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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1994, Collections de BAnQ.

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experiences nucléaires : nés citoyens conayes ES PRIMATES DES GRANDS BARRAGES ?.Volume 32, numéro 6 Mars 1994, 3,45 S WÊët^y '-;- .¦ ¦ v%- ¦ i’SSSS 01994 03 1@1—y1977 QTEiyz ti BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 1700 Si DENIS MONTREAL .QUE.Hk!X 3R6 50 ans au fil de l’eau V i Yy> \ Hydro-Québec a 50 ans ! Force de l’âge et vigueur de la jeunesse.Depuis 50 ans, Hydro-Québec pousse toujours plus loin son savoir-faire en hydroélectricité pour accroître le bien-être de ses clients et la vitalité de leurs entreprises.Et ce, dans le plus grand respect de la nature.C’est ainsi qu’aujourd’hui, elle se classe parmi les chefs de file mondiaux du développement durable.À l’occasion de cet anniversaire, Hydro-Québec remercie tous ses partenaires économiques et ses clients à qui elle renouvelle son engagement d’efficacité et de service.n 1 Hydro-Québec V 4 * Le meilleur de nous-mêmes (/fits' d enenyit L’AVENIR NOUS TRANSPORTE.À l’aube du prochain millénaire, les impératifs économiques, sociaux et politiques convergent tous vers un même point : un développement durable et responsable.Les instances gouvernementales exigent désormais des fabricants automobiles des produits moins lourds et, surtout, moins lourds de conséquences.Léger, durable, recyclable et résistant à la corrosion, l'aluminium peut être utilisé efficacement tant dans la structure que dans les panneaux extérieurs des véhicules.Deux fois plus léger que l’acier, il permet aussi aux fabricants de construire des automobiles qui consomment moins d’essence et émettent moins de gaz d’échappement.Aujourd’hui, tous les fabricants automobiles reconnaissent les avantages de l’aluminium.Alcan a d’ailleurs établi trois centres de génie appliqué pour l'industrie de l’automobile en Europe, aux États-Unis et au Japon qui, de pair avec les constructeurs, se sont consacrés aux applications de l’aluminium dans le secteur du transport de même qu’au développement de véhicules entièrement recyclables.Pour Alcan, cette façon de faire trace la voie du développement durable.C’est aussi le signe manifeste du bon sens en affaires.ALCAN Com menta i res Incohérence C5 est par camion qu’Hydro-Québec nous a fait livrer son rapport d’avant-projet du Complexe Grande-Baleine.Par camion, car ce rapport pèse 50 kilos.C’est ce que les Québécois exigent de leur société d’État : qui veut toucher aux rivières doit maintenant mettre des gants blancs et faire ses devoirs.Nous avons ainsi investi 400 millions de dollars pour analyser le projet, pour identifier les problèmes, pour trouver des solutions, pour produire des rapports, pour tenir des audiences publiques, puis éventuellement pour prendre une décision.Voilà qui est complètement incohérent.Pas à cause des 400 millions que nous avons investis pour analyser le projet de Grande-Baleine.Mais à cause des 400 millions de dollars que nous n’avons pas investis pour analyser la politique énergétique derrière Grande-Baleine, Sainte-Marguerite, la cogénération, les petites centrales, l’éventuel parc d’éoliennes.A-t-on diffusé un rapport d’avant-projet de 50 kilos avant de réduire les prix de l’électricité pour attirer ici des industries particulièrement énergivores comme les alumineries ?Non.Pourtant, sans ce système de prix, le projet de Grande-Baleine devient inutile.On a justifié cette décision d’attirer de telles industries par la création d’emplois.Mais combien chaque emploi nous coûtera-t-il ?Et d’autres types d’industries peuvent-elles créer plus d’emplois avec les mêmes fonds publics ?Bref, la politique énergétique du Québec a été décidée sans analyse approfondie et impartiale.Sans véritable débat public.Sans preuve que les stratégies retenues sont vraiment rentables, voire simplement acceptables pour les Québécois en général et les Autochtones en particulier.L’avenir énergétique du Québec a simplement été décidé dans un bunker ministériel.En secret.Comme si les politiciens — peu importe le parti — avaient la confiance des gens qui les élisent.On exige d’Hydro-Québec 50 kilos de rapport avant de choisir comment augmenter la production d’électricité.Pourquoi ne pas avoir la même exigence envers le Conseil des ministres quand il oblige la société d’État à augmenter la production ?Il n’est pas trop tard pour tenir un véritable débat public sur l’énergie.Ni sur la façon dont nos élus prennent les décisions.Étienne Denis Chroniques 44 Livres 46 Histoires de science Peu de gens le savent, mais c’est à Montréal qu’Ernest Rutherford a élaboré son modèle atomique pour lequel il a obtenu un prix Nobel.Par Danielle Ouellet 48 La dimension cachée Quelle est la force mystérieuse qui, dans des conditions parfaites, fait tourbillonner l’eau toujours dans le même sens ?Par Raynald Pepin l 50 Opinion Entre la volonté d’aide aux pays pauvres et la réalité, il y a un monde.Par Albert Nantel a\ Actualités i 'b h ••'Vl , 7 Guerre froide Les citoyens cobayes 8 Morue La génération décimée 9 Pêche Élever les poissons 10 Plus solide que le diamant ?10 Record de supraconductivité 12 Conquête de l'Amérique La capitaine a-t-il berné la reine ?4, 4 Québec Science / Mars 1994 Primatologie in MUy 40 Entrevue avec Bernard Chapais lO Nos points communs avec les primates Sexe, mensonge et politique.Pour mieux comprendre les hommes, il faut étudier les primates.t|l Thermalisme et thalassothérapie I Jeter son argent à l'eau ?.i Bains d’eau chaude, de boue.Les effets thérapeutiques ¦Bf sont-ils réels ?! : Aspirine De trop bons résultats 43 Génie des matériaux Recycler l'irrecyclabe 0 i « c >0 L'énergie au Québec Latin des grands barrages ?Le vent a tourné.Les projets de Grande-Baleine et de Sainte-Marguerite sont incertains.Avons-nous vraiment besoin de ces grands barrages ?26 La fin des grands barrages ?28 Les éléments du débat 31 Sainte-Marguerite ou Sainte-Efficacité ?36 L'électricité privée 38 La grande désillusion Québec Science / Mars 1994 5 Femmes et technologie Pour la première fois, j’ai été choquée de lire un article de Québec Science : « Femmes et technologie : pourquoi le malaise ?» (décembre 1993-janvier 1994).Globalement, les auteures de cet article prétendent que les filles ne sont intrinsèquement pas faites pour les métiers et les études scientifiques ou techniques.Je suis totalement en désaccord avec cette affirmation.Je crois plutôt que la seule raison qui fait que peu de filles se lancent dans ces disciplines est que leur milieu les décourage à le faire.Votre article a quand même le mérite de mentionner également ce point, mais comme une idée secondaire, alors que, selon moi, c’est le seul vrai problème.Les études dont vous faites état dans l’article sont basées sur des opinions et des statistiques et non sur des faits.En effet, ce n’est pas parce qu’une bonne partie de la population croit que les filles sont moins douées que les garçons pour les sciences que cela doit être vrai.Et si, même aujourd’hui, peu de filles choisissent les sciences, ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas faites pour ça.Or, il apparaît clairement dans l’article que les auteures ne connaissent pas réellement le domaine des sciences et de la technologie, et les gens qui y sont impliqués, et qu’elles ont pris pour des faits démontrés scientifiquement ce qui ne sont que des opinions courantes dans la société dite moderne.Aussi, votre article présentait l'explication la plus ridicule que je connaisse pour interpréter la forte proportion d’étudiantes en génie chimique : vous laissiez entendre que les filles étaient attirées par cette discipline à cause de ses applications dans l’industrie alimentaire ! Étudiante en génie chimique à l’École Polytechnique de Montréal, je fais partie des 45 % d’étudiants de cette discipline qui sont des femmes et je peux vous assurer qu’aucune femme que je connais (ni aucun homme, d’ailleurs) ne s’est dirigée dans ce domaine dans l’espoir de faire de la popote scientifique ! D’ailleurs, l’industrie alimentaire est très discrète : à l’université, jamais on n’en entend parler.Enfin, je crois que la seule explication à la faible participation féminine dans les domaines scientifique et technique est que la société actuelle a toute la misère du monde à se faire à l’idée que des femmes puissent choisir d’étudier et de travailler dans ces domaines traditionnellement masculins.Encore aqjourd’hui, la plupart des gens ont peine à s’imaginer discuter avec une femme de mécanique, de phénomènes physiques ou chimiques ou encore des dernières découvertes scientifiques.Quand toutes ces pressions socio-psychologiques auront cessé (!), il sera temps d’étudier les aptitudes des filles et des garçons dans de tels domaines.Autrement, le débat est faux.Mélanie Kahle, Laprairie, future ingénieure Je suis vraiment désolé que cet article vous ait choquée.À Québec Science, nous sommes convaincus que les femmes sont aussi douées que les hommes pour les sciences.Je ne crois donc pas que l’article prétendait « que les filles ne sont intrinsèquement pas faites » pour les sciences.L’article démontre cependant que l’égalité du talent des femmes et des hommes n’est pas une évidence pour tout le monde.Il cite même des études—parmi les plus rigoureuses menées sur le comportement des femmes — qui concluent que de trop nombreuses filles se croient elles-mêmes moins douées, alors qu’elles sont tout aussi brillantes que les garçons qui les entourent.Vous conviendrez que cette situation doit changer, et c’est pour tenter de briser cette attitude défaitiste que nous avons publié ce reportage.Pour ce qui est des auteures de l'article, j’aimerais préciser qu’elles ont chacune une maîtrise en sciences, l’une en médecine et l’autre en génie électrique.Le texte a d’ailleurs été révisé par une troisième personne — encore une femme — qui a une maîtrise en biologie moléculaire.Étienne Denis Rédacteur en chef Je suis une finissante au cégep.Après avoir lu votre article « Pourquoi les femmes ont peur de la technologie ?», j’ai encore plus envie de poursuivre mes études en chimie à l’université.J’ai trouvé que cet article était très encourageant et réaliste.J’ai dit « encourageant » parce qu’il montre que nous, les femmes, sommes en partie responsables de la place que nous occupons actuellement dans le domaine scientifique.Nous devons montrer aux hommes que nous sommes, nous aussi, capables de réussir dans ce domaine.Pour y arriver, il faut se décider, oublier les préjugés, avoir de plus en plus confiance en nous-mêmes et surtout cesser de nous sous-estimer ! Hérika Marrugo, Montréal Québec Science, nous le parcourons avec intérêt tous les mois.Régent Séguin, Montréal :;s arlsi Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 lî (1 J lî E®! ta tef •;s lt«[ -, Québec Science CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal, Québec, H2L2M7 DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédacteur en chef : Étienne Denis Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Fleury, Félix Maltais, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Éric Bernatchez, Valérie Borde, René Caissy, Claire Chabot, Benoît Chapdelaine, Pierre Chastenay, Marie-Noëlle Delatte, Marie-Claude Ducas, Luc Dupont, Jean-Marc Fleury, Laurent Fontaine, Lyne Fréchet, Stéphane Gagné, Claude Lafleur, Raymond Lemieux, Claude Marcil, Isabelle Montpetit, Danielle Ouellet, Guy Paquin, Gilles Parent, Denyse Perreault, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Anne-Marie Simard, René Vézina Illustrateurs et photographes : Éve-Lucie Bourque, Pierre-Paul Pariseau Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pellicuiage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault, Nathalie Forget Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger lan (10 numéros) 34,67$ 43,00 $ 2 ans (20 numéros) 59,86 $ 75,00$ 3 ans (30 numéros) 83,20$ 105,00$ À l'unité 3,99$ 4,50$ Groupe (10 ex./ même adresse) 31,20$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1994, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans Y Index des périodiques canadiens.