Québec science, 1 janvier 1982, Juillet
mm ^ v 2.50 $ JUILLET 1982 Volume 20, numéro > -i» _______________________________¦ rt de retour garanti LES POISSONS SORTENT DE L’EAU J» LE BOOM DE IA PSYCHOTHERAPIE JRRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 ort payé è Québec DIAGNOSTIC À DISI MINOUNES R I SME- E-TOI ! C P 250.Sillery Québec GIT 2R1 PETIT-DEBROUILLEZ- Devant le succès remporté par le livre «Le petit débrouillard» (plus de 15 000 exemplaires vendus), QUÉBEC SCIENCE et HEBDO-SCIENCE ont uni leurs efforts pour présenter à leur jeune public une collection: «La collection des petits débrouillards».Les sympathiques personnages créés par Jacques Goldstyn seront, bien sûr, en vedette dans chacun des livres de «La collection des petits débrouillards».Le premier de ces livres vient tout juste de paraître: «Les voyages fantastiques de Globulo», texte et microphotographies de Jacques Beaulieu et illustrations de Jacques Goldstyn.Le second «Jardinez avec le professeur Scientifix» sera sur le marché au cours du mois d'août.Rassurez-vous, même si la saison du jardinage est quelque peu avancée, les auteurs, Huguette Beauchamp et Robert Richards, y ont prévu des expériences pour toutes les saisons.Un peu plus tard cet automne, le professeur Scientifix récidivera avec: «Les nouvelles expériences du professeur Scientifix».Soyez à 1 affût.Réservez dès à présent votre exemplaire chez votre libraire ou chez QUÉBEC SCIENCE Éditeur.LA GOLLECTION DES PETITS DÉBROUILLARDS Le petit débrouillard 66 expériences faciles à réaliser par le professeur Scientifix, illustrations de Jacques Goldstyn Québec Science Éditeur Québec, 1981 19 x 20,5 cm, 120 pages ISBN 2-920073-18-4 9,95 $ (•Y 'U ÆÇ- Les voyages fantastiques de Globulo l'exploration microscopique du corps humain par Jacques Beaulieu illustrations de Jacques Goldstyn Québec Science Editeur Québec, 1982 19 x 20,5 cm, 104 pages ISBN 2-920073-23-0 12,95$ Jardinez avec le professeur Scientifix des expériences pour toutes les saisons par Huguette Beauchamp et Robert Richards illustrations de Jacques Goldstyn Québec Science Éditeur, Québec, 1982 19 x 20,5 cm, 148 pages, ISBN 2-920073-24-9 (parution en août 1982) 14,95 $ POUR COMMANDER LES LIVRES DE LA COLLECTION DES PETITS DÉBROUILLARDS* adressez-vous à votre LIBRAIRE ou à Québec Science Éditeur en utilisant le coupon ci-dessous: BON DE COMMANDE Nom.Adresse .Veuillez me faire parvenir le(s) volume(s) suivant(s): , Prix Quantité Total LE PETIT DEBROUILLARD .Q qr inL PoU: aux-U “eus PrOlif,l ]Sse 'erre °n le Cafa, °u n°rn.9üe Ce 9Ue I a/ de com.la ns nie la herb, de de Te, me Prin, oh, ta-aUssi saint.'“‘aire "’em, oon, eVanHa Z plate-bZa,u le / 'j°Urs inréi "rêc est mai.•son.•ande de St‘muia vaise mal torbe mes , ne leUx enrr, 'lean Crès artiu; er U»1 '' -v- - yrM: » ***** W&kr.J»'* ; \h*;:x :4's»£r tr,- % SEBJ 33 DIAGNOSTIC À DISTANCE Les premières expériences de télémédecine montrent que cette technologie peut contribuer à améliorer la qualité des soins en régions éloignées par Guy Rochette « Les déficiences dans la qualité et les quantités de soins disponibles en régions éloignées peuvent être corrigées dans une certaine mesure par les techniques de la télémédecine.Il est même possible de compenser partiellement l'absence de spécialistes et le nombre insuffisant d'omnipraticiens par la consultation et la télétransmission de signaux biologiques et d'images» (de personnes ou de documents).Mieux encore, poursuit le docteur Fernand A.Roberge, directeur de l'Institut de génie biomédical de l'École polytechnique de Montréal: « La télémédecine peut aussi mettre à la disposition du personnel de santé des régions éloignées, l'expertise et les moyens les plus puissants disponibles dans les grands centres urbains, tant pour des questions de santé communautaire, d'enseignement médical continu et de recyclage, que pour des questions administratives ou autres.» Que voilà des propos à faire rêver tout l'arrière-pays, de Rouyn-Noranda aux îles-de-la-Madeleine.Des propos à raviver l'espoir perdu de tous ceux qui dénoncent le manque de médecins et d'équipements médicaux spécialisés.En ces régions éloignées, on le sait, la qualité des soins et l'accessibilité aux services, à conditions médicales égales, constituent un véritable cauchemar pour les populations qui, la plupart du temps, doivent se déplacer vers les grands centres urbains.L'actualité récente a d'ailleurs remis en mémoire, parfois de manière spectaculaire — grèves et démissions de médecins, coupures budgétaires, colères de citoyens ordinaires, protestations d'administrateurs d'hôpitaux, loi 27 —, toute cette question de l'organisation des soins de santé en régions éloignées.Est-ce à dire que la télémédecine annonce l'arrivée d'une ère nouvelle dans la distribution des soins et services de santé en régions éloignées?À ce jour, il faut reconnaître que l'idée d'une utilisation systématique de la télémédecine s'impose comme une alternative valable.Alliage des télécommunications et de la médecine, elle nous introduit à des pratiques professionnelles de l'avenir.Mais, pour l'heure, il faut aussi convenir qu'elle n'est guère utilisée qu'à petite échelle et sans trop faire de bruit, que ce soit aux États-Unis, au Canada ou au Québec.Même s'il anticipe un peu sur l'avenir immédiat, l'enthousiasme des spécialistes québécois repose sur du solide: une longue fréquentation de la télémédecine et la réalisation récente d'un important projet en ce domaine.UN SYSTÈME PIONNIER Ce projet expérimental d'envergure a permis, en utilisant le satellite canadien Anik-B et la télévision en circuit fermé, de relier le petit centre hospitalier de LG-2 au Centre de médecine dentaire de l'Université de Montréal et à deux grands hôpitaux montréalais, l'hôpital du Sacré-Cœur et l'Hôtel-Dieu.Il ressort de cette expérimentation qu'un système de télémédecine bien organisé peut répondre adéquatement à des besoins spécifiques d'une région éloignée.S'il fournit une aide continue au personnel de santé de cette région, il peut aussi apporter des améliorations importantes à 34 juillet 1982 / QUÉBEC SCIENCE De Montréal, des cardiologues, tels que les docteurs Pau! David et Pierre Grondin, discutent d'un cas avec leurs confrères de Lyon, en France.Cette expérience internationale de téléclinique a été réalisée en 1973.l'accessibilité aux services et à la qualité des soins.Une première québécoise dont le docteur Fernand A.Roberge a assuré la codirection avec le docteur André Proulx, qui est professeur titulaire de médecine à l'Université de Montréal et chef du service de cardiologie à l'hôpital du Sacré-Cœur.Pour ces deux chercheurs, la télémédecine a depuis longtemps fait la preuve de son efficacité.Voilà une bonne douzaine d'années maintenant que l'un d'eux, André Proulx, initiait une première expérience à partir de l'hôpital du Sacré-Cœur: une expérience de télésurveillance pour patients éloignés, victimes d'un infarctus du myocarde ou autre trouble cardiaque.Comme l'explique André Proulx, ce système de télémédecine procédait d'une idée toute simple: «Il s'agissait de permettre à certains hôpitaux de dispenser des soins spécialisés, comme s'ils disposaient d'une unité coronarienne, d'infirmières spécialisées et de cardiologues.Dès l'instant où un patient était hospitalisé pour une insuffisance coronarienne aiguë ou une tachycardie (accélération du rythme des battements du cœur), il se voyait immédiatement placé sous monitoring aux soins intensifs de son hôpital.Le signal électrocardiographique de ce patient était alors transmis par ligne téléphonique au moniteur cardiaque central, installé à l'unité coronarienne de l'hôpital du Sacré-Cœur.» À cet endroit, un cardiologue prenait quotidiennement connaissance du dossier des patients téléreliés.Après étude du dossier, lecture de l'électrocardiogramme du jour et des bandes de rythme des dernières 24 heures, le cardiologue communiquait avec le médecin traitant.Et tous deux s'échangeaient les informations nécessaires sur l'état du patient, le diagnostic différentiel et les recommandations thérapeutiques.Les conclusions de cette consultation téléphonique étaient immédiatement expédiées par téléscripteur à l'hôpital télé-relié.AJOUTER L'IMAGE AU SON Douze ans plus tard, ce service de télémédecine existe toujours et relie une vingtaine d'hôpitaux de l'Abitibi, des Laurentides, de l'Outaouais et de Montréal.Aujourd'hui cependant, il constitue un vaste réseau intégré et complètement informatisé, grâce à un ordinateur central localisé à l'hôpital du Sacré-Cœur.(Soulignons au passage que trois autres hôpitaux québécois offrent, à des degrés divers, ce type de service.) Prolongement et extension de cette réussite, le projet de liaison des hôpitaux montréalais Sacré-Cœur et Hôtel-Dieu au Centre hospitalier « La Grande Rivière» de LG-2 voit le jour en janvier 1978.Ses initiateurs souhaitent alors étendre et diversifier les activités de télémédecine.Ils aspirent à une plus large utilisation de l'éventail des diverses disciplines médicales: radiologie, traumatologie, santé communautaire, etc.Mais, ce à quoi ils songent particulièrement, comme l'explique Mme Gladys Pagé, coordonnatrice opérationnelle de ce projet, «c'est à améliorer la qualité et l'efficacité de la communication, à la rendre plus dynamique et plus attrayante.Et, pour ce faire, conclut-elle, il nous fallait absolument ajouter l'image aux procédures audiophoniques utilisées à Sacré-Cœur » L'équipe responsable du projet scrute donc les quelques programmes de télémédecine réalisés au Canada et aux États-Unis.Après étude, il lui apparaît nécessaire de répéter certaines expériences, basées sur l'utilisation de la télévision bidirectionnelle ordinaire, qui, estime-t-on, n'explorent pas à fond toutes les possibilités de cette technique au regard de la téléconsultation, de la téléradiologie et du télé-enseignement.Ces trois activités de télémédecine sont jugées essentielles pour faciliter l'accessibilité aux services et améliorer la qualité des soins en régions éloignées.Par ailleurs, compte tenu des coûts élevés entraînés par l'utilisation de la télévision ordinaire, il est également convenu d'expérimenter un système de transmission d'images par lignes téléphoniques, afin d'évaluer les coûts d'opération d'un tel système et, surtout, d'en jauger les possibilités réelles.LES DISTANCES ABOLIES Ainsi, d'avril à septembre 1979, le satellite Anik-B relaie les images (en noir et blanc) de la télévision bidirectionnelle ordinaire.Tandis que de novembre 1979 à août 1980, c'est la télévision à balayage lent (slow scan video system) qui prend la relève et deux lignes téléphoniques terrestres, couplées au satellite, assurent le transport des télécommunications. 