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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1943-11, Collections de BAnQ.

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Vol.Ill - N° 3 NOVEMBRE 1943 QUÉBEC SOMMAIRE RÉFLEXIONS.Cécile Rouleau, rédactrice, p.186.— LE FRONT DES ÉCOLIERS : à la victoire par l'épargne, B.-O.Filteau, p.188.ÉDUCATION ET FORMATION Formation religieuse SOLILOQUES: Mes pauvres, Victorin Germain, pire, p.190.Formation sociale L'APRÈS-GUERRK une menace ou une promesse ?Gonzalve Poulin, o.f.m., p.194.— L'HYGŒNE SCOLAIRE, Jules Gilbert,[p.197.Formation nationale ÉDUCATION NATIONALE À L'ÉCOLE: Marie Rollet, p.199.Formation pédagogique L'HYGIÈNE MENTALE À L'ÉCOLE-PRIMAIRE: Les mécanismes d'adaptation, leur nature, Frère Dominique, é.c., p.200.Formation professionnelle LA BONNE HUMEUR, Soeur Saint-Ignace-de-Loyola, C.N.-D., p.203.PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE LE CATÉCHISME POUR LA VIE, Une religieuse de l'Assomption de la S.V., p.206.— SUGGESTIONS PEDAGOGIQUES: (novembre) Religion,^ p.208.— Langue française, p.213.— Langue anglaise, p.231.Mathématiques, p.237.— Histoire du Canada, p.256.— Géographie, p.258.English Section HIGH SCHOOL RELIGIOUS: Topic: The Saints and the Feast of all Saints, Brother S.Daniel, p.263.— Better learning, better memory, Brother Thomas, p.264.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES ASSOCIATION DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE LA CIRCONSCRIPTION DE L'ÉCOLE NORMALE LAVAL: Procès-verbal de la deux-cent-qua-torzième réunion, J.-M.Rondeau, p.267.UL FAUT LIRE: Bernard (Paul).« L'école attentive », Lucien Lortie, p.269.— CHRONIQUE INTERNATIONALE, Henri Fontaine, p.271. • • • REFLEXIONS Tout comme ceux qui 'préparent la reconstruction matérielle, intellectuelle et morale de Vaprès-guerre, nous devons réfléchir.Si eux rebâtissent, nous, nous bâtissons; si eux réforment les cadres de la société, nous, nous formons les êtres qui évolueront dans ces cadres et qui seront, selon leur formation, ou des instruments de progrès, ou des instruments de régression.C'est sur ce point que porteront nos considérations de novembre.* * * Depuis deux mois, les opérations sont commencées.Qu y a-t-il d’accompli ?Nous avons pris connaissance des matériaux que nous avions en mains: a) De nos élèves, alors que nous nous sommes demandés quel serait le meilleur parti à tirer dans les cas particuliers présentés par chacun d’eux.b) De /’horaire, qui a été déterminé le plus soigneusement possible afin qu* Tordre garantisse le rendement de notre classe.c) Du programme, que nous consultons tous les jours après en avoir pris un* vue d’ensemble au début de Vannée: vue générale qui a pour but de faciliter la division du travail, de permettre de procéder par étapes logiques supprimant ainsi, pour l’élève, ces corvées par trop déprimantes.d) Des méthodes, plus spécialement de la méthode active, selon laquelle nos leçons sont préparées: « Toujours faire appel à l’effort de l’enfant, l’associant ainsi dans la recherche des connaissances.)) Cela représente un travail sérieux, la base de notre entreprise d’édification.Cependant, ce n’est pas tout de bien commencer, il s’agit de poursuivre.À tout prix, il faut coiüinuer d’assurer le meilleur rendement de l’élève, de l’horaire, du programme, de la méthode.Aussi est-il nécessaire d’éviter la routine d’une classe de français, d’arithmétique, ou autre; ce, tant au bénéfice de l’élève que dans notre intérêt personnel.Est-ce à dire que l’on doive mettre de côté horaire, programme, méthode ?Nullement.Savoir adapter un ordre déterminé, quel qu’il soit, aux contingences, sans D briser définitivement, c’est un art et aussi un bien; et ce serait perdre le sens de la proportion, de la juste mesure que de donner le sceau de l’infaillibilité à un horaire, à un programme, quand ils ne sont que des moyens de réaliser l’essentiel.Que de morcellements pourraient être évités chez le titulaire si ce rôle était mieux compris, si ces facteurs de progrès étaient considérés comme guides et non comme tyrans.Servons-nous de notre sens de la réalité, de notre logique en psychologie afin de ne pas demeurer aveuglés sur la substance des matières à enseigner contenues dans ces intermédiaires ; cherchons à découvrir les lumières qui mèneront à bien l’analyse des personnes et des circonstances auxquelles se lie notre enseignement.Et la méthode! Nous vous avons conseillé l’usage de la méthode active.Nous lui reconnaissons encore une supériorité, à cette condition toutefois, quelle soit active, vivante et non simplement bruyante, agitée ou déréglée.Usage dit usure, quelquefois dépréciation.Autre danger ! D’ailleurs, la pratique le démontre: nous qui croyons sincèrement suivre une méthode concrète, ne peut-il pas arriver que, parfois, nous nous laissions aller à l’emploi de procédés et de mots de plus en plus abstraits ?nous qui sommes assurés de toujours faire appel à la réflexion de nos élèves, ne leur imposons-nous pas, par trop d’autorité, nos opinions ?Le grand ennemi de l’éducateur, c’est la mécanisation, qui tend à transformer en routines mécaniques, les pratiques mêmes qui étaient destinées à lutter contre la routine. 1943 RÉFLEXIONS.187 Un moyen d'enrayer ce mal serait d'utiliser la préparation lointaine que nous conseillions de faire au cours des vacances, sous forme de « centre d’intérêt adapté au programme )); préparation élaborée en raison de ce principe: « A Venseignement par l'aspect, forme intéressante de la méthode concrète, qui n'a pas dit son dernier mot et que les tenants de la cinémathèque renouvelleront tôt ou tard, il faut superposer une autre forme de la même méthode qui n'en est encore qu'à ses balbutiements, mais qui décuplera l'efficacité de l'art pédagogique: c’est l’enseignement par Faction.Cette action organisée par équipes ou les élèves collaborent à la préparation des leçons, à la récolte des matériaux et des documents; où ils fabriquent de leurs mains des objets de démonstration; où ils travaillent effectivement pendant que le maître parle; où tout le monde s'efforce de rendre la classe plus animée.)) Si nous ajoutons à cela le souci de présenter de façon nouvelle même une matière déjà vue, car il est des leçons sur lesquelles il faut revenir quoique l'on veuille; si nous donnons à l'élève l'impression qu'il avance, qu'il progresse, qu'il découvre, même si les connaissances dont il s'agit ont déjà été l’objet de leçons antérieures, nous serons certains de parer au danger de la monotonie des redites et au dégoût du déjà vu.Aller de l’avant ne veut pas dire aller à l'aventure.On ne doit faire de nouvelles conquêtes, que si l'on est sûr de tenir le terrain conquis.L'enseignement primaire de décembre fournira une série de questions qui situeront la science de l’élève et permettront, lors des corrections d'épreuves, un retour utile sur certains points demeurés obscurs.Quand l'enfant reviendra en janvier, il sera prêt à affronter le nouveau dont il a tant soif.* * * Novembre est plutôt triste, mettons de la gaieté, de l'entrain à l’intérieur de nos classes; les enfants travailleront plus et avec un minimum de fatigue ; novembre est un mois important; des bases jetées dépendra toute la solidité de l’édifice que nous montons ; du travail effectué durant ce mois découlera le succès 021 l'insuccès de l'année.Disons-le à nos élèves, faisons d’eux de réels amis du progrès.Nous édifions pour demain, et quel lendemain! Nos élèves, surtout nos grands et nos grandes, doivent connaître où aboutiront leurs efforts, à qui servira leur acquis, quel sera le rayonnement futur de cette formation donnée en fonction des besoins immédiats, certes, mais qui tient compte aussi des exigences futures.Et cette œuvre accomplie à l'école primaire ne sera durable, que si nos élèves contractent l'habitude: a) de travailler d'après un plan bien déterminé qui laisse, néanmoins, une place à l'élément d'adaptâtion; b) d'affronter gaiement et crânement une difficulté, une situation, tout en cherchant les moyens d'en tirer le meilleur parti possible; c) de consulter, d'interroger, d'étudier avant de s'aventurer de pied ferme sur un terrain; d) d'être francs et honnêtes dans leurs procédés d'action comme dans les jugements qu'ils auront à porter; e) de demeurer les tenants du devoir, de l'étude, du progrès.Pendant que les uns s'ingénient pour réaliser leur programme de destruction, nous, nous exploiterons les puissances de nos jeunes afin, qu'à leur tour, ils soient aujourd' hui et deviennent demain des constructeurs delà vraie société; celle qui, à base de principes chrétiens, supplantera toutes les autres.Appuyés sur de telles espérances, avec une ardeur toujours renouvelée, vers notre commun idéal, poursuivons notre ascension ! La rédactrice, Cécile Rouleau. 188 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Le Front des Ecoliers A la victoire par l'épargne Déjà des milliers d'écoliers se sont inscrits pour l'achat de timbres de guerre.Dès la fin de ce mois, nos inspecteurs nous transmettront un premier rapport sur le travail qui s'accomplit dans chaque municipalité.Il ne faut pas qu'une seule école reste en dehors du mouvement.Chacune d'elle doit former une équipe et fournir son apport, si minime soit-il, à la réalisation de l'objectif fixé par l'inspecteur.L'honneur de chaque district est engagé et nul ne doit faillir à la tâche.Nos vaillants soldats par delà les mers livrent l'assaut final pour la défense de nos libertés.Ils ont les yeux fixés sur leurs petits frères et leurs petites soeurs du Canada et ils attendent l'arrivée de nos avions et de nos forteresses volantes pour appuyer leur marche victorieuse.Quelle région sera la première à dépêcher vers eux le grand oiseau protecteur ?s A l'oeuvre sans tarder petits Canadiens de Québec ! Vous ne voudrez sûrement pas faire moins pour nos valeureux défenseurs que vos petits frères et vos petites soeurs des autres provinces.* Epargnez pour développer chez vous l'habitude salvatrice de l'économie.Épargnez pour soutenir le courage de vos grands frères sous la mitraille.» Epargnez pour avoir le droit de marcher fièrement à côté de vos petits concitoyens, d'où qu'ils soient, et de réclamer comme eux tous les fruits de la victoire.B.-O.FILTEAU.ERRATA Nos lecteurs voudront bien prendre note des rectifications suivantes touchant l’article sur l’Epargne ; paru en octobre, page 178.Le titre : “A la victoire de l’épargne” doit être remplacé par ‘‘A la victoire par l’épargne” ; à la 3e ligne, 5e paragraphe, lire “sente” au lieu de “sent”; remplacer “concentrée” employés au 8e paragraphe, 1ère ligne, par “concertée”.N.D.L.R. ormmio LES ÉTUDES DE L’ÉDUCATEUR Un instituteur sérieux consacre chaque jour à son instruction personnelle un temps déterminé.Seule une étude assidue, régulière, maintient et développe en lui la compétence; seule, elle le sauve de l'ennui, de la déchéance intellectuelle et du dégoût pour Venseignement.D'ailleurs, en dehors de ces motifs d'ordre un peu égoiste, l'étude s'impose à Véducateur comme un devoir de loyauté à l'égard des familles qui lui confient leurs enfants; comme uri devoir de justice envers les enfants eux-mêmes, qui ont droit à des leçons sérieuses et vivantes.C'est à tort qu'on arguerait d'un long professorat et de la jeunesse des élèves pour négliger l'étude.Sans doute, un maître a des connaissances plus étendues que ne comportent les programmes de sa classe; mais sait-il toujours les enseigner, ces programmes, par des moyens et des formules qui soient bien à lui ?Quand on cesse d’étudier, bien vite arrive l'heure de cesser d’enseigner.(Manuel de pédagogie, p.92, par une réunion de Professeurs) 190 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Formation religieuse SOLILOQUES par VICTORIN GERMAIN, pire de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul.XX — MES PAUVRES Les pauvres qui out ma prédilection, ce ne sont pas les malchanceux, ce ne sont pas les guenilleux, ce ne sont pas les infirmes ou les honteux.Encore que tous ces malheureux aient droit à ma sympathie et à une raisonnable obole; non, mes pauvres, ce sont les âmes du purgatoire, les âmes les plus délaissées, celles à qui personne ne pense, pour qui personne ne prie, celles qui ont inconsidéiément, sur la terre, accru leur dette, au lieu de la diminuer, et qui ont peut-être encouru des siècles d’expiation.C’est un dogme de notre foi qu’il existe un purgatoire où, après la mort, les âmes exemptes de la peine éternelle acquittent ce qui reste dû de la peine temporelle; c’est de foi que, dans le purgatoire, il y a une double punition des âmes, la peine du dam ou retard de la vision béatifique et la peine du sens; c’est de foi que les souffrances des âmes diffèrent de durée et d’intensité selon la dette contractée par chacune; c’est de foi, enfin, que les peines peuvent être soit mitigées, soit abrégées par les prières et mérites des vivants.Françoise de la Mère de Dieu (1) priait avec instance pour une des sœurs de son couvent qu’elle voyait souffrir en purgatoire.Une fois, Notre-Seigneur lui dit: « Que l’on m’offre tout ce que l’on désire faire pour elle: je le recevrai et le lui appliquerai.» Quelque temps après, comme la sœur redoublait ses instances, elle reçut du Sauveur cette réponse faite avec beaucoup de bonté: « Je suis saint et ma sainteté ne peut souffrir aucune impureté.J’ai plus de (1) Françoise de la Mère de Dieu, (1615-1671) ;, Vie intime, ch.VIII, par.5.Cité par Saudreau Les divines -paroles, au mot Purgatoire.désir de la délivrer qu'elle et vous n’en avez; mais il faut que mon ordonnance soit accomplie.J’excite à prier pour elle.» Un Dieu juste, mais un Dieu bon, tel nous apparaît toujours notre Maître des cieux.La justice est de rigueur; mais la justice accepte des compensations, des substitutions, des permutations.Bien plus, la justice suscite, en faveur des détenues, tous ces avantages.Aucune âme du purgatoire ne conteste le bien-fondé de sa purification.Tout au contraire: elle voit tant d’opposition, un tel écart, un tel abîme entre Dieu et le péché, entre la sainteté divine et son imperfection que, au jugement particulier, si elle a quelque péché véniel, si elle a contracté quelque peine temporelle, fût-ce la moindre de toutes, je le dis, si je ne me trompe, après sainte Catherine de Gênes, elle se jetterait plutôt en enfer que d’entrer au Paradis, même si on lui en ouvrait les portes, avant qu’elle n’ait satisfait à la justice divine.Aussi l’âme se précipite-t-elle amoureusement au lieu de sa souffrance.Elle a hâte de payer sa dette; elle a hâte de rétablir l’ordre lésé.Sa peine même cependant fait pitié.Je m’en ferais difficilement une idée.Mais mon maître saint Thomas d’Aquin m’éclaire sur ce point.Parlant, en effet, des tourments de Jésus-Christ en sa douloureuse passion, il dit qu’ils ont été les plus grands, les plus vifs, les plus exquis que jamais homme ait dû endurer; mais il excepte les douleurs de l’enfer et celles du purgatoire.(2) (2) Somme théologique.III, Q.XLV, a.VI, ad 3um. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 191 Une âme, en purgatoire, pour la plus légère des fautes volontaires, souffre plus que son Sauveur Jésus-Christ n’a souffert, sur la terre, poui le rachat du monde.Voilà qui donne à réfléchir.Voilà qui est pénible.Voilà aussi qui m’a résolu à me dépouiller en faveur des âmes souffrantes.J’ai, pour cela, mille et un moyens à ma disposition; 'car prières privées ou liturgiques, mortifications du corps ou de l’esprit, indulgences plénières ou partielles, messes offertes ou entendues, communions spirituelles ou sacramentelles, chemin de la croix, pratiques de piété de toutes sortes peuvent me servir à cette louable fin.Je puis aller jusqu’aux largesses, jusqu’à la munificence.