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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1936-04, Collections de BAnQ.

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Québec, Avril 1936 N° 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION LE SALAIRE DES INSTITUTRICES Une grave injustice à réparer Lors de sa session de février 1936, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, à Tunanimité, a recommandé à la Législature de fixer par une loi un traitement ou salaire minimum pour les institutrices.Ce salaire minimum serait de 1300.00, soit $30.00 par mois : ce qui est loin d’être exagéré.Sur 8,848 institutrices laïques qui enseignent dans les écoles sous contrôle des commissaires, 6024 reçoivent un salaire inférieur à $300.00:1253 reçoivent de $250 à $300; 1931, de $200 à $250; 1832, de $150 à $200; 786, de $125 à $150; 219, de $100 à $125 et 3, de $80 à $100.Les deux autres mille institutrices reçoivent de $300 à $1300.Mais pour les 6024 autres qui reçoivent un salaire vraiment trop minime, il y a évidemment quelque chose à faire.Dans nombre de cas, les commissions scolaires n’auraient que quelques sous dans le cent piastres à ajouter au taux de la cotisation pour parfaire ce qui pourrait manquer pour atteindre le minimum de $300.00 recommandé par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Ne fixerait-on le minimum qu’à $250.00, ce serait déjà un pas dans la bonne voie.De ce fait, 4,771 institutrices bénéficieraient d’une augmentation.Avec un minimum de $300.00 le nombre des bénéficiaires s’élèveraient à 6024.Cette question du salaire de nos institutrices en est une non seulement de justice mais elle est aussi nationale.C.-J.Magnan.LA SEMAINE DU DIMANCHE La Semaine du Dimanche organisée annuellement par la Ligue du Dimanche, avec l’approbation de l’épiscopat de la province de Québec, aura lieu, cette année, du 26 avril au 3 mars.On y traitera surtout la question des divertissements le dimanche.Il y aura prédication spéciale dans les églises, causeries à la radio, articles dans les revues et les journaux, exercices particuliers dans les maisons d’éducation.Dans toutes les écoles, les maîtres et les maîtresses se feront un devoir, avec exemples à l’appui, d’inspirer à leurs élèves un grand respect pour le saint jour du dimanche: “Les dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement”. 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PEDAGOGIE LE JOURNALISME PÉDAGOGIQUE AU CANADA FRANÇAIS Chapitre Troisième (1) L’âme de la nouvelle revue de Montréal fut M.J.-0.Cassegrain, professeur à l’École normale Jacques-Cartier.(1) Pendant seize ans, M Cassegrain, qui se contente du titre modeste de secrétaire de la rédaction, dirige le nouveau Journal de VInstruction publique avec talent et discrétion (2).Les reproductions l’emportent encore sur les travaux originaux, mais les articles inédits et canadiens sont déjà nombreux et la partie pratique mieux nourrie.Les documents scolaires contenus dans les 16 volumes de cette revue offrent un grand intérêt aux amis de l’éducation.Pendant que le Journal de V Instruction publique de Montréal allait son chemin, U Enseignement Primaire (3) de Québec continuait sa route sûrement, s’efforçant de devenir de plus en plus l’auxiliaire indispensable de l’instituteur.Dès 1885, nous faisions nos premières armes dans U Enseignement Primaire, à titre de collaborateur.En 1889, M.Cloutier nous nommait son assistant-rédacteur.La revue poursuivit ainsi sa carrière jusqu’en 1897, grâce à une modique subvention que lui accordait le gouvernement depuis 1888.(4) Au mois d’août 1897, le Surintendant fait une enquête sur le mode de publication des trois revues pédagogiques existantes (5).Ce qui permit à M.Cloutier et à nous-même d’apprendre officiellement la décision formelle du gouvernement de retrancher les octrois accordés jusque-là aux revues pédagogiques.Le fait fut confirmé par une lettre du Surintendant en date du 11 février 1898 (6).Cet avis fut communiqué à L’Enseignement Primaire dans les mêmes termes et à la même date qu’au Journal de VInstruction publique.Dans la note 6 du bas de la présente page, nous disons: “Le 11 février 1898, le Surintendant communique aux propriétaire de Y Enseignement Primaire, (1) Voir VEnseignement Primaire de mars 1936.(1) M.J.-O.Cassegrain fut professeur à l’École normale Jacques-Cartier de 1866 à 1917, jouissant du respect et de l’estime de tous ses confrères.Il décéda le 15 février 1920, à l’âge de 83 ans.(2) Le Journal de VInstruction publique a été publié par la maison J.-B.Rolland jusqu’au 1er décembre 1884.A cette date, la publication de la revue est suspendue; elle n’est reprise qu’en mai 1886 par de nouveaux éditeurs: C.-O.Beauchemin & Fils.Au mois de mai 1891, nouveaux imprimeurs: Desaulniers & Leblanc; en 1892, Caron & Cie; en 1893, les rédacteurs du journal deviennent éditeurs, au n° 115, rue Saint-François-Xavier, Montréal.C’est là que le confrère termina sa carrière en 1898.(3) En 1881, à la suite d’un différend avec l'imprimeur de VÉcole Primaire, M.Cloutier changea le nom de sa revue en celui de Y Enseignement Primaire.(4) Le Journal de VInstruction publique, de Montréal, et VEducational Record recevaient le même octroi.(5) Le 23 juillet 1897, le Secrétaire de la Province demande au Surintendant des renseignements sur la publication des trois revues d’éducation: Y Enseignement Primaire, le Journal de V Instruction publique et Y Educational Record.Le 2 août, le Surintendant donne les renseignements demandés.Dossier 1656 de 1897, Dép.de l’Instruction publique.(6) Le 11 février 1898, le Surintendant communique aux propriétaires de l’Enseigme/aenf Primaire, du Journal de V Instruction publique et de Y Educational Record la décision du Secrétaire de la Province, qu’après le 31 juin 1898, ces trois revues ne recevraient aucun octroi. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 491 du Journal de V Instruction publique et Y Educational Record la décision du Secrétaire de la Province, qu’après le 31 juin 1898, ces trois revues ne recevraient aucun octroi”.Cette lettre du Surintendant, alors M.P.Boucher de La Bruère, fut écrite à la demande du Secrétaire de la Province, Fhonorable M.J.-E.Robidoux.Voici la teneur de la lettre adressée par ce dernier au Surintendant, le 9 février 1898."J’ai l’honneur de vous prier d’informer les éditeurs, propriétaires, ou les personnes qui dirigent les publications suivantes: le Journal de VInstruction publique, VEnseignement Primaire et VEducational Record, que les arrangements, en vertu desquels l’allocation leur est accordée chaque année, doivent prendre fin le 30 juin prochain 1898."Après le premier juillet prochain, 1898, il ne sera publié, suivant le désir de la Législature, qu’un seul journal français et un seul journal anglais de l’Instruction publique, aux conditions et de la manière qui sera déterminée ultérieurement”.La Législature à laquelle l’honorable M.Robidoux faisait allusion, était la llème depuis la Confédération.Elle était à sa première session, ouverte le 23 novembre 1897 et prorogée le 15 janvier 1898.L’honorable F.-G.Marchand était le Premier Ministre de la Province depuis le 24 mai 1897.Parmi ses collègues notons les honorables MM.Horace Archambault, Procureur général, J.-E.Robidoux, Secrétaire de la Province, F.-G.M.-Dechêne, Ministre de l’Agriculture.Mais revenons au mois de novembre 1897.Cette décision du Secrétaire de la Province eut pour résultat de forcer les directeurs des deux revues pédagogiques de langue française à abandonner leur tâche respective.Dans la livraison d’avril 1898, le secrétaire de la rédaction du Journal de VInsEuction publique disait adieu à ses lecteurs, et M.Cloutier décidait d’interrompre son œuvre dès le mois de novembre 1897, ayant appris la décision du gouvernement au cours de l’enquête du Surintendant sur les revues d’enseignement, enquête faite par ordre du Secrétaire de la Province.Dans un article d’adieu aux lecteurs de Y Enseignement Primaire, 5 novembre 1897, M.Cloutier disait: “ .Depuis dix-huit ans, les exigences ne sont plus les mêmes; on veut encore du nouveau, des améliorations que je ne me sens pas le courage d’entreprendre, et pour ne pas nuire au succès de l’œuvre que j’ai fondée, j’en ai cédé tous mes droits à mon assistant-rédacteur (1), M.C.-J.Magnan, déjà si avantageusement connu du public.En lui abandonnant la direction de Y Enseignement Primaire, je suis convaincu qu’il saura lui donner une nouvelle impulsion, l’augmenter et le mettre au niveau des besoins du jour”.Quoi qu’il en soit, les deux revues pédagogiques de langue française allaient disparaître.Le terrain laborieusement conquis par les instituteurs, depuis 1880, serait donc perdu.Et peut-être verrions-nous dans un avenir plus ou moins prochain l’ancienne revue officielle renaître sous l’égide de littérateurs de renom.Rappelons ici la déclaration de l’honorable M.Robidoux dans sa lettre au Surintendant, en date du 9 février, annonçant “qu’après le premier juillet prochain, 1898, il ne sera publié qu’un seul journal français de l’Instruction publique”.Une rumeur persistante circulait depuis juin 1897, laquelle rumeur allait à dire que des littérateurs et journalistes influents de Montréal faisait une pression auprès du Secrétaire de la Province pour l’engager à publier une revue ministérielle d’enseignement, qui aurait été nécessairement une revue plutôt (1) Dans le même article, M.Cloutier disait: “Depuis 1885, j’ai eu pour m’aider l’intelligente et active collaboration de M.C.-J.Magnan, et en 1889 ,il est devenu assistant-rédacteur.” A la vérité, dès 1890, M.Cloutier m’abandonna la direction de la revue. 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE littéraire que pédagogique.Puis on était au temps des polémiques violentes dans les journaux au sujet de l’éducation.Il y avait là une source probable d’ennuis pour le Gouvernement.C’est alors que le directeur actuel de U Enseignement Primaire crut de son devoir d’acheter la revue de M.Cloutier et d’en continuer la publication à ses risques et périls: il se rendit aussi responsable des dépenses encourues depuis le 1er septembre 1897, car l’octroi pour l’année 1897 avait été payé à l’ancien directeur au mois de juillet de la même année.Nous transformâmes Y Enseignement Primaire; de 16, nous portâmes le nombre des pages à 64; le concours de plusieurs collaborateurs choisis parmi les éducateurs canadiens les plus en vue fut requis; des gravures complétèrent la métarmorphose.Et pendant sept mois (décembre 1897 à juin 1898), nous supportâmes seul les frais considérables occasionnés par la publication d’un mensuel de 64 pages, illustré.Parmi nos collaborateurs de 1897 et 1898, rappelons, non sans émotion, les disparus: MM.les abbés Th.-G.Rouleau, Principal de l’École normale Laval; le R.P.A.Nunesvais, des Pères de Saint-Vincent de Paul, Supérieur du Patronage de Québec; M.l’abbé D.-M.-A.Magnan, ancien élève diplômé de l’École normale Laval et Docteur en théologie, curé de Saint-Gilles; MM.John Ahern et G.-A.Lefèvre, professeur à l’École normale Laval; M.F -X.P.Demers, Principal de l’Académie commerciale catholique (le Plateau) de Montréal; M.H.Nansot, instituteur et futur inspecteur d’écoles; B.Lippens, inspecteur d’écoles.Parmi les vivants, nous sommes heureux de nommer MM.Napoléon Brisebois et J.-V.Désaulniers, alors professeurs à l’Académie commerciale catholique (le Plateau) de Montréal.Nos efforts ne demeurèrent pas sans encouragement.De tous côtés les sympathies nous arrivaient de jour en jour plus vives.Dans une circulaire au clergé en date du 19 mars 1898, Mgr L.-N.Bégin, Archevêque de Cyrène et administrateur de l’Archidiocèse de Québec, disait: “JYEnseignement Primaire, revue pédagogique, publiée sous la direction de Monsieur Magnan, professeur de l’École normale Laval, est digne de tous éloges et mérite tout l’encouragement du corps enseignant et du clergé dont l’un des plus grands devoirs est de visiter et d’inspecter les écoles de la paroisse.Cette excellente revue se publie tous les mois, à 64 pages par numéro et au prix d’une piastre seulement par année.—L’esprit catholique qui y domine, les sages conseils qu’elle donne, les applications pratiques qu’elle renferme, en font une mine précieuse pour tous ceux qui ont à s’occuper d’enseignement.En prenant les moyens de la faire recevoir par chacune des institutrices de votre paroisse et en vous y abonnant vous-mêmes pour vous tenir au courant des meilleures méthodes pédagogiques, vous aurez contribué plus efficacement à améliorer l’instruction publique que ne sauraient le faire tous ceux qui aspirent au titre de réformateurs”.“L’œuvre de M.Magnan est une œuvre de dévouement à la cause sacrée de l’éducation, une œuvre à la fois patriotique et religieuse: sachons seconder ses louables efforts (1) ”.Cette lettre de Mgr l’Administrateur de Québec était du 19 mars 1898.Mais dès le début de décembre 1897, après la publication du premier numéro de Y Enseignement Primaire, nouvelle série, le Premier Ministre, l’honorable M.Marchand, m’accorda, très aimablement, une longue entrevue.La Législature était en session depuis le 23 novembre et elle fut prorogée le 15 janvier 1898.Cette session devait être témoin de nombreux débats concernant l’Instruction publique, j’exposai au Premier Ministre mes projets concernant la nécessité d’une revue pédagogique dirigée par des éducateurs et aidée par le gouvernement qui en ferait faire la distribution gratuite à toutes les écoles de la Province.Mais au préalable, la revue pédagogique devrait être approuvée et recommandée au Gouvernement par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.(1) Mandements des évêques de Québec (Nouvelle Série), volume 9e, page 33.Québec, 1898. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 493 L’honorable M.Marchand me conseilla de mettre par écrit ce que je lui avais exposé verbalement et de lui communiquer ce mémoire ainsi qu’au Secrétaire de la Province.Je demandai à l’honorable Premier Ministre s’il ne serait pas opportun d’adresser, sous forme de lettre, une copie de ce mémoire à Messieurs les législateurs (députés et conseillers législatifs).M.Marchand me répondit que c’était mon droit de faire connaître aux législateurs l’important projet que je venais de lui exposer.(à suivre) C.-J.Magnan.L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE (Pour VEnseignement Primaire) La leçon aux différents cours 1.COURS INFÉRIEUR ET MOYEN DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE (suite) (1) 3.ENSEIGNEMENT EXCLUSIVEMENT ORAL A cet âge l’enfant n’a que faire d’un manuel; il ne sait pas s’en servir.Ce qui contribue au succès des leçons, c’est le talent du maître, l’art de raconter, d’éveiller l’intérêt, de faire un exposé plein de couleur et de vie, dramatisé parfois, coupé de descriptions rapides et pittoresques, de reconstitutions historiques; le tout animé d’une flamme d’enthousiasme et accompagné de tous les moyens possibles d’intuition.La plus grande difficulté est de se mettre à la portée de l’auditoire, de raconter les faits comme on les comprend à cet âge.Le maître n’a pas toujours été formé à ce genre de leçons.Pour réussir, il faut préparer signeusement la leçon, élaborer un plan logique où les épisodes se rapportant à un sujet soient bien classés; être capable de se passer absolument de livre; parler lentement avec expression et de la façon la plus simple.Pas de dates, ou seulement quelques-unes écrites au tableau; mais procéder par ordre et suivre la chronologie dans la succession des leçons; grouper parfois des faits de même nature.Au cours de la leçon, ne jamais perdre de vue les élèves, car leur attention est sujette à caution; or pour que la leçon profite, une grande attention est indispensable.On ne manquera pas, chaque fois que l’occasion s’en présentera, de comparer ce qui se faisait autrefois avec ce qui se fait aujourd’hui: manière de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de voyager, de cultiver la terre, de faire la (1) Voir VEnseignement Primaire de février 1936. 494 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE guerre chez les peuples civilisés et chez les peuples sauvages, etc.; on y emploiera le plus possible des dessins, des croquis, des gravures, des cartes.Mme Pape-Carpentier disait: “il faudrait que chaque trait détaché fût, autant que possible, accompagné d’un tableau de mœurs contemporaines du fait raconté”.4.PROFITER DES ANNIVERSAIRES POUR FAIRE APPRECIER LES EVENEMENTS ET ADMIRER LES GRANDS HOMMES A tout événement important se rattache un personnage; et le grand personnage est celui qui a dominé et conduit les événements.Tels Alexandre en Asie, les Grecques à Rome, Suger pour l’affranchissement des communes, Richelieu pour l’accroissement du pouvoir royal, Napoléon pour l’expansion de l’idée révolutionnaire; tels Champlain pour la fondation de Québec, Frontenac pour la conservation de la colonie, Montcalm pour la résistance héroïque à l’envahisseur, etc.Il est bon d’exposer aux enfants les difficultés que présentaient les commencements de la colonie, de les lui donner sous forme de problème qu’on lui demande d’essayer de résoudre.C’est un moyen de le faire réfléchir et de lui faire apprécier le mérite des pionniers de la Nouvelle-France.Ce rôle des grands hommes sera mis en relief surtout à l’époque des anniversaires, du centenaire d’une victoire, d’une exploration, d’une invention, d’une découverte; à l’occasion de l’érection d’une statue ou d’un monument commémoratif.L’histoire de chaque pays a ses dates célèbres.On essaye de dresser un calendrier historique.L’idée est excellente.Chaque année, plusieurs dates importantes rappellent les grands événements et les personnages qui en furent les instruments—Te culte des héros de toutes sortes est une leçon magnifique pour l’enfant; elle lui inspire le sentiment du respect, lui rappelle les gloires nationales et les grandes actions de l’histoire.A l’occasion de ces anniversaires, on rappelle en quelques mots l’objet de la fête; on lit ou on raconte quelques traits de la biographie des héros, on exalte leur vaillance et leur vertu, on en dégage quelques leçons: moyen excellent de développer le sens moral.Règle générale à suivre: ne présenter que de beaux catactères; un personnage illustre est un idéal proposé aux esprits énergiques, aux cœurs vaillants.5.MÉTHODE GÉNÉRALE L’enseignement est concentrique.On revient de temps à autre sur ce qui a été enseigné, mais en donnant des détails nouveaux et en variant les procédés.Les leçons sont courtes, les récits brefs, mais avec les détails essentiels dont il ne faut jamais sevrer les jeunes esprits.Les termes nouveaux et difficiles sont écrits au tableau en gros caractères et en couleur; on les fait épeler, prononcer, écrire même après qu’ils ont été effacés.On ne fait jamais plusieurs divisions pour l’histoire, la leçon est commune à tous les élèves.Il faut beaucoup d’art pour maintenir l’attention, la raviver lorsqu’elle faillit, changer de ton, interroger rapidement les distraits, les somnolents, les dissipés, pour ne pas la laisser échapper lorsqu’elle est ressaisie.Dans les classes où les élèves sont à peu près du même âge et de la même force, on y arrive en employant toutes les ressources de la méthode, toutes les industries d’un absolu dévouement.(à suivre) L.Riboulet. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 495 L’ART DE COMPOSER Compliments et autres allocutions de circonstance (Pour VEnseignement Primaire) Quelle que soit votre condition, à quelque rang social que vous appparte-niez, vous pouvez être appelé à prendre la parole dans une réunion de parents ou d’amis.Cette invitation a lieu parfois sans avis préalable et il faut parler d’abondance.Par exemple, vous avez assisté à un banquet donné à l’occasion d’un événement heureux: on a voulu commémorer un anniversaire ou fêter quelque succès récent.Au dessert, voilà qu’on vous demande de traduire les impressions des convives.Vous ne pouvez décliner l’invitation, quelque embarras que vous cause cet impromptu.Vous auriez mauvaise grâce à regimber obstinément.Excusez-vous d’abord, invoquant votre inexpérience dans l’art de l’improvisation.Ajoutez que, puisqu’on y tient, vous allez dire quelques mots.Après cet exorde, vous vous sentirez plus à l’aise pour aborder le sujet.Mais n’oubliez pas que le principal mérite d’une pareille allocution, c’est la brièveté.A moins d’être un professionnel de la parole publique, vous ne pourriez exercer longtemps votre faconde sans patauger et vous rendre ridicule.Vous ferez appel à votre esprit et surtout à votre cœur pour rester dans la note voulue.Dites-vous bien que les convives n’ont pas eu l’intention de vous jouer un mauvais tour en vous désignant ainsi par surprise; ils savent que vous avez fait des études et que vous ne resterez pas bouche bée.Résumez donc vos pensées, vos sentiments, en quelques mots très simples.Portez ensuite la santé des héros de la fête et formulez des vœux pour toute l’assistance.Vous serez sûrement applaudi.Mais, d’ordinaire, celui qui doit parler en semblable occurrence est dûment averti.Il n’aura pas alors les mêmes droits à l’indulgence de son auditoire et il faut qu’il prenne la plume, non sans avoir convenablement réfléchi aux idées qu’il devra mettre en relief.Quelle est la meilleure méthode pour rédiger ce factum, qu’on appelle improprement une adresse en langage canadien ?Examinons d’abord les écueils à éviter.Il y a des gens qui ont lu quelques traités de littérature et qui n’y ont rien compris.Il serait infiniement préférable que leur esprit ne fût pas encombré de ce fatras qui les empêche d’être naturels.Pour avoir été barbouillés d’une teinte de rhétorique, ils ne sont point satisfaits si leurs grimoires ne sont parsemés de métaphores employées à tort et à travers.Les catachrèses, les métonymies, les synecdoques, tout cet appareil oratoire tient lieu pour eux du style judicieux qui ne vise jamais à être amphigourique et tapageur.Ces boniments regorgent de lieux-communs; ce sont des parlotes à tous usages; cela ressemble à une vieille musique qui serait exhumée de ses cartons à toutes les fêtes de l’année, tant religieuses que profanes.Pour se faire une idée de ce style pompeux et grotesque, il n’y a qu’à parcourir quelques scènes du Bourgeois Gentilhomme de Molière.Le grand comique a peint tout à la fois son époque et la nôtre.Tel brave homme, autre Jourdain, après avoir lu la traduction littérale des Saintes Écritures dans son livre de prières, se croira génial en reproduisant les expressions du style oriental, tel que Molière l’a parodié: “Monsieur, que votre cœur soit toute l’année comme 496 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE un rosier fleuri.Que le Ciel vous donne la force des lions et la prudence des serpents.” Voyez un peu ce que devient la syntaxe, si un amoureux imite la sottise de Jourdain faisant sa cour à une belle marquise: “Madame, ce m’est une gloire bien grande de me voir assez fortuné pour être si heureux que d’avoir le bonheur que vous ayez eu la bonté de m’accorder la grâce de me faire l’honneur de m’honorer de la faveur de votre présence.” Dans la comédie de Molière, ce pathos est heureusement interrompu par l’entourage du complimenteur sans quoi le pauvre homme devrait bientôt s’arrêter de lui-même, à bout de souffle.Vous me direz peut-être qu’il faut avoir une certaine dose de folie pour parler de la sorte.Voyez pourtant la bévue authentique d’un parisien de nos jours.Ce brave bourgeois avait une culture au-dessous de la moyenne, et il s’adressait un jour publiquement au professeur de son fils; le jeune collégien était loin d’être un aigle; le père s’en rendait compte, beaucoup plus par les bulletins mensuels que par sa propre expérience.Avec une profonde conviction, il disait au professeur: “Monsieur, je souhaite que vous puissiez mettre à mon fils du plomb dans l’aile.” Il voulait dire: “Je souhaite que mon garçon ait du plomb dans la tête et soit moins léger dans ses études.” Comme on peut voir, les deux expressions n’étaient pas tout à fait équivalentes.Quand on n’est pas sûr de la valeur des mots, il est plus prudent de ne pas les employer; ne forcez pas votre talent.Vous voilà donc prévenu, vous qui pâlissez devant une feuille blanche, désireux d’y tracer des lignes bien équilibrées quant au fond et quant à la forme.Etes-vous chargé de féliciter deux jeunes époux qui viennent de recevoir la bénédiction nuptiale ?Au lieu de leur faire entrevoir “une lune de miel sans éclipse, un bonheur sans mélange, une prospérité sans revers”, dites-leur avec moins d’emphase: “Puisse votre nouvelle vie vous apporter à l’un et à l’autre la somme de joie compatible avec les conditions de notre humaine nature.Le bonheur parfait n’est pas de ce monde, mais les déconvenues seront pour vous moins redoutables, puisque vous serez deux pour faire front aux épreuves quotidiennes.Restez unis dans la bonne comme dans la mauvaise fortune.Même dans les désagréments, vous ressentirez la joie de l’entr’aide mutuelle.Vous n’oublierez jamais les serments que vous avez formulés en ce beau jour, et qui confondent désormais vos destinées.” Quand on s’adresse à des jubilaires qui célèbrent leurs noces d’argent ou même leurs noces d’or, il convient de jeter un regard sur le passé et de rappeler les souvenirs les plus émouvants des longues années déjà parcourues.La matière est ici abondante et facile à traiter: conduite inspirée par l’honneur et la vertu, courage dans les passes dangereuses, esprit chrétien en toutes circonstances, survivance des époux dans une lignée digne d’eux, voilà pour les décades de jadis.Il y a lieu de formuler ensuite des vœux ad multos annos: “Le cœur ne vieillit pas; les sentiments peuvent conserver toujours la fraîcheur de la jeunesse.” Le ton de ces courtes apologies comporte mille variantes, selon les cas.Avant tout, il faut rester dans le concret, observer la couleur locale.Les écrits de ce genre auront d’autant plus de valeur qu’ils iront à une seule adresse et ne pourront pas servir deux fois.Si l’histoire des peuples est un perpétuel recommencement, l’histoire des individus a un cachet unique, parce que les physionomies physiques ou morales ne sont pas interchangeables.C’est dans la facture, dans la complexion de chaque individualité humaine que le Créateur témoigne de sa fécondité infinie.La pire des erreurs que vous pourriez commettre, si vous êtes désigné pour vous faire entendre dans une réunion amicale, ce serait de confier votre L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 497 travail à un substitut, généralement peu renseigné.Vos pages seraient écrites “par procuration”, avec des clichés trop flous et souvent en opposition avec la réalité.Comme nous l’avons dit dans une précédente leçon, vos auditeurs flaireront le pastiche, le plagiat, dès que vous ouvrirez la bouche; l’effet sera manqué et vous serez jugé comme un piètre répétiteur des paroles d’autrui.Si la chose en vaut la peine, confiez votre manuscrit à un ami plus compétent que vous, pour qu’il y fasse quelques retouches discrètes.Mais restez vous-même, sans prétendre vous hausser à la grande éloquence.Vous atteindrez ainsi votre but, vous irez droit au cœur des intéressés qui vous en manifesteront leur gratitude par l’émotion qui paraîtra progressivement dans leurs regards durant votre débit, et par les chaudes effusions dont vous serez l’objet après cet exploit d’éloquence familière.On raconte que Raymond Poincaré, Académicien, Président de la République Française pendant la Grande Guerre, fut un jour appelé à visiter un hôpital de soldats évacués du front.Le personnel sanitaire pria le Président d’adresser quelques paroles réconfortantes aux vaillants défenseurs du pays.