L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1953, Mars
MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR »!k L III* SÉRIE 'é' ff '5: '< M .Volume 12, Numéro 7 — QUÉBEC MARS 1953 DEPARTEMENM1NSTOJCTI0N PUBLIQUE Vol.XII N ° 7.mars 1953, QUÉBEC.SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Prions pour le Chef de l'Eglise, Cécile Rouleau, p.569 — Avis au Personnpl enseignant, Examens de promotion.Office catéchistique provincial, p.571 — Hommages du Comité Catholique à Son Eminence Révérendissime, le Cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.Omer-Jules Désaulniers, p.572 — (Photo) Son Éminence le Cardinal Léger à la séance du Ci mité Catholique le 11 février 1953, p.573 — Son Éminence, Révérendissime, le Cardinal Paul-Émile Léger, répond aux hommages du Comité Catholique, p.574 — Chronique romaine.L’histoire de la tombe de saint Pierre, Georges Huber, p.575 — Un point de vue chrétien en matière de Psychanalyse, Joseph Nuttin, p.579 — Enseignement ménager.Que faire ?Sœur Marie-Paul-Edgar, f.de J., p.582 — Microbiologie linguistique, Jean-Marie Laurence, p.583.LEÇONS-TYPES Religion: 3e et 4e années, p.587; 5e, 6* et 7e années, p.590; 8e année, p.595; 9e année, p.599.Langue française: 8e et 9e années, p.604; 11e année, p.610.Histoire du Canada: 3e année, p.614; 6e année, p.616; 7e année, p.619.Mathématiques: 4e année, p.622; 5e année, p.624; 6e et 7e années, p.626; 8e et 9e années, p.628; 10e année, p.629; 11e année, p.630; 12e année, p.632.Attention ., p.632.Sketch religieux: Marthe et Marie, tableaux évangéliques, Jacques Morency, p.634.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Directives du Comité de Régie, concernant les prochains examens du Certificat d’études primaires, Dates et Horaires, André Raymond, p.645 — Avis au personnel enseignant, Questionnaires de Religion, 10e année, filles, p.654; 10e année, garçons, p.655; 11e année, filles et garçons, p.t55; 12e pnnée, filles et garçons, p.656 — Attention: pour les instituteurs.Cours d'éducation sanitaire à l’École d’Hygiène de l’Université de Montréal, p.613 — Chronique de Pédagogie, Notre Histoire, Maurice Lebel, 3e et 4e pages de la couverture. ÉDITORIAL /wav Sfyÿiœ par Cécile Rouleau, directrice Les événements qui ont marqué la fin de (( 1952 )) et le début de « 1953 )) ont dirigé la population québécoise tout entière vers la Cité vaticane.Sa Sainteté le Pape Pie XII en appelant à la cour romaine, comme membre du Sacré-Collège, l’un de nos évêques les plus éminents a jeté Vallégresse dans nos cœurs.Le 11 février dernier, une voix des plus autorisées offrait, à titre de président du Comité Catholique du Conseil de V Instruction publique, les hommages du personnel enseignant de la Province à Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal.Qu’il nous soit permis, très discrètement, de faire écho à la parole chaude et éloquente de monsieur le Surintendant de VInstruction publique et, au nom des 35,000 abonnés de l’Enseignement primaire, d’offrir à l’illustre prélat, l’hommage de notre constant dévouement, de notre filiale soumission; et, au nom de l’institutrice dont le souvenir a ému le Prince de l’Eglise, de présenter à la première éducatrice de l’illustre Fils, à madame Léger, vénérée mère du Cardinal, Vhommage de notre haute admiration et nos vœux de parfait rétablissement.Si, dans un élan de filiale reconnaissance, notre pensée s’est dirigée vers le Dôme de Saint-Pierre qui abrite le Vicaire du Christ, elle s’y est fixée aussi avec inquiétude en raison de l’état de santé de Celui que l’univers catholique aime et vénère.Aussi, ardentes sont montées nos suppliques vers le' Ciel, afin d’obtenir que Dieu continue à son représentant immédiat, le miracle de résistance physique constaté par tous au cours de l’Année Sainte.Rendons grâce à Dieu, puisque la voix de la radio annonce en ce moment à la population, le rétablissement du Père commun des fidèles.Aujourd’hui, on demande de nous tourner vers Rome avec enthousiasme, et, cette fois d’acclamer le Pape régnant.Geste spontané pour quiconque a eu l’immense joie d’une entrevue telle, celle qui m’a été accordée en mai dernier.En effet, j’ai eu l’insigne faveur de parler au Saint Père, de recueillir de ses lèvres mêmes, les paroles qui réconfortent et orientent.Quand de sa main, vous recevez le souvenir désormais témoin de vos labeurs, de vos luttes, de vos succès, de votre activité tout entière, quand, agenouillé à ses pieds vous vous signez, en recevant pour vous et les vôtres, sa bénédiction, vous ne pouvez oublier l’Homme de Dieu.Vous comprenez davantage la responsabilité qui pèse sur les épaules du Chef de l’Eglise et, dès lors, votre prière quotidienne aux intentions du Pape régnant fait partie intégrante de votre programme.Elle le sera encore plus intense au cours du mois de mars à l’occasion de la célébration de la fête de Sa Sainteté.Ce jour-là, dans le monde entier, l’Eglise invite les fidèles à assister au Saint Sacrifice de la messe et à communier aux intentions du Souverain Pontife.Dans chaque église et oratoire où se fait l’Office divin, on récite des prières spéciales à cette fin.Voilà la raison de notre article.A cette occasion, nous désirerions que, dans chaque classe, l’instituteur ou l’institutrice oriente en ce sens, au moins une heure de la journée.Profiter de ce moment pour mieux faire connaître aux élèves, les prérogatives exceptionnelles du successeur de Saint Pierre et la vie extraordinaire du Pape Pie XII.Pour notre bénéfice personnel, relire les directives actuelles qui émanent du Vatican et qui s’adressent spécialement au personnel enseignant.A cette fin, nous reproduisons quelques extraits du discours sur (( Véducation chrétienne )) que prononçait le Pape Pie XII devant les professeurs et les élèves des Frères des Ecoles Chrétiennes en mai « 1951 )>: « L’art de l’éducation est, en effet, sous beaucoup d’aspects, l’art de s’adapter: s’adapter à l’âge, au tempérament, au caractère, à la capacité, aux besoins et aux justes aspirations 570 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars de l’élève; s’adapter à toutes les circonstances des temps et des lieux, s’adapter au rythme du progrès général de l’humanité.Or, ce qui caractérise, dans cette adaptation, la vraie éducation chrétienne, c’est qu’elle vise constamment à la formation totale de l’enfant et de l’adolescent, dans le but d’en faire un homme, un citoyen, un catholique complet et équilibré, bien plus qu’un prétendu savant avec l’esprit encombré de connaissances encyclopédiques disparates et confuses.Mais l’éducation serait encore incomplète si elle n’atteignait qu’une partie de son objet, c’est-à-dire si elle se bornait à procurer le bien personnel physique et moral, temporel et éternel de ses élèves.Elle doit encore les former et les préparer à exercer sur leur temps et leur génération, et même sur les générations futures, une action salutaire, de sorte qu’ils traversent le monde en le laissant après eux ?meilleur et plus beau qu’ils ne l’avaient trouvé ».(Cf.Allocution aux professeurs et aux élèves du Collège Saint-Joseph, Institut de Mérode, dirigé à Rome par les Frères des Écoles chrétiennes).Et, en août de la même année, dans un radiomessage au IVe Congrès inter américain d’éducation catholique, Sa Sainteté s’exprimait en ces termes en parlant d’éducation: « Il faut que votre éducation lui donne la solidité du bronze ou du granit de vos montagnes, et alors les heurts ininterrompus et les chocs inévitables de la vie moderne, loin de le déformer, serviront à le cultiver et à le perfectionner, et il paraîtra un (( homme chaque fois plus parfait, et peut-être un saint qu’on pourra placer sur les autels » (Cf.A.Vieira, Sermons, vol.III, 1683, p.404, 420).« Tâche souverainement ardue et difEcile, que seule peut mener à bien une formation chrétienne catholique, qui sache mettre à profit tous les progrès de la pédagogie, en les passant cependant judicieusement au crible afin de séparer l’or du clinquant.En agissant directement sur les meilleurs énergies de l’homme, elle exerce indirectement son influence sur l’éducation et l’hygiène personnelles, les anime d’un nouvel esprit, les perfectionne et les préserve de déviations fatales et d’aberrations funestes.Aux ressources naturelles elle ajoute les secours surnaturels; les forces disciplinées de l’intelligence et de la volonté s’accroissent des lumières de la foi et des forces de la grâce, qui, seules, rendent possible ce qui humainement paraît impossible (Luc, XVIII, 27).» (Cf.Radiomessage au IVe Congrès interaméricain d’éducation catholique).Voilà deux circonstances où le Pasteur suprême, en des termes différents cependant, exhorte les éducateurs à donner une vraie éducation chrétienne à l’enfant et à Vadolescent.Dans notre Province, nous sommes aidés plus qu’ailleurs.Notre nouveau programme, en effet, reflète ces directives pontificales.Dans les années inférieures et, peut-être plus au cours supérieur, Venseignement synthétique de la doctrine religieuse suggère à nos élèves une mystique de vie, plutôt que cette prescription étiquetée de telle ou telle pratique suivant les cycles liturgiques.Dans ce dernier cas, si la « lettre du programme )) est respectée, (( l’esprit des directives )) n’en demeure pas moins oublié.Si nous répondons aux directives de l’autorité compétente, en.notre Province, le Comité Catholique du Conseil de VInstruction publique, nous suivrons, du fait, les enseignement pontificaux qui sont l’essence de notre doctrine pédagogique.Le mois de mars nous incite à réfléchir sur ce point très important.L’Eglise de demain sera faite des hommes que nous lui aurons façonnés.L’Ecole pourra être le ferment d’un monde meilleur, si nous le voidons.Elle le sera d’autant mieux et plus vite si nous, éducateurs, et nos élèves à notre suite, ouvrons nos cœur a et nos oreilles à la voix du Saint Père, le grand apôtre de la justice et de la paix, le grand éducateur des peuples.Cécile Rouleau. Aris au Personnel enseignant EXAMENS DE PROMOTION - Juin 1953 - Avis aux Commissions scolaires qui désirent utiliser les questionnaires de l’examen de promotions pour les classes de 3e, 4e, 5e, 6e et 8e années Depuis 1946, le Département de l’Instruction publique, par le truchement de l’inspecteur d’écoles, met annuellement un service d’examens à la disposition des Commissions scolaires pour les classes de 3e, 4e, 5e, 6e et 8e années.Ces examens sont facultatifs, c’est-à-dire que les commissions scolaires sont parfaitement libres de les accepter ou de les refuser pour les classes sous leur juridiction.Mais, lorsqu’une commission scolaire décide de les établir, l’inspecteur doit prendre l’organisation en mains et en assurer le sérieux et l’efficacité, comme pour le certificat d’études; les questionnaires sont expédiés, l’examen est donné et les corrections sont faites aux dates choisies par l’autorité compétente et de la manière prescrite par elle.Or, pour cette année, les dates sont les suivantes: Date de l’examen: 22 et 23 juin, Date de correction: 29 et 30 juin.Je profite de l’occasion pour rappeler au personnel enseignant qu’en vertu de l’article 9 des Règlements du Comité catholique (( les instituteurs et les institutrices doivent rester à la disposition des commissions scolaires jusqu’au 30 juin pour la correction des examens de fin d’année )).Tous sont priés d’en tenir compte afin de ne pas prendre d’engagements avant le premier jour de juillet.Omer-Jules Désaulniers, Surintendant de V Instruction 'publique.OFFICE CATHÉCHISTIQUE PROVINCIAL x\vis à tous les instituteurs, titulaires des 8e, 9e, 10e, 11e et 12e années qui enseignent avec les manuels (( Témoins du Christ ».A — Pour chaque professeur: « Introduction à la collection, (( Témoins du Christ » {Polycopie, $0.10, en timbres de $0.02, préférablement) B — Pour les titulaires enseignant avec le volume, « Jésus, Lumière du monde ».« Notes pour le professeur » {Polycopie, $0.25, en timbres de $0.02, préférablement) Adressez les commandes à: OFFICE CATÉCHISTIQUE PROVINCIAL Évêché de Saint-Jean, P.Q. Hommages du Comité Catholique % a Son Eminence Rëüévendissime * le Cardinal Eaul-Emile Léger arcke^êque de Tvlontuéal.Allocution 'prononcée par monsieur Orner-Jules Désaul-niers, président du Comité Catholique du Conseil de V Instruction publique et surintendant du Département de l’Instruction publique, le 11 février 1953.Eminence Révérendissime, Depuis l’heureuse nouvelle de votre élévation au Cardinalat, un tel concert de louanges à votre adresse, de reconnaissance envers le Saint Père et d’actions de grâces au Très-Haut s’est élevé de tous les coins de la province et du pays tout entier, qu’il devient périlleux de vouloir y ajouter quelque chose qui n’ait pas encore été dit.Ici même, à la séance du 3 décembre dernier, la voix autorisée de S.E.Mgr VArchevêque de Québec et celle du Président de ce Comité se sont unies à celles des autres membres du Comité catholique pour vous offrir, par-delà les mers, l’hommage de notre respect et de notte admiration.Ce matin, c’est un devoir bien doux pour moi et un incomparable honneur que de pouvoir réitérer en votre présence l’expression des mêmes sentiments à l’égard de votre Éminence et à l’égard de notre glorieux Pontife dont vous partagez maintenant (( d’une certaine manière le fardeau si pesant du gouvernement de l’Église )), comme vous le disiez si justement à vos prêtres réunis en votre cathédrale pour célébrer votre retour.Vous êtes, disiez-vous à la même occasion, comme évêque et comme cardinal, (( doublement envoyé du Siège Apostolique )).Vous êtes aussi son représentant personnel, car votre présence est vraiment un reflet, un prolongement de la présence du Pape parmi nous.La communion si intime, aux pensées et aux sentiments du Père commun, qui vous caractérise est sans doute le fruit des relations si étroites et si filiales, qui se sont établies entre Sa Sainteté et votre Éminence, durant vos nombreux séjours dans la Ville Éternelle.Lors de mon voyage à Rome, en 19j9, j’ai été l’un des témoins et des bénéficiaires émus de l’estime et de l’amitié toute paternelle dont se plaît à vous entourer Pie XII.Grâce à votre prestige, j’eus alors l’insigne privilège d’obtenir une audience spéciale du Pape, où je pus, à votre suggestion, exposer les détails de Vorganisation scolaire de notre Province.Frappé par la concordance de ce système avec les principes de Vencyclique sur Véducation chrétienne de la jeunesse, le Saint Père eut une réflexion que je considère comme un mot d’ordre: (( Il faut faire connaître un tel système d’éducation ».Depuis lors, je me suis employé de toutes mes forces à réaliser ce vœu du Souverain Pontife.Maintenant que, par votre présence au milieu de nous, nous sommes plus près de lui, en communion plus intime avec sa pensée, c’est, me semble-t-il, notre devoir à tous de travailler plus que jamais à V avancement de V éducation dans notre chère Province, en union totale avec la sainte Église catholique romaine.C’est là, me semble-t-il, le plus bel hommage que le Comité catholique et son président puissent adresser, en ce jour, à l’illustre messager du Saint Père parmi nous, en l’assurant de leur respect profond et de leur totale soumission.A cet hommage, le Comité se plaît de joindre Vexpression de ses plus chaleureuses félicitations, ses vœux les plus fervents et Vassurance de son entière collaboration.Omer-Jules Désaulniers. .' ¦ ' v".ï Son Eminence le Cardinal Léger à la séance du Comité Catholique, le 11 février 1953 ^on eminence iveverenaissime le 'wardinal Paul-Emile Léger répond aux dommages du Comité Catholique La tâche qui incombe au Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique est Tune des plus importantes, pour ne pas dire la plus importante, dans la vie de notre petit peuple.En effet une nation doit vivre les yeux fixés sur la génération qui monte.L’Histoire prépare les décadences par l’apathie, la médiocrité ou les erreurs des hommes qui avaient été investis de la responsabilité de l’éducation de la jeunesse.L’homme est un être social et, de même qu’il a besoin de la sollicitude d’une famille dès son entrée dans le monde, il subira durant toute sa vie les influences du milieu dans lequel il est plongé.Mais qui pourra jamais dire l’importance du rôle de l’École dans la vie d’une nation ?L’école apporte à la famille, première responsable de l’éducation de l’enfant, un supplément de compétence et surtout elle offre un cadre matériel qui sera le témoin ému de sa croissance.Tous les hommes, qui ont été appelés par la Providence à exercer un rôle dans la société, ont gardé des années passées sur les bancs de l’École un souvenir reconnaissant ou accablant.Ce n’est pas le lieu, ici, de parler au nom des autres et d’ailleurs je ne veux pas analyser les confessions de certains romanciers ou poètes comme Sully Prudhomme ou insister sur les jugements sévères d’un Claudel nous livrant son expérience de lycéen.Me permettrez-vous, Excellence, Messeigneurs et Messieurs, de profiter de cette occasion pour dire publiquement ici ma reconnaissance à \a,’petite école du village où j’ai appris à lire, à écrire et aussi à mieux servir mon Dieu, l'Église et mon pays.L’institutrice qui guida mes premiers pas dans ce chemin de la science devait vivre jusqu’à ces dernières années et elle eut la joie d’apprendre, avant de quitter la terre, que son petit élève de 1914 était devenu un archevêque.En ces années déjà lointaines ce Comité exerçait sa bienfaisante influence et ma reconnaissance s’étend aux membres qui siégeaient alors en offrant une prière pour les disparus et un témoignage de gratitude aux survivants.Excellence, Messieurs, ce que j’étais, ce que nous étions tous, il y a 50 ans, des milliers de petits Canadiens le sont aujourd’hui.Ils attendent de nous la lumière et, des maîtres un dévouement total.Aussi notre responsabilité est bien grande, Je crois que notre système scolaire sans être parfait peut soutenir la comparaison avec celui d’autres pays.Nous ne sommes pas si arriérés que quelques-uns voudraient nous le faire croire, Mais nous devons être vigilants.Des idéologies funestes rôdent autour de nos frontières.Notre éducation doit être traversée par le souffle vivifiant de l'idéal et de la religion.Notre Comité ne craint pas d’afficher son allégeance spirituelle.Il est catholique.Il veut placer Dieu à la base de la vie sociale et individuelle.Il veut en faire la pierre angulaire de la conscience individuelle et la source de tous les courages.Des pays se débattent dans les convulsions de terribles agonies parce que des chefs ont voulu substituer à la foi surnaturelle en Dieu le lourd esclavage d’une vie sans espérance.Dans d’autres pays, nous voyons des générations glisser vers les abîmes du doute parce que Dieu avait été banni de l’École par des hommes qui avaient accepté le Credo de la Science.Et c’est à travers mille difficultés que l’Église accomplit dans ces pays une restauration spirituelle qui demeure la seule espérance des hommes sérieux.Ici, Messieurs, l’Église et l’État se sont appliqués à trouver et à conserver des formules qui tout en respectant la compétence de chacune de ces autorités tendaient à assurer à l’enfant une formation spirituelle chrétienne et humaine conforme aux exigences de leur foi et de la société où ils devaient entrer.Je suis au milieu de vous comme un témoignage vivant de la grande tradition que ce Comité a toujours maintenue.Vous avez souligné l’honneur que la présence d’un Prince de l’Église apporte à ce Comité.Mais pour moi cette présence signifie une responsabilité plus étendue et un désir de don total à l’œuvre de l’Éducation si chère à l’Église.Paul-Emile Léger. 