèces vivantes échangent par le biais de ce langage chimique des informations sur leur disponibilité et leur préférence sexuelle.(Il sert aussi entre autres à avertir de dangers potentiels, à reconnaître sa progéniture, etc.) Mais on croyait que l’humain, cet être évolué, ne faisait plus usage de cet infra-langage.Les anatomistes ne parvenaient d'ailleurs à distinguer un organe voméronasal que chez le fœtus - preuve qu'il ne s'agissait que d'un vestige.En fait, personne n’avait pris la peine de vraiment bien regarder.Ce n’est qu'au milieu des années 1980 que des chercheurs de l'université du Colorado initièrent une observation consciencieuse de notre organe olfactif.Leur verdict, confirmé bientôt par d'autres équipes : l'homme a bel et bien un nez dans son nez.Certaines des cellules tapissant cet OVN agiraient à la manière de cellules nerveuses réceptrices, permettant de transmettre l'information contenue dans les phéromones à l'hypothalamus.Cette in- formation serait donc traitée par le cerveau d'une toute autre façon que les odeurs.La vraie question est de savoir ce que sont vraiment les phéromones humaines, et quelle est l’étendue de leur influence.Elles seraient présentes dans la sueur des mains, des aisselles, dans les sécrétions vaginales, et orienteraient subtilement, dans un rayon d'environ un mètre, la disposition de ceux avec qui nous en- °1 tronsen contact.Dans une étude menée en S| 1971 et confirmée en Q| 1998, la psychologue de l'université de Chicago Martha McClintock re-marquait que les cycles menstruels de religieuses vivant en communautés cloîtrées tendaient à se synchroniser - synchronisation qui serait due à la présence de deux phéromones féminines affectant la durée du cycle.David Berliner, un médecin et entrepreneur des États-Unis, qui travaille exclusivement sur ces agents volatils, affirme en avoir identifié plus d’une trentaine à partir d'échantillons de peau, et en avoir synthétisé plusieurs : an-drosténone, androsténol, an-drostérone masculines, copulines féminines - pour ne nommer que ceux qui se sont bientôt retrouvés sur les labels de produits « attractifs » commercialisés par Erox (une compagnie fondée par Berliner), et bientôt par d'autres.Berliner est également à la tête de Pherin Pharmaceuticals, une compagnie californienne qui tente de trouver des applications médicales à cette trentaine de composés.Elle teste actuellement un vaporisateur destiné à soulager les symptômes prémenstruels.Fumisterie ?Le problème, c'est que Berliner et ses collègues, qui disent vouloir protéger leur avance commerciale, refusent de soumettre leurs résultats aux regards scrutateurs de la communauté scientifique.Dopamine (réac Mésencéphalel Cerveau Hypothalamus Fosse nasale Odeurs Organe vomeronasal Phéromones Comment se fabrique le désir dans le cerveau.Certaines des cellules tapissant l'intérieur de notre nez agiraient à la manière de cellules nerveuses réceptrices, permettant de transmettre l'information contenue dans les phéromones à l'hypothalamus.Elle serait donc traitée par le cerveau d'une toute autre façon que les odeurs.l'apparition du désir et sa transformation subséqnente en excitation, un processus relativement clair citez les hommes, et plus difficile à expliquer chez les femmes.oui® lîaiilei I nous F lüOtRiiï Une ii utrih «MOI pltstii jiemiE Laquelle répond donc avec une saine dose de scepticisme à leurs allégations.« Il doit bien y avoir des phéromones humaines, dit Jim Pfaus.Mais que font-elles exactement ?Due ceux qui prétendent avoir des réponses publient leurs résultats.» Si plusieurs études semblent suggérer que les phéromones jouent effectivement un rôle infrasensoriel dans nos rapports sociaux et sexués, le nombre d’études publiques probantes est étonnamment mince.Luis Monti-Bloch, un physiologiste de l'université de l'Utah, a testé positivement à plusieurs reprises les composés de Berliner sur l'OVN de volontaires.Il a publié en 2000 les résultats d'une étude, confirmée par d'autres, dans laquelle l'OVN de 40 femmes était exposé directement à de l'androstadienone, un stéroïde masculin qui agirait à la manière d'une phéromone.Conclusions : réduction significative de la nervosité, de la tension et d'autres émotions négatives, avec changements correspondants au niveau physiologique.N'est-ce pas ce que l'on éprouve quand on se sent inexplicablement et merveilleusement « bien » avec une autre personne ?Si l'influence de ces messagers chimiques se confirme, parions qu'on nous en vendra très bientôt.QS - ™>î 1 :lm l(S# iÜH Jn taffll!' jw fc ati) itsaR ittllt: [iitilH lit SJfeiff éfï prometteuse : « Nous sommes peut-être à l’aube de comprendre bien des choses sur la façon dont le désir fonctionne.Il se peut bien que l’intermédine agisse comme une sorte d’interrupteur, qui nous permettrait d’être conscient de notre désir lorsque la possibilité de le satisfaire existe.» Une fois que le déclic a eu lieu, la dopamine qui se répand dans le cerveau contribue à réduire le champ d’attention à une seule chose : l’objet du désir.Elle stimule tout à la fois le système nerveux autonome orthosympathique, causant notamment l’accélération du pouls, l’érection des mamelons, et le système parasympathique qui lui est opposé et qui accroît le flux sanguin.Et comme désirer avant de consommer compte pour au moins la moitié du plaisir, les endorphines, ces opiacés naturels, font leur apparition.La dopamine investit également certains noyaux de l’hypothalamus, qui sécrète alors de la lulibérine.En exagérant un peu, on pourrait dire que l’arrivée de la lulibérine marque le moment où le désir s’apprête à éclore en excitation - ce que les scientifiques appellent pudiquement la « réponse sexuelle ».La lulibérine va inciter l’hypophyse voisine à sécréter deux hormones, la lutéotropine et la fol-lico-stimuline, qui vont ordonner aux gonades, à l’autre bout de l’organisme, d’accroître leur production d’androgènes et d’œstrogènes.Or les androgènes, la testostérone en particulier, sont les hormones clés de la libido chez l’homme.Ce n’est pas un hasard si les garçons de 17 ans, dont le taux de testostérone atteint alors son apogée, n’ont qu’une seule chose en tête.Même chez la femme, il y aurait un lien entre le taux sanguin de testostérone et la libido.La production accrue d’androgènes au moment de la ménopause expliquerait peut-être la poussée de libido que certaines femmes disent connaître à cet âge.ais ce ne sont pas les hormones qui régissent la « réponse sexuelle ».Seul l’influx nerveux peut procurer la vitesse nécessaire.Depuis l’hypothalamus, l’influx nerveux se propage le long de la moelle épinière jusqu’au plexus lombo-sacré, un peu au dessus du nombril, qui transmet l’information au sexe.Reste que désir et excitation sexuelle sont des phénomènes séparés.Et l’un ne wmmw vient pas forcément avant l’autre.Frédérique Courtois, sexologue clinicienne attachée à l’Université du Québec à Montréal, travaille auprès de personnes accidentées de la moelle épinière.Les défis que ceux-ci connaissent nous renseignent sur les circuits empruntés par l’excitation.« Les paraplégiques et tétraplégiques éprouvent du désir comme vous et moi, dit-elle.C’est le lien entre le désir et les organes génitaux qui est rompu.» Et pas de la même façon pour tous : chez ceux qui ont subi une rupture haute de la colonne vertébrale, l’influx nerveux ne peut plus se rendre de l’hypothalamus jusqu’à la région lombo-sacrée, rendant impossible toute érection même en présence d’excitation.Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas connaître d’érection ! En effet, cette fonction peut être activée de façon purement réflexe, par la stimulation manuelle, même en l’absence de toute sensation.Le nerf honteux interne (eh oui, c’est son nom) transmet l’information à la moelle épinière au niveau du sacrum, qui va renvoyer le message réflexe d’activer l’érection; dès que la stimulation manuelle cesse, l’érection tombe, quel que soit le niveau d’excitation réel de l’homme.Ceux qui ont subi une rupture basse de la moelle épinière connaissent le problème inverse.Les fantasmes, les désirs provoquent la tumescence puisque le message peut voyager du cerveau jusqu’au plexus lombo-sacré et activer l’afflux sanguin; mais aucune stimulation manuelle ne pourra convaincre la bête de s’éveiller (puisque le lien réflexe est rompu).Chez les femmes, le tableau est encore une fois plus flou.« Les sécrétions vaginales sont également provoquées par la stimulation du nerf honteux, explique Frédérique Courtois, mais les femmes associent davantage leur sexualité à leur cycle menstruel qu’à leurs sécrétions vaginales.» Les femmes paraplégiques auront plus de facilité à redevenir orgasmiques que les hommes : la zone génitale est beaucoup plus richement innervée, surtout après une première grossesse, ce qui augmente la possibilité qu’un « signal » réussisse à remonter jusqu’au cerveau; les zones érogènes sur les autres parties du corps sont également plus développées que chez les hommes.Pendant l’acte sexuel, où toucher, vision et mouvement se confondent, le cerveau est bombardé de signaux de plaisir.Il envoie dans la zone lombo-sacrée de la moelle épinière une charge de plus en plus grande d’influx nerveux, qui y rencontre l’influx en provenance des organes génitaux : l’énergie s’accumule ainsi au creux des reins jusqu’à ce que, littéralement, elle déborde, que le système sympathique s’emballe et que l’orgasme survienne.L’hypophyse relâche alors une véritable fontaine d’opiacées sous forme d’endorphines.