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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juillet-août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

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Références

Québec science, 1987, Collections de BAnQ.

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Volume 25, numéro 11 JUILLET/AOÛT 1987 QUEBEC SCIENCE LE MAGAZINE SANS FRONTIÈRES LES L GNES MOFFAT OU EINSTEIN?TOUT EST RELATIF LES BRICOLEURS DE L’AIR Courrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti.C.P.250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1 à LE MAGAZINE QUI S’ADRESSE À PLUS DE 500 000 SECRÉTAIRES ET EMPLOYÉS DE BUREAU AU QUÉBEC VENDU PAR ABONNEMENT OU EN KIOSQUE AU QUÉBEC ET EN ONTARIO 1 j lONDAGE:! |QUI CHOISIT* lUiS MACHINES À Ecrire?ILES DOCUMEMi lADMINISTIMlffi ï 5 tr Wf JiVUI i'M raoiTOlOH" TOIALi! OB COM ; TÉLÉPHONEZ-NOUS! 514 662 2414 zltte -£& tttAMZÙ QUEBEC SCIEMCE JUILLET/AOÛT 1987 VOLUME 25, Numéro 11 ?=***« ui-.¦4' r .•» •- ^ KÇ l ; Page 30 , _ Tension sous les lignes Gilles Drouin Champ électrique, champ magnétique, effet couronne.Notre santé a-t-elle quelque chose à craindre des lignes à haute tension?16 Moffat ou Einstein?Tout est relatif Claude Forand Le physicien John Moffat propose une nouvelle théorie de la relativité, qui prolongerait celle d’Einstein 22 Les bricoleurs de l’air Gilles Parent De loopings en piqués, les adeptes de l’aéromodélisme sont fiers de leurs joujoux de compétition 27 Sur la route des volcans Ève-Lucie Bourque Moins provocants que le Vésuve ou l’Etna, les volcans d’Hawaï n’en couvent pas moins des colères qu’il faut surveiller de près 30 Au pays des sphaignes Élaine Hémond À la fois jardin botanique, musée biologique et exploitation commerciale, la tourbière révèle aux curieux des richesses insoupçonnées 38 Les remous du fluorure Benoît Chapdelaine Malgré un taux de carie encore anormalement élevé, 10% seulement des Québécois boivent de l’eau fluorurée.Pourquoi hésite-t-on?42 ACTUALITÉS Spécial ACFAS 7 Eau : Montréal à contre-courant 13 Physique: créateur d’Univers 47 Astrophysique: TUnivers rajeunit 48 Aérodynamisme : Riblets, Lebu et compagnie 49 Matériaux: les composites à la mer 51 Cancer: un dépistage précoce 52 Santé mentale : pour ou contre la stérilisation 54 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 Infopuce L’informatique à votre portée 12 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 55 Cinéscience La science à l’écran 56 Mois prochain 57 En vrac Les p’tits mots de la fin 58 QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 3 — COMMENT CULTIVER LA VIOLETTE AFRICAINE Michel TREMBLAY Québec Science Éditeur/Association des amateurs de violettes africaines de Montréal 1987, 104 pages, 9,95$ MICHEL TREMBLAY COMMENT CULTIVEE laiDl/wletiê QUEBKSCIEItE L'Association dos amateurs /jfN ÉDITEUR Vous voulez obtenir des violettes africaines dignes d'une exposition, voici l'ouvrage que vous attendiez! Dans un langage accessible et à I aide de plusieurs dessins et photographies en couleurs, l'auteur nous fait part e sa vaste expérience sur les terreaux, I éclairage, l'arrosage et les engrais.Il explique les différentes techniques de reproduction, comment et quand transplanter ainsi que les périodes de floraison.nous enseigne sa propre technique d'hybridation et nous décrit la procédure à suivre pour enreqistrer une nouvelle variété.Botaniste autodidacte, Michel Tremblay s'adonne depuis plusieurs années à la culture des plantes d'intérieur, mais a vio ette a ricame est sa spécialité.À Los Angeles, en 1985, lors de l'exposition nationale américaine, une de ses violettes africaines hybrides remportait le titre de croisement de l'année.Ce livre est en vente chez votre LIBRAIRE.Pour les régions non desservies, commandez chez l'éditeur en postant ce coupon: Prix* Quantité Total Nom Q059 • COMMENT CULTIVER LA VIOLETTE AFRICAINE 9,95$ $ Prix sujet à changement sans préavis.Adresse ?Chèque ?Mandat postal / ?Mastercard ?Visa n° Date d expiration Signature Code postal Expédiez à: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 RÉDACTEUR M O CHEF £e, wcujazte' QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: 831-0790 DIRECTION Jacki Dallaire, directeur RÉDACTION Vonik Tanneau, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Gilles Drouin, François Goulet, François Picard, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince 2875.boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 25,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 44,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1987, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1952.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: © Copyright 1987 - QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Le numéro de juillet-août 1987 dont vous lisez présentement un exemplaire complète la 25e année de publication de Québec Science.Il y a de quoi fêter, bien sûr: rares sont les magazines québécois qui peuvent se vanter d’une aussi grande longévité.Aussi avons-nous pensé jalonner l’année marquant notre premier quart de siècle d’une série d’améliorations dont nos lecteurs noteront l’apparition au fil des prochains numéros.D’abord un premier changement : Québec Science passe de 12 à 11 numéros par année.Cela peut sembler un recul.Mais, à nos yeux, il s’agit d’un recul pour mieux entreprendre notre second quart de siècle ! La publication de 11 numéros par année est en effet une pratique de plus en plus courante chez les nouveaux mensuels.Cette décision permettra d’absorber sans coup férir la baisse traditionnelle de la publicité et des ventes du mois d’août et d’accorder des vacances bien méritées à la petite équipe chargée de produire Québec Science.Nos abonnés n’y perdront rien puisque l’échéance de leur abonnement se trouve automatiquement reportée d’un numéro.Cette décision permet également d’éviter une hausse du prix de l’abonnement annuel qui restera à 25$ toute l’année du 25e anniversaire de Québec Science.Les autres changements à venir consisteront essentiellement en des améliorations surtout rédactionnelles qui, nous l’espérons, seront de nature à vous plaire.En plus du prix canadien dejour-nalisme scientifique remporté par Diane Dontigny pour son article sur le rhume des foins paru dans le numéro de juin 1986, un second honneur est venu couronner la 25e année de publication de Québec Science: Jean-Pierre Rogel (qui fut rédacteur en chef du magazine de 1979 à 1987) a reçu le second prix, catégorie Science, des Grands prix du magazine canadien 1986, pour ses deux articles sur «La défense à la mode Reagan» parus dans les numéros de novembre et de décembre 1986 de Québec Science.Félicitations ! Certes, en 25 ans de publication, les collaborateurs de Québec Science ont reçu assez de prix d’excellence pour s’envoler dans les nuages et y rester accrochés.Aussi avons-nous voulu éviter ce risque en vous présentant, non pas un article sur les fusées, mais un texte de Gilles Parent sur des avions qui ne sauraient voler bien haut, mais n’en constituent pas moins des petits chefs d’œuvre d’ingéniosité technologique: les modèles réduits et téléguidés! Pour dissiper tout nuage, Claude Forand a interviewé le physicien de l’Université de Toronto, John Moffat, qui remet en cause l’interprétation électromagnétique de la théorie d’Einstein.Enfin, toujours au-dessus du plancher des vaches, Ève-Lucie Bourque nous présente son très beau reportage sur les volcans d’Hawaï.Traitant d’un sujet beaucoup plus terre à terre que tous les jardiniers amateurs et professionnels connaissent bien, la tourbe, Élaine Hémond réussit à nous passionner par sa très instructive visite dans une tourbière.Enfin, Benoît Chapdelaine et Gilles Drouin font le point respectivement sur deux questions controversées: la fluoruration de l’eau et les effets des lignes à haute tension sur la santé (notre couverture), des lignes omniprésentes sur les routes de nos vacances.Directeur général QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 5 FONDATION QUEBECOISE EN ENVIRONNEMENT La Fondation québécoise en environnement, organisme à but non lucratif, a comme objectif de promouvoir la qualité de l'environnement par l'information, l'éducation et la recherche.DEVENEZ AMI(E) DE LA FONDATION La Fondation québécoise en environnement C.P.1055, Succursale Desjardins Montréal, Québec H5B 1C2 VÉLO ‘Le guide indispensable” d) IB4Q Auteurs: Michel Labrecque Jean-François Pronovost Préface: Pierre Fogha L’information la plus à jour sur le vélo: • le choix de votre bicyclette • la sécurité routière, le nouveau code • l'entretien et la réparation • le pédalage et les techniques sur route • la planification d’un voyage au Québec et à l'étranger Format: 51,2 x 8 1;2 po Nombre de pages: 180 Abondamment illustré PRIX: 12,95$ Nouveauté publiée en collaboration avec: Des jardins Publicité subventionnée par le ministère des Affaires culturelles du Québec A/om:____ Adresse:, Disponible dans plusieurs librairies ou faire parvenir le coupon à: • Institut du plein-air québécois (Tj TR4Q Stt Frontenac ¦¦¦ Riviére-du-Loup, Qc G5R 1S8 (418) 867-1550 VÉLO-MODE D'EMPLOI PRIX QUANTITÉ TOTAL 12,95$ x Code postal: FRAIS D'ENVOI: CI-INCLUS: 1,50$ NO CARTE, PAIEMENT: ?CHÈQUE ?VISA DATE D'EXPIRATION:.?MANDAT ?MASTERCARD SIGNATURE: Yvan Guindon, Ph.D.M.Jacques Gauthier, président-directeur général des laboratoires Bio-Méga inc., est heureux d’annoncer la nomination du Dr.Yvan Guindon au titre de directeur scientifique de la société.Docteur en chimie organique de l'Université de Montréal, M.Guindon occupait auparavant le poste de directeur principal de la chimie thérapeutique chez Merck Frosst Canada Inc.Renommé au sein de la communauté scientifique pour ses recherches en chimie fondamentale et thérapeutique, M.Guindon est l'auteur de nombreuses publications parues dans des revues scientifiques à diffusion internationale.Il est également détenteur dime vingtaine de brevets portant sur des applications pharmaceutiques.Filiale à part entière du Groupe SGF, la société Bio-Méga est une entreprise orientée principalement vers la recherche et le développement dans le domaine de la santé humaine et animale, y compris la biotechnologie.Elle possède déjà une solide expertise dans les secteurs de la chimie thérapeutique, de la biochimie, de la pharmacologie et du diagnostic.JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE tilt- QUÉBEC NOUVELLES E T D’ AILLEURS SPÈCIAL Du 19 au 22 mai dernier, l’Université d’Ottawa accueillait le 55e congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS).Véritable festival de la science, le congrès de l’A CFA S permet à quelques milliers de chercheurs et d’étudiants d’échanger leurs idées, tantôt dans le décor froid des salles de cours, tantôt dans l’ambiance plus chaude des nombreuses activités sociales typiques à ce congrès (Connaissez-vous les Acfadollars?).En tout, plus de 1 700 communications scientifiques et 70 colloques font de ce congrès l’événement de l’année pour les scientifiques francophones du Canada.Nous vous en présentons un échantillon, forcément tout petit.ACFAS IMAGE : UN PORTRAIT D’ALZHEIMER La maladie d’Alzheimer pourrait être causée par un virus introduit dans l’ADN de l’embryon lors de sa conception.Voilà l’hypothèse avancée pour expliquer certains résultats préliminaires obtenus au sein du tout nouveau projet de recherche IMAGE.«Il faudra cependant attendre la Saint-Valentin 1988 pour que le nombre de cas étudiés soit significatif», prévient Denis Gauvreau, de l’INRS-Santé.IMAGE est une ambitieuse entreprise dans laquelle sont engagés quelque 450 médecins, chercheurs et techniciens provenant de diverses institutions universitaires, des hôpitaux et de cabinets privés.Nommée d’après les premières lettres de «Investigation de la maladie d’Alzheimer: génétique et épidémiologie», l’étude que pilote M.Gauvreau se propose de suivre à la trace la maladie d’Alzheimer au sein de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Son originalité: elle n’attend pas que les cas se déclarent au jour le jour, mais scrute toute la population jean-noise et saguenayenne des 130 dernières années.Cette enquête est rendue possible grâce au fichier de population monté au début des années 80 par une équipe de l’Université du Québec à Chicoutimi.Le fichier contient plus d’un demi-million de données recueillies dans les registres paroissiaux de la région: baptêmes, mariages, décès.Les informa- tions de divers recensements complètent cette banque informatisée.On peut ainsi reconstituer les arbres généalogiques, qui sont d’autant plus intéressants que, au cours du siècle, dans cette région, plusieurs générations se sont chevauchées, la benjamine d’une famille de 15 enfants pou- QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 7 vant fort bien avoir le même âge qu’un de ses neveux.IMAGE tente donc de repérer les cas actuels d’Alzheimer.Il établit ensuite les lignées familiales de l’individu atteint et cherche des indices de la maladie chez ses aïeux et leurs descendants — des facteurs héréditaires sont peut-être en cause.On espère ainsi reconstituer l’histoire de la maladie d’Alzheimer au sein d’un large groupe humain.«Notre but, explique Denis Gauvreau, est de créer un modèle expérimental dynamique qui révélera la cause de la maladie d’Alzheimer.Pour l’instant, on ne dispose d’aucun modèle, qu’il soit animal, bactériologique ou chimique.» Le projet IMAGE lance ses sondes dans plusieurs directions.«On se compare à une mosaïque, illustre M.Gauvreau.De l’ensemble se dégagera le portrait global de l’Alzheimer.Mais on pourra aussi se locali- L5 eau potable de la ville de Laval, au nord de Montréal, contiendrait de fortes proportions d’aluminium qui, en hiver, dépassent un jour sur deux les concentrations recommandées (0,05 mg/1).Le pire, c’est que cet aluminium provient de l’usine d’épuration d’eau de la ville.En effet, dans ces usines, on utilise du sulfate d’aluminium pour accélérer le processus par lequel les particules en suspension se déposent au fond des bassins.On nomme ce procédé la floculation.Actuellement, le sulfate d’aluminium est un des agents de floculation les plus utilisés par les usines d’épuration.L’étude a été réalisée par Marco Bosisio, biochimiste de l’École polytechnique de Montréal.Il a comparé la teneur en aluminium des eaux de ser sur le moindre détail.» Parmi les volets de recherche qui alimentent IMAGE : la clinico-pathologie (identification indéniable des cas), l’épidémiologie (indices de facteurs de risque), la génétique (transmission), la socio-démographie (répartition des cas), la toxicologie environnementale (sources de pollution).De plus, le cerveau des personnes atteintes d’Alzheimer est prélevé dès le décès, ainsi que des échantillons de lymphocytes et de fibroblastes.On cherche dans ces tissus biologiques lésions, indices d’infection ou de réaction immunitaire.