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 575 CHRONIQUE ROMAINE.L'histoire de la tombe de Saint Pierre par Georges Huber, journaliste, Rome.J’ASSISTAIS naguère à une conférence avec projections sur les fouilles dans le sous-sol de la basilique de Saint-Pierre.L’assistance était nombreuse et distinguée, attirée par l’autorité exceptionnelle de l’orateur : le professeur Enrico Josi, un des quatre archéologues qui dirigèrent les investigations.A l’issue de la docte conférence, je rencontrai un prélat de ma connaissance.Après les compliments d’usage, je lui demandai son sentiment sur l’exposé de monsieur Josi.Le prélat sourit : — C’était très intéressant.Mais je serais incapable de donner un aperçu complet.Pour retenir l’enchaînement des différentes parties, je devrais entendre cette conférence.encore sept fois.Boutade à part, la réponse du prélat est significative.D’autres personnes, confusément, partagent le même sentiment, mais elles n’ont peut-être pas la même humilité.La tentation est si subtile, surtout pour les personnes constituées en dignité, de faire l’entendu ! Abondance de constructions et .En réalité, l’histoire du sous-sol de la basilique de Saint-Pierre et plus particulièrement de la tombe du premier Pape en est une difficile à comprendre et surtout à retenir.Et pourquoi ?Pour une raison bien simple : on y trouve l’enchevêtrement de constructions et de monuments qui s’étendent sur deux millénaires.De l’époque de Néron jusqu’à l’âge de la bombe atomique, chaque siècle a laissé des marques autour de la tombe de saint Pierre.Citons, pour nous en tenir aux premiers siècles, quelques résultats des fouilles dans le sous-sol de Saint-Pierre: spécimens de l’art cimétérial païen des IIe et IIIe siècles, avec leurs décorations mythologiques, leurs peintures très profanes, leurs colonnettes de stuc, leurs urnes cinéraires, leurs guirlandes de fleurs, leurs monstres marins, leurs béliers, leurs paons, leurs mosaïques, leurs colombaires, leurs divinités égyptiennes; premiers vestiges chrétiens, sous la forme de loculi, derrière des plaques de marbre et d’argile, où s’inscrivent les mots depositio, deposita, in pace, ou encore la silhouette d’une colombe et d’une palme, d’un Jonas, d’un bon Pasteur : affirmations voilées de la foi nouvelle obligée à une vie clandestine.Manque de documents.Autre source de difficultés, outre cet enchevêtrement : l’éloignement dans le temps et la carence de documents.Ce serait une grossière erreur que d’assimiler les cérémonies funéraires des premiers chrétiens aux nôtres.Aux temps des persécutions, c.a.d.pendant près de trois siècles, mais avec des intermittences, les chrétiens de Rome vivaient dans une atmosphère d’oppression.Ils pratiquaient leur culte et ensevelissaient leurs morts dans le secret.Très peu de documents nous sont parvenus sur leurs mœurs.L’historien se trouve souvent réduit à des hypothèses. 576 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Cette absence de documents sur la vie des premiers siècles chrétiens et cet enche-vêtrement de construction dans le sous-sol de Saint-Pierre rendent difficile un exposé succinct de l’histoire de la tombe de saint Pierre.Nous le tenterons néanmoins, en suivant l’ordre chronologique et en nous en tenant à l’essentiel.Au temps de saint Pierre, la colline du Vatican était un terrain domanial, en marge de Rome.On y enterrait les étrangers et les suppliciés.Au pied de la colline s’étendaient le cirque de Caligula et les jardins de Néron.Une fosse recouverte de tuiles.Mis à mort par Néron vers l’an 64, Pierre de Galilée fut inhumé sur la colline vaticane.Une fosse banale engloutit le corps du premier Pape.Un mince tertre recouvert de tuiles en dos d'âne marqua l’emplacement.Les chrétiens de Rome tenaient à être ensevelis dans le voisinage de saint Pierre.Ainsi les tombes se multipliaient au flanc de la colline.On construisit au deuxième siècle, un mur, de soutènement, pour contenir la poussée de terrain.On recouvrit ce mur, élevé au-dessus de la tombe de saint Pierre, d’un enduit peint au cinabre.Et pour marquer exactement l’emplacement de sa sépulture, les chrétiens aménagèrent un édicule commémoratif (appelé aussi mémoire ou trophée).Tel un toit protecteur, une table de travertin {1, 70 X ^ m-) surmontait l’emplacement de la sépulture.En arrière, cette table s’encastrait dans le mur rouge, tandis que par devant elle s’appuyait sur deux colonnettes corinthiennes.De plus, deux niches s’arrondissaient dans le mur, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la table protectrice, (illustration I) Cependant, encore d’autres tombes chrétiennes s’établissent à une distance respectueuse autour de la tombe de Pierre.Au troisième siècle, une nécropole païenne va se formant dans le voisinage.La première basilique.Arrive le quatrième siècle : conversion de Constantin et édit de Milan.L’empereur entend honorer le premier Pape par la construction d’un temple sur le lieu de sa sépulture.Mais comment édifier une basilique au flanc d’une colline, où, par surcroît, s’étagent les inviolables mausolées d’une nécropole païenne ?La piété de Constantin pour le premier Pape fit un tour de force : par une œuvre colossale de nivellement et de comblement, il déplaça environ 40.000 m3 de terre, pour aménager une plateforme unie au niveau de Védicule dressé sur la tombe de saint Pierre.Ainsi le flanc de la colline s’ouvrit, vers l’ouest tandis que les mausolées païens disparurent sous la terre.Enfin, Constantin dressa sur le côté méridional les murs de fondement à même le sol vierge, à travers les bourrages de terre.Tous ces travaux n’avaient qu’un but : construire la basilique de telle sorte que l’édicule commémoratif de la tombe se trouvât au cœur du temple.Pour le précieux trophée et son mur d’appui, Constantin les entoura d’un révêtement de marbre.Soutenu par quatre colonnes torses de marbre oriental, un baldaquin (ou ciborium) abrita ce bloc sacré.Objet de dévotion des fidèles, cette confession émergeait au bout de la nef principale de la basilique constantinienne.Plus loin, au fond de l’abside, se trouvait un autel portatif.Il ne fut remplacé par un autel fixe, disposé sur la partie supérieure de la memoria (le bloc de marbre décrit tout à l'heure) qu’à l’époque de saint Grégoire le Grand, lorsqu’on suréleva de deux mètres le niveau du pavement de l’abside.Cet autel fut réservé au Pape.Pour permettre toutefois aux prêtres de célébrer le saint Sacrifice près de la sépulture de Pierre, on ménagea lors de l’exhaussement de l’abside, un couloir semi-circulaire aboutissant à la partie inférieure de la memoria.On y adossa un autel, dit ad caput S.Petri. 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 577 —i ' BBi r-;;5 ^ v '¦> .h: '• v v -V-r •¦• ' XwX '¦.I'-»?^ ¦‘,.r -v- 4* 1 :: : fl.! S' '-/' .rV'i il: ^ ?' "4tl .¦ ¦ ill i ¦ssl-;-'¦¦¦ ¦ ¦ ¦ ^ O'ï'vj S^iPl ' ' : ¦ -.,v, «.:••: IK-’-.- ' ¦j:.— 1.— Reconstitution, d’après le résultat des fouilles, de l’édicule commémoratif (ou MEMORIA) érigé sur la tombe de saint Pierre vers le milieu du deuxième siècle.On reconnaît les deux niches creusées dans le MUR ROUGE, et, à leur niveau de jonction, le toit protecteur : c est une table de travertin qui s’encastre dans le mur et repose sur deux colonnettes de style corinthien.Four le conserver, Constantin fit révêtir de marbres précieux cet edicule ainsi que son mur d appui. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars La basilique actuelle.Au XVIe siècle, nouveaux changements.On démolit l’antique basilique de Saint-Pierre, construite par Constantin, pour édifier la basilique actuelle.Défense absolue de toucher au monument surmontant le lieu de sépulture de Pierre : c’est-à-dire au bloc de marbre dont la partie supérieure servait d’autel depuis saint Grégoire le Grand.Le niveau de la nouvelle basilique vint à se trouver 3 m.plus haut que le niveau de l’ancienne.L’intervalle entre les deux pavements se peupla de tombeaux et forma les grottes vaticanes, récemment restaurées par Pie XII et aujourd’hui ouvertes au public.Pour l’autel papal de Grégoire le Grand, il vint à se trouver au-dessous du nouveau pavement.Il fut surmonté, dans le même axe, à une hauteur de 3 m.environ, d’un autel plus élevé, l’autel papal actuel édifié par Clément VIII.On remplaça également l’ancien ciborium par une construction plus grandiose, celle que les pèlerins admirent aujourd’hui au cœur de la basilique de Saint-Pierre : le baldaquin du Bernin.Les résultats de l’archéologie confirment les données de la tradition chrétienne.Après ce rapide aperçu de l’histoire de la tombe de saint Pierre on appréciera mieux les résultats des récentes fouilles dans le sous-sol de la basilique vaticane.Voici les principales découvertes: nécropole païennes, tombes chrétiennes, édicule commémoratif avec son revêtement de marbre, quelques ossements humains au-dessous de la mémoria, pièces de monnaies déposées par les pèlerins médiévaux dans la niche des palliums placée en avant de la memoria.Saint Pierre fut inhumé comme un pauvre.Point de cercueil, point de sarcophage, point d’épigraphe ! Le premier Pape était le chef d’une petite communauté traquée par Néron ! Que les quelques os trouvés en-dessous de la memoria soient les restes de saint Pierre, on en a la certitude morale.C’est à cet endroit même qu’une tradition de 20 siècles place le lieu de sépulture du premier Pape.Les découvertes faites dans le sous-sol de la basilique vaticane confirment les témoignages convergeant de l’histoire, de l’archéologie et de la tradition sur le séjour romain, la sépulture et le culte du Chef des Apôtres.Les 1500 pièces de monnaies découvertes sous l’autel de la Confession vont en général du Xe au XIVe siècle.On en retrouve de tous les pays du monde connu d’alors : anglaises, croates, danoises, espagnoles, hongroises, françaises, germaniques, irlandaises, suisses, etc.On a même retrouvé des monnaies romaines et bysantines antérieures à la construction de la basilique constantinienne.Signe tangible de la dévotion de tout le moyen âge pour le premier Pape! Il n’est aucun pays, aucun siècle, qui ne soit venu témoigner sa foi sur cette pierre.On l’a très bien dit : La colline du Vatican a été déplacée à cause des restes de Pierre.Des constructions tournent autour de ces restes.Des siècles ont fait la ronde autour de cette immobilité.Tout proclame que le tombeau de saint Pierre est là.Bref, les récentes découvertes archéologiques confirment une tradition presque bimillénaire.Dieu fait tout avec mesure, avec nombre et avec poids.Rien n’excède, rien ne manque.* Rien ne vient trop tôt, rien ne se produit trop tard.Les découvertes dans le sous-sol de la basilique vaticane arrivent à leur heure, c.à.d.à une époque où, plus furieusement menacés par les forces du mal, les fils et les filles de l’Église ont besoin de se serrer plus fortement autour du Pape et de s’unir plus intimement à Celui dont Pierre et ses Successeurs sont les représentants visibles : le Christ, Chef invisible de l’Église.Rome.Georges Huber.(*) Il règle sa politique sur la croissance spirituelle de son Église.Rien ne vient trop tôt, etc.voir plus haut. 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 579 Un point de vue chrétien en matière de psychanalyse11 A notre époque de confusion des concepts et de glissements imperceptibles vers l’erreur, il fait bon relever des prises de position claires et nuancées à la fois comme celle que J.Nuttin, professeur à l’Université de Louvain, a fait paraître dans Service social dans le monde sur la psychanalyse.Comme cette revue, dont nous parlerons dans la rubrique sociale, s’adresse à tous ceux et celles qui se dévouent dans le service social (2), l’article de M.Nuttin traite de la psychanalyse de ce point de vue.Les sous-titres sont de la rédaction.(La Croix.) Dans plusieurs milieux d’actions et d’assistance sociales, le besoin se fait sentir d’approfondir l’aspect psychologique du contact avec les hommes.Une formation en matière de psychologie, et de psychologie profonde en particulier, semble en effet pouvoir rendre plus efficace l’influence qu’une assistante sociale, par exemple, est appelée à exercer dans les familles avec lesquelles elle entre en contact.Toutefois, notre conception chrétienne de l’homme se sent mal à l’aise en face de ces systèmes de psychologie profonde, et tout spécialement en face de la psychanalyse.Spontanément, on a l’impression que plusieurs des valeurs humaines essentielles y sont méconnues ou négligées.De là, une certaine inquiétude et une hésitation très compréhensible chez les autorités responsables, devant l’orientation de la formation et de l’action des assistantes sociales dans cette voie nouvelle.Tâchons de voir quelle est, du point de vue chrétien, l’attitude à prendre à l’égard de la psychanalyse en tant que 'psychologie de la personnalité humaine.La psychanalyse, en tant que technique de psychothérapie, reste ici hors de considération.(1) Journal La Croix de Paris, 12 août 1952.(2) Cette revue est l’organe trimestriel de l’Union catholique internationale de Service social, 111, rue de la Poste, Bruxelles.100 francs belges par an; c.c.p.1145-54, de 1’U.C.I‘S.S.Bruxelles.La théorie scientifique et ses réalisations Il importe de faire une distinction très nette, en matière de psychanalyse, entre les données et les hypothèses de nature scientifique et les doctrines qui, dans ce système, prétendent donner une conception générale de l’homme, et dépassent ainsi le domaine de la science.Toutefois, lorsqu’il s’agit de la science de l’homme, et tout spécialement de l’étude de sa vie psychique, certaines données positives, hypothèses et théories scientifiques, ont une répercussion assez directe sur la conception globale que l’on se fait de la personnalité humaine.Cela est spécialement le cas en matière de psychanalyse pour le motif suivant.De l’aveu même de son fondateur, Sigmund Freud, la psychanalyse s’occupe d’un seul aspect ou d’un seul secteur de l’activité psychique, à savoir de l’élément inconscient dans cette activité Ainsi, dit Freud, la psychanalyse ne pourra jamais apporter que des contributions partielles à l’étude de l’homme.Toutefois, cette vue critique sur la portée des données psychanalytiques a été très vite oubliée par le fondateur même de la psychanalyse et, surtout, par beaucoup de ses disciples.Ce qui n’est qu’un aspect ou un élément de l’activité psychique, a fini par être considéré comme 580 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars la seule chose existante.C’est ainsi que même les données positives et exactes de la psychanalyse ont souvent aidé à fausser l’image réelle de la vie psychique de l’homme, 'parce que ces données ont été détachées du cadre général dans lequel il importe de les placer.Tout en faisant, du point de vue scientifique, œuvre très importante en découvrant des faits et des mécanismes inconnus jusqu’alors, beaucoup de psychanalystes ont fait tort à notre connaissance de l’homme total en faussant le tableau d’ensemble.La partie a été prise pour le tout.La complexité de l’activité humaine a été réduite à un de ses éléments.C’est là un premier point dans l’opposition entre la conception chrétienne et l’image psychanalytique de l’homme.Le remède à apporter à ce défaut de la psychanalyse n’est pas à chercher directement dans notre conception chrétienne de l’homme.C’est au niveau de la science même que cette erreur de perspective dans les faits positifs doit être corrigée.L’erreur du fait que la psychanalyse s’est développée en vase clos et qu’elle a ignoré et négligé pratiquement la psycho.ogie générale de l’homme.C’est en mettant à leur place, dans l’ensemble de notre connaissance positive de l’homme, les faits et les mécanismes découverts par Freud, que nous arriverons à une psychologie plus équilibrée et plus vraie de la personnalité humaine.Il est important, à notre avis, de ne pas vouloir corriger par des considérations de nature philosophique et religieuse des fautes commises au niveau de l’étude ou de l’interprétation scientifique elle-même.Cela serait de nature à créer l’impression que notre conception chrétienne de l’homme se trouve en conflit avec certaines vues scientifiques.Ce qui crée un malaise des plus néfastes.La doctrine philosophique Mais il y a plus.A côté des faits et des mécanismes que la psychanalyse a découverts avec plus ou moins de certitude ou de probabilité, il y a, comme nous l’avons signalé, toute une philosophie de l’homme et de la culture humaine, développée par Freud et certains de ses disciples.Ces vues théoriques, qui dépassent de loin les limites d’une saine théorie scientifique vérifiable par les faits, forment tout simplement une mauvaise philosophie.Elles sont construites à l’aide de raisonnements basés souvent sur des analogies vagues entre les activités psychiques (( supérieures )) et « inférieures », ou bien, ce sont des généralisations hâtives à partir de certains éléments inconscients qui entrent dans la composition d’une activité.Cette mauvaise philosophie psychanalytique n’est pas l’élément le plus dangereux de la psychanalyse pour l’homme formé.Le matériel des faits, détaché de sa perspective réelle, et dont nous avons parlé ci-dessus, nous semble de loin plus important.A la philosophie ou à la Weltanschauung de la psychanalyse, il s’agit d’opposer la conception chrétienne de l’homme, c’est-à-dire un système philosophique et religieux qui contient toute une conception spiritualiste de l’homme en harmonie avec l’ensemble des faits.Confusion dans le domaine moral Les deux points que nous venons de soulever concernent la connaissance théorique de l’homme.Il reste à souligner un point de vue moral dans le conflit entre la psychanalyse et la conception chrétienne de l’homme.L’influence la plus néfaste que la psychanalyse a exercé sur l’homme contemporain, c’est qu’elle a changé son attitude morale à l’égard de sa propre conduite et 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 581 de celle des autres.La psychologie profonde a collaboré, avec beaucoup d’autres courants de pensée dans la vie moderne, à diminuer chez l’homme le sens de la responsabilité de ses actes, et elle a paralysé l’effort vers une saine maîtrise de soi et vers l’épanouissement constructif de la personnalité.Il est très confortable en certaines circonstances, de considérer la conduite humaine comme dominée par des forces inconscientes.La mise en évidence de l’inconscient a donné à l’homme l’impression que sa vie se développe en lui sans lui.La littérature contemporaine a contribué considérablement à accentuer ce point de vue.Ainsi, des réserves précieuses de forces et de valeurs spirituelles risquent de rester inexploitées dans l’éducation et dans le développement personnel.Ce qui, dans la conception théorique, a été négligé — à savoir l’activité consciente — est éliminé ici comme facteur actif dans la construction de la personnalité.En matière d’éducation, cette attitude est de nature à paralyser une partie importante des forces constructives de l’homme.En plus, au point de vue spécifiquement chrétien, la notion de péché risque de perdre, dans ce climat psychologique, sa signification profonde.Une théorie psychanalytique mal comprise et mal vulgarisée pousse l’homme à attribuer toute faute morale aux seules forces de l’inconscient et de l’instinct.Ce n’est plus à Dieu qu’il de- mandera pardon de ses défaillances, et ce n’est plus sa personnalité tout entière qu’il engagera dans la lutte pour un idéal.C’est l’élément (( impersonnel )) et inconscient en lui qu’il inculpera des déviations de sa conduite.La personnalité humaine, en déplaçant son centre de gravité vers l’inconscient, se vide de son sens et de sa valeur véritables qui sont : sa conscience d’elle-même, sa liberté et sa responsabilité.Tout cela pourtant — et nous y insistons — n’a rien à faire avec les données positives, découvertes par la psychanalyse comme discipline scientifique.La grande erreur dans le domaine moral dont nous parlons maintenant, vient du fait de la confusion du normal et du pathologique.Il est vrai que, dans certains cas anormaux, il s’agit de complexes pathologiques, là où on a l’habitude de parler de (( péché )) ; il est vrai aussi que, dans ces cas, il s’agit plutôt de délivrer la conscience morbide de ses sentiments de culpabilité, et non pas d’accentuer le sentiment de responsabilité; il est vrai encore que, dans ces cas, c’est à une détente et à une abréaction psychologique, plutôt qu’à des efforts ascétiques, qu’il convient de recourir.Mais, dans tout ces cas.— il importe de ne pas l’oublier — il s’agit d’états pathologiques.(à suivre) JOSEPH NUTTIN, professeur à Vuniversité de Louvain. 