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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1980, Collections de BAnQ.

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sæaæa! Volume 18, numéro 10 JUIN 1980 LA NATIONALISATION DE LA FAUNE NEUR ROULE! 20 ANS| CHERCHE CERVEAU 1 : : , -W-Kk} LES TRACES DU PASSÉ par François Picard 1 3,3 x 21,8 cm ISBN-2-920073-01-x Dans la même collection «aiMOTül Louis Brunei TELECOMMUNICATIONS DES MACHINES ET DES [OMMES Onze collaborateurs u magazine QUÉBEC SCIENCE L'archéologie renouvelle notre histoire L'histoire des peuples ne peut plus se raconter uniquement à partir d'archives ou de documents écrits: les hommes ont laissé bien d’autres traces de leur passage sur la terre.Aussi, la science historique s'est-elle enrichie de l'apport de nouvelles disciplines, parmi lesquelles l'archéologie.Au Québec, cette discipline ne s'est imposée que depuis une quinzaine d'années.Il reste encore énormément à faire pour tirer tout le parti possible de ces travaux.Mais leurs premiers résultats sont déjà passionnants: l'auteur en dresse un bilan détaillé, avec de nombreuses photos à l'appui.-O to >• y tiskps.J&Ma&x'si WÊ DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu 1 3,5 x 21,5 cm ISBN-0-91 971 2-00-2 H LES DOSSIERS DE QUEBEC SCIENCE * '' Y * à Télécommunications: DES MACHINES ET DES HOMMES par Louis Brunei 1 3,5 x 21,5 cm ISBN-0-91 971 2-00-2 ?FACE AU NUCLÉAIRE Collectif 13,5 x 21,5 cm ISBN-2-920073-00-1 Bon de commande Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu.296 p , $8.50 ?DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 176 p„ $7.50 ?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.320 p , $9.50 ?LES TRACES DU PASSÉ, François Picard.208 p,, $9.50 O Ci-joint mon paiement au montant de $.CD Veuillez me facturer pour la somme de $.Quantité Total Nom .Adresse B Code posta!.Téléphone .LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE • C.P 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 3 CMÉBEC SCIENCE SOMMAIRE Volume 18, numéro 10 JUIN 1980 16 La nationalisation de la faune Luc Chartrand La réforme des ZEC est bien engagée, mais il reste à faire des pêcheurs et des chasseurs des protecteurs de l'environnement 32 Monseigneur de la pince Yanick Villedieu Les étranges mœurs du homard, prince des fruits de mer et seigneur des îles-de-la-Madeleine .V 24 Face au risque génétique Pierre Sormany L’ère des manipulations génétiques est ouverte.Qui décidera jusqu'où on peut aller?38 Rouler sans gaspiller Jean-Pierre Rogel Moins goulue, moins ventrue, la voiture de demain ne fait appel à aucun changement technologique révolutionnaire 43 20 ans de recherche sur le cerveau Carole Thibaudeau Célèbre ici et à l’étranger, le docteur André Barbeau reste un chercheur modeste NOUVELLES ET CHRONIQUES 4 Courrier 5 Première mondiale à Montréal Vers un vaccin à sécurité maximale 6 Ingénierie génétique Le «BOOM» de la bio-industrie 7 Hydro-électricité Des centrales à bulbes 8 Assainissement des eaux Le défi de l'eau propre 12 Gestion des ressources Impliquer les citoyens 13 Pluies acides Le Québec en première ligne 14 Élevage La reproduction à la moderne 47 La filière verte 48 Tests de consommation d'essence La bénédiction de Transports Canada 49 Géographie De quoi perdre le nord 50 Épidémiologie Une protection sous utilisée 51 Beurre ou margarine Le débat continue 53 Ver de terre Un élevage inusité 54 Ces chers ancêtres 56 Parutions récentes 57 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1979.ISSN-0021 -61 27.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de 0 CPPA © Copyright 1 980 — QUÉBEC SCIENCE — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Pierre Parent, Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Raymond Robitaille composition typographique Claire D'Anjou administration Normande Brouillard secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard.Cécile Buteau et Christian Gosselin diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Écla ireur Itée Séparation de couleurs acme litho inc.Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): $35.00 Régulier: (1 an / 1 2 nos): $19.00 Groupe: (10 et plus — 1 an): $17.00 À l'unité: $ 2.25 À l'étranger: Spécial: (2 ans / 24 nos): $45.00 Régulier: (1 an / 12 nos): $25.00 A l'unité: $ 2.75 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Education, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Les Presses de l'Université du Québec UNE SOURCE POUR LES SERRES Suite à la lecture de l'article intitulé «La serre qui venait du froid» dans votre numéro d'avril 1980, qui va sans dire m'a beaucoup plu et passionné, je serais vivement intéressé d'obtenir l'adresse de l'Institut Brace du Collège MacDonald en vue de me procurer les plans détaillés et la documentation technique sur la serre de Brace.Michel Aubin Saint-Hyacinthe Vous pourrez sûrement vous procurer les plans des serres ainsi que toutes informations pertinentes à ce sujet en vous adressant à l'Institut Brace directement.Voici son adresse: Institut de recherches Brace, Collège MacDonald, Université McGill, Sainte-Anne-de-Bellevue, Québec, HOA ICO.LA VRAIE NATURE DES STROMATOLITES Votre article «Remonter aux origines» de mars 1980, très intéressant d'ailleurs, contient une petite ambiguïté que je désire clarifier.Sous la photo montrant des stromatolites d'Australie, vous laissez entendre que la stromatolite par elle-même est vivante, ce qui n est pas vrai.Une stromatolite est une structure sédimentaire produite par des algues bleu vert et vertes de façon suivante: Sur la surface du sol, normalement sur la superficie comprise entre marée haute et marée basse, l'algue se développe en «paillasson» et semble «attirer» les sédiments fins et moyens.Ceux-ci se déposent sur l'algue et s'accumulent jusqu'à lui cacher complètement la lumière.Or, l'algue est photosynthétique et a besoin de lumière pour vivre.Elle s'arrange donc pour pousser à travers les sédiments et former un nouveau «paillasson» où d'autres sédiments viendront se déposer.Ceci continue jusqu'à la mort de l'algue.La stromatolite est donc la structure sédimentaire produite par ce processus et si l'atmosphère est riche en oxygène, c'est grâce à l'algue, et seulement à elle, qui, au moyen de la photosynthèse, a absorbé le C02 et rejeté r02.Autrement dit, si l'algue n'avait pas attiré les sédiments, le résultat aurait été le même, et nous respirerions la même atmosphère.Ceci dit, je reconnais que la confusion a existé longtemps et que plusieurs livres ont qualifié la stromatolite d'être vivant.On lui a même donné des noms biologiques.Il n'est que grand temps que la vérité soit rétablie à ce sujet.Andrée-Monique Bolduc Hull Votre description des stromatolites est tout à fait en accord avec celle que nous donnons dans l'article «Remonter aux origines» sous te sous-titre «Des producteurs d'oxygène» en page 17.La concision à laquelle nous sommes contraints en rédigeant les bas de vignette peut toutefois avoir entraîner la confusion que vous notez.DES MAISONS SOUS TERRE La société Radio-Canada a présenté, à son émission Science Réalité, un reportage sur les maisons enfouies dans le sol.J'aimerais savoir si Québec Science a déjà publié des articles sur ce sujet et quelles seraient les adresses possibles à contacter pour obtenir de plus amples informations sur cette technique de construction, les plans, les matériaux de construction, etc.Yves Chaput Magog Québec Science n'a encore publié aucun article traitant de ces maisons sous terre.Vous pourrez obtenir des informations sur ce sujet en vous adressant au Groupe de ressources en auto-construction et écologie (GRACE), École d'architecture.Université de Montréal.L'animateur de ce groupe est M.Christian Ouellet.De plus, vous pourrez sûrement obtenir des renseignements utiles dans le livre Habitats, constructions traditionnelles et marginales, publié aux éditions Alternatives et Parallèles, en 1977.Ce livre, qui est un genre de catalogue, est la traduction d'un livre américain paru sous le titre Shelter, publié par Shelter Publications (P.O.Box 279, Bol in as, California), en 1973.La traduction française est disponible dans plusieurs librairies au Québec. VERS UN VACCIN SÉCURITÉ MAXIMALE par Yanick Villedieu Un pas important en vue de la mise au point d'un nouveau vaccin de la grippe vient d'être franchi à Montréal où un chercheur de l’Institut Armand-Frappier, Lise Thibodeau, a réussi à fabriquer un virus artificiel d’influenza, un virosome.Il s'agit d’une première mondiale dans ce domaine encore relativement nouveau de la virologie.Depuis 1975, quelques chercheurs avaient réussi à produire de tels virosomes, mais avec des techniques et des résultats plutôt insatisfaisants.Le virus artificiel obtenu à l’IAF ressemble en tous points à un virus naturel, à la différence près toutefois qu’il n'en contient pas le matériel génétique.C'est d’ailleurs ce qui fait du virosome un moyen idéal de vaccination: il peut en effet induire l'immunité contre la maladie sans risquer de déclencher les réactions adverses parfois provoquées par le virus entier, fût-il inactivé.À noter que d’autres virosomes semblables à celui de l’influenza, et notamment celui de la rubéole, devraient bientôt pouvoir être synthétisés par Lise Thibodeau.Le virus de l’influenza, qui fait partie de ce qu’on désigne sous l'appellation de «virus enveloppés», se présente comme une boule hérissée de dizaines de petites aiguilles appelées spicules.À l’intérieur de la boule se trouve le matériel génétique du virus (de TARN dans le cas de l’influenza), c’est-à-dire ce qui lui permettra de se reproduire dans la cellule qu’il aura infectée.Ce matériel génétique est enveloppé dans une membrane faite d’une double couche de phospholipides, membrane dans laquelle sont plantés les spicules.Composés de protéines (soit des hémagglutinines, soit des neuraminidases), ces derniers constituent en fait la partie agressive du virus, lui permettant par exemple de pénétrer à l’inté- rieur de la cellule qu’il attaque, être plus ou moins gros, plus ou Ce sont eux, de plus, qui confè- moins rigide et de charge néga- rent au virus ses propriétés tive ou neutre.Dans un second antigéniques.Et c’est donc temps, et grâce aux caractéris- contre eux que l’organisme tiques chimiques des spicules et produit des anticorps spécifi- du liposome, ceux-ci s’ancrent ques destinés à les neutraliser.sur celui-là, et le tour est joué: Aussi n’est-il pas besoin, on est en possession d'un «faux pour vacciner, d’utiliser un virus» tout à fait semblable, virus entier.Injecter ses seules extérieurement, au vrai.À noter parties antigéniques — en l’oc- que les spicules ont été fournis currence, ses seuls spicules — par un autre virologue de l’IAF, suffit pour déclencher le pro- Armand Boudreault.cessus de défense immunitaire.Comme le faux virus a les Et c’est là qu’intervient, ou plus mêmes protéines de surface exactement qu’interviendra que le vrai, il en a aussi les pro- bientôt, le virosome, cette boule priétés, propriétés qu’il semble creuse servant de support à des même amplifier, multiplier, spicules qu’on y implante.Les résultats des premiers tests Tout le problème, bien sûr, effectués avec le virus artificiel est de construire le virosome montrent d’une part qu’il en question, ce à quoi est par- agglutine fort bien les globules venu le chercheur de l’IAF il y rouges (il s’agit d’une des carac- a quelques semaines.Dans un téristiques principales de ces premier temps, Lise Thibodeau protéines appelées, justement, a commencé par fabriquer la hémagglutinines), et que, d’au- membrane constituant la boule tre part, il déclenche de façon du virosome.Cette membrane très satisfaisante le processus artificielle, dont on connaît immunologique de l’organisme bien la composition à l’état dans lequel il a été injecté, naturel, est appelée un lipo- Selon les tests en question, le some.Sphérique, constitué lui virosome est 100 à 300 fois, et aussi d’une double couche de dans certains cas plusieurs phospholipides, le liposome milliers de fois, plus hémagglu- peut être construit de façon à tinant qu’une solution d’hé- Un document exceptionnel.Le virus artificiel de l’influenza ou virosome (photo A) récemment fabriqué à l’Institut Armand-Frappier ressemble à ce point à un vrai virus que même un spécialiste de la micro-photographie électronique s’y est fait prendre.On distingue, à la surface de la membrane, les spicules qui hérissent le virus et lui confèrent ses propriétés antigéniques.À titre de comparaison, c’est un vrai virus de l’influenza qu’on voit sur la photo B.La structure «en oursin» du virus apparaît de façon saisissante sur ce document dû à un étudiant de 11 AF, Pierre Naud.À noter que la ligne blanche indique un grossissement de 100000 et que le virosome a sensiblement la taille du vrai virus.magglutinines équivalente, et deux à six fois plus que le virus inactivé qu’on retrouve dans le vaccin actuel.Par ailleurs, les toutes premières expériences sur la souris indiquent que le virosome serait presque aussi immunogène que le virus vivant lui-même, en d'autres termes, qu’il incite l'organisme à se défendre aussi énergiquement que ne le fait un virus normal.Cepen-danl, comme le virosome ne possède pas de bagage génétique, il ne peut pas proliférer dans l’organisme: il peut seulement déclencher la fabrication des anticorps, ce qui est la nature même de la vaccination, mais sans provoquer la minimaladie que les vaccins traditionnels, faits de vrais virus, causent habituellement.En plus de toutes ces caractéristiques, le virosome de l'IAF a ceci de nouveau qu’il a été, comme on l’a vu, fabriqué en deux temps, c’est-à-dire à partir d’un liposome préformé.Les techniques utilisées jusque-là consistaient à faire le virosome d’un seul coup, en mélangeant tous les ingrédients de l’enveloppe et des spicules.Ces derniers pouvaient donc tout aussi bien se retrouver à l’intérieur qu’à l’extérieur de la sphère, ce qui explique peut-être le demi-succès que les expériences antérieures avaient remporté.Mais là ne s’arrête pas le projet de Lise Thibodeau.Les spicules protéiniques qui lui ont servi à faire son virosome provenaient de vrais virus d’influenza.Si l’on parle d’une production industrielle de virosomes, le problème pratique de la culture du virus se pose donc dans les mêmes termes que pour la fabrication traditionnelle du vaccin.Aussi, pour le chercheur, la prochaine étape à laquelle s’attaquer est-elle la production artificielle des spicules protéiniques nécessaires à ses virosomes.Et c’est du côté du génie génétique que se trouve, pour elle, la solution: il suffirait en effet de programmer une bactérie, selon des techniques aujourd’hui bien connues, pour obtenir en grande quantité de l’hémagglutinine et de la neu- 6 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE raminidase.Encore une fois, la bonne à tout faire serait la bactérie E.coli, à laquelle on a déjà réussi à faire produire des substances aussi complexes que l’insuline ou l'interféron.Fait intéressant à noter, deux autres professeurs du Centre de recherche en virologie de l’Institut Armand-Frappier s’intéressent aussi, de façon complémentaire, à des questions touchant à la bio-industrie de pointe.Claude Hamelin travaille sur les enzymes de réduction; ces micro-outils spécialisés dans le découpage des acides nucléiques sont à la base même du développement du génie génétique.Quant à Jacqueline Lecomte, elle s’intéresse pour sa part aux hybridomes, ces cellules vivantes hybrides qui pourraient bien être «les lapins et les souris de demain»: ces cellules ont en effet ceci de particulier qu’elles peuvent être «dressées» pour synthétiser des anticorps très spécifiques et très purs, ce qui Mettre les bactéries au travail pour le compte de l’humanité: tel est le but de la nouvelle industrie biologique, qui vit actuellement un «boom» que certains comparent à celui de l’électronique il y a 15 ans.Et à l’heure où les problèmes moraux de l’ingénierie génétique sont débattus (voir notre dossier dans ce numéro), de jeunes multinationales de la microbiologie appliquée récoltent des profits très substantiels.Dans de très nombreux secteurs, les microbes deviennent, grâce aux récents progrès de la biochimie et de la génétique, extrêmement rentables.L’industrie pharmaceutique est sans contredit celle qui fait présentement le plus large usage des techniques microbiologiques.Au total, cela représente déjà environ un cinquième du marché actuel des médicaments, évalué à près de 900 millions de dollars au Canada en 1979.Le secteur en fait des instruments de recherche et de production ultra-perfectionnés.Ainsi apparaissent, à l’aube des années 80, les techniques de fabrication des «nouveaux vaccins», produits d’origine synthétique plus purs, plus efficaces et potentiellement moins dangereux que les vaccins traditionnels.Avec ces nouveaux vaccins, les contre-indications usuelles à la vaccination contre certaines maladies pourraient disparaître.À titre d’exemple, on peut citer la rubéole, dont le virus peut gravement toucher le fœtus que porte la femme enceinte, qu’il est donc impossible de vacciner même en cas de risque d’exposition à la maladie.Et tout cela est loin d’être de la science-fiction: au rythme où vont les choses, pense en effet Lise Thibodeau, le vaccin nouveau genre contre F influenza pourrait bien être sur le marché d’ici deux ou trois ans seulement.alimentaire vient en second, suivi par la production d’enzymes à usage industriel et par les techniques de l’environnement.Dans tous ces domaines, comme dans ceux de la production d’énergie, de l’extraction microbienne de certains métaux, de la production agricole ou forestière, ou de la fourniture de matériel biologique ou technique pour soutenir cette biotechnologie naissante, les perspectives commerciales sont énormes.Au tout début, ce sont des compagnies japonaises qui ont d’abord investi dans cette industrie de pointe, en particulier dans la fermentation.Elles ont pour noms Kyowa Hakko, exploitant une banque de 10 000 micro-organismes à usage industriel; Ajinomoto qui produit l’acide glutamique («Accent») à raison de plusieurs milliers de tonnes par jour, et s’intéresse aussi à la production microbienne de cosmétiques, de détergents et de techniques de dépollution; Eugi Sawa et Shionogi qui ont lancé l’industrie pharmaceutique japonaise, inexistante il y a 20 ans, au second rang mondial aujourd’hui.Ce sont aussi Dainippon, Kanegafuchi, Kohjin et quelques autres qui, à partir de la pétrochimie, tentent de se diversifier dans la production microbienne de protéines alimentaires.Dans ce domaine, les Japonais avaient dix ans d'avance.La fermentation compte pour quatre pour cent de leur chiffre d’affaires annuel, et ils contrôlaient 80 pour cent du marché mondial des enzymes! L'avènement des techniques de recombinaisons génétiques a quelque peu transformé le tableau, en permettant à quelques petites sociétés américaines d’y prendre place.Ce fut d’abord à Berkeley, Californie, la Cetus Corp., fondée par un biochimiste, Ron Cape (qui travailla auparavant à Montréal), un médecin, Peter Farley, et un prix Nobel de physique, Don Glaser, grâce à des fonds fournis par quelques-unes des plus grandes compagnies américaines (Standard Oil, par exemple) et même la société canadienne Inco.Créée en 1971, la société vaudrait aujourd’hui plus de 75 millions de dollars, et gérerait des budgets de recherche de plus de 300 millions de dollars (notamment sur les cycles de fermentation de l’alcool et sur la chimie enzymatique).À sa suite, en 1976, un détenteur de portefeuille de capital de risque, Robert Swanson, de San Francisco, décida à son tour de s’installer dans ce marché potentiel et créa la Genentech, avec la collaboration du généticien Herb Boyer.Bien que moins diversifiée que Cetus, la firme connut un succès éclatant en annonçant successivement la fabrication d’une bactérie productrice de somatostatine, puis d’insuline.Partie avec une mise de fonds de un million de dollars, la société vient de vendre 15 pour cent de ses actions à un groupe d’investisseurs californiens au prix de.dix millions de dollars.Genentech travaille présentement à la production d’une INGÉNIERIE GÉNÉTIQUE LE «BOOM» DE LA BIO-INDUSTRIE bactérie libérant l’hormone de croissance humaine, et à la fabrication de divers vaccins (dont celui de la fièvre aphteuse, maladie bovine importante).Quant aux droits d’industrialisation de la bactérie insulino-gène, ils ont été cédés à la société Eli Lilly and Co., d’In-dianapolis.La société Cenex Corp., créée en 1978 à Rockville, dans le Maryland, est pour sa part l’œuvre de biologistes intéressés à s’administrer eux-mêmes.Outre la production de nouveaux antibiotiques, ce sont surtout les techniques de chirurgie génétique qui l’intéressent présentement, en particulier la maîtrise de l’anémie salciforme (50 000 noirs américains en souffrent).En 1979, deux petites firmes sont formées: Hybritech, à la Jolla, Californie, produit des antibiotiques inédits par fusion cellulaire entre des globules blancs du sang et des cellules cancéreuses humaines.Au Luxembourg, la société Biogen s’intéresse elle aussi aux cellules humaines, mais réussit le tour de force de faire produire de l’interféron humain dans une cellule bactérienne.