À quels moments ces feux de Bengale physiologiques sont-ils cause, et quand ne constituent-ils que des effets ?Que devient le désir après sa confrontation avec le réel, et qu’en est-il des sentiments éventuels qui en naissent ?Il faudrait être naïf pour espérer pouvoir tracer une carte complète du territoire.Et puis, qui voudrait s’y fier au moment d’approcher quelqu’un qui nous fait de l’effet ?QS Québec Science ~ Février 2003 23 Allez savoir.Plus de 250 programmes offerts.Admission au trimestre d'automne : 1er mars Après cette date, on peut encore présenter une demande dans certains programmes.Faites votre demande sur le Web 514.343.7076 — www.umontreal.ca Université rüi de Montréal 26 Neurologie L'armée de tête Notre cerveau dispose d'un système immunitaire qui lui est propre.Fascinant.10e édition Dix découvertes par an depuis 10 ans.Au fil du temps, la recension que le magazine fait des meilleures recherches de l'année confirme le talent des équipes de scientifiques du Québec.La cuvée 2002, que Québec Science vous offre dans ce numéro, reflète bien les préoccupations de notre époque.Au premier rang, l'avenir écologique de notre planète, avec de nombreuses recherches sur les questions de climatologie.Au deuxième rang - à moins que ce ne soit le premier ?-, notre santé ! Comme par les années passées, notre jury - composé de Brigitte Gemme (CIRST), Jean-Marc Fleury, (CRDI), Isabelle Montpetit (Décowerfe/Radio-Canada), Mathieu Perreault {La Presse), Anne-Marie Simard {La revanche des Nerdz, Canal Z), Pierre Sormany {Découverte/Raû\o-Canada) ainsi que Violaine Ballivy, Marie-Pier Die, Isabelle Vaillancourt, Laurent Fontaine et Raymond Lemieux de l'équipe de Québec Science - a choisi ces 10 découvertes parmi une trentaine de recherches réalisées dans les universités et les institutions scientifiques du Québec entre le 1er novembre 2001 et le 31 octobre 2002.Elles ont été portées à notre connaissance par les responsables de ces organismes que nous remercions pour leur collaboration.Avant d'être choisies, ces découvertes devaient avoir fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique de référence.Recherche : Violaine Ballivy Un dossier réalisé par David Abesdris, Violaine Ballivy, Sylvie Bragard, Isabelle Cuchet, Gilles Drouin, Marie-Pier Elie, Raymond Lemieux, Debora Pinheiro, Isabelle Vaillancourt et Vincent Sicotte.• • •• a ••o* - *•* ••••••< 27 Environnement La forêt sortie du fond des âges Prisonnière des glaces depuis des centaines de milliers d'années, une forêt fossilisée vient d'être mise au jour dans le Grand Nord.29 Climatologie Gulf Stream : attention fragile ! Le Gulf Stream n'existe que depuis 7 000 ans.Et la dynamique des courants marins semble ne tenir qu'à quelques degrés de différence.Prudence.30 Environnement Bronchite forestière La pollution atmosphérique limite considérablement la capacité des arbres à absorber le carbone.32 Neurologie Les médiateurs de la tendresse Les caresses ont leur propre réseau nerveux pour rejoindre le cerveau.34 Astronomie Des étoiles attirantes Les astronomes identifient enfin cinq « super aimants » qui avaient le don de les narguer.35 Santé Le cercle vicieux des graisses Plus on a de kilos en trop, plus les graisses risquent elles-mêmes de résister à l'insuline et de provoquer le diabète.36 Médecine Des calmants sans effets secondaires ?La prochaine génération de médicaments antidouleur diminuera radicalement les effets secondaires.38 Chirurgie Le froid pour vaincre la stérilité Pourra-t-on bientôt transplanter des ovaires congelés pour permettre à des femmes de redevenir fertiles ?40 Protéomique Le toboggan fatal En étudiant un groupe de protéines, des chercheurs québécois déchiffrent les secrets de la défense cellulaire. Les 10 découvertes de l’année 2002 neurologie L’armée de tête L; d L'intérieur de notre cerveau dispose d'un système immunitaire qui lui est propre.Lorsqu'il est attaqué par un microbe, notre cerveau ne se comporte pas comme un lâche.Les armes avec lesquelles il se défend sont même redoutables.La découverte, réalisée par des chercheurs de l'Université McGill et de l’Université Laval, est une révolution pour les neurologues.Elle met à mal des années d’enseignement de la médecine qui voulait que le cerveau soit tout juste bon à se barricader derrière la barrière hématoencéphalique.Cette muraille, développée tout le long des vaisseaux sanguins du cerveau, est censée empêcher la pénétration d’éléments étrangers vers les neurones.Même les cellules du système immunitaire de l’organisme ne peuvent la franchir.Aujourd'hui, on découvre que si un pathogène réussit tout de même à traverser la barrière, le cerveau l'affrontera avec ses propres défenses.Le système immunitaire d'un individu se compose de deux éléments : un dispositif inné, gui réagit dans les premières heures après une agression, et un dispositif acguis, plus spécifique mais aussi beaucoup plus lent.Notre immunité innée est constituée de monocytes, des cellules munies de récepteurs chargés d'identifier le type d’agresseur à qui elles ont affaire (bactérie, virus ou parasite).Une fois la reconnaissance établie, les monocytes alertent le système immunitaire acquis afin qu’il envoie les défenses adéquates sur le champ de bataille.Ce qu’ont démontré les chercheurs - et qu’ils ont publié en mars 2002 dans la revue Nature Reviews Neuroscience -, c’est que ce mécanisme inné de reconnaissance d’un élément pathogène existe aussi à l’intérieur du cerveau.Les neurologues ont découvert que certaines cellules cérébrales, les microglies, sont pourvues des mêmes récepteurs que les monocytes de notre système immunitaire inné.Tout comme les monocytes, les microglies reconnaissent un étranger dès son entrée dans l’organisme et avant même qu’il n’ait provoqué une infection.Une fois activées, ces cellules sont capables de rester en alerte plusieurs jours, prêtes à affronter l’élément perturbateur au cas où il franchirait la fameuse barrière héma-toencéphaligue.Concrètement, le cerveau a dû résoudre un paradoxe : « Nous avons cherché à comprendre comment les microglies arrivent à percevoir l’arrivée d'un étranger dans l’organisme alors que la barrière hématoencéphalique est censée empêcher justement cet étranger d’atteindre le cerveau », dit Serge Rivest, du laboratoire d'endocrinologie moléculaire du Centre hospitalier de l’Université Laval à Québec et responsable des travaux.En fait, le cerveau possède quatre zones hybrides, baptisées organes circumven-triculaires, où la fameuse muraille infranchissable montre quelques fissures.Certains éléments directement issus du pathogène et identifiables par les microglies passent à travers ces minuscules ouvertures.Une fois prévenues, les microglies fabriguent des quantités de molécules inflammatoires qui diffusent facilement dans le cerveau.Par un processus en cascade, ces molécules déclenchent à leur tour l’activation des microglies voisines.Vingt-quatre heures après l'arrivée du pathogène dans l'organisme, la totalité des microglies sont en alerte.Il leur suffit d'attendre ensuite l’arrivée du pathogène.La plupart du temps, l’infection dont souffre l'individu est bénigne.Il peut s’agir d’un rhume, d'une angine ou d’une banale grippe.Le pathogène ne pénètre pas dans le cerveau et les microglies se désactivent simplement.Mais si l’infection est plus sévère et que le pathogène réussit à franchir la barrière hématoencéphalique, les microglies deviennent intraitables.Par un phénomène de phagocytose, elles vont happer l'étranger, le dévorer puis le digérer en éliminant toute trace de son passage dans le cerveau.Reste gue face à une maladie neurodé- générative du type alzheimer ou parkinson, les microglies ne réagissent pas correctement.« On assiste à une accumulation anormale de ces cellules autour des zones les plus touchées, dit Serge Rivest.Ensuite, c'est l'histoire de l’œuf et de la poule : ces maladies sont-elles dues à un dysfonctionnement du système immunitaire inné du cerveau, ou bien l'emballement des microglies est-il "normal" étant donné les dégâts causés ?» Des millions de personnes atteintes de maladies neurodégénératives dans le monde attendent la réponse.QS par Isabelle Cuchet ‘vrc 'mm.y**'*! La microglie agit comme un véritable soldat pour repousser toute intrusion de pathogènes.26 Québec Science ~ Février 2003 DANIEL FORTIER La forêt sortie du fond des âges Prisonnière des glaces depuis des centaines de milliers d'années, une forêt fossilisée vient d'être mise au jour dans le Grand Nord.L’île Bylot, dans les Territoires du Nord-Ouest, fait 11 064 km2.Aujourd'hui déserte, elle était jadis entièrement couverte de forêt à l’ère tertiaire.Venons-nous d’en découvrir les restes ?_ Daniel Fortier mesure encore mal la portée de sa découverte : les vestiges d'une forêt qui pourrait avoir deux millions d'années.Ce qui nous ramène à la frontière de deux périodes géologiques : le Quaternaire et le Tertiaire.« Cela pourrait être un site témoin important pour comprendre les changements climatiques survenus à cette époque », dit le chercheur en géomorphologie.Les nombreux morceaux de bois tout autant que les restes de plantes, d’arbrisseaux et d'insectes sont actuellement examinés par une équipe de chercheurs de l’Université Laval.Ils pourraient aussi donner passablement d'indices sur l'écologie qui prévalait en ces temps reculés.Dans le monde, on ne compte que quelques sites semblables à cette forêt fossile située dans le parc national de Sirmilik sur l'île Bylot, dans l'Arctique canadien.Les chercheurs du Centre d'études nordiques de l'Université Laval de Québec y ont établi, au bord d'une rivière qui n'a pas de nom, un camp saisonnier à partir duquel ils se livrent à plusieurs travaux, dont des recherches sur les oies des neiges ou le pergélisol, cette couche de sol gelé en permanence.« C’est un cadre de travail fantastique », affirme Daniel Fortier qui fait partie de cette équipe depuis quelques années.Au cours de l'été 2001, en faisant une balade, l'étudiant bute sur un morceau de bois.Étrange, surtout sur une île où le moindre tronc d'arbre ne dépasse pas le diamètre d'un crayon.« Ça jure dans le décor », dit-il.Est-ce le legs d’une mer ancienne, il y a quelques milliers d'an- nées ?C'est ce que pensait le chercheur, compte tenu du fait que le fond de la vallée Qar-likturvik, où est situé le campement, se trouve 20 m sous le niveau de la mer d'il y a 10 000 ans.Mais quelques pas plus loin, en grimpant le versant de la montagne, l’œil plus attentif, il trouve un autre morceau de bois.Puis, un autre encore, cette fois au-dessus de cet ancien niveau de la mer.« Il y avait quelque chose qui clochait; plus je remontais le flanc du versant, plus je repérais des résidus », raconte-t-il.Exit l'hypothèse des vestiges d'une mer ancienne.Les résidus du passage d'un glacier alors ?