L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1924, Septembre
46ÈME VOLUME Québec, Septembre 1924 No 1 LEnseknement Primabs EDUCATION—INSTRUCTION QUARANTE-SIXIÈME ANNÉE U Enseignement Primaire commence aujourd’hui sa 46ème année de publication, et au 1er janvier prochain, il entrera dans sa 46ème année d’existence.Depuis sa fondation, 1er janvier 1880, notre revue a paru régulièrement chaque mois: nous croyons que c’est un des rares mensuels du Canada français qui se publie sans interruption depuis près d’un demi siècle.PEDAGOGIE Le programme d'études des écoles primaires élémentaires Avec septembre 1924, le nouveau programme d’études entre dans sa deuxième année d’essai.La première année de cet essai a été, en somme, bien satisfaisante.Certes il y a eu, au début, des hésitations et des tâtonnements, puis plusieurs institutrices n’ont pas parfaitement saisi l’esprit du nouveau programme, particulièrement au cours préparatoire et au cours inférieur de l’école primaire élémentaire.Une étude plus attentive des instructions pédagogiques qui accompagnent le programme (instructions et programme que renferment les Règlements du Comité catholique), permettra aux retardataires et aux débutantes de se mettre au pas de leurs collègues, et c’est la majorité, qui se sont efforcés avec zèle et loyauté de suivre les ordonnances officielles avec le concours efficace des inspecteurs d’écoles.Ces derniers, au cours de la conférence d’automne, parleront encore de la mise en opération du programme, de l’organisation disciplinaire de l’école et du rôle du tableau noir.Ces trois sujets se tiennent et visent à un même but: faciliter la mise en opération du nouveau programme.Nous conseillons aussi au personnel enseignant de consulter L’Enseignement Primaire de 1922-23 et 1923-24, ainsi que la Répartition mensuelle du nouveau programme d’études, que le Gouvernement a fait distribuer dans chaque école à la demande du Comité catholique.Mais nous le répétons aux anciennes comme aux nouvelles institutrices, il faut lire (et relire) attentivement les Règlements du Comité catholique, particulièrement les sections de l’Appendice A, de la page 55 à la page 154, inclusivement, pour tout ce qui regarde l’école primaire élémentaire, et les sections de l’Apendice B, de la page 157 à la page 182, inclusivement, pour tout ce qui concerne l’école primaire complémentaire.Aujourd’hui nous ne parlerons que de l’école primaire élémentaire. 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Une étude attentive des pages ci-dessus indiquées démontrera que le nouveau programme n’est pas d’exécution aussi difficile qu’on pouvait se l’imaginer.Si le cours préparatoire et le cours inférieur réclament un enseignement plutôt oral, ces cours, vu la méthode et les procédés conseillés, offrent de l’intérêt aux tout jeunes, leur font aimer la classe et les préparent admirablement à une bonne deuxième année, qui reprend la 1ère année en l’amplifiant, et devient ainsi la base du cours moyen, par la lecture de textes suivis, l’initiation grammaticale poussée plus avant et la mise en action des quatre opérations de l’arithmétique sous forme de problèmes pratiques et raisonnés sur les notions d’arithmétique déjà acquises.Puis c’est le coursumu/en, (3ème et 4ème années) où le manuel prend place à côté, ou plutôt à la suite de l’enseignement oral toujours nécessaire.Le cours moyen est le centre, l’âme pour ainsi dire du programme de l’école primaire élémentaire.Il importe de suivre ce cours en son entier afin d’assurer une bonne cinquième et une bonne sixième année, couronnement du cours complet de l’école primaire élémentaire, l’école de la masse des enfants de la Province de Québec.A noter que l’enseignement de l’Agriculture, pages 147 à 150 des R.C.C., est obligatoire dans les écoles rurales.L’enseignement de l’hygiène et des bienséances est obligatoire dans toutes les écoles, à la ville comme à la campagne.Enfin, bien se rappeler que le programme de l’école primaire élémentaire classe les matières en essentielles et en accessoires.Cette distinction ne signifie pas que les matières accessoires doivent être mise de cô té.Elle attire seulement l’attention sur l’importance fondamentale des quatre matières essentielles: Instruction et formation religieuse et morale; Langue maternelle; Mathématiques (élémentaires) et Histoire du Canada.Il est inutile d’insister sur la nécessité d’enseigner avec soin le catéchisme, la lecture, l’écriture, l’orthographe, la rédaction, l’arithmétique et l’histoire nationale.Ces matières constituent Vindispensable auquel doit s’ajouter les matières accessoires, très utiles dans la vie: Géographie, Dessin, Agriculture, Langue anglaise, Hygiène et Bienséances.Bien que facultatif à l’école primaire élémentaire, l’Enseignement ménager devrait être donné dans toutes les écoles de filles, suivant les moyens et l’espace dont disposent les institutrices.Cet enseignement permet de "donner à l’éducation des filles un caractère tout à la fois utilitaire et moral.A la tâche donc, sans craintes ni hésitations: ayons confiance: le travail et la bonne volonté savent vaincre tous les obstacles.C.-J.Magnan.LA PEDAGOGIE DE SAINT THOMAS D’AQUIN Conférence donnée à l’École normale de Valleyfield par M.le chanoine L.-U.Mousseau, Principal, le 29 février 1924 Monseigneur, (1; Mesdames, Messieurs, A cant d offrir à notre saint maître Thomas les hommages de notre École, peimettez-moi d’offrir au maître en saint Thomas, l’expression de notre filiale reconnaissance.Bonum est diffusivum sui” le bien tend à se communiquer.JNous le comprenons mieux ce soir en vous voyant au milieu de nous, (1) S.G.Monseigneur R.M.Rouleau, O.P.évêque de Valleyfield. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 Monseigneur, et en songeant au réconfort qu’apporte à notre École la présence aimée d’un des plus augustes représentants de la tradition thomiste.Le Patron des Écoles catholiques reçoit depuis quelques mois des hommages universels à l’occasion du Vie centenaire de sa canonisation.Les universités et les séminaires pour lesquels il a tant fait, sont au premier plan dans ce concert de louanges et d’actions de grâces offert au génie et à la sainteté.Tous les génies ne sont pas des saints, ni tous les saints, des génies.Saint Thomas fut à la fois un saint et un génie.Il a éclairé son siècle, il l’a sanctifié; et les siècles suivants ont joui, eux aussi, des bienfaits de cette double puissance.C’est pour la rappeler, que S.S.Pie NI avait prescrit à tous les séminaires, collèges ecclésiastiques et universités, d’organiser des fêtes en l’honneur de l’Ange de l’École.L’Académie romaine de saint Thomas, prit l’initiative de ces fêtes dans la ville papale; et du 17 au 25 novembre dernier, organisa une '‘semaine thomiste” à laquelle furent conviés d’éminents théologiens et des philosophes de renom.— Pour répondre au désir du Saint Père qui demande que ce glorieux centenaire soit aussi célébré dans les écoles catholiques ayant saint Thomas pour patron, l’École normale de Valleyfield a tenu à s’associer discrètement mais de grand cœur à ces fêtes, heureuse en même temps de réaliser un vœu cher au cœur de son Premier Pasteur.Voilà pourquoi dans le programme de ce soir elle donne au saint patron la part “principale”; s’excusant de ne pas donner davantage en rappelant le principe thomiste que “Plus vel minus non mutât speciem”—“Plus ou moins ne change pas l’espèce”.Les modestes limites de l’enseignement philosophique donné dans l’atmosphère sereine de l’Ecole normale, ne comportant pas les disputes philosophiques réservées aux universités ou aux séminaires; d’autre part, les questions théologiques n’étant pas de son domaine; par ailleurs une fête purement religieuse devant grouper ses membres dans une sorte de communion thomiste le 7 mars prochain; j’ai cru être l’interprète des sentiments de cette École pédagogique, satisfaire son pieux désir sans sortir du cadre “normal”, en parlant à nos élèves-institutrices de: La Pédagogie de saint Thomas”.— * * * Le saint Docteur n’a pas écrit “de Somme pédagogique”, comme il a écrit une “Somme théologique”, et une “Somme contre les Gentils”.Cependant il a laissé des principes, des enseignements qui peuvent servir à sa construction.Son génie a éclairé la voie suivie par la pédagogie chrétienne ; et les vrais éducateurs, même à l’école primaire, peuvent ie considérer comme l’un de leurs maîtres parce qu’ils se servent de sa doctrine et de sa méthode, et s’inspirent de son esprit.“Plus un astre est haut et lumineux, a écrit le Père Sertillanges, plus il éclaire loin.A la limite, il éclaire partout; et à vrai dire, les tout-à-fait grands sont ainsi toujours actuels, parce que ayant atteint à l’essentiel, et l’essentiel étant, par définition, invariable, on peut toujours les consulter: ils sont les maîtres de l’heure éternelle.” Et, selon la belle image d’un moraliste russe (Tolstoï) “les lumières qui nous guident-—et saint Thomas en est une—ne doivent pas être la lanterne attachée à un poteau et qui n’éclaire autour d’elle, quelle que soit sa puissance, qu’un espace toujours trop restreint pour le marcheur; elle doit être le flambeau qu’on tient à la main, et qui, à mesure qu’on avance, projette sa lumière sur de nouveaux espaces”. 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Puisque le but de l’éducateur est d’élever les âmes, les génies et les aints par le seul rayonnement silencieux de leur intelligence et de leurs vertus, sont, dans un sens des éducateurs de l’humanité qu’ils élèvent, et qui devient dès lors leur débitrice.Mais l’éducateur accomplit surtout son npuvre dans le développement des facultés, en établissant entre elles une sorte de hiérarchie.