Québec science, 1 janvier 1998, Supplément 1
Matériaux Plastiques Sports Santé Rlimentation Habitat Technologies Société pour la promotion de la science et de la technologie Rge des plastiques Rtome Beatles Big Bang Biocompatible Biostable Caoutchouc Cœur artificiel Colomb, Christophe Composites Cordes d’escalade Croûte terrestre Design Disquette informatique Électrons Entropie Espadrille Essences de bois Familles d’éléments Fibre optique Flamant rose Frères Fumière Frisbee Fuller, Buckminster Goodgear, Charles Gutta-percha Imperméable Insectes Inspection des matériau» Implants polgmériques Kayak Lego Lentilles de contact Liaisons chimiques Métau» Météorites Micro-ondes Microscope électronique Molécules Moules Numéro atomique Pasteur, Louis Patins à roues alignées Peintures Pétrole Polgmères naturels Recyclage Réflecteurs de lumière Sauteurs à la perche Semi-conducteurs Sériculture Supraconducteurs Tableau périodique Terre Toit du Stade olgmpique Uélos üitamînes Uitrau» ¦H /'"N Hydro 'ov.Québec idees qui prennent forme Du l" au 16 mai 1998, la Quinzaine des sciences explorera le monde des objets, le monde des matériaux.De l'utilisation à l'état brut de la peau de bête, des os, du bois ou des pierres à l'apprentissage de la construction de la matière condensée à partir des atomes, la Quinzaine vous rappellera que l'histoire de l'humanité s'identifie complètement avec celle des matériaux utilisés aux différentes époques.1 ADN des Ioniques coualentes métalliques matériaux par Philippe Chartier Pratt & Whitney Canada Une société de United Technologies Aluminium Troisième élément le plus abondant sur Terre, l'aluminium a toutefois beaucoup tardé à se faire connaître.Ce n'est qu'en 1825 qu'il est extrait pour la première fois, et ce, en petites quantités.Léger et résistant à la corrosion, l'aluminium est considéré dès le début comme un métal pouvant révolutionner l'industrie et la vie quotidienne.à condition de trouver le moyen de le produire de façon économique ! Jusqu'au début du XXe siècle, l'aluminium était un métal rare et précieux : en 1884, il coûtait aussi cher que l'argent ! Les bien nantis s'en faisaient des bijoux et des lunettes pour aller à l'opéra.Comble du luxe.Napoléon III possédait un service complet de couverts en aluminium ! Si le précieux métal n'a été exploité que sur le tard, c'est que les minerais d'aluminium comme le corindon, la gibbsite et la bauxite ne livrent pas leur trésor facilement.Habituellement présents sous la forme d'un oxyde — appelé « alumine » (Al203) —, les atomes d'aluminium entretiennent des liens extrêmement tenaces avec l'oxygène.Pour rompre leur étreinte, il faut recourir à des réactifs très puissants, tels que le sodium ou le potassium, qui sont aussi fort coûteux.En 1886, chacun de son côté, le Français Paul L.T.Hérault et l'Américain Charles Martin Hall trouvent la solution : la fée électricité ! Dans une sorte de pile électrique géante contenant du minerai fondu, on plonge une électrode de carbone.Grâce à un puissant courant électrique, l'oxygène se combine avec le carbone de l'électrode et l'aluminium tombe au fond de la pile où il suffit de le siphonner ! Avec l'invention de ce procédé « électrochimique », la production d'aluminium peut enfin se faire de façon économique, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses applications.Bandes dessinées Superman, surnommé « The Man of Steel »; l'invincible Iron Man avec son armure blindée; Mr.Fantastic, | l'homme élastique des Fantastic Four; Spiderman, l'homme-araignée qui embobine les méchants dans sa toile synthétique c et hyperélastique.Avouons-le, il y aurait de quoi écrire une | thèse sur tous ces personnages de bandes dessinées et sur les = matériaux qui les ont inspirés.Battre comme plâtre Fort commode pour boucher les trous dans les murs