* * * Ma charité, mon aumône pour les âmes des défunts, je l’appuie sur l’enseignement théologique de la valeur des bonnes actions.Cette valeur est triple: Il y a d’abord la valeur méritoire proprement dite: une œuvre surnaturelle, que je fais en état de grâce, me donne droit, selon la justice de Dieu, à un accroissement de grâce ici-bas et de gloire au ciel.Ce mérite est purement et simplement inaliénable; il correspond à la dignité et à Y expérience acquises dans un emploi et qui ne peuvent être cédées à un autre en même temps que cet emploi.Une action surnaturelle jouit, secondement, d’une valeur impétratoire, mérite non plus de droit comme le premier, mais de simple convenance, en vertu duquel j’ai le pouvoir d’obtenir, outre mon mérite personnel, d’autres grâces qui relèvent uniquement du bon vouloir de Dieu et non pas de l’accomplissement de telle ou telle bonne œuvre.Ce mérite est attaché à ma personne, mais il peut profiter aux autres: on le compare à Vinfluence acquise dans un emploi, dans une carrière et qui, bien que strictement personnelle, peut servir très efficacement à faire du bien aux autres.Par exemple, si je fais l’aumône avec une conscience pure et droite, la valeur méritoire de mon action me procure nécessairement un accroissement de grâce; la valeur imprétratoire de cette même aumône peut aussi m’obtenir éventuellement, soit pour moi-même, soit pour d’autres, une guérison, une conversion, le succès d’une entreprise.Et si maintenant mon aumône m’occasionne quelque privation tant soit peu pénible, elle aura une troisième valeur, un troisième mérite, le mérite satisfactoire.Celui-ci répond à la partie pénale de l’œuvre méritoire accomplie.Etant données les suites du péché originel, tout acte de vertu exige des efforts et des privations, en tout cas, du renoncement, de l’abnégation; chacun sait, pour l’avoir éprouvé, qu’à part les rares moments où une âme est comme irrésistiblement portée au bien par la grâce et jouit de son immolation même, la prière, le travail, l’aumône, le jeûne, toutes les petites croix d’occasion aussi bien que les grandes épreuves restent toujours plus ou moins pénibles à notre pauvre nature.Et c’est heureux, puisque cela vaut à mes œuvres un troisième mérite, aliénable celui-là, tout comme le salaire que je perçois en retour de mon travail.Je peux toujours, en effet, payer les dettes des autres.Or, la satisfaction étant la compensation de l’honneur de Dieu lésé par le péché, il importe peu qu’elle vienne du pécheur lui-même ou d’un juste, pourvu qu’elle soit appliquée à l’offense et que Dieu offensé l’accepte.Quelqu’un peut donc acquérir, dans l’accomplissement exact et fidèle de son devoir d’état: 1° une expérience strictement personnelle et inaliénable; 2° une influence qui reste sienne, mais serve aux autres et à lui-même; 3° des ressources pécuniaires, essentiellement aliénables et dont il dispose, soit à son profit soit à celui des autres.Les choses ne se passent pas autrement lorsque, chrétien en état de grâce, je pose un acte bon: 1° je deviens intrinsèquement meilleur; 2° je deviens plus influent sur le cœur de Dieu; 3° je deviens en mesure de racheter la peine temporelle due soit à mes péchés, soit à ceux des autres.Ce rachat, je peux le faire, ou bien par mes satisfactions personnelles, ou bien par des indulgences que l’Eglise, moyennant certaines œuvres de zèle ou de piété, met à ma disposition. 192 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Pareil ordre de pensée, pareille méditation de mes avantages et des possibilités d’accioissement de ma fortune spirituelle m’a conduit comme par la main à l’accomplissement de ce qu’on appelle, en langage d’ascétisme, Y acte héroïque de charité.Communément parlant, un acte héroïque est un acte difficile, qu’on n’est pas tenu de faire, et qu’on porte à sa plus haute perfection.Celui qui m’occupe est l’offrande spontanée qu’une personne fait à Dieu, en faveur soit des âmes du purgatoire en général, soit encore des âmes les plus abandonnées, 1° de toutes les œuvres satisfac-toires, 2° de toutes les indulgences qu’elle gagnera durant sa vie et, 3° de tous les suffrages qui lui seront appliqués après sa mort.Ce n’est ni une promesse, ni un vœu; c’est une donation pure et simple, sans restriction, ni quant à la durée, (3) ni quant à la nature des œuvres satisfac-toires, sans condition non plus, sauf, pour ceux qui le désirent, l’intermédiaire de la très sainte Vierge.La pratique est louable, et fondée en théologie, mais ni essentielle, cependant, ni obligatoire, de confier à la Médiatrice de toutes grâces le soin de veilfer à la répartition parmi des âmes dont elle connaît les besoins, des suffrages dont nous nous départons à leur bénéfice.Il n’y a aucune formule officielle de l’acte héroïque; le rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences n’en fournit que les éléments; mais la suivante me paraît les renfermer tous: ô mon Dieu, je vous offre, par Ventremise de la très sainte Vierge, en faveur des âmes du purgatoire les plus délaissées, toutes les œuvres satisfactoires que je ferai et toutes les indulgences que je gagnerai pendant ma vie, ainsi que tous les suffrages qui me seront appliqués après ma mort.(4) (3) L’abandon temporaire des mérites satisfactoires est louable; mais il ne constitue pas le véritable acte héroïque; il ne comporte ni indulgences, ni privilèges.Selon une décision de la Congrégation des Indulgences, (20 février 1907), l’acte héroïque est révocable à volonté.(4) Il n’est pas nécessaire de prononcer la formule indiquée, ni même aucune formule.Il suffit de l’acte intérieur de volonté et de l’offrande faite dans le cœur, pour participer aux indulgences qui sont: 1° une indulgence plénière applicable seulement aux défunts, tous les jours où l’on fait la sainte communion, pourvu qu’on visite une église ou un oratoire public et y prie aux intentions du Souverain Pontife; Cet acte de donation obtient immédiatement son effet, qui est le transfert de tout mérite satisfactoire du domaine personnel au domaine divin.Je cède toutes les expiations dont je pourrais profiter en ce monde ou en l’autre.Le contrat n’oblige pas sous peine de péché, comme les vœux, même quand on aurait eu l’intention de se lier aussi rigoureusement.Il n’exclut pas non plus la prière pour les pécheurs puisqu’il n’a poür objet que les mérites satisfactoires, et que ceux-ci ne sauraient être appliqués aux gens en état de péché mortel; car la culpabilité doit d’abord être effacée et ensuite seulement la peine temporelle due au péché.J’offre plutôt pour les pécheurs mes mérites impé-tratoires qui, du reste, ne sauraient être utiles aux âmes des défunts.Pour elles, en effet, la supplication ne suffit pas; il faut ou bien une satisfaction personnelle ou bien l’attribution des satisfactions tirées du trésor spirituel de l’Eglise et qui s’appellent les indulgences.Enfin, nonobstant mon acte héroïque, je puis prier Dieu et la sainte Vierge de faire à mes parents et amis défunts l’application, à laquelle j’ai renoncé, des indulgences que je gagne; je peux aussi implorer, impétrer l’application de celles qui sont gagnées par les autres fidèles.(5) * * * Je trouve, à cette donation généreuse et charitable, trois avantages précieux: 1° Elle me donne l’occasion d’accepter, par amour pour la gloire du bon Dieu eL celle des âmes détenues en quarantaine, la perspective d’un stage long et dur au purgatoire, puisque, conscient de mon extrême fragilité, je renonce quand même, 2° une indulgence plénière applicable seulement aux défunts tous les lundis de l’année, si l’cn assiste à la messe pour le soulagement des âmes du purgatoire et accomplit les autres conditions mentionnées ci-dessus.Pour les enfants qui n’ont pas encore fait leur première communion et pour toutes les autres personnes empêchées de communier, pour les fidèles empêchés d’assister à la messe le lundi, comme les infirmes, les détenus, les vieillards, les gens de la campagne ou autres, les Ordinaires ont reçu faculté d’autoriser les confesseurs à commuer cette œuvre.(Preces et pia opera, 547).(5) Louis Rouzic, Le Purgatoire, p.387. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 193 à la diminution de la peine temporelle due à mes propres péchés; ce sacrifice anticipé, et les actes de charité multipliés qu’il comporte, s’il prolonge, apparemment du moins, mon propre purgatoire, augmente la gloire et le bonheur qui me sont réservés dans le ciel.Eh bien, je considère incomparablement plus avantageux d’augmenter mes mérites pour le ciel que de me préoccuper d’éviter les peines du purgatoire.L’augmentation éternelle de mon bonheur céleste m’est infiniment plus précieuse que toute la rémission des peines temporelles que je pourrais obtenir en cette vie.Car l’influence de l’acte héroïque se répercutera sur chacune de mes bonnes actions pour ajouter à sa valeur méritoire propre, une seconde valeur méritoire proportionnée à la valeur satisfactoire que je mets à la disposition des âmes.2° L’acte héroïque m’assure de plus l’amitié et l’intercession des âmes délivrées ou même seulement soulagées.3° Ce même acte, enfin, peut constituer un moyen indirect d’abréger, bien loin de l’allonger, mon propre temps du purgatoire; comment croire, en effet, que je ne serai pas aussi bien traité par le bon Dieu que j’aurai moi-même traité des âmes qui lui sont si chères ?Du reste, quand je mourrai, mes propres dettes ne resteront pas entières; l’Eglise y a pourvu en réservait, pour chaque fidèle, l’indulgence in articula mortis; cette indulgence constitue dans l’intention des papes, une faveur tout à fait personnelle devant revenir au fidèle lui-même à l’heure de sa mort.Et puis, chose à retenir aussi, je ne fais abandon que des seuls suffrages offerts pour moi nommément par les vivants: les suffrages libres ou superflus, ceux, par exemple, qui sont destinés à des âmes déjà rachetées, le bon Dieu en dispose à son gré et peut m’en faire profiter.En vérité, de toutes les formes de l’aumône, l’acte héroïque est celle qui met le plus en évidence le dogme de la communion des saints et de la réversibilité des mérites.(7) L’enseignement de la théologie suffit à ma foi; je ne demande pas de signes pour (7) Principale source de renseignements concernant l’Acte héroïque: U Ami du Clergé, 1901, croire et je n’ai pas besoin que les pauvres âmes m’apparaissent pour exercer envers elles ma charité.Un trait néanmoins me revient en mémoire; il me paraît authentique.Une religieuse italienne, Thérèse Gesta, née en 1797, à Bastia, en Corse, tertiaire franciscaine au couvent de Foligno, en Ombrie, depuis 1826, maîtresse des novices et modèle de ferveur, (8) mourait d’apoplexie le 4 novembre 1859.Douze jours plus tard, le 16 novembre, au vestiaire de la communauté, la défunte apparaissait à sa remplaçante, sœur Anna Félici; (( Oh ! Dio ! Che pe?io tanta 1 Oh ! mon Dieu ! que je souffre donc ! )) s’écria-t-elle, en gémissant.Elle implorait du secours et expliquait son purgatoire par des manquements à la stricte pauvreté prescrite par la règle.Comme pour mettre le sceau de l’authenticité à son appel, la défunte dit: (( Voici le témoignage de la miséricorde de Dieu.» En même temps elle appliquait la main droite sur le panneau supérieur de la porte du vestiaire y faisant une empreinte brûlée comme au fer rouge.A peine l’apparition avait-elle cessé, que toute la famille religieuse, alertée, courait au chœur prier et faire des pénitences pour délivrer au plus tôt une compagne et admirable et admirée.A la messe suivante, toutes voulurent faire la sainte communion pour elle.Les diverses communautés de la ville joignirent aussi leurs suffrages.Dès le surlendemain, 18 novembre, sœur Anna Félici, entrant dans sa cellule à l’heure du coucher, s’entend interpeller et reconnaît la voix de sœur Thérèse: « Je suis morte, dit-elle, un vendredi, le jour de la Passion, et voici qu’un vendredi je m’en vais à la gloire.Soyez fortes pour porter la croix.Soyez courageuses pour souffrir.Aimez la pauvreté.Adieu ! Adieu ! Adieu ! » L’évêque du lieu fit une enquête sur l’événement.Tout le monde avait été frappé du fait qu’un doigt de l’empreinte ét^ait plus court que la normale.D’autre part, on se souvenait que la religieuse avait déjà subi l’amputation d’une phalange.L’évêque ordonna donc d’ouvrir le tombeau {suite à la page 200) (8) « Il ne serait pas surprenant, disait son directeur, si Dieu la glorifiait de quelque prodige après sa mort.)) 194 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Formation sociale L'APRÈS-GUERRE Une menace ou une promesse ?par Gonzalve POULIN, o.f.m., Docteur en S.S., Paris, Directeur des Éludes, E.S.S.Directeur du département du Service Social L'opinion publique canadienne est définitivement gagnée à la sécurité sociale.Pour que cette idée puisse se réaliser et donner tous les fruits qu’on en attend, il importe qu’on puisse résoudre immédiatement deux problèmes angoissants: la menace de crûe terrible que fait peser sur tout le peuple la fin prochaine des hostilités; il faut aussi que cette sécurité sociale tienne compte du facteur intégrant et essentiel de toute notre vie nationale: la famille.Le premier de ces deux problèmes appartient aux plans de reconstruction économique qui devraient être déjà prêts à fonctionner pour assurer l’embauchage intégral et prévenir la panique du chômage des masses.Ce sont les représentants de l’Etat, de l’industrie, du commerce qui en portent la responsabilité devant le peuple.Quant à l’autre problème qui a trait à l’orientation familiale de la sécurité, il soulève l'intérêt de tous les auxiliaires de la famille tel l’école.Pourquoi parler de sécurité familiale.Pourquoi parler de sécurité familiale ?Parce qu’elle n’existe pour ainsi dire plus.La sécurité de la vraie vie familiale était jadis fondée sur quatre importantes fonctions: le travail en famille, Vamusement en famille, Vamour mutuel et la religion en famille.On sait à quel degré la révolution industrielle a aboli le travail en famille et l’a remplacé par le travail à l’usine, transformant ainsi toutes les conditions de la vie familiale.Depuis la guerre, on a vu les mères de familles sortir, à leur tour, de leur foyer et travailler dans les usines de guerre.Bien plus, les besoins immenses de main- d’œuvre ont forcé des centaines et des milliers de pères de famille à émigrer loin des leurs, compliquant par là même toutes les relations domestiques, sans parler de l’enrôlement de milliers d’époux et de pères de famille.Faut-il aussi signaler le courant incoercif des loisirs commercialisés.Ce courant, déjà bien établi dans nos villes et même dans nos campagnes, appauvrit la famille d’une de ses plus aimables fonctions et enlève à la récréation l’un de ses facteurs les plus efficaces de moralité.On sait comment le travail des mères de famille dans les usines a rendu impossible toute forme de récréation familiale.Il a obligé les jeunes enfants à trouver refuge dans les rues et en d’autres endroits non contrôlés par les parents, ou encore dans les garderies de guerre.Comment l’amour fraternel ou conjugal ou familial peut-il régner sur nos foyers désagrégés par la guerre.Cette fonction si importante de l’équilibre des affections et des émotions, accomplie jusqu’ici avec succès par nos familles canadiennes, est devenue bien difficile avec la séparation des parents et des enfants.Trop de nos petits manquent aujourd’hui du soleil de l’affection maternelle pour voir s’épanouir leur personnalité.La diminution de cette fonction nous prépare une augmentation des déséquilibres mentaux et affectifs avec leurs répercussions possibles sur la morale individuelle et sociale.Que dire enfin de la religion familiale qui est presque disparue dans un trop grand nombre de familles.N’est-ce pas la marque du foyer chrétien que cette prière et cette religion commune ?Le Père qui travaille le soir et la mère fatiguée par une 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 195 journée à l’usine auront-ils le courage de continuer la religion familiale, d’écouter la leçon de catéchisme de leur petite fille, d’apprendre les premières prières à leur plus jeune garçon ! Les enquêtes conduites dans les écoles primaires de nos grandes villes, rapportent trop de faits navrants sur la diminution et même la disparition complète de la vie chrétienne au foyer pour nous laisser indifférents devant cette situation tragique.La famille manque de sécurité économique.Car la famille qui n’exerce plus les fonctions essentielles à sa vie autonome devient déséquilibrée et perd toute sécurité, même la sécurité, économique.N’est-ce pas notre cas à nous, Canadiens ?Certaines statistiques données par des organismes officiels démontrent sur ce point la situation misérable de la majorité de nos familles.Si nous acceptons l’index publié par le Bureau d’économie domestique des Etats-Unis pour les standards d’alimentation, nous trouvons que le coût mensuel d'alimentation de cinq personnes en 1939 était de: 1939 Index $52.07 145.2 — alimentation abondante $41.90 115.1 — modérée $36.40 100 minimum $26.80 70.5 — insuffisante Or, les secours ou allocations attribuées à nos familles durant la dépression économique n’atteignait que le dernier de ces niveaux, le niveau de crise ou d’alimentation insuffisante (1).Ces chiffres peuvent être corrigés ou complétés par une publication du « Toronto Welfare Council » (2) sur le budget minimum de subsistance désirable pour l’année 1940-41: Mois $131.45 $ 94.54 Famille de cinq personnes Année $1,577.40 Budget de subsistance désirable.