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars ENSEIGNEMENT MÉNAGER QUE FAIRE?par Sœur Marie-Paul-Edgar, Fille de Jésus Institut familial Val-Marie, Cap-de-la-Madeleine.LE printemps est arrivé et avec lui, la sève est montée dans les arbres.On dirait qu’une vie nouvelle circule dans les veines de tout notre monde étudiant qui réagit en turbulence aux caresses prolongées du soleil.La douce institutrice soupire parfois de toute son âme après les minutes de récréation qui vont permettre aux petites jambes de se dégourdir et aux muscles de se délier.Et pendant ce temps-là, les pauvres tricots, les vieux tricots, les pauvres vieux tricots, qu’on avait commencés avec un si bel enthousiasme, reposent parfois derrière une pile de livres.Ils ne sont pas toujours en beauté non plus ! Jaunis par le temps, entourés d’un brin de laine dont la texture frisée atteste la courbe des mailles défaites, ils font pitié et la petite fille ne les aime plus.Ils sont sales, ils sont vieux ! Seule, la maîtresse semble garder assez de sympathie pour se souvenir encore de leur présence.Comment faire pour revaloriser aux yeux de la fillette le misérable tricot qui a vu couler des larmes de dépit après avoir connu le frémissement des faibles doigts qui se tendaient sous l’effort et voulaient réaliser un chef-d’œuvre ?Peut-on raisonnablement, quand la vie palpite au dehors, renfermer des enfants et les asservir à la monotonie d’une tâche d’intérieur ?Il est évident que nos jeunes ont besoin d’air pur, et jamais, au grand jamais, il ne peut être question de prendre régulièrement le temps de la récréation pour couvrir le programme des travaux manuels.Pendant l’heure allouée au programme d’enseignement ménager, ne pourrait-on pas organiser une espèce de concours, avec enjeu naturellement, pour stimuler les bonnes volontés fatiguées ?Toutes celles qui auraient terminé leur travail pour la date fixée tireraient pour une belle récompense pouvant servir comme cadeau pour la fête des mères, par exemple.Lors d’une réjouissance scolaire organisée à cette occasion, pourrait avoir lieu l’ouverture d’une exposition des travaux des élèves.Quelle petite fille ne sentirait ses énergies multipliées si l’éducatrice faisait miroiter devant ses yeux, le bonheur qu’il y a pour un cœur filial de dire à sa mère: « Regarde, maman, fai fait ce tablier pour toi / .Toutes les mailles de mon tricot, je les ai offertes pour que ta santé soit meilleure.)) Tout en développant la piété filiale, en montrant aux enfants le beau devoir de la reconnaissance, le professeur cultive la dextérité manuelle et partage plus intimement avec la mère de famille, le devoir d’orienter vers le foyer celles qui, de par la volonté divine, lui sont destinées.Il semble possible aussi, de faire aimer et désirer ces minutes de travaux manuels en les donnant comme récompense à la fin d’une journée laborieuse, après un concours qui a demandé un surcroît de dépenses nerveuses.D’abord, la beauté du travail y gagnerait car, tout comme les grandes personnes, les enfants ne font vraiment bien que ce qu’ils aiment.Il ne faut pas oublier qu’il n’est jamais trop tôt pour enthousiasmer nos petites filles pour les obscures besognes familiales, pour les humbles devoirs domestiques.Quel que soit le talent d’une fillette, c’est d’abord son caractère de femme chrétienne qu’il faut forger puisque c’est avec celui-ci qu’elle devra bâtir sa vie et en faire une réussite.{suite à la page 586) 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 583 Microbiologie linguistique par Jean-Marie Laurence, Ecole normale Jacques-Cartier, Montréal.N.B.— U article que nous publions a été présenté aux auditeurs de Radio-Canada sous la rubrique (( Notre français sur le vif )) le 21 avril 1951.« J £ civisme est une foule de petites choses », dit un slogan que tous les auditeurs de la radio ont entendu au moins une fois dans leur vie.Le civisme est une foule de petites choses.De même la correction du langage.Nous l’allons montrer tout à l’heure, comme dirait La Fontaine, en poursuivant notre épluchage bienveillant du roman de Bertrand Vac.Mais ouvrons d’abord une parenthèse sur le mot slogan.Il semble bien qu’on ne puisse pas trouver un équivalent français de ce terme, auquel tous nos dictionnaires donnent droit de cité.Il s’agit, comme chacun sait, d’une phrase, d’une sentence de publicité ou de propagande; mais d’une phrase bien frappée, d’un pétard publicitaire, dirait André Thérive.Dès lors que le mot est francisé, je ne vois pas pourquoi on rougirait de prononcer slogan à la française, comme bacon, selon l’avis de M.Abel Hermant, de regrettée et puriste mémoire.Sur ce point, Abel Hermant avait raison.D’autant que bacon est un vieux mot français que l’anglais nous a emprunté.Mais slogan serait le cri de guerre des montagnards de Haute-Ecosse.Faut-il pour cela lui conserver sa prononciation d’origine ?A ce compte, il faudrait le hurler, puisque c’est un cri de guerre.Ne hurlons pas.Parlons simplement, et disons slogan, si vous voulez bien.Et maintenant, mettons nos gants, prenons nos pincettes, et faisons expier à Bertrand Vac, au nom de la grammaire, les petits supplices qu’il inflige à ses patients au nom de la médecine.Nous en étions à la page 33 de son roman, que j’admire d’ailleurs, sans quoi ce ne serait pas la peine de le limer.Donc, p.33, Attraper avec deux p.(On trouvera aussi, p.105, turlutter avec deux t.) Il fallait la consonne simple dans les deux cas.Le redoublement des consonnes est une des chinoiseries de la langue française.Savoir douter.P.34.Thomas Clarey converse avec le père Jobin, un homme des bois: « Il me semblait que la Saint-Maurice devait vous construire un nouveau camp, père Jobin ! Ils ont changé d’idée ?Non ! non ! mon gars.L’an prochain, là de l’autre côté du crique.C’est là que je serai — y a une belle source.)) Crique, au sens de l’anglais creek, est courant dans notre langue populaire.Il vaudrait mieux remplacer cet anglicisme par ruisseau.Ruisseau est inusité dans la langue du peuple ?Non pas.Je l’ai entendu souvent prononcer russeau, par de bonnes gens de chez nous.Mais le père Jobin pourrait bien dire ruisseau, car nous avons vu déjà qu’il n’est pas nécessaire de transcrire littéralement la langue populaire dans un roman.Nous reviendrons sur ce point, j’espère.Du reste si le père Jobin ne dit pas ruisseau, il ne dit pas non plus l’an prochain comme on lit dans le texte de Bertrand Vac, mais l’année prochaine.A tant faire que de choisir les traits du langage populaire, je garderais l’année prochaine et je remplacerais crique par ruisseau.La langue du père Jobin conserverait ainsi son cachet, tout en restant intelligible à 584 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars tous les lecteurs de langue française.La transcription du langage dans les œuvres littéraires est un art délicat.P.42.(( Dans le bois, on laisse les -portes ouvertes.Grand ouvertes ! tout le monde est bienvenu.)) Il faudrait grandes ouvertes pour obéir à l’usage officiel; mais il n’y a pas de quoi se pendre.De même, p.67 : « Elle riait {Louise) ne sachant comment exhiber une paire de bottes neuves, tout frais sorties de la boîte.» Un usage ancien veut qu’on dise fraîches sorties.Rappelez-vous l’exemple classique des grammaires: (( Des roses fraîches cueillies ».D’autre part, une règle stupide demande de faire varier tout au féminin devant une consonne ou une h aspirée.On aurait ainsi: «.une paire de bottes neuves, toutes fraîches sorties de la boîte ».En dépit des grammaires, j’applaudis Bertrand Vac d’avoir préféré tout frais sorties, parce que le sens adverbial de/raw est ici renforcé par tout.Comme il s’agit, au fond, d’une question d’oreille, on a bien le droit de trouver tout frais sorties aussi harmonieux que elle est haut perchée et plus naturel que toutes fraîches sorties.Tant pis pour les grammaires.Encore une fois, en grammaire comme en morale, c’est l’esprit qui compte, non pas la lettre.Je ne prétends pas corriger les grammaires: la tâche serait trop lourde et vaine.Je ne conseille pas non plus tout frais sorties, à cause du scandale des faibles; j’accorde sur ce point à Bertrand Vac les circonstances atténuantes.P.53.« Il y faisait bon se laisser vivre ».Correct, même si certains lecteurs préféreraient: « Il faisait bon s’y laisser vivre.» Le déplacement du complément y est admis avec une locution verbale comme il fait bon.Mais le déplacement est inadmissible dans cette phrase que j’ai rencontrée dans un autre texte : « Je n’ai pas ici Vintention de raconter cette histoire.» On voit le contresens: « Je n’ai pas ici l’intention .» Cher ami, si vous n’avez pas l’intention ici, tâchez de l’avoir quelque part.Il faudrait évidemment: « Je n’ai pas l’intention de raconter ici cette histoire.» Question de bon sens.P.55.« Thomas ! articula-t-elle péni- blement, avec un tel accent de désemparement qu’il leva brusquement la tête.» Inutile d’insister sur les assonances en ent; elles crèvent le tympan.On sait {ou on ne sait pas) que les humains se partagent, du point de vue qui nous intéresse en ce moment, en trois catégories principales: les auditivo-moteurs, les verbo-moteurs et les visuélo-moteurs.{Pardon pour ces expressions barbares !) L’auditivo-moteur est celui qui entend en lui-même ce qu’il lit ou écrit; le verbo-moteur articule réellement ou mentalement {et à divers degrés, cela va de soi) ce qu’il lit ou écrit: le visuélo-moteur voit intérieurement sa pensée écrite.En pratique, il n’y a pas de type pur; il y a généralement en chaque individu dominance de l’un des trois traits.Le trait dominant peut d’ailleurs varier selon les circonstances.Il faut croire que Bertrand Vac n’est pas toujours auditivo-moteur; autrement il n’aurait certes pas écrit: « Thomas ! articula-t-elle péniblement, avec un tel accent de désemparement qu’il leva brusquement la tête ».Cela dit sans reproche, car ces distractions de l’oreille arrivent à tous les écrivains.Nous en avons relevé dans Paul Morand, dans Daniel-Rops, et Proust accole trop souvent deux adverbes en ment quand ce n’est pas trois.Soyons indulgents pour les pauvres écrivains.Pardonnons-leur volontiers leurs assonances, voire leurs répétitions.On trouve dans André Thérive lui-même, le pur d’entre les purs: « Cependant la force de suggestion de l’orthographe est si forte que nous aurions tendance aujourd’hui .» {Querelles de langage, tome 11, p.215.) « La force de suggestion de l’orthographe est si forte.La force est si forte.» N’est-ce pas que c’est fort ?C’est consolant aussi pour l’auteur de Notre français sur le vif, à qui il arrive trop souvent de tondre, dans le parc aux répétitions, la largeur.fort large de sa langue.Quand il s’en aperçoit {et par malheur, il s’en aperçoit presque toujours en présence de ce diable de micro), il se la mord, la langue.P.58.« Sa chemise n’avait plus de cou- leur, le bord de son overall s’arrêtait à mi-jambe, juste au-dessus de ses bottes de caoutchouc à hausses de cuir.» Ne revenons pas sur l’overall qui devrait s’appeler ici salopette.Soulignons seulement qu’il faudrait remplacer hausses par tiges.La partie d’une botte ou d’un bas qui enveloppe la jambe se nomme tige. 1953 ÉDUCATION ET FORMATION 585 P.58.Le père André, un autre homme des bois, dit cette phrase : « Ça a ben fini, mais j’en ai sorti de Veau.)) Pourquoi pas ça ben fini plutôt que ça a ben fini ?Justement, un fidèle auditeur m’écrit: (( Dans vos nombreuses remarques sur le style de Tit-Coq, vous avez oublié de mentionner son emploi fautif de ç’a au lieu de ça a.Ex.: « Ç’a le bras droit dans le plâtre.)) Or, il se trouve que nous, les Canadiens, nous disons ça a et que c’est justement la forme correcte, puisque l’a de ça ne s’élide jamais.Et la preuve que Tit-Coq voulait dire ça a, c’est que juste à la ligne suivante il dit: ça veut donner.)) La belle affaire ! Je suis canadien, moi aussi, et je dis naturellement comme tout le monde : c’a l’air bon, parce que ça a l’air bon me décroche les mâchoires.L’a de ça ne s’élide jamais ?Où diable avez-vous pêché ça ?Ou ça peut bien se trouver dans quelque grammaire: il y a tant de chinoiseries dans les grammaires ! Mais si l’usage prévaut contre les grammaires, comme vous l’affirmez vous-même dans un autre passage de votre lettre, je soutiens que j’entends dire plus souvent ç’a du bon sens que ça a du bon sens, et je trouve que ç’a pas de bon sens de condamner l’expression ç’a du bon sens.C’est des imaginations tout ça.Mon auditeur ajoute: « Votre vieil ami que vous vous plaisez à qualifier des épithètes les plus déshonorantes et qui ne vous en veut pas plus pour tout ça.)) Il est vrai que j’ai parfois rabroué mon vieil ami.Je le regrette profondément, même s’il a tiré le premier avec un canon de gros calibre.Je veux bien faire la tête de Turc {hélas ! c’est mon destin), je veux bien qu’on me tire dessus avec un fusil à vent; mais pas de canon, hein ! ça est pas régulier et j’ai les réflexes un peu vifs.Cela dit, soyons amis comme devant.P.69.Les garde-feu sans s à garde, et pp.96 et 97 : les garde-chasse sans s non plus.C’est logique, mais c’est une infraction à la grammaire.Une règle, d’ailleurs un peu vaine et chinoise, traîne dans tous les manuels, que Larousse exprime laborieusement en ces termes: « Dans les noms composés à l’aide du mot garde, la règle générale est de faire varier au pluriel quand ce mot est un nom signifiant gardien et désigne alors un individu préposé une garde quelconque, ex.: des gardes-malades-, il reste invariable quand il représente le verbe signifiant qui garde, qui garantit, et désigne dans ce cas un objet, etc.: des garde-feu, des garde-boue.)) On voit qu’en France, le garde-feu ne désigne pas une personne mais une chose.C’est « une grille, une plaque qu’on met devant la cheminée pour éviter les accidents.)> Le fonctionnaire préposé à la garde de la forêt s’appelle garde forestier.Soulignons l’absurdité de la règle de garde, non pas pour la ruiner (car le bon sens ne triomphe pas souvent de l’habitude et de la coalition des nombreux), mais pour la graver dans les mémoires par son absurdité même.Ecrire gardes-malades n’a aucun sens.Car si gardes est un nom, il faut croire que malades est en apposition à ce nom.Dès lors, des gardes-malades désignerait des gardes qui sont malades.De même des gardes-freins n’a pas plus de sens que des policier s-circulation.Pourquoi n’écrit-on pas des garde-freins en faisant de garde un verbe, comme on dit des serre-freins.Chinoiseries grammaticales que les générations observent naïvement et religieusement.L’homme est un drôle d’animal.P.71.« Le soleil brûlait maintenant le sol rocailleux et rutilait sur les grandes plaques roses du tronc sans que rien ne les protégeât plus ni l’un ni l’autre.)) Notons que sans que est accompagné de ne.De même, p.163, « Un à un, les rêves qu’elle avait bâtis pour lui s’évanouissaient sans qu’elle n’y pût rien, que subir.» Le ne après sans que se justifie par l’usage de bons écrivains.Mais il n’est pas logique.Sans exprime suffisamment la négation pour se passer de ne, qui forme une sorte de pléonasme syntaxique comme se suicider.Sur la question du ne, dans le cas qui nous occupe, les écrivains se partagent en deux camps.Imitons ceux qui omettent le ne.P.89.« Il ne voyait plus que le ciel et la lumière et ne pensait qu’à se promener sur le Mont-Royal pour sentir l’air frais sur sa nuque.)) Mont-Royal.Il faudrait écrire mont Royal, comme mont Blanc, mont 586 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Rouge.Bien entendu, on écrit la rue Mont-Royal, parce qu’alors il ne s’agit plus de mont.Mont-Royal devient un nom composé, en quelque sorte abstrait.En voilà assez pour aujourd’hui.Rappelons qu’il ne s’agit pas d’éplucher méchamment le roman de Bertrand Vac.Nous en dirons plus tard toute la valeur.Il nous fournit pour l’instant une foule d’observa- tions linguistiques et stylistiques, intéressantes et instructives.L’œuvre est assez forte pour soutenir l’examen au microscope.Et puis, quelle publicité pour l’auteur ! .Il nous paiera sans doute des vacances au pays de Thomas Clarey.Ce ne sera pas sans besoin.Jean-Marie Laurence.QUE FAIRE?{suite de la page 582) Par les menus détails du programme, les modestes tricots, les broderies malhabiles, les coutures défraîchies, on contribue à former des personnalités.La volonté se forge en faisant la guerre à l’inconstance et la force d’âme s’acquiert en combattant le laisser-aller et le goût de l’à peu près.En faut-il plus, pour réagir contre la lassitude d’une fin d’année, pour surmonter le dégoût qui s’attache aux œuvres de longue haleine ?Faisons vibrer la corde sensible en faisant aimer à plein cœur nos besognes de femme et contribuons ainsi à donner à notre société des mamans qui n’ont pas peur de l’effort.Sœur Marie-Paul-Edgar, Fille de Jésus' 953 LEÇONS-TYPES 587 Leçons-Types (d’après le programme) .MARS .Religion CATÉCHISME Programme de mars pour les différents degrés du cours primaire, d’après le catéchisme catholique: Première semaine: 69e leçon: La Confirmation.70e leçon: L’Eucharistie.Deuxième semaine: 71e leçon: La Messe.Troisième semaine: 728 leçon: La sainte Communion.73e leçon: La présence réelle.Quatrième semaine: 74e leçon: La Pénitence.75e leçon: La contrition.76e leçon: La confession.Il sera traité du sacrement de Confirmation aux différents degrés du cours primaire.Les élèves de 3e année n’ont aucune réponse à apprendre dans ce chapitre, mais puisqu’ils sont des confirmés, il ne devrait pas être hors de propos de leur donner la même leçon qu’en 4e année, d’une façon orale seulement.TROISIÈME et QUATRIÈME ANNÉES J’AI BESOIN DE L’AIDE DE DIEU POUR L’AIMER ET LE SERVIR IL M’AIDE PAR LE SACREMENT DE CONFIRMATION Idées à inculquer j 1- Ce qu’est le sacrement de Confirmation.(773) \ 2.La caractère sacramentel de la Confirmation.(774) 588 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Actes à provoquer 1.Fierté d’appartenir à Jésus-Christ.2.Attachement sincère à Jésus-Christ.3.Pratiques au programme de formation morale: a) Célébrer l’anniversaire de sa Confirmation.b) Appartenir à la Croisade eucharistique.c) Faire son devoir malgré les railleries et les critiques.Moyens concrets 1.Image représentant un régiment de soldats, un drapeau.2.Tableau historique: la Pentecôte.3.Image représentant l’administration de la Confirmation.4.Croisé ou étendard de la Croisade eucharistique.INTRODUCTION (Observation: un régiment de soldats.) Vous voyez, mes enfants ce régiment de soldats.Que vont-ils faire ces soldats ?Ils vont défendre leur pays contre ses ennemis.Qu’est-ce qu’ils ont pour défendre leur pays ?Ils portent des fusils mais ils ont aussi d’autres armes très puissantes: des bombes meurtrières, d’énormes chars d’assaut.Qui leur dit où sont les ennemis et comment les combattre ?Un chef.Les soldats obéissent à un chef principal qui est le général de l’armée, et à d’autres chefs comme les capitaines, les sergents, les caporaux.Et ces chefs commandent tous au nom du chef de leur pays, qui est roi ou empereur ou un président de république.N’est-ce pas que c’est beau, un régiment de soldats ?.Ces hommes qui marchent si droit, qui obéissent si parfaitement aux ordres donnés, comme ils sont braves, courageux et forts! .Ils sont généreux et prêts à donner leur vie pour leur pays.Combien mourront en héros sur le champ de bataille! .Mais par eux, le pays sera sauvé! .Combien est grand chacun de ces vaillants soldats qui peut dire ainsi: Je sers mon chef ou mon roi; je sers mon pays.Je suis prêt à donner ma vie pour eux .Jésus-Christ, le chef de l’Eglise catholique a-t-il aussi son armée et ses soldats courageux ?N’ê-tes-vous pas dans les rangs de ces soldats du Christ ?.C’est ce que nous allons étudier aujourd’hui.RÉCIT — CAUSERIE Les premiers soldats du Christ Jésus-Christ est venu sur la terre pour nous sauver.Par sa mort et sa résurrection, Jésus-Christ a remporté la victoire sur le démon et nous a ouvert le ciel.L’ennemi de Jésus, c’est le démon qui est aussi l’ennemi de tous ceux qui appartiennent à Jésus.Jésus savait qu’après son ascension au ciel, les hommes rachetés devraient sans cesse continuer la lutte contre le démon et il a fondé son Église pour continuer cette lutte et sauver les âmes.Les apôtres ont été les premiers appelés pour fonder l’Église, pour être les premiers soldats de Jésus-Christ.Mais ils étaient faibles et ignorants malgré les instructions que leur avait données Jésus.Comment donc deviendront-ils de vrais soldats du Christ ?.C’est une bien belle histoire, l’histoire de la Pentecôte.(Image: la Pentecôte.) Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer le Saint-Esprit afin qu’ils deviennent forts et courageux, et les apôtres comptaient sur la promesse de Jésus.^ Dans la crainte des Juifs, ils s’étaient enfermés dans le Cénacle.Là, ils priaient, attendant la venue du Saint-Esprit.Voyez la grande salle .et voyez les apôtres: Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques (fils) d’AIphée et Simon le Zélote, et Jude (frère) de Jacques.Comme le jour de la Pentecôte était arrivé, ils étaient tous ensemble au même lieu.à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis.Et ils virent paraître des langues séparées, comme de feu, et il s’en posa une sur chacun d’eux.Et tous furent remplis de l’Esprit Saint.