© Copyright 1994 - Le Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) & Membre de : The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418) 627-8882 6 Québec Science / Mars 1994 œtb I îllEîil I'ttfiffi | intipe is («|J.ilfflip I find» I Actualités Guerre froide Les citoyens cobayes Durant les années 40 et 50, les gouvernements i l,, soviétique et américain voulaient étudier l'impact destructeur des bombes.Leurs cobayes leur propre armée et leur propre population.» r Mil par Isabelle Depocas vaillaient sur un autre dossier sont tombés sur cette information, par ailleurs succincte et incomplète.Cette nouvelle fait écho à une autre, qui relate le cas de malades en phase terminale, de prisonniers, de femmes enceintes et de déficients mentaux ayant été soumis à des expériences sur la radioactivité pour l’avancement de la recherche médicale entre les années 40 et 70.L’affaire ayant soulevé l’indignation de la population, le gouvernement américain promet une compensation aux victimes.distinguer les maladies, difformités et incapacités générées par les nuages radioactifs de celles qui relèvent d’autres causes.Le département de l’Énergie se trouve donc dans de beaux draps.Il ressort de toute cette histoire que, sous la menace d’une guerre imminente, les gouvernements — dictatoriaux ou démocratiques — cèdent à la peur et ne se laissent pas arrêter par des considérations d’ordre moral ou éthique lorsqu’il s’agit d’élaborer des stratégies de défense : ils n’hésitent pas à mettre gravement e 14 septembre 1954 Il J—i l’armée soviétique fait -M® /exploser une bombe A de 20 toct! stales ft ijBjaiKj taw kilotonnes tout près de 45 000 soldats et près du village de Totskoye, dans l’Oural.Mobili-«Jfrtjsées pendant 24 heures à 3 W-i lomètres du site de l’explosion, i les troupes soviétiques, com-lié!6t posées en majeure partie de | soldats de 20 ans et moins, | exécutent diverses manœuvres militaires.Le but de ces exer-: cices : examiner comment les j humains et l’équipement résis-tent à une attaque nucléaire.L’affaire est soigneusement étouffée.Un document signé par les cobayes les réduit au silence pendant 25 ans.Même passé ce délai, l’habitude du silence persiste, nourrie par l’inertie et l’indifférence des dirigeants face aux problèmes de santé causés par l’expérience.Quarante ans plus tard, moins d’un pour cent des vétérans sont vivants; tous sont affligés de cancers ou de maux qui entraînent des incapacités graves.Ils exigent aujourd’hui reconnaissance.Seule compensation offerte depuis 1992 à ces vétérans : 50 roubles par mois, une somme dérisoire.Par un curieux hasard, le fait W * v soviétique nous est révélé en même temps qu’un autre du même acabit : de ce côté-ci de l’Atlantique, nos voisins du sud ont tenu sous silence, pendant plus de 40 ans également, que le Pentagone a provoqué des explosions nucléaires dont les nuages radioactifs ont survolé militaires et civils.Le but de ces expérimentations : permettre aux États-Unis d’améliorer ses armes.Les résultats de ces « tests » devaient aussi permettre aux militaires américains de mieux comprendre les expériences soviétiques.C’est tout à fait accidentellement que des enquêteurs qui tra- Devant cette promesse, le personnel militaire et les populations irradiés revendiquent à leur tour une compensation.Les autorités n’ont d’autre choix que de reconnaître le bien-fondé de ces réclamations.Résultat : elles se trouvent aujourd’hui submergées par les réclamations imprévues.Le département de l’Énergie estime qu’elles pourraient atteindre 300 millions de dollars.Mais quelle somme d’argent peut compenser les dommages infligés à la santé des victimes ?Du reste, médicalement parlant, il n’est pas simple de en danger une portion de leur population pour assurer les intérêts de l’ensemble.Si, dorénavant, il est pratiquement exclu que des populations fassent de nouveau l’objet d’expérimentations nucléaires, le risque qu’elles soient gravement lésées « pour le bénéfice de l’ensemble », sous une forme ou une autre, demeure.Dans un climat politique international en équilibre précaire, où, à moyen terme, une troisième guerre mondiale n’est malheureusement pas impossible, les populations peuvent s’inquiéter de ce que trament leurs dirigeants à leur insu.• Québec Science / Mars 1994 7 Actualités Morue Pour gérer la pêche efficacement, il faudrait aussi tenir compte de la reproduction de la morue.^ m i •' 1 ii w La génération décimée Problèmes de reproduction chez la morue ! La surpêche n'est pas seule à expliquer la baisse des stocks de poissons.par Bernard Samson Nos stocks de morue sont décimés et fermés à la pêche jusqu’à ce qu’ils soient reconstitués : « Cela pourrait prendre dix ans; peut-être même que les stocks ne se regénéreront jamais aux niveaux d’antan », affirme l’océanographe Louis Fortier.En attendant, l’équipe de ce professeur de FUniversité Laval, en collaboration avec des spécialistes des universités McGill et Dal-housie, de Halifax, étudie la reproduction de la morue sur le banc de l’île de Sable, située à une soixantaine de milles au sud de la Nouvelle-Écosse.Il s’intéresse aux facteurs qui déterminent le recrutement de la morue atlantique afin d’assurer une meilleure gestion des stocks.Une morue femelle — qui peut vivre une trentaine d’années; on a vu des spécimens de plus de 200 livres ! — pond un million d’œufs par année, et ce pen- 8 Québec Science / Mars 1994 dant une dizaine, même une vingtaine d’années.« Lorsque le stock se maintient, sur ces 10 ou 20 millions d’œufs, seulement deux, en moyenne, attei- gnent l’âge de la reproduction », dit Louis Fortier.Mais les conditions qui prévalent au moment de la ponte des œufs peuvent influencer le succès de la reproduction de la morue par un facteur de 100 ! « Chez la morue comme chez tous les poissons, les chances de survie se jouent au cours des premiers stades de la vie, explique le chercheur.Quand nous connaîtrons les mécanismes qui déterminent le succès ou la faillite de la reproduction de la morue, nous pourrons gérer la pêche plus efficacement.» En effet, puisque les morues sont commercialisables dès l’âge de cinq ans.Pour tenter de percer les mystères du recrutement de la Gadus morhua, l’équipe de scientifiques a baüsé la zone de ponte du banc de l’île de Sable de 45 sites ou stations.Dans cette pouponnière, les œufs, les larves, puis les juvéniles se développent pendant près de deux mois avant de plonger au fond.Pour recueillir les données, les chercheurs ont inspecté chaque station pendant 27 mois consécutifs, de mars 1991 à mai 1993.Chaque fois, à l’aide d’un chalut spécialement wMm 'msm Staid "P C'est en plaçant une tranche d'un otolithe (une concrétion calcaire du sens de l'équilibre) de morue sous un microscope que l'on détermine l'âge du spécimen : chaque couche correspond à un jour d'âge.Comme sur la tranche d'un tronc d'arbre, on lit l'âge exact des larves et des juvéniles capturés.conçu, ils ont mesuré la concentration des morues juvéniles, celle des larves et des œufs, et celle du micro-zoo-plancton, cette nourriture essentielle à la croissance des jeunes morues.Ils ont également mesuré la température et la salinité de l’eau, la profondeur à laquelle les spécimens étaient capturés.Les inspections répétées sur le banc de l’île de Sable ont li- | vré un premier secret.Historiquement, dans ce secteur, la ponte se produit de la fin septembre à mai.Les morues libè- |i rent leurs œufs en deux cohor- j tes distinctes entrecoupées pari une césure en février.« Nous avons constaté que la ponte de printemps, celle qui se produit de la fin février à mai, est pratiquement disparue, dit Louis Fortier.Probablement parce que cette deuxième cohorte était produite par les gros spécimens qui ont été prélevés parji la pêche.» Deuxième trouvaille : la qua- j si totalité de la production de j décembre et janvier 1991 n’a pas survécu.Quand les poissons sont-ils morts ?Une quin- ] zaine de jours après l’éclosion, i au moment où les larves de morues perdent leur sac vitel- ! lin et commencent à se nourrir j de zooplancton.« Nous avons | remarqué une prolifération de |) ^ larves de mollusques sur le banc, dit Louis Fortier.Au lieu|' de se nourrir de larves de co-pépodes, comme elles le font habituellement, les jeunes mo-j) rues auraient péri en se gavantfl de ces larves de mollusques, dont la valeur nutritive est trèsl faible.» Pour certains stocks de morue, notamment en Norvège, les océanographes arrivent déjà à améliorer la gestion de la pêche en évaluant les succès de la reproduction.« Mais nous devrons multiplier les projets de recherche avant d’étendre ce mode de gestion ài , tous les stocks », conclut Louis \ Fortier.• Actualités Mo- ral® i ïfea ileoilli- Élever les poissons On a cessé de chasser pour élever du bétail.Et si on faisait de même avec le poisson ?'.iSous i foi Je seprÉI ilpïte sspn Icla# itSooJe 111 ni les[» fie# Féds nsJe '*(# ise«w K J® Au hangar, les bateaux de pêche ?Un désolant constat se confirme de jour en jour : la mer n'est plus un gagne-pain assuré pour nos pêcheurs tellement ses ressources ont été décimées.« Si la situation de la pêche commerciale empire, on n'aura pas le choix d'aller vers l'aquiculture », avertit Benoît Thomas, directeur du Centre aquicole marin qui vient d'être inauguré à Grande-Rivière, en Gaspésie.Ce Centre tentera d'élever ie poisson de mer.Comme si c'était des poulets.Reste qu'il faudra encore un peu de temps avant de constituer une expertise permettant de suppléer à l'art séculaire de la pêche en haute mer.Les chercheurs du Centre comptent d'abord maîtriser la culture des espèces les plus rentables pour le marché des pêcheries, précise le biologiste.Exit, donc, la malheureuse morue; l'essentiel du troupeau des fonctionnaires-aquiculteurs est composé de quelques centaines de homards.« Avec l'aquiculture, il serait possible de déphaser la période de mise en vente des homards en repoussant leur mue plus tard àl'automne.On pourrait alors avoir du homard pour le temps des Fêtes ! » Les chercheurs espèrent en outre identifier d'autres espèces lucratives qui supporteraient la domestication.Une salle d'élevage pour phytoplancton et des laboratoires humides pour l'élevage des mollusques devraient s'ajouter aux installations dans les prochains mois.« Il faut y aller avec prudence, soutient le directeur.L'aquiculture est une chose plus difficile que la pisciculture en eau douce telle qu'elle se pratique en certains endroits au Québec.Ici, les quatres chercheurs doivent scrupuleusement et continuellement surveiller le degré de salinité et la température de l'eau dans les douze bassins de trois mètres de diamètre.» Ce sont les risques de maladies, de parasitisme et de contamination qui inquiètent davantage les pionniers de l'aquiculture québécoise.« Les maladies qui affectent les organismes marins que l'on souhaite cultiver ne sont pas toutes connues; on peut tout perdre à cause d'un microbe », continue Benoît -.m \ î i Les cages à homard seront-elles remplacées par des piscines d'élevage ?Thomas.Actuellement, pour limiter les risques d'épidémie, une section de quarantaine pour les espèces nouvellement adoptées a été conçue.Quatre millions de dollars ont jusqu'à présent été alloués au Centre.Les deux tiers de ce montant découlent de l'Entente auxiliaire Canada-Québec sur le développement des pêches.Le reste, soit 1,7 million, a été versé par le gouvernement du Québec dans le cadre de son programme de coopération pour l'avenir des pêches.Raymond Lemieux ïidttfr sleW LOGICIELS ÉDUCATIFS MATHEMATIQUES lypermath lus de 180 écrans différents présentent des ïtéorèmes et leurs démonstrations.Les for-laules de calcul de l’aire de plusieurs figures léométriques ise#| llliffi pnt illustrées ,;.rj utilisateur peut lîlhlir l'.i rnrrpc.tablir la corres-budance entre 1s fonctions tri-mométriqueset pur tracé sur un rjtillt rapluque carté-len et dessiner (St** K'# es fonctions |](>?lt>' xtlynomiale.ex- HYPERMATH tonentielle, logarithmique, etc) selon les pa-unètres qu’il décide.onfiguration requise acintosh avec un 2 Mo de mémoire vive et .sque rigide; HyperCard™ 1.2.5 ou 2.0.3 Qué'H^ MATHEMATIQUE Fig&form Observer, élaborer.des figures et des formes.Un logiciel pouvant servir d’amorce, d’approfondissement et de soutien pour des apprentissages tel: - • L'orientation; • la localisation; • l’identification; • la comparaison; • la préparation à la lecture parl'étude des formes.Fig&Form propose trois niveaux; de la maternelle à la 3ième année.Au total 500 exercices differents.Configuration requise mémoire vive de 512 Ko, carte graphiqueEGA ou VGA couleur.LOGICIEL OUTIL Au maximum Un gestionnaire de résultats scolaires moderne et sur mesure.Ce nouveau logiciel de vantes: • Aisance de manipulation et rapidité; • l'aide à l’écran, simple et accessible en tout temps; • calculs statistiques; • présentations gra-phiques variées; • lapossibilité de travailler avec 6 fichiers simultanément.4» JW fflMXMUM #.% 4*.% société d’État croit également que la production des alumineries augmentera de «lài 85 % entre 1991 et 1997.Or, rien ne garantit que ces prévisions se réaliseront.Il y a 20 ans, alors que nous pataugions en pleine crise du pétrole, il était impossible d’imaginer l’ampleur de la récession actuelle, et rares étaient ceux qui croyaient vraiment en la mondialisation de l’économie.D’ailleurs, le monde de l’aluminium est actuellement en crise.Bref, la prévision de la demande relève tÈf| un peu de la science-fiction.;(|f li C’est pourquoi plusieurs observateurs, tâta b notamment les groupes écologistes, met- 3[tent en doute la capacité d’Hydro-Qué-; bec, ou du gouvernement, ou de quicon-! que, de prévoir l’évolution des besoins en "'à électricité.Hydro-Québec a d’ailleurs i toujours surestimé ces besoins futurs.Si .jnon avait écouté ses recommandations - des années 70, il ne resterait aujourd’hui il plus de rivière à harnacher, sans parler des nombreuses centrales thermiques ou nucléaires qui auraient été implantées un peu partout.Et même si ces plans n’ont pas été suivis, le Québec s’est quand même retrouvé au cours des années 80 avec des surplus d’électricité qui ont été vendus à perte.Le même scénario se répétera-t-il au cours des 20 prochaines aimées ?Lors-qu’efie prévoit la demande d’électricité jusqu’en 2010, Hydro-Québec planifie aussi une série de projets qui seront nécessaires pour combler ces besoins.L’exercice permet, entre autres choses, d’examiner nos habitudes de consommation et de préparer l’avenir.Et comme la planification d’un barrage hydroélectrique doit démarrer une dizaine d’année à l’avance, nous n’avons pas le choix de prévoir la demande au moins pour cette période, même si les résultats sont imparfaits.Entre temps, l’évaluation de ces besoins sera régulièrement révisée.Si nécessaire, certains projets — Grande Baleine ?Sainte-Marguerite ?