Québec science, 1 janvier 1976, Décembre
Volume 15, numéro 4 NOVEMBRE 1976 $1.75 SCIENCE 0 « LE LIVRE QUE NOUS VOUS CONSEILLONS CE MOIS-CI William Skyvington Machina sapiens Essai sur l’intelligence artificielle 6r0o#Aië.LiM Seuil Longtemps thème mythique de science-fiction ou prétexte à dissertations philosophiques formelles, l’intelligence artificielle est aujourd’hui le point de convergence de nombreuses recherches.Des programmes expérimentaux capables de démontrer des théorèmes de logique ou de géométrie, de jouer aux échecs, de reconnaître des formes, de simuler le mouvement, de dialoguer avec un interlocuteur, ont été mis au point.Inversement, toute avance de notre savoir sur ces cerveaux artificiels peut être riche de conséquences pour notre connaissance des mécanismes de fonctionnement du cerveau humain.Les théories actuelles de la mémoire, ou celles du langage, se voient ainsi confrontées aux travaux sur l’intelligence artificielle.Désormais, toute réflexion sur les sérieux problèmes épistémologiques, et métaphysiques, que pose la notion même d’intelligence artificielle, doit échapper à la pure spéculation et tenir compte des réalisations concrètes déjà abondantes.WILLIAM SKYVINGTON né en Australie en 1940.Fait d'abord carrière dans l'informatique, puis se reconvertit dans l’audiovisuel comme auteur d’émissions de télévision au Service de la recherche de l’ex-ORTF et ensuite comme réalisateur de films éducatifs.Participe actuellement à la mise au point d’un grand projet visant à intégrer l’informatique et l’audiovisuel dans un système d’EAO (enseignement assisté par ordinateur) à destination du Tiers Monde.WILLIAM SKYVINGTON, Machina Sapiens Procurez-vous le Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de $.au prix de: $: 23.25 pour.exemplaire (s).Nom .Adresse .Téléphone .QUEBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 (418) 657-2426 Retournez ce coupon ou un fac-similé accompagné de votre paiement à l’ordre de QUEBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 Sommaire Comité de soutien Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec,-quatrième trimestre 1976.Répertorié dans PERIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti; LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.© Copyright 1976 — le magazine Québec Science - Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois conception et réalisation graphiques Patricia Larouche secrétariat Nicole Bédard Diffusion Collaborateurs André Delisle, Jean-Marc Fleury, Michel Gauquelin, Fabien Gruhier, Charles Meunier, Gilles Provost, Joseph Risi, Pierre Sormany, Yanick Villedieu Publicité Agence de vente publicitaire A.F.inc (418) 658-0002 Photogravure Audart Inc.Impression Imprimerie Canada Inc.Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $15.00 Çroupe (10 et plus); 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Dans un article récent intitulé «Les singes Iter d'Outremont», il est fait mention d'une |p possibilité de création d'une association d'éthologistes dès cet automne.Il méfait bt plaisir d'apprendre à vos lecteurs qui ne le r.:: S.G sauraient pas que cette société existe depu pu 'ée iîc l'automne 1975 et qu'elle a été incorporée depuis.Le premier exécutif de la Société p : - IE$0 3.tUi québécoise pour l'étude biologique du comportement (SQEBC) est constitué de Jean Gingras, professeur à l'UQAM, président, Don Kramer, professeur à l'université McGill, vice-président, Louis Lefebvre, chargé de cours à l'Université de ; Montréal, secrétaire, Jacques Prescott, du Jardin zoologique d'Orsainville, trésorier e Robert Joly du Service de la faune du Québec, conseiller.Notre société entend surtout promou voir l'étude et la connaissance de l'éthologie en favorisant les contacts entre ses membres et en facilitant la diffusion dans le grand public des connaissances acquises par cette science.Divers moyens sont déjà envisagés pour y parvenir: organisation de conférences, contacts avec la presse, organisation d'un congrès annuel où les membres présenteront leurs plus récents travaux, etc.J'aimerais profiter de vos colonnes pour inviter vos lecteurs intéressés par l'éthologie à joindre les rangs de notre société —adresser les demandes d'informa tion à Louis Lefebvre, secrétaire, département de psychologie.Université di Montréal, C.P.6128, Montréal— et annoncer notre premier congrès annuel qu se tiendra les 27 et 28 novembre à l'université McGill.Hoitii «t Claude Robichaud Sarnia, Ontario Pour connaftre les universités qui offrent le cours en architecture paysagée, il faut se renseigner auprès de chacune d'elles.Au Québec, l'École d'architecture de l'Université de Montréal offre cette spécialité à ses étudiants.Quant aux organismes qui se consacrent à la défense de l'environnement, il en existe plusieurs au Québec, entre autres: la Société pour vaincre la pollution (B.P.65, Place d'Armes, Montréal, Québec), la «Society to overcome pollution» ou STOP (2052, Sainte-Catherine ouest, Montréal 108, Québec), le Regroupement québécois pour /'environnement (C.P.1446, Place d'Armes, Montréal, Québec) et le Conseil québécois de l'environnement (Faculté de géodésie et de foresterie, université Laval, Québec).NOUS PRENONS NOTE Aurait-on dernièrement changé les unités de mesure de longueur?Cela me surprend beaucoup.En effet, dans votre édition du mois d'août, sous votre rubrique Courrier, en réponse à une lettre de M.Jacques Valentine, vous donnez une longueur d'onde comme étant 8 000 «amstrongs».Or, là d'où je viens, on a toujours mesuré les ondes en «Angstroms».J'ose espérer qu'il s'agit là d'une erreur de typographie.Et elle est pénible à lire! Je me permets aussi de vous faire remarquer que le joule, unité d'énergie, est du genre masculin et non pas féminin comme il est employé à tort dans l'article paru au même mois, « Le gaspillage de l'usine alimentaire» par ailleurs fort intéressant.J'ai cru nécessaire de mentionner ces deux erreurs pour le bien de la science en français.Louise Racicot Chalk River, Ont.Jean Gingras pour l'exécutif de la SQEBC Montréal h hit MERCURE ET DOMTAR J'aimerais, si cela vous est possible, recevo l'adresse où je pourrais communiquer avec le Centre de recherches de la Domtar, situé à Senneville dont il est question dan: la bibliographie de l'article: «Le mercure, d'où vient-il?» de votre numéro de février 1976 en page 26.Jean-Yves Déry Montréal N; // vous suffit d'écrire au Centre de recherche de Domtar, Senneville, Québec.’Olii INFORMATION OU PUBLICITÉ J'ai été particulièrement intéressé par l'article sur «Les marchands de religion», étant ennuyé régulièrement par des QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 5 COURRIER mpoil eiu iluéi rà Loti «stfl ssioSï brochures «scientologiques».J'espère que fa cet article rendra les lecteurs plus prudents iationl sur la voie de la connaissance d'eux-mêmes.Imefaii Je souhaite cependant qu'il y ait d'autres articles traitant cette fois des bienfaits stedffKj d'au très mouvements plus sérieux comme le Yoga, le Contrôle mental, ou la Méditation transcendantale.Malgré que cette dernière ne peut se prétendre «sans but lucratif».Je dois aussi vous féliciter pour votre (article sur les méfaits du tabac; étant dans le monde para-médical, je ne peux qu'applaudir à une telle initiative.Je dois vous donner une mention toute ésofieüjspéciale aussi pour la qualité de la publicité du qui apparaft dans Québec Science.On peut presque parler d'information plutôt que de publicité et aussi de sa discrétion qui surprend.Je ne sais s'il est question de jsenttjpublier, ou si c'est déjà fait, des cahiers spéciaux sur des sujets particuliers, mais ce serait sûrement une initiative louable.fa :faJ Sîlftl ipllli Jlltë Jacques Robichaud Montréal LES DÉCEPTIONS D'UN INVENTEUR Félicitations pour l'article sur les inventions; le titre Cul-de-Sac est parfait.Après une trentaine de réussites techniques et aucune commerciale, j'apprécie la mise au point de JM.Meunier.Mon plus grand désappointe-' nient est mon panneau-réclame à vingt it i images, breveté au Canada et aux Ëtats-' Unis, il y a quinze ans.Edgar Bouchard Québec LE CIEL DES ANTILLES ; Cet hiver, je passerai mes vacances dans les Antilles, plus précisément en Haiti, et j'ai l'intention d'apporter avec moi mon matériel d'astronomie.C'est pourquoi j'aimerais bien avoir une carte du ciel pour cette région durant le mois de décembre et de janvier, carte semblable à celle que vous aviez publiée dans votre numéro de janvier 1976.Si dans l'impossibilité de votre part de satisfaire à ma demande, pourriez-vous m'indiquer où je pourrais me la procurer.Jocelyn G ingras Victoriaville : lei I Deux options vous sont offertes.Vous oouvez vous procurer ie ((Graphic Time Table» du Maryland Academy of Science (119, Centre Howard Street, Baltimore, Maryland 21201).Pour la somme de 1 à 1.50 dollar, vous obtiendrez une carte du die! pour la latitude et la longitude de Baltimore.Une autre possibilité est de vous adresser à T((Astronomical Data Service» (1901, Old Middlefield, suite 14A, Mountain View, California 94043) qui, pour la somme de 9 dollars, peut vous fournir la carte du ciel de n'importe que! endroit, du moment que vous leur indiquiez la latitude et la longitude.POUR L'ÉNERGIE DOUCE J'aimerais recevoir de plus amples informations sur le système de chauffage appelé «thermopompe».Aussi des informations sur l'endroit où il est possible de se procurer des plans d'une maison (type Macaza) chauffée par l'énergie solaire, sur son coût d'installation et coût annuel de fonctionnement, et la liste des régions propices à la construction d'un tel type de maison.Mario Fournier Matane Toute information sur la «thermopompe» peut être obtenue en vous adressant à Invention Québec, au soin de M.Jacques Tremblay, 4101, Jarry est, chambre 303, Montréal.H est à noter que même THydro-Québec, dans une optique d'économie d'énergie, commence à s'intéresser aux possibilités des thermopompes.Quant à l'énergie solaire et à ses applications, nous prévoyons un article long sur ce sujet au cours du printemps prochain, et une rubrique sur le type de maisons solaires que vous mentionnez dans notre prochain numéro.Dans ce numéro-ci, vous trouverez déjà quelques indications dans le pubü-reportage du ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources du Canada.LES «OVNI» POUR BIENTÔT Votre magazine est toujours intéressant.On vous le dit souvent,.tant pis si je le répète.Est-ce que le sujet «OVNI» peut être considéré comme scientifique et pourriez-vous en faire le sujet d'un de vos prochains articles.J.Bugnon Vimont-Laval Les «OVNI» seront en effet le sujet d'un article dans un de nos prochains numéros.Les Éditions du CNRS publient des ouvrages dans toutes les disciplines relevant des sciences exactes et naturelles ou des sciences humaines.11 s’agit moins de livres de lecture courante que de documents de référence, d’instruments de travail élaborés par des chercheurs pour d’autres chercheurs ou pour un public cultivé soucieux d’améliorer un niveau culturel déjà élevé.Le fonds des Éditions du CNRS comprend plus de 1800 titres presque tous disponibles.CHOIX DE TITRES L’ÊRE DE LA PERSONNALITÉ ESSAI SUR LA STRATÉGIE CRÉATRICE Charles TAVEL 1975.360 pages$15,60 PROSPECTIVE DE L’ÉTAT Alain PLANTEY, 1975.308 pages$ 9.90 TUNISIE DU SUD, KSARS ET VILLAGES DE CRÊTES André LOUIS, 1975,372 pages $31.20 PRÉVISION QUANTITATIVE DES EFFETS PHYSIOLOGIQUES ET PSYCHOLOGIQUES DE L’ENVIRONNEMENT THERMIQUE CHEZ L’HOMME Colloque 225, 1975, 584 pages $31.20 POLYMÈRES ET LUBRIFICATION Colloque 233, 1975.480 pages $49.40 ENFANT EN JEU Marie-Josée CHOMBART DE LAUWE et collaborateurs, 1976, 346 pages$ 7.80 LE DÉCOR DE THÉÂTRE DE 1870 à 1914 Denis BABLET, 1975, 644 pages$26.00 GÉOMÉTRIE SYMPLECTIQUE ET PHYSIQUE MATHÉMATIQUE Colloque 237, 1976.378 pages $39.00 ÉDITIONS DU CNRS Centre National de la Recherche Scientifique (Paris) NOM.ADRESSE.désire recevoir votre documentation DIFFUSION AU CANADA Editions du CNRS Les Presses de FUniversité de Montréal CP.6128.Suce."A" Montréal.Que.Canada H3C 3J7 Tel: 343-6929 publi-reportage I* Énergie, Mines et Ressources Canada Le chauffage représente environ 40 pour cent de la consommation totale d'énergie au Canada; il va sans dire que mettre à profit le rayonnement solaire permettrait de réaliser des économies substantielles d'hydrocarbures.Un système de chauffage solaire comprend deux éléments principaux: des capteurs grâce auxquels l'énergie thermique des rayons est transmise à un fluide et un «réservoir de chaleur» qui assure la relève durant les jours pluvieux ou particulièrement froids et durant la nuit.Les capteurs solaires consistent généralement en une série de panneaux, chacun étant constitué d'une plaque noire métallique (cuivre ou aluminium) recouverte d'une double épaisseur de verre.Sur la plaque sont soudées des canalisations dans lesquelles un fluide (de l'eau ou de l'air) circule.Les panneaux sont habituellement installés sur le toit, quelquefois contre les murs de la maison, font face au sud et sont inclinés de telle sorte que leur axe soit perpendiculaire à la direction des rayons du soleil en hiver.Des températures de l'ordre de 90°C peuvent facilement être atteintes.NOUVELLES FILIÈRES ÉNERGÉTIQUES L’ÉNERGIE SOLAIRE: le chauffage Le réservoir d'eau chaude constitue la forme de stockage de l'énergie couramment utilisée dans les maisons solaires au Canada.Une pièce remplie de pierres aménagée sous le sous-sol peut aussi servir d'accumulateur de chaleur.L'association d'un capteur à eau et d'un réservoir d'eau est plus efficace (et beaucoup plus dispendieuse) que celle d'un capteur à air et d'un lit de pierres.Plusieurs facteurs doivent être pris en considération lors de la conception d'un système de chauffage solaire: la proportion de la demande en énergie qui devra être rencontrée, le degré d'autonomie que l'on désire accorder au système, les contraintes pécuniaires, les conditions climatiques locales.De toutes les combinaisons possibles impliquant le choix des capteurs, la surface qu'ils occuperont, le mode de stockage et sa capacité, il est difficile pour le moment de déterminer lesquelles sont les plus avantageuses.On mise habituellement sur un système qui comble de 40 à 80 pour cent des besoins en chauffage et sur un stockage qui permet de faire face à une pénurie de soleil durant quatre ou cinq jours tout au plus.Une maison solaire de 125 mètres carrés construite à Surrey en Colombie-Britannique possède des capteurs solaires couvrant 37 m2 et un réservoir d'eau chaude de 3 600 litres.D'une surface à peu près égale, la maison de Doug Lorriman à Mississauga en Ontario est dotée quant à elle de capteurs couvrant 55 m2 et de deux réservoirs de 11 250 litres chacun.Dans le premier exemple, le système fournit 50 pour cent de la chaleur et dans le second, plus de 80 pour cent.Très dispendieuse mais exclusivement chauffée grâce à l'énergie solaire, une maison de 360 m2 conçue par Frank Hooper et John Hix, située à King City à une trentaine de kilomètres de Toronto, possède 65 m2 de capteurs solaires et un réservoir de 270 000 litres d'eau.ce qui correspond à une piscine aux dimensions respectables: 16 m de largeur, 17 m de longueur et 1 m de profondeur! La quantité de chaleur emmagasinée (durant l'été seulement) est suffisante pour parer aux rigueurs de l'hiver.Dans le village de La Macaza, à 170 kilomètres au nord de Montréal, l'université McGill, en collaboration avec l'Hydro-Québec et le gouvernement fédéral, a construit une maison solaire de 98,5 m2.Le principal objectif des concepteurs était de mettre au point un système efficace au plus bas prix possible.Ainsi, les capteurs (45 m2) ont été installés non pas sur le toit mais sur un mur ce qui permet, outre de diminuer les coûts, de récupérer la lumière reflétée par la neige.Ce n'est pas de l'eau mais de l'air qui circule dans les capteurs.La chaleur est stockée grâce à 33 600 kilogrammes de pierres (ou 22 m3 ) d'un diamètre de 5 à 10 cm environ.Entre septembre et mai, l'énergie recueillie équivaudra à 9 600 kilowatts-heures soit 56 pour cent de la demande.Le coût net du système s'élève à 4 700 dollars seulement.de quoi faire rêver bon nombre de propriétaires de maisons conventionnelles. QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 7 DÉMOGRAPHIE Bien du monde à compter [ En 1986, la population du } Québec devrait normalement ! être de 6,9 millions de personnes ji et quinze ans plus tard, en l'an I 2001, atteindre 7,5 millions de |l personnes, la croissance devant se révéler moins rapide à partir | de la fin des années 80.Fondées 1 sur une hypothèse moyenne I (fécondité basse de 1,8 —soit I environ 2 enfants par famille— et migration annuelle nette i positive de 7 000 personnes), ces i prévisions montrent que les i temps ne sont plus, pour les i décennies à venir du moins, aux taux de croissance spectaculaires.Même dans l'hypothèse la plus | forte (fécondité de 2,4 et balance migratoire positive de 14 000 I personnes par année), la population du Québec augmenterait tout au plus de j 34,4 pour cent de 1973 à 1995: cette hypothèse est toutefois peu probable.Et dans le cas où l'hypothèse faible s'appliquerait (fécondité de 1,8 et solde i migratoire négatif de 9 000 i personnes), on observerait même une légère diminution de la I population québécoise dans à peine 25 ans, c'est-à-dire au début du XXlième siècle.| Ces données sont tirées d'une | toute récente publication du j Bureau de la statistique du j Québec, le BSQ, parue sous le | titre de Perspectives démogra-\ phiques pour le Québec: quatre I hypothèses, 1973, 1986, 2001.! Avec quatre autres études I portant sur les tendances passées et les perspectives de la fécondité, de la mortalité et des échanges : migratoires ainsi que sur les perspectives démographiques par 1 région et par grands périmètres urbains, cette publication forme une bonne partie de la collection «Analyse et prévision démogra-I phique» que le BSQ a entrepris i de publier.En tout, un imposant I et fondamental travail sur la j population québécoise, que doit j compléter sous peu une synthèse plus facile d'accès que les | ouvrages actuellement sortis.Sans pouvoir bien évidemment ! épuiser la foisonnante richesse de ces publications, quelques données glanées ici et là retiendront l'attention.La fécondité a régulièrement et sérieusement baissé au Québec depuis les dernières décennies: si chaque Québécoise avait en moyenne 4,4 enfants en 1926, le nombre était tombé à 1,8 en 1973.Vers 1980, il aura encore descendu, puisqu'il sera de 1,7.11 devrait remonter à 1,8 en 1986.Pour le dire d'une autre façon, les Québécoises mettent actuellement au monde 90 000 enfants par an: le même nombre qu'en 1920: mais à l'époque, nous étions 2 millions contre 6 aujourd'hui.Fait à souligner, une importante partie de la baisse de la fécondité a été enregistrée chez les femmes d'âge moyen et mûr: par rapport aux années 20, le taux de fécondité chez les 40 ans et plus a diminué de plus de 80 pour cent.Côté mortalité, les études du BSQ confirment qu'il nous sera de plus en plus difficile d'augmenter notre espérance de vie, surtout dans la partie masculine de la population.De 1971 à 1986 par exemple, les hommes québécois ne devraient enregistrer des gains que de 0,7 année en matière d'espérance de vie à la naissance.Par ailleurs, l'écart entre les deux sexes se creusera encore: après s'être multiplié par quatre entre 1931 et 1971, cet écart atteindra 8,8 ans en 1986, au bénéfice des femmes comme on le sait sans doute.Les problèmes en matière de mortalité continueront donc de se situer côté masculin de la population, ainsi que dans le groupe d'âge de 15-35 ans, femmes comprises.Dans le domaine des échanges migratoires, les travaux du BSQ mettent en lumière, entre autres phénomènes, un paradoxe intéressant: le Québec maintient généralement un bilan positif en ce qui a trait à l'immigration internationale.Par contre, il y perd constamment, même en période dite favorable, dans ses échanges avec les autres provinces canadiennes.11 va de soi que toutes ces prévisions statistiques ne s'appliquent pas uniformément et également à toutes les régions et à toutes les agglomérations urbaines québécoises.Les études du BSQ montrent que des villes comme Hull, Québec et Saint-Jean connaftront une croissance démographique très forte d'ici à 1981 alors que des villes comme Granby et Rouyn seront en stagnation et que Shawinigan sera en baisse.Quant aux régions socio-économiques, leurs populations respectives seront plutôt stables jusqu'en 1986, sauf dans trois cas: les régions de Montréal et de l'Outaouais seront en augmentation et le Nord-Ouest en diminution.