(Actes II, I—ô.) Ainsi remplis du Saint-Esprit, les apôtres devinrent les premiers soldats de Jesus-Christ, forts et courageux.Ils firent connaître Jésus à tous les peuples à qui ils purent prêcher; ils enseignèrent à tous la loi de Dieu, les baptisant, et implorant le Saint-Esprit afin que les nouveaux baptisés deviennent aussi soldats du Christ.Ils combattirent le mal et dans leur lutte contre le démon, ils souffrirent beaucoup.Ils versèrent même leur sang pour le Christ et son Église.Voilà ce qu’ont Jait les premiers apôtres choisis par Jésus lui-même, les premiers soldats de Jésus-Christ.CAUSERIE - RÉFLEXION Par la confirmation, nous sommes devenus apôtres et soldats de Jésus-Christ.Aujourd’hui, l’Église catholique, fondée par Jésus-Christ sur les apôtres, est répan- 1953 LEÇONS-TYPES 589 due dans le monde entier.C’est une grande famille et en même temps une grande armée: la famille de Jésus-Christ, l’armée de Jésus-Christ.^(Comparaison) Les choses se passent dans l’Eglise comme dans une famille: dans votre famille par exemple.Quand vous êtes venu au monde, tout petit enfant, vous êtes entré dans une famille.Vous avez un papa, une maman, des frères et sœurs.Mais parce que vous étiez tout petit, très faible, vous ne pouviez rien faire our aider les autres.Au contraire, vous aviez esoin des autres.Lorsque vous avez connu votre père et votre mère, vous les aimiez beaucoup, mais vous ne pouviez encore rien pour eux.S’ils avaient été attaqués par des méchants, vous n’auriez pas pu les défendre.Aujourd’hui, vous êtes un peu plus forts et quand vous aurez grandi encore, vous le serez bien davantage.Ainsi quand un enfant a grandi, il devient un homme (ou une femme) brave, courageux et fort.Il est fier d’appartenir à sa famille, d’en porter le nom, de travailler pour elle.Il saurait la défendre au besoin.(Transposition) Et voici maintenant ce qui s’est passé dans votre famille surnaturelle qui est l’Eglise catholique.Quand vous êtes venu au monde, vous avez été baptisé.Quelle vie avez-vous reçue par le Baptême ?.Qu’est-ce que vous êtes devenu par le sacrement de Baptême ?.Vous êtes devenu chrétien.Vous êtes entré dans la grande famille de Jésus-Christ, la grande famille de l’Eglise catholique.Mais vous étiez faible comme un petit enfant, vous ne pouviez pas travailler beaucoup pour l’Eglise, notre Mère.Vous avez grandi dans votre vie surnaturelle.Vous avez appris à connaître, aimer et servir le bon Dieu.Et un jour, un prêtre, au nom de l’Eglise, vous a interrogé sur votre catéchisme.Il vous a trouvé assez instruit, assez fort dans la foi pour être fait soldat de Jésus-Christ .Vous aviez sept ans .Quel beau jour que celui où vous avez été fait apôtre et soldat de Jésus-Christ! .Vous en souvenez-vous ?.(Image de la Confirmation) L’Evêque est venu.Quel Evêque ?.Il a prié le Saint-Esprit en étendant les mains sur vous .Il vous a ensuite fait une croix sur le front avec le Saint-Chrême .et vous a donné une légère tape sur la joue .Quel grand sacrement avez-vous alors reçu ?.La Confirmation.Vous étiez déjà enfant de Dieu par le Baptême; qu’est-ce que vous êtes devenu, chacun de vous, mes enfants, par le sacrement de Confirmation ?.Apôtre et soldat de Jésus-Christ.Pourriez-vous maintenant dire à quelqu’un qui ne le saurait pas ce que c’est que le sacrement de Confirmation.(Laisser parler, puis ordonner les réponses) C’est un sacrement .(Ecrire au tableau) Qui peut le recevoir ?Un baptisé.(Ecrire) Que devient le baptisé après la Confirmation ?Un apôtre et un soldat du Christ.(Ecrire) Synthèse: Faisons une bonne réponse complète avec ces idees: La Confirmation est un sacrement par lequel un baptisé devient apôtre et soldat du Christ.Lisez cette même réponse dans votre catéchisme.(773) LE CARACTÈRE SACRAMENTEL DE LA CONFIRMATION F Que s’est-il passé dans votre âme pendant que vous avez reçu la Confirmation ?Comment la Confirmation a-t-elle fait de chacun de vous un apôtre et un soldat de Jésus-Christ ?Il faut l’expliquer de nouveau: c’est si important et c’est si beau! Le sacrement de Confirmation a imprimé dans votre âme le caractère d’apôtre et de soldat du Christ.La Confirmation est un sacrement qui imprime un caractère comme le Baptême, voilà pourquoi on ne reçoit ces deux sacrements qu’une fois.Qu’est-ce que cela veut dire un caractère ?Un caractère est une marque dans l’âme, donc une marque spirituelle.Cette marque spirituelle est une ressemblance avec Jésus-Christ.Un enfant peut ressembler à son père ou à sa mère ou à tous deux, par les traits de son visage, sa démarche, son langage.Ce sont là des marques qu’il appartient à sa famille, des marques qui ne s’effaceront jamais, qui le feront reconnaître.Ainsi le chrétien, par son Baptême d’abord a, dans son âme, un caractère, une marque, qui est une ressemblance avec Jésus-Christ, une marque qui indique qu’il appartient à Jésus-Christ et à sa grande famille, l’Eglise catholique.Après son Baptême, un baptisé ressemble à Jésus-Christ comme un enfant ressemble à son père avec ses traits d’enfants.(Portraits, si possible) Mais après sa Confirmation, un confirmé ressemble à Jésus-Christ comme un adulte, un homme fait ressemble à son père.(Portraits) Les traits sont beaucoup plus forts, la ressemblance est bien plus parfaite, on dit souvent qu’elle est frappante.Ainsi le confirmé a un caractère plus défini, plus achevé ou plus complet de ressemblance et d’appartenance au Christ, si bien ^qu’il doit maintenant défendre le Christ et son Église, être apôtre et soldat du Christ.Que s’est-il passé encore dans votre âme quand vous avez été marqué du caractère de soldat de Jésus-Christ?Le Saint-Esprit a augmenté la grâce sanctifiante dans votre âme et il vous a donné une grâce toute particulière de force pour faire le bien et pour combattre le mal comme un bon soldat de Jésus-Christ.Le caractère de la Confirmation, comme celui du Baptême, ne s’efface jamais.Toute sa vie, un enfant ressemble à son père.Ainsi toute l’éternité une âme de baptisé et plus encore une âme de confirmé porte sa ressemblance avec Jésus-Christ.Quel honneur et en même temps quel bonheur pour le confirmé! .Ce sera donc un honneur et un bonheur pour chacun de vous, au ciel, d’avoir ce beau caractère d’apôtre et de soldat du Christ. 590 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Synthèse: Comment la Confirmation fait-elle du baptisé un apôtre et un soldat du Christ?(774) En imprimant dans son âme le caractère sacramentel de la Confirmation.(Faire trouver la réponse, si possible, puis la faire lire.) CONCLUSION La Confirmation, mes enfants, vous a tous faits apôtres et soldats du Christ, le Roi des rois, le Roi de l’univers.Est-ce un grand honneur ?.Y a-t-il un plus grand honneur ?.Non, mes enfants, quand on y pense bien, il n’y a pas de plus grand honneur que de servir le Roi des rois.Il n’y a pas d’armée plus noble, plus vaillante, plus victorieuse que l’armée du Christ, l’Église catholique.Nous devons tous nous sentir très fiers d’appartenir au Christ et à son Église, cette armée du bien qui combat dans le monde entier, assurée par son divin Chef de la victoire finale.Promettons à Jésus de lui demeurer toujours attachés, toujours fidèles jusqu’à la mort, toujours aussi attachés à la sainte Église.PRIÈRE (Le catéchiste peut formuler lentement et pieusement cette prière.Les élèves la répéteront intérieurement.Si le catéchiste croit que Vimpression sera plus profonde par la répétition orale, il choisira ce procédé.) Jésus, je vous remercie de m’avoir fait votre apôtre et votre soldat par la Confirmation.Je vous reconnais pour mon divin Chef, le Chef de votre Église.fie suis fier de vous appartenir, d’appartenir à l’Église catholique.Je veux être toujours votre apôtre et votre soldat.Je vous prie de me faire cette grâce, par votre sainte Mère.Ainsi soit-il.RÉSOLUTION Vous souvenez-vous de la date de votre Confirmation ?.Avez-vous déjà fêté l’anniversaire de votre Confirmation ?.Pourquoi ne le fête- " riez-vous pas ?.Il s’agit d’une fête toute personnelle et surnaturelle, une fête qui vous rapproche davantage du bon Dieu.Prenez-en aujourd’hui la résolution .(Silence) Y a-t-il des petits enfants qui s’engagent d’une manière plus particulière à être apôtres et soldats de Jésus-Christ P .Ce sont les Croisés.(Etendard de la Croisade) Voyez, ils ont un étendard, ils ont un uniforme, comme un régiment de petits soldats.Ce sont des signes extérieurs par lesquels ils veulent se rappeler leur engagement spécial d’apôtres et de soldats de Jésus-Christ.Pourquoi ne feriez-vous pas partie de la Croisade eucharistique ?.Nous en reparlerons.Un étendard et un uniforme ne sont pas nécessaires.Dès que vous êtes confirmés, vous êtes tous soldats de Jésus-Christ.A quoi vous engage votre état de soldats ?.(Laisser parler .) Vous devez faire votre devoir de chrétien, chacun de vous dans son milieu, partout et toujours, coûte que coûte, en bravant parfois les critiques et les railleries.Voilà une résolution que chacun de vous doit prendre, car votre titre de confirmé vous y oblige.Dites-le bien sincèrement au bon Dieu, dans votre cœur .(Silence) SYNTHÈSE 773 — Qu’est-ce que la Confirmation ?774 — Comment la Confirmation fait-elle d’un baptisé un apôtre et un soldat du Christ ?DEVOIR Sur votre cahier de catéchisme, dessinez la main qui vous a marqué d’une croix sur le front.Écrivez ce que vous êtes devenu par le sacrement de Confirmation.CINQUIÈME SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES Le tableau suivant, en nous faisant comparer deux manuels, nous permettra sans doute de mieux adapter l’ancien au nouveau appelé le catéchisme catholique.Les numéros entre parenthèses sont ceux de l’ancien manuel.LA CONFIRMATION (COMPARAISON DE DEUX MANUELS) Définition 773-(179) 1953 LEÇONS-TYPES 591 Effets Caractère Grâces '774-775-783.i k {Cha'p.13 - Nos 163-16^.) '777 : L {Chay.16-Nos 189 à 197.) Administration Dispositions Ministre Cérémonies ' 77Q-(186-187.) ( .778-779-(750) Voir Liturgie.^(181 à 185 inclusivement) Nécessité 780-781-782-(7 88) On voit ainsi plusieurs différences de forme entre les deux manuels: a) L’ancien catéchisme comprend deux chapitres sur la Confirmation, parce qu’il étudie en même temps les dons du Saint-Esprit.Sans cela, il n’y aurait qu’à ajouter le numéro 189 au chapitre de la Confirmation.b) Le catéchisme catholique appuie, comme il le doit, sur le caractère de la Confirmation, par trois réponses, tandis que l’ancien manuel ne revient pas sur ce qui a été dit, au chapitre treizième, du caractère sacramentel, et que le catéchiste doit s’y reporter.c) Le catéchisme catholique passe sous silence les cérémonies de la Confirmation et le catéchiste doit alors se reporter au programme de liturgie, tandis que l’ancien catéchisme en donne tout le sens en cinq réponses, expliquant ainsi le caractère de la Confirmation, sans toutefois le nommer.On peut donc faire concorder les deux manuels, le fond doctrinal étant toujours le même.La leçon suivante est rédigée d’après les réponses de l’ancien catéchisme.On y trouvera les effets de la Confirmation, sans les dons du Saint-Esprit, suivant le nouveau programme conforme au catéchisme catholique.Elle convient tout entière à la sixième année et constitue une revision pour la 7e année.Les élèves de 5e étudieront les deux premiers points.Cette leçon fait suite à celle de 4e année.J’AI BESOIN DE L’AIDE DU BON DIEU POUR L’AIMER ET LE SERVIR IL M’AIDE PAR LE SACREMENT DE CONFIRMATION Réception de la Confirmation.(50 année) a) Ministre.(180) b) Préparation du confirmé.(186-187) Idées à inculquer - Effets de la Confirmation.(5e année) a) Caractère.(Voir 162 à 164.) b) Grâce sacramentelle (189) Nécessité de la Confirmation (188) (6° année). 592 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Actes à provoquer Rayonner sa foi chrétienne: a) Devoir de l’Action catholique.b) Devoir missionnaire.(Programme de formation morale donné au cours de la leçon.) Moyens concrets Le labarum (Histoire de l’Église) La Pentecôte.Témoignage des apôtres.{Images) Témoignage des saints.{Images) INTRODUCTION Un jour, un grand roi était en guerre.Il n’était pas encore chrétien.Comme il allait livrer une bataille très importante, il vit dans le ciel une grande croix lumineuse avec cette inscription: Par ce signe tu vaincras.» Toute l’armée vit ce prodige.Constantin, c’était le nom du roi, fît mettre ce signe sur son étendard.{Image) Il fut vainqueur de ses ennemis et se fit baptiser.Devenu chrétien, il se fit le défenseur de l’Église.Ce grand roi avait compris le sens de son Baptême et de sa Confirmation.Quel est l’étendard de tous les soldats de Jésus-Christ ?C’est la Croix.Nous sommes tous, ici, des baptisés et des confirmés.Nous allons donc étudier aujourd’hui comment nous devenons de vrais soldats de Jésus-Christ, sous l’étendard de la Croix.CAUSERIE — RÉFLEXION Le ministre de la confirmation La préparation du confirmé Avez-vous été confirmés dans cette paroisse ?.Qui vous a confirjnés ?.Vous avez tous été confirmés par un Évêque.Mais vous devez aussi savoir que: « Lorsque des chrétiens se trouvent en danger de mort et qu’ils n’ont pas été confirmés, le Curé a le pouvoir et le devoir de les confirmer.» {Cat.cathol.) La raison de cette conduite de l’Église est facile à saisir.Dans une armée, l’enrôlement dej5 soldats se fait par les chefs.Ainsi dans l’Église, la Confirmation qui nous fait soldats de Jésus-Christ est réservée aux Évêques parce qu’ils sont les sucesseurs des Apôtres.On peut lire, en effet, dans l’histoire des Apôtres, qu’eux seuls imposaient les mains sur les nouveaux chrétiens pour implorer le Saint-Esprit de descendre sur ces derniers.« Pierre et Jean firent des prières sur les Samaritains afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit.» Retenons ceci: Par qui la Confirmation est-elle donnée ?(180) La Confirmation est donnée par l’Évêque ou par un prêtre auquel le Pape a accordé un pouvoir spécial.Quand un soldat veut s’enrôler dans l'armée, il doiQremplir certaines conditions.Il lui arrive de subir plusieurs examens.Ainsi, pour entrer dans l’armée du Christ par la Confirmation, certaines conditions sont-elles requises.Qui peut être confirmé?.Un baptisé: celui qui n’est pas encore enfant de Dieu et de l’Eglise ne saurait être enrôlé comme soldat.{Image: les Apôtres au Cénacle) Nous voyons les Apôtres persévérer dans la prière en attendant la venue du Saint-Esprit.Notre âme doit donc être bien préparée à recevoir la Confirmation.Est-il nécessaire d’être en état de grâce pour recevoir dignement la Confirmation ?{Laisser parler et faire lire la réponse) Oui, il est nécessaire d’être en état de grâce pour recevoir dignement la Confirmation.(186) La Confirmation étant un sacrement des vivants, il faut donc la recevoir en état de grâce.Celui qui la recevrait en état de péché mortel, recevrait le caractère de la Confirmation, c’est-à-dire qu’il serait réellement confirmé pour toujours, mais il ne recevrait pas les grâces de ce sacrement.Ce serait une indigne profanation et un grand sacrilège.Il ne suffit pas d’être exempt de péché mortel, il faudrait même être exempt de péché véniel: lus une âme est pure, plus elle est agréable au aint-Esprit et plus elle reçoit des grâces abondantes.De plus, les confirmés, à l’exemple des Apôtres, doivent se préparer dans le recueillement et la prière et désirer la venue du Saint-Esprit.C’est pour cela que la Confirmation est généralement précédée d’une retraite.Mais ce n’est pas tout encore.Un soldat se prépare à se servir de ses armes.Dans l’Eglise les armes ne sont pas des fusils; ce,sont des armes spirituelles et surnaturelles.L’Église a mission de répandre dans le monde les vérités de la foi, les préceptes de la morale évangélique, la vie de la grâce; elle emploie les sacrements, la prière, la prédication, les bonnes œuvres.Voilà autant de moyens que le confirmé doit connaître pour être un bon soldat de Jésus-Christ.Il doit savoir qu’il s’engage à pratiquer sa foi, à la propager et à la défendre.Tout cela se trouve résumé dans la réponse de votre catéchisme.(187) Quelle préparation spéciale faut-il apporter à la Confirmation ?(187) 1953 LEÇONS-TYPES 593 Pour recevoir la Confirmation, il faut connaître, autant que possible, les principaux mystères de la foi, les devoirs du chrétien et, spécialement, ce qui concerne la nature et les effets du sacrement de Confirmation.Les effets de la Confirmation Le Baptême nous fait chrétiens, mais la Confirmation nous fait parfaits chrétiens.D’enfants que nous étions, nous devenons adultes dans la foi.Non seulement nous sommes enfants de l’Eglise, mais par la Confirmation, nous devenons apôtres et soldats de Jésus-Christ.Voilà en quoi consiste le caractère de la Confirmation.Dans votre catéchisme, il est fait mention du caractère sacramentel au chapitre des sacrements.Revoyons ces réponses en les adaptant à la Confirmation.Pourquoi le sacrement de Confirmation ne peut-il être reçu qu’une fois ?Parce qu’il imprime dans Pâme une marque spirituelle ineffaçable qu’on appelle un caractère.(163) Pourquoi ce caractère reste-t-il dans l’âme même après la mort ?Ce caractère reste dans l’âme même après la mort, pour l’honneur et la gloire de ceux qui sont sauvés et pour la honte et la punition de ceux qui sont damnés.(164) Cela veut dire qu’éternellement, dans le ciel, le Confirmé portera cette marque d’honneur qui est celle d’apôtre et de soldat de Jésus-Christ.Cette marque qui le rend plus semblable au Christ, lui procure aussi plus de gloire.C’est le caractère sacramentel qui donne au Confirmé un droit à des grâces spéciales.La Confirmation augmente dans l’âme la grâce sanctifiante.En même temps, augmentent avec abondance les dons du Saint-Esprit.De plus, le confirmé reçoit des grâces particulières de force qui lui seront données au moment où il en aura besoin pour pratiquer sa foi, la propager et la défendre.C’est ce que votre catéchisme désigne par ces mots « un affermissement dans la foi ».Cet affermissement ou cette force dans la foi est la grâce propre de la Confirmation ou la grâce sacramentelle.Cette grâce de force est signifiée par deux gestes de l’Evêque dans la Confirmation.Lesquels ?.L’onction, et le soufflet sur la joue.Que signifie l’onction faite en forme de croix, sur le front, avec le Saint-Chrême ?.Que le Chrétien confirmé doit professer et pratiquer ouvertement sa foi, ne jamais en rougir et plutôt mourir que de la renier.{Lire seulement, 18U) Pourquoi l’Evêque donne-t-il un petit soufflet à celui qu’il confirme?{Lire 185) .Pour lui rappeler qu’il doit être prêt à souffrir les affronts et même la mort pour l’amour de Jésus-Christ.Résumons les effets de la Confirmation.Il y en a trois: 1.Elle imprime un caractère: apôtre et soldat de Jésus-Christ.2.Elle augmente la grâce sanctifiante et les dons du Saint-Esprit.3.Elle donne une grâce spéciale de force dans la foi.Lisez dans votre catéchisme le numéro 189.Que faut-il ajouter ?.Les effets de la Confirmation sont: une augmentation de la grâce sanctifiante, un affermissement dans la foi et les dons du Saint-Esprit.Il faut ajouter qu’elle imprime un caractère.Nécessité de la Confirmation Quand Notre-Seigneur promit à ses Apôtres de leur envoyer le Saint-Esprit, il savait combien ils auraient besoin de force, au milieu d’un monde païen, pour observer tout ce qu’il leur avait commandé.Aujourd’hui, les catholiques sont nombreux et répandus dans le monde entier, et ils vivent encore au milieu des païens dans bien des pays.Ils ont donc encore besoin de force.D’autres vivent dans des pays autrefois catholiques, mais où ils sont maintenant persécutés, mis en prison, tourmentés cruellement.Quelle force leur est nécessaire pour confesser leur foi!.Même dans une province catholique comme la nôtre, le démon multiplie les tentations pour perdre les âmes.En connaissez-vous de ces dangers de l’âme ?.{Laisser parler et résumer) Il y a les mauvais conseils et les mauvais exemples, les railleries méchantes qui empêchent des chrétiens d’accomplir leurs devoirs religieux .Il y a les mauvais compagnons qui entraînent au mal .qui scandalisent par leurs discours .Il y a les mauvais livres, les films dangereux qui ruinent la morale .Enfin, il y a toute la vie matérialisée qui fait perdre la pensée de Dieu, qui ruine la foi en Dieu.Notre-Seigneur nous voyait, chacun de nous dans la personne de ses Apôtres, quand il leur envoya le Saint-Esprit, et il voulait nous remplir de force, nous aussi, pour que nous résistions au démon et à tous les dangers qui menacent le salut de notre âme.Il a institué le sacrement de Confirmation parce qu’il savait combien ce sacrement nous serait nécessaire.Quelle bonté de la part de Notre-Seigneur, notre divin Chef! Combien nous devons profiter des grâces de ce grand sacrement! Celui qui ne profiterait pas des grâces de la Confirmation, qui refuserait de recevoir ce sacrement ferait-il de la peine au Bon Dieu ?.Expliquez pourquoi ?.