Québec science, 1 janvier 1998, Supplément 1
HIVER 1998-1999 VOLUME 8, NUMERO 4 GEANTES ROUGES NAINES BLANCHES TROUS NOIRS y' WSSM I Billet Les étoiles ne sont pas à vendre.Jean-Pierre Urbain es étoiles coulent des jours paisibles dans l’immensité de l’espace, sirotant de l’hydrogène et recrachant doucement de l’hélium, telles des milliards de bombes atomiques qui exploseraient toutes en même temps ! Les plus vieilles s’activent ainsi depuis plus de 10 milliards d'années alors que les plus jeunes s'égaient joyeusement dans les gigantesques nuages de poussières qui les ont vus naître.Certaines étoiles sont encombrées de minuscules cailloux satellites ou de petites bulles de gaz.Et sur l’un de ces cailloux pullule une espèce étrange.Des créatures insignifiantes qui prétendent « connaître Dieu » et expfiquer l’Univers.Armées de leur seule et colossale logique déductive, elles esüment avoir été capables de dresser la carte de l’Univers et d’en déterminer l’âge.Quelle insolence ! Mais l’insolence ne s’arrête pas là.La stupidité des créatures non plus.Ni la naïveté de certaines.Sur Terre, on peut mamtenant « acheter » une étoile et l’offrir en cadeau à un être cher.Et les vendeurs d’étoiles — de vrais Sommaire 3 De choses et d’autres Les racines du ciel 4 Dossier Les étoiles : un album de famille 10 Carte du ciel I I À l’œil Constellations éternelles 12 Le saute-étoile Tourisme dans Persée 14 Aux premières loges Petites étoiles et supergéantes : une cohabitation pacifique 15 Astro Info Le montreur d’étoiles escrocs — prospèrent et prolifèrent : presque tout le monde connaît quelqu’un qui « possède » une étoile, convaincu que son certificat de propriété lui donne tous les droits.« Quelle Me de penser nous vendre ou nous acheter ! penseraient les étoiles.On peut comprendre que des organismes aussi minuscules tentent de s’associer ou de s’identifier à des êtres aussi sublimes que nous.Mais il est inutile de payer pour ça.C’est de l’escroquerie ! » Pour s’approprier les étoiles, il suffit simplement de lever les yeux vers le ciel étoilé un soir de très beau temps.Et pour percer les mystères qui entourent ces astres sublimes, on peut se joindre à un club d’astronomie.Là, de nouveaux amis passionnés et compétents ne demandent qu’à nous initier aux splendeurs du firmament.Le tout gratuitement ou pour presque rien.Pour en savoir davantage, on visitera le Planétarium de Montréal, l’Observatoire astronomique de Laval, l’AstroLab du mont Mégantic, le Centre Aster de Saint-Louis du Hal-Hal, l'Observatoire de Champlain à Trois-Rivières, le Centre Astro de Dolbeau, au Lac Saint-Jean, ou l’Observatoire du mont Cosmos.On pourra y assister à une présentation astronomique, faire de l’observation, parcourir d’intéressantes expositions et, surtout, obtenir des réponses à nos questions.Ce qu’un certificat de propriété bidon ne pourra jamais nous donner.¦ astrongæig Publié conjointement par la Revue Québec Science et Les Editions astronomiques, Astronomie-Québec est diffusé dans le magazine Québec Science, numéros d’avril, juillet, octobre et décembre.Préparation des contenus : Les Éditions astronomiques inc.Production : Québec Science Astronomie-Québec Directeur de la rédaction : Jean-Pierre Urbain Révision : Natalie Boulanger Graphisme : Normand Bastien Illustrations : Jean-Pierre Urbain Photos : Laurent Drissen, Eva Grebel, Anthony Moffat, Jay Ouellet, Planétarium de Montréal Textes : Laurent Drissen, Roger Gagnon, Jean-Paul Pelletier, Mario Tessier, Jean-Pierre Urbain Rédaction 4545, avenue Pierre-De Coubertin Casier postal 1000, succursale M Montréal (Québec) HIV 3R2 Téléphone : (514) 252-3038 Télécopieur : (514) 251-8038 Publicité Carole Martin Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Abonnements Magazine Québec Science Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Télec.: (514) 523-4444 courrier@QuebecScience.qc.ca Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada, ISSN I 183-5362 Répertorié dans Repère.