Le lingot : un journal du Saguenay, 1 mars 1988, mercredi 16 mars 1988
' .v .Le mercredi 16 mars 1988 45' année No 5 ALCAN Aimas Drolet A VENTURIER ET HOCKEYEUR Aimas Drolet, un retraité d'Alcan à connu une vie remplie d'événements riches en couleurs.Il se raconte en pages 6 et 7.Photo: Pierre Paradis Participation d'Alcan 725 000 $ POUR LES FÊTES DU 150IÈME Photo L'appui global d'Alcan aux fêtes du 150 ième représente une somme de 725 000 $.Ce montant permet la production et la diffusion de l'émission " Pierre Mon royaume pour un bleuet", à Radio-Canada, la présence des Grands ballets canadiens dans la région et la réalisation du 45 tours de la chan- Tæmbiay son-thème des 150 fêtes.Détails en page 5.KI®8 iÿ> ¦ ¦ Production d'aluminium LE VÉNÉZUÉLA PASSE À L'ATTAQUE Détails en pages 2 et 3 L'objectif du Vénézuéta PASSER DU SEPTIÈME AU DEUXIÈME RANG DES PRODUCTEURS le Vénézuéla pourrait bien atteindre le troisième ou le deuxième rang chez les pays producteurs d’aluminium primaire.Le point Ce qui se pusse actuellement au Vénézuéla ne laisse plus personne indifférent.Ce pays est en effet résolument engagé dans un ambitieu x programme qui fera passer sa production d'aluminium primaire de 405 000 tonnes en 19X7 à I 421 000 tonnes en 1994.D'ailleurs, selon les spécialistes qui suivent le dossier depuis plusieurs mois, la concentration des ressources naturelles, les possibilités de financement et le consensus national représentent des assises extrêment solides.La position En 1987, avec 425 000 tonnes, soit 3 pour cent de la production mondiale, ce pays se claissait au septième rang chez les producteurs.Toutefois, avec son ambitieux plan de développement qui vise à hausser la production à 1 421 (XK) tonnes d'ici une dizaine d'années, soit 15 pour cent de la production mondiale.CAPACITÉ PREVUE AU VENEZUELA Les chiffres sont exprimés en milliers de tonnes métriques Projets dont la probabilité d'être réalisés est de plus de 90 pour cent A- Agrandissement d'usines existantes 1987 1988 1989 1990 1991 Les données qui suivent ont été puisées dans différentes revues spécialisées consacrées au marché de l'alu- Alcasa 120 220 270 415 415 minium.Venalum 310 360 430 430 430 Elles permettent de faire le point sur les différents pro- B- Nouvelles usines jets en cours au Vénézuéla et sur ceux qu'on projette d’y réaliser.Alusur 120 Dans l'ensemble, les chiffres Alumsa 60 120 180 TOTAL 430 580 760 965 1145 sont assez précis puisque les derniers datent de février 1988.Berges du lac Saint-Jean COLLECTE DE DONNÉES INTÉRESSANTES Le programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean, qui se déroule depuis 1986, permet de recueillir une foule de données extrêmement intéressantes sur ce secteur.A chaque année, l'équipe du projet founit au ministère de l'Environnement du Québec un bilan des travaux et des données recueillies en cours de route.Nous vous présentons, dans cet article, les grandes lignes du bilan traçé pour les travaux de 1987.La situation Le bas niveau du lac Saint-Jean, au cours de la saison estivale de 1987, a eu pour principale conséquence que les berges n'ont pas subi de modification sensible en terme de recul.En effet, l'érosion a fait son oeuvre plus au large.Du 24 juin au 31 août, le niveau du lac s'est maintenu aux environs de 14 pieds.Le niveau minimal de 14 pieds n'a pu être maintenu puisque, dès le mois de juin, les apports non contrôlés du lac ont été de 54 pour cent de la moyenne historique.Les vents Deux stations, l'une située à Saint-Gédéon et l'autre à Saint-Henri-de-Tai lion, avaient pour mission de mesurer la direction et la vitesse des vents.Or, elles se sont comportées de façon très similaires pendant tout l'été.Ce qui ressort, c'est que de mai à novembre, on a connu un nombre d'heures de tempêtes supérieur à la normale.Le vent dominant souffait du nord-ouest et c'est en novembre qu'ils ont été les plus intenses.On a également remarqué que l'été 1987 a été marqué par une absence significative de tempêtes du sud-ouest.