(Y.V.) ÉNERGIE Le chapeau d'âne pour le Canada éditeur officiel du québec \-tnvAtUt'V En comparaison des progrès substantiels réalisés en matière d’économies d'énergie par une vingtaine de pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats du Canada laissent beaucoup à désirer.Le Canada se situe au-dessous de la moyenne de ces pays en ce qui concerne la réduction de la consommation d'énergie au cours des deux dernières années.Dans le secteur des transports, les rendements canadiens sont très médiocres à cause de la grande consommation de carburant par voyageur-kilomètre et du coefficient d'occupation très faible enregistré pour les voitures dans la circulation urbaine.Le secteur industriel est tout aussi déficient: le Canada se classe au dernier rang pour les rendements énergétiques de la production des pâtes et papiers, ainsi que des produits pétroliers.Dans la construction, un nouveau code d'isolation a été institué, mais il doit encore être accepté par les provinces avant d'entrer en vigueur.Encore là, les résultats positifs se font attendre.De telles constatations ont été publiées dans le premier rapport du Groupe de conservation d'énergie de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).L'AI E, organisme créé par l'OCDE il y a deux ans, expose dans ce rapport les résultats de l'examen des programmes de conservation menés par les 19 pays participants en 1975.L'une des principales tâches auxquelles se consacre l'Agence est de promouvoir des efforts d'économie énergétique de la part de ses membres.À cette fin, elle procède périodiquement à l'analyse, secteur par secteur, des économies d'énergie; elle examine ensuite les progrès de chacun des pays et compare l'efficacité des politiques mises de l'avant par ces pays.Cette évaluation constitue à la fois une critique des divers programmes et un échange d'expériences pouvant bénéficier aussi bien aux pays participants qu'aux récalcitrants.L'évaluation 1976 des programmes a permis de formuler deux observations.D'abord, les résultats obtenus par les pays de l'AI E valent une mention.La consommation totale d'énergie, en 1975, a été réduite de 14,3 pour cent par rapport à la consommation que l'on aurait sans doute enregistrée si la demande avait continué à progresser à son rythme moyen de la dernière décennie.Cette diminution s'explique toutefois partiellement par la douceur exceptionnelle de l'hiver dans maintes régions de la zone de l'AIE.11 ne faut pourtant pas sous-estimer l'effet des hausses de prix et de taxes à la consommation d'énergie.Mais l'Agence conclut aussi aux possibilités considérables de réduire encore la demande, du fait que parallèlement à des efforts très 8 décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE M louables, quoiqu'insuffisants, de conservation d'énergie, les pays cherchent malgré tout à assurer leur approvisionnement énergétique.Et ce faisant, les pays annulent les effets positifs que pourraient avoir les économies d'énergie; certaines études ont même démontré l'avantage des économies sur toute tentative de développement de sources d'énergie intérieures du point de vue du rendement des investissements autant financiers qu'énergétiques.L'avenir des économies d'énergie dans l'AI E se présente, selon les conclusions de ce deuxième examen des programmes nationaux, sous un jour assez incertain.Donnera-t-on davantage la priorité à l'adoption de mesures plus vigoureuses visant la demande d'énergie?Des politiques ont été adoptées, des programmes mis en place afin d'inciter consommateurs, industries et gouvernements à se comporter en «bons gestionnaires».Il est moins certain que les pays consentiront à initier des programmes pour stimuler les investissements indispensables pour faire, à long terme, de l'économie d'énergie une réalité des années à venir.Les responsables de l'AIE sont particulièrement préoccupés par les pays qui continuent à fixer le prix de l'énergie à un niveau inférieur aux prix du marché mondial.Des bas prix (fictifs) de l'énergie découragent la recherche de solutions de rechange moins coûteuses et retardent l'affectation d'investissements à l'amélioration des rendements énergétiques.Ces prix inférieurs aux coûts réels incitent aussi les consommateurs à se désintéresser de l'utilisation rationnelle de l'énergie.Or, au Canada, le prix de l'essence et du gaz est, à une exception près, le plus faible en comparaison des pays de l'AI E, bien qu'il ait sensiblement augmenté au cours des deux dernières années.Le gouvernement a bien pour politique de les rapprocher des niveaux internationaux, mais aucun calendrier n'a été fixé à cet égard.On comprendra que le ministre fédéral de l'Énergie, M.Alastair Gillespie, ait réagi en affirmant que l'examen de l'Agence de l'OCDE ne pouvait vraiment juger d'une telle situation, étant ignorante de certaines mesures trop récentes.M.Gillespie s'est d'ailleurs empressé, suite à cette critique de la position canadienne, de souligner certaines initiatives non mentionnées par le rapport de LAIE.Par exemple, l'augmentation des prix du pétrole et du gaz vers le niveau international, mais à un rythme conçu pour amortir le choc auprès de consommateurs canadiens.Aussi, la stratégie d'énergie canadienne, publiée en mars 1976, stratégie qui engage le pays vers des objectifs d'économie bien définis.Enfin, l'imposition d'une taxe d'accise sur les automobiles lourdes et la levée de taxes sur les équipements industriels destinés à économiser l'énergie.Il faudra cependant attendre à l'an prochain pour savoir si ces mesures rencontreront les attentes du ministre de l'Énergie; une amélioration spectaculaire devrait être observée grâce à la conjugaison des efforts nationaux et des programmes provinciaux annoncés récemment, après la remise des données canadiennes à l'AI E.Le ministre va même jusqu'à garantir la volonté manifestée par les Canadiens —gouvernants, industriels et individus— de s'engager dans une lutte plus vigoureuse contre les gaspillages d'énergie.L'Agence, elle, remettait en question ces programmes fondés exclusivement sur l'information et la bonne volonté.Des incitations doivent renforcer les programmes.C'est ce que l'AI E propose au Canada, qui hésite pourtant à s'engager dans cette voie.(A.D.) GÉNÉTIQUE De la mouche à l'homme Jouer avec les chromosomes d'une mouche afin de la rendre thermosensible peut paraftre un passe-temps original, mais sans importance.C'est pourtant la passion d'un biologiste canadien, le professeur David Suzuki de l'Université de la Colombie-Britannique.Et cette passion le place aujourd'hui à l'avant-garde de la recherche entreprise en vue d'établir un lien entre les mutations et leur origine génétique; il travaille sur la mouche du La mouche du vinaigre La drosophile présente plusieurs avantages pour l'expérimentation en génétique.Elle est si petite et si simple à élever qu'on peut en garder des milliers dans un laboratoire.Autres avantages, son temps de génération est seulement de deux semaines et ses cellules somatiques ne contiennent que huit chromosomes, comparativement à 46 pour l'homme.vinaigre.{Drosophila melanogas-ter) dont l'organisme se situe à mi-chemin entre la bactérie et l'être humain quant à la complexité chromosomique et au nombre de gènes.M.Suzuki utilise une technique bien connue en bactériologie; il provoque des mutations qui n'apparaissent que lorsqu'on élève la température.Avec une grande patience, il a réussi à créer des mutants du type «ts» qui se comportent normalement à 22 degrés Celsius, mais qui deviennent paralysés lorsque la température augmente de 7 degrés Celsius seulement pour atteindre 29 degrés Celsius.Les résultats surprenants de cette recherche (commentés dans la revue Science Dimension, vol.8, no 3) laissent prévoir de nouveaux progrès dans la compréhension des troubles neurologiques chez l'homme; c'est d'ailleurs pour cette raison que ce travail a subitement soulevé un grand intérêt chez les biologistes à travers le monde.Le mutagène chimique utilisé (le sulfonate d'éthyle-méthane) provoque une mutation ponctuelle qui se manifeste par la formation, dans l'insecte, d'une protéine ayant une sensibilité élevée aux variations de température.Cette protéine thermolabile évolue à mesure que la température s'élève, de sorte que l'anomalie —la paralysie— apparaft dès qu'elle cesse de remplir ses fonctions biologiques normales.Le problème consiste dès lors à identifier les mouches paralytiques thermosensibles ainsi que I protéine musculaire qui est responsable de la paralysie à des températures légèrement plus élevées.- - ::: Ml Après un travail gigantesque qui comportait l'examen de plus de 750 000 mouches, les collaborateurs de M.Suzuki n'ont trouvé qu'un seul spécimer -dont la protéine musculaire correspondait au modèle prévu.Le comportement du spécimen était sensationnel.La mouche volait normalement à 22 degrés Celsius, mais lorsque la température montait à 29 degré; Celsius elle paralysait en moins d'une seconde.Cependant, en tombant dans un bocal refroidi 22 degrés Celsius, elle reprenait son vol normal avant même d'atteindre le fond.L'induction et l'abolition de la paralysie étaient donc pratiquement instantanées, ce à quoi il fallait d'ailleurs s'attendre de la part d'une protéine musculaire thermosensible.Cette paralysie réversible pouvai ,%?too s'expliquer aussi par un blocage des signaux allant du cerveau aux muscles —une défectuosité nerveuse.11 s'est avéré que les régions qui contrôlaient l'aptitude de la mouche mutantel^ à voler étaient le cerveau et troisf%, grands groupes de cellules nerveuses (ganglions) intervenan dans le mouvement des pattes.I s'agissait donc d'une anomalie dans le tissu nerveux.A la suite de cette découverte, il sera dorénavant possible d'étudier, par extrapolation, les anomalies neurales en général.« ei flerr t: - i^po seuls •• h to Ce travail de bénédictin comportait en tout des recherches sur 1,8 million de mouches et il aboutissait à la découverte de trois types de mutants thermosensibles.Finalement, l'analyse génétique a montré que toutes les modifications de l'AD étaient situées dans trois zones distinctes du chromosome sexuel de la mouche.(J.R.) toit 'k QUEBEC SCIENCE / décembre 1976 9 MCE [flIIS iliii i ÉLEVAGE site [.de Utile ions sà La contrebande des escargots ne ?pre» ;im udiîj d»fs jieaiü moii'sj ilioidii lierai poiiijil :|«2« Un quartier de Montréal est depuis cet été infesté par des escargots.comestibles.Ces derniers auraient échappé à la vigilance des douaniers chargés d'empêcher les gourmands de rapporter de voyage les producteurs de leurs futurs mets d'entrée! Au cours des trois derniers mois, pas moins de 150 kilogrammes d'escargots vivants ont été confisqués dans les aéroports de la région de Montréal.Ces voyageurs clandestins étaient transportés dans les bagages de gourmets audacieux.Les escargots que l'on trouve au Canada sont trop petits pour être consommés.Aussi, les gourmands économes et débrouillards sont tentés d'en importer d'Europe et d'Afrique du Nord.Ces derniers sont plus gros et ont très bon goût! La seule façon de les introduire au pays, officiellement s'entend, consiste à les acheter en conserve ou congelés.Malheureusement, les conserves ne se reproduisent pas et coûtent très cher.Cl11 0- * P>: 13^ (3 ; ni.^ i#1* -mi'18 ; ;# je, ! !«¦< Ceci explique qu'un résident montréalais ayant réussi à passer en contrebande quelques escargots d'origine européenne, a décidé d'en faire l'élevage dans sa cour.Ses espoirs ont été plus que comblés puisqu'ils se sont multipliés et ont rapidement envahi les jardins des voisins, à la recherche de leur nourriture préférée, les plantes vertes.Assez curieusement, les amateurs de jardinage ne semblent pas aussi amateurs d'escargots.Ces mollusques ont d'ailleurs un grand appétit et, à défaut de plantes vertes, s'attaquent à l'écorce des arbres et même à la peinture des maisons! Autre embarras: la variété choisie par notre ami éleveur et contrebandier semble pouvoir résister aux rigueurs de l'hiver.Son extermination risque alors de poser certaines difficultés.Un entomologiste d'Agriculture Canada a reçu cette «mission délicate».Il est théoriquement possible de combattre les escargots avec des pesticides.Toutefois, dans une ville, cela présente des dangers car ces produits attaquent aussi les animaux domestiques, les oiseaux et les écureuils.Dans certains cas, même les enfants pourraient être incommodés par ce traitement.L'on comprend alors l'inquiétude du représentant de la division de la protection des végétaux, chargé d'exterminer les escargots.Cette invasion d'escargots aura toutefois fait quelques heureux parmi les chercheurs québécois.Depuis plus d'un an déjà, les chercheurs du Centre de recherches en sciences appliquées à l'alimentation (CRESALA), rattaché à l'Université du Québec à Montréal, cherchaient des fonds pour créer un centre d'expertise sur l'escargot.Or, les subventions se faisaient attendre, l'étude des mollusques ne faisant pas partie des priorités nationales.Il a fallu les mauvais coups des mollusques de contrebande dans le quartier de Villeray de Montréal pour délier la bourse des gouvernants.Les responsables de la protection des végétaux, craignant les conséquences de la multiplication rapide d'escargots résistants à l'hiver québécois, ont choisi de faire appel aux chercheurs.Qu'il suffise de dire qu'à la première expérience de reproduction dans les laboratoires de CR ESALA, deux escargots ont engendré 70 petits.Les chercheurs de CR ESALA répondront d'abord à la question de la résistance à l'hiver des mollusques.Après quoi, on s'attachera à étudier la biologie et le mode de reproduction des escargots.Ceci en vue de la mise au point d'une technique d'élevage de cet animal comestible pour en faire une branche nouvelle dans l'industrie alimentaire québécoise.Une avenue qui vaut les 2,5 millions de dollars d'escargots avalés annuellement par les Canadiens.S'il devenait par là possible d'établir des élevages d'escargots au Canada, peut-être qu'alors les possibilités d'entrées clandestines seraient grandement diminuées.Entrées qui commencent à causer des dégâts sérieux à l'agriculture de certaines régions.Les escargots sont très difficiles à garder à l'intérieur d'un enclos; ils se répandent ainsi très rapidement à l'extérieur des lieux d'élevage.Les dommages qui en résultent sont proportionnels à leur nombre et à leur grosseur.Grosseur qui peut devenir impressionnante: à Vancouver, les inspecteurs du ministère de l'Agriculture ont confisqué quatre escargots géants originaires d'Afrique.Ces mollusques avaient une coquille d'environ dix centimètres de diamètre.Et un appétit à la mesure de leur taille.Ainsi, avis à tous ceux qui n'aiment pas les escargots: si vous trouvez de tels visiteurs dans votre jardin, faites une petite visite aux laboratoires du Centre de recherches en sciences appliquées à l'alimentation de l'Université du Québec à Montréal.(A.D.) PSYCHOLOGIE L'art d'être chef Les rapports interpersonnels, au sein d'un groupe, sont régis par certaines règles plus ou moins inconscientes.Or ces règles, ces structures de base qui régissent la vie d'un groupe, seraient permanentes, quel que soit le profil caractériel des individus en question, et quelle que soit la fonction du groupe (travail, loisir ou autre), selon le professeur Gilbert Tarrab, psychologue, de l'École de service social de l'Université de Montréal.M.Tarrab a entrepris, en 1964, ses recherches sur les groupes restreints en vue de dégager les modes de fonctionnement communs à toute dynamique de groupe.Récemment, il s'est intéressé à un aspect particulier de cette dynamique: la naissance des leaders.Selon ses premières recherches auprès de 35 groupes témoins (variant de 5 à 19 sujets), il se dégagerait toujours un leader, le plus souvent deux: un leader fonctionnel qui canalise les idées, stimule l'efficacité, et un leader affectif (celui qu'on aime).Dans les groupes où le rapport des sexes est équilibré, le leader fonctionnel est généralement un homme, et le leader affectif est presque toujours une femme.Cette «division du travail» entre deux pôles ayant chacun leur leader propre suscite toutefois de nombreuses questions: quels sont par exemple, les comportements spécifiques qui expliquent le choix d'une personne pour l'un ou l'autre de ces rôles.Pour y répondre, M.Tarrab utilise une observation systématique où tous les comportements individuels sont notés (leur fréquence) et classés selon une douzaine de catégories en raison de leur apport au groupe (grille de Baies).Les observateurs tracent ensuite un sociogramme du groupe (quelle personne vous choisiriez pour aller en pique-nique?quelle personne vous choisiriez pour travailler?etc.), et tentent de faire un recoupement entre les personnes qui ont un plus large ascendant (affectif ou fonctionnel) et leurs comportements spécifiques.Si G ilbert Tarrab n'a pas encore mis au point la «recette» parfaite pour devenir leader au sein d'un groupe, il n'en a pas moins entrepris l'investigation d'autres aspects de cette dynamique des leaders: comment s'effectue, par exemple, le rejet éventuel d'un leader; comment réagit un groupe lorsque le leader choisi s'oppose (consciemment ou non) à l'exercice de ce rôle; comment s'opère la transition dans l'attente d'un nouveau leader (au début, ou dans le cas de départ ou de rejet).