L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 janvier 1931, Janvier
52e Vol.Québec, Janvier 1931 N° 5 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION A L’OCCASION DE LA NOUVELLE ANNÉE Québec, le 24 décembre 1930.Aux instituteurs, institutrices, professeurs, au personnel enseignant ainsi qu’à leurs élèves, à tous ceux qui se dévouent pour la cause de l’instruction publique dans cette province, je souhaite une heureuse année et je prie la divine Providence de réaliser les vœux que je forme pour leurs suc-¦cès, leur bonheur et celui de tous ceux qui leur sont particulièrement chers.Surintendant de VInstruction 'publique.HEUREUSE ANNÉE A tous les lecteurs de Y Enseignement primaire, nous souhaitons une bonne et heureuse année.¦Que Dieu accorde à chacun santé, paix et bonheur.C.-J.M.PÉDAGOGIE LES SALAIRES DES INSTITUTRICES Une grande catholique, une grande française, Elizabeth Leseur, disait un jour à ses.sœurs de France: “Ne nous attardons pas à contempler la route lointaine, suivons l’étroit sentier; ne regardons pas trop loin ou trop haut,mais devant nous, à nos côtés.Le bien à faire est peut-être là.” C’est bien ce noble sentiment qui soutient le courage de nos dévouées institutrices, car, en dehors des grandes villes, le traitement que les commissions .scolaires leur accordent ne sauraient constituer un attrait au point de vue maté- 290 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE riel.A la campagne surtout, le salaire payé aux institutrices est insuffisant et ne correspond pas à l’importance de leurs fonctions.Nous devons reconnaître qu’il y a eu progrès sur ce point depuis une couple de décades, mais l’augmentation des traitements ne s’est pas effectuée en proportion de le hausse du coût de la vie, comme la chose s’est produite pour d’autres professions que celle de l’enseignement.Le salaire moyen des institutrices catholiques pour 1928-29 a été de $393.C’est vrai qu’en 1918-19 il n’était que de $224.Disons aussi qu’en 1912-13, les institutrices qui ne recevaient que $100.à $200.étaient au nombre de 4,820, tandis qu’aujourd’hui douze institutrices seulement reçoivent moins de $200.; qu’en 1912-13, il n’y avait que 75 institutrices qui recevaient de $300.à $400., tandis qu’en 1929-30, il il y en avait 2,582.; qu’en 1912-13, il n’y avait que 26 institutrices qui atteignaient un traitement de $400.à $500., tandis qu’en 1929-30, 473 institutrices reçoivent ce salaire; qu’en 1912-13, 8 recevaient $500.à $600., et 232 en 1929-30; en 1912-13, aucune recevait de $600.à $1200., en 1929-30, 1092 partagent dans ces salaires.Cela n’empêche qu’en 1929-30, 563 institutrices n’ont été payées que $200.à $250.; 2747 de $250.à $300., et 2582 de $300.à $400.Ces derniers salaires sont vraiment insuffisants et ne rendent pas justice à la vie méritoire de l’éducatrice, vie faite de renoncement et de dévouement.Il est souverainement injuste de ne payer à l’institutrice que ce qui lui est strictement nécessaire pour se nourrir et s’habiller convenablement.C’est abuser des circonstances que d’agir ainsi.En plus des nécessités urgentes de la vie, l’institutrice a droit à quelques économies pour l’avenir.Comme les autres personnes, elle est sujette aux épreuves, à la maladie.Dans bien des cas, elle doit aider ses parents.Il y a donc ici une grave question de justice, sans compter que l’intérêt des enfants exige que les commissions scolaires conservent au même poste les bonnes institutrices et qu’elles offrent des traitements capables d’attirer à l’enseignement, et pour s’en faire une carrière, les personnes les mieux préparées à remplir le rôle si important d’éducatrice de l’enfance.En ce mois de janvier, bien propre aux sentiments généreux, nous soumettons avec confiance les sentiments ci-haut exprimés dans le meilleur intérêt des écoles primaires catholiques de notre province.C.-J.Magnan.L’ART D’INTERROGER EN CLASSE ni Mais c’est tout un art que de bien interroger : il y faut beaucoup de patience, depsycho logic pratique et de savoir-faire, une pleine possession de son sujet.Tel interroge si brusquement, presse si vivement, que l’enfant, poussé à bout, perd la tête et ne dit que des sottises.Tel autre complique tellement ses questions qu’il semble n’avoir d’autre but que d’embarrasser et de prendre au piège.Un troisième pose une question si vague ou si vaste, que la réponse demanderait des heures de réflexion et de recherche, ou du moins un esprit d’analyse et des habitudes de logique qu’on ne peut raisonnablement exiger.Un autre est si impatient que la réponse tarde toujours trop à son gré; sans attendre, il passe à un autre ou répond lui-même.Celui-ci est si ami de l’exactitude complète et de la perfection qu’il ne comprend pas une demi-réponse, et rejette tout ce qui ne rend pas son idéal.Celui-là se contente de tout; ou bien il interroge de telle façon que la réponse est déjà transparente. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 291 Le fait est que toutes ces manières d’interroger peuvent être bonnes en leurs temps; car les questions et la façon de questionner diffèrent selon le but, selon l’objet, selon la nature et la force de l’élève, selon les circonstances, en un mot.Autre sera le procédé quand on veut repasser vivement la grammaire, autre quand il faut trouver la raison d’un fait; autre quand on veut punir la présomption, la paresse ou la dissipation, autre quand on veut encourager la timidité et la défiance excessive; autre dans une séance publique bien préparée, autre dans l’improvisation d’une classe.Car l’interrogation est de mise partout, surtout dans les basses classes.On peut, en variant la façon d’interroger, donner aux mêmes choses un aspect toujours nouveau: l’enfant s’aperçoit à peine qu’il répète.Ajoutons que cette répétition variée est précieuse pour faire voir et comprendre un objet sous toutes ses faces, et pour s’assurer que l’élève ne répond pas seulement de mémoire.L’interrogation est bonne aussi pour attirer l’attention sur un objet nouveau : un pourquoi fait désirer un parce que, et la réponse fait plus d’effet quand la question lui a comme préparé le terrain, bonne enfin pour préparer un devoir en classe, en montrant les difficultés, mettant sur la voie, donnant toutes les indications nécessaires pour rendre le travail particulier faisable et fécond.Ainsi la classe devient une conversation presque continuelle entre élèves et professeurs.Interrogation d’autant meilleure quand elle est posée sous forme de petit problème, d’une sorte d’énigme à résoudre.Rien ne fait si bien trotter ces petites intelligences d’enfants, avides et curieuses.R.P.Bainvel, S.J.L’ÉDUCATION PROFESSIONNELLE DES INSTITUTRICES A L’ÉCOLE NORMALE (Pour Y Enseignement primaire) On a prétendu quelquefois, faussement selon nous, qu’un ouvrier ne pouvait apprendre son métier qu’à l’usine, dans l’atelier où il travaille, et que c’est seulement en forgeant qu’on devient forgeron.Et cependant on a cru pouvoir nier qu’une préparation professionnelle, un entraînement professionnel, un apprentissage pédagogique fût nécessaire pour la future institutrice.Ceux qui soutiennent bien à tort cette dernière opinion s’appuient sur deux raisons qui, par malheur pour leur thèse, sont également contestables.D’une part, on insinue que l’art d’enseigner peut bien n’être qu’un instinct, qu’un don de la nature, et qu’on naît institutrice comme on peut naître poète.Nous ne songeons pas ici à contester la part qui revient aux aptitudes naturelles dans la formation d’une bonne maîtresse, car nous savons bien qu’elles sont une caractéristique de vocation pédagogique: loin de là, nous en sommes bien convaincus.Mais rares sont celles dont on pourrait dire, comme Ste-Beuve à Mme de Genlis, (1746-1830, auteur de Lettres sur l’Éducation d’Adèle et de Théodore): “Elle était une femme enseignante; elle était née le signe au front”.Pour un petit nombre de bonnes institutrices qu’anime une véritable vocation, une inspiration naturelle, et qui n’ont qu’à suivre la pente de leur caractère et de leur esprit pour devenir sans effort des éducatrices, combien n’y en a-t-il pas qui ont besoin qu’on leur enseigne d’avance, soit à aimer leur future profession, à en comprendre l’indiscutable importance, à en goûter tout le charme, soit à en connaître les règles, à apprendre enfin l’art d’enseigner?Si l’on ne comptait, pour tenir nos écoles primaires, que sur les privilégiées des dons de Dieu et de la nature, celles qu’on a appelées des “institutrices-nées”, combien d’écoles ne faudrait-il pas fermer?Non, ce qui est indiscutable, le voici: à vrai dire, même les institutrices les mieux douées, si elles veulent réussir tout à fait dans les fonctions délicates où elles désirent s’engager, celles-là même ne sauraient se passer d’une forte et sérieuse préparation professionnelle. 292 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE D’autre part, on affirme qu’il n’y a que l’expérience directe, la pratique personnelle de l’enseignement, poursuivie dans la réalité de la vie scolaire, qui puissent faire les bonnes institutrices.Certes, il n’est pas douteux que l’expérience soit une bien excellente maîtresse; mais combien lentes et laborieuses sont ses leçons! Faudra-t-il donc que l’institutrice entre dans sa classe sans savoir de quelles méthodes elle devra se servir, quels outils elle va employer, et qu’elle n’apprenne les règles de sa profession qu’au jour le jour, dans de longs tâtonnements, dans des essais laborieux, aux dépens souvent de ses élèves qui seront exposés à tous les hasards et à toutes les méprises de son inexpérience ?Voyez le grand Pestalozzi lui-même: il possédait assurément, au plus haut degré, la vocation, le don de l’enseignement.On a pu dire de lui que c’était un génie pédagogique.Cependant il n’est pas certain qu’on puisse le donner comme exemple du parfait instituteur.Pourquoi ?Parce que faute d’une base solide d’instruction théorique et pratique, il lui fallu tâtonner de longues années avant de parvenir à trouver sa vraie voie et obtenir ses succès.Quel plus grand éducateur il eût été, s’il lui avait été donné, dans sa jeunesse, de suivre un cours régulier et normal, de bonnes études pédagogiques, en un mot s’il avait été l’élève d’une bonne école normale.Voilà ce à quoi j’ai songé lorsque le sympathique directeur de VEnseignement primaire me demanda de lui transmettre mes idées sur l’éducation professionnelle des institutrices et d’établir aussi le tracé méthodologique et constructif suivi dans notre École normale de Saint-Hyacinthe.Que l’on veuille bien m’excuser si j’ose entreprendre un travail assez élaboré: j’ai en vue de traiter aussi parfaitement que possible un sujet de si haute importance.N’est-ce pas le moins que je veuille répondre à cette heureuse disposition de vos esprits que je reconnais vraiment curieux.Avant la refonte du programme de nos écoles normales, que de critiques n’avaient pas surgi ?Une sorte de malaise même existait dans ces établissements.Chaque école normale était, pour ainsi dire, coupée en deux; un établissement d’enseignement général et un établissement d’éducation professionnelle.Dès la fin de la première année, l’on décernait un diplôme élémentaire qui était plutôt un certificat d’études primaires, conçu peut-être comme un examen de culture générale plus que comme un examen de capacité pédagogique.Pendant