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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1984, Collections de BAnQ.

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1 D ) c D ) Volume 22, numéro 10 JUIN 1984 2,95$ INFORMATIQUE: SWE NOUS RÉSERVE LA 5e GÉNÉRATION?1 1 ( 1 1 'ART EN BINAIRE ES BONSAÏ, ;es sculptures VIVANTES E PROCES D'UNE BIBITE À PATATE A GUERRE EN ORBITE ¦ .T.-^a .agaîf» SpftgjV-r '0ÊMÇÊ2IS.- : .t f ’ ,N= : tes,; .te1 S Port de retour garanti COURRIER 2ième classe Port payé à Quebec C P 250 Sillery France: 23 FF BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 a ï 1 » Une eau de qualité, un environnement propre / \ e ministère de l'Envi-/ \ ronnement du Qué- \ / bec soutient concrè- rV S~\ tement cette volonté 1—^ de tous les Québécois et Québécoises, utilisateurs de l'eau.Depuis le Mois de l’environnement, et pendant toute une année, la population est invitée à participer à des activités de sensibilisation à la qualité de l’eau.Un appui à l'effort d'assainissement des eaux \ encontrer les utilisa-C \ teurs de l’eau et les / associer à l’effort de protection de l’eau: voilà l’objectif de l’OPÉRATION EAU PROPRE.Pour appuyer les programmes de dépollution des eaux, les partenaires du ministère de l’Environnement sont «sur le terrain».À eux, la parole et l’action! L leau, .fest rtemf \hn traité1 ^16 Un moment privilégié pour l'action environnementale // \ a dépollution des / \ eaux, il faut la faire, \ y maintenant.Les mu-^r\ nicipalités, les indus-1——1 tries, les agriculteurs, tous les citoyens doivent s'engager dans des actions concrètes pour réaliser la restauration des cours d’eau du Québec.L’OPÉRATION eau PROPRE: des moyens nouveaux pour agir.AU QUÉBEC, EN 1984, L’EAU, C'EST LTEMPS D'EN TRAITER! Québec O QUÉBEC SCIENCE SOMMAIRE JUIN 1984 ENQUÊTES/REPORTAGES_______________________________________ 16 Informatique: que nOUS réserve la 5e génération ?Jean-Marc Carpentier La course au super-ordinateur est commencée et les Japonais sont partis en lion 24 L'art en binaire Géra/d Baril Quand l'artiste s'empare de l’ordinateur, il en résulte des images surprenantes 28 Les bonsaï, ces sculptures vivantes Andrée Poulin De plus en plus de Québécois cultivent ces arbres nains selon la tradition japonaise 34 Le procès d'une «bibite à patate» Jean-Pierre Rogel Les écologistes s'en prennent à la dissémination dans un champ de pommes de terre d'une bactérie «recombinée» et lui intentent un procès 40 La guerre en orbite Claude Laf/eur Le nouveau champ de bataille des grandes puissances militaires: l'espace.Leur cible: les satellites ACTUALITÉS 6 Immunologie 7 Québec 84 8 Les têtes à Papineau 9 Foresterie 48 Récupération 49 Arboriculture 50 Technologie 51 Environnement Le gène de l'espoir La science est de la fête Un Guillaume Tell québécois Savez-vous planter.des arbres?Recycler les batteries Ces arbres malades de la ville Des robots sous-marins Du fromage comme ça me plaît! CHRONIQUES__________________________ 12 Sans frontières Revue de presse internationale 47 Info/puce Apprivoiser l'informatique 53 Cinéscience La science à l'écran 54 Bientôt demain La technologie des années 80 55 Boîte à livres Lus pour vous 58 En vrac Les p’tits mots de la fin Gilles Drouin François Picard Gérald Baril François Picard Vonik Tanneau QUAND ON REBOISE POUR LA TERRE ET LES ANIMAUX urant le seul été 1983,110 000 plants Ê fd'Aulne crispé ont été mis en terre ainsi que 22 000 plants d'espèces compagnes, soit le Saule (11 000), le Pin gris (9 000), le Peuplier (1 000) et le Myrique (1 000).Il ne s’agit pas de reboisement à vocation esthétique, mais plutôt de protection du sol et de recolonisation par les plantes et par la faune.Pour construire les grands ouvrages et les routes d'accès, il faut excaver les matériaux de remblai sur place.Ces zones d’emprunt, de même que les chantiers et les campements, doivent être ensuite réaménagées parce que, le terrain étant mis à nu et le paysage abîmé, la recolonisation naturelle pourrait dans certains cas prendre des décennies.Trois facteurs ralentissent la colonisation par les plantes : le climat nordique, très rigoureux ; le sol fortement perturbé par les travaux, qui a perdu sa couche supérieure riche en matière organique, et est donc trop pauvre pour la plupart des espèces ; et l’érosion de surface, très forte dans les zones dénudées.Il faut donc intervenir.Depuis 1972, Hydro-Québec a entrepris avec succès des programmes de reboisement avec l’Aulne crispé accompagné, selon le type de sol, du Saule, du Pin gris, du Peuplier ou du Myrique.De même, à la Baie James, la SEBJ a repiqué depuis 1975 une dizaine de millions de plants d’Aulne crispé.L’Aulne crispé est l’espèce par excellence pour ce type de reboisement : c’est un arbuste indigène dont la taille maximale est de trois mètres et qui a la qualité de coloniser les sols pauvres, voire rocailleux ; en effet, il peut fixer directement l'azote atmosphérique grâce à ses nodules de mycorhizes, des champignons vivant en symbiose sur ses racines ; de ce fait, il produit une biomasse primaire sur les sols pauvres.Ainsi, les feuilles Solange Lapierre Hydro-Québec Publi-reportage Juin 1984 mortes, les branches qui tombent et les racines qui se désagrègent dans le sol permettent la formation de matière organique et la fertilisation du sol.Ce faisant, on accélère le processus de réinstallation d’un couvert végétal et de repeuplement par la petite faune.Les jeunes plants d’Aulne crispé sont élevés en serre à partir de graines prélevées à Manie 5, puis mis en terre dans des emplacements appropriés à la survie des jeunes plants.A Manie 5, le programme de reboisement, en cours depuis 1972, donne d'excellents résultats : les arbres ont atteint leur taille maximale.Depuis, les programmes ont été étendus à plusieurs zones : Manie 2 (30 000 plants en 1983), la route de Némiscau à Albanel (120 000 plants en 1982 et 20 000 en 1983), autour des digues de Pamouscachiou (dans le bassin de la Péribonca), le campement d’Aigremont (dans la réserve faunique de Chibougamau), le long de la ligne entre les postes Abitibi et Lebel (en 1984,10 000 plants seront mis en terre), le long de la route de Le Moyne à Chibougamau (45 000 plants en 1983).En outre, comme l’Aulne crispé possède un important système racinaire, on s’en sert pour consolider le sol autour de pylônes sur la Côte-Nord et à la Baie James.Parallèlement aux programmes de reboisement, Hydro-Québec, de même que la SEBJ, mène des recherches pour améliorer les techniques de plantation et les espèces qui servent au reboisement ainsi que pour accélérer l’adaptation des jeunes plants.En collaboration avec l’université Laval, une étude de la mycorhization est en cours.0n a ainsi constaté que les champignons endo-mycorhizés qui infiltrent les racines sécrètent des produits modifiant la chimie du sol : de ce fait le phosphore non observable peut être absorbé par la plante porteuse de ces champignons, ce qui améliore les conditions de croissance sur un terrain stérile.En serre, on arrose de ces champignons les jeunes semis pour que l’infestation par ces champignons se fasse avant la mise en terre du plant, accélérant ainsi son adaptation au nouveau milieu.En outre, un essai de fixation du sol grâce à l’Élyme des sables, une herbe qui colonise les rivages maritimes, a lieu à Poste-de-la-Baleine ; s'il est concluant, d’autres plantations seront entreprises, peut-être à Kuujjuak, pour stabiliser les dunes.Ces différents programmes de reboisement et de recherche contribuent à protéger et à revaloriser les terres : pour Hydro-Québec en effet, et plus particulièrement pour la vice-présidence Environnement, la protection de l’environnement, ce n'est pas un vain mot.Iipoi taiiOi Isilili Imprime te Pt min feleS LéSIVUJV MPI \ s % »ï, *1 s N JÊBEC SCIENCE / juin 1984 5 ________________________________________ QUÉBEC SCIEMCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1 -800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION I Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, André Delisle, Gilles Drouin, François Huot, Gerald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgson, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographie Louis Ducharme, photo couverture Les ateliers graphiscan, séparation de couleurs Imprimerie Canada, photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, responsable de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Les nouvelles messageries de la presse parisienne (N.M.P.P.), distribution en kiosques pour la France Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Canada: Spécial: (2 ans/24 nos): 40,00$ Régulier:(1 an/12 nos): 23.00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l’unité : 2,95$ En France: Régulier: (1 an/12 nos): 225 FF t.t.c.Spécial: (2 ans/24 nos): 385 FF t.t.c.À l'unité : 23 FF t.t.c.À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos) 32,00$ À l'unité : 3,50$ France: Dawson France, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tél.: (6)909-01 -22 — Télex : 600 394 QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada, M Claude St-Onge, vice-président— Banque de Montréal, Jean Savard, vice-président; Division du Québec — Conseil de la langue française, Michel Plourde, président — Control Data Canada.George J.Hubbs, président — Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée — Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel Boulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, Longueuil, P.Q.— Recherches Bell-Northem, M.Claude I.Proulx, directeur général; Laboratoire de L'ile des Sœurs Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec deuxième trimestre 1984, ISSN-0021-61 27.Répertorié dans POINT DE REPÈRE Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Télex: 051-31623 TWX 610-571-5667 Membre de : CPPA © Copyright 1 984 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ScraPTUM Tous les deux ou trois ans, le Japon lance un nouveau défi à l'Amérique du Nord.Cette fois, c'est d'ordinateurs qu'il s'agit.Pas ceux d'aujourd'hui, mais bien ceux de l'an 2000.On les dit de «cinquième génération» et leur conception défie l'imagination.Du côté technique, ils feront appel à de nouvelles façons de traiter l'information, dit-on.Du point de vue de l'utilisateur, ils seront plus simples à manier et répondront à la parole humaine.Des ordinateurs «paria-blés»?Tant mieux! Notre collabora- '‘Tfjfflfrf8- teur Jean-Marc Carpentier, de Radio-Canada, est allé au Japon, où il a rencontré les audacieux concepteurs de ces machines qui façonneront notre avenir.Et c’est à partir de son micro-ordinateur domestique qu’il a composé et transmis son article à Québec Science.En attendant l'informatique de demain, le magazine vit en effet un peu à l'heure de l'informatique d'aujourd'hui, qui lui permet de communiquer avec ses correspondants équipés de microordinateurs.Gérald Baril, lui aussi, a son «micro» chez lui, mais il ne dispose pas de modem ; il nous a donc apporté son texte lui-même.Vous verrez les merveilleuses images qu'il a recueillies auprès de l'Office national du film.Bien mieux qu’un long plaidoyer sur les possibilités artistiques du graphisme par ordinateur! C'est encore dans l'univers de la technologie que nous entraîne Claude Lafleur, mais une technologie plus inquiétante, celle des armes antisatellites.À l'heure des articles sur «la guerre de l'espace» qu'on nous mijote, Claude Lafleur a choisi l'approche historique, peut-être moins spectaculaire que d'autres, mais plus fidèle à une certaine réalité.Cela fait déjà 25 ans, nous rappelle-t-il, que les satellites servent à espionner età surveiller les armements de «l'ennemi».Qu'ils soient une cible de choix n'est pas nouveau, seuls les moyens envisagés par le président Reagan sont nouveaux et marquent un tournant important.Retour sur terre avec l'article sur les arbres nains d'Andrée Poulin, dont c'est le troisième article dans Québec Science.«Les bonsaï, dit-elle, c'est un univers à eux seuls: ils supposent une technique, une philosophie, une culture.» C'est un sujet original qui sera une découverte pour beaucoup, je pense.Enfin, je signe le dernier dossier de ce numéro de juin, un article d'actualité sur un curieux procès qui pourrait avoir des conséquences importantes sur le développement de la génétique.Un procès à propos de science ?Voilà qui n'est pas entièrement nouveau, non plus, depuis Galilée.En ces temps de préparation aux Grands Voiliers à Québec, je mets le cap sur le large pour les deux prochains mois.François Picard tiendra la barre à ma place et Québec Science continuera bien entendu à voguer toutes voiles dehors.À bientôt! 6 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE JBEC ACTUAUTES IMMUNOLOGIE LE GENE DE L 'ESPOIR Depuis dix ans, les scientifiques de plusieurs pays cherchaient ce que tout le monde soupçonnait: il y a, quelque part dans notre système immunitaire, un minuscule mécanisme chimique qui reconnaît les substances étrangères et les rejette.Au bout du compte, l'enjeu était énorme.Sa découverte ouvrirait la porte à la solution de plusieurs maladies invalidantes qui continuent, pour l'heure, à défier allègrement la science : l'arthrite rhumatoïde, le SIDA, la sclérose en plaques et même le cancer.Mais la course vient de prendre fin, alors que le biochimiste Tak Mak et huit collaborateurs du Ontario Cancer Institute, de Toronto, parviennent à isoler et à cloner un gène qui contient la précieuse information pour fabriquer une protéine «réceptrice» à la surface des lymphocytes T, des cellules qui jouent un rôle essentiel dans la défense de notre organisme.La découverte torontoise survient au moment même où des chercheurs de l'université Stanford, en Californie, réussissaient le même exploit, mais à partir de cellules de souris plutôt que de cellules humaines.Les récepteurs des lymphocytes T seraient cette structure vitale qui permet à ceux-ci de reconnaître les cellules étrangères dans l'organisme et de les combattre.En mettant à jour la structure chimique du gène, Tak Mak et ses collaborateurs ont ensuite déduit la nature et la séquence des acides aminés qui composent la protéine «réceptrice».Les conséquences pratiques de cette information risquent d’être passionnantes: il devrait être possible, croit-on, de produire des anticorps hautement spécifiques aux récepteurs, afin de combattre — une à une — ces maladies qui déjouent le système de défense de notre organisme.On savait déjà que deux types de globules blancs sont impliqués dans la défense immunitaire.Les cellules B — qui se développent dans la moelle épinière — combattent les virus et les bactéries en formant des anticorps contre eux.Les lymphocytes T provenant d'une glande endocrine, le thymus, ne produisent pas, eux, d'anticorps, mais participent néanmoins à la défense immunitaire de trois façons: certaines cellules («tueuses») Le biochimiste Tak Mak, du Ontario Cancer Institute, expliquant en conférence de presse le clonage du gène du récepteur des lymphocytes T.SES Claude Forand détruisent les cellules malades ou étrangères à l'organisme; des cellules «d'appoint» aident les cellules B à réagir à l'infection; et des cellules «suppressives» stoppent la défense immunitaire unefois l'infection terminée.«Plusieurs groupes de chercheurs savaient que le mécanisme de contrôle se trouvait quelque part à la surface des lymphocytes T, précise Tak Mak, mais encore fallait-il l'isoler.» Pour ce faire, l'équipe du Ontario Cancer Institute est sortie des sentiers battus.Plutôt que de mener de fastidieuses analyses de membranes cellulaires, destinées à localiser d'abord le récepteur et à isoler ensuite le gène, ces chercheurs se sont penchés directement sur le gène.Durant deux ans, ils ont trié — à partir des lymphocytes T — 10 000 fragments de matériel génétique, l'acide désoxyribonucléique (ADN), avant de trouver celui qui code l'information essentielle aux réactions immunitaires.Les applications pratiques de cette découverte n'ont pas tardé.