(P.S.) T 10 décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE STRESS La maladie de l'impuissance Félix Leclerc vient de voir sa théorie confirmée par la science.La meilleure façon de tuer un homme, c'est de le payer pour ne rien faire! C'est Manfred Kets de Vires et ses collègues de la faculté d'administration de l'université McGill qui ont mené, l'année dernière, une enquête (accompagnée d'examens médicaux) auprès des employés d'une grande entreprise canadienne pour mettre en évidence les causes de stress (sous ses nombreuses manifestations: nervosité, insomnies, dépression, ulcères d'estomac, angines ou troubles cardiaques, etc.).Or, contrairement à ce qu'on croit trop souvent, les employés les plus haut placés dans la hiérarchie, ou ceux exerçant les plus lourdes responsabilités ont un taux très bas de stress, de même que ceux qui n'ont à peu près pas de responsabilités.Au contraire, ce sont les employés «supérieurs» ayant donc un certain niveau de responsabilité, mais dépourvus d'autorité pour les exercer qui sont le plus frappés par le stress.L'équipe en conclut donc que ces manifestations psychosomatiques associées à une trop forte tension caractériseraient les employés éprouvant un sentiment d'impuissance au sein de l'entreprise.Cela rejoindrait, par exemple, les recherches qui ont déjà établi le fort taux de crises cardiaques chez les retraités «récents» qui, eux aussi, éprouvent cette «impuissance» face à leurs responsabilités familiales ou, plus simplement, leurs habitudes de vie.Mais l'étude a aussi permis de mettre en évidence des faits nouveaux.Ainsi les manifestations émotionnelles du stress (insomnie, irritabilité, dépression, anxiété) sont plus prononcées chez les francopho- nes que chez les anglophones, chez les jeunes que chez leurs afnés, et chez les femmes que chez les hommes.Une fois encore, la fréquence de ces manifestations émotionnelles pourrait être associée au caractère insatisfaisant du travail de l'employé.À l'inverse, les anglophones semblent plus portés vers les troubles gastro-intestinaux (ulcères, mauvaise digestion),qui augmentent aussi en fréquence avec le niveau d'éducation.Contrairement aux troubles émotionnels, qui sont souvent associés à des événements survenus à l'extérieur du travail, les troubles intestinaux semblent uniquement reliés aux conditions professionnelles, ce qui expliquerait l'augmentation de leur incidence chez les personnes qui ont un travail plus exigeant ou plus intéressant.Quant aux troubles cardiovasculaires, ils augmentent avec l'âge (ce que l'on savait déjà), mais sont directement reliés, à l'intérieur d'un même groupe d'âge, aux conditions «émotives» de travail, c'est-à-dire au niveau de satisfaction.Mais ce qui fut le plus surprenant, c'est de constater que bien que les crises cardiaques affectent surtout les hommes, on ne trouva aucune différence entre le taux rencontré chez les femmes et les hommes, au sein de cette grande entreprise.Cela tendrait à démontrer qu'à travail identique, les femmes seraient tout aussi vulnérables aux troubles cardiaques que les hommes.L'équipe de recherche a tenté de mettre en relation ces divers types de manifestations (qui comprennent aussi la surconsommation de médicaments, les troubles respiratoires ou allergiques) avec diverses autres causes possibles, dont la personnalité de l'employé, qui n'entrerait en cause que pour les manifestations émotionnelles, ce qui a aussi de quoi étonner.(P.S.) QUÉBEC 2001 UNE SOCIÉTÉ REFROIDIE De Nostradamus à Alvin Toffler, les hommes ont toujours aimé discourir sur le futur.Ce discours sur l'avenir peut prendre diverses formes: la prophétie, l'utopie, la science-fiction ou la prospective.Dans ce livre, les auteurs optent pour la prospective, démarche scientifique qui a ses techniques et ses méthodes.Que sera le Québec de l'an 2001?Cette question est abordée ici par la méthode du scénario.L'image qui s'en dégage est assez pessimiste, d'où le sous-titre une société refroidie.Évidemment, il ne s'agit là ni d'un scénario du souhaitable, ni hélas d'un scénario de l'impossible.«Il faudrait plutôt le considérer comme un scénario de l'inacceptable.Mais ça, soulignent les auteurs, c'est aux Québécois de le décider, pas à nous».LES EDITIONS DU BORÉAL EXPRESS Procurez-vous le au prix de $6.00 P.A.Julien, P.Lamonde et D.Latouche QUÉBEC 2001, une société refroidie Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de $.pour.exemplaire(s).Nom.Adresse.Téléphone.QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 .RCBERT en 7 volumes un outil de travail déductible de l’impôt;.?Pour tous ceux dont la langue est d’importance primordiale et professionnelle .qu’ils soient professeurs, journalistes, écrivains, avocats, médecins, notaires, ingénieurs, architectes, hommes d’affaires, directeurs de services administratifs ou techniques .,.Pour tous ceux qui recherchent le mot juste et précis, l’expression propre avec des références à des auteurs modernes ou classiques.Pour tous ceux dont la profession est de communiquer .le Grand Robert en 7 volumes est un véritable outil de travail! 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Renseignez vous auprès des services compétents pour savoir si vous pouvez réclamer à I égard de cet outil de travail une déduction à titre d'amortissement pour fin d'impôt Robert V H le dictionnaire à la page qui a toujours le dernier mot qui a toujours le dernier mot Bon de documentation gratuite A découper et à retourner à: DICTIONNAIRES ROBERT LTÉE 170 Benjamin Hudon Montréal.P.Q.H4N 1H8 [Tél.: (514) 331 8507] Veuillez me faire parvenir, gratuitement et sans engagement de ma part, une documentation illustrée et détaillée sur le Grand Robert en 7 volumes.Nom:-Prénom:_______________ Etablissement (le cas échéant):_______________________ Adresse:____________________________ 12 décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE ¦«fi DES CADEAUX QUI FONT DÉPENSER 18!' liv Him fm mût Résister aux mirages du par André Delisle Les Québécois, peut-être à cause des traditionnels bas prix de l'énergie électrique, sont de gros consommateurs d'électricité.L'augmentation de la demande d'électricité dépasse 7,5 pour cent annuellement pour les années à venir.Le secteur domestique et agricole est le plus dynamique de tous: sans être le plus important, comptant pour environ 30 pour cent des ventes, c'est le secteur où l'on enregistre une plus grande croissance des besoins.Les autorités de l'Hydro-Québec viennent périodiquement expliquer à la Commission parlementaire des Richesses naturelles les raisons d'une telle croissance.D'une part, en période de quasi-stabilité démographique au Québec, l'augmentation de la demande d'électricité résidentielle est reliée essentiellement à la formation de nouveaux ménages.Toute création d'un nouveau foyer implique une addition aux besoins par la multiplication des appareils électroménagers.D'autre part, la mise en marché d'appareils électriques plus avides d'énergie, par exemple le réfrigérateur sans givre, contribue aussi à l'augmentation des besoins domestiques en électricité.C'est précisément par la nécessité de satisfaire les exigences grandissantes des «Hydro-Québécois», que la société d'État justifie les investissements considérables pour la mise en exploitation du potentiel hydro-électrique de rivières éloignées des centres.Aussi pour satisfaire ces clients que le programme d'équipement prévoit le recours à l'énergie nucléaire après 1980.Tous ces équipements pour porter la puissance installée à plus de 75 000 mégawatts en l'an 2000.«Et ces 75 000 mégawatts prévus pour l'an 2000, sont uniquement nécessités, qu'on se le dise bien, pour la satisfaction des abonnés québécois.», pour reprendre les termes mêmes du président Giroux, devant la Commission parlementaire, le 10 août dernier.L'abonné «choyé» devra cependant en payer le prix.Les factures d'électricité s'en ressentiront dans le futur.Une augmentation de 50 pour cent au cours des cinq prochaines années est même envisagée comme une éventualité plausible.A moins que les Québécois ne décident de diminuer leur dépendance électrique.Les autorités gouvernementales semblent déterminées à s'orienter dans cette voie.Des programmes fédéraux sont déjà en cours, particulièrement dans les projets gouvernementaux et dans le secteur industriel.L'annonce de mesures provinciales d'économie d'énergie est par ailleurs imminente.Pourtant, au niveau individuel, les progrès se font attendre, ce malgré des campagnes d'incitation à l'économie d'énergie.Un sondage GALLUP, effectué à l'automne 1976 auprès de plus de 1 000 Canadiens, a révélé que 41 pour cent d'entre eux sont indifférents à ces programmes.Et seulement 32 pour cent des personnes interrogées surveillent leur consommation d'électricité en s'efforçant d'en faire une meilleure utilisation ou en réduisant leur éventail d'accessoires électriques.Pour ne pas avoir à payer très cher l'électricité de demain, soit en coûts de production soit en risques pour l'environnement, l'essentiel, dès maintenant, est de pouvoir modifier des habitudes de consommation énergivores.En premier lieu, il faut savoir choisir les seuls appareils vraiment nécessaires.Le temps de Noël constitue un bon moment pour faire cet examen, surtout que l'on est souvent tenté d'offrir à d'autres des appareils électriques dont ils n'ont peut-être pas besoin.De ce point de vue, Noël est une véritable catastrophe.Noël, comme Pâques d'ailleurs, ou la fête des Pères, ou la fête de.n'importe qui.Non seulement à cause de la grande consommation du moment, du fait de rencontres tardives, de repas abondants et de décorations très lumineuses, mais aussi à cause de la demande nouvelle d'électricité qui suit les festivités.Consommation due à l'utilisation des cadeaux.Cadeaux de choix que confort ces appareils électriques qui font dépenser ceux à qui on les donne! Sans nier la fonction affective des cadeaux, il faut toutefois admettre leur prix très élevé.Particulièrement ces appareils électroménagers qui viennent souvent garnir l'arbre de la ménagère ou du bricoleur.Situation d'autant plus grave qu'au coût d'achat de ces objets de commodité s'ajoute celui de leur utilisation d'électricité.loyt DES Itm îüpi iis hic UN CORDON OMBILICAL ÉLECTRIQUE Le secteur électroménager est d'ailleurs un domaine privilégié par les vendeurs du bonheur d'intérieur.La réponse des consommateurs n'est pas pour décourager ces préférences.Les foyers canadiens sont déjà fort bien équipés —sinon suréquipés— d'appareils électriques divers.En 1972, plus de 86 pour cent des foyers disposent d'une radio, 78 pour cent d'un aspirateur, 77 pour cent d'un téléviseur noir et blanc, 68 pour cent d'un réfrigérateur, 57 pour cent d'une cuisinière, 57 pour cent d'une machine à coudre, bien sûr, tous à l'électricité.Et ainsi de suite, en pourcentage décroissant, de la polisseuse au climatiseur, en passant par la laveuse automatique, la sécheuse, le tourne-disque, le téléviseur couleur, le congélateur, le lave-vaisselle, et bien d'autres encore.Tous plus ou moins utiles: le couteau électrique, l'ouvre-bofte électrique, la cafetière électrique, la poêle électrique, la couverture électrique, la .tout à l'électricité! Nos maisons, nos vies sont littéralement envahies par la quincaillerie électriqui et plusieurs pages seraient nécessaires pour en établir une liste exhaustive.Malgré cela les fabricants réussissent à ajouter annuellement sur le marché des centaines de nouveaux appareils, modifiés et améliorés.L'acheteur, pour changer son vieux réfrigérateur (pourtant encore très bon, mais pas très à la mode.) ou sa laveuse automatique (qui ne cadre plus aver la couleur de la salle de bain.), a à choisir il Its hla Kim Wii foict dois '!«: npij 135: dois, Hdp Piriy, % lo» Hit.dsl ¦S'im i N Mis QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 13 entre 300 modèles différents, de marques tout aussi différentes.Est-il possible de croire qu'il n'y a pratiquement pas d'innovation majeure dans la technique de fabrication des appareils.La radio telle qu'on la connaft aujourd'hui, existe depuis 1920 et n'a pas tellement changé! Le réfrigérateur, depuis 1925.La laveuse, depuis 1935.Le téléviseur et le climatiseur, depuis 1940.Même dans le contexte récent de pénurie d'énergie et de son approvisionnement à un coût très élevé, les appareils ne se modifient toujours pas.Ils consomment toujours et tout autant.DES MÉNAGES BRANCHÉS Le ménage canadien moyen jouit d'environ 29 petits appareils électroménagers qui requièrent plus de 10 pour cent de l'énergie électrique consommée à la maison.Et ce n'est pas tout.Si la maison n'est pas chauffée à l'électricité, le Canadien dépense 12 000 kilowatts-heures par an.Cette valeur double facilement avec l'installation d'un système de chauffage électrique.Les analystes de l'énergie ont calculé que l'énergie ainsi dépensée au niveau des appareils électriques atteignait 20 à 40 pour cent de l'énergie électrique consommée, dépendant des systèmes de chauffage utilisés (à l'huile ou à l'électricité).Cette tranche d'énergie est répartie également entre la cuisson, la réfrigération, l'éclairage et les autres activités, l'écoute de musique ou la taille des haies décoratives, par exemple.Tous les appareils ne sont pas également énergivores.Ainsi, un congélateur ordinaire d'une puissance de 340 watts fonctionne en moyenne 290 heures par mois, ce qui se traduit par une consommation mensuelle de 100 kilowatts-heures, ou 1 200 kilowatts-heures par an (ce qui représente un coût de 28,20 dollars, soit 2,35 sous le kilowatt-heure).Le même appareil, mais qui dégivre automatiquement, nécessite une puissance de 440 watts et fonctionne 40 heures de plus par mois.Sa consommation énergétique grimpe donc à plus de 145 kilowatts-heures par mois, soit annuellement près de 1 700 kilowatts-heures.Une différence de 500 kilowatts-heures pour un même service.De la même façon, une ampoule conventionnelle de 100 watts dépense 5 fois plus d'énergie qu'un tube fluorescent de 60 centimètres.Ceci pour obtenir une intensité lumineuse à peu près équivalente.Dans le cas des laveuses, la différence est grande entre le modèle conventionnel et la machine automatique moderne.Même si, il faut l'admettre, dans ce dernier cas, la contribution de l'opérateur n'est pas la même.Il s'agit de savoir si les efforts ménagés valent les 30 kilowatts-heures de plus dépensés annuellement.En dehors de toute comparaison, certains appareils restent énergétiquement fort coûteux.C'est le cas notamment de la sécheuse (81 kilowatts-heures par mois), du téléviseur couleur (49 kw-h/mois) et du lave-vaisselle (36 kw-h/mois).Sans nécessairement les remettre en question, il faut néanmoins souligner la part importante du budget énergétique ménager que requièrent les appareils dits essentiels.La réfrigération nécessite de 95 à 1 50 kilowatts-heures par mois, la cuisson plus de 100 et l'éclairage un minimum de 60.Et que dire d'appareils de luxe, tels que le climatiseur (avec une puissance de 1 560 watts), la poêle à frire (1 200 watts), le plateau chauffant (1 250 watts), la scie à chaîne (1 000 watts) ou la tondeuse à gazon (1 000 watts)?Bref, tout un éventail d'appareils, tous plus ou moins utiles, tous plus ou moins utilisés.Mais tous très coûteux.En dollars et en énergie! AVOIR LE COMPTEUR À L'OEIL Mais, pour qui veut, il est facile de diminuer sensiblement la facture d'électricité, et donc la consommation d'énergie électrique.Les économies d'énergie peuvent ainsi atteindre 20 pour cent dans le cas des appareils domestiques, si l'on s'en donne la peine.Un nouveau réflexe «d'économiseur d'énergie» doit être développé, réflexe qui permette l'analyse et la critique des appareils et de leur utilisation.Même les vendeurs d'électricité soulignent l'avantage d'une mentalité ménagère dans le cas de l'électricité.Pour répondre à plusieurs plaintes au sujet de comptes trop élevés, ils mentionnent les détails qui font toute la différence.Selon l'expérience de l'Hydro-Québec, il suffit de peu pour que la facture d'un client soit plus élevée que celle de son voisin.Même dans le cas de maisons identiques et d'un nombre égal d'occupants.Le fait qu'une famille mange trois repas chauds par jour, possède deux téléviseurs et reçoive plus souvent des amis à dfner peut introduire sur le relevé mensuel une différence de quelques centaines de kilowatts-heures.Si tous les appareils de la maison apparaissent absolument essentiels, un usage rationnel est une première condition d'économie.Certains appareils, tels que la cuisinière, le lave-vaisselle, la laveuse, sont particulièrement enclins à dévorer l'énergie, si on les utilise sans discernement.L'emplacement, l'entretien et l'opération sont particulièrement importants pour garder la consommation dans des limites acceptables.La planification des repas, le choix des casseroles, le fonctionnement à pleine charge, le recours à l'eau froide ou tiède, le nettoyage des filtres à saletés sont autant de trucs en ce sens.Des listes déjà longues d'instructions spécifiques ou de points à vérifier ont été établies par les organismes spécialisés en conservation d'énergie.Il est bon de s'en inspirer, au moins comme aide-mémoire.Les législateurs se chargent d'ailleurs d'aider le consommateur dans ses efforts.A ce chapitre, le ministère canadien de la Consommation et des Corporations en collaboration avec celui de l'Industrie et du Commerce sont présentement à établir des Qu'est ce que le kilowatt heure?Un kilo-watt-heure représente l'énergie dépensée par un appareil d'une puissance de 1 000 watts (une laveuse de vaisselle, par exemple) qui fonctionne pendant I heure, ou un autre de 100 watts (une ampoule) qui brûle pendant 10 heures.Pour la compréhension du texte et pour permettre une équivalence avec les étiquettes d'appareils et les factures d'électricité, ces unités ont été retenues ici.II faut toutefois remarquer que pour se conformer au système international d'unités, il faudra sous peu remplacer les kilowatts-heures par les joules comme unités de mesure d'énergie.Temps de fonctionnement de divers appareils équivalent à une consommation de 1 kw-h Appareil Heures cuisinière 0,16 sécheuse 0,25 lave-vaisselle 1 grille-pain 1 fer à repasser 1 laveuse 2,5 congélateur 2,5 séchoir à cheveux 2,5 téléviseur 3 réfrigérateur 3 radio 15 machine à coudre 15 horloge 504 14 décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE « ETES- VOUS ENERGI.VORES?Le moindre appareil électrique, même s'il ne consomme pas beaucoup d'énergie, en s'additionnant à tous ceux qui meublent déjà notre environnement, fait rapidement de chacun de nous un énergivore qui s'ignore.Le test que nous vous proposons permet de savoir si l'on se classe parmi les économes ou les gaspilleurs d'énergie.Il faut d'abord faire le tour de la maison relever tous les appareils électriques que l'on utilise, estimer pendant combien de temps ils fonctionnent au cours d'un mois.La plupart sont munis d'une plaque indiquant leur puissance en watts.Après avoir transformé celle-ci en kilowatts (en la divisant par 1 000), il suffit de la multiplier par le nombre d'heures d'utilisation pendant un mois pour obtenir la consommation mensuelle d'énergie de l'appareil en kilowatts-heures.Faisant l'addition des résultats obtenus pour chacun des appareils de la maison, on établit la consommation totale de l'énergie électrique durant un mois.Si la puissance n'est pas indiquée explicitement sur l'appareil, la plaque de fabrication mentionne alors le courant (en ampères) requis par l'appareil, et la tension (en volts) exigée pour le mettre en marche.Cette dernière est de 110 volts dans la plupart des cas, mais certains appareils demandent le 220 volts.En multipliant ce courant par le voltage approprié, on obtient la puissance de l'appareil.Si ce calcul apparaft trop complexe, on peut toujours retenir comme puissance de chaque appareil, la valeur moyenne indiquée dans la table accompagnant ce test.Ou bien, s'il est difficile d'évaluer la durée du fonctionnement, par exemple pour un réfrigérateur, la référence à la table devient aussi essentielle.Si, en plus, vous voulez déterminer le coût de votre consommation d'énergie, une brochure de l'Hydro-Québec vous explique comment procéder: L'Hydro-Québec vous explique votre compteur et votre facture.APPAREIL PUISSANCE UTILISATION CONSOMMATION (watts) (heures) KWH/mois PRÉPARATION DES ALIMENTS bouilloire 1 436 8 11,5 cafetière 800 15 12,0 cuisinière 12 200 — 100,0 friteuse 1 500 4 6,0 grille-pain 1 150 4 5,0 poêle à frire 1 196 12 15,0 couteau électrique 92 - 0,75 four (micro-ondes) 1 450 — 16,0 plaque chauffante 1 650 — 30,0 gaufrier 1 161 - 2,5 PRÉSERVATION DES ALIMENTS réfrigérateur (12 pi.3 ) 240 — 60,0 réfrigérateur-congélateur (14 pi.3) 325 - 95,0 congélateur (1 5 pi.3) 340 - 100,0 congélateur sans givre (1 5 pi.3) 440 ' - 150,0 NETTOYAGE ET ENTRETIEN fer à repasser 1 100 12 13,0 lave-vaisselle 1 200 30 36,0 machine à laver automatique 700 - 10,0 machine à laver manuelle 400 - 6,0 sécheuse 4 600 20 92,0 polisseuse 350 6 2,0 aspirateur 600 10 6,0 machine à coudre 100 10 1,0 CONFORT chauffe-eau 6 000 - 505,0 chauffe-moteur 200 — 125,0 climatiseur (à la fenêtre) 1 566 74 116,0 couverture chauffante (double) 190 80 15,0 couverture chauffante (simple) 95 80 7,5 déshumidificateur 500 - 35,0 humidificateur 500 - 15,0 ventilateur de cuisine 250 30 8,0 ventilateur de fournaise 88 - 4,0 DÉTENTE appareil de radio à lampe 80 - 8,0 appareil stéréo 150 - 9,0 horloge - - 2,0 téléviseur (transistor) (couleur) 200 120 24,0 téléviseur (lampes) (N et B) 160 120 19,0 téléviseur (transistor) (N et B) 55 120 7,0 SOINS PERSONNELS séchoir à cheveux 400 5 2,0 lampe solaire 279 5,4 1,5 rasoir 12 - 0,1 brosse à dent 7 - 0,1 vibrateur 40 - 0,2 AUTRES tondeuse à gazon 1 000 8 8,0 outils divers - - 3,0 Note Ce tableau a été compilé à l'aide de statistiques provenant de l'Hydro-Québec, du Bureau bureaux américains de statistiques et de diverses compagnies distributrices d'électricité.