Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

Québec science, 1992, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
PER J-69 smiH MAI 1992 mmim MgÉftÉ r lEROSPATIALE, BIOMEDM ELECOMMUNkATIOl LES NOUVEAiXI BOURDUS _r ^ /> _ )EL!EC0N0ffla * * if » t.—iL R£GHERGHEJf|||l ES 25 ANS Dliüiiyi * ?it i®''.i 7 8 773333017198 -O- v;-,.-v % ¦ .x : -¦ : •.'7^io^oy\dé#\*eMtr~rvu^t^vi&tvX' wma — ¦ Il .11 I- 'A ¦-¦A r'-:> fju 1 ¦ir /'i ¦ I i/¦¦ • ’.• la.•-, PARC MARIN du 'n environnement marin unique à la rencontre du Saguenay et du Saint-Laurent.Laissez-vous éblouir par les beautés du fjord et du fleuve, la présence des nombreux mammifères marins et la richesse de la mystérieuse vie marine.Environnement Canada Environment Canada Service des parcs Parks Service Canada ' t U •.V.V plume 30, numéro 8 I SOMMAIRE 15 19 23 29 35 SPÉCIAL INNOVATION Les nouveaux gourous de l’économie mondiale La révolution industrielle a vécu.Après deux siècles d’histoire, elle sera remplacée par de nouvelles conceptions de l’économie, complètement repensées.Par Pierre Sormany Mines Exploitation minière : handicap ou avantage ?Par Pierre Sormany Vers une mine entièrement robotisée Par Danielle Ouellet Adieu, Nobel ! La fin de la dynamite Par Marie-Claude Ducas Matériaux La métallurgie de pointe se dessine à Québec Par Pierre Sormany Un système d’inspection par laser-ultrasons Par René Vêzina Du béton pour les pare-brise Par René Vézina Environnement L’environnement : une occasion d’affaires ?Volvox : un expert en environnement Par Pierre Sormany Des bactéries contre la pollution Par René Vézina et Raymond Lemieux Agroalimentaire Levures du Québec et vins français Par Monique Lambert Électricité Le défi de la valorisation Aérospatiale Les retombées de RADARSAT Par Danielle Ouellet Technologies de l’information Informatique, optique et réseaux intelligents Northern Telecom : Bientôt les premiers au monde ?Par René Vézina Page 29 SHms 3 * Vf '° ' Page 47 rwrrw*** -O "lit À ut - Page 54 Un numéro de téléphone qui vous suit partout Par Marie-Claude Ducas Parler à son ordinateur Par Étienne Denis Médialog : l’information culturelle accessible partout Par Alain Fortier 47 Biomédical Échec au cancer.Un traitement made in Québec Par Claire Gagnon Une « crazy glue » biologique Par Marie-Claude Ducas Un banc pour soulager les maux de dos Par Marie-Claude Ducas Le robot dans l’œil Par Danielle Ouellet 54 Les 25 ans de l’Institut de recherches cliniques de Montréal L'offre de McGill était alléchante, mais le Dr Genest préférait se consacrer à ta promotion de la recherche médicale canadienne-française.Résultat : l'IRCM.Par Françoise Côté CHRONIQUES 5 ACTUALITÉ Le ôtP congrès de PAC F AS 59 EN VRAC 61 À LIRE 62 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1992, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 1992 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 20%de fibres désencrées (post-consommation) MAI1992/QUÉBEC SCIENCE 3 ‘AVANTAGES Membre LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE OFFRE À SES MEMBRES UNE SÉRIE D'AVANTAGES TOUS PLUS INTÉRESSANTS LES UNS QUE LES AUTRES.W1A EN VOICI UN AUTRE EXEMPLE ET DES SONS lBS0NS«N0SWgnaael93oM.„ 32 pages üeai animal entendu.Non-membies - t ,axes mctutes) ^él^h0^ue^(^atiice, laser impact et^g9sS(265.72 s ®es MEMBRES-179^ (208 S taxes incluse incluses) Pour devenir membre, rejoignez-nous au (418) 657-3551, poste 2854.Tous les membres en règle de la Fondation Québec Science reçoivent périodiquement le Catalogue des avantages de Québec Science.Vous pouvez également, sans être membre, recevoir gratuitement un exemplaire du catalogue pour vous rendre compte de tous les avantages que vous pourrez retirer à devenir membre de Québec Science.Composez le (418) 657-3551, poste 2854.Disque l pour scieiici pllnj son co ¦Mi SN>' 'O V,S>' dlj ¦ rACF %ic[ iltlOï; y \a chronique À E® Près d'une centaine de produits et de services différents sont offerts auj io^ membres avec des escomptes pouvant atteindre 50% de réduction sur le prix régulier.Ces réductions réservées exclusivement aux membres touchent les produits et services suivants: • Livres scientifiques ou de vulgarisation • Albui de collection sur la nature • Dictionnaires • Jei scientifiques et jeux éducatifs • Affiches sur la natu et l'univers • Vidéocassettes • Télescopes •Jumelles Microscopes • Ensembles d'observation de nature • Sacs à dos et de voyage • Sacs de coucha • Mini-lampes de poche • Boussoles • Baromètres thermomètres électroniques • Appareils de mesur Calculatrices • Agendas électroniques • Guides plein air • Croisières aux baleines • Séjours dans d centres de santé • Télécopieurs • Enregistremei de sons de la forêt • etc.de février, mats Non-tnembies • P _ • membres les —XS0«, SUffW®" POUR COMMANDER, UTILISEZ LE COUPON DANS LE CATALOGl VOUS POUVEZ OBTENIR LE CATALOGUE DÉCRIVANT LES AVANTAGES D'ÊTRE MEMBRE DE LA FONDATION QUÉBEC SCIENCE EN VOUS ADIŒSSANT A : Québec Science, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 • Tél.: (418) 657-3551, poste 2854 • Telec.: (418) 657-2096 Ptése Congrès de l’ACFAS INNOVATEUR ET D’ACTUALITE L’environnement et la ville, la réalité multiethnique et V éducation, les femmes dans la ville, la question nationale et constitutionnelle, la maladie d’Alzheimer et son diagnostic, l’empiètement des villes sur les zones agricoles, la prévention en milieu scolaire.Par Guy FAQUIN ' I K Pow la 60e fois de son histoire, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) tiendra ce mois-ci (du 11 au 15, à l’Université de Montréal) son congrès annuel, avec plus de 60 colloques portant souvent sur des sujets brûlants d’actualité.En plus de serrer de près les préoccupations de notre société, le 60e congrès de l’ACFAS risque de faire la manchette par d’importantes innovations.Ainsi, inspiré par les célébrations du 350e anniversaire de la fondation de Montréal et désireux de rendre à une moitié trop oubliée de l’histoire de la métropole ce qui lui revient, le 60e congrès propose un important colloque sur « Les Bâtisseuses de la ville ».Des dizaines de communications mettront — en lumière le rôle actif des femmes et de la pensée féministe dans le façonnage de la ville et de sa vie.En plus des 63 colloques thématiques, le congrès de cette année présente une soixantaine de sessions, Mme Vaira Vikis-Freibergs a reçu le prix Marcel-Vincent pour l’excellence de son travail en psycholinguistique.dans les différentes spécialités scientifiques, que ce soit les sciences sociales et humaines, ou les sciences physiques et biologiques, ou l’ingénierie.Ces sessions proposent des communications libres, sur les sujets de pointe des divers domaines scientifiques.L’ACFAS se fait un grand plaisir d’accueillir cette année, pour la première fois, le congrès de l’Union des écrivaines et écrivains du Québec.Une occasion de faire sauter les barrières, bien artificielles, entre l’imaginaire scientifique et l’imaginaire littéraire.Autre événement d’importance, le 60e congrès de l’ACFAS verra naître la première Association québécoise des écologistes, une association professionnelle qui a choisi pour cadre de sa fondation le présent congrès.Les assises de ce congrès de fondation sont placées sous la présidence de l’éminent écologiste Pierre Dansereau.Ainsi, les écologistes québécois se donneront plus de visibilité auprès de la population et des médias.Enfin, le congrès de l’ACFAS ne serait pas complet sans la remise des distinctions scientifiques de l’Association.Ces prix reconnaissent des contributions exceptionnelles MAI 1992 / QUÉBEC SCIENCE 5 QUÉBEC SCIENCE «I publié par les Presses de l'Université du Québec Directeur général JackiDallaire RÉDACTION Directeur de la rédaction Comité de rédaction Comité scientifique Adjointe à la rédaction Révision linguistique Pierre Soman) Jean-Marc Fleury.Benoil Godin.Pierre Sormany, Patrick Beaudin, Carole Caron, Michel Groulx, Félix Maltais.Danielle Ouellet, Gilles Parent.Raynald Pepin Ghislain Arseneaulljean Asselin.Guy Bertrand, Michel Bois.Françoise Braun, Louis Cloutier, Guy Collin, Léopold Gaudreaull, Jacqueline Giard, Camil Guy, Pierre Lapointe, Jacques L’Ecuyer, Sinh