cette année, on ne jetait qu’un très court regard vers l’école d’application pourtant bien voisine.Les études ressemblaient alors à celles qu’on peut faire dans une école primaire supérieure; la ressemblance était même si grande qu’elle confinait parfois à l’identité et en certaines matières—-combien souvent ne l’avons-nous pas entendu dire—les programmes des écoles normales et ceux des écoles primaires supérieures paraissaient littéralement copiés les uns sur les autres.Mais tout cela a changé.La normalienne doit faire maintenant un stage de deux années avant l’obtention d’un diplôme élémentaire, de valeur bien supérieure au précédent, tant au point de vue culture générale qu’au point de vue de préparation pédagogique.Et depuis lors, de la première h la quatrième année, les élèves-maîtresses se préoccupent de leur future mission: on les initie à la science de l’éducation et les stages à l’école d’application sont prolongés.Et, si elles poursuivent leur éducation générale, c’est pour se livrer à des travaux bien différents de ceux auxquels elles étaient précédemment habituées.Bref, on pouvait donc reprocher à l’École normale, telle qu’elle était avant sa réorganisation, trop de modestie quand elle se bornait, à peu près, même un peu plus, à rééditer l’enseignement des écoles primaires supérieures, ainsi que trop d’ambition en voulant décerner des diplômes avant une période assez stable d’entraînement profes-sionel.Mais maintenant, il n’y a plus cette sorte de stagnation qui rebutait les élèves au début et une avance précipitée qui les mettait vite à bout de souffle.T/a réforme voulue par notre Conseil de l’Instruction publique a donc pour but de rendre à nos écoles normales le sentiment net de leur rôle spécial; à aucun moment, depuis l’entrée de l’élève jusqu’à sa sortie, ses maîtres n’oublieront que la normalienne est destinée à devenir institutrice.Son éducation professionnelle doit être l’objet de tous les soins et elle doit commencer dès le premier jour de la première année.Mais pour une personne dont la mission est d’instruire les autres, l’éducation générale fait partie intégrante de l’éducation professionnelle.L’institutrice doit être une personne instruite.Il faut donc, à l’École normale, pousser plus loin l’enseignement littéraire et scientifique.En passant de l’une à l’autre, la normalienne doit éprouver la sensation du nouveau et du renouveau.Si les mêmes questions reviennent devant elles, il faut qu’elles pren- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 293 nent un aspect différent, que leur réflexion retourne en tous sens les données qui lui ont été jadis présentées, qu’elle recherche les causes profondes lâ où elle n’a jusqu’à présent saisi que les apparences extérieures.La normalienne, qui doit faire ses débuts vers sa vingtième année, n’a pas le loisir de faire ample connaissance avec les méthodes scientifiques de l’enseignement supérieur.Du moins est-il nécessaire qu’elle en ait comme un avant-goût, qu’elle fasse sur l’autel de la science une prélibation, afin qu’elle conserve toute sa vie une fraîcheur d’esprit, une curiosité intellectuelle qui sera pour ses élèves comme pour elle-même une condition de progrès.Si elle n’y boit pas à longs traits, qu’elle se rafraîchisse du moins à cette fontaine de Jouvence.Et l’idéal, c’est que progressivement, non pas par un saut brusque, mais par lentes avancées, elle puisse passer du niveau de la 3è et de la 4è année au niveau des bons élèves de la classe de philosophie de nos maisons d’enseignement secondaire.Voilà, selon moi, le degré de culture générale que l’on doit viser d’approcher pour que l’éducation professionnelle elle-même porte ses fruits.Voilà le degré de culture générale que le nouveau programme des Écoles normales s’efforce de donner aux normaliennes en fonction de leur culture professionnelle et sans qu’elles cessent un seul jour de faire leur apprentissage du métier d’institutrice.L’École normale ainsi conçue ne pourra se confondre avec aucun autre établissement d’enseignement, mais c’est que, par l’âge et par la préparation de ses élèves comme par leur destination, elle a à jouer dans notre société un rôle qui n’est celui d’aucun autre.Et c’est précisément pour la mieux adapter à sa fonction propre qu’a été effectué le nouveau programme d’études.Un autre point de discussion s’ouvrait par le fait même de la parution des nouveaux programmes: celui du recrutement des Écoles normales, et en termes embarrassants, croyait-on en certains milieux.Les nouveaux règlements décident que nul ne peut-être nommé instituteur ou institutrice sans avoir passé au moins deux ans dans une École normale.Dans trois ans, par conséquent, ces écoles devront fournir deux fois plus de maîtresses qu’à l’heure actuelle; elles doivent donc, dès maintenant, accueillir beaucoup plus de candidates que par le passé.Comment ouvrir plus largement les portes sans abaisser—bien plus, en élevant—le niveau du concours ?Plusieurs solutions furent proposées.Les uns disaient: il faut retarder d’un an l’entrée à l’école normale et réduire d’un an le séjour qu’y font les élèves: l’effectif de chaque promotion sera accru de moitié et les normaliennes arrivant plus mûres seront plus aptes à recevoir un enseignement plus élevé.Les autres protestaient: si l’on retarde l’âge d’admission, le recrutement deviendra de plus en plus difficile, et si la durée des études est réduite, l’influence de l’école normale deviendra moins efficace.Il faut, au contraire, abaisser d’un an l’âge d’admission et allonger d’un m la durée des études normales.Le Conseil de l’Instruction publique s’est arrêté à une solution moyenne.La durée des études ne sera ni abrégée ni allongée, mais l’admission des élèves sera faite sur une base plus consciencieuse et au moins sur des connaissances exigées au programme de 7è année.Dans ces conditions, les candidates ne sont pas tous admis au même titre, mais quoiqu'ils soient, ils devront faire un stage de deux ans avant d’obtenir l’un des diplômes soit élémentaire, soit supérieur.C’est dire aussi qu’ils ne seront pas tous astreints aux mêmes exercices, ou au moins dans une même mesure: ainsi les élèves de seconde année n’auront pas un même nombre d’heures à l’école d’application.Quant à ceux qui auront décroché le diplôme supérieur, ils ont le choix et l’avantage de suivre une quatrième année supplémentaire où ils travailleront plus parfaitement à leur éducation professionnelle.En passant, disons que lorsque parurent les programmes de 1929 organisant un cours de quatrième année facultative dans nos écoles normales, de même que cette décision de n’accorder diplôme qu’après deux années d’études pédagogiques, plusieurs voix se recrièrent.Quoi! disait-on, toute une année consacrée à la pédagogie, aux sciences et à des études littéraires trop avancées, une année où l’enseignement théorique sera réduit à la portion congrue, où les élèves, souvent livrés à eux-mêmes auront un grand nombre d’heures pour la méditation, la lecture personnelle et la composition de conférences pédagogiques.Mais ce sera une année perdue.Les élèves de nos écoles normales n’auront à peu près rien à faire.Quelle étrange illusion! Oublie-t-on qu’il ne suffit pas de savoir, qu’il faut surtout savoir enseigner; qu’on peut être grand savant et très mé- 294 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE diocre professeur et que, si un apprentissage est nécessaire dans toutes les professions sociales, il ne l’est pas moins pour ceux et celles qui se destinent à la noble profession de l’éducation des enfants ?Ni des qualités brillantes, ni les acquisitions successives de l’expérience scolaire, ni les études de trois années de pédagogie théorique et un peu pratique des trois précédentes années, ne sont les seules sources de l’éducation professionnelle.L’expérience elle-même ne sera fructueuse que si elle est éclairée, guidée par un excellent ensemble de principes pédagogiques profondément connus.Sans doute l’éducation professionnelle commence déjà, pour la normalienne, dès son entrée à l’École normale: par cela seul qu’elle entend des leçons bien faites, données par des maîtres ou des maîtresses habiles sur les diverses matières de l’enseignement, elle acquiert, en les écoutant, des habitudes d’ordre et de méthode.C’est bien surtout la préparation pédagogique éloignée des élèves du cours de première année.Ce sont comme des modèles de précision dans la pensée, de netteté et de clarté dans le langage, qui doivent lui être présentée chaque jour, pour lui démontrer comment on compose une leçon et comment on l’expose.Mais ces leçons, qui seraient trop élevées pour l’école primaire, il faut que la future institutrice “apprenne à les transposer”, afin de les adapter bientôt à l’intelligence enfantine.Dans les deux années suivantes, les normaliens et normaliennes se livrent à l’enseignement, à l’École d’application, s’exerçant au maniement de la méthode, des modes et des procédés, après une préparation de classe bien soignée.Et pendant ce temps, ils continuent l’étude théorique de la pédagogie, justement afin que leur entraînement en soit le juste complément.Cette préparation de trois années, pour ceux et celles qui décident de suivre les cours de quatrième année, comprend les précautions nécessaires pour que l’apprentissage scolaire, en quatrième, ne soit pas un vain simulacre.Il ne s’agit pas, comme plus d’un ont pu le croire, d’un enseignement purement théorique de la pédagogie.Sans doute, deux heures par semaine sont attribuées à un cours didactique et dogmatique sur les méthodes d’enseignement et les moyens d’éducation.Mais ce cours, où devra être condensé, avec le plus de clarté possible et de simplicité encore, toute la substance de l’art de l’éducation, ce cours sera discuté et soumis à un examen critique.Et cet enseignement sera vivifié et commenté par la pratique plus particulièrement organisée à l’école d’application, par une préparation de leçons vues sous un jour plus éducateur, car il convient d’appliquer ici la pédagogie à la psychologie, il convient plus que jamais de bien connaître toute l’âme enfantine pour en opérer une véritable éducation.Cette quatrième année devient donc un vrai stage pédagogique largement organisé, basé sur le plus franc effort de préparation professionnelle.D’abord l’élève maîtresse doit, chaque semaine, faire soit une leçon, préparer un exposé, présenter un sujet à discussion sur l’une des matières au programme, ou l’étude d’un point de méthodologie générale ou spéciale et de discipline scolaire, et cela devant ses compagnes normaliennes réunies, en face de ses maîtres et maîtresses qui conduiront la discussion, corrigent, séance tenante, ces premiers essais de la future institutrice et apportent nécessairement lumière sur les objections présentées par d’autres élèves.Mais ne l’oublions pas, ce qui est encore plus important, c’est qu’on continue de mettre les normaliennes en présence des enfants: on leur confie une classe.Elles ont à faire une préparation vraiment didactique, dans le vrai sens du mot, préparation de chaque leçon qui laisse libre chaque institutrice dans son application.On les jette donc à l’eau pour qu’elles apprennent à nager, c’est à-dire pour que leurs leçons soient adaptées au niveau intellectuel des élèves groupées dans telle ou telle année du stage