“Je le regrette vivement, répondit l’illustre visiteur, mais je n’ai pas été prévenu et, n’étant pas préparé, je n’ai rien à dire.” Il y a là une double leçon pour ceux qui doivent faire des allocutions de circonstance.Si l’assistance vous prend à l’improviste, comme nous l’avons dit en commençant, n’imitez pas la discrétion de Poincaré; vous n’avez pas, comme lui, à sauvegarder une réputation d’Académicien.Au contraire, si vous disposez de plusieurs jours pour écrire votre petite harangue que l’honnêteté littéraire de ce grand homme vous serve de modèle: il prenait son temps pour composer les pièces d’éloquence qui l’ont rendu célèbre.Votre tâche, pour être infiniment plus humble, n’en requiert pas pour cela une moindre préparation.Abbé F.Charbonnier, Docteur ès Lettres.LA VIE HEUREUSE A L’ÉCOLE L’enfant a besoin, pour être bon, d’être content, surtout de se sentir aimé.Il faut lui rendre, à l’école, la vie aussi douce que possible.Qu’il soit privé des joies qu’il ne mérite pas, cela est dans l’ordre, pourvu que les privations n’aillent pas contre des besoins, ne portent pas sur ce qui est nécessaire à sa santé.Mais celui dont on est content doit l’être aussi, non seulement de lui-même, mais de tout le monde, de toute la vie scolaire, autant qu’il dépend d’elle, et, par conséquent, de ceux qui la règlent.Cela ne veut pas dire qu’il faille lui faire une vie molle et efféminée.Ce serait aller contre le but; car il est encore plus vrai de l’enfant que de l’homme, de dire qu’il est heureux à peu de frais.Il ne lui faut que de la vie, du mouvement, de la sympathie.Sauf des exceptions rares, qu’il faut traiter comme telles, il ne répugne ni au bon ordre, qu’il est facile de lui faire aimer, ni à l’effort qu’il aime naturellement quand on sait le lui rendre gai et le mesurer à sa force.Un moyen incomparable d’animer la vie scolaire, moyen d’autant plus à recommander qu’il est une fin en même temps, et la première fin de l’éducation c’est le plein exercice des énergies vitales par l’exercice libre, par les jeux de force et d’adresse au grand air.L’excès de la vie sédentaire, l’insuffisance de la vie musculaire est un mal certain et un mal grave, car les conséquences en sont aussi fâcheuses pour l’hygiène morale que pour l’hygiène physique.Marion. 498 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LA PRÉPARATION A LA VIE FAMILIALE (suite et fin) (1) ÉDUCATION DES PARENTS A L’ÉCOLE L’école est le prolongement de la famille et non une usine de l’État.Ce sont les parents qui, normalement, devraient donner eux-mêmes l’éducation et l’instruction à leurs enfants.Mais beaucoup ne peuvent remplir ce grave devoir que très imparfaitement.De là la nécessité de l’école.“L’École, dit Pie XI, est, de sa nature, une institution auxiliaire et complémentaire de la famille et de l’Église, de façon à constituer, avec la famille et avec l’Église, un seul sanctuaire, consacré à l’éducation chrétienne.” Heureusement pour nos familles, l’école, dans la Province de Québec, est bien telle que la souhaite le Pape.Aussi lui est-il facile de collaborer avec les parents dans l’œuvre de l’éducation des enfants, éducation intégrale, j’entends: physique, intellectuelle, morale et religieuse.Les programmes d’études, dans nos écoles primaires, nos écoles normales et même dans les maisons d’enseignement secondaire, favorisent cette collaboration.Ces programmes sont profondément imprégnés de sentiments chrétiens et leur premier article concerne l’enseignement religieux.A tous les degrés de l’école primaire, les maîtres et les maîtresses peuvent et doivent collaborer à l’œuvre de l’éducation familiale, à la préparation éloignée des parents.Outre la religion, qui se prête admirablement bien à cette éducation, toutes les autres matières peuvent contribuer à développer l’intelligence et à former le cœur et la volonté dans le sens familial, si je puis m’exprimer ainsi.Toutes les spécialités de la langue maternelle s’offrent aux éducateurs et aux éducatrices comme véhicules merveilleux des idées propres à créer à l’école une atmosphère vraiment familiale: exercices de pensée et de langage, lectures, dictées, rédactions, compositions, constituent des exercices qui contribuent à développer dans le cœur et l’esprit des élèves l’affection et le respect des parents, l’amour du foyer paternel et de la petite patrie, le respect des grands-parents, l’attachement aux traditions familiales et paroissiales.Jusqu’aux mathématiques et à la comptabilité qui, en développant le jugement et le raisonnement, habituent les enfants à calculer, à compter, à se convaincre de l’importance de l’épargne et de la nécessité de l’économie.Que dire de l’enseignement ménager pour les filles ! Dans nos écoles primaires, de la troisième année de l’école primaire élémentaire à la onzième de l’école primaire supérieure, un programme méthodique d’économie domestique prépare les jeunes filles à leurs devoirs futurs de maîtresses de maison.Il convient de rendre ici hommage à toutes nos congrégations religieuses de femmes qui se sont imposé et s’imposent encore de lourds sacrifices pour suppléer, dans ce domaine, à l’insuffisance de l’éducation féminine au foyer.Nos écoles primaires de filles et nos couvents ont donné un tel essor à l’enseignement ménager chez nous, depuis une vingtaine d’années, que des sta- (1) Voir VEnseignement Primaire de mars 1936. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 499 tistiques récentes nous révèlent qu’il y a actuellement dans les familles de la Province de Québec, quatre-vingt mille cinq cents rouets et cinquante-deux mille métiers à tisser en activité.IA l’école d’honorer, de faire aimer ces trois mots: le foyer domestique.Ces trois mots vous prennent le cœur.Ils évoquent dans l’âme des choses si douces, si tendrement émouvantes ! Le foyer c’est le témoin discret de la touchante abnégation et de l’infini dévouement de notre mère; c’est aussi le témoin vivant des labeurs de notre père.Qui oserait répéter ces paroles presque blasphématoires d’un personnage de Dickens: “Le foyer, c’est quatre murs.” Le foyer, ce n’est pas quatre murs froids et inanimés, c’est le reliquaire où sont enfermés bien vivants et palpitants les souvenirs du passé.L’école doit encore prémunir les jeunes filles contre les idées modernes qui tendent à faire descendre la femme dans la rue pour la mêler aux tribulations, parfois aux turpitudes politiques des hommes.Ce féminisme exagéré a pour sources l’orgueil, le snobisme, le goût de l’indépendance, du changement, de l’aventure, en un mot.Elle doit aussi mettre les garçons en garde contre les dangers menaçants du communisme.La responsabilité spirituelle des parents et des éducateurs est donc bien grande.“L’enfant, dit Daniel Rops, a le droit d’être placé en face de sa destinée, d’apprendre que la vie a un sens, et que ce sens dépend, dans une certaine mesure, de lui.” Il ne suffit pas de considérer dans la jeune fille la maman de demain et d’exiger qu’on la respecte; il ne suffit pas non plus de voir dans le jeune homme le père de demain et de le protéger contre les dangers des mauvais théâtres et des compagnons pervers, il faut, en plus de ces excellentes précautions, les préparer à leur rôle futur de parents, à leurs prochaines responsabilités.Préparer nos garçons et nos filles aux nobles et saintes fonctions de pères et de mères de famille; bien les convaincre que ce sont les foyers nombreux qui sont encore les plus heureux, que dans un ménage normalement établi, labeur est source de bonheur, volià le rôle éminemment social et patriotique qui incombe à la famille d’abord et à l’école ensuite.Labeur et bonheur ! Ces deux mots évoquent tout le passé de nos familles respectives; ils sonnent harmonieusement le rappel des jours anciens.Ces deux mots labeur et bonheur ont inspiré à Mgr Baunard, l’un des écrivains les plus sympathiques de la France moderne, cette page magnifique qui tiendra lieu de conclusion à ma modeste causerie.LABEUR ET BONHEUR “Notre premier père et notre première mère venaient d’être chassés du paradis terrestre.“La terre était maudite: elle ne portait que des ronces, et il n’y avait pas une fleur dans ce pays d’exil.Ève s’en affligeait, car elle se rappelait les fleurs impérissables qui embellissaient les vallons de l’Êden.Adam allait travailler.Pendant toute la journée, il ouvrit le sillon et y versa ses sueurs, les premières sueurs qui tombèrent du front de l’homme.Un ange les recueillit et alla les présenter comme une libation amère, devant le trône de Dieu.Dieu répondit: C’est bien ! Et les gouttes de sueur se changèrent en une rosée féconde qui, durant la nuit, tomba doucement dans le sillon. 500 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Aussi, quand vint l’été, le champ se couvrit d’une riche moisson.Mais il n’y avait parmi les épis mûrs aucune fleur qu’Adam pût porter à son épouse, afin de réjouir son cœur, en lui montrant un sourire de la bouche de Dieu.“Notre mère, de son côté, travaillait tout le jour sous son abri de feuillage.Elle prit le froment, le broya sous la pierre, le pétrit avec l’eau de la source voisine, et elle fit le pain soutien de la vie de l’homme.“Son front se mouilla de sueurs: les premières sueurs de la femme, plus amères que celles de l’homme.“Ce que Dieu ayant vu, il eut compassion de sa créature chérie.“A l’heure du repas, Adam et Ève s’assirent l’un près de l’autre au bord de la fontaine où se réfléchissaient les feux rouges du soir.Ève apporta le pain qu’elle avait cuit sous la cendre.Adam le prit, le bénit, le rompit, le partagea avec sa compagne aimée.“Ils s’entretinrent de leur travail de la journée.“ — Il ne m’a pas fatigué, dit l’homme.Je pensais, en liant les gerbes, que je travaillais pour toi.“ — Et moi non plus, répondit la femme, car je savais que ce pain je le romprais avec toi.“Ils restèrent longtemps ainsi, louant et bénissant Dieu de ce qu’il les avait laissés l’un à l’autre, et de ce que, dans sa justice, il s’était souvenu de sa miséricorde.“Ils se disaient: Dans l’Éden nous jouissions l’un avec l’autre et nous étions heureux sous le regard de Dieu.Mais souffrir l’un pour autre, c’est meilleur et plus grand encore.Nous ne le savions pas ! “En se disant cela, ils pleurèrent ensemble.Ce furent les premières larmes de bonheur qui, depuis l’Éden, tombèrent des yeux de l’homme; car de telles larmes sont rares.Et la terre les reçut.Lorsque, le lendemain, Adam et Ève revinrent à la même source, une moisson de fleurs en tapissait les bords.“C’étaient les premières fleurs que la terre portait depuis la malédiction.Elles étaient nées, la nuit, sous cette rosée de larmes tendres et douces.“C’est ainsi que, depuis ce temps-là, sont nées toutes les fleurs de la vie.” C.-J.Magnan.LA PATIENCE 1.La patience est une des formes du courage, parce qu’elle est un effort de la volonté.2.Elle consiste à savoir attendre et à savoir supporter.3.Celui qui veut forcer les circonstances compromet souvent la réussite de ses projets.4.Patience et longueur de temps font plus que force et que rage.(La Fontaine).5.La patience dans les maladies contribue à la guérison, et elle est un acte de bonté pour ceux qui nous entourent.6.La patience dans les épreuves est un signe de grandeur d’âme.5.Quand on nous fait une injure, élevons notre âme si haut que l’offense ne parvienne pas jusqu’à elle.(Descartes). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 501 NOTRE CONCOURS DE DESSIN Avec un peu de retard, notre concours de dessin dans les Écoles primaires vient de se terminer.C’est un succès éclatant.Qu’on y songe: plus de cinquante mille dessins! Mille proviennent des classes préparatoires; dix mille environ des deux premières années; seize mille des années III et IV; douze mille des années V et VI; environ sept mille des classes supérieures à la VIe année; le reste, non classé, comprend des dessins qui ne sont pas conformes aux conditions du concours, soit que les élèves les aient exécutés au crayon noir, soit qu’il s’agisse de copies de gravures ou de calendriers-—hélas! cela se fait encore.Mais le concours des Écoles primaires n’a pas qu’un succès de statistique.Il a une tenue bien supérieure à celle des années précédentes.En général, les élèves ont vu leurs cadeaux et leurs jouets; ils les ont bien vus, ils les ont analysés; ils en ont scruté les formes et les couleurs.Même quelques-uns se sont amusés à dessiner des personnages, comme s’ils avaient voulu compliquer davantage le problème.Évidemment, il y a des envois fort inférieurs.Qu’importe.Car dans la formation de la jeunesse, ce qui compte n’est pas tant le résultat que l’effort, non la belle image léchée mais l’essai large et courageux.Encore une fois, c’est un succès qui dépasse, et de beaucoup, ce que nous en attendions.Ce succès, nous le devons d’abord à l’extrême bienveillance de l’honorable Surintendant de l’Instruction publique; à la collaboration franche et sincère de tous les officiers du Département, notamment de M.C.-J.Miller; au zèle des Inspecteurs régionaux et de district; à l’empressement des instituteurs et institutrices à se rendre à notre appel; enfin—et c’est la clé réelle du succès— à l’immense bonne volonté des élèves, cette bonne volonté qui sommeille parfois parce qu’elle est trop bien nourrie de routine, mais qui se manifeste généreusement chaque fois qu’on lui en donne l’occasion.J’offre donc à tous mes plus sincères remerciements, sans oublier le directeur de Y Enseignement Primaire qui a mis l’influence de sa revue au service de la cause du dessin.Et maintenant la parole est à ceux qui, à la demande de l’honorable Surintendant de l’Instruction publique, ont bien voulu accepter la tâche de juger les dessins: M.C.-J.Miller, inspecteur général des Écoles primaires catholiques de la Province, représentant les inspecteurs régionaux et de district; M.Jean-Baptiste Lagacé, inspecteur du dessin pour la Commission des Écoles catholiques de Montréal; M.Henri Girard, rédacteur au Canada, critique d’art; M.Lucien Martial, peintre, professeur à l’École des Beaux-Arts de Québec; M.Gérard Morisset, directeur général de l’enseignement du dessin, secrétaire du jury.Le ou avant l’onze avril, les membres du jury rendront publique leur décision.En attendant, les élèves peuvent espérer des récompenses, oui.Mais ils doivent continuer de travailler avec la persévérance qui conduit au vrai succès, c’est-à-dire à la formation rationnelle de l’esprit.Gérard MORISSET, attaché honoraire des Musées nationaux de France, directeur de Venseignement du dessin. 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE POUR NE PAS DESESPERER (1) Au soir d’une grande fête des Artisans Canadiens français on m’a accordé l’honneur de faire une petite allocution.Depuis lors, à maintes reprises, et tout récemment encore par le geste officiel d’une association militante, on m’a félicité de mon.“courage”.Monsieur Télesphore Brassard, le président de votre Section, mêlait sa belle voix au concert, et il regrettait que ce qu’il appelait idées ne fut pas plus amplement discuté.Je lui repartis: “Mais il ne tient qu’à vous, beau Sire.” — “C’est bien, j’arrangerai quelque chose.” Messieurs, voilà le quelque chose à Monsieur Brassard.Je m’attendais à une amicale, fraternelle discussion autour d’une petite table, sous un demi-jour de lampe, entre des initiés.Et je me trouve auprès d’une grande table en face d’un grand public.Par bonheur je suis patronné par la Société St-Jean-Baptiste.Il n’est pas du tout en mon intention d’ouvrir et d’engendrer, non plus que de soutenir une polémique.Je reviens donc à cette allocution que je faisais au Plateau, le 8 décembre dernier.Depuis le matin, j'écoutais parler, et il me semblait que tout le monde parlait français.Depuis le matin, j’écoutais redire les bienfaits économiques de la Société des Artisans.Depuis le matin, j’assistais à une manifestation patriotique et religieuse, et il me semblait que toutes les âmes participantes étaient sincères.En conséquence, le soir, je tirai cette conclusion: mettons fin à cette fête, car si elle dure, nous ne pourrons plus désespérer ! Nous ne pourrons plus désespérer de la langue; Nous ne pourrons plus désespérer de notre vie économique; Nous ne pourrons plus désespérer de notre sens patriotique; Nous ne pourrons plus désespérer de notre foi et de notre sens religieux.L—LA LANGUE Messieurs, je ne m’en prends à personne; il est cependant permis de constater un lait.Au cours des dix dernières années, on a plus que de coutume répété: Nous ne parlons plus français, la langue française se meurt au Canada, le verbe français expire sur des lèvres sans énergie.Des quatre coins de l’horizon, une clameur s’élève: le français va mourir.D’aucuns écrivent des livres, des journaux, des revues, divers articles—en français—pour démontrer que la langue française est morte au Canada, et que nous en gardons à peine de quoi faire un enterrement.En vain, des centaines et des milliers de Canadiens français passent-ils en France chaque année et se retrouvent-ils là-bas comme à leur propre foyer, pour autant que la langue est concernée.En vain, des milliers de Français voyagent-ils parmi nous et admirent-ils, comme les Cardinaux de France, notre beau parler.En vain les délégations les plus marquantes et les plus officielles nous rendent-elles des témoignages individuels et collectifs des plus élogieux.En vain, dois-je redire, puisque c’est entendu, (il faut que ce soit entendu), le français est mort; et là où il vit encore, c’est parce qu’il va mourir.Je comprends que l’on a bien le droit de gémir, de se récrier et d’implorer le ciel et la terre quand on s’arrête aux multiples défauts de notre langage.Je comprends, et je m’en réjouis, que des apôtres se préoccupent constamment avec un zèle véritable de corriger ces défauts.Je comprends, et j’en bénis le bon Dieu, les efforts surhumains qui se renouvellent tous les jours pour empêcher la vague des affiches et la manie des réclames anglaises d’enlever à nos campagnes et à nos villes les signes extérieurs de notre caractère français.Je comprends que la bataille séculaire (1) Conférence prononcée, le 15 janvier 1936, au Cercle Universitaire de Montréal, par le R.P.J.Latour, Supérieur provincial des Clercs de Saint-Viateur, dans un dîner-causerie de la Société Saint-Jean-Baptiste (section Duvernay). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 503 ne doit pas cesser contre l’anglicisation, l’anglification et contre notre incompréhensible admiration de tout ce qui est étranger.En cette dernière phrase, j’inclus aussi les Français.Et je prouve.Un Français arrive au Canada: où qu’il aille, on admirera béatement son langage.Vient-il de Marseille, de Dijon, de Bordeaux, de l’Anjou, de Reims, de Roubaix ou de Tourcoing ?Est-il Auvergnat, Normand ou Lyonnais ?Personne n’en a cure.Il est Français; donc il parle bien, très bien.— Et tous vous autres, vous êtes Canadiens français: donc vous parlez mal.Les visiteurs vous affirment que vous parlez bien, très bien; mais, vous, vous tous, vous savez que vous parlez mal, très mal.On vous l’a tellement dit que vous ne pouvez croire autre chose.De là cette gêne, cette faiblesse, cette pusillanimité devant les étrangers; de là, ce manque d’ambition pratique et cette absence de courage lorsque des postes difficiles sont offerts aux nôtres tout comme aux autres.On a tué la confiance en soi ! et cette confiance, c’est le seul levier, c’est le grand, l’unique ressort des esprits et des cœurs en face des tâches hautes, profitables et glorieuses.Pour ne pas désespérer, Messieurs, considérons le bien en même temps que le mal; considérons les circonstances désavantageuses dans lesquelles les Canadiens français ont dû se battre, et se battre toujours, se battre sans relâche pour conquérir leur droit au verbe français.Oui, les traités nous avaient concédé ce droit et l’on nous crie: qu’en avez-vous fait ?pourquoi ne vous en êtes-vous pas servi?Je comparerais ce droit des traités au droit de s’en aller, concédé par un juge à un prisonnier que ce juge ferait ligoter, charger de fers et enfermer dans une geôle.Messieurs, il n’y a pas cent ans, c’est malgré et contre les traités et contre toutes les forces coalisées adverses aux Canadiens français que dans le Parlement du Canada il a fallu réconquérir le droit pratique de parler français (1849).Messieurs, pendant plus de cent ans, les Canadiens français ont été seuls à conserver et à protéger leur langue au milieu d’une population anglophone toujours croissante et maîtresse de tous les pouvoirs.Messieurs, il n’y a pas cent ans que nos relations de langue sont renouées et s’avivent librement avec la France.Et nous parlons encore français! C’est merveilleux, inouï, je vois là une forme du miracle canadien-français et j’y trouve une excellente raison pour ne pas désespérer! Cherchez de par le monde une colonie qui ait résisté, pendant deux siècles, à l’emprise unifiante de la métropole et vous ne trouverez guère que le Canada français.Et c’est quand, de plus en plus et de mieux en mieux, se répètent sur tous les tons, en tous les coins de notre pays les courageuses et enthousiastes manifestations françaises; c’est quand les écoles se multiplient, que les Universités se développent, que les sociétés s’organisent, qu’on se met à crier: c’en est fait du français au Canada.Il y a 50 ans, la masse des habitants canadiens-français ne savaient ni lire, ni écrire, à peine pouvaient-ils signer leurs noms.Aujourd’hui presque tout notre monde est au-dessus du cadre des illettrés.Il y a 50, 60, et 70 ans, les Canadiens français émigraient par milliers aux États-Unis, et l’on ne se gênait guère d’annoncer qu’ils étaient perdus pour la langue et l’influence françaises.Tous les prophètes de malheur sont morts, et sur leurs tombes résonne bien haut par delà le 45ème, le verbe français.On nous dira: vous ne parlez pas comme on parle à Paris.C’est à voir; quand a-t-il jamais été nécessaire à nos divers représentants de modifier leur langue pour nous faire honneur à la Sorbonne ou au Quai d’Orsay ?