Évaluation des travaux Le secteur le plus intéressant à analyser est celui de Saint-Gédéon où l’on a construit un système de six épis en plus de faire du rechargement.Or, il appert que les effets de l’érosion ont été nuis, en 1987, sur les deux kilomètres de plages touchés.Ces résultats ont été comparés aux conditions d'exposition semblables qui ont sévi à Métabetchouan où l'on a enregistré une érosion de 50 pour cent des plages.Efficacité des travaux Les épis ont également permis une accumulation de sable sur les plages.Toutefois, estiment les experts, il est encore trop tôt pour en évaluer l'efficacité réelle.Pour ce qui est des perrés, les vérifications ont permis d'établir qu’ils étaient généralement en bon état.Du côté des blocs de bétons, certaines corrections ont été ou seront nécessaires.Les riverains, pour leur part, se sont dits très satisfaits de ce genre de travaux.Il est également trop tôt pour mesurer l'efficacité réelle de la revégétation.Cette technique a été principalement exprimentée dans les secteurs de Delisle et sur les dunes de sable de Saint-Gédéon.Données particulières On a recueilli des informations sur 29 habitats ripariens, soit des marais.On cherche en effet à déterminer leur niveau de productivité et leur susceptibilité à l'érosion.Par ailleurs, on a établi qu'au moins 2(X) (XX) utilisateurs/jours avaient fréquenté les plages du lac Saint-Jean en 1987.Ces données sont cependant fragmentaires puisque seulement 20 plages sur 46 ont complété le questionnaire.Les plages qui ont fait l'objet d'un rechargement ont connu une augmentation de fréquentation.LE LINGOT, MERCREDI 16 MARS 1988 Archéologie On s'attarde aussi à l'archéologie.Une distance de 26 kilomètres autour du lac Saint-Jean a ainsi été inventoriée.Dix sites ont été identifiés et 66 objets-témoins ont été recueillis.Il aura fallu réaliser plus de 2 000 sondages pour couvrir la zone des travaux de 1987.Seul un site situé à Saint-Prime a fait l'objet de recommandations de la part des archéologues.Rappelons que le coût du programme de stabilisation a été de 4,9 S millions en 1987.Comme les informations sur la consultation et la nature des travaux ont déjà été publiées, nous n'y reviendrons pas. Un grand avantage UNE FORMIDABLE CONCENTRATION DES RESSOORCES NA TURELLES NÉCESSAIRES Ce qui frappe, dans les analyses, c'est la concentration des ressources naturelles.Dans un rayon de 350 milles, dans la région de la Guyane, on retrouve en abondance la bauxite et la ressource énergétique.En quoi cela avantage-t-il le Vénézuéla?La revue "Forbes", au début de février 1988, traçait le portrait suivant."L'Australie a de la bauxite mais manque d'énergie.Le Canada a les capacités hydroélectriques mais n'a pas de bauxite.Le Brézil dispose des deux ressources mais elles sont extrêment dispersées sur le territoire.” Les coûts Quand on poursuit l'analyse, on constate encore ces faits: Le coût de la main-d'oeuvre, par livre, est de 3.2 cents au Vénézuéla.contre 10 cents au Etats-Unis et 10,1 cents en Europe.On chiffre les coûts énergétiques ainsi: 9 mills du kilowatt-heure, au Vénézuéla, 25 aux Etats-Unis et 70 au Japon.La rentabilité des producteurs vénézuéliens n'est donc pas fictive.A titre d'exemple, l'un d'eux.Venal um a rapporté un rendement sur l'actif de 34 pour cent en 1986, contre 5 pour cent pour Reynolds, 4 pour cent pour Alcoa et 3 pour cent pour Alcan.Possibilités à développer L'énergie est abondante et il y a encore des possibilités.La centrale de Guri a une capacité de 10 000 mégawatts.En 1987, en fonctionnant à seulement 60 pour cent de sa capacité, elle a fourni les deux tiers des besoins du Vénézuéla en hydroélectricité.L’entreprise Edelca, qui la possède, a des plans d'expansion.Sa capacité passera à 12 700 mégawatts en 1997, à 15 400 mgw vers l'an 2 (KH) et à 18 HH) mgw en 2 (K)l.Tout ce potentiel est situé à moins de 100 kilomètres des usines d electrolyse et de celles de