{Laisser parler) Votre catéchisme pose cette question.Lisez le numéro 188.Est-ce un péché que de négliger de recevoir la Confirmation ?Oui, c’est un péché que de négliger de recevoir la Confirmation, surtout à une époque comme la nôtre, où la foi et la morale courent de si grands dangers.COMMENT VIVRE EN CONFIRMÉ Pour vivre en confirmé, c’est-à-dire en apôtre et en soldat de Jésus-Christ, il faut 594 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars manifester (confesser) sa foi et la rayonner, la propager et la défendre.Quand pouvez-vous manifester et rayonner votre foi ?(Laisser trouver) .Vous manifestez votre foi et vous êtes vraiment apôtre et soldat de Jésus-Christ .quand vous êtes fidèle à votre prière du matin et du soir et que personne ne prie autour de vous .quand vous assistez à la messe le dimanche, en vacances, alors que les autres dorment .quand vous osez parler de religion en famille ou avec des camarades .quand vous refusez un livre défendu .quand vous résistez à la tentation de voir tel film interdit, malgré des sourires moqueurs .Vous rayonnez votre foi et vous êtes vraiment apôtre et soldat de Jésus-Christ, .quand vous savez faire partie d’un groupement d'Action catholique et que vous avez la générosité d’agir en vrai militant .quand vous faites votre part dans un travail d’équipe, que vous faites connaître vos bonnes idées, que vous suggérez de bons plans de conquête .quand vous engagez un camarade négligent à se confesser et à communier .quand vous vous dérangez pour rendre service à des camarades mal disposés afin de les ramener au devoir; quand vous organisez des jeux poin faire plaisir aux autres, que vous choisissez leurs jeux préférés, que vous acceptez des camarades moins aimables comme partenaires, que vous les laissez gagner la partie, etc .(Prog.de formation morale) .quand vous ne rougissez pas de demander le rosaire en famille .Quand et comment pouvez-vous propager votre foi ?(Laisser trouver) .Vous propagez votre foi et vous êtes vraiment apôtre et soldat de Jésus-Christ .quand vous instruisez de la religion vos frères et sœurs plus jeunes .quand vous propagez de bonnes lectures parmi vos camarades .quand vous instruisez les autres dans les cercles d’Action catholique .quand vous faites partie d’un cercle missionnaire et que vous travaillez à faire connaître les missions .quand vous aidez effectivement les missionnaires .Quand pouvez-vous défendre votre foi ?(Laissez trouver) Vous défendez votre foi et vous êtes vraiment apôtre et soldat de Jésus-Christ .quand vous bravez les railleries et le respect humain pour faire votre devoir .quand vous savez protester contre des propos déplacés: blasphèmes, paroles grossières ou impures .quand vous avez le courage d’empêcher les jalousies, les haines, les vengeances, les injustices .quand vous prenez le parti des représentants de Dieu ou de l’autorité devant les désobéissants et les révoltés .quand vous vous trouvez dans les rangs de ceux qui combattent pour une bonne cause.CONCLUSION Tout ce que nous venons de dire, mes enfants, de la nécessité de la Confirmation, de la manière de vivre en confirmés, doit vous faire comprendre le sens de la « profession de foi » à laquelle vous vous préparez.Par cette « profession de foi », vous allez renouveler les engagements de votre Baptême et de votre Confirmation.Vous allez vous enrôler vous-mêmes, avec pleine connaissance et pleine liberté, comme apôtres et soldats de Jésus-Christ.Vous devez être bien reconnaissants à Dieu qui vous a déjà donné tant de grâces par le moyen de ces deux grands sacrements.Vous devez être fiers de renouveler vous-mêmes votre enrôlement dans l’armée de Jésus-Christ.Quel honneur d’appartenir à un chef tel que Jésus-Christ! Quel honneur de combattre pour le bien! Quel honneur d’être dans les rangs des apôtres, des martyrs, des saints de toutes catégories, qui ont donné leur vie pour le Christ! Que) honneur d’avoir pour compagnons dans l’armée actuelle du Christ, des militants de l’Action catholique, des missionnaires, des défenseurs de la foi, de vaillants chrétiens qui vivent pour le Christ! .RÉSOLUTION Qu’est-ce que cette leçon de catéchisme vous suggère en préparation à votre profession de foi ?pour le moment solennel de votre profession de foi ?.(Laissez s'exprimer) Bien étudier votre religion .Vivre en vrais chrétiens .Etre bien sincères dans votre profession de foi .Dites votre résolution dans une prière à la sainte Vierge.PRIÈRE O Marie, qui avez préparé les Apôtres à recevoir le Saint-Esprit, daignez me préparer vous-même à ma profession de foi, afin que je vive toujours en véritable apôtre et soldat de Jésus-Christ.SYNTHÈSE Les sept réponses du catéchisme: 180, 186, 187 188, 189, 163, 164 DEVOIR (6e et 7e années) Justifiez les faits suivants: (donnez la raison) Un certificat de Baptême est exigé avant la Confirmation.Des instructions spéciales précèdent la Confirmation.Avant la Confirmation, on offre l’occasion de se confesser.Après la Confirmation, le Confirmé fait une profession solennelle de foi. 1953 LEÇONS-TYPES 595 HUITIÈME ANNÉE Chapitre XVII: LA CONFIRMATION Si nous faisons l’inventaire des connaissances des élèves avant d’enseigner ce chapitre, nous découvrons: a) qu’ils l’ont appris au cours primaire et d’une façon toute spéciale, avant la « profession de foi )); b) que le catéchisme catholique passe sous silence l’institution divine de ce sacrement; c) que les deux chapitres précédents de (( Témoins du Christ )>: les sacrements en général et le Baptême, leur ont donné des développements assez étendus pour leur permettre de saisir plus facilement et plus exactement ce qui concerne la nature et les effets de la Confirmation.Toutefois, vu le rôle important de ce sacrement dans la vie du chrétien moderne pour l’Action catholique et l’Action missionnaire, nous croyons qu’il faudrait lui consacrer deux leçons collectives et deux autres périodes pour les « recherches et applications.)) Première période: Deuxième période: Troisième période.Quatrième période: Recherches 1, 2, 4.applications 1, 2.{Travail personnel ou en équipe.) Leçon collective : Institution de la Confirmation — Rite essentiel — Conditions requises — Cérémonies.Leçon collective: Effets de la Confirmation — Attitude pour la vie.Recherches 3; applications 3, 4.RECHERCHES 1.Recherchez en équipes, dans l'évangile de saint Jean, les passages où Notre-Seigneur promet le Saint-Esprit.{Afin que les élèves ne cherchent pas inutilement, il faudrait leur faire trouver auparavant à quel moment de sa vie Notre-Seigneur promet le Saint-Esprit à ses apôtres: quelque temps avant sa mort.Ces faits sont racontés par saint Jean aux chapitres XIV, XV et XVI de son évangile.) a) « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il demeure éternellement avec vous.C’est l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas.Mais vous, sachez qu’il demeure avec vous et sera avec vous.» {Jean, XIV, 16, 17.) b) « Mais le Paraclet, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai dit.» {Jean, XIV, 26.) c) « Quand sera venu le Paraclet, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui vient du Père, c’est lui qui rendra témoignage de moi.» {Jean, XV, 26.) d) « Cependant, je vous dis la vérité, il vous est utile que je m’en aille! Car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra point à vous: mais si je m’en vais, je vous l’enverrai.» {Jean, XVI, 7.) e) « J’ai encore bien des choses à vous dire; mais maintenant encore, elles sont au-dessus de votre portée.Quand le Paraclet, l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité.» {Jean, XVI, 12, 13.) 2.Dans le récit des Actes des Apôtres {Chap.11), recherchez les effets de la Confirmation sur les apôtres et les fidèles.Les effets de la venue du Saint-Esprit rapportés dans les Actes des Apôtres prouvent aussi l’institution divine du sacrement de Confirmation.Ils peuvent donc être cités au premier et au second points de la leçon.Le chapitre 11 serait à citer en entier.Il ne faudra pas manquer de le lire.a) Effets de la Confirmation sur les apôtres: (( Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler des langues étrangères, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.» {Actes 11, 4.) « Alors Pierre s’avança avec les Onze et d’une voix forte, il leur parla .{il parla à la foule des Juifs.) .C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité: nous en sommes tous témoins.Elevé à la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit-Saint qui avait été promis et il l’a répandu ainsi que vous le voyez et que vous l’entendez.» {Actes 11, lô, 32, 33.) « Repentez-vous: que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés et vous recevrez le don du Saint-Esprit.Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui entendront, au loin, l’appel du Seigneur notre Dieu.En beaucoup d’autres paroles encore, il leur adressait les plus pressantes exhortations.» {Actes 11, 38, 39, 40.) Les apôtres furent donc remplis de lumière et de force par le Saint-Esprit.Ils reçurent le don des langues, le don de conversion et le don des miracles. 596 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars b) Effets de la Confirmation sur les fidèles.« Ces paroles (les paroles de Pierre) les transpercèrent jusqu’au fond du cœur.(37) « Ceux qui accueillirent ses paroles reçurent le Baptême.Ce jour-là, le nombre des adeptes s’éleva à trois mille environ.Ils reçurent l’état de grâce, la Confirmation et les dons du Saint-Esprit.Les effets de la Confirmation sont sensibles dans les vertus des premiers chrétiens: « Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières.Devant les nombreux prodiges et les miracles opérés par les apôtres, la crainte était dans tous les cœurs.Tous les fidèles vivaient unis et ils mettaient tout en commun.Ils vendaient leurs terres et leurs biens et ils en partageaient le prix entre tous d’après les besoins de chacun.D’un seul cœur, ils fréquentaient quotidiennement le Temple.C’est à la maison qu’ils rompaient le pain et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, ils louaient Dieu et jouissaient de l’estime publique.» (Actes 11, 42 à 47.) Les fidèles vivaient intégralement leur vie chrétienne; ils donnaient leur témoignage de foi chrétienne aux païens puisque « ils jouissaient de l'estime publique ».4.Cherchez dans votre missel Vépître du vendredi des quatre-temps de l'Avent et dites quels sont, d'après le prophète Isaïe, les sept dons du Saint-Esprit.Lecture du prophète Isaïe 11, 1-5.Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Il sortira un rejeton de la tige de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine.Et l’Esprit du Seigneur se reposera sur lui: l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété; et il sera rempli de l’esprit de la crainte du Seigneur.(La recherche 3 est reportée aux applications: les élèves ne sont préparés à donner cette réponse qu après l'étude du chapitre.) LEÇON Atmosphère de la classe 1.Moyens visuels, a) Tableau des sacrements en général, tel que suggéré dans notre leçon de février, qui servira à montrer comment la Confirmation est liée au Baptême.Cette idée est exprimée dans l’introduction de cette leçon.(p.126) Ce même tableau aidera encore à faire comprendre les effets de la Confirmation et sa nécessité, b) Tableau, affiche ou graphique illustrant les dons du Saint-Esprit, c) Images ou projections représentant les cérémonies de la Confirmation, d) On pourrait aussi faire illustrer par les élèves les dons du Saint-Esprit en activité dans la vie chrétienne, par des actions accomplies sous leur impulsion, e) On devrait répondre ici à l’application 2: Placez dans votre cahier une image représentant la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.2.Chant.Le catéchiste devrait donner la préférence aux chants liturgiques: « Veni Creator Spirilus » et « Veni Sancte Spiritus », et en faire chanter une strophe.Au cours primaire, les élèves ont certainement appris des cantiques en français: « Esprit-Saint, descendez en nous » ou « Esprit-Saint, Dieu de lumière »: ce sont les plus connus et on les trouve dans tous les recueils de cantiques.3.— Prière.Avant la classe, on fera répéter en français la première partie du Veni Sancte Spiritus: Venez, Esprit Saint, remplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour.On terminera la classe par la récitation de l’oraison: Seigneur, qui avez enseigné les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de connaître et d’aimer le bien et de goûter toujours la joie de ses divines consolations.Par Jésus-Christ No-tre-Seigneur.Introduction L’introduction montre le lien qu’il y a entre le Baptême et la Confirmation.Le catéchiste pourrait y joindre une note historique.Dans la primitive Eglise, ces deux sacrements étaient reçus successivement le même jour, car il s’agissait alors d’adultes instruits des vérités de la religion.Aujourd’hui, le Baptême étant administré à des enfants d’un jour, la Confirmation est différée jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de raison.De plus, pour s’assurer que le chrétien sera suffisamment instruit de toutes les vérités nécessaires au salut, l’Église a institué la « profession solennelle de foi » après une période d’instruction religieuse solide.Cette profession de foi renouvelle l’engagement personnel que l’âme contracte avec le Christ à la Confirmation.L’étude présente de la Confirmation a précisément pour but une prise de conscience plus éclairée et plus ferme de cette double consécration du chrétien à Dieu par le Baptême et la Confirmation.Causerie-Réflexion Sous cette forme, le catéchiste enseignera, avec le concours très actif des élèves, les différentes parties de cette leçon.(Voir manuel, pp.128 à 133.) INSTITUTION Cette partie a été enseignée occasionnellement au cours primaire.Elle est facile parce qu’elle est historique et attrayante.Elle sera d’autant plus agréable aux élèves qu’ils y sont bien préparés par les recherches 1 et 2.De plus l’histoire se concrétise dans des tableaux.Mais la facilité de cette étude n’enlève rien à sa valeur: elle constitue la preuve historique de l’institution divine de la Confirmation.Cette 1953 LEÇONS-TYPES 597 preuve est nécessaire pour affermir la foi des élèves au grand mystère de grâce que ce sacrement opère dans l’âme du confirmé.Aussi catéchiste et élèves devraient-ils terminer cette partie de la leçon par des actes de foi.« Jésus, je crois que c'est vous-même qui avez promis le Saint-Esprit à vos apôtres.Je crois que vous avez réalisé votre promesse et qu’en union avec le Père, vous avez envoyé ce divin Paraclel à vos apôtres, le jour de la Pentecôte.Je crois que vous avez donné à vos apôtres le pouvoir de communiquer à leur tour VEsprit-Saint aux fidèles en leur imposant les mains.Je crois que les apôtres et les fidèles ont réellement été remplis du Saint-Esprit.Je crois que moi aussi j'ai reçu le Saint-Esprit à mon baptême et à ma confirmation.)) LE RITE ESSENTIEL Tout chrétien confirmé doit savoir en quoi consiste essentiellement le sacrement de confirmation.Donc, le rite essentiel doit être retenu de mémoire.Quant au sens de ce rite, le catéchiste aura lieu d’y revenir lorsqu’il fera étudier en détails les cérémonies de la Confirmation.LES CONDITIONS REQUISES Les élèves de 8e année ayant tous reçu la Confirmation, il n’y a pas lieu d’insister sur les conditions requises si ce n’est pour en relever une qui marque l’importance de ce sacrement.L’administration de la Confirmation est réservée à l’Evêque, tout d’abord parce que ce sacrement n’est pas d’une nécessité absolue comme le Baptême, ceux qui l’administrent peuvent être moins nombreux.Mais ce sacrement place le confirmé au-dessus du simple baptisé dans l’Église; il imprime dans son âme un nouveau caractère qui est une nouvelle consécration au Christ, un caractère qui est une plus grande ressemblance et une plus étroite appartenance au Christ.C’est le sacrement qui fait les soldats du Christ.Voilà pourquoi^ l’administration en est réservée aux chefs de l’Eglise, à ceux qui sont les successeurs immédiats des apôtres.Ce fait découle de la nature et des effets de la Confirmation.LES CÉRÉMONIES DE LA CONFIRMATION Les cérémonies sont à méditer et non à apprendre.Le catéchiste pourra faire comparer l’enseignement du manuel avec le rituel; les élèves pourront encore rappeler leurs souvenirs personnels, afin que cet enseignement ne soit pas livresque.Il faudra surtout relever, parmi toutes ces cérémonies, celles qui constituent le rite essentiel et plus encore, lire avec une religieuse attention les différentes prières afin d’y découvrir tout ce qui concerne le sacrement de confirmation.En effet, ce sont les prières de l’Évêque qui nous apprennent que: La Confirmation nous donne le Saint-Esprit.La Confirmation nous donne les sept dons du Saint-Esprit.La Confirmation nous donne la force, (grâce sacramentelle) La Confirmation imprime un caractère.La Confirmation est d’institution divine.Nous devons garder le Saint-Esprit que nous avons reçu.Nous devons rendre témoignage au Christ.LES EFFETS DE LA CONFIRMATION Les effets de la Confirmation sont d’une importance toujours actuelle car le confirmé doit garder le Saint-Esprit dans son âme comme dans un temple.Les élèves de 8e année doivent donc prendre conscience des grâces actuelles qu’ils reçoivent et qui sont des effets de leur Confirmation.Le catéchiste doit développer comment le Saint-Esprit agit dans l’âme: c’est lui qui inspire les bonnes pensées, les bons désirs, le remords, les pieuses aspirations, les prières, les actes d’amour de Dieu, les actions généreuses, les sacrifices.Parfois, l’action du Saint-Esprit est plus forte: « Il est des moments où le Saint-Esprit produit dans les âmes des mouvements intérieurs qui les inclinent vers une vie plus parfaite: il les éclaire sur la vanité des choses humaines, sur le bonheur de se donner plus complètement à Dieu, et les presse de faire des efforts plus énergiques; il faut évidemment profiter de ces grâces pour accentuer sa marche en avant.)) (Tanquerey.) Le catéchiste fera rapporter ou rapportera lui-même des exemples concrets.Les élèves ont recherché quels sont les dons du Saint-Esprit.On ne saurait se contenter d’une sèche énumération de ces dons: il faut montrer leur action dans l’âme.Cette action se produit sur notre intelligence et notre volonté, car pour agir, nous devons connaître et vouloir.Le Saint-Esprit est lumière et force.Par ses dons il illumine notre intelligence et fortifie notre volonté.Il nous fait aimer et comprendre les choses de Dieu par les dons de sagesse et d’intelligence.Il nous suggère les meilleurs moyens à employer pour sauver notre âme et nous aide à surmonter toutes les tentations du démon, du monde et de notre propre nature et toutes les attaques contre notre foi, par les dons de conseil et de force.Il nous fait connaître Dieu, nous aide à l’aimer comme un Père et aussi à craindre de lui déplaire, par les dons de science, de piété et de crainte.Ainsi la sagesse, l’intelligence, le conseil, la science dirigent notre intelligence; la force, la piété et la crainte de Dieu soutiennent notre volonté.Le catéchiste doit profiter de cette étude de la Confirmation pour raviver la dévotion au Saint-Esprit dans l’âme de ses élèves.L’étude des 598 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars prières et cérémonies de la Confirmation est bien propre à raviver cette dévotion.Les élèves doivent sortir de cette leçon avec cette conviction que le Saint-Esprit est, dans l’âme du confirmé, le dispensateur des grâces, qu’ils doivent l’invoquer souvent, surtout lorsqu’ils ont besoin de son secours.ATTITUDE POUR LA VIE: TÉMOINS DU CHRIST Les notions très clairement exposées dans le manuel peuvent être concrétisées et vivifiées par des exemples: témoignage des apôtres, témoignage des martyrs et des saints.Les exemples abondent, au catéchiste de choisir.Les plus récents frapperont peut-être davantage: Dominique Sa-vio, Maria Goretti.De même faut-il tenir compte des circonstances locales pour adapter cette étude à l’action catholique et au devoir missionnaire.(Pour des applications immédiatement pratiques, voir la leçon précédente, sur la Confirmation, 7e année.) SYNTHÈSE La Confirmation - 1 - Notre-Seigneur a insti tué la Confirmation °) ¦ b) c) Notre-Seigneur promet d’envoyer le Saint-Esprit.Notre-Seigneur réalise sa promesse.Notre-Seigneur donne l’ordre de conférer la Confirmation.Institution - 2 - Rite essentiel et Cérémonies a) Geste: imposition des mains.b) Choses: croix sur le front avec le Saint- Chrême.c) Paroles: Je te marque du signe de la Croix .etc .