L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1952, Avril
MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR'* \\ wï, \ % i | /1 / 111* SÉRIE I l II I I Volumo 11, Numéro 8 — QUÉBEC AVRIL 1952 ¦ DÉPARTEMENM'INSTRUCÏION PUBLIQll (IHe série) revue pédagogique du DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Paraissant chaque mois, excepté en juillet et en août.IMPORTANT RECLAMATION DE LA REVUE « L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE » A qui s’adresse au bureau de « L’Enseignement Primaire > pour des réclamations, on demande de tenir compte de ce qui suit : 1 — L’édition étant épuisée, il est inutile de faire de de- mandes pour les revues parues depuis septembre 1947.2 — Demander des informations au bureau de poste s’il y a retard dans la réception de la revue avant d’écrire à notre bureau, qui maintenant porte l’adresse suivante i Département de l’Instruction publique, Edifice Jeanne Hardy, 369-A, RUE ST-JEAN - - - QUEBEC Téi.: 4-8411 — locaux : 896-3204 UEnteignement Primaire est imprimé par L’Action Sociale, Limitée Place Jean-Talon, Québec.Autorisée comme envoi postal de la deuxième classe : Ministère des Postes.Ottawa. Vol XI N ° 8, avril 1952, QUÉBEC.SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Dans l'ambiance du centenaire de la loi de l'Inspection, Cécile Rouleau, p.748 — Autour du Centenaire, Michel Savard, i.g., p.749 — Un siècle au service de l'éducation, Gérard Filteau, Lé., p.750 — L'Inspecteur et les Commissaires d'écoles, E.Litalien, i.r., p.755 — Les inspecteurs d'écoles et le programme d'études, Lionel Allard, Lé., p.759 — S'il n'y avait pas d'inspecteurs d'écoles, J.-B.Gagnon, Lé., p.761 — Pour une meilleure connaissance de notre système scolaire, p.764.LEÇONS-TYPES Religion : 3e, 4e et 5e années, p.766 ; 6e, 7e, 8e et 9e années, p.769 ; 10e, 11e et 12e années, p.772.Langue française : lre année, p.774 ; 2e année, p.775 ; 3e année, p.776 ; 4e et 56 années, p.778 ; 6e et 7e années, p.781 ; 8e et 9e années, p.788 ; 10e, 11e et 12e années, p.795.Mathématiques : 3e année, p.801 ; 4e année, p.802 ; 5e année, p.803 ; 6e et 7e années, p.804 ; 8e et 9e années, p.805 ; 10e année, p.806 ; 11e année, p.808 ; 12e année, p.810.Histoire et Géographie : lre, 2e et 3e années, p.811 ; 4e et 5e années, p.812 ; 6e et 7e années, p.812 ; 8e et 9e années, p.813.Sketch sur l'Inspectorat : Au bon vieux temps, Une visite de Monsieur l'Inspecteur à 1 école No 1 de Saint-Jules des Plaines, Jacques Morency, p.816.ENGLISH SECTION One Hundred Years of Service, by A.Edson Wescott, Lé., p.833.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES L'Instruction publique de 1635 à 1800 de Louis-Philippe Audet, par Jean-Charles Bonenfant, pp.3 et 4 de la couverture. 748 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Éditorial Dans l'ambiance du centenaire de la loi de l'inspection pur Cécile Rouleau, directrice.Après Les éditions spéciales consacrées à Marguerite Bourgeoys, à t’Assomption de la Vierge Marie, à Pie X et tout dernièrement au IIP Congrès de la Langue Française, il n'était que juste que « L'Enseignement primaire )) présentât à ses lecteurs un numéro spécial à Voccasion du centenaire de la loi de U Inspection des Écoles.Si nous avons pu mettre à exécution ce projet, nous le devons au dévouement inlassable des Inspecteurs d'écoles mentionnés et de nos collaborateurs que nous remercions sous le couvert de Vanonymat.Ce numéro ne présente pas une histoire complète du Système scolaire de la province de Québec, mais une brève synthèse, car nous savons qu'un seul volume ne suffirait d’ailleurs pas, pour un récit intégral.Comme dans toutes les publications d'ordre éducatif, nous avons recherché avant tout l’intérêt psychologique du sujet traité.Les noms de nombreuses personnalités dans le domaine du Système scolaire sont passés sous silence, nous le savons, mais nous avons jugé préférable d’intéresser nos lecteurs par une petite galerie de figures marquantes.\ ous apprécierez, sans doute, le fait que nous avons demandé la collaboration d'un inspecteur de langue anglaise.On voudra bien voir dans cette alternance du français et de l'anglais, un symbole de l'esprit d'amitié entre les deux races, esprit auquel la présente édition voudrait rendre hommage.Les leçons-types vous intéresseront, sans aucun doute, par leur diversité et la maîtrise que nos collaborateurs ont mise à traiter leur sujet.Dans certains cas, notamment en mathématiques, il a fallu réaliser presque des tours de force gigantesques, pour traiter d'une façon intéressante un thème si aride par lui-même.Bref, en élaborant ce numéro, nous n'avons pas voulu seulement remplir un devoir de reconnaissance envers nos Inspecteurs d'écoles, mais nous avons voulu en quelque sorte magnifier le système scolaire le plus beau du monde, selon la parole mémorable de Sa Sainteté le Pape Pie XII.Cécile Rouleau, directrice. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 749 Autour du centenaire par Michel Savard, i.g.L'année scolaire 1950-51 était toute désignée pour une fructueuse campagne d'information sur le Système Scolaire de la province de Québec.En effet, cette année marque le centenaire du service de l’inspection des écoles primaires et la célébration de cet événement, à l’occasion du congrès annuel des inspecteurs d’écoles en juillet dernier, inaugurait le programme général d’instruction et d’information populaire sur le Système Scolaire de la province de Québec.Les inspecteurs d’écoles se sont fait un devoir de répondre au désir de monsieur le Surintendant, en invitant toute la population de la Province, élèves de nos écoles primaires élémentaires et supérieures, personnel enseignant, autorités scolaires et parents, à étudier la philosophie de notre système d’éducation et à rechercher dans l’histoire, les constantes historiques qui ont assuré à ce système une permanence, une stabilité et un rythme de progrès que tous admirent.L’intérêt suscité par les manifestations publiques qui se sont déroulées dans divers milieux, témoigne éloquemment du dévouement, du savoir-faire et de la compétence du personnel enseignant, des autorités scolaires et des inspecteurs d’écoles.C’est avec plaisir, que nous remercions tous ceux qui ont si généreusement répondu au désir du Surintendant défaire mieux connaître et partant mieux aimer et apprécier notre système d’écoles con-fessio nnelles.Quiconque se rappelle les difficultés rencontrées, pour la mise en application de la loi de 1846, reconnaîtra volontiers le mérite des inspecteurs d’écoles et le rôle qu’ils ont joué au sujet de la cotisation obligatoire.Chargés d’aller porter dans tous les coins de la Province cette règlementation de bien commun, qu’exige tout système général d’éducation, les inspecteurs d’écoles, dans cette première moitié du siècle écoulé, ont fait œuvre de pionniers.Ils ont ainsi acquis des droits à la gratitude de ceux qui jouissent aujourd’hui d’un système qui a toujours su reconnaître les droits des parents, de l’Eglise et de l’Etat.Les cadres de cet article m’interdisent, de rendre hommage, comme il convient, à tous ceux qui le mériteraient.Permettez-moi cependant de signaler à votre attention le nom et l’œuvre des trois inspecteurs généraux dont l’action a marqué de succès et couronné de gloire notre premier siècle d’inspection.Monsieur C.-J.Magnan, premier inspecteur général, dont l’œuvre a été caractérisée par le souci d’une organisation administrative dynamique et progressive, a su donner un élan nouveau et continu au progrès de l’école.Son nom est intimement lié à tous les développements qu’a connus le Département.Grand éducateur, courageux novateur, il a applaudi à tous les efforts d’adaptation du système.Monsieur C.-J.Miller, son successeur, a tout fait pour assurer dans toute la province la généralisation des meilleurs procédés et des meilleures méthodes de contrôle et de sanction des études, par des diplômes et des certificats officiels.Les progrès réalisés dans ce domaine, demeurent un éloquent témoignage en faveur de son œuvre.Le service des Examens Officiels est une douce consolation pour celui qui en a été l’instigateur et l’animateur.Enfin, Monsieur Orner-Jules Desaulniers, actuellement surintendant de l’Instruction publique, succédait à monsieur Miller en 1945, couronnait notre premier siècle par une ère de progrès marqués, et dans l’organisation matérielle du service, et dans l application systématique du programme d’études, dont venait d’être dotées les écoles primaires élémentaires.Surintendant, il demeure plus encore intéressé au service d’inspection des écoles, qu’il considère comme un rouage indispensable à la bonne administration de l’important système scolaire dont il est le chef.Nous avons hérité de la lourde responsabilité de diriger ce service; l’exemple de ces devanciers reste toujours pour nous un modèle, un guide et un stimulant.Les besoins nouveaux se multiplient cependant à un rythme accéléré et, de toutes parts, on réclame une adaptation aux circonstances et au temps.Les problèmes augmentent dans la même mesure et nous voulons nous appliquer à y trouver une solution; la tâche est lourde mais on se permet d’esperer que l’œuvre sera grande et fructueuse, quand on peut compter sur la compétence, le dévouement, la compréhension et l’habileté des inspecteurs d’écoles actuellement en fonctions.MICHEL SAVARD, Inspecteur Général des Ecoles primaires catholiques. 750 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Un siècle au service de l'éducation L’INSPECTION DES ÉCOLES DANS LA 1852-1952 PROVINCE DE QUÉBEC par Gérard Filteau, i.e.L'inspection avant 1851 LE service de l’inspection des écoles retrace son acte officiel de naissance dans la loi de 1851, 14 et 15, Victoria, ch.97.Cependant, ce ne fut pas là la toute première législation du genre en notre province.Déjà, sous le régime français, l’évêque et ses grands-vicaires avaient assumé le rôle de visiteurs des écoles.Nos premières législations scolaires, celle de 1801 tout comme celle de 1824, avaient reconnu la nécessité d’un contrôle des établissements scolaires en désignant des visiteurs ex-oflicio.La loi de 1829, la première réellement féconde en résultats, avait d’abord laissé à la commission locale de syndics la tâche de diriger et de contrôler les écoles.Mais la multiplication étonnante des écoles avait immédiatement créé des problèmes d’ordre général en même temps que des abus surgis de partout démontraient la nécessité d’une surveillance et d’un contrôle d’un degré plus élevé, La loi de 1831 voulut y pourvoir en organisant un service d’inspection chargé de la surveillance pédagogique et financière des écoles.Le manque de ressources avait cependant empêché la constitution d’un organisme spécial.La tâche fut dévolue aux députés des divers comtés et aux conseillers législatifs.Ces derniers, toutefois, en vertu d’une restriction légale, se trouvèrent écartés en pratique, et l’inspection des écoles incomba aux députés.En dépit des critiques dont ils furent l’objet, des accusations de partisannerie ou même d’abus réels, ces députés-inspecteurs accomplirent de la bonne besogne en encourageant le personnel enseignant, en le sou- tenant, en émondant même ses rangs des sujets indésirables, et surtout en se faisant les ardents propagandistes de l’éducation auprès des foules.Quelques-uns de ces députés-inspecteurs devaient même se faire un certain nom dans le monde pédagogique d’alors, tels Jacques Labrie, J.-B.Meilleur, U.-J.Girouard, Isaïe Noël, A.-N.Morin et quelques autres aussi que l’on retrouve dans le premier groupe d’inspecteurs nommés en 1852.L'établisse ment de l'inspectorat On sait quel fut le sort du système scolaire organisé en notre Province à partir de 1829 et comment il s’effondra en 1836 au milieu des luttes politiques qui devaient aboutir à la prise d’armes de l’année suivante.La loi scolaire de 1841, calquée sur une loi scolaire américaine, confiait la surveillance des écoles à des visiteurs désignés par les commissions d’arrondissement et à la haute surveillance d’un surintendant pour toute la province.L’impopularité de la loi de 1841 incitait souvent les commissions locales à négliger de nommer des visiteurs et le surintendant, en dépit de sa bonne volonté, était un fonctionnaire trop lointain et trop débordé de besogne administrative pour exercer une surveillance même intermittente.La grande charte scolaire de 1845-1846 tenta d’améliorer le service de visite et de contrôle des écoles en nommant d’office des visiteurs choisis dans ce que l’on considérait comme formant les meilleurs élé- 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 751 ments de la population: membres de la Législature, membres du clergé, maires, officiers de milice, 'professionnels.Seuls de tous ces visiteurs, les curés répondirent à l’attente fondée sur eux.Devant l’hostilité publique, la plupart des autres n’osèrent bouger.En effet, la loi de 1846 avait été encore plus impopulaire à son origine que celle de 1841.L’imposition de la taxe contributoire avait soulevé une vive opposition dont certains politiciens en quête de popularité démagogique avaient immédiatement profité pour avancer leurs intérêts personnels.Le surintendant.Le Dr Meilleur, et les commissions scolaires se virent bientôt aux prises avec une bande d’agitateurs qui ne reculaient devant aucune violence pour paralyser l’application de la loi.Intimidation, sévices, charivaris, incendies d’écoles et de propriétés de commissaires et de visiteurs étaient leurs moyens d’action préférés.L’histoire a fustigé ces agitateurs en leur décernant le surnom d’éteignons et à leurs luttes celui de Guerre des Éteignons.Peu nombreux en somme, mais extrêmement violents et remuants, les Eteignoirs en étaient arrivés à paralyser toute vie scolaire en certaines sections de la province.Débordé de toutes parts, le Dr.Meilleur demanda au gouvernement de tenter un effort suprême pour mettre en vigueur la loi de 1846 demeurée inopérante.Dans un rapport resté inédit et daté du 25 mars 1851, il réclame, entre autres mesures nécessaires pour promouvoir la cause de l’éducation, la nomination de surintendants locaux ou inspecteurs d’écoles.Ces inspecteurs devaient agir, dans les divers districts judiciaires, comme vice-surintendants et comme tels, renseigner la population sur le fonctionnement des lois scolaires et l’amener à accepter de bonne grâce les sacrifices qu’elles lui imposaient.Menacé d’une faillite complète des lois scolaires, le Ministère se rendit sans retard aux recommandations du surintendant.Le secrétaire d’état, A.-N.Morin, prépara immédiatement un projet de loi qu’il présenta d’urgence dans les derniers jours de la session.Ce fut la loi du 30 août 1851 inscrite dans les statuts sous le titre de Acte et 15, Victoria, chapitre 97, la seule loi importante qui régit l’inspectorat dans notre province, bien que les règlements du Comité catholique et du Comité protestant en aient subséquemment modifié les modalités d’application.Les premiers inspecteurs Les premières nominations d’inspecteurs, retardées de quelques mois par la démission du ministère Lafontaine-Baldwin et les élections qui suivirent, eurent lieu le 2 mars 1852.Ce premier groupe se composait de 23 membres dont 19 catholiques et 4 protestants.Sauf dans les villes de Montréal et de Québec, l’inspection n’était pas organisée sur des bases confessionnelles, bien que le surintendant se fût efforcé de grouper dans un même district les localités d’un même caractère religieux.Ces nouveaux fonctionnaires étaient des hommes cultivés et distingués.Dans leur région respective, ils jouissaient de l’estime et de la considération générale.Plusieurs étaient d’anciens députés à la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada et comme tels avaient déjà exercé les fonctions d’inspecteurs sous le précédent régime.D’autres étaient d’anciens chefs patriotes d’avant 1838.On trouvaient parmi eux huit notaires, cinq médecins, cinq instituteurs, deux avocats, un arpenteur, un marchand, un rentier.Comme on prévoyait alors que l’inspectorat ne serait qu’un organisme temporaire, on n’avait pas cherché à former un corps de techniciens.On concevait alors le rôle de l’inspecteur, suivant une expression pittoresque que l’on trouve dans un écrit de l’époque, comme celui d’un cabaleur (dans le sens canadien du mot), non pas d'élections certes! mais de Vinstruction publique.Le choix des premiers inspecteurs fut donc basé davantage sur leur prestige personnel que sur leurs connaissances techniques des choses de l’enseignement.Sous la direction éclairée du surintendant, les inspecteurs s’attaquèrent à leur tâche de visiter les écoles, de rencontrer les commissaires, les curés et la population en général.Ce n’était pas une chose facile alors de parcourir des distances considérables, avec des moyens de locomotion si rudimentaires que le plus commode était souvent d’aller à pied, à travers bois, dans des chemins défoncés ou sur les cailloux qui bordent les rives de notre grand fleuve et de 752 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril nos rivières.Pour gîtes, les fermes de nos campagnes, parfois la simple cabane d’un pêcheur ou d’un colon.D'aucuns durent même dormir à la belle étoile, n’ayant pour seul toit que le feuillage d’un arbre géant.Us logeaient plus souvent, il est vrai, dans les presbytères où ils trouvaient réconfort, coopération et asile contre les hostilités des Eteignoirs.Malgré toutes les difficultés, les premiers inspecteurs réussirent dans leur tâche à un point tel que les plus enthousiastes ne l’eussent jamais espéré.Dès le printemps de 1853, dans un rapport au secrétaire d’état, le surintendant pouvait rendre à ses inspecteurs un témoignage de satisfaction non équivoque.Dans l’ensemble de la province, ils avaient réussi à mettre de l’ordre dans les finances scolaires, à faire s’effondrer en bien des endroits l’opposition des Eteignoirs, à provoquer en une seule année la fondation de plus de quatre cents nouvelles écoles.En 1855.le Surintendant affirmait que l’on ne comptait plus que sept localités réfractaires à la loi et qui le demeuraient moins par mutinerie que par isolement et pauvreté.Et les progrès allaient s’accentuer à tel point qu’une statistique nous révèle que dès 1863 la province de Québec était déjà parmi les provinces canadiennes celle qui dépensait le plus pour l’éducation, comparativement à sa population, qu’elle n’était même dépassée sur ce point que par un seul des pays d’Europe, le Danemark.Une fois la loi scolaire de 1846 acceptée par la presque totalité de la population, les inspecteurs d’écoles purent se consacrer davantage à la direction pédagogique des écoles.L’aspect principal de leur tâche s’en trouva immédiatement transformé.De simples propagandistes de l’éducation, ils devenaient un corps à caractère professionnel plus marqué requérant une somme de connaissances techniques plus considérable.Aussi la pratique s’établit-elle bientôt de recruter les inspecteurs chez les éducateurs de carrière.Sur 29 nominations faites de 1855 à 1875, 23 échurent à des instituteurs et deux à des ministres du culte.L’action des inspecteurs s’orienta immédiatement vers une fécondité étonnante.Dès 1852, les inspecteurs avaient commencé à signaler aux autorités les réformes et améliorations nécessaires ou souhaitables qui ont été depuis graduellement incorporées dans notre législation ou nos règlements scolaires.Avec une acuité de vision surprenante ils avaient dès le début signalé et réclamé des mesures aussi x-écentes par exemple que l’institution du certificat d’études, des cours de perfectionnement pour le personnel enseignant, l’instruction obligatoire, la gratuité des manuels, l’allégement des programmes, l’établissement de salaires minima pour les instituteurs, la fondation d’associations professionnelles, la centralisation des écoles dans certains cas, etc.Luttes pour l’abolition de l’inspectorat 'Né d’un besoin particulier et passager, dans l’esprit du premier surintendant et des législateurs de 1851, décidé par une loi d’urgence, le service de l’inspection des écoles avait été accepté comme une institution à caractère temporaire.Le Surintendant Meilleur estimait que l’inspection des écoles devait relever des municipalités.Même en face des excellents résultats obtenus, il n’en prônait le maintien que jusqu’à ce que le système de municipalités rurales eût atteint un état d’efficacité convenable.Pexx à