35 iUÉBEC SCIENCE / juillet 982 naire, ils sont décontenancés par les lentes rétroactions de la télévision à balayage lent.Si bien que la programmation prévue en téléconsultation et en télé-enseignement ne se concrétise pas vraiment.Toute l'attention des expérimentateurs se porte alors sur le programme de télédiagnostic en radiologie.UN TEMPS D'ARRÊT Mais arrive la fin de l'été 1980 et les projecteurs s'éteignent.Avec la fin du programme vient aussi la dure période de l'évaluation.Cependant, se dit-on lors de 'élaboration du projet, peu importe a technique utilisée, les activités de célémédecine ne varieront pas.La céléconsultation assurera aux médecins traitants de LG-2 le support des spécialistes des hôpitaux montréalais télé-reliés.L'expérience de rélédiagnostic fournira l'occasion d'établir le degré de fiabilité d'une ecture à distance des radiographies, jtt le télé-enseignement rafraîchira es connaissances du personnel de santé de LG-1, LG-2, LG-3, LG-4, Caniapiscau et Fort George.Une fois l'appareillage technique mis en place, tant à Montréal qu'à la Baie James, et les détails de la programmation réglés, les projec-:eurs s'allument.La première émission origine du Centre audio-visuel de l'Université de Montréal et traite de médecine dentaire.À partir de ce début d'avril 1979, on peut vraiment sffirmer que la médecine des grandes distances s'expérimente au Québec.Cinq jours par semaine, du lundi tu vendredi, à raison de deux heures par jour, les consultations et les sours de recyclage se succèdent sur e petit écran.Médecine dentaire, sardiologie, nursing, obstétrique-jynécologie, pédiatrie, pharmacie, santé communautaire, santé menta-e, traumatologie, deviennent autant de spécialités abordées et discutées tu petit écran avec documents à 'appui.Même chose pour la radiologie.a lecture et l'interprétation des radiographies s’effectuent en un clin d'œil.Hier encore, se souvient-on, l'envoi et le retour par avion de ces clichés imposaient un délai d'une dizaine de jours.Malheureusement, le temps d'émission selon le procédé de la télévision ordinaire coûte très cher: environ 500$ l'heure.Comme l'argent file et que le coût total du projet a été fixé à 300 000 $, en excluant le satellite et le temps des participants, il faut mettre un terme à cette première phase de l'expérience.Comme prévu, la télévision à balayage lent remplace la télévision ordinaire.Bien que moins coûteux d'utilisation, ce procédé comporte toutefois un sérieux inconvénient: il ne permet pas d'échanges en temps réel entre les participants.Contrairement à la télévision bidirectionnelle ordinaire qui, elle, autorise cette rétroaction immédiate, la télévision à balayage lent impose un retard d'environ une minute entre la diffusion et la réception de l'image.Par ailleurs, l'utilisation de ce procédé peu coûteux entraîne une augmentation considérable des heures d'antenne disponibles, qui passent de deux à dix heures par jour, cinq jours par semaine.Malgré cet avantage, la deuxième phase de l'expérience ne connaît pas le même succès que la première.Les utilisateurs s'adaptent mal au nouveau procédé.Habitués au mode de communication plus intensif et plus immédiat de la télévision ordi- Discussions, rencontres et questionnaires recueillent l'appréciation des participants à ces expériences.La rédaction du rapport final s'est terminée à la fin de l'été dernier.«Même si certains éléments quantitatifs s'y dégagent, peut-on y lire, il reste que plusieurs aspects d'appréciation sont partiellement subjectifs et traduisent la difficulté de saisir ce que certains appellent «les bénéfices directs, intangibles et douteux».» En clair, cela signifie que l'évaluation en termes économiques s'avère particulièrement problématique.Aussi le rapport retient-il une opinion énoncée en 1978, lors d'un colloque Augustin Frigon de l'École polytechnique portant sur les innovations technologiques et les systèmes de santé.Un chercheur de l'Université de Montréal, J.M.Rousseau, y affirmait alors: «Il ne sera probablement jamais possible d'évaluer correctement en termes économiques les bénéfices de la technologie (ou de tout programme de santé).Cette approche devrait être complètement abandonnée pour tout l'aspect bénéfices indirects et bénéfices intangibles.La seule approche possible dans ce contexte est donc d'énumérer de façon quantifiable les sous-objectifs de la qualité des soins et d'essayer de mesurer selon ces sous-objectifs les avantages d'une technologie.» De son côté, le docteur Roberge regarde vers l'avenir: «Maintenant que nous connaissons bien les avan- 36 MEROENCY MEDICAL SERVICES COMMUNICATIONS UNIT ° ©ou 4 &wm r.v.v.v.Une expérience de 30 ans L'invention du télégraphe électrique en 1835 et celle du téléphone en 1876 fournissent aux médecins les premières possibilités d'échanges à distance avec leurs collègues ou leurs patients.Mais il faudra attendre près d'un siècle pour connaître des progrès spectaculaires en ce domaine.Ainsi la mise au point de systèmes de télétransmission, de réception automatique et d'interprétation par ordinateur des électrocardiogrammes (ECG) survient-elle dans les années 1950 avec le développement de l'électronique, de l'informatique et des réseaux téléphoniques.Vient ensuite l'utilisation de la télévision.Les premiers essais remontent à 1968.À l'aide d'un système à micro-ondes, on relie l'aéroport Logan de Boston au Massachusetts General Hospital.On explore alors les possibilités d'établir un diagnostic médical à distance: transmissions d'ECG, de radiographies, d'informations sur les signes vitaux, etc.Les expériences se multiplient.Ainsi, de 1972 à 1978, on poursuit en Ohio des essais de transmission par laser et câble coaxial avec la télévision couleur bidirectionnelle.Cette expérience révèle que la télévision en noir et blanc offre de meilleures garanties que la télévision couleur en raison surtout du manque de fiabilité du spectre du rouge.Avec l'avènement des communications par satellite, il devient possible de s'intéresser aux régions éloignées.Certaines localités de l'Alaska se voient reliées à des villes d'autres Etats américains.Puis, tout récemment, s'instaure un système d'utilisation courante (sys- tème WAMI) par télévision bidirectionnelle noir et blanc entre les États de Washington, d'Alaska, du Montana et de l'Idaho.Au Canada, l'expérimentation débute en 1976 avec l'utilisation du satellite Hermès.Ce projet relie l'hôpital de Moose Factory, sur les rives ontariennes de la baie James, à l'hôpital universitaire McMaster de Hamilton, en Ontario.À la même époque, on réalise à Terre-Neuve un projet centré sur la formation médicale continue.Une expérience de dix semaines se déroule également entre Ottawa et la Terre de Baffin.Mais depuis quelques années, tant au Canada qu'aux Etats-Unis, les expérimentateurs s'intéressent surtout à la portée pratique de la télémédecine et à ses coûts.D'où cet intérêt croissant pour les techniques de transmission d'images par lignes téléphoniques.Malheureusement, un des espoirs en ce domaine, le picturephone de Bell Systems, mis à l'essai dans la région de Chicago en 1975, n'a pas répondu à l'attente.Quant aux expériences réalisées avec la télévision à balayage lent, elles demeurent fort peu nombreuses.En fait un seul projet retient l'attention ces dernières années: celui de relier, par lignes téléphoniques terrestres, la région de Sioux Lookout du nord de l'Ontario aux hôpitaux Sunnybrook et Sickchildren de Toronto.C'est dans ce contexte d'une expérimentation extrêmement restreinte qu'il faut situer la récente liaison Montréal-Baie James.Contexte qui, à lui seul et abstraction faite des résultats, suffirait à conférer à cette expérimentation un intérêt particulier.juillet 1982 / QUÉBEC SCIENCE Mettre un accidenté sous contrôle médical directement sur le Heu de l’accident, c’est possible avec différents systèmes, comme celui-ci, qui assure le lien avec un grand hôpital de la région, auquel on peut transmettre des données médicales telles que l'électrocardiogramme.tages et les possibilités de la télémédecine, il faut recourir à des moyens peu coûteux, si l'on veut implanter des systèmes d'utilisation courante.La télévision à balayage lent permet d'atteindre cet objectif si l'on modifie son utilisation.» L'enthousiasme des spécialistes québécois de la télémédecine s'arrête ici.Sans subvention, il est impossible pour eux de poursuivre comme prévu ces recherches du côté de la télévision à balayage lent.L'équipe du docteur Roberge et du docteur Proulx en espérait une en provenance d'Ottawa, mais elle ne viendra vraisemblablement pas.Question de priorité, pense M.Roberge.