L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1922, Mars
43e Année Québec Mars 1922 No 7 EDUCATION INSTRUCTION SA SAINTETÉ PIE XI Lundi, le 6 février, le cardinal Achille Ratti, archevêque de Milan, a été élu Pape par le Sacré Collège des Cardinaux, réunis en conclave.Le nouveau Pape a pris le nom de Pie XI.Le choix du cardinal Ratti comme successeur de Benoit XV a été acclamé par tous les peuples de la terre avec joie et respect.Longue vie à Sa Sainteté Pie XI.PÉDAGOGIE LE NOUVEAU PROGRAMME D’ETUDES L’École complémentaire Dans L’Enseignement Primaire de septembre et de décembre 1621, nous avons: lo analysé le nouveau programme d’études; 2o indiqué le but que ce programme assigne à l’Ecole primaire élémentaire (1).Dans la présente livraison, nous tâchons d’indiquer le but assigné à Y école 'primaire complémentaire.Nous l’avons vu précédemment, le programme de l’école élémentaire, qui comprendra six années, précédées d’une préparatoire, a été simplifié.“On en a d’abord réduit les matières à celles qui sont essentielles à la culture générale de l’enfant (2)”.Puis, au-dessus de Y école primaire élémentaire, l’école des éléments, on a placé l’école primaire complémentaire (7ème et Sème années), où les matières de formation générale (religion, langue maternelle, arithmétique, histoire, géographie) sont approfondies, mais auxquelles on ajoute (1) Dans la livraison d’avril, nous serons peut-être en mesure de dire quand le nouveau programme sera mis en vigueur: ce ne sera probablement pas avant septembre 1923.(2) L’abbé G.Courchesne, rapport du sous-comité du programme des écoles normales, procès-verbal du Comité catholique, 28 septembre 1921. 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les autres matières nécessaires à l’orientation des élèves vers les spécialités, propres aux besoins de chaque région.De là les sections agricole, commerciale, industrielle et ménagère, qui caractérisent le programme de l’école complémentaire.Néanmoins, l’école complémentaire n’est pas encore l’école spéciale, mais elle prépare les élèves en éveillant en eux les aptitudes, ce qui leur permet de choisir leur vocation, suivant leurs talents.Elle continue et amplifie la culture générale de l’élève et ajoute à cette culture, suivant les besoins du milieu et les aptitudes de l’élève, un enseignement spécial qui préparera aux écoles agricoles, commerciales, industrielles ou ménagères.L’école complémentaire continue la culture générale commencée à l’école primaire, parce que “abandonner la formation intellectuelle pour la seule pratique professionnelle serait ne développer qu’une partie de l’enfant, négliger le principe même de l’action consciente, la pensée désintéressée et vigoureuse.Or, celle-ci n’atteindra son plein développement que si l’éveil de l’esprit donné par les matières du cours primaire peut se poursuivre dans un âge plus avancé.En possession de facultés exercées par une longue habitude, l’élève peut aspirer à une culture plus élevée, plus raisonnée, en même temps que plus pratique et mieux adaptée (1)”.Donc l’école complémentaire ne rompra pas avec la formation intellectuelle et morale de l’élève.Son programme contient une partie qui accentue la culture générale et une partie qui prépare immédiatement à quelques spécialités.Dans le lumineux rapport que Mgr F.-X.Ross soumettait au comité catholique, le 5 février 1919, nous lisons ces lignes: “Laissons à l’école primaire les éléments qui conviennent à l’esprit des enfants; faisons-leur une base avant de bâtir leur avenir; puis nous ajouterons le couronnement qui permettra à l’édifice de s’élever jusqu’à la hauteur voulue pour atteindre le niveau des écoles spéciales.” Ce couronnement c’est l’école complémentaire, dont le programme, nous l’avons vu, comprend une section d’instruction générale et une triple section orientant vers les spécialisations: agriculture, industrie, commerce, pour les garçons, et économie domestique, pour les filles.Dans la livraison d’avril, nous publierons le rapport sur YÉcole complémentaire soumis au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, en mai 1921, par M.l’abbé L.-A.Desrosiers, rapporteur du sous-comité du programme.M.l’abbé Desrosiers expose avec clarté la teneur du programme de l’école complémentaire et en explique la mise en opération.(l) L’abbé Adélard Desrosiers, rapport du sous-comité du programme, 25 avril 1921.C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 DE L’ENSEIGNEMENT DE L’AGRICULTURE DANS LES ECOLES PRIMAIRES ELEMENTAIRES (Pour VEnseignement Primaire) DEUXIÈME ARTICLE Le nouveau programme de l’école primaire élémentaire divise le cours élémentaire en trois catégories: le cours inférieur: (1ère et 2ème années) ; le cours moyen : (Sème et 4ème années) ; le cours supérieur : (5ème et Gème années).Nous constatons avec plaisir que l’agriculture est enseignée aux tout petits du cours inférieur, sous forme de leçons de choses, au moyen des exercices de pensée, langage, vocabulaire, élocution, rédaction, composition, etc.C’est sous forme de conversations familières que les scènes de la vie agricole, suivant les saisons, sont enseignées aux tout petits.On peut commencer au printemps par le sucre d’érable, le jardinage, les premières feuilles, les arbres, les nids, les oiseaux, les fleurs, les fruits, les légumes, les insectes nuisibles, les animaux, les labours, les avantages de la campagne, etc.Le tout accompagné de tableaux, images, découpures de revues agricoles, etc.Quant au cours moyen, l’enseignement se donne sous une forme plus détaillée : le programme d’études divise la section agricole en tableaux que voici: végétaux, animaux de la ferme, oiseaux delà basse-cour, sol, industrie laitière, industries de la région, apiculture, jardins potagers et fruitiers, etc.Le cours supérieur offre le même enseignement, mais toujours plus développé.Les élèves peuvent se servir d’un manuel d’agriculture.Ils peuvent inscrire dans un cahier cVagriculture les résumés des leçons du manuel, préparés par le maître.Le jardin scolaire, les visites champêtres, avec but déterminé, les expositions scolaires, sont des moyens efficaces d’atteindre le but désiré de cet enseignement agricole : faire aimer la Terre à la jeunesse rurale, la conserver à la profession de ses ancêtres et lui enseigner les notions rudimentaires que tout citoyen devrait connaître sur l’Agriculture.En plus, cet enseignement, “bienloin de nuire à l’étude des autres matières, devient, au contraire, pour l’enseignement de celles-ci, un adjuvant précieux.” Ces notions fondamentales essentielles devront être données au moment le plus favorable pour l’expérimentation ou l’observation directe. 404 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE En Belgique, où l’agriciilture est à l’honneur dans toutes les écoles, “on vise surtout à donner une éducation agricole”.Le programme de l’école primaire de la province contient une citation que voici: “W suffit, dit Lonay, que l’atmosphère de nos écoles rurales soit rendue agricole, mais sainement agricole; qu’il y règne une atmosphère qui développe chez les enfants le sentiment de la noblesse du travail agricole, des charmes de la vie des champs, de la productivité de l’agriculture progressive soutenue par les institutions agricoles de tout genre.Tout l’enseignement et toute l’éducation imprégnés de notions répondant aux besoins sociaux et économiques des populations champêtres: c’est ainsi, ce nous semble, que doit être entendu ce que l’on a cru pouvoir appeler l’enseignement agricole à l’école primaire”.Somme toute, cette orientation vers un mieux appréciable vaut la peine d’être comprise et encouragée par tous les adeptes de l’agriculture à l’école.Si M.O.-E.Dalaire, le modeste maître d’école, vivait.Lui qui a fondé, avec bien des difficultés, le premier jardin scolaire de la province, il y a quelque vingt ans; combien il serait heureux de voir une partie de ses vœux réalisée et reconnue officiellement par les éducateurs de son pays.M.Dalaire avait bien raison, quand il s’évertuait à chanter sur tous les tons: “Que les Écoles de la campagne soient donc, avant tout, rurales par leur programme, leur mentalité et leurs aspirations !” Nous espérons que ce programme, qui remplacera le programme du passé, si le Gouvernement l’adopte, sera fidèlement suivi par le personnel enseignant et les commissions scolaires.Maintenant, afin de préparer le personnel enseignant à la mise en opération du nouveau programme, nous étudierons prochainement ce que comporte le futur programme de l’École primaire complémentaire, relativement à l’enseignement agricole, et celui concernant les Écoles normales (1).C’est donc une modification profonde et heureuse que le programme de nos Écoles normales catholiques a subie, grâce à la sage prévoyance de nos autorités scolaires.N’importe-t-il pas de préparer, en effet, les instituteurs et les institutrices d’une façon ad hoc, à leur nouvelle tâche ?Jean-Chs Magnan.Saint-Casimir.Agronome.(1) Le Comité catholique a aussi approuvé un nouveau programme pour les Écoles normales. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 405 .PÉDAGOGIE PRATIQUE Le programme d’étude qui sera probablement mis en force en 1923 consacre une part plus large à l’étude de la géographie du Canada et de celle de la province de Québec.C’est une réforme qui est des plus sages.Il ne manque pas d’élèves actuellement qui connaissent beaucoup mieux l’Europe et l’Asie que le Canada.Préparez-vous donc à répondre efficacement aux exigences du nouveau programme en donnant, dès cette année, une attention toute spéciale à l’enseignement de la géographie de notre pays.Pour que vos élèves aiment l’étude de la géographie, il faut que votre leçon soit donnée habilement.Il ne faut pas que vous vous contentiez de lire quelques pages dans un traité, de nommer une série de rivières, de lacs ou de villes dans un ordre convenu; cet enseignement serait aride et détesté des élèves.Préparez soigneusement votre leçon;qu’elle soit attrayante, graduée et intuitive.Captez l’attention de la classe en parsemant votre leçon de notes prises hors du livre, de détails intéressants, de faits historiques se rapportant à telle ville, à telle contrée, etc.La leçon de géographie cessera sûrement d’être le cauchemar des écoliers.Quelques maîtres ne font pas de préparation de classe; d’autres en font une mais ne la suivent pas.Il arrive alors que leur enseignement n’est qu’une suite de digressions plus ou moins intéressantes : ils touchent plusieurs sujets et s’éloignent sans cesse de la leçon initiale.Résultat: la leçon à expliquer reste incomprise et l’enseignement est inefficace.Il importe donc de faire une préparation soignée, d’en suivre les grandes lignes en donnant la leçon, de ne se livrer qu’avec prudence à l’inspiration du moment.C’est à ce prix que s’acquiert la méthode dans l’enseignement.J.-Z.T., École normale Laval, Québec^ Mars 1922. 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES GRANDS ÉDUCATEURS DE LA PÉRIODE SCOLASTIQUE (1) (Pour u l’Enseignement Primaire”) 3—LE B.ALBERT LE GRAND (1193-1280) (2) Le bienheureux Albert le Grand fut un des plus illustres professeurs et un des hommes les plus savants du moyen âge.Il entra chez les Dominicains et enseigna dans plusieurs villes : Hildesheim, Fribourg, Ratisbonne, Cologne et enfin Paris.Dans cette dernière ville, ses élèves furent si nombreux qu’il fut obligé de transporter sa chaire sur une place publique, aujourd’hui la place Maubert.Son élève le plus illustre fut saint Thomas d’Aquin.De l’enseignement du savant docteur il nous est resté de nombreux traités sur toutes les sciences divines et humaines, et dont l’ensemble ne forme pas moins de 21 volumes in-folio.Les sciences physiques et naturelles furent pour lui l’objet de longues recherches et d’ingénieuses expériences ; il les considérait comme un moyen d’arriver à la démonstration des idées métaphysiques et il s’en servit avec succès pour étayer la théologie.La chimie fut une de ses études préférées; son traité sur les minéraux et les métaux expose la science de ses devanciers et le résultat de ses propres recherches: il fit d’importantes découvertes sur le soufre, la potasse, l’acide nitrique et le cinabre.En physique, ses connaissances furent peut-être encore plus étendues.Il parle des propriétés de l’aimant et de la boussole.Son explication des eaux thermales a été ratifiée par la science moderne.Un des ouvrages les plus importants du Bienheureux Albert traite des animaux; c’est le travail le plus remarquable en histoire naturelle que nous ait légué le moyen âge.L’auteur part des connaissances des anciens, mais se réserve une complète liberté d’examen.Il réfute certaines fables, celle des Harpy es, par exemple; il se convainc par des recherches et des observations personnelles que la salamandre est combustible, que l’aigle couve ses œufs et qu’il n’existe pas d’arbres produisant certains animaux.Plan original, théories nouvelles et souvent justifiées, observations sagaces, tout recommande ce traité à l’estime des savants.Buffon s’en est inspiré dans ses travaux de classification des espèces et des genres.De Blainville assure que l’illustre dominicain a caractérisé et déterminé quatre cents espèces.Ses connaissances en (1) Reproduction interdite.(2) Voir L'Enseignement Primaire de février 1922. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 407 botanique furent très étendues; avant Linnée,il a tenté une classification des plantes; ses travaux sur la fleur servirent de base à la méthode naturelle de Tournefort.Bien avant Malpighi, il a pénétré la structure de la graine, décrit la physiologie de l'embryon et posé la Ici de la génération des plantes.Ses vues sur l’anatomie et la physiologie de l’homme ont émerveillé les savants modernes.Il fait de la colonne vertébrale la base du système osseux.Il émet l’idée qu’il existe une corrélation entre certaines facultés de l’âme et certaines circonvolutions du cerveau.Il pose ainsi les bases d’une science dont on attribue l’invention à Lavater, à Gall et à Spurzheim, au XVIIIème siècle.Humboldt lui-même était étonné des observations judicieuses d’Albert le Grand sur la cosmographie et la géographie physique.Par ses traités sur la théologie et les sciences, par les développements qu’il a donnés à l’observation et à l’expérimentation, ce maître incomparable a exercé sur son siècle et son époque une influence extraordinaire.Cependant son nom ne figure ni dans les manuels d’histoire de l’éducation ni dans les dictionnaires français de pédagogie, alors que des colonnes entières sont consacrées à la glorification d’hommes obscurs et inconnus.Heureusement que les vrais savants ont honoré de leurs hommages ce puissant génie.J.-B.Dumas loue, dans les traités relatifs à la chimie, une exposition à la fois savante, précise, élégante, en même temps que le sens d’observation de l’auteur.“Albert le Grand, dit M.Chéreau, est le véritable chef, au moyen âge, de l’école expérimentale.Il fut pour l’Occident ce qu’Avicenne avait été pour l’Orient: il agrandit le champ des sciences naturelles en traçant des lois appelées à jeter sur elles le plus vif éclat.” M.Pouchet, dans son Histoire des sciences naturelles, lui a rendu ce beau témoignage.“Savant profond, immense et immortelle figure qui suffisait seule à glorifier toute une époque, aucun homme peut-être n’a jamais été doué d’une plus vaste intelligence.Il semble avoir atteint le dernier terme de la science humaine.Ce qu’il n’a pas découvert, il l’a deviné, pressenti, en quelque sorte prédit.Il avait l’intuition de toutes choses.On l’a surnommé VAristote du moyen age, et il le dépasse sous beaucoup de rapports.” 