— seront devancés ou retardés.Que disent les scénarios d’évolution de la demande ?En faisant l’hypothèse d’une croissance économique de 2,5 % par année entre 1991 et 2011, le ministère des Ressources naturelles prévoit que nous consommerons 25 % plus d’énergie, et 37 % plus d’électricité.Dans son dernier plan de développement, en 1992, Hydro-Québec estime que la demande d’électricité augmentera de 2,2 % par année entre 1992 et 2010, soit près de 40 % au total.La société d’État entendait combler une partie des nouveaux besoins par un programme d’économie d’énergie, et le reste par la construction de six nouveaux projets hydroélectriques : Laforge-2 (290 MW), Eastmain-1(465 MW), Haut-Saint-Maurice (615 MW), Ashuapmushuan (730 MW), Sainte-Marguerite (820 MW), et bien sûr Grande-Baleine (3120 MW).Par contre, si on suppose une croissance économique de 1,8 % par année, comme l’a fait Hydro-Québec dans un autre scénario, on efface d’un seul coup 5420 MW.Selon cette hypothèse, Laforge-2 et East-main-1 suffiraient amplement à remplir la demande.La décision de construire Grande-Baleine et trois autres complexes dépend donc d’une variation de la croissance économique de 0,7 % par année ! D’ailleurs, dans son rapport sur l’évaluation du projet de Sainte-Maguerite, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, le BAPE, concluait qu’Hydro-Québec n’avait pas montré que la demande future d’électricité nécessitait le détournement de deux rivières.La ministre de l’Énergie et des Ressources de l’époque, Lise Bacon, s’était alors montrée indignée et avait accusé le BAPE d’outrepasser son mandat.N’empêche que le BAPE avait probablement raison.Depuis son plan de développement de 1992, Hydro-Québec a en effet révisé ses prévisions à la baisse.À la fin de février, soit à peu près au moment où ce magazine sortira de l’imprimerie, la société d’État doit publier une autre révision de la demande en puissance et en énergie.Elle doit aussi annoncer les « ajustements » qu’elle prévoit faire à ses projets de nouvelles centrales.Saura-t-elle viser juste ?Mais, surtout, que décidera le gouvernement ?L’ère de Robert Bourrassa, inconditionnel de « l’énergie du Nord », est maintenant révolue.À peine nommé, le ministre des Ressources naturelles, Christos Sirros, successeur de Lise Bacon, affirmait vouloir réévaluer en profondeur le dossier de l’énergie.Le lendemain, à la une des journaux : « La fin des grands barrages ?» • Québec Science / Mars 1994 27 Les sources d'énergie Les éléments du débat Et si nos besoins d'énergie augmentaient, par quoi les comblerions-nous ?L'énergie éolienne n'est pas une panacée.La cogénération non plus.Voici pourquoi.par Isabelle Montpetit On fait souvent l’éloge de la voiture électrique.Mais qu’y a-t-il de si écologique à en faire rouler une dans une région où l’électricité est produite par une centrale au charbon ?C’est pourtant ce qu’on s’apprête à faire aux États-Unis dès 1998, quand la Californie obligera la vente de telles voitures.L’histoire se répète avec le chauffage au Québec : deux résidences sur trois sont chauffées à l’électricité.Or, lors des périodes de pointe d’hiver, une partie non négligeable de l’électricité est produite par des centrales thermiques utilisant du gaz naturel.Où est le problème ?Au moins 50 % de l’énergie est gaspillée lorsque le gaz est brûlé pour produire de l’électricité.Cependant, si on se chauffait directement au gaz, la perte d’énergie — via la cheminée — ne serait que de 15 à 35 %.Vaut-il mieux chauffer au gaz ?La question mérite d’être débattue.À vrai dire, la même question se pose pour la plupart des formes d’énergie, dans la plupart des utilisations.Car il est facile de transformer une forme d’énergie en une autre : par exemple de la chaleur en électricité, et vice versa.On peut aussi effectuer la plupart des tâches avec l’une ou l’autre des sources d’énergie : certains véhicules avancent grâce au gaz naturel, d’autres avec de l’électricité, la plupart avec du pétrole.Prenons l’exemple de l’électricité.La façon la plus courante d’en produire consiste à faire tourner une grosse turbine qui, à son tour, actionnera une génératrice.Le L'énergie au Québe« LA FIN DES GRANDS BARRAGES?problème, c’est de faire tourner la turbine.Pour cela, on peut utiliser la force de l’eau qui tombe (hydroélectricité), du vent (éoliennes) ou de la vapeur d’eau (centrales thermiques).Pour produire cette vapeur, on chauffe de l’eau avec du gaz naturel, du mazout, du charbon ou de la biomasse (bois, tourbe, biogaz, déchets, etc.).La façon la plus sophistiquée de chauffer de l’eau, c’est avec le nucléaire.À l’intérieur du réacteur nucléaire, les noyaux d’uranium se brisent La construction de LG-2, en 1980.en libérant beaucoup de chaleur.L’unique but d’une centrale nucléaire, c’est de récupérer cette chaleur pour produire de la vapeur qui actionnera une turbine.Il existe d’autres moyens de produire de l’électricité : certains matériaux à base de sihcium transforment la lumière en électricité.C’est la filière photovoltâïque.Malheureusement, elle en est encore au stade expérimental, et ses coûts sont prohibitifs.Puisque toutes les formes d’énergie peuvent servir à la plupart des utilisations, un débat sur l’énergie devrait indu re une analyse des coûts, des impacts et des risques de ces différentes Mères.On a rarement fait l’exercice, qui nous réserve pointant quelques surprises.Au Québec, c’est la filière hydraulique tied slfi: i«l site I 1 ÿ ( I.g 'RM- S- t '/f-'jjfli % 28 Québec Science / Mars 1994 Vitesse des vents en mètres/seconde moins de 6 de 6 à 10 James ^ChurchiJ Labrador Montréal ¦ Le Québec est riche de régions venteuses : particulièrement aux îles-de-la-Madeleine, mais aussi en Gaspésie et dans le Grand Nord.Un parc d'éoliennes sera d'ailleurs aménagé en Gaspésie.'¦ !?:¦ ¦ ¦ - ! qui a toqjours été favorisée.C’est en effet la façon la moins chère de produire l’électricité.C’est aussi l’une des sources les moins polluantes, en plus d’être renouvelable.Mais la construction des grandes centrales hydroélectriques nécessite d’énormes emprunts (voir l’article en page 31), qui devront être remboursés, peu importe si l’électricité produite est vendue ou non.C’est ainsi qu’Hydro-Québec s’est retrouvée à vendre ses surplus d’électricité à perte pendant les années 80.La filière thermique évite ce problème : on cesse la production quand l’électricité n’est plus nécessaire.Et comme le gaz ne coûte pas cher, l’électricité est produite à un coût relativement faible.Cela reste vrai même si seulement de 30 à 50 % de l’énergie contenue dans le combustible est effectivement transformée en électricité.Le reste est perdu en chaleur.Il est bien sûr avantageux de récupérer cette chaleur.C’est le principe de la cogénération, actuellement à la mode (voir l’article en page 36).Avec la cogénération, la chaleur perdue est récupérée et utilisée pour certains procédés industriels, par exemple dans l’industrie des pâtes et papiers.Le rendement global monte alors à 60 %.Aux États-Unis, la cogénération est intéressante, parce que l’électricité y est surtout produite par des centrales thermiques.Elle l’est beaucoup moins au Québec, où l’on produit surtout de l’hydroélectricité, moins polluante.Il faut effectivement tenir compte de la pollution de l’air.Supposons que nous décidions de produire avec des centrales thermiques au gaz naturel l’équivalent du projet Grande-Baleine (soit chaque année à peu près l’équivalent de l’énergie contenue dans 1,4 million de tonnes de pétrole).On augmenterait de 24 % les émissions québécoises d’oxydes d’azote, un précurseur des pluies acides, et de 20 % celles de C02, un gaz qui provoque l’effet de serre.Avec des centrales au mazout, ce serait encore pire ! C’est ainsi que l’hydroélectricité a gagné sa réputation de dugaziM: I arce que les gazotechnologies peuvent faire avancer les entreprises, le Centre s'est donné une mission précise : répondre de la manière la plus efficace et la plus économique aux besoins des utilisateurs de gaz naturel.Organisme sans but lucratif et catalyseur de premier plan, il rassemble les forces de ses membres et partenaires universitaires, d'affaires ou d'État afin de développer, de transférer et d'adapter des technologies et de les amener au stade de l'implantation chez l'utilisateur et de la fabrication chez le manufacturier.Ainsi, le Centre des technologies du gaz naturel résout l'équation de l'efficacité énergétique, du respect de l'environnement et de l'amélioration de la productivité et de la compétitivité des entreprises d'ici.Centre de conception, de recherche appliquée, de développement, de réalisation et d'inspection d'appareils, c'est aussi un centre d'expertise et d'échanges pour les ingénieurs-conseils, les architectes, les manufac- turiers et les utilisateurs de gaz naturel.Centre des technologies du gaz naturel Devenez membre et partenaire du Centre des technnlngies du gaz naturel.Composez le (514) 449-4774 ïéiécopieor (514) 449-4994 35-7, rue de Lauzon, Boucherville (Québec) J4B 1E7 Québec Science / Mars 1994 29 propreté : elle n’affecte pas la qualité de l’air.Mais ses impacts ne sont pas négligeables pour autant.L’inondation de territoires modifie considérablement les écosystèmes.Hydro-Québec parle pudiquement de transformation d’écosystèmes terrestres en écosystèmes aquatiques.Il y a plus.En se décomposant, la matière organique du fond des réservoirs libère du méthylmercure, une substance toxique qui contamine les poissons et ceux qui s’en nourrissent, animaux ou humains.On ne peut donc pas se nourrir régulièrement des poissons pêchés dans ces réservoirs.Pendant longtemps, on a cru que le problème de mercure s’estomperait après une trentaine d’années.Mais le fond des réservoirs contient beaucoup plus de mercure que prévu (voir Québec Science, février 1994).Autre handicap de l’hydroélectricité : plusieurs sites prometteurs sont situés sur des territoires revendiqués par les nations autochtones en quête d’autonomie politique.Et le nucléaire ?L’an dernier, la centrale nucléaire de Gentilly a fourni près de 4 % de l’électricité produite au Québec.Le nucléaire coûte cher, mais son principal handicap, c’est la production de déchets radioactifs.et un problème évident d’image.On accumule ces déchets dans des piscines en attendant de trouver un moyen de les entreposer à long terme.Les accidents nucléaires sont extrêmement rares, mais lorsqu’ils se produisent, ils peuvent être très coûteux.L’accident de Tchernobyl, dans l’ex-URSS en 1986, a fait beaucoup de morts.Vétuste, la centrale avait des normes de sécurité pitoyables comparées à celles appliquées au Canada.L’accident de Three Miles Island, en 1979 aux États-Unis, n’a fait aucune victime.Les dégâts ont quand même coûté deux milliards de dollars ! Mais notre perception du nucléaire peut changer lorsqu’on prend la peine de compter les morts.L’estimation précise du risque d’un accident nucléaire est bien sûr impossible; mais il ne faut pas pour autant oublier que les risques sont similaires pour d’autres sources d’énergie : régulièrement un pétrolier échoue, une plate-forme de forage est emportée par la tempête.Et doit-on compter les gens morts dans ces guerres qui ont les produits pétroliers pour epjeu ?Quelle a été la pire catastrophe, l’accident de Tchernobyl ou la guerre contre l’Irak ?N’oublions pas aussi que le simple fait d’exploiter normalement une centrale — thermique ou nucléaire — est source de 30 Québec Science / Mars 1994 mortalité : l’extraction minière et le transport du combustible s’accompagnent de trop nombreux accidents de travail (voir le tableau en page 34).Il reste l’énergie éolienne.Au Québec, il vente beaucoup et souvent, surtout en Gaspésie, sur la Côte-Nord et le long de la Baie d’Hudson et de la Baie d’Ungava (voir la carte).C’est loin des grands centres.Il faudra donc penser aux lignes de transport d’électricité, au-dessous desquelles on répand des herbicides pour empêcher les arbres de pousser.De plus, plusieurs des sites les plus venteux se trouvent sur les berges du Saint-Laurent, parmi les plus beaux paysages du Québec, té d’électricité dont on disposera.L’utilisation des éoliennes permettrait cependant d’économiser une partie de l’eau des réservoirs, qui deviendrait ainsi disponible pour la demande de pointe.Hydro-Québec vient d’ailleurs de faire le saut.La compagnie américaine Kene-tech a obtenu un contrat pour installer 40 MW d’électricité éolienne en Gaspésie.Cette production sera raccordée au réseau principal.Il ne reste qu’à obtenir les autorisations gouvernementales pour démarrer le projet.Hydro-Québec paiera cette électricité au même prix que celle qui serait produite par Grande-Baleine.On pourrait continuer encore long- i i •¦KX .