«Je crois par ailleurs, confie-t-il, que l'expérimentation en télémédecine marquera un temps d'arrêt, de quelques années au Québec.Et qu’il y a plus qu’une question d'argent dans l'avenir de la télémédecine.Il y a aussi une question de mentalité.À l'heure actuelle, les gens ne sont probablement pas prêts pour de tels changements.Il n'y a pas lieu de s’en surprendre, car même dans les milieux médicaux on ne saisit pas encore toutes les possibilités de la télémédecine.LA PYRAMIDE À L'ENVERS Un autre obstacle majeur entrave lui aussi le développement de la télémédecine : la structure et le financement des systèmes de santé.Aux dires de maints spécialistes, il s'agirait là du plus sérieux obstacle rencontré par la télémédecine parce que celle-ci fait figure de dysfonction.En particulier lorsqu'elle propose de fournir des soins spécialisés là ou l'on ne dispense d'ordinaire que des soins primaires ou de première ligne.Rappelons à ce propos que la structure des systèmes de santé se déploie à l'accoutumée selon un modèle hiérarchique pyramidal.Au haut de la pyramide, c'est-à-dire dans les grands centres hospitaliers urbains, se concentrent les soins rePrése savons es Rallié Hi !.¦ ïM QUÉBEC SCIENCE / juillet 1982 37 spécialisés et les ressources rares et coûteuses qui leur sont attribuées.Tandis qu'au bas de la pyramide, c'est-à-dire sur l'ensemble du territoire, se multiplient les centres de soins primaires ou de première ligne.Or, en proposant de fournir des soins spécialisés aux régions éloignées, la télémédecine brise et inverse cette hiérarchisation pyramidale.Avec le résultat qu'en modifiant le fonctionnement habituel de la structure, elle remet en cause le mode actuel de répartition des ressources.Ce qui constitue, en soi, un problème de taille, car le bénéfice d'une téléconsultation est négligeable par rapport à un transfert pur et simple du patient.Et tant pour le médecin que pour l'hôpital dispensant des soins spécialisés, la présence physique du patient s'impose pour obtenir les ressources financières.Au cabinet du ministre des Affaires sociales, la question ne soulève aucun intérêt.Les collaborateurs du ministre en ignorent tout et assurent qu'elle ne figure nulle part dans les interrogations immédiates.Du côté des professionnels de la santé, la méconnaissance du sujet s'assortit d'une extrême prudence.À cet égard, les propos de Augustin Roy, de la Corporation professionnelle des médecins du Québec, apparaissent comme tout à fait représentatifs de l'ensemble: «Nous savons peu de choses de la télémédecine .mais si cela doit contribuer à l'amélioration du système de soins de santé.nous sommes en faveur.» Quoi qu'il en soit de l'avenir immédiat de la télémédecine, force est de reconnaître disent les prospec-tivistes, qu'ellé deviendra tôt ou tard réalité.Quant à savoir quelles seront les conséquences de l'implantation de tels systèmes, les sociologues répondent: «Bonne question!.» En attendant, les spécialistes de la télémédecine rappellent qu'ils cherchent du côté de l'avenir des solutions ; aux problèmes d'aujourd'hui.?- LE CLUB DES PETITS DÉBROUILLARDS CLUB VES PETITS Dé&RCLHLLAR n.'.l uppiilWjlia! ' M 1 ¦ ous les «petits débrouillards» intéressés peuvent se joindre au Club des petits débrouillards et recevoir chaque mois le journal «JE ME PETIT-DËBROUILLE» dans lequel on retrouve des expériences inédites du professeur Scientifix, des jeux scientifiques, le courrier du professeur et des articles sur les loisirs scientifiques.De plus, les membres du club bénéficient de tarifs réduits sur l'achat de volumes et de revues, reçoivent une carte de membre et peuvent participer à des activités spéciales.Le Club des petits débrouillards est une collaboration du Service Hebdo-Science et du Conseil de développement du loisir scientifique.POUR DEVENIR MEMBRE DU CLUB DES PETITS DÉBROUILLARDS Nom.Adresse .Je désire devenir membre du Club des petits débrouillards ?premier abonnement dans la famille 5 $ ?second abonnement dans la famille 1 $ total : ?chèque ?mandat (à l'ordre du Club des petits débrouillards) au montant de: Conseil de développement du loisir scientifique 1415, Jarry Est, Montréal H2E 2Z7 QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR PRÉSENTE PATIENCE DANS L'AZUR UN PARADIS DE LA POLLUTION ¦ i PATIENCt DANS L'AZUR o,nnmON COSMIQUE Le «best seller» scientifique qui met l'origine et l'évolution de l'univers à la portée de tous.par Hubert Reeves Québec Science Éditeur Québec, 1 982 ISBN 2-920073-21-4 320 pages, 1 6,95 $ DEVENEZ ASTRONOME AMATEUR L'observation du ciel à la portée de tous par Jean Va!Hères Québec Science Éditeur Québec, 1 980 ISBN 2-920073-04-4 244 pages, 10,95 $ >f R0I11M Un bilan complet de la pollution au Québec par Jean-Pierre Rogel Québec Science Éditeur Québec, 1 982 ISBN 2-920073-20-6 276 pages, 1 4,95 $ OBSERVER LES OISEAUX AU QUÉBEC Une initiation simple, pratique et complète à l'observation des oiseaux par Normand David et Miche! Gosselin Québec Science Éditeur Québec, 1981 ISBN 2-920073-10-9 268 pages, 1 2,95 $ L'ÉTANG, UN MILIEU DE VIE Une superbe affiche couleurs illustrant toutes les espèces vivant dans un étang (ou en bordure d'un lac) par Estelle Lacoursière et Claire Tremblay-Aubé Québec Science Éditeur Québec, 1981 ISBN 2-920073-19-2 format 66 x 92 cm standard : 1 2,95 $ laminée sur carton : 23,95 $ Parutions récentes aux PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC J ne initiation à l'astronomie fondée ;ur l'histoire de la science |l'ASTRONOMIE ET SON HISTOIRE Préfacé par Hubert REEVES, L'ASTRONOMIE ET SON HISTOIRE présente une vaste synthèse des connaissances présentes en astronomie.Son grand mérite est de dérouler son sujet en parallèle avec une histoire de l’astronomie.Écrit dans un style direct et parfois humoristique, le développement de l'astronomie prend ici l'allure d'un grand roman d'aventures ! .'ASTRONOMIE ET SON HISTOIRE, un ouvrage de rande envergure préparé par le professeur ean-René ROY de l'Université Laval, collaborateur u magazine QUÉBEC SCIENCE, un ouvrage pour jquel deux maisons d'édition, les Presses de Université du Québec et MASSON, ont uni leurs fforts par delà l'Atlantique pour en présenter les uelque 700 pages (dont près de 400 illustrations) ous une élégante reliure, aux nombreux amateurs et irofessionnels de cette discipline.ar Jean-René ROY, préface de Hubert REEVES 'resses de l’Université du Québec, Québec, et /IASSON Éditeur, Paris, 1982 3BN 2-7605-0303-8 (PUQ) et 2-225-77781-0 (MASSON), 672 pages, 34,95 $ Pour comprendre /'organisation et le fonctionnement du gouvernement québécois L'ADMINISTRATION QUÉBÉCOISE Organisation et fonctionnement Quelle est la place de l'administration et des administrateurs publics dans le système politique?Quelles relations s'établissent entre les politiciens et les administrateurs?Quelle logique préside à l'établissement des structures administratives?Pourquoi tant d'organismes gouvernementaux?Comment se prennent les décisions au sein de l'administration québécoise?Comment le budget de l'Etat est-il préparé et comment les dépenses publiques sont-elles contrôlées?Réalisé dans le cadre du Centre d'études politiques et administratives du Québec (CEPAQ) de l’École nationale d'administration publique, et rédigé par une équipe d'universitaires ayant pour la plupart acquis une vaste expérience administrative au sein de la fonction publique québécoise, cet ouvrage présente une synthèse des éléments d'information essentiels à la compréhension du fonctionnement de «machine administrative» québécoise.par Louis BORGÉAT, René DUSSAULT.Lionel OUELLET avec la collaboration de Patrick MORAN et Marcel PROULX Presses de l'Université du Québec et École nationale d'administration publique Québec, 1982, ISBN 2-7605-0304-6, 240 pages, 17,95 $ kIjjle iastronoM et son histoire administration québécoise Exigez ces livres chez votre LIBRAIRE ou commandez-les aux éditeurs à l'aide du coupon ci-dessous: ION DE COMMANDE .'ADMINISTRATION QUÉBÉCOISE, L.Borgeat.R.Dussault.L.Ouellet.240 p.’ATIENCE DANS L’AZUR, Hubert Reeves.320 p .'ÉTANG, UN MILIEU DE VIE, Estelle Lacours/ère et Claire Tremblay-Aubé, standard .'ÉTANG, UN MILIEU DE VIE, Estelle Lacoursière et Claire Tremblay-Aubé.laminée sur carton )BSERVER LES OISEAUX AU QUÉBEC, Normand David et Miche! Gosselin, 268 p 5EVENEZ ASTRONOME AMATEUR, Jean Vallières, 244 p.'ASTRONOMIE ET SON HISTOIRE, Jean-René Roy.672 p JN PARADIS DE LA POLLUTION, Jean-Pierre Rogel.272 p.Prix Quantité 17,95$ _______ 16,95$ _______ 12,95$ _______ 23.95 $ _______ 12,95$ _______ 10,95$ _______ 24.95 $ - 14,95$ - Total IOM.