—Il doit s’évertuer à former chez l’enfant de bonnes habitudes de penser, et de vouloir, habitudes de devoir et de piété.Or, dans cette immense tâche qui exige tant de dévouement de patience et de discernement l’on ne saurait procéder au hasard.Il est des lois pédagogiques dont l’on ne saurait impunément s’écarter.—'Tl existe une science de l’enseignement basée sur des principes généraux qui en forment comme Varmature.Il existe à coup sûr des vérités pédagogiques fondamentales.et ces vérités-principes, où faut il aller les chercher, si non dans une science supérieure qui établisse avec autorité la vraie nature de l’homme, la grandeur de ses destinées, le caractère propre et les rapports mutuels des puissances de son âme, l’attitude fonctionnelle de ses facultés, l’ardente mais répressible énergie ae ses passions.—E.cette philosophie de ITducation aux doctrines sûres et plemes de lumière, où la trouve-t-on, si ce n’est dans les écoles catholiques, dans les écrits des grands docteurs de l’Eglise, dans ces monuments de savoir profond d’observaTon pénétrante, de psychologie lumineuse.(Mgr L.-A.Paquet—‘‘L'Eglise et l'Éducation” p.289 et ss.) La pédagogie de Saint-Thomas ne forme pas un ouvrage distinct.Elle n’est pas “en manuel”— Il ne faut pas s attendre non plus a y trouver une méthodologie spéciale ^ ¦ &• pu giammaiie, en histoire ou en géographie.Non.Ce qu’on y trouve, c est un ensemble de considerations profondes, de directives lumineuses sur les.questions fondamentales de l’éducation, une sorte de code pédagogique qui revèle une analyse géniale de l’âme de l’enfant, et de ses facultés.Vl .y aurait! à matière à un ouvrage fort intéressant qui n’est pas encore en librairie.La Pédagogie de Saint-Thomas” est un titre bien suggestif: c’est \ln ^econc • Cependant le cadre de ce modeste essai ne me permet que de 1 etneurer.Dans son magistral ouvrage sur: “L’Eglise et l’éducation”, Mgr Paquet a tire de la Somme et des Opuscules du Saint Docteur, quelques passages que je m emprunte, ou la doctrine pédagogique de St-Thomas se manifeste plus explicitement soit sur 1 enseignement, soit sur les facultés intelligence et mémoire, soit sur les procédés plus efficaces et la discipline scolaire, soit enfin sur la morale scolaire avec ses droits et ses devoirs.Thomas^’Aqiiffi11116 ^ l enseigIiement une description plus juste que l’immortel Verii^oTnTf*^” intitulée: “Do Magistro" (Qq.disp”.“De Me Q.NI) 1 Angélique Docteur décrit 1 influence du maître sur l’esorit et les progrès intellectuels de l’élève.-Pour lui, le maître en présence de cekd qu’iî enseigne, n est pas une source qui se déverse dans un récipient inerte- c’est sTmuie' TsTne allumer le flambeau de râme- »» motCT»- en ébranle et en n 'Av’ M l;r\na'l'r «w ™ alimente l’ardeur naturelle, qui en pro- ïéhie en i’êcoilTZ^ Üp® ray°nMment spontané.Le maître parle, mais des données sur lesquelles ron’toteTOwn^ !n riéuse^raTformation.”11 ei'eUSet’ C1U’e’le ^ s’a^Æ'un^ tant queï’esDrit del^éfèvp116111 u* T6 ^ m.ais cette aide n’est efficace qu’au-tant que I espnt de 1 eleve, sous l’influence excitatrice de la parole enseignante, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 accomplit un effort personnel pour saisir ce qu’on lui propose, et se hausser en quelque sorte jusqu’à la pensée du maître”.— Occasionnellement, il donne des conseils pédagogiques d’une haute valeur.Ainsi, à l’étudiant qui lui demandait le meilleur moyen d’acquérir la science, il résume sa réponse en ces mots qui sont tout un programme: “Tâchez de bien comprendre ce que vous faites et ce que vous entendez; assurez vous de ce qui est douteux, et remplissez votre esprit de tout ce qui peut Venrichir”—Far ces brèves paroles,saint Thomas indique nettement les deux fonctions principales de la faculté de connaître: Apprendre et comprendre-—Faire provision de faits, d’idées, d’observations diverses, mais surtout coordonner, mettre en valeur tous ces matériaux.Voilà pourquoi tous les pédagogues les p’us célèbres que le catholicisme a produits n’ont qu’une voix pour recommander la culture intensive de la faculté de comprendre.” La culture de la mémoire, cette indispensable collaboratrice de l’intelligence.n’est pas oubliée par le prince des théologiens qui nous livre ses secrets et signale quatre principaux moyens de la développer : “En premier lieu, c’est d’associer quelques images sensibles aux idées qu’il s’agit de retenir, car les choses purement spirituelles s’échappent plus vite de l’esprit.Le second consiste à disposer dans leur ordre logique les matières qu’on étudie, de façon qu’un objet, puisse en évoquer un autre.Le troisième, c’est d’apporter au travail de mémorisation toutes les ardeurs de son âme.Le quatrième, c’est d e repasser fréquemment et intelligemment en son esprit ce qu’on désire se bien rappeler.—” L’on voit quelle finesse d’observation et quel sens minutieux des réalités psychologiques s’alliaient chez le saint Docteur.“Puis, la“Méthode intuitive” si en vogue de nos jours, et qui repose sur l’action des yeux et Vexpérimentation des sens,n’est pas une trouvaille moderne.La théorie scholastique de l’origine des idées, fait précisément de V intervention des sens, et des images que ceux-ci empruntent au monde sensible pour les déposer sur le seuil de l’âme raisonnable, l’instrument nécessaire de nos idées.“Nihil in intellectu, quin prius in sensu”: Rien n’entre dans l’intelligence avant de passer par le sens, disait saint Thomas.Sans rfommerla méthode intuitive, il semble en avoir posé les basés lorsqu’il écrit: “C’est un fait d’expérience que pour comprendre une chose, il faut la revêtir d’images sensibles sur lesquelles l’œil de l’âme aille en quelque sorte les saisir.Aussi est-ce dans l’usage d’exemples et de réprésentations sensibles que réside le secret de l’efficacité de l’enseignement.(Som.Théo!., la Pars, Q.LXXXIV, art.7).” ‘‘La discipline scolaire, si importante pour assurer l’efficacité de l’enseignement fournit au saint Docteur l’occasion d’écrire une sorte de code disciplinaire, dans le “Traité de l’éducation des Princes” (que quelques-uns attribuent à Vincent de Beauvais) où il demande que la classe se fasse dans des conditions d’ordre, de respect, de déférence pour l’autoricé, qui en assurent le succès.—La science ne peut être le fruit d’imaginations dissipées, et a’efforts indisciplinés.Or, le nerf de la discipline, c’est l’empire d’un règlement reconnu, accepté et obéi.—L’obéissance, telle est bien la vertu fondamentale des enfants de l’Ecole primaire, et de la jeunesse des collèges.” “Chez plusieurs, sans doute, malgré la faiblesse de la nature déchue, cette vertu peut se soutenir et se développer par l’influence conjointe de la persuasion et de la grâce; mais chez plusieurs aussi, surtout dans le bas âge, elle a besoin pour ne pas succomber (et si elle a fléchi, pour se relever) de l’aiguillon des sanctions pénales, selon le mot des SS.Livres”: La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse”.(Prov.1-7).Là se trouve tout le nerf de la fermeté, et l’énergie de la discipline.” (à suivre) 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LA COMPOSITION FRANÇAISE ET DE LA FORMATION LITTÉRAIRE Conférence donnée aux membres de l’Alliance catholique des professeurs de Montréal, par Monsieur Jules Chrusten, professeur de 8me année, à l’Académie Montcalm, le 30 mai 1924 (1) Monsieur le Président, Messieurs, Dans sa dernière conférence au personnel enseignant des Écoles Catholiques de Montréal, Monsieur l’abbé Maurice, avec sa maîtrise coutumière, nous exposait une doctrine sûre au sujet de la Rédaction et de la Composition française.Avoir su plus tôt que tel serait le thème de la dernière séance de pédagogie, j’aurais choisi un autre sujet d’entretien pour aujourd’hui; trop tard.En abordant encore le sujet de la rédaction, je risque de paraître téméraire ou plagiaire et je m’expose à vous ennuyer gros: vous n’entendrez que de vieilles choses dans une forme plus vieille encore.La patience est une des douze vertus du bon professeur; je compte sur la vôtre et sur votre indulgence.I Dans un article paru dans la “Presse” du samedi 12 avril 1924, Monsieur le docteur Baril, professeur de chimie à l’Université de Montréal, posait la question suivante: “Savez-vous ce qui manque aux élèves à leur entrée à l’Uni-versite, dans les diverses facultés et ecoles qui sont à base de formation scientifique” ?En réponse le docteur professeur constate que les étudiants manquent: espiit cl observation: ils exécutent des expériences sans voir, rien Vf,sei fraPPer- On sent que leur curiosité scientifique n’a pas encore ete eveillee.Pourtant.même les professeurs de français pourraient y contribuer en faisant rédiger des narrations ou des rapports sur des faits réellement observés par l’élève et sur lesquels celui-ci pourrait facilement se documenter.car il n’y a pas deux esprits d’observation, l’un scientifique 1 autre littéraire.2.