«Le cerveau lui-même, souligne M.Gauvreau, ne constitue peut-être pas l’origine de la maladie d’Alzheimer.Il serait plutôt la station de fin de service de cette pathologie.» Amorcée l’an dernier, IMAGE a jusqu’à maintenant identifié 400 cas possibles.Une centaine d’entre eux, retenus comme plus que probables, robinet de Laval et de Montréal, où on n’utilise pas de sulfate d’aluminium pour traiter les eaux.Dans le cas de Montréal, les taux moyens étaient de 0,015 mg/1 en été et 0,008 mg/1 en hiver.À Laval, le taux estival était de 0,036 mg/1 et le taux hivernal de 0,046 mg/1.M.Bosisio s’appuie sur ces différences non négligeables pour soupçonner le sulfate d’aluminium.Le taux d’aluminium est plus élevé en hiver parce que la température froide de l’eau rend le sulfate moins efficace et qu’il faut donc augmenter la dose pour obtenir un aussi bon résultat.Pour expliquer la différence entre les concentrations d’hiver et d’été à Montréal, M.Bosisio a émis l’hypothèse que le choc acide du printemps (lorsque la neige acidifiée ont déjà fait l’objet d’observations épidémiologiques.Cette étude préliminaire a réservé une double surprise aux chercheurs: les dates de naissance de ces personnes se concentrent autour d’années particulières et la mortalité infantile générale connaît des sommets ces mêmes années.Ce qui tend à valider l’hypothèse de l’attaque virale.Un facteur extérieur qui reste à identifier mettrait plus tard en branle l’action du virus et cet avènement serait amplifié par des facteurs reliés au vieillissement.Mais on doit attendre qu’une plus grande proportion du millier de cas d’Alzheimer pressentis soit identifiée hors de tout doute pour avancer des explications valables.Louise Desautels — Que me conseillez-vous d’aller visiter?— La planète Terre, lui répondit le géographe.Elle a bonne réputation.Le petit prince (Antoine de Saint-Exupéry) fond) favorise la mise en circulation d’aluminium présent naturellement dans l’environnement.Il n’a pu cependant vérifier cette hypothèse.Autrefois considéré comme inoffensif pour la santé humaine, l’aluminium a été depuis quelques années relié à un certain nombre de maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques latérale et la maladie d’Alzheimer.On ne sait toutefois pas avec précision sous quelle forme ce métal lourd agit sur l’organisme ni à partir de quelle dose il peut être considéré comme toxique.L’étude n’a pas comparé l’importance relative de l’aluminium provenant du robinet et de celui émanant d’autres sources domestiques potentielles.On sait, par exemple, qu’un chaudron ou une bouilloire en aluminium peuvent libérer de l’aluminium lorsqu’ils sont chauffés.Gilles Drouin Le progrès est une confortable maladie.E.E.Cummings L’ALUMINIUM AU ROBINET 8 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE DECOLONISER LA SCIENCE « T-'V ans les pays du Tiers monde, J les transferts de la technologie du Nord ne sont pas innocents.Ils entraînent des conséquences imprévisibles souvent néfastes pour la population.Prenez l’exemple des antibiotiques.Ils ont la réputation de sauver des vies.Chez nous, ils sont vendus sans ordonnance, au marché, et les gens en consomment pour un simple mal de tête.Alors quand une épidémie se déclare, comme la fièvre typhoïde au Mexique, en 1979, le médicament n’a plus d’effet.» Mohamed Labri Bouguerra, chimiste à l’Université de Tunis, se défend bien d’être venu livrer à l’ACFAS un plaidoyer contre la Science.Il dit lancer plutôt un appel afin que la recherche scientifique en pays sous-développé s’intensifie, possiblement grâce à un soutien—financier et humain — de la part des pays riches.Mais cette recherche, insiste-t-il, doit absolument së rapprocher des besoins et des réalités du Sud et prendre ses distances par rapport aux progrès scientifiques américains ou européens, afin de prévoir les conséquences de leur application dans un nouveau contexte.M.Bouguerra s’est fait connaître à travers le monde pour ses prises de position au sujet de l’usage des pesticides dans le Tiers monde.Héritant souvent des produits jugés trop nocifs pour l’Occident, les pays sous-développés investissent des sommes colossales pour acquérir des pesticides dont on se demande encore s’ils sont efficaces, mais dont on est certain qu’ils constituent une menace pour l’environnement et pour la santé de la population.Le chimiste blâme sans détour les grosses compagnies qui exportent avec pour seul objectif de faire des profits.Mais il dénonce également la mentalité qui prévaut au sein de la communauté scientifique, tant au Nord qu’au Sud.«Les sujets de recherche qui répondent aux problèmes du Tiers monde, souligne-t-il, n’intéressent pas beaucoup les comités de lecture des revues spécialisées ! Un examen des programmes électoraux des trois principaux partis politiques québécois entre 1960 et 1985 révèle que la science et la technologie ne représentaient que 3,6% des intentions d’engagement de ces partis.L’analyse a été effectuée par une équipe de l’Université Laval dirigée par le politicologue Réjean Landry.M.Landry a souligné que les engagements politiques des partis avaient pris une nette tendance technologique au cours des dix ou quinze dernières années.«Dans les années 60, à l’exception du CRIQ, tous les centres de recherche créés étaient Et comme nous sommes tous formés à Paris, Boston ou Montréal, nous sommes détachés des réalités nationales; nous courons après la reconnaissance scientifique comme tous nos confrères.Cela produit des choses curieuses comme la mise au point d’un alliage destiné aux sous-marins nucléaires dans une université située en plein cœur de l’Afrique ! Ou encore, des études sur le vieillissement, alors que plus de la moitié de notre population n’a pas 20 ans et que la mortalité infantile est encore très élevée.» M.Bouguerra souhaiterait plutôt que des expériences comme celle de l’Université de Bombay se multiplient.Là-bas, on a mis au point un four qui réduit la consommation de bois de 40%, diminuant de beaucoup la trop lourde tâche des femmes qui doivent chaque jour se mettre en quête de combustible.Il cite encore l’utilisation, en Afrique du Nord, des rejets d’usines d’extraction de l’huile d’olive, avec lesquels on pense bientôt produire un gaz essentiel aux grosses pétrolières qui devaient jusqu’ici l’importer.« Bien entendu, soupire Mohamed Baguerra, tout cela serait plus facile si tous les pays en voie de développement étaient gouvernés démocratiquement.» Louise Desautels orientés vers la recherche plus fondamentale, alors qu’aujourd’hui les centres sont pratiquement tous à vocation technologique», a-t-il précisé.Toutefois, lors de la dernière élection, la proportion des engagements à caractère scientifique et technologique a grimpé autour des 9%.Le Parti québécois tenait d’ailleurs un discours plus orienté sur la technologie que le Parti libéral.Ironiquement, soulignons que le taux de 3,6% équivaut à peu près à la place qu’occupe l’information scientifique dans les quotidiens et médias électroniques québécois.LA SCIENCE PROMISE QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 9 r LA FLORIDE AU 50e PARALLÈLE Au Québec, l’accumulation de gaz carbonique dans l’atmosphère pourrait élever la température hivernale d’une trentaine de degrés d’ici 100 ans.Un groupe de géographes de l’Université de Montréal, dirigé par Bhawan Singh, a tenté d’estimer les conséquences d’un tel bouleversement sur l’agriculture, la foresterie et la demande énergétique de la province.Au sud du Québec, la durée de la saison de croissance serait augmentée d’environ un mois, ce qui permettrait la culture de nouveaux fruits et légumes (notamment le raisin).Plus au nord, certains territoires Les montagnes de pneus usagés qui «agrémentent» souvent notre panorama champêtre ne sont pas seulement de bons refuges pour les rats.Ils dont la terre est réputée fertile, comme l’Abitibi et le Lac-Saint-Jean, ne connaîtraient plus leurs premières gelées au mois d’août et pourraient diversifier leurs cultures.Par contre, un climat plus aride sur tout le Québec entraînerait une plus grande dépendance envers l’irrigation.Du côté de la foresterie, on noterait une réduction pouvant aller jusqu’à 40% de la superficie de forêt boréale — présentement exploitée avec profit.Le bois franc envahirait ce terrain.Quant à la demande énergétique, elle diminuerait en hiver (chauffage) et augmenterait en été (climatisation).On prévoit aussi une sont aussi d’excellents sites de nidification pour les moustiques.Une étude de Réal Gaudreau, du Groupe de recherche sur les insectes piqueurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, montre que l’eau qui s’accumule à l’intérieur des pneus contient une forte concentration de larves de plusieurs espèces de «marin-gouins».Certains spécimens peuvent constituer de bons vecteurs de maladies comme l’encéphalite, pour les animaux et les humains.Le problème environnemental bien connu se double donc d’une menace épidémiologique potentielle.En attendant qu’on trouve le moyen d’éliminer efficacement ces pneus (ce qui semble en bonne voie), les chercheurs recommandent de les entreposer à plat en plein soleil de façon que l’eau s’évapore rapidement.Surtout, ne les brûlez pas ! L’épaisse fumée noire contient d’importantes quantités d’agents très polluants, comme les hydrocarbures et les BPC.meilleure production hydro-électrique aux installations actuelles, due à une hausse du volume d’eau dans les bassins nordiques.Un conférencier du Centre canadien du climat, Stewart Cohen, a soutenu que le changement climatique était déjà amorcé.Il a cité en preuve l’avancement vers le nord des cultures de blé de l’Ouest canadien.Le gaz carbonique (C02) est émis principalement par nos automobiles.Il s’accumule dans l’atmosphère, créant un effet de serre: la couche gazeuse laisse pénétrer les rayons du soleil, mais retient ceux que la surface terrestre réfléchit normalement.On évalue aujourd’hui à 15% l’augmentation de dioxyde de carbone dans l’air.L’hypothèse retenue par le modèle qu’emploie l’équipe de Bhawan Singh prévoit que la quantité de C02 aura doublé avant l’année 2100.Louise Desautels LES CLSC EN DOUCE Une enquête réalisée par trois cher-cheures de l’École des sciences infirmières de l’Université Laval révèle que 48,7% des CLSC comptent des travailleurs qui pratiquent des thérapies douces dans le cadre de leur emploi.Ce sont les infirmières qui ont le plus recours à ce type de thérapies.La réflexologie, le toucher thérapeutique, le shiatsu, la polarité, l’homéopathie, l’acupuncture et la phytothérapie reviennent le plus souvent.Un peu plus de 92% des CLSC ont participé à l’enquête.«Il ne s’agit que d’une étude très partielle qui nous a surtout permis de déblayer le terrain et de vérifier s’il y a autant de gens qu’on le croit qui utilisent les thérapies douces dans les CLSC», a confié Nicole Rousseau, une des membres du groupe.Le groupe poursuivra ses recherches en essayant, entre autres, de mieux définir les thérapies douces dans le cadre d’une approche globale de la santé, dite approche holistique.LE NID EST DANS LE PNEU 10 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE LES PRIX DE L’ACFAS Prix Jacques-Rousseau (interdisciplinarité) : MICHAEL FLORIAN Prix Michel-Jurdant (environnement) : MICHEL MALDAGUE Prix André-Laurendeau (études humaines): LAURENT MAILHOT Professeur d’études humaines à FUniversité de Montréal, M.Mailhot est une figure de proue du monde de la littérature québécoise et française.Spécialiste mondialement reconnu d’Albert Camus, Laurent Mailhot étudie aussi la littérature québécoise.Il a rapidement débordé la littérature pour toucher à l’histoire et à la sociologie de notre culture.Prix Marcel-Vincent (sciences sociales) GÉRALD A.BEAUDOIN M.Beaudoin est un expert en droit constitutionnel dont les travaux ont grandement stimulé les sciences juridiques au Canada.Gérald A.Beaudoin a toujours été soucieux des implications sociales de ses travaux.Ses écrits ont souvent débordé le cadre juridique pour déboucher dans le champ des sciences humaines.Prix Joseph-Armand-Bombardier (innovation technologique) : MARCEL GAGNON M.Gagnon est le directeur du Centre de recherches appliquées à l’alimentation de l’Institut Armand-Frappier.Il est un chef de File de la technologie alimentaire au Canada.Il a mis au point un catalasimètre, un appareil facile d’usage qui permet de détecter rapidement les contaminations bactériennes dans une vaste gamme de produits alimentaires.Il a supervisé l’établissement du premier irradiateur alimentaire canadien.Professeur d’informatique à l’Université de Montréal, Michael Florian est particulièrement connu pour ses travaux concernant la planification des réseaux de transport.Il a su allier génie, recherche opérationnelle, mathématiques et informatique.Le système EMME/2, mis au point sous sa direction, est utilisé pour la planification des réseaux multimodaux de transport urbain dans plus de 25 villes de par le monde.Prix Léo-Pariseau (sciences biologiques) : GUY LEMIEUX Néphrologue à l’Hôtel-Dieu de Montréal et professeur à l’Université de Montréal, Guy Lemieux a reçu ce prix pour ses travaux en physiologie rénale.Ce spécialiste des reins s’est particulièrement signalé par ses études sur les mécanismes de contrôle du système rénal permettant la production et l’excrétion d’ammoniaque dans l’urine, maintenant ainsi l’équilibre du milieu intérieur.Prix Urgel-Archambault (sciences physiques et mathématiques) : STEPHEN HANESSIAN Chimiste de l’Université de Montréal, M.Hanessian s’est distingué par la mise au point d’une nouvelle approche conceptuelle de synthèse de produits naturels.Ses travaux trouvent application notamment dans la production d’antibiotiques.Stephen Hanessian est aussi un expert consultant et un conférencier fort recherché.Professeur à la faculté de foresterie de l’Université Laval, il s’est distingué entre autres dans le domaine de la gestion rationnelle des ressources naturelles, le développement et l’aménagement.Il a participé à la création de plusieurs réserves de la biosphère.Membre de la commission permanente de l’éducation de l’Union internationale pour la conservation de la nature, son travail de pionnier s’est manifesté dans les années 70 par la création du Conseil québécois de l’environnement.Prix ACFAS/Northern Telecom (enseignement des sciences) : Sœur ESTELLE LACOURSIÈRE Professeur de biologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Sœur Lacoursière est une passionnée de la nature et particulièrement des plantes.Elle a publié de nombreux ouvrages et affiches de vulgarisation.L’herbier médicinal, L’arbrier québécois, L’étang, L’érablière sont autant d’outils d’enseignement et d’apprentissage bien connus des jeunes et des enseignants.Elle est également active dans la conservation de la nature.La Banque nationale, Alcan, IBM Canada, la Fondation J.