primaire.Sans doute il manquera encore quelque chose à ces premières expériences, heureusement: aussi les normaliennes ne seront pas abandonnées complètement à elles-mêmes: elles seront surveillées et contrôlées par le principal et le professeur de pédagogie de l’école.Mais pour n’être qu’un apprentissage,—et tous les apprentissages sont insuffisants—le stage pédagogique des normahennes n’en est pas moins fécond.Il n’était que temps de l’établir pour assurer plus sérieusement la formation de nos maîtres et maîtresses.Que les futurs éducateurs et éducatrices de l’enfance et de la jeunesse s’occupent d’éducation toute une année, n’est-ce pas chose excellente et même nécessaire ?La quatrième année des Écoles normales n’est donc pas une année de loisirs paresseux.Le surmenage toujours un peu fiévreux d’une préparation à un diplôme de fin d’études est éloignée, puisqu’on le possède déjà.Celui qu’on obtiendra, dans un examen intime et familial, couronnement L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 295 naturel et facile à atteindre après un travail raisonné et personnel de dix mois, ne peut préoccuper l’élève outre mesure.Il ne s’agit plus ici d’un certificat d’études ni d’un diplôme: il'est question d’un certificat d’aptitudes pédagogiques.Et précisément parce qu’elles seront débarrassées de beaucoup de soucis, les élèves auront plus de temps pour méditer plus utilement toute question d’instruction et d’éducation.Pour être plus libres, leurs études n’en seront que plus laborieuses.On leur fera lire, par exemple, au moins par extraits, les ouvrages où les grands éducateurs nous ont transmis les résultats de leur expérience ou les conceptions de leur génie: n’est-ce pas que ceux et celles qui se sentiront guidés, encouragés d’avance, dans la carrière où ils veulent entrer, auront des acquisitions intellectuelles et très raisonnables sur leur profession, sa portée éducative et ses responsabilités.A l’habileté pratique déjà acquise, elles ou ils ajouteront la valeur intellectuelle.Qui peut le nier: serons-nous en face d’instituteurs ou d’institutrices inexpérimentées?(à suivre) J.-E.Faquin, Professeur à l’École normale de Saint-Hyacinthe.L’ÉDUCATION Son but, sa nature, ses moyens essentiels Monsieur le Président, Monsieur l’Assistant-secrétaire, Bien chers confrères, Vous m’avez prié de vous faire une conférence.Voici la réponse à votre aimable invitation.C’est le fruit d’une étude sérieuse sur un sujet de la plus haute importance, et j’ai nommé: l’éducation.Si je ne connaissais d’avance vos bonnes dispositions, je pourrais craindre d’être taxé de témérité en voulant trop présumer de mes forces, mais je compte sur votre indulgence pour me faire pardonner cette audace.J’ai, du reste, un double objectif en vue en développant cette grave question devant vous: j’ai voulu, d’une part, me convaincre moi-même de son importance primordiale, et, d’autre part, témoigner de mon respect et de ma reconnaissance à l’égard de tous ceux qui ont présidé à l’établissement de notre système scolaire, système vraiment digne d’admiration, parce que conforme aux données de la doctrine catholique.Et comme il y a toujours grand profit à venir rafraichir sa pensée aux sources très pures de la psychologie éducationnelle, c’est donc en prenant comme point d’appui ces principes immuables et guidé par eux que, sans plus de tergiversation, j’aborderai mon sujet.L’éducation examinée dans son but, sa nature et ses moyens essentiels, telles sont les considérations sur lesquelles portera notre attention au cours de cette analyse.Chemin faisant et comme corollaire à chacun de ces points, nous parlerons succinctement de la nécessité de l’éducation pour l’homme, de la différence entre celle-ci et l’instruction, enfin de l’économie intime de nos facultés, d’oii inséparabilité des moyens propres à assurer une vraie formation.BUT DE L’ÉDUCATION En consultant le dictionnaire latin, nous y voyons que le mot “éducation” vient de educere qui veut dire tirer, faire sortir: “c’est presque tirer du néant, presque créer; au moins c’est donner la vie, le mouvement, l’action à l’existence encore imparfaite; c’est tirer du sommeil et de l’engourdissement les facultés endormies, pour les développer, les faire grandir, les élever à un niveau supérieur.Il y a dans le mot éducation l’idée de perfectionnement d’un être auquel il manque l’achèvement proportionné à sa nature.” .ü) Conféren°e donnée par M.J.-H.Bessette, instituteur, devant l’Association des Instituteurs de Québec, en juin 1930.Depuis cette date, M.Bessette a été nommé inspecteur d’écoles, juste promotion méritée par des succès remarqués et un grand amour du travail. 296 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ainsi conçue, la notion de l’éducation a une portée trop générale pour ce qui nous occupe: elle embrasse tous les êtres de la création, et nous voulons parler ici que de l’être humain, disons mieux: de l’être humain imparfait, de l’enfant.Lui seul est susceptible de perfectionnement moral.“Quand, en effet, on parle d’éducation, lisons-nous dans la Revue Thomiste, on entend signifier quelque chose qui soit propre à l’homme; et ce qu’il y a de propre à l’homme en fait de formation, c’est bien le développement moral.Le développement purement physique lui est commun avec les plantes et les animaux, le développement des facultés sensitives lui est commun avec les animaux, mais ce qui lui est absolument propre, c’est la possibilité de développer certaines facultés supérieures, comme l’intelligence et la volonté.Le développement de ces facultés supérieures de l’homme, voilà précisément le but de l’éducation; et tout le reste n’a d’importance et n’est développé par l’éducation qu’en vue de ce but supérieur.La vie organique, la vie sensitive, doivent certes être surveillées et développées, mais en vue de la formation morale, et c’est précisément à cause de celle-ci que celles-là entrent pour une grande part dans l’éducation.” NÉCESSITÉ DE L’ÉDUCATION POUR L’HOMME Aussi, de toute nécessité et plus qu’aucun autre être créé, l’être humain sollicite l’éducation.Une comparaison empruntée au règne animal expliquera cet énoncé tout en lui servant de preuve.Prenons par exemple l’abeille.A peine est-elle devenue insecte parfait que nous la voyons voler et butiner, puis revenir à la ruche et y rester dans l’ordre commun du travail; il lui a suffi de naître et de grandir.On pourrait en dire autant des autres animaux, qui connaissent naturellement ce qui leur est utile ou nuisible.La brebis s’affole, prend peur devant le loup parce que sa nature l’avertit que celui-ci est son plus terrible ennemi.Certains autres animaux, comme le cheval, la vache, pour ne nommer que ceux-là, savent distinguer les herbes médécinales appropriées à leurs besoins, et que sais-je encore ?D’où vient cela ?C’est que l’animal, par sa seule naissance reçoit des instincts infaillibles par où il trouve sans tâtonnement les moyens d’arriver à la fin de sa nature.Il n’en est pas ainsi de l’homme; chez lui les instincts naturels ne sont pas infaillibles.Sans doute que sa nature est en substance complète dès qu’il met le pied en ce monde, mais, si on fait exception pour nos premiers parents, jamais on n’a vu ni entendu parler d’un enfant naissant dont les puissances directrices étaient immédiatement disposées à la connaissance particulière des nécessités de la vie, ou à la poursuite déterminée des biens utiles.Ce n’est que lentement-la nature procède toujours ainsi—après des années d’efforts et de contraintes, à travers les mille vagissements de son être qu’il parvient à se constituer responsable.Pendant toute cette période pénible du développement, la semence humaine s’élabore.On voit d’abord apparaître l’être vivant, puis ce sont les pleurs et les sourires; c’est alors qu’il se constitue en être émotionnel; bientôt l’on assiste à l’éclosion de sa pensée, à l’éveil de sa conscience et voilà qu’un beau jour, plein de sève et resplendissant de vie, l’enfant se détache comme un fruit mûr de l’arbre familial; il a conquis son autonomie; il est devenu responsable.Comme nous venons de le voir, le développement moral de l’homme exige de toute nécessité une surveillance attentive et une culture minutieuse; bref l’éducation lui est nécessaire.D’autre part, il n’est pas d’âge mieux adapté que celui de l’enfance pour recevoir les enseignements de la science et les inspirations de la vertu.L’enfant, dit gracieusement saint Thomas, est une cire molle que sa plasticité rend susceptible de prendre toutes les formes qu’on veut bien lui donner; il ressemble à cet arbrisseau flexible que l’horticulteur ploie, émonde et dirige à son gré.” NATURE DE L’ÉDUCATION Mais qu’est-ce donc que l’éducation ?Laissons à Mgr Dupanloup le soin de répondre à la question posée.Aucune voix ne me semble plus autorisée que la sienne pour nous préciser en quoi consiste cette grande et noble tâche de faire resplendir dans l’homme l’image de Dieu.Prêtons bien l’oreille: “Cultiver, exercer, développer, fortifier et polir les facultés physiques, intellectuelles, morales et religieuses qui constituent dans l’enfant la nature et la dignité humaine; donner à ces facultés leur parfaite intégrité; les établir dans la plénitude de leur puissance et de leur action; par là former l’homme et le préparer à servir sa patrie dans les diverses fonctions sociales qu’il sera appelé un jour à remplir, pendant sa vie sur la terre; et ainsi, dans une pensée plus haute, préparer l’éternelle vie, en élevant la vie présente: telle est l’œuvre de l’éducation.” Ainsi qu’on a pu s’en rendre compte: l’éducation, c’est l’action qui opère, dans l’enfant, le développement harmonique et complet de ses facultés dans l’ordre naturel et dans l’ordre surnaturel.Ici, je dois déclarer que jamais je n’ai mieux saisi toute la portée de cette règle formulée par le même auteur en disant: “Ce que le maître fait par lui-même est peu de chose; ce qu’il fait faire par l’élève est tout.Quiconque n’a pas entendu cela n’a rien compris à l’œuvre de l’éducation”.Cette sentence d’un des plus grands écrivains pédagogiques du XIXe siècle est bien de nature à nous faire réfléchir sérieusement.Car, ne l’oublions pas, Messieurs, l’éducation ne consiste pas à comprimer l’intelligence de l’enfant et à renfermer sa volonté dans un cercle de formules imposées.Elle consiste avant tout et par-dessus tout, dans la formation et la discipüne de l’esprit et du cœur. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 297 Aussi bien le maître pourrait être en possession des meilleures méthodes, si ses efforts n’aboutissent pas à éveiller et à développer la personnalité de l’enfant; s’ils se bornent, par exemple, à bourrer le crâne de son disciple des différentes spécialités du programme d’études, sans trop s’inquiéter si son intelligence à gagné en étendue, en force, en activité naturelle, l’éducation même de cette faculté ne serait pas faite; cet emmagasinement de connaissances serait tout au plus une instruction vulgaire et en quelque sorte passive; vainement “on chercherait là cette grande et belle oeuvre du perfectionnement qui se nomme l’éducation.A tout événement l’enfant pourrait être “Instruit”, il ne serait pas “élevé”.L’éducation même de l’intelligence serait en défaut.” “N’est-ce pas, écrit à ce propos Mgr Dupanloup, le vice déplorable de tant d’éducations fausses, de tant d’éducations menteuses, qui ont l’air de se faire et ne se font point ?” N’est-ce pas, pouvons-nous dire à notre tour, le défaut profond de tous ces programmes à haute pression, contre lesquels nous nous heurtons trop souvent ?Le principe si rationnel de Rollin: “L’enfant apprend assez vite, s’il apprend bien”, aurait-il perdu de sa force?Je réponds, non; il garde toujours son actualité.Et je m’explique mal comment il se fait qu’on cherche tant parfois à donner aux enfants un développement exagéré, dont ils ne sont capables qu’aux dépens de l’intégrité naturelle et de la force de leurs facultés: “petits prodiges à quinze ans et vrais sots toute leur vie,” écrivait autrefois madame de Sévigné.Est-il besoin d’ajouter après cela que, pour parvenir à ce but l’éducation doit cultiver et exercer l’intelligence et la volonté ?Elle cultive, c’est la mission redoutable de l’éducateur.Elle exerce, c’est la part nécessaire de l’élève.Dans l’accomplissement de sa noble mais délicate mission, l’éducateur ne procédera jamais avec trop de méthode, ni trop de soin; mais l’important pour lui, ce qui surpasse tout le reste, c’est de provoquer et soutenir sans cesse l’initiative des élèves, pour leur permettre de développer leur personnalité; il s’emploiera donc à faire entrer délibérément et d’un cœur léger ses élèves dans le sentier du travail et de l’application personnelle: travail de l’esprit, qui forme en eux le jugement, le goût, le raisonnement, la mémoire, l’imagination; travail du cœur, de la volonté, de la conscience, qui forme le caractère, fait naître les penchants honnêtes, les habitudes vertueuses.L’éducation est tout à la fois culture et exercice, enseignement et étude; à ces conditions seules, elle forme l’enfant.(à suivre).J.-H.Bessette, Inspecteur d’Écoles.UNE ŒUVRE D’ÉDUCATION L’École normale classico-ménagère de Saint-Pascal (l) II SON PERFECTIONNEMENT L’heure est venue de donner au plan conçu par les initiateurs son plein développement.L’en seignement ménager a pénétré dans les masses, y a germé, un dernier effort lui reste à faire pour parvenir à maturité.Or, si le ciel la favorise, l’École de Saint-Pascal réalisera dans un avenir prochain cette deuxième partie de son oeuvre: la “Spécialisation”, c’est-à-dire des cours exclusifs d’art ménager.De même qu’il a fallu une École normale primaire classico-ménagère pour préparer des maîtresses à donner l’enseignement général doublé d’enseignement ménager, de même il faut une Ecole normale ménagère pour former des maîtresses capable de donner cette spécialisation.On ne s’improvise pas professeur d’enseignement ménager pas plus qu’on ne pourrait, sans étude spéciale, s’improviser professeur de mathématiques ou de chimie agricole.“La formation pédagogique confère non seulement la science mais surtout la méthode.Il ne suffit pas de savoir ce qu’il fa,ut dire et ce qu’il faut faire, il faut aussi savoir comment le dire et comment le faire.” Cette vérité d ordre pédagogique s’applique avec non moins de force à l’enseignement ménager qu’à l’enseignement général.Or, ces principes, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique les concevait quand i] permit à l’École normale classico-ménagère de s’annexer une section Normale ménagère.L’Ecole normale ménagère de Saint-Pascal comprendra un double cours tendant à favoriser: _ ,a- des professeurs d’enseignement ménager et une élite de jeunes filles parfaitement préparées a faire le bonheur des foyers; (1) Voir \’Enseignement primaire de décembre, 1930.2 298 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (Ce cours co-existant depuis 1913 avec l’École normale primaire classico-ménagère demande aujourd’hui à prendre plus d’extension.) b.des aides familiales, soit pour la cuisine, le ménage, la confection, etc.Pourquoi la femme au foyer n’aurait-elle pas, comme le professionnel à son bureau, des aides sur qui elle puisse se reposer de sa besogne encombrante ?Pourquoi n’y aurait-il pas un apprentissage pour l’aide ménagère comme pour la garde-malade ?Pourquoi n’atteindrait-elle pas le prestige et la compétence de l’autre ?Ces services ne se valent-ils pas ?Ce cours pratique ménager ne sera viable qu’en autant qu’il se greffera sur un cours normal ménager déjà existant.Qui pourrait bénéficier de ce cours?1.Les jeunes filles qui ont complété leurs études.La nouvelle école leur réserve un cours scientifique et pratique tendant à les rendre habiles dans la direction et l’accomplissement des travaux du foyer.2.Les jeunes filles de 13 ans et au-dessus qui, pour une raison ou une autre, n’ont pu faire un cours d’études et qui désirent avoir une bonne formation ménagère.Celles-là seront initiées à tous les travaux de l’intérieur et pourront se spécialiser selon leurs aptitudes, soit dans l’art culinaire, soit dans la coupe et la confection, etc.3.Les mères de familles surchargées d’ouvrage.Celles- là trouveront dans leurs jeunes filles parfaitement entraînées aux travaux domestiques, ou da ns des aides-ménagères étrangères, des secours qui allégeront leur tâche.Le programme développé à la campagne aura encore une teinte agricole et sera de nature à prémunir les enfants contre le mirage des villes.Le projet à l’étude est donc d’annexer à l’École normale primaire (classico-ménagère) une école Normale Ménagère avec deux sections exclusivement ménagères.* * * LES TABLEAUX DE MADAME MACDONALD Sur le “Mécanisme des Organes de la Parole” Les tableaux “Mécanisme des Organes de la parole” publiés l’an dernier par Madame Marie Macdonald et qui ont reçu l’approbation du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, ont été distribués par M.le Surintendant dans toutes les écoles normales de la Province.Ces tableaux sont très favorablement appréciés dans ces maisons de formation professionnelle.L’œuvre vraiment pédagogique de Madame Macdonald mérite bon accueil.La méthode préconisée par cet auteur est unique en son genre et des plus rationnelles.Mme Macdonald vient de publier une brochure intitulée: Méthode à suivre dans Venseignement des tableaux uMécanisme des Organes de la Parole,” dont nous détachons le chapitre qui suit: POURQUOI LES TABLEAUX “MÉCANISME DES ORGANES DE LA PAROLE” PAR MADAME MARIE MACDONALD SONT TRES AVANTAGEUX A LA FORMATION DE LA PRONONCIATION FRANÇAISE 1.Ils sont présentés sous une forme extrêmement simple et facile à saisir, même s’ils sont placés à une certaine distance des élèves.2.Ils s’adressent à la vue et à l’imagination de l’enfant : facultés le plus en activité à cet âge.3.Au moyen des photographie», ils donnent exactement la position de chacun des organes de la parole pour chaque voyelle, assurant par là la plus précieuse des qualités de la prononciation: la pureté du son.4.De même encore, grâce aux photographies, les tableaux exercent l’élève à la gymnastique buccale, si nécessaire pour enrayer le mal des “bouches molles”.Et ce qui est plus avantageux encore, à cause de la gravure, cette gymnastique fait empreinte dans l’imagination de l’enfant, de sorte qu’à son insu le travail d’assimilation se prolonge bien au-delà de la leçon donnée.5.La langue française, pour être bien parlée, exige non seulement la pureté et la fermeté du son, mais encore le juste degré de hauteur de voix de ce même son.Le petit diagramme du tableau illustre clairement ce juste degré de hauteur de voix à donner aux différentes voyelles.Par là même aussi, il commence l’éducation de l’oreille et prépare l’élève à éviter dans son langage et surtout dans sa lecture le défaut appelé “monotonie”, défaut si général dans les classes de jeunes élèves, et pourtant si désagréable à constater. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 299 6.Les tableaux “Mécanisme des Organes de la Parole” épargnent au professeur le temps et la peine de revenir maintes fois sur les mêmes explications.Les élèves les ayant constamment soul les yeux, n’ayant qu’à en observer la gravure, saisissent en un instant, la manière de prononcer le son.De plus, grâce au petit diagramme illustré à chaque tableau, les élèves comprennent vite aussi quelle intonation il convient de donner à ce même son, Ce travail personnel de l’élève, le professeur sans l’aide des tableaux ne l’accomplirait que péniblement, et avec bien moins de chance de succès.7.Les tableaux enseignés à l’école à l’âge où l’enfant est très susceptible de recevoir la formation de bonnes habitudes, font que l’étude du langage devient pour lui l’objet d’un travail de chaque instant, travail qu’il aime parce qu’il y trouve à mesure qu’il grandit une beauté, une joie.De cette joie à l’enthousiasme, disons mieux, à l’orgueil, à la fierté qu’on peut appeler patriotique il n’y a qu’un pas.Ce pas, l’enfant, le jeune homme le franchira en mettant durant sa vie entière, dans son langage, cette allure de netteté, de distinction, qui fait qu’on reconnaît bien vite une personne dont l’intelligence et le goût ont été soigneusement cultivés.8.Enfin, chaque tableau “Mécanisme des Organes de la Parole” offrant dans les vingt-quatre mots en colonne, et dans les trois phrases citées, une série d’exercices choisis, adaptés à chaque voyelle, offre par là même le perfectionnement de toute étude sérieuse qui est de joindre à la théorie la pratique.Ce perfectionnement de la prononciation française par l’étude des tableaux “Mécanisme des Organes de la Parole” est accessible à tous les âges.1.A l’enfant qui fait ses premières études et qui forme ses premières habitudes de langage.2.A l’adolescent qui aurait pu contracter des défauts de prononciation qui se seraient enracinés avec le temps.3.Enfin à toute personne qui désire se perfectionner dans l’art de la parole.Donc, rien ne manque à ces tableaux de ce qui est requis pour obtenir un travail sûr et fructueux dans la prononciation.Nous pourrions même dire que ce simple morceau de carton mesurant 19” x 24” qu’est chaque tableau de la série se trouve être le résumé, la base fondamentale de tout l’art si difficile de la parole.Marie Macdonald, 1284, rue Saint-Denis, Montréal.De l’Opéra de Paris.LA MAITRESSE D’ECOLE D’AUTREFOIS Si cette silhouette se dresse parmi nos souvenirs d’enfance avec la rigueur d’un premier châtiment corporel, l’horreur d’un pensum sans mesure ou la rigidité d’une férule sans repos, ne la condamnons pas trop vite, surtout n’allons pas généraliser! Quelques-uns peuvent peut-être dire avec moi: “Ce que j\ i eu à l’école en coups de bâtons, je ne l’ai pas toujours volé.” Que ceux qui sont sans tache scolaire nous jettent la première pierre! Il y a sans doute des institutrices aux regards scrutateurs de policier, aux traits durs de geôlier, qui ont mis de l’amertume dans mes souvenirs de la petite école et qui ont démontré avec trop d’ardeur peut-être que la crainte est le commencement de la sagesse; mais ce n’est pas là le type qui m’intéresse.La silhouette de la maîtresse d’école est surtout évocatrice de cet être au dévouement sans bornes, à la patience inlassable, à la sérénité douce et conquérante, à l’esprit de justice tempéré de clémence, qui a pris nos âmes au sortir du foyer pour leur imprimer le sceau des vertus civiques et religieuses.Je salue avec vénération les institutrices de mon enfance, celles d’il y a un quart de siècle parce que, sous des dehors modestes, elles incarnaient tous les dévouements et toutes les énergies