^DRESSE .CODE POSTAL Sous-total Frais de port et de manutention chèque ?mandat ?au montant de 1,75 $ $ Presses de l’Université du Québec / Québec Science Éditeur, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 CODE 104 juillet 1982 / QUEBEC SCIENCE \ n'it .1 «ces «tterie lcJsus ^nef F'erev icelle lla^e 'f'Sers «yties «dira ¦ IUÉBEC SCIENCE / juillet 1982 41 La seconde vie des «MINOUNES» Les abattoirs de voitures deviennent de plus en plus efficaces.Recyclage oblige >ar François Huot i)'un coup sec, le moteur est sorti de a voiture, accrochant le capot au tassage.Pendu en l'air au bout du iras de la pelle mécanique, il res-;emble à un quartier de bœuf se lalançant au bout de sa chaîne.Du ias s'écoule, comme du sang, un quide rouge, celui de la transmission lont une partie est encore attachée i la voiture.D'un autre mouvement, engin mécanique dépose le moteur ur un tas, au-dessus d'une cinquan-aine d'autres.Puis, il revient rapide-nent à l'auto pour l'écraser; il n'y a ias de temps à perdre, beaucoup l'autres véhicules attendent leur our d'être dépecés.Aux cimetières d'autos d'antan nt succédé — recyclage oblige — es nombreux «abattoirs de chars» iù les vieilles «minounes», au lieu de lourrir sur place, ne sont qu'en ransit, letempsqu'on leurenleve les ièces (postes radio, alternateurs, iatteries, ailes encore utilisables, te.) susceptibles d'être revendues à m particulier et celles qui iront se ondre dans les opérations de recy-lage des métaux.Une fois dépouillée de ce qui peut tre revendu comme pièces usagées, auto — ou ce qu'il en reste, puis-u'elle aura préalablement été réduite la dimension de quelques gros» ham-urgers» — est transportée avec 'autres vers une aciérie.Elle en ortira sous forme d'un beau moreau de métal bien neuf.Pour en rriver là, elle aura donc subi quel- remière étape de ta préparation : jurnée sur le côté, ta vieille auto s voit dépouillée e ses fils électriques et de on radiateur; puis n enlève les boulons pour libérer on moteur.ques vicissitudes qui n’ont rien à voir avec l'amour que leur portait leur ancien propriétaire.LES «MINOUNES» À L'ABATTOIR La «préparation» d'une vieille «mi-noune» se fait sans tendresse.À la petite entreprise de M.Jean Gendron, du rang Saint-Augustin près de Saint-Gabriel de Brandon, le fils du propriétaire, Sylvain, et un employé, Michel Rouillard, font l'opération vidange et aplatissement en 45 minutes.L'auto est d’abord versée sur le côté au moyen d'une pelle mécanique.On la dépouille de ses fils électriques, du radiateur (pour le cuivre), des boulons retenant le moteur et d'une partie de la transmission.Puis L'encanteur, debout à /'intérieur de son véhicule spécial, et les quatre caissiers qui l'accompagnent attendent que se manifestent les acheteurs à la recherche de la bonne occasion parmi la centaine de voitures en vente.on remet le véhicule sur ses quatre roues et on en retire le moteur qui va rejoindre ses semblables, disposés en tas, quelques mètres plus loin: on le met à part car la fonte dont il est fait rapporte plus au poids que le métal de la carcasse.On bourre ensuite la voiture — sous le capot, la valise arrière ainsi que la cabine — de tout le métal résiduel (moulures, pièces d'échappement), avant d’en écraser le toit.Une fois aplatie de deux ou trois bons François.Huot 42 juillet 1982 / QUÉBEC SCIENCE N-, J .—’ Andrée-üse Langlois ¦ ski : î*’! 'f V J ; \v coups de pelle mécanique, la voiture peut être empilée facilement sur les autres qui ont déjà subi le même sort.En cours d’intervention, Michel Rouillard et Sylvain Gendron inspectent le coffre et l'intérieur de l'auto, question de vérifier si on n'y aurait pas oublié des objets de valeur.«On trouve surtout de l'essence dans les réservoirs; en trois semaines, j'ai pu ainsi en récupérer 1 60 litres, raconte Michel Rouillard.Quelquefois, ce sont des pelles, des outils ou des objets divers tels des raquettes.» Ils trouvent moins sympathiques certains résidus leur rappelant les victimes d'un accident dans lequel fut impliquée la voiture.Mais ils s'esclaffent de rire en racontant l'histoire d'un dentier trouvé et donné à quelqu'un d'autre.qui a réussi à le vendre 25 $ à un dentiste: «On n'ira pas chez ce gars-là pour obtenir un dentier » Quand il y a suffisammentd'auto-mobiles d'accumulées, il est temps de les faire transporter à l'aciérie Sidbec-Dosco, à Contrecœur, ou chez un autre marchand de ferraille qui, lui, pourra les exporter vers les États-Unis ou l'Europe.Auparavant, il faudra réduire à nouveau le format de la voiture au moyen d'une grosse presse qui, en quelques coups, aplatit une imposante américaine à une épaisseur de 50 centimètres.LA MANGEUSE DE FERRAILLE Sidbec-Dosco consomme beaucoup de ferraille de toutes sortes; en 1980, 530 395 tonnes ont ainsi été achetées.Il ne s'agit pas uniquement de vieilles voitures, mais de tous les résidus métalliques que l'on peut trouver.La part de la ferraille automobile est cependant importante; il suffit de rester quelques minutes à l'entrée de l'usine pour le constater.Monsieur-tout-le-monde peut d'ailleurs s'y présenter avec sa vieille auto: on achète sur place.À quelques dizaines de mètres de la plaque de mesure du poids (ces temps-ci, Sidbec paierait environ 35 $ la tonne; on refuse de donner des chiffres précis à cause des concurrents) se trouve la déchiqueteuse, sorte d'immense araignée à trois pattes.Gourmande — elle refuse seulement les réservoirs d'essence et les pneus — la déchiqueteuse avale près de 400 tonnes de ferraille par jour, qu'elle restitue en trois types de résidus : les métaux ferreux, les non-ferreux et tout le reste (plastique, tissu, verre) pour lequel il n'y a pas, au contraire des métaux, de circuit de recyclage.Curieuse cohabitation du gaspillage et de l'économie: alors que le moindre bout de fil de cuivre, même s'il ne vaut que quelques sous, est récupéré, le verre est jeté.Mais l'exemple du gaspillage vient de haut: la Société des alcools du Québec, celle qui nous fait si bien boire, n'a pas encore le système de récupération et de recyclage des bouteilles.Une fois séparés du fer, les métaux non ferreux (zinc, aluminium, acier inoxydable, cuivre) sont expédiés à l'usine Fers et métaux recyclés de Laprairie où ils subissent un premier traitement avant d'être repurifiés ailleurs et réintégrés à nouveau dans le cycle de la production-consommation.Contrairement au fer, ces métaux se retrouvent en faible quantité dans une automobile, celle-ci contient approximativement dix kilos de zinc, onze kilos d'aluminium, cinq kilos de cuivre et trois kilos d'acier inoxydable.Le fer, lui, y est omniprésent avec ses 900 kilos et plus.Déchiquetée en morceaux d'environ 20à 40centi- mèt mé| des cha un a refn Plat) noir brio vos se p le c Uetir tyo entrd char 3$$0 met; foün une 1ère.Non lois ace,; Propi Père; Pas a 43 QUÉBEC SCIENCE / juillet 1982 f r -J./ Après avoir enlevé les pneus et vérifié l'intérieur de la voiture pour s'assurer que rien n'y a été oublié, on dépose l'automobile à l'intérieur de la presse.Elle en ressort aplatie et va rejoindre les autres ayant subi le même sort.On aura eu soin de récupérer tout ce qui pouvait être vendu comme pièces usagées.(V.I mètres de surface, la ferraille est mélangée à des additifs spéciauxetà des boulettes de fer dans un four chauffant à 1 650°C.Il en résulte un beau métal liquide jaune que l'on refroidit en forme de tubes, barres, plaques, fils, clous.Les clous de votre nouvelle maison sont peut-être fabriqués avec les restes d'une de vos anciennes voitures.«Rien ne se perd, rien ne se crée», souligne le chef du service des communications externes de Sidbec-Dosco, M.Mario Visintini, qui ajoute: «Tout se refait.» Si Sidbec n'a, d'une certaine façon, qu'à ouvrir les portes — et son portefeuille — pour que la ferraille entre, ce n'est pas le cas des marchands de vieilles autos toujours assoiffés de pièces usagées et de métal à vendre.Pour ceux-là, les fourrières municipales représentent une source d'approvisionnement intéressante, particulièrement celle de Montréal, qui organise au moins une fois par mois un encan de voitures accidentées, perdues, volées que les propriétaires ne tiennent pas à récupérer, la plupart du temps pour ne pas avoir à payer des frais de fourrière et de réparation.UNE FOIS, DEUX FOIS.VENDU! Un jour d'encan, 8 h 15.Il y a déjà une dizaine de voitures attendant à la file indienne à l'entrée de la cour de la fourrière municipale de Montréal.À 8 h 30, un employé vient ouvrir les grilles.On se dépêche, chacun voulant être le premier à repérer les bonnes occasions parmi la centaine d'autos alignées quelque 100 mètres plus loin.Bizarre.Toutes les voitures ont le pare-brise défoncé du côté gauche, près du volant, vis-à-vis l'endroit où est fixée la plaquette métallique portant le numéro d'immatriculation du véhicule.Mais il ne reste plus une de ces plaques, les employés municipaux les ayant toutes enlevées en passant par le chemin le plus court: à travers la vitre avant.Au cours de l'encan, ces autos seront vendues «pour pièces seulement».C’est pourquoi elles ont été dépouillées de leur numéro d’identification.Surtout s'il s'agit d'autos volées, leur «traficotage» donnant des maux de tête statistiques aux policiers.Même si elles sont destinées à l'abattoir, un acheteur peut, si le cœur lui en dit, réparer la voiture et, après l'avoir soumise à certaines vérifications, obtenir un nouveau numéro d'immatriculation.C'est que les voitures de la fourrière ne sont pas toutes des «vieilles minounes».Aussi, quelques acheteurs, ceux qui viennent pour acheter une seule auto, n'apprécient guère de voir les pare-brise défoncés.Mais ils sont minoritaires, comme ce vieil employé du port de Montréal qui se rappelle les beaux jours des encans passés: «Avant, raconte-t-il, un gars s'asseyait sur un char et il pouvait l'acheter pour cinq ou six piastres: moi, j'en ai déjà acheté deux de la même marque: avec l'un, je fournissais des pièces à l'autre, et j'ai ainsi eu pour 15 piastres, une auto qui m’a duré trois ans: c'est pas cher.Mais aujourd'hui, c'est plus pareil, les gars sont affamés et personne ne va te laisser acheter ton auto: il faut payer plus cher.» Les marchands de ferraille se connaissent et se font concurrence inutilement, selon Jean Gendron.Montrant une récente acquisition, il dit: «J'ai mis 184$ sur cette vieille Ford ; si je ne perds pas d’argent avec cette auto-là, c'est beau.Le problème.Andrée-Lise Langlois 44 juillet 1982 / QUÉBEC SCIENCE \ a •«cas i •***.», /ri' ÉitSî Réduites à quelques dizaines de centimètres d'épaisseur, ces autos entreprennent leur dernier voyage qui les amènera, par exemple, chez Sidbec-Dosco où le métal sera recyclé.Elles pourront même prendre le chemin des États-Unis ou de l'Europe.c'est qu'on fait des surenchères entre nous, et les prix montent.» Et c'est autour de 100$ qu'il faut débourser — comptant — pour acheter une vieille auto, qu'il faut en plus faire transporter.Ces encans ont lieu dans la plus belle tradition: l'encanteur est debout à l'intérieur d'un véhicule spécial, un genre de petit autobus; il dispose d'une fenêtre sur le côté pour passer sa tête à l'extérieur.