* Tension de secteur en volts X courant en ampères * Puissance en kilowatts X heures d'utilisation par mois QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 15 PUISSANCE CONSOMMATION de vos appareils* de vos appareils** ,fi rvation de l'Énergie (Ottawa), de Bibliographie Il peut être intéressant de se procurer certaines publications préparées par le Bureau de conservation de l'énergie, du ministère canadien de l'Énergie, des Mines et des Ressources.Ces quelques brochures ont été spécialement préparées à l'intention de la ménagère, de l'étudiant et même de l'élève du primaire: 100 façons d'économiser chez soi énergie et dollars.Information Canada, Ottawa, mars 1975; L'Économiseur (pour les étudiants).Information Canada, Ottawa, mars 1975; Les enfants formidables (illustrés pour les élèves du primaire).Information Canada, Case postale 3500, Station C, Ottawa Kl Y 4G1, mars 1976 D'autres publications permettent de compléter les données retenues ici: Albert J.Fritsch, The Contrasumers: A Citizen's Guide to Resource Conservation, Praeger Publishers, New York, 1974 normes minimales de rendement énergétique pour les principaux appareils ménagers.De plus, un programme d'étiquetage est à l'étude pour mettre en évidence la consommation énergétique des appareils sur le marché et les frais correspondants.En plus d'éliminer du marché les appareils mal conçus ou mal construits (par exemple, les réfrigérateurs non suffisamment isolés), l'étiquette CANTAG permettra à l'acheteur de choisir en toute connaissance de cause (coût, consommation énergétique, durée de vie) les appareils essentiels.C'est indirectement un encouragement à la fabrication de matériels au rendement plus élevé.Les manufacturiers acceptent évidemment cette tendance à contrecœur, prétendant à l'efficacité énergétique de leurs produits, et par là, à leur faible consommation.Toutefois, l'Association canadienne des manufacturiers d'appareils électriques et électroniques a admis la possibilité d'améliorer les appareils, et surtout la pertinence d'explorer des avenues jusqu'ici négligées.Par exemple, la mise en place de contrôles électroniques permettant de visualiser instantanément et en continu le passage d'électricité dans les appareils.Par exemple, le développement de sources lumineuses offrant une meilleure luminosité et fonctionnant à des températures plus basses et, par là, exigeant moins d'énergie.COUPEZ! Reste la façon draconienne de restreindre la consommation énergétique.Se passer tout simplement des appareils électroménagers, ou au moins éliminer les appareils non nécessaires.Pour ce, il faut devenir très inventif pour imaginer les solutions de rechange.Ou tout au moins particulièrement critique pour choisir les seuls appareils absolument essentiels et les plus efficaces.La majorité des appareils électroménagers sont des «gadgets» de confort gaspilleux et ne diminuant pas vraiment l'effort.Des tâches simples, comme couper la viande, peigner et sécher les cheveux, se brosser les dents, laver la vaisselle, presser les jus et ouvrir les conserves, peuvent être facilement effectuées avec du «jus de muscles»! Même au niveau des appareils que l'on veut garder, les dispositifs superflus sont à proscrire.Les réfrigérateurs sans-givre et dotés de broyeurs à glace, les fours autonettoyants, les téléviseurs à allumage instantané, les machines à coudre à points programmables, les grille-pain à degrés de brunissage multiples, les mélangeurs avec tableau de bord complexe.Tous des mécanismes gaspilleurs d'énergie, et à toutes fins pratiques peu utiles.Ce tri systématique des besoins, dans le but d'identifier les objets de luxe, est une tâche sérieuse.Surtout qu'il faut alors résister à l'avalanche de publicité et la remettre en question.L'usine publicitaire, qui envahit quotidiennement le foyer, a précisément pour fonction de créer chez le consommateur des besoins artificiels, de développer des goûts et des préférences pour des appareils esthétiques, répondant à la curiosité technologique, mais en contrepartie tout à fait inutiles et inefficaces.Cette usine même qui crée les fêtes et l'exigence de cadeaux coûteux pour préserver son statut social.Cette usine même qui a le gaspillage pour principe.Les agressions des media publicitaires sont particulièrement intenses pendant la période des festivités de fin d'année.S'en préserver n'est pas une mince affaire.Encore moins trouver les façons d'éviter le gaspillage que la publicité encourage.Adopter la règle de ne pas embarrasser les autres avec d'autres «gadgets» électriques est déjà un premier pas.Peut-être est-ce une façon de retrouver la joie de fabriquer soi-même les présents destinés aux parents et amis.Et pour ceux qui manquent d'idées, certains organismes ont même choisi comme spécialité de rassembler des idées et des suggestions de cadeaux «faits à la maison».Par exemple, pourquoi ne pas fabriquer le jouet qui sera au pied de l'arbre?C'est sans doute plus sain que de devoir maintenant miniaturiser l'appareillage domestique du foyer pour «amuser les enfants» à même la prise de courant! 16 décembre 1976/ QUÉBEC SCIENCE •JUC DE LA GUERRE DES POTEAUX À LA CITÉ CÂBLÉE Le câble pourrait bien révolutionner les villes actuelles Le modèle de nos sociétés a toujours visé un aménagement du territoire qui favorise les regroupements, comme dans la cité médiévale où tout était «à portée de voix».Cela entraine la centralisation, les mégapoles, les déserts de béton, les transvasages quotidiens de villes entières, la pollution et le bruit.Nous assistons présentement à la saturation de ce système qui éclate de toutes parts.La complexité inhérente au gigantisme des «cités médiévales extensionnées» en rend la compréhension et la gestion fort difficiles.Nous n'avons pas su conserver une dimension humaine à notre environnement.La poursuite du développement de ce concept périmé conduit inévitablement à un cul-de-sac.Il nous faut maintenant explorer d'autres avenues qui, en changeant les coordonnées du problème, le feront tomber en désuétude en imposant un environnement totalement différent.La cité câblée représente une avenue importante en ce sens: elle ouvrira les horizons, abolira les distances, rendra les regroupements physiques moins nécessaires.Elle sera caractérisée par la télévision «à la carte» où chacun préparera sa propre programmation; par le télétravail où chacun aura accès chez soi ou au bureau à des banques de données, à différents spécialistes, à des collaborateurs; par le téléenseignement où chaque étudiant pourra, à partir de son domicile, dialoguer avec ses professeurs ou ses collègues, et avoir accès à des émissions éducatives, des cours sur ordinateur, des livres et revues de différentes bibliothèques; par le télémagasinage qui évitera de se déplacer.Tout ceci dans une société sans argent comptant.Pourquoi alors persister à faire 100 kilomètres pour retrouver chaque jour un espace qui nous soit réservé pour nous permettre d'exercer notre fonction socio-économique?ütiif (ira feù Dipo M tara plusii §11! ît :: »d: Bai Ik par Louis Brunei La câblodistribution constitue l'une des réalités canadiennes les plus stratégiques pour l'avenir tant par l'importance de sa clientèle et de son marché que par les différentes revendications de juridiction qu ont cours actuellement.Défini par les uns comme un moyen de télécommunications et par les autres comme un outil de distribution de l'information, le câble est fort prospère au Canada.En effet, on y compte présentement près de 3 millions d'abonnés de la télévision par câble.Au Québec seulement, un demi-million de foyers possèdent le câble, soit plus de 30 pour cent des familles québécoises.Pour desservir les Québécois, plus de 11 000 kilomètres de câble sont utilisés, soit l'équivalent de 50 fois la distance entre Montréal et Québec.Cependant, on a souvent tendance à ne considérer le câble que comme un moyen de distribution de programmes de télévision de masse.Et pour cause.Qui d'entre nous n'a pas expérimenté ou n'a pas à sa disposition, chez lui, ce choix de plusieurs canaux de télévision et cette réception améliorée (du moins théoriquement!) des chaînes de télévision de masse de sa région, ainsi que l'accès à des chafnes de télévision de masse d'autres régions?Cette utilisation du câble est fort répandue chez nous.Le câble vise alors à brancher les téléviseurs individuels sur une antenne commune bien située et de bonne qualité de façon à obtenir une meilleure réception des émissions et une plus grande gamme de choix.Mais assimiler le câble à la télévision par câble, c'est en quelque sorte prendre la partie pour le tout.La technologie du câble représente une réalité beaucoup plus envahissante qui est bien illustrée par l'expression: «cité câblée».Le câble constitue en fait un moyen de télécommunications au même titre que les satellites or les réseaux de micro-ondes; il n'est donc pas limité au transport de programmes de télévision de masse bien que ce soit itiiti mil systèi asil fi* I* P 101111 toms Ksiki 'tu fetay L citi kto fttaiui feriij Nu Ni R IENCE QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 17 actuellement l'un de ses principaux rôles au Canada.Il faut cependant reconnaftre que le Canada est à l'avant-garde en ce domaine.Depuis un certain nombre d'années d'ailleurs, la télévision dite «communautaire» a fait son apparition.Un ou plusieurs canaux sont alors réservés à la diffusion de la production communautaire et locale, fournissant ainsi un nouveau mode d'expression.ds esa 5 i,sii qui îiüB eest « ions A» dî «t itîà » IfStlî lis ixdî t! 1 [iqif i# ;llji»8 UNE TECHNOLOGIE SIMPLE Quoique les progrès technologiques aient été nombreux au cours des dernières années, le principe du fonctionnement d'un système de câblodistribution est demeuré sensiblement le même.Il est composé de trois parties principales, à savoir la tête du réseau, le réseau et le système de distribution.La tête du réseau est constituée de l'antenne réceptrice, dite «communautaire», accompagnée d'équipements tels que préamplificateurs, filtres, contrôleurs, etc (fig.1 ).Les principales fonctions de la tête du réseau sont de capter le signal provenant soit «des airs» (signaux VHP ou UHF), soit d'un réseau de micro-ondes, ou soit d'un satellite, de le purifier et de l'amplifier.Dans la majorité des cas, la fréquence (à laquelle correspond un «canal») est modifiée pour la distribution.Le réseau lui-même établit la connexion entre la tête du réseau et la région desservie.Il doit donc comporter un nombre suffisant de canaux pour transporter tous les programmes offerts aux abonnés du câble.Plusieurs réseaux peuvent originer d'une même tête et couvrir différentes régions.Quant au système de distribution, il assure la jonction entre le réseau et le téléviseur de l'abonné.La «ligne de transmission» des réseaux de câble est constituée d'un câble coaxial, composé d'un noyau central en cuivre recouvert d'un matériau isolant entouré à son tour d'un tube métallique en cuivre ou en aluminium qui, en servant de grille, permet de constituer un milieu de transmission hermétique, donc isolé des sources de signaux parasites.On peut réunir plusieurs de ces câbles coaxiaux pour en former un seul gros.l#0 /l UNE CROISSANCE COÛTEUSE Le développement des réseaux de câble doit faire face à des contraintes majeures: la couverture du système et sa structure de coûts.La couverture d'un système de câblodistribution (ou la longueur du réseau) n'est pas illimitée.En effet, tout comme dans le cas des réseaux téléphoniques traditionnels (voir Québec Science, vol.14, no 12), le signal de télévision supporte mal les inconvénients du voyage.Il a tendance à s'affaiblir avec la distance.C'est pourquoi les réseaux de câble disposent d'amplificateurs à tous les 500 à 700 mètres.Mais à chaque fois, on amplifie et le signal et les bruits parasites qu'il contient.La qualité du signal diminue donc à chaque amplification.La longueur maximale du réseau sera ainsi fonction de la fiabilité des équipements du réseau et du niveau de qualité du signal recherché à la réception.En théorie, la couverture maximale est de 50 kilomètres, mais on observe normalement un maximum de 25 kilomètres, bien que pour un réseau tel que celui de la rive sud de Montréal, la couverture maximale est présentement inférieure à 10 kilomètres entre la tête du réseau et le dernier amplificateur.Lorsque le réseau doit couvrir une plus grande distance, on a alors recours à des sous-têtes de réseau pour maintenir la qualité du signal.Enfin, contrairement à ce que l'on serait porté à croire, les coûts d'investissements par kilomètre de réseau ont tendance à croftre avec l'importance de la couverture du système.Selon une étude récente, les réseaux dont la couverture est inférieure à 400 kilomètres nécessitent de la part des câblodistributeurs canadiens des investissements de l'ordre de 2 500 à 3 800 dollars par kilomètre, alors que ceux qui possèdent des réseaux d'une couverture supérieure à 500 kilomètres investissent plutôt 4 700 à 6 300 dollars du kilomètre.Une constatation similaire est faite au niveau des coûts de fonctionnement.Ces derniers, par kilomètre, diminuent à mesure que le système se développe, mais seulement jusqu'à ce que la couverture atteigne 250 à 350 kilomètres.À ce niveau, les coûts sont de l'ordre de 750 à 900 dollars du kilomètre alors qu'à plus de 1 100 kilomètres, ils sont plutôt de l'ordre de 1 100 à 1 250 dollars du kilomètre.Il semble donc que la taille d'une entreprise de câble ne soit pas nécessairement un facteur d'économie; ce phénomène peut même conduire au morcellement des marchés.A l'inverse, la technologie des communications vise plus au regroupement qu'au morcellement.COMMUNIQUER PAR ÉLECTRONS La communication par moyens électroniques devient de plus en plus complexe et on doit faire appel à une technologie avancée.L'émission d'un message et sa réception ont demandé la mise au point d'appareils perfectionnés, mais la transmission elle-même a occasionné le développement de techniques bien particulières.Elle peut être assurée par des fils électriques, par des ondes courtes (par exemple, pour la télégraphie sans fil et la radio amateur), par des câbles coaxiaux, par des micro-ondes et par des satellites (fig.2).Il s'agit toujours de voies électroniques.Les micro-ondes, entre autres, sont utilisées particulièrement pour relier deux points très éloignés l'un de l'autre, pour transmettre plusieurs messages simultanément, ainsi que des émissions de télévision.Par exemple, les postes de télévision de Montréal s'en servent pour diffuser leurs émissions vers les différentes régions de la province.