L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 novembre 1929, Novembre
51e Vol.Québec, Novembre 1929 N° 3 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION L’ORDRE DU MERITE SCOLAIRE A sa dernière réunion, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction a approuvé de rapport du comité chargé de l’administration de l’Ordre du Mérite scolaire.Ce rapport contient la liste des décorés du nouvel ordre, qui comprend trois groupes: Méritants, Bien méritants, Très méritants.Cette liste intéressante est insérée dans le procès-verbal de la réunion du Comité catholiques, que nos lecteurs pourront lire au chapitre Documents officiels, présente livraison.PÉDAGOGIE DE L’INFLUENCE DE L’INSTITUTRICE Comment elle doit en user œ Mesdemoiselles, Il y a quelques années, on a institué en France, à l’usage du personnel enseignant féminin des écoles primaires, la “Semaine de la Bonté”.S’inspirant de ce vers classique Celuy ne donne rien qui réserve son cœur, vos sœurs de là-bas veulent combattre l’égoïsme chez le maître et chez l’élève, et à cette fin elles ont créé des Ligues de Bonté.En dépit du laïcisme officiel de leur patrie, les institutrices françaises sentent instinctivement le besoin de s’abreuver aux plus pures sources du catholicisme: la bonté n’est-elle pas la fille de la charité.Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, nos sœurs de chez nous, en instituant des Cours d’été, ont créé, elles aussi, le “Mois de la Bonté”.En effet, au cours de ce mois, ne mettent-elles pas à votre disposition, Mesdemoiselles, des moyens de perfectionnement qui vous font mieux apprécier la noblesse de votre profession, vous permettent de créer des amitiés précieuses et d’exercer avec plus d’efficacité votre apostolat d’éducatrices.Ce mois de la Bonté que vous offre l’Institut pédagogique, avec le concours de l’honorable Secrétaire de la Province et de la Commission scolaire de Québec pour celles d’entre vous qui viennent de la vieille capitale, ce mois de la Bonté, dis-je, en vous révé- (1) Conférence donnée à l’Institut pédagogique des Sœurs de la Congrégation de N.-D., le 12 août 1929, par M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des Ecoles normales catholiques de la Province de Québec. 138 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lant ce que vous devez faire pour rendre votre enseignement plus intéressant, plus efficace, vous dit et vous redit que l’éducation doit non seulement s’adresser a l esprit de 1 enfant, mais qu’elle doit trouver aussi le chemin de son cœur par la bonté et la charité.Ne 1 oublions pas, ala bouche parle de l’abondance du cœur et l’accent de sincérité entraîne la persuasion”.AIMER SA TÂCHE Avoir le cœur a sa tgiche, aimer ses eleves, les aimer jusqu’au dévouement, voilà la note caractéristique de la bonne maîtresse d’école.Elle a su bannir l’égoïsme de son âme et, s’inspirant du divin Maître, elle dit avec sincérité: “Laissez venir à moi les petits enfants”.Ces vers du vieux poète Andrieux expriment parfaitement ces sentiments: Vivre en soi, ce n’est rien; il faut vivre en autrui.A qui puis-je être utile, agréable' aujourd’hui?Voilà chaque matin ce qu’il faudrait se dire.Et le soir, quand des cieux la clarté se retire, Heureux à qui son cœur tout bas a répondu: Ce jour qui va finir, je ne l’ai pas perdu; Grâce à mes soins, j’ai vu sur une face humaine La trace d’un plaisir ou l’oubli d’une peine.De la pratique de cette vertu de bonté et de charité (unie à la compétence professionnelle) mise au service de l’enfance, la portion la plus intéressante de notre prochain, naît “l’influence de l’Institutrice”.C’est de cette influence dont je veux vous parler, Mesdemoiselles, et de l’usage que vous pouvez en faire.Mais immédiatement je dois répondre à cette question que je devine suives lèvres: “ L’institutrice a-t-elle de l’influence, sur ses élèves et sur la société au milieu de laquelle elle vit ?” Ici, ne parlant d’abord que de l’institutrice laïque, je réponds oui, un oui très franc et très haut, mais à la condition qu’elle sache, comme sa sœur la reli-geuse, élever à la fois son caractère à la hauteur de ses devoirs et le plier aux exigences de sa position; qu’elle possède des idées très nettes et très vraies sur l’objet de son enseignement; qu’au savoir des matières à enseigner elle ajoute le savoir-faire méthodique; que par une discipline bien comprise elle assure le bon esprit, l’ordre et le travail chez ses élèves; qu’elle se relève des labeurs et des ennuis qui épuisent les forces de l’âme et du corps par les belles lectures, celles qui instruisent et rendent meilleur, par des récréations où l’hygiène trouve son compte, par la prière, demandant surtout la patience, “ce grand don de Dieu”, d’après saint Augustin.D’autres traits s’ajoutent à ces vertus professionnelles et qui valent à celles qui en sont marquées une influence bienfaisante: je veux dire la gravité, le calme et la réserve qui constituent la dignité personnelle.Une institutrice catholique sérieuse est convaincue qu’à l’école elle est le représentant de la famille et de Dieu.Noblesse oblige.Elle sera donc digne en présence de ses élèves, en présence des familles et en présence de Dieu sous le regard duquel elle remplit sa noble tâche d’éducatrice.DIGNITÉ PERSONNELLE Maie cette dignité personnelle résulte des trois qualités essentielles que je mentionnais il y a un instant: la gravité, le calme et la réserve. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 139 Partout, en classe comme hors de la classe, l’institutrice doit être grave sans singularité, sérieuse et attentive sur elle-même.Cette gravité sera simple et naturelle, évitant la familiarité qui engendre le mépris.La pleine possession de soi-même ou le calme importe aussi.Voulant commander à ses élèves, l’institutrice doit d’abord se commander à elle-même.Elle doit avoir du caractère.“Le caractère, dit l’abbé Guibert, fait la vie”.Le meilleur caractère fera donc la meilleure vie.L’ennemi du calme, c’est la mauvaise humeur.Par ses accès, son inconstance elle nuit grandement à la dignité personnelle et annule l’influence de l’institutrice.Une bonne institutrice bridera donc son humeur pour atteindre à “cette égalité constante qui donne tant de relief à la conduite et au caractère”.Enfin la réserve dans ses paroles, dans ses démarches, dans ses sentiments intérieurs mêmes sera la meilleure gardienne de la dignité professionnelle et une source inépuisable d’influence de bon aloi.Pour atteindre ce sommet de la dignité personnelle, il faut d’abord se connaître soi-même.“Connais-toi toi-même”, disait Socrate.Dans son admirable petit livre, Le Caractère, l’abbé Guibert dit, au chapitre de la Connaissance de soi-même: “C’est une vérité bien élémentaire qu’il faut, avant de se mettre à l’œuvre, se connaître soi-même.Notre âme est à la fois la matière à façonner et l’instrument qui doit faire l’ouvrage.Or, on ne manie pas le marbre comme l’argile, ni le fer comme l’osier.L’usage des outils, de même, suppose un certain apprentissage; des mains inhabiles peuvent fausser un instrument délicat.Notre plan de vie est donc subordonné à notre constitution; celui qui s’ignore lui-même ne saurait dresser le plan qui lui convient”.Ces réflexions de l’abbé Guibert sont très justes et elles supposent que la connaissance de soi-même ne suffit pas, il faut utiliser cette connaissance.La connaissance de soi nous prépare à nous gouverner, c’est-à-dire à commander à notre esprit et à notre corps, à nos inclinations et à nos penchants, à discipliner nos habitudes.Et la discipline.qu’on impose à nos passions, en les faisant servir au bien, s’appelle maîtrise de soi.De cette maîtrise naît la fermeté du caractère: on l’a vu, c’est le caractère qui fait la vie: sans caractère, pas de vie qui compte, sans caractère pas d’influence pour le bien.AVOIR DU CARACTÈRE Mais vous me direz, qu’est-ce que le caractère alors, puisque sans lui on manque sa vie et on ne peut exercer aucune bonne influence ?Écoutez attentivement les paroles qui suivent: “Le caractère, écrivait le Père Lacordaire, est l’énergie sourde et constante de la volonté, je ne sais quoi d’inébranlable encore dans la fidélité à soi-même, à ses amitiés, à ses vertus.” “Le caractère, disait l’héroïque P.Olivaint, c’est une volonté vraie et suivie, allant au but avec patience et courage, malgré les épreuves, les dangers, les artifices, les passions; c’est le non possum,us dans le devoir et la vérité; c’est le “plutôt obéir à Dieu qu’aux hommes”; c’est la possession de soi-même dans la volonté de Dieu, sans défaillance, sans découragement, avec énergie et constance, pour agir et souffrir”.Ces paroles sont la sagesse même.On doit donc s’étudier avec persévérance, avec charité mais sans complaisance.C’est en définitive sur chacun de nous que repose l’œuvre de notre formation.Ne nous affligeons pas de notre tempérament: acceptons-le tel que Dieu l’a fait; n’envions pas les autres, mais étudions-le sincèrement, afin d’en connaître le fort et le faible, 140 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pour en tirer tout le bien possible.“Rien ne servirait de gémir sur ce qu’on est, dit un ancien, le plus sage est d’user de l’instrument qu’on a”.Harpe ou violon’ flute ou clarinette, tirons-en les sons les plus harmonieux.En d’autres termes, rappelons-nous bien que notre nature est entre nos mains “comme l’argile souple entre les mains de l’artiste”.Et comme le dit si bien l’abbé Guibert, nous avons à lui faire exprimer les traits de l’idéal moral: “une conscience invio-lablement droite, une volonté affranchie et courageuse, un cœur compatissant et dévoué, un extérieur toujours digne”.; Ah! pour atteindre cet idéal, je sais que c’est difficile, mais c’est possible.Il s agit d avoir du caractère, un caractère bien trempé.Mais pour tremper son caractère il faut le soumettre à un ordre donné et à une règle imposée.Cet ordre donné c’est que pour avoir de l’influence dans l’état que nous exerçons, il faut posséder la science nécessaire à l’accomplissement de ses devoirs d’état.Cette règle imposée, c’est celle qui nous oblige à étudier, à nous instruire chaque jour de plus en plus de la science nécessaire et même supérieure à l’enseignement que nous devons donner.La science, sans les qualités dont nous avons parlé il y a un instant, serait insuffisante, certes, mais elle est indispensable à ces qualités et double l’influence de l’institutrice.NÉCESSITÉ DE LA SCIENCE Sur la nécessité de la science chez l’éducatrice, l’admirable auteur des Paillettes cTOr a écrit une page magnifique que vous me permettrez de citer: “Vous a-t-on raconté cette parole de saint Thomas, consulté par des religieux sur le choix d’un supérieur ?“H le faut saint pour qu’il attire sur vous les grâces de Dieu et s’acquière l’estime de tous—mais la sainteté ne suffit pas.“Il le faut prudent pour qu’il détourne du mal et même de l’apparence du mal—mais sa prudence ne suffit pas.“Il le faut bon pour qu’il rende douce et aimée votre vie si souvent hérissée de peines—mais la bonté ne suffit pas.“Il le faut surtout savant, instruit, expérimenté, judicieux.“Il a pour mission de former chacun de nous pour l’œuvre que Dieu lui demande selon ses aptitudes, d’éclairer vos intelligences, leur apprenant à distinguer le vrai du faux, le bien du mal, de fortifier votre volonté pour qu’elle se porte, malgré les obstacles, à l’accomplissement du devoir.“Or, pour cette œuvre, il faut qu’un supérieur soit savant, qu’il domine les autres par son intelligence, Qu’il prenne autorité sur ceux qui, en l’écoutant, comprendront la sagesse, la vérité, la grandeur de ce qu’il dit.Qu’il s’attire le respect, l’estime, l’obéissance, en un mot, qu’il se montre supérieur à tous: en raison, en connaissances, en capacité, en vertu, en toutes choses.” SENTIMENT DE L’HONNEUR-PROBITÉ PROFESSIONNELLE De la connaissance et de la maîtrise de soi-même, naît le noble sentiment de l’honneur qui prouve à nous-même et à ceux qui nous entourent que nous avons conscience de la dignité humaine, je dirai mieux de notre dignité de chrétiens.En dehors de l’honneur personnel, commun à tous les états de vie, il y a l’honneur professionnel particulier à chaque profession.Fait de probité, l’honneur professionnel nous invite à ne rien négliger dans l’accomplissement de nos L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 141 devoirs d’état, à faire notre devoir, tout notre devoir, sans s’inquiéter du témoignage des hommes: il vaut mieux s’en rapporter au témoignage incorruptible de notre conscience.En satisfaisant pleinement à la loi de la probité professionnelle, en faisant sincèrement notre devoir, sans y penser, sans le vouloir, le bon exemple de fidélité au devoir nous mérite une influence profonde et respectueuse de la part de nos élèves, de leurs parents et des autorités avec lesquelles nous sommes en relations.{La fin à la 'prochaine livraison).C.-J.Magnan.BUT ET IMPORTANCE DE L’AGRICULTURE A L’ÉCOLE PRIMAIRE 1.—But A l’école primaire cet enseignement a pour but de faire connaître aux enfants l’importance et la noblesse de l’agriculture, et de leur/aire aimer cette profession.C’est là le but principal.Comme but secondaire, il doit faire acquérir aux enfants des familles de_ cultivateurs, les notions fondamentales indispensables qui les mettront à même de se perfectionner plus tard dans l’étude de la profession qu’ils auront choisie.Il est très à propos de bien marquer ce but dont la connaissance fera tomber les préjugés de plusieurs parents.L’école primaire n’est pas une école professionnelle et ne doit pas l’être.Aucune matière ne doit lui enlever le caractère qui lui est propre (174)._ L’enseignement de l’agriculture ne comporte ni surcharge de programme, ni achat de livres, ni théorie scientifique, ni apprentissage des travaux de la ferme.C’ext mieux qu’une science à enseigner, c’est une noblesse à exalter, une beauté à faire admirer, un amour à communiquer.Au sortir de l’école, l’enfant devrait avoir une haute idée de la profession de ses parents, en être fier, et avoir la soif de s’instruire des choses qui s’y rapportent.C’est le but principal: créer une mentalité agricole.Mais on ne peut atteindre ce but sans faire acquérir à l’élève certaines connaissances capables d’ouvrir l’esprit sur les choses de la vie agricole, et par là provoquer son admiration •et gagner ses sentiments: les sentiments suivent la connaissance.Voilà pourquoi un enseignement s’impose; mais un enseignement qui n’enlève pas',à l’école primaire son caractère propre.C’est le but secondaire; c’est encore, si l’on veut, le moyen d’arriver au but principal.2.—Importance 1.Au point de vue éducatif, cet enseignement contribue au développement intellectuel et moral des élèves.En effet il provoque l’esprit d’observation et forme le jugement, en exerçant l’esprit sur l’étude des faits qui se raisonnent et donnent lieu à des déductions.Par ailleurs, en mettant l’enfant en contact avec la nature pour lui en faire saisir la grandeur et la beauté, ïl forme le goût et inspire le sentiment du beau.En outre, en relevant à ses yeux une profession que les préjugés lui ont peut-être appris à considérer comme inférieure, on élève ses sentiments; on lui inspire le respect de lui-même et la louable ambition de faire une place d’honneur à la profession qu’il exerce; on l’attache davantage au sol natal et à toutes les glorieuses traditions dont les ancêtres l’ont fécondé.2.Au point de vue pratique, l’enseignement de l’agriculture, ou mieux, l’éducation agricole, dans les écoles de campagne, répond au but utilitaire de l’école en adaptant le programme aux exigences locales (181).L’école prépare ainsi véritablement à la vie, tout en donnant l’éducation première qui oriente l’esprit et le cœur de l’élève vers les développements futurs.3.Au point de vue patriotique et social, cette orientation donnée à l’école contribuera à enrayer l’un des pires fléaux dont souffre notre population agricole: la désertion des campagnes comme conséquence du discrédit dans lequel le cultivateur tient sa profession.Mgr F.-X.Ross, Evîque de Laspé.{Pédagogie théorique et pratique). 