peu.cependant il en était venu à considérer le service comme nécessaire et même comme indispensable.Le surintendant Chauveau qui succéda au Dr Meilleur en 1855 avait, lui, des idées beaucoup plus arrêtées.Homme de politique jusque là, il montrait beaucoup plus de tendances à étendre et à affermir le contrôle sur les écoles au moyen d’organismes officiels.Comme toute institution de contrôle qui bouscule les routines, stimule les paresses, met le doigt sur les plaies, restreint les libertés abusives, l’inspection des écoles avait ses ennemis qui ne se gênaient pas pour en réclamer l’abolition.Tout en admettant des déficiences, le surintendant Chauveau entreprit immédiatement de défendre le service attaqué en proclamant son intention bien arrêtée de le maintenir et de le développer.Le ministère se rendant peu à peu à ses instances accepta bientôt de créer de nouveaux districts.Chauveau en profita pour introduire le principe de la confessionnalité dans l’inspection en confiant les écoles d’un même district à deux inspecteurs, l’un de religion protestante. I w 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 753 rit igi- iett iiti ioi Isa.;¦ fil l’autre de religion catholique, n’ayant juridiction chacun que sur les écoles de leur confession religieuse.Inaugurée dans la vallée de l’Outaouais, en 1861, cette pratique fut étendue aux Cantons de l’Est en 1865, puis en 1872 au reste de la province.Cette première victoire n’allait cependant pas mettre fin aux luttes qui allaient se prolonger sous une forme ou l’autre pendant plus d’un quart de siècle.Dans un temps où les élections se faisaient et souvent se gagnaient à coup de surenchères, prônant les économies les plus minimes, le parti au pouvoir et encore plus l’opposition ne pouvaient manquer de s’aviser de supprimer purement et simplement un service dont on discutait la nécessité.En 1862, le ministère MacDonald-Sicotte avait étudié cette possibilité.En de volumineux mémoires, le surintendant Chauveau s’était employé, à démontrer de nouveau son utilité et par une étude comparative des systèmes d’inspection des autres provinces, ou des autres pays, avait établi que le système du Québec, était le seul approprié aux conditions locales.Devenu premier ministre de la province en 1867, Chauveau, en dépit des critiques acerbes de l’opposition, s’appliqua à augmenter l’efficacité de l’inspection des écoles en multipliant les districts, en accentuant le caractère confessionnel de l’inspection.Le ministre de Boucherville qui lui succéda voulut encore accroître la stabilité et l’efficacité du service en le soustrayant aux contingences de la politique pour le placer sous la dépendance des comités du Conseil de l’Instruction publique réorganisés en 1875.Le service de l’inspection allait cependant connaître la crise de son existence en 1878 et en 1879.Les élections qui avaient suivi le « couj) d'état » de 1878 s’étaient faites sur un seul article: économies, que l’on prétendait réaliser en supprimant tous les services possibles tels que la police provinciale, les magistrats de districts et particulièrement le coûteux service de l’inspection des écoles et les écoles normales.Le ministère Joly n’eut cependant pas le temps de mettre ses projets à exécution et dut céder la place au vieux parti de Chauveau et de Boucherville qui fit tout rentrer dans l’ordre.Jusqu’en 1899 le service d’inspec- tion fut entièrement dirigé par les comités du Conseil de l’Instruction publique.Cette année là cependant, le ministère reprit le privilège de nomination des inspecteurs, tout en acceptant de les choisir dans une liste de candidats éligibles, fournie par les Comités.La tentative d’abolition de 1878-1879 marque la fin des luttes sur le terrain politique.L’opposition ne désarma pas pour si peu et entreprit une nouvelle campagne, en s’attaquant cette fois, au prestige des inspecteurs.Des esprits étroits affectèrent alors, de considérer le Département de l’Instruction publique comme une officine de la Franc-Maçonnerie, aux ordres de Jules Ferry et consorts et les inspecteurs comme les fourriers des principes maçonni-ques.Cette nouvelle tactique fit long feu, parvint à gagner quelques partisans, mais finit par s’effondrer comme elle le méritait en l’absence de tout motif véritable.Développe ment de 1875 à 1930.Aussitôt après la réforme du Conseil de l’Instruction publique, en 1875, les Comités avaient entrepris la réforme de l’inspection.Divisions de districts, directives nouvelles, amélioration des salaires constituèrent des réformes immédiates.Mais la plus importante des réformes fut le caractère strictement professionnel imposé à l’emploi à partir de 1877.Dorénavant, l’inspectorat ne devait se recruter, que parmi les éducateurs de carrières, qui auraient fait preuve de compétences appropriées, devant un bureau d’examinateurs spécialement constitué à cette fin.Depuis lors, l’inspection n’a fait que se développer en réclamant de ses membres une plus grande compétence et, à partir de 1914, en réclamant d’eux qu’ils s’adonnassent entièrement et exclusivement à la pratique de leur profession.Au milieu des luttes des premiers temps, les cadres de la profession ne s’étaient développés que lentement.23 inspecteurs en 1852, 32 en 1875.En 1877, leur nombre était de 37, en 1892, il s’élevait à 42, pour atteindre 50 en 1909, soit 39 catholiques et 11 protestants.Ces développements posaient depuis longtemps un problème, celui de l’établissement d’une direction supérieure de l’inspection Dès 1863, 7M L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Chauveau en avait amorcé l’idée.En 1873, le troisième surintendant Gédéon Ouimet, recommanda officiellement la nomination d’inspecteurs généraux.Le projet fut vivement battu en brèche par un certain groupe qui prétendait voir là une initiative de caractère maçonnique: tant et si bien, qu’il fallut attendre à 1910 pour que le projet se réalisât.Un inspecteur général catholique et un inspecteur général protestant furent alors nommés.Ce fut M.C.-J.Magnan qui accéda alors à la direction générale des écoles catholiques, tout en cumulant la fonction de visiteur des écoles normales jusqu’en 1929, année de la grande réorganisation de l’inspection.Le nombre de districts s’élevait alors à 65, dont 54 catholiques.La réorganisation de 1930.Depuis quelques années, des cidtiques s’élevaient contre le système d’inspection des écoles.L’abbé Lapalme, dans son « Pèlerinage à VEcole du Rang )) avait particulièrement signalé certaines déficiences, en particulier la trop grande étendue des districts et la surcharge imposée aux inspecteurs pour leur permettre d’accomplir un travail vraiment efficace.Son livre, qui eut alors un certain retentissement et jusque devant l’Assemblée Législative, contribua certainement pour une bonne part à cette réorganisation.La fonction d’inspecteur général des écoles primaires fut alors séparée de celle de visiteur des écoles normales que conserva M.Magnan.M.C.-J.Miller, l’actuel chef du service des examens officiels devint, en 1929, inspecteur général et s’employa à préparer les projets de réorganisation qui entrèrent en vigueur en 1930.• On créa alors quinze nouveaux districts d’inspection.Les inspecteurs étaient en même temps répartis en trois classes distinctes; inspecteurs urbains, inspecteurs régionaux, inspecteurs ruraux.Les cités de Montréal et de Québec formèrent sept districts confiés à autant d’inspecteurs urbains.Le reste de la province comportait 62 districts ruraux groupés en huit régions à la tête desquelles on trouvait des inspecteurs régionaux chargés de diriger le travail de sept ou huit inspecteurs ruraux.C’est le système encore en usage, bien que le nombre de régions ait été réduit à six et que bon nombre de cités et villes de la province aient depuis été érigées en districts urbains.En 1945, M.C.-J.Miller se voyait confier le poste de directeur du service des examens officiels et M.O.-J.Dêsaulniers le remplaçait comme inspecteur, général.A la nomination de M.Dêsaulniers au poste de Surintendant, M.Michel Savard, fut appelé au poste d’inspecteur général.On lui a depuis donné deux adjoints en MM.J.-W.Caron et Donat Lapointe.Le service de l’inspection de la province de Québec comporte maintenant pour les écoles catholiques, en plus des trois inspecteurs généraux, 25 inspecteurs urbains, 6 inspecteurs régionaux et 87 inspecteurs ruraux, au total 121 inspecteurs.L’inspectorat protestant, en plus d’un inspecteur général, se compose de 13 inspecteurs de district, 3 urbains pour Montréal, 2 inspecteurs des écoles supérieures hors de Montréal, et 8 inspecteurs ruraux.Le bilan d’un siècle.Telles sont en résumé les principales étapes de l’inspection des écoles dans notre province.Dans le premier congrès des inspecteurs tenu en 1873, l’honorable Ouimet proclamait: (( Votre mission est une des plus importantes et des plus belles.Dans ce corps choisi pour diriger Véducation, pour veiller à la conservation des saines traditions de la morale et de la science, vous êtes appelés à remplir un rôle d’une activité constante, un rôle qu’il serait difficile, pour ne pas dire impossible de supprimer.C’est par vos yeux que le ministre voit; vous êtes ses premiers lieutenants; il doit se reposer sur vous, se fier à vos lumières.Je suis heureux de compter sur votre aide intelligente, je m’honore de vous avoir pour collaborateurs.)) Yeux et oreilles, bras aussi du surintendant et des comités, les inspecteurs l’ont été depuis cent ans.L’histoire de ce service, lorsqu’elle aura été écrite au complet dira toute l’influence qu’ils ont exercée sur les développements et les progrès de l’éducation en notre province.Laissant à d’autres, d’apprécier leurs services, contentons-nous de citer ces paroles de VHonorable Orner Côté, prononcées à Chicoutimi lors du congrès du centenaire, le 18 juillet 1951: (( Hommage (suite à la page 758) CENTENAIRE DE L’INSPECTION 755 1952 L'Inspecteur et les Commissaires d'Ecoles RELATIONS QUI EXISTENT ENTRE CES OFFICIERS par E.Litalien, LLD., i.r.r E Système d’éducation de la province de lj Québec est, sans contredit, l’un des plus beaux qui soient.Ses principales caractéristiques se trouvent dans sa dualité, le traitement d’équité et de liberté qu’il garantit aux minorités et sa complète indépendance de tout parti politique.Aussi, lorsqu’on 1949, M.Omer-Jules Desaulniers, Surintendant de l’Instruction publique en fit l’exposé au Saint Père, ce dernier en fut émerveillé et manifesta le désir qu’on le fit connaître tant au pays qu’à l’étranger.Tâche agréable, n’est-ce pas, pour nous.Canadiens français que de proclamer avec fierté une organisation scolaire qui a été louée par la plus haute autorité qui soit sur terre.Au cours des journées pédagogiques de l’automne dernier les inspecteurs ont, dans leur district respectif, donné sur le sujet une intéressante causerie, Dans la suite, à leur tour les instituteurs et les institutrices en ont inspiré leurs élèves.Les cadres restreints de cet article ne me permettent pas de faire ici l’historique de notre système scolaire et, sans m’arrêter aux différentes lois qui ont marqué l’évolution de l’instruction chez nous, je passerai à celle de 1846, loi fondamentale de l’organisation actuelle et qui couronne une période de plus de trois quarts de siècles de luttes politiques, de querelles de race.C’est, en effet, cette année-là que l’organisation scolaire à base paroissiale fut instituée et que l’on vit les premiers commissaires d’écoles élus par les propriétaires de biens-fonds de chaque municipalité.Six ans plus tard, soit en 1852, les premiers inspecteurs, au nombre de vingt-quatre, furent nommés.Ces deux corps représentatifs, celui des commissaires, mandataires des parents et celui des inspecteurs, délégués du Département de l’Instruction publique sont parties intégrantes du rouage administratif de notre système éducationnel.Chacune de ces puissances légitimes, dans l’exercice de ses fonctions officielles, ne saurait se passer de la collaboration de l’autre.L’action de l’inspecteur sera sans effet si elle ne rencontre pas l’assentiment des commissaires et ces derniers, de leur côté, auront souvent l’occasion de faire appel aux directives éclairées de leur aviseur pédagogique.Mandataires des parents, les commissaires d’écoles ont le devoir de collaborer avec ces derniers à l’éducation tant religieuse et morale que physique et civile des enfants.Or, cette éducation commencée à la maison par les pères et les mères, éducateurs-nés, elle doit se continuer à l’école laquelle devient ainsi le prolongement de la famille.Aussi de tous les devoirs des commissaires, celui qui comporte le plus de responsabilités est sans contredit le choix des maîtres.(( Tant vaut le maître tant vaut Vécole », dit un axiome dont la vérité ne saurait être mise en doute.Le rôle administratif des commissions scolaires implique entre diverses obligations, celle de construire, de meubler les écoles de manière à assurer aux élèves et aux maîtres les meilleurs conditions de travail possibles et de faire, au moins une fois tous les six mois la visite des classes.De leur côté, les inspecteurs sont, dans leur district respectif, les représentants du Département de l’Instruction publique, les directeurs pédagogiques du personnel en- 756 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril seignant, les aviseurs des commissions scolaires quant à la bonne observance des mesures édictées par l’autorité supérieure.Agents de liaison entre les commissaires et le Surintendant, ils doivent renseigner ce dernier sur la manière dont ses instructions sont suivies.L’hon.Cyrille Delâge, ex-Surintendant disait, en parlant des inspecteurs, qu’« ils étaient les yeux et les oreilles de son Département.» Les deux examens réglementaires que fait annuellement l’inspecteur à chaque classe, ses visites spéciales, là où le manque d’expérience du titulaire ou des méthodes défectueuses font échec aux progrès, lui permettent de se renseigner sur la valeur pédagogique de son personnel enseignant.En même temps, l’occasion lui a été fournie de constater, le cas échéant, les lacunes quant à l’état des maisons et du matériel scolaire de chaque municipalité.Si maintenant, son autorité ne va pas jusqu’à lui permettre le recours aux mesures coercitives pour obtenir les améliorations qu’il juge opportunes, il a toutefois le devoir de les demander à ceux qui sont revêtus des pouvoirs nécessaires à cette fin, j’ai nommé les commissaires.De là la nécessité de rencontrer ces officiers sans le concours desquels je le répète, son action restera inopérante.Il y a bien, il est vrai, le rapport écrit adressé à la suite de ses visites et dans lequel sont indiquée avec les moyens d’y remédier, les lacunes qui existent, mais le plus souvent ce document seul, semble impuissant à donner les résultats attendus.De plus en plus nombreux sont les commissaires qui, répondant à son invitation, assistent aux examens officiels.Leur présence à cette occasion est un témoignage tangible de l’intérêt qu’ils portent aux choses de l’éducation et d’une juste conception de leur rôle de mandataire des parents.Ce sont eux qui, à l’occasion, sauront appuyer de leur influence les recommandations de l’inspecteur et en assurer la réalisation.Ce dernier d’ailleurs sait bien que les municipalités les mieux notées de son district sont le plus souvent celles qui sont représentées à ses visites aux écoles.L’exemple est donné, souhaitons qu’il soit suivi partout et que, dorénavant le représentant officiel du Surintendant soit accompagné, à cette occasion, d’au moins un commissaire.Tout en accomplissant ce devoir de civilité, les commissions scolaires pourront considérer comme satisfaite l’obligation qu’elles ont de visiter elles-mêmes leurs écoles.L’inspecteur considère comme l’un des plus importants devoirs de sa charge, celui de réunir, à la fin de ses visites et dans chaque municipalité les commissaires d’écoles.C’est au cours de cette réunion que la valeur pédagogique du personnel enseignant sera appréciée, que seront étudiés, acceptés ou rejetés les plans d’améliorations présentés dans le domaine pédagogique ou matériel.Ces rencontres entre officiers, liés par devoir au progrès de l’éducation, s’avéreront efficaces si, d’une part, elles ont été soigneusement préparées et que d’autre part chacun est suffisamment éclairé sur son rôle, sa nécessité et les moyens de l’accomplir.En remuant les souvenirs de ses débuts dans la carrière l’inspecteur se rappellera peut-être des déceptions que lui ont values ses premiers contacts avec les commissaires.Sans expérience, sans préparation peut-être, il avait cru devoir menacer ces derniers de mesures coercitives, oubliant que ce sont eux les grands maîtres, justement jaloux de leurs prérogatives et qu’il avait mécontentés en posant quelque peu en dictateur.Comme résultat, aucune des trop nombreuses améliorations demandées à la fois n’avait été réalisée.Tout autre est aujourd’hui, la technique de ces réunions.Au jour et à l’heure déterminés, les commissaires, groupés au lieu du rendez-vous attendent tout en causant l’arrivée de leur inspecteur.Toujours ponctuel, ce dernier, à l’heure dite fait son entrée.Le sourire aux lèvres, il serre la main de chacun, souhaite bienvenue et succès aux nouveaux élus, se dit heureux de cette réunion dont il pressent de bons résultats.Déjà, tous se voient à l’aise et, à mesure qu’il parle, sentent que l’inspecteur n’est pas un maître qui vient leur dicter ses volontés, empiéter sur leurs attributions, mais un ami, un collaborateur, un sage aviseur dont le désir est d’aider, à assurer aux écoles le meilleur rendement possible.A preuve, il leur demande en premier lieu s’ils ont des problèmes qui les préoccupent et à la solution desquels il serait heureux de colla- 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 757 borer avec eux.A remarquer que ces problèmes, il les connaît déjà mais, en bon psychologue il laissera les commissaires les signaler, autant dire prendre l’initiative de la solution.Fiers, à juste titre d’ailleurs de leur autorité, ils déploieront d’autant plus d’ardeur à la réalisation d’un plan qu’ils en auront été, ou du moins croiront en avoir été les promoteurs.L’un après l’autre les projets d’ordre matériel ont été discutés.Us peuvent être nombreux au point de ne pouvoir tous être réalisés au cours d’une année, au risque de donner lieu à des ennuis financiers.Mieux vaut dans ce cas en répartir l’exécution d’après un plan annuel, en commençant par ceux qui, en raison de leur importance, ne sauraient être différés.Viennent maintenant les questions d’ordre pédagogique, autrement plus importantes que les précédentes.Si elles semblent susciter moins d’enthousiasme chez les uns, elles vont donner à l’inspecteur l’occasion de se montrer, dans ce domaine plus que dans tout autre, le conseiller éclairé, je dirai même,- indispensable des commissions scolaires.Il sait par expérience que les belles écoles, fussent-elles des palais richement aménagés, serviraient mal la cause de l’éducation si le personnel qui y enseigne n’est pas à la hauteur de la tâche.Aussi, ne manque-t-il pas de rappeler aux commissaires que, de tous leurs devoirs, le plus lourd de conséquences c’est le choix judicieux des instituteurs et des institutrices.Les notes prises au cours des examens vont lui permettre d’exposer la valeur professionnelle de chaque titulaire, renseignements précieux et qu’on ne manquera pas d’utiliser lorsque viendra le temps des engagements.Ainsi, telle institutrice dont les mérites sont signalés sera rengagée si, bien entendu elle y consent, dut-on la faire profiter d’une augmentation de salaire.L’insuccès d’une autre est peut-être dû à des circonstances indépendantes de sa volonté: inscription trop nombreuse, matériel scolaire incomplet, manque de manuels, absence des conditions hygiéniques du local etc.Avant de porter un jugement sur sa compétence et décider son renvoi, il serait plus juste de lui procurer l’occasion de se réhabiliter, ce dont elle est peut-être capable, en la plaçant dans un milieu favorable.Une dernière, enfin, non-diplômée probablement, a manifestement affiché son incompétence; elle n’a pas le dégré suffisant d’instruction, manque de discipline et ignore tout du programme d’études.Aucune hésitation n’étant permise dans ce cas, elle sera remplacée.Le manque de stabilité du personnel fait ensuite l’objet d’une brève discussion au cours de laquelle il est démontré que la cause première en est due à l’insuffisance des salaires.Comme conclusion, la suggestion de l’inspecteur est acceptée et, à l’avenir, le traitement sera déterminé par le degré du diplôme du titulaire, ses années d’expérience et les succès obtenus.A la fin de cette séance qui, de part et d’autre, a paru bien courte et des plus intéressantes, l’inspecteur remercie les commissaires et les félicite du bon esprit qu’ils viennent de montrer.Ces derniers, après une dernière poignée de main se retirent, se disant que, si l’inspecteur doit compter sur leur collaboration pour réaliser ses projets, eux, de leur côté, ne sauraient se passer de sa science éclairée et de ses directives, s’ils veulent être à la hauteur de la tâche.En écrivant ces lignes, de vieux souvenirs s’éveillent qui me reportent aux années écoulées de 1914 à 1930: celles de ma carrière dans l’inspectorat rural, en Gaspésie d’abord et plus tard dans la région du Témiscouata.Il m’est agréable de rendre ici hommage aux commissaires d’écoles, rudes travailleurs de la mer ou laboureurs du sol, qui, dans ce temps déjà éloigné, ont collaboré avec moi à l’éducation de l’enfance.Des multiples devoirs de ma charge, l’un de ceux qui m’était le plus agréable était de réunir ces officiers, de causer alors de pêche ou de culture selon le cas, de leur famille et surtout de problèmes scolaires.Je ne puis oublier et je le dis ici pour la gouverne des jeunes inspecteurs, que c’est presque exclusivement à l’occasion de ces réunions, que se sont décidées les améliorations dans le domaine scolaire au cours de cette période.En toute franchise, je me dois d’admettre, que les commissaires ne possèdent pas tous au même dégré l’esprit de progrès dont l’inspecteur voudrait les voir animés.Nous sommes encore sur la terre et nombreuses sont les occasions de nous en rendre compte. 