© Copyright 1998 — Astronomie-Québec Astronomie-Québec est née en 1981 de la fusion de la revue Le Québec astronomique, fondée en 1972 par la Société d’astronomie de Montréal, et de Magnitude Zéro, fondée en 1977 par l’AGAA.Notre couverture Un gigantesque feu d’artifice cosmique produit par la collision de deux galaxies a donné naissance à plus d’un millier d’amas de jeunes étoiles.Formé par ces deux galaxies, la galaxie des Antennes, dont la photo a été prise par le télescope spatial Hubble, constitue un excellent laboratoire pour l’étude de la formation des étoiles et des amas d’étoiles.Jusqu’à présent, on croyait que les amas d’étoiles étaient les reliques des premières générations d’étoiles à se former dans une galaxie.Nous constatons maintenant qu’il n’en est pas toujours ainsi.Sur la photo, on aperçoit de vastes régions d’hydrogène qui s’entrechoquent, donnant ainsi naissance à des étoiles éclatantes.Photo : NASA, STScl 2 Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 De choses et d’autres Les racines du ciel La nomenclature astronomique dérive d’une variété de cultures passées et de langages : les traditions sumériennes, grecques, latines et arabes ont laissé des traces de leur folklore dans le ciel d’aujourd’hui.Mario Tessier // K I omen omen », disent les Latins : ^ I I le nom est un présage.Affecter un N nom, c’est attribuer un rang, un sort et un emblème.Car le nom est l’essence d’une chose et lui confère une existence propre au sein du monde des humains.C’est pourquoi, sans doute, peut-on envier la profession de cartographe, qui joue un rôle de divinité mineure au panthéon des démiurges littéraires.Aujourd’hui, les toponymes des objets célestes récemment découverts relèvent des astronomes de l’Union astronomique internationale.Mais de la Renaissance jusqu’au début de notre siècle, les nomenclatures célestes étaient l’apanage des cosmographes (du grec cosmos, signifiant univers) et des uranographes (du grec uranos, signifiant le ciel).La plupart des noms des étoiles nous viennent de l’Antiquité.En effet, bon nombre de désignations célestes, autant des constellations que des étoiles, ont été léguées à la culture gréco-latine par les Babyloniens et les Sumériens.Quelques-uns de ces noms remontent donc au moins au Ve millénaire avant notre ère.Ce sont les Grecs qui ont d’abord codifié, entre les Ve et H' siècles avant notre ère, les noms des constellations que nous utilisons encore aujourd'hui.Les Romains, un peu plus tard, ont repris ces appellations et les ont latinisées.Dans le catalogue stellaire de son Almageste, rédigé vers 150 de notre ère, Ptolémée dénombre 1 022 étoiles, dont seulement les plus brillantes portent des noms : des noms grecs comme Arcturus ou des noms latinisés comme Sirius, dont la racine grecque seirios signifie « brûlant ».Les autres astres ne sont identifiés que par leur position relative dans la figure de la constellation : l’étoile du coude droit d’Hercule, par exemple.Ce n’est qu’au Moyen Âge que les étoiles de plus faible magnitude recevront des noms des observateurs arabes, qui se servent de ces phares célestes pour calculer leur latitude et naviguer dans les mers de sable des déserts.Les astronomes des temps modernes ont utilisé des méthodes plus « rationnelles ».Johann Bayer, dans son Uranometria de Les étoiles de la Grande Ourse (en blanc) telles que les Chinois les désignaient il y a près de I 000 ans.1603, les nomma en fonction de leur importance relative dans les constellations ou, plus précisément, de leur éclat apparent, en utilisant l’alphabet grec pour déterminer l'ordre des étoiles.Ainsi, Sirius devint Alpha Canis Majoris, c’est-à-dire la première étoile de la constellation du Grand Chien.Comme plusieurs constellations contiennent plus de 24 étoiles, ce qui correspond au nombre de lettres dans l’alphabet grec, on se servit également de l’alphabet latin.Cependant, au fur et à mesure que les nouveaux instruments astronomiques exploraient les profondeurs du ciel, on dut adopter d’autres méthodes pour nommer toutes ces nouvelles étoiles.En 1712, le catalogue stellaire de John Flamsteed contenait 2 866 étoiles.Il utilisait alors des désignations littérales et un numéro par- ordre croissant d’ascension droite.Sirius devint ainsi 9 Canis Majoris, c’est-à-dire la neuvième étoile de la constellation du Grand Chien, comptée à partir de la bordure ouest de la constellation