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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juillet-Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

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Références

Québec science, 2002, Collections de BAnQ.

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X?but sur Jnivers ! âge, son destin t ses MACHO, s réponses aux plus grandes t NOS LACS ET NOS IVIÈRES .Bucoliques, nos plans d'eau ?Des lacs sont pourtant au bord de l'asphyxie, des rivières transformées en égouts.Quels sont les espoirs de sauvetage ?S» : f ^onüns IH£ 3ZH 30 icsu^uou U oh ôn“* £2-22 leSa-] '+üclaQ fiëawing oaqanQ aieuDiifeM aribaq^oTiaTg 92T iZéTOOOOOO __ .- 2~!i *¦.7 5 555 UT Vy4 I Envoi de poste - publications - Enregistrement I n° 08024.525.rue Louis-Pasteur.Boucherville.I Québec.Canada J4B 8E7 77333301994903 Vous aimez les défis naturellement Chez Agropur, nous nous appliquons à développer des produits de haute qualité qui répondent aux exigences de plus en plus élevées des consommateurs.s ^ z Nutrition* §f*’ Kutrh Calcium# .y % Breuvage la ' Süf' Une source de fierté pour les 4 700 producteurs de lait qui en sont les propriétaires et les 3 100 employés qui nourrissent cette activité évaluée à plus de 1,8 milliard de dollars.# agropur De lait et d’innovation COUVERTURE : SYLVAIN MAJEAU L'ENTREVUE DU MOIS 6 À quoi pensent les animaux ?Les animaux ne nous disent rien.Ils n'en pensent peut-être pas moins.propos recueillis par Marie-Pier Elle l'événement 9 En direct de l'ACFAS L’arbre sauveur, les ordonnances inutiles, les vignes imposteurs, le clavardage abusif, les hamburgers fluos, le travail debout.Quelques faits saillants de la science québécoise qui ont filtré du dernier rendez-vous de l'Association francophone pour le savoir, qui s'est tenu à Québec en mai dernier, par Aurélie Deléglise, Violaine Ballivy, Gilles Drouin, Gaëlle Lussiaà-Berdou Planète ADN 15 Et maintenant, les insectes terminators Les premiers insectes génétiquement modifiés seront bientôt testés aux États-Unis.par Jean-Pierre Rogel techno-^ pratique 48 Pour les jours de pluie Si l'été doit être virtuel, aussi bien connaître les bonnes adresses par Philippe Chartier 50 Aujourd'hui, le futur par Marie-Pier Elie & F 0 La dimension cachée 51 Balade dans le jardin Pas banal le gazon.Les plantes qui le composent sont même capables de subir les assauts de la tondeuse.par Raynald Pepin 53 Jeux par Jean-Marie Labrie BABG 54 Le congrès : éloge de la fuite par Bernard Arcand et Brigitte Gemme ENVIRONNEMENT Le SOS de nos lacs et de nos rivières un reportage de Mathieu-Robert Sauvé 16 Le dossier noir des lacs Nos lacs sont malades.De quoi saboter nos plus beaux rêves de retraite au chalet ou de vacances au bord de l’eau.22 En eaux troubles Les rivières sont comme nos lacs : polluées.Et leur renaissance se fait attendre.ASTRONOMIE 28 L'Univers en 8 questions Quel âge a l'Univers ?Quelle est sa taille ?De quoi est-il fait ?Quel est son destin ?Quelques-unes des énigmes qui embêtent les astrophysiciens par Vincent Sicotte PHYSIQUE 38 Mystère et foudre en boule Elle peut rester immobile ou se déplacer lentement, rebondir sur des objets puis subitement changer de cap et filer à toute vitesse.Une soucoupe volante ?Non, la foudre en boule ! par Philippe Chartier LE PATRIMOINE INDUSTRIEL (14* EPISODE) 42 La voie iactée L'histoire vachement savante de l'industrie laitière québécoise.Une histoire « coulée » dans le cheddar ! par Catherine Dubé 'm- ^onUns X A la une par Raymond Lemieux I Un pavé dans le lac Pays de lacs, pays de rivières ?Le Québec ne se la coule pas douce pour autant.Sans véritable plan de gestion, nos joyaux aquatiques sont laissés à eux-mêmes, sauf là où des riverains ont su se retrousser les manches pour en assurer la protection.Bravo pour eux ! Mais autrement ?Les lacs et les rivières, voies de communication d’autrefois, sont devenus à la fois des sources d’énergie convoitées et des déversoirs de rejets polluants de toutes sortes.Plusieurs lacs sont encore confrontés aux pluies acides - tiens, on n’en parle plus tellement de ces pluies acides - auxquelles s’ajoutent maintenant d’effarantes invasions par les algues.Il n’y a même plus de place pour les poissons ! Chose certaine, la vigilance est maintenant de mise : la santé fragile de nos plans d’eau ne fait pas de doute.Rédacteur en chef Raymond Lemieux Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine Collaborateurs Bernard Arcand, Violaine Ballivy, Philippe Chartier, Aurélie Deléqlise, Gilles Drouin, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Gaëlle Lussiaà-Berdou, Raynald Pepin, Jean-Pierre Rogel, Mathieu-Robert Sauvé et Vincent Sicotte Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs/recherchistes Marc Cuadrado, Annie Harrisson, Sylvain Majeau, Pierre-Paul Pariseau, Yves Provencher Directeur général intérimaire Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Conseiller, Promotion et relations avec les médias Hermann Gagnon Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Carole Martin Il y a quelques décennies, un bouillant fonctionnaire, Tony Le Sauteur, a sonné l’alarme pour le sauvetage des lacs.Des milliers de personnes l’ont écouté et il s’ensuivit une mobilisation sans précédent en environnement.Mais dans un pays qui compte 100 000 lacs, il y a encore beaucoup à faire, comme le montre notre grand dossier signé par le journaliste Mathieu-Robert Sauvé, un amateur invétéré de plein air.Il y a des désastres impardonnables, constate-t-on.Et il y a des exemples de restauration réussie, qui ont de quoi inspirer d’autres villégiateurs et pêcheurs.D’autre part, si la fin du flottage du bois sur les rivières a permis à plusieurs de redécouvrir cette richesse naturelle oubliée, l’heure de la reconquête n’est pas nécessairement arrivée.Les projets d’aménagement - entendons évidemment les projets de construaion de mini-barrages - se multiplient.Qu’en penser ?De nombreuses personnalités ont pris fait et cause pour les rivières.Hubert Reeves a adopté la rivière Sainte-Anne près de Québec; on veut y construire une petite centrale de 10 mégawatts dans son impressionnant canyon.D’autres figures connues participent à ce mouvement : le poète Pierre Morency, l’humoriste Vincent Bilodeau, le metteur en scène Robert Lepage et l’historien Michel Lessard.Le mouvement prend de la force.Il y a longtemps que des artistes ne sont pas montés aux barricades de la sorte.Espérons que cela ne durera pas seulement le temps d’un été ! Cinq fois finaliste dans quatre catégories, au concours des magazines du Québec (AQEM).Une reconnaissance déjà remarquable de la qualité du travail de nos journalistes ! Mais quel ne fut pas notre plaisir de rafler tous les prix des catégories où nous étions en nomination ! Meilleur dossier, meilleur reportage, meilleur article pratique, meilleur page couverture.Avec une telle récolte, Québec Science vient en deuxième place de ces olympiades du magazine, juste derrière L’Actualité qui a obtenu cinq prix.Nos lauréats sont le dossier La bataille OGM-Bio (mai 2001), La dernière chance des animaux rédigé par Marie-Pier Elie (octobre 2001 ), le Guide pratique sur la santé des enfants par Catherine Dubé et parrainé par le docteur Jean-François Chicoine (mars 2001) et la page couverture conçue par notre directeur artistique François Émond et par l’illustrateur Martin Côté pour notre Spécial policier (novembre 2001 ).Notre magazine ne peut compter que sur de petits moyens.mais - ces prix le démontrent - nous sommes, grâce à la fidélité de nos lecteurs, capables de grandes choses ! Pas étonnant que Québec Science « roule » depuis déjà 40 ans ! Quatre sur quatre ! iScienoi La bataille OGM-BIO IScience f.Science cmartin@quebecscience.qc.ca Tel.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Toronto : Warner Shillington Tél.: (416) 323-3069 Téléc.: (416) 323-3725 SITE INTERNET www.cybersciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 ?Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Canada Québec Science reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous recevons aussi l’aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d'aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d'envoi postal.Membre de : The Audit Bureau of Circulations P IV! B La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 "KJ Téléc.: (514) 843-4897 courrier@QuebecScience.qc.ca àg CEGEP de Jonquière lise ¦jmltû iibki à J1 supin L J :: -.:.'Old g 4 Québec Science - Juillet/août 2002 courrier@quebecscience.qc.ca btea jrofilN tfu lem air, 1/ Ah ! l'aventure !.Le guide L’abc de l’aventure (Québec Science, mai 2002) s’est attiré de nombreux commentaires élogieux : « Enfin quelqu’un qui est capable de vulgariser les principes physiques auxquels sont exposés les adeptes des sports de plein air.Le propos est clair et les encadrés bien utilisés », écrit Jean-Sébastien Bouchard de Sainte-Foy.Des lecteurs ajoutent quelques précisions : « À la page 10 du Guide, on parle du refroidissement éolien, avec tableau à l’appui », écrit le météorologue Pascal Yiacouvakis.« Le problème, c’est que l’équation de refroidissement éolien n’est valable que pour des températures froides [.] variant entre -5 °C et -50 °C (avec un vent supérieur ou égal à 5 km/h).Pour des températures supérieures à 5 °C, l’équation ne s’applique pas.Donc, il est faux de prétendre qu’au-dessus de 25 °C, le facteur vent devient un facteur de réchauffement éolien.Même à 25 °C et plus, le vent a un effet rafraîchissant.» François Racicot, ingénieur chez IBM, doute pour sa part de notre réponse tentant d’expliquer pourquoi on a plus froid mouillé que sec.Voici ce qu’il Des commentaires ?avance : « Ce qui explique le phénomène de refroidissement d’un corps est l’évaporation de l’eau qui est endothermique; donc qui doit pomper la chaleur du corps pour se produire.Cela explique aussi pourquoi, lorsque le niveau d’humidité de l’air est élevé, on a plus chaud.Dans ce cas, l’eau s’évapore moins vite (question d’équilibre), et donc pompe la chaleur plus lentement que le corps n’en produit.Ainsi, un bon ventilateur permet l’évaporation plus rapide de l’eau, ce qui nous rafraîchit.» Reste à espérer un été suffisamment chaud pour tester tout cela ! C'est à quelle heure la création du monde ?L’article de Laurent Fontaine sur La Bible, ce qu’en dit la science (Québec Science, avril 2002), a suscité son lot de réactions.contrastées ! Nous écrivions notamment que l’évêque James Usher avait arrêté la date de la'création du monde au 26 octobre 4004 avant Jésus-Christ, sans en préciser l’heure.« Cet évêque a affirmé, contrairement à ce qui est écrit dans l’article, que la Terre a été créée à 9:00 le lundi 23 octobre 4004 av.J.-C., tel qu’indiqué dans le livre The Map that Changed the World de Simon Winchester », précise Ken Lyons.Notre lecteur relève aussi une coquille sur la datation du plus vieux matériau du monde : il fallait lire 4,404 milliards d’années, et non 4,004.Quatre cent millions d’années de différence au cours desquelles il s’est passé bien des choses ! Vague à l'âme Enfin, de nombreuses réactions aussi à l’article Le mal de l’âme (Québec Science, mars 2002) de Marie-Pier Elie.« La médication n’est pas l’ultime façon de soigner les jeunes au bord de la crise de nerfs », écrit Serge Plante, porte-parole du Regroupement pour la formation humaine à l’école, un organisme qui représente plus de 1 200 enseignants.Pour lui, il faut agir bien avant.« Nous nous réjouissons de lire un message de Mme Maltais, ministre déléguée à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, soulignant la multiplication des initiatives pour contrer la détresse des jeunes et affirmant que “il n’y a pas [.] beaucoup de causes plus importantes à poursuivre”.Seulement, nous ne pouvons taire que le ministère de l’Éducation, de son côté, fera tout le contraire en éliminant près de 70 % du temps attribué à la formation humaine dans les écoles secondaires.A compter de septembre prochain, l’enseignement moral sera enlevé des écoles en troisième, quatrième et cinquième secondaires, et remplacé, seulement en quatrième secondaire, par un programme d’éthique et de culture religieuse bien insuffisant.Puis, en 2003, les cours d’éducation au choix de carrière et de formation personnelle et sociale seront abolis.Cela représente une perte au secondaire de 300 heures consacrées à cette éducation - là où la prévention est la plus efficace, et où elle rejoint le plus grand nombre de jeunes, au moment de leur vie où ils en ont le plus besoin.» QS Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante : Québec Science, 4388 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2J 2L1 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronigue : courrier@quebecscience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d'en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.U- bjlin mJotrqu*. Un abonnement de trois ans donne droit à l'ouvrage de notre chroniqueur Raynald Pepin « Au-delà des apparences, la dimension scientifique de la vie quotidienne ».Une valeur de 24,95 $ ! *(Valable jusqu'à épuisement des stocks de Québec Science de cet ouvrage) 1 an (10 numéros) 41,35 $ ?2 ans 71,25$ ?J ?3 ans 98,87 $* Taxes incluses, tarifs valables au Canada seulement jusqu'au 15 octobre 2002.Tout abonnement souscrit dès maintenant est admissible à la prochaine promotion.Détachez et expédiez à Québec Science Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514)523-4444 ou par Internet : www.Cybersciences.com/abonnement Nom Adresse app.ville code postal téléphone courriel C Chèque ^ Visa Chèque à l'ordre de Québec Science N° de carte 1 MasterCard Facturez-moi Date d'expiration / Signature -lutein Retirai fraude îlai)irfl|| PtllpL “Païen,, rîPide.d oLn' »iej| Hr ¦ PaL déni* FMC en direct de l'ACFAS â5 Science L'arbre sauveur ?Le peuplier hybride, un arbre à croissance rapide : un atout pour l’industrie et un espoir pour les forêts naturelles du Québec.par Gilles Drouin •¦eu P;'.>; ’;x L/L-fl ¦' Les industriels s’arrachent la matière ligneuse.On parle de véritable pénurie d’ici 25 ans, mais déjà, dans plusieurs régions, les arbres de taille commerciale se font rares.La solution ?Planter des arbres à croissance rapide.Selon la Food and Agriculture Organization (FAO), d’ici 2050, les trois quarts du bois destiné à des fins commerciales proviendront de l’exploitation des essences à croissance rapide.« Cette prévision vaut ce qu’elle vaut, mais elle indique tout de même une tendance importante dans la façon de gérer les ressources forestières », dit Christian Messier, professeur en écologie forestière à l’Université du Québec à g Montréal (UQAM) et directeur du £ Groupe de recherche en écologie forestière.Il participait en mai dernier au colloque Le Québec forestier à l’heure de la ligniculture : enjeux, défis, contraintes, une rencontre organisée lors du dernier congrès de l’ACFAS pour faire le point sur la « culture » des arbres destinés aux scieries et aux usines de pâtes et papier.La culture des peupliers hybrides, la popiliculture, est une vieille idée qui refait surface en raison des pressions de plus en plus grandes sur les forêts québécoises.L’exploitation intensive de cette essence permettrait de protéger une plus grande partie de la forêt naturelle sans priver l’industrie forestière, espèrent certains écologistes.L’avantage des peupliers hybrides tient principalement à leur croissance rapide.Il serait possible d’obtenir des arbres de taille commerciale en moins de 15 ans.La ligniculture prend de plus en plus de place sur la scène mondiale, notam- ment en Indonésie et au Brésil.Au Québec, elle n’a pas encore pris son essor, même si quelques pionniers s’y intéressent depuis les années 1970.Seule la compagnie Domtar semble résolue à produire des peupliers hybrides pour alimenter son usine de Windsor qui fabrique un papier composé à 10 % de peuplier.La culture d’arbres à croissance rapide - comme le peuplier hybride mais aussi le mélèze - soulève cependant quelques questions.Ces essences sont recherchées en raison de leur capacité à transformer rapidement en matière ligneuse de grandes quantités d’éléments nutritifs présents dans le sol.Certains arbres, comme le peuplier hybride, sont très gourmands.Si on intensifie la ligniculture, les sols s’épuiseront-ils rapidement ?Devra-t-on aussi utiliser beaucoup de fertilisants ?Il semble que non.Lors du colloque, Nicolas Bélanger, un étudiant au postdoctorat à l’UQAM, a révélé les résultats d’une recherche menée en collaboration avec le Centre de foresterie des Lau-rentides.Selon l’étude, les arbres à croissance rapide sont particulièrement habiles à stimuler la mise en circulation d’éléments nutritifs dans l’écosystème.Il se pourrait même que, par leur système racinaire plus étendu que celui de leurs congénères, ces « super-arbres » provoquent la dissolution d’éléments nutritifs emprisonnés dans la roche.Jusqu’ici, les scientifiques ont cru que ces nutriments étaient captifs.Il reste à évaluer les effets à long terme sur l’ensemble de l’écosystème, mais ces résultats permettent d’espérer que les sols forestiers québécois seront en mesure de soutenir Il serait possible d'obtenir des arbres de taille commerciale en moins de 15 ans.Québec Science ~ Juillet/août 2002 9 une croissance rapide d’arbres pour un certain temps.D’autres obstacles gênent cependant la culture du peuplier.La plantation intensive d’une seule essence soulève un problème bien connu : de plus grands risques d’infestation par des insectes ou des maladies.Par exemple, dans le sud du Québec, le chancre septorien, un champignon qui s’attaque au peuplier, pourrait décimer la plus grande partie d’une plantation en cinq ans.L’amélioration génétique, par des méthodes classiques de croisements, est donc essentielle pour obtenir des arbres plus résistants.Des chercheurs québécois s’intéressent à cette question depuis une trentaine d’années.Grâce à ses travaux, le ministère des Ressources naturelles (MRN) a établi une liste de 44 hybrides de peupliers et de leurs caractéristiques, ce qui permet de choisir les hybrides en fonction des conditions qui prévalent dans une région donnée.« Du point de vue de la génétique, le Québec a tout ce qu’il faut pour se mettre à la culture des peupliers hybrides, dit Pierre Périnet, ingénieur forestier au MRN.La prochaine étape consistera à trouver des hybrides ayant les caractéristiques recherchées par les industries, notamment la longueur des fibres.» La ligniculture intensive pourrait se faire sur les sites forestiers déjà exploités.Ses partisans lorgnent aussi des terres agricoles en friche; Domtar a un œil sur 250 000 hectares de terres en Estrie, une zone propice au peuplier.Mais ces terres sont aussi convoitées par les producteurs de porcs à la recherche de zones pour l’épandage du purin.Le prix des terres a augmenté considérablement, limitant du coup la rentabilité de la culture des peupliers.La ligniculture n’est donc pas qu’une question scientifique.Elle s’imbrique dans un contexte économique et dans une réflexion pour assurer la protection des forêts naturelles.Lors du colloque, quelques participants ont exprimé leur inquiétude de voir la ligniculture s’ajouter aux ressources des industries, sans rien changer aux coupes actuelles de forêts naturelles.« Si la ligniculture ne sert pas à remplacer le bois récolté dans les forêts naturelles, donc à protéger une plus grande partie de celles-ci, je ne vois pas l’intérêt d’en faire la promotion », soutient Christian Messier.QS 1 O Québec Science - Juillet/août 2002 Ordonnances inutiles Le caractère en apparence inoffensif des benzodiazépines incite les médecins à prescrire trop souvent ce médicament aux personnes âgées.par Gilles Drouin //>/ Æ Environ 70 % des personnes âgées de 66 ans et plus reçoivent au moins une ordonnance inappropriée à leur cas.C’est ce qu’indique une recherche menée par Claire Ducharme, pharmacienne au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke.Pour arriver à cette conclusion, la chercheuse a scruté les données de l’enquête de Santé Québec de 1998, ainsi que trois fichiers de la Régie de l’assurance maladie du Québec.Son étude a porté sur des médicaments de la famille des benzodiazépines, qui sont prescrits pour contrôler l’anxiété et les troubles du sommeil.Les marques les plus connues sont l’Ativan, le Serax et le Dalmane.À partir d’un échantillon représentatif de 2 256 consommateurs de médicaments âgés de 66 ans et plus, elle a étudié un groupe de 960 personnes qui consommaient des benzo- www.cybersciences.com au congrès de l'ACFAS Soixante-dix ans de congrès En mai dernier, se tenait à l'Université Laval à Québec le 70e congrès de l'ACFAS, devenue l'Association francophone pour le savoir.Une moisson de communications scientifiques en français ont constitué le signe indubitable des transformations profondes que notre société connaît au fil des ans.Durant toute cette semaine, nos journalistes ont publié plus d'une vingtaine de nouvelles en direct de l'ACFAS sur notre site cybersciences.com.Voici ce qu'il faut en retenir.par Violaine Ballivy, Aurélie Deléglise et Gaëlle Lussiaà-Berdou diazépines.De ce nombre, 672 personnes avaient obtenu de leur médecin au moins une ordonnance pouvant entraîner des complications.Quelque 17 % en avaient reçu deux, tandis qu’une proportion semblable avait trois ordonnances et plus.Dans 14 % des cas, on pouvait craindre des interactions potentiellement nuisibles.« Pour établir nos définitions, précise Claire Ducharme, nous avons utilisé des critères très conservateurs.Il est donc possible que nous sous-estimions le phénomène.» La situation est encore plus inquiétante chez les personnes âgées de plus de 70 ans.La proportion de personnes ayant au moins une ordonnance potentiellement inappropriée est de plus de 74 % dans ce groupe.