-'.IP La centrale Gentilly-2, près de Trois-Rivières.L'expérience nucléaire québécoise n'ira pas plus loin.qui perdraient leur charme après l’installation de parcs d’éoliennes.La production d’énergie éolienne prend beaucoup d’espace : environ 1 km2 par mégawatt.C’est comparable à la surface inondée avec l’hydroélectricité ! En d’autres termes, l’énergie éolienne modifie à peu près la même superficie de territoire que l’hydroélectricité.Qui prétend que l’énergie du vent est pratiquement sans impact ?Il faut cependant préciser que ce territoire n’est pas complètement perdu.On peut pratiquer certaines activités, comme l’agriculture, sous les éoliennes.L’énergie du vent a quand même des atouts.C’est la source d’énergie la plus propre et la plus facile à installer.Et les vents sont à leur maximum l’hiver, au moment où les plinthes électriques du Québec demandent le maximum de courant.Les parcs d’éoliennes pourraient donc absorber une partie de cette demande de pointe.Mais comme la vitesse des vents varie, on ne peut pas prévoir d’avance la quanti- temps de telles comparaisons entre les différentes sources d’énergie.Jetez un coup d’œil aux tableaux qui accompagnent ce dossier.Que doit-on en conclure ?Qu’aucune source d’énergie n’est à la fois économique et inoffensive.Pour le chauffage, par exemple, le gaz naturel et le pétrole coûtent actuellement moins cher que l’électricité, sauf si on utilise la bi-énergie (chauffer avec un combustible fossile lors des périodes de pointe d’hiver utiliser l’électricité le reste de l’année).D’un strict point de vue financier, il vaut donc mieux chauffer au mazout ou au gaz naturel.Mais ces combustibles contribuent à l’effet de serre et aux pluies acides.Qu’est-ce qui est le plus important, l’argent ou l’environnement ?C’est notre conclusion : puisqu’il n’y a pas de réponse universelle à ce genre de question, les choix énergétiques reposen ultimement sur nos valeurs.Une chose est cependant certaine.Si toutes les sources d’énergie coûtent che et ont des impacts importants, et s’il n’y a pas de remède miracle, la solution consiste simplement à consommer moir d’énergie.C’est d’ailleurs le sujet du prochain article.• La recherche de solutions Sainte-Marguerite ou Sainte-Efficacité ?À la limite, l'efficacité énergétique pourrait remplacer les projets de grands barrages.Les programmes québécois d'efficacité énergétique récoltent d'ailleurs une bonne note pour ce qu'ils font.Mais une mauvaise note pour ce qu'ils ne font pas.Au cours des prochaines aimées, des équipes mandatées par Hydro-Québec cogneront aux portes de Ü1 milliers de résidences québécoises.Elles ü ^installeront gratuitement des thermostats plus performants, des minuteries pour les filtres de piscine et d’autres produits économiseurs à faible coût, tout en prodi-iguant des conseils sur l’efficacité énergé-i tique.L’économie qu’on prévoit réaliser ttiïte igrâce à ce Programme d’installation dite! jrecte (PID) : 1,2 milliard de kilowattheu-jiipj- ires d’électricité.Le programme est ce-i#k!> [pendant coûteux : 370 millions de dollars, ['gtilc’est-à-dire plus de 300 dollars par visite.Pciïlt | À prime abord, l’effort d’Hydro-Québec almelsl •U J par Gilles Parent parait fort louable et est susceptible de clouer le bec à ceux qui l’accusent de ne pas faire assez pour l’efficacité énergétique.Mais un examen plus minutieux de la situation soulève toutefois quelques interrogations sur les choix de la société d’État, mais aussi sur la volonté réelle du gouvernement du Québec de développer l’efficacité énergétique.Ces interrogations ont été répétées à Québec Science par de nombreux experts.sous le couvert de l’anonymat, car les professionnels compétents L'énergie au Québec il i.Québec dans leur travail.Certains de ces experts mettent par exemple en doute l’efficacité réelle de ces thermostats plus performants, malgré les résultats concluants de diverses études citées par Hydro-Québec.L’installation — gratuite — des minuteries pour filtres de piscine, qui selon Hydro-Québec feraient économiser jusqu’à 300 dollars par année, soulève d’autres questions.D’abord, pourquoi subventionner des gens qui ont les moyens de se payer une piscine ?« L’in- dans ce domaine se sentent liés à Hydro- vestissement de 30 dollars est vite '¦ [fri s;; tm ISilij :* I J i# 1 Pression du Sud ?Voici un peu comment Hydro-Québec s'y prend pour déterminer son potentiel global d'efficacité.Elle identifie d'abord toutes les mesures susceptibles d'être appliquées, puis en précise le potentiel total.Au Québec, ce potentiel est de 45 térawattheures.Seconde étape : sélectionner les mesures rentables, le principal critère ici étant le coût évité du plus important projet de construction.Ainsi, Hydro-Québec évalue le coût de Grande-Baleine à 4,4 cents du kilowattheure; elle ne retiendra donc que les mesures qui permettent d'économiser un kilowattheure pour 4,4 cents ou moins.On parle alors de 27 térawattheures.Hydro-Québec pige dans cette liste pour déterminer les éléments de ses programmes qui doivent générer des économies de 9,3 térawattheures d'ici l'an 2000.Les autres 17,7 térawattheures ne seront tout simplement pas économisés.« Le succès de plusieurs mesures dépend de la participation du public; le taux de succès n'est jamais de 100 %, » explique le vice-président Efficacité énergétique, Jean H.Ouimet.Il est possible d'économiser beaucoup plus que les 9,3 térawattheures prévus par Hydro-Québec, croit cependant Ashok Gupta, du Natural Resource Defense Council (NRDC).« Aux États-Unis, plusieurs programmes ont des taux de succès supérieurs », dit-il.Il David Freeman faut toutefois constater que les écologistes américains ignorent parfois la situation particulière du Québec.Par exemple, monsieur Gupta ne connaissait pas le phénomène des effets croisés : des mesures comme l'implantation de fluorescents compacts sont moins rentables chez nous parce que la chaleur des systèmes d'éclairage sert également au chauffage des locaux environ huit mois par année.Le NRDC veut faire annuler un contrat de 800 MW entre Hydro-Québec et Consolidated Edison, de l'État de New York.Ensuite, le groupe de pression veut mettre tout son poids dans la balance pour que tout achat ultérieur d'électricité provienne non pas de source nouvelle, mais uniquement d'énergie économisée.« Nous sommes encore très loin de conclure un tel accord, précise Ashok Gupta, mais notre démarche envoie un signal clair quant aux possibilités de développer l'efficacité énergétique.» Signe de temps nouveaux, la New York Power Authority, responsable de la politique énergétique de l'État de New York, a un nouveau président.Il s'agit de David Freeman, l'un des trois gourous américains de l'efficacité énergétique que Québec Science interviewait en décembre dernier.Québec Science / Mars 1994 31 récupéré par Hydro-Québec parce que cette intervention limite la nécessité de produire de l’énergie plus coûteuse, explique Jean H.Ouimet, vice-président Efficacité énergétique à Hydro-Québec.Tout le monde finit par en profiter.» Mais alors, pourquoi ne pas avoir appliqué la même logique pour d’autres interventions, comme la pose de fenêtres efficaces lors de la rénovation de logements ?« Chaque fois qu’une rénovation est entreprise ou qu’une maison neuve est construite sans mesure d’efficacité énergétique, la possibilité d’intervenir est perdue à tout jamais », rappelle Daphna Castel, du groupe Au Courant.Jean H.Ouimet admet que le concept d’opportunités perdues s’applique dans ce contexte, mais promet des programmes pour.1994-1995, sans pouvoir dire si les interventions seront subventionnées.« Cela fait des années que les maisons de type R-2000 existent.De tels programmes auraient dû être développés depuis longtemps », rétorque Daphna Castel.Pour s’assurer de développer l’efficacité énergétique d’une manière.efficace, il faut bien sûr s’assurer que tous les acteurs d’un même domaine collaborent.Et là, on ne peut pas dire que la concertation soit présente partout.Par exemple, le Bureau de l’efficacité énergétique (BEÉ) du ministère des Ressources naturelles du Québec a conçu un programme d’évaluation pour les maisons existantes.Il s’agit d’indiquer la performance énergétique d’une maison, tout comme on indique la consommation d’essence d’une automobile.Cet incitatif serait accompagné de conseils et d’un plan de prêts spéciaux pour financer les améliorations.Alors que le directeur du BEÉ, Gaby Polisois, déplore la non-participation d’Hydro-Québec à ce programme, Jean H.Ouimet affirme en avoir appris l’existence par hasard au cours d’une partie de golf ! Le PID aurait pu offrir une occasion en or pour amorcer le programme du BEÉ, tout en assurant des retombées à long terme aux coûteuses visites à domicile d’Hydro-Québec.L’efficacité énergétique ne se limite pas seulement au secteur résidentiel.D’importantes économies peuvent être réalisées dans les industries et les commerces.Encore là, on remarque que c’est chacun de son côté qu’Hydro-Québec et le BEÉ offrent une aide financière pour effectuer des analyses énergétiques.Une autre coopération qui ne semble pas très heureuse : celle entre les gazières et les pétrohè-res.Après tout, les économies de gaz ou de pétrole sont tout aussi justifiées que celles Coup d'œil au thermostat Le thermostat électronique remplacera le thermostat bimétallique que l'on retrouve habituellement dans nos maisons.Le bimétallique réagit trop lentement aux variations de température.Il coupe l'alimentation de la plinthe seulement lorsque la température ambiante est de 3 à 4°C supérieure à la température choisie par l'occupant, un écart à la hausse que celui-ci préfère à un écart de température à la baisse.En effet, si l'occupant abaisse le point de consigne du bimétallique, il devra subir des périodes d'inconfort, puisque la température de la pièce descendra àin-tervalles réguliers sous le seuil minimal de confort acceptable.Le nouveau thermostat électronique cher, dit Hydro-Québec.« Nos gens de la distribution craignaient que le délestage ne recrée des pointes artificielles à différents moments de la journée », explique Jean H.Ouimet.Le délestage à distance est pourtant une pratique cornante en Californie, sans que ce problème ne se pose, ni d’ailleurs celui de l’ingérance d’une société d’État dans la vie privée des citoyens.Monsieur Ouimet ajoute qu’il était impossible de tester le thermostat à puce nécessaire au délestage à distance.De leur côté, les tenants de la domotique remettent en cause le potentiel d’économie des thermostats sans puce.Mais tout le monde s’entend sur un point : reprendre le débat pour la deuxième phase du projet, pendant laquelle seront installés plus ut de six millions de thermostats.fait mieux son travail.Il évalue constamment la température de la pièce et calcule aux 15 secondes l'énergie nécessaire pour maintenir la température au point de consigne.Les économies prévues selon Hydro : 12 % d'économie de chauffage, une diminution de 5 % sur la facture globale.d’électricité.Pourtant, Québec n’a pas réussi à asseoir tout le monde autour de la même table pour élaborer un programme commun.Le résultat : c’est Hydro-Québec qui défraiera le coût de visite de 25 % des résidences qui chauffent au mazout.Finalement, l’annonce du programme de visites à domicile a coïncidé avec un autre partenariat manqué, du moins pour l’instant, celui avec la domotique.L’idée est pourtant géniale : pour réduire la consommation durant les périodes de pointe hivernales, Hydro-Québec aurait pu délester à distance les plinthes électriques de milliers de résidences québécoises.C’est d’ailleurs ce dont rêvait le lobby naissant de la domotique.Projet avorté.Trop Le 27 janvier dernier, vers 7h20 du matin, les Québécois ont battu leur record de consommation d'électricité.Fournir de l'électricité à tout le monde durant cette pointe est l'un des principaux problèmes d'Hydro-Québec.a .l'( Le groupe Au Courant déplore cependant l’abandon temporaire du thermostat -à puce, car selon lui les mesures qui permettent de contrôler la consommation durant les périodes de pointe devraient être prioritaires.La raison ?Le béton des :iï barrages et les pylônes des lignes de transport coûtent à Hydro-Québec plusieurs dizaines de milliers de dollars.par bungalow chauffé à l’électricité ! Or, une bonne partie de ces équipements ne servent que lors de la période de pointe hivernale.Conséquence, pour chaque maison qui n’exige plus que 15 kilowatts au lieu de 20 à la suite de mesures de contrôle de la pointe, Hydro-Québec évite un in- i;: vestissement d’environ 10 000 dollars.La logique suivie par Au Courant : utiliser ces 10 000 dollars pour financer des mesures d’efficacité.« Mais il faut commencer par sensibiliser le consommateur croit Daphna Castel.Peu de gens savent que le coût du kilowattheure résidentiel atteint 65 cents au moins 300 heures par année.» Il coûte entre 10 et 20 fois mo: cher le reste de l’année.À la défense d’Hydro-Québec, il faut soi ligner que la société d’État veut réduire 1: pointe.Elle a un projet pilote de tarification différenciée dans le temps.L’électricité pourrait donc éventuellement coûter Tî; i 31000 sOOOO 29000 28000 27000 26000 25000 Heures de la journée 32 Québec Science / Mars 1994 plus cher lors de la période de pointe.Le : vice-président Efficacité énergétique dit nique plusieurs études sont en cours.L’ob-Ijectif de réduction de la puissance est de ;.