(Notons que les micro-ondes V Du verre mais flexible On étudie présentement la possibilité d'utiliser la fibre de verre comme support pour les rayons du laser.Ces fibres peuvent être regroupées, enfouies dans le sol, et leur trajet suivi fidèlement par les rayons du laser, porteurs des messages. plus élevée que celle des ondes à fréquence! spal para rai iieq décembre 1976 / QUEBEC SCIENCE sont des oscillations électromagnétiques dont la longueur d'onde varie d'un millimètre à trente centimètres environ.N'essayez pas de les capter sur votre récepteur radio M.A.ou M.F.La fréquent) de leurs oscillations est de 10 à 100 fois I USIS à H modulée de Radio-Canada.) Chaque chafnon d'un réseau de micro-i ondes est constitué d'un répéteur qui capte le signal, l'amplifie, puis le retransmet au répéteur suivant.Des messages de toutes sortes peuvent emprunter ces voies.Conversations téléphoniques, émissions de télévision, télégrammes, bélinogrammes (documents transmis à distance), données bibliographiques, scientifiques et commerciales, circulent ainsi à travers le pays, le signal étant transmis et amplifié d'un répéteur à l'autre afin de s'assurer qu'à la réception, le signal soit identique à celui émis originellement.Les répéteurs sont au sommet de tours ou de pylônes situés sur des élévations de terrains et espacés l'un de l'autre d'une cinquantaine de kilomètres er moyenne.Ces réseaux de micro-ondes prennent de plus en plus d'importance aujourd'hui et ils couvrent, au Canada, une distance de quelque 7 000 kilomètres.Les voix du ciel Les satellites de la série INTELSA T ( 1), qualifiés de satellites de contribution, s'ajoutent aux réseaux de micro-ondes terrestres pour servir de répéteurs en orbite autour de la terre.Lancé en janvier dernier le satellite technologique de télécommunications (S.T.T.), rebaptisé Hermès, est un intermédiaire entre le satellite de diffusion et celui de distribution (2).U permet une miniaturisation des installations au sol et une communication vidéo bidirectionnelle.UNE LIAISON ORBITALE Les plus modernes des moyens de trans mission à longue portée sont, bien sûr, satellites (voir Québec Science, vol.13, no 8, «Satellites: communiquer au futur»).Mais tous ceux qui se promènent au-dessus de notre tête ne sont pas identiques et ne remplissent pas la même mission.Les premiers qui furent lancés appartiennent ai réseau INTELSAT.On les qualifie de satellites de contribution car ils s'ajoutent aux réseaux de micro-ondes existants pour servir de répéteurs, en orbite autour de la terre, et acheminer un signal donné d'un point à un autre.Ce type de liaison constitue la première réalisation d'importance des techniques spatiales.C'est le 23 juillet 1962, grâce au satellite TELSTAR, que fut effectuée la première liaison transatlantique.Depuis, les satellites du réseau INTELSAT, dont le premier, nommé «Early Bird», fut lancé en 1965, transmettent régulièrement les grands événements de l'actualité tels les Jeux olympiques; qui ne se souvient pas du transport de la flamme olympique d'Athènes à Ottawa grâce à la technologie du satellite! Cependant, avec le deuxième type de satellites dits de distribution, on peut se passer de réseaux micro-ondes.Le signal émis par le satellite est capté par des stations réceptrices terrestres disposant d'antennes importantes et situées près d'émetteurs régionaux à grande puissance ou d'une station de redistribution par câble Les trois satellites canadiens ANIK sont de ce type.Toutefois, le public ne peut pas encore concevoir directement sur l'écran de son téléviseur les images émises par le satellite.Cela nécessitera un troisième type de VER: Mm Witim QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 19 EK lues fais ni» iipte ItiU BB nés ::i TT:'- s, le 'àla aman issu an île wsen les te ie, une ini' ¦ i les, satellites, dits de diffusion directe, qui sont, pour le moment, du domaine de l'avenir.Ils impliqueront des antennes réceptrices terrestres peu coûteuses, robustes et de manipulation simple.Dans des pays comme le nôtre, déjà équipés d'un réseau de télévision, il faudra que nos téléviseurs actuels soient utilisables comme récepteurs en y ajoutant simplement un dispositif supplémentaire capable de leur fournir un signal adapté.On pourra alors vraiment parler de systèmes de télédistribution.En fait, entre le satellite de diffusion directe et le satellite de distribution, on peut imaginer toute une gamme de satellites intermédiaires suivant les performances et, par conséquent, la complexité et la mobilité de l'équipement de réception au sol.La liaison entre le point de réception et les points d'utilisation se fera soit par câble, soit par émetteur d'une puissance plus ou moins grande que l'on peut orienter avec plus ou moins de précision.Le satellite américain ATS-6 (Application Technology Satellite), lancé au printemps 1974, et le satellite canado-américain Hermès en orbite depuis janvier dernier, se situent dans cette catégorie intermédiaire.VERS UN VÉRITABLE DIALOGUE A l'intérieur de cet ensemble, le câble ne constitue donc qu'un sous-ensemble de communications à vocation régionale.En effet, on peut transmettre un message électronique à l'intérieur d'une région soit par un émetteur régional (comme votre station de radio M.A.ou M.F.préférée ou votre station de télévision régionale), soit par un réseau de câblodistribution (fig.2).A une différence près toutefois: la bidirectionnalité.L'antenne émettrice régionale est par définition unidirectionnelle alors que le câble, par sa nature même, constitue un moyen de communication bidirectionnelle.La communication unidirectionnelle permet de transmettre un message d'un point à un autre, mais celui qui le reçoit ne peut y répondre.Aucun dialogue ne peut s'établir.Les mass media, avec les stations de radio et de télévision, nous ont habitués à ce type de réseau qui comprend trois fonctions essentielles: l'émission du message, sa transmission et sa réception.Le deuxième type de communication, appelée bidirectionnelle, se caractérise justement par cette possibilité de dialogue.Chaque poste devient un point d'émission-réception.Avec le câble, cette bidirectionnalité verbale et visuelle a déjà permis de créer de nouveaux comportements sociaux face à la télévision.Lorsque, dans une région donnée entre autres, le nombre de canaux communautaires excède celui des canaux retransmis, il se produit alors un phénomène social fort important.Cependant, cette bidirectionnalité audiovisuelle régionale, que certains considèrent comme révolutionnaire, ne constitue que les premiers balbutiements d'un nouvel environnement que l'expression «cité câblée» laisse à peine entrevoir.La cité câblée sera en quelque sorte le résultat de la rencontre des technologies existantes.En effet, l'intégration de l'ordinateur, du vidéo et des télécommunications, les trois géants de la technologie industrielle des communications, constituera en quelque sorte la pierre philosophale de l'ère des communications.L'ordinateur a été conçu, à l'origine, pour les calculs scientifiques et le stockage d'informations, le réseau téléphonique grâce à la commutation qui le caractérise pour transmettre la voix en liaison bidirectionnelle, et la télévision pour la transmission unidirectionnelle de l'image.UN MARIAGE À TROIS Bien sûr, à première vue, le lien entre ces trois technologies n'est pas évident.Ainsi, le réseau téléphonique conçu pour la transmission de la voix, quoique mal adapté au concept global des communications étant donné ses limites intrinsèques, comporte à la fois les avantages des techniques de la communication et de la bidirectionnalité tout en étant d'un maniement simple.L'ordinateur, pour sa ’SJS en* 8 cent! le yienl poui delà fui iipor TAU sdu il* es (Dit111 / (4 QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 25 Introduction nil»' il! il jl/0- De nos jours, le mécanisme d’innovation technique s’est emballé.Que cela nous plaise ou non, notre espèce est maintenant capable de mettre en oeuvre immédiatement certaines technologies: déplacer à grande vitesse d'énormes quantités de matériaux sur de grandes distances; communiquer partout et en tout temps avec exactitude; et créer rapidement et sûrement un environnement qui lui convient.De plus, les sciences deviennent plus complexes.Tout nouveau concept d’intérêt théorique accroît le décalage entre savant et profane.Il est de plus en plus difficile à celui-ci de comprendre le nouveau concept, comme il l’est au scientifique de l’expliquer.Les modifications culturelles causées par les progrès réalisés se produisent brusquement; elles sont plus complètes, et il faut que les intéressés s’y adaptent plus rapidement et sans réticence.Jamais la nécessité d’une compréhension plus précise des phénomènes d’incidence culturelle n’a été plus impérative.Dans ce cadre général, comment le gouvernement canadien favorise-t-il l’essor du Nord, cette « colonie » intérieure peuplée d’Amérindiens, dont certains retiennent leur culture ancestrale, d’une population blanche de pionniers, et d’un nombre croissant de scientifiques et de techniciens de passage, et dont les habitants désirent prendre mieux en mains l’essor?En particulier, l’Administration fédérale organise-t-elle judicieusement les activités scientifiques dans les territoires placés sous sa compétence?Les gens du Nord comprennent-ils l’effort scientifique accompli dans leur région?Développent-ils une science autochtone au service de leurs aspirations culturelles?Bref, le Nord canadien est-il un objet d’attention scientifique, ou le cadre de progrès scientifiques, ou les deux à la fois?Croissance de l’effort scientifique boréal Deux raisons principales poussent les scientifiques à travailler dans le Nord.En premier lieu, cette région est, en somme, unique en son genre, et en conséquence son étude peut contribuer a étayer ou à écarter les généralisations qui constituent la connaissance scientifique.Leur seule curiosité entraînera les botanistes à un déplacement de 1 500 km pour examiner des lichens, les physiciens à survoler le pôle géomagnétique, et les archéologues à creuser le sol pour y retrouver des indications sur les migrations de l’Homme préhistorique.En second lieu, les scientifiques vont dans le Nord parce qu’un organisme les a chargés de déterminer les possibilités d’essor national ou privé, ou les besoins de protection d’un élément du patrimoine national ou d’un reste de la Nature primitive.Avant 1940, l’activité scientifique et technique dans le Nord canadien, quelles qu’en fussent les raisons, étaient fort modestes.On avait réalisé quelques expéditions d’étude de la Nature, mais c’est seulement en 1944 qu’on fit un relevé des bancs de pêche du Grand Lac des Esclaves, et qu’on découvrit que sa profondeur atteignait 600 m.C’est aussi cette année-là que deux professeurs de l’Université McGill descendirent le Mackenzie en canoë, afin d’effectuer un relevé préliminaire de la faune.Cependant, il faut remarquer que les premiers explorateurs ayant parcouru le Nord canadien un siècle auparavant étaient des naturalistes intrépides.De 1900 à 1940, certaines expéditions recueillirent des données encore valables actuellement.Les relevés géologiques étaient particulièrement nombreux, et ils ont favorisé l’activité des prospecteurs dans les régions boréales.Mais le Nord canadien restait en grande partie inexploré, et sa cartographie n’était guère perfectionnée, même au début de la Seconde Guerre mondiale.Les Améridiens habitant au nord du 60e parallèle avaient des contacts avec les scientifiques, mais ces rapports très modestes ne concernaient que peu de gens.Dans le Nord-ouest canadien s’était déroulée la ruée vers l’or du Klondike; plus récemment, une certaine activité minière s’était manifestée à Yellowknife et à Port Radium, au moment où l’on construisait la route de l’Alaska et l'oléoduc Canol; et l’activité militaire familiarisait les gens du Nord avec des techniques d’envergure assez grande, et quelques Méridionaux avec les traits caractéristiques du Nord.Selon l’opinion de l’un de ces derniers, le Nord n’était que des « milles après des milles et encore d’autres milles » de distance.On connaissait l’existence d’accidents géologiques tels que les sables bitumineux de l’Athabasca, et on y avait même tenté d’extraire des hydrocarbures; cependant, peu après 1940, la plus grande partie du Nord-ouest canadien était une région attardée et endormie, par rapport au reste du Canada.La vie des Autochtones restait axée sur l’exploitation des ressources locales, et le paiement des allocations des traités (5 $ par personne, chaque année) constituait un grand événement mondain pour les Indiens.On pourrait faire les mêmes observations au sujet de l’Arctique oriental, où les activités de la Gendarmerie royale et de la Compagnie de la baie d’Hudson, outre celles des congrégations, constituaient toute l’influence de la culture moderne.Les voyages annuels du Nascopie, l’activité bénévole des missionnaires anglicans et catholiques, et les expéditions occasionnelles d’un ou deux scientifiques envoyés par les grandes universités de l’Est faisaient parler un peu de l’Arctique oriental.Le documentaire de l’Office national du film: Land of the Long Day, tourné en 1952, montrait l’image fidèle d’un monde presque entièrement isolé.En 1945, il n’existait qu’une poignée de scientifiques connaissant le Nord canadien, et sachant ce qu’il fallait y étudier.Ils prônaient sans hésiter une plus grande activité scientifique; c’est pourquoi l’intérêt à l’égard de cette région ne fit que croître de 1950 à 1970, permettant la croissance des connaissances techniques.Mais c’était également l’époque du développement de toutes les autres activités scientifiques au Canada.La physique nucléaire et la chimie organique étaient en général plus fascinantes que la biologie ou la géologie.La biologie cellulaire était à l’honneur dans les universités, et on encourageait les géologues à quitter leur sac à dos pour endosser la blouse de laboratoire.Les comités de sélection des demandes de subventions du CNRC, suivant la mode scientifique du moment, ne s’intéressaient guère au travaux descriptifs, et le qualificatif de « relevé » constituait une sentence capitale pour la demande de subvention.On ne finançait les travaux de taxonomie, de sciences naturelles descriptives et de géologie au sol que s’ils étaient accomplis localement, ou par des personnalités.Les recherches effectuées dans le Nord étaient financées comme si elles avaient lieu aux alentours d’une grande ville, sans aucunement tenir compte des frais de déplacement dans la région, et bien peu des frais pour s’y rendre.En conséquence, les scientifiques universitaires qui se rendaient travailler dans le Nord étaient des gens indépendants et bourrus, que leur tempérament naturel destinait de toutes façons à y aller.Maintenant dans leur cinquantaine, ils sont toujours aussi bourrus, mais beaucoup sont considérés avec respect.Nombre d’entre eux ont acquis leur expérience dans l’Arctique grâce au financement de VArctic Institute of North America, dont les principes d’actions étaient différents de ceux des autres organismes.Cet Institut bi-national, s’occupant de promouvoir le recueil des données boréales, disposait de faibles montant d’origine canadienne, mais de sommes substantielles d’origine étatsunienne.Il favorisait les bonnes recherches descriptives, et les subventionnait.Les organismes de l’État finançaient les relevés généraux par le canal de subventions aux universités, ou de contrats d’été à des universitaires; mais ils estimaient que des travaux intéressants devaient être confiés aux universitaires, et ils accomplissaient eux-mêmes les travaux courants.Même au sein des ministères, il n’était pas facile d’intéresser vraiment les fonctionnaires d’autorité à la recherche boréale.Les problèmes à résoudre dans le Sud étaient trop pressants, et l’activité scientifique y était attirante; en outre, bien peu consentaient à se passer des agréments de la vie méridionale *.Ces considérations étaient suffisantes pour infléchir l’effort scientifique national dans d’autres directions que vers le Nord.Même les déclarations de John Diefenbaker, quand il était Premier Ministre, évoquaient plus des images que des actions.* D’ailleurs, bien peu de scientifiques canadiens faisaient des travaux extérieurs en hiver, même dans le Sud du Canada. 26 décembre 1976/ QUÉBEC SCIENCE 1 IUW8 La seule grande activité officielle dans le Nord était celle du Service météorologique canadien.Peu avant 1950, le Canada et les États-Unis s’étaient concertés pour implanter une chaîne de stations météorologiques dans l’Archipel arctique.Ultérieurement, le déploiement d’activités engendré par l’Année géophysique internationale et l’Année polaire attira de nombreux scientifiques pour un séjour annuel dans le Nord; l’exploitation commune des stations météorologiques permit de recueillir de nombreuses données sur le climat mondial, de même que sur les conditions météorologiques de l’Arctique.On faisait quelques travaux sur le milieu physique boréal, mais bien peu de ce qui était nécessaire en matière de recherches biologiques et sociales.Ce n’est guère que depuis les environs de 1965 que l’on s’est rendu compte, presque partout, de la nécessité d’une action scientifique mieux concertée en matières boréales.Mais la crise de l’énergie n’en est pas la seule responsable.Il est vrai que, sur le plan mondial, l’Humanité avait proliféré et développé ses activités, de sorte que ses besoins en matières premières sont devenus énormes, à tel point qu’il se produira probablement une pénurie pour certaines d’entre elles au cours des prochaines décennies.Comme on le supposait riche en ressources naturelles, l’attention s’est portée sur le Nord canadien après 1970; mais son développement économique se serait fait de toute façon.Les Septentrionaux étaient de plus en plus avertis du mode de vie méridional, et il leur était plus aisé d’aller dans le Sud.De nombreux Méridionaux se rendaient dans le Nord pour satisfaire leur curiosité, non seulement parce que l’espace boréal est moins densément peuplé, mais aussi parce qu’ils avaient les moyens d’accomplir un voyage grandement facilité.L’éventualité d’une pénurie des ressources naturelles ne contribuait qu’à accélérer le mécanisme déjà à l’oeuvre, mais elle a donné également une orientation particulière aux recherches boréales.Influencés par le sentiment d’une crise, certaines réactions ont été irrationnelles.Par exemple, beaucoup se rendaient compte de l’intérêt des hydrocarbures boréals pour l’autarcie énergétique du Canada.Il en est résulté le lancement immédiat d’un programme de prospection, et subséquemment d’un programme de forage.On peut se demander si une telle hâte était nécessaire, ou désirable, dans le contexte de la panoplie énergétique du Canada.On accomplit un vaste effort de recherches accélérées pour déterminer les répercussions d’un pipeline qui serait éventuellement constmit, en supposant que d’autres gisements d’hydrocarbures doivent se trouver dans la région où l’on en a trouvé un.Cette atmosphère enfiévrée d’après 1970 induisait en erreur, car on s’est rendu compte que toute précipitation dans l’extraction des ressources épuisables précède généralement une gestion peu judicieuse des ressources renouvelables, lesquelles ne le sont que si elles sont protégées.Il n’est pas certain qu’un pipeline sera construit ou, dans l’affirmative, où il se rendra.Cependant, l’opposition entre promoteurs de l’exploitation et défenseurs de l’environnement a engendré un déploiement désordonné d’activités scientifiques dans tous les domaines, non seulement par les protagonistes du débat, mais aussi par les organismes officiels recherchant une solution raisonnable.Il en a résulté un expansion rapide des connaissances sur le Nord et sur les problèmes éventuels posés par l’exploitation à grande échelle des ressources.On a entrepris un vaste effort de recherche fiévreuse sur l’aménagement des ressources hydroélectriques de la baie de James, et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures et de minéraux de l’Arctique, tant sur le continent que dans l’Archipel, et aussi sur l’activité minière yukonaise et les emprises d’oléoducs et de gazoducs qui seront peut-être construits sous peu dans cette région.Partout où ces projets sont envisagés, ils suscitent des recherches fiévreuses accomplies par les firmes industrielles, les associations de protection de l’environnement, les universités intéressées et les organismes officiels.Il est bon de préciser cette dernière expression; il arrive souvent que plusieurs paliers d’administration soient intéressés: provincial, territorial ou fédéral.L’intervention fédérale crée quelque confusion, car si l’action de la plupart des ministères se déroule sur le plan national, celle du ministère des Affaires indiennes et du Nord ne concerne que les territoires au nord du 60 parallèle.Les résultats en sont complexes et surabondants: la coordination permanente devient indispensable; les fonctionnaires constituent jusqu’à la moitié de la population blanche du Nord; et, de plus, la gestion du programme scientifique apparaît difficilement compréhensible.Ces conditions sont favorables à bien des actions inutiles et à des tiraillements internes et, bien entendu, à une concentration de la prise des décisions à Ottawa.Mais le Nord canadien reçoit, enfin, une attention plus soutenue de la part des scientifiques.Non seulement, y a-t-il maintenant un grand nombre de Canadiens qui ont pris quelque contact avec le Nord, mais beaucoup d’entre eux ont d’utiles opinions sur ce qu’il faut y faire.Il est temps de réfléchir à l’avenir et d’établir les fondements d’une activité scientifique permanente en matières boréales, à l’avantage du Nord, grâce à la récente poussée d’activités pertinentes.tes» folms II f'illlllls) K gCStioü Màsd; f® C8é r&k: üwiîte: tacsis, I Üjtile;;., IKIcIï;;;, • te.lu l PSall!.; 'iltiitiii i Otidipn «tetiiijj.Ht,., s ft è Les sciences au service du Nord, selon ses habitants Les connaissances boréales répandues parmi les gens du Nord commencent à se diffuser suffisamment pour influencer l’opinion publique au sujet de l’action à y entreprendre.Il faut, tout d’abord, souligner que le Nord canadien constitue un milieu peu hospitalier.Toutes ces régions sont froides, et la plupart sont marécageuses, à la suite de la dernière glaciation.Cependant, de grandes superficies de la toundra sont sèches, et reçoivent moins de précipitations que le Sahara.On ne respecte les diptères piqueurs du Nord (moustiques, simulies (black flies), chrysops (deer flies), taons (horse flies) que si l’on en fait la fâcheuse connaissance.Le sol et les précipitations ne permettraient que de maigres récoltes, aussi faut-il beaucoup d’ingéniosité pour se procurer à manger, une bonne connaissance du comportement du milieu pour survivre, et de l’obstination pour recueillir ne serait-ce qu’un peu d’argent.C’est pourquoi le Nord canadien ne contient pas de nombreuse population autochtone, et n’offre guère d’attraits aux migrants, sauf à ceux qui prospèrent dans les difficultés.On ne peut le coloniser aussi spontanément que l’on été les prairies de l’Ouest canadien.Il est probable que les ressources renouvelables ne permettent guère d’y faire vivre une population plus nombreuse que celle qui est déjà installée ou même cette dernière.C’est pourquoi l’essor du Nord canadien doit être axé sur l’amélioration de la qualité de vie des habitants actuels.Les gens du Nord n’entretiennent aucun doute à ce sujet.Le Nord canadien est hétérogène sur presque tous les plans: Certaines parties sont couvertes de forêts, d’autres de toundra; d’autres encore sont englacées ou enneigées.La plus grande partie est peuplée par des Inouits ou des Indiens mais, dans certaines régions, les gens de race blanche prédominent.Tous se qualifient de « Septentrionaux » bien que ce titre soit porté avec plus ou moins de justification, dont au minimum .'ei cinq années de résidence, et au maximum le temps qui nous sépare de la | 1 préhistoire.La compétence sur la partie méridionale du Nord appartient ij.,/,1'-aux Administrations provinciales, et l’Administration fédérale détient ^.''