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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1930-12, Collections de BAnQ.

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52e Vol.Québec, Décembre 1930 N° 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE LE SURMENAGE SCOLAIRE * ne- Se ont | hé- ! lie fa, uit n rae SS.ion a U- 11 ute 1 Depuis quelques mois, il est souvent question du “surmenage scolaire” dans les journaux de notre province.Les devoirs à la maison que les élèves sont appelés à faire en dehors des heures de classe, seraient en partie la cause de ce surmenage, disent les partisans de la supression de tout travail à domicile par les écoliers.L’intention des partisans de P“abolition” de tout labeur scolaire hors l’école part d’un bon naturel, mais, à mon sens, ils posent mal le problème pédagogique.Tout le monde est d’accord sur un point essentiel: ni en classe ni hors la classe, les élèves doivent être soumis à un régime défavorable à la santé et au développement normal de l’enfance.Aussi, personne n’approuve le “surmenage” d’où qu’il vienne.Mais de là à condamner tout travail scolaire à la maison il y a loin.La véritable question est celle-ci: Est-il profitable aux études, même primaires, d’exiger des élèves une tâche à domicile ?Dans l’affirmative, quel travail peut-on exiger raisonnablement des élèves ?Tous les éducateurs d’expérience reconnaissent l’importance du travail personnel chez les élèves.“Ce que le maître fait, dit Mgr Dupanloup,est peu; ce que l’enfant fait est tout”.Les Règlements du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de la Province de Québec, renferment une sage direction au sujet du travail des élèves à domicile.Voici ce que disent ces règlements au chapitre de Inorganisation pédagogique des écoles”: “Les maîtres ne doivent pas perdre de vue que l’élève qui ne travaille pas en dehors des classes ne fait guère de progrès.C’est une vérité d’expérience et un fait incontestable.“Chaque soir, sauf de rares exceptions, les écoliers auront donc ou des leçons à apprendre ou des devoirs à rédiger.“Mais ce supplément de travail, il importe de le proportionner à la force des enfants, de le choisir en rapport avec les matières les plus importantes de chaque cours, de le préparer judicieusement en classe, de le bien graduer, de le varier, de le rendre intéressant et aussi pratique que possible.“Autrement, paraissant trop dur à l’élève qui a déjà beaucoup travaillé pendant la journée, il le rebuterait et le découragerait; ou, ce qu’il faut éviter, les parents eux-mêmes se plaindraient, non sans raison, du trop grand effort demandé à leurs enfants.“Les maîtres manqueraient aussi le but à atteindre, s’ils négligeaient d’exercer un contrôle très actif sur les travaux faits à la maison.Les élèves se ren- 226 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE draient vite compte de cette négligence, et ils s’en autoriseraient pour se livrer à la paresse”.Nul ne peut contredire cette sage direction.Il s’agit d’apporter de la mesure en donnant des devoirs à faire et des leçons à étudier à la maison.Il est certain que plusieurs maîtres et maîtresses abusent de ce moyen pédagogique et qu’ils fatiguent les enfants en leur imposant un travail à domicile peu en rapport avec leur âge et le temps raisonnable dont ils peuvent disposer sans les priver d’un repos légitime et de récréations nécessaires.Mais de quelques abus, peut-on conclure qu’il faille “abolir” les travaux scolaires à la maison?Une telle conclusion ne serait pas raisonnable.Que l’on s’en tienne à la judicieuse direction du Comité catholique que je viens de citer, et il n’y aura pas de “surmenage scolaire”.Sous le titre “Y a t-il surmenage scolaire”, le Canada de Montréal, du 17 octobre dernier, a traité le sujet qui nous occupe d’une façon fort raisonnable.Entre autres raisons, en faveur du travail des élèves à domicile “pourvu qu’il n’y ait pas d’exagération”, nous aimons à citer cette opinion “d’un profane”: “Avec le commencement de l’année scolaire et l’ouverture des classes, le surmenage scolaire revient, comme il est d’habitude, à l’actualité, et récemment, un éducateur en vue de la Métropole s’est déclaré favorable à l’abolition des devoirs scolaires à la maison.Simple profane en la matière et peu au courant des problèmes de la pédagogie, nous nous permettons, cependant, de croire que l’étude et la préparation des devoirs et des.leçons à la maison sont profitables aux écoliers, pourvu qu’il n’y ait pas d’exagération.Le tout est de rester dans la juste mesure.Les devoirs scolaires à la maison ne nuisent aucunement à l’enfant.Au contraire ils permettent aux parents de se rendre compte des progrès de l’enfant et de l’attention qu’il porte aux enseignements de son professeur.Les parents secondent ainsi et complètent le travail de l’instituteur.Et l’on a remarqué que ce sont les élèves dont les parents se donnent le mal d’être répétiteurs qui ont le plus de succès et acquièrent des habitudes de travail fort utiles dans la vie”.Ce langage d’un “profane” s’accorde bien avec l’expérience des éducateurs.Inutile d’ajouter ici que les enfants qui “font l’étude à l’école”, après les heures régulières de la classe, doivent être nécessairement exemptés de tout travail à domicile,sauf les lectures libres, récréatives et judicieusement choisies.C.-J.Magnan.L’ “ENSEIGNEMENT PRIMAIRE’’ A L’HONNEUR Le 18 octobre dernier, au cours d’un banquet organisé par la Société de Bienfaisance Française de Québec, le consul de France, M.Carteron, décora le directeur de Y Enseignement 'primaire et l’un de ses collaborateurs les plus distingués, M.Gaillard de Champris.Le banquet eut lieu au Château Frontenac et fut présidé avec une grande dignité par M.Panichelli, professeur à l’École des Beaux-Arts et président de la Société Française.A la table d’honneur on remarquait, en plus des décorés (1), M.Carteron, consul général de France à Montréal, Mgr Ph.-J.Fillion, recteur de l’Université Laval; l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique; M.H.(1) En même temps que M.Gaillard de Champris et M.C.-J.Magnan, furent aussi décorés par le consul de France: le révérend Cannon F.-G.Scott, M.P.-G.Roy, archiviste, M.le professeur Jean Thomas, M.le Dr Emile Fortier et M.J.-Eugène Corriveau, président de la Société des Arts, Sciences et Lettres. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 de Saint-Victor, agent consulaire de France; MM.Lionel Bergeron, B.-O.Filteau, J.C.Sutherland, C.-J.Miller et Ludger Faguy, du Département de l’Instruction publique; MM.les inspecteurs L.-P.Goulet et A.Letarte; MM.J.-Z.Tousignant et P.-P.Magnan, professeurs à l’École normale Laval; M.J.-Chs Magnan, agronome; le R.P.de la Cotardière, curé de Saint-Cœur de Marie; M.le Dr Rousseau, M.le Dr A.Vallée, M.le Dr Brousseau, M.le commandeur G.Belle-rive, M.R.Benoît; M.G.-E.Marquis, M.Henri Gagnon, etc., etc.Plus de cent convives assistaient à ce banquet.Fn remettant à chaque récipiendaire la décoration accordée par le gouvernement de la République française, M.Carteron dit avec tact pourquoi son gouvernement avait bien voulu honorer quelques citoyens de la vieille capitale.Dans M.H.Gaillard de Champris, M.le consul reconnaît “un des plus puissants artisans de la pensée française, de même qu’il a su mieux faire connaître la France au Canada.” M.de Champris est professeur de littérature française à l’École normale supérieure de Laval, à Québec, depuis dix ans et collaborateur très aimé de Y Enseignement 'primaire depuis cinq ans.“A cause de vos travaux appréciés, de vos conférences écoutées, pour avoir si bien connu notre passé littéraire”, lui dit le consul, avant de lui donner l’accolade, “la France républicaine vient à vous avec un titre de la Légion d’honneur fondée par le Premier Consul.C’est toute la France qui vous décore, M.de Champris.” M.le consul ne fut pas moins aimable pour notre directeur: Tour à tour instituteur-adjoint à quinze ans, puis élève de l’École normale Laval, instituteur à dix-huit ans, professeur d’école normale à vingt-trois ans, et depuis bientôt vingt ans inspecteur général, actuellement inspecteur général des écoles normales, décoré de l’Ordre du Mérite scolaire, ex-président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.M.C.-J.Magnan est aussi membre de la Société Royale du Canada et commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.“Quand un homme comme M.Magnan a formé des maîtres qui font l’honneur de la Province de Québec”, dit M.Carteron, “quand il a dirigé pendant un demi-siècle près une revue d’enseignement primaire à laquelle il donne le meilleur de son intelligence; quand un homme comme lui sait ce qu’il veut et où il va; qu’il a pour ainsi dire tenu dans sa main les destinées de l’enseignement primaire de sa province et propagé et défendu notre chère langue française par la plume et la parole, cet homme a bien mérité de la mère-patrie.Voilà pourquoi, au nom de la France, je lui remets les Palmes académiques.” MM.Gaillard de Champris et Magnan répondirent avec émotion aux paroles bienveillantes de M.le consul de France.Nous regrettons de ne pouvoir publier la réponse de M.de Champris dans la présente livraison: ce n’est que partie remise.Voici le texte de l’allocution de notre directeur, en réponse aux paroles bienveillantes du président du banquet et de M.le consul Carteron: NOTRE ATTACHEMENT A LA FRANCE CATHOLIQUE Allocution de M.C.-J.Magnan Cette allocution a été prononcée samedi, le 18 octobre, au banquet organisé par la Société de Bienfaisance française, à l’occasion de la remise des décorations accordées par le Gouvernement français à quelques citoyens de Québec.Monsieur le président, Monsieur le consul, Messieurs.Je remercie le distingué président de la Société de Bienfaisance française à Québec d’avoir bien voulu m’appeler ce soir à adresser la parole en une circonstance aussi émouvante que solennelle.Je ressens d’autant plus la faveur qui m’est faite qu’elle me fournit l’occasion de saluer avec bonheur la présence du sympathique consul de France, M.Carteron. 228 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Monsieur le consul, vous avez bien voulu venir à Québec pour remettre personnellement les décorations que le Gouvernement de la France a daigné accorder à quelques-uns de mes concitoyens et à moi-même.Votre présence ici ce soir, M.le consul, a un charme tout particulier: c’est qu’en plus des hautes qualités personnelles qui vous distinguent, vous représentez notre commune mère-patrie; en votre personne, nous saluons avec émotion la France même, ici présente, dans son éminent consul général.Et la France, M.le consul, par votre main bienveillante vient d’épingler sur ma poitrine une décoration qu’elle veut bien m’accorder spontanément, sans que j’y ai jamais songé, ayant pendant un demi-siècle près servi tout simplement par devoir et par amour la cause de la langue française dans les écoles primaires et les écoles normales, dans la revue pédagogique VEnseignement primaire et aussi comme Inspecteur général depuis vingt ans.C’est cette spontanéité, M.le consul, qui.me touche bien plus que le degré du titre qui vient de m’être conféré et la couleur du ruban qui l’accompagne.Je vous prie donc, M.le consul, de transmettre à votre gouvernement l’expression de ma vive gratitude et l’assurer que dans les écoles primaires de la Province de Québec, la belle langue des aïeux passe chaque jour sur les lèvres d’un demi-million d’enfants canadiens-français dont chacun porte un joli nom qui vient des vieilles provinces de la France du dix-septième siècle.Âh ! dites bien à notre mère, la noble France, que ses fils du Canada ont gardé jalousement la langue, les traditions, la foi religieuse et la soif d’idéal et d’apostolat qu’elle nous légua jadis; que cette lutte pour la conservation d’une langue et d’un idéal qui ont jeté un si vif éclat sur le monde entier par le ministère aussi glorieux que désintéressé de la France, a été poursuivie sous l’humble toit de l’école primaire de chez nous avec un entrain joyeux et une persévérance inlassable, non pas depuis vingt-cinq ans, ni cinquante ans, mais depuis 1760.Aux jours les plus sombres, quand le flambeau du génie français semblait s’éteindre sur les bords du Saint-Laurent, alors que nos pères n’avaient pas même le droit de faire venir des livres de la mère-patrie, deux foyers conservèrent ici le feu sacré qui alimenta ce flambeau dont la lumière parfois vacillante ne cessa un seul instant de guider notre race à travers tempêtes et récifs.Ces deux foyers, ce sont l'église paroissiale et la petite école.C’est grâce à elles que l'établissement de nos collèges classiques fut rendu possible, c’est par elles qu’une élite d’élèves fut préparée et dirigée chaque année, depuis plus d’un siècle, vers ces admirables maisons d’enseignement secondaire.Grâce à la paroisse, à l’école primaire et au collège classique, la langue française s’est non seulement conservée sur les rives du grand fleuve, mais, comme les plantes vivaces, elle s’est répandue avec nos vaillants défricheurs au bord des rivières, des lacs et jusque sur les montagnes les plus éloignées, où nous la retrouvons bien vivante.Cette fidélité à la langue française a permis à notre petit peuple de rester en contact avec la patrie de nos ancêtres, la France toujours aimée, de bénéficier de son rayonnement intellectuel.Elle a permis aussi de puiser dans sa littérature d’inspiration catholique, si abondante, si artistique même, des leçons et des directives précieuses.Montalembert, Lacordaire, Ozanam, Veuil-lot, Dupanloup, Gratry, de Mun, Auguste Nicolas, Pasteur, Augustin Cochin, de la Gorce, Freppel et tant d’autres illustres écrivains et orateurs français enchantèrent nos jeunes années et nous rendirent deux fois chère la patrie de saint Louis, de Jeanne d’Arc, du curé d’Ars, de Paray-le-Monial, de Lourdes, de Foch et de Lisieux.En venant ici il y a trois siècles, nos ancêtres apportèrent avec eux la vision des beautés et des souvenirs de la belle France dont ils avaient l’âme pleine.Une parcelle de génie du grand siècle habitait en eux.Ils firent passer dans la mémoire et le cœur de leurs fils, ces visions, ces souvenirs et cette parcelle de génie français comme un héritage sacré.C’est pourquoi, nous les Canadiens français du vingtième siècle, nous voyons encore, M.le consul, dans les admirables cathédrales de votre douce et belle patrie ce que Gabriel Hanotaux y voyait il n’y a pas longtemps et qu’il exprimait dans ces trois lignes lapidaires: “Le vœu de la France s’exprimait dans un hymne de pierre, chantant, à tous les degrés de sa sculpture aérienne, les louanges du Seigneur.Là, explosaient à la fois le cœur et l’esprit de la France.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 rua Tir; «e ie iffli 0115® Afnnidl.'lUlPn re,H.k lotsuî ; Un autre grand français, M.Millerand, le premier chef du gouvernement constitué après la guerre, pense comme M.Hanotaux sur les destinées catholiques de la France.C’est lui qui prit l’initiative de proposer le rétablissement de l’ambassade française au Vatican: c’est lui qui, au nom de la “fraternité des tranchées”, fit appel à la France entière en faveur de la paix intérieure, de la justice pour tous, de la vraie fraternité.Cette campagne a aussi pour chefs deux grands Français, deux héros de la grande guerre : le général de Castelnau et le Père Doncœur.Nous avons donc Heu d’être fiers de la France et de croire en ses destinées immortelles.Oui, la France est toujours pour nous la Fille aînée de 1’Eglise, la grande civilisatrice qui projette sur le monde entier la lumière de son génie incomparable.Ah ! M.le consul, votre présence officielle et vos paroles si touchantes ont évoqué tout à l’heure en mon souvenir, une captivante vision, celle de mon voyage en France, il y a vingt ans déjà.En arrivant au Havre, la vue des côtes Normandes éveilla en mon cœur des sentiments d’une tendresse indicible.Ce couplet de la toujours belle romance de Châteaubriand, Vers les rives de France, chanta déhcieusement en mon cœur : Voilà, voilà la France ! Voguons doucement, oui, Voguons en chantant, pour nous Les vents sont si doux ! Pays, notre espérance, Rivage béni, oui ! A ton port chéri, Le ciel nous rend aujourd’hui.Ce soir, sous les auspices de la Société de Bienfaisance française et grâce à votre présence, M.le consul, grâce surtout au geste si sympathique de votre gouvernement, je puis redire ces vers, en les prenant à mon compte : Voilà, voilà la France ! Voguons doucement, oui, Voguons en chantant, pour nous Les vents sont si doux ! M.le président, de nouveau un sincère merci pour votre gracieuse bienveillance à mon égard et vous, M.le consul, avec mes hommages les plus respectueux, je vous prie d’agréer l’expression de ma gratitude émue.A vous, messieurs et chers amis, toute ma reconnaissance pour le témoignage que vous nous rendez par votre présence à mes collègues et à moi.Messieurs, avec la permission de M.le président, puisque je suis le premier Canadien français à parler ce soir, je vous invite à lever vos verres et à boire à la santé de la France de nos ancêtres, de la France du Grand siècle, de la France glorieuse du vingtième siècle, de la France de toujours.L’ART D’INTERROGER EN CLASSE (1) il Quand il ne faut que donner des notions et fournir une matière à l’activité personnelle, on parle beaucoup soi-même et l’on questionne peu ou point.Car on perd du temps à interroger; la suite des choses se dégage moins nettement.Aussi, dans un cours, n’interroge-t-on pas.Mais, dans une classe, le but est différent: il ne suffit pas de donner à l’enfant des idées (1) Voir VEnseignement primaire de novembre 1930. 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE toutes faites, ni de lui fournir un aliment qu’il s’assimilera plus tard; car, de cette façon, vous ne feriez travailler que sa mémoire.Il faut mettre en branle son intelligence, lui apprendre à voir, à s’appliquer, à réfléchir et à se rendre compte.En un mot, vous voulez que lui-même, par sa propre activité, fasse éclore la vérité dans son âme et sur ses lèvres.“L’enseignement, dit un professeur allemand, doit être de la vie qui pénètre dans l’enfant.” Dès lors, la méthode d’interrogation se recommande d’elle-même: c’est elle qui éveille et soutient l’attention volage de l’enfant; c’est elle qui stimule son esprit paresseux; c’est elle qui établit la communication intime et vivante entre l’esprit de l’élève et celui du maître.En interrogeant, le professeur voit s’il est compris, s’il ne va pas trop vite pour le petit pas de l’enfant; il voit où est le point obscur.En interrogeant, il va chercher lui-même l’esprit de l’élève, le mène par la main, le soutient et le provoque.L’enfant, à son tour, est obligé de réfléchir et de se rendre compte; il apprend à s’exprimer, à dire ce qu’il voit; mieux encore, cet effort pour exprimer, lui fait achever son idée en lui-même, et lui en fait prendre pleine possession.Tout cela, sans compter la satisfaction donnée par là au besoin d’agir et de parler si naturel à l’enfant, le stimulant puissant de l’émulation et du travail commun, le plaisir si légitime et si fortifiant d’une bonne réponse reçue comme elle le mérite.C’est plaisir de voir une classe où l’on sait interroger et répondre.Tout le monde est éveillé, attentif ; ils semblent former une seule chaîne pour recevoir ensemble la secousse intellectuelle qui met tous les esprits en branle et qui les emporte d’un même mouvement, la réponse est dans tous les yeux, sur toutes les lèvres; parfois elle part de toutes les poitrines ensemble.Ainsi donc interrogez beaucoup, si vous voulez que la classe soit vivante et animée, si vous voulez intéresser et faire travailler l’enfant.Ainsi agissait Socrate pour faire jiaître la vérité dans l’esprit de ses interlocuteurs; ainsi voyons-nous sans cesse, dans l’Evangile, agir Notre-Seigneur, le divin Maître.R.-P.Baixvel, S.J.M.VICTOR DORE AU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Au cours du mois d’octobre dernier, M.Victor Doré, président de la Commission scolaire catholique de Montréal, a été nommé membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique par le Lieutenant-Gouverneur en conseil.La haute compétence de M.Doré sera appréciée au Conseil de l’Instruction publique.Nos sincères félicitations au nouveau titulaire.PLAN GÉNÉRAL DE L’ÉDUCATION FAMILIALE AU CANADA Par Phonorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique de la Province de Québec Travail soumis au congrès d’Éducation familiale qui s’est tenu à Liège, Belgique, du 5 au 12 août 1930 Le Canada est un immense pays.Ouvert à la civilisation par des explorateurs et des missionnaires français, il y a trois siècles, ce territoire déjà plus étendu que celui de l’Europe, devait tenter les ambitions conquérantes de l’Angleterre.En 1763, le traité de Paris mettait fin à de longues hostilités et le Canada devenait possession britannique.L’Acte de l’Amérique britannique du Nord assura aux habitants français et catholiques de ce Dominion la conservation de leur langue, de leurs lois et de leur religion. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 Depuis 1867, le Canada est divisé en Provinces, jouissant d’une large autonomie.Les deux langues, anglaise et française, y sont officielles.Québec, la plus ancienne des Provinces du Canada, est restée française et catholique, donc traditionaliste, mais inébranlablement loyale à la nouvelle allégeance.Elle a son régime politique conforme aux cadres constitutionnels du pays; son système éducationnel parfait, servant ses aspirations ethniques et respectant tout à la fois celles des minorités qui partagent sa vie nationale.Elle a trois grandes Universités, une École Polytechnique, sept Écoles Techniques, un Institut Pédagogique, deux Écoles des Beaux-Arts, une des Hautes Études Commerciales, vingt-trois collèges classiques ou d’enseignement secondaire, quatre Écoles centrales d’Agriculture, quatre Orphehnats agricoles, dix-sept Écoles de métiers et d’apprentissage, vingt-quatre Écoles maternelles, vingt Collèges commerciaux, vingt Écoles Normales de garçons et de filles, douze Écoles Ménagères supérieures et cent vingt Écoles ménagères-agricoles locales.L’enseignement primaire et complémentaire est dispensé à près de 600,000 élèves, dans 8,000 Écoles primaires municipales.La surveillance générale de l’éducation scolaire est sous la juridiction d’un Conseil de l’Instruction Publique, et sous la direction immédiate du Surintendant, nommé à vie par le Gouvernement de cette Province.Divers services officiels de direction, d’inspection et d’administration constituent le Département d’instruction Publique que préside et dirige le Surintendant de l’Instruction Publique.Le principe d’autonomie en matière d’éducation familiale est laissé intégralement aux parents.L’Église et l’État aident et inspirent cette éducation, directement, ou par l’intermédiaire d’organismes sociaux dont l’esprit est conforme aux principes d’ordre, de morale et de droit commun.Le programme scolaire, au Canada français surtout, réserve une large place à la pédagogie fami-liale.Le travail du maître facilite et complète le travail des parents sur le cœur et l’esprit des enfants.a) L’ÉDUCATION FAMILIALE A L’ÉCOLE Dans le programme d’études de la Province de Québec, il est question d’ÉDUCATiON familiale dans: Cours moyen (Sème et 1+ème années) Vie familiale.—I.Famille: maison paternelle: divisions, mobilier; terre paternelle; les champs, les bois, les cours d’eau, le jardin; travaux des diverses saisons; instruments en usage.— Portraits des frères et des sœurs, des serviteurs; scènes de famille: réunions, fêtes et amusements.Cours supérieur (5ème et 6ème années) 1.Vie familiale, comme en Sème et 4ème années.IL Vie intérieure.—Sentiments et souvenirs personnels: plaisirs et chagrins, punitions ou récompenses, souvenirs d’une bonne et d’une mauvaise action faite ou vue par l’élève; peur; souvenirs et impressions de lecture.III.Vie sociale.