« C’est évidemment lié au nombre plus élevé de médicaments consommés par ces personnes âgées », avance la chercheuse.Les benzodiazépines sont généralement prescrites pour que les patients les utilisent au besoin, sans dépasser la dose quotidienne.Le médicament doit avoir une courte période d’action, soit moins de 24 heures.Normalement, les patients prennent un cachet pour contrer les effets d’une situation particulièrement stressante.Il est aussi recommandé de ne pas les consommer quotidiennement pendant de longues périodes.Dans son étude, la pharmacienne a répertorié cinq cas types où les ordonnances peuvent s’avérer inappropriées, voire dangereuses.Elle a noté des cas de dosage quotidien trop élevé, d’ordonnances de benzodiazépines à longue durée d’action, d’interactions potentiellement nuisibles avec d’autres médicaments, d’ordonnances concomitantes de deux benzodiazépines et des cas de consommation prolongée.Utilisés normalement, les benzodiazépines ont peu d’effets secondaires connus, ce qui pourrait expliquer en partie pourquoi il y a tant d’ordonnances inappropriées dans cette catégorie de produits.Toutefois, la consommation excessive ou les interactions possibles avec d’autres médicaments peuvent avoir des effets secondaires comme la sédation excessive, des problèmes cognitifs, des pertes de mémoire et des chutes dont les conséquences peuvent être très graves pour les personnes âgées.Sans oublier, bien sûr, les coûts excessifs liés à ces ordonnances inutiles.QS Les malades font la sourde oreille Rebutés par le dialogue froid et clinique, les cancéreux préfèrent ne pas écouter leurs médecins.Au terme d'une étude qualitative portant sur la communication entre des cancéreux en phase terminale et leurs médecins, Sarah Shilder, professeure-chercheuse à l'Université du Québec de l'Abitibi-Témiscamingue, a remarqué qu'un véritable dialogue de sourds s'installe entre les deux parties si le praticien se comporte à la manière d'une autorité médicale.Et, dans ces conditions, il lui est bien difficile de comprendre les besoins de son patient.« Le médecin qui se place en position d'expert pense détenir tout le savoir sur son patient, explique Sarah Shilder.Il ne l'écoute pas; il impose ses décisions et la vérité de façon très crue.» Le malade, qui a l’impression de n'être rien de plus qu’un simple numéro, coupe la communication.« Une femme nous a dit que, lorsqu'elle entrait dans le bureau de son docteur, elle s'enfermait dans une bulle, ne l'écoutant plus et ne parlant plus », ajoute la pro-fesseure.On peut présumer que, dans le cas où le patient fait partie de protocoles d'expérimentation de nouveaux médicaments - une situation fréquente pour les malades en phase terminale -, la collecte de données est moins complète puisque la communication est difficile.À l'inverse, un médecin qui se met dans la peau de son patient, qui le touche et qui nuance ses propos, établit un meilleur contact.« Le cancéreux sait qu’il va mourir, mais il ne veut pas connaître la date ! Se faire dire par son médecin qu’il fera tout son possible est beaucoup plus réconfortant », souligne Sarah Shilder.(V.B.) Doigts de fée en danger Clavarder, ça use les doigts.Surtout ceux des femmes ! Les femmes qui utilisent l’ordinateur plus de deux heures par jour risquent de voir diminuer leur dextérité manuelle et leur sensibilité tactile.Des chercheurs de l'Université d'Ottawa ont fait passer des tests manuels à 64 personnes, âgées de 30 ans en moyenne.« En comparant les individus qui utilisent un ordinateur pendant plus de deux heures par jour et ceux qui en font un usage plus restreint, nous avons constaté une différence sensorielle chez les femmes, explique Annie-Claude Mireault, physiothérapeute.Ce sont les tâches répétitives sur les touches ou avec la souris qui entraînent probablement la diminution de la sensibilité des doigts.» En revanche, a-t-elle aussi remarqué, les hommes ne semblent pas être affectés par l'usage intensif de l'informatique.C'est d'autant plus surprenant qu’ils passent en moyenne 10 heures de plus par semaine devant l'ordinateur que les femmes, qui y consacrent quant à elles 30 heures environ.Les résultats de cette recherche ont été publiés en juin dans la revue Somatosensory and Québec Science - Juillet/août 2002 11 ILLUSTRATIONS ; MARC CUADRADO Motor Research.Annie-Claude Mireault compte poursuivre l'étude sur un nombre plus important d'individus, et surtout sur des sujets plus âgés chez qui la sensibilité tactile tend à décroître.On pourrait alors voir si cette différence persiste.(G.L.-B.) Travailler debout : c'est pas le pied ! Plus on reste longtemps debout, plus la sensibilité de nos pieds augmente Près de 60 % des Québécois sont debout au travail; et une personne sur six seulement a la possibilité de s'asseoir quand elle le désire.Or rester debout sans bouger accentue le degré de sensibilité plantaire, constatent Ève Laper-rière et Marie-Christine Thibault, deux étudiantes du département des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal.En exerçant une pression sur le pied jusqu'à ce que le sujet ressente une douleur, elles sont parvenues à mesurer le seuil de sensi- 0ËMT- bilité plantaire chez 34 personnes.Parmi elles, des chercheurs assis 90 % du temps, des caissiers toujours debout et des serveurs qui marchent beaucoup.Les données ont été recueillies avant et après le quart de travail.La sensibilité plantaire est plus grande chez les gens debout - peu importe qu'ils marchent ou non - que chez les gens assis.Elle dépend également du type de chaussures portées, avec ou sans talon, de la forme physique de l'individu, etc.« Rester sans cesse debout au travail provoque des maux de dos, des douleurs aux jambes, la formation de varices, des troubles cardiovasculaires et parfois un accouchement prématuré chez les femmes enceintes.Notre étude, la première qui tient compte de la différence entre la posture statique et la marche, pourrait aider à améliorer les conditions de travail des caissiers en leur accordant des pauses plus fréquentes au cours de leur journée », dit Ève Laperrière.Elle et sa collègue prévoient poursuivre leurs travaux auprès d'un plus large échantillon.(A.D.) Vignes : gare aux imposteurs ! Les cépages canadiens Foch et Maréchal Foch ne sont pas cousins.C'est ce qu'a découvert Patrick Pollefeys, un agronome qui vient d'obtenir sa maîtrise en foresterie à l'Université Laval, et qui a mis au point une nouvelle technique de certification des cépages hybrides franco-américains en utilisant l'ADN et la biogénétique.Pour s'assurer de l'authenticité de l'un des 10 000 cépages répertoriés dans le monde, Par de saines pratiques forestières, les groupements de propriétaires de lots boisés protègent et mettent en valeur la forêt privée .âji t Le groupement forestier, votre partenaire Kohirti! ' % J ^ LE GROUPEMENT FORESTIER DE L'EST DU LAC TÉMISCOUATA: première entreprise forestière au Québec à recevoir la certification internationale du Forest Stewarship Council (FSC), pour l'atteinte de hauts standards environnementaux et socio-économiques, dans ses pratiques d'aménagement forestier.RESÛM Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (418) 877-1344 • www.resam.org 1 2 Québec Science ~ Juillet/août 2002 www.cvbersciences.com au congrès de l'ACFAS 500 millions d'années : au Canada, la plus vieille trace a été découverte dans une carrière au nord-est de Kingston, en Ontario.Au moins 25 empreintes, larges de 13 cm (une traînée grande comme celle gue laisse un homard), préservées dans une couche de grès fossilisé, et gui pourraient appartenir à des Euthycartinoides, des arthropodes amohibiens, cousins des crustacés et des insectes.Cet embranchement d’animaux invertébrés, gui comprend plus de la moitié des espèces animales, a colonisé le milieu terrestre 50 millions d'années plus tôt gu’on croyait, constate Robert MacNaugthon, chercheur à la Commission géologigue du Canada, qui a remarqué que chaque empreinte était entourée de petits tas de sable, un phénomène qui ne se produit pas lorsque les animaux se déplacent au fond de l'eau (source : Geology, mai 2002).(A.D.) les vignerons utilisent essentiellement l'identification basée sur des caractères morphologiques, explique le chercheur.Or pour la feuille seulement, il existe plus de 140 critères concernant le nombre de nervures ou encore l'angle qu'il y a entre elles.« Certains plants ne se différencient que par la couleur des raisins », ajoute Patrick Pollefeys.Pour éliminer le risque d'une mauvaise identification, il couple deux procédés de reconnaissance génétique.Au départ, il ajoute un marqueur sur le ruban d'ADN d'une feuille de vigne, qui s'y fixera en deux points.« L'espace entre les deux amorces peut être considéré comme un mot.La première technique mesure la longueur du mot; et la deuxième, le nombre de syllabes qu'il contient - ou le nombre de génomes composant cette portion du code génétique.» Deux cépages sur 10 millions pourraient avoir la même empreinte génétique ! « C'est très satisfaisant, puisqu'il y a 10 000 cépages différents dans le monde.» Grâce à sa méthode, Patrick Pollefeys a déjà découvert une erreur d’identification : « Le gouvernement du Canada vend les cépages Foch et du Maréchal Foch comme un seul et même produit, en expliquant que les francophones préfèrent l'appeler « Maréchal » Foch, contrairement aux anglophones.Mais j'ai découvert que ce sont bel et bien deux cépages différents! »(V.B.) Hamburgers fluos : attention danger ! Le docteur Maurice Boissinot du Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL) a mis au point une technique qui permet de détecter en moins d'une heure la présence de toxines produites par certaines souches de la bactérie £.coh dans les selles de patients atteints de diarrhées hémorragiques - la fameuse maladie du hamburger.Par une technique d'amplification en chaîne (PCR), le chercheur obtient un grand nombre de copies du gène responsable de la production des toxines causant la maladie.On ajoute au mélange certaines séquences génétiques qui vont se coupler avec le gène.L'association des deux produit alors une lumière fluorescente.Si l'échantillon ne brille pas, l'individu n'est pas infecté par la bactérie.Jusqu'ici, la détection de la maladie du hamburger imposait la culture d'un échantillon de selles du patient sur un gel pendant plus de 24 heures.La nouvelle méthode, présentée dans l’édition d'avril du Journal of Clinical Microbiology, pourrait également servir à détecter la bactérie dans l'eau, ainsi que d’autres organismes pathogènes qui envahissent nos puits et nos robinets, comme le parasite Cardia, la salmonelle ou encore les streptocoques.(G.L.-B.) Alcool et manganèse : cocktail dangereux Les grands consommateurs d'alcool sont plus sensibles à une exposition au manganèse.Lors d'une étude portant sur 74 travailleurs d'une fonderie d'acier (un alliage comportant du manganèse), Maryse Bouchard, une biologiste étudiante au doctorat à l'UQAM et chercheuse au Centre d'étude des interactions biologiques entre la santé et l’environnement (Cinbiose), a remarqué que les effets d’une surexposition au manganèse étaient plus importants chez les personnes buvant plus de 24 bières par semaine.Ainsi, pour une concentration de manganèse plus élevée que la normale (supérieure à 7 jxg/L par rapport à une normale autour de 5 pig/L), les consommateurs d'alcool présentaient plus de sautes d'humeur, de troubles cognitifs et de maladies neurologiques dégénératives que les .JXJ iéîF c’est faire un trz'.î vos vacances La négligence entraîne la destruction de sites de récréation et ruine des vacances bien méritées et planifiées depuis longtemps.votre propriété En quelques heures, un site enchanteur peut se transformer en lieu de désolation et des années de labeur s’envoler en fumée.un habitat faunique La forêt québécoise abrite une faune diversifiée et abondante.Un incendie de forêt met cet habitat en péril.S/X Ensemble faisons un trait sur les incendies de forêt! POUR RAPPORTER UN INCENDIE DE FORET I-800-463-FEUX (3389) WWSOPFEU Société de protection des forêts contre le feu Québec Science - Juillet/août 2002 1 3 œnmpo ¦ cybersciences congres £n hausse L'eau sur Mars.Jamais on ne pensait en trouver autant ! La sonde américaine Mars Odyssey a repéré de grandes Sous cette surface martienne se cache de l'eau.< en < autres travailleurs.« Il se produit une synergie entre l'alcool et le manganèse, explique Maryse Bouchard.Ainsi, à des concentrations équivalentes de manganèse, un alcoolique est plus affecté.» Une trop grande exposition au manganèse atteint l’activité dopaminergique, responsable du contrôle moteur et de l’humeur.Lors d'une seconde étude, Maryse Bouchard a mesuré, chez 15 alcooliques, les taux de prolactine sanguin, une hormone indicatrice de l’activité dopaminergique.« Les taux de prolactine étaient significativement plus élevés chez les sujets en contact avec le manganèse, ce qui confirme que la combinaison de l’alcool et du manganèse provoque des désordres importants », souligne la chercheuse.Cette découverte pourrait pousser le gouvernement à changer les normes d'utilisation du « Les enzymes libérés lors de la digestion font le manganèse.« Nous savons désormais qu'il même travail que la bactérie: elles séparent les existe un groupe de personnes très à risque protéines du lait en peptides inhibiteurs de face à cet élément.Il faut donc agir pour les pro- l'angiotensine I », explique Pierre-Louis Leclerc, téger », estime Maryse Bouchard.En effet, la L’ajout de caséine dans le lait augmente simple-population est de plus en plus exposée au man- ment la quantité de protéines pouvant être trans-ganèse : il remplace, entre autres, le plomb formées en agents d'inhibition.(V.B.) dans l'essence.(V.B.) [• M quantités d'eau glacée dans le sous-sol de la planète.Assez pour remplir deux fois le lac Michigan ! Le détecteur à neutrons, utilisé par la sonde, est capable de déceler la présence d’eau et de glace jusqu'à un mètre de profondeur.Les concentrations de glace qu'il a observées près des pôles martiens, se situent entre 30 cm à 60 cm sous la surface.Cela ne pourrait donc bien être que la pointe d'un iceberg emprisonné dans la planète rouge, selon la NASA.La localisation d'importantes sources d'eau de glace est une condition qui facilitera une éventuelle expédition martienne.baisse ire éfioque pour la tortue des uébec, le taux de mortalité des tortues des bois est si élevé en milieu le que leur population ne peut même être viable, estiment les chercheurs du Biodôme de Montréal.Après les avoir dotées d'émetteurs, les biologistes ont suivi, dans les champs, une trentaine de ces tortues pendant deux ans.Les résultats rendus publics dans leur plus récent bilan de recherche montre qu'une sur cinq n'a même pas pu terminer l'expérience.On a retrouvé ces tortues fauchées par des machines agricoles ou ensevelies par l'effondrement de berges cultivées, ou lors du labourage d'un champ ! La tortue des bois figure sur la liste des espèces « susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables » au Québec.Du lait pour les coeurs tendus Riche en caséine (une protéine laitière), le lait permet de réduire la contraction des vaisseaux sanguins qui cause la hausse de la tension artérielle.C'est en observant les effets de la fermentation du lait par la bactérie Lac-tobacillus helveticus sur l'hypertension, que Pierre-Louis Leclerc, un biochimiste au Centre de recherche en sciences et technologies du lait (STELA) de l'Université Laval, a fait sa découverte.Lactobacillus helveticus est une bactérie laitière qui fragmente les protéines du lait et les transforme en blocs d'acides aminés, ou peptides.Pierre-Louis Leclerc a constaté qu'un de ces peptides pouvait empêcher la production d'angiotensine II, une substance qui provoque le resserrement des vaisseaux sanguins.En période de stress, l'organisme produit un peptide, de l’angiotensine I, qui peut être converti par une enzyme en angiotensine II.« Le nouveau peptide a plus d'affinités avec l'enzyme de conversion que l'angiotensine I.Comme celle-ci réagit avec un autre peptide, l'angiotensine I ne sera pas transformée et on évitera ainsi la contraction des vaisseaux », explique Pierre-Louis Leclerc.Il a également découvert que la fermentation par la bactérie était superflue : lors de tests in vivo sur les rats, une baisse significative de l'hypertension a été observée cinq heures après l'absorption de lait non fermenté enrichi de caséine.Le sondage Notre reportage sur les lacs et les rivières vous a fait réfléchir ?Voici notre question du mois : « Au Québec comme ailleurs, on hésite entre la conservation des rivières et leur exploitation hydroélectrique.Êtes-vous d'accord pour que l'on continue à harnacher des cours d’eau si cela peut contribuer à la lutte contre le réchauffement global ?» Faites-nous connaître votre réponse sur cybersciences.comentre le 1er et le 12 juillet 2002.Vous pouvez aussi nous faire parvenir vos commentaires sur ce sujet à : Québec Science, Rédaction, 4388, rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal, Québec, H2J 2L1.En mai dernier, nous vous proposions un article assez particulier sur le jardinage.À cette occasion nous vous demandions : « Les plantes horticoles font l'objet depuis longtemps de croisements et de modifications génétiques.Craignez-vous que l'on en vienne un jour à commercialiser à votre insu des plantes horticoles génétiquement modifiées ?» oui.76 % non.24 % Vous avez été 512 à vous prononcer, et 76 % d'entre vous pensent que les manipulations génétiques s'immiscent dans votre Éden domestique sans y être invitées.1 4 Québec Science ~ Juillet/août 2002 par Jean-Pierre Rogel Et maintenant, les insectes terminators Les premiers insectes génétiquement modifiés, les IGM, seront bientôt testés s aux Etats-Unis.Faut-il craindre ces vols de mutants au-dessus de nos têtes ?planèteadn Le ver rose du cotonnier, ce n’est pas un cadeau ! Chaque année, ses larves - de minuscules chenilles à tête brune - s’épanouissent dans les cotonniers, causant des dégâts considérables à cette plante, la quatrième en importance sur le plan commercial.Ce scénario se répète aussi bien dans de nombreux pays en développement qu’aux États-Unis (le cotonnier n’est pas cultivé au Canada, qui est situé trop au nord).Alors, que faire ?Depuis très longtemps, on dispose d’une solution chimique.On traite les cultures aux insecticides, et le tour est joué.C’est une méthode éprouvée, et on peut même tenter d’en minimiser les impacts environnementaux -encore que ces molécules de synthèse ne sont pas facilement dégradées et finissent bien quelque part.mais passons.Toutefois, au fil des ans, les insectes s’habituent et deviennent résistants.On augmente alors les doses d’insecticide.Quand cela ne marche plus, il y a la biologie moléculaire.Pourrait-on modifier génétiquement la plante pour qu’elle résiste à la nuisible bestiole ?Quelques multinationales ont opté pour cette approche, source certaine de revenus à long terme.Plusieurs lignées de coton résistant aux insectes, dont le Bollgard de Monsanto, sont actuellement sur le marché.Pour les fabriquer, les chercheurs ont inséré dans le génome de la plante un gène appartenant à une bactérie bien connue.Bacillus thuringiensis ou Bt.Très toxique, la protéine produite par ce gène tue spécifiquement les lépidoptères, ce qui protège les cultures.Mais si la solution semble élégante sur le plan scientifique, elle suscite des interrogations sur le plan environnemental.Tout d’abord, rien n’indique que les insectes ne développeront pas une résistance contre le coton Bt, ce qui nous ramènerait au point de départ.Ensuite, le gène inséré pourrait être transmis par pollinisation croisée aux plants indigènes ou à d’autres espèces de la même famille.Et puis, il y a la possibilité - actuellement difficile à évaluer — que la toxine du Bt puisse entrer dans la chaîne alimentaire par les résidus de plantes dont on nourrit les animaux.Face à cela, il reste la lutte biologique : combattre ces insectes avec leurs ennemis naturels (pas de chance, car dans ce cas-ci, ils sont impossibles à contrôler.) ou bien en les stérili-o-sant massivement.Dans plusieurs pays, on fait des élevages j=jde vers roses de la capsule du cotonnier - c’est le nom com-| plet de la bestiole —, dont on irradie les mites avant de les libérer < à proximité des champs de coton.Étant stériles, les mites ne peuvent se reproduire.À long terme, les insectes stériles prendront le dessus, et les populations de ver rose s’éteindront.Toutefois, comme cela coûte très cher, les scientifiques cherchent une autre solution.C’est ici qu’entre en scène la mite transgénique du docteur Thomas Miller, de l’université de Californie à Riverside.Ce spéciabste de grande renommée a trouvé un moyen astucieux d’insérer un gène étranger dans le génome de l’insecte.Pour le moment, il l’a fait en laboratoire avec un gène marqueur.Cela marche bien, et il veut passer aux essais sur le terrain pour voir comment ses mites transgéniques se comportent lorsqu’elles rencontrent leurs petits amis « naturels ».L’objectif final est d’insérer dans le génome du ver un gène mortel pour les insectes qui en héritent.A terme, l’espèce serait ainsi éradiquée, sans qu’on ait besoin de passer par un coûteux programme d’irradiation qu’il faut répéter chaque année.Depuis que Miller a déposé, en 1999, une demande pour faire un test sur le terrain avec 2 350 mites transgéniques près d’un champ de coton en Arizona, on a assisté à une levée de boucliers, dont l’effet a été de retarder jusqu’ici le début du test.Greenpeace et certains écologistes ont dénoncé ce projet comme étant particulièrement dangereux, car les insectes se répandent rapidement et peuvent occuper des niches écologiques très variées.Outre ces arguments généraux, le professeur Joe Cummings, de l’université Western Ontario, avance une question spécifique.Il craint que le vecteur du transgène, un transposon joliment nommé PiggyBac, ne se révèle instable et transférable à toutes les espèces, y compris l’homme.Auquel cas, les conséquences ne sont pas très claires, mais Cummings réclame beaucoup plus d’études en laboratoire avant d’aller sur le terrain.Face à cela, Thomas Miller reste imperturbable.Il souligne que ses vers roses ne peuvent se reproduire avec d’autres espèces, la seule espèce compatible vivant en Australie et ne se retrouvant jamais dans le coton cultivé.Sur le fond, souligne-t-il, « alors que presque tous les projets visent à faire des OGM pour créer de nouvelles variétés, protéger ou améliorer des cultures, notre organisme est fait pour s’autodétmire et empêcher les populations naturelles de mites de se reproduire ».Autrement dit, il ne s’agit que de renforcer le programme actuel de lutte biologique.Ce débat ne fait que commencer et nul doute qu’il faudra quelques années avant de savoir si la technique proposée est efficace et sans danger pour l’environnement.05 j* j Québec Science - Juillet/août 2002 1 5 Nos lacs sont malades.De quoi saboter nos plus beaux rêves de retraite ou de vacances tranquilles au bord de Peau ! par Mathieu-Robert Sauvé Le dossier noi Quand Jacques Caron a commencé à venir au lac Connelly, il y a 57 ans, il fallait demander une autorisation pour passer en voiture.Aujourd’hui, ce lac des Laurentides est en péril à cause d’une plante aquatique, la myriophylle, qui envahit les berges.Chaque année, 4 les riverains participent avec en-i fants et petits-enfants à l’arrachage.En 2000 et 2001, ils ont ainsi rempli 18 bennes de fardiers.