À l'intérieur sont assis quatre caissiers fort occupés ou complètement oisifs selon les moments! L'encanteur parle très rapidement, «bilinguement», en français et en anglais, attentif au moindre geste et sachant décoder chaque nouvelle offre dans le regard ou le mouvement d'un doigt d'un acheteur.Il y a trois ans, la tonne de ferraille était achetée 90 $, son prix actuel avoisine les 55$.La guerre mondiale des prix écrase les petits «scrap-peurs» tandis que les plus gros accumulent un peu de stock ou tentent d'écouler leurs résidus aux États-Unis et en Europe (exportations totales de ferraille du Québec en 1980: 299 200 tonnes) où la «tonne canadienne» est moins chère en raison de la faiblesse du dollar canadien.Bref, comme le souligne Michel Nadeau, journaliste au Devoir, ce «marché est très cruel».«Bientôt, je devrai me mettre sui le bien-être social, ajoute Jean Gen-dron, dont la vente de pièces usagées piétine.Les gens viennent, regardent, discutent les prix, mais n'achètent pas.» La demande, même pour de l'usagé «bon, beau, pas cher», est elle aussi en crise, la tendance étant à repousser le plus loin possible les réparations.quitte à ne pas les faire du tout.LES «HORS-LA-ROUTE» Les temps étant ce qu'ils sont, la dégradation des deux millions de véhicules privés roulant au Québec risquerait de s'accélérer, entraînant du même coup une réduction du nombre de véhicules retirés annuellement de la circulation (environ 80 000).Mais il faut compter avec ('«Opération minoune» menée depuis deux ans par les corps policiers du Québec en collaboration avec la Régie de l'assurance automobile du Québec.Des 24 589 véhicules véri- fiés entre le 1 er janvier et le 30 octobre 1 981,7 674, soit environ 30 pour cent, présentaient des anomalies si importantes que les plaques en ont été retirées.«Invités» à se présenter obligatoirement à un centre d'inspection mécanique, des propriétaires ont ainsi eu la désagréable surprise de rentrer en taxi ou en transport en commun et de faire transporter leur véhicule à un garage.ou à la ferraille, quand le prix des réparations dépassait la capacité ou la volonté de payer.Quelques propriétaires voient rouge quand on leur annonce qu'on doit retirer les plaques de leur auto.Si bien que les altercations verbales sont monnaie courante; un employé du centre d'inspection de Montréal s'est même déjà fait sauter à la gorge par un propriétaire malheureux.Pour éviter tout incident, un policier est maintenant présent en permanence sur les lieux.Certains propriétaires réagissent avec plus de philosophie, comme cet homme parti tout simplement avec une portière sous le bras, laissant le reste aux marchands de ferraille.Et c'est ainsi que le cycle continue: l'auto, morte, deviendra clous, poutre métallique, tank, obus.Les hommes passent, le métal reste.? — S a |BEC SCIENCE / juillet 1 982 45 ACTUALITES MÉDICAMENTS VISA POUR L ÉPICERIE l'épicerie du coin, entre /\ un tube de pâte denti-frice et une boîte de lampons, s’étale une série de b louteilles d’un médicament lue vous associez probable-||nent à votre dernier mal de te: l’aspirine.Pour s’en pro-lurer, nul n’est besoin de faire n détour à la pharmacie et cela jontribue largement à la pros-érité des compagnies qui en labriquent.Voilà pourquoi acétaminophène, dans sa per-ée comme substitut à l’aspi-ine, demande.et est sur le ioint d’obtenir son visa pour épicerie.Depuis quelques années, une itte commerciale se joue entre ;s producteurs de l’aspirine et e l’acétaminophène (dont la aarque la mieux connue est ’ylénol).Le marché canadien ue se partagent ces companies est énorme.Selon une nquête réalisée en 1981 par le ainistère de la Santé et du lien-être, 11,2 pour cent des ¦ersonnes interrogées ont dé-laré avoir utilisé un analgési- que au cours des deux jours précédant l’enquête.Cette catégorie de produits pharmaceutiques arrive au second rang dans la consommation canadienne, derrière les vitamines, mais bien avant les médicaments pour le rhume et les tranquillisants.L’acétaminophène, tout comme l’aspirine, possède des vertus contre la fièvre et la douleur.Si les accidents d’empoisonnement avec l’acétami-nophène sont plus difficilement traitables, ce dernier possède un avantage marqué sur son concurrent: ses effets secondaires, à petite dose, sont plus faibles que ceux de l’aspirine.Dans cette bataille, les fabricants d’acétaminophène se trouvent pourtant lésés, leur produit étant confiné aux pharmacies.En conséquence, ils réclament de la Direaion générale de la protection de la santé du Canada, organisme gouvernemental qui régit les médicaments, un statut égal à celui de l’aspirine.En mai 1982, après que deux comités d’experts se soient penchés sur la question, la Direction générale a pris position.Les compagnies et associations concernées ont alors reçu copie du projet de règlement auquel ils ont quatre mois pour s’objecter.Le règlement, tel que proposé, accorde à l’acé-taminophène le statut de médicament breveté, c'est-à-dire accessible en dehors des pharmacies.Le projet stipule cependant certaines restrictions : chaque comprimé devra contenir 650 mg d’acétaminophène, soit la dose la moins susceptible d’entraîner des effets secondaires tout en étant suffisante pour calmer la douleur; la quantité de comprimés offerts dans chaque bouteille sera réduite à 24, afin de décourager un emploi prolongé du médicament; l’étiquette devra souligner les risques pour la santé en ces termes : «Ne pas dépasser la dose recommandée sans l'autorisation d’un médecin, des doses excessives pouvant causer des lésions hépatiques », et présenter une mise en garde au sujet des enfants.Ce projet de règlement ne satisfait pas l’Ordre des pharmaciens du Québec, qui s’intéresse de près au dossier.L’au- tomne dernier, alors que la question était débattue, l’Ordre faisait parvenir au ministère de la Santé et du Bien-être un rapport concernant les dangers de l’acide acétylsalicylique (aspirine) et de l’acétaminophène.Le rapport avait pour but de démontrer l’opposition de l'Ordre à l’introduction de l’acéta-minophène dans les points de vente extérieurs aux pharmacies.Mais la prise de position de l’Ordre va plus loin.L’auteur du rapport, Alain Boisvert, est d’avis que «la toxicité des deux médicaments étant reconnue, leur égalité devrait consister à limiter la vente de l’aspirine aux pharmacies, plutôt que de libéraliser celle de l’acétami-nophène».Quoi qu’il en soit, l’Ordre des pharmaciens compte réitérer son objection auprès de la Direction générale.«Le poids économique et politique des grosses compagnies comme Johnson et Johnson est considérable.Mais nos arguments s’appuient sur la santé publique et nous continuerons à faire valoir notre point de vue », de conclure Jean-Claude Marquis, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec.Louise Desautels DES BANQUES FRANÇAISES Depuis fin mai, les chercheurs québécois équipés d’un terminal compatible peuvent questionner une trentaine de banques de données françaises, celles de Télésystèmes-Questel, le serveur français d’informations scientifiques et techniques.Ce service est offert par Informatech, de Montréal, à un coût d'utilisation proche de celui de ses propres banques de données, diffusées au moyen du logiciel SABINE, soit environ 50 S l'heure.En plus de PASCAL et FRANCIS, respectivement en sciences et techniques et en sciences humaines, déjà disponibles auparavant par le biais d’Informatech, l’utilisateur a accès aux donriées de banques sur les télécommunications, l’urbanisme, l'aménagement du territoire, l’électricité, l’agriculture et l’alimentation, les sciences de la terre, l’économie minière, les économies d’énergie, les normes et les brevets français.(F.P.) juillet 1982 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES TÉLÉMATIQUE AU-DELÀ DE LA TECHNOLOGIE Sf \\ y avait un point majeur à retenir à la suite des premiers États généraux de la télématique au Québec, tenus à Montréal en avril dernier, ce serait probablement, et simplement, le fait qu'ils aient eu lieu, rassemblant deux cents personnes intéressées par un phénomène aux contours incertains qui, il y a juste cinq ans, n'avait même pas encore de nom français.