Québec science, 1 janvier 1987, Mai
2,95$ Volume 25, numéro 9 MAI 1987 «ï y > % FORET LES RACINES DU MAL LES TROIS RAMEAUX DU SUCCÈS DU PAIN SUR LA P LA FACE CACHEE DES FEUILLES / ~ ANIMAUX SANS PASSEPORT ET LES PETITS Courrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti.C P.250, Sillery.Québec, Canada GIT 2R1 UNE BONNE IDÉE DANS L’AIR Détecter la présence d’insectes nuisibles, mesurer les changements de populations et prédire parfois plusieurs années à l’avance l’apparition d’une nouvelle infestation, voilà l’originalité et le potentiel du piège à phéromone Multi-Pher.® Maintenant en usage au Québec, au Canada et aux Etats-Unis, ce piège à phéromone a été mis au point au Centre de foresterie des Laurentides de Sainte-Foy (Québec).TORDEUSE DES BOURGEONS DE L’ÉPINETTE SPONGIEUSE Gouvernement Governmer du Canada of Canada Service Canadian canadien des Forestry forêts Service Le piège à phéromone , un résultat concret de la recherche scientifique.Canada Ce CMEBECSCIEMCE MAI 1987 VOLUME 25, Numéro 9 Page 20 Page 26 SPÉCIAL FORÊT Les racines du mal Gilles Drouin À la recherche des causes réelles de l’étiolement de nos forêts 16 Les trois rameaux du succès Gilles Drouin Le meilleur gage de réussite de l’industrie canadienne des pâtes et papiers : une collaboration étroite entre gouvernement, industrie et recherche 20 Du pain sur la planche Gilles Parent Le nouveau plan de reboisement est en marche.Suffira-t-il à revigorer la forêt québécoise?26 La face cachée des feuilles Eve-Lucie Bourque La microscopie nous permet de mieux saisir l’évolution des structures végétales 32 Animaux sans passeport Benoît Chapdetaine Le commerce international et la contrebande font payer un lourd tribut aux espèces exotiques 36 Les gros et les petits François Goulet Foresterie, pêche, mines, agriculture: la recherche en biotechnologie est devenue une question de survie pour le secteur primaire canadien 40 Spécial AAAS Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 La leçon de Tchernobyl / Les bijoux de la prison/ Thérapies génétiques: l’attente Infopuce L’informatique à votre portée 14 7-10 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 54 Physique: supercollision au Québec 11 Cinéscience La science à l’écran 55 Archéologie: l’hiver à la rescousse 47 En vrac Les p’tits mots de la fin 56 Thrombopénie: des plaquettes salutaires 48 Mois prochain 57 Migraines : un nouveau traitement 49 Courrier 58 / i»U£BEC SCIENCE • MAI 1987 3 OUVEAUTES -., ., ¦ : , aux PRESSES de l'UNIVERSITE du QUEBEC ANIMATION ET CULTURE EN MOUVEMENT Fin ou début d'une époque?41 collaborateurs, sous la direction de Paul R.BÉLANGER, Benoît LÉVESQUE, Réjean MATHIEU, Franklin MIDY 1987, 316 pages, 22$ Animation et culture en mouvement témoigne d'une nouvelle sensibilité sociale qui semble révéler l'émergence d'un nouveau rapport à soi et au pouvoir, à la vie et au temps.Il témoigne également d'un renouveau des pratiques d'intervention sociale qui paraissent prendre leurs distances à l'égard de l'État et du Pouvoir et accorder pleine attention à la vie privée et au quotidien.Ce recueil de textes aidera à éclairer et à nourrir le débat sur les changements en cours dans la société québécoise.NOS FAÇONS DE PARLER: les prononciations en français québécois Denis DUMAS 1987, 174 pages, 16$ LE CHOC DE L'INFORMATIQUE les répercussions psychosociales et le rôle des attitudes Serge GUIMOND et Guy BÉGIN 1987, 100 pages, 10 $ & lia te La révolution informatique est constituée d'un ensemble d'innovations technologiques dont les applications diversifiées pénètrent de plus en plus nos vies, que ce soit à l'école, au travail ou à la maison.Ces transformations entraînent-elles des conséquences favorables ou néfastes pour les individus et la société?S'agit-il d'une nouvelle libération ou d'un nouvel esclavage?Quel accueil la population réserve-t-elle aux innovations technologiques?La présente monographie trace un portrait des connaissances actuelles permettant d'évaluer les répercussions psychosociales de l'informatique sur le milieu scolaire, sur le milieu du travail et sur le milieu familial.LES INSTITUTIONS ADMINISTRATIVES LOCALES AU QUÉBEC: structures et fonctions J.Robert G RA VEL 1987, 110 pages, 12$ Enfin un ouvrage de vulgarisation sur la prononciation du français québécois! Sans symboles phonétiques, sans jargon linguistique, ce livre s'adresse avant tout aux non-spécialistes et, surtout, constitue une excellente introduction à la linguistique, stylistique et phonétique comprises.L'auteur y décrit la structure actuelle du parler québécois en traçant l'origine historique, les variations géolinguistiques de même que les valeurs sociales associées aux diverses prononciations.Le procédé de translittération utilisé permet au lecteur non familier avec l’alphabet phonétique international (API) de saisir toutes les variantes recensées dans cet ouvrage.En vente chez votre LIBRAIRE ou Veuillez m'expédier: Prix Quantité Total P 00 0255 • ANIMATION ET CULTURE EN MOUVEMENT 22$ $ P 00 0273 • NOS FAÇONS DE PARLER 16$ $ P 17 0005 • LE CHOC DE L'INFORMATIQUE 10$ $ P 00 0261 • LES INSTITUTIONS ADMINISTRATIVES LOCALES AU QUÉBEC 12$ $ Total S Cet ouvrage présente l'ensemble des institutions administratives ayant un impact par leurs activités soit au niveau local, soit au niveau régional.C'est dans une perspective pratique que le lecteur y retrouvera une description des structures et des fonctions de ces institutions ainsi que leur affiliation aux organismes et aux ministères gouvernementaux concernés.L'auteur s'attarde particulièrement aux trois secteurs décentralisés que sont les affaires municipales, les affaires socio-sanitaires et les affaires éducationnelles.L'ouvrage présente une image globale des institutions administratives publiques de premier niveau.l'éditeur, en postant ce coupon: ?Chèque ?Mandat postal ?Mastercard ?Visa n° _____________ Date d'expiration__________Signature Nom _________________________________ Adresse______________________________ Code postal Expédiez à: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: 657-3551, poste 2860 l’t'7 fatKAfïM' QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Jacki Dallaire, directeur RÉDACTION Vonik Tanneau, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Gilles Drouin, François Goulet, François Picard, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques "I Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00$ Groupe: (1 an/12 nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/24 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1987, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1952.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA ® Copyright 1987 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.LE MO - DU RÉDACTEUR EN CHEF Le Canada semble prêt à l’action, les États-Unis pour leur part sont encore au stade des recherches.On investira au cours des prochaines années quelques milliards de dollars pour la recherche sur la pollution atmosphérique.Selon notre confrère Gilles Drouin, le problème du dépérissement des forêts n’est pas nouveau.Nous devrons travailler, et ce, le plus rapidement possible, à la base même de ce dépérissement, soit les émissions polluantes.Faisant suite à cette recherche, notre confrère est allé voir ce qui se passait au niveau des pâtes et papiers au Québec.L’avantage que nous avions des forêts grandes et inépuisables est en train de s’effriter.Les compagnies de pâtes et papiers se tournent actuellement vers une technologie de fine pointe.Les grandes coupes à blanc des compagnies forestières sont maintenant chose du passé.Le reboisement est une priorité pour ces compagnies, elles en sont conscientes, c’est une question de survie pour elles et pour l’industrie.Pour terminer notre spécial forêt, Gilles Parent tente de répondre à quelques-unes de nos questions.Qu’arrive-t-il lorsque le couvert végétal forestier disparaît?Les coupes écologiques peuvent-elles permettre un reboisement naturel?Grâce à la microscopie optique, la face cachée des feuilles, leur architecture intime nous est dévoilée par Ève-Lucie Bourque.Dans cet essai photographique, nous vous proposons d’explorer la diversité des aiguilles de pin, des feuilles d’érable et des fougères.Saviez-vous que depuis longtemps déjà le roi et maître absolu de la jungle n’est plus le lion, mais l’être humain.Benoît Chapdelaine, dans son reportage sur l’utilisation et le commerce des animaux exotiques nous le montre bien.François Goulet est allé visiter à Saskatoon l’Institut de biotechnologie des plantes.Par la suite, la visite de trois plus petites entreprises de biotechnologie est relatée, soit Helix, Giant Bay Biotech et Allelix.Nous ferons la connaissance dans cet article du gène préféré des chercheurs du PB1 soit le BT.Le BT est un champignon qui produit une toxine contre les lépidoptères, la tordeuse du bourgeon de l’épinette, notamment.Ainsi, les sapins produiraient eux-mêmes leur propre protection.Plus besoin d’arrosage d’insecticide ! Nous tenons à remercier M.Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef du magazine Québec Science pendant près de huit ans, pour son travail et l’effort continu qu’il a fourni pour le magazine Québec Science./ ecScü Directeur générai IlIÉBEC SCIENCE • MAI 1987 5 LE GROUPE SGF NOMINATION Robert Tessier Monsieur Yvon Marcoux, président du Conseil, président et chef de la direction de la Société générale de financement du Québec, est heureux d'annoncer la nomination de monsieur Robert Tessier au poste de vice-président exécutif.Diplômé en sociologie de l'Université de Montréal, M.Tessier a d'abord été secrétaire général puis vice-président de l'Université du Québec.Il a ensuite fait carrière dans la fonction publique du Québec où il a notamment occupé les fonctions de secrétaire du Conseil du Trésor et de sous-ministre au ministère de l'Énergie et des Ressources.La Société générale de financement du Québec est une importante société de gestion et de développement de projets industriels dans des secteurs stratégiques de l'économie québécoise.lÉIsIÉi! i, b.• COLLEGE DE MAISONNEUVE COURS À L’ÉTRANGER L’ANGLAIS en ANGLETERRE L'ÉDUCATION DES ADULTES AU CÉGEP techniques non pédagogiques sont assurés par l’agence Avec International, détentrice d’un permis du Québec.DEMANDEZ NOTRE DEPLIANT Collège de Maisonneuve 3800 rue Sherbrooke est Montréal, Québec H1X 2A2 Tel.: (514) 254-7131, poste 146.Région de Québec «ïii I tain L’ESPAGNOL en ESPAGNE À CUENCA, MADRID ET SALAMANCA en juillet et août 1987 COURS: espagnol élémentaire, intermé diaire, avancé, littérature et civilisation espagnoles Logement en résidences universitaires COURS: anglais élémentaire, intermé diaire et avancé Logement en famille, résidence ou hôtel.iist: ta, MAI I987 • QUÉBEC SCIENC QUÉBEC D’ AILLEURS E T NOUVELLES De notre envoyé spécial à Chicago, JEAN-PIERRE ROGEL Du 14 au 18 février dernier, plus de 3 400 scientifiques sont venus des quatre coins dé l’Amérique du Nord pour se rencontrer à Chicago et discuter de leurs travaux les plus récents.Comme chaque année, les sujets à résonance politique ont pris la vedette.C’est ainsi qu’on a beaucoup parlé de la guerre des étoiles: une majorité grandissante de chercheurs s'y oppose, et ce congrès de l’American Association for the Advancement of Science («triple A,S'», comme disent les chercheurs) leur a donné l’occasion de s’exprimer à ce sujet.On a aussi discuté de l’avenir de la NASA, des nouvelles frontières en neurobiologie, de thérapies génétiques, des leçons de Tchernobyl, d’intelligence artificielle.Comme chaque année, les 450 journalistes qui assistent à ce forum de haut calibre ont l’embarras du choix.Ce que nous vous présentons ici n’est donc qu’un aperçu des débats, et nous aurons bien entendu l’occasion de nous faire l’écho des travaux les plus récents présentés à Chicago dans nos dossiers réguliers, tout au long de l’année.LA LEÇON DE TCHERNOBYL L} accident de Tchernobyl démontre la nécessité d’une collaboration internationale pour prévenir de telles catastrophes nucléaires, mais aussi pour faire face à leurs conséquences médicales dramatiques.Telle est la principale conclusion qui se dégage d’un colloque sur ce sujet, tenu à l’AAAS, en présence d’experts qui ont suivi les événements de très près.L’un d’eux est le médecin américain Robert Gale, un spécialiste des greffes de moelle osseuse, qui s’est rendu sur place, en URSS, à de nombreuses reprises depuis l’accident du 26 avril 1986.En tant que seul expert médical occidental autorisé à collaborer avec les Soviétiques, le docteur Gale possède une expérience unique.Son évaluation médicale, tout d’abord, frappe par son ampleur et son pessimisme : « Sur la base de trois études indépendantes, nous pouvons aujourd’hui estimer que le nombre de cancers supplémentaires dus à Tchernobyl sera de 5 000 à 150 000 d’ici 50 ans, et que la moitié des personnes affectées en mourront d’ici cette date», a-t-il affirmé à la presse, à Chicago.