« Mais encore fallait-il que le glacier les ait apportés de quelque part, ces morceaux de bois.Or, il n'y a aucune forêt vivante sur l'île Bylot.» Le suspense a duré jusqu'à ce que Daniel Québec Science - Février 2003 27 environnement Fortier et Michel Allard, son directeur de recherche, puissent profiter d'un hélicoptère pour se faire déposer au sommet du versant.De là, ils entreprennent, cette fois, des recherches du haut vers le bas.« Ça n’a pas pris beaucoup de temps avant de découvrir la provenance de tous les vestiges trouvés au fond de la vallée, explique Michel Allard.En fait, c’est l'érosion du flanc sud qui a permis de libérer ces débris emprisonnés dans une couche de sédiments à quelque 20 m de la surface.» Mais l'histoire ne s'arrête pas là.Le site d'où proviennent les vestiges s'avère être une vieille forêt d'une étonnante richesse.« Ça ne ressemble à rien de ce que l'on connaît, dit Daniel Fortier.On y voit clairement, par strates, les événements géologiques qui s'y sont succédés.Les restes de la forêt correspondent à un épisode de réchauffement assez évident auquel a succédé un phénomène mal identifié qui a provoqué l'ensevelissement de cette forêt.» Conséquence : la forêt a été recouverte de façon étanche, à l'abri de l'air et de l'oxygène.Puis, cette région du globe est progressivement devenue plus froide.Encore aujourd'hui, le sol de lîle Bylot est gelé 346 jours par année, ce qui ralentit passablement la décomposition de toute matière organique.« Juste pour se donner une idée : le bois peut prendre quelques dizaines d'années pour se décomposer, explique le géomorphologue.Ici, nous avons identifié des morceaux qui ont traversé des centaines de milliers d'années.Une datation au carbone nous a révélé clairement que l'âge dépassait les 55 000 ans.Et de beaucoup ! Le gros défi était de mettre un âge précis là-dessus.» La présence d'arbres indique que ce site au- i: "VJ : & « Nous avons identifié des morceaux de bois qui ont traversé des centaines de milliers d'années », dit Daniel Fortier, géomorphologue.Nous le voyons dans la photo du haut avec un autre des vestiges de la forêt fossile.rait environ deux millions d'années.Car c'est à ce moment-là de l'évolution que nous rencontrons les conditions climatiques permettant le développement d'une forêt à cette latitude.La découverte a été révélée en janvier 2002, mais les chercheurs sont loin d'avoir tout appris de ce site.Les quelques pièces qu'ils ont examinées sont associées à ce que l'on retrouve dans la forêt boréale d'aujourd'hui.« Les morceaux de troncs d’arbre font environ 25 cm de diamètre, précise Daniel Fortier.L’arbre pouvait donc mesurer près d'une dizaine de mètres de hauteur.» En outre, on a recueilli des écailles de cônes et des fragments d'aiguilles de conifères qui nous informent des essences en présence : du bouleau, du mélèze, de l'épi-nette.» On a même quelques vestiges qui portent des marques de charbon de bois, signes d'incendies de forêt.Mais il y a plus que la forêt, estime Daniel Fortier.« On observe un exemple classique de colonisation par étapes, dit-il.Sous la strate représentant le couvert forestier, il y a des milliers de résidus organiques d’une ancienne tourbière.» Un véritable trésor : on trouve des restes de diatomée, des traces de mousse et de sphaigne qui a peuvent croître sans l'apport | important de nutriments et £ dans un sol acide.Des milliers | de fragments de graines ont q pu également être récoltés, sans compter des vestiges de meric baumier, de carex, de trèfle d'eau, des morceaux d'insectes qui ont gagné les laboratoires.Quelques graines ont été si bien conservées que l'on s'interroge même sur leur pouvoir de germination.Près d'une dizaine de chercheurs sont actuellement mobilisés pour examiner ces vestiges.« Ils pourraient nous informer à la fois sur le climat passé et l'environnement qui y prévalait.» Un immense travail attend les chercheurs pour des années à venir, reconnaît Michel Allard.On ne fait que commencer à parler de la forêt de l'île Bylot.CS par Raymond Lemieux Jo^fZrtes ,ortcs OUV< Collège Programmes préuniversitaires André-Grasset Mardi 4 février 2003 de 16 h à 21 h -visite et information -Sur présentation de vos bulletins de 4e secondaire du Ministère et de 5e secondaire (deux premières étapes), votre dossier sera évalué sur place, et ce, gratuitement.Vous pourrez vous inscrire le soir même 1001, boul.Crémazie Est ) { Montréal (Québec) H2IV11 M3 Téléphone : (514) 381-4293 k Télécopieur : (514) 381-7421 Courriel : intorm@grasset.qc.ca Site Internet : www.grasset.qc.ca Session d’accueil et d’intégration Sciences de la nature Sciences de la santé et de la vie Sciences pures et appliquées DEC/>,"Ï en Sciences de la nature Sciences de la santé et de la vie Sciences pures et appliquées Sciences humaines Le monde des affaires et l’administration La connaissance de soi : l’individu et la société LLinternational : le monde contemporain Arts et Lettres Cinéma et communication Sciences, lettres et arts 28 Québec Science ~ Février 2003 Gulf Stream : attention, fragile ! Le Gulf Stream n'existe que depuis 7 000 ans.Et sa dynamique ne tient qu'à quelques degrés.Gare aux dérèglements climatiques ! Dans l’Atlantique, c’est à la boucle océanique - le Gulf Stream et la dérive nord-atlantique - qu'on attribue le climat tempéré de l'Amérique du Nord et des côtes européennes.Malqré les latitudes élevées, la température est fortement influencée par la montée de courants chauds vers le nord-est.La présence de ces courants chauds semble cependant très fragile, s’il faut en croire Anne de Vernal et Claude Hillaire-Marcel, deux paléocéanoqraphes du centre de recherche en géochimie et géodynamique (GÉOTOP) de l’Université du Québec à Montréal.Leurs recherches montrent que la boucle océanographique actuelle n’a que 7 000 ans.Elle serait née durant la période interglaciaire que nous connaissons actuellement.Elle n'existait ni durant la dernière période glaciaire, ni durant la période interglaciaire précédente.Le Gulf Stream et la dérive nord-atlantique sont des courants chauds qui se déplacent à la surface des océans.Ces eaux ont une très faible densité, mais en circulant vers le nord, leur température baisse et leur salinité augmente.De ce fait, elles deviennent très denses et plongent dans les profondeurs, pour retourner ensuite vers le sud.Cette « plongée », appelée la convection verticale, se produit à deux endroits : au nord de l'Islande et dans la mer du Labrador.Ces deux points de convection sont d’une importance capitale pour la vigueur de la boucle océanique - la poussée qui permet au manège thermique de tourner ! En 1990 et 1991, Anne de Vernal et Claude Hillaire-Marcel ont prélevé trois carottes de 10 m de sédiments à l'ouest de la pointe sud du Groenland et à Orphan Knoll, 500 km au large de Terre-Neuve.« Ces sites sont extrêmement importants du point de vue des courants Un train de carottier sur le pont du navire laboratoire.marins », dit Anne de Vernal.Une mission internationale du programme IMAGES (International Marine Global Change Study) y est d'ailleurs retournée en 1999 sous la direction de Claude Hillaire-Marcel.Chaque carotte prélevée contient des sédiments déposés au fond de l'océan durant les 130 000 dernières années, c'est-à-dire une durée englobant la période « chaude » qui s'est étirée il y a 130 000 à 115 000 ans, suivie de la dernière glaciation, puis de notre période interglaciaire.Avec une température moyenne de 2 °C de plus que notre époque, la période interglaciaire précédente pourrait être considérée comme un modèle du climat futur de la planète.Les deux chercheurs ont donc étudié les courants marins du passé en retrouvant la densité de l'eau à chaque époque - un travail long et difficile, de près de 10 ans : « Pour connaître la densité de l'eau, nous avons étudié des organismes de surface, les dinoflagellés, dit Anne de Vernal.Selon les espèces fossilisées sous forme de kystes, nous calculons la température et la salinité de l'eau, de quoi déterminer ensuite la densité.» Pour l'eau moyenne et profonde, c'est une mesure d'isotopes dans la coquille d'autres algues, les foraminifères, qui leur donne le même type d'information.Un patient travail qui permet aux chercheurs de conclure qu'il n'y avait pas de convection verticale dans la mer du Labrador durant la dernière ère interglaciaire.Pourquoi ?Les 2 °C de plus auraient fait fondre la banquise, occasionnant un surplus d'eau douce dans l'Atlantique.Les eaux de surface, moins salines (denses), auraient alors cessé de s'enfoncer.Un réchauffement climatique risquerait donc fort de ressusciter cette ancienne dynamique océanique.« En tout cas, le moteur de la boucle océanique serait beaucoup plus faible.Cela causerait une diminution des flux d'eau chaude vers la mer du Labrador, engendrant hypothétiquement un refroidissement du continent est-américain.Mais c'est aux modélisateurs du climat qu'il faut s'adresser maintenant pour en tirer des conclusions », dit Mme de Vernal.Il faudra peut-être attacher sa tuque deux fois plutôt qu'une.QS par Isabelle Vaillancourt Québec Science ~ Février 2003 29 ALPHA PRESSE/OLIVIER SAMSON ARCAND environnement Les 10 decouvertes de Tannée 2002 W yJt&S'C W NS.'frp.ùku-llf* h - (I’JM il Ltfr'/.-i ¦ Z:1',.WLftjV-^tK ' •NV /'i f .’t'A FÆZ?J./; , K-./: /• rù Jr-?.fi" '•' Bronchite forestière La pollution atmosphérique limite considérablement la capacité des arbres à absorber le carbone.Des expériences en serre avaient déjà révélé les effets nocifs du dioxyde de soufre (S02), un gaz à l’origine des précipitations acides, sur la capacité qu’ont les arbres à assimiler le carbone du gaz carbonique (C02).L’an dernier, une équipe de la Commission géologique du Canada (CGC) a mesuré précisément le phénomène en pleine nature.Les nouvelles ne sont pas très bonnes pour ceux qui croyaient que l’immense forêt boréale pourrait compenser, du moins en partie, l’augmentation des émissions de gaz carbonique provenant de la combustion des hydrocarbures.