À l'institut, on l'utilise pour préciser, davantage qu'avec les anticorps monoclonaux, le diagnostic de la leucémie, une maladie liée à une prolifération anormale des globules blancs.Mais les répercussions à surveiller dans les années à venir risquent surtout de porter sur l'arthrite rhumatoïde, le SIDA, le cancer, ainsi que le rejet d'organes lors de transplantation, tous reliés à un mauvais fonctionnement des lymphocytes T.Ainsi, pour le cancer, on croit qu'en spécifiant la réponse immunitaire face à l'agresseur, il serait possible de résister mieux à la maladie et éventuellement de détruire les cellules cancéreuses.De même pour le SIDA, cette maladie qui annihile les défenses immunitaires de organisme et qui serait provoquée par un trop faible taux de cellules «tueuses».Une meilleure connaissance du rôle des récepteurs des cellules T pourra aussi servir à expliquer pourquoi, lors des greffes d'organes, le système immunitaire du receveur reconnaît les cellules étrangères du donneur et les rejette.En fait, le monde de l'immunologie n'avait pas connu une telle frénésie depuis six ans, lors de la découverte d'un autre gène, impliqué celui-là dans l'activité des cellules B.Pour l'instant, la découverte de l'équipe torontoise enclenchera un nouveau souffleauxrecherches portant sur ces «maladies de l'heure».Mais le biochimiste Tak Mak modère cet enthousiasme: «Nous n'avons trouvé que le sésame pour pénétrer dans un corridor encore bien mystérieux», dit-il.mue tire li fnéra ta, li te g h se tram Will sera ci te ksiteu ïiecci Sia [ jouira tgnes •o mer tera |ïu»e fera; *51% tolim QUÉBEC SCIENCE / juin 1984 mmm mm 7 QUÉBEC 84 LA SCIENCE EST DE LA FÊTE il; J':.:- m ! U6 p3f!i précise I soler.du Or! es serî ï de liï anesKf d'ata' «Il f-lOi ijiieJ avail i ««te «de» itmr4 ;loiW\î ie «malt: eio®* ' ra#r aiis!^ mitf jirelï* iiises: Iréi^f «sl^ sia«t‘ Les sciences et les techniques occuperont une place de choix pendant les festivités marquant le 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier en terre québécoise.En effet, un pavillon des sciences et techniques, dénommé H20, sera érigé sur le site du Vieux-Port de Québec, le cœur de cette manifestation d'envergure internationale.Le pavillon, une immense tente de 2 200 mètres carrés, devrait attirer l'attention par son originalité dès son ouverture le 23 juin prochain.Le thème général du pavillon sera, comme il se doit, l'eau.La tente sera subdivisée en trois grandes zones: une première portera sur la météo, une seconde présentera une simulation d'une navigation de nuit sur le Saint-Laurent et une dernière sera consacrée à une foire scientifique.La zone météo sera l'occasion pour le visiteur de se familiariser avec cette science.Une station météorologique y sera partiellement reconstituée; on pourra y apprendre à reconnaître les signes du temps et à préparer une sortie en mer en fonction des prédictions météorologiques.navire.Cette partie du pavillon, particulièrement accrocheuse représente le moment, le prétexte, pour éveiller la curiosité des gens.Les réponses à ses questions, le visiteur les obtiendra aux 14 kiosques de la foire scientifique.Différents sujets y seront abordés.La technologie portuaire; des phénomènes physiques comme la propagation du son dans l'eau et la vision dans l'eau ; la faune et la flore propres au Saint-Laurent et à son estuaire avec évidemment en vedette la baleine, ou plutôt le squelette d'une baleine dans lequel on pourra pénétrer; les techniques d'exploitation de la mer, la chaîne alimentaire et l'équilibre précaire de cet environnement; la navigation dans les glaces; l'archéologie sous-marine; finalement, différents phénomènes propres au milieu aquatique comme les marées ou les courants.Le pavillon sciences et techniques H20 ne sera surtout pas du genre «regardez mais ne touchez pas».Au contraire, les interprètes et animateurs feront continuellement appel à la participation du public.Les gens seront invités à palper - - Æmïr V ¦ /W-v ¦' .y: \ £T’*~ " 7 isàvjl • ' ,-ü mer.Par exemple, à l'unité «le son dans l'eau», le visiteur pourra lui-même essayer de repérer et identifier divers éléments dans un vaste bassin d'eau avec l'aide d'une sondeuse télécommandée.Le kiosque sur l'archéologie sous-marine permettra aux gens de manipuler des objets et de les nettoyer.Un casse-tête mettra à l'épreuve votre sens de la reconstitution archéologique.Toujours pour permettre aux visiteurs de ne pas être de simples spectateurs, une vingtaine de micro-ordinateurs présenteront des logiciels sur différentes facettes du thème général.Ce sera tantôt un jeu de questions-réponses sur les règles de la navigation et la signalisation maritime, tantôt un glossaire de l'océanographie ou encore un programme sur les étapes de la construction d'un navire avec des représentations graphiques animées.Comme il y aura probablement affluence et ligne d'attente, les organisateurs ont prévu un divertissement original et instructif.Une douzaine «d'amuseurs scientifiques» seront en permanence sur le site.Portant grosses lunettes et sarrau blanc, ils se promèneront parmi la foule avec une valise pleine de trucs et expériences scientifiques illustrant des principes scientifiques fondamentaux.Quatre mini-pavillons, les «méduses», compléteront le volet scientifique des festivités de Québec 84.«Bâbord ou tribord?» portera sur les rudiments de la navigation, de la flottabilité aux techniques de la voile.«L'océan dans votre assiette» reprendra l'abc de l'exploitation de la mer tout en vous permettant quelques découvertes gastronomiques.Les deux dernières méduses sont une collaboration avec le ministère de l'Environnement du Québec et celui des Loisirs, Chasse et Pêche.Le premier présentera une usine d'épuration des eauxalorsque le second reconstituera la flore et la faune en eau douce et salée grâce à deux étangs aménagés sur le site.L'objectif le plus important de tout ce travail est probablement de sensibiliser la population à l'importance de l'eau dans notre vie, à en apprécier toute la richesse et à la respecter.Ainsi, lesgens ne regarderont plus jamais le fleuve, un lac, une rivière ou la mer avec les mêmes yeux.Cap sur Québec cet été! Gilles Drouin UN GUILLAUME TELL QUÉBÉCOIS « ¦ e suis un bon bricoleur, non un I inventeur.Je suistoutsimplement l'honnête-monsieur-tout-le-monde qui bricole pour le plaisir, pour toucher — c'est presque un besoin physique — de la matière après son travail quotidien devant un écran cathodique.Je serais vraiment étonné si ce que je fais intéressait une entreprise.Je ne sais pas comment breveter une invention, ni comment négocier avec une compagnie tout en préservant mon idée.» Simplicité feinte que celle de Louis-Gilles Francceur, journaliste au quotidien Le Devoir.Simplicité feinte?Que non! Sinon il aurait fait breveter une trouvaille de 1974 qui, apparue sur le marché en 1980 sous le nom de «coupe-bordures», permet d'éliminer les brins d'herbe que les tondeuses n'atteignent pas car ils poussent près des escaliers, clôtures et bordures.À l'approche de l'instrument, l'herbe semble tomber d'elle-même, comme par enchantement.Le truc?Un fil de nylon tournant à grande vitesse fauche impitoyablement les frêles «roseaux des pelouses».Un tel instrument, notre journaliste en possède un depuis dix ans, mais il n'a pas du tout pensé que le recyclage inusité qu'il a octroyé au vieux moteur «brûlé» de la machine à coudre électrique de sa mère pourrait servir à autre chose, une fois affublé d'un fil de laiton, que de lui faciliter sa tâche de citizen farmer montréalais.«Mes voisins, raconte-t-il, riaient de moi et de ma «tondeuse à manche de balai», qu'on aimait bien emprunter par contre.Mais quand les appareils commerciaux sont apparus, plus personne ne riait.» Ce «couteau à gazon» comme il le dénomme n'est pas sa première invention.Né à la campagne dans un milieu peu fortuné, il n'a pour jouets que ceux qu'il fabrique.Mais ses épées, contrairement à celles des copains avec lesquels il fait les 400 coups, ne cassent pas.De son imagination sort un lance-pierres géant de deux mètres.Ils doivent se mettre à quatre pour étirer la «tripe», mais les résultats sont spectaculaires.un pauvre cheval en est presque mort! À 14 ans, après avoir obtenu d'un musée parisien des renseignements sur les arbalètes européennes les plus perfectionnées, il entreprend d'en construire une.Il invente au passage un mécanisme simple pour libérer la flèche.Candide, il en vend les plans à une entreprise ontarienne contre un arc en fibre de verre: «Jusqu'à maintenant, cela a été ma seule vente d'idée.» Deux ans plus tard, en colonie de vacances, il remarque des traces d'ours dans le dépotoir.Muni de son arbalète et accompagné d'un copain qui n'a qu'une «22» à une cartouche, il s'installe une nuit sur une grosse roche au milieu du dépotoir.Arrive un ours, que le copain ne réussit qu'à chatouiller sur une fesse, mais qui n'apprécie pas du tout les mœurs du comité d'accueil.Le copain, trop nerveux, ne réussit pas à réarmer.Tremblements de notre Guillaume Tell québécois, qui réussit cependant à envoyer sa flèche en plein cœurde l'animal.«On était tout à fait inconscients des dangers», lance en riant Louis-Gilles Francœur.Amateur de chasse, d'armes anciennes, d'arbalètes, d'arcs, Louis-Gilles Francœur a récemment mis au point une mire révolutionnaire pour le tir à l'arc.Cette fois, s'il ne laisse pas l'occasion passer, il pourra en tirer des bénéfices matériels certains, car il y a quelques trois millions d'archers en Amérique du juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE Nord.Et l'invention est vraiment importante: avec le «système Francœur», le tir à l'arc deviendra enfin relativement facile.«La difficulté, explique Gilbert Saint-Laurent, directeur général de la Fédération québécoise de tir à l'arc, est de maintenir la tension en même temps que de prendre et de garder sa mire.Pour viser juste, le tireur doit voir tout à la fois la corde à deux centimètres de son œil, la mire située sur la partie solide de l'arc et la cible.Ceci réalisé, il doit alors lâcher la flèche.C'est un exercice de contrôle et de coordination extrêmement exigeant.» La difficulté reliée au travail de l'œil, Louis-Gilles Francœur vient pratiquement de réussir à l'éliminer.En effet, des essais l'ont démontré, un néophyte peut faire mouche à tout coup, à condition d'avoir assez de force pour bander l'arc et de technique pour toujours lâcher la flèche de la même façon.«Tout le monde pourra maintenant aller à la chasse à l'arc sans devoir préalablement s'entraîner pendant trois ans.» Son système, fabriqué avec une pen-ture de porte, est d'une simplicité inouïe.C'est ce qui nous interdit de le décrire ici car il n'est pas encore protégé.Prenant sa tête à deux mains, Louis-Gilles Fran- £ 1*1 fin alii mi le ii MO cœur commente ainsi sa propre décou- ; verte : «Le soir que j'y ai pensé, je me suis dit: «Ça ne se peut pas! C'est impossible que personne n'y ait pas pensé.» J’en doute encore, car il arrive souvent qu'on s'aperçoive qu'une «découverte» a déjà été effectuée par un inconnu.L'idée est simple, mais la réalisation a été fort compliquée : j'ai consommé une quantité considérable de pentures de portes.Le pire, c'est que j'ai trouvé deux autres solutions pour arriver au même résultat, mais je n'ai pas les techniques pour les développer.» Son esprit inventif n'a de cesse de s'agiter.Ainsi il a récemment trouvé un système permettant aux gros moteurs hors-bord d'avancer extrêmement lentement, ce qui fera le bonheur des amateurs de la pêche à la traîne qui doivent acheter et installer un deuxième moteur à côté de celui qui leur sert à parcourir de longues distances.De lui, son confrère Gilles Provost, chroniqueur scientifique, dit: «C'est un gars au talent phénoménal dont le cerveau rumine régulièrement des idées brillantes et originales.La dernière?Fabriquer des flèches creuses porteuses de charges pour attaquer des chars d'assaut.» Voilà maintenant qu'il veut réécrire la Bible.David contre Goliath, revu et corrigé par Louis-Gilles Francœur.611) W (Ici TOI! 1*1! Irai |o[d Eici s® (dît *eni fiii Ik ! % r François Huot intinii SB',I «tk «rtSi IsFh, ¦ tf(9 MpS I siie.ii ytà!r i e« i je(:i 05Ü5 until Î(Ç1 1 iliKfi pis® leflsts i lll|tS|( ton» nifsi!* IstW lef^ tW| is’es :B«|> ACTUALITÉS FORESTERIE SAVEZ-VOUS PLANTER.ARBRES?En novembre dernier, le gouvernement québécois dévoilait un nouveau programme de reboisement: à partir de 1988, 300 millions de plants seront annuellement mis en terre afin de prêter main forte à Dame Nature en matière de renouvellement de la forêt.Le temps où l'on considérait inépuisable notre principale richesse naturelle est révolu.«Le grand mérite de ce programme est de souligner l'urgence d'agir», estime Gilbert Paillé, directeur du Centre de recherches forestières des Laurentides et conférencier invité au colloque sur le reboisement tenu à l'université Laval en mars dernier.Mais il ne suffit pas d'une déclaration d'intention — même assortie d'un budget de 173 millions de dollars — pour compenser l'appétit des 60 usines de pâtes et papiers, celui des 1 200 industries de transformation du bois ou le fléau de la tordeuse des bourgeons d'épinette.Encore faut-il pouvoir produire ces 300 millions de plants et s'assurer qu'ils soient de bonne qualité.Encore faut-il planter chaque essence dans la région adéquate et dans un sol bien préparé à sa venue.Encore faut-il maximiser les Ensemencer trois millions de nouveaux plants par année suffira-t-il à renouveler nos forets?chances de survie des nouveaux arbres.Autant d'éléments qui, quatre mois après l'annonce, préoccupent les divers intervenants du monde forestier puisqu'ils leur demandent d'adapter à une très large échelle des techniques qui hier encore relevaient de la pure recherche ou de l'expérimentation scientifique.Par exemple, l'approvisionnement en semences de bonne qualité.Cinq ans constituent une bien courte période pour développer les plantations d'arbres spécifiquement destinés à fournir rapidement des graines de calibre supérieur.Au départ, il faudra donc à la fois constituer ces peuplements semenciers et s'appuyer sur la vieille technique de récolte de graines à même les plus beaux arbres abattus dans les chantiers de coupe — en espérant que la nature se fasse généreuse plusieurs années de suite.À plus long terme, on pense aussi parvenir à créer des «arbres-éprouvettes» (micro-bouturage ou culture in vitro), véritables produits industriels qui répondraient bon an mal an aux besoins.Actuellement, la production de plants destinés au reboisement provient surtout des pépinières du gouvernement.Pour atteindre les objectifs de «l'opération 300 millions», elles devront tripler leurs performances.Quant à l'entreprise privée, elle fournira la balance que représentent 200 millions de plants: un yr ,! défi qui fait craindre aux professionnels de la forêt des conversions spontanées à la sylviculture.Décider du territoire idéal pour chacune des essences plantées recèle un autre problème, cette décision reposant trop souvent sur les seules exigences de l’industrie forestière.«Les responsables de l'aménagement doivent respecter la capacité des sols, soulignait l'universitaire André Laffont lors du colloque.Une simple reconnaissance du terrain à reboiser peut indiquer si une espèce peut y survivre et si elle aura besoin d'être fertilisée.» Plusieurs intervenants ont aussi rappelé les dangers de planter la même essence sur un trop vaste territoire, particulièrement la vulnérabilité aux épidémies, maladies et insectes.Une fois en terre, le jeune arbre doit bénéficier de tout l'espace et de l'ensoleillement que requiert sa croissance.Jusqu'à date, on avait pour cela recours aux phytocides, produits chimiques destinés à détruire les espèces concurrentes.Mais le prix écologique à payer a été jugé trop important et leur utilisation est désormais proscrite.L'avenir nous dira si le retour aux débroussaillage mécanique est suffisant ou si de nouveaux outils peuvent être envisagés.L'idéal serait encore de ne pas avoir à reboiser.Aussi le nouveau programme gouvernemental ne devrait-il pas canaliser toutes les énergies jusqu'à faire perdre de vue que la coupe à blanc peut être évitée.Certains pays européens l'ont prouvé.Mais la politique forestière québécoise n'en est pas encore rendue là.Le sous-ministre associé du ministère de l'Énergie et des Ressources, Jean-Claude Mercier, traçait au profit des participants du colloque l'évolution de cette politique.Celle des années 60 consistait à rendre accessibles les forêts situées loin des grands centres et à intégrer les arbres de faible diamètre aux stocks utilisables.Celle des années 80, qui sortira officiellement à l'automne, nous promet un effort considérable de renouvellement de la matière ligneuse.