Évidemment, on entend tellement parler aujourd’hui des pouvoirs de cette rencontre de l’informatique et des télécommunications qu’il n’est plus très original de parler de la «révolution télématique», encore qu’on ne sache pas trop de quelle révolution il s'agit.Mais que cette révolution survienne ou non, qu’elle soit tranquille ou non, une constatation s'impose: l’impact potentiel de la télématique sur notre société exige qu’on porte le débat au-delà du cadre technologique.C’est ce à quoi se seront employés, pendant deux jours, les participants et les personnes-ressources réunis par l’Association de recherche en communication du Québec, organisatrice de l’événement.Sous le thème de «La révolution de l'information et sa signification pour le Québec: options et conséquences », ces États généraux se seront déroulés en deux temps.D’abord, une série de conférences qui auront eu le mérite de montrer combien vaste peut être le champ d’investigation.Tour à tour, chercheurs, directeurs de projets dans le secteur privé et public, tant au Québec qu'à l’étranger, ont donné un aperçu des possibilités immédiates ou virtuelles des développements de la télématique.Si on a fait état de quelques notables réalisations québécoises dans ce domaine, force est de reconnaître qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres.On doit ici parler plus en termes d'applications que d’innovations: le dieu Japon est toujours bien installé sur l’Olympe des microprocesseurs et autres mythologies informatiques.Cependant, tandis que la production nous échappe en bonne partie (tout au moins en ce qui regarde les équipements), nous sommes en revanche des consommateurs de plus en plus friands de services reliés à la télématique.Les conséquences et les enjeux qui découlent de cet appétit grandissant touchent toutes les sphères d’activités, qu’elles soient politiques, économiques, sociales et culturelles.Les ateliers de discussion ont donc succédé aux exposés, durant la seconde journée, alors qu’on a tenté de cerner ces nouvelles réalités et de proposer des lignes de conduite pour, à la fois, en amortir le choc et en bonifier les retombées.A la conclusion de cet exercice, il semble que les participants auront un peu manqué de souffle, se cantonnant dans les généralités et les adresses aux différentes instances, principalement gouvernementales, pour qu’elles se montrent au moins attentives aux nouvelles règles du jeu qui se dessinent dans la foulée de la télématique.À ce chapitre, on a noté, par exemple, les bouleversements prévisibles dans la structure du travail bien que, paradoxalement, aucun représentant accrédité d’une des grandes centrales syndicales n’était présent quand, au même moment, on fait grand cas des pertes d’em- plois massives imputables à l’informatisation de services.Les perspectives ne sont pas uniquement moroses, puisqu’on veut que soit reconnu le fait que «la maîtrise et le développement de la télématique constituent le pôle de croissance des prochaines années pour l’ensemble de l’industrie au Québec».Le pari est de taille, et alors que le gouvernement provincial se propose de «Bâtir l’avenir» par les communications ou de «Bâtir le Québec» en lui imprimant un virage technologique, il est permis de croire que les efforts et les messages de l’ARCQ arrivent à point.René Vézina re que ion, qui 'esi i région bien hsltp! liguiiin atoni ugie ni w» tab le granit fees i CONSTRUCTION LE GRANITE FAIT SA COUR (lus -( sine sur rot:: :: ipifs du it É;æ iwopt.Le « rose cendré » de Mon-tauban, le «vieil or» de Saint-Alban, le «bleu» de Notre-Dame et le «polychrome» de Bagotville devraient contribuer à faire remonter la cote d’amour du granite québécois auprès des architectes.Une véritable campagne de séduction est engagée depuis quelques mois par l'Association des producteurs de granite du Québec.Après s’être parée de nouveaux atours, aussi bien technologiques qu’esthétiques, l’industrie du granite a com- I L Le 1001, rue de Maisonneuve, à Montréal.Un édifice habillé de panneaux minces de granite.A to «tectss 0 T;' PHiu nencé sa cour par la mise sur lied d’un concours d’excellence uquel sont conviés tous les pécialistes de l’architecture du iaysage.Ce concours, mettant n compétition des projets ’aménagement intégrant cet rnement de pierre, récompen-era les œuvres des créateurs ;s plus imaginatifs.L’histoire d’amour entre les onstructeurs et le granite a ubi des hauts et des bas au Québec.Dans le passé, ce maté-iau, dont la masse et le poids aisaient la réputation, était éservé aux monuments massifs t aux grands édifices.Aujour-’hui, un granite de décoration out rajeuni est disponible sur ; marché : il se présente sous orme de minces tranches po-ies, collées à des supports de éton ou fixées à un cadre de nétal.Ces panneaux recouverts e la pierre la plus dure s’appa-entent à leurs cousins taillés ans le bois qu’on nomme les préfinis».Ils offrent à la fois avantage d’un revêtement rès coloré, très noble et très ésistant, pour les parois inté-ieures et extérieures des édi-ices et des bâtiments modernes.Lors du congrès de l’Institut anadien des mines, à Québec la fin d’avril dernier, Luc )allaire, directeur de l’Asso-iation, parlait d’une véritable évolution technologique dans e domaine de l’industrie mi- 1 s».r « 47 ; 1UÉBEC SCIENCE / juillet 1 982 ' A «(I r tP iii' ière québécoise.Cette révolu-on, qui a ses origines en Italie, est introduit chez nous dans i région de Québec.En janvier ernier, une usine, construite ans le parc industriel de Saint-.ugustin, commençait ses opé-itions utilisant une techno->gie italienne d’avant-garde our fabriquer des panneaux e granite de 15 à 40 miüi-lètres d'épaisseur.Les pan-eaux «Granicor», posés en sine sur des formes de béton, ont porter les couleurs grani-ques du Québec au Canada, ix États-Unis et même en urope.Déjà, le granite fait partie de l’environnement urbain montréalais, ayant servi comme matériau de recouvrement de l’édifice de la Banque canadienne nationale et décorant les murs intérieurs du hall d’entrée de l’hôtel Reine Elizabeth.A Québec, les murs de l’édifice de Bell Canada sont aussi agrémentés des couleurs de pierres polies provenant de carrières québécoises.Un peu partout, les coloris du granite québécois apparaissent donc déjà sur des édifices.Néanmoins, ces constructions font appel aux techniques tra- ditionnelles.Les feuilles minces, collées sur béton, font pour leur part une entrée graduelle dans les paysages urbains canadiens.Déjà, un édifice de Montréal, rue Maisonneuve, est habillé des panneaux minces de granite.Ailleurs, dans les provinces de l’Ouest par exemple, les sièges sociaux de Pétro-Canada et de la Banque de Montréal offrent d'autres exemples d’utilisation de ce nouveau matériau.En 1980, les dix producteurs québécois de granite ont livré environ 84 000 mètres cubes de cette roche cristalline d’origine ignée, soit 90 pour cent des expéditions canadiennes.Leur capacité totale de production atteint néanmoins 140 000 mètres cubes.La grande résistance du granite, particulièrement à l'action érosive de l’air pollué des grandes villes le destine à un brillant avenir.Même le marbre ne supporte pas la comparaison au chapitre de la résistance à l'agression acide.André Delisle «Si Jésus-Christ avait réellement voulu le système métrique, il n'aurait sûrement pas eu 12 apôtres.»> A nonyme Le procédé d’hydrocraquage d'Énergie, Mines et Ressources Canada: UNE PREMIÈRE MONDIALE r ihydrocraquage, procédé mis au oint pour enrichir l'huile lourde, est aboutissement de nombreuses an-ées de travaux aux laboratoires de Jcherches sur les combustibles syn-tétiques du Centre canadien de la schnologie des minéraux et de l'éner-ie (CANMET), près d'Ottawa.CANMET st le principal organisme de recher-hes du ministère de l'Énergie, des lines et des Ressources du Canada.Le gouvernement du Canada conti-ue ainsi à promouvoir, comme il s'y st engagé, l'utilisation maximale des sssources du pays.La récente Mise à >ur de 1982 du Programme énergé-que national confirme l'intérêt du louvernement pour la recherche et le éveloppement énergétiques, qux-uels il consacre 260 millions de ollars pour la période 1980-1983.Comme chacun sait, le Canada ispose dans l'Ouest d'immenses épôts de pétrole lourd et de bitume - plus de mille milliards de barils, dont 50 milliards déjà exploitables dans état actuel de la technologie.Épures, ces matières conviendraient lieux pour alimenter les raffineries lassiques.Les bitumes et les pétroles lourds piques contiennent, pour moitié, du rai, du soufre, de l'azote, du nickel et u vanadium, qui les rendent inuti-iables dqns une raffinerie classique.Il lut donc raffiner le bitume et le pétrole >urd pour en réduire le contenu en rai, en soufre, en azote et en métaux.L'industrie actuelle a recours aux léthodes dites de rejet du carbone omme la cokéfaction à retardement u la cokéfaction fluide pour épurer le itume, mais il en résulte immanqua-lement l'accumulation d'un sous-roduit, le coke.CANMET, par contre, recède par hydrogénation, accrois-ant ainsi la production de pétrole distillé de 10 à 12% et permettant d'éliminer le coke.La matière à raffiner, mélangée à de l'hydrogène sous pression, est pompée dans un long réacteur tubulaire, où l'hydrocraquage s'effectue à haute température.La fraction de brai est convertie en fractions de pétrole distillé plus léger qui peut ensuite être transformé en «brut synthétique».Voici les installations utilisées par CANMET pour la mise au point du procédé: • Deux usines-pilotes de un baril par jour, dotées d’un système moderne de rassemblement des données.La première fonctionne depuis 1965, la deuxième depuis 1979.• Des installations pour mettre au point des catalyseurs expérimen- taux, quatre réacteurs à écoulement à haute pression, et un réacteur d'hydrotraitage de un litre.• Une colonne de distillation contenue sous vide produisant six barils par jour pour la préparation de l'alimentation et des distillais et un appareil de distillation instantanée sous vide de type Podbielniak.