758 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Il se trouve^ bien exceptionnellement, je me hâte de le dire, des indifférents, même des réfractaires à toute amélioration, des fervents du statti quo, qui semblent avoir pris la décision d’enregistrer leur dissidence, chaque fois qu’il s’agit de mesures progressives.Avec ces opposants, au fond, de braves gens; mais victimes le plus souvent d’une erreur de jugement, tout espoir n’est pas perdu.De vraies conversions ont été opérées a la suite d’entretiens particuliers avec l’inspecteur.L’opposition systématique peut même dans certains cas encore plus rares cependant, traduire une opinion, préconçue dont on ne veut pas se défaire.« /e suis en faveur d'être contre )), disait invariablement l’un de ces derniers, pour marquer sa dissidence.Ces cas sont évidemment les plus sérieux et à défaut de remèdes à suggérer ici, je ne puis que souhaiter aux inspecteurs de n’avoir jamais à souffrir de tels retors dans leurs commissions scolaires.Au témoignage des inspecteurs qui collaborent avec moi dans ma région scolaire, les commissaires sont des officiers dévoués, et dignes du mandat qui leur a été confié.Le bon esprit, avec lequel ils acceptent les conseils et les directives qui leur sont donnés, dit assez leur désir de remplir de mieux en mieux leurs obligations.Avec fierté, j’exprime aux inspecteurs de ma région ma satisfaction, pour le zèle qu’ils déploient dans l’accomplissement de leur tâche de plus en plus complexe.Demeurant dans leur district respectif, ils se tiennent tous les jours en relation tant avec leur personnel enseignant, qu’avec les commissions scolaires.Aussi, que de directives données, de courages relevés, de différends réglés, voire de procès évités, grâce à leur médiation.Tant que chez nous, ces deux autorités collaboreront dans la paix et l’harmonie, nos écoles donneront leur mesure et s’orienteront sûrement vers leur idéal qui est de donner à l’Eglise des chrétiens convaincus, à la patrie des hommes complets, des citoyens bien préparés à jouer le rôle que la Providence leur a attribué ici-bas.E.Litalien, l.l.d.; I.H.Usa siècle au service de ^éducation par Gérard Filteau, i.e.{suite de la page 75b) aux inspecteurs décotes, qui, depuis tant de décades, ont façonné ta pensée éducationnelle du peuple pour le garder dans les voies de la stabilité et du progrès réel.Quand on songe que leur œuvre s'est accomplie longtemps dans le mépris et la luite, dans des conditions matérielles méprisantes imposées par l'obstruction de ceux-là mêmes qu'ils avaient mission et désir d'aider, on se prend d'admiration pour ces apôtres, et l'on ressent un immense bonheur de pouvoir proclamer, comme je le fais avec satisfaction, les mérites accumulés de ces officiers distingués, compétents et dévoués.)) Gérard Filteau, i.é 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 759 Les inspecteurs d'écoles et le programme d'études par Lionel Allard, i.e.OTRE programme d’études pour les écoles primaires n’est pas le fruit de génération spontanée.Comme toute œuvre intellectuelle impoi tante, il a puisé dans le trésor accumulé par l’expérience des générations qui nous ont précédés; il est la résultante de nombreux et généreux efforts des éducateurs d’hier et d’aujourd’hui pour assurer aux petits Canadiens français une éducation et une instruction qui, sans bouder les progrès réalisés par la science pédagogique, resteront conformes à notre mentalité et à notre philosophie de la vie.Tout éducateur croit à la nécessité d’un plan d’études, au moins chez nous.Sans doute le maître doit-il s’adapter à chacun de ses élèves et tenir compte de leur capacité individuelle d’assimilation; d’un autre côté, on ne doit pas emprisonner les ressorts de son initiative personnelle.Il reste cependant nécessaire qu’il sache distinguer, dans la masse des connaissances humaines, la dose exacte qui convient aux enfants dont il doit assurer la formation.Après de laborieuses délibérations, des spécialistes l’ont déterminée pour lui.Le programme est là pour lui indiquer la route à suivre; il suggère aussi une méthodologie qui tient compte de la psychologie de l’enfant et qui s’inspire de la meilleure pédagogie.Le programme, c’est assurément un outil indispensable pour le titulaire de classe; l’inspecteur d’écoles en a fait son bréviaire pédagogique.L’inspecteur d’écoles a pour devoir de surveiller l’application de la loi scolaire et d’informer le Surintendant de l’Instruction publique sur la marche des écoles, mais il a aussi pour fonction essentielle de guider les titulaires, de diriger l’enseignement officiel et de stimuler les progrès de l’éducation dans les limites de son district.Tous les surintendants qui se sont succédé depuis le Dr Meilleur ont insisté sur cette attribution ei l’on n’a cessé d’y revenir au cours des congrès qui, depuis 1873, ont souventes fois réuni les inspecteurs d’écoles pour l’étude des problèmes professionnels et scolaires.Aussi, les documents officiels nous apprennent-ils que, si les inspecteurs d’écoles n’onl pas toujours collaboré activement à l’élaboration des programmes d’études, toujours ils ont dépensé de nombreux efforts pour les faire connaître et pour en encourager l’application intégrale.En 1852, quand furent nommés les premiers inspecteurs d’écoles, il n’existait aucun programme officiel.La loi de 1845-46 avait laissé aux commissaires d’écoles toute liberté sur ce point.Presque partout l’instituteur traçait lui-même son propre programme.Le manque d’idée directrice sur ce point important conduisit fatalement à des abus.Pour les uns, quelques matières suffisaient tandis que d’autres voulaient faire ingurgiter aux enfants un programme beaucoup trop indigeste.C’est presque immédiatement après leur nomination que les premiers inspecteurs, fidèles aux instructions du Dr Meilleur, travaillèrent à rendre plus uniforme l’enseignement dans les écoles de la province.Le « Guide de V Instituteur )) de M.F.-X.Valade a tenu lieu de premier programme d’études pour nos écoles primaires.En 1854, l’auteur de ce traité devenait inspecteur pour les écoles de Montréal et de la banlieue.Les inspecteurs travaillèrent à introduire ce traité dans toutes les classes de leurs districts; pour le faire mieux accepter, ils l’utilisaient dans leurs examens.Ce guide était cependant insuffisant et il n’avait aucune reconnaissance officielle.L’inspecteur Bardy s’en plaint au surintendant dans son rapport pour l’année 1862: .MARS____ ¦v- -«iSSjtftCi»— fft Religion CATÉCHISME TROISIÈME, QUATRIÈME et CINQUIÈME ANNÉES L’INSPECTEUR DES ÉCOLES CATHOLIQUES EST UN GRAND BIENFAITEUR DES ENFANTS Idées à inculquer • HOMMAGES QUI LUI SONT DUS Bienfaits de V Inspecteur d'écoles Ses travaux Son champ d’action t Son influence Actes à provoquer Devoirs des enfants envers V Inspecteur d’écoles Respect • Reconnaissance Soumission Moyens d’intuition sensible Affiche pour le centenaire < Photos — Livres Activités 7, • .• ii- / Nombreuses comparaisons puisées dans o intuition psychologique < , .1 .^ [ la vie courante scolaire 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 767 INTRODUCTION Mes enfants, quels visiteurs avons-nous reçus dans notre école (ou dans notre classe) depuis le commencement de l’année ?.Lequel de oes visiteurs s’est intéressé à tous vos travaux, vous a questionnés sur toutes les matières que vous étudiez ?.Avez-vous aimé cette visite ?.Je me souviens, en effet, que vous étiez très contents après la visite agréable, et très profitable aussi, de monsieur l’Inspecteur X .Eh bien 1 aujourd’hui, nous parlerons de monsieur l’Inspecteur dans notre catéchisme.Pourquoi ?.Parce qu’il est pour chacun de nous un grand bienfaiteur, et que la religion nous prescrit des devoirs envers nos supérieurs et bienfaiteurs.Il y a des circonstances qui nous sont tout indiquées pour témoigner notre reconnaissance à ceux qui nous font du bien.Par exemple, la fête de votre mère vous fournit l’heureuse occasion de lui dire votre amour et de lui offrir vos souhaits.Ainsi justement, il y a cette année un événement qui nous invite à considérer les bienfaits que nous recevons de monsieur l’Inspecteur et les devoirs que nous devons lui rendre.Cet événement, le voici .(Poser l'affiche sous les yeux des élèves.) C’est un centenaire, le centenaire de l’institution des inspecteurs d’écoles.RÉCIT CAUSERIE - RÉFLEXION En 1851, il y a cent ans, une loi du gouvernement de la province de Québec établissait des inspecteurs d’écoles.Notre pays est très jeune.Vous savez bien que lors de la fondation de Québec et de Montréal, on n’avait nul besoin d’inspecteurs pour surveiller les premières classes faites aux enfants des colons et à quelques sauvages, ou bien le catéchisme des missionnaires.Mais en 1851, notre pays avait grandi.On y comptait plusieurs écoles et surtout, il fallait en établir beaucoup d’autres dans toutes les villes et tous les villages qui se fondaient.Alors, on a pensé au secours efficace qu’apporteraient les inspecteurs d’écoles à la grande œuvre de l’éducation dans notre pays et on les a nommés.Voilà le fait que nous célébrons cette année.En d’autres leçons, nous en reparlerons.Pour l’instant, considérons les bienfaits que nous prodigue monsieur l’Inspecteur.BIENFAITS DE L’INSPECTEUR D’ÉCOLES Ses travaux s Quand vous voyez monsieur l’Inspecteur à sa visite, le trouvez-vous bon ?.Oui; il vous interroge avec bonté, il accueille vos réponses avec satisfaction, vous félicitant et vous encourageant.Il veut constater vos progrès pour vous aider à en faire davantage.Ses bonnes paroles vous le disent et les prix qu’il distribue en sont la preuve.Pensez-vous que monsieur l’Inspecteur visite beaucoup de classes comme la vôtre ?.Des centaines, mes enfants.Pour qui donc monsieur l’Inspecteur travaille-t-il tous les jours ?.Monsieur l’Inspecteur travaille tous les jours à l’éducation des enfants.Il visite deux fois par année des centaines de classes.11 faut, pour accomplir cette tâche immense qu’il ait au cœur un grand amour des enfants, un amour désintéressé qui ne désire que leur bien ou leur bonne éducation.Est-ce que monsieur l’Inspecteur travaille beaucoup pour les enfants ?.Réfléchissez vous-mêmes à ses divers travaux .Vous êtes témoins de son travail en classe.Mais demandez-vous ce qu’il doit faire avant de se présenter en classe .Ce qu’il doit faire après la visite de ses classes .De même que vous apprenez vos leçons, monsieur l’Inspecteur prépare ses visites: les questions qu’il posera, la dictée et les problèmes qu’il donnera, les devoirs qu’il examinera, etc., les avis qu’il prononcera.Ensuite, il doit faire rapport de tout ce qui se passe dans les écoles au Surintendant de l’Instruction publique qui dirige toute l’éducation dans notre Province.(Ecrire au tableau noir « Surintendant ».) De f)lus, il lui faut lire des revues, des journaux, des ivres d’éducation.Il doit donner lui-même des conférences, et assister à d’autres assemblées sur l’éducation.A la fin de l’année scolaire, c’est encore lui qui organise des examens, surveille la correction, compte les notes.Ah ! quel travail, mes enfants ! Et tout cela, pour le progrès de chacun de vous.Voyez comment monsieur l’Inspecteur dépense toute sa vie pour le bien des enfants.Vous n’y aviez pas pensé, n’est-ce pas ?.Voici encore d’autres preuves.Regardez donc ce livre (montrer un ancien livre).Il est vieux n’est-ce pas ?Regardez comment il est imprimé .Pas une seule image ! Il paraît ennuyeux.Cela devait être difficile d’apprendre des leçons dans des livres comme celui-là.Regardez maintenant votre livre de français.votre arithmétique .Voyez donc la différence entre les deux livres .Eh bien ! ce sont encore les inspecteurs d’écoles qui peuvent le mieux renseigner les autorités scolaires sur les meilleurs manuels, ceux qui concourent le plus au progrès des élèves.Voyez cette école (photo), comme elle a l’air pauvre.Que pensez-vous de notre école à côté de celle-là?Vous êtes fiers de votre école n’est-ce pas ?Ce que vous ne savez pas, c’est que monsieur l’Inspecteur a contribué à nous 768 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril obtenir cette belle grande école neuve.(Choisir des circonstances locales vraies, pour faire saisir aux enfants le rôle bienfaisant de V Inspecteur.) J’ai un gros livre, ici.Voyez .C’est le programme que je dois suivre pour vous enseigner les choses que vous devez savoir.Les observations très sages de monsieur l’Inspecteur ne sont peut-être pas étrangères à ce programme.Ce qui est certain, c’est qu’il le connaît parfaitement et en suit l’application avec tout son zèle, afin que tous les enfants qu’il dirige fassent de grands progrès.En voilà bien assez, n’est-ce pas, mes enfants, pour vous convaincre que la tâche de l’Inspecteur d’écoles est immense et qu’elle est accomplie entièrement pour votre bien.Son champ d’action: Je vais vous dire maintenant une chose qui va vous surprendre: monsieur l’Inspecteur travaille pour moi aussi et je lui en suis très reconnaissante.Par exemple, si je lui demande son avis sur une question qui m’embarrasse, je suis sûr qu’il m’aidera.Les inspecteurs d’écoles ont le devoir non seulement de visiter les classes et d’encourager les enfants, mais encore d’éclairer et de diriger les maîtres par leurs conseils et leurs discours, de veiller au choix des meilleurs professeurs, à l’établissement des conditions les plus favorables et à l’emploi des moyens les plus efficaces pour donner aux enfants une parfaite éducation chrétienne.t Et non seulement le rôle des inspecteurs s’étend aux maîtres mais de plus, aux commissions scolaires.Ainsi, lorsque monsieur l’Inspecteur vient visiter la classe, il doit rencontrer monsieur le Curé, qui est commissaire, monsieur X .et monsieur Y .qui sont également nos commissaires d’écoles.Il doit examiner leurs comptes et constater que tout a été fourni pour que l’école soit bien entretenue, bien propre, bien éclairée et bien chauffée, et pourvue d’objets nécessaires ou utiles à l’enseignement.Son influence: Vous commencez à comprendre que l’inspecteur d’écoles a une très grande influence sur l’éducation.Il est le représentant de la plus haute autorité, monsieur le Surintendant de l’Instruction publique.A ce titre, il est chargé de surveiller l’observation de tous les règlements scolaires.Comme il est nécessaire qu’il y ait une autorité et une surveillance dans toute organisation (comme une classe ou une école), ce que vous comprendrez encore mieux plus tard, mes enfants, le role de l’Inspecteur est donc indispensable a la bonne marche des écoles et aux progrès des enfants.Mais l’influence de l’inspecteur vient surtout de ses qualités personnelles.Il n est pas un surveillant sévère qui menace et qui punit.Bien au contraire, il est un guide, un conseiller, un ami, un maître qui enseigne avec bonté.Il fait comprendre à chacun son devoir et il en obtient l’accomplissement par son tact, sa bienveillance, sa prudence.On accepte bien ses avis parce qu’il a le savoir, l’expérience, le dévouement désintéressé qui inspirent la confiance.L’Inspecteur ne recherche ni l’argent, ni les honneurs mais le progrès de l’éducation c’est-à-dire le bien de tous.L’influence de l’inspecteur sur les enfants, sur les maîtres, sur les commissions scolaires, sur l’éducation en général est donc très grande.Il l’exerce par ses paroles, ses exemples et l’immense travail dont nous avons longuement parlé.NOS DEVOIRS ENVERS L’INSPECTEUR D’ÉCOLES Si maintenant nous regardons l’Inspecteur d’écoles catholiques avec des vues de foi, nous constaterons que la charité chrétienne surélève toute sa vie; nous le verrons revêtu de l’autorité qui vient de Dieu et cela doit le rendre très grand à nos yeux, d’une surnaturelle grandeur.La religion nous prescrit des devoirs envers celui qui représente si dignement l’autorité divine et qui nous procure le plus grand bien: l’éducation chrétienne.Quels sont ces devoirs ?.(Laisser parler les élèves.On pourra écrire ces devoirs au tableau noir et résumer les commentaires des élèves.) Nous lui devons l’estime et le respect.Il a tant de droits à nos égards I Nous devons donc le saluer poliment, lui répondre avec beaucoup de déférence; écouter attentivement ses avis, le remercier sincèrement à chacune de ses visites; parler toujours en bien de lui.Nous lui devons la reconnaissance.En sommes-nous convaincus après tout ce que nous venons de dire ?Et comment la lui exprimerons-nous ?Nous pouvons la lui témoigner dans nos paroles après chaque examen.Si nous avons reçu un prix de lui, nous ne devons pas manquer de lui écrire un mot de remerciement.Il serait sans doute heureux de recevoir nos bons souhaits à l’occasion de la nouvelle année, par exemple.Mais nous avons toujours à notre disposition un moyen surnaturel, la prière, qui fait descendre les grâces du ciel sur ceux que nous aimons.Monsieur l’Inspecteur sera heureux de compter sur la prière des enfants reconnaissants, prière qui lui obtiendra la santé, la rotection dans ses voyages, le succès et le onheur dont il a besoin.Quelle est la meilleure marque d’estime, de respect, de reconnaissance ?.C’est la soumission ou l’obéissance.Monsieur l’Inspecteur est un supérieur, un chef qui veut uniquement notre bien.Nous avons tout intérêt à lui obéir dans notre travail et notre conduite.Nous lui rendrons sa tâche plus facile, mais c’est nous, les enfants, qui en bénéficierons le plus.Nous suivrons fidèlement ses avis, même ses désirs, ses simples recommandations, parce qu’il a l’autorité qui vient de Dieu.Y a-t-il lieu de faire quelque chose de spécial pour monsiem- l’Inspecteur X ., notre inspecteur, à l’occasion du centenaire de l’inspectorat des écoles du Québec ?.(Accueillir toutes les suggestions des enfants.) 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 769 Lui écrire une lettre ?.Ce serait certainement très convenable.Vous n’êtes pas encore bien habiles à présenter des hommages.Lui offrir un bouquet spirituel ?.Je trouve que c’est bien pensé.Voilà un acte de religion très agréable au bon Dieu qui aime les cœurs reconnaissants, et monsieur l’Inspecteur en serait bien touché, il me semble.CONCLUSION Alors, c’est entendu, un bouquet spirituel exprimera notre reconnaissance et notre respectueuse estime à monsieur l’Inspecteur à l’occasion du centenaire que nous ne voulons pas laisser passer inaperçu.A la récréation, vous désignerez celui qui écrira le bouquet spirituel.Vous déciderez vous-mêmes des prières dont il sera formé, en gardant le nombre 100, comme 100 chapelets, etc.Nous ferons les prières avant de les offrir en hommage à monsieur l’Inspecteur.Vous me soumettrez votre projet afin que tout soit dignement présenté.Terminons cette leçon par une acclamation à monsieur l’Inspecteur.ACCLAMATION Vive monsieur l’Inspecteur ! A lui, notre estime et notre respect.