vers l’est.D’autres catalogues stellaires suivirent, et Sirius fut successivement pour les astronomes HD 48915 (Henry Draper Star Catalog), HR 2491 (Harvard Revised Bright Star Catalog), SAG 151881 (Smithsonian Astrophysical Observatoiy Star Catalog) et ADS 5423 (Aitken Double Stars Catalog).La liste n’est pas exhaustive puisqu’il existe des centaines de catalogues astronomiques, chacun proposant ses propres dénominations.Les amateurs peuvent d’ailleurs obtenir gratuitement les fichiers électroniques de la plupart d’entre eux sur les serveurs FTP de la NASA (ftp://adc.gsfc.nasa.gov/pub/adc/archives/catalogs/) ou sur le site Web du Astronomical Data Center (http://adc.gsfc.nasa.gov/).¦ Mario Tessier est bibliothécaire de référence à Ville de Laval.Cet astronome amateur s’intéresse tout particulièrement à l’archéoastronomie.Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 3 §iü ¦ S'ii Dossier De nos jours, grâce à de puissants instruments d’observation, les astronomes ont pu constituer un album de famille exceptionnel des étoiles.Astronomie-Québec vous présente ici quelques-unes de ces remarquables photos, qui montrent les étoiles à différents moments de leur existence.Jean-Pierre Urbain Lorsqu’on observe le ciel la nuit, on constate que les étoiles ne brillent pas toutes avec le même éclat.En y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’elles n’ont pas toutes la même couleur.Ces différences dépendent de leur luminosité et de leur température, deux facteurs dont les astronomes se sont servi pour classer les étoiles (voirie diagramme Hertzprung-Russell ci-contre) .À partir de cette classification, ils ont également pu déduire les grandes étapes de leur vie, un peu comme un biologiste peut retracer les grandes lignes de l’évolution d’une plante à partir de différents spécimens.Les étoiles naissent de la contraction de gigantesques nuages de gaz et de poussières.Lorsque la chaleur et la pression atteignent un certain degré, des réactions thermonucléaires s’amorcent au centre des étoiles, ce qui leur permet de rayonner.Toute sa vie, une étoile transformera en son cœur de l’hydrogène en hélium, dissipant de l’énergie dans toutes les directions.Cette force d’expansion de la matière stellaire est équilibrée par la force de gravitation.Les réactions vont se poursuivre pendant des centaines de millions, voire des milliards d’années.En effet, quelques très vieilles étoiles demeurent toujours les fidèles témoins des premiers instants de TUnivers.La durée de vie d’une étoile dépend de la taille du nuage de gaz qui lui a donné naissance.Plus elle est importante, plus l’étoile sera massive, plus les réactions thermonucléaires seront intenses et plus brève sera sa vie.De Capella Magnitude O Sinus A Classe spectrale 10000 Séquence principale 0,0001 +15 L_^_ Température de surface +20000,’K Soleil Le diagramme Hertzprung-Russell Ce graphique mérite qu'on s’y arrête quelque peu : il est une clé de notre compréhension de l’évolution des étoiles.Le diagramme Hertzsprung-Russell porte le nom de ses concepteurs, deux astronomes qui, au début du siècle, ont eu l’idée, chacun de son côté, de représenter les étoiles sur un graphique en fonction de leur température (en bas, de gauche à droite) et de leur éclat (à gauche, de bas en haut).Première constatation : plus de 90 % des étoiles — dont notre Soleil — se répartissent suivant une courbe appelée séquence principale.Le diagramme met en évidence d’autres paramètres qui caractérisent les étoiles.L’échelle de droite donne la masse de l’étoile par rapport à celle du Soleil.En haut du diagramme, les principales classes spectrales, qui indiquent l’intensité du rayonnement, sont indiquées par des lettres majuscules.façon générale, très rares sont les étoiles qui ont plus de 100 fois la masse de notre Soleil, de même qu’aucune étoile n’est plus de 10 fois plus « légère ».