Lequoc, Gilbert Martin, René Racine, Jean-Louis Sasserille, Donald Thomas, Sylvie Toupin Patricia Larouche Robert Paré PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Photo couverture R.Maisonneuve I Publipholo Séparation de couleurs Les ateliers haut registre inc Impression Imprimerie T Éclaireur COMMERCIALISATION Directeur du marketing Gilles Lachance Promotion Marie Prince Publicité Jocelyne Savard Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) et du réseau de l’Université du Québec.Membre de: The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l’Audiothèque, pour les personnes handicapées de l’imprimé.Tél.: (418) 648-2627 ABONNEMENTS Au Canada: TPS incluse À l'étranger: 1 an (10 numéros): 29,96$ Groupe(10ex./même adresse): 26,75 $ 2 ans (20 numéros) : 52,43 $ 3 ans (30 numéros) : 72,76 $ À l’unité: 3,25 $ 1 an (10 numéros) : 39,00 $ 2 ans (20 numéros) : 68,00 $ 3 ans (30 numéros) : 95,00 $ À l’unité: 4,00 $ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B ,P.57,91871 Palaiseau, Cedex, France Pour abonnement ou changement d'adresse: QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551 poste 2854 Pour contacter la rédaction : Tél.: (418) 657-3551 poste 2426 • Téléc.: (418) 657-2096 à la recherche au Canada français.Cette année, sept chercheurs professionnels et trois étudiants recevront les prix de l’ACFAS.Ce sont : M.François Duchesneau, qui reçoit le prix André-Laurendeau (sciences humaines).M.Duchesneau, directeur du département de philosophie de l’Université de Montréal, voit récompenser ses travaux pénétrants en épistémologie, principalement sur les œuvres de John Locke et de Wilhelm G.Leibnitz ; M.Serge Gracovetsky reçoit le prix J.-Armand-Bombardier.M.Serge Gracovetsky, qui reçoit le prix J.-Armand-Bombardier (innovation technologique).Le récipiendaire est professeur au département de génie mécanique, à Concordia, et a mis au point le spinoscope, un appareil destiné à évaluer les maux de dos ; M.Ferdinand Bonn, récipiendaire du prix Jacques-Rousseau (interdisciplinarité).M.Bonn est récompensé pour la qualité des recherches interdisciplinaires qu’il mène en tant que directeur du Centre d’apprentissage et de recherche en télédétection de l’Université de Sherbrooke ; M.Paul Jolicoeur, qui se voit décerner le prix Léo-Pariseau (sciences biologiques et sciences de la santé).Le docteur Jolicoeur est mondialement reconnu pour ses travaux de pointe sur le rétrovirus du sida.Il dirige le laboratoire de biologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal ; Mme Vaira Vikis-Freibergs, qui reçoit le prix Marcel-Vincent (sciences sociales), pour l’excellence de son travail en psycholinguistique ; M.Claude Hillaire-Marcel, récipiendaire du prix Michel-Jurdant (sciences de l’environnement).M.Hillaire-Marcel est le fondateur du laboratoire de biologie isotopique de l’UQAM et le premier titulaire de la chaire Environnement Hydro-Québec de la même institution ; M.Gilles Brassard, lauréat du prix Urgel-Archambault (sciences physiques, mathématiques et génie).M.Brassard mène des travaux extrêmement originaux sur les applications de la mécanique quantique aux problèmes mathématiques du décodage.Il enseigne au département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal.Les prix Desjardins d’excellence étudiants-chercheurs vont aux lauréats suivants : Carl-Eric Aubin, chercheur en génie biomécanique de l’École Polytechnique de Montréal ; Isabelle Laurion, spécialiste en océanographie à l’Université du Québec à Rimouski ; et Paul Fortier, chercheur et spécialiste de la littérature française du 18e siècle à l’Université Laval.M.Ferdinand Bonn, récipiendaire du prix Jacques-Rousseau.6 QUÉBEC SCIENCE / MAI 1992 SPÉCIAL ix ans après « Le virage technologique », un énoncé de politiques qui devaient placer le Québec dans le rang des nations innovatrices, le ministre québécois de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie, M.Gérald Tremblay, présentait en décembre dernier la nouvelle formulation de cette stratégie industrielle, axée désormais sur les « grappes technologiques ».Ce n’est pas vraiment un changement de cap.0rCENTRE DE % % RECHERCHE T T CLINIQUE CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE SHERBROOKE 3001, 1 2e Avenue nord Sherbrooke (Qué) J1 H 5N4 Etienne LeBel, M.D.Directeur Tél.: (819) 563-5555 poste 4662 tiques.Sa spécialité demeure toutefois les substances à base de plasma sanguin.Le principal ingrédient d’Hemaseel est la fibrine, cette substance qui, en se combinant avec quelques autres, forme une croûte pardessus une blessure.Les colles à la fibrine, importées d’Europe, sont pour l’instant compliquées à utiliser.Leurs différents ingrédients doivent être conservés séparément.Pour les « reconstituer », il faut les plonger une bonne demi-heure dans un bain thermique à 37 °C, pourvu d’un agitateur pour les garder homogènes.Pour l’instant, on les utilise surtout en chirurgie cardiaque : on les vaporise par-dessus les points de suture afin de rendre les joints étanches.« Une étude auprès des médecins nous a convaincus qu’il y avait de la place pour un produit plus simple et plus rapide à utiliser », dit Marc Faquin.En mettant au point un nouveau procédé d’extraction, Haemacure a obtenu une colle prête à agir en cinq minutes, à la température de la pièce.« Si elle est désor- ] mais rendue plus facile d’application, la colle aura un usage considérablement étendu », prévoit Marc Faquin.Hemaseel sera commercialisée pour usage vétérinaire dès l’automne prochain, et pour les médecins-chirurgiens au début de 1993.Haemacure prépare déjà *•* ’;*•**":* hemaseel.Colle à base de fibrinogène S?fri llyat Je Pc: J'- le r 31, % ¦ s une « deuxième génération » d’Hemaseel, qui contiendra des hormones de croissance pour hâter la cicatrisation des incisions et des coupures, en plus de les sceller.La firme travaille aussi sur une autre colle, synthétique celle-là, pour coller les os et hâter la guérison des fractures.Haemacure est pour l’instant établie dans les locaux de l’INRS-Santé.L’INRS a collaboré pour certaines recherches, mais la fabrication des produits dépend entièrement d’Haemacure.Pour l’Hemaseel de la « première génération », Haemacure vise le marché international dès 1994.Elle importera alors le plasma des pays intéressés, fabriquera la colle ici, puis la leur exportera.« C’est un peu ce que font les Japonais dans le domaine de l’automobile, dit Marc Faquin.C’est la façon de faire du 21e siècle : on exporte nos compétences technologiques.» sfeali »i: i L;:, %!, 'L , jes:ï|; ûnn (V centra| ï: % Sa, s'léhi! y Lv, e: ' 50 QUÉBEC SCIENCE / MAI 1992 UN BANC POUR SOULAGER LES MAUX DE DOS Par Marie-Claude DUCAS Il y a quatre ans, une caissière du Provigo de Port-Cartier, sujette à des maux de dos, demandait la permission de s’asseoir.Provigo refusait : les caissières, soutenait la direction, ne pouvaient bien faire leur travail que debout.Pendant que la cause était portée par le syndicat devant la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), un groupe d’ergonomes et de designers se mettaient en quête d’une solution.Leur travail a porté fruit : la première « chaise de travail assis-debout », conçue et fabriquée au Québec, sera mise sur le marché dans quelques mois.« Les caissières sont contraintes de rester debout simplement parce que leur travail les oblige à se déplacer un peu de temps à autre, explique Koen de Winter, président d’Hippo-Design, la firme qui a conçu la chaise.Pour régler le problème, il suffit qu’un siège leur offre un appui à la bonne hauteur, tout en leur permettant d’être mobiles.Pourtant il n’existait rien de tel, même ailleurs dans le monde.» HippoDesign s’est lancée dans le projet après avoir été contactée par Cinbiose, un laboratoire de recherche de l’Université du Québec à Montréal spécialisé dans la santé au travail.Cinbiose regroupe entre autres des biologistes, des généticiens, des physiologistes et surtout des ergonomes, spécialistes de l’effet sur les humains des exigences liées au travail.Dans le cadre d’un protocole d’entente entre l’UQAM et les centrales syndicales, la CSN, qui représente les employés de Provigo, a demandé à Cinbiose d’étudier le travail des caissières de Port-Cartier, pour voir si la station debout était vraiment dommageable pour la santé et s’il était possible d’utiliser un banc.L’étude a démontré que les longues heures debout posaient effectivement un problème : presque toutes les caissières souffraient de douleurs dans les jambes et le bas du dos.