de la race, la robustesse de nos traditions rurales, et parce qu’elles savaient se prémunir contre les caprices de la mode et les futilités du siècle.Leur traitement annuel, bien souvent inférieur à cent piastres, se trouvait accru de la considération, des bons offices et des gratuités de toutes sortes dont elles étaient l’objet.Elles logeaient généralement à peu de frais dans une famille du voisinage où elles apportaient leur nourriture.Les gens du canton, pleins d’égard pour leur maîtresse d’école, appréciaient l’honneur de la conduire gracieusement à l’église et de lui offrir une place de banc dans la nef.L institutrice participait à tous les bienfaits de la vie sociale de l’arrondissement.Les cultiva- 300 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE teurs qui faisaient boucherie lui portaient un petit morceau de viande fraîche.Elle recevait souvent, et toujours à titre gracieux, des fruits, des légumes, des fleurs, des gâteaux, du beurre et des créions.Il n’y avait pas une noce, une fête de famille où elle ne fut invitée.Consultée sur le cérémonial à observer, elle composait de plus les adresses ou compliments que les enfants lisaient avec émotion dans les fêtes de haut ton.On lui.apportait, pour les faire traduire, les lettres anglaises, et, pour les faire déchiffrer, les lettres mal écrites.On prenait même un malin plaisir à lui soumettre des problèmes d’arithmétique réputés difficiles.Bien des jeunes gens timides lui demandaient un brouillon pour leurs lettres d’amour, surtout lorsqu’il s’agissait de faire la grand’demande.Elles savaient tourner de belles lettres qui ne sentaient pas la facture, pour ceux qui voulaient percevoir les paiements des comptes négligés.On m’a raconté qu’une vieille fermière ne confiait jamais sa correspondance à une institutrice sans lui imposer en post-scriptum cette formule de l’ancien temps: “Excusez l’écriture.” L’institutrice s’exécutait de bonne grâce.Dans nos hameaux où l’instruction, tout en étant assez générale n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui, on appréciait si hautement le savoir des institutrices qu’on ne voyait pas de plus beau compliment à décerner à quelqu’un, que de lui dire: “Il est savant comme une maîtresse d’école.” C’est avec le Psautier que nous étions initiés à la lecture du latin, cependant que le Devoir du Chrétien et le Manuscrit nous fournissaient la matière de lectures françaises.L’école n’offrait pas le confort des institutions modernes.Des bancs souvent sans dossier nous servaient de sièges, des fenêtres étroites nous livraient parcimonieusement la lumière; le poêle, l’hiver, ne luttait pas toujours victorieusement contre les vents du dehors.Pour répondre aux exigences spontanées de la nature, les enfants rencontraient plus d’obstacles qu’aujourd’hui, surtout pendant la saison rigoureuse.Ce qui n’empêchait pas encore certaines institutrices de vouloir restreindre les sorties d’urgence par l’imposition d’une pénalité de quelques bons points.Dès le jeune âge, à la petite école, nous étions entraînés à toutes les formes d’obéissance et de sacrifice.Je ne place pas parmi les moindres épreuves la préférence accordée par certaines maîtresses d’école aux petites filles que nous accusions “de faire leurs coups en-dessous” et d’être des licheuses! Nous avons dû réformer ce jugement avec l’expérience acquise en vieillissant.Honneur à ces institutrices qui ont discipliné nos caractères fougueux, qui ont aiguillé dans la bonne voie nos facultés intellectuelles et morales en éveil; honneur à elles qui, par leur dévouement et leur travail incessant, ont su maintenir dans nos campagnes ces foyers d’éducation où tant de vocations supérieures ont germé.Honneur à elles qui, renonçant aux charmes de la vie conjugale (charmes peut-être pas indiscutables, se sont fait une carrière de l’enseignement et qui ont vu les enfants de deux générations se succéder à leur école ! L’expérience les a encore bonifiées et leur a permis d’agir plus efficacement pour l’orientation des jeunes vers les sphères supérieures de l’activité intellectuelle, civile ou religieuse.On dirait, aujourd’hui, que les attentions touchantes et les gratuités dont les maîtresses d’école d’autrefois étaient l’objet ont diminué en proportion de l’indépendance que confère à l’institutrice une situation plus lucrative.Souhaitons cependant que, s’inspirant de leurs devancières, nos institutrices modernes continuent de maintenir vivaces les traditions religieuses de la race, la douce parlure de nos aïeux et l’attachement au sol canadien, instrument fondamental de notre prospérité matérielle, morale et, sociale.Saluons en nos institutrices les auxiliaires les plus nécessaires du foyer et de l’autel, les continuatrices de l’œuvre de formation civile et religieuse entreprise par nos mères canadiennes, et les plus beaux modèles de l’apostolat laïque.Georges Bouchard, M.P., Membre de la Société Royale du Canada.(Vieilles choses et vieilles gens) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 301 DOCUMENTS OFFICIELS RAPPORT DU SURINTENDANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Département de l’Instruction Publique Québec, le 10 novembre, 1930.L’honorable L.-Athanase David, Secrétaire de la province, Québec.Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous soumettre mon rapport pour l’année scolaire terminée le 30 juin 1930.COMITÉ PROTESTANT u: Vides nombreux dans nos rangs et dans ceux de son personnel Cette année, c’est le Comité protestant du Conseil de l’Instruction publique qui a été particulièrement éprouvé; en effet, il n’a pas été épargnéj La mort a fauché largement parmi les siens, lui enlevant coup sur coup, presque à la même époque, trois membres distingués : le 27 avril dernier, le révérend A.-T.Love, un des anciens; sa nomination remontait au 20 mai 1892; Irois jours après, Mtre Eugène Lafleur, un jurisconsulte éninent, dont la disparition a provoqué des regrets universels; enfin, M.Ceorges-F.Calder, un plus modeste, mais non moins dévoué membre.Tous ont rendu en maintes circonstances de bons services à la cause de l’éducation et acquis ainsi de justes titres à la reconnaissance publique qui, je n’en ai aucun doute, conservera toujours fidèlement leur mémoire.Son personnel, dans mon Département, n’a pas été moins affecté.Le premier à payer son tribut à l’impitoyable moissonneuse fut M.Charles McBurney, officier spécial depuis neuf ans.Il tomba foudroyé vers le milieu du mois de janvier, alors qu’il avait repris sa tâche avec ardeur dans l’accomplissement des importants devoirs de sa lourde charge: l’inspection des écoles supérieures (high Schools).En éducateur de carrière, un employé compétent est disparu : sur sa tombe à peine fermée, nous déposons de nouveau avec nos regrets le témoignage ému de notre sincère admiration.M.M.-C.Woodley, de l’École Argyle, Westmount, a recueilli cette belle succession.Il maintiendra la bonne réputation dont il a toujours joui et réalisera ainsi les espoirs que nous fondons sur lui.DR SAMPSON-PAUE ROBINS Je manquerais gravement à mon devoir, il me semble, si je ne rappelais point aujourd’hui le décès du Dr Sampson-Paul Robins, pionnier, plus particulièrement chez nous, dans la carrière de 1 enseignement, arrivé le 7 février 1930, à Montréal, à l’âge avancé de quatre-vingt-dix-sept ans.Professeur en 1857 à l’Ecole normale de l’Université McGill, il en devint le principal en 1883, poste qu’il occupa à la satisfaction générale jusqu’en 1907, époque à laquelle cette institution fut 302 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mise sous le contrôle du Collège MacDonald, à Sainte-Anne-de-Bellevue.C’est dire qu’il a pratiquement formé pour la population protestante tous ses professeurs actuels.Il prit alors sa retraite, sans rompre toutefois aucune de ses relations.Aussi, lorsqu’il apparaissait à une réunion, était-il toujours l’objet du plus sympathique accueil.Il est mort entouré de respect et de vénération.C’est une grande, une noble figure dont nous ne reverrons plus les traits, mais elle restera légendaire et exercera encore une bienfaisante influence.RETRAITE DU DR G.-W.PARMELEE Le secrétaire anglais du Département de l’Instruction publique et le secrétaire du Comité protestant depuis près de quarante ans dans cette Province, M.G.-W.Parmelee, nous avait laissé entendre, il y a déjà quelque temps, qu’il prendrait bientôt sa retraite.Nous étions donc prévenu; cependant, lorsque l’événement se produisit en septembre dernier, il provoqua une forte commotion.On n’est réellement jamais prêt à supporter le choc d’une cruelle séparation.Et puis, une vacance difficile à remplir était créée.Officier d’un commerce agréable, aviseur sage, collaborateur précieux, il était, en un mot, un auxiliaire sur lequel on pouvait toujours se reposer avec une parfaite sécurité.Il a en outre contribué fortement, par sa largeur d’esprit, au maintien, au développement de la bonne entente, de l’entente cordiale entre les deux races dominantes du pays.Il a droit à un pareil témoignage et je suis heureux de le lui rendre avec le plus prompt empressement.Le Gouvernement de cette Province m’a précédé dans cette voie en le nommant membre du Comité protestant.Ainsi, nous ne le perdons pas complètement et il pourra nous prêter encore et souvent le précieux concours de sa vaste expérience.Que ses jours soient longs et heureux ! DR W.-P.PERCIVAL Secrétaire anglais actuel du Département de V Instruction publique L’ancien secrétaire anglais du Département ne fut pas indifférent au choix de son remplaçant.Il s’y intéressa, au contraire, et nous lui sommes redevable pour une large part de l’acquisition précieuse que nous avons faite dans la personne du Dr W.-P.Percival qui a recueilli une si lourde succession.Le nouveau secrétaire a déjà une belle carrière à son crédit.Né en Angleterre, il ne reçut point là sa forte culture, mais ici, dans une université canadienne, à McGill, dont il a décroché les diplômes les plus convoités, auxquels il ajouta un Doctorat de l’Eniversité Columbia.Après avoir été principal au High School de Cowansville, il devint professeur au Collège Macdonald, puis, devenu Docteur en pédagogie à la suite de brillantes études, il fut chargé d’un cours important à l’École normale d’Indiana, État de Pensylvanie, où il enseignait encore lorsque lui fut offerte la position qu’il occupe actuellement.Il débute sous les plus beaux auspices.Nous formons des vœux pour qu’il soit non seulement un successeur, mais un continuateur.M.J.-C.SUTHERLAND M.J.