À cette taille, la pression et la chaleur sont insuffisantes pour déclencher les réactions nucléaires productrices de chaleur et de rayonnement.Si l’étoile est très massive (environ 4 fois plus que la masse du Soleil), les processus thenuonucléaires lui permettront de transformer la matière en éléments toujours plus lourds, jusqu’à obtenir du fer.Elle finira ses jours par une gigantesque explosion dont ne subsistera que le cœur très dense de l’étoile qui se contractera pour donner une étoile à neutrons ou, si la masse de l’étoile dépasse 10 masses solaires, un « trou noir ».Ce dernier doit son nom au fait que l’attraction gravitationnelle y est si forte que même la lumière ne panient pas à s’en échapper.Si la masse de l’étoile est inférieure à celle du Soleil, l’étoile s’éteindra lorsqu’elle arrivera au bout de son hydrogène, ne laissant dertière elle que des débris inactifs.Enfin, pour notre Soleil et la grande majorité des étoiles qui ont une masse comparable (jusqu’à quatre masses solaires environ), l’hélium, plus lourd que l’hydrogène, s’agglutinera au centre des étoiles, provoquant ainsi une augmentation de la chaleur qui fera gonfler les étoiles jusqu’au stade de géantes rouges.Ensuite, les étoiles se recroquevilleront lentement et deviendront des naines hanches.4 Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 VN07IVV.0 JlISVlAINn ’VSÏN Dossier I La naissance Les étoiles voient le jour dans des régions riches en gaz et en poussières, soit dans des nébuleuses ou à proximité d’autres étoiles.wit; * „ Embryons d^toriles dans Nid Prise par le télescope spatial Hubble, cette image montre des étoiles sur le point de sortir de leur coquille de gaz.Les brumes filamenteuses bleuâtres, produites plàr l'évaporation du nuage, mettent à jour de petits globules de gaz.Le diamètre de ces globules est de plusieurs fois celui de notre Système solaire.Au cœur de ces cocons se trouvent vraisemblablement de futures étoiles.La pouponnière d’Orion Située à I 500 années-lumière de la Terre, la grande nébuleuse d’Orion, constituée d’hydrogène, d’hélium et d’oxygène, abrite des milliers d’étoi- iles naissantes.Hubble y a découvert de jeunes étoiles entourées de gaz et de poussières, qui donneront peut-être naissance à des systèmes de planètes semblables au nôtre.I 7 Procréation stellaire À gauche, une image prise depuis le sol en lumière visible de la nébuleuse du Cône.A droite, une image infrarouge de la portion comprise dans le rectangle prise par Hubble.Cette dernière montre une étoile brillante et massive qui, par éjection de gaz et de poussières, a engendré la formation d’étoiles plus petites que l’on aperçoit à sa droite.Ces étoiles sont, aux longueurs d’onde de la lumière visible, dissimulées par la poussière stellaire.Seul le rayonnement infrarouge qui traverse facilement cet obstacle permet de les observer.La formation d’étoiles est contagieuse f Des recherches menées à l'Observatoire du mont Mégantic et au Télescope Canada-France-Hawaï ont permis de déterminer les différences d’âge entre diverses régions d’étoiles jeunes et massives observées dans une galaxie « à sursauts », un type de galaxie particulièrement propice à la formation d'étoiles.Les différences d’âge et la distribution spatiale des étoiles jeunes par rapport aux étoiles plus vieilles donnent à penser que la naissance des jeunes étoiles est liée à l’explosion de supernovas ou au vent stellaire d’étoiles plus anciennes.Ces observations suggèrent que la formation d'étoiles se propage à la manière d’une maladie contagieuse, souligne Daniel Devost, un astrophysicien qui a participé aux recherches.Ce phénomène peut très bien se produire dans la Voie lactée, et une partie des éléments qui composent chimiquement notre Soleil et dont nous sommes constitués peuvent avoir été transmis par « contagion » d’une région lointaine.Nos origines pourraient remonter bien plus loin qu'on ne le pense.Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 5 Dossier adulte À quoi se résume la vie d’une étoile ?À transformer inlassablement les gaz qui la composent en matériaux de plus en plus complexes.Toujours plus loin Pendant longtemps, on n’a pu observer que les étoiles de notre Galaxie, les autres galaxies apparaissant comme des taches lumineuses un peu floues.C’est en 1924 qu’Edwin Hubble parvint, grâce à un télescope plus puissant, à voir des étoiles dans la galaxie voisine d’Andromède, prouvant ainsi l’existence d’autres galaxies.De nos jours, le télescope spatial Hubble, nommé ainsi en l’honneur du célèbre astronome, capte la lumière d’étoiles situées à plus de 100 millions d’années-lumière.Ici, la ronde des supergéantes bleues autour du noyau de la galaxie M100 située à 50 millions d’années-lumière de nous.