ou pour immobiliser les membres fracturés, le plâtre aurait vu le jour il y a 8 000 ans.Depuis, la recette n'a guère changé.D'abord, on pulvérise du gypse, une roche riche en oxyde de calcium (CaO) et très friable, en le battant violemment — d'où l'expression « battre quelqu'un comme plâtre ».Ensuite, on « gâche » la poudre blanche en y ajoutant de l'eau.On obtient une pâte qu'il faut se dépêcher de badigeonner et d'étaler avant que le mélange durcisse en séchant.Borax et Pyrex Découvert au Tibet à une époque reculée, puis exporté en Europe sous le nom de tinkal, le borax, ou tétraborate de sodium, est un minéral aux multiples usages.Dissous dans l'eau, il forme une solution alcaline et antiseptique qu'on peut utiliser comme désinfectant, détergent ou adoucisseur d'eau.Très apprécié en soudage car il facilite la fusion des métaux, le borax aide à dissoudre la couche d'oxyde métallique, laissant ainsi une surface bien propre pour La soudure.Autre usage méconnu : le verre résistant à la chaleur, le Pyrex, contient 30 % de borax.Bien qu'il soit surtout connu pour son rôle dans la cuisine, le Pyrex a aussi été utilisé à des fins plus glorieuses : en 1948, pour fabriquer l'immense miroir de cinq mètres de diamètre du télescope du mont Palomar, les ingénieurs ont jeté leur dévolu sur le Pyrex, un matériau révolutionnaire à l'époque.Cest Iâge.Nous sommes en 1816.Christian Thomsen, directeur d'un musée danois, est bien embêté : il cherche à classifier les différentes pièces préhistoriques de son musée.Après mûre réflexion, il adopte les appellations « âge de pierre », « âge du bronze », « âge du fer ».Une idée qui fera histoire.Composites En 1906, le record olympique du saut à la perche était de 3,40 m.Quatre-vingt-dix ans plus tard, il a presque doublé, passant à 5,92 m ! Cas flagrant de dopage ?Non, il s'agit simplement d'un exemple parmi tant d'autres des prouesses des composites.Les sauteurs ont remplacé la traditionnelle perche en bois par une perche en fibres de carbone.Très versatiles, les composites tirent parti des mariages les plus hétéroclites : fibres de carbone et plastique thermodurcissable, fibres de verre et résine, fibres de silice coulées dans de l'aluminium, aiguilles de carbure de tantale dans une matrice de nickel.il y en a pour tous les goûts ! Les matériaux composites 2 L'ADN des matériaux / Mai 1998 sont devenus extrêmement populaires, car ils possèdent des propriétés remarquables.Leur résistance mécanique est exceptionnelle de même que leur résistance à la corrosion, et ils sont d'une légèreté à faire pâlir une poutre d'acier.Disquette informatique Support électronique par excellence, l'omniprésente disquette est simplement une galette de polyester recouverte d'oxyde ferrique, une substance pouvant demeurer aimantée (l'auguste ruban magnétique suit le même principe).La tête de lecture/écriture de l'ordinateur inscrit les données sur la disquette sous forme de bits, ces incontournables 0 et 1 dont raffolent les informaticiens, en modifiant l'orientation des particules d'oxyde ferrique, comme s'il s'agissait de boussoles microscopiques.Lorsque les particules pointent dans une direction, c'est un « 1 », tandis que la direction opposée signifie « 0 ».Une disquette peut contenir de quelques centaines de milliers à plus d'un million d'octets (8 bits = 1 octet).Pour protéger le revêtement magnétique de la disquette et ses précieux octets, on enveloppe le tout dans une jaquette en plastique.Bref, la société de l'information, c'est la fête du plastique ! Du béton et des jeux Après l'eau, l'humble béton est le matériau le plus utilisé sur Terre : la consommation de béton sur la planète s'élève à deux mètres cubes par habitant par année ! Le mot béton vient du latin bitumen, qui signifie « agglomérat ».Il s'agit en fait d'un savant