• Des installations pour les analyses.CANMET a constitué une banque de données détoillée en utilisant à la fois l'équipement d'essqi en laboratoire et les usines-pilotes produisant un baril par jour.La base des données de l'usine-pilote inclut des informations sur les effets de certaines variables du procédé, telles que la pression, le taux d'alimentation, la température, le taux de gaz et les additifs de catalyseurs.LE PROCÈDE D'HYDROCRAQUAGE DE CANMET Hydrogéné de Résidus légers Recyclage des Les scientifiques de CANMET ont publié au-delà d'une centaine de rapports sur leur procédé d'hydrocraquage.Neuf brevets d’invention ont été délivrés jusqu'ici et sept autres demandes de brevet sont à l'étude.On compte faire breveter le procédé dans huit pays.Une étude des coûts réalisée par des conseillers indépendants a révélé que les mises de fonds et le coût du fonctionnement du procédé CANMET se comparent avantageusement à ceux des procédés commerciaux actuels.En vertu d’une entente conclue en juillet 1981 avec Énergie, Mines et Ressources Canada, Pétro-Canada Exploration Inc.perfectionne le procédé CANMET pour commercialisation d'ici 1984.Cette société doit créer une usine-pilote d'hydrocraquage, dresser les plans d'une usine complète de production commerciale et planifier la mise en marché et l'octroi de conces-stons aux exploitants de toute l'industrie pétrolière.Pour en savoir davantage au sujet de l'hydrocraquage ou pour nous poser des questions concernant la Mise à jour de 1982 du Programme énergétique national, n’hésitez pas à communiquer avec le bureau régional d'Énergie, Mines et Ressources, au 605, boulevard Dorchester ouest, Montréal, H3B 1P4 (téléphone, sans frais .1-800-361-8025).PUBLI-REPORTAGE _ A juillet 1 982 / QUÉBEC SCIENCE jyt LA FECONDITE EN BAISSE Il y a une vingtaine d'années, le taux d'accroissement de la population mondiale atteignait des sommets impressionnants.Deux pour cent en 1965.Il y avait de quoi s'inquiéter, quand on sait qu'à ce rythme, une population double en I 35 ans.Aujourd'hui cependant, la plupart des spécialistes des problèmes démographiques admettent que la population mondiale est entrée dans une phase de décélération.Le baby-boom qu'ont connu les pays développés dans les années 1945-65 est bien révolu, et on assiste, depuis une trentaine d'années, à une baisse de la fécondité dans plusieurs pays du Tiers-Monde, en particulier en Asie.Si l'évolution en cours se poursuit, le taux d'accroissement de la population mondiale pourrait être ramené à un pour cent en 2025 et peut-être à zéro vers 2100.(La Recherche) UN RECIPIENT QU! PURIFIE On sait à quel point le problème de l'eau potable est crucial pour les pays en développement.Grâce à un nouveau récipient, conçu au Guatemala, les régions rurales de ces pays pourront peut-être se procurer plus facilement de l'eau propre et potable, à un prix abordable.Il s'agit en fait de deux récipients d'argile, imbriqués l'un dans l'autre.Celui qui se trouve à l'intérieur sert de filtre, et l'argile dont il est fait est additionnée de colloïdes d'argent qui possèdent des propriétés désinfectantes.L'eau qui filtre à travers en sort purifiée et coule dans le grand récipient.Cette méthode réussit très bien semble-t-il à débarrasser l'eau des polluants et des bactéries.Ce filtre, facile à fabriquer, coûte peu cher et demeure efficace environ un an.Il peut fournir de l'eau potable à une famille de quatre personnes.(Reportage CRD!) Sans frontières LA GUERRE FDA-DMSO La FDA, c'est la Food and Drug Administration, aux États-Unis.Le DMSO, le diméthyle sulfoxyde, un remède de cheval.pour les chevaux, mais aussi pour les humains.Des milliers de gens ne jurent que par lui, et en particulier le docteur Stanley Jacob, «grand prêtre» du DMSO.Il y a une vingtaine d'années, ce médecin de l'Université de l'Orégon, a découvert que ce liniment avait la capacité de pénétrer presque instantanément la couche cutanée et de soulager aussi bien l'arthrite que les maux de tête.Certains vont même jusqu'à dire que le DMSO peut guérir toutes sortes d'autres maladies allant de l'acné au cancer.Mais la FDA est loin de partager le même enthousiasme pour ce médicament «miracle».Dès 1965, elle a interdit la poursuite de l'expérimentation du DMSO chez les humains, prétendant qu'il causait des cataractes chez les animaux.Il y avait un problème, c'estque le DMSO, utilisé comme solvant industriel, était en vente libre dans les stations-services, les magasins d'aliments naturels, etc.et que près de 100 000 personnes en faisaient déjà LE CHOIX DU SEXE Le directeur d'une firme de consultants en agriculture de San Francisco vient d’inventer une méthode qui permet de choisir le sexe des petits de mammifères, aussi bien les humains que les animaux.Comme l'explique le texte du brevet d'invention, une partie des spermatozoïdes contient le chromosome X, qui détermine le sexe féminin, tandis que les autres sont dotés du chromosome Y, qui donne naissance à des mâles.Le coup de force de Wallace Shrimpton a été de réussir la séparation des spermatozoïdes X et Y, en utilisant le lait comme milieu.Toujours selon les termes du brevet, cette invention présente un grand intérêt du point de vue pratique et commercial, dans le secteur de l'élevage.Elle donne, par exemple, la possibilité à l'éleveur de choisir le sexe des petitsd'animauxavant l'insémination artificielle.Shrimpton affirme que sa méthode a été appliquée avec succès sur plus de 150 vaches et que son invention offre un intérêt particulier pour les bovins, les porcs, les chevaux, les chèvres, etc., ainsi que pour les humains, chez qui elle a déjà été essayée avec de bons résultats.(New York Times) usage, cela sans souffrir d'affections oculaires.Alors comment faire?La FDA continue la bataille et beaucoup de gens trouvent même que l'agence fait preuve d'un acharnement exagéré contre le DMSO.Elle a procédé à des saisies du médicament dans plusieurs villes américaines et aussi de 75 exemplaires d'un livre intitulé The Persecuted Drug: the Story of DMSO.Le docteur Jacob a par ailleurs été accusé d'avoir versé pour 30 000$ de pots-de-vin à un de ses membres, le docteur Pani, pour qu'il incite la FDA à approuver le médicament.En attendant, beaucoup de gens se demandent que penser et que faire.Doivent-ils continuer à utiliser le DMSO qui soulage effectivement leurs entorses et leurs douleurs arthritiques?Les médecins se montrent très prudents.Même si plusieurs chercheurs s'intéressent de près aux vertus de ce produit, on continue à s'interroger sur la façon dont il agit sur le système immunitaire et on ne connaît rien de ses effets à long terme.Ils recommandent donc la plus grande prudence.(Discover) 49 ft sa QUÉBEC SCIENCE / juillet 1982 L OR BRUN J :: C'est le nom que les Suédois donnent à l'énergie tirée du bois et dont ils comptent faire grand usage pour sortir le pays de sa dépendance vis-à-vis du pétrole.L'année 1982 devrait marquer le véritable coup d’envoi de ce programme de conversion prévu par la Loi de l'énergie adoptée l’an dernier, qui vise une réduction de 50 pour cent de la consommation de pétrole.Le secteur cible est celui du chauffage collectif et le gouvernement a déjà subventionné la conversion de 300 chaufferies de quartier.lafê' #1 r:; [éif: lesc;'j fl L’HUILE TUE AUSSI À L'EST Le gouvernement de Malaysia pourrait être aux prises avec une tragédie semblable à celle qu'a connue l'Espagne avec l'huile de table empoisonnée, s'il ne se dépêche pas de sévir contre certains producteurs peu méticuleux.Plus de 260 personnes sont mortes en Espagne pour avoir consommé de l'huile industrielle vendue comme huile de table.En Malaysia, le danger vient du fait que de l'huile est mise en vente dans de vieux bidons ayant contenu des produits chimiques.Le cri d'alarme, lancé par l'association de l'île de Penang, fait suite à la mort de trois membres d’une même famille qui avaient mangé du riz cuit dans de l'huile contaminée.L'association a découvert que plusieurs marques d'huile à bon marché sont vendues dans des contenants recyclés qui ont souvent contenu des pesticides, du kérosène ou d'autres produits chimiques industriels.L'association malaise des fabricants d'huile de table se plaint aussi de ces «producteurs d'arrière-cour» qui, apparemment, ne se donnent même pas toujours la peine de laver les vieuxbidons avantd'ydéverserl'huile.(Ne w Scientist) ÉCRIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT LE LITHIUM DES VIEILLES ÉTOILES Les journalistes qui s'adressent au public rural des régions du Tiers-Monde doivent écrire clairement pour faire avancer la cause du développement.C'est en gros la conclusion d'une étude patronnée par l'Unesco et réalisée à l'École de journalisme de l'Université de Nairobi.Le fossé culturel et économique entre les villes et les campagnes ne cesse de s'accentuer dans les pays du Tiers-Monde, et les journaux des villes sont souvent difficiles à lire pour les habitants des zones rurales.L'étude recommande donc que la presse destinée aux régions périphériques soit confiée à des journalistes formés spécialement, capables d’écrire dans un langage simple, facile à comprendre pour les villageois, et qui soient en plus familiarisés avec les coutumes locales.Ce n'est que comme cela qu'ils pourront leur expliquer les changements et faciliter le développement.Souvent il est déjà difficile de comprendre un projet ou le fonctionnement d'une nouvelle machine.L'utilisation d'un langage peu accessible ne fait que compliquer les choses et retarder le changement.(Santé du Monde) BANQUES D’EMBRYONS Qn avait depuis quelques années des banques de sperme.Aura-t-on demain des banques d'embryons humains?Lors du dernier congrès mondial de reproduction humaine, à Berlin, des chercheurs australiens ont, pour la première fois, présenté des données expérimentales sur la congélation d'embryons humains: des embryons, obtenus par fécondation en «éprouvette», ont été congelés dans de l'azote liquide, puis décongelés et replacés dans l'utérus maternel.L'intérêt de cette technique?Multiplier les chances de réussite de la fécondation externe, qui permet à certaines femmes stériles de mener à bien une grossesse.En cas d'échec, lors d'une première tentative, on peut replacer un œuf décongelé dans l'utérus le cycle suivant et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il y ait grossesse.Les essais se poursuivent dans plusieurs hôpitaux.