-A.Bombardier, Hydro-Qué-bec, Bell Canada et Le Devoir commanditent les bourses de 2 500$ qui accompagnent les prix de l’ACFAS.QUÉBEC SCIENCE • JUILLET; AOÛT 1987 11 m t- r ii n i\ m i w mi n )i t ii L1 INFORMAT I Q U E VOTRE PORTÉE -'¦«P LA FÉE INFORMATIQUE DU BUREAU La compagnie américaine DEST met en vente un nouvel appareil qui devrait réjouir toute personne qui travaille dans un bureau : le PC Scan Plus.Cette petite merveille technologique est capable de recopier d’elle-même n’importe quelle page de texte dactylographié ou produit par une imprimante.On peut ainsi archiver les lettres reçues, réutiliser une partie de leur contenu, mettre dans la mémoire de l’ordinateur un document écrit à la machine, du temps où les ordinateurs personnels n’existaient pas.Et en plus, cet appareil permet de reproduire les graphiques, les photos et les logos, pour les réutiliser en micro-édition, avec des logiciels comme Ventura ou Page-Maker.Le PC Scan Plus fonctionne sur IBM PC ou compatible et il existe aussi en version Macintosh.INFO.: DEST, (408) 946-7100 THE SOURCE CHANGE DE MAINS La compagnie Reader’s Digest Association Inc.vient de vendre The Source à un groupe de financiers de New York, Welsh, Carson, Anderson and Stowe.Ce service d information par ordinateur créé en 1979 compte actuellement plus de 60 000 membres et ses revenus ont dépassé 14 millions de dollars en 1986.Les nouveaux propriétaires ont décidé d investir plus dans des services d’information que dans des services de communication, qui ressemblent trop à ceux que l’on trouve ailleurs.12 TOUJOURS PLUS PUISSANTS La compagnie ontarienne Packard Bell annonce la mise en marché de son MS-DOS multi-usagers qui permet d’utiliser un ordinateur Packard Bell VT286 AT avec jusqu’à huit terminaux.Un système type comportant un AT, un disque dur de 80 Mo et 4 Mo de RAM, un moniteur couleur et 4 terminaux coûte seulement 18 458$ canadiens.Même si on ajoute une imprimante à laser, une entreprise peut s’en tirer avec un investissement de moins de 25 000$, comparativement à près de 100 000$ pour un système de même puissance il y a seulement deux ans.INFO.: Packard Bell, (416) 479-5700 ou 1-800-521-7979 LE RESEAU S’AGRANDIT Le service de courrier électronique américain Dialcom vient de s’associer à Canadian National afin de permettre aux usagers de CNCP d’entrer en communication par courrier électronique avec des usagers d’autres services du même genre à travers le monde, en se servant du protocole X.400, créé par Dialcom.L’ORDINATEUR-RÉPONDEUR Le dernier cri des répondeurs automatiques est un ordinateur IBM PC qui utilise la carte d’extension PC Dial/Log et le logiciel Votrax.Relié au réseau téléphonique, l’ordinateur peut alors composer des numéros de téléphone, parler pour laisser des messages (avec l’accent anglais), répondre au téléphone comme n’importe quel répondeur, enregistrer les messages sur disquette et même les faire suivre à un troisième numéro.Vous pouvez l’essayer en téléphonant au Michigan au (313) 588-2926.INFO.: VOTRAX/CMC, (313) 588-0341 /J- \ j SECURITE POUR TOUS Le gouvernement américain a décidé de rendre publics les conseils qu’il donne à ses employés en matière de sécurité informatique, afin d’aider davantage les entreprises privées qui ont des problèmes avec des services informatiques accessibles par téléphone.Le Computer Security Guide for Dial-up Lines (publication PB86-213097/N AC) décrit différentes façons de protéger les systèmes et les données.INFO.: National Technical Information Service, 5285 Port Royal Road, Springfield, VA 22161.UN MOUCHARD.RENTABLE Selon une étude effectuée par la compagnie Frost & Sullivan, on note actuellement aux États-Unis une véritable explosion de la vente des logiciels qui permettent de relever la destination des communications téléphoniques faites à partir d’un bureau et combien elles ont coûté.Les entreprises pourront ainsi limiter l’utilisation abusive du téléphone par leur personnel et découvrir des moyens moins coûteux d’effectuer certaines communications, en particulier en se servant davantage du courrier électronique.La firme de consultants estime que le marché pour ce genre de logiciels passera de 179 millions de dollars en 1986 à 797 millions en 1991.AGENCE DE PRESSE POUR MACS Depuis le 23 mars, l’agence de presse américaine Associated Press offre un nouveau service d’envoi de graphiques destiné aux médias qui se servent d’ordinateurs Macintosh.Les membres du service AP Accès doivent payer des frais d’adhésion de 150$.Par la suite, ils accèdent par modem à une banque de dessins dans laquelle ils choisissent ceux dont ils ont besoin: cartes météorologiques, graphiques boursiers, relevés de statistiques.François Picard On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE i *1 a.b o.g W ¦ < Vt Par un beau dimanche matin d’avril, Rivière-Ouelle voit débarquer une petite troupe de touristes à l’allure et aux intérêts inusités.Habillés comme des chasseurs, mais armés seulement d’appareils photos et de musettes, notre petit groupe avance vers ces terrains maudits des premiers colons.Un homme les guide.C’est un spécialiste des tourbières: Robert Gauthier.L’un des premiers scientifiques québécois à vraiment s’intéresser à cet écosystème très spécial.Le chercheur arpente d’un large pas la partie exploitée de la tourbière.Tout en marchant, il explique comment cette tourbière, classée au rang des calamités depuis plusieurs siècles, est devenue une exploitation rentable.Le paysage y est à la fois sauvage et domestiqué.De longues planches en série sont séparées par d’étroits canaux de drainage.Toutes les arêtes de cet environnement semblent tirées à la règle.La tourbe est un matériau compact qui peut se couper en tranches lorsqu’il est humide, se broyer et se compresser.La texture semble exercer un attrait sensuel sur chacun.À tour de rôle, nous nous penchons pour toucher, sentir, émietter la tourbe.La couleur chocolat, tantôt au lait tantôt noir, de ces grands rectangles donne une touche chaleureuse à ces figures géométriques.Au milieu des surfaces exploitées, un parc d’engins bizarres nous intrigue.«Ce sont des aspirateurs à tourbe», explique Robert Gauthier.Les exportants, après avoir drainé la tourbière, broyé le couvert végétal de mousses et d’arbustes et aéré mécaniquement la couche de surface, procèdent par aspiration pour récupérer uniquement la tourbe séchée.» L’opération de séchage semble importante.Même en ce dimanche matin, un employé herse avec un engin mécanique ces hectares de manne horticole.Pas question de gaspiller ce soleil exceptionnel d’avril ! UNE LENTE DÉCOMPOSITION La troupe avance vers l’est.C’est la limite de la zone exploitée.Les yeux de Robert Gauthier brillent.Nous voici vraiment dans son royaume.Les exploitants lui ont promis d’épargner une partie de la tourbière.Pour ce chercheur, et pour toute notre société qui l’ignore cependant, ces hectares de tourbière constituent une mine de renseignements sur l’évolution biologique et géologique.Comme les autres scientifiques spécialistes des tourbières, il croit que ces écosystèmes font partie des archives de notre planète et constituent souvent des fossiles importants pour l’avancement des connaissances.Notre guide nous explique alors le processus de formation de la tourbe.Ce processus nécessite deux bilans excédentaires: celui de la matière organique, dont la production doit l’emporter sur la décomposition, et celui de l’eau.Le sol, malgré l’évapotranspiration, doit rester gorgé.En fait l’eau est le facteur essentiel; sa stagnation rend le milieu asphyxiant, d’où un effet sélectif sur les micro-organismes et le ralentissement marqué des processus biochimiques de décomposition.Les tourbières sont ombrotro-phes ou minérotrophes.Robert Gauthier, pour désigner ces deux catégories, a préconisé l’utilisation dans le langage scientifique des termes anglais, plus simples, de bog et fen.Les bogs, ou tourbières ombro-trophes, sont alimentées exclusivement d’eaux de précipitations, alors que les minérotrophes, ou fens, sont principalement parcourues d’eaux venues d’abord en contact avec un sol minéral.La tourbière de Rivière-Ouelle est un bog.La tourbe y a un pH très acide, généralement inférieur à 4.Dans la partie vierge que nous visitons, le tapis est surtout composé de sphaignes, dont la sphaigne brune {Sphagnum fuscum).Ces végétaux, que les néophytes nomment commu- nément des mousses, sont, sur leurs parties supérieures, de couleur variant du brun au rouge.Si on en arrache une poignée, on constate que le bas de la tige est plus clair et peu décomposé.Cette mousse, comme toutes les sphaignes, croît pratiquement indéfiniment.C’est sa décomposition très lente par la base qui finit par former l’épais tapis spongieux qu’est la tourbe.Une tourbière comporte une couche minimum de 40 centimètres de tourbe; cette épaisseur peut aller jusqu’à 10 mètres.La tourbière est vivante lorsque l’entourbement se poursuit.Ce processus peut être bloqué par l’assèchement.C’est un des dangers d’une exploitation ou-trancière des tourbières.ELAINE HEMOND AU PAYS DES SPHAIGNES À la fois jardin botanique, musée biologique et exploitation commerciale, la tourbière révèle aux curieux des richesses insoupçonnées QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 39 DES BONZAlS SAUVAGES À une question sur la croissance annuelle des sphaignes, Robert Gauthier répond par une démonstration.En fouillant minutieusement dans le tapis de sphaignes, il déniche une petite pousse d’épinette.À l’aide d’une loupe, il recherche sur la tige les couronnes de cicatrices laissées par les écailles des bourgeons annuels.Il en dénombre dix sur cette pousse dont la tige était enfouie de 17 centimètres.Il ressort donc de cette démonstration qu’à cet endroit précis, les sphaignes ont poussé en moyenne de 1,7 centimètre par année.Le phénomène de la pousse des épinettes dans les sphaignes est très curieux.L’acidité du sol et, surtout, la carence en éléments nutritifs dans la tourbe rendent la croissance des arbres extrêmement difficile.Une petite épinette de 25 centimètres de hauteur nous a dit, grâce aux anneaux comptés sur sa coupe, qu’elle avait 17 ans.Dans un sol normal cette épinette serait un bel arbre.Ainsi freinées dans leur croissance, les épinettes n’arrivent pas à un développement normal.Nichés dans une cuvette de sphaigne, ces petits arbres finissent par marcotter et par former un buisson d’épinettes.Ces touffes prennent vite une allure pitoyable pour enfin dépérir totalement.Des centaines de petites pousses d’épinettes viennent pourtant prendre la relève un peu partout dans les sphaignes.Des petits mélèzes laricins tentent également leur chance.Ils sont cependant moins nombreux et, étant isolés, moins visibles.L’âge d’un mélèze de moins de 30 centimètres de haut, que l’on qualifierait presque de bonzaï, a été évalué à 26 ans.Tout à coup, au milieu de cette cour des miracles arboricole, un magnifique pin blanc resplendissant de santé vient narguer les visiteurs.La troupe incrédule se tourne vers le scientifique amusé qui prévoyait la réaction.«Ça fait partie des énigmes qu’il me reste à résoudre.Quelques beaux spécimens de pins blancs se trouvent ainsi bien adaptés à la tourbière.Ces individus sont rares, c’est vrai, mais ils existent et je voudrais bien savoir pourquoi!» UN JARDIN MYSTÉRIEUX Songeurs nous continuons la visite de ce paradis spongieux qu’est la tourbière.Nos pas font bouger la calotte de tourbe et nous avons l’impression de marcher sur un immense matelas pneumatique.V.ê*» V-:, te L aciditc du sol et la carence d’éléments nutritifs dans la tourbe rendent la croissance des arbres extrêmement difficile et en font presque des bonzaïs naturels.L’EXPI.OIT A TION DE LA TOURBE La tourbe a beaucoup servi de combustible dans certains pays nordiques.En Russie, aujourd’hui encore, certaines centrales électriques s’alimentent de cette matière organique.C’est en fait un combustible médiocre, mais abondant et bon marché.Autrefois, la tourbe servait également de litière pour le bétail, d’amendement organique pour les cultures et même d’isolant dans la construction.Tous ces usages ont disparu sauf en ce qui concerne l’horticulture et l’agriculture.Ainsi la tourbe de carex, appelée aussi terre noire, s’utilise pour enrichir les sols.La tourbe de sphaigne, beaucoup plus pauvre, sert plutôt d’élément de croissance pour certaines plantes qui ont des besoins en acidité.Elle sert également à emballer, pour le transport, les arbustes et certaines plantes.Mélangée à des sols trop sablonneux, la tourbe de sphaigne est appréciée pour sa capacité de rétention des eaux.Ici au Québec, c’est à tort qu’on emploie le mot tourbe pour désigner le gazon en rouleaux.Les Amérindiens et Inuit avaient découvert que, grâce à leur grande capacité d’absorption et à la stérilité relative attribuable à leur acidité, ces mousses convenaient comme couches pour les bébés et comme serviettes hygiéniques.C’est dans le même esprit que.plus récemment, la tourbe servit d’éponge pour absorber des huiles répandues accidentellement.Cette vocation dépolluante de la tourbe contribuera peut-être, dans l’avenir, à limiter certaines catastrophes écologiques.UN GUIDE DES TOURBIÈRES Dans sa série consacrée aux plantes sauvages, le groupe Fleurbec sortira un septième volume en septembre.Ce livre proposera une étude de la végétation des milieux humides.Ceux que cette balade dans la tourbière aura laissés sur leur faim pourront y trouver des renseignements sur plus de 65 espèces de plantes, dont 20 spécifiques au milieu des tourbières.Ainsi, il sera possible d’y apprendre les caractéristiques des plantes insectivores des tourbières qui sont, outre la saracénie, la drosera et l’utri-culaire.Des photos illustreront ces descriptions et l’on pourra admirer, entre autres, la magnifique orchidacée des tourbières qui fleurit en juin: le calopogon.Fleurbec prévoit, pour cette nouvelle parution, une formule originale de lancement grand public.