-C.Sutherland, inspecteur général, a été nommé en même temps assistant-secrétaire anglais, avec mission de surveiller d’une manière particulière la centralisation des écoles protestantes dans les municipalités sous son contrôle.La promotion de ce sympathique ami était certes méritée sous tous rapports et je m’en réjouis, encore une fois, très sincèrement.MUCICIPALITÉS SCOLAIRES Le 30 juin 1929, le nombre des municipalités scolaires dans la Province de Québec était comme suit: , ., 1,461 municipalités scolaires catholiques; 353 municipalités scolaires protestantes.Dans le cours de l'année 1929-30, il y a eu onze municipalités scolaires d’érigées,^ dont huit pour les catholiques et trois pour les protestants, ce qui fait un total de 1,825 municipalités scolaires réparties comme suit: 1,469 municipalités scolaires catholiques ; 356 municipalités scolaires protestantes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 303 MAISONS D’ÉCOLES CONSTRUITES OU REPAREES, EN 1929-30, D’APRÈS LES PLANS ET DEVIS APPROUVÉS PAR LE DÉPARTEMENT DE l’instruction PUBLIQUE.COMTÉS municipalités Catholiques municipalités Protestantes Numbre de maisons Dépenses Numbre de maisons Dépenses Abitibi 5 $7,011 Argenteuil ii $ 12,747 ii 8,997 Beauce 9 15,191 i 37 Beauharnois 1 1,900 i 290 6 8,728 Berthier 14 17^029 Bonaventure 7 7,197 2 5,560 1 2,496 Chambly 3 46,629 4 46,100 12 15,989 Châteauguay 5 875 Chicoutimi 15 297,760 Compton 4 27,622 24 1,575 Deux-Montagnes 1 300 1 125 Dorchester 11 17,096 1 5 Drummond 5 7,263 1 353 Frontenac 19 17,923 2 54 Gaspe 3 6,285 4 6,018 Hull 6 17,685 10 3,250 Huntingdon 4 4,590 6 2,630 Iberville 3 4,750 Iles-de-la-Madeleine 2 2,371 Jacques Cartier (Verdun) 1 140,000 1 42,150 Joliette 6 33,476 Kamouraska 4 7,387 Labelle 7 10,752 Lac St-John 23 160,738 i 14,000 Laprairie & Napierville 3 5,143 L’Assomption 1 1,300 Laval i 606 Levis 3 4,318 1 17 LTslet 8 5,572 Lotbiniere 9 28,769 Maskinonge 3 3,985 Matane 9 24,355 Matapedia 3 18,383 Megan tic 7 14,641 7 354 Missisquoi 2 4,950 Montcalm 1 2,457 1 2il Montmagny 8 88,421 Montmorency 2 53,600 Montreal, cité 6 293,714 Nicolet 7 8,445 Papineau 16 14,171 7 450 Pontiac 9 7,682 13 6,300 Portneuf 8 43,863 2 63 Quebec, cité 1 (1) 364,974 Quebec, comté 5 9,670 6 605 Richelieu 2 3,784 Richmond 2 1,893 10 690 Rimouski 11 53,414 Rouville 2 87 Shefford 1 607 Sherbrooke 6 1,917 Soulanges 1 12,500 Stanstead 1 1,150 15 34,339 St-Hvacinthe 1 14 St-John 2 85,330 St-Maurice 4 161,228 T emiscamingue 6 7,287 Temiscouata 8 10,632 Terrebonne 1 15,000 5 666 Trois Rivières, cité Vaudreuil 1 2 Vercheres 4 32,700 1 15,000 Westmount Wolfe 7 13,371 3 272 Yamaska 5 11,809 Totals 350 2,295,754 159 197,891 (1) Dont $82,969 pour achats de propriété. 304 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE NOS ÉCOLES NORMALES Ces institutions sont toujours l’objet de notre vive sollicitude.L’axiome, “tant vaut le maître tant vaut l’élève”, est notre inspirateur continuel.Des régions importantes en sollicitaient l’ouverture depuis longtemps.Grâce à votre sympathique attention, Beauceville (Beauce), Saint-Jérôme (Terrebonne), Mont-Laurier (Labelle), Roberval (Lac-Saint-Jean), Gaspé, Sherbrooke, en sont maintenant pourvus.La région du Témiscamingue de même que celle de l’Abitibi auront bientôt^la leur.L’École normale Laval des filles est entrée au commencement de l’année scolaire dans son nouvel immeuble, situé à quelques pas du magnifique parc des champs de bataille.Il fait honneur à celles qui, depuis le 15 septembre 1857, en ont la direction.Leur mère, la vénérable Marie de l’Incarnation, ne les désavouera pas; elle a été si heureuse de leur conduite.Leur forte contribution à son œuvre de prédilection, la formation morale et intellectuelle de la jeune fille, pierre angulaire de la famille et de la société, rempart de la race, en assure la pérennité, et, désormais, ses nobles filles vont poursuivre cette œuvre au milieu de nous encore plus efficacement pour le grand avantage de notre population.Les écoles normales augmentent en nombre, elles augnentent aussi en valeur.Leur rendement est bon, il sera meilleur dans un avenir prochain.Au nombre de dix-neuf, elles remplissent la mission qui leur a été confiée.Dans le rapport qu’il m’a transmis récemment, M.C.-J.Magnan, inspecteur général de ces importantes maisons, mentionne les faits suivants: En 1914-15, il n’y avait dans l’enseignement chez les catholiques que 905 institutrices ayant obtenu le brevet dans une école normale; en 1928-29 il y en a 1,761 et 40% des instituteurs laïques sont dans la même situation.Grâce à la subvention spéciale que le Gouvernement accorde aux commissions scolaires rurales qui engagent un instituteur porteur d’un brevet obtenu dans une école normale, en 1929-30, 59 commissions scolaires, réparties dans 35 comtés, ont pu profiter d’un tel avantage.QUATRIÈME ANNEE DANS LES ÉCOLES NORMALES La nécessité d'une solide formation pédagogique pour notre personnel enseignant se fait sentir davantage de jour en jour.L’on compte dans la province près de 200 institutions où existent les classes de 9e, 10e et lie années.Il faut des instituteurs et des institutrices compétents pour diriger ces classes.A cette fin et dans le but de créer une élite parmi les normaliennes, sept écoles de filles ont inauguré le cours complémentaire ou cours de la quatrième année.Ce sont les écoles normales des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, à Montréal, Sherbrooke et Saint-Pascal; de la Présentation, à Saint-Hyacinthe; de l’Assomption, à Nicolet; de Sainte-Croix, à Mont-Laurier et des Ursulines, aux Trois-R;ivières.L’an prochain, plusieurs autres écoles normales auront cette quatrième année, couronnée par un brevet spécial, soit que l’élève suive la section scientifique générale ou la section normale-ménagère.En outre, cinq écoles normales maintiennent chez elles une section anglaise.Elles délivrent chaque année des brevets bilingues et l’élève-maîtresse ne peut recevoir, en vertu de nos règlements, un diplôme français, sans avoir obtenu 33% sur les matières de la langue anglaise.Aussi, est-ce avec satisfaction que j’ai appris par les rapports de MM.les principaux de ces écoles, pour l’année courante, que 28 de leurs élèves avaient obtenu le brevet supplémentaire qui est accordé à la fin de la quatrième année d’études.Je les en félicite cordialement.Je ne puis m’empêcher de constater que les jeunes filles ont pris les devants sur ce terrain.Je ne veux point les tenir à l’arrière, mais il me semble que ce sont les futurs instituteurs qui ont surtout besoin de s’outiller fortement pour l’avenir, puisque demain ils seront appelés à remplir les importantes fonctions d’inspecteurs d’écoles ou de professeurs dans nos écoles normales.UNE SUGGESTION Et l’heure n’est-elle pas opportune pour le Comité catholique de décréter qu’à l’avenir, disons de l’année 1935, par exemple, personne ne pourra devenir inspecteur d’écoles ou professeur dans une école normale, à moins d’être muni d’un brevet supplémentaire ou de 4e année?Ce serait une légitime compensation pour ceux qui ne reculent devant aucun sacrifice afin d’avancer dans la voie du perfectionnement.SALAIRE DE L’INSTITUTRICE RURALE Néanmoins, le salaire de l’institutrice s’élève toujours lentement, très lentement, trop lentement.Il faut bien se rendre à l’évidence.De l’habileté de l’ouvrier dépend la valeur de son travail; de la compétence de l’institutrice, le succès de son œuvre.La mission de la petite institutrice L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 305 rurale requiert aujourd’hui énormément de savoir-faire pédagogique, j’oserais même dire plus de compétence que celle des institutrices de nos grandes écoles de villes où chaque titulaire n’a à s’occuper que d’une division, où l’outillage est beaucoup plus complet et où l’enseignement est constamment surveillé, dirigé et contrôlé par un principal ou une supérieure d’expérience.L’institutrice rurale, au contraire, a parfois à conduire de front jusqu’à six classes différentes.En dehors des visites de l’inspecteur, elle ne doit prendre conseil que d’elle-même et cependant ses responsabilités sont d’une extrême importance tant au point de vue social qu’économique.Le rôle qu’elle doit remplir, sous peine d’être accusée d’avoir failh à sa mission, c’est non seulement de meubler, selon les exigences du programme officiel, l’intelligence des petits paysans et villageois qui lui sont confiés, mais d’enrayer cet exode contre lequel se sont levées en vain toutes les autorités de cette province et qui draine nos campagnes vers les villes.On ne se fait aucune idée, en certains milieux, de la difficulté de sa tâche.Et que lui donne-t-on en retour?une maigre compensation.N’est-il pas temps que cette situation cesse, si l’on veut trouver des institutrices capables de développer une mentalité terrienne, en dépit de tous les courants qui s’y opposent et d’arrêter ce mouvement redoutable vers les grands centres?Oui, il faut que nos petites institutrices rurales, pour être à la hauteur de leur tâche, possèdent non moins de formation, de psychologie, de dévouement, que les professeurs de nos grandes institutions dans les centres urbains.Il y a déjà de ces bonnes institutrices; il y en aurait un plus grand nombre, si les commissions scolaires appréciaient mieux leurs services.Cette question du salaire de nos institutrices rurales en est une vitale pour notre avenir national.Elle ne saurait être retardée longtemps.Nous avons déjà fait beaucoup pour la petite école.Ne nous arrêtons pas dans cette voie, et, par une aide substantielle, pourvo-yons-la d’une bonne institutrice.Votre concours nous est acquis, nécessaire.Vous ajouterez, j’en suis certain, à votre bel actif, et.pour me servir d’une de vos heureuses expressions, “Nous pourrons garder ainsi plus facilement à la terre ceux qui lui appartiennent”.DEUX AUTRES VACANCES Au cours de l’année, l’École normale de Saint-Jérôme a perdu son deuxième principal, M.l’abbé Henri Deslongchamps, nommé curé à Saint-Antonin, Montréal.C’est une lourde perte pour cette maison, car il était déjà très au courant de son organisation pédagogique.M.l’abbé Georges Thuot a été désigné comme son successeur.Il s’est mis résolument à la besogne et l’avenir lui réserve,de beaux succès.Et l’École normale clasico-ménagère de Saint-Pascal a aussi perdu son premier principal, M.le chanoine Alphonse Beaudet, en même temps que son fondateur.Les années pesaient lourdes sur les épaules de cet infatigable travailleur.Le succès de son œuvre de prédilection était assuré.Il aspirait légitimement à un repos mérité, et, il y a quelques mois, nous fûmes obligé de nous rendre à son désir.Il prit alors sa retraite.