4—saint thomas d’aquin (1227-1274) Saint Thomas, des comtes d’Aquin, fit ses premières études au Mont Cassin et à l’Université de Naples.Il entra chez les Dominicains qui l’envoyèrent à Cologne et à Paris.Son maître, Albert le Grand, fut le premier à reconnaître son génie et lui prédit une renommée universelle.Son enseignement à Paris et dans plusieurs grandes écoles fut 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE un immense succès.Il écrivit d’innombrables ouvrages et mourut en se rendant au concile de Lyon.Saint Thomas est regardé comme le plus grand philosophe et le plus grand théologien du moyen âge, on peut dire de ses œuvres ce que disait Quintilien des discours de Cicéron: 11 C’est avoir profité que de savoir s’y plaire”.Sa philosophie est un admirable effort de l’esprit humain pour associer deux éléments différents : la philosophie humaine et la philosophie divine : Aristote et le christianisme.Il fut surtout un professeur incomparable.C’est, dit Cousin, un maître accompli, dont le mérite essentiel est la clarté.Il décompose, divise et subdivise les questions, ne songeant qu’à les éclaircir.C’est dans la Science théologique que nous trouvons sa méthode sous sa forme la mieux arrêtée, la plus parfaite.Elle rappelle celle des scolastiques précédents, comme aussi celle de Socrate; mais elle résume tous leurs avantages d’une manière neuve et originale.“En effet,le maître divise chaque traité en un certain nombre de questions en commençant par celles dont la solution éclairera toutes les autres; puis dans chaque question, il distingue un certain nombre de points à traiter distinctement en commençant toujours par les principaux.Chacun de ces points est donc l’objet d’une question particulière ou article, généralement peu étendu, fort précis et toujours distribué de la même manière, c’est-à-dire en trois parties: d’abord les objections ou plutôt les doutes, les hypothèses et les diverses solutions proposées qu’il s’agit de discuter; ensuite le corps de l’article ou la solution de la question; enfin la solution des difficultés, l’explication et la conciliation des textes allégués.Les objections et les réponses, l’examen des solutions hâtives ou des opinions provisoires nous rappellent les procédés socratiques et surtout la méthode syllogistique, si cultivée au moyen âge ; le corps de l’article nous rappelle l’enseignement magistral et la forme didactique.” (Mgr E.Blanc).Nous devons à saint Thomas un écrit pédagogique intitulé: De Ma-gistro, Du Maître.Il a traité des questions fondamentales de l’enseignement surtout au point de vue psychologique, et base ce travail sur les principes essentiels de sa philosophie.La théorie sur l’acquisition et l’origine des idées est appliquée aux différents aspects de l’enseignement.Il fait remarquer que toute science ayant son origine en Dieu, il faut recourir souvent à la prière pour faire des progrès rapides.Le maître doit posséder de grandes qualités, des qualités morales surtout : une intelligence cultivée, des connaissances professionnelles étendues ; il doit connaître l’âme humaine et les procédés par lesquels l’esprit acquiert les sciences.Tout système d’instruction doit tendre à cette fin : donner à l’enfant l’hahitude de déployer toute son énergie mentale.Il importe de cultiver surtout les facultés supérieures, mais la mémoire et l’imagination ne doivent pas être négligées.Saint Thomas se montre supérieur à son époque lorsqu’il soutient que l’éducation n’est pas une simple communication ou infusion, mais L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 409 plutôt une sollicitation, une excitation, une direction par laquelle l’esprit est amené à déployer sa puissance naturelle d’une manière normale.Il soutient aussi qu’il faut s’occuper de l’éducation physique des écoliers : la vigueur de l’esprit correspond à la santé du corps, et l’organisme le plus sain permet une plus grande perfection intellectuelle.Le traité Du Maître est un excellent modèle de philosophie scolastique appliquée à l’éducation.(à suivre) Fr.P.Gonzalès .L’AUTORITÉ (Conférence pédagogique donnée par M.Vinspecteur Paul Hubert au personnel enseignant de son district, au cours de la visite de V automne 1921) l’émulation Il serait trop long de vous entretenir aujourd’hui de tous ces sentiments.J’en ai déjà effleuré quelques-uns.Arrêtons-nous à l’émulation, ce grand moyen de la bonne discipline, non seulement à l’école, mais partout.Savoir créer et maintenir l’émulation parmi ses élèves, c’est presque savoir réussir.L’émulation est un aiguillon, un excitant ; il faut savoir s’en servir, car si on en abuse, on peut faire beaucoup de mal: développer la jalousie, la haine, l’envie, la rancune, l’orgueil.Une institutrice industrieuse trouve mille petits moyens pour maintenir ses élèves sous le feu d’une bonne émulât ion, mais il y en a de classiques.Ce sont les premiers à utiliser, tels que les bons points, les bonnes notes, les bulletins mensuels, les croix d’honneur, les inscriptions au tableau d’honneur, les places en classe, les concours, les récompenses, le blâme et la louange.Vous établissez un système de bons points qui sont en somme de la monnaie de carton et vous payez le bon travail et la bonne conduite des élèves.C’est tant pour un devoir, tant pour une leçon, tant pour le silence, etc.Quand ce n’est pas excellent, vous diminuez en proportion.Telle faute a une valeur numéraire et l’élève qui la commet doit vous payer sur le pouce.Parfois un élève pourra s’exempter une punition méritée en rachetant sa faute.Un élève a perdu aujourd’hui un ou deux points de conduite, vous lui dites qu’il peut les gagner le lendemain en étant irréprochable.A la fin de chaque semaine (l) Voir L'Enseignetnent Primaire do janvier et février 1922.6261—2 410 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE l’institutrice en fait l’entrée dans son cahier de notes.Elle en tient compte sur le bulletin mensuel, elle s’en sert pour distribuer les médailles, les places en classe et au tableau d’honneur.Si elle n’a pas de points de carton, elle peut très avantageusement y suppléer par une note mise dans le cahier de devoirs de l’élève, chaque matin et dans son cahier spécial à la fin de chaque leçon et de chaque journée pour l’étude et la discipline.On croirait que cette méthode est bien compliquée: il n’y a rien de plus simple quand on est organisé comme il faut.C’est plus simple à pratiquer qu’à expliquer.Quand les enfants en ont compris le rouage, cela va tout seul.Il s’agit d’éviter les abus et de faire comprendre aux élèves que ces petits morceaux de carton ou ces chiffres ne sont pas le paiement de leurs efforts, mais simplement le moyen de tenir un juste et honnête compte des mérites de chacun sans qu’il y ait de préférences pour celui-ci ou celui-là; tous étant sur un pied d’égalité.Ces bons points donnent des avantages qui en valent la peine.Ils habituent les enfants à voir la valeur de leurs actions qui sont toutes enregistrées dans le grand livre du Bon Dieu, comme dans celui de la maîtresse.Mais, encore une fois, il faudra faire attention de ne pas leur laisser croire que le seul mobile du bien, c’est la récompense; (lue l’honneur s’achète avec de l’argent.Ce serait rabaisser l’honneur, en effacer le sentiment, piétiner sur le beau, détruire l’ordre et hypnotiser la conscience.Si ce mal devenait évident, il vaudrait infiniment mieux mettre tout ce système de côté.Les bulletins mensuels sont excessivement importants.C’est la correspondance entre l’école et la famille, c’est le meilleur moyen de bien renseigner les parents sur la conduite, le travail et le succès de leurs enfants.C’est aussi un stimulant pour l’élève.D’ailleurs, vous savez à quoi vous en tenir là-dessus, je vous en ai déjà assez parlé, et celles qui ont réussi à en avoir dans leur école s’en trouvent assez bien pour que je n’insiste pas davantage.Celles qui n’en ont pas devraient ne se reposer que le jour où la commission scolaire leur en fournira.A coté du tableau d’honneur, j’ai déjà vu une autre tableau qu’on appelait la liste noire où on inscrivait le nom de quelques élèves qui avaient eu une mauvaise conduite ou fait de la paresse durant le mois.Ceci avait un effet considérable et il est arrivé qu’on ne put voir des noms sur la liste noire que durant les premiers mois de l’année.S’ils ne réussirent pas à monter au tableau d’honneur, ils restèrent au moins entre les deux.Le blâme est quelquefois nécessaire, mais l’éloge l’emporte.“Le blâme paralyse l’enfant pour peu qu’on en abuse; il a un effet déprimant; sous son action répétée, les natures vives se démoralisent et les natures molles se blasent.Le vrai moyen d’annihiler le peu d’énergie dont dispose un enfant médiocrement doué, c’est de le blâmer fréquemment et de parti pris, c’est de lui faire entendre qu’il ne fait rien et qu’il L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 411 ne peut rien faire de bon, c’est, à force de répéter qu’il est sot, d’en faire la risée des camarades; de pareils procédés sont criminels.L’éloge au contraire produit l’entrain et l’élan.Il faut convaincre l’enfant qu’il est capable de bien et il agira bien; il faut le convaincre qu’il est capable de beaucoup et il nous surprendra par ses hardies et heureuses initiatives.C’est une précieuse qualité que la confiance en soi-même; elle donne l’audace, et l’audace force le succès.(1)” J’ai connu un père de famille qui ne disait jamais un mot quand ses enfants faisaient bien, mais qui les critiquait et les reprenait toutes les fois qu’ils faisaient un travail peu soigné.Un jour que je félicitais l’un d’eux parce qu’il avait bien blanchi un hangar, il me remercia en ajoutant qu’il était d’autant plus touché de mes paroles que jamais son père ne les lui avait dites, quoiqu’il avait souvent senti qu’il les méritât.Ces jeunes gens en étaient venus à se demander si vraiment ils étaient si sots que cela.Us n’osaient rien entreprendre de peur de ne pas le faire comme il faut.Une mère qui disait tous les jours à sa fillette de six ans: “Tu ne sais rien faire, tu ne feras jamais rien de bon, tu es une sans soin, une pas de cœur, une mal élevée”, se fit répondre vertement.“C’est pas moi .qui m’a élevée”, et pour récompense lui donna une bonne taloche.L’enfant se tut, mais le rouge qui lui vint au visage montra assez la blessure de son cœur.Cela ne dut pas grandir la mère dans le respect de sa fille.N’est-il pas possible de corriger le mal par le bien, sans s’entretenir plus longuement du mal que du bien lui-même ?On dispute, on tempête contre le mal et on ne dit rien du bien qu’on aurait dû faire, ni comment ni pourquoi on aurait dû le faire.N’est-il pas préférable de faire rougir du mal et de le faire détester, en ne parlant que du bien, que de ceux qui font bien, que de la beauté d’une bonne action?Je me rappellerai toujours avec attendrissement la méthode si bienveillante de mon professeur de dessin, Monsieur Fréchette, qui, un jour que je lui montrais un dessin de perspective, me dit: c’est très bien, mais regardez cette ligne, ne l’avez-vous pas mal vue ?et cette autre devait être ainsi, cette courbe est trop prononcée, voyez-vous, tenez, comme ça.comme ça.à la fin, mon dessin était excessivement mal, je m’en aperçus très bien, je compris, j’eus une bonne leçon et mon excellent professeur m’avait dit par bonté, probablement parce que c’était très mal, c’est très bien.Seulement, il ne m’avait pas froissé.Et je l’ai toujours aimé depuis.Ah! l’encouragement, comme c’est nécessaire en éducation! Vous l’avez éprouvé personnellement ; vous avez eu des moments de lassitude, de découragement, vous avez eu les bleus, et quand vous avez rencontré une amie, pour vous écouter, vous deviner, vous comprendre et jeter un (l) Kieffer, op.c., p.203. 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE peu de soleil dans votre âme, vous l’avez bénie mille fois et vous l’avez aimée davantage.Eh! bien, les enfants aussi peuvent en avoir de ces nuages sombres qui les abattent; c’est à vous de les chasser par votre amour et votre encouragement.Une leçon est difficile, l’enfant a travaillé, il a fait son possible, mais il ne la sait pas; il le regrette, et vous, au lieu de le plaindre, au lieu d’admettre avec lui que c’est malaisé, au lieu de lui demander qu’est-ce qu’il a trouvé de plus difficile, de le lui expliquer de nouveau, de lui donner la manière d’étudier, de l’aider et de le remettre plus encouragé au travail, vous le grondez, le traitez de paresseux et le punissez.Pensez-vous que la prochaine fois, il aura plus de ressort dans l’âme et apprendra mieux sa leçon, même si elle est plus facile ?Et si cette leçon n’est pas sue, est-ce bien seulement la faute de l’élève ?Qu’avez-vous fait pour lui faciliter le travail, comment l’avez-vous expliquée, comment avez-vous vu qu’il la comprenait ?Vous savez comme c’est difficile et comme c’est ennuyeux d’étudier pour un enfant, ce l’est même pour vous qui étudiez peut-être moins que lui.Vous savez que la punition ne met pas de science dans la cervelle.Cherchez donc les moyens de faire apprendre et non de faire détester la leçon.N’allez pas croire, cependant, que je sois opposé aux répressions et que je pense qu’il faille dorloter l’enfant.Non, je suis un adversaire de la dorloterie, c’est le moyen de faire des âmes veules, des échines de caoutchouc.Mais je crois qu’on peut être ferme et bon à la fois et que mieux vaut douceur que violence.Avant d’agir il faut se renseigner, savoir pourquoi, savoir comment, connaître le point faible et encore n’agir qu’avec tact et prudence.Si l’institutrice surveille bien, elle évitera quantité de corrections; il vaut mieux prévenir le mal que de le guérir.Et si elle aime ses élèves, elle en sera aimée et pourra régler la discipline aux pulsations de leur cœur.Le Christ, rencontrant saint Pierre après son reniement, lui dit : “Pierre, m’aimes-tu?” Et Pierre répondit: “Seigneur, je vous aime.” Mais le Christ reprit: “M’aimes-tu, Pierre?”—“Oui, Seigneur,je vous aime.”