« Notre lac se meurt », dit Jacques Caron qui a vu se construire un |g; millier de chalets tout autour.«If.' Pour venir à bout de cette peste qui menace plusieurs lacs, la municipalité de Saint-Hippolyte pense utiliser une moissonneuse qui épargnerait aux riverains la corvée annuelle.« On sait d’avance que c’est une solution à court terme, soupire Jacques Caron.Si on ne les déracine pas, ces plantes aquatiques se multiplient à vue d’œil.» Que s’est-il passé pour qu’un lac apparu à la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans, agonise sous les yeux de ceux qui habitent maintenant ses berges ?Disons que les apports minéraux, qui font verdir les pelouses et qu’on retrouve dans les déjections animales (y compris celles des humains), ruissellent sans relâche vers les lacs depuis un demi-siècle.La myriophylle, l’algue qui s’en nourrit, progresse alors à un rythme démesuré.De plus, l’été, ce lac de petites dimensions est envahi par une centaine de bateaux à moteur, et plus de 70 % des rives sont aménagées avec des quais de pierre et de béton qui favorisent l’érosion et, conséquemment, la dégradation du plan d’eau.De surcroît, mêmes si elles répondent aux normes municipales, certaines installations septiques ne sont pas étanches, ni vidées régulièrement.L’ennemi numéro un des lacs, c’est le phosphore, un composé chimique qui a la particularité d’être un élément nutritif pour les végétaux.Quand l’apport en phosphore est trop important, la reproduction du phytoplancton s’accélère.Cette croissance modifie l’habitat et la qualité de l’eau.Résultat : les poissons les plus sensibles ne peuvent plus frayer.L’essence rejetée par les bateaux à moteur contribue de son côté à la modification chimique de l’eau sans toutefois agir sur le taux de phosphore.Comme Jacques Caron, des milliers de villégiateurs du Québec ont vu leur lac vieillir prématurément.Ils ont le sentiment d’être impuissants devant ce désastre.Un vieillissement ?Richard Carignan, professeur de biologie à l’Université de Montréal, rejette cette idée.« Le vieillissement, c’est par définition irréversible.Le processus en cours au lac Connelly, comme ailleurs, est réversible », tem-père-t-il.Avec les chercheurs de son laboratoire, le professeur Carignan a entrepris la plus vaste enquête jamais réalisée au Québec sur les sources de contamination d’un bassin versant à vocation de villégiature.Leur laboratoire naturel est un territoire de 24 km2 qui compte une cinquantaine de ruisseaux et six lacs.Kathy Crago, une étudiante à la maîtrise, s’est rendue sur place jusqu’à deux fois par semaine, 1 6 Québec Science - Juillet/août 2002 : des lacs V V-* m £ -'l - ¦- ¦ '*7*.>'*.v .Tony Le Sauteur.Il est à l'écologie ce que Michel Chartrand est au syndicalisme.Il a lancé dans les années 1980 le programme de régénération des rives, auquel participent près de 600 associations de lacs.hiver comme été, avec ses petites bouteilles.Elle a recueilli des échantillons d’eau dans 20 sites, en aval et en amont des ruisseaux.Le but : identifier de façon précise les sources d’apport excessif en phosphore.Dans chaque cas, elle a pris en note la température de l’eau, son taux d’acidité (pH) et la proportion de matière en suspension.Puis les échantillons ont été analysés en laboratoire pour déterminer la quantité de phosphore et de carbone organique dissous.L’étude est financée, à raison de 50 000 dollars par an, par la municipalité de Saint-Hippolyte qui n’a pas attendu le ministère de l’Environnement pour agir.Quand ils auront les conclusions de cette étude, les chercheurs pourront établir un profil précis des sources de pollution d’un lac typique des Laurentides.18 Québec Science - Juillet/août 2002 De quoi mettre sur pied un modèle d’intervention.« S’il y a un exemple à citer au Québec pour la prise en charge des problèmes de pollution, c’est celui de la municipalité de Saint-Hippolyte », affirme Richard Carignan.Le dossier des lacs au Québec est très sombre.Selon Yves Prairie, professeur de biologie à l’Université du Québec à Montréal, la moitié des 5 000 lacs que les Québécois fréquentent régulièrement ont une eau acceptable.La situation du tiers est inquiétante, etde!0%àl5% sont dans un état lamentable.Dans les meilleurs cas, on peut boire l’eau à la tasse ! Dans les pires, elle est si toxique qu’il faut se munir de bottes de caoutchouc avant d’y mettre le pied.Caméra à l’épaule, le cinéaste Alain Bel-humeur a réalisé un film sur les lacs du Québec, qui sont pour bien des villé-giateurs le havre où ils avaient rêvé couler leurs vieux jours.Il a trouvé des étendues d’eau sale ravagées par la pollution agricole et les coliformes fécaux.Dans certains cas, comme au lac Tom-cod en Estrie, des riverains ont subi des infections cutanées après une simple immersion.L’ingestion de cette eau pourrait être mortelle.« Pour moi, confie Alain Belhumeur, les lacs du sud du Québec sont une espèce menacée au même titre que la morue de Terre-Neuve ou les bélugas du Saint-Laurent.» Dans ]’ai pour toi un lac (Animavi-sion, 2001 ), il a filmé des gens qui « nettoient » leur rivage avec un bulldozer, ce qui est formellement interdit par des lois qu’ils ignorent.Il a filmé une assemblée houleuse de riverains qui tentent de réglementer la présence des bateaux à moteur sur le lac Orford.La scène se termine avec le leader des opposants porté en triomphe par ses supporters.« J’avais prévu montrer des animations en trois dimensions pour faire bien comprendre d’où venait la pollution des plans d’eau, explique le cinéaste.Une espèce de cours d’“écologie 101”.J’ai opté pour des images simples, afin que les gens se voient agir.Je l’ai fait en pensant aux riverains.Si eux (suite en page 20) La pêche, un sport dangereux?Les lacs du Québec sont le lieu d'un loisir pratiqué par plus de 1,2 million de personnes chaque année : la pêche sportive.Les Québécois y consacrent en moyenne 11 jours par saison; soit 13 millions de jours au total, tous pêcheurs confondus ! Un sport qui n'est pas sans risque : selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, la teneur en mercure dans la chair de poissons piscivores excède fréquemment la norme de 0,5 mg/kg recommandée par Santé Canada.Sauf indication contraire, les consommateurs ne devraient pas manger plus de deux repas par mois d’achigan, de brochet, de doré, de maskinongé ou de touladi (truite grise) pêchés dans nos lacs (un repas équivaut à 230 g de poisson frais).Selon l’espèce, la taille ou l'endroit de capture, on peut aussi retrouver dans la chair du poisson des biphényles polychlorés (BPC), du DDT, de l'hexachlorobenzène (HCB), de la dieldrine, des dioxines et des furannes.Une partie de la pollution mercurielle et la totalité de la pollution par les organochlorés proviennent des activités humaines. SYLVAIN MAJEAU UN SECRET Bark Lake, BIEN GARDÉ À 20 km au sud de Saint-Jovite, via la route 327, se trouve le secret le mieux gardé des Laurentides : Bark Lake, que les (rares) francophones appellent aussi lac aux Écorces.Deux choses surprennent le visiteur qui arrive au quai municipal : le Miller's General Store, bâtiment de bois qui semble avoir été transporté depuis la Nouvelle-Angleterre, et les voitures garées un peu partout.Un nombre démesuré d'automobiles pour un endroit si paisible.C’est que nous sommes au seul accès routier menant au lac qui compte environ 170 chalets.Les estivants y transitent pour atteindre leur propriété par voie d'eau.Même si on trouve de véritables joyaux architecturaux le long des rives, dont la Maison de l'Immaculée-Conception (camp d'été des Jésuites construit en 1907), la quasitotalité des chalets n'ont pas l'électricité.Les premiers occupants, dès 1870, ont donné une allure très West Island a ce lac singulier.Les premiers villégiateurs s'appelaient Fred Cope, Norman Jordan, Chris Goulden, Fred Whittall, Fred Higginbotham.Des familles se lèguent leur propriété en héritage depuis trois générations.Sur le plan environnemental, les principes de réduction des impacts ont été appliqués : quais flottants, berges au naturel, bandes riveraines densément boisées.Les pelouses « golf » y sont extrêmement rares, et si on tolère les bateaux à moteurs, les motomarines sont proscrites.Comme ces chalets ne sont pas occupés l’hiver, la pollution humaine est réduite.Le lac, peu profond, a une dizaine de kilomètres de long, et compte cinq baies et une demi-douzaine d’îles.Pierre-François Chapleau, architecte de Montréal, a craqué pour ce lac lorsqu'il l'a découvert, par hasard, en 1996.« Ici, les gens viennent vivre en harmonie avec la nature; ils ne transportent pas leur maison de banlieue et leur mode de vie hyperactif.Mais ce qui préserve le plus efficacement notre lac, c'est l'accès : aucune route n'en fait le tour.» Fait cocasse, la communauté est administrée par I une des plus petites municipalités du Québec, Barkmere, qui s est opposée avec succès aux fusions municipales.Le souci de protection ne date pas d'hier.Dès 1930, la Bark Lake Preservation Association crée un « bureau de santé » qui doit voir à la qualité des eaux en contrôlant, notamment, les installations sanitaires.Encore aujourd hui, les conseillers municipaux de Barkmere doivent être recommandés par cette association.Pierre-François Chapleau n'a jamais regretté la vente de sa propriété au lac Archambault, près de Saint-Donat, où il avait pourtant passé les plus beaux étés de son enfance.Il y avait présidé I Association de préservation, et participé aux campagnes de régénération des rives.Mais le travail de benevole l’a épuisé.« Le reseau hydrique des Laurentides est magnifique, mais le développement est en train de tuer la poule aux œufs d'or.Les petits chalets qu'on trouvait encore récemment y sont démolis et remplacés par des maisons gigantesques avec tapis gazon et plage de sable.Les villégiateurs ne veulent rien savoir de la protection de l'environnement.» À Bark Lake, c'est tout le contraire.On s'est battu pour repousser les spéculateurs qui ont vu là une manne inespérée dans la foulée du développement du mont Tremblant.On a aussi résisté aux projets répétés de construction d'une route périphérique.Voilà comment 130 ans d'occupation humaine a préservé un système lacustre.DÉSESPOIR UN LAC EMPOISONNÉ.PAR DES POISSONS L'eau du lac Heney est devenue mortelle.Survol d'un désastre.Dans le lac Heney, près de Gracefield en Haute-Gatineau, on pouvait encore pêcher le touladi il y a 10 ans.Aujourd'hui, plus personne ne s'aventure sur le lac : il est infesté de cyanobactéries.En cas d'ingestion, les toxines peuvent causer des nausées, des vomissements, des diarrhées, des crampes, des maux de tête, de la fièvre, des irritations ou pis encore, un empoisonnement fatal.Les propriétés autour de ce lac ont perdu plus de 10 % de leur valeur.En 2000, les riverains ont entrepris une poursuite en recours collectif de 20 millions de dollars contre le gouvernement r .du Québec et l'entreprise piscicole Gestion Serge $$$¦ ' Lafrenière, inc.En 1996, le pisciculteur obtient du ministère de l'Environnement du Québec l'autorisation de créer une £ r 0 entreprise en amont du lac Heney.Il obtient aussi une subvention de démarrage de 700 000 dollars.En moins de BlH trois ans, la situation se dégrade, à tel point que le Ministère revient sur sa décision.En 1999, l'entreprise reçoit l'ordre de plier bagage.Mais l’entrepreneur obtient une compensation pour rupture de contrat : le ministère de l'Environnement fait un chèque de 2 millions de dollars.On ______a payé pour ouvrir; on paie pour fermer.Selon un document dont Québec Science a obtenu copie, les fonctionnaires savaient dès 1979 que le lac Heney était pauvre en oxygène, ce qui le rendait extrêmement fragile.Un relevé fait cette année-là révèle que le seuil des 5 mg/l est atteint à 15 m de profondeur.Sous cette limite, les salmonidés ne peuvent survivre.Par comparaison, au lac Minerve dans les Laurentides, qui est bien oxygéné, le taux est de 8 mg/l à 35 mètres.Les spécialistes savent que deux lacs presque voisins peuvent être très différents en terme d'oxygénation.Mais il y a consensus sur un point ; le gouvernement n'aurait jamais dû autoriser l'ouverture d'une pisciculture près d’un lac aussi fragile.Le lac Heney redeviendra-t-il un lac sain ?Les plus pessimistes en doutent, car trois ans après la fermeture de l'entreprise piscicole, on aurait déjà dû constater une amélioration.Dans la même région, le lac Forgeron a connu une histoire similaire mais un dénouement plus heureux.Les éléments nutritifs dans l'eau dépassaient des centaines de fois la limite permise.Pourtant, lorsque la polluante pisciculture a été fermée, les eaux ont rapidement retrouvé une qualité respectable.(M.-R.S.) Québec Science - Juillet/août 2002 19 Le réservoir du lac Taureau au nord de Montréal.Un site lacustre très prisé des pêcheurs.ne sont pas prêts à s’occuper du lac qu’ils chérissent, qui le fera ?» Pour protéger les lacs, ce ne sont pas les règlements qui manquent.Au Québec, au moins 16 lois provinciales et 11 lois fédérales régissent la qualité de l’eau; sans compter les règlements municipaux.« Un vrai caphar-naüm, que la Commission Beauchamp (sur la gestion de l’eau au Québec) a d’ailleurs souligné dans son rapport.Pas un inspecteur au monde ne peut se retrouver là-dedans », dit l’écologiste Jean-Claude Thibault, de Sherbrooke.Ancien fonctionnaire au ministère de l’Environnement, Tony Le Sauteur a passé 40 ans de sa vie à ren-iContrer des riverains afin de leur expliquer que les berges devaient être remises à l’état sauvage afin de diminuer la pollution au phosphore.Dans les années 1980, il a lancé le Pro- gramme de régénération des rives : jusqu’à 600 associations de lacs, comprenant 110 000 riverains, procédaient à des opérations de régénération.Les bénévoles visitaient les propriétés apportant des plants d’aunes, de cornouillers, de spirées, de myriques et de sorbiers -des espèces indigènes cultivées en pépinière.On venait d’Ontario et des États-Unis pour mieux étudier l’organisation.Pour lui, les documentaires-chocs comme J’ai pour toi un lac disent de façon différente ce qu’on sait depuis longtemps : le développement durable est freiné par la collusion entre l’industrie et les autorités gouvernementales.« Depuis 10 ans, les choses ont beaucoup changé.Elles ont empiré », dit Tony Le Sauteur qui est à l’écologie ce que Michel Char-trand est au syndicalisme.« Depuis 10 ans, les choses ont beaucoup changé.En fait, elles ont empiré.» Sur la pollution d’origine agricole, qui affecte presque tous les cours d’eau au sud du Saint-Laurent, l’espoir de voir la situation s’améliorer est assez mince.Au sein du Conseil des ministres, celui de l’Environnement, rappelle-t-il, est le seul à préconiser l’anti-développement.« Jamais le gouvernement n’interviendra sérieusement auprès de l’UPA, l’Union des pollueurs agricoles », clame-t-il.Le ministre de l’Environnement d’alors, Pierre Paradis, a mis fin au programme de régénération des rives au début des années 1990.Aujourd’hui, dans les locaux abandonnés de la Lédération des associations pour la protection des lacs (LAPEL), Tony Le Sauteur continue de dresser les bilans réglementaires des groupes de riverains qui lui demandent une expertise.Cet ex-fonctionnaire est un adepte du gros bon sens : pas de termes comme eutrophisation ou taux de carbone dissous.Les plans d’eau sont présentés, sur son site Web, comme des lacs pépères ou des lacs fringants.« Il y en a en bonne santé au Québec.Mais lorsqu’on en découvre un, le lac Minerve par exemple, on n’ose pas le dire trop 20 Québec Science ~ Juillet/août 2002 fort, de peur que les gens y fassent n’importe quoi.» Quand Richard Carignan parle des lacs, lui aussi s’emballe : « La gestion des ressources aquatiques n’est pas beaucoup plus développée au Québec que dans certains pays du tiers-monde.C’est pire ici qu’en Ontario ou qu’aux Etats-Unis.Nos règlements sont soit inexistants, soit mal adaptés, soit mal appliqués.» Le pire saccage, estime le chercheur, est dans la vallée du Saint-Laurent et en Montérégie.On a laissé s’y développer l’industrie agricole sans se soucier des impacts sur les plans d’eau.Difficile de faire marche arrière aujourd’hui.A son avis, les règlements sur la foresterie sont mieux adaptés.Les ruisseaux, par exemple, on peut les drainer, les détourner, les modifier à volonté, ce que l’on ne peut pas faire en forêt.Aucune débusqueuse ne peut y franchir un ruisseau sans avoir respecté un certain nombre d’exigences.« Si on appliquait en milieu agricole les règles exigées en foresterie, dit-il, il n’y aurait plus d’agriculture au Québec.» Comme tous les ruisseaux mènent à des lacs, c’est tout le système hydrique qu’il faut prendre en considération.Les lacs constituent en quelque sorte un gigantesque déversoir naturel du bassin versant.Pour Guy Baillargeon, président de l’Association des propriétaires du lac Connelly, l’invasion de la myrio-phylle a eu au moins un effet positif.« Ça nous a réveillés, dit-il.Nous tenons à la qualité de nos lacs et nous savons que les chercheurs ont les yeux braqués sur nous.Moi-même, je faisais traiter mon gazon chaque année.Là, c’est terminé.» Souhaitons qu’il ne soit pas trop tard.05 La Minerve : un lac qui vieillit bien D'une superficie de 340 hectares, le lac La Minerve, 20 km au sud de Lac-Nomininque dans les Laurentides, est d'une qualité exceptionnelle.Le pH y est de 7,3, un taux bien supérieur au seuil critique pour les salmonidés fixé à 5,5.Les bandes riveraines y sont bien conservées (plus de 75 % des rives sont à l'état naturel), ce qui réduit l'apport en nutriments et garde l'eau à l'abri du réchauffement solaire.Le taux d'oxygène est de 8,0 mg/l jusqu'à une grande profondeur.Pour les baigneurs, le lac est glacial, mais pour la truite mouchetée, la truite arc-en-ciel et le touladi, c'est le grand confort.Le plus encourageant, c'est que ce lac a gardé ce profil entre 1971 et 1992, soit entre une analyse du ministère de l'Environnement et une étude du service d'inventaire de la FAPEL, 21 ans plus tard.Un ministre qui a soif Quand il était adolescent, le ministre délégué à l’Environnement et à l’Eau, André Bois-clair, a fait du bénévolat pour la FAPEL au chalet familial.Adepte de vélo de montagne et de planche à neige, il se dit très sensible à l’urgence d’agir pour sauver nos lacs.Québec Science lui a posé quelques questions.Québec Science : A quand une politique sur les bassins versants?André Boisclair : Elle se met en place actuellement.Nous avons financé 20 groupes engagés dans la gestion par bassin versant partout au Québec et nous n’avons pas l’intention d’en rester là.Évidemment, ces structures ne peuvent pas se substituer aux élus, mais elles apportent une vision précieuse de la gestion des écosystèmes.Apprendre à gérer l’eau dans son ensemble est une nécessité.De plus, nous allons créer un Institut national sur l’eau qui rassemblera une masse critique de chercheurs spécialisés dans le domaine.Sans parler de la Politique nationale sur la gestion de l’eau, que nous allons rendre publique prochainement.QS Que faites-vous pour réduire la pollution d'origine agricole ?AB Le Québec prend les moyens pour en réduire les effets.Le ministère de l’Environnement a vu son budget augmenter de 10 % récemment, ce qui démontre la volonté du gouvernement de préserver l’eau du Québec, source de vie, de fierté et de santé.L’an dernier, nous avons imposé un moratoire sur la production agricole, à laquelle 165 municipalités considérées à risque ont été soumises.Je reconnais que les défis sont de taille, et trois secteurs ont été jugés prioritaires : le bassin de la rivière L’Assomption, la région Chaudière-Appalaches et la Montérégie.Il faut agir sur la pollution diffuse.Nous favorisons la conversion à l’état solide du lisier de porc, actuellement déversé sous forme liquide, ce qui augmente le ruissellement vers les cours d’eau et les nappes phréatiques.Le traitement des déjections animales permettra la destruction de bactéries et donnera des produits à faible teneur en eau pouvant être utilisés ailleurs que sur des terres agricoles.QS Les lois sont-elles adéquates ?AB Les Québécois ont une grande confiance dans la qualité de leurs eaux.Mais ils doivent entamer un débat public, et se demander s’il faut aller plus loin sur le plan législatif.QS Pourquoi aucune rivière patrimoniale du Québec n'est-elle protégée intégralement et pourquoi seulement 2 % du territoire est-il désigné aire protégée ?AB Nous avons annoncé en 2001 la création de la Réserve écologique de la Grande-Rivière en Gaspésie, et en 1999 de la Réserve écologique de la Rivière-Rouge dans la MRC d’Ar-genteuil.Mais il est vrai que le Québec est en déficit de parcs et de réserves naturelles.Nous avons l’intention de faire passer rapidement cette superficie à 8 % du territoire.QS Quelle a été votre réaction après avoir vu des documentaires très durs envers votre Ministère, comme Bacon, le film, La loi de l'eau, J'ai pour toi un lac ?AB Ce sont des pamphlets qui ont le mérite de susciter le débat.Je crois que ces critiques sont nécessaires, même si je déplore qu’on ne présente que le côté noir des choses.Moi, je ne suis pas dans le business des états d’âme.Je suis dans le business des solutions.Québec Science - Juillet/août 2002 21 La rivière Bonaventure en Gaspésie.