À un coût actuel de 48,4 milliards de dollars le kilogramme, l’interféron est de loin la substance la plus «rentable» à produire de la sorte.Notons que derrière Biogen, on retrouve trois grandes sociétés multinationales, dont l'Inco, une fois de plus! Cette annonce de l’interféron allait relancer la course.Depuis quelques mois, Merk, DuPont et Upjohn ont annoncé des projets importants dans ce secteur.Ils s’ajoutent à General Electric et Exxon qui s’intéressent depuis quelques années, directement ou par le biais de sous-contrats, aux bactéries digérant le pétrole.En Europe, British Petroleum, Liquichimica et la société nationale ENI (ces deux dernières, italiennes), Tate and Lyle, Shell et la United Paper Mills, de Finlande, se sont intéressées très tôt à la production de protéines microbiennes pour l’alimentation du bétail.Mais c'est la société britannique une des plus grandes multinationales de la chimie, QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 7 qui fut la première à annoncer la construction d'un laboratoire de manipulations génétiques, en Inde, en 1978.Au Canada, rien encore.Il fut question, en 1978, que le futur laboratoire de fermentation du Conseil national de recherches du Canada à Saskatoon soit accompagné d’installations pré-industrielles, mais le projet a été abandonné depuis lors.Présentement, seul le Conseil Le projet Archipel a fait beaucoup de publicité aux groupes bulbes, ces turbines et alternateurs à axe horizontal avec lesquels on compte produire de l’électricité près de Château-guay et de l’île Notre-Dame.Mais c'est peut-être plutôt sur la Rivière-des-Prairies, toujours à Montréal, que sera installé pour la première fois au Québec un groupe bulbe, puisque des études sont déjà en cours pour y construire une de recherches de l’Alberta songe à un programme intensif de microbiologie appliquée, financé à même les «Heritage Funds» issus du pétrole.Les secteurs visés: l’industrie pharmaceutique, la production alimentaire, l’extraction minière et les sciences vétérinaires.L’affaire est à suivre.centrale hydro-électrique équipée d’une turbine de ce type dont l’hélice pourrait avoir près de sept mètres de diamètre, ce qui représente une taille très respectable pour ces engins.Hydro-Québec ne devrait pas tarder à nous annoncer des développements dans l’utilisation qu’elle compte faire de ces turbines, si ce n’est déjà fait au moment où paraîtra ce numéro de Québec Science.Ce n’est certainement pas par simple curiosité désintéressée que la société d’Etat entretient des relations suivies avec Manitoba Hydro, qui possède une centrale à groupes bulbes à Jenpeg, ou envoie une forte délégation de son personnel visiter des centrales bulbes en France.Les groupes bulbes datent de plus d’un quart de siècle et le principe original a même plus de 60 ans: l'utilisation d’un axe horizontal.Jusqu’alors, et même encore maintenant le plus souvent, le principe pour produire de l’énergie hydro-électrique consiste à chercher une dénivellation maximum pour un parcours horizontal donné puisque plus la chute est haute, plus chaque litre d’eau renferme sous son volume une quantité importante d’énergie.Aujourd’hui, nombre de pays ont déjà équipé les belles chutes et, pour certains comme le Canada, il faut aller en trouver d’autres très loin des centres de consommation, dans le Nord, ce qui coûte une fortune juste en lignes de transport de l’énergie produite.Pour sa part, le Québec en sait quelque chose avec la Baie James.C'est en Europe, en France en particulier, qu’on a travaillé à mettre au point une machine de basse chute fournissant dans le moindre volume, et donc au meilleur coût, le maximum de puissance.Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, la première turbine à axe horizontal devenait opérationnelle, permettant l’équipement des basses chutes de cinq à dix mètres tout au plus.Le groupe «Bulbe» était né.Dans un groupe bulbe, la génératrice n’est plus au-dessus de la turbine, mais accolée en amont de la roue et logée dans une enveloppe étanche, le bulbe.L’ensemble est noyé dans la rivière et l’axe devient horizontal.Il coïncide avec l’axe du chemin de l’eau, qui est alors presque rectiligne.Cette disposition permet un meilleur rendement de la machine.Plus de détours, plus de bâche spirale pour alimenter la turbine: parce que l’alimentation devient axiale, qu’il y a un distributeur conique et un aspirateur droit en aval, on trouve une quasi-symétrie entre l’amont et l’aval du chemin d’eau.Cette disposition permet donc la réversibilité du processus, bien utile pour utiliser l’énergie des marées.Six heures dans un sens, six heures dans l’autre.C’est ce principe qu’on retrouve dans une centrale marémotrice comme celle de la Rance en France.La disposition de l’ensemble permet aussi une marche en déchargeur plus facile et plus sûre que dans les groupes conventionnels.L’eau peut en effet transiter par le groupe bulbe, alors que les pales et le distributeur sont déconjugués.Enfin, le groupe peut faire office de pompe en heures creuses, de sorte qu’un ensemble de centrales disposées en cascade sur le cours d’une rivière signifierait un apport très intéressant en énergie de pointe.Un des avantages majeurs est le faible volume occupé.Comme tout est enveloppé dans le bulbe et noyé dans le cours d’eau, il a fallu réduire l’encombrement, notamment le diamètre.De plus, les fouilles sont moins importantes, la hauteur des installations plus faible et, surtout, l’ouvrage est moins large, puisque l’ensemble se trouve à l’horizontal.Des économies au niveau de la construction et des bâtiments sont donc réalisées.Il en va de même au niveau du matériel électromécanique car, pour obtenir un rendement donné, la roue d’un bulbe sera nettement plus petite que celle d’une turbine classique.Les avantages des groupes bulbes, non seulement techniques, mais surtout pour les possibilités d’équipement de faibles chutes et de petits cours d’eau qu’ils offrent, ne doivent cependant pas laisser croire que ces machines n’ont que des avantages.On signale notamment des phénomènes de cavitation assez importants qui obligent à renforcer les pales de l’hélice pour éviter qu’elles ne soient endommagées prématurément.Par ailleurs, la construction en axe horizontal oblige à une très grande précision, qui ne se maîtrise pas du jour au lendemain.Alors que les Russes et surtout les Français ont acquis une Génératrice de type bulbe || Génératrice •ï; de type i:j: conventionnel Pierre Sormany HYDROÉLECTRICITÉ DES CENTRALES À BULBES 8 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE expertise certaine dans la construction et l’installation de ces machines, il nous reste beaucoup à apprendre dans ce domaine, en Amérique du Nord.Pour le moment, il n'existe que deux centrales à bulbes sur le continent.Celle de Rock Island, dans l’État de Washington, comprend huit unités et détient le record mondial de puissance (424 MW au total) et de dimension (roue de 7,40 m de diamètre).Elle est équipée à la française avec des groupes bulbes des firmes Neyrpic et Alsthom.Au Canada, c’est la firme russe Energomachexport, par le truchement de sa filiale canadienne EMEC Trading Ltd.de Vancouver, qui a vendu ses groupes bulbes construits à Léningrad à Manitoba Hydro pour équiper la centrale de Jenpeg sur le fleuve Nelson, à 500 km au nord de Winnipeg.Six unités d’une puissance totale de 168 MW y profitent d’une chute moyenne de 7,30 mètres.L’installation est en voie d’être terminée et a donné du fil à retordre aux Manito-bains, notamment au niveau des très nombreuses opérations de pré-assemblage.Selon un représentant de Manitoba Hydro, MJ.Townsley, le manque d'expérience des entrepreneurs manitobains a été un facteur déterminant dans.les retards qui ont découlé de ces difficultés.C’est également l’avis de M.Antoine Langlais, chef des demandes d’achat à Marine Industrie à Tracy.Marine, qui a un accord de licence avec Neyrpic et Alsthom pour construire au Québec les groupes bulbes, attend toujours son premier client après avoir vu Jenpeg lui échapper, les Russes ayant fait un prix moitié moindre de celui de Marine.un véritable cas de «dumping» dit-on à Marine Industrie.Avec les projets d’Hydro-Québec en groupes bulbes, et de sa filiale internationale, notamment en Inde ces temps-ci, les premiers bulbes québécois ne devraient pas trop tarder à entrer en production.Michel Gauquelin ASSAINISSEMENT DES EAUX LE DÉFI DE L’EAU PROPRE ¦ ÎS©-".Après l’énergie, c'est l’eau du Québec qui sera propre, propre.En quelques années, quelques mois serait plus juste, la société québécoise devra relever le défi technologique posé par le Programme d’assainissement des eaux du ministère de l’Environnement.Depuis dix ans, seulement six ou sept usines d’épuration ont été construites chez nous, la plupart de petite dimension; des difficultés de fonctionnement réduisent d’ailleurs l’efficacité de traitement de certaines de ces premières installations.Et voilà que d'ici 1985, il faudra ériger 135 usines d’épuration qui devront redonner à l’eau une qualité acceptable à ses utilisateurs puisqu’ils auront à défrayer quelques milliards de dollars pour ces joujoux écologiques! Depuis l’automne 1979, l’escalade des investissements consentis à ce programme gouvernemental en a surpris plusieurs: au cours des dix prochaines années, les sommes affectées à la dépollution pourraient atteindre six milliards de dollars.Une première évaluation des ambitions officielles est venue des membres de l’Association québécoise des techniques de l’eau (AQTE), dont les assises annuelles de 1980 ont été placées sous le thème de l’assainissement des eaux.L’Association, regroupant la plupart des agents qui auront à exécuter les plans gouvernementaux, s’est montrée préoccupée devant l’enthousiasme précipité des promoteurs du ministère de l’Environnement convaincus du réalisme de leurs prévisions.Pourtant, les analyses préalables auraient fait défaut, surtout au niveau des aptitudes techniques de l’industrie québécoise de l’eau.Une étude des impacts économiques du programme, effectuée par l’AQTE, a permis de cerner les importantes lacunes de cette industrie face à l’ampleur de la tâche à réaliser.On doute même de la capacité des intervenants à rencontrer les objeaifs de dépollution prévus, dans les courts délais fixés par la démarche gouvernementale.Pour avoir une meilleure idée du défi technologique du programme d’assainissement des eaux du Québec, on ne peut éviter d’aligner quelques chiffres, tirés de l’étude économique de l’AQTE.Dans le cadre des étapes de réalisation déjà décidées ou engagées, plus de 150 villes ou communautés urbaines sont impliquées.Environ 50 sections de rivières ou de lacs, parmi les plus détériorées, seront restaurées au coût d'environ deux milliards de dollars.Parallèlement à cette opération visant les eaux d’égout municipales, les industriels et les agriculteurs seront incités à contribuer au programme environnemental, en prenant les mesures adéquates de traitement de leurs eaux usées.Pour l’ensemble de ces travaux, les études nécessaires entraîneront des coûts de l'or- dre de 350 millions de dollars, de quoi faire travailler 400 ingénieurs pendant quatre années.Pour leur part, les besoins d'opérateurs compétents pour assurer un fonctionnement efficace des usines d’épuration construites, se situent entre 450 et 500 techniciens diplômés.A la lecture de ces quelques données, on devine les risques de pénuries d’«exécutants», surtout au niveau des ingénieurs sanitaires et des techniciens en opération d’usines.Les calculs inclus dans l’étude de l’AQTE fixent à 120 le nombre d'ingénieurs sanitaires actuellement en disponibilité dans les divers bureaux, alors que près de 200 spécialistes seront requis à court terme dans ce secteur.Dans le cas des opérateurs, l’offre atteindra 65 personnes en 1983, offre très insuffisante pour combler les quelque 160 postes alors ouverts.Reste la question du choix des procédés d’épuration des eaux usées.Les scientifiques québécois ont encore peu d’expérience pratique au plan des techniques de traitement des eaux usées.Dans les premiers temps, il faudra probablement importer le savoir technologique pour mettre en place des usines d'épuration qui satisfassent les objectifs de qualité du milieu.Il reste néanmoins que plusieurs facteurs tels que le climat, le type d’activité industrielle ou la composition des eaux posent des problèmes particuliers au contexte québécois.Les techniques d’épuration devront ainsi être adaptées à ces conditions spécifiques.A ce chapitre, «Tout reste à faire», selon l’expression I même du président de l’AQTE, lors de son allocution d’ouver-ture du congrès annuel 1980.j Face à ces craintes, le minis- } tre de l’Environnement, M.j Marcel Léger, est plus qu’optimiste.Son discours aux congressistes n’évoquait-il pas le jour pas si lointain «où le Québec pourra exporter ses connaissances dans cette matière et avoir une réputation au moins égale à celle qui nous est reconnue dans le domaine hydro-électrique.» André Delis le QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 9 TEXAS INSTRUMENTS vous propose deux de ses calculatrices financières.BUSINESS ANALYST 1 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influence à la fois le régime des cours d'eau, c'est-à-dire la quantité d'eau transportée et la qualité de celle-ci.En 1974, le ministère des Terres et forêts du Québec a émis des normes quant à l'exploitation des forêts publiques pour ce qui concerne la protection des cours d'eau.Les compagnies forestières doivent laisser une bande intacte le long des cours d'eau.La largeur de cet écran varie avec la largeur du cours d'eau.Une étude très détaillée d'un bassin expérimental de la forêt Montmorency, au nord du Québec, a permis de mettre en évidence que sous le climat assez humide de cette région, l'écoulement annuel, mensuel et sai- Depuis 1972, André P.Plamondon, professeur au Département d'aménagement et de sylviculture de la Faculté de foresterie et géodésie de l'Université Laval, et membre du Centre de recherche sur l'eau, consacre ses recherches à l'impact de l'exploitation forestière québécoise sonnier n'a pas été affecté par une coupe qui atteignait 30% de la surface du bassin.Ni les débits en période de fonte, ni les intervalles d'écoulement en périodes de crues et d'étiage, n'ont été significativement modifiés.Alors que plusieurs études effectuées aux États-Unis montrent une augmentation de l'écoulement suite à la coupe de 25 à 30% du bassin.Cette différence dans la réponse hydrologique du cours d'eau à la coupe est sans doute due aux caractéristiques pluviométriques estivales.Le surplus qui apparaît normalement après une coupe à blanc représente la quantité d'eau que les arbres, coupés aujourd'hui, auraient «transpirée».À la Forêt Montmorency, la présence de végétation après la coupe et le fait que les arbres abattus soient relativement âgés et aient réduit leurtaux de transpiration font qu'il est impossible de détecter une différence car cette dernière est du même ordre de grandeur que l'erreur de mesure du débit annuel.e: font Mb :.-'c L’UNIVERSITÉ LAVAL EN CAPSULES L'Université Laval aux Floralies 1980 Lors des Foralies extérieures qui commencent le 1er juin sur l'île Notre-Dame, l'Université Laval tiendra un kiosque présentant sous une forme vivante et audiovisuelle les recherches en cours dans diverses disciplines intéressant l'horticulture.La sélection de variétés horticoles résistantes au froid menée au Jardin Van den Hende, l'éclairage artificiel des plantes de serres, la culture du pleurote, la carte climatique et phé-nologique du Québec, la classification et la localisation des sols favorables à l'horticulture, la sélection de couvre-sols pour les abords d'autoroute sont autant de sujets qui seront présentés par la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation.De son côté, la Faculté de foresterie présentera ses recherches sur les grands types de végétation forestière et leur répartition au Québec.L'aménagement de la forêt expérimentale de Montmorency, la lutte contre la tordeuse du bourgeon de l'épinette et les possibilités de reboisement dans les sols défavorisés grâce à la culture symbiotique.Sur place, un groupe d'étudiants donnera des explications sur les recherches présentées et fera, à heures fixes, des démonstrations destinées au grand public concernant la réalisation d'un herbier, le bouturage des plantes, les cultures hydroponiques, etc.Le kiosque de l'Université Laval sera situé au quatrième étage du Pavillon des Floralies qui sera un des seuls pavillons couverts ouverts au public.Ajoutons qu'entre le 3 juin et le 22 août, un grand nombre de conférences et de colloques sur l'horticulture et l'aménagement paysager seront donnés dans le cadre des floralies, sous l'égide de diverses sociétés spécialisées.L'Université Laval invite tout particulièrement les lecteurs de Québec Science à venir visiter son kiosque à l'île Notre-Dame entre le 1er juin et le 1er septembre 1980.Sur les ondes L'Université Laval sera l'hôte, du 2 au 6 juin 1980, du Symposium international de la Société Antennes et propagation de l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) et de la Réunion radio-scientifique nord-américaine parrainée par les comités nationaux canadiens et américains de l'Union radio-scientifique internationale (URSI).À cette occasion, de nombreux scientifiques du monde entier viendront transmettre à leurs collègues les derniers résultats de leurs travaux de recherche.Regroupés sous 61 thèmes différents, des antennes de communication à la télédétection en passant par les applications médicales, au-delà de 500 conférences faisant état de travaux théoriques ou appliqués seront présentées durant cette semaine.Il faut noter en particulier qu'il y aura une session plénière sur les développements radio-scientifiques au Canada, dédiée à la mémoire de J.H.Chapman, chercheur bien connu du Conseil national des recherches à Ottawa, décédé récemment.Les recherches canadiennes ont apporté des contributions importantes aux connaissances dans ce domaine avec, entre autres, des recherches sur l'ionosphère, sur l’utilisation des satellites pour les télécommunications et en particulier les communications téléphoniques, les méthodes de télédétection et de radioastronomie.Ce congrès se tiendra pour la première fois au Canada et le comité organisateur entrevoit une participation de l'ordre de 800 congressistes.Plusieurs professeurs de l'Université Laval font partie du Comité H ^eurs, fcecfi moins Snis, [,a*ill QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 11 PUBLIREPORTAGE ijî- f'i ¦ ¦ îles ¦eut .te- es- ici- aec no- ies ion » est lue oel.Des études de la qualité de l'eau et des effets de la variation de la largeur de la bande de protection sur cette dernière ont été faites sur la Côte-nord, dans la Haute-Mauricie, et dans la Beauce, avec l'aide des compagnies ITT Rayonier, CIP et Domtar.Cette année, les recherches s'étendront au bassin de la Lièvre et en Abitibi dans les forêts coupées par MacLaren Paper, Normick Perron et Scierie Tachereau.gSpV S*É?îi Les résultats obtenus jusqu'à présent tendent à montrer que les normes gouvernementales sont maximales, c'est-à-dire que dans la majorité des cas, la bande verte pourrait être réduite de façon significative.En effet, 80% de l'apport en sédiment est lié aux routes, sans tenir compte des sentiers de débusquage, qui, s'ils sont mal placés, peuvent avoir un effet considérable.Il faudrait, d'après les recherches du Dr Plamondon, mettre beaucoup plus l'accent sur les techniques d'exploitation: déplacement de la machinerie sur le site, orientation des sentiers de débusquage, traversée des tout petits cours d'eau.Quant à la tendance actuelle de remplacer les équipes de bûcherons par des machines qui coupent, ébranchent, tronçonnent et transportent, elle ne devrait pas amener plus de changements dans la qualité des eaux, si les lisières boisées sont respectées.Marianne Gagnon Pour en lire plus: En collaboration: Guide d’aménagement du milieu forestier, ministère des Terres et Forêts, 158 p., Québec, juin 1977 Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Université Laval Cité universitaire, Québec G1K 7P4 (418) 656-2572 IIÛ6 «15 «Ut du programme du congrès avec certains de leurs collègues des universités McGill et de Toronto.Une chimiothérapie moins pénible Le traitement des cancers fait une place de plus en plus grande au traitement pharmacologique.Les tumeurs peuvent être enlevées par la chirurgie, les cellules cancéreuses qui ont essaimé à travers l'organisme ne peuvent être atteintes que par la chimiothérapie.Ces médicaments ont pour fin principale d'empêcher les cellules malades de se reproduire mais les effets secondaires de ces traitements sont souvent fort désagréables pour le malade car la drogue ne fait pas la différence entre cellule cancéreuse et cellule.normale.De nombreuses recherches, partout à travers le monde, essaient de trouver des moyens d'augmenter la sélectivité du médicament et de diminuer sa toxicité tout en maintenant son efficacité.Travillant dans ce domaine, Annette Huot vient de présenter une thèse de doctorat qu'elle a fait à l'Hôtel-Dieu-de-Québec, sous la direction de Michel Pagé, professeur de biochimie à l’Univer- sité Laval.Durant ses recherches, commencées en 1975, ces biochimistes ont étudié le comportement de deux médicaments bien connus, l'adryamycine et la donomycine, sur des souris atteintes de cancers du sein ou du foie.En liant chacune de ces substances à de l'ADN (acide désoxyribonucléique), non seulement l'effet anti-cancéreux du médicament était augmenté, mais sa toxicité au niveau du coeur, du tube digestif et de la 100 - 80 _ 60- carcinome mammaire de la souris 40 20 j | témoin ?ADN | j adriamycine ?ADN- Adriamycine 6 Semaines 10 12 14 chute des cheveux était fortement réduite.Certaines souris, complètement guéries par le traitement, sont mortes, deux ans après, de vieillesse! Le fait de combiner l'adriamycine à l'ADN permet au médicament de diffuser beaucoup plus lentement dans l'organisme, au fur et à mesure de la destruction de l'ADN par les enzymes.Les cellules cancéreuses étant plus «voraces» que les autres, auront donc tendance à recevoir plus de drogue.Deux buts sont donc atteints: une réduction de la toxicité, les concentrations de médicament «libre» étant plus faibles et une augmentation de la spécificité: le médicament se retrouvant en plus grande quantité dans les cellules malades.