« Notre recherche montre l’importance de mesurer plus précisément la contribution réelle, sur le terrain, de la forêt et des autres puits de carbone comme les océans et le sol », dit Martine Savard, géochimiste membre de l’équipe de recherche.L’équipe de la CGC, constituée principalement de Martine Savard, géochimiste spécialiste 30 Québec Science ~ Février 2003 des isotopes, Christian Bégin, dendrochronologue, Michel Parent, géologue spécialiste des sols, ainsi que des technologues Anna Smirnoff, Joëlle Marion et Marc Luzincourt, a démontré que la présence de S02 diminue d’environ 25 % la capacité des arbres à absorber du carbone.Cette donnée laisse croire que la forêt a besoin d'un air plus sain pour jouer pleinement son rôle de puits de carbone où s'engouffre le gaz carbonique provenant des activités humaines.Le C02 est un des gaz qui contribue au réchauffement de la planète.L'étude a porté sur des épinettes noires et des épinettes blanches situées dans le corridor des émissions de la fonderie de cuivre Horne, à Rouyn-Noranda.Les chercheurs ont examiné près de 150 arbres pour en retenir 22 qui présentaient les caractéristiques voulues.« Nous cherchions des arbres en bonne santé n’ayant jamais été touchés par des épidémies ou des incendies, dit Martine Savard.Nous voulions être certains de bien isoler les effets du S02.» Des épinettes situées à quelque 800 km au nord de Rouyn-Noranda, en Hudsonie, ont servi de témoins pour mettre en évidence les effets des polluants.Les prélèvements sur 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2< Tirée de Savard, Bégin et Parent, 2002 Les chercheurs ont mesuré que l’incapacité respiratoire des arbres s’est accrue dès la mise en marche de la fonderie. «idem Mils Slf I#'1' de l'année 2002 le terrain ont été faits entre 1997 et 2000, toujours vers la fin de l’été, la période de croissance des arbres.Tous les arbres étaient âgés d'environ 120 ans, ce qui a permis d’avoir une période de temps assez longue avant et après la mise en service de la fonderie en 1928.Pour mesurer les effets d'une source de S02, les chercheurs ont calculé le ratio entre deux isotopes stables du carbone présents dans la matière ligneuse de l'arbre : le carbone 13 (13C) et le carbone 12 (,2C).En situation normale, un arbre absorbe plus facilement le ,2C plutôt que le 13C.Ce dernier est plus lourd et ses liens moléculaires sont plus forts.« Dans tout processus vital, explique Martine Savard, l'organisme a tendance à utiliser d’abord les substances dont les liens moléculaires sont plus faibles.» Pour cette raison, et aussi parce que le 12C est 99 fois plus abondant dans l’atmosphère, on trouve normalement une plus grande proportion de 12C dans les cernes des arbres.Les travaux de l'équipe de Martine Savard ont toutefois montré que lorsque l’arbre est exposé à la présence d’un polluant comme le S02, le ratio ,3C/12C augmente de façon importante.Ce changement s'explique par la diminution de l’absorption du C02 par l’arbre.En présence d'un polluant potentiellement toxique comme le dioxyde de soufre, les stomates des feuilles de l'arbre, ou des aiguilles dans ce cas-ci, se ferment.Les stomates sont de petites ouvertures qui permettent les échanges gazeux entre l’arbre et son milieu.Tout se passe comme si l'arbre rétrécissait ses voies respiratoires.La disponibilité de l'eau, ce qu'on appelle le régime hydrique, peut aussi entraîner la fermeture des stomates.En période de sécheresse, l'arbre essaie de limiter au minimum l'évapotranspiration et de conserver l'eau.L'équipe de la CGC est en train d'intégrer à ses données les effets du régime hydrique afin d'isoler davantage ceux de la pollution sur la capacité d'absorption du carbone des arbres.« Nous savons déjà que le régime hydrique est responsable d'une certaine fluctuation des rapports isotopiques, explique Martine Savard, mais nos premiers calculs montrent que la pollution atmosphérique constitue le premier facteur pour expliquer l'effet mesuré.» « Il y a toutefois une bonne nouvelle dans notre recherche, avance la géochimiste.Les efforts consacrés à la réduction des précipitations acides entraînent forcément des retombées positives encore plus importantes qu'on le pensait.On peut se demander, en effet, ce que serait la situation si rien n'avait été fait pour réduire les émissions de S02 au cours des 20 dernières années.» QS par Gilles Drouin Dans le monde % *1 Paléontologie La guerre du singe En juillet, Tournai', âgé de sept millions d'années et présenté comme le plus ancien fossile préhumain, faisait sa première apparition publique au Tchad.La découverte était saluée dans le monde entier.Elle remet en cause la théorie admise de {'East Side Story qui place la patrie des premiers hominidés à l'est du grand rift africain.Mais en octobre, l'affaire rebondit.Après avoir étudié un moule de la mandibule de Tournai', deux paléontologues affirment dans la revue Nature que le fossile ressemble plutôt à celui d'un singe qu'à celui d'un hominidé.La querelle n'est pas réglée.fMGWM Santé Un espoir contre le paludisme La même semaine de septembre, les revues Science et Nature ont consacré leur une au séquençage des génomes à'Anopheles gambiæ, le moustique vecteur du paludisme, et de Plasmodium falciparum, le parasite le plus courant et le plus mortel de la maladie.Le o 7 résultat de ces recherches devrait, à terme, conduire au développement de nouveaux médicaments et répulsifs antimoustiques, et mettre les chercheurs sur la piste d'un vaccin.Chaque année, 500 millions de personnes souffrent de la maladie.Anthropologie Artistes africains Ce n'est pas encore tout à fait de l'art, mais c'est déjà du symbolisme.L'homme africain d'il y a 77 000 ans était doué d'une faculté d'abstraction.La qualité des œuvres de la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, n'est pas époustouflante : à peine quelques traits énigmatiques.Mais la découverte suffit à bouleverser la théorie de l'Europe et de l'Asie berceaux de l'homme moderne, avec leurs grottes ornées remontant à 40 000 ans.Jusqu’ici, on affirmait que l'homme était resté « primitif » jusqu'à ce qu'il quitte l'Afrique.Québec Science ~ Février 2003 31 Les 10 découvertes de Tannée 2002 Les médiateurs de la tendresse Les caresses ont leur propre réseau nerveux pour rejoindre le cerveau.wmz?ment voués à l'interprétation des caresses.Le docteur Lamarre a percé les secrets de ces médiateurs de la tendresse dont le pouvoir est longtemps venu en aide à toutes les mamans et tous les papas du monde.On savait déjà que les sensations tactiles sont relayées par de grosses fibres nerveuses enrobées de myéline (une membrane isolante qu'on pourrait comparer à la gaine plastifiée d'un fil électrique).Les sensations de douleur et de température, elles, empruntent un circuit complètement différent, par le biais de plus petites fibres peu ou pas myélinisées.Il y a quelques années, on a découvert chez le chat un troisième réseau de fibres, dépourvues de myéline.Ces dernières semblaient répondre à un type de mouvement bien précis, rappelant la caresse.Ces étranges fibres existent-elles chez l'humain ?À l'aide de micro-électrodes, des chercheurs suédois ont prouvé leur existence à l'intérieur des nerfs.Elles réagissent, comme prévu, aux câlins.« Les électrodes ont détecté Au milieu de la nuit, d'insoutenables pleurs interrompent le sommeil des parents épuisés.D'une simple caresse, ils renvoient illico le bébé dans les bras de Morphée.Quoi de plus naturel ?Pourtant, chez le nourrisson, les récepteurs tactiles ne sont pas pleinement fonctionnels.« Avant même d’être apte à percevoir le toucher, un bébé naissant peut ressentir tout le plaisir que procure une caresse grâce à un réseau de fibres nerveuses qui en interprète uniquement la dimension affective », dit Yves Lamarre, chercheur à l'Université de Montréal, à l'origine de cette étonnante découverte.Le sens du toucher est d'une complexité inouïe et tous les neurones assignés à la tâche ne naissent pas égaux.Alors que certains consacrent leur existence à transmettre coups, pincements, brûlures ou frissons au cerveau, d'autres sont entière- À droite, l'imagerie cérébrale montre l'activation de l'aire somatosensorielle (S2) et du cortex insulaire (Post IC) chez un sujet normal en réponse à une caresse.À gauche, la même caresse n'active que le cortex insulaire - zone associée au plaisir du toucher - chez la patiente privée de sensations tactiles.Post IC Post IC 32 Québec Science ~ Février 2003 am Mttts ipi ite» i Ires leit iperè [essei-'telles, eilf sires pes» :lalii« «s Je époeite is,?Hit es, te islen (tmft ilîtedé des réactions lorsqu'on stimule une surface de peau assez large, avec un déplacement ni trop rapide, ni trop lent, ce qui correspond à la définition « scientifique » d’une caresse.Mais on ne connaissait toujours pas le rôle de ces fibres, pas plus qu’on ne savait si elles acheminaient vraiment de l'information au cerveau, dans les régions où s'effectue une prise de conscience, puisque les mouvements qui les font réagir affectent également tous les autres récepteurs », raconte Yves Lamarre.C'est alors que le chercheur est entré en scène.Avec la patiente parfaite pour répondre à toutes ces interrogations : G.L., une Montréalaise de 54 ans, incapable de percevoir les sensations tactiles depuis gu'une maladie a détruit toutes ses grosses fibres gainées de myéline, depuis le nez jusqu'au bout des orteils.« Hormis le chaud, le froid et la douleur, transmis par des fibres non myélinisées, elle a toujours affirmé ne rien ressentir », précise le docteur Lamarre.Autrement dit, elle est incapable de distinguer une poignée de main ferme d'une poignée molasse.mais elle peut en percevoir la chaleur.Il lui est impossible de ressentir le poids des couvertures lorsqu'elle se met au lit.mais elle peut frissonner au contact des draps.