À lui, notre reconnaissance.A lui, notre soumission.A lui, nos félicitations sincères.A lui, l’hommage de nos prières et de nos vœux.Vive le grand bienfaiteur de notre école 1 SIXIÈME, SEPTIÈME, HUITIÈME NEUVIÈME ANNÉES UN APÔTRE LAÏQUE, L’INSPECTEUR D’ÉCOLES CATHOLIQUES HOMMAGES QUI LUI SONT DUS Nomination: conditions Idées à inculquer ' U Inspecteur-apôtre Fonctions Grandeur de cette tâche: véritable apostolat Actes à provoquer • Devoirs envers V Inspecteur Admiration ¦ Reconnaissance Correspondance à son zèle Moyens Affiche pour le centenaire d'intuition sensible Tableau du système scolaire de la province de Québec Activités d'intuition psychologique Comparaisons puisées dans la vie courante scolaire INTRODUCTION (Annoncer avant le catéchisme, par une affiche, le centenaire de l'inspectorat des écoles de la province de Québec.) Vous voyez, mes enfants, par cette affiche, qu’il s’agit d’un centenaire: 1851-1951.C’est un centenaire qui a rapport à l’école et plus particulièrement aux visiteurs attitrés de nos écoles que nous nommons « Messieurs les Inspecteurs ».Voulez-vous que nous considérions ensemble, très attentivement, dans la lumière de notre foi, la fonction très noble et très bienfaisante. 770 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril le véritable apostolat de l’Inspecteur d’écoles catholiques.Nous éprouverons certainement pour lui une admiration très vive et très sincère et nous ne manquerons pas de découvrir les devoirs et les hommages que nous devons lui rendre.CAUSERIE - RÉFLEXION UN APÔTRE LAÏQUE, L’INSPECTEUR D’ÉCOLES CATHOLIQUES Revision (tableau de notre système scolaire) : En janvier dernier, la revue ''L'Enseignement primaire," nous suggérait l’étude de notre système scolaire.Nous l’avons faite avec grand intérêt, n’est-ce pas P Alors, vous vous en souvenez P .Qui est à la tête de toute l’éducation dans notre province ?C’est le Surintendant de l’Instruction publique.Quelles sont les deux grandes organisations que le Surintendant de l’Instruction publique préside P Le Conseil de l’Instruction publique et le Département de l’Instruction publique.En combien de comités se divise le Conseil de l’Instruction publique?En deux: le Comité catholique et le Comité protestant.Au Département de l’Instruction publique, le Surintendant a une tâche trop vaste pour la remplir seul.Quels aides lui a-t-on donnés en 1851?On a voté la loi établissant des inspecteurs d’écoles en 1851.Les premiers inspecteurs furent nommés au printemps 1852.Nous allons maintenant étudier les fonctions de l’Inspecteur.CHOIX ou NOMINATION L’Inspecteur d’écoles est un élu, un choisi, parmi les membres distingués du personnel enseignant.Il doit posséder une instruction solide et être déjà un éducateur remarquable.11 y a des inspecteurs qui étaient bacheliers avant djobtenir leur brevet d’enseignement d’une Ecole normale.Celui qui veut devenir inspecteur d’écoles doit avoir enseigné avec succès pendant plusieurs années et l’attester par les recommandations des commissions scolaires qui l’ont employé et de plus, présenter un certificat de moralité du curé de chacune des paroisses où il a enseigné.Ayant rempli ces conditions, il doit subir un examen spécial, préparé par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Le succès de cet examen lui méritera son admission à l’inspectorat.L’Inspecteur est donc bien un élu, un choisi parmi l’élite du personnel enseignant.En soulignant cette année le centenaire des Inspecteurs d’écoles, nous rendons hommage aux meilleurs spécialistes de l’enseignement et de l’éducation chrétienne dans notre Province.Il est très bon pour vous, mes enfants, d’admirer ceux qui vous dirigent et d’exciter dans votre cœur de nobles sentiments à leur égard.SURINTENDANT de 1»INSTRUCTION PUBLIQUE 'U 71 Comité catholique du Conseil de 1 ‘ Instruction publique V' Département t , 1 i » , Personnel enseignant de * .Elèves l'Instruction publique * « 1 i » .rr INSPECTEUR D'ECOLES Commissions scolaires 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 771 FONCTIONS Nous avons déjà étudié les fonctions de l’Inspecteur d’écoles.Essayez de les redire .(Laisser dire.Compléler ou résumer.) « Les inspecteurs doivent visiter les écoles deux fois par année, afin de s’assurer si elles sont bien tenues, si les élèves y font des progrès.Ils doivent faire rapport de leurs constatations aux commissions scolaires et les renseigner sur les décisions prises par le Comité catholique et les engager à les observer.De plus, ils doivent examiner les registres des commissions scolaires et veiller à ce que les lois et les règlements soient fidèlement observés.)) (Code scolaire) Les inspecteurs d’écoles, qui sont les aides du Surintendant et ses représentants, doivent aussi lui faire rapport sur l’état de l’éducation dans leur district d’inspection.Un Inspecteur est donc un lien, un trait d’union entre le Comité catholique et le Département de l’Instruction publique d’une part, et le personnel enseignant et les commissions scolaires d’autre part.Telle est exactement sa fonction.GRANDEUR DE CETTE FONCTION: VÉRITABLE APOSTOLAT Les inspecteurs d’écoles catholiques doivent faire respecter les règlements du Comité catholique.Or, tous ces règlements ont reçu l’approbation de Nos Seigneurs les Evêques et ne sont faits que pour la bonne éducation chrétienne des enfants.Donc, l’Inspecteur qui fait appliquer ces règlements, par sa compétence, par son dévouement, fait vraiment œuvre d’éducation chrétienne.Et comme il n’y a pas d’œuvre plus propre au salut des âmes que l’éducation chrétienne des enfants, l’Inspecteur d’écoles catholiques est un véritable apôtre laïque.Vous avez déjà observé monsieur l’Inspecteur X .dans ses visites.Vous a-t-il questionné en catéchisme ?sur la prière ?sur les pratiques de la vie chrétienne?.Vous a-t-il donné de bons conseils ?.Rappelez quelques-uns de ses conseils .(Se servir de ce qui est local, vécu, pour établir ce prestige religieux de VInspecteur catholique.) Il vous a encouragés à l’étude, vous a conseillé le travail, la soumission à l’autorité dans la famille et à l’école, la fierté de votre religion, que sais-je encore ! Vous avez dit après cette visite: « Monsieur l’Inspecteur X .nous a parlé comme un prêtre (ou comme M.le curé).Vous avez raison: monsieur l’Inspecteur est un apôtre laïque.Quelques-uns parmi vous ont vu notre distingué visiteur à la messe et en ont été bien édifiés.Cela n’a rien d’étonnant: monsieur l’Inspecteur est un catholique pratiquant et sincère.Je connais un inspecteur tellement apôtre, qu’il a fait poursuivre, à ses frais, des études à certains enfants pauvres de ses écoles.Apôtre, l’Inspecteur l’est encore envers les maîtres des classes qu’il visite et les commissions scolaires de son district d’inspection.Il est vrai que son rôle de surveillant nous frappe de prime abord, mais ce serait se méprendre que de considérer l’Inspecteur comme un simple contrôleur de l’enseignement.Sa véritable influence est autrement profonde car il est un directeur pédagogique, un aviseur, un conseiller, un aide moral pour ses subordonnés.Il convient d’insister sur cette autorité morale.L’Inspecteur, en effet, ne commande pas; il n’a pas le pouvoir de réprimer lui-même les abus quand malheureusement il y en a.Mais il a le devoir d’observer, de juger, puis d’avertir avec tact, de conseiller avec discrétion, d’aider charitablement en toutes circonstances, ses subordonnés et de faire rapport à l’autorité pour qui il est également un aviseur et un auxiliaire précieux.(Choisir des exemples vécus pour expliquer d’une façon plus concrète, si on le juge à propos.) Que de qualités requiert une tâche aussi délicate ! Tact, discrétion, courtoisie avec les commissions scolaires; droiture et déférence envers l’autorité; bonté condescendante envers les maîtres et les élèves; compétence et entier dévouement à la cause de l’éducation chrétienne, esprit d’apostolat ! Oui, il ne faut pas craindre de l’affirmer, car sans cet esprit d’apostolat, l’Inspecteur ne saurait soutenir tous ses travaux.(Les faire énumérer par les élèves.) La tâche de l’Inspecteur est immense mais son très grand mérite est reconnu.Par sa culture et l’influence de sa personnalité, il s’impose à l’estime et à la considération de tous, si bien qu’on le sollicite de toutes parts dans les œuvres d’action sociale, nationale ou catholique.Il y a des inspecteurs qui se dévouent à la Survivance française, à la Fédération des Oeuvres de charité canadiennes-françaises, à la Saint-Vincent de Paul, à la L.O.C., enfin que sais-je 1 Toutes les formes d’apostolat voudraient trouver en lui un collaborateur.Qui dira tout le bien que depuis cent ans ont accompli nos inspecteurs d’écoles.Si en certains pays, on choisit les inspecteurs pour assurer la déchristianisation des écoles, que n’ont donc pas fait, au contraire nos inspecteurs catholiques pour la sauvegarde de la foi et de l’éducation chrétienne, dans nos écoles de Québec, depuis 1851 ! Ils ont été les vrais gardiens vigilants de notre foi, de notre langue, de nos traditions en un mot, de vrais apôtres dans l’école et par l’école catholique.NOS DEVOIRS ENVERS L’INSPECTEUR D’ÉCOLES Mes enfants, jusqu’ici vous n’aviez sans doute pas pensé à l’importance du rôle de monsieur l’Inspecteur, à la noblesse de sa mission, surtout à l’apostolat qu’il exerce.Il ne prenait pas à vos yeux figure de haute personnalité chrétienne comme vous le voyez aujourd’hui.Eh bien ! dorénavant avec quels sentiments considérerez-vous monsieur l’Inspecteur?.(Laisser parler et résumer.) Vous l’accueillerez avec joie, ne”pensant pas seulement à l’examen qu’il vous fera subir. 772 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Vous éprouverez une grande estime pour sa personne, une véritable admiration pour son zèle à remplir des fonctions aussi élevées, une profonde reconnaissance devant tout le bien qu’il accomplit dans l’éducation, en général, et pour vous, en particulier.Et vous étendrez ces sentiments à tous les inspecteurs même généraux.Comment témoignerez-vous à monsieur l’Inspecteur vos bons sentiments ?.{Laisser parler et résumer.) La religion vous fait un devoir d’honorer monsieur l’Inspecteur comme votre supérieur; il a d’ailleurs tant de titres à vos égards.Vous lui témoignerez donc vos bons sentiments par: une attitude polie, respectueuse, empressée, par une physionomie toute sympathique lors de ses visites; une parfaite attention à ses paroles, à ses enseignements ; une soumission respectueuse à ses conseils, à ses recommandations; des paroles reconnaissantes qui le dédommageront de ses travaux, paroles spontanées et non commandées; la prière qui attirera sur lui les seules récompenses dignes de ses bienfaits.Permettez-moi, mes enfants, d’insister sur le devoir de la prière.Par elle, en effet, nous puisons dans les trésors du ciel pour acquitter nos dettes envers nos bienfaiteurs; par elle, aussi, nous demandons à Dieu les bienfaits dont nous avons besoin.Prions donc pour nos Inspecteurs par reconnaissance, mais demandons aussi à Dieu qu’il nous donne de bons Inspecteurs, des Apôtres, dont nos écoles catholiques ont besoin.Aujourd’hui, plus peut-être que depuis cent ans, les écoles catholiques ont besoin d’avoir comme défenseurs, comme soutiens, comme guides des Inspecteurs-apôtres, au zèle éclairé, au dévouement inlassable.L’Eglise compte sur eux.Il nous faut les demander au bon Dieu.Avez-vous un devoir spécial à accomplir, à l’occasion du centenaire de l’inspectorat des écoles ?.Profiter de cette occasion pour exprimer votre reconnaissance et votre admiration à votre Inspecteur ?.Voilà qui est bien pensé.Comment le ferez-vous ?.Vous lui écrirez ?.C’est une excellente idée d’écrire une lettre collective dans laquelle vous offrirez hommages, vœux et prières.Monsieur l’Inspecteur sera très touché et le bon Dieu sera content de cet hommage.Nous en reparlerons à notre leçon de français.CONCLUSION Nous avons donc compris dans cette leçon que l’Inspecteur des écoles catholiques est un apôtre.La religion nous fait un devoir d’honorer l’Inspecteur comme tout supérieur.Nous avons une obligation particulière, cette année, à l’occasion du centenaire de l’inspectorat des écoles, de remplir ce devoir envers notre Inspecteur.Nous lui écrirons donc une lettre d’hommages.PRIÈRE Prions Notre-Dame des Ecoles pour nos Inspecteurs.Notre-Dame des Ecoles, bénissez nos Inspecteurs d’écoles 1 Notre-Dame des Écoles, donnez-nous de bons Inspecteurs d’écoles 1 DIXIÈME, ONZIÈME et DOUZIÈME ANNÉES L’AUTORITÉ ET LE RESPECT Dans son Epitre aux Romains (13,1), saint Paul nous dit « Que tout homme soit soumis aux autorités souveraines, car il n'est pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par Dieu ».Commentant cette parole, Mgr Dupanloup, le grand éducateur français, ajoute que « l'Autorité et le Respect sont les principes fondamentaux de l'cruvre éducatrice.Basé sur ces deux autorités, la parole de Dieu et la pensée d’un évêque célèbre, je pourrai avec facilité établir la grandeur de ces deux grands principes et montrer comment le siècle d’enseignement qui se termine cette année a été la réalisation merveilleuse de cet idéal.Dans la province de Québec nous avons toujours admis et regardé comme tout naturel que l’Autorité s’exerce sur nous, tellement nous étions pénétrés des principes de la foi chrétienne et de l’esprit religieux et catholique.Dans nos familles comme à l’école, nous ne discutons pas cet état de choses, mais nous y voyons l’ordre et la paix qui s’en suivent.Donc, toute autorité vient de Dieu qui est le seul Maître et Souverain universel de tout ce qui existe autour de nous et dans l’univers créé.Si Dieu veut bien déléguer ses pouvoirs à des chefs et à des pères de famille, c’est qu’il est infiniment bon et qu’il cherche à initier l’homme à toutes ses œuvres.C'est le plan divin qui veut que l'homme soit placé entre Dieu et la créature pour transmettre ses ordres et lui rapporter les hommages et les adorations des êtres qui tiennent de Dieu leur cire et tous leurs biens.Ce privilège qui consiste à revêtir des épaules humaines de pouvoirs extraordinaires suppose en retour un respect et une obéissance entières 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 773 de la part des membres de la société qui est soumise à tel chef.Obéissance prompte et entière, obéissance joyeuse et sans murmure, respect profond et sincère pour la personne et les ordres justes de cette autorité légitime.Saint Paul continue: « A insi celui qui s'insurge contre l’aulorilé se révolte contre l’ordre élabli par Dieu ».Cette obéissance n’est donc pas libre et facultative, laissée à notre bon vouloir, mais elle oblige en conscience, car Dieu lui-même commande tout ce que son représentant en autorité veut et désire de juste et de conforme à la loi divine.* * * Cette année, nous fêtons à Québec le centenaire de l’Inspectorat scolaire.Cette institution a été établie pour faciliter le travail du Surintendant de l’Instruction publique dans son travail de surveillance dans les écoles.Surveillance de l’application des lois scolaires en voie de formation et enquête discrète sur les griefs et les besoins naissants de l’Enseignement dans la Province.Ce travail a été partagé par un certain nombre de professeurs compétents, expérimentés et consciencieux qui firent admirablement leur devoir et accomplirent en cent ans une œuvre qui fait l’admiration de tous les pays de l’Amérique et de l’Europe.Tout récemment, Sa Sainteté le pape Pie XII, glorieusement régnant.prenant connaissance d’un rapport fait par un chef en pédagogie, se montra à la fois étonné et ravi du travail gigantesque et si solide accompli par nos inspecteurs en ces derniers cent ans.C’est à ce corps représentatif de votre monde étudiant, mes chers amis, que vous devez obéissance et respect.Que toutes leurs directives vous apparaissent inspirées du plus pur catholicisme et du plus sain patriotisme.Hommage donc soit rendu à nos inspecteurs de la province de Québec ! QUESTIONNAIRE 1.Que dit l’apôtre saint Paul de l’autorité ?2.Mgr Dupanloup partage-t-il cette doctrine ?3.La province de Québec a-t-elle vu d’un bon œil l’exercice de l’Autorité religieuse ou civile ?4.Pourquoi l’autorité vient-elle de Dieu ?5.Que vient faire l’homme dans le plan divin P 6.Que suppose l’autorité de la part des mem- bres ?7.Quelle sorte d’obéissance Dieu demande-t-il ?8.Que dit saint Paul des désobéissants ?9.Depuis combien d’années y a-t-il des inspec- teurs scolaires à Québec P 10.Donnez une idée de leur travail dans ce siècle écoulé.ATTENTION: La Direction de (( L’Enseignement primaire », remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont bien voulu se départir des numéros de la Revue qu’elles possédaient en double au profit de ses nombreux lecteurs LA DIRECTION. 774 I/ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Langue française L’INSPECTORAT DANS NOS ÉCOLES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Se procurer un portrait de Monsieur le Surintendant, de monsieur V Inspecteur général, et de votre Inspecteur actuel.Parler avec amour et respect, de ces trois personnages distingués.PREMIÈRE ANNÉE PRÉSENTATION DU TEXTE Mes chers enfants, Aujourd’hui, nous allons, en regardant ces portraits, apprendre à aimer ceux qui remplacent vos papas à l’école.Votre papa est bon et vous l’aimez et le chérissez, n’est-ce pas ?mais ces autres papas que vous voyez sur ces portraits, ils sont bons aussi, ils vous aiment et ils pensent à vous, puisqu’ils viennent vous visiter à l’école.Aimez-les donc bien, ce sont des papas pour vous.LECTURE PAR LE MAÎTRE Vous rappelez-vous la belle visite de monsieur l’Inspecteur ?.je vous vois déjà sourire et m’affirmer en battant des mains, que vous vous en rappelez !.Eh ! bien, ce bon Monsieur est chargé de venir vous voir deux fois dans l’année, afin de voir vos progrès constants et vous encourager dans votre classe.Il est nommé par monsieur le surintendant de l’Instruction publique, M.Omer-Jules Désaulniers, et chargé de la visite des écoles.Voulez-vous être prêts à le recevoir la prochaine fois ?.travaillez bien et surtout, soyez sages !.c’est le secret pour réussir dans votre classe, et faire honneur à votre Maîtresse et à monsieur l’Inspecteur.Ce dernier, en plus de visiter vos classes, est chargé d’avertir les membres de la « Commission scolaire » {expliquer ce terme) de vos progrès et de vos insuccès.Tâchez, mes bien chers enfants, de travailler toujours sous le regard de Dieu en écoutant attentivement les explications en classe, et de vivre en compagnie de la sainte Vierge Marie, qui vous aime bien, du haut du ciel.Ne donnez que des joies à votre Inspecteur ! Savez-vous maintenant combien il y a d’inspecteurs actuellement?.11 y en a 118, pour nos écoles catholiques.C’est beaucoup, n’est-ce pas ?En plus de cela, nous avons comme inspecteur général, M.Michel Savard; il a pour aide, dans ses fonctions, MM.Wilfrid Caron et Donat Lapointe.Mes chers enfants, avez-vous compris, pourquoi monsieur l’Inspecteur vient vous voir, et avez-vous retenu de belles choses, de cette leçon ?.vite, posons quelques questions .QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Comment s’appelle monsieur le Surintendant de l’Instruction publique ?2.Quelle visite avez-vous eue au commence- ment de l’année ?3.Par qui est nommé monsieur l’Inspecteur ?4.De quoi est-il chargé ?5.L’aimez-vous ?6.Qu’allez-vous faire pour être prêts à le recevoir, la prochaine fois ?7.Combien y a-t-il d’inspecteurs actuellement ?8.Comment s’appelle notre Inspecteur général ?DICTÉE Irène va à l’école.Léda est timide.Léo a deviné la visite.Sara a salué monsieur l’Inspecteur {écrire le mol au tableau).Le curé a béni Nicole.Vive la visite ! Rita lira. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 775 CHANT Refrain Air: La bonne aventure S.des J., p.11 Vive notre école, ô gué, Vive, notre école 1 RÉCITATION — 1 — Compliment à M.l’Inspecteur A l’école, chaque jour, Sans nulle paresse, Nous allons avec amour, Chercher la sagesse .Et nous sommes quoiqu’enfants, Sages comme à soixante ans 1 .J’avais appris par cœur, un joli compliment, Que je devais en ce moment, Vous dire sans reprendre haleine .Hélas ! je l’ai — voyez, quelle est ma peine ! .Presque tout oublié, juste à l’instant voulu .