—Il manque aux élèves universitaires, (je cite encore le docteur Baril), \ajacuité de synthétiser.On voit que ces élèves n’ont pas été habitués à relier les laits entre eux 3.Il manque aux élèves, (et c’est toujours le docteur Baril qui parle), la manière d exposer une question avec méthode.Demandez-leur de vous i en dre compte au tableau ou par écrit, d’expériences faites au laboratoire, demandez-leur de vous exposer l’histoire d’un élément ou d’un composé chi-“lV1he’ • • ¦on dlrait a les écouter ou à les lire, qu’ils n’ont jamais fait une corn- ftaù dVtee SdiqqueeJamaIS ll5 n’°nt S" qUe *a premiêre qualité d’un exPosé veut b’en era0fier noü-e'revnp ÇrataiDe a ^ Chrusten pour l’excellente primeur dont il tingué professeur sur la compositL frange enSeignant SaUra profiter de rétude très au P°iDt du dis- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 4.—Je me garderai bien de parler orthographe; j’aurais des choses trop pénibles à écrire, dit en terminant l’éminent professeur.En résumé, d’après le docteur Baril, les étudiants universitaires manquent: 1.—D’esprit d’observation, 2.—De faculté de synthèse, 3.—De méthode, 4.—D’orthographe.Chaque année, dans sa livraison de septembre ou d’octobre, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, notre excellente revue pédagogique de Québec, donne une appréciation d’ensemble de chacune des matières sur lesquelles les candidats aux divers diplômes, hommes ou femmes, religieux ou laïcs, ont subi leurs épreuves._ Si je prends le titre “COMPOSITION FRANÇAISE, je constate que jamais la mention BIEN ne fut dépassée pour cet important sujet, alors que des EXCELLENT, des TRÈS BIEN, soulignent: arithmétique, algèbre, histoire, etc., etc., Il est vrai que ces appréciations ne concernent que les candidats aux brevets de capacité, décernés par le BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES, et non les élèves des Écoles normales.Ces derniers sont-ils supérieurs en fait de composition française à leurs confrères, dans l’enseignement?J’ignore.Ce que je puis constater et tout le monde avec moi, c’est que les candidats au diplôme d’enseignement, religieux ou laïcs, excellent en certaines branches du programme, dépassent la moyenne pour d’autres, mais n’atteignent que cette moyenne en composition française, pour l’ensemble du moins.Et si maintenant je consulte ceux d’entre vous qui se sont trouvés, une année ou l’autre, dans le comité de correction de la rédaction, pour l’examen final des 6e et 8e années, ils avoueront avoir constaté que nos élèves sont d’une faiblesse notoire en composition française.Certes, nos petits Montréalais ne détiennent pas le monopole de cette faiblesse.“Au lycée, comme à l’école primaire, les résultats sont là dans leur brutale vérité; un fait s’impose à l'attention des parents et des maîtres: nos élèves, en classe et aux examens, sont faibles en français”.Constatations de deux professeurs français, Messieurs Armand Weil et Émile Chérin, dans leur ouvrage: “LE FRANÇAIS DE NOS ENFANTS”.Je pourrais étendre le champ denies investigations et constater en d’autres milieux, semblable infériorité littéraire.“Combien de gens assez haut-cobés, se récusant pour écrire une lettre, un rapport, un provès-verbal, parce qu’ils s’en savent incapables, affirme Antonin Vanier.Combien de gens, comme Caboussat, un des personnages de Labiche, cuvent, mais ne rédigent pas.pas même les discours qu’ils prononcent.des discours étonnants”.La “MÉTHODOLOGIE DE L’ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE” de Achille, de l’École normale de Carlsbourg, nous dit p.284: “L’insuccès des élèves dans leurs essais littéraires est l’un des aveux le plus souvent formulés par les maîtres;mais peut-être cesmaîtres ne se préoccupent-ils pas assez d’en rechercher les causes.A notre avis, il provient non seulement du manque d’initiation progressive des enfants, par les exercices préparatoires, mais encore du manque de méthode dans le travail proprement dit de rédaction et de composition.” A ces deux causes, qui sont réelles, et sur lesquelles nous reviendrons, vous me permettrez bien d’en ajouter quelques autres, sollicitant une fois encore votre indulgence, si telles ou telles de mes assertions vont à l’encontre de vos opinions ou de vos sentiments personnels. 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE I La première cause que je crois voir de cette infériorité de nos élèves est peut-être le fait que nous n’admettons pas, ou que nous oublions pratiquement, l’importance primordiale de la rédaction.Et par rédaction, j’entends tout aussi bien la rédaction orale, le langage parlé que la rédaction: nos élèves parlent et écrivent tout aussi mal.Ne serait-ce pas utile de rappeler l’importance de la rédaction?Mgr Ross écrit, p.224: “Les exercices de rédaction ont une grande influence sur la formation intellectuelle de l’élève: ils l’habituent à observer, à juger, à réfléchir, à raisonner; ils forcent son attention, éveillent son imagination; pour trouver des idées, les coordonner et les exprimer correctement, l’élève est obligé de déployer toute son activité intellectuelle et d’utiliser toutes les connaissances qu’il a acquises dans l’étude du français.On ne sait sa langue que si l’on peut s’en servir pour exprimer convenablement ses idées.La rédaction est encore nécessaire à-cause de l’utilité pratique que l’enfant en retirera après sa sortie de l'école.Tout homme a besoin d’entretenir une correspondance, de pouvoir rédiger un mémoire, raconter un fait, faire un compte rendu.’’ Carré nous dit dans son “TRAITÉ DE PÉDAGOGIE SCOLAIRE”, page 346: “Peu de gens sont capables de parler longtemps et congrûment sur un même sujet: pour parler, en effet, il faut avoir beaucoup à dire: pour parler clairement, il faut avoir des idées claires; sans quoi l’on tomberait dans le rabâchage, le verbiage ou la divagation.Apprendre à s’exprimer, c’est du même coup, apprendre a penser; et c’est ce qui fait que la composition française est un exercice si important et si fécond et une si merveilleuse discipline intellectuelle.” La composition française est donc un efficace moyen de développer l’intelligence dans ses actes divers: perception des idées, réflexion, jugement, raisonnement, esprit d observation,mémoire; elle est une excellente discipline intellectuelle; et qui plus est, elle peut devenir une excellente discipline morale; car elle déve-loppe ce qu il y a de meilleur en l’homme: la sensibilité, le cœur, la volonté.oi le Professeur sait choisir ses sujets, la rédaction devient un puissant moyen de développement des sentiments moraux: affection, tendresse, charité dévouement; par l’esprit d’observation qu’elle suppose et développe, la rédac- reux que lui ; tel sujet sur la mort d’un chat, permettra à l’élève d’exprimer sous une tonne simple et sincère une émotion vraie, comme le regret d’un ami dis-^ e hlstPiy® d’oiseai1 captif rendu à la liberté, lui fera exprimer soit i tous1a 1 exrsfence libre, soit le dégoût du meurtre inutile, soit le res- nnplmfpitV6 C+heZi les autfes- Je ne veux comme preuve de cette théorie que quelques extraits de rédactions, pris au hasard dans des travaux d’enfants de dix a douze ans: np.-r^n grand frère nous dit de sa petite sœur Andrée: “Surtout, elle a un bon feMarme^ bfl^88 0t ?U °n fait ime gronderie a lme Personne qu’elle connaît, les larmeS lui viennent aux yeux, et son petit menton se met à trembler”.Sa coflecEon \ cousm./ierre a ™ très gros défaut: il est menteur.?cnneetmn de timbres est magnifique: quatre mille.Mais, il ne veut iamais les compter devant moi.Il demande à sa mère des sous pour acheter des son'f^rfè1^^^6 po,ur1llu- Surtout il est mauvais camarade: il fait punir son lieie a sa place, et il se vante de cela.” * .0101 l’ne rédaction que vous me permettrez de vous lire en entier narre iTstsiMH^TaXTalr^V’dustr 2 déVel°PPé CheZ S°n Petit’aUta'r i * 1 1 } / 1 \ - 1 w U VA W V VzA V7 j 1J J.CL ICTAlclU- tion rend 1 eleve capable de discerner qualités et défauts, il notera grands mérites et PeTlts travers, il sera conduit à étendre sa sympathie à des êtres moins heureux que lui ; tel sujet sur la mort d’un chat, permettra à l’élève d’exprimer sous une lorme simple et sincère une émotion vraie, comme le regret d’un ami dis-Pa^u: histoire d’oiseau captif rendu à la liberté, lui fera exprimer soit 9 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “De tous mes souverirs, celui qui m’a laissé la plus grande impression de tritesse, c’est quand on a brûlé mon pauvre cheval de bois et une petite charrette tramée par deux petits moutons blancs.“C’était le matin, je venais de me lever.En arrivant pour faire mon premier déjeuner, je vis dans la cuisine mon cheval de bois que j’aimais tant: il était là, sur le plancher, avec ses pauvres pattes cassées depuis longtemps.A côté de lui, je vis ma petite charrette que j’aimais bien aussi, avec ses deux petits moutons tout blancs.Quand j’eus mangé, mon père me dit: “Viens avec moi.” “Alors, me prenant par la main, il m’emmena dans la buanderie.On descendit les malheureux jouets.Puis mon père me dit: “C’est aujourd’hui qu’on va brûler ce cheval; regarde, il a les pattes cassées, et tu ne peux plus monter dessus?Et ceci aussi, me dit-il ,en me montrant du doigt la petite charrette et ses moutons”.Aussitôt, je criai de toutes mes forces: “Non”.Puis, je me mis à pleurer à chaudes larmes.Le cheval était déjà dans les flammes.Et en essuyant mes yeux, je vis que l’on mettait aussi la charrette dans le feu.Le soir, je retournai à la buanderie, cherchant dans les cendres, partout, les débris de ces jouets que j’avais tant aimés.Je les regrette toujours, ces pauvres jouets, et maintenant que j’en parle, je me demande encore pourquoi on les a brûlés”.N’est-il pas touchant ce petit bonhomme, éparpillant les cendres pour retrouver les traces de jouets ahm-s, et comme sa sensib’lité s’aiguise par ce retour sur lui-même, par ce recul vers un passé déjà lointain, encore assez fort pourtant pour réveiller en lui tout un vol de souvenirs chers.La rédaction offre donc à l’enfant l’occasion de manifester, de cultiver ses sentiments, ses souvenirs, ses émotions personnelles.Ne grossissons pas les termes: nous ne aemandons pas à l’enfant une précoce et dangereuse analyse du moi.Mais il paraît tout à fait possible de faire appel à ses sentiment moraux, si simples, si vifs, du beau, du mal, du juste, de l’injuste, du plaisir, de la douleur: le souverir d’une bonne ou d’une mauvaise action, une punition, une peur, pourront fournir des sujets oui nous révéleront l’âme de l’enfant.Ces devoirs où l’élève s’observe, se raconte lui-même, ne sont-ils pas encore la meilleure préparation à l’enseigr ement de la morale, pour lui faire discerner et comprendre la notion du bien et du mal.Ce sera transformer une étude abstraite en une sorue de leçon de choses attrayante parce que vécue et toujours renouvelée.La rédaction développant la volonté?Oui, messieurs, dans une large mesure.