—“Pierre, m’aimes-tu ?” dit une troisième fois le Maître, d’une voix attristée.Pierre comprit.Il se rappela sa lâcheté.Deux grosses larmes jaillirent de ses yeux et il pleura sa faute jusqu’à sa mort.Ce repentir sincère lui mérita la confiance du Maître qui lui donna la garde de son troupeau.Et vous savez comme Pierre fut brave dans la suite et comme il fut fidèle au Seigneur.Pierre n’était pas un mauvais sujet, il aimait son maître et voulait bien être son disciple, mais il ne voulait pas rompre avec son monde.Nous sommes tous un peu comme Pierre : nous marchandons entre nos défauts et l’amour de Dieu.Comment voulez-vous que les enfants soient autrement?Alors, au lieu d’être d’une intransigeance païenne, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 songeons que nous sommes tous pleins de faiblesses et rappelons-nous l’exemple du Christ.Corrigeons, oui, mais que la réprimande ou la punition ne soit pas un acte de vengeance, ni une amende, mais un moyen de perfectionnement moral.La correction doit moins viser la faute que le défaut.Il est relativement facile d’empêcher un enfant de répéter une faute, mais ce ne l’est pas tant de la lui faire regretter, de le faire travailler à corriger le défaut.Et ce n’est pas encore assez d’empêcher la faute, d’extirper le défaut; l’on doit éveiller la conscience, susciter l’énergie morale, faire pousser du bon à la place du mal qu’on a arraché, car le vide se comblera par un autre mal pire que le premier.Il faut que l’enfant travaille lui-même à son propre perfectionnement, qu’il soit l’artisan de sa propre grandeur.Si la correction n’amende pas, ne rend pas meilleur, elle ne vaut rien.L’autorité nous est donnée pour édifier: “Edifier, c’est construire avec des matériaux aptes; édifier un homme, c’est prendre les pièces diverses qui le composent, corps et âme, et dans son âme, son intelligence, sa volonté, sa sensibilité; tout mettre en œuvre, tout coordonner, tout équilibrer, tout ajuster, pour élever un édifice qui tienne debout, solide, capable de résister aux tempêtes et d’abriter sûrement, contre les orages et les intempéries, les vies précieuses qu’il abrite.Alors seulement l’homme est édifié, est bâti.Et c’est pour cela, dit saint Paul, que notre autorité nous a été donnée.Ne l’oublions pas, se venger, c’est détruire, déprimer, empêcher la volonté ou les autres facultés de prendre leur essor; meurtrir inutilement ou pour le plaisir de faire sentir sa force, ce n’est pas bâtir un homme, c’est le détruire, et l’éducateur sera responsable des manques d’énergie qu’il aura préparés, des brutalités qu’il aura coulées dans le cœur de son élève, des abaissements de caractère avec lesquels il l’aura familiarisé, des vulgarités dont un système pénitentiaire sans envolée aura pénétré ses sentiments, ses manières, ses actes.(1)” Vous serez obligées de punir, faites-le avec un sentiment élevé.Agissez de façon que l’enfant comprenne pourquoi vous le punissez, qu’il sache que c’est pour son bien.Quand un regard suffit, ne parlez pas; une parole de désapprobation vaut mieux qu’une taloche; la persuasion est plus longue et plus difficile que le fouet, mais elle est plus morale.Commencez toujours par vous adresser aux sentiments de l’enfant.Ne parlez pas à tort et à travers et ne menacez pas, ne promettez pas de punition sans la donner.Les règles que vous donnent à suivre les manuels de pédagogie sont très précieuses et je vous engage à les lire souvent pour vous empêcher de faire des sottises.Il est toujours plus dangereux de punir trop que pas assez.Soyez douces, soyez charitables, soyez justes, soyez prudentes, soyez maternelles.(l) Mgr Ross, op.c. 414 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et, en terminant, permettez-moi cette répétition : aimez les enfants, aimez votre métier, sinon vous n’êtes pas des éducatrices et c’est dangereux de vous confier des cerveaux à former et des âmes à élever.Ne faites pas de votre haute fonction un vulgaire gagne-pain.Ah î sans doute, il faut vivre et il est permis de chercher les meilleures conditions matérielles, mais après que cette question est réglée, laissez-vous hypnotiser par la beauté de l’œuvre à laquelle vous vous consacrez et donnez-vous-y avec un enthousiasme débordant, donnez-vous-y sans compter vos peines et vos fatigues, comme l’artiste qui s’oublie lui-même pour ne penser qu’à l’art dont il déborde et qu’il veut fixer sur une toile; donnez-vous-y de toute votre âme, comme la mère qui est bien le meilleur artiste.C’est ainsi que vous aurez la véritable autorité : celle qui vient de Dieu, celle qui s’inspire du Christ, celle qui est douce et ferme, celle qui pardonne, celle qui aime.Paul Hubert, I.E.LE MAITRE MODÈLE, LE MAITRE ÉDUCATEUR (Pour Y Enseignement Primaire) Le Maître regarde vers la lumière et ses élèves regardent vers lui.“ Ils brilleront comme des étoiles ceux qui auront enseigné la justice ”.Mission sublime que celle d’ouvrir des intelligences à la vérité, des cœurs au beau et au bien, de façonner des âmes d’enfants.Mission redoutable aussi, car, avant d’entraîner les autres à sa suite, le Maître doit gravir lui-même les sommets.I.-—Le Maître modèle Jeune homme qui aspires à l’enseignement, si tu profanes le nom de Dieu et si tu n’as pas le respect du dimanche, si tu laisses ta raison au fond d’un verre, ou dans des plaisirs plus ignobles encore, tu n’es pas digne de cet apostolat des âmes.Non seulement le Maître ne scandalisera pas ces petits qui le regardent, mais il doit se souvenir toujours qu’il est le protecteur, le doux conseiller, le grand ami, parfois, le “père” dont ils imitent naturellement les exemples.Il ne lui est pas permis de s’arrêter ou de défaillir, il lui faut toujours monter plus haut.Bon, juste, sévère au besoin pour les autres, il est sévère pour lui-même.Aucun détail n’est quantité négli- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 geable pour lui; et ses élèves trouvent toujours dans sa toilette, dans sa démarche, dans son langage, dans tous les objets à son usage, dans son écriture, dans la correction des devoirs, un soin et une dignité simple et élégante qui leur en impose.D’une piété intelligente et éclairée, il ne craint pas de les accompagner à l’église les jours de dimanches et de fêtes et de s’agenouiller avec eux à la table sainte.Il récite chaque jour pieusement à leur tête les prières du matin et du soir.Il a un chapelet et ses élèves voient en lui le croyant, le grand chrétien.Puisant sa force dans le cœur du Maître par excellence, il tâche de pratiquer toutes les vertus chrétitnnes.Le Maître doit façonner son âme comme l’artiste qui, les yeux fixés sur un idéal de perfection, crée, dans sa pensée et son cœur, l’œuvre de beauté qu’il réalisera ensuite avec sa plume ou son pinceau.Ce sera une tâche ingrate, pénible, sans cesse à recommencer; car, dans tout apostolat, il faut une victime et le succès naît du sacrifice.Humble et doux, il ne se courbe pas lâchement devant l’obstacle ou l’injure; mais il est digne, calme, ferme et droit.Trop lourds de la fange du terre-à-terre, les gens qui planent de nos jours sont rares.Oubliant que ce qui fait la valeur essentielle et réelle d’un homme est ce qu’il est et non ce qu’il a, beaucoup courent après des honneurs éphémères ou acquis en rampant.Il n’y a que les aigles et les serpents qui arrivent aux sommets, disait Napoléon 1 : les uns en rampant, les autres en planant.Tout en restant pratique, le Maître doit manger pour vivre et une tâche pénible et délicate doit attirer la reconnaissance et une juste rétribution.Son âme s’élève au-dessus de la foule égoïste, menteuse et cruelle aux petits et aux malheureux ; elle s’élève toujours en se perfectionnant.D’un dévouement inlassable pour ses élèves, il est respectueux envers ses supérieurs, courtois, gentil et charitable envers ses compagnons.Comme le preux chevalier au temps jadis, il est devant tous; sans peur et sans reproche.II.^—Le Maître éducateur.Ses élèves l’écoutent et 1 aiment La ferme douceur et la délicate charité sont ses armes puissantes et habituelles.Sans doute il lui faudra parfois recourir à la verge; mais ses élèves sentiront si bien la justice de ses punitions et son amour de la discipline, qu’ils lui diront en pleurant comme le petit: vous ne m’avez pas fait mal à la main, Monsieur, mais au cœur.Il ouvrira leur intelligence à la lumière et leur cœur à tous les nobles sentiments.L’instruction et l’éducation sont la richesse du pauvre. 416 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Soucieux du bien intellectuel de tous ses élèves, il tâche avec ordre et méthode de leur enseigner toutes les matières au programme.Que de choses il fait apprendre à ces petits pour les armer contre les difficultés' futures ! Sans nuire à l’ensemble des élèves, il aiguillonne les paresseux et fixe les papillons.Il a une bienveillance délicate pour certains enfants, de foyers ignorants et misérables, que la nature a moins bien doués soit dans leur corps, soit dans leur âme.Enfants souvent maltraités à la maison et qui, dans une atmosphère de bonté et de dignité, s’épanouiront en vertu et en intelligence.Le tact, le bon sens, le cœur unis au savoir constituent l’armature de la pédagogie.Qu’il sache aussi rendre les heures de classe attrayantes par quelques causeries instructives; parfois par un peu de chant ou de petits récits que certains élèves ont à raconter.Surtout, l’enfant n’est pas un vase qu’il faut remplir, mais un eeeur qu’il faut former, une âme qu’il faut élever, comme le disait un de nos distingués conférenciers aux cours pédagogiques.C’est là que doit porter la sollicitude du Maître.Les écoliers seront plus tard ce que l’éducateur les aura faits.Il les marque de son empreinte.Qu’il s’efforce donc de former de bons citoyens et des chrétiens fervents, des catholiques pratiquants qui connaissent, aiment et servent Dieu;, c’est notre fin ultime.Qu’il leur inspire l’horreur du mal, qu’il les prépare aux grandes fêtes religieuses par les explications opportunes.Qu’il leur apprenne comment et quand prier.Qu’il leur fasse comprendre l’importance de la fréquentation des sacrements et le recueillement raisonné dans la récitation des prières et des visites à l’église.Qu’il saisisse toutes les occasions de leur inspirer l’amour du zèle, la prudence, la douceur et la fermeté, la patience et la constance, la vigilance et la gravité, la franchise et l’honneur, le savoir et la générosité guidés par la piété et l’humilité.Sois digne et courageux toujours, Maître; ta mission est belle.Tu remplaces les parents, tu aides le ministère du prêtre, tu participes à l’œuvre de Dieu dans les âmes.Continue ta tâche sans faiblir, tu verras tes élèves, indisciplinés, timides ou grossiers, se polir sensiblement entre tes mains et ce sera ta plus douce récompense.Peut-être se presseront-ils près de toi avec confiance et tendresse; les absences seront moins nombreuses, et tu les entendras, comme dans un rêve de joie, te dire: nous sommes bien en classe, Monsieur, les heures sont rapides et nous comprenons votre dévouement.J.-D.Harbec, B.A., École Saint-Jacques, MontréaL L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 417 CONSEIL SUPÉRIEUR D’HYGIENE PROPOS D’HYGIENE Lutte contre la tuberculose (Suite) 3.INSPECTION MÉDICALE DES ÉCOLES Outre le souci de la préservation des jeunes enfants contre le danger de l’infection, l’organisation anti-tuberculeuse doit aussi se préoccuper d’augmenter les forces de résistance des enfants plus âgés afin de développer chez eux l’immunité contre la tuberculose.Or, c’est ici précisément que prennent place, dans le plan général d’une campagne antituberculeuse, toutes les œuvres comprises par l’inspection médicale des écoles.Cette inspection comprend trois parties: 1.Le bâtiment scolaire; 2.Les maladies contagieuses; 3.L’examen médical des écoliers.Les écoles doivent être construites et maintenues conformément aux règles de l’hygiène.Personne ne conteste la vérité de cette proposition.Aussi, la surveillance des bâtiments scolaires fait-elle partie des attributions des inspecteurs d’école qui relèvent du Conseil de l’Instruction publique.Il est facile de constater aussi combien nos maisons d’écoles se sont améliorées à ce point de vue.Le travail des inspecteurs a donc été des plus fructueux.La protection des enfants contre les maladies contagieuses a aussi son importance.Chaque maladie contagieuse, en effet, est une lutte entre notre organisme et des germes qui l’ont envahi.Quelquefois, les microbes l’emportent et nous avons à déplorer un décès de plus.Le plus souvent, l’organisme humain garde le dessus, mais au prix d’un travail plus ou moins intensif qui a quelque peu usé ses forces.Or, nous l’avons vu, le bacille de la tuberculose n’attend que cette occasion pour pousser plus loin son attaque ou affermir ses positions.Tout ce que l’on peut faire, par conséquent, pour s’opposer à la dissémination des maladies contagieuses sert aussi les fins de campagne contre la tuberculose.Or, la science de l’hygiène, à la suite des immortelles découvertes de Pasteur, est en mesure de nous donner tout un code de prescriptions qui nous permettent de lutter efficacement contre les maladies contagieuses et qui sont contenues dans les règlements du Conseil supérieur d’hygiène.Mettons-les donc en pratique, tous nous y sommes intéressés.6261—3 418 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’examen médical des élèves permet de classer suivant leur état de santé, et de recommander, pour ceux qui en ont besoin, soit le préventorium, soit la classe de plein air ou à fenêtres ouvertes, soit la colonie de vacances.% Les résultats obtenus par ces institutions apparaissent tellement satisfaisants que l’on cherche à les multiplier.C’est ainsi que la Commission de Puériculture du Congrès National de la Nativité, tenu à Nancy, en 1919, a adopté le vœu suivant: “Que dans toutes les écoles, une classe auxiliaire soit réservée aux enfants anémiés et aux arriérés scolaires, avec régime hygiénique ou pédagogique spécial.Cette classe, en plein air, si besoin, pourrait être organisée d’urgence dans n’importe quel local avec le personnel actuel.” Évidemment l’organisation des classes de plein air, durant nos hivers rigoureux, exige des dispositions spéciales, que l’on ne peut que difficilement généraliser.Mais une forme de traitement des enfants débiles qui peut être faite facilement est bien l’école à fenêtres plus ou moins ouvertes, suivant la température extérieure.Ces classes de plein air, ou à fenêtres ouvertes, sont maintenant très répandues en Europe et aux Etats-Unis, où on-n’en compte pas moins de 1000 à 1500 qui fonctionnent régulièrement, soit durant toute l’année soit au moins durant les mois de la belle saison.Les colonies de vacances sont appelées à rendre aussi de grands services aux enfants faibles des villes incapables d’aller, aux frais de leurs familles, passer quelques semaines à la campagne durant les mois de chaleur de l’été.L’expérience en est faite grâce aux organisations existantes à Montréal et à Québec.Montréal a sa colonie des grèves à Contrecœur qui fonctionne déjà depuis quelques années et qui prend de plus en plus d’expansion.On a aussi ouvert une colonie à Montréal-Nord.Des centaines d’enfants ont ainsi l’avantage de bénéficier d’un séjour à la campagne.Sans ses organisations, ces pauvres enfants n’auraient pour partage que le pavé des rues et l’espace restreint des fonds de cours.La même chose existe à Québec, où on lui a donné une extension considérable notamment à l’Hôpital Laval.On voit là le rôle que joue dans une campagne antituberculeuse l’inspection médicale des écoles Heureusement que, depuis 1915, la loi scolaire a été amendée à l’effet d’autoriser les commissions scolaires à instituer l’examen médical des élèves.Jusqu’à aujourd’hui, les autorités qui ont mis à profit cette sage disposition de la loi forment une bien petite minorité.Nous est-il permis d’espérer que les membres des différentes commissions scolaires de la province qui auront lu cet article comprendront l’importance du mouvement et travailleront à sa réalisation ?Dans tous les cas, nous pouvons les assurer qu’ils trouveront toujours au Conseil supérieur d’hygiène l’appui et la direction dont ils pourraient avoir besoin.J.-A.Beaudoin, M.D. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 419 DU ROLE DE LA FORÊT {Pour l’Enseignement Primaire”) “De la conservation des forêts dépendent le succès de l'agriculture, du commerce, des manufactures et des arts, la marine, la navigation intérieure, les mines, toutes les commodités de la vie et notre existence même." Ainsi s’exprimait sur l’importance des forêts le rédacteur d’un rapport présenté, en l’an IV, à la Convention.On ne saurait mieux dire, mieux résumer les influences de la forêt dans la vie des peuples.Ce qu’il y a d’étonnant, c’est qu’à une époque si tourmentée, l’on se soit préoccupé de cette question, c’est que, dans ces temps d’aberration, on ait vu si clair dans le problème de la conservation des massifs forestiers.La forêt a, dans l’économie d’un pays, véritablement le rôle que lui assignent les sylviculteurs et dont le rapport de l’an IV soulignait les multiples aspects.La forêt est, d’abord, la grande pourvoyeuse de matière ligneuse, de cette matière si importante qu’on la retrouve sous différentes formes dans toutes les manifestations de l’existence de l’homme, depuis le berceau jusqu’à la tombe.Aussi, a-t-on pu dire que sans bois aucune civilisation ne pourrait se concevoir, aucun peuple se maintenir.La forêt non seulement fournit à l’homme la matière ligneuse dont il a besoin, mais elle lui offre encore certains fruits dont il se nourrit.Elle préside à la conservation du gibier et du poisson, dont il est si friand.Au premier, elle fournit de fraîches retraites bien ombragées, au second, une eau pure et fraîche pour les lacs et les rivières où il vit et s’ébat.Elle assainit l’atmosphère, purifie les eaux d’alimentation et par là contribue à assurer la santé de l’homme.Elle va même, grâce à ses exhalaisons, jusqu’à guérir certaines maladies dont il souffre.On sait que, dans tous les pays où l’on s’est employé à faire à la tuberculose une lutte victorieuse, l’on tient comme l’arme la plus perfectionnée celle des sanatoria élevés à proximité ou à l’intérieur des peuplements de bois résineux.La forêt exerce sur la distribution des pluies une action très sensible.L’eau étant absolument nécessaire au maintien des différentes cultures que l’homme a adaptées à ses besoins, comme à ses commodités, tout ce qui influe sur sa distribution ne saurait qu’être à l’avantage de l’homme.Les massifs forestiers importants constituent un milieu très propice à amener la liquéfaction des nuages qui viennent en contact avec eux.Ils reprennent, en quelque sorte, une partie de l’eau qu’ils ont perdue sous l’ardeur du soleil, par évaporation.Liquéfiant la vapeur d’eau dont sont faits les nuages, les massifs forestiers importants dispensent aux champs, aux rivières et aux lacs du voisinage l’eau créatrice de vie et productrice de force.Si l’eau est indispensable au maintien des cultures, elle ne l’est pas moins à l’activité d’une foule d’usines.Il s’agit de ces usines où la matière première subit les transformations les plus variées, de celles où se crée la bienfaisante lumière, de celles où se constitue une énergie capable d’accomplir, au loin, les œuvres les plus diverses, d’allégir le travail des ouvriers, voire même d’y ajouter, de toutes ces usines qui se sont établies le long des rivières à proximité des chutes d’eau, pour utiliser toute la puissance dont elles sont capables., L’existence de ces usines, la production des œuvres auxquelles elles sont préposées, sont subordonnées à la régularité du débit des chutes d’eau, à l’uniformité, à la continuité d’écoulement des rivières.Mais les chutes et les rivières ne peuvent avoir cette régularité de débit, cette uniformité d’écoulement, si des réserves d’eau ne se trouvent pas toujours prêtes à les alimenter.Il est essentiel que les mines de houille blanche, si l’on peut ainsi parler, puissent se refaire au fur et à mesure qu’elles sont utilisées.C’est là l’œuvre à laquelle s’emploie la forêt.Non seulement elle sollicite les pluies à se produire, mais elle en garde jalousement une forte proportion dans le sol spongieux qui lui sert d’assise.Elle soustrait les eaux qui se sont infiltrées dans son parterre à l’ardeur du soleil, comme elle préserve d’une fonte rapide les 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE neiges qui se sont accumulées sous son couvert.Ces eaux de pluie et de fonte qui s’infiltrent lentement entre les particules terreuses du sol, s’acheminent lentement, par des milliers de canaux capillaires, "vers les lacs et les rivières pour y refaire les approvisionnements d’énergie dont l’industrie ne peut se passer.De tout cela, il résulte que la forêt est pour l’humanité tout à fait précieuse.Comme nous le verrons dans un prochain article, elle ne l’est pas seulement par le bien qu’elle fait, mais encore par le mal qu’elle empêche de se produire.Avila Bédard, Directeur de VEcole dJArpentage et de Génie forestier.CHRONIQUE JUDICIAIRE ACQUISITION DTMMEUBLES—POUVOIR DES COMMISSAIRES Le 30 septembre 1920, à Québec, la Cour Supérieure siégeant en revision infirmait un jugement rendu par la Cour Supérieure dans le district de Roberval, le 30 avril de la même année.Les parties en cause étaient Hébert & al, demandeurs-appelants, et les Commissaires d’écoles de Saint-Félicien, défendeurs-intimés.En date du 12 octobre 1919, les Commissaires d’écoles de la paroisse de Saint-Félicien avaient adopté une résolution conçue dans les termes suivants: “Il est unanimement résolu que la Commission achète l’hôtel Chibougamou et le terrain attenant audit hôtel pour le prix de $26,000, aux conditions suivantes : $15.000 comptant et la balance à $500 par année, sans intérêts; il est convenu avec les vendeurs de payer le comptant dans l’espace de cinq ans, moyennant l’intérêt de 7%; que le président et le secrétaire-trésorier soient autorisés de signer le contrat après que ladite résolution sera en force;—Pour faciliter la commission scolaire, M.le Curé s’engage à donner pour part, en passant le contrat, $375, le 1er juillet 1920, $225, en juillet 1921, et en juillet 1922, $2C0.Il est bien compris que cet achat sera la propriété de l’arrondissement No 1 et qu’il sera prélevé une taxe spéciale sur ledit arrondissement pour le paiement des termes.” Hébert et al appelèrent de cette résolution à la Cour Supérieure, qui renvoya leur action avec dépens.Ils appelèrent alors de ce jugement de la Cour Supérieure devant la Cour de Revision, à Québec.Voici ce que les demandeurs-appelants prétendaient et soutenaient devant le tribunal: 1.La résolution a été adoptée malgré une vive opposition des contribuables; 2.elle est-uttra vires et illégale; 3.elle n’a pas été autorisée par le lieutenant-gouverneur en conseil sur la recommandation du Surintendant de l’Instruction publique; 4.elle ne mentionne pas pour quelles fins la Commission scolaire a fait l’acquisition de l'immeuble en question.De leur côté, les commissaires défendeurs plaidaient ceci: 1.l’édifice mentionné dans la résolution a été offert à la Commission scolaire pour être converti en maison d’école par les propriétaires; 2.l’acquisition en a été faite pour fins scolaires, l’arrondissement No 1 n’ayant qu’une école temporaire située sur un terrain appartenant à la Fabrique, insuffisante pour les besoins de l’arrondissement et défectueuse au point de vue de l’hygiène.En Cour Supérieure, le juge a renvoyé l’action en se basant sur plusieurs raisons dont voici les principales : “Considérant que, dans ces circonstances, l’autorisation du lieutenant-gouverneur en conseil peut tout aussi bien être obtenue après qu’avant l’adoption d’une résolution de la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 421 nature de celle dont il s’agit dans la présente cause, et que, partant, le simple fait de n’avoir pas obtenu telle autorisation avant l’adoption de ladite résolution ne peut, en aucune manière, la faire déclarer ni illégale ni ultra vires, Considérant que, n’étant pas approuvée par le lieutenant-gouverneur en conseil, ladite résolution demeure purement et simplement ineffective, mais ne devient pour cela ni illégale ni ultra vires.Considérant qu’il n’est pas allégué ni prouvé que les défendeurs aient même tenté de mettre ladite résolution à exécution avant que l’approbation requise par la loi n’ait été obtenue; Considérant que les défendeurs peuvent encore aujourd’hui légalement obtenir l’autorisation requise par la loi pour rendre ladite résolution effective.La Cour de Revision a cassé ce jugement et donné raison aux demandeurs appelants.Voici le jugement: “Considérant que la résolution votée par les commissaires d’écoles de Saint-Félicien, \e 13 octobre 1919, décrétant l’achat, au prix de $26.000, de l’hôtel Chibougamou et du terrain y attenant est ultra vires et illégale; “Considérant que ladite commission n’ayant à l’époque de ladite acquisition, aucuns fonds disponibles pour en payer le prix, devait pourvoir par la résolution même au mode de paiement, soit par une imposition, un emprunt ou une émission d’obligations, soit en donnant une hypothèque sur ses biens, avec les autorisations requises; “Considérant qu’une acquisition faite en dehors de ces conditions rendait illusoires toutes les dispositions de la loi, qui soumettent au contrôle des contribuables et de l’exécutif les actes des commissions scolaires, qui ont pour effet d’engager leurs biens; “Considérant que ladite résolution est incomplète et défectueuse en ce qu’elle ne dit pas pour quel objet est faite cette acquisition d’un hôtel et que ladite commission n’a pas le droit de contracter pour autres fins que celles spécialement autorisées par la loi scolaire; “Considérant que l’action qui conteste la légalité de ladite résolution a été bien intentée et que le jugement qui l’a rejetée est mal fondé; Cette Cour casse et infirme ledit jugement et, procédant au jugement que la Cour Supérieure aurait dû rendre, maintient l’action et casse et annule ladite résolution du 12 octobre 1919, avec dépens de ladite Cour Supérieure et de cette Cour (de Revision).La jurisprudence veut que, entre deux jugements contraires rendus dans une même affaire, on s’en tienne à celui de dernière instance.C’est donc le jugement de la Cour de Revision qu’il faudra se rappeler.Ettg.L’Heureux, avocat.REPANDONS “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE” Dans l’intérêt du progrès scolaire, nous demandons aux instituteurs et aux institutrices de répandre l’Enseignement Primaire dans la localité où ils enseignent.Dans les familles, la revue rendrait service et contribuerait à créer un lien sympathique entre l’école et la famille.Dans les écoles à plus d’un maître, les commissions scolaires pourraient payer des abonnements supplémentaires.Le Gouvernement donne l’exemple en envoyant un numéro de l’Enseignement Primaire par école sous contrôle des commissaires.Que ces derniers imitent cet exemple en payant un abonnement à chacun de leurs maîtres et maîtresses.A tout instituteur et à toute institutrice qui adressera cinq abonnements 'payés à l’administrateur de la revue, M.J.-R.Paradis, Boîte 636, H.-V.Québec, nous enverrons un 6e abonnement gratuit, pour une année, à l’adresse qui sera indiquée. 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS COMITE CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Procès-verbal de la session de février 1922.Séance du 1er février 1922.Présents :—L'honorable C'yrille-F.Delâge, surintendant, président; Mgr Févêque de Sherbrooke, Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque d’Haileybury, Mgr Georges Gauthier, auxiliaire, représentant Mgr l’archevêque de Montréal; M.le chanoine L.-N.Campeau, représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa; M.le chanoine Louis Mousseau, représentant Mgr l’évêque de Valleyfield; M.l’abbé Léon Maurice, représentant Mgr l’évêque de Chicoutimi; M.l’abbé Alfred Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières; Mgr F.-Z.Decelles, représentant Mgrl’évêquedeSt-HyacinthejM.l’abbéR.Mercure, représentant l’administrateur du diocèse de Mont-Laurier; Mgr Z.Lorrain, représentant Mgr l’évêque dePembroke; M.l’abbé W.Monaghan, représentant Mgr l’évêque de Charlotteto^vn,• Mgr F.-X.Ross,représentant Mgr l’évêque de Rimouski; l’honorable Thomas Cbapais, l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-F.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Paul-G.Martmeau, M.Jules-Edouard Prévost, M.Hyacinthe-A.Fortier, l’honorablejugeW.Mercier, Mgr 1 h.-G.Rouleau, M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Nap.Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.J.-N.Miller, secrétaire.Lecture de lettres de l’administrateur du diocèse d’Ottawa, de Mgr l’évêque de Valleyfield, de Mgr l’évêque de Chicoutimi, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de St-Hyacinthe, de l’administrateur du diocèse de Mont-Laurier, de Mgr l’évêque de Pembroke et de Mgr l’évêque de Charlottetcwn, déléguant respectivement M.le chanoine L.-N.Campeau, M.le chanoine Louis Alousseau, M.l’abbé Léon Maurice, M.l’abbé Alfred Comtois, Mgr F.-Z.Decelles, Al.l’abbé R.Mercure, Mgr Z.Lorrain et M.l’abbé W.Monaghan, pour les représenter à la présente session.Lé procès-verbal de la dernière session est approuvé.Mgr l’évêque d’Haile>bury propose , appuj-é par l’honorable M.Chapais, que l’inscription suivante soit faite au procès-verbal de cette séance : “ Le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique a appris avec chagrin la “ mort de Sa Grandeur Algr Gauthier, archevêque d’Ottawa, et celle de Sa Grandeur Mgr “ Brunet, évêque de Mont-Laurier, tous deux membres de ce Comité, et il tient à rendre hom-“ mage aux grandes qualités des vénérables défunts et en particulier à leur inaltérable “ dévouement à la cause de l’éducation.”—Cette résolution est adoptée unanimement.Le sous-comité chargé de l’examen des livres de classe présente le rapport suivant : L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 423 RAPPORT DU SOUS-COMITE CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 31 janvier 1922.Présents :—Mgr Forbes, président pro-Um., Mgr Brunault, Thonorable juge Kobi-doux, Thonorable Dr Guerin, l’honorable Hector Champagne, M.Nap.Brisebois, M.le Sur-intendant de l’Instruction publique et M.J.-N.Miller, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis : 1.—“Atlas-géographie, étude physique, administrative, économique de la Province de Québec et du Canada, avec des notions générales sur les cinq parties du monde”, par les Frères Marist.es.—Le sous-comité ne peut recommander ce livre avant qu’une nouvelle édition, corrigée conformément aux suggestions de l’auteur et que certains autres changements qui lui seront soumis par le Surintendant de l’Instruction publique, ait été imprimée, et que l’ouvrage ainsi corrigé ait été soumis de nouveau pour approbation.2.—“ La classe en anglais, cours supérieur”, par les Frères de l’Instruction chrétienne.—Recommandé, à condition que le prix de ce livre ($2.00) soit imprimé sur la couverture ou sur la page du titre, conformément à l’article 247 des règlements du Comité catholique.3.— “Lectures littéraires”, par les Frères de l’Instruction chrétienne.—Recommandé, avec la même réserve que le livre précédent.($1.50 l’exemplaire).4.—“ Système Bélanger d’écriture commerciale pratique, cours primaire”.—Recommandé, l’éditeur devra aussi se conformer aux prescriptions de l’article 247 des règlements scolaires.(30 cts l’unité).(Signé) f Guillaume forbes, évêque de Jolietté, Président pro-tem.M.Nérée Tremblay soumet la motion suivante dont il avait donné avis à la séance du mois de septembre 1921 : “ Pour encourager les brevetés des écoles normales et du Bureau “ central des examinateurs catholiques à étudier après leur sortie de l’école, il est résolu que “ le Comité catholique mette à l’étude la question de l’établissement de la licence en pédago-“ gie et des moyens de l’établir.” Après explications données par M.Tremblay et après discussion à laquelle prennent part Mgr Gauthier, Mgr Ross et M.Brisebois, le Comité approuve le principe de cette résolution, puis il est proposé par M.Nérée Tremblaj'-, appuyé par Mgr F.