« Je vous aime ».Voilà ce que j’ai retenu.François, E.P.DEUXIÈME ANNÉE L’INSPECTEUR D’ÉCOLES TEXTE I Mes chers enfants.Vous connaissez tous votre Inspecteur d’écoles.Vous avez eu le plaisir de le recevoir au moins trois ou quatre fois depuis le début de vos études.Il vient deux fois chaque année vous rendre visite et s’informer de vos progrès.C’est un homme grave et sérieux qui s’intéresse à vos travaux et désire votre avancement.Aussi, lors de sa visite, vous questionne-t-il sur ce que vous avez étudié durant l’année en lecture, en grammaire, en calcul, en histoire, car il veut se rendre compte par lui-même de tout ce que vous avez appris.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Comment appelle-t-on celui qui vient visiter votre classe deux fois par année ?2.Quel est son nom ?3.Pourquoi l’inspecteur d’écoles vient-il vous visiter ?4.L’inspecteur d’écoles s’intéresse-t-il à vous P 5.Que fait-il quand il vient vous rendre visite P 6.Sur quelles matières vous questionne-t-il ?7.Pourquoi vous questionne-t-il ainsi P DICTÉE Monsieur l’Inspecteur viendra nous voir la semaine prochaine.J’apprendrai bien mes leçons afin de répondre à toutes ses questions.Si je suis sage, mon maître sera fier de moi.J’écouterai bien en classe, et l’an prochain, je serai promu pour la troisième année.GRAMMAIRE 1.Combien y a-t-il de mots dans la première phrase du texte ?2.Combien y a-t-il de syllabes dans les mots: inspecteur, études, homme, grammaire, compte, vous, choses.3.Dites-moi quels accents il y a dans les mots: étude, progrès, écoles, maître, écouterai, troisième, même.VOCABULAIRE 1.Que veut dire le mot inspecteur ?2.Qu’est-ce qu’une école ?S.Qu’est-ce que la grammaire ?4.Faire du calcul, est-ce apprendre à lire ou à compter ?5.Qu’est-ce que faire une visite P TEXTE II Mais, si l’inspecteur d’écoles s’intéresse aux enfants et à leur travail en classe, ce n’est pas avec moins d’attention qu’il guide, dirige, conseille votre professeur ou votre institutrice.C’est lui qui voit à ce que le programme d’enseignement soit bien suivi; c’est lui qui suggère les bonnes méthodes à suivre dans l’enseignement 776 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE AvriJ de telle matière; c’est lui qui récompense de ses encouragements le travail de vos professeurs.Aussi devez-vous toujours le recevoir avec joie et vous appliquer à bien répondre à ses questions.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.L’inspecteur d’écoles s’intéresse-t-il aux enfants seulement ?2.A qui s’intéresse-t-il encore ?3.Comment s’intéresse-t-il à vos maîtres ?4.Dirige-t-il les maîtres dans leur travail ?5.Comment récompense-t-il les maîtres ?6.Comment devons-nous recevoir l’inspecteur d’écoles ?7.Comment devons-nous répondre à ses ques- tions ?DICTÉE Monsieur l’inspecteur guide, dirige et conseille notre maître.Il voit à ce que le programme d’enseignement soit bien suivi.Il encourage notre maître dans son travail.Nous devons toujours le recevoir avec joie et bonheur.GRAMMAIRE 1.Nommez-moi deux noms de personnes dans la dictée.2.Nommez-moi trois noms de choses.3.Nommez-moi deux mots d’action.VOCABULAIRE 1.Qu’est-ce qu’un guide ?2.Comment se nomme une demoiselle qui fait la classe aux enfants ?3.Que veut dire encourager quelqu’un ?4.Le mot travail veut-il dire seulement le travail des mains ?5.Qu’est-ce que la joie ?6.Quand quelqu’un nous fait une demande, c’est une .TEXTE III Il y a plusieurs inspecteurs d’écoles dans la province de Québec, parce que les écoles y sont très nombreuses.On donne à chacun un certain nombre de classes à visiter deux fois chaque année: la première plutôt pour s’informer de l’âge, du nombre, de l’avancement et de l’esprit des élèves, et la deuxième afin de constater les progrès que vous avez faits durant les mois écoulés.C’est une rude tâche que de passer ainsi par chaque classe et d’y faire des examens sur toutes les matières du programme que vous avez étudiées.Aimez bien votre inspecteur et respectez-le parce que c’est un ami sincère des enfants autant que de leur professeur.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Y a-t-il seulement un inspecteur d’écoles dans la province de Québec ?2.Combien de fois chaque inspecteur visite-t-il ses écoles chaque année ?3.Que fait-il à sa première visite ?4.Et à sa deuxième visite ?5.Est-ce fatigant de faire ainsi la visite des écoles ?6.Devons-nous aimer et respecter notre ins- pecteur d’écoles ?7.Pourquoi ?DICTÉE Il y a plusieurs inspecteurs d’écoles dans la province de Québec.Chacun visite ses écoles deux fois par année.A sa deuxième visite, monsieur l’inspecteur fait des examens dans notre classe sur la lecture, le calcul, l’histoire du Canada.GRAMMAIRE 1.Nommez-moi deux noms au singulier dans la dictée.2.Nommez-moi deux noms au pluriel.3.Nommez-moi un nom propre.TROISIÈME ANNÉE TEXTE Une visite de M.VInspecteur Dix heures sonnent.Après une courte prière, les élèves continuent leur exercice de grammaire.Us étaient dans l’ardeur du travail, lorsque trois coups résonnent à la porte.Celle-ci s ouvre et monsieur l’Inspecteur nous salue aimablement.Il adresse quelques bonnes paroles à notre maîtresse et s’assoit.Il examine le journal d’appel et nos cahiers bien écrits.Pendant ce temps, notre maîtresse nous fait réciter les prières apprises et elle nous questionne sur le catéchisme. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 777 De temps à autre, notre distingué visiteur l’interrompt et nous interroge lui-même.Parfois, il prend quelques élèves oublieux et même distraits.Alors, vingt mains se lèvent.L’élève désigné donne la réponse exacte avec le sourire sur les lèvres.Monsieur l’Inspecteur repasse ainsi toutes les matières du programme.Aussi, nous sommes fiers de lui montrer que nous avons bien écouté.L’examen termine, monsieur l’Inspecteur nous encourage à toujours bien étudier et à bien travailler en classe.Il nous félicite de notre beau travail et nous lui promettons de suivre ses bons conseils.QUESTIONNAIRE 1.Quelle heure vient de sonner lorsque mon- sieur l’Inspecteur entre ?2.Quel travail les élèves faisaient-ils ?3.Quelle personne questionne sur les prières et le catéchisme ?4.Que fait monsieur l’Inspecteur de temps en temps ?5.Réussit-il à prendre des élèves distraits ?6.Que se produit-il alors ?7.A quoi nous encourage monsieur l’Inspec- teur ?8.Que lui promettons-nous ?GRAMMAIRE 1.Du premier paragraphe, relever tous les verbes du 1er groupe ?2.Mettre ces mêmes verbes à l’impératif pré- sent (aux trois personnes).3.Trouver les sujets des verbes du 1er para- graphe.4.Pourquoi les verbes sonnent et résonnent s’écrivent-ils avec ent ?5.Mettre les phrases suivantes à la lre per- sonne du pluriel: Il examine nos cahiers.Vous choisirez un élève appliqué.Sois fier de ta classe.6.Mettre les phrases suivantes au temps indiqué: a) Imparfait: _ Monsieur l'Inspecteur nous questionne lui-même.Nous réciterons nos leçons.Vous avez salué monsieur l’Inspecteur.Tu accomplis ton devoir.b) Futur simple: Vingt mains se lèvent.Le distingué visiteur a encouragé les élèves à bien étudier.Nous avions rougi de notre paresse.c) Impératif présent: Vous obéirez à votre maîtresse.Tu avais étudié tes leçons tous les soirs.7.Dans le 2e paragraphe, trouver les adjectifs qualificatifs et dire à quels noms ils se rapportent.8.Aux noms suivants, ajouter un adjectif qualificatif et faire l’accord: maîtresse, élèves, visiteur, cahiers, leçons.9.Dans le 2e paragraphe, relever: a) les adjectifs possessifs; b) un adjectif démonstratif; c) un adjectif numéral.10.Devant les noms ci-après, mettre un de ces petits mots et dire la raison de son emploi: a) ce, cette, ces: cahier, leçons, visite; b) mon, ma, mes; ton, ta, tes; son, sa ses: plume, sac, questions; c) deux, sixième, douze, quinzième: étage, souliers, œufs, enfant.11.Relever tous les pronoms personnels du 3e paragraphe et dire quels noms ils remplacent.ANALYSE Analyser les mots en italique: Il a examiné nos cahiers bien écrits.h'élève désigné donne la réponse exacte.EXERCICES DE LANGAGE 1.Faire un nom avec les mots ci-dessous et y ajouter un adjectif: examiner, questionner, oublieux.2.Trouver un adjectif qui vient des noms suivants: bonté, distraction, main.3.Trouver un verbe qui vient des mots suivants et l’employer dans une phrase: visiteur, félicitation, choisi, oublieux.RÉDACTION Composer une phrase avec chacun des mots ci-après: monsieur VInspecteur, élèves, catéchisme, cahiers, maîtresse.DICTÉE Une visite Monsieur l’Inspecteur arrive.Il salue aimablement la maîtresse et les élèves.Il ouvre sa serviette et en sort son cahier.Puis, il interroge les enfants attentifs.Ceux-ci répondent avec fierté à toutes les questions posées, faciles ou difficiles.Mademoiselle les regarde du coin de l’œil et sourit.Monsieur l’Inspecteur félicite les élèves appliqués de leur beau travail.Il donne à la maîtresse deux ou trois prix pour récompenser les élèves les plus méritants.N.B.— Le professeur devra attirer Vattention des enfants sur ces quelques difficultés constituées par les mots en italique. 778 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril QUATRIÈME et CINQUIÈME ANNÉES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Plaçons en évidence dans notre classe les photographies du Surintendant de V Instruction publique et de notre Inspecteur.Disons aux élèves: « Ces hommes vous aiment bien, ils travaillent constamment pour faire de chacun de vous, un bon citoyen et un parfait chrétien )).PRÉSENTATION DU TEXTE Mes chers élèves.En 1949, monsieur le Surintendant de l'Instruction publique, avait le grand bonheur d avoir un entretien particulier avec le Pape.Il lui exposa le fonctionnement de notre système scolaire.Lorsque Pie XII eut fini de l’entendre, il se pencha vers lui, en disant: « C est^ merveilleux ! .Il faut faire connaître ce système dans le monde entier ».Ecoutez avec attention le texte, vous verrez que vos inspecteurs, sous la sage direction du Surintendant remplissent un rôle important dans notre système scolaire.LECTURE PAR LE MAÎTRE TEXTE Au service de VInstruction publique Nous célébrons, cette année, le premier centenaire de 1 inspectorat dans notre belle province de Québec.Actuellement, 118 inspecteurs dévoués et compétents visitent nos écoles catholiques.Sous la sage et clairvoyante direction du surintendant monsieur Orner-Jules Désaulniers, nos inspecteurs contribuent largement au progrès de la jeunesse étudiante.Nous avons souvent remarqué qu’en examinant les élèves, les inspecteurs accordent la première place au programme de religion.Dieu premier servi, paraît être leur devise.Honneur à nos vaillants inspecteurs ! Leur fonction toute de dévouement, représente un rôle très actif dans notre système scolaire, le plus beau, le plus merveilleux du monde entier.PHONÉTIQUE AN (ant, ent) est le son A nasalisé: surintendant, vaillant, important, souvent, compétent, largement, dévouement.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 4.Comment s’appelle le surintendant, c’est-à- dire le chef du département de l’Instruction publique ?.Monsieur Omer-Jules Désaulniers.5.Les inspecteurs contribuent-ils à notre pro- grès ?.Oui, ils contribuent largement à notre progrès.6.Pourquoi donnent-ils au programme de religion, la première place ?.Parce qu’il est le plus important.7.Ajoutez les mots qui manquent: « Dieu .» paraît être leur devise.premier servi 8.Les inspecteurs ont-ils droit à votre recon- naissance ?.Oui, parce qu’ils se dévouent constamment pour nous.9.Quel est le plus merveilleux système scolaire du monde entier ?.C’est celui de la province de Québec.10.Qui a prononcé ces paroles: « C’est merveilleux ! Il faut faire connaître ce système dans le monde entier ».Le pape Pie XII.LECTURE PAR LES ÉLÈVES Lecture silencieuse.Lecture individuelle.1.Quel centenaire célébrons-nous, cette année ?.Le centenaire de l’inspectorat.2.Dites le nombre d’années dans un siècle.Cent ans.3.Combien d’inspecteurs visitent nos écoles catholiques ?.Il y en a 118.VOCABULAIRE Noms centenaire inspecteurs jeunesse système Adjectifs premier dévoués étudiante merveilleux Verbes célébrer visiter contribuer être 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 779 Exercices de vocabulaire: 1.Quel mot du texte a le même sens que: a) fêtons.célébrons b) siècle.centenaire c) inspection des écoles.inspectorat d) chef du département de l’Instruction publique.surintendant e) rang.place 2.Quel est le contraire de: a) premier.dernier b) belle.laide c) compétents.incompétents d) jeunesse.vieillesse 3.Trouvez un sujet qui convient à: a) .visitez nos écoles.vous b) .contribuent à notre progrès .ils c) .avons remarqué.nous d) Leur .représente un rôle important .fonction 4.Formez un verbe avec: a) célébration.célébrer b) dévouement.se dévouer c) direction.diriger d) étudiante.étudier 5.Faites une phrase avec chacun des groupes de mots du vocabulaire.GRAMMAIRE et ANALYSE 1.Relevez dans le texte les adjectifs possessifs et les noms auxquels ils se rapportent.a) notre.Adj.poss., se rapp.à province fém.singulier.b) nos.Adj.poss., se rapp.à écoles fém.pluriel.c) nos.Adj.poss., se rapp.à inspecteurs masc.pluriel.d) leur.Adj.poss., se rapp.à fonction fém.singulier.e) notre.Adj.poss., se rapp.à système masc.singulier.2.Mettez à l’infinitif passé: a) célébrer un centenaire .avoir célébré b) visiter les écoles.avoir visité 3.Donnez le participe présent: a) contribuer au progrès .contribuant b) servir Dieu.servant Le participe passé employé seul se comporte comme un adjectif qualifi- catif et s’accorde avec le mot auquel il se rapporte.4.Faites l’accord des participes: a) Des inspecteurs dévoué.dévoués.b) La direction éclairé.éclairée.c) Des cours de religion bien suivi.suivis.d) Deux fillettes bien éduqué .éduquées.5.Difficulté orthographique: ces, ses.a) Ces .est un adjectif démonstratif qui sert à indiquer les êtres dont on parle.b) Ses.est un adjectif possessif et marque la possession.6.Remplacez par ses ou ces: raisonnez votre choix.a) .bons inspecteurs accordent la pre- mière place au programme de religion .Ces b) Il visite notre école; .devoirs sont nombreux et importants.ses ANALYSE 5* année: Nous devons beaucoup de reconnaissance à nos inspecteurs parce qu’ils se dévouent pour nous.1.Combien y a-t-il de propositions dans cette phrase?.R y a deux propositions.2.Séparez les propositions et indiquez-en la nature.a) lieproposition: Nous devons de la recon- naissance à nos inspecteurs.Proposition principale.b) 2e proposition: parce qu’ils se dévouent pour nous.:.Proposition subordonnée, complément circonstanciel de devons.3.Trouvez la nature et la fonction de: a) Nous (lre prop.).Pron.pers., sujet de devons.b) nos.Adj.poss., se rapp.à inspecteurs.4.Analysez grammaticalement: a) reconnaissance.Nom corn., fém.sing., compl.direct de devons.b) inspecteurs.Nom com., masc.plur., compl.indirect de devons.c) nous (2e prop.).Pron.pers., lre pers.du masc.plur., compl.indirect de se dévouent.5.Donnez la nature du mot qui unit nous à se dévouent.La préposition pour.4e année: Des inspecteurs dévoués visitent nos écoles et ils contribuent largement à notre progrès.1.Combien y a-t-il de propositions dans cette phrase ?.Il y a deux propositions.2.Ecrivez la 2e proposition.ils contribuent largement à notre progrès.3.Indiquez les éléments de cette proposition.a) Sujet: ils b) Verbe: contribuent c) Comp.du verbe: 1er largement.2e progrès.4.Analysez grammaticalement les mots en italique: a) inspecteurs.Nom com., masc.plur., sujet de visitent. 780 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril b) dévoués.Part, adj., masc.plur., se rapp.à inspecteurs.c) contribuent.Verbe contribuer, 1er groupe, mode indic., temps prés., 3e pers.du plur., à cause de son sujet ils.d) notre.Adj.poss., rnasc.sing., se rapp.à progrès.DÏCTÉE Votre inspecteur Vous connaissez bien votre inspecteur qui vous rend visite au moins deux fois par année.Rece-vez-le avec joie.Il vous aime beaucoup.Son dévouement et sa compétence sont dignes des plus grands éloges.L’inspecteur d’écoles est le lien entre la commission scolaire et le surintendant.Ses devoirs sont nombreux et importants.Il fait passer des examens aux élèves, conseille et encourage les professeurs ; il examine les livres de la commission scolaire et veille à ce que les règlements soient bien observés.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Quel est le nom de votre inspecteur ?.Monsieur .2.Combien de fois vous rend-il visite au cours de l’année ?.Au moins deux fois par année.3.Comment devez-vous le recevoir ?.Avec joie.4.Vous aime-t-il ?.Il nous aime beaucoup.5.Que signifie le mot éloges ?.Louanges.6.Combien y a-t-il de commissaires d’écoles ?Us sont cinq et ils forment ce qu’on appelle la commission scolaire.7.Par qui sont engagés les professeurs ?.Par les commissaires d’écoles.8.Citez trois autres devoirs des commissaires.Bâtir et entretenir les écoles.Voir à ce que les règlements soient observés dans l’école.Percevoir des taxes pour faire face aux dépenses.9.Qui transmet les directives du surintendant au personnel enseignant et à la commission scolaire ?.Monsieur l’inspecteur.10.Qui renseigne le surintendant sur les acti- vités du personnel enseignant et de la commission scolaire ?.C’est l’inspecteur.11.Quels sont les devoirs de l’inspecteur?.Faire passer des examens aux élèves, etc.VOCABULAIRE Noms Adjectifs Verbes inspecteurs dévoués connaître joie grande recevoir éloges dignes être devoirs importants avoir règlements scolaires observer Exercices de vocabulaire: 1.Donnez le contraire de: a) connaissez.ignorez b) recevoir.donner c) moins.plus d) éloges.blâme, critique e) aime.hait, déteste 2.Formez un adjectif avec: a) année.annuel b) joie.joyeux c) dévouement.dévoué d) école.scolaire e) éloges.élogieux 3.Faites une phrase avec chacun des groupes de mots du vocabulaire.1er groupe: inspecteur, dévoué, connaître.Exemple: Je connais un inspecteur dévoué.GRAMMAIRE et ANALYSE 1.Ecrivez au féminin: a) inspecteur.inspectrice b) écolier.écolière c) nombreux.nombreuses d) digne.digne 2.Dites à quels temps sont les verbes: a) Recevez-le avec joie.impératif présent.b) Il fait passer des examens.indicatif présent, infinitif présent.c) Il conseille les professeurs.indicatif présent.3.Mettez au participe présent: a) connaître.connaissant b) faire.faisant c) encourager.encourageant d) recevoir.recevant 4.Ajoutez un complément direct: a) Vous connaissez .votre inspecteur.b) Il .aime beaucoup .vous ou nous.c) Il encourage.les professeurs.d) Il examine.les élèves.5.Faites la liste des attributs de la dictée; de quels mots sont-ils attributs: a) dignes .est attribut de dévouement et de compétence.b) lien.est attribut de inspecteur.c) nombreux.est attribut de devoirs.d) importants.est attribut de devoirs.e) observés.est attribut de règlements.6.Remplacez par le pronom possessif conve- nable: a) Tu connais mon inspecteur et moi je ne connais pas.le tien.b) Nous estimons notre inspecteur et vous aimez.le vôtre. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 781 c) J’ai ma promotion pour la 5e année; as-tu .pour la 6e année ?.la tienne d) Jean a couvert ses livres et Pierre a perdu.les siens.ANALYSE h'inspecteur d’écoles examine les élèves, conseille et encourage les professeurs.1.Combien de propositions dans cette phrase ?.II y a trois propositions.2.Pom-quoi ?.Parce qu’il y a trois verbes à un mode personnel.3.Indiquez-en la nature.Ce sont trois indépendantes.4.Trouvez la nature de a) 1’.art.déf.élidé.b) conseille.verbe conseiller.c) et.conjonction.5.Cherchez la fonction de: a) écoles.compl.déterminatif de inspecteur.b) professeurs.compl.direct de conseille et d’encourage.6.Analysez grammaticalement les mots en italique.RÉDACTION Écrivez à votre cousine qui demeure à Québec et racontez-lui la visite de monsieur l’Inspecteur.RÉCITATION Laisses venir à moi les petits enfants « Laissez venir à moi tous ces enfants candides » Disait le Maître un jour, « j’aime leurs cheveux [blonds, Laissez me regarder leurs prunelles limpides, Laissez mes mains de Dieu reposer sur leurs [fronts .Seigneur, votre désir a traversé les âges Et comme un trait de flamme est venu jusqu’à [nous: C’est le plus gracieux de tous vos héritages Et nous l’avons reçu, bon Maître, à deux [genoux ., .Ouvrir ces yeux d’enfants à vos yeux de lumière, Blesser ces jeunes cœurs de vos attraits divins, Vers vous, tendre ces bras pour la sainte prière Et pour vous adorer, leur joindre les deux [mains .CHANT O Notre-Dame des Ecoles Air: Gravier No 163 Refrain Vierge sainte, à ta lumière, Nous voulons sous ta bannière, Le cœur épris de ta beauté.De ta grandeur, de ta bonté, Recueillir tes douces^ paroles O Notre-Dame des Ecoles.