À Montréal, une grande rencontre-pique-nique sera proposée aux amateurs de nature. Une colonie de l’orchidée Arethusa bulbosa dans une tourbière de la côte ouest de Terre-Neuve.Une touffe de feuilles de la sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea) dressées en attente de leurs proies.Devant nous, sur le tapis moiré des sphaignes brunes, plusieurs centaines de plantes, en forme de calice, vertes et rougeâtres, tendent leurs gueules ouvertes.«Saracénie, plante carnivore!» Un mouvement de recul se fait sentir.Robert Gauthier, plus brave, arrache une feuille pour nous la faire voir.À cette époque plus rouges que vertes, les sarracénies se présentent un peu comme de petites lampes d’Aladin.Une grande lèvre, ourlée et velue à l’intérieur, semble constituer le piège pour les insectes curieux ou assoiffés.Sa texture est rigide et coriace.Si on l’ouvre, on s’aperçoit qu’après les poils de la mandibule, un entonnoir glissant, on dirait presque paraffiné, conduit les victimes directement au terme de leur voyage.Dans le gosier, si l’on peut dire, un liquide digestif attend les proies dont nous retrouvons encore quelques débris.Ces feuilles des sarracénies forment une couronne d’où sortira la fleur.Dans le même voisinage, des atocas, petites boules rouges uniques semblent tombées du ciel.Notre guide déracine et nous montre le minuscule plant de cette baie, plus souvent associée à la dinde qu’à la tourbière.La tourbière s’avère un jardin.Le thé du Labrador voisine avec le petit daphné appelé aussi Cassandra calv- culala.Ses fleurs blanches en clochettes rappellent le muguet.Deux canards apeurés prennent leur envol à quelques mètres.Robert Gauthier nous avoue que ces volatiles lui montrent ainsi le chemin d’un étang qu’il veut nous faire voir.Ordre est donné de ne pas s’aventurer trop près.Ces mares conservent, elles aussi, un atavisme carnivore.La tendance à l’accroissement ou à la diminution de la surface des mares reste également une énigme pour le chercheur.Une autre sorte de sphaignes surnage dans les étangs; les sphaignes flottantes {Sphagnum cuspidatum).Robert Gauthier nous désigne un bouquet gris-vert au milieu des sphaignes brunes.Il s’agit ici de lichens.Rares dans cette partie de la tourbière, ils forment par contre ailleurs un véritable tapis.Craquants et cassants par temps sec, ils deviennent spongieux dès que l’hygrométrie change.UNE MINE ARCHÉOLOGIQUE La flore des tourbières est riche en espèces étroitement spécialisées et rares.Il ne s’agit pas seulement de curiosités pour les écologistes, mais souvent d’incontestables fragments de la végétation tardi-glaciaire.C’est ainsi que les tourbières constituent, au sens strict, des musées naturels où sont conservés des types de milieux et d’espèces en voie de disparition.La tourbe, milieu acide et hermétique, fossilise parfaitement toutes les structures organiques qui s’y trouvent emprisonnées.Des pollens, spores et autres microfossiles, des restes d’animaux et de végétaux et parfois même des cadavres entiers et intacts y furent trouvés.Pensons par exemple à YHomme de Tollund, ce personnage de l’Âge de fer, trouvé dans un marais danois et dont les traits du visage n’avaient aucunement été altérés.La couverture végétale des tourbières constitue donc un piège à pollen et à spores particulièrement efficace.Rénovée chaque année, elle archive ses proies régulièrement par le jeu de la croissance verticale de ses mousses.Ainsi cette stratification régulière permet d’établir une chronologie relativement précise.Les tourbières ont, de cette façon, fourni des données considérables sur l’histoire de la végétation et les successions climatiques, notamment pour les 15 000 dernières années.Il est presque une heure.Un vol d’outardes vient distraire les curieux randonneurs de ce dimanche matin.Les pieds dans la mousse de cette encyclopédie d’histoire naturelle qu’est la tourbière, ils avaient oublié l’heure.et la faim.?QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 41 BENOÎT CHAPDELAINE Les remous du FLUORURE Malgré un taux de carie encore anormalement élevé, 10% seulement des Québécois boivent de l’eau fluorurée.Pourquoi hésite-t-on?On ne compte plus les études scientifiques ou speudo-scientifi-ques sur la fluoruration.Depuis 50 ans, cette question est ressassée, analysée de tous bords tous côtés sans jamais faire l’unani-mité dans les laboratoires, quoi qu’en disent les partisans de cette mesure.Une nouvelle étude vient-elle d’être publiée qu’elle sera portée aux nues par les uns et dénigrée par les autres.Dans ce dernier cas, on invoquera des erreurs méthodologiques, de mauvaises références, une manipulation des données ou bien encore un parti prix évident en faveur de l’une ou l’autre des parties.Bien malin le chercheur qui prétendra avoir enfin tranché le débat, même si la majorité des corps médicaux, surtout aux États-Unis, recommandent la fluoruration.Les promoteurs de la fluoruration y voient plusieurs avantages: bien que plus de 99% de l’eau distribuée par un aqueduc municipal ne soit pas bue, c’est la mesure la plus économique de prévention de la carie dentaire, la plus efficace et celle qui rejoint le plus de gens à la fois.En règle générale, on observe un abaissement de moitié du nombre de caries des enfants dans une municipalité où l’eau est fluorurée depuis au moins dix ans.Le nombre d’enfants sans carie augmente de cinq à six fois sinon plus, alors que chez les adultes les caries primaires (première attaque d’une surface par la carie) diminuent de 20% et les caries secondaires (reprise de la carie), de 60%, en comparaison des gens vivant dans une zone non fluorurée.Le fluorure de calcium existe déjà à l’état naturel dans certaines eaux.C’est cependant du fluorure de sodium qui est ajouté à l’eau potable, à cause de sa plus grande solubilité.Les effets bénéfiques sont les mêmes, affirment généralement les chimistes favorables à la fluoruration.C’est le cas entre autres du docteur Luc Trahan, biochimiste à la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval et porte-parole de l’Ordre des dentistes du Québec en matière scientifique.Selon le docteur Trahan, il existe de plus en plus de données démontrant une action bénéfique de la fluoruration chez les personnes âgées.Celles qui ont toujours vécu dans des régions fluorurées verraient leurs dents se déchausser beaucoup moins rapidement, soit dans une proportion de 40 à 60% de moins que les personnes ayant peu ou jamais consommé de l’eau fluorurée.Quant à la fluorose dentaire, de l’avis de plusieurs observateurs, elle ne survient que dans les zones où l’eau est excessivement fluorurée, soit 2,5 parties par million, alors que la norme, au Québec par exemple, est de 1,2 partie de fluorure par million, ou milligramme par litre d’eau.FLUOR ET CANCER En 1975, un certain John Yiamou-yiannis publie un rapport controversé dans lequel il affirme que la fluoruration accroît les risques de cancer.Pour arriver à cette conclusion, il compare les statistiques de mortalité entre les villes américaines fluorurées et non fluorurées.Son étude sert de modèle aux opposants à la fluoruration, alors qu’elle est fortement discréditée dans les milieux médicaux, qui invoquent des erreurs méthodologiques.L’Institut national du cancer des États-Unis dénonce le rapport et continue d’appuyer la fluoruration.Yiamouyiannis gagne cependant des appuis, et ses travaux font le tour du monde.Depuis ce temps, toute personne qui s’oppose à l’ajout de fluorure dans l’eau potable est soupçonnée d’appartenir à la National Health Federation, une organisation californienne parrainée par Yiamouyiannis. K.•';# cJm* i".: .g»lLV- Le fluorure se présente sous forme d’acide liquide.La valve de contrôle permet d’en régler le débit en fonction de la quantité d’eau filtrée.D’autres études comparatives, nullement publicisées par les promoteurs de la fluoruration, rejettent par ailleurs le lien de cause à effet entre la fluoruration et l’amélioration de la santé dentaire.En Nouvelle-Zélande, 55% des aqueducs municipaux distribuent de l’eau fluorurée.John Colquhoun a été pendant 12 ans responsable des services dentaires de la région d’Auckland, la métropole du pays.En comparant les relevés dentaires des 20 000 élèves de son district en fonction du revenu de leur famille en 1981, il a constaté que pour une même classe sociale, les enfants provenant de zones non fluorurées avaient moins de caries que ceux des zones fluorurées.Il met donc fortement en doute la validité de la fluoruration.Un certain Glass avance pour sa part que l’amélioration générale de la santé dentaire des citoyens s’explique par la seule utilisation accrue du dentifrice et des comprimés au fluorure depuis 1953.Il appuie ses dires sur une étude menée dans deux villes du Massachusetts où le nombre de caries chez les enfants a diminué de 50% en 20 ans, sans que l’on ait recours à la fluoruration.PLUS DE DENTISTES DANS 40 ANS?L’Ordre des dentistes du Québec, comme pratiquement toutes les associations médicales nord-américaines, reconnaît les vertus du dentifrice et des comprimés au fluorure et considère que la fluoruration améliorera davantage la santé dentaire des citoyens.«Pour que l’Ordre revienne sur sa décision, affirme le président Marc Boucher, il faudrait une preuve irréfutable que la fluoruration est nuisible à la santé.» Mais n’est-il pas paradoxal que les dentistes recommandent une mesure réduisant la carie?La carie VK n’est-elle pas leur principal gagne-pain?«Si dans 40 ans il n’y a plus de dentistes à cause de la fluoruration, j’espère que la population du Québec nous érigera un monument!» plaisante le docteur Boucher.Plus sérieusement, il fait remarquer que les maladies parodontales, principale cause de perte des dents après 40 ans, garantissent en quelque sorte la survie de la profession.Les quelque 3 000 dentistes québécois n’ont jamais voté leur accord sur la fluoruration.Selon Marc Boucher, c’est un principe qui va de soi, et l’Ordre fait confiance à des institutions comme l’Association dentaire américaine ou l’Organisation mondiale de la Santé.« Si un dentiste québécois se prononçait publiquement contre la mesure, nous ferions certainement une conférence de presse et une campagne publicitaire pour rétablir les faits», précise-t-il.«Un paquet de dentistes sont contre la fluoruration mais s’ils le disent, ils vont se faire clouer au pilori!» s’exclame le biochimiste Pierre Morin, certainement le numéro un du mouvement anti-fluoruration au Québec.Selon lui, aucun membre du groupe Fluoraction, la coalition québécoise pour la fluoruration (voir encadré) n’a la compétence requise pour se prononcer sur le sujet.«Ils ne seraient jamais retenus comme témoins-experts par un tribunal ! Quant aux dentistes, ils n’ont pas la formation épidémiologique nécessaire», souligne-t-il.Si les associations médicales américaines et internationales approuvent la fluoruration, laisse entendre le docteur Morin, c’est parce qu’elles sont victimes du lobby des services de santé publique des États-Unis, eux-mêmes infiltrés parles industries désireuses de se débarrasser de leurs résidus de fluorure.Les industries productrices de fluorure ne sont pourtant pas légion.Ce sont surtout des alumineries et 44 JUILLET/AOOT 1987 • QUÉBEC SCIENCE Ève-Lucie Bourque SANTÉ lilQHI I FLUORACTION, DU LOBBYING À L’AMÉRICAINE Fluoraction naît en 1985 à la suite d’une enquête sur la santé dentaire des Québécois.Celle-ci révèle que le taux de carie est anormalement élevé comparé à celui de nos voisins ontariens et américains où l’eau est davantage fluorurée.Comme la distribution de comprimés et rince-bouche au fluorure dans les écoles manque de popularité, les départements de santé communautaire conviennent que la fluoruration est le seul moyen d’améliorer sensiblement la santé dentaire des Québécois.Il ne reste plus qu’à convaincre les autorités des villes encore non fluo-rurées d’adopter cette mesure.Et ça marche bien: selon Michel Bisson-nette, une quinzaine de municipalités sont actuellement en voie d’adopter la fluoruration au Québec.La moitié des 100 000 dollars dont dispose Fluoraction annuellement provient directement du ministère de la Santé et des Services sociaux.L’Ordre des dentistes, l’Association des hôpitaux, la Fédération des CLSC et surtout l’Association des départements de santé communautaire du Québec jouent également un rôle majeur dans le financement de la coalition.Avec cet argent, Fluoraction fait du lobbying, «une approche stratégique», selon l’expression même de son président.Un groupe spécial d’intervention (GSI) est chargé de visiter les municipalités, les départements de santé communautaire et les CLSC afin de les informer sur les techniques et les avantages de la fluoruration.Le groupe se donne aussi pour mandat de dissiper les craintes semées par les ténors de l’antifluoruration au Québec: le docteur Morin et les naturopathes, les Bérets blancs (le journal Vers demain), les mouvements écologistes, etc.En cas d’élection municipale comme à Montréal l’automne dernier, les promoteurs rencontrent chaque candidat pour lui faire part personnellement de la pertinence d’une bonne mesure de prévention dentaire.Fluoraction essaie aussi de convaincre les ministres de l’Environnement et de la Santé de se prononcer publiquement en faveur de la mesure, question de noyer une fois pour toutes les protestations comme celles de l’AQTE et les craintes qu’elles suscitent.Le mode de fonctionnement de Fluoraction, qui jouit des services du responsable des services dentaires au ministère de la Santé et des services sociaux, n’est pas sans créer de remous.Les opposants québécois à la fluoruration n’aiment pas cette campagne de lobbying à l’américaine et ils ne se gênent pas pour la dénoncer.Il est d’ailleurs remarquable que l’Association québécoise des techniques de l’eau ( AQTE) retire son appui à cette cause au moment où Fluoraction est en pleine fébrilité, ayant obtenu le vote favorable des conseils d’administration d’une soixantaine de CLSC et de départements de santé communautaire au Québec.