$1,134.48 Budget d’assistance.Comparons à ces dépenses familiales, les revenus de nos chefs de famille en 1941 pour tout le Canada: Revenus annuels Pourcentages Urbain Rural Urbain Rural moins de $500 114,900 103,106 11.8 32.2 500- 750 85,900 48,500 8.9 15.1 750-10(0 123,200 40,000 12.7 12.4 1C00-1250 191,200 49,500 20.0 15.2 1250-1500 114,900 25,000 12.1 7.6 1500-2000 180,400 35,800 19.1 10.8 2C00-25O0 75,200 12,900 8.0 3.9 2500-3000 27,200 3,700 2.9 1.1 Plus de 3,000 (3) 44,800 6,(00 4.7 1.8 Complétons enfin ces données par les chiffres publiés par le « Dependent’s Advisory Committee )) de Québec en 1943 sur le salaire et les dépenses des familles de simples soldats de cette ville soit: $102.60 pour les dépenses mensuelles d’une épouse d’un soldat avec quatre enfants et le revenu de $89.95 qu’elle reçoit de l’État sous forme de pension, d’allocations, etc.Cette inadéquation entre les dépenses nécessaires et les revenus est particulière- ment désastreuse pour les familles nombreuses en majorité dans la province de Québec.La situation qui leur est faite est nettement héroïque.C’est dire qu’il (1) Reproduit de Health and Unemployment, p.166, par Leonard C.Marsh, A.Grant Fleming, C.F.Blackler, McGill Social Research Series: No 7, Montréal.(2) The Cost of Living, Welfare Council, Toronto, 1939.(3) Earnings of Male and Female Employees in Canada, Ottawa, 1941. 196 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre faut trouver immédiatement les remèdes à ce problème si nous voulons maintenir notre morale familiale et le progrès de notre nationalité.Les allocations d’enfants.Après expériences faites dans plusieurs pays, les allocations d'enfants s’avèrent le moyen le plus efficace de résoudre ce problème des enfants et de la pauvreté, des familles nombreuses et des bas niveaux de vie.Les chiffres donnés plus haut démontrent que le problème de la sécurité économique atteint aussi bien la famille rurale que la famille urbaine.Il ne serait donc pas à propos d’organiser un système d’allocations seulement pour les enfants des villes.Par ailleurs, ces allocations ne sont pas désirables seulement dans les périodes de chômage des pères de familles mais tant que l’enfant vit sous la dépendance économique de ses parents.Rappelons ici le témoignage éloquent du grand sociologue anglais.Sir William Beveridge: « La pauvreté en Angleterre, disait-il récemment, était due à deux causes avant la guerre.Elle était due à l’interruption du travail ou au fait du trop grand nombre d’enfants pour le salaire de l’ouvrier.Nous ne pensons pas que l’Angleterre puisse continuer à jouer son rôle à moins de posséder un nombre substantiel de familles nombreuses.Nous devons avoir des familles nombreuses et nous en voulons.Pour abolir le besoin, nous avons trouvé le régime des allocations d’enfants )).(1) Certains sociologues ont réclamé des allocations en nature comme plus efficaces pour relever le niveau de vie des familles nombreuses.Ces allocation consisteraient en repas servis dans les écoles et préparés d’après les règles de la diététique, en distribution de vêtements, en services médicaux gratuits, en instruction gratuite, en remèdes pharmaceutiques' gratuits, etc.Nous reconnaissons l’urgente nécessité de multiplier dans nos écoles les cantines scolaires, surtout après la publication de la récente enquête fédérale qui établit à la moitié du million, le nombre des enfants sous-alimentés au Canada.Il reste toutefois que les enfants qui ont le plus pressant besoin d’assistance sont les enfants en-dessous de l’âge scolaire.Le docteur Leonard Marsh estime à $14.50 le coût moyen mensuel d’un enfant.D’après cette moyenne, il demande que les allocations canadiennes pour les enfants varient de $5.1)0 par mois pour un enfant de moins de quatre ans jusqu’à $12.50 pour un enfant de quinze et seize ans.Tant qu’on n’aura pas inscrit dans la charte de l’enfance canadienne l’allocation familiale, il est vain de parler d’amélioration des conditions de la famille et de politique familiale consistante, comme aussi de sécurité sociale.L’après-guerre est pour nous une menace ou une promesse dans la mesure même où nous assurerons à nos familles cette sécurité familiale qui est la source de toutes les autres sécurités.(1) Saturday Night, p.20, July 17, 1943, Toronto.Soliloques (suite de la page 193) et de comparer les dimensions.L’empreinte brûlée fut trouvée exactement conforme à la main du cadavre.J’ai moi-même, à Foligno, en 1918, vu la porte et son empreinte.Et je me rappelais, en quittant le couvent, cette parole de saint Grégoire le Grand (9) : (( On doit croire que, pour certaines fautes légères, il y a, avant le jugement, un feu purificateur.)) * * * Puissé-je m’appliquer toujours davantage à réparer les oublis, les négligences, voire les ingratitudes dont je me suis rendu coupable envers les âmes de défunts que j’ai pourtant connus et aimés ! Puissé-je, à la nouvelle de tant d’hécatombes guerrières, secourir les inconnus, les délaissés, les oubliés, de toutes les latitudes et de toutes les longitudes, mes frères en Jésus-Christ ! Puissé-je, par la perfection de mes moindres actes, par mes mortifications constantes, par mon estime des indulgences, contribuer toujours, et royalement, à la rançon des pauvres âmes du purgatoire ! (9) Dialogues, IV, 39. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 197 L'HYGIÈNE SCOLAIRE Causerie présentée par le Docteur JULES GILBERT, mercredi, le 4 août, 1943, sous les auspices du Réveil rural.Le 1er avril 1943, le ministère provincial de la Santé et du Bien-Etre Social établissait une division nouvelle, celle de l’enseignement de l’hygiène.Chargés de diriger cette section, nous avons la tâche de prêcher à la population, l’évangile de l'hygiène.Pour les fins de cet apostolat, la population se divise en écoliers et en adultes.En atteignant ces deux groupes à la fois, nous pouvons doubler l’efficacité de notre travail, car en éduquant les élèves on atteint leurs familles, et en instruisant les parents on agit sur leurs enfants.L’éducation scolaire sur l’hygiène devrait commencer avant l’entrée à l’école, en ce sens que chaque nouvel inscrit en première année devrait avoir subi, au cours de la saison d’été, un examen médical permettant de découvrir et de faire corriger les défauts physiques capables de nuire au progrès dans ses études.L’examen par le médecin de famille peut être très complet et est à encourager de toutes façons; d’autre part, les cliniques de puériculture, tenues par les Unités Sanitaires dans la presque totalité de la partie rurale de la Province, offrent ce service gratuitement, de sorte que personne n’a d’excuse valable, s’il envoie à l’école un enfant sans être au moins au courant des maux dont il peut être affligé.On sait que, dans les conditions actuelles de notre organisation, l’inspection médicale scolaire pourrait se faire attendre beaucoup trop longtemps; il convient donc de la devancer de cette manière.Dès le début de l’année scolaire, parents et professeurs devraient se rencontrer, afin de s’entendre et se mieux comprendre.U y aurait avantage à ce que cette entrevue ait lieu au domicile de la famille, car c’est là que l’institutrice peut juger le milieu où évoluent ses élèves, étudier la mentalité de leurs parents et estimer le degré de collaboration auquel elle peut s’attendre.Il faut en effet que l’école et la famille travaillent de concert, surtout en vue d’inculquer des habitudes hygiéniques de vie chez les enfants ; l’école ne gagnera rien à enseigner d’excellentes notions, si c’est le contraire qui est pratiqué à la maison.Habitudes de propreté; hygiène de l’alimentation, du vêtement, du maintien; contrôle de l’émotivité, évacuation régulière des déchets de l’organisme, pratique de sécurité; habitudes d’ordre, d’équilibre, de régularité, de modération en toutes choses, qu’il s’agisse du travail, de la récréation ou de l’exercice, du repos ou du sommeil; tels sont les principaux objectifs de l’hygiène personnelle; voilà les pratiques qui peuvent donner le maximum de vigueur physique et de vivacité intellectuelle, qui augmentent la vitalité et rendent apte à mieux travailler pour sa famille et pour sa patrie.Avouons que ce qui précède constitue un programme d’éducation un peu chargé; fixons-nous donc comme objectifs de la prochaine année scolaire une ou deux habitudes très simples à former chez les jeunes: par exemple, se couvrir la bouche et le nez de son mouchoir pour tousser ou éternuer; se laver les mains avant de se mettre à table et après le passage à la chambre de toilette; voilà deux mesures fort insignifiantes en apparence, qui pourtant constituent deux excellents moyens de prévention, l’un contre les maladies qui se transmettent par les sécrétions des voies respiratoires, telles que la rougeole, la scarlatine et les autres fièvres éruptives, le rhume, la grippe, la diphtérie, la tuberculose, etc.; l’autre contre les maladies se propageant par les déchêts de l’intestin, soit la typhoïde et les paratyphoïdes, des diarrhées, les dysen-tries, etc.; donc habitudes non pas insignifiantes, mais plutôt d’une extrême importance et qu’il convient d’ancrer sans retard dans la vie des élèves.Parents d’écoliers qui écoutez, intéressez-vous à tous les points du programme d’hygiène de leur école.Nos institutrices seront invitées à peser et à mesurer périodiquement leurs élèves à l’avenir ; aidez-les, si vous le 198 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre pouvez, à se procurer la balance indispensable, prenez connaissance des rapports qui vous seront faits sur le bulletin mensuel, et appréciez la valeur de ce procédé, destiné à intéresser l’enfant à sa croissance et aux pratiques d’hygiène susceptibles de la favoriser.S’il vous est possible d’assister à l’examen médical scolaire de vos enfants, n’y manquez pas, sa valeur sera ainsi bien augmentée; si vous ne pouvez être présents, donnez au moins les informations utiles sur leurs maladies antérieures et sur les habitudes de vie qui peuvent influer sur leur santé.Naturellement, vous ferez tout en votre pouvoir pour faire corriger les défauts physiques qu’on vous signalera, de peur qu’ils ne nuisent au travail intellectuel des enfants et compromettent irréparablement leur avenir.II peut arriver, un jour, que l’institutrice vous renvoie votre enfant, craignant qu’il souffre de quelque indisposition, ne fût-ce que d’un rhume ou d’une grippe légère, ce sont là des maladies extrêmement contagieuses comme vous savez.Alors ne voyez dans cette précaution qu’une marque de plus de l’intérêt que cette personne dévouée porte à tous et à chacun de ses élèves.Si vous êtes les premiers à remarquer la chose, gardez à la maison votre enfant malade; ne permettez pas qu’il se rende à l’école en cet état, alors qu’il ne peut tirer aucun profit de ses études et risque de communiquer son mal à tout le groupe.Si le médecin appelé diagnostique une maladie contagieuse grave, dont la déclaration à l’Unité Sanitaire est obligatoire, conformez-vous de bonne grâce aux mesures imposées visant à l’isolement du malade, et aux restrictions mitigées des sorties des autres membres de la famille.L’affiche qui, dans certains cas, pourrait être apposée à votre porte n’est pas une marque déshonorante, c’est au contraire un signe de civisme le plus beau et du meilleur esprit chrétien.Elle indique que vous et votre famille savez vous imposer quelques sacrifices pour la protection de la société.Comme le dit le vieux proverbe: (( Mieux vaut prévenir que guérir )); il est si facile de se préserver contre certaines maladies contagieuses, en particulier la variole et la diph- térie, qu’il est maintenant superflu d’en parler aux parents intelligents et soucieux de la santé de leur famille.Permettre que son enfant meure ou seulement souffre de diphtérie, maladie devenue si simple à éviter, voilà ce qui est suprêmement odieux, presque criminel.Chers auditeurs, c’est dans vos rangs que se recrutent les membres de nos quelque deux mille commissions, chargées du maintien de la salubrité scolaire.Cette fonction comporte une grande responsabilité; si chacun s’acquittait de ses devoirs avec compétence et largeur d’esprit, on ne parlerait pas tant de consolidation des écoles et de centralisation des commissions.On veut surtout geler la taxe scolaire au plus bas niveau possible, alors que des dépenses insignifiantes contribueraient énormément au bien-être des élèves.Ne devrait-on pas trouver dans chaque école, une trousse d’urgence avec thermomètre clinique pour rechercher la fièvre; un manchon métallique placé autour du poêle, afin d’intercepter la radiation d’une chaleur trop vive sur les élèves assis tout près et assurer une meilleure circulation de l’air réchauffé dans toute la pièce, de même qu’un termomètre pour indiquer la température à l’intérieur du local; des moustiquaires aux fenêtres, et des déflecteurs permettant une ventilation plus efficace sans courant d’air; une balance peu coûteuse pour peser les enfants et surveiller leur croissance; le nécessaire pour se laver les mains à l’école; des abreuvoirs sanitaires; des toilettes à chasse d’eau, ou celles appelées hydro-septiques, pour remplacer ces latrines extérieures d’un autre âge, qui sont nuisibles pendant l’été et, à tout le moins, peu confortables pendant l’hiver.L’électrification rurale transformera la vie à l’école en y apportant l’eau courante, la toilette à eau, l’éclairage artificiel, la cuisson à l’électricité, la radio, etc.Puissent nos législateurs, en étudiant ce problème, avoir en vue l’amélioration des conditions de vie et de travail, non seulement sur nos fermes qui le méritent bien, mais aussi dans nos cinq mille écoles rurales qui en ont tant besoin.En attendant la réalisation de ce beau rêve, souhaitons que nos commissaires d’école ne suivent que leur cœur de parents, profondément attaché au bien-être de leurs enfants. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 199 ÉDUCATION NATIONALE À L’ÉCOLE MARIE-ROLLET {Dialogue) 0.Marie Rollet, épouse de Louis Hébert ! Quel beau sujet d’étude ! Enfin nous retrouvons une noble figure de femme à qui nous pouvons ressembler.1.Rien ne t’empêche d’imiter la bravoure de Madeleine de Verchères, l’esprit de foi de Marguerite Bourgeoys, la confiance en Dieu de Mère Marie de l’Incarnation.O.Je préfère encore Marie Rollet à ces héroïnes parce qu’elle ressemble en tout à nos mamans.Elle aussi a fondé un foyer, le premier qui fut établi en Nouvelle-France.E.Il n’y avait donc pas de femmes au pays ?J.Les deux premières femmes françaises qui foulèrent le sol de la Nouvelle-France furent, en effet, Mme Louis Hébert et Mme de Poutrincourt.Elles eurent le courage d’accompagner leurs maris jusqu’en Acadie en 1609, quoique peu après elles durent retourner en France, quand Port-Royal fut détruit par les Anglais.T.Quand Madame Hébert revint-elle en Nouvelle-France ?N.Sur l’invitation pressante de Champlain, son ancien compagnon de Port-Royal, Louis Hébert traversa de nouveau les mers en 1617 avec sa femme et ses trois enfants: Anne, Marie-Guillemette, et Guillaume.B.Marie Rollet n’eut-elle pas du regret de quitter la France pour venir vivre ici en pleine forêt, parmi les bêtes fauves, au milieu des Indiens ?M.Certes, Madame Hébert fit un grand sacrifice en quittant ses parents et ses amis, mais avant tout, elle avait à cœur de seconder son mari dans son œuvre d’apostolat auprès des infidèles, pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de la France.G.Où la famille Hébert s’installa-t-elle à Québec ?C.Avec l’aide des ouvriers et des maçons de l’Habitation, Louis Hébert se construisit une maison en pierre, située sur l’emplacement même du Séminaire de Québec.Avec combien de joie Madame Hébert dût prendre possession de son nouveau domaine.L.Quelle école ses enfants fréquentaient-ils ?C.H n’y avait pas d’école à Québec en ce temps-là.Àladame Hébert se fit l’éducatrice de ses enfants.En outre, elle apprit la langue indigène pour pouvoir instruire les petits sauvages des vérités de notre religion.S.Marie Rollet vécut-elle des jours paisibles à Québec ?K.Son bonheur fut de courte durée.Un an après son arrivée, sa fille Anne se maria à Étienne Jbnquet.Tous deux moururent dans l’espace de deux ans.De même, Louis Hébert mourut à la fin de janvier 1627, puis survint une grande famine qui réduisit à la misère tous les habitants de la petite colonie et, en 1629, pour comble de malheur, la Nouvelle-France passa aux mains des Anglais.Alors la plupart des Français retournèrent en France.R.Madame Hébert aussi.K.Non, Madame Hébert resta seule à Québec avec son gendre Guillaume Couillard.Elle ne voulut pas quitter le toit paternel et abandonner ainsi le tombeau de sa fille Anne et de son époux Louis Hébert.D.Marie Rollet était une femme courageuse ! O.On ne peut trouver d’héroîsme plus grand.