transformation de la bauxite.La bauxite S il est une autre ressource dont le Vénézuéla est bien pourvu, c'est la bauxite.Cependant, si les gisements connus sont extrêmement importants, on commence tout juste à les exploiter.Incidemment, c’est en 1987 que la compagnie d'état Bauxiven a expédié ses 200 (HH) premières tonnes de bauxite pour transformation par Interalumina.La revue MBM Aluminum supplement".rapporte que le but de Bauxiven est de porter sa production à 8 millions de tonnes par année vers le milieu des années '90, afin de suffire à la production de 2 millions de tonnes d'aluminium primaire.L'alumine De son côté, Interalumina, qui transforme la bauxite en alumine, a aussi des projets d’expansion.Propriété du gouvernement Vénézuélien à 96,5 pour cent et d'Alusuisse à 3,5 pour cent, cette entreprise enregistrait un record de production de 1,27 million de tonnes d’alumine à sa nouvelle usine de Ciudad Guyana en 1986.Elle s'est récemment lancée dans un programme d'investissement visant à porter la capacité de cette usine à 2 millions de tonnes par an pour le troisième trimestre de 1991.En septembre dernier, elle entreprenait une étude de faisabilité pour ajouter une autre capacité de 1 million de tonnes par an près de l'usine existante.Et on exporte! En 1986, Interalumina a exporté 509 (XK) tonnes au Etats-Unis, au Canada, en Norvège, en Suède, au Brésil et dans d'autres pays.D'un autre côté, sur son marché local, elle fournissait 810 900 tonnes à Venalum.Alusar et Alcasa.Importations et exportations Pour le moment, cependant.Interalumina importe la majeure partie de la bauxite qu elle transforme.Toutefois, avec les développements projetés par Bauxiven.la situation devrait changer et la rentabilité des entreprise s'améliorera d'autant.En effet, Interalumina paie actuellement une moyenne de 35 $ la tonne pour les quelque 3 millions de tonnes de bauxite quelle importe annuellement.Le prédident de Bauxiven, Jos Tomas Milano, croit que ce coût peut être ramené à 28 $ la tonne avec les producteurs vénézuéliens.Économies substantielles Il appert qu’avec la demande actuelle de 2,8 millions de tonnes par an (en grande partie importée) et qu'on prévoit augmenter à 4,5 millions de tonnes en 1990-91, les économies à court terme pourraient se situer à environ de 120 à 140 $ millions de dollars US par an en 1989.Ces économies pourront même atteindre 250 $ millions de dollars US annuellement dès 1992.Coûts en mils Etats-Unis Vénézuéla Rendement 1986 Vénézuéla Reynolds Alcoa Alcan Ce que souhaite Bauxiven, c'est qu'Interalumina abaisse graduellemenet ses importations à mesure qu elle augmentera sa production.Du reste.Bauxiven estime que son gisement de Los Pijiguaos pourrait atteindre, pour 1989-90, une capacité de 3 millions de tonnes par année.Et ce n'est qu'un de ses gisements.Les producteurs Une telle intégration de l'exploitation des richesses na-tuelles implique évidemment que le secteur de l'électrolyse est en pleine efferfescence.On identifie actuellement cinq grands producteurs pour les années à venir.Alcasa, par exemple, a produit 125 (KH) tonnes en 1987 et prévoit hausser ce chiffre 395 000 tonnes en 1984.Venalum, de son côté, a produit 280 000 tonnes en 1987 et, dès 1989, prévoit hausser ce chiffre à 456 000 tonnes par an.Une nouvelle Société d’état, dont la construction de l'usine commencera en 1988, aura une production de 360 000 tonnes dès 1992.Alisa, elle, commencera un projet qui accroîtrera sa production de 90 000 tonnes en 1994.Quant à Alusur.un de ses projets dont la construction commencera en 1988, haussera sa production de 120 00(H) tonnes annuellement.Tout y est Energie à bon marché, gisements importnts de bauxite, usines d'alumine, usines d electrolyse, le tout en période de développement, voilà donc autant de facteurs qui devraient contribuer à permettre au Vénézuéla d'atteindre ses objectifs de production d'ici le milieu des années '90.Comme les conditions actuelles de production