* La fureur de vivre Située en direction du centre de notre Galaxie, dans la constellation du Sagittaire, cette supergéante bleue produit en six secondes autant d’énergie que notre Soleil en un an.À sa naissance, Pistol Star faisait 200 fois la masse du Soleil.Un véritable mastodonte ! Depuis, elle expulse régulièrement et violemment de la matière, perdant ainsi beaucoup de sa masse — elle n’est d’ailleurs plus que 100 fois plus massive que le Soleil.En haut de l’image, la nébuleuse en forme de pistolet est le résultat de ces gigantesque£èruptions.ÎU jPpf;' J' 6 Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 En pleine maturité Le Soleil est l’étoile la plus proche de nous (8 minutes-lumière) et aussi la plus familière.Son observation méthodique permet de mieux comprendre 90 % des étoiles qui lui sont apparentées On voit ici la couronne solaire observée aux rayons X.La plus petite étoile connue Dix fois moins massive que le Soleil et 60 000 fois moins brillante, Gliese 623 B est sans doute l’une des plus petites étoiles de notre Galaxie.Située à 25 années-lumière de nous dans la constellation d’Hercule, elle fait partie d’un système d’étoile double où les deux composantes se trouvent à près de deux fois la distance qui nous sépare du Soleil.La petite étoile accomplit une révolution autour de son compagnon tous les quatre ans.I La fin es< proche Au crépuscule de son existence, Bételgeuse est une supergéante, la prochaine étape que vivra notre Soleil.Actuellement, son diamètre est des milliers de fois plus grand que celui du Soleil.En fait, si Bételgeuse occupait sa place, elle couvrirait tout le Système solaire, jusqu’à l’orbite de Jupiter.Autre particularité : cette image prise par Hubble montre pour la première fois la surface réelle d’une étoile.Jusqu’à maintenant, les instruments d’observation ne permettaient pas de voir autre chose qu’une source lumineuse.Dimension de l’étoile Dimension de l’orbite de Jupiter à la même échelle Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 7 TÉLESCOPE CANADA-f RANCE-HAWAII NASA, FRED WALTER.UNIVERSITÉ DE NEW YORK Dossier La mort Dans la majorité des cas, les étoiles connaissent une fin cataclysmique : une gigantesque explosion suivie d’un effondrement qui engendre, selon leur masse, une naine blanche, une étoile à neutrons ou un pulsar, ou encore un trou noir.* Dépouille d’étoile Une étoile à neutrons (RXJ185635-3754) esseulée dans l’espace.Prise au rayonnement visible par Hubble, cette photo est le premier regard direct sur ce type d’étoile.Une étoile, ou ce qu’il en reste, dont la température à la surface atteint plusieurs milliards de degrés Celsius et dont le diamètre n’est que de 28 kilomètres.La force gravitationnelle y est si grande qu’elle provoque la fusion des électrons et des protons en neutrons.Phase terminale Blottie au cœur d’une constellation visible de l’hémisphère Sud, à 7 500 années-lumière de nous, Êta de la Carène abrite des phénomènes astronomiques d’une incroyable violence — signes de son explosion imminente —, comme en témoignent les deux lobes de gaz et de poussières qui s’étendent sur plus de 5 000 milliards de kilomètres de part et d’autre de l’étoile.En fait, on ne sait pas avec certitude s’il s’agit là de l’œuvre d’une seule ou de plusieurs étoiles.S’il n’y en avait qu’une, on estime qu’elle aurait une masse équivalente à plus de I 00 Soleils.Certains parlent même de 150.Sianal sonore • Il y a 955 ans, une étoile explosait dans la constellation du Taureau.Tout ce qui reste de l’étoile défunte est un pulsar, un objet super massif et de très petite taille, semblable à une étoile à neutrons, mais animé d’un mouvement de rotation rapide sur lui-même et produisant d’intenses signaux radio.Le pulsar de la nébuleuse du Crabe émet sur 33 millisecondes.I# 8 Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 A Dernier souffle Sans la constellation du Dragon, à 3 000 années-lumière de la Terre, une geante