À l'essai sur l'homme, des composés adriamycine-ADN, d'un autre type, ont donné des résultats satisfaisants en Belgique.Les résultats des recherches de l'Hôtel-Dieu n'ont pas encore été expérimentés cliniquement. 12 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE GESTION DES RESSOURCES IMPLIQUER LES CITOYENS Première québécoise: une expérience concrète de participation des citoyens dans le domaine de la gestion des ressources sera évaluée scientifiquement à chacune de ses étapes.Expérience pilote d’autant plus intéressante qu'elle met à contribution, à la fois les citoyens préoccupés des problèmes d’environnement et les scientifiques impliqués dans l'élaboration des solutions techniques à ces problèmes.Dans le cas particulier de la conservation de l’eau, où les décisions risquent d'être fortement teintées de l’approche technocratique privilégiée par les experts, c’est devenu un véritable défi que d’associer les citoyens-consommateurs aux spécialistes.Pourtant, on se rend compte de plus en plus que le tandem citoyen-scientifique est le plus adéquat pour mettre au point des stratégies d'utilisation d’une ressource somme toute limitée, des stratégies qui soient acceptables socialement et pertinentes techniquement.L’organisation du colloque sur les «Stratégies de conservation de l’eau», colloque à plusieurs volets qui se déroulera au Québec au cours de la prochaine année, est une initiative de la Télé-université (Université du Québec), en collaboration avec les universités québécoises, de même que d’autres organismes tels que le Centre de recherche sur l’eau de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Eau), la Société d’énergie de la Baie James (SEBJ) et Hydro-Québec.L’idée est née dans l’esprit des conseillers pédagogiques des cours sur l’environnement dispensés par la Télé-université; ces cours visent précisément à favoriser chez l’individu une prise de conscience des répercussions de ses gestes sur le milieu et à lui fournir les outils d’une intervention plus efficace sur les problèmes écologiques.Déjà, et jusqu’à l’automne prochain, les citoyens de cinq régions, soit la Gaspésie, la Côte-Nord, les Laurentides, les Cantons de l’Est et Québec, sont invités à participer à une réflexion sur les problèmes d’eau qui les touchent et sur les solutions qu’ils entrevoient à ce chapitre.Ces symposiums, animés par les Conseils régionaux de développement (CRD), veulent donner à la population l’occasion de définir les priorités d’utilisation de la ressource eau.Ce premier volet du colloque permettra aux participants d’exposer clairement leurs points de vue sur les décisions à venir concernant «leurs» ressources en eau.Des mémoires régionaux, illustrant la perception des citoyens, seront par la suite discutés avec les scientifiques de la communauté internationale versés dans ces questions.Le deuxième volet de l’activité réunira, en effet, plusieurs scientifiques dans le cadre d’un atelier international de travail sur les stratégies de conservation de l’eau.Tenu à Québec au printemps 1981, cette rencontre prévoit dès maintenant un échange entre les participants et les délégués des régions pour évaluer les mémoires de ces derniers.Les discussions entre les spécialistes et les citoyens concernés devraient alors dégager les éléments de solutions les plus pertinents, en tenant compte de l’état des connaissances scientifiques dans le domaine.À la conférence des Nations Unies sur les problèmes de l'eau, à Mar del Plata en Argentine au printemps 1977, les quelque 1 500 participants provenant de plus de 100 pays ont proclamé «Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement» les années 1980.À ce moment, diverses institutions internationales, entre autres l'UNESCO, la FAO et l’OMS, ont accepté de se con-certer pour l’élaborer des moyens de faire face aux besoins vitaux en eau de la communauté mondiale.On avait alors évalué à 100 milliards de dollars les investissements nécessaires pour assurer aux habitants des villes et des campagnes de tous les pays un approvisionnement suffisant en eau.Pour relever un tel défi, les experts de Mar del Plata se sont mis d’accord sur un plan d’actions, fixant des objectifs précis pour chacune des nations.Reste à ces dernières à consacrer certains efforts à la mise en œuvre de ces plans.Le Québec est entré de plain-pied dans la décennie internationale, du moins en ce qui concerne l’assainissement: des investissements annuels de 500 millions de dollars ont été récemment annoncés par le ministre de l’Environnement.Mais ces mesures ne suffiront pas à mettre les diverses régions québécoises à l’abri d’une foule d’autres problèmes d’eau.Certaines sont ravagées périodiquement par les inondations.D’autres subissent les méfaits des rejets d’une agriculture intensive.Quelques-unes sont aussi aux prises avec l’insuffisance des réserves pour l’alimentation domestique.L’Office de planification et de développement du Québec (OPDQ) a d’ailleurs procédé à un inventaire exhaustif des problèmes des régions en eau: une liste étonnamment longue, contenant des centaines de cas, a ainsi été compilée.Malgré des ressources très abondantes, ce qui fait du Québec un pays privilégié à cet égard, les conflits entre les divers utilisateurs ne peuvent être évités indéfiniment.De là l'importance de mettre au point des stratégies de conservation de l’eau pour assurer une juste répartition entre les multiples usages, répartition compatible avec le développement des spécificités régionales et conciliable avec la protection de l’environnement.L’initiative de la Télé-université se situant précisément dans le prolongement des préoccupations des spécialistes québécois et des experts de toutes les nations, l’UNESCO a accepté de parrainer le colloque international sur les stratégies de conservation de l’eau, réunissant citoyens et scientifiques.L'expérience québécoise, la pre- STRATEGIES DE CONSERVATION DE L’EAU QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 13 liflr IBfi liste.Lite* 35,* tfèi du i«t les ¦eut Del) [O®1 ?iste pies », f # '(«'T f it mière du genre à travers le monde selon ses instigateurs, pourrait éventuellement inspirer d’autres pays à entreprendre une démarche analogue.Cette forme originale de participation du Québec à la «Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement» ne devrait donc pas passer inaperçue, ne serait-ce qu’en proposant un modèle de participation active des citoyens aux délibérations et aux conclusions de colloques scientifiques.André Delis le PLUIES ACIDES LE QUÉBEC EN PREMIÈRE LIGNE Si on ne prend pas bientôt les moyens d’enrayer l’effet des pluies acides, on ne pourra plus considérer, d’ici quelques années, le parc des Laurentides comme l’un de nos meilleurs sites récréatifs pour la pêche sportive.Telle est la sombre perspective qu’on peut dégager d’un rapport que vient de terminer Environnement Canada (région de Québec) sur la sensibilité des eaux québécoises aux pluies acides.Des inventaires effectués précédemment avaient permis d’en arriver sommairement à la conclusion que le bassin hydrographique 05 (lequel comprend, entre autres, une bonne partie du parc des Laurentides et la Mauricie) est la région du Québec la plus sensible et potentiellement la plus affectée par les pluies acides.Parties intégrantes du vaste problème des polluants atmosphériques, les pluies acides sont principalement causées par les millions de tonnes de bioxyde de soufre et d’oxydes d’azote émises dans l’atmosphère par certains types d’usines, les centrales thermiques au charbon et les véhicules motorisés.Au cours de leur transport aérien (on parle de distances pouvant aller jusqu’à 1 500 kilomètres), ces deux polluants acidifient la vapeur d’eau de l’atmosphère pour ensuite se déposer au sol et sur les eaux de surface sous la forme de précipitations.On se rappellera qu’un groupe de recherches canado-américain avait lancé un premier cri d’alarme, l’été dernier, en publiant un rapport dans lequel ils affirmaient que les précipitations acides constituent le danger «numéro un» pour l’environnement de l’est de l’Amérique du Nord.Si on ne peut démontrer hors de tout doute que les pluies acides ont des effets négatifs sur les forêts et les cultures, on sait, par contre, qu’elles détériorent les écosystèmes aquatiques au point d’entraîner purement et simplement la mort de certains lacs.Dans la région de Sudbury, en Ontario (l’INCO y exploite une fonderie), 150 lacs sont tellement acidifiés qu’on n’y retrouve plus de poissons.formations pertinentes quelles fournissent.Après examen des données disponibles avant 1979 en retenant des paramètres comme le pH, le calcium et l’alcalinité, Environnement Canada a dressé la carte de sensibilité de 158 lacs, pour la plupart situés dans un corridor au nord du fleuve Saint-Laurent.Ces lacs ont été classifiés en deux catégories: ceux à faible et fort pouvoir tampon (le pouvoir tampon est la capacité du milieu à neutraliser l’acidité).Globalement, 25 pour cent des 158 lacs cartographiés ont atteint un seuil critique d’acidification.Des 93 lacs à faible pouvoir tampon, 32 pour cent sont acides, c’est-à-dire qu’ils ont atteint un seuil critique pour la vie des organismes; 43 pour cent sont classés comme intermédiaires ou en voie d’acidification.Parmi les 65 lacs à forte capacité de neutralisation, Ce qu’il y a de nouveau dans le document préparé par l’organisme fédéral, c’est la méthodologie utilisée qui permet, pour la première fois, d’avoir une vision qui reflète avec précision la réalité.Contrairement à ce qui s’est fait jusqu’à présent, l’équipe d’Environne-ment Canada n’a pas établi sa carte de sensibilité à partir du seul calcul du pH (méthode pour mesurer le taux d’acidité) des eaux.Elle a plutôt fait la mise à jour et la critique des différentes méthodes existantes pour ensuite les intégrer à sa recherche en fonction des in- 14 pour cent sont considérés comme acides, tandis que 55 pour cent se retrouvent dans la catégorie intermédiaire.La région la plus affectée comprend le parc des Laurentides, au nord de Québec, et aussi la Mauricie.Parmi les 46 lacs étudiés dans ce secteur, près des deux tiers sont acidifiés et l’autre tiers est en voie de l’être.Par contre, le fort pouvoir tampon du sud-ouest québécois en fait une région moins fragile.Sur les 36 lacs étudiés, 19 résistent bien à l’acidification et 15 ne sont que très faiblement affectés.La carte de sensibilité dressée par Environnement Canada est incomplète: elle ne classifie que 158 du million de lacs que renferme le Québec.Par ailleurs, contrairement à d’autres pays, les études québécoises sur les pluies acides sont très récentes.Il est donc difficile de savoir à quel rythme progresse l’acidification, puisqu’on ignore depuis quand le milieu aquatique est attaqué.Enfin, on n’a pas encore analysé le degré de détérioration des organismes vivants dans les lacs qui sont acidifiés.Le manque de données n’empêche toutefois pas les experts d’être inquiets.M.Raymond Lemieux, hydro-biologiste affecté au programme des pluies acides à Environnement Canada, se dit surpris de la piètre qualité des lacs analysés et il en conclut qu’il y a lieu d’intervenir rapidement dans les régions les plus menacées.M.Yvan Vigneault, chef de la planification et de la gestion des eaux intérieures pour le même organisme, va plus loin et exprime sa crainte que certains lacs soient sérieusement touchés d’ici dix ans et que des populations de truites mouchetées disparaissent.Afin d’en savoir plus long sur l’ampleur du problème, Environnement Canada vient d’amorcer un nouveau programme de recherches dans la forêt Montmorency, à une centaine de kilomètres au nord de Québec.Planifiée sur une période de dix ans, l’étude du lac Laflamme et de la forêt environnante permettra d’approfondir des connaissances qui pourront être utilisées pour le reste du territoire du Québec.Pour sa part, le ministère québécois de l’Environnement compte lui aussi mettre en place un programme de recherches dont les principaux objectifs sont de compléter la carte de sensibilité des eaux québécoises, d’établir l’évolution et le seuil de tolérance des milieux soumis aux pluies acides, et de déterminer les effets des sources ponctuelles de pollution pour mesurer les réductions nécessaires d’émissions des substances polluantes.Jean-Paul Ouellet 14 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE ÉLEVAGE LA REPRODUCTION À LA MODERNE L'image du fermier traînant derrière son tracteur son taureau pour le prêter à son voisin, fait maintenant partie de notre patrimoine agricole.C’est devenu de l’histoire ancienne pour notre agriculture.En effet, les fréquentations taureau-vaches ne sont plus à la mode ou presque plus.Et ce n’est pas une question de manque de sentimentalité de la part des producteurs agricoles modernes.C’est plutôt que l'insémination artificielle est devenue la meilleure façon de répondre aux besoins des éleveurs laitiers et des producteurs de viande de boucherie, qui cherchent maintenant à joindre qualité et efficacité.En 30 ans, le Centre d’insémination artificielle du Québec, à Saint-Hyacinthe, a fait sa marque auprès des producteurs animaliers.S’il a réussi, il y a deux ans, sa cinq millionième insémination, c’est sans doute qu’on a suffisamment perfectionné les méthodes génétiques pour convaincre les producteurs québécois de la nécessité d’améliorer le cheptel laitier.Le Québec, rappelons-le, est la «vache-à-lait» du Canada: nous sommes les premiers dans l’industrie laitière, et cela loin devant les autres provinces.Tous admettent volontiers que l’amélioration graduelle des troupeaux y est pour quelque chose.Comme le souligne le directeur du Centre d'amélioration génétique de Saint-Hyacinthe, M.Claude Hayes: «Le développement de l'agriculture moderne repose sur la recherche et le développement de la technique qui, elle, permet d’offrir en même temps un produit de qualité, de rejoindre de plus en plus d’éleveurs, et aussi de faire la promotion du savoir québécois en génétique animale à l’étranger.» Cette percée à l’extérieur, il ne faut pas la négliger, car plus de 30 pays ont expérimenté la production québécoise, principalement l’Italie, la Suisse et l’Allemagne.D’ailleurs, le professeur Gunther Rath, responsable d’un important centre d’insémination artificielle à Hanover, en Allemagne de l'Ouest, reconnaissait, lors du sixième congrès annuel de l’Association canadienne des centres d’insémination artificielle qui se tenait à Toronto en début d’année, «que d’importants progrès en élevage en Allemagne étaient attribuables à l’introduction de matériel génétique de qualité venant de .l’Amérique du Nord.» Au Canada, plus d’un million de vaches ont été inséminées artificiellement en 1977, et de ce nombre près de la moitié sont du Québec.Du côté des exportations, toujours pour la même année, plus de 750 000 ampoules de sperme sont sorties du pays; durant la même période, on en importait 150 000.Il ne fait aucun doute que l’avènement de la congélation du sperme, en 1958, est un point marquant dans une évolution qui continue toujours son chemin au Québec.Cependant, cet apport technique et la présence de 86 cercles d’amélioration du bétail à travers la province ne changent pas la vocation des producteurs québécois qui préfèrent améliorer les races laitières aux dépens de la production de boucherie.Les proportions d’inséminations en témoignent en 1979: 85 contre 15 pour cent, et encore l'amélioration de la race Holstein compte pour trois inséminations sur quatre.Une descendante de championne vaut son pesant d’or: M.Paul Ménard, un producteur de l’Ange-Gar-dien, près de Granby, s’est déjà vu offrir $30 000 pour une Holstein et sa génisse! Le Québec n’est pas seulement un bon producteur laitier; l’élevage du porc est également une de ses spécialités.Et encore là, l’insémination artificielle y est pour quelque chose.Plus de 5 000 truies ont été inséminées l’an dernier dans la province, le tiers du total canadien.La technique est tout aussi perfectionnée que pour les bovins.La preuve: en 1977, le Canada a exporté 1 700 ampoules à l’extérieur, principalement en Nouvelle-Zélande.Toutefois, l’Ontario domine le Québec dans la production génétique.Le seul centre québécois d’insémination porcine est situé à Saint-Lambert de Beauce, et ses activités suffisent amplement aux besoins des producteurs.La province de l’Ontario se spécialise également dans la production de chèvres laitières, bien qu’à un degré moindre que les élevages majeurs.L'insémination artificielle a fait ses preuves là-aussi, et 14 boucs ont fourni suffisamment de matériel génétique pour inséminer 238 chèvres en 1977.Reste enfin le cas très problématique du cheval.Ce dernier n’a plus l’importance qu’il avait naguère sur les fermes.Aujourd’hui, il est réservé aux loisirs, pour les courses et l’équitation.La production de chevaux de race est toujours de mise, mais l’insémination artificielle semble plus difficile à se faire accepter auprès des autorités des associations chevalines, qui préfèrent que la race se perpétue naturellement.Seulement deux des 11 associations sportives canadiennes chevalines reconnaissent l’apport de la technologie génétique; les autres ne nient pas l’avancement de cette science, mais laissent entendre qu'une telle descendance ne peut être inscrite sur la liste généalogique du champion.Lorsqu’on sait à quel point cette reconnaissance est importante dans «le merveilleux monde des chevaux», il n'y a qu’à se résigner.Ce n’est pas que l’insémination artificielle chevaline soit difficile à appliquer au Canada, mais c’est surtout qu’elle est peu commune.«Si cela se fait aux États-Unis, nous en sommes sûrement capables.D’ailleurs, le Dr Patrick Guay effectue des recherches en ce sens à l'école vétérinaire de Saint-Hyacinthe», explique M.James Bonneau, du Conseil des productions animales au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries, à Québec.Selon M.Bonneau, il ne faudrait pas se surprendre que les réserves des associations sportives canadiennes chevalines soient mises au pas par le ministre canadien de l’Agriculture.Déjà, par le passé, ce dernier avait trouvé anormal que les propriétaires de bovins de boucherie établissent une limitation semblable, forçant ainsi les producteurs à avoir recours à leurs taureaux pour faire inséminer leurs vaches d’une façon naturelle.André Lamoureux rr»- / .