sont rentables, le financement est facile à trouver.Coûts de maln-d oeuvre Etats-Unis Europe Vénézuéla LE UU60T, MERCREDI.16 MARS 1988 De la part des fabricants d'automobiles LETTRE À MONSIEUR AL U.MINIUM Souvent dans les pages du Lingot vous trouve: des articles traitant de l'importance, pour l’industrie de l'aluminium, du marché de l'automobile.Les producteurs d'aluminium bataillent entre-eu.x pour obtenir leur part, mais ils doivent aussi affronter les fabricants de produits comparables comme les plastiques, la céramique ou l’acier.Dans une récente édition du magazine spécialisé Metalworking News, l'auteur Al Wrigley écrit une lettre fictive à monsieur Al U.Minium, pour lui demander de justifier son absence à une importante manifestation du monde de l'automobile.L’article ne manque pas d'intérêt et donne un aperçu de l'intensité de la compétition que se livrent les fabricants.En voici un résumé.La traduction se veut aussi fidèle que possible au style de l'auteur.Où es-tu passé Al U.Minium?On mobile, la tête t'aurait un peu ne t a pas pas vu récemment.Toi qui grossie.Un peu comme c’était le cas étais toujours une présence remar- pour ton collègue, le Fabricant quée au congrès de la Société des d’acier.Tu t’en souviens?Illustration Jean Delage ingénieurs de l’automobile, cette année personne n’a encore réussi à te t mu ver.Il y a des rumeurs qui circulent à ton sujet, cher Al.voulant que comme favori des fabricants d’auto- Nous voici donc à l’ouverture du congrès et pas de nouvelles de toi.Tous tes concurrents y sont et ils reçoivent beaucoup de publicité.T’aurais sûrement eu ta part.mais.U* Lingot est publie a Jonquière par la Direction des affaires publiques de la Société d’éfcctrolyse et de chimie Alcan Liée, pour Pauline (iauthier (commis courrier) et pour tous les employés et retraites d Alcan au Saguenay Lac-Saint Jean.7/ WML Le Lingot 1980 Mellon, CP 1370 Jonquiere (Québec) G7S4K9 Editeur: André J Bouchard Rédacteur en chef: Vital Munger Journaliste: Guy Ménard Telephone 699 3353 ou 699 3354 Abonnements et changements d'adresse: 699 3666 Dépôts legaux Bibliothèque nationale.Ottawa Bibliothèque nationale du Québec Présentations techniques Lors des deux ou trois dernières expositions, tu donnais toujours une vingtaine de présentations techniques, mais cette année, ton nom ne figure même pas sur le programme.Fabricant d'acier, au contraire, lui, va donner une quarantaine de présentations et ce n'est rien, un autre collègue, l'Homme-plastique, va faine encore plus.Veux-tu me dire pourquoi les céramiques, les métaux composites, le magnésium et même Monsieur Zinc sont mieux représentés que toi, cher Al?J'ai de la difficulté à souscrire à la théorie qui veut que tu sois trop important pour nous.Non, le succès ne t'éloignerait pas de nous.Tu as appris de Fabricant d’acier qu'il faut rester en contact avec les constructeurs d'automobiles pour répondre à leurs besoins.N’est-ce pas que tu le sais?Je pense que tu le sais.Des travaux importants Ce sont des travaux importants.Les ingénieurs de l'automobile en retirent beaucoup parce qu'ils y trouvent des solutions à leurs problèmes de mise en forme, de soudure, de transformation du métal.40 000 personnes assistent au congrès et ils choisissent parmi 700 présentations.On y retrouve beaucoup d'ateliers consacrés aux structures de plastique et d'acier, aux composantes de plastique dans l'alimentation en essence, les transmissions et dans les moteurs.On va même parler de pièces de pistons en plastique.Tu sais pourquoi?C'est parce que l'Homme-plastique veut t'enlever une part de marché.Pendant que j'y suis, cher Al, moi et mes amis souhaiterions te féliciter pour les succès que tu as obtenu depuis une douzaine d'années.En 1976, on ne comptait que 85 livres d'aluminium par automobile au pays, maintenant, on en est presque à 150 livres.Très impressionnant.De nouvelles composantes en aluminium font leur apparition chaque année et ça va continuer avec les