— 1 — Près de ton cœur, ta famille pieuse Se réunit pour chanter tes bienfaits Pour son bonheur, ô Vierge radieuse, Que ton amour ne se lasse jamais.— 2 —- Des dons du ciel, noble dispensatrice Trésor de grâce, océan de vertus Astre brillant, douce illuminatrice Sur nos chemins, brille de plus en plus.SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Eveillons Vattention de nos élèves en exposant au tableau par ordre hiérarchique les photographies du surintendant, du secrétaire, de l’inspecteur, des commissaires d’écoles.(Vous trouverez dans “L’Enseignement primaire,’’ avril 1951, celles du surintendant et du secrétaire.) Vous constaterez comme le travail du mois sera de beaucoup simplifié.A défaut de portraits, vous pourrez utiliser avec profit le schéma suivant.Vous trouverez également dans “L’Enseignement primaire,” mars 194.8, une photographie de Sa Sainteté Pie XII.Faisons-nous une obligation de mettre à la place d'honneur la figure vénérée du chef de l’Église. 782 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril PRÉSENTATION DU TEXTE Bien chers éleves, A l’automne de 1949, notre surintendant actuel, M.Omer-Jules Désaulniers, se rendait à Rome, présenter au Saint-Père les hommages du personnel enseignant et des écoliers de la province de Québec, et lui exposer le fonctionnement de notre système scolaire.Après l’avoir écouté avec une paternelle sollicitude, Pie XII s’écrie: « C'est merveilleux .Il faut faire connaître un système d'éducation qui respecte à ce point les droits des parents en matière d'éducation )).Ces paroles tombées de la bouche de notre auguste Pontife ne pouvaient demeurer sans lendemain.Aussi, dès son retour, monsieur le Surintendant s’efforce de faire valoir chez nous d’abord, à l’étranger ensuite, les avantages que nous procure le système d’éducation de la province de Québec.En c-ette année du centenaire de l’inspection, il nous demande de faire une étude plus approfondie de ce système à nul autre pareil appels.A l’œuvre donc ! LECTURE PAR LE MAÎTRE TEXTE Organisation de l’inspectorat Il y a un siècle, l’inspection des écoles relevait du surintendant.En dépit de son activité et de tout son zèle, M.Jean-Baptiste Meilleur, premier surintendant de l’Instruction publique, ne pouvait pas suffire à cette tâche formidable.Il fut vite complètement débordé et réclama instamment de l’aide.Elle lui fut accordée par une loi du 18 août 1851 qui créait l’inspection des écoles dans la Province.Les premiers inspecteurs au nombre de 24 furent nommés le 2 mars 1852.Nous sommes donc cette année au premier centenaire de l’inspection des écoles.Nous comptons en 1952, 118 inspecteurs d’écoles catholiques.Au-dessus de votre inspecteur d’écoles il y a l’inspecteur régional.La province est divisée à cette fin en six grandes régions ayant chacune à leur tête un inspecteur régional qui dirige le travail d’une quinzaine d’inspecteurs ruraux.Nous en arrivons au chef de tous les inspecteurs d’écoles catholiques de la Province: l’Inspecteur général des écoles primaires catholiques qui est le bras droit du Surintendant de l’Instruction publique.C’est par l’Inspecteur général que monsieur le Surintendant atteint les inspecteurs d’écoles qui, eux, sont en contact immédiat avec les commissions scolaires et le personnel enseignant.Le surintendant est assisté de deux secrétaires, un catholique de langue française M.B.-O.Filteau et un protestant de langue anglaise M.W.P.Percival.Ils veillent sous sa direction, au contrôle général du Département de l’Instruction publique.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.De qui relevait autrefois la tâche de l’inspection des écoles ?.Elle relevait du surintendant.Nous ne saurions résister à de si pressants 2.Pourquoi l’inspection des écoles a-t-elle été organisée ?.Pour venir en aide au surintendant qui ne pouvait pas suffire à cette lourde tâche.3.Qui fut choisi comme premier surintendant de l’éducation ?.Le docteur Jean-Baptiste Meilleur.4.Quelle amélioration considérable apportait la loi du 18 août 1851 ?.Celle de l’inspectorat.5.Quand furent nommés les premiers inspec- teurs d’écoles ?.Le 2 mars 1852.6.Actuellement combien y a-t-il d’inspecteurs ?Il y a 118 inspecteurs d’écoles catholiques.7.Comment se nomme votre inspecteur d’éco- les ?8.Avez-vous un inspecteur régional ?Quel est son nom ?9.Combien y a-t-il d’inspecteurs régionaux ?.Il y a six inspecteurs régionaux.10.Qui est le chef de tous les inspecteurs de la Province ?.L’inspecteur général.11.Que fait le Surintendant pour renseigner les commissions scolaires sur les volontés du Comité catholique ?.C’est au moyen de l’inspecteur général et des inspecteurs d’écoles que le Surintendant se met en contact avec les commissions scolaires et les membres du personnel enseignant.12.Par qui est aidé le Surintendant ?.Il est aidé de deux secrétaires: a) un catholique et de langue française, M.B.-O.Filteau; b) l’autre, protestant et de langue anglaise, M.W.P.Percival.PHONÉTIQUE LL — devant ai, ei, eui, oei, oui, ils se prononcent mouillés comme ye: Meilleur, veiller, veilleur, veilleuse, cueillir, feuille, corbeille. 0.‘J.^DeSAUim cb $ Çi/iKinreupAnr o- : nef P u ^éc fie ta lise y Î3e?ARTemeTiT P e L.in STUucrioii ?uBnQite \ H.V/.'RFeKcivAl ^ctheTAÎ-R e FRA Jl C Al $ i AH 01 * 1 N/ KU.M.C 0 M M i S $ >eneRAc-Ai>joiNT Re o-l o N a l, Comme il sera assez difficile pour bon nombre de professeurs de collectionner les diverses photos mentionnées dans « Éveil de l’intérêt», nous avons cru bon de préparer un schéma.A notre point de vue, ce sera un excellent moyen de familiariser les élèves avec les rouages du Département et de la Commission scolaire.CO LAI Ke 784 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Deux TT’se prononcent généralement comme un T simple: cette, atteint, atteindre, attention, attachement, attitude.LECTURE PAR LES ÉLÈVES Lecture silencieuse.Lecture individuelle.VOCABULAIRE Noms Adjectifs besogne exagérée organisme merveilleux fonctionnaires nouveaux distances longues zèle inlassable Verbes déborder créer acquitter parcourir faire preuve 6.Que signifient les expressions suivantes: à) Il y a un siècle.il y a cent ans.6) Il y a un siècle qu’on ne vous a vu.il y a longtemps qu’on ne vous a vu.c) Dans tous les siècles des siècles.toujours.d) C’est son bras droit.personne de confiance.e) Recevoir à bras ouverts.accueillir avec joie./) Demeurer les bras croisés.ne rien faire.g) Avoir le bras long.avoir de l’influence.GRAMMAIRE Exercices de vocabulaire: 1.Ajoutez des synonymes à chacun des mots suivants: a) relever.dépendre de.b) en dépit.malgré.c) tâche.travail, mission, besogne.d) réclamer.demander, exiger, requérir.e) en contact.en relation, en rapport.2.Trouvez des mots de même famille: a) inspecteur.inspecter, inspection, inspectorat b) secrétaire.secrétairerie, secrétariat.c) veiller.veilleur, veilleuse.d) contrôle.contrôler, contrôlable, contrôleur.e) direction.directive, directoire, directeur, directorat, diriger.3.Remplacez par un mot du texte: a) grande activité inspirée par le dévoue- ment .zèle.b) avec instance.instamment.c) anniversaire d’un événement mémo- rable qui revient de cent ans en cent ans.centenaire.d) dans ce but.à cette fin.e) celui qui est à la tête, qui a l’autorité, la direction.chef./) qui est au premier degré en commençant .école primaire.4.Remplacez les points par un homonyme: faim, fin (nom), fin (adjectif), feint.En toute chose, considérez la .J’ai .; vous qui passez, daignez me secourir.Bien .sera celui qui pourra débrouiller la vérité au milieu de tant d’erreurs.Il .d’ignorer tout.5.Trouvez un contraire ou antonyme: d) organisation.désorganisation b) activité.nonchalance c) zèle .négligence d) complètement.incomplètement 6e et 7e années : 1.Conjuguez (2e pers.sing, et plur.) au présent, au passé, au futur, au conditionnel, à l’impératif et au subjonctif présents: atteindre son but.2.Ecrivez à l’imparfait et au passé simple: Diriger le travail d'une équipe.3.Rendez compte de l’accord des participes: a) elle lui ful accordée.part.pas.conj.avec l’auxiliaire être s’accorde avec elle mis pour aide, fém.singulier.6) la Province est divisée.part.pas.conj.avec l’auxiliaire être s’accorde avec Province, fém.singulier.c) est assisté.part.pas.conj.avec l’auxiliaire être s’accorde avec surintendant, masc.singulier.4.a) Dites à quelle forme est le verbe: elle lui fut accordée par une loi du 18 août 1851.forme passive.b) En quoi consiste la forme passive ?.A la forme passive, le sujet souffre ou subit l’action exprimée par le verbe.c) Complétez la phrase: Le verbe employé à la forme passive peut toujours être suivi de l’expression.par quelqu’un ou par quelque chose.d) Indiquez à quel temps est le verbe: elle lui fut accordée.passé simple.e) Comment se conjugue le verbe à la forme passive.Pour mettre un verbe à la forme passive, on conjugue l’auxiliaire être au temps demandé et on y ajoute le participe passé du verbe à employer./) De quel mot le pronom elle tient-il la place ?.aide.g) que signifie ce mot ?.secours, assistance.5.Justifiez l’orthographe des noms propres dans: 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 785 Nous saluons en vous, monsieur le Surintendant, le digne successeur des Meilleur, des Chauveau, des Ouimet.Les noms propres ne varient pas quand ils désignent les personnes mêmes qui ont porté ces noms.ANALYSE 6e et 7e années : Souvenons-nous que la fondation d’écoles fut une préoccupation constante de nos ancêtres durant tout le régime français.1.Séparez les propositions, indiquez-en la nature et la fonction.?) ite proposition: Souvenons-nous.Principale.?) 2e proposition: que la fondation d’écoles fut une préoccupation constante de nos ancêtres durant tout le régime français.Sub.compl.ind.de souvenons-nous.2.Donnez la fonction des mots: a) fondation.Suj.de fut.b) écoles.Compl.de fondation.c) préoccupation .Attr.de fondation.d) ancêtres .Compl.de préoccupation.3.Indiquez: la forme, le groupe, le mode, le temps, la personne, le nombre.souvenons-nous.pronominale, 3e groupe, impér.prés.lre du pluriel.4.Analysez grammaticalement: a) constante.adj.quai., fém.sing., se rapp.à préoccupation.b) nos .adj.poss., masc.plur., se rapp.à ancêtres.c) relevez une conjonction et deux pré- positions .que, de, durant.5.Composez une phrase renfermant une pro- position principale et une subordonnée, complément circonstanciel.EXERCICES GRAMMATICAUX Jean-Baptiste Meilleur Cet apôtre de l’instruction dans la province de Québec naquit à Saint-Laurent, près Montréal, le 9 mai 1806 et fit son cours classique au collège de Montréal.Appelé en 1842, au poste de premier surintendant de l’Instruction publique du Bas-Canada, pendant onze ans, il travailla activement à 1 organisation de ce nouveau service, établit quarante-cinq collèges, académies ou écoles, et fut le promoteur de l’enseignement normal.Il mourut le 6 décembre 1878, âgé de quatre-vingt-deux ans, après une vie bien remplie et vouée aux œuvres sociales.Il était porteur de beaux titres honorifiques, et membre de trente sociétés savantes.D'après Gérard Malchelosse.1.Relevez les verbes en indiquant le mode, le temps, la personne et le nombre.2.Ecrivez les adjectifs possessifs, démonstra- tifs et qualificatifs.3.Rendez compte de l’orthographe des mots en italique.4.Dressez la liste des prépositions contenues dans le texte: faites-les accompagner des mots dont elles marquent le rapport.5.Trouvez les conjonctions et indiquez les mots qu’elles unissent.DICTÉE Le rôle des inspecteurs Les intermédiaires entre le Département de l’Instruction publique et les commissions scolaires sont les inspecteurs d’écoles.Les règlements leur tracent une besogne considérable et importante.Ils doivent visiter les écoles deux fois par année afin de s’assurer si elles sont bien tenues et si les élèves y font des progrès.Ils doivent faire rapport de leurs constatations aux commissions scolaires et leur transmettre les recommandations du Département.Il est aussi du devoir des inspecteurs de donner chaque année une conférence pédagogique au personnel enseignant.Ils doivent, en plus, examiner les régistres des commissions scolaires, et veiller à ce que la loi et les règlements soient observés.Le Département compte sur eux pour être renseigné sur les activités du personnel enseignant et des commissions scolaires.Il y a actuellement dans la Province 118 inspecteurs d’écoles catholiques.L’inspecteur général actuel est monsieur Michel Savard, ses adjoints sont messieurs Wilfrid Caron et Donat Lapointe.Honneur et reconnaissance à ces vaillants apôtres de l’éducation qui, sous l’habile et sage direction du Surintendant actuel monsieur Omer-Jules Désaulniers, se dépensent sans compter afin que vous retiriez de l’école que vous fréquentez la meilleure éducation possible.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Qui sont les agents de liaison entre le Dépar- tement de l’Instruction publique et les commissions scolaires ?.Ce sont les inspecteurs d’écoles qui servent d’intermédiaires entre ces deux organismes.2.Énumérez les principales fonctions des ins- pecteurs d’écoles ?.Ils doivent visiter les écoles deux fois par année, faire rapport de leurs constatations aux commissions scolaires et leur transmettre les recommandations du Département, donner une conférence pédagogique au personnel enseignant, examiner les régistres des écoles et des commissions scolaires, voir à ce que la loi et les règlements soient observés, renseigner le Département de l’Instruction publique sur les commissions scolaires et le personnel enseignant. 786 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril 3.Quel est le nom de l’Inspecteur général ?.M.Michel Savard.4.Quels sont ses adjoints ?.Les deux inspecteurs généraux adjoints sont: MM.J.-Wilfrid Caron et Donat Lapointe.5.Comment se nomme notre Surintendant actuel ?.Monsieur Orner-Jules Désaulniers.6.Pourquoi ces apôtres de l’éducation ont-ils droit à votre reconnaissance ?.Parce qu’ils travaillent sans relâche à faire des enfants qui fréquentent les écoles de bons citoyens et de parfaits chrétiens.Exercices de vocabulaire: 1.Remplacez par un mot ou une expression du texte.a) qui est entre deux, personne qui inter- vient .intermédiaire.b) se procurer la certitude .s’assurer.c) compte rendu.faire rapport.d) vérifications.constatations.e) faire parvenir.transmettre./) avis, conseils .recommandations.g) prendre garde à.veiller à.h) avoir confiance en quelqu’un.compter sur quelqu’un.i) aide.adjoint.2.Trouvez quelques verbes et quelques adjec- tifs qui peuvent être employés avec: ?) Intermédiaire.Servir d’intermédiaire, s’offrir comme intermédiaire; sûr, bienveillant, bénévole, intéressé.?) Constatations.Faire des constatations, procéder à des constatations; surprenantes, curieuses.c) Activité.Montrer, déployer, marquer de l’activité; intense, inlassable, fébrile, débordante.d) Règlement.Suivre, observer, établir, tracer, imposer, violer, enfreindre un règlement; Fixe, sévère, rigide.e) Inspecteur.Inspecter, examiner, interroger; honoraire, minutieux, sévère, indulgent, général.3.Donnez le contraire de: a) Considérable.insignifiant, médiocre.b) Ajoutez un préfixe à veiller.surveiller.4.Ecrivez quelques mots de même famille.a) Progrès.progresser, progressif, progressivement, progression, progressiste.b) Régistre.enrégistrement, enrégistreur, enregistrer.GRAMMAIRE 6e et 7e années: 1.Ecrivez au présent, à l’imparfait, au futur simple: Tracer une ligne de conduite.2.Justifiez l’accord des participes.?) sont tenues.part, pas., conj.avec l’auxiliaire être, s’accorde avec elles, fém.pluriel.?) soient observés.part, pas., conj.avec l’auxiliaire être, s’accorde avec règlements, masc.pluriel.c) être renseigné.part, pas., conj.avec l’auxiliaire être s’accorde avec Département, masc.singulier.3.Les règlements leur tracent une besogne considérable et importante.a) dites si leur est employé comme adjectif possessif ou pronom personnel.pronom personnel.b) quelle différence y a-t-il entre leur adjectif possessif et leur pronom personnel .L’adjectif possessif « leur » accompagne un nom et il se rapporte à ce nom tandis que le pronom personnel (( leur )) accompagne un verbe et il est toujours invariable.4.Doivent visiter, doivent examiner, doivent veiller.Quelle remarque faites-vous seules verbes en italique.Lorsque deux verbes se suivent, le deuxième verbe se met toujours à l’infinitif.5.a) Relevez deux verbes à la forme imper- sonnelle .Il « est » aussi du devoir .Il y «a » actuellement.6) Construisez une phrase avec les verbes impersonnels suivants: il faut, il est juste, il est vrai.7® année : 6.a) Choisissez la bonne réponse: Des bonnes œuvres, il en a faites beaucoup ou il en a fait beaucoup.il en a fait.b) Le pronom en peut-il être en certaines occasions complément direct ?.Jamais.c) Rendez compte de l’accord : Quand le participe passé n’a pas avant lui un autre complément que en.il reste invariable.ANALYSE 6e et 7® années : Vos inspecteurs travaillent sans relâche afin que vous deveniez de bons citoyens et de parfaits chrétiens. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 787 1.Séparez les propositions et indiquez-en la nature et la fonction.a) Vos inspecteurs travaillent sans relâche .Principale.b) afin que vous deveniez de bons citoyens et de parfaits chrétiens.Subordonnée, complément circonstanciel de but de travaillent.2.Quels sont les éléments de la 2e proposition.Sujet: Vous Verbe: deveniez.Attr.du sujet: citoyens et chrétiens.3.Donnez la nature de a) relâche.compl.cire, de travaillent.b) afin que.loc.conj.4.Analysez grammaticalement a) vos.adj.poss., masc.plur., se rapp.à inspecteurs.b) sans .prép.unit relâche à travaillent.c) vous.pron.pers., 2e pers.du masc.plur., suj.de deveniez.d) parfaits.adj.quai., masc.plur., se rapp.à chrétiens.5.Indiquez le mode, le temps, la personne, le nombre : a) travaillent.ind.prés., 3e pers.du pluriel.b) deveniez.subj.prés* 2e pers.du pluriel.7* année: Construisez une phrase renfermant une prop, princ., une sub.compl.dét.et une sub.compl.cire.EXERCICES GRAMMATICAUX L’inspectorat, un des avantages de la loi de 1851 Avec la loi de 1851, apparaissent donc les inspecteurs d’écoles, fonclionnaires de l’Etat, envoyés à la rescousse du Surintendant, débordé par de nombreux tracas.Leur tâche n’est pas petite, comparaison faite de leur salaire à l’étendue de leur district.Quelques-uns auront des distances considérables à parcourir.En l’absence de voies ferrées et de bonnes routes, l’inspecteur d’écoles devra joindre à beaucoup d’endurance, les jambes solides d’un voyageur de carrière.Son travail n’en sera pas moins généreux et fécond.Désormais les impulsions de la surintendance se feront sentir sur tous les points.Surveillés, encouragés, les maîtres s’acquitteront mieux de leurs fonctions; les commissaires se sentiront aidés, stimulés; les statistiques scolaires perfectionnées, épurées, révéleront l’état réel de l’instruction publique.D’après l’abbé L.Groulx.Dressez une liste : 1.des verbes avec leurs sujets.2.des adjectifs qualificatifs avec les mots auxquels ils se rapportent.3.des participes adjectifs avec les mots aux- quels ils se rapportent.4.les adjectifs possessifs.5.les prépositions.6.les conjonctions.RÉDACTION 1.Ecrivez à votre maman pour lui apprendre que vous avez obtenu un prix lors de la visite de monsieur l’inspecteur.2.De tous vos travaux à l’école, quel est celui que vous préférez ?Pour quelles raisons ?3.Par un travail sans relâche, un homme peut devenir savant.Supposez un enfant intelligent qui, par un travail assidu acquiert tous des jours de nouvelles connaissances; quel savoir étendu possédera-t-il déjà au bout de cinq à six ans ! Si, devenu homme il choisit pour matière d’études une branche spéciale des sciences humaines; s’il l’approfondit chaque jour davantage, ne pourra-t-il pas atteindre des résultats surprenants ?RÉCITATION Enseigner ! .Enseigner, c’est prier ! sur des lèvres sans vie C’est mettre une parole et des accents de.feu, A toute âme aux abois par l’enfer poursuivie, C’est montrer le refuge au sein même de Dieu .C’est peindre qu’enseigner ! sur une toile obscure C’est jeter en priant des teintes du ciel bleu, Ébaucher l’idéal qu’entrevoit l’âme pure: La toile, c’est l’enfant, et l’idéal, c’est Dieu .Enseigner, c’est chanter : toute âme est une lyre.Enseigner c’est toucher harmonieusement Cette lyre immortelle et c’est lui faire dire Le chant de son devoir, le chant du dévouement.CHANT Les petits enfants Au delà du Jourdain, en pays de Judée.Sous les lauriers en fleurs et les oliviers verts, Jésus laisse tomber la parole et l’idée Qui transformeront l’univers.Assis autour de Lui, le peuple fait silence.Il en vient de la mer, de la plaine et des monts, Quittant foyer, époux, femme, chacun s’élance Et dit: « C’est lui que nous aimons 1 Les disciples faisaient de leurs bras des murailles Pour contenir le flot sans cesse grandissant, Exerçant de faibles représailles, Quand il devenait trop pressant. 