|3 320 MW lors des périodes de pointe, i Mais on cherche encore la politique 1 intégrée, avec une vision à long terme, fHf Lmettant systématiquement à profit h (doutes les mesures d’efficacité énergétique rentables, en accordant priorité I à la réduction de la pointe.Et on attend i encore le débat public.K J Un tel débat permettrait de mieux connaître certaines informations.On a par exemple souvent justifié la construction des grands barrages par la création d’emplois, alors que l’efficacité énergétique en crée encore plus ! Même Hydro-Québec le reconnaît : « Chaque million de dollars investis dans les mesures d’efficacité crée 12,6 années-personne de travail contre 10,9 avec la constuction de barrages hydroélectriques », constate Jean H.Ouimet.De fait, des gens comme Daphna Cas- tel croient qu’un bon programme intégré d’efficacité énergétique retarderait de quelques décennies la construction de nouveaux barrages.Rappelons l’erqeu économique.Malgré les faibles coûts de production de l’hydroélectricité, la dette d’Hydro-Québec atteint maintenant 32 milliards de dollars.Les différentes études entourant le projet Grande-Baleine ont coûté à elles seules 400 millions de dollars.Davantage que le PID.• :i: ¦ '(inî -ft# L'électricité, les pluies acides et l'effet de serre Imaginons que nous ayons besoin de l'électricité de Grande-Baleine.Et imaginons que le projet soit quand même abandonné.Par quoi le rem-place-t-on ?Répondre à cette question, c'est décider de notre production de pluies acides et de notre contribution à l'effet de serre.Voici l'impact, au Québec, des différentes solutions de rechange à Grande-Baleine.(Cela n'inclut donc pas les solutions de rechange de Sainte-Marguerite, d'Ashuapmushan.) Le NOx et le SO2 sont deux précurseurs des pluies acides; le C02, un gaz à effet de serre.Centrales thermiques au gaz naturel 24 % plus de NOx 20 % plus de C02 Centrales thermiques au mazout lourd 52 % plus de NOx 20 % plus de SO2 23 % plus de CO2 Centrales thermiques au charbon 71 % plus de NOx 26 % plus de S02 32 % plus de C02 Centrales nucléaires contribution aux pluies acides négligeable.Éoliennes et piles photovoltaïques (Source : Hydro-Québec) aucune pollution atmosphérique Fbiothermica: International inc.Valorisation énergétique DE LA BIOMASSE ET DES BIOGAZ Une solution enviromentenUile rentable BIOMASSE ET DÉCHETS Valorisation énergétique de la biomasse et des déchets (urbains, industriels, forestiers.) • Traitement thermique des résidus industriels • Production d'énergie électrique à partir des déchets • Epuration des gaz de combustion et dépoussiérage • Ingénierie de détail et construction • Recherche et développement BIOGAZ DE SITE DENFOUISSEMENT SANITAIRE Réalisation clef en main d'usines de valorisation énergétique du biogaz • Conception et mise en place de réseaux de captage • Evaluation du potentiel d’utilisation du biogaz • Analyse des alternatives de valorisation et des cycles thermodynamiques applicables • Ingénierie de détail: procédé, mécanique, électricité et contrôle • Surveillance des travaux et réalisation clef en main de centrales électriques 3333 Boul.Cavendish, Suite 440, Montréal (Québec) Canada H4B 2M5 Tél.: (514) 488-3881 - Fax; (514) 488-3125 7643 des Verveines, Charlesbourg (Québec) Canada GIG 5M6 Tél.: (418) 622-2885 - Fax: (418) 622-9413 Québec Science / Mars 1994 33 « L'électricité québécoise : comment nous la produisons Thermique à moteurs diesels 0,2% /Thermique à turbines à gaz 0,1% Thermique au mazout 0,7% Nucléaire^ 3,5% ' WMk Hydroélectrique 95,5% Coûts de production de l'électricité Dans notre monde où l'économie domine, le coût est toujours un argument majeur.L'électricité la moins chère : celle produite par les grands barrages.Les centrales thermiques offrent une possibilité économiquement intéressante, du moins aux prix actuels du gaz naturel.Mais ces prix sont appelés à augmenter, croit Hydro-Québec.L'expérience des parcs d'éoliennes du Danemark montre que cette filière est moins économique.Hydroélectricité (grandes centrales) de 3,0 à 4,6 tf/kWh Hydroélectricité (centrales de moyenne envergure) 5,2 tf/kWh Centrale thermique au gaz naturel 6,0 ÿ/kWh (varie selon le coût du gaz naturel) Centrale nucléaire 5,7^/kWh Énergie éolienne de 6,1 à 7,6 tf/kWh Piles photovoltaïques 15 tf/kWh Source : Hydro-Québec Prix de revient de l'électricité livrée à Montréal.Ces prix sont calculés en dollars de 1992, pour des installations mises en service en 2001.Les victimes cachées Il y a un impact dont on ne discute à peu près jamais : la mort des gens.Les accidents de travail sont pourtant fréquents lors de l'extraction minière, du traitement, du transport et de l'entreposage du combustible.D'autre part, la pollution d'une centrale causera à la longue des problèmes de santé chez certaines personnes.Voici le nombre moyen de décès par année liés à chaque filière pour une production équivalente à celle du projet de Grande-Baleine.Ces statistiques n'incluent pas la construction des installations et le transport de l'électricité, ni les catastrophes et accidents majeurs, impossibles à évaluer.L'énergie au Québec LA FIN DES GRANDS BARRAGES?Source : adapté de Senior Expert Symposium on Electricity and the Environment, Finlande 1991.Hydroélectricité Aucun mort Centrale thermique au gaz naturel 1.5 personne Centrale thermique au mazout lourd 9 personnes Centrale thermique au charbon 11.5 personnes Centrale nucléaire Moins de 1 personne Énergie éolienne Statistiques récentes non disponibles Les impacts de l'électricité Voici les principaux impacts des différentes filières de production d'électricité.Hydroélectricité Mercure dans la chaîne alimentaire des réservoirs, inondation du territoire.Risques de rupture de barrage.Centrale thermique au gaz naturel Rejets d'eau chaude par la centrale, contribution à l'effet de serre et aux pluies acides.Centrale thermique au mazout lourd Déversements fréquents de pétrole en mer, rejets d'eau chaude par la centrale, pollution de l'air, contribution à l'effet de serre et aux pluies acides.Risque de conflit dont l'enjeu est l'approvisionnement en combustible fossile.Forte mortalité associée à cette filière.Centrale thermique au charbon Résidus miniers, rejets d'eau chaude par la centrale, cendres contaminées par des métaux lourds, abondante pollution de l'air, contribution à l'effet de serre et aux pluies acides.Forte mortalité associée à cette filière.Centrale nucléaire Déchets radioactifs, acidité des résidus miniers dont on extrait l'uranium, rejets d'eau chaude par la centrale.Risque d'accident.Utilisation militaire de technologie civile.Énergie éolienne Grande superficie utilisée (comparable à l'hydroélectricité).Piles photovoltaïques Polluants résultant de la fabrication des piles.34 Québec Science / Mars 1994 Gentilly assure une part importante de l’électricité du Québec -grâce au CANDU Hydro-Québec a choisi ce lieu dans la vallée du Saint-Laurent, tout près de Trois-Rivières, pour le site de sa première centrale nucléaire CANDU.Gentilly alimente la province du Québec en électricité depuis dix ans.La technologie CANDU, conçue par Energie atomique du Canada limitée, est reconnue par les compagnies d'électricité du monde entier comme le réacteur de puissance le plus fiable offert actuellement sur le marché.On y produit de l’électricité fiable., sûre., simplement.et __________ sans nuire à l’environnement auquel la population de Gentilly accorde beaucoup d’importance.A* AECL ainsi que par la population de Gentilly.AECL CANDU 1155 rue Metcalfe Montréal, Québec H3B 2V6 Tél; (514) 871-1116 Fax; (514) 934-1322 En matière d’énergie, au Québec, c’est encore l’électricité qui retient l’attention en 1994.Rien de bien nouveau, si ce n’est qu’Hydro-Québec n’est plus seule dans le portrait.Électricité et diversité, en somme.Pourtant, même si on en parle moins, d’importants chantiers hydroélectriques sont toujours en cours à la Baie James.Les centrales de Laforge (820 MW) et de LG-1 (1310 MW) devraient entrer en activité dans les prochains mois.En attendant les retombées du programme d’efficacité énergétique d’Hydro qui devrait, avec l'amélioration du réseau, combler plus du quart des nouveaux besoins d’ici l’an 2005, il faut bien faire face à l’augmentation prévue de la demande ! Enfin, si augmentation il y a.C’est pourquoi des projets hydroélectriques de moindre envergure progressent sans trop de bruit, notamment du côté de la Haute-Mauricie.À court terme cependant, on demande du renfort.De là vient la prolifération de nouvelles propositions que la société d’État reçoit des producteurs privés, à qui le gouvernement a entrouvert la porte il y trois ans.Au menu, petites centrales et cogénération.Sur les 70 ententes signées à ce jour par Hydro-Québec avec des exploitants privés, 50 touchent des minicentrales, tandis que les autres ont trait à la production d’énergie thermique.Ces petites centrales vont peut-être bientôt parsemer le Québec, apportant avec elles 160 mégawatts.Des puces.dont l’aspect inoffensif sur le plan environnemental n’est pas toujours certain.Des questions plus préoccupantes se posent quant à la cogénération, au point qu’on a dû écarter des projets trompeurs.Pour se qualifier en regard de la politique Portrait de projets L électricité privée La famille énergétique s'agrandit : les entreprises privées produiront de plus en plus d'électricité.par René Vézina L'énergie u Québec gouvernementale, les centrales de cogénération doivent véritablement combiner deux usages, c’est-à-dire produire de l’électricité et de la vapeur à des fins industrielles; sinon, il s’agit ni plus ni moins de centrales thermiques, dont les effets sur l’environnement demeurent incriminants.Pourtant, la compagnie Indeck a reçu l’aval du ministère québécois de l’Environnement, malgré une recommandation contraire du BAPE, pour la construction à Hull d’une centrale thermique de cogénération d’une puissance de 147 MW.La presque totalité des revenus de fonctionnement proviendrait de la vente d’électri- Nos tentatives d'harnacher le vent n'ont pas été fructueuses : les éoliennes québécoises ne fonctionnent pas.C'est donc une firme privée américaine qui construira le futur parc d'éoliennes en Gaspésie.cité à Hydro-Québec, la vapeur ne géné rant qu’une part congrue des revenus.pour ne pas dire symbolique.D’autres voies sont explorées.De son côté, la compagnie Tembec, par exemple, recycle depuis l’an dernier les déchets de ses scieries à ses installations de Témis-caming pour alimenter une chaudière à biomasse qui produit de la vapeur et 10 MW d’électricité à coût avantageux.On trouve également, en construction, une centrale thermique d’un genre plus original.Il s’agit du projet Miro, de Désourdy Biothermica, qui brûlera les biogaz de l’ancienne carrière changée en dépotoir pour en tirer 25 MW d’électricité.Tant qu’à vivre avec un problème, aussi bien s’en accommoder ! À retenir aussi, les 350 éoliennes de la firme californienne Kenetech, qui devraient être construites en Gaspésie, d’ici 1996, pour fournir 40 MW.Il y a également un nouveau développement dans la saga de l’hydrogène et de * ' 7 -v.'è j ".¦¦H 36 Québec Science / Mars 1994 Bson utilisation comme carburant pour les lirehicules de transport en commun.Le gouvernement du Québec et la Commu-¦lauté économique européenne ont déci-i aé d’aller de l’avant en investissant ( 60 millions de dollars pour trouver com-¦nent diminuer le coût de revient de l’hy-cflrogène.De quoi financer la recherche , fen Europe mais aussi dans les universités québécoises, notamment à Trois-Rivières ^ et à Sherbrooke.D’ici à ce que les forages pntrepris dans la plaine du Saint-Laurent pour trouver des réserves viables de gaz paturel donnent enfin les résultats escomptés, c’est ce qui a le plus de chances ne devenir un jour l’or noir québécois.• K.Gestion globale Le principal problème de l'énergie au Québec vient peut-être de la façon dont nous prenons les décisions.Nous prévoyons la demande d'énergie, pour choisir ensuite la meilleure façon de la combler.De plus en plus, aux États-Unis et dans le reste du Canada, on privilégie une autre approche : la planification intégrée des ressources (PIR).L'objectif de la PIR est de fournir l'énergie la moins chère possible au plus bas coût social.Prenons l'exemple du chauffage des maisons.Dans l'approche classique, on vend de quoi réchauffer l'air : de l'électricité, du mazout, du gaz naturel.Avec la PIR, on vend une température agréable.L'idée consiste à mettre sur un pied d'égalité toutes les façons d'obtenir cette température : réduction des pertes de chaleur de la maison, construction de maisons dont l'orientation augmente la quantité de chaleur fournie par le soleil, chauffage électrique avec délestage séquentiel, chaudière au mazout ou au gaz naturel, etc.On évalue ensuite les impacts économiques, sociaux et environnementaux de chacune des possibilités.Et on s'assure que la décision n'a pas été prise avant que cette évaluation soit terminée, comme cela arrive trop souvent dans les dossiers politiques.Dans ses ultimes raffinements, la PIR attribue un coût en dollars à chacun des impacts.Au Massachusetts, par exemple, on estime à 6760 dollars américains par tonne l'impact des oxydes d'azote émis lors de la combustion de combustibles fossiles.On peut ensuite comparer chacune des possibilités en fonction de leur prix de revient et des coûts indirects qui y sont associés.Aux États-Unis, la loi impose cette méthode de gestion à la grandeur du pays.Mais, au Québec, nous n'avons pas encore l'habitude des débats publics où les avantages et les inconvénients des différentes sources d'énergie sont comparés.I.M.Un bilan Quand vous entendez parler de consommation d’énergie au Québec, vous pensez probablement à votre dernière facture (salée.) d’Hydro-Québec.Vous imaginez votre compteur d’électricité qui tournait comme une toupie lorsqu’il faisait - 30°C, et vous essayez de multiplier par le nombre de logements au Québec.Mais l’énergie, c’est aussi l’essence et le diesel dont on se sert pour le transport, le mazout et le gaz naturel utilisés pour le chauffage et dans les procédés industriels.En fait — et on l’oublie souvent —, c’est le secteur industriel qui est le plus vorace, avec plus du tiers de toute l’énergie consommée au Québec.Deux ogres s’accaparent 20 % de toutes les formes d’énergie, presque autant que toutes nos résidences réunies : l’industrie des pâtes et papiers et celle des métaux non ferreux (y compris l’aluminium).Moins médiatisées que les alumineries, les pâtes et papiers utilisent néanmoins 6 % du pétrole, 12 % de l’électricité et 13 % du gaz naturel consommés au Québec.