À la console, un technicien vérifie les données transmises par les appareils de contrôle.des fabriquants d’engrais chimiques.Au Québec par exemple, sur les 150 000$ de fluorure distribué dans les usines d’épuration, la presque totalité provient de la compagnie CIL et de sa concurrente, la société Minerais & Chemicals.Le fluorure représente 0,6 % des ventes totales de CIL en une année, ce qui comprend la distribution aux industries comme aux municipalités.Au bureau de CIL, à Lachine, on assure que la compagnie ne finance pas Fluoraction et n’a aucune position officielle sur la fluoruration.«Si on fabriquait le produit au Québec, peut-être qu’on prendrait position», affirme le porte-parole Marc Germain.Mais le fluorure distribué par CIL provient actuellement de sa filiale américaine Stanchem.DRAPEAU A DIT NON En principe, tous les Québécois devraient boire de l’eau fluorurée depuis dix ans.Une loi a en effet été votée en 1975, accordant deux ans aux municipalités québécoises pour franchir l’étape de la fluoruration.C’était compter sans l’opposition du maire Drapeau qui a menacé de poursuivre Québec si les Montréalais étaient obligés de boire de l’eau fluo-mrée.Une telle mesure constitue selon lui un affront aux libertés civiles.L’influent politicien obtint en 1977 un moratoire à la loi 88, moratoire toujours en vigueur.Depuis lors, même si elles sont fortement encouragées à le faire, les municipalités ne sont plus obligées de fluo-rurer leur eau.La publication du rapport Bun-dock par le Conseil consultatif de l’environnement, en 1979, nuit autant, sinon plus, aux partisans de la fluoruration.The Quebec Study, comme on l’appelle aux États-Unis, s’oppose radicalement à la fluoruration, en rendant hommage aux études de John Yiamouyiannis.Comme ses semblables, ce document suscite une -tt:; :> SANTÉ ¦ 03 LJ- y» Toutes les deux heures, le technicien fait un test en laboratoire pour vérifier le dosage administré à l’eau.avalanche de commentaires, tantôt favorables, tantôt défavorables.Dès lors, c’est la déchirure entre le ministère québécois de l’Environnement et celui de la Santé.Le premier, sousmis par la loi au ministère de la Santé sur cette question, se retrouve avec un rapport défavorable entre les mains, mais doit tout de même continuer d’encourager la fluoruration.Québec s’engage à payer tous les frais d’installation, de mise en marché et d’approvisionnement en fluorure pour les municipalités qui décident d’aller de l’avant.Le rapport Bundock, dont le docteur Pierre Morin est l’un des coauteurs, devient un fardeau gênant pour le gouvernement.Sentant le besoin de prendre position dans ce dossier, l’Association québécoise des techniques de l’eau (AQTE) se prononce en 1973 et en 1979 en faveur de la fluoruration.Coup de théâtre à l’automne 1986: l’AQTE retire son appui au moment où la ville de Québec reprend la mesure après quelques années d’interruption.Selon le président du comité sur les additifs chimiques, Claude Marengo, une revue de la littérature scientifique des dernières années démontre que le débat est loin d’être clos.«Sur 1 000 études épidémiologiques, dit-il, 900 sont bâties avec une méthodologie qui ne permet pas d’établir de lien de cause à effet.Il n’y a pas de groupe de contrôle, ce qui fait qu’on peut tirer n’importe quelle conclusion des statistiques d observation ! » Même le président de Fluoraction, Michel Bissonnette, déplore qu’il n’y ait pas eu d’étude fondamentale sur la fluoruration depuis au moins 20 ans.Une telle étude, s’appliquant à déterminer chimiquement les effets du fluorure sur les cellules humaines, aurait au moins l’avantage d’apporter un éclairage nouveau et surtout moins contestable sur la question.«Une étude de ce genre coûte très cher, indique le biochimiste Luc Trahan.Et celles qui ont eu lieu dans le passé sont généralement valables encore aujourd’hui.» La nouvelle position de l’AQTE n’embête pas seulement les gens de Fluoraction.Le Rassemblement des citoyens de Montréal, élu en novembre dernier, avait promis de fluorurer l’eau de la métropole.Or, selon le PRES • CHIFFRES • CHIF • Actuellement, 650 000 Québécois consomment de l’eau fluorurée, soit 10% de la population.• En Ontario, au Manitoba et aux États-Unis, la fluoruration touche 55% de la population.• Au Canada, une personne sur trois boit de l’eau fluorurée artificiellement.• Dans le monde, 300 millions de personnes consomment de l’eau fluorurée.Elles sont concentrées surtout en Amérique du Nord.• Québec, Trois-Rivières, Ottawa, Washington, New York et Toronto figurent parmi les villes où l’eau est fluorurée.porte-parole, Alain Leclerc, plusieurs conseillers du RCM songent maintenant à adopter l’attitude de l’AQTE.Mais la responsable du dossier à la ville de Montréal, Léa Cousineau, n’a guère l’intention de lambiner et désire présenter le projet de fluoruration au conseil municipal cet automne.«Si l’AQTE a quelque chose à nous dire, elle se manifestera pendant les procédures normales», déclare-t-elle.Qu’en pensent les plus directement concernés, les consommateurs?D’après un sondage Omnibus effectué en avril 1986, 52% des Québécois sont favorables à la fluoruration, 28% s’y opposent et 20% sont indécis.Ce sondage a aussi établi que les personnes en faveur de cette mesure avaient, en moyenne, des niveaux de scolarité et de revenu élevés.Mais la révélation la plus spectaculaire est qu’un Québécois sur deux croit boire de l’eau fluorurée.Quand on sait que la proportion réelle est d’une personne sur dix, on peut s’interroger sur la qualité de l’information qui parvient au public et sur l’intérêt qu’il veut bien accorder à cette question.D 46 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE Ève-Lucie Bourque PHYSIQUE CREATEUR D’UNIVERS La revue américaine Physics Letters publiait récemment un article intitulé «Obstacle à la création d’un Univers en laboratoire».Le titre fait sourire et semble devoir davantage à la fiction qu’à la science.Pourtant l’auteur de cet article est un physicien du MIT, réputé pour ses travaux en cosmologie, Alan H.Guth.Le point de départ de son hypothèse est la théorie de l’Univers infla-toire, une théorie saluée comme l’une des plus intéressantes des dernières années et qu’il a lui-même mise au point au début de la décennie, afin de combler certaines lacunes laissées par la théorie standard de l’Explosion initiale.Car le fameux Big Bang laisse bien des questions sans réponse.Ainsi, les spécialistes se sont longtemps penchés en vain sur les causes de l’uniformité, à grande échelle, de l’Univers.Personne, par exemple, ne pouvait comprendre que le rayonnement fossile (ce rayonnement thermique cosmique issu du Big Bang) soit le même en tout point de l’Univers.La théorie inflatoire propose une réponse.Se basant sur les principes de la mécanique quantique et en utilisant par analogie les phénomènes de transition de phase (ce terme désigne simplement le passage d’un état de la matière à un autre, par exemple l’eau qui gèle.), Guth suggère qu’en ses tout premiers moments l’Univers a connu une expansion formidable, une «inflation».Au cours d’une période d’environ 10~32 seconde le diamètre de l’Univers aurait augmenté d’un facteur supérieur à 1050.La densité d’énergie libérée aurait entraîné une spectaculaire production de particules.Par la suite, l’Univers aurait poursuivi sa croissance à la vitesse prévue par le modèle standard de l’Explosion initiale.Même si certains ont jugé que les bases physiques du modèle inflatoire sont très faibles, cette théorie a trouvé, de par les réponses qu’elle apporte, un nombre croissant d’adhérents, au point où l’on peut dire qu’elle est maintenant généralement admise.Or, l’admission des principes de la mécanique quantique à l’échelle cosmique ouvre des horizons nouveaux et permet notamment de concevoir la création de matière à partir de presque rien.Par déduction théorique, Guth a conclu qu’il est possible, peu probable mais possible, qu’une certaine région de l’Univers, un trou noir par exemple, puisse en arriver sous certaines conditions à connaître un phénomène d’inflation.Ces conditions qu’il cherche en ce moment à identifier pourraient entraîner la formation de ce que certains ont appelé un anévrisme cosmique; c’est-à-dire qu’une région de l’espace serait amenée à former une sorte d’excroissance qui, pour un observateur, aurait toutes les apparences d’un trou noir classique.Ce trou noir en arriverait littéralement à créer son propre espace et son propre temps, se dissociant alors à tout jamais de l’Univers dont il est issu.Peut-être un tel trou noir existe-t-il présentement quelque part dans l’Univers.On peut même, et c’est ce que Guth a fait, pousser le raisonnement jusqu’au bout, et estimer qu’une fois identifiées toutes les conditions provoquant ce phénomène, l’homme pourrait un jour, en supposant que la technologie le permette, provoquer la formation d’un nouvel Univers.En fait, Guth croit que quelques kilos seulement de matière pourraient suffire à la naissance d’un Univers.À QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 47 Télescope Canada-France-Hawaï condition cependant que cette matière soit compressée jusqu’à une densité de l’ordre de 1075 grammes par centimètre cube ! On le voit, la chose n’est pas pour demain.En fait, non seulement les travaux de Guth n’ont pas été confirmés par des observations astronomiques, mais dans l’état actuel des connaissances son hypothèse apparaît même invérifiable.Faut-il pour cela la considérer comme une stérile spéculation?Qu’apporte cette hypothèse au-delà de l’exercice intellectuel?D’abord, affirme l’astronome René Racine de l’Université de Montréal, l’exercice intellectuel est en lui-même extrêmement intéressant.Admettre la possibilité d’existence de plusieurs univers, même «déconnectés» les uns des autres, peut s’avérer très fructueux et ouvrir des avenues nouvelles.On peut à partir de ces idées, par analogie ou dérivation, comprendre d’autres phénomènes qui se passent dans notre propre Univers.Qui sait si certaines de ses propriétés ne découlent pas du fait qu’il a été créé à partir d’un autre univers?Ces travaux, à vrai dire, semblent traduire un renouveau de l’enthousiasme scientifique.Il n’est pas exagéré, toujours selon M.Racine, de parler d’une renaissance au niveau des idées sur les propriétés de la matière.On assiste depuis quelques années à une remarquable effervescence intellectuelle en physique.Le lien de plus en plus serré entre la physique des particules et la mécanique quantique donne lieu à des échanges particulièrement stimulants.Au début du siècle, les progrès de la science qui ont mené à la relativisation des fondements même de la physique sont venus ébranler la confiance de ceux qui croyaient pouvoir un jour tout expliquer.Des travaux semblables à ceux que mène Guth expriment un optimisme retrouvé et promettent des développements spectaculaires dans les toutes prochaines années.Robert Verreault LES ARBRES STRESSÉS Selon plusieurs experts en horticulture urbaine, réunis à Chicago, il est urgent que les grandes villes nord-américaines se dotent de stratégies innovatrices pour cultiver des arbres en ville.«Nos arbres sont stressés par cet environnement brutal de béton, d’automobiles et de gens qui les maltraitent», constate notamment Nina Bassuk, de l’Université Cornell.S’appuyant sur une étude des arbres de Manhattan, elle affirme que les conditions environnementales de ces arbres sont quasiment celles d’un désert.Conclusions?D’abord sélectionner des arbres plus résistants au stress; puis les planter plus souvent en groupe, et non en rangées; gérer cet environnement globalement, en tenant compte de tous les facteurs, et pas seulement de l’ensoleillement et de l’humidité; jouer sur la complémentarité des espèces; et puis, ah, oui.les protéger, éduquer le public au respect, à la douceur! ASTROPHYSIQUE L’UNIVERS RAJEUNIT Une équipe de chercheurs canadiens et américains estime avoir enfin trouvé l’âge «précis» de l’Univers: 10 milliards et 300 millions d’années, à deux milliards d’années près.Cette découverte contredit beaucoup d’estimations précédentes, et rajeunit notre Univers de quelques milliards d’années.Le nouveau résultat a été obtenu à partir de l’étude des étoiles naines blanches, a dévoilé en conférence de presse l’astrophysicien québécois Gilles Fontaine, lui-même engagé dans les recherches.«Les naines blanches, explique M.Fontaine, sont les vieillards ou les cadavres de la population d’étoiles de la galaxie.On leur donne ce nom parce qu’elles sont cent fois plus petites que le Soleil, et que les premières naines découvertes étaient de couleur blanche.En calculant leur vitesse de refroidissement, nous avons pu obtenir l’âge de la galaxie.Nous nous sommes ensuite basés sur la théorie du Big Bang, selon laquelle toutes les galaxies seraient apparues au même moment.Nous avons alors additionné l’âge de notre galaxie au milliard d’années — les scientifiques s’entendent au moins sur ce chiffre! — qui ont séparé l’explosion initiale, le Big Bang, du moment de la formation des galaxies.« Habituellement, poursuit le chercheur de l’Université de Montréal, les astronomes basent leurs calculs de datation de l’Univers sur les distances et les vitesses d’éloignement des galaxies.Or les galaxies sont difficilement observables, même avec les meilleurs télescopes; le taux d’erreur est donc très élevé dans l’évaluation de ces données.Les étoiles naines en revanche sont plus proches et peuvent être observées beaucoup plus facilement.Il y a donc moins de risque d’erreurs.» Le professeur Fontaine a déjà fait part des résultats de son équipe dans quelques universités.