mélange de graviers (le granulat) dans une pâte durcie de cristaux de silicates de calcium hydratés, de monosulfates mixtes de calcium et d'aluminates de calcium hydratés.Les Romains ont été les premiers à expérimenter cette recette.En ajoutant de l'eau à de la cendre volcanique (la pozzolana) ou à du carbonate de calcium (le principal élément des coquillages, de la craie et de la pierre à chaux), ils obtenaient une substance pâteuse qui, en séchant, se transformait ni plus ni moins en ; pierre artificielle.La forte adhésion des cristaux entre eux et avec les éléments du granulat procure au béton une résistance considérable à la pression.Un béton ordinaire peut supporter jusqu'à quatre kilos par millimètre carré.Les super bétons modernes peuvent, quant à eux, résister à des charges de 80 kg par millimètre carré ! Par contre, le béton répond moins bien à la traction : sa résistance est alors 10 fois plus faible.D'où l'invention du béton armé dans lequel on insère des tiges de fer entrecroisées auxquelles adhèrent très bien les cristaux.Armature de fer pour la traction et béton pour la compression : avec une telle combinaison, le béton armé peut faire face à presque toutes les contraintes.Les propriétés chimiques et physiques du béton en font un matériau extrêmement durable.C'est ainsi que, plusieurs siècles plus tard, on peut encore admirer les chefs-d'œuvre de l'architecture romaine, comme le Panthéon.Toutefois, comme bien d'autres choses, la formule du béton s'est perdue après la chute de l'Empire romain.Elle ne sera redécouverte qu'en 1824 ! Sous le nom de béton Portland, la nouvelle formule est à base de pierre à chaux calcinée et d'argile.Ductilité et malléabilité Si les métaux sont appréciés pour leur force, ce sont surtout leur malléabilité et leur ductilité qui les rendent intéressants.La « malléabilité » est cette propriété grâce à laquelle un métal peut être transformé en feuilles très minces — plus minces que le papier — sans qu'il y ait rupture.Dans le même ordre d'idées, la « ductilité » permet à un métal d'être étiré sans qu'il se rompe.Ainsi, lorsqu'il est soumis à de fortes contraintes, un métal ductile, tel que le plomb, peut se déformer considérablement.Et 2 centimètres cubes de platine peuvent être étirés en un fil de 80 000 km de long, soit 2 fois le tour de la Terre ! Ce tour de force réside dans la nature de la liaison métallique, qui permet aux couches d'atomes de glisser les unes sur les autres sans qu'il y ait rupture de la liaison.Fulmicoton La cellulose est le principal constituant de la fibre des plantes.Le coton, par exemple, est l'une des sources les plus pures de cellulose.Et en traitant de la fibre de coton à l'acide nitrique, on obtient une substance extrêmement volatile : le fulmicoton.Aussi appelé « nitrocellulose », « py-roxyle » ou « coton-poudre », le fulmicoton a été utilisé pendant quelque temps comme explosif, jusqu'à ce qu'il soit détrôné par la dynamite, un cocktail beaucoup plus stable de fulmicoton et de nitroglycérine.Fait peu connu : la pellicule cinématographique en celluloïd est une proche parente du fulmicoton.Inventé en 1869 par John Wesley Hyatt, le celluloïd était fabriqué avec du fulmicoton auquel on ajoutait du camphre, une formule que George Eastman, le père de la célèbre caméra Kodak, et son collègue Henry Reichenbach ont modifiée pour créer la première pellicule photographique.Transparente, flexible et pratique, la nouvelle pellicule a connu un grand succès.Seul problème : comme le fulmicoton, le celluloïd avait une fâcheuse tendance à s'enflammer ! Au début du siècle, plusieurs usines de celluloïd ont d'ailleurs été anéanties par des incendies.Beaucoup d'explosions au cinéma ?Tout s'explique ! LADN des matériaux / Mai 1998 3 Gilet pare balles Pour arrêter une balle de fusil, un blindage