voitures Saturnes de GM.Bah! je suppose qu'il n'y a pas de raison de s’inquiéter des autres concurrents, n’est-ce-pas?C'est ce que tu penses?Continue de le croire.Prix 1988 Chez Capital Group, on Finance accole également le mot 29/02/88 vigueur cette année à l'industrie de l'aluminium."Il faut parler d'un fort marché, caractérisé par une demande élevée et de faibles stocks et ce, malgré l’augmentation continue de la production.Ces paramètres devraient contribuer au maintien d'une structure de prix qui a de l'étoffe.Le fait qu'Alcan ait haussé son prix du lingot pour livraison de mars à 0,90 US $ la livre (un sommet de tous les temps), alors qu'il se maintenait à 0.82 US S depuis le mois de novembre dernier, confirme cette tendance" a ajouté l'analyste Manford Mallory.Norsk Hydro A peu près tous les éléments Le Soleil sont réunis pour que le 02/03/88 Québec accueille bientôt une nouvelle aluminerie de l’ampleur de celle construite à Bécancour par le groupe Pechiney.Cette fois, le leader technologique du projet serait la toute puissante firme norvégienne Norsk Hydro, avec laquelle le gouvernement du Québec entretient des discussions depuis maintenant trois ans.La Société générale de financement cherche présentement à réunir des partenaires dans ce projet quelle évalue à l,3 milliarcls $ et qui devrait être réalisé à Sept-Iles.Demande La demande d’aluminium Les continue de croître alors que Affaires l'industrie fonctionne déjà à 12/03/88 97 pour cent de sa capacité.Alcan (MTL, 35,39$) a même déjà devancé le début des travaux de construction dans le projet de Laterrière.tandis que l'Aluminerie de Bécancour Inc.(ABI) songe à augmenter sa capacité de production de 50 pour cent.Par ailleurs, la Société générale de financement, déjà impliquée dans ABI, cherche d'autres partenaires afin de construire une nouvelle aluminerie d'un milliard de dollars.LE LINGOT, MERCREDI 16 MARS 1988 Musique, danse et comédie LA PARTICIPA TION D'ALCAN AUX FÊTES DU 150IÈME ANNIVERSAIRE L 'appui global d'Alcan aux fêtes du 150 ième anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean représente une somme de 725 000 $.Ce la production et la diffusion de l'émission "Mon royaume pour un bleuet", à Radio-Canada, la présence dans la région, en décembre, des Grands ballets canadiens, ainsi que la réalisation du 45 tours de la chanson-thème des 150 Fêtes.En conférence de pœsse le 10 mars.Robert Salette, vice-président régional d'Alcan, a émis l'opinion que "Cela démontre l'importance qu'on donne aux choses bien faites.L'implication d'Alcan dans les Fêtes veut témoigner du lien de l'entreprise avec l'histoire régionale et avec son avenir." Il a aussi souligné le coup de pouce à notre industrie touristique que constitue l'émission diffusée sur tout le réseau français de Radio-Canada, le 17 avril prochain.Guy Latraverse, producteur de celle-ci, soutient qu'il s'agit "du plus beau commercial qu'on pouvait faire au Saguenay-Lac-Saint-Jean.C'est ma participation de bleuet montréalais à l'événement." Ceux qui ont eu la chance de visionner des extraits de "Mon royaume pour un bleuet" reconnaissent d'emblée qu'il se dégage de l’émission un profond sentiment d'appartenance à la région, tant chez ceux qui y vivent toujours, que ceux qui se sont expatriés.Autre constation, le Québec doit plusieurs de ses meilleurs humoristes à cette région (Ghislain Tremblay.Pauline Martin, Remy Girard, pour n’en citer que quelques-uns) et ceux-ci ont profité de l'occasion pour mettre en lumière plusieurs de nos caractéristiques et encore des stéréotypes qu'on nous accole généralement.On se moque donc, dans cette émission, de notre image, mais aussi de la façon dont le reste de la province nous perçoit.Alcan a investi 500 (XK) $ dans ce clin d'oeil du Saguenay-Lac-Saint-Jean aux francophones canadiens.Pour les plus curieux, signalons que le titre "Mon royaume pour un bleuet" tire son origine d'une adaptation assez libérale de 1 Histoire que propose, dans