(Une destination de choix pour les canoteurs.mw.SOS i environnement Rivieres Les Amérindiens les appelaient « les chemins qui marchent ».Pendant des siècles, les rivières ont ouvert la voie de l’exploration, transporté les billes de bois, les marchandises et les colons.Si ceux-ci ont fondé Chicoutimi là où elle est, c’est à cause des eaux du Saguenay; Joliette doit la vie à la rivière L’Assomption; Sherbrooke, à la Saint-François; Hull, à l’Outaouais.Aujourd’hui, on ne navigue plus.Mais les rivières alimentent les turbines du troisième producteur d’hydroélectricité du monde.Elles fournissent 97 % des ressources énergé- tiques d’Hydro-Québec ! Pourtant, nos rivières sont mal connues, mal exploitées, mal protégées.Certaines, principalement dans la plaine du Saint-Laurent, sont des drains de polluants agricoles à ciel ouvert.D’autres, comme la Piché et la Bourlamaque, en Abitibi, ont reçu tant de résidus miniers ferreux qu’elles ont pris la couleur de la rouille.Plusieurs rivières partagent le sort de nombreux lacs : apport excessif en phosphore, pluies acides et érosion des berges.Mais les rivières ont leurs propres accablements : la pollution industrielle, notamment, n’a pas été neutralisée partout.Les eaux usées d’un grand nombre d’habitations sont encore directement rejetées à même le courant.D faut dire qu’avec les rivières, on ne récolte pas ce que l’on sème.Cela se passe en aval.Polluez à Sherbrooke, c’est Drummondville qui paie la note.Déversez les égouts dans la rivière L’Assomption, c’est Repentigny qui écope.La Commission de toponymie du Québec a recensé 4 500 rivières sur le territoire.On peut les diviser en trois groupes : celles qui alimentent le bassin Laurentien (l’ensemble Saint-Lau- ‘Ac 'Ci Ne., N 22 Québec Science - Juillet/août 2002 A i ¦ r- ' ’ Jt l Ashuapmushuan, Moisie, Bonaventure, Harricana, Jacques-Cartier.des joyaux de rivières que rien ne protège.cf .par Mathieu-Robert Sauvé troubles ¦ tC VJ rent-Grands Lacs), celles qui se jettent au nord et celles qui aboutissent dans les océans.Dans plusieurs cours d’eau du premier groupe, les salmonidés indigènes ont largement disparu.Espèce emblématique des rivières et ruisseaux, la truite mouchetée, ou omble de fontaine, se retranche dans le Bouclier canadien où les eaux sont moins polluées et plus fraîches.Mais elle n’est plus seule.« Les rivières sont devenues de nouvelles routes de migration pour des espèces comme le meunier noir ou le méné à ventre rouge, qui partagent le même garde-manger que la truite.Ré- sultat : 60 % des lacs du Bouclier canadien doivent composer avec ces envahisseurs », dit Pierre Magnan, directeur du Groupe de recherche sur les écosystèmes aquatiques à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).Dans certains de ces lacs, les populations de truite mouchetée ont été réduites de 70 %.L’espèce n’est pas en voie d’extinction, assure Pierre Magnan, mais elle doit déployer plus d’énergie pour se faire une place.Son collègue Marco Rodriguez a beaucoup étudié l’omble de fontaine en rivière.« Nous avons observé des pertes très importantes de la variabilité génétique dans les petits cours d’eau, dit-il.La coupe forestière semble être responsable en partie de cette situation.Lorsque les bandes riveraines disparaissent, l’eau se réchauffe et les apports nutritifs augmentent.» Une des recherches de Marco Rodriguez consiste à calculer l’effet d’une coupe à 20 %, à 40 %, à 60 % et à 80 % du bassin versant pour identifier le point de rupture sur l’écologie sous-marine.Bien sûr, on trouve encore dans le Nord de magnifiques rivières sauvages qui rendent fous les canoteurs.Mais il est inconcevable qu’aucune d’entre elles ne jouisse intégralement du statut d’aire protégée.Ni l’Ashuapmushuan, ni la Moisie, ni la Bonaventure, ni la George ne sont à l’abri de l’exploitation forestière ou minière, ou de toute autre activité qui pourrait menacer leur intégrité.Dans son livre L’énergie du nord, l’ancien premier ministre du Québec, Robert Bourassa, père des grands travaux de la baie James, disait que les rivières coulent « en pure perte » tant qu’on ne leur met pas quelques turbines ! Les politiques d’assainissement des eaux ont certainement eu des effets positifs : des espèces comme le saumon de l’Atlantique ou la ouananiche sont réintroduites dans des cours d’eau comme la Jacques-Cartier ou la Métabetchouane, où on ne les voyait plus.Des industries comme Tioxide ont fermé leurs portes, faute de respecter les normes environnementales, et d’autres, comme les compagnies papetières, se sont adaptées.Une fois par semaine, les effluents de ces entreprises subissent des « tests biologiques » : des poissons doivent survivre 48 heures dans leurs eaux.Mais l’activité humaine, qui atteint les rivières, n’est toujours pas suffisamment réglementée.Les terres agricoles sont très largement canalisées d’une façon quasi moyenâgeuse, ce qui a pour conséquence le rejet massif de polluants dans les cours d’eau qui se déversent à leur tour dans le fleuve Saint-Laurent.« Des success stories dans la réhabilita- Québec Science - Juillet/août 2002 23 environnement tion d’une rivière, il n’y en a pas, dit Jacques Dupont, biologiste responsable des rivières au ministère de l’Environnement.On observe ici et là des améliorations, mais une rivière où on peut dire que tout va très bien, ça n’existe pas.» Jacques Dupont a créé un site qui permet de juger en un coup d’œil l’état de la situation du Québec méridional.La qualité des eaux entre la source et l’effluent est symbolisée par des points de couleur : rouge, orange, jaune, vert et bleu.La plupart des tributaires du fleuve ont une eau de bonne qualité à leur source.Ça se gâte à mesure qu’ils coulent sur les terres agricoles, puis à travers les hameaux et les villes.Au ministère de l’Environnement, on juge de la qualité des rivières par l’indice de la qualité bactériologique et physico-chimique de l’eau (IQBP).Cette méthode tient compte du taux de phosphore, des coliformes fécaux, de la turbidité, des matières en suspension, de l’azote ammoniacal, des nitrites-nitrates, de la chlorophylle, du pH (taux d’acidité) et du pourcentage de saturation en oxygène.On prend des mesures de l’eau en amont et en aval du cours d’eau.Dix rivières, dont la Gatineau, la Moisie et plusieurs en Gaspésie, conservent du début à la fin une cote A.Les rivières qui présentent les pires différences : Ya- maska, du Loup, Saint-Charles.Elles passent de la cote A à la source (eau de bonne qualité) à la cote E (eau de très mauvaise qualité) à l’exutoire.D’autres, comme L’Assomption, la Maskinongé, la rivière du Nord et le Richelieu, présentent aussi un très mauvais profil.On arrivera peut-être à améliorer ce bilan de santé des rivières avec une nouvelle méthode de travail : la gestion par bassin versant.Regroupement pour la protection de l’Ashuapmushuan, Comité d’hygiène et d’aménagement des rivières Magog et Saint-François (CHARM), Corporation de la rivière Jacques-Cartier, Conseil de gestion du bassin versant de la Yamaska, Association de la rivière La rivière Moisie : JOYAU SUR LA CÔTE-No RD « Ton avion, laisse-le voler », me dit le pilote de brousse en m'observant manipuler les commandes de l'appareil.En dessous, la vallée de la rivière Moisie se déroule comme un tapis de verdure luxuriant.Dans une heure, nous nous poserons en douceur au lac Ménistouc, point de départ de l'un des plus beaux circuits de canot du Québec.Ici, ça swing pendant deux semaines : 85 rapides « sportifs » et 18 « infranchissables » à portager dans la mousse et le lichen.Selon la Fédération québécoise du canot et du kayak, le parcours de 410 km a une cote environnementale A, et cinq étoiles pour son paysage exceptionnel.La Moisie est considérée comme l'une des rivières québécoises à l'état naturel les mieux conservées.Les analyses du ministère de l'Environnement démontrent que le taux de phosphore et d'azote, de même que la turbidité et la conductivité de l'eau, n'ont subi aucune dégradation en 20 ans.Même si la région n'est pas épargnée par la pollution atmosphérique, la Moisie possède une eau d'une qualité remarquable.Avec son bassin de 19 292 km2, cette rivière puissante au débit moyen de 400 m3 n'est entravée par aucun ouvrage hydroélectrique.Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a rejeté l'idée de détourner deux de ses tributaires, les rivières Carheil et aux Pékans, au profit du bassin de la Sainte-Marguerite qui, à l'ouest, alimente trois centrales.Au moins 12 espèces de poisson ont été recensées dans le bassin hydrographique de la Moisie, dont le touladi, l'omble de fontaine, l'omble chevalier, le gaspereau, la lamproie marine, l'épinoche et l'anguille.Mais la Moisie est surtout le royaume du saumon de l'Atlantique.Selon Saumon Québec, elle a une réputation mondiale pour la qualité de sa pêche La riviere Moisie cinq étoiles pour le paysage.C’est aussi le royaume du saumon atlantique.sportive.Quelque 6 500 jours de pêche y sont pratiqués annuellement.Le nombre de captures varie de 1 000 à 1 500, et les retombées économiques avoisinent les 2 millions de dollars.Les spécimens de plus de 14 kg ne sont pas rares.Bien avant que Ivers Adams ne rapporte les premiers saumons en 1858, les Montagnais connaissaient la Moisie sous le nom de Mastashibou, « la grande rivière ».La réserve de Uashat-Maliotenam, près de son embouchure à 26 km à l'est de Sept-îles, y pratique la pêche de subsistance encore de nos jours.Le lit de la rivière appartient aux terres publiques, sauf pour une partie en amont où se trouve un camp de pêche privé.Daniel Girard, président de l’Association de protection de la rivière Moisie, déplore que le gouvernement du Québec ne l'ait pas encore citée comme une rivière patrimoniale.Pourquoi ne pas en faire une « aire protégée » au sens strict, ce qui la mettrait définitivement à l'abri de tout développement industriel, minier ou hydroélectrique ?« Le problème, c'est que la classification internationale ne correspond pas aux besoins du développement récréotouristique, ex-plique-t-il.Si on en faisait un parc de conservation, seule la pêche y serait autorisée.La chasse y serait interdite, alors qu'aucune espèce du territoire n’est en danger.Nous préférerions un statut qui permettrait la chasse.» 24 Québec Science ~ Juillet/août 2002 uo, « La rivière Richelieu au sud de Montréal : en mauvaise santé.Sainte-Marguerite, plusieurs organismes se sont regroupés au sein du Réseau des rivières, qui se réunit une fois par an.Mis sur pied à la suite d’initiatives souvent locales, ces organismes ont diverses façons de procéder.Certains sont portés à encourager la villégiature ou l’aménagement de sites; d’autres favorisent le partenariat et le dialogue; un petit nombre est farouchement écologiste.Mais tous ont progressivement compris l’importance de travailler en tenant compte de tous les affluents d’un bassin, et de tous les intervenants qui influencent la qualité de ses eaux.Un exemple : en mars 1999, la mairesse de Saint- * U-',„ Casimir près de Québec, Louise Dou-ville, signait un « contrat rivière » par lequel la municipalité s’engage à assurer « la protection de l’écosystème de la rivière Sainte-Anne et la survie des espèces qui le composent ».Pour les représentants municipaux, cela veut dire qu’ils vont faire la promotion du reboisement des berges, la sensibilisation des riverains à la politique de protection des rives, du littoral et des ET DÉSESPOIR ROUILLE La Bourlamaqu l'Abitibi qui Tributaire de la célèbre Harricana, la Bourlamaque est une rivière sale ! Les résidus de deux mines abandonnées, East Sullivan et Manitou, y déversent par ruissellement des particules de métaux qui s'oxydent au contact de l'eau.Résultat : une eau couleur de brique; et à certains endroits bleu clair, ce qui témoigne de sa forte acidité.« On ne peut pas parler d'une rivière morte, car on y trouve encore des organismes comme le chironomide, un insecte réputé pour sa résistance à l'acidité.Mais en amont de la rivière, l’eau est très polluée et les poissons sont rares », dit Edith Van Der Walle, coordonnatrice du secteur industriel au bureau de Rouyn-Noranda du ministère québécois de l'Environnement.Abandonnée depuis plus de 30 ans, la mine East Sullivan renferme 15 millions de tonnes de résidus sulfureux.Selon les méthodes conventionnelles, il en coûterait plus de 20 millions de dollars pour restaurer ce site.« La contamination des rivières par les résidus miniers est un problème important parce qu'en faisant baisser le pH de l'eau, elle augmente la solubilité des métaux contenus dans le sol; le plomb, le cuivre et le zinc, notamment », signale Michel Julien, ingénieur chez Colder et associés, une firme privée spécialisée en environnement.Il existe des solutions, mais elles sont coûteuses.De 1987 à 2000, quelque 8,1 millions de dollars ont été affectés à la décontamination du site East Sullivan, principalement pour réaliser études et essais.De plus.¦* a^t- Une vue aérienne de la mine alors qu'elle était en exploitation en 1966.une digue étanche a été construite sur six kilomètres.On a aussi tenté de recouvrir les résidus de façon à tamponner l'effet du drainage minier.Mais ces solutions ont montré leurs limites : le site continue d'affecter la qualité de l'eau de la rivière.Le site Manitou est un autre triste exemple du manque de vigilance environnementale historigue des autorités.De l'avis d’Edith Van Der Walle, ce site est encore plus polluant que le précédent.Avec le temps, plusieurs digues datant des années 1950 ont cédé, ce qui a occasionné une contamination directe des effluents.Exploitée par plusieurs compagnies (la plus récente, Norbec-Manitou, a fait faillite en décembre 2001), la mine est aujourd'hui sous la responsabilité du ministère des Ressources naturelles.C'est ce qu'on appelle un site orphelin, car la compagnie mère a plié bagage et laissé son héritage empoisonné à l'État.Selon le Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue, les sites inactifs sont les principaux responsables de l’acidification et de la pollution en métaux lourds de plusieurs lacs et cours d'eau de la MRC, causant des « torts quasi irréparables » à son réseau hydrographique.Depuis 1996, la loi exige que toute entreprise minière dépose un plan de décontamination et une garantie financière avant d’exploiter des gisements.Mais la question des sites orphelins reste entière.Au Québec, 13 000 hectares sont recouverts par des rejets miniers.Il en coûterait entre 100 000 et 300 000 dollars par hectare pour en faire le traitement, soit au total entre 1,3 et 3,9 milliards de dollars.Par comparaison, le gouvernement du Québec injectera 1,4 milliard de dollars, en 2002-2003, dans l'entretien du système routier.Faisant référence à la création d'une chaire en environnement et gestion des rejets miniers (chaire conjointe École polytechnique et Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Édith Van Der Walle ne baisse pas les bras.« Nous avons de meilleurs outils qu'autrefois pour limiter le problème à la source.Il n’y manque que la volonté politique.» Québec Science - Juillet/août 2002 25 environnement plaines inondables (prévue dans la Loi sur la qualité de l’environnement), le développement des espaces publics où la rivière sera mise en valeur, etc.Quelque 7 500 personnes ont signé de tels contrats avec la Corporation d’aménagement et de protection de la rivière Sainte-Anne (CAPSA).« Ces contrats n’ont pas de valeur légale, mais jouent un rôle très utile sur le plan de la sensibilisation.Quand une personne accepte de signer un tel document, c’est qu’elle prend ça au sérieux », explique le biologiste Eric Vali-quette, directeur général de la CAPSA, à Saint-Raymond dans la MRC de Portneuf.L’idée vient de France où ces contrats de rivière ont force de loi.La CAPSA l’a adaptée à sa réalité locale en proposant divers types de contrats à tous ceux qui transigent avec le cours d’eau, depuis les élus municipaux jusqu’aux gens d’affaires, en passant par les agriculteurs et les adeptes du canot-camping.La durée de ces contrats varie de un jour à trois ans.Pour la CAPSA, cela signifie des milliers de personnes qui ont pris connaissance de leurs responsabilités envers le cours d’eau.Dans le Nord, la plus grande source d’inquiétude des amoureux des rivières est Hydro-Québec.S’il n’en tenait qu’aux ingénieurs de la société d’État, peut-on presque dire, pas une chute ne serait épargnée dans la course aux mégawatts ! Pendant le XXe siècle, les 51 centrales hydroélectriques ont nécessité la construction de 561 barrages et ouvrages régulateurs.Sans compter le nombre indéterminé de digues construites au temps de la drave et qui vieillissent lentement aux quatre coins de la province.Quand Ali Assani, originaire du Congo, est arrivé au Québec en 1997, il a constaté que très peu d’études portaient sur l’impact en aval de ces barrages.Or, c’était justement sa spécialité.Devenu depuis professeur de géographie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, il a mené une étude postdoctorale concernant les 50 barrages construits sur les tributaires du Saint-Laurent, pour lesquels il a parcouru les données annuelles de débit depuis le début du XXe siècle.Ali Assani a noté que les barrages inversent les cycles naturels.On enregistre les débits d’eau maximums en hiver et les débits minimums au printemps.En période de -fortes précipitations, on retient l’eau, et 26 Québec Science - Juillet/août 2002 Dis-moi qui est la plus belle La plus belle rivière ?C’est sujet à débat pour les canoteurs du Québec.Normand Bouillon, infographiste: la Mistassibi nord-est.Pour la beauté des paysages, la maturité de la forêt, les magnifiques sites de camping.« Un rapide classé 2 (relativement facile) de 100 km.» Mais les coupes de bois l'inquiètent.lièrement en amont de la chute.» À voir avant la construction du barrage annoncé.Patrick Parent, informaticien: la Montmorency.« Un véritable bijou pour tous les Sébastien Monger, agent d'administration : La Métabetchouane section du Charles B.Ostiguy, représentant technigue : La Mistassibi nord-est.Suivie de près par la Jacques-Cartier, « pour l'ensemble de son œuvre ».Marie-Geneviève Lebrun, ingénieure : La Malbaie.« En descendant, on est ravi de ce qu’on voit, mais quand on se retourne, on est d'autant plus émerveillé devant le spectacle des Hautes-Gorges.» Étienne Denis, consultant en communication : La Sainte-Anne.« Magnifique, particu- niveaux.Neuf très belles sections.» Elle a accueilli les championnats canadiens de slalom.Malheureusement, les propriétaires des rives rendent la mise à l'eau problématique.Christian Rouleau, consultant en ressources humaines : La Bonaventure.« La magie pure de la nature à son état sauvage.Une rivière qui me permet de dire : " J'ai vu la Bonaventure, maintenant je peux mourir." Patrick Lemire, biologiste : La Bonaventure, la Lièvre et la Dumoine.On n'en saura pas plus.trou de la fée.« Une des plus belles sections du Québec, pour la beauté et le défi.» En deuxième place : les autres.« Elles sont toutes belles.» Derek Folmer, ingénieur: La Kipawa.« Dommage qu'elle soit harnachée.» Éric Racine, opérateur: La Jacques-Cartier et la Gatineau.« Certaines sections comptent parmi les plus beaux sites naturels qu'il m'a été donné de voir.» Nathalie Gravel, professeure de criminologie : « La plus belle, c'est celle qu'on descend avec les gens qu'on aime.» Mais puisqu'il faut en nommer une : la Sainte-Anne-du-Nord, « féerie de l'eau vive ». - MC.«i: I ntestin à ciel ouvert », « rivière Ide cochons », « égout régional ».Francine Trépanier a entendu tous les gualificatifs concernant cette rivière.Urbaniste originaire de Québec, elle est venue vivre à Joliette, il y a 14 ans, pour diriger la Corporation de l'aménagement de la rivière L'Assomption (CARA).« Beaucoup d'effort et d'argent ont été mis dans l’assainissement des eaux, dit-elle.De plus en plus, les gens sont fiers de leur rivière.J'y fais du canot et j'y patine l'hiver.Non mais, regardez-la ! » C'est vrai gue le tumultueux rapide a de guoi faire envie aux amateurs d'eau vive.Mais il faudrait être fou pour se lancer dans cette rivière en crue.Pas à cause de la "M - r force du débit, mais parce gue L'As- bien placé pour en parler est l'es-somption figure parmi les rivières les turgeon jaune.Ce poisson d'eau plus polluées du Québec.Qui douce est capable de survivre à de voudrait dessaler ici ?Un témoin hauts degrés de pollution, mais pas en période sèche, on la relâche.C’est exactement l’inverse de ce qui se passe dans la nature.« Cela a pour conséquence de réduire les débits annuels.Lorsqu’on observe leur variation sur une longue période, on constate que les crues sont moindres, de même que les étiages.» Ali Assani n’a regardé que les impacts hydrologiques de ces variations artificielles.Il s’apprête à former un groupe multidisciplinaire qui se penchera sur leurs effets biologiques.Car l’assèchement causé par ces modifications accélère sûrement l’érosion des rives du cours d’eau principal et des tributaires, ce qui cause un ensablement du lit.« Mon but est de proposer un modèle de gestion efficace qui puisse tenir compte de la préservation de l’environnement », dit-il.Mais il ajoute que les barrages inutiles devraient être détruits.La destruction d’ouvrages n’est pas saugrenue.Aux États-Unis, les envi-ronnementalistes ont obtenu le dynamitage de 24 barrages désuets dans la seule année 1999.La rivière Kennebec, dans le Maine, a été la première à retrouver son débit naturel.après 162 ans.En Colombie-Britannique, le mouvement River Recovery (Restoring Rivers through Dam Decommissionning) estime que 10 % des 2 167 barrages recensés pourraient être démantelés sans affecter la production hydroélectrique.Au Québec, des centaines de barrages pourraient subir le même sort.si le mouvement écologiste était plus explosif dans ses revendications ! CS ses œufs plus fragiles.En 1999, le taux de survie de ses larves était à zéro.Miracle : depuis trois ans, un pourcentage significatif d'œufs survivent dans les eaux turbides de L’Assomption.