À quand la directive de rationalisation de nos exploitations?Les professionnels de la forêt savent pourtant qu'un arbre ne pousse pas en une nuit.# i Louise Desautels 10 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE mm PREMIER COMGRES INTERNATIONAL SUR LA TOPONYMIE FRANÇAISE DE L'AMERIQUE DU NORD Ce premier congrès international auquel sont conviés les spécialistes, les professeurs en sciences humaines et le public en général s'inscrit dans le cadre des fêtes marquant le 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534, et souligne par la même occasion l'attribution officielle des premiers noms de lieux français en Amérique du Nord.Cette rencontre organisée conjointement par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et la Commission de toponymie veut notamment susciter la diffusion d'études, inventaires et autres instruments de recherche et favoriser des échanges sur les méthodes de travail des chercheurs en toponymie.Si vous êtes intéressé(e) à présenter un exposé en atelier, prière de faire parvenir votre nom, occupation, adresse, numéro de téléphone et un court résumé de votre communication à : Premier congrès international sur la toponymie française de l'Amérique du Nord Case postale 35 (Haute-Ville) Québec (Québec) GIR 4M8 Commission de toponymie: Tél.: (418) 643-9705 Les bons vins lui doivent leur limpidité; il permet aux astronautes de marcher sur la Lune ou de réparer un satellite dans l'espace; des millions d’automobilistes comptent sur lui pour leur sécurité.Ce produit-mystère tout usage n'est pas le dernier-né de la science moderne; les Grecs l'utilisaient déjà pour fabriquer des mèches de lampes, il y a quelque 4 000 ans.Parce qu'il résiste aux flammes, aux produits corrosifs et à l'humidité, l'amiante a joué depuis sa découverte un rôle de premier plan.La finesse de ses fibres et leur résistance à l'humidité en font une matière idéale pour la fabrication de filtres, comme ceux qui sont utilisés pour extraire les impuretés du vin.A cause de ses propriétés isolantes et de sa résistance à la chaleur et au froid extrêmes, l'amiante constitue un élément important des scaphandres que revêtent les astronautes.C'est aussi pour ces raisons que la quasitotalité des sabots de freins des automobiles sont aujourd'hui fabriqués de fibres d'amiante.L'amiante s'apprête néanmoins aujourd'hui à prendre un nouveau départ.Un nouvel institut de recherche, qui vient d'ouvrir ses portes à Montréal, pourrait donner un nouvel essor à ce produit minéral qui a déjà quelque 3 000 usages connus, et du même coup, trouver des solutions acceptables aux problèmes de santé que posent les fibres d'amiante dans l'air.Ayant toujours joué un rôle clé dans la mise en valeur des minéraux canadiens, Énergie, Mines et Ressources Canada (EMR) vient de s'engager à financer le tiers des frais d'exploitation de ce nouvel institut au cours des cinq prochaines années.La contribution d'EMR pourrait dépasser les six millions de dollars.Par l'entremise de son prestigieux Centre de recherche sur la technologie de l'énergie et des minéraux (CANMET), Énergie, Mines et Ressources Canada a déjà participé activement à des travaux de recherche sur l'amiante et d'autres minéraux, ainsi qu'à la mise au point de nouvelles techniques d'extraction et de traitement.La création de l'Institut de l'amiante vise à stimuler rapidement les travaux de recherche et de développement.Ce regroupement sous un même toit et la conjugaison des efforts de tous les intervenants de cet important secteur de l'économie canadienne devraient aussi faire en sorte que l'Institut devienne, d'ici quelques années, le plus important centre international de recherche sur l'amiante.La dimension internationale de l'Institut était d'ailleurs l'une des exigences de la participation d'EMR.L'Institut de recherche et de développement de l'amiante (IRDA), à Sherbrooke, qui sera intégré au nouvel Institut, a déjà mené ou commandité plusieurs travaux qui s'annoncent très prometteurs.Cette concertation au sein de l'industrie ainsi que les nouveaux investissements pourraient permettre de faire déboucher plus rapidement certains travaux menés par l’IRDA dans le domaine de la santé.L’IRDA, dont les études sur les effets biologiques des fibres sont reconnues à l'échelle internationale, a, par exemple, participé à l'évaluation d'une nouvelle technique consistant à traiter chimiquement l'amiante pour éliminer les risques reliés à la santé.D'autres travaux, comme ceux menés à l’université Concordia, à Montréal, pourraient ouvrir la voie à une multitude de nouveaux usages de cette matière.On étudie par exemple une technique visant à tirer de l'amiante un produit essentiel pour l'hydrocraquage du pétrole.Les possibilités dans les domaines traditionnels sont tout aussi vastes.Environ 70% de l'amiante est utilisé dans les fibrociments.L'amiante étant un minéral, ses fibres s'allient donc naturellement aux produits utilisés pour la fabrication des ciments.Ce minéral permet de renforcer le ciment et de le rendre plus résistant aux intempéries.Un nouveau procédé mis au point en Europe permettrait même d'utiliser l'amiante pour donner aux matériaux de construction un revêtement semblable à celui de la céramique, et ceci avec une faible consommation d'énergie.Vieux comme l'humanité même, l'amiante, selon les spécialistes, demeure néanmoins un produit prometteur pour l'avenir.On peut obtenir une plus ample information sur l'Institut de l'amiante ou sur les autres travaux de recherche menés dans le domaine des minérauxen communiquant avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa, (Ontario) Kl A 0E4 (613) 995-3065 ¦ ^ Energie, Mines et ¦ ^ Ressources Canada Vydl iclwcl QUÉBEC SCIENCE / juin 1 984 r Kï, qu'est devenue l'étude de l'intelligence artificielle.La DARPA a effectivement investi plus de 500 millions de dollars dans le développement de l'informatique au cours des derniers 20 ans et emploie les meilleurs spécialistes du monde dans ce domaine.Les informaticiens n'ont évidemment pas attendu l'avènement des ordinateurs de cinquième génération pour tenter d'insuffler aux machines électroniques un minimum d'intelligence humaine.Même si on ne peut dire qu'il existe une politique unifiée de recherche aux États-Unis dans ce secteur, des centaines de projets sont menés indépendamment aussi bien dans les universités que dans les laboratoires industriels ou militaires.Selon le docteur Hector Lévesque, un autre Canadien français qui travaille en Californie au Laboratoire d'intelligence artificielle de la compagnie Fairchild, on considère là-bas que, loin d'être une faiblesse, cet éclatement de la recherche s'avérera au contraire un avantage à long terme.Pour les Américains, l'étude de l'intelligence artificielle comporte encore trop d'imprévus pour se fier uniquement à un programme rigide et limité de recherche.EXPERTISE À LA CARTE Encore une fois, les enjeux économiques sont si importants que les Les super-ordinateurs, comme ce Cray-1 dont le Centre météorologique canadien à Dorval a fait l'acquisition récemment, effectuent les mêmes opérations que les gros ordinateurs classiques mais beaucoup plus rapidement : 100 millions d'opérations par seconde comparativement à 10 millions.grandes compagnies américaines d'informatique n'ont pas hésité à investir massivement dans ce secteur.Selon une étude américaine, le marché des«produits» d'intelligence artificielle qui est aujourd'hui d'environ 125 millions de dollars devrait approcher les dix milliards dès 1 990.Parmi ces produits, les «Systèmes experts» constituent sans doute les applications les plus concrètes de l'intelligence artificielle.Pour réaliser un système expert, il suffit de compiler sur un ordinateur conventionnel de grande puissance un maximum de connaissances reliées à un domaine précis d'expertise.Comme l'explique Lome Bouchard de l'Université du Québec à Montréal, tout est bâti autour de la relation «si-alors».«On dira, par exemple, que «si» un bébé a l'air malade et montre un teint jaunâtre, il se pourrait «alors» qu'il ait la jaunisse.» La trivialité d'un tel exemple ne permet évidemment pas d'apprécier la puissance de ces systèmes.Mais une fois qu'on a réussi à compiler sur un ordinateur des dizaines de milliers de relations logiques semblables, les résultats sont tout à fait extraordinaires.De tels systèmes experts sont maintenant disponibles dans presque tous les domaines où le succès d'une expertise repose largement sur l'expérience et l'intuition.On les utilise maintenant comme conseiller en diagnostic médical, comme consultant technique sur les plates-formes de forage, comme spécialiste en chimie analytique dans les raffineries et même comme grand expert pour le développement de logiciels informatiques.On a même «formé» de toutes pièces un «super-expert» informatisé qui sait maintenant tout sur un gisement de molybdène sous le mont Toleman dans l'État de Washington.La société Teknoledge en Californie a également créé un Wine Adviser qui dispose des con- 22 juin 1 984 / QUEBEC SCIENCE naissances accumulées au cours d'une vie entière de sommelier bourguignon.LA SIXIÈME GÉNÉRATION: LE CERVEAU HUMAIN Avec les systèmes experts, on tente d'inculquer à une machine la somme des connaissances accumulées par un grand nombre de spécialistes d'un domaine précis.La prochaine étape serait évidemment de faire en sorte que l'ordinateur puisse apprendre tout ça, et plus encore, tout seul, et peut-être même lui donner des sens.On peut déjà lui apprendre à conserver et à compiler des informations et même lui enseigner à les analyser pour en tirer des conclusions imprévues.Pour faire une analogie, on peut lui donner du poisson et il saura très bien l'apprêter, mais pour ce qui est de lui apprendre à pêcher, c'est une tout autre histoire.En effet, ce qui semble naturel pour un être humain, à savoir cette constance de l'apprentissage, reste encore absolument inaccessible à la machine.On sait que chacune des quelque 100 milliards de cellules du cerveau humain réagit de la même manière qu'un circuit électrique binaire.Malheureusement, on ne sait à peu près rien des mécanismes internes de fonctionnement du cerveau.On ne sait pas comment les sens interagissent entre eux, pas plus qu'on ne sait comment le cerveau s'adapte à de nouvelles conditions d'apprentissage.Lors du collo- que d'Ottawa, un chercheur est venu expliquer, sans entrer dans le détail, que le système de vision humain mettait en cause plus de cent millions de détecteurs qui transmettent leurs informations vers une quinzaine de centres d'analyse dans le cerveau, et ce en passant par au moins un million de fibres nerveuses.Et ce n'est malheureusement là que la pointe de l'iceberg.Comme le dit John Alvey: «Pour l'instant, même une infime parcelle d'intelligence serait la bienvenue en informatique.» Le tout n'est sans doute qu'une question de patience.L'informatique n'existe que depuis une quarantaine d'années; le cerveau humain, depuis plus d'un million.?Chaussez-vous bien, vous jouerez mieux! PomiciPOCTian C| s°?l ^ \ tr.oO JEUX, LIVRES ET MATÉRIEL SCIENTIFIQUES 3967 St-Denis, Mtl, H2W 2M4, 844-6443 UN ÉTÉ ME R6 MONDE POUR LE MONDE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE r { KKi'i'i ta» Au-delà des activités nautiques, historiques et culturelles qui prévaudront pendant 63 jours d'un été « mer et monde », Québec 84 offrira, sur le site du Vieux-Port, un gigantesque pavillon (2 500 m2) dont les activités sont axées autour de la science et de la technologie.La pavillon H2O et les différentes méduses thématiques (mini-pavillons) permettront aux visiteurs de tous âges, munis de leur passeport, de passer en revue les richesses et les promesses infinies du golfe et du fleuve St-Laurent.En touchant, en écoutant, en regardant et en sentant, chacun pourra s'initier à la météorologie, découvrir l’énergie hydraulique ou expérimenter les techniques anciennes et nouvelles de la navigation à voile.Au programme: les origines de la vie, la vie aguatique animale et végétale, le milieu aquatique (physique, géologie), les technologies marines et l'exploitation du milieu marin.Parce que la science peut être aussi amusante, le visiteur sera plongé dans un univers ultra-stimulant où des jeux électroniques, des ordinateurs, des maquettes, des expériences pratiques et des mises en situation de toutes sortes recréeront l’incroyable grouillement de la mer, source de la vie.Donc, un rendez-vous et une première à ne pas manquer: le pavillon des Sciences et Techniques, sur le site du Vieux-Port, du 23 juin au 24 août.SCIENCES ET TECHNIQUES 24 # Quand l’artiste s’empare de l’ordinateur, il en résulte des images surprenantes par Gérald Baril Ni peintres, ni photographes, ils inventent des images qui imitent parfaitement l'aspect des anciennes techniques ou, au contraire, surprennent par l'audace des constructions qu'elles donnent à voir.Ces artistes d'un type nouveau réalisent à un degré encore jamais atteint le mariage entre les processus d'analyse et de création.Comme ce fut le cas à d'autres moments de l'histoire humaine, la découverte d'un nouvel outil fournit aux créateurs le moyen de laisser davantage libre cours à leur imagination.Mais avant de servir à l'exploration de mondes imaginaires, l'ordinateur a permis de visualiser de nombreux coins de l'univers jusqu'alors ignorés.Grâce à la puissance des dernières générations d'ordinateurs, des vues d'autres planètes ont été enregistrées, transmises à une base terrestre sous forme d'information numérique, puis recomposées conformément à l'image initiale.Le tout est une question de capacité à traiter rapidement une énorme quantité d'information, puisque dans ce procédé, une image est divisée en millions de points lumineux dont la position et la brillance sont enregistrées séparément.Il devient alors facile d'améliorer le contraste dans une partie mal éclairée de l'image ou encore d'augmenter la saturation de la couleur de tel ou tel objet.Ayant révélé d'immenses possibilités dans la reproduction de l'environnement réel, on demanda bientôt à la machine de générer des graphismes dont les références n'étaient plus l'univers matériel mais les méandres de quelque cerveau hu- main.C'est ce que l'on appelle maintenant la synthèse d'images par ordinateur.Même si les principes de base sont posés depuis une vingtaine d'années, on en est encore aux premiers balbutiements de cet art.L'astronome Cari Sagan comparait récemment les artistes actuels de l'électronique aux premiers hommes ayant dessiné sur les murs de leurs grottes avec du charbon et de l'ocre.Effectivement, les recherches se poursuivent fébrilement, mais les résultats obtenus sont déjà très impressionnants.À partir de points, de lignes ou de figures géométriques simples, des instructions sont données à l'ordinateur pour qu'il effectue une série d'opérations répétitives suivant un itinéraire soit entièrement prévu, soit comportant une dimension laissée au hasard.Par exemple, si on prend un polygone à 12 côtés et qu'on demande à la machine de répéter à l'intérieur de celui-ci un certain nombre de polygones de même forme, chacun ayant subi une infime réduction et une aussi infime rotation, on crée un dessin original.Le déplacement des angles du dodécagone produit des courbes qui s'enroulent sur elles-mêmes en une spirale vertigineuse.En combinant plusieurs éléments et plusieurs manipulations mathématiques, on peut vite en arriver à des constructions d'une complexité inouïe.De plus, la précision et la puissance des nouveaux appareils permettent une grande rapidité d'exécution et une grande netteté des contours et des couleurs.De ce fait, quantité d'œuvres réalisées à l'aide de procédés informatiques auraient été inimaginables autrement.Les Américains et les Japonais semblent les plus forts dans le domaine actuellement, mais au Canada, de plus en plus d'institutions, de chercheurs et d'artistes s'intéressent à la chose.