rouge a expulsé son enveloppe de gaz.Il ne reste plus, en son centre, qu’une naine blanche dont le cœur nucléaire illumine le gaz Dossier I ?La nébuleuse du sablier Aussi connue sous le nom de MyCn 18, cette jeune nébuleuse planétaire se trouve à 8 000 années-lumière de nous.On pense que c'est la présence d'un compagnon invisible qui serait à l'origine de sa forme singulière.O Célèbre et énigmatique Fruit de l’explosion d’une étoile discrète du Grand Nuage de Magellan (Sanduleak 69202) et observée pour la première fois par l’astronome canadien Ian Shelton, I 987A est la première supernova à être visible à l’œil nu depuis 1054.En 1997, le spectrographe d’Hubble a établi que de la matière provenant de la supernova a rejoint des volutes de gaz expulsées par l’étoile mère bien avant son explosion.Cette découverte laisse croire que la fin d’une étoile pourrait être marquée par plus d’une explosion.o Des nébuleuses planétaires.sans planètes Les nébuleuses planétaires se forment autour de certaines vieilles étoiles qui éjectent les couches externes de leur atmosphère.Comme les étoiles à l'origine des nébuleuses sont extraordinairement chaudes, elles produisent l’incandescence des gaz avoisinants.Plusieurs nébuleuses planétaires s'offrent à l'observateur comme de petits disques qui évoquent, à de petits grossissements, la forme de planètes.De là vient leur nom.V Reliques de soleils Deux photos de l’amas M4 dans la constellation du Scorpion.La photo de gauche a été prise par un observatoire terrestre alors que celle de droite, prise par Hubble, montre des naines blanches, de très vieilles étoiles à la fin de leur vie.Très massives et très chaudes, elles se refroidiront et pâliront lentement.Elles finiront par échapper à nos instruments d’observation, devenant de petites sphères de matière dégénérée qui hanteront à jamais les profondeurs du cosmos.Dans cinq milliards d’années, notre Soleil fera de même, fl Jean-Pierre Urbain est communicateur scientifique.Il dirige le magazine Astronomie-Québec et édite l’Annuaire astronomique depuis neuf ans.Il est également président de la Fédération des astronomes amateurs du Québec.Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 9 ' I Carte du ciel Nord Hiver 1998-99 Ciel visible 7 décembre à I h 22 décembre à 24 h 7 janvier à 23 h 22 janvier à 22 h 7 février à 21 h 22 février à 20 h 7 mars à 19 h La couleur des étoiles Les étoiles ne dégagent pas toutes la même chaleur.Leur couleur témoigne de leur température.Les rouges sont les moins chaudes (3 000°C), les bleues ont les températures les plus élevées (20 000°C et plus).Entre les deux, on retrouve notre Soleil (jaune : 6 000oC) et des étoiles de couleur blanche (I0 000°C).Grande Ourse ^ Chiens de Chasse .Lion\^ Régulus Hydre Femelle .Petite Ourse .Cephee Cassiopéfe^ Andromède Pégase Cancer .Gémeaux Castor ; Pollux^A.¦Lapella J| rSther Pléiades lauréate- H d£S_ , _ ~ - Aidébaran ' Poissons ^Saturne Jupiter Sous l’hori la carte Procyÿ* .Petit Chien geuse *.\~Torïon Baleine |®rius Grand Chien i Principaux événements astronomiques (HNE : heure normale de l’est) Date h Événement NOVEMBRE La Lune à l’apogée 0 au nord de la Lune Date h Événement JANVIER I 22 Pleine Lune (21 h 49) 3 8 La Terre au périhélie 5 10 Régulus à 0,2° au sud de la Lune 8 17 Mars à 4° au nord de Spica 9 9 Dernier quartier (9 h 22) 9 15 Mars à 3° au sud de la Lune II 7 La Lune à l’apogée 17 II Nouvelle Lune (10 h 46) 19 3 Vénus à 2° au sud de la Lune 21 18 Jupiter à 1,8° au nord de la Lune Date h Événement 24 24 26 27 31 Saturne à I La Lune au périgée Aidébaran à 0.6° au sud de la Lune au sud de la Lune 10 Astronomie-Québec / Hiver 1998 Évaluation des degrés de distance Le poing, que l’on tend à bout de bras, correspond à un arc de 10° au firmament.Dans les mêmes conditions, l’index couvre environ un degré.Notez que le diamètre apparent de la pleine Lune est d’un demi-degré.Nous encourageons les lecteurs qui désirent en savoir davantage à communiquer avec le club d’astronomie de leur région.13 13 17 1 18 23 20 16 26 19 27 20 30 12 DÉCEh 2 7 3 8 3 10 9 1 10 13 12 3 14 12 16 19 18 18 19 23 21 21 22 1 25 6 26 6 27 18 30 13 30 18 10 A 1 Saturne à 2° au nord de la Lune 14 Premier quartier (14 h 15) 16 La Lune au périgée 2 Aidébaran à 0,5° au sud de la Lune I I Pleine Lune (I I h 06) Comment se servir de cette carte du ciel.La carte permet d’identifier les principales constellations aux dates et heures indiquées.Elle peut être utilisée sans grandes modifications à une heure près de ces moments.Pour identifier les constellations visibles à l’ouest immédiatement après le coucher du Soleil, choisissez d’abord un site d'observation sans lumières gênantes.