142 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT Conseil pratiques Commencez par faire comprendre à votre élève que le véritable pauvre n’est pas l’homme qui n’a ni or ni argent, mais celui qui n’a ni science ni bonne éducation.Inspirez à cette chère enfant le désir de savoir; après cela, essayez de lui donner de l’instruction.Pour bien enseigner, aimez, beaucoup, je vous le répète à satiété.Le cœur sec et stérile enseignera, mais on n’apprendra rien de lui.Quelle méthode faut-il suivre pour bien enseigner?Toujours celle du cœur; et vous me comprenez si bien que je ne crains pas de vous ennuyer par cette répétition.C' ères institutrices, chères élèves, aimez-vous les unes les autres.Et si vous me demandez pourquoi je dis toujours la même chose, je vous répondrai qu’en vous aimant, vous accomplirez la loi en perfection, que vous vous trouverez bien ensemble, que vous vous comprendrez mutuellement, que la parole de l’institutrice ne tombera pas sur la pierre, mais qu’elle sera reçue par l’élève avec avidité, comme la terre aride reçoit la rosée du ciel.Avec cette méthode irrésistible, mettez en usage to-us les systèmes que vous voudrez; employez des boîtes, des cartons, des formes de toute espèce, des couleurs de toute couleur, des livres, des tableaux; car tout cela n’est que la partie matérielle de vos moyens.Si vous avez du tact, vous saurez saisir, parmi les formes mécaniques anciennes ou modernes, celles qui conviennent aux temps, aux lieux, aux élèves, au personnel que vous avez sous la main.Réellement, mes chères, ces moyens ne sont que d’importance secondaire; il faut certainement en faire un choix judicieux, mais c’est de votre esprit et de votre cœur que surgiront ces moyens puissants qui doivent vous conduire au but.Est-ce_à dire qu’il faille mépriser tant de méthodes nouvelles, si hautement prônées?Eh non! suivez en ceci l’avis de l’apôtre: Éprouvez tout, gardez ce qui est bon, ce qui convient aux nécessités du moment, mais n’ayez pas en ces choses une foi trop aveugle.Votre premier grand principe, c’est l’amour; le second, c’est de faire regarder l’esprit de l’enfant dans le vôtre comme dans un miroir, et, afin que cette attention ne le fatigue pas trop, de l’y tenir captivé par la correspondance de son propre jeune cœur.Ce n’est pas assez qu’il soit aimé, pour bien vous entendre, il faut qu’il aime à son tour.Votre affection, nous l’avons dit, est d’une nature très-élevée, elle ne se concentre pas dans un petit nombre d’enfants, elle en accueille tous les jours d’autres, tant sa force d’expansion est grande! Que les mères ne s’inquiètent pa.s du retour que leurs enfants auraient pour vous! L’institutrice est vite oubliée, elle le sait; il lui suffit d’avoir fait du bien.Sœur M.-V.-B.DEUX EXPERIENCES PEDAGOGIQUES A L’ECOLE NORMALE DE HULL Nous avons expliqué, l’automne dernier, dans U Enseignement Primaire, comment se donnent l’instruction et la formation pédagogiques à l’École normale de filles à Hull.Pour répondre à votre bienveillant désir, M.le Directeur, et pour faire suite à cet exposé, nous vous adressons ces lignes.Il s’agit cette fois de deux faits particuliers qui, durant la dernière année scolaire, se sont greffés sur l’organisation générale de la pédagogie dans cette maison d’éducation.Ces deux essais, quoique d’une importance, il est vrai, plutôt relative, nous paraissent revêtir un caractère progressif.Ces expériences tentées sont: l’établissement d’un “Tableau rotatoire” pour les leçons d’enseignement pratique à l’école d’application, et l’inauguration, pour les normaliennes du cours supérieur, d’une “Journée d’observation” dans les écoles de la ville. TABLEAU ROTATOIRE DE.S LEÇONS DENSEIGNEMENT PRATIQUE A LÉCOLE D APPUCATION ROUES INDICATRICES MOBILES LASSE PREPARATOIRE ANNEE B ANNEE B ANNEE B ANNEE fN E • Ie™3 ANNEE A 2 e ANNEE A ANNEE A 4-e ANNEE 6* ANNEE GROUPE N° ?(S) GROUPE N° ?(I) GROUPE N® ?(2) GROUPE N® ?(4-) GROUPE N® ?(3) 5 SEANCE 'o/ « — Fcoia Narmalp.- JoseP A., /~/u//¦ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 143 144 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE TABLEAU ROTATOIRE Pour comprendre ce Tableau rotatoire, dont nous vous envoyons une copie, il faut d’abord se rappeler certains points essentiels de la façon dont fonctionne chez nous l’enseignement pratique à l’école d’application.D’abord, toutes les normaliennes des trois années assistent aux leçons pratiques d’enseignement données par leurs compagnes.A cette fin, toutes les normaliennes sont partagées en cinq groupes.Notre école d’application comprenant cinq classes, il y a une classe à la disposition de chaque groupe.Cette pratique de l’enseignement a lieu deux fois la semaine, le mercredi et le vendredi, au commencement de l’après-midi, de 1^2 heure à 2*^ heures.Pour une raison sérieuse, on peut changer le jour de l’enseignement.Les cinq groupes circulent tous alternativement à travers les cinq classes pour voir enseigner les diverses matières du programme.Dans chacune de ces classes de l’école d’application, comme on peut le constater en observant le tableau ci-joint, il y a deux divisions: chacune de ces divisions correspondant à une des années du programme d’études de l’école primaire élémentaire.Ce fait offre aux normaliennes l’avantage d’apprendre à conduire à la fois plusieurs divisions dans la même classe; soit en groupant deux divisions de capacité un peu différente pour leur distribuer un même enseignement, celui du catéchisme par exemple; soit en donnant un devoir à l’une des divisions et en le contrôlant durant que la leçon proprement dite se donne à l’autre division.Dans les deux plus basses classes (voir le tableau ci-joint) chaque séance d’enseignement comporte trois leçons de vingt minutes chacune.Dans les trois classes plus avancées, il n’y a que deux élèves-maîtresses qui donnent chacune une leçon d’une demi-heure durant la séance d’enseignement.Il est entendu que les autres normaliennes du groupe, en vue de la critique, observent leurs compagnes durant que celles-ci enseignent.Le présent tableau rotatoire ne couvre qu’une période de quinze semaines et comporte cinq “tours de roue”.En effet, l’ensemble des groupes circule automatiquement à travers ces cinq classes de l’école d’application à la façon d’une roue qui tourne.Ce que nous appelons cependant “un tour de roue” comprend non pas cinq, mais six séances d’enseignement; c’est-à-dire: pour que le tour soit considéré comme complété, il faut que chaque groupe d’enseignement, après avoir parcouru graduellement les diverses classes, revienne à l’endroit d’où il était parti et assiste dans cette classe à l’enseignement de matières autres que celles qui avaient été enseignées au début de ce même tour (suivre sur le tableau les flèches qui indiquent la marche de chaque groupe).Donc, à deux séances par semaine, cela prend exactement trois semaines pour un tour complet.Pour le tour suivant, le même groupe partira de la classe immédiatement supérieure, excepté pour le groupe qui a achevé dans la Ve classe (5e et 6e années) et qui devra commencer le tour suivant dans la 1ère classe (préparatoire et 1ère année A).Ainsi, suivons sur le tableau la marche du groupe No 1, qui, au moment que nous avons supposé, se trouve à partir de la Ile classe (1ère année B et 2e année A).A la première séance, les élèves de ce groupe verront enseigner les prières, la lecture et le calcul.A la deuxième séance, ce groupe passera dans la Ille classe (2e année B et 3e année A) pour y voir enseigner le catéchisme et la dictée; à la troisième séance, dans la IVe classe: arithmétique et anglais; à la 4e séance, dans la Ve classe: rédaction et dessin; à la 5e séance, ce groupe descend dans la 1ère classe, en préparatoire, pour y voir enseigner les prières, l’écriture et le langage; enfin, à la 6e et dernière séance du tour, il ira dans la même classe d’où il était parti, la Ile classe, pour assister cette fois à l’enseignement du catéchisme historique, des bienséances ou hygiène (langage) et de la grammaire (sous forme d’initiation).A la séance suivante, ce sera un nouveau tour qui commencera, et ce même groupe No 1 partira alors de la Ille classe pour suivre toute une nouvelle série de leçons sur des matières déterminées à l’avance, et ainsi de suite.A gauche du tableau, dans le haut, se trouvent deux roues mobiles qui, au moyen de deux aiguilles, peuvent servir à indiquer où nous en sommes rendus, à un moment donné dans ce mouvement général, quant au tour, quant à la semaine et quant à la séance.Ainsi dans la copie ci-jointe, le tableau indique que nous sommes rendus à la troisième semaine et à la cinquième séance du deuxième tour.Alors le groupe No 5 qui a commencé ce tour dans la 1ère classe est alors rendu dans la Ve classe.Il y a une autre indication mobile au-dessus de la colonne verticale pour chaque classe; elle nous dit quel groupe (voir le point d’interro- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 145 gation) doit commencer ou a commencé le tour de roue dans cette classe.Ce numéro doit, au bout de trois semaines, passer à la colonne suivante.Ce tableau, à première vue et en théorie, peut paraître compliqué; il est, dans la réalité pratique, d’une très grande simplicité.Sa mise en œuvre est comme automatique et ne présente aucun embarras pour personne.Il va sans dire cependant que cet automatisme purement extérieur ne nuit en rien, au contraire, à l’initiative personnelle des élèves qui donnent ou qui observent la leçon.Il présente simplement à leur activité propre un chemin droit et lumineux, qui leur offre cependant comme une grande variété d’aspects ou de paysages en les promenant à travers des leçons diverses dans des classes différentes.De la variété dans une unité très simple résulte de ce mouvement de rotation.Tout est prévu pour quinze semaines à l’avance; ce qui est un contentement pour tout le monde.Outre cette régularité du mouvement général, la mise en œuvre de ce système offre à chaque normalienne, et avec une égale distributionpour chacune d’elles, l’avantage de voir enseigner, durant la période couverte, à peu près toutes les matières du programme d’études dans toutes et chacune des années de l’école primaire élémentaire.En réalité, durant ces quinze semaines chaque normalienne fait six fois le tour des cinq classes de l’école d’application pour y voir enseigner 72 leçons se rapportant à diverses matières.Remarquons cependant que ce tableau n’est suivi d’une façon rigoureuse avec toutes les matières déterminées à l’avance que durant une seule période de quinze semaines.En dehors de cela, les groupes continuent à circuler; mais nous faisons alors une part plus grande dans le choix des matières aux aptitudes et aux besoins des élèves-maîtresses qui enseignent, et nous appuyons encore davantage sur certaines matières essentielles ou plus difficiles à enseigner.Quelquefois même tous les groupes sont arrêtés dans leur marche et restent dans la même classe deux ou trois séances consécutives pour constater comment il faut enchaîner les leçons sur une même matière, la rédaction, par exemple.Nous comprenons que ce tableau rotatoire peut être difficilement applicable tel quel ailleurs, où un autre système peut avoir autant et même plus d’efficacité.Dans notre École, il nous a donné de bons résultats.Si nous avons acquiescé, M.le Directeur, à votre demande de le publier, c’est que nous avons pensé qu’il pourrait peut-être présenter un certain intérêt à quelques-uns de ceux ou de celles qui s’efforcent de faire donner aux écoles normales de notre province une efficacité de plus en plus grande.JOURNEE D’OBSERVATION Par un beau matin de juin dernier, les 14 finissantes du cours supérieur laissaient là livres et leçons pour se diriger vers les différentes écoles de la paroisse Notre-Dame.Elles devaient cette aubaine à la bienveillante permission de MM.les Commissaires d’écoles et des RR.Sœurs Directrices, mais spécialement à la généreuse complaisance de leurs aînées dans l’enseignement, d’anciennes normaliennes, actuellement institutrices dans la ville de Hull.Ces maîtresses expérimentées et dévouées ont accueilli leurs benjamines de la famille normalienne avec une vraie cordialité, qui a mis immédiatement celles-ci tout à leur aise.Chacune de ces 14 finissantes, dans une classe différente, a pu, durant toute la journée, observer la façon de procéder de la maîtresse dans son enseignement et surtout dans l’organisation pédagogique et la conduite disciplinaire de sa classe.L’arrivée des élèves, leur tenue, leurs allées et venues en classe, leur sortie pour les récréations, le contrôle de leurs devoirs, l’emploi du tableau noir, les procédés d’explication et d’émulation, la manière de questionner, les récompenses et les avis à donner, etc, tout cela a tenu en éveil l’esprit d’observation et la légitime curiosité des aspirantes à renseignement.Elles étaient parties le matin, anxieuses de regarder, d’écouter et de connaître; elles sont revenues, le soir, tout à fait enchantées de ce qu’elles avaient vu, entendu, connu.Les observations qu’elles avaient faites étaient multiples, pratiques et utiles.Mais ce qui prédominait à l’évidence toutes leurs impressions, c’était un sentiment de confiance.Elles avaient plus d’amour pour leur toute prochaine carrière.En somme ce fut un bon petit pèlerinage, trop court, mais réconfortant.Aussi les normaliennes reconnaissantes ne manquèrent pas d’aller remercier M.Je Principal qui l’avait inauguré.Ce fut sans doute un pèlerinage “chanceux”, car dès maintenant sept de ces finissantes de juin 1929 ont été engagées pour enseigner dans les écoles de Hull, tandis que d’autres enseigneront bientôt sous la .coiffe.Mais taisons-nous de peur de devenir encore plus indiscret.École normale Saint-Joseph, Hull.Septembre 1929.Roch Aubry, Professeur de pédagogie.2 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN FRANCE Quelques renseignements généraux et observations personnelles Simples notes (Suite) (Voir U Enseignement Primaire de septembre et d’octobre 1929) I ENSEIGNEMENT L’enseignement primaire est donné en France: 1.Dans les écoles maternelles et les classes enfantines; 2.Dans les éc°les primaires élémentaires; 3.Dans les écoles primaires supérieures et dans les classes d’enseignement primaire supérieur annexées aux écoles élémentaires et dites “Cours complémentaires”.(Loi organique du 30 octobre 1886, article 1.) (1) 4.On peut ajouter dans les écoles normales primaires et dans les écoles normales supérieures d’enseignement primaire.II ECOLES 1.Les écoles maternelles sont des établissements de première éducation où les enfants des deux sexes reçoivent en commun, de l’âge de deux ans révolus à six ans, les soins que réclame leur développement physique, moral et intellectuel.(Décret du 15 juillet 1921).2.Les écoles primaires élémentaires sont des établissements dans lesquels les enfants âgés de six ans révolus à treize ans révolus suivent le programme de l’enseignement obligatoire décrété dans la loi du 28 mars 1882.3.Les écoles primaires supérieures sont des établissements comprenant au moins trois années d’études, où les élèves sont reçus à partir de douze ans révolus au 31 décembre jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle ils atteignent leur dix-huitième année.(Arrêté règlement modèle du 29 décembre 1888.) 4.Les “Cours complémentaires” sont des classes d’enseignement primaire supérieur, annexées à une école primaire élémentaire, sous la même direction, et comprenant au plus deux divisions (Décret organique du 18 janvier 1887, article 30), où sont reçus les élèves âgés d’au moins douze ans au 31 décembre.(Décret organique du 18 janvier 1887, article 38).5.Les écoles normales primaires sont des établissements publics (Loi du 19 juillet 1889, article 47) gratuits (Loi du 16 juin 1881), fondés et entretenus par les départements (l’entretien des élèves et le traitement des maîtres étant à la charge de l’État), et destinés à former des instituteurs ou des institutrices pour les écoles publiques (écoles maternelles, écoles primaires élémentaires et écoles primaires supérieures.(Décret organique du 18 janvier 1887).(3.Les écoles normales supérieures d’enseignement primaire sont- des établissements publics formant des professeurs d’écoles normales et d’enseignement primaire supérieur.III DI VISIONS DES ÉTUDES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE OFFICIEL 1.Écoles maternelles (classes enfantines): divisées en deux sections, pour les enfants de deux ans révolus à 6 ans.Souvent, les enfants âgés de 5 ans sont admis dans le cours préparatoire des écoles publiques.(1) Les renseignements légaux contenus dans ces écrits'proviennent de documents officiels et de l’ouvrage Le Livre des Instituteurs, édition 1929, de M.Joseph_Soleil. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 147 2.Écoles 'primaires élémentaires: Cours préparatoire : durée un an, pour les élèves de 6 à 7 ans.Cours élémentaire: durée deux ans, pour les élèves de 7 à 9 ans.Cours moyen: durée deux ans, pour les élèves de 9 à 11 ans.Cours supérieur: durée deux ans, pour les élèves de 11 à 13 ans._ Arrêté organique du 18 janvier 1887, article 10, modifié le 21 juillet 1922).(La constitution des trois derniers cours est obligatoire.—Arrêté organique du 18 janvier 1887, article 9).3.—Écoles primaires supérieures: Cours des écoles primaires supérieures ou cours complémentaires: durée trois ans ou deux ans, selon le cas, pour les élèves de 13 à 16 ans (1).Dans certaines communes, où il n’y a pas d’écoles primaires supérieures, un cours complémentaire est annexé aux écoles primaires élémentaires.Ce cours, qui est de deux années, ne renferme que des matières de l’enseignement primaire supérieur.La durée des études, dans les écoles primaires publiques de France, est donc de sept années, en comptant le cours préparatoire, et, de dix années, si l’on inclut le cours des écoles primaires supérieures.4.