À l'Office national du film à Montréal, le studio d'animation a été à l'avant-garde dans l'utilisation de l'ordinateur pour la production d'images animées.Daniel Langlois et Doris Kochanek, l'un cinéaste d'animation et programmeur, l'autre chercheure-analyste y forment une équipe à qui l'on doit des séquences animées de certains films récents de l'ONF.En Ontario, des recherches dignes de mention sont menées au Laboratoire de graphisme par ordinateur de l'Université de Waterloo, comme en témoignent les quelques “oiie somini %6n "fid,; % % % %c ««l! S % % s% " '.J * #J illustrations reproduites ici.A en croire ces quelques images, nous ne sommes pas au bout de notre étonnement.?Des dizaines de milliers de points lumineux disposés dans t'espace composent ces modèles en trois dimensions apparaissant dans Starbreaker, un film de science-fiction produit par l'ONF et sorti ce printemps.Sachant que quelque 1 500 images défilent pendant une minute d'animation, on comprend que de telles compositions sont irréalisables selon les procédés traditionnels.L'image du haut représente l'énergie positive de plusieurs enfants prisonniers d'un sorcier sur une planète prête à exploser, et celle de gauche, une ville de l'espace.Tiré de Starbreaker.ONF, 1984.Réalisation: Bruce Mackay.Animation par ordinateur: Daniel Langlois. Destinées à faire la promotion d'une exposition qui prendra place l'année prochaine à l'Ontario Science Centre, ces images illustrent six étapes importantes dans l'histoire de la synthèse d'images par ordinateur.Les premières figures à trois dimensions demandaient un important effort d'imagination de la part de l'éventuel spectateur.Puis, les volumes, les textures, les lumières et les ombres générés électroniquement ont reproduit l'univers physique avec de plus en plus de fidélité.Aujourd'hui.comme on peut le voir dans l'illustration 6, le «réalisme» introduit par la transparence et les ombres projetées dépasse les possibilités de perception de l'œil humain.Computer Graphics Laboratory de l'Université de Waterloo, Ontario, 1983.Programme créé par M.Michael Sweeney.Commandite du Ontario Science Centre. Margie Carpet (en haut) est le résultat de la superposition de deux images réalisées à l'aide de techniques différentes.Les montagnes sont créées par la subdivision répétée d'un triangle en quatre triangles plus petits dont l'orientation verticale varie au hasard.Ces formes caractéristiques connues sous le nom de fractales sont dues à un modèle développé par le mathématicien français Benoît Mandelbrot.Quant à la sphère et au damier, ils sont obtenus grâce à la technique du ray tracing, le nec plus ultra en matière de simulation des ombres et de réflexion de la lumière.Another Gallery (à gauche), ou l'illusion parfaite d'une salle d'exposition.L'aspect «vrai» du masque de bronze est dû au modèle de Cook/Torrance dont l'objet est de reproduire les caractéristiques particulières de la réflexion de certains métaux.Computer Graphics Laboratory de l'Université de Waterloo.Ontario.1983.Programme créé par M.Michel Sweeney. juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE % Andrew N.Lenz 8 Conserver l'allure naturelle de l'arbre tout en limitant sa croissance, te! est le défi de la culture du bonsaï qui exige un sens artistique développé aussi qu'une patience à toute épreuve.Voici quelques exemples de bonsaï formés {1 ) d'un pommier sauvage, (2) d'un pin Mugho.(3) d'un érable japonais et (4) d'un mélèze. DUÈBEC SCIENCE / juin 1984 29 A BONSAI , Mécutpumô üùmm De plus en plus de Québécois cultivent ces arbres nains selon la tradition japonaise par Andrée Poulin Le profane qui visite pour la première fois la serre orientale du Jardin botanique de Montréal se retrouve comme Gulliver au pays de Lilliput, dans un monde miniature peuplé de sapins minuscules, de pins gnomes, de genévriers nains et d'érables hauts comme trois pommes.Ces arbres modèles réduits portent le nom de bonsaï.Considéré par les Japonais comme la forme la plus raffinée d'horticulture, le bonsaï est un arbre forestier, cultivé dans un pot et maintenu petit par des techniques de taille régulière.Le bonsaï, dont la hauteur varie entre quelques centimètres et un mètre et demi, n'est donc pas un arbre nain pour des raisons génétiques mais il est plutôt le résultat d'un processus de panification mécanique.Ce sont cependant des arbres nains naturels qui sont à l'origine de l'art du bonsaï tel qu'on le connaît aujourd'hui.DE LA CHINE AU JAPON Né en Chine il y a 22 siècles, la mode du bonsaï fut introduite au Japon, entre le 10e et le 11 e siècle, par des moines bouddhistes.Pendant l'ère Muromachi (14e siècle), une guilde de collectionneurs parcourut les montagnes du Japon, de la Corée et de la Chine, à la recherche d'arbres dont la croissance avait été stoppée par la nature ou par des conditions climatiques extrêmes.Ces arbres nains étaient des bonsaï naturels.Lorsqu'il n'y eut plus suffisamment d'arbres nains pour répondre à la demande toujours croissante, les Japonais se tournèrent vers la culture des bonsaï en pépinière.C’est donc vers le 19e siècle que débute véritablement l'art du bonsaï, avec ses règles et ses canons esthétiques.Aujourd’hui, les arbres nains naturels continuent d'attirer la convoitise des amateurs de bonsaï.«Le bonsaï indigène est très recherché, explique David Easterbrook, président de la Société de bonsaï de Montréal, car l’homme ne peut tout simplement pas imiter le travail de la nature.» À chaque printemps, les membres de la Société de bonsaï montent à bord d'un autobus et partent à la recherche de ces précieux arbres nains.Selon M.Easterbrook, on déniche de beaux bonsaï naturels le long des autoroutes, car la glace et le sel ont bloqué leur croissance et leur ont donné des formes intéressantes.Mais la cueillette du bonsaï naturel ne se fait qu'au printemps; le reste de l'année, les membres de la Société se consacrent à la mise en forme de leur propre bonsaï et à l'étude de cet art complexe.SE SUBSTITUER À LA NATURE L'art du bonsaï repose sur une juste estimation des limites d'endurance de la plante.En effet, il s'agit d'allier, en un délicat équilibre, le maximum de confinement et une pousse régulière, tout en conservant le caractère et l'allure «naturels» de l'arbre.Pour nanifier l'arbre et ensuite contrôler sa croissance, on aura recours à la contrainte physiologique et physique.La contrainte physiologique est exercée au niveau des racines, du substrat et de l'alimentation.Le bonsaï étant planté dans un petit récipient, son système radiculaire sera limité dans son extension, ce qui réduira la croissance de l'arbre.De plus, le bonsaï sera rempoté à chaque année, afin qu'm puisse couper une partie de ses racines.Ce constant renouvellement des racines favorise la longévité de l'arbre et c’est en partie grâce à cette pratique qu'on retrouve des bonsaï plusieurs fois centenaires.Dans la culture du bonsaï, le substrat, ou le volume de terre du plat, 30 est également limité.Les mélanges de terre ordinairement utilisés pour l'empotage des plantes conventionnelles sont trop compacts pour la culture du bonsaï, car ils entraînent un échange d'oxygène déficient et le pourrissement des racines.Le substrat du bonsaï est donc fabriqué artificiellement à partir de matière organique (mousse ou écorce de bois franc), de matière minérale sous forme d'argile expansée (litière pour chat) et de matière inerte (gravier).«La terre conventionnelle est complètement éliminée du substrat du bonsaï, ce qui fait que ce genre de culture est à mi-chemin entre la culture traditionnelle et la culture hydroponique, où il n'y a pas de terre du tout», souligne Herbye René, vice-président de la Société de bonsaï de Montréal.Pour que l'arbre reste en santé et développe des feuilles et des fleurs malgré toutes les restrictions qui lui sont imposées, on le nourrira d'un engrais organique, dont les principales composantes sont l'azote, le phosphore et le potassium.«L'utilisation de l'engrais artificiel dans la culture du bonsaï permet de mieux contrôler la croissance de l'arbre, explique M.Easterbrook.Afin, par exemple, d'encourager la croissance de nouvelles pousses au printemps, on utilisera un engrais qui contient plus d'azote ou encore, pour stimuler la formation de l'écorce à l'automne, on utilisera un engrais qui contient plus de potassium», ajoute-t-il.UNE CROISSANCE CONTRÔLÉE En plus de toutes ces contraintes physiologiques, le bonsaï subit également des contraintes physiques, qui s'exercent au niveau du tronc, des branches et des feuilles.Ces contraintes prennent la forme de trois opérations: la ligature, le pinçage et l'émondage.CffrêoMaZét k A : '• Suivons M.Easterbrook au jardin botanique, dans ia préparation d'un bonsaï.Par l'émondage, on élimine toutes les branches indésirables et on conserve sa forme au bonsaï.En ligaturant certaines f.¦>rj.j de cuivre, on dirige la et u 0) ^Iffllllllllllllllllllllllllllllllllllll# %àiïinv Transfert de gène On insère le gène que l'on veut transférer dans ces petites boudes d'ADN, les plasmides (1 et 2).Ces plasmides sont mélangés à des bactéries (3) où ils pénètrent (4).Celles-ci ne les distinguent pas de leur propre ADN.On peut par la suite mélanger ces bactéries transformées à des cellules de plantes.Elles y pénétreront et intégregront leur ADN à celui de la cellule végétale.On obtiendra une plante présentant un caractère génétique nouveau.Rifkin n'est pas un nouveau venu dans le débat sur les manipulations génétiques.Depuis la parution de son livre Who should play God?, écrit en 1 977 avec Ted Howard (et traduit en français sous le titre Les apprenf/s sorciers), Jeremy Rifkin s'est maintes fois prononcé contre ce type de recherches scientifiques.Depuis un an, il saute sur toutes les occasions pour attaquer les autorités fédérales qui soutiennent la recherche sur le génie génétique, et en particulier le Comité sur les recombinaisons des NIH.Le crâne dégarni, l'œil vif dans un visage expressif, cet homme de 39 ans qui s'est acquis une réputation de polémiste est de toutes les réunions du Comité.Plus exactement, il est à l'extérieur des salles de réunion, multipliant les déclarations à la presse, contestant la représentativité du Comité, protestant contre le huis clos de certaines séances (huis clos que le comité justifie en disant que des secrets industriels sont discutés à ces séances).Si son style spectaculaire lui vaut quelques inimitiés, il faut reconnaître qu'il possède l'art de rassembler autour de ses positions des personnalités connues, ce qui donne du poids à ses interventions publiques.L'an dernier, il réussissait à regrouper 62 signatures de scientifiques et de leaders religieux au bas d'une pétition demandant que soient interdites toutes les tentatives de manipuler le génome humain.Ne jouez pas avec les gènes! Bien dosé, insistant sur les arguments moraux, l'appel de Rifkin a touché une fibre sensible chez nombre de leaders religieux de la majorité silencieuse.Aucun d'entre eux ne s'est rétracté jusqu'ici, mais quelques chercheurs signataires ont depuis fait marche g 1 s il! Ji| ’ill dit! QUÉBEC SCIENCE / juin 1984 37 ii>v Cp p' Une discrète ruée vers l'or Les gouvernements américain et canadien ont substantiellement accru leur soutien à la recherche génétique agricole ces dernières années.Mais les entreprises privées ne sont pas restées à l'écart du phénomène.De jeunes firmes très prometteuses comme Sungene Technologies, Calgene et Biotechnica, par exemple, ont pris un remarquable èssor.De leur côté, les multinationales se sont mises à investir dans ce genre de recherche.À elle seule, la société Monsanto consacrera cette année 30 millions de dollars américains à la recherche génétique sur les cultures, selon son responsable dans ce domaine, Ernest Jaworski.D'autres grandes entreprises privées, comme Allied Chemicals, Eli Lilly, Campbell (les soupes.), Ciba Geigy, Du Pont, Bayer, Elf Aquitaine, surveillent de très près ce secteur qui est en pleine évolution et se tiennent prêtes à augmenter et à diversifier leurs investissements.En fait, l'arrivée des multinationales de la chimie et de la pharmacie dans le domaine de l'agriculture de pointe, concentrée autour de l'industrie des semences, date du tout début des années 80 et n'est pas seulement due aux attraits des recombinaisons génétiques.D'autres techniques amenant aux mêmes résultats ont un potentiel commercial appréciable.Ainsi, la technique de fusion en éprouvette de cellules végétales d'espèces différentes (fusion de proto-plastes), mise au point il y a près de dix ans, commence sérieusement à intéresser les investisseurs.De la même façon, on regarde de près la culture «en bocal» de tissus végétaux.À partir de fragments de tiges ou de bourgeons, on arrive à multiplier en grand nombre, en laboratoire, des espèces horticoles et végétales.arrière dont le prix Nobel de biologie, George Wald.Dans le cas de la poursuite contre les NIH au sujet du test des bactéries anti-gel, Rifkin arrive tout aussi bardé d'appuis.Comme co-plaignants, on retrouve Michael Fox, directeur de la r Humane Society, William Turnage, directeur de la Wilderness Society, et David Brower, le président américain du groupe de pression Friends of the Earth (les Amis de la Terre).Comme témoins de la poursuite, ayant déposé des affidavits depuis plusieurs mois déjà, on trouve huit chercheurs réputés, avec en tête de liste les écologistes Eugene P.Odum et David Pimentel.JOUER À LA ROULETTE ÉCOLOGIQUE?Le cœur de leur argumentation est la notion de «roulette écologique», une expression forgée par Rifkin.Introduire dans les écosystèmes en délicat équilibre naturel des microorganismes nouveaux, dont les gènes ont été altérés par l'homme, revient à jouer à la roulette russe avec notre milieu écologique, avec pour enjeu ultime notre survie comme espèce humaine.Nous risquons de voir ces microbes se répandre dans l'environnement, se mettre à proliférer et à nuire à l'équilibre général, voire même à propager de nouvelles maladies qui pourraient être fatales à nos cultures, ou à nous-mêmes.C'est la fameuse peur des savants fous laissant s’échapper hors du laboratoire des microbes pathogènes ou des monstres hybrides! Derrière le mythe, il y a toutefois une réalité que nous rappelle, par exemple, Eugene Odum dans son affidavit.