À l’aide d’une boussole, repérez l’ouest, puis placez le côté « ouest » de la carte dans cette direction.Les constellations représentées au-dessus de l’horizon ouest sont celles que vous découvrirez dans le ciel.Faites de même pour chacune des autres directions.Notez que le centre de la carte correspond au point situé juste au-dessus de votre tête, le zénith.Un bon conseil : s’il s’agit de votre première exploration du ciel étoilé, cherchez d abord les étoiles les plus brillantes.N’oubliez pas que la Grande Ourse (toujours visible sous nos latitudes) demeure un excellent panneau routier céleste.Régulus à 0,2 au sud de la Lune Pleine Lune (I h 58) Mars à 3° au sud de la Lune La Lune à l’apogée Dernier quartier (3 h 40) Nouvelle Lune (13 h 48) Jupiter à 3° au nord de la Lune La Lune à son périgée Vénus à 5° au nord de la Lune Saturne à 3° au nord de la Lune Vénus à 3° au nord de Saturne Équinoxe de printemps (20 h 46) FEVRIER I 20 Régulus à 0,3° au sud de la Lune 6 23 Mars à 3° au sud de la Lune 4 La Lune à l’apogée 8 7 Dernier quartier (6 h 58) Date h 16 2 18 1 18 11 20 10 20 10 22 22 23 8 23 16 MARS 1 5 2 2 6 21 8 0 10 4 17 14 18 6 19 19 19 20 19 22 20 16 20 21 Constellations éternelles En cette fin du millénaire, l’observation du ciel nous donne l’occasion de renouer avec les images qui accompagnent l’humanité depuis plus de 2 000 ans et qui l’accompagneront bien longtemps encore.Roger Gagnon Au coucher du soleil, on peut admirer les deux plus grosses planètes du Système solaire, Jupiter et Saturne.Ces noms viennent de la mythologie romaine, elle-même inspirée de la mythologie grecque.Jupiter, fils de Saturne, détrôna son père et devint lui-même père de plusieurs dieux.Son nom signifie d'ailleurs Dieu-Père ou Père des dieux.Jupiter trône dans le ciel, au sud, dans les Poissons.De magnitude -2, cette planète est plus brillante que Sirius, l’étoüe la plus lumineuse du ciel, qui se lèvera plus tard.Saturne se trouve à gauche de Jupiter, dans la même constellation des Poissons.Si les Poissons sont invisibles en ville — ils sont composés de toutes petites étoiles de rnagnimde 4 et 5 —, il ne faut pas les négliger pour autant.Selon des recherches récentes, cette constellation aurait été identifiée de 5 000 à 6 000 ans avant J.-C.environ.La précession des équinoxes, c'est-à-dire le mouvement rétrograde des points équinoxiaux, a lentement fait glisser les constellations le long du zodiaque.Résultat : à cette époque, les Gémeaux, symboles de naissances multiples et de fertilité, étaient simés au point de l’équinoxe de printemps, où sont actuellement simés les Poissons.Ces derniers se trouvaient alors au point le plus bas du zodiaque, celui du solstice d’hiver.On appelait cette région basse « l’océan du ciel ».Presque toutes les constellations qu’on y trouve portent d'ailleurs des noms en relation avec l’eau (Verseau, Baleine, Poisson austral, Dauplùn).Aussi, elles sont généralement assez pâles, comme si elles se perdaient dans l’océan.Plus tard dans la soirée, apparaissent les belles et brillantes constellations d’hiver, qu’on regroupe généralement sous le nom d’hexagone d’hiver.Le centre de l’hexagone, c’est Bételgeuse, dans Orion.Le haut est formé par Capella, qui nous surplombe vers 22 h.En descendant vers le sud, on rencontre Aldébaran, dans le Taureau, puis Rigel, le pied d’Orion, et la brillante Sirius, dans le Grand Chien.On remonte ensuite vers Procyon du Petit Chien et Pollux des Gémeaux, qui complètent l’hexagone.Voilà sans aucun doute la plus belle collection d’étoiles brillantes qu’on puisse voir dans le ciel.Si on y ajoute les Pléiades, près d’Aldébaran, le seul amas d’étoiles bien visible à l'œil nu, et les trois étoiles de la ceinture d’Orion, très remarquables entre Bételgeuse et Rigel, on obtient un spectacle vraiment admirable, même sous les lumières des \illes.