-X.Ross, et résolu unanimement : “ Qu’un sous-comité soit nommé pour étudier les moyens à prendre afin d’obtenir la “ création de cours de pédagogie qui permettraient l’obtention de diplômes supérieurs à ceux “ décernés par l’école normale et par le Bureau central des examinateurs catholiques, et d’en “ préparer les programmes ; que ce sous-comité soit drvisé en deux sections, celle de Mont-“ réal, composée de ï gr Georges Gauthier, de M.l’abbé J.-O.Morice, professeur de péda-“ gogie à l’Université de Montréal, de M.A.-C.Miller, directeur-secrétaire du districtCen-“ tre, et de M.J.-M.Manning, directeur-secrétaire du district Est; celle de Québec, compo-“ sée de Mgr François Pelletier, directeur de l’École normale supérieure de l’Université La-“ val, de M.l’abbé Georges Courchesne, principal de l’École normale de Nicolet, de M.C.-“ J.Magnan, inspecteur général des écoles catholiques de la province, et du proposeur ; que “ ces deux sections pourront s’assembler pour fondre le travail préparé par chacune d’elles.“ Ce sous-comité, qui pourra s’adjoindre des aides s’il le juge nécessaire, devra faire rapport “ à la prochaine session du Comité catholique.” 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Comité prend communication d’un mémoire de M.le brigadier-général J.-P.Landry, président du comitélocal catholique chargé de l’administration du Fonds Strathcona dans la province de Québec, concernant les exercices physiques et militaires dans les écoles.Il s’élève à ce sujet une discussion à laquelle prennent part Mgr Rouleau, Mgr Ross, M.le Dr Guerin, M.le juge Martineau et M.l’abbé Desrosiers, puis il est résolu de s’en tenir sur ce point aux résolutions adoptées par le Comité catholique à ses séances du 6 octobre 1910 et du 28 septembre 1921.M.le président attire l’attention du Comité sur le travail considérable qui a été fait par le sous-comité du nouveau programme d’études des Écoles normales, et il est unanimement résolu, sur proposition de l’honorable M.Robidoux, appuyé par M.Jules-Edouard Prévost : “ Qu’une indemnité de mille piastres, prise à même les fonds du Comité catholique, soit ac-“ cordée aux membres du sous-comité qui a préparé le nouveau programme d’études des Êco-“ les normales, et que cette somme soit partagée par le Surintendant entre les membres de ce “ sous-comité et le secrétaire qui a été chargé de faire les procès-verbaux des diverses séances, “ et ce, proportionnellement au travail accompli par chacun d’eux.” Le Comité prend ensuite en considération l’article suivant de l’ordre du jour : “ Communication de l’Association des inspecteurs d’écoles catholiques soumettant les vœux suivants adoptés à sa réunion du 12 août 1921: (a) Chant patriotique : “ En vue de développer de plus en plus l’amour de la patrie “ canadienne, il est résolu que les maîtres et les maîtresses soient priés de faire chanter, au “moins une fois par semaine, l’hymne national “ O Canada!”.—Le Comité concourt dans “ ce vœu.(b) Notes d’appréciation : ‘‘Considérant que la valeur des mots ATul, Mal, Médiocre, Bien, Trts bien, Excellent, que l’on donne comme traduction des chiffres servant de coefficients aux notes d’appréciation, soit dans le bulletin d’inspection ou soit dans le rapport annuel, ne correspond pas à l’idée que l’on se fait ou que l’on a de ces mots, et porte souvent à des critiques désagréables, l’Association des inspecteurs d’écoles catholiques recommande de changer le barème déterminé par le paragraphe 7 de l’article 225 des règlements du Comité catholique par le suivant : 10, Excellent; 8 et 9, Irès bien; 7, Bien; 6, Assez bien; 5, Passable; 4, Médiocre; 3, Mal; 1 et 2, Irès mal; 0, Nul.”—Ce vœu reçoit l’approbation du Comité.(c) Certificats d’études primaires : “Attendu que, à la demande du gouvernement, les inspecteurs d’écoles ont fait, en novembre 1919, des suggestions concernant l’établissement d’un Bureau de certificat d’études primaires en notre province ; “ Attendu que le Comité catholique, à sa session du 4 février 1920, a approuvé la création des certificats d’études primaires : “ L’Association des inspecteurs d’écoles catholiques verrait avec plaisir la formation d’un bureau autorisé à délivrer ces certificats dès la fin de l’année 1922-23, c’est-à-dire dès 1 a première année de la mise en opération du nouveau programme d’études primaires”.—Le Comité ne concourt pas dans ce vœu pour le présent.(d) “ Que les deux colonnes se rapportant à l’école, contenues dans le bulletin d’inspection du deuxième semestre, “ Mise en opération du cours d’études” et “ Succès remportés dans l’enseignement par les instituteurs,” soient réduites à une seule.(Voir Règlements du Comité catholique, article 225, paragraphe 15, sections 6 et 7).—Le Comité ne concourt pas dans ce vœu, attendu qu’il y a une distinction à faire entre les deux questions qui précèdent.Le Comité n’approuve pas une requête du révérend Frère directeur du Collège de St-Raymond, comté de Portneuf, par laquelle il demande que l’article .17 des règlements du L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 Comité catholique soit amendé de manière à permettre que le congé hebdomadaire dans les écoles puisse être pris en deux demi-journées, lorsqu’une commission scolaire jugera la chose opportune.A la demande de M.le chanoine Mousseau, représentant de Mgr l’évêque de Valley-field, la prise en considération de deux requêtes du révérend Frère Marius, directeur des études de l’Institut des Frères Maristes, la première concernant l’âge d’admission des novices de cette communauté aux examens du Bureau central, et la seconde demandant que ce Bureau soit autorisé à faire subir les examens au Collège Laval, à St-Vincent-de-Paul, pour les aspirants appartenant à l’Institut des Frères Maristes, est remise à la session du mois de mai prochain.Le Comité recommande, à la suggestion du Surintendant, que la traduction en anglais des nouveaux programmes d’études soit confiée à M.John Ahern, professeur à l’École normale Laval et membre du Comité catholique, et qu’une nouvelle édition des règlements scolaires soit imprimée aussitôt que possible.Et la séance est ajournée, la prochaine session du Comité catholique devant avoir lieu, le deuxième mercredi du mois de mai prochain.J.-N.Miller, Secrétaire.BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Instructions aux personnes qui se proposent de subir l’examen cette année Québec, 26 février 1922.L’examen des candidats aux brevets de capacité pour l’enseignement commencera, cette année, le 27 juin prochain et se terminera le 30 de ce mois.Les aspirants au diplôme académique commenceront à subir l’examen le mardi, 27 juin, et les autres, c’est-à-dire les candidats au brevet élémentaire et au brevet modèle, ne commenceront leur examen que le lendemain, mercredi, 28 juin.Le programme des Écoles normales d’après lequel le Bureau central des examinateurs catholiques doit faire subir les examens pour l’obtention des diplômes des trois degrés comprend les matières suivantes; ce programme est absolument le même que celui des années précédentes : Brevet élémentaire Prières et catéchisme.Pédagogie.Histoire sainte.Bienséances.Lecture française.Lecture anglaise.Lecture latine.6261—4 Brevet modèle Prières et catéchisme.Cours de religion.Pédagogie.Histoire Sainte et de l’Église.Bienséances.Lecture française.Lecture anglaise.Lecture latine.Brevet académique Prières et catéchisme.Cours de religion.Pédagogie.Histoire Sainte et de l’Église.Bienséances.Lecture française.Lecture anglaise.Lecture latine. 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Grammaire, analyse et lexicologie.Dictée .¦—Écriture.Littérature.Composition.Arithmétique.Calcul mental.Comptabilité domestique, et agricole.Géographie, inst.civique.Histoire du Canada.Histoire des Etats-Unis.Dessin.Sciences naturelles—zoologie, botanique.Hygiène.Agriculture.Grammaire, analyse et lexicologie.Dictée.—Écriture.Littérature.Composition.Arithmétique.Calcul mental.Comptabilité commerciale.Géographie, inst.civique.Pistoire du Canada.Histoire des États-Unis.Dessin.Sciences naturelles—zoologie, botanique, cosmographie.H3rgiène.Agriculture.Toisé des surfaces et des solides.Algèbre.Histoire de France.Histoire d’Angleterre.Grammaire, analyse et lexicologie.Dictée.—Écriture.Littérature et histoire littéraire Composition.Arithmétique.Calcul mental.Comptabilité commerciale.Géographie, instruction civique.Histoire du Canada.Histoire des États-Unis.Dessin.Sciences naturelles—zoologie, botanique, cosmographie.Hygiène.Agriculture.Toisé des surfaces et des solides, et géométrie plane.(Cette dernière 'pour les hommes seulement.) Algèbre.Histoire de France.Histoire d’A.ngleterre.Histoire Ancienne.Physique.Philosophie.Trigonométrie (Pour les hommes seulement.) La lecture française et la lecture anglaise sont maintenant obligatoires à tous les degrés et pour tous les candidats.On ne doit pas oublier que, comme par le passé, les matières du brevet élémentaire sont aussi obligatoires pour les diplômes modèle et académique et que les matières du brevet modèle sont également obligatoires pour le diplôme académique.Les candidats doivent subir l’examen dans leur langue maternelle sur toutes les matières mentionnées ci-dessus pour chaque catégorie de diplôme, et ceux qui veulent obtenir un brevet pour les deux langues doivent, en outre, être examinés sur les sujets suivants, en français ou en anglais, suivant le cas: grammaire, dictée et composition.Les personnes qui ont obtenu le diplôme élémentaire ou le diplôme modèle en 1916 ou après cette année, c’est-à-dire celles qui ont subi l’examen sur le programme des écoles normales, seront exemptées de passer un nouvel examen sur les matières suivantes: 1.—Histoire du Canada, histoire des EtatsTJnis, bienséances, hygiène et agriculture, pour les personnes munies du diplôme élémentaire et qui se présenteront pour le brevet modèle ou le brevet académique; 2.—Histoire Sainte et de l’Église, histoire du Canada, histoire des États-Unis, histoire de France, histoire d’Angleterre, bienséances, arithmétique, comptabilité, géographie et instruction civique, hygiène, agriculture, sciences naturelles (zoologie, botanique, cosmographie), pour les personnes déjà munies du diplôme modèle et qui se présenteront pour le brevet d’académie.Les jeunes filles qui, l’an dernier, ont obtenu le certificat modèle et qui se présenteront cette année pour le brevet supérieur, bénéficieront des exemptions mentionnées dans l’alinéa qui précède. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 Quant aux aspirants et aspirantes qui ont obtenu un diplôme du Bureau central avant Fannée 1916, ils ne bénéficieront que des exemptions suivantes, s’ils se présentent pour un brevet supérieur : 1.—Histoire du Canada, pour les diplômés élémentaires.2.—Histoire du Canada, histoire de France, histoire d’Angleterre et comptabilité, pour les diplômés modèles.Les aspirants et aspirantes qui ont déjà obtenu un diplôme ou un certificat du Bureau central ne doivent pas oublier, dans leur lettre de demande d’admission à l’examen, de mentionner le degré, la date et le numéro de leur diplôme ou de leur certificat.Ils ne sont pas tenus d’envoyer de nouveau leur extrait de baptême, mais ils doivent produire un autre certificat de moralité.L’examen se fera dans les localités suivantes: Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Nicolet, Rimouski, Chicoutimi, Valleyfield, Hull, Joliette, Baie-Saint-Paul, Carleton, Farnham, Fraserville, Havremux-Maisons, Montebello, New-Carlisle, Grande-Rivière, Pointe-aux-Esquimaux, Fort-Coulonge, Roberval, Sainte-Anne-des-Monts, Saint-Ferdinand-d’Halifax, Ste-Agathe-des-Monts, Sainte-Marie-de-Beauce, Saint-Georges-de-Beauce, Victoriaville, Maniwaki, Tadoussac, Rivière-au-Renard, Ville-Marie, Sept-Iles, Mont-Laurier et Amos.Toute personne qui se propose de subir l’examen devant le Bureau central doit, au MOINS TRENTE JOURS AVANT l’ÉPOQUE FIXÉE POUR L’EXAMEN, c’est-à-dire AVANT LE 27 mai, en informer le secrétaire du Bureau et lui transmettre en même temps, conformément aux dispositions de la formule ci-après : 1.Un certificat de moralité signé par le curé ou le desservant dqla paroisse où elle a résidé pendant les six mois précédant l’examen ; 2.Son extrait baptistaire ; 3.La somme exigée comme droit d’examen.Cette somme est de $3.00 pour le diplôme élémentaire (primaire élémentaire), de $4.00 pour le diplôme modèle (primaire intermédiaire) et de $5.00 pour le diplôme académique (prin aire supérieur).Pour être admis à l’examen, les aspirants et aspirantes devront avoir au moins dix-sept ans révolus le ou avant le 31 décembre prochain (1922).On voudra bien ne pas oublier qu’il est tout à fait inutile défaire une demande d’admission à l’examen si l’on n’a pas l’âge réglementaire.Voici la formule que chaque aspirant devra remplir bien exactement et envoyer au secrétaire du Bureau central: (Nom de la localité et date) “Au Secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques, Québec.“ Monsieur, “ Je, soussigné.(écrire ses nom et prénoms), né.à (indiquer l’endroit), le (donner la “ date), domicilié.à (donner le lieu de la résidence de ses parents), comté de (nom du comté), “ ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention de me présenter à (écrire le nom de la loca-“ lité où l’on doit se rendre pour l’examen), afin de subir l’examen en (dire si c’est en français “ ou en anglais, ou dans les deux langues), pour le brevet d’école (élémentaire, modèle ou acadê-“ mique).J’ai l’honneur de vous transmettre la somme de $ (mettre le montant des droits “ d’examen exigés) et le certificat de moralité signé par le curé (ou desservant) de ma paroisse, ainsi que mon extrait baptistaire.“ Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon examen à “ (nom du bureau de poste).“ J’ai déjà obtenu le diplôme (élémentaire où modèle) en l’année (donner l’année).Ce “ diplôme porte le numéro (mentionner le numéro).(Signature de l’aspirant.) 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le certificat de moralité doit être dans les termes suivants : “Je, soussigné, certifie que j’ai personnellement connu et que j’ai eu l’occasion d’observer “ (les nom et prénoms de l’aspirant) pendant (dire le nombre d’années ou de mois) - que durant “ tout ce temps, sa vie et sa conduite ont été sans reproches, et j’affirme que je crois qu.“ est intègre et consciencieu x (ou consciencieuse).(Signature du curé ou desservant de la paroisse.) Les candidats qui ont été ajournés pour quelques matières à l’examen de juin dernier, de même que ceux qui ont échoué complètement, devront renouveler leur demande d’admission à l’examen de juin prochain et l’accompagner d’un nouveau certificat de moralité signé par le curé.Ils ne sont pas tenus cependant de transmettre un nouvel extrait baptistaire.Ces aspirants sont obligés d’envoyer au Secrétaire SI.00 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme élémentaire, S1.50 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme modèle, et $2.00 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme académique.Ils ne devront pas oublier de mentionner le numéro d’ordre qui leur avait été assigné l’année dernière.Ces aspirants feront leur demande comme suit : (Nom de la localité et date.) “ Au Secrétaire du Bureau Central des examinateurs catholiques, Québec.“ Monsieur, “ Je, soussigné.(écrire ses nom et prénoms), né.à (indiquer l’endroit), le (donner la “ date), domicilié.