l’émission, un personnage de conteur interprété par le comédien Michel Côté.Sans révéler le gag.disons simplement que le "mon royaume pour un cheval!", extrait de l'oeuvre de Shakespeare, est sérieusement remis en question par la version saguenéenne.Grands ballets canadiens La dernière présentation à Montréal de "Casse-noisette”, un classique du Photo Guy Latraverse, producteur de "Mon Royaume pour un Pierre bleuet", l'affirme: "C’est le plus beau commercial qu’on Tremblay pouvait faire pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.” [ ^SAGU£NAY-LAC-$A>NT-JEAN A Expliquant à la presse la participation d'Alcan aux fêtes du 150 ième anniversaire de pholo la région, de gauche à droite, Guy Latraverse, producteur de l’émission, Jean-Marc Pierre Lefebvre, de Radio-Canada, Claudette Tétrault, des Grands ballets canadiens, Robert Tremblay Salette, vice-président régional Alcan, Réjean Simard, président des 150 Fêtes et Jacques Dubuc, chef de l'information Alcan.répertoire des Grands ballets canadiens a suscité les éloges du public et de la critique, en raison non seulement de la richesse de l'interprétation.mais aussi de l’exceptionnelle qualité des costumes et des décors, entièrement renouvelés cette année.C'est une commandite d'Alcan qui a permis de rafraîchir les éléments scéniques et.en contrepartie, les Grands ballets ont accepté de déplacer tout leur matériel pour des représenta-tions au Saguenay-Lac-Saint-Jean.Une opération nécessitant des déboursés d'environ 75 000 $.Madame Claudette Tétrault, porte-parole de la prestigieuse troupe, a indiqué que l'on a remis des engagements à Toronto, adapté l’éclairage et les autres éléments techniques, pour être à Chicoutimi en décembre.Les dates précises ne sont cependant pas encore déterminées."Casse-noisette" est la plus grosse production de ballet à avoir été monté au Québec, elle requiert la participation d'une soixantaine de danseurs et quelques 200 costumes.Alcan a souscrit 85 000 $ en participation directe à la corporation du 150 ième anniversaire.Cette somme a entre autre permis l’enregistrement de la chanson-thème.Une autre contribution de 65 (XX) S aura comme répercussion la diffusion dans tout le Québec des capsules télévisées de la série Villes et Villages.Au-delà de ces engagements financiers.Réjean Simard, président des 150 Fêtes, affirme que l'appui d'Alcan a eu un effet d’entraînement auprès des autres partenaires."L'approche était plus facile lorsqu'on pouvait dire que nous jouissions de la confiance d'Alcan." ^ si ! 1 fl m - Alcan donne la main aux fêtes du 150 iéme anniversaire, dans les domaines de la photo musique, de la danse et de la comédie.En compagnie des danseurs de l'Académie de p,erre ballet du Saguenay et des musiciens de l'Orchestre symphonique régional, de gauche Tremblay à droite, Roland Gauthier et Réjean Simard, des 150 Fetes, Robert Salette, d'Alcan, Claudette Tétrault, des Grands ballets canadiens, Jean-Marc Lefebvre, de Radio-Canada, ainsi que Guy Latraverse, de Sogestalt.LE LINGOT, MERCREDI, 16 MARS 1988 5492390 Aimas Drolet EN RAQUETTE, DE SAINT-FÉLICIEN À CHIBOUGAMAU Le hockey au début des années '30 "ISLE-MALIGNE ET RIVERBEND, C'ÉTAIT COMME CHIEN ET CHA T!" Aimas Drolet n'a pas oublié le Noël Je I92S.Ce nësî pas parce qu’il n’avait pas d’arbre de Noël.En fait, il n’avait pratiquement que cela.Le 25 décembre 1928, il réveillonnait chez les Indiens, au lac Chicoubiche.en pleine forêt, quelque part entre St-Félicien et Chibougamau.Agé de 20 ans, le jeune homme dirigeait une expédition d’une douzaine de gaillards chargés d’amener des outils et des provisions aux prospecteurs des premières mines de Chibougamau.