“Aucun exercice ne coûte plus aux enfants qu’un devoir de rédaction, parce qu’aucun ne leur demande plus de réflexion et de travail personnel”, affirme Edmond Gabriel,dans son “Manuel de Pédagogie”.Mais si l’élève s’adonne à ce travail personnel, en dépit de la répugnance qu’il lui inspire, quelle trempe pour la volonté, à ce creuset de l’effort accepté, voulu et souvent répété.La rédaction, dira-t-on, ne peut se pratiquer qu’avec des élèves relativement avancés.Elle est impossible avec les tout jeunes enfants, de préparatoire, de première, deuxième ou de troisième années.Erreur.Pourtant, entendons-nous.La rédaction écrite proprement dite, n’est certes pas possible avec des enfants ne sachant pas écrire.Pour eux, les exercices oraux de vocabulaire et de langage sont seuls admissibles.Mais, fait-on partout ces exercices oraux, d’intuition, dont parle notre Programme officiel, page 110, ayant pour but d’apprendre aux enfants à observer ,à réfléchir sur les choses qui les entourent, à trouver les mots qui s’y rapportent et à s’exprimer correctement et nettement?“C’est une erreur grossière, disent Carré et Liquier, dans leur “PÉDAGOGIE PRATIQUE”, de croire qu’on ne devrait exercer les en- 2 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fants à composer et à mettre bout à bout des phrases que lorsque leur instruction est déjà relativement avancée ?Au contraire, rien qu’en les faisant parler, on les habitue à traduire leurs idées clairement et correctement et à les souder entre elles.Mais, la forme orale est fugitive; elle ne laisse pas assez de temps pour la réflexion et la méditation.Voilà pourquoi il faut, en cette matière, mettre aux élèves, le plus tôt possible,une plume à la main, leur laissant le temps de réfléchir, d’imaginer, de se relire et de se corriger au besoin, jusqu’à ce que l’expression de leur pensée leur paraisse complète et définitive.A mesure qu’ils se formeront à cet exercice, les tâtonnements du début diminueront; ils seront capables de produire avec plus de facilité des devoirs plus corrects et de plus longue haleine” Erreur grossière donc d’attendre un certain développement de l’enfant pour l’exercer à composer.Disons plus: erreur criminelle, car on fait à l’enfant une injustice; on le prive de sang-froid, et sans nul remords, d’un des moyens les plus efficaces de faire sa vie : quelle que soit la carrière choisie par l’enfant, il aura besoin partout de parler et d’écrire correctement sa langue.Ce n’est pas la masse de nos élèves qui font leur 7e et 8e .Ils s’éparpillent pendant leurs années du cours moyen et du cours supérieur.Si nous attendons trop longtemps pour les former à l’art difficile de parler et d’écrire, ils nous quitteront avant que d’avoir appris à manier cette arme puissante qu’est la phrase française correctement énoncée.Sur le chemin de la vie, nos enfants devenus hommes, coudoieront des hommes d’autre sang que le leur.En face de ces représentants de races qui se diront supérieures, le premier moyen qu’ils devront employer pour s’affirmer les égaux de leurs voisins, sera leur langue parlée et écrite dans une forme facile, claire, correcte, nette, précise.Former nos élèves à la rédaction, c’est plus et mieux que simple travail de grammairien : c’est œuvre de pur patriotisme.Concluons: la rédaction, Messieurs, sous quelque forme qu’on l’envisage, est une merveilleuse discipline intellectuelle, une merveilleuse discipline morale.Ne l’oublions pas nous-mêmes, faisons-le comprendre à nos élèves, et nous aurons peut-être fait disparaître une première cause de leur infériorité en composition française.(à suivre) Jules Chrusten, Professeur.UN COURS DE PÉDAGOGIE EN TABLEAUX SYNOPTIQUES Nous commençons aujourd’hui la publication d’un excellent travail inédit que nous devons au zèle et à la science de M.J.-E.Faquin, professeur à l’École normale de Saint-Hyacinthe.Ce travail comprend toute une série de tableaux synoptiques, résumant le cours de pédagogie que M.ce professeur donne à l’École normale de Saint-Hyacinthe.Hans son cours, M.Faquin suit principalement Mgr Ross Comme auteur directif, mais U ajoute a ce maître de première valeur nombre de renseignements puisés chez d’autres auteurs.Nous remercions M.Faquin pour sa bienveillante et utile collaboration qu’il nous accorde si gracieusement depuis plusieurs années.Afin de faire connaître à nos lecteurs ce eminent professeur, fils et petit-fils d’instituteurs, nous lui consacrons dans une autre page une courte notice biographique.Voici le tableau-préface du cours: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 TABLEAU- PRÉFACE Pédagogie et éducation Pédagogie : Science et art de l’éducation.a) Science: ensemble de connaissances appuyées de principes certains, connaissances qui s’enchaînent, connaissances acquises par l’étude.b) Art: suppose des aptitudes qu’elle dirige et perfectionne, donne règles pratiques à l’éducation.c) But: s’occupe de formation morale, physique et intellectuelle avec: prin- cipes devant diriger cette formation Moyens devant être employés.d) Importance: La science règle tout Il faut s’y préparer (on ne naît pas éducateur) Pourquoi ?—Pour savoir gouverner son petit monde l’occuper utilement quelle matière enseigner quelle méthode suivre.Union entre éducation et instruction.1) La formation complète de l’enfant embrasse son être entier: a) être vivant avec organes; d’où éducation physique b) être intelligent (voit, connaît, comprend)—éducation intellectuelle c) être responsable (agit librement, veut)—éducation morale d) être religieux (devoirs envers Dieu)—éducation religieuse.2) Instruction: développe facultés intellectuelles donne des connaissanées.On peut être instruit et mauvais garnement meuble l’esprit 3) Education: développe facultés morales et religieuses fait aimer le beau et le bien., On peut être bien élevé sans grande instruction forge les caractères.Sources de l’étude de la pédagogie a) Principes gravés en nous (sens commun) qui nous feront sentir plus que nous rendre compte de ce qui est utile ou nuisible.b) Religion où se trouve moyens de former volonté et caractère déraciner mauvaises habitudes amener à pratiquer le bien accomplir son devoir.c) Psychologie: connaître l’âme, sa nature, ses facultés, ses diverses opéra- tions par l’observation intérieure et extérieure (introspection) et par observation scientifique (pédologie) d) Physiologie : connaître les organes corporels, leurs fonctions, les applica- tions à l’hygiène, la gymnastique et jeux.e) Expérience: renseigne sur résultats de telle ou telle méthode, avantages de tel procédé inconvénients de tel programme./ ) Etudes personnelles: ouvrages pédagogiques sérieux, revues pédagogiques, observation personnelle, conférences, etc., tout est source de culture et de perfectionnement.J.-E.P.Aquin, prof. 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MONSIEUR J.-E.FAQUIN Professeur à FEcoie normale de Saint-Hyacinthe M.le professeur J.-E.Faquin est né à Saint-Cuthbert, comté de Berthier, le 19 mai 1885.Il est de ce qu’on appelle de race d’éducateurs: en effet, son grand-père, Honoré Faquin, enseigna durant 31 ans à Berthier, Louiseville et St-Barthélemi; sonj)ère, Charles-Napoléon Faquin, l’un des premiers porteurs des diplômes conférés par l’Ecole normale Jacques-Cartier, se dévoua pendant 29 ans à la noble carrière de l’éducation, à Saint-Cuthbert, Maskinongé, Louiseville et Ste-Ursule.M.Faquin compte actuellement deux sœurs qui se livrent aussi à l’enseignement chez les révérendes Sœurs de Ste-Anne: l’une, Sœur Marie-Valentine, est préfète d’études musicales, et l’autre, Sœur Marie-Céleste, préfète d’études à l’Académie Saint-Henri, école sous le contrôle de la Commission scolaire de Montréal.Un de ses frères, Zénon, depuis près de 25 ans se livre à l’enseignement scientifique et musical au Collège Commercial des révérendes Frères du Sacré-Cœur, à Sainte-Anne-de-la-Pérade; il occupe également le poste d’organiste dans ladite paroisse et il compte au nombre de nos artistes les mieux réputés.M.le professeur Faquin est une des figures les plus intéressantes de notre monde scolaire dans la Province.Il fit ses premiers débuts dans l’enseignement à l’Académie Commerciale Catholique de Saint-Jean-d’Iberville, alors dirigée par M.J.-M.Manning, actuellement secrétaire-directeur de la Commission des Écoles de Montréal, district Est.Cinq ans apres, grace a un talent musical qu’il avait heureusement développ, il devint professeur à l’Ecole Olier, sous la direction si judicieuse de M.le Principal A.