^ ^ -x > • • •• ' L '> "Vî-. Les surplus d’électricité Publi-reportage Hydro-Québec Juin 1980 (à suivre) Dans un grand réseau électrique, il est normal que des surplus d’électricité soient disponibles à divers moments.Hydro-Québec planifie et gère son réseau en fonction des besoins des usagers québécois.Elle est tenue suivant la loi de « fournir l'énergie aux municipalités, aux entreprises industrielles ou commerciales et aux citoyens de cette province aux taux les plus bas compatibles avec une saine administration financière» , cela dans le cadre des politiques énergétiques du gouvernement québécois.Pour pouvoir procurer à ses abonnés une sécurité d’approvisionnement optimale, Hydro-Québec doit se garder une marge de manoeuvre suffisante lorsqu’elle cherche à concilier les fluctuations de la demande et celles de la disponibilité des ressources quelle exploite.A court comme à long terme, des surplus apparaissent lorsque sont franchis les seuils fixés en vue d'établir cette marge.D’autres surplus sont dus à la nature des équipements utilisés.Les centrales hydroélectriques représentent 94 % de la puissance installée d’Hydro-Québec et elles comptent pour plus de 99 % au chapitre de l’énergie produite.La puissance installée excède les besoins à certains moments, soit à cause des fluctuations de ces besoins, soit à cause des modalités de la mise en service des nouvelles installations.Aucun des modes de production de l’électricité n’est exempt de cette sorte de surplus, mais l’avantage, dans le cas de la formule hydroélectrique, c'est que l’électricité excédentaire peut être une source de revenus particulièrement intéressante, à cause du faible coût d’exploitation des centrales.Tous les surplus d’électricité sont temporaires.La plupart sont inévitables, mais certains peuvent même être voulus tant les avantages qu'ils apportent sont réels.1.La demande de la clientèle québécoise d’Hydro-Québec est beaucoup plus forte en hiver qu’en été.Hydro-Québec doit s’assurer de pouvoir répondre à l'appel maximal de puissance (la pointe) en hiver.En été, même en dépit des travaux d’entretien qui nécessitent la mise hors service de certains équipements, elle dispose d'un surplus de puissance saisonnier.2.Les apports d’eau dépassent à certains moments la capacité d’emmagasinage des réservoirs.Hydro-Québec conçoit ses installations en fonction d’apports d’eau moyens.Ses réservoirs ne peuvent contenir qu’une certaine quantité d’eau.Quand les apports s’élèvent au-dessus de la moyenne pendant une période suffisamment longue, il finit par y avoir plus d’eau que les réservoirs n’en peuvent emmagasiner.11 n’y a alors que deux solutions: faire passer les surplus d'eau par les turbines et trouver un marché pour écouler l'énergie excédentaire ainsi produite, ou déverser cette eau et perdre à tout jamais l’énergie qu’elle représente.3.La demande peut être inférieure à la prévision.Il arrive que, certaines années, la demande soit inférieure à ce qui avait été prévu plusieurs années auparavant, au moment de décider de la réalisation d'un programme d’équipement.Ceci peut arriver malgré que la prévision soit exacte à long terme, par exemple lorsqu’à cause de grèves d’envergure, ou pour toutes autres raisons, il y a ralentissement du développement dans un ou quelques secteurs économiques majeurs.Ces fléchissements de la croissance de la demande sont habituellement compensés par une accélération de cette croissance lorsqu’un développement écono- mique supérieur à la normale succède au ralentissement.4.D’importantes quantités de puissance et d’énergie deviennent disponibles par blocs lors de la mise en service de nouvelles installations hydroélectriques.Au cours de la phase initiale de l’exploitation d'une nouvelle centrale, il peut y avoir surplus d’électricité pour deux raisons: a) il peut exister un certain décalage entre le moment où la puissance des nouveaux groupes turbo-alternateurs devient disponible par blocs et celui où elle est entièrement requise pour satisfaire aux besoins du réseau; b) les premiers groupes installés peuvent, pour un certain temps, être utilisés plus intensivement que lorsque l'eau disponible aura à être partagée entre l’ensemble des groupes de la centrale.5.Il peut être justifié du point de vue économique de devancer l’installation de certains équipements.Une fois que la réalisation d'un projet est en marche, il arrive que le programme de construction puisse être devancé de façon à hâter l'installation de certains groupes.S’il est possible d’écouler les surplus d’électricité temporaires qui en résultent de façon à obtenir des revenus supérieurs au coût du devancement des travaux, celui-ci est justifié du point de vue économique.Hydro-Québec ne construit que les centrales requises pour satisfaire aux besoins d’électricité régulière de sa clientèle québécoise.Sa politique consiste à tirer les meilleurs revenus possible de l’électricité excédentaire dont elle peut disposer, de façon à offrir l’électricité régulière aux Québécois aux tarifs les plus bas.a LA NATIONALISATION DE IA FAUNE La réforme des ZEC est bien engagée, mais il reste à faire des pêcheurs et des chasseurs des protecteurs de l’environnement par Luc Chartrand Les truites et les orignaux ne s'inquiétaient guère de l'Opération Gestion-Faune.Qu'elle vienne d'un membre de club privé de chasse et pêche ou d'un simple citoyen, la poudre garde la même odeur.Mais pour certains amateurs de ces sports, l'abolition des territoires sous bail posait un point d'interrogation majuscule.Ce qui restait au Québec de gibier et de poisson était-il condamné à disparaître sous l'effet d'une exploitation effrénée?Après deux ans de vie de notre nouveau système de gestion de la faune, les principaux intéressés — brochets, lièvres, perdrix et autres — semblent avoir encaissé comme des grands la transition vers la démocratie.En 1978, le lancement de l'opération par le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche (MTCP) mettait un terme à 15 ans de tâtonnements, de projets pilotes, d'avances et de reculs en matière de démocratisation des territoires de chasse et de pêche.Désormais, tout citoyen du Québec est libre de courir les bois sur le terrain de son choix.Après seulement deux années révolues d'application du système des ZEC (zones d'exploitation contrôlée) et à l'aube de la troisième saison de pêche, Québec Science a tenté de dresser un mini-bilan de cette «nationalisation» de la faune.Il est bien sûr trop tôt pour faire le tour complet de la question.Deux ans, c'est court dans l'histoire du patrimoinefauni-que.Mais c'est en même temps beaucoup.C'est beaucoup pour certaines populations aquatiques, par exemple, qui peuvent souffrir gravement d'une surexploitation et ce, dans un délai relativement court.La démocratisation, si souhaitable fut-elle, pouvait facilement tourner en catastrophe faute de planification.Dans un laps de temps très court, les fonctionnaires du MTCP ont dû mettre en branle une formule de contrôle qui permette d'éviter le pire.Un nouveau concept est apparu, celui de la gestion globale de la faune.On a dû créer en quelques mois une structure capable de prendre la relève des 1 100 clubs privés occupant un territoire grand comme le Nouveau-Brunswick et à peu près inconnu des biologistes du Ministère.Le défi paraissait imposant, mais la situation ne pouvait plus traîner très longtemps.Le Québec était le dernier endroit en Amérique du Nord où subsistait un régime de location exclusive du territoire à des groupes privés.UNE SITUATION QUASI FÉODALE En 1 970, l'hebdomadaire Québec Presse publiait le premier véritable tableau du règne des clubs privés.Au Québec, ap-prenait-on, 87 pour cent des territoires accessibles par voie de terre étaient réservés à l'usage de 30000 personnes, 1,5 pour cent de la population! La nouvelle fut reprise par Time Magazine et par le New York Times, mais en somme très peu par la presse locale.Les Québécois prenaient souvent pour acquis que les clubs constituaient la seule garantie de protection de la faune.Ce système datait de la fin du 19e siècle.A l'époque, nos immenses territoires étaient «sous-exploités», comme on dit dans le milieu.Les gens qui chassaient le faisaient près de chez eux et, le plus souvent, la notion de sport n'avait rien à voir avec cette activité.Lorsque le gouvernement se mit à octroyer des territoires éloignés à des amis politiques, il ne dérangea personne ou presque.Exception faite des rivières à saumon, où les Amérindiens furent privés de leurs droits de pêche, le système des clubs ne lésait que bien peu de gens.L'explosion démographique allait changer complètement le problème.À mesure que les villes et villages se transportèrent vers le nord, des populations de plus en plus nombreuses se mirent à habiter à proximité de territoires qui leur étaient interdits.Cette explosion, combinée au développement formidable des loisirs, devait rendre anachronique un mode de gestion de la faune hérité du féodalisme.Le «boom» du loisir a atteint de façon particulière les activités de plein-air.En 1958, on vendait 11000 permis de chasse à l'orignal; en 1978, 110000.Une augmentation de 1 000 pour cent en 20 ansl Le déséquilibre spectaculaire ainsi créé ne laissait à la disposition de 90 pour cent des «consommateurs» de faune que 13 pour cent des terrains accessibles.Avec pour principal effet, on s'en doute, d'entraîner une surexploitation dangereuse de ce résidu.Amorcée au milieu des années 60, la lutte pour l'abolition des clubs prit un essor considérable en 1 970, avec la mise sur pied du Mouvement pour l'abolition des clubs privés sur les territoires de la Couronne (MACPTC).Ce fut l'ère des occupations massives de clubs par les pêcheurs.Il fallut néanmoins attendre encore plusieurs années pourqu'un gouvernement amorce les réformes attendues.Les intérêts soutenant le régime de l'époque étaient passablement puissants.Les compagnies forestières notamment possédaient une part plus que substantielle du gâteau.À elle seule, la Canadian International Paper avait onze clubs, la Consolidated Bathurst, quatre, la Quebec North Shore Paper, deux, et ainsi de suite.Un nombre important des utilisateurs habitaient aux États-Unis, et on devine que ce n'était pas à Harlem.UN BILAN INÉGAL Faible sur le plan social, le bilan du système des clubs aurait pu être plus reluisant au chapitre de la conservation.Dans l'ensemble, celle-ci se faisait assez facilement à l'époque.Le membre d’un club pouvait même se permettre des abus qui n'avaient aucune répercussion grave sur l'ensemble du milieu, à cause de l'abondance des ressources.Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions non plus sur le sens de l'autodiscipline qui régnait chez les usagers de l'époque.La loi obligeait les clubs à engager un gardien sur leurterritoire.On comprend cependant qu'il était difficile à ces gardiens d'être très vigilants à l'endroit de ceux-là même qui versaient leur salaire.Comme on le fait aujourd'hui remarquer au nouveau ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (MLCP), «le faible nombre d'infractions constatées par ces gardiens nous porte à croire que leurs interventions se limitaient à interdire l'accès aux non-membres.» Henri Poupart, un des premiers artisans de la lutte pour l'abolition des clubs 18 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE est, lui aussi, plutôt sceptique quant à la qualité de la conservation qui se faisait alors.«À l'époque, on ne savait pas qui contrôlait quoi.On pouvait retrouvertrois ou quatre gestionnaires différents sur un même bassin de rivière.Aujourd'hui, on a ouvert la porte à la gestion globale du territoire.Autrefois, on pouvait ensemencer du brochet dans un lac communiquant avec un lac à truite, et perturber tout l'équilibre.» Quel qu'ait été le jugement porté sur le travail de conservation qui se faisait à l'époque, il était évident qu'une réforme ne pouvait se limiter à rendre le territoire accessible sans plus de contrôle.«Nous avions deux objectifs fondamentaux à l'époque, poursuit M.Poupart.D’abord, bien sûr, favoriser l'accessibilité mais aussi, et c'était le plus sérieux, nous donner les moyens de faire de la gestion d'une façon globale.» À ces deux objectifs, est venu s'en greffer un troisième, celui de la participation des usagers à la gestion.DES BIOLOGISTES GÉNÉRALISTES Une fois la décision prise au niveau politique, l'application pratique du «déclub-bage» ne tarda pas.L'Opération Gestion-Faune fut lancée le 31 janvier 1978, et dès le printemps de la même année, les territoires libérés devaient ouvrir leurs portes au grand public.Était-on prêt?«Ça dépend à qui tu parles, répond aujourd'hui Clément Veil-leux, le «père» de l'opération.Pour le biologiste, on ne connaissait pas assez le territoire.Mais pour lui, il sera toujours inconnu en l'an 20521 À l'autre extrême, prétendre que nous connaissions très bien la situation serait faux.C'était vrai pour le gros gibier, sauf pour l'ours que nous ne connaissons pas.Pour le petit gibier et le poisson, nous avions encore beaucoup à faire.» Deux nouvelles structures sont apparues: les zones d'aménagement et de conservation (ZAC) et les zones d'exploitation contrôlées (ZEC).L'ensemble du Québec situé au sud du 52e parallèle fut divisé en une cinquantaine de ZAC.Les ZAC sont des unités administratives qui tentent de répondre à une certaine logique écologique.Elles sont généralement délimitées par les bassins hydrographiques.Les ZAC ont un rôle de supervision.C'est à l'intérieur de celles-ci que peuvent La pression de pêche moyenne sur les territoires déclubbés a augmenté de 20 pour cent au cours de la première année.On a craint pour la survie de la truite mouchetée, qui est très vulnérable.Mais un système de quotas permet de contrôler sa population.Les lacs sont fermés à la pêche lorsque ces quotas sont atteints.être élaborées différentes politiques d'ensemble.À chacune des ZAC sont affectés un ou deux biologistes.Ce nouveau type d'affectation a eu pour effet de modifier sensiblement le rôle des biologistes du ministère.De spécialistes d'une ou de plusieurs espèces qu'ils étaient, ceux-ci sont devenus des généralistes de territoires.«Au début de l'opération, raconte Pierre Dulude, biologiste pour la région de Québec, nous avons eu à nous occuper de comptabilité avec les administrateurs locaux, en plus de superviser le travail d'aménagement, de conservation et d'exploitation.Nous avons toutefois de plus en plus tendance à déléguer ces responsabilités aux associations locales de chasse et de pêche.» Depuis l'entrée en vigueur du système, les ZAC n'ont eu qu'un rôle effacé.On prépare actuellement les premiers plans de gestion de ces zones mais jusqu'à maintenant, c'est surtout au niveau des ZEC que les travaux ont été concentrés.Chacune des ZAC peut abriter plusieurs ZEC.Celles-ci sont des zones plus petites — de 260 à 520 kilomètres carrés — qui occupent un terri- Direction générale du tourisme, MLCP toire suffisamment riche en ressources fauniques et où la demande d'utilisation est assez élevée pour nécessiter une gestion rationnelle.On en compte actuellement 60 au Québec couvrant plus de 40000 kilomètres carrés.Les ZEC sont liées étroitement au concept de gestion.Leur existence dépend essentiellement de l'offre et de la demande.L'espèce de «management» cynégétique et halieutique qui en découle a été confié à des associations populaires de chasse et de pêche.La gestion se fait donc désormais sous la triple concertation des usagers, des agents de conservation de la faune et des biologistes.DES ORIGNAUX SOLIDES L'hécatombe appréhendée par ceux qui s'opposaient au chambardement n'a pas eu lieu.Les orignaux, pour qui certains craignaient beaucoup, n'ont pas trop QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 Direction générale du tourisme, MLCP ïj ’ 'j I \\ à * • HT 4 v» -! A * L Æ^K* A .^ ^ w-* .c ¦' “A.,-^ V , .: .-*v, * ' .A •>¦ ; - v, J___- ^ > 19 souffert de la situation.En 1977, il était tombé 1 430 orignaux sur les territoires des clubs privés et, en 1978, sur ces territoires convertis en ZEC, 1 4461 Seize de plus.La fréquentation de ces territoires pour fins de chasse avait pourtant augmenté de 59 pour cent.Cette compilation du MLCP permet de dégonfler un peu le mythe voulant que l'orignal soit d'une vulnérabilité chronique face au chasseur.N'en déplaise à la fierté de ce dernier, la menace qu'il représente pour la survie de l'espèce est beaucoup moins terrible que celles des coupes forestières et des conditions climatiques combinées.«Nous nous inquiétions de chiffres comme ceux-là, explique Pierre Dulude.Cela pouvait laisser supposer une baisse radicale des orignaux.Or, nos études nous indiquent que ce sont les méthodes des chasseurs qui doivent être mises en cause.» Les études portant sur le comportement des chasseurs (c'est aussi important que celui du gibier) sont toutes concordantes sur ce point: 90 pour cent des adeptes ne s'éloignent pas à plus de 300 mètres d'une route ou d'un plan d'eau lorsqu'ils sont en forêt I Ce qui, bien sûr, ne représente qu'une partie infime du territoire sillonné par les orignaux.Il est donc logique que la courbe des orignaux abattus ne suive pas celle du nombre des chasseurs.Les techniques d'inventaire de l’orignal manquent peut-être trop de précision pour le confirmer avec certitude, mais au MLCP, on croit généralement que la population est assez stable depuis quelques années.«Une population d'orignaux, ça ne se claque pas d'un seul coup, ajoute Clément Veilleux.Du reste, la superficie totale des ZEC ne représente qu'une petite fraction de l'aire de distribution de l'espèce.Leurvenue ne pouvait donc pas les mettre sérieusement en danger.Il y a un mythe solide voulantque l'orignal soit en voie d'extinction à cause Le dédubbage n'a pas eu les effets désastreux que l'on craignait pour l'orignal.Au contraire, sa population s'est maintenue même si la fréquentation des territoires a augmenté de 50 pour cent.Le dédubbage n'a eu aucune conséquence pour l'ours, un animal d'ailleurs délaissé par les chasseurs. 20 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE de la chasse.Au ministère, nous avons des documents de 1910 prédisant la disparition des orignaux dans les dix ans à venirl» Du côté de l'ours, personne n'a jamais entretenu beaucoup d'inquiétudes.De l'aveu de la plupart des biologistes, cet animal est un de nos moins connus du point de vue scientifique, mais il est aussi mal connu des chasseurs.La grande majorité de ceux qui succombent sous les balles sont abattus dans les dépotoirs publics, où ils viennent se nourrir et où ils ont perdu beaucoup de leur méfiance naturelle.Côté petit gibier, pas de quoi s'inquiéter non plus.Le climat et les cycles de reproduction influencent beaucoup plus les populations que la chasse ou les mesures de conservation.Le chevreuil de son côté est actuellement menacé, et la chasse y est sans doute pour quelque chose.Par contre, il se chasse beaucoup dans les régions habitées, et est donc finalement peu concerné par les modifications des droits de chasse.Les ZEC sont principalement situées en territoire fréquenté par les orignaux.La chasse, donc, n'était pas la principale pierre qui risquait de faire achopper l'Opération Gestion-Faune.Mais tout n'était pas si simple.UNE GRANDE FRAGILE Pour des raisons difficiles à expliquer, les pêcheurs québécois vouent à la truite mouchetée (omble de fontaine) un culte indéfectible.De loin, cette espèce est la plus recherchée par les pêcheurs.Les clubs privés occupaient précisément des territoires où la mouchetée abonde.Or, la truite mouchetée est très vulnérable.La moindre altération de l'oxygénation, de la température ou de la pureté de l'eau peut affecter son équilibre et sa survie.Elle résiste également très mal à une trop forte pression de pêche.Le plus gros test de l'Opération Gestion-Faune consistait justement à éviter que les meilleurs réservoirs de mouchetée ne soient pillés.Les «royaumes» les plus menacés étaient surtout ceux compris entre Québec et le lac Saint-Jean et ceux du Saguenay.Les zones en question sont assez accessibles et situées près des régions habitées.Mais tous ces territoires étaient à peu près inconnus des biologistes.Il eut été plutôt mal venu à l'époque des clubs que s f .«*-—, i Direction générale du tourisme, MLCP QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 21 La menace pèse sur les populations de chevreuil, mais la modification des droits de chasse n'en est pas la cause.Les ZEC sont en effet situées principalement en territoire fréquenté par les orignaux et non par les chevreuils.V&JÎ A.?Les populations de petits gibiers sont beaucoup plus influencées par le climat et les cycles de reproduction que par la chasse et les mesures de conservation.le gouvernement investisse des sommes dans l’aménagement de lacs qui ne profitaient qu'à une minorité de citoyens.La première tâche des biologistes consistait donc à accumuler le maximum d’informations sur le sujet.Un programme d'inventaire massif a été mis sur pied.L'inventaire a pour principal objectif de permettre l'établissement de quotas de prises acceptables pour un plan d'eau donné.Les méthodes employées sont relativement simples, mais semblent avoir fait leurs preuves.Il s'agit de tracer une ligne de mesure bathymétrique — mesure de la profondeur d'un plan d'eau — sur un lac, afin d'en déterminer la profondeur moyenne.De tous les indices mesurables sur un lac, la seule corrélation fiable qui existe entre un plan d'eau et la pression de pêche qui peut y être exercée se fait en fonction de la profondeur moyenne.À partir de tables de calcul, il est possible d'établir pour chaque espèce le nombre de kilos à l'hectare qui peuvent être prélevés annuellement.Le MLCP a mis au point une technique baptisée «sauterelle» par laquelle un avion ou un hélicoptère saute de lac en lac pour recueillir les données.On a pu ramasser ainsi les informations de base sur un nombre assez important de plans d'eau.Depuis le début de l'opération, on a inventorié 600 lacs par an.Les plus accessibles, donc les plus exploités, se sont vu accorder la priorité de l'effort.DES LACS «FERMÉS» Deux mesures de contrôle permettent ensuite de surveiller l'évolution de la situation.Grâce au concours des agents de conservation et des auxiliaires de la faune bénévoles recrutés parmi les membres des ZEC, on enregistre le nombre total de prises effectuées à chacun des lacs, en tenant compte d'une marge d’erreur normale, et lorsque le quota annuel est atteint, on «ferme» simplement le lac, qu'il reste deux mois de saison de pêche ou non.En 1978, 183 lacs (moins de un pour cent) ont été ainsi «fermés» sur les ZEC.L'an dernier, les quotas ont été atteints sur 368 lacs.Certains anciens propriétaires de clubs et autres détracteurs du système ont dénoncé vigoureusement cet indice du «pillage» de nos ressources; on parlait de surexploitation.En fait, il aurait plutôt fallu s'inquiéter si le ministère n'avait mis le holà sur aucun lac.