- Monsieur le Président et Messieurs, je dirai en finale sur ce point: le français de Paris est fort distinct du français des provinces françaises, le français des intellectuels est bien différent du français populaire.Eh! bien, il en est de même en notre pays avec cette nuance de suprême importance que la langue française du Canadien français demeure toujours la même, toujours française, dans la Province de Québec, dans la Province d’Ontario, dans le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta, dans les Rocheuses et sur les côtes de l’Océan Pacifique. 504 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Messieurs, pour ne pas désespérer, n’avons-nous pas le droit de dire que si la langue française^ en France, depuis le temps de Champlain, a subi de très profondes modifications, nous, les fils de Champlain, nous avons aussi le droit d’imprimer à notre langue les modalités de notre caractère ethnique canadien-français.IL—VIE ÉCONOMIQUE Que penser de notre vie économique actuelle ?Pour ne pas désespérer, je considère la pauvreté et la misère des Canadiens français en1760, l’abandon dans lequel ils ont vécu, pauvres colons séparés violemment de la Mère-Patrie, et persécutés (quoi qu’on dise), par les nouveaux maîtres.Chers habitants canadiens-français, il leur a fallu tout reprendre, tout reconquérir.Ils étaient décimés vingt fois par la guerre et le retour en France des bourgeois et des nobles: la fidélité conjugale et l’héroïsme des mères ont repeuplé, reconquis le Canada français.Les terres étaient concédées à des officiers et seigneurs de langue anglaise; les jeunes Canadiennes françaises ont gagné, avec leur cœur, l’esprit de ces Messieurs à la vie canadienne-fran-çaise.Le plus fort avait taillé à ses amis des domaines immenses, comparables à de vastes royaumes.Aujourd’hui, les Cantons de l’Est, Huntingdon, Châteauguay, Argenteuil, Pontiac, Wright, Ottawa, Prescott, Russell, Glengary, bientôt Stormont, Essex, Kent, le Nouvel Ontario, sont canadiens-français.Est-ce assez pour briser les cadres de la réserve québéquoise ?Et l’Abitibi, vaste comme un empire, et les deux Témiscamingues, et le Vicariat de Hearst, la moitié du Manitoba, le diocèse de Prince-Albert, le nord de l’Alberta, est-ce assez grand de conquête pour un peuple qui n’a vraiment obtenu le droit pratique d’exister qu’avec la Confédération de 1867 ?Oublierons-nous, Messieurs, que le Sein-Fein (les Féniens), avec le consentement tacite du gouvernement de Washington, attaquait nos frontières en 1864 pour nous amener sous le drapeau américain ?Et qu’est-ce donc que ces impôts de millions imposés sans droit et sans conscience à la Province de Québec pour le seul bénéfice des loyalistes de l’Ontario ?Si on veut le savoir, je dirai: encore un coup de pauvreté contre Québec et de richesse pour l’Ontario.On veut compter tout ce que nous avons perdu ?Je n’y vois aucun mal; j’y vois plutôt beaucoup de bien, à la condition qu’en regard de nos pertes, nous placions ce que nous avons gagné.La Province de Québec, c’est trois fois grand comme la France.Pensons donc à ce fait: en 1760 la Province de Québec ne nous appartenait pas.Les Canadiens français n’étaient pas assez nombreux pour en être propriétaires.Nous avons donc conquis un pays trois fois grand comme la France.Après 150 ans, nous sommes les maîtres de la Province de Québec.Nous avons notre gouvernement provincial, nos gouvernements municipaux, notre système scolaire, notre système bancaire.Nous avons nos lois, nos juges, nos financiers, nos administrateurs, et, pour nous représenter à Ottawa, nous avons des hommes capables de soutenir la comparaison avec tous les plus illustres représentants des autres provinces.Et nous avons conquis tout cela, et nous avons gagné tout cela, malgré le flot d’une inondation continue d’immigrants étrangers et opposés de fait, sinon toujours d’intention, à notre vie économique canadienne-française.Et nous avons conquis tout cela, gagné tout cela, malgré cette série épouvantable de famines et de dépressions qui forcèrent des centaines de milliers de Canadiens français à s’exiler aux États-Unis.Et nous avons conquis tout cela, gagné tout cela, malgré l’emprise et le pouvoir fascinateur de la richesse anglaise, laquelle, hélas! entraîna bien des nôtres à l’apostasie nationale.Et nous avons conquis tout cela, gagné tout cela, malgré que, à des intervalles réguliers, on ait prêché aux Canadiens français qu’ils luttaient inutilement, qu’ils ne pourraient pas toujours résister, qu’ils s’épuisaient en pure perte, que finalement ils perdraient leur vie propre et seraient absorbés dans la vie économique de l’Empire.Messieurs, de nos jours encore on répète de pareilles prophéties! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 505 Pour ne pas désespérer, songeons donc un peu, (pas longtemps, cela n’est pas nécessaire) au chemin parcouru, aux obstacles surmontés, aux ennemis chassés, aux droits réconnus, au sol conquis, à la misère vaincue, à l’aisance modeste encore, mais générale, de nos habitants.Vous me demanderez: que dites-vous des ouvriers des villes?D’abord, ils ne sont pas plus malheureux que les ouvriers des autres nationalités.Et puis, Messieurs, s’ils sont pauvres et miséreux, c’est parce que, au lieu de rester fidèles à la voie de leurs ancêtres et de s’attacher au sol arrosé de leurs sueurs et bien souvent de leur sang, ces Canadiens français ont cédé à l’appât de salaires élevés et de la vie facile que des gens de haute responsabilité leur promettaient en ville.Messieurs, il n’y a qu’une richesse qui ne trompe pas, c’est la richesse du sol.Pour ne pas désespérer, je songe que nous sommes maîtres du sol canadien-français.Lorsque j’entends exalter les qualités anglaises d’ordre, d’affaires, de domination, de “supériorité”, pour ne pas désespérer, je songe que les Canadiens français ont triomphé de toutes les difficultés économiques dont jamais ne triompha aucun peuple de l’histoire.Messieurs, il y a 100 ans, depuis le cap Tourmente jusqu’à Vankleek Hill, des lords d’Angleterre avaient constitué un barrage à l’expansion canadienne-française.Ils voulaient contenir sur les bords du St-Laurent les pionniers canadiens-français.Dignes de leurs ancêtres, nos pères eurent tôt fait de négliger ces barrières.Ils sautèrent par-dessus celles qu’ils ne pouvaient briser, et maintenant nous poursuivons notre irrésistible élan vers le pôle nord en même temps que vers l’ouest de Mgr Provencher, pendant que vers le sud un peuple aussi nombreux que le nôtre enrichit la République américaine de la pensée canadienne française.Il y a plus: les domaines seigneuriaux d’où les catholiques, surtout Canadiens français, devaient êtres exclus, furent peu à peu envahis.A l’heure présente, les domaines Cuthbert, Rawdon, Ramsay, Kildare, Kilkenny, et tous les autres sont canadiens-français.(à suivre) J.Latour, c.s.v.METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE ET A L’ÉCOLE NORMALE (Pour Y Enseignement Primaire) LA TOMBE DE CHATEAUBRIAND En face des remparts, à cent pas de la ville, l’îlot du Grand-Bay se lève au milieu des flots.Là, se trouve la tombe de Chateaubriand; ce point blanc taillé dans le rocher est la place qu’il a destinée à son cadavre.Nous y allâmes un soir, à marée basse.Le soleil se couchait.L’eau coulait encore sur le sable.Au pied de Me, les varechs dégouttelants s’épandaient comme des chevelures de femmes antiques le long d’un grand tombeau.L’île est déserte; une herbe rare y pousse où se mêlent de petites touffes de fleurs violettes et de grandes orties.Il y a sur le sommet une casemate délabrée avec une cour dont les vieux murs s’écroulent.En dessous de ces débris, à mi-côte, on a coupé à même la pente un espace de quelque dix pieds carrés, au milieu duquel s’élève une dalle de granit surmontée d’une croix latine.Le tombeau est fait de trois morceaux, un pour le socle, un pour la dalle, un pour la croix.Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera, comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d’orages.Les 3 506 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir; dans les tempêtes, elles bondiront jusqu’à ses pieds, ou les matins d’été, quand les voiles blanches se déploient et que l’hirondelle arrive d’au delà des mers, longues et douces, elles lui apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises.Et les jours ainsi s’écoulant, pendant que les flots de la grève natale iront se balançant toujours entre son berceau et son tombeau, le cœur de René devenu froid, lentement, s’éparpillera dans le néant, au rythme sans fin de cette musique éternelle.Flaubert : Par les champs et par les grèves.COMMENTAIRE LITTÉRAL Rempart: substantif verbal de remparer, dont le simple (emparer) signifie munir, fortifier.Donc un rempart est un mur d’enceinte pour protéger un château, une ville.Ilôt: Très petite île.Autres diminutifs en ôt: angelot, palôt, maigriot.Flot: Partie superficielle d’un courant (mer, fleuve,) qui s’élève et s’abaisse tour à tour.Tombe: fosse mortuaire recouverte d’une dalle.Rocher: dérivé de roche, ce mot ajoute souvent à l’idée de masse dure, celle d’élévation.Destiner: 1° attribuer d’avance à quelqu’un; 2° attribuer d’avance à un usage, à un emploi.Marée: l’avance et le recul alternatifs de la mer en 24 heures.Varech: mot d’origine Scandinave et qui désigne des plantes marines apportées par le flot sur le rivage.Dégouttelants: diminutif créé par Flaubert, sans doute pour éviter l’amphibologie possible de dégouttant avec dégoûtant.S’èpandaient: 1° Epandre, c’est en général verser quelque chose sur une assez grande étendue.2° Le réfléchi n’a pas d’autre valeur que le passif (étaient épandus).Tombeau: tandis que tombe désigne la fosse elle-même, tombeau désigne le monument élevé au-dessus de cette fosse.Nombreux sont en français les dérivés de cette forme ayant un autre sens que le mot simple: four, fourneau, plat, plateau, chape, chapeau, etc.Touffe: d’origine germanique, ce mot désigne un bouquet épais de cheveux, de plumes, de fleurs, etc.Casemate: d’origine italienne, ce terme militaire a plusieurs sens, d’ailleurs rapprochés.Sans doute désigne-t-il ici la plate-forme d’un canon.Au 17e siècle, en effet, il y avait un fortin sur cet ilôt du Grand-Bay.Délabrée: dans un état voisin de la ruine (origine incertaine).Débris: substantif verbal de l’ancien verbe débriser, employé jusqu’au 16e siècle et plus fort que le simple briser.Un débris, c’est ce qui reste d’un objet brisé.Mi-côte: 1° du latin medium, mici, mi (moitié en ce qui est au milieu), mi est le simple qu’on trouve dans les composés demi, parmi, midi, minuit.—En composition avec un substantif, il a comme ici, la valeur d’un adjectif invariable.—•2° côte, sens dérivé: pente qui forme un des flancs d’une colline.A même: locution adverbiale qui signifie à la chose même.Exemples: Boire à même la bouteille, c’est boire directement à la bouteille même.Autrefois, cette expression, pouvait se rencontrer jusque dans le style noble: A même mes douleurs, Corneille: Place Royale, III, 8.Quelque dix pieds: Tous les élèves connaissent cet emploi adverbial de quelque placé devant un adjectif numéral cardinal et signifiant environ.Le pied carré: carré ayant un pied de côté.Ayant dix pieds, soit un peu plus de trois mètres de côté, la tombe mesure environ 10 mètres carrés.Dalle: exactement, tranche mince.Ici, tablette de pierre qui ferme le tombeau.Granit: pierre composite, très dure et grenue (italien granits, grain).Croix latine: croix dont la branche inférieure est plus longue que les trois autres.Socle: support d’un buste, d’un vase, d’un ornement.Sépulcre: mot relativement rare, qui désigne surtout les anciens tombeaux d’Orient (Égypte, Palestine.).Écueil: tout obstacle (rocher, sable, corail) à fleur d’eau contre lequel peut se briser une embarcation.Son immortalité: sens figuré, gloire immortelle.Déserte des autres: construction insolite, l’adjectif désert ne comportant pas de complément.Le sens est, tout ensemble, isolé et abandonné.Entourée d’orages: Ici, le mot orages a ses deux sens, propre et figuré.Souvenir: le monument qui perpétue le souvenir. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 507 Les vagues avec les siècles: les vagues et les siècles en même temps.Murmureront: il s’agit à la fois du bruit des vagues et de la rumeur des hommes.Déployer: étendre ce qui est plié ou rouler.—-Ainsi, tandis que les verbes simples plier et ployer sont de sens très distincts, les deux composés déplier et déployer sont à peu près synonymes.Longues et douces: se rapportent à elles, les vagues.La volupté mélancolique des horizons: par leur éloignement, les horizons inspirent cette tristesse qui ne va pas sans un plaisir subtil, et qui est la mélancolie.Brises: vent frais qui s’élève au bord de la mer.Grève: terrain uni, sablonneux, au bord de la mer ou d’un fleuve.Les flots.iront se balançant: Le flux et le reflux ressemblent au double mouvement de quelqu’un qui se balance.Son berceau: la ville de St-Malo, où Chateaubriand naquit en 1768.Son tombeau: cet ilôt du Grand-Bay voisin de la ville.S’éparpillera: se dispersera sans ordre, de tous côtés.Dans le néant: Matérialiste, Flaubert croit que la mort aboutit au néant.Rythme: ou rhythme, succession régulière de sons forts et de sons faibles.Cette musique éternelle: 1° Musique, le bruit rythmé, varié aussi, de l’Océan; 2° éternelle, sens atténué de sans fin.ANALYSE LITTÉRAIRE I.—Origine et place de ce morceau: En 1847, Flaubert parcourut la Bretagne, avec son ami Maxime du Camp.Romantique fervent, admirateur passionné de Chateaubriand, il visita Saint-Malo où était né le grand écrivain, puis cet ilôt du Grand-Bay où Chateaubriand avait fait réserver l’emplacement de sa sépulture.Les souvenirs de son voyage, Flaubert les consigna dans un livre qui ne fut publié qu’après sa mort, sous ce titre: Par les champs et par les grèves.La page que nous étudions compte parmi les meilleures de l’ouvrage.II.—Composition et caractère général: Deux parties très nettes: 1° une description; 2° une espèce de méditation.1° La description elle-même se subdivise en trois parties: à) vue sommaire et comme lointaine du Grand-Bay; orientation (en face des remparts); Distance (à cent pas de la ville), situation générale (l’ilôt du Grand-Bay se lève au milieu des flots); enfin détails plus précis de dimensions, de couleurs, de matière (ce petit point blanc taillé dans le roc.) b) la démarche des visiteurs.Même précision un peu sèche dans l’indication des circonstances: Nous y allâmes un soir, à marée basse.Le soleil se couchait.L’eau coulait encore sur le sable.c) Description détaillée de l’île, puis du monument.Caractère général de l’île: solitude, pauvreté “L’île est déserte; une herbe rare y pousse, où se mêlent de petites touffes de fleurs violettes et de grandes orties”) vétusté et caducité: “Il y a sur le sommet une casemate délabrée avec une cour dont les vieux murs s’écroulent”.^Enfin le monument lui-même, avec son emplacement (En dessous de ces débris, à mi-côte.à même la pente.), ses dimensions (un espace de quelque dix pieds carrés), son aspect général (une dalle de granit surmontée d’une croix), sa constitution et la répartition de ses éléments (Le tombeau est fait de trois morceaux, un pour le socle, un pour la dalle, un pour la croix.) Mais à cette précision un peu sèche, s’ajoute dès le début une certaine mélancolie et une certaine poésie.La mélancolie naît au début des indications les plus simples.“Là se trouve la tombe de Chateaubriand”; comme d’effets un peu plus accentués: “.la place qu’il a destinée à son cadavre”.Pareillement au troisième paragraphe.Dans leur brièveté même {île déserte, herbe rare, petites touffes, orties, casemate délabrée, vieux murs qui s’écroulent.) les moindres traits accentuent notre impression première de tristesse, d’abandon.Discrète encore, notre émotion a déjà quelque chose de funèbre.Quelque chose de tragique aussi, car, en passant, juste au milieu de son développement, Flaubert a, pour ainsi dire, laissé tomber cette ample et sombre image: “Au pieds de l’île, les varechs dégouttelants s’épandaient comme des chevelures de femmes antiques le long d’un grand tombeau”.Ainsi la poésie élargit et ennoblit une description qui par ailleurs pourrait rivaliser d’exactitude et de précision avec un relevé d’architecte ou un tracé d’arpenteur.2° La méditation: Ici encore, les traits descriptifs abondent, parfois très beaux.“Autour de ce sépulcre bâti sur un écueil”, Flaubert nous montre les tempêtes bondissantes, “les voiles blanches, qui se déploient”, les matins d’été, “les vagues longues et douces.les flots de la grève.se balançant 508 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE toujours entre son berceau et son tombeau.Il nous fait entendre le murmure des vagues.le “rythme sans fin de cette musique éternelle”.Mais il y a changement de perspective et d’intention.D’abord, nous ne sommes plus tournés vers le tombeau, mais du tombeau vers l’océan.Il en résulte d’abord un élargissement saisissant du spectacle, puisque, à un ilôt étroit, à un espace de quelque dix pieds carrés, succède brusquement un paysage infini.Mais autant que ses regards la pensée de Flaubert a pris une autre direction.Elle n’envisage plus les choses en elles-mêmes, pour leur intérêt ou leur beauté propre; mais par rapport à Chateaubriand, et dans la seule mesure où elles s’accordent avec son caractère et sa destinée.Dès le début du paragraphe, Chateaubriand prend, pour ainsi dire, possession d’un domaine où tout va lui être désormais subordonné: “/i dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer.Les vagues murmureront.autour de ce grand souvenir.elles bondiront jusqu’à ses pieds.les flots de la grève natale iront se balançant toujours entre son berceau et son tombeau.”—Les choses, semble-t-il, ne sont plus ici que les servantes de sa gloire.Servantes accordées à leur maître, avons-nous dit.Une phrase pathétique signale, dès le début, cette harmonie: “Dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera, comme fut sa vie, déserte et tout entourée d’orages”.La suite ne fait que développer et décomposer ce thème, nous pourrions dire ce motif.La grande passion de Chateaubriand fut l’amour de la gloire?— La voici satisfaite: “Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir.—Jeté sur cette terre, un jour de tempête, ballotté par le sort le plus capricieux, son repos même subira l’agitation des éléments: “dans les tempêtes, elles (les vagues) bondiront jusqu’à ses pieds”.—Breton au cœur de marin, les yeux et la pensée toujours fascinés par les spectacles du port ou de la haute mer, il verra encore se déployer “les voiles blanches”, il sentira encore “la caresse des larges brises”.—-Ame toujours insatisfaite, toujours avide d’autre chose, il verra, comme si souvent dans sa vie, “l’hirondelle arriver d’au delà des mers”; rêveur consumé d’ennui, il sentira les vagues qui, “longues et douces, lui apporteront la volupté mélancolique des horizons.”—Écrivain plus qu’aucun autre sensible à la sonorité de certains mots, au rythme de certaines phrases, il jouira jusque dans la mort de la grande symphonie de l’océan: “Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir.Le cœur de René.s’éparpillera.au rythme sans fin de cette musique éternelle”.Seule une fausse note trouble ce parfait concert.Matérialiste un peu brutal,—surtout à cette époque (1848)—-Flaubert a cru pouvoir prêter quelque chose de son scepticisme à celui qu’il avait par ailleurs si bien compris.Du moins a-t-il cru pouvoir le vouer à un destin (“le cœur de René lentement s’éparpillera dans le néant”) qui eût fait horreur à Chateaubriand.Erreur unique, répétons-le, mais d’autant plus fâcheuse que, dans cette phrase dernière, Flaubert a cru sans doute résumer toute la philosophie de son illustre modèle.III.—Le style: Le style présente exactement les mêmes caractères que les faits, les idées ou les sentiments dont il est l’expression.Précision non sans sécheresse, avons-nous dit à propos de la première description.Ces mots conviennent également aux phrases prises en elles-mêmes.Pour la plupart elles sont brèves, réduites aux éléments essentiels, privées de toute image, ou à peu près: “En face des remparts, à cent pas de la ville, l’ilôt du Grand-Bay se lève au milieu des flots.Là se trouve la tombe de Chateaubriand.Nous y allâmes, un soir, à marée basse.Le soleil se couchait.L’eau coulait encore sur le sable.” Nous pourrions citer encore tout le troisième paragraphe.Nous nous bornerons à cette dernière phrase aux arrêtes vives, coupée net comme le granit lui-même: “Le tombeau est fait de trois morceaux: un pour le socle, un pour la dalle, un pour la croix”.Style de métreur-vérificateur.Style de poète aussi.Car juste au milieu de cette espèce d’inventaire, nous relevons la phrase déjà citée: “Au pied de l’île, les varechs dégouttelants s’épandaient comme des chevelures de femmes antiques le long d’un grand tombeau”.—En voici les mérites: d’une part, valeur de certains mots expressifs (dégouttelants.s’épandaient ), de telle comparaison tragique (comme des chevelures de femmes antiques le long d’un grand tombeau); d’autre part, déroulement progressif, ampleur solennelle, chute mélancolique.En effet, voici comment on pourrait couper cette phrase: “Au pied de l’île | les varechs dégouttelants s’épandaient comme des chevelures de femmes antiques! le long d’un grand tombeau”.Ces qualités poétiques prédominent dans ce que nous avons appelé la méditation.1° Les images y sont nombreuses, neuves, hardies.Non seulement, Flaubert prête la vie, le sentiment, aux forces de la nature, et pour les animer trouve des mots tour à tour vigoureux et caressants (Les vagues murmureront.autour de ce grand souvenir; dans les tempêtes, elles bondiront jusqu’à ses pieds, ou.longues et douces, elles lui apporteront); mais il vivifie l’abstraction elle-même et emploie à cette fin, avec des comparaisons toutes simples, des alliances de mots audacieuses: “Son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres, et tout entourée d’orages”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 509 2° Le charme mélodique se fait plus sensible, et plus sensible aussi le mouvement, le rythme proprement dit.Le morceau commence d’un élan à la fois vif, grave, puis comme brisé “Il dormira là-dessous la tête tournée vers la mer”.Puis c’est un développement plus ample, mais encore coupé à plusieurs reprises: “dans ce sépulcre bâti sur un écueil | son immortalité sera | comme fut sa vie déserte des autres | et tout entourée d’orages”.—La phrase qui suit s’allonge d’abord comme cet avenir qu’elle ouvre devant nous: “Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir”.Puis, dans la multiplicité des complétives elle se développe, variée, souple, harmonieuse: “dans les tempêtes, | elles bondiront jusqu’à ses pieds | ou | les matins d’été | quand les voiles blanches se déploient et que l’hirondelle arrive d’au delà des mers | longues et douces | elles lui apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises”.