-Cette femme pendant trois ans, accepta de subir les mauvais traitements de ses agresseurs, pour rester fidèle à sa nouvelle patrie.F.En 1632, le Canada fut rendu à la France.N.Imaginez-vous la joie de cette famille française, quand elle apprit la venue des missionnaires, après avoir été privée des secours de la religion pendant trois ans.P.Les petits sauvages que Marie Rollet avait instruits ont-ils pu rester catholiques pendant la captivité ?C.Elle continua de leur donner des leçons de catéchisme.Plusieurs d’entre eux furent baptisés et elle devint leur marraine.R.C’est pour cette raison qu’on dit que Marie Rollet fut la première institutrice de la Nouvelle-France ?M.Marie Rollet rendit d’immenses services aux missionnaires en inaugurant un séminaire sauvage dans sa propre maison.Elle se chargeait de nourrir ces enfants sauvages, de les vêtir et de leur inculquer quelques notions de propreté.Les enfants de Guillaume Couillard, d’Abraham Martin, de Pierre Desportes apprirent leurs lettres françaises et leur catéchisme à cette école.A.Vécut-elle longtemps après la mort de son mari ?F.Marie Rollet mourut en 1649.Les sauvages la pleurèrent comme leur plus grande protectrice, et les Missionnaires reconnurent en elle la première dame catéchiste de la Nouvelle-France.T.Marie Rollet fut une vaillante chrétienne.{suite à la page 202) 200 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Formation pédagogique L'hygiène mentale à l'école primaire par Fr.DOMINIQUE, é.c.Professeur à l’Institut pédagogique Saint-Georges.III —LES MÉCANISMES D’ADAPTION; LEUR NATURE La santé mentale est subordonnée à la capacité d’adaptation qui caractérise chaque individu; c’est la mesure selon laquelle il est apte à envisager objectivement les faits, à résoudre les conflits qui naissent de mobiles antagonistes, à s’accommoder de l’inévitable .c’est cette aptitude précieuse qui détermine le degré de stabilité émotionnelle, de succès et de bonheur qui marquera sa vie.L’adaptation normale et saine est ce à quoi il faut tendre, et l’éducation ne peut méconnaître que l'une de ses fins principales est d’en diriger l’apprentissage.Nous écrivions dans un précédent article que chaque élève apporte à l’école tout un répertoire de procédés adaptateurs déjà acquis et fixés; d’autres sont en voie de formation; d’autres enfin, apparaîtront plus tard sous l’influence stimulante du milieu.Ces modes de comportement,ces procédés, ces réactions particulières que nous produisons sous la poussée de nos impulsions natives, de nos besoins instinctifs sont désignés sous le nom de MÉCANISMES d’aDAP-tation.Quelles que soient leur nature et leur diversité, ils ont tous pour fin d’assurer la stabilité émotionnelle, gardienne et indice de l’unité fonctionnelle de la personnalité.Classifier les mécanismes d’adaptation n’est pas facile, et j’ajouterai ne paraît pas très utile non plus.Bien des psychologues cependant ont essayé de le faire, mais sans y réussir de manière satisfaisante.Les uns ont proposé de classer les mécanismes d’adaptation d’après le type de personnalité qui les emploie le plus ordinairement.Or, la théorie dite des types de personnalité est loin d’être unanimement acceptée; de plus, il est certain que des individus de même type, si types il y a, sentent souvent des mécanismes différents, comme aussi, des individus appartenant à des types divers emploient des mécanismes identiques.On voit qu’une classification basée sur ce chef ne peut être satisfaisante.On a proposé, par ailleurs, de classifier les mécanismes d’après les causes qui leur donnent naissance.Mais ici encore, la confusion est inévitable: la même cause peut se rencontrer à l’origine de mécanismes bien différents chez la même personne à différentes époques.Puis, il y a encore que la cause qui a fait adopter un mode de comportement est rarement simple; c’est, la plupart du temps, des causes qu’il faut parler, et ces dernières agissent de façon si complexe dans l’apprentissage des mécanismes, qu’il est ordinairement impossible de faire le partage des éléments qui leur ont donné naissance.C’est pour ces raisons qu’on rencontre plus généralement les divisions basées sur l’élément caractéristique ou le mode dominant de la réaction adaptatrice.C’est de cette façon qu’on a été amené à diviser les mécanismes en mécanismes: a) de défense, b) de retrait, c) d’adaptation par refoulement, d) d’adaptation par la maladie .et enfin, en réactions sans valeur adaptatrice réelle mais très importantes quand même en hygiène mentale.Il faut bien reconnaître qu’une telle classification, quelque logique qu’elle paraisse à première vue, n’est cependant pas à l’abri de toute critique.La première et la plus grave qu’on lui adresse, c’est que ces mécanismes ne sont presque jamais à l’état pur; ils ne se présentent pas ordinairement seuls et isolés les uns des autres; une même réaction se complique de plusieurs de ces schémas.En somme, il est 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 201 aisé de mettre en doute la valeur d'une classification de ce genre et, pour celte raison, nous ne nous y attarderons pas davantage.Pour couper court, nous emploierons, en la simplifiant, celle d’un ouvrage récent: Mental Hygiene in Education, Tiergs, E.IV.and Katz B.En nous plaçant au même point de vue que les auteurs cités, nous avons: 1.Mécanismes que la société approuve ou tolère généralement: a.la compensation, b.la rationalisation, c.l’identification, d.la projection, e.la rêverie.2.Mécanismes que la société désapprouve ou répudie ordinairement: a.l’égocentrisme, b.la régression, c.le négativisme, d.le refoulement.Il faut mettre à part l’adaptation par la maladie et les réactions inadéquates persistantes.Il va sans dire que le jugement de la société n’est pas un critère suffisant de la valeur d’un mécanisme d’adaptation; il faut de plus, qu’il soit ’personnellement satisfaisant, et ce « personnellement » comprend au premier chef la conscience.La question de la bonté des mécanismes sera d’ailleurs étudiée plus loin; c’est ici plutôt le lieu de les définir en les* illustrant d’exemples empruntés au milieu scolahe.Nous ne pourrons qu’amorcer la question dans le présent article; nous la développerons au cours des suivants.Considérons d’abord les mécanismes socialement acceptés.En premier lieu, nous avons nommé la compensation.C’est un des plus universellement employés, et la raison en est simple.C’est qu’il sert de procédé de défense contre les sentiments d'infériorité auxquels nous sommes tous sujets, au moins, dans une certaine mesure.Qui est-ce, en effet, qui n’éprouve pas, de temps à autre, le sentiment plus ou moins clair de quelque déficience soit physique, soit intellectuelle, soit morale.Or, une telle attitude appelle une réaction défensive dans toutes les situations où l’infériorité s’avère un obstacle à la satisfaction de nos désirs et de nos besoins.Cette réaction de défense prend souvent la forme appelée compensation.Celle-ci consiste à exagérer un trait avantageux de la personnalité ou un mode particulier de comportement, en vue de suppléer aux déficiences qui engendrent un sentiment d'infériorité ou causent un insuccès redouté.Les enfants recourent comme d’instinct à la compensation; handicapés dans un domaine, ils essaient d’exceller dans un autre afin de gagner l’estime et de s’assurer la supériorité dont ils se voient frustrés par ailleurs, et dont ils ont un besoin naturel incoercible.Celui qui ne peut réussir convenablement dans ses études sera enclin à chercher dans la pratique exagérée des sports, le succès et la popularité qu’il désire et qu’il n’obtient pas en classe.L’enfant maladif ou inhabile au jeu essaiera de compenser pour cette infériorité physique par ses succès scolaires, oratoires ou dramatiques, s’il en a la chance.Ou encore, tel autre est si peu doué qu’il se place mensuellement bon dernier; mais, c’est Vhomme de confiance de l’institutrice: c’est lui qui assure la propreté des tableaux, qui règle l’aération de la classe, qui fait les commissions, qui se constitue agent de circulation à l’heure de la sortie, etc., etc.Cet enfant compense ainsi pour son infériorité intellectuelle, et il le fait très normalement.Est-il nécessaire de dire qu’il faut faciliter aux élèves handicapés des moyens de compensation possibles et sains ?C’est de la plus élémentaire pédagogie et c’est une belle charité.Autre exemple encore.Il arrive parfois qu’on rencontre des élèves faibles en arithmétique, en toisé, en orthographe, mais dont les cahiers sont de véritables modèles de calligraphie et de disposition.Ces pauvres petits, consciemment ou non,essaient de compenser selon leurs moyens, pour leur insuffisance.Il faut reconnaître la valeur réelle de leurs efforts et leur en savoir gré.Certaines formes de compensation sont moins heureuses et moins saines que celles qui viennent d’être étudiées.C’est ainsi qu’on rencontre parfois des enfants turbulents, agressifs, arrogants, brutaux envers leurs compagnons plus faibles ou plus jeunes et dont la conduite pose un problème continuel à l’école et quelquefois à la maison.Un tel comportement est souvent compensateur.C’est que ces enfants — des 202 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre garçons dans la plupart des cas — ont eu eux-mêmes une petite enfance maladive, ou bien ils ont été victimes d'accidents sérieux ou répétés lesquels ont empêché leur croissance normale; de sorte que ces petits ont grandi dans la crainte, à l’écart des autres et sevrés bien à regret des jeux de groupe si attirants pour eux.Ou bien encore, ce sont des fils uniques, isolés parmi plusieurs sœurs préférées des parents.Ces garçons ont souffert d’une infériorité physique ou sociale; ils ont été frustrés d’un bien nécessaire: ils s’affirment à présent pour compenser; mais c’est d’une façon exagérée et antisociale qu’ils le font.Plusieurs problèmes d’indiscipline se greffent sur ce mécanisme compensateur inadéquat qu’il est urgent de savoir dépister.Il y aurait encore long à dire au sujet de la compensation, si la brièveté voulue de cet exposé ne nous obligeait à nous limiter.Il y a cependant un aspect de ce mécanisme qu’il importe au pédagogue de savoir discerner: c’est la compensatio?i des parents par leurs enfants.C’est un fait trop commun que des parents qui ont échoué dans la réalisation de quelque projet, rêvent de voir leurs enfants réussir là où ils ont eux-mêmes subi un échec.Tel père que les événements ont contraint de renoncer à une carrière libérale veut à tout prix y pousser son fils.Si celui-ci n’a ni le talent ni le goût pour une profession de èe genre, l’attitude paternelle ne peut être que préjudiciable, et elle engendre des conflits en risquant de compromettre le succès et le bonheur de l’enfant.Une dernière sorte de compensation, assez semblable à celle dont il vient d’être question, se manifeste dans la conduite de certains individus: parents, maîtres, instituteurs, dirigeants, réformateurs ou censeurs qui se comportent avec une rigueur outrée à l’endroit de leurs enfants, de leurs disciples ou de leurs subordonnés, et cela, dans les choses où ils se sentent eux-mêmes vulnérables ou condamnables.Un instituteur peu scrupuleux au sujet de la vérité sera intraitable avec les élèves qui ont le même tort; négligeant à remplir à temps certains devoirs professionnels, il se montrera intransigeants à l’égard des élèves retardaires.Compensation ?oui, mais aussi détour étrange du cœur humain.Marie-Rolleî (suite de la page 199) L.Le bon Dieu a dû récompensé sa grande charité.Les petits sauvages qu'elle a convertis doivent lui faire un beau cortège dans le ciel.A.Et elle mérite aussi notre admiration pour sa fidélité dans l’adversité et son attachement au sol canadien.G.C’est une leçon pour nous tous.Rappe- lons-nous bien que rien de grand et de durable ne peut se faire sans effort et sans sacrifice.B.Vive Marie Rollet ! S.Vive Louis Hébert ! E.Vivent nos aïeux ! (O Canada).Suggestions pour la journCe patriotique Thème: Marie Rollet, épouse de Louis Hébert.Prière: Pour la race canadienne française, voir Y Enseignement Primaire, année 1942 43.Catéchisme: L’esprit de sacrifice chez nos ancêtres.Lecture: Louis Hébert et sa famille, par l’abbé A.Couillard-Després.Dictée: D’après la lecture du texte choisi.Histoire du Canada: Étude: Marie Rollet ses qualités: constance, fermeté, courage, fidélité, amour de la patrie.Son œuvre: sa vocation d’institutrice.Inauguration d’un séminaire sauvage.Sa mort: Une perte pour les sauvages.Guillaume Couillard, son gendre, se charge de continuer son œuvre.Géographie: Situation géographique de l’Acadie.Mot d’ordre: Rappelons-nous bien que rien de g and et de du able ne peut se faire sans effort et sans sac.ifice.Devoir: (cours élémentaue) Raconter les bienfaits de Ma ie Rollet aup-ès des sauvages.(Cours complémentaire) Exalter les vertus de Marie Rollet, première femme-apôtre dans le Nouveau-Monde.Chant: Le Credo du paysan (Recueil Gadbois). 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 203 Formation professionelle La bonne humeur par Sœur Saint-Ignace de Loyola, C.N.D., Préfète des Études, Québec.Une des formes de la politesse, la plus agréable et la plus réalisatrice de succès en éducation, est sans contredit la (( bonne humeur )).Elle est si heureuse et si bienfaisante que l’on dit moins souvent (( l’humeur gaie, l’humeur joyeuse, l’égalité d’humeur » que « la bonne humeur » tout couramment comme on dit le « bon Dieu » parce que lui seul est bon.U y a donc une bonne humeur qui doit être la vertu par excellence des éducateurs.Dans la pratique, il faut exercer cette vertu professionnelle sous deux aspects: la cultiver et la posséder pour soi-même, en faire l’éducation chez les autres.Nature de la bonne humeur.La bonne humeur est essentiellement un équilibre moral, à base d’équilibre physiologique, équilibre maintenu par l’action de l’intelligence et de la volonté.Il faut réussir à gouverner ses nerfs et ses muscles, à tenir son cerveau net, clair, libre de pensées sombres et malveillantes.Il faut traiter les soucis et les contrariétés comme des ennemis importuns et sournois qu’on est résolu de vaincre.Il faut regarder sa tâche bien en face, en considérer vaillamment les difficultés, surtout en estimer le prix et s’y attacher de tout cœur.« Une âme chante en autant qu’elle est calme, qu’elle voit et qu’elle aime.)> La bonne humeur est donc une addition de maîtrise de soi, plus encore d’abnégation et de désintéressement, de courage et de générosité, d’amour conquérant et de joie victorieuse.« Tête dans la lumière, dit Mgr Mathieu, cœur dans l’amour, met le bras dans la force et tout l’être dans la joie.)> Voilà la vraie « bonne humeur ».Sources de la bonne humeur.U y a des gens qui ont une gaîté assez proche de l’insouciance, faite d’un égoïsme qui s’entoure d’ouate pour se préserver des coups de la vie.D’autres, au contraire, ont une gaîté combative: pleins de confiance en eux-mêmes, ils poursuivent crânement leur route en narguant le sort.La plupart des gens ont une gaîté accidentelle, au hasard des joies et des menus plaisirs de l’existence.Ces sortes de gaîté ne sont pas la bonne humeur à proprement parler.Mais il est d’autres gens, heureuses natures, qui sont gais par tempérament; ils ont en eux une telle abondance de vie saine que malgré les vents contraires, ils se maintiennent en équilibre et sont un exemple entraînant d’optimisme et d’action.Leur bonne humeur puise donc aux sources naturelles du tempérament, de la santé du bien-être matériel, d’une tournure d’esprit qui perçoit toujours le bon côté des choses, des habitudes de calme, d’une cordiale sympathie qui incline l’âme à semer la joie partout autour de soi.Et chez les chrétiens, cette bonne humeur s’alimente encore aux sources surnaturelles de la foi, de l’espérance et de la charité.Un auteur a dit avec justesse: « La joie descend du ciel par les grands cœurs.» Mais quelle que soit sa source, la bonne humeur se reconnaît toujours aux mêmes signes: les traits se détendent, le front se déride, le regard vif et brillant se pose franc sur les personnes et les choses, le sourire illumine toute la physionomie: la figure est ouverte comme on dit.EJfets de la bonne humeur.La bonne humeur est la clef d'or de la confiance et de la joie des autres.Une figure ouverte ouvre à son tour.Si vous apportez un visage souriant à votre miroir, vous rencontrez un sourire.De même la bonne humeur qui exprime la sympathie l’attire et la dégage chez ceux qui vous voient.Communicative par essence, la bonne humeur est puissante surtout chez les enfants.Aucune résistance de leur part.Ils ne sauraient se défendre contre le sou- 204 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre rire, la voix douce qui les charme.Ils sont prêts à vous suivre dans toutes les découvertes que vous proposez à leur jeune intelligence.C’est que l’enfant est un être sensitif qui vit par l’imagination et les sens bien plus que par la pensée.La puissance de la bonne humeur n’est au fond que la puissance de l’image gaie et riante.Ajoutez à cela que l’enfant est naturellement imitateur.La figure ouverte, joyeuse, l’impressionne et déclenche pour ainsi dire, avec l’émotion, l’image semblable.De même la figure renfrognée, boudeuse, froide a aussi son action mais en sens contraire c’est-à-dire réfrigérante et répulsive et non plus sympathique, attirante et chaude.Dans ce cas, l’enfant et le maître sont littéralement désaccordés.Les enfants sentent l’état d’âme de celui ou celle qui les dirige et se mettent à l’unisson « They could trace the day’s desasters in his morning face » dit Goldsmith.Jacqueline, six ans, vient d’arriver à l’école pour la première fois.Elle regarde tous ces visages qu’elle ne connaît pas et voilà que ses larmes coulent à flots: « Je ne puis pas rester ici, dit-elle, je n’ai ni père, ni mère !.» Alors, la maîtresse de reprendre sur un ton très doux, en souriant: (( Est-ce que je n’ai pas l’air d’être bonne, moi aussi, comme ta maman ?Allons, regarde-moi bien !.