« Quant à la possibilité d’utiliser un banc, notre conclusion a été : oui, mais pas n’importe lequel », dit Nicole Vézina, ergonome à Cinbiose.En effet, même si les caissières passent les trois quarts de leur temps au même endroit, elles doivent se déplacer et pivoter régulièrement, entre autres pour encaisser l’argent des clients et emballer des articles.En étant carrément assises, elles devraient se lever et se rasseoir constamment, ce qui est aussi mauvais que de rester toujours debout.De toute façon, en position assise, les jambes prennent trop de place pour l’espace restreint dont elles disposent derrière leur comptoir.Recommandation de Cinbiose : les caissières devraient être.« assis-debout » ! « Le terme peut sembler étrange, mais n’a rien d’absurde, dit Nicole Vézina.C’est une posture intermédiaire, où l’on est appuyé plutôt qu’assis.» La position « as- sis-debout », qui permet d’allonger les jambes, ne prend pas beaucoup d’espace.Elle a aussi pour effet de soulager les muscles du bas du dos et des jambes.HippoDesign a été chargée de mettre au point des prototypes et d’essayer des bancs fabriqués ailleurs.« Seuls des bancs venant de Suède, utilisés pour travailler sur de hautes tables à dessin, se rapprochaient un peu de ce que nous recherchions, dit Ginette Rochon, designer et associée dans HippoDesign.Mais ils ne permettaient aucune mobilité.» Ginette Rochon et Koen de Winter ont donc élaboré leur propre concept.La selle de leur siège se trouve sur une tige en acier, dont la hauteur est ajustable grâce à un mécanisme pneumatique.L’utilisateur peut aussi, pendant qu’il est assis, faire pivoter la selle et en changer l’inclinaison à volonté.L’ensemble demeure toujours solidement fixé au sol : la tige repose sur une base pleine, en forme de cône tronqué.C’est la tige, pourvue d’une « articulation », qui permet de se déplacer légèrement dans tous les sens.« Les gens vont trouver eux-mêmes l’équilibre, de façon dynamique », dit Koen de Winter.Quelques aspects, comme la forme de la selle et les mécanismes d’inclinaison, sont en train d’être raffinés.« Même appuyé, l’utilisateur doit être porté à creuser les vertèbres du dos, tout comme s’il était debout, explique Koen de Winter.Ergonomiquement, c’est la meilleure position.» La production en série devrait commencer l’automne prochain.« Le défi, raconte le designer, était de concevoir le siège le plus fonctionnel et le plus polyvalent possible, qui pourrait être offert à un coût abordable.On ne voulait pas d’un siège qui aurait été parfait, mais tellement coûteux qu’il aurait fini dans un musée.» La « chaise assis-debout » d’HippoDesign devrait coûter entre 150$ et 180$.Koen de Winter entrevoit un marché potentiel « énorme », autant au Québec qu’à l’extérieur.« Beaucoup de gens, par exemple dans les industries, sont dans la même situation que les caissières, dit-il.Un produit comme le nôtre ne se vendra pas à une personne à la fois, mais à des groupes entiers de travailleurs.» MAI 1992 / QUÉBEC SCIENCE 51 pour améliorer la qualité de vie Relevant du ministre de la Santé et des Services sociaux, le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) a la fonction de promouvoir et d'aider financièrement la recherche et la formation de chercheurs dans le domaine de la santé.Pour être informé régulièrement sur les recherches soutenues par notre organisme, sur les femmes et les hommes qui les réalisent et sur les structures à l'intérieur desquelles oeuvrent ces scientifiques, abonnez-vous gratuitement à la publication trimestrielle INFO-FRSQ.Prière d'écrire ou de téléphoner au Service des communications.FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC 550, rue Sherbrooke ouest Bureau 1950 Montréal, Québec H3A 1B9 (514) 873-2114 LE ROBOT DANS L’ŒIL Par Danielle OUELLET j Ian Hunter (à gauche), directeur du laboratoire de biorobotique, en compagnie [ du chercheur Serge Lafontaine.I Ldss chirurgiens pourront bientôt « entrer dans l’œil » de leur patient pendant qu’ils travaillent sur sa rétine, et cela, grâce à un microrobot ultrarapide, relié à un système |i d’ordinateur.L’illusion sera totale : le mé-I decin aura l’impression de se promener à l’intérieur de l’œil qu’il opère par l’in-i termédiaire du robot.Des chercheurs du i laboratoire de biorobotique de l’Universi-i té McGill ont en effet conçu un système unique au monde.Leurs expériences, dignes des meilleurs films de science-fiction, risquent de révolutionner la chirurgie au cours des prochaines décennies.Une étude a démontré qu’un tiers des opérations de la rétine effectuées par l’un ou l’autre des plus grands chirurgiens des : Etats-Unis visent à corriger ou à minimiser des dommages causés par des collè-! gués moins habiles.Même les meilleurs | chirurgiens sont soumis aux limites de la dextérité humaine.Le tremblement des i mains, le positionnement inadéquat ou la i trop faible vitesse d’exécution sont autant I de problèmes auxquels ils sont rapidement ; confrontés lors d’interventions délicates, : comme les opérations de l’œil.Le jour est : encore loin où des robots pourront opérer i sans aide humaine : pour l’instant, le microrobot chirurgien doit rester sous le contrôle de chirurgiens humains, dans une relation de maître à esclave.Dans cette optique, les chercheurs de l’Université McGill, sous la direction du professeur Ian Hunter, ont mis au point le microrobot chirurgien télécommandé MSR-1.Le chirurgien humain dirige le robot par l’intermédiaire d’un interface appelé « master ».Tous les gestes effectués par le chirurgien, au moniteur de contrôle, seront transmis aux deux bras mécaniques du robot et reproduits à l’intérieur de T œil.MSR-1 tremblera mille fois moins qu’une main humaine et pourra effectuer plus de mille déplacements à la seconde, à l’intérieur de l’œil du patient.Tout l’environnement opératoire sera organisé de manière à ce que le médecin se croie à l’intérieur de l’œil.Certains qualifient à la blague cette illusion de « LSD électronique », mais, plus scientifiquement, on parle de réalité virtuelle, où il devient impossible de savoir si l’expérience induite est réelle ou non.Un microsystème, introduit dans l’œil en même temps que le robot, renverra au chirurgien des images en trois dimensions de toutes les étapes de l’opération.Relié par un casque spécial et des gants à un système d’ordinateurs, le chirurgien pourra non seulement voir mais aussi ressentir le travail du robot.Lors d’une opération au cœur, par exemple, le chirurgien peut se guider en ressentant les forces engendrées par l’interaction entre un instrument et les tissus.Pour l’instant, les opérations de l’œil se font avec la seule aide d’un microscope, et les forces impliquées sont trop faibles pour être ressenties par le système neuromusculaire humain.Des psychologues et des spécialistes des systèmes neuromusculaires de l’Université McGill tentent actuellement de déterminer la vitesse idéale de fonctionnement du MSR-1, pour qu’il puisse enregistrer les différentes forces et les retransmettre à l’humain.Le chirurgien pourra alors sentir qu’il est véritablement en train de couper des tissus.Grâce à ces sensations, il pourra peut-être même reconnaître les différences de texture entre des tissus en santé et des tissus malades.Si les opérations de la rétine sont pour l’instant au cœur de la recherche, d’autres domaines, comme la neurochirurgie, trouveront certainement avantage à faire appel aux services de MSR-1.Actuellement, c’est toute la formation des futurs chirurgiens qui est remise en question.Pendant que le professeur opérera, les étudiants pourront être reliés au système d’ordinateurs et suivre un à un tous les mouvements du chirurgien.Ils pourront même effectuer l’opération en temps réel, sur leur propre ordinateur, qui enregistrera leurs mouvements sans toutefois les