«Nous pouvons faire un bon suivi médical des victimes, mais nous ne disposons pas de moyens de guérir la majorité d’entre elles», a expliqué le médecin californien.Il a précisé que les deux tiers de ces cancers apparaîtront dans les pays européens voisins de l’Union soviétique, compte tenu des patterns de retombées radioactives observés.Un expert suédois présent à la conférence, Ingemar Lindahl, a reconnu que ces estimations porteraient les Européens à réclamer de l’URSS la mise en place d’un «réseau d’alerte Le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl est maintenant coffré dans un «sarcophage» spécial.avancée pour les accidents nucléaires», comme l’a d’ailleurs proposé récemment M.Gorbatchev lui-même.Le docteur Gale était tout juste de retour d’un voyage à Tchernobyl et a décrit ce qu’il a vu.Bien que la pro- JUÉBFX SCIENCE • MAI 1987 7 Zoufarov.TASS duction d’énergie nucléaire ait repris à la centrale, sur deux réacteurs, la région à 30 kilomètres à la ronde est toujours interdite à la circulation ; les villages sont déserts, couverts d’une épaisse couche de neige.Deux villages provisoires ont été construits pour les travailleurs, juste à la périphérie de ce cercle interdit, et des ouvriers spécialisés viennent de Kiev ou de Moscou pour travailler quelques semaines, sous un contrôle médical très strict.Le travail a repris à la centrale, alors que le cœur du réacteur défoncé est encore chaud et dégage des vapeurs radioactives, filtrées avec beaucoup de soin.Des 500 personnes qui ont dû être hospitalisées, 31 sont mortes (dont 11 des 13 qui ont reçu une greffe de moelle osseuse, que le docteur Gale n’a pu sauver), 6 sont encore hospitalisées et les autres ont pu sortir de l’hôpital, tout en restant bien entendu, sous surveillance médicale stricte.Près de 200 000 Ukrainiens de la région de Tchernobyl sont suivis par les médecins.On pratique couramment des injections d’hormones thyroïdiennes aux enfants, afin de les aider à lutter contre les effets des radiations.Des centaines de milliers de kits de prise de sang ainsi que du matériel spécialisé ont d’ailleurs été acheminés par les soins du docteur Gale.Ce sont des entreprises américaines qui en ont fait don aux Soviétiques.Le milliardaire américain Armand Hammer, président de l’Occidental Petroleum Corporation, qui fait des affaires avec les Soviétiques depuis plus de 40 ans et a de solides appuis en URSS, a joué un rôle capital dans cette collaboration spontanée.Celle-ci s’est établie entre personnes, puisque les Soviétiques ont refusé les offres d’aide officielles et gouvernementales.La fondation Hammer paye tous les frais du docteur Gale, qui se rend très régu- lièrement à Moscou et à Kiev pour conseiller ses collègues russes et ukrainiens.Robert Gale espère que de nouvelles collaborations scientifiques vont sortir de l’expérience de Tchernobyl.Après avoir examiné personnellement plus de 200 victimes, visité le site du désastre à sept reprises — dont la première fois le 2 mai, à peine six jours après l’accident—et discuté avec les experts, il lance toutefois un avertissement: «Toutes nos ressources ne nous permettent même pas de faire face aux conséquences médicales de cet accident nucléaire qui a libéré une bouffée modeste de radiations: cela devrait suffire à nous faire abandonner l’idée qu’il pourrait y avoir une réponse médicale adéquate en cas de guerre nucléaire.» Ce serait peut-être la leçon la plus importante de Tchernobyl, si la peur collective arrivait à nous rapprocher de la paix.L’événement éditorial de la décennie.ATLAS HISTORIQUE DU CANADA Directeur : W.G.Dean Coordonnateurs : J.-P.Wallot, J.Warkentin • Une œuvre d’art et d’érudition, en trois volumes • Fruit de la collaboration de 240 chercheurs de 28 universités canadiennes • Un ouvrage prestigieux à la fine pointe de la recherche en géographie, archéologie, histoire et autres disciplines • Un ensemble de magnifiques planches accompagnées de textes explicatifs que tous voudront posséder et offrir en cadeau • Un projet généreusement subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL SONT FIÈRES D’ANNONCER LA PUBLICATION DE CET ATLAS ET SA PARUTION À L’AUTOMNE 1987.canV jlof cm ; Jt h® ! poi Atlas historique du Canada Volume I : Des origines à 1800 Directeur : R.Cole Harris LE volume I couvre les millénaires durant lesquels les Indiens, les Inuits et les peuples qui les ont précédés occupent le ter ritoire qui forme le Canada d’aujourd’hui; il retrace ensuite l’expansion du commerce et des établissements européens à Terre-Neuve, en Acadie, dans le reste de la Nouvelle-France et dans les régions du nord-ouest.Le volume \ \ \ le XIæ siecle paraîtra possiblement en 1991 et le volume III : le XX siècle en 1989 Cartographe et graphiste : Geoffrey J.Matthews L Atlas sera publié simultanément en version anglaise par les Presses de l’Université de Toronto.1987, env.200 p.(26,5 x 36 cm) 70 planches en couleurs sur deux pages chacune, tableaux, graphiques, illustrations, dessins, relié toile sous jaquette Édition française Direction : Louise Dechêne Traduction : Marcel Paré Présentation : Jean-Pierre Wallot Renseignements additionnels sur demande Prix avant publication 85 $ Prix régulier 95 $ Les Presses de l’Université de Montréal 2910, bd Édouard-Montpetit, Montréal, QC, Canada H3C 3J7 Tél.: (514) 343-6932/6934 8 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE T ,FS BIJOUX DE LA PRISON -#- AVANT APFÈS Prisons surchargées, coûts astronomiques de l’incarcération.Qu’à cela ne tienne, la technologie arrive à la rescousse ! Le dernier gadget à la mode, celui dont les criminologues et les administrateurs de prisons raffolent, c’est le système de surveillance électronique.Ou plutôt, le «bracelet électronique», qui se porte à la cheville ou au poignet.En fait, il s’agit de dispositifs de surveillance à distance, qui peuvent témoigner en tout temps de la présence ou de l’absence d’une personne en un lieu donné.Ils sont pour l’instant utilisés dans une vingtaine d’États américains, pour des prisonniers en libération conditionnelle ou sous arrêts à domicile.Le principe est simple : un émetteur, logé dans un bracelet entourant la cheville ou le poignet du prisonnier, atteste en tout temps de la présence du porteur du bracelet dans un périmètre donné, où se trouve un appareil de surveillance relié au téléphone de la maison.Toute violation est aussitôt rapportée, par les lignes téléphoniques ordi- naires, à un ordinateur central qui est en mesure d’alerter un officier de probation ou un gardien de prison responsable du prisonnier.Le premier programme «d’incarcération électronique» extra-muros a été entrepris il y a deux ans en Floride.Au début de cette année, Annesley Schmidt, du National Institute of Justice, en avait recensé 45, dans 20 États.Bien que seulement 1 000 prisonniers en aient bénéficié pour l’instant, ces systèmes devraient connaître un développement considérable dans les mois à venir.Les raisons de cet engouement semblent évidentes; pour une fraction minime du coût d’une incarcération, ces systèmes de surveillance électroniques permettraient un suivi efficace des sentences et sortiraient des prisons surchargées des condamnés à des peines légères, notamment des jeunes ou des gens accusés d’une première infraction, en attente de leur procès.Si la fiabilité de tels systèmes était démontrée, les juges seraient probablement tentés de recourir plus souvent à l’assignation à résidence ou à des libérations conditionnelles plus rapides.Pour David Hunter, le président de BI Incorporated, une firme du Colorado qui fabrique ces «bijoux de prisonniers», le marché de ces systèmes semble très étendu.Présentant ces bracelets d’élégant plastique noir à la presse, M.Hunter évoquait la possibilité de vendre de tels dispositifs de surveillance pour contrôler les allées et venues des vieillards qui ont tendance à s’égarer hors des maisons de retraite, ou encore des malades psychiatriques.Joseph Vaughn, un criminologue de l’Université Sam Houston du Texas, tentait toutefois de tempérer cet enthousiasme.Il soulignait que nombre de questions légales et sociales devraient être examinées avant qu’on songe à étendre ce type de contrôle : «Ceci n’est, de toute évidence, qu’une solution partielle à la surpopulation des prisons et ne devrait pas être un substitut à des politiques efficaces.Par ailleurs, nous devons nous interroger sur les utilisations éventuelles de ces technologies en dehors du système judiciaire, si nous ne voulons pas finir dans une société où Big Brother surveille chacun de nous.» DIEU, LA SCIENCE ET LES ÉTUDIANTS Un sondage de l’Université Northern Illinois confirme que la proportion d’étudiants américains qui ont des croyances religieuses profondes a augmenté ces dernières années.Entre 1978 et 1985, elle est passée de 14% du total à 20%, selon ce sondage.Les chercheurs ont en outre observé une influence de ces croyances religieuses sur les opinions des étudiants face à la science et à la technologie.Les étudiants croyants sont, en règle générale, plus critiques envers la science que leurs collègues athées, mais ne sont pas toujours mieux informés à ce sujet.Ils ont aussi tendance à dévaloriser les métiers à forte formation scientifique.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1987 9 ; = ?A ?THÉRAPIES GÉNÉTIQUES L’ATTENTE Il y a trois ans, c’était l’enthousiasme; aujourd’hui, c’est la prudence: les spécialistes de la recherche sur les thérapies génétiques admettent que la perspective de traiter rapidement plusieurs maladies génétiques graves chez l’homme n’est ni réaliste, ni peut-être souhaitable.Pour le moment, ils raffinent leurs protocoles d’expérience sur des animaux et présentent leurs travaux aux multiples comités d’éthique qui ont fleuri ces dernières années.En soi, le désir de soigner, par un traitement génétique approprié, des malades atteints de maladies héréditaires graves n’est pas contestable.Mais la science n’est peut-être pas encore assez avancée pour garantir que ces thérapies puissent se faire dans de bonnes conditions pour les malades.Pour l’instant, on se contente d’ailleurs d’explorer les possibilités de chirurgies correctrices pour des maladies qui affectent la moelle osseuse, car c’est le seul tissu humain qu’on soit actuellement capable de modifier sur le plan génétique, par insertion d’un gène correcteur, et de remettre dans le corps humain en bon état de fonctionnement.Cela veut dire concrètement que les «premiers candidats» pour ces thérapies seront des enfants atteints de la déficience en ADA (qui entraîne la mort deux ans après la naissance) ou de la maladie de Leish-Neihan, et pour lesquels les greffes habituelles de moelle osseuse n’ont pas donné de résultats satisfaisants.Le groupe des thallassémies, dont certaines frappent particulièrement quelques groupes ethniques importants (du bassin méditerranéen, par exemple), fait aussi l’objet de recherches pour des applications de chirurgie génétique.Mais, selon French Anderson du National Institute of Health, «les protocoles d’expérience sur les animaux ne sont pas encore au point».Son laboratoire en a testé un il y a quelques mois sur des singes, sans résultats convaincants.Pendant ce temps, le débat éthique bat son plein.Qui pourra bénéficier de ces thérapies génétiques?