Én tout heu où il a été appelé, son séjour a été fructueux.Il s’est surtout intéressé à l’enseignement agricole ainsi qu’à l’enseignement ménager et, comme résultat, ces deux matières ont pris à notre avantage, en ces derniers temps, une place considérable dans nos programmes scolaires.Son nom est ajouté à la longue liste des membres de notre clergé que l’on considère avec raison nos plus insignes bienfaiteurs.Aussi, a-t-il reçu de l’Église et de l’État les appréciations les plus flatteuses.C’était la juste récompense d’une belle carrière.Que la Providence lui conserve longtemps et la santé et la vie à l’ombre du monument qu’il a élevé! M.l’abbé Joseph-Eugène Maurais, curé de Saint-Jean-de-Deschaillons, lui a succédé.Il marchera sur les traces de son digne prédécesseur et cette institution continuera certainement sa course vers les sommets.RÉORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT La réorganisation de l’inspectorat a été l’une de nos premières préoccupations.Nous la considérons essentielle au progrès de nos écoles.Une réforme sérieuse est toujours l’œuvre du temps.Celle-ci n’a pas échappé à la règle.Membres du Comité catholique, officiers supérieurs de mon Département, tous ont travaillé avec zèle à la préparation de cet intéressant projet.Vous y avez apporté votre intelligente et généreuse contribution.Il est réalisé et les premiers résultats constatés ne causent aucune déception.L’orientation de l’enseignement pour les centres ruraux ne doit pas être la même que pour les centres urbains._ Une classification des inspecteurs d’écoles s’imposait donc; elle a été créée.Il y aura à l’avenir des inspecteurs d’écoles urbaines et des inspecteurs d’écoles rurales.Les premiers seront au nombre de 7 et les seconds au nombre de 62, formant un corps de 69 inspecteurs.En outre, 8 inspecteurs dits “régionaux” auront la surveillance des 62 inspecteurs ruraux.Ceux-ci avaient une lourde tâche à remplir.11 fallait la réduire, la rendre moins onéreuse, plus facile.L’étendue de leur territoire dorénavant sera moindre et, partant, la moyenne des écoles descendra de 139 à 109 dans chaque district.3 306 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les districts ruraux ont été groupés par régions qui correspondent, autant que possible, aux divisions géographiques.Chacune de ces régions, comme nous venons de le dire, sera sous la direction d’un inspecteur supérieur, l’inspecteur régional dans lequel l’inspecteur de district trouvera un guide sûr et un conseiller immédiat.Puis, pour faire disparaître toute inquiétude, les salaires ont été sensiblement augmentés et un remboursement complet des frais de voyages a été accordé.Enfin, un congrès de ces véritables “chevilles ouvrières” a été tenu à Québec, le 7 septembre dernier, afin de les mettre au courant de la situation et stimuler, si possible, leur zèle.Pour ces raisons et avec la perspective d’une promotion, il me semble que nous pouvons escompter, sans être taxé d’un optimisme exagéré, une inspection encore plus sérieuse et, par suite, plus effective.CERTIFICAT D’ÉTUDES Nous avons probablement et heureusement avec les inspecteurs régionaux un organisme qui assure la réalisation d’un autre projet dont il est question depuis longtemps: la création du certificat d’études dans notre école primaire.Dès mon premier rapport, en 1915-16, j’attirais l’attention sur ce point; dans celui de 1927-28, j’ai ramené la question sur le tapis; aujourd’hui, je reviens encore à la charge.Je suis toujours convaincu qu’une pareille institution est fort désirable.Là où elle existe ses résultats sont excellents.Elle crée une louable émulation et chez les maîtres et chez les élèves, permet aux autorités scolaires de contrôler la compétence du personnel enseignant et aux parents de constater le travail et le succès de leurs enfants.Elle provoque au prolongement des études et facilite le passage de l’école primaire aux écoles spéciales et supérieures.Bref, c’est une sanction efficace devenue nécessaire.Elle devrait être établie pour la 6e et la 8e année en attendant qu’on puisse l’organiser pour la 9e, 10e et lie année, comme la chose existe dans les autres provinces canadiennes.Dans les pays les plus avancés de l’Europe—en France, en Allemagne—on l’exige des jeunes gens qui se présentent pour devenir apprentis dans un corps de métier quelconque.Et je n’en serais pas surpris qu’il en fût de même dans notre pays avant longtemps.Je n’en veux pour preuve que ce nouveau règlement du Ministère de la Défense Nationale qui décrète qu’à l’avenir tout soldat, pour obtenir son avancement dans l’armée, devra être porteur du certificat d’études élémentaires.Aux usines de Saint-Malo, en cette ville, on exige la même chose.Cette décision est significative et il y a lieu de s’attendre à ce qu’elle soit prochainement imitée par tous les industriels et les grands employeurs.Le jour n’est pas éloigné, peut-être, où l’on dira: Pas de certificat d’études, pas d’avancement.Nous n’avons pas de temps à perdre.Le travail est commencé, avancé; nous allons le poursuivre sans relâche afin de le terminer le plus tôt possible et que cette institution devienne définitivement permanente chez nous.ENSEIGNEMENT MÉNAGER Depuis qu’il a pris le contrôle de cet enseignement, le 1er septembre 1929, mon Département, continuateur d’une sage politique, n’a négligé aucune occasion d’en prêcher à son tour la nécessité à toutes les classes de la société et d’en assurer la diffusion dans nos principaux centres.^ Le nombre des écoles a été augmenté et chacune est maintenant munie de professeurs qualifiés par des cours, des examens, des diplômes et des certificats d’aptitudes.Présentement, nous avons 2 écoles ménagères générales, 9 écoles ménagères régionales, 5 écoles ménagères spéciales et 133 écoles ménagères locales.L’enseignement agricole et ménager se donne dans toutes ces institutions, d’après le programme officiel du département de l’Instruction publique, et conduit aux diplômes et certificats de compétence en économie domestique.Près de 30,000 jeunes filles y reçoivent ainsi une formation agricole et ménagère qui les prépare à rendre d’inappréciables services à la famille et à la société.ÉCOLES DE COUPE ET DE COUTURE L’enseignement de la coupe et de la couture nous a aussi été confié.Immédiatement sept institutrices ont été chargées par leur dévoué directeur, M.Alphonse Désilets, de remplir le programme qu’il avait tracé.Pendant l’année écoulée, elles ont donné 86 cours de coupe, dans 38 localités, à 5,058 mères de famille et jeunes filles; 359 certificats de compétence en cette matière ont été décernés à la suite de la troisième année qui se termine par un examen final.Le meilleur usage des deniers mis à notre disposition pour cette fin sera, veuillez le croire, fait et continué, car c’est un autre et sûr moyen d’améliorer les conditions de notre peuple.LE MUSÉE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Un conservateur sera bientôt désigné pour prendre charge du musée provincial.J’en suis heureux, car il me semble que la prière que j’ai maintes fois faite sera bientôt exaucée: 1 installa- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 307 tion très urgente du nôtre dans un édifice digne de sa valeur où les richesses qu’il renferme seront à l’abri de tout danger, où il continuera d’exercer une influence éducative sur les visiteurs, noblé but que se sont proposé d’atteindre et ont atteint ceux qui en ont conçu l’idée.l’ordre du mérite scolaire La remise des premières décorations de cet ordre a donné lieu à des démonstrations brillantes et touchantes, qui feront époque dans nos annales.Celles du 5 avril 1930, è l’École normale Jacques-Cartier des filles, à Montréal, et du 24 avril suivant, à l’École normale Laval des garçons, à Québec, méritent une mention particulière.Les plus hauts représentants de l’Église et de l’État, entre ^autres Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur de la Province, l’honorable H.-G.Carroll, Son Éminence le cardinal R.-M.Rouleau, archevêque de Québec, Sa Grandeur Monseigneur G.Gauthier, archevêque de Montréal, les ont rehaussées de leur présence et de leur voix autorisée, donnant ainsi une plus grande valeur au parchemin, au témoignage sincère et reconnaissant que la Province rendait par eux à de modestes, mais très bons et très précieux serviteurs.Le nombre des décorés, tant du 1er degré—429—que du 2e—269—et du 3e—37—est de sept cent trente-cinq.L’élite de notre corps enseignant avait été à la peine; elle a été à l’honneur.Elle y restera et ses rangs grossiront.Et si de pareils témoignages pouvaient développer dans le cœur de notre population un plus profond respect pour ce groupe si important, provoquer une plus vive appréciation de son inestimable concours et déterminer les commissions scolaires à lui en donner immédiatement une preuve tangible, nous aurions atteint notre objectif.Je termine ce rapport par le résumé des statistiques pour l’année 1928-29.J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Ministre, Votre obéissant serviteur, Cyrille-F.Delage, Surintendant.LA COMMISSION DE GÉOGRAPHIE DE QUEBEC Au cours de décembre dernier, la Commission de géographie de Québec a procédé à l’élection de ses officiers.M.Lionel Bergeron, secrétaire du département de l’Instruction publique, a été élu président.Le président de la Commission est M.L.Bergeron, et le secrétaire M.J.-E.Beauchamp.Voici les membres qui composent cette commission qui a pour mission de dresser la liste des noms de rivières, lacs et autres accidents géographiques et de veiller à l’orthographe française de ces noms: MM.Avila Bédard, J.-A.Bellisle, J.-L.Boulanger, Arthur Amos, Georges Côté, F.-X.Fafard, L.-P.Geoffrion, J.-A.Grenier, F.-X.Lemieux, A.Morisset, E.-D.Normandeau, G.-C.Piché, L.-A.Richard, G.Rinfret, P.-G.Roy, Charles Sa vary, Ivan-E.Vallée et G.-E.Marquis.La Commission a déjà publié trois intéressants rapports sur les Noms géographiques de la province de Québec.ORDRE DU MERITE SCOLAIRE Séance tenue à TEcole normale de Saint-Hyacinthe, le 6 décembre 1930.Le personnel enseignant du diocese de Saint-Hyacinthe a été à l’honneur le 6 décembre dernier, à 1 occasion de la remise des médailles et diplômes accordés à plusieurs instituteurs et institutrices, religieux et laïques. 308 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La réunion fut présidée par l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.S.G.Mgr Decelles, évêque de Saint-Hyacinthe honorait la séance de sa présence.Assistaient aussi Mgr P.-S.Desranleau, vicaire général et chancelier; M.le chanoine Léon Pratte, supérieur du Séminaire; M.le chanoine H.Desmarais, curé de la cathédrale; l’honorable T.-D.Bouchard, député et président de l’Assemblée législative; M.le Dr Pagé, maire de Saint-Hyacinthe; M.l’abbé Lucien Bernard, principal de l’Ecole normale; M.l’abbé J.-L.-E.Laperrière, du Séminaire de Saint-Hyacinthe; M.Lionel Bergeron, secrétaire du département de l’Instruction publique et secrétaire de la commission de l’Ordre du Mérite Scolaire; M.Alexandre Bergeron, officier du département de l’Instruction publique.M.le professeur J.-E.Faquin, plusieurs Sœurs de la Présentation ainsi que les élèves-institutrices de l’École normale assistaient à la démonstration.Avant la proclamation des méritants, M.le Surintendant adressa la parole en termes très heureux.Après avoir évoqué le passé historique de notre race au Canada, l’honorable M.Delâge dit que les laboureurs et les éducateurs, ont été avec le prêtre, les meilleurs bienfaiteurs de la nationalité canadienne-française, et rappela que les premiers, grâce à un homme d’État patriote, feu Honoré Mercier, furent mis à l’honneur par la création de l’Ordre du Mérite Agricole.“Les éducateurs devaient aussi avoir leur tour: dit M.Delâge, après le semeur de blé, le semeur d’idées.Aussi dès mon avènement au poste de Surintendant, je songeai à la création d’un Ordre qui distribuerait titres et récompenses à ceux qui se distinguent dans la carrière de l’enseignement”.Ce jour désiré est arrivé, grâce au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et à notre Gouvernement provincial, à qui le Surintendant rend hommage.“C’est grâce à ces autorités dit M.le Surintendant, que je puis récompenser aujourd’hui l’élite du personnel enseignant du diocèse de Saint-Hyacinthe”.L’honorable M.Delâge rendit aussi un respectueux hommage à Sa Grandeur Mgr Decelles, membre zélé du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et remercie l’École normale de sa bienveillante hospitalité.Après le discours du Surintendant, M.Lionel Bergeron, secrétaire de la commission de l’Ordre du Mérite Scolaire, fit connaître la loi qui a créé cet Ordre et permet de récompenser les membres du personnel enseignant qui ont persévéré et qui se sont distingués dans leur carrière.Les décorations accordées en vertu de cette loi sont de trois degrés: Méritant, Bien Méritant et très Méritant.Les qualités requises pour mériter l’un ou l’autre de ces titres sont déterminées par la loi (1).M.Bergeron proclama ensuite les méritants qui furent décorés aux applaudissements de l’auditoire.Nous publions ci-après la liste des décorés.La remise des décorations fut suivie d’une remarquable allocution de S.G.Mgr Decelles sur l’éducation chrétienne et le noble rôle de l’instituteur dans cette éducation, et de discours bien appropriés, prononcés par l’honorable M.T.