Écoles normales primaires: Cours des écoles normales primaires: durée trois ans, élèves admis âgés de 15 ans au moins et de 19 ans au plus.5.Écoles normales supérieures: Cours des écoles normales supérieures : durée deux ans, élèves admis âgés de 19 ans au moins et de 25 ans au plus.Les écoles normales primaires préparent les jeunes gens et les jeunes filles à l’enseignement primaire.Les écoles normales supérieures préparent à l’enseignement et.à la direction des écoles normales primaires.(à suivre) .Pierre-Paul Magnan:, Novembre 1929.Professeur à VÉcole normale Laval de Québec.AUTOUR D’UN LIVRE (* 2) OPINION DE M.L’ABBË THOMAS TREMBLAY Principal de l’École normale de Roberval Monsieur le Surintendant.Vous m’avez adressé, il y a une couple de semaines, avec prière de le lire et de vous faire part de mes impressions, le livre de M.l’abbé Lapalme, "Un Pèlerinage à l’école de rang”.A deux reprises, j’en ai fait une lecture attentive et l’impression principale qui m’en est restée est propablement celle de tous ceux qui l’ont lu: c’est que l’école rurale est dans un pitoyable état, dans notre province, et que depuis un bon nombre d’années, depuis toujours, pourrait-on dire, il n’y a eu aucun progrès de réalisé, au double point de vue instruction et éducation; et la cause de cet état de "stagnation” serait due principalement à l’incompétence du personnel enseignant dans nos écoles de “rang”._ (1) Erratum: Enseignement Primaire de septembre 1929, page 29, à corriger dans le tableau de l’enseignement public en France: a) Enseignement primaire: pour les enfants de 6 à 13, au lieu de 6 à 12 ans.'—Enseignement primaire supérieur (annexe) : pour les enfants de 13 à 16, au lieu de 12 à 16 ans.(2) Voir L’Enseignement Primaire de septembre et octobre 1929. 148 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je ne prétends pas faire le départ de ce qu’il peut y avoir de vrai ou de faux dans le livre de M.l’abbé Lapalme, mais je n’hésite pas à affirmer, en me basant sur ce que j’ai entendu dire un peu partout et aussi sur mon expérience personnelle, que l’école de rang, du moins dans la région du Lac Saint-Jean, a fait depuis vingt et surtout dix ans des progrès considérables au double point de vue instruction et éducation.Ces progrès ont-ils été aussi satisfaisants qu’on pouvait le désirer et qu’on était en droit d’exiger ?C’est là une matière d’appréciation bien difficile à déterminer.Il est certain que nos populations de la campagne ont à cœur de faire donner à leurs enfants une instruction convenable, et pour cela un très grand nombre s’imposent des sacrifices considérables.Nos commissaires ou syndics pourraient certainement faire beaucoup plus qu’ils ne font pour l’avancement de l’instruction dans nos écoles de rang, si l’on avait toujours le souci de les choisir parmi les gens les plus cultivés et les plus zélés.C’est malheureusement ce qui ne se fait pas dans un trop grand nombre de cas, et les institutrices ont souvent à se plaindre de l’indifférence ou de l’insouciance de certains commissaires qui ne remplissent pas leur charge avec assez de soin.Par suite de cette négligence, beaucoup de maisons d’école manquent de choses indispensables à l’avancement de l’instruction.Je demeure tout de même convaincu, malgré les affirmations contraires de M.l’abbé Lapalme, que l’instruction, bien loin de rester stationnaire, a fait un immense pas dans la voie du progrès depuis bon nombre d’années.C’est du moins ce que toute personne qui a de l’âge et de l’expérience dans l’enseignement peut constater dans la région du Lac Saint-Jean et de Chicoutimi.Somme toute, je suis loin de partager le pessimisme de M.l’abbé Lapalme, et je suis porté à croire que son ardent désir de voir se réaliser, le plus tôt possible, le très haut idéal qu’il se fait de l’enseignement qui doit se donner dans les écoles rurales, lui a fait porter un jugement aussi sévère sur bien des points de notre système d’instruction élémentaire dans nos campagnes.Je crois que ces quelques remarques que je viens de faire suffiront, monsieur le Surintendant, pour vous faire connaître combien je trouve exagérées certaines affirmations de l’auteur de “Un Pèlerinage à l’école de rang.” J’ai bien l’honneur d’être, monsieur le Surintendant, votre tout dévoué serviteur, OPINION DE M.L’ABBE ALPH.GAGNON Principal de l’École normale de Beaucevilîe Monsieur le Surintendant, Vous me demandez mes impressions concernant l’ouvrage de Monsieur l’abbé Lapalme: “Pèlerinage à l’école de Rang.” Nos écoles de rang n’ont-elles fait aucun progrès depuis.25 ans?Je ne saurais porter un jugement.Je n’ai pas été suffisamment mêlé à la question scolaire, pendant cette période, soit comme visiteur, soit comme curé, pour pouvoir, aujourd’hui, établir une comparaison entre le passé et le présent.Je ne connais l’école rurale que depuis trois ans, et, cela, par les élèves qui viennent se présenter à l’examen d’admission de l’École normale de Beaucevilîe.Cependant, je veux bien donner mon humble opinion sur ce livre qui éveille l’attention des éducateurs.En effet, si les observations qu’il relate sont justes, il ne peut manquer d’activer le zèle de ceux qui accusent notre système scolaire d’être un peu vieillot.L’auteur de “Pèlerinage à l’école de Rang” préconise un système nouveau qui, d’après lui, amènera à brève échéance l’âge d’or de l’instruction et de l’éducation dans notre province.Il faut lui savoir gré de ses remarques; avec une intention droite il désire une plus grande instruction pour notre peuple et il suggère des moyens qui peuvent être excellents.Seulement il me paraît exagérer la réalité lorsqu’il parle de la “grande pitié de l’école rurale et de l’urgente nécessité de son renouveau.” (page 89) : qu’ “il en irait autrement si, à l’école rurale, nos enfants recevaient une formation générale, s’ils étaient soumis actuellement L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 149 à des méthodes dont l’efficacité, la mise au point seraient assurées par des maîtres ou des maîtresses d’une sérieuse compétence” (page 29); que de ce fait, “des professeurs de l’enseignement secondaire vous diront que trop de leurs élèves, faute d’avoir reçu dans leur prime enfance la préparation éloignée irremplaçable, se sont avérés réfractaires à leurs soins, et qu’ils sont restés peuple au sens le moins agréable du mot” (pages 33 et 34)._ Si ces faits sont réels, il faudrait s’en prendre à l’incompétence ou à l’incurie de ceux qui ont charge de l’instruction.L’auteur semble l’insinuer lorsqu’il lui “paraît suffisant pour mettre en lumière les déficiences de l’école rurale de souligner quelques défauts de son milieu matériel, l’inefficacité de plusieurs rouages de son système, l’oubli pratique de certaines méthodes de pédagogie, ou d’importantes précisions nécessaires au programme des études” (page 92)._ L’accusation est sérieuse, grave.Elle vise, quoi qu on en dise, des personnages qui méritent plus d’égards, car, enfin, NN.SS.les Évêques sont des membres actifs au Conseil de l’Instruction publique, et, méconnaître leur souci d’une meilleure éducation, c’est, par le fait même, ignorer notre histoire, surtout au chapitre de l’instruction.Veut-on, par ailleurs, attaquer les autres personnalités qui composent le Département?Je ne puis souscrire à cette accusation qui me paraît gratuite: je sais que tous travaillent à améliorer ce qui peut l’être; et les congrès, les conférences pédagogiques, l’encouragement que vous, M.le Surintendant, ne ménagez j amais aux bons apôtres dans le domaine de l’éducation: voilà autant de preuves qui établissent votre droit, celui de M.l’Inspecteur général et de MM.les inspecteurs régionaux, à la reconnaissance plutôt qu’à un reproche.Tous les organismes humains sont susceptibles d’imperfections.Le moyen de les faire disparaître, c’est généralement la bonne entente, la paix, rarement la critique à ciel ouvert, qui fournit facilement une arme à ceux qui en cherchent pour défendre une cause qui n’est pas la meilleure.Non, notre système scolaire, comparé avec celui des autres provinces, même en regard des autres pays, fait encore bonne figure.Nos communautés enseignantes ont l’ambition de préparer sérieusement les futures institutrices; elles ont acquis un mérite certain que l’histoire leur reconnaîtra, et l’affirmation récente (1) de l’honorable Secrétaire provincial vaut plus que tous les éloges que je pourrais leur décerner.Il peut y avoir des lacunes; les résultats ne sont pas ce que certains voudraient qu’il fussent: c’est possible.J’avoue que les lettrés, au sens complet de ce mot, sont plutôt rares dans nos campagnes, mais s’ils étaient plus nombreux, comme on le souhaite, (pages 84 et 85) est-ce que la désertion du sol ne serait pas plus grande?N’est-ce pas l’agriculture qui fut et demeure encore notre principale force nationale ?La formation de l’enfant à l’école de rang doit tendre à développer le goût pour cette profession qu’on a justement appelée la noblesse de la charrue, sans préjudice évidemment de l’acquisition de plus grandes connaissances, pourvu que celles-ci soient adaptées au milieu où l’enfant est appelé à vivre.Le défaut de progrès à l’école rurale, s’il est réel, est-ce qu’il ne faudrait pas l’attribuer aussi à bien des causes en dehors des autorités scolaires?Celui qui veut porter un jugement équitable sur les résultats de l’enseignement primaire tel qu’il se donne, doit faire la part de bien des influences qui ont développé chez notre peuple la peur du sacrifice, la crainte de l’effort, le goût du plus facile: toutes choses qui entravent la marche en avant de l’esprit.En un mot, c’est le matérialisme d’un puissant voisin qui comme une vague déferle sur nos populations rurales et émousse les belles qualités qui sont l’apanage des peuples latins mieux protégés que le nôtre.La modicité des salaires de nos institutrices doit avoir aussi son poids dans la balance des responsabilités que l’on veut faire peser sur les autorités du corps enseignant.C’est un fait d’expérience qu’il faut des années pour devenir un instituteur de qualité.Or, combien de jeunes filles abandonnent après deux ans (statistiques officielles) l’enseignement qui ne peut les faire vivre, ou en tous cas, ne leur permet pas de réaliser des économies, et, de ce fait, privent l’école rurale d’une réelle valeur, pédagogique qu’elles auraient pu acquérir avec le temps et dont auraient pu profiter les petits enfants de chez-nous.On fait au Gouvernement le reproche de ne pas assez aider l’école rurale comme il le fait pour les Universités ou les institutions d’enseignement secondaire (troisième partie, No III, page 95.Je ne veux pas paraître m’opposer à ce souhait exprimé qui est sans doute (1) Déclaration faite à la Chambre des députés (session 1929). 150 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE raisonnable.Mais je crois que tout attendre de l’État est un système erroné.Les parents sont les premiers intéressés en matière scolaire.Si le côté matériel est négligé chez un bon nombre de nos commissions scolaires, il importe de faire la mentalité de notre peuple, affaire de temps sans doute, mais procodé qui sera plus selon l’esprit de l’Église et plus efficace qu’une législation, laquelle contribuera au désintéressement de ceux qui, les premiers, ont le droit de choisir leurs instituteurs et partant le devoir de leur payer un salaire juste et équitable.Quant au parler de nos campagnards que l’on juge si imparfait, je sais par expérience qu'il est meilleur que celui de bien des paysans de France.Il y aura toujours une différence d’élocution entre le citadin cultivé et-l’homme des champs.Cette distinction, elle est de tous les temps; elle n’est pas non plus un signe que les éducateurs ont failli à la tâc^e.Au contraire, que de progrès réalisés, par exemple, depuis la tenue du premier congrès de la langue française au Canada.Je laisse à d’autres le soin de vous communiquer d’autres considérations sur le livre de M.l’abbé Lapalme.Je reste convaincu qu’il ne sonne pas toujours la note juste.Il n’y a pas lieu de s’alarmer.Continuons à améliorer.L’Mstoire saura reconnaître la valeur des éducateurs d’aujourd’hui: c’est une espérance qui fait vite oublier les reproches des contemporains.OPINION DE M.JOSEPH HÉBERT Inspecteur d’écoles dans les comtés de Chambly, Richelieu, Rou- ville, Verchères, depuis 1899 Monsieur le Surintendant, La lecture de “Un Pèlerinage à l’École de Rang”, m’a plongé dans un étonnement voisin de la stupéfaction.Les affirmations gratuites et les exagérations qui sont accumulées dans ce livre, si elles étaient véridiques, obligeraient, non à améliorer et à perfectionner, mais à raser et à édifier.“ La maison d’école rurale est une monstruosité, son efficacité hygiénique nulle, son “matériel scolaire inexistant ou suranné; le personnel enseignant se complaît dans une “ routine livresque, qui le rend des plus incompétents; le peuple ne possède pas l’érudition “ des savants du moyen âge, et encore moins celle des célébrités modernes.” Ces conclusions, déclare modestement l’auteur, sont les fruits de dix ans d’observations et de l’examen de.60 écoles.Comme il compare l’école rurale avec l’école urbaine, et même avec celle des États-Unis, pour être équitable, il a dû visiter 20 constructions de chaque catégorie.Quelle base large et solide pour y établir un jugement sur plus de 6000 unités.Sans vouloir les déprécier, si toutes les écoles rurales du pays voisin, ressemblent extérieurement à celles qu’il m’a été donné de voir, en passant, dans les états du Vermont, du Massachusetts, et de Ncv-York, celles de mon district d’inspection, et de probablement tous les autres, peuvent leur être avantageusement comparées.Les nôtres ne sont pas toutes ornées “de lierre et de ftelirs”, mais il en est de même pour celles de là-bas.Quant à la proclamation de la nullité de l’enseignement, faut-il, parce que quelques classes seraient médiocres ou même mauvaises, conclure que tout le dévouement, tout le zèle, toute la science, tous les efforts déployés par les communautés religieuses, et par un grand nombre de laïques, dans les écoles normales et dans les autres institutions, pour former des institutrices capables de diriger nos écoles rurales, avec compétence et succès, aient abouti à un fiasco aussi monumental?" Que penser des rapports des inspecteurs d’écoles, sont-ils faux ou erronés?Sans doute, aucun ne prétend à un parfait état de choses, la perfection n’étant pas de ce monde; mais tous constatent, malgré les défectuosités qui existent, tant du côté matériel que du côté pédagogique, que les progrès réalisés depuis 25 ans, sont raisonnables, et aussi bons qu’ils devaient l’être.Et les assemblées délibérantes?Le tableau en est-il fidèle?“Ça coûte trop cher.On n’a pas besoin de ça, etc.” Parce que quelques contribuables, et souventes fois les plus pauvres, craignant d’avoir à supporter de lourds impôts, avec de mauvais arguments, je l’admets, osent essayer de les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 151 éviter, en s’opposant à des améliorations d’utilité publique, on fait une réputation de parcimonie et de mesquinerie à tous les abitants de n^s campagnes.Mesquins, les francs-tenanciers qui ont élevé dans toutes les paroisses, au coût des plus lourds sacrifices, ces temples majestueux qui font l’admiration et excitent l’envie des étrangers ?Mesquins, les citoyens qui se sont imposé des taxes onéreuses pour la confection et l’entretien des chemins et des routes qui sillonnent les municipalités?Mesquins, les commissaires d’écoles qui ne craignent pas de faire appel à la bourse des intéressés, lorsqu’il s’agit de construire, ou de réparer une école défectueuse?L’auteur de “Un Pelèrinage à l’École de Rang” peut être bien intentionné; son imagination lui fait concevoir un idéal inaccessible.Le remède à tous les maux qu’il croit avoir découverts, n’est pas une panacée ordinaire: tout simplement l’entrée en scène du Gouvernement qui, avec une baguette dorée, ferait merveilles et prodiges.A coups de piastres, sous la direction d’habiles architectes, nos “cabanes scolaires” seraient changées en palais; à coups de piastres aussi, les institutrices seraient nanties des capacités et des aptitudes qui les transformeraient en phénomènes pédagogiques: dans 25 ans ou moins, nos bons ruraux deviendraient des.Et voilà.Pauvre gouvernement qui ne subventionne les écoles rurales que d’un montant de $25,000.00.Ceci n’était pas connu au Département de l’Instruction publique.Je suis même persuadé que tous les ministres l’ignoraient.Pour réfuter les exagérations et les inexactitudes amoncelées dans “Un Pelèrinage à l’École de Rang”, il faudrait un volume; je me bornerai à citer les faits suivants: Depuis trente ans que j’exerce la charge d’inspecteur d’écoles, 90% des écoles rurales de mon district, ont été construites ou réparées d’après des plans et devis acceptés, ou fournis par le Département de l’Instruction publique; il y en a même un certain nombre qui sont “rec aussées” de briques.Toutes les classes ont été pourvues d’un ameublement perfectionné; il y a des tableaux noirs et des cartes géograp iques, en quantité suffisante dans 90% des classes; aucune classe n’est dépourvue du matériel scolaire indispensable; les lois de l’üygiène et de la propreté sont observées dans le plus grand nombre des écoles.Pour ce qui a trait aux succès remportés dans l’enseignement, mes derniers bulletins d’inspection font connaître que, sur 134 écoles en activité, 63 méritent la note excellent et très-bien; 35, bien; 32, assez bien; 4, passable.Et ceci, d’après un examen minutieux, et au point.OPINION DE M.L’INSPECTEUR C.