-C.Miller qui lui fut un ami dévoué et qui avait remarqué les qualités qui dénotaient chez lui le véritable éducateur: c’est là que M.Faquin devint l’un des plus fervents promoteurs de la nouvelle méthode de lecture dite Méthode Phonétique, ce qui certes fut à son honneur, car il y trouva de réels succès.Deux ans plus tard, le Conseil de l’Instruction publique, à l’invitation de Mgr Bernard, eve^que de Saint-Hyacinthe, le mit en possession des chaires de Pédagogie et de Sciences à l’Ecole normale de cette ville: depuis onze ans, nous avons été à même de con-naitie 1 espiit de dévouement qu il apporte a ses fonctions, l’amour qu’il porte à la cause éducationnelle, la sûreté de doctrine, pourrions-nous dire, qui fait le fond de tous ses cours, 1 érudition qu il déploit avec beaucoup d’humilité à travers les leçons dônt ont bénéficié et bénéficieront encore, plusieurs générations de normaliennes.U UIM-Pafiuïn re5ut sa formation pédagogique, d’abord sur les genoux de son père que 1 abbe Verrault surnommait le Pestallozzi du district et qui mit feu à plus d’une discussion entre lui et feu M.l’Inspecteur Tétrault; il eut ensuite l’avantage de faire tout le cours classique complet de huit ans, tel que donné par les Messieurs de Saint-Sulpice, et en outre des gi ands exemples que savent donner à leurs élèves les vieux maîtres formés à Issy, M.Faquin a11 KollèSe de Montréal, ses titres de Bachejier-ès-Arts, ès-Sciences et ès-Lettres.En 19Ui-(J8 il obtenait son diplôme académique à l’École normale Jacques-Cartier, ce qui le classa définitivement dans la carrière où il est si bien à sa place.Que pourrions-nous dire encore de la carrière de M.Faquin ?Peu de chose, mais encore assez pour prouver que c’est un éducateur qui comprend que l’influence de l’éducation doit rayonner et ne pas rester sous le boisseau.Aussi est-il bien connu dans le monde des mouvements sociaux: œuvres de charité, œuvres paroissiales.M.Faquin est aussi mem-bie plusieurs associations d instituteurs, collaborateurs à plusieurs journaux et revues.fi pres/dent> à juste titre, de L’Association des Professeurs des Écoles , P Iff de Wles de cftfe Province.On le voit un peu partout instruire le peuple par des conferences qui ont toujours une tournure éducative pÙblŒ tn deS —di- ^ modernes.d’aillnims üs^omTnii d+e le,ffire connaître à ses lecteurs et lectrices; DédaaoJfa m ^P^^r le talent qu’il sait déployer quand il aborde un sujet pedagogique.Nous lui souhaitons une longue carrière et nous espérons le comnter longtemps encore au nombre des collaborateurs de notre revue.^ 1:5 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13 ORTHOGRAPHE DES NOMS PROPRES Sainte-Clotilde ou Sainte-Clothilde On sait que le nom de Clotilde désigne l’épouse de Clovis qui fut honorée comme sainte dès sa mort et dont la fête se célèbre le 3 juin (non le 5, comme disent les dictionnaires de Mgr Guérin et de Larousse.) Il y a, dans la province de Québec, trois églises paroissiales consacrées à cette sainte.Ce sont, d’après l’ordre de fondation, Sainte-Clotilde, dans le comté d’Arthabaska (1870), Sainte-Clotilde-de-Châteauguay (1884), enfin Sainte-Clotilde, à Montréal, démembrée de Saint-Henri en 1909.Ces trois localités fournissent assez de faits divers aux journaux pour que le nom de l’une ou de l’autre se lise presque chaque semaine dans nos quotidiens.Et cependant, malgré la familiarité que devrait produire l’impression si fréquente de ce nom, on le voit encore, depuis des années, écrit tantôt avec la lettre H, tantôt sans cette lettre.En présence de cette variété, il est bien permis de s’étonner que les chefs d’information négligent depuis si longtemps de se renseigner lorsque cela leur est si facile.Sans doute, s’ils consultaient le Canadian Official Railway Guide, ils seraient trompés par une fausse orthographe.Heureusement qu’ils ne l’ont pas fait, comme en témoigne leur variation.Malheureusement le Guide officiel du Service Postal Canadien, aux allures tout anglaises, ne peut non plus les renseigner sur ce nom.Mais on peut consulter, avec raison, le premier Dictionnaire venu, depuis Larousse, Guérin, jusqu’aux plus petites éditions classiques.Tous écrivent Clotilde sans H.Il en est particulièrement ainsi de nos deux suppléments canadiens aux petits dictionnaires de Larousse et de Guérin, Malgré de nombreuses lacunes et erreurs qui en font, depuis longtemps, désirer une édition nouvelle, ils sont exacts sur ce point et écrivent également Sainte-Clotilde.Il est donc acquis qu’il ne faut pas ajouter la lettre H dans ce nom comme font nos frères anglais qui n’observent pas les indications de leurs propres dictionnaires.Faut-il espérer que cet article fera cesser toute divergence?Il est vrai que l’immense majorité de nos lecteurs n’auront pas à écrire ce nom dans les journaux.Et d’autre part, il peut arriver que plusieurs parmi le petit nombre des intéressés n’aient pas l’occasion de lire cet article.Mais ne se trouverait-il pas quelque confrère intelligent et prévenant pour leur communiquer la conclusion de cet article, et, pour l’honneur du journalisme canadien, obtenir la correction de cette erreur?On pourrait objecter que, d’après l’étymologie du nom, on devrait employer l’H.Il est bien vrai que les racines de ce nom d’origine germanique sont Hrod ou Hlod, ou Krod, ou Klod, changé en Clot et Hild qui exigeraient Clothilde en français.Mais ce mot est formé depuis des siècles et s’écrit sans cette lettre H qui est tôt disparue parce qu’elle ne se prononçait pas.Il ne faut pas songer à rétablir cette lettre inutile, surtout à une époque où l’on cherche tant à simplifier l’orthographe comme toutes choses.Il n’y aurait que des étymologistes enragés, si toutefois il s’en trouve sur ce point, qui pourraient y tenir, mais on sait qu’ils ne peuvent faire école.Cette lettre, d’ailleurs, est disparue de la plupart des noms qui sort formés de la même racine.Il est donc acquis qu’il faut écrire Clotilde, en parlant d’un personnage et Sainte-Clotilde en dénommant une église, ou une ville.Chambly, septembre 1924.Abbé Joseph Saint-Denis. 14 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BELLES FETES SCOLAIRES Noces d’argent de Mgr Th.-G.Rouleau—Noces d’argent de l’École normale des filles, Montréal, et Conférences pédagogiques Plusieurs événements scolaires ont marqué la fin de l’année scolaire 1923-34.Dans une autre page, nous mentionnons un congrès de commissaires d’écoles à Roberval, les 25 ans des Académies (Ecoles primaires complémentaires) Saint-Stanislas et Saint-Paul, Montréal, dirigées par les Frères de l’Instruction chrétienne, les noces de diamant du couvent des Trois-Tistoleset les noces d’or de la congrégation des Sœurs du Saint-Rosaire de Rimouski.Mgr Rouleau Nous croyons être le fidèle interprête de tous ceux qui ont pris part aux noces d’or sacerdotales de Mgr Rouleau, noces d’or coïncidant avec le cinquantenaire de l’entrée du vénérale prélat à l’École normale Laval, à titre de régent, en disant que les fêtes du 19 juin 1924 ont été tout simplement magnifiques.Les organisateurs avaient tout prévu: aussi le joli programme qu’ils avaient tracé, s’est-il exécuté avec un bon goût parfait.Le digne président actif de ces fêtes, M.l’abbé A.Caron, vice-principal, a-t-il droit aux félicitations et à la gratitude des anciens élèves de l’École normale Laval.Voici d’abord une courte biographie du héros des fêtes du 19 juin, qui eurent lieu à l’École normale Laval, chemin Sainte-Foy, avec banquet au Château Frontenac, construite en 1892 sur le site même du Vieux-Château où l’École normale Laval fut établie en 1857 et sous le toit duquel cette institution s’abrita pendant un grand nombre d’année.Mgr Thomas-Grégoire Rouleau naquit à Saint-Laurent, Isle-d’Orléans le 29 avril 1851.Il entra au Petit-Séminaire de Québec en 1863, où il fit le cours classique complet, et au Grand-Séminaire en 1870.Il fut ordonné prêtre le 28 février 1874.En 1876, il était nommé assistant-principal de l’École normale Laval: M.l’abbé P.Lagacé était alors principal.Etant ecclésiastique, Mgr Rouleau passa deux ans à l’École normale, à titre de régent: 1872-74.A la mort de M.Lagacé, M.l’abbé Bégin, aujourd’hui cardinal-archevêque de Québec, devint principal, maintenant l’abbé Rouleau au poste d’assistant-principal.En 1888, M.Bégin étant appelé au poste de premier évêque de Chicoutimi, M.Rouleau fut nommé principal, poste qu’il occupe sans interruption, depuis cette date lointaine, avec un zèle et une dignité au-dessus de tout éloge.Mgr Rouleau est aussi directeur des écoles du soir de Québec depuis 1891, membre du Conseil de l’Instruction publique et président du Bureau central des Examinateurs catholiques.A1 occasion nes noces d’or de l’École normale Laval, 1907, M.l’abbé Rouleau était fait Prélat de la Maison du Pape, et cette année, à l’occasion de ses noces d’or sacerdorales, fea Sainteté Pie XI l’élevait au rang de Protonotaire Apostolique.Son Éminence le cardinal L.-N.Bégin, Son Excellence l’honorable M.Pérodeau, lieutenant-gouverneur, Son Honneur M.Joseph Samson, maire de Québec, l’honorable C-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, et l’honorable J.-N.Francœur, président de l’Assemblée législative, ont honoré de leur présence les fêtes du vénéré jubilaire.\oici le programme des noces d’or de Mgr Rouleau, dont nos lecteurs admireront la belle ordonnance: Programme des Noces d’Or de Mgr Th.