« L’enfant risque un œil.puis les deux yeux, soupire plusieurs fois et finit par sourire .L’accord était scellé par ce sourire.Plus les enfants sont jeunes, plus il faut être avec eux de bonne humeur.Ils n’ont point de jugement ou il est si faible que la sensation le submerge; ils sont donc plus impressionnés par la physionomie, la voix, le geste, que par les choses que nous leur disons.Par exemple, des menaces maternelles aussi drôles que celles-ci: « Tu vas te coucher nu-pieds ! » — « Je vais te mettre le nez entre les deux yeux ! », font pleurer des enfants à chaudes larmes quand elles sont faites sur un ton courroucé Une maîtresse s’avisa, un jour, de calmer sa classe en c'tant.sur un ton de dur reproche, un passage du livre de la Sagesse en latin.Les enfants la regardèrent si apeurés, exécutèrent ses ordres avec un tel empressement, qu’elle faillit s’éclater de rire.Le moindre fait impressionne vivement les enfants qui sont incapables de contrôle et de mesure.Une figure souriante éclaire leur petite âme pour toute la journée; une figure sévère les effraye et leur vie toute fraîche qui aspire à s’ouvrir se replie sur elle-même et souffre.Il faut donc prendre garde aux impatiences, aux gestes brusques, aux regards mauvais: ils causent dans l’organisme frêle des petits des secousses trop fortes.Les enfants plus âgés ne se défendent pas non plus toujours contre leurs impressions.Irène, treize ans, ayant été, un certain jour, assez mal reprise à la leçon d’arithmétique, avouait: (( Depuis cette fois, le tableau noir et ma maîtresse me donnent une peur panique et je ne sais plus alors que deux et deux font quatre.» La bonne humeur est toujours bienfaisante.Le Père Eymieu dit: « Elle ne trépide pas, elle est calme; Elle ne fatigue pas, elle repose; Elle ne détruit pas, elle épanouit; Elle ne passe pas dans un éclair, elle se prolonge comme un jour d'été; Elle ne vient pas des sens, elle vient de l’âme: Elle est une manifestation du bien.» Nécessité de la bonne humeur.Il n’y a pas d’éducation possible sans communication et sans réciprocité de confiance.Le maître éveille, fait découvrir, encourage; l'enfant aspire, se donne et ses yeux remercient: c’est un entre-croisement de rayons.La bonne humeur est donc un impérieux devoir professionnel.L’influence du maître, la discipline morale, les progrès intellectuels, en un mot, toute la marche de la classe en dépend.(à suivre) f'TT'DES Pf'DAGOGTOFFS Qve les études pédagogiques se placent au premier rang pour un « pédagogue », il n'est pas besoin de rétablir.Elles s'imposent à lui comme la médecine au médecin, le droit à l'avocat en exercice.La psychologie, appliquée à l'éducation, et la méthodologie pratique sont d'assez vastes sujets pour qve les revues les puissent d'ailleurs traiter avec un intérêt soutenu.D'autre part, les conférences et examens pédagogiques imposent aux maîtres l'heureuse contrainte de préciser, d'approfondir des notions qui risquent d'autant mieux de rester confuses dans l'esprit, quelles sont, depuis longtemps, supposées y être fort claires.Manuel de pédagoaie, p.93, par Une réunion de professeurs. 206 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Le catéchisme pour la Vie par UNE RELIGIEUSE DE L’ASSOMPTION DE LA S.V .Pour être provocatrice d’activité vitale, la leçon de catéchisme doit elle-même battre du pouls de la vie et — on suppose d’accord tous les lecteurs — c’est chez le maître, dans la ferveur de ses convictions, qu’il faut aller chercher-le tout premier secret d’un catéchisme vivant.Mais la vie, en quoi réside t elle ?Qu’est-ce que la vie ?Une merveille certainement, et plus étonnante que celle des étoiles dans le bleu sombre des ciels de nuit.Un mystère aussi; personne encore, bien que chacun la sente sourdre et bouillonner en soi, n’a pu dire adéquatement ce qu’est la vie.Deux caractéristiques, facilement observables, la révèlent pourtant à coup sûr.C’est d’abord la spjntxnêitê.La vie est activité autonome, mouvement de l’intérieur, richesse au dedans, eau de source.Elle est, nous dit saint Thomas, la propriété distinctive des êtres qui s’actionnent eux-mêmes.Tout le contraire de l'inertie, de la passivité.C’est encore Vuniiê.Les éléments, innombrables et disparates, qui constituent le vivant, sont dominés, ordonnés, entraînés dans l’activité d’un même principe substantiel, d’un même art immanent et directeur.Tout l’opposé de la dispersion, de la discontinuité.Si donc, la classe de catéchisme doit être vivante, il lui faut présenter ces deux traits propres à toute vie.C’est l'unité qui nous retiendra aujourd’hui.* * * Il est devenu presque banal de gémir sur l’ignorance religieuse des nôtres.Tout le monde en convient et le mot, si courageux en son temps, de Son Éminence, notre vénéré Cardinal, au Cercle universitaire de Montréal, n’a plus de quoi surprendre: «Ce n’est pas d’ignorer la théologie qu’on nous reproche, à tous, même aux intellectuels, c’est d’ignorer le petit catéchisme.» Pou-tant, nulle part ailleu-'s peut-être qu’en noUe p-ovince l’enseignement religieux occupe — officiellement du moins — une place aussi la-ge.Nulle part peut être non plus un contré le aussi direct n’est exe'cé sur cet enseignement.Que chacun se remémore les semaines inoubliables pendant lesquelles on « ma-chait au catéchisme », les transes de l’examen final et le triomphe qu’apportait le certificat avec g-ande distinction.Puis, tout au long du cours d’études, les notes des bulletins mensuels, les examens périodiques, le prix d’instruction religieuse par lequel s’ouvre encore dans nos écoles tout palmares qui se respecte.Comment, après tout cela, est-il encore possible de parler d’ignorance religieuse ?Les uns croient avoir tout éclaré en accusant l’apathie des nôtres à poursuivre, après le temps de scola-ité, leurs études religieuses.Une enquête sérieuse, menée par la Revue dominicaine il y a quelques années, jetait une lumière un peu gênante sur ce sujet.Par ailleu-s, combien de p-êtres — et d’autres qui ne sont pas prêtres — ont pu constater l’avidité avec laquelle on désire chez nous la pa-ole du bon Dieu et avec quelle ferveur on la reçoit ! Faud-aP-il se l’avoue"?Si, malg-é les p-og-ammes rempli?et les certificats décernés, l’enseignement reli dispensé à nos enfants révèle enco~e des déficiences; si, au sortir de nos éccles, t-op de jeunes manifestent de l’inappétence dou~ le?sujets religieux, ne semit ce pas, pour une part, que nos catéchismes manque-aient de cohésion, de liaison vpale.d’unité5 N’ariverait il pas que, dans nos leçons, dogmes, p-éceptes de momie, sacmments et détails liturgiques se succéderaient aussi détachés peut-être, aussi isolés, que, sur nos cartes murales, les divers systèmes de l’organisme humain et les éléments multiples de la plante ?Si, par impossible, l’étude, aussi intelligente qu’on la suppose, de ces planches murales était le seul moyen qu’aient nos élèves de connaître le végétal et l'homme, elle serait bien étriquée, bien décharnée, l'idée qu’ils s’en pourraient faim ! L’homme et la plante, ils les croiraient somme.d unites disloquées, agmgat de systèmes, échafaudage de fonctions.À leur connaissance, 1 essentiel manquerait: la vie dans sa prodigieuse cohérence, dans sa puissante unité. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 207 De même, des enfants, à qui ne seraient donné d’autres moyens de connaître notre sainte religion qu’une explication successive et cloisonnée de ses divers aspects, pouriaient bien s’imaginer qu’elle n’est autre chose qu’un assemblage artificiel: des dogmes etxangers les uns aux autres; des rites sacramentels, si nombreux, et même un peu bizarres; une morale sans attaches vives et qui ressemble si fort à un catalogue de défenses, à une suite de coups de ciseaux dans des ailes.À ces enfants aussi, l’essentiel manquerait: la vie en son ineffable et mystérieux élan; et, malgré le zèle très sincère des catéchistes, malgré la multiplicité plus que respectable des connaissances acquises, il faudrait déplorer le caractère superficiel et combien Lagile de leur instruction religieuse.Quant à la formation, il n’y aurait pas lieu d’en parler.Car c’est l’esprit qui vivifie, non la lettre.Et la vie est cohésion, non dispersion et morcelage.Il ne s’agit nullement de critiquer les manuels de se présenter par chapitres distincts, pas davantage les répartitions qui imposent un temps pour chaque point et chaque point en son temps.Ce serait grande naïveté de bouder répartitions et manuels de ce qu’ils ne communiquent pas la vie ! Ce n’est pas là leur mission.Il s’agit de bien voir si nous, catéchistes, âmes vivantes parlant à des âmes vivantes, ne nous préoccupons pas trop d’empiler dans l’esprit de nos enfants des connaissances hachées, d’accumuler les détails morts, au lieu d’aller à l’essentiel et de leur faire voir comment, dans la religion, tout est continuité et liaison vitale.Car l’unité, dont on entend parler ici, n’est pas simple groupement de notions, comme en peuvent obtenir du dehors, schémas et tableaux synoptiques; c’est l’unité profonde de la vie où tout est communauté, interdépendance et influence réciproque.Voulant donner une explication de la formation de l’univers, M.Bergson parle d’un centre d’où les mondes jailli aient comme les fusées d’un immense bouquet.Il n’est pas de notre compéfence et ce n’est pas non plus le lieu de critiquer révolution créatrice du g’and philosophe; mais nous pourrions peut-être recueillir son image et l’appliquer n.vtctis n,u-tandis à la science religieuse.Un épanouissement en séries diverses — dogmatique, morale, sacramental e, liturgique — mais un épanouissement jailissant d’un centre vital unique, d’un caur, tel serait notre enseignement religieux tout au long du cours d’études.C’est que la religion a un cœur et c’est là, au cours, que dort la source de la vie, le secret de l’unité; l'x qu’oûgine cette circulation qui entraîne dans son élan vital les éléments multiples et divers de la religion une, vivante et véritable.C’est donc là qu’il faut s’établir, si l’on veut éviter l’éparpillement et les dissections meurtrières C’est à l’essentiel qu’il faut s’attacher et voir ensuite comment tout le reste en découle.Et l’essentiel, la fin UNioTrE, unifiante c’est: gloire de Dieu par notre vie de grâce en Jésus.Dans son essence, la religion n’est pas autre chose qu’une intimité vivante et vivifiante de l’homme avec Dieu, de Dieu avec l’homme.Une montée, chaque jour plus ha-die, chaque jour plus confiante, de nos âmes vers le bon Dieu.Une descente, chaque jour plus intime, chaque jour plus miséricordieuse, du bon Dieu en nos âmes.Cette vérité de notre prédestination à la vie de la g^âce, c’est elle qui résume et unifie la théologie de saint Paul, comme celle de saint Jean.Et dans la pensée du Docteur angélique, elle est £1 conducteur, sommet d’où tout a son point de départ et où tout revient.Et cette vérité centrale, rayonnante, le catéchisme de Québec nous la révèle en son p-emier chapitre, formule 4.Une fois qu’on a su la découvrir là, on la devine tout au cours du manuel.Comme l’eau emprisonnée sous les glaces et qui attend du printemps sa délivrance, elle est là, cap'iye, sous la pesée rigide des formules.Comme la sève en nos hive-s canadiens, elle dort sous la f oidu-e des mots.Qu’un renouveau dans not^e enseignement la délivre, on la ve^ra p-endre son cours, tout s’approprier, et tout canaliser; on la verra vivifier l’arbre entier, le gonfler jusqu’en ses derniers rameaux.Nous aurons trouvé le secret d’un enseignement unifié et, parce qu’unifié, VIVANT ET PROVOCATEUR d’ACTIVITÉ VITALE. 208 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre SUGGESTIONS PÉDAGOGIQUES NOVEMBRE Religion PREMIÈRE, DEUXIÈME et TROISIÈME ANNÉES Le péché.Note pédagogique.—Appliquons-nous dis la pre-rnttre année à susciter chest.! enfant une yrande horreur du péché.1 — Matériel: o') un tableau des séries catéchistiques: l’Enfer; b) un beau crucifix bien en vue; c) deux chandelles, assess courtes; deux pots à bouquets, assess hauts.2 — Mon but.Montrer vivement aux petits que le péché mortel: af donne la mort à Vdme, b) attire la colère divine, c) rend digne des peines de l'enfer.L’importance de ce sujet est que les tout-petits ne comprendront jamais assess clairement le grand mal qu est le péché mortel.I — Atmosphère.Un cantique:.(quelques lignes seulement).Prière: Notre Pire.N.B.— Les petits répètent après chaque demande.II — Introduction.Le plus grand mal.Henri, que venez-vous de demander, juste en finissant le Notre Pire ?Redites les derniers mots.Supposons que vous jouez aux prisonniers ou aux sauvages, qu'arrive-t-il lorsqu'un petit garçon réussit à briser la ligne des gardiens, Paul ?Ah ! c'est une bonne réponse: le prisonnier se sauve.Il est délivré ! Et si un gros orage vient avec des éclairs et du tonnerre, quand c’est fini on dit: « Ouf ! comme on est délivré » ! Et de quoi est-on délivré ?Paul ?Louis ?etc.III — Étude.Mais dans la prière, on demande à Dieu de nous délivrer de quoi ?Philippe.— Du mal.C’est ça qu’il faut comprendre: le mal.Qui pourrait me dire de quel mal on parle dans cette prière ?Pierre ?— Le mal de tête ?Voyons, mon petit, le mal de tête, le mal de dents* le mal de pied, c’est pas assez mal, .je voudrais savoir le plus grand mal, un mal effrayant .N.B.— Travailler les questions jusqu’à l'obtention de la réponse: le péché.Enfin c'est Louis qui l’a trouvée.Oui, le plus grand mal c'est le péché mortel et nous allons le voir aujourd’hui, bien clairement.Nous ne verrons pas d’autre chose tellement c’est important de savoir ça.Écoutez une histoire, là-dessus, une belle histoire ?Un petit garçon de votre âge avait une maman qui l’aimait beaucoup, beaucoup.C'était une bonne maman et en même temps une grande reine comme celle qui est venue nous voir déjà.Le petit garçon s'appelait Louis.Un jour qu'il jouait aux pieds de sa maman, elle lui dit: Louis, aimes-tu maman ?C'est bien ça qu'elles disent les mamans, hein Henri ?Louis aussitôt s'est levé et est allé caresser sa maman.Et c’est alors que la grande reine lui dit en l’embrassant: « Mon petit Louis, maman t’aime, gros, gros, mais elle aimerait mieux te voir mort, là, dans ses bras que de te savoir en état de péché mortel ! )) Il faut donc que le péché mortel soit bien effrayant pour qu’une maman parle comme cela à son enfant! La mort de l’Âme.Voyons ensemble ce que le péché mortel fait à un enfant.Lorsqu’un petit enfant vient au monde, Robert, le bon Dieu l'aime-t-il ?Pourquoi Tom ?Ah ! c’est bien ça, le bon Dieu l'aime mais le péché originel l 'empêche de regarder avec plaisir cette âme.Et quel sacrement pourra ôter le péché originel, Jean ?Oui, mes chers amis, vous vous souvenez que, par le Baptême, Dieu nous donne sa vie qu’on nomme comment ?Robert ?— La grâce sanctifiante.La grâce fait l'âme belle, brillante, agréable à voir pour le bon Dieu.Puis, si le péché mortel vient, il noircit l'âme.Tenez je vais vous faire un petit jeu pour vous aider à comprendre.N.B.