à (lieu de la résidence de ses parents), comté de (nom du comté), ai l’hon-“ neur de vous informer que j’ai l’intention de me présenter de nouveau à (écrire le nom de la “ localité où l’on désire se rendre pour l’examen), afin de reprendre mon examen de l’année der-“ nière pour le brevet d’école (élémentaire, modèle ou académique) en français (ou en anglais ou “ dans les deux langues).Je vous envoie ci-inclus la somme de S (mettre le montant exigé pour “ reprendre son examen), un nouveau certificat de moralité de mon curé (voir la formule du “certificat ci-dessus), ainsi que l’avis que vous m’avez adressé au mois d’août dernier “ (envoyer cet avis).“ Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon examen à ' ' (nom du bureau de poste).Mon numéro, l’an dernier, était (mettre le numéro).(Signature de l’aspirant.) Par arrêté ministériel en date du 28 novembre 1919, sur la recommandation du Comité catholique, l’article 83a a été ajouté aux règlements scolaires.Cet article se lit comme suit: “ Cependant une aspirante âgée d’au moins seize ans révolus ou qui aura atteint cet âge au “ trente et un décembre qui suivra la date de l’examen, et qui promettra par écrit de se pré-“ senter l’année suivante pour le brevet d’académie, pourra être admise à subir l’examen sur “ les matières du brevet modèle.Si elle réussit à cet examen, sur toutes les matières du dit “ brevet modèle, elle jouira des exemptions accordées par le Bureau aux aspirantes au brevet “ d’académie déjà munies du diplôme modèle ; mais elle n’aura pas le droit de réclamer le “ brevet modèle même lorsqu’elle aura atteint sa dix-septième année.” Le Bureau pourra donc admettre aux examens du brevet modèle des aspirantes ayant l’âge fixé par l’article qui précède, mais ces aspirantes devront transmettre au secrétaire du Bureau, à part tous les documents ordinaires, une promesse écrite de se présenter l’année suivante pour l’examen du diplôme académique, et un certificat de la supérieure ou de la directrice de la maison d’éducation qu’elles ont fréquentée, attestant qu’au meilleur de sa connaissance, ces aspirantes ont réellement l’intention de revenir devant le Bureau pour y subir l’examen du brevet académique.Ce certificat de la supérieure ou de la directrice pourra être comme suit : “Je, soussignée, “supérieure ou directrice du couvent de.déclare que Mlle.est une élève de “notre maison et j’ai tout raison de croire qu’elle a réellement l’intention de retourner L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 "devant le Bureau d’examinateurs l’année prochaine pour y subir l’examen du diplôme “ académique.” {Signature de la supérieure ou de la directrice).v.Je réfère à ce sujet aux instructions que j’ai données dans la livraison du mois de janvier 1920, de "L’Enseignement primaire”, aux pages 274, 275 eL276.Les candidats qui, l’an dernier, ont échoué pour la première fois sur moins du quart du nombre des matières n’auront à subir l’exarnen que sur celles mentionnées dans l’avis que je leur ai adressé au mois d’août dernier.Les jeunes filles qui, l’année dernière, ont échoué sur une ou plusieurs matières lors de leur examen pour le certificat modèle ne jouissent d’aucun privilège.Les personnes qui n’ont pas réussi à avoir leurs diplômes en 1898 ou les années suivantes jusqu’en 1920, et qui n’ont pas encore subi une seconde épreuve, devront, si elles se présentent devant le bureau au mois de juin prochain, payer le droit d’examen en entier et être interrogées sur toutes les matières du programme, comme si elles subissaient l’examen pour la première fois.Je demande comme une faveur toute spéciale aux personnes qui doivent se présenter à la prochaine session du Bureau de m’envoyer le plus tôt possible leur demande d’admission accompagnée de tous les documents requis.Un trop grand nombre attendent au mois de mai pour demander leur admission.Tout candidat en règle recevra une carte d’admission à l’examen.On voudra bien faire recommander les lettres contenant de l’argent et l’on est prié de ne pas envoyer de timbres-poste pour payer le droit d’examen.Le Bureau ne fournit pas les plumes; chaque candidat devra donc apporter la sienne, ainsi qu’un crayon de mine de plomb, et une gomme à effacer.En ayant l’obligeance de se conformer fidèlement aux instructions qui précèdent, les aspirants aux diplômes faciliteront l’ouvrage très considérable que nécessite l’organisation des examens et ils me rendront par là même un service signalé.J.-N.Miller, Secrétaire.DOCUMENTS SCOLAIRES RÉSUMÉ D’UNE CONFÉRENCE DONNÉE A VAUDREUIL LE 21 DÉCEMBRE 1921 Monsieur le Président, (1) Messieurs les Commissaires d’écoles, A l’école, le rôle de l’instituteur ne se borne pas à instruire les enfants.Le maître, pour atteindre le but ultime de sa vocation, doit être surtout un éducateur.Le diplôme officiel qu’il a reçu est une garantie généralement suffisante qu’il possède les connaissances nécessaires pour donner un bon ennseignement; tandis que pour être un formateur d’hommes, il lui faut, outre la connaissance approfondie d’une âme d’enfant et les qualités ou vertus qui en font un modèle digne d’imitation, l’autorité qui le posera dans sa classe comme un guide sûr, presque infaillible.(l) L’honorable C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, president du congrès des commissaires d’écoles tenu à Vaudreuil, le 21 novembre 1921.Pour le compte rendu de ce congrès, voir L'Enseignement Primaire, de janvier 1922. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’école étant le prolongement de la famille , l’enfant a le droit d’y retrouver un autre père, une autre mère et en quelque sorte les deux à la fois dans la personne du maître.Les parents qui envoient leurs enfants en classe semblent se déposséder momentanément de leur titre d’éducateurs naturels pour les transmettre au titulaire de l’école.C’est dire que l’instituteur reçoit par délégation l’autorité des père et mère de famille.De plus l’Église, cette autre éducatrice naturelle ,dit aux maîtres :—“ Je te confie mes enfants afin que tu les inities aux sciences divines et particulièrement à la pratique des vertus chrétiennes”.L’état réclame à son tour d’honnêtes citoyens, de bons patriotes.Former des hommes et des femmes aptes à remplir dans le monde le rôle que leur assignera la divine Providence, former des hommes et des femmes qui feront honneur aux familles, à l’Eglise et à la société tout entière, telle est le but que doit atteindre tout bon instituteur.Ce n’est point une tâche facile.Cette mission requiert des qualités et des talents tout à fait spéciaux, un tact peu commun, un savoir-faire peu ordinaire et c’est pourquoi le rôle d’éducateur est difficile à remplir.Il est beau, noble, sublime même, nais chargé de responsabilité.Il y en a de plus éclatants dans la société, en est-il de plus utiles ?Je ne le crois pas.La vocation d’éducateur ,a-t-on écrit est, presque un sacerdoce.Vous conclurez facilement, Messieurs, que les véritables éducateurs méritent votre estime et que vous devez les entourer de votre plus sincère considération.Afin que l’éducation de vos enfants se fasse sûrement et régulièrement, il est nécessaire que ceux qui ont transmis leur autorité au maître ne la lui soustraient pas.Les parents qui n’entourerait pas de respect le maître ou la maîtresse, ruineraient en partie l’autorité de leur représentant et rendraient presque impossible l’éducation de leurs enfants.Ce que je dis des parents concerne également leurs mandataires : les commissaires d’écoles.Soyons pratiques autant que possible et posons-nous immédiatement la question suivante : De quelle manière un commissaire peut-il aider une institutrice à s’acquitter de ses devoirs d’éducatrice?La réponse est toute simple : Soutenez partout et toujours l’autorité de votre maîtresse.Comme commissaire d’écoles, vous êtes les confidents des chefs de famille.LTne bonne maman, cœur un peu trop tendre, va vous trouver et se plaindre de la maîtresse qui, à son avis, est trop sévère, ou ne l’est pas assez,—L’institutrice a des préférences pour celle-ci ou celui-là ;—tel enfant a obtenu une récompense méritée par son fils ;—les devoirs à écrire à la maison sont trop longs, ou trop courts ;—-mon garçon est dans une division trop élevée ou trop basse ;—-ma fille a été punie injustement, trop durement,.et toute la kyrielle de plaintes qu’on entend tous les jours, ici ou là.Si nous nous arrêtions à toutes ces jérémiades, il faudrait conclure que le petit monde scolaire est bien tourmenté et marche fort mal.Il n’en est rien.Dieu merci.Ecoutez, d’une façon courtoise, les confidences qu’on vous fait, mais je vous en prie, ne vous emballez pas, ne vous rendez pas à l’école avant que vous n’ayez pris le temps de réfléchir et de peser la valeur des accusations.N’allez jamais faire une scène en classe, devant les élèves.Tout d’abord il ne convient pas, il n’est point permis, même à un commissaire d’écoles, d’aller déranger les professeurs pendant les heures de travail, et de plus, la précipitation vous exposerait à manquer du tact nécessaire pour éclairer la situation.“ La nuit porte conseil ” dit le proverbe.Lorsque vocs aurez réfléchi, préparé votre entrevue, en quelque sorte, vous pourrez, à une heure convenable, aller trouver la maîtresse et lui demander une explication.Très souvent vous constaterez que les plaintes tombent à faux ou que les défauts reprochés sont exagérés.S’il y a lieu, vous avez le droit et le devoir de faire quelques observations.Agissez envers la maîtr'e^se comme un bon papa agirait à l’égard d’une de ses grandes filles qu'il faudrait réprimander.Evitez à tout prix les paroles dures et blessantes qui pourraient amener le découragement.Il est bon de se mettre à la place de votre institutrice et de songer à la dose de patience dont les maîtres ont besoin dans une classe de vingt, trente ou quarante bambins ou bambines dont le caractère n’est pas toujours des plus mignons.Pauvre chère petite maîtresse! que de parents,de commissaires d’écoles, ferment les yeux sur votre dévouement, pour les ouvrir bien grand sur un moment d’impatience, fort explicable cependant.Heureusement que vous ne travaillez pas pour les hom- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 mes, et que Dieu, pour qui vous façonnez des âmes vous tiendra compte un jour de votre générosité, voire même de l’ingratitude que vous recueillez de ceux que vous faites bénéficier du meilleur de vous-même ! , En principe, Messieurs, aux yeux des enfants, la maîtresse ne doit pas avoir tort.N’est-ce pas la conduite prudente que suivent beaucoup de parents, lors même que, évidemment, l’institutrice s’est trompée.Pour le plus grand bien des écoliers, faites en sorte qu’ils ne soupçonnent jamais leur guide d’être en défaut.Si vous lui donniez tort, vous lui enlèveriez l’emprise qu’elle doit avoir sur les âmes pour les conduire dans la voie du bien.A l’époque des examens que vous faites subir dans les classes,deux fois l’an, vous devez également prendre des précautions pour que votre mécontentement dans le cas d’un échec reste inaperçu des écoliers.Faites vos observations au titulaire à un autre moment.Il arrive parfois que des maîtres vraiment zélés s’occupent de la conduite des enfants en dehors de l’école.C’est une preuve évidente de leur dévouement.Tout maître est tenu par les Règlements scolaires de s’enquérir si tel ou tel élève s’est bien tenu en venant à l’école ou en retournant chez ses parents.Serait-il raisonnable alors de blâmer une maîtresse qui réprimanderait ou punirait un écolier dont la conduite a été répréhensible ?Non, Messieurs, encouragez plutôt toutes vos institutrices à surveiller ainsi vos petits enfants.Des parents reprochent aux éducateurs de se montrer d’une sévérité outrée en certains cas.Je ne nie pas qu’il y ait excès de zèle de temps en temps et que des maîtresses s’oublient au point de corriger trop sévèrement les enfants ; de les frapper.Permettez-moi de vous donner mon humble opinion sur ce sujet.Je suis opposé à l’emploi des punitions corporelles, mais je reconnais pourtant leur nécessité.D’ailleurs je ne saurais me mettre en contradiction avec l’Écriture Sainte.Nous lisons, en effet, au livre des Proverbes: a’Laverge et la correction donnent la sagesse, mais l’enfant qui est abandonné à sa volonté, couvrira sa mère de confusion” (29.15) et ailleurs : “ N’épargnez point la correction à l’enfant ; car si vous le frappez avec la verge il ne mourra point.Oui, vous le frapperez avec la verge, et vous délivrerez son âme de l’enfer” (23, 13, 14).Que de parents pourraient méditer sur ces paroles et en tirer profit pour le plus grand avantage des petits que Dieu les a chargés d’élever ! Cependant tout en acceptant la sagesse des conseils exprimés dans les Proverbes, je blâmerais un instituteur qui abuserait de ces moyems de correction.“In medio virtus”.A un maître qui aurait employé tous les moyens ordinaires de répression, je dirais volontiers: employez modérément les punitions corporelles dans les limites où les règlements scolaires les permettent.Tant que vos maîtresses ne dépassent pas les bornes, ne vous plaignez pas d’elles.Dans une école, j’aime mieux un excès de sévérité qu’un laisser aller qui ouvre la porte à tous les désordres.S’il n’y a pas de discipline dans une classe, n’attendez ni travail, ni succès, ni moralité.Une école ou un bon règlement n’est pas observé n’est plus le sanctuaire de la vertu.L’expérience nous prouve que dans ce milieu les enfants se déforment plus qu’ils ne se forment.“ Monsieur l’inspecteur me disait, il y a environ une quinzaine de jours un secrétaire -trésorier qui suit de près les écoles de sa commission : “Nous ne reconnaissons plus les écoliers de l’arrondissement no 3.L’an dernier, personne ne pouvait passer sur le chemin sans être ennuyé par les enfants.Cette année nos petits garçons se montrent polis, aimables au possible”—Votre constatation ne me surprend nullement, Monsieur le Secrétaire.J’ai eu le plaisir de féliciter votre petit monde sur sa bonne tenue pendant l’examen.Votre école est complètement transformée ; non seulement les écoliers et écolières m’ont paru bien élevés, mais je ne suis rendu compte qu’ils sont sur la voie du progrès : votre école presque vide en mars dernier est bien remplie ; j’y ai trouvé de beaux et de bons cahiers de devoirs journaliers qui annoncent de l’application, etc.“Nous sommes bien tombés, cette année, Monsieur l’inspecteur.Nous avons une excellente maîtresse.Quelques personnes la trouvaient exigeante, trop sévère au début, mais tout le monde est content d’elle maintenant.La commission scolaire lui a même accordé 150 de plus que le prix convenu lors de son engagement”.—Bravo ! mon ami.Vous êtes de ceux qui comprennent leur rôle. 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je m’arrête sur ce sujet, Messieurs, car je devine que’vous m’avez bien compris.Je suis persuadé que vous soutiendrez tous l’autorité de vos maîtres et maîtresses, tant que les circonstances vous le permettront.II.