‘3 celle sur les territoires septentrionaux.Tout comme on a pu qualifier le fy] Canada de chapelet démographique étiré le long de la frontière etatsunienne, on peut qualifier le Nord de chapelet accroché autour du )|t.'ts If N pôle magnétique.Il est évident que le Nord canadien a besoin de techniques boréales de transport, de télécommunications et d’adaptation au milieu, étant donné sa grandeur, son hétérogénéité, et la rigueur de son climat.Bref, il faut y faciliter les déplacements, rendre plus aisées les relations, et agrémenter l’existence, afin de faire du Nord une meilleure place pour vivre.Ceux qui s’estiment des Septentrionaux et ceux qui s’appellent des Méridionaux perçoivent de façons différentes les modifications indispensables: Les gens du Nord cherchent à se procurer certaines des commodités du Sud; les Méridionaux considèrent celles dont ils disposent, et se demandent quelles sont celles dont ils pourraient se ÉS CtHil tail P«U h f#l te WEMt QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 #1, tdlil eiiu œfc ifeiii pm sifei Bill Üdlt y flit.1 'ffli S 41 mis a M ,W «M ibn.mlitifi* 0i^ «S!»1 L.lK«W fill!.5 Joli?1 liSp* lilt''”1 ii mil* iiill*' > iiii* .J ell passer, s’ils allaient dans le Nord.Il est évident que les Septentrionaux s’estiment mieux placés pour faire le choix, et que toute activité scientifique basée sur leur perception de l’essor du Nord canadien devrait être pilotée par eux.Ils entretiennent la même opinion au sujet du recueil des données nécessaires à l’ouverture de l’éventail de ressources renouvelables permettant à la société boréale de durer.Les connaissances dont ils sont détenteurs leur ont permis de survivre.Mais ils estiment, avec justesse, qu’il faut systématiser et interpréter ces connaissances pour les utiliser à une gestion judicieuse des ressources.Ils croient qu’après avoir acquis certaines des techniques méridionales, il importe de les utiliser de façon respectueuse de l’environnement.Même la simple utilisation combinée d’une carabine et d’une motoneige permet au chasseur d’exterminer la population faunique, s’il n’est pas soumis à des restrictions sévères.Et comme tout gestionnaire de la faune le sait, le succès d’une réglementation cynégétique repose sur son acceptation par le public, et donc sur la compréhension de celui-ci.C’est pourquoi il faut que les Septentrionaux disposent de leur propre personnel de gestion de la faune: ils s’occupent déjà à le former.Cette observation est vraie pour les pêcheries, les forêts et l’agriculture, de même qu’en matière scientifiques ou techniques touchant plus ou moins directement le Nord canadien, telles celles de la glace, du pergélisol, de la toundra ou du moskeg.En matière de grandes techniques pour l’exploitation des ressources épuisables, les Améridiens sont encore plus déroutés par les experts de l’extérieur que leurs concitoyens méridionaux.Celui dont l’existence quotidienne se passe à chasser, pêcher ou piéger perçoit malaisément la pertinence des débats sur les réserves globales d’énergie, les investissements de dizaines de milliards, les stratégies des sociétés multinationales ou les politiques nationales d’autarcie et d’équilibre commercial.Bien des gens du Nord estiment, plus encore que les Méridionaux, qu’il faudrait un délai pour acquérir l’expérience nécessaire à leur participation périphérique aux délibérations d’un monde de voisins.Un sentiment semblable façonne l’attitude des Septentrionaux à l’égard de la multitude de scientifiques qui utilisent leur région comme un laboratoire pour des études paraissant fort abstruses.Ce sont des spécialistes dans presque tout, des aurores boréales aux souris sylvestres, et nombre d’entre eux sont trop ineptes pour pouvoir communiquer avec d’autres.La plupart de ces visiteurs sont inoffensifs, et les gens du Nord peuvent les négliger.Cependant, il est bon de savoir que les excentriques locaux sont toujours mieux acceptés par la collectivité.Le Nord a besoin de créer sa propre communauté scientifique.Sur le plan des connaissances scientifiques boréales, il faut se rendre compte que les gens du Nord estiment qu’ils n’en savent pas assez sur leur propre région, et par conséquent qu’ils n’ont pas suffisamment confiance en eux-mêmes pour assurer leur propre avenir.L’essor de l’activité scientifique au cours des dernières années est largement le fait de scientifiques méridionaux de passage.Il faut, dans la masse de migrants actifs montant vers le Nord, départager les scientifiques des autres travailleurs puis, parmi les premiers, distinguer les étudiants diplômés, les consultants en matière d’environnement, les experts faits sur mesure, les médiateurs officiels et les bénévoles égarés, pour la plupart desquels le Nord n’offre pas d'intérêt en tant qu'endroit pour vivre.Bien que la plupart de ces gens de passage soient civilisés, certains ne le sont guère, et laissent un sillage de susceptibilités outragées derrière eux.Ce fait est banal dans le Nord, et on y pardonne le manque de savoir-vivre des nouveaux venus, parce qu’ils améliorent généralement leurs manières.Mais, récemment, leur nombre a été si grand, et si peu d'entre eux sont restés assez longtemps pour assimiler le savoir-vivre boréal, que les Septentrionaux en ont été courroucés.Comme beaucoup de Méridionaux, ils s’estiment assaillis par un processus impersonnel qui les épuise.Il n’est pas besoin de souligner qu’il est encore plus enrageant d’être fatigué par des blancs-becs.Deux raisons motivent ainsi un développement des sciences boréales à l’avantage des gens du Nord, et autant que possible par eux-mêmes: En 27 premier lieu, il est indispensable qu’ils acquièrent des connaissances sur leur propre région, comme ils le font actuellement, mais de façon plus systématique, et sur un plan scientifique.En second lieu, il est indispensable que les Septentrionaux forment leurs propres scientifiques, ce qui permettrait d’étendre le fondement culture! des activités boréales, et d’amortir l’influence des Méridionaux de passage en les remplaçant, en les éduquant et aussi en les dominant.C’est cette irritation qui a entraîné la modernisation du décret sur les scientifiques, sanctionnée le 26 juin 1974 par l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest.Sous sa forme non amendée, ce décret avait été mis en vigueur dès avant 1930, et il en existait un plus ancien au Yukon.Il y avait longtemps que l’on s’était rendu compte qu’il y avait de bonnes raisons d’obliger les scientifiques à obtenir un permis de recherche dans les régions boréales.La remise en vigueur du décret montre que les gens du Nord sont lassés d’accueillir des scientifiques et des pseudo-scientifiques.Ce décret stipule que: « personne ne peut effectuer de recherche scientifique [dans les T.N.-O.], à moins d’être porteur d’un permis valide, délivré sous l'empire du décret ».il impose « une amende ne dépassant pas mille dollars, ou un emprisonnement ne dépassant pas six mois, ou les deux peines » pour tout contrevenant aux stipulations du décret.Il est évidemment impossible d’appliquer ce décret en tous lieux; cependant, le sentiment qui lui a donné naissance existe encore, et il persistera jusqu'à ce qu’on prenne des mesures pour résoudre le problème visé par le décret.On commence sans doute à s’en occuper car « lors de la session de janvier 1975 de l’Assemblée législative des T.N.-O., celle-ci a adopté un décret de création d’une Commission scientifique consultative, et a placé ainsi les questions de sciences, de recherche et de technologie sous la haute main des législateurs et des habitants des T.N.-O.»*.La Commission a « été créée pour évaluer soigneusement et analyser les questions scientifiques soulevées par les objectifs sociaux et économiques de l’Assemblée législative des T.N.-O., et pour faire des recommandations à leur sujet ».Son action sera axée principalement sur « l’application des résultats pratiques de la recherche sur le plan local, afin d’étayer sans tarder la vitalité du Nord canadien, et de fournir des avantages directs aux gens de la région ».Comme personne ne s’est encore occupé de financer l’activité de la Commission, celle-ci est restée à l’état d’excellente idée.Il est certain qu’on se rendra bientôt compte de sa valeur, et qu’on se pressera pour être le premier à la concrétiser.Jusqu’à présent, on n'a pas procédé à la nomination de ses membres, sauf à celle du président, M O.Solandt.L'action de la Commission scientifique consultative permettra certainement l’étude systématique des besoins scientifiques du Nord canadien.Elle pourra donner suite au concept opportun d’une Université septentrionale, dont la nécessité est manifeste, laquelle s’occuperait de résoudre le problème de la recherche boréale en attirant tout d’abord les étudiants du Nord, et peut-être aussi certains des régions méridionales.Elle pourrait réaliser des programmes d’enseignement polytechnique, et mettre en oeuvre des programmes très dynamiques de formation des adultes.Mais il existe des douzaines de questions à résoudre: Quels services de bibliothèque faudra-t-il mettre sur pied?Quels genres de banques de données faudra-t-il créer?Quelle sera la clientèle d’étudiants?Pour qui seront élaborés les programmes de formation?L’Université sera-t-elle centralisée, ou décentralisée?Quelles seront ses relations avec les universités méridionales et avec les organismes officiels septentrionaux?* Telles son! les termes utilisés par M.Dick Hill, dans son exposé lors du séminaire sur l’essor du Nord qui s'est déroulé à Inuvik en juillet 1976.sous les auspices du Conseil des sciences.IL faut également remarquer que le Conseil des sciences a soutenu activement cette législation. 28 décembre 1976 QUÉBEC SCIENCE Bien entendu, la Commission devra commencer son travail en décrivant son propre rôle, qui serait soit celui d'une critique externe, soit celui d’un conseiller interne: qui lui permettrait d’agir elle-même, ou de pouser d’autres à l’action: qui l’aiderait à présenter d’elle-même une image distincte de toutes celles qui encombrent déjà la scène, et de la modifier en fonction, éventuellement, de la perspective des organes subventionnaires.Ses premières années d’activité devraient être fort intéressantes, d’autant qu’au début, quelques Méridionaux devraient y participer.Le Conseil devra-t-il adopter une réglementation comme celle de la CFL?Et quand le Yukon lui-même se rendra-t-il compte de l’intérêt d’une Commission consultative?La même pourrait-elle servir les deux territoires?Les initiatives de l’Administration fédérale Mais, pendant ce temps, les progrès scientifiques ne peuvent pas attendre que la Commission soit prête à fournir son avis, et d’autres organismes prennent des mesures importantes à ce propos.Avec la grâce d’un diplodocus se débattant dans la vase d’un marécage, le Comité consultatif de l’essor du Nord canadien auprès du ministère des Affaires indiennes et du Nord a élaboré quelques « lignes directrices pour des activités scientifiques boréales »*, et elles ont été communiquées, le 23 janvier 1976, « à tous les ministres fédéraux s’intéressant aux problèmes du Nord canadien ».Leur préambule observe que, dans le Nord canadien, « il faut effectuer l’évaluation systématique et très soigneuse des projets de mise en valeur, afin de découvrir leurs incidences directes et leurs répercussions à long terme sur le tissu social et le milieu physique fragile de la région ».Ces lignes directrices constituent plus ou moins les règles de la recherche boréale des organismes fédéraux.Les voici, complétées par quelques remarques: 1 On doit, autant que possible, encourager les Amérindiens à par ticiper aux activités scientifiques boréales.Cette participation est indispensable dans tous les programmes scientifiques concernant la population: c 'est seulement ainsi que leurs résultats seront valables et procureront les avantages maximaux aux gens du Nord.Les Amérindiens doivent avoir toutes les possibilités de collaborer aux programmes de recherche, et à l'utilisation des connaissances scientifiques et techniques.Observation: Cette directive est excellente.Les gens du pays doivent pouvoir participer aux décisions concernant l’envergure de la recherche, particulièrement s’il s'agit de sciences sociales: de même leur faut-il collaborer à l’effort de recherche.Cette participation nécessite qu’on engage des Septentrionaux comme stagiaires d’été et, ce qui est plus important, comme travailleurs permanents dans les établissements scientifiques officiels, par exemple.Ce sont les emplois techniques permanents dans les régions boréales qui font le plus défaut.2' Il faut qu’avant d'entreprendre des recherches concernant les Amérindiens, on procède à des consultations préliminaires conduisant à un accord entre interlocuteurs informés.Les Autochtones devront participer aux recherches elles-mêmes, et il faudra que leurs résultats soient communiqués aux collectivités boréales intéressées.Ce sont les perceptions des Septentrionaux à propos de leur cadre de vie qui déterminent leurs décisions.En conséquence, ces dernières constituent un élément capital des programmes de recherche, tout comme les propriétés physiques du cadre de vie.* Le Comité consultatif est un comité interministériel présidé par le sous-ministre de LAIN.Pour ceux qui ne le savent pas, soulignons qu’il existe depuis longtemps un désaccord sur la façon d’administrer un pays à l'intérieur d'un autre.Environnement Canada est-il responsable du milieu boréal au nord du 60 parallèle, ou celui-ci relève-t-il de la compétence de PAIN, ou des deux ministères?Il faut se rendre compte que bien des organismes de l'État s’occupent du Nord par le truchement de TAIN.Le Comité consultatif dispose de nombreux comités associés, dont le nombre de membres est plus près de 1 000 que de 100! Observation: La première phrase de cette ligne directrice est sensée, et elle s'applique également aux Méridionaux.Le développement des sciences sociales est importuné par des problèmes d’adéquption.3 H faudrait considérer les activités scientifiques financées ou parrainées par les Administration fédérales ou territoriales comme des outils ou comme des services permettant d'atteindre les objectifs nationaux dans le Nord canadien.Elles ne constituent pas des fins en elles-mêmes, et on ne peut tes justifier que si elles contribuent à la réalisation de l'un ou de plusieurs objectifs nationaux.Observation: Et que fait-on pour les objectifs boréals, et ceux du Nord canadien?4 II est indispensable qu'en matière de programmes scientifiques boréals de nature multidisciplinaire, on associe routes les compétences scientifiques pertinentes aux phases de planification, de mise en oeuvre et d'analyse des résultats.Observation: Cette recommandation prudhommesque n’a guère de signification.Elle pourrait rappeler que les contribuables payant le programme de recherche s’attendent à ce qu’il soit réalisé avec soin: il semble que son rédacteur pensait que les comités eux-mêmes effectuent la recherche.Ce n’est pas le cas.5 // faudrait associer le plus possible les scientifiques des secteurs industriel et universitaire à la réalisation des programmes de recherche financés ou parrainés par l'État, conformément à la politique de ce dernier.Là où il conviendrait, ces programmes de recherches devraient être impartis sous contrat aux universités, aux organismes scientifiques non officiels, aux firmes industrielles ou à des scientifiques individuels.Observation: Cette ligne directrice peut signifier que les organismes officiels doivent s’efforcer d’obtenir la collaboration des scientifiques des universités ou de l’industrie, ou bien que ces scientifiques ne doivent participer qu’aux programmes financés ou parrainés par l’État.La première éventualité pose le problème de l’utilisation des travaux impartis pour déguiser l’engagement d’un personnel supplémentaire par l’État, ce qui se produit déjà.De plus, il est très fâcheux que le gouvernement fédéral n’ait pas encore élaboré une politique d’impartition des travaux aux universités, et que certaines tendances aillent à l’encontre de l’attribution de contrats à ces dernières.Bien que cette ligne directrice soit conforme à la politique de l’État, il serait peu judicieux de passer outre aux besoins des régions boréales, sous prétexte d’uniformité.6 II faudrait s'efforcer de tenir compte des préoccupations scientifiques, lors de l'élaboration et de l'échelonnement des programmes de mise en valeur du Nord.Si des circonstances prépondérantes nécessitaient la mise en oeuvre de tels programmes avant qu'il soit possible d’en réaliser une évaluation scientifique suffisante, leurs protagonistes devraient être mis au courant de toute lacune scientifique, et des conséquences éventuelles.7 L'élaboration et la mise en oeuvre de ces programmes devraient s appuyer sur I évaluation scientifique des progrès réalisés en fonction des objectifs, et des répercussions et effets des actions entreprises en vue d’apporter les correctifs nécessaires.8 II faudrait que toutes les données scientifiques et techniques recueillies au cours des programmes soient communiquées au Service d information scientifique approprié, afin d'assurer que les leçons de I expérience et les résultats de la recherche effectuée soient conservés et disponibles, et afin d’empêcher tout double emploi en matière de recherche.Observation: Quelles que soient leurs significations exactes, ces directives paraissent bien intentionnées, et sont probablement utiles.Cependant, elles pourraient causer des actions inutiles, telles que: « rendre les gens conscients des lacunes connues des connaissances scientifiques »; pourvoir à « une évaluation scientifique des progrès réalisés »: ët déterminer « l’utilité des données scientifiques et techniques ».Eh oui, ces directives préconisent la liberté de l’information.If C«üi lliiu'i;.Ihiiimi lis Mil utfi/lw k priiis.S* Nfdel fefÉiii ¦•il o: Ion Miïfet kll/i ai Ntl®] 'toll kl n ‘pititii «01 ¦«feint fclens Nim» fcn F» «Sa, f'KWfjli '“IS pniiioi N vÿ, [.m pei •« inw H voie.Ht «lits > pli '«il:.fits J 'I'll, s V **111 b S ' : six ; quement comparables en tous points, mais dont l'une travaille dans un kibboutz et l'autre est mannequin à Paris ou à New York: le mot de «santé» ne veut bien évidemment pas dire la même chose pour l'une ou pour l'autre, et leurs besoins médicaux sont également radicalement différents.Ce qu'elles veulent toutes deux cependant, c'est pouvoir continuer à fonctionner «normalement» en dépit des problèmes de santé qu'elles peuvent rencontrer.l IjjCi, ¦ ldi j insrt : Q.S.: Vous proposez l'avènement d'une ((médecine de l'organisme et du milieu», d'une médecine que l'on pourrait appeler ((environnementale».Un peu plus de dix ans après la publication de Man Adapting, croyez-vous que cette nouvelle médecine soit en train de s'imposer?