-D.Bouchard et M.le maire Pagé.Les élèves de l’École normale chantèrent avec talent quelques chants du meilleur goût, et la séance se termina par un goûté gracieusement offert par le département de l’Instruction publique et préparé avec un soin exquis par la section ménagère de l’École normale.Liste des instituteurs et institutrices décorés à Saint-Hyacinthe de l’Ordre du Mérite Scolaire, le 6 décembre 1930 Diocèse de Saint-Hyacinthe 1er Degré Sœurs de la Présentation de Marie, St-Hyacinthe, P.Q.Sœurs Aimée de Marie, Saint-Sauveur, Ste-Catherine-de-Sienne, Marie-Gonzague, Saint-Pie, Marie-Caroline, Saint-Augustin, Saint-Majoric, Sainte-Thérèse, Marie-Julia, Saint-Guy, Saint-Wilfrid, Marie-Gonzaline, Sainte-Apollonie, Sainte-Hedwige, Saint-Raphaël, Saint-Hugues, Saint-Praxède, Sainte-Adélaide, Saint-Lucillien, Saint-Frédéric, de la Rédemption,des Sept-Douleurs, Saint-André, Sainte-Hélène.Sœurs de Saint-Joseph de St-Hyacinthe, St-Hyacinthe, P.Q.Sœurs Marie de l’Enfant-Jésus, des Saints-Anges, Saint-Benoit, Saint-Jean-l’Évangeliste, Saint-Thomas-d’Aquin, Sainte-Thérèse, Saint-Alphonse-de-Liguori.(1) Voir VEnseignement primaire de juin 1930, page 740. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 309 Bachand, Elmira, St-Joachim, Shefford; Beauchamp, Maria, Roxton-Falls, Shefford; Brodeur, Marie-Louise, 16, rue St-Dominique, St-Hyacinthe; Meunier, Pierre, Ste-Angèle-de-Monnoir, Rouville.2ième Degré Sœurs de la Présentation de Marie, St-Hyacinthe, P.Q.Sœurs Marie-Saint-Édouard, Marie-Saint-Donat, Marie-Saint-Jean-Damascène, Marie-Julie-de-Jésus, Hyacinthe-de-Marie.Sœurs de Saint-Joseph, St-Hyacinthe, P.Q.Sœurs Saint-Ambroise, Sainte-Lucie, Marie-Ange, Saint-Antoine-de-Padoue, Saint-André, Saint-Paul-de-la-Croix.Institut des Frères Maristes, Iberville, P.Q.Frères Josephus, Louis-Gustave, Gabriel-Marie.Frères du Sacré-Cœur 2240, rue Fullum, Montréal.Frère Eméric (Académie Girouard, St-Hyacinthe).Carreau, Blanche, Ste-Brigide, Iberville; Labonté, Marie-Zénaïde, St-Sébastien, Iberville; Lagassé, Mde J.-A., 7, Concorde, St-Hyacinthe; Loiselle, Mélina, Dunham, Missisquoi; Paquette, Noléa, St-Sébastien, Iberville; Raymond, Mde Maxime, St-Robert, Richelieu; Tétreault, Henriette, Marieville, Iberville.3ième Degré Institut des Frères Maristes, Iberville, P.Q.Frère Césidius—St-Hyacinthe, P.Q.Faquin, J.-E., Professeur École normale de St-Hyacinthe.ORDRE DU MERITE SCOLAIRE Remise des décorations aux méritants du diocèse de Valleyfield, le 14 décembre 1930 Samedi, le 14 décembre, au Pensionnat de Valleyfield, une très jolie fête eut lieu à l’occasion de la remise des décorations à une élite du personnel enseignant du diocèse de Valleyfield.La séance fut présidée par S.G.Mgr Langlois, évêque de Valleyfield.Au moment où la Revue doit aller sous presse, on nous communique le programme de la démonstration que nous sommes heureux de pouvoir publier intégralement.En tête du programme, nous lisons cette pensée de Sa Sainteté Pie XI: “C’est moins la bonne organisation que les bons maîtres qui font les bonnes écoles.” Voici le programme: Ouverture.—Violon: Marche triomphale.Lévy Mesdemoiselles Lise St-Michel, M.-Ange Sauvé, Marguerite Godbout, Bertrande Marchand, Antoinette Larin, Huguette Bisson-nette, Pierrette Bourassa.Au Piano: Mademoiselle Simone Brunet Chœur—La Prière.v.Lac&me Un groupe d’élèves du Pensionnat et de l’École Normale HISTORIQUE DE L’ORDRE M.J.-G.Marien, I.R. 310 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pièce concertante—Danse macabre.St-Saens Mesdemoiselles Françoise-Marie Lefebvre, Lucie Mouette LA MISSION DE L’INSTITUTEUR M.J.-B.Gagnon, I.E.Chœur—La Cigale et la Fourmi.Godard Iæs élèves du 1er cours, Pensionnat ALLOCUTION de Monseigneur l’Évêque de Valleyfield Distribution des Décorations REMERCIEMENTS M.F.Girard O Canada Sortie—Extrait de “Rosemunde”.Schubert Mesdemoiselles Marguerite Tremblay, M.-Claire Chasle, Germaine Lafontaine, M.-Jeanne Bélanger Liste des décorés de l’Ordre du Mérite scolaire, diocèse de Valleyfield Facette, M.-Poméla, Premier degré St-Chrysotôme Primeau, Jean-A., Ste-Philomène Turcotte, J.-B.-E., St-Zotique Bergevin, Anna-Maria, Second degré Valleyfield Clément, Aldéa, St-Clet Codebecq, Antoinette, Valleyfield Codebecq, Euchariste, Valleyfield Girard Frédéric, Valleyfield Lalonde, Madame Arthur, Coteau-Landing Marleau, Anna, St-Lazare Thibodeau, O.-André, Les Cèdres l’instituteur Il a pendant trente ans éduqué la jeunesse, Dans un humble village, avec la même ardeur, De son travail ingrat, comprenant la grandeur, Il a donné son cœur, en toute sa richesse ! A.B.C.UN TÉLÉGRAMME DE L’HONORABLE M.DELACE La veille, 13 décembre, l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, avait adressé le télégramme qui suit, à M.le chanoine L.-U.Mousseau, principal de l’École normale de Valleyfield: Québec, 13 décembre 1930.Reçu aimable invitation d’assister demain dans votre école à la séance pour distribution décorations du Mérite scolaire.Regrette sincèrement ne pouvoir prendre part à cette démonstration.Veuillez offrir en mon nom cordiales félécitations aux heureux récipiendaires avec mes vœux d’une longue et encore plus fructueuse carrière.Remerciements sincères à sa Grandeur Mgr Langlois et autres personnages officiels et civils, à tous ceux qui rehaussent de leur présence cette fête de l’éducation et ont contribué à son succès.Cyrille-F.Del age, Surintendant. !tï43& j ¦nmmrmar.mmm * Æo&mÊk.JP WÊÊsm CONGRÈS DES INSPECTEURS RÉGIONAUX, TENU A QUÉBEC LES 5 ET 6 DÉCEMBRE 1930—De gauche à droite: MM.J.-G.Marien, J.-Eugène Lamarre, Paul Hubert, L.-O.Pagé, inspecteurs régionaux; M.Lionel Bergeron, Secrétaire du Département de l’Instruction publique; l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant; M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires; MM.J.-Édouard Boily, J.-A.Paquin, E.Litalien, Rodolphe Maltais, inspecteurs régionaux. 312 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ORDRE DU MERITE SCOLAIRE Avis aux communautés enseignantes Aux supérieurs, directeurs et directrices des Congrégations enseignantes, Département de l’Instruction publique, Québec, 9 décembre 1930.Comme vous le savez sans doute, le nombre des décorés des deuxième et troisième degrés est limité.Les cadres étant actuellement remplis, le Comité chargé de l’administration de l’Ordre du Mérite Scolaire ne peut accorder de nouvelles décorations sans qu’il se produise de vacances.C’est pourquoi je vous prierais de bien vouloir m’aviser des décès qui pourraient survenir parmi les membres de votre communauté faisant partie de l’un ou l’autre de ces deux degrés afin de pouvoir les remplacer.J’ai l’honneur d’être, Votre obéissant serviteur, Cyrille-F.Delage, Surintendant.RÉUNION DES INSPECTEURS RÉGIONAUX Les 5 et 6 décembre dernier, les inspecteurs régionaux se sont réunis, à la demande de M.le Surintendant, au département de l’Instruction publique.Etaient présents: l’honorable Cyrille-F.Delage, Surintendant de l’Instruction publique; M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires; MM.L.-O.Pagé, J.-Ed.Body, J.-A.Faquin, J.-G.Marien, J.-E.Litalien, Rod.Maltais, Paul Hubert, J.-E.Lamarre.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les 4 et 5 décembre dernier, il y eut réunion des membres de la Commission administrative sous la présidence de l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.En plus de M.le Surintendant étaient présents MM.A.-B.Charbonneau, Nérée Tremblay, C.Hopkins, Sinclair Laird, et F.-P.Noël, secrétaire, et Paul Delâge, assistant secrétaire.MUNICIPALITÉS SCOLAIRES ET ÉCOLES Le Bureau des Statistiques de Québec vient de publier en volume la liste des municipalités scolaires, des écoles et du personnel enseignant de la Province en 1930.Ces listes sont accompagnées de statistiques détaillées et précises.On peut se procurer ce travail précieux en s’adressant au chef du Bureau des Statistiques, M.G.-E.Marquis. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 313 MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A L’ECOLE PRIMAIRE SUPERIEURE ET A L’ECOLE NORMALE (Pour L’Enseignement 'primaire) Le Pélican (A.DE MUSSET.—LA NUIT DE MAI) Lorsque le pélican lassé d’un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage, En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.Déjà, croyant saisir et partager leur proie, Ils courent à leur père avec des cris de joie En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.Lui, gagnant à pas lents une roche élevée, De son aile pendante abritant sa couvée, Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte; En vain il a des mers fouillé la profondeur ; L’Océan était vide et la plage déserte; Pour toute nourriture il apporte son cœur.Sombre et silencieux, étendu sur la pierre, Partageant à ses fils ses entrailles de père, Dans son amour sublime il berce sa douleur, Et, regardant couler sa sanglante mamelle, Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle, Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.Mais parfois, au milieu du divin sacrifice, Fatigué de mourir dans un trop long supplice, Il craint que ses enfants ne le laissent vivant; Alors il se soulève, ouvre son aile au vent, Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage, Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu, Que les oiseaux des mers désertent le rivage, Et que le voyageur attardé sur la plage, Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.Poète, c’est ainsi que font les grands poètes.Ils laissent s’égayer ceux qui vivent un temps; Mais les festins humains qu’ils servent à leurs fêtes Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.Quand ils parlent ainsi d’espérances trompées.De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur, Ce n’est pas un concert à dilater le cœur.Leurs déclamations sont comme des épées; Elles tracent dans l’air un cercle éblouissant, Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.4 314 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMMENTAIRE LITTÉRAIRE V.l.—Le pélican: Oiseau aquatique à long et large bec; sa mandibule inférieure porte une poche membraneuse dans laquelle il emmagasine ses provisions; pour nourrir ses petits, il presse cette poche sur sa poitrine et en fait ainsi sortir les poissons qu’il a ravis.De ce geste est née la légende du pélican se déchirant la poitrine pour ahmenter ses enfants.V.2.—Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux.—1° Brouillard, vapeur d’eau imparfaitement condensée, qui flotte dans les parties basses de l’atmosphère, et les obscurcit.— La brume est un brouillard épais:-—Ses roseaux: les roseaux parmi lesquels il a établi son nid.V.3.—Ses petits affamés: qui souffrent de la faim.V.4.-—
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