Éventuellement, on pourra stocker des organismes humains à très basse température et leur faire reprendre vie quelques années plus tard.Va-t-on assister au télescopage des générations par banques d'embryons interposées?Quels tracas pour les généalogistes de demain! (La Recherche) Grâce au télescope de 3,60 m d'ouverture installé à Hawaii par le Canada et la France, deux astronomes de l'observatoire de Meudon, François et Monique Spite, ont pu analyser la composition chimique d'étoiles très anciennes, presque contemporaines de la formation de la Galaxie.Ces étoiles se seraient formées dans les premiers instants qui ont suivi la grande explosion initiale marquant le départ de notre Univers actuel, le fameux Big Bang.C'est pourquoi leur composition chimique donne W .1 ¦ •/ d'intéressants indices sur les conditions de l'Univers primitif.En particulier, il est très important de savoir si ces étoiles contiennent du lithium.Cela permettrait de calculer la densité de l'Univers et de trancher entre deux modèles possibles de son évolution.Ou bien il poursuivra indéfiniment son expansion actuelle, et on dit qu'il est ouvert: ou, au contraire, l'attraction gravitationnelle finira par l'emporter, et l'Univers serait alors fermé.(Cahier de l’Agence française d’information scientifique) LE RETOUR DU PARAQUAT Le Département d'État américain vient d'autoriser la pulvérisation du Paraquat sur les cultures de marijuana.On se rappellera qu'il y a de cela trois ans, le Congrès adoptait l'amendement Percy (du nom du sénateur de l'Illinois) interdisant l'utilisation de cet herbicide dans la lutte antidrogue, à cause des dangers que la marijuana contaminée présentait pour la santé des fumeurs.Aujourd'hui, trois ans plus tard, le Congrèsa supprimé l’article de la Loi sur l'aide étrangère interdisant l'utilisation de l'aide monétaire américaine pour la pulvérisation des cultures de cannabis (mesure qui touchait surtout le Mexique).De son côté, la Drug Enforcement Administration a, elle aussi, levé l'interdit sur l'utilisation du Paraquat aux États-Unis mêmes.(New Scientist) juillet 1 982 / QUÉBEC SCIENCE LE FUTUR DU QUEBEC AU CONDITIONNEL Le futur du Québec au conditionnel Boîte à livres Le Groupe québécois de prospective Gaëtan Morin éditeur Québec, 1982 256 pages, 1 6 $ Le Québec est un système qui change peu.Ses problèmes sont éternels.Le nationalisme québécois est omniprésent, bien qu'ambivalent.Ces quelques éléments d'un diagnostic du Québec 1981 concluent une analyse de la société «du temps présent».Cette évaluation de la réalité actuelle est la première étape d'une démarche prospective appliquée systématiquement à l'Ètat québécois.Cette partie d'un livre sur l'avenir reste descriptive, peut-être froide même.La connaissance précise et la description rigoureuse restent toutefois les assises de toute tentative d'esquisse des possibilités d'avenir du peuple francophone en Amérique du Nord.Bien que beaucoup moins longue, la seconde section du livre, celle qui fait les projections dans l'avenir, laisse plus de place à l'imagination.De multiples scénarios sont ainsi échafaudés, explorant à travers diverses lunettes, — politique, économique, technologique, écologique,.— les destinées possibles ou plausibles de notre société, au seuil ou après l'an 2000.Les visages que le Québec pourrait prendre dépassent les strictes déductions tirées des tendances présentes.Ainsi, en supposant des choix de valeurs tels que l'autonomie politique, l'innovation technologique ou plus simplement le statu quo, on dessine des trajectoires fort différentes aboutissant à des destinations parfois très éloignées les unes des autres.Le livre du Groupe québécois de prospective n'est cependant pas un exercice de poésie ou de science-fiction.Au contraire, il rend compte de façon rigoureuse des efforts des prospectivistes québécois au cours des dix der- nières années.On y retrouve, par exemple, l'essentiel des résultats d'une étude commanditée par l'Office de planification et de développement du Québec.Cette étude, réalisée par une quarantaine de chercheurs, a été diffusée de façon extrêmement restreinte.Le présent volume corrige cette lacune: on y lit les textes d'auteurs québécois connus tels que Kimon Valaskakis (les relations extérieures), Pierre-André Julien (les valeurs), Pierre Dansereau (l'écologie), Pierre Fréchette (le territoire),.La section prospective rend compte de façon succincte de la plupart des scénarios sur l'avenir québécois, circulant dans les milieux officiels des sciences du futur.Cette compilation, commentée par les auteurs pour en faire ressortir les bases, est d'un grand intérêt pour retracer l'évolution des penseursde l'avenir et des hypothèses qui sous-tendent leurs scénarios.On souligne d'ailleurs les nombreuses précautions à prendre au moment d'aborder des portraits possibles du Québec de demain, portraits dont les traits dépendent évidemment des faits et des indications retenus par leurs auteurs.Car, le principal message de ce livre, somme toute assez technique, est clair: l'avenir n'est pas totalement prévisible.Bien sûr, une partie du futur est «coulée dans le ciment», dépendante de décisions actuelles ou passées: mais de nombreuses incertitudes subsistent.De là, l'intérêt et l'utilité de l'exercice prospectif: éclairer et faciliter des choix encore ouverts.La prospective est un art nécessaire et préalable à la prise de décisions.Art qui, tout en offrant des grilles de lecture du présent et du passé, vise à réduire les zones d'ignorance par rapport au futur.L'avenir qui nous attend, que nous le voulions ou non, n'appartient pas seulement aux générations futures.Il est conditionnel à de nombreuses décisions, prises maintenant sans pouvoir en prévoir les conséquences.Comment alors augmenter les probabilités de vivre demain comme nous nous plaisons à l'imaginer aujourd'hui?DICTIONNAIRE DE L’INFORMATIQUE Ouvrage collectif sous la direction de P.Morvan Larousse, Paris, 1981 341 pages, 14,95 $ se passer d'un lexique anglais-français; celui que les auteurs proposent à la fin de cet ouvrage répond à ce besoin.Le format pratique de ce dictionnaire et sa typographie agréable ajoutent à l'intérêt que chacun trouvera à le consulter.Mais bien sûr le rythme d'évolution de l'informatique risque de rendre rapidement caduques certaines définitions: les futures éditions témoigneront de l'avancée de cette technologie.André De!isle La nécessité d'un dictionnaire des termes employés dans l'informatique est souvent apparue bien clairement à l'utilisateur occasionnel de l'outil informatique, qu'il soit étudiant, chercheur ou ingénieur.On sait le développement étonnant qu'a connu ces dernières années l'usage de l'ordinateur, et les rapports de prospective convergent tous pour prédire la prochaine apparition sur une grande échelle de l'ordinateur individuel appelé à bouleverser les méthodes d'enseignement et de communication, sinon l'ensemble de nos habitudes culturelles et professionnelles.Il était donc opportun qu'une équipe de spécialistes s'attache à la rédaction d'un dictionnaire dont le millier d'entrées témoigne bien de la vitalité de la discipline.Aidés par les travaux de différentes commissions de terminologie et par le Haut-Comité de la langue française, les auteurs recensent et expliquent les néologismes, abréviations, sigles et expressions dont la connaissance imprécise gêne souvent le non-spécialiste.Si le vocabulaire de l'informatique est pour une grande part d'origine anglaise, l'effort accompli ces dernières années dans le sens d'une francisation porte maintenant ses fruits: le software est devenu logiciel tandis qu'un batch devenait un lot et le hardware le matériel.Les auteurs ont choisi d'accompagner certaines expressions d'un développement encyclopédique plus ou moins complet.J'ai particulièrement apprécié les chapitres consacrés à l'enseignement assisté par ordinateur, aux codes et à l'histoire de l’informatique.En quelques pages, l'essentiel est présenté dans un style concis et précis mais sans sécheresse excessive.Des tableaux très complets (présentant les différentes banques de données existantes, par exemple) complètent l'exposé.Un tel dictionnaire ne peut évidemment ENQUÊTE AU CŒUR DES CENTRALES NUCLÉAIRES enquête ou coeur des centrales nucléaires Dominique Pignon Fernand Nathan, collection Dossiers 90, Paris, 1981 315 pages, 22 $ C'est à un curieux voyage au cœur de la bête nucléaire que nous convie Dominique Pignon, un physicien français mué en journaliste.Curieux, parce qu'il nous propulse derrière le rideau du langage complexe et compliqué des spécialistes, pour vivre les interrogations réelles et profondes de ces experts du nucléaire devenus, en ces temps d'incertitude, des grands prêtres de la technologie.Et c'est la première qualité du livre: sa langue directe et simple, son style dynamique, «en dehors des sentiers battus».Curieux, aussi, parce que ce type d'enquête «de l'intérieur» (un expert a rencontré d'autres experts et vous raconte, en termes simples, les histoires de peur qu’ils se sont contées) est extrêmement efficace pour vous amener à considérer la question nucléaire sous un angle «humain»: de quelles mesures de sécurité avons-nous besoin, pour nous et nos descendants, et à quels coûts?Et qui va en décider?Ces questions importantes, qui sont toujours un peu théori- Kittitm Bernard Pire ¦ES MA A VIE, IUSESi - S UEBEC SCIENCE / juillet 1982 lût ues lorsque posées par des lii
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