- 3 - Conditions requises a) Ministre: Évêque (curé) Pouvoir et intention.b) Sujet: Etat de grâce, instruction religieuse suffisante, préparation.Effets 1.Consécration au Christ: caractère.• 2.Accroissement de la vie divine: vertus et dons.3.Grâce sacramentelle: lumière et force.Attitude pour La vie a) Le confirmé prend parti pour le Christ.Témoins du Christ b) Le Confirmé fait rayonner la vie de Dieu qui est en lui.c) Le confirmé se défend vaillamment con- tre les ennemis de son salut.APPLICATIONS 1.Réponse tout à fait personnelle pour chaque élève: Mémorial de Confirmation.2.Image de la descente du Saint-Esprit.Nous avons suggéré que cette image soit recherchée avant la leçon et qu’elle puisse servir à la leçon. 1953 LEÇONS-TYPES 599 3.Voici une prière qui demande, d’une façon générale, les dons du Saint-Esprit: Esprit-Saint, je vous adore, vous êtes Dieu.Esprit-Saint, je vous aime, je vous demande de me diriger toute ma vie, d’être mon conseil, majorée, mon soutien; de m’inspirer l’horreur du péché et, si j’ai le malheur de tomber, de me donner les pensées de retour à Dieu, de contrition vraie.(Quinet, Dogme, p.223.) Voici une autre prière qui demande l’effet particulier de chacun des sept dons: Venez en nous, ô Esprit de Sagesse, faites-nous goûter le vrai bonheur dans l’amitié de Dieu et travailler à procurer sa gloire! Venez en nous, ô Esprit d’Intelligence, faites-nous pénétrer par votre divine lumière, les vérités et les mystères de notre sainte religion! Venez en nous, ô Esprit de Conseil, afin que nous puissions connaître dans les occasions dangereuses ce que nous devons faire pour éviter les pièges du démon et rester fidèles à Dieu! Venez en nous, ô Esprit de Force! Attachez-nous tellement à Dieu et à nos devoirs, que nous ayons le courage de faire des sacrifices pour ne pas nous en détacher.Venez en nous, ô Esprit de science, vous qui pouvez seul nous faire connaître Dieu et sa sainte volonté.Enseignez-nous comment nous devons accomplir celte sainte volonté en toutes choses: Venez en nous, o Esprit de Piété! Embrassez nos cœurs d’amour pour Dieu; faites que nous observions ses commandements avec joie!! Venez en nous, ô Esprit de Crainte! Inspirez-nous une profonde horreur du péché; faites nous éviter avec soin tout ce qui peut déplaire à notre Père céleste.Enfin, il y a cette strophe de cantique que l’on peut réciter comme une prière: Esprit-Saint, Dieu de lumière, O vous que nous invoquons.Venez des deux sur la terre, Comblez-nous de tous vos dons.4.La prière ci-dessus en demandant l’effet particulier de chacun des dons du Saint-Esprit nous indique bien en quelles circonstances de notre vie nous avons besoin de ces dons.Il reste que le catéchiste peut faire rechercher d’autres circonstances particulières, locales ou personnelles.Recherche 3.Que répondez-vous à un élève de votre âge qui vous dit: Le Baptême, soit! Mais la Confirmation, à quoi cela sert-il?.La Confirmation est un complément nécessaire du Baptême.Elle est une nouvelle consécration au Christ.Elle produit une augmentation de la grâce sanctifiante.C’est le sacrement de la croissance spirituelle.Celui qui ne la recevrait pas se priverait de cette croissance, il ne deviendrait jamais un adulte au service du Christ.Sa grâce particulière est une grâce de lumière et de force pour vivre intensément la vie chrétienne.Refuser la Confirmation, c’est refuser des grâces nécessaires au salut, c’est s’exposer sans force suffisante aux tentations de toutes sortes et compromettre son salut éternel.Celui qui refuse la Confirmation contriste certainement le cœur de Dieu qui nous aime et nous donne le saint-Esprit pour nous aider à opérer notre sanctification et notre salut.Conclusion-Prière Des conclusions pratiques et des prières sont distribuées au cours de cette leçon.Le catéchiste les rappellera s’il le juge à propos.Résolution Je veux être fier de paraître chrétien, surtout en cette circonstance .(Chacun doit préciser une circonstance.) Je veux invoquer le Saint-Esprit surtout .(Préciser) NEUVIÈME ANNÉE Chapitre XII: RÉSURRECTION et ASCENSION JÉSUS NOTRE ROI DIVISIONS Ce chapitre renferme la Résurrection de Jésus, sa vie sur terre après sa Résurrection ou le récit de ses apparitions et l’Ascension, donc trois grandes divisions.Voici comment allier: recherches, leçon et applications. 600 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Première partie de la leçon Recherches: 1, 3, 4.Leçon: Notre-Seigneur est ressuscité.Applications: 1, 2, 3, 4, 5.Deuxième partie de la leçon Recherches: 1, 2.Leçon: Notre-Seigneur apparaît.Applications: 6, 7, 8.Troisième partie de la leçon Recherches: 1, 5.Leçon: Notre-Seigneur monte au ciel: l’Ascension.Applications: 9.Conclusion Recherches: 6.Conclusion: Le Roi vainqueur Applications: 10 Ce chapitre exigera sans doute deux leçons collectives et deux périodes de travail personnel: Première leçon collective: Résurrection et apparitions.Deuxième leçon collective: Ascension et conclusion.LA FÊTE DE PÂQUES DANS L’ANNÉE LITURGIQUE L’Eglise célèbre à la fête de Pâques l’anniversaire du triomphe de Jésus vainqueur de la mort.C’est, au dire de Rossuet, l’événement central de toute l’histoire.C’est vers lui que tout converge dans la vie du Christ.C’est le point culminant de la vie de l’Église dans son cycle liturgique.La résurrection du Sauveur est l’événement le plus glorieux de son existence, la preuve la plus éclatante de sa divinité et la base de toute notre foi.En droit, nous sommes ressuscités avec Jésus.Mais en fait, la vertu de ce mystère opère dans les fidèles durant toute leur vie et plus spécialement aux fêtes de Pâques, afin de les faire passer du péché à la grâce, et plus tard de la grâce à la gloire.Le temps pascal est une image du ciel, un rayonnement de la Pâque éternelle qui est le but de toute notre existence.(Missel: exposé dogmatique) La deuxième fête qui se célèbre au temps pascal est l’Ascension, qui est le couronnement de toute la vie de Jésus.Comme le Grand-Prêtre qui entrait dans le Saint des Saints, pour y offrir à Dieu le sang des victimes sous l’Ancienne Loi, Jésus, nous dit l’Apôtre, entra dans le Saint des Saints de la Jérusalem du ciel pour y offrir son propre sang, le sang de la Nouvelle Alliance, et nous obtenir les faveurs de Dieu.Le jour de l’Ascension est celui où, montrant à Dieu ses plaies glorieuses, Jésus commença son sacerdoce céleste « Il devint notre perpétuel intercesseur auprès de son Père.)) Rappelant cette même pensée, l’Introït de la messe du Christ-Roi exprime la gloire qui revient à Jésus: « L'Agneau qui a été égorgé est digne de recevoir la puissance, la divinité, la force et l'honneur.A lui la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles.)) Jésus ressuscité « est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant )).Il est le roi universel.BUT DE L’ENSEIGNEMENT DE CE CHAPITRE C’est d’affermir la foi de nos élèves en la divinité de Jésus-Christ.Jésus-Christ, Roi universel, est la vraie Lumière du monde.La foi produit la confiance et l’attachement au Christ.Après cette leçon, les élèves doivent être heureux de reconnaître le Christ comme Roi universel et de servir sous un tel Roi.Ils doivent être heureux de reconnaître Marie comme la Corédemptrice de tous les hommes et la Médiatrice de toutes les grâces, espérant la proclamer un jour solennellement la Reine du monde.RECHERCHES 1.Recherchez des images.(Travail personnel) 2.Recherchez en équipe à qui Jésus apparut après sa résurrection et ce que nous apprend à ce sujet chacun des évangélistes.Saint Matthieu rapporte les faits suivants: apparition aux saintes femmes (XXVI11, 1-12); les gardes soudoyés (13-15); apparition en Galilée et mission des apôtres (16-20).Saint Marc raconte plus longuement: les saintes femmes au tombeau (XVI, 1-8); apparition à Madeleine, aux disciples d’Emmaüs (9-1 â) ; mission des apôtres (15-18).Saint-Luc donne avec encore plus de détails: les saintes femmes et Pierre au tombeau (XXIV, 1-11); les disciples d’Emmaüs (13-15); apparition à Jérusalem (36-53); derniers enseignements de Jésus et Ascension (55-52).Saint Jean ajoute d’autres détails: apparition à Marie-Madeleine (XX, 1-2); apparition à Pierre et à Jean (3-10; apparition à Marie Madeleine (11-16); apparition à Jérusalem (19-23); apparition à Thomas (25-30); apparition sur le bord du lac de Tibériade, pêche miraculeuse (XXI, 1-15); primauté conférée à Pierre (15-17); destinées différentes de Pierre et de Jean (18-23). 1953 LEÇONS-TYPES 601 Les principales apparitions sont rapportées dans le manuel.Les élèves pourront indiquer les références qui manquent.3.Recherchez des chants religieux qui se rapportent à la fête de Pâques; apprenez-les.a) Chants liturgiques: Séquence de Pâques: Victimæ paschali laudes; la prose: O filii et liliæ; l’hymne des vêpres pendant le temps pascal: Ad regias Agni dapes; l’hymne à la Sainte Vierge pendant le Temps pascal: Reginal cæli; ces hymnes ou proses doivent être au moins lues, en français, pour que le sens soit compris, et on en chantera en latin une strophe facile.b) Cantiques: Jésus, notre Maître, est ressuscité {Recueil Latour, p.60); Réjouis-toi, Reine des cieux (Latour, p.70); Réjouissez-vous dans les cieux (Latour, p.86).Ces cantiques sont faciles.c) On pourrait ajouter pour VAscension: Le Seigneur s’élève (Latour, p.80) ou le vieux cantique: Reau ciel, éternelle patrie (Rouhier, p.58.).4.Quel est le mot hébreu qui exprime le mieux la joie de Pâques?Que signifie-t-il?C’est ALLELUIA.Il signifie LOUEZ DIEU AVEC ENTHOUSIASME! Ce n’est pas seulement une invitation à louer Dieu; c’est une exclamation de joie, un transport d’allégresse, qu’on n’a pu rendre dans aucune langue et que, par conséquent, on a conservé avec son idiome propre, l’hébreu, qui dit en un mot ce qu’on ne dirait pas en plusieurs phrases.L’alleluia est un des chants du ciel comme le sanclus.Saint Jean, dans l’Apocalypse, vit devant le trône de Dieu une multitude qui disait alleluia, en s’accompagnant des harpes, et cela sans interruption.En le répétant, on prolonge la dernière syllabe « a », en faisant entendre sur elle une longue série de notes vocales.C’est ce qu’on appelle neume ou chant de jubilation.« La jubilation, dit saint Augustin, est un son de joie sans paroles », jubilation sans mesure et sans terme, comme celle des anges et des saints.Par cette longue série de notes, on veut marquer qu’on ne voudrait jamais finir la louange divine.(La liturgie, F.Moisset, p.131.) 5.Racontez brièvement VAscension et dites ce qu'elle signifie.L’Ascension est racontée dans l’évangile de la messe de cette fête; cet évangile est de saint Marc, chapitre XVI, versets 14 à 20.On lit dans les Actes des Apôtres: « Il fut élevé de terre sous leur regard et un nuage le déroba à leurs yeux.Et comme ils avaient la vue fixée vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc, se présentèrent à eux et leur dirent: « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel ?Ce Jésus qui, d’auprès de vous, a été enlevé au ciel, ainsi viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel.» (Actes I, 9-11.) Le sens de l’Ascension est exprimé dans l’hymne des vêpres, au verset troisième: « Vous avez brisé les portes des abîmes infernaux, vous avez fait tomber les chaînes des captifs; après votre victoire, vous avez obtenu le plus noble triomphe, et vous êtes venu vous asseoir à la droite du Père.» « Vous êtes le guide et la voie qui mènent au cieux; soyez aussi le but auquel aspirent nos cœurs; soyez notre joie parmi les larmes, soyez la douce récompense de notre vie.» (Verset 5.) L’Ascension signifie donc que Jésus est ressuscité glorieux, qu’il nous a vraiment ouvert les portes du ciel où il est assis à la droite de son Père, qu’il est au ciel notre Intercesseur et notre Roi, qu’il viendra nous juger et sera notre éternelle récompense.5.Jusqu'où, s'étend la royauté du Christ?Expliquez votre réponse.Nous croyons que les élèves ne peuvent expliquer la royauté du Christ qu’après l’avoir étudiée.C’est pourquoi nous reportons cette question aux applications.LA LEÇON 1.Atmosphère de la classe Pensée de la semaine à écrire au tableau noir, à illustrer d’un dessin.Exemple: dessiner le tombeau du Christ vide et la pierre roulée,avec cette pensée empruntée à la séquence de Pâques: « Nous le savons, le Christ est vraiment ressuscité des morts.O vous, Roi victorieux, ayez pitié de nous.Alléluia! » Le graduel de Pâques fournit cette autre belle pensée: « Voici le jour que le Seigneur a fait, pas-sons-le dans la joie et dans Vallégresse.Alleluia! Alleluia! Joie et allégresse, tels sont bien les sentiments qui doivent dominer dans les âmes durant le temps pascal.2.Chant Les élèves ont recherché des chants: ils seront donc bien de leur choix.(Voir recherches 3, et applications 5.) 3.Prière Le catéchiste peut suggérer aux élèves de choisir l’oraison, ou la secrète ou la postcommunion de Pâques.Mais l’oraison convient mieux à la leçon de catéchisme: « En ce jour, où par votre Fils unique, vainqueur de la mort,vous nous avez ouvert à nouveau les portes de l'éternité, daignez.Seigneur, nous venir en aide et réaliser nos vœux, comme vous-même, déjà, vous nous les avez inspirés.Par le même Jésus-Christ Noire-Seigneur.)) Il en est de même surtout de l’oraison de l’Ascension: « Accordez-nous, Dieu tout-puissant, à nous qui croyons qu'en ce jour voire Fils unique, notre Rédempteur, est monté au ciel, d'habiter également nous-mêmes en esprit dans les deux.)) 4.Moyens visuels Tableaux évangéliques de Pâques et de l’Ascension.Carte: Trace de la Palestine exécuté 602 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars par les élèves, pour servir à la leçon.Les endroits des apparitions et de l’Ascension seront inscrits au cours de l’étude.(Applicalions 1, 6, 9.) 5.Activité Mimer l’une ou l’autre apparition: à Madeleine, aux disciples d’Emmaüs ou à Thomas.(Applications 7.) Marche à suivre au cours de la leçon: la même qu’en 8e année.SYNTHÈSE RÉSURRECTION ET ASCENSION I Notre-Seigneur est ressuscité Les saintes femmes au tombeau.< Pierre et Jean au tombeau.b Les gardes soudoyés.II Notre-Seigneur apparaît III Notre-Seigneur monte au ciel Conclusion - 1 - à Jérusalem < à Marie Madeleine, à Pierre, à deux disciples d’Emmaüs, aux apôtres dans le Cénacle.- 2 - En Galilée V.Jésus apparaît à ses apôtres le quarantième jour après sa résurrection.Jésus s’élève au ciel.Jésus est assis à la droite de Dieu.Sur le lac de Tibériade: > La pêche miraculeuse, la primauté conférée à Pierre.- 1 - Le Roi vainqueur < - 2 - La royauté de Jésus est surnaturelle.¦ La royauté de Jésus s’étend à toute la nature créée.v t La Médiatrice de toutes les grâces : Marie.APPLICATIONS 1-6-9 Réponses déjà données.Voir atmosphère de la classe.2.Exprimez dans une prière la joie de savoir que le Seigneur est ressuscité.« Nous le savons, ô Christ, vous êtes vraiment ressuscité, alléluia! » « Roi victorieux, vous êtes notre joie et notre espérance, alleluia! » (Paroles inspirées par la séquence de Pâques.) 3.Quelles conversations eurent entre elles les saintes femmes se rendant au tombeau, et les apôtres à la nouvelle du tombeau vide.Les saintes femmes se disaient entre elles: « Qui nous roulera la pierre de l’entrée du sépulcre ?» (Marc XVI, 3.) Les paroles des saintes femmes parurent aux apôtres du radotage et ils ne les crurent point.(Luc XXIV, U) Les disciples allant à Emmaüs causaient entre eux de tous ces événements.La résurrection de Jésus.(Luc XXIV, 1U.) 4.Indiquez plusieurs motifs religieux d'être joyeux le jour de Pâques.Nous sommes joyeux à Pâques parce que: Jésus-Christ a été vainqueur de la mort; Jésus-Christ a été glorifié par son Père; Jésus-Christ est assis à la droite du Père: il est Roi; Jésus-Christ nous a vraiment rachetés de l’enfer et ouvert les portes du ciel; la résurrection de Jésus-Christ est le gage de notre résurrection glorieuse. 1953 LEÇONS-TYPES 603 5.Chantez la séquence de Pâques: Vidimœ pas-chali et cherchez-en le sens.La séquence de Pâques, Victimæ paschali, exprime que le Christ, après nous avoir rachetés en mourant sur la croix, est vraiment ressuscité.Il est le Roi victorieux.7.Mimez à quatre Vapparition sur la route d’Emmaüs.On trouve le récit des disciples d’Emmaüs dans l’évangile selon saint Luc, au chapitre XXIY, versets 13 à 35.C’est l’évangile de la messe du lundi de Pâques que l’on peut lire au missel.Il serait dans doute peu utile d’écrire cette conversation ici.8.Racontez l’histoire de Thomas Vincrédule.L’histoire de Thomas est racontée dans l’évangile selon saint Jean, au chapitre XX, versets 19 à 31.C’est l’évangile qui se lit le dimanche de la Quasimodo ou dimanche in albis.{premier dimanche après Pâques).9.A quel endroit de la Palestine eul lieu lAscension de Jésus-Christ.lndiquez-le sur la carte.Les apôtres, venus aux approches de la Pentecôte à Jérusalem, se trouvaient au Cénacle quand Jésus leur apparaît et prend avec eux un dernier repas.Il les conduit alors hors de la ville du côté de Béthanie, sur la Montagne des Oliviers, qui est la plus haute de celles qui environnent la capitale.Jésus alors bénit ses apôtres et s’élève vers le ciel.Une nuée le dérobe aux regards et deux anges annoncent aux disciples que le Christ qui était remonté dans les cieux en redescendra à la fin du monde.{Actes 1, â-11.) 10.Cherchez la fête liturgique qui a la même signification que VAscension.C’est la fête du Christ-Roi.Les textes liturgiques le prouvent.{Voir missel.) Ascension: « Tous les peuples, battez des mains, acclamez le Seigneur par des cris d’allégresse.Alleluia! » {Introït) « Dieu s’élève parmi les acclamations; le Seigneur monte au son de la trompette.Chantez le Seigneur qui s’élève au plus haut des cieux, vers l’Orient.Alleluia! {Grad.Offert.Comm.) « O Roi de gloire, Seigneur des vertus, qui aujourd’hui êtes monté triomphant au dessus des cieux, ne nous laissez pas orphelins .Exaltez le Roi des rois et dites un hymne à Dieu.Alleluia! {à vêpres) Fête du Christ-Roi: « L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur.A lui, la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles.» {Introït) « Tous les rois se prosterneront devant lui et tous les peuples lui seront asservis.» {Graduel) « Sur son vêtement et sur son armure, il est écrit: Roi des rois et Seigneur des seigneurs.A lui la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles.» (à vêpres) On le voit, ces textes parlent de royauté, de pouvoir, de gloire et d’honneur.Recherches, 6.Jusqu’où s’étend la royauté du Christ.Expliquez votre réponse.(( Sa puissance est une puissance éternelle, qui ne sera pas emportée et son règne est un règne qui ne sera point bouleversé.» Donc le règne du Christ est avant tout surnaturel.« O Christ, nous vous proclamons le Prince des siècles, le Roi des nations, le seul Maître des esprits et des cœurs.» Voici que je t’ai établi lumière des nations, afin que tu sois l’instrument de mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.» Donc, la royauté du Christ s’étend sur tous les siècles, sur toutes les nations, particulièrement sur les âmes: il est la LUMIERE DU MONDE.« Il régnera de la mer à la mer, et du fleuve aux confins de la terre.» Donc la royauté du Christ s’étend sur toute la nature créée, même sur la nature inanimée.Les textes liturgiques de la fête du Christ-Roi définissent clairement sa royauté et l’étendue de cette royauté.{Voir autre explication dans le manuel, p.150) Marie est la Corédemptrice et la Médiatice de toutes les grâces.Puisque l’étude de ce chapitre fournit au catéchiste l’occasion de faite connaître le rôle de la sainte Vierge dans notre salut, il faudrait développer ce point davantage.Le meilleur moyen est encore de puiser dans la liturgie de la fête de Marie Médiatrice, 31 mai.« La volonté de Dieu est que nous ayons tout par Marie,)) dit saint Rernard.Le Père nous a envoyé son Fils, mais il a voulu subordonner sa venue au Fiat de la Vierge qu’il fit solliciter par l’archange Gabriel au jour de l’Annonciation.Le Père et le Fils nous envoient le Saint-Esprit, mais c’est par l’intermédiaire de Marie qu’il vient aux hommes.Le jour de la Pentecôte, dit une ancienne tradition, le feu céleste, qui descendit sur le Cénacle, s’arrêta d’abord sur la sainte Vierge, puis descendit sur les apôtres.Les grâces que l’Esprit-Saint déverse en nous sont dues aux mérites de Jésus sur le Calvaire; mais pour que Dieu en gratifie le monde, il faut que Marie intervienne.Ayant coopéré par sa Maternité divine et par ses souffrances au pied de la croix à l’Incarnation et à la Récemption, elle a mérité de coopérer à l’application que le Très-Haut en fait continuellement aux créatures.