« Quand on lui caressait l'intérieur de l'avant-bras à son insu, à l'aide d'un pinceau, elle percevait une agréable sensation, très floue, mais assurément plaisante.» Incapable de déterminer le sens du mouvement, pas plus gue la vitesse, ni même la texture du pinceau, informations tactiles que seul le « câblage conventionnel » peut détecter, G.L.ressentait néanmoins quelque chose.Un « quelque chose » qui avait certainement à voir avec ces fibres du troisième type, fort probablement connectées au cerveau à l'instar de leurs consœurs.Pour en avoir le cœur net, Yves Lamarre et ses collègues ont utilisé la résonance magnétique fonctionnelle pour aller constater de visu ce que le coup de pinceau provoquait dans le cerveau de leur patiente, de même que dans celui de sujets normaux.« Chez ces derniers, comme prévu, la stimulation provoque l'activation du cortex sensoriel, au milieu du cerveau, ainsi que du cortex insulaire, petite zone dédiée au plaisir et aux émotions.» Dans le cas de G.L, black-out total dans le cortex sensoriel, tandis que le cortex insulaire s'illuminait comme un arbre de Noël.La preuve est donc faite : le cortex sensoriel et le cortex insulaire remplissent deux fonctions complémentaires dans l'analyse du toucher.Le premier prenant en charge ses aspects plus « techniques », alors que le second s'occupe de toute sa dimension émotive.Et il existe bel et bien un réseau de fibres nerveuses dont l'unique mission est d'alimenter ce « compartiment du plaisir » que renferme notre matière grise.Ultra sélectives, elles boudent la douleur, le froid, la chaleur, la pression et la vibration, n'acceptant que les sensations agréables des caresses.« Chez le fœtus, elles sont fonctionnelles dès le huitième mois de gestation, tandis que les grosses fibres à myéline ne sont pas matures avant que l'enfant ne soit âgé de trois ou quatre ans.» Quand bébé pointe le nez hors du ventre maternel, son petit cerveau a donc tout ce qu'il faut pour apprécier les premières cajoleries qu'on lui réserve, en dépit de son immaturité tactile.Q5 par Marie-Pier Elle uqam-ca ULIdAM salue un grand chercheur Claude Hillaire-Marcel, professeur à l’UQAM depuis 1969.Photo : Alain Désilets L’Université du Québec à Montréal salue le lauréat du Prix Marie-Victorin, Claude Hillaire-Marcel, titulaire de la Chaire Unesco sur les changements à l’échelle du Globe et professeur au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de la Faculté des sciences.Depuis plus de 30 ans, Claude Hillaire-Marcel se passionne pour l’évolution géologique et climatique de la Terre.Spécialiste mondial de la géochimie isotopique, il a dirigé une trentaine de missions de recherche autour du monde et a supervisé les travaux de plus de 70 étudiants et chercheurs.En lui accordant la plus haute distinction honorifique dans le domaine des sciences de la nature et du génie, le gouvernement du Québec reconnaît l’envergure internationale des travaux de ce grand chercheur, de même que sa contribution à la formation de la relève, scientifique.> Faites plus amples connaissances UQAM Québec Science - Février 2003 33 Les 10 découvertes de Tannée 2002 Des étoiles attirantes Les pulsars ont longtemps caché leur véritable nature.Le chat est sorti du sac.L_ Elles étaient cinq à narguer les astronomes.Cinq spécimens exotiques de la classe des étoiles à neutrons, dont on ignorait la source d'énergie.Une chercheuse de l'Université McGill a trouvé la réponse : il s'agit en fait de super aimants.Ces étoiles à neutrons sont appelées pulsars à rayons X anormaux (AXP).Le mot « pulsar » est la contraction de pulsating star, puisque ces étoiles semblent clignoter.En fait, elles émettent leur radiation principalement par les pôles.Au cours de la rotation, ce faisceau balaie l'espace comme celui d'un phare et donne l'impression, vu de la Terre, d'une source clignotante.Les AXP causaient bien des maux de tête aux astronomes depuis leur découverte en 1982.Ces six dernières années, un suivi régulier a été effectué grâce au satellite Rossi X-Ray Timing Explorer(RXTl) de la NASA.Il fallait bien, un jour ou l’autre, que le chat sorte du sac.« Sur l'un de ces AXP, nous avons enregistré deux puissantes et brusques émissions de rayons X, en octobre et en novembre 2001, explique Victoria Kaspi, astronome et coau-teure de l’article paru dans la revue Nature.Cet événement nous a permis de faire un rapprochement avec un autre type d'étoiles, appelées "magnétoiles", dont la source d'énergie est précisément le magnétisme.» Ces AXP, on s'en doute, sont loin de ressembler à notre astre du jour.En fait, elles sont des cadavres stellaires, le cœur effondré d'une étoile.Il s'agit ni plus ni moins qu'une grosse boule de neutrons, extrêmement dense, d'une dizaine de kilomètres de diamètre.Comme la patineuse tournoyante qui accélère en s'accroupissant, ces étoiles effondrées tournent en général très vite.Certaines effectuent plusieurs centaines de tours par seconde ! Alors que notre Soleil carbure aux réactions nucléaires, les étoiles à neutrons tirent leur énergie de cette rotation folle.Mais certaines étoiles à neutrons se révèlent un brin paresseuses.Alors que leurs sœurs les plus rapides visent la milliseconde, elles se contentent de tourner en quelques secondes.(Rappelons que notre Soleil exécute une rotation en un mois, environ !) Ces étoiles à neutrons étaient anormales aux yeux des astronomes, puisque la rotation ne pouvait pas être leur source principale d'énergie.Elles ont donc été étiquetées « AXP ».Les observations de Kaspi et de son équipe ont permis de déterminer quelle était la source d'énergie de ces phares du cosmos.Les deux bouffées de rayons X observées en provenance de l'étoile AXP 1E1048.1-5937 sont caractéristiques des magnétoiles.Des milliards de fois plus intense que celui du Soleil, leur champ magnétique est la principale source d'énergie qui alimente leur rayonnement.Cinq de ces étranges magnétoiles étaient connues.La découverte de Victoria Kaspi et de son équipe, à l’effet que les AXP sont des magnétoiles, établit donc à 10 le nombre de ces astres étranges.Une découverte qui corrobore leur existence même et qui confirme, si cela était encore nécessaire, que l'Univers est rempli de surprises.QS par Vincent Sicotte 34 Québec Science ~ Février 2003 Le cercle vicieux des graisses Plus on a de kilos en trop, plus les graisses risquent de provoquer le diabète.On comprend maintenant pourquoi.On dit du diabète qu'il est le mal du siècle.En tout cas, l'Organisation mondiale de la santé prévoit qu’en 2025, 300 millions de personnes seront atteintes de diabète dans le monde.Dans 85 % des cas, la maladie viendra d'un surplus de poids.La corrélation entre obésité et diabète est connue depuis plusieurs années, mais personne n'avait établi le mécanisme de résistance à l'insuline, le premier symptôme du développement du diabète de type II relié à une surcharge pondérale.Avec Mylène Perreault, une étudiante au doctorat, le docteur André Marette vient d'identifier le responsable : iNOS, une enzyme produite en quantités démesurées par les cellules adipeuses des individus obèses.Les chercheurs du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) ont ainsi découvert que les personnes souffrant d'embonpoint sont littéralement empoisonnées par leurs kilos en trop.La nouvelle conforte aussi la thèse que les tissus adipeux ne sont pas de simples réservoirs de calories inutilisées, mais qu'ils sont aussi actifs.« iNOS est produite dans les tissus adipeux de tous les humains, explique André Marette.Par contre, chez les individus obèses, les cellules adipeuses s'emballent et produisent iNOS de façon exagérée.» Inoffensive et même indispensable à petites doses, iNOS agit tel un venin lorsqu'elle est produite en surnombre dans l'enveloppe lipidique.L'enzyme incriminée est responsable de la synthèse de monoxyde d'azote, un gaz actif dans quantité de fonctions biologiques, dont la vasoconstriction.L'ennui, c'est que, lorsque ce gaz est présent en concentrations trop élevées, ce même élément se retourne contre les cellules et annihile la capacité des tissus musculaires squelettiques - ceux qui réclament le plus d'énergie - à assimiler le glucose.C'est le premier symptôme du diabète causé par la surcharge pondérale.Le pancréas, comprenant que l'absorption du sucre est insuffisante, essaie de compenser le problème en accélérant la production d'insuline.Mais rien n’y fait.La glycémie sanguine ne cesse de s'élever, l'insuline n'a plus aucun effet, et la pathologie s'installe.Comment le monoxyde d'azote provoque-t-il cette résistance à l'insuline ?Là, l'explication demeure encore très floue.« Il y a plusieurs hypothèses », note André Marette.Les molécules de monoxyde d'azote franchissent facilement les tissus adipeux pour migrer dans le muscle.Le surplus de gaz y réagirait avec d'autres radicaux libres, et ce sont ces produits oxydants qui entraveraient la signalisation pour l'insuline.En somme, le monoxyde d'azote saturerait les cellules et brouillerait les connexions entre ces dernières et l'insuline.Si tous les mécanismes de la résistance à l’insuline ne sont pas encore élucidés, la culpabilité d'iNOS, elle, est bien établie.Les laborantins du centre de recherche du CHUL ont mené leurs expériences sur des souris soumises à un régime très riche en graisses (55 % de leur apport calorique provenait de lipides).Les cobayes à qui l'on avait retiré le gène permettant la codification de l'enzyme iNOS ont certes pris du poids, mais ils n'ont pas développé le diabète.Les souris témoins, contraintes à la même alimentation, oui.Le prochain défi de l'équipe du docteur Marette : contrer le diabète en limitant la production d'iNOS excédentaire chez l’homme.On ne peut la supprimer complètement, comme ce fut le cas pour les essais sur les cobayes, car l'enzyme est essentielle à la réponse immunitaire.« Nous allons devoir travailler de façon très spécifique », dit André Marette.L'une des avenues serait de supprimer le gène rattaché à iNOS dans les tissus adipeux et musculaires squelettiques seulement.Les chercheurs estiment qu'à ces endroits précis, l'enzyme est à peu de choses près inutile puisque chez les individus de poids normal, elle y est quasiment absente.Q5 par Violaine Ballivy Québec Science ~ Février 2003 35 118 médecine Les 10 découvertes de Tannée 2002 Des calmants sans effets secondaires Les prochains médicaments antidouleur seront plus faciles à avaler.