—PROGRAMME D’ÉTUDES Il arrive que pour donner suite aux observations plus ou moins justes, plus ou moins motivées des parents, les commissaires d’écoles demandent aux instituteurs de modifier le programme des études.Je dois vous dire que le personnel enseignant ne peut changer un iota du programme adopté.Ni l’instituteur, ni l’inspecteur d’écoles, ni même Monsieur le Surintendant de l’instruction publique ne prendront sur eux de faire les modifications demandées.Le seul changement autorisé et prévu par les Règlements du Comité catholique se rapporte aux enfants qui se préparent à la première communion.Dans cette division “ Les élèves seront l’objet d’une attention spéciale en ce qui concerne l’enseignement du catéchisme.Au besoin, on les dispensera d’une partie des exercices de classe.” “ D’une partie” comprenons bien, mais non de tout le reste du programme, comme la chose se pratique encore dans quelques endroits.La maîtresse doit donc faire de la lecture, de l’écriture, un peu d’arithmétique, de la grammaire, de l’histoire et de la géographie.Ces divers exercices seront une sorte de délassement, car il serait abrutissant pour ces petits de n’étudier qu’une seule matière pendant les 6 heures de classe.N’oubliez pas, Messieurs, que l’étude du catéchisme est au programme pour chacune des années du cours d’études.Il n’est donc point permis de reléguer à l’arrière-plan l’enseignement de la religion sous prétexte que les enfants ont fait leur première communion solennelle.Si vous retranchez l’enseignement des vérités religieuses, sur quoi l’institutrice se basera-t-elle pour former les consciences?J’estime que le plus grand, le meilleur service à rendre aux écoliers est de leur donner une formation morale à toute épreuve.Non, chers amis, ce n’est pas à une époque où l’on constate partout que notre foi semble affaiblie, que notre sens moral est en baisse, qu’il a même disparu dans certains milieux, qu’il faut tarir la source de notre vitalité morale.Assurez-vous plutôt que le catéchisme est la leçon la plus soignée à l’école.En vous parlant ainsi, je ne fais que corroborer ce que l’honorable Surintendant de l’instruction publique écrivait aux inspecteurs d’écoles le 25 août dernier.Voici une phrase de sa circulaire: “Signalez au personnel enseignant l’importance de l’enseignement religieux à l’école.” Suivons donc le sage conseil de Monsieur le Surintendant.Nous nous trouverons en très bonne compagnie.Nous répondrons à l’appel de la plus haute autorité scolaire de la province et nous suivrons ainsi la ligne de conduite que nous ont tracée nos évêques et la papauté de toutes les époques.Anglais.—Nous reconnaissons tous l’importance de l’étude de l’anglais.Dans l’intérêt des individus comme dans l’intérêt de notre société canadienne-française, il faut que nos petits Canadiens sachent et parlent l’anglais d’une façon convenable.Inutile donc de discuter cette question.Mais il importe de rester dans l’ordre et, sous prétexte d’utilité, ne pas changer la nature de nos écoles.Si nous écoutions quelques parents, il faudrait convertir nos écoles françaises, qui conviennent pourtant si bien à notre mentalité, en écoles anglaises.Ce serait à mon avis une très grave erreur.Le plus sage est de nous en tenir à la disposition du programme.C’est un fait d’expérience que lorsque les enfants connaissent bien leur langue maternelle, la seconde langue s’acquiert facilement et beaucoup plus rapidement.J’admets que dans quelques municipalités le besoin d’anglais se fait sentir plus que dans d’autres.Les programmes qui entreront bientôt en vigueur régleront la question, je l’espère, à la satisfaction de tout le monde.Afin de faciliter l’enseignement de l’anglais, je vous conseille d’adopter la série de livres publiée par les Frères de l’Instruction chrétienne, de Laprairie.La méthode qui a présidé à la confection de ces ouvrages a été préconisée dans L’Enseignement Primaire par le distingué professeur d’anglais de l’École normale Laval, M.J.Ahern, et repose sur un procédé naturel, ou si vous le voulez, sur celui qu’une maman emploie pour apprendre à L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 parler à son bébé.Déjà, bon nombre d’écoles de mon district font usage de “La Classe en Anglais” et s’en trouvent fort bien.Histoire du Canada.—A quoi bon enseigner l’Histoire du Canada, entend-on dire tous les jours?Mon fils ne gagnera pas sa vie avec ces connaissances.C’est du calcul, de la tenue des livres, de l’anglais, beaucoup d’anglais qu’il lui faut.Oui, j’en conviens, tout cela est utile, disons même nécessaire, à votre enfant pour se créer une position, mais si, comme nous l’avons dit, votre fils a besoin d’une solide instruction religieuse pour devenir et rester fervent chrétien, il a tout autant besoin d’histoire de son pays pour devenir un citoyen éclairé, un véritable patriote.Vous voulez que votre garçon soit un homme complet, n’est-ce pas?Mettez-le en contact avec les hommes qui ont fait la gloire du passé, avec ceux qui par leur vertu ont contribué, à votre insu, à faire de vous ce que vous êtes.Nous bénéficions du patrimoine de qualités que nos ancêtres ont acquis.Trop de gens ignorent que l’histoire n’est pas uniquement un exposé des évènements généraux et des faits individuels, mais qu’elle est avant tout “une science morale” qui développe le sens patriotique.Elle permet aussi de porter sur les hommes et leurs actes des jugements dont la répercussion se fait sentir sur toute une vie.Est-il permis à un jeune homme, à une jeune fille d’ignorer les fondateurs du Canada, les vaillants colons de la première heure, les défenseurs, les sauveurs de la colonie naissante ?Tout bon citoyen connaît le nom des pieux, zélés, saints missionnaires que furent les Garnier, les Lalemant, Bré-bœuf, etc.Qui pourrait méconnaître Dollard, d’Iberville, Montcalm, Lévis?Tous ces hommes et bien d’autres sont pour nous des bienfaiteurs insignes à qui nous devons la plus sincère reconnaissance.Ils ont été nos devanciers, mais ils sont aussi des modèles qu’il faut mettre sous les yeux de nos petits écoliers.De ces quelques idées, vous conclurez facilement, je l’espère, à l’importance de l’enseignement de l’histoire du Canada dont l’un des buts immédiats est de préparer les jeunes à remplir dans le monde un rôle social, si modeste qu’il puisse être.SURVEILLANCE DES ÉLÈVES J’attire votre attention d’une manière toute spéciale sur la surveillance que vos maîtres et maîtresses doivent exercer sur leurs élèves.Assurez-vous par vous-même que les ¦enfants soient bien surveillés pendant les récréations.Je suis arrivé à l’heure de la récréation du midi dans quelques écoles et y ai trouvé le petit monde scolaire absolument seul.Je n’ai pas besoin d’entrer dans les détails pour vous faire comprendre à quels dangers sont exposés vos enfants : dangers du corps et dangers de l ame.Il y a là pour les institutrices une grave responsabilité ! mais n’allez pas croire que la vôtre soit entièrement dégagée par le fait de l’engagement de la maîtresse.Vous devez vous rendre compte de l’accomplissement intégràl du devoir de la surveillance par l’institutrice.Lorsque vous retenez les services d’une personne, insistez sur ce point.Il me semble que la sauvegarde de la morale à l’école doive être la principale de vos préoccupations.Je vous rappelle que si les récréations ne peuvent être supprimées, elles ne doivent pas non plus être prolongées au delà du temps réglementaire.Les cours de récréation devraient être disposées de façon à séparer les deux sexes.Dans certaines municipalités, on donne trop de congés.Je vous prie de vous en tenir strictement à ceux qui sont prévus par les règlements.Ma dernière remarque concerne les articles 57, 58, 59, 60, 61 et 62 des Règlements concernant les écoles.En relisant les rapports de mes prédécesseurs, j’ai constaté que les demandes que je vous ai faites au sujet des cartes géographiques, bureaux pour les maîtres, tableaux noirs, etc.sont exactement les mêmes qu’il y a 4 ou 5 ans.Je crois, Messieurs, qu’il y a négligence ou au moins insouciance regrettable.Si nous vous prions de réparer un tableau 434 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE noir ou d’en ajouter un ou deux, n’allez pas croire que nous agissons ainsi pour le plaisir de vous faire une observation.Nous avons jugé, au meilleur de notre connaissance, qu’un globe terrestre devrait être remplacé, parce que celui qui se trouve dans l’école est, ou brisé, ou hors d’usage; qu’attendez-vous pour fournir cet objet indispensable à votre école ?L’an dernier, une institutrice s’est excusée de ne pas avoir enseigné de géographie parce que les commissaires ne lui avaient fourni aucune carte.L’excuse ne valait qu’à demi, car les écoliers pouvaient se servir de leurs manuels, ce qui n’empêchait pas le commissaire de l’arrondissement d’être blâmable.A la fin de l’année vous vous attendez à un bon résultat dans l’examen.Vous n’avez ce droit qu’à la condition que vous ayez facilité le travail de l’institutrice.Si elle n’a pas un bon grand tableau noir, quel enseignement intuitif voulez-vous qu’elle donne?Comment pourra-t-elle expliquer un problème, une règle de grammaire, tracer une carte, etc.?Rien ne pourra capter l’attention des élèves et la maîtresse se verra obligée de travailler, de parler beaucoup, de s’exténuer pour n’arriver qu’à un résultat négatif.Ne blâmez pas l’institutrice et faites votre “mea culpa”.Montrez-vous donc généreux et ne regardez pas à quelques sous pour doter vos écoles de tout le matériel nécessaire.Il y a quelques commissions qui poussent l’excès d’économie jusqu’à ne pas procurer à leur professeur un exemplaire de chacun des livres de classes approuvés, en usage dans la municipalité.A quelles fins emploie-t-on les allocations que le Gouvernement fait parvenir tous les ans à chaque municipalité scolaire?Ces différentes sommes devraient être appliquées à l’achat de tout ce qui concerne les articles dont je viens de vous parler.J’ai terminé mes remarques, Messieurs,et il ne me reste qu’à vous remercier de votre attention soutenue.J’ose espérer que vous prendrez en bonne part chacune de mes observations et que vous ferez de sérieux efforts pour en faire profiter les enfants de vos municipalités.Pierre-Marie Brionne, I.E.MÉTHODOLOGIE ÉTYMOLOGIE (Pour “YEnseignement Primaire”) —-Voulez-vous que nous causions d’étude?On nous répète tant que nous devons chasser la banalité de nos conversations, et savoir nous amuser en parlant d’autres choses que de modes, de cancans et de racontars ! —On nous dit aussi qu’il faut se délasser, que l’arc toujours tendu finit par rompre ! Si nos récréations se passent à faire l’étude, je crains bien que ma tête ne se fatigue ! —Oh ! ma chère, on étudie toujours ! et quand on médit, par exemple, c’est qu’on étudie la conduite des autres, qu’on porte une appréciation sur cette conduite, et qu’on veut imposer son opinion aux interlocutrices.Donc, non seulement on fait une étude, mais on enseigne, on fait une classe, ce qui doit être plus fatigant ! —Vraiment, vous dites là une grande vérité: bien des conversations doivent lasser au lieu de reposer, même quand on y a complètement oublié ses études.Mais de quoi voulez-vous que nous causions ?—Oh ! de quelque chose de délassant: de quelques-uns des mots de notre belle langue française. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 —Que nous étudierons, sans doute ?Cela me va absolument ! les mots sont de si jolies boîtes à surprises ! —Alors, commençons par ceux que nous avons entendus peut-être plus que tous les autres ici, et expliquons cette pensée: “L’instruction ne vaut rien sans l’éducation.” —C’est une pensée très claire; qu’allez-vous nous dire de neuf sur ces mots-là?— Il est très intéressant de nous en rappeler l’étymologie.—Préfixe,-in-, qui veut dire “dans”; radical, -struct-; suffixe, -ion-, qui marque le résultat de l’action.Donc “instruction_____” —Mais vous allez trop vite, et vous négligez juste le principal: la racine du mot.—La syllabe “struct” vient du latin et veut dire: “élever, bâtir”.Le mot instruction veut dire étymologiquement: une chose qu’on a élevée, bâtie en soi-même.—Et ce mot-là a pour frères: construction, destruction, obstruction,—qui doivent à leurs différents préfixes, leur sens propre.On construit, quand on élève des objets ensemble pour en faire un tout; on détruit, quand on abat ce qui avait été élevé; on obstrue, si on élève quelque chose en face, de façon à barrer la route.—Et enfin on s’instruit, si on élève un édifice, un beau palais de connaissances en soi-même.Aussi l’instruction peut avoir les mêmes qualités et les mêmes défauts qu’une construction: elle peut être étaolie sur des bases solides ou fragiles, elle peut être profonde ou superficielle, vaste ou restreinte, ornementée ou simple.Comme l’édffice, elle n’est durable qu’autant c{u’on veille et qu’on travaille constamment à son entretien; autrement, elle ne tarde pas à tomber en ruines.—Mais, alors, comment peut-on dire que l’instruction ne vaut rien sans l'éducation, si le mot instruction veut dire tant de belles choses?—Les racines différentes indiquent le sens différent des deux mots.Education vient de “ducere”,-conduire,- Ces connaissances qu’on a élevées dans l'intelligence par l’instruction, pourraient avoir une mauvaise direction, et alors seraient facilement inutiles ou nuisibles.Pour qu’elles atteignent leur but et ne dévient pas, il faut qu’elles soient dirigées, conduites; et c’est là le rôle de l’éducation.—Et si nous voulons continuer la comparaison, il faudrait dire qu’un “éducateur” est un architecte, et que les différents professeurs sont les ouvriers.—C’est cela.Seulement, en instruction, il faut que chaque ouvrier soit en même temps architecte et sache où mettre les matériaux qu’il apporte et comment les fixer, pour que ces matériaux, quels qu’ils soient, concourent à la solidité et à la .beauté de l’édifice.—Et il faut que cet ouvrier soit secondé par celui qu’il cherche à diriger, puisque conduire se décompose ainsi: “con”, ensemble, -“duo”, deux,- “ire”, aller; -“aller deux ensemble”.—Oh ! que cette étymologie est jolie ! Voilà deux mots que je comprendrai désormais: l’instruction, qui bâtit, l’éducation, qui dirige; et je veux bâtir solide, en suivant fidèlement la direction sans laquelle les matériaux ne se soutiendraient pas.—Bravo ! Vous savez tirer une conclusion, et vous me rappelez le mot du grand Bossuet qui ne saurait vous être appliqué en ce moment: “Toute science qui ne va pas à la prat que et qui ne rend pas meilleur, est une science maudite.” —Quel mot terrible ! —Bossuet n’avait pas peur des mots, et d’ailleurs, nous savons qu’il employait toujours le mot propre; or le mot propre n’est pas toujours un mot joli.—C’est mieux qu’un mot joli; c’est le mot exact, le mot qui rend le mieux la pensée, et, par conséquent, celui qu’il faut toujours employer, quand même on doit sacrifier un peu d’élégance.% —Il n’en reste pas moins vrai que le verbe maudire a un sens très énergique qui nous saisit toujours un peu.—Il veut dire étymologiquement: “mal dire”, puisque la lettre “u”, ici comme si souvent en français, remplace la lettre “1”.On pourrait donc interpréter ainsi la pensée de Bossuet : Toute science qui ne va pas à la pratique, est une science mal dite ou mal nommée,—ce qui revient à dire “une science ignorante”. 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE —Je crois bien que personne ne donne un sens si restreint à ce verbe; on comprend toujours qu’il signifie, non “mal dire”, mais “dire, souhaiter du mal”.Et ce deuxième sens est plus riche.—Vous appelez cela un sens plus riche?—Et c’est avec raison, puisque dans ce cas, il exprime non seulement une constatation, mais encore un sentiment, un désir.Mais ne vous semble-t-il pas que c’est bien assez causer sur ce mot-là?—Parlons de son contraire, qui est plus consolant.Quand on regarde vite, on croirait que notre verbe “bénir” n’a aucun lien avec maudire; et pourtant, il est tout-à-fait de même famille.—Il ne sont pas frères jumeaux, en tous cas ! —Non ! “bénir” est le frère aîné; l’autre est venu longtemps après: il est le fruit du péché.