« C'est bon signe.Mais nous avons encore beaucoup de travail à faire.Notamment sur les tributaires en milieu agricole », souligne Francine Trépanier.Il faut reconnaître, en revanche, gue L'Assomption a cessé d'être la honte de la région de Lanaudière.Un peu partout, on aperçoit des parcs et des pistes cyclables aménagés le long des rives.L’hiver, une piste de patinage de 4,5 km est ouverte - la plus longue piste en rivière au Québec qui attire jusqu'à 100 000 personnes par saison.La rivière Sainte-Marguerite : elle est aujourd'hui le site d'un aménagement hydroélectrigue.RM .4' .fe Mr r- EâfcjTfr v- ESO/NASA Astronomie + # par Vincent Sicotte * #' 1 Quelle est la taille de l'Univers ?Toujours plus grande ! Elle n’est limitée, semble-t-il, que par l’imagination des théoriciens ! Selon Alan Guth, père de la théorie de l’inflation, la taille de l’Univers pourrait dépasser 1037 années-lumière.Mais selon Andrei Linde, cet Univers ne serait en fait qu’une petite bulle insignifiante perdue dans la Grande Mousse.Comme nous n’avons pas accès à ces « au-delàs » vertigineux, il est plus pertinent de se demander quelle est la taille de l’univers observable.Cela semble simple.La lumière voyage à une vitesse qui n’est pas infinie, et l’Univers est âgé de 14 milliards d’années.On peut donc observer des objets distants de 14 milliards d’années-lumière ?Eh non ! Ce serait oublier que le bon sens n’est pas bienvenu au royaume de la cosmologie.La lumière d’un objet éloigné doit, pour nous parvenir, parcourir une distance qui croît constamment, à cause de l’expansion universelle.Pour éviter les maux de tête, mieux vaut laisser le concept de distance au vestiaire.Voyons un exemple concret.Le plus lointain objet connu à ce jour est une galaxie appelée HCM 6A, découverte en mars 2002 par une équipe internationale dirigée par Esther Hu, de l’université d’Hawaii.Plutôt que d’utiliser la distance, les astronomes mesurent son éloignement grâce au décalage vers le rouge : HCM 6A montre un redshift de 6,56.Cela veut dire que les photons captés en mars dernier ont été émis alors que l’Univers avait Portrait de famille : des nébuleuses et des étoiles de la constellation du Caméléon.La photo a été prise par le Very Large Telescope européen.La flèche indique la galaxie HCM 6A.le plus lointain objet connu à ce jour.Elle a été découverte en mars 2002.5 % de son âge actuel, soit 700 millions d’années.Cette galaxie a donc émis des photons qui ont voyagé pendant 13,3 milliards d’années avant de nous atteindre - mais cela ne veut pas dire qu’elle est distante de 13,3 milliards d’années-lumière ! Pour nous parvenir, sa lumière a dû « remonter le courant », c’est-à-dire traverser un espace en train de se dilater.On peut calculer que les photons captés ont été émis lorsque HCM 6A était en fait à 4 milliards d’années-lumière de nous.Mais, depuis leur émission, cette distance a crû : la galaxie en question est aujourd’hui à plus de 30 milliards d’années-lumière ! C’est la distance que l’on obtiendrait si on « gelait » l’expansion de l’Univers et qu’on déroulait un ruban à mesurer jusqu’à HCM 6A.< Évidemment, on ne peut pas arrêter l’expansion.Pendant < que vous lisiez ce texte, cette galaxie en a profité pour déguer-• J pir 30 millions de kilomètres plus loin. NASA/HUBBLE X 4 .f O t ‘ • * * La galaxie spirale NGC 4603.C'est notamment elle qui a été scrutée par le télescope Hubble afin de déterminer l'âge de l'Univers.2 Quel est l'âge de l'Univers ?Le mystère se dissipe Douze, 15, 20 ?L’Univers reste muet sur ses milliards d’années, comme une vieille dame sur le nombre de ses printemps.Cette question fondamentale a reçu à peu près autant de réponses différentes qu’il y a de méthodes d’évaluation.Tout récemment, en étudiant les plus vieilles étoiles de l’Univers avec le télescope Hubble, un chercheur canadien a estimé son âge à 14 milliards d’années.Harvey Richer, de l’université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, a réussi cet exploit en évaluant l’âge des naines blanches.(Une naine blanche est le cœur d’une étoile morte, un astre parmi les plus vieux de la Galaxie.) Ayant épuisé tout leur hydrogène, elles refroidissent lentement dans l’espace comme les braises d’un feu de camp.Leur taux de refroidissement étant très bien connu - notamment grâce aux travaux de chercheurs de l’Université de Montréal -, les astronomes peuvent estimer à quel moment ces étoiles moribondes ont vu le jour.« D’après nos observations, ces naines blanches sont âgées de 12,7 milliards d’années, explique Harvey Richer.Mais on sait, d’après plusieurs observations et des travaux théoriques, que les premières étoiles se sont formées environ un milliard d’années après le big bang.Ainsi, l’Univers serait âgé de 14 milliards d’années.» Le plus beau de l’histoire, c’est que cette valeur est la même que celle obtenue en mai 1999.Après presque une décennie de travail, l’équipe du Hubble Space Telescope Key Project terminait l’étude de quelque 800 étoiles particulières, appelées céphéides, réparties dans une vingtaine de galaxies.Ces céphéides sont les ampoules de 100 W du cosmos : leur luminosité est mesurée; on peut donc connaître leur distance.Ces calculs de distance permettent, après de savantes opérations mathématiques, de savoir la vitesse d’expansion de l’Univers et donc son âge.Résultat : 14 milliards d’années.Formidable accomplissement en soi, le HST Key Project avait ramené la marge d’erreur quant à l’âge de l’Univers à 10 %.Avant l’avènement du télescope Hubble, les estimés variaient de 10 à 20 milliards d’années.Mais pour déterminer l’âge de l’Univers, les scientifiques de ce projet avaient dû faire plusieurs suppositions, notamment sur la densité de matière visible et invisible, ce qui n’était pas le cas de la méthode utilisée par Harvey Richer.« L’accord entre ces deux méthodes très différentes laisse penser que le débat sur l’âge de l’Univers sera bientôt clos », croit ce dernier.3 De quoi est fait l'Univers ?À 90 % de MACHO ! On n’en sait à peu près rien ! Les étoiles sans nombre illuminant la nuit et les myriades de galaxies qui sillonnent l’espace sont en fait une minuscule partie de l’Univers, la pointe émergée d’un iceberg.On le sait depuis trois quarts de siècle : au moins 90 % de la matière de l’Univers échappe à l’observation directe.Et cette « matière noire » existe bel et bien : son influence gravitationnelle se fait sentir partout.C’est d’ailleurs par cette influence qu’elle a été découverte, au début des années 1930.L’astrophysicien suisse Fritz Zwicky a fait remarquer que les amas 30 Québec Science ~ Juillet/août 2002 de galaxies devaient contenir beaucoup plus de matière que celle qu’on voyait pour pouvoir « tenir ensemble » par la gravitation.Les milliers de galaxies de l’amas de Coma, par exemple, ne représentent que 1 % de sa masse totale ! Les galaxies individuelles possèdent elles aussi un « côté sombre ».L’étude de leur dynamique - leur façon de tourner sur elles-mêmes - montre qu’elles renferment 10 fois plus de matière noire que de matière visible.Cette matière noire serait répartie en un immense « halo » sphérique, comme un écrin de velours foncé pour les brillants bijoux du ciel.Selon une des hypothèses les plus populaires, cette matière mystérieuse serait constituée de MACHO (pour Massive Compact Halo Objects) : de grosses planètes ou des étoiles très peu massives.Or, ces MACHO, bien qu’ils soient presque invisibles, peuvent tout de même s’interposer entre nous et des astres plus lointains.C’est la piste qu’ont suivie deux groupes de recherche (BROS, en France; et MACHO, une collaboration anglo-saxonne).Depuis une décennie, ces astronomes ont scruté les étoiles des Nuages de Magellan, deux petites galaxies satellites de la nôtre, pour tenter de repérer une variation d’éclat.Après 10 années d’efforts, la récolte est maigre : une vingtaine de détections pour 30 millions d’étoiles sous surveillance ! « Nos recherches indiquent que les grosses planètes et les naines brunes (des étoiles trop légères pour briller) constituent un pourcentage insignifiant de la matière noire de notre galaxie », affirme Douglas Welch, membre du projet MACHO à l’université McMaster, à Hamilton en Ontario.Comme les MACHO ne font pas le poids, les astronomes vont se tourner vers les « super-MACHO » : des objets un peu plus massifs, comme les naines blanches (des cadavres d’étoiles).D’ailleurs, ces MACHO sont bien mal nommés, à leur voir la bouille.Le 6 décembre dernier, des chercheurs rapportaient, dans l’hebdomadaire Nature, avoir réussi à photographier pour la première fois un de ces MACHO.C’est grâce à l’artillerie lourde (télescope Hubble et Very Large Telescope européen), en plus des données du groupe MACHO, que cet exploit digne des meilleurs paparazzis a été réalisé.On s’en doutait, le MACHO est un gringalet : une étoile naine, 10 à 20 fois plus petite que notre Soleil, à 600 années-lumière de nous.Un tel tour de force permettra aux astronomes d’étudier la matière noire.Malgré ces avancées, on est loin de connaître la nature de cette matière mystérieuse.Et s’il ne s’agissait pas de matière ordinaire ?« Grâce à notre projet, nous savons maintenant que la Galaxie est composée à 60 % de matière “exotique” », affirme Douglas Welch.Photinos, neutrinos, gravitinos, axions, monopoles magnétiques.L’imagination des théoriciens est sans limites ! Les neuttinos, par exemple, sont bien réels et très nombreux dans l’Univers : environ 300 dans un dé à coudre.Et l’an dernier, des chercheurs du Sudbury Neutrino Observatory en Ontario ont découvert que le neutrino avait une masse très faible - trop, malheureusement, pour constituer la matière noire.Des particules plus lourdes, alors ?Parmi ces WIMP (pour Weakly Interacting Massive Particle), le neutralino suscite les plus grands espoirs.Depuis une quinzaine d’années, il est traqué à l’aide de détecteurs blindés souterrains.En février 2000, la détection d’un neutralino 50 fois plus massif que le proton a été confirmée.puis infirmée un mois plus tard par un autre groupe.La question sera peut-être tranchée cette année, alors que de nouveaux résultats sont attendus.Saurons-nous un jour de quoi est fait l’Univers ?« On ne sait pas ce qu’est la matière noire, dit Douglas Welch.Mais on sait un peu mieux ce qu’elle n’est pas ! » Minimaliste à souhait, il s'agit tout de même d'une première en astronomie : la ti photo d'un MACHO (Massive Compact Halo Object). Astronomie 4 Qu'est-ce qu'une planète ?Les « planétoiles » viennent tout brouiller.La nébuleuse d’Orion : certains des astres qui la composent ne sont curieusement ni des étoiles ni des planètes.Les astronomes croyaient le savoir.Jusqu’à ce qu’ils découvrent des planètes.qui ne sont pas vraiment des planètes - ni tout à fait des étoiles.Des centaines de ces « objets » sont aujourd’hui connus, dans les constellations d’Orion, de Persée et du Cygne.En avril 2001, deux astronomes anglais annonçaient avoir observé la signature caractéristique de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de plusieurs d’entre eux.Il s’agit donc bien de planètes froides, et non d’étoiles lointaines en arrière-plan.A peine plus gros que Jupiter, ces objets flottent librement dans l’espace, sans étoile mère en vue, comme des ados en cavale.Quel nom donner à ces délinquants ?Les deux Anglais ont télescopé les mots planet et star pour former le terme planetar.Avant la découverte de ces « planétoiles », tout le monde savait ce qu’était une planète : une sphère composée de roches ou de gaz, qui gravite autour d’une étoile.On savait aussi ce qu’était une étoile : une grosse boule de gaz qui brille en fusionnant de l’hydrogène.D’ailleurs, ces réactions thermonucléaires sont possibles à cause de la masse immense de l’étoile, qui comprime le gaz.Jupiter, par exemple, est bien une boule de gaz, mais elle est trop légère pour brûler de l’hydrogène.Il faudrait qu’elle soit 75 fois plus lourde pour le faire.Toutefois, entre la géante gazeuse et l’étoile, il y a le « format moyen » : la naine brune.Cette boule de gaz se forme comme une étoile (par l’effondrement d’un nuage de gaz).Mais, à cause de sa faible masse, elle ne réussit pas à fusionner l’hydrogène.C’est en quelque sorte une étoile ratée.Lorsqu’une boule gazeuse atteint 13 masses joviennes (13 fois la masse de Jupiter), elle entre dans la catégorie naine brune.Ainsi, l’ordre régnait au ciel comme dans la tête des astronomes.Treize masses joviennes et plus : c’est une naine brune; plus de 75, une étoile.Les autres sont des planètes, orbitant bien sagement autour d’un soleil.Or, les objets découverts dans la nébuleuse d’Orion, par exem- 32 Qu ébec Science - Juillet/août 2002 pie, pèsent entre 5 et 13 masses joviennes, soit davantage que les plus grosses planètes, mais moins que les naines brunes.Comment ces « superplanètes » se sont-elles formées ?Existent-elles en grand nombre dans l’Univers ?Les astronomes, ^omme des parents d’ados, ont plus de maux de tête que de réponses à leurs questions.5 Où est le centre de l'Univers ?Ici! • é l * L'étude des plus lointaines galaxies semMfe indiquer que nous sommes le centre de l'Univers.Une illusion d'optique ?Ici même, entre les pages de votre Québec Science ! La Belle Province serait-elle donc le centre de l’Univers ?En principe, oui.Mais le lecteur de Québec Science, dans la très lointaine galaxie NGC 5204, lit lui aussi dans son magazine favori qu’il est le centre de l’Univers.Que comprendre à tout cela ?Les galaxies semblent toutes nous fuir, comme si nous étions les pestiférés du cosmos.C’est Edwin Hubble qui, à la fin des années 1930, a noté pour la première fois ce mouvement d’ensemble en observant quelques dizaines de galaxies.Cette constatation est devenue un pilier observationnel de la théorie de l’expansion de l’Univers.Depuis trois quarts de siècle, les astronomes continuent de vérifier cette expansion grâce à des techniques toujours plus précises, en observant plusieurs dizaines de milliers de galaxies.En particulier, le Sloan Digital Sky Survey est de loin le plus ambitieux projet de cartographie du cosmos.Collaboration internationale d’une douzaine d’instituts scientifiques, ce projet vise à mesurer la vitesse de un million de galaxies.Le SDSS, qui est aujourd’hui à mi-chemin de son étude, amassera assez de données ppur remplir 20 millions de disquettes ! Toutefois, la fuite des galaxies n’est pas un mouvement réel.Elle résulte de l’expansion de l’espace lui-même.Il ne s’agit pas du mouvement d’un objet dans un milieu fixe, comme un nageur dans une piscine.C’est le milieu lui-même - l’espace - qui se dilate et éloigne les galaxies les unes des autres.Ainsi, peu importe où il est, tout observateur voit les galaxies s’éloigner de lui et croit, avec raison, être le centre de l’Univers.La cosmologie justifie donc le petit égocentrisme qui nous habite tous. ?La nébuleuse du Cône.Photographiée en avril dernier avec la nouvelle caméra du télescope Hubble, la nébuleuse du Cône est une gigantesque colonne de gaz et de poussières.La partie représentée mesure 2,5 années-lumière. Astronomie 6 Tomberons-nous un jour dans le trou de la Galaxie ?Un monstre s’y cache.Les indices s’accumulent : un énorme trou noir trône au cœur de la Voie lactée.Ce monstre catapulte les étoiles comme des billes et dévore tout ce qui tombe sous sa patte gravitationnelle.La banlieue galactique est-elle sûre ?Récemment, d’ailleurs, juste avant de disparaître, une malheureuse victime a émis son « chant du cygne ».Chandra, le télescope spatial sensible aux rayons X, était aux aguets.Il a capté un brusque éclat de lumière, 50 fois plus brillant que le Soleil, d’une durée de trois heures, en provenance de la région centrale de la Galaxie.C’est la première fois qu’une telle éruption de rayons X est observée pour « notre » trou noir; Un glouton niche au centre de la Galaxie.Signe d'un récent festin : la tache brillante au milieu de l'image.ce rayonnement est émis au moment où de la matière s’y engouffre en accélérant.C’est un peu comme si, avant de disparaître, cette matière nous envoyait une carte postale, disait l’auteur de l’étude Fredrick Baganoff, astronome au Massachusetts Institute of Technology.Une carte d’adieu, plutôt.Notre paisible Voie lactée abriterait un monstre qui la dévore de l’intérieur, un trou noir 2,6 millions de fois plus massif que le Soleil.Etonnant ?Il semble au contraire que ce phénomène soit la règle plutôt que l’exception, quand il s’agit 34 Québec Science - Juillet/août 2002 de galaxies avec un bulbe (la partie sphérique, au centre).Les 38 galaxies où l’on en a cherché ont toutes révélé un trou noir.Les astronomes ont même trouvé des corrélations dans ce domaine.Par exemple, la masse d’une galaxie est proportionnelle à celle de son trou noir.A plusieurs égards, le trou noir supermassif semble fait « sur mesure » pour sa galaxie hôte.Selon John Kormendy, astronome à l’université du Texas à Austin, ce ne serait pas une coïncidence : « Il y a plusieurs indices nous permettant d’affirmer que le trou noir et le bulbe d’une galaxie se forment en même temps et croissent ensemble.Ils seraient aussi importants l’un que l’autre dans la formation et l’évolution d’une galaxie », explique-t-il.Fort bien.Mais sommes-nous en sécurité ?« Il n’y a aucune chance que nous tombions dans ce trou noir.A 28 000 années-lumière de distance, sa force gravitationnelle sur nous est tout à fait négligeable », assure l’expert.On respire.7 Quel est le destin de l'Univers ?La mort par le froid ! Big Crunch ou Big Chill ?L’Univers va-t-il un jour ralentir son expansion, puis commencer à se contracter et éventuellement s’effondrer sur lui-même ?Ou, au contraire, l’expansion universelle se continuera-t-elle pour l’éternité, les étoiles s’éloignant à l’infini en mourant les unes après les autres ?Il semble que la nature ait choisi la mort par le froid.En 1998, deux équipes de chercheurs américains ont découvert indépendamment que l’expansion universelle, loin de ralentir, est en train de s’accélérer ! Cette révélation, qui a bouleversé la cosmologie, a été choisie « Découverte de l’année » par la revue Science, toutes disciplines confondues.Pour expliquer cette accélération, les scientifiques ont dû faire appel à une mystérieuse « énergie du vide », une sorte d’antigravité, dont la nature est encore tout à fait inconnue.Ni matière ni énergie, cette « quintessence », comme l’appellent certains chercheurs, constituerait 70 % de la masse de l’Univers.Encore controversés, ces résultats ont été obtenus grâce à l’observation de supernovæ lointaines (des explosions d’étoiles dégageant, pendant quelques jours, autant de lumière que toute une galaxie).Or, dans l’Univers, qui dit loin, dit tôt.Qui sait si ces astres ultrabrillants brûlaient dans le passé de la même façon qu’aujourd’hui ?C’est la critique formulée par de nombreux chercheurs.Pour répondre à cette question, un groupe d’astronomes américains et européens a proposé un projet de sonde spatiale.Encore sur les tables à dessin, SNAP (Supernova Acceleration Probe) emporterait en orbite un télescope dédié à l’étude des supernovæ lointaines.Sa grande caméra permettrait de découvrir 2 000 nouvelles supernovæ par année.Elles seraient utilisées comme des balises cosmiques pour reconstituer l’histoire de l’expansion universelle, et mieux prédire son avenir.« Grâce à SNAP, nous pourrons mesurer avec précision la (suite en page 37) 1 Pour en savoir plus : www.expo-sciences.sympatico.ca chaque année, plus de 8000 jeunes, originaires de toutes les régions du Québec, investissent en moyenne 300 heures de travail dans la création d'un projet d Expo-sciences.Enfants, adolescents, gars, filles, tous ont en commun les mêmes intérêts : se surpasser, apprendre et rendre public les résultats de leurs recherches.L'aventure débute avec la rentrée scolaire.Certains enseignants des écoles primaires et secondaires incluent la préparation d'un projet d'Expo-sciences dans leur programme et épaulent leurs élèves tout au long du processus.Pour d'autres jeunes, c'est la curiosité ou une participation antérieure qui stimule leur désir de recommencer à chaque année.« J'ai fait mon premier projet au primaire et depuis je suis « accroc », impossible de m'en passer » affirme Majorie Blanchette, 16 ans, du Saguenay-Lac-St-Jean.Cette année, Majorie a été choisie pour participer ^ ^ f.^ à l'Expo-sciences Bell, finale régionale de sa région où elle a réussi à se qualifier pour la ^ ^ fjla Super Expo-sciences Bell, finale québécoise.^ | ^ y \ ir MWELB Des partenaires indispensables Les jeunes participants se qualifient aux finales locales -qui ont lieu dans plusieurs écoles du Québec- pour ensuite se présenter aux Expo-sciences Bell, finales régionales et peut-être même à la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise.Les finales régionales et la finale québécoise sont orchestrées par le Réseau composé du Conseil de développement du loisir scientifique et des neuf conseils de loisir scientifique régionaux (Réseau CDLS-CLS).Depuis seize ans, Bell est le présentateur officiel de l'événement et des partenaires fidèles, tels le Ministère de la Culture et des Communications, le Ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Merck Frosst Canada Ltée et Hydro-Québec, se joignent à l'entreprise pour épauler cette initiative essentielle au développement de la relève scientifique.-^ jï aZfecjer J*!.k la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise, toutes les régions du Québec se réunissent.C'est une occasion unique qui permet aux participants d'aller au bout de leurs aptitudes et de s'en découvrir de nouvelles.Complicité et diversité « Jamais je ne m'éloignerai des sciences » affirme Roobhyna Duggada Ramaswamy de Montréal.« L'Expo-sciences nous apporte beaucoup de plaisir, le goût de découvrir les sciences aussi et en plus, elle nous permet de forger des amitiés et de vivre des aventures inoubliables.» Les finales régionales et la finale québécoise amènent les exposants à découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles avenues.Certains parleront de leur projet avec les médias, d'autres deviendront les artistes du spectacle d'ouverture et tous auront la chance de rencontrer des scientifiques avec qui ils échangeront sur les multiples aspects d'une carrière en sciences et sur l'avenir des nouvelles technologies.Les participants passeront quelques jours en compagnie d'autres jeunes provenant de villes et de régions différentes, mais qui sont habités par les mêmes goûts, les mêmes intérêts.Ensemble, en plus de parler de leur passion pour les sciences, ils prendront plaisir à être ce qu'ils sont : jeunes et désireux de découvrir la vie.L'Expo-sciences répond à un besoin fondamental pour la jeunesse : celui de faire et de vivre des expériences.hÀ * Eu 0.population est invitée à visiter les Expo-sciences régionales et la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise.Les exposants désirent partager le Irait de leurs travaux.La passion qui les anime et la simplicité avec laquelle ils exposent leurs résultats permettent aux visiteurs de comprendre des sujets complexes.Une multitude de possibilités L'Expo-sciences permet aux participants de choisir leur sujet d'étude et le type de projet (expérimentation, conception ou vulgarisation) qu'ils présenteront.Libre à eux de se surpasser et d'explorer des avenues inconnues.Ils peuvent même avoir recours au soutien d'une institution reconnue pour les épauler dans leur travail.Une chose est sûre, différentes options s'offrent à eux puisque les sciences et la technologie sont présentes dans toutes les sphères du quotidien et qu'il suffit de vouloir comprendre une situation pour y puiser un sujet de recherche.Lorsque ce dernier est choisi, le défi à relever prend forme : émettre une hypothèse, recueillir des informations, les comptabiliser, y déceler des résultats et les transmettre aux juges qui devront évaluer la démarche scientifique des participants, voilà à quoi ils s'astreignent.Beaucoup de travail, mais surtout énormément de valorisation personnelle.