«D’abord les malades atteints de maladies graves, amenant une mort prématurée», répondent les experts.Oui, mais après?Qui décidera et selon quels critères ?Travaillera-t-on directement sur le foetus in utero, pour corriger des défauts qu’un de ces fameux tests de dépistage génétique, de plus en plus nombreux, nous aura révélés?Peut-on, en attendant, expérimenter sur des foetus morts à la suite d’un avortement ?Quels sont les droits des parents, et en particulier de la femme, puisqu’il s’agit d’une intervention sur son corps dans le cas des foetus?«Il est bon que nous nous arrêtions pour considérer toutes ces questions, et leurs implications sociales et légales, concluait Ruth Hubbard, de l’Université Harvard.Car nous n’en savons pas assez pour l’instant et nous risquons de ‘jouer avec les gènes’ de façon néfaste si nous allons trop vite dans l’expérimentation.» UNE FONDATION QUÉBÉCOISE EN ENVIRONNEMENT Régulièrement, les sondages d’opinion confirment que les Québécois se préoccupent de plus en plus de la qualité de leur environnement.En 1985, le ministère de l’Environnement du Québec a répertorié plus de 800 groupes à mission environnementale au Québec.Portées par cette vague, une centaine de personnalités québécoises se sont regroupées pour jeter les bases d’une Fondation québécoise en environnement.Sous la présidence de l’avocat et animateur bien connu, Louis-Paul Allard, la Fondation aura pour mission de promouvoir la protection et la conservation de la qualité de l’environnement.Cet organisme à but non lucratif organisera des activités d’in- formation, d’éducation et de recherche.Une campagne de financement est en cours depuis avril dernier.Les fonds recueillis permettront de mettre sur pied un centre de référence, de publier périodiquement un bilan de l’environnement québécois et de subventionner des recherches.Campagnes de vulgarisation auprès de la population et programmes d’éducation en milieu scolaire sont également prévus.La Fondation québécoise en environnement ne sera pas un groupe de pression.Elle cherchera plutôt à faciliter la concertation entre les différents acteurs de la scène environnementale.La nouvelle fondation profitera du mois de mai, dédié à l’environnement, pour mener une FONDATION QUEBECOISE EN ENVIRONNEMENT 10 vaste campagne d’information dont le point culminant sera une émission spéciale de trois heures intitulée «Pour l’avenir du monde».Cette production sera diffusée sur les ondes de Radio-Québec, le 24 mai à 18 h 30.Gilles Drouin MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE Les États-Unis ont mis en branle la construction du supercol-lisionneur supraconducteur (SCC).La réalisation de cet énorme instrument de recherche en physique des hautes énergies, qui serait de loin le plus important au monde à sa mise en service en 1996, pourrait coûter environ six milliards de dollars américains.Le projet excite les ardeurs des scientifiques et d’autres convoitises aussi compréhensibles, vu l’importance des retombées économiques qu’il va avoir.Un consortium québécois formé des firmes d’ingénierie SNC et Lavalin veut s’associer à l’État de New York pour soumettre une proposition de site au ministère de l’Énergie des États-Unis.L’orgueil des Américains a été fouetté par les succès des Européens et l’avance qu’ils ont prise en physique des particules.C’est au Centre européen de recherches nucléaires (CERN), par exemple, qu’ont été débusqués en 1983 les bosons W et Z, médiateurs de l’interaction faible.La découverte de ces particules a été effectuée avec le collisionneur proton-antiproton de 540 GeV (1 GeV, soit un gigaélectron-volt, vaut un milliard d’eV et correspond à peu près à l’énergie reliée à la masse au repos du proton.ou à dix millionièmes de milliardième de calorie!).Les Européens prévoient mettre en service au début de 1989 le LEP, un collisionneur électron-positron de 50 GeV comprenant un anneau de collision de 27 kilomètres de circonférence (voir Québec Science, juillet 1985).De leur côté, les Américains terminent le SLC (Stanford Linear Collider), un concurrent direct du LEP, qui devrait entrer en service cet été.Selon Hannes Jérémie, physicien à l’Université de Montréal, le SLC pourrait être le premier rejeton d’une nouvelle lignée de collisionneurs.Dans le SLC, les particules produites ne pourront se rencontrer et entrer en collision qu’une seule fois.Le SLC est ainsi beaucoup plus petit que les anneaux de collision traditionnels et coûte donc moins cher.Mais la technologie nécessaire pour concentrer PHYSIQUE SUPERCOLLISION AU QUÉBEC LAVAL SAINT-y LÉONARD MONTRÉAL LO IMG U EU IL SAINT-LAURENT VERDUN LASALLE Saint-Laurent Cette carte montre approximativement le territoire qu’engloberait le SCC s’il était construit autour de Montréal.le faisceau dans un diamètre d’un micron (nécessaire pour obtenir un nombre suffisant de collisions) n’est pas encore éprouvée.Le supercollisionneur supraconducteur atteindra un autre ordre de grandeur, en projetant les uns sur les autres des faisceaux de protons d’une énergie de 20 TeV (teraélectrons-volt, soit 1 000 GeV ; un proton de 20 TeV va à une vitesse valant 0,999999999 fois celle de la lumière).Ces très hautes énergies offriraient de bonnes chances de répondre à des questions théoriques importantes sur l’unification des forces fondamentales, la vraisemblance du modèle de Higgs ou de la supersymétrie, par exemple.Des particules et des phénomènes physiques nouveaux devraient apparaître.Le supercollisionneur comprendra un immense synchrotron de 83 kilomètres de circonférence, installé dans un tunnel foré dans le roc à au moins 6 mètres de profondeur, pour protéger le système contre les variations de température et les vibrations mécaniques.Le tunnel, d’un diamètre d’environ 3 mètres, contiendra, entre autres, deux petits tubes où des faisceaux de protons de 0,2 millimètre de diamètre circuleront en sens inverse jusqu’à des points de collision.Les protons seront guidés par des aimants supraconducteurs refroidis à 4,35 kelvins (-269 °C) par de l’hélium liquide.Les systèmes de réfrigération consommeraient une puissance d’environ 30 mégawatts, ce qui est beaucoup moins que les 4 000 mégawatts (plus que la puis- iflill UÉBEC SCIENCE • MAI 1987 11 sance fournie par la centrale LG-3 !) qu’auraient demandés des électroaimants traditionnels en cuivre.Les 10 000 bobines supraconduc-trices du supercollisionneur seront composées d’un alliage de titane et de niobium, ce qui a suscité l’intérêt de Soquem et de sa mine Niobec (Soquem étant maintenant partiellement privatisée, Niobec appartient à Cambior, depuis l’été dernier), un des rares gisements de niobium exploités au monde.La quantité de niobium nécessaire correspondrait en effet à une année de production de la mine ! Après une étude préliminaire des sites possibles et devant l’ampleur du projet, Soquem a invité SNC à prendre le dossier en main.À l’heure qu’il est un consortium formé de SNC, Lavalin et de [’Institute of Particle Physics de l’Université Mc- Gill tente ainsi de promouvoir pour le collisionneur un site situé à cheval sur la frontière séparant le Québec de l’État de New York et respectant les critères géologiques de stabilité.Selon Martin Poirier, vice-président au financement de projets de SNC, les gouvernements québécois et fédéral appuient le projet (moralement pour le moment), et l’État de New York est fortement intéressé: la participation du Canada internationaliserait le projet et les coûts réduits de l’électricité constitueraient un avantage intéressant.L’État de New York n’est en effet pas seul en lice, une vingtaine d’États américains ayant déjà manifesté de l’intérêt pour le projet.«La compétition va être féroce», constate Martin Poirier.Le mois dernier, le gouvernement américain sollicitait officiellement les CET ETE A QUEBEC EXPO SCIENCES INTERNATIONALE 19 8 7 Fort d’une expérience d’une vingtaine d’années dans l’organisation d’expo-sciences, le Québec sera l’hôte d’une première internationale.Une expo-sciences internationale se déroulera sur le campus de l’Université Laval (PEPS) du 10 au 17 juillet prochain.Près de 500 participants de 30 pays y viendront.Organisé par le Conseil de développement du loisir scientifique, l’événement est déjà assuré d’une importante subvention de 152 000$ du gouvernement québécois et de 40 000$ du fédéral.«Le financement de l’expo-sciences internationale proviendra à parts égales des gouvernements, de l’entreprise privée et d’un autofinancement», espère Richard Geoffrion, directeur adjoint de l’événement.Hydro-Québec, Bell Canada, Énergie atomique du Canada et l’Université Laval ont déjà accordé leur appui technique et financier à l’événement.L’expo-sciences internationale sera divisée en deux volets principaux.Du 10 au 13 juillet se tiendra l’exposition proprement dite.Le public pourra alors faire le tour de 250 kiosques étalant le savoir-faire des jeunes scientifiques, de même que celui d’organismes de loisir scientifique et d’entreprises oeuvrant en science et technologie.Du 14 au 16 soumissions de sites.Les propositions devront être remises en septembre et un comité de scientifiques et d’ingénieurs effectuera une sélection préalable de cinq sites avant l’automne 1988.Le choix final appartiendra au ministère de l’Énergie et à la Maison blanche, et devrait être connu au début de 1989.L’enjeu est d’importance: le projet créerait 4 000 emplois durant la construction et 3 000 emplois permanents par la suite.Les coûts d’exploitation du collisionneur, incluant les salaires et l’électricité, dépasseront 250 millions de dollars US par année.Le prix à payer pour connaître plus intimement la matière est élevé.mais tout de même moins que celui de la guerre des étoiles du président Reagan.Raynald Pepin — \ J >.rl* >.« ni » L’expo-sciences de Sherbrooke, en 1986.juillet, forums, ateliers et activités récréatives permettront aux participants de mettre en commun leurs expériences.«Ces échanges nous permettront éventuellement de mettre sur pied un mouvement international de coopération dans le domaine du loisir scientifique», explique Richard Geoffrion.Dans cette foulée, l’expo-sciences internationale pourrait devenir un événement biennal.À l’occasion de l’expo-sciences internationale, le Secrétariat à la condition féminine décernera, pour la première fois, le prix Irma Levasseur.Ce prix de 1 000 $ vise à susciter l’intérêt des étudiantes du secondaire et du collégial pour la science.Gilles Drouin % toi roi : Pli ; P» En 1.S.(.).S.).12 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENC1 Lit, AU MENU: DU ZINC ET DE L’OR Verena Tunnicliffe, de TUniversité de Victoria en Colombie-Britannique, s’intéresse à de curieux animaux : ceux qui vivent sur le plancher de l’océan Pacifique au large du Canada et qui entretiennent une relation mystérieuse avec des bactéries primitives et des métaux comme le zinc, le cuivre, le fer et l’or.Ces espèces animales s’acclimatent dans un environnement très spécial, créé par la séparation des plaques tectoniques au fond des océans, au rythme de six centimètres par an.Tandis que des courants d’eau froide descendent par ces failles, ils sont chauffés par le magma volcanique affleurant et donnent naissance à des souffles ascendants chargés de minerais.Ceux-ci se figent en des cheminées tièdes, près desquelles vivent une faune et une flore étranges, qu’étudie précisément le docteur Tunnicliffe.On pense que les riches gisements miniers du Manitoba, de l’Ontario et du Québec ont été formés à la suite d’un phénomène similaire, il y a des centaines de millions d’années, et le docteur Tunnicliffe espère trouver par ses recherches la clé de plusieurs mystères géologiques.LES LEADERS EN R&D (D’après Financial Post) Voici les dix compagnies ou sociétés de la Couronne du Canada qui ont investi le plus dans la recherche et le développement en 1985.En millions de $ 1.Entreprises Bell Canada 606,0 2.