-J.MILLER (Dans Pinspectorat depuis 1911) Naguère inspecteur d’écoles dans les comtés de Brome, Missisquoi, Shefford, Rouville, Hochelaga, Laval, pendant plusieurs années dans la cité de Montréal, et aujourd’hui Inspecteur général des écoles primaires catholiques.Monsieur le Surintendant, J’ai lu avec intérêt “Un Pèlerinage à l’École de Rang” que vous avez bien voulu me faire p arvenir.Mes activités comme inspecteur mises depuis quinze ans au service des écoles urbaines, ne m’autorisent peut-être pas à donner une appréciation sur le tableau très sombre que M.l’abbé Lapalme trace de l’école de rang en particulier, puis des commissions scolaires rurales et de la population de la campagne.L’auteur, ardent, patriote à n’en pas douter, veut l’école de rang telle qu’elle devrait exister en théorie; ce serait la perfection et tout le monde s’en réjouirait.Mais parmi les excellents moyens qu’il suggère pour atteindre cet idéal, plusieurs me semblent d’une application très difficile, pour ne pas dire plus.L’école de rang est dans “un état de stagnation” déclare M.l’abbé Lapalme.Cependant les faits ne contredisent-ils pas cette affirmation?En effet, les statistiques prouvent: 152 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE a) une augmentation dans le nombre des écoles rurales, b) une progression constante des élèves qui atteignent les classes élevées, c’est-à-dire qui font des études plus longues, plus approfondies, c) une diminution notable dans le nombre des institutrices non-diplômées, et d) une présence beaucoup plus considérable qu’autrefois d’institutrices munies d’un brevet académique ou supérieur, ce qui dénote un relèvement du niveau intellectuel chez le le personnel enseignant.Et alors .toutes ces manifestations de vie, d’activité dont on peut facilement se rendre compte, ne prouvent-elles pas que l’école de rang, loin de demeurer dans “un état de stagnation”, peut réclamer à juste titre sa large part d’un progrès général réalisé dans le domaine de l’enseignement primaire en cette province ?OPINION DE M.J.-A.FAQUIN Inspecteur d’écoles dans les comtés de Berthier et Joliette, depuis 1912 Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre No 358-29 me demandant de vous dire en toute vérité et sincérité, si les affirmations contenues dans le volume de M.l’abbé La-palme sur l’état de nos écoles de rang sont fondées, si ces écoles ont fait des progrès depuis 5-10-15-25 ans; ou si elles sont dans un état de stagnation.M.le Surintendant, il ne faut pas prendre trop au sérieux les affirmations exagérées, pour le moins, de M.l’abbé Lapalme.La pondération exige que l’écrivain reste toujours dans les limites de la vérité.De deux choses l’une: ou les affirmations des rapports des inspecteurs d’écoles sont véridiques, alors celles de M.l’abbé LaPalme sont fausses; ou les affirmations de M.l’abbé Lapalme sont vraies, alors les rapports des inspecteurs d’écoles sont faux.Or, pour ce qui me regarde personnellement, mes rapports sont d’une grande exactitude.Et je le prouve: MILIEU MATÉRIEL Nommé inspecteur d’écoles en juillet 1912, sur 152 écoles en activité, à ma première visite, je constatai que 91 maisons d’écoles ne rencontraient pas les exigences des règlements scolaires.Sur ce nombre 78 ont été reconstruites, suivant les plans et devis approuvés par votre département.Nous ne pouvions pas aller plus vite.Il faut compter avec la richesse des intéressés.Tous les ans, nous reconstruisons 4 ou cinq écoles.MILIEU FINANCIER En 1912, la moyenne des salaires payés aux institutrices de ce district était de $178.12, il est présentement de $302.74.Ce n’est pas suffisant.Nous sommes dans la voie du progrès.Continuons, avec l’aide de votre département, nous réussirons.MILIEU INTELLECTUEL Sur 8019 enfants inscrits dans nos écoles, 1366 sont classés en 5e et 6e années, soit par rapporta l’inscription totale, 17%, et 361 élèves sont classés en 7e et 8 années, soit par rapport à l’inscription totale, 4%.C’est dire que 21% de nos élèves fréquentent les cours ou supérieurs ou complémentaires de nos écoles.En 1912, nous n’avions que 11% de nos élèves dans ces mêmes cours.Voilà nos progrès.Loin de nous la prétention de conclure que nous avons la perfection.Il y a des lacunes: rendons notre personnel enseignant de plus en plus instruit et compétent; donnons lui un traitement convenable; accordons lui l’estime que mérite sa profession.Procurons à notre personnel enseignant le matériel qu’il lui faut pour rendre son e nsei-gnement fructueux.Donnons à nos écoles primaires un but à atteindre en créant le certificat des études, et nos écoles rendront ce qu’on a droit d’en attendre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 153 Le but de l’école primaire n’est pas de créer des compétences pour tous les genres d’occupation qui attendent l’enfant au lendemain de l’école.Elle doit donner une somme de connaissances nécessaires dans la vie.Rien de plus.Pour celui qui désire aller plus loin il devra se diriger vers les écoles spéciales.Chaque place pour chaque chose et chaque chose à sa place.L’école du rang est l’école des éléments.Elle remplit bien son rôle.Toutes choses égales d’ailleurs, elle se compare très avantageusement à l’école de la ville.M.l’abbé Lapalme a tracé un tableau idéal de l’école: élèves en costume, dociles, travaillants, propres, de familles distinguées par les manières et le language; institutrices possédant une culture classique, douées d’un sens artistique, très intelligentes, très laborieuses; écoles et matériel d’enseignement absolument modernes, etc., etc.Très bien tout cela.Ces écoles sont rares.La perfection est difficile à atteindre.J’ai visité bien des écoles de villes, où c’est “la vie”, et je n’ai jamais rencontré cet idéal.Il ne faut pas conclure de là que la stagnation existe.C’est tirer une conclusion de prémisses n’existant pas.^ ^ La religion catholique est prêchée depuis 1929 ans.Evêques, missionnaires et prêtres prêchant d’exemples et de paroles ces préceptes divins.Et malheureusement, nous péchons.Donc, il y a stagnation, incompétence, etc., etc.Voilà la conclusion de M.l’abbé Lapalme.On enseigne, dit-il, la syntaxe dans nos écoles de rang depuis 75 ans et nos gens font encore des fautes.Donc, stagnation, incompétence, etc., etc.Quelle logique! Je conslus, M.le Surintendant: “Fabricando fit fa12er”, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en instruisant qu’on devient éducateur.Écrivons moins, étudions plus.MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A L’ECOLE PRIMAIRE SUPERIEURE ET A L’ECOLE NORMALE (Pour L’Enseignement Primaire) LA MORT DU LOUP A.de Vigny—Les Destinées (1) i Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.Nous marchions, sans parler, dans l’humide gazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes, 5 Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons aperçu les grands ongles marqués Par les loups voyageurs que nous avions traqués.Nous avons écouté, retenant notre haleine Et le pas suspendu.Ni le bois ni la plaine 10 Ne poussaient un soupir dans les airs; seulement La girouette en deuil criait au firmament; Car le vent élevé bien au-dessus des terres, N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires, (1) L’œuvre littéraire d’Alfred de Vigny n’est pas à recommander.L’ensemble de ses œuvres et surtout ses poâmea dénotent un esprit antichrétien et orgueilleux.3 154 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et les chênes d’en bas, contre les rocs penchés, 15 Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête, Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête A regardé le sable en s’y couchant; bientôt, Lui, que jamais ici l’on ne vit en défaut, 20 A déclaré tout bas que des marques récentes Annonçaient la démarche et les griffes puissantes De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.Nous avons tous alors préparé nos couteaux Et cachant nos fusils, et leurs lueurs trop blanches, 25 Nous allions pas à pas en écartant les branches.Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils vo3raient, J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient Et je vois au delà quatre formes légères Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères, 30 Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux, Quand le maître revient, les lévriers joyeux.Leur forme était semblable et semblable la danse; Mais les enfants du loup se jouaient en silence.Sachant bien qu’à deux pas ne dormant qu’à demi, 35 Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi; Le père était debout, et plus loin, contre un arbre, La louve reposait comme celle de marbre Qu’adoraient les Romains et dont les flancs velus Couvaient les demi-dieux Remus et Romulus.40 Le loup vient et s’assied, les deux jambes dressées Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris, Sa retraite coupée et tous ses chemins pris; Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante, 45 Du chien le plus hardi la gorge pantelante, Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer, Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair, Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles, Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, 50 Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé, Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.Le loup le quitte alors et puis il nous regarde.Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde, Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang; 55 Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche, Et sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grand yeux, meurt sans jeter un cri.60 COMMENTAIRE LITTERAL V.1.—La lune enflammée: certains soirs, en effet, la lueur rougeâtre de la lune ressemble à une lueur d’incendie.V.5.—Bruyère.brande: Les brandes sont une sorte de bruyère qui croît dans les campagnes incultes.La bruyère, elle-même est un arbuste à clochettes roses ou rouges, qui pousse dans les terrains sablonneux.V.6.—Landes: région du sud-ouest de la France, sablonneuse et pauvre.V.8.—Traqués: poursuivre le gibier qui est dans un bois, en faisant autour de lui un cercle de plus en plus resserré.V.12.—La girouette en deuil: Dans ce paysage sinistre, le grincement de la girouette ressemble à une plainte.V.13.—N’effleurait de ses 'pieds: Dans cette description pathétique, le^poète personnifie les éléments et les choses, ici le vent, un peu plus bas (v.v.15-16) les chênes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 155 Y.17.—Bruissait: Du verbe bruire, conjugué à tort comme un verbe de la deuxième conjugaison, et qui signifie exactement faire entendre une succession confuse de petits bruits.V.18.—Quête: recherche.V.20.—En défaut: 1° Exactement, le défaut c’est l’absence d’une personne, d’une^ chose qui serait utile sinon nécessaire; 2° Dans le vocabulaire de la vénerie (art de la chasse) être en défaut, signifie avoir perdu la trace du gibier.V.22.—La démarche et les griffes puissantes: Chaque empreinte, par ses dimensions, détermine celles des griffes; leur espacement révèle la démarche des fauves.V.23.—Loups-cerviers: En appliquant ce terme à une espèce de loups, Vigny commet une erreur, puisque le loup-cervier n’est autre chose que le lynx ou chat sauvage.V.23.—Louveteaux: Ce dérivé et les autres (louve, louveter, louvetier, louveterie) prouvent combien les labiales p et ^ sont de prononciation rapprochée.(En latin, les dérivés de lupus, loup, conservent tous le p primitif.) V.25.—Leurs lueurs trop blanches: L’acier des armes à feu n’était pas alors bruni comme maintenant, et son éclat brillant pouvait éveiller l’attention du gibier.V.28.—Qui flamboyaient: Jetaient par intervalles une lumière éclatante.V.29.—Les lévriers: chiens minces, longs, très hauts sur pattes, assez rapides pour chasser le lièvre.V.34.—Les enfants du loup: Cette périphrase correspond à une intention spéciale.Nous disons bien couramment, en parlant des animaux, le père, la mère; mais nous disons les petits, non les enfants.Vigny, lui, pour des raisons que nous verrons, veut conférer à ses personnages une dignité particulière.V.v.38-40.—Celle de marbre.Romulus et Remus: D’après la légende, une louve avait allaité et élevé deux petits enfants abandonnés, Romulus et Remus.Romulus devait plus tard fonder Rome, et les Romains eux-mêmes entourer d’une espèce de culte la bête qui l’avait sauvé.V.41.—Les deux jambes dressées: 1° Les deux jambes de devant; 2° une fois de plus, au lieu du mot propre pattes, le poète emploie un terme qui rehausse son personnage.V.44.—Retraite coupée: Retraite, marche en arrière (préfixe re) pour échapper à l’ennemi.Ses chemins pins: Les chemins par où il aurait dû fuir étaient occupés, interceptés par les chasseurs.V.45.—La gueule brûlante: Le loup a chaud, non seulement pour avoir couru, dansé, mais à-cause de l’émotion violente qu’il éprouve.V.46.—La Qui halette convulsivement, serrée qu’elle estpar les crocs du loup.V.54.—La garde: Partie du couteau qui sert à protéger la main.« V.56.—En sinistre croissant: Les chasseurs entourent le loup d’un demi-cercle, et ce demi-cercle est sinistre puisqu’ils sont eux-mêmes des meurtriers.V.59.—Savoir comment il a péri: Le fauve sait bien sous quels coups il vient de succomber; mais il ne cherche pas à discerner quelle ou quelle blessure a été proprement mortelle.V.60.—Refermant ses grands yeux: Dernier geste volontaire, par quoi s’affirme jusqu’au bout le courage du loup.ANALYSE LITTÉRAIRE La Mort du Loup est un des six ou sept grands poèmes qui ont fondé la gloire de Vigny.Elle comprend, en gros, deux parties distinctes: un récit dramatique, une méditation philosophique.L’œuvre étant trop importante pour s’accommoder d’une étude sommaire, nous n’expliquerons aujourd’hui que la narration (v.v.1-61); nous discuterons la prochaine fois la thèse philosophique que le penseur a cru devoir y rattacher.Le récit est admirablement conduit.Voici d’abord le décor du drame.Décor tragique: avec son obscurité traversée de lueurs rougeâtres, la nuit évoque aussitôt l’image d’un sinistre: Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur Y incendie on voit fuir la fumée Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.Ajoutez à cela le silence qui semble précéder les catastrophes: Ni le bois ni la plaine Ne poussaient un soupir dans les airs.et que seul trouble un bruit de mauvais augure: seulement La girouette en deuil criait au firmament. 156 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et tout autour un paysage vaste, désert où les choses prennent un aspect étrange, fantastique: Car le vent élevé bien au-dessus des terres N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires, Et les chênes d’en bas, contre les rocs penchés, Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.Dans ce paysage pathétique, circulent sans parler (v.4) des hommes dont le silence seul dénonce déjà l’inquiétude.Tout à coup, une découverte, une alerte: Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons aperçu les grands ongles marqués Par les loups voyageurs que nous avions traqués.Nous avons écouté, retenant notre haleine.Et le pas suspendu.Presque aussitôt la découverte se précise et prend aux yeux des chasseurs une importance inattendue.Voici d’abord le limier avec son flair infaillible, son geste et sa défiance de guetteur.Lorsque, baissant la tête, Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête, A regardé la terre en s’y couchant; bientôt Lui, que jamais ici on ne vit en défaut, A déclaré tout bas.et immédiatement la nouvelle: .des marques récentes Annonçaient la démarche et les griffes puissantes De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.Le prologue est donc terminé.Avec les circonstances de temps et de lieu, avec l’atmosphère même du drame, nous connaissons un des deux groupes ennemis, le second nous est annoncé; le conflit va s’engager.Derniers préparatifs, dernière avance; avance prudente, préparatifs de guerre, autant de circonstances qui aiguisent notre curiosité: • Nous avons tous alors préparé nos couteaux.Et cachant nos fusils, et leurs lueurs trop blanches, Nous allions pas à pas, en écartant les branches.Curiosité avivée encore aussitôt que satisfaite: Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient, J’aperçus tout à coup deux yeux qui flamboyaient.Savamment préparée, l’effet dramatique est parfaitement réussi.Mais loin de le prolonger ou de le fortifier, le poète coupe court à notre inquiétude.Par un revirement brusque mais habile, il substitue un tableau gracieux, poétique à l’image hostile que nous attendions: Et je vois au delà quatre formes légères Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères, Comme font chaque jour à grand bruit sous nos yeux, Quand le maître revient, les lévriers joyeux, Non seulement le paysage est charmant, mais les animaux, avec une forme familière, semblent prendre un caractère innocent qui déjà nous les rend sympathiques.Notre sympathie devient bientôt de la pitié, et, nous détachant des chasseurs, nous reportons sur eux l’hostilité qu’ils témoignent à l’objet de leur convoitise: Leur forme était semblable, et semblable la danse; Mais les enfants du loup se jouaient en silence, Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi, Se couche dans ses murs, Vhomme, leur ennemi.Désormais tout l’effort du poète tendra à achever la conversion sentimentale qu’il vient d’opérer en nous, à nous purger, pour ainsi dire, de tout instinct chasseur, à nous remplir de pitié, d’estime, d’admiration même pour les bêtes injustement traquées. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 157 Non content d’attribuer à ses fauves une dignité tout humaine (les enfants du loup.le père.les deux jambes dressées.il évoqué en leur honneur la louve fameuse que la legende associe au héros fondateur de Rome: Le père était debout, et, plus loin, contre un arbre, La louve reposait comme celle de marbre Qu’adoraient les Romains, et dont les flancs velus Couvaient les demi-dieux, Remus et Romulus.Nous ayant ainsi fait changer de camp, le poète va dérouler sous nos yeux les péripéties du combat (v.41—v.60).Elles seront aussi émouvantes que savamment distribuées.Dans une situation tragique, désespérée, le loup cependant fait face au danger: Le loup vient et s’assied, les deux jambes dressées, Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris, Sa retraite coupée et tous ses chemins pris.Bien plus, il passe à l’offensive: Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante, Du chien le plus hardi la gorge pantelante, Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer, Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair, Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles, Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, Jusqu’au dernier moment, où le chien étranglé, Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.Péripéties émouvantes, avons-nous dit.Tous les détails sont là, en effet, qui ressuscitent pour eux l’affreux spectacle: le duel des deux bêtes d’abord (gueule bridante.gorge pantelante.mâchoires defer), puis intervention des chasseurs (coups defeu.couteaux aigus.).Et ces détails font mieux que ressusciter une scène de carnage (nos coups de feu qui traversaient sa chair.se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles.le chien étranglé.), ils achèvent de rendre l’homme odieux, et admirable sa victime.Car s’il y a une incontestable lâcheté à se liguer, hommes et chiens, et avec un tel déploiement d’armes, contre une seule bête innocente, cette victime devient héroïque quand non contente de faire front elle ne meurt que criblée de coups, et sur le cadavre d’un ennemi.Cette supériorité morale du loup sur ses agresseurs va s’accentuer encore dans son agonie (v.v.53-60).Physiquement vaincu, et par la seule violence du nombre Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde, Le clouaient au gazon tout baigné de son sang; Nos fusils l’entouraient d’un sinistre croissant, il refuse de s’humiher, de s’incliner devant son vainqueur.Par deux fois il le brave : Le loup le quitte alors, et puis il nous regarde.Il nous regarde encore.Il brave la souffrance: Et sans daigner savoir comment il a péri.Il ne subit pas la mort, il l’accepte.Aussi la sienne est-elle silencieuse: Et sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grands yeux, meurt sans pousser un cri.Au terme de ce récit, on voit le chemin parcouru, Vigny semble ne nous proposer d’abord qu’une histoire de chasse et ne s’adresser qu’à notre curiosité; et peu à peu, sans effort, sans artifice, la narration change de caractère; tragique d’un bout à l’autre, elle prend une valeur inattendue; et nos préférences ayant changé de camp, nous nous trouvons devant un grave problème de 158 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE morale.Ce problème quel est-il?—Nous le verrons la fois prochaine.Aujourd’hui, nous ne pouvions qu’analyser l’art de la composition, de la progression pathétique chez Vigny conteur.* * * Quelques remarques sur le style et la versification sont nécessaires cependant pour compléter cette étude proprement littéraire.Vigny n’avait pas le génie facile et son art comporte souvent bien des défaillances.Mais quand dominé par une grande idée ou un sentiment profond, il trouve pour l’exprimer une image simple et vigoureuse, son inspiration commande alors tout son style, et celui-ci s’impose alors par sa force, sa plénitude, sa noblesse et son éclat.C’est ici le cas.Pas de ces périphrases embarrassées, prétentieuses ou banales, pas de ces impropriétés, de ces constructions gauches, parfois incorrectes qui déparent ailleurs le vers de Vigny.Partout des phrases solides qui disent tout ce qu’il faut.Les unes affectent une simplicité voulue: Nous avons tous alors préparé nos couteaux Et cachant nos fusils, et leurs lueurs trop blanches, Nous allions pas à pas, en écartant les branches.D’autres participent de la dignité antique: La louve reposait comme celle de marbre Qu’adoraient les Romains et dont les flancs velus Couvaient les demi-dieux Romulus et Remus, Toutes, je le répète, s’imposent par leur plénitude.Pareillement, les phrases 'pittoresques.Voici en trois vers un sinistre paysage nocturne: Les nuages couraient sur la lune enflammée.Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.Un vers même suffit ailleurs pour nous faire frissonner: La girouette en deuil criait au firmament, Tout autre impression plus loin, produite par le rapprochement de quatre mots très simples: Et je vois au delà quatre formes légères Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères, A cette grâce, comment ne pas opposer la vigueur, l’horreur tragique de ce combat: Alors il a saisi dans sa gueule brûlante Du chien le plus hardi la gorge pantelante, Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer, Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair, Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles, Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé, Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.On voit, pour conclure, que la sûreté de ce style n’a d’égale que sa variété.La versification prêterait à des remarques analogues.Certes nous ne trouvons ici ni la virtuosité prestigieuse de Victor Hugo ni l’aisance souveraine de Lamartine; mais, sans rien qui sente la gene; une adaptation exacte du vers ou de la période poétique à son objet.Ici, un seul vers suffit pour peindre ce que nous appellerons un paysage sentimental: La girouette en deuil criait au firmament; ou pour produire un vif effet narratif: J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient.Là un vers qu’on pourrait scander ainsi: trois fois deux temps faibles suivis d’un temps fort, évoque bien par la régularité de son rythme le jeu des “formes légères Qui dansafenf sous la lune au milieu des bruyères. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 159 Ailleurs, au contraire, pour peindre la violence confuse d’une mêlée sanglante, la phrase se développe en huit vers (v.v.43-52) un peu lourds, et de coupe parfois irrégulière (v.49).Au contraire, les quatre derniers vers ont la régularité, l’ampleur, la noblesse qu’exige elle-même la dignité du loup mourant: Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche, Et sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grands yeux, meurt sans pousser un cri.Jusque là rien que de classique dans cette heureuse adaptation du vers à son objet.Certains effets même relèvent de la technique la plus traditionnelle.Vigny veut-il traduire l’arrêt brusque d’une marche, il emploie l’enjambement le plus traditionnel: Nous avons écouté, retenant notre haleine, Et le pas suspendu.Veut-il, ailleurs, attirer l’attention sur un personnage redoutable, il place son nom bien en évidence, à une place qui exige un accentuation, puis une suspension de la voix: après quoi, l’apposition placée à la rime rendra l’effet voulu: Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.Rien que de classique cependant dans ce double procédé, la coupe générale du vers restant celle-ci: 6+(24-|-).Seuls deux détails, peut-être, révèlent la date à laquelle écrit Vigny (1843) et l’école à laquelle il appartient: une rime commençant une phrase et une coupe volontairement asymétrique du vers suivant : .bientôt Lui, que jamais ici l’on ne vit en défaut.Mais sans doute, et sans trop chercher, trouverait-on plus d’un exemple analogue chez La Fontaine, chez Molière, sinon chez Racine.Quant à la rime, elle n’est guère ici responsable que d’une ou deux négligences ou imperfections.Peut-être,—et encore?—, le second hémistiche du v.15 a-t-il été placé là surtout pour fournir une rime à couchés: Et les chênes d’en bas, contre les rocs penchés Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.Quant aux v.v.43-44, on peut, sans pédantisme malherbien, y regretter la rencontre trop facile du simple avec le composé: Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris, La retraite coupée, et tous ses chemins pris.Mais ailleurs, toujours suffisante (même 47-48, même 59-60), souvent renforcée par la consonne d’appui, ayant la sonorité qu’exigent les diverses circonstances du récit, mais plus généralement forte, éclatante, un peu rude, la rime n’est faite que de mots expressifs (substantifs, verbes).Les épithètes elles-mêmes n’ont rien de banal; naturelles, et significatives à la fois, elles paraissent un élément nécessaire de la narration, non un artifice de la versification.Exemples: ces marques récentes Annonçaient la démarche et les griffes 'puissantes De deux grands loups-cerviers.ou encore: Alors il a saisi dans sa gueule brûlante Du chien le plus hardi la gorge pantelante.Ces citations, ces références suffisent, croyons-nous, pour achever notre démonstration.Si, nous le verrons la prochaine fois, la pensée de Vigny est romantique, son art de la composition, son style, sa versification sont ici de caractère tout classique.Gaillard de Champris. 160 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Droits réservés) LA POSE.—Observation du Modèle Novembre 1929 Le touriste aura garde d’oublier son camera.C’est l’article obligé, à la mode.S’agit-il de croquer à la hâte un paysage qui vous enchante, de noter en cours de route tel incident typique, vite, le camera; il prend une pose.L’art est de mode pour tous et à portée de chacun; il intervient donc plus ou moins dans le choix d’un objectif, et plus particulièrement dans l’attitude qu’il convient de donner à cet objectif.C’est la pose.S’il y a lieu, pour le maître, de se montrer méthodique dans le choix des modèles-types, qui feront l’objet de sa leçon, ainsi qu’il a été dit le mois dernier, il ne lui importe pas moins de veiller à donner l’attitude qui en facilite l’observation aux élèves.S’il faut distinguer entre modèles plus ou moins difficiles, pour la portée des élèves auxquels il s’adresse, il y aura aussi une gradation à établir dans la pose à donner à chacun des modèles, ou tout au moins, dans l’exécution qu’on est en droit d’attendre de tel cours ou de tel autre.Pour obvier aux premières difficultés qui surgissent nécessairement de la divergence du point de vue, on a conseillé déjà de faire choix de modèles à rondeur, et surtout sphériques.Or, il ne faudrait pas s’éterniser dans ces préliminaires, bons pour les débutants.Autre chose.De I’ovale.—Ce sera le temps en novembre, d’aborder l’étude de l’ovale (le cercle vu obliquement), auquel on ajoutera quelques détails.Selon les divers cours, l’étude de l’ovale portera sur l’ovale a) horizontal, b) vertical, puis c) oblique.Il convient de procéder par séries de modèles, et d’adopter une pose pour chacun des cas présentés.La forme cylindrique prise pour modèle-type n’est pas la forme idéale géométrique, mais le modèle-nature s’y rapprochant à peu près: la bûche de bois, la pomme coupée en deux.La forme irrégulière d’abord, puis se rapprochant du cercle ensuite.Pas de théorie pour les plus jeunes élèves; pas de plans multipliés vus au-dessous puis au-dessus de l’horizon.C’est là un travail de généralisation qu’il convient de réserver pour les grands, comme en 6e année, par exemple.Les fruits proposés en octobre comme modèles-nature, présentaient une surface sphérique plus ou moms régulière, qu’on pourrait assimiler au cercle, une fois traduite sur le papier.Pour l’enfant qui en a fait le tracé, ce cercle ou quasi cercle représente la pomme, la patate, la cerise, le ballon qu’il a vus; son idée reconstitue sans peine la forme sphérique qu’il avait sous les yeux en la traçant: aucune difficulté à rétablir l’épaisseur, la profondeur.De même en sera-t-il pour le tracé d’objets de forme cylindrique, qu’il aura exécuté lui-même en ayant sous les yeux le modèle-nature.Le cylindre dans sa forme régulière aura pour côtés des droites (la génératrice), et pour extrémités des cercles, qui, vus obliquement, seront traduits par des ovales, ou bien par des droites encore, en vue géométrale.La droite, plus facile, sera choisie au cours inférieur.Posez le modèle à hauteur de l’œil pour l’ensemble des élèves: ils voient une ligne droite pour chacun des cercles.Vous abordez l’étude de l’ovale horizontal en deuxième année: donnez donc alors une légère pente à l’objet: et ils réalisent la rondeur du cercle, par l’ovale horizontal.Avec l’étude de l’ovale, aux cours moyen et supérieur, on pourra amener quelques détails sur lesquels on devra plus particulièrement attirer l’observation : l’anse, la poignée, le bec, fixés au bord du cercle: vue de côté, de face, aux trois quarts; puis, ces diverses positions, sur l’ovale horizontal, seront graduellement étudiées sur l’ovale vertical, sur l’ovale obliquant à droite, à gauche, faisant observer l’angle d’obliquité, ainsi que l’ouverture plus ou moins rapprochée des côtés de l’ovale en proportion de sa longueur.Pour chacun des cas présentés, il conviendrait que le maître ait un modèle nouveau différent des précédents, s’il y a abondance; autrement il sera forcément obligé de recourir aux objets déjà dessinés: ce qui ôte l’attrait du nouveau chez les écoliers.Encore une fois, au risque d’avoir à répéter, la pratique précède la thérorie: ce n’est que quand les élèves auront parcouru le cycle des études précédentes, qu’ils seront aptes à saisir L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 161 COURS INFÉRIEUR ECOLE NOV.\ 1 , M HACHE G 1 \ LA S P ' BUCHE i"/ 1MEÈ N.COURS ECOLE.30ITE EN CARTON ANNÉE MOYEIV LCÛLt HOTTE A FRU:T5 Ajoutez des cusbES et complétez COURS SUPÉRIEUR CAFETIÈRE THEIERE •4 4 162 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la théorie de généralisation, qui devra résumer comme en une revue, les diverses poses données aux corps à rondeur vus et étudiés.Ce sera le cas, en 6e année, où l’on est en droit d’exiger davantage de l’observation personnelle, en faisant tracer à chacun l’anse, le bec, etc.selon la position exacte qu’il réalise sur l’objet, à son propre point de vue.C’est dire également que, ce qu’on est en droit d’attendre des élèves pour chacun des cours, devra faire l’objet particulier des remarques et observations du professeur.Ce sera donc sur telle difficulté particulière abordée à chaque cours que portera la leçon.Frère Prosper, É.C.PROGRAMME MENSUEL SUGGÉRÉ POUR NOVEMBRE, AUX DIVERS COURS Les modèles que présente la nature aux diverses saisons de l’année seront de préférence suggérés aux maîtres, comme étant sous la main, plus faciles à saisir.Feuilles mortes, à la tombée des feuilles; arbres dénudés, éléments de paysages très simples; jeux de transition au changement de saison; premières neiges, le givre sur les arbres, sur les toits.Cours Inférieur: Ire et 2e Années I.—Genre perspectif.—Silhouette, la hache à la bûche; boîte à chapeau, boîte à tomates, tambour.Outils: pelle à neige, le pic.IL—Genre décoratif.—Construire des alignements de bâtonnets (cure-dents); Dessin, copier sur papier ces alignements.III.—Genre géométrique.—Courbes: la corde à danser, la boucle attachée.Exercices de lettrage: bandes de papier pliées, donnant la forme de H-M-W.IV.