« L'Expo-sciences m'a aidé à vaincre ma timidité puisque parler de mon projet allège énormément ma gêne.C'est évident, j'ai choisi un sujet qui me passionne, alors j'ai envie d'en parler » soutient David Rancourt, médaillé d'or, classe senior, à la Super Expo-sciences Bell,finale québécoise 2002.Ce succès lui a permis de représenter le Québec à l'Expo-sciences pancanadienne qui se déroulait en mai dernier à Saskatoon en Saskatchewan.David présentera également son Flying Board :à portée de tous, un avion téléguidé qui s'adapte aux besoins des aéromodélistes, à l'Expo-sciences internationale qui se tiendra en juillet 2003 à Moscou, en Russie.rencontres d'avenir présentées par Hydro-Quebec, organisées dans le cadre de la finale jeunes l'occasion d'échanger des idées avec t discussions animées jaillissent des réponses < les jeunes à conforter leur choix de carrière.RÉSEAU CDLS-CLS Astronomie zr< ru J TJ., ¦?l'UJ Pour les Amants de la Nature — NORD SUD— i i Wîf- m C est en etudiant des supernovas lointaines qu'on a découvert que l'Univers accélérait son expansion.Ici, une supernova située à 190 000 années-lumière, photographiée par le télescope Chandra.Télescopes Jumelles Microscopes Loupes Volumes Jouets Scientifiques Explorez, découvrez les richesses et la bqauté du Saint-Laurent à bord de L'Echo des TÆerS ÉCOCROISIÈRES DE 3À9 JOURS DE LA MI-JUIN À LA MI-OCTOBRE CROISIÈRES D'AUTOMNE À partir de Montréal 3 sites du Patrimoine Mondial de Unesco en 5 JOURS Un parc, un lac, une ville, Montréal/Saguenay 1-888-724-8687,418-724-6227 ljones@globetrotter.net www.ecomertours.com/francais Tourisme plein air et ovenlure Lauréal National Or, 2000 Les Grands Prix du tourisme québécois Grand Prix du tourisme Régional Bas-Saint-Lourent, 2000 8, 2002 L'univers à la portée de tous! La Maison de l'Astronomie P.L.inc.8074, me St-Hubert Montréal, Québec TéL: [514] 27M063 • Fax: (514) 279-9628 www.microid.com/maison, htm 36 Québec Science ~ Juillet/août 2002 vitesse d’expansion de l’Univers et ses variations durant les 10 derniers milliards d’années.Cela nous permettra d’étudier l’énergie du vide et ses effets », explique Saul Perlmutter, de l’université de Californie à Berkeley, un des instigateurs du projet.Lancement prévu : 2008.Comme la menace du Big Crunch semble pour le moment écartée, les chercheurs ont un peu plus de temps pour achever leur projet-au moins quelques milliards de milliards d’années avant que la température de l’Univers n’atteigne partout le zéro absolu et rende impossible la recherche sérieuse.8 Y a-t-il d'autres univers ?Autant gu’il y a eu de big bang.Ce que nous appelons l’Univers, qui est déjà archi-immense, serait en fait une petite bulle insignifiante de la « Grande Mousse Cosmique » qui, elle, serait vraiment archi-immense.Chacune des bulles de cette Mousse serait rien de moins qu’un univers parallèle, nous assurent les cosmologues.À se demander si on n’abuse pas un peu de la « broue » dans les universités.Nec plus ultra en matière de cosmologie, l’hypothèse de « l’Univers inflatoire autoreproducteur » est le bébé d’Andreï Linde, chercheur à l’université Stanford, en Californie.Chacun de ces univers aurait eu son propre big bang.Mais ils évolueraient différemment selon la quantité de matière et d’énergie qu’ils contiennent.Les lois physiques qui les régissent pourraient différer aussi : six dimensions d’espace dans l’un; un proton plus lourd dans l’autre; une force électrique accrue dans le suivant, etc.Nous serions locataires de l’un de ceux qui sont propices à la vie.Cette hypothèse pour le moins étonnante est l’un des récents développements de l’idée d’inflation, qui a vu le jour vers 1980.Immédiatement après sa naissance, en 10'35 seconde (dix milliardièmes de milliardième de milliardième d’une nanoseconde), notre Univers aurait gonflé d’un facteur 1050 (1 suivi de 50 zéros).Une tête d’épingle serait devenue 10 fois plus grosse que la Galaxie ! Par la suite, l’Univers aurait continué son expansion plus lentement, selon le scénario classique du big bang.Cette idée - assez étonnante elle aussi - a reçu deux confirmations indépendantes en l’an 2000, alors que des astronomes ont réussi à prendre un cliché très précis du rayonnement fossile, cette lumière de l’aube de l’Univers.Ses caractéristiques ont exactement celles prédites par la théorie de l’inflation.Quant aux univers parallèles, malheureusement, leur existence restera pour toujours invérifiable.Mais ce n’est pas cela qui empêchera les théoriciens - et les trekkies - d’en rêver.OS OCRSNG Investir dans les gens, NSE RC la découverte et l'innovation L e s sciences et CiK.li'MrilO?le génie : source d’un auenir jM.II | K;?¦ Üftl 4 Fl I:i3?prometteur niatpmwi* Science C'est en posant de grandes questions que les jeunes s'orientent vers un clVSIli P prometteur en sciences et en génie.Si vous aidez les jeunes à découvrir les sciences et ie génie, vous pourriez obtenir de l'aide de PromoScience.Le programme PromoScience du CRSNG peut fournir un appui financier aux organismes qui offrent aux jeunes Canadiens des occasions de mieux connaître les sciences et le génie.Si votre organisme à but non lucratif ou établissement d'enseignement a déjà démontré sa capacité à intéresser les jeunes aux sciences et au génie, consultez le site Web de PromoScience pour obtenir de plus amples renseignements.Les demandes d'appui doivent être présentées au plus tard le 15 septembre.www.crsng.ca/promoscience Canada Québec Science - Juillet/août 2002 37 ILLUSTRATION : ANNIE HARRISSON MYSTERE ET FOUDRE Physique ENROULE Elle peut rester immobile ou se déplacer lentement, rebondir sur des objets sans les endommager, puis subitement changer de cap et filer à toute vitesse.Une soucoupe volante ?Non, la foudre en boule ! par Philippe Chartier La foudre, on connaît : un grand éclair entre le ciel et la terre, un bruit assourdissant, et l’orage tout autour, surtout pendant les mois de juillet et d’août.Cette année encore, des centaines de Québécois seront cependant surpris par une autre forme de cette « colère » du ciel - si bien illustrée dans une aventure de Tintin, Les sept boules de cristal -, la foudre en boule.Un phénomène qui mystifie encore au plus haut point la science ! Les premiers témoignages de ce qu’on appelle aussi la foudre globulaire remontent à l’Antiquité.Mais ce n’est que depuis le début du XIXe siècle que des scientifiques ont tenté d’apporter une réponse rationnelle à ce phénomène impressionnant.En effet, ceux qui ont eu la chance de voir de la foudre en boule en gardent un souvenir marquant ! Elle se manifeste surtout en période orageuse.Elle peut apparaître suite à un éclair, mais pas toujours.Et elle a été observée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.Des témoins rapportent même en avoir vu traverser des avions.Dans la plupart des cas, la foudre en boule prend l’apparence d’une sphère lumineuse incandescente dont la taille varie entre celle d’une balle de golf et d’un ballon de plage.Elle est habituellement de couleur blanche, jaune ou orange, parfois entourée d’un halo bleuté.Rarement aveuglante, elle rayonne d’une intensité équivalant à celle d’une ampoule électrique et laisse parfois entendre un sifflement ou des crépitements.D’autres témoignages relèvent aussi la présence d’une odeur âcre - comme celle de l’ozone, du soufre ou de l’oxyde nitrique.Flottant à quelques mètres au-dessus du sol, la boule de foudre peut rester immobile ou, au contraire, se déplacer lentement à l’horizontale, rebondir sur des objets sans les endommager, et puis subitement changer de cap, filer à toute vitesse, parfois même dans le sens contraire du vent, et disparaître par une fenêtre.Les boules de foudre se montrent souvent sensibles aux champs électromagnétiques, attirées par les fils et les prises électriques.On en a vu traversant les murs ou les vitres, sans dommage apparent ou seulement en formant un petit trou rond.« C’est l’un des plus inexplicables problèmes auxquels les sciences physiques se soient jamais confrontées », écrivait déjà en 1855 l’astronome et physicien français Dominique François Arago (1786-1853), l’un des premiers scientifiques à s’y intéresser.Un siècle et demi plus tard, des milliers de témoignages, dont plusieurs provenant de publications scientifiques reconnues comme l’hebdomadaire Nature, ont été recueillis.L’existence du phénomène est rarement contestée.En janvier dernier, la prestigieuse Royal Society de 38 Québec Science ~ Juillet/août 2002 ' Grande-Bretagne y a consacré un numéro entier de ses Philosophical Transactions.En tout, quelque 2 000 articles scientifiques ont été publiés sur le sujet.Et ce ne sont pas les théories qui manquent pour les expliquer : depuis les météorites d’antimatière jusqu’à une hypothétique matière fulminante, en passant par la poussière cosmique à base de matière sombre exotique et les réactions de fusion nucléaire spontanée, sans oublier 'V .V: ^ I » b»*" \ les explications impliquant des visiteurs extraterrestres ou, pourquoi pas, en provenance d’autres dimensions.« Il n’y a probablement aucun phénomène physique ayant suscité autant de théories ! », croit Pierre Elubert, chercheur retraité du Commissariat à l’énergie atomique de France et auteur d’une étude sur la foudre en boule.« Ce que l’on appelle foudre en boule correspond, sans doute, à une série de phénomènes très différents.» - — I é Ah*%.%izsoiO Pool Quelques théories émergent cependant du lot.Il y a d’abord les modèles basés sur le plasma.La boule de foudre serait une soupe d’électrons et de particules ionisées.A première vue, cela ne semble pas déraisonnable puisque, au passage de la foudre, il y a ionisation de l’air et donc formation éphémère de colonnes de plasma {voir encadré).Encore faut-il que ces plasmas soient confinés, eux qui ont normalement ten- Québec Science - Juillet/août 2002 39 Physique Qu'est-ce que la foudre?La foudre est une décharge électrique qui se produit à l’intérieur d'un nuage, entre deux nuages ou entre un nuage et le sol.En raison du brassage des gouttelettes d’eau et des particules de glace, les nuées orageuses se chargent électriquement, négativement à la base et positivement à leur sommet.La charge négative à la base du nuage induit une charge positive sous elle, à la surface de la Terre.Celle-ci agit comme la seconde plaque d’un énorme condensateur.Lorsque le potentiel électrique entre le nuage et le sol atteint un certain seuil, un tentacule invisible -un « précurseur » -descend du nuage et pique vers le sol à une vitesse approchant 500 km/s, créant derrière lui un canal d’air ionisé.(Dans certaines conditions, en montagne par exemple, le précurseur peut exceptionnellement partir du sol vers le nuage.) Près du sol, le précurseur sera attiré par tout objet pointu ou métallique, comme un arbre ou un paratonnerre, dont le champ électrique est plus intense.Lorsque la jonction s'effectue, la décharge est transportée du nuage vers le sol et apparaît sous la forme d'un arc électrique brillant (l'éclair), parfois long de plusieurs kilomètres, produit par réchauffement des molécules d'air (plasma).La décharge produit également une onde de choc sonore, le tonnerre.dance à prendre de l’expansion.Deux chercheurs japonais, Yoshi-Hiko Ohtsuki et Hideho Ofuru-ton, ont déjà réussi à créer des boules de plasma en produisant de puissants champs électromagnétiques confinés dans un cylindre métallique.Toutefois, ce résultat en laboratoire n’est qu’une demi-réussite.« L’intensité des champs électromagnétiques utilisés dans ces expériences est largement supérieure à ce que l’on retrouve dans la nature, explique Cari Potvin, chercheur à l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ) et spécialiste de la foudre.Il est donc difficile de croire qu’une boule de plasma pourrait se maintenir toute seule de cette manière.» Ce n’est pas tout : en raison de sa haute température (autour de 3 000 K, soit 2 700 °C), une boule de plasma devrait, contrairement à la plupart des témoignages rapportés, être encore plus aveuglante que l’éclat d’une torche à souder.De plus, elle posséderait une si faible densité qu’elle s’envolerait rapidement dans les airs - ce qui ne correspond pas au comportement habituel des boules de foudre.Publié initialement dans la revue Nature en janvier 2000, le plus récent modèle en vogue donne une explication chimique du phénomène.Selon ses auteurs, John Abrahamson et James Din-niss, de l’université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande, les boules de foudre seraient en fait des boules de filaments microscopiques de silicium en suspension.« Lorsqu’un éclair frappe le sol, la décharge électrique y pénètre sur plusieurs centimètres de profondeur et vaporise dans l’air des molécules de dioxyde de silicium, abondantes dans la terre, et de carbone d’origine organique (plantes, racines, etc.), explique John Abrahamson.Ces deux composants réagissent ensemble pour produire des par- ticules de silicium pur.» Cette réaction bien connue est la même que celle utilisée pour la fabrication des microprocesseurs.« Ensuite, ces particules de silicium, de quelques dixièmes de microns de diamètre, s’assemblent pour former de longues chaînes ou filaments, continue le chercheur.Dans l’atmosphère fortement polarisée d’un orage électrique, les nanoparticules se chargent électriquement.Comme les molécules de même charge se repoussent, les filaments s’éloignent les uns des autres et forment une sphère.Puis, en présence de l’oxygène de Pair, les nanoparticules s’oxydent spontanément pour produire de la lumière et de la chaleur.La présence de carbone ralentit le processus et permet à la sphère de durer plus longtemps.» Les chercheurs ont calculé que, d’après leur modèle, une boule de foudre de la taille d’un ballon de basket aurait une durée de vie entre 3 et 30 secondes, avec une intensité lumineuse équivalant à celle d’une ampoule de 100 W -ce qui rejoint la plupart des témoignages.La durée de vie cor- respond au temps que prend l’oxygène pour totalement oxyder les particules de silicium et dépend de la température au moment de la formation de la boule.Plus la température de départ est basse, plus le processus est long.Selon les hypothèses des chercheurs, au-dessus d’une certaine température, la boule devrait exploser violemment.Pour les plus « basses » températures, elle pourrait ne devenir visible qu’après quelques minutes, ce qui expliquerait les apparitions soudaines qui ont parfois été rapportées.Dans une version améliorée de leur recherche et présentée dans un numéro spécial de Philosophical Transactions, le modèle établi par ces deux chercheurs tient également compte du phénomène des « boules à haute énergie », capables de traverser les métaux.« Ces boules se formeraient lorsque la foudre frappe un objet métallique, comme une carlingue Photographie très rare de foudre en boule prise en 1978 par un autrichien.Elle montre une variété de couleurs spectaculaire et assez rare.La pierre de foudre Lorsgue la foudre touche le sol, les particules de terre fondent et produisent une pierre vitrifiée, appelée « fulgurite », de guelgues centimètres de diamètre et pouvant atteindre plusieurs mètres de longueur, selon la distance parcourue par la foudre dans le sol.40 Québec Science ~ Juillet/août 2002 Sillon lumineux laissé par le passage d'une foudre en boule.Un cliché réussi par un étudiant japonais en 1991.d’avion, explique John Abrahamson.On obtient alors un nuage de vapeur de métal qui, rapidement, se condense et se solidifie en fines particules métalliques.Celles-ci commencent alors à s’oxyder et le processus étant plus énergétique que celui impliquant le silicium, il en résulte une plus grande quantité de chaleur et de lumière.» Par contre, il doit se trouver une source de carbone afin de ralentir le processus ainsi qu’une cavité dans la structure métallique qui puisse jouer le rôle d’incubateur.« Cela pourrait être par exemple, une fissure entre deux plaques de métal ou encore le joint entre la porte et la carlingue d’un avion, dit John Abrahamson.Mais les conditions requises sont beaucoup plus difficiles à réunir, ce qui expliquerait la rareté de ces boules à haute énergie.» Cela pourrait tout de même expliquer comment elles parviennent à traverser le verre.À leur périphérie, il se formerait une « couronne » semblable à celle observée dans le cas du feu Saint-Elme (voir encadré).c’est-à-dire un halo bleuté résultant de l’ionisation de l’air à proximité, ce que des témoins ont déjà rapporté.Dans ces conditions, l’énergie dégagée par cette couronne serait suffisante pour briser la structure moléculaire du verre.Il se formerait alors de minuscules trous ou pores de moins de un micron de diamètre, à travers lesquels les nanofilaments pourraient passer et ainsi reformer une sphère de l’autre côté.Les chercheurs néo-zélandais ont déjà obtenu quelques résultats qui semblent confirmer leur thèse.En soumettant des échantillons de terre à de fortes décharges électriques, ils ont pu observer la formation de filaments de nanoparticules de silicium (voir image).Lors d’une seconde série de tests, John Abrahamson a répété l’expérience sur de plus grandes surfaces de sol.Aucune boule de foudre n’a été obtenue, mais dans 2 des 24 cas des nuages sont apparus ressemblant à des ronds de fumée qui, selon le chercheur, pourraient précéder la formation d’une boule de foudre.Prochaine étape : le véri- Quelques autres « feux du ciel ».Feu Saint-Elme Bien connu des marins, qui l'ont ainsi baptisé en l'honneur de leur patron, le feu Saint-Elme - aussi appelé « effet couronne » - se manifeste sous la forme d'un halo bleuté autour des objets métalliques pointus, comme le sommet du mât d'un bateau ou d’un clocher d'église.Le phénomène se manifeste habituellement en temps orageux.Les structures métalliques se chargent alors d'électricité statique.Même si elle n'est pas assez grande pour déclencher la foudre, l'accumulation des charges peut être suffisante pour ioniser l’air autour de la pointe du conducteur.L'air ionisé se met alors à briller d’un éclat bleuté, accompagné de sifflements.Lumière sismique Avant, pendant ou après un séisme, des témoins affirment avoir observé des boules lumineuses, des étincelles ou des flammes dansantes.Baptisé « lumière sismique », ce phénomène a été observé à divers endroits et en plusieurs occasions, notamment au Japon, au Mexique et en Turquie.Le Québec compte aussi un cas souvent cité.À la suite du séisme de novembre 1988 au Saguenay, Marcel Ouellet, ancien professeur à l'INRS, a recueilli plusieurs témoignages qui ont fait l'objet d'un article dans la revue Nature, en janvier 1990.L'une des explications les plus populaires du phénomène est l'effet piézo-électrique : soumis à de fortes pressions, des rochers à haute teneur en quartz produiraient des décharges électriques.Il pourrait également s'agir de la combustion de gaz souterrains libérés par le mouvement des plaques tectoniques.table test, c’est-à-dire concevoir une boule de foudre en laboratoire.« Tant que le phénomène n’aura pas été reproduit, des doutes vont toujours subsister, dit Cari Potvin.C’est un type de recherche qui demande toutefois énormément de ressources financières et matérielles, et pour laquelle il n’y a pas tellement d’applications pratiques.» A moins de s’appeler Tryphon Tournesol.OS Québec Science - Juillet/août 2002 41 ^industrie La voie Il a fallu attendre deux siècles et demi pour que le lait donne naissance à la plus importante production agricole du Québec.[w Catherine Dttbé Sur les fermes du début de la colonie, le lait comble les besoins de la famille qui se contente de vendre les surplus au village.Les fermiers canadiens-français ne se préoccupent pas trop des rendements de leurs troupeaux.Selon le recensement du Canada de 1851, un éleveur anglophone des Cantons-de-l’Est est quatre fois plus productif qu’un éleveur francophone ! Ce sont finalement les problèmes relatifs à la culture du blé - féroce concurrence des Etats-Unis et baisse des rendements - qui forcent les Canadiens français à se tourner vers la production laitière industrielle.Un autre facteur favorise la naissance de cette industrie : le goût prononcé des Anglais pour le cheddar ! Leurs propres fabriques ne fournissent pas à la demande.« Si les Anglais ne s’étaient pas entichés de notre cheddar, les fermes québécoises auraient connu des difficultés majeures », estime l’ethnologue Lise Fournier.Plus tard, pendant la première moitié du XXe siècle, c’est encore le cheddar qui a sauvé l’industrie laitière en déclin.« Lors des deux guerres mondiales, les fromagers canadiens ont été réquisitionnés pour assurer la production destinée aux pays européens », explique Lise Fournier.La première fromagerie est fondée en 1865 à Dunham par un certain C.H.Hill.En 1872, des francophones de Rougemont, les frères Frégeau, l’imitent.Entretemps, la première beurrerie est construite à Athelstan dans le comté de Huntingdon.Depuis le début de la colonie, les fermiers fabriquaient sur place leur propre beurre et des fromages frais (de style cottage) ou affinés, comme le fromage 42 Québec Science - Juillet/août 2002 de l’île d’Orléans.Mais pour répondre à la demande anglaise, il faut confier la production à des fromagers qui connaissent la technique de fabrication du cheddar, et construire des installations suffisamment grandes pour transformer le lait de plusieurs producteurs.