—Enfin après un début à la fois vif et caressant (Et les jours ainsi s’écoulant.), la dernière phrase, elle-même balancée comme entre deux termes extrêmes (pendant que les flots de la grève natale iront ainsi se balançant entre son berceau et son tombeau), retombe par secousses lentes et douces | le cœur de René, devenu froid, lentement, s’éparpillera dans le néant, au rythme sans fin d’une musique éternelle.| Conclusion: Admirateur passionné et intelligent de Chateaubriand, Flaubert apparaît ici digne de son maître : 1° par le portrait qu’il trace de lui indirectement, 2° par son talent descriptif, évocateur, 3° par la qualité musicale de son style.Cette page de jeunesse annonce déjà le maître qui écrira Salammbô et les Trois Contes.Gaillard de Champris, professeur à VInstitut catholique de Paris.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Avril 1936) Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première année : étude continuée du carré, des angles et de l’emploi du carré dans la décoration.En deuxième année: même travail que dans la première année; et, en plus, applications nombreuses sur la circonférence.Première année 1.Un cornet de crème glacée.2.Un carré décoratif.3.Une frise.4.De mémoire : une chaise droite.Deuxième année 1.Une planche à laver.2.Une maisonnette.3.LTne assiette à fromage.4.De mémoire: un objet circulaire.COURS MOYEN En troisième année: tracé de l’hexagone régulier.Description de l’étoile à six pointes; et, composition de décors au moyen de cette même étoile.En quatrième année: tracé approximatif du pentagone.Description de l’étoile à cinq pointes.Composition de fond de linoleum au moyen du pentagone. 510 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Troisième année 1.Un coffret d’écolier.Vues de côté, de bout et de dessus.2.Un parquet en tuiles.3.De mémoire: un bureau d’élève.Quatrième année 1.Boîte à craie.Vues de côté, de bout et de dessus.2.Un bonnet.3.De mémoire: composition décorative ayant au centre l’étoile à cinq pointes.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: étude des moulures composées continuée.Description de l’ove géométrique et de l’ove architectural: ce dernier peut être basé sur le triangle équilatéral ou sur le triangle isocèle.Tracé de la doucine et du talon.Cours Supérieur 1.Un ove géométrique.2.Un ove' architectural.3.Une doucine.4.Un talon.5.De mémoire: un paysage d’hiver.Frère Amédée, des Écoles Chrétiennes.PHRASÉOLOGIE ET COMPOSITION Remarques pédagogiques Souvent description et narration se compénètrent; loin de s’exclure l’une l’autre; elles s’entraident, se complètent, pour réjouir, éclairer, agrandir l’âme.Point de cette intransigeance de certains pédagogues qui, pour tout sujet, tentent de compartiments étanches; descriptions pour confectionner un meuble, bâtir une maison, non pour élever.L’important est de développer l’enfant et non de l’emprisonner; de le guider, non de le vêtir d’une chemise de force, de lui charger les mains et les pieds de liens et d’enserrer sa tête dans un carcan.Le rigorisme étroit pour qui les genres s’excluent ne fausse-t-il pas la formation?Un peu de liberté, pourvu que l’extravagance ne s’y mêle pas.Que l’intelligence, l’âme brillent dans les yeux, à la perception d’un bel air; qu’elles vibrent à une noble pensée, à un sentiment magnanime: voilà de la vie, de l’éducation vraiment humaine.La phrase étant construite avec correction, que le professeur n’ait pas d’exigences outrées.Qu’il bannisse le maniéré, le factice de la pensée.Des idées naturelles, simples et claires, mais ailées, s’il se peut.Le poète aime la fantaisie, et toute âme d’enfant respire la poésie des belles images, des comparaisons colorées; elle lui fait ouvrir des yeux si grands et brillants qu’ils sembleraient tout disposés à engloutir les objets de leur vision.Susciter cet état d’âme est un point important dans la formation.François Pompon, un animalier, a produit des chefs-d’œuvre en aimant ses bêtes.Nous formerons nos enfants au travail de la composition, non en les grondant, en les punissant, mais en les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 511 faisant aimer ce temps de labeur, en exaltant leur âme aux beautés que nous saurons extraire des sujets proposés; il faut donc que nous-mêmes nous aimions ce travail.Le succès ne peut nous échapper, si nous avons la passion de cette idéale besogne.Qu’ici on ne s’attende pas, aussi bien dans les petits sujets qui suivent que dans ceux qui précèdent, à un développement mathématique, à compartiments étanches dans les divers genres.Libre à chacun de les transposer à sa guise, s’il y voit son profit.Pour les travaux suivants, se fournir de quelques oiseaux, chiens, chats et autres, suffisamment grands et bien dessinés pour mériter l’attention.Ils apporteront un secours appréciable pour ce genre de description.Rien de plus aisé ensuite que d’y substituer l’être vivant.Souvent même cette description émaillera le premier travail par la promptitude des intelligences éveillées à vouloir dépeindre leurs amis.Ne pas confondre cette disposition avec la légèreté de l’inconstant qu’aucun objet ne fixe.LA LINOTTE GRISE En tunique grise nuancée de jaune, l’une, au fin bout d’une branche, la plus haute de l’arbre, l’autre, à l’angle le plus élevé d’une grange: deux linottes alternent.Deux autres, dans les arbrisseaux de la grève du lac Saint-Pierre, à la cime des saules, varient à souhait les mêmes notes joyeuses.Le refrain part viril, pur, et se redit des heures entières à la louange du soleil.Dès l’aube la linotte engourdie a ouvert sa paupière pour chanter distraitement son premier refrain du jour.D’heure en heure elle en accentue la sûreté, et à midi le timbre en est éclatant comme le soleil à son zénith.De son observatoire, parfois elle jette un coup d’œil aux environs; il faut qu’elle sente sa sécurité menacée pour qu’elle déloge; alors elle ira un peu plus loin, récapitulera son répertoire sans plus se soucier de rien; et pas plus tard que le lendemain elle reprendra le poste aimé où son chant peut sans obstacle se répandre dans la plaine; inlassable, toute la belle saison elle lance à l’étourdie, pour le plaisir de notre oreille, ses r'tournelles claires, nettes, ardentes de soprano rebelle à la fatigue.L’ABEILLE Cet insecte, de la même famille que les guêpes, est un précieux auxiliaire du cultivateur.L’abeille n’a pas seulement quatre ailes membraneuses, elle possède aussi un aiguillon ou dard qui peut causer de dangereuses blessures.Par les jours de soleil, son bourdonnement résonne comme une musique.L’abeille aime les champs, la solitude, les fleurs à profusion, qui d’ailleurs lui sont nécessaires.Retirée dans sa ruche, elle vit, l’hiver, dans nos caves ou en silos, à l’abri des intempéries qui certainement la feraient périr.A la saison chaude, elle va et vient sans cesse, butinant de fleur en fleur pour glaner une abondante récolte.La ruche, bien policée, jouit d’un excellent gouvernement.Une reine, mère et souveraine, est la tête de tout; les bourdons inutiles et paresseux sont exécutés; les ouvrières diligentes seules ont droit de vie chez cette nation laborieuse.Celles-ci se divisent en deux classes, les unes vont faire aux champs la cueillette du suc des fleurs; les autres travaillent ces matériaux, en forment des casiers de cire (alvéoles) qu’elles remplissent de miel, le doux miel que nous recueillons avec soin à la fin de la saison, et que nous aimons tant, surtout quand le médecin, ordonnant une potion amère, n’a pas omis d’ajouter: à prendre avec une cuillerée de miel.UNE RIVIÈRE PITTORESQUE Une nappe d’eau traverse la grand’route sous un pont rustique: c’est le Sault-à-la-Puce.Ici, il conte aux roches, qu’il dentelle d’une blanche crête d’écume, son indignation d’avoir été asservi par l’homme.Ne le voilà-t-il pas contraint à de vulgaires travaux, chargé de débris qui troublent son onde cristalline et lui donnent la nausée ! A trois cents verges plus haut, il dévale dans un grand bassin; là un tuyau l’engouffre pour actionner une manufacture de carton-cuir; il en sort rageur, tout blanc de colère.Comme il déteste ce servage ! Mais au fond, qu’importe, puisque à la lisière de la plaine vaseuse il va disparaître à l’instant dans le Saint-Laurent immense.Plus haut, il est charmant, alors qu’il jouit de sa liberté.Que de 512 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sauts capricieux sur les roches glissantes, moussues, toutes vertes de végétations ! Dans cette blanche écume sous un ciel tout de bleu, que de chatoyantes couleurs il miroite au soleil ! Dans ces bonds magnifiques le Sault-à-la-Puce élève alors la voix pour se faire craindre, et il ne réussit qu’à s’attirer nos regards.Parfois il bouillonne rieur au travers des galets et protège les truites contre le pêcheur, ou encore, mystérieux, il disparaît presque sous terre en des cavernes profondes qu’il s’est creusées dans le schiste.Le touriste qui le traverse frissonne en enjambant un trottoir ajouré de deux troncs de pruche branlants reliés par des rondins de bouleau.Frère Arsène-Louis, de V Instruction Chrétienne.COMPOSITION D’ÉLÈVE Le rêve de Jacques Cartier Par ce beau soir d’octobre de l’année 1533, le soleil se couche radieux à l’horizon, illuminant de ses lueurs fauves le vieux coin de France qu’est Saint-Malo.Peu à peu, le voile de la nuit enveloppe la terre, et rend de plus en plus imprécise la silhouette, debout sur les remparts crénelés.Un homme est là.Sa hautaine et fière stature se dessine vaguement.Appuyé aux bastions, dans une attitude songeuse, il ne voit rien de ce qui se passe autour de lui: les yeux fixés dans le lointain, il rêve.Cet homme c’est Jacques Cartier.Marin intrépide, patriote au cœur loyal et franc, catholique fervent, il songe à l’expédition prochaine qu’il fera dans le Nouveau Monde.Qui ne parle en ce moment du Nouveau-Monde?C’est le sujet de la conversation, du plus petit au plus grand.L’Espagne, le Portugal y ont envoyé des explorateurs, maintenant, c’est au tour de la France.François 1er a chargé Cartier de se rendre, lui aussi, sur ces plages lointaines, d’y apposer le sceau de la mère-patrie, en un mot, de faire siennes ces terres vierges.Et Cartier pense à ce voyage, ce sera l’an prochain.Oh ! il ne voit pas tout en rose.Il sait quels obstacles, quelles difficultés il aura à vaincre.Il sait que la mer est traîtresse, que la traversée sera longue et périlleuse.Tout se déroule devant ses yeux: la scène du départ, alors qu’il lui faudra quitter sa famille, ceux qui lui sont chers pour s’embarquer sur un frêle navire, et là, être balloté des mois durant sur des vagues tour à tour charmeuses ou furieuses, et aborder.Dieu sait où.Que trouvera-t-il de l’autre côté?Cartier essaie de se le représenter.Sera-ce de vastes plaines, des terres fertiles ?il en doute.Ce sera plutôt des forêts qui, dit-on, sont peuplées par des Sauvages.Quel accueil lui feront ces habitants ?Peut-être, à peine débarqué, sa tête se balancera-t-elle au sommet de quelque arbre ! Mais non ! Pourquoi ces sombres pensées ?Le but de Cartier est d’étendre le règne du Christ, de conquérir pour Dieu et pour le roi de France, ces terres et leurs habitants.Est-il possible de ne pas atteindre un si noble but?Non, si Dieu le veut, il réussira.Depuis quelque temps déjà, il organise cette expédition.Il choisit les hommes, prépare les navires et quand tout sera prêt, que l’océan se montrera favorable à ses vastes projets, il partira.La nuit est tout à fait descendue.La blonde Phébé montre sa figure réjouie et se mire dans le bleu des eaux.Cartier regarde la lune qui fait valser ses pâles reflets, il voit les étoiles qui pointent au firmament, et il songe au bonheur qu’il éprouvera, lui, amant de la mer, à passer des nuits et des nuits, bercé par ses vagues caressantes.Dix ans ont passé, dix ans qui n’ont pas obscurci le ciel clair de Saint-Malo, qui ne lui ont pas enlevé toute la poésie de ses beaux soirs d’automne.Dix années aussi ont neigé sur la tête de Cartier, et maintenant, vieilli, fatigué, il revient lentement songer sur les remparts. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 513 L’expédition projetée un soir d’octobre 1533, est réalisée.Cartier ne rêve plus d’explorations lointaines, de terres à conquérir.H songe à celles qu’il a faites, aux terres qu’il a conquises à Dieu et à son roi.Oh ! ce n’est pas sans fatigues, sans périls qu’il a traversé l’océan en courroux, pour arriver dans ces forêts immenses, peuplées d’hommes cuivrés, à demi nus, au visage rébarbatif, hostiles aux visages pâles.Mais cela n’était rien pour Cartier.Avec l’aide de Dieu, il a tout vaincu.Et, maintenant, la croix du Christ dresse ses bras victorieux sur les bords de Gaspé.Croix rustique, mais non moins puissante ! Aux Indiens qui voulaient la détruire, il a offert des cadeaux et tout est entré dans le calme.Trois expéditions de ce genre ont marqué sa noble carrière.Il s’est rendu à Stadaconé, à Hochelaga même, et sous le regard bienveillant du Mont-Royal, il a fermé un instant les yeux; il s’est représenté là une ville, une terre fertile, habitée par des Français.Verra-t-il ce rêve réalisé un jour ?Peut-être.Il songe aussi aux matelots qui sont restés là-bas, frappés par le scorbut.Un nuage assombrit un instant son front, puis bientôt son regard s’illumine: ces vaillants sont morts au service de Dieu et du roi, quoi de plus glorieux ! Cartier est heureux de son œuvre.Sa vie s’achève, mais d’autres le remplaceront, d’autres qui feront germer villages et villes sur les bords du sauvage et majestueux Saint-Laurent.D’autres qui amèneront des missionnaires pour convertir les peuplades indiennes, et qui, confiants grouperont les premiers canadiens autour d’un clocher rustique, sous l’aile protectrice d’un dévoué pasteur.Voilà le rêve de Cartier.Sous le ciel, piqué de clous d’or, la mer, de ses mouvements cadencés semble approuver les projets du grand navigateur.Des siècles ont passé depuis que l’illustre marin planta la croix de Gaspé.Mais dans notre cœur, le souvenir du découvreur du Canada reste de plus en plus vivace.Le rêve de Cartier s’est réalisé pleinement: les forêts sont devenues des villes canadiennes françaises bordant le majestueux St-Laurent.Et sur tout ce pays, dû au courage de Cartier, la croix du Christ comme autrefois à Gaspé, rayonne et étend ses bras en signe de bénédictions.La mémoire de Cartier reste gravée dans nos cœurs, nous pouvons dire avec le poète: Mais dans nos cœurs, tu peux des ans braver l’outrage, Jusqu’aux bornes du temps, sans souci du naufrage, Laisse voguer ta nef, ô grand navigateur.Marguerite Turcotte, Pensionnat de Saint-Roch, C.N.D., Québec.RÉDACTION D’APRES UNE IMAGE (Pour l’Enseignement Primaire) Monique en pénitence ! (Extrait du journal de grande sœur) Monique aura trois ans dans cinq mois et il lui manque deux pouces pour mesurer trois pieds.C’est encore un gros bébé aux jambes, aux bras et aux menottes potelés et roses.Ses cheveux, légèrement frisottés aux tempes, sont roux.Sa figure joufflue exhibe de chaque côté deux courbes convexes colorées du plus incarnat, minuscules demi-sphères qui invitent facilement à de sonores baisers; maman dit même parfois “qu’elle pourrait les croquer”.Les petites lèvres de l’enfant, délicatement projetées à l’extérieur, semblent toujours prêtes à commencer un sourire ou peut- 4 514 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE être à goûter une friandise.Les yeux plutôt verts, en tout cas plus bleus que verts, irradient tout ensemble la pureté, la franchise, l’interrogation, la supplication, le don avec la câlinerie.Quelle attirance pour tous les membres de la famille que ce frais minois, que cette gracieuse frimousse! C’est en plus un petit radio très animé et jaseur, qui vous émet, du matin au soir, avec une fraîcheur enfantine, avec un charmant brio d’improvisation et sur un thème très variable d’émotions, les dernières nouvelles et les impressions spontanées d’une jeune exploratrice toujours en voyage autour et au dedans de la maison.Des incidents viennent même nuancer cette jeune vie de petits drames soit comiques, soit tragiques, le plus souvent tragi-comique^.Quel tourbillon d’activité que ce lutin, qui, quoique grassouillet, semble avoir emprunté à un oiseau son agilité! Monique sautille plutôt qu’elle ne marche.Tiens, pas plus tard qu’hier, la bambine a passé par toute une suite d’expériences du cœur.Il faut que je note le fait dans les pages de mon journal.Monique a deux amis qu’elle aime bien, mais pas plus qu’elle-même, et plus pour elle-même que pour eux.C’est d’abord le petit frère Luc qui, à peine âgé d’un an et six mois, annonce déjà un gaillard, qui, certain de n’avoir pas à céder ses droits, prend toujours son temps.C’est ensuite Finot, jeune chien de maison, le compagnon de jeux et de courses de la fillette.Au milieu de l’après-midi, maman avait préparé une collation pour les deux enfants.Après les avoir installés près de leur petite table à dînette, ma mère s’était éloignée pour aller coudre dans une autre pièce.Monique trouva si excellente la tartine, qu’elle eut vite fait de l’introduire en lieu sûr; mais son appétit n’étant pas satisfait, elle crut pouvoir, pas des cajoleries, amener petit Luc, qui n’avait pas encore entamé le mets de résistance, à lui céder sa propre tartine “pour en donner, disait-elle, à Finot”.Ce dernier en effet considérait le goûter de ses petits amis d’un œil de convoitise.Mais comme notre homme restait impassible devant la petite bouche en cœur, devant les yeux en amandes douces de sœurette, et qu’il refusait toutes ses offres d’échanges, notre petite bonne femme jugea, par intuition, qu’il valait mieux, pour sa gourmandise, de ne pas ruser plus longtemps et de s’emparer presto du succulent morceau dont elle ne pouvait obtenir la libre capitulation.Qui fut pensé fut fait en un tour de main.Finot put jouir d’une couple de minces bouchées; mais la très grosse part du butin enlevé prit le chemin de l’estomac de Monique.Mais aussitôt, de la cuisine, et jetant l’alerte dans toute la maison, éclatèrent les hauts cris, larmoyants, rythmés, profonds et révélateurs d’une peine immense.Maman accourt; bébé, autant par la mimique de sa figure et les gestes de sa main que par ses demi-mots entrecoupés de sanglots, fait vite connaître le drame qui vient de se passer et lance de terribles accusations contre sa sœur, qui est déjà rendue dans la grande salle, mais figée et piteuse.Monique a cependant une grande qualité; elle est franche; aussi n’accusera-t-elle pas Finot, mais avouera son tort.Luc est bientôt consolé par une autre tartine.Il faut tout de même que la petite espiègle soit punie pour son égoïsme; maman la gronde, lui annonce que, demain, il n’y aura pas de tartine pour elle, et pour la faire réfléchir, l’envoie “se mettre debout dans le coin de la salle”.Voyez-vous, dans l’encoignure, cette petite pénitente, face au mur, en sa légère et courte robe de mousseline blanche fermée au cou et au-dessus des coudes par d’étroits rubans bleus.Les bas blancs sont rabattus sur les souliers bleus; les petits jarrets nus, bien droits et collés ensemble observant parfaitement la consigne du piquet.Élevées, les petites mains dodues s’appuient sur le mur; lourd de repentir, le front se penche vers la menotte gauche où vient se frotter un œil humide de larmes qui sécheront bientôt.En effet, Finot, avec un air d’abord un peu penaud de complicité, s’est approché lentement de la coupable.Il s’est assis sur son train de derrière, tout près de la fillette, dont, de son poil court et encore duveteux, il frôle les jambes.La présence sympathique de cet ami réconforte déjà Monique.N’ajoute-t-il pas du charme au tableau, ce bout de chien, d’une fauve clair avec des taches blanches à l’extrémité de la queue, des pattes, de son nez effilé, comme devant sa poitrine en guise L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 515 ' Vf' , .¦ ¦ ïMëms :îfp ’.¦S'- ^ '/ ^ ' üttS ^ s Copyright, Gutmann & Gutmann' In disgrace $>Mw MONIQUE EN PENITENCE Cette image est la reproduction d’une gravure coloriée (lO1/^" x 14") d’un très beau fini, propriété de Gutmann & Gutmann.On peut se la procurer à la Compagnie Wisintainer & Fils, inc., Montréal, au prix de $2.25 l’unité, franc de port. 516 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de plastron.Maintenant rassuré, Finot, une oreille levée, l’autre rabattue, jette un regard irrésistible de supplication vers la maîtresse du logis.Comment se défendre d’un pareil appel à la clémence ?D’ailleurs vaut mieux lever immédiatement la sentence pour qu’elle garde son caractère de sérieux; car, à se sentir ainsi chatouiller les jambes par le frôlement de Finot, on le sent bien, Monique ne pourra bientôt plus se retenir et sa peine va se changer en un éclatant “fou rire”.Est-ce bien sûr que maman elle-même, témoin de la scène, pourra garder encore son air mécontent ?Aussi sur la promesse de Monique “qu’elle ne le fera plus”, on permet au léger papillon de reprendre son essor.Roch Aubry, Professeur, École normale Saint-Joseph, Hull, P.Q.LEÇON DE CHOSES L’air Nous vivons et nous mourons de l’air du temps A.Nous vivons de l’air du temps: Air pur.1.L'air est un aliment.—L’air ne paraît pas très nourrissant.Cependant on peut dire que nous vivons de l’air du temps, parce que c’est l’air qui entretient la vie, c’est l’air qui permet l’utilisation dans notre organisme des autres aliments.La preuve, c’est que lorsque nous ne respirons plus, lorsque nous n’avalons plus d’air, nous ne vivons plus.En tête de la liste des aliments, il convient de mettre l’air.Une bonne ménagère devrait toujours inscrire air pur en tête de ses menus, et en servir aux siens à tous les repas.Il lui suffirait de renouveler l’air de l’appartement toutes les fois que l’on se met à table; surtout avant le premier déjeuner du matin— parce que l’air respiré toute la nuit est certainement usé, nuisible et qu’un peu d’air frais sera aussi salutaire que le bol de lait ou la soupe du déjeuner.2.L'air de la campagne est meilleur que celui de la ville.—Une preuve encore, que nous vivons de l’air du temps, c’est que les paysans vivent en général plus longtemps et en meilleure santé que les citadins.Ce parfait état de santé est produit en partie par la nourriture saine, non frelatée, frugale, que les champs leur fournissent; mais une partie de cette bonne santé doit être attribuée à l’air.Une autre preuve, c’est l’amélioration qui se produit dans la santé des malades envoyés à la campagne, alors que le mode de nourriture ne change pas.Et les belles joues rouges de tous les écoliers à la fin des vacances passées à la campagne, ne prouvent-elles pas aussi que l’air pur est une excellente nourriture ?IL Nous MOURONS DE l’AIR DU TEMPS 1 MICROBES.Mais si l’air pur est salutaire, l’air impur, contaminé, est nuisible.La poussière contient des microbes.Avec l’acide carbonique, un danger réel pour la respiration consiste dans la présence de poussières vivantes ou microbes qui sont la cause de maladies contagieuses, telles que la dipthérie, la scarlatine et surtout la phtisie ou tuber- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 517 culose.Ces germes malsains sont plus nombreux dans les endroits mal aérés et malpropres; c’est pourquoi on doit balayer au moins une fois par jour les pièces où l’on se tient habituellement.2.On doit balayer et essuyer chaque jour.—En balayant, il faut éviter de faire voler la poussière; c’est pour cela qu’on emploie de la sciure de bois, mouillée ou qu’on entoure le balai d’un chiffon de laine ou d’une serpillière mouillée.Dans ces cas, la sciure est jetée loin de l’habitation, le torchon de laine secoué assez loin pour que la poussière qu’il contient ne revienne pas dans la chambre, la serpillière est lavée à grande eau.Enlever la poussière avec un chiffon, dans lequel on la ramasse, est un procédé préférable à l’emploi du plumeau, qui la déplace seulement en créant un véritable danger pour la personne qui balaie et respire ces poussières.Le balayage et l’essuyage doivent toujours se faire les fenêtres ouvertes, au moins dans la belle saison.3.On doit faire de temps en temps de grands nettoyages.