-G.Rouleau, principal de l’Ecole normale Laval Messe solennelle d actions de grâces célébrée par le jubilaire, le jeudi, à 9 heures, en la chapelle de 1 Ecole normale Laval.Diacre: M.l’abbé F.-X.Côté, prêtre, curé de Saint-Leon-de-Standon; Sous-diacre: M.l’abbé J.-A.Filteau, prêtre, aumônier de l’Hospice Samt-Joseph-de-la-Déhvrance; Son Éminence le Cardinal L.-N.Bégin, archevêque de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 Québec, assiste au trône.Au bas-chœur: Son Excellence l’honorable M.Pérodeau, lieutenant-gouverneur de la Province de Québec.Chœur des élèves, avec le bienveillant concours de MM.Louis Gravel, R.Gravel, J.-E.Gravel, Roch Létourneau, prof., et Antoni Lesage.M.Louis Gravel, directeur, M.Henri Gagnon, prof., organiste.Sermon: Monseigneur J.-Esdras Laberge, P.D., curé de Saint-Jean-Baptiste de Québec.Banquet à 1 heure au Château Frontenac.Santés: Le Pape; Le Roi; Le Jubilaire.Adresses et discours: 1.M.le Commandeur C.-J.Magnan, inspecteur général des écoles de la Province de Québec, au nom des élèves, membres du corps enseignant; 2.M.l’abbé J.-T.Thibaudeau, ptre, curé de Saint-François-Xavier, au nom des élèves, membres du clergé; 3.L’honorable J.-E.Perrault, ministre de la Colonisation ; 4.Discours du Jubilaire.Séance littéraire et musicale Séance littéraire et musicale à 8 heures à l’École normale Laval, sous la présidence de l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique de la Province de Québec.1.Ouverture, “La flûte enchantée”, Mozart, La Société Symphonique de Québec; 2.Collation des diplômes et distribution des médailles aux élèves actuels de l’École normale Laval; 3.Remerciements; 4.Henri VIII, Saint-Saëns, à) “Idylle Ecossaire”, b) “Danse de la Gtypsy”, La Société Symphonique de Québec; 5.Discours: l’honorable J.-N.Fran-cœur, Orateur de l’Assemblée législative, au nom des anciens élèves, membres des diverses professions autres que celle de l’enseignement; 6.Chant, “Air du Chalet”, Adam, M.Louis Gravel, accompagné par l’orchestre; 7.Prélude, Rachmaninoff, La Société Symphonique de Québec; 8.Discours: l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique; 9.Suite Caucasienne, Ippoltow-Ivanow, Cortège du Sardar, La Société Symphonique de Québec; 10.Discours du Jubilaire.O Canada! Dieu protège le roi.Dans la livraison d’octobre, nous publierons les discours prononcés, respectivement au banquet du midi et à la séance littéraire du soir par le Surintendant de l’Instruction publique et l’Inspecteur général.A la messe, Mgr J.-E.Laberge, ancien élève et curé de Saint-Jean-Baptiste de Québec, fit un sermon d’une haute portée religieuse et pédagogique.Au banquet, M.l’abbé J.-T.Thibaudeau, curé de Saint-François-Xavier, Rivière-du-Loup (en bas), parla avec émotion et éloquence au nom des anciens élèves devenus prêtres, grâce à la sage direction du jubilaire.Llhonorable M.J.-N.Francœur, ancien élève, député de Lotbinière et président de l’Assemblée Législative de Quebec, prononça à la séance du soir, un discours fort remarqué.Aux nombreux souhaits que Mgr Rouleau a reçus à l’occasion des inoubliables fêtes dont il a été l’objet, nous ajoutons ceux de L’Enseignement Primaire'.Ad multos annos.ECOLE NORMALE DES FILLES, MONTREAL, NOCES D’ARGENT A l’occasion du 25ième anniversaire de la fondation de l’École normale des filles de Montréal, établie par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, en 1899, un congrès pédagogique, autorisé par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique sur la recommandation de M.le Surintendant, avait réuni les anciennes élèves au nombre de près d’un milier.Placé sous la direction immédiate de M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal, et organisé avec soin par les révérendes Sœurs de l’École normale, le congrès fut des plus intéressants et des plus fructueux.S.G.Mgr l’archevêque-administrateur de Montréal, le vicaire général, Mgr Deschamp, l’honorable Secrétaire de la province, le Surintendant de l’Instruction publique, l’inspecteur-général patronèrent le congrès et y prirent part. 16 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sur les 1,100 élèves-institutrices qui suivirent les cours de l’École normale des Sœurs de la C.de N.-D.de Montréal depuis 1899, 900 se sont livrées à l’enseignement : actuellement 600 de ces normaliennes sont encore dans l’enseignement dans notre province.Dans la livraison d’octobre, nous publierons un compte rendu officiel complet des fêtes du 25ième anniversaire et du congrès ainsi que le très intéressant travail du rapporteur du congrès, M.l’abbé L.-A.Desrosiers.Aujourd’hui, nous tenons à publier intégralement le programme de cette importante manifestation pédagogique: Programme des Conférences pédagogiques et de la réunion des Anciennes élèves à l’École normale des Filles de Montréal, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de Sa fondation, du 25 au 29 juin 1924 Mercredi, 25 juin.—7 heures du soir.—Ouverture solennelle du Congrès.Adresse par monsieur l’abbé A.Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier.Réponse de l'honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique.Discours de l’hono-lable Athanase David, secretaire provincial.Discours de Sa Grandeur Monseigneur Georges Gauthier, administrateur apostolique.Chant des noces d’argent.Salut du très saint Sacrement.Jeudi, 26 juin.8 heures du matin.Causerie intime par une des religieuses.10 heures du matin.Conférence: R.P.L.Bourque, O.P., curé à Notre-Dame-de-Grâce, sujet: L enseignement religieux à l’Ecole primaire; 2 heures du soir.—Conférence: M.I.Beauchemin, assistant-directeur ,C.S., district Est, sujet: La psychologie à l’École primaire; j o9J11eures-N?éunion amicale de toutes les anciennes élèves de l’École normale, de R99 a 1912, 6 heures.Souper de famille; 7 heures: Séance à la salle de réception; 8 heures: Salut du très saint Sacrement.m ^ EXDR^r>I) 28 juinj—8 heures du matin.Causerie intime par une des religieuses; 10 heures du matin.Conference: AI.C.-A.Miller, directeur-secrétaire, C.S., district Rentre, sujet: La langue maternelle, la grammaire; 2 heures du soir.—Conférence: Monsieur le chanoine L Gervais, principal de l’École normale de Joliette, sujet: Étude des textes et lecture expliquée; Section anglaise.~10 heures du matin.—Conférence: M.T.Cuddihv inspecteur d ecoles, sujet: La langue maternelle; 2 heures du soir.—Conférence: M.t! nu A y* insPec eur d ecoles, sujet: l’étude des textes d’après le nouveau programme.rufioio9 î^eS-7Æéuni°n amicale de toutes les anciennes élèves de l’École normale’ de 1912 a 191/.(Meme programme que la veille.) > ir»1 n" 8 h(?ures du matin—Service funèbre pour les maîtresses et les P q G i eiru+dU ^-Conférence: Monsieur J.-M.Manning, directeur ( V ^C C-A, district Est, sujet: 1 Arithmétique à l’Ecole primaire; 2 heures du soir.— ^p|eli?^^‘77n,sl^r,GeriI1p1-2 Beauheu’ professeur à l’Ecole normale Jacques-Cartier, toutes Naiture aj Pnmaire; De 4 heures à 9 heures.—Réunion amicale de les1 jours précédents.^ 6V6S de 1 Ecole normale’ de 1917 à 1924- (Même programme que dansPa^hanGR rDl JUIN:~8 h®ures ,3+° minutes.—Granfmesse pontificale avec sermon M^’abbé^PeperHpr^ To R011 “"S °U t0+UteS lea ancieRnes élèves sont invitées, sermon par la Vrande salle Hp heurea 30 ^^-Clôture du Congrès et du Conventum dans insDectemSPéra 1 rEf ^ maiSOn m?Te’ Dlscours de monsieur C.-J.Magnan conerès^MonsDur^rf cathohclues’ suJeV ]e Rôle social de l’Institutrice; Rapport du de Monseigneur PArebe ê esi°sl^s) principal; Adresse des Anciennes Élèves; Allocuation de Monseigneur 1 Archevêque de Tarona, administrateur apostolique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 17 A L’HONNEUR DE LA PÉDAGOGIE CANADIENNE Deux nouveaux ouvrages Notre littérature pédagogique vient de s’enrichir de deux magnifiques volumes, qui ont respectivement pour auteur deux prêtres distingués, M.M.les abbés Victorin Germain et J.-O.Maurice.Le premier est aumônier du couvent des Ursulines de Mérici et chef du Secrétariat des œuvres de l’Action Sociale catholique, à Québec, et le second est titulaire de la chaire de pédagogie à l’Université de Montréal.L’ouvrage de M.l’abbé Germain est intitulé: A propos d’autorité, et celui de M.l’abbé Maurice: Causeries pédagogiques aux Instituteurs de la Commission des Écoles catholiques de Montréal.Nous recommandons chaleureusement ces deux ouvrages au personnel enseignant de la Province de Québec ainsi qu’aux instituteurs et aux institutrices de langue française des autres provinces canadiennes et des États-Unis.Venant après l’excellent traité de pédagogie de Mgr F.-X.Ross, les ouvrages de MM.les abbés Germain et Maurice prouvent que la pédagogie canadienne-française est en progrès, qu’elle a d’autant plus de vitalité qu’elle puise aux sources de la philosophie et de la tradition catholique, et qu’elle s’inspire des meilleurs maîtres de la France chrétienne.Afin de faire connaître les deux ouvrages ci-dessus mentionnés, nous citons La Semaine Religieuse, Québec, du 17 juillet dernier, et Le Devoir du 12 du même mois: “A PROPOS D’AUTORITÉ” M.l’abbé Victorin Germain.A propos d’autorité.Réflexions et fantaisies.Québec (lmp.de l’Action Sociale Limitée).Beau volume grand in-8, orné d’une gravure hors texte, 278 pages.Prix: $1.25.Chez l’auteur à Québec.M.l’abbé Germain, notre distingué collaborateur, vient de mettre en un beau et élégant volume la série d’articles qu’il a d’abord publiés dans notre revue sous le titre général: A propos d’autorité.