—La Bible nous dit qu’après la création, Dieu regarda son œuvre et dit que tout était bien.Or, dire bien, c’est bénir.—Alors, quand le prêtre nous bénit, il dit bien?—Il nous souhaite du bien.—Et quand on dit d’un pays, d’une époque, qu’ils sont bénis, on leur souhaite du bien?—Cela dépend.Si on dit: C’est un sol béni,—on constate qu’il s’y est fait du bien.Mais si on fait cette exclamation: bénie sois-tu, patrie de mes pères ! alors, en effet, on lui souhaite du bien.—Mors, n’est-ce pas, je puis faire comme le prêtre, et vous bénir toutes?—-Oui, certainement, et vous tirez encore là une bonne conclusion.Il faudrait n’avoir dans notre cœur que des bénédictions pour nos semblables.Il n’y a vraiment que Dieu qui puisse maudire un homme sans se tromper.Les hommes n’ont le droit que de maudire le mal en lui-même.-—-Oh ! Que nous devenons philosophes et que nous sommes sérieuses ! Appelez-vous cela s’amuser?-—Alors, déridons-nous.Qui va me dire d’où vient le mot “sérieux”?-—De quelque chose d’ennuyeux, c’est sûr ! —Eh bien ! non !.N’essayerez-vous pas de deviner?.J’ai lu cela l’autre jour, et c’est si joli, que je l’ai pris en note.“Sérieux” vient du latin, “serins”, qui veut dire “soir”.—Quel rapport y a-t-il entre “soir et “sérieux” ?—Oh ! J’en vois un très grand: le soir apporte les pensées sérieuses; l’ombre a quelque chose de mystérieux, d’inconnu, qui ne va pas avec l’insouciante gaîté.-—C’est ce que je pensais aussi.Et pour cela, sérieux ne veut pas dire “triste”.Les mots de sa famille n’ont rien de larmoyant, et notre adjectif “serein” qui veut dire “calme, paisible”, et laisse même sous entendre une idée de bonheur, est son frère d’origine.—Il est vrai qu’une joie sérieuse paraît souvent plus vraie et plus solide qu’une joie trop bruyante de gaîté; et comment dire de quelqu’un qui s’éclate de rire, qu’il est serein?Le bruit ne chasse-t-il pas la sérénité?—Vous n’allez pas faire la guerre aux éclats de rire, j’espère?Pour moi, c’est une musique ! Il est bien entendu que je ne veux pas parler de cris et de vociférations; mais des éclats de rire qui s’égrènent comme des perles, et sèment la joie partout où on les entend.-—-Mais quel est le sens du mot “éclat” ?On dit: éclat de rire, mais on dit aussi: l’éclat du soleil, l’éclat de la foudre, d’où vient ce mot?—“Eclat” vient d’un mot allemand.Pour connaître le sens exact du nom, il est utile d’étudier le verbe.Eclater veut dire en premier lieu, “se briser”; une bombe qui éclate, se brise en morceaux; or ces débris, ces morceaux, sont des “éclats”.Il y a des éclats de bois, des éclats de verre, selon que l’objet brisé est en bois ou en verre, ou en n’importe quelle autre substance.C’est de ce premier sens qu’il faut partir pour trouver les autres significations qu’on a données à ce mot. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 437 —Alors, je suppose que l’éclat du soleil est un fragment de soleil qui vient à mes yeux, l’éclat de la foudre, un fragment du tonnerre qui vient à mon oreille,-—et l’éclat de rire, un fragment de votre joie qui, par mon oreille, vient à mon âme.Est-ce cela?—Tout-à-fait cela, ma chère amie; et vous vous êtes servie du meilleur terme possible, en prenant le mot “fragment”, qui a exactement le même sens que le mot “éclat”.Fragment a un frère jumeau; “fraction”.Un fragment et une fraction sont une partie d’un tout brisé.Vous rappelez-vous quelques-uns des mots de cette famille?—Il est toujours facile d’en trouver, en cherchant des verbes, des adjectifs et des adverbes dérivant de ces noms.-Mais on peut faire mieux, et trouver des mots qui viennent directement du latin.Ainsi une chose est “fragile” ou “frêle”, si elle se brise facilement.On dit d’un navire qui s’est brisé sur un récif, qu’il a fait “naufrage”, mot qui signifie que le navire c’est fragmenté.Et quelques lignes qui viennent briser la monotonie d’un chant, s’appellent “refrain”: elles fragmentent le récit en différents couplets.—'N’est-ce pas que l’étymologie est étonnante?Qui eût dit que “fraction”, ce mot plein de menaces, de mystères et d’ennuis en arithmétique, fût de la même famille que “refrain”, qui nous rappelle une chose légère et mélodieuse, que nous aimons tant?—Nous ne l’aurions jamais deviné, c’est sûr.Mais puisque nous en sommes au mot “refrain”, et que nous causons sérieusement depuis plus de dix minutes, ce qui est long pour plusieurs d’entre nous, pourquoi ne ferions-nous pas un peu de chant, pour terminer joyeusement notre causerie?Elèves du cours supérieur.École Normale Jacques-Cartier, Département des filles (C.N.D.) Montréal, janvier 1922.HISTOIRE DU CANADA Au temps des Récollets LE FRÈRE DIDACE PELLETIER Ile PARTIE Aux lignes générales, traçant l’aperçu rapide de la vie, des actions et des vertus du bon frère Didace Pelletier; nous nous devons aujourd’hui d’ajouter et de mettre en relief ce qui fait le cachet spécial de son âme très noble: sa dévotion envers la Mère de Dieu.Je le sais; c’est un lieu commun de dire que les serviteurs de Dieu “morts en odeur de sainteté” ont tous été les clients de la Vierge Marie: car vouloir sauver son âme, et à.plus forte raison s’efforcer de gravir les régions élevées de la perfection sans la Mère de la divine Grâce, c’est être l’oiseau qui tente de voler-sans aile: vu qu’ “aucune créature n’obtient une grâce quelconque de Dieu, que selon la distribution qu’en fait cette bonne Mère.” (S.Bernardin de Sienne, O.F.M., de Ann; serm.vi; Cap.ii.) En parlant du vertueux frère Récollet, nous n’en sommes pas réduits à des généralités déjà bien convaincantes.Les faits sont là; et disons plus, tout en lui fut imprégné providentiellement d’une dilection mariale intense.C’est ce que l’œil attentif perçoit, lorsqu’il scrute les origines humaines de son existence, le milieu où il naquit et vécut, la vocation franciscaine enfin qu’d suivit durant vingt années. 438 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ses origines humaines, nous nous en souvenons, font de lui un fils de Dieppois et un paroissien de Sainte-Anne de Beaupré.Ici comme là, tout parle de Marie, tout se référé à la Mère du Christ adorable.Mais voyez plutôt.La Normandie—-dont la cité dieppoise n’est pas le moindre fleuron—fut, sans contredit, entre toutes les régions de la France déjà “le royaume de Marie—Regnum Gallioe Regnum Mariœ” (Benoit XIV); la Normandie, dis-je, fut hune des provinces les plus aimantes envers la Vierge incomparable, et cela dès les temps antiques.Elle a même été la -première en occident à célébrer l’immaculée Conception.Voici comment.Vers l’an 1070, les Danois ayant appris la conquête de l’Angleterre par les Normands, armèrent une flotte pour reprendre sur ces derniers une terre qu’ils regardaient comme leur propriété, comme une seconde patrie.Le roi Guillaume, de son côté, informé de l’entreprise du Danemark, envoya dans ce pays un bénédictin fort bon diplomate, Helsin, abbé de Ramsay, en Angleterre, afin de savoir exactement les projets de ses ennemis, leurs préparatifs militaires et la force de résistance qu’il était urgent de leur opposer.Helsin réussit à merveille dans ses délicates fonctions.S’étant rembarqué pour revenir en Grande-Bretagne, il avait déjà franchi la plus grande partie de son trajet, lorsque tout à coup s’élève une tempête furieuse.Les matelots luttèrent quelque temps contre les vagues menaçantes: mais bientôt ils comprennent que les forces humaines sont impuissantes à maîtriser les éléments en furie: les rames se brisent, les cordages se rompent, les voiles se déchirent: bref, à moins d’un miracle, tout espoir est perdu.L’abbé Helsin, fort de son inébranlable confiance en l’Etoile des mers, reste imperturbable; il invite tout l’équipage à recourir à Marie “espoir des désespérés” (v.Ephrem).Tous tombent à genoux, et les mains levées vers le Ciel, conjurent la Vierge bénigne de leur prêter secours.Un ange apparut aussitôt.“Je suis, dit-il à l’abbé, l’envoyé de la Mère de Dieu, que tu viens de supplier avec tant de ferveur; fais vœu de célébrer chaque année sa Conception, et d’employer tous les efforts à en établir partout la fête.”—Je le promets, reprend Helsin, mais quel sera le jour de cette solennité ?—Le 8 décembre, répond l’Ange.— Et quel en sera l’office?—Celui du 8 septembre, en substituant le mot “Conception” à celui de “Nativité”.Le dialogue achevé, l’Ambassadeur céleste regagna les éternels parvis, où il s’enivre au torrent des divines voluptés de l’Adorable Trinité (Ps.XXXV, 9), et sur mer la tempête s’apaise.Un vent favorable s’élève et pousse le navire vers les côtes anglaises.Helsin n’est pas plutôt arrivé, que fidèle à son vœu, il établit la fête de l’immaculée Conception dans son monastère de Ramsay; puis, parcourant l’Angleterre, invite tout le royaume à l’imiter.Les Anglais se mirent à réfléchir: le temps s’écoula.et Helsin fit voile vers la Normandie.Là, son verbe ardent connut moins d’hésitations.Le roi Guillaume convoqua tous les évêques: la fête de la Conception fut instituée officiellement.Ainsi la Normandie devança l’Angleterre; et ce ne fut que trente ans plus tard, qu’un autre bénédictin, abbé autrefois au Bec, en Normandie, et archevêque de Cantorbéry, le Docteur Saint-Anselme, exhorta ses collègues anglais à établir cette fête.Vincent de Carisey (à suivre) AIMONS ET PROTEGEONS LES OISEAUX Apprenons aux enfants que les oiseaux sont les meilleurs amis de l’homme.Dieu les a crées pour nous réjouir par leurs chants et pour protéger les jardins et les champs contre les insectes ravageurs.Aimons et protégeons les oiseaux. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 LEÇON DE CHOSES Pour les trois cours L’HABITATION Matériel d’enseignement.—Un échantillon de chacun des principaux matériaux nécessaires à la construction d’une maison.Des images représentant des habitations aux diverses époques et chez différents peuples.Maître.—Supposez, mes enfants, que vos parents désirent bâtir une maison et vous consultent sur l’emplacement à choisir pour l’élever.Où aimeriez-vous qu’on la construisît ?R.—De préférence sur une hauteur; pas trop loin d’une route et dans un endroit bien exposé au midi.Maître.—Et pourquoi cela?Ne vous semble-t-il pas que le bas d’une vallée, par exemple, et le voisinage d’un cours d’eau soient bien agréables?R.—Sans doute, c’est une bonne exposition pour des prairies.Mais pour une maison, on doit avant tout éviter l’humidité; le voisinage d’une rivière en donne toujours et le bas-fond est généralement froid et malsain.Maître.—Donc, au point de vue de la salubrité, une habitation bâtie sur un coteau, par exemple, est préférable à une autre située dans la plaine, c’est entendu.Et de quel côté tourneriez-vous la façade de votre maison?R.—-Vers le midi; de façon à ce qu’elle reçût le plus possible de soleil.Maître.—Que mettriez-vous aux alentours de la maison ?R.—De beaux arbres pour donner quelque ombrage et purifier l’air; il y aurait aussi un jardin potager.Devant la porte, des plates-bandes garnies de fleurs et de plantes grimpantes.Maître.—-Vous auriez là, je vois, une charmante habitation.Parlons maintenant un peu de sa construction.Plusieurs ouvriers sont nécessaires pour élever aujourd’hui la plus modeste maison.Cherchons ensemble quels sont les principaux.Il faut souvent avoir recours à un architecte pour faire le plan d’une bâtisse; mais il faut creuser les fondations; qui se charge de ce dernier travail ?R.—Les terrassiers.Maître.-—On doit ensuite élever les murs.R.—Ce sont les maçons qui les construisent avec des pierres et du mortier.Maître—Ensuite on pose les charpentes, les planchers.i?.—-Les charpentiers sont chargés de ce travail.Maître.—Une maison est percée d’ouvertures qui doivent se fermer et s’ouvrir à volonté.R.—Ce sont les portes et les fenêtres munies de contrevents; les menuisiers les font.Maître.—Que met-on encore aux fenêtres et à certaines portes ?R.—Des carreaux de vitre que le vitrier vient poser.Maître.-—-Quand la maison est debout et à peu près terminée, ne reste-t-il pas quelques travaux à exécuter à l’intérieur ?R.—Il faut appeler le plâtrier pour mettre du plâtre sur les murs et aux plafonds; le serrurier qui posera aux portes et aux fenêtres des serrures de fer avec leurs clefs, des poignées de métal ou de bois, des gonds, etc.On doit aussi faire peindre les boiseries par un peintre.Quelquefois, on pose sur les murs un papier de couleur; le tapissier vient le coller.Maître.—Est-ce tout?Nous oublions, il me semble, une chose bien importante: couvrir notre maison.R.—C’est vrai.On met sur le toit des ardoises ou des tuiles.L’ardoise est une pierre extraite de certaines carrières; et la tuile est faite avec de la terre glaise pétrie et cuite au four.On doit incliner le toit de 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE façon à ce que Teau de pluie s’écoule facilement; pour éviter qu’elle ne s’infiltre dans le mur, les ferblantiers posent tout le long des toits et des murs des tuyaux de zinc pour la conduire au dehors.Maître.—-Rappelons, en résumé, les matériaux nécessaires à la construction d’une maison.R.—La chaux, les pierres, le sable, le bois, le fer et quelques autres métaux: le zinc, le cuivre ; puis du verre, des ardoises, du plâtre, de la peinture, du papier.Maître.—Voyez que de mains travaillent à la maison qui vous abrite.Pour payer cette besogne et ces matériaux, on doit dépenser assez d’argent; aussi fait-on durer une bâtisse le plus longtemps possible.Quand elle se détériore sur quelque point, on s’empresse de la faire réparer; un bâtiment abandonné tombe bientôt en ruines.Du reste, on s’attache à la maison que l’on habite, surtout si on y est né et si elle est la propriété de sa famille.Aussi s’efforce-t-on de la soigner et de lui donner un aspect agréable.Comment cela ?R.—A l’intérieur, on fait régner une grande propreté.On lave souvent les planchers et les portes ; on blanchit les murs; on orne aussi la maison avec goût, si on veut la rendre tout à fait agréable.Au dehors, on la fait repeindre et on ne supporte pas aux alentours des ordures, du fumier et autres matières qui répandent une mauvaise odeur et en rendent les abords repoussants et insalubres.Maître.—Pensez-vous que de tous temps on se soit logé comme aujourd’hui?R.—-Non; les Gaulois, par exemple, se bâtissaient de petites cabanes couvertes de paille au milieu des forêts.Les sauvages ne savent pas, je pense, se construire une jolie maison.J’ai vu des images représentant leurs huttes faites avec des piquets et des branchages.Maître.—A.mesure que la civilisation a fait des progrès, l’art de bâtir s’est perfec- tionné.Certains peuples de l’antiquité nous ont laissé des traces de leur habileté comme architectes, constructeurs et décorateurs : les Fgyptiens, les Grecs, les Romains, entre autres.Vous pourrez lire plus tard des ouvrages qui traitent de ce bel art de l’architecture antique.Un mot encore.N’y a-t-il que les hommes qui aient éprouvé le besoin de se construire un abri ?A.—Certains animaux sont aussi très habiles pour s’en faire un: les oiseaux, les castors, les abeilles.Maître.—Il y en a d’autres; mais nous reviendrons plus tard sur ce sujet.RÉSUMÉ lo Une habitation, pour être salubre, doit être de préférence bâtie sur une hauteur et exposée au midi.-—2o Les principaux matériaux nécessaires à sa construction sont: le sable, la chaux, les pierres, le bois, le verre, l’ardoise, l’argile, le fer, le zinc, le cuivre, etc.-—-3o Les ouvriers employés aux travaux: les terrassiers, les maçons, les charpentiers, menuisiers, serruriers, peintres, vitriers, zingueurs, tapissiers, etc.— 4o La maison doit être