¦ Roger Gagnon est astronome amateur de longue date, bre à vie de la Société d’astronomie de Montréal.3 Télescopes ?Microscopes "l Fusées O Jumelles ?Initiation (514) 279-0063 Fax: (514) 279-9628 http ://www.microid .com/maison .htm e-mail: rlotte@interlink.net VENTE et location deTÉLESCOPES La Maison de Montréal.Q,néfc>ec.H2R, 2!P3 ,79r74, me St-Hnbert, ?Caméra CCD “i Affiches H Atlas ?Volumes ?Loupes, etc.Le plus grand choix de jumelles et télescopes au Québec Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 I I Le saute-étoile Tourisme dans Pensée À l’image de son homonyme gaspésien, la constellation de Pensée est riche en attractions touristiques.célestes.Jean-Paul Pelletier Persée est la plus hâtive des constellations d’hiver.Située le long de la Voie lactée, elle suit immédiatement la constellation de Cassiopée.Persée est un formidable bazar débordant d’objets célestes, panni les plus impressionnants dans tout le ciel.Sortez vos jumelles, car Persée est un des meilleurs terrains de jeu pour ce genre d’instrument.Point de départ de notre tournée, une étoile brillante très facile à identifier à l’aide d’un cherche-étoiles.Algol, surnommée « l’étoile démon », est l’étoile variable la plus facile à observer, que ce soit au télescope, aux jumelles ou à l’œil nu.Elle brille habituellement à une magnitude de 2,1, mais tous les 2 jours 20 heures et 51 minutes environ, une compagne moms brillante passe devant elle, diminuant progressivement son éclat.Le phénomène dure une dizaine d’heures, jusqu’à ce qu’Algol atteigne une magnitude de 3,4 qu’elle garde pendant environ 2 heures.Pour surprendre ce clin d’œil du démon, il faut l’observer au bon moment.Le 1" décembre, Algol atteindra son minimum à 22 h 06.On peut aussi comparer son éclat avec celui de Gamma (y) d’Andromède, une étoile de même magnitude (2,1) située 12° plus à l’ouest.Si Algol vous paraît plus faible, c’est que le démon fait son clin d'œil ! L’Amas Double est sans doute l’objet le mieux connu dans Persée.Déjà, dans l’Antiquité, des observateurs en faisaient mention.Chacun des deux amas brille à une magnitude de 4,4 et fait 30’ de diamètre.Si vous ne les voyez pas à l’œil nu, cela n’augure rien de bon : toute observation du ciel profond sera médiocre.Le plus à l’ouest des deux amas (NGC 869) contient près de 200 étoiles et est distant d’environ 7 100 années-lumière.L’autre amas (NGC 884) contient 150 étoiles et est situé à 7 500 années-lumière.Les étoiles de ces deux amas sont jeunes : elles font respectivement 5,6 et 3,2 millions d’années.L’Amas Double est bien plus qu’un amas, 12 Astronomie-Québec / Hiver 1998-1999 heures même multiplié par deux.C’est un objet céleste d’une richesse incomparable, dominé par une multitude d’étoiles bleues et blanches.De plus, quelques-unes Variation de luminosité d'Algol bri]lent dans des teintes subtiles de jaune et d’orange, donnant ainsi à l’ensemble l'apparence d’un double monceau de pierres précieuses.On se croirait dans la caverne d’Afi Baba ! N’importe quel instrument en donne une vue éblouissante, à la condition de maintenir le grossissement dans des limites raisonnables (20X à 40X).Pour bien faire ressortir les teintes des étoiles, il faut cependant utiliser un instrument d’au moms 100 mm de diamètre.Pour trouver l'Amas Double, pointez votre instrument sur la tache brumeuse située à 7° au sud-est de Delta (8) et d’Epsilon (e) de Cassiopée.L’hiver venu, plusieurs sont découragés de sortir au grand froid pour observer le ciel.Pourtant, le ciel d'hiver comporte de nombreux avantages.D’abord, on peut commencer à observer très tôt.Ensuite, l’atmosphère est souvent très transparente.Enfin, il est rempli d’objets grandioses, comme ceux de Persée.Pour profiter de ces avantages, il suffit de bien se vêtir.On ne le regrette jamais.¦ Astronome amateur depuis une douzaine d’années, Jean-Paul Pelletier est un membre très actif du club Les vagabonds du ciel de Lanaudière.Il est l’auteur d’une brochure intitulée Quarante
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