—I.Héglise: description des fêtes ou scènes religieuses (Noël, procession, première communion, etc.).Souvenirs personnels.Le cimetière, les calvaires de la route.2.La patrie: le drapeau, les emblèmes nationaux, le patron (saint Jean-Baptiste); démonstrations ou scènes vues; parades militaires, fêtes nationales, scènes électorales, judiciaires; honneurs rendus.3.Les métiers et professions: métiers des parents, cultivateur, marchand, boulanger, boucher, forgeron, etc., leur travail; scènes vues à un étalage, dans une usine, dans un atelier, dans la rue, etc.4.Les communications: moyens de transport et de communication; descriptions de lieux connus et de scènes vues; dans une gare, dans un port, sur une route.Excursions vraies, si possible, et comptes-rendus de promenades. 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.La charité chrétienne: scènes vues des actes de charité et de dévouement envers les pauvres et les malheureux: hôpitaux, orphehnats, etc.IV.Rédaction et composition.—Sujets simples et famihers, s’inspirant de ce programme ou se rapportant aux relations habituelles des enfants entre eux ou avec leurs parents (lettres).Insister davantage sur la rédaction en 6ème année.En réunissant sous un titre distinct les exercices variés de langage, et les associant aux exercices d’observation et de pensée, les auteurs du programme ont voulu signaler l’importance de deux résultats qu’il faut nécessairement obtenir à l’école primaire, à savoir: 1.créer chez l’enfant la puissance de tirer du monde extérieur qui l’entoure, de son propre intérieur, ou de ses livres, des idées qui deviennent siennes: 2.créer également chez lui la puissance d’exprimer ces idées siennes, dans son propre langage, sans le secours immédiat des mots du livre.Pour atteindre ce double résultat, l’instituteur ou l’institutrice doit se convaincre que le par cœur doit faire place au travail d’idées; que l’enseignement livresque, qui demande un moindre déploiement d’intelligence chez le maître et chez l’élève, doit disparaître pour laisser libre champ à la culture active des puissances intellectuelles d’observation, de jugement et de réflexion; qu’au lieu de la passivité qui reçoit sans réaction les pensées et les expressions des autres, il faut susciter l’activité intérieure qui développe la personnalité et lui donne du caractère.Cette culture intense peut paraître au maître une voie longue dans laquelle les progrès immédiats seront peu sensibles.Mais qu’il se rappelle que dans sa famille, depuis l’époque des premières ouvertures d’esprit jusqu’à l’âge de six ans qui l’introduit à l’école, l’enfant a acquis un étonnant développement intellectuel, qui subira un arrêt si on n’utilise pas à l’école le système qui a valu de si beaux résultats dans la famille.Or, dans la famille l’enfant n’a pas eu de livre, et n’a rien appris par cœur.En contact avec le monde extérieur, il a tiré des idées qu’il a appris à formuler dans son propre langage ; il a entendu des récits et il les a gravés dans sa mémoire pour les raconter à sa manière.Ses impressions, il les a exprimées avec une spontanéité et une naïveté charmantes.Aussi sa conversation ne tarit-elle jamais: il a ses idées et il les exprime dans son langage.Malheureusement il arrive qu’à l’école, l’enfant qui parle si facilement sur toute autre chose, reste muet lorsqu’il s’agit des matières de la classe.Les choses qu’on lui a montrées n’ont pas pénétré son esprit, ne sont pas devenues siennes.S’il lui est arrivé quelques pensées, elles ne se sont pas précisées dans on esprit, et il s’est fait une habitude de les exprimer avec les seules expressions que lui ont fournies de livre et le maître.Aussi sa pensée imprécise se perd, si le mot qu’on lui a fourni lui échappe.L’école le jette dans un monde étranger qui ne ressemble plus à sa vie ordinaire: sa vie est scindée en deux parties qui ne se rejoignent pas.Il faut ramener à l’école, qui est le prolongement de la famille, le système qui a été si favorable au développement de l’enfant.Mais ce système il faut le perfectionner en l’organisant avec méthode.On s’occupera tout d’abord et partout de donner à l’enfant des idées qu’il fera siennes.C’est le travail fondamental, l’exercice de pensée.Les idées acquises, on lui fournira les mots qui lui manquent pour les exprimer: c’est le vocabulaire.Ayant des idées et des mots qui les représentent, on lui fournira l’occasion de s’exprimer avec suite dans des propositions construites par lui-même: c’est Y élocution.Puis, quand il en sera capable, on lui fera exprimer ses pensées par écrit: c’est la rédaction et la composition.1.Les idées.—L’enfant découvre les idées: a) surtout dans le monde extérieur qui l’entoure.C’est purquoi le programme met Y observation à la base de tout travail d’éducation intellectuelle.Mais il faut que ce soit l’observation sur le monde qui l’entoure, qui frappe ses sens, non sur un monde imaginaire.Il a tout autour de lui quantité de choses sur lesquelles son observation ne s’est jamais exercée, et qui constitue le champ où il glanera les connaissances qui orneront son esprit: il faut donc aller de la chose à Vidée, par l’enseignement intuitif. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 233 Mais cette observation sera méthodique et l’enfant devra exercer, dans ce travail de recherche, son besoin d’activité; ce qui non seulement augmente ses connaissances, mais aussi accroît sa puissance d’acquérir de nouvelles connaissances par lui-même.b) En second lieu, l’enfant acquerra des idées par les récits qu’on lui présentera sous la forme attrayante de contes: toutes les matières de classe peuvent ainsi être présentées de la manière appropriée à son âge.En avançant dans ses études, il trouvera dans ses livres les idées cachées sous le texte.Il faudra lui apprendre à les dégager.c) Enfin l’élève trouvera des idées en s’observant lui-même dans son intérieur : impressions, sentiments, souvenirs, imaginations.On lui fournira l’occasion de les formuler.2.Les mots suivent les idées, et il faut aller de l’idée au mot.Ces mots, l’instituteur les lui fournira au besoin, dans les exercices d’observation méthodique, au cours des conversations fami-hères demandées au programme.Il les rencontrera au cours des lectures ou des conversations, et à chaque fois le maître devra les expliquer par intuition autant que possible.Plus tard il en découvrira d’autres, soit par l’analogie des mots entre eux, soit par l’analogie des choses: ils deviendront alors l’objet d’une étude systématique au cours des exercices de grammaire: étymologie, familles de mots, etc.Mais toujours ces mots devront fournir l’occasion d’une construction personnelle de phrases dans lesquelles l’enfant les fera entrer pour exprimer la pensée que le mot lui suggère.3.L’Élocution.—C’est, avec la composition écrite, le terme de tout l’ensignement du français.De la chose à l’idée, de l’idée au mot, mais pour compléter, du mot à l’application personnelle dans le langage ou parlé ou écrit.C’est dire qu’on ne peut jamais faire trop parler l’enfant sur les connaissances qu’il puise en classe aux diverses sources indiquées plus haut; observation extérieure ou intérieure, récits entendus ou lus, leçons apprises.Mais encore une fois, que le langage de l’enfant soit bien le sien, comme les idées doivent être bien siennes.Qu’on le laisse exprimer librement toute sa pensée, quelle que soit la défectuosité de son langage; on le reprendra ensuite avec bienveillance pour corriger ce qui est défectueux, puis on lui fera reprendre son récit pour le lui faire donner en entier dans un langage qui s’améliorera graduellement.4.La rédaction suit généralement le travail méthodique d’élocution.Le maître dirige la recherche des idées en analysant point par point le sujet d’observation.Chaque idée découverte est exprimée en proposition complète, de vive voix d’abord, par écrit ensuite.Graduellement on habitue les élèves à faire des observations personnelles, ou à rédiger par eux-mêmes des idées qu’on aura simplement classées avec leur concours.Plus tard on leur abandonnera le soin de trouver eux-mêmes et les idées et l’expression : c’est la composition proprement dite.Le programme se prête très bien à l'application des recommandations pédagogiques qui viennent d’être faites pour l’élocution et la rédaction.En tenant l’enfant en face du monde réel dans lequel il se meut: à l’école, dans sa famille, dans la société qui l’entoure; en faisant parfois appel à ses sentiments ou impressions intérieures, on lui fournit un champ des plus favorables à son développement intellectuel.Il faut bannir tout sujet qui n’est pas familier à l’élève, tout sentiment qui n’est pas personnel à l’enfant; que l’expression soit la sienne, simple et claire, sans affectation.Tout doit être personnel et sincere dans ce travail de l’élève: on lui demande simplement de voir et d’exprimer ce qu’il voit, pour être lui-même dans sa pensée et dans son expression.La valeur de la copie se jugera d’après la fidélité de l’observation et la précision, de même que la correction de l’expression.Dans l’usage de ce programme, on ne s’astreindra pas à le suivre article par article.Il y a là un choix à faire pour varier et intéresser.Il n’exclut pas non plus le résumé écrit des leçons, des lectures, l’observation sur image.L’important est de graduer les difficultés pour ne demander à l’élève que ce dont il est capable, et de l’habituer à observer pour parler ou pour écrire av ec intelligence, sur les choses qui pénètrent sa vie.(à suivre).2 234 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE VOCATION D’ÉDUCATRICE Dès l’âge de huit ans, j’avais le goût d’enseigner aux enfants, et je m’étais faite maîtresse d’école d’une singulière manière.J’avais une petite chambre à côté de ma gouvernante.Ma fenêtre, sur la belle façade du château, n’avait pas tout à fait cinq pieds d’élévation; au bas de cette fenêtre, était une grande terrasse sablée avec un mur à hauteur d’appui de ce côté, très élevé extérieurement et s’étendant le long d’un étang qui n’était séparé du mur que par un petit sentier couvert de joncs et d’herbages.Des petits garçons du village venaient là pour jouer et couper des joncs; je m’amusais à les regarder, et bientôt j’imaginais de leur donner des leçons, c’est-à-dire de leur enseigner ce que je savais: le catéchisme, quelques vers de tragédie, et ce qu’on m’avait appris par cœur des principes de musique.Appuyée sur le mur de la terrasse, je leur donnais ces belles leçons le plus gravement du monde.J’avais beaucoup de peine à leur faire dire des vers, à cause du patois bourguignon; mais j’étais patiente et ils étaient dociles.Mes petits disciples, rangés au bas du mur au milieu des joncs, m’écoutaient, le nez en l’air, avec la plus grande attention, car je leur promettais des récompenses, et je leur jetais, en effet, des fruits, des petites galettes et toutes sortes de bagatelles.Je me rendais presque tous les jours à mon école, en passant par ma fenêtre; j’y attachais une corde au moyen de laquelle je me laissais glisser sur la terrasse; j’étais leste et légère, et je ne suis jamais tombée.Après ma leçon, je faisais le tour par une des cours et je rentrais par le salon, sans qu’on prît garde à moi.Mme de Genlis.ÉCOLES ET ENSEIGNEMENT LIBRES (CATHOLIQUES) EN FRANCE (Simples notes) Nous nous faisons un agréable devoir de mettre sous les yeux des indulgents lecteurs qui nous font l’honneur de lire nos modestes notes de voyage, divers brefs renseignements sur les écoles et l’enseignement libres (catholiques) français.Puisse la lecture de ces quelques lignes raviver, chez les jeunes du personnel enseignant canadien, l’admiration et la sympathie que nous avons toujours ressenties à l’égard des vaillants et intrépides membres de l’enseignement libre (catholique) en France.Telle est notre fin, en présentant aujourd’hui cet exposé sommaire sur ces intéressants sujets, dignes d’attention de la part de tout franc catholique.Écoles et enseignement libres (catholiques) en frange En plus des établissements scolaires dirigés et soutenus par l’État, il y a, spécialement dans l’enseignement public, des écoles communément appelées “institutions libres” (d’ordre supérieur, secondaire, primaire, ayant les mêmes cours, le même nombre d’années d’étude que dans l’enseignement de l’État) qui se maintiennent par leurs propres ressources en général Note.—Mme de Genlis, femme de lettres française, naquit à Champoéri près d’Autun en 1746 et mourut à Paris en 1830.Elle défendit le catholicisme contre les philosophes, mais ses théories philosophiques ne furent pas toujours sans reproche.Elle a écrit sur l’éducation des pages qui lui survivent. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 235 l et qui sont assujetties à une surveillance et à une inspection relatives de l’inspecteur d’État.L’instituteur de l’école libre (catholique) n’a à recevoir d’ordre d’aucune autorité officielle; l’inspecteur d’État ne peut que lui rappeler une loi.Le maître de l’école libre (catholique) est sous la dépendance seule de l’inspecteur diocésain.C’est donc dans la catégorie d’écoles dite “institutions libres” que se trouvent les écoles catholiques en France (désignées par le qualificatif “libres”), jouant un rôle si important et bienfaisant depuis un grand nombre d’années.Bénéficiaire de son affranchissement légal conquis par de méritoires combats, (pour l’enseignement primaire en 1833, secondaire en 1850 et supérieur en 1875), l’enseignement libre (catholique) en France poursuit son but énergiquement, sans bruit mais sans défaillance, conscient de sa noble mission dont les excellents résultats seront à l’avantage de la patrie commune.Ses éducateurs, prêtres et auxiliaires laïques, se consacrent, avec un zèle et une abnégation inlassables et admirables, à donner à la jeunesse un enseignement chrétien.Seul l’amour du bien les stimuffi et les encourage, car leur traitement est beaucoup inférieur à celui des maîtres des écoles d’État, et il varie selon le diocèse et les institutions.La situation des institutrices des campagnes particulièrement est précaire et plusieurs sont obligées de vivre en ascètes.Les écoles libres (catholiques) de notre ancienne mère-patrie ont leur programme d’études à elles, dans lequel l’idée et le sentiment religieux dominent en tout, et son application s’inspire de l’Évangile.L’adoption du programme officiel, dans les écoles normales libres par exemple, est nécessitée par les examens finals dont les questions sont posées d’après ce qui a été vu et appris du programme d’études officiel.Les examinateurs et les correcteurs du jury d’examens sont nommés par le gouvernement.L’État seul a le droit de décerner des diplômes d’enseignement, parchemins indispensables pour ceux qui se destinent à l’enseignement en France.De plus, tout instituteur dans une école libre (catholique) doit être porteur d’un brevet d’instruction religieuse décerné par l’autorité diocésaine.Dans chaque diocèse de France, se trouve un comité de direction pour les études scolaires de l’enseignement libre qui s’occupe tout à la fois des différentes questions concernant cet enseignement.Quatre libertés sont reconnues aux écoles libres (catholiques) par l’État, en ce pays, savoir : 1° La liberté des méthodes; 2° la liberté du programme d’études; 3° la liberté des livres (sauf les ouvrages interdits par le Conseil supérieur) ; 4° la liberté de l’enseignement religieux.Voici ce qu’écrivait en 1910 M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des Écoles normales de cette province, sur la liberté de l’école libre française.“En résumé, la liberté de l’école libre (catholique) en France demeure illimitée partout où il n’y a pas de restriction légale.“ Ces restrictions sont fixées par des lois organiques et, conséquemment, ne sauraient être “ modifiées par des règlements ou directions, comme la chose se fait pour les écoles publiques.“ La grande injustice qui pèse sur l’école libre (catholique) en France, c’est que l’État “ ne lui accorde aucune subvention.Ainsi, les catholiques, qui veulent donner à leurs enfants “ une éducation chrétienne, doivent payer double impôt: l’impôt obligatoire pour soutenir “ l’école publique dont ils ne peuvent se servir, et l’impôt volontaire pour créer l’école libre “ dont ils ont besoin.” Pour conserver intacts ces justes privilèges relatifs à l’enseignement libre (catholique), droits obtenus par d’âpres luttes, les membres de l’enseignement libre en France sont obligés d’être_vigilants pour enrayer tout mouvement réactionnaire suscité par des personnes très mal disposées parfois à leur égard.Le personnel religieux des quelques communautés enseignantes françaises qui n’ont pas été atteintes par la loi injuste de dissolution du 7 juillet 1904 des Congrégations enseignantes, les maîtres et les maîtresses laïques, secondent, dans l’enseignement libre en France, les autorités diocésaines dans la sublime cause de l’éducation de la jeunesse! Poussés par une véritable vocation et non par la recherche d’une position lucrative, car leur salaire est minime, le personnel de l’enseignement libre de France se sacrifie pour Dieu et la Patrie, en vivant en “parents pauvres” de l’enseignement !.Combien la situation scolaire dans la Province de Québec est enviée par les maîtres cathohques français! Quelques lignes à ce sujet qui en font foi, nous portent à réfléchir et à apprécier et garder jalousement ce que nous avons d’avantages dans l’enseignement chez n?us; Elles sont de M.Albert Grienenberger, sous-directeur des études de l’École normale diocésaine libre, Pierre de Luxembourg, (60, rue Ernest Renan, Issy-les-Moulineaux, 236 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Seine), établissement que nous avons visité avec un vif intérêt.Les sentiments qui y sont exprimés sont des aveux empreints de la plus grande sincérité, ce qui leur donne encore plus de signification véridique.“ Je vois avec joie qu’au Canada, vous avez la liberté de faire le bien! En France, la “ persécution maçonnique avait trouvé les catholiques désunis; elle a donc triomphé.Mainte-“ nant, une détente se dessine et peut-être, dans un avenir peu éloigné, un concordat entre “ l’État français et notre Saint-Père le Pape ouvrira-t-il, pour nous aussi, l’ère de la véritable “ liberté ! “ Cher M.Magnan, je tiens à vous dire combien, dans la France restée catholique, nous “ aimons et admirons les Canadiens français, car ils ont donné souvent à l’ancienne mère “ patrie l’exemple du courage et de la foi.Mais nous sommes quelques-uns ici qui ne désespé-“ rons pas de notre vieille France ! Nous travaillons obscurément, soit, mais notre effort “ n’est pas perdu !.” Ces paroles émouvantes d’homme énergique et optimiste, admirateur du Canada français, de la trempe de M.Grienenberger, homme éclairé et distingué, ne peuvent qu’intensifier notre confiance dans le succès intégral futur de l’enseignement catholique en France, cause chère à tous les catholiques de France, dignes descendants de nos communs grands ancêtres.Pierre-Paul Magnan, Professeur à VÉcole normale Laval de Québec.Québec, le 1er décembre 1930.DEUX QUALITÉS ESSENTIELLES AU PROFESSEUR (Pour l’Enseignement primaire) Pour se livrer à un labeur quelconque, se créer une situation enviable, vouloir réussir, conquérir de légitimes succès, il faut des aptitudes spéciales.Celui-là ne parviendra jamais au summum de la finance, qui a les chiffres en horreur.Tel autre ne sera jamais écrivain d’élite.“S’il ne sent point du ciel l’influence secrète, Si son astre en naissant ne l’a formé poète.” Un autre doit renoncer à l’architecture, à la sculpture, ou à la peinture, si le ciseau, le crayon ou le pinceau sont rebelles entre ses doigts inhabiles.L’effort vaut quelque chose, vaut beaucoup, même, mais “ne forçons point notre talent, nous ne ferions rien avec grâce.” Ainsi, le jeune homme ou la jeune fille ne peuvent embrasser la carrière de l’enseignement que s’ils se sentent réellement attirés vers l’enfance, vers les tout-petits avec lesquels ils devront passer plusieurs heures, journellement, pour lesquels ils devront déployer un dévouement constant, sans §’attendre à aucune gratitude.Évidemment, ne sont pas dans cette catégorie les jeunes filles qui, au sortir de l’école normale ou du pensionnat après l’obtention d’un brevet, et se trouvant en face de la lutte impérieuse pour l’existence, choisissent, au pur hazard, l’enseignement comme gagne-pain, presque toujours sans connaître et partant sans comprendre les responsabilités qu’elles endosseqt.Coûte que coûte, cependant, bon gré mal gré, elles sont résolues, jusqu’à l’arrivée du “prince charmant” ou du jour désiré de l’hymen, elles sont résolues, dis-je, de tolérer l’enseignement comme pis-aller, en n’y consacrant que les heures strictement, rigoureusement imposées par l’horaire.Non, cette catégo- rie de jeunes filles ne sont pas des “éducatrices” et je plains fort les élèves qu’un hazard malheureux place sous leur direction.Fait certain, c’est que ces petits, “grands et fins observateurs”, selon le mot de La Bruyère, se rendent compte, comme aucun, du peu d’entrain, de l’absence d’enthousiasme, du manque de goût, des distractions nombreuses que le professeur témoigne à la classe.Et, plus tard, ils se souviendront. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 237 ‘ ‘Avez-vous réfléchi ?Vous vous illusionnez, peut-être.Malheur à qui, passable ou médiocre maître, S’assure à peu de frais le gîte et le repas.Écoutez, il faut ici la foi la plus robuste, Pour enseigner le vrai pour guider vers le juste, La probité ne suffit pas".Or, quelques-unes d’entre vous, pensent, peut-être, que je veuille prôner pour les jeunes filles institutrices le célibat à vie ou pour mieux dire un adieu au “conjungo”.Pas du tout.Ce que je soutiens, par exemple, c’est que, durant les quelques années qu’elles consacreront à l’enseignement, ces jeunes filles s’y comporteront tout comme si elles avaient l’intention d’y passer leur existence entière, c’est-à-dire, elles y mettront tout leur cœur, toute leur âme, toute leur activité au service du devoir; qu’elles ne cessent de se cultiver au bénéfice de leurs élèves se rappelant que “pour enseigner un peu, il faut savoir beaucoup”.Or, deux grandes qualités, sont, à mon avis, requises chez le professeur.Primo: la connaissance et l’amour de l’enfance.Secundo: la volonté de se dévouer.LA CONNAISSANCE ET L’AMOUR DE L’ENFANCE Voilà un point assez difficile à développer.A mon “expérience” personnelle relativement courte, encore, j’ai dû joindre les lumières des docteurs et j’ai recueilli les leçons de ceux qui ont eu le temps de réfléchir et la sagesse de noter les fruits de leur expérience.Étudions, d’abord, ce qu’est l’enfant, et cette connaissance fera spontanément naître en nous l’amour pour cette charmante créature.L’enfant est l’objet le plus intéressant et le plus aimable de ce monde.Ses charmes sont nombreux; son sourire captive; sa candeur attire invinciblement .Qui ne se sentirait pas porté à chérir tant d’innocence.“Laissez venir à moi les petits enfants”, disait le Bon Maître et le poète ajoute: “Seigneur, préservez-moi, préservez ceux que j’aime, frères, parents, et mes ennemis même dans le mal triomphant de ne jamais voir le foyer sans enfants”.Charmante créature! Son apparition dans la vie, son premier sourire, son premier regard, son premier geste sont un gage de paix et d’espoir pour tous.Aucun souci n’a flétri de ses rides la pureté de son front.Elle n’a point heurté les tristes réalités de l’existence et ne sait pas combien de mécomptes elle nous garde.L’enfant nous est donc confié, à nous, institutrices.Ce trésor de la famille, cette espérance du pays est mis entre nos mains.Maintenant, puisque vous les connaissez (les enfants), les aimez-vous réellement.?Ces tout-petits si pleins de grâces et d’appâts grandissent beaucoup trop vite, hélas! et deviennent moins charmants.Leur caractère se formant, défauts et qualités deviennent plus saillants.Quelques-uns, à leur arrivée à l’école, sont déjà menteurs, vaniteux, hypocrites, paresseux.Et ces défauts nous aurons, nous, institutrices, à les supporter, quotidiennement, chez les 30 ou 40 enfants confiés à nos soins.Est-ce que, vraiment, celles d’entre nous, qui ne sont pas dans leur vocation, peuvent, avec efficacité, manœuvrer pareille besogne ?Quand il s’agit de former des caractères, de tremper des volontés, de combattre des défauts parfois des hérédités., quel doigté, quelle habileté cela demande-t-il ?.Et pour arriver à d’heureux résultats combien il est nécessaire, d’abord, de s’assurer l’estime, l’amour de nos élèves.C’est Socrate, je crois, qui, en parlant d’un de ses condiciples, disait: “Que pourrais-je lui apprendre, il ne m’aime pas”.En dépit de tous ces efforts, il vous arrivera, quand même, d’être payées d’ingratitude.Ou bien, après avoir beaucoup travaillé, donné un long effort, vous pensez, à bon droit, avoir été comprises de vos élèves qui semblaient tout yeux, tout oreilles à vos explications.Il n’est pas rare qu’un échec soit, alors, la réponse à ces heures de fatigue et de tension.Le découragement s’empare quasi de vous quand il vous faut “pour la vingtième fois remettre Vouvrage au métier”.Et tout cela avec patience, car, n’allons pas croire que les emportements, les visages courroucés, les mines sévères produisent de fameux résultats.Non, “patience et longueur de temps font plus que force ou que rage”.LA VOLONTÉ DE SE DÉVOUER Admettez, avec moi, que seules les amantes de l’enfance peuvent résister à tant d’assauts, à tant de fatigues sans trébucher.L’enseignement, c’est parfois bien ingrat et pour résister, à certaines heures, il faut un courage de lion et des muscles d’acier pour tenir tête à mille obstacles.Que faire, alors?.Et! bien, avoir présente à l’esprit cette consolante pensée de René Bazin: “N’ayez pas peur des obstacles, dit-il, le premier est nécessaire, car il exerce la volonté.Le second peut vous être utile.Si vous vous relevez du troisième, vous êtes quelqu’un; vous êtes comme le raisin qui n’est jamais si bon que s’il mûrit sur les cailloux”."Ne vous plaignez jamais de la difficulté Le succès suit toujours la bonne volonté." 