transmettre au robot.Les différences entre les gestes de l’expert et ceux de l’apprenti serviront de mesure d’apprentissage.Les futurs chirurgiens s’entraîneront sur un œil simulé par ordinateur, un peu comme le font les apprentis pilotes sur les simulateurs de vols.La création de MSR-1 implique la participation d’experts dans plusieurs domaines scientifiques, notamment en optique, en informatique et en psychologie.L’Université McGill, qui a investi plus d’un million de dollars dans le projet, compte aussi sur des appuis financiers provenant d’agences gouvernementales et d’industries.Les chercheurs du laboratoire de biorobotique comptent parmi les chefs de file mondiaux de cette nouvelle technologie.Si les composantes mécaniques de MSR-1 doivent être prêtes à subir des essais vers la fin de l’année 1992, la commercialisation de ce robot n’est cependant pas prévue avant plusieurs années.Mais les recherches vont de l’avant, et l’équipe de McGill travaille actuellement à la mise au point de MSR-2, une version améliorée qui incluera un système plus complet de réalité virtuelle.Pour le Dr Hunter, toute cette technologie préfigure une importante révolution industrielle au cours du troisième millénaire.MAI 1992 / QUÉBEC SCIENCE 53 25e ANNIVERSAIRE Par Françoise Côté Après de brillants débuts à l’Hôtel-Dieu de Montréal, un chercheur québécois, Jacques Genest, se retrouve à un tournant décisif : devant une offre de TUniversité McGill, il décide plutôt de consacrer sa carrière à la promotion de la recherche canadienne-française.arie Trudel aime bien ses souris transgéniques.Combien en a-t-elle ?« A mon dernier décompte, je devais en avoir 2 300 à 2 400 », lance-t-elle fièrement.Cette jeune directrice du laboratoire de génétique moléculaire et de développement de l’Institut de recherches cliniques de Montréal travaille avec des souris « manipulées » (voir Québec Science, mars 1992) depuis sept ans.Elle fut parmi les pionnières, avant que la technique ne devienne presque banale dans les laboratoires.Elle séjournait, à l’époque, à l’Université Columbia, à New York.Il y a deux ans, elle est revenue au Québec, emportant ses souris avec elle.Aucun regret, du reste : elle quittait peut-être la métropole américaine, mais elle se joignait à la Mecque de la recherche médicale québécoise.Ici, ses souris allaient être bien traitées.Mais elle, encore bien plus.Dans les laboratoires superéquipés de cet édifice sobre, à un jet de pierre de l’Hôtel-Dieu de Montréal, elle allait trouver le contexte idéal pour ses recherches sur deux maladies peu connues : la drépanocytose, une déformation de l’hémoglobine humaine qui provoque l’obstruction de micro-artères,, accompagnée de grandes douleurs, et la polykystose, une maladie héréditaire qui provoque l’accumu- lation de kystes dans le rein des personnes atteintes, quand elles ont dépassé la trentaine.La première maladie, décrite au siècle dernier, ne donne lieu à aucun traitement.Contre la seconde (qui touche tout de même une personne sur 500 !), on en est réduit à la dialyse ou.la transplantation.C’est pour étudier les phases d’évolution de ces maladies génétiques que Marie Trudel a « fabriqué » ses souris.Elle espère en tirer quelque traitement.Il ne serait pas étonnant qu’elle y parvienne.Car depuis sa fondation par le Dr Jacques Genest, il y a un quart de siècle, l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) accumule les découvertes : sur le traitement de la maladie de Parkinson, sur le contrôle de l’hypertension, sur l’ataxie de Friedreich, sur les endorphines et, plus récemment, sur le sida.Les 75 chercheurs seniors qui y travaillent ont étudié dans les meilleurs laboratoires d’Europe et d’Amérique, avant de s’amarrer ici.Directeur scientifique de l’Institut, le Dr Michel Chrétien a décidé d’en élargir encore les champs d’excellence.Outre la virologie, le sida, l’athérosclérose, l’hypertension, la génétique, la chimie du cerveau et la bioéthique, 1TRCM vient d’introduire dans son programme des spécialités qui gravitent autour de la qualité de la vie, telles les recherches sur la douleur, la mémoire et les maladies dégénératives.« Ces nouveaux thèmes doivent faire partie intégrante de la recherche biomédicale moderne, affirme le Dr Chrétien.En effet, à quoi nous sert de prolonger la vie, si nous ne pouvons pas en améliorer la qualité ?» LA COURSE A L’HORMONE DU CŒUR Si l’IRCM a misé sur l’excellence dès sa fondation, ce n’est que depuis dix ans que sa réputation n’est plus disputée.Depuis les travaux multidisciplinaires effectués sur ’ANE (facteur natriurétique auriculaire), familièrement nommée « l’hormone du cœur », même si cette hormone se retrouve également dans le cerveau et ailleurs dans l’organisme.D’abord identifiée en 1980 par le Dr Adolfo J.de Bold, de l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario, l’ANF avait alors suscité une frénésie de recherches à travers le monde.Le groupie de recherche sur l’hypier-tension, dirigé à l’époque par le Dr Marc Cantin, mobilisa toutes les ressources de 1TRCM, en tout une dizaine de laboratoires.Il s’agissait d’abord d’isoler le peptide, de déterminer ensuite la séquence de ses acides aminés.Cet effort énorme, orchestré par le Dr Genest, leur permit de doubler la concurrence.Puis une entente fut conclue avec la firme pharmaceutique Merck Frosst, qui a alimenté les laboratoires montréalais en fortes quantités de l’hormone synthétisée.LTRCM devint ainsi le principal foyer de recherche sur l’ANF dans le monde.« Nous avons été les seuls à avoir l’hormone synthétique, pendant plus de quatre mois », rappelle avec fierté Jacques Genest.Les chercheurs de 1TRCM ont alors pu démontrer que l’administration répétée de doses relativement faibles de l’ANF provoque un net abaissement de la tension artérielle chez les rats.En 1988, l’American Heart Association décernait son « Distinguished Research Award » conjointement au Dr Marc Cantin et au Dr Philip Needleman, de Saint-Louis au 54 QUÉBEC SCIENCE / MAI 1992 585570798161 ' ï :l' I d ÏA| Missouri, également engagé dans les travaux sur l’ANF.Deux ans plus tard, l’Institute for Scientific Information, de Philadelphie, révélait que les deux chercheurs montréalais, Cantin et Genest, se classaient parmi les cent savants les plus cités, au cours de la décennie 80.Quand il repense à cette époque, leur réussite comble de joie le fondateur de ' l’Institut.Il y voit une consécration de ce concept qu’il avait esquissé il y a plusieurs décennies, d’établir au Québec un centre de recherche multidisciplinaire, entièrement axé sur la créativité scientifique des chercheurs.« Dans le cas de l’ANF, tout a été fait in house, de la recherche fondamentale jusqu’à l’expérimentation chez l’animal et l’humain.» C’est d’ailleurs là que réside l’originalité de l’Institut, dans ce rapprochement entre la recherche fondamentale et les essais cliniques, en un lieu où le chercheur continue à avoir un accès direct aux patients.DIX-SEPT PRIX NOBEL Mais pour que cette idée de Jacques Genest prenne forme, il a fallu une véritable révolution au sein de la médecine canadienne-française.Cela a commencé Le fondateur de l’IRCM, le Dr Jacques Genest (à droite), et son fils, le Dr Jacques Genest, un chercheur de la relève, avec comme arrière-plan l’Institut de l’avenue des Pins Ouest.en 1948.Jacques Genest n’a alors que 29 ans, mais il a passé ses dernières années dans des universités américaines : Johns Hopkins, Harvard, Rockefeller.U connaît bien le contexte de la recherche.Dans un article adressé à Y Union médicale, il pose, avec ce franc-parler qui le caractérise encore aujourd’hui, un diagnostic très sévère sur la médecine pratiquée au Québec.Il propose des mesures révolutionnaires pour introduire la médecine scientifique.L’article a l’effet d’une bombe.Le Dr Genest reçoit toutefois un appui important.Le directeur médical de l’Hôpital Notre-Dame, le Dr Ralph Boutin, déclare publiquement : « J’approuve tout ce que dit le Dr Genest, c’est la seule façon de réformer notre médecine.» Avant d’aller aux États-Unis, il avait été initié à la médecine scientifique par le célèbre pathologiste français, le professeur Pierre Masson, venu en 1927 à l’Université de Montréal pour y créer le département d’anatomie-pathologie.C’est à cette école que Jacques Genest avait acquis la discipline de la précision scientifique.