en acier peut faire l'affaire, mais, au rayon du prêt-à-porter, le kevlar est difficile à battre.Mis au point en 1965 par la firme Dupont de Nemours et commercialisé à partir de 1972, le kevlar est fait de fibres de « polyaramides », des polymères cristallins dont toutes les liai- • sons chimiques sont parallèles à l'axe de la fibre.Grâce à cette particularité, le kevlar possède une résistance phénoménale : comparée à un fil d'acier, une fibre de kevlar est deux fois plus solide pour une densité dix fois plus faible ! Bref, cela peut expliquer pourquoi les gardiens de l'ordre ont troqué la cotte de mailles contre la veste pare-balles tricotée en kevlar.Haute densité De la Terre, on aperçoit parfois des satellites artificiels sous la forme de minuscules points lumineux.Toutefois, dans les annales des matériaux, le premier objet de fabrication humaine à flotter dans l'espace et à être visible de la Terre autrement que sous la forme d'un point lumineux est un câble de polyéthylène à haute densité, long de 20 km et épais de 0,8 mm.Lâché dans l'espace dans le cadre d'une expérience de l'équipage de la navette américaine, ce long filament qui faisait 3 fois le diamètre de la Lune était visible à 300 km au-dessus de l'Équateur.En passant, le seul objet sur Terre visible de l'espace est le serpentin de la Grande Muraille de Chine.Inoxydable acier À la température ambiante, le fer pur a la mauvaise habitude de se combiner aisément avec l'oxygène et la vapeur d'eau pour former un mélange complexe d'oxydes et d'hydroxydes de fer que le commun des mortels appelle de la « rouille ».Comme la rouille forme une couche très friable et poreuse (une véritable passoire !), le processus d'oxydation peut se poursuivre sans s'inquiéter et ronger tout le fer à sa disposition.Pour stopper net la corrosion, il suffit que le fer cesse ses mauvaises fréquentations avec la vapeur d'eau et l'oxygène.Ironiquement, l'acier inoxydable mise sur la propriété de l'un de ses ingrédients, le chrome, de s'oxyder plus facilement que le fer ! En effet, le chrome migre rapidement vers la surface et forme une couche d'oxyde de chrome.Dure et étanche, cette couche protège l'acier contre la corrosion.Mieux encore : si on égratigne la surface, de nouveaux atomes de chrome se précipitent sur la « blessure » pour la « cicatriser » ! Bref, le chrome se grouille avant que ça rouille.ses Là où ça fait mal.Comme le rappelle l'histoire du colosse aux pieds d'argile, on a beau paraître puissant et invincible, il suffit parfois d'un détail pour connaître la catastrophe.Le Titanic, réputé insubmersible à l'époque, aurait souffert précisément de ce syndrome.Une équipe d'ingénieurs et d'architectes navals a émis l'hypothèse que le célèbre navire aurait été victime de ses.rivets.En effet, les rivets de 10 cm de long qui retenaient les plaques d'acier de la coque étaient de mauvaise qualité : le fer qui a servi à leur fabrication contenait beaucoup d'impuretés.Par conséquent, les rivets, plutôt fragiles, auraient cassé lors de l'impact avec l'iceberg fatidique, et la coque aurait pris l'eau par les « coutures » entre les plaques d'acier.C'est un problème qu'on ne risque guère de rencontrer aujourd'hui puisque, depuis la Seconde Guerre mondiale, les coques des navires sont soudées plutôt que rivetées.Liaisons dangereuses Autour du noyau atomique, les électrons forment des couches concentriques comme les pelures d'un oignon.