Écrits d’après un plan bien suivi, ces articles se rattachent l’un à l’autre et l’ensemble forme un des plus beaux traités d’éducation encore parus en notre pays.Un mal qui menace de ruiner nos familles canadiennes-françaises c’est bien le manque d’autorité au foyer familial.Même chez les parents les plus pieux et les plus attachés à leurs devoirs, on a perdu la manière forte de nos aïeux d’élever les enfants.M.l’abbé Germain, dans cet ouvrage, essaie de montrer aux parents et aux éducateurs la meilleure méthode d’exercer l’autorité.L’auteur n’a pas la prétention de donner un traité complet d’éducation.Il a observé chez les parents et chez les éducateurs certains défauts qui rendent leur autorité inefficace et il indique la manière de les corriger.La lecture de ces pages fera du bien à tous ceux qui sont appelés à commander.Nous signalons aux éducateurs et éducatrices certains chapitres qui leur seront particulièrement utiles, comme ceux intitulés: Le numéro quatre-vingt-un; Pour les âmes closes; Ordre matériel, désordre moral, etc.Quelques chapitres sont aussi consacrés à la modestie chez la femme.En épilogue, l’auteur nous donne, avec beaucoup d’à-propos, les deux lettres parues, il y a quelques années, en brochure et intitulées : Lettre d’un vieux grincheux, et réponse de Madame au vieux grincheux.Enfin, un appendice de quelques pages contient des extraits bien choisis se rapportant aux sujets traités par l’auteur, et qui sont comme les pièces justificatives de l’ouvrage.Nous ne dirons rien du style de M.l’abbé Germain.Nos lecteurs connaissent depuis longtemps sa plume facile qui sait revêtir les pensées les plus sérieuses d’une forme des plus agréables.Ce volume, orné d’une belle gravure hors texte, bien imprimé, est un des plus soignés qui soient sortis des presses de l’Action Sociale Limitée.Nous le conseillons à nos confrères et à tous les directeurs et directrices de pensionnats.(La Semaine Religieuse de Québec.) 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UN NOUVEL OUVRAGE DE PEDAGOGIE M.l’abbé Maurice vient de publier, sous le titre de Causeries ¦pédagogiques aux Instituteurs de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, un ouvrage important.En voici la préface, due à la plume de M.le chanoine Chartier, vice-recteur de l’Université de Montréal : Mon cher collègue, Le volume que vous me chargez de présenter au public est le fruit d’une longue gestation.Vous rappelez-vous nos causeries pédagogiques de 1906-1907, alors que nous suivions ensemble les cours si profitables de la Sorbonne et de l’Institut catholique de Paris?Vous rappelez-vous encore les premières tentatives qui furent faites à Montréal même, dès 1915, sous l’impulsion d’une religieuse aussi ouverte d’esprit qu’elle est de volonté tenace?Vous vous souvenez surtout, j’en suis sûr, de cette année 1921, ou la Commission scolaire de Montréal vous délégua en Angleterre, en Belgique, en Suisse et en France.Quelle moisson de notes et d’observations personnelles, quelle somme d’universelle expérience accumulée dans les plaquettes et les livres vous avez recueillie au cours de cette tournée pédagogique! Ces études, ces causeries, ces tentatives de voyage d’une année entière ont donné lieu à l’établissement, dans la nouvelle université de Montréal, d’une chaire régulière de pédagogie.Votre compétence professionnelle et la conscience de votre labeur vous désignaient d’avance pour occuper cette chaire.Les milliers d’élèves qui ont, depuis huit ans surtout, suivi vos cours peuvent attester que les espoirs mis en vous n’ont pas été trompés.Le volume présent, venant après les deux autres qui ont été distribués aux intimes, démontrera, au grand public cette fois, l’excellence de votre enseignement.Vous avez su enfermer, dans un format modeste, le résultat de vos longues études, de vos multiples obsei\ ations.Vous avez exprime vos vues avec une clarté que beaucoup vous envieront.V ous avez surtout fait un départ exact entre les améliorations vraiment utiles et les essais trop souvent infructueux qu’ont provoqués les méthodes récentes.Plus encore que votre conscience et votre compétence professionnelle, ce que l’on retrouvera ici, c est la haute idée^’idée vraiment sacerdotale, que vous vous faites de l’éducation.Vous \ ous penchez sur les âmes d enfants, pour en relever la noblesse aux yeux des maîtres.ous insistez auprès de ceux-ci pour qu’ils se mettent au niveau de ces petites âmes afin de les elever graduellement à leur propre niveau.Vous établissez ainsi le lien nécessaire qui oi unir le professeur à 1 élève, lien d’amour provoqué par la faiblesse, lien d’espoir que justifie 1 avenir, lien de foi surtout dans le perfectionnement moral et intellectuel de 1 enfance.v , ^°^le pédagogie, inspirée de ce principe très noble, se distingue par là de tant d’autres ou es procédés techniques occupent la première place.Vous ne négligez pourtant pas ces procédés, mais vous en marquez par là la vraie valeur.Vos auditeurs ont bien compris la longue portée de votre enseignement, eux qui, par tous les temps, vous sont restés fidèles et vous ont sacrifie les heures de repos que leur accordent les règlements scolaires.Votre volume prolongera la vertu de vos conférences.Il aidera les instituteurs à prendre une vue de plus en plus haute de leur tâche.En les poussant à nous façonner une generation primaire plus instruite, il rendra service à la fois à notre enseignement secondaire et a notre enseignement supérieur.rlp ™à CarUSe de C® reiaillifement surtout que le doyen de la Faculté qui s’honore vonlfébwS^Ti Parmi ses,mait/es> comme professeur de latin et de pédagogie, tient à annuefie de vn V°rS ^ ?,°,UP de continuer à prolonger ainsi, par la publication annuelle de vos conferences, 1 efficacité de votre enseigenment pédagogique.Vous devez “ont ™usUreTeveze aU*ant 4 n°tre UniVerSité de “al ^ ^ C^rUission scotoire diffu^mfde = îîrl ^lègue et ^mi’ avf l’assurance de mes meilleurs vœux pour la cnrtusion de votre livre, 1 hommage de mon fraternel dévouement.Le doyen de la Faculté des lettres, {Le Devoir).Chanoine Émile Chartier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 ENCORE “ L’ÉCOLE NATIONALE ” Nos lecteurs se rappellent ce que nous avons déjà dit dans L’Enseignement Primaire et le Canada-Français du projet d’un Bureau fédéral d’Êducation, lequel projet se changea en un Bureau national d’Êducation.Les deux projets (qui n’en font qu’un quant au but à atteindre) veulent nationaliser les écoles de toutes les provinces canadiennes, c’est-à-dire enlever aux provinces leur autonomie scolaire, en débit de la constitution fédérale de 1867.et remplacer le sage ordre de choses existant par la centralisation pédagogique à Ottawa.Cette année, chose étrange, c’est l’Association des instituteurs protestants de la Province de Québec, qui semble avoir attaché de nouveau le grelot.Le siège de cette association est à Montréal.M.Howe, le président, déclarait avant le congrès de la Fédération canadienne des instituteurs de langue anglaise, tenu à Vancouver le 12 août dernier: “La question brûlante au congrès sera la nationalisation de l’éducation (1)”.M.Howe a découvert toute sa pensée dans la suite de la dépêche que nous citons.D’après la Gazette, voici la grave déclaration de M.Howe: “A l’heure actuelle, les provinces, en vertu de l’Acte de la Confédération, ont reçu des droits provinciaux en matière d’éducation et conséquemment sont souvent hors de contact (out of touch) a rec d’autres provinces dans les questions d’éducation.Le congrès essaiera de centraliser la publication des magazines éducationnels, supprimant les magazines provinciaux qui sont actuellement publiés.Il y aura aussi un plaidoyer pour l’uniformité des manuels, etc.” Enfin M.Howe termine sa “réclamation” par les lignes qui suivent, où nous découvrons la tenace volonté de gagner la partie: “La conférence de Victoria représente la première tentative organisée par les membres de la Canadian Teachers’ Federation pour obtenir la nationalisation de l’enseignement.“C’est une chose au sujet de laquelle nous devrons être patients.Il y a tant de propagande à faire parmi les professeurs eux-mêmes au sujet des résultats que nous désirons obtenir que nous serons complètement satisfaits de voir les délégués non officiels répandre à leur tour les idées que nous désirons propager.” (2) Il est possible que les instituteurs protestants de Québec et ceux des autres provinces ne voient pas d’inconvénients à la centralisation scolaire pour tout le Canada; au point de vue de la langue et de la religion, ils ne courraient aucun danger.Mais il n’en est pas de même des instituteurs catholiques et canadiens-français: ils veulent conserver l’organisation actuelle des écoles de la Province de Québec.A la patience de nos confrères protestants, nous opposerons la 'patience-.à la ténacité, la ténacité) à leurs projets anti-constituâonnels, nous opposerons le texte même de l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord.Depuis trente ans nous combattons ce projet d’Êcole nationale, dans l’espèce “école anglaise et protestante par tout le Canada et pour tous les Canadiens”, et nous le combattrons plus vigoureusement que jamais.D’ailleurs on se rappelle, à ce sujet, l'attitude très ferme prise il y a à peine deux ou trois ans, par deux des membres du Gouvernement de Québec, les honorables MM.Taschereau et David (3).C.-J.M.(1) Dépêche de Toronto dans la Gazette de Montréal, 5 août.(2) Gazette de Montréal, 5 août 1924.