[l# isdi |if ,, !JS #"! i#1' Sü^ H Jtles* R.D.: Je dois bien reconnaître, à mon regret d'ailleurs, que c'est une partie de mes écrits et de mes idées qui n'a eu que fort peu d'influence.Les progrès sont minces, très minces en ce domaine et je crois que la médecine environnementale reste une science à créer.Q.S.: N'est-ce pas parce que l'idéal de santé reste et restera toujours difficile à atteindre dans nos sociétés où rentabilité économique et profit l'emportent sur toute autre considération?R.D.: Pas nécessairement, et dans ce domaine aussi je veux me montrer quand même optimiste.Il est des faits très récents, dans le secteur de l'industrie, qui me semblent encourageants.Chez Volvo, en Suède, les ouvriers ont décidé qu'ils ne voulaient plus travailler à la chafne et cette méthode de production a été changée.Par ailleurs, lors de la grève des employés de Ford, cet automne, c'était sur les conditions de travail qu'on insistait le plus.Le problème de la santé des travailleurs est m formulé de façon si claire que des clauses visant à la protéger feront bientôt partie de toutes les conventions collectives.Et je suis persuadé que nous assistons au même phénomène de prise de conscience face à un problème comme celui de la pollution de l'air en nailieu urbain: les gens se rendent compte que si rien n'est fait, cela coûtera un jour très cher.A eux et à leurs enfants.Q.S.: Le microbiologiste, le savant, l'homme de laboratoire est chez vous doublé d'un penseur, d'un philosophe.Vous êtes l'un des scientifiques qui sont passés, pour reprendre votre expression, ((de la molécule aux problèmes de la vie réelle».Croyez-vous que ce type de démarche puisse se généraliser, à l'heure de l'éclatement des savoirs, de l'explosion de l'information et de la spécialisation à outrance qui en découle, dans le domaine scientifique en particulier?R.D.: C'est là une question importante et je crois qu'en cette matière aussi, on commence à prendre conscience des problèmes qui sont les nôtres.J'ai tout récemment écrit des préfaces à deux livres qui justement posent cette question, manifestent ce type d'inquiétudes.Car ce qui se produit actuellement, ou plutôt ce qui doit maintenant se produire, c'est la naissance d'une véritable contre-culture scientifique.En 1933, la ville de Chicago organisa de grandes manifestations pour célébrer son centième anniversaire.Dans le guide des festivités qui fut alors publié, un chapitre portait le titre suivant: «La science découvre, l'industrie applique, l'homme se conforme».En 1976, il est évident que les termes de l'affirmation doivent être renversés.Qu'il faut reformuler les sciences pour qu'elles se conforment à l'homme et à la nature, non l'inverse.Que l'innovation technologique et l'expansion industrielle doivent être soumises à un examen des conséquences à long terme des interventions de l'homme sur la nature.Q.S.: René Dubos, c'est le scientifique qui est passé de la molécule à l'homme.C'est aussi un homme heureux, heureux d'être humain.Le scientifique est-il, lui aussi, heureux?R.D.: Oui, bien sûr.Qu'on me lise et qu'on m'écoute me rend heureux comme scientifique.Il y a 25 ans, à peu près personne ne lisait Mirages de la santé.Aujourd'hui, on le réimprime.Bibliographie René Dubos, Mirages de la santé, préface d'André Marais, Denoël, Paris, collection «Essais», 1961 L'homme et l'adaptation au milieu, Payot, Paris, 1973 Choisir d'être humain, Denoël, Paris, 1974 42 iffiî ÉCONOMIE La culture n'explique pas tout Politiciens et économistes québécois se sont toujours préoccupés de la relative absence des Canadiens français, dans la vie économique du pays.Plusieurs recherches passées tendaient à démontrer que des facteurs culturels expliquaient en bonne partie cet état de fait: la religion notamment, qui ne valorisait guère la réussite matérielle, ou l'importance de la vie familiale qui incitait les rares entrepreneurs québécois à préférer une «petite affaire familiale» à une entreprise moderne, etc.La structure économique du pays et son histoire, axée sur le développement des grands réseaux de transport, à l'aide de capitaux britanniques, puis la naissance d'une industrialisation à capitaux américains, expliquent aussi que les francophones du Canada se soient souvent retranchés dans des activités économiques mineures et aient été quelque peu exclus des grands courants économiques nord-américains.Mais la situation culturelle a beaucoup changé depuis une vingtaine d'années.Et la situation économique aussi, notamment avec la naissance des grands outils de l'État québécois, qui ouvraient pour la première fois les portes aux Canadiens français dans de nombreux secteurs industriels ou financiers jusqu'ici inaccessibles.Jean-Marie Toulouse, Jean-Louis Bellaud, tous deux de l'École des hautes études commerciales de Montréal, et Donald V.Nightingale, de Queen's University à Kingston, ont donc décidé de refaire en quelque sorte les études de motivation comparée entre les deux communautés linguistiques canadiennes, dont les plus récentes dataient de 1966.Pour ce faire, ils ont interrogé 500 Canadiens français, tous du Québec, et 500 Canadiens anglais, tous de l'Ontario, afin d'identifier, par ordre d'importance, ce qu'ils décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE considéraient comme les éléments de motivation les plus importants.Les deux échantillons étaient similaires quant à la répartition des administrateurs, des membres du personnel cadre et des simples employés, et les caractéristiques socio-économiques étaient similaires, mis à part une légère sur-représentation des individus gagnant moins de 10 000 dollars dans l'échantillon québécois.Pour éviter les biais «culturels», les dix entreprises québécoises étaient entièrement gérées par des Québécois francophones, et les dix entreprises canadiennes, entièrement gérées par des Canadiens anglophones.Chez les administrateurs (ou cadres supérieurs, pour employer un anglicisme pratique), la motivation ne semble guère différente.Les francophones valorisent plus que leurs parallèles la possibilité «d'apprendre au travail», l'intérêt professionnel étant donc une motivation primordiale.Chez les anglophones, la liberté dans le travail, les possibilités d'avancement ainsi que le temps libre pour la vie personnelle et familiale semblent passer aux premiers rangs.Mais dans l'ensemble, les facteurs extrinsèques (conditions de travail) et intrinsèques (besoin d'épanouissement, de réalisation, de satisfaction) occupent, pour les deux groupes, les mêmes positions respectives.Toutefois, à mesure que l'on descend, dans les échelons hiérarchiques, les différences s'accentuent.Au niveau du personnel d'encadrement, les francophones, là aussi, insistent sur l'intérêt du travail (possibilité d'apprendre, d'avoir un travail stimulant) ainsi que sur la collaboration des autres, alors que les anglophones, tous comme leurs supérieurs, insistent sur la liberté qui doit leur être laissée (exercice de responsabilités).Mais déjà les facteurs de motivation intrinsèque sont plus élevés, proportionnellement, chez les francophones.Les anglophones insistent beaucoup plus sur les caractéristiques extrinsèques, notamment le confort dans le milieu de travail et les temps libres.Au niveau des simples employés, on retrouve les mêmes motivations, auxquelles s'ajoutent, pour les franco- phones, des considérations de sécurité matérielle: sécurité d'emploi, bénéfices sociaux et salaires.Une fois de plus, l'écart entre les facteurs intrinsèques et extrinsèques s'accentue entre les deux groupes.D'une façon générale, on peut dire que les francophones préfèrent avoir un travail intéressant, dans une ambiance amicale, alors que les anglophones préfèrent un travail «libre» (autonome ou responsable) dans un milieu confortable.Ces différences ne semblent guère, à première vue, justifier à elles seules un quelconque écart entre les deux groupes au niveau de la réussite, si l'on fait abstraction de la structure économique du pays.D'autant plus qu'en recoupant autrement les échantillons (en fonction de la scolarité des personnes interrogées, de leur niveau hiérarchique, de leur salaire, de leur ancienneté dans l'entreprise, etc.), les chercheurs ont mis en évidence des différences souvent plus significatives.ce qui laisse croire que, finalement, la langue n'est pas1 le facteur le plus important, loin de là.L'hypothèse «culturelle» retenue depuis des années serait-elle maintenant à réviser?(P.S.) ENSEIGNEMENT DES SCIENCES Un constat d'échec Le lancement réussi de Spoutnik I, par l'URSS, à la fin des années 1950, n'a pas causé une explosion que sur son site de lancement.Partout dans les milieux scientifiques américains, ce fut la bombe.Certes, les États-Unis n'avaient pas un tel retard, eux qui comptaient sur les scientifiques émigrés d'Allemagne ou d'Europe de l'Est, après la guerre, pour leur donner la lune.et la suprématie militaire! Mais il fallut bien constater que l'URSS, avec bien moins d'apport étranger, avait réussi un miracle en formant une relève scientifique compétente.Or, l'enseignement des sciences croupissait encore dans ses archaïsmes aux États-Unis.De commissions gouvernementales en comités universitaires (au Massachussetts Institute of Technology, notamment), l'efficacité américaine réagit promptement et accoucha d'une vaste réforme de l'enseignement des sciences dès le début des années 1960.Cinq ans plus tard, les résultats se faisaient déjà sentir.Et le Québec, enthousiaste, emboftait alors le pas, traduisant littéralement l'esprit et la lettre des nouveaux programmes américains.Grosso modo, il s'agissait de rendre attrayantes les sciences de la nature.Pour se faire, on allait remplacer les principes appris par cœur par des laboratoires permettant à l'étudiant de «découvrir» lui-même ces principes.On n'apprend bien que ce que l'on découvre, ce que l'on vit, disait le grand pédagogue Dale dont on suivait les consignes.L'objectif même des cours de sciences allait changer.Il n'était plus question de donner à l'étudiant une vaste érudition (sur la vie des grands découvreurs et la nomenclature spécieuse des spécialistes), mais de lui faire acquérir la curiosité scientifique de base, de lui faire découvrir, apprécier, puis appliquer la méthode scientifique, bref, de lui r donner un goût, une méthode et une formation, et non plus seulement une information.Il y a maintenant 5 à 10 ans que ces nouvelles méthodes ont envahi nos écoles.Les premiers résultats devraient se faire sentir.Il y a près de trois ans, une équipe de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, sous la direction de Louis Sainte-Marie, lançait un programme de recherche pour évaluer cet enseignement des sciences: le projet Evalensci.Leurs conclusions sont maintenant publiées: échec total! Les nouveaux cours n'aident aucunement les étudiants à développer une attitude scientifique: les tests ne révèlent aucune différence à cet égard entre les étudiants qui ont suivi un ou plusieurs cours de science, qui ont suivi des cours élémentaires ou avancés; on n'a guère enregistré de progrès sur ce plan entre le début et la fin de ; QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 43 ÏSCIEUjI :œ losses J ¦Uois.0^ leiiHtM «eslau j ute of I toi), 1 erajil jucMm leifloerfiï Os plus t* loidsjà I eoilespi ssaiule I ire,ooii esappoij iratoiisj les»^ «Jesw* 00 11 I ¦y™! Kira I (iat|0fl' I jll)aoi|1| .faiie^ os,111,8 J laf»?l|li1 .reliât108 ]fe Niii ®pai «mei Mi liloir; Mb C’î Spltin PU N'éti % Nur Nt], Ns p Organe officiel du cercle des jeunes naturalistes La seule revue du genre au Québec pour jeunes et adultes qui veulent découvrir la nature spécialisé sur la nature dix parutions par année ABONNEMENT RÉGULIER pour 10 parutions à partir du mois où l'on s'abonne CANADA: pour 2 ans: $ 7.00 $ 12.00 TARIF JEUNESSE AVEC CARTE DE MEMBRE ASSOCIÉ C.J.N.OU DU CLUB PROVINCIAL poür 10 parutions à partir du mois où l'on s'abonne CANADA SEULEMENT: $5.00 La carte de membre associé C.J.N.coûte $1.00 DATE États-Unis: ailleurs: $ 10.00 $ 12.00 Je désire m'abonner au NATURALISTE à partir du mois de.Je désire devenir MEMBRE ASSOCIÉ C.J.N.et j’inclus un dollar (S 100).AGE (lettres moulées) NOM .ADRESSE.CODE.TEL.CI-INCLUS CHÈQUE ?MANDAT ?SECRÉTARIAT DES C.J.N., Jardin botanique, 4101 est, rue Sherbrooke, Montréal, Qué.HI X 2B2 % »! N to, K Nrijji Poi »tlj s.% Nii H ’Nis, jn!'1 K N QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 parutions recentes LES MÉMOIRES DE HANSEN Les mémoires de HANSEN collection de documents laissés par le Dr G.H.A.Hansen (traduction française de S.et G.Vitale à partir de la traduction anglaise faite par G.A.Hansen), les Presses de l'Université du Québec, Montréal, 1976, 130 pages, $8.50 Les mémoires laissés par le célèbre médecin norvégien, découvreur du bacille de la lèpre, constituent non seulement une des plus belles pages de l'histoire scientifique de son époque (fin du 19ième et début du 20ième siècle), mais aussi un précieux miroir qui reflète la profonde pensée de ce grand bienfaiteur de l'humanité.C'est avec la plus touchante simplicité et plein de respect des moindres détails que le Dr Hansen nous raconte son enfance, sa vie d'étudiant et sa carrière de médecin; ce sont la vie et l'œuvre de Darwin et de Pasteur qui l'ont le plus marqué.Il nous révèle aussi ses impressions de voyages dans divers pays d'Europe et d'Afrique, puis il décrit ses recherches qui, avec les moyens de fortune du temps, l'ont conduit à la découverte du bacille de la lèpre.Devenu subitement célèbre dans le monde entier, mais conservant sa grande modestie, il relate enfin ses activités au cours de divers congrès scientifiques et d'un séjour assez prolongé aux États-Unis.Les jugements qu'il porte à tout propos sur ses contemporains —norvégiens, suédois, danois, anglais, français, allemands, américains et juifs— sont d'un intérêt particulier parce qu'ils prouvent la profondeur de sa pensée et l'honnêteté de sa conscience.Le Dr Hansen est un des grands hommes des temps modernes; aussi son autobiographie est-elle une narration passionnante de sa vie et de sa brillante carrière de médecin-chercheur.47 LES SEIGNEURS DE LA FAUNE CANADIENNE FRISON-ROCHE LES SEIGNEURS DE LA FAUNE CANADIENNE par Roger Frison-Roche, Flammarion, Paris, 1976, 302 pages, $12.50 C'est vraiment un bel ouvrage que nous offre l'écrivain et journaliste français Roger Frison-Roche avec «Les seigneurs de la faune canadienne».Au premier abord, la qualité de l'édition frappe; présenté sous la forme d'un luxueux album cartonné, imprimé sur papier glacé, ce livre est agrémenté de superbes et saisissantes photographies en couleurs et en noir et blanc.Cette belle présentation technique rend hommage au texte qui a le mérite de se lire comme un véritable roman.En effet, l'auteur a préféré délaisser le style académique et faire œuvre de vulgarisation: notre connaissance avec la faune canadienne se fait à travers un récit romancé et parfois poétique des péripéties et expériences vécues lors de ses trois voyages au Canada entre 1966 et 1974.Toutes les qualités reconnues à son livre ne nous empêchent tout de même pas de lui faire deux reproches.Le premier concerne un égocentrisme assez agaçant à la longue; nous pouvons lui pardonner l'emploi fréquent du «je» puisqu'il s'agit de récits et de souvenirs de voyages, mais nous aurions pu nous passer des douze photos de l'auteur devant son attelage de chiens, devant sa tente, devant son embarcation, etc.Le second se rapporte au mélange de juridictions entre les gouvernements fédéral et provincial: il fait, par exemple, relever les «Services de la faune, de la chasse et de la pêche» du gouvernement fédéral! La moitié de l'ouvrage est consacrée au loup et à l'ours, tous deux grands seigneurs de la faune canadienne.Le loup nous est présenté comme intelligent et sociable et l'ours, comme redoutable et très dangereux.L'auteur a donc le mérite de mettre la hache dans la légende très répandue du méchant loup ainsi que dans le mythe du gentil «nounours».Frison-Roche consacre le reste des chapitres à certains autres animaux particulièrement intéressants: le bison, l'orignal, le bœuf musqué, la chèvre, la grande oie blanche, etc.Les mesures prises par le Service canadien de la faune pour sauver cette dernière de l'extermination ont particulièrement forcé l'admiration de l'auteur.Il est enfin intéressant de découvrir le parti-pris de l'auteur pour le respect et la préservation de la faune.Déplorant la mentalité des Américains pour qui tout leur appartient et qui oublient ainsi que ce sont d'abord les ours, les loups et autres animaux qui vivent ici dans leur milieu naturel, il identifie l'homme comme étant le véritable danger et la plus grave cause d'extermination des espèces citées.Car les animaux ne tuent la plupart du temps que pour manger, alors que l'homme tue pour son plaisir.(J.