À l'exception des gaz nobles, ces couches ne sont jamais complètes.Les atomes sont donc constamment à la recherche de partenaires pour combler leurs besoins en électrons.Lorsqu'ils s'associent, les éléments atomiques peuvent recourir à trois types de liaisons chimiques qui ont chacune des propriétés et des comportements caractéristiques.a) La liaison ionique ou le sadomasochisme des éléments Le sel de cuisine est l'exemple classique d'une liaison ionique.Il est constitué de deux éléments, le chlore et le sodium, qui se partagent des électrons pour combler les orbites externes de leur noyau.Seulement, comme le chlore est plus « vorace » que son compère le sodium, il lui arrache un électron pour devenir un ion négatif (Cl').Dépossédé d'un de ses électrons, l'atome de sodium garde le moral et devient un ion positif (Na*).b) La liaison covalente ou le partage équitable Dans ce type de liaisons, il n'y a pas de perdants : tous les atomes réussissent à saturer leurs orbites externes, grâce à la contribution de leurs voisins.Dans un cristal de diamant, par exemple, chaque atome de carbone partage quatre de ses électrons avec ceux de ses voisins.Les électrons sont mis en commun et personne ne tire sur la couverture, comme c'est le cas pour la liaison ionique.Il en résulte une liaison extrêmement forte et stable, ce qui explique la dureté remarquable du diamant.c) La liaison métallique ou l'amour libre chez les électrons Ici, c'est le désordre le plus complet.Les électrons cessent d'être localisés autour de leurs atomes respectifs.Ils se mélangent 4 L AON des matériaux / Mai 1998 allègrement pour former une sorte de « gelée » chargée négativement gui enrobe et cimente les noyaux positifs.Comme les électrons peuvent circuler comme bon leur semble, ils sont toujours prêts à se mobiliser lorsgu'un courant électrique se pointe le bout du nez.C'est ce qui explique pourquoi les métaux sont généralement de très bons conducteurs d'électricité.Polymères Durs ou élastiques, transparents ou opaques, pouvant imiter autant le cuir que l'ivoire, disponibles dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, les polymères sont les « matériaux caméléons » par excellence.Des élastomères, comme le caoutchouc, aux plastiques, comme la cellophane ou la bakélite, les polymères se divisent en une vingtaine de familles et sont offerts sous au moins 5 000 marques de commerce différentes.Pourtant, ils ont tous un trait en commun : ce sont des « macromolécules », des molécules géantes composées de milliers, voire de centaines de milliers, de petites molécules enchaînées les unes aux autres.Les éléments de base sont habituellement les mêmes : du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, de l'azote et du soufre.Selon leur provenance, on peut distinguer trois types de polymères.a) Les polymères naturels De nombreux polymères sont présents dans la nature sans qu'on s'en doute.Évidemment, il y a le caoutchouc que l'on produit grâce à la sève (latex) de l'hévéa, l'arbre à caoutchouc.Cependant, la cellulose des plantes, la corne, les poils, les cheveux et la fourrure sont également des poly- sents.Actuellement, les chercheurs tentent de mettre au point des polymères pouvant modifier leur comportement selon l'acidité, la température, le voltage, la concentration en sel ou la pression auxquels on les soumet.Ces « polymères intelligents » pourraient être employés, croit-on, en robotique ou en bionique pour créer des muscles synthétiques.Rien ne se perd mères formés de longues chaînes de protéines ou de molécules de carbone.b) Les polymères artificiels Profitant des largesses de la nature, les chimistes ont créé leurs premiers polymères artificiels en modifiant des substances naturelles : le caoutchouc vulcanisé, par exemple, est obtenu en traitant du latex avec du soufre.La cellophane, le celluloïd et la rayonne sont tous des polymères tirés de la cellulose.La galalithe (ou « pierre de lait ») est obtenue à partir de la caséine, une protéine du lait, que l'on traite au formol.Le tableau périodique compte plus d'une centaine d'éléments, dont 90 environ sont naturellement stables.Dans la quête de nouveaux matériaux, on peut découvrir des combinaisons