«De vieilles et dramatiques leçons apprises lors de l'introduction dans l’environnement de nouvelles formes de vie nous dictent la plus grande prudence vis-à-vis de toute proposition visant à répandre des 38 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE organismes qui sont étrangers, et par conséquent inadaptés, à ces écosystèmes.» Nombre d'insectes nuisibles aux cultures en Amérique du Nord représentent de tels cas, ajoute-t-il.On sait que ceux-ci causent chaque année des dégâts évalués à plusieurs centaines de millions de dollars.Odum cite ainsi lescarabéejaponais, le ver européen de l'épi de maïs, la mouche à fruit méditerranéen.Son collègue David Pimentel renchérit, montrant que de graves maladies végétales ou animales ont été provoquées par l'introduction rapide d'organismes étrangers dans l'environnement, comme la mixomatose qui, venue d'Amérique latine, s'est répandue en Europe, ou bien comme de nombreuses brûlures bactériennes des cultures.Les micro-organismes nouveaux se mettent souvent à pulluler lorsqu'il n'existe pas de mécanismes de contrôle chez leurs organismes-hôtes ou au sein des écosystèmes.De plus, les relations entre ces «bibites» et leur milieu d'accueil sont mal connues, moins bien en tout cas que celles entre les animaux supérieurs et leur milieu.On devrait donc être d'autant plus prudent, surtout si ces microbes génétiquement altérés se reproduisent vite, ce qui est souvent le cas.Bref, l'incertitude est trop grande, soyons prudents, abstenons-nous de risquer de bouleverser l'écosystème dans lequel nous vivons — dont nous dépendons, en fin de compte.L'argumentation n'est pas sans force.Mais elle touche des points sur lesquels on constate, une fois de plus, que la communauté scientifique n'est pas unanime.Ainsi, certains chercheurs sont prêts à faire confiance aux mécanismes d'autorégulation naturels au sein des écosystèmes face aux invasions de nouveaux organismes, mécanismes qui ont jusqu'ici fait leur preuve dans nombre de cas.D'autres insisteront sur le fait que des mutations se sont déjà produites et continuent à se produire naturellement dans ces organismes, sans conséquences dramatiques pour l'homme.D'autres insisteront sur notre capacité technique à réagir à une situation menaçante et à la contrôler le cas échéant.Bien que la défense n'ait pas fait connaître ses positions à l'avance, il est clair que cette ligne de pensée devrait ressortir lors du procès.CHÈRE PSEUDOMONAS SYRINGÆ Mais la meilleure défense est sans doute celle qui s'en tient au cas particulier mis en cause, celui du test de cette bactérie anti-gel de la pomme de terre, Pseudomonas sy-ringæ.Steven Lindow se fait fort de démontrer que cette expérience-là ne présente aucun danger particulier, en tout cas certainement pas plus que nombre d'expériences déjà effectuées, entre autres avec des bactéries modifiées par voie chimique, et qui n'ont nécessité aucune autorisation avant épandage dans un champ expérimental.Il a probablement raison: la bactérie a été longuement testée en laboratoire et en serre au préalable, sur plusieurs sortes de plantes.Par ailleurs, sur le plan génétique, elle n'est pas plus «étrange» que ses voisines, dont elle ne diffère d'ailleurs que par un gène en moins.Lindow fait remarquer que le retrait d'un gène ou deux n'est probablement pas susceptible de conférer un avantage sélectif à une bactérie dans ce cas.Cependant, la question de fond demeure: sommes-nous prêts, comme société, à risquer un bouleversement majeur de notre milieu, à cause de l'introduction bientôt massive de bactéries «reprogrammées»?Comme dans tous les cas de risque, celui-ci doit être évalué et un niveau de risque socialement acceptable doit être déterminé.C'est le juge John Sirica qui décidera de l'issue de ce procès opposant Rifkin et les NIH.Ce sera une autre cause importante pour ce juge déjà rendu célèbre lors de /'affaire Watergate.Sur ce plan, Rifkin et les écologistes provoquent un débat intéressant, puisqu'il n'existe pas encore de mécanismes complets et éprouvés d'évaluation de ces nouveaux périls.Pour plusieurs observateurs, il serait temps que de tels mécanismes soient institués et que les gouvernements se penchent sérieusement sur les aspects éthiques et légaux de l'ensemble du domaine du génie génétique, et non seulement sur les seuls aspects de la génétique de la reproduction.Cette démarche est déjà commencée au Congrès américain.Deux rapports ont été déposés et devraient aboutir à un projet de loi «amenant de substantielles modifications aux processus d'évaluation et de réglementation existants», prévient le représentant Albert Gore, qui ajoute dans un même souffle qu'«il ne faut cependant pas étouffer au berceau une industrie prometteuse».Il veut parler, bien entendu, du jeune génie génétique agricole.L'URGENT ET LE MOINS URGENT Car pour l'instant, c’est cette industrie qui piaffe d'impatience et qui se trouve à la croisée des chemins.Rifkin peut bien lancer des cris d'alarme sur la possibilité de mani- É1UÈBEC SCIENCE / juin 1 984 39 qui, depuis plusieurs années, mène une campagne contre les expériences de manipulations génétiques.À la tête des plaignants, Jeremy Rifkin eitf ii^j I istf ; I îî"i 1 J le H ^ I I 0* lüi*' ier 13^ If if ,T ' ,i#{ ' .ni S 165'1 e/l puler les gènes de l'être humain pour corriger des défauts héréditaires, ou sur la correction «positive» pour l'améliorer, c'est-à-dire pratiquer l'eugénisme.Cette discussion est importante, mais la plupart des observateurs sont d'avis qu'il n'y a pas une urgence extrême à établir des barrières ou à légiférer en ce domaine, compte tenu du niveau actuel de développement de la génétique humaine.La chirurgie directe sur les gènes est en effet strictement un domaine de recherche et risque de le rester quelques années encore.Mais en ce qui concerne la manipulation des gènes de plantes ou de bactéries à usage agricole, il s'agit d'une véritable urgence.Les recherches sont très avancées, plusieurs «produits» de la biotechnologie de pointe ont été testés en laboratoire.Ils sont prêts pour la phase de l'exploitation commerciale.Ils attendent qu'on leur ouvre la porte des labos pour se répandre dans les champs et se traduire en profits pour les agriculteurs et l’industrie.En même temps que le Comité des NIH accordait un permis à Advanced Genetic Sciences l'an passé, il examinait plusieurs demandes d'autres chercheurs et de compagnies privées.Deux autres projets ont d'ailleurs été approuvés, même si les tests n'ont pas eu lieu à cause de la tenue du L'essor des manipulations génétiques Depuis ce jour de 1973 où Stanley Cohen et Annie Chang, de l'université Stanford, ont réussi, avec la collaboration d'Herbert Boyer, à fusionner dans un tube à essai deux morceaux d'ADN provenant de bactéries différentes et à faire se multiplier la molécule chimère ou recombinante qui fut ainsi obtenue, le chemin parcouru est impressionnant.Les techniques de manipulations génétiques — génie ou ingénierie génétique seraient des termes préférables, car plus neutres — se sont perfectionnées au fil des ans.Transférerdesgènes d'une bactérie à l'autre et les faire s'exprimer (c'est-à-dire produire la protéine dont ils contiennent le code) est une technique de laboratoire assez répandue maintenant.Franchir la barrière des espèces est devenu possible entre bactéries et micro-organismes plus complexes, entre bactéries et plantes, entre bactéries et animaux, voire entre différentes espèces d'animaux.En décembre 1 982, on a notamment réussi à injecter dans des embryons de souris le gène de l'hormone de croissance du rat, et on a obtenu ainsi des souris géantes.Un an plus tôt, on avait greffé un gène de globine de lapin dans un œuf de souris et ce gène setait exprimé chez le souriceau issu de l'œuf.Parallèlement, on n'a pas tardé à découvrir tout le parti qu'on pourrait tirer de ces techniques de recombinaisons génétiques sur le plan commercial.Dès 1978, la société californienne Genen-tech maîtrisait un procédé qui consiste à greffer sur des bactéries le gène qui commande la formation de la molécule d'insuline dans les cellules.Les bactéries ainsi manipulées sont cultivées dans des cuves de fermentation et fabriquent de l'insuline en grande quantité, à un coût très comparable à celui de l'insuline jusqu'ici extraite du pancréas de porc.Espoir donc chez les diabétiques, et bonnes affaires en vue pour l'industrie pharmaceutique.Le génie génétique permet aussi de préparer commercialement depuis quelques mois l'hormone de croissance humaine, ainsi que plusieurs types d'interférons et d'anticorps très purs.procès sur l'expérience de Lindow et d'Advanced Genetic Sciences.Ainsi le docteur Ronald Davis de l’université Stanford de Californie a reçu la permission de tester des plants de maïs auxquels il a ajouté des gènes codant la formation d'une protéine.Un autre chercheur de l’université Cornell a obtenu l'autorisation d'essayer des plants de tomates et de tabac qu'il aurait rendus génétiquement résistants à certains antibiotiques.Pour sa part, la firme Biotech-nica s'est vu refuser sa première demande pour tester à large échelle sa luzerne modifiée par l'ajout de gènes de Rhizobium meliloti (une bactérie qui aide à fixer l'azote), mais elle compte bien revenir à la charge.Un des paradoxes est que rien n'oblige les industriels à demander un permis s'ils ne sont pas subventionnés par le gouvernement fédéral américain, et certaines compagnies pourraient donc être tentées de procéder directement.Toutefois, on s'attend à ce que les agences gouvernementales comme l'EPA et la FDA édictent des règlements dès que ces produits nouveaux seront au stade commercial.Inévitablement, ces règlements seront aussi appliqués, à quelques détails près, au Canada, tant les agricultures des deux pays sont liées.Alors, pourquoi pas un bon débat maintenant sur les paramètres de sécurité de cette jeune industrie «du labo aux champs»?En ce sens, le procès en cours marque le début de l'ère commerciale du génie génétique agricole.Et tout le reste forme un débat de fond, sur le droit de jouer avec les gènes et sur la liberté fondamentale de la recherche scientifique.Un débat dont on n'a pasfini d'entendre parler, et où les discours moraux et philosophiques qu'affectionne Jeremy Rifkin vont se multiplier.? Le nouveau champ de bataille des grandes puissances militaires: l’espace.Leur cible: les satellites par Claude Lafleur Trente minutes suffisent pour rayer complètement notre civilisation de la surface de la planète.Depuis la Seconde Guerre mondiale, notre capacité de destruction s'est en effet multipliée par un facteur d'au moins un million avec la mise au point d’armes atomiques.Un tel potentiel étant disponible de part et d'autre, les stratèges militaires maintiennent un équilibre de terreur en s'assurant mutuellement d’une destruction complète en cas de conflit.Pour eux, chaque minute est devenue importante puisque l'holocauste, comme la foudre, peut nous frapper à tout moment ! Mais, fort heureusement, les satellites nous protègent, tel un système de paratonnerre, en fournissant toute l'information stratégique nécessaire en un temps record et avec une précision inégalée.Ils transforment la Terre en une véritable maison de verre où tout ce qui s'y passe peut être connu.Plus important encore, les satellites jouent véritablement le rôle «d'anges gardiens» nous permettant de gérer l'équilibre nucléaire et de maintenir une paix autrement impossible.Mais voici que depuis peu, un président américain veut tout changer.Pour le meilleur ou pour le pire?LES ESPIONS DE LA PAIX L'ère de la terreur nucléaire débuta lorsque les États-Unis et l'Union soviétique firent exploser les premières bombes à hydrogène, en 1953.Quatre ans plus tard, à la grande surprise des Occidentaux, l’URSS mettait au point de puissants missiles capables, croyait-on à l'époque, d'expédier ces bombes n'importe où sur Terre.De ce fait, ils surclassaient complètement les Américains dans un domaine de haute technologie.En toute hâte, ces derniers mirent tout en œuvre pour se doter de fusées stratégiques au moins équivalentes, sinon supérieures.Baptisée Missiles Gap, cette première course aux armes nucléaires devint l'un des principaux thèmes de la campagne présidentielle opposant Richard Nixon à John Kennedy L’Amérique se sentait menacée et troublée.Dès lors, afin d’être bien informée, l'armée de l'air surveilla étroitement les installations militaires soviétiques au moyen d'avions espions U-2.Elle s'empressa également de mettre au point des satellites capables d'observer en détail la planète entière.Par chance, car le 1er mai 1960, lorsque l'U-2 piloté par Gary Power fut abattu par la chasse russe (mettant ainsi fin à ce type d'espionnage), il ne s'écoula que deux mois avant que les satellites ne prennent la relève.Quelques éléments qui pourraient composer le système de défense américain de l'an 2000.Les missiles ennemis fl), détectés par les satellites d'alerte avancée (2), seraient détruits aussitôt par un laser à rayons X en orbite (3).Ou encore, ces rayons laser pourraient être émis d'une base terrestre (4), puis réfléchis par un miroir dans l'espace (5).Les missiles réussissant à traverser cette barrière seraient détectés par un télescope spatial à infrarouge (6), puis détruits dans l'espace par des ogives lancées d'une base terrestre (7).En dernier ressort, des missiles anti-missiles (8) élimineront ceux qui échapperont à tout ce système de défense. — 42 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE Au-delà de 80 kilomètres d'altitude, les frontières n'existent plus et on peut photographier tout ce qu'on voit.Voici un exemple de photographie prise de l'espace: le Cap Canaveral te! que vu par le satellite Landstat 3 de la NASA.Evidemment, les dirigeants du Kremlin ne manquèrent pas de se plaindre de cette «odieuse intrusion impérialiste» dans la vie de leur nation.Leur indignation s'estompa tout bonnement lorsqu'ils mirent en service leurs propres systèmes de surveillance orbitale.De toute façon, l'observation — ou l'espionnage — de la Terre depuis l'espace est une activité parfaitement légale puis-qu'au-delà d'une altitude de 80 kilomètres n'importe qui peut survoler n’importe quel territoire et photographier ce qu'il y voit.Les satellites de reconnaissance militaire offrent la possibilité de compter le nombre de missiles en opération et déjuger de la qualité des forces en présence.Tout en permettant le maintien de l'équilibre de la terreur, ils évitent aussi qu'une nation soit indûment entraînée dans une course aux armes aussi ruineuse qu'inutile.Ainsi, au plus fort de la crise des Missiles Gap, les experts du Pentagone estimaient à 120 le nombre de fusées soviétiques capables d'atteindre l'Amérique.Toutefois, sur les photographies prises depuis le cosmos, ils en dénombrèrent seulement 14.La menace soviétique n'était donc pas aussi grande qu'on l'imaginait jusqu'alors et l'intensité de la course aux armes baissa d'autant.D'importantes dépenses en armement furent ainsi épargnées aux contribuables américains.Le président Johnson déclara d'ailleurs quelques années plus tard que «la valeur des renseignements recueillis via l'espace fit économiser dix fois plus d'argent que tout ce qui a été investi dans l'ensemble des activités spatiales américaines».Il est possible d'affirmer — sans craindre de se tromper de beaucoup — que l'économie réalisée grâce aux satellites de reconnaissance se chiffre maintenant en centaines de milliards de dollars.ilT f.SECRETS ET STRATEGIES Ces espions du ciel mettent parfois au jour d'étonnantes réalités.Afin de diriger avec précision leurs missiles intercontinentaux, les Américains avaient besoin de connaître la position exacte des villes et installations militaires soviétiques.En refaisant le relevé géographique de l'URSS, ils furent stupéfaits de découvrir que la position des cibles, telle qu'indiquée sur les cartes russes, avait délibérément été décalée de plusieurs kilomètres.Par ce simple stratagème, les Soviétiques espéraient que les missiles américains manqueraient systématiquement leurs cibles.Autre surprise: le principal sitede lancement de fusées, d'où s'envolent tous les successeurs de Youri Gaga-rine, ne se situe pas en banlieue du village de Baïkonour (comme le prétendent aujourd'hui encore les responsables russes), mais plutôt aux abords de la ville de Tyuratam, à 375 kilomètres plus à l'ouest! Les photographies mirent également en évidence un second cosmodrome d'où partent les deux tiers des satellites soviétiques (à missions militaires pour la plupart).En service depuis au moins 20 ans, son existence n'a pourtant jamais été reconnue par les Russes.Les secrets à grande échelle ne sont pourtant pas l'apanage des Soviétiques.Alors que le programme spatial civil américain est connu dans ses moindres détails, le pendant militaire est d'une discrétion encore plus grande que celui des Soviétiques.En effet, les Russes annoncent sys- tématiquement tous leurs lancements, attribuant un nom à chaque satellite (généralement sous l'étiquette Cosmos), et fournissent le type d'orbite sur lequel ils naviguent.En comparaison, les militaires américains «oublient» parfois de faire mention d'un lancement, ne nomment pratiquement jamais leurs engins orbitaux et ne font que très rarement mention de l'orbite.De plus, jamais, en 25 ans, une seule des millions de photos recueillies par les satellites militaires n'a été publiée! En cette matière, l'étanchéité est absolue dans les deux camps.En l'absence de toute information sur la qualité des prises de vue, il nous est donc impossible de connaître avec certitude le type d'objets discernables à partir des meilleures photos recueillies.Une chose est cependant certaine, c'est que la présence de l'atmosphère terrestre empêche normalement de voir des objets de moins de dix centimètres.Il est alors probable que sur des images réalisées depuis une altitude de 120 kilomètres, on puisse voir des hommes et leurs automobiles! En plus de servir à la surveillance générale de la planète, les satellites-espions portent une attention toute particulière aux points chauds du globe.C'est ainsi que l'an dernier, des satellites furent spécialement nolisés pour couvrir le conflit au Liban.Un observateur soviétique, le Cosmos-1504, changea même d'orbite afin de photographier le débarquement des soldats américains sur h QUÉBEC SCIENCE / juin 1984 43 Les «rayons de la mort» La lumière produite par un laser est un minuscule jet d'énergie extrêmement concentrée.Cette caractéristique désigne particulièrement le laser pour de très nombreux usages, aussi bien dans l'industrie électronique, dans le domaine des télécommunications qu'en médecine.Le mot laser est formé des premières lettres de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation et réfère à «l'amplification de la lumière par émission stimulée de radiations».Dès 1 917, Albert Einstein formula les lois de la physique qui permirent, 40 ans plus tard, à un Américain et à deux Soviétiques de produire les premiers rayons lasers.Pour cette réalisation, tous trois reçurent conjointement un prix Nobel, en 1 964.La lumière ordinaire consiste en une multitude de photons ayant différentes longueurs d'onde, émis à différents moments et de façon désordonnée.Il est réalisation, «la différence de puissance entre un laser ordinaire et un laser à rayons X est comparable à celle existant entre l'«énergie d'une explosion chimique et celle produite par une explosion nucléaire».La puissance d'un laser X est telle que l'on peut instantanément perforer les matériaux les plus résistants.De tels lasers pourraient éventuellement percer la coque d'un missile et détruire ses systèmes électroniques.