—Dessin de mémoire Le chat vu d’arrière; vu de face; couteau, fourchette, chacun isolément; et dessin libre.— une fenêtre vue de l’extérieur.Cours Moyen: 3e et 4e Années I.—Genre perspectif.—Corps cylindriques: ovale.Tasse avec anse à gauche, anse à droite; seau, chaudière avec anse droite, anse rabattue sur le côté; hotte à deux poi-gnées.Outils: niveau du maçon, avec fil à plomb; niveau du menuisier, avec bulle d’air.II.—Genre décoratif.—A l’aide d’une feuille morte, de chêne, d’érable, à la tombée des feuilles, composer une bordure, disposition symétrique.Filets de séparation sur cahiers de devoirs,utiliser les points^ gros et fins alternés, (pois et fèves); la torsade, coups de plume régulièrement inclinés.III.—Genre géométrique Croquis géométral coté: tracer à vue et par proportion la forme du pot ou technique.— à fleur; puis sur mesures prises et dictées, indiquer la cote sur papier: hauteur, largeur, saillies.Une vue seulement.Étude de l’échelle réduite à demi grandeur, dite de six pouces au pied.Reproduire sur papier les mesures de la règle réduites de moitié, marquant:— a) Pouces et demis, chiffrés de 1 à 15 po.(7)^ po.) b) Pouces, demis et quarts, de 1 à 15 pouces._ Remarque: Ici, le quart de pouce marqué sur papier équivaut au huitième de pouce marqué sur la règle.LETTRAGE: Majuscules droites, simples, filiformes.Lettres à rondeur, demi-cercle : D—P—B—R—U—J.IV.Dessin de mémoire ou libre.—¦ Proposer à tous le sujet à traiter: La chute des feuilles, par un grand vent d’automne.Objets connus dans le salon: Les rideaux de la fenetre soutenus de chaque côté par une patère, ou un cordon. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 163 Cours Supérieur: 5e et 6e Années I.—Genre perspectif.—-Ovale, cercle vu obliquement.Cafetière, théière, fruit entamé, chaudière au piquet, panier et couvercle.Outils: paire de tenailles, pinces.Reproduire en perspective cavalière l’équerre fixe, donnée comme assemblage de menuiserie.II.—Genre décoratif.—Entête et bordure marginale formées de l’ornement chinois (variété de l’ornement grec).Filets ornementés, formés de perles, d’olives, ou des deux alternées.(Voir Larousse, a i mot “Ornement”).III.—Genre géométrique Figures géométriques tracées au tableau noir (5e année).ou technique.— Usage du compas, travail personnel sur papier (6e année).Etude de la perpendiculaire; construction du carré; le cercle, l’hexagone régulier.Croquis géométral coté.Dessiner à vue en observant les proportions, l’élévation de face et de côté de la boîte de craie (la 6e année ajoute le plan).La cote est ensuite ajoutée d’après les mesures prises.Échelles réduites, revision des années précédentes:—a) De moitié, six pouces au pied, tracée sur papier.6) Au quart, de trois pouces au pied, reproduite, c) Au tiers, de quatre pouces au pied, tracée aussi.Application: Reproduire au net, à l’aide de l’échelle réduite à moitié, la boîte de craie dont on vient de tracer le croquis à vue.LETTRAGE.Exercice spécial sur les majuscules droites, en ajoutant pied et épaulette au bas et au haut de chaque jambage.M—-N—^ I—H—L—T—K.Étude des minuscules en 6e année: 1-h-b-k-d-f.IV.—Dessin de mémoire ou fibre.— Le thème est suggéré à toute la classe.Un parapluie fermé, le parapluie ouvert; représentez la descente en parachute.Fable: Le Corbeau et le Renard, en deux tableaux (5e année) en trois tableaux (6e année).Remarque.—Les suggestions présentées ci-dessus, souvent feront appel à des idées personnelles, qui seront considérées comme équivalentes ou meilleures pour tel maître.Mais c’est tant mieux, alors; l’adaptation au milieu de chacun doit toujours être préférée.Frère Prosper, É.C., Inspecteur du dessin, Commission scolaire de Québec.L’HISTOIRE NATURELLE A L’ECOLE PRIMAIRE Les Oiseaux plongeurs (Suitea)) (Pour L’Enseignement Primaire) _ Les espèces que nous étudierons dans la présente leçon sont celles qui, vu la qualité de leur chair, sont le plus recherchées des chasseurs à cette saison de l’année.Ordre Ansères—Palmipedes lamellirostres.Traits distinctifs.Bec large et garni sur ses bords de lamelles ou dents minuscules qui leur servent à filtrer l’eau de leurs aliments.Tarse court terminé par quatre doigts dont les antérieurs sont palmés.Le pouce est placé plus haut que les autres doigts.Les ailes sont de longueur moyenne (1) Voir L’Enseignement Primaire de septembre et d’octobre 1929. 164 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et la queue plutôt courte.Cet ordre ne comprend qu’une famille, les anatidés cotKposés des Harles, Canards, Oies et Cygnes.Ces diverses espèces vivent par bandes et se rencontrent sur les bords de la mer, des fleuves, des lacs, rivières,marais de tous les pays, mais surtout ceux des'zones tempérées.Leur plumage est très épais et enduit d’une substance huileuse sur laquelle l’eau n’a aucune prise.Dérogeant à la règle qui régit la mue chez les oiseaux, et que nous avons fait connaître en parlant des Passereaux, ces espèces jettent à la fois toutes les plumes de leurs ailes de sorte que, tant que les nouvelles ne sont pas apparues, elles sont impuissantes â voler.Leur instinct alors les fait se réfugier dans les parties les plus cachées de leur habitat, afin d’échapper à la vue des passants.La plupart de ces oiseaux nichent à proximité des eaux, soit sur le sol, soit dans le creux des arbres.Les jeunes, dès l’éclosion, sont aptes à courir et à nager mais non à voler.On voit cependant des jeunes harles qui, à peine éclos, sont portés du haut de l’arbre où était leur nid, sur le sol ou dans l’eau.Comment s’est accompli ce voyage aérien?Il y a, à ce sujet, différentes opinions.Des bûcherons assurent qu’ils ont vu la femelle transporter ses petits à l’eau en les tenant dans son bec.Les anséridés se nourrissent de petits poissons, de mollusques, de vers; aquatiques, de' crustacés, d’herbes marines, etc.Aucunement nuisibles, ils ont, au contraire, urne valeur économique très importante.Dans les premiers temps de la colonie ils ont procuré une nouarriture abondante et saine aux habitants qui avaient alors à lutter péniblement pour assurer leur existence; ils étaient alors en tel nombre que chacun pouvait en abattre à volonté.Aujourd’hui encore,, ils augmentent nos ressources alimentaires tout en fournissant à nos chasseurs, le temps dé Ikefasse venu, un sport des plus sains et des plus récréatifs.NOTRE GIBIER A PLUME L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 165 Si certaines espèces mandent des petits poissons, il ne faut pas à cause de cela les classer au rang des oiseaux nuisibles; il est reconnu que le menu fretin qu’elles consomment, vu sa petite taille, n’a pas une valeur économique appréciable et que de plus, il détruit les œufs des poissons utiles.En s’en nourrissant, les oiseaux les tiennent en échec et contribuent au maintien de la balance biologique chez les poissons.Famille Anatidae.Canards, Oies et Cygnes Genre Anas.Canards ordinaires.Anas boschas.Linn.Description.Longueur, 23 à 24 pcs.Bec fort et plus large à son extrémité.Tête grosse, yeux petits; ailes de moyenne longueur, fortes, pointues et portant de grandes taches différentes du fond; ces taches à couleur brillante sont appelées miroirs.Le mâle a la tête verte avec un anneau blanc autour du cou.Ce canard, l’ancêtre de nos espèces domestiques, se rencontre dans toutes les parties du Canada; il se voit même en Alaska et au Groënland où il ne craint pas de passer l’hiver.Il se nourrit de matières végétales, fruits, grains, graines, végétation aquatique, et de matières animales, reptiles, batraciens, insectes, vers, etc.L’examen de plusieurs estomacs a démontré que 83% de sa nourriture se compose de matières végétales et 17% de matières animales.C’est un des canards les plus sauvages, qui choisit pour faire sa ponte les endroits les moins accessibles à l’homme.Aussi, a-t-il diminué à mesure que progressait la colonisation, et là où il y en avait autrefois des myriades, c’est à peine si on en compte aujourd’hui quelques milliers.Il est considéré comme très rare dans notre province, quoiqu’il s’en rencontre de temps en temps quelques petites bandes au temps de la migration.C’est de tous les canards, celui oui est le plus estimé pour sa chair.Il est aussi remarquable par la faciüté avec laquelle on peut l’apprivoiser.le canard noir.Anas rubripes.Linn.Description.Longueur 22 pcs.Couleur générale d’un brun foncé; plumes bordées d’un brun roux.Les ailes de dessous ont un éclat d’argent visible seulement au vol.Teintes plus pâl°s chez la femelle.Se distingue du canard ordinaire par l’absence de raies blanches aux extrémités des miroirs.Ce canard se rencontre dans l’Est de l’Amérique septentrionale où il niche depuis ! bnbrader à la Pennsylvanie et se voit rarement à l’Ouest des grands lacs.Il émigre en hiver le long de la côte de l’Atlantique en Floride et même plus loin.Son nid, fait de branches entrelacées, et tapissé de duvet, est construit dans les herbes à proximité des eaux.Ses œufs, au nombre de six à douze, sont bruns, jaunâtres ou verdâtres.Un grand nombre de canards noirs tombent chaque automne sous le plomb des chasseurs qui le recherchent à cause de sa chair délicieuse.Très défiant et doué d’une ouïe extraordinairement développée, il se laisse difficilement approcher; aussi, faut-il que le nemrod soit bien averti s’il ne veut pas revenir bredouille.Malheureusement, ce dernier a plus d’un truc pour attirer le pauvre oiseau dans des guet-apens: Abris dissimulés, canards apprivoisés, canards de bois, enfin leurres-de toutes sortes réussissent à opérer malgré la rigueur des lois, et sèment la dévastation chez cette belle et précieuse espèce qui serait déjà éteinte si elle n’était si prolifiaue.Le canard noir se nourrit de petits batraciens, de sangsues, de différents insectes, de grains et graines de toutes espèces et même quelquefois de petits mammifères.Il est encore très nombreux dans toute la province en été et surtout à l’automne.On le trouve aussi bien sur les rives et les îles désertes du fleuve que dans l’intérieur des terres, sur les lacs, les étangs et les marais.GENRE QUERQUEDULA Sarcelle à ailes bleues.Querquedula discors.Linn.Description.Longueur 16 pcs.Le mâle a la tête et le cou d’un gris plomb foncé avec un grand croissant blanc en avant des yeux.Dos brun foncé.Les ailes, lorsqu’elles sont fermées, laissent voir les miroirs bleu clair avec bordures blanches.Rémiges et restrices noirâtres lisérées de brun roux.Chez la femelle il y a absence de croissants blancs entre les yeux et le bec.Le dessus de la tête est noirâtre, la gorge blanchâtre, et le ventre, d’un gris blanchâtre, porte des taches foncées.Les ailes sont semblables à celles du mâle.Le bec est d’un noir verdâtre.Cette sarcelle était autrefois un des canards les plus répandus dans notre pays, mais la guerre sans merci qui a été faite en raison de la qualité de sa chair, le dessèchement, pour les besoins de la, colonisation, des marais, son habitat préféré, les obstacles apportés par l’homme à la couvaison expliquent assez la diminution sensible de cette espèce pourtant très prolifique.Elle se rencontre dans l’Amérique septentrionale à l’Est des Montagnes Rocheuses et niche dans le Nord des États-Unis.C’est une des rares espèces qui couvent encore régulièrement dans la région inférieure des 166 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE grands lacs.Elle émigre en hiver dans le Sud des États-Unis, dans les Indes Occidentales, dans l’Amérique centrale et dans l’Amérique du Sud jusqu’au Brézil et au Chili.Cette espèce est encore assez commune dans notre province, surtout à l’automne.Sa petite taille, le croissant blanc sur la face, le bleu crayeux des ailes, la rapidité de son vol nous la font facilement reconnaître.Elle niche sur le sol dans les prairies et les marais.Le nid, fait d’herbes et tapissé de duvet, contient de six à quinze œufs.Cet oiseau se nourrit de toutes sortes de graines, d’herbes et d’insectes aquatiques.COMMENT LES OISEAUX CORRESPONDENT A LA PROTECTION QU’ON LEUR ACCORDE jk-' SS*-* < Une partie de ITsle Bonaventure dans le Golfe St-Laurent.Les Fous de Bassan appelés aussi Margots (Cannets), SulaBassana.Linn., y couvent en toute sécurité depuis qu’on a fait de cette île un sanctuaire d’oiseaux.SOUS-FAMILLE-ANSÉRINÆ.OIES Genre-Branta.Bernache du Canada.Branla canadensis, Linn.Description.Grande taille, tête et cou noirs avec une large tache blanche qui s’étend de la gorge aux côtés de la tête.Ailes et dos bruns.Ventre d’un gris brun blanchissant postérieurement.Ce gros oiseau, appelé vulgairement Outarde, est bien connu.Sa grande taille, son cri strident qui résonne en trompette, le triangle qu’il décrit lorsqu’il vole en groupe nous le font vite distinguer des autres espèces.Au mois de mars, lorsque pour la première fois nous entendons le “honk honk sonore de la Bernache, nous ne pouvons réprimer un tressaillement de joie, car c’est la fin du long hiver et le retour du printemps qui nous sont annoncés.Cette bernache est très circonspecte, et avise est le chasseur qui réussit à la surprendre.Passant généralement la journée en plein air, elle profite de la nuit pour prendre sa nourriture dans les marécages ou les champs cultivés, ce qui se fait toujours sous la surveillance d’une ou de plusieurs sentinelles lesquelles, leur long cou tendu et l’œil au guet, épient ce qui se passe dans les alentours.L’approche d’un ennemi est-elle signalée que l’alarme est aussitôt donnée et toute la bande, rapide comme le vent, s’enfuit à tire d ailes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 167 Un instinct admirable fait connaître à ces oiseaux la provenance d’un bruit.Une branche rompue par le vent peut tomber avec fracas à leur côté, ils ne s’en occupent nullement; mais voilà que là-bas, le chasseur à l’affût a rompu sous son poids une branche sèche, aussitôt tous sont sur leurs gardes, la tête tournée du côté où est venu ce léger bruit.L’Outarde niche depuis le Nord des États-Unis jusqu’à l’Alaska et le Labrador; elle se voit en hiver dans le Sud des États-Unis jusqu’au Mexique.Elle est très commune dans notre province au printemps et surtout à l’automne.Arrivée en mars ou avril, elle passe quelque temps sur nos grèves et se rend ensuite plus au Nord pour nicher.Elle nous revient en septembre et, pendant plusieurs semaines, absorbera force nourriture afin de se pourvoir des réserves de graisse dont elle aura besoin pour son long voyage de migration vers le Sud.A la fin de l’automne, nous la voyons Êartir volant par bandes dont chacune est sous la direction d’un vieux jars qui se place à l’avant.orsqu’il sera fatigué, il cédera sa place à un autre et viendra prendre rang à la file.La forme triangulaire que prennent les outardes pour voler en groupe est sans doute celle qui leur fait le moins ressentir la résistance de l’air et leur assure à chacune une vision plus libre en avant.Cette bernache se nourrit principalement d’herbes marines et terrestres.Elle consomme des tiges de roseau, des graines, des baies et avale beaucoup de sable, ce qui facilite sa digestion.Elle niche sur le sol et quelquefois sur les arbres où elle utilise alors de grands nids abandonnés.Ses œufs, au nombre de cinq à neuf, sont d’un brun jaunâtre-pâle ou verdâtre.Malgré les lois établies pour la protection de notre gibier migrateur, le braconnage se pratique encore et n’est certes pas étranger à la diminution des espèces.L’outarde, de même que le canard est malheureusement victime des engins prohibés encore en usage, et bien qu’elle occupe de vastes territoires où elle peut nicher en toute sécurité, elle finira par disparaître des régions habitées à moins que des méthodes plus intelligentes de conservation et des sanctions encore plus sévères contre les transgresseurs ne soient adoptées.E.Litalien, I.E.(à suivre) REPARTITION TEMPORAIRE Pour l’enseignement du dessin en rapport avec le “COURS PRATIQUE DE DESSIN D’OBSERVATION” par les Sœurs de Sainte-Croix (Novembre et décembre 1929) Ire, 2e et 3e années Leçon II—(page 11) Appliquer l’exercice d’observation A, jusqu’à “Remarquons ceci’’, au bas de la page 12, ainsi que B et E.Faire exécuter le devoir de la page 15 à peu près en entier.(Voir N.B.ci-après.) Au surplus—Croquis rapides de quelques attitudes du corps humain en action, observées et annotées sur le vif, au moyen d’un pantin.(Voir manuel, page 266 à 275).Scènes d’illustration—Minette et la souris—Le bonhomme de neige—La glissade—Le Père Noël.N.B.(a) Pour le devoir de la page 15, omettre les modèles de provenance végétale que l’on ne peut se procurer en la présente saison.(b) A cause de l’usage des ciseaux qu’elles nécessitent, les applications du paragraphe 2° de ce devoir devront ctre^ plutôt imposées comme devoirs à la maison.L’emploi de simple papier d’emballage gris ou brûnâtre, mais propre, sera suggéré aux élèves.