238 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Voilà que vous aimez l’enfance, maintenant; vous lui trouvez mille appâts.Mais êtes-vous résolues de vous dévouer à l’œuvre de l’éducation, c’est-à-dire être zélées à votre tâche, y mettre toute votre âme, toute votre ardeur, mettre à profit toutes les ressources de votre intelligence et de votre cœur?.C’est ce qui constitue le vrai dévouement.On exige du bon professeur qu’il ait “du savoir, beaucoup de bon sens et infiniment de dévouement’’.Remarquons bien la gradation ascendante.’’Infiniment de dévouement”.Ceci est catégorique et implique le don entier de soi-même, un zèle que ne ralentissent les plus grands mécomptes.Il a souvent devant lui des enfants qui ne suivent que péniblement leurs camarades.Alors il se penche vers eux avec bonté.Il ne craint pas sa peine.Il sait se faire tout à tous.Consacrer quelques instants de ses loisirs à ces enfants moins bien doués, est, pour lui, sinon un devoir, du moins la satisfaction du bien accompli.Nul doute qu’il n’ait, un jour, la joie de constater les heureux effets de son inlassable dévouement.Il pourra se flatter de réaliser, pleinement, le type de l’éducateur dans son esprit, dans son cœur, dans son attitude, celui qui vise “l’idéal” en éducation.Nous, institutrices modernes, sommes trop enchnes à considérer le dévouement comme qualité d’un autre âge, constituant le mérite des vieilles institutrices de jadis.Pourtant, sans lui, pas de véritables “éducatrices.” Actuellement, le corps enseignant prend une importance capitale.Son dévouement éclairé élabore l’embryon de la société future.Des lendemains meilleurs, notre prestige à venir, la prospérité nationale seront son œuvre.Qui sait s’il n’a pas à former l’esprit d’un législateur ou de quelque brillant génie?On lui confie l’espoir, le trésor, l’essence même de la Patrie et il sculpte à pleine matière l’âme de “l’Avenir” .Il cultive l’éternelle jachère, mais d’autres récolteront les fruits de son labeur à longue échéance.Il existe, sans doute, des carrières plus parfaites, encore, des apostolats civils ou religieux; mais de carrières plus utiles, il n’en est pas, puisque celle-ci est l’initiale de toutes; puisque de la diversité de ses enseignements naîtront les vocations multiples et fécondes.Telles sont, à vol d’oiseau, les cimes en matière d’éducation.Le temps me manque, mais votre réflexion personnelle suffira pour descendre dans les vallées et en sonder les profondeurs.Marguerite Taillefer, Institutrice, École Saint-Marc, Montréal.SUR L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS L’École, de Paris, organe des écoles fibres, reproduisait il y a quelques semaines plusieurs opinions sur l’enseignement du français-parues dans les “Bulletins” départementaux de France.Voici quelques-unes de ces opinions: I.Ce qu’on doit apprendre “par cœur”.—Sans négliger de développer l’intelligence, il faut cultiver la mémoire.On doit donc apprendre par cœur, c’est évident et incontesté, mais non pas apprendre seulement des résumés de sciences ou d’histoire.Ce qui doit être surtout su par cœur, ce sont des pages de nos meilleurs écrivains.Le morceau choisi doit développer les nobles sentiments, mais il ne faut pas se borner aux textes moralisateurs et didactiques.Il faut meubler l’esprit de l’enfant de belles choses.Tout comme les morceaux de chant, les textes appris viseront surtout à développer le sentiment du beau.Apprendre par cœur, mais n’apprendre strictement que ce qui mérite d’être appris.{Cantal.) II.Le commerce quotidien avec des fragments de nos chefs-d’œuvre littéraires, avec ce qu’il y a, dans nos auteurs, de plus français, de plus élevé, communiquera à la manière de penser de nos élèves quelque chose de leur tenue et de leur haute sensibilité.(Alger.) III.La Dictée doit rester en honneur.—Surtout il faudra garder à la dictée la place à laquelle elle a droit: “les écoles où les élèves écrivent presque sans fautes sont, quoi qu’on en ait dit, celles où la dictée est restée en honneur; j’entends la dictée intéressante, choisie avec soin, bien adaptée au niveau des élèves, et suffisamment expliquée.” (Landes.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 239 IV.La composition fran çaise: mais, avant tout, que le sujet plaise aux enfants.—La première condition à remplir, c’est que le sujet présente de l’intérêt aux enfants, sinon toute la peine que vous vous donnerez sera en pure perte.C’est en vain que vous expliquerez ce sujet sans attrait, qu’en collaboration avec vos élèves vous bâtirez un plan modèle, qu’ensuite vous suivrez leur travail pas à pas, multipliant les conseils et les avertissements, votre troupe marchera, sans doute, parce qu’elle est habituée à obéir à son chef, mais le cœur, ni l’entrain n’y auront aucune part.(Ain.) Un sujet qui sourit à l’enfant, qui dit quelque chose à son imagination et à son cœur, le met en goût, en appétit de le traiter.(Oise.) V.Le langage du maître doit être une leçon de français.—L’enseignement du français ne comporte pas d’exercices particuliers, spéciaux; je veux dire par là qu’il domine tout l’enseignement du maître, qu’il doit se faire par l’ensemble même de son enseignement.C’est qu’en effet, dans tous les cours, le maître, en même temps qu’il doit toujours faire preuve de clarté et de logique dans la pensée, doit travailler à donner à son langage, à sa parole, toute la correction, toute la distinction nécessaire: le bon maître est celui qui parle bien, qui sait bien parler.Aussi constitue-t-il lui-même le meilleur enseignement du français, car il est, pour ainsi dire, l’enseignement vivant, ou plutôt n’est-il pas à l’école, dans sa classe, pour ses élèves, la langue française, l’idiome national, avec tout son génie, son esprit, son incessant progrès et ses merveilleuses richesses ?(Landes.) VI.Faisons parler nos élèves.—Il faut que la classe supplée à l’insuffisance du milieu social et en corrige les erreurs, et nos maîtres auront intérêt, dans la mesure compatible avec les autres besoins de la classe, à profiter des occasions qui permettent à l’élève de s’ouvrir, d’exposer oralement ce qu’il sent, ce qu’il pense.On l’y amènera dès l’instant que l’instituteur aura pris soin de bien chercher ces occasions, les sujets sur lesquels il engagera l’exercice et qu’il fera confiance à la spontanéité de l’enfant, tout en dirigeant, en orientant son effort, afin de le rendre plus méthodique et plus sûr à la fois dans le classement des idées et dans l’expression verbale.A vrai dire, cet enseignement de la langue par la conversation est à organiser presque entièrement.(Nièvre.) LE “SOUVENIR CANADIEN” Un appel de M.l’abbé Groulx en faveur du monument de Gaspé Le 21 octobre dernier, à l’Heure provinciale du Radio, M.l’abbé L.Groulx, professeur d’histoire à l’Université de Montréal, a donné une causerie dont nous commençons aujourd’hui la publication.C’est une magnifique page d’histoire que les instituteurs et les institutrices, religieux et laïques, firent avec intérêt: CAUSERIE DE M.L’AbBÉ GrOULX Vous n’avez pas été sans entendre parler, ne serait-ce que par les journaux, du “Souvenir Canadien”.Qu’est-ce donc que cette œuvre ou ce projet?A l’été de 1534, deux petits navires de France, aux voiles fatiguées par la mer, entraient dans le couloir du fleuve.Il se peut qu’ils ne fussent point les premiers vaisseaux européens à toucher notre pays.Du moins étaient-ce lespremiers qui amenaient ici des découvreurs, ces chasseurs de mystères.A partir de ce jour, en effet, la portion septentrionale de la vieille Amérique, jusque là terre inconnue, entrait dans le domaine terrestre exploré par l’homme, était annexée aux continents civilisés.Du 16 au 25 juillet de cette année-là, Jacques Cartier, de Saint-Malo—car c’était lui—séjournait dans la baie de Honguedo ou Gaspé.“Le vingt-quatrième jour de juillet, a raconté lui-même le découvreur, nous fîmes faire une croix haute de trente pieds, et fut faite en présence de plusieurs sauvages, sur la pointe à l’entrée de ce port, au milieu de laquelle nous mîmes un écusson relevé avec trois fleurs de lys, et dessus était écrit en grosses lettres entaillées dans le bois: Vive le Roy de France”.Et après la plantâmes en leur présence sur la dite pointe.” 240 L’ENSEIGNEMENT, PRIMAIRE Voilà l’événement.C’éatit la découverte.C’était aussi le Canada devenant pays français, possession d’une nation catholique.Bientôt, en 1934, nous serons au quatrième centenaire du geste du découvreur.Puisqu’il importe de le commémorer et que la seule façon qui soit digne de nous, sera de lui donner le caractère d’un grand anniversaire national, c’est ici qu’interviennent les promoteurs du “Souvenir Canadien”.Ils veulent que, pour s’approprier à l’importance et au caractère du fait historique, les fêtes du quatrième centenaire de la découverte du Canada soient avant tout un grand acte de foi de tout le peuple canadien.De cet événement ils veulent aussi que demeure un symbole, un souvenir perpétuel qui sanctifie le lieu où le découvreur planta sa croix, et témoigne à jamais de la fidélité d’un peuple à ses origines religieuses.Et voilà le motif qui les fait, jeter un appel à la générosité canadienne, afin d’ériger, sur la pointe de Gaspé, une basilique commémorative, dédiée au Christ-Roi.* * * Nul ne saurait contester la grandeur et l’à-propos du projet.L’événement qu’il s’agit de commémorer est considérable: il est celui-là même qui a ouvert notre histoire.Et il l’ouvre de quelle noble et grande façon! C’était le premier contact officiel entre notre pays et l’Europe, et, ce qui mieux est, l’Europe catholique.Aussi bien, à cette heure où il faut marquer d’un signe approprié la prise de possession du Nouveau-Monde, voyez: l’homme de France n’hésite pas: entre tant d’emblèmes qu’il eût pu choisir, ce qu’il dresse aux yeux des Indigènes, c’est le plus haut symbole de la civilisation européenne: la Croix du Christ.De ce geste, après quatre cents ans, il n’est pas encore superflu de le remercier.Comment, en effet, pourrions-nous oublier que notre histoire doit à Cartier cette noblesse d’avoir commencé sous le signe de la croix ?Si le mot de préface paraît ici trop ambitieux, disons que la croix de Gaspé fut la dédicace de notre histoire et que cette dédicace s’en allait à Dieu.Par elle nous avons été rattachés à la meilleure civilisation humaine, et si bien que toute notre vie à venir serait marquée du même signe.L’acte du découvreur a posé sur le pays canadien un sceau impérissable; il ne devait pas rester un acte isolé; mais il porterait en soi l’efficacité d’un point de départ, d’un élan incoercible.(A suivre) ÉCOLE NORMALE CLASSICO-MENAGERE DE SAINT-PASCAL Ses débuts et son développement Le 20 août dernier, l’École normale classico-ménagere de Saint-Pascal a célébré le 25e anniversaire de son établissement.Nous avons noté cet évènement en octobre dernier.Nous sommes heureux d’enregistrer aujourd’hui pour l’histoire la notice qui suit: L’École Ménagère de Saint-Pascal de Kamouraska compte maintenant vingt-cinq ans d’existence.Ses débuts furent modestes.Le vénéré fondateur, Monsieur le chanoine Beaudet, avait d’abord pensé en faire une école où les élèves viendraient s’initier à tout ce qui concerne la tenue d’une maison.Il ne tarda pas à constater que la condition indispensable du succès était de greffer son programme d’économie domestique sur celui de l’école primaire, trop de parents croyant, alors comme aujourd’hui, faire déchoir leurs jeunes filles, en les jetant dans l’unique creuset de l’enseignement ménager.Donner à cet enseignement une valeur égale à celle de l’école primaire était le plus sûr moyen de réhabiliter l’art ménager aux yeux des familles.Le fondateur avait vu juste; il fallait une base aux sciences ménagères.qui donc pourra soutenir que la formation générale n’est pas indispensable à la spécialisation ?Avant de s’attirer la sympathie dont il jouit actuellement, le nouveau programme eut à subir de longues et pénibles critiques.Cependant, des délégués du ministère d’Agriculture, des officiers de l’Université Laval et du Département de l’Instruction publique, bien que le dit programme ne fût pas officiel, vinrent à maintes reprises examiner sur place sa mise en action. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 241 Le travail qui se poursuivait n’échappait pas à la clairvoyance de l’honorable Boucher de la Bruère dont la sympathie fut acquise à l’œuvre dès la première heure.Surtout, leurs Grandeurs, nos Seigneurs Bégin et Roy présidèrent deux années de suite la distribution des récompenses.Sous de tels encouragements, l’œuvre se développe, quatre années de dévouement obscur, de difficultés et de préjugés vaincus lui assurent le progrès.Mais l’idéal n’est pas atteint; l’école n’a accompli que son premier pas, pas qui compte cependant, puisque cette première étape se termine par l’affiliation à l’Université Laval de Québec, (19 juin 1909).Cette même année deux religieuses vont étudier en Europe le fonctionnement des institutions du genre.Ce voyage leur fait toucher du doigt les lacunes dont souffrent certaines écoles ménagères, notamment en Belgique et en Suisse, berceaux à vrai dire de cette œuvre importante.Pour avoir méconnu le principe que l’instruction ménagère doit être confiée à des maîtresses expertes, initiées, sous le double rapport de l’instruction et du savoir-faire, on voyait l’œuvre insuffisamment comprise, méconnue et dédaignée même, retardée dans ses résultats pour un quart de siècle au moins.Les Congrès de Gand (1913) de Paris (1923) et de Rome (1927) devaient réhabiliter cet enseignement dans les vieux pays.Le premier proposant l’alliance avec le programme classique, les deux autres demandant de le rendre obligatoire à l’école primaire.Après de telles constatations l’idée des voyageuses sur cette question est nettement fixée.L’école primaire ! voilà l’unique moyen pratique de vulgariser l’enseignement ménager.C’est par l’école seule que l’on peut pénétrer les masses et atteindre la famille.Il faut par conséquent que St-Pascal devienne École Normale et prépare un personnel capable de donner ce double enseignement, et partant de décerner des diplômes de capacité dans l’art domestique.* * * Cette dernière initiative (1912) date cependant.de 1910, alors que le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, sous la direction de l’honorable Boucher de la Bruère, fit étudier la question.Un programme pouvant s’adapter aux huit années de l’enseignement primaire fut élaboré, reconnu officiellement et recommandé comme excellent moyen de parfaire l’éducation des jeunes filles.En 1911-1912 un programme classico-ménager de 4 années est soumis aux arbitres de l’éducation et entretemps les démarches pour soutenir une école normale se poursuivent.Sympathies et contradictions se côtoient.La ténacité du fondateur, le concours éclairé de l’Inspecteur général, M.C.-J.Magnan, le bon sens pratique de tous les intéressés font triompher la cause.Le 26 juin 1913 un arrêté ministériel confère à l’École ménagère de Saint-Pascal le titre et les droits d’école normale primaire classico-ménagère, et d’école normale ménagère.En octroyant ses diplômes classiques et ménagers, Saint-Pascal atteignait son but: généraliser l’enseignement—en vulgariser la pratique—par l’école primaire.Ce succès eut son retentissement surtout dans les communautés enseignantes qui envoyèrent grand nombre de religieux de leurs communauté suivre les cours abrégés que la maison de Saint-Pascal avait mission de donner dès 1910.“Noblesse oblige”: les distinguées visiteuses, les élèves-maîtresses qui depuis plus de 29 ans viennent étudier sur place l’installation pratique de ladite école, observer sur place son organisation pédagogique et s’initier à ses cours pratiques, furent toujours l’objet d’une sollicitude et d’un dévouement dignes d’éloges.Cet échange de bons procédés, cette fraternelle entente rendaient la tâche plus facile, créaient des liens, suscitaient des initiatives et même des enthousiasmes.* * * La semence que ces religieuses allaient faire germer, le renfort que l’œuvre en recevrait, voilà l’unique récompense qu’à Saint-Pascal on ambitionnait.Le grain de senevé allait croître et croître rapidement.De lui, devaient sortir ces institutions nouvelles récemment reconnues comme Écoles ménagères régionales.Et c’est ainsi que lentement mais sûrement l’instruction ménagère s’infiltrait dans les écoles primaires de la Province.On ne pensait nullement alors qu’on transformerait les écoles primaires en écoles ménagères par le seul fait qu’on y annexait une classe ménagère.Pourquoi donc songerait-on à la chose aujourd’hui?Monsieur l’abbé O.-E.Martin, de regrettée mémoire, transmettait en ces termes dans son rapport de 1917 au ministère de l’Agriculture la remarque qui lui en avait été faite par des éduca-teurs de marque: “C’est bien injustement, dit-on, que l’on accroche le titre d’école ménagère à des “institutions dans lesquelles l’Enseignement ménager n’occupe que le tout dernier plan.Nos cou-“vents doivent rester et restent en réalité des écoles primaires avant tout.Il paraît donc étrange “que, du seul fait qu’on y donne un peu d’enseignement ménager, on leur accole aussitôt un titre “qui laisse croire au public que nous avons de véritables écoles ménagères”.Conséquemment les écoles complémentaires, ayant une section ménagère, sont toujours des écoles primaires, et c’est à tort qu’on les désigne sous le nom d’écoles ménagères.L’école primaire sera toujours l’école primaire, quelles que soient les modifications ajoutées à son programme.3 242 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Congrès de Saint-Pascal (septembre 1926), présidé par M.C.-J.Magnan, en donnant un nouvel essor à l’éducation ménagère, l’a fait entrer dans une phase de développement qui s’accentue de plus en plus.C’est lui qui a délimité les programmes suivant les catégories d’écoles; assigné la dénomination propre à chacune, en tenant compte du but qui a présidé à la fondation; recommandé une interprétation du programme primaire élémentaire et complémentaire avec direction pédagogique pour tout l’enseignement primaire.Le Congrès s’est occupé encore de l’organisation pédagogique des Ecoles Ménagères-Centrales, connues désormais sous le nom d’écoles “régionales”.Il a élargi le cadre de leurs études en ajoutant aux années du Cours complémentaire une année ou deux de formation spéciale qu’on est convenu d’appeler.“Cours de perfectionnement”.Ces écoles, à la demande des congressistes, furent autorisées par le Comité catholique à donner, dans leur région respective, des Cours abrégés aux institutrices en fonction d’écoles primaires élémentaires tant laiques que religieuses.Il reste acquis que ces écoles par leurs règlements et les programmes qui leur ont été fournis, programmes en vigueur à Saint-Pascal depuis 1908, modifiés en 1913 et 1927, sont une extension de l’École Normale Ménagère de Saint-Pascal, mais non, comme on serait tenté de le penser, de l’école primaire classico-ménagère.Ajoutons que les programmes et les règlements qui s’en suivent ont été approuvés par le Comité catholique dans sa séance du 26 septembre 1928.Pour préciser davantage l’enseignement, lui donner une marche uniforme, prévenir par là même la multiplicité des méthodes, il fallait le livre.La maison de Saint-Pascal édita 2 séries de Manuels dont 3 pour l’école primaire élémentaire et 4 pour l’école complémentaire.Les travaux pédagogiques du Congrès mis en volume sont une mine précieuse pour cet enseignement.On trouve grand profit à l’exploiter.Que fallait-il attendre de tous ces centres où se donnait la science du ménage ?Que des ménagères de douze à treize ans sortiraient toutes préparées pour le foyer ?C’eût été demander l’épi à une semence encore en herbe.Les plus sages surent attendre.(o suivre) * * * MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPERIEURE ET A L’ECOLE NORMALE (Pour Y Enseignement 'primaire) Une demande en mariage (Molière.—Le Bourgeois Gentilhomme, III, 12.) CLÉONTE Monsieur, je n’ai voulu prendre personne pour vous faire une demande que je médite il y a longtemps.Elle me touchait assez pour m’en charger moi-même, et sans autre détour, je vous dirai que l’honneur d’être votre gendre est une faveur glorieuse que je vous prie de m’accorder.MONSIEUR JOURBAIN Avant que de vous rendre réponse, homme.monsieur, je vous prie de me dire si vous êtes gentil- CLÉONTE Monsieur, la plupart des gens, sur cette question, n’hésitent pas beaucoup; on tranche le mot aisément.Ce nom me fait aucun scrupule à prendre, et l’usage aujourd’hui semble en L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 243 autoriser le vol.Pour moi, je vous 1’avoue, j’ai les sentiments, sur cette matière, un peu plus délicats.Je trouve que toute imposture est indigne d’un honnête homme, et qu’il y a de la lâcheté de déguiser ce que le Ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d’un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu’on n’est pas.Je suis né de parents, sans doute, qui ont tenu des charges honorables; je me suis acquis, dans les armes, l’honneur de six ans de services, et je me trouve assez de bien pour tenir dans le monde un rang assez passable; mais avec tout cela, je ne veux point me donner un nom où d’autres en ma place croiraient pouvoir prétendre, et je vous dirai franchement que je ne suis point gentilhomme.MONSIEUR JOURDAIN Touchez-là, monsieur; ma fille n’est pas pour vous.Comment ?CLÉONTE MONSIEUR JOURDAIN Vous n’êtes point gentilhomme, vous n’aurez pas ma fille.MADAME JOURDAIN Que voulez-donc dire avec votre gentilhomme ?est-ce que nous sommes, nous autres de la côte de saint Louis ?MONSIEUR JOURDAIN Taisez-vous, ma femme; je vous vois venir.MADAME JOURDAIN Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie ?MONSIEUR JOURDAIN Voilà pas le coup de langue?MADAME JOURDAIN Et votre père n’était-il pas marchand aussi bien que le mien.MONSIEUR JOURDAIN Peste soit de la femme! elle n’y a jamais manqué.Si votre père a été marchand, tant pis pour lui; mais pour le mien, ce sont des malavisés qui disent cela.Tout ce que j’ai à vous dire, moi, c’est que je veux avoir un gendre gentilhomme.MADAME JOURDAIN Il faut à votre fille un mari qui lui soit propre; et il vaut mieux, pour elle, un honnête homme riche et bien fait, qu’un gentilhomme gueux et mal bâti.NICOLE Cela est vrai : nous avons le fils du gentilhomme de notre village, qui est le plus grand malitorne, et le plus sot dadais que j’aie jamais vu.MONSIEUR JOURDAIN (à Nicole) Taisez-vous, impertinente; vous vous fourrez toujours dans la conversation.J’ai du bien assez pour ma fille; je n’ai besoin que d’honneurs, et je la veux faire marquise. 