Évidemment, pour obtenir une telle puissance, il y a un prix à payer.La mise en œuvre d'un laser X capable d'anéantir un missile à plusieurs kilomètres de distance demandera une quantité d'énergie que seule une explosion atomique peut produire ! Handicap majeur pour les lasers opérant sur grandes distances: tout comme la lumière, ils sont facilement arrêtés par l'humidité et les poussières contenues dans l'atmosphère terrestre.cependant possible d'obtenir une lumière où tous les photons possèdent la même longueur d'onde et sont émis par vagues successives.C'est un rayon laser.Cette lumière est d'une pureté absolue.Et, alors qu'individuellement, un photon n'équivaut qu'à une infime quantité d'énergie, les vagues de photons véhiculent une très grande énergie.Comme la plupart des inventions, les lasers ont une multitude d'applications militaires.Ils permettent de guider avec précision les avions et les missiles.Ils servent également à évaluer précisément la distance séparant un missile de sa cible.Plus on fait appel à de courtes longueurs d'onde, plus la puissance du laser est grande.C'est ainsi que de puissants lasers à rayons X furent mis au point dans le plus grand secret aux États-Unis.Selon John Chapline, un des scientifiques qui travaillèrent à cette l'île de Grenade.La menace de la fermeture du détroit d'Ormuz, à la suite de l'intensification de la guerre Iran/lrak, donna lieu ce printemps à de nombreuses observations, autant de la part des Soviétiques que de celle des Américains.LA TERRE SOUS SURVEILLANCE Si les satellites de reconnaissance photographique jouent le rôle d'yeux indiscrets, d'autres véhicules ne sont ni plus ni moins que des oreilles qui écoutent les conversations.Ces engins fureteurs interceptent, entre autres, les communications radio en provenance des différentes bases militaires et du quartier général.De cette façon, on peut suivre avec pré- Ainsi, un simple nuage de fumée devient fatal au plus puissant des lasers ! Et c'est pire encore pour les lasers X car ils sont absorbés par les molécules même de l'air.Si on désire les utiliser pour abattre les missiles ennemis, il faudra donc vraisemblablement les placer dans le vide de l'espace.Le département de la Défense envisage également la mise au point de canons à particules subatomiques.Ces canons lanceront des électrons, des neutrons ou des protons avec la puissance de véritables coups de foudre.Contrairement aux lasers, rien ne peut arrêter ces projectiles, pas même l'atmosphère terrestre et ses polluants.Face à de tels armes, les missiles n'ont qu'à bien se tenir.Les lasers et les canons à particules produisent en quelque sorte les «rayons de la mort» tant décrits par la science-fiction.cision les déplacements des troupes et les manœuvres des escadrilles aériennes.Des satellites de ce type ont également permis au gouvernement américain d'accuser les Soviétiques d'avoir abattu froidement le Boeing sud-coréen.Ces espions localisent de plus les navires et sous-marins qui jouent littéralement à cache-cache à travers les océans du monde entier et même sous le pôle Nord.Des «gendarmes sur orbite» détectent la mise à feu de tous les missiles.Ils sonneront l'alerte générale s'ils constatent le lancement simultané d'un grand nombre de missilesenne-mis.Ils sont également en mesure de déceler toutes explosions nucléaires produites à la surface de la planète, permettant ainsi de faire respecter les traités internationaux interdisant la réalisation de telles explosions.Nous savons que lorsque la tension internationale atteint des sommets — comme ce fut le cas au début de la décennie avec les crises iraniennes, afghanes et polonaises — le moindre malentendu entre les deux grandes puissances peut être fatal à tous.Devons-nous la sauvegarde de notre vie à ces satellites d'alerte avancée?Peut-être bien.Les forces armées ont également largement recours aux satellites de communications pour maintenir le contact en tout temps avec leurs troupes disséminées dans le monde entier.D'autres satellites, de navigation ceux-là, permettent aux avions et aux navires de situer leur position avec grande précision et d'atteindre leur destination rapidement et en toute sécurité.Comme on le constate aisément, le recours aux satellites est absolument vital à la sécurité nationale.Sans eux, le Pentagone (ou l'équivalent soviétique) serait dans l'ignorance de ce qui se passe sur la planète.Sans les satellites d'alerte avancée, les missiles ennemis ne seraient perçus qu'à la toute dernière minute.Le centre de contrôle ne serait plus en mesure de communiquer avec ses navires, avions et batteries de missiles afin d'orchestrer une riposte advenant la destruction du réseau de communications spatiales.Quant aux forces de contre-attaque, elles ne bénéficieraient plus du guidage essentiel fourni par les satellites de navigation.En résumé, si un jour, l'un des deux Grands était totalement privé des satellites stratégiques, près de 80 pour cent de son armement serait à toutes fins utiles paralysé.Plus important encore, l'information recueillie jour après jour s'avère essentielle au maintien de l'équilibre stratégique qui est la base même 44 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE Étage propulsif Avion de chasse F-15 yf' )\ Base de NORAD Tête chercheuse attirée par la chaleur Satellite visé Le prochain système anti-satellite américain: les missiles sont lancés à partir d'avions de chasse supersoniques F-15.La mini-fusée est formée de deux étages propulsifs et d'une tête chercheuse attirée par la chaleur de la cible.Ce système permet de détruire un satellite en qelques minutes.de la paix depuis trois décennies.C'est pourquoi, lors de la conclusion de l'accord SALT-1, en 1972, les États-Unis et l'Union soviétique ont convenu de ne jamais nuire aux «systèmes nationaux de vérification stratégique» de l'autre.Notons au passage que l'euphémisme employé pour désigner les satellites-espions est dû au fait que ni l'un ni l'autre ne reconnaît ses activités d'espionnage! COMME DES PIGEONS D'ARGILE S'il est interdit de s'attaquer aux «systèmes de vérification stratégique», rien n'empêche cependant d'envisager la destruction des autres types de satellites.En fait, l'idée d'élaborer des armes «Asats» (c'est-à-dire anti-satellites) a rapidement germé dans l'esprit des responsables militaires des deux camps.Dès 1959, à titre d'essai, un missile américain frôla Explorer-6, l'un des premiers satellites de la NASA.Une autre méthode prometteuse consistait à produire d'intenses radiations, à l'aide d'explosions nucléaires réalisées dans la haute atmosphère terrestre, afin de dérégler les systèmes électroniques des satellites.À titre expérimental, et en dépit de très nombreuses protestations émanant de la communauté scientifique mondiale, l'armée de l'air américaine tenta l'expérience dans les années 60.Elle découvrit que le procédé était en fait si efficace que de puissantes explosions mettraient hors d'usage tous les satellites, y compris les siens! Cette méthode abandonnée, le département de la Défense s'orienta alors vers un système anti-satellite plus sélectif, faisant appel aux missiles Thor.Équipé d'une petite charge explosive, ils allaient abattre le satellite visé, tel un pigeon d'argile.Après quelques essais d'interception d'étages de fusée abandonnées sur orbite, la formule se révéla efficace et plu- sieurs Thor furent mis en opération.Basés à l'île Johnston, dans le Pacifique, ces missiles n'ont jusqu'à présent jamais servi.Les Soviétiques, tout aussi désireux de posséder leur propre Asat, s'orientent vers une formule différente.Leur méthode consiste à placer sur orbite un satellite qui est par la suite téléguidé de façon à rejoindre sa cible.Parvenu à proximité, ce satellite explose, entraînant ainsi sa victime dans la mort.Entre 1967 et 1971, pas moins de sept interceptions furent réalisées avec succès sur des cibles nationales.De plus, alors qu'un lancement de satellite demande normalement plusieurs semaines d'intenses préparatifs, les Russes s'exercèrent à mener à bien la mise en orbite de satellites-tueurs en moins de 90 minutes ! L'opération complète fut pour la première fois réussie le 13 avril 1976 avec le Cosmos-814.Celui-ci intercepta en un peu plus d'une heure Cosmos-803, sans toutefois le détruire.Cette formule ne sembla pourtant pas satisfaire pleinement les dirigeants du Kremlin, puisque l'Armée rouge réalisa une nouvelle série d'essais anti-satellites.Ces satellites-tueurs rejoignaient beaucoup plus rapidement leur cible pour les cribler de billes métalliques.Enfin, le 18 juin 1982, une surprenante opération eut lieu lors de l'interception de Cosmos-1375 par Cosmos-1379.Durant les quatre heures que durèrent les manœuvres, les Soviétiques mirent également à feu deux missiles intercontinentaux, deux missiles d'interception ainsi qu'un cinquième à partir d'un sous-marin, et lancèrent deux nouveaux satellites militaires ! Toute une performance puisque «jamais personne n'a conduit un tel exercice», affirma Nicholas Johnson, analyste réputé du programme spatial soviétique.«Il semble que les Russes aient simulé un conflit comprenant la destruction de satellites et leur remplacement subséquent», conclut-il.L'exercice semble avoir été un franc succès puisque, depuis cette date, aucun autre essai d'armes anti-satellites n'a eu lieu.Cinq bases de lancement au cosmodrome de Baï-konour-Tyuratam sont exclusivement réservées pour les opérations de ce système.LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS D'ASATS Bien que les Américains disposent du système de fusées anti-satellites Thor depuis une quinzaine d'années, l'amélioration de la technologie (particulièrement celle de l'informatique et de la miniaturisation) les a conduits à développer un nouveau système plus souple et plus efficace.En effet, l'armée de l'air travaille à la mise au point de missiles lancés à partir d'avions de chasse supersoniques F-15.La mini-fusée, longue de seulement cinq mètres et ne pesant que A 121 iei [oq N'ui ttia er 21 Call Alt; Ne Pou ünE Peu cite Piî; Pu) ou O'D lap loi; Coure Silo Ufa Par irr Par ! î'« 45 3UËBEC SCIENCE / juin 1984 Orbite du satellite intercepteur Orbite du satellite cible S;: 1 200 kilogrammes, est constituée de deux étages propulsifs dérivésdes roquettes SRAM et Altair et coiffée d'une tête-chercheuse attirée par la chaleur dégagée de la cible.Ce SRAM-Altair intercepte sa victime I en quelques minutes seulement, à la foudroyante vitesse de 40 000 kilomètres par heure! Le premier d'une série de 12 essais en vol eut lieu le 21 janvier dernier, au-dessus de la Californie.À cette occasion, le SRAM-Altair n'a visé qu’un point quelconque de l'espace.Au cours d'une mise à feu prévue pour cet été, un second missile visera une étoile — sans l'atteindre, évidemment — afin d'évaluer la tête-chercheuse en infrarouge.Ce n'est qu'au cours du troisième lancement qu'un SRAM-Altair devrait atteindre un ballon Avco placé à cette fin sur orbite terrestre.Prévu pour la fin de ; la présente année, cet essai soulève toutefois bien des inquiétudes au Congrès américain.Avant d'autoriser une telle démonstration, celui-ci exige en effet que l'administration Reagan entreprenne de sérieux pourparlers avec les Soviétiques sur l'élimination réciproque de ce type d'armes.Si sa mise au point progresse conformément aux espoirs du département de la Défense, ce système sera opérationnel dès 1987 et aura nécessité des déboursés de 3,6 milliards de dollars.Malgré tout l'effort déployé, aucun JIS5- llrf IONS pnîfS aiif /J liS^l lues $eylÈ : Asat ne peut actuellement dépasser l'altitude des 3 000 kilomètres.Or, les satellites de communications, d'alerte avancée et de navigation sont pour la plupart perchés sur orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres d'altitude.En fait, la seule façon pratique de les déloger est d'utiliser un canon à rayons lasers.Celui-ci devra être placé sur orbite — car les rayons lasers s'affaiblissent rapidement dans l'atmosphère terrestre — et disposer d'une grande source d'énergie pour son alimentation (voir l'encadré).Selon les services de renseignements américains, les Soviétiques disposeraient déjà de la technologie nécessaire et s'apprêteraient même à en faire l'essai sur orbite.Aux États-Unis, les recherches vont bon train.Déjà en juillet dernier, un canon laser monté sur un avion KC-135 a détruit en vol cinq missiles; actuellement le département de la Défense fait pression pour entreprendre la réalisation de systèmes lasers pour Asats.DES NÉGOCIATIONS ARDUES En dépit de ces intenses activités militaires, tant les Américains que les Soviétiques aimeraient bannir du cosmos toutes les armes.À cette fin, ils entreprirent de discuter l'élimination des Asats à Helsinki en juin 1978.Dans le cadre de ces pourparlers, les Soviétiques exigeaient du président Carter qu'il mette fin au programme de la navette spatiale, considérant celle-ci comme vouée La méthode soviétique pour détruire un satellite consiste à placer sur orbite un satellite qui est par la suite téléguidé pour rejoindre sa cible.Parvenu à proximité, ce satellite explose, détruisant en même temps sa victime.principalement à l'inspection et à la destruction de leurs satellites.Dans Soviet Space Programs 1976-80, Joseph Whelan rapporte de plus que «pour défendre leur propre programme anti-satellite, les Soviétiques prirent l'offensive en accusant les États-Unis de militariser l'espace et en déclarant, en toute innocence, que l'Union soviétique était davantage la victime que l'agresseur».Évidemment, les discussions se terminèrent dans la discorde, dès juillet 1979.Subséquemment, un climat glacial s'instaura dans les relations Est/Ouest avec l'invasion de l'Afghanistan, la crise polonaise et l'arrivée en poste de l'administration Reagan.Youri Andropov relança le débat en août dernier en affirmant que l'URSS ne ferait plus aucun essai d'armes anti-satellites si les États-Unis s'en abstenaient aussi.Il proposait de plus la reprise des pourparlers.Ironie du sort, ce fut sa dernière déclaration publique puisque, quelques jours plus tard, il disparaissait de la scène.il ne lui restaitquecinq mois à vivre.Cette proposition, inattendue en Occident, avait vraisemblablement pour but de contrecarrer la mise au point du missile SRAM-Altair puisqu'elle coïncidait avec le début des essais de ce missile.Cette ouverture soviétique ne manqua cependant pas de sensibiliser le Congrès américain qui demanda au président Reagan le report des premiers essais.LES FEUX TOMBANT DU CIEL Jusqu'à maintenant, nous avons vu que les grandes puissances utilisent l'espace à des fins militaires non agressives (reconnaissance, communication, navigation, etc.).Mais pourquoi s'abstiennent-ils de placer sur orbite des bombes susceptibles de retomber au moment voulu, en n'importe quel point du globe? 