(c) Pour le paragraphe 3° du meme devoir de la page 15, chaque élève devra être muni d’un pinceau à 1 aquarelle N° 3 ou 5.Les “Reeve’s Water Color Brushes” à 10 sous, sont les plus recom- 168 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mandables a tous les points de vue.Afin de bien conserver ce pinceau, on doit le laver soigneusement avec de l’eau et du savon, après chaque séance.L’encre noire pourrait être versée dans de petits réceptacles tels que, couvercles de flocons, petites assiettes, godets, etc., dont un pour deux éleves.Nous avons recommandé, en la livraison de septembre dernier, les cristaux d’encre de Babb, (Babb’s Ink Crystals).En voici l’adresse: Edward E.Babb & Co., 212, Summer Street, BOSTON, Mass.4e, 5e et 6e années Leçon II—{page 11) Appliquer tous les exercices d’observation.Faire exécuter le devoir de la page 15 en le modifiant comme suit: 1 _ Une carte a jouer la face postérieure de deux enveloppes différentes—un sucrier—un tisonnier—une hache.(Voir N.B.ci-dessus.) 2° Une pomme et une poire—une orange et un citron—un oignon et une carotte.3° Suivre le texte.Au surplus Croquis rapides de quelques attitudes du corps humain au repos et en action, observées et annotées sur le vif, au moyen d’un pantin.(Voir page 266 à 275.) Scènes d’illustration (après observations préalables sur nature).La chute des feuilles.La glissade.—Quelques enfants construisant un bonhomme de neige.— Le Père Noël.7e, 8e et 9e années Leçon II—{page 11) Appliquer tous les exercices d’observation.Faire exécuter le devoir de la page 15 (1) en le modifiant comme suit: 1 I ne carte a jouer la face postérieure de deux enveloppes différentes—un sucrier—une égoïne.Au surplus—(a) Un tombereau, un camion ou une automobile vus de côté, {b) Se placer à quelques pas d’une fenêtre et esquisser rapidement les principales lignes des parties d’édifices ou de paysage accidentellement encadrées par cette fenêtre ou par l’une de ses vitres.Paragraphe 2° (page 15)—Interpréter comme suit: ; Placer juste à la hauteur de sa vue et l’un à côté de l’autre et aussi, quelque peu en avant, c est-a-dire, de maniéré a former un groupe agréablement ramassé, les.(voir suite du texte)— Une orange et un citron—une théière sphérique et un petit bol blanc—un petit plat à flan (custard) et deux œufs de nuances différentes.Au surplus Croquis rapides d’attitudes du corps humain au repos et en action, observées et annotées sur le vif, au moyen d’un pantin.(Voir page 266 à 275).Paragraphe 3° (page 15)—Interpréter comme suit: Dessiner à la silhouette.chacun des objets ou groupements d’objets suivants, observés a la hauteur de la vue: Une cruche et un gobelet—Une petite grappe de raisin, une pomme et une carafe.Arbres: un peuplier—un sapin—un jeune érable défeuillé.(Voir page 246, Démonstration I.)—Un jeune caoutchouc en pot, ou un jeune laurier, ou une jeune amaranthe.Commencer par faire chercher et indiquer à la mine, le mouvement de la tige mère.ainsi que la hauteur et la largeur de toute la masse enveloppante de la plante.Puis, faire prendre connaissance du mouvement des feuilles principales.de la position, par rapport à la tige mère, des extrémités de ces dernières.de la forme plus ou moins raccourcie et contournée de chacune d elles.de la manière dont s’attache leur pédoncule à cette tige principale.—Après cette bonne étude de mise en place, faire couvrir d’encre noire chaque feuille qui se trouve visible par sop côté extérieur.en faire laisser la veine médiane du ton du papier.Au contraire, faire laisser en blanc les feuilles vues par le revers.en indiquer la veine maîtresse par un trait noir continu et gradué.(Voir pages 202 et 243 à 245.) (1) Voir N.B.ci-devant.Scènes d illustration (exclusivement d’après nature)—Le feu de feuilles—Une tombée de en ville ou sur un village haut situé (à la silhouette)—Quelques enfants construisant un bonhomme de neige Un vieux puits ou un vieux four à pain à la campagne, au moment où l’on en fait usage. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 169 LEÇONS D’ANGLAIS (D’après “La classe en Anglais” des Frères de l’Instruction chrétienne) (Pour L’Enseignement Primaire) THE GOOD PUPIL \V:.* There is school to-day; it is Monday.See this bov write.Do you know him ?His name is Charles.He has a copy-book.The copy-book is on the desk.He holds his pen in his right hand.See ! he writes with care, with great care, He does not look off.This is a good pupil.The other bov does not write.This is not well.His name is Tom.He and Charles are cousins.Tom too has a sister.Her name is Mary.Conversation on the text At what lesson are we arrived ?—We are arrived at the eighth lesson.What is the title of the eighth lesson ?—The title of the eighth lesson is: The Good Pupil.Of what lesson is “The Good Pupil” the title ?—“The Good Pupil” is the title of the eighth lesson.What is a pupil ?—A pupil is a boy or a girl that goes to school.Who is a pupil in this room ?—I am a pupil in this room, or we all are pupils in this room.What is a good pupil ?—A good pupil is one who studies well.Are all pupils good ?—No, all pupils are not good.Are all pupils bad ?—No, all pupils are not bad.How are the pupils ?—Some are good and some are bad.Read the first two lines.There is school to-day: it is Monday.See this boy write.5 170 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Is there school to-day ?—Yes, there is school to-day.What day is it ?—It is Monday.Is there school on Monday ?—Yes, there is school on Monday.Was there school yesterday ?—No, there was no school yesterday.What day was it ?—Yesterday was Sunday.Do you go to school on Sunday ?—No, we do not go to school on Sunday.Where do you go on Sunday ?—On Sunday we go to church.Will you go to school to-morrow ?—Yes, we shall go to school to-morrow.What day of the week do you go to school ?—We go to school on Monday, Tuesday, Wednesday, Thursday and Friday.What day will it be to-morrow ?—To-morrow will be Tuesday.Look at the picture.—What is one boy doing ?—One boy is writing.What does the other boy ?—The other boy looks at him.Read the next two lines.Do you know him?His name is Charles.He has a copy-book.What question is asked about the boy who writes ?—The question “Do you know him” is asked about the boy who writes.To you think you know the boy who writes ?Yes, we know the boy who writes.Who is that boy ?—That boy is Charles.Where did you read last about Charles ?—We last read about Charles in the last lesson.What was Charles doing them ?—Charles was then picking nuts with Jane.What is Charles doing to-day ?—To-day Charles is writing.Where is Charles writing ?—Charles is writing in the school-room.Where was Charles picking nuts ?—Charles was picking nuts in the woods.On what does Charles write ?—Charles writes on a copy-book.Who has a copy-book ?—Charles has a copy-book.Who writes on a copy-book ?—Charles writes on a copy-book.On what do you write in school ?—In school we write on our copy-books.How many copy-books do you see in the picture ?—In the picture I only see one copy-book.And how many boys do you see ?—I see only one boy.Read the fifth and the sixth lines.The copy-book is on the desk.He holds a pen in his right hand.Where is the copy-book ?—The copy-book is on the desk.What is on the desk ?—The copy-book is on the desk.What does Charles do with his copy-book ?—Charles writes on his copy-book.With what does Charles write ?—Charles writes with a pen.Where is that pen ?—That pen is in Charles’ hand.In what hand is the pen ?—The pen is in his right hand.In what hand does Charles hold his pen ?—Charles holds his pen in his right hand.What does Charles hold in his right hand ?—Charles holds a pen in his right hand.What does Charles hold with his left hand?—Charles holds his copy-book with his left hand.What does-Charles do with his pen ?—Charles writes with his pen.What do you write with ?—We write with pens.In what hand do you hold your pens ?—We hold our pens in our right hands.Read the next two lines.See ! he writes with care, with great care.He does not look off.This is a good pupil.What is Charles doing ?—Charles is writing.How does he write?—He writes with care.Who writes with care ?—Charles writes with care.With what care does Charles write ?—Charles writes with great care.Is Charles careless ?—No, Charles is not careless.Is Charles careful?—Yes, Charles is careful.Does Charles look off ?—No, Charles does not look off.Off what does not Charles look ?—Charles does not look off his copy-book.Why does he not look off ?—He does not look off because he is careful, because he wants to write well.Replace off by some other word.—He does not look aivay.What kind of pupil is Charles ?—Charles is a good pupil.Who is a good pupil ?—Charles is a good pupil.Mention something which shows that Charles is a good pupil.—Charles writes with great care and he does not look off.How would a bad pupil act ?—A bad pupil would not write with care, and he would look off. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 171 Read two more lines.The other hoy does not write.This is not well.His name is Tom.Who writes ?—Charles writes.Does the other boy write ?—No, the other boy does not write.Who does not write ?The other boy does not write.Is he a good pupil ?—No, I do not think he is a good pupil.Why is he not a good pupil ?—He is not a good pupil, because he does not write.Is this well ?—No, this is not well.Why is it not well ?—It is not well, because the boy does not write.What is that boy’s name ?—That boy’s name is Tom.Who is Tom ?—Tom is the boy who does not write.What is he doing ?—He is looking at Charles.Read the end of the lesson.He and Charles are cousins.Tom too has a sister.Her name is Mary.Are Charles and Tom related ?—Yes, Charles and Tom are related.Are they brothers ?—No, they are not brothers; they are cousins.Has Charles a sister ?—Yes Charles has a sister.Has Tom also a sister ?—Yes, Tom also has a sister.What is the name of Charles’ sister?—The name of Charles’ sister is Jane.What is the name of Tom’s sister ?—Tom’s sister is called Mary.Who are cousins ?—Charles and Tom are cousins.What about Mary and Jane ?—Mary and Jane are also cousins.What about Tom and Jane ?—Tom and Jane are cousins.Who else are cousins ?—Charles and Jane are cousins.Are you good pupils ?—Some are good, some are bad.What do you wish to be ?—We wish to be good pupils like Charles.Fr.A.L.OPINION PEDAGOGIQUE La lecture au cours moyen Pour tirer tout le parti possible de l’enseignement de la lecture à l’école primaire, il est bon de se rappeler que cet enseignement s’adresse à la fois: 1° aux sens des élèves (vue, ouïe); 2° à leur mémoire (enrichissement du vocabulaire et des idées); 3° à leur jugement (discussion des idées, étude de leur enchaînement).Si, en faisant lire un texte, on passe sous silence les mots nouveaux qu’il contient, les idées neuves qu’il suggère, la composition qui l’ordonne, on ne procurera à l’élève qu’une petite récréation, parfois très agréable, mais rien de plus.Son oreille, ses yeux suivront peut-être, mais son imagination vagabondera, et quoique vous ayez pu obtenir une attitude correcte, un débit convenable, une diction fidèle, vous aurez néanmoins manqué votre leçon et perdu votre temps comme celui de vos écoliers.Pour obtenir de vrais résultats en français, il est nécessaire que les leçons de lecture des cours élémentaire et moyen ne soient pas la répétition (plus aisée, mais aussi mécanique) des leçons de lecture du cours préparatoire.Sans prétendre innover un procédé d’une grande valeur pédagogique, voici comment 'ai conçu, au cours moyen (Ire année), l’organisation de mes leçons de lecture: Une heure par semaine est consacrée à la lecture purement expressive: les explications de texte y sont réduites au strict minimum.Deux heures par semaine sont réservées au développement de la mémoire et du jugement par la lecture.Pour que tous les élèves y trouvent leur profit, chacun a un cahier à côté de son livre; plusieurs colonnes sont mélangées sur une feuille de ce cahier: 1° explications littérales et grammaticales; 2° idée générale; 3° plan.Les mots nouveaux sont lus, puis écrits, avec quelques dérivés et composés, s’il y a lieu; l’idée générale du texte est dégagée; le plan lui-même est écrit; le texte, ainsi étudié, bien compris, est relu plusieurs fois, de sorte que le maître n’ait plus à poser que quelques rares questions de contrôle; l’enseignement de la lecture expliquée, au cours supérieur, est ainsi amorcé, au grand profit de l’enseignement du français au cours moyen.Régnier, instituteur.(L’École, de Paris.) 172 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS SCOLAIRES COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE SEPTEMBRE 1929 Séance du 25 septembre 1929.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Son Éminence le Cardinal Raymond-Marie Rouleau, Mgr Georges Gauthier, archevêque coadjuteur de Montréal, Sa Grandeur Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa; Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Valley-field, Mgr l’évêque de Gaspé, Mgr l’évêque d’Haileybury, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Sherbrooke, Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-Saint-Laurent; Mgr Alfred-Odilon Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières, Mgr Philippe Desranleau, P.A., représentant Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, M.l’abbé John Kimpton, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Mathias Tellier, M.Jules-Edouard Prévost, l’honorable juge Paul-G.Martineau, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier, M.J.-P.Labarre, M.Édouard Montpetit, M.Antonio Perrault; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.l’abbé J.-J.Dubé, M.Napoléon Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.Lionel Bergeron, secrétaire-adjoint.Lecture de lettres de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, de Mgr l’évêque de Pembroke déléguant respectivement Mgr Alfred-Odilon Comtois, Mgr Philippe Desranleau et M.l’abbé John Kimpton pour les représenter à cette session.Le secrétaire ht aussi une lettre de l’honorable Ernest Lapointe exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à cette réunion.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le Comité prend connaissance des rapports suivants et les approuve: RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 2//.septembre 1929.Présents:—Mgr Forbes, président; Mgr Brunault, Mgr Langlois, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, M.Antonio Perrault, M.Napoléon Brisebois et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: 1.“L’Économie domestique à l’École primaire complémentaire—7e et 8e Années”, parles Sœurs de la.Congrégation de Notre-Dame.—Recommandé.2.“L’Économie domestique à l’École primaire supérieure—9e et 10e Années”, parles mêmes.— Recommandé.3.“Sciences and Arts of Home Life, Beginners Course”, par les mêmes.—Recommandé.4.“Mes Premières Leçons de Comptabilité—Cours primaire—4e, 5e et 6e Années”, par les Frères du Sacré-Cœur.—Recommandé, sauf en ce qui concerne la 4e année qui doit être considérée comme partie réservée au Maître.5.“Manuel du Bon Parler”, par M.l’abbé Étienne Blanchard.—Recommandé comme livre du Maître.6.“Parlons Français—New graded method for the teaching of French to English-Speaking pupils—Second Book—5th and 6th grades”, par Chs-A.Shaffer et E.Lépine.—Recommandé (Signé) f Guillaume Forbes, Arch., d’Ottawa, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.Après les expücations données par Mgr Forbes et M.Brisebois, membres du sous-comité des livres, sur la manière de procéder dans l’approbation des manuels de classe, l’honorable juge Paul-G. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 173 Martineau retire l’avis de motion suivant qu’il avait fait inscrire au procès-verbal de la session du mois de mai dernier: “Que le sous-comité chargé de l’examen des livres classx-“ques dont l’usage sera autorisé dans les écoles soit prié d’in-“diquer dans ses rapports: “1° Le nombre de manuels sur la même matière déjà “approuvés; “2° Si les livres qu’il recommande dans ses rapports “sont, à quelque titre que ce soit, une amélioration sur les “livres déjà en usage”.RAPPORT DU BUREAU DES EXAMINATEURS POUR LES ASPIRANTS A LA POSITION D’iNSPECTEUR d’écoles Le Bureau des examinateurs catholiques pour les candidats à la charge d’inspecteur d’écoles a l’honneur de faire rapport au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique qu’il s’est réunqà l’École normale Laval, Québec, les 20, 21, 22 et 23 août 1929._ ^ T -n» u' Étaient présents à cette session:—M.l’abbé L.-A.Desrosiers, président, M.l’abbé J .-J.Dube, M.C.-J.Magnan, M.C.-J.Miller, M.J.-M.Manning et M.J.-N.Miller, secrétaire.A l’ouverture de la séance du 20 août, après lecture et adoption du procès-verbal de la dernière session et après adoption d’une résolution félicitant M.C.-J.Miller de sa récente nomination à la charge d’inspecteur général des écoles primaires de la province, le Bureau prend communication des demandes d’admission aux examens soumises par les douze aspirants dont les noms suivent: MM.Thom.