«L’accueil a généralement été très bon», affirme-t-il, confiant que cette théorie sera mondialement reconnue d’ici deux ans dans le monde des astrophysiciens.Prochaine étape : l’installation de photomètres dans des observatoires du monde entier pour préciser encore plus l’âge véritable de l’Univers.Benoît Chapdelaine Service Hebdo-science 48 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE AÉRODYNAMISME RIBLETS, LEBU ET COMPAGNIE Anneaux LEBU montés en tandem autour du fuselage d’un avion.De récentes découvertes en matière d’aérodynamisme pourraient conduire à une telle amélioration de l’efficacité des transports commerciaux par avion que, selon plusieurs spécialistes, les voyages à vitesse supersonique deviendraient, dès l’an 2000, aussi économiques que les actuels vols subsoniques.Ces nouvelles techniques pourraient tout autant s’appliquer aux navires, ainsi qu’à l’amélioration de l’écoulement à l’intérieur des pipelines et même éventuellement, des vaisseaux sanguins.Les ingénieurs en aéronautique ont en effet trouvé plusieurs façons de réduire considérablement les frictions que subissent les avions en vol, et qui doublent leur consommation d’énergie.L’une des toutes récentes innovations consiste en de simples rubans adhésifs collés sur les parois des avions et dont la surface présente des petits sillons de quelques millièmes de centimètre de large.L’idée à l’origine de ce genre de ruban, baptisé riblet, repose sur la surprenante découverte que la circulation d’un liquide se fait mieux dans un tuyau de section triangulaire que par le traditionnel cylindre.Les sillons microscopiques des riblets ont donc ce profil triangulaire qui diminue la friction de l’air et réduit d’autant les turbulences.Conçus conjointement par la NASA et la société 3M, ces rubans sont collés de manière que les sillons soient alignés dans le sens de la circulation du fluide.Des essais en soufflerie ont confirmé que la friction sur des surfaces couvertes de riblets est réduite de 8 %, ce qui équivaudrait à une économie annuelle en carburant de quelque 10 milliards de dollars.L’inventeur, Michael Walsh, du Centre de recherche Langley de la NASA, s’attend donc à ce qu’on installe des riblets sur les avions de ligne d’ici deux ou trois ans.Il rappelle que le dessous de la coque du voilier américain Stars & Stripes, gagnant de la coupe America, était recouvert de ruban riblet.Par ailleurs, la société Boeing a l’intention de mettre prochainement à l’essai un gros porteur 757 dont 90% de la surface sera couverte de riblet.Une autre technique étudiée par la NASA permettrait de briser les grandes turbulences en de petits tourbillons, grâce à une série d’anneaux aérodynamiques ceinturant le fuselage des avions.Quelques anneaux, montés sur le pourtour de la carlingue, à intervalles de 12 à 18 mètres, réduiraient de beaucoup la friction.Cette technique est baptisée LEBU —pour Large Eddy Breakup Device (dispositif de brisure des grands tourbillons).Une combinaison de riblets et de LEBU, placés aux bons endroits sur les avions, pourrait donner des résultats très intéressants.Une troisième technique vise à créer un «effet laminaire», c’est-à-dire un écoulement très régulier d’air, sans aucun tourbillon, au-dessus de la voilure des avions.En laboratoire, les ingénieurs réussissent à obtenir un tel effet sur des objets de forme optimale et parfaitement lisses.Cependant, la moindre imperfection, même microscopique, sur la surface peut engendrer des tourbillons.Les techniques d’usinage actuelles ne permettent pas de construire des ailes suffisamment lisses pour bénéficier d’un flot laminaire.Mais l’introduction de nouveaux matériaux, notamment les composites faits de plastique et de fibre de carbone, devrait rendre possible la construction d’avions parfaitement aérodynamiques.Cependant, même si l’on parvient à fabriquer de tels avions, il faudra en plus faire en sorte que le bord d’attaque des ailes demeure parfaitement lisse, car les infimes traces laissées par l’impact des gouttes de pluie, des particules de glace et surtout des insectes suffisent à provoquer des perturbations.Les ingénieurs expérimentent donc une gamme de techniques permettant de protéger la voilure des avions à l’aide, notamment, d’un bouclier anti-insec- QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 49 NASA PUBLI-REPORTAGE tes ou d’un système de nettoyage des ailes en vol ! La conception d’avions à voilure laminaire nécessitera encore énormément de recherches.Par contre, certaines découvertes sur la dynamique des fluides sont déjà mises à profit pour améliorer l’écoulement dans les égouts et les boyaux d’arrosage des pompiers.De plus, les chirurgiens espèrent appliquer un jour ces connaissances à la circulation du sang dans des artères obstruées.Claude Lafleur Sources: The New York Times et Aviation Week LA MÉNINGITE À LTAF IAF Biochem International, une société publique lancée par l’Institut Armand-Frappier, a obtenu les droits exclusifs de commercialisation d’un vaccin pour la prévention de la méningite de type B.Cette forme de méningite est la plus répandue chez les enfants de moins de cinq ans, et il n’existait jusqu’ici aucun vaccin pour la prévenir (voir Québec Science, août 1986, p.9).Bien qu’il soit pour l’instant difficile d’évaluer précisément le marché potentiel d’un tel vaccin, on estime que plus de 10 millions d’enfants nord-américains sont susceptibles d’être vaccinés.Toutefois, la mise au point du vaccin prendra encore au moins deux ans.IAF Biochem négocie présentement avec une grande compagnie pour la commercialisation du produit en Amérique du Nord et s’apprête à faire la même chose pour l’Europe.Ce vaccin est le fruit du travail d’une équipe du CNRC, dirigée par Harold Jennings.Les droits de développement, de fabrication et de commercialisation du vaccin ont été vendus par la Société canadienne des brevets et d’exploitation, une société d’État, chargée de protéger toute technologie élaborée au sein de l’appareil gouvernemental.À DEUX DOIGTS DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Pour tous les amateurs de science-fiction, le nom de Spock est immédiatement accolé au célèbre officier scientifique du vaisseau Entreprise.Son sang-froid, sa rigueur intellectuelle et, surtout, sa logique imperturbable fascinent ses admirateurs depuis quelques décennies.Le Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET) a également son SPOC.C'est un projet sur la simulation des procédés minéralurgiques.SPOC est un logiciel conçu pour assister l’ingénieur minéralurgiste dans l'évaluation et l'amélioration des procédés utilisés en minéralurgie.Les programmes du logiciel contiennent des modèles mathématiques, appliqués en une suite logique représentant les différentes étapes du procédé de simulation du traitement des minéraux telles que l'échantillonnage, la calibration, etc.Cette partie de l'expertise de l'ingénieur minéralurgiste transférée au système informatisé a les caractéristiques d'une science.CANMET avait déjà accès, au début des années 70, à certaines de ces techniques de simulation.Le langage Fortran, un langage-machine codé au moyen de cartes perforées, permettait de procéder à des simulations sommaires.Vers la fin des années 70, l'apparition massive sur le marché de terminaux à temps partagé, reliés à un système central, permettait à CANMET d'en équiper ses laboratoires et de répandre les connaissances acquises sur la simulation par ordinateur.De 1980 à 1986, on mettait au point le logiciel SPOC en y incorporant les dernières innovations en matière de simulation par ordinateur.L'application sélective de cette méthodologie, contenue dans une série de 18 volumes, a été transférée en 1985 sur des disquettes compatibles avec les systèmes classiques de micro-informatique offerts sur le marché.Ainsi, en avril 1986, CANMET était en mesure de fournir à l'industrie canadienne une méthodologie complète d'évaluation et d'optimisation des procédés de traitements des minerais assistée par ordinateur.Ce transfert technologique élargira le champ de diffusion du nouveau logiciel.En effet, les possibilités de la micro-informatique, et ses prix très abordables, réduisent l'investissement minimal requis pour obtenir l'équipement de base nécessaire aux dirigeants d'entreprise.Dorénavant, l'entreprise privée pourra tirer du logiciel du projet SPOC son plein potentiel.Mis sur le marché en avril 1986, le logiciel du projet SPOC a été acquis par plus de 120 entreprises et organismes canadiens ou internationaux.En plus de continuer à améliorer le logiciel et de l'utiliser comme outil de recherche, CANMET assume la formation des utilisateurs du milieu industriel qui deviendront à leur tour des personnes-ressources dans leur secteur respectif.Dorénavant, CANMET se penche résolument sur la mise au point de systèmes experts pour le dépistage de problèmes d'opération, la formation d'opérateurs et la commande automatique.La partie «art» de l'expertise de l'ingénieur minéralurgiste comporte les connaissances autres que celles décrites par les mathématiques appliquées.On peut la simuler à l'aide de systèmes experts.Grâce aux systèmes experts, on devrait parvenir à uniformiser l'opération des procédés de traitements en a’Iliant rapidité d'exécution et interprétation des données disponibles, avec la même confiance que si l'on recourait à l'ingénieur le plus qualifié.Cependant, le système expert doit être considéré comme un complément de l'intelligence humaine et non comme un système autonome et indépendant de l'expert minéralurgique.La qualité de la recherche doit être améliorée pour préserver et accroître la productivité industrielle.L'industrie minérale canadienne bénéficiera ainsi de techniques de simulation des procédés de traitements plus aptes à répondre à leurs attentes.Et c'est en utilisant au maximum ses ressources naturelles et intellectuelles qu'elle pourra y parvenir.Pour plus de renseignements, s'adresser à: Communications EMR 580, rue Booth, Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Téléphone: (613) 995-3065 ¦ Énergie, Mines et Energy, Mines and B Ressources Canada Resources Canada L'Hon.Marcel Masse, Hon.Marcel Masse, Ministre Minister V_yCXl lCXvJ.CX 50 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE MATÉRIAUX LES COMPOSITES À LA MER HBmN •i" i B y l \ Blotti entre le Saguenay et le Saint-Laurent, Tadoussac rêve de grands voiliers conquérants battant pavillon québécois, fiers représentants de la nouvelle génération des multicoques.Légers et rapides, avec un gréement qui ressemble à une aile de Boeing à l’atterrissage, ils partent à l’assaut des grandes courses, emmenant avec eux le rêve québécois.Quand les rêveurs se font techniciens, le rêve prend forme.Le Centre Multicoques Tadoussac (CMT) prévoit ouvrir ses portes cet été, après plus de deux ans d’études et de recherches, aidé jusque-là par une participation du gouvernement fédéral.Le directeur général, Clément Boivin, skipper et consultant au CRIQ, assisté dès le début par Jean-Louis Renauld, consultant technique au Centre de production automatisé du Cégep de Jonquière, a élaboré avec ce dernier le plan d’entreprise.L’originalité de celle-ci est qu’elle utilise une nouvelle technologie de mise en œuvre des composites qui permet d’obtenir, de façon rentable, sur de très grandes pièces, un matériau performant qui pourra dans certains cas remplacer d’autres techniques de fabrication.Un composite est un matériau qui contient deux ou plusieurs substances distinctes.Il en existe de deux types: ceux à matrice polymérisée, comme la fibre de verre, et ceux à matrice métallique.À cette matrice, on ajoute un second matériau, d’habitude sous forme de fibres continues.En d’autres mots, la matrice sert de liant et répartit les contraintes.Ses propriétés doivent donc allier rigidité, résistance et légèreté.On utilise de plus en plus les composites dans l’industrie aéronautique, pour diminuer le poids des appareils et accroître la charge utile.L’industrie automobile s’y intéresse aussi depuis quelques années.Mais ils sont encore une nouveauté en construction nautique.Un multicoque «gagnant» sedoit d’être léger pour être le premier à franchir la ligne d’arrivée, mais ses coques doivent être résistantes.Le principe de base d’une structure sandwich est d’avoir un matériau très résistant aux endroits les plus sollicités.«L’idéal, dit Clément Boivin, serait d’échelonner, en s’écartant d’une zone neutre, c’est-à-dire là où il n’y a pas d’effort, des matériaux de plus en plus résistants.Ce qui reviendrait dans certains cas à changer de matériaux tous les dixièmes de millimètre.» «Nous n’en sommes pas encore à appliquer des solutions aussi complexes, ni au CMT, ni ailleurs.Mais déjà nous utilisons deux matériaux ou plus, ce qui permet d’obtenir des structures dont les caractéristiques sont intéressantes, comparativement à une structure construite avec un seul matériau.» Au Centre Multicoques Tadoussac, on utilisera donc des matériaux performants (fibres de verre, de carbone, de kevlar, enveloppées de résine), à l’extérieur d’une matrice formée de mousse, de bois et ou de nid d’abeille.Il n’existe au Canada aucun fabricant reconnu de voiliers de hautes performances qui intègre dans son entreprise un ensemble de services (conception, ingénierie, fabrication, formation), comme le font les entreprises européennes.Le CMT a donc de bonnes chances de faire sa place tant sur le marché québécois que canadien et américain.D’autant plus que le Centre Multicoques Tadoussac fera appel à une entreprise européenne pour le savoir-faire technologique.L’entreprise française CDK Composites a en effet décidé de s’associer avec le CMT, en contrepartie d’une certaine participation au capital-action.Mais le CMT ne fera pas que fabriquer des multicoques de hautes performances.Il se propose aussi de créer une école de formation des équipages, de faire de la recherche et développement, de participer aux événements-courses organisés par Voile internationale Québec et d’ouvrir un service d’entretien et de réparation.On y fabriquera aussi en série des produits nautiques de hautes performances, pour les plaisanciers, et des structures composites de grandes dimensions.Lise Mermier QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 51 CANCER UN DÉPISTAGE PRÉCOCE e doct lan Smith dans l’un des toires du CNRC La Société canadienne du cancer estime que cette année 50 000 Canadiens décéderont du cancer, dont plus de 12 000 au Québec.Peste des temps modernes, le cancer est la deuxième cause de décès au pays après les maladies cardio-vasculaires.En 1986, près de 40 millions de dollars ont été versés à la recherche au Canada.D’ici la fin de l’année, près de 100 000 personnes apprendront qu’elles ont un cancer, portant ainsi à 300 000 le nombre de celles qui suivront des traitements pour cette maladie.Grâce aux traitements qu’elles auront reçus, au moins la moitié d’entre elles vivront encore et auront pu vaincre la maladie dans cinq ans.L’efficacité de ces traitements dépend pour une large part de la précocité du dépistage des quelque 1 000 différents types de cancer connus.C’est pourquoi de nombreuses équipes de recherche sont présentement engagées dans une course pour la mise au point de méthodes simples de dépistage du cancer à partir de prélèvements sanguins.Ainsi, une équipe française s’intéresse à un acide particulier présent en plus grande quantité dans le sang des cancéreux, le LASA.