46 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE Une représentation de ce que serait un laser à haute énergie qui pourrait être placé sur orbite par la navette spatiale.Simplement parce que cette formule n'offre aucun intérêt stratégique.Rappelons que, circulant sur orbite, un satellite survole le globe selon une trajectoire bien définie — donc parfaitement prévisible — etdif-ficilement changeable.Donc, si une nation se sentait menacée par une bombe sur orbite basse, elle aurait tout le loisir de l'abattre à l'aide de son système Asat ou de ses missiles conventionnels.Une éventuelle attaque serait de toute façon aisément prévisible.Dans le cas où des bombes seraient larguées depuis l’orbite géostationnaire, elles prendraient alors au moins deux heures avant d'atteindre la planète.Une telle entreprise enlève donc à la guerre nucléaire son arme la plus redoutable: la surprise.Il est de plus impossible de stocker de telles armes sur orbite à l'insu d'une puissance spatiale, puisque tous les lancements sont repérés par les satellites d'alerte avancée.L'espace circumterrestre est de plus parfaitement surveillé par les réseaux de défense.Celui du NORAD peut, par exemple, détecter un ballon de football naviguant à 36 000 kilomètres d'altitude.Pourquoi pas des bombes sur la Lune alors?En allongeant le trajet d'une fusée nucléaire, on diminue le danger qu'elle représente en augmentant le temps d'alerte.Cela est davantage vrai pour la Lune car toutes armes installées sur sa surface prendraient plusieurs heures — sinon quelques jours — pour atteindre la Terre.L'inutilité des bombes orbitales a permis aux puissances de s'entendre, dès 1967, pour bannir du cosmos toutes armes de destruction massive.LA «GUERRE DES ÉTOILES»?Depuis le jour où l'humanité vit dans l'équilibre de la terreur nucléaire, aussi bien les dirigeants du Kremlin que ceux de la Maison-Blanche rêvent d'une solution autre que celle de la destruction mutuelle en cas d'affrontement.En mars 1983, le président Reagan proposa une formule qui, selon lui, pourrait mettre fin à cette impasse.Son rêve, c'est la mise en place d'un système défensif qui garantirait l'interception de tous missiles en provenance d'URSS.Ainsi, espère-t-il, toute attaque étant impossible, les armes atomiques deviendront désuètes et disparaîtront.Reagan envisage de créer un véritable bouclier antimissiles de trois niveaux.Le premier, mis en place le plus près possible des installations balistiques soviétiques, consisterait en de puissants rayons lasers pour détruire les missiles dès leur lancement en perforant leur carapace.Malgré tout le raffinement apporté à ce système, un certain nombre de missiles, restés intacts, libéreront une multitude d'ogives nucléaires.Alors, ils auront à traverser une seconde barrière, constituée principalement de missiles conventionnels lancés depuis le territoire américain, d'avions ou de sous-marins.En toute dernière instance, pour le petit nombre d'ogives parvenant à quelques secondes du territoire américain, une batterie de canons à particules les intercepterait.Il est estimé qu'un tel bouclier annulerait l'attaque ennemie en ne laissant passer tout au plus qu'une ogive par 1 000 lancées.En faisant part à la nation américaine de son concept qu'il présente, quant à lui, comme strictement défensif, Reagan lança un pressant appel à la communauté scientifique pour l'aider à réaliser ce bouclier.Mais, au grand dam du promoteur, la presse et l'opposition assimilèrent ce projet au film de science-fiction Star Wars\ «Ceux qui parlent de la guerre des étoiles n'y comprennent rien», de s'exclamer Caspar Weinberger, secrétaire à la Défense.Chez les hommes de science, plusieurs doutent de la possibilité de mettre au point des lasers et des canons à particules suffisamment puissants pour réaliser un bouclier vraiment efficace.En effet, la technologie requise pour la mise en œuvre de ce bouclier fait appel à des moyens qui dépassent de beaucoup ceux actuellement disponibles.Certains scientifiques croient de plus que les Soviétiques se doteront rapidement de l'armement nécessaire pour détruire le bouclier.D'autres enfin soulèvent des questions d'éthique: ne serait-il pas préférable de négocier le désarmement mutuel plutôt que de se lancer plus à fond dans la technologie de guerre?En réponse à ces critiques, l'administration Reagan a mis sur pied deux groupes de spécialisteschargés d'étudier l'impact stratégique et les enjeux technologiques du projet.Et, suivant leurs recommandations, le gouvernement américain a décidé d'aller de l'avant.Il consacrera, au cours des cinq prochaines années, 26 milliards de dollars à ce projet.Sa réalisation complète pourrait coûter 1 000 milliards de dollars (soit 100 fois le coût du programme de la navette spatiale) et être terminée en l'an 2000! Même avec des objectifs «purement défensifs», il s'agit du plus gros investissement en armement aux États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Comme nous tous, Reagan rêve de mettre fin à l'absurde menace nucléaire.Mais, propose-t-il la bonne solution?r.I su: ; s:: pei les If::' mu i se" N UÉBEC SCIENCE / juin 1984 47 RECYCLEZ-VOUS! C^.[ m elàlj lUff ]0'|f p On accuse volontiers l'informatisation des milieux de travail d'être source de chômage.Si cette question est encore sujet de débat, il ne fait plus de doute, par contre, que l'introduction de l'informatique entraînera des changements profonds dans les professions et dans la société en général.Ne pas s'y préparer peut être cause de bien des déboires et les groupes les plus touchés seront, semble-t-il, les femmes, les membres des groupes minoritaires, les cadres moyens et les ouvriers d'usine.Selon des chiffres publiés début 1984 par le Policy Studies Institute de Londres, basés sur l'analyse des mouvements d'emplois dans 1 200 industries manufacturières britanniques, l'entrée de la micro-informatique aurait jusqu'à présent entraîné la perte de 54 000 emplois Info/puce Les nouveaux métiers concernent surtout les applications de la micro-informatique, les nouvelles technologies liées à l'électronique et les communications pour affaires ou loisirs.On n'assistera pas à une multiplication miraculeuse du nombre d'emplois, mais plutôt à un recyclage généralisé, indispensable et inévitable.D'après des projections publiées en avril dernier dans la revue américaine Family Computing, entre 1982 et 1995, le nombre de programmeurs devrait augmenter de 77 pour cent et le nombre de sûre: les premiers dans chaque profession à acquérir de l'habileté à utiliser un micro-ordinateur et à gagner ainsi de l'efficacité sont également ceux qui ont le plus de chances d'occuper les postes les plus intéressants.Si vous avez actuellement un emploi, vous avez donc le plus grand intérêt à vous adapter rapidement aux nouvelles technologies avant qu'on ne soit tenté de vous remplacer.Pour leur part, les plus jeunes doivent davantage tenir compte du changement de société que nous vivons, en choisissant leur métier.Note: le ministère de l'Éducation a publié récemment L'informatique, une brochure de 25 pages dans la série Secteurs de l'emploi de l'avenir, que l'on peut se procurer au Service de l'information scolaire et professionnelle.PRENEZ-EN SOIN! iff* ;l« !?!- ojet-1 0(6 efii )i# pioj* j#1 i# / 33 l< jll^ fè*8 Z ^11 4 ,?et, dans le même temps, la création de 20 000 nouveaux emplois.Cependant, 22 000 des emplois disparus correspondaient à des mises à la retraite.La perte nette n'a donc été que de 12 000 emplois et, sur ce nombre, la moitié des personnes concernées ont décidé de s'orienter ailleurs.Cette étude conclut que, même pendant les années de récession de 1981-1983, la micro-informatique a entraîné la perte réelle de très peu d'emplois.Ces chiffres peuvent donner une idée de la situation au Québec et au Canada pour laquelle on ne dispose pas encore de statistiques précises, les dernières prévisions, publiées par le Conseil des sciences datant déjà de mars 1982.techniciens réparateurs d'ordinateurs de 97 pour cent.Par contre, la plupart des mécaniciens d'automobiles devront avoir de sérieuses connaissances en électronique.En fait, d'ici six ou sept ans, la plupart des travailleurs auront à se servir d'un ordinateur ou d'appareils électroniques de plus en plus complexes.En outre, on verra s'accroître le nombre de personnes effectuant un travail à temps partiel ou complet à leur domicile.Cela n'obligera pas tout le monde à préparer un certificat en informatique, mais chacun devra connaître les meilleures façons de profiter de l'informatique dans le domaine dans lequel il s'est spécialisé, quel qu'il soit.Une chose est Un ordinateur et ses périphériques doivent être régulièrement entretenus afin d'éviter les pannes ou la perte de données.Il n'y a rien de plusfrustrant, en effet, que d'être incapable de récupérer les données d'un travail qui nous a pris des heures.Voici donc quelques conseils: • démagnétiser et nettoyez au moins une fois toutes les trois heures d'utilisation les têtes du magnétophone qui sert à stocker vos données; • s'il s'agit d'un lecteur de disquettes, effectuez le nettoyage approprié au moins une fois par mois si vous employez souvent votre appareil; • branchez toujours votre ordinateur à une prise de courant comportant une prise de terre; • veillez à ce que l'humidité relative de l'air ambiant soit d'au moins 30 pourcent dans la pièce où se trouve l'ordinateur afin d'éviter la formation d'électricité statique ; • évitez d'utiliser trop longtemps votre ordinateur à une température supérieure à 30° C surtout s'il ne comporte pas de ventilateur, car certaines composantes électroniques risqueraient de «brûler»; • nettoyez souvent la pièce où se trouve l'ordinateur car les disquettes craignent la poussière; • comme la fuméedecigarettescontient des fines particules qui peuvent se déposer à la surface des disquettes ou des bandes magnétiques et empêcher la lecture de données, on recommande de ne pas fumer à côté d'un ordinateur ou d'installer un purificateur d'air à proximité; • faites aligner les têtes de vos lecteurs de disquettes tous les trois à six mois, selon l'usage que vous en faites. 48 juin 1984 / QUÉBEC SCIENCE m RECUPERA T! O N RECYCLER LES BA TTERIES On trouve cinq scientifiques célèbres par million d'habitants en Suède, contre trois aux États-Unis et un au Canada.La presse quotidienne et la télévision d'heure de pointe abordent des questions scientifiques et technologiques plus souvent qu'ici.Ces deux facteurs aident un peu à comprendre pourquoi les Suédois sont mieux informés que nous des conséquences de la pollution industrielle et domestique.Voici l'exemple d'une forme de pollution contre laquelle on lutte avec succès en Suède, mais dont on n'est pas conscient en Amérique.Les batteries (piles) de radio, de caméra, de calculateur, de lampe de poche, etc.contiennent souvent deux métaux extrêmement toxiques: du mercure et du cadmium.Jetées à la poubelle, elles aboutissent nécessairement à l'incinérateur municipal.Le mercure et le cadmium sont alors rejetés dans l'atmosphère et pourront éventuellement se retrouver dans les lacs et les rivières.En 1980 commençait à Uppsala une campagne de collecte des piles usagées.La plupart des propriétaires de magasins y ont participé en recueillant et en triant les piles rapportées par les clients.Elles étaient divisées en trois catégories.Les piles au mercure (souvent marquées «alcalines») étaient expédiées en Belgique pour fin de recyclage du mercure.Les piles nickel-cadmium étaient envoyées à Oskarshamn pour recycler le cadmium.Quant aux piles au manga- nèse, elles sont mises en réserve en vue d'un éventuel recyclage.Depuis 1982, des affiches et des brochures pertinentes étaient distribuées dans les lieux publics par la Uppsala Kraftvarme AB, la compagnie incinéra-trice des déchets de 21 villes dans la région d'Uppsala.Des progrès surprenants furent alors réalisés.En octobre 1982, les trois quarts des piles étaient encore jetées à la poubelle.Mais, à la fin de 1983, les trois quarts d'entre elles étaient recyclées.Le résultat fut frappant.En octobre 1982, 1,8 gramme de mercure était rejeté dans l'atmosphère par tonne de déchets.En décembre 1983, on n'en trouvait plus que 0,6 gramme par tonne.Par ailleurs, le professeur Olle Lindstrom, de la Tekniska Hogskolan à Stockholm, travaille au développement d'une pile rechargeable et dépourvue de cadmium et de mercure.À date, les associations argent-zinc, argent-fer, nickel-fer et zinc-manganèse semblent prometteuses.Dans l'avenir immédiat, la pollution par les piles n'ira qu'en empirant au Canada, puisque le marché est de plus en plus envahi par les piles au mercure et au nickel-cadmium, au détriment des anciennes piles au manganèse, moins dommageables pour l'environnement.Jusqu'à ce qu'on mette sur pied un programme de récupération?.1 1 1 - 1 1 "'"Z [s! SIDA : LA COURSE FRANCO-AMÉRICAINE L'annonce de la «découverte» de la cause probable du SIDA, à la fin d'avril, est survenue un peu tard.En mai 1983, une équipe de chercheurs américains dirigée par le docteur Robert C.Gallo identifiaient le HTLV-1 (Human T-Cell Leukemia Virus) chez des individus atteints du SIDA (voir Québec Science, novembre 1983).À la même époque, l'équipe française du docteur Luc Montagnier de l'Institut Pasteur isolait le LAV (Lymphadenopathy-Associated Virus) chez des patients considérés à risque élevé de développer le syndrome.Entre-temps, les Français prenaient l'avance en mettant au point un test qui permettrait de dépister le LAV chez des individus soupçonnés d'être atteints du SIDA.De leur côté, les Américains se sont trouvés un nouveau champion différent du premier, le HTLV-3.S'agit-il d'un seul et même virus?Sinon, lequel est le vrai coupable?Nul ne le sait, même si les Américains admettent déjà que le virus français est le candidat le plus probable au titre de responsable de la maladie du siècle.En partant de cette hypothèse, les chercheurs des deux équipes devront conjuguer leurs efforts pour en savoir plus long sur l'histoire naturelle du syndrome et trouver rapidement un vaccin.En attendant, l'énigme SIDA n'est pas encore résolue.Yvan Ouellet Gare auxfeux de forêt! I bnj 1É mes Bér, ta Süli liyj San; Gas poui «Ci «es «se laïcs )ie« lui (OUI Km le i lem 'Le tipa! aitci liées to Paul lecie ûeél E 1U || "aie lacic tau lam( « ; farj) ««m N, Mill Si ’blsi Si H Hus Michael Laughrea 2UËBEC SCIENCE / juin 1984 49 ÎE 1 ACTUALITES ARBORICULTURE CES ARBRES MALADES DE LA VILLE î::.- ’ (K fee j te J » ïl» «! E 3lj n sortant de chez vous un beau matin, vous constatez que le seul arbre de votre terrain a été endommagé par une automobile au conducteur malhabile et surtout insouciant.Une belle écorchure de 20 centimètres de long, et assez profonde en plus! Et votre arbre n’est pas le seul à avoir des problèmes.La firme d'ingénieurs forestiers Déry Rocray a étudié, à Québec, un échantillon de 1 098 arbres et on observa sur chacun un traumatisme quelconque.Bien sûr, dansplusieurscas.cestrau-matismes n’auront pas de conséquences sérieuses.C’est un peu comme les humains, on passe rarement une année sans attraper un bon rhume», précise Gaston Déry.Le pendant des microbes pour les arbres, ce sont les spores de champignons.Ces derniers pénètrent dans le bois par les plus petites fissures et causent toute une panoplie de problèmes dont la carie et les chancres.Les insectes ne se gênent pas non plus pour faire mauvais parti aux arbres.La spongieuse, petit insecte venu de l’Ouest et qui se dirige vers nos régions, a un pouvoir de défoliation tel qu’elle peut venir à bout d'un arbre mature en moins de deux jours.Malgré tout, l'homme demeure l’ennemi numéro un de l’arbre: «Le vandalisme est la principale menace pour nos arbres: dans certains quartiers, la situation est très grave», affirme Madeleine Paulin, du Service de foresterie urbaine de la ville de Québec.Et si l’homme endommage les arbres, il ne s’occupe pas toujours de les soigner.