À cette époque, les outils sont rudimentaires et les fromageries ne fonctionnent que la moitié de l’année, de mai à novembre, car les vaches donnent naissance aux veaux au printemps et ne produisent plus de lait l’hiver venu.Aujourd’hui, les fromageries reçoivent bien sûr du lait tout au long de l’année.Dès 1892, les producteurs, incités par des primes sur le lait d’hiver, ont réparti la naissance des veaux sur 12 mois.L’insémination artificielle pratiquée à partir des années 1940 leur donne aussi un bon coup de pouce.Mais le lait est encore deux fois plus abondant l’été.La force de la nature.La première innovation technologique qui donne un coup d’accélérateur à l’industrie laitière est l’écrémeuse centrifuge, inventée par le Suédois Gustaf de Laval en 1878.La première à être importée sur le continent américain entre en fonction en 1882 dans une beurrerie de Sainte-Marie en Beauce.En tournant rapidement une manivelle, on peut séparer le lait (plus dense) de la crème en moins d’une heure grâce à la force centrifuge.Quel progrès ! Auparavant, on versait le lait entier dans un réservoir doté d’une petite fenêtre, et d’un robinet à sa base, puis on attendait que la crème et le lait se soient naturellement séparés.Une opération exigeant entre 24 et 36 heures ! Le nombre de fabriques augmente rapidement.De 1865 à 1880, une dizaine d’établissements sont fondés chaque année.Il faut aussi plus de lait, donc plus de vaches.En 20 ans, leur nombre augmente de 44 % pour s’établir à 490 977 bêtes, un peu plus que le cheptel d’aujourd’hui.Au tournant de 1900, c’est l’explosion : le Québec compte alors plus de 1 200 fromageries et 340 beurreries-fromageries ! « Toutes, sans exception, produisent du cheddar, précise Lise Fournier.Le cheddar canadien a une réputation enviable, surtout celui du lac Saint-Jean.» L’expansion est trop rapide.Les fabricants manquent de formation.cela finit par se goûter ! « La qualité des produits laisse parfois à désirer », note l’historien Gilles Bachand, bibliothécaire à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe.La moitié des meules sont de deuxième et troisième catégories.En 1882, des leaders du milieu agricole, désirant améliorer la situation, fondent la Société d’industrie laitière.Le gouvernement encourage aussi la création de fabriques-écoles.« En 1892, la Société d’industrie laitière crée l’École de laiterie de Saint-Hyacinthe pour former le personnel des beurreries et fromageries, et les inspecteurs du ministère de l’Agriculture », dit Gilles Bachand.L’École existe toujours; elle est devenue un département de l’ITA.V A partir de 1912, le gouvernement exige que les fabricants détiennent un certificat de compétence de l’École de laiterie.Mais la qualité des produits dépend aussi de la qualité de la matière première, très inégale.Comme le lait est payé au poids, plusieurs producteurs ne se gênent pas pour y ajouter de l’eau.¦ J g > >! - l1 “T Jusque dans les années 1950, le lait récolté à la ferme était simplement placé dans des bidons plongés dans de l'eau froide sans qu'il y ait de système de réfrigération.La fromagerie Perron, vers 1935 1660 Colbert envoie en Nouvelle-France les meilleures vaches normandes et bretonnes, dont sera issue la race canadienne.Elles ont peuplé nos champs pendant 200 ans avant d'être détrônées par les Ayrshires puis par les Holstein qui représentent aujourd'hui 90 % du cheptel québécois.1749 Selon le naturaliste suédois Pehr Kalm, le fromage raffiné de ITIe d'Orléans est le plus réputé au pays.Il est produit depuis 1680.1847 Le Français Jean-Baptiste Martin de Lignac met au point le lait évaporé.Quelques années plus tard, l'américain Gail Borden élabore un procédé par concentration sous vide afin de condenser le lait.1867 Louis Pasteur conçoit la pasteurisation.1870 L'Assemblée législative du Québec interdit la vente de lait coupé avec de l'eau.Pour éviter que le lait éclairci n'ait une teinte bleutée, certains producteurs le blanchissent en ajoutant de la farine.On détecte la supercherie en portant à ébullition une cuillerée de ce lait qui forme une bouillie épaisse en refroidissant.1874 L'Allemand Karl von Linde met au point le premier réfrigérateur.Québec Science - Juillet/août 2002 43 CULTURE ET COMMUNICATIONS, tt86.046.26A (35) i> Patrimoine industriel B Il a fallu attendre qu’un scientifique de l’université du Wisconsin, S.M.Babcock, trouve en 1890 un moyen de mesurer la quantité de matière grasse contenue dans le lait pour démasquer les fraudeurs.L’épreuve « Babcock » est sans équivoque : un échantillon du lait livré est déposé dans un flacon à long col gradué, dans lequel on ajoute quelques millilitres d’acide qui dénature le lait.Les flacons sont déposés dans la centrifugeuse Babcock et les matières grasses montent dans le col sous l’effet de la force centrifuge.Après un léger trempage au bain-marie, on peut lire la teneur en matière grasse directement sur le col gradué.Au début du XXe siècle, les autorités publiques s’inquiètent de plus en plus de la salubrité du lait frais, cause de gastroentérites qui font grimper le taux de mortalité des bébés, surtout l’été.En 1913, le conseil municipal de Montréal adopte un règlement qui oblige les laitiers à livrer le lait aux maisons privées dans des bouteilles, plutôt que dans des contenants non recouverts.La pasteurisation existe depuis 1867, mais, en 1914, la Commission du lait de Québec rapporte que seulement moins du quart du lait distribué à Montréal est pasteurisé.Les coûts qui y sont associés freinent son adoption à grande échelle.Après une lutte épique des groupes sociaux et des professionnels de la santé, le gouvernement rend la pasteurisation du lait obligatoire en 1926.« Pendant de longues années, on permet tout de même en parallèle la vente de lait cru certifié, produit dans des conditions d’hygiène contrôlées », rapporte Joanne Burgess, professeure d’histoire à l’Université du Québec à Montréal.Les autorités s’attaquent aussi au problème de la tuberculose bovine, une maladie qui affaiblit les animaux, mais n’affecte pas la quantité de lait produit.Un lait que les producteurs continuent de vendre.jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il est une cause importante de mortalité infantile.Près d’un cinquième du cheptel serait porteur de la maladie ! Les inspecteurs soumettent les bêtes à l’épreuve de la tuberculine pour détecter les vaches malades.Au cours des décennies 1920 à 1940, les temps sont durs.L’industrie s’est développée de façon désordonnée et la Nouvelle- Un lait nature normal «non pasteurisé et non stérilisé» contient jusqu'à 100 000 bactéries par millilitre.Zélande est un concurrent féroce sur les marchés d’exportation du beurre et du cheddar.Les usines commencent à se mécaniser et les petites fabriques ne sont plus dans la course.Un phénomène de concentration s’amorce, encouragé par le gouvernement (en 1971, il restera moins de 200 établissements laitiers).Le nouveau défi de l’industrie : augmenter la consommation sur le marché intérieur et diversifier les produits.Dès les années 1930, l’institut Rosell d’Oka, un centre de recherche en bactériologie laitière, effectue de nombreux travaux sur les ferments lactiques.En 1933, il fournit les cultures aux premières laiteries qui se lancent dans la commercialisation du yogourt en Amérique.On se met aussi à produire beaucoup de lait en poudre - un excellent candidat à l’exportation, puisqu’il se conserve bien.En 1960, Agropur en vend jusqu’en Chine.On diversifie aussi les types de fromages produits : gruyère, gouda, mozzarella, etc.La crème glacée, populaire dès les années 1920 mais considérée comme un produit de luxe qu’on achète dans la rue, ne devient un produit de consommation courante qu’après la guerre, au moment où les congélateurs domestiques deviennent assez efficaces pour la conserver ! La réfrigération artificielle, inventée à la fin du XIXe siècle, est bien sûr une innovation majeure pour un aliment périssable comme le lait.« Les beurreries troquent la glace pour des réfrigérateurs dès qu’elles en ont les moyens, souligne Lise Fournier.Les wagons réfrigérés, et les compartiments réfrigérés des bateaux, transportent les produits sur de plus longues distances.» Mais à la ferme, où le lait est ramassé quotidiennement, les cultivateurs ne sont pas pressés d’investir dans ces coûteux équipements.Jusque dans les années 1950, on place simplement les bidons dans de l’eau froide.Avec la diversification des produits, on s’aperçoit que tous les constituants du lait ont une valeur, pas seulement le gras ! Dans les années 1960 et 1970, la méthode Babcock est peu à peu délaissée au profit d’une méthode d’analyse à infrarouge qui mesure toutes les composantes du lait.Comme tous les secteurs d’activité, l’industrie laitière n’échappe pas à la déferlante actuelle de concentration des entreprises et de contrôle par des multinationales.De gros joueurs, comme l’italienne Parmalat et la française Danone, sont maintenant bien implantées en sol québécois.Mais la coopérative agroalimentaire Agropur n’est pas près d’être détrônée.« En 1975, notre usine de Notre-Dame-du-Bon-Conseil nouvellement agrandie pouvait traiter un million de litres de lait par jour.C’était la plus grosse fromagerie du monde ! » rappelle Jacques Roland, vice-président recherche et développement d’Agropur.Aujourd’hui, après avoir avalé d’autres groupes coopératifs, Agropur et ses usines traitent annuellement 1,8 milliard de litres de lait.Plus de la moitié des 3 milliards de litres produits par les vaches québécoises ! 06 C’est la demande en fromage cheddar qui a permis le développement de l’industrie laitière au XIXe siècle.\ a 13?• - L'industrie laitière a laissé plusieurs traces dans le paysage montréalais.Ici, un entrepôt réfrigéré de la Montreal Dairy, vers 1915.Le lait dans tous ses états La machinerie laitière s’est perfectionnée, mais le premier outil du laitier, c’est son odorat.par Catherine Dubé Aujourd'hui, le lait qui entre à l'usine d'embouteillage ou à la fromagerie s'engouffre dans un dédale de tuyaux d'acier inoxydable qui le conduisent d'un appareil à l'autre.On le retrouve à la sortie, présenté dans un carton ou sous forme de fromage ! « Ce traitement en continu, c'est le principal changement survenu durant les dernières décennies, dit Jacques Roland, vice-président recherche et développement chez Agropur.Auparavant, le lait était transféré manuellement d’un appareil à l'autre après chaque traitement.» Les machines se sont aussi perfectionnées.Mais, de manière générale, leur fonctionnement repose sur les mêmes principes que celles des années 1950.Et l'être humain a encore sa place dans le processus.Les techniciens qui ramassent le lait à la ferme se servent d'abord.de leur nez ! « Le lait subit bien sûr des contrôles bactériologiques avant son traitement à l'usine, mais son odeur est très révélatrice », explique Micheline Duranleau, conseillère en formation du Service aux entreprises à l'ITA.À l’arrivée à l’usine, le lait cru, qui contient environ 3,8 % de matière grasse est complètement écrémé grâce à une centrifugeuse.On ajoute ensuite la quantité voulue de gras.Tout se fait de façon automatique par un système de valves contrôlé par un analyseur à infrarouge mesurant en continu la composition du lait.Étape suivante : l’homogénéisation.L’appareil est ni plus ni moins qu’une pompe à pression qui force le lait à passer dans de petits orifices.Les globules de gras se brisent en milliers de globules plus petits, qui se répartissent uniformément dans le lait.L'industrie a décidé d'homogénéiser le produit vers les années 1950.« La crème qui flottait sur le lait s'oxydait plus vite et pouvait donner un mauvais goût.La matière grasse procure aussi une enveloppe protectrice autour des bactéries », mentionne Micheline Duranleau.Le lait passe ensuite à la pasteurisation, car il grouille de vie ! Un lait nature normal contient jusqu'à 100 000 bactéries par millilitre.Seize secondes à 72 °C suffisent pour éliminer toutes les bactéries pathogènes et 90 % de la flore naturelle, sans modifier le goût.Sa durée de conservation passe ainsi de quelques jours à trois semaines ! Auparavant, le lait était chauffé lentement dans un grand bassin pendant une demi-heure.Maintenant, le blanc liquide s'infiltre dans un système contenant une série de plaques très chaudes et ressort du pas-teurisateur au bout de quelques secondes.Autre option : la stérilisation.Par un procédé à ultra haute température (UHT), on détruit complètement la flore du lait qui peut alors se conserver pendant des mois à la température de la pièce.Mais ce lait présente un petit goût de cuisson pas toujours apprécié.Depuis les années 1980, un nouveau procédé de stérilisation qui n'affecte pas la saveur gagne en popularité : l'infusion directe de vapeur dans le lait, duquel on retire ensuite le surplus d'eau.Nostalgiques de la crème épaisse, réjouissez-vous : « C’est, entre autres, la présence de bactéries augmentant son acidité qui la chrono 1878 Le Suédois Gustaf de Laval invente l'écré-meuse centrifuge.1883 Le premier troupeau de holstein est importé de Hollande par James Sangster, un producteur d'Ormstown.1890 L'Américain S.M.Babcock met au point un procédé qui permet de mesurer rapidement la quantité de matière grasse contenue dans le lait.L'année suivante, E.A.Barnard un important leader agricole du Québec (il a été rédacteur de La semaine agricole et a fondé la Société d’industrie laitière), introduit la technique au Québec.1892 Fondation de l'École de laiterie à Saint-Hyacinthe.1893 Le frère trappiste Alphonse Juin met au point le fromage oka.1897 Premier essai de pasteurisation du lait au Canada par J.O.Leclair, directeur de l'École de laiterie de Saint-Hyacinthe.1907 La Société médicale de Montréal institue la Commission du bon lait, qui recommande au gouvernement d’adopter une série de règlements concernant la propreté des étables, la manipulation du lait, sa réfrigération, l’inspection, etc.1915 Le ministère de l'Agriculture du Québec prend à sa charge l'inspection des beurreries et fromageries.k ¦ Écrémeuse centrifuge à la fin du XIXe siècle.1924 Le ministère fédéral de l'Agriculture se dote d'un service de recherche pour résoudre les problèmes bactériologiques.À la demande de la Société d'industrie laitière, le gouvernement exige que le paiement du lait se fasse dorénavant en fonction de la matière grasse, plutôt qu'au poids.Québec Science - Juillet/août 2002 45 > Patrimoine industriel rendaient onctueuse ! » mentionne Jacques Roland.Maintenant, la pasteurisation les détruit.La chaleur modifie aussi des protéines qui contribuent à l'onctuosité.Les crèmes champêtres présentant la texture d'antan contiennent aujourd'hui des stabilisateurs d'origine végétale.Du côté des fromageries, c'est aussi l'automatisation des procédés qui a marqué les dernières décennies.Car la recette du fromage, elle, n’a pas changé depuis des siècles ! L'ajout de présure fait cailler le lait, que l'on égoutte.On presse ensuite le fromage selon le type désiré.Certains se mangent frais (comme la ricotta et le cheddar « en crottes »), d'autres nécessitent une lente maturation au cours de laquelle la flore microbienne et enzymatique modifie la saveur et la texture de la pâte (comme le camembert et le cheddar fort), pour la plus grande joie des gourmets.Dans les fromageries industrielles, toutes ces étapes sont standardisées et automatisées.Exit le maître fromager ! Enfin, pas vraiment, car il doit encore surveiller les opérations et s'assurer gue le produit présente les caractéristiques voulues, tel le taux d'humidité, au dixième de pourcentage près.Mais ce n'est plus lui qui agite le lait dans les bassins.Dans les plus petites entreprises, comme la vénérable fromagerie Perron de Saint-Prime -qui exporte toujours vers l'Angleterre ! -, il y a en- core beaucoup « d'humain » à chacune des étapes.Les perceptions visuelles et olfactives des fromagers sont aussi utiles que la prise du pH.La fromagerie artisanale connaît d'ailleurs un regain depuis une vingtaine d'années.Une cinquantaine de petites fromageries éparpillées dans tout le Québec produisent environ 180 types de fromages hauts de gamme, dont plusieurs faits de lait de chèvre et de brebis.L’ère de l'omniprésence du cheddar est bel et bien révolue.Les connaissances en microbiologie ont permis, dès les années 1930, de faire le tri entre les bactéries désirables et indésirables dans la conception des fromages.Les ferments sont devenus des produits commerciaux, alors que les premiers fromagers ne comptaient que sur la flore naturelle du lait et la présure extraite de l'estomac des veaux.Difficile de faire un fromage unique maintenant que tout le monde utilise un lait pasteurisé et les mêmes ferments.d'où l'intérêt des connaisseurs pour les fromages au lait cru ! « Les fromages d'Agropur gagnent des prix parce que nous utilisons des souches de ferments qui ne sont plus disponibles commercialement.Nous les maintenons vivantes depuis 40 ans », confie Jacques Roland.Une fromagerie crée énormément de « dé- chets ».Pour un kilo de fromage, on reste avec 10 kg de lactosérum sur les bras, un résidu que l'on envoyait sans souci aux égouts jusque dans les années 1970.Normes environnementales aidant, on a trouvé une façon de le valoriser.Aujourd'hui, on ne jette plus rien ! On sèche le lactosérum qui peut être utilisé dans l'industrie alimentaire.« La technologie des membranes, comme l'ultrafiltration, a aussi permis de mettre au point de nouveaux produits », mentionne Jacques Roland.Des filtres ultra fins retiennent les protéines du lactosérum, avec lesquelles on fait des concentrés de protéines laitières pour l'alimentation.Le liquide restant contient du lactose qui est séché pour l’alimentation animale.Des groupes, comme le Centre de recherche en sciences et technologies du lait (STELA) à l’Université Laval, continuent leurs travaux sur les procédés physiques, la valorisation de toutes les composantes du lait dans l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique, le développement des nutraceutiques, etc.Le lait nous réserve encore bien des surprises.Garanti ! Pour en savoir plus : > À partir d’octobre, l'Écomusée du fier monde, à Montréal, propose une exposition sur l'histoire de l’industrie laitière de la métropole.Téléphone : (514) 528-8444 PRIX GENEPIS 2002 Lauréats 2002 BIQuébec ^^AITS En collaboration avec Un hommage aux innovateurs de l’industrie des sciences de la vie et des technologies de la santé Theratechnologies Prix entrepreneurship / sciences de la vie Le Dr André de Villers, chef de la direction et vice-président du conseil d’administration de Theratechnologies reçoit le prix entrepreneurship / sciences de la vie de M.Francis Belido, président de SG F Santé, mvw.theratech.com Andromed Prix entrepreneurship / technologies de la santé M.Victor F.Lanzo, vice-président, Recherche et développement d’Andromed reçoit le prix entrepreneur-ship / technologies de la santé de M.Christian Wopperer, directeur développement des affaires, KM Technologies, www.andromed.com Procréa BioScience / Prix innovation M.François Schubert, président et chef de la direction de Procréa BioScience, reçoit le prix innovation de M.Charles Goyer, agent de brevet de la firme Gaudreau, Gage, Dubuc.www.procrea.qc.ca QBiogène / Prix transfert-émergence Atrium Biotechnologies / Prix exportation et contrôleur M.Luc Péloquin, vice-président directeur général de Qbiogène reçoit le prix transfert-émergence de M.Jean-Maurice Plourde, président directeur général du Centre québécois de valorisation de la biotechnologie, CQVB.À sa droite, M.Jean-François Morin, vice-président corporatif chez QBiogène.www.qbiogene.com M.Richard Bordeleau, président d’Atrium Biotechnologies reçoit le prix exportation de Mme Anna Martini, associée de Samson Bélair Deloitte Touche.www.atrium-bio.corn Prix Brio / Madame Clarissa Desjardins, vice-présidente de Caprion Pharmaceuticals Mme Clarissa Desjardins reçoit le prix Brio de M.Luc Bisaillon, premier directeur de marché et chef d’équipe, industrie des sciences et technologies de RBC Banque Royale du Canada.www.caprion.com 'G - •V I m.7 Le prestigieux Cercle Excelcia accueille un nouveau membre Félicitations au Dr André de Villers, membre du conseil d’administration de Theratechnologies.Le Cercle Excelcia souligne la contribution exceptionnelle de décideurs au développement des bio-industries au Québec.Le Dr de Villers est entouré de M.Bertrand Bolduc, président de BlOQuébec et de Mme Suzanne lining, sous-ministre adjointe, opération, Développement économipue Canada.Partenaires Notre passion, la oie 1 KM/ethnologies Samson Bélair Goudrcau Gage Dubuc ° SGF AFFAIRES SScience i*i Canada mon'Ffl.TrW DÉCOUVRjf P'OTcnuuni nnv Quebec n a 46 Québec Science - Juillet/août 2002 chrono 1931 Jude Delisle importe des cultures de l'Institut Pasteur à Paris pour démarrer la production de yogourt au Canada.1932 Fondation de l’Institut Resell, à Oka, voué à la recherche en bactériologie laitière.L'Institut met au point un vaccin contre la mammite, une infection du pis dont serait atteint le tiers du cheptel, et effectue de nombreuses recherches sur les ferments lactigues.•1943 Les bénédictins de Saint-Benoît-du-Lac produisent un bleu fabrigué avec du lait de vache plutôt gue de brebis.1946 - •'I ¦ Le Québécois Hilaire Blanchet invente une machine à mouler et envelopper le beurre.1947 La création du Centre d'insémination artificielle à Saint-Hyacinthe contribue grandement à l'amélioration génétique des bovins laitiers.La production moyenne annuelle par bête passe de 4 316 livres (1 957 kg) de lait en 1941 à 6 497 livres (2 946 kg) en 1961.1955 La laiterie Leclerc installe des bassins refroidisseurs chez une vingtaine de producteurs de Sherbrooke.Cette invention californienne de 1938 permettra d'éliminer progressivement l'usage des bidons dont le lavage n'est pas toujours hygiénique.1977 Fin des bidons.En raison des coûts de transport, les usines de transformation n'acceptent plus le lait livré dans ces contenants.1980 La coopérative Agropur inaugure une nouvelle fromagerie à Granby.Elle peut transformer 2 millions de livres (907 000 kg) de lait par jour.1984 Après cing ans de recherche, Agrinove met sur le marché un yogourt à boire, Yourtine.1992 Le Centre québécois de valorisation de la biomasse signe une entente de 5 millions de dollars avec le centre de recherche STELA de l’Université Laval pour des activités de recherche sur les sous-produits du lait dans le but d'en faire des ingrédients alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques.^onü/is n La clef du dehors : s’équiper et se préparer avec science Les meilleurs conseils pour bien profiter du plein air, O ( ¦md pratique \ i -M En kiosque dès le 24 juin 2002 à 2,35 $ (plus taxes) Commandes à l’unité : (514) 875-4444 Commandes en quantités à tarif réduit : (514) 843-6888 (f/ty ./yuTar: uj-i Jirl DISPONIBLE CHEZ VOTRE MARCHAND DE VÉLO PRÉFÉRÉ FABRIQUÉ AU QUÉBEC ?1-888-447-2331 E-MAIL : giraff@videotron.ca Québec Science - Juillet/août 2002 47 INTERNET rque Pour les jours de pluie L’été est là et vous avez mieux à faire que de flâner sur le Web.Voici tout de même quelques adresses au cas où la belle saison se ferait attendre.Le ciel est avare de soleil ?Un nouveau déluge vous force à vous cloîtrer chez vous ?Pis encore, vous êtes séquestré au boulot pendant que les beaux jours s’enfuient ?Il ne faut pas se laisser abattre ! D’abord, gratifiez votre ordinateur d’un fond d’écran de saison.Vous trouverez sûrement votre bonheur chez Gizmozone (1) où les bidules pour égayer sa machine ne manquent pas.L’économiseur d’écran Waterworld-Deep Sea, par exemple, est particulièrement indiqué.Vous pourrez observer à loisir des bancs de poissons multicolores, des méduses se laissant porter par l’onde et, pour mettre un peu de piquant, des requins à la mine patibulaire; comme si vous y étiez.En accompagnement, on peut choisir entre deux trames sonores, l’une plutôt paisible et une version « requins », plus dramatique.Le décor et ses habitants sont recalculés à chaque fois que vous démarrez l’économiseur d’écran, histoire d’éviter la monotonie.Pour bien en profiter, il est toutefois préférable d’avoir une bonne carte graphique.Le logiciel est offert en version partagiciel, et si vous payez l’enregistrement (15 dollars), trois dollars sont versés à la World Wildlife Fund (WWF) afin que les vrais requins, en chair et en cartilage, continuent de sillonner les mers du monde.Lorsque votre décor de saison est planté, vous pouvez dès lors vous consacrer à ce noble sport estival entre tous : la pétanque.Dans sa version virtuelle, évidemment.Sur le site Trankila Pro Pétanque (2), vous incarnez le héros du même nom, qui veut conquérir la belle Fanny, fille de Pépé le Magot, l’implacable « Parrain des boules » marseillais.D vous faut affronter ledit Pépé et ses perfides acolytes, dont un robot mi- 48 Québec Science - Juillet/août 2002 grille-pain m\-Terminator, après avoir choisi dans un arsenal de boules dotées de caractéristiques que sauront apprécier les experts.Les joutes se déroulent selon les règles de l’art, c’est-à-dire à un rythme indolent accompagné d’un concert de cigales provençales.Dépaysement garanti.Si le cœur vous en dit, vous pouvez télécharger un fond d’écran ou un économiseur aux couleurs de Trankila et, pour finir, faire un tour « Chez Dédé » pour bavarder un tantinet avec les autres cyberjoueurs.Si la surdose d’adrénaline (et de pastis) ne vous a pas terrassé, vous pouvez poursuivre la compétition avec cette autre discipline l où les plus grands osent rarement s’aventurer : le golf miniature - alias le miniputt.Toujours en version virtuelle, bien sûr.>• I A C I k G 3 17* Fonctionnant en Java, rien à télécharger ni à installer, idéal pour jouer secrètement durant la pause-café (et au-delà, si vous êtes téméraire), Carpet Golf 3-D (3) vous laisse choisir entre six parcours différents où vous devez mener votre petite ba-balle dans une effroyable course à obstacles de ponts, de rampes et, bien sûr, d’implacables moulins à vent, dans un réalisme saisissant (enfin presque) en trois dimensions.Pour les véritables accrocs du vert, vous pouvez aussi télécharger Carpet Golf VR (4).Cette version pour Windows comprend 54 trous entourés de châteaux, d’étangs et autres obstacles du même acabit, le tout agrémenté d’effets sonores amusants.Pour plus de réalisme, vous pouvez même tricher.Et, à l’aide de l’« Éditeur de trous », vous avez la possibilité ZJL ÛJjoVfVrtc.C^rvcnr», y'fy> A CO, , j* ciwue “O 5s= '.' ^ ¦¦ .1.' par Philippe Chartier chartiep@cybersciences.com résolution de problèmes, fonctions visuo-spatiales, etc.), et vos résultats sont ensuite comparés avec les autres participants, en tenant compte de différents critères (âge, niveau socioculturel, etc.).Si vous désirez aller plus loin, différentes formules d’abonnement vous donnent accès aux ressources réservées du site.Vous pourrez même faire dresser votre profil (k/ de créer vos propres parcours.Et, pour ne rien gâcher, c’est entièrement gratuit ! Si vous avez le pied marin, il faut vous payer une petite croisière grâce à Virtual Skipper (5).Ce simulateur, que l’on peut aussi se procurer en version complète sur cédérom, est un must pour les amateurs de navigation de plaisance.Comme si vous étiez à la barre d’un voilier de 25 m, vous devez tirer des bords, empanner, choquer, border, monter le spi.Les marins d’eau douce voudront sans doute consulter le tutoriel ! Le réalisme de la simulation est excellent.Il faut tenir compte du remous des vagues, des courants variant selon les plans d’eau, des oscillations du vent, des récifs qui se dressent là où il ne faut pas, etc.On croirait presque sentir les embruns sur son visage.Attention, mieux vaut avoir une carte graphique qui ne prenne pas l’eau, car votre ordinateur risque d’en ramer un coup et gâcher votre plaisir.On peut naviguer en solitaire contre l’ordinateur ou, lorsque vous vous sentez bien aguerri, en mode multijoueurs sur Internet ou en réseau local.evant votre écran, vous ne risquez pas de bronzer idiot.C’est sûr, puisque vous ne bronzerez pas du tout ! Mais il n’y a pas de raison de laisser vos chers neurones sur leur appétit.Une petite visite chez Hap-pyNeuron.com (6) s’impose.Conçu par deux Français, un neurologue et un informaticien, ce site propose une variété d’exercices interactifs en ligne pour faciliter la gymnastique mentale.Les exercices proposés permettent d’exercer différentes facultés (mémoire, langage, cognitif par l’un des superviseurs.Une fois votre matière grise bien tonifiée, vous pouvez songer à vous attaquer à quelque chose de plus consistant.Pourquoi, par exemple, ne pas vous mettre au grec ou au latin ?C’est ce que vous propose - et gratuitement par-dessus le marché - le site de Robin Delisle (7, 8), professeur de lettres à l’Académie de Versailles.On y trouve des leçons complètes, depuis le déchiffrement de l’alphabet grec au présent médio-passif, en passant par les fameuses déclinaisons immortalisées par Jacques Brel [rosa, rosam, rosarum.), ainsi qu’un lexique, un forum, « et les autres choses » [et cæterà).Petit détail technique : il vous faudra probablement installer sur votre ordinateur des polices supplémentaires -ou fonts, comme on dit en latin moderne - afin que votre PC ou votre Mac puissent « converser » en langues mortes.Ah, au retour des vacances, ils vont être surpris au bureau.Parlant boulot, votre emploi vous pèse ?Pour vous comparer (et vous consoler), faites un petit détour par Worst-Job.com (9).Loin de vouloir se moquer de leur prochain, les auteurs de ce site se disent plutôt désireux de célébrer ces « vrais héros » qui affrontent jour après jour un environnement de travail misérable - et c’est un euphémisme - pour nourrir leur famille.On peut y lire les témoignages de plusieurs de ces héros de la vie quotidienne et donner son avis.Par l’accumulation des votes du public internaute, le lauréat de la « pire job au monde », cuvée 2001, a été décerné au métier de « nettoyeur post mortem ».Vous pourrez lire les anecdotes d’un représentant finlandais de ce corps de métier chargé de nettoyer les domiciles de gens trépassés depuis parfois plusieurs jours.Ames (et estomacs) sensibles s’abstenir, comme on dit.Le site propose également un concours humoristique « Quand j’étais jeune, nous étions si pauvres que.».Et votre côté artistique ?Ne négligez surtout pas votre muse et dirigez-vous illico à AtelierBD.com (10).Créée par des première école de propose, pour auteurs de bédé, la bande dessinée sur le Net > ceux et celles désirant s’adonner au neuvième art, de la documentation, des études de cas, un lexique, des entrevues, un répertoire de liens, etc.Pour suivre les cours de cette école virtuelle, il faut toutefois soumettre sa candidature.Si vous avez la chance d’être admis, vous pourrez bénéficier d’un suivi personnalisé et d’une gamme de ressources réservées aux étudiants, dont un forum où des pros de la bédé vous conseilleront sur votre style et, lorsque votre œuvre sera achevée, sur les premiers pas à faire pour être publié et enfin passer à la postérité ! Si vous avez la fibre artistique qui ne vibre pas comme vous voudriez, il existe tout de même une solution : télécharger l’économiseur d’écran Drawing Hand (11).Vous pourrez alors admirer (et prendre en exemple) une main virtuelle qui dessine sous vos yeux ébahis.La version de démonstration n’offre que quelques images.En vous enregistrant, pour 25 dollars, vous pourrez télécharger plus de 150 dessins différents que votre machine exécutera pour votre bon plaisir.Et, avant de vous river à votre écran, un dernier conseil : jetez un œil à la fenêtre.au cas où le beau temps ferait une apparition, et dépêchez-vous alors de prendre la clé des champs ! Vous aurez sûrement, dans les mois à venir, amplement l’occasion de vous désoler de la météo et de chercher consolation sur le Web.GS »CyberRessources (1) Gizmozone www.qizmozone.com/ (2) Trënkila Pro Pétanque trankila.free.fr (3) Carpet Golf 3-D members.aol.com/ edhobbs2/applets/ cqolfSd/ (4) Carpet Golf VR members.aol.com/ edhobbs4/qolf/ (5) Virtual Skipper www.virtualskipper.com (6) HappyNeuron.com www.happyneuron.com (7) Cours de latin en ligne www.acversailles.fr/ pedagogi/Lettres/ rdlatin.htm (8) Cours de grec en ligne www.acversailles.fr/ pedagogi/Lettres/ rdgrec.htm (9) WorstJob.com www.worstjob.com 00) AtelierBD.com www.atelierbd.com 01) Drawing Hand www.drawinghand.com Québec Science - Juillet/août 2002 49 1 r ^___ „ESORO schwaller /.r:i fes3 'X "'J™'.,™7*, (ontinental .i -.- Après le lave-auto.Voici le lave-pitou ! En une demi-heure, top chrono, cette machine fait une beauté à votre velu compagnon : lavage, rinçage et séchage.Selon ses inventeurs espagnols, ce traitement est beaucoup moins stressant pour l’animal gu’un lavage à la main en bonne et due forme.Permet-tez-nous d’en douter.Ils insistent pourtant : cette laveuse à chiens (gui fonctionne aussi pour les chats), prodigue un véritable massage grâce à ses puissants jets d’eau.On peut même choisir le cycle de lavage le plus approprié à chague toison.Pour laisser Fido en juger lui-même, vous devrez parcourir plusieurs kilomètres.On retrouve des Lavakan dans guelgues centres de toilettage et animaleries aux États-Unis et en Amérique du Sud.Si l’expérience est concluante, ne comptez pas en ramener un à la maison, puisqu’il est uniquement destiné à un usage professionnel.www.lavakandeaste.com Voiturepasse-partout Après avoir arpenté chaque rue du centre-ville maintes et maintes fois.pas l’ombre d’une place de stationnement à l’horizon ! Puis, lueur d’espoir, un petit espace vide entre deux véhicules.mais vraiment petit.Trop petit ?Pas pour celui qui tient le volant d’une Presto ! En quelques secondes, cette voiture peut rétrécir afin de s'ajuster aux « interstices de stationnement », si fréquents en milieu urbain.En format pleine grandeur, la Presto fait 3,74 m de long, ce qui permet de trimballer ses amis sur la banquette arrière.Mais si le besoin s’en fait sentir, un moteur électrique se charge de raccourcir le véhicule de 746 mm, très exactement.Intéressé ?Il ne s'agit hélas que d’un prototype.Aucune mise en marché n’est donc prévue.Pour l’instant.http://www.rinspeed.com Poissonespion Passionné de fonds marins, vous paniquez en songeant aux requins et autres créatures /Sa inconnues qui peuplent le grand bleu ?L’idée de supporter des pressions cauchemardesques sur vos frêles épaules vous exténue d'avance ?Les bonbonnes d’oxygène ne vous inspirent guère confiance ?À défaut de vous taper tous les documentaires de Cousteau, résigné dans votre sofa, procurez-vous le Spyfish et assouvissez votre passion par procuration.Ce petit sous-marin se lancera à l’assaut des paysages aquatiques jusqu'à des profondeurs de 150 m.Il vous relaiera tout ce qu'il verra par câble.Les images apparaîtront ensuite sur un moniteur devant lequel vous vous extasierez sans crainte.Pour vivre cette expérience, vous devrez toutefois patienter jusqu'en 2003.Prévoyez aussi amasser quelque 22 000 dollars d’ici là.www.spvfish.com 50 Québec Science ~ Juillet/août 20(02 techno pratique par Raynald Pepin la dimensioncachée Balade dans le jardin Pas banal le gazon ! Pas pour rien que les plantes qui le composent peuvent encaisser les assauts de la tondeuse.ii ' ,>•**>?.Nj V or .••• ¦ • ¦ Au petit matin, en plein soleil ou à la tombée du jour, il fait bon aller musarder, bavarder ou lire au jardin.Que celui-ci soit anglais, suspendu ou grand comme un mouchoir, le plaisir est toujours renouvelé.Surtout quand on s’intéresse à tout ce qui s’y passe.Pensons à la pelouse que l’on foule et qui semble toujours moins verte que celle du voisin.Le gazon présente une caractéristique intéressante : quand on le tond, il repousse sans regimber.Pourtant, la plupart des plantes dont on coupe la partie supérieure arrêtent de croître ou poussent de travers par la suite.Jacques Brisson, chercheur à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Uni- < versité de Montréal, expli- s que : « Dans les plantes, la croissance se fait à partir de tissus spécialisés, appelés méristèmes, dans lesquels £ les cellules se multiplient avant de grossir.Le méristème principal de la plupart des plantes se trouve au sommet de la tige.» Les plantes qui composent la pelouse font partie de la famille des graminées.« Elles ont un méristème au sommet de leur courte tige, mais aussi à la base de chaque feuille, au niveau des nœuds, poursuit Jacques Brisson.Quand on tond la pelouse, on coupe le haut des feuilles.Celles-ci continuent ensuite de croître, mais à partir du bas, grâce à la présence de ces méristèmes.Une feuille déjà coupée ne redevient jamais pointue.» Les graminées se distinguent aussi par l’absence de pétiole (la « queue » des feuilles).Observez bien un brin de gazon : sa base enveloppe la tige, formant une gaine.C’est une caractéristique courante chez beaucoup d’autres plantes, le maïs par exemple.Selon Jacques Brisson, la croissance au niveau des nœuds, typique des graminées, est une adaptation à la vie dans les prairies.et, plaisante-t-il, à l’existence des tondeuses.« Cette particularité fait que les animaux qui broutent peuvent manger les feuilles sans que cela tue la plante.En retour, les animaux enrichissent le milieu avec leurs déjections.» Un gazon bien vert réjouit l’œil et les orteils, mais cette félicité ne tient qu’à un filet d’eau.Les récents étés chauds et secs ont stressé Ybomo jar-dinius qui n’aime pas voir sa pelouse jaunir.« Une pelouse jaunie n’est pas morte, dit Jacques Brisson, elle n’est qu’en dormance.» Une plante en croissance a besoin de beaucoup d’eau pour réaliser la photosynthèse, d’autant plus que ses feuilles transpirent.« En période de sécheresse, les stomates des feuilles (pores à travers lesquels se font les échanges gazeux) se ferment, explique le chercheur.Comme le gaz carbonique essentiel à la photosynthèse n’entre plus, ce processus s’arrête et le métabolisme ralentit, ce qui réduit énormément les besoins en eau.La chlorophylle, qui se dégrade progressivement, n’est plus renouvelée.» La disparition de ce pigment vert laisse apparaître les pigments jaunes du gazon.La plante ne meurt que si le taux d’humidité de l’air devient très bas et que la sécheresse dure très longtemps.« Une pelouse peut résister plusieurs semaines sans pluie car, en mode survie, les racines ont besoin de très peu d’eau », précise Jacques Brisson.Pas de panique Québec Science - Juillet/août 2002 51 pratique la dimensioncachée au moment des interdictions d’arrosage ! Alors que le gazon pousse droit, d’autres plantes donnent plutôt dans la courbe.La vigne, le haricot, le liseron, le chèvrefeuille et les autres plantes dites « volubiles » (non, elles ne parlent pas) enroulent leur tige autour d’un support.La clématite, le concombre et les courges du potager grimpent pour leur part en produisant des vrilles, de petits serpentins formant des spirales.Les plantes grimpantes présentent une adaptation intéressante, mentionne Jacques Brisson.Elles se développent en hauteur pour bénéficier de plus de lumière sans avoir à produire une tige ou un tronc.En effet, les plantes doivent consacrer beaucoup de nutriments et d’énergie pour produire une tige solide comportant beaucoup de tissus de soutien.» Comment une plante fait-elle pour s’enrouler ?Elle ne dispose pas de muscles pour se courber ! « La longueur des cellules d’une plante peut être modifiée par des variations de la pression du fluide interne, et grâce à l’extensibilité des parois cellulaires, explique Alain Guerrier, botaniste au Jardin botanique de Montréal.Dans les vrilles ou la partie supérieure des plantes grimpantes, les cellules se raccourcissent d’un côté de la tige et s’allongent de l’autre.La division cellulaire liée à la croissance est aussi plus rapide d’un côté que de l’autre.Résultat : la vrille ou la tige se courbe.» C’est ainsi que l’extrémité d’une plante grimpante balaie l’air afin de trouver une structure quelconque ou une autre plante à laquelle s’accrocher, et qu’une vrille peut s’enrouler plusieurs fois autour d’un support.en moins d’une heure ! La physiologie des plantes grimpantes est pourtant encore mystérieuse, car les facteurs qui font varier les dimensions et le rythme de division des cellules sont toujours mal connus.On observe d’autres mouvements chez les végétaux : fermeture et ouverture des fleurs ou des feuilles (comme chez les plantes carnivores), orientation par rapport au soleil (comme chez le tournesol) ou ouverture et fermeture des stomates qui permettent à la plante de « respirer ».Dans tous ces cas, les mouvements résul- 52 Québec Science ~ Juillet/août 2002 tent de modifications de la taille des cellules et de leur turgescence (rigidité provoquée par la pression d’un liquide).« Par exemple, en cas de stress hydrique, indique Alain Guerrier, une hormone sécrétée par les racines, l’acide abscissique, est transportée jusqu’aux feuilles, et expulse l’eau de deux “cellules de garde” bordant l’ouverture des stomates.» En temps normal, les cellules de garde présentent la forme de deux saucisses courbées placées face à face.La perte d’eau fait se redresser les cellules de garde, et l’ouverture du stomate rétrécit considérablement.Dans un autre coin du jardin, la rhubarbe étale ses larges feuilles.Les parties comestibles de la rhubarbe, les « tiges », sont en fait les pétioles des feuilles.Une autre plante présente aussi des pétioles épais, charnus et comestibles : le céleri ! Si les pétioles de la rhubarbe peuvent garnir de délicieuses tartes, ce n’est pas le cas de ses feuilles, réputées toxiques.Les feuilles de rhubarbe contiennent en effet de l’acide oxalique (HOOCCOOH).De fortes quantités d’acide oxalique irritent les tissus, en particulier ceux du système digestif et des reins.Elles peuvent entraîner des vomissements, la diarrhée, des convulsions et le coma.La dose létale pour un adulte est d’environ 25 g d’acide oxalique pur, mais une fraction suffit à le rendre malade.De nombreuses plantes, dont la ciboulette, le persil et les épinards, contiennent en poids plus de 1 % d’acide oxalique ou de son sel, l’oxalate.Un enfant tente d’utiliser cet argument pour ne pas manger ses épinards ?Vous pouvez lui dire qu’il devrait manger plus de un kilo du délicieux légume pour encourir un sérieux danger ! Quant à elles, les feuilles de rhubarbe contiennent environ 0,5 % d’acide oxalique.Il faudrait donc en ingérer encore plus pour être sérieusement incommodé.Quand même pas une raison pour les ajouter à notre menu.05 »CyberRessources Un amusant site Web sur la rhubarbe (botanique, culture, recettes) www.rhubarbinfo.com Pour tout savoir sur les plantes grimpantes www.botgard.ucla.edu/html/botanytextbo oks/lifeforms/climbingplants/index.html A lire en septembre i>: • ?: H# * 1 * VI V T: Bernard Arcand, professeur d’anthropologie à l’Université Laval, n’a pas participé à un congrès depuis bien longtemps.Brigitte Gemme a consacré le mois de juin à la procrastination dans les congrès, au lieu de rédiger son mémoire de maîtrise en sociologie à l’Université du Québec à Montréal.54 Québec Science ~ Juillet/août 2002 IJ21ÏÏ35 notre /echefcb yobra nfinj/a .—T, , :>§‘ï;V- ' • ’S J '*- * jk/ *¦ *¦ ¦ 'î :\ m / 6100 avenue Royalmount , Montréal (Québec) Canada H4P2R2 TÉt: (514) 496-6250 / Téléc.: (514) 496-5007 Courriel: bri@nrc.ca Santé Environnement Bioprocédés Conseil national National Research de recherches Canada Council Canada cmc tac Institut de recherche en biotechnologie Canada •I* ,r ¦¦ ft' mu-: m ».» Ç^Hydro Québec GUIDE A * Cet été, Hydro-Québec vous ouvre gratuitement les portes de 12 de ses installations.Pour des découvertes inoubliables, suivez le guide ! À Laval La centrale de la Rivière-des-Prairies 1 800 365-5229 En Montérégie La centrale de Beauharnois 1 800 365-5229 et l'Électrium 1 800 267-4558 Dans les Laurentides La centrale de Carillon 1 800 365-5229 À la Baie James L'aménagement Robert-Bourassa et la centrale La Grande-1 1 800 291-8486 En Abitibi-Témiscamingue La centrale de la Première-Chute (819) 949-4431 et les centres de formation et de téléconduite (819) 797-3195 Dans les îles La centrale des îles-de-la-Madeleine (418) 986-7276 Dans l'Outaouais La centrale des Rapides-Farmers 1 800 365-5229 Sur la Côte-Nord Le barrage Daniel-Johnson et les centrales Manic-5 et Manie-2 1 866 LA MANIC 1 800 ÉNERGIE ou le (514) 363-7443 www.hydroquebec.com/visitez Hydro Québec
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