«Il est bien évident, explique Pierre Dulude, que la surexploitation aurait lieu si on ne fermait pas les lacs.Les quotas sont précisément établis pour savoir à quel moment il est temps de cesser l'exploitation.» La seconde mesure de contrôle permet de vérifier si les quotas fixés étaient réalistes.«L'évolution du poids moyen des prises, poursuit Pierre Dulude, permet de savoir si la population est exploitée correctement.Lorsque ce poids est trop bas, c'est que les poissons pêchés sont trop jeunes, donc que la pression est trop forte.Si par contre il est trop élevé, ça signifie que le plan d'eau peut subir une pression accrue sans être surexploité.On peut alors modifier le quota en conséquence.» Dans l'ensemble, les quotas établis semblent assez valables.Depuis deux ans, seuls 17 lacs ont vu le leur modifié sur l'ensemble du territoire.«En règle générale, le poids moyen recherché a été maintenu, et les cas où il a augmenté ou diminué sont plutôt rares.» UN SYSTÈME IMPARFAIT À la lumière d'une telle évaluation, la situation de la truite mouchetée (celle des autres espèces était beaucoup moins critique) semble sous contrôle.En ce sens, le test de l'opération démocratisation a été passé avec succès, et par le ministère, et par les usagers.D'ailleurs, la «ruée vers l'or», appréhendée avant l'ouverture, a été moins spectaculaire qu'on ne le prévoyait.La pression de pêche moyenne sur les territoires «dé-clubbés» a connu une augmentation de 20 pour cent la première année.Les pêcheurs ont des habitudes territoriales qui ne changent pas du jour au lendemain.Selon un sondage réalisé par le ministère, le taux de satisfaction des usagers — anciens et nouveaux — a été très élevé: près de 80 pour cent.Chez les ex-membres de clubs privés, on a enregistré une insatisfaction plus forte que chez les autres, mais dans l'ensemble, ceux-ci ont bien accepté la transition.Le système a malgré tout suscité des critiques acerbes.Parmi leurs auteurs, M.André A.Bellemarre, chroniqueur de chasse et pêche au journal Le Soleil, ne fut pas le plus tendre.Ses griefs sont 22 juin 1980 / QUÉBEC SCIENC! nombreux et, même si son évaluation contredit les statistiques du MLCP, il ne s'en formalise guère.«Les statistiques, tant que ce n'est pas moi qui les établis, je ne m'y fie pas trop.» «Nous sommes en train de causer des dommages indélébiles à notre faune, poursuit M.Bellemarre.Par besoin de faire un cadeau politique en vue du referendum, le gouvernement a improvisé un système où le contrôle a disparu.» Ces dommages, quels sont-ils?Bien sûr, ils ne se mesurent pas tous en chiffres.De nombreux déchets, un manque de respect fréquent pour l'environnement, pillage de nombreux chalets appartenant à des ex-membres de clubs, surveillance inadéquate du braconnage figurent au tableau noir que dresse M.Bellemarre depuis maintenant deux ans.«Les gens ont perdu le sentiment d'appartenance à un territoire qui, au temps des clubs, les rendait vigilants face à l'environnement.Par expérience, je sais que quand les Québécois sont «lâchés lousse» dans la nature, ils ne sont pas beaux à voir.» Les déchets, les administrateurs de quelques ZEC l'ont confirmé, il y en a, et toujours trop.«Mais, me fait remarquer un administrateur, les membres de clubs nous ont laissé des dépotoirs en quantité sur le territoire.Je ne pense pas que les nouveaux usagers soient différents.» Au fond, ce que M.Bellemarre met en cause c'est précisément la qualité des nouveaux utilisateurs qui, selon lui, n'ont pas cette conscience que partageaient ceux d'autrefois.«Autour des nouveaux territoires, on retrouve une grande quantité de chômeurs et d'assistés sociaux qui vont pêcher 50 ou 60 jours par an plutôt que de chercher du travail.Souvent, ils n'ont aucun respect pour l'environnement.J'ai vu un nombre incalculable de cas où les gens pêchaient des truites trop petites à leur goût et les lançaient dans le bois.Je n'ai rien contre le fait que les gens de Saint-Henri et de Pointe Saint-Charles aient envie d'aller pêcher où bon leur semble, mais lorsqu'on nivelle par le bas et qu'on enlève la responsabilité à ceux qui ont le plus d'intérêt, il faut s'attendre à ce que tout le monde perde le goût de faire de la conservation.» La prise de position de M.Bellemarre, on l'aura remarqué, est d'abord idéologique.Mais au-delà de la dénonciation des «camarades prolétaires» du gouvernement et pourquoi pas de la soviétisation des bois, la critique sérieuse du système reste encore à faire.Dans cequ'il appelle lui-même son bilan de l'opération, et qui est constitué de quelque 200 chroniques à la plume vitriolique, on aurait du mal à trouver autre chose qu'une série d'incidents isolés qui, soit dit en passant, auraient été faciles à compiler sous l'ancien système.Pas de chiffres d'ensemble — il ne s'y fie pas; pas non plus de critique scientifique des méthodes de contrôle adoptées par les biologistes.La nostalgie des clubs, M.Bellemarre n'est pas seul à l'avoir.La plupart des chroniqueurs de chasse et pêche, parfois membres de clubs, n'avaient pas caché leur opposition au déclubbage.Depuis, ils ont fait plutôt mauvaise presse à l'opération.LE RETOUR DES «SUPER-CLUBS» La participation des usagers à la gestion des ZEC, un des principaux objectifs du programme, ne s'est pas concrétisée.Bien qu'en chiffres absolus le bilan soit loin d'être mauvais (612 membres au sein des conseils d'administration locaux et 9 911 jours-hommes bénévoles consacrés à l'opération), la participation des nouveaux utilisateurs est très minoritaire.L'an dernier, dans une ZEC de 1 500 membres, on compta 50 personnes présentes à l'élection du conseil d'administration dont.50 ex-membres de club! Le ministère n'a jamais caché son désir de voir les «anciens» participer à la nouvelle formule, mais la faible implication des «nouveaux» risque de mettre en péril les acquis de la réforme.Plusieurs actuels administrateurs de ZEC favorisent la transformation des zones en «super-clubs», plus accessibles que les anciens, mais où on pourrait recréer ce sentiment d'appartenance qu'on partageait autrefois.Cette proposition a été mise de l'avant par les Sociétés d'aménagement, de conservation et d'exploitation rationnelle de la faune (SACERF).Ces sociétés avaient été mises sur pied par les clubs privés en vue de contrer l'opération déclubbage.Depuis deux ans, une vingtaine de ZEC sur 60 se sont regroupées à l'intérieur des SACERF.Pratiquement, elles demandent l'abolition de ('«universalité» de la carte de membre qui permet actuellement au I QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 23 - e membre d'une ZEC de chasser ou de pêcher librement sur toute autre ZEC.Cette idée, si elle était appliquée, remettrait en cause un des objectifs fondamentaux de la réforme, celui d'ouvrir à l'ensemble de la population la plus grande partie des territoires accessibles.Tant que les nouveaux usagers ne seront pas engagés davantage dans l'administration du système, il sera difficile d'entendre un autre son de cloche que celui de la nostalgie du sentiment d'appartenance.DES QUÉBÉCOIS «SUÉDOIS» La nationalisation de la faune s'est appuyée sur l'exploitation d'un capital nouveau en matière de gestion faunique: l'intelligence, la sagesse et le civisme des utilisateurs.Le pari est difficile, car il fait appel à un sens de la collectivité dont nous n'avons pas toujours fait preuve.«Nous avons eu des problèmes de rodage, c'est évident, explique Clément Veilleux.Nous ne transformerons pas les Québécois en Suédois en l'espace de deux ans.La conservation, ça s'apprend.» Mais comment va-t-on apprendre?Sous un régime de liberté ou de contrôle serré?Le MLCP a opté pour la première L'Opération Gestion-Faune et la formation des Zones d'exploitation contrôlée (ZEC) ont ouvert à tous, les territoires de chasse et presque tous les territoires de pêche.Avant le déclubbage, 87 pour cent des territoires accessibles par voie de terre pour la chasse et la pêche étaient réservés à seulement 1,5 pour cent de la population, selon des chiffres de 1970.méthode.Bien sûr, l'Opération Gestion-Faune a fait appel à un personnel de surveillance accru.Le nombre des biologistes a doublé pour atteindre la centaine, tandis que celui des agents de conservation est passé de 450 à 550.Le ministère a aussi créé de véritables «commandos» de lutte au braconnage industriel.Pourtant, cet accroissement des effectifs ne se veut en aucune manière la clef de voûte de la nouvelle gestion.Il correspond simplement à un accroissement spectaculaire des territoires placés sous la responsabilité publique.En fait, compte tenu de l'ampleur nouvelle des responsabilités du MLCP, les agents de surveillance ne se sont pas exagérément multipliés, au contraire.«Beaucoup de personnes, explique M.Veilleux, ont une philosophie de gestion héritée des clubs privés.Pour eux, le contrôle se fait avec des matraques.Ils voudraient voir des barrières sur tous les chemins, avec des fouilles en règle.Nous avons plutôt choisi de gérer par lumières rouges.Je me dis que nous pouvons contrôler a posteriori d'une façon aussi efficace qu'a priori, avec 22 barrières autour d'une zone.À la rigueur, on pourrait se faire une idée très précise de la pression de pêche à différents points chauds simplement en installant un compteur magnétique sur un chemin qui nous indiquerait le nombre de véhicules qui y passent.Et on n’aurait pas besoin de soumettre les gens à toutes sortes de contrôles qui, au bout du compte, ne sont pas plus efficaces.» La philosophie du MLCP fait donc de plus en plus appel à la confiance.À partir d'un raisonnement assez simple, on comprend vite que les 120000 membres de ZEC, si éduqués en conséquence, peuvent devenir les meilleurs agents de dissuasion du braconnage et ce, mieux que n'importe quel réseau-choc d'agents de conservation.La campagne de sensibilisation qui a suivi l'opération était le premier pas de cette éducation populaire.Il est évidemment à souhaiter que ce ne soit pas le dernier.DOUZE MILLIONS D'YEUX Une des réalisations les plus profondes de Gestion-Faune, dit-on au ministère, c'est la pénétration du territoire par tous ces gens qui peuvent devenir partie intégrante de la lutte pour la sauvegarde de l'environnement.Autant la popularisation des forêts québécoises a suscité d'appréhension bien intentionnée chez de nombreux amants de la nature, autant elle peut devenir la clef d'une nouvelle conscience sociale.«Les ZEC, conclut Clément Veilleux, n'ont aucun pouvoir direct sur l'exploitation minière, forestière ou sur les agents de pollution.Elles ont par contre un pouvoir indirect très puissant.Les six millions de paires d'yeux dont parlait le ministre de l'Environnement, ils sont désormais beaucoup plus présents dans le milieu.De plus en plus, les compagnies forestières, minières et autres seront obligées de faire preuve de prudence.» Au fond, il est là le défi de la «nationalisation» de la faune: faire des chasseurs et pêcheurs québécois des protecteurs du milieu.Il est beaucoup plus important que celui qui consistait à protéger une espèce de poisson en particulier.Dire qu'on a réussi à faire des Suédois avec les Québécois serait mentir.Pour la première fois cependant, on s'est donné des moyens sérieux d'y arriver.Tout simplement en cessant de considérer «le monde ordinaire» comme une menace, mais simplement comme un agent — et le plus important — de la conservation. FACE AU RISQUE GÉNÉTIQUE L’ère des manipulations génétiques est ouverte.Qui décidera jusqu’où on peut aller?par Pierre Sormany La nouvelle avait fait la manchette de nombreux journaux américains.Newsweek lui accorda une page entière, intitulée «Génétique: un virus amical».Le même jour, Time Magazine titrait sa colonne scientifique «Transplantation d'un gène».C'était le 25 octobre 1971.Bien avant que ne s'ouvre «officiellement» l'ère des manipulations génétiques.Bien avant les manifestations, les débats, les normes de contrôle et de sécurité.Le responsable de cette grande première, décrite par la revue Nature comme «une annonce pour le moins révolutionnaire» s'appelle Cari Merril.Chercheur au National Institute of Health, à Washington, il jouissait alors d'une très grande réputation dans la communauté scientifique et médicale.Avec deux associés, les docteurs Mark Geier et John Petric-ciani, il venait de tenter une expérience unique dans les annales de la médecine: infecter des cellules humaines déficientes avec un virus ayant, au préalable, absorbé d'une cellule bactérienne le gène manquant.L'intérêt de cette expérience encore récente et pourtant presque effacée de l'histoire, c'est qu'elle se situait d'emblée dans un domaine que de nombreux chercheurs considèrent aujourd'hui encore comme un objectif «à très long terme» des manipulations génétiques.Comme si dans ce domaine, on était entré par la fin! Certes, l'histoire a par la suite repris son cours normal, avecdestravaux beaucoup plus modestes sur les transformations génétiques des bactéries pourdesfinsde recherche ou d'exploitation industrielle.En même temps, les débats se sont faits plus virulents pourtant, et plus présents dans l'actualité.À leur centre, une question fondamentale, non encore résolue d'ailleurs: quel risque fait-on courir à l'humanité en transformant le bagage héréditaire des bactéries, en créant des microbes inédits, en court-circuitant l'évolution?La question a donné naissance à des normes «officielles», de moins en moins rigides, et de moins en moins respectées.Mais devant l'incertitude fondamentale face à l'inédit, les craintes se sont apaisées sous l'effet de la routine, d'une certaine fatalité, et de quelques succès prometteurs sur le plan financier! Derrière ce débat, il en est un autre pourtant, plus fondamental peut-être, qu'on n'a guère abordé parce qu'il semblait justement relever de la science-fiction: quelles perspectives cette nouvelle technologie offrira-t-elle à l'homme, à la société, lorsqu'on l'appliquera à nos propres gènes, et non plus à ceux d'une bactérie?«Le jour où nous serons capables de réparer un défaut génétique, de guérir une maladie héréditaire, note Dr David Roy, du Centre de bio-éthique de Montréal, ce jour-là nous serons aussi capables de jouer à Tinker Toy avec nos gènes.» David Suzuki, leader de la communication scientifique du Canada et généticien réputé, pose le problème dans les mêmes termes: «Je crois que les dangers à court terme ne sont pas très grands, à côté des avantages potentiels.Mais c'est à plus long terme que je vois le danger: quand ces techniques nous permettront d'implanter des gènes chez l'être humain, de modifier notre nature.de jouer à Dieu!» EN COMPTANT SUR LE HASARD Pour comprendre comment les deux problèmes centraux se sont posés, comment ils s'enchaînent, sans doute est-il nécessaire de remonter jusqu'à l'origine de cette technologie nouvelle, jusqu'à l'expérience méconnue de Cari Merril.Il avait commencé par une culture de cellules prélevées sur un enfant atteint de galactosémie, une déficience héréditaire qui rend l'organisme incapable de digérer le galactose, un sucre présent dans le lait.Un bébé ainsi atteint de galactosémie doit être soumis à une diète sans produit laitier, au risque de souffrir de retard mental et de mourir éventuellement en bas âge.La première étape de la procédure était d'infecter une bactérie normale (capable de digérer le galactose) avec des virus bactériens (des «phages» comme disent les scientifiques), en espérant qu'en détruisant la cellule hôte, certains de ces virus allaient emporter des gènes bactériens.et peut-être, par chance inouïe, celui qui permettait justement la digestion de ce sucre particulier.Les probabilités de réussite étaient infimes.C'était ce qu'on appelle aujourd'hui, en génie génétique, un shot gun experiment, une expérience de tir aveugle.Par la suite, en infectant la culture de cellules humaines avec les virus ainsi produits, on courait peut-être un risque (infime) que quelques cellules reçoivent à leur tour le gène bactérien essentiel.Puis, probabilité encore plus minime, peut-être allaient-elles savoir «décoder» ce gène! Une telle série de hasards improbables était vouée à l'échec.L'équipe de Cari Merril réussit pourtant à déceler, dans la culture de tissus humains, quelques traces de l'enzyme manquante.La transplantation était réussie! Certes, la transplantation s'était faite in vitro.On était loin encore du traitement global de toutes les cellules d'un organisme.Et même si on avait pu les traiter toutes, rien n'indique que l'organisme n'aurait pas lutté contre ce virus thérapeutique avec autant d'énergie que contre les virus pathogènes.Combien de temps aurait duré un tel traitement?Perspective d'autant plus difficile à évaluer que les quelques équipes de recherches qui tentèrent de reproduire l'expérience de Merril aboutirent à.un échec! En science, un résultat impossible à reproduire est toujours traité avec mépris.Annoncé comme le début d'une ère nouvelle, l'expérience de la galactosémie fut donc rapidement «enterrée».Merril travaille toujours au National Institute of Health.Mais il repose dans un oubli relatif.Et plus personne ne parle de lui, lorsqu'il est question des manipulations génétiques.FRANCHIR LES BARRIÈRES ENTRE LES ESPÈCES Officiellement, l'histoire des manipulations génétiques s'ouvre donc un an plus tard, à l'Université de Stanford, lorsque Stanley Cohen et Annie Chang réussissent pour la première fois à couper des plasmides de diverses espèces bactériennes (les plasmides sont de petites boucles d'ADN, de poids moléculaire relativement faible, et facilement transmissibles d'une bactérie à une autre), et à les faire se reformer entre eux, créant ainsi de nombreux hybrides.une fois de plus au hasard.C'est de ces toutes premières expériences qu'originera le plasmide hybride pSCIOI (pour Plasmid Stanley Cohen TOI).Coupé en un seul endroit par l'enzyme fcoRI, ce plasmide conservait alors sa capacité de transfert d'une bactérie à l'autre, après recombinaison unique, devenant de ce fait l'arme de choix des manipulateurs de gènes.Chose curieuse, Cohen et Chang avoueront pudiquement, cinq ans après la fabrication de ce plasmide essentiel, qu'il provenait d'un contaminant introduit accidentellement dans le bouillon de culture.Les manipulations génétiques naissaient ainsi d'un «tir aveugle», doublé d'une maladresse dans les mesures de stérilisation! Un an plus tard, le pSCIOI devait se révéler capable de franchir non seulement la barrière des espèces bactériennes, mais aussi des frontières beaucoup plus larges: c'est une grenouille sud-africaine qui fournit le première gène «supérieur» à entrer dans un colibacille, c'est-à-dire un bacille vivant dans l'intestin de l'homme ou des animaux.«Nous n'espérions pas que notre bactérie se mettrait à sauter comme une grenouille, ou à tourner au vert!» commente avec humour Stanley Cohen, lorsqu'on lui demande de justifier cette première expérience.«Mais nous espérions prouver qu'il était possible de franchir de très larges barrières entre les espèces (.) pour pouvoir ensuite multiplier nos brins d'ADN au sein de la bactérie.La bactérie devenait ainsi une petite usine pour nous, nous fournissant des millions de copies de chaque gène que nous voudrions étudier.» Le principe de base est donc le suivant: une bactérie se reproduit à toutes les 20 minutes environ.À ce rythme, elle pourrait en théorie donner naissance à plusieurs milliards de bactéries-filles en moins d'une journée.Aucune synthèse génétique chimique ne parviendrait à un tel rendement.TIR AVEUGLE ET CANCERS L'expérience de la grenouille de Cohen et Chang représentait toutefois, comme celle de Merril auparavant, une expérience de «tir aveugle».On avait bel et bien multiplié un gène, mais on ne savait guère lequel.Il en ira de même pour Bob Morrow, intéressé à découvrir quel gène déclenche la production du cocon par le ver à soie; ou pour Peter Carlson, de l'Université du Michigan, voulant découvrir le gène qui, dans les légumineuses. 