À elles seules, les industries de l’aluminium et des autres métaux non ferreux engloutissent plus de 20 % de l’électricité consommée au Québec (elles en produisent elles-mêmes mie bonne partie).Nos résidences comptent pour le tiers de l’électricité consommée, et près de la moitié sert au chauffage.Quant au transport des personnes et des marchandises, il utilise plus du quart de toute l’énergie consommée au Québec, essentiellement sous forme de produits pétroliers.Voici sous quelles formes les Québécois — citoyens, entreprises, institutions.— utilisent l'énergie.Encore aujourd'hui, le pétrole occupe une plus grande place que l'électricité dans notre bilan énergétique.Charbon 0,9% Biomasse 9,5% Gaz naturel 14,6% Pétrole 37,8% Électricité 37,2% Qui utilise l'énergie au Québec ?La part du lion va à l'industrie, plus particulièrement au secteur des pâtes et papier et des métaux non ferreux (aluminium, magnésium, etc.).Pâtes et papier 10% Transport 26,49% Fonte et affinage 10% Industriel 35,60% Commercial et institutionnel 16,51% Domestique (Source : MRNQ, 21,40% données de 1992) Québec Science / Mars 1994 37 Politique et énergie La grande désillusion par René Vézina En présentant ses lieutenants ministériels, à la mi-janvier, le nouveau premier ministre Daniel Johnson en a profité pour faire un peu de ménage dans les appellations officielles.Le ministère de l’Énergie a vécu, vive le nouveau ministère des Ressources naturelles ! Le nom a comme une saveur de Révolution tranquille, à l’époque où le Québec accédait au rang de nation moderne en misant notamment sur ses fabuleuses richesses.Depuis, le rêve a pris un coup dans l’aile et le doute s’est installé.L’énergie est toujours la « force motrice du développement économique », selon l’énoncé de la politique énergétique québécoise, mais le moteur attend la mise au point qui lui permettra de repartir à plein régime.En certains milieux purs et durs, il est maintenant devenu politiquement incorrect de parler d’hydroélectricité.""" En sommes-nous vraiment rendus au temps de la grande désillusion ?C’est selon.Si on se reporte à la toute première politique québécoise de l’énergie, présentée en 1978 par le ministre Guy Joron dans le premier cabinet Lévesque, une bonne partie des objectifs ont été atteints.Les sources québécoises d’énergie — surtout l’hydroélectricité — ont pratiquement doublé.De même, la sécurité de nos approvisionnements en énergie importée a été renforcée, notamment grâce à de nouvelles ententes qui facilitent maintenant l’accès aux hydrocarbures de l’Ouest canadien.Avec une sensibilité accrue à l’utilisation efficace de l’énergie, les Québécois allaient faire rimer politique énergétique et respect de l’environnement.De fait, l’illustration de la page couverture 38 Québec Science / Mars 1994 La politique québécoise de lënergie Assurer l'avenir La page couverture de la première politique énergétique du Québec respirait la bonne volonté.Les choses ont bien changé depuis 1978.du document de 1978 respirait la bonne volonté : des enfants s’amusent sous le regard attendri du soleil, alors que la Nature généreuse dispense sans problème ses faveurs énergétiques.Un instantané pris aujourd’hui les montrerait plutôt en train de se chicaner à l’ombre des cheminées des nouvelles centrales thermiques.Oui, les Québécois ont innové en matière de construction de centrales, de transport de courant sur de longues distances et de gestion de réseau.De grandes firmes internationales, ABB, GE et bien d’autres, ont déménagé leurs pénates ici.L’IREQ s’est fait connaître par l’excellence de ses recherches à Varennes, tandis que de grandes firmes d’ingénieurs ont connu un essor qui se répercute largement au-delà des frontières.Mais tout n’est pas rose sous le ciel énergétique.La pétrochimie québécoise se cherche.La déchéance de Kemtec a même sonné le glas de la prestigieuse firme La-valin.Avec la fermeture de quatre raffineries dans l’est de Montréal, le Québec consomme maintenant plus de pétrole raffiné qu’il n’en produit.Pendant ce temps, le gaz nature s’est imposé comme troisième source énergétique d’importance au Québec, au-delà des prévisions, et un centre de recherches sur les technologies gazières a été créé à Boucherville.Par ailleurs, la dimension environnementale est devenu l’autre élément clé du portrait énergétique québécois, un élément qui a bouleversé par sa force les intentions gouvernementales.C’est Hydro-Québec qui a encaissé le choc, au point où l’hydroélectricité a hérité du blâme.Il faut dire que la société d’État y a goû ij| té dans les années 80 : après la décision de Jacques Parizeau, alors ministre des Finances, de lui imposer le versement de dividendes — réduisant ainsi sa capacité de réinvestir dans l’entretien du réseau —, on lui a imposé sans préavis la desserte de nouvelles industries grandes consommatrices d’énergie, alumineries en tête.Bien quoi ! Le Québec ne disposait-il pas d’un énorme potentiel hydroélectrique qui lui permettait d’offrir discrètement des tarifs privilégiés aux nouveaux arrivants ?L’improvisation est alor devenue stratégie.Il suffit simplement d’activer les chantiers, voyons ! Et de se draper dans une attitude offensée si d’honnêtes citoyens osent remettre en question les prévisions et méthodes des !ïi(i m tÿii ft: « bâtisseurs » québécois ! " k K, 'ft ar Marie-Claude Ducas Lorsqu’une automobile rend l’âme, les sièges, les tapis et les éléments du tableau de bord vont remplir les dépotoirs.Pas pour longtemps, espèrent les ingénieurs et chi-istes de l’Institut des matériaux industriels (IMI), à Boucher-ille, qui tâchent de trouver un emploi pour ces matériaux hété-oclites, trop difficiles à trier pour être recyclés.Dans leur labo, s réduisent en morceaux quasi microscopiques divers types de eusses et de plastiques, du caoutchouc et même de petites uantités de métal.Les particules seront par la suite soigneuse-ent mélangées, fondues, puis moulées ou façonnées sous diver-les formes : piquets de clôture, bancs de parc ou même nouvelles rièces d’auto.La technique a le mérite de mélanger divers matériaux qui I a’étaient jusqu’ici recyclables que séparément.Le premier défi : réduire ces matériaux en particules assez petites et les mélanger le façon homogène.Le secret, encore plus que dans la méthode de broyage elle-même, réside dans le dosage des différentes ma-\ tières.« En plus des pièces d’auto, des déchets ménagers ou industriels en plastique peuvent être employés », dit Georges Sal-loum, ingénieur mécanique, chef de la section modélisation et optimisation des procédés à l’IMI.Les premières expériences ont consisté à essayer des mélanges contenant diverses proportions de polyéthylène.Puis, on a façonné les concoctions qu’on a réussi à mélanger.« Il fallait avoir une idée des propriétés de ces composés, par exemple, leur malléabi-_ lité, leur souplesse, leur résistance, dit Georges Salloum.Puisqu’on ne connaît pas la composition chimique de tous les ingré-, dients, on ne peut avoir recours à la modélisation mathématique ou la simulation par ordinateur.Or, nous voulons intégrer une _j certaines proportion d’objets sans forcément en connaître la composition.La seule façon de savoir comment se comportera un ^ type de mélange, c’est de l’essayer.» Les deux tiers des recherches de l’IMI (une division du Conseil national de la recherche du Canada) dépendent de commandes de compagnies de déchiquetage et de récupération et des fabricants d’automobiles.Mais les travaux de recyclage sont présentement en suspens.« Pour poursuivre, il faut que des entreprises nous donnent des mandats précis et s’engagent financièrement », indique Georges Salloum.• La solution aux dépotoirs : réussir à recycler tous les types de matériaux.La biodiversité mondiale Une tribune interna tionale sur la variété des êtres vivants de la Terre.Ne menquez pas un seul numéro de plus - commandez votre abonnement aujourd'hui! Canadian Museum of Nature Musee canadien de la nature Téi: (613)991-0270 Québec Science / Mars 1994 43 par Isabelle Montpetit Le goût de la Terre Rencontres avec des écologistes remarquables par René Vézina VLB éditeur, 1993, 275 pages, 19,95$ Si le discours écologiste moralisateur vous hérisse, Le goût de la Terre vous réconciliera peut-être avec le mot environnement.Le journaliste René Vézina y trace le portrait de 22 personnes pour qui la préservation de l’environnement n’est pas affaire de discours, mais d’action.Peu de chevaliers de la Terre ici, mais surtout des personnes préoccupées de la survie des humains.Peu de discours culpabilisateurs, mais plutôt des tentatives pour comprendre la relation spéciale que nous avons avec notre environnement.Cette galerie de portraits s’ouvre avec celui de Pierre Dansereau, le précurseur de la pensée écologiste québécoise.On y découvre le docte naturaliste jouant à Tarzan, pendu à une liane au cœur de la forêt amazonienne.Son discours environnementaliste s’accompagne d’une exhortation à se mouiller les pieds, à se frotter à la nature.« Immergez-vous dans la nature, dit-il.Autrement, vous ne comprendrez rien.» Les autres sont scientifiques, artistes, philosophes, évêque, agriculteur, sociologue.Chacun interprète sa relation avec l’environnement à la lumière de sa pratique.Le géographe Luc Bureau parle par exemple de notre propension à déménager très souvent.« Comment voulez-vous être en relation avec les beux dans de telles cir- Le goût de l'environnement René Vézina Le goût de la Terre Rencontres avec des écologistes remarquables Préface de Jules Beaucame rlb éditeur constances ?», demande-t-il.Habitués à mesurer le temps en millions d’années, les géologues Hillaire-Marcel et Bouchard savent quant à eux que la Terre en a vu d’autres au cours des âges.C’est nous qui sommes en danger, disent-ils, pas la Terre.Une section du livre est consacrée à l’éthique et à la dimension spirituelle.L’évêque Gérard Drainville et sœur Estelle Lacoursière parlent des interrogations de l’Église face à la question environnementale.L’Église catholique a longtemps prêché le verset de la Genèse qui dit : « Remplissez la Terre et soumettez-la.» Pourtant, plus loin, la Genèse dit aussi : « Dieu prit l’homme et la femme pour les placer dans le jardin de l’Éden pour le cultiver et le garder.» Quant au philosophe amérindien Charles Coocoo, il parle de la nécessité du voyage intérieur.« Sinon, ça ne vaut pas la peine de parler de la nature, des relations avec d’autres peuples.La redécouverte de sa propre richesse est indispensable à la cohabitation.» D’autres sont carrément dans l’action.À Chicoutimi, au cœur de l’hiver, le biologiste Claude Villeneuve anime une émission spéciale à la télévision.On veut montrer aux gens comment réduire leur consommation d’électricité.La station de télévision est reliée au centre d’exploitation régional d’Hydro-Québec et les téléspectateurs peuvent voir en temps réel les résultats spectaculaires de leurs gestes sur la consommation d’électricité.Le goût de la Terre est un buffet que vous pourrez déguster à petites bouchées, en commençant où ça vous chante.Le mélange est hétéroclite, mais, au bout du compte, vous trab jjs : aurez un aperçu des nombreu ses facettes de la pensée écologiste québécoise d’aujourd’hui.Parsemée d’anecdotes, cette leçon d’écologisme nous fait mieux connaître des gens dont les médias ont beaucoup parlé : l’astrophysicien Hubert Reeves, Pierre Bourque, qui a conçu le Biodô : me de Montréal, Pierre Bé-land, qui a animé l’émission Feu vert à Radio-Québec.Mais l’une des principales qualités de ce livre, c’est qu’il évite le désespoir de la plupart des plaidoyers pour l’environnement.Sans oublier les problèmes de notre bonne vieille Terre, il nous rappelle i quel point elle est précieuse pour nous.• (tune da te Hymne à l'action René Vézina — l'auteur du Goût de la Terre — aurait aimé sous-titrer son livre « Hymne à l'action ».Pas l'action de poser des bannières, mais l'action qui change le cours des choses.« Ce qui me fascinait, dit-il, c'est la façon dont ces gens avaient intériorisé leur préoccupation pour l'environnement.Cela fait partie de leurs valeurs, de leur façon de vivre.Bien sûr, ils sortent leur bac de recyclage tous les mercredis, mais ils n'ont pas besoin d'en parler.» C'est un peu le chemin qu'a suivi l'auteur à travers ces rencontres, qui ont débuté au cours de la série radiophonique La Terre en question à Radio-Canada.