À Montréal, un groupe de l’Institut Armand-Frappier travaille à la mise au point d’un test qui permet de repérer un antigène associé au cancer du sein.C’est dans cette foulée que s’inscrivent les recherches du chimiste lan Smith, du Conseil national de recherches du Canada d’Ottawa, qui vient de mettre au point avec son équipe un nouveau test sanguin qui permet de déceler la présence du cancer chez un individu, en utilisant la technique de résonance magnétique nucléaire.La méthode consiste à séparer les composantes du sang, à identifier ses composés et à mesurer leur comportement par la résonance magnétique nucléaire (RMN).Cette technique permet de mesurer l’absorption des ondes par l’échantillon dans la région des radiofréquences.La fréquence absorbée indiquera donc le caractère du composé.C’est ce qui contribuera à obtenir le comportement qui signale la présence du cancer.La principale caractéristique de ce test sanguin est qu’il permet de diagnostiquer, avec une simple prise de sang, la présence du cancer, avant même l’apparition des premiers symptômes.Même s’il ne permet pas de localiser le cancer ou d’en déterminer le type, il donne l’alerte aux médecins, qui assurent alors un suivi rigoureux et peuvent agir à temps pour soigner le patient.A la pointe sur le plan mondial, la découverte de l’équipe de lan Smith est le fruit d’un an de recherche et d’une collaboration avec une équipe de chercheurs australiens dirigée par Carolyn Mountford, de l’Institut Ludwid de TUniversité de Sydney.L’hôpital général, l’hôpital civique et l’Université d’Ottawa ont aussi participé aux travaux.Six chercheurs canadiens et six australiens ont mis la main à cette recherche, évaluée à 250 000$.Les deux équipes sont quotidiennement en communication, ce qui leur permet d’échanger leurs données et d’approfondir davantage leur recherche.Le test de dépistage a pu jusqu’à maintenant être effectué sur 65 patientes atteintes du cancer des ovaires et, dernièrement, dans quelques cas, du cancer du colon.On évalue à presque 100 % l’efficacité du test pour diagnostiquer la présence du cancer.Le pourcentage diminue à 50% pour les patientes en phase de traitement.Ce type de test exige la participation de spécialistes et l’utilisation d’appareils très perfectionnés et très coûteux.C’est pour cette raison qu’il ne peut être employé à une large échelle dans tous les hôpitaux.Par contre, d’ici un an ou deux, le docteur lan Smith croit pouvoir mettre au point un test chimique avec des anticorps contre les glycolipides, qui sera spécifique au cancer et pourra se présenter sous la forme d’une petite trousse, ressemblant au réflectomètre qui mesure le taux de glycémie chez les diabétiques.Récemment, des entreprises spécialisées d’Edmonton ont manifesté le désir de s’associer au chercheur afin de commercialiser cette trousse de diagnostic, qui sera éventuellement accessible au grand public.C’est donc dire que nous ne sommes pas loin de l’auto-dépistage du cancer.Christine Bordeleau 52 JUILLET / AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE Conseil national de recherches Canada National Research Council Canada Postes d'attachés de recherche — 1988 pour des recherches en science et en génie, dans les laboratoires du CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES DU CANADA Le Conseil national de recherches est le principal organisme de recherche du Canada.Les travaux de laboratoire du CNRC couvrent la plupart des domaines des sciences physiques, des sciences biologiques et de l'ingénierie.Les candidats aux postes d'attachés de recherche doivent avoir reçu récemment un doctorat ès Sciences (Ph.D.), ou une maîtrise dans un des domaines du génie, ou être sur le point d'obtenir un de ces diplômes avant d'entrer en fonction.Les postes d'attachés de recherche sont accessibles aux ressortissants de tous les pays, même si la préférence est accordée aux citoyens canadiens.Les attachés de recherche seront nommés au personnel du Conseil national de recherches pour une période déterminée.Ils se verront offrir les mêmes salaires et avantages dont jouissent présentement les membres permanents du personnel.En guise d'exemple, le salaire actuel au niveau du doctorat est de 33 661 dollars par année.La nomination initiale portera, en général, sur une période de deux ans et pourra être renouvelée sujet au rendement de l'attaché de recherche et selon les besoins de la Division.On peut obtenir un formulaire spécial d'inscription auprès du Bureau des attachés de recherche.Conseil national de recherches du Canada, Ottawa, Ontario, Canada, Kl A 0R6.Date limite d'inscription: le 30 novembre 1987 Canada NOUVEAUTÉS aux Presses de l'Université du Québec FAILLITE ET INSOLVABILITÉ Marc CHABOT 176 pages, 13$ Ce volume examine les principales règles relatives à la liquidation et au redressement d'entreprises lorsqu'elles sont insolvables.Quels sont les recours qui s'offrent aux créanciers en pareilles circonstances?Quel sera l'impact d'une faillite pour les parties en présence étant donné les droits des créanciers garantis?Comment élaborer une proposition qui soit attrayante?* * * ÉTAT DE L'ÉVOLUTION DE LA SITUATION FINANCIÈRE Nouvelle perspective Anne FORTIN et Marc CHABOT 124 pages, 11 $ Cet ouvrage explique comment dresser l'état de l'évolution de la situation financière dans sa nouvelle forme, tout en faisant référence à la norme de l'ICCA.Dix problèmes résolus permettent au lecteur possédant une formation de base en comptabilité de mieux saisir l'exposé.ÉTAT.L ÉVOLUTION lî SITUATION FINANCIÈRE snmuiFMsnïTnï FAILLITE ET INSOLVABILITÉ N'OUBLIEZ pas la chronique de Attentm QUÉBEC SCIEMCE sur les ondes de CKAC et ses stations affiliées, tous les mardis à 17 h 40 Veuillez m'expédier: Prix Quantité Total P 00 0276 • FAILLITE ET INSOLVABILITÉ 13$________________$ P 00 0278 • ÉTAT DE L'ÉVOLUTION DE LA SITUATION FINANCIÈRE 11 $_______________$ $ * Prix sujet à changement sans préavis.?Chèque ?Mandat postal ?Mastercard ?Visa n° __________ Date d'expiration________Signature Nom _______________________________ Adresse____________________________ Code postal Expédiez à: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 53 SANTÉ MENTALE POUR OU CONTRE LA STÉRILISATION ?Etre une femme, un homme, vivre sa sexualité, devenir enceinte, donner naissance à un enfant.Les handicapés intellectuels peuvent-ils assumer ces expériences de vie?Ces individus, atteints dès la naissance d’une incapacité d’apprendre, de raisonner et de suivre un cheminement social normal, sont-ils en mesure de prendre vraiment soin d’eux-mêmes et de leurs enfants?Quelle est la responsabilité de la société et du corps médical dans ces circonstances?La stérilisation est-elle finalement la meilleure façon de régler le problème?D’après les statistiques de l’Office des handicapés du Québec, 3% de la population adulte active est identifiée comme déficiente mentale, 85% de ces gens étant des déficients légers.En 1984, sur 196 000 personnes considérées comme handicapées intellectuelles, 15 à 20% seulement étaient nées de parents anormaux, indique René Falardeau, directeur de l’Association pour déficients mentaux de la région de Québec.«C’est insuffisant pour prétendre que la stérilisation peut être une méthode de prévention contre la transmission de la déficience mentale», déclare le docteur Richard Gagné, généticien au Centre hospitalier de l’Université Laval, à Québec.Actuellement, en matière de prévention de la déficience intellectuelle, seules les méthodes de dépistage par prélèvements sanguins permettent d’agir à temps.«Au Québec, comme presque partout en Occident, précise le docteur Gagné, on dépiste à la naissance des maladies qui causeraient un retard mental si elles n’étaient pas détectées et traitées à temps.» Les principales sont la phé- nycolotonurie, maladie qui se guérit par un sérieux régime alimentaire, et l’hypothyroïdie qui, elle, se soigne par prise d’hormones.«Ces maladies, comme certaines autres, n’ont pas encore de sources génétiques reconnues, ajoute le docteur Gagné.Si le National Institute of General Medical Sciences indiquait en 1971 que, sur les 3% de déficients mentaux de la population américaine, les quatre cinquièmes des cas avaient une composante génétique, on ne connaît cependant pas encore les facteurs responsables.» En fait, la question de la stérilisation des déficients intellectuels touche plusieurs volets de la vie.De l’adolescence à la maturité sexuelle, plusieurs d’entre eux et d’entre elles sont reconnus pour leur incapacité à «prendre soin d’eux-mêmes».Entourant ce dernier point, l’histoire de Eve, une jeune adulte frappée de déficience mentale et d’un important problème de communication, et dont la mère veuve exigeait la stérilisation, est devenue un cas typique en jurisprudence.Après six ans de délibérations, la Cour suprême du Canada a statué, en octobre 1986, «qu’aucun magistrat ne pouvait enlever à un malade mental, sauf si sa santé est en jeu, le privilège de donner la vie».La Cour suprême a fait siennes les conclusions des études démontrant que les parents atteints de déficience mentale ont autant d’affection et d’attention pour leurs enfants que les autres personnes et que, si ces parents peuvent avoir de la peine à se débrouiller, bien d’autres gens éprouvent des difficultés à élever des enfants».«C’est là un problème social qui ne se résout pas par la stérilisation, mesure sévère, traumatisante, irréversible», a conclu le juge.Le cas Ève constitue maintenant une référence pour les 1 500 membres des associations pour déficients mentaux du Québec.Leurs objectifs: remettre aux handicapés mentaux le droit de disposer librement de leur corps et de prendre eux-mêmes la décision concernant une stérilisation possible, si celle-ci est conseillée.«Alors que, dans les années 50, on pratiquait des hystéroctomies systématiques chez les filles déficientes de 10 à 12 ans, aujourd’hui, aucune stérilisation ne se fait chez des personnes de moins de 18 ans.Nos associations ont donc déjà gagné la course de quelques bons kilomètres », conclut Mme Monique Robitaille, présidente de l’Association pour déficients mentaux du Québec.Mar telle Thibault Bonne bouffe Bonne forme Bonne activité La participaction^ CA PERFECTIONNE^* jcriant paRTicipacwn l 54 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE N S L U P O VOUS Michel Crozon La matière première La recherche des particules LA MATIÈRE PREMIÈRE Michel Crozon Le Seuil, Paris, 1987 388 pages, 34,95$ «À petites particules, grosses expériences.» Michel Crozon illustre par cette formule lapidaire l’activité de la physique qui s’acharne à explorer toujours plus intimement la matière.11 brosse dans son livre, La matière première, une fresque monumentale et saisissante de l’évolution de cette science, de la découverte des «rayons cathodiques» (les électrons), en 1895, à l’horizon théorique et instrumental de l’an 2000.Tout y passe: histoire, nouvelles particules, expériences marquantes, développements théoriques, instrumentations, débats scientifiques, aspects politiques, socio-logiques et presque.religieux.Une somme, rien de moins.L’auteur a réussi l’exploit de rendre accessible à un assez grand nombre une science qui est, même «pour la plupart des autres physiciens, un domaine largement ésotérique, une science à part».Michel Crozon arrive à ordonner, à expliquer assez bien pour qu’un lecteur ayant une culture scientifique minimale (de niveau collégial) ait l’impression de s’y retrouver dans cet étrange monde des particules dites élémentaires.Les particules quantiques ont des propriétés drôlement déroutantes, et les théories qui leur sont associées sont très abstraites et réservées à quelques milliers d’initiés: s’y retrouver ne veut donc pas dire tout comprendre, mais c’est déjà un bon pas.L’auteur prend la peine de bien prévenir les lecteurs au départ: «Un voyage aux confins des connaissances n’est pas une simple partie de plaisir.» La lecture du livre demande donc une attention soutenue et.du temps.Mais le propos soutient amplement l’intérêt.Michel Crozon met en relief les fils conducteurs qui ont guidé la physique des particules dès ses débuts : les expériences de diffusion, de collision qui, de Rutherford à aujourd’hui, restent la base de notre connaissance microscopique de la matière; les instruments toujours plus gigantesques et plus coûteux ; les méthodes de détection, souvent basées sur l’ionisation d’un milieu; la prolifération intempestive des particules, malgré l’espoir des physiciens de réduire la matière à quelques constituants ultimes.Les mises en évidence des nouvelles particules, neutron, positron, particules étranges, quarks, bosons W et Z, sont abondamment décrites.L’auteur situe aussi les lecteurs dans le domaine théorique, esquissant l’électrodyna-mique quantique, l’idée des quarks, la chromodynamique quantique, le modèle standard actuellement accepté et les plus conjecturales supersymétrie et théorie des supercordes.Le livre aborde également le rôle du milieu scientifique, son organisation, la structure nécessitée par la logistique lourde et coûteuse de la physique des particules : par exemple, les publications scientifiques dans ce domaine sont aujourd’hui signées par des équipes de 50 à plus de 100 physiciens.Sont traitées aussi les relations avec le milieu industriel et militaire, les applications pratiques — pas très nombreuses au demeurant — de cette science et aussi les liens importants qu’elle a noués avec la cosmologie et la théorie du Big Bang.Le livre se termine avec un glossaire et un index complets et très utiles, ce qui n’est pas courant dans ce genre d’ouvrage.Au moment où les États-Unis mettent en branle, au coût de six milliards de dollars, la construction du supercollisionneur supraconducteur, voilà une lecture qui éclaire bien ce domaine plutôt hermétique.Un bel exemple de vulgarisation réussie.Raynald Pepin Vocabulaire Québec:::: VOCABULAIRE DU MICRO-ORDINATEUR Marie-Éva de Villers Office de la langue française Les Publications du Québec 1986, 67 pages, 3,95$ La micro-informatique en français, vous connaissez?Il y a de fortes chances pour que l’anglais