26 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCI leur permet d'accueillir des bactéries aptes à leur fournir l'azote (ne nécessitant donc pas d'engrais); ou encore pour le Dr Denhart qui travaille au Québec, à l'université McGill, sur les protéines responsables de la réplication de l'ADN et, par conséquent, de la division cellulaire.Les champs d'application sont variés: de la production de soie au cancer, en passant par le développement d'espèces végétales croissant sans engrais et la correction de certaines déficiences génétiques humaines.Mais dans tous les cas, la technique est à peu près la même: on coupe «à l'aveuglette» l'ADN qu'on cherche à étudier; on implante ses fragments au hasard dans des cultures bactériennes; on regarde les mutations produites, en espérant que la chance aura permis que quelques gènes soient transplantés intégralement et interprétés correctement, ce qui n'est malheureusement pas très fréquent.Mais à force de répéter l'expérience des milliers de fois, avec diverses enzymes-ciseaux, divers plasmides, et diverses conditions de croissance, on finit toujours par trouver quelque chose.La réalité des manipulations génétiques, c'est à peu près ça: dans 70 à 90 pour cent des cas, on commence par une opération de «tir aveugle».Sur les milliers de bactéries différentes produites, plusieurs centaines exprimeront quelque changement biochimique.Mais quelle sera la nature de ces changements?Quel est le risque de faire apparaître ainsi une nouvelle espèce de bactérie pathogène?Aucune réponse à ce jour! Quant aux autres expériences, celles qui ne procèdent pas à l'aveuglette, elles ne sont souvent guère plus rassurantes.Elles portent en effet sur les rares êtres biologiques dont on connaisse à fond la composition de l'ADN: les virus.Et plus particulièrement les virus cancérigènes.Sur ce plan, le témoignage de Paul Berg, de Stanford lui aussi, est fort intéressant.Paul Berg voulait étudier, chez le virus SV 40, un virus à cancer chez les souris de laboratoire et certains autres mammifères (mais aucun cas rapporté chez l'homme à ce jour), le mécanisme d'action du fragment d'ADN qu'on croyait responsable du dérèglement cellulaire ultérieur.Il attendait donc avec impatience, dès 1971, les résultats des travaux de son collègue et voisin de laboratoire Stanley Cohen, pour pouvoir reproduire Un projet réalisé au Conseil national de recherches du Canada par le Dr David Thomas, en collaboration avec le Dr D.Verma, de l'université McGill, porte sur l'introduction d'un gène végéta! (provenant du soja) dans la bactérie Escherichia coli.Voici illustrées les différentes étapes de cette expérience de manipulation génétique.Reproduit de la revue Science Dimension (volume 11, n° 2, 1979), publiée par le Conseil national de recherches du Canada (illustration de John Bianchi) Cette expérience utilise des plasmi s des (petites boudes d'ADNpouvan pénétrer dans des bactéries et leur con férer la résistance à un ou plusieur.antibiotiques) contenant deux gène, marqués: le gène blanc responsable de /< résistance à TampiciUine et le gène noi\ responsable de la résistance à la tétra cycline, soit deux antibiotiques.A l'aidi d’une enzyme particulière, on coupe ci deuxième gène à un endroit précis; cec permet d’obtenir des «extrémités adhé sives».le gène en question, dès que la technique d'implantation bactérienne serait au point.Mais voilà qu'à un séminaire sur les virus à cancer organisé par Robert Pollack, à Cold Spring Harbor, une des étudiantes de Berg, Janet Mertz, décrit le projet de son «patron» au fil d'une conversation de couloirs.C'est la consternation.Berg reçoit plusieurs téléphones angoissés.«Au début, j'ai été surpris, commentera Berg à un reporter de l'émission NOVA, à la chaîne PBS.Mais alors qu'il était évident que personne ne saurait prouver le moindre risque, je me rendis compte que je ne pouvais pas, moi non plus, démontrer le contraire.» Finalement, Paul Berg renonça à l'expérience.Mais il fit plus.En juin 1973, avec quelques autres participants à la Gordon Conference sur les progrès de la biologie, il accepte de signer une lettre ouverte que publiera la revue Science, réclamani de l'Académie des sciences l'organisatior d'une commission d'étude sur les risques des manipulations génétiques.La «Commission Berg» siégera donc en avril 1 974, au Massachusetts Institute of Technology, et rédigera une «demande de moratoire volontaire» que publiera une fois de plus Science, en juillet 1974.C'est une première: jamais auparavant des pionniers d'une recherche scientifique n'avaient accepté de se censurer volontairement, en attendant que des normes de contrôle soient définies.Le moratoire volontaire fut à peu près universellement respecté, bien que de nombreux biologistes admettaient mal sa justification.Il déboucha sur une conférence internationale, dans une petite chapelle d'un village balnéaire de la côte californienne, Asilomar.C'était en février 1975.:> en vente dans les librairies de l'Éditeur officiel du Québec.Où s'adresser: Service de la cartographie Ministère de l'Énergie et des Ressources 1995 ouest, bout.Charest, Ste-Foy, Québec G1N 4H9 Tél.: (418) 643-7704 Gouvernement du Québec Ministère de l’Énergie et des Ressources s ( S QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 49 ministère comme garantie du sérieux des tests.Tout conducteur qui va chercher la consommation d’essence de son auto dans la liste publiée par Transports Canada à pleine page de journaux constate que, ses résultats, à lui, ne sont pas aussi mirobolants.Le ministère reconnaît que les données peuvent varier, selon la température, l'état de la route, la charge du véhicule, les équipements, la vitesse, l’état de l’auto et le style de conduite.Prudents, les fabricants vont également signaler ces variables.en tous petits caractères au bas de leurs publicités.En fait, à peu près tous les éléments sont réunis pour obtenir la plus faible consommation possible.La voiture est neuve mais rodée, le fabricant l’a très certainement ajustée à son optimum, il n’existe pas de résistance à l'air puisque l’auto ne se déplace pas.Pas de vent, pas de neige, pas de surface mouillée, donc de patinage des roues, d’emballement du moteur.De plus, le test se déroule comme en été.un été pas trop chaud quand même.Toutefois, le ministère majore de dix pour cent les résultats du parcours urbain afin de tenir compte des «conditions de l’été canadien».Pourquoi ne pas simuler, par exemple, des températures plus froides puisque nous roulons sous le point de congélation plusieurs mois par an?Parce que créer de telles conditions en laboratoire entraînerait des frais importants pour les fabricants, répond Glenn McDougal, du Service de l'énergie et des émissions des véhicules automobiles.La température doit se situer entre 20 et 30° C, ce qui laisse une bonne marge à la compagnie.Glenn McDougall confirme d’ailleurs qu’il existe une possibilité de jouer à l’intérieur des normes, tout en les respectant et qu’on peut donc trouver des différences d’application des tests selon les firmes.Pour nous rassurer et vérifier que les fabricants ne font pas d’erreur, Transports Canada achète chaque année une centaine d’autos neuves chez des concessionnaires et leur administre des tests.identi- ques à ceux qu'il exige, comme il va de soi.Selon M.McDougall, la moyenne des résultats obtenus pour l’ensemble des voitures correspond à ce que communiquent les compagnies, bien que des écarts existent, dus le plus souvent à des pièces défectueuses.En fin de compte, les parties en arrivent toujours à une entente.Que ce soit au Club automobile du Québec ou au ministère des Transports, à peu près tout le monde s’accorde pour reconnaître à ces données de consommation de carburant une valeur de comparaison puisque, en gros, les tests sont passés de de la même façon.Il est donc possible d’identifier les voitures les plus et les moins coûteuses en carburant.Toutefois, on peut s’interroger sur le choix du ministère canadien de l’Énergie, des Mines et des Ressources de transcrire ces consommations en coût sur une période de Pendant des siècles, on s’est demandé ce qui pouvait bien attirer une aiguille aimantée.Pour la première fois, en 1546, le cartographe Mercator reliait ce fait à la présence d’un pôle magnétique qu'il situait dans la région du (futur) détroit de Béring.Treize ans plus tard, il se reprenait et indiquait deux pôles magnétiques sur une autre carte.De son côté, au début du siècle suivant, Sir William Gilbert déclarait que le pôle magnétique et le pôle géographique ne faisaient qu’un.Et ce n’est que le 1er juin 1831 que James Ross a atteint le pôle magnétique lors d’une expédition avec des Inuit.À ce mo-ment-là, l’aiguille magnétique qu’il avait suspendue à un fil de soie ne montrait plus une direction privilégiée vers un point de l'horizon, mais elle restait verticale.Par la suite, les études du magnétisme terrestre aux environs des pôles ont été de plus en plus nombreuses et poussées.Une constatation qui ressort de ces études est que le pôle magnétique est sans cesse en cinq ans à raison d’un kilométrage annuel moyen (20 000 km).En effet, même en comptant sur des exploits individuels toujours possibles et de louables efforts pour consommer moins, il apparaît irréaliste de préparer son budget d’essence avec les chiffres avancés par le ministère dans ses annonces publicitaires puisque la consommation sera forcément plus élevée (une voiture ne pouvant être neuve indéfiniment, même bien entretenue) et que le coût de l’essence ne restera pas stable à 24 cents le litre pendant cinq ans.Si l’intention de présenter aux consommateurs une comparaison est louable, il y a lieu toutefois de se demander si le fait d’afficher des montants si bas n’aura pas comme conséquence de nous faire penser qu’après tout, l'essence ne coûte pas si cher.mouvement.Et il bouge beaucoup par rapport au déplacement annuel de seulement quelques mètres que l'on attribue au pôle géographique.Les pôles magnétiques, puisqu’il y en a deux, un au nord et l’autre au sud, sont les points vers lesquels convergent les champs magnétiques de chaque hémisphère.La position moyenne du pôle nord magnétique, en février dernier, était de 11° 19' Nord et 101° 49' Ouest, juste au sud de King Christian Island, dans le détroit Desbarats qui fait partie des Territoires-du-Nord-Ouest.Depuis lors, il a continué de se diriger lentement vers le nord-ouest, se rapprochant par le fait même du pôle géographique, dont il est encore à près de 1400 kilomètres.Le déplacement annuel de la position moyenne du nord magnétique (25 kilomètres cette année) est suffisamment important pour que l’on soit obligé d’indiquer régulièrement sur les cartes la correction de l’angle formé par la direction du pôle magnétique donnée par la boussole et la direction du pôle géographique, soit l’extrémité de l’axe imaginaire de la Terre.Cet angle diminue d’année en année.À titre de référence, le pôle nord magnétique s’est déplacé de près de 800 kilomètres vers le nord-ouest entre le voyage d’Amundsen (1903-1906) et cette année.Il semble d’ailleurs que le pôle magnétique se déplace de plus en plus rapidement: on constate en effet qu’il a parcouru, entre 1975 et 1980, la même distance qu’au cours des treize années précédentes.C’est à la Division du géomagnétisme de la Direction de la Déplacement du pôle nord magnétique de 1831 à 1980 Dt.DESBARATS MER DE BAFFIN Michel Gauquelm GÉOGRAPHIE DE QUOI PERDRE LE NORD 50 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE physique du globe, au ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, que revient la tâche de suivre les déplacements du pôle nord magnétique.Son directeur, M.Paul Serson, étudie depuis 35 ans les déplacements du pôle.Aussi a-t-il effectué de nombreuses missions d’observation dans la région polaire.C’est au cours de l’une d’elles, en 1947, après avoir pris des mesures de la position du pôle pendant une vingtaine d’heures consécutives avec J.F.Clark, qu’il s’est rendu compte pour la première fois des déplacements journaliers du pôle magnétique.Mais ce n’est que quelques années plus tard, à partir de mesures prises depuis l’observatoire de géomagnétisme installé en permanence à Resolute Bay, que les chercheurs ont pu déterminer le mouvement quotidien du pôle autour d’une position moyenne.Il s’agit d'une ellipse, d’orientation nord-nord-ouest / sud-sud-est, dont le tracé moyen est de 130 kilomètres mais qui peut atteindre des centaines de kilomètres; elle est parcourue par le pôle nord magnétique suivant le sens des aiguilles «Les niveaux de protection contre la rougeole et la rubéole sont insatisfaisants, l’enfant italien est mieux protégé contre les maladies infectieuses et il faudrait une centralisation régionale des données.» Telles sont les conclusions d’une étude sur l’immunisation des enfants montréalais réalisée par le département de santé communautaire de l’hôpital Saint-Luc.Ainsi, 70 pour cent des enfants inscrits à la maternelle dans l’une des 207 écoles francophones et anglophones de Montréal avaient été vaccinés en janvier 1976 contre la rougeole, ce qui constituerait un degré d’immunisation insatisfaisant selon l’épidémiologiste Claire Infante-Rivard, qui a dirigé cette enquête.Ce niveau serait à peine suffisant pour enrayer les épidémies car il resterait assez de sujets sus- d’une montre.M.Paul Serson se souvient d’un violent orage magnétique, le 2 août 1972, au cours duquel le pôle a bougé de 1 000 kilomètres en une minute.Selon le directeur de la Division de géomagnétisme, «ces déplacements, qui peuvent être importants, sont dus à la faiblesse des champs magnétiques horizontaux autour du pôle, ce qui fait que son champ magnétique vertical rencontre peu de résistance à se déplacer lors de la moindre perturbation.» L’observatoire de Resolute Bay permet de surveiller continuellement les caprices du pôle nord magnétique de façon à prévenir les intéressés, en particulier les navires et les avions qui fréquentent les régions polaires.Grâce aux données recueillies par l’ordinateur et analysées à Ottawa, on peut aussi produire des cartes donnant la déclinaison magnétique moyenne annuelle dans les différentes régions du Canada.Par la même occasion, on renseigne tous les cartographes de l’hémisphère nord sur ce point du Canada qui attire les aiguilles des boussoles.ceptibles pour qu’un groupe soit frappé lors du prochain cycle épidémique.Pour bien protéger les femmes enceintes contre les dangereux effets de la rubéole, 100 pour cent des enfants devraient être vaccinés; or, seulement 65 pour cent l’avaient été au moment de l’enquête.Cette situation est pour le moins préoccupante si l’on considère que le contact d’une femme enceinte avec le virus de la rubéole peut entraîner pour le fœtus des malformations congénitales ou cardiaques, ou des infirmités comme la surdité et la cécité.Pourtant les programmes de vaccination contre ces maladies sont en vigueur au Québec depuis le début des années 1970.La réponse de la population n’est donc pas encore un franc succès.Pour le Dr Gérard Martineau, directeur général des programmes de santé communautaire pour tout le Québec, ce manque d’intérêt de la population serait dû à la disparition progressive du danger.En effet, on ne rapporte plus qu’un cas d’encéphalite sur 1 000 cas de rougeole et une mortalité sur 10 000 cas.«Mais l’idée que ces maladies contagieuses sont naturelles à l’enfance, dit Gérard Martineau, donc sans danger, est encore bien répandue.» Il suffirait pourtant d’une baisse de vigilance de quelques années pour anéantir tout le travail préventif des 20 dernières années.Le danger serait-il maintenant que la trop grande efficacité des programmes de vaccination ne tue l’instinct de protection?Pour ce qui est de la diphtérie, de la coqueluche, du tétanos et de la poliomyélite, le niveau de protection serait cependant suffisant: plus de 80 pour cent des enfants ont reçu les vaccins contre ces maladies.Les niveaux d’immunisation seraient donc meilleurs à Montréal qu’aux États-Unis, selon les chiffres publiés en 1976 par le département américain de la santé.Selon M.Martineau, le degré d’immunité contre ces maladies est élevé car les virus n’ont pas cessé de circuler.Des prélèvements de gorge montrent encore la présence du microbe de la diphtérie, mais aucun cas n’a été rapporté au Québec depuis deux ans et aucun cas de polio depuis quatre ou cinq ans, alors qu’on en signalait une dizaine en Ontario l’an dernier.Il y aurait des facteurs culturels reliés à l’acceptation de la vaccination.Ainsi, l’enfant montréalais bien immunisé serait d’origine italienne, vivant dans un district plutôt défavorisé et fréquentant les services publics de santé.Par contre, l’enfant québécois francophone dont le père est sans emploi (ou dont l’occupation est inconnue) serait mal immunisé et fréquenterait les services publics ou privés de santé selon qu’il vit dans un secteur défavorisé ou favorisé.L’origine ethnique serait donc un facteur plus important en vaccination que le niveau socio-économique ou le fait que le père soit ouvrier ou professionnel.D’après Mme Rivard ainsi que le Dr Lacroix, de la clinique de vaccination du service d’immigration de Montréal, l’attention particulière portée aux enfants dans les familles italiennes, liée au réflexe de l’étranger qui ne veut pas entrer en conflit avec le système qui le reçoit, pourraient expliquer le premier rang des «bambini» dans ce domaine.À la suite de cette enquête, on propose une centralisation régionale des données sur l’immunisation des enfants afin de mieux en surveiller l’évolution ainsi que les effets secondaires des vaccins.Car il faut se demander si le problème aujourd’hui n’est pas tant de protéger la population que de mesurer le niveau actuel d’immunisation, les statistiques sur le nombre réel d’enfants vaccinés étant très difficiles à établir.Par exemple, outre cette étude du DSC Saint-Luc, il n’y aurait qu’une seule autre étude sur l’immunisation des enfants au Québec (Frappier-Davignon).Selon l’épidémiologiste, il suffirait que les DSC et les médecins privés envoient dans un centre approprié leurs informations sur les enfants vaccinés.Ils pourraient recevoir par la suite des données compilées et analysées sur la vaccination.Selon M.Martineau, les résultats de l’enquête montréalaise refléteraient d’ailleurs plus ou moins bien la situation de tout le Québec.«Par exemple, dit-il, le degré de vaccination atteint facilement 90 pour cent dans une région comme Chicoutimi, où la population est constituée à 99 pour cent de Québécois francophones.» La Direction des programmes de santé communautaire a d’ailleurs commencé Cette année à évaluer le degré d’immunisation des enfants dans tous les DSC.Mais selon Mme Rivard, cette enquête ne sera pas utile si elle chiffre le nombre de doses administrées plutôt que le nombre d’individus vaccinés.Marcel Art eau François Picard ÉPIDÉMIOLOGIE UNE PROTECTION SOUS UTILISÉE QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 51 BEURRE OU MARGARINE LE DÉBAT CONTINUE Quelque 150 étudiants en diététique se pressaient, ce vendredi 28 mars dernier, dans une salle de cours du Pavillon Comtois de l'université Laval.Sous le titre «Beurre vs margarine: économie ou santé?», un débat y marquait la journée de Diététique dans le cadre de la Semaine d’agriculture, d’alimentation et de consommation, une initiative étudiante qui s’y déroulait pour la cinquième année consécutive.Le sujet du débat n'est pas nouveau et un article de Québec Science avait tenté d’en faire le tour dans le numéro de septembre 1979, sous le titre «Quand la science frappe du beurre».Pour en discuter devant ces étudiants, on avait invité le docteur Jacques Goulet, professeur au département des Vivres à l’université Laval, en tant que représentant du secteur de la transformation des aliments, le docteur Nancy-Michèle Robi-taille, cardiologue travaillant au Pavillon de prévention des maladies cardiaques de l'hôpital Laval, M.Roch Morin, secrétaire-général de la Fédération des producteurs de lait industriel du Québec et premier vice-président du Bureau laitier du Canada, un organisme de promotion des ventes de produits laitiers, ainsi que Louise Lam-bert-Lagacé, diététiste-conseil.Quant à la valeur nutritionnelle comparative du beurre et de la margarine, ces deux aliments s’équivalent à peu près, nul ne le met en doute, et ce qu’il faut surveiller avant tout c’est la consommation de gras total dans le régime alimentaire.Or, 17 pour cent seulement du gras total consommé chaque jour par les Nord-Américains provient du beurre ou de la margarine.Les viandes rouges, le bœuf et le porc en particulier, en contiennent bien davantage et c’est de leur surconsommation qu’il faut avant tout se méfier.Ainsi, selon le docteur Voici des feuilles et des fleurs, voici l’été.Nos guides en format de poche, abondamment illustrés en couleur, que vous emporterez lors de vos randonnées estivales, vous permettront d’apprécier notre flore sylvestre; d’identifier les insectes nuisibles et de connaître les caractéristiques alimentaires et médicinales des plantes.Procurez-vous dès maintenant ces guides pratiques et passez un été plus agréable dans notre belle campagne québécoise.Les principaux insectes défoliateurs des arbres du Québec petite flore forestière du Québec U Documentation quétecoiia ttfc'eir cftur-oi du Édition» Franc*-Ametiqua Petite flore forestière du Plantes sauvages printa- Principaux insectes défo- Québec nières liateurs des arbres du Québec Petite flore forestière du Québec 6,95 $ 216 p., Plantes sauvages printanières 6,95 $ 247 p„ Principaux insectes défoliateurs 7,95 $ des arbres du Québec 188 p„ Bon de commande à retourner à: L’Éditeur officiel du Québec 1283 boul.Charest ouest Québec, G1N 2C9 Ci-inclus la somme de____________________________$.Veuillez expédier à: Nom:____________________________________________________________________ Ad resse :______________________________________________________________- Ville:____________________________code postal:__________________________ Quantité Titre Prix 4278 Petite flore forestière 6,95 $ 4279 Plantes sauvages printanières 6,95 S 4557 Principaux insectes défolioteurs 7,95$ Total Éditeur officiel Québec 52 juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE Robitaille et madame Lambert-Lagacé, un surlonge de 285 grammes contient l’équivalent en matières grasses de 20 carrés de beurre.Pour le docteur Jacques Goulet, beurre et margarine sont deux produits transformés en vue de tirer une matière grasse