« Par la communion de douleurs et de volonté entre le Christ et Marie, dit Pie X, cette dernière a mérité de devenir la dispensatrice de tous les bienfaits que Jésus nous a acquis par son sang.» {Encycl.2 fév.190â) La sollicitude de Marie pour tout le genre humain est de tous les instants et c’est parce qu’elle la continue toujours, que toujours par la Messe, par les Sacrements, par la Hiérarchie et d’autres canaux de la grâce, le Calvaire atteint nos âmes.« Il est permis d’affirmer, déclare Léon XIII, que rien, d’après la volonté de Dieu, ne nous est donné sans passer par Marie de telle sorte que, comme personne ne peut s’approcher du Père tout-puissant sinon par le Fils, ainsi personne pour ainsi dire ne peut s’approcher du Christ que par sa Mère.» {Encycl.22 sept.1891) Telle est la doctrine de la Médiation de Marie.Souhaitons qujaprès avoir proclamé la Royauté du Christ, l’Eglise un jour proclame aussi la Royauté universelle de Marie, ce qui sera le complément de son Assomption glorieuse, comme la fête du Christ-Roi est le complément de l’Ascension. 604 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Langue française HUITIÈME et NEUVIÈME ANNÉES TEXTE Action de l’humidité L’eau détermine une accélération de croissance aussi bien chez la racine que chez la tige.Si l’on place une tige en voie de croissance dans les conditions telles que l’une de ses faces reçoive davantage d’humidité, ses nouvelles pousses s’inclinent de façon à fuir cette humidité.Mais puisque la tige fuit l’humidité, c’est que la face qui en reçoit le plus se développe davantage que la face opposée, ce qui conduit à cette conclusion que l’humidité exerce une action accélératrice sur la croissance de la tige.Pour obtenir l’action de l’humidité sur la direction de la racine, on opère ainsi: la racine d’une graine en germination est placée horizontalement sur une plaque de plâtre humide; sa pointe ne tarde pas à se redresser dans l’air parce que les cellules de sa face inférieure, en contact avec le plâtre humide, absorbent plus d’eau et prennent de plus grandes dimensions que celles de la face opposée.Connaissez-vous l’expérience du tamis P On fait germer des graines dans de la mousse humide reposant sur une toile métallique inclinée et suspendue au milieu d’une pièce.Les racines commencent d’abord par s’allonger verticalement, et franchissent les mailles de la toile métallique; mais cette dernière est très inclinée, et il en résulte que bientôt une face de la jeune racine se trouve plus rapprochée de la mousse humide que la face opposée.La racine commence alors à se recourber peu à peu du côté de la toile métallique et remonte dans la mousse humide.Une fois là, comme toute sa surface se trouve de nouveau dans les mêmes conditions d’humidité, elle reprend sa direction verticale, sort de la toile métallique, puis se recourbe de nouveau pour rentrer dans la mousse, en décrivant ainsi une courbe sinueuse tout à fait caractéristique.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Quel est l’effet de l’eau sur les plantes P.L’eau détermine une accélération de croissance aussi bien chez la racine que chez la tige.2.Que signifie l’expression (( accélération de croissance »?.Au sens littéral du mot, accélération signifie: augmentation de vitesse; dans le texte, l’auteur a voulu dire que la racine et la tige se développent plus rapidement au contact de l’eau.3.Que remarque-t-on au sujet de la tige en voie de croissance P.Ses nouvelles pousses s’inclinent de façon à fuir l’humidité.4.Comment doit-on s’y prendre pour obtenir l’action de l’humidité sur la racine P.La racine d’une graine en germination est placée horizontalement sur une plaque de plâtre humide; sa pointe ne tarde pas à se redresser dans l’air.5.Pourquoi se phénomène se produit-il P.Parce que les cellules de sa face inférieure, en contact avec le plâtre humide, absorbent plus d’eau et prennent de plus grandes dimensions que celles de la face opposée.6.Comment faut-il procéder dans l’expérience du tamis P.On fait germer les graines dans de la mousse humide reposant sur une toile métallique inclinée et suspendue au milieu d’une pièce.7.Quelles observations peut-on faire au sujet des racines P.Les racines commencent d’abord par s’allonger verticalement et franchissent les mailles de la toile métallique; mais comme cette dernière est très inclinée, il en résulte que bientôt une face de la jeune racine se trouve plus rapprochée de la mousse humide que la face opposée.8.Que devient alors la racine P.La racine commence alors à se recourber peu à peu du côté de la toile métallique et remonte dans la mousse humide.9.Qu’arrive-t-il ensuite?.• Une fois dans la mousse humide, comme toute sa surface se trouve de nouveau dans les mêmes conditions d’humidité, elle reprend sa direction verticale, sort de la toile métallique, puis se recourbe de nouveau pour rentrer dans la mousse en décrivant ainsi une courbe sinueuse tout à fait caractéristique. 1953 LEÇONS-TYPES 605 LECTURE PAR LES ÉLÈVES Lecture silencieuse.Lecture individuelle.GRAMMAIRE et ANALYSE 1.Le verbe impersonnel.La forme impersonnelle ne s’emploie qu’à la troisième personne du singulier de chaque temps; le pronom « il », sujet apparent, ne représente aucun être, aucune chose.Exemple: Il n’y a pas besoin d’en beaucoup savoir pour constater la puissance de Dieu.2.Copier les phrases suivantes, et souligner le sujet réel.a) Il faut voir germer les graines dans la mousse.b) Il fait soleil aujourd’hui, mais tombera- t-il de la pluie demain ?c) Au cours de l’été, il fit une grande chaleur, tout le monde en a souffert.d) Il est arrivé beaucoup d'accidents pen- dant la belle saison.e) En octobre, il commence à faire froid; il se fait une grande chute de feuilles./) H se fait que le printemps ramène la joie sur tous les fronts assombris par l’hiver.3.Certains verbes, comme arriver, convenir, importer, résulter, paraître, se faire, etc., peuvent être employés à la tournure impersonnelle, le pronom « il » annonçant un sujet réel, placé après.Exemple: Il pousse des ramifications à cette tige; il tombe de la grêle.Le sujet réel peut être un nom, un groupe de mots, un infinitif, une proposition subordonnée.4.Compléter les phrases suivantes par des subordonnées: à) Il faut.que tu t’intéresses à l’action de l’humidité sur les plantes.b) Il est absolument nécessaire .que la racine d’une graine en germination soit placée sur une plaque de plâtre humide pour tenter des expériences.c) Il est certain .que la pointe de la plante ne tarde pas à se redresser dans l’air.d) 11 y a longtemps .que l’univers et ses merveilles nous ont fait connaître la puissance de Dieu.N.P.— Le participe passé des verbes impersonnels est toujours invariable.5.Souligner les pronoms personnels et les parti- cipes: As-tu vu les premiers rameaux, bourgeonnant aux rayons d’un soleil printanier ?Enfants, axez-vous aperçu les jolis « mi-nous » sur les branches?Us ont rajeuni les halliers et les taillis, encore tout courbés sous leurs habits d’hiver.Quand les feuilles frileuses se seront ouvertes au souffle d’une brise tiède, des nids seront confectionnés avec entrain, avec amour.Les gais oiseaux auront modulé leurs romances et la vie s’épanouira de nouveau sous les ombrages.J’ai vu les premiers rameaux bourgeonnant aux rayons d’un soleil printanier.Enfants, vous avez aperçu les jolis « minous » sur les branches .Adverbes: L’adverbe est un mot invariable que l’on place souvent près d’un verbe, d’un adjectif ou d’un autre adverbe, pour en modifier ou en compléter le sens.1.Exemple: L’homme qui considère toujours la terre comme une grande amie est heureux.2.Exemple: Le printemps, toujours jeune dans sa toilette vert-pâle, est aussi très aimé, très ardemment désiré.3.Un adverbe comprenant plusieurs mots forme une locution adverbiale.Exemple: En bâtissant leurs nids douillets, les oiseaux jasaient à plaisir.4.Plus tôt en deux mots est l’opposé de plus tard.Exemple: Le printemps sera plus tôt à nos portes, cette année.Plutôt en un seul mot, exprime une idée de préférence.Exemple: Certains paysagistes donnent la préférence aux feuilles dorées de l’automne, plutôt qu’à celles du printemps.Qu’elles soient d’or ou d’éméraude, les feuilles conservent toujours un charme incomparable.5.Insistons sur les adverbes de négation: non.ne pas.ne plus, etc.Les élèves disent: J’en ai plus.au lieu de: je n’en ai plus.nous n’en avons plus.etc.Vous n’y êtes pas, au lieu de: vous y êtes pas.Je ne parle pas, au lieu de: je parle pas.Tant de fautes de langage seraient éliminées si nous prenions le temps d’intercaler la négation.! Exerçons nos élèves sur ce sujet: Je ne dépends ni du vent, ni du sol, dit la plante.En tout, je suis le destin des êtres créés par la Toute-Puissance de Dieu.Si je ne voulais pas l’humidité, je ne me développerais pas, je n’accomplirais pas les desseins du Créateur.Je ne puis me soustraire à la loi de la croissance.Que deviendrait le fruit tout entier contenu dans la graine ?Si nous n’y prenons garde, il nous arrivera peut-être souvent de nous dérober en face du devoir.Cependant, avec un peu de réflexion, nous éviterons de tomber dans les travers signalés par la plante.Conjugaison: Conjuguer au présent de l’indicatif, au futur, au présent du subjonctif les verbes: se glorifier, se sourire, se plaire. 606 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars 1.Se glorifier: Présent de Vindicatif: Je me glorifie, tu te glorifies, il se glorifie, nous nous glorifions, vous vous glorifiez, ils se glorifient.Futur: Je me glorifierai, tu te glorifieras, il se glorifiera, nous nous glorifierons, vous vous glorifierez, ils se glorifieront.Présent du subjonctif: Que je me glorifie, que tu te glorifies, qu’il se glorifie, que nous nous glorifiions, que vous vous glorifiiez, qu’ils se glorifient.2.Se sourire: Présent de Vindicatif: Je me souris, tu te souris, il se sourit, nous nous sourions, vous vous souriez, ils se sourient.Futur: Je me sourirai, tu te souriras, il se sourira, nous nous sourirons, vous vous sourirez, ils se souriront.Présent du subjonctif: Que je me sourie, que tu te souries, qu’il se sourie, que nous nous souriions, que vous vous souriiez, qu’ils se sourient.3.Se plaire: Présent de Vindicatif: Je me plais, tu te plais, il se plaît, nous nous plaisons, vous vous plaisez, ils se plaisent.Futur: Je me plairai, tu te plairas, il se plaira, nous nous plairons, vous vous plairez, ils se plairont.Présent du subjoncitif: Que je me plaise, que tu te plaises, qu’il se plaise, que nous nous plaisions, que vous vous plaisiez, qu’ils se plaisent.ANALYSE GRAMMATICALE Certains adjectifs qualificatifs sont parfois employés comme adverbes, alors ils sont invariables.1.L’humidité est fort nécessaire à la plante.fort, adverbe de manière, modifie nécessaire.2.Ces érables sont vigoureux et forts.forts, adjectif qualificatif, masc.plur.attr.de érables.3.Pour atteindre sa croissance, la plante a dû peiner ferme.ferme, adverbe de manière, modifie peiner.4.Ces gens sont fermes dans leurs convictions.fermes, adjectif qualificatif, masc.plur.att.de gens.ANALYSE LOGIQUE Distinguer les propositions et en dire l’espèce.1.Les plantes revivent au printemps, et les humains de sourire, en les voyant si belles.Deux propositions dans cette phrase.lre proposition: Les plantes revivent au printemps.Proposition indépendante.2e proposition: et les humains de leur sourire, en les voyant si belles.Proposition infinitive, coordonnée à la lre.2.Etant couchée sur mon lit de mousse, dit la plante, j’ai souri à la vie, au soleil printanier.Trois propositigns dans cette phrase: lre proposition: Étant couchée sur mon lit de mousse.Sub.participiale de ai souri.2e proposition: dit la plante.Proposition incise.3e proposition: j’ai souri à la vie, au soleil printanier.Proposition principale.EXERCICE GRAMMATICAL Faire accorder les participes s’il y a lieu: En tous temps, les plantes de toutes sortes ont fait la richesse de notre Province.Avez-vous visité les nombreux jardins potagers, les champs de blé, d’avoine blonde ?Avez-vous vu les immenses espaces plantés de choux, de fèves, de maïs ?Avez-vous contemplé cette récolte luxueuse ?Quand la brise d’automne se fait plus fraîche, considérons la troupe de travailleurs occupés à classer les précieux produits de la terre.Ici, ce sont les pommes de terre; là, les choux vert-foncé; plus loin, les betteraves rouge-sang, les carottes rousses.Et les vergers ?Avez-vous pensé à l’abondance de pommes récoltées chaque automne ?L’auriez-vous su, l’auriez-vous cru, si vous ne les aviez pas vues entassées, toutes rondes et roses, semblant sourire au soleil clair ?Bientôt, empaquetées, avec le plus grand soin, ces pommes « fameuses », autant que délicieuses, feront la joie des petits et des grands.Les chaleurs humides qu’il a fait au cours de l’été, ne leur ont pas nui, au contraire.La pluie qu’il était tombé au printemps, n’avait pas touché aux organes délicats de la fleur odorante des pommiers.C’est pour cela que les fruits ont abondé en septembre.Remercions l’Auteur des merveilles créatrices qui a tout fait pour notre plus grand bien.VOCABULAIRE 1.Tout ce qui est chargé de liquide ou de vapeur.humide Le contraire ou antonyme de humide est.sec 2.Rendre quelque chose humide, c’est.humidifier Le contraire d’humidifier est.sécher, dessécher 3.L’état de ce qui est humide se nomme.humidité L’antonyme de ce mot est.sécheresse 4.Ce qui accélère, précipite.accélérateur 5.L’augmentation de la vitesse qu’acquiert un corps en mouvement, prompte exécution .accélération Le contraire d’accélération est.ralentissement 6.Hâter, presser, activer, c’est.accélérer Le contraire est.ralentir, modérer 1953 LEÇONS-TYPES 607 DICTÉE L’arbre: méditation Le savant et le poète ne voient pas l’arbre du même œil.D’où vient à l’arbre sa forme ?Elle est en fonction, disent les savants, de son mode de vie sédentaire, qui fait que l’arbre se nourrit de l’air qui passe chargé de gaz carbonique.Ses branches se ramifient à l’infini selon des lois immuables, chaque espèce obéissant à une héréditaire géométrie: l’orme, le frêne, le liard, le sapin, le palmier ont chacun une personnalité propre.On peut se demander pourquoi l’arbre est si grand, et pourquoi il n’est pas plus grand.Et puis, est-il bien un ?Ne pourrait-il pas être, au contraire, une colonie P un agrégat d’unités vivantes P Son architecture et sa taille dépendent surtout d’une relation entre la surface et le volume: le volume croît comme le cube, et la surface comme le carré seulement.Comme nous, l’arbre respire, et comme nous, il ne peut pas se passer d’eau.Comme nous, il se perpétue, et comme nous, il a une patrie.Il connaît comme les humains, l’aide entre frères, mais il n’ignore pas non plus les luttes fratricides.Enfin, comme nous, l’arbre meurt et retourne à la terre.Frère Marie-Victorin.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Quelle remarque l’auteur fait-il au début de sa méditation P.Il dit que le savant et le poète ne voient pas l’arbre du même œil.2.Expliquez cette pensée.Le poète chante la beauté, l’utilité de l’arbre; le savant l’étudie dans chacune de ses parties.3.Ces deux façons de voir un arbre sont-elles également utiles P.Oui.A toujours étudier, l’esprit parfois se lasse, il est bon alors se se reposer en écoutant les sons de lyre de l’heureux mortel que l’on nomme poète.4.Dans le texte, trouve-t-on la seule trace du savant P.Non, le poète se révèle à l’insu de l’auteur et c’est ce qui le fait tant aimer.5.D’où vient à l’arbre sa forme P.Elle est en fonction de mode de vie sédentaire, qui fait que l’arbre se nourrit de l’air chargé de gaz carbonique.6.Expliquez l’expression « son mode de vie sédentaire ».Au sens propre du mot, quelqu’un qui mène une vie sédentaire, est celui qui reste toujours à la maison; les hommes de bureau, sont sédentaires; les infirmes, tous ceux que leur travail empêche de sortir souvent au dehors.Dans le texte, ces mots signifient que l’arbre ne change jamais de place, qu’il vit et meurt, là où il a pris racine.7.Qu’est-ce que le gaz carbonique P.Le gaz carbonique est produit par la combustion du charbon, la fermentation des liquides, la respiration des animaux, des plantes, etc.C’est un gaz incolore, inodore, à saveur aigrelette, asphyxiant.8.Peut-on compter les rameaux des arbres P.Les branches se ramifient à l’infini, selon des lois immuables.Chaque arbre a les siennes.9.De quels arbres l’auteur fait-il mention ?.L’orme, le frêne, le liard, le sapin, le palmier, ont chacun une personnalité propre.10.Quelles questions se pose le savant en pré- sence d’un arbre P.a) Pourquoi est-il si grand ?b) Pourquoi n’est-il pas plus grand ?11.Expliquez l’expression « un agrégat d'unités vivantes ».Au sens propre du mot, (( agrégat » est un assemblage de parties qui adhèrent entre elles.Dans le texte, le savant se demande si beaucoup de cellules vivantes assemblées entre elles, ne constitueraient pas tout l’arbre.12.De quoi dépendent son architecture et sa taille P.Son architecture et sa taille dépendent surtout d’une relation entre la surface et le volume: le volume croît comme le cube et la surface comme le carré seulement.13.Qu’avons-nous de commun avec l’arbre P.Comme nous, l’arbre respire, et comme nous, il ne peut se passer d’eau.Comme nous, il se perpétue, et comme nous, il a une patrie.14.Quels privilèges possède-t-il encore P.Il connaît, comme les humains, l’aide entre frères, mais il n’ignore pas non plus les luttes fratricides.15.Donnez un exemple de l’entr’aide des arbres; de leurs luttes.La lierre s’enroule autour des arbres robustes et y fournit sa carrière.D’autres plantes végètent, au contraire, lorsqu’elles sont trop près de certains arbres, dont les racines absorbent tous les sucs, à leur profit.16.Enfin, que deviennent les arbres après un temps plus ou moins long P. 608 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Comme nous, l’arbre meurt et retourne à la terre.GRAMMAIRE et ANALYSE Verbes pronominaux: Les verbes pronominaux sont: 1.réfléchis.si c’est le même être qui fait l’action et qui la reçoit.Exemple: La lune d’argent s'est éclipsée sous les nuages noirs.2.réciproques.lorsque plusieurs sujets agissent l’un sur l’autre.Exemple: Les gouttelettes d’eau nacrée, tombant des arbres, se sont abattues sur les dénicheurs de nids.3.essentiellement pronominaux.lorsqu’ils ne peuvent se conjuguer autrement que sous la forme pronominale, tels les verbes: se repentir, se souvenir, etc.Exemple: Je me suis souvenue des bienfaits de mes parents.4.accidentellement pronominaux.lorsqu’ils peuvent se conjuger sous une autre forme que la forme pronominale.Exemple: Nos soldats se sont battus courageusement en Corée (pronominal).Les ennemis que ces soldats ont battus (forme active) on reconnu l’héroïsme de leurs adversaires.Règle: Tous les verbes pronominaux se conjuguent, aux temps composés, avec l’auxiliaire être, mis pour avoir, et le participe passé de ces verbes s’accorde avec le complément direct si placé avant, si non, il reste invariable.Les verbes essentiellement pronominaux sont toujours variables, attendu qu’ils ont toujours pour complément direct leur second pronom; le verbe « s'arroger » fait seul exception: il a pour complément direct le pronom « que ».Exemple: Les droits que je me suis arrogés étaient justes.Conjugaison: Verbes s'abattre, s'éclipser, se lever, s'incliner, au passé composé, au futur, au présent du subjonctif.1.S’abattre: Passé composé: Je me suis abattu, tu t’es abattu, il s’est abattu, nous nous sommes abattus, vous vous êtes abattus, ils se sont abattus.Futur: Je m’abattrai, tu t’abattras, il s’abattra, nous nous abattrons, vous vous abattrez, ils s’abattront.Présent du subjonctif: Que je m’abatte, que tu t’abattes, qu’il s’abatte, que nous nous abattions, que vous vous abattiez, qu’ils s’abattent.2.S’éclipser: Passé composé: Je me suis éclipsé, tu t’es éclipsé, il s’est éclipsé, nous nous sommes éclipsés, vous vous êtes éclipsés, ils se sont éclipsés.Futur: Je m’éclipserai, tu t’éclipseras, il s’éclipsera, nous nous éclipserons, vous vous éclipserez, ils s’éclipseront.Présent du subjonctif: Que je m’éclipse, que tu t’éclipses, qu’il s’éclipse, que nous nous éclipsions, que vous vous éclipsiez, qu’ils s’éclipsent.3.Se lever: Passé composé: Je me suis levé, tu t’es levé, il s’est levé, nous nous sommes levés, vous vous êtes levés, ils se sont levés.Futur: Je me lèverai, tu te lèveras, il se lèvera, nous nous lèverons, vous vous lèverez, ils se lèveront.Présent du subjonctif: Que je me lève, que tu te lèves, qu’il se lève, que nous nous levions, que vous vous leviez, qu’ils se lèvent.4.S'incliner: Passé composé: Je me suis incliné, tu t’es incliné, il s’est incliné, nous nous sommes inclinés, vous vous êtes inclinés, ils se sont inclinés.Futur: Je m’inclinerai, tu t’inclineras, il s’inclinera, nous nous inclinerons, vous vous inclinerez, ils s’inclineront.Présent du subjonctif: Que je m’incline, que tu t’inclines, qu’il s’incline, que nous nous inclinions, que vous incliniez, qu’ils s’inclinent.Adverbes : 1.Pour contempler un jouet, nouveau, les enfants obéissent tout de suite.Tout de suite signifie aussitôt, sur-le-champ.2.Pour obtenir un miracle, ces ferventes per- sonnes prièrent deux heures de suite.De suite signifie successivement, sans interruption.3.Tout à coup la giboulée d’avril nous trempa jusqu’aux moëlles.Tout à coup, signifie soudainement.4.Aussi bien que les vertus, la fortune ne vient pas tout d’un coup.Tout d’un coup, signifie en une seule fois.On peut former des adverbes avec des adjectif.Exemple: hardi, hardiment, poli, poliment; aimable, aimablement, etc.ANALYSE LOGIQUE Distinguer les propositions et en dire l’espèce: Les feuilles printanières, étant d’un beau vert-tendre, nos bois deviennent alors incomparablement jeunes et frais. 