788 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Et le Christ leur disait, dans sa bonté suprême, Promenant autour d’eux son regard plein d’azur: « Laissez venir à moi les petits enfants ! J’aime leur front rose et leur cœur si pur.Hommes, soyez comme eux; ayez une âme belle, Exempte de l’envie et des soucis jaloux.Candide, aimante et bonne, à la haine rebelle; Dieu mon Père, sera pour vous ! (bis) Cecil.Chaminade.HUITIEME et NEUVIEME ANNEES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Pour amorcer la leçon, procurons-nous des cartes géographiques (cartes de touristes de préférence), lesquelles illustreront les diverses routes de la lointaine et merveilleuse Gaspésie.Les élèves y trouveront une attraction particulière.Expliquons-leur qu'il y a cent ans, les chemins étaient impraticables dans cette région à peine colonisée ., .Que de peines, que de souffrances endurées par les maîtres et les maîtresses d'école et plus particulièrement par messieurs les inspecteurs à cette époque ! Le texte le leur dira.PRÉSENTATION DU TEXTE Rien chers élèves.N’est-ce pas que le cœur fait « toc, toc )) quand vous entendez dire: « Monsieur l’Inspecteur visitera notre école aujourd'hui .ou demain ».?« Que va-t-il nous demander ».font les timides, en roulant des yeux inquiets — (( Je ne comprends pas mes problèmes, je sème mes dictées de fautes d'orthographe », gémissent les autres .— Vous avez tort de vous tourmenter ainsi .Monsieur l’Inspecteur est le plus grand ami des enfants.Il s’intéresse aussi à vos maîtres ou à vos maîtresses.Sa délicatesse, sa compréhension, solutionnent nombre de petits problèmes écoliers.Il faut avoir confiance en cet éducateur d’élite, qui est papa, tout comme le vôtre; qui a dans son foyer des garçonnets et des fillettes, peut-être de votre âge .Il faut considérer comme un grand ami, cet homme, qui comprend vos légères déficiences et dont les visites annuelles sont un si grand réconfort pour ceux et celles qui savent les apprécier.TEXTE Les difficultés de l’inspection des écoles en 1852 Nommés le 2 mars 1852, les inspecteurs se mirent à la besogne dès que le Surintendant leur eut adressé ses instructions et les formules nécessaires.De nombreuses difficultés se présentèrent immédiatement.Les conditions géographiques étaient des plus défavorables; à peu près pas de chemins de fer, peu de routes et encore, à peine carrossables.L’inspecteur devait compter surtout sur ses jambes qu’il devait avoir solides comme celles d’un voyageur de carrière.Cette première visite débutant avec la venue du printemps, qui entravait énormément les communications, devait être très pénible et plusieurs inspecteurs ne manquèrent pas de le signaler.Cette difficulté des voyages devait persister durant de longues années.Dans un voyage daté de 1859, l’inspecteur, Auguste Bé- chard, de la Gaspésie, décrivait de façon pittoresque les difficultés qui étaient son partage.« Je n’hésite pas à dire que, sous tous les rapports, ce district est un de ceux qui présentent les plus grandes difficultés.D’abord, son circuit de près de 80 lieues, est loin d’offrir au voyageur des voies de communications faciles; le tiers de cette étendue n’offre même pas de chemins d’aucune espèce, et celui qui est obligé d’aller par terre de la Rivière-au-Renard au Cap-Chatte (Cap-Chat), n’a d’autre voie à suivre que le bord du rivage, ayant à certains endroits sept ou huit lieues à parcourir sans aucune habitation.Armé d’un bâton et portant sur ses épaules le sac de voyage, l’inspecteur en tournée marche sur les cailloux ronds et rendus glissants, par les algues limoneuses que la mer y dépose.Plus loin, il quitte les cailloux où il a failli plusieurs fois se rompre les membres, mais c’est pour cheminer péniblement et lentement sur un sable mouvant dans lequel il enfonce jusqu’à la cheville.Puis, quand la fatigue fait ruisseler la 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 789 sueur sur son front, il lui faut traverser, quelquefois à l’eau jusqu’à la ceinture, quelques-uns des nombreux tributaires du grand fleuve.Il a’a pas à hésiter; il faut qu’il se hâte, car le soleil baisse à l’horizon et il y a encore plusieurs lieues à faire, pour atteindre la pauvre cabane d’un pêcheur, où il compte trouver un gîte.Souvent même, il n’a pas cette ressource; il lui faut coucher blotti sous un tronc d’arbre, ayant sa sacoche pour tout oreiller .Dans l’autre partie de mon district d’inspection, il y a bien un chemin dû à la munificence du gouvernement, mais tellement interrompu par les rivières, des bras de rivières et des montagnes, qu’en certains temps de l’année il n’y a pas d’autre moyen de voyager qu’à pied.)) MM.Gérard Filteau et Lionel Allard.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.En quelle année furent nommés les premiers inspecteurs d’écoles ?.Ils furent nommés le 2 mars 1852 par monsieur le docteur Jean-Baptiste Meilleur, premier surintendant de l’Instruction publique, dans la province de Québec.2.Quelles étaient les principales difficultés inhé- rentes à ces temps lointains ?.Des conditions géographiques défavorables, à peu près pas de chemins de fer, peu de routes, à peine carrossables.3.Sur quoi l'inspecteur devait-il surtout comp- ter ?.L’inspecteur devait compter surtout sur ses jambes, qu’il devait avoir solides comme celles d’un voyageur de carrière.4.A quelle époque la première visite avait-elle généralement heu ?.Cette première visite débutait avec la venue du printemps, époque des dégels, du gonflement des rivières, des débâcles, etc.5.Ces difficultés durèrent-elles longtemps?.A cause de la situation particulière de certaines régions, de la Province, ees difficultés persistèrent longtemps.6.Que disait l’inspecteur Auguste Béchard en parlant de la Gaspésie ?.En parlant des 80 lieues de son district d’inspection, il disait que la seule voie à suivre en Gaspésie-Nord était le bord du rivage, ayant parfois sept ou huit lieues à parcourir sans trouver d’habitation.7.Cette assertion était-elle exagérée ?.Nullement .En cet endroit charmant de la Province, la colonisation se fit très lentement, justement à cause de la difficulté des routes.8.Racontez un voyage en cette contrée, il y a cent ans.Armé d’un bâton, et portant sur ses épaules le sac de voyage, l’inspecteur en tournée marche sur les cailloux ronds et rendus glissants par les algues limoneuses que la mer y dépose.9.Où doit-il encore cheminer parfois ?.Parfois, il doit cheminer sur un sable mouvant dans lequel il enfonce jusqu’à la cheville.D’autres fois, tout en sueur, il traverse à l’eau jusqu’à la ceinture, quelques-uns des nombreux tributaires du grand fleuve.10.Qu’arriveraif,-il, s’il hésitait à employer ce moyen P.Il risquerait de coucher sous un tronc d’arbre, n’ayant qu’une sacoche pour tout oreiller.11.Le trajet était-il plus agréable du côté sud de la péninsule ?.Gaspé-Sud possédait bien un chemin dû à la munificence du gouvernement, mais il était tellement interrompu par les rivières, les bras de rivières et les montagnes, qu’en certains temps de l’année, il n’y a pas d’autre moyen de voyager qu’à pied.12.Quelle surprise éprouverait M.l’inspecteur Auguste Béchard, s’il lui était donné de revenir sur la terre ?.Il retrouverait les monts sauvages de la Gaspésie, ses rivières et ses paysages agrestes .Mais, par un miracle de la colonisation, il pourrait, confortablement assis dans son auto, faire le tour de la péninsule.Une route magnifique longe le littoral du fleuve où se mirent de coquets villages.Au sommet du « Pic de l’Aurore )), une hôtellerie sélecte, reçoit les voyageurs, les touristes et tous les amis de l’art.13.Quelles merveilles peut-on admirer encore ?De beaux ponts permettent de traverser sans danger les rivières meurtrières de jadis.La vie la plus intense transforme ces lieux en une ruche où, affluent les amateurs de la belle nature gaspésienne.14.Dites un mot des auteurs de ce texte.M.Gérard Filteau, inspecteur d’écoles primaires dans les villes de Shawini-gan et de Grand’Mère, est en même temps un historien érudit.Sa science, son souci de l’exactitude, en font un auteur très distingué, dont nous avons le droit et le devoir d’être fiers.M.Lionel Allard, aussi inspecteur d’écoles, est comme son distingué confrère, M.Gérard Filteau, unTiisto-rien de talent.15.Quelle leçon doit-on dégager de ce texte ?.Nous devons admirer la générosité des premiers inspecteurs, véritables pionniers de la cause de l’éducation dans notre Province.Sans leur esprit de sacrifice, et l’énergie de leur conduite y aurait-il autant de lettrés chez nous ?Il est permis d’en douter. 790 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril LECTURE PAR LES ÉLÈVES Lecture silencieuse.Lecture individuelle.GRAMMAIRE et ANALYSE Le verbe: 1.a) Le verbe unipersonnel.Exemple: Il lui faut coucher, blotti sous un tronc d’arbre.Faut: verbe unipersonnel ou impersonnel, ne s’emploie qu’à la troisième personne du singulier de chaque temps.b) Pendant ses randonnées, qu’il pleuve ou qu’il vente, le vaillant inspecteur, ne se décourage jamais et poursuit héroïquement son chemin.Pleuvoir, venter: sont deux verbes impersonnels et ne s’emploient qu’à la troisième personne du singulier.c) Il paraît qu’il s'est fait de grands chan- gements, dans la péninsule gaspé-sienne, depuis un demi-siècle.Un grand nombre de verbes transitifs, intransitifs, passifs, réfléchis, peuvent être employés accidentellement comme unipersonnels.Ainsi, paraître et faire, sont ici verbes accidentellement unipersonnels à cause de la tournure de la phrase.Exemple: Il a été écrit bien des histoires comiques concernant les réponses des élèves.A été écrit est ici employé à la forme unipersonnelle.Parce qu’il ne peut jamais se conjuguer sans un pronom complément, le verbe se repentir est dit essentiellement réfléchi.Parfois, le verbe pronominal est transitif, c’est quand il a un complément direct.Exemple: Il se blessa en marchant.se est complément direct de blessa.4.a) Quelques adverbes.Recherchons d’abord ceux du texte.Nous y joindrons encore les locutions adverbiales.Immédiatement.adverbe de temps, se rapp.à se présentèrent.A peu près.-.locution adverbiale, se rapp.à il n’y avait (s.-entendu).Peu.adverbe de quantité, se rapp.à avait (sous-ent.).Énormément.adverbe de manière, se rapp.à entravait.Ne pas.locution adv.de négation, se rapp.à manquèrent.Plus loin.loc.adv.de lieu, se rapp.à quitte.Tellement.adv.de manière, se rapp.à interrompu.A pied.loc.adv., se rapp.à voyager.Corrigeons notre langage en employant quelques adverbes de façon convenable.2.Participes passés des verbes impersonnels.Exemple: Les chaleurs qu’il a fait ont éprouvé sa forte constitution.Le participe passé des verbes unipersonnels est toujours invariable, parce que ces verbes n’ont pas de complément direct.3.Verbe pronominal.a) Recherchons dans le texte les verbes pronominaux: Les inspecteurs se mirent à la besogne; de nombreuses difficultés se présentèrent; il faut qu’il se hâte.Redisons la règle grammaticale: Le verbe réfléchi ou pronominal est celui dont le sujet et le complément désignent le même être.Exemple: Les inspecteurs se mirent à la besogne.Inspecteurs: sujet du verbe; se, pronom personnel, mis pour inspecteurs, est complément direct du verbe mirent.Il en est de même pour les deux autres phrases citées plus haut.b) En voyant leurs efforts couronnés de succès, les pionniers de l’instruction primaire ne se sont pas repentis de leurs efforts.b) Ne disons pas: A l'entour de ce village Auparavant qu’il entreprenne ce voyage Mais disons: Autour de ce village Avant qu’il entreprenne ce voyage Alentour, auparavant, rejettent toute espèce de compléments.Ason arrivée Aussitôt après son arrivée Aussitôt son diner Aussitôt après son dîner parce que aussitôt ne doit pas s’employer comme préposition.Cependant cet adverbe peut s'employer devant un nom dans une proposition absolue.5.Ponctuation.A l’aide du texte, formons des phrases interrogatives et exclamatives.Termi-nons-en quelques-unes par des points de suspension.a) Cette difficulté des voyages, devait-elle persister durant de longues années ?b) Quelle peine de cheminer lentement sur un sable mouvant dans lequel il enfonce jusqu’à la cheville 1 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 793 e) La fatigue fait-elle ruisseler son front de sueur P d) Il lui faut coucher, blotti sous un tronc d’arbre, ayant sa sacoche pour tout oreiller .! 6.Conjugaison.Verbes impersonnels: neiger, pleuvoir, geler, tonner.Tous ces phénomènes de la nature sont connus des élèves; mais profitons de cette conjugaison pour leur en donner une idée qui éveille une image dans leur esprit.La conjugaison deviendra moins routinière et partant, plus intéressante.Eau congelée qui retombe en flocons blancs et légers .neige.Quand un nuage se refroidit au-dessous de zéro, les fines gouttelettes qui la constituent peuvent se congeler et tombent sur le sol sous forme de neige.Si l’air est agité, la neige tombe en flocons irréguliers; mais s’il est calme, c’est sous forme d’étoiles à six rayons .N.P.— Suivre la même marche pour les autres verbes.a) Mode indicatif.Présent: Il neige, il pleut, il gèle, il grêle, il tonne.Tous ces phénomènes prouvent la puissance de Dieu.Imparfait: Il neigeait, il pleuvait, il gelait, il grêlait, il tonnait.Passé défini: II neigea, il plut, il gela, il grêla, il tonna.Passé indéfini: Il a neigé, il a plu, il a gelé, il a grêlé, il a tonné.Passé antérieur: Il eut neigé, il eut plu, il eut gelé, il eut grêlé, il eut tonné.Plus-que-parfait: Il avait neigé, il avait plu, il avait gelé, il avait grêlé, il avait tonné.Futur: Il neigera, il pleuvra, il gèlera, il grêlera, il tonnera.Futur antérieur: Il aura neigé, il aura plu, il aura gelé, il aura grêlé, il aura tonné.Conditionnel: Il neigerait, il pleuvrait, il gèlerait, il grêlerait, il tonnerait.Passé Informe: Il aurait neigé, il aurait plu, il aurait gelé, il aurait grêlé, il aurait tonné.Passé, 2e forme: Il eut neigé, il eut plu, il eut gelé, il eut grêlé, il eut tonné.Subjonctif présent: Qu’il neige, qu’il pleuve, qu’il gèle, qu’il grêle, qu’il tonne.Imparfait du subjonctif: Qu’il neigeât, qu’il plût, qu’il gelât, qu’il grêlât, qu’il tonnât.Passé: Qu’il ait neigé, qu’il ait plu, qu’il ait gelé, qu’il ait grêlé, qu’il ait tonné.Plus-que-parfait: Qu’il eût neigé, qu’il eût plu, qu’il eût gelé, qu’il eût grêlé, qu’il eût tonné.b) Autres exercices de conjugaison.Refaire cet exercice à la forme interrogative ou négative-interrogative.Exemple: Neige-t-il ?pleut-il ?gèle-t-il ?grêle-t-il ?tonne-t-il ?Ne neige-t-il pas ?ne pleut-il pas ?ne gèle-t-il pas ?ne grêle-t-il pas ?ne tonne-t-il pas ?etc.ANALYSE GRAMMATICALE Les inspecteurs se mirent à la besogne, dès que le Surintendant leur eut adressé ses instructions.a) se mirent.Verbe trans., forme pron., 3* groupe, ind.passé déf., 3e per», du pluriel.b) eut adressé .•.Verbe trans., forme active, 1er groupe, ind.pas.ant., 3e pers.du singulier.c) se présentèrent.Verbe intr.ace.forme pron., 1er groupe, pas.déf., 3e pers.du pluriel.ANALYSE LOGIQUE 1.Le soleil baisse à l’horizon .Quoi, pauvre inspecteur, dormir sous un tronc d’arbre, dans cet endroit désert !.Deux propositions dans cette phrase.a) Pe proposition: Le soleil baisse à l’ho- rizon .Proposition indépendante.Sujet: soleil.Verbe: baisse.Compl.cire, de lieu: â l’horizon.b) 2* proposition: Quoi, pauvre inspecteur, dormir sous un tronc d’arbre, dans cet endroit désert !.Proposition infinitive indépendante.Sujet: inspecteur, complété par pauvre.Verbe: dormir.Compl.cire, de lieu: sous un trône d’arbre, dans cet endroit désert.2.Ce vaillant pionnier de l’éducation, se décou- rager î Cela ne se peut pas.Deux propositions dans cette phrase, a) fre proposition: Ce vaillant pionnier de l’éducation, se décourager !.Proposition infinitive indépendante.Sujet: pionnier.Compl.du sujet: éducation.Verbe: se décourager.Compl.dir.: se.b) 2e proposition: Cela ne se peut pas., .Proposition indépendante.Sujet: cela.Verbe: peut.Compl.mod.ne pas. 792 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril EXERCICE ORTHOGRAPHIQUE Influence bienfaisante des inspecteurs d’écoles Lancés dans bien des localités, au milieu d'hommes préjugés et agités, que des intérêts divers mettaient en conflit et en opposition les uns aux autres et à la loi, les inspecteurs ont cru devoir désigner les personnes et les choses par leurs noms respectifs, et en parler quelquefois avec cette liberté que l’intérêt de l’éducation demandait.Sincères et dévoués à la cause dont ils sont chargés de promouvoir les intérêts, ces fonctionnaires ont senti le besoin de cette liberté et ils en ont fait usage.De mon côté, j’ai dû agir de la même manière et pour les mêmes fins.Souvent même, il n’y avait pas eu moyen de s’entendre sans cela, ni d’opérer le bien qu’on attendait de leur administration, car les inspecteurs ont eu parfois une opposition personnelle à combattre, et ont rencontré des influences opposées au fonctionnement de la loi d’éducation très difficile à vaincre.M.J.-B.Meicleub, Ier Surintendant de V Instruction publique.IV.B.— Justifier l’orthographe des participes en italique.VOCABULAIRE 1.Le contraire de difficulté.facilité.Deux mots de la même famille.difficile, difficilement.Les contraires ou antonymes de difficile.facile, aisé.Les contraires ou antonymes de l’adverbe.facilement, aisément.Ce qui ne se fait qu’avec peine est.difficile.Ce qui rend une chose difficile, ce sont les.difficultés.2.Agent de divers services publics chargés de certaines fonctions de surveillance et de contrôle.inspecteur.Dans le texte, puisqu’il s’agit d’éducation, on parle des inspecteurs d’écoles.Quand il s’agit de la fonction d’inspecteur, ou de l’action d’examiner, c’est.l’inspection.La charge d’inspecteur, la durée de cette charge.l’inspectorat.3.Les bords d’un fleuve, d’un étang, d’un lac .rives.Cours d’eau naturel qui se jette dans un autre cours d’eau.rivière.Les rives d’im cours d’eau, d’un lac, le bord de la mer.rivage.4.Le nom générique des pierres de petites dimensions.cailloux.Action de caillouter les routes.cailloutage.Un chemin rempli de cailloux.caillouteux.Un amas de petits cailloux concassés pour l’entretien d’une route.Un ouvrage fait avec ces cailloux.cailloutis.5.La plante qui vit à la surface ou au fond des eaux douces ou salées est mie.algue.DICTÉE Les curés et les inspecteurs d’écoles Suivant en cela les exemples et les instructions du Surintendant, les inspecteurs invitent les curés et les commissaires à les accompagner aux écoles.L’invitation obtient souvent une réponse empressée, parfois un simple effet de curiosité.Dans de nombreux cas, cependant, les invités se dérobent.Il faut les relancer.Les curés et les pasteurs, presque sans exception, acceptent de coopérer de tout cœur et insistent pour se faire les hôtes bénévoles des inspectems.Dès le début naquit cette tradition qui devait se prolonger si longtemps, voulant que l’inspecteur ait toujoms sa chainbre prête au presbytère, ainsi que sa place réservée à la table du curé.Presque tous les inspectems se piment à rendre hommage au clergé pour sa généreuse collaboration.L’un d’eux écrivait: (( L'aide bienveillante que je reçois des curés des paroisses que je parcours, a contribué à me rendre moins pénible l’exercice de ma charge ».Presque tous les rapports contiennent des paroles analogues.MM.Gérard Filteau et Lionel Allard.QUESTIONS D’INTELLIGENCE 1.Que firent messiems les inspecteurs d’écoles pour intéresser tout le monde à la cause de l’éducation?.Suivant les exemples et les instructions du Surintendant, messieurs les inspecteurs invitèrent les curés et les commissaires à les accompagner dans les écoles.2.L’invitation fut-elle bien accueillie ?.L’invitation obtint souvent une réponse t mpressée.3.Que faisaient les invités dans certains cas?Ils trouvaient des prétextes pour s’exempter de ce qu’ils considéraient comme une corvée.4.Les curés et les pasterns agirent-ils de cette manière ?.Bien au contraire, ils acceptèrent de coopérer de tout cœur et insistèrent pour se faire les hôtes bénévoles des inspecteurs.5.Comment les curés de campagne traitaient- ils les inspectems ?.L’inspecteur avait toujours sa chambre prête au presbytère ainsi que sa place réservée à la table du curé.6.Les inspectems s’en montraient-ils recon- naissants ?.Oui, presque tous les inspecteurs se plurent à rendre hommage au clergé pour sa généreuse collaboration. 