d’un végétal.Le premier, dont la fabrication remonte à quelque 8 000 ans, utilise le système digestif de la vache comme laboratoire de transformation.On se contente ensuite de baratter la crème séparée du petit lait par centrifuge.Dans le second cas, dont le prototype remonte en 1869, on doit faire subir à la matière végétale dont on veut extraire l’huile neuf opérations différentes: extraction, pressage, raffinage, décoloration, neutralisation, hydrogénation, désodorisation, filtration et coloration.S’il est évident que la plupart de ces opérations sont parfaitement inoffensives, le docteur Goulet insiste sur le fait qu’on ne connaît pas certains des effets du procédé d'hydrogénation, qui a pour but de donner à l’huile végétale une consistance tartinable.C’est justement cette phase de la transformation du produit végétal qui fait l’objet du débat, depuis un an, par suite des assertions de chercheurs américains à l’effet que l’hydrogénation de l’huile transformait les acides gras «cis» normaux en acides gras «trans» qui, selon certains, seraient cancérigènes.Il importe cependant de dire ici qu’en ce domaine la recherche n’en est qu’à ses balbutiements les plus hésitants et qu’aucune preuve scientifique n’a pu être formellement avancée d’une possible corrélation entre consommation de margarine et cancer.Cardiologue, le docteur Nancy-Michèle Robitaille rappelle d’abord que les maladies cardiovasculaires sont responsables de plus de 50 pour cent des décès en Amérique du Nord.La cause précise de ces maladies n’est à peu près pas identifiable, insiste-t-elle, mais certains facteurs ont une incidence sérieuse sur leur apparition: ce sont le tabagisme, l’hyperten- sion artérielle et l’hypercholes-térolimie.Des recherches épidémiologiques démontrent par ailleurs que les populations ayant le plus haut taux de maladies coronariennes font également une grande consommation de gras saturés.Mais il s’agit bien ici de constatations épidémiologiques, c'est-à-dire démontrant des faits parallèles (consommation de gras saturés et incidence des maladies cardiovasculaires) sans cependant parvenir à établir une corrélation directe — c’est-à-dire de cause à effet — entre les deux phénomènes.Pour sa part, le secrétaire-général de la Fédération des producteurs de lait industriel du Québec admet que cet organisme, de même que le Bureau laitier du Canada, qu’il représente également, se sont engagés dans ce débat public d’abord et avant tout en vue de freiner les répercussions désastreuses possibles, sur les producteurs laitiers, de la diminution de la consommation de beurre parmi la population depuis quelques années.Désireux de découvrir ce qui se faisait en recherches sur le sujet, ils se sont donc empressés de diffuser l’information mise de l’avant par des chercheurs américains laissant entendre qu’il pourrait exister un rapport entre la consommation de margarine et l’incidence du cancer.Jacques Larue-Langlois À la découverte des oiseaux du Québec.vient de paraître NICHOIRS D’OISEAUX par Raymond Cayouette illustrations de Jean-Luc Grondin La description de 20 espèces d’oiseaux qui occupent les nichoirs.Des trucs pour les attirer et les faire nicher.Plus de 25 modèles de maisonnettes.18 planches en couleur.36 pages, illustrées en couleur.$4.00 nouvelle édition LES OISEAUX DU QUÉBEC par Raymond Cayouette et Jean-Luc Grondin L’habitat, les mœurs, le nid.le chant, la distribution, les migrations et lieux d’hivernage de 243 espèces d’oiseaux du Québec.Un complément idéal aux guides d’identification sur le terrain.120 pages, illustrées en noir et blanc, $5.00 Les Oiseaux du Québec (Initie sonore dos oiseaux(InQuélxv .J' •* ""“T ' ¦ -0 T- GUIDE SONORE DES OISEAUX DU QUÉBEC Vol.1 réalisé par Jean Bédard Disque microsillon présentant les chants et les cris de plus de 80 espèces d'oiseaux du Québec enregistés en pleine nature.Un outil indispensable pour l’identification des oiseaux et l'enseignement des sciences naturelles.$5.40 (taxe incluse) LES ÉDITIONS DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC, INC.Nom____ Adresse.Code postal.Nichoirs d’oiseaux ?$4.00 Les Oiseaux du Québec ?$5.00 Guide sonore des oiseaux du Québec ?$5.40 Chèque ou mandat à l’ordre de La Société zoologique de Québec, inc.8191, avenue du Zoo, Charlesbourg, Qué.GIG 4G4 QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 53 VER DE TERRE UN ÉLEVAGE INUSITÉ Longtemps considéré comme un commerce fort lucratif pour les petits gars débrouillards, «de futurs hommes d’affaires» disait-on d’eux, l’élevage, mais surtout la cueillette des vers de terre, constitue encore un maillon important de l’industrie saisonnière qu'est la pêche sportive qui captive un Québécois sur six.À vrai dire, l’élevage des vers ne représente peut-être pas une activité bien répandue chez nous alors qu’ailleurs il existe des fermes spécialisées dans ce secteur.Ce commerce n’en offre pas moins un potentiel économique .intéressant sans nécessiter des investissements mirobolants.Malheureusement, les lombrics, à qui on prête également une excellente valeur nutritive, suscitent beaucoup plus de dédain que d’intérêt.Le premier obstacle sérieux que rencontre une personne intéressée à cet élevage est l’absence d’organisation ou groupe d’éleveurs québécois.Une difficulté de taille, puisque les échanges d’information et de techniques sont inexistants.Cette lacune, le ministère de l’Agriculture, de l'Alimentation et des Pêcheries, division de la production piscicole, qui répond en principe aux demandes des intéressés, la constate à tous les jours.«Nous recevons une, parfois deux demandes quotidiennes d'information au sujet des vers et il nous est très difficile de les référer à quelqu’un de responsable», souligne le biologiste Pierre Landry.Par ses étroites relations avec les producteurs piscicoles, il ne peut que déplorer l’absence d’une organisation structurée qui aurait beaucoup de.terre à remuer.Pourtant, il faut bien admettre que l’élevage des vers ne présente pas trop de problèmes en soi.Les vers se nourrissent de feuilles en décomposition, d’herbes, de fumier d’animaux, bref de matières organiques habituellement présentes dans le sol.L’eau est aussi un facteur important pour leur dévelop- pement.Une précaution est toutefois nécessaire: s’assurer de l’étanchéité du contenant dans lequel on fait l’élevage.Diverses méthodes de récolte sont de mise: un lavage du sol à l’eau courante, un faible courant électrique (seulement cinq ampères pour ne tuer ni les vers, ni l’utilisateur) et des produits chimiques comme du formol à faible dose amènent les vers à la surface du sol.Il y a aussi le bêchage du sol ou le simple déplacement d’objets sous lesquels les vers se sont confortablement installés.Il y a peu de documentation sur la biologie du ver de terre.On n'en est qu’aux hypothèses quant à son taux de reproduction, par exemple.Certains affirment qu’un millier de vers auraient un demi-million de rejetons au bout d’un an alors que quelques-uns soutiennent qu’un ver produirait près d’un million de descendants annuellement.Somme toute, un arbre généalogique qui a d’impressionnantes racines souterraines! Quant à la longévité, des expériences en laboratoire ont démontré que certains vers pouvaient vivre plus d’une dizaine d’années; dans la nature, il est rare qu’un ver puisse devenir grand-père, les oiseaux, les rongeurs et les insectes étant des prédateurs voraces.Apparemment, le ver rouge québécois est peu apprécié des pêcheurs en raison de sa petite taille, même s’il est résistant pour nos lacs plutôt froids.Parce quelle avait misé sur ce ver, la Société d’exploitation du lapin, installée à Alma, a obtenu peu de résultat et a abandonné la commercialisation des vers de terre.Intéressé à son tour, un cuniculteur de l’Ascension, toujours au Lac Saint-Jean, M.Michel Maltais, a repris les vers de la Société d’exploitation pour se livrer à une autre expérience qui, elle, s’est révélée lucrative: la transformation, par l’action des vers de terre, de fumier de lapin, mélangé à de la sciure de bois, en un terreau de qualité pour l’horticulture.Selon M.Maltais, «La transformation du fumier de lapin permet de faire une pierre deux coups.D’abord produire du ter- reau et ensuite diminuer l’odeur du purin de lapin qui est très désagréable.Les législations gouvernementales sont aussi sévères pour le fumier de lapin que pour celui du porc et, dans ce sens, l’utilisation du fumier pour le terreau évite des investissements de plusieurs milliers de dollars pour l’installation coûteuse de puisards.» Le Dr Gilles Couture, qui a rédigé sa thèse de doctorat, à l’université Laval, sur le comportement du ver de terre comme indicateur de pollution, s’étonne du fait que la commercialisation et l’élevage de cet annélidé soient si peu répandus: «Il me semble que c’est un élevage pas trop compliqué qui pourrait s’avérer très rentable en autant qu’on y mette un peu d’attention.» Toutefois, à en croire les propos d’un chroniqueur de chasse et de pêche de Québec, l’élevage des vers de terre a ses limites, même si elles sont loin d’être atteintes.En effet, si trois pêcheurs sur quatre utilisent des vers de terre pour appâter, le quatrième se laisse tenter par la technique de la fabrication de la mouche artificielle.Les «moucheux» sont d’ailleurs en nombre grandissant.Considérée à tort ou à raison comme nuisible à certains lacs, l’utilisation de vers ou de ménés est prohibée dans plusieurs régions où les salmonidés doivent se contenter de mouches artificielles.La fabri- ' cation de ces dernières est devenue, semble-t-il, un art, tellement la ressemblance est frappante.Pour avoir pratiqué la pêche et s’être intéressé à l’élevage des vers depuis 30 ans, M.Raphaël Rossello, de Val Bélair, près de Québec, déplore la faiblesse du marché québécois pour les vers de terre.Les exportations de l’Ontario sont importantes.«Je ne connais que deux éleveurs importants d’annélidés, le premier à Cal-gary, l’autre près d’Ottawa.» Pour l’avoir pratiqué sur une échelle commerciale, ce citoyen de Val Bélair constate que l’élevage de vers sur une grande échelle demande beaucoup pour un seul homme: neuf mois de soins, de surcroît non rentables, pour trois mois d’activité intense, assez lucratifs malgré tout.Profitant de son expérience en matière d’appâtage, qui lui a démontré l’efficacité des larves vivantes de moustiques, il s’adonne maintenant à la culture de ces dernières.Philosophe et ironique, il se montre très dur envers les utilisateurs de mouches: «Je crois que si j’étais un poisson et que j’étais à la veille de mourir, je préférerais davantage un bon steak.qu’une attrayante imitation!» André Lamoureux 54 r'V par Luc Chartrand Voyage sur Mars fire partie) L'Encyclopédie de l'utopie et de la science-f iction était pourtant claire.A la rubrique «Canada», on se contente de dire qu'en ce pays, il ne s'est pour ainsi dire rien écrit en matière de science-fiction avant les années 30.Au Québec, c'est encore pire: rien de notable avant la seconde guerre mondiale.Et bien, c'est avec un certain plaisir que je me permets aujourd'hui de faire mentir cet ouvrage fort respectable.En fait, notre premier roman du genre date de 1887 et relate un voyage sur Mars! Cette année-là, un Montréalais anglophone, Walter H.Smith, entreprenait la publication d'un livre intitulé Seybold Melvin or the World of Mars.Le premier intérêt du roman vient du fait qu'à l'instar de son auteur, il est resté jusqu'à ce jour parfaitement inconnu.Cela, remarquez, n'est pas tellement surprenant.Malgré une certaine originalité, c'est loin d'être un chef-d'œuvre.De plus, le texte fait preuve d'un racisme ouvert et décrit une société utopique qui aurait pu faire rêver Adolf Hitler.Sur ce M.Smith, on ne sait rien si ce n'est qu'H fonda en 1884 une petite société d'astronomie baptisée l'Astro-Meteoro-logical Association.A en croire le bulletin mensuel qu'elle publia, ses réunions regroupaient une dizaine d'amateurs montréalais parmi lesquels on retrouvait deux ou trois francophones.Ce bulletin, intitulé simplement Astronomy and Meteorology et dédié à la «science suprême», semble bien être la seule trace de la société qui nous soit restée.La publication semble néanmoins avoir connu une assez large diffusion de même qu'un certain impact.Dans l'édition d'août 1887, on reproduit les critiques élogieuses publiées par La Presse et le Herald de Montréal, mais aussi par des journaux de l'Ontario, de Pennsylvanie, du Wisconsin et du Texas! À chacun des numéros, on retrouve deux pages complètes consacrées au roman de Smith.Combien de gens ont-ils eu l'occasion de le relire depuis 1887?Sûrement pas beaucoup.Les seules copies du périodique que j'ai pu retracer avaient les pages soudées les unes aux autres et personne n'avait juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE jamais pris la peine de les découper pour en faire la lecture.Vous êtes donc choyés aujourd'hui en Usant l'histoire de Seybold Melvin sur Mars; vous êtes peut-être les premiers à le faire depuis près d'un siècle.Un étrange compagnon de voyage L'histoire débute en Angleterre, plus particulièrement sur la ligne de train Bristol-Londres.Un matin de 1877, le narra teur, qui se présente simplement comme un amateur d'astronomie, Ht paisiblement son Daily Telegraph, en route vers la capitale.Soudain, H pousse un cri d'étonnement.Sur le journal, une dépêche annonce la découverte d'un deuxième satellite de Mars.«Quelque chose de neuf, monsieur?» lui demande aussitôt un jeune passager du même compartiment.Le premier lui fait part de la nouvelle.«C'est vrai, rétorque son voisin, mais je savais ça depuis longtemps.» On devine que notre amateur d'astronomie resta tout à fait estomaqué par cette réplique.Comment, en effet, cet homme aurait-H pu savoir avant tout le monde?Intrigué, H le ques tionna mais comme on s’en doute, l’autre ne voulut rien lui dire le temps d'un chapitre.Puis, après quelques hésitations, H décida de se mettre à table.H avait, dit-il, étudié la phy-siognonomie et les traits de son interlocuteur inconnu suffisaient à le mettre en confiance.Au chapitre H, Seybold Melvin — c'est le nom du jeune passager — nous raconte sa vie.Je vous fais grâce des détails mais notons qu’il est né près de Stonehenge, le mystérieux jterrain de monolythes dont le mystère, H va sans dire, n'était pas plus élucidé H y a cent ans qu'aujourd'hui.C'est dans ce décor qui intrigue de nos jours tant d'ufologues que le petit Seybold grandit.H vécut une enfance plutôt «platte»; solitaire, H préférait la rêvasserie à un bon match de criket avec ses camarades.Son adolescence ne fut guère plus remarquable sauf peut-être en ce qui concerne son faible intérêt envers les personnes de T autre sexe.H rêvait bien de temps en temps à la femme de sa vie, mais aucune de celles qu'il avait rencontrées ici-bas n'atteignait la perfection recherchée.Aujourd'hui, on résumerait tout ça en disant qu'il était mysogyne.A défaut de rapports satisfaisants avec ces êtres imparfaits, Seybold trouva refuge dans l'astronomie.Ici s'arrête la psychanalyse du sujet.Après tout, H s'agit d'un ouvrage de science-fiction, pas d'un drame psychologique.La famille du personnage était sans doute assez aisée puisque le papa de Seybold lui fit construire un Observatoire à proximité des menhirs de Stonehenge.H s'adonna donc à son passe-temps favori en toute liberté, sans se douter de ce que le sort lui réservait.Un soir cependant, les conditions d'observation de Mars devaient être particulièrement favorables et, sans trop savoir pourquoi, H attendait cet événement avec impatience.C'est à ce moment précis que je m'aperçus que la rarissime collection d'Astronomy and Meteorology que j'avais dénichée à la bibliothèque nationale était incomplète.Le numéro manquant était précisément celui où Seybold allait nous expliquer comment H s'était rendu sur /'«astre rouge».Je ne cédai pas au désarroi et, soucieux de satisfaire votre curiosité (et la mienne), je me mis en quête d'une autre collection.J'en trouvai finalement une, recouverte d'un bon millimètre de poussière, dans une bibliothèque de l'université McGill.La série, encore une fois, était incomplète mais par chance, le numéro sur le voyage y était.liECSCï lujrMfj: fpiâlM is - fill! mislnll, InmMirsm màmlle pe lie ses ifis.h mil put fHIlill.!fefee, j »Ppei/; Mefeites k/hnu bis, fes litintellimi Piefrt ns m ‘•^s/néme Hem, jea Roi/veili tint f| Will! J(Ja '“Ml'eni SiiPefi :»i(/es L “'Jp bseifjjj, ''Ses! to/jü “n Ni J iCS E>» eV hsj KK fcN >> M 55 QUEBEC SCIENCE / juin 1980 A ma grande surprise, je découvrais que ce monsieur Melvin ne fut pas propulsé vers Mars par un canon à l'instar des héros de Jules Verne.Le voyage de Seybold ressemblait davantage à ce que les parapsychologues d'aujourd'hui appellent un «voyage astral».Tout le roman repose d'ailleurs en grande partie sur le développement des «sciences» parallèles — physiognonomie, parapsychologie (télépathie et voyage astral), astrologie, etc.Voici donc comment les choses se passèrent.- luit mis 10 - isn ¦.; :¦ ¦; 'trie ¦ ' ijuji .-'if 0 lit/i ¦ îrfii : •• $9 ¦ Â la vitesse de la pensée Fixant Mars avec son télescope, Melvin fut soudain ébloui par l'éclat violent de la planète.U lui sembla alors qu'une lueur venue de nulle part envahissait son laboratoire tandis qu'au moindre de ses mouvements se produisaient des étincelles électriques.La lueur augmentait sans cesse et, au bout d'un moment, il put distinguer un rayon lumineux traversant son observatoire.Au sein du rayon se dessinait le visage parfait de ta femme de ses rêves.Irrésistiblement, il se sentait attiré vers la lumière et décida d'y toucher.«Mon esprit, raconte-t-il, sembla soulevé et transporté à la vitesse de la pensée, loin de la Terre, à travers l'espace interplanétaire traversé par la comète vivante et l'aérolite inerte aussi bien que par les esprits qui peuplent l'infini.» A une telle vitesse, Seybold atteignit rapidement l'atmosphère de Mars.A mesure qu'H s'approchait, Hpouvait distinguer les continents, les montagnes, les lacs et, finalement, des signes de vie intelligente.Assez familier, semble-t-il, avec la cartographie de l'endroit, // nota s'être posé sur le continent Dawe à 15 degrés au nord de l'équateur martien.Le moins qu'on puisse dire, c'est que les choses ne traînèrent pas.Sans même se poser de questions sur son curieux dépla-¦ cernent, Seybold commença son exploration de la planète.Il se trouvait sur un plateau désertique d'où il pouvait embrasser tout l'horizon du regard.Au loin, // aperçut ce qu'il identifia aussitôt comme étant l'océan Dawe; le reste du paysage était dominé par des chaînes de montagnes roses parsemées d'une «végétation» au feuillage rouge.U commença à marcher tout en prenant mentalement des notes sur ce qui /'entourait.Le sol était principalement composé de minerai de fer, les arbres étaient beaucoup plus haut que les nôtres et // semblait n'y exister aucune vie animale.Son exploration l'amena bientôt au sommet d'une vallée.H nota en bas la présence de plantations et de champs puis, au loin, se dressaient des édifices aux proportions gigantesques.Sans plus tarder, il se dirigea vers ce nouveau monde.Les «hommes» qui travaillaient aux champs étaient assez semblables à nous sauf qu'ils étaient plus grands, chose tout à fait normale, nota Melvin, en raison de la faible gravité de la planète.Curieusement, les laboureurs qu'il observait coordonnaient parfaitement leur travail et ce, sans jamais s'adresser la parole.«Je découvrirai plus tard, nous dit-H, que les conditions électriques de la planète favorisent la transmission de la pensée si bien que les gens lisent fréquemment dans l'esprit des autres même s'ils sont à des milles de distance.» - Seybold ne chercha pas à lier connaissance avec ces premiers : «martialistes» mais poursuivit sa route vers les édifices aperçus plus tôt.Son premier contact avec la technologie martienne le laissa pantois.Devant lui, sur une voie ferrée, il venait de voir passer un train sans locomotive à une vitesse encore inégalée sur Terre.«La vapeur, je l'appris bientôt, a été reléguée depuis des siècles aux oubliettes des inventions imparfaites, ma! adaptées aux possibilités avancées de la vie martienne.L'électricité a depuis longtemps été élevée au plus haut sommet des puissances motrices et, l'épuisement rapide des sources de charbon sur une si petite planète a rendu nécessaire le retour vers une forme moins onéreuse d'énergie.» Comme anticipation, ce n'est pas si ma! Malheureusement pour Fauteur, c'est bien la seule de toute /'histoire qui cadre un peu avec la réalité.Déjà, la prochaine découverte de Seybold est dépassée par la technologie qui apparaîtra quelques décennies plus tard sur Terre.La navigation aérienne, explique-t-il, est aussi d'une grande perfection.Les ballons dirigeables de Mars sont beaucoup plus faciles à manœuvrer que les nôtres.«Certains sont propulsés par des hélices tandis que d'autres sont mus par des ailes qui imitent le mouvement des oiseaux.» Ici.Walter Smith fait l'erreur classique de tous les auteurs d'anticipation de son temps.U n'a pas prévu la venue des navires aériens plus lourds que Fair.Mais, nous le verrons, ce qui importe le plus à Smith ne semble pas tellement être l'avance de la technologie martienne mais F existence d'une société «parfaite» au plan social.Seybold Melvin est arrivé aux portes de la cité martienne et s'apprête à découvrir ce monde.