« Le professeur Masson ne tolérait rien qui ne soit parfait », rappelle le directeur, qui exige la même rigueur dans ses laboratoires.Après dix ans passés aux États-Unis, où il refuse de faire carrière, Jacques Genest rentre à Montréal.Il rêve d’y établir une tradition de médecine scientifique.Mais auparavant, pour être mieux renseigné sur ce qui se fait ailleurs, il obtient du gouvernement québécois la charge d’effectuer une tournée des grands laboratoires de recherches biomédicales en Europe et en Amérique du Nord.Il y rencontre les meilleurs chercheurs, dont dix-sept prix Nobel, avec lesquels il maintiendra toujours le contact.LESEE, DÉBUSQUÉ En 1952, le Dr Genest est invité par la directrice de l’Hôtel-Dieu, sœur Marie-Louise Allard, à établir un département de recherches cliniques.Il pose ses conditions : « Autonomie, liberté académique MAI 1992/QUÉBEC SCIENCE 55 et la possibilité de voir des patients en relation avec mes recherches.» Pas question que ses laboratoires fassent des analyses de routine pour l’hôpital.A Rockefeller, il avait travaillé avec le père de la biochimie moderne, le Dr Donald D.Van Slyke.D avait déjà décidé de l’orientation de ses recherches : il voulait élucider le problème de la régulation du sel en relation avec l’hypertension.En 1956 et 1962, deux contributions majeures, réalisées à l’Hôtel-Dieu, changent le cours de la recherche en hypertension.Le Dr Genest a d’abord démontré que l’hypertension artérielle humaine est associée à une forte augmentation de l’excrétion d’aldostérone, une hormone qui contrôle la régulation du sel.Cela a été confirmé par la suite dans les laboratoires à travers le monde.Puis ce fut la démons- .parce que la concurrence n’attend pas! La concurrence internationale est de plus en plus vive.Le progrès de l'entreprise passe par le développement et l’intégration de nouvelles technologies.Il existe des programmes et des services gouvernementaux sur lesquels votre entreprise peut s’appuyer pour prendre un élan technologique et améhorer sa compétitivité.Nous mettons des mesures d’aide concrètes à votre portée.Des aides financières et des services-conseils vous sont offerts pour : • mettre au point une stratégie de développement technologique ; • moderniser et automatiser vos activités de production ; • réaliser des transferts de technologie ; • faire de la recherche et développement pour créer de nouveaux produits et procédés ; • améhorer les compétences techniques de vos ressources humaines.Prêt à l’action?On peut vous appuyer.Renseignez-vous auprès : • des directions régionales du MICT • de la Direction des transferts et de la diffusion technologiques, (514) 982-3020 Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie Direction générale de la technologie Québec s s tration que l’angiotensine II constituait le principal facteur de contrôle de l’aldostérone, dont l’activité de rétention du sodium était reconnue.Ainsi, pour la première fois se trouvait établie la relation entre le sel, le rein (par le système rénine-angiotensine) et les glandes surrénales.Trente-cinq ans plus tard, le maître de la recherche en hypertension, le Dr Irvine H.Page, écrivait : « Genest et son équipe de Montréal ont fait quelques-unes des plus importantes contributions dans le domaine de l’hypertension au cours des 30 dernières années.» Dès cette première époque, Jacques Genest a en Roger Boucher un biochimiste exceptionnel comme proche collaborateur.C’est lui qui a mis au point la méthode pour la mesure de l’activité de la rénine dans le plasma.Cette méthode, reconnue pour sa spécificité et sa précision, est utilisée depuis 1961.Il y eut ensuite la découverte de la tonine, une nouvelle enzyme qui libère directement l’angiotensine.Le Dr Boucher a été associé au Groupe de recherche en hypertension pendant 20 ans, soit jusqu’à son décès en 1980.Un autre savant a aussi été étroitement lié à l’évolution du département de recherches cliniques de l’Hôtel-Dieu : l’endocrinologiste de réputation internationale J.S.L.Browne, de l’Université McGill.Grâce à lui, plusieurs jeunes chercheurs québécois du laboratoire du Dr Genest ont pu obtenir leur maîtrise ou doctorat à McGill, alors que l’Université de Montréal ne décernait pas encore ses propres doctorats.Jacques Genest considère que le Dr Browne a largement contribué, tout comme le neurologue Herbert Jasper, au rapprochement des facultés de médecine de l’Université de Montréal et de l’Uni-1 versité McGill.TROP D’ARGENT POUR COMMENCER Au Québec la Révolution tranquille bat son plein.Le département de recherches cliniques de l’Hôtel-Dieu est à l’étroit dans le vénérable hôpital.Et le Dr Genest rêve toujours d’un centre de recherche multidisciplinaire doté de sa propre clinique pour consultations externes.En 1964, le principal de McGill, le Dr H.Rocke Robertson, offre le poste de doyen de la faculté de médecine au Dr Genest.Il lui propose également d’aménager ses laboratoires dans le nou- t-.haï plie ta v - fciu.; taie rt K e; II: li'ta’; ritata iii'U; coiüinK peniie H,, k K «Ilf; kei b k O UK; * 56 QUÉBEC SCffiNCE/MAI 1992 HiluM ve* édifice McIntyre.Le Dr Genest est naturellement très flatté, mais nw*|le centre dont il rêve, il le veut jIjijC pour le Canada français.Il deman-Pfljj .1 de à réfléchir.Il informe l’Université de I’ Montréal de l’offre de McGill.La iJ réaction est spontanée : il ne faut ijpas perdre un de nos meilleurs ij chercheurs.Le futur chancelier de l’Université de Montréal, Me Marcel Piché, prend les choses , en main.Il saisit le premier ministre Jean Lesage du dilemme.En quelques jours, le Conseil des .tj ministres adopte un arrêté ministériel créant l’Institut de recherches cliniques de Montréal et accordant cinq millions de dollars pour la construction de l’édifice situé avenue Des Pins Ouest, face à l’Hôtel-Dieu.Le Dr Genest rencontre le premier ministre pour le remercier et expliquer son projet, disant ue, pour un début, la moitié de la somme ui suffira.Quelques mois avant sa mort, M.Lesage a avoué au Dr Genest : « Vous êtes le seul homme de toute ma carrière politique que j’aie entendu dire que le Gouvernement lui offrait trop d’argent.» En 1967 a lieu l’inauguration de l’IRCM.Au Groupe de recherches en ^hypertension s’ajoutent trois nouveaux axes.Ce sont les laboratoires du Dr André arbeau, en neurobiologie, du Dr Michel 'hrétien, sur les hormones hypophysaires, t du Dr Jean Davignon, sur les lipides et ’athérosclérose.Deux ans après l’inauguration, tous les laboratoires sont occupés.Il faut déjà agrandir.En 1975, on inaugure une première expansion.ilt» «r ENDORPHINES ET RÉTROVIRUS Sur la plan scientifique, l’Institut sera le lieu d’un foisonnement de recherches de haut calibre.Le Dr Barbeau est le premier en Amérique du Nord à confirmer les bienfaits d’une double thérapeutique pour la maladie de Parkinson : un traitement de L-Dopa, associé à un agent qui inhibe l’action de ce médicament dans les régions du cerveau restées intactes.Un neurologue italien, le Dr Giuseppe Zampanella a suggéré de nommer « syndrome Barbeau » le « Long-term L-Dopa Syndrome », en hommage au chercheur montréalais.4- À compter de 1967, le Dr Chrétien établit à l’IRCM un laboratoire de la chimie des peptides, le premier du genre au Québec.En 1976, quand survient la découverte des morphines naturelles du cerveau, les « endorphines », le laboratoire du Dr Chrétien est le premier à isoler la béta-endorphine humaine et à en démontrer la biosynthèse.Depuis qu’il a succédé au Dr Genest comme directeur scientifique de l’Institut, Michel Chrétien a cédé la direction de son laboratoire au Dr Nabil Seidah, lui aussi spécialiste de la biochimie neuro-endocrinienne.Dans un autre champ de recherche, celui des hyperlipidémies, le laboratoire du Dr Davignon a identifié cinq mutations « canadiennes-françaises » de l’hypercholestérolémie, une maladie génétique qui affecte 22 000 Québécois, alors que, pour le reste du Canada, il n’y a guère que 30 000 cas ! Les personnes atteintes de cette maladie héréditaire risquent un infarctus dans la quarantaine, ou même plus jeunes si elles ne sont pas traitées.Le physiologiste canadien, Henry G.Friessen, président du Conseil national de recherches médicales du Canada, a fait partie du comité d’évaluation de 1TRCM en 1987.Outre l’ANF, il identifiait trois réalisations qu’il considérait comme « spectaculaires ».D’abord, les travaux des Drs Chrétien et Seidah sur les neuropeptides, telle l’endorphine.En second lieu, les travaux du Dr Paul Jolicoeur sur le rôle fondamental des rétrovirus dans plusieurs maladies importantes, comme le cancer, le sida et les troubles neurologiques.La Dre Marie Trudel avec quelques-unes de ses souris transgéniques, porteuses de gènes de maladies humaines.