% 'Æ mt»*' i "m Photo Bien installé dans sa huitième decennie, monsieur Pierre Drolet aime se promener dans les rues du secteur Paradis Arvida, dans des conditions moins difficiles, cependant, que lors de son expedition.Portant aujourd'hui ses SO ans comme si on avait tout bêtement fait une erreur d'une vingtaine d'années sur son certificat de naissance.Aimas Drolet conserve un souvenir très vif de cette aventure.Le salon de sa résidence du secteur Arvida s'anime lorsqu'il en parle: "J étais sportif, j'avais de la capacité et mon père qui faisait commerce avec les prospecteurs et les indiens depuis le début du siècle, avait besoin d'un chef pour une expédition.Même si je n'avais pas d’expérience là-dedans, j’ai accepté.A l'époque, je travaillais pour Alcan à Isle-Maligne.J'ai quitté mon emploi en juillet pour me préparer.” 100 000 livres à transporter A la mi-novembre I92X.une équipe d'une douzaine d'hommes, surtout des fermiers qui louaient leurs chevaux à l'entreprise du père d'Almas Drolet, prend la direction du Nord.Sur les traineaux.des foreuses à pointes de diamant, des provisions et aussi deux énormes chaudières à vapeur.En tout.100 000 livres de bagages qu’on ne pouvait acheminer autrement, faute de routes ou d'avions-cargo.On prenait donc "la trail ”, guère plus large qu un traineau.en direction de Chibougamau.une piste couverte de neige, parsemée de lacs et de rivières qu'il fallait traverser en espérant que la glaçe ne cède pas sous la charge.Et lorsque cela se produisait?"Les chaudières étaient terriblement pesantes.Il est arrivé qu’une défonçe la glaçe.On s’organisait pour placer des troncs dans l'eau, sous la bouilloire et on devait attendre que ça gèle pour avoir un appui.On pouvait passer quinze ou 20 jours tentés là, à attendre.L'autre danger avec les chantes qu'on avait, c'était de perdre le contrôle dans une côte.” Un périple épuisant, par des températures allant jusqu'à moins 30.Le voyageur se rappelle qu'on ne craignait cependant pas les animaux sauvages."On avait tout juste chacun une hache, mais on n'avait pas l'impression de danger.Je ne me souviens pas d'avoir eu peur.Faut croire que les bêtes s’enfuyait devant nous." Les hommes progressent lentement avec, en avant-garde.Aimas Drolet et un de ses oncles, lesquels ouvrent le chemin et établissent les campements avant l'arrivée des autres.La veille de Noël, ils se retrouvent à une trentaine de milles de La Doré, face au lac Chicoubiche qu'il leur sera impossible de franchir pour les quinze prochains jours.Leurs compagnons profitent de l'arrêt pour redescendre passer les fêtes en famille (une course, à cheval non-chargé, d'une douzaine d'heures).Ce qui s'annonce un Noël solitaire pour les deux hommes restant prend meilleure tournure lorsqu'ils sont invités à réveillonner chez, les Indiens.Un festin "Un dénommé Tommy Moore, que je connaissais, avait un "campe" au lac Chicoubiche.Il faisait du commerce avait les Indiens.Il a sû qu’on était là et nous a invité à une fête.Ca faisait drôle de réveillonner en plein après-midi, n'empêche, c’était un vrai festin: du caribou.de l'orignal, du castor.Le genre de chose dont on se souvient pour le reste de ses jours!" D'efforts en efforts, le groupe arrive finalement au lac Chibougamau.Encore une quinzaine de milles à faire et pas de sentier.Malgré la crainte de se perdre.Aimas Drolet se rend alors seul, en raquettes, jusqu'au lac Doré, site du campement des prospecteurs de la Obalaski Mining, suivant des explications plutôt incomplètes sur le chemin à prendre."Au poste de la Baie d'Hudson à Chibougamau on m'a dit "tu passes directement entre les deux collines, après ça, tu tournes à gauche.ou à droite".Comme un de mes frères s'était déjà perdu dans ce bout-là.j'étais nerveux.Finalement, rendu au lac Doré, j'aperçois une petite lumière et de la fumée.J'avais dépassé le camp des mineurs d'un mille, mais j'étais rendu." Pas un film On ne peut s’empêcher de penser à Maria Chapedelaine et à François Paradis, traversant seul la forêt."Oui.mais ça c'était une vue", précise sans attendre monsieur Drolet.Heureusement pour lui.la vraie histoire devait mieux tourner que le roman."J'ai été reçu comme un roi! J'amenais le matériel qu'ils attendaient, des provisions et surtout de la compagnie." Il