Énergie atomique du Canada 185,9 3.Pratt & Whitney 120,0 4.IBM Canada 89,0 5.Hydro Ontario 80,0 6.Canada Development 78,8 7.Imperial Oil 77,0 8.Hydro-Québec 74,0 9.Mitel 51,8 10.CAE Industries 49,4 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?RECHERCHE r La ^ Recherche ¦Pour ^ chercheur, liant.Maire, che eons-/nthèse a tout ce d im- Æ! [ biochimie \ à l'astro-L\ physique^® est une revue internationale^! publiée en^B français.^ Ses articles^ nts ’ Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 36 dollars canadiens au lieu de 46,75 dollars (prix de vente au numéro).Un délai minimum de huit semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.nom ____________________________________________________________ adresse - pays ___________________________________________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bout.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1987 13 L’ INFORMATIQUE A VOTRE PORTÉE ATTENTION, UTILISATEURS DE COMPAQ Avis aux utilisateurs d’ordinateurs Portable II de Compaq : la compagnie signale que cet ordinateur peut exploser s’il est mal réparé ou s’il est modifié de façon incorrecte.Trois explosions ont eu lieu à l’usine même de Compaq, lors de tests, les autres chez des particuliers.Cette explosion ne peut cependant se produire qu’avec l’un des 8 000 premiers ordinateurs de ce type sortis de l’usine.VIDÉO NUMÉRIQUE INTERACTIF La compagnie RCA a fortement impressionné les spécialistes et les journalistes présents à la conférence sur les mémoires mortes sur disque optique (CD-ROM) organisée à la mi-février à Seattle par la compagnie Microsoft.Elle a en effet démontré le potentiel d’une nouvelle technologie qu’elle a mise au point : le vidéo numérique interactif.En se servant d’un bâtonnet de commande, on pouvait se promener à travers les ruines maya de Palenque et voir défiler à l’écran les images de ce qu’on pourrait voir dans la réalité en suivant le même chemin.Pour parvenir à un tel résultat, on a dû transférer sur un disque optique une quantité-d’images numérisées correspondant à une heure de film ainsi que les informations permettant de gérer cette banque d’illustrations et des commentaires rattachés à chaque groupe d’images.On peut déjà imaginer bien des applications possibles de cette nouvelle technologie.RETOMBÉES IMPRÉVUES DE L’INFORMATIQUE Si on vous demandait ce qui a le plus changé, selon vous, dans les bureaux à la suite de l’introduction des microordinateurs, que répondriez-vous?En fait, d’après la firme de consultants Frost & Sullivan, de New York, ce sont les meubles de bureau.Le nombre d’entreprises qui décident de remplacer les anciens bureaux par des meubles plus modernes adaptés aux micro-ordinateurs et à leurs périphériques est si grand que le marché des meubles de bureau devrait dépasser 10 milliards de dollars par an aux États-Unis d’ici 1990, à un rythme de croissance de 9,5% par an.MICRO ÉDITION SUR PC Xerox vient de lancer un progiciel d’éditique (édition électronique de bureau ou micro-édition) destiné aux micro-ordinateurs, le progiciel Ventura.Selon la compagnie, ce logiciel permet aux utilisateurs d’ordinateurs personnels, qui n’ont pas d’expérience de mise en page de fusionner texte et illustrations pour créer des documents de qualité supérieure comme des bulletins, des manuels techniques, des livres et des catalogues, avec le matériel informatique de bureau courant.Il fonctionne sur les ordinateurs Xerox 6065, PC, XT ou AT d’IBM, de même que sur la plupart des compatibles IBM.Pour l’impression, il faut cependant disposer d’une imprimante à laser, la laser 4045 de Xerox, la LaserWriter d’Apple ou la Laserjet de Hewlett-Packard, ou encore d’une photocomposeuse.Prix du progiciel: 1 295$.INFO.: Penny Lipsett, Totonto, (416) 229-3769 André Cotte, CRAPO Montréal, (514) 383-1726 LE COMMODORE 64 N’EST PAS ABANDONNÉ Commodore vient de sortir un lecteur de disquettes de 3,5 pouces pour les C-64 et C-128.Sa capacité est de 808 Ko et la vitesse d’accès aux données est trois fois plus rapide que celle de l’ancien modèle à disquettes de 5,25 pouces.Par la même occasion, la compagnie mettait en marché une interface d’extension de mémoire à 256 Ko pour le C-64 et une souris qui peut être utilisée comme telle ou remplacer les bâtons de commande.NOUVELLES BRÈVES • IBM a réussi à produire sur une chaîne de montage un nouveau circuit intégré de mémoire de 4 MO.Il est si rapide qu’il peut accéder à n’importe quel bit d’information en moins d’un 65 milliardième de seconde, ce qui est plus rapide que tout autre circuit ayant une moindre densité de mémoire.• Selon un récent sondage de la revue américaine Computer + Software News, seulement 29% des utilisateurs de microordinateurs à la maison disposent d’un modem, contre 70% d’une imprimante et 75% d’un moniteur (les 25% qui restent utilisent leur poste de télévision comme écran).• Avec les cinq pays qui viennent de s’ajouter à la liste, le nombre de pays accessibles par le réseau de transmission de données canadien Datapac s’établit maintenant à 70.Il s’agit de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Malaisie, de la Tunisie et des émirats arabes.• Les usagers d’affaires de Telecom Canada peuvent maintenant utiliser un réseau unique pour leurs communications de voix, données et images, le Mégaroute Inter-villes, dont la vitesse de transmission est de 1,5 mégabit par seconde.Ce réseau est relié au réseau ACCUNET d’AT&T, aux États-Unis.François Picard On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).14 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE Dv FORET F! k I ¦ f ï- f s-t ir ^ La forêt, qui est depuis toujours au centre de l’économie québécoise, a eu la vie dure ces dernières décennies.Le temps est venu de mettre en action des moyens efficaces pour lui refaire une santé et exploiter de manière intelligente cette ressource, en respectant les capacités du territoire forestier.V'v iM*U] 7Ü-+' U ’"l) ¦ 'r ^ l, /».«*• ••’i.>.îr 5 Vi.'! Vü v; U- 1 ¦ i i •V * j* - i •;/• ¦ f.n-w ;fr#.'V •vvic, *H- :»*' LES RACINES À la recherche des causes réelles de l’étiolement de nos forêts Insectes, pâturage, champignons parasites, gel, sécheresse, mauvais aménagement des forêts, mauvaises pratiques d’entaillage, pluies acides, virus, pollution atmosphérique.La ronde des causes du dépérissement des forêts, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, étourdit tout le monde depuis quelques années.Même les scientifiques ne savent plus, parfois, où donner de la tête dans ce baobab de causes en mal d’effets et d’effets en mal de causes.GILLES DROUIN Claude Monnier 'CRFL 17 • '"xiva PStÜ > i^: -^5 ,**; •, t' '^'^i .)!!5feîl •a 1,1; C ontrairement à la coupe à blanc, la coupe par hanat&ipermèt un reboisement v naturel avec des espèces variées et favorise un usage polyvalent de la forêt.mn Comment en est-on arrivé là?C’est simple, on a toujours tenu pour acquis que nos forêts étaient inépuisables.La possibilité de couper sans relâche de nombreuses forêts rendues à maturité a contribué à créer cette illusion.Malgré les avertissements de nombreux spécialistes, qui, dès le début du siècle, ont senti le danger, le gouvernement n’a jamais su imposer des politiques de réaménagement forestier.Entre 1976 et 1980, par exemple, la Colombie-Britannique réaménageait 700 kilomètres carrés de forêt; l’Ontario, 470 kilomètres carrés; le Québec, 75 kilomètres carrés ! Dans les années 70, le gouvernement a autorisé les entreprises de bois de sciage à couper les forêts publiques, jusque-là le fief incontesté des papetières.En faisant dépérir autant de bois qu’il s’en coupait, la vorace tordeuse du bourgeon de l’épinette a aussi contribué à réduire le volume de matière ligneuse disponible.En 1983, le ministère de l’Énergie et des Ressources (MER) décide de rattraper le temps perdu et met sur pied un ambitieux programme de reboisement.Tout récemment, ce même ministère a adopté la loi 150, présentée comme l’amorce d’un nouveau régime forestier.Avant de voir comment ces deux dernières mesures peuvent corriger la situation, il peut être intéressant d’examiner dans quel contexte s’effectue le reboisement.D’abord, il faut savoir que seulement 40% de la forêt se régénère d’elle-même et produit une bonne proportion d’espèces commerciales en un temps raisonnable.Les espèces intéressantes sont les épinettes (noire, blanche, rouge, de Norvège) et le pin gris.Le sapin est également utilisé.Une deuxième tranche de 30% se régénère à condition que l’on fasse quelques travaux d’entretien.Il s’agira d’aider les espèces intéressantes à dominer dans la compétition avec d’autres espèces qui ont moins de valeur.Mais on possède peu d’expérience concrète à ce niveau, pour déterminer les meilleures méthodes et en connaître les coûts.Il reste une troisième tranche de 30% qui, elle, produit surtout.des pro- MER ¦ Dans les immenses pépinières du ministère de l’Énergie et des Ressources, à Saint-Modeste, la première étape du reboisement: la préparation des jeunes plants.blêmes.Ces aires ne se reboisent pas d’elles-mêmes pour différentes raisons comme le climat et la qualité des sols.Mais les méthodes de coupe sont souvent les grandes responsables de la situation.DES COUPES ABUSIVES L’exemple typique est celui d’une entreprise forestière qui effectue une coupe à blanc sur une grande superficie.Après coup, elle ne se donne pas la peine de préparer le terrain pour le reboisement et laisse sur place des débris de coupe et des essences d’arbres qui ne l’intéressent pas.Il s’écoule plusieurs années avant que ces débris pourrissent.La superficie coupée est trop vaste pour que les semences des espèces recherchées puissent s’implanter.Il y aura peut-être un reboisement naturel en bordure du parterre de coupe, mais essentiellement, on retrouvera du framboisier, du cerisier, du tremble, de l’érable à épi, des espèces qui n’ont pas ou peu de valeur commerciale.Il faudra plusieurs décennies avant d’y retrouver des espèces comme l’épinette.Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là.Un seul arbre peut provoquer l’évaporation de plusieurs dizaines, voire de centaines de litres d’eau par jour.Privée de cet exutoire, la nappe d’eau souterraine se gonfle et cherche à rejoindre la surface.On retrouvera ensuite davantage de sols détrempés.L’érosion peut aussi se mettre de la partie.Le cycle de vie de plusieurs animaux, dont le castor, le lièvre et le renard, se trouve perturbé de différentes façons.Les liens entre la coupe du bois et les écosystèmes ne font pas l’objet d’études exhaustives.Selon le rapport de conjoncture du MER sur la recherche et le développement dans le secteur forestier, il n’y a que 10 chercheurs actifs en écologie forestière pour tout le Québec.L’AGRICULTURE EN FORÊT Bref, laissées à elles-mêmes, les grandes superficies de coupe à blanc sont impropres au reboisement.Les B il B ?II Ei 10 il i« y ff po M It tt! pu ù mi pti lai; ns 4 mt: Kl viti pot soi seul (toi met Kill a ai tits Eli Citll cktt fort Peu loin lors( Pi Woi 1 28 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE AMÉNAGEMENT FORESTIER remettre en état coûte extrêmement cher.Lorsqu’elles sont mieux préparées, les superficies de coupe peuvent être reboisées.L’objectif du plan de reboisement du ministère de l’Énergie et des Ressources est de 300 millions de plants par année d’ici 1988.En 1986, on a réussi à planter environ 150 millions de plants.On aura donc fort à faire pour atteindre l’objectif fixé.Les incertitudes: d’abord, y aura-t-il suffisamment de terrains propres à la plantation?Ensuite, les plants réussiront-ils à croître comme prévu?Pour l’instant, des études du MER indiquent que le taux de survie des jeunes plants est de 90%.Mais le vrai test s’effectuera aux cours des prochaines années.Tant que l’arbre n’a pas atteint une hauteur de deux mètres, la végétation concurrente peut lui faire un mauvais parti.On doit alors avoir recours aux phytocides pour, justement, éliminer ou retarder l’emprise de cette végétation concurrente.Présentement, un moratoire interdit l’épandage de phytocides par voie aérienne.Pulvériser ces produits au sol coûte très cher et pourrait diminuer grandement l’efficacité du programme de reboisement.Même si les arbres parviennent à pousser suffisamment pour assurer leur survie, il en résulte souvent une forêt composée d’une seule espèce d’arbres.La plupart des feuillus n’ayant pas de valeur commerciale, on ne tolère par leur présence.Cette monoculture en résineux a aussi ses détracteurs.