« Je ne peux plus me définir comme un journaliste qui fait de l'environnement, dit-il.Ce serait une étiquette.Être environnementaliste, c'est un état d'être, tout comme être humaniste.Il est ridicule de parler au nom de la Terre.C'est de l'anthropomorphisme.Ce qui est en jeu, c'est notre survie.et aussi notre lien affectif avec la nature.» Ce lien est important.« On est prêt à agir pour ce qu'on aime, comme le Petit Prince, qui est pris avec la rose qu'il a apprivoisée », dit René Vézina, qui utilise abondamment dans son livre des métaphores tirées du conte de Saint-Exupéry.« Je n'ai pas vu souvent de harfang des neiges dans ma vie, peut-être trois ou quatre, raconte-t-il.Quand j'en vois un, je suis tout content, ça me rappelle qu'ils sont là.Si on me disait que je n'en verrais plus, je continuerais à vivre, bien sûr, mais mon rapport avec la nature viendrait d'être égratigné.» Malheureusement, au nom de l'action, on a souvent culpabilisé les citoyens.On a abusé de leur bonne foi, sans leur montrer les résultats.En ce sens, l'expérience de Claude Villeneuve sur la consommation d'électricité est intéressante.« C'est un des seuls endroits où on a pu voir le résultat concret d'une action individuelle, commente René Vézina.Le danger, c'est de conditionner les gens à n'agir que lorsqu'ils voient le résultat.» de I.M.44 Québec Science / Mars 1994 able et chaud onné en tissu très résistant isure qui "respire" très bien.udement isolé, le Patrouilleur [(jy : quatre poches doublées 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France, en Angleterre, des chercheurs s’étonnent de leurs découvertes.Pour comprendre l’excitation des scientifiques, U faut savoir à quand remonte la quête du constituant fondamental de la matière.L’idée d’un monde constitué d’atomes apparaît au milieu du 5e siècle avant Jésus-Christ avec le philosophe grec Leucippe.Ses réflexions l’amènent à penser que la matière est composée de particules extrêmement petites, indivisibles.En grec, le mot « indivisible » se dit « atomos ».Il appelle donc ses particules des atomes.Son disciple Démocrite reprend cette idée et la développe.Il émet l’hypothèse que les atomes se combinent les uns aux autres, qu’ils sont constamment en mouvement et qu’il sont séparés par du vide.C’est le premier modèle atomique.Sans laboratoire ni microscope, l’idée ne peut être prouvée.Ce modèle atomique ne connaîtra pas un grand succès.Pendant des siècles, on préférera croire que la matière est constituée de quatre éléments fondamentaux : l’air, la terre, l’eau et le feu.Ce n’est qu’au 18" siècle que le savant anglais 46 Québec Science / Mars 1994 John Dalton (1766-1844) réintroduit la notion d’atomes, cette fois avec une base plus scientifique.Ses observations et ses expériences l’amènent à faire une distinction fondamentale entre les éléments, formés d’atomes semblables, et les molécules, formées d’atomes différents.Il se représente les atomes comme des billes juxtaposées.Il en donne les poids relatifs, en décrit quelques caractéristiques, mais ignore toujours la structure de ces mystérieux atomes.Environ un siècle plus tard, en 1896, les travaux du savant anglais Sir Joseph John Thomson (1856-1940) jettent un éclairage nouveau sur la question.Ce physicien montre que l’atome contient des charges négatives qu’il appelle électrons.Et puisque l’atome lui-même est neutre, il doit aussi contenir des charges positives qui annulent celles de l’électron.Le modèle atomique de Thomson est appelé « gâteau aux raisins » : les raisins sont les électrons, la pâte est chargée positivement et le gâteau est électriquement neutre.Un an plus tôt, un phénomène étonnant, apparemment sans lien avec la structure de l’atome, s’était produit dans le laboratoire du chercheur allemand Wilhelm Conrad Rôntgen (1854-1923).Celui-ci avait découvert par hasard un rayonnement inconnu.Comme il en ignorait la nature, il les avait appelés rayons X.Grâce à eux, il avait obtenu une photographie de la main de sa femme où on ne voyait que les os et les anneaux qu’elle portait à l’annulaire.La presse s’était emparé rapidement de la nouvelle qui avait fasciné le monde entier.Cet événement est àl’ori-gine d’un bouleversement de la conception de l’atome.Bientôt, l’attention se porte sur les rayons X et les interprétations affluent.Rôntgen lui-même pense qu’ü s’agit d’un déplacement de l’éther, ce fluide censé supporter toute ma- tière.À Paris, Henri Becquere| (1820-1891) se rend compte que les sels d’uranium impres-| sionnent une plaque photogra-: phique même à la noirceur.Ce rayonnement ressemble étra gement aux rayons X de Rôntgen.En 1898, Marie Curie, une| jeune polonaise naturalisée française, s’emploie à mesurerj l’intensité du rayonnement pour divers composés d’uranium.Elle convainc son mari Pierre Curie d’abandonner sesj recherches sur le magnétisme pour l’assister.Il accepte de mauvaise grâce, mais les résul its sont encourageants : les urie découvrent de nouveaux ifléments émetteurs de rayon-lements beaucoup plus puis-flants que Puranium, notamment le polonium et le radium.' À Cambridge, un jeune colla-lorateur de Thomson d’origine éo-zélandaise, Ernest Ruther-ord, se passionne lui aussi our les nouveaux rayons.Il écouvre que l’uranium émet eux types de radiations, qu’il omme alpha et bêta.À part le ait que les rayonnements bêta ont plus pénétrants que les se voit déjà à la tête d’une équipe de chercheurs, à l’image de Thomson en Angleterre.Rutherford ne chôme pas : à peine un an plus tard, il réussit à montrer que les rayons bêta sont en réalité des électrons, ces mêmes particules découvertes par Thomson.Le rayonnement alpha, lui, demeure toujours mystérieux.Pour avancer, Rutherford a besoin de l’aide d’un chimiste.Une collaboration étroite commence alors avec Frederick Soddy, un Anglais également ¦ -a; ijplt lif èift 0' lefW je fl ' Que, 0 «1# lyonnements alpha, on ne onnaît rien de leur nature.À ’instar de Rôntgen, Rutherford croit lui aussi qu’il s’agit de vi-(I ^rations de l’éther.De l’autre côté de l’Atlanti-le principal de McGill, 0 William Peterson, cherche un nouveau professeur de physique.Il connaît déjà Thomson, qui lui recommande Ruther-jford.Celui-ci, impressionné par la qualité du laboratoire montréalais, accepte le poste avec enthousiasme d’autant plus qu’on l’engage avant tout |comme chercheur.À 27 ans, il Ernest Rutherford, à l'Université McGill.Ses travaux nuiront à la réputation de l'université, se fait-il dire.Ils lui permettront au contraire de décrocher un prix Nobel.professeur à McGill, qui accepte de délaisser ses propres recherches pour travailler avec lui.Les deux hommes concentrent leur attention sur un autre élément émetteur de rayonnement récemment découvert, le thorium.C’est dans les laboratoires de physique Macdonald — nommés d’après le richissime magnat du tabac canadien qui les avait finan- cés — que Rutherford et Soddy se rendent compte au printemps 1902 que les émissions radioactives n’ont rien en commun avec les phénomènes chimiques connus.D’abord, l’énergie émise est environ vingt mille fois plus grande que celle issue des réactions chimiques ordinaires ! Cette libération d’énergie doit venir du noyau de l’atome, pensent-ils.Leur conclusion est révolutionnaire, car elle implique un changement au niveau subatomique, où des atomes d’un élément se transforment spontanément en atomes d’un autre élément.Voilà qui remet en cause l’atome immuable des chimistes ! Le rêve des alchimistes est devenu réalité.Les travaux progressent à un rythme accéléré.Dès l’automne, Rutherford et Soddy montrent que le rayonnement alpha n’en est pas un : il s’agit plutôt d’une particule.L’année suivante, en 1903, leur théorie se précise : Rutherford prédit que le radium produit continuellement de l’hélium.Il faudra encore quelques années pour montrer que la particule alpha correspond bel et bien à un noyau d’hélium composé de deux protons et de deux neutrons.Contrairement à ce que pensaient les Curie et d’autres, pour qui les atomes étaient des transformateurs d’une énergie cosmique extérieure, Rutherford montre que la radiation est une propriété interne de l’élément.C’est là l’essentiel de la contribution scientifique de Rutherford réalisée à McGill.Ses résultats sont tellement étonnants que certains collègues l’incitent à la prudence, question de ne pas ternir la réputation de l’université montréalaise.Une conséquence inattendue de ses travaux permet même de redonner de la crédibilité à la théorie de l’évolution.La théorie de la chaleur du milieu du 19e siècle avait fait dire à des physiciens que la Terre ne devait pas avoir plus de 40 à 60 millions d’années.Ces derniers basaient leur estimation sur la rapidité de refroidissement de la croûte terrestre.Mais les géologues et les biologistes croyaient au contraire que la Terre était vieille de plusieurs centaines de millions d’années.Rutherford apporte de l’eau au moulin : puisqu’il y a libération d’énergie lors des émissions radioactives, notre planète se refroidirait beaucoup plus lentement que prévu.Voilà qui lui donne tout un coup de vieux ! Pour évaluer l’âge de la Terre, Rutheford suggère de calculer la quantité d’hélium contenue dans les minerais d’uranium.En 1905, un collaborateur annonce que la terre a au moins 500 millions d’années ! Les évolutionnistes peuvent respirer : les mammifères ont eu le temps de se développer ! En 1907, Rutherford quitte l’Université McGill pour retourner en Angleterre.Il avait espéré s’entourer d’une équipe de physiciens et de chimistes et fonder un genre d’école, mais les étudiants de McGill d’alors préfèrent encore choisir des professions plus concrètes, comme celle d’ingénieur.Le premier doctorat en physique y sera décerné en 1909, et le second seulement en 1926.Peu après son retour en Angleterre, Rutherford reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux montréalais et assume la direction du laboratoire Cavendish de l’Université Cambridge.Il améliore le modèle atomique de Thomson en montrant que les électrons tournent autour d’un noyau chargé positivement à une très grande distance de celui-ci : c’est le modèle planétaire de l’atome.Ce modèle a bien sûr beaucoup évolué.Mais, encore aujourd’hui, il explique la plupart des réactions chimiques.• Danielle Ouellet est docteure en histoire des sciences.Québec Science / Mars 1994 47 par Raynald Pepin La dimension cachée de septembre dernier, « Du bain et des jeux », n’a pas épuisé tous les phénomènes intéressants qu’on peut observer en prenant son bain.Comme me le souligne Paul La-vergne, un lecteur de Shawini-gan, il reste une fameuse question.Est-ü vrai, demande-t-il, que lorsqu’on vide son bain, dans l’hémisphère nord, le tourbillon créé par l’écoulement de l’eau tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre (vu d’en haut) ?Et qu’il tourne dans le sens inverse dans l’hémisphère sud ?Qui a répandu ce mythe sans apporter les nuances nécessaires ?Disons-le tout de suite : dans des conditions idéales, oui, l’eau tourne comme on l’a mentionné ci-dessus.Ce phénomène, dû à ce qu’on appelle l’effet de Coriolis, est lié à la rotation de la Terre.Mais précisons : dans des conditions ordinaires, non, l’eau ne tourne pas toujours dans le sens contraire des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord.Le sens de rotation dépend plutôt de la forme de l’orifice d’évacuation, des courants d’air, de la façon dont le bouchon est tiré et des courants résiduels existant dans l’eau ! Bref, il varie d’une fois à l’autre, comme vous pouvez le vérifier.L’effet de Coriolis est si faible que, pour l’observer, il faut attendre que l’eau soit complètement immobile avant de tirer le bouchon.Or, des courants résiduels peuvent persister jus- Du maelstrom au cyclone Il est question de bains qui se vident, de cyclones tourbillonnants et d'un raisin lancé qui n'arrive jamais à la bouche qui l'attend.Tout cela à cause d'une mystérieuse force.qu’à 20 heures après le remplissage ! Pour mettre en évidence l’effet de Coriolis dans votre baignoire, il faudrait donc vous passer de bain durant au moins une journée (avec les conséquences sociales qui en découlent).Sans courants résiduels, chaque molécule d’eau coule directement vers l’orifice d’évacuation.Si l’eau avance à une S SR! IPg SSÉ?