« Quant au Dr Davignon, poursuit le Dr Friessen, ses études sur l’athéro-sclérose s’imposent comme un modèle de recherche clinique dans ce qu’elle a de plus frustrant mais aussi de plus exaltant.» LE CENTRE DE BIOÉTHIQUE Dès le début des années 70, le Dr Genest est préoccupé par la dimension éthique de la recherche biomédicale.Il décide donc de créer, au cœur même de l’Institut, un centre de bioéthique.Confié au philosophe et mathématicien David H.Roy, ce centre fut le premier du genre au Canada.Dès le départ, David Roy s’est donné comme règle d’or ce conseil de l’ancien directeur de l’Institut Kennedy à Georgetown, le Dr André Hellegers : « Eviter de critiquer la médecine ou la science de l’extérieur.Essayer plutôt de la comprendre et d’y promouvoir une réflexion de l’intérieur.» Pour y parvenir, il faut surtout être bien informé.Le directeur du nouveau centre décide de « remonter toujours à la source ».C’est ainsi qu’un an avant la naissance de Louise Brown, le premier bébé-éprouvette, David Roy, alerté par le Dr Genest sur les travaux des deux chercheurs britanniques, s’est rendu en Angleterre pour discuter de leurs travaux sur la procréation en laboratoire.Quand la réussite britannique fut annoncée, Jacques Genest et David Roy ne furent donc pas surpris ; ils savaient ! Depuis son inauguration en 1976, le Centre de bioéthique de 1TRCM a participé à tous les grands débats : infertilité, avortement, euthanasie, intégrité de la recherche, etc.Le Dr Roy est appelé en consultation partout au Canada et à l’étranger.Aujourd’hui, engagé dans les débats sur la globalisation de l’éthique, il observe le choc des cultures.Ainsi, constate-t-il, les règles du « consentement libre et éclairé », devenues coutume en Occident, ne trouvent aucune résonance dans plusieurs pays du tiers monde.MAI 1992 / QUÉBEC SCIENCE 57 r Le Dr Paul Jolicoeur regarde une séquence d’ADN avec le technicien, Benoit Laganière, attaché au laboratoire depuis 10 ans.RECHERCHE-CLINIQUE Tout comme il estimait essentiel de placer la réflexion éthique au cœur même de son institut de recherche, Jacques Genest insistait sur la présence d’une clinique pour consultations externes.Déjà, à l’Hôtel-Dieu, il existait depuis 1952 une clinique d’hypertension.A 1TRCM, la clinique s’est étendue à quatre autres domaines : l’athérosclérose, le diabète, l’endocrinologie et la pharmacologie.Pour le Dr Genest et les chercheurs, il existe une véritable symbiose entre la clinique et la recherche.« La clinique est un outil indispensable pour le développement de la science médicale.À l’Institut, c’est le trait d'union le plus puissant entre le malade et la recherche », explique le Dr Pierre Larochelle, directeur du laboratoire de physiologie cardiovasculaire et de pharmacologie.Au cours de l’année 1989-1990, la clinique a enregistré 22 570 visites de patients ; certains la fréquentent depuis deux décennies.« C’est une occasion extraordinaire, qui nous permet de poser des questions aux malades, puis d’y répondre en laboratoire », soutient le Dr Davignon, qui coordonne les activités cliniques de 1TRCM.« Les découvertes que nous y faisons se traduisent ensuite en nouveaux traitements pour les malades.» Les patients sont référés à la clinique de 1TRCM par leurs médecins traitant à cause de la complexité de leurs cas.La clinique reçoit ainsi plusieurs cas rares.C’est à la clinique de ITRCM que le Dr Jean-Louis Chiasson a coordonné les premières études sur l’insuline humaine, dans les années 80.« Nous avons été parmi les pionniers de l’insulino-thérapie avec pompes à insuline », raconte-t-il.Pour bien situer le rôle unique de ITRCM au Québec, l’ex-doyen de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, le Dr Gilles Pigeon, un ancien jeune chercheur du laboratoire Genest, à l’Hôtel-Dieu, déclare : « Ce que le fondateur de l’Institut a fait de plus important pour notre société, ce fut d’établir une nouvelle façon de concevoir la médecine canadienne-française.» De son côté, le président du Fonds de recherches en santé du Québec (FRSQ), le Dr Patrick 58 QUÉBEC SCIENCE / MAI 1992 Vinay, a reconnu que ITRCM est un « vaisseau amiral » dans le réseau québécois des 24 centres de recherches biomédicales.C’est en tout cas forte de cettq tradition d’excellence que la nouvelle génération de chercheurs de ITRCM, comme Marie Trudel, comme Terence Coderre, avec son laboratoire sur les mécanismes de la douleur ou comme Jacques Genest fils, avec son tout nouveau laboratoire de métabolisme et génétique cardiovasculaire, s’apprête à relever les nouveaux défis de la recherche de pointe.Les outils ont changé, telles ces 2 400 souris transgéniques de Marie Trudel, mais l’esprit qui anime les corridors de ITRCM est le même : la créativité, le travail et « rien qui ne soit parfait ».L’ASSOCIATION IRCM-INSTITUT PASTEUR Fin mai, une vingtaine des meilleurs cerveaux francophones de la recherche biomédicale seront à Montréal pour discuter et comparer leurs travaux les plus importants, sous le thème général « Fonctions cellulaires et interactions des macromolécules », dans le cadre du premier colloque IRCM-Pasteur.Cet événement historique - c’est la première fois que le prestigieux Institut Pasteur de Paris siège hors de France -coïncide avec le 25“ anniversaire de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).Il sera sous la présidence d’honneur conjointe du professeur François Jacob, prix Nobel de médecine en 1965, et du Dr Jacques Genest, fondateur de l’IRCM.En 1989, l’Institut de recherches cliniques de Montréal a conclu une entente avec l’Institut Pasteur de Paris, prévoyant la tenue de colloques conjoints annuels, qui alterneront entre Montréal et Paris.Cette entente prévoit également des échanges de personnel scientifique, sur une base de 24 mois-chercheurs par année, ainsi que l’élaboration de programmes de recherche conjoints.« L'entente de collaboration que nous avons conclue avec l’Institut Pasteur constitue pour nous une réalisation exceptionnelle, capitale pour notre reconnaissance internationale », affirme le Dr Michel Chrétien, directeur scientifique de l’IRCM.Présentement, le réseau des collaborations internationales de ITRCM s’étend à quatre continents.En Amérique du Nord, l’institut montréalais a des liens avec une douzaine de grands centres américains, dont ceux des universités Rockefeller, Johns Hopkins et Harvard.En Amérique du Sud, il y a des liens avec l’Université de Buenos Aires, en Argentine, et celle de Maracaibo, au Vénézuela.En Europe, I ITRCM collabore avec l’Institut Pas- I leur de Paris et celui de Lille, mais aussi avec trois établissements belges, les universités de Louvain et de Liège, ainsi que l’Institut de pathologie cellulaire de Bruxelles.Enfin, il y a des liens en Grande-Bretagne, avec Cambridge, Oxford et l’Imperial College.Grâce à un accord intervenu avec l’ACDI (Agence canadienne du développement international), ITRCM assure en outre la formation de chercheurs chinois de la Faculté de médecine de Shangai et de l’Académie des sciences médicales de Beijing.I i«I Ci- fa P t ¦ «tïv ¦ s:,:, tet; -P: lillCl; fc:- ; 4ç,.feoin» "«iSlIK H Fia, "'H- "''Jf’ll ft,,;.S ;r- % h *4 Inca,.' K il i ». i 'UNE FLEUR POUR L'ÉCOLOGIE ^Destiné entre autres à contribuer « à l’émergence d'une industrie horticole plus [respectueuse des principes de développement durable », le futur Envirotron de l’Université Laval, dont la construction doit débuter cet été, sera le fruit d’une as® concertation université-gouvernements-ntreprises.La qualité et l’innocuité des produits horticoles, mais aussi la protection de l’environnement seront parmi les préoccupations de ce complexe de recherche en serriculture.Le moins qu’on puisse dire, j.p’est que le pavillon projeté, qui doit assu-iirer en hiver le prolongement des activités estivales du jardin Van den Rende, permettra de faire voir les bons côtés de.l’effet de serre.