244 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Marquise ?Oui, marquise.Hélas! Dieu m’en garde! MADAME JOURDAIN MONSIEUR JOURDAIN MADAME JOURDAIN MONSIEUR JOURDAIN C’est une chose que j’ai résolu.MADAME JOURDAIN C’est une chose, moi, où je ne consentirai point.Les alliances avec plus grand que soi sont sujettes toujours à de fâcheux inconvénients.Je ne veux point qu’un gendre puisse à ma fille reprocher ses parents, et qu’elle ait des enfants qui aient honte de m’appeler leur grand’maman.S’il fallait qu’elle me vint visiter en équipage de grande dame, et qu’elle manquât, par mégarde, à saluer quelqu’un du quartier, on ne manquerait pas aussitôt de dire cent sottises.Voyez-vous, dirait-on, cette dame la marquise qui fait tant la glorieuse?C’est la fille de Monsieur Jourdain, qui était trop heureuse, étant petite, de jouer à la madame avec nous.Elle n’a pas toujours été si relevée que la voilà, et ses deux grands-pères vendaient du drap auprès de la porte Saint-Innocent.Ils ont amassé du bien à leurs enfants, qu’ils paient maintenant, peut-être, bien cher en l’autre monde; et l’on ne devient guère si riches à être honnêtes gens.Je ne veux point tous les laquets, et je veux un homme, en un mot, qui m’ait obligation de ma fille, et à qui je puisse dire: Mettez-vous là, mon gendre, et dînez avec moi.MONSIEUR JOURDAIN Voilà bien les sentiments d’un petit esprit, de vouloir demeurer toujours dans la bassesse Ne me répliquez pas davantage: ma fille sera marquise, en dépit de tout le monde; et, si vous me mettez en colère, je la ferai duchesse.COMMENTAIRE LITTÉRAL (1) Avant que de vous répondre: Cet emploi conjugué de que et de de entre avant et un infinitif était fréquent au 17e siècle.Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.(Boileau, Art poétique, ch.I.) On tranche le mot: Trancher, c’est couper net: trancher la tête, trancher une difficulté.—Puis, dans certaines locutions, l’idée de couper disparaît; seule subsiste celle de netteté.C’est ici le cas; trancher le mot, c’est dire nettement une chose.Imposture: action d’en imposer, c’est-à-dire de tromper par des mensonges ou de fausses apparences.Où d’autres croiraient pouvoir prétendre: Au 17e siècle l’adverbe où remplaçait souvent le pronom relatif auquel.Touchez-là: touchez-moi la main.Geste fréquent pour marquer la conclusion d’une affaire, d’un accord.Ici, la parole de M.Jourdain a quelque chose d’ironique, et marque que, pour lui, la question est réglée.Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie?Ellipse d’un terme comparatif; descendons-nous d’une autre classe que la bourgeoisie.—Cette ellipse est parfaitement correcte.Voilà pas le coup de langue.—Autre ellipse familière et correcte; est-ce que ne voilà pas le coup de langue?—Rappeler l’étymologie de voici, voilà (vois ici, vois là).Ici, elle éclaire tout: ne voyez-vous pas le coup de langue?Peste soit de la femme!: imprécation familière.M.Jourdain maudit sa femme comme il ferait de la peste.Elle n’y a jamais manqué: à dire une sottise.Propre: convenable, approprié.Gueux: vil mendiant.(1) La longueur de cette scène nous oblige à n’apporter ici que l’indispensable. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 245 Malitorne: mal tourné.Dadais: grand garçon d’apparence niaise.Si relevée que voilà: si fière qu’on la voit là, les gens fiers levant la tête, se redressant de toute leur taille.On ne devient.riches: Emploi correct et très logique d’un attribut au pluriel après un sujet au singulier collectif.Caquets: 1° gloussements de la poule qui vient de pondre; 2° Bavardages indiscrets.ANALYSE LITTÉRAIRE L'intérêt dramatique.Remise à sa place dans la pièce, cette scène, il faut l’avouer, n’est pas assez préparée pour produire tout son effet.Nous connaissons peu Lucile Jourdain, peu son prétendant Cléonte; résultat, leurs amours ne nous importent guère, beaucoup moins que celles de Marianne et Valère (Tartufe), d’Élise et Valère (L’Avare), d’Henriette et Clitandre (Les Femmes Savantes) d’Angélique et Cléonte (le Malade Imaginaire).Mais, prise en elle-même, la scène est vivement conduite; et, grâce à l’opposition des caractères, le conflit, sans cesser d’être plaisant, prend une importance inattendue.A la demande très franche et très confiante de Cléonte, Jourdain oppose une question préalable, ridicule: “Avant que de vous rendre réponse, monsieur, je vous prie de me dire si vous êtes gentilhomme.” Cléonte répond avec une loyauté qui lui concilie notre estime.En même temps, nous voyons clairement quels avantages matériels et moraux il apporterait en dot (naissance honorable, relations sociales, fortune, mérite personnel).Aussi pour Lucile et pour lui souhaitons-nous le consentement de M.Jourdain.C’est un refus qu’il obtient.Pour prévu qu’il soit (nous connaissons si bien la vanité de M.Jourdain!), ce refus ne laisse pas de nous paraître violent.Nous protestons contre lui et nous prenons parti dans le conflit qu’il provoque.Car Madame Jourdain s’insurge contre son mari; et contre M.Jourdain, Nicole vient à la rescousse.Contre l’une et l’autre, Monsieur s’escrime avec une fureur comique.Ses sommations, ses insolences de tyranneau domestique s’émoussent, se brisent contre la sagesse de l’une ou le gros bon sens de l’autre; et finalement écrasé ou du moins déconcerté par l’éloquence un peu massive de sa femme, il opère une retraite prudente, cachant son embarras sous des protestations d’intransigeance.Cette sortie frémissante, accompagnée d’un défi (.“si vous me mettez en colère, je la ferai duchesse”), termine de la façon la plus comique, une scène animée d’un mouvement continu et d’une passion (1) progressive.Les caractères.Nicole.—Peu de chose à dire d’un personnage qui ne prononce ici qu’une réplique.Fidèle au rôle que Molière prête souvent à ses pareilles, elle se fait l’écho plaisant d’une vérité de bon sens, énoncée d’abord sous forme sérieuse par un personnage plus important.Mme Jourdain vient de dire: “Il faut à votre fille un mari qui lui soit propre; et il vaut mieux pour elle un honnête homme riche et bien fait, qu’un gentilhomme gueux et mal bâti.” Ce sage principe, Nicole le reprend et l’appuie d’un exemple ridicule: “Cela est vrai: nous avons le fils du gentilhomme de notre village, qui est le plus grand malitorne et le plus sot dadais que j’aie jamais vu.” Intervention heureuse, mais intervention si rapide qu’elle nous apprend peu de chose sur le personnage de Nicole, d’ailleurs secondaire.Cléonte.Celui-ci au contraire nous est ici révélé.De lui, nous ne savions qu’une chose: son amour pour Lucile, amour sincère, ardent, mais un peu ombrageux (Acte III, sc.10).Ici, nous faisons connaissance avec l’honnête homme.(1) Passion, la vanité exaspérée de Jourdain; passion, la révolte chez Mme Jourdain du sens bourgeois et du sentiment maternel. 246 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il aime Lucile depuis longtemps; il souhaite ardemment l’épouser; il attend d’elle tout son bonheur.Mais ce bonheur il ne l’achètera pas d’un mensonge.A d’autres, ce mensonge eût paru véniel.L’objet en est sans gravité (une question de nom!); les conséquences en eussent été heureuses, bienfaisantes même; la dupe,—si dupe il devait y avoir—, ne méritait aucune pitié (M.Jourdain!).Enfin l’usage semblait autoriser cet abus.Mais non! Cléonte s’indigne, se révolte à la seule idée de cette usurpation, de ce “vol”, qu’il flétrit dans les termes les plus vigoureux: “Je trouve que toute imposture est indigne d’un honnête homme, et qu’il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d’un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu’on est pas.” Les conséquences fâcheuses de sa loyauté n’ont pas d’abord raison de son “scrupule”; et nous pouvons être sûrs que, si la pièce se déroulait normalement au lieu de tourner à la bouffonnerie carnavalesque, Cléonte n’achèterait pas d’une indélicatesse le bonheur même de sa vie entière.Monsieur Jourdain.Que ces scrupules d’honnête homme soient incompréhensibles à M.Jourdain, nous le savions déjà, tant la vanité et la sottise du personnage s’étaient manifestées, épanouies dans les scènes précédentes.Cependant nous pénétrons ici plus avant dans son caractère.Après le bourgeois stupide, victime d’exploiteurs nombreux; après le maître impérieux, après le mari colérique, injurieux et capable d’infidélité, nous voyons maintenant le mauvais père.Avec Orgon, avec Harpagon, Philaminte et Argan, il cherche pour sa fille non pas un mari qui la rende heureuse mais un gendre qui flatte ses manies à lui.Cléonte peut bien se présenter avec les avantages, avec les mérites les plus solides; rien de tout cela ne compte aux yeux de ce bourgeois imbécile qui, n’ayant “besoin que d’honneurs”, veut faire de sa fille une marquise.Chez lui, une passion tyrannique,—et d’ailleurs ridicule—, a tué le sentiment paternel.Le sentiment filial aussi, car M.Jourdain, renie ses parents; il rougit d’eux ou, du moins, de leur profession: “Si votre père a été marchand, tant pis pour lui; mais pour le mien, ce sont des malavisés qui disent cela.” En même temps que ces traits de caractère, nous retrouvons ici ceux que M.Jourdain a déjà manifestés.Autoritaire, il règle seul, et sans consulter sa femme, le sort de leur fille.Léger, présomptueux, il tranche cette grave question d’un seul mot et sans la moindre réflexion.Entêté, il ne répond aux objections, d’où qu’elles viennent et quoi qu’elles vaillent, que par une affirmation sans cesse accentuée de sa résolution.(Il exige d’abord pour gendre un gentilhomme, puis il veut faire sa fille marquise, enfin il menace de la faire duchesse).Prompt à la colère, incivil, injurieux même, il parle à sa femme comme à son domestique.A celle-ci, il dit: “Taisez-vous, impertinente”;mais à celle-là: “Taisez-vous, ma femme”; ou encore: “Ne me répliquez pas davantage”.—Il y a pis que ces formules impérieuses.Pour Madame Jourdain, comme pour Nicole elle-même, il trouve des mots grossiers: “Peste soit de la femme!”— “Voilà bien les sentiments d’un petit esprit, de vouloir toujours demeurer dans la bassesse.” De telles insolences, après un tel égoïsme paternel, achèveraient de rendre le personnage odieux.Mais Molière, qui veut ici éviter l’apparence même d’un drame, prête à M.Jourdain un dernier mot comique (“Si vous me mettez en colère, je la ferai duchesse”), sur lequel le Bourgeois Gentilhomme sort avec la superbe d’un dindon offensé.A ce fantoche dangereux s’oppose fortement Madame Jourdain.Elle est le bon sens, la droiture, la volonté même.Fière de ses origines bourgeoises, elle les affirme par trois fois: “Est-ce que nous sommes, nous autres, de la côte de Saint-Louis?“Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie?“Et votre père n’était-il pas marchand aussi bien que le mien ?” Elle sait les inconvénients des mariages disproportionnés.Ils prêtent aux médisances, aux calomnies de voisins jaloux.Ces “caquets” malins, elle les entend d’avance, elle voit les commères aux aguets.On la sent associée à la vie de son “quartier” et forte d’une expérience presque populaire.Mais il y a pour une bourgeoise qui marie sa fille “avec plus grand que soi” d’autres “fâcheux inconvénients”.L’insolence d’un gendre gentilhomme, la gêne, la honte peut-être des petits enfants.Madame Jourdain ne s’exposera pas à ces humiliations.Consciente de ce qu’elles valent, elle et sa fille; soucieuse de sauvegarder, jusque dans la cordialité familiale, sa dignité et son autorité, elle déclare: “Je veux, en un mot, un gendre qui m’ait obligation de ma fille, et à qui je puisse dire: “Mettez-vous là, mon gendre, et dînez avec moi.” Voilà de la fierté vraie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 247 Mais Madame Jourdain ne songe pas qu’à défendre ses droits personnels, même les plus légitimes.Son bon sens et son cœur sont d’accord pour défendre le bonheur de son enfant: “Il faut à votre fille un mari qui lui soit propre; et il vaut mieux pour elle un honnête homme riche et bien fait, qu’un gentilhomme gueux et mal bâti.” Forte de son droit et sûre de son devoir, elle résiste énergiquement aux fantaisies de son mari.Ni les sommations, ni les injures ne peuvent la faire taire; elle tient tête, réplique, se moque ou s’indigne et finit par asséner à son mari une déclaration énergique qui l’oblige à la retraite.Femme de sens, de cœur et de tête, Mme Jourdain représente à merveille cette bourgeoisie française pour qui Molière montra toujours une si vive complaisance.* * * Il faudrait maintenant remettre en présence, les quatre personnages dont nous venons d’analyser les caractères.De leur rencontre passionnée naît tout le petit drame enfermé dans cette scène.Une simple lecture suffirait d’ailleurs à le reconstituer.III—Le style.Molière, on l’a dit souvent, n’est pas de ces auteurs dramatiques qui n’ont qu’un style.A chacun de ces personnages, il prête le langage de sa situation et de son caractère.Cette scène nous en apporte ma témoignage frappant.Sans être incorrect ni patoisant, le style de Nicole est familier {sot dadais) et pittoresque {le plus grand malitorne) comme si souvent le style populaire.Accomplissant une démarche d’où dépend le bonheur de toute sa vie, Cléonte emploie les formules cérémonieuses usitées en pareilles circonstances (.je vous dirai que l’honneur d’être votre gendre est une faveur glorieuse que je vous prie de m’accorder.).Puis, interrogé sur une affaire qu’il estime une affaire d’honneur, il répond tout ensemble avec abondance et fermeté.Sa langue est sûre, variée, riche d’abstractions {scrupule, imposture, lâcheté, honneur) et d’images {trancher le mot, déguiser ce que le ciel nous a fait naître.se parer d’un titre dérobé.); sa phrase est tantôt nette, tranchante; tantôt elle s’amplifie, soit qu’elle présente les différents aspects d’une même idée (Je trouve que toute imposture.qu’il y a de la lâcheté, etc.), soit qu’elle apporte une série de faits analogues (Je suis né.je me suis acquis.je me trouve.) Tout ce couplet, vivement enlevé, est d’un homme du monde qui a fait une excellente rhétorique.Pour être un illettré, M.Jourdain ne laisse pas de s’exprimer assez bien, quand du moins il n’a pas à parler de ce qu’il ignore.Ici, il n’use guère que de phrases brèves, impératives, en homme qui domine et commande.Ajoutez à cela une certaine familiarité brutale {Peste soit de la femme!), et cette liberté de construction qui convient à la conversation {Voilà pas le coup de langue!).Cette liberté nous la retrouvons chez Mme Jourdain {“Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie?).Mais celle-ci, plus désinvolte, use volontiers de termes, d’images, de tours familiers jusqu’à la trivialité, ou presque {Est-ce que nous sommes, nous autres, de la côte de Saint-Louis?).En général, son vocabulaire a, sans vulgarité, la propriété, la fermeté, la plénitude du vrai langage populaire {Il faut à votre fille un mari qui lui soit propre; et il vaut mieux, pour elle, un honnête homme riche et bien fait qu’un gentilhomme gueux et mal bâti).Enfin et surtout cette femme à l’esprit vif et au cœur chaud sait mettre dans un couplet le meilleur d’elle-même.Elle commence par l’affirmation brève de sa volonté, et l’énoncé d’une vérité d’expérience.Puis elle s’échauffe.Elle voit sa fille “en équipage de grande dame”, elle entend les caquets passant de la simple raillerie à la calomnie perfide.Elle proteste d’avance, d’avance elle s’insurge; et comme elle avait débuté, elle conclut par l’affirmation de son autorité maternelle.Relisez tout ce petit discours.Les mots, tour à tour familiers, pittoresques ou abstraits; la phrase tour à tour frappée en maxime ou librement développée comme par des commères; le ton tour à tour ironique, grave, ému, tranchant; tout cela est admirable de vérité vivante.Et que tout cela est, dans le meilleur sens du mot, bourgeois, bourgeois français! * * * Conclusion.Le débat ouvert ici ne sera pas repris par la suite; ou plutôt il comportera une conclusion trop facile, grâce au stratagème carnavalesque de Cléonte.Bientôt, en effet, Molière va, par nécessité, transformer sa pièce en pure bouffonnerie.Mais il a reculé tant qu’il a pu cette invasion du “ballet”; et il a consacré trois actes et demi sur cinq à une admirable étude de caractères.La scène que nous venons d’analyser compte parmi les meilleures de là pièce, qu’elle vous invitera sans doute à relire tout entière.Gaillard de Champris. 248 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LECTURE HISTORIQUE F.-X.Garneau, historien national des Canadiens français Sous le titre d’Histoire du Canada, l’ouvrage de M.Garneau embrasse, en réalité, l’histoire de toutes les colonies françaises en Amérique.Son plan est vaste, mais il est bien conçu et habilement exécuté.“Embrassant son sujet dans toute son étendue, dit un critique français, l’auteur a conservé l’unité de l’ensemble dans la variété des détails.On le suit toujours sans fatigue, sans travail, sans que jamais la succession des faits et la filiation des événements échappent à l’attention la moins soutenue.” Par la pente naturelle de son esprit philosophique, sa pensée remonte sans effort du fait à l’idée, de l’analyse à la synthèse, et trace un sillon lumineux à travers le dédale des faits historiques.Le coup d’œil de l’historien plane toujours au-dessus de la narration, domine le cours des événements, les examine, en recherche les causes et en déduit les conséquences.Le style est à la hauteur de la pensée, et révèle un écrivain d’élite.Il a de l’ampleur, de la précision et de l’éclat; mais il est surtout remarquable par la verve et l’énergie.C’est une riche draperie qui fait bien ressortir les contours, dessine les formes avec grâce, et retombe ensuite avec noblesse et dignité.Il s’y mêle parfois, disent certains critiques français, une sorte d’archaïsme, qui, loin d’être sans charme, donne, au contraire, au récit je ne sais quel caractère d’originalité à la fois et d’autorité.Mais le style de l’historien du Canada se distingue surtout par une qualité qui fait son véritable mérite et qu’explique l’inspiration sous laquelle l’auteur a écrit.C’est dans un élan d’enthousiasme patriotique, de fierté nationale blessée, qu’il a conçu la pensée de son livre, que sa vocation d'historien lui est apparue.Ce sentiment, qui s’exaltait à mesure qu’il écrivait, a empreint son style d’une beauté mâle, d’une ardeur de conviction, d’une chaleur et d’une vivacité d’expression, qui entraînent et passionnent, surtout le lecteur canadien.On sent partout que le frisson du patriotisme a passé sur ces pages.L’avenir sanctionnera le titre à1 Historien national que les contemporains de M.Garneau lui ont décerné.Car, outre ses qualités éminentes, c’est lui qui, le premier, a pénétré dans le chaos de nos archives et penché le flambeau de la science sur ces ténèbres.D’autres parmi ses émules, profitant de ses travaux et marchant à sa suite dans les sentiers qu’il a frayés, pourront lui disputer la palme de l’érudition, mais nul ne lui ravira cette gloire.Avant lui, on ne connaissait, à part quelques fragments plus ou moins complets, que l’histoire du Canada du P.de Charlevoix, qui s’arrête à 1740, près d’un quart de siècle avant la conquête.Depuis lors, on peut dire que tout était à créer.Les seuls ouvrages qui eussent quelque autorité, avaient été écrits dans un esprit hostile, et dans le but d’avilir le caractère canadien.C’est M.Garneau, le premier, qui, à force de patriotisme, de dévouement, de travail, de patientes recherches, de veilles qui ont usé ses jours, fané sa vie dans sa fleur, est parvenu à venger l’honneur de nos ancêtres outragé, à relever nos fronts courbés par les désastres de la conquête, en un mot, à nous révéler à nous-mêmes.Qui donc mieux que lui mériterait le titre glorieux que la voix unanime des Canadiens, ses contemporains, lui a décerné?Nous avons donc droit de l’espérer, l’avenir s’unira au présent pour le saluer du nom à'Historien National.Les restes de M.Garneau reposent dans le cnnetière de Notre-Dame de Belmont, à l’ombre de cette même forêt qui vit, il y a un siècle, passer l’armée de Lévis, à deux pas du champ de bataille de Sainte-Foy qu’il a arraché de l’oubli, en face du monument élevé aux braves tombés sous la mitraille.C’est bien là qu’il devait reposer ; car lui aussi a combattu pour la patrie.Avec sa plume, il a continué de tracer le sillon de gloire que ces héros avaient ouvert avec la pointe de leur épée; et comme eux, il est tombé après avoir, suivant la belle expression d’Augustin Thierry, “donné à son pays tout ce que lui donne le soldat mutilé sur le champ de bataille.” L’abbé H.-R.Casgrain, {Un Contemporain: F.-X.Garneau, Québec 1866.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 249 LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Pour Y Enseignement -primaire) DÉCEMBRE 1930 Rappel de quelques notions pratiques Il faut habituer l’élève à reconnaître les lignes enveloppantes de l’objet à reproduire.Ces lignes déterminent des formes régulières qui doivent être esquissées d’abord.Lorsque la mise en place de l’ensemble est ainsi achevée, on marque les détails.Les répétitions, dans les arrangements décoratifs, peuvent s’obtenir par calque, après que l’élève a produit lui-même Voriginal.Dessiner tous ces mêmes ornements à vue est presque toujours une perte de temps.De plus il est bon d’accoutumer l’écolier à trouver des procédés expéditifs d’exécution.Dans un ensemble colorié, l’une des couleurs doit dominer en surface; les autres servent à la soutenir.Il est de bon goût de varier les valeurs; c’est-à-dire qu’on peut obtenir de bons effets par des applications vigoureuses et des applications pâles, même avec une seule couleur.Le croquis géométral ne donne pas toujours exactement la forme d’un objet; la perspective lui en offre les moyens.Le genre de perspective dite cavalière, qui est plutôt une description qu’une représentation, rigoureusement exacte, est par contre très pratique et d’une réalisation facile.Il est convenu de dessiner de front une face principale de l’objet.Les droites en profondeur, perpendiculaires au tableau du fond, ne convergent pas vers un même point de fuite; leur direction est représentée par des obliques, ordinairement à 45 degrés.Ce,s f uyantes sont réduites selon une proportion arbitraire, par exemple: %, fi fi, M, de leur vraie grandeur, selon l’échelle indiquée, ou employée dans le croquis géométral.La direction des fuyantes s’indique par une flèche, accompagnée du rapport de réduction.Cette perspective permet de faire connaître, dans trois directions, les mesures de l’objet représenté.Suggestions pour le mois COURS INFÉRIEUR En première année: le carré; observation sur la forme, les côtés.Exercice de tracé, commençant par la base dont on donne la dimension.Arrangements variés au moyen de carrés de papier, de diverses grandeurs; crayonnage selon ces dispositions.En deuxième année: l’angle obtus; en faire reconnaître dans les objets.La ligne brisée; exercice de tracé: suggérer la succession des divers angles et la longueur des droites.Le semis: motifs disposés avec ordre sur un fond; exemples concrets.Attitudes, par simple ligne brisée; indiquer les proportions de longueur.Première année L—Le carré orné par des droites, suivant ses divisions simples.2.—Alignement de carrés.Selon l’aptitude des élèves, suggérer quelques transformations à y apporter, détail par détail : (tête, cabane, drapeau, cadre.) 3.—Le chien: formule élémentaire basée sur le carré.On peut répéter ce motif.4-—De mémoire: une église vue de côté.Suggérer les diverses parties: clocher, toiture, fenêtres, etc.4 250 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS INFERIEUR TTT COURS MOYEN COURS SUPÉRIEUR / Q^j:?VtA\>vxX\j*re.oovcÉli rr^s.fBON ANf L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 251 4 Deuxième année 1.—Une bannière.(Application de la notion des angles).2.—Un semis: le fond est un ensemble de carrés; le motif, la reproduction symétrique de la ligne brisée et du point.(Les droites formant les carrés du fond pourraient servir à l’ornementation.) 3.—Attitudes: personnages vus de côté.a) le porte-drapeau.b) les coureurs.etc.4.—De mémoire: un autel.Suggérer les diverses parties: table, marches, tabernacle, crucifix, chandelier, etc.COURS MOYEN En troisième année: le losange; la circonférence, (rayon, diamètre, divisions en 2, 4, 8, p'arties égales).Exercice de tracé des deux figures.En quatrième année: revue de la circonférence; Vovale, son tracé.En ces deux années: croquis de leçons de choses.Troisième année 1.