et le français se mêlent étrangement dans vos conversations à propos des bugs du dernier logiciel acheté ou copié.Les Publications du Québec vous proposent une brochure pour mettre de l’ordre dans tout cela.Vous apprendrez à dire «touche de service» plutôt que «control key», «papier thermosensible» plutôt que «thermal», «mémoire tampon» plutôt que «buffer», «traceur» plutôt que «plotter» et vous ferez connaissance avec près de 300 autres termes de la micro-informatique.Quelques illustrations nous permettent de mettre le mot juste sur chaque élément d’un système micro-informatique.Vocabulaire du micro-ordinateur constitue un outil de plus pour survivre à la révolution informatique.en français.LÉONARD DE VINCI, INGÉNIEUR ET ARCHITECTE Musée des beaux-arts de Montréal Montréal, 1987 384 pages, 49,95$ Les dix plus éminents spécialistes de Léonard de Vinci ont uni leur plume pour présenter et commenter les œuvres de ce génie de la Renaissance italienne dans le catalogue de l’exposition montréalaise consacrée à ses talents d’ingénieur et d’architecte.Cette exposition est d’ailleurs la plus importante jamais organisée sur Vinci.Le catalogue comprend une dizaine de chapitres, dont les titres parlent d’inventions, de machines impossibles, de théories scientifiques, d’urbanisme, de technologie et d’architecture.Comme l’exposition, le catalogue est international.Les auteurs sont français, italiens, britanniques et américains.Le livre a été produit à Montréal; la maquette conçue à Paris; l’impression et la reliure exécutées à Florence et Turin.L’ouvrage comprend près de 400 illustrations.Les 10 000 exemplaires en français du premier tirage devraient s’envoler rapidement.L’exposition, quant à elle, se déroulera jusqu’au 8 novembre, au Musée des beaux-arts de Montréal.Ce catalogue devrait permettre d’en apprécier pleinement toute la richesse.Gilles Drouin QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 55 737373 ^ IMAGES DU FUTUR '87 Depuis le 4 juin et jusqu’au 20 septembre prochain le Vieux-Port de Montréal accueille la seconde édition de l’exposition internationale Images du futur.Pendant plus de trois mois, le grand public est invité à fréquenter, dans l’ancienne gare maritime Louis-Jolliet, le monde fascinant des nouvelles technologies mises au service de l’art.Les manifestations artistiques utilisant les technologies de pointe sont de plus en plus présentes dans notre environnement.La photographie et le cinéma, pourtant relativement récents, sont déjà remis en question et réinterprétés à la lumière du laser, de l’holographie, de l’ordinateur et du synthétiseur.À la télévision, dans la publicité, les salles d’exposition, les journaux, le théâtre, partout où la création artistique s’exerce, les images et les sons modelés par les nouveaux outils électroniques deviennent monnaie courante.Le phénomène s’impose et, sans fracas, déplace nos balises culturelles.À un tel point qu’il nous faut une exposition comme Images du futur pour nous faire prendre conscience de toute l’ampleur du mouvement.L’année dernière, l’exposition organisée par la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal connaissait un franc succès.Soixante mille visiteurs étaient enregistrés, et la critique reconnaissait le caractère unique de l’événement.En 1987, Images du futur revient avec une gamme élargie d’œuvres et de manifestations.Cette année, sans pour autant délaisser les images de synthèse, on fait place aux environnements multimédias et multisensoriels.La vidéo, l’holographie, les images au laser et le son synthétique sont mis à contribution pour permettre au visiteur de promener son regard et de tendre l’oreille vers les années à venir.Dans cet esprit, un plus grand nombre d’ateliers démonstratifs et interactifs jalonnent cet été le parcours de l’exposition.Images du futur ’87 regroupe des créateurs et des œuvres d’un peu partout dans le monde.La participation du Japon, surtout, sera très remarquée, puisque ce pays est l’invité d’honneur cette année.En effet, une trentaine de sociétés et pas moins de 50 artistes nippons seront au rendez-vous de l’art électronique.Aux côtés de la France, invitée d’honneur en 1986 et pays où la production d’images de synthèse est très abondante, le Japon apparaît à l’avant-garde du développement des arts technologiques.«De par sa nature même, ses supports étant en relation étroite avec les moyens de communication les plus évolués, l’art issu des nouvelles technologies est universel», dira Ginette Major, coprésidente de Images du Futur ’87.Aussi est-il très difficile de distinguer dans l’ensemble de la production un style américain, ou européen, ou encore oriental.Cependant, Mme Major parle avec enthousiasme de l’originalité et de la créativité dont font preuve les Japonais.«Il y a également dans leurs œuvres, ajoute-t-elle, une présence de la lumière qui semble leur être exclusive.» Les Japonais ont démontré dès le début un très grand intérêt pour Images du futur.Ils voulaient se faire connaître en Occident, et Montréal pouvait être considérée, à maints égards, comme une porte sur l’Amérique; l’occasion était belle.Aussi les organisateurs de l’exposition ont-ils eu droit à une extraordinaire collaboration de la part des autorités nipponnes.Images du futur ’87 est donc très prometteuse, tant par la diversité que par la qualité des travaux qui y sont montrés.De plus, au cours de l’été, plusieurs événements compléteront le programme offert aux visiteurs.Entre autres, la première compétition officielle internationale de vidéos faits par ordinateur (catégories vidéos d’art et vidéos de fiction/narration) et un spectacle multimédias qui se donnera en soirée les fins de semaine.LA OUANANICHE MALADE DE L’HOMME L’érection de barrages hydroélectriques, le contrôle artificiel du niveau du lac Saint-Jean, la pollution et une pêche trop peu contrôlée ont provoqué une baisse considérable de la population de ouananiches.Pour exposer la situation, le cinéaste Cari Brubacher a réalisé un document vidéo de 53 minutes reconstituant l’histoire de notre saumon d’eau douce, depuis l’établissement des premiers Blancs jusqu’à nos jours.Le film a été diffusé à Radio-Québec en mai dernier et est maintenant en distribution.Pour informations: Les Productions de la Chasse-Galerie Jonquière (418) 542-7026 ou 542-7327 Gérald Baril 56 JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE TECHNOLOGIE René Vézina constatera le retard à développer les technologies de production d’énergie douce (éolienne, solaire, etc.)- ENVIRONNEMENT Fabien Gruhier commentera le récent rapport de la commission mondiale de l’ONU sur les grands problèmes de notre planète d’ici la fin du millénaire.BIOLOGIE Denis Choinière et Jean-Claude Belles-Îles décriront les sept espèces de requins qui visitent les côtes du Québec.VOUS DÉMÉNAGEZ?Collez, dans l'espace disponible, l'étiquette qui se trouve sur la page couverture de votre magazine ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CECOUPON D'ABONNEMENT Au Canada: ?Abonnement régulier (1 an/11 numéros): 25$ ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): 44$ À l'étranger: ?Abonnement régulier (i an/11 numéros): 35$ ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): 61 $ En France: ?Abonnement régulier (i an/11 numéros): ISOFFt.t.c.?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros) 300 FFt.t.c ?Réabonnement ?Changement d'adresse ?Abonnement 1 1 1 1 1 1 1 1 i i i i i i i i i i i 1 1 i i i i i 1 31 | | NOM 1 1 1 1 1 1 i i i i i i i i i i i 1 1 60 ÜLI LU 61 | PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 80 7 8 9 | NUMÉRO 1 1 1 1 1 1 RUE 1 1 1 1 1 APP 1 1 1 1 1 1 28 1 1 , , 29 1 L VILLE J^^1 1 i^i i i— PROVINCE 1 1 1 1 1— 48 J 1 TÉLÉPHONE 1 1 1 L 1 1 1 68 69 CODE ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n° ?Mandat postal Date d'expiration_______ Signature_______________ Faites votre chèque à l'ordre de : QUÉBEC SCIENCE, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Pour informations: 657-3551, poste 2854 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40.91121, Palaiseau, Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 1er septembre 1987 [ QUÉBEC SCIENCE • JUILLET/AOÛT 1987 57 LES TITS MOTS D E L A F I N I 11 -H-m grHj: -V-un-hki MYSTÈRE DANS L’ESPACE QUEL CASSE-TÊTE! Cela s’est passé début avril.Deux fois, le module de recherche Kvant, comportant un puissant télescope à ultra-violets et d’autres instruments scientifiques, manqua son arrimage à la station spatiale soviétique MIR.Au troisième essai, il y parvint presque, mais il manquait encore quelques centimètres pour qu’il s’encastre parfaitement dans le logement prévu.Deux cosmonautes sortirent alors de la station pour voir ce qui se passait.Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir, coincé entre les deux engins, un sac de grosse toile.D’où pouvait bien provenir ce sac?Est-ce un petit homme vert distrait qui l’a oublié là ou appartient-il.Bbi He 3a6bDin B33Tfc> CBOM BeiW ?comme l’a suggéré un cosmonaute farceur, à un policier monté en douce à bord d’un vaisseau spatial pour surveiller s’il ne faisait pas d’excès de vitesse?BAISER DE JUDAS?Vous pensiez embrasser par amour, par affection, par attirance.Détrompez-vous.Vos raisons véritables sont beaucoup plus terre à terre.Un dermatologue américain a trouvé une explication scientifique à ce que vous preniez pour un élan naturel.D’après lui, le baiser est en fait un moyen déguisé d’aller chercher le sébum sécrété par les glandes sébacées des lèvres, du visage, du cou et d’autres parties du corps de l’autre personne.M.Nicholson fonde sa théorie du «butinage» sur l’étude de certains oiseaux qui renforcent leurs liens en échangeant du sébum par leur nourriture.Il fait peut-être un rapprochement un peu rapide avec nous.58 Décidément, notre septième ciel se couvre sans cesse de nouveaux nuages.Le dernier s’appelle «céphalée coïtale bénigne».Impressionnant et menaçant, n’est-ce pas?Disons, plus simplement, qu’il s’agit de maux de tête provoqués par les relations sexuelles.Heureusement, c’est généralement sans gravité et relativement peu répandu, d’après ce qu’en dit Donald Johns, un neurologue de Boston, dans un article qu’il vient de publier sur ce sujet (encore que beaucoup de cas ne sont probablement pas rapportés).Les théories sur les causes de ce malaise sont nombreuses.Certains médecins ont dit qu’il était relié au stress et était, de ce fait, plus fréquent chez les gens qui avaient des relations sexuelles extraconjugales compliquées; d’autres ont incriminé les positions acrobatiques, peu confortables.Mais, selon Donald Johns, le seul facteur déterminant, c’est l’orgasme.Chose certaine, cette céphalée, bénigne pour la santé, ne l’est sûrement pas pour la vie sexuelle.DES VACHES TRANQUILLISÉES Il n’y a pas si longtemps, les vaches regardaient passer les trains ou paissaient en toute quiétude dans les prés.Ce ne serait sûrement venu à l’idée de personne de leur prescrire des tranquillisants.Eh bien, les temps ont changé et aujourd’hui, les vaches, comme les poules, parquées dans leur enclos où elles peuvent à peine bouger, sont stressées.Et la sacro-sainte productivité s’en ressent.Pour ramener le calme, des chercheurs soviétiques ont mis au point des tranquillisants à faible effet qui neutralisent l’action des facteurs stressants chez les animaux et qui, selon eux, ne laissent aucune trace dans la viande, le lait ou les œufs.UNE COLÈRE NOIRE «La colère l’aveugle.» Voilà une expression plus réaliste qu’on ne le penserait à première vue.Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco ont en effet découvert que certains traumatismes émotionnels pouvaient rendre temporairement aveugle.Cela est dû au décollement de la rétine dans la zone de vision la plus précise.Sur 33 personnes souffrant de ce problème, 30 avaient traversé des crises difficiles, au travail ou dans leur vie de couple, dans les jours ou les semaines précédant cette perte de la vue.Un charpentier de 41 ans aurait même perdu la vue d’un œil après avoir appris que sa femme le trompait.Peut-être aurait-il mieux fait de fermer les yeux?REMÈDES À LA COLLE La pilule est peut-être dure à avaler, mais elle passe souvent trop vite, a noté le biophysicien anglais David Harris.Beaucoup de médicaments ont été conçus pour libérer lentement leurs éléments actifs, afin de faire effet plus longtemps.Mais il arrive souvent qu’ils traversent trop rapidement notre système digestif.Le colon n’a alors pas le temps de les absorber complètement.Harris et son équipe de l’Université de Manchester ont donc eu l’idée d’ajouter une colle biodégradable dans les gélules de médicaments.Ils ont ainsi réussi à faire «tenir» la pilule jusqu’à neuf heures dans l’estomac d’un sujet ! Vonik Tonneau JUILLET/AOÛT 1987 • QUÉBEC SCIENCE Illustrations: Jacques Goldstyn WffMê 'sÜIAJl Si vous êtes un organisme à but non lucratif oeuvrant dans le domaine de la culture scientifique et technique au Québec: vulgarisation, loisir, animation et muséologie scientifiques, sensibilisation et initiation du grand public à des connaissances et à des r pratiques scientifiques et techniques.Alors, vous pouvez avoir droit à une subvention accordée dans le cadre du PROGRAMME DE SOUTIEN AUX ACTIVITÉS_______ DE DIFFUSION DE UA CULTURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE _______ Par ce programme, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science veut apporter un appui financier à des projets visant à accroître la diffusion des connaissances scientifiques et techniques auprès du grand public.Vous avez jusqu’au 10 septembre 1987 pour présenter un projet qui doit avoir une durée de six à douze mois et bénéficier de l’appui du milieu.- Pour obtenir te formulaire de demande et - pour tout renseignement complémentaire, s’adresser au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science Direction du développement scientifique — 1000.route de l’Église, 5e étage,— Sainte-Foy (Québec/ GIP 3V9 Tel.: (418/ 643-3008 ~ Québec ss Gouvernement du Québec Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science HUH CETTE ANNÉE, Profitez au maximum du plein air Découvrez les parcs du Québec.Pour plus de renseignements, communiquez avec l'un des bureaux régionaux du Ministère (voir les pages bleues du répertoire téléphonique sous la rubrique Loisir, Chasse et Pêche) Bon été! uébec Loisir, Chasse et Pêche Québec
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