(Au fil des événements, 19103/92) il est L’« OR SALE » POUR DE L’ÉNERGIE PROPRE Une centrale « pseudo-nucléaire » à base d’ordures ménagères, tel est le projet d’un ingénieur-chimiste à la retraite, le Pr Victor Souline.II s’agit en fait d’une centrale thermique, qui utilise la chaleur produite par la combustion contrôlée des ordures, pour transformer en vapeur l’eau d’un haut-fourneau à bouilloire.La vapeur sous pression fait ensuite tourner des turbines, pour alimenter des alternateurs et produire du courant électrique.Selon le concepteur, alors que l’uranium a un rendement exceptionnel, mais à un coût d’entretien excessif, la centrale qu’il propose utilise un combustible à faible rendement, mais gratuit.Et cet « or sale » est inépuisable, car l’or dure.(En Tête, 23103192) te» UN INSEQ A L’UQAC Sous le thème « L’entomologie et l’infor-p,-.matique au service de la faunistique », la |IfM Société d’entomologie du Québec (SEQ) | Rendra, en octobre prochain à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), sa 119e Réunion annuelle.Les conférences porte- [ ont sur des bases de données du Québec, de la France et de la Belgique, destinées à divers types d’intervenants dans les domaines de la faune et de la flore, de même que sur l'utilisation de l’informatique en biologie.Y sera aussi présenté le prototype de la Base de données faunistiques sur les invertébrés du Québec (BADIQ), sans ompter les stands et expositions habituels.L’informatique alliée à l'entomologie ?Rien de plus naturel, pour les puces et les insectes.DE L'ENTERPRISE A McGILL Ça tombe bien.Le capitaine Kirk a laissé entendre, lors de sa dernière mission au grand écran (Star Trek VI : The Undiscovered Country ), qu’il s’apprêtait à prendre sa retraite.L’acteur William Shatner, lui-même diplômé de l’Université McGill, aura donc tout loisir d’accepter l’honneur que désirent lui faire les étudiants de cette université, de donner son nom à leur foyer étudiant, la Students’ Society of McGill University (SSMU), couramment appelé University Centre.Les étudiants devaient se prononcer à ce sujet lors d’un référendum, mais la direction de l'université ne semble pas favorable.Pourtant, la prestigieuse NASA n’a-t-elle pas elle-même baptisé Enterprise sa première navette spatiale ?(The McGill Reporter.Il103192) 119- RÉtlrJiOhl AhUAUE LL£ SEQ VIDÉOWAY, UN NOUVEL ART DE VIVRE ?La télévision à la carte est devenue réalité.C’est du moins ce que révèle une étude du Laboratoire de recherche sur les nouvelles technologies, à l’Université de Montréal.A partir d’un échantillon de 845 foyers, l’étude montre en effet que le système Vidéoway est constamment utilisé, peu importe l’usage qu’on en fait (jeux, services télématiques, télé interactive, télé payante).La composante interactive et télématique occupe 11 heures d’écoute par semaine, par personne, et l’on parle déjà d’implantation dans le quotidien.Parmi les raisons de üifwtml ce succès (150 000 abonnés en 1992), on note l’attrait des contenus, les aspects convivial et innovateur du système, mais aussi le bon vieux « bouche-à-oreille », ou téléphone arabe, pour la promotion.Comme télématique, rien de plus interactif ! (Recherches à l'Université de Montréal, 02192) DES PLANÈTES PAR MILLIARDS Dans un univers peuplé de milliards de galaxies, elles-mêmes faites de milliards d’étoiles, il y a sûrement un peu de place pour quelques planètes autres que celles de notre système solaire.Mais comment les repérer dans l’éblouissement de leur astre solaire ?On a pu calculer, grâce aux « pulsions » réglées comme une horloge des pulsars, que de légères mais régulières variations dans la rotation de ces étoiles à neutrons pouvaient signifier la présence de planètes.Le hic, c’est que l’hypothèse conventionnelle sur la formation des pulsars (le résultat d’une supernova) interdit de croire qu'une planète puisse survivre à une telle explosion.D’où une nouvelle et élégante hypothèse, qui veut que le pulsar naisse non plus de l'explosion d une étoile massive, mais de la fusion de deux naines blanches.(Le Monde.I6I0U92 au 22101192) MAI 1992 ! QUÉBEC SCIENCE 59 ' Nv Université du Québec à Trois-Rivières Centre de recherche en photobiophysique D p:::-.[¦: .- Des travaux à caractère fondamental sur les aspects moléculaires de la photosynthèse et de la vision.unis tauu (If K le-: PIÎIC: lié; fee;.far, Renseignements: Centre de recherche en photobiophysique C.P.500, Trois-Rivières, Québec G9A 5H7 Tél.: (819) 376-5077 "S- rW iiÙfi mi Des développements technologiques dans les domaines de l'environnement, de la santé et de l'optiqm tan!.Et L'accès à des programme: gradués en biophysique, en sciences de l'environnement, en physique et en chimi( tour ELECTROMED INTERNATIONAL LA TECHNOLOGIE EDEC™ De nouvelles normes , gpT g-' pour la radiologie cardio-vasculaire 310, boul.Industriel, Saint-Eustache (Québec) J7R 5V3 • Tél.: (514) 491-2100 • Fax : (514) 491-4138 60 QUÉBEC SCIENCE/MAI 1992 D epuis maintenant quarante ans, une foule de raisons ont été avancées pour défendre la thèse voulant que l’ordinateur ne puisse jamais rivaliser avec l’être humain : le cerveau est un réseau neuronal complexe, que ne pourra jamais remplacer l’ordinateur ; l’homme peut comprendre les choses dans leur totalité, alors que l’ordinateur doit les décomposer ; l’homme est capable d’actions autonomes, alors que l'ordinateur agit à partir de règles et de symboles qui lui sont fournis par l’homme.liti .Iii Harry M.Collins Experts artificiels Machines intelligentes et savoir social Seuil À ces arguments, H.Collins ajoute celui que l’ordinateur, particulièrement l’intelligence artificielle, ne pourra jamais dépasser l’homme, parce qu’il lui manque cette dimension sociale qui définit l’intelligence humaine.C’est à une sociologie de l’intelligence artificielle que Collins nous convie dans ce livre.Si l’intelligence artificielle est réellement équivalente à l’intelligence humaine, alors toute la sociologie de la science, qui avance que celle-ci est une construction sociale, est fausse.En effet, si l’ordinateur peut découvrir des lois, c’en est fait du constructivisme.C’est la thèse que tente de contredire Collins.Un livre pour initiés.Benoît Godin HURTUBISE, Rolland L’Intelligence artificielle du manager.Outillage de réalisation et cas d'application Coll.« Gestion de systèmes » Éditions Agence d’ARC, Montréal 1992,270 pages, 38 $ ISBN 2-89022-307-8 COLLINS, Harry M.Experts artificiels.Machines intelligentes et savoir social Éditions du Seuil, Paris 1992,320 pages, 39,95 S ISBN 2-02-014751-3 Une argumentation maintes fois reprise est celle de la chambre chinoise, avancée par John Searle.Imaginez-vous dans une chambre fermée.A l’extérieur de celle-ci se trouvent des Chinois qui veulent communiquer avec vous.Vous leur répondez toujours en chinois.Ils croient donc que vous êtes vous-même un Chinois ou à tout le moins que vous parlez couramment leur langue.Mais vous, vous avez un dictionnaire et une grammaire entre les mains.Pour les Chinois de l’extérieur, vous vous comportez comme si vous compreniez le chinois.En fait, vous ne faites qu’utiliser des règles mises à votre disposition pour leur répondre dans leur langue.Il en va de même pour l’ordinateur.Ce n’est pas parce qu’un ordinateur se comporte intelligemment qu’il est intelligent.Quel lien y a t-il entre l’intelligence artificielle et le domaine du management ?Qu’est-ce qu’un système cognitif?un système expert ?un système ou réseau neuronal ?Comment concevoir de tels systèmes ?Ce livre se veut pratique : après l’avoir lu, le lecteur devrait pouvoir réaliser ses propres systèmes cognitifs.CLEGHORN, John M.et Betty Lou LEE (Traduit par Jocelyne