1953 LEÇONS-TYPES 609 Deux propositions dans cette phrase: lre proposition: Les feuilles printanières étant d’un beau vert-tendre.Proposition participe sub.cire, de cause de deviennent.2e proposition: nos bois deviennent alors incomparablement jeunes et frais.Proposition principale.ANALYSE GRAMMATICALE 1.Donnez la fonction de bon dans « qu’il fait bon » !.adverbe de manière, modifie fait.2.Il ne faut jamais oublier.adverbe de temps, modifie oublier.3.Il faut chanter juste.adverbe de manière modifie chanter.4.Pourrais-tu aller loin de ce pas ?.adverbe de lieu modifie aller.EXERCICE GRAMMATICAL Plusieurs voitures sont alignées à la porte de l’église.Elles conduiront les voyageuses au point d’embarquement à Lachine.Les chênes et les hêtres du jardin étalent déjà des feuilles pâles et des bourgeons gonflés de sève.L’air piquant de ce matin léger d’avril met de la joie partout.Des nuages, bousculés par des bourrasques brusques, courent dans le ciel.Des intermittences de soleil avivent le gris des murs de pierre.Les oiseaux chantent et jouent dans les arbres.Jamais la vieille maison n’a paru si attirante.Mgr Albert Tessier — M.H.Biron, « Vers les pays d'en-haut ».N.P.— Indiquer les verbes et les participes.Les aliments et l’eau La plupart des aliments contiennent une grande proportion d’eau.Or l’eau se trouve partout.L’idée est donc venue d’enlever l’eau des aliments; le consommateur n’aura que la peine d’y ajouter de l’eau pour leur rendre à peu près leur état naturel.Avantages du procédé: réduction du volume, facilités du transport, conservation prolongée, diminution des risques de perte.Les pommes de terre, les carottes, les fruits, les œufs, etc., soumis au procédé de la « déshydratation » étaient primitivement soumis au chauffage direct, ou au chauffage électrique ordinaire, par radiation d’une surface rougie sous un courant continu.L’utilisation des ondes à haute fréquence a permis un contrôle très précis de cette opération, et une production plus rapide de conserves « déshydratés ».Le résultat final est une sensible diminution du coût de fabrication de ces produits alimentaires.L.Spencer et R.Jouglet.iV.P.— Nous avons donné cet exercice pour expliquer aux élèves ce qu’on appelle les aliments « déshydratés ».Ils entendent parler très souvent de ce genre de conserves et sont bien curieux de savoir comment on les obtient.VOCABULAIRE 1.a) Celui qui a des connaissances étendues est un.savant b) L’antonyme de savant est.ignorant 2.a) Celui qui écrit en vers est un.poète b) L’art de faire des vers; l’harmonie, l’inspiration; caractère de tout ce qui touche, élève fait penser.poésie c) Un ouvrage en vers, d’une certaine étendue, est un.poème d) Une femme poète est une.poétesse 3.a) Ce qui appartient à la poésie est.poétique b) Relever au moyen de la poésie.poétiser 4.a) Tout ce qui se dit ou s’écrit et qui n’est point en vers.prose 5.a) Toutes les branches d’un arbre.branchage b) Bois que pousse le tronc d’un arbre, d’un arbuste ou d’un arbrisseau.branche c) Ce que porte une branche.branchée 6.a) Diviser en plusieurs rameaux, c’est.ramifier b) Le nom donné aux dernières divisions des rameaux.ramille 7.Peuplier noir.Hard 8.Famille de plantes qui portent un bouquet de longues feuilles à l’extrémité d’un stipe (tronc) élancé.palmier RÉDACTION C’est le printemps; vous voulez semer des tulipes, soit dans une boîte, soit dans un petit carré, comment allez-vous vous y prendre pour accomplir ce travail aussi important qu’il est agréable ?Vous demandez des conseils à vos parents.Vous préparez un récipient en bois pour recevoir la semence ou bien vous remuez la terre.Vous mettez les oignons de tulipes dans le sol.Il faut qu’ils soient ni trop à fleur de terre, ni trop profonds.Dans un mois, vous jouirez de votre travail; les fleurs reconnaissantes vous souriront comme elles le font au soleil printanier. 610 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars RÉCITATION Les lilas « C’est le temps des lilas: Tout le village embaume ».F.G.L’arôme des lilas est d’essence divine, Toute la Perse en eux s’étale et me fascine, A chaque floraison nouvelle, de mon cœur, A l’unisson s’exhale un suave bonheur.Des dames, la coiffure en est toute fleurie De même qu’aux salons, les potiches jolies, L’homme à sa boutonnière en pare son gilet: Mais ce qui davantage intimement me plaît.C’est de les retrouver, débordant la clôture, Dans un enclos de ville, offrant leur chevelure.Rosario Venne.Les tulipes Au retour du printemps, sur leurs tiges légères, Côte à côte longeant les façades de pierre Où captives d’enclos en forme de croissant, Dans leurs tertres épars aux desseins différents Les tulipes en fleurs, et c’est là leur caprice, Etalent l’apparat de leurs frêles calices; C’est une éclosion d’une rare splendeur Exaltant la beauté, la forme, la couleur.Mais, si d’aucun parfum elles n’offrent l’ivresse, Elles sont précurseur de bien d’autres promesses.Rosario Venne.CHANT Le temps des lilas Album de M.l’abbé Gadbois.EXPLICATION DE TEXTE ONZIÈME ANNÉE LES BORDS DU TÉMISCAMINGUE par Arthur Buies En face de la Mission des Oblats, le lac, s’évasant tout à coup, s’ouvre en une large baie d’un ovale si parfait, d’un dessin si harmonieux qu’on dirait une coupe creusée et arrondie avec une précaution minutieuse par la main du temps.Un silence, un recueillement, qui semblent imposés par quelque divinité invisible* régnent sur toute la nature environnante, au sein des bois assoupis, sur la croupe onduleuse des coteaux, et jusque dans le balancement attentif et retenu du lac.Partout au loin la plage est muette, baignée par les flots d’azur qui s’appellent et se suivent les uns les autres comme des caresses, et par les flots d’or du soleil éclatant au milieu d’un ciel sans nuages.Ça et là, à moitié cachée dans les buissons ou émergeant de quelque ravine à peine dessinée, apparaît une cabane d’Indien, avec son toit d’écorce et sa cheminée fumante.De temps en temps, des enfants demi-nus courent sur le rivage, en jouant et s’ébattant ensemble; des squaws, enveloppées dans leurs couvertes, s’acheminent vers la Mission pour y chercher quelque conseil ou quelque secours; un canot débouche brusquement de la passe et vient s’attacher au petit chevalet en billots et en planches qui sert de quai, ou bien l’on voit quelqu’un des Pères se promener lentement dans le petit jardin attenant à la Mission, ou monter, recueilli, la colline voisine, pour aller réciter son bréviaire à l’ombre des grands arbres qui la couronnent.Rien n’est plus beau, rien n’est plus charmant, plus parfait dans les détails et dans l’ensemble, que le panorama qui, du haut de cette colline, se déroule sous le regard enchanté. 1953 LEÇONS-TYPES 611 L’atmosphère est limpide, lumineuse.On aperçoit, d’un côté, dans un lointain éclatant, jusqu’à l’extrémité même du lac, tout le détail des rivages, des futaies, où l’ombre et la lumière se combattent, des pointes et des baies, qui se succèdent en diminuant graduellement, mais sans rien perdre de la netteté et de la grâce de leurs formes; et, de l’autre la ravissante baie qui se développe comme une urne gigantesque en face de la Mission, et dont l’eau est si profonde, qu’à quelques pas seulement de la rive, on pourrait mouiller les navires réunis des plus grandes marines du monde.L’AUTEUR Arthur Buies (1840-1901), d’origine montréalaise, passa sa jeunesse assez tourmentée à Montréal, dans la Guyane et à Paris.On le voit servir dans l’armée de Garibaldi en 1859.C’est seulement après de nombreuses aventures en Europe qu’il rentra définitivement au Canada.Il aimait posé à l’esprit fort et passer pour vol-tairien dans ses articles de journaux; frondeur, souvent hostile au clergé et à l’Eglise, il se montrait fort audacieux dans ses articles, ce qui ne manqua pas de créer un scandale au pays.Dans la dernière partie de sa vie, Buies regretta amèrement ses écarts de jeunesse et ses audaces de glume.Plus tard, vers la quarantaine, Arthur luies subit l’heureuse influence de Mgr Labelle, l’apôtre infatigable de la colonisation dans le nord de la Province; Mgr Labelle réussit à intéresser Buies à son œuvre et à amener ce dernier à écrire des livres de géographie descriptive et humaine sur l’Outaouais supérieur, le Saguenay et le bassin du lac Saint-Jean, la Vallée de la Matapédia.Ces livres forment peut-être la partie la plus solide de son œuvre littéraire.Il a laissé aussi des articles de journaux et des chroniques, dont le style souple, moqueur, ironique et élégant ne manque point de fraîcheur.Arthur Buies est encore agréable à lire, surtout l’auteur de: Chroniques, Humeurs et Caprices, Voyages, Petites Chroniques pour 1877.NATURE DU MORCEAU Ce passage est une description pittoresque, animée et poétique des rives du Témiscamingue, en face de la Mission que les Oblats de Marie Immaculée y ont fondée en 1863.Le morceau est emprunté à YOutaouais Supérieur (1889).PLAN L’extrait est divisé en deux parties inégales.La première comprend les cinq premiers paragraphes jusqu’à: « à Vombre des arbres qui la couronnent ».La seconde est constituée par le sixième et dernier alinéa.On pourrait intituler la première: « le paysage vu en face de la Mission », la seconde, « le panorama que Von voit du haut de la colline voisine.» QUALITÉS DU TABLEAU Etant donné que ce morceau est une description du lac Témiscamingue, analysons les qualités du paysage qui est offert à nos yeux.Akthtjr Buies.A noter d’abord les lignes.Le lac forme comme une baie; il s’évase subitement, il revêt la forme ovale; son contour est parfait, son dessin est « harmonieux », on dirait une composition musicale, non, mais « une coupe creusée et arrondie ».L’auteur nous indique donc, dès le début, les grandes lignes du paysage: « s'évasant », « large baie d'un ovale.parfait », « d'un dessin harmonieux », « une coupe creusée et arrondie ».Il y a un je ne sais quoi d’artistique dans ce dessin: « avec une précaution minutieuse)); c’est « la main du temps » qui a fait cet ouvrage.Dans l’esprit de l’écrivain, le lac est beau comme une coupe d’art.Mais cela est l’œuvre des siècles, et non celle de l’homme, bien que le lac présente la forme d’un travail minutieux.C’est que la nature est patiente et laisse souvent des œuvres qui défient ou surpassent l’ingéniosité de l’homme.On dirait même, qu’une divinité règne sur le lac et ses environs.Le calme, le silence sont les traits distinctifs de ce paysage.« Un silence, un recueillement, qui semblent imposés par quelque divinité invisible, régnent sur toute la nature environnante.» Tout £fet recueili, silencieux, porte à la méditation et à la réflexion; on dirait qu’une divinité « invisible » impose ce calme à la nature, on dirait que c’est l’œuvre d’un dieu, comme la ((forme creusée et arrondie » du lac semble être l’œuvre d’un artiste.Endroit béni de la divinité qui semble y avoir élu son domicile ! Les bois sont « assoupis », tels des animaux.Le silence règne aussi « sur la croupe onduleuse des coteaux )); les coteaux forment des ondes, des plis arrondis, comme on parle des rives onduleuses d’un lac, ou de la partie renflée d’une colline, d’une montagne.Certaines parties du paysage sont donc accidentées.Quant aux eaux du lac, elles se balancent d’un mouvement régulier, presque rythmé voire intelligent et réfléchi, puisqu’il est « attentif et retenu )); il y a comme une connivence entre l’assoupissement des bois, le calme et le recueillement de la nature et le mouvement régulier, lent, contrôlé, maîtrisé du lac.Quant à la plage elle-même, elle est (( muette »; l’eau est paisible, le ciel est pur.La plage est « baignée par les flots d'azur qui s'appellent et se suivent les uns les autres comme des caresses, et par les flots d'or du soleil éclatant au milieu d'un ciel sans nuages ».Le lac n’est pas seulement humanisé, doué d’attention et de retenue, « attentif et retenu ».Il est aussi amical, c’est un ami, puisque les flots, loin de se battre et de se disputer, « s'appellent et se suivent les uns les autres comme des caresses ».Ces mots précisent la 612 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars pensée de l’auteur et montrent en quoi consiste « le balancement » du lac.Pour clore sa description du cadre et du lieu, Arthur Buies introduit, dans le quatrième paragraphe, un détail particulier, qui est en parfaite harmonie avec le silence général de ce paysage: il note le toit d’écorce, la cheminée fumante des cabanes des Indiens, qui émergent « de quelque ravine », comme si elles sortaient de l’eau; on ne les voit pas, les Indiens, on ne les entend pas parler non plus.Tout est pacifique dans ce décor, tout est silencieux, tout est recueilli.Le paysage est, pourrait-on dire, l’image par excellence du silence et du recueillement.Jusqu’ici Arthur Buies ne note aucun bruit dans ce coin privilégié de nature.Les quatre premiers alinéas ne renferment, en effet, aucune référence aux bruits perçus par l’oreille.Mais le site n’est pas inhabité.Après l’avoir décrit, l’auteur passe à la présentation des personnes qui y vivent.« De temps en temps, des enfants demi-nus courent sur le rivage, en jouant et s'ébattant ensemble.» Ce sont les fils des Indiens, qui habitent les cabanes au toit d’écorce.Nous sommes à la Mission des Pères Oblats sur les rives du lac Témiscamingue.Des squaws, enveloppées dans des couvertures de lit, et non dans des couvertes, comme le dit l’auteur, (car ce sont les militaires qui se servent de couvertes) se rendent à la Mission pendant que leurs enfants s’amusent sur le rivage.Un autre détail important dans le paysage: « Un canot débouche brusquement de la passe et vient s'attacher au petit chevalet en billots et en planches qui sert de quai.» Le lac, qui est d’abord resserré près de la Mission, s’évase tout à coup.Aussi le canot donne-t-il vraiment l’impression de déboucher, de sortir du goulot, de l’étranglement, de la passe.Imaginez le petit chevalet fait de billes, c’est-à-dire de longs tronçons d’arbres, de blocs de bois non travaillés; tel est le quai rudimentaire mais ingénieux que se construisent les Indiens.Puis, écrit Arthur Buies, « l'on voit quelqu'un des Pères se promener lentement dans le petit jardin attenant à la Mission, ou monter, recueilli, la colline voisine, pour aller réciter son bréviaire à l'ombre des grands arbres qui la couronnent.» Telles sont les personnes qui peuplent ce paysage: des enfants demi-nus, des squaws, des Indiens, des Pères.' Autant de détails qui contribuent à donner à ce morceau la couleur locale appropriée.Telle est la première partie du tableau.Les quatre premiers paragraphes décrivent le cadre et l’endroit; le cinquième présente les personnes qui y demeurent.Le sixième et le dernier — c’est la seconde partie — Arthur Buies nous décrit le lac en se plaçant d’un autre point de vue.Désireux de nous donner une vue d’ensemble de toute la contrée environnante, il monte sur la colline voisine et est rempli d’admiration à la vue du paysage qui se déroule à ses yeux.« Rien n'est plus beau, rien n'est plus charmant, plus parfait dans les détails et dans l'ensemble, que le panorama qui, du haut de cette colline, se déroule sous le regard enchanté.» Bien sûr, c’est le spectateur qui se déplace, et non le tableau qu’il a sous les yeux.On dirait une immense toile, une espèce de cyclorama, qui se déroule peu à peu sous les yeux ahuris du spectateur; il en voit les diverses parties comme autant d’instantanés que l’on voit, par exemple, entre les colonnes d’un temple grec ou à travers la portière et la fenêtre d’un wagon de chemin de fer.L’impression générale est faite de clarté et de lumière.« L'atmosphère est limpide, lumineuse.» Le regard du spectateur contemple, d’une part, le rivage, de l’autre, la baie.Ici, l’auteur déborde d’enthousiasme et d’admiration: (( On aperçoit, d'un côté, dans un lointain éclatant jusqu'à l'extrémité même du lac, tout le détail des rivages, des futaies, où l'ombre et la lumière se combattent, des pointes et des baies, qui se succèdent en diminuant graduellement, mais sans rien perdre de la netteté et de la grâce de leurs formes; et, de l'autre, la ravissante baie qui se développe comme une urne gigantesque en face de la Mission,' et dont Veau est si profonde, qu'à quelques pas seulement de la rive, on pourrait mouiller les navires réunis des plus grandes marines du monde.» Arthur Buies aperçoit dans un lointain qui resplendit de lumière et de netteté, des forêts remplies d’arbres de grande dimension, (( où l'ombre et la lumière se combattent; » la lumière a aussi sa place dans les futaies, bien que l’ombre y règne tout naturellement.L’atmosphère est tellement lumineuse que « l’ombre et la lumière se combattent », tels des êtres humains; elles sont ici personnifiées, elles se font la lutte pour savoir qui remporterait.Mais elles gardent leur dignité propre, « sans rien perdre de la netteté et de la grâce de leurs formes.» Quant à la baie qui est située en face de la Mission, elle est « ravissante »; elle « se développe comme une urne gigantesque ».Ainsi paraît-elle, vue de loin, Yis-à-vis de la Mission, c’était comme « une coupe creuse et arrondie ».Son eau « est si profonde, qu'à quelques pas seulement de la rive, on pourrait mouiller les navires réunis des plus grandes marines du monde ; » cette phrase, bien qu’elle ait été écrite en 1889, nous donne encore une idée de l’étendue du lac.C’est une magnifique hyperbole, qui termine bien le morceau.Cette description des rives du Témiscamingue, bien qu’elle se compose de deux parties d’inégale longueur, ne manque pas d’unité.Ce qui domine et ce qui l’unit, c’est le calme, le silence, le recueillement « harmonieux » et « ravissant » de cette beauté naturelle, qu’est le lac Témiscamingue.L’auteur n’a relevé ni le vol ni le cri des oiseaux, ni la nature des arbres, ni la qualité^ des plantes, ni le contour morphologique ou géologique de l’endroit.En somme, il s’agit ici d’une description littéraire, imagée, poétique, un peu vague et générale; elle pourrait s’appliquer, croyons-nous, à bien des lacs de la Province.STYLE Ce qui frappe tout d’abord dans le style de ce passage, c’est la longueur des phrases.On 1953 LEÇONS-TYPES 613 relève une phrase par alinéa, du moins dans les quatre premiers paragraphes; même le cinquième paragraphe forme une longue phrase, coupée de points et virgules.Quant au dernier alinéa, il contient trois phrases, la dernière étant une magistrale période de dix lignes.Le tour oratoire domine dans ce morceau.Les phrases ont beau être longues, elles ne sont pas compliquées, cependant, car elles renferment peu de subordonnées.Ce qu’on remarque aussi, c’est l’emploi du procédé de l’énumération.Arthur Buies procède par touches successsives dans son tableau, il ajoute un détail à un autre.Il arrive à cet effet en employant la conjonction « et » pour unir deux noms ou deux verbes.Ainsi, dans les exemples suivants: « d'un dessin si harmonieux — qu'on dirait une coupe creusée et arrondie )), (ü le balancement attentif et retenu du lac », « les flots d'azur qui s’appellent et se suivent », « son toit d’écorce et sa cheminée fumante », « en jouant et s’ébattant ensemble », « un canot débouche.et vient s’attacher », « l’ombre de la lumière », « des pointes et des baies », « de la netteté et de la grâce de leurs formes ».Notons, en passant, quelques termes impropres tels que: couvertes (pour couvertures de lit) et billots (pour billes).Puis, le début du cinquième paragraphe est lourd avec cette cascade de sons an ou en
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