leur amène aussi du travail, puisque ce sont eux qui devront ouvrir une piste permettant au convoi de franchir les derniers milles.On est au début d’avril.Il a fallu 4 mois à l'expédition pour arriver à bon port.Délestés de leur matériel, beau temps aidant, ils ne mettront que quelques semaines a retourner à Saint-Félicien.Pour Aimas Drolet, ce voyage marquera le début.et la fin de sa carrière de coureur des bois."Un métier trop exténuant, même pour un jeune homme au sommet de sa tonne.Bilingue et possédant une bonne instruction, il se met à la recherche d'un emploi.Ce sont encore une fois ses qualités de sportif qui guideront son destin, puisqu il retourne a l'isle-Maligne.d'abord pour y jouer au hockey! De retour à l'usine Alcan en 1933, puis muté en 1942 lors de la construction de la Centrale Shipshaw.il ne quittera lën-treprise qu'à l'heure de la retraite, en 1971.A la fin des années 20, à une époque bienheureuse où on ne parlait pas autant de la rivalité Canadiens-Nordiques, ce sont plutôt les affrontements entre l’équipe de Kiverbend et celle d’Isle-Maligne qui alimentaient les conversations des sportifs de ce qui est aujourd’hui la ville d’Alma.Ces matches étaient tellement sérieux, que les équipes n’hésitaient pas à recruter les meilleurs joueurs des autres localités.Aimas Drolet était un de ceux-là."Je travaillais à Dolbeau.en 192X.quand un ami m'a demandé si j'étais intéressé à jouer pour l'équipe d'Isle-Maligne.Dans ce temps-là.on ne nous disait pas claire- ment qu'on aller nous trouver du travail, mais c'était tout comme.En arrivant à Isle-Maligne.je suis entré chez Alcan.J'ai quitté en '29 pour mon expédition mais je suis revenu après." Non sans avoir presque signé un contrat pour un emploi (et bien sûr jouer!) chez Price."Avec le club de Price, j'aurais été obligé de jouer contre mon frère qui lui était avec ['Isle-Maligne.Comme on avait tous les deux un style robuste, fallait éviter ça.A la dernière minute, j'ai refusé l’emploi.Comme aujourd'hui, à l'époque les bons agents libres ne restaient pas longtemps sur le marché et le club d'Isle-Maligne s'empressa de le recruter."La plupart des joueurs travaillaient pour Alcan.Moi.quand je suis revenu, on m'a donné de l'ouvrage dans un magasin, parce qu'il n'y avait pas de poste d'ouvert." "C'était une bonne job.mais j'étais moins avantagé que mes coéquipiers de l'usine.Eux, ils avaient congé pour les pratiques et les parties." Un sport différent On imagine bien que le hockey du temps était fort différent de celui d aujourd'hui.Presque pas d'équipement.à peine une douzaine de joueurs."Les joueurs d'avant, quand on était fatigué, on allait à la défense!" Différent, mais aussi compétitif."Le calibre était fort, quelques-uns de nos joueurs ont été au camp d'entraînement des Canadiens de Montréal.Et il y avait des gros joueurs, je me souviens d un dénommé Gervais: 250 livres et haut comme la maison!" Les matches étaient évidemment disputés à l'extérieur et le club de l’isle-Maligne n'a eu qu'une fois la chance de jouer à l'intérieur, lors d’une série les opposant au Saint-François-Xavier de Montréal, pour le titre de meilleure équipe senior de la province: "on les avait battu chez-nous, mais ils ont gagné à Montréal.on s'est fait voler!" Aimas Drolet s'est peut-être fait voler un championnat, mais pas ses souvenirs.Pas plus d'ailleurs que ses patins, qu'il vient de remettre en service, aux séances de patinage pour retraités du Foyer des loisirs.Il est peut-être moins rapide que dans les années '30, mais après tout il peut prendre son temps.il n'y a plus de "Gervais-haut-comme-la-maison” sur la glace! U-, a, rmfrl wmi -, \ > Le salon de la résidence d'Almas Drolet s’anime, Photo lorsqu'il évoque le temps ou un bon joueur de hockey était courtise par les entreprises.Paradis Aimas Drolet chausse à nouveau les patins, à l'occasion Photo des séances de patinage pour retraités du Foyer des p'
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