— Ici je produis mon matériel.Jean, qu’est-ce que ceci ?— Un bout de chandelle.C’est très bien.Est-ce que la chandelle fait de la lumière ?— Non.Pourquoi ?— Parce qu'elle n’est pas allumée. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 209 Ah ! voilà qui est bien.Pour que la chandelle fasse de la lumière, il faut l’allumer.Allumons-la ! Et maintenant, voyons un peu ceux qui peuvent comprendre sans qu’on leur dise tout.Qu’est-ce qui fait la lumière dans notre âme ?Jean ?— La grâce.C’est très bien.Et par quel sacrement nous est-elle donnée d’abord ?— Par le Baptême.C’est comme ceci.A.B.— Je présente la chandelle éteinte.Voici l’âme avant ou après le baptême ?Roger ?— C’est avant.Elle est morte.N.B.— J’allume la chandelle.Le Baptême vient, l’âme a la grâce, elle brille.Dieu l’aime.Et cette âme est entourée de quoi ?— D’un corps.Tenez comme ceci.jV.B.—Je mets le pot renversé sur la chandelle allumée.Voyez vous la lumière ?Voyez-vous l’âme éclairante, l’âme en état de grâce ?Ah ! vous ne la voyez pas.Qu’est-ce qui la cache ?Qui la voit quand même ?Oui, mes chers enfants, Dieu voit toujours l’âme, et sait si elle est en état de grâce ou si elle ne l’est pas.Mais est-ce possible que l’âme perde la grâce ?Gaston ?Remarquez la chandelle.N.B.— Ici, l’on fait une série de petites expé-riences: souffler sur la chandelle, faire du vent avec une feuille, etc.Voyez-Ta flamme tremble, la flamme baisse, etc.Mais si je souffle fort, fort ?-— Ah ! la flamme est morte.Et c’est de même pour l’âme.Si le démon souffle fort, fort .et si je ne me défends pas .c’est fini, c’est le péché mortel, mon âme est morte.Dans une autre leçon nous verrons qu’il y a moyen de se défendre.Pour aujourd’hui je veux vous faire retenir que le pécié mortel donne la mort à Vdme en lui ôtant quoi ?Louis ?Et maintenant pensez-vous que le bon Dieu est content d’une âme qui n’a plus la grâce?Pierre?Et c’est bien vrai.A^.B.— Faire ici quelques comparaisons: les beaux habits, les bonnes mamans, les grosses taches.Mon-trer le Crucifix, Il est mort, Lui, pour le péché.La vie éternelle.Mes petits amis, le péché mortel fâche le bon Dieu, il attire sa colère sur l’âme .et si l’âme meurt comme cela c’est .Y enfer pour elle.N.B.— Ici montrer le tableau de l’enfer.Ar.B.-— Laisser les petits faire leurs réflexions et finir en leur démontrant que la mort frappe le corps, et que Dieu désigne l'dme pour toujours soit pour le ciel ou pour V enfer suivant que la grdce sanctifiante est présente ou absente de cette dme.Voyez ici pour finir.Nous avons deux chandelles: ça représente deux .?— Ames.Nous avons deux pots: c’est comme deux .?— Corps.N.B—Je renverse les deux pots sur les chandelles: l’une éteinte, l’autre allumée.Voyez-vous si les chandelles sont éteintes ou allumées ?Le bon Dieu sait-il si l’âme est belle ou laide ?brillante ou noire ?La mort vient.Elle frappe.N.B.— Je casse le pot.Le corps est mort, mais l’âme reste comme elle était.Celle-ci est brillante, où va-t-elle ?Celle-là est noire, morte, ou va-t-elle ?Comme c’est triste ! Nous reprendrons nos chandelles pour parler de la mort et des moyens que le diable prend pour nous perdre et de ceux que le bon Dieu nous offre pour nous sauver.Pour aujourd’hui retenons bien que le péché mortel est le péché .(n° 52).N.P.— Le titulaire fait alors une courte revue au moyen de questions et sous-questions et d'un retour sur l'histoire de saint Louis.Nous verrons un autre jour comment les hommes sont assez fous pour faire un pareil gros péché .Et bien d’autres choses aussi.IV — Conclusion.Pour le moment faisons une petite prière comme celle-ci : « Mon Dieu, je vous remercie de votre grâce dans mon âme, gardez-la moi toujours, faites que je meure plutôt que de la perdre.» Y —- Application.Deuxième et troisième années: Composez une phrase avec les tssots-.péché, mort, dme QUATRIÈME, CINQUIÈME, SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES L’autorité de l’Église.Note pédagogique.— Au programme de ces Quatre classes, nous trouvons la figure lumineuse de l'Eglise.Faire comprendre à l'enfant combien notre Eglise est belle, grande, solide etc.c’ est lui assurer pour toute sa vie un phare.Les chapitres onzième et douzième du petit catéchisme demandent beaucoup d'explications et le titulaire doit vaillamment entreprendre de démontrer à ses jeunes élèves combien l'Eglise, dont il sont membres, peut se comprendre et leur insuffler un orgueil d'appartenir à ce groupe bien au-dessus de toutes les sociétés hitlériennes, fascistes, phalangistes, etc., etc.N.B.— Pour montrer comment chacune des réponses de ces chapitres peut se prêter à.maints développements, nous donnons ci-après la marche d’un catéchisme sur l’Autorité (n° 139).Préparation.1 — Analyser cette réponse.2 — Etablir les relations avec d'autres numéros.3 — Trouver des aides.1 — Analyse de la réponse : Qu’entendez-vous — veut dire réellement: qu'est-ce 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre que telle locution ?tel mot, signifie four vous ?Ainsi: quelqu'un vous dit: (( ]'ai lu four tuer le temfs )), qu est-ce que cela veut dire ?L’autorité — L'autorité du flre de famille, les autorités de la ville, etc.Mission — la charge d'atteindre tel but.Ainsi: la mission de Criffs aux Indes était de .; la mission du frofesseur est de .Droit — la fermission qui le met en loi.Ainsi: le maître a le droit de demander tel ou tel travail à l'élive .Le pouvoir — la cafacité, les moyens.Ainsi: la folice feut vous arrêter, elle a le pouvoir, elle a droit de le faire si vous êtes coufable de quelque fredainej le bAaire a le droit de faire tel réglement et le pouvoir de les faire exécuter.Exemfle: Une folice: feut m arrêter de fumer dans un endroit ou la chose est défendue; elle a la fuissance, la force de le faire.< Elle a aussi le droit farce que je viole une loi.Je ne suis fas en loi.Enfin, c’est sa mission c est-à-dire le but de son emfloi, elle doit arrêter ceux qui violent la loi.Ma réponse est donc: Le Pafe et les évêques, successeurs des afôtres, ont reçu de Jésus-Christ la mission, le droit, le fouvoir de frêcher l'Evangile et de gouverner les fidllesy c' est cela que nous entendons far l’autorité de l'Église.2 — Les relations de cette réponse : Les relations de cette réfmse et des c ha fifre s onzième et douzième, les numéros: 130, 131, 132, 134, 136, 143, etc.3 — Les aides : Exfosition: aj faire une semaine de l'Eglise.Exfoser les fortraits du Pafe, de l'Évêque, du Curé; quelques vues de Pome ou autres dêcoufures exaltant l'Église.Audition: bj rechercher des exemfles ^’autorité: Mission de prêcher: Les fremiers afôtres, le Non possumus de saint Pierre et saint Jacques au frince des frêtres; saint Paul, sur le chemin de Damas.Les civilisateurs des Barbares.Les missionnaires de nos jours.Le Pafe qui', actuellement, frêche la faix.Missjon de gouverner: l'Église et les Barbares, le Pafe, roi de Rome, Grégoire VII et Henri IV, saint Ambroise et Théodose, Les Croisades, etc.I — Atmosphère.1 — La décoration mentionnée dans la préparation, ri* — Un cantique (fièrement enlevé) : Je suis chrétien ! 3 — Une prière: Le Pater.II — Introduction.^ Pour que le règne du Christ arrive sur notre terre, mes chers amis, va-t-il falloir que des hommes s’en occupent ?Louis ?Oui, certes oui! La grâce de Dieu est toute puissante mais elle passe très souvent par des voies plu- tôt humaines.Dieu veut que son règne arrive par l’intermédiaire de ceux qui forment Sa société.III — Étude.Comment s’appelle, déjà, la société de tous ceux qui professent la foi de Jésus-Christ ?Paul ?Qu’est-ce que l’Eglise ?Louis Quel est le chef invisible de l’Église ?Charles ?Et son chef visible, qui est-ce ?Jean ?Quel est le nom du Pape actuel ?Rolland ?Où réside-t-il ?Clément ?Pourquoi est-il le chef visible de l’Église ?Pierre ?Et les évêques, de qui sont-ils les successeurs ?Louis ?Qui est notre évêque ?Jean ?Mais, quQpourrait me dire: Pourquoi Jésus-Christ a fondé soh Église ?(136) Ah ! voilà qui nous renseigne.Jésus-Christ a fondé son Église pour enseigner, gouverner, sanctifier et sauver tous les hommes.Mes chers enfants, cette réponse paraît bien simple mais elle est immense.Cherchez tant que vous voudrez vous ^ne trouverez jamais une société plus grande que l’Église.Pensez-y donc: enseigner tous les hommes, les gouverner, les sanctifier, les sauver ! Comme c’est grand, comme ça dépasse les sociétés nazis, fascistes, etc., dont on nous fend les oreilles.Mais cette société qu’on appelle l’Église, de qui a-t-elle reçu tous ses pouvoirs ?Paul ?Bien, mon cher.Jésus, Fils de Dieu, est venu pour sauver tous les hommes.Il a tous les pouvoirs, parce qu’il est Dieu.Et^pour continuer son oeuvre.Il laisse, en partant, Son Église.Le premier qui reçoit ce grand héritage de représentant de Jésus-Christ, c’est?—Notre Saint-Père le Pape.Ensuite viennent .qui ?— Les évêques.N.B,— Ici lire l’Évangile où Jésus parle au pre- mier Pape, saint Pierre, et à ses collaborateurs, les apôtres (Saint Matthieu, chap, XXVIII, par.18), « Toute puissance .Allez donc, enseignez toutes les nations, .» C’est donc clair: Pourquoi Jésus-Christ fonde-t-il Son Église ?— C’est pour enseigner.Voilà la mission de l’Église.Il est très important, mes chers enfants, de savoir et de comprendre la mission de l’Église afin de ne pas se tromper.Il y a des sociétés dont la mission, dont le but à atteindre, est, par exemple, de protéger les animaux: telle le S.P.A.C.D’autres sociétés ont la mission de ceci ou de cela: rachejter les esclaves, sauver les enfants chinois, etc.L’Église doit prêcher l’Évangile, c’est sa mission, et elle l'a toujours fait.N.B.— Insérer ici un ou deux- faits d’histoire des papes de Pierre à Pie XII.Jésus-Christ a-t-il fondé Son Église seulement pour enseigner?L’Eglise doit aussi gouverner les hommes si elle veut les mener au salut.Cela ne fait qu’un.L’Église a-t-elle le droit de faire cela: prêcher et gouverner ?Et qui le lui a donné ?Et d’où le tenait-il ?Cela doit nous rendre fiers, mes amis.Notre Église a le droit d’enseigner et elle le fait et jamais les gouvernements qui ont essayé de 1 empêcher n ont pu réussir. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 211 iV.B.— Ici raconter quelques faits historiques: premiers martyrs, héros contemporains d’Espagne ou du Mexique, etc.L’Église a reçu également la puissance du Christ pour prêcher et gouverner.Lui l’Homme-Dieu pouvait tout.Elle peut, de même, s’imposer pour amener les fidèles au salut.Voyons plutôt des exemples.IV.B.— Raconter les hauts faits des héros tels que Grégoire VII, saint Ambroise, Thomas Morus, Thomas Becket, Pie VII, etc., etc.— jusqu'à Pie XII que rien ne saurait empêcher de remplir sa mission.Voilà, mes chers enfants, l’héritage du Christ.Si nous récapitulons nous pouvons dire: « Le pape et les évêques, successeurs des Apôtres, ont reçu de Jésus-Christ la mission le droit le pouvoir de prêcher l’Évangile et de gouverner les,fidèles.C’est cela que nous appelons l’autorité de l’Église.N.P.— Le titulaire jait la revue par questions et sous-questions et amene à la réponse 139.IV — Conclusion.Ensemble, disons à Dieu un grand merci: « Nous vous rendons grâces de tous vos bienfaits, ô Dieu tout-puissant, qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.)) Y — Application.Une courte rédaction: Écrire à un jeune ami du Mexique pour lui dire comme vous êtes fier d’être un petit catholique.HUITIÈME et NEUVIÈME ANNÉES La Confirmation.Note pédagogique.— L'étude des sacrements doit prendre, aux stages de huitième et de neuvième années, une forme à laquelle l'élève peut coopérer, de plus en plus, y aller de sa propre idée et de ses propres questions.Le petit catéchisme suffit toujours mais sa formule doit être dans les mains de l'enfant comme un éventail qu il puisse déplier pour y lire une synthèse de sa religion.Pour le titulaire.c est une hase, un fondement sur lequel il charpente une leçon lumineuse capable de graver profondément les formules du petit catéchisme.Le programme amène, tour à tour, les sept sacrements.Sans doute, l'élève les connaît; il en a même reçu plusieurs.Il s'agit maintenant de prendre cette connaissance confuse pour la pétrir, l1 II III amplifier, en faire une/Connaissance précise, sérieuse, raisonnée, de chacun des augustes sacrements de notre religion.Plusieurs leçons seront nécessaires.pour chaque sacrement.En général, l’unité sera composée des divisions suivantes: a) La nature et le but du sacrement.bj Son administration: étude de la liturgie et des rites, explications détaillées.c) Son usage: applications pratiques.Le titulaire peut remettre à une autre époque l’explication détaillée du cérémonial de l'administration d'un sacrement.Par exemple, pour l'Ordre et la Confirmation, leurs rites peuvent être étudiés à la lumière des cérémonies elles-mêmes, aux époques des Ordinations ou de la Confirmation.N.B.— La leçon suivante sera du tvpe a).Préparation.Mon but sera de concentrer l'attention des élèves sur deux questions: aj Qui recevons-nous par la Confirmation ?bj Pourquoi recevons-nous le Saint-Esprit 1 Analyse du texte n° 179.La Confirmation: sens d'affermissement.Exemples: Confirmer une nouvelle, confirmer quelqu un dans un emploi, est un Sacrement —a) signe sensible, lequel ?Conditions—bj institution divine, quand ?—cj production de la grdce .par lequel nous recevons le Saint-Esprit.N.B.— Retourner au chapitre 9, n° 106-115- Le Saint-Esprit: sa nature, son rôle, ses manifestations, qui nous donne la force de confesser notre foi sans crainte: aj confesser: sens de déclarer.Exemple: confesser telle ou telle allégeance politique, telle ou telle affiliation ou connection; bj confesser notre foi: quand ?¦— Toujours.où ?— Partout, comment 1 — Sans crainte.Exemples: Les Martyrs: saint Polycarpe, sainte Blandine, Thomas Morus, etc.; les contemporains en Russie, en Espagne, au Mexique.cj Nos petites confessions: être catholique sans respect humain, fréquenter l'église, aller communier, se respecter et se faire respecter, etc.être un homme.et de mener une vie sainte: aj L'idéal de tous: le Ciel, séjour des saints.bj Que faire ?¦— Conserver la grdce.cj Comment ?— En luttant, malgré les tentations, les pièges du démon: I — Atmosphère.aj Un cantique: 0 Saint-Esprit, venez en nous.bj Une prière: Veni Sancte Spiritus.II — Introduction.Mes chers enfants, nous venons de chanter avec cœur un bien beau cantique et nous y avons ajouté une prière émouvante.Dans vos livres de lecture, avez-vous déjà rencontré des histoires où de pauvres païens invoquaient des esprits, soit l’esprit de la forêt, soit l’esprit des eaux, etc.?Louis?Paul ?Arthur ?III — Étude.Est-ce donc à dire que nous sommes païens aussi puisque nous invoquons l’Esprit-Saint ?Paul ?Non, c’est bien.C’est parce que le Saint-Esprit existe réellement et qu’il est la troisième personne de la Sainte Trinité.Et par quel sacrement le recevons-nous ?Jean ?Tous, mes chers amis, nous sommes confirmés mais, hélas, combien peuvent dire qu’ils subiraient sans broncher un examen public sur la Confirmation et tout ce que renferme notre chapitre quinzième ?Nous essayerons donc ensemble de bien comprendre deux questions: aj Qui recevons-nous dans la Confirmation ?bj Et pourquoi le recevons-nous ?Bornons-nous à cela pour aujourd’hui.Nous verrons une autre fois, et très en détail, les cérémonies de la Confirmation et ses fruits. 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre Aujourd’hui le numéro 179 nous suffira.Nous y Ijsons: Qu'est-ce que la Confirmation?Allez, Arthur.Ecrivez la réponse au tableau.N.P.— Exiger la réponse intégrale et procéder ensuite à l'analyse.N.B.— Le mot Confirmation, je le souligné.Pierre pouvez-vous me dire ce que signifie le mot confirmation ?.(silence probable; c’est pourtant essentiel de le savoir un peu).Supposons que Jacques arrive en disant: Monsieur, telle maison est brûlée.C’est une nouvelle.J’attends avant d’être certain.Lorsque Louis se présente, je lui demande: (( Louis, est-ce vrai que telle maison est brûlée .» et Louis me confirme cette nouvelle.Vous voyez cette expression tous les jours dans les journaux.N.P.— Travailler de même: confirmer dans un emploi, ou d'autres exemples semblables.Donc confirmation veut dire: affermissement.Le Baptême donne la vie spirituelle et la Confirmation .?Le Baptême fait naître les enfants de Dieu, la Confirmation .?Et nous attaquons la réponse.La Confirmation est un sacrement.IW.B.— Je lis au tableau et je souligne.Arrêtons-nous tout de suite.Qu’est-ce qu’un sacrement ?Paul ?