* Lorsqu'on se cogne le genou, les nerfs font parvenir un signal au ganglion dorsal, un centre nerveux à la base de la colonne vertébrale.De là, l'information est transmise à la moelle épinière, la voie rapide vers le cerveau qui ordonne alors au corps de secréter des protéines pour stimuler des « récepteurs » logés dans les cellules et chargés de les faire réagir à ce qui nous arrive.Les récepteurs de certaines cellules déclenchent alors de la douleur - ouille ! - et de l'inflammation tandis que d'autres accélèrent l'apport de globules rouges dans la région blessée.D'autres encore déclenchent la libération d'endomorphine, l'analgésique que notre corps produit lorsque nous avons mal.Pour contrer la douleur, les médicaments classiques, tels la morphine, agissent dans 36 Québec Science ~ Février 2003 le cerveau en propageant des protéines du même type que l’endomorphine.Le cerveau étant le siège de beaucoup d’autres récepteurs que ceux de la douleur, les protéines artificielles des médicaments antidouleur actuels stimulent parfois au passage des récepteurs qui n'ont rien à voir avec notre bobo au genou.Se produisent alors des effets secondaires variés, tels que, dans le cas de la morphine, la constipation, les nausées, les vomissements, la rétention urinaire.En 1995, Philippe Walker, vice-président au département de recherche de la compagnie pharmaceutique Astra-Zeneca, et son équipe travaillaient avec l'Institut de recherche en biotechnologie (IRB) du Conseil national de recherches Canada (CNRC).Après environ un an de travail, les équipes des docteurs Shen (de l'IRB) et Ahmad (d'Astra-Zeneca) ont mis en évidence un groupe de récepteurs réagissant à la douleur, strictement présents dans le ganglion dorsal.« Aucun récepteur de cette famille n'est présent dans le cerveau, explique Philippe Walker.Comme 75 % des récepteurs du corps sont dans le cerveau et qu'il y en a très peu dans le ganglion dorsal, si l'on parvient à faire un médicament antidouleur dont les protéines s'adressent exclusivement à ceux-là, il y aura beaucoup moins de risques d’effets secondaires.» Mais il restait encore aux chercheurs à trouver quelle protéine reproduire.L'équipe de travail de Paola Lembo.d’Astra-Zeneca, toujours sous la direction de Philippe Walker, a découvert le bovine adrenal medulla peptide 22 (BAM22), une protéine qui fait réagir les récepteurs à la douleur des ganglions dorsaux sans affecter ceux du cerveau.Les nouveaux médicaments antidouleur issus de cette découverte ne seront cependant pas sur les tablettes avant 2007; 2010 au plus tard.Ces recherches, qui durent depuis 12 ans, auront coûté près de 800 millions de dollars ! CS par David Abesdris Le rôle des récepteurs Nos cellules sont composées d'un noyau entouré de protoplasme, lui-même retenu par une membrane : le cytoplasme.Sur la membrane cytoplasmique se trouvent les récepteurs, soit des protéines chargées de recevoir les messages protéiniques qui circulent dans le corps et qui font réagir leur cellule si un « message » leur est « adressé ».C'est le cas lorsqu'une protéine messagère, appelée un « ligand » (du latin ligare, lier), a la bonne forme pour s'inscrire dans un récepteur, à la manière d’une clé dans une serrure.Le récepteur envoie alors un ordre à la cellule, comme produire de la douleur, de l’inflammation, de l’irritation ou au contraire de l'apaisement. FONDS Archéologie Cimetière inca Dans un bidonville de la banlieue de Lima, au Pérou, des archéologues ont mis au jour un cimetière inca qui abriterait plus de 10 000 dépouilles et 50 000 objets.Les momies couvertes de lin et de laine, plus ou moins richement décorées, proviennent de toutes les couches sociales.L'importance de la découverte devrait éclairer les scientifiques sur les mœurs de l'empire inca qui a duré un siècle - de 1430 à 1532 - avant d’être détruit par les conquérants espagnols.Médecine Steak au prion Le prion aime la cuisse de souris.L'agent responsable de la maladie de la vache folle (ESB) chez les bovins et de la maladie de Creutzfeldt-Jacob chez les humains, a été retrouvé dans des muscles de rats de laboratoire.L'annonce réalisée par Stanley Prusiner, le découvreur de la protéine infectieuse, est comme un coup porté à l’estomac des amateurs de steak.Jusqu'ici, la viande de muscle était considérée comme étant totalement sûre par les autorités sanitaires.Elle semble le rester en pratique pour ce qui concerne le bœuf.Toutes les analyses effectuées dans des muscles de bovins atteints d'ESB se sont avérées négatives.Astronomie Mars, de glace Le sous-sol de Mars est rempli de glace.La découverte - une certitude, cette fois - est due à la sonde Mars Odyssey, en orbite autour de la planète rouge depuis le mois d'octobre 2001.Nichée entre 50 cm et 1 m de profondeur, cette glace, qui représenterait de 15 % à 35 % du volume total du sous-sol, est de plus en plus proche de la surface à mesure qu'on approche des pôles.C'est la première fois que l'on dispose d'une mesure de la quantité d'eau sur la planète.r- La région de Cydonie.Les images obtenues ont révélé aux chercheurs que de la glace était présente dans le sol de la planète rouge.QUEBECOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES INVESTIR DANS LE SAVOIR POUR RÉCOLTER CE QUE L’ON SÈME.APPROFONDIR nos connaissances "FORMER une main d’oeuvre qualifiée PROPOSER des solutions originales INVENTER de nouvelles si/nergies Depuis le 21 juin 2001, le Fonds FCAR est devenu officiellement le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.Notre mission: promouvoir et développer la recherche, assurer sa diffusion et encourager la formation par la recherche dans les domaines reliés principalement aux sciences naturelles et au génie.140 Grande Allée Est, bureau 450 Québec (Québec) GiR 5M8 Téléphone : (418) 643-8560 Pour en savoir plus, visitez le www.nateq.gouv.qc.ca Fonds de recherche sur la nature et les technologies Québec S S Québec Science - Février 2003 37 - chirurgie Les 10 découvertes de Tannée 2002 Le froid pour vaincre la stérilité Pourra-t’-on bientôt transplanter des ovaires congelés pour permettre à des femmes de redevenir fertiles ?En janvier 2002, une équipe de trois chercheurs a réussi à transplanter avec succès un organe congelé en entier, avec sa vascularisation.Huifang Chen, directeur du laboratoire de chirurgie expérimentale du Centre de recherche du CHUM (hôpital Notre-Dame), Samuel Kim, de l'université de Washington et Roger G.Gosden, directeur de la recherche à l'Université McGill, ont réussi la greffe d'ovaires de rates préalablement congelés.À terme, ces recherches permettraient de rendre à nouveau fertiles des femmes souffrant de stérilité à la suite, par exemple, d'une chimiothérapie.Cette première pourrait en plus apporter des éléments de solutions au dossier difficile des transplantations d'organes.« Tous les jours, neuf patients meurent aux États-Unis parce qu'on n'a pu réussir une greffe, dit Huifang Chen.Les donneurs sont peu nombreux, et les rares organes prélevés ont une durée de vie limitée - 38 Québec Science ~ Février 2003 il» 30 heures maximum pour un rein, par exemple.En Europe, un foie sur cinq se dégrade avant qu'on ait pu le transplanter.» Chez nous, 936 patients québécois étaient en attente d'organes à la fin de l'année 2001.Pour répondre aux manques d'organes, trois pistes sont envisagées : la greffe d'organes issus d'animaux transgénigues (xénotransplantation); la production d'organes à partir de nos propres cellules; la création de banques d'organes humains congelés (cryogénie).Les travaux des trois chercheurs représentent donc un pas important dans cette dernière voie.Déjà en 1994, Roger G.Gosden avait obtenu un agneau à partir d'une greffe de lamelles d'ovaires congelés.Le biologiste britannique, qui cumule les premières mondiales, travaillait alors avec l'équipe de David Baird sur des ovaires de brebis, proches de ceux de la femme.Depuis, ce procédé a progressé : on parvient à congeler des morceaux plus importants de tissu.En août 1999, le Français Bruno Salle et l'équipe de l'Hôpital Édouard Herriot de Lyon ont obtenu des grossesses à partir d'hémi-ovaires droit de brebis, complètement pelés, et dont les chercheurs n'ont gardé que le cortex où se trouvaient les follicules primordiaux (ovocytes au premier stade de développement).Mais toutes ces méthodes présentaient une grave lacune : « Elles étaient basées sur l'implant de morceaux d'ovaires, dit Roger G.Gosden.Comme les vaisseaux sanguins ne sont pas ressoudés, le tissu est privé d'oxygène et de nombreux ovocytes meurent.Les implants ne vivent pas longtemps, mais la grossesse est possible.» Une seule Américaine a bénéficié d'une greffe d’hémi-ovaire congelé, en février 1999.Mise au point par le professeur Gosden, l'opération a été exécutée à New York par le chirurgien Kutluk Oktay.L'implant a réussi, mais il n'a fonctionné Les 10 découvertes ?de Tannée 2002 que partiellement, sans permettre de grossesse.L'ovaire s'est remis à produire des hormones, mais pas suffisamment.La moitié des tissus a été endommagée par la congélation.Cette fois, l’expérience qui a fait l'objet d'un texte dans Nature en janvier 2002, a été menée sur sept rates de même patrimoine génétique pour limiter les risques de rejet.On a prélevé leur ovaire droit, avec sa trompe de Fallope, et la partie supérieure de l'utérus, et leurs vaisseaux sanguins.Ils ont été plongés dans une solution cryoprotec-trice, afin de limiter la formation de cristaux de glace pouvant percer les membranes des cellules.Congelés lentement, les ovaires ont été conservés une nuit dans de l'azote liquide, à -196 °C.Rapidement décongelés, ils ont été greffés le lendemain.Dix semaines plus tard, les rates ont été sacrifiées pour analyse.L'activité des ovaires a été altérée, mais quatre d'entre elles ont réussi à sécréter des hormones et à produire des ovules.Une rate a même conçu deux fœtus.QS par Sylvie Bragard Chimie Ni métal ni.' , les deux à la fois Le nouveau composé chimique devrait conduire l'électricité comme un métal, mais être aussi souple et transparent que du plastique.Les applications de cette trouvaille dont le secret de fabrication est publié dans la revue Science sont multiples : mémoires d'ordinateurs, imagerie médicale, dynamos et transformateurs.