—Bordure avec le losange; colorier.2.—Rosace imaginée; (au moyen de la circonférence divisée en huit parties égales).3.—D’après nature: un réveille-matin.4.—De mémoire: a) Une roue de voiture, b) Une roue de fortune.Quatrième année 1.—Bordure: la circonférence combinée avec des droites; colorier.2.—L’ovale décoré, colorier.3.—D’après nature: a) des lunettes, b) deux clefs dans un anneau.(Le modèle pourrait être aussi présenté en silhouette de papier fort, découpé).4.De mémoire: a) un lit garni, b) un petit traîneau chargé.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: la/me, surface formant bande continue et qui, à l’inverse de la bordure, ne peut être placée que dans un seul sens.Alternance des motifs.Faire trouver des objets pouvant alterner dans une frise destinée à décorer une église, une salle d’étude, une cuisine, etc.La perspective cavalière; (voir l’explication donnée plus haut).Un demi-carré de papier fort, coupé suivant la diagonale, peut au besoin tenir lieu d’équerre à 45 degrés.Cinquième et sixième années L—Une frise: alternance d’objets; colorier.a) bûche, hache.b) chandeher, livre.2.—Carte de bonne année.Symétrie des angles, (au moyen des éléments sugggérés), et au centre, dans les rameaux, (houx, sapin).3.—Croquis géométral: prie-Dieu.Elévation de face et perspective cavalière au moyen de la vue de côté.4*—De mémoire: la cheminée d’un appartement.Du feu dans l’âtre; contre la hotte et sur la tablette, divers objets familiers.Fr.Raphaël, des Ecoles chrétiennes. 252 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE » QUESTIONS DE GRAMMAIRE 1.Lorsqu’une personne, dans une lettre, ou un écrivain dans un article de revue ou de journal, disent nous au lieu de je, par exemple: nous sommes persuadé, nous nous sommes réjoui, les participes (ou les adjectifs) demeurent-ils invariables ou s’écrivent-ils au pluriel?Réponse.—Toutes les fois que nous est employé pour je ou tout autre pronom singulier, le verbe se met au pluriel, mais l’adjectif ou le participe qui se rapporte à nous reste au singulier.2.Le mot débiteur s’écrit débitrice au féminin, mais peut-on dire débiteuse?Réponse.—Débitrice est la personne qui doit, et débiteuse, la personne qui raconte: débiteuse de nouvelles.3.Je lisais récemment une nouvelle où je remarquai cette phrase: “Ce jeune homme est digne et sensible aux éloges”.Cette forme est-elle régulière?Réponse.—Non, il faut dire: Ce jeune homme est digne d’éloges et y est sensible.C.-J.M.PAGES D’ELOQUENCE CANADIENNE-FRANÇAISE P.J.-O.Chauveau (1820-1890) La page ci-après est extraite du discours que prononça M.Chauveau le 18 juillet 1855, lors de l’érection du monument à la mémoire des braves tombés sur les Plaines d’Abraham le 28 avril 1760: c’est la bataille de Sainte-Foy où Lévis remporta la victoire sur l’armée anglaise commandée par Murray.Ce discours est le plus beau qu’ait prononcé le célèbre orateur canadien.AUX BRAVES DE 1760.Guerriers que nous vénérons, vous avez payé votre dette à la patrie, c’est à nous de payer la nôtre.Votre journée est remplie, votre tâche laborieuse et sanglante est terminée, la nôtre à peine commence.Vous vous êtes couchés dans la gloire, ne vous levez pas! Pour nous, quels que soient nos aspirations, notre dévouement, notre courage, Dieu seul sait où et comment nous nous coucherons.Mais vous, dormez en paix, sous les bases de ce monument, entourés de notre vénération, de notre amour, de notre perpétuel enthousiasme.dormez.jusqu’à ce qu’éclatent dans les airs les sons d’une trompette plus retentissante que celle qui vous sonnait la charge, accompagnée des roulements d’un tonnerre mille fois plus formidable que celui qui célébrait vos glorieuses funérailles, et alors tous, Anglais et Français, grenadiers, montagnards, miliciens et sauvages, vous vous lèverez tous, non pas pour une gloire comme celle que nous, faibles mortels, nous entreprenons de vous donner, non pas pour une gloire d’un siècle, mais pour une gloire sans terme et sans limites, et qui commencera avec la grande revue que Dieu lui-même passera quand les temps ne seront plus! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 253 A.-B.ROUTHÏER—1839-1920 Le j uge Routhier fut l’un des orateurs les plus renommés du Canada français.La page qui suit est détachée d’un discours prononcé lors de l’inauguration du monument Champlain, à Québec, en 1898.GLOIRE A CHAMPLAIN O Fondateur de Québec, sois fier de ton œuvre, et contemple ta ville avec admiration.Elle est la plus belle du continent américain ! Elle est la bien-aimée, la glorieuse, l’inoubliable ! Et lorsque, saluant l’étranger de ton piédestal: tu lui crieras: Vive Québec! la vieille cité te répondra: Vive Champlain! * Impassible désormais sous le manteau de bronze que l’art français à jeté sur tes épaules, affranchi des morsures du temps et de la mort, tu vivras aussi longtemps que cette terre, contemplant, dans les jours de soleil et les nuits étoilées, le merveilleux paysage que tu aimais tant jadis, et regardant circuler à tes pieds les nombreuses générations qui t’appelleront leur père.Ici dans les grands jours de fête nationale, les foules viendront déployer leurs bannières, et pousser vers toi cette universelle acclamation : Gloire à Samuel de Champlain ! Quant à nous, Messieurs, restons fidèles à la mémoire des ancêtres, et attachons-nous toujours davantage à ce sol sacré qui a été le berceau de nos vertus primitives et de nos gloires, qui a été arrosé du sang de nos héros et de nos martyrs, et dans les plis duquel dorment tant d’illustres aïeux.Rappelons-nous l’antique légende d’Antée qui, terrassé par Hercule, recouvrait des forces nouvelles chaque fois qu’il touchait le sol, et qu’Hercule ne put vaincre qu’en le tenant suspen-du dans l’air.Ne nous laissons jamais détacher du sol de la patrie par le colosse Hercule qui nous avoisine, et nous y puiserons, comme les grands chênes de nos forêts, un élixir de vie et d’immortalité.CE QU’ON SUBSTITUE AU VERBE “VOIR” Le 4 juin 1693, Boileau envoyait à Racine la seconde moitié de sa malheureuse ode sur la prise de Namur.C!e n’était encore que l’ébauche d’une œuvre condamnée à rester l’une des plus médiocres productions de son auteur.Cinq jours plus tard, il écrivait à Racine: “Trouvez bon que je vous prie encore de ne rien montrer à personne du fragment informe que je vous ai envoyé, et qui est tout plein des négligences d’un ouvrage qui n’est point encore digéré.Le mot voir y est répété partout jusqu’au dégoût.” Observation justifiée.j Si donc ce genre de fautes peut échapper à la plume exercée d’un grand écrivain, doit-on s étonner que les copies des élèves n’en soient pas exemptes ?Toutefois il en coûte peu de l’éviter, pourvu qu’on y apporte une sérieuse attention et qu’on sache passablement le français.Dès lors le verbe voir, à son tour, cède volontiers la place à un autre d’un sens plus précis. 254 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Exemples Voir la mort sans aucun effroi.envisager U un larcin.surprendre Ce médecin doit U quatre malades ce matin.visiter Le recteur doit a cette classe.inspecter Cet habile physicien sait (( un fait avec toutes ses circonstances.observer Cet habile écrivain sait u les nuances des mots prétendus synonymes.discerner Cet habile policier sait u jusqu’aux moindres indices.remarquer Le rapporteur va enfin cc votre affaire.examiner Voilà comment il faut U la situation.juger Appliquez-vous à bien i( le caractère de cet homme.étudier Ce n’est pas un homme à U fréquenter Vous feriez bien de ( ( quelques amis.fréquenter Ces gens sont incapables de iC la beauté de ce vers.d'apprécier Il fut heureux de (( des vestiges d’homme sur le rivage.reconnaître Voyez ce tableau.regardez ( ( la magnificence de ce spectable.contemplez U les funestes effets des passions, à ce que tout soit prêt.considérez U veillez Je vois bien ce que vaut ce prétexte.comprends Je (( à ton air ce que tu vas répondre.devine Je ne U pas pourquoi tu le favoriserais.n’imagine Je ne U aucun moyen de m’en tirer.trouve Dans tes sombres pronostics, tu (( déjà la patrie envahie.te figures, te représentes Tais-toi, tu n’y cc rien.connais Dieu cc nos vices les plus cachés.pénétré Cette hauteur cc le camp romain.domine Après enquête, le juge cc enfin la réalité du fait.constate.(Stylisitique Française.) E.Legrand.MODÈLE DE BRÈVE MONOGRAPHIE PAROISSIALE Notice historique LES GRONDINES (Saint-Charles des Grondines) C’est une très vieille paroisse que celle des Grondines.Sa fondation remonte à 1680.Son territoire comprend toute la seigneurie des Grondines^.Elle fut desservie par voie de mission, de 1680 à 1740, date de la nomination du premier curé résident.Le nom de Grondines fut donné à cet endroit par Samuel de Champlain.“Ce nom de Grondines, dit Gédéon de Catalogne, lui vient des battures et des gros cailloux qui se trouvent au devant, ce qui fait que lorsqu’il vente, les eaux y font grand bruit.” _ C’est une paroisse essentiellement agricole.La grande culture, l’élevage, l’industrie laitière, la culture maraîchère y sont en honneur.Une récente fabrique de conserves, organisée en coopération par les cultivateurs au capital de $12,000.a pu fabriquer depuis seize mois une production de 122,000 boîtes de conserves de tomates, de maïs et de haricots, sous la direction du Service de l’Horticulture de Québec et des agronomes.On voit encore aux Grondines la maison natale de Sir Lomer Gouin, et un vieux moulin seigneurial, transformé en poste de signaux pour la navigation.La population se chiffre à 1018 habitants. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 255 Sur les battures des Grondines, la chasse au canard et à la bécassine est très populaire et attire les chasseurs les plus renommés de la Province.Celui qui contemple les vestiges immémoriaux laissés par les ancêtres de cette vieille paroisse, peut, comme s’il faisait un rêve, se croire, tour à tour, le contemporain de tous les temps et de tous les âges de cette antique et charmante région du comté de Portneuf.Jean-Chs.Magnan, Agronome.L’HISTOIRE NATURELLE A L’ÉCOLE PRIMAIRE {Pour l’Enseignement 'primaire) ordke des cétacés—(Suite) Sous-ordre des Mysticetes Les différentes espèces appartenant à ce sous-ordre peuvent être rangées dans la famille des Balénidés, caractérisée par le genre Baleine.Comme il a été dit précédemment, ces animaux n’ont pas de dents.Un système de lames cornées, d’origine épidermique et fixées au palais en tient lieu.Ces lames, serrées les unes près des autres, vont en s’amincissant et finissent par de longs poils.On les appelle fanons.On en compte de 300 à 400 de chaque côté de la mâchoire de la baleine chez laquelle ils atteignent un poids de une tonne et demie.Les fanons constituent une espèce de tamis qui retient les petits poissons dans la bouche du monstre tout en laissant échapper l’eau de mer qui s’y est engouffrée.Les balénidés ont deux évents.Leur œsophage est très étroit eu égard à leur taille et il leur est impossible d’avaler un poisson plus volumineux que le Hareng.Leur tête est énorme, la bouche largement fendue, la langue volumineuse.LA BALEINE FRANCHE-(bALOENA MYSTICETUS) C’est la plus précieuse des baleines.D’un seul individu on peut facilement tirer de 200 à 300 barils d’huile et de une à deux tonnes de fanons.Ses muscles sont comestibles et peuvent être transformés en poudres de viande; enfin les os, une fois décharnés, entrent dans la composition d’engrais chimiques de grande valeur.La forme des baleines est généralement connue de tous: Longueur moyenne 60 pds, tête disproportionnée avec le reste du corps puisqu’elle constitue le tiers de la masse totale, absence de dents et de nageoire dorsale, yeux très petits et situés aux angles de la bouche.Les baleines ont besoin de respirer pour vivre, aussi remontent-elles à la surface pour renouveler la provision d’air de leurs pommons.Il y a d’abord sept ou huit apparitions à intervalles réguliers, puis alors, une expiration plus longue que les autres annonce que le monstre va plonger pour ne réapparaître que plusieurs minutes plus tard.Elles nagent assez lentement et en temps ordinaire ne se déplacent qu’à une vitesse d’une dizaine de milles à l’heure.Si cependant elles sont menacées d’un danger imminent, elles nagent avec une grande rapidité.L’épaisse couche de graisse élastique qui les entoure, en les immunisant contre les effets de la pression formidable des grands fonds de la mer leur permet de descendre à des profondeurs que ne sauraient atteindre les scaphandriers et les sous-marins._ Ces grands mammifères marins étaient autrefois nombreux dans les eaux du Golfe St-Laurent ou on pouvait tous les jours les voir prendre leurs ébats en toute sécurité.Ils ont aujourd’hui complètement dispani des régions tempérées et ne se rencontrent plus que dans les mers arctiques.Meme dans ces derniers refuges ils sont poursuivis par les chasseurs et leur nombre décroit si sensiblement qu’il ne restera plus bientôt un seul représentant de cette intéressante espèce, si des mesures énergiques de protection ne sont pas prises immédiatement pour conserver les quelques individus qui restent. 256 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES ENNEMIS DE LA BALEINE A part les chasseurs et les terribles engins de destruction dont ils font usage, la baleine doit compter avec d’autres ennemis naturels qui lui font une guerre incessante.Il y a d’abord l’épau-lard, (Orcagladiator) du sous-ordre dentycète, le plus glouton des habitants de la mer.Quoique d’assez forte taille puisqu’il mesure de 9 à 10 pds de longueur, il n’ose jamais s’attaquer seul au monstre marin, mais en bandes plus ou moins nombreuses, à l’instar des loups.Leurs mâchoires puissantes s’enfoncent dans les chairs de la pauvre baleine qui, malgré les efforts désespérés qu’elle fait pour leur faire lâcher prise, voit ses forces la trahir graduellement.Dans les terribles convulsions de son agonie, elle plonge, revient vite à la surface et frappe de sa queue encore redoutable l’eau rougie de son sang.Efforts inutiles, les épaulards, sentant leur proie faiblir, attaquent avec plus de férocité et bientôt dévoreront à belles dents la chair encore frémissante du monstre mort.On prétend que ces redoutables ennemis sont parfois aidés dans l’accomplissement de tels massacres par le poisson-scie (Pristis antiquorum) et l’espadon ou poisson-épée (Xiphiasgladius).Le premier, d’une longueur moyenne de 10 pieds, a pour caractère principal son museau qui se prolonge en une lame d’environ 3 pds.et garnie de chaque côté de fortes épines implantées comme des dents de scie.L’autre, qui atteint 13 pds.de longueur, a une sorte d’épée osseuse qui termine son museau.Ce dernier, dit-on, s’élance violemment sur la Baleine qu’il transperce de son épée, cependant que l’autre enfonce son rostre aux dents aigles dans les parties vitales.Contre les forces coalisées de tels ennemis, le géant des mers ne peut guère lutter avec succès.COMMENT ON CHASSE LA BALEINE Ce grand mammifère ayant depuis quelques années déjà déserté nos côtes, c’est en haute mer et même dans les solitudes des mers polaires que doivent exercer les baleiniers, navires spécialement construits à cette fin et jaugeant de 400 à 600 tonneaux.D’une solidité à toute épreuve et capables de tenir la mer pendant longtemps, 3 ou 4 ans même, les baleiniers sont munis des différents engins nécessaires à la capture de la baleine et des fourneaux et bassins indispensables pour la conversion du lard en huile.Les fourneaux sont alimentés par les résidus de la combustion du gras."i.ArrV-' .: ¦ - H» N.-.slrài EN HAUT, LA BALEINE — EN BAS, L’ÉPAULARD L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 257 rr Lorsque le baleinier a pénétré dans une région fréquentée par les baleines, des vigies, placées au'sommet des mâts, scrutent l’horizon.Dès qu’un jet de vapeur d’eau annonce la présence de l’une d’elles, les pirogues sont vite mises à la mer et s’en approchent avec précaution.Le commandant se tient debout à l’avant, un harpon à la main.C’est de son habileté que dépend le succès ou l’insuccès de l’entreprise.Parvenu à une distance de 75 à 80 pds du monstre, le harpon part, décrit une trajectoire, s’enfonce dans les chairs du cétacé qui, sous le coup de la douleur plonge et s’enfuit à une vitesse vertigineuse, entraînant à sa suite la pirogue reliée au harpon par une corde qui se déroule au fur et à mesure.Mais bientôt la traction diminue, elle cesse, la baleine va émerger; vite on tire sur la corde et la pirogue s’approche de l’animal.Dès qu’il apparaît à la surface un autre harpon lui est lancé, puis un troisième.On vise un point sensible comme la région du thorax; aussi, dès qu’une lance a pénétré en arrière de la nageoire et touche le cœur ou les poumons, le chasseur sent qu’il est maître de sa proie.Dès que la baleine a cessé de vivre, grâce à sa légèreté spécifique elle flotte et, tournant sur elle-même, demeure le ventre en l’air.Le baleinier qui à distance a suivi toutes les phases de l’attaque, s’approche à son tour; à l’aide de chaînes et de câbles, la baleine est attachée à son coté et on procède au dépècement.On comprend facilement qu’une telle chasse est des plus périlleuses.Ainsi, il peut fort bien arriver que le cétacé, rendu furieux par la douleur, se retourne vers ses assaillants et d’un seul coup de sa queue envoie au fond des abîmes la pirogue et ses occupants.Ou bien encore lorsque atteint par le harpon il traîne à sa suite la légère embarcation, si l’une des banquises si communes en ces lieux se trouve sur le passage de la pirogue, c’en est fait des chasseurs à moins qu’un coup de hache bien appliqué ne coupe la corde au moment psychologique.E.Litalien, I.R.COMPOSITION Amour et Vaillance L’océan ne cèle plus le secret de ses vastes abîmes; la mystérieuse pénombre s’est évanouie, l’inconnu se précise, un monde est découvert ! Au promontoire de Gaspé, et depuis près d’un siècle, la croix ouvre ses bras comme pour bénir les corvettes qui passent, apportant dans les plis de leurs voiles un souffle de la vieille France avec son doux et chaud baiser.^ Sur la falaise du Cap-Diamant depuis 1608, le drapeau d’azur flotte à “l’ABITATION DE QUÉBEC”; Dieu aidant, l’œuvre de Champlain, bien frêle en son berceau, va, malgré tout, grandir sous les lis de France.Délicieusement calme, le soir tombe léger, frais et mystérieux, en ce mois d’août 1618.Un souffle passe, glisse à peine, emportant dans les bois l’âcre senteur des cendres d’abatis; quelques volutes de fumée blanche errent encore dans le soir, insaisissables fantômes que le vent fait danser autour des feux éteints.Qu’il fait bon vivre ici, dans l’agreste décor d’un coin du Nouveau-Monde ! A pas lents un moissonneur revient, la faucille sur l’épaule.Son mâle visage s’illimune d’un sourire, tandis qu’il serre sous le bras quelque chose de précieux.Quel est donc ce trésor qu’il apporte chez soi, à l’heure du crépuscule ?C’est la première gerbe mûrie sur la lisière de nos bois canadiens ! Joyeux et tout regaillardi, il entonne la vieille ritournelle de “Marianne s’en va au moulin” et d’un pas allègre arrive au foyer.Sur le seuil de la porte, dans le soir, une femme l’attend.Toute la grâce d’une Rachel antique semble revivre dans cette épouse fidèle, écoutant la voix joyeuse de celui qui revient.Même douceur dans chacun des traits, même paix sur le front, même pose charmante.Qu’elle est donc belle et grande celle aux pieds de qui Louis Hébert dépose la gerbe de froment fécondée de ses sueurs.D’elle seule, il attend ce mot de tendresse qui lui donnera l’oubli complet de ses fatigues.Silencieuse, l’épouse caresse les grands épis d’or et, avec un sourire, “Nous en ferons des hosties,” murmura-t-elle; puis, s’agenouillant, elle dit: “Prions” et tous deux adorèrent le Maître des moissons.Comme une gaze d’ombre, les tièdes brumes montant de la terre neuve vinrent se mêler aux vapeurs mauves du soir.La nuit mystérieuse écouta la prière de Marie Rollet et un ange en passant l’emporta jusqu’au ciel.Oh ! comme elle dut plaire cette oraison de deux âmes, mystiques parfums aux pieds du Créateur.Elle attira sur la tête des époux une pluie de bénédictions, car, 258 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE renouvelant l’alliance, l’Êternel avait dit: “Je multiplierai votre race.” La noble chrétienne, la femme courageuse devait, en effet, devenir la souche vénérée des vigoureux rameaux d’une grande famille.Heureuse aïeule, elle avait, la première, l’honneur de se pencher sur le berceau du fils ainé de la Nouvelle-France.Vie simple dans un cadre plus simple encore, quelle action d’éclat, Marie Rollet, la délicate parisienne, peut-elle revendiquer dans les glorieux exploits de nos pères ?Aucune, mais son œuvre pour avoir été toute dans l’ombre n’en reste que plus grande et toujours immortelle.Si elle n’a pas été le bras jetant la semence au creux de nos sillons, elle fut l’âme même de nos héros et le grand souffle inspirateur qui emporta leur âme sur les rudes chemins du devoir.L’âme ardente et généreuse de notre race, c’est elle qui l’a façonnée sur ses genoux, pendant les longues soirées d’hiver, répétant à ses fiers petits gars: “Allez toujours, mes fils, pour Dieu et pour la France.” Comme la femme forte de l’Evangile, dans son noble cœur, il y eut toujours assez de trésor d’amour et de vaillance pour lui permettre d’en remplir le cœur de ses descendants.Qui sait si nous n’avons pas dans nos veines quelques gouttes du sang généreux de l’une de ses filles.L’histoire nous dit que la cadette, Anne, devait en cette même année 1618, recevoir sous nos cieux la fraîche couronne de l’hyménée.Toute jolie en sa rustique parure, la chapelle de Québec entendit, discrète confidente, les promesses émues jurées à son autel.Le père Le Caron donna à l’alliance d’Anne Hébert et d’Étienne Jonquest une bénédiction que le ciel dut bientôt ratifier Guillemette, l’aînée, épousait à son tour, en 1621, Guillaume Couillard établi à Québec depuis le commencement de la colonie.Dix rameaux pleins d’une sève immortelle ont perpétué jusqu’à nos jours la noble lignée des Couillard ! “Bon sang ne peut mentir.” Marie Rollet, cette gerbe de froment que ta grande âme voulait toute pour Dieu, combien de tes fils, prêtres du Seigneur, combien de mains sacerdotales l’ont offerte pour toi en pieux holocauste! Ah ! c’est que dans nos champs, aïeule, sois-en fière, le Christ souvent se penche et recueille des lis pour ses sanctuaires.Sur la foi de tes fils, repose en paix, vaillante femme, car ton souvenir pieux frissonne encore sur leurs lèvres ! Dans la galerie des vaillantes de notre race, ton gracieux profil jette comme un rayon de soleil sur les mâles visages de nos pères et tes fils, en passant, te reconnaissent toujours pour leur mère.Une élève nu cours supérieur de l’école normale de Rimouski.ÉDUCATION DU PATRIOTISME La Patrie La patrie, mais qu’est-ce donc que la patrie dont le nom fait sourire l’enfant au berceau et qui fait vieillir le savant dans l’étude et dans les recherches qui doivent faire sa gloire ?Qu’est-ce que cette parole dont le nom fait voler, au premier cri d’alarme, le jeune homme comme le vieillard sur la frontière pour la défendre et la protéger, pour laquelle les héros sont heureux de donner leur sang sur le champ de bataille ?Qu’est-ce que la patrie ?Demandez à l’oiseau ce que c’est que le nid qu’il a construit avec amour et dans lequel sa compagne a réchauffé ses petits; demandez à l’homme ce que c’est que le toit qui le vit naître et grandir; demandez à l’enfant ce que c’est qu’une mère; demandez à votre cœur, demandez à vos souvenirs pourquoi l’enfant pleure quand il ne voit pas sa mère, quand il n’est pas dans ses bras, qu’il ne repose pas sur son sein ?La patrie, c’est le sol natal, c’est l’héritage que le ciel donna à nos ancêtres et qu’ils nous transmirent après avoir combattu longtemps et même quelquefois après être morts pour nous la conserver ! La patrie, c’est le village natal et son église avec sa cloche au son argentin; c’est le vieux toit qui abrita notre enfance, qui reçut notre premier soupir et le dernier soupir de notre aïeul; la patrie c’est la campagne qui fut témoin de nos jeux enfantins; c’est le grand chêne de la colline, témoin muet de nos premiers chants; ou bien le ruisseau aux eaux limpides, au murmure duquel nous nous sommes endormis.La patrie, c’est le passé avec tout le charme de ses souvenirs, l’avenir avec ses craintes et ses douces espérances. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 259 La patrie, c’est la famille avec ses joies si pures et si innocentes, c’est le souvenir d’une mère avec ses caresses si tendres, avec ses douleurs et son amour.La patrie, c’est le souvenir d’une sœur au sourire angélique, le souvenir d’un frère avec son amitié si vraie; c’est le souvenir d’un père avec sa douce sévérité.La patrie, c’est la terre qui garde les dépouilles chères de ceux que nous avons aimés, dans le sein de laquelle dort la sainte génération de nos aïeux.Mais la patrie n’est pas seulement le sol qui nous a vu naître et les tombeaux qui renferment les cendres de nos pères; la patrie n’est pas seulement une langue de terre jetée sur le coin d’un continent ou dans le sein d’une vaste mer.La patrie, on ne l’aime pas seulement à cause des richesses matérielles qu’elle renferme; on l’aime encore, on l’aime surtout, à cause de ses richesses morales, de la grandeur de ses institutions qui respirent et donnent la liberté, de son histoire qui dit les grands souvenirs.La patrie, c’est surtout la langue, la loi, la religion du peuple.Ce qui nous fait aimer notre patrie, à nous, Canadiens français, ce sont nos souvenirs, nos gloires, ce sont nos belles institutions qui nous ont fait grands et fiers; c’est notre histoire, l’histoire de la conquête de cette colonie, écrite avec le sang de nos martyrs de la religion et de la nationalité, avec le sang de ces héros qui quittèrent la vieille France, le pays des grandes choses, pour venir conquérir, l’épée et la croix à la main, une patrie nouvelle qui devait redire et imiter les gloires de sa mère.Ne l’oublions pas, en perdant la religion et la langue de ses pères, le Canadien français perd sa patrie.Malheureux exilé en mourant, il ne pourrait que raconter à ses fils, en une langue qui ne serait pas la sienne, les malheurs de la patrie et le deuil national.Fn un mot, la patrie, c’est la terre natale, avec la langue, les mœurs, les institutions et la religion nationales; la patrie, c’est la nationalité; pas de nationalité sans ces grandes choses, et pas de patrie sans nationalité.Nous ne pouvons pas plus renoncer à ces grandes choses que nous ne pouvons consentir à mourir.Restons français et catholiques, et nous vivrons entourés du respect des peuples étrangers au milieu desquels nous nous trouvons; restons français et catholiques, et la vieille France et l’Europe auront un cri d’admiration pour nous.Mais si nous souscrivons à des arrangements politiques qui devraient nous perdre en nous enlevant notre autonomie sociale et religieuse, le souffle du mépris des générations futures balayerait la cendre de nos tombeaux.Restons français et catholiques et nous serons grands; soyons fermes en face des traités et des serments; sachons grandir au sein des difficultés et nous acheminer d’un pied sûr vers nos destinées; et nos descendants rediront nos gloires et nos triomphes comme nous aurons célébré les gloires et les triomphes de la sainte génération de nos aïeux.Honoré Mercier, Ancien Premier Ministre de la Province de Québec.LEÇON DE CHOSES Les Poissons Plan de la leçon.—A quel ordre appartiennent les poissons ?—-En combien de groupes sont-ils divisés f Citer quelques poissons appartenant à chacun de ces groupes.—-Utilité des poissons.DÉVELOPPEMENT Les poissons ont pour séjour la mer ou les rivières, les fleuves, les étangs et les lacs; ils font partie de l’ordre des vertébrés. 260 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ils se divisent en deux groupes : celui des poissons osseux et celui des poissons cartilagineux.Au premier appartiennent: le maquereau, le rouget, la perche, la carpe, la tanche, le goujon, le hareng, la sardine.Dans le second se rangent: l’esturgeon, le requin, la raie, la torpille.La chair des poissons d’eau douce et celle des poissons de mer contribuent à notre alimentation; c’est une nourriture saine, assez riche en principes nutritifs, facilement digestible.La chair de quelques poissons des régions tropicales est cependant toxique; celle de certains poissons pris sur les côtes du golfe Saint-Laurent, surtout celle du thon et du maquereau, le devient assez facilement lorsqu’elle est altérée par la fermentation.Les œufs des poissons sont indigestes; ceux du barbeau et du brochet sont vénéneux; le caviar est pourtant fait avec des œufs d’esturgeon.Les poissons nous fournissent encore leur peau; leur graisse produit des huiles médicinales fort employées.Il est quelques poissons carnivores qui ravagent nos rivières et nos viviers: le brochet et la perche, par exemple.Beaucoup de poissons de mer sont également voraces, le requin est même redoutable pour l’homme.Le marsouin est le plus grand ennemi des pêcheurs du bas du fleuve Saint-Laurent.L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Pour l’Enseignement primaire) (D’après “La Classe en Anglais” des FF.de l’Instruction chrétienne) SHOEING THE HORSE On his way to school, Philip passes by a blacksmith’s shop.It is Harold’s father who works there.Sometimes, when he is not in a hurry, he stops to see the man at his work.This morning, the blacksmith was shoeing a brown horse.The brown horse looked at Philip as he got in the shop.“Good-morning, uncle” he said, “what are you doing to old brown Tom ?” “I am putting on his shoes.” And the blacksmith bent over the foot upon which he was nailing the shoe.He is clever and strong; he is so careful that he will not drive a nail into the horse’s foot.His apron is made of leather.Philip saw the light fall upon the silky coat of the horse.This horse costs a great deal of money, he will not kick the blacksmith; he knows him and does not need to be tied.A dog to the left was watching the shoeing with a natural dog-like look.He looked as if he wished the blacksmith to be careful.Beyond the door was a donkey, it was a pretty little donkey.It was tied to the anvil and was waiting for a shoe.Above the brown horse, a bird-cage hung from the ceiling.What bird is in it ?It may be a canary.The bird sings to the merry sound of the anvil.Philip looked at the box of tools; he saw in it two files, some horseshoes and a pair of tongs.A stool is in front of the blacksmith, the forge is behind the horse.He was going to look over everything in the smithy, when the school bell rang and he hurried out to school What is the title of this lesson?The title of this lesson is: “Shoeing the horse”.Look at the picture on page 76.Do you see a horse ?Yes, I see a horse.Do you see a man ?Yes, I see a man.What is the man doing ?The man is shoeing the horse.Express that in French.L’homme ferre le cheval. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 261 The story which we shall read to-day is therefore about the shoeing of a horse.Read the first two sentences.On his way to school, Philip passes by a blacksmith's shop.It is Harold’s father who works there.What day of the week is it ?It is a school day.How do you know it?I know it, because it is said: “On his way to school.” On what days does Philip go to school ?Philip goes to school on Mondays, Tuesdays, Wednesdays, Thursdays and Fridays.Where does Philip pass on his way to school ?On his way to school, Philip passes by a blacksmith’s shop.- «IS wm sis#: vft ' -wdv -.,-y- s- SHOEING THE HORSE {Painting by Landseer) What is a blacksmith ?A blacksmith is a man who shoes a horse.What do you call a man who shoes horses ?The man who shoes horses is called a blacksmith.Where does the blacksmith work ?The blacksmith works in a shop.What name do you give to his shop ?We give it the name of blacksmith’s shop.When does Philip pass by the blacksmith’s shop ?Philip passes by a blacksmith’s shop on his way to school.Whose blacksmith’s shop is it ?It is Harold’s father’s blacksmith shop.Does Philip know Harold?Yes, Philip knows Harold.Who is Harold ?Harold is Philip’s cousin.Who is Harold’s father ?Harold’s father is Philip’s uncle.Where does Philip’s uncle work ?Philip’s uncle works in a blacksmith’s shop.Instead of “Philip’s uncle”, use two other words expressing the same idea.—“Harold’s father” works in a blacksmith’s shop. 262 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Read the next two sentences: Sometimes, when he is not in a hurry, he stops to see the man at his work.This morning, the blacksmith was shoeing a brown horse.Does Philip sometimes stop at the shop.Yes, Philip sometimes stops at the shop.When does he stop at the shop ?He stops at the shop when he is not in a hurry.Explain the expression: “When he is not in a hurry”.When he is not in a hurry” means “when he has plenty of time”.When has he plenty of time?He has plenty of time when he leaves home early for school.What does Philip do when he is not in a hurry ?When Philip is not in a hurry, he stops at the shop.Why does he stop at the shop ?He stops at the shop to see the man at his work.When does Philip stop to see the man at his work?Philip stops to see the man at his work when he is not in a hurry.Who is the man at the shop ?The man at the shop is Philip’s uncle.Do you think that Philip would stop at the shop if there was another man at the shop ?No, I do not think so.Read the fourth sentence alone.At what time of the day does the scene take place ?The scene takes place in the morning.How do you know it ?It is written in the book: this morning What was taking place this morning ?This morning the blacksmith was shoeing a brown horse.What was the blacksmith shoeing ?The blacksmith was shoeing a horse.What was the color of the horse ?The color of the horse was brown.Are all horses brown ?No, all horses are not brown.Some are black, some are gray, others are bay, and still others are cream-colored, etc.Who was shoeing that brown horse ?Harold’s father or Philip’s uncle, or yet, the blacksmith was shoeing the brown horse.When was he shoeing the brown horse?He was shoeing the brown horse in the morning, when Philip was going to school.How many shoes does a horse need ?A horse needs four shoes.What name do you give to those shoes?We call those shoes “horseshoes”.Read the third sentence, putting it in the past tense.Sometimes when he was not in a hurry, he stopped to see the man at his work.Read the fourth sentence, putting it in the future tense.To-morrow, the blacksmith will be shoeing a brown horse.Read the next three sentences.The brown horse looked at Philip as he got in the shop.“Good-morning, uncle” he said, “what are you doing to old brown Tom” .“I am putting on his shoes”.What was the blacksmith shoeing ?The blacksmith was shoeing a brown horse.To whom did the brown horse look ?The brown horse looked at Philip.Did Philip look at the brown horse too ?Yes, Philip looked at the brown horse too.When did the brown horse look at Philip ?The brown horse looked at Philip as he got in the shop.Who looked at Philip when he got in the shop ?The brown horse looked at Philip as he got in the shop Read the sentence again using a word instead of “got in”.The brown horse looked at Philip as he entered the shop.What did Philip say as he entered the shop ?As he entered the shop, Philip said: “Good morning, uncle, what are you doing to old brown Tom” ?What does that “Good morning, uncle” show ?That “Good morning, uncle” shows that Philip is a very polite boy.What does the second part of the sentence show ?The second part of the sentence shows that Philip knows the horse.What words especially show that Philip knows the horse well ?The words “old brown Tom” show it.What does Philip’s uncle answer?Philip’s uncle answers: “I am putting on his shoes”.Do you wear shoes?Yes, I wear shoes.What are they made of ?They are made of leather.Are the horseshoes also made of leather?No, the horseshoes are not made of leather.What are they made of ?They are made of iron.When do you put your shoes on ?I put on my shoes in the morning.When do you take them off ?I take them off at night.Do the horses put their shoes on in the morning ?No, their shoes remain on their hoofs.How are they tied on their hoofs ?They are tied on their hoofs by means of long nails.Listen : Those nails are called horseshoe nails. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 263 How many shoes do you wear ?We wear two shoes.Why do you wear only two shoes?We wear only two shoes because we have only two feet.How many feet has a horse ?A horse has four feet.How many shoes does a horse wear ?A horse wears four shoes.Does a horse wear those shoes very long ?Sometimes they do.When are those shoes taken off ?Those shoes are taken off when they are getting worn out.Who takes those horsehoes off ?The blacksmith takes those horseshoes off.Does the blacksmith replace those shoes ?Yes, he does .What was Philip’s uncle doing that morning?Philip’s uncle was replacing the worn out horseshoes.How did he express it ?He expressed it by saying: “I am putting on his shoes.” Express the same idea otherwise: “I am replacing his shoes”.How many shoes did he replace ?He replaced four shoes.Read the next three sentences.And the balcksmith bent over the foot upon which he was nailing the shoe.He is clever and strong; he is so careful that he will not drive a nail into the horse’s foot.His apron is made of leather.Look at the picture.—Is the blacksmith standing up ?No, the blasckmith is not standing up.Is he seated ?No, he is not seated.In what position is he ?He is bent over the foot of the horse.Who is bent over the foot of the horse ?The blacksmith is bent over the foot of the horse.Is it over a front foot or over a hind foot ?It is over a hind foot.Is it the left or the right foot ?It is the right foot.Over which foot is the blacksmith bending ?The blacksmith is bending over the right hind foot.What foot is Philip’s uncle shoeing ?Philip’s uncle is shoeing the right hind foot.What is the blacksmith now doing ?The blacksmith is now making the shoe.With what is he nailing the shoe ?He is nailing the shoe with horseshoe nails.What quahties are given to the blacksmith in the next sentence ?In the next sentence, it is said that the blacksmith is clever, strong and careful.What does “clever” mean?“Clever” vaQans, “smart, skilful, able”.And “strong”‘l “Strong” means “powerful, stout, vigorous”.And “careful” ?“Careful”, means “prudent, cautious, watchful”.How is the blacksmith ?The blacksmith is clever, strong and careful.Why must he be careful ?He must be careful not to drive a nail into the horse’s foot.Into what does the blacksmith drive the nails?The blacksmith drives the nails into the hoof.Of what is the hoof made ?The hoof is made of a horny substance.(Here the word horny may be explained in French, and questions asked to see that the meaning of the word is well understood).Does the horse feel anything when the nails are driven into the hoofs ?No, the horse does not feel anything then.Why must the blacksmith be strong ?The blacksmith must be strong to hold the horse’s leg.On what does he hold the horse’s leg ?He holds the horse’s leg on an apron.What is an apron ?An apron is an article of clothing made to protect the ordinary clothes.Who wears aprons at home ?My mother and my sisters wear aprons at home.When do they wear aprons ?They wear aprons when they are cleaning the dishes, cleaning the house, etc.Why do they wear aprons ?They wear aprons to protect their dresses.What are their aprons made of ?Their aprons are made of cotton.Is the apron of the blacksmith also made of cotton ?No, the blacksmith’s apron is not made of cotton.What is it made of ?Is is made of leather.What is made of leather ?The blacksmith’s apron is made of leather.(à suivre) Frère Anatoliüs-Lotjis, des F reres de V Inst.Chrétienne. 264 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE De l’autorité Pourquoi Jésus entra-t-il dans la barque de Simon Pierre, afin de parler au peuple, plutôt que dans celle de tout autre de ses disciples ?C’est qu’il se proposait de choisir Simon Pierre pour chef de l’Église, en lui donnant une autorité que tous devaient inviolablement respecter.“Tu es Pierre, et sur cette 'pierre, je bâtirai mon Église et les poi'tes de Venfer ne prévaudront pas contre elle.” (Matth, xvi, v.18.) Cette barque était donc la figure de l’Église catholique dans laquelle les successeurs de saint Pierre ont enseigné la doctrine de Jésus-Christ, et qui seule, par conséquent, est l’arche de salut.Dans cette Église, les pasteurs enseignent et les fidèles croient ce qu’on a cru et enseigné dès les premiers siècles; et il en sera ainsi jusqu’à la fin du monde, selon la promesse formelle de Jésus-Christ: “Je serai avec vous jusqu’à la consommation des siècles.” (Matth.xxvin, 20.) Les protestants , au contraire, remontent à une époque très récente, comme personne ne l’ignore, et ils changent à tout instant de doctrine.Celle qu’ils enseignent, inventée par Luther et Calvin, a sans cesse varié, comme tout ce qui est l’ouvrage des hommes, selon le caprice des sectaires, ou l’ambition des princes.N’oubliez pas ces éléments de notre foi, et priez Dieu qu’il la conserve en vous, dans toute sa pureté.Vous êtes catholique, par conséquent, il faut que vous soyez soumis à l’autorité spirituelle qui vous gouverne.Le souverain Pontife, votre évêque et vos supérieurs ont le droit de vous imposer des lois, des règlements, ou de vous en dispenser pour des motifs qu’ils peuvent seuls apprécier.Vous verrez dans le monde des personnes qui ne cessent de s’ériger en censeurs des décisions du Pape ou des évêques, et se croient, dirait-on, appelées à régenter dans l’Église au moins en matière de discipline.D’après ces personnes, le Pape a tort d’accorder telle dispense; nous sommes dans un siècle de relâchement; on plie trop devant ses exigences; quant à elles, les bons principes leur seront toujours sacrés, etc., etc.Gens ignorants, pusillanimes et de peu de foi, qui font consister, en grande partie, la religion dans les pratiques extérieures, sans songer que, quelque respectables que soient ces pratiques, le chef de l’Église, éclairé des lumières de l’Esprit-Saint, peut les modifier quand il le juge utile aux véritables intérêts de la religion.Ils ont donc oublié les paroles que Jésus adressait à ses disciples.Après leur avoir enseigné ce qu’ils auront à faire, il ajoute: “Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous méprise me méprise.” (Ibid.16.) Chers enfants, soyez toute votre vie soumis à la volonté de vos supérieurs ecclésiastiques, et répondez à ceux qui se permettent de les blâmer.“Le Pape et mon évêque ont prononcé sur cette question; qu’aurais-je à répliquer?Je suis avant tout enfant de l’Église.” Résolution: Je ne blâmerai jamais la conduite de mes supérieurs spirituels et je m’appliquerai, au contraire, à suivre docilement leurs avis et leurs conseils. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 265 LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICE DE PENSEE ET DE LANGAGE 1° Trouver des actions qu’on fait le -matin: le matin, on se lève, on fait sa prière, on déjeune, etc.Trouver des actions qu’on fait le soir: Ex.: le soir, on soupe, on allume la lampe, on prie, on se déshabille, on se couche, etc.Trouver des actions qu’on fait à l’école: Ex.: à l’école, on travaille, on lit, on écrit, on joue, on apprend à connaître le bon Dieu.Par quelle lettre commencent les mots: matin, mutin ?—Quelle est la lettre qui n’est pas la même dans les deux mots ?Par quelle lettre commencent les mots: baiser, bouquet, bureau, porte, fenêtre, table, etc.?2° Écrire au tableau des mots: Livre, — plume, —- cahier, — papier, — ardoise, — tableau, — chaise, — banc, etc.Dans quels mots y a-t-il la lettre a ?—-la lettre e ?—la lettre i ?—la lettre o ?—la lettre u ?3° Chercher 5 noms d’objets commençant par la lettre t.Une tasse,—un tableau,—une table,—un tiroir, —un tabouret.Faire une phrase avec chaque nom, d’abord oralement, puis les faire écrire par les plus grands.Ex.: On boit du café dans une tasse, etc.4° Nous voulons faire un cadeau à six petits garçons; choisissons d’abord leurs noms: Jean, Paul, etc., etc., reprenons chaque nom en ajoutant l’objet que l’on veut donner à chacun.—Nous donnons à Jean un bon point,—Nous donnons à Paul une toupie, etc.Même exercice pour six petites filles.Marie, Louise, Jeanne, Madeleine, etc.Nous donnons à Marie une rose, nous donnons à Louise une marguerite, etc.DICTÉES I l’hiver dans la campagne Dès la fin du mois de novembre, la campagne est couverte de neige; les ruisseaux, les lacs, les étangs sont revêtus d’une couche de glace; la neige tombe parfois en si grande abondance que les routes doivent être roulées ou grattées.Exercices.—1.Citez la règle d’accord de l’adjectif qualificatif.Exemples dans la dictée.2.Que signifie roulées ?3.Quelle est la règle à suivre pour écrire correctement les mots en eau ?4.Faire l’analyse des noms.5.Qu’est-ce qu’un lac ?un étang ?Qu’est-ce qui caractérise l’hiver ?Comment appelle-t-on un passage entre deux montagnes?(col).II LE MATIN Je me lève quand ma mère m’appelle.Je me lave, je m’habille, je fais ma prière.Ma mère examine ma toilette et me coiffe, et elle nie donne de bons conseils.Je repasse mes leçons, je déjeune et je pars pour l’école.Si je rencontre mon cousin Pierre, je dis: “bonjour, as-tu bien dormi?” et nous arrivons ensemble.Mots et expressions à écrire et à examiner et expliquer: ma mère m'appelle (2 p, 2 11),—je m’habille,—je fais, j’ai fait,—de bons conseils,—je pars,—je dis,—as-tu—tu as,—arrivons.Exercices.—I.Chercher et souligner tous les pronoms du texte, dire quels noms ils remplacent.II.Faire distinguer ceux qui représentent la personne qui parle (Ire personne),—la personne à qui on parle (2e personne),—la personne de qui on parle (3e personne).III.Mettre la dictée au pluriel en disant: nous-au lieu de je,—nos mères,—elles,—vous au lieu de tu.IV.Trouver des pronoms personnels de la Ire personne du singulier, de la 2e personne du singulier, de la 3e personne du singulier, et de la Ire, delà 2e, de la 3e personne du pluriel.V.Conjuguer à l’indicatif présent, à l’imparfait, au passé simple et au futur simple les verbes laver ses mains, habiller et coiffer sa fille. 266 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE III LA HOUILLE La houille ou charbon de terre est indispensable à l’industrie.C’est la houille qui permet de transformer le minerai de fer en fonte et en acier.Elle fournit la chaleur qui produit la vapeur.La force de la vapeur actionne la plupart des usines, met en mouvement les locomotives, les navires.La houille sert aussi à chauffer les maisons, les écoles et les églises.A la campagne, on peut encore heureusement se chauffer avec le bois.Questions.—Qu’est-ce que la houille?—D’où vient-elle?—Par quel chemin?—Comment s’appelle l’ouvrier qui l’extrait ?—A quoi sert la houille dans un ménage ?—Dans une locomotive ?—Dans une usine ?—Sert-elle à l’éclairage ?—Comment ?—Où ^ trouve-t-on de la houille—?au Canada, aux Etats-Unis et en Angleterre.—Que deviendrait l’industrie si la houille s’épuisait ?Grammaire.—Relever: 1° les noms masculins; 2° les noms féminins.—Analyser les deux derniers noms de la dictée.—Conjuguer transformer à l’imparfait et au passé simple.RÉCITATION noel: “ça, bergers.” Ça, bergers, assemblons-nous, Allons voir le Messie.Cherchons cet enfant si doux Dans les bras de Marie; Je l’entends, il nous appelle tous; O sort digne d’envie! Laissons là tout ce troupeau, Qu’il erre à l’aventure, Que sans nous, sur ce coteau, Il cherche sa pâture.Allons voir dans un petit berceau L’auteur de la nature.Que l’hiver, par ses frimas, Ait endurci la plaine, S’il croit arrêter nos pas Cette espérance est vaine.Quand on cherche un bien rempli d’appas, On ne craint point de peine.RÉDACTION LE MOUCHERON ET LE PAPILLON Sommaire.—Un papillon charitable engage un moucheron à fuir la chandelle.Celui-ci, confiant dans sa légèreté, s’obstine à tourner autour de la flamme, où bientôt il trouve son tombeau.Gardons-nous de l’orgueil et suivons les conseils des gens sages.DÉVELOPPEMENT “Gentil moucheron, disait un soir un papillon, fuis la chandelle, crois-moi, car je, m’y suis brûlé.