#; vitesse de 1 centimètre par seconde, on peut calculer que la force de Coriolis est environ 10 millions de fois plus faible que la gravité.C’est néanmoins suffisant pour engendrer une rotation lente.N’espérez pas observer le phénomène dans votre baignoire : la moindre asymétrie des parois ou du fond, ou le remous créé en tirant le bouchon, produisent des courants secondaires qui masquent l’effet de Coriolis.En plus d’être la source de quelques maux de tête, la force de Coriolis provoque la déviation des objets en chute li- bre ou des projectiles en vol et influence aussi le climat.En physique, on la traite pourtant de force fictive.Faisons donc un peu de science-fiction et essayons de comprendre l’origine de cette fameuse force.Attention : ça demande un peu de concentration.Mais les défis ne nous font pas reculer, n’est-ce pas ?Vous connaissez sûrement une autre force fictive : la fameuse force centrifuge.Supposons que vous êtes en auto, sur le siège de droite, et que l’auto négocie un virage vers la gauche.Intuitivement, vous considérez qu’une force centrifuge vous projette vers la portière droite.Mais c’est une question de point de vue.La force centrifuge n’existe pas en réalité : vous l’inventez pour expliquer ce que vous observez dans l’auto, qui constitue ce qu’on appelle en physique votre système de référence.Une force réelle doit être exercée par un corps sur un autre et s’accompagner d’une réaction.La force centrifuge, fictive, n’obéit pas à ces critères.Elle semble exister parce que vous vous trouvez dans un système de référence, l’auto, qui est accéléré (puisque l’auto tourne).Ce qui est réel, c’est votre tendance à continuer tout droit.Puisque la portière suit le mouvement de l’auto -elle va donc vers la gauche —| elle se rapproche de vous.Dans Tauto, vous avez plutôt l’impression d’être projeté su la portière.La force de Coriolis, également fictive, apparaît quand un objet bouge dans un système de référence en rotation (la force centrifuge reste présente).Supposons que vous êtes encore à droite dans l’auto qui suit la courbe.La personne qui conduit a faim : elle ouvre la bouche et vous 1 lancez, disons, un raisin.À cause de la force de Coriolis, raisin va sembler dévier vers l’avant de l’auto ! On peut comprendre ce qui se passe en se plaçant dans i système de référence immobile, par exemple celui d’un auto-stoppeur qui vous regard passer.Au départ, le raisin es plus éloigné du centre de la courbe que votre partenaire.Sa vitesse tangentielle, dirigé vers l’avant de la voiture, est donc plus grande.C’est comm pour une chaîne de patineurs qui s’amusent à tourner : cel" qui se trouve près du centre d rotation ne bouge à peu près pas, mais celui à l’extrémité avance à toute vitesse.En se déplaçant, le raisin conserve sa vitesse tangentiel le initiale.Pour l’auto-stop-peur, au fur et à mesure que 1 raisin se déplace vers la gauche, il « prend de l’avance » par rapport aux différents 48 Québec Science / Mars 1994 'bints de l’auto dont la vitesse .angentielle est plus faible.!our vous, dans l’auto, le raisin ;mble dévier de la trajectoire ésirée.Vous ratez votre cible t mettez ça sur le dos d’une i orce fictive, la force de Corio-: !s, dirigée vers l’avant, ant La Terre, comme l’auto, est n système de référence en ro-ition.On peut détecter une éviation apparente due à la )rce de Coriolis quand on obs- ne la retenait pas sur la route, une auto roulant vers le nord à 100 km/h, au Québec, dériverait vers Test d’environ deux mètres à chaque kilomètre.Imaginez une route reliant Montréal au pôle Nord, en ligne droite.À cause de la rotation terrestre, tous les points de la route ont une vitesse tangentielle vers Test, qui diminue à mesure qu’on approche du pôle (comme la vitesse re initiale dans l’hémisphère nord.Dans l’hémisphère sud, le même raisonnement montre que la déviation se fait vers la gauche.Les avions, volant à des vitesses supérieures que celle des autos, sont soumis à des forces de Coriolis relativement importantes.« Toutefois, les déviations dues au vent ou aux différences de poussée des moteurs sont encore plus ^ â misphère nord, l’eau qui coule vers le trou dévie vers la droite, ce qui engendre autour de l’orifice d’évacuation un mouvement de rotation dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre (vu d’en haut).Dans l’hémisphère sud, la déviation vers la gauche produit une rotation dans le sens des aiguilles d’une montre (en passant, savez-vous pourquoi les aiguilles d’une montre tournent dans ce sens-là?C’est que, dans l’hémisphère nord, c’est le sens de mouvement de l’ombre du style d’un cadran solaire).Dans l’atmosphère, l’air tend à s’écouler vers les zones de basse pression.Si la Terre ne tournait pas, les vents convergents rétabliraient rapidement une pression uniforme.Mais, dans l’hémisphère nord, à cause de l’effet de Coriolis, les vents sont déviés vers la droite, ce qui engendre un tourbillon dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour de la zone de basse pression : en termes techniques, un cyclone.Ce phénomène rend les zones de basse pression (et de haute pression) plus stables et a donc beaucoup d’influence sur notre climat.Pas simple, hein ?Je ne sais pas si c’est votre cas, mais moi, tous ces tourbillons m’ont donné le tournis ! • la Jîrve le mouvement d’un objet à jJa surface terrestre.\ La grandeur de la force de s! Coriolis dépend de la vitesse r le l’objet mesurée dans le sys-ig ;ème en rotation.La force [(| exercée sur une tortue, par j exemple, est plutôt faible ! ^ | L’intensité de la force dé-)( pend aussi de la direction dans jaquelle se déplace l’objet.Sur j Terre, la plupart de nos mouve-i nents sont horizontaux.Dans ee cas, la force de Coriolis aug-.mente avec la latitude.Une voilure se déplaçant à l'équateur "latitude 0°) ne subira pas de déviation.Mais si le frottement des patineurs près du centre du cercle).Sur une route en glace vive (sans frottement), une voiture conserve sa vitesse tangentielle initiale, qui est supérieure à celle des points de la route rencontrés en allant vers le nord.Résultat : la voiture va plus vite vers Test que la route, d’où sa déviation à droite.1 Si Tauto se dirigeait vers le sud, elle dévierait vers Touest, sa vitesse tangentielle vers Test étant toujours plus faible que celle des points rencontrés.Dans les deux cas, Tauto dévie à droite de sa trajectoi- grandes, ajoute André Leclerc, physicien à l’Université du Québec à Chicoutimi et instructeur de pilotage dans ses temps libres.Qu’il navigue à vue ou par guidage radio, un pilote corrige continuellement sa trajectoire et ne se rend donc pas compte de l’effet de Coriolis.Ce n’est que pour les missiles et satellites,_qui volent hors de l’atmosphère à des vitesses encore plus élevées, qu’il faut tenir compte de l’effet de Coriolis dans le calcul des trajectoires.» Revenons à notre bain en train de se vider.Dans Thé- 1 En plus, la gravité vous maintient sur la route et vous attire vers l’axe de rotation terrestre : votre vitesse tangentielle augmente à cause de la conservation du moment cinétique.Cette loi physique spécifie que pour une rotation autour d’un axe, le produit de la vitesse tangentielle et de la distance par rapport à l’axe est constant.Si vous vous rapprochez de l’axe, votre vitesse tangentielle doit s’accroître.Un peu comme une patineuse qui se met à tourner plus vite sur elle-même quand elle rapproche les bras.Québec Science / Mars 1994 49 Priorités floues I édecin consultant, Albert J.Nantel est directeur du Centre de toxicologie du Québec et chef du servi-ç I ce de pharmacologie et toxicologie au Centre hospitalier de l'Université Laval.par Albert J.Nantel 11 suffit de suivre l’actualité internationale pour s’interroger sérieusement sur les sentiments contradictoires que doivent ressentir nos pauvres soldats canadiens postés en Bosnie-Herzégovine lorsqu’ils entendent les déclarations de leurs généraux et les valses-hésitations de nos dirigeants politiques.En bons soldats, ils n’ont d’autres choix que de baisser la tête et d’obéir.Ces mêmes sentiments contradictoires sont certainement partagés par beaucoup d’autres Canadiens qui participent à des programmes d’aide aux pays en voie de développement.Pour ma part, je collabore depuis plus de cinq ans à un programme international appelé INTOX (sous l’égide de l’OMS et en collaboration avec le CRDI, le CCHST et le CTQ) afin d’aider les pays en voie de développement à mettre sur pied des programmes de lutte contre les poisons.Bien que ce programme ait été entrepris grâce à du financement canadien et à l’engagement scientifique et technique de Canadiens, il est intéressant de noter que le ministère de la Santé et du Bien-être du Canada s’est complètement retiré de ce secteur il y a plus de 10 ans, laissant aux provinces le soin de développer leurs centres anti-poison selon leurs propres modèles et en fonction de leurs priorités et de leurs ressources.Il s’en est suivi un système très hétérogène d’un bout à l’autre du pays, exactement le contraire de ce que prône le projet INTOX pour les pays du tiers-monde.Ce manque de cohérence entre ce que l’on fait et ce que l’on prêche me semble institutionnalisé.À chacun de mes retours de mission ou de réunions de travail, je me sens envahi par des sentiments ambivalents du style : Est-ce que je joue encore au missionnaire en imposant à d’autres ma technologie, mes priorités et mes façons de faire ?Le transfert des technologies dont on parle tant n’est-il pas dans les faits qu’une maigre compensation pour nos exportations vers le sud de produits interdits chez nous et de procédés industriels dépassés et polluants ?L’accueil toujours chaleureux et enthousiaste de mes collègues de l’Uruguay, du Zimbabwe ou du Sri-Lanka m’incite à croire le contraire, mais ne réussit pas toujours à me convaincre.La dernière réunion du groupe INTOX que j’ai pu organiser à Québec en septembre dernier m’a permis de mieux percevoir certains éléments de réponse à ces interrogations.Tout d’abord, contrairement à mes collègues européens, je n’ai pas senti que mon action s’inscrivait dans une politique gouvernementale quelconque.En dehors d’une aide financière appréciée, aucun organisme gouvernemental québécois ou canadien ne m’a indiqué dans quel cadre ou pour quel motif cette aide m’était accordée.Ceci contraste avec, par exemple, l’attitude de la Norvège, principal bailleur de fonds pour cette réunion, qui nous a l clairement indiqué les pays d’origine des délégués qu’elle fl finançait et les éléments de formation que l’on devait four i nir à certains d’entre eux.Deuxièmement, le CRDI fi- J nance en partie ce projet de j recherche et de développement depuis le début.Curieu ¦ sement cependant, alors que les conclusions de la recherche semblent très positives, .1 les fonds nécessaires à l’implantation du programme et i son maintien à moyen et à long termes font dangereusement défaut.On est alors en ¦ droit de se demander s’il est ü bien utile de créer des attentes et de ne pas y donner suit! sans justification réelle.Tout comme dans le domaine du maintien de la paix et c l’aide humanitaire, nos gouve nements auraient intérêt à mieux définir leurs orientations et leurs priorités sur le ; plan de l’aide internationale dans les domaines de la santé fi de l’environnement, de la science et de la technologie.OMS Organisation mondiale de la santé CRDI Centre de recherches en développement international CCHST Centre canadien de santé et de sécurité au travail CTQ Centre de toxicologie du Québec 50 Québec Science / Mars 1994 £>C3 ANS ET TOUJOURS BIEN BRANCHÉE r ' /^ /i VK ^A , » T !ï ï: ~T \ Y\V\ 111 WÊP4'i?'* .\v \ La Société d’énergie de la Baie James est heureuse de rendre hommage à Hydro-Québec qui fête cette année son 50e anniversaire.Depuis toujours, l’hydroélectricité constitue un rouage important dans le développement économique du Québec.La Société d’énergie de la Baie James, dont la mission est de mettre en valeur les ressources hydroélectriques du territoire de la Baie James, s’enorgueillit de participer à ce développement.À l’aube du troisième millénaire, la SEBJ et ses partenaires continuent de répondre aux besoins d’Hydro-Québec, grâce à une expertise unique en gestion de projets.Société d'énergie de la Baie James 'UNIVERSITE DE SHERBROOKI UN PAYS DE CONNAISSANCE Etoile montante de la recherche au Canada, l’Université i Sherbrooke est différente; elle favorise non seulement^ développement intellectuel, mais aussi l’épanouissemit personnel.Son dynamisme et son esprit novateur ! conjuguent à l’environnement humain et aux attraits natur; de la région estrienne pour créer le milieu de vie qui a Itl ii sa renommée, un milieu où les gens se sentent chez eux, pays de connaissance.L’originalité des programmes de l’Université de Sherbroipi réside également dans un enseignement de qualité axé une formation pratique.Première université au Québec^ deuxième au Canada à instaurer un régime coopénl d’enseignement, elle ne cesse d'innover en offrant à psj de 20 000 étudiants et étudiantes, dont 13 000 à teni complet, un éventail de programmes aux trois cyci d’enseignement dans les domaines des sciences de la sail des sciences humaines, des sciences pures et des scienï appliquées.À la fine pointe du progrès technologique! scientifique, l’Université de Sherbrooke contribue aussi! développement et à la croissance d’entreprises québécoi! grâce à ses activités de recherche, dont l’excellence! traduit par une augmentation continue de subventions el| contrats de recherche.Au-delà de la passion du save il y a la i en pays de connaissan L’Université de Sherbrooke offre 18 programmes de doctq ainsi qu’une quarantaine de programmes de maîtrise, don majorité sont orientés vers la recherche.Elle encourage regroupement de ses chercheurs en équipes et se disting! de façon particulière dans les domaines de la télédétectig de l’acoustique, du béton à haute performance, de la valc sation de la biomasse, de l’éducation au travail, des étud| littéraires, de la pharmacologie, de la biologie moléculai de la médecine nucléaire, de la synthèse organique et de^ bien d’autres.Renseignements : 1-800-267-UdeS UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE
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