À condition que l'on trouve le moyen d'assembler les molécules entre elles pour former un véritable matériau.Pour l'instant, elles manquent encore de ^ liant.-LT Biologie De l'efficacité du clonage Pourquoi 40 % des animaux clonés meurent-ils prématurément ?Une anomalie fondamentale détectée chez plusieurs clones bovins décédés - tous femelles - met les biologistes sur la voie d'une réponse.Ces clones ont en commun un dysfonctionnement de leurs deux chromosomes X.Chez tous les animaux non issus du clonage, juste après la fécondation d'un embryon femelle, le chromosome X issu du spermatozoïde est normalement condamné au silence par celui issu de l'ovule.Les vaches clonées et décédées auraient « oublié » d'effectuer cette opération et leurs deux chromosomes X seraient restés actifs.Il s'agit maintenant d'expliguer pourquoi le clonage produit ce phénomène, et pourquoi certains mâles meurent aussi.r Vivre sans douleur, au-delà d’un rêve Le centre de recherche d’AstraZeneca de Montréal, situé dans le Technoparc de Saint-Laurent, est l'un des chefs de file mondiaux dans le développement de solutions thérapeutiques de pointe pour le traitement de la douleur chronique et aiguë.L’excellence et le dévouement de ses chercheurs scientifiques permettent de grandes percées dans le domaine thérapeutique du contrôle de la douleur.À l'échelle mondiale, AstraZeneca exploite neuf centres ultramodernes de recherche fondamentale qui, par leurs découvertes, contribuent de façon exceptionnelle à améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens en les aidant à vivre une vie pleine et entière.Tel est l’engagement d’AstraZeneca au système de soins de santé.www.astrazeneca-montreal.com www.astrazeneca.ca Le logo d'AstraZeneca est une marque de commerce d'AstraZeneca PLC utilisée sous licence par AstraZeneca Canada Inc.Æ AstraZeneca force mondiale dans l’innovation en soins de santé y V Québec Science - Février 2003 39 ^742 UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL :v: protéomique Le toboggan fatal En étudiant un groupe de protéines, des chercheurs québécois déchiffrent les secrets de la défense cellulaire.¦S- Depuis l'été dernier, les livres de biologie sont à réécrire, en tout cas pour un chapitre, celui qui explique la phagocytose, la manière dont les cellules emprisonnent et tuent les intrus avant qu'ils ne les attaquent.C’est que les biologistes Michel Desjardins, John Bergeron, Étienne Gagnon et d’autres collaborateurs de l'Université de Montréal, l'Université McGill, les laboratoires Rocky Mountain et la compagnie pharmaceutique Caprion ont découvert comment les cellules se débarrassent réellement des agents pathogènes, ces micro-organismes qui nous rendent malades.On a pu lire leur découverte en détail dans la revue Cell.Jusqu'alors, on pensait que la membrane de la cellule se repliait sur elle-même pour avaler l'intrus en l'emprisonnant dans le phagosome, une sorte de chambre d'isolation à l'intérieur de laquelle la cellule se charge d’éliminer les corps étrangers.Or les auteurs de cette recherche ont démontré que, chez les cellules les plus évoluées, ce n’est pas la membrane qui fait le travail mais le réticulum endoplasmique, un compartiment cellulaire en forme de tuyau qui s'étend du noyau jusqu'à la membrane cellulaire.Lorsqu'un corps étranger se colle à la cellule, il se fait attraper comme un lapin pris au collet.Le réticulum endoplasmique se comporte alors comme une trappe s'ouvrant à la surface de la membrane pour capturer l'en- vahisseur.L’agent pathogène entre alors dans la cellule, en glissant dans le réticulum endoplasmique, comme un bras qui glisse dans une manche que l'on enfile.Même après l'avènement du microscope électronique, ce phénomène est passé inaperçu parce que ce compartiment se trouvait à l'intérieur de la cellule.Le but premier de cette recherche n'était pas de remettre le modèle de la phagocytose en cause.« Nous voulions comprendre le rôle des protéines du phagosome dans la destruction des agents pathogènes », précise Michel Desjardins.En cherchant à isoler et à identifier environ 200 protéines du phagosome - cette chambre mortelle créée dans la cellule -, les chercheurs Ci-contre, des cellules ayant internalisé (phagocyté) un agent étranger - ici, des billes de latex.La défense des cellules est en fait plus subtile qu’on ne le pensait.ont pu confirmer qu'une grande partie d'entre elles appartenaient au réticulum endoplasmique et non pas à la membrane de la cellule.Loin d'être un simple détail, cette découverte renverse quelques dogmes de la biologie et donne des bases pour comprendre encore mieux les mécanismes de défense des cellules.« En stimulant les cellules hôtes à produire certains types de protéines qui pourront s'attaquer aux protéines microbiales, ou en élaborant des médicaments qui imiteraient les protéines auxquelles s'attaquent le pathogène, nous pourrions trouver des remplaçants aux antibiotiques », estime Michel Desjardins.QS par Debora Pinheiro L'eldorado du protéome En prenant la relève du projet Génome, le projet Protéome mobilise déjà des chercheurs du monde entier.Repérer les 30 000 gènes humains n'était pas une mince affaire.Cette fois, il s agit d'identifier autour de 500 000 protéines produites par ces gènes.« On ne veut pas seulement cataloguer les protéines; il faut analyser les milliards d'interactions possibles entre elles et comprendre de quelle façon nous pourrons utiliser ces informations », explique le biologiste Etienne Gagnon, l'un des auteurs de la recherche publiée dans Cell.La frénésie que suscite la protéomique est palpable aussi dans les secteurs financiers.Depuis I entreprise Nexia, qui mise sur les toiles d'araignée renforcées par les protéines de lait de chèvre pour produire des tissus ultra résistants, jusqu'à la compagnie pharmaceutique Caprion qui se penche sur le rôle des protéines dans les maladies comme le cancer du côlon, le terme protéomique pénètre de nombreux milieux.Les centres protéomiques comme celui de l'Université McGill, ont un bel avenir devant eux.40 Québec Science ~ Février 2003 mm Les 10 découvertes de l'année 2002 Connaissance + Innovation Astronomie Étoiles à quarks Des astronomes américains auraient découvert un nouvel état de la matière.Le télescope Ctendra a détecté deux étoiles d’un type nouveau composées uniquement de quarks, les plus petites particules connues.On sait que les quarks sont les briques élémentaires des neutrons et des protons, qui s'assemblent eux-mêmes en atomes pour former la matière.Mais jusqu'à présent on n’avait jamais vu de quarks « en liberté ».La découverte reste à confirmer, car la preuve avancée par les scientifiques de la NASA n’est encore qu’indirecte et n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique.Médecine Grandir d'un battement de cils Une étude publiée dans la revue tefure explique la façon dont un embryon reconnaît sa droite de sa gauche.La question est d’importance, car c’est ce processus qui nous permet de posséder des organes asymétriques tels le cœur ou le foie.Quelques battements précis de cils situés à la surface des cellules embryonnaires provoquent des courants liquides autour des organes en devenir.Ces courants façonnent les organes de manière à leur donner une croissance asymétrigue.L’hypothèse avait été établie en 1995; elle vient d’être confirmée et élargie à tous les vertébrés.Astronomie Cousins interplanétaires Cette fois, ce n'est pas une seule exoplanète mais tout un système extrasolaire gue les astronomes de la NASA affirment avoir découvert autour de l’étoile 55 Cancri, dans la constellation du Cancer.Cette étoile, à peu près du même âge que notre Soleil, posséderait deux planètes d'une taille comparable à Jupiter, et peut-être une troisième plus petite entre les deux.Mais ne nous emballons pas : ce système « cousin germain » du nôtre a déjà montré qu’il était incapable de posséder une planète comme la Terre.Si vous croyez en cette formule gagnante, le Programme des chercheurs-boursiers en milieu industriel du CRSNG (Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada) vous intéressera sûrement.Ce programme offre un appui aux récents diplômés doctoraux et aux entreprises canadiennes qui effectuent de la recherche industrielle.En apportant une importante contribution au salaire du stagiaire pendant deux ans, le programme aide votre entreprise à accroître ses activités de R et D dans des domaines clés, et ce, à peu de frais.En même temps, le stagiaire acquiert des connaissances et de l’expérience et reçoit une formation dans un milieu industriel dynamique.En appuyant les diplômés et l’industrie, le CRSNG vous aide à mettre le succès à votre portée.NSERC CRSNG Investir dans les gens, la découverte et l'innovation Investing in people, discovery and innovation Les entreprises et les diplômés qui désirent s’inscrire au programme peuvent obtenir de plus amples renseignements en communiquant avec la : Division des programmes de bourses CRSNG 350, rue Albert Ottawa (Ontario) K1A 1H5 Téléphone : (613) 995-5521 Télécopieur: (613) 996-2589 Consultez notre site Web : www.crsng.ca Canada Québec Science ~ Février 2003 41 LfcS PRIX DU QUEBPC J: Soirée d’émotions pour cinq grands scientifiques québécois, lauréats des Prix du Québec 2002, qui ont reçu leur prix à l'Assemblée nationale des mains de la ministre Marois.De gauche à droite entourant la ministre Marois : Claude Hillaire-Marcel, Paul-André Crépeau, Pierre-Claude Ai'tcin, Robert Lacroix et André Parent.Depuis 1977, le gouvernement du Quebec attribue les Prix du Quebec à de grands scientifiques québécois qui, par leurs réalisations exceptionnelles, ont su marquer leur temps tout en contribuant à l’essor de la société québécoise.Les Prix du Québec, décernés également dans le domaine culturel, sont non seulement le plus haut témoignage de reconnaissance d’une carrière remarquable, mais aussi une récompense qui érige les lauréates et les lauréats en modèles pour l’ensemble de la population.Même si leur origine remonte à 1922, avec l’instauration par Athanase David, secrétaire de la province de Québec, des Concours littéraires et scientifiques, les Prix du Québec ont été décernés pour la première fois en 1977.