«Replanter de grandes superficies de forêt en résineux n’est pas la meilleure solution», explique Mar-cien Roberge, ingénieur forestier et chercheur au Centre de recherches forestières des Laurentides.«C’est un peu comme une équipe de hockey dont tous les joueurs auraient le même âge.La situation est idéale lorsqu’ils ont 25 ans.Mais que se passe-t-il quand ils approchent tous de l’âge de la retraite ou que l’équipe Chaque carotte contenant une jeune pousse est plantée à l'aide d’un tube qu’on enfonce dans la terre et dont elle est éjectée manuellement.- n’est composée que de jeunes recrues?» Selon lui, il est nettement préférable de favoriser la création et le maintien de petits peuplements d’âges et de composition variables.Une des méthodes utilisées, la coupe par bandes, peut donner des rendements beaucoup plus élevés que les forêts reboisées avec une seule espèce.DES COUPES ÉCOLOGIQUES La méthode est simple.On divise un territoire de coupe en bandes de quelques dizaines de mètres de profondeur, puis on déboise complètement ces bandes les unes à la suite des autres à des intervalles d’une vingtaines d’années.L’âge des peuplements varie alors d’une vingtaine d’années d’une bande à l’autre.Parce que les aires coupées sont de faible dimension et toujours bordées de forêt adulte, le reboisement se fait de lui-même.Les espèces seront variées.Elles choisiront un emplacement approprié en fonction des sols et des microclimats qui leur conviennent le mieux.Il y a des exceptions.Certaines années, les caprices de la nature font en sorte que les cônes de semences ne s’ouvrent pas.Il faut alors reboiser de manière traditionnelle.Mais dans l’ensemble, le reboi- sement artificiel est beaucoup moins nécessaire.Même chose du côté de l’entretien : l’utilisation de phytocides devient de moins en moins utile; les épandages aériens sont exclus.Le principal et pratiquement le seul coût additionnel de cette méthode a trait aux chemins forestiers supplémentaires qu’il faut construire.Ce désavantage est cependant compensé à moyen terme.«Avec des forêts plus productives, il deviendra de moins en moins nécessaire d’avoir à se rendre à des distances très éloignées pour se procurer la matière ligneuse», précise Reynald Hawey, du MER.Par ailleurs, une forêt aux essences variées résisterait mieux aux assauts de la tordeuse du bourgeon de l’épinette.Autre avantage : ce type de peuplement favorise une utilisation polyvalente de la forêt.De plus en plus d’amateurs de villégiature, de chasseurs et de pêcheurs réclament le droit d’avoir accès à une forêt de qualité.Mais ce souhait entre parfois en conflit avec les activités des compagnies.Pourtant, les retombées économiques de l’utilisation de la forêt à des fins de loisir pourraient représenter jusqu’à 10% de celles qu’engendrent les entreprises forestières.Mais les vertus des forêts aux essences variées ne font pas l’unanimité.«À l’état naturel, les forêts du nord sont souvent à 95 % en épinette.Il n’y a aucun mal à replanter de cette manière», affirme André Duchesne, de l’Association des industries forestières du Québec.Voilà pour la qualité.Pour la quantité, «cela prendrait beaucoup plus que 300 millions de plants par année pour ‘enrésiner’ la province», ajoute-t-il.UN NOUVEAU RÉGIME FORESTIER Ayant pris conscience des conséquences possibles des ruptures de stock, le ministère de l’Énergie et des Ressources a décidé d’intervenir et de modifier en profondeur le régime forestier.Finies les concessions forestières accordées pour de nombreuses années sans qu’il y ait de réaménagement.À l’avenir, on parle plutôt UÉBEC SCIENCE • MAI 1987 29 AMÉNAGEMENT FORESTIER Université de Montréal ¦ ¦¦ ¦ La pulvérisation de phytocides permet de lutter contre la végétation concurrente.Mais elle coûte cher et donne souvent une forêt composée d’une seule espèce.de contrat d’approvisionnement assujetti à l’obligation d’effectuer des travaux forestiers.D’environ 2,20$ le mètre cube en moyenne, les droits de coupe passeront à environ 5,75$ le mètre cube, une partie de la somme pouvant être payée en travaux.Les entreprises doivent faire fructifier leurs territoires de coupe et faire approuver un plan de réaménagement par le Ministère.Si les travaux sont insuffisants, le Ministère les effectue lui-même et passe la facture aux entreprises.Un guide de modalités d’intervention en milieu forestier est intégré dans la loi, afin de favoriser, entre autres, un usage polyvalent de la forêt.Ces mesures seront-elles suffisantes pour que les entreprises forestières modifient leur méthode de coupe?«Les compagnies n’auront pas le choix.Les coupes par bandes ne coûtent que 150$ de plus par hectare, alors que la coupe à blanc suivie d’un reboisement coûte au-delà de 1 000$», explique Robert Deffras-nes, responsable de la planification au MER.Mais ce n’est pas si simple que cela.«Les coupes par bandes ont des avantages, mais ce n’est pas une panacée», rétorque André Duchesne.«Certains sols ne se prêtent pas à ce genre de coupe.Je ne m’attends pas à ce qu’elles représentent plus de 50% des coupes totales.» «Nous sommes tous d’accord avec le principe de la nouvelle loi, mais il reste plusieurs modalités à régler», résume Florent Milot, de l’Association de manufacturiers de bois de sciage de Québec.Assistera-t-on à une longue épreuve de tir au poignet entre le gouvernement et l’industrie.Rien n’est moins sûr si l’on se fie aux commentaires des milieux syndicaux et écologistes.« Le gouvernement a toujours courbé l’échine devant les entreprises forestières, qui réussiront sûrement à s’en tirer à nouveau», explique Daniel Malenfant, sociologue et journaliste spécialisé du domaine forestier.À l’inverse, le MER est tellement confiant qu’il va jusqu’à tabler sur les futurs succès du programme de reboisement pour déterminer dès maintenant la capacité de production annuelle de la forêt.Il faudra surveiller de très près les résultats du programme de reboisement et l’application de la nouvelle loi pour vérifier si on a finalement réussi à redonner le souffle de vie à une forêt passablement «amochée».?TOXICOLOGIE La Faculté des études supérieures de l'Université de Montréal offre un programme de 30 crédits en toxicologie menant à un D.E.S.Il s'agit d'un programme général à temps partiel, dont l'approche est interdisciplinaire (biologie, chimie, pharmacologie, médecine vétérinaire, hygiène du milieu).Il examine les divers agents chimiques: médicaments, toxiques de l'environnement, toxiques agroalimentaires, toxiques industriels.Objectifs • Reconnaître les problèmes causés par l'exposition aux agents chimiques: • intervenir utilement dans la prévention et la solution de ces problèmes; • évaluer le risque toxique.Conditions d'admission • Diplôme de 1 er cycle en sciences biologiques, en sciences de la santé ou en chimie: • minimum de trois ans d'expérience pratique professionnelle ou de recherche dans un domaine connexe à la toxicologie.Information (514)343-5889 Diplôme en toxicologie Faculté des études supérieures Université de Montréal C.P.6128, succursale A Montréal (Québec) H3C 3J7 V,.30 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE il ¦¦I Pour un nouvel forestie r -r • ~ ï^.a forêt joue depuis toujours un rôle de premier plan dans la vie du Québec.Ressource aussi abondante que polyvalente, elle se prête à de multiples activités économiques et récréatives.Les Québécois y ont cependant puisé comme si elle était intarissable.En effet, nous avons jusqu’à maintenant exploité la forêt en attachant peu d’importance à sa culture et à sa régénération en espèces recherchées par l’industrie forestière.Les pratiques sylvicoles, le manque d’aménagement et les dégâts causés par la tordeuse et les incendies ont gravement entamé notre patrimoine forestier.Les inventaires réalisés au cours des quinze dernières années démontrent que nos forêts sont en piètre état et que nous devons prendre des mesures énergiques si nous voulons éviter d’être confrontés, à moyen terme, à une pénurie de matière ligneuse.L’état de la forêt se répercute sur l’industrie, bien sûr, mais il affecte aussi toutes ses autres fonctions : loisirs, chasse et pêche, etc.Nous devons donc redresser la situation : il y va de la qualité de vie de toute notre collectivité.Avec la Loi sur les forêts, le Québec vient de se doter d’un nouveau régime forestier qui lui garantira la pérennité de cette ressource.H É'M TV 4Hl Québec 'Upplément au magazine Québec Science, mai 1987.PUBLIREPORTAGE FORET LE NOUVEAU RÉGIME FORESTIER Le nouveau régime forestier reconnaît la polyvalence de la forêt qui, en plus de nous fournir la matière ligneuse, purifie l’air et l’eau, abrite nos espèces fauniques et enchâsse ces lacs et ces rivières aussi chers aux pêcheurs qu’aux amoureux de la nature.Il importe donc que tous les citoyens du Québec continuent de jouir et de profiter de cette précieuse ressource.Pour atteindre cet objectif, il faudra néanmoins harmoniser nos besoins, concilier nos objectifs et conjuguer nos efforts.Le respect du principe du rendement soutenu et la pratique d’une foresterie à objectifs intégrés sont au cœur même de ce nouveau régime.Toutes les interventions faites dans les forêts publiques du Québec, soit dans 90% des forêts de la province, devront désormais respecter ces orientations.Le principe du rendement soutenu veut qu’une forêt produise la même quantité de bois à perpétuité, grâce à une planification éclairée des interventions et à des pratiques sylvicoles appropriées.Les termes employés dans la nouvelle Loi sur les forêts témoignent d’un esprit nouveau.On préfère maintenant parler de «production forestière» plutôt que d’«exploitation», car cette première expression implique des pratiques sylvicoles, l’autre pas.Il n’est plus question de «permis de coupe» mais de «permis d’intervention» et la «concession forestière» est remplacée par un «contrat d’approvisionnement et d’aménagement» qui comporte des obligations précises.La Loi sur les forêts remet aux entreprises forestières la responsabilité d’effectuer, à leurs frais, les travaux sylvicoles requis pour le maintien du rendement soutenu et des multiples fonctions de la forêt.Pour assurer la protection de ces diverses fonctions de la forêt, le MER a préparé un «Guide des modalités d’intervention en milieu forestier».Les prescriptions énoncées dans le guide deviennent régle- mentaires et l’industrie forestière devra s’y conformer.La préparation du «Guide des modalités d’intervention» s’est faite en collaboration avec les autres ministères concernés, soit le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, gestionnaire de la faune et des activités de plein air, et le ministère de l’Environnement, responsable de la qualité de l’eau.a identifié trois grandes catégories