(à suivre) 56 PARUTIONS RÉCENTES LES MANIPULATIONS GÉNÉTIQUES f Agata Mendel i Les manipulations ' génétiques Seuil Agata Mendel, Le Seuil, Paris, 1980, 336 pages, $22.80 et LES APPRENTIS SORCIERS (Demain, la biologie.) J.Rifkin et T.Howard, Ramsay, Paris, 1979, 237 pages, $29.50 La biologie est aujourd'hui dans une situation comparable à celle de la physique, au tournant de la dernière guerre.On possède les outils pour intervenir irréversiblement dans l'histoire des espèces biologiques, mais «la bombe» n'a pas encore vu le jour.Il y a d'une part ceux qui affirment qu'il ne faut pas répéter l'erreur d'Hiroshima, et arrêter la course folle de la science avant qu'il ne soit trop tard.Il y a les autres, majoritaires, qui affirmentque le danger biologique a été grossièrement surestimé, et que la maîtrise des mécanismes du vivant offre des avantages industriels et médicaux sans précédent, dont on n'a pas le droit de priver nos descendants.Le débat a frappé la communauté scientifique en 1 976, pour y atteindre son point culminant à la conférence d’Azilomar, une station balnéaire californienne, en février 1977.Depuis, les scientifiques se sont «habitués» à l'inconnu fascinant, et seuls quelques Cassandres réclament la volte-face.Mais le débat n'est pas éteint.Il fallut d'abord alerter le grand public.Il y eut au moins six ou sept livres de vulgarisation en langue anglaise, et quelques manifestations, dont la plus célèbre à Cambridge, près de Boston, contre la construction d'un laboratoire de recombinaisons génétiques.Mais le public francophone, alerté par les journaux et les revues spécialisées, ne fut jamais vraiment «dans le coup».Avec trois ans de retard, deux ouvrages paraissent maintenant en français.Ils se complètent magnifiquement.Celui d'Agata Mendel (un nom à clésformédes initiales A, G et T de trois des acides nucléiques, et d'un hommage au père de la génétique) est un ouvrage collectif inédit qui cherche à démontrer que les pseudo «normes de sécurité» sont inefficaces, mal appliquées, et parfaitement illusoires.Que les «risques» sont beaucoup plus réels que ne l'admettent aujourd'hui les biologistes «manipulateurs», et que les avantages potentiels, qu'on fait miroiter comme une justification sans appel, demeurent fort improbables.Le second livre, unetraduction d'un ouvrage britannique publié d'abord sous le titre de Should-We Play God?commence en fait là où le précédent s'arrête: même en admettant que la sécurité ne soit plus un problème, devrions-nous aller plus loin dans ce jeu génétique qui nous force à remettre en question notre conception même de l'humanité?En associant les techniques de l'insémination artificielle, de la fécondation in vitro, du dépistage et des corrections génétiques, du développement embryonnaire extra-utérin, et du conditionnement biogénétique des fœtus, avec les théories eugéniques, Rifkin et Howard démontrent que la logique implaquable qui va de progrès scientifique en progrès scientifique, d'innovation bénéfique en innovation bénéfique, aboutit pourtant à une société cauchemardesque, où tout enfant pourrait bien être modifié, transformé, enfermé dans un destin revu et corrigé par la science.Où devons-nous commencer à arrêter?Sur le plan éthique, le second livre a le mérite de poser les bonnes questions.Car on peut toujours prétendre limiter les risques, ou les assumer comme société, en invoquant quelqu'a-vantage en retour.Comme on le fait pour le nucléairel Mais la société que ces avantages présumés nous font entrevoir sera-t-elle encore plus horrible que la société nucléarisée?Sur le plan scientifique toutefois, le «pamphlet» de Rifkin et Howard est malheureusement abusif.L'argumentation est faite de citations hors contexte, très souvent malhonnêtes, et dont on extrapole la portée bien au-delà de leurs limites véritables.Il s'ensuit une vision manichéenne des scientifiques: des bons, des inconscients et des «nazi»! La charge émotive est efficace, d'autant plus que le texte est fort bien vulgarisé.Mais il n'en devient que plus insidieux.À prendre avec réserves, donc! Le collectif français, au contraire, est plus solidement documenté.Plus honnête.Avec un seul défaut, inhérent à ce genre d'ouvrage collégial: des passa- ges vulgarisés succèdent à des passages plus techniques.Mais il fallait sans doute ce double ton pour répondre à la fois auxques-tions du public et aux arguments faussement rassurants des scientifiques.Une pièce majeure qui relance le débat sur la sécurité, au moment où on le croyait en voie d'extinction.Pierre Sormany LA FORCE DU VIVANT par Jean Dorst, Flammarion, Paris, 1979, 270 pages, $1 6.75 Directeur du Museum d'histoire naturelle et de l'Académie française des sciences, Jean Dorst a déjà publié une dizaine de livres qui portent sur des questions touchant les oiseaux, la nature et la vie.La force du vivant, son dernier ouvrage, reprend tous ces sujets pour les intégrer dans une analyse de l'évolution de notre planète et du rôle que l'homme joue dans cette évolution.Après avoir situé rapidement les problèmes majeurs de notre civilisation industrielle et en avoir conclu qu'ils sont en bonne partie dus au fait que nous n'avons pas su protéger «notre capital naturel», Jean Dorst situe sa recherche sur deux horizons: celui de la science, et de l'écologie, pour parvenir à une «claire vision du monde vivant, de son fonctionnement et de ses exigences», et celui d'une «réflexion profonde menant à une nouvelle politique et surtout à une nouvelle philosophie remettant l’homme à sa place naturelle dans le système biologique».Le résultat, c'est un livre qui réexplique la mécanique du monde vivant, le déclin de plusieurs grandes civilisations (khmè-re, maya, etc.), qui critique les infirmités de la civilisation industrielle, qui s'interroge sur le pourquoi de la science, qui effleure les aspects politiques pour finalement conclure que «c'est dans notre âme que se trouvent les causes de nos malheurs».La clef pour s'en sortir serait donc au niveau de la mise au point d'une «authentique doctrine puisque, en définitif, les idées seules nous gouvernent».Pour Jean Dorst, nous avons eu Darwin, Freud et Marx, il nous faut maintenant «un penseur de leur stature qui définisse les rapports réels de l'homme avec la nature et propose la philosophie qui depuis des siècles fait défaut.» La force du vivant est un ouvrage facile à lire, qui vulgarise fort bien des notions tant économiques que biologiques et qui a le mérite de présenter une vision très large de l'avenir de notre civilisation.Signalons au pas- juin 1980 / QUÉBEC SCIENCE sage quelques thèmes abordés: la croissance démographique, le nucléaire (grand espoir énergétique même si c'est un cadeau empoisonné aujourd'hui), les diverses thèses écologistes.Signalons encore des positions nettes: il n'y a aucune catastrophe imminente, même si des accidents lamentables se produisent (Minamata), il faut cesser de chanter les louanges du passé et une civilisation industrielle est dorénavant la seule possible: pour les trois quarts de l'humanité, elle est l'unique espoir de sortir d'une horrible misère.Signalons enfin des recommandations: ne rien entreprendre que nous ne sachions maîtriser, ne rien faire qui puisse mener à des situations irréversibles, ou encore intégrons un code de l'environnement dans notre législation.Miche! G auquel in Derniers Livres Reçus Le paysage sonore R.Murray Schafer traduit de l'anglais par Sylvette Gleize J.C.Lattès.collection Musique et musiciens, Paris, 1979, 389 pages, $22.95 Recherches d'écologie théorique.Les stratégies adaptatives Actes du colloque d'écologie théorique organisé à l'École normale supérieure de Paris, les 18, 19, 20 mai 1978 sous la direction de R.Barbault, P.Bladen, J.A.Meyer Ma/oine, collection Recherches interdisciplinaires, Paris, 1980, 299 pages, $38.40 Sciences de la vie et société F.Gros, F.Jacob, P.Royer Seuil, collection Points, Paris, 1979, 288 pages, $6.25 Le temps d'une psychanalyse Olivier Flournoy Belfond, collection Documents pour l'analyse, Paris, 1979, 245 pages, $19.95 L'univers psychique.La fin de la psychanalyse Stéphane Lupasco Denoël/Gonthier, collection Médiations.Paris.1979.243 pages, $5.25 Voyages aux confins de la science F.Renucci et R.Martin Mengès, Paris, 1979.233 pages.$14.25 QUÉBEC SCIENCE / juin 1980 57 EN VRAC TÉLÉPHONE SANS «SUSPENSE» ¦JA Des nouveaux téléphones publics sont à l'essai à Londres.Ils sont plus «modernes» en ce sens qu'ils font appel à des micro-processeurs.Les téléphones à boutons-poussoirs comportent un écran qui non seulement montre la somme d'argent déposée mais informe l'utilisateur du tarif local en vigueur.L'appareil déduit, à intervalles réguliers, un certain montant de la somme déposée et prévient l'utilisateur lorsqu'elle sera bientôt épuisée.Si le solde est en faveur de l’utilisateur, la différence lui est retournée: ainsi il n'est plus nécessaire d'avoir au départ la somme exacte.Les appareils ont aussi l'avantage, pour la compagnie, d'être faciles d'entretien puisqu'ils sont programmés pour rapporter instantanément les troubles, la nature de ceux-ci et leur localisation.ON DÉMARRE Des ingénieurs de la compagnie Ford croient qu'une économie d'énergie serait possible si les moteurs d'automobiles ne tournaient pas à vide aux lumières rouges, ou dans les bouchons de circulation.Ils ont développé, pour ce faire, un instrument silencieux et mécanique qui emmagasine l'énergie pour des démarrages rapides.Cet instrument est une sorte de ressort formé d'anneaux de caoutchouc dont une partie est reliée à un démarreur électrique conventionnel qui a charge de remonter le ressort, et l'autre partie au moteur.Ainsi lorsque le conducteur met le pied sur l'accélérateur, après avoir arrêté le moteur, le frein est libéré, le ressort, remonté, fait démarrer à nouveau le moteur.Un tel prototype fonctionne sans problème depuis quelque temps déjà, mais un porte-parole de la compagnie a déclaré que cet instrument ne sera pas produit avant plusieurs années encore.CLASSER AU SON La compagnie Nippon Électrique a développé un ordinateur qui, au son de la voix, aide les employés des postes à classer le courrier.Les opérateurs transmettent verbalement les adresses sur les enveloppes et les colis à l'ordinateur qui les envoie automatiquement au bon endroit.Cette méthode a l'avantage de s’appliquer à tout courrier peu importe sa dimension.Le fait pour un ordinateur d'opérer au son de la voix humaine n'est pas nouveau et dans ce domaine les ingénieurs japonais ont réussi plusieurs percées significatives.Ainsi l'ordinateur peut apprendre un nouveau mot et l'incorporer à sa mémoire après ne l'avoir entendu qu'une seule fois.De plus, l'ordinateur n'est pas dérangé par la voix de différents opérateurs.COMMERCIAUX BRUYANTS?-M I m^o\ - Les Américains (et les Canadiens) se sont souvent plaints que les commerciaux trompettent leurs messages et nuisent à leur quiétude.M.Richard Potter d'une firme de consultants sur le bruit et M.John Potter de l'école secondaire Lincoln-Sudbury du Massachusetts ont cherché à savoir s’il y avait une différence en décibels entre les commerciaux et les programmes.Un appareil sophistiqué a servi à mesurer l’énergie acoustique produite par 30 secondes de commerciaux et de programmes.Les deux compères ont conclu qu'en mesures acoustiques absolues, les commerciaux ne sont pas plus bruyants, du moins de façon significative, que les programmes.Ils attribuent la croyance contraire à l'interruption des programmes et au contenu des commerciaux.Ces explications peuvent être vraies, mais ne nous convainquent pas entièrement.CIGARETTES À LA MARI Plusieurs compagnies de tabac ont l'intention d'introduire de la marijuana dans leurs produits si jamais cette substance devient «légale», et aussitôt qu'elle le deviendra.Un des problèmes les plus immédiats pour ces compagnies sera certes la course pour le dépôt de marques déposées comme «Acapulco Gold».Les compagnies ont déjà tenté de réserver à l'avance certaines marques, mais aucun pays occidental n'a encore accepté ces demandes parce que la substance est toujours illégale.Habituellement, une marque déposée est reconnue et sanctionnée par l'usage.Comme il n'y a pas ici de précédent «légal», le coût de cette course pourrait être élevé, en pot-de-vin?Les gouvernements songeraient-ils à la marijuana pour faire oublier l'inflation?DES POUMONS DE PLASTIQUE Quelques 40 patients au Japon ont connu un regain de vie grâce à des poumons artificiels de plastique qui sont l'aboutissement d'un projet de recherche conjoint entre le Collège médicalféminin deïokyo et la corporation Terumo.Chaque poumon contient 30000 tubes fins de poly-propylène.Chaque fibre du poumon, de 20 cm de long et de 250 mm de large est trouée permettant l'échappement du dioxide de carbone, l'entrée de l'oxygène tout en retenant le sang.Le nombre considérable de tubes fait qu'il y a toujours une grande surface exposée à l'afflux d'oxygène.Des poumons artificiels du même genre auraient été expérimentés aux États-Unis, mais seulement sur des animaux.CONVERSION IRONIQUE En Angleterre, la résistance au changement métrique pourrait être excessive si jamais il était imposé aux Anglais de façon résolue.Présentement, la possibilité d'un changement a amené chez certains une attitude d'ironie et de dérision envers cette «menace».Dans un super-marché londonien, au comptoir des viandes, était suspendu un panneau portant l'inscription «Mesures métriques».En-dessous, ces mots: «À cause de l'introduction des mesures métriques, toute la viande en magasin est maintenant pesée et marquée en unités décimales: exemple, 4,2 livres.» Plus bas, le panneau fournit une table de conversion pour permettre, d'un simple coup d'oeil, de savoir combien il y a «d'onces dans 0,2 livre, 0,7 livre, etc»! 58 juin 1980 / QUÉBEC SCIENC1 J EN VRAC k RÉVEIL CONDUCTEUR Un Norvégien, M.Svein Prydz Jr a l'idé d'inventer un appareil qui empêcherait les automobilistes de s'endormir en conduisant.L'idée, qui n'en est encore qu'au niveau design, comporte un double objectif, réveiller le conducteur ou fermer le moteur.Pour le premier objectif, M.Prydz pense que des électrodes placées sur la peau du conducteur pourraient détecter la venue du sommeil en enregistranttout changement de conductivité électrique causé par la transpiration froide.Elles pourraient envoyer des signaux à un électrocardiographe ou à un électroencé-phalographe, appareils qui suivent l'activité du cœur ou du cerveau.Les détecteurs seraient montés sur des lunettes, sur un chapeau ou dans une bande portée autour de la tête.Si l'idée paraît prometteuse dans le premier objectif, le concepteur n'a pas encore fourni de prototype de l'invention.Ainsi la chasse est encore ouverte, tant au premier qu'au second objectif! RISQUES D'UNE TECHNOLOGIE DOUCE Il semble que.peu importe la technologie employée, elle comporte des risques et des inconvénients pour l'homme.Les poêles à bois, un des objets les plus sacrés pour les «écoloma-nes», en sont un exemple.Des statistiques américaines rapportent que 15 pour cent des feux accidentels, dans l'État du New Hampshire, avaient été causés, l'an dernier, par ces poêles.Et, dans l'État de l'Orégon, la capitale du monde écologique, ces poêles sont la troisième cause d'incendies résidentiels.La US Consumer Product Safety Commission, pour sa part, a déjà rapporté que les poêles ont été la cause de 1 822 brûlures de peau en 1978 comparativement à 283 en 1977! en juillet IA l'heure où s'intensifie la campagne internationale contre l'amiante et ses effets, Jacques Lame-Langlois se penche sur l'avenir des produits de l'amiante 2 Danièle Dubé nous présente le goéland argenté, cet oiseau opportuniste André Delisie nous initie à cette technique toute 3 particulière de jardinage sans terre qu'est l'hydro-ponique et nous présente les expériences québécoises dans ce domaine 1810 FAITES-VOUS PLAISIR ABONNEZ-VOUS! Au Canada: ?Groupe: (10 et plus — 1 an): $17.00 ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros) : $ 35.00 ?Abonnement régulier (1 an / 12 numéros) : $ 19.00 À l'étranger: ?Abonnement spécial: (2 ans / 24 numéros): $45.00 ?Abonnement régulier: (1 an / 12 numéros): $25.00 COUPON D'ABONNEMENT ?abonnement (à remplir en lettres majuscules) D réabonnement 31 1 | nom 1 1 1 MINI M M M M M 61 prénom 80 LBJ U 7 1 | 8 1 1 1 1 M 1 1 1 1 M 1 1 1 1 1 1 1 9 1 | numéro i l 1 rue 1 M 1 1 1 appartement 28 1 1 II 1 1 1 M 1 29 II ville Ml 1 1 1 1 1 1 48 1 M 1 1 II 1 1 1 68 ?Chèque ou mandat postal ci-joint ?Veuillez me facturer •Tarif en vigueur jusqu'au 31 mai 1981 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec.G1T 2R1 49 province ou pays 69 code postal 74 Quand vous demandez des Lois et n’acceptez rien de moins, vous ne faites pas preuve d’entêtement, mais de discernement.Vous ne demandez que ce qui vous va le mieux, rien d’autre. À l'Université du Québec à Montréal Un projet de recherche POUR DÉSODORISER, DÉSINFECTER ET RECYCLER LE PURIN DE PORC En quelques années, la production porcine québécoise a augmenté de 70%, atteignant aujourd'hui près de quatre millions de têtes.Les terres des régions où sont concentrées les grandes exploitations porcines (Beauce-Nord, Dorchester, Yamaska, l'Assomption, l'Achigan) ne suffisent plus à l'épandage du purin non traité qui, par ruissellement ou infiltration, contamine les eaux de surface et les eaux souterraines.Alfred Jaouich, professeur au département des sciences de la terre de l'Université du Québec à Montréal, étudie les possibilités d'adapter aux rigueurs de notre climat le procédé «FUCHS» de traitement du purin; il se propose également de récupérer la chaleur générée par le procédé ainsi que les fertilisants du purin traité.Pour cette recherche, le professeur Jaouich s'est adjoint un étudiant gradué de l'U.Q.A.M.: Adrien Pilon.Ces deux chercheurs ont Bénéficié des avis de Daniel Cluis (I.N.R.S.-Eau) et Carol Emond (Environnement Québec).Grâce à une subvention du ministère de l'Environnement, des installations de recherche ont pu être construites près de la rivière l'Achigan sur la terre de Maurice Beau-champ, éleveur de 500 porcs.Le traitement du purin Un premier réservoir sert à recueillir le purin en attendant qu'il atteigne une quantité suffisante pour le brassage.Il s'agit ensuite, dans un second réservoir, de brasser le purin pendant cinq jours en lui injectant de l'air, ce qui a pour effet d'intensifier l'activité des bactéries déjà présentes dans le purin.Cette activité bactérienne est productrice de chaleur (jusqu'à 75°C); elle favorise par conséquent la croissance des bactéries qui préfèrent les hautes températures.Les bactéries thermo-philes décomposent les hydrates de carbone, les protéines, la cellulose.Elles désinfectent, désodorisent et diminuent la charge organique polluante.L'équipement du réservoir de brassage comprend un appareil pour l'injection de l'air (entrée d'air et moteur électrique muni d'une hélice qui pousse l'air dans le mélange) ainsi qu'un coupe-mousse pour éliminer l'excès de mousse qui se forme sur le dessus.Des pompes sont utilisées pour le remplissage et le transvidage des réservoirs.Récupération de la chaleur Afin de minimiser les pertes de chaleur lors du démar-1 rage du traitement en hiver avec du purin dont la température a parfois baissé jusqu'à 5°C, la partie latérale de la cuve de traitement est isolée avec du polyuréthane giclé.La mousse qui se forme sur le : às .dessus isole suffisamment la partie supérieure du réservoir.Des relevés de température à l'intérieur du réservoir de traitement lors de conditions climatiques extrêmement rigoureuses ont démontré l'intérêt de récupérer à des fins de chauffage la chaleur produite par l'activité bactérienne.Le professeur Jaouich estime quelg^mjrin de 500 P ° re|j^^^iir|jfWÏ*^hau f f e r -.frhatlson dp fernrofiiSfcaHle FILTRE ENRICHI > I F Û RI N TRAITÉ I V moyenne.Dans une région qui compte des centaines de milliers de porcs, imaginez les possibilités de récupération de chaleur d'une usine de traitement avec plusieurs cuves de brassage.Un engrais de qualité Une fois traité, le purin est ‘ entreposé dans un troisième Réservoir dont le fond est recouvert d'un filtre absorbant COUPE-MOUSSE (fourbe ou de la paille) HTient les éléments solides roues, chimiques et bio-SÇftJues) et ne laisse passer qu'une eau à peu près inoffensive — les résultats de la recherche préciseront les modalités du retour à la nature de ce filtrat.L'absorbant enrichi sera ensuite transféré dans des citernes mobiles et épandu sur les cultures pour les engraisser.Les résidus de l'élevage québécois représentent annuellement un potentiel de pollution équivalant aux rejets de 40 millions de personnes ou encore une perte, en valeur fertilisante, de $100 000 000.Le système de gestiarî vdes fumiers (cette appellation est justifiée par le fait qu'il ^'applique au fumier de plusieurs animaux) mis au point par les chercheurs de l'Université du Québec est susceptible de réduire cette perte, tout en assurant une protection efficace de l'environnement.EAU (FILTRAT) Université du Québec/publi-reportage/Clément SIMARD
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