À l’époque, le volet scientifique comprenait le prix Marie-Victorin, remis dans le domaine des sciences naturelles et du génie, ainsi que le prix Léon-Gérin, attribué dans les disciplines des sciences humaines.On compte maintenant cinq Prix du Québec dans le domaine scientifique, grâce à l’ajout au fil des années du prix Armand-Frappier, qui souligne la contribution exceptionnelle au développement d’établissements de recherche ou à la promotion de la science et de la technologie, du prix Wildei-Penfield, qui couronne une carrière de recherche dans le domaine biomédical, et du prix Lionel-Boulet, la plus haute distinction en matière d’activités de recherche et de développement en milieu industriel.Sélectionnés par un jury composé de pail’s, les lauréates et les lauréats scientifiques reçoivent du ministère des Finances, de l’Économie et de la Recherche une bourse de 30 000 $ non imposable, une médaille en argent, création exclusive d’un ou d’une artiste du Québec, et un parchemin calligraphié.La cérémonie de remise des Prix du Québec 2002 a permis de célébrer l’excellence de cinq nouveaux lauréats dont la carrière témoigne de l’envergure et du dynamisme des scientifiques québécois.Par leurs réalisations marquées au sceau de l’excellence, Paul-André Crépeau, Pierre-Claude Ai'tcin, André Parent, Claude-Hillaire Marcel et Robert Lacroix sont des acteurs importants de l’évolution scientifique et technologique de la société.Le gouvernement du Québec leur rend hommage pour leur contribution majeure à la qualité de vie des Québécoises et des Québécois.Voici un aperçu de leur prestigieuse carrière. Paul-André Crépeau Pierre-Claude Aï'tcin Le prix Léon-Gérin, accordé dans le domaine des sciences humaines, a été attribué à M.Paul-André Crépeau, considéré comme le père spirituel de la réforme du Code civil du Québec.Aujourd’hui professeur émérite à la Faculté de droit de l’Université McGill et à la prestigieuse Chaire Arnold Wainwright de droit civil de la même université, Paul-André Crépeau a profondément mar-JT V que le milieu universitaire québécois.En raison de son influence et par ses travaux de recherche, il a grandement contribué à faire du droit une discipline universitaire à part entière.Paul-André Crépeau s'illustre particulièrement par son œuvre colossale inspirant notamment la refonte du Code civil du Québec et l’élaboration de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.tiift Tout au long des années consacrées à cette lourde tâche, Paul-André Crépeau dirige en outre l'Institut de droit comparé de l’Université McGill, de 1975 à 1984.Puis, en 1976, il fonde le Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec, qui est devenu, sous sa direction, l’instance première pour la recherche fondamentale dans cette discipline.Grâce aux travaux de recherche menés au sein de ces établissements, Paul-André Crépeau réussit à doter le Québec des outils juridiques et linguistiques nécessaires pour assurer le succès de la réforme du droit civil, dont {'Édition historique et critique du Code civil du Bas Canada, le Traité de droit civil ainsi que le Dictionnaire de droit privé et Lexiques bilingues de droit privé.Ces outils sont encore aujourd’hui des ouvrages de référence incontournables pour les juristes dans l’application et l’interprétation du droit civil nouveau.Dans le domaine industriel, le prix Lionel-Boulet a été décerné à l’ingénieur Pierre-Claude Aïtcin pour l’importance de ses travaux concernant les nouvelles technologies du béton.Pierre-Claude Aïtcin commence sa carrière en 1967 comme professeur d’hydraulique au Département de génie civil de l’Université de Sherbrooke.Aujourd'hui professeur titulaire au même établissement, Pierre-Claude Aïtcin a largement contribué à doter le Québec d'une industrie du béton des plus diversifiées et des plus avancées.Pierre-Claude Aï'tcin est un véritable bâtisseur.En 1989, parce qu’il croit en l’importance d’une collaboration étroite entre les milieux universitaire et industriel, le professeur Aï'tcin crée, avec l'Université Laval, l’un des premiers regroupements universitaires en génie civil au Canada, soit le Centre de recherche interuniversitaire sur le béton (CRIB).Jusqu’en 1998, Pierre Claude Aï'tcin dirige la Chaire industrielle sur le béton du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).Durant cette période, il est directeur scientifique de Béton Canada, un réseau de centres d'excellence pancanadien sur les bétons à haute performance.Grâce au leadership du professeur Aï'tcin, l’industrie du béton au Québec est devenue, à l’instar de celle du Japon, la plus avancée au monde.Pierre-Claude Aï'tcin se fait aussi valoir par sa participation à certains grands projets très innovateurs, notamment la construction high-tech de la passerelle cyclo-pédestre à Sherbrooke, qui fait la fierté des Sherbrookois, la plate-forme de forage pétrolier Hibemia ainsi que le pont de la Confédération de Hle-du-Prince-Édouard.CA' I Kl# (ilii1 Qualifié par ses pairs d’expert en droit civil sur le plan international, Paul-André Crépeau s’est vu octroyer six doctorats honoris musa.Il est aussi membre de la Société royale du Canada depuis 1980, chevalier de l’Ordre National du Mérite de France depuis 1984, compagnon de l’Ordre du Canada depuis 1992 et, depuis deux ans, officier de l’Ordre national du Québec.À 76 ans, il participe toujours activement aux travaux de l’Institut international pour l’unification du droit privé, tout en poursuivant l’élaboration d'un ouvrage sur le droit des obligations.Titulaire de 21 brevets pour 8 inventions, Pierre-Claude Aï'tcin est par ailleurs l’auteur de nombreuses publications, dont un ouvrage de référence sur les bétons à haute performance traduit en plusieurs langues.Au total, 23 prix et distinctions soulignent sa large contribution à de nouvelles utilisations du béton.Cr L.tS PRIX DU QUÉBEC André Parent Claude Hillaire-Marcel 1 Le prix Wilder-Penfield, dédié au domaine des sciences biomédicales, a été remis au neurobiologiste André Parent.Ce prix reconnaît la contribution exceptionnelle du chercheur à l’étude de l’organisation anatomique et fonctionnelle du cerveau, plus particulièrement des structures neigeuses, appelées les « ganglions de la base ».André Parent s’illustre particulièrement à l’échelle mondiale par ses travaux, et ses découvertes importantes laissent entrevoir de nouvelles voies de traitement pour les maladies neurodégénératives telles que les maladies de Parkinson, d’Huntington et d’Alzheimer.Qualifié de grand chercheur, le docteur Parent a su mettre la recherche fondamentale au service de la santé.Grâce à lui, la communauté scientifique bénéficie aujourd’hui d’une meilleure compréhension de l’organisation et du fonctionnement du cerveau.Il a par ailleurs mis au point de nouvelles techniques d’analyse devenues de nos jours un standard dans le milieu scientifique.André Parent est professeur titulaire au Département d’anatomie et de physiologie de la Faculté de médecine de l’Université Laval depuis 1981.Depuis 1996, il est également directeur du Centre de recherche Université Laval-Robert-Giffard ainsi que codirecteur du Centre de recherche sur le cerveau, le comportement et la neuropsychiatrie, depuis sa création en 1999.Reconnu pour l’envergure de ses productions scientifiques, André Parent est notamment l’auteur de deux ouvrages de référence qualifiés d’indispensables en matière de neurobiologie : Carpenter’s Human Neuroanatomy, refonte complète du plus prestigieux des traités de neuroanatomie, ainsi que Comparative Neurobiology of the Basal Ganglia.Ces ouvrages ont valu au docteur Parent une renommée internationale.Élu membre de la Société royale du Canada en 1994 et nommé membre du Conseil de la World Federation of Neurology en 2001, André Parent est également lauréat de nombreux prix des plus prestigieux reconnaissant son œuvre remarquable.Dans le domaine des sciences de la nature et du génie, le prix Marie-Victorin a été attribué au géochimiste Claude Hillaire-Marcel pour ses travaux exceptionnels en matière de géochimie isotopique.Pionnier de cette discipline au Québec, il se fait valoir principalement par ses travaux portant sur l’évolution climatique et géologique de notre planète.Grâce aux découvertes du professeur Hillaire-Marcel, nous pouvons aujourd’hui mieux comprendre les mécanismes responsables des changements environnementaux survenus au cours de l’histoire géologique et éventuellement prédire les changements naturels susceptibles de se produire au fil des prochaines décennies.Professeur titulaire au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis 1969, Claude Hillaire-Marcel figure parmi la première génération de professeurs qui ont formé ce département au sein duquel il jouera un rôle déterminant.En 1979, il fonde le Centre de recherche en géochimie et géodynamique, le GEOTOP, aujourd’hui GEOTOP McGill-UQAM reconnu internationalement, et il en assume la direction pendant plusieurs années.De 1983 à 1989, Claude Hillaire-Marcel est simultanément directeur du Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’UQAM et de celui du Centre national de la recherche scientifique de France.Il dirige ensuite, jusqu’en 2000, la Chaire industrielle Hydro-Québec/Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada/Université du Québec à Montréal.Aujourd’hui, Claude Hillaire-Marcel est titulaire de la Chaire UNESCO sur les changements à l’échelle du globe.Reconnu comme un homme de science émérite par les milieux scientifiques, Claude Hillaire-Marcel est reçu à l’Académie des sciences de la Société royale du Canada en 1991- Il est actuellement membre, entre autres, du comité consultatif en environnement (depuis 1994) et du comité scientifique de l’Institut du Sahel (depuis 2001).Depuis peu, Claude Hillaire-Marcel agit à titre de vice-président du conseil d’administration du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.i i Cv LfcS PRIX DU QUÊBHC H Robert Lacroix
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