(150) Ah ! nous voilà devant trois conditions pour qu’il y ait sacrement; a') un signe sensible, b') institué par Jésus-Christ, c) pour nous donner la grâce.Vérifions ces données pour la Confirmation.De quoi l’évêque se sert-il pour administrer le Sacrement ?Paul ?Très bien, c’est la matière éloignée.Et que fait-il avec le saint Chrême ?Très bien et cette onction, c’est la matière prochaine.Quelles paroles prononce-t-il ?(181-183) La Confirmation a donc un signe sensible.Il faut ensuite vérifier s’il fut institué par Jésus-Christ.Mes chers amis, Jésus-Christ à plusieurs reprises promit, à ses disciples, avant sa mort, de leur envoyer le Saint-Esprit.N.B.— Citer l’évangile de la Cène.Après sa mort il les entretint encore de son royaume et l’on voit les apôtres, aussitôt après la Pentecôte, imposer les mains et donner le Saint-Esprit.Le saint concile de Trente dit: « Si quelqu’un dit que la Confirmation n’est qu’une cérémonie vaine et non pas plutôt un sacrement véritable et proprement dit, qu’il soit anathème.» La Confirmation est donc un signe sensible institué par Jésus-Christ.Donne-t-elle la grâce ?Quelle sorte de grâces?Paul puis-je dire que la Confirmation est un sacrement?Continuons notre réponse.La Confirmation .par lequel nous recevons le Saint-Esprit.Arrêtons ici encore et voyons un peu ceux qui se souviennent.Jean : Qu’est-ce que le Saint-Esprit ?(106).Dans quelle prière le nomme-t-on ?Roger ?N.B.— Revoir ici le chapitre IX, et finir en demandant: Le Saint-Esprit a-t-il déjà manifesté visiblement sa présence en quelqu’un qui l’avait reçu ?A.B.— Lire les Actes: le don des langues chez les Apôtres.Le Saint-Esprit, mes chers amis, ne manifeste pas toujours sa présence par de semblables dons extérieurs mais il est toujours là et voyons ce que le catéchisme nous dit.N.B.— Je lis au tableau.La Corifirmation .qui mus donne la force de confesser notre foi sans crainte.Que veut dire ici cette expression confesser ?Exemples: Supposons que je vous demande, Louis, êtes-vous nazi ?Si vous admettez « Oui, monsieur, je suis nazi », vqus confessez.De même quelqu’un peut admettre toutes sortes de parentés, d’affiliations, etc.Et ceux qui confessent jusqu’au prix de leur sang, on les nomme .?Paul ?— Des martyrs.C’est bon et ceux qui n’ont pas le bonheur d’atteindre le témoignage du sang, comment l’Eglise les nomme-t-elle ?— Ses confesseurs.Ici, mes chers élèves, il nous faut nous arrêter et penser un peu à la force incroyable que le Saint-Esprit a donnée à tant de martyrs, grands ou petits, à tant d’apôtres, à tant de missionnaires, depuis le commencement des temps.Voyons un peu ensemble une liste de ces héros confesseurs ?iV.P.— Ici le titulaire s'efforce de faire trouver aux élèves les héros dont ils se souviennent et guide leurs recherches en amorçant seulement les grandes lignes des vies qu il a choisi de rappeler.Voilà pour les héros, mes chers amis, mais nous, nous les élèves de cette classe, cette année, pouvons-nous dire que le Saint-Esprit nous donne la force de confesser notre foi sans crainte ?Jean ?Vous ne savez pas ?Sans parler des grandes persécutions qui peuvent toujours venir, est-ce que nous ne rencontrons pas de petites persécutions qui nous demandent à nous tous d’oser confesser notre foi sans crainte.TV.P.— Questions et sous-questions amenant les élèves à étudier le respect humain à l’école.TV.B.—Je continue la lecture au tableau.La Confirmation .de mener une vie sainte malgré les obstacles .Sommes-nous tous appelés à faire des Saints ?Paul ?Pouvez-vous me prouver cela, Henri ?C’est très simple pourtant.Voyez.Quel sera le lieu de notre éternité ?Le ciel est-il, oui ou non, le séjour des Saints.Donc nous sommes appelés à faire des Saints et pour cela nous devons mener une vie sainte malgré .Placer ici des commentaires appropriés répondant à la question: Qu’est-ce qu’une vie sainte ?TV.P.— Taire trouver aux élèves les grandes lignes d’une vie sainte.Citer les beaux exemples de nos saints ancêtres.DAontrer la sainteté dans Vaccomplissement du devoir d'état.Etudier de la meme manière la dernière partie (( malgré les obstacles .» Que les élèves énumèrent les principaux obstacles que le démon jette sur leur route.Questions et sous-questions pour s’assurer que tous savent: a) Qui nous recevons à la Confirmation.bj Pourquoi nous le recevons. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 213 IV — Conclusion.Le Catéchisme se termine par la prière Veni Sancte Spritus, récitée du fond du cœur.Y — Application.Rédaction: Mon héros.Raconter le martyre qui vous a le plus frappé dans ceux que nous avons lus ou entendus raconter.Notes bibliographiques.Les catécnistes trouveraient d’intéressants synopsis à utiliser dans: Le Synopis du catéchisme, abbé Jos.Carrier, ou La Synthèse de la Doctrine catholique, abbé Roger Horien.Nous recommanderions également de lire: l’Apostolat Catéchistique, Les Frères des Ecoles Chrétiennes; Catéchismes Volants qui peuvent être aussi d’un très grand secours.?Langue française UNE SEMAINE DE FRANÇAIS I — Lecture.II — Intelligence du texte.III — Lexicologie.IV — Phraséologie.Y —- Grammaire.VI — Analyse.VII — Dictées.VIII — Poésie.IX — Langage et rédaction.X — Chant.V.B.— Ce plan est une marche à suivre pour les leçons de français de toutes les années du cours, sauf pour celles de la première année.PREMIÈRE ANNÉE Lecture Livre de la Congrégation Notre-Dame: leçons 11 à 18.Livre de Forest-Ouimet : leçons 10 à 15- Note pédagogique.— Les élèves de première année n ont, à ce moment, que deux mois de scolarité; le titulaire devra donc procéder encore très lentement avec eux.Cependant, il pourrait déjà après l'étude d'une page de lecture, extraire une ou deux phrases de cette leçon étudiée, les écrire au tableau noir et poser des questions faciles sur l’explication des mots, le sens de la phrase et donner quelques éléments de grammaire: noms de personnes, d’animaux ou de choses; syllabes (coups de voix); mots d'action; etc.A cela il ajoutera l'épellation des mots, puis la dictée, au tableau noir et sur le cahier, de deux phrases tout au plus, N, B.— À la fin du mois, comme révision le titulaire pourrait se servir des quelques phrases ci-dessous.Livre de la Congrégation Notre-Dame.I — Texte.La dame a la rame du papa de Rémi.Avila va à la dérive.Aline a vu le navire de Nono.La mère a la tire de Lolote, de la petite Olive, de Mimi, de bébé Lili.Ovide lira le volume.II — Lecture et épellation.N.P.— Le titulaire écrit ce texte au tableau.Les élèves le lisent d'abord ensemble puis individuellement.Afin de s'assurer que les élèves ne lisent pas de mémoire, le titulaire pourrait intervertir Vordre des phrases.Le titulaire fait ensuite épeler tous les mots en changeant d'élèves pour chaque mot.III — Questionnaire sur le texte.1 -— Qu’est-ce que la dame a ?2 -— Qu’est-ce qu’une rame ?3 — À qui appartient cette rame ?4 — Comment se nomme le petit garçon dans la première phrase ?5 — Lisez la deuxième phrase et dites-moi combien elle contient de mots.6 — Qu’est-ce que: aller à la dérive ?7 — Dans la troisième phrase on parle d’un petit garçon, pouvez-vous le nommer ?8 — Quelle est le nom de la petite fille dans cette phrase ?9 — Trouvez dans cette troisième phrase un mot de trois coups de voix (syllabes).10-— Lisez tout bas la quatrième phrase.Qu’est-ce que la mère donne aux petites filles ?11 — Aimez-vous la tire ?12 — Quel jour a lieu la fête de la tire, pour les petits enfants qui fréquentent la classe ?13 — Nommez les quatre petites filles qui ont reçu de la tire ?14 •— Quelle action fera Ovide ?15 — Qu’est-ce qu’un volume ?Livre de FoRest-Ouïmet.I — Texte.René a abîmé la robe de ma mère.La lune se lève.Je lave le lavabo.La jolie pipe de papa.La pelure de la patate. 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre II — Lecture et épellation.III — Questionnaire sur le texte.1 — Lisez ensemble la première phrase.Nommez les deux noms de personnes qui s’y trouvent.2 ¦— Qu’a fait René ?3 — Que signifie abîmé ?4 — Lisez la deuxième phrase.Que fait la lune ?5 ¦— La lune se lève-t-elle le matin comme nous ?6 — Combien de coups de voix dans le mot: lune ?7 — Qu’est-ce qu’un lavabo ?8 — Pourquoi laver le lavabo ?9 ¦— Dans la troisième phrase, trouvez un mot de deux coups de voix.10 — Dans la même phrase, trouvez un mot de trois coups de voix.11 — Ltf jolie pipe de papa.Combien y a-t-il de mots dans cette phrase ?12 — Comment est la pipe de papa ?13 — La patate est-elle un fruit ou un légume ?14 — Comment appelez-vous ce qui recouvre la patate ?15 — Nommez les noms de personnes que vous avez rencontrés au cours de la lecture.IV — Dictée.Deux phrases d’un des textes.DEUXIÈME ANNÉE Texte.La montre de Jean.— A sa fête, Jean a reçu de son papa une belle montre qui marche.Jean écoute souvent le tic tac de sa montre neuve.Jean est fier de dire l’heure avec sa montre en or.I — Lecture et épellation.II — Intelligence du texte.1 — Qui a reçu une belle montre en or ?2-— De qui Jean a-t-il reçu sa montre ?3 — À quelle occasion l’a-t-il reçue ?4—Jean écoute souvent marcher sa montre, pourquoi ?5 — Pourquoi Jean est-il fier de dire l’heure ?6 — Si, comme Jean, vous aviez une montre, seriez- vous capable de dire l’heure ?7—Jean a une montre qui marche: qu’est-ce que cela veut bien dire ?8 — Voyez-vous le mouvement ?Où est-il ?9 — Que faut-il que Jean fasse pour que sa montre marche chaque jour ?10 — Que voit Jean sur le cadran de sa montre ?U — Que disent les chiffres ?12 — À quoi sert la petite aiguille ?13 '— À quoi sert la grande aiguille ?14 — De quoi est faite la montre de Jean ?15 — Qui a fabriqué la montre de Jean ?Qui l’a vendue ?III — Lexicologie.1 — Trouvez un autre nom qui veut dire papa.2 — Qu’est-ce qui peut indiquer l’heure à part une montre ?3 ¦— Donner deux qualités d’une montre.4 — Faites un verbe avec: fête, montre.5 — Dites deux autres noms propres que vous pou- vez faire avec Jean.IV — Phraséologie.1 — Complétez les phrases suivantes: Dans une journée il y a .heures.Dans une heure il y a .minutes.2 — Ajoutez un mot d’action: Jean .le tic tac de sa montre neuve.Jeanne .l'heure correctement.3 — Dites à quelle heure vous faites les actions suivantes: Je me lève à .heures, je déjeune à .heures, je dîne à .heures, je soupe à .heures et je me couche à .heures.4 — Dans une phrase correcte, dites pourquoi on dit que le coq est un réveille-matin.V —- Grammaire.1 — Trouvez les noms de personnes du texte.2 — Quel est le féminin de : papa ?3 — Dites les noms de choses de la deuxième phrase du texte.4 — Trouvez le mot de qualité: a) une petite aiguille; bj une grande aiguille; cj une belle montre; dj un bon papa; ej un garçon fier.5 — Conjuguez au présent: avoir une montre.N.P.— Après avoir donné le texte en dictée, le titulaire peut faire reprendre, par écrit, l'exercice ci-haut en faisant indiquer les réponses par des traits ou des points.VI — Analyse.Jean écoute le tic tac de sa montre neuve.Trouvez: a) un nom de personne; bj un nom de chose; cj un mot d’action; dj un mot de qualité.VII — Dictée.N.P.—- Après toute cette étude du texte, le titulaire le donne en dictée.VIII — Récitation.Le coq.C’est moi le coq ! coquerico ! Ma crête sur mon bec se dresse, Rouge comme un coquelicot.Je fais la guerre à la paresse; Je chante avec le jour: Debout ! coquerico ! Et le bon travailleur se lève, Aussi gai que le gai soleil ! Dans son lit le paresseux rêve: Sommeil de jour, méchant sommeil ! Qui veut vivre cent ans, au cri du coq se lève ! Jean Aicard.(Le livre des petitsj IX — Langage et rédaction.iV.P.— Comme préparation à ces exercices, le titulaire fera préparer à chaque élève un cadran de carton avec aiguille de carton également; pour inscrire les chiffres, les élèves utiliseront des chiffres de calendriers.Que faites-vous pour indiquer deux heures 1 — Je prends mon cadran, je mets la petite aiguille sur le chiffre deux et la grande sur le chiffre douze et je dis: il est deux heures.N.P.— Le titulaire peut multiplier ces exercices en changeant l'heure pour chaque élève.-. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 215 TROISIÈME ANNÉE Texte.Réflexions sur l'automne.— Par un beau soir d’automne, Jeanne, Louise et Pierre se promenaient dans le petit sentier qui conduit à la maison de leurs parents.Chacun réfléchissait et se demandait quelle saison est la plus belle.Jeanne s’extasiait en pensant aux plaisirs que procure l’été.Pierre, lui, préférait le gai printemps, où tout s’éveille dans la nature.Louise, plus sérieuse, s’écria: « Moi, j’aime mieux l’automne, car je déteste les grandes chaleurs et j’aime à braver les grands vents.Je contemple la nature qui se pare des plus riches couleurs.Seul le sapin conserve son vêtement vert au milieu des autres arbres qui ont revêtu les plus charmantes parures.Cette saison me fait penser au sérieux de l’existence et me donne la volonté de bien travailler dans ma jeunesse si je veux récolter au soir de ma vie.)) Alors d’un commun accord, tous s’écrièrent:» Toutes les saisons sont belles.Le bon Dieu n’a rien fait de laid.» I — Lecture et épellation.II — Intelligence du texte.1 — Expliquez: a) sentier, b) s'extasiait, c) déteste, d~) contempler, è) volonté.2 — Quel est le sens des expressions: a) tout s'éveille dans la nature, b') braver les grands vents, c) vêtement vert du sapin, dl) soir de ma vie, è) commun accord.3 — Où les enfants se promenaient-ils ?4 — À quel moment: du jour ?de l’année ?5 —h quoi pensaient-ils en se promenant ?6 — Pourquoi Jeanne préfère-t-elle l’été ?7 — Quels plaisirs nous procure l’été ?8 — Pour quelle raison Pierre préfère-t-il le prin- temps ?9 — Décrivez le réveil de la nature.10 — Quelle saison Louise préfère-t-elle ?11 — Qu’est-ce que Louise aime à l’automne ?12 —- Qu’est-ce qu’elle déteste ?13 — De quelles couleurs se pare l’automne ?14 — Nommez les arbres que vous connaissez.15 — Quel arbre reste toujours vert ?16 — Qu’est-ce que la parure des arbres ?17 — Qu’est-ce que Louise veut dire par: le sérieux de l'existence ?18 — Quelle résolution l’automne inspire-t-elle à Louise ?19 — Que récoltera l’enfant qui n’a semé que la dissipation, dans sa jeunesse ?20 — Quelle fut la conclusion de cette discussion ?III — Lexicologie.1 — Formez un nom avec les verbes suivants: pro- menaient, réfléchissait, demandait, préférait, aime, donne, récolter, travailler.2 — Donnez le contraire de: soir, plaisir, gai, sérieuse, chaleur, richesse, charmante, récolter, laid.3 — Avec les adjectifs suivants formez un nom: beau, gai, grande, riche, seul, vert, charmante.4 — Comment appelle-t-on: une petite maison 1 un petit arbre 1 5 — Trouvez deux mots de même famille que: vêtement.IV — Phraséologie.1 -— Cherchez dans le texte ci-dessus cinq adjectifs puis employez-les dans une petite phrase.2 — Remplacez par une autre expression: chacun réfléchissait; Jeanne s'extasiait; le sapin conserve son vêtement vert; Louise pense au sérieux de l'existence; elle veut récolter au soir de la vie.3 — Relevez dans le texte les expressions qui ont le même sens que: je n aime pas les grandes chaleurs; la nature est coloriée; le sapin reste toujours vert; je veux récolter dans ma vieillesse; tout ce que Dieu a fait est beau.4 — Choisir les phrases parmi les groupes de mots suivants et les écrire avec une majuscule et un point: une belle saison, l’été procure bien du plaisir, le gai printemps, j’aime les grands vents, les riches couleurs, les arbres ont revêtu leurs plus riches parures, le sérieux de la vie, les saisons sont belles.5 — Répondre par une petite phrase: aj Quel arbre reste toujours vert ?£) Quelle saison nous fait penser au soir de la vie ?V — Grammaire.N.B.—- Consulter la leçon donnée en quatrième année, en octobre.1 — Écrivez au pluriel : le sentier, le plaisir, la nature, la chaleur, le vent, une couleur, le sapin, le vêtement, la saison.2 — Mettez au singulier: les arbres, les parures, les saisons, les vents.3 — Cherchez les adjectifs de qualité contenus dans • le texte.4 — Ajoutez un adjectif de qualité aux noms sui- vants: un soir, le sentier, les parents, la saison, le printemps, Louise, les chaleurs, le vent.5 — Faites la liste des noms du texte et mettez à côté de chacun r, si ce nom est du singulier, et p, s’il est du pluriel.6 — Mettez au futur simple: a).Louise a eu du plaisir; bj le petit sentier est couvert de feuilles mortes; cj je suis sérieux; dj tu as de charmantes parures; ej nous avons eu de belles récoltes.7 — Conjuguez, au présent du conditionnel, à toutes les personnes: être sérieux.8 — Mettez au pluriel : a) ]'aurai un vêtement chaud, bj tu seras studieux cette année, cj Pierre aura une belle maison.9 — Ecrivez au singulier: aj nous serions plus sérieuses si nous étions plus dgées; bj si vous étiez plus guL vous seriez plus courageux; cj les enfants sages se promenaient.10 — Cherchez tous les mots d’action contenus dans le texte et dites qui fait l’action exprimée par ce mot. 