DELACE) Préface du Dr Yves Lamontagne Les maladies mentales Un survol des progrès accomplis par la psychiatrie contemporaine Le Jour, Montréal 1991,272 pages, 20,95$ ISBN 2-89044436-8 Publié en collaboration avec l’Association des psychiatres du Canada et l’Association des médecins psychiatres du Québec, ce livre s’adresse d’abord à tous ceux et celles qui comptent dans leur entourage des personnes souffrant de désordres mentaux.Dépression, LES MALADIES MENTALES U» «urv»l drt procrfi arrampll» par pajrhlalrlr ranlrniporalDr schizophrénie, autisme, maladie d’Alzheimer, etc.Le point sur les médications et les traitements actuels, ainsi que des adresses utiles.BOULET, Louise et al.Mieux vivre par une agriculture harmonieuse.Guide pratique pour petites et grandes cultures Les Publications du Québec, Québec 1992, 216 pages, 16,95$ ISBN 2-551-144914 Réalisé par les départements de santé communautaire de l’Hôtel-Dieu de Montmagny et de l’Hôpital de l'Enfant-Jésus, en collaboration avec l’Union des producteurs agricoles (Lanaudière) et le ministère mm de l’Environnement, cet ouvrage propose des pratiques agricoles écologiques adaptées aux divers besoins, de la ferme au simple potager.On y aborde de nombreuses questions, touchant à la fois les petites et grandes surfaces : fertilisation (un chapitre entier est consacré au compostage), rotation des cultures, contrôle des mauvaises herbes, prévention des maladies.Le lecteur y trouvera donc des moyens efficaces, respectant les cycles naturels et les écosystèmes.Carte géotouristique Géologie du Sud du Québec, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie Min.de l’Énergie et des Ressources et Publications du Québec, Québec 1992, format : 83 x 106 cm, 9,95 $ Sur un fond de carte routière contenant les points de référence habituels (villes, villages, rivières et lacs), est superposée la distribution des roches à l’affleurement.La carte, à l'échelle 1:500 000, contient aussi des légendes, des notes explicatives, des croquis, des descriptions de sites d’intérêt géologique et un lexique.Voyageurs et touristes, en plus de découvrir l’histoire géologique de cette région en en parcourant les routes, pourront y apprendre, entre autres, que le talc est un minéral exploité depuis plus de 100 ans dans les Cantons de l’Est, que le mont Saint-Hilaire est un site minéralogique connu mondialement et qu’en Gaspésie un centre d’interprétation rend accessible à tous un site fossilifère de renommée mondiale.Les secrets du Saint-Laurent.Guide de météo marine Environnement Canada, Montréal 1992,96 pages, 12,95 $ (Également disponible sur vidéo VHS - durée : 27 min -, 19,95 $) ISBN 0-660-93592-9 Celles et ceux qui choisiront de naviguer sur le Saint-Laurent trouveront dans ce guide des renseignements sur : le comportement du vent et de la mer, la personnalité topographique du Saint-Laurent, les principaux signes annonciateurs du changement de temps, et les prévisions météorologiques maritimes et la façon d’y avoir accès directement et rapidement.On trouve également dans ce guide un répertoire de 142 lieux où les conditions exigent, par vent fort, qu’on navigue avec circonspection.LES SECRETS DU SAINT-LAURENT MA] 1992/QUÉBEC SCIENCE 61 DANS LE PROCHAIN NUMERO Spécial En vironnemen T En marge de la conférence des Nations Unies sur l’environnement à Rio, Québec Science a retardé cette année d’un mois son « Spécial environnement ».LE POINT SUR L’OZONE (Étienne Denis) Les scientifiques s’inquiètent depuis quelques années de la dégradation de la couche d’ozone atmosphérique.Ce printemps un avertissement de la NASA relançait la panique : les rayons solaires sont-ils devenus mortels, faute de notre écran protecteur d’ozone ?Étienne Denis a examiné les données pour conclure que la dégradation de la couche d’ozone n’a pas encore d’effet significatif sur la santé.LA PLANÈTE GAÏA (Jean-Marc Fleury) Quand James Lovelock a émis l’hypothèse que la Terre était un être vivant autonome, dont les multiples écosystèmes seraient les « organes », on n’y a d’abord vu qu’une image poétique.Hypothèse non scientifique.N’empêche que depuis quelques années, des chercheurs commencent à découvrir les mécanismes régulateurs de Gaïa, et à trouver riche l’hypothèse de Lovelock.QUELQUES PISTES POUR SA UVER LA PLANÈTE LE GÉNIE DU BIODÔME (Collectif) (Eve-Lucie Bourque) De quoi sera-t-il question, à la conférence des Nations Unies à Rio ?Et de quoi ne sera-t-il pas question ?Ève-Lucie Bourque a assisté aux débats préparatoires de New-York, le mois dernier, et fait le « tour du jardin » de ce qu’on devrait attendre de ce Sommet de la Terre.Québec Science profite en outre de l’inauguration du Biodôme de Montréal, le plus formidable musée de l’environnement au monde, pour présenter à ses lecteurs un encart de 20 pages sur les défis que les ingénieurs ont dû relever pour recréer ce monde en vase clos, sous la voûte basse de l’ancien vélodrome olympique.I- j Bonjour, je m'appelle Flippo I Je vous dévoile mon nouveau nom.Ce nom, dont je suis très fier, m'a été donné par les employés et les sous-distributeurs des Messageries Dynamiques, ceux qui ont la responsabilité de la I distribution en kiosques du magazine Québec Science.Grâce à vous, amis lecteurs, qui achetez ce numéro de Québec Science en kiosque et | participez au concours, ainsi qu’aux gens de Messageries Dynamiques et des sous-distributeurs, I je serai bientôt en mesure de recevoir officiellement mon acte d’adoption.Plus vite vous participerez au concours, plus vite je serai adopté.i GAGNEZ VN SÉJOUR I de 3 jours et 2 nuits pour deux personnes à l'Hôtel Tadoussac ! et une croisière d'observation des baleines.j Votre geste vous donnera également la chance de gagner une fin de semaine pour deux à l’Hôtel Tadoussac, au cours de laquelle vous aurez l’occasion d’aller observer les baleines à l'embouchure .du Saguenay et, qui sait, peut-être d’y apercevoir notre futur adopté ! Si vous avez acheté ce magazine chez un détaillant, remplissez tout simplement le coupon I ci-dessous, puis découpez et remettez-lui cette annonce complète (les fac-similés ne sont pas | acceptés).Vous serez ainsi automatiquement inscrit au concours.Estampe du détaillant Remettez au détaillant qui vous a vendu ce numéro de Québec Science Nom_________________________________ Adresse _____________________________________________ Ville_________________________________________________ Code postal________________Tél.(____)_______________ Cochez si vous désirez des renseignements i-1 sur la Fondation Québec Science \______| Route [ 62 QUÉBEC SCIENCE/MAI 1992 POUR REPONDRE AUX GRANDES QUESTIONS, IL FAUT POSER DE GRANDS GESTES.fl y a 50 ans, nos prédécesseurs étaient fiers de leurs usines.Les Québécois aussi.À l’avenir, certaines répondront de plus en plus difficilement aux attentes environnementales.Dans les prochaines décennies, elles seront démolies ou modernisées.Le processus de reconstruction est enclenché.L’investissement requis: plus de 3 milliards $.Mais au-delà des dollars, il y a une politique.Non seulement corrective mais préventive.De l’utilisation réfléchie des matières premières et de l’énergie jusqu’au recyclage du produit fini, Alcan s’impose des normes environnementales rigoureuses.Cette façon d'agir est le propre d’Alcan.Elle trace la voie d’une évolution sensible.Elle est surtout le signe manifeste de son engagement et du sens de la direction qui l’anime.ALCAN.UNE FORCE SENSIBLE. FRÆ Espagnol Ansais imrrviùim & OKlKintuirr Londres Venise TiHJJVS i LfUDUSSt' (Guides de conversation et dictionnaires) "Grammaire de base et guide de prononcia tion simplifiée.•Dictionnaire pour les besoins du voyageur.Tous les éléments pour être compris et faire face à toutes les situations.Collection LAROUSSE VOYAGES Tous les renseignementn pratiques dont vous aurez besoin au cours de votre séjour.Collection MONDE ET VOYAGES Des pays à aimer, à comprendre, à connaître! Bien plus qu'un guide, ce livre est déjà un voyage.les éditions françaises j 1411, nie Ampère BoucKéPville (Québec) J4B 5W2 (514) 641-0514 871-0111 .1-800-361-9635 Téléc.: (514) 641-4893
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.