(•3) Au moment où la revue va sous presse, nous lisons dans les journaux aue M.Howe a protesté contre le sens donné à ses paroles par les dépêches.Nous reviendrons sur ce sujet. 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMMISSION SPECIALE Nommée par le gouvernement de Québec pour étudier la question de Vinstruction des enfants juifs dans les écoles protestantes de Montréal (TEXTE DE L’ARRÊTÉ EN CONSEIL) Le premier ministre, dans un rapport en date du 30 juillet (1924), expose: Qu’il est dans l’intérêt public de s’enquérir des conditions du système scolaire dans les diverses municipalités scolaires comprises dans l’île de Montréal, afin d’améliorer ce système de le rendre plus efficace et d’assurer la stabilité financière et le crédit de ces municipalités; Que le gouvernement s’est engagé, au cours de la dernière session, de nommer à ces fins une Commission de neuf membres, dont trois représentant les catholiques romains, trois les protestants et trois les juifs, pour s’enquérir de ces conditions, et qu’il y a lieu de donner effet à cet engagement.En conséquence, le premier ministre recommande: 1.—Qu’une Commission soit constituée, aux fins ci-dessus, composée de sir Lomer Gouin, M.Aimé Geoffrion, C.R., et M.Auguste Richard, comme représentatnts des catholiques: sir Arthur Currie, M.E.-W.Beatty, C.R., et M.Walter-G.Mitchell, C.R., comme représentants des protestants, et MM.Michael Hirsth, Samuel W.Cohen et Joseph Schubert, comme représentants des Juifs; 2.Que sans limiter le champ d’action du travail de la Commission, elle soit chargée d’étudier tout spécialement les questions suivantes: (n) L’extension des pouvoirs de la Commission des écoles catholiques; (b) L’instruction des enfants juifs dans les écoles protestantes ou autres; (c) La situation financière des écoles protestantes de Verdun.3.Que les commissaires de chaque dénomination religieuse fassent seuls rapport sur les questions qui intéressent la classe de citoyens qu’ils représentent, le travail collectif des commissaires devant se borner aux questions qui intéressent plus d’une dénomination religieuse, et dans ce cas, les commissaires des dénominations intéressées devant agir seuls; 4.Que la Commission ne devienne pas caduque par la disparition de l’un de ses membres; 5.Que la Commission fasse rapport le ou avant le 1er décembre prochain.o LTNSTRUCTION DES ENFANTS JUIFS , Ln très grave problème se pose à Montréal depuis quelques années: c est celle de 1 instruction des enfants juifs.Depuis nombre d’années, la loi scolaire de la Province de Québec, avec l’assentiment des protestants, classait les Juifs avec ces derniers au point de vue scolaire.Comme contribuables, les Juus devaient payer la taxe scolaire à la commission protestante et leurs enfants étaient admis de plein droit dans les écoles de cette commission.Mais il arrive qu’aujourd’hui les enfants juifs envahissent littéralement les écoles protestantes de Montréal, à tel point, que la contribution financière des parents juifs ne correspond nullement au nombre de leurs enfants admis dans les ecoles protestantes.donner temporairement satisfaction aux réclamations des protestants, la Legislature de Québec, à sa dernière session, a amendé la loi de 1 instruction publique, en vue de placer l’instruction des enfants juifs à la charge du tableau neutre des taxes scolaires.Le Gouvernement, en faisant L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 m adopter cet amendement à la loi, a annoncé qu’une Commission serait créée pour étudier les problèmes se rattachant à l’administration des écoles de Montréal, et en particulier le problème juif.Cette commission a été nommée et nous en donnons ci-dessus la composition, en reproduisant le texte même de l’arrêté en conseil décrétant la Commission spéciale.Sur ce grief financier que fait valoir la commission scolaire protestante de Montréal, se greffe la très grave question de la confessionnalité des écoles, dans Québec, à Montréal, comme dans toute la Province.Les Juifs de Montréal prétendent, du moins un certain nombre, qu’ils ont droit d’avoir des représentants dans la commission scolaire protestante de Montréal.Cette dernière s’oppose avec raison à cette prétention, car si les Juifs sont admis officiellement dans la commission scolaire, elle cesse d’être confessionnelle, ou protestante dans l’espèce.Comme à New-York les Juifs ne tarderont pas à réclamer la neutralité dans les écoles dont ils seraient devenus officiellement co-directeurs.Un certain nombre de Juifs réclament une organisation scolaire distincte, mais d’autres s’y opposent, préférant maintenir le système qui leur permet de faire instruire leurs enfants à bon marché: les protestants et les catholiques payant la différence entre le coût de l’éducation des enfants juifs et la contribution scolaire de leurs parents.La Commission nommée par le Gouvernement renferme des hommes d’expérience et de grand jugement.Nul doute que cette commission saura régler la question financière en jeu avec équité pour tous et qu’elle saura aussi conserver aux écoles de Montréal leur caractère confessionnel.Les écoles de notre Province sont de par la loi, catholiques ou protestantes, suivant le cas: voilà ce qu’il faut maintenir.La Commission spéciale a une tâche difficile à remplir, mais nous avons confiance qu’elle saura résoudre le problème a/ec prudence et équité.C.-J.M.Enseignement du Dessin Dessin de mémoire (21ème lettre) Dessiner de mémoire c’est développer une faculté très importante dans la pratique du dessin.Quand on dessine d’après nature, si l’observation est intense, le souvenir de l’objet dessiné demeure longtemps et l’imitation graphique de cet objet devient chose facile.Pratiquement, on peut considérer plusieurs procédés de dessin: le dessin enseigné, le dessin suggéré, le dessin libre ou spontané et le dessin dicté.Le dessin de mémoire est particulièrement utile.Il permet à l’élève d’exprimer, à sa façon, ses propres idées.D’autre part, ce genre de travail fournit au professeur l’occasion de connaître quelque peu certaines particularités du caractère de l’enfant.On dit: On connaît l’homme à son style, à son écriture.On pourrait ajouter: bn connaît l’homme à son dessin.Le dessin de mémoire permet aussi au professeur de découvrir les talents spéciaux de certains élèves pour tels ou tels genres.L’expérience montre que des élèves presque inhabiles en dessin enseigné, exécutent, en dessin de mémoire, des travaux très appréciables. 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PROCÉDÉS D’ENSEIGNEMENT Il y a deux principaux procédés d’enseignement: Le premier consiste à tenir en main un objet, dans une position quelconque; à le faire observer pendant quelques secondes, puis à le faire dessiner de la manière dont chacun l’a vu.L’exécution du dessin se fait dans un temps déterminé: cinq, huit, dix, minutes etc.On donne une autre position au même modèle, puis le-travail recommence, etc.Le deuxième procédé consiste à indiquer le nom de l’objet à dessiner ou la scène à interpréter.Comme dans le premier cas on fixe le temps que doit durer le travail d’exécution.On ne donne à dessiner de mémoire, dans ces deux procédés, que des choses dont les élèves ont la connaissance, choses qu’ils ont très probablement vues au cours de leur existence.En dessin libre il faut faire une critique sobre, claire, du travail exécuté, et cela afin que l’élève ne verse pas dans la fantaisie déplacée et le mauvais goût, mais il faut généralement accepter de bonne grâce tout travail, même très imparfait.LISTE DE QUELQUES OBJETS Assiettes, armoires, arrosoirs, arbres, animaux, balais, bottines, bottes, bols, boîtes, bouteilles, bancs, bureaux, brosses, bougeoirs, chapeaux, casquettes, claques, couteaux, chaloupes, casseroles, euvettes, cafetières, cruches, coffres, cadres, cadrans, clochettes, chaises, carafes, ciseaux, drapeaux, encriers escabeaux, entonnoirs, flacons, fenêtres, fourneaux, fleurs, fruits, huiliers, haches, lampes, livres, légumes, insectes, miroirs, montres, maillets, marteaux, meubles, oiseaux, pipes, pots, ponts, parapluies, pelles, pendules, paniers, portes, paletots, râteaux, sucriers, seaux, saucières, soupières, tasses, tables, toupies, tabourets, traîneaux, tuques, tréteaux, valises, voitures, vases, vaisseaux, etc.etc.LISTE DE QUELQUES SCENES Garçon va en classe—livres.Garçon traîne petite voiture—court.Femme marche—il pleut: en avant parapluie.Voiture d’hiver en marche—chien court derrière Patineur—en activité.Femme revient du marché.Chasseur—tire en haut.Chaloupe—un rameur et une personne.Homme marche—canne à la main.Homme pêche—chaloupe, ou au bord.Chaloupe—voiles.Homme pioche.Deux chats—un assis, l’autre court.Homme à genoux—prie .Homme, pousse une brouette.Bicyclette sur une route.Automobile en marche—route, poussière.Chat court après des souris.Facteur distribue des lettres.Ouvriers creusant un fossé.Deux hommes tirent une corde.Aveugle assis—sébile en main.Cheval traîne voiture—charbon.Oiseaux picotent des grains—rue, etc., etc.Dessin dicté Ce genre d’exercice peut être employé pour divers travaux: tracé géométrique, décoration, paysage, etc., professeur dicte lui-meme, pièce par pièce, ce que les élèves doivent executer.Paysage Par paysage on entend, ici, seulement quelques effets perspectifs relatifs à divers sites de la nature.On choisit des sujets simples. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 dicte A y m h^i e ^ tl£.once* Jl £" | V
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