inédites ou modifier d'anciennes formulations, mais on ne peut jamais créer ni détruire d'atomes : on se retrouve toujours avec la même quantité de matière.Le principe de conservation de la masse est strictement respecté dans toutes les réactions chimiques, à l'exception des réactions nucléaires.Supraconducteurs En 1911, après avoir plongé un fil de mercure dans de l'hélium liquide à -273 “C, le physicien hollandais Heike Kammerlingh Onnes observe un curieux phénomène : son fil de mercure devient un conducteur parfait, c'est-à-dire qu'il laisse passer l'électricité sans perte d'énergie ni dissipation de chaleur ! Onnes note le phénomène, mais comme il ne se produit qu'à de très basses températures, les applications pratiques sont difficiles à imaginer.En 1973, les chimistes parviennent à réaliser un bond prodigieux, grâce à un alliage de niobium et de germanium (Nb3Ge) qui devient supraconducteur lorsqu'on abaisse la température à « seulement » -250 °C ! En 1986 et en 1988, des céramiques à base d'oxyde de cuivre (le BaLaCuO et le TIBaCaCuO) permettent de monter successivement la barre à -243 °C et -148 °C.Le record (-140 °C) est actuellement détenu par un oxyde à base de mercure (HgBa2Ca2Cu30) découvert en 1993.Les chercheurs espèrent éventuellement atteindre des températures voisines de la température ambiante.Les supraconducteurs deviendraient ainsi le matériau idéal pour le transport de l'électricité sur de grandes distances puisque les pertes d'énergie seraient pratiquement nulles.Ils pourraient aussi permettre la fabrication de super aimants.Les concepteurs de train à lévitation magnétique ne demandent pas mieux.c) Les polymères synthétiques Inexistants dans la nature, les polymères synthétiques sont obtenus par une opération chimique, la synthèse, qui consiste à fabriquer des macromolécules à partir de molécules simples, les « monomères ».Par exemple, le polyéthylène est une macromolécule que l'on synthétise à partir des molécules du gaz éthylène.La plupart des plastiques synthétiques proviennent de dérivés du charbon, du pétrole ou du gaz naturel.Légers, résistants aux acides et aux solvants, efficaces comme isolants électriques, les polymères sont maintenant omnipré- Pour la rentrée scolaire L'ADN des matériaux sur Internet 12 mois d'aventures dans le monde des objets, le monde des matériaux.À compter de septembre 1998.www.spst.org Un projet de La Société pour la promotion de la science et de la technologie, de Pratt & Whitney et d'industrie Canada.L'ADN ties matériaux / Mai 1998 5 Tasse de thé A [a fin du XVIIP siècle, Josiah Wedgewood, un nom devenu synonyme d'excellence en Grande-Bretagne, a révolutionné le monde de la porcelaine en mettant au point le pyromètre, un dispositif qui contrôle la température de cuisson dans les fours.Wedgewood a pu ainsi produire une porcelaine de qualité aux propriétés exceptionnelles, notamment une très grande résistance à la compression.À preuve, quatre tasses à thé Wedgewood peuvent supporter le poids d'un tank ! Malheureusement, la porcelaine montre beaucoup moins de résistance à la tension.Si on échappe ou frappe une tasse, l'énergie du choc provoque une tension entre les cristaux de porcelaine.De petites failles apparaissent entre les cristaux, et c'est le début de la fin : les failles s'élargissent jusqu'à ce que la tasse vole en éclats.Un peu de l'énergie se transmet alors en vibrations dans l'air.et se fait ainsi entendre le bruit terrible de la vaisselle qui se casse.Tente, femme et chien Les météorites viennent en trois saveurs : les aérolithes, qui contiennent uniquement de la pierre, les sidérolithes, dont la pierre est incrustée de petits noyaux de fer, et les sidérites, faites exclusivement de métal — habituellement du fer avec un peu de nickel.Le fer provenant des sidérites a certainement