-Chase Boily, Amédée Brassard, Léopold Carrière, J.-Amédée Duval, Gérard Filteau, Adrien Froment, J.-Cléophas Gagnon, Rosario Gamache, Gustave Huneault, Henri-E.Lavoie, Napoléon Piotte et Ludovic Potvin.Les documents transmis par ces aspirants sont trouvés conformes aux prescriptions des règlements scolaires et ils sont, en conséquence, tous admis à subir les examens.Les membres du Bureau adoptent les questions et problèmes d’examen qui suivent: SUJET DE COMPOSITION PÉDAGOGIQUE ET LITTÉRAIRE Vous êtes inspecteur d’écoles et M.le Surintendant vous demande de traiter le sujet suivant devant le personnel enseignant de votre district, lors de la conférence pédagogique que vous devez donner, chaque année, au cours de la première visite, aux écoles de votre district: “Il faut surtout inculquer aux élèves des écoles rurales des convictions solides sur l’importance et la noblesse de l’agriculture, et leur faire aimer cette profession”.1.Dire l’importance de ce conseil des Règlements du Comité catholique; 2.Démontrer comment, en s’en inspirant, on peut faire servir la plupart des matières du programme des écoles primaires à la ruralisation de l’enseignement dans les écoles de la campagne : 3.Donner des exemples pratiques de cette ruralisation.PÉDAGOGIE 1.Pour bien travailler, les élèves doivent être à l’aise au point de vue physique, moral et intellectuel, c’est-à-dire placés dans des conditions favorables.Indiquez: a) les conditions matérielles; b) les conditions intellectuelles; c) les conditions morales.2.Parlez des principaux moyens d’émulation en classe.3.Dites ce qu’il faut éviter en interrogeant les élèves.4.Que faut-il exiger des élèves dans leurs réponses ?5.Sur quoi doit porter la préparation immédiate de chaque leçon ?HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE 1.Quelles furent les idées de Montaigne sur l’éducation?2.Quelles critiques peut-on adresser à sa pédagogie ?3.Parlez brièvement des trois courants religieux qui caractérisèrent la pédagogie du XVIle siècle.4.Par qui fut représentée la pédagogie catholique de ce siècle?5.Dites en quelle année eut heu: a) La fondation des Écoles normales; b) l’organisation du Bureau central des Examinateurs catholiques dans la Province de Québec.HISTOIRE GÉNÉRALE 1.Quelles furent les principales nations européennes formées à la suite de l’invasion des Barbares ?A quoi la France doit-elle sa prépondérance ? 174 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Quels furent les caractères principaux des trois grandes révoltes contre l’Empire au XVIIe siècle, en Europe ?3.Quel rôle jouèrent dans notre histoire Richelieu, Colbert, Champlain, Papineau et Laurier ?4.Comment s’est faite la colonisation française au Canada au XVIIe siècle ?5.Court historique du premier transcontinental canadien et de son influence sur le développement du Canada.HISTOIRE NATURELLE 1.A quoi servent les instruments suivants: baromètre, aréomètre, pile électrique, siphon et machine pneumatique ?2.Transformez 60°F.en centigrades.3.Quelles sont les principales applications de l’électricité à l’industrie moderne ?4.Ballons et avions: Sur quels principes de physique reposent-ils?5.Quels sont les principaux animaux à fourrure du Canada et comment les protéger contre une destruction inutile ?LOI ET RÈGLEMENTS SCOLAIRES 1.Sous quelle forme peut se donner le cautionnement que le secrétaire-trésorier est tenu de fournir aux commissaires ou aux syndics d’écoles?2.a) A quoi s’obligent les cautions ?b) Comment les cautions peuvent-elles se libérer ?3.Quand une municipalité scolaire rurale peut-elle contracter un emprunt temporaire ?Dites pour quelle période et pour quels montants.4.Quels sont les jours de congé pour les écoles catholiques ?5.Enumérez les devoirs des inspecteurs d’écoles concernant l’acceptation des maisons d’école construites ou réparées.THÈMES ANGLAIS Cours de Lecture Lagacé.—25e édition.—Page 95.Depuis: “Puisque Dieu est mon esprit”,.jusqu’à “celles de Dieu”.—(16 lignes).VERSION ANGLAISE Modern History, page 183.From: “Towards the close of the day”,.to “yoke of barbarism and infidelity”.:—(16 lignes).GÉOGRAPHIE 1.Quels sont les principaux chemins de fer du Canada, avec leur terminus et leur parcours ?2.Quels sont les principaux produits du Canada, par province ?3.a) L’Inde anglaise est-elle très habitée ?Donnez le chiffre approximatif de sa population.b) Quelles sont les productions principales de l’Inde anglaise ?4.a) Par quels passages sort-on de la Méditerranée?b) Où conduisent ces passages?5.Citez un fleuve remarquable du Brésil et motivez votre réponse.6.Quelles sont les productions agricoles principales des États-Unis ?ARITHMÉTIQUE 1.Divisez: a) 0.37848 par 0.456; b) 3.7848 par 0.0456; c) 3784.8 par 0.00456.2.14 semaines, 6 jours, 23 heures et 45 minutes sont combien pour cent d’une année de 365)i jours?3.A et B se mettent en société pour un an.A place $6,000.00 et au bout de 5 mois il retire une certaine somme.B place $4,000.00 et au bout de 7 mois il augmente son capital de $6,000.00.A la fin de l’année, le gain de A est de $5,800.00 et celui de B, de $7,800.00.Combien A avait-il retiré ?4.Une terre coûta 3% fois autant qu’une maison.En vendant la terre à 7y % de gain et la maison à 10% de perte, le propriétaire reçut $3,993.30.On demande le coût de chaque immeuble.5.La somme de $1,200.00 doit être partagée entre A, B et C.Une partie de cette somme doit être divisée également entre les trois.Du reste, la part de B est de 10% de plus que celle de A et la part de C est de 10% de plus que celle de B.En tout, la part de B est de SyW % de plus que celle de A et de 7§'§- de moins que celle de C.Trouvez la somme qui a été divisée également.1.Trouvez les facteurs de: a) p1 2+p (m - n) - mn; b) 24x2+70xy - 75x2.ALGÈBRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 175 2.Quel est le nombre qui, divisé par 11, donne pour reste 4 et qui, divisé par 13, donne pour reste 1, si le quotient dans la première division est de 3 de plus que le quotient dans la seconde ?3.Les officiers d’un certain régiment forment -£t du tout.Après un engagement dans lequel 6 officiers et 42 soldats furent tués, les officiers formèrent xs du tout.Combien y avait-il d’officiers tout d’abord ?4.I) A travaillant seul peut faire un ouvrage en a jours; B peut le faire en b jours et C en c jours.Combien de jours mettront-ils à faire l’ouvrage, travaillant ensemble?II) Si A travaille seul pendant m jours puis se faisant aider de B et C termine l’ouvrage en x jours plus tard, trouvez la valeur de x en termes de a, b, c et m.5.Un emprunt de $2,000.00 doit être remboursé au moyen de 20 versements annuels égaux.Si le taux de l’intérêt composé est de 4%, chaque versement sera égal à quelle somme ?MESURAGE 1.Trouvez la surface d’un quadrilatère ABCD dont les côtés AB, BC, CD, DA et la diagonale AC ont respectivement 25, 60, 52, 39 et 65 pieds.2.La différence entre la surface d’un carré et d’un triangle équilatéral construits sur la même base est de 6L2 acres.Trouvez la longueur de la base commune en verges.3.Une échelle de 50 pieds de longueur est placée verticalement contre un mur; de combien de pieds faut-il tirer le bas de l’échelle pour que le haut descende de 10 pieds?4.Un terrain carré de 3 acres, 1 vergée, 4 perches et 25 verges de surface doit être entouré d’un mur au coût de $1.89 la verge linéaire.Quel sera le coût total ?5.Un vaisseau cylindrique dont la hauteur est égale à trois fois la circonférence de la base et dont le rayon de la base est de 2^ pouces est rempli d’eau.Si on laisse tomber dans ce cylindre une sphère dont le rayon est égal à celui du cylindre, quel sera le volume de l’eau déplacée?AGRICULTURE 1.Quelle influence a le soleil sur la végétation?2.Que devient une plante mise dans une cave obscure ?3.a) Parlez des soins à donner au poulailler; b) quelles sont les maladies de la poule ?4.Qu’est-ce que le drainage ?Son utilité.5.Qu’est-ce que la greffe des arbres?En connaissez-vous différents genres?PHILOSOPHIE 1.Qu’est-ce qu’un sophisme?Différentes espèces de sophismes.2.Nature du raisonnement; lois du syllogisme.3.Quelles sont les principales qualités de l’âme ?4.La raison peut-elle connaître l’existence de Dieu et sur quelles preuves s’appuie-t-elle ?5.Quels sont les devoirs de l’homme envers Dieu et envers lui-même (âme et corps) ?DESSIN 1.Tracez le plan horizontal du rez-de-chaussée d’une maison d’école de campagne pouvant accommoder trente élèves.Ce rez-de-chaussée comprendrait un vestiaire, une salle de classe, une chambre et une cuisine.Échelle K de pouce au pied.2.Dessinez le chapeau et le paletot exposés devant vous.LECTURE EXPLIQUÉE ET LITTÉRATURE 1.Lecture à haute voix: “Le coche et la mouche’’ (livre VU, fable 9—Lafontaine).Tenir compte de la prononciation et de l’expression.2.Précisez le sens des mots et des expressions: a) “Coche”, “était rendu”, “en ce commun besoin” et “qu’elle a tout le soin”; b) Pourquoi supprime-t-on l’article dans le 4e vers?c) Dans quel ordre sont disposés les verbes dans le 5e vers ?d) Par quelle qualité du style se distinguent les cinq premiers vers ?3.Tracez le plan de cette fable (introduction, nœud, dénouement, moralité).4.Nommez quelques littérateurs français du XIXe siècle qui se sont distingués: a) dans le genre oratoire; b) dans le genre épistolaire.5.Énumérez les principaux ouvrages de Louis Fréchette.Les 21, 22 et 23 août 1929, les douze candidats admis subissent les examens sur les matières qui précèdent.Après correction des épreuves, les membres du Bureau constatent que M.Gérard 176 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Filteau et M.Gustave Huneault méritent de recevoir le diplôme français et anglais, avec la note “distinction”; M.Cléophas Gagnon mérite aussi le diplôme français et anglais, avec la note “bien”; M.Léopold Carrière, M.Henri Lavoie et M.Napoléon Piotte, le diplôme pour le français seulement, avec la note “bien”.Les six autres aspirants ont échoué sur quelques matières.M.l’abbé Desrosiers, président du Bureau, remet aux candidats heureux les diplômes qu’ils ont obtenus, avec ses félicitations et celles de ses collègues.Et la session est ajournée.(Signé) L.-A.Desrosiers, Ptre, Président.RAPPORT DU BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES AU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Le Bureau central des examinateurs catholiques a l’honneur de vous faire son rapport, comme il y est tenu par les prescriptions de l’article 113 des règlements scolaires.Dans le cours de l’année académique 1928-29, le Bureau a tenu deux sessions, la première le 20 mars 1929, et la seconde, les 31 juillet, 1er, 2 et 3 août.Comme d’habitude, la première session annuelle a eu pour objet l’organisation des examens de l’année alors courante, l’adoption des questions, des dictées et des problèmes à être soumis aux candidats, le choix des examinateurs-délégués, au nombre de 140, chargés de la surveillance des aspirants et aspirantes dans les différents centres de la Province de Quebec où ont heu les examens, etc.A leur seconde session annuelle, les membres du Bureau ont révisé la correction des épreuves d’examen qui avait été faite avec beaucoup de soin, dans le courant du mois de juillet, et ils ont décerné les diplômes et les certificats aux aspirants et aux aspirantes qui avaient conservé, sur les diverses matières du programme, le nombre de points requis par les règlements.Les examens ont duré quatre jours, du 25 au 28 juin inclusivement, etilsont eu lieu dans les trente-huit localités mentionnées à l’article 80 amendé des Règlements du Comité catholique.3522 aspirants et aspirantes aux diplômes ont été admis aux examens, après s’être conformés fidèlement aux exigences des règlements.C’est 299 de moins que l’année précédente.Les 3522 aspirants et aspirantes, 413 hommes, dont 337 religieux appartenant à diverses communautés enseignantes, et 3109 femmes, dont 93 religieuses de plusieurs communautés, se répartissent comme suit: 2197 (182 hommes et 2015 femmes) pour le diplôme d’école primaire élémentaire; 1325 (231 hommes et 1094 femmes) pour le diplôme d’école primaire complémentaire ou supérieur, dont 8 étaient porteurs de diplômes de bacheliers obtenus d’une université catholique de la province.2941 (271 hommes et 2670 femmes) ont passé leurs examens avec succès, savoir: 1781 ( 96 hommes et 1685 femmes) pour le brevet élémentaire; 1160 (175 hommes et 985 femmes) pour le brevet supérieur.581 (141 hommes et 440 femmes) n’ont pas réussi dans leurs examens, savoir: 416 ( 86 hommes et 330 femmes) pour le diplôme élémentaire; 165 ( 55 hommes et 110 femmes) pour le diplôme supérieur.Ce qui donne les résultats suivants : 1° Pour le brevet élémentaire, 81 pour cent ont réussi et 19 pour cent ont échoué; 2° Pour le brevet supérieur, 87.5 pour cent ont réussi et 12.5 pour cent ont échoué.Résultat général: 83.5 pour cent de tous les candidats ont obtenu des diplômes et 18.5 pour cent ont été refusés.De plus, le Bureau a admis aux examens du brevet élémentaire, en vertu d’un règlement du Comité catholique adopté à la session de septembre 1919 et amendé en 1927, 405 aspirants et aspirantes dont 11 religieux qui n’avaient que seize ans.Ces candidats ne peuvent aspirer à recevoir le diplôme élémentaire à la suite de leur examen; mais, s’il réussissent sur toutes les matières, ils peuvent se présenter dans le cours des trois années suivantes pour le brevet supérieur et jouir des exemptions accordées aux aspirants et aspirantes déjà munis du brevet élémentaire.Sur les 405 admis à l’examen du certificat élémentaire, 375 (9 hommes et 366 femmes) ont réussi, soit 92.6 pour cent, et 30 (3 hommes et 27 femmes) ont échoué, soit 7.4 pour cent.L’examen de ces jeunes aspirants et aspirantes a donc été très bon.Le Bureau des examinateurs a été heureux de constater de nouveau que le personnel enseignant s’efforce de plus en plus de suivre les instructions pédagogiques contenues dans les Règlements du Comité catholique et de se conformer aux prescriptions du nouveau programme d’études.Les réponses données par les aspirants et aspirantes démontrent un progrès constant et très encourageant, particulièrement cette année, au Brevet élémentaire, en histoire sainte, histoire du Canada, littérature, comptabilité, hygiène, et au Brevet supérieur, en lecture latine, composition française, histoire du Canada, comptabilité domestique, chimie et physique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 177 Voici l’opinion des membres du Bureau sur l’ensemble des épreuves qu’ils ont corrigées: MATIÈRES ÉLÉMENTAIRE SUPÉRIEUR Instruction religieuse.Très bien Lecture française.Bien Lecture anglaise.Bien Lecture latine.Bien Grammaire française.Bien Dictée française.Assez bien Écriture.Passable Littérature.Bien Composition française.Assez bien Histoire sainte.Très bien Histoire du Canada.Bien Histoire de la civilisation chrétienne.Bien Géographie et instruction civique.Assez bien Arithmétique.Bien Mesurage.Bien Algèbre.• • Comptabilité domestique.Très bien Pédagogie.Bien Bienséances.Bien Hygiène.Très bien Dessin.Bien Dessin technique.Philosophie.Enseignement ménager.Bien Agriculture.Bien Zoologie et chimie agricole.Physique.Droit commercial.Bien Technologie.Très bien Très bien Bien Très bien Très bien Très bien Bien Très bien Très bien Très bien Très bien Bien Assez bien Très bien Bien Faible Très bien Très bien Bien Très bien Bien Bien Assez bien Bien Bien Bien Bien Assez bien Bien Bien langue anglaise (pour les aspirants et aspirantes de langue anglaise) .Très bien Très bien .Très bien Très bien .Bien Passable .Très bien Très bien langue maternelle est le français) .Passable Bien .Bien Bien .Passable Bien Le Bureau signale particulièrement à l’attention du personnel enseignant et aux aspirants et aspirantes les matières dont la note moyenne n’atteint que “bien” et “assez bien”.Le Bureau revient sur l’avis aux aspirants et aspirantes de langue française de ne se présenter pour le diplôme anglais que s’ils sont sérieusement préparés: plusieurs risquent l’examen d’anglais et font preuve d’une préparation insuffisante.Il y a eu cependant progrès sur ce point aux examens de juin dernier.Pour se conformer à une recommandation du Comité catholique, le Bureau a exigé, cette année, du directeur ou de la directrice de l’école où les aspirants et les aspirantes ont étudié, un certificat attestant l’année du cours qu’ils ont terminé et qu’ils ont, de plus, étudié les matières spéciales du programme des Écoles normales pour l’obtention du diplôme {élémentaire ou supérieur).Voici le résultat de cette enquête: Il est d’abord certifié que tous les aspirants et aspirantes ont étudié les matières spéciales du programme pour les Écoles normales 6 178 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pour le certificat: 147 “ “ “ 7e “ 10 ont complété la 6e année 7 “ “ “
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