—Non, répond l’insecte volage, je veux la voir de près, cette flamme si belle; je veux tout voir et tout connaître, sans me faire aucun mal, car je suis adroit”.Et la bestiole imprudente passe et repasse autour de la lumière.Sa témérité fut la cause de son malheur! Elle l’effleure, tombe, et la flamme brûlante la consume et devient son tombeau.Enfants, suivez les conseils de ceux que l’expérience a instruits, sinon vous serez victime de votre imprudence.COURS MOYEN EXERCICE DE PENSEE ET DE LANGAGE 1.—Les mots suivants, qu’on emploiera comme sujets, étant donnés, trouver un verbe et un complément qui puissent leur convenir, et construire une petite phrase avec ces divers éléments.L’horloge.marque les heures.L’horloge.fait entendre son tic tac.La blanchisseuse.lave le linge.La blanchisseuse.repasse le linge.Le boulanger.achète de la farine.Le boulanger.cuit le pain.La rivière.déborde dans la plaine.La rivière.inonde les jardins.Résumer en une seule les deux phrases ayant le même sujet: L’horloge fait entendre son tic tac ; elle marque les heures.La blanchisseuse lave et repasse le linge._ 2.—Donner aux verbes indiqués deux sujets et un complément, et construire une phrase: Conserver.La viande et le poisson se conservent dans le sel.Imiter.Le perroquet et la pie imitent la voix de l’homme. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 267 Fondre.La neige et la glace fondent au soleil.Débiter.Le scieur de long et le charpentier débitent le bois.Fermer.La serrure et le verrou ferment la porte.Ombrager.Les érables et les ormes ombragent nos promenades.Germer.Les fèves et les pois germent en quelques jours.pour nous donner ses trésors, nos faiblesses pour nous donner sa force, notre mortalité pour nous donner sa vie! Hostie de Noël, le monde entier vous adore et vous bénit, car il sent que vous lui apportez le ciel.Mme Swetchine.DICTÉES I EN HIVER Dans la dure saison du froid et des frimas, on voit les oiseaux déserter nos climats, tous les insectes disparaître ou périr, la plupart des animaux s’engourdir, se creuser des retraites, la terre se durcir, les plantes se sécher, les arbres dépouillés se courber sous le poids de la neige et du givre; tout présente l’image de la mort.Buffon.Questions.—Qu’appelle-t-on saison des frimas ?.(L’hiver pendant lequel les brouillards se convertissent en glaçons.)—Qu’est-ce que le givre?(La glace que les brouillards épais déposent sur les végétaux, les fils télégraphiques, quand il fait froid.)—Que deviennent les insectes en hiver?(Ils périssent ou s’enferment dans la terre.)— Pourquoi les oiseaux partent-ils ?(Pour aller chercher de la nourriture.)—Que font les animaux sauvages en hiver ?(Les uns sortent des bois comme le loup; d’autres s’engourdissent comme la marmotte.)—Qu’annonce l’hiver, image de la mort?(Le printemps avec ses charmes.)—Et la mort?(Une autre vie avec ses délices.) _ Grammaire.—Donner le singulier de frimas, oiseaux, animaux, et dire la règle.—Au passé simple, conjuguer être, avoir, sécher.Exercices:—1.Donner la signification de rayonner et voiler.—2.Qu’est-ce que l’Emmanuel ?—3.Indiquer le sujet du verbe sourit.-—4.Pourquoi le verbe s’humilie se termine-t-il par un e muet à la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif ?RÉCITATION l’enfant JÉSUS O cher petit Enfant! ô douceur infinie! Quel suave éclat brille en tes regards divins ! On croit qu’ils vont parler, quand les yeux de Marie Tendrement rencontrent les tiens.Comme en un soir d’été, la timide colombe Roucoule sous les bois son triste et tendre accent, Ainsi dans ton sommeil ta faible voix qui tombe Murmure un doux gémissement.Docile, tu t’endors à l’ordre de Marie, Tu t’éveilles docile à l’appel de sa voix, Content sur les genoux de la Vierge bénie, Content sur ta Crèche de bois.Quel charme tout divin dans ton obéissance : Ce que ta sainte Mère ordonne, tu le veux; Tes manières d’enfant trahissent la science Du Dieu qui se cache à nos yeux.Quand le pieux Joseph entre ses bras te presse, Et de ton doux visage effleure le contour, Ton regard innocent répond à sa caresse, Et ton sourire à son amour.II IL EST NÉ LE DIVIN ENFANTÎ .Hostie de Noël! Qu’il est beau celui dont vous laissez rayonner la tendresse, pendant que vous voilez sa grandeur! "Chantez le Seigneur, disait le prophète, car il est grand”.Chantez l’Emmanuel, dit l’Église, le Dieu qui vous sourit dans la faiblesse et la grâce de l’enfance, le Dieu qui s’est fait tout petit pour se faire tout aimable.Aimez donc celui qui descend pour vous relever, qui s’humilie pour vous glorifier, qui prend notre indigence Non! tu ne trompes point nos yeux dans ce mystère ; Les sourires et les pleurs, voilà bien un enfant; Et c’est un Dieu pourtant! et le ciel et la terre L’adorent ensemble en tremblant.Le P.Faber.RÉDACTION SUJET A TRAITER Mes étrennes Papa et maman m’ont donné de jolies étrennes, l’an dernier; un bel atlas.Avantages de ces étrennes.Que me donneront-ils cette année ? 268 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SUJET TRAITÉ Je suis vraiment un petit garçon bien heureux et qui a de bien bons parents.L’an dernier, ils m’ont donné des étrennes qui m’ont fait grand plaisir: 1° parce que je les désirais beaucoup, 2° parce qu’elles me seront très utiles pour mes études.Ces belles étrennes étaient un atlas complet! pas un de ces petits atlas dans lesquels il n’y a que des cartes ne disant rien, mais un atlas superbe comprenant des gravures et des cartes de toutes les parties du monde, de toutes les contrées des deux hémisphères et plusieurs cartes de la Province de Québec et du Canada.J’étais si content quand je l’ai reçu que je tournais les pages indéfiniment, sans me lasser et sans penser même à remercier mes chers parents! Ils étaient bien contents de ma joie et quand, enfin j’ai sauté à leur cou en disant: Merci papa, merci maman, vous êtes mille fois bons et vous avez rendu votre petit garçon bien heureux.Ils m’ont embrassé très fort et ont eu la bonté de me dire que ces étrennes m’étaient données en récompense de mon travail de l’année.Aussi, j’ai bien travaillé toute l’année à l’école et à la maison.Je m’attends donc à recevoir encore de belles étrennes au Jour de l’An 1930.Mais je serai bien content de ce que papa et maman jugeront de me donner.COURS SUPÉRIEUR DICTÉES LE PROGRÈS Nos ancêtres seraient bien étonnés, s’ils pouvaient voir toutes les transformations que notre pays a subies, depuis leur départ pour un autre monde: les voyages accomplis sans chevaux sur les routes, sans voiles sur les mers, et même dans les airs avec la rapidité du vent; nos messages franchissant comme l’éclair les pays, l’Océan lui-même; grâce au radio, la voix, la musique entendues dans nos maisons de très longues distances, sans autre appareil qu’un tout petit meuble récepteur; la main de l'homme partout remplacée, dans l’industrie, par ces‘puissantes machines que la vapeur ou la gazoline met en mouvement nuit et jour; nos villes et nos demeures splendidement illuminées, sans que l’œil aperçoive rien de ce qui produit et entretient la lumière; des portraits d’une ressemblance frappante tracés à peu de frais en quelques secondes; les montagnes percées, les isthmes creusés et les relations des hommes et des peuples affranchies de tout obstacle et de toute barrière.L’homme se sent aujourd’hui, plus que jamais, le roi et le maître de la nature.Mais il ne doit pas oublier que toutes les merveilles dont il est témoin seraient impossibles sans la toute puissance et la bonté de Dieu, créateur et maître absolu de toute chose.II LE MANOIR d’hABERVILLE Le manoir d’Haberville était situé au pied d’un cap qui couvrait une lisière de neuf arpents du domaine seigneurial, au sud du chemin du Roi.Ce cap en promontoire, d’environ cent pieds de hauteur, était d’un aspect très pittoresque; sa cime, couverte de bois résineux conservant sa verdure même durant l’hiver, consolait le regard du spectacle attristant qu’offre, pendant cette saison, la campagne revêtue de son linceul hyperboréen.Ces pruches, ces épinettes, ces pins, ces sapins toujours verts, reposaient l’œil attristé pendant six mois, à la vue des arbres moins favorisés par la nature qui, dépouillés de leurs feuilles, couvraient le versant et le pied de ce promontoire.Jules d’Haberville comparait souvent ces arbres à la tête d’émeraude, bravant, du haut de cette cime altière, les rigueurs des plus rudes saisons, aux grands et puissants de la terre qui ne perdent rien de leurs jouissances, tandis que le pauvre grelotte sous leurs pieds.On aurait pu croire que le pinceau d’un Claude Lorrain se serait plu à orner le flanc et le pied de ce cap, tant était grande la variété des arbres qui semblaient s’être donné rendez-vous de toutes les parties des L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 269 forêts adjacentes pour concourir à la beauté du paysage.En effet, ormes, érables, bouleaux, hêtres, épinettes rouges, frênes, merisiers, cèdres, mascouabinas et autres plantes aborigènes qui font le luxe de nos forêts, formaient une riche tenture sur les aspérités de ce cap.Philippe Aubert de Gaspé.(Les Anciens Canadiens) Exercices:—Rechercher tous les participes de la dictée et justifier l’accord, s’il y a lieu.—2.Dire un mot de l’auteur des Anciens Canadiens (Voir Histoire de la littérature canadienne par une Sœur de Sainte-Anne, ou celle de Mgr Camille Roy.) RÉCITATION noel! o grande nuit! Noël! ô grande Nuit! Nuit de la sainte table! La Vierge a son enfant, et d’un cœur résigné, Dans la crèche, il faut bien, met son cher nouveau-Que réchauffent le bœuf et l’âne, secourables.[né, Bethléem! Voix du ciel! Vision ineffable.Annonçant: “Gloire et Paix” aux bergers étonnés, O candide concours de pasteurs prosternés Devant l’humble Sauveur sous ce toit misérable! Dieu naissant sous César, sur la paille, transi, Tu fais fi des palais pour nous apprendre ainsi L’exquise humilité, le rien de la richesse: Tu te fais tout petit pour t’approcher de nous; Et Ta bonté nous aide à nous mettre à genoux, Et l’on vient humblement adorer Ta faiblesse.Albert Ferland.COMPOSITION VIEUX MEUBLES—BONS SOUVENIRS La petite Madeleine rit en voyant les vieux meubles rapportés de chez sa grand’mère.—Description de ces meubles.—Sa mère lui dit les bons souvenirs qu’ils lui rappellent.DÉVELOPPEMENT “Ah! maman, quels drôles de meubles vous avez rapportés de chez grand’mère!” Les drôles de meubles dont parlait ainsi la petite Madeleine, c’était une grande et vieille armoire, une antique commode, une horloge dans sa haute boîte et un ancien rouet.L’armoire était immense, avec son fronton qui touchait au plafond, ses ferrures, ses deux portes garnies d’ornements et montées sur de grandes charnières en fer forgé.La commode, encore toute couverte de poussière, et déjà rongée par les vers, avait un air vénérable, avec son devant cintré, ses poignées en cuivre et ses coquilles sculptées.L’horloge avait à peu près le même âge que la commode, et Madeleine regardait avec surprise cette haute boîte coiffée d’une sorte de lanterne vitrée, où l’on voyait le cadran, ces énormes poids de fonte, et le balancier en cuivre qui se montrait derrière un petit carreau et disparaissait aussitôt.Et le rouet! une machine que l’on ne voit guère dans les villes, et que Madeleine examinait curieusement, se demandant à quoi pouvait bien servir cette roue, cette bobine et la quenouille, au bout de laquelle était enroulée une poignée de filasse! “Ces meubles-là, dit la maman, me rappellent, mon enfant, de bien chers souvenirs.L’armoire, la commode, l’horloge ont appartenu à mon arrière-grand’mère; je me souviens toujours avec bonheur de l’excellente femme, que j’ai vue filer la laine et le chanvre avec ce vieux rouet.Ces meubles ne sont jamais sortis de notre famille, et je suis bien heureuse de les avoir à mon tour, car ils ont été les témoins de la vie de nos ancêtres, c’est-à-dire de ceux dont nous devons garder le souvenir fidèle et attendri.Et je forme le vœu que ces chers souvenirs soient conservés pieusement par mes enfants.” COURS COMPLÉMENTAIRE DICTÉE LA LECTURE DES MODELES La lecture des bons modèles a toujours été regardée comme éminemment propre à développer le germe des talents.La voie des pré- 270 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE certes est longue, celle des exemples est beaucoup plus courte.Les maîtres peuvent nous donner les règles du style; c’est dans les auteurs qu’il faut en chercher la pratique.Mais quels auteurs doit-on lire et comment doit-on les lire ?Le goût de la lecture est naturel aux jeunes gens, et souvent ils le portent jusqu’à la passion: de là vient qu’il est si funeste à un grand nombre d’entre eux.Il a donc besoin d’être réglé.Qu’ils choisissent parmi les écrivains, ceux que le jugement des siècles et une opinion publique bien prononcée, certaine, invariable ont placés au premier rang.Nous ne dirons pas jusqu’où ils pourront dans la suite étendre leurs lectures; mais, en attendant qu’ils aient le goût assez sûr pour pouvoir braver les dangers imminents d’une corruption devenue aujourd’hui très commune, ils doivent rigoureusement s’en tenir à un petit nombre de modèles.Le Père Girard.Annotations.—Le P.Girard: (1765-1850) est l’un des plus remarquables pédagogues du 19e siècle: suisse d’origine, il naquit à Fribourg, se fit cordelier, de l’ordre des Franciscains, et se voua à l’enseignement où il acquit une juste célébrité.— Le Père Girard est l’auteur d’un Cours éducatif de langue maternelle en six volumes, qui fut couronné par l’Académie française en 1844.M.Villemain était le rapporteur.Nous possédons l’édition de 1881.Une statue du Père Girard se dresse sur l’une des places de Fribourg.Modèle: Ce qui peut ou doit être imité, soit au propre, soit au figuré.Ici on l’applique aux écrivains dont les écrits ont été universellement jugés dignes d’être imités, soit à cause de la noblesse des idées, soit à cause de la distinction du style.— Propre à: Tournure équivalant à: pouvant servir à.—Précepte: Ce mot désigne tour à tour une règle, un ordre, un commandement.De ce mot on a formé précepteur: homme préposé à l’instruction et à l’éducation d’un élève: préceptorat: charge de précepteur: préceptorat: qui est relatif au préceptorat.—Exemple: Se dit de ce qui peut servir de modèle soit au physique, soit au moral.— Maître: Mot dont le féminin est maîtresse; au sens propre il désigne celui qui gouverne, qui commande: ici on a en vue les écrivains qui, par la supériorité d’un talent incontesté, sont dignes' de formuler des règles dans l’art d’écrire et en produisent des modèles.—Aufeur: Celui qui fait un livre: ce mot n’a pas de correspondant féminin; il sert pour les deux genres.II LA CONSCIENCE La conscience fournit une nouvelle preuve de l’immortalité de notre être.Chaque hom- me a, au milieu du cœur, un tribunal où il commence par se juger soi-même, en attendant que l’arbitre souverain confirme la sentence.Si le vice n’est qu’une conséquence physique de notre organisation, d’où vient cette frayeur qui trouble les yeux d’une prospérité coupable?Pourquoi le remords est-il si terrible, qu’on préfère souvent se soumettre à la pauvreté et à toute la rigueur de la vertu, plutôt que d’acquérir des biens illégitimes ?Pourquoi y a-t-il une voix dans le sang, une parole dans la pierre?Le tigre déchire sa proie et dort: l’homme devient homicide et veille.Il cherche les lieux déserts, et cependant la solitude l’effraye; il se traîne autour des tombeaux, et cependant il a peur des tombeaux.Son regard est inquiet et mobile, il n’ose fixer le mur de la salle du festin, dans la crainte d’y voir des caractères funestes.Tous ses sens semblent devenir meilleurs pour le tourmenter: il voit au milieu de la nuit des lueurs menaçantes; il est toujours environné de l’odeur du carnage: il découvre le goût du poison jusque dans les mets qu’il a lui-même apprêtés; son oreille, d’une étrange subtilité, trouve le bruit où tout le monde trouve le silence; etr en embrassant son ami, il croit sentir sous ses vêtements un poignard caché.Chateaubriand.Exercices:—Expliquer tous les mots eu italiques dans la dictée ci-dessus.RÉCITATION APRÈS LA MESSE DE.MINUIT Dum medium silentium tenerent omnia.-omnipotens sermo tuus Domine.(Sap., g.XVIII, v.14.) L’église est vide, et l’ombre, aux ogives des voûtes.Monte à mesure qu’à l’autel meurent les feux.A la crèche, une à une, elles sont mortes toutes, Les lumières, dans leurs lampions rouges ou bleus.Sans bruit, le sacristain:, dans la tiède atmosphère.Remet tout à l’ordre, et, dans la lampe d’argent, Active la veilleuse au bas dm sanctuaire.Et le chœur seul rougeoie à ce rayon changeant. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 271 Après le flamboiement des cierges et des lustres, Êt les vibrants noêls chantés par mille voix, Et la foule pressée aux marches des balustres, L’église fait silence autour du Roi des rois.—Comme elle, cette nuit, mon âme se recueille, Quand les chants se sont tus et que tous sont partis, Et près de l’Enfant-Dieu qui sourit et m’accueille, Je m’agenouille, heureux, comme les tout-petits.Arthur Laçasse, ptre.SECTION AGRICOLE DICTÉES I LA CULTURE DU SOL La culture du sol s’impose à notre énergie avant toute autre source de richesse.Pour la survivance de notre peuple, rien ne vaut, rien ne vaudra jamais des milliers de paroisses où la classe paysanne, vivant dans la paix de ses champs, soutenue par l’armature du catholicisme, maîtresse de ses rouages administratifs, de son régime municipal et scolaire, demeure à l’abri de l’assimilation et des mœurs déformantes des villes.Antonio Perrault.II LE RETOUR AU VILLAGE NATAL Chaque pas de mon cheval, en descendant ces montagnes, me découvrait un pan de plus de la vallée, du village, des hameaux enfouis sous les noyers, de mes jardins, de mes vergers, de ma maison, mon œil s’éblouissait et s’humectait de reconnaissance en reconnaissance.De chaque site, de chaque toit, de chaque arbre, de chaque repli du sol, de chaque golfe de verdure, de chaque clairière illuminée par les rayons rasants du soleil couchant, un éclair de mémoire, de bonheur, un regret, une figure jaillissaient de mes yeux et de mon cœur comme s’ils eussent jailli du pays lui-même.Je me rappelai père, mère, sœur, enfance, jeunesse, amis de la maison, contemporains de nos jours de joie et de fête, arbres d’affection, source abritée, animaux chéris, tout ce qui avait jadis peuplé, animé, vivifié pour moi ce vallon, ces prairies, ces bois, ces demeures.Je secouais conme un fardeau importun derrière moi les années intermédiaires entre le départ et le retour, je rejetais encore plus loin l’idée de m’en séparer pour jamais.J'avais douze ans, j’en avais vingt, j’en avais trente; regards de ma mère, voix de mon père, jeux de mes sœurs, entretiens de mes amis, premières ivresses de ma vie, aboiements de mes chiens, hennissements de mes chevaux, expansions ou recueillements de mon âme tour à tour répandue ou enfermée dans ses extases, matinées de printemps, journées à l’ombre, soirées d’automne au foyer de famille, premières lectures, bégayements poétiques, vagues mélodies: tout cela se levait de nouveau, tout murmurait, tout chantait en moi.Lamartine.RÉCITATION l’hiver L’hiver!.voici l’hiver! Il plane sur nos têtes Comme un cygne blanc sur les flots.L’hiver, sous notre ciel, c’est la saison des fêtes: C’est le signal des longs sanglots: C’est l’époque enivrante où plaisirs et lumières Inondent les salons dorés: C’est l’heure redoutable où les froides chaumières Abritent des malheurs sacrés.Sur le flanc des coteaux, au milieu des prairies, La neige étincelle au soleil : On dirait jusqu’au loin d’immenses draperies Aux fils d’argent et de vermeil.Et les troupes d’enfants, sur leurs rapides traînes, Glissent en riant aux éclats.Enfants que je chéris, vers la saison des peines Vous glissez bien plus vite, hélas! P.Lemay.SECTION MÉNAGÈRE DICTÉE LE POÊLE Le poêle de chez nous est à deux ponts, bas sur pattes et massif.Sur ses flancs, aux parois épaisses, des reliefs déjà frustes dessinent des arabesques où se jouent des animaux étranges.Dans son vaste foyer, une 272 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE bûche d’érable entre toute ronde, et, à l’époque des corvées, son fourneau, cuit sans peine le repas de vingt batteurs de blé.L’été, quand le soleil grâle les visages et mûrit les grains, le poêle se repose.Toujours à son poste pourtant, dans la cuisine, au beau mitan de la place, il se rend encore utile: il sert de garde-manger.Mais sitôt que vient l’automne, et qu’il commence à gelauder, le poêle se réveille.Et tout l’hiver, sa respiration s’échappe du toit, érigée en spirale dans l’air tranquille, ou fuyante et déchirée par la rafale.Tout l’hiver, il chante, ronfle ou murmure; dans les nuits calmes, quand les marionnettes dansent au ciel pur, la voix du poêle se fait régulière, monotone, rassurante; mais si le nord-est court la campagne, tourmente les arbres nus, et hurle, le poêle gronde furieux.Il défend le logis contre le froid qui pince; sa chaleur se répand, bienfaisante, sous les poutres noires, et jusque dans la grand’chambre, où l’on ne va qu’aux jours de fête et aux jours de deuil.Il fond la neige maligne que la poudrerie souffle sous la porte mal fermée, réchauffe les petits pieds rougis, fait fumer la bonne soupe.Adjutor Rivard.Auteur de Chez nous et de Chez nos gens.Exercices:—Expliquer les mots en italiques de la dictée ci-dessus.LECTURE EN CLASSE LA FEMME COMPLÈTE Une jeune fille, une femme surtout, n’est complète que lorsqu’elle n’est inhabile à rien de ce qui est nécessaire à la propreté et à l’ornement du foyer.Avouez que, quand l’adolescente a reçu son certificat et même son brevet, si on ne lui a rien appris d’autre, elle n’est pas souvent préparée de ce fait à tenir une maison au sens économique que ce mot comporte.Car dans une maison il y a une cuisine à gouverner, où les denrées renchérissent toujours; une lingerie à pourvoir suivant sa condition, suivant la mode; un ménage à entre- tenir, afin qu’il dure; des vêtements à faire et à refaire, pour ne rien perdre; toute une doctrine de l’épargne et de l’hygiène, tout un art d’utiliser les restes, toute une industrie ingénieuse qui, par le goût supplée au luxe, toute une science de la puériculture et des premiers soins, tout un idéal domestique enfin qui met de l’aisance, de la paix, de la poésie et de la joie sur la table bien dressée, et dans le miroir des meubles qui luisent, et dans l’armoire où le linge aux plis blancs sent bon, et dans le fourneau qui chante en éveillant l’appétit, et jusque dans les yeux de la soupe bien faite qui sourit aux convives.Nous rêvons qu’en sortant du pensionnat vos filles sachant tout cela, depuis la cave où il y a une meilleure manière de conserver les légumes jusqu’au grenier où l’on ne suspend pas utilement de toute façon les fils pour sécher la lessive.Si vous n’y veillez expressément, à la ville surtout, et si vous ne vous en mêlez pas un peu, ces bas emplois ne leur diront rien entre leurs cours de danse et leurs heures de piano.Mgr Tissier.RÉCITATION MESSE DE MINUIT C’est Noel, Bébé dort sous ses tentures closes, Rêvant, les poings fermés sur ses yeux alourdis, De beaux jouets dorés, de fleurs fraîches écloses Dans les jardins du paradis.Au dehors on entend des voix; la foule passe, Calme, écoutant au loin le clocher plein de bruit, Qui jette sa clameur sonore dans l’espace A tous les échos de la nuit.Il est minuit bientôt.Seule, la jeune mère Reste auprès du berceau que son amour défend, Oubliant tout, chagrins, soucis, la vie amère, Pour ne songer qu’à son enfant.Il est là sous ses yeux, son trésor, qui sommeille, Innocent et serein, tandis qu’au ciel profond Resplendit pour lui seule la vision vermeille Que les blonds chérubins lui font.La mère enfin se lève, anxieuse, attentive, Et, dans les petits bas au chevet suspendus, D’une main tout émue elle glisse, furtive, Joujoux et bonbons confondus.Puis tombant à genoux, jusqu’aux pleurs attendrie, Plus folle que son fils, plus riche que Crésus, Murmure en son orgueil:—Comme vous, ô Marie, J’ai mon petit Enfant-Jésus ?Louis Fréchette. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 273 = ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE DICTÉE DANGERS DE L’IVRESSE Parmi les passions dont vous avez malheureusement sous les yeux, mes enfants, le spectacle trop fréquent, l’ivresse est la plus dégradante.Lorsque vous rencontrez un ivrogne, gravez dans votre mémoire le souvenir de ce que vous lui voyez faire, de ce que vous lui entendez dire, et promettez-vous de ne jamais lui ressembler.Que lui reste-t-il de l’homme ?Il prononce des paroles sans suite, il marche en chancelant, il se retient au mur pour ne pas tomber, quelquefois même il roule dans la boue, et y reste étendu sans pouvoir se retirer.Ce n’est plus un être humain, c’est un corps engourdi que l’âme ne gouverne plus.Le malheureux que vous voyez étendu sans mouvement, à demi mort, a peut-être une femme, des enfants qui meurent de faim en l’attendant à la maison.Il a bu au cabaret le salaire de plusieurs jours de travail et si, à son retour, on lui demande du pain, il répond par des coups aux lamentations des siens.Une fois sur cette pente, il est presque toujours perdu.Vous verrez peu à peu ses traits se contracter, sa démarche s’alourdir, son intelligence s’obscurcir, ses meilleures qualités d’ouvrier disparaître, jusqu’au jour où une maladie terrible le clouera sur un lit de douleur.A.Mézières, Auteur français.MATHÉMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGÈBRE ET MESURAGE COURS INFÉRIEUR lere ANNÉE 1.20 + 1 = 20 + 2= 20+3= .to O < F -^ ] II 20 + 5= 20 + 6= .20 + 7= 20 + 8= 20+9= .2.10 + 10 + 1= .10 + 10+3= 10+10+5 = 10 + 10+4= .10 + 10 + 7=.10 + 10+8 = 10 + 10+6= .10+10+9=.10+10+2 = 3.21=20+?23 = 20+ ?22 = 20+ ?25 = 20+ ?26 = 20+ ?24 = 20+ ?27 = 20+ ?29 = 20+ ?28=20+ ? 274 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4.21 = 10 + 10+?23 = 10 + 10+?26 = 10+ 10+ 24 = 10 + 10+ ?25 = 10 + 10+?29 = 10 + 10+ ' 28 = 10+ ?+ ?22 = 10+?+?27 = 10+?+?5.26=20 + 3+?27 = 20+4+ ?29=20+6+?28 = 20+4+ ?29=20+8+?24 = 20+2+ ?25 = 20+4+ ?25 = 20 + 1+ ?28=20+3+?2e ANNÉE 1.Ecrivez en chiffres les nombres de 500 à 520 et de 570 à 590.1.Additions: 225 178 27 9 78 47 175 309 147 26 148 76 149 79 307 456 8 348 3.Soustractions: 175 572 587 512 542 -48 -249 -478 -325 -474 4.Multiplications: 275 184 150 78 00 * 72 65 X2 X3 X4 X5 X6 X7 X OO 5.Mon père a récolté 592 poches de patates.Il en a vendu 245 poches à un commerçant et 175 à un autre.Combien de poches a-t-il vendues ?Combien lui en reste-t-il ?COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Pendant le mois de novembre un cultivateur a expédié à la ville 184 bidons de lait contenant chacun 4 gallons.Quelle est la valeur de ce lait à 24 sous le gallon ?Solution: 184X4 = 736 gallons.$0.24X736 = $175.64.Rép.2.Un fermier a reçu $457.68 pour 375 minots d’avoine et 178 minots de blé.S’il a vendu Tavoine 48 sous le minot, combien a-t-il vendu le minot de blé ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 275 Solution : Valeur de l’avoine : $0.48 X 375 = $180.Valeur du blé: $457.68 - $180 = $277.68.Valeur d’un minot: $277.68-h 178 = $1.56.Rép.4e ANNÉE 1.Un cultivateur a vendu 13p2 minots de patates le lundi, 17§- minots le mardi et 15^- minots le mercredi.Combien a-t-il reçu à $1^ le minot ?Solution : Minots vendus en tout: 133^ + 17|-+15-|- = 13|-+17|-+15^ = 46^.Valeur :46ixli = ^-X=^ = $55f.Réy.2.J’ai payé $87.68 pour trois lots de bois de chauffage contenant respectivement 2-| cordes, 4-| cordes et 3^ cordes.Quel est le prix moyen d’une corde ?Solution : 2f= 2if-+4f!-f-3!^- = 10f^- ou 10^ cordes.$87.68^10^ = $87.68=^-71^r>^ = $8.40.Rép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.S’il faut 25|- minots de grain pour ensemencer 11acres, combien de minots faudra-t-il pour ensemencer 9% acres ?Solution : Pour 113^2 acres, il faut 25|- m.Pour 1 acre, il faut 9 Pour 9% acres, il faut ^ X 39 X ^ =2144-.Rép /2 s £ £3 16 1 2 2.L’âge moyen des enfants d’une école de 300 élèves est de 9.75 années.Si 20 nouveaux élèves dont l’âge moyen est de 10.35 ans sont admis, quel sera alors l’âge moyen des élèves?Solution : Nombre total des années des 300 premiers élèves =9.75X300 = 2925 Nombre total des années des 20 nouveaux élèves = 10.35X20 = 207 Nombre total des années des 320 élèves réunis Age moyen: 3132^-320 = 9.7875 ans.Rép.3132 276 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.J’ai acheté un cheval $150.et je l’ai revendu $180.Combien ai-je gagné pour cent ?Solution : Si le gain avait été de 1%, j’aurais gagné -y^- = $1.50.Ôr, j’ai gagné $180 - $150 = $30.Autant de fois $1.50 dans $30., autant de fois je gagne $1%.$30.-4-$1.50 = 20; donc 20%.Réy.6e ANNÉE 1.La récolte de pommes de A et celle de B égalent 1620 minots.Mais B vend le tiers de sa récolte et alors les deux ensemble n’ont plus que 1320 minots.Quelle est la récolte de chacun ?Solution : On peut écrire: de A+-| de B = 1620 minots.et -§- de A+|- de B = 1320 minots.D’où l’on voit immédiatement que la différence entre 1620 et 1320 égale le tiers vendu par B.f-f = ^ = 300 Donc y de B = 300-f-3 = 900 minots.Réy.et 1620 - 900 = 720 m.pour A.Réy.2.La récolte de A et celle de B égalent 1620 minots.A ayant vendu L2 de sa récolte et B f- de la sienne, il ne reste plus aux deux réunis que 620 minots.Combien ont-ils récolté chacun ?Solution : Écrivons d’abord comme dans le 1er cas: de A+-| de B = 1620 Yi de A+-|- de B = 660.Dans ce genre de problèmes, on peut, à son gré, lorsqu’on trouve la chose avantageuse, doubler, tripler, quadrupler, etc.les données pourvu qu’on ne change pas les rapports.Ainsi à la place de: L2 de A de B = 660: on peut écrire en doublant: f- de A+|- de B = 1320 ou en triplant: Ji de A-by de B = 1980 Si l’on double les chiffres de la seconde ligne et qu’on rapproche de la première, on a: 2.2 2 ¥ de A+f de B = 1620 de A+4 de B = 1320 D’où y de B = 300 comme dans le problème précédent. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 277 — Si l’on triple, on a: D’où fde A+i-deB = 1620 § de A+§ de B = 1980 p2 de A =.360 etde A = 720 m.Rép.1620 - 720 = 900 m.pour B.Rép.N mêmes .B.—On voit que tout l’artifice consiste à arranger les choses pour avoir les chiffres dans les deux lignes soit pour A, soit pour B.3.Un père et son fils ont gagné ensemble $39.Le père dépense 34 de son avoir et le fils, -I- du sien, et alors il ne leur reste plus ensemble que $28.Combien ont-ils gagné chacun ?Solution: du père+ |-du fils = $39 ^4 du père +-§- du fils = $28 Ici, au lieu de multiplier la 2e ligne par un nombre entier comme 2, 3, 4, etc., nous multiplierons la première par la fraction 34 et nous reposerons la seconde telle qu’elle est, ce qui donne: 34 du père + 34 du fils = $29.25 34 du père +|- du fils = $28.D’où, en soustrayant: ^ du fils = $1.25 et t§ du fils = $1.25 X12 = $15.Rép.$39 - $15 = $24.pour le père.Rép.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE, MÉNAGÈRE Arithmétique ANNEE 1.Une fermière avait fait 120 Ibs de savon qui lui coûtaient $4.80.Elle en a vendu la moitié immédiatement à 50% de profit, et plus tard elle vendit le reste à 75% de profit, mais comme cette dernière moitié avait perdu une partie de son poids par dessication, cette seconde vente rapporta $0.45 de moins que la première.Combien pour cent de son poids le savon avait-il perdu ?Solution : Une livre de savon coûtait: $4.80120 = $0-04.Prix de vente d’une livre dans le 1er cas: $0.04X 1.5 = $0.06.La pr.vente a rap.: (120X34)X (.04X 1.50) = 60 1b.X0.06 = $3.60.La 2e vente a rap.$3.60 - $0.45 = $3.15. 278 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Prix de vente d’une 1b.dans le 2e cas: $0.04X 1.75 = $0.07 Quantité vendue la 2e fois : $3.15 0.07 = 45 1b.Perte en poids: 60 - 45 = 15 Ibs.Sur 60 Ibs.on a perdu 15 Ibs.Sur 100 Ibs.on a perdu ?15x100 = 25 Ibs.Réy.: 25%.2.Deux capitaux ont été placés respectivement pendant 30 mois et 3 ans.Le premier placé à 3.5% vaut les % de l’autre placé à 4%.Le revenu total est de $1491.Calculer ces deux capitaux.Solution : Dans ce genre de 'problème on peut supposer un nombre quelconque pour le premier capital.Supposons $300.pour le 1er cap.L’intérêt sera ;L3 -° -oX-j-^-5 %x 3 Q = $26.25.Le 2e cap.sera alors $400 et rapportera: $400X4%X3 = $48.Somme des capitaux: $400+300 = $700.Somme des intérêts: $26.25+ $48 = $74.25.Autant de fois $74.25 dans $1491.autant de fois $300.pour le 1er cap.et $400.pour le second.LL4_^i.X|oo = $6024.24 I -HV.-fr-0- = $8032.32 J Kep‘ 8® ANNÉE 1.J’emprunte $700.à la banque le 30 oct.et je donne mon billet à 3 mois.Quelle somme me remettra-t-on si la banque retient 7% d’escompte?Solution : Date de l’échéance: 30 janvier+3 jours = 2 fév.Du 30 oct.au 2 fév.il y a 1+30+31+31+2 =95 jrs.19 Esc.pour 95 jours = ^00x7%+' = $12.76.000 73 Produit net = $700.- $12.76 = $687.24.Rép.2.Si, dans le cas précédent, je désire recevoir un montant net de $700., quelle sera la valeur nominale du billet ?Le taux pour 95 jours à 7% = l-f-§-%.Produit net = 100% - lf-§- = 98y|-.Val.nom.=$700-h98^§ = $713.Rép.Solution : L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 279 SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mçsurage 1.Dans une salle de 21 pieds par 30 pieds, y a-t-il avantage à placer le tapis dans un sens plutôt que dans l’autre, si le tapis a 27 pouces de largeur, qu’il coûte $1.30 la verge et qu’il y a 3^2 verge de perte pour l’appareillage sur chaque laize ?Solution : Calcul du tapis posé dans le sens de la longueur: 2 ~ = 9?ou 10 laizes.30X 10 = 300 pieds ou 100 verges.Perte : X 10 = 5 verges.100+5 = 105 verges en tout.Calcul du tapis posé dans le sens de la largeur: 3 02X7~ = 13-g- ou 14 laizes.21X14 =294 pieds ou 98 verges.Perte: 3^X14 = 7 verges.98 + 7 = 105 verges en tout.Rép.: la quantité requise est la même dans les deux cas.2.On a un lopin de terre en forme de trapèze isocèle dont la grande base a 620 verges, la petite base 400 verges et les côtés non parallèles 800 verges.Le centre de ce lopin est occupé par une bâtisse en forme d’hexagone de 30 pieds de côté.Trouvez la superficie du terrain restant.Solution : Il nous manque la hauteur du trapèze, trouvons-la d’abord: —= 110 verges.V 8002 - 1102 = 792.4 hauteur du trapèze.6-g.°+^0-0 =5iq bagg moyenne.510X792.4=404,124 ver.car.Superf.du trapèze.Calcul de l’hexagone: 302X0.433X6 =2338.2 pi.ou 259.8 ver.car.404,124 - 259.8=403,864.2 pi.car.Rép.Algèbre 1.Supprimer les parenthèses et simplifier: a) 4x + 52/- (2x + 6?/) =2x - 2/.b) 4;X- by - {x- Qy) =3x + y.c) 4lX - 5y - ( - x-\~Qy) =5x - lly. 280 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution de (a) : Ax + by - 2x - §y = 2x - y.A:X - 2x - 2x-\~by - by-\-y = 0.0 = 0.Réy.Solution de (b): 4x - 5y - z + Oi/ = 3z + î/.Ax - x - 3x - 5y-\~6y ~ y = 0-0 = 0.Rép.Solution de (c): Ax - 5y-\~x ~ by = 5x - lly.Ax-\-x - bx - by - 6î/ + 11?/ = 0.0 = .0 Rép.2.Résoudre: i^J-(a: + 2)=Aï+i-î-iÿ-.7 x - 8 _ ^ _ O _ 4^+5 _ x+2 9 ^ ^ ~ 6 3 • 14x - 16- 18x - 36 = 12x + 15 - 6x - 12.14x- ISx- 12a:-6x = 15- 12 + 16 + 36.- lOx = 55.-To = ~ % Rép.Un père a 30 ans de plus que sa fille.Dans 6 ans son âge égalera -f- de celui de sa fille.Quel est Tâge de chacun ?Solution : Soit x l’âge de la fille.Alors £ + 30 l’âge du père: (£+6) =£+30 + 6.!?+ _5_4=£ + 36.0£+54 =4£ + 144.9£ - 4£ = 144 - 54 = 90.Ô£ = 90.£ =-9^- = 18 ans, âge de la fille.Rép.18+30 = 48 âge du père.Rép.8e ANNÉE Mesurage 1.Un étang circulaire est entouré d’une allée.La circonférence extérieure de l’allée est de 1144 verges et la circonférence intérieure est de 1100 verges.Trouvez la superficie de l’allée, (tt = 3y). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 281 Rayon du grand cercle : = 182.Rayon du petit cercle: = 175- Superficie du grand cercle: 1822X3y = 104104 Superficie du petit cercle: 1752+3y= 96250 Différence =.7854.Rép.La superficie d’un secteur de cercle est de 616 pi.carrés.L’angle du secteur est de 40°.Trouvez le périmètre du secteur.Solution : Superf.totale du cercle = 6 1 ^03 6^- = 5544 pi.car.Rayon: VÂHJ=42 pi Cire.42X2X31 = 264 pi.Arc du secteur: -Ç^q1 °' = 29^-.Périmètre: 42+42 + 29^- = 113^-.Rép.Algèbre 1.Une fraction est égale à 3^-et la différence entre ses deux termes est de 147.Quelle est cette fraction ?Solution : Soit x le numérateur et y le dénominateur.On a comme équation: 1) -f-=A 2) ety - x = 147.oul5o: = 8y ou-æ + ?/ = 147.ou 15a: - 8y = 0.^ Multiplions (2) par 15 et additionnons avec (1) : - 15a;+ 15?/= 2205 15a: - 8y = 0 — 7?/=2205 y = 22JL5=315 a:=315- 147 = 168.Rép.: ^ 2.Un homme place § de son argent à 5% et le reste à 6%.Au bout de l’année, le capital et les intérêts réunis égalent $31,600.Quel était son capital ?Solution : Soit x le capital.Alors |-Xy^-ô+^-X y|-ô = les intérêts, et a:+Tl£.+T^r = 31600 c00 100 300a; + 10a; + 6a; =9480000.316a; =9480000.x = 948^000.= 130000.Rép. ,— 1 , ^ ^ >^6 AK y * 'ÿ- ',/, 1- ^ ¦ • I LE CONSEIL SOUVERAIN A QUEBEC, le 18 septembre 1663 {Tableau de Charles Huot, peintre canadien-français).282 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 283 LE CABINET DE L’INSTITUTEUR QUESTIONS DE FRANÇAIS Sous ce titre, notre éminent collaborateur, M.l’abbé Degagné, Principal de l’École normale de Chicoutimi, continue dans le Progrès du Saguenay d’excellentes études sur les difficultés de la grammaire.Nous en détachons les passages suivants: Tout.—Que vaut la phrase suivante: “une paix et une joie toute célestes” ?— Rien, c’est évident.Il faudrait ou toutes ou céleste.Tout adverbe est fort irrégulier, mais encore demeure-t-il soumis aux lois générales d’accord.En certains cas, cet adverbe devient un véritable adjectif, et, par euphonie, tout en gardant sa signification adverbiale de complètement, prend, par attraction, le féminin et le pluriel de l’adjectif qu’il modifie, lorsque celui-ci commence par une consonne ou une h aspirée.Ex.: Elle est toute contente, toute honteuse; elles sont toutes surprises: ici, fait remarquer l’abbé Ragon, le singulier toute surprise a entraîné le pluriel toutes surprises, malgré l’équivoque possible.Mais le contexte rend l’idée claire et l’équivoque ne pourrait être due qu’à la maladresse.Quant à la phrase: une paix et une joie toutes célestes (ou toutes céleste,) elle ne donne lieu à aucune équivoque, et c’est la seule bonne.A propos du genre des noms de ville (Ragon, gram.p.89).—“Ils sont, dit le savant grammairien, souvent du masculin, s’ils ne se terminent point par un e muet: Paris, Berlin, Nancy.” C’est l’avis que j’ai émis dans une note précédente, et je suis heureux de l’appuyer aujourd’hui sur une telle autorité.On peut, ce me semble, assimiler aux exemples cités par l’abbé Ragon: Québec, Montréal, Chicoutimi; et l’on dira, en parlant de ces villes rappelées par leur seul nom: il, et non pas: elle.D’ailleurs ne dit-on pas: tout Québec, tout Montréal, tout Chicoutimi, et non toute Québec, toute Montréal, toute Chicoutimi.Ne serait-il pas amusant de dire: la belle Québec, la fibre Montréal, l’intéressante Chicoutimi.Mais on dira fort bien: la belle Naples, Venise la jolie, l’immortelle Rome, ajoutons, si vous voulez, la progressive Jonqui'ere.I £ C’est, sans doute, beaucoup une question d’euphonie et d’usage.Mais l’observation de l’abbé Ragon est juste; et, bien qu’il avoue une tendance de la langue à mettre les noms de ville au féminin, il dit que des cas contraires se présentent souvent, et donne une bonne règle pratique pour s’y reconnaître.N.Degagné, ptre. 284 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LONGFELLOW L’immortel auteur d^Évangéline” “Henry Longfellow, bienfaiteur des Acadiens”, tel était le sujet de la deuxième leçon d’histoire de l’Acadie, donnée à l’Université de Montréal par le Frère Bernard, c.s.v., au cours de 1929.Voici un résumé de cette leçon: Longfellow naquit à Portland, Maine, au bord de l’océan, dont toute sa poésie redit l’écho grave.Il passa quatre ans au collège Bowdoin, fondé à Brunswick.Il y connaît l’historien Abbott, le futur président des États-Unis, Franklin Pierce, le romancier N.Hawthorne, et pendant son séjour de quatre ans en Europe, il se lia d’amitié avec Washington Irving, l’auteur réputé du Sketch Book.En 1829, il revenait d’Europe, et en 1836 il acceptait le poste de professeur de langues modernes à l’Université Harvard, de Boston.C’est à Craigie House, manoir historique, connu maintenant sous le nom de “Longfellow’s Home”, que le poète passa le reste de sa vie et y composa l’immortel poème qui devait consacrer sa gloire: Évangéline.Pour avoir su traduire avec sincérité et chaleur de sentiment, dans une langue riche et limpide comme son âme, la pensée profonde d’un peuple martyr, Henry Longfellow s’est acquis, avec l’admiration universelle, la gratitude de toute âme française.Après de nombreux travaux, le bon vieillard aux yeux bleus, à la longue chevelure de neige, le sympathique poète d’Évangéline, qui mérite à juste titre d’être salué comme un insigne bienfaiteur du peuple acadien, s’éteignait doucement à l’âge de 75 ans, en 1882.CHICAGO ÉLÈVE UN MONUMENT AU PERE MARQUETTE, JÉSUITE Le 12 octobre dernier, la ville de Chicago, en présence des autorités civiles et rehgieuses, a dévoilé un monument érigé en l’honneur du Père Marquette, S.J., qui explora la région des Grands Lacs de 1674 à 1675.Accompagné de Louis Jolhet, le Père Marquette fut le premier européen qui descendit le cours du Mississipi.Le monument d’une hauteur de quatorze pieds, est placé le long de la rivière Chicago, à la rue Damen.Il se dresse à l’endroit où, d’après la tradition, le découvreur passa l’hiver de 1674 à 1675 et il montre le missionnaire accueillant les Indiens de la région.Une inscription rappelle le séjour du Père et ajoute que ce fut le récit de son voyage qui attira d’abord l’attention du monde L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 285 sur les avantages du climat, du sol et des cours d’eau de la vallée du Mississipi et du bassin des Grands Lacs.Ce monument comptera sans doute parmi les plus intéressants de ceux que possède la ville de Chicago.Il servira à perpétuer le nom et les gestes d’un vaillant pionnier.AU CONCOURS INTERNATIONAL D’ÉLOQUENCE Nous empruntons le note qui suit, du DROIT, d’Ottawa, du 27 octobre dernier: “Paul Leduc, élève du séminaire de Sainte-Thérèse, est arrivé deuxième dans le concours d’éloquence international qui s’est tenu samedi soir à Washington, en présence de M.Hoover, président des Etats-Unis, et des représentants diplomatiques de toutes les nations.M.Leduc, on se rappelle, était déjà le champion oratoire de la jeunesse de nos collèges canadiens.“L’an dernier, au même concours international, Roch Pinard, alors du séminaire de Joliette, avait remporté la palme.Ainsi, à deux reprises, la jeunesse étudiante canadienne-française fait honneur à notre pays.Cet honneur rejaillit sur nos collèges classiques qui forment cette jeunesse et lui permettent de se mesurer avec tant de succès avec l’étudiant de l’étranger.Leur programme est à la page et leurs méthodes ne sont pas désuètes.” Le succès de Paul Leduc fait honneur au séminaire de Sainte-Thérèse comme celui de Roch Pinard, l’an dernier, faisait le gloire de séminaire de Johette.Leduc et Pinard furent, un jour, tous les deux élèves de l’école primaire.Cette dernière a aussi sa part de gloire dans le triomphe de nos deux jeunes compatriotes.Songe-t-on à l’en louer ?ANNIVERSAIRES HISTORIQUES de décembre 2 décembre 1841, arrivée des Oblats à Montréal.4 décembre 1825, mort de Mgr Plessis, successeur de Mgr Denaut sur le siège épiscopal de Québec.7 décembre 1649, martyre du Père Chabanel,-jésuite. 286 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 10 décembre 1656, naissance de Charles Le Moyne, baron de Longueuil.13 décembre 1840, Monseigneur de Forobin-Janson, l’illustre évêque de Nancy (France), arrive au Canada.14 décembre 1837, bataille de Saint-Eustacbe.16 décembre 1917, Mgr Bruchési bénit la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph.18 décembre 1792, J.-A.Panet est élu “orateur” ou président de l’Assemblée législative créée par la Constitution de 1791.20 décembre 1755, dernier embarquement des Acadiens, chassés brutalement de leur pays par les autorités anglaises.22 décembre 1865, arrivée à Montréal des Frères de la Charité.23 décembre 1837, ouverture à Montréal des trois premières classes tenues par les Frères des Écoles chrétiennes.25 décembre 1635, à Québec, mort de Champlain.26 décembre 1860, mort du Vénérable Jean-Marie de la Mennais, fondateur des Frères de l’Instrustion chrétienne.31 décembre 1775, Montgomery, à la tête de 700 soldats américains, est tué en escaladant les hauteurs de la citadelle de Québec.Reproduit des “366 Anniversaires Canadiens”, par Élie de Salvail, des Frères des Écoles chrétiennes.CERCLE PÉDAGOGIQUE DESROSIERS (MONTRÉAL) A la dernière séance de septembre les officiers suivants ont été élus : Aumônier:—Monsieur l’abbé Adélard Desrosiers, Principal de l’École normale Jacques-Cartier.Président:—M.Eugène Brisebois, professeur à l’École St-J.-Berchmans.Vice-président:—-M.Georges Dansereau, prof, à l’École St-Jean-Berchmans., Secrétaire:—M.Antonio Girard, prof, à l’École supérieure Saint-Stanislas.Assistant-secrétaire:—-M.Elphège Abran, prof, à l’École St-Marc.Assistant-secrétaire:—M.Elphège Abran, prof, à l’École St-Marc.Trésorier:—M.Roland Juneau, prof, à l’École N.-D.-du-Rosaire.Conseillers:—MM.Yvan Beauregard et Roland Boudreault, respectivement professeur à l’École St-Jean-Baptiste et à l’École St-Marc. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 287 rU; (j: - stesi attli LA FORMATION DE L’ELITE chez la jeunesse féminine L’élite, on en parle beaucoup de nos jours, mais n’oublie-t-on pas un peu que si elle est nécessaire chez l’homme, elle s’impose aussi chez la femme.Les hommes de demain seront ce que les feront leurs mères d’aujourd’hui, et pour être mère dans le vrai sens du mot, mère canadienne-française, mère catholique, il faut commencer à s’y préparer jeune.Il est une œuvre en France qui forme une jeunesse féminine d’élite, c’est l’œuvre noëliste.Pourquoi n’accomplirait-elle pas le même rôle ici ?Quelques-uns y ont songé.Et déjà deux cercles noëlistes ont été fondée.Ce qu’ils font, quels sont leurs projets d’avenir, comment d’autres cercles du même genre pourraient s’établir, c’est ce que la présidente du cercle de Notre-Dame-de-Grâce, Mlle Marguerite Bourgeois, a voulu exposer.En une élégante brochure que publie l’Œuvre des Tracts, elle nous initie à ce mouvement intéressant et nous en démontre l’opportunité.La jeunesse féminine et celles qui la dirigent voudront lire ces pages où elles trouveront intérêt et profit.La brochure se vend 10 sous l’exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à L’Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.LE RÔLE DE LA FEMME Sans doute Dieu a créé la femme pour être la compagne de l’homme, soda, mais une digne compagne; adjutorium, un secours, mais un secours dévoué avec intelligence; une conseillère, mais éclairée par la sagesse.Sans doute, elle remplit sa destinée en s’attachant irrévocablement à son époux et ne se séparant jamais de lui; mais elle aussi a reçu en partage un front levé vers le ciel, et c’est là qu’elle doit chercher le but final de sa vie et le principe de tout devoir.Mgr Dupanloup.- PENSÉES Je parle, femmes chrétiennes, de ces habillements immodestes que la coutume ni la mode n’autorisent jamais, parce que ni la coutume ni la mode ne seront jamais de prescription contre le droit divin.BOURD ALGUE. 288 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Par-dessus toute chose, soyez bons: la bonté est ce qui ressemble le plus à Dieu et ce qui désarme le plus les hommes.P.Lacordaire.La connaissance de Dieu sans celle de sa misère fait l’orgueil.La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir.La connaissance de Jésus-Christ fait le milieu parce que nous y trouvons Dieu et notre misère.Pascal.Le meilleur moyen d’oublier ses douleurs est de s’occuper de celles des autres.G.Béal.Ne rougis pas de ta foi; vingt siècles en ont vécu, et tout ce que l’humanité produit de bon s’appuie sur elle.René Bazin.Il est inouï ce que l’on fait avec le temps, quand on a la patience de l’attendre.Lacordaire.Assurément Platon, Aristote et les grands philosophes ont des pages admirables, mais il ne sortira jamais de là un symbole qu’on puisse faire réciter aux petits enfants.Il n’y a jusqu’ici que la religion chrétienne qui ait eu à la fois, la Somme de saint Thomas et un Catéchisme.Jules simon.Il faut que l’instruction primaire soit vraiment bonne, qu’elle soit profondément religieuse.Guizot.Dieu a imposé de bien rudes épreuves sur cette terre; mais il a créé le travail: tout est compensé.Legouvé.C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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