de terres publiques.La première catégorie regroupe les terres où la production forestière demeure prioritaire, même si elle est conjuguée avec d’autres utilisations.Certaines des forêts appartenant à cette catégorie offrent un potentiel récréatif ou faunique qui sera protégé grâce aux modalités d’intervention prescrites.L’AFFECTATION DES TERRES PUBLIQUES L’élaboration du «Guide des modalités d’intervention» s’inscrit dans le processus d’affectation des terres publiques entrepris par le ministère de l’Énergie et des Ressources.Ce processus consiste à reconnaître ou à attribuer aux terres publiques québécoises une vocation socio-économique conforme à leur utilisation actuelle ou potentielle, La vocation socio-économique d’un territoire donné détermine les modalités d’interventioresS qui y sont rattachées.Des cartes d’affectation couvrant le territoire de chaque municipalité régionale de comté ont été élaborées par le MER et les diverses vocations des terres publiques comprises dans ce territoire y sont inscrites.Le MER La deuxième catégorie de terres publiques correspond à la «zone de conservation».Elle englobe les refuges et sites fauniques (habitats fauniques essentiels) ainsi que les sites récréatifs, agricoles et d’utilité publique.La production forestière y est permise, mais elle est cependant subordonnée aux exigences de conservation du milieu et des sites concernés.Les parcs du Québec et les réserves écologiques constituent la troisième catégorie de terres publiques.Toute production forestière y est exclue.La carte d’affectation et le «Guide des modalités d’intervention» sont complémentaires.Le guide décrit les mesures de protection à appliquer dans chaque zone ou site identifié sur la carte.m REBOISEMENT QUÉBEC Objectif: 250 millions de plants par année.''îWk mA: LA RÉGÉNÉRATION DE LA FORÊT Pour que les superficies récoltées continuent d’avoir une production au moins équivalente à celle qu’elles avaient avant la coupe, les bénéficiaires de contrats d’approvisionnement et d’aménagement devront planifier leur régénération.Les plans d’aménagement et d’intervention qu’ils soumettront au MER devront tenir compte de cette exigence.Les techniques de récolte utilisées et les travaux d’aménagement réalisés devront être adaptés aux caractéristiques écologiques des sites et susceptibles d’en minimiser les délais de régénération.• Dans les pessières (peuplements d’épinettes noires), les coupes à blanc par bandes et par trouées favorisent la régénération naturelle de l’épinette en permettant de conserver des semenciers en bordure des parterres de coupe.• Le pin gris pousse naturellement après un feu de forêt car ses cônes doivent être exposés à une température très élevée pour s’ouvrir.1* 2.0 m—w Dans de tels peuplements, la coupe à blanc totale avec régénération artificielle ou avec brûlage est donc tout indiquée.• On protège la régénération préétablie en évitant d’amonceler des déchets de coupe, en espaçant les sentiers de débusquage et en abattant les arbres de manière à ce que leur transport cause le FORET moins de dommage possible.Malgré tous les efforts déployés, des facteurs biologiques, pédologiques ou climatiques défavorables peuvent empêcher certains secteurs de se régénérer naturellement de façon adéquate.Pour être remis en production, ces parterres de coupe doivent alors être régénérés artificiellement; on y a donc recours à l’ensemencement ou au reboisement.La facture du reboisement des forêts publiques québécoises sera partagée.D’une part, le ministère de l’Énergie et des Ressources conserve l’entière responsabilité financière imputable à la production des plants nécessaires à leur reboisement et au reboisement de rattrapage des terres jusqu’ici négligées lui incombe également.D’autre part, toutes les opérations liées au reboisement des nouvelles aires de coupe seront défrayées par l’industrie forestière.LA PROTECTION DES LACS ET DES COURS D’EAU Le Québec est parsemé de lacs, rivières, ruisseaux et marais indispensables tant aux faunes terrestre et aquatique qu’à la pratique de nombreuses activités récréatives.Il est donc primordial d’adopter des mesures adéquates pour protéger ces étendues d’eau.Le nouveau régime prévoit le maintien d’une lisière boisée d’une largeur de 20 mètres le long des rives de tous les lacs et cours d’eau permanents afin de sauvegarder le milieu aquatique et conserver un couvert forestier suffisant pour les espèces qui fréquentent les rives.Toutefois, si l’on veut réduire les risques de chablis et favoriser le rajeunissement des lisières, certaines interventions s’y imposent.Le guide prévoit donc qu’un pourcentage des tiges y sera prélevé, dans les secteurs où leur densité est élevée.Pour ce faire, on fera appel à des techniques non dommageables pour le milieu riverain.Pour protéger la qualité des lacs et cours d’eau, le guide stipule • qu’il est interdit d’y laver de la machinerie, d’y déverser de l’huile, des produits chimiques ou d’autres polluants, comme d’y jeter de la terre, des déchets de coupe ou toute autre substance; • que l’utilisation des cours d’eau comme chemins d’accès ou de débusquage est prohibée; • qu’il faut les débarrasser de tous les débris de coupe et de tous les arbres qui y tombent au cours des travaux; • que les eaux de drainage des chemins, sentiers de débusquage, camps ou aires d’empilement doivent être détournées vers des zones de végétation afin d’éviter l’apport de sédiments; • que les chemins forestiers doivent être construits à plus de 60 mètres des plans d’eau et que, lorsqu’ils les traversent, le milieu aquatique doit être aussi peu affecté que possible.LA PROTECTION DE LA FAUNE La forêt sert d’habitat à de nombreuses espèces fauniques et la protection du milieu forestier est essentielle à leur survie.Le guide des modalités d’intervention permettra d’assurer cette protection.Par ailleurs, les lisières boisées préservées le long des cours d’eau sont tout aussi vitales pour les mammifères, oiseaux, reptiles et batraciens qui y trouvent abri et nourriture.Les arbres qui y croissent protègent l’intégrité des frayères et des lieux d’alevinage et ils contribuent au maintien des caractéristiques biophysiques du milieu aquatique.Les auteurs du guide y ont donc accordé une grande importance.Incidemment, la plupart des modalités d’intervention prévues dans le guide sont favorables à l’orignal.En effet, comme ce cervidé se nourrit surtout de ramilles, il se régale dans les forêts en régénération.Dans la mesure où on lui laisse un certain couvert forestier, ce nomade ne peut donc que profiter des activités de récolte.PUBLIREPORTAGE FORÊT On a identifié des sites ayant un potentiel pour de nombreuses autres espèces fauniques (castor, oiseaux, rat musqué, caribou, etc.) et on a déterminé les modalités d’intervention qui y seront prescrites.En fait, tous les sites identifiés comme «habitats fauniques essentiels» par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche font l’objet de modalités d’intervention spécifiques.Les opérations forestières autorisées permettront à la forêt de continuer à jouer son rôle d’abri tout en créant des aires de régénération riches en végétation arbustive.LA PROTECTION DES SITES RÉCRÉATIFS Régénérer la forêt et protéger lacs, cours d’eau et espèces fauniques s’avèrent d’excellents moyens de préserver la vocation récréative de la forêt québécoise.Néanmoins, certains sites dotés d’infrastructures ou d’équipements lourds nécessitent une protection particulière.Tel est le cas, notamment, des bases de plein air, des campings rustiques, des sites de villégiature concentrée, des haltes routières, des aires de pique-nique et de camping, des sentiers de randonnée, etc.Un certain pourcentage des arbres parvenus à maturité sera prélevé en bordure de ces sites.De plus, des mesures particulières sont prévues pour les territoires qui leur sont adjacents, c’est-à-dire pour leur «environnement immédiat».Ainsi, les coupes à blanc totales seront interdites dans l’environnement immédiat (jusqu’à 1,5 km) d’un centre de ski alpin, d’un lieu de villégiature ou d’un site d’observation.LA PROTECTION DES SITES D’UTILITÉ PUBLIQUE Certains sites ont une valeur culturelle, historique, touristique, écologique, éducative, archéologique ou géologique particulière et les interventions forestières qui y sont autorisées doivent en tenir compte.• Ainsi, les routes numérotées par le ministère des Transports doivent être bordées d’une lisière boisée de 30 mètres.Dans le cas des circuits touristiques, l’« environnement immédiat» comprend le paysage visible à partir de la route, jusqu’à une distance maximale de 1,5 kilomètre.On y pratiquera la coupe à blanc par trouées en adaptant le périmètre de ces dernières à la topographie des lieux.• Le guide prévoit également certaines mesures pour protéger les sites écologiques, géologiques et archéologiques ainsi que les arrondissements historiques, les prises d’eau municipales, etc.CONCLUSION Le nouveau régime forestier veut assurer le maintien et le développement de l’industrie forestière tout en permettant à la forêt de continuer à jouer pleinement ses autres rôles.Le succès de ce régime repose sur la collaboration de tous les utilisateurs.L’État, les entreprises forestières et Pour un nouvel tous les Québécois devront agir de concert afin de préserver l’une de nos plus précieuses richesses naturelles.La mise en oeuvre du nouveau régime et le respect des modalités d’intervention prévues dans le guide nous permettront d’atteindre un nouvel équilibre forestier et de bâtir une forêt pour demain.LES ENJEUX ÉCONOMIQUES • Près de la moitié du territoire québécois est couvert de forêts.En fait, on trouve au Québec 18 % des forêts productives canadiennes et un peu plus de 2% des forêts productives mondiales.• L’industrie forestière est le premier levier de l’activité économique québécoise.La valeur totale de la production forestière (bois rond et coupé, pâtes et papiers) s’élève à 9 milliards de dollars par année.Les exportations provenant de ce secteur se chiffrent à 3,4 milliards de dollars.• La ressource forestière procure 70 000 emplois directs /A dans les industries du bois et du papier (et industries connexes).Elle génère aussi près de 11 000 emplois directs en forêt et 110 000 emplois indirects ou induits.110 000 emplois indirects ou induits.• Chaque année, des millions de Québécois se récréent en forêt.Ils s’y adonnent à la chasse et à la pêche ou y pratiquent le canot, le ski de randonnée, le camping et d’autres activités récréatives.En plus d’être sources de détente et de mieux-être, ces activités injectent près de 600 millions de dollars dans notre économie.Gouvernement du Québec Ministère de l’Énergie et des Ressources fores!le r mmÊ L UNIVERSITE DU QUÉBEC RÉSEAU Creée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 74 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d'un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 28 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec I ' ::v.j EXCELLENCE .v • 1) Le$ sporanges, matériel de reproduction des fougères.(Gros plan, section gauche de la photo 4).2) et 3) La feuille de lumière (photo 2) de l’érable est plus épaisse que la feuille d’ombre (photo 3).4) Coupe transversale de la fronde d’une fougère.5) Autre type de fougère.Les sporanges (en noir) se retrouvent un peu partout sur la feuille.32 IÉÊMI Hggifg TEXTES ET PHOTOGRAPHIES ËVE-LUCIE BOURQUE La microscopie nous permet de mieux saisir l’évolution des structures végétales oilà de cela environ 395 millions d’années, des plantes aquatiques macroscopiques commençaient à coloniser la terre ferme.Des découvertes géologiques démontrent que cette migration fut provoquée par des sécheresses intermittentes à la surface du globe.Cependant, l’aptitude à s’implanter dépendait de la capacité de se développer en fonction de la fertilité du sol.Depuis cette importante adaptation climatique des cellules, ce premier «pas», cette première trace de verdure frémissant au vent, les plantes ont énormément évolué.La diversification a été la règle dans l’évolution des structures végétales et les mutations n’ont pas été le fruit du hasard.Grâce à la microscopie optique, la face cachée des feuilles, leur architecture intime, nous est dévoilée.Et dans cet essai photographique, nous vous proposons d’explorer la diversité des aiguilles de pin, des feuilles d’érable et des fougères.En quoi le tissu foliaire de ces trois partenaires de notre flore est-il si différent?Comment réagit-il à la lumière?