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 793 7.Que pouvait écrire l’un d’eux ?._.« L’aide bienveillante que je reçois des curés des paroisses que je parcours a contribué à me rendre moins pénible l’exercice de ma charge.» 8.Les bons rapports entre les officiers de l’Ins- truction publique et les curés se continuent-ils de nos jours ?.Plus que jamais il y a entente entre eux.Les curés sont mis au courant des méthodes pédagogiques modernes par le moyen de « L’Enseignement primaire », envoyé gratuitement chaque mois dans les presbytères.De plus, les prêtres ont toute latitude de s’adresser, non seulement à l’inspecteur de leur district, mais encore à M.le Surintendant lui-même, qui se fait un plaisir et un devoir de les aider dans le domaine de l’éducation.9.Que doit-on penser de ces rapports ?.C’est une preuve manifeste que notre vitalité religieuse et française, ne peut que se développer par semblable collaboration.10.Quelle leçon doit-on tirer de cette belle page d’histoire ?.Dans une prière fervente, les élèves doivent implorer les lumières divines pour nos chefs religieux et civils et ne jamais manquer de remercier le bon Dieu de la bonne entente qui existe entre eux.GRAMMAIRE et ANALYSE 1.Participes passés des verbes essentiellement réfléchis.a) Les vaillants inspecteurs de 1852, se sont toujours souvenus de l’accueil bienveillant du clergé.se sont souvenus: parce que le participe passé des verbes essentiellement réfléchis a pour complément direct le second pronom qui commande l’accord.b) Dans de nombreux cas, les invités se sont dérobés à l’appel discret de leur inspecteur.Le participe s’accorde avec « se » compl.dir.mis pour invités.c) Dans presque tous les cas, curés et pasteurs, se sont rendus à l’invitation de l’officier public.Le participe s’accorde avec « se » compl.dir.mis pour curés et pasteurs.d) Les curés se sont fait un plaisir de se faire les hôtes bénévoles des inspecteurs.Ici, le participe « fait » est invariable parce que le compl.dir.« plaisir » est placé après.e) Les inspecteurs se sont plu à rendre hommage à la délicatesse du clergé.Les participes passés des verbes intransitifs comme « se nuire, se plaire, se rire, se succéder », sont nécessairement invariables.*) Les pionniers de l’inspectorat se sont ri de leurs difficultés; ils se sont succédé dans notre histoire, laissant à ceux qui les remplaçaient, le même esprit de zèle et de dévouement.Conjugaison: 2.Verbes irréguliers: boire, dire, faire.a) Présent de l’indicatif: Je bois de l’eau, je dis la vérité, et je fais mon devoir; tu bois de l’eau, tu dis la vérité, tu fais ton devoir; il boit de l’eau, il dit la vérité, il fait son devoir; nous buvons de l’eau, nous disons la vérité, nous faisons notre devoir ; vous buvez de l’eau, vous dites la vérité, vous faites votre devoir; ils boivent de l’eau, ils disent la vérité, ils font leur devoir.b) Passé simple ou défini: Je bus, je dis, je fis mon devoir; tu bus, tu dis, tu fis ton devoir; il but, il dit, il fit son devoir; nous bûmes, nous dîmes, nous fîmes notre devoir; vous bûtes, vous dîtes, vous fîtes votre devoir; ils burent, ils dirent, ils firent leur devoir.c) Futur simple: Je boirai, je dirai, je ferai mon devoir; tu boiras, tu diras, tu feras ton devoir; il boira, il dira, il fera son devoir; nous boirons, nous dirons, nous ferons notre devoir; vous boirez, vous direz, vous ferez votre devoir; ils boiront, ils diront, ils feront leur devoir.d) Présent du subjonctif: Que je boive, que je dise, que je fasse mon devoir; que tu boives, que tu dises, que tu fasses ton devoir; qu’il boive, qu’il dise, qu’il fasse son devoir; que nous buvions, que nous disions, que nous fassions notre devoir; que vous buŸiez, que vous disiez, que vous fassiez votre devoir; qu’ils boivent, qu’ils disent, qu’ils fassent leur devoir.e) Imparfait du subjonctif: Que je busse, que je disse, que je fisse mon devoir; que tu busses, que tu disses, que tu fisses ton devoir; qu’il bût, qu’il dît, qu’il fît son devoir; que nous bussions, que nous dissions, que nous fissions notre devoir; que vous bussiez, que vous dissiez, que vous fissiez votre devoir; qu’ils bussent, qu’ils dissent, qu’ils fissent leur devoir.ANALYSE GRAMMATICALE Les adverbes: 1.Une suite non interrompue de difficultés attendaient les premiers inspecteurs. 794 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril non.adverbe de nég., se rapp.à interrompue.2.Les arrêts forcés, trop courts ne les repo- saient nullement de leurs fatigues.trop.adverbe de quantité, se rapp.à courts.3.Combien de dangers ont-ils bravés 1 Combien.adverbe de quantité, se rapp.à ont bravés.4.Beau temps, mauvais temps, sans cesse ils ont parcouru la Province.sans cesse.locution adv.de temps, se rapp.à ont parcouru.5.C’est par leur courage, leur audace, surtout, qu'ils ont triomphé des difficultés semées sous leurs pas.surtout.adverbe de manière, se rapp.à ont triomphé.ANALYSE LOGIQUE 1, La loi de 1875 réorganisa le Conseil de l’Ins- truction publique en appelant les évêques à y siéger et rétablit la surintendance en faisant un poste permanent et séparé de la politique.Deux propositions dans cette phrase.a) /re proposition: La loi de 1875 réorga- nisa le Conseil de l’Instruction publique en appelant les évêques à y siéger.Proposition indépendante.b) 2e proposition: et rétablit la surinten- dance en faisant un poste permanent et séparé de la politique.Proposition indépendante, ell.coord, à la lre.2.La religion et l’instruction sont sœurs, elles se prêtent un mutuel appui.Deux propositions indépendantes.S, Les espnits étant préparés, l’inspecteur put remplir son mandat.Deux propositions dans cette phrase.?) fre proposition: Les esprits étant pré- parés .Proposition participe, sub.cire, de cause de remplir.Sujet: esprits.Verbe: étant.Attribut: préparés.?) 2e proposition: l’inspecteur put remplir son mandat.Proposition principale.Sujet: inspecteur.Verbe: put remplir.Compl.dir.: mandat.EXERCICE ORTHOGRAPHIQUE Sel éloge des inspecteurs d’écoles: 1863 a Tous les nouveaux inspecteurs, tirés des angs de l’enseignement, ont rempli leur tâche de manière satisfaisante: et si quelques-uns se sont fait des ennemis, c’est peut-être par un excès de zèle, mais plus probablement par l’impartialité et la fermeté avec laquelle ils ont exercé leurs fonctions.Je puis dire que leur activité et leur aptitude ont été appréciées par les personnes les plus capables d’en juger.J’ai recueilli à plusieurs reprises, et des curés et des membres du parlement, et des instituteurs de leurs districts respectifs, les témoignages les plus flatteurs.Ils ont tous, sans exception, parcouru régulièrement leurs districts d’inspection; visité les écoles confiées à leurs soins; propagé les meilleures méthodes d’enseignement; concouru avec zèle et énergie dans toutes les mesures recommandées par le département; lutté avec courage contre les tendances des commissaires à n’accorder aux instituteurs que des rémunérations insuffisantes; et fait substituer presque partout le système de la cotisation à celui des contributions volontaires.Ar.P.— Références: « Un siècle au service de l’éducation 1851-1951 ».Gérard Filteau et Lionel Allard.VOCABULAIRE I.Un prêtre pourvu d’une cure.Un prêtre desservant est un.curé Résidence d’un curé.cure Ce qui concerne une cure.curial 2.Celui qui est chargé de fonctions temporaires commissaire Les fonctions de commissaire.commissariat Employé dans un bureau, dans une banque de commerce.commis Charge que l’on donne à quelqu’un de faire une chose.commission Celui qui a reçu une commission, un pouvoir .commissionné 3.Désir de voir, de connaître.Indiscrétion.curiosité Avec curiosité.curieusement Qui a une grande envie de voir, d’apprendre .curieux Antonymes selon les différents sens.insouciant, indifférent, banal, commun, vulgaire.4.Celui qui a reçu une invitation est un.invité Convier quelqu’un, le prier de se trouver quelque part.inviter L’action d’inviter s’appelle.invitation Ce qui est séduisant, engageant, est.invitant 5.Qui fait une chose sans y être obligé et à titre gracieux.bénévole Avec bienveillance.bénévolement Antonyme.malévole, malveillant 6.Personne chargée d’instruire un ou plusieurs enfants.institutrice Maison d’éducation ou d’instruction.institution CENTENAIRE DE L’INSPECTION 795 1952 RÉDACTION RÉCITATION Visite de M.l’Inspecteur Les semeurs Monsieur l’Inspecteur vient de s’annoncer pour sa deuxième visite.a) Dites ce que font maîtres et élèves pour préparer sa venue.b) Le jour de l’examen: nos réactions devant questions, dictées et problèmes.c) Quelles bonnes résolutions suggère sa visite ?Quelques idées — On revise rapidement les matières apprises; on approfondit quelques règles de grammaire insuffisamment connues; on s’efforce de saisir la clef de tel ou tel problème.Chacun feuillette ses cahiers de devoirs .quels regrets tardifs, si l’on ne s’est pas appliqué !.Grande joie, au contraire, pour celui qui a toujours soigné son travail.— On s’assure si l’ordre règne partout et en tout .N’est-ce Eas une toute petite image du jugement général ?a maîtresse s’efforce d’ouvrir les cœurs à la confiance, encourage les timides, exhorte les dissipés à la sagesse, et sourit à ses élites, presque sûre de leur victoire.Pendant l'examen — Politesse, réponses claires et exactes dans la mesure du possible.Après l'examen — Félicitations aux élèves qui ont bien répondu, encouragement au travail pour les autres .et voilà ! Dans l’école paisible, l’on se remet au programme ordinaire, heureux d’avoir subi un contrôle qui met en lumière, la valeur de tous et de chacun.CHANT Comme le Centenaire de l’Inspectorat met en valeur un siècle de la plus haute éducation, on pourra apprendre aux élèves, s’ils ne le savent déjà, le beau cantique « Notre-Dame du Canada ».Abbé Gadbois, Bonne Chanson.Laboureur, dans ton vieux champ, Du matin jusqu’au couchant, Dans les sillons, trébuchant, Tu chemines, solitaire, Le front courbé vers la Terre .Sème ! sème le bon grain, A plein cœur, à pleine main, Car c’est le pain de demain Pour les gueux aux mines blêmes Que tu sèmes ! II Toi, vieux Maître, qui pâlis Sur les livres que tu lis, Prends nos petits gas jolis Et, sur les bancs de l’école, Dis-leur la bonne Parole .Sème ! sème à pleine main L’idée au petit bambin ! C’est la Force de Demain Pour les batailles suprêmes Que tu sèmes ! III Et toi, Prêtre, qui prédis, Comme le Sauveur, jadis, Qu’il est un doux Paradis, Agenouillé sur la pierre, Dis-nous encor ta Prière .Sème ! sème au cœur humain L’Oubli du cruel chagrin ! C’est l’Espérance en Demain, C’est le pardon des blasphèmes, Que tu sèmes ! Th.Botrel.EXPLICATION DE TEXTE DIXIÈME, ONZIÈME et DOUZIÈME ANNÉES LA DERNIÈRE CLASSE par Alphonse Daudet Ce matin-là, j’étais très en retard pour aller à l’école, et j’avais grand’peur d’être grondé, d’autant que M.Hamel nous avait dit qu’il nous interrogerait sur les participes, et je n’en savais pas le premier mot.Un moment l’idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à travers champs.Le temps était si chaud, si clair ! On entendait les merles siffler à la lisière du bois, et, dans le pré Rippert, derrière la scierie, 796 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril es Prussiens qui faisaient l’exercice.Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes; mais j’eus la force de résister, et je courus bien vite vers l’école.En passant devant la mairie, je vis qu’il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches.Depuis deux ans, c’est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les batailles perdues, les réquisitions, les ordres de la commandature; et je pensai, sans m’arrêter: « Qu'est-ce qu’il y a encore ?» Alors comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son apprenti en train de dire l’affiche, me cria: « Ne te dépêche pas tant, petit; tu y arriveras tou jours assez tôt, à ton école ! Je crus qu’il se moquait de moi, et j’entrai tout essoufflé dans la petite cour de M.Hamel.D’ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage, qu’on entendait jusque dans la rue: les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu’on répétait très haut, tous ensemble, en se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables: « Un peu de silence ! » Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu; mais justement ce jour-là tout était tranquille, comme un matin de dimanche.Par la fenêtre ouverte, je voyais mes camarades déjà rangés à leurs places, et M.Hamel qui passait et repassait avec la terrible règle en fer sous le bras.Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme.Vous pensez si j’étais rouge et si j’avais peur ! Eh bien, non, M.Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement: « Va vite à ta place, mon petit Frantz, nous allions commencer sans toi.J’enjambai le banc, et je m’assis tout de suite à mon pupitre.Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin, et la calotte de soie noire brodée qu’il ne mettait que les jours d’inspection ou de distribution de prix.Du reste, toute la classe avait quelque chose d’extraordinaire et de solennel.Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d’habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous, le vieux Hauser avec son tricorne, l’ancien maire, l’ancien facteur, et puis d’autres personnes encore.Tout ce monde-là paraissait triste; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords, qu’il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.Pendant que je m’étonnais de tout cela, M.Hamel était monté dans sa chaire, et, de la même voix douce et grave dont il m’avait reçu, il nous dit: « Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe.L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine .Le nouveau maître arrive demain.Aujourd’hui c'est votre dernière leçon de français.Je vous prie d’être bien atten-tifs.Ces quelques paroles me bouleversèrent.Ah ! les misérables, voilà ce qu’ils avaient affiché à la mairie.Ma dernière leçon de français I Et moi qui savais à peine écrire 1 Je n’apprendrais donc jamais ! Il faudrait donc en rester là ! Comme je m’en voulais maintenant du temps perdu, des classes manquées à courir les nids ou à faire des glissades sur la Saar I Mes livres, que tout à l’heure encore je trouvais si ennuyeux, si lourds à porter, ma grammaire, mon histoire sainte, me semblaient à présent de vieux amis qui me feraient beaucoup de peine à quitter.C’est comme M.Hamel.L’idée qu’il allait partir, que je ne le verrais plus, me faisait oublier les punitions, les coups de règle.Pauvre homme ! C’est en l’honneur de cette dernière classe qu’il avait mis ses beaux habits du dimanche, et maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s’asseoir au bout de la salle.Cela semblait dire qu’ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école.C’était comme ime façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s’en allait .J’en étais là de mes réflexions, quand j’entendis appeler mon nom.C’était mon tour de réciter.Que n’aurais-je pas donné pour pourvoir dire tout au long cette fameuse règle des Rarticipes, bien haut, bien clair, sans une faute ! tais je m’embrouillai aux premiers mots, et je restai debout à me balancer dans mon banc, le cœur gros, sans oser lever la tête.J’entendais M.Hamel qui me parlait: « Je ne te gronderai pas, mon petit Frantz, tu dois être assez puni.Voilà ce que c’est.Tous les jours on se dit: (( Bah ! j’ai bien le temps.J’apprendrai demain.Et puis tu vois ce qui arrive.Ah ! ç’a été le grand malheur de notre Alsace de toujours remettre son instruction à demain.Maintenant ces gens-là sont en droit de nous dire: « Comment ! vous prétendiez être Français et vous ne savez ni parler ni écrire votre langue ! .Dans tout ça, mon pauvre Frantz, ce n’est pas encore toi le plus coupable.Nous avons tous notre bonne part de reproches à nous faire.« Vos parents n’ont pas assez tenu à vous voir instruits.Ils aimaient mieux vous envoyer travailler à la terre ou aux füatures, pour avoir quelques sous de plus.Moi-même, n’ai-je rien à me reprocher ?Est-ce que je ne vous ai pas souvent fait arroser mon jardin, au lieu de travailler ?Et quand je voulais pêcher des truites, est-ce que je me gênais pour vous donner congé ?Alors, d’une chose à l’autre, M.Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du- monde, la plus claire, la plus solide; qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison .Puis il prit une grammaire et nous lut notre leçon.J’étais étonné de voir comme je comprenais.Tout ce qu’il disait me semblait facile, facile.Je crois aussi que je n’avais jamais si bien écouté, et que lui non plus n’avait 1952 CENTENAIRE DE L’INSPECTION 797 jamais mis autant de patience à ses explications.On aurait dit qu’avant de s’en aller, le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d’un seul coup.La leçon finie, on passa à l’écriture.Pour ce jour-là, M.Hamel nous avait préparé des exemples tout neufs, sur lesquels était écrit en belle ronde: France, Alsace, France, Alsace.Cela faisait comme de petits drapeaux qui flottaient tout autour de la classe, pendus à la tringle de nos pupitres.Il fallait voir comme chacun s’appliquait, et quel silence 1 On n’entendait que le grincement des plumes sur le papier.Un moment des hannetons entrèrent, mais personne n’y fit attention, pas même les tout petits, qui s’appliquaient à tracer leurs « bâtons » avec un cœur, une conscience, comme si cela était encore du français .Sur la toiture de l’école, des pigeons roucoulaient tout bas, et je me disais en les écoutant: « Est-ce quon ne va pas les obliger à chauler en allemand, eux aussi ?De temps en temps, quand je levais les yeux de dessus ma page, je voyais M.Hamel immobile dans sa chaire et fixant les objets autour de lui, comme s’il avait voulu emporter dans son regard toute sa petite maison d’école .Pensez ! depuis quarante ans il était là, à la même place, avec sa cour en face de lui et sa classe toute pareille.Seulement les bancs, les pupitres s’étaient polis, frottés par l’usage, les noyers de la cour avaient grandi, et le houblon qu’il avait planté lui-même enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu’au toit.Quel crève-cœur ça devait être pour ce pauvre homme de quitter toutes ces choses, et d’entendre sa sœur qui allait, venait dans la chambre au-dessus, en train de fermer leurs malles ! car ils devaient partir le lendemain, s’en aller du pays pour toujours.Tout de même il eut le courage de nous faire la classe jusqu’au bout.Après l’écriture, nous eûmes la leçon d’histoire; ensuite les petits chantèrent le BA BE BI BO BU.Là-bas, au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux.On voyait qu’il s’appliquait, lui aussi; sa voix tremblait d’émotion, et c’était si drôle de l’entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer.Ah ! je m’en souviendrai, de cette dernière classe .Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’Angélus.Au moment même, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres .M.Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire.Jamais il ne m’avait paru si grand.« Mes amis, dit-il, mes amis, je .je .Mais quelque chose l’étouffait.Il ne pouvait pas achever sa phrase.Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, appuyant de toutes ses forces, il écrivit, aussi gros qu’il put: « VIVE LA FRANCE ! Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et sans parler, avec sa main il nous faisait signe: « Cest fini .Allez-vous-en.Alphonse Daudet.INTRODUCTION L’auteur de ce récit est Alphonse Daudet, célèbre romancier, conteur et auteur dramatique français du XIXe siècle (1840-1898).Né à Nîmes, dans le midi de la France, il vint de bonne heure à Paris, où il eut tôt fait de se faire reiJlar
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