—Puisque les microbes se mêlent aux poussières de l’air, partout où il y aura de la poussière, il risquera d’y avoir des microbes.Or, la poussière se dépose au plafond, sur les murs, dans les placards même.Il est donc nécessaire d’enlever la poussière partout où elle se trouve, c’est-à-dire de faire de grands nettoyages de temps à autre.Tous les mois, il faut essuyer les plafonds, les murs, meubles, laver les rideaux, secouer les tapis.Toutes les années, à la fin de l’hiver, il faut passer dans toute la maison, sans laisser ni un coin, ni un rayon.Ces grands nettoyages, pour être hygiéniques, doivent être faits avec précaution; en évitant de faire voler la poussière, en substituant le torchon au plumeau, le torchon mouillé au torchon sec, toutes les fois que cela est possible; en commençant d’essuyer les parties les plus élevées, afin que la poussière ne retombe pas sur un endroit déjà nettoyé; en nettoyant les placards avant les chambres; le plafond avant les murs, les murs avant le plancher.Les coins sont essuyés avant le milieu de la chambre, et le dessus des meubles avant le dessous.Enfin la ménagère s’ingénie à sortir la poussière de l’appartement en la respirant le moins possible.4.On doit faciliter les nettoyages en évitant Vaccumulation des meubles, des tapis, des tentures.—Pour être bien faits, les nettoyages sont longs et pénibles.On les facilite en évitant l’encombrement.L’hygiène proscrit les meubles surchargés de bibelots, difficiles à essuyer, les tapis, les tentures, les rideaux aux lits.Elle conseille de remplacer les tapisseries des murs par de la peinture à l’huile, les rideaux de lainage ou de soierie par des mousselines, de la toile lavable, les fauteuils rembourrés par les fauteuils d’osier, les sommiers capitonnés de crin et recouverts de toile, par les sommiers métalliques, plus faciles à être tenus propres.En un mot, l’hygiène conseille la propreté parfaite.Or, un des moyens de l’obtenir, c’est de ne pas encombrer la maison et de choisir de préférence des meubles faciles à approprier.Les alentours des maisons d’habitation doivent être propres.—Les microbes peuvent encore provenir des matières en putréfaction.Ainsi, même à la campagne, l’air est encore trop souvent vicié par les tas de fumier, les fosses d’aisance, les écuries mal tenues.On devrait toujours éloigner des habitations ces exhalaisons malsaines qui contaminent l’air dans le voisinage immédiat de l’habitation du paysan.Cependant, dira-t-on, celui-ci se porte mieux que le 518 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE citadin qui n’a pas de fumier à sa porte.C’est que le paysan reste peu dans sa maison, dans son écurie; il est toujours au milieu des champs où l’air se conserve pur; mais si le paysan malade est obligé de garder la chambre, on a remarqué qu’il s’anémie très vite.5.Les ordures ménagères ne doivent pas séjourner dans les appartements.— En ville, il faut également éloigner des habitations les balayures, débris de toutes sortes, dont la putréfaction répand une mauvaise odeur et peut être la source de maladies contagieuses.Ces balayures elles-mêmes doivent être reléguées loin de toute habitation.Si on pouvait les enterrer ou les brûler, ce serait mieux encore.Résumé.—-I.L’air entretient la vie et permet l’utilisation dans l’organisme des autres aliments.L’air de la campagne est meilleur que celui de la ville : la preuve c’est qu’on se porte mieux à la campagne.II.Si l’air fait vivre, il fait aussi mourir par les microbes des maladies contagieuses.Pour éviter ces microbes, il faut tenir les habitations très propres; balayer et essuyer en évitant de faire voler la poussière.L’hygiène proscrit les meubles et les arrangements difficiles à nettoyer.Les tas de fumier et d’immondices doivent être éloignés des maisons d’habitation, les écuries doivent être nettoyées avec soin.Questionnaire.—I.Que fait une bonne ménagère avant de faire déjeuner sa famille, le matin?—L’air de la campagne est meilleur que celui de la ville; prouvez-le par des faits d’expérience pratique.II.Que savez-vous des microbes ?où vivent-ils de préférence ?Quelle conséquence en tirez-vous pour la tenue d’une maison ?Pourquoi faut-il employer de la sciure de bois mouillée ou une serpillière humide quand on a balayé ?Pourquoi vaut-il mieux essuyer qu’épousseter ?Quel est le danger des tas de fumier ou d’immondices aux portes des maisons d’habitation ?Devoirs.—-1.Vous imaginerez une maison d’habitation arrangée à votre goût et suivant les principes hygiéniques de la respiration.2.Vous avez aidé votre maman à faire un grand nettoyage.Vous racontez ce travail, en détail.E.Robert, c.s.v.ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS Séries graduées des formes verbales usuelles de la langue anglaise 6ème série FORME PASSIVE 79.Does the cat see the mouse ?Is the mouse seen by the cat.—Yes, the cat sees it.-—Yes, it is seen by the cat.80.The child gave the old man a chair.The old man teas given a chair by the child.A chair was given him by the child. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 519 Baby looks for his mother.Themother is looked for by baby.They are laughing at me.I am being laughed at.Somebody speaks to you.Y ou are spoken to.Some one told me to come./ was told to come.They rang the bells.The bells were rung.They wait for us.We are waited for.On vous parle.Id.On m’a dit de venir.Id.On sonna les cloches.Id.On nous attend.Id.They think that we are strangers.We are thought to be strangers.People suppose N.is gone to England.N.is supposed to have gone to England.They believed that he was ruined.He ivas believed to be ruined.On nous prend pour des étrangers.Id.On suppose que N.est parti en Angleterre.Id.On croyait qu’il était ruiné.Id.They gave me a watch on my birthday.I was given a watch on my birthday.A watch was given me on my birthday.They say that the Italian forces.It is said that the Italian forces.The Italian forces are said to.On m’a donné une montre pour ma fête.Id.Id.On dit que les armées italiennes.Id.Id.Y ou are mistaken.This word is spelt thus.This book is sold for one dollar.That is done every day.Vous vous trompez.Ce mot s’épelle ainsi.Ce livre se vend un dollar.Cela se fait tous les jours.VERBES PRONOMINAUX 86.Verbes pronominaux.He killed himself.Help yourself.I have hurt myself.I gave myself two weeks holidays.87.Verbes neutres.The stick broke.He repents.This coffee sells well.The door shut with a bang.By heat, water changes into vapor.88.Verbes actifs.He uses good tools.Imagine my fright.He wiped his eyes.Ils’est tué.Servez-vous.Je me suis blessé.Je me suis donné un congé.Le bâton s’est cassé.Il se repent.Ce café se vend bien.La porte se ferma avec fracas.L’eau se change en vapeur.Il se sert de bons outils.Figurez-vous ma frayeur.Il s’essuya les yeux. 520 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 89.Forme passive.That is done every day.This house is building (being built).This word is written with a capital letter.Cela se fait tous les jours.Cette maison se construit.Ce mot s’écrit avec une majuscule.90.Forme progressive.The sky is getting cloudy.It is clearing up.Tom is dying.Le ciel se couvre.Il s’éclaircit.Thomas se meurt.91.Verbe suivi d’un adjectif.This man gets angry very often.He who pays his debts grows rich.Rubber becomes hard with time.Cet homme se fâche très souvent.Celui qui paye ses dettes s’enrichit.Le caoutchouc s’endurcit avecle temps.92.Verbes réciproques.These two boys love each other tenderly.Ces deux enfants s’aiment bien.They are speaking to each other.Ils se parlent.They cannot look at each other without laughing.Ils ne peuvent pas se regarder sans rire.Let us love one another.Aimons-nous (les uns les autres).The players were talking to one another vithLes joueurs se parlaient avec animation, excitement.Friends share each other’s joys (or one another’sLes amis mettent en commun leurs joies, joys).93.Verbes neutres ou pronominaux.Do you shave (yourself) every morning ?I dress (myself) at six o’c.He washes (himself) before meals.Vous rasez-vous tous les jours ?Je m’habille à six heures.Il se lave avant les repas.94.Idiomatique.I overwork myself.He studied himself blind.Do not work yourself to death.He smoked himself into an early grave.J’ai trop travaillé.Il s’est rendu aveugle à force d’étudier.Ne vous faites pas mourir à force de travail.Il a tant fumé qu’il est mort prématurément.95.Emploi du pronom réfléchi.He is proud of himself.Mr.Barns himself came to me.Il est fier de lui.M.Barns lui-même est venu me voir.96.Comparez : They killed themselves.They killed each other, in a duel.They were killed; they were drowned.Ils se sont tués, suicidés.Ils se sont tués en duel.Ils se sont tués; ils se sont noyés.Frère Régis-Stanislas, F.É.C. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 521 DOCUMENTS SCOLAIRES CERCLE PÉDAGOGIQUE ADËLARD-DESROSIERS CAUSERIE DE M.J.-M.MANNING Vendredi, le 14 février dernier, devant le Cercle Adélard-Desrosiers, dont le siège est à l’École normale Jacques-Cartier, Montréal, M.J.-M.Manning, directeur général des Études à la Commission scolaire catholique de la métropole, a donné une intéressante causerie sur la vaste organisation scolaire de la ville de Montréal.Après un bref historique du système pédagogique de la grande cité, M.Manning énuméra les nombreux comités et services nécessaires au bon fonctionnement de ce système, puis il parla du personnel enseignant.“Le personnel enseignant, souligna M.Manning, est la cheville ouvrière de cette formidable organisation.Nous avons en effet 222 écoles que fréquentent 120,000 enfants dont 103,000 de langue française et 10,000 de langue anglaise.7,000 élèves de 22 nationalités différentes complètent le chiffre.3,800 instituteurs et principaux ont la tâche écrasante d’éduquer et d’instruire ces 120,000 écoliers.Us s’en acquittent avec une bonne volonté, un esprit d’initiative et un succès dont je n’ai qu’à les féliciter”.M.Manning dit ensuite un mot du rôle si important du directeur d’école, rappelle ses responsabilités, lui suggère d’user de fermeté, de souplesse et de tact, de se montrer inflexible sur la discipline, et il ajoute que l’on ne doit jamais oublier que l’école est faite non pour le principal ou les instituteurs mais pour l’enfant.Les programmes d’études, lourdement chargés, auraient aussi besoin d’être aérés.Il est probable que dans un avenir rapproché l’on se préoccupera un peu plus de cette question dont personne ne se désintéresse.‘‘L’Instituteur, termina M.Manning, doit se persuader que la leçon des exemples vaut mieux que celle des préceptes.Payons de notre personne si nous voulons qu’on nous suive.Beaucoup d’hommes n’ont pas le courage d’aller jusqu’au bout de leur devoir.Ne soyez pas de ceux-là.L’exemple est plus fort que les meilleurs raisonnements.Il entraîne les hésitants en leur faisant aimer ceux qui osent agir.Un éducateur se doit d’être un modèle en tout, s’il veut réussir.Il lui vaudra toujours mieux de bien agir que de bien parler”.M.David Proulx, président du Cercle Adélard-Desrosiers, avait présenté le conférencier.Il demanda à M.Victor Doré, président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal, de le remercier.M.Doré s’exécuta avec sa bonne grâce habituelle, rappela de vieux souvenirs, dit que tous ses efforts tendaient vers le bien de l’enfance et que l’institution dont il est la tête préférait le silence actif à la publicité tapageuse.“Il n’est pas mal toutefois, termina-t-il, que l’on sache le travail de la Commission scolaire.Cela lui évitera peut-être les reproches injustifiés que certains ont la manie de lui décocher de temps à autre”.LES 25 ANS D’INSPECTORAT DE M.C.-J.MILLER AU CERCLE DES INSTITUTEURS DE QUÉBEC Le 23 février dernier, le Cercle des instituteurs de Québec a tenu, lors de sa réunion mensuelle à l’École normale Laval, à souligner les 25 ans d’inspectorat de M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires.M.Joseph Asselin, au nom du Cercle, présenta les hommages des instituteurs de Québec au distingué jubilaire. 522 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.Miller répondit à cette allocution en donnant de précieux conseils aux instituteurs et leur dit aussi combien il avait été heureux, depuis sa nomination à Québec, de constater le zèle et le dévouement des instituteurs de cette ville.Après avoir remercié les instituteurs pour leur bienveillante délicatesse à son endroit, M.Miller ajouta: “Ayez toujours à cœur cette probité professionnelle qui seule vous conduira au succès et vous grandira aux yeux du public.Aimez l’étude, meublez votre esprit, afin défaire bénéficier vos élèves de votre travail intellectuel”.HOMMAGE DES INSPECTEURS CATHOLIQUES DE MONTRÉAL Le 22 février les inspecteurs d’écoles catholiques de Montréal n’ont pas voulu laisser passer inaperçu le 25e anniversaire de la nomination de leur chef immédiat, M.C.-J.Miller.La réunion eut lieu au Cercle universitaire.Étaient présents: M.A.-B.Charbonneau, le héros de la fête, M.C.-J.Miller, MM.J.-R.Désormeaux, A.-E.Wescot, L.-A.Shaffer, J.-M.Caron, J.-R.Côté.M.l’inspecteur Charbonneau se fit l’interprète de ses collègues pour exprimer à M.Miller leurs hommages, leurs souhaits et l’assurance de leur entier dévouement.M.Miller remercia ses collègues en termes émus et délicats.HOMMAGE DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE, SECTION SAINT-CŒUR-DE-MARIE DE QUÉBEC M.Miller est paroissien de Saint-Cœur-de-Marie, Québec.La section Saint-Jean-Baptiste de cette paroisse a voulu, à son tour, le 19 février, célébrer le Jubilé d’argent, comme inspecteur d’écoles, de M.C.-J.Miller.Ce dernier est le président de cette section de notre société nationale.Au cours d’un joli concert qui eut lieu au Palais Montcalm, le R.P.Quélo, curé de Saint-Cœur-de-Marie, et le président adjoint de la section St-Jean-Baptiste, M.J.-Thomas Perron, félicitèrent le jubilaire et lui exprimèrent leurs meilleurs vœux pour lui et Madame Miller et leur famille.M.Miller fut nommé inspecteur d’écoles le 27 février 1911, poste qu’il occupa avec succès jusqu’à sa nomination comme Inspecteur général des écoles primaires, partageant avec M.C.-J.Magnan la lourde tâche que ce dernier remplissait depuis 1911: Inspecteur général des écoles primaires et des écoles normales.M.Miller est un ancien élève de l’École normale Jacques-Cartier, Montréal.Il est membre du Bureau central des examinateurs catholiques et président du Bureau provincial du Certificat d’Études primaires; membre aussi du Bureau préposé aux examens des aspirants inspecteurs d’écoles.DOCUMENTS.OFFICIELS COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Session annuelle tenue à Québec les 14 et 15 novembre 1935 (suite et fin) (1) La Commission autorise le département de l’Instruction publique à payer la pension de tous les pensionnaires âgés de plus de 56 ans qui ont renouvelé ou renouvelleront leur demande et qui ont établi ou établiront qu’ils y ont droit, et ce, pour le semestre finissant et le prochain semestre.Elle autorise aussi pour la même période le paiement de la pension des pensionnaires âgés de moins de 56 ans qui ont, en outre, produit un certificat de médecin.(1) Voir Y Enseignement Primaire de mars 1936. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 523 La Commission, après avoir pris connaissance des certificats de médecin produits par les pensionnaires qui avaient été avisés que la pension leur serait retirée après le délai d’un an, a jugé assez probants les certificats de ceux dont les noms suivent: Nom Age Paradis, Léopoldine.51 Desrosiers, Alexandrine.50 Gamache, Marie-Laura.49 Gagnon, Marie-Louise.48 Martel, Marie-Sylvia.47 Julien, Albertine.47 Roux, M.-Eugénie.45 Savignac, Blanche-Udéa.44 Lambert, Albertine.43 J La^Commission ordonne que la pension de Mlle Alice Dupont, âgée de 46 ans, soit refusée à compter du 1er juillet 1936.La Commission, après avoir pris connaissance des certificats de médecin produits par les pensionnaires qui avaient été avisés que la pension leur serait retirée à compter du 1er juillet 1935, a jugé assez probants les certificats produits par les pensionnaires dont les noms suivent et la pension doit leur être payée: Nom Age Pélissier, Amanda.55 Therrien, Rose-Ernestine.’.54 .Gagné, Georgianna (Mme Hector Bernier).52 Bertrand, Victoria (Mme Joseph Théberge).50 Leclerc, Marie-Anna.49 Davidson, Amy-Beatrice.49 Côté, Laura.45 La Commission ne croit pas devoir revenir sur la décision prise l’an dernier concernant la pension des personnes dont les noms suivent et ordonne que le paiement de leur pension soit discontinué à compter du 1er juillet 1935.Nom Age Dubois, J.-Eulalie.49 Gaucher, Donalda (Mme Adolphe Lagassé).48 Tremblay, Marie-Cécile.47 Gagnon, Zoé (Mme F.Lagacé).46 Girard, Marie-Yvonne.45 Houle, Marguerite.45 Gagné, Marie-Jeanne.43 La Commission, après avoir pris connaissance des certificats de médecin produits par les pensionnaires qui avaient été avisés que la pension leur serait retirée à compter du 1er juillet 1934, a jugé assez probants les certificats produits par les pensionnaires dont les noms suivent et la pension doit leur être payée: Nom Age Beauvais, Elizabeth.55 Choquette, Régina.55 Lacharité, Marie-Anne.54 Nadeau, Adrienne.53 Béliveau, Marie-Anna.51 Boudreau, Alma.49 524 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Provencal, Marie-Louise.49 Bérubé, Marie-Jeanne.46 La Commission ne croit pas devoir revenir sur la décision prise l’an dernier concernant la pension des personnes dont les noms suivent à qui la pension avait été refusée définitivement.Nom Age Laporte, Clara (Mme C.Laferrière).52 Carreau, Blanche.46 Les pensionnaires suivants devront produire des certificats médicaux de spécialistes: Nom Age Bellefleur, Augustine (Mme H.Labelle).50 Joncas, Marie.48 Ducharme, Alma (Mme I.Dubeau).48 Poirier, Imelda.48 Landry, Marie-V.(Mme T.Lavoie).47 Fitzgerald, Mary-Ann.43 La Commission administrative accorde la pension pour une année à compter du 1er juillet 1935 aux pensionnaires dont les noms suivent: Nom Age Sambault, Marie-Anne.50 Gagnon, Marie-Louise.48 Martel, Emma.48 * Montminy, Marie-Angélina.48 Julien.Albertine.47 Roux, M.-Eugénie.45 Lambert, Albertine.43 Julien, Alexina.43 Dufour, Eva.40 La Commission, après avoir examiné les demandes des fonctionnaires qui ont abandonné l’enseignement pour cause de vieillesse ou de santé, leurs états de service et les certificats produits^, accorde les pensions suivantes.NOUVELLES PENSIONS ACCORDÉES.Fonctionnaires âgés de 56 ans et plus.Nom Age Pension annuelle Coursolle, Corinne (Mme J.Vallière).75 $ 150.00 Paulhus, Joseph-Cyprien.66 797.00 Dormer, William-Georges.64 1,059.80 Trempe, Zénon.64 339.96’ Morin, Alphonse-L.-Donat.62 1,101.80 Beausoleil, Délia (Mme Siméon Rondeau).62 150.00 O’Keefe, Daniel.62 1,200.00 Guérin, Zotique.61 838.10 Spinney, Frederick-H.61 1,200.00 Wallace, Mabel-Louise.61 1,159.20 Campbell, Margaret-H.60 1,039.18 Christie, Theodora-E.60 890.40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 525 Séguin, Marie-Corinne.60 279.62 Davis, Cora-A.58 485.10 Blackwood, Jessie.58 607.60 Copland, Isabel-M.58 1,033.20 Robert, Jeanne.58 377.72 Elmes, Bertha-Estella.58 676.80 Robertson, Beatrice-Elizabeth.57 835.44 LeBel Rose-Delima.56 665.84 Rompre, Alice (Mme L.-A.Lacroix).56 160.36 Lafontaine, Rose-E.(Mme J.-E.St-Georges.56 150.00 Total.15,197.12 Fonctionnaires âgés de moins de 56 ans.Nom Age Pension annuelle Farmer, Honoré.54 $ 778.96 Martineau, Marie-AIice-A.49 183.20 Renaud, Marie-Alma.49 162.74 Egan, Enid.47 804.32 Cellard, Eugénie.45 150.00 Total.$ 2,079.22 Reporté.$15,197.12 Grand total.$17,276.34 Nombre de pensionnaires.27 Moyenne de leur âge.58 Moyenne de leur pension.$ 636.16 Les fonctionnaires suivants ne commenceront à toucher leur pension qu à l’âge de 56 ans: Nom • Age Pension annuelle Prouty, Annie-E.(Mme W.T.Godden).52 $ 465.74 Cliche, Marie-Évangéline.51 150.00 Blanchet, Eva.51 172.20 Honey, Evelyn-Maude.51 572.94 Grenier, M.-Eudoxie (Mme Arthur Lalonde).51 191.62 Sont refusées les demandes de Monsieur J.-A.Richard, de Mme B.F.Olney, née Edith Crack, Mesdemoiselles Augustine Drouin, Rosa Dionne et Marie-Doréa Lamothe.DEMANDES DE REMBOURSEMENT DE RETENUES ACCORDÉES.Nom Age Retenues Lecomte, Emélie.61 $ 46.75 DeSerres, Marie-Anne.61 56.14 Miller, Eliza-T.(Mme W.J.Stewart).56 218.24 Bice, Myrtle-L.(Mme Ervine Burns).46 278.58 Bouvier, Dolorès.45 83.03 Faquin, Noémi (Mme Jos.-L.Plante).44 128.38 Dionne, Joséphine.38 113.85 Total.$ 924.87 526 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La Commission exige des renseignements additionnels des personnes dont les noms suivent: Mesdemoiselles Maria-Marguerite Coutu, Angel ne Simoneau, Hermine-Antonia Huneault et Bernadette Dumontier.Celles des fonctionnaires suivants sont rejetées: Mesdemoiselles Marie-Arzélia Forcier, Marie-Alice Michaud, Katie-Annie Taylor, Alice Lyons, Marie-Juliette LeBel, Marie Blanche LeBel, Léona Paul, Mme Léopold Boisjoly, née Anna Mayer, Mme Eugène Thibault, née Marie-E.Bolduc, Mme Charles Dubé, née Marie-Rose Labrie, Mme J.-C.Bilodeau, née Antonia Marquis, Mme C.Deschesnes, née Marie-Adèle Dubé et Mme A.Beaudry, née Marie-A.Rivest.CAS PARTICULIERS Dossier 2997-P.—Mlle Marie-Louise Langlois soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée en 1934.Demande de nouveau rejetée.Dossier SSÎJf-P-—-Mlle Marie-Louise Beaudet soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée l’an dernier.Demande de nouveau rejetée.Dossier 3439-P.—Mlle Marie-Joséphine Joly soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée l’an dernier.Ce certificat étant jugé assez probant, sa pension lui est accordée.Dossier 3527-P.—Mlle Marie-Louise Belzile soumet un certificat d’un spécialiste à l’appui de sa demande de pension qui avait été refusée en 1933.Ce certificat étant jugé assez probant, sa pension lui est accordée.Dossier 2730-P.—Mlle Alice-R.Duquette soumet un certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été refusée en 1934.Ce certificat étant jugé assez probant, sa pension lui est accordée.Dossier 2363-P.—Mlle Eugénie Gagnon soumet un certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été refusée en 1934.Ce certificat étant jugé assez probant, la pension lui est accordée.Dossier 1752-P.—Mme Adélard Verville, née Myrsa Coutu déjà pensionnaire, soumet un certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée en 1933 et l’an dernier.Ce certificat étant jugé assez probant, la pension lui est accordée.Dossier 3043-P.—Mlle *Marie-Eva Fournier, déjà pensionnaire, soumet un certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée en 1933 et l’an dernier.Ce certificat étant jugé assez probant, la pension lui est accordée.Dossier 1830-P.—Mlle Albertine Gonthier soumet un certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension rejetée l’an dernier.Demande de pension accordée.Dossier 3460-P.—Mme J.-A.Caron, née Bernadette LeBlanc, soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de remboursement.Demande accordée.Dossier 1776-P.—Mme Amédée Fortin, née Marie-Alice Dubé, soumet deux certificats médicaux à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée l’an dernier.Demande de nouveau rejetée.Dossier 2429-P.—Agnes-E.Oliver, déjà pensionnaire, soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de pension qui avait été rejetée en 1933 et l’an dernier.Demande de nouveau rejetée.Dossier 3494-P.—Mlle Berthe Dupuis soumet un nouveau certificat de médecin à l’appui de sa demande de remboursement refusée l’an dernier.Demande de nouveau rejetée.Dossier 1271-P.—Mme Joseph Desmarais, née Eva Therrien, fait une demande de pension, mais n’a pas enseigné depuis 1919.Demande refusée.Dossier 3710-P.—Monsieur F.-J.Abney Bacon est décédé après avoir donné sa démission comme instituteur.Il avait payé le montant nécessaire pour assurer une demi-pension à son épouse.La pension est accordée.Dossier 1289-G.—Mlle Maud S.Loynachan soumet un certificat médical à l’appui de sa demande de remboursement.Demande accordée. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 527 Dossier 8350-G.—Mme L.-P.Poisson, née Blanche Cayer, fait une demande de remboursement des retenues versées au fonds de pension.Cette personne avait enseigné dix ans.Les membres de la Commission étant tenus de se conformer aux nouvelles dispositions de la loi du Fonds de pension qui spécifient que le remboursement des retenues ne peut être accordé qu’après 15 années de service, cette demande est rejetée.Dossier 3599-P.—Mlle Alma Lebel à qui la pension a été accordée l’an dernier à compter du 1er juillet, demande de retirer sa pension à compter de la date où elle a quitté l’enseignement, soit à compter de février.Demande accordée.Dossier 8695-P.