À la chaleur?Quelles stratégies ces plantes ont-elles élaborées pour mieux adapter leur mode de vie au milieu naturel?DES FOSSILES VIVANTS «Soulignons tout d’abord que la fougère et le pin sont de véritables fossiles vivants comparativement à l’érable et aux autres essences feuillues, chez lesquelles on peut observer, entre autres, une évolution poussée des structures qui conduisent la sève», explique Jean-Robert Thibeault, professeur de biologie et de physiologie des plantes à TUni-versité Laval.La feuille aussi présente des signes d’adaptation très marqués.Chez les plantes dont nous traitons dans cet article, la fougère a eu comme stratégie de développer un tissu foliaire souvent imposant pour augmenter au maximum la surface qui lui permet de capter l’énergie lumineuse, puisqu’elle pousse souvent à l’ombre.Soulignons aussi que, chez les fougères, les structures servant à la reproduction se trouvent sur les feuilles elles-mêmes, aussi appelées frondes (photos 1, 4 et 5).«Le pin, quant à lui, est venu après dans l’échelle évolutive.Il a produit des aiguilles qui n’étaient rien d’autre que des tiges capables de photosynthèse (photos 6, 7 et 8), alors que, bien plus tard, l’érable acquiert une feuille capable de remplir au mieux la fonction primaire, qui est de capter la lumière», souligne mon interlocuteur (photos 2 et 3).ACCROCHER LA LUMIÈRE La photosynthèse constitue un mécanisme universel.Ainsi, les fougères, les conifères et les feuillus exploitent l’énergie du rayonnement lumineux de la même façon, grâce à des pigments photosensibles communs.C’est grâce à ce phénomène que la plante obtient l’énergie nécessaire à tous les autres processus physiologiques.«On peut considérer la photosynthèse comme une réaction comprenant deux étapes essentielles: la phase lumineuse, qui est la captation proprement dite de l’énergie de la lumière et le fractionnement de molécules d’eau.Vient ensuite la phase sombre où le gaz carbonique atmosphérique est transformé en sucres, c’est-à-dire en nourriture pour les tissus végétaux», explique M.Thibeault.«Et on ne saurait trop insister sur les bienfaits de la phase lumineuse 6) Coupe transversale d’une aiguille de P inus res inos a.1) Le faisceau de deux aiguilles du Pinus resinosa.8) Coupe montrant en partie le faisceau de cinq aiguilles du pin blanc.Les ouvertures extérieures sont des stomates. pour l’homme, poursuit-il, puisque l’arbre produit une quantité importante d’oxygène à ce moment-là.Un arbre adulte de taille moyenne rejette suffisamment d’oxygène dans l’atmosphère pour alimenter la respiration de trois adultes.» On distingue des feuilles d’ombre et des feuilles de lumière, une spécialisation déterminée par leur emplacement dans la couronne végétale (photos 2 et 3).Une activité photosynthétique intense se fera inévitablement dans les feuilles de lumière, situées aux endroits les plus exposés.DE LA MER À LA TERRE Aiguilles et feuilles se protègent de l’ardeur des rayons par des couches de protection.«Celles-ci ont ni plus ni moins le même effet que des verres fumés», explique M.Thibeault.L’activité photosynthétique est d’ailleurs suspendue lorsque les rayons se font trop violents et que survient un stress hydrique.Plus tard, dans l’après-midi, les cellules aptes à la photosynthèse reprennent leurs activités, après réhydratation progressive des tissus.De plus, pour lutter contre la chaleur, les feuilles et les aiguilles ont mis au point un important mécanisme de climatisation.Celle-ci est assurée par des milliers de petits trous, les stomates, qui criblent leur surface.Selon M.Thibeault, «les stomates sont de véritables tourniquets qui contrôlent, d’une part, l’entrée du gaz carbonique pour la photosynthèse et, d’autre part, la sortie de la vapeur d’eau dans l’évapotranspiration».En réglant le «débit» d’évapotranspiration, les stomates rafraîchissent constamment les tissus foliaires.Ce sont des climatisateurs extrêmement efficaces.Depuis des millénaires, le couvert végétal élabore des stratégies multiples pour améliorer son adaptation.Ainsi, le feuillage «de mer» des algues a partiellement muté en feuillage « de terre ».Et toute cette verdure contribue depuis à fournir à l’homme de l’oxygène, cette denrée précieuse dont on ne saurait se passer.? ANIMAIS Le commerce international et la contrebande font payer un lourd tribut aux espèces exotiques BENOÎT CHAPDELAINE Principale porte d’entrée en Amérique du Nord pour les animaux en provenance des autres continents, Miami peut se vanter d’offrir à ses hôtes un climat à peu près identique à celui de leur région d’origine.Ici, les panthères, serpents venimeux et autres espèces exotiques arrivent, comme les vacanciers sur la plage, par dizaines de milliers chaque année.Avec une différence majeure : les animaux, contrairement aux humains, n’ont pas choisi leur destination.L’une de ces destinations est le Metrozoo de Miami.Établi sur le site d’une ancienne base aéronavale, point d’arrêt pour les défunts zeppelins, ce jardin zoologique fondé à l’aube des années 80 est un modèle mondial pour la qualité de vie qu’il offre à ses animaux.Les tigres et les antilopes gambadent dans de vastes espaces délimités par de simples fossés, sans clôture.Les oiseaux ne sont pas enfermés dans des cages exiguës, mais planent librement dans une gigantesque volière à la végétation luxuriante.Bref, le Metrozoo, c’est un peu le paradis des animaux en captivité.Malheureusement pour eux, les animaux exotiques qui arrivent à Miami sont loin d’être tous destinés à d’aussi agréables conditions de vie.William «Bill» Zeigler, responsable de l’administration du Metrozoo de Miami, connaît particulièrement bien la question.11 est aussi président du comité d’import-export pour l’Association américaine des zoos et aquariums (AAZA).Selon lui, un animal sur cinq entre en fraude aux États-Unis.Beaucoup arrivent au pays par la frontière mexicaine, véritable passoire pour les animaux comme pour la drogue.D’autres, dont la provenance est volontairement falsifiée, échappent au contrôle douanier dans les aéroports, surtout le soir et les week-ends, où les services sont allégés.Et les coupables ne sont pas les jardins zoologiques, mais des commerçants sans scrupules qui accélèrent l’extinction d’une espèce en la distribuant dans les pets shops ou en les vendant à des manufactures de chaussures en peau de serpent ou de crocodile.DES MILLIONS D’AMATEURS «On peut dire que 85 % des animaux que possèdent les zoos ne proviennent pas du milieu sauvage», indique 36 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE Z O O L O G E - y.- ïfcrÈÊUÊiÊÊÊË $ « / » J» ¦’’ t'T* Zeigler, dans son bureau encombré d’encyclopédies, de diplômes d’honneur et de dépliants publicitaires, dont celui du jardin zoologique de Québec.«En fait, seulement 5% des importations totales d’animaux exotiques sont destinées aux zoos.» La grande majorité des primates sont achetés par des laboratoires de recherche, alors que reptiles et perroquets vont garnir en grand nombre les appartements de millions d’amateurs.Les États-Unis sont les plus grands importateurs mondiaux d’animaux exotiques.Chaque année 700 millions d’oiseaux, 125 millions de poissons tropicaux.400 000 reptiles et 14 000 primates traversent les frontières.Ce sont les reptiles qui rapportent le plus: 145 millions de dollars, en incluant les produits manufacturés comme les sacs à main ou les chaussures en crocodile.Selon le World Wildlife Fund, dont le quartier général est à Wash- Les oiseaux exotiques font l’objet d’un trafic lucratif.Ici, des perroquets du Sénégal entassés dans une caisse pour le transport aérien.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1987 37 ià'.iW Le Metrozoo de Miami est un modèle pour la qualité de vie qu’il offre à ses animaux.Selon son administrateur, William Zeigler, un animal sur cinq entre en fraude aux États-Unis.’f* yfr : j Sir' S'- " ÎSfe:(j •1*iW r ington, un tiers des animaux importés à Miami y entrent en fraude.À l’aéroport international de Miami, les cinq agents de douane préposés à la faune signalent qu’ils ne peuvent tout vérifier.«Des semaines, c’est 10% de la marchandise; d’autres semaines, c’est 100%», reconnaît le sergent Rogers.Et ce, malgré la rigidité de la Convention sur le commerce international de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction (CITES).UN MARCHÉ PROSPÈRE La CITES, c’est un peu la bible des commerçants d’animaux exotiques.Plus de 90 pays souscrivent à cette convention, dont le Canada, les États-Unis, l’URSS, la Chine et la plupart des pays du Tiers monde.En vigueur depuis 1975, la CITES permet de contrôler et de suivre l’évolution du marché, tout en limitant par des permis l’importation et l’exportation de certaines espèces rares ou menacées.Pour se procurer des animaux de l’étranger, l’acheteur a le choix: il peut contacter les autorités ou un jardin zoologique du pays exportateur, s’adresser directement à des éleveurs ou à des chasseurs en poste là-bas ou encore utiliser les services d’une agence spécialisée dans le commerce d’animaux.Zoological Imports Unlimited est l’une de ces agences.Située à dix minutes de l’aéroport international de Miami, on trouve dans ses locaux 200 primates, renards, serpents venimeux et autres bêtes en attente de départ vers une nouvelle destination.Le commerce est rentable: les profits frisent les 100 000 dollars par année.A titre d’exemple, un macaque rhésus, sorte de grand singe, se vend 800$ l’unité, une tortue de Birmanie, 900$ et un grand fourmilier, 2 500$.Cela n’empêche pas Thomas Goldsmith, le vétérinaire de l’endroit, de trouver son travail déprimant.