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre VI — Analyse.Jeanne, Louise et Pierre se -promenaient dans le petit sentier.1 — Cherchez les noms propres.2 — Trouvez le nom commun.3 — Ecrivez le mot de qualité et dites à quel nom il se rapporte.4 — Y a-t-il des noms au pluriel ?5 — Cherchez le mot d’action.YII — Dictées.1 — N.P.— Aprh toute cette étude du texte, le titulaire pourrait le donner partiellement en dictée, de j’aime mieux l’automne à alors d’un commun accord.2 — L'automne.— Bientôt les arbres n’auront plus de feuilles; le ciel sera gris et sombre; le soleil aura une pâle clarté; mais la nature aura des riches couleurs.Seul, le sapin sera vert au milieu des autres arbres.A cet époque, les enfants seront plus sérieux car ils auront du travail à la classe et à la maison.Durant cette saison, les fidèles auront une pensée pour les âmes du purgatoire.3 — La forêt en automne.— Chaque arbre de la forêt fait sa toilette.Le matin, la gelée a blanchi la mousse encore verte.Le sapin garde son vêtement vert.Les enfants sont ravis devant les beautés de la nature.Le vent agite les grands arbres.Aucun palais n’a la beauté d’une forêt par une belle journée d’automne., VIII — Récitation.Soir dautomne.En automne, les bois sont comme un grand fruitier Où la Providence a vidé sa corne d’abondance.Du haut des arbres roux qu’un vent léger balance, Faînes, glands mûrs, pleuvent dans les sentiers.Tout le village y vient puiser à plein panier, Le soleil rit, l’oiseau gazouille et sa romance Fait croire aux pauvres gens que l’été recommence, Tant la forêt a pris un reflet printanier.A.Theuriet.IX — Rédaction.L'automne.— Qu’est-ce que l’automne ?Quelle est la couleur du ciel en automne ?Quelle est la couleur des feuilles en automne ?Le sapin change-t-il de couleur ?Que font ensuite les feuilles des arbres ?Que font les enfants de ces feuilles mortes ?Où vont les oiseaux ?À quoi nous fait penser l’automne ?Que doivent faire les fidèles pour les morts ?X —- Chant.Une chanson de La Bonne Chanson: Chanson d'automne .n° 4, p.153- QUATRIÈME ANNÉE Texte.L'automne.— Je n’ai jamais aimé l’automne.C’est la saison plantureuse, si l'on veut, celle de la moisson et des fruits.C’est aussi celle de la déchéance, de la nature en décomposition.L’automne a beau se parer, comme une vieille coquette, s’orner de feuillages pourpres ou mordorés, il n’est que leurre et trompe-l’œil.Je ne comprends pas l’enthousiasme des gens, souvent tapageur, devant les monceaux d’or roux qu’entasse la chute des feuilles.Dans toute cette beauté, on sent comme un relent de mort.J’aime trop la vie, dans sa diversité multiple, pour me complaire à l’œuvre dévastatrice de l’automne.Harry Bernard, (Juana, mon aimée?) I — Lecture du texte.Note pédagogique.— Le travail entrepris en octobre en vue d’obtenir la bonne prononciation des consonnes dentales à et t devrait se continuer.Une autre mauvaise prononciation tris commune, chez, les jeunes, est celle des voyelles nasales: an, en, in, on, un.L'attention du titulaire pourrait se tourner vers ces points faibles au cours de ce mois.II — Intelligence du texte.1 — Expliquez: d) Déchéance.— Chute, disgrâce.D) Décomposition.— Corruption.c) Parer.— Orner.dj Leurre.— Morceau de cuir rouge en forme d’oiseau, auquel on attache un appât, et que l’on jette en l’air pour rappeler le faucon.Appât factice attaché à un hameçon.Artifice, amorce pour tromper.e') Trompe-l’œil.— Tableau où des objets de nature morte sont représentés avec une vérité qui fait illusion.Trompeuse apparence.fj Monceau.— Amas en forme de petit mont.2 — Quel est le sens des expressions suivantes: a) La saison plantureuse 1 — La saison riche, abondante en fruits de toutes sortes.bj La nature en décomposition ?— La nature s’altère, perd son aspect de vie.c) Une vieille coquette ?•— Une vieille qui cherche à plaire.dj Feuillages pourpres ?— Feuillages d’un rouge foncé, tirant sur le violet.ej Feuillages mordorés ?•— Feuillages d’un brun chaud à reflet doré.fj Enthousiasme tapageur ?— Admiration excessive et bruyante.gj Un relent de mort ?— Une mauvaise odeur de mort.hj L'œuvre dévastatrice de l'automne ?— L'œuvre ravageuse, ruineuse.3 ¦— Quel est le titre du morceau ?4 — Qui en est l’auteur?^—Harry Bernard est un écrivain canadien, né à Londres en 1898.C’est probablement ce qui explique son prénom anglais.Il se livra au journalisme en terminant ses études classiques, en 1919.Il discuta les problèmes de la vie canadienne sous la forme du roman.Mgr Camille Roy lui accorde d’être plutôt réaliste: « On a comme une vision directe des tableaux ou des scènes qu’il raconte», dit-il.Il lui reproche cependant de ne pas soigner assez la composition de ses romans.5 — Que dit l’auteur dans la première phrase ? 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 217 6 — Quelle raison apporte-t-il pour justifier sa répugnance ?7 — Que reproche-t-il à l’automne dans la dernière phrase ?8 — En quels termes Monsieur Bernard admet-il les avantages de cette saison ?— C'est la saison plantureuse, si l’on veut, celle de la moisson et des fruits.9 — Quelles expressions définissent les riches cou- leurs dont se pare la nature en automne ?— Les feuillages pourpres ou mordorés, les monceaux d'or roux.10 — Comment l’auteur juge-t-il ces beautés?— v Comme un leurre et un trompe-l’œil.H — A qui compare-t-il l’automne ?12 — Que sent-il dans toute cette beauté ?13 — Trouvez-vous que l’auteur voit la saison autom- nale sous son réel aspect ?14 — Est-ce parce que la saison produit des fruits que l’auteur s’attriste ou bien si c’est parce qu’elle fait penser à la mort prochaine ?15 — Est-ce si triste que cela de voir venir la mort après une vie bien remplie ?III — Lexicologie.1 — Famille de mots: a) Coquette.— Coquet, coqueter, coquettement, coquetterie.L i) Feuillage.— Feuillaison, feuillard, feuille, feuillée, feuillé, feuillagiste.c) Monceau.— Mont, montagne, montagnard, montagneux, montée, monticole, monticule.2 — Écrivez un adjectif de la même famille que: o') Automne.— Automnal.F) Saison.— Saisonnier, c) Déchéance.— Déchéant.tT) Nature.— Naturel.e) Musique.— Musical.3 — Formez un nom avec chacun des verbes suivants: a) Aimer.— Amour.F) Parer.— Parure.c) Orner.— Ornement.eT) Comprendre.— Compréhension.0 Entasser.— Entassement./) Complaire.— Complaisance.4 — Trouvez un mot ayant la même signification que: a) Moisson.— Récolte.£) Déchéance.— Disgrâce, c) Décomposition.— Corruption.d~) Leurre.— Duperie.ej Enthousiasme.— Admiration./) Tapageur.— Bruyant.IV — Phraséologie.1 — Composez cinq phrases en employant le mot automne comme sujet.2 — Employez automne comme complément dans les phrases suivantes: a) La saison d' .a aussi ses beaux jours.F) On chasse le lièvre en .c) Cette année, nous avons un bel.3 — Trouvez un sujet au verbe dans les expressions suivantes: a) Se parer de multiples couleurs.F) Orner les arbres de la foret, c) Dépouiller la nature de son manteau vert.dj Fouler sur la terre durcie avec un bruit d'ossements qui s'entre-choquent.ej Apparaitre comme des squelettes.4 — Faire regarder un paysage d’automne aux élèves et leur faire dire, en phrases complètes, ce qu'ils voient : le ciel, l'atmosphère, les bois, les prés, etc.5 — Faire observer la chute des feuilles et faire décrire les scènes vues.Y — Grammaire.L’adjectif qualificatif.1 — Lisez la deuxième phrase du texte.2 — Comment est la saison d’après l’auteur ?3 — Quelle sorte de mot est saison ?4 — Lisez la quatrième phrase.5 — Comment est la coquette ?6 — Quelle sorte de mot est coquette ?7 — Comment sont les feuillages ?8 — Quelle sorte de mot est feuillages ?iV.P.— Le titulaire peut ainsi faire trouver tous les adjectifs qualificatifs du texte.9 — Plantureuse nous dit comment est la saison; vieille, comment est la coquette, etc.; et vous avez dit que saison, coquette, feuillages, etc., sont des noms.Qu’exprime le mot qui nous dit comment est la personne, l’animal ou la chose dont on parle ?10 — Répétez tous les mots de qualités que renferme v le texte et dites les noms qualifiés par chacun.11 — A quelle sorte de mot s’ajoutent les mots de qualités ?12 — Comment se nomme le mot qui exprime une qualité, bonne ou mauvaise, d’une personne, d’un animal ou d’une chose ?iV.B.— Le texte favorise l’étude de l’accord de l’adjectif, de même que celle de plusieurs règles de la formation du féminin des adjectifs.VI — Analyse.1 — Analysez les noms du texte.2 — Analysez les articles.3 — Analysez les adjectifs qualificatifs.VII — Dictées.1 — Dictez le texte jusqu’à: Je ne comprends pas .2 — Dictez le reste du texte.3 — Départ.— Avant de partir, la femme d’Urbain Landry embrassa d’un long regard, les champs pailletés d’orvet les arbres que cuivrait déjà l’automne.A la barrière du pré, elle vit les vaches, la tête tournée du côté de la maison, comme inquiètes du retard des maîtres, et devant la grange, les poules qui grattaient dans la paille fraîche.Etouffée de sanglots, Madame Landry s’agenouilla et baisa cette terre d’Acadie, la terre tant aimée que ne devaient jamais oublier les malheureux proscrits.Marjolaine.VIII — Récitation.Pensées d'automne.Les arbres ont perdu leur verdure brillante.On ne voit plus de fleurs dans le jardin désert; Les nids abandonnés n’ont plus de voix qui chante, La nature frissonne au souffle de l’hiver. 218 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Novembre J'ai, sur un guéridon, tout près de ma fenêtre, Un petit rosier blanc entr’ouvert à demi, Pauvre fleur solitaire, en qui je vois renaître, Dans un lointain vermeil, le printemps endormi.Ainsi, quand vient pour nous l’automne de la vie, Une seule vertu suffit pour l'embellir Et prêter son parfun à lame endolorie, En attendant l'avril qui ne doit pas finir.Napoléon Legendre.IX — Rédaction.1 — La cueillette des glands.— Un jour de congé, Paul et André cueillent des glands dans la forêt; le soleil est brillant.Comment leur apparaît la forêt ?Sur quel arbre cueillent-ils des glands ?Que font-ils pour faire tomber les glands ?Qu’est-ce qui les empêche de voir facilement les fruits sur le sol ?Les enfants reviennent heureux de leur excursion.Supposez que vous êtes l’un d’eux et racontez votre excursion très simplement.2 — Décrire l’aspect d’un cimetière en novembre.X — Chant.Une chanson de La Bonne Chanson: Chanson d'automne .n° 4, p.153- CINQUIÈME ANNÉE Texte.N.B.— Même texte qu’en quatrième année.On peut compléter les exercices par les suivants.III — Lexicologie.[_I —Exprimez des idées suggérées par le mot: feuil-lag(/ Note pédagogique.— Le titulaire devrait habituer l' Hive à travailler avec méthode.Ainsi, -pour trouver des idées se rapportant à un même sujet, il pourrait lui suggérer de se poser quatre questions: où ?quand ?comment ?pourquoi ?et de classer ses réponses par séries.Oui —• Arbre, tronc, branche, rameau, ramille, fleurs, fruits, forêt, etc.Quand ?— Printemps, été, automne, pluie, abri, soleil, ombre, vent, etc.Comment ?— Epais, touffu, ombrageant, vert, jaune, roux, rouille, pourpre, mordoré, etc.Pourquoi ?— Respiration, transpiration, nutrition, sève, air, soleil, gaz, eau, etc.2 — Dans le texte, trouver un nom qui convienne à la fois à: a) Automne, hiver, printemps, été.bj Pomme, prune, raisin, noisette, gland et jaîne (ou fine).cj Amorce, appdt, embûche, piege, duperie, leurre, dj Exaltation, admiration, transport, ravissement, extase.— Enthousiasme.3 — Antonymes de: a) Plantureuse ?-— Stérile.bj Décomposition ?— Composition.cj Parer ?— Déparer.dj Tapageur ?— Silencieux.5 — Homonymes de: aj Parer (orner).— Parer (éviter).bj Leurre (appât).— Leurre (t.ver.leurrer), leur (adj.pos.ou pro.pers.).cj Or (métal).— Or (conj.), hors (prép.), ord (sale), ort (brut).V — Grammaire.Le verbe : transitif et intransitif.1 — Lisez la dernière phrase du texte.2 — Quel est le premier verbe de la phrase ?3 — Quel est son sujet ?4 — Par qui est faite l’action d’aimer ?5 — Sur quoi se reporte cette action de /’ ?— Sur la vie.6 — Quelle est la fonction du mot: vie}—Complé- ment direct.7 — N’avez-vous pas dit que l’action é'aimer passe du sujet /" sur le complément vie ?8—Il y a donc passage de l’action du sujet au complément ?9 ^— Le passage d’une chose à une autre s’appelle transition.Dans l’expression que nous sommes à étudier, pouvons-nous dire qu'il y a transition de l’action du sujet j' sur le complément vie ?10 — Formez un adjectif avec le nom transition.11 — Comment appellerez-vous le verbe dont l’action passe du sujet sur le complément ?12 — Si vous dites: le chien dort, y a-t-il transition de l’action du sujet sur le complément ?13 — Le verbe dort est-il transitif ?14 — Quel nom donnerons-nous à ce verbe qui n’est pas transitif ?Le verbe: la formation des temps.N.P.— Pour enseigner la formation du présent de T indicatif, pluriel, et du présent de l'impératif, le titulaire peut, en utilisant les verbes du texte, procéder de la façon suggérée en octobre: faire écrire le temps primitif et souligner la partie qui ne change pas, puis le temps dérivé et souligner la même partie.Il pourra ensuite ajouter au tableau d'octobre la partie étudiée en novembre.Pour l'orthographe du verbe, il est peut-être préférable de se servir de la première personne du présent de l indicatif pour former la deuxième personne du présent de l'impératif.VI — Analyse.Analyse grammaticale.1 —Analysez les mots suivants: automne, feuillages, enthousiasme, relent, vie.2 — Trouvez les noms: aj Sujets ?bj Compléments déterminatifs ?3 — Relevez les verbes conjugués.négativement et dites s’ils sont transitifs ou intransitifs.4 — Relevez chaque adjectif qualificatif, dites le genre de chacun et le nom qu’il qualifie.Analyse lqgiotte.4 — Trouvez le nombre de propositions dans les phrases suivantes: aj Je n'ai jamais aimé l'automne, bj Je ne comprends pas l'enthousiasme des gens, souvent tapageur, devant les monceaux d'or roux qu entasse la chute des feuilles.VII — Dictées.1 — Dicter le texte en entier ou en partie, comme en quatrième année. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 219 2 — Un apris-midi d’automne.— La pluie de la veille avait gâté les chemins, mais les champs et les bois étaient riches de vives senteurs et de chatoyantes parures.La terre, dépouillée de sa robe opulente de moissons, était triste et frileuse sous le chaume mesquin.qu’au fond des taillis à cause des branches déjà dépouillées de leurs feuilles.Nous marchons sur un tapis de feuilles mortes avec un bruit de froissement d’étoffes précieuses tendues indéfiniment sur les mousses du chemin.À cette heure de la journée, le soleil pâle de l’automne fouille encore facilement jus- II semble que je .parcours un pays de rêve fermé au monde.J.-G.Paradis.SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES Texte.Au cimetière.— La porte à claire-voie, de bois vermoulu, n’était pas fermée.J’entrai.C’était un petit cimetière de village, sans monuments, sans caveaux, sans colonnes funéraires.Quelques dalles, çà et là.Quelques autres pierres debout.Presque toutes rongées par le temps, les inscriptions illisibles étaient envahies de mousses microscopiques.Le reste du terrain était planté de croix noires à lettres et à larmes blanches, des croix qui s’en allaient à la débandade, penchées en tous sens, pareilles à des petits êtres fantastiques, aux bras étendus, qui trébucheraient et qui imploreraient.Gustave Gefprov .I — Lecture.II — Intelligence du texte.1 — Avez-vous déjà vu une porte à claire-voie ?Com- ment était-elle faite?— C’est une porte fermée de barreaux espacés.2 — Expliquez, d'après sa formation, le sens du mot vermoulu.— Ce mot vient de ver, et de moulu, participe passé de moudre ; littéralement: moulu par les vers.On dit encore: piqué, v mangé des vers.3 — A quoi servent les caveaux dont on parle au début du texte ?— Ces caveaux, le plus souvent sous-terrains, servent à recevoir les cadavres.4-Qu’ entend-on par des colonnes funéraires ?— Ce sont des monuments en forme de colonnes et placés sur des tombes.5 — Tous les monuments sont-ils funéraires ?— Non, il y en a qui sont dressés pour rappeler un grand événement: ils ne sont pas dits funéraires, mais commémoratifs.6 — Expliquez ces mots et expressions employés dans le texte: a) dalles.— Tablettes de pierre, de ciment dont on recouvre parfois les tombeaux.F) mousses microscopiques.-— Plantes très petites presque invisibles à l’œil nu.c) s'en aller à la débandade.— S’en aller à l’abandon, tomber dans l’abandon; être négligé.d) êtres fantastiques.— Etres qui ne sont pas réels, êtres imaginaires, chimériques.
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