—Mlle Eva Landreville désire payer la retenue pour l’année 1934-35 pendant laquelle elle a enseigné à l’école Ménagère-Agricole de Saint-Pie-de-Guire.Les membres de la Commission administrative, après avoir pris connaissance du dossier de Mlle Landreville, considèrent cette école comme une école indépendante subventionnée et acceptent le paiement de la retenue de Mlle Landreville.Dossier 2167-P.—Mlle Marie-Anna Désilets fait une demande de pension, mais n’a que vingt ans d’enseignement à son crédit.La Commission étant tenue de se conformer aux nouvelles dispositions de la loi du fonds de pension qui spécifient que tout fonctionnaire qui veut obtenir une pension, doit avoir enseigné et payé la retenue pendant 25 années se voit obligée de refuser cette demande, mais accorde le remboursement des retenues versées au fonds de pension.Dossier 3539-P.—La Commission administrative étudie de nouveau le dossier de Monsieur René Guenette, directeur de la revue pédagogique “L’École Canadienne” et qui fait de l’enseignement en même temps qu’il occupe cette charge.Monsieur Guénette doit être considéré comme étant un fonctionnaire de l’enseignement primaire et doit payer la retenue au fonds de pension.La Commission administrative à l’unanimité adopte la résolution suivante: Qu’une somme de deux cents dollars soit mise à la disposition du secrétaire de la Commission pour les dépenses contingentes du fonds de pension faites pendant l’année 1934-35.La Commission prie Monsieur C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, d’insister auprès des inspecteurs d’écoles pour que l’amendement à la loi scolaire adopté par la Législature en 1933, faisant un devoir aux commissaires d’écoles d’exiger un certificat médical satisfaisant de toute personne laïque qui veut se livrer à l’enseignement, soit observé rigoureusement.Dossier 5808-G.—Monsieur Georges Kowbel qui a enseigné plus de vingt ans dans la Province et a payé la retenue au fonds de pension ne possède pas de diplôme reconnu par le Département de l’Instruction publique demande le remboursement des retenues versées au fonds de pension.Demande accordée.Les Commissaires recommandent qu’une augmentation de salaire de cent dollars soit accordée au secrétaire et une même augmentation soit accordée à l’assistant-secrétaire, à compter du 1er juillet 1935.Le Président ayant fait part aux membres de la Commission que des délégués de l’Association des institutrices catholiques de la Province de Québec incorporée désiraient les rencontrer, les Commissaires se rendent à ce désir.Après avoir pris connaissance de la résolution adoptée par cette association, à son assemblée du 2 juillet 1935 et après avoir entendu les délégués, les Commissaires furent unanimes à déclarer que la question devrait être d’abord soumise à l’Exécutif de cette province et que si les membres de cet exécutif jugeaient à propos de les consulter, ils n’auraient aucune objection à discuter avea elle la question soumise.Et la session est close.Cyrille-F.Delâge, Président.François-Paul Noël, Secrétaire. 528 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ARRÊTÉS EN CONSEIL CONCERNANT UNE ÉCOLE NORMALE POUR JEUNES FILLES, DANS LA VILLE DE SAINT-JEAN L’honorable Secrétaire de la province, dans un mémoire en date du 26 février (1936), expose: Que par lettre en date du 25 février 1936, le Surintendant de l’Instruction publique recommande de faire sanctionner la résolution suivante, adoptée par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique le 12 de ce mois: “Que le Comité Catholique approuve le projet d’une école normale pour jeunes filles, dans la ville de Saint-Jean, et que cette école soit confiée à la Congrégation de Notre-Dame; que la création de ladite école soit recommandée à l’honorable Secrétaire de la province”.En conséquence, l’honorable Secrétaire propose que la recommandation du Surintendant soit approuvée.(Signé) A.Morisset, Greffier du Conseil Exécutif.concernant certaines nominations au conseil de l’instruction publique L’Honorable Secrétaire de la province, dans un mémoire en date du 26 février 1936, expose: Que par lettre en date du 25 février 1936, le Surintendant de l’Instruction publique recommande de faire approuver la résolution suivante adoptée par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique le 12 de ce mois: “Que la nomination de M.l’abbé Eddie Hamelin, comme principal de l’École normale de Sainte-Ursule, soit recommandée à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur en Conseil, avec salaire à partir du mois de septembre dernier, et celle de M.Arcadius Theriault, comme professeur à ladite école, avec salaire à partir du mois de novembre dernier”.En conséquence, l’honorable Secrétaire propose que la recommandation du Surintendant soit approuvée.(Signé) A.Morisset, Greffier du Conseil Exécutif.CONCERNANT LA NOMINATION DE DEUX PROFESSEURS AU SCOLASTICAT-ÉCOLE NORMALE DES FRÈRES MARISTES D’IBERVILLE.L’Honorable Secrétaire de la province, dans un mémoire en date du 26 février 1936, expose: Que, par lettre en date du 25 février 1936, le Surintendant de l’Instruction publique recommande de faire sanctionner la résolution suivante, adoptée par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique lors de sa session tenue le 12 de ce mois: “Que les Révérends Frères Lorenzo et Rolland soient recommandés à l’Honora-ble Secrétaire de la province comme professeurs au Scolasticat-École normale des Frères Maristes d’Iberville.En conséquence, l’honorable Secrétaire propose que la recommandation du Surintendant soit approuvée.A.Morisset, Greffier du Conseil Exécutif. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 529 EXAMENS DES ASPIRANTS INSPECTEURS D’ECOLES Les aspirants au diplôme d’inspecteur d’écoles, qui désirent se présenter aux examens du mois d’août 1936, trouveront dans VEnseignement Primaire de décembre 1934, page 242, le programme d’Histoire de la pédagogie et de l’Instruction publique dans la Province de Québec.EXERCICES SCOLAIRES INSTRUCTION RELIGIEUSE Amour envers les parents Le premier devoir auquel vous êtes tenus à l’égard de votre père et de votre mère, c’est de les aimer.La religion vous le commande.Si elle veut que vous aimiez tout le monde, à plus forte raison veut-elle que vous aimiez vos parents.La nature vous le commande, et les païens eux-mêmes avaient parfaitement compris ce devoir.L’amour filial, dit Cicéron, est le fondement de toutes les vertus.Voyez Énée qui emporte son père sur ses épaules; le fils de Crésus qui, par un effort suprême pour sauver son père, voit sa langue se délier.Les animaux obéissent à cette loi de la nature par leur attachement envers la mère qui les allaite.Un enfant qui n’aimerait pas ses parents serait regardé comme un monstre.La reconnaissance vous le commande.Vous devez à vos parents amour pour amour.Que de preuves ils vous donnent chaque jour d’une affection ardente et désintéressée ! Ne peut-on pas dire, hélas ! que souvent même ils vous aiment trop, puisque cet amour les aveugle au point qu’ils ferment les yeux sur vos défauts et cèdent à vos caprices, dans la crainte de vous contrarier?Vous dire toute la peine qu’ils ont prise pour vous, tous les sacrifices qu’ils se sont imposés depuis que vous êtes au monde, serait chose impossible.Vous seriez donc un ingrat si vous méconnaissiez cette voix de la religion, de la nature et de la reconnaissance.Mais en quoi consiste cet amour?Un enfant qui caresse souvent ses parents leur donne-t-il, par cela seul, une marque de son amour ?Il est vrai que ces témoignages d’affection sont naturels.L’ange Raphaël, en remenant le jeune Tobie, lui dit: “Dès que tu seras entré dans ta maison, adore aussitôt le Seigneur ton Dieu, et, lui rendant grâces, approche-toi de ton père et baise-le”.(Tob.ch, xi, v.7.) Mais des caresses cent fois renouvelées ne suffisent pas.La meilleure preuve d’amour que vous puissiez donner à vos parents, c’est de ne rien faire qui leur soit désagréable.Ces démonstrations d’attachement peuvent être souvent l’expression des sentiments de votre cœur; mais n’êtes-vous jamais guidé en cela par un motif d’intérêt ?Au contraire, vous montrez que vous n’aimez pas vos parents quand vous leur causez volontairement du chagrin, car on se garde de déplaire, sans raison, à celui que l’on aime. 530 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le second caractère de l’amour, c’est le sacrifice volontaire.Jésus-Christ s’est sacrifié par amour pour vous.Vos parents, par amour, se sacrifient tous les jours pour vous.Si vous les aimez, rien ne vous coûtera.Vous sacrifierez, quand cela leur conviendra, vos plaisirs et vos caprices; il suffira qu’une chose leur plaise pour que vous vous empressiez de la faire; il suffira qu’elle leur déplaise pour que vous vous en absteniez.Vous vous oublierez vous-même pour ne songer qu’à eux.Les aimez-vous ainsi ?Que répond votre conscience ?Résolution : J’éviterai tout ce qui pourrait chagriner ou seulement contrarier mes parents.Je chercherai toutes les occasions de leur faire plaisir.Fideles.LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.Trouvez l’adjectif convenant aux deux noms donnés: La neige et l’hermine (blanches)—-Le raisin et l’abricot (juteux)—L’abeille et la fourmi (laborieuses)—'L’hirondelle et la fauvette (légères)—Le duvet et le coton (légers)—Le cahier et le carton (neufs)—Le porte-plume et le crayon (usés)—Les fleurs et les feuilles (fraîches)—La pomme et la poire (mûres)—La robe et la jupe (neuves)—-Le pantalon et le veston (tachés).IL Formez de petites phrases où vous ferez entrer les mots suivants: printemps—'jardin—• fleur — oiseau —• champ — arbres.Exemples: J’aime le printemps—Ma sœur travaille au jardin—-Nous verrons bientôt des fleurs—Les petits oiseaux sont arrivés.DICTÉES I LE NID D’OISEAU Hier, ]’ai découvert dans le vieux lilas du jardin un nid de merle de l’an dernier.J’espère que ses propriétaires reviendront bientôt pour l’habiter encore.Je n’ai pas touché à ce nid car j’aime trop les oiseaux pour leur faire de la peine.Exercices.—A quel temps est employé le verbe découvert (présent ou passé ?)—orthographe du mot lilas—notre merle (le merle d’Aunérique) arrive au début du printemps dans la Province de Québec—habiter: sens de ce verbe—Pourquoi devons-nous aimer et respecter les oiseaux ?II LE SEMEUR Un cultivateur marche lentement, un sac de toile blanche sur la poitrine; sa main y plonge en mesure, et, d’un geste circulaire, il répand, dans les sillons labourés, des poignées d’orge ou d’avoine, dont les grains s’éparpillent sur la glèbe en rendant un léger son métallique.Grammaire—De quels mots dérivent: lentement, circulaire, poignées, métallique?—Donnez un synonyme de s’éparpillent.(Se dispersent.) —Conjuguer le verbe plonger, aux quatre premiers temps de l’indicatif.Explications—Poitrine: partie supérieure du corps où se trouvent les poumons et le cœur.—Geste circulaire : mouvement en forme de cercle.—Sillon : tranchée, creux fait par le soc de la charrue—Glèbe : mottes de terre soulevées par la charrue.RÉCITATION LES ENFANTS PAUVRES Prenez garde à ce petit être; Il est bien grand, il contient Dieu.Des lumières dans le ciel bleu, Les enfants sont, avant de naître.Dieu nous les offre en sa largesse; Ils viennent; Dieu nous en fait don.Dans leur rire, il met sa sagesse Et dans leur baiser son pardon.Leur douce clarté nous effleure.Hélas, le bonheur est leur droit. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 531 S’ils ont faim, le paradis pleure, Et le ciel tremble, s’ils ont froid.La misère de l’innocence Accuse l’homme vicieux.L’homme tient l’ange en sa puissance, Oh ! quel tonnerre au fond des cieux.Quand Dieu, cherchant ces êtres frêles Que dans l’ombre où nous sommeillons Il nous envoie avec des ailes, Les retrouve avec des haillons ! Victor Hugo, Poète français illustre, 1802-1885.RÉDACTION LES BONNES INTENTIONS ET LES BONNES PAROLES NE SUFFISENT PAS Madeleine habillait sa poupée et François construisait une petite maison avec des planchettes.“Enfants, dit leur mère, il faut que vous me fassiez tous deux, et bien vite, une commission.Madeleine, va dans la laiterie et rapporte-moi avec précaution le pot bleu rempli de lait.Et toi, François, cours au hangar et rapporte-moi une petite brassée de bois.“J’y vais tout de suite”, répondit Madeleine; mais, comme la toilette de sa poupée était à peine commencée, elle voulut l’achever et ne bougea pas de sa place.François fit d’abord la grimace, et s’écria d’un ton d’impatience: “Encore!” Mais aussitôt se ravisant, il se leva vivement, et, cinq minutes après, il apportait une brassée de bois.Comme il rentrait avec son petit fardeau, Madeleine leva la tête et le vit.Elle rougit jusqu’au blanc des yeux.“Tu as raison de rougir, lui dit sa mère.Que ceci, du moins, te serve de leçon.Les bonnes intentions et les bonnes paroles ne suffisent pas.François a eu tort de regimber; mais il a eu le mérite de se repentir aussitôt de ce moment d’humeur et de réparer sa faute.C’est lui qui est l’enfant obéissant; ce n’est pas toi.” Lucie.Élocution.—A quoi s’occupaient Madeleine et son frère François?—-Quelle commission la mère donna-t-elle à Madeleine et à François ?—Racontez comment Madeleine et François s’acquittèrent de leur commission.— Pourquoi Madeleine rougit-elle en voyant le bois dans les bras de François ?— Quel reproche la mère fit-elle à Madeleine ?COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I Compléter les phrases suivantes à l’aide d’un complément circonstanciel de moyen : On mange la soupe.{avec quoi?)—-On cire les souliers.{avec quoi ?)—On arrache les pommes de terre.(avec quoi ?)—-On enfonce les clous.{avec quoi?)—On balaye la maison.{avec quoi ?)—-On repasse les couteaux.{avec quoi?)—-On fait le vin.{avec quoi?)—-On tire de l’eau.{avec quoi?)—-On coupe les cheveux.{avec quoi ?)—-Papa se rase.{avec quoi ?) II Classification.—L’élève rangera en deux colonnes les noms des animaux ci-dessous, qui leur seront dictés dans un ordre arbitraire.1° Animaux sans pieds:—Escargot,—couleuvre,—anguille,—ver de terre,—-saumon,— boa, — vipère, —- limace, —• goujon, —- chenille, — ver à soie.2° Animaux ayant quatre pieds: — Chat, — chien, — cheval, —• lièvre, — ours, —- cerf, — lapin, — souris, — rat, —- mouton, —- éléphant.Invention.—-Trouver le contraire des adjectifs suivants: Modèle.—Un poids léger.Écrivez: un poids lourd.—-Un grand bâton.—-Un enfant courageux.—-Un joli visage.—Une saison froide.— Du linge sale.—Une occupation utile.—Un homme riche.—-Une balle dure.—-Un visage triste.—-Une large bordure.DICTÉES I LA VIOLETTE La violette est une petite plante printanière, d’une odeur agréable, d’une couleur mêlée de rouge et de bleu foncé.Les fleurs de la violette cultivée font partie des plantes pectorales et passent pour adoucissantes.La violette des champs passe également pour pectorale, et elle est, de plus, recom- 532 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mandée comme dépurative.La racine des diverses espèces de violettes, prise à forte dose, pourrait déterminer le vomissement.On connaît cent cinq espèces de violettes.Les trois plus répandues sont la violette odorante, la violette de chien et la violette tricolore ou pensée.La violette croît ordinairement dans les lieux solitaires et ombragés; elle est l’emblème de la modestie, parce qu’elle exhale ses parfums sous l’herbe.Annotations.—Violette: Nom par lequel on désignent un genre de plantes que les botanistes nomment violacées et dont le type principal est la violette odorante.—Plante printanière: Se dit de toute plante dont l’apparition annonce le retour du printemps; celles qui fleurissent en été sont dites estivales et celles qui fleurissent en automne, automnales ou plantes d’automne.— Violette cultivée: Violette mise en culture, livrée aux soins d’un jardinier, par opposition à violette des champs ou sauvage, qui croît spontanément dans les bois.—Plantes pectorales: Toutes les plantes dont l’usage est bon pour la poitrine.—Dépuratif: Qui a la propriété de rafraîchir, d’épurer le sang ou les humeurs.—Pourrait: Remarquer que le verbe pouvoir prend deux r au futur et au conditionnel présent et que c’est un verbe irrégulier.—-Violette odorante: Qui répand de l’odeur; violette de chien ou violette de mars, en France, elle est sans odeur; violette tricolore ou pensée, espèce de plante à grandes fleurs également inodores; elle est cultivée dans les jardins.— Modesife: Retenue dans la manière de se conduire, de penser ou de parler de soi.II EST-IL VRAI QUE L’ALCOOL RÉCHAUFFE ET SOUTIENT ?Vous avez entendu parler de l’explorateur Nansen; eh bien ! il est resté trois ans dans les pays les plus froids du monde, et il n’avait pas emporté une goutte d’eau-de-vie.Il y a quelques années, les Belges équipaient une exploration au pôle sud.Elle n’en emporta pas davantage.Si les expéditions antérieures ont mal tourné parfois, c’est que les explorateurs croyaient que l’eau-de-vie réchauffait.Les pêcheurs de baleine et de morue commencent à savoir que l’alcool ne réchauffe pas.Il ne fortifie pas plus d’ailleurs.On n’emporte plus d’eau-de-vie pour aller sur les glaciers.La science a de nos jours fait cette-découverte certaine que l’alcool est un poison, et que jusqu’ici l’humanité s’est trompée sur son compte du tout au tout.L’usage habituel des boissons alcooliques a précisément des effets opposés à ceux que l’opinion populaire leur attribue.Baudrillart, célèbre médecin français.Applications.—L’alcool, ou boisson forte, est un poison dont il faut user avec la plus grande prudence—Rechercher les participes passés, en justifier l’accord, s’il y a lieu—antérieures: qui est avant, qui a eu lieu avant—-pêcheurs: ne pas confondre pêcheurs avec pécheurs.RÉCITATION CHARITÉ Quand le soir a jeté son ombre coutumière Et que la lune pâle ouvre là-bas son œil, Enfants, dites une prière Pour toutes les mamans dont le cœur est en [deuil.Sous l’image du Christ qui vous est familière, Fléchissant le genou, le front dans votre main,.Enfants, dites une prière Pour ceux qui vont dormir et seront morts [demain.Pour tous les délaissés qui vivent sans chau- [mière,.Ceux qui ferment leur âme à toute Vérité, Enfants, dites une prière Qui touchera le cœur du Dieu de Charité.Puisque vous possédez la pureté première, Ignorante du Mal et des Vices du jour, Enfants, dites une prière Qu’un ange porte au ciel comme un encens [d’amour.Francis Desroches.RÉDACTION ÉVÉNEMENT HEUREUX I Un événement (heureux ou malheureux)' s’est produit dans votre famille.Vous le faites-connaître par lettre à un parent éloigné.Canevas.—J’annonce à mon oncle la naissance de ma petite sœur.Grande joie à la maison.J’invite mon oncle à la fête du baptême- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 533 DÉVELOPPEMENT Mon cher oncle, Je vous écris pour vos annoncer une heureuse nouvelle qui ne manquera pas de vous réjouir aussi.Apprenez donc vite que le bon Dieu vient de nous accorder une nouvelle bénédiction, en nous donnant, à mes trois jeunes frères et à moi, l’aîné, une petite sœur, oui, une ravissante petite sœur, venue au monde il y a trois jours ! Papa et maman désiraient tant une petite fille ! Le ciel comble leurs vœux.Vous jugez de leur joie, de la joie de mes frères, et de la mienne donc ! Nous en sommes tous aux anges.Nous appellerons ma petite sœur Bernadette; elle a été baptisée dimanche; c’est moi qui l’a tenue sur les fonts baptismaux, car on m’a fait l’honneur d’être parrain.Quel grand plaisir vous nous feriez, mon cher oncle, de venir voir notre petite Bernadette et de vous associer ainsi à notre bonheur ! Votre présence au milieu de nous complétera notre allégresse.Vous viendrez, n’est-ce pas, cher oncle?Vous verrez votre mignonne petite nièce qui est encore plus jolie, plus pareille aux anges, depuis le jour de son baptême ! En attendant que nous puissions vous embrasser pour de bon, recevez, mon cher oncle, les tendres et joyeux baisers de votre heureux neveu.Jacques M.COURS SUPÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.Trouver les dérivés dé manteau, jardin, nuit, pluie, toit, vol, cloche, nid.Dérivés de manteau: mantelet;—manteau dérive lui-même de mante, dont le diminutif est mantille.Dérivés de jardin: jardinet,—jardinage,— jardinier,— jardiner.De nuit: nuitée,— nuitamment,— nocturne,— noctambule (celui qui marche la nuit), s’anuiter (s’attarder de manière à s’exposer à être surpris en route par la nuit).De pluie: pluvieux, — pluvial, —- pluviomètre,—-pluviôse,—parapluie,—pleuvoir.De toit: toiture.De vol: volée, — voler, — volière, — volatile, — volatil, — volaille, — volage, —- s’envoler, — envolée, — survoler.De cloche: clocher,—- clocheton,—clochette.De nid: nidifier, — nidification, — niche, — nicher, — nichée, — nichet, —- nichoir.IL Vocabulaire.—-Noms relatifs à l’idée d’abeille.— Reine, —• travailleuse, — bourdon, — dard ou aiguillon, — miel, — cire, — alvéole, — ruche, —- rayon, — cierge, — encaustique,— hydromel.Composer des phrases où entreront ces mots.III.Écrire les phrases suivantes et dire pourquoi les participes soulignés s’accordent ou ne s’accordent pas avec leur complément direct: Celui qui a planté des arbres avant de mourir n’a pas vécu inutile.Celui qui a planté des arbres a bien mérité en effet la reconnaissance de la postérité; mais celui qui coupe les arbres que le premier a plantés, a aussi bien mérité; celui qui assemble, en forme de banc, les planches que le précédent a sciées et préparées a également bien mérité; enfin celui qui s’assied sur le banc et montre à lire aux enfants qui sont rassemblés autour de lui, a mieux mérité que tous les plus éclairés.DICTÉES I LE CHRIST EST RESSUSCITÉ Alleluia! Le Christ est ressuscité ! Il s’est dépouillé des bandelettes du sacrifice et de la mort.Il est sorti du sépulcre, triomphant, transfiguré, resplendissant dans la gloire de ses cicatrices, annonciatrices de notre rédemption.Les belles cérémonies suggestives de la Semaine Sainte où le sens profond du symbole est merveilleusement exprimé par la grandeur du langage liturgique ont pris fin.Et l’Église, dont hier encore les autels étaient nus, lampes éteintes, sans ornements et sans fleurs, reflète aujourd’hui sa gloire triomphale en retournant à ses vêtements blancs et à ses parures de fêtes.J.Verboye, écrivain français moderne. 534 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Applications.—Alleluia: mot hébreu qui signifie louez Dieu et qui marque l’allégresse.Au pluriel, des alleluias.—transfiguré: change la figure, la forme: J.-C.se transfigura sur le Thabor.—cicatrice: trace qui reste d’une plaie, d’une blessure.-—suggestives: qui produit une suggestion.-—nus: ce participe passé s’écrit ici au masculin pluriel: accord avec autels, du masculin pluriel.—sans ornements et sans fleurs: le sens, ici, veut au pluriel les mots orne-ments et fleurs.II LE TRAVAIL A L’AIGUILLE Le travail à l’aiguille joue un grand rôle dans l’existence de la femme, c’est à peu près le seul qui lui soit exclusivement réservé.A la jeune fille pauvre, à l’ouvrière, il permet de gagner honorablement sa vie.A la mère de famille, il fournit le moyen de faire des économies multipliées.Enfin, à la femme, favorisée des biens de la fortune, il offre une distraction agréable et il lui permet d’être utile aux pauvres et de leur venir en aide délicatement.Pour toutes, en un mot, l’aiguille est une amie intime, souvent le soutien du ménage et toujours Y auxiliaire indispensable de la charité.Elle remplit les heures de solitude, combat l’ennui, favorise les bonnes œuvres et au besoin lutte contre la misère.Applications.—Faire trouver le sens des mots soulignés de la dictée.Analyse logique et grammaticale de la dernière phrase: “Elle remplit les heures de solitude, combat l’ennui, favorise les bonnes œuvres et au besoin lutte contre la misère.” III LES TEMPS DÉRIVÉS Je parle souvent à ces messieurs; parle à leurs envoyés.—Lorsque tu grondes, tu as l’air fâché; gronde, mais ne te fâche pas.—En demandant à partir, nous demandons nos passeports; demandes aussi les vôtres.—• Visites cet ancien cultivateur, il est trop âgé pour travailler, mais il peut donner d’excellents conseils.En causant une heure avec lui, vous en apprendrez plus qu’en visitant plusieurs fermes sans guide.—Parcourant depuis un mois le Témiscamingue, je constate que je parcoure une région exceptionnellement fertile.