-P.D.) JE SUIS UNE MAUDITE SAUVAGESSE par An Antane Kapesh, (traduit du montagnais par José Mailhot), Leméac, Montréal, 1976, 140 pages, $8.95 C'est probablement la première fois qu'une authentique Indienne écrit un livre dans sa langue (côté gauche des pages), avec la version française du côté droit.Et quel livre! On y cherche en vain l'élégance de langue des grands écrivains, mais on est heureux d'y trouver la touchante simplicité de pensée d'une Montagnaise de Schefferville.Triste charge contre la «civilisation» des Blancs, dramatique récit des mauvais traitements et des mépris cruels que les autochtones doivent constamment subir, vibrant plaidoyer en faveur de la survivance du peuple montagnais, mais aussi cri d'alarme d'une Indienne contre l'assimilation par les Blancs qui ne cherchent qu'à détruire systématiquement sa culture millénaire! Devant ce livre, le lecteur reste perplexe car il se demande qui, du Blanc ou de l'Indien, est le plus civilisé; le monologue de l'auteur est inquiétant puisque la situation passée et présente n'ouvre pas les perspectives d'avenir dignes d'un peuple aussi riche en histoire qu'en traditions.Madame Kapesh est fière d'être indienne, fière d'être traitée de «maudite sauvagesse» par les Blancs car, ce faisant, ces derniers rendent hommage à son peuple d'avoir vécu le premier une vraie vie de liberté sur la rive nord du grand fleuve.(J.R.) 48 décembre 1976 / QUÉBEC SCIENCE ÉNERGIES POUR AUJOURD'HUI ET DEMAIN par Jacques Passat, les Éditions Eyrolles, Paris, 1976, 96 pages, $10.90 Le problème de l'énergie est d'actualité.Reportages, dossiers, documents, articles, brochures sont publiés en grand nombre dans l'intention de faire le point sur la question.Ce livre français est l'un de ceux-là.L'auteur, par l'analyse de la situation en France, donne un aperçu des possibilités et des difficultés, résolues ou non, dans la recherche des sources d'énergie de l'avenir.Sous forme de reportage journalistique très visualisé, ce livre a été conçu pour les non-spécialistes, de façon à les introduire à un débat qui se déroule trop souvent entre les seuls techniciens.Ce texte peut seulement constituer un complément utile à la compréhension du problème énergétique québécois, du fait surtout qu'il s'attache essentiellement à décrire et analyser la situation française.Bien sûr, les données scientifiques et le contexte mondial restent malgré tout les mêmes, quel que soit son pays d'origine.(A.D.) STATISTIQUE DESCR|PTIVE par le Dr Adolf Diegel, Les Éditions loma, 780, ave de Longpré, Québec, 1976, 263 pages, $15.75 Cet ouvrage est le tome 11 de la série «Programmathèque Fortran», le tome I ayant été consacré à l'étude de la «Statistique décisionnelle».L'auteur, professeur en sciences de décision à l'Université du Québec à Chicoutimi, y traite d'une main de maftre les corrélations multiples dans le cadre d'autres problèmes de statistique descriptive.Grâce à ce volume de facture avancée, l'utilisateur spécialisé peut immédiatement disposer de neuf programmes; il peut se servir aisément de l'ordinateur pour les traiter, sans même connaftre la programmation et, partant, explorer la statistique sans être frustré par les contraintes du calcul manuel.D'autre part, si l'utilisateur est un étudiant, l'ouvrage lui permet d'approfondir ses connaissances plutôt que simplement obtenir des résultats instantanés.C'est d'ailleurs la raison pourquoi chaque programme fournit des options-exploration en plus de l'option-type, ainsi que des exercices développant la matière à partir de sa toute première base.L'ouvrage procède par progression logique à travers ses 26 chapitres allant des données élémentaires à la corrélation multiple, et chaque chapitre est accompagné d'une série d'exercices appropriés.Bref, c'est un ouvrage indispensable pour tous ceux —étudiants et spécialistes— qui s'intéressent à la solution rapide de problèmes de statistique à l'aide de la programmation Fortran.Ajoutons que l'ensemble des programmes, adapté aux versions principales de Fortran, est également disponible sur bande magnétique.(J.R.) LES CHAMPIGNONS par Mirko Svrcek (traduit du tchèque par Ferdinand Renversé), Marabout Service/ Nature, Verviers (Belgique), 1976, 191 pages, $4.00 Pour les mycologues amateurs, voilà un guide pratique permettant d'identifier 64 des champignons les plus répandus d'Europe.La description de chacun d'eux comporte une planche en couleurs et l'ouvrage est complété par un répertoire des termes et une bibliographie.(J.R.) LA VIE QUOTIDIENNE DES PREMIERS COLONS EN ABITIBI-TÉMISCAMINGUE par Normand Lafleur, Leméac, Montréal, 1976, 197 pages, $8.95 L'auteur de «La drave en Mauricie» et de «La vie traditionnelle du coureur de bois aux 18ième et 19ième siècles» retrace dans ce nouvel ouvrage l'histoire de la colonisation de l'Abitibi-Témiscamingue grâce aux témoignages de vieilles personnes qui ont vécu cette époque dominée par une politique qui consistait à établir «des hommes sans terre sur des terres sans hommes».L'auteur brosse le tableau de la vie quotidienne des premiers colons; on assiste avec beaucoup d'intérêt à la construction du «campe» en bois rond, à l'organisation du chantier forestier, à l'essouchage, à la culture des terres neuves, ainsi qu'à la préparation de la nourriture et des remèdes populaires.Le lecteur est plongé dans la vie des grands bâtisseurs du Nord-Ouest québécois; dès lors, il comprend mieux le rôle joué par les missionnaires-colonisateurs ainsi que la vie de misère qui était le lot de cette courageuse population.L'ouvrage est abondamment illustré et complété par de nombreuses annexes et une bibliographie.Ma forêt au bord du grand fleuve Sebastiao Bastos récit recueilli par Claude Mossé, Robert Laffont collection « Vécu», Paris, 1976, 285 pages, 11.95 dollars Ecology and management of animal resources J.Roger Bider, Eric Thompson, R.W.Stewart Les Presses de l'Université de Montréal, collectif EZAIM (Ecologie de la Zone de l'Aéroport International de Montréal), Montréal, 1976, 24> pages, 12 dollars Les racines de l'homme Pierre Bour Robert Laffont, Paris, 1976, 628pages, 23.55 dollars Cannabis et fonctionnement intellectuel Maurice Bourassa H»plllS Les Presses de l'Université de Montréal, Montrémiy^ 1976, 227 pages, 14.25 dollars La peste blanche.Comment éviter le suicide dt l'Occident Pierre Chaunu et Georges Suffert Gallimard, collection L’air du temps, Paris, 197 264 pages, 10.95 dollars Guerre ou paix dans l'homme Irenaüs Eibl-Eibesfeldt Stock/Monde ouvert, Paris, 1976, 315 pages, 16.95 dollars Is» % Le paradoxe du médecin Jean-Louis Funck-Brentano Gallimard, Paris, 1976, 239 pages, 9.95 dollars %ei "Ile In Biologie.1.Biologie cellulaire et 2.Génétique Claude-Louis Gallien Les Presses universitaires de France, Paris, torn 1: 189 pages, 11.20 dollars, tome 2: 139 pages, 9.60 dollars ««ne Dictionnaire pratique des auteurs québécois Réginal Hamel, John Hare, Paul Wyczynski Fides, Montréal, 1976, 723 pages, 15 dollars Machina sapiens.Essai sur l'intelligence artificielle William Skyvington Le Seuil, Paris, 347 pages, 23.25 dollars L'hémo-test Ange Mattéi Éditions Robert Laffont, Paris, 1976, 279 page 15.35 dollars Critique épistémologique de l'analyse systémii Denis Monière Éditions de l'Université d’Ottawa, collection Sciences Sociales no 4, Ottawa, 1976, 253 pagt lHîl-R( 'tenu N lime; XJéde lin» ' moi 1,1 et L'analyse dimensionnelle et l'épistémologie G.Monod-Herzen Maloine-Doin, Paris, 1976, 131 pages, 17.00 dollars Le comportement, moteur de l'évolution Jean Piaget Gallimard, collection Idées, Paris, 1976, 190 pages, 1.95 dollars Les rhumatismes Philippe Stora Robert Laffont, collection Comprendre pour guérir, Paris, 1976, 309 pages, 15.35 dollars 1%, QUÉBEC SCIENCE / décembre 1976 49 £ti vrac UNE MACHINE A MOTS (Quelle ne fut pas notre surprise lors de la réception du premier numéro de «Néologie ien marche» publié par la Régie de la langue française, de constater que QUÉBEC SCIENCE avait «commis» 80 des 220 néologismes qui s'y trouvent répertoriés (et acceptés!).Loin de nous l'intention de créer des nouveaux mots: nous avons assez SewtUde travail comme ça! la* (W soora ri DE L'AIR DANS L'EAU i Pour prolonger le temps de travail des plongeurs sous l'eau, des scientifiques ont pensé à utiliser des bonbonnes d'air liquide t plutôt que les traditionnels scaphandres alimentés de la surface.Les bonbonnes .d'air liquide contiennent en effet 4 à 5 fois plus d'air que les bonbonnes d'oxygène.Ipâ Encore un nouveau truc pour forcer le rendement des travailleurs.0!, ANTI ROUILLE SOVIÉTIQUE beau mentir qui vient de loin, dit le proverbe.On espère toutefois que les techniciens occidentaux se donneront la peine de vérifier l'information véhiculée par le service de presse de l'ambassade jsoviétique, à l'effet que les chimistes [lituaniens auraient mis au point une peinture d'automobile qui protège de la rouille trois fois plus longtemps que les 5“ ' revêtements électrolytiques courants.^tift Puisse l'espionnage industriel être efficace, pour une fois.wr t«(0“ Jfs'i 0 0* EN CONSERVE POUR CAUSE D'ÉLECTIONS Le rapport du projet GAMMA (Groupe associé de Montréal-McGill sur l'avenir), sur la mise en place d'une société de conservation au Canada, était prêt depuis deux mois lorsqu'on l'a lancé «officiellement» ce mois-ci.La raison du retard?Les élections du 15 novembre.M.Valaskakis, directeur de GAMMA, certain d'avoir écrit un ouvrage important, voulait éviter de perdre son effet, à cause de la fièvre électorale.On a donc dû mettre temporairement «en conserve» ce rapport sur la société de «conservation».NOM date d'entrée en vigueur numéro d abonné ANCIENNE ADRESSE NUMERO RUE APPARTEMENT CODE POSTAL VILLE PROVINCE ou pays NOUVELLE ADRESSE NUMERO RUE VILLE PROVINCE ou pays APPARTEMENT CODE POSTAL participer à cet organisme, est priée de communiquer avec Jean-Marc Gagnon, QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1, (418) 657-2426.Plus de nouvelles au prochain numéro.OFFREZ-LUI UN SOUTIEN-GORGE ÉLECTRONIQUE premiers signes.Attention! Ne vous précipitez pas tout de suite au magasin.D'une part, cette merveille de la technologie n'est pas encore sur le marché et, d'autre part, un tel soutien-gorge «électronique» ne saurait être un cadeau de Noël convenable ni à celle qui a tout, ni à celle qui n'a rien.ioW1 l/jtf] tio» /S ?S'ASSOCIER POUR INFORMER On ne peut pas dire que les media d'information québécois attribuent toute l'importance qu'elle mérite à l'information scientifique et technique.Voilà pourquoi un groupe d'une trentaine de communicateurs scientifiques a décidé de former l'Association québécoise des professionnels de la communication scientifique (A.Q.P.C.S.).La cotisation est fixée à 30 dollars par an.Toute personne œuvrant dans le domaine et intéressée à La dépêche, venue l'Écosse et reproduite par de nombreux quotidiens n'a pu être vérifiée: la mise au point d'un soutien-gorge muni d'un circuit électronique très perfectionné cousu à l'intérieur du tissu et capable de mesurer minute après minute les variations de température.Comme on sait que le cancer (particulièrement celui du sein) provoque de fortes hausses de température, le port d'un tel soutien-gorge «électronique» permettrait de détecter le cancer du sein dès ses ESPIONNEZ LA POLLUTION Si vous êtes témoin d'un «accident industriel» susceptible de porter atteinte à l'environnement, n'hésitez pas: composez (514) 873-3454, quels que soient le jour et l'heure.Il s'agit d'un service téléphonique mis à la disposition du public par les services de protection de l'environnement du gouvernement du Québec.Ne vous gênez pas.Espionnez, c'est pour la bonne cause! 50 DRÔLE DE CINÉMA Un grossissement de 7,5 millions de fois, effectué par un microscope à balayage spécialement conçu, a permis aux chercheurs Crewe et Isaac, de l'Institut Fermi de l'Université de Chicago, de photographier des atomes isolés d'uranium en mouvement sur un même film de carbone.Qu'auraient découvert ces éminents chercheurs s'il s'était agi d'un film de Leone?SOYEZ PATIENT Les pessimistes prétendent que la détérioration de la planète par l'industrie humaine conduit inévitablement à la catastrophe.Rassurez-vous: ils ont tort! Du moins, s'il n'en tient qu'au futurologue Hermann Kahn.Ce dernier a récemment déclaré que dans 200 ans, l'humanité sera partout nombreuse, riche et maftresse des forces de la nature.Puissions-nous être réincarnés pour connaftre un tel paradis! DURE CONCURRENCE Il y a 20 ans, les laboratoires Bell découvraient le principe de la cellule photovoltaique.C'est ce même principe qui, bien des années plus tard, et d'une manière infiniment plus sophistiquée, était appliqué pour transformer l'énergie solaire directement en énergie électrique sur les vaisseaux spatiaux et les satellites.Le prix?20 000 dollars du kw de pointe! On est encore loin, me direz-vous, de concurrencer l'Hydro-Québec.Pas tant que cela! Grâce aux recherches sur les cristaux de silicone, on s'attend à voir baisser ce coût à 500 dollars en 1985 et à 100 dollars en l'an 2000.Que vaudront 100 dollars en l'an 2000?NÉ D'UNE MÈRE ADOPTIVE On le faisait déjà pour les lapines en 1890, et, depuis plusieurs décennies, pour la chienne, la vache et quelques autres animaux.Mais la transplantation d'un embryon de quelques jours d'un utérus à un autre vient d'être réalisée pour la première fois avec succès chez les primates C'est ainsi qu'un jeune babouin a fêté le mois dernier son premier anniversaire, toujours en parfaite santé.L'équipe de l'Université du Texas, à San-Antonio, a attendu plusieurs mois avant de rendre la nouvelle publique.L'heureuse naissance avait en effet été précédée d'une dizaine d'échecs et l'on était demeuré sceptique quant aux chances de survie de l'embryon.Voilà qui est fait, à présent.Prochain pas: l'homme?NOS MEILLEURS VOEUX À l'occasion des Fêtes, le personnel et les collaborateurs de QUÉBEC SCI ENCE souhaitent à tous leurs lecteurs et amis de vivre le plus heureux des Noëls et une fructueuse année 1977.Puissent lecture et service postal ne pas vous manquer! Claude Marcil nous expliquera comment la passion du jeu devient, chez le joueur compulsif, une véritable maladie Fabien Gruhier démontrera comment les nouvelles connaissances en physique ont apporté de l'eau au moulin de la parapsychologie Jean Robin présentera ce que l'on sait actuellement de l'origine de ces agents infectieux, les virus Gilles Provost fera le point sur ces huiles qui polluent dangereusement notre environnement, les biphényles polychlorés pour savoir ce qui se passe lisez plutôt la Recherche r*.r»mmont cni\/ro l’artivité» Hpq âmiinp* LABORATOIRE Comment suivre l'activité des équipes de recherche en toutes disciplines dans le monde entier?Comment être informé de ce qui se passe dans les laboratoires les plus réputés?Vous pouvez essayer de dépouiller la littérature spécialisée.Mais il paraît chaque année plus de deux millions et demi d'articles scientifiques originaux.Bien sûr, vous n'êtes pas obligé de les lire tous.Mais comment trier les plus importants ?Ecouter aux portes des laboratoires ?Ce n'est pas seulement une solution d’une éthique discutable : c'est une solution démodée et inefficace.Elle expose d'ailleurs les James Bond de la science à un lumbago permanent.Lire la recherche est beaucoup plus simple et beaucoup plus rentable.Parce que La Recherche est une revue interdisciplinaire : elle vous offre chaque mois une synthèse de tout ce qui se passe d'important sur tous les fronts de la recherche, de la biochimie à l'astrophysique.La Recherche est une revue internationale publiée en français.Ses articles sont écrits par des chercheurs du monde entier.Et lus dans le monde entier.offre spéciale es lecteurs de Québec Science * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 numéros) à La Recherche au tarif spécial de 20 dollars canadiens au lieu de 28 dollars.Pnom I adresse L.* offre réservée aux particuliers, à l’exclusion de toute collectivité.à retourner accompagné I de votre paiement à I DIMEDIA 539, bd Lebeau I Ville St-Laurent P.Q.I H4N1S2 Q SI i i Vi % Vl H % N0to, 3 CHOISIR LA SANTE mm# ;» -V.' : ' - ' -i * .• ' -i' * -i A- V» ¦'¦ivv-v.Vvi‘''v •vA/‘J v.« ?v'* ’xViV^A \\A , > ¦/ > ‘ * * '¦': A-'V wMi pliliiiil ¦MM MMi .v'V v.‘v » A '?‘ifv postface de Fernand Si v .v i DOSSIERS Les Dossiei L___________ Yanick Villedieu DEMAIN LA SANTÉ Vivre et mourir au Québec Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de $.pour.exemplaire(s) NOM.ADRESSE .(numéro) (rue) Yanick Villedieu DEMAIN LA SANTÉ Vivre et mourir au Québec Postface de Fernand Seguin Un état de santé stationnaire ou qui se détériore.Une médecine essentiellement curative et individuelle plutôt que préventive et communautaire.Une augmentation vertigineuse des coûts d'un système laissé aux mains d'entrepreneurs privés: les médecins.Il n'en faut pas davantage pour diagnostiquer l'impasse.Car subventionner encore et encore la maladie —au lieu d'investir dans la santé— c'est chercher à remplir un tonneau sans fond.Le «virage vers la santé», pourtant, sera très difficile à prendre.Il faudra réformer notre système de maladie, démédicaliser nos vies, changer nos mentalités.Et transformer en profondeur le contexte politique et économique de ce qui nous sert de civilisation.DEMAIN LA SANTÉ, un dossier d'envergure exceptionnelle qui ne laissera personne indifférent, est le premier volume de la collection LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE.Les 11 chapitres de DEMAIN LA SANTÉ: Le diagnostic.De quoi meurent les Québécois.Grandir à Montréal, vieillir en Gaspésie.Les inégalités devant la santé.Être Indien, être femme.Les points chauds du dossier santé.Le système de lutte contre la maladie.Les médecins et les autres.Les institutions en cause.Le fonctionnement du système.La formation et la recherche en sciences de la santé.Le combat pour la santé.La médecine, bien, mais plus que la médecine.Choisir la santé.(ville) (code postal) TÉLÉPHONE .QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 (418)657-2426 QS 0476 296 pages 13,5 X 21,5 cm $8,50 Dans la collection LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE Les communications, v5 |v m ^ lueur d'une ère nouvelle 1 - T Pour que s'établissent les communications humaines à travers un «campus» de plus de 1300 kilomètres, des mécanismes à la fois souples et puissants doivent être introduits quand le geste et la voix ne suffisent plus.C'est pourquoi l'Université du Québec s'est dotée d'un système de communications où prime l'innovation technologique.Parmi les diverses réalisations ou expériences qui s'inscrivent dans cet effort, mentionnons: La Banque de données à accès direct de l'Université du Québec (BADADUQ) qui facilite la recherche en bibliothèque par l'assistance de l'ordinateur et rend possible, malgré la distance, l'accès aux centres de documentation ou bibliothèques des différentes unités constituantes.Le «Réseau-Omnibus», qui s'intégre dans le cadre des expériences d'utilisation du satellite canado-américain Hermès, regroupe une quinzaine de projets, réalisés par différentes unités constituantes.Tous ces projets ont en commun la caractéristique d'utiliser le satellite pour éliminer les contraintes que B IB L 10 TH EJ 1700 ST T>ENf i H Z X SI0UÜTMÊQU 3K6 NATIONALE 1 ntjmgose à certaines activités vent être associées à ivantes: la téléinformatique, le a télé-conférence.i i y t i 31 i Le système PLATON dont ('expérimentation permet d'exploiter les nombreuses possibilités de l'ordinateur comme outil d'apprentissage qui met en relation un étudiant et un professeur et permet, malgré les contraintes de temps ou d'espace, la recherche ou la transmission d'un contenu pédagogique.Mais au-delà des innovations technologiques elles-mêmes prennent forme de nouvelles réalités quotidiennes: télétravail, télé gestion, communication médiatisée.Autant de faits qui nous permettent d'entrevoir ce que seront les communications de demain.Université du Québec
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