«Le temps que j’accorde aux animaux, avoue-t-il, dépend essentiellement de leur valeur sur le LE CAS ZIRA Vous vous rappelez de Zira?C’est la jeune gorille camerounaise qui a fait les belles heures du zoo de Granby à l’été 1984.Après un séjour au jardin de Toronto, Zira est maintenant détenue à Buffalo, hors de l’atteinte du public.On a découvert à la fin de l’été 1984 qu’elle était porteuse de la tuberculose, bien qu’elle n’en manifeste encore aucun symptôme.Selon Louise Beaudin, l’ex-vétérinaire du zoo de Granby, c’est un véritable miracle qu’il n’y ait pas eu d’épidémie chez les nombreux enfants en bas âge qui l’ont touchée pendant sa tournée de promotion.Les circonstances de l’achat de Zira sont demeurées mystérieuses.La version officielle veut que des éléveurs de gorilles camerounais aient envoyé Zira au Canada parce qu’elle était une pauvre orpheline dont les deux parents avaient été tués par des indigènes.Une autre version, circulant dans les groupes de défense des animaux, voudrait que ces éleveurs exécutent eux-mêmes les gorilles adultes pour pouvoir disposer des bébés et les revendre à gros prix sur le marché international.Or, la vente de gorilles nés à l’état sauvage est interdite depuis 1975.y >v1\ f « ^ V Bill Zeigler est lui aussi convaincu que des éleveurs tuent eux-mêmes les gorilles adultes pour pouvoir vendre les petits et pense que cela a été le cas à l’origine de l’arrivée de Zira au zoo de Granby.Il a des soupçons précis, mais ajoute qu’il est bien difficile de prouver quoi que ce soit lorsqu’un commerçant agit en pleine jungle africaine, dans un pays du Tiers monde pour qui le contrôle du commerce animal est loin d’être une priorité.m’ I il il ji' lii 101 k It nii 1 i»! H fei ffi Il Éiii | Pm 1 tu 1 I Jin I '«ii : 'll 11 'îo 38 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENCE Malgré les normes imposées aux compagnies aériennes, les conditions de transport sont souvent déplorables.Le taux de mortalité est très élevé, surtout pour les primates.fW l marché.Par exemple, je ne peux m’occuper de chaque oiseau individuellement.Pour les examiner, je dois me contenter d’un échantillon et s’ils ont besoin de médicaments, je dois les ajouter à leur nourriture.Il est alors difficile d’évaluer la dose consommée.11 y a aussi le fait que les animaux manquent de soleil et qu’ils arrivent souvent ici en mauvais état.» UN VOYAGE PARFOIS MORTEL Le taux de mortalité des animaux entre le moment de la capture et la fin de la quarantaine dans le pays importateur est parfois effarant.Selon une enquête menée à travers le monde entre 1977 et 1983 par [’Environmental Investigation Agency de Londres, ce taux peut atteindre 50% pour les primates importés aux États-Unis.Cet organisme reproche particulièrement à l’Éthiopie, à la Tanzanie et au Sénégal leur manque de vigilance dans l’expédition d’animaux sauvages.Ceux-ci peuvent se retrouver plusieurs jours sans nourriture et sans eau ou être littéralement empilés les uns sur les autres, ce qui entraîne des décès par suffocation ou par manque d’aliments.Les cages, souvent trop étroites, sont aussi mal ventilées ou construites avec des matériaux toxiques, bien que les lignes aériennes soient de plus en plus sévères à l’égard des expéditeurs.Depuis 1974, les compagnies aériennes utilisent un guide conçu expressément à leur intention par l’International Air Transport Association (IATA).Ce guide volumineux décrit les grandeurs minimales des cages utilisées pour le transport de chaque espèce sauvage.Mais encore faut-il que les agents de douane s’y connaissent assez pour identifier les différentes espèces.Il arrive que les compagnies aériennes aient à débourser des amendes pour ne pas avoir été assez vigilantes.Ce fut le cas d’Air Canada il y a quelques années.Sur un envoi de dix loutres des rivières à destination de Londres, deux seulement ont survécu.Les cages d’expédition, mal aérées, ne répondaient pas aux normes fixées par 1TATA.Air Canada a dû payer une amende de 3 000$.DESTINATION: CANADA Au Canada, les animaux exotiques arrivent surtout à Montréal et à Vancouver.Et ce sont surtout les oiseaux, semble-t-il, qui intéressent les Canadiens.Ici comme ailleurs, les agents de douane doivent être vigilants: beaucoup de gens ramènent au pays des produits dérivés d’animaux, sans savoir qu’ils sont interdits d’entrée.C’est le cas notamment des sculptures et objets en ivoire (1 000 saisies au Canada en 1984) et des bracelets de montre en peau de lézard ou de crocodile.Le docteur Bertrand Labonté, responsable des importations pour le Québec, raconte le cas d’un trafiquant qui fut découvert de façon cocasse, lorsqu’un inspecteur aperçut des oiseaux s’échappant de la salle de toilette.Souvent, les oiseaux sont trimbalés dans des sacs à double fond ou à double paroi que les inspecteurs repèrent par les petits orifices percés expressément pour la respiration.Le Québec est un importateur d’animaux de premier rang au Canada.On y retrouve la seule agence commerciale canadienne accréditée par l’Association américaine des zoos et aquariums.Établie à Laval, Interzoo fournit les jardins zoologiques québécois depuis 1968.On trouve également dans la région de Montréal un représentant de la firme Charles Meyers, un important grossiste international spécialisé dans la vente d’animaux à des fins de recherche.Les jardins zoologiques ont beau éduquer de plus en plus leur public pour lui faire comprendre qu’il est important de préserver les espèces en voie de disparition, cela n’empêche pas nombre d’entre elles de disparaître chaque année.Le commerce international est à lui seul une importante cause de mortalité, à laquelle s’ajoute le fait que les activités humaines empiètent de plus en plus sur les derniers espaces sauvages de la planète.Les bêtes sauvages sont trop souvent à la merci des humains, qui en disposent comme bon leur semble, soit pour se divertir, soit pour tester sur eux les moyens d’assurer leur propre survie.C’est que depuis longtemps déjà le roi et maître absolu de la jungle n’est plus le lion, mais l’être humain, la plus destructrice de toutes les espèces.?QUÉBEC SCIENCE • MAI 1987 39 'et:- K*Ct! I-W.MWRS '« pty On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s’adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s’agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.Le lecteur participe de façon active et créative à son apprentissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le faciès de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1985, 142 planches .17,00$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser_____ex.de L’ANATOMIE À COLORIER au prix de 17,00 $ Nom et Prénom _ (en capitales) Adresse_____________ Ville_______________ Date _______________ _ Code postal _ .Signature Règlement ci-joint ¦ÜÜfl VISA ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?Date d’expiration somabec Ltée 2475, Sylva Clapin, Téléphone: (514) 774-8118 Case postale 295, Montréal: 467-8565 St-Hyacinthe, Québec, J2S 5T5 Télex: 05-830549 -1 53 N O U O N S L U POUR VOUS INCRE 'eut CHRONIOU VAINCRE LA DOULEUR CHRONIQUE Les Publications du Québec Québec, 1987, 10,95 S Trop souvent oubliée lorsqu’on évoque les grands problèmes de santé, la douleur chronique empêche pourtant chaque année au Québec plus d’un demi-million de personnes de vivre normalement.Qui plus est, la douleur coûte cher, sans compter les coûts humains et les pertes de qualité de vie.Aussi, le Conseil des affaires sociales et de la famille a-t-il voulu attirer l’attention sur le défi que pose actuellement ce problème au système de soins en publiant un ouvrage intitulé : Vaincre la douleur chronique.Cette étude fait la lumière sur les plus récentes découvertes scientifiques concernant la douleur cancéreuse, arthritique, les maux de dos et les maux de tête, sans oublier la douleur d’origine psychique.Le portrait type d’un individu affligé de douleurs chroniques donne à peu près ceci: il souffre en moyenne depuis sept ans, il a subi de trois à cinq interventions chirurgicales majeures, il a coûté en soins médicaux et hospitaliers environ 75 000 $ et .il souffre encore ! Selon cette étude, un Québécois sur dix est touché par la douleur chronique et elle constitue la cause la plus fréquente d’invalidité à long terme.Dans ce contexte, on peut qualifier cette question de prioritaire parmi les problèmes majeurs de santé.A travers les témoignages des souffrants chroniques qui sont rapportés dans la publication, on peut constater que la prise en charge de ces malades par le système de soins laisse fort à désirer.Ainsi, les cliniques antidouleur, qui réussissent pourtant à soulager de façon durable 40 à 60 % des patients, ont beaucoup de difficultés à se structurer et à trouver le financement nécessaire à leur fonctionnement.Aux yeux du Conseil, chaque hôpital comptant 500 lits et plus devrait disposer d’une telle clinique, où l’on concentrerait l’ensemble des spécialistes et des thérapeutiques nécessaires à une approche intégrée et totale de la douleur.Il faudrait aussi que les médecins omnipraticiens reçoivent une formation appropriée, afin de mieux intervenir de façon précoce sur la douleur avant qu’elle n’atteigne le stade chronique.Au fil des années les méthodes traditionnelles, notamment les techniques chirurgicales, ont été abandonnées ou sont en perte de vitesse.L’étude fait état de la panoplie de nouvelles approches et de techniques douces, mais rappelle que Vaincre la douleur signifie aussi, pour bon nombre de personnes, l’apprivoiser, apprendre à vivre avec elle quotidiennement.VAINCRE LE RONFLEMENT.ET RETROUVER LA FORME Claude-Henri Chouard Éditions Ramsay Paris, 1986, 223 pages 24,50$ Un livre sur le ronflement et la façon de le vaincre, ce n’est pas précisément le genre d’ouvrage que l’on apporte avec soi pour lire en voyage, dans l’autobus, le train ou l’avion.Ça fait chuchoter les gens, ça fait rire aussi.Mais depuis un certain temps, le ronflement se hisse lentement et inexorablement au rang des maladies, délaissant les bas étages des railleries.Et une maladie, c’est sérieux.Dans son livre, Claude-Henri Chouard, un oto-rhino-laryngologiste français, nous présente une «nouvelle branche de l’ORL»: la rhonchologie.Un mot de racine grecque, plus digne, qui désigne l’étude du ronflement.M.Chouard nous décrit donc à la fois les causes et les méfaits du ronflement.Mieux, comme le titre l’indique, il nous propose également des solutions.Dès le début, C.-H.Chouard nous apprend qu’il est possible, dans bien des cas, de mettre fin au ronflement par une intervention chirurgicale.Il s’agit simplement de raccourcir le voile du palais qui, par ses ballottements, est le principal responsable du ronflement (voir aussi Québec Science, novembre 1983).La chirurgie n’est pas toujours souhaitable ou nécessaire, avertit le docteur Chouard qui ne veut pas passer pour un chirurgien-messie ou encore un sauveur de ménage.Mais après avoir fait le tour des autres solutions, on constate avec lui qu’il y en a peu de valables à long terme.Une seule semble assez efficace: le changement de posture pendant le sommeil.Dormir sur le ventre empêche de ronfler, vous le savez peut-être déjà.Mais comme le souligne C.-H.Chouard, cette position n’est pas toujours confortable pour les articulations, les muscles et la respiration.Dans l’ensemble, le livre est bien écrit et se lit très facilement.On y explique clairement les mécanismes du ronflement et ses conséquences sur la santé, souvent dramatiques.Si vous empêchez tout le monde de dormir autour de vous, la lecture de ce livre pourra vous être utile.Toutefois, il n’est pas sûr que vous trouverez au Québec un ORL qui voudra vous opérer.Ce genre d’innovation prend parfois des années à traverser les mers.Gilles Drouin LA CONQUÊTE DE L’ESPACE Jean-Marc Carpentier Libre expression et Radio-Québec, Montréal 1986, 230 pages, 14,95$ Tiré de la série diffusée à Radio-Québec, ce livre raconte l’attrait de l’univers extraterrestre et les efforts de l’humanité pour le connaître depuis l’antiquité jusqu’aux missions Pioneer et Voyager.Vraiment conçu pour le grand public, d’un niveau de langue aisément accessible, La conquête de l’espace mérite d’être considéré comme un ouvrage de référence dans le domaine.Qu’on ait suivi ou non la série à la télévision, il est fascinant de parcourir ces quelque 3 000 dernières années de notre histoire en s’attardant aux événements qui ont conduit le genre humain à quitter sa planète natale, à marcher sur la Lune et à envoyer en éclaireurs des engins téléguidés jusqu’aux confins du système solaire.À la lecture du livre, on retient de nombreux détails qui nous avaient échappé à la télévision.Par exemple, que les Américains n’auraient rien fait M sans Von Braun car celui-ci avait déjà conçu, pour l’essen- i fj.tiel, un avion spatial du type de la navette Columbia dès les années 40.À son propre rythme, on peut aussi prendre le temps de peser tout le poids de certaines réalités un peu embarrassantes.Ainsi, après avoir lu que le programme Voyager, lequel a permis d’en apprendre plus sur les planètes de notre système que toute l’histoire de l’astronomie ne l’avait fait jusque-là, a coûté un montant égal à celui des dépenses militaires américaines d’une journée.J’ai fermé les yeux, rêvant pendant quelques secondes être n’importe quoi d’autre qu’un être humain.Gerald Bari! 54 MAI 1987 • QUÉBEC SCIENC K MESSIRE LÉONARD : ARTISTE ET HOMME DE SCIENCE pirTTYY, • Mt.» -rtT).,______\ .\ v«
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