«Seules les deux ou trois plus grandes villes maintiennent en perma-nance un service d'arboriculture», se plaint Jean Lamontagne, président de la Société internationale d'arboriculture-Québec.Et î même quand l'homme soigne les arbres, il ne s'entend pas toujours sur les moyens de procéder.Aux traditionnels «Services d’arbres» qui décident des interventions en fonction du budget, Gaston Déry préfère le diagnostic plus sérieux, tout comme pour les humains.Pour la suite des opérations, certains arboriculteurs se servent du pifomètre et des anciennes méthodes: tailler la plaie de l'arbre, en brûler la superficie et recouvrir le tout d’un enduit de goudron et peut-être même de polyuréthane.D'autres ne jurent que par les nouvelles théories.En arboriculture, qui dit nouvelle théorie, dit Alex Shigo.Ce pathologiste forestier américain a remis en question toutes les connaissances apprises jusqu’à maintenant en proposant une théorie basée sur la capacité de compartimentation de l'arbre.Shigo s'appuie sur une expérience personnelle considérable puisqu'il a procédé à plus de 10 000 coupes d'arbres pour en étudier la structure interne.Voilà bien la première fois que la scie mécanique contribue à améliorer la condition de l'arbre! Lorsque l'homme ou l'animal est blessé, il régénère ses cellules, les remplacent par d'autres et cicatrise la plaie.L'arbre n'a pas cette capacité.Lorsque survient un problème, l’arbre réagit en formant un compartiment, en isolant les L'arbre blessé réagit en formant un compartiment qui isole les cellules saines des cellules endommagées.cellules saines des cellules endommagées.Cette paroi est en fait un mur chimique fait de phénol et de terpène (ce dernier produit sert d'ailleurs à la fabrication de la térébenthine).L'arbre limite d'abord les dégâts en empêchant les agents pathogènes de progresser vers le haut et vers le bas et à l'horizontale.Il peut aussi se bâtir un mur pour protéger l'intérieur de ses plus récents anneaux de croissance.La zone infectée peut alors gagner le cœur de l'arbre en laissant intact un pourtour sain où la sève circule toujours de la racine vers les feuilles.Voilà qui explique pourquoi certains arbres ont des centres creux.La plupart du temps, ces arbres tomberont à cause d'une faiblesse mécanique et non pas à cause de la maladie.L'effet de ces nouvelles théories se fait sentir dans l'application des techniques arboricoles.Au niveau de la taille, par exemple, on suggère d'en faire le moins possible et pas n'importe comment.On doit faire en sorte que l'arbre se fabrique un compartiment et cicatrise le mieux possible.Plus question de coupes rases et égales, un mètre en dessous des fils électriques.Ou encore, les coupes ornementales de forme arrondie où on élimine le bourgeon de cime qui oriente l'arbre.Ce dernier ne doit pas passer son temps à se faire des parois pour se protéger des carties et des insectes.Côté chirurgie, il suffit de tailler la plaie en ellipse dans le sens de l'arbre en arrondissant les angles du haut et du bas.L'arbre se fabriquera un calus cicatriciel en périphérie et la blessure pourra même se refermer complètement.Quant aux enduits, ils sont totalement déconseillés par les adeptes de Shigo.L’enduit, surtout lorsqu'ap-pliqué en couches épaisses, se détache souvent de l'arbre et crée un espace noir et humide qui favorise le développement de champignon et de moisissure qui auront plus de possibilités de percer le compartiment protecteur fabriqué par l'arbre.Gilles Parent ACTUALITÉS TECHNOLOGIE DES ROBOTS SOUS-MARINS Depuis que le Suisse Auguste Piccard a établi, en 1960, le record de plongée sous-marine avec son bathyscaphe dans la fosse des Mariannes (10 668 mètres), l'être humain n'a cessé de repousser les frontières de ce dernier royaume inexploré de la planète, les grands fonds océaniques.Pendant plusieurs années, cette course s'est déroulée à l'insu du public.Nous sommes passés de l'ère des bathyscaphes encombrants à celle des sous-marins miniaturisés et téléguidés.L'exploration pétrolière a donné un essor particulier au travail sous-marin et au développement de la technologie subaquatique.Au cours des années 70, le Canada s'est taillé une place de choix dans ce secteur avec la compagnie International Submarine Engineering (ISE) qui occupe présentement la moitié du marché international.Cette compagnie de Vancouver, qui compte 120 employés, possède des succursales en Asie, en Inde, de même qu'à Seattle et Houston.Depuis 1974, elle a fabriqué et vendu plus d'une centaine de sous-marins téléguidés qui sont utilisés un peu partout dans le monde à des fins commerciales particulièrement dans l'industrie pétrolière.ISE a mis au point une variété de modèles qu'il est possible de regrouper en quatre familles: les véhicules de À gauche, le DOLPHIN et en bas le modèle robotisé le plus populaire de ISE.reconnaissance, les modèles robotisés, les sous-marins destinés aux relevés cartographiques et les submersibles autonomes.Les sous-marins de reconnaissance sont les plus petits véhicules construits par ISE.D'une dimension comparable à celle d'une table de salon, ils sont munis d'une seule caméra.Ils atteignent facilement les 1 000 mètres de profondeur et peuvent être utilisés pour vérifier tant l'intérieur d'un réacteur nucléaire que les conduites forcées d'un barrage hydroélectrique.À l'été 1979, ils ont été utilisés pour localiser les dommages à la tête du puits de pétrole Ixtoc I dans le golfe du Mexique dont l'explosion avait occasionné un déversement record de pétrole en mer.Pour leur part, les sous-marins robotisés sont de loin le groupe le plus important et le plus versatile.L'éventail couvre des modèles dont le poids varie de 54 à 2 500 kilos.Certains appareils peuvent atteindre 2 500 mètres de profondeur et des vitesses de trois nœuds.Ils possèdent de deux à six bras mécaniques et peuvent accomplir des travaux aussi variés que l'alignement d'un trépan à mollette dans la tête d'un puits de pétrole, fixer bout à bout des tuyaux de pipeline ou enlever des ana-tifes, ces petits crustacés qui se fixent à la coque des navires.Ils sont aussi utilisés avantageusement comme navette entre des plongeurs et leur navire ou pour télédiffuser le déroulement des travaux améliorant ainsi l'efficacité des opérations sous-marines et les conditions de sécurité.Les bras mécaniques de ces engins peuvent être équipés de différents instruments comme des scies mécaniques, perceuses, sécateurs ou carotteuses à échantillons.La troisième catégorie est constituée d'appareils spécialisés dans les relevés topographiques.Un type, le DOLPHIN, est utilisé par les chercheurs de l'institut Bedford de Halifax pour mesurer les différentes profondeurs à l'aide d'un sonar.Ce submersible téléguidé offre l'avantage d'être beaucoup plus stable et permet donc d'obtenir des données plus précises que celles fournies par des relevés faits à partir de chaloupe.Un autre modèle du même groupe, le Sea Marc II, est surtout utilisé en géophysique et en cartographie sous-marine.Il peut parcourir 600 kilomètres carrés par jour tout en analysant la température et la conductivité de l'eau.Il peut également retransmettre une vue en trois dimensions du fond marin.La dernière famille appartient encore partiellement au domaine de la science fiction.Il s'agit de sous-marin entièrement autonome, capable de demeurer sous l'eau pendant 20 heures, d'analyser son orientation et d'éviter les obstacles.Il sera également possible de le guider sur une distance de plus de 75 kilomètres et de recevoir directement les données recueillies par un système de télémétrie acoustique.Pêches et Océans Canada en sera le premier utilisateur.Il sera employé pour faciliter le cheminement des navires pétroliers.S l'eau ne': amio îvièfi neiici égat ivoir ime nond' Mi üsim te.léi me o Ber («ri! l«i e> nji; Michel Gervais Me a IQUÈBEC SCIENCE / juin 1 984 ifimjsi I incite i iplora j mtirali I ¦mwii ' leplusif /enliilwl vînt 4 S 'I relis 4* profontoi ^ îli'l ENVIRONNEMENT DU FROMAGE COMME ÇA ME PLAÎT! slatésfH itaM* ivtrtefl j li)iselbessE B.ue ft.ppaltem PtovrnceoupuVS ent 61 prénom 80 LBJ U 7 1 | 8 1 1 1 1 1 1 II Il II 1 1 1 1 M 9 numéro rue Il II 1 II 1 appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 II 29 LL ville 1 1 1 1 1 1 1 1 province 48 1 1 1 1 1 1 1 II 1 49 Code P°s' tai ^ adiesse u°uvei^t adroite 69 code postal 74 68 ?Chèque ?Mandat postal ?Compte Mastercard U.Date d'expiration .^eZ ^abonnement r\e coupon Tarif en vigueur jusqu'au 30 juin 1 984 Faites votre chèque à F ordre de: QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery.Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551.poste 2854 de l'extérieur appelez sans frais le numéro 1-800-463-4799 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Illustrations: Jacques Goldstyn 58 juin 1984 / QUÉBEC SCIE Vonik Tanneau VOYAGE DE CŒUR POUR VIP Le nouveau produit d'exportation de la Suède: un bilan de santé personnalisé pour rois du pétrole.L'idée a germé cela fait quelques années, lorsqu'un cheik d'Arabie Saoudite fit spécialement le voyage à Stockholm pour venir se faire examiner à l'hôpital Sophia, un des rares hôpitaux privés du pays.Cela s'est reproduit quelquefois et, finalement, l'hôpital en question et la ligne aérienne SAS ont décidé de s'associer pour offrir aux riches clients du golfe Persique des tours-santé comprenant le voyage aller-retour, l'hôtel et un examen complet par des spécialistes.À LA CHASSE AUX MOUCHES Avant l'été, un petit conseil pour attraper les mouches (un passe-temps comme un autre.).Avec une main, ça rate toujours; la mouche s'en va de l'autre côté.Voici une meilleure méthode proposée dans la revue Nature par George Gray, professeur émérite d'anatomie, qui a sûrement beaucoup regardé les mouches voler dans son bureau de University College, à Londres.Vous prenez un mouchoir en papier dans chaque main et, la mouche au milieu, vous rapprochez lentement les mains en faisant de légers mouvements de va et vient.Puis, vous attaquez des deux côtés en même temps.La mouche ne peut éviter qu'un danger à la fois.Quand il y en a deux, elle est débordée, ne sait plus où aller et s'immobilise.Bonne chance ! mm ?En vrac DES PIGEONS SAUVETEURS On place trois pigeons dans des compartiments vitrés à l'arrière de l'avion et, lorsqu'ils aperçoivent un point rouge, jaune ou orange à la surface de l'océan, ils frappent du bec sur un bouton qui déclenche à son tour un signal sonore et visuel dans la cabine de pilotage.C'est l'idée qu'a eue James Simmons pour faciliter les missions de sauvetage en mer.Le pigeon a un champ visuel plus étendu que celui de l'homme, environ 200°, il est moins gêné par la réverbération et demeure vigilant plus longtemps.Tout cela en fait un assistant idéal pour les recherches en mer.Il a d'ailleurs un taux de réussite de 90 pour cent, alors que l'œil humain ne repère un objet comme un gilet de sauvetage que dans 40 pour cent des cas.JE MANGE, DONC JE SUIS Une poignée de biscuits contre l'insomnie, une assiette de pâtes contre la dépression.Ce sera peut-être bientôt la prescription de votre médecin.Des études menées au Massachusetts Institute of Technology viennent en effet confirmer que ce que nous mangeons — l'apport quotidien d'éléments nutritifs, de vitamines et de minéraux — influence notre façon de penser.Les fonctions cérébrales, allant des émotions à la sensibilité à la douleur, peuvent être modifiées par l'alimentation, et le désir, entre autres, de manger des hydrates de carbone est un besoin métabolique du cerveau.OPERATION SAUVETAGE Dans la Chine ancienne, il existait ur dieu qui protégeait les livres contre l< feu, les vers, les insectes et les voleurs Malheureusement ce dieu est mort, e les livres sont menacés de destructior par l'acide contenu dans leur propn papier.Mais son nom, Wei T'O, a éti donné à un nouveau procédé actuell ment utilisé à la Bibliothèque nationale et aux Archives publiques d'Ottawa pour tenter de sauver ou plutôt d'allonger la vie de milliers de volumes en danger! Alors qu'une autre méthode expérimenf: tée par la Library of Congress de Washington utilise un gazdans lequel on laisse les livres de sept à dix jours, le procède Wei T'O consiste à sécher les livres sous vide pendant 36 heures, avant de les placer pendant 50 minutes dans unp cuve contenant une solution gazeuse d'un agent de déacidification.Il prend donc moins de temps et revient moins cher; environ 3$ le livre, au lieu de 5$ a Washington.TOUJOURS PRÊT! L'impuissance guérie par l'électronique.C'est après qu'on eût découvert que l'érection était commandée par un groupe de nerfs situés dans la région de l'ainei qu'une compagnie américaine de Philadelphie, Biosonics, a eu l'idée de lanceifl un petit appareil, le stimulateur génital électronique, capable de provoquer l'érection à volonté.Grâce à une commande à distance, le stimulateur, caché dans lq rectum, agit sur les nerfs en question et provoque l'érection.Les singes sur les-jl quels l'appareil a été essayé ont pu avoir! ainsi des érections qui duraient jusqu'à une heure et demie.Impressionnant,! n'est-ce pas?Une précision cependant le stimulateur attend l'approbation de la Food and Drug Administration et i ne sera vendu que sur prescription du médecin.i tv?OH QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR PRÉSENTE ¦ L HERBIER MÉDICINAL ALBUM D'ETHNOBOTANIQUE QUÉBÉCOISE Cet album dans lequel vous pourrez collectionner vos propres spécimens offre l'avantage d'être parfaitement adapté à notre flore.Quarante-six espèces, généralement faciles à trouver, y sont décrites et soigneusement illustrées.Pour chacune d'elles, nous avons rapporté les usages qu'en faisaient les différentes nations autochtones, les propriétés médicinales, la composition chimique et le mode d'emploi traditionnel.Pour faciliter une identification sûre, des notions de morphologie végétale sont présentées au début de cet ouvrage.Vous y trouverez également l'historique des plantes médicinales, un glossaire des termes se rapportant à la phytothérapie, ainsi que la manière de préparer les différentes potions.par Daniel Fortin et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE sous la direction d'Estelle Lacoursière Québec, 1983, ISBN 2-920073-28-1 27,5x38 cm, 120 pages, 14,95$ L'ARBRIER QUÉBÉCOIS Il existe au Québec plus de cent espèces d'arbres et d'arbustes.Et, pourtant, nombreux sont ceux qui prétendent aimer la forêt et ces plantes vertes par excellence que constituent les arbres et les arbustes.Voilà pourquoi Estelle Lacoursière, spécialiste de la botanique à l'Université du Québec à Trois-Rivières, et Pierre Leduc, illustrateur, ont uni leurs efforts pour présenter aux jeunes comme aux moins jeunes cet herbier original baptisé arbrier.par Estelle Lacoursière et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1981, ISBN 2-920073-17-6 27,5x38 cm, 64 pages, 8,95$ L'HERBIER QUEBECOIS La planète Terre a donné naissance à près d’un million d'espèces végétales.Vouloir les connaître toutes serait certainement impossible.Mais quelle satisfaction de pouvoir reconnaître au moins celles que vous propose cet album.Une soixantaine d'espèces choisies parmi les plus courantes, y sont identifiées et illustrées, accompagnées d’un espace libre et d'une fiche d'identification pour vous permettre d'en faire collection.par Estelle Lacoursière et Pierre Leduc Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1982, ISBN 2-920073-22-2 27,5x38 cm, 104 pages, 12,95$ Ji.IvudyLeU L'ETANG, UN MILIEU DE VIE Une superbe gravure doublée d'un véritable cours de science naturelle.Il suffit en effet de l'observer durant quelques secondes pour s'imprégner du foisonnement de vie qui s'y déroule: en tout, 88 espèces animales et végétales y sont représentées, ainsi que l'évolution du cycle de vie de certaines d'entre elles.Une innovation pédagogique d'importance.par Estelle Lacoursière illustration de Claire Tremblay-Aubé Série QUÉBEC SCIENCE NATURE Québec, 1981, ISBN 2-920073-19-2, format 66x92 cm, standard: 6,95$ laminé sur carton 14,95$ Dans la collection FAIRE: OBSERVEZ LES OISEAUX AU QUÉBEC par Normand David et Miche! Gosselin Québec.1981, ISBN 2-920073-10-9 12,5x18 cm, 268 pages, 14,95$ 2e édition Ces livres sont disponibles dans les librairies.Pour les régions non desservies, commander aux PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Joindre votre paiement en incluant 1,75 $ pour les frais d'envoi. Le Canada en fête 63 jours de fête au Vieux-Port de Québec Du 23 juin au 24 août 1984 Revivez 450 ans d'histoire.Découvrez les merveilles du présent et du Canada de l'avenir.Dans l'atmosphère pittoresque de ville et de mer du Vieux-Port de Québec: 63 jours de fêtes populaires.De tous les coins du monde: des visiteurs venus célébrer avec nous le 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier au Canada.retour des grands voiliers 1 compétitions nautiques pan-canadiennes et internationales • expositions, pavillons, sciences, technologie • festivals des ethnies du Canada • spectacles, théâtre, concerts • artistes de renommée mondiale • divertissement, participation, animation.*L.^WONAtf \m m è Gouverneme du Canada
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