constitué l'une des premières sources d'approvisionnement du métal gris.Pour pouvoir atteindre le sol et faire la joie d'un géologue, les météorites doivent peser plus de cinq kilos.La plupart nous arrivent sous forme de grenailles, mais des poids lourds se rendent parfois jusqu'à nous.En 1895, au bord de Melville Bay, au Groenland, l'explorateur Robert E.Peary a découvert la plus grosse météorite connue : un bloc de plus de 36 tonnes de fer presque pur et deux plus petits blocs de 3,5 tonnes chacun.Les Inuits, qui avaient baptisé ces blocs « la Tente, la Femme et le Chien », les exploitaient depuis longtemps : ils en prélevaient des morceaux qu'ils fixaient à des os et à des défenses de morse pour en faire des outils tranchants.Depuis leur découverte par l'explorateur, « la Tente, la Femme et le Chien » ont traversé l'Atlantique pour aller s'établir aux États-Unis.Ils sont actuellement exposés au Planétarium du Musée d'histoire naturelle de New York.par un facteur de 20 pour obtenir 32 000 mètres.Seul problème : c'est la croûte terrestre qui risque de s'effondrer ! Qu'il s'agisse d'un gratte-ciel ou d'une montagne, l'altitude maximale que peut supporter la croûte terrestre est de 10 000 mètres.(Actuellement, le plus haut gratte-ciel, la Tour Nina à Hong-Kong, mesure 468 mètres, et la plus haute chaîne de montagnes, l'Himalaya, fait environ 8 000 mètres.) L'entreprise de la Tour de Babel était donc vouée à l'échec dès le début, d'autant plus que les Anciens ne disposaient que de blocs de granit.Tour de Babel Quelle est La hauteur maximale d'un gratte-ciel ?Pour simplifier, prenons un édifice tout en béton d'une densité de 2 500 kg/m3.Comme le poids total s'exerçant sur la base de l'immeuble ne doit pas excéder la compression du béton, la hauteur maximale est de 1 600 mètres.Avec du super béton, on pourrait multiplier Vide Un millimètre cube de matière solide contient près de 10 milliards d'atomes.La masse de chaque atome est concentrée dans le noyau, dont le diamètre est 100 000 fois plus petit que celui de l'atome.En clair, cela signifie que la matière solide est constituée de 99 % de vide ! Pour participer à la Quinzaine des sciences Il suffit de communiquer avec l'un de nos bureaux régionaux pour obtenir la programmation ou de consulter notre site Web : www.spst.org Coordonnateurs régionaux Estrie Saguenay-Lac-Saint-Jean Québec Outaouais Est du Québec Mauri cie Province et Montréal Lyne Breton (819) 565-5062 Marcel Pomerleau (418) 668-4541 Pierre Quintin (418) 650-2881 Serge Beaudoin (819) 682-6279 Robert Siron (418) 724-1869 Benoit Gauthier (819) 536-4992 # 229 Valérie Cousinard et Patrick Beaudin (514) 873-1549 6 L'ADN des matériaux / Mai 1998 mssmaBBsm * 9 fii P^V n C7 Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Gouvernement du Québec Ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie y?.ISmailSSII a* Hydro Québec idees qui prennent forme aiPjB) O *11,*w>11**11‘,*“ O MERCK FROSST *1 —c- \ Société pour la k' promotion de ¦ la science et de r la technologie Une présentation du ministère de la Culture et des Communications Jour après jour, raluminium prend la forme des idées nouvelles.Les récents progrès techniques permettent, par exemple, de réduire l'épaisseur des canettes d'aluminium à moins de un dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, et de maintenir cette norme extrêmement précise sur toute la longueur d'une bobine standard de 17 km de long.Trois fois plus léger que l'acier, l'aluminium est désormais le matériau par excellence de l'industrie aéronautique.Et devinez en quoi sont faits les plus récents wagons de métro, les trains à grande vitesse et les nouveaux gratte-ciels?Avec l'aluminium, l'imagination a du pouvoir.L'avenir est si proche.ALCAN
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