—Recevant tous les jours, il est juste que tujre-çoives ces malheureux; il faut qu’ils reçoivent de toi argent et conseils.— En priant pour les trépassés, il convient que nous priions surtout pour nos parents et nos amis.—Je pris mes dispositions, il fallait que tu prisses de même les tiennes.Questions grammaticales.—De quoi se forme l’impératif.Au singulier seulement, le-présent de l’impératif se forme du présent de l’indicatif dont on retranche le pronom sujet, comme on peut le voir dans les deux premières phrases de la dictée.—De quoi se forme ce même temps au pluriel ?Il se forme du participe présent par la substitution de ons ou ez à la terminaison ant du participe.—De quoi se forme le présent du subjonctif?Ce temps est formé du participe présent dans lequel on remplace ant par les terminaisons des diverses personnes: e, es, e, ions, iez, ent.—De quoi se forme l’imparfait du subjonctif?Il se forme du passé déterminé dans lequel on change, selon la conjugaison à laquelle appartient le verbe, ai en asse, is en fs.se, us en usse, ins en insse.— De quoi se forme l’imparfait de Vindicatif ?On le forme du participe présent dont on change ant qu’on remplace par ais, ais,ait, ions, iez,.aient.—Et le passé indéterminé?Celui-ci se forme ainsi que tous les temps composés, de l’un des temps de l’auxiliaire et du participe passé du verbe que l’on conjugue.—Donnez des exemples pris dans la dictée.RÉCITATION STABAT O Vierge, des vierges l’honneur; Soyez-moi douce et favorable: Donnez-moi votre douleur.Plein de la mort de Jésus-Christ, Que sur tout son corps adorable Je lise l’amour écrit.Des épines, des clous percé, Que je m’enivre à chaque plaie, De son sang pour moi versé ! Sauvez-moi des feux éternels Et du jugement qui m’effraie, VI’ouvrant vos bras maternels.Jésus, ma course va finir.Par votre Mère, à la victoire Donnez-moi de parvenir.Et quand le corps ne sera plus, Octroyez à l’âme la gloire Au Paradis des élus.* * * L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 535 Construction rétablie : 0 Vierge, l’honneur des vierges Soyez-moi douce et favorable Donnez-moi votre douleur ! RÉDACTION UN NID AU JARDIN Canevas.—1.Racontez que François, un petit garçon, a vu, au jardin, un joli nid sur un pommier et qu’il lui a jeté des pierres.—2.Son père le surprend à ce jeu et lui fait une bonne leçon.Trouvez ce que son papa a pu lui dire.DÉVELOPPEMENT 1.Dans le jardin de ses parents, François, un petit garçon, a vu un joli nid d’oiseau, bien caché dans les branches d’un gros pommier.Aussitôt François n’a rien trouvé de mieux à faire que de lui jeter des cailloux, au risque de tuer peut-être les oisillons nouvellement éclos.Ecole primaire DICTÉES I ORTHOGRAPHE ET STYLE LES OISEAUX Les oiseaux qui reviennent à leurs anciens nids à cette époque printanière sont des hôtes de bonheur auxquels tout le monde est heureux de souhaiter une cordiale bienvenue.Quoi de plus agréable, en effet, que la société des êtres ailés autour de nos demeures, dans nos parcs, nos parterres et nos jardins ! Chaque variété a ses charmes, même si elle n’appartient pas à celles des chanteurs dont le gazouillis et les chants évoquent l’harmonie, l’amour, la joie de vivre.Il n’est pas jusqu’au modeste passereau, tant décrié injustement, qui n’ait pas aussi des attraits; de toutes les espèces qui nous soient familières, la sienne est la plus fidèle et nous reste attachée en dépit des froids hivers, quand les autres s’empressent de fuir à l’automne vers des cieux plus cléments.2.Heureusement, son père arrive, le surprend à ce jeu cruel et lui fait une bonne leçon.Voici à peu près ce que son papa lui dit: '^Attention, François ! je ne veux plus te voir lancer des pierres aux nids des oiseaux.Il faut les respecter.Sais-tu tout le bien que nous font les oiseaux en dévorant, pour se nourrir, des quantités d’insectes nuisibles ! Tu aimes les bonnes choses du jardin, n’est-ce pas ?Eh ! bien, c’est grâce aux oiseaux que nous les avons; sans eux, nous n’aurions ni fruits, ni légumes.Tu vois quelle sottise tu fais en cherchant à détruire ce nid charmant qui a coûté tant de peine au père et à la mère pour le bâtir.J’espère que tu retiendras ma leçon et qu’à l’avenir tu te garderas bien de faire du mal à ces nids qu’il faut plutôt défendre et protéger.” Jacques.complémentaire II l’hirondelle L’hirondelle, prise dans la main et envisagée de près, est un oiseau laid et étrange; mais cela tient précisément à ce qu’elle est l’oiseau par excellence, l’être entre tous né pour le vol.La nature a tout sacrifié à cette destination: elle s’est moquée de la forme, ne songeant qu’au mouvement; elle a si bien réussi que cet oiseau, laid au repos, au vol est le plus beau de tous.Des ailes en faux, des yeux saillants, point de cou, de pieds peu ou point: tout est aile; voilà les grands traits généraux.Ajoutez un large bec, toujours ouvert, qui happe sans s’arrêter, au vol, se ferme et se rouvre encore.Ainsi, elle mange en volant, elle boit, se baigne en volant, en volant elle nourrit ses petits.Elle tourne, elle fait cent cercles, un dédale de figures incertaines, un labyrinthe de courbes variées qu’elle croise, recroise à l’infini.L’ennemi s’y éblouit, s’y perd, s’y brouille et ne sait plus que faire. 536 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Elle le lasse, l’inquiète, il renonce et la laisse non fatiguée.C’est la vraie reine de l’air, tout l’espace lui appartient.Qui peut changer ainsi à tout moment d’élan, et tourner, tourner?Personne.La chasse infiniment variée de la mouche, du cousin, du scarabée, de mille insectes qui flottent et ne vont point en ligne droite, c’est sans nul doute la meilleure école du vol et ce qui rend l’hirondelle supérieure à tous les oiseaux.Michelet, Historien français (1798-1874).Dans son Histoire de France et son Histoire de la Révolution Française, il s’est souvent montré injuste envers l’Église catholique, plus qu’injuste, ennemi même.Son autorité comme historien est très affaiblie aujourd’hui.III UNE VISITE AU SAINT-SEPULCRE Ce tombeau est la borne qui sépare deux mondes, le monde ancien et le monde nouveau.C’est le point de départ d’une idée qui a renouvelé l’univers, d’une civilisation qui a tout transformé, d’une parole qui a retenti sur tout le globe.Ce sépulcre est le tombeau du vieux monde et le berceau du monde nouveau; aucune pierre, ici-bas, n’a été le fondement d’un si vaste édifice; aucune tombe n’a été si féconde; aucune doctrine ensevelie trois jours ou trois siècles n’a brisé d’une manière aussi victorieuse la roche que l’homme avait scellée sur elle et n’a donné un démenti à la mort par une si éclatante et perpétuelle résurrection.J’entrai à mon tour et le dernier dans le Saint-Sépulcre, l’esprit assiégé de ces idées immenses, le cœur ému d’impressions intimes qui restent un mystère entre l’homme et son âme, entre l’insecte pensant et le Créateur.Ces impressions ne s’écrivent point, elles s’exhalent avec la fumée des lampes pieuses, avec le parfum des encensoirs, avec le murmure vague et confus des soupirs: elles tombent avec les larmes qui viennent aux yeux, au souvenir des premiers noms que nous avons balbutiés dans notre enfance, du père et de la mère qui nous les ont enseignés, des frères et des sœurs avec lesquels nous les avons murmurés.Je restai longtemps en prière, priant pour mes parents, pour ceux qui sont ou qui ne sont plus, mais avec qui le lien invisible n’est jamais rompu.Lamartine, L’un des poètes les plus illustres de la France au 19e siècle, et aussi prosateur et historien remarquable (1790-1869).rome et l’église Un soir, à Rome, j’étais monté avec des amis sur le sommet du Janicule.Nous voulions vénérer, sur cette hauteur qui domine la ville éternelle, la place sacrée où le premier chef de l’Église expira dans les douleurs atroces du crucifiement.Nous vîmes, en effet, le petit temple, d’une beauté si pure et si simple, élevé là par Bramante.Nous appliquâmes nos lèvres sur ce sol consacré par le martyre, puis nous nous retirâmes pour courir encore, à travers les rues, à la recherche des belles œuvres et des grands souvenirs qu’on y rencontre à chaque pas.Mais à peine sommes-nous sortis de l’église que nous voilà saisis par le plus magnifique des spectacles.Le soleil penche sur l’horizon; et, avant de s’éteindre, il jette dans le ciel des gerbes de pourpre et d’or qui font comme une gloire immense à la cité sublime, couchée à nos pieds.Il dore les ruines des siècles païens qui se dressent çà et là; il fait étinceler les monuments innombrables que les siècles nouveaux ont élevés à leur tour.Il enveloppe et baigne tout ce que le regard peut embrasser, et, sous ses splendeurs grandioses, embellit et grandit tout, comme par la magie de je ne sais quel prestige. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 537 UlJ os, est la Alors il nous sembla voir, élevée sur le sépulcre de la vieille Rome, la Rome nouvelle bâtie par les fils du Christ, et la dominant comme une montagne, ou plutôt comme un phare gigantesque, le dôme de Saint-Pierre et le vaste palais du Vatican.Nous eûmes, en ce moment, une de ces visions qui ébranlent Pâme d’un homme jusqu’en ses suprêmes profondeurs.L’Église nous apparut telle qu’elle est véritablement, empire englobant tous les empires, force divinement inéluctable, reine du temps et de l’espace, création digne, en un mot, de Celui qui l’a fondée pour sa gloire éternelle et pour l’éternel salut de l’humanité.* * * it, LECTURE ET RÉCITATION LA FUSÉE de si es e, l’- as :/ jp; ¦El lit I se I I Quoi ! faudra-t-il toujours d'emeurer sur la terre, Tandis que j’aperçois mille astres lumineux Briller au séjour du tonnerre ?Ne suis-je pas brillante et légère comme eux ?Mbntons, élevons-nous, rendons-nous immor- [telle ; Faisons voir aux humains une étoile nouvelle.Dans son désir ambitieux, Ainsi parlait une fusée Qui, par son orgueil abusée, Croyait pouvoir figurer dans les cieux.Et sur cela, la demoiselle Ose porter son vol vers le séjour des dieux.Mais, dans le temps qu’à tire-d’aile La belle s’élevait en l’air, Elle s’évanouit bientôt comme un éclair Et cet astre nouveau ne fut qu’une chimère.En voulant s’élever au-dessus de sa sphère, L’homme vain et présomptueux N’a pas, pour l’ordinaire, un succès plus heu- [reux.COMPOSITION SUJET A TRAITER La toilette du pommier •Î’ b le I e: I / t Sommaire.—Entrée en matière.Nécessité de soigner les arbres âgés, comme on soigne les vieillards devenus inconscients.—Corps du sujet.Un sol propice et des engrais ne suffisent pas au pommier, il faut encore nettoyer son corps et sa tête; moyens employés.—-Conclusion.Avec ces soins et une année favorable, l’arbre donne des fruits en abondance.SUJET TRAITÉ Comme des enfants ou comme des vieillards devenus inconscients des nécessités de la vie et des dangers qui les menacent, tous les arbres fruitiers en vieillissant et, en particulier, le pommier, réclament des soins spéciaux et une surveillance attentive de la part de ceux qui les possèdent^ pour repousser les attaques d’ennemis aux aguets et presque invisibles.Il ne suffit pas d’avoir planté le pommier dans une bonne terre, de l’avoir nourri d’engrais riches en potasse et en phosphates, il faut encore, quand il prend de l’âge, soigner son corps, sa tête et sa chevelure.Pour soigner son corps et sa tête, il suffit d’élaguer les branches mortes ou inutiles, de nettoyer l’arbre des mousses et des lichens qui envahissent son écorce ou sa peau.Cette peau, enveloppe rugueuse, surtout lorsqu’elle s’écaille, doit être frottée et étrillée fortement, afin d’enlever les parties mortes et desséchées, où s’abritent, avec leurs œufs et leurs larves, une foule d’insectes rongeurs.Ces parasites, chenilles, pucerons, an-thonomes, ne font pas seulement naître des scrofules et des chancres, qui détruisent la partie vitale de l’écorce et le ligneux, mais leurs larves, aux premières chaleurs du printemps, envahissent les bourgeons, puis ensuite les fleurs et les feuilles, qu’elles contaminent et déchirent.C’est seulement quand le mal est fait, que les fruits, avant leur maturité, tombent véreux sur le sol, que l’on s’aperçoit des ravages que ces ennemis invisibles ont opérés.Pour prévenir le mal ou son retour, quand en automne, depuis le bas du tronc jusqu’aux extrémités des branches principales, on a enlevé l’épiderme malade ou mort, il faut, sur l’écorce nettoyée, brossée et rajeunie, étendre au pinceau une première couche d’une dissolution de sulfate de fer, épaissie par de l’argile; puis ensuite, une seconde couche faite à la chaux 538 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE diluée.Alors l’arbre est purifié, et la robe blanche qu’il revêt, non seulement est un symbole de sa pureté, mais elle le garantit contre le retour d’ennemis qui voudraient l’infester.Quand l’arbre s’est paré de ses feuilles nouvelles, il faut arroser sa chevelure devenue touffue, en lançant au-dessus des pulvérisations de sulfate de fer dissous, absolument comme fait le coiffeur qui projette une vapeur parfumée sur la tête de son client.Alors, la toilette du pommier est complète, et, si Dieu permet que l’année soit propice, le propriétaire, en récompense des soins qu’il aura prodigués à l’arbre, récoltera, à la saison habituelle, des fruits sains et abondants.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGEBRE, MESURAGE Arithmétique COURS INFÉRIEUR lère ANNÉE- 1.Combien font: 80 bûchettes + 1 bûchette?8 dizaines + 2?80 + 3 bûchettes?8 “ + 4?80 + 5 “ ?8 “ + 7?80 + 8 “ ?8 “ + 9?80 + 10 “ ?8 “ + 10?Posez les nombres de 80 à 90 et de 90 à 80.90-1 = 89 - 2 = .9 dizaines- 1= .0 O 1 to II 88 - 4 = .9 2= .90-4 = 87-3 = .9 L ( 5 = .CO O 1 II 86 - 6 = .9 i C _ 8= .90-9 = 89-7 = .9 C ( 10= .Comptez de 2 en 2, de 80 à 90 et revenez de 90 à 80.Additions et soustractions: 14 25 18 + 24 + 15 + 26 76 81 90 + 34 + 35 + 32 -34 -25 -45 6.Le mois de janvier a 31 jours, le mois de février a 28 jours et le mois de mars, 31 jours.Combien de jours y a-t-il dans les trois mois réunis ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 539 2e ANNÉE 1.Un fermier achète 45 moutons à 6 piastres l’un.Calculez le prix d’achat.Il les revend en gagnant 2 piastres par tête.Trouvez le prix de vente.Rép.: $270., $360.2.9 douzaines d’œufs valent $2.25.Quel sera le prix de 7 douzaines?Rép.: $1.75.3.Un bœuf pèse 860 livres.Il donne la moitié de ce poids en viande.•Quel poids de viande donne-t-il ?Quel est le prix de cette viande à 8 sous la livre ?Rép.: 430 Ibs, $34.40.COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Un ouvrier dépense en moyenne à la taverne 20 sous par jour et à cause de cette mauvaise habitude perd en moyenne par semaine 8 heures de travail .à 35 sous.De quelle somme prive-t-il sa famille par année ?Solution: Dépensé à la taverne: $0.20 X 365 = $ 73.Travail perdu: $0.35 X8 X52 = $145.60 Total $218.60—Rép.2.Combien de gallons y a-t-il dans L2 mi not ?de minot ?de minot ?^ de minot ?24 de minot?Rép.: 4, 2, 1, 3, 6.3.Quelle fraction d’un minot égale 1 gallon?2 gallons?4 gallons?6 gallons ?7 gallons?Rép.: y8 ,34, 34, 34, 7A- 4.Combien de pintes dans 1 gallon?34 gallon?34 de gallon?24 de gallon?1 minot?34 minot?24 de minot?Rép.: 4, 2, 1, 3, 32, 16, 24.5.Quelle partie d’un gallon égale 1 pinte ?1 chopine ?3 pintes ?5 chopines ?1 demiard ?1 roquille ?Rép.: 34, 34 34 34 tq, sV 6.Quelle partie d’un minot fait 3 gallons 2 pintes ?.Solution : 3 gallons =-g- de minot 2 pintes =-^-ou 4e de minot X-i-Q— — Ç + i.= -7 _ t>av 8 ~ 16 16 16 Autrement: 3 gallons font 12 pintes.12 pintes-|-2 pintes =14 pintes.14 pintes = -g-f de gallon ou 4g- - Rép.7.Trouvez des deux manières indiquées au numéro précédent: a) Quelle partie d’un gallon fait 3 pintes et 1 chopine.b) Quelle partie d’un gallon fait 2 pintes 1 chopine et 1 demiard.c) Quelle partie d’un minot fait 5 gallons et 3 pintes.d) Quelle partie d’un pot fait 2 chopines 1 demiard et 1 roquille.Rép.: a) -J, 6) 11 16- 540 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4e ANNÉE 1.Si l’eau d’érable donne de son poids de sirop et si ce sirop donne de son poids de sucre, combien de livres de sucre pourra-t-on faire avec IIO gallons d’eau d’érable?(1 gallon d’eau pèse 10 livres).Solution : Poids total de l’eau: 140X10 = 1-100 Ibs.Poids du sirop: 1400X-^g-= 56 Ibs.Poids du sucre: 56XyZô= 39.2 ou 39-|-1b.-—Rép.2.D’après les mêmes données, combien de gallons d’eau faudrait-il pour faire 420 livres de sucre ?Solution : du sirop =420 Ibs.4 2 0 7 1 1 0 -1-0 “ =4 2-0X10 =e00 Ibs.-^5 de l’eau = 600 1b.|f “ =600X25 = 15000 Ibs.15000 = 10 = 1500 gallons.—Rép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Un contribuable possède une propriété évaluée à $1600.Il doit payer 2% de taxes municipales, 134% de taxes scolaires et 34% de taxes de fabrique.Combien lui faudra-t-il verser en tout ?Si 6 0 0X2 10 0 SieooxiM 10 0 Si 6 0 0X34 de fab 10 0 Solution : Taxes mun.: Total $60.—Rép.2.Une fabrique de fromage a reçu pendant le mois 35600 Ibs de lait dont on a tiré 3424 livres de fromage, vendu à $0.1234 la livre.Du produit de la vente il faut déduire $60.pour le salaire du fabricant et $24.de dépenses.Combien recevra un cultivateur qui a fourni 8400 Ibs de lait ?Solution : Produit delà vente: 3424 X.1234 = $419.44 Produit net : $419.44 - $84 = $335.44 35600 Ibs.rapp.$335.44 8400 Ibs.rapp.?$335.44x8400 = $79.15—Pép.35600 6e ANNÉE 1.Un marchand obtient 20% et 25% sur des marchandises marquée» $960.et les revend 20% de plus que le prix marqué.Combien pour cent gagne- t-il ?Solution : 1er escompte :$960.X 20% = $192.$960.- $192 =$768 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 541 2e escompte : $768 X25% = $192 Prix net: $768 - $192 =$576.Prix de vente : $960.X 120% = $1152.Bénéfice: $1152.- $576.=$576.Bénéfice pour cent : $5 J = $50.Rey.: 50%.2.J’ai prêté à Louis Beaulieu une certaine somme d’argent au taux de 3^%.Au bout de 6 ans, il me remet en capital et intérêts $1694.Trouvez la somme prêtée.Solution : Taux pour 6 ans: 33^%X6 = 21%.121% du capital = $1694.\&7c “ _ $ 1 6 9 4 100% “ ?-i.6 9^X10 0 = $1400—Rép.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE ET MÉNAGÈRE 7e ANNÉE Arithmétique 1.Une ménagère achète une pièce de toile écrue de 72p2 verges et paye $34.80.Après le blanchiment, elle trouve que la verge revient à $0.5612é.Combien pour cent la pièce a-t-elle perdu de sa longueur ?Solutio7i : Nombre de verges de toile blanchi: $34.80 = 0.56125 = 62.Perte 723^ - 62 = 103/2 verges.Sur 723^2 on perd lO^ Sur 100 on perd = 14-|-f-%.—Rép.2.Au mois de septembre, un cultivateur vend le tiers de sa récolte de patates à 20% de profit.Au mois de novembre, il en vend les à 33L$% de profit, et, au printemps suivant, il vend le reste à 123/2% de perte.La recette totale pour les trois ventes est de $317.12.Trouvez le prix de revient d’un minot, sachant que la récolte totale était de 840 minots.Solution : Soit $100.le prix de revient.La première vente donne: jt3_3Mxi 20.4g La deuxième vente donne: $1 ^ oX*.hXi 3 sVs _$ 571.La troisième vente donne: 0ox^iXg.TH_ 20-g- Total.$117fi $117|-|-provient de $100 $317.12 provient de ?$100X317-12 = $268.80 m4_A 4 2 Prix de revient d’un minot: $268.80 = 840 = $0.32—Rép.Mesurage VOIR SECTION INDUSTRIELLE 542 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 8e ANNÉE Arithmétique 1.L’escompte d’un billet à 7% pour 90 jours a été de $2.52.Trouvez le montant du billet, a) s’il s’agit d’escompte en dehors, b) s’il s’agit d’escompte en dedans.18 Le taux pour 90 jours = i ta /u 73 Supposons qu’il s’agit d’escompte en dehors: de la valeur nominale = $2.52 100% de la valeur nominale - —2-5y^-g °- - $146.Rép.Ta S’il s’agit d’escompte vrai, on a: ~W-% valeur actuel e = $2.52 100% de la valeur actuelle = = $146.T "3 Montant du billet = $146+ $2.52 = $148.52—Rép 2.Les droits de douane sur une pièce de flanelle se sont élevés à $9.00, le tarif étant de 2 sous par verge carrée et de 25% sur la valeur.Quelle était la largeur de la flanelle sachant que la longueur est de 120 verges et le prix de 24 sous la verge ?Solution: Droits ad valorem: $0.24X 120X25% = $7.20 Droits spécifiques: $9.00 - $7.20 = $1.80 Nombre de verges carrées : $1.80 = $0.02 = 90 verges Largeur: 90 = 120 = -3^)-q = ^4 ou 27 pouces—Rép.Mesurage VOIR SECTION INDUSTRIELLE SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.Un bidon de 16 pouces de diamètre et 30 pouces de hauteur est rempli de lait au -g- de sa hauteur.Quel est le poids de ce lait, sachant que le gallon pèse 10 Ibs.5 onces?Solution: Volume du lait: 162X0.7854X30X-g- = 4825.4976 po.ca.Volume en gallons: 4825.4976 = 277.274 = 17.4^ Poids: 17'4f61 6—= 179 1b.7 onces—Rép.2.Quel est le poids d’un tuyau de fonte de 15 pouces de diamètre à l’intérieur, 18 pouces de diamètre extérieur et 12 pieds de longueur, si le poids spécifique de la fonte est 7.7 ?( 182 - 152 )0.7854x12x12 =6.47955 Solution : Volume en pieds subes: 12 Poids 6^479 55Xi600 0X7_2 = 2915.7975 Vo.—Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 543 Algèbre 1.28 tonnes de marchandises peuvent être transportées au moyen de 15 tombereaux et 12 camions ou encore au moyen de 24 tombereaux et 8 camions.Quelle est le contenu d’un tombereau et d’un camion ?Solution : Soit x la charge d’un tombereau et y celle d’un camion.On a: 15:r + 12î/ = 28 (1) 24:r + 8î/ = 28 (2) Multiplions (1) par 2 et (2) par 3 et soustrayons (1) de (2) : 30x + 24y = 56 72x+24ÿ = 84 A2x.=28 x.=-f-§= étonne.—Rép.Portons la valeur de x dans (1) : 15X^13+ 12?/= 28 12?/= 28 - 10 = 18 V = tonne.—Rép 2.A et B travaillant ensemble peuvent faire un ouvrage en 30 jours.Au I bout de 12 jours B se retire et A termine le travail seul en 24 jours.Combien [ de jours chacun prendrait-il, seul, pour faire l’ouvrage ?Solution : Soit x les jours de A et y les jours de B En 1 jour A fait —1— et B fait On a: 3 o 3 o = 1 et — + V +— = ! OU 1-2 + 3-6 = 1 x ' y ' y x ' y Multiplions la lere par 2 et la seconde par 5: 6-0 I 6_0 _ 2 x y 60 il80 x y 12 0 y = 5 = 3 120 = 3?/ ou y =-§^- = 40 jours.—Rép., _ 1 2 o _ — 3 — Portons cette valeur dans la lere -^+|£=1 ou A0.= 1-M = M ou .r = 120 jours.—Rép.8e ANNÉE Mesurage 1.Un bloc de pierre a la forme d’un tronc de pyramide carré d’une hauteur perpendiculaire de 8 pieds.Le côté de la base inférieure mesure 16 pouces et celui de la base supérieure, 12 pouces.Combien paiera-t-on pour le polissage des faces latérales, à raison de 90 sous le pied carré ? 544 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solation: L’apothème= V962 + 22 = 96.02 Superficie latérale = 96.02 X(1 6r^ 2-) X4 = 5377.12 po.car.Coût: 5377° -^ = $33.61 .—Rép.2.On peut faire faire une chaudière à vapeur ayant la forme d’un cylindre terminé par deux hémisphères.La partie cylindrique doit avoir 16 pieds de longueur et pieds de diamètre.Combien coûteront les plaques de fer nécessaires à la fabrication de cette chaudière, à raison de 16 sous du pied carré ?On allouera yy en plus pour les joints et les retailles, (tt = 3y-) Solution : Superficie de la partie cylindrique: 3.5X\2-X 16 = 176 pi.car.Superficie des hémisphères: -y-X3.52= 38.5 Total.214.5 pi.car.Coût: 2 14^^X0.16 = $37.44.—Pép.Algèbre 1.Quelle est la valeur actuelle d’une annuité de $826.payable pendant 24 ans, si l’on calcule les intérêts à 7% ?Solution : Il faut trouver C dans la formule de l’annuité complète: On o • r = a[(l+r)^-l] _ 826(l-07;i4-11 ^ r( 1 -r)n .0 7 X 1 • 0 724 Calcul de (1 +r) : 24 log.1.07 = .029384 X 24 = .705216 qui cor.à 5.0724 c = 8 2 6X4-0.7_24 = $9473.68.—Æép.07X5.0724 r LE CABINET DE LTNSTITUTEUR DEVELOPPER, REPRIMER, CORRIGER (1) Dans une de ses admirables paraboles, celle de l’ivraie et du bon grain, le Maître divin lui-même a décrit cet état complexe de la nature humaine, surtout à ce premier âge où elle garde encore toute la spontanéité.Par là même, il a jeté une vive lumière sur le travail de ceux qui ont la mission de l’élever.Cette parabole s’applique avant tout, sans doute, et dans tous ses détails, au mélange des bons et des méchants sur la terre, mais elle s’applique aussi au mélange des qualités et des défauts, du bien et du mal, qui se trouve dans les enfants et dans toute créature humaine.Dieu a semé en eux le bon grain en abondance, d’abord par les bonnes inclinations qu’il leur a données dès leur naissance, puis avec sa grâce, par le baptême et les autres sacrements; il n’y a pas de nature, si ingrate qu’elle paraisse, qui n’ait ressources pour le bien et un fond de qualités que l’éducation doit cultiver.Mais aussi chez les enfants, même les meilleurs, et il importe ici que ceux qui les (1) Voir VEnseignement Primaire de février 1936. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 545 aiment ne se fassent pas illusion, il y a, à côté des bonnes qualités, tous ces ins incts mauvais qui sont, selon la parole évangélique, l’ivraie, dans le bon grain.L’ennemi est venu, durant une nuit fatale, et au milieu de la bonne semence, il a jeté la mauvaise et s’est retiré, seminavit zizania et abüt, et de là cette double obligation pour l’éducateur de développer et de réprimer, d’encourager et de reprendre, de détruire et d’édifier, de planter et d’arracher, selon l’énergique expression de nos Livres Saints: Ego posuit te ut evellas et destruas, ut ædifices et plantes.N’en vouloir comprendre et pratiquer qu’une seule, c’est traiter une nature déchue comme si elle était intègre et pure, et c’est là, de toutes les erreurs, la plus funeste en conséquences.L’éducation, en même temps qu’elle est une œuvre de développement, est donc aussi une œuvre de redressement, de correction; mais elle est de plus une œuvre de préservation.Ce n’est pas seulement en lui-même et dans ses passions naissantes que l’enfant peut trouver les ennemis de son innocence et de sa vertu; il les rencontre souvent en dehors de lui, dans les choses et les personnes qui l’entourent.Ces séductions sont d’autant plus redoutables qu’elles ont, avec nos passions intimes, des intelligences, et qu’en s’unissant à elles, elle formeiit contre notre faiblesse la plus redoutable des conjurations.Si l’homme lui-même, en pleine possession de sa personnalité et de ses forces, se défend avec peine de cette influence propice ou funeste du milieu où il vit, l’enfant y est presque fatalement livré.Celui qui est chargé de l’élever doit donc le préserver et mettre tous ses efforts à lui créer un milieu et comme une atmosphère morale, où dans ses lectures, ses conversations, celles qu’il tient et celles qu’il entend, ses relations, les sociétés qu’il fréquente, autant que possible il ne voie dans son cœur les instincts de la nature mauvaise, ou les surexcite, si déjà ils sont éveillés, Développer, réprimer, préserver, voilà donc en trois mots la grande mission de l’éducateur.Mgr Chapon.EN SOUVENIR DE GEORGE V A l’instar des mages U est un pays dont les souverains renouvellent pieusement, chaque année, le geste symbolique des mages.C’est l’Angleterre, gardienne par excellence de la tradition.Donc en la fête de l’Epiphanie, S.M.George Y et la reine Marie ont déposé, selon l’usage, dans la chapelle du palais de Saint-James, l’or, la myrrhe et l’encens, comme le firent jadis aux pieds de Jésus nouveau-né, Melchior, Gaspard et Balthazar.Ce geste constitue en même temps un acte de charité: l’or, qui représente environ deux mille francs est partagé entre douze nécessiteux; l’encens est réparti pour servir au culte entre différentes paroisses; et la myrrhe, qui est depuis quelques années utilisée pour le traitement des maladies de gorge, constitue un don fort apprécié des hôpitaux londoniens.Le Noël, Paris, 5 rue Bayard (France).NOTRE-DAME DE LA GUADELOUPE, PATRONNE DES PHILIPPINES Par un décret récent, le Pape Pie XI a déclaré Notre-Dame de la Guadeloupe patronne des Philippines: “Nous proclamons la Très Sainte Vierge patronne céleste de ces îles, sous le nom de Notre-Dame de la Guadeloupe, car sous ce titre elle était vénérée dans les régions de la Nouvelle-Espagne, aujourd’hui l’Amérique centrale, quand les missionnaires partirent de là, vers les Philippines, portant à ces régions, avec le Christ, les coutumes de la ciGlisation chrétienne”. 546 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nous avons annoncé, 11 y a près d’un mois, que le nouveau régime d’autonomie concédé aux îles Philippines par les États-Unis était entré en vigueur.Signalons, à ce propos, que la Constitution qui régit désormais le pays se place, dans son préambule, sous la protection et l’assistance de Dieu.D’autre part, la liberté religieuse des citoyens et les droits des parents en cette matière sont formellement garantis et leur exercice assuré.La population catholique des îles comprend environ 10 millions de fidèles.Malheureusement, le manque de prêtres est là aussi extrêmement néfaste.Récemment, le délégué apostolique faisant un appel en faveur des vocations, avertissait les familles chrétiennes que, si de grands efforts n’étaient pas faits en ce sens, la nation risquait de tomber dans le paganisme.Pour assurer le ministère et le service scolaire, les Philippines ont besoin, présentement, assure-t-on, de 2,000 prêtres et de 5,000 religieuses enseignantes.La Croix, Paris.UNE SEMAINE DE BONTE ENVERS LES ANIMAUX Dans la région de Québec, du 18 au 25 avril, dans les journaux et à la radio, il y aura ce que l’on pourrait appeler “une semaine de bonté envers les animaux”.La saison se prête bien au “rappel” de tous, particulièrement des enfants, que les animaux ont été donné par Dieu à l’homme pour le servir; que ce sont ses amis et qu’ü doit les traiter avec bonté.Saint François d’Assise ne nous a-t-il pas donné l’exemple d’une grande bonté envers les animaux?Souvent il s’entretenait avec les oiseaux: “Mes frères les oiseaux”, disait le grand saint, s’adressant à la gent ailée.Il chérissait d'une façon particulière les brebis et les agneaux, parce qu’ils lui rappelaient l’Agneau sans tache, immolé sur le Calvaire pour la rédemption des hommes.Dans la vie du saint d’Assise, on lit ce trait charmant: “Prêchant dans le village d’Alva-nio, et ne pouvant se faire entendre à cause des hirondelles qui avaient leurs nids près de là, François leur dit : “Hirondelles, mes sœurs, vous avez assez parlé, laissez-moi parler à mon tour.Écoutez la parole de Dieu et gardez le silence pendant que je prêcherai.” Elles ne dirent plus un seul mot et restèrent fort tranquilles.” Être bon envers les animaux domestiques c’est une marque de bonne éducation et de bon coeur.Évidemment la bonté et la charité envers son prochain est bien au-dessus de la bonté envers les animaux.Mais ceux qui observent constatent que les hommes qui traitent leurs animaux avec douceur sont généralement bon envers leurs enfants; que les enfants qui ne font jamais souffrir leur chien ou leur chat, sont bons envers leurs petits frères, leurs petites sœurs et leurs camarades.En classe, rappelons de temps en temps à nos élèves que la bonté doit d’abord s’exercer envers les camarades et les compagnes, envers les pauvres et les infirmes, mais aussi à l’égard des animaux que le Créateur a mis au service de l’homme.C.-J.Magnan.CHEZ LES SŒURS DE LA CHARITE DE QUEBEC Le jubilé de diamant de profession religieuse des RR.SS.Marie-du-Précieux-Sang et Sainte-Anysie, a récemment donné lieu à une belle cérémonie religieuse chez les SS.de la Charité.On a célébré en même temps le jubilé d’or des SS.Saint-Octave, Saint-Victor, Saint-Eleusippe, Saint-Léandre, SainDJean Damascène, Sainte-Léa et Sainte-Hombéline. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 547 LE CATÉCHISME Ce qu’en pensent les libres-penseurs “intelligents” “Je n’entends pas qu’on puisse être vertueux sans religion: j’eus longtemps cette opinion trompeuse dont je suis bien désabusé”.Jean-Jacques Rousseau.“L’enseignement religieux est, selon moi, plus nécessaire aujourd’hui qu’il n’a jamais été.Plus l’homme grandit, plus il doit croire.Je veux sincèrement, ardemment, l’enseignement religieux.Je le veux, ayant pour but le ciel et non la terre”.Victor Hugo, (Discours, 15 juillet 1850).“J’ai tout lu, je n’ai rien trouvé qui valût une page de catéchisme”.Jouffroy, Philosophe, libre-penseur.“Ce n’est pas l’instruction qui morab'se, c’est l’éducation religieuse.“Le christianisme doit être à la base de l’instruction du peuple.“L’enseignement doit être chrétien”.Victor Cousin.“Notre société ne peut se contenter de simples idées morales, telles qu’on les donne dans l’enseignement de nos écoles primaires.“Nous considérons, en ce moment, les idées morales telles que les Églises les donnent, comme des idées nécessaires”.Émile Combes, (Séance du 25 janvier 1903.—- Officiel, p.229-230).“Pensez ce que vous voudrez des croyances confessionnelles, vous ne nierez pas que le catéchisme est une invention de génie”.Ferdinand Buisson, (Manuel général de VInstruction publique).“C’est le défaut d’éducation religieuse qui a fait baisser le niveau de la moralité.L’éducation dite perfectionnée que nous donnons maintenant est insuffisante.Nous faisons fausse route.‘ On ne peut le nier, l’idée religieuse constitue une force morale énorme”.Docteur Championnière, criminaliste.“Si l’on m’avait appris à connaître et à aimer le Bon Dieu, je ne monterais pas aujourd’hui .sur l’échafaud”.Ravachol, Le jour de sa mort. 548 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE BIBLIOTHÈQUE POUR LES TRAVAILLEURS DE LA CAMPAGNE Les enquêtes conduites par des élites ont abondamment démontré que les intellectuels descentres ruraux ne donnaient pas le rendement que la nationalité canadienne-française a droit d’en attendre.Souvent après de brillantes études secondaires et universitaires, ceux-ci laissent tout en panne.Parmi les causes de cette apathie presque générale il faut déclarer le manque de livres.Le livre est dispendieux.Même en fait-on le sacrifice monétaire que souvent nous n’avons pas exactement la documentation logique.Nos villes ont actuellement de magnifiques bibliothèques dont l’une, à Montréal, est celle des Hautes Études Commerciales, entièrement financée par la Province de Québec.Bien dirigée elle offre dans son genre ce que nous avons de plus complet et à point.Alors ne pourrait-on point combler cette lacune du livre pour la campagne, surtout pour les études approfondies ?La direction des Hautes Études Commerciales ne pourrait-elle pas ouvrir cette facilité ?J’expose humblement l’idée: Tout homme sérieux devrait y déposer, disons $5.00 (qui seront remis après service sur présentation d’un reçu) pour couvrir la perte ou même le non-renvoi de volumes.Le bibliothécaire se réservant le droit d’exiger un dépôt plus considérable et même le refus de tel volume à sa discrétion.Mais les auteurs, me direz-vous?Que de livres se vendraient, si nous les connaissions.Après lecture, nous achetons très souvent le livre qui nous a plu.Ce service se faisant par poste, le fédéral devrait appliquer le tarif des imprimés, même le diminuer en faveur des lecteurs et bibliothécaires (La provenance étant bien indiquée).Une dépense additionnelle pour les Hautes Études Commerciales.Oui.Pour la minime somme dépensée, que de profit.Nos laborieux intellectuels campagnards, que tous désirent plus nombreux, seraient à la portée par des études documentées de fournir le point de vue rural sur maintes questions, politiques, économiques, sociales, etc.D’ailleurs cette bibliothèque en éditant une liste ou catalogue des volumes possédés, tenue à date par des publications dans les journaux des livres reçus, rendrait un service inappréciable à notre race et gagnerait à se mieux faire connaître.Ainsi beaucoup d’argent dépensé par les parents, maisons d’éducation, universités, gouvernements aurait chance de porter plus de fruits.Il y a tant à faire pour la campagne et par la campagne.La science, qui ne s’achète, coûte cher, mais reste toujours et partout le placement sûr et de parfaits repos et joie.La suggestion vaut considération des autorités.J.-Roméo Bruneau, N.P., St-Damase, comté St-Hyacinthe, P.Q.PETIT CODE DE LA FAMILLE CHRÉTIENNE 1.Dans la famille chrétienne, l’une des plus douces joies de la vie est d’entretenir d’affectueuses relations avec les voisins, les amis et surtout les proches parents.2.On n’est point jaloux: au contraire, on est heureux des succès d’autrui.3.On ne s’endort jamais sur une pensée de rancune 4.On aime à rendre service au prochain gratuitement.5.On ne refuse point un morceau de pain ou un verre d’eau au pauvre qui passe, parce qu’on voit en lui la personne même de Jésus-Christ.6.On n’ouvre ni sa bouche, ni son oreille à la médisance et à la calomnie.7.On paie ses dettes avec promptitude.8.On est toujours loyal et franc, et l’on ne ment jama's, même lorsque le mensonge ne doit faire de mal à personne.9.On travaille honnêtement, et l’on se fie à la Providence.10.Et l’on ne consulte pas les somnambules et les sorciers. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 549 LECTURE ET RÉCITATION (7e ET 8e ANNÉES) Missionnaires et Martyrs Sceptiques ou croyants, oui, tous tant que nous sommes, Courbons ici nos fronts! Ceux-là furent des hommes, Des soldats du progrès, des héros et des saints.Peut-être surent-ils, mieux encor que les autres, Du Dieu dont ils s’étaient faits les humbles apôtres, Comprendre ici les grands desseins.Jamais on n’avait vu spectacle plus étrange Que cette courageuse et modeste phalange Pleine d’ardeur mystique et de projets virils, Qui, nouveaux messagers de la parole sainte, Traversaient l’univers pour se jeter sans crainte Au-devant de tous les périls.Sol natal, amitiés, rang, fortune, espérance, Famille, ils quittaient tout avec indifférence; Pas un seul qui faiblît au moment de partir ! Et pourtant qu’allaient-ils chercher sur ces rivages, Sinon, après la vie errante des Sauvages, La mort sanglante du martyr ?Oh! lorsque l’on parcourt nos annales naissantes, Et que, tournant du doigt ces pages saisissantes, On poursuit pas à pas par la pensée, au fond De la îorêt immense, encore inexplorée, Ces immortels semeurs de la moisson sacrée, On éprouve un trouble profond.Vieux prêtres au front chauve ou lévites imberbes, Pieds nus mais souriants, harassés mais superbes, Aux plus mortels dangers prodiguant leurs défis, Regardez ces héros, en leur ardeur sans borne, S’enfoncer à travers l’horreur du désert morne, Sans autre arme qu’un crucifix.Fleuves, monts et torrents, chaleurs, pluie ou tempête, Rien ne les décourage et rien ne les arrête; Narguant les jours sans pain, bravant les nuits sans feu, Poursuivis par les loups et guettés par les fièvres, L’Évangile à la main et le sourire aux lèvres, Ils vont sous le regard de Dieu.Où?Qu’importe! leur zèle embrasse un hémisphère.Sous des cieux incléments si loin que vont-ils faire ?Quel but rêvent-ils donc qui les fait tant oser ?Où donc est le secret du feu qui les consume ?C’est que leur mission en deux mots se résume: Convertir et civiliser ! 550 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Devant ces deux grands mots point d’obstacle qui tienne ! Oui, ces fiers envoyés de la France chrétienne N’ont qu’un vœu, qu’un désir et qu’une ambition: Conquérir, par l’effort de vertus surhumaines, Des âmes à l’Église, et de nouveaux domaines A l’héroïque nation.Et l’un d’eux meurt de faim dans la forêt profonde: Un autre, sur le seuil d’un village qu’il fonde, D’un coup de tomahawk a le crâne entr’ouvert; Celui-ci s’engloutit sous la vague écumante; Celui-là disparaît, perdu dans la tourmente D’une terrible nuit d’hiver.IcLp’est Daniel expirant sous les balles: Là c’est Jogue et Goupil sur qui les cannibales De leur instinct féroce épuisent tout le fiel; Plus loin c’est Lalemand, Brébeuf, d’autres encore, Qui, sous le fer cruel et le feu qui dévore, Meurent les yeux levés au ciel.Bien plus, ce même Jogue, indomptable nature, Après mainte agonie au poteau de torture, Réussit par miracle à tromper ses bourreaux; Mais, perclus, mutilé, vers ces lieux où l’attire La soif du sacrifice ou l’amour du martyre, Il revient mourir en héros.Et puis, à chaque instant, nouvelles découvertes ! Jour après jour, ce sont d’autres routes ouvertes A travers la savane ou les fourrés épais; Et l’homme primitif, que tant de zèle touche, Devenu par degrés moins sombre et moins farouche, Offre le calumet de paix.De nouveaux dévoûments ces preux toujours en quête, Cent ans marchent ainsi de conquê e en conquête, D stribuant l’aurore à toute cette nui .Et l’Europe applaudit ces sublimes cohortes Qui d’un monde inconnu brisent ainsi les portes Devant le progrès qui les suit.O mon pays, au cours des siècles qui vont naître, Puissent tes fiers enfants ne jamais méconnaître Ces humbles ouvriers de tes futurs destins ! Us furent les premiers défricheurs de la lande; Qu’on réserve toujours la p us fraîche guirlande Pour ces vaillants des jours lointains ! Et nous, qui recueillons- oui, croyants ou sceptiques-Les éternels bienfaits que ces âmes antiques Sur notre terre vierge ont semés en passant, N’oublions pas qu’un jour l’arbre aux palmes sans nombre Qui protège aujourd’hui nos enfants de son ombre A germé dans leur noble sang ! Louis Fréchette.(La Légende d'un peuple), L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 551 A PROPOS DE COMMUNISME Dans leur acharnement à promouvoir le Communisme, les Soviets n’ont pas reculé devant les plus ignobles excès.Après avoir enlevé aux citoyens et aux paysans leurs prêtres, leurs églises et i leurs écoles, ils les ont chassés de leurs maisons et de leurs fermes, c’est-à-dire, ils ont détruit le foyer familial, fondement de toute vie sociale bien ordonnée: les hommes, les femmes et les enafnts è appartiennent maintenant à l’Etat.Qu’un despotisme aussi barbare ait suscité et suscite encore de vives résistances; qu’une dictature aussi éhontée ait rencontré et rencontre encore une opposition vigoureuse et énergique surtout chez les catholiques, personne ne s’en étonnera.Cette résistance à l’iniquité fut toutefois brisée avec mie brutalité sans exemple dans l’histoire contemporaine.Violence inouie qui ne parvint pas à annihiler les âmes et à leur faire admettre les injustices et les monstruosités d’un régime qui est a honte de l’humanité Divine liberté des âmes qui créa des héros et des martyrs et qui inspira le “Chemin de la Mort”.Le Chemin de la Mort, drame anticommuniste, tiré des annales sanglantes de la Russie soviétique, drame vrai en toutes ses parties et unique en son genre, est l’oeuvre d’un Oblat de Marie Immaculée, du Rév.Père Paul Humpert, qui a révélé dans cette pièce les connaissances et les talents d’un véritable dramaturge et d’un metteur en scène émérite.Pas de théorie dans ce beau drame, mais de l’action et des faits.Le Chemin de la mort n’exige qu’un seul décor: un parc public ou une forêt.Selon la grandeur du plateau, le Chemin de la Mort peut se jouer avec vingt ou trente acteurs.Sur une scène paroissiale, à cause des personnages qui agissent sous les yeux des spectateurs, il présente plus d’avantages qu’un discours ou une conférence, et i’impres-sion qu’il laisse est plus profonde et plus durable.Jusqu’à date, le Chemin de la Mort a été joué par la troupe des Anciens du Patronage Saint-Georges dans les paroisses dont les noms suivent, et partout il a fait salle comble: St-Jean-Berchmans, Ste-Cécile, St-Pierre-aux-Liens, St-Vincent-Ferrier, St-Marc, St-Jean-de-Matha, St-Octave, Ste-Gertrude, St-Vital, St-Charles, Sacré-Cœur, Notre-Dame-du-Rosaire, Ste-Clo-tilde (Montréal), Institut Agricole d’Oka, L’Annonciation et Nomimngue (Comté Labelle), St-Timothée (Comté de Beauharnois), St-Hyacinthe, (comté de St-Hyacinthe), St-Lambert (comté Chambly), Drummondville et Verdun.Pour les renseignements, appeler DOllard 2109, ou adresser: Les Anciens du P.S.G., 7400, boulevard St-Laurent, Montréal Les représentations du Chemin de la Mort sont une œuvre de propagande et non une question d argent.(Communiqué).QUESTIONS DE FRANÇAIS “On est à transporter actuellement l’ameublement des classes”.On est à transporter: je ne me lasserai pas de répéter que ce tour de phrase n’est pas français, qu’il est inusité en France, que c’est un pur canadianisme, et un canadianisme qui ne se justifie pas par l’analyse.D ailleurs, puisqu’on prend la peine de faire un pléonasme en ajoutant sans nécessité le mot actuellement à ce qu’on croit être une proposition qui en a exactement le sens, que ne dit-on, tout juste: on transporte actuellement ?C’est la vraie tournure française et la seule légitime.Mais, vous savez cette locution vicieuse et des plus répandues chez notre peuple: être apres faire quelque chose, pour marquer, justement, qu’une chose se fait dans le moment, actuellement.Un jour, quelqu un, c’est mon avis, s’est avisé, croyant avoir une idée de génie, de la corriger en la remplaçant par: être à faire quelque chose.Quelle erreur! 552 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les temps de verbes.—Encore une vieille chose sur laquelle on me pardonnera de revenir une fois de plus.Les temps du passé ?On les mêle à plaisir, on y fait entrer jusqu’au présent et au futur, au milieu de la plus belle incohérence.Par exemple: “Quatre personnes perdirent la vie et deux autres sont blessées gravement.’’ Si l’auteur avait à\t\ furent blessées, sa phrase aurait, au moins de l’unité, mais il devait mettre ses deux verbes au passé indéfini.La raison, c’est qu’il ne racontait pas, mais donnait un résultat, celui d’un accident: quatre personnes ont perdu la vie et deux autres ont été blessées Voilà le bilan.On s’imagine que cela est indifférent.Mais pas du tout! Seulement, il faut avoir lu pour savoir comment le français s’écrit.Je dis lire, c.-à.-d., observer, analyser, et les seuls maîtres, et si l’on fait du journalisme, le maître du journalisme et le maître écrivain: Louis Veuillot.Il savait son catéchisme et sa grammaire et se targuait de ne savoir rien d’autre.Quelle jouissance, alors, sont capables de produire ces deux sciences! Mais sont-ils beaucoup ceux qui lisent les Mélanges, pour constater du moins, sinon pour apprendre tout à fait, comment s’enlève un article ?Qui lit le Parfum de Rome pour se faire une âme romaine ?Qui lit la vaste Correspondance pour entrer dans la pensée et la vie d’un maître d’action catholique avant la lettre, pour s’abreuver à une source inépuisable de finesse, de goût, d’esprit et de style, et pour voir, enfin, ce que deviennent le catéchisme et la grammaire au bout de la plume d’un Louis Veuillot ?Verbes en eler, eter, etc.—Traitons de ceux-là aujourd’hui après avoir étudié les verbes en éler éter, etc.Ce sont deux classes de verbes de la 1ère conjugaison, dont les yeux distraits ou les regards trop sommaires ne remarquent pas la différence.Celle-ci est pourtant bien réelle, encore qu’elle ne consiste qu’en la présence ou l’absence de l’accent aigu sur Ye à la pénultième de Yinfinitif; réréler, appeler; répéter, rejeter; céder, lever, etc.Les conséquences en sont plus sérieuses au futur et au conditionnel.Car, si l’e fermé (é) de l’infinitif se conserve invariablement à ce temps et à ce mode, l’e muet (e), tantôt se change en è, tantôt se fait suivre de la consonne redoublée.Ainsi nous avons: je relèverai, j’appetterai, je rejetterai.Je l’ai fait observer, ce que l’on confond, c’est, au futur et au conditionnel, l’é et l’è: on met des è partout, aussi bien au verbe céder qu’au verbe celer.Il n'en faut qu’à celer: cèlerai, mais céderai.La norme est à l’infinitif; c’est là qu’il faut regarder.Mais, encore une fois, il faut des yeux qui regardent et ne soient pas trop.synthétiques N.Degagné, pire.L’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX OBLIGATOIRE AU PÉROU Le Pérou est une nation catholique.Et elle a le bonheur de posséder un gouvernement qui, représentant les sentiments de la population à cet égard, tient à conformer sa politique aux désirs de ses mandants.C’est ainsi que, se rendant compte de l’importance de l’éducation chrétienne de la jeunesse dans la lutte contre les doctrines dissolvantes qui sont la ruine des peuples comme des âmes, le ministre de l’instruction publique vient de publier un décret rendant obligatoire l’instruction religieuse dans toutes les écoles.“L’éducation religieuse dans les écoles et collèges de la République, dit cet acte, aura un caractère strictement obligatoire, et sera donnée, au moins pendant deux heures chaque semaine, dans l’établissement lui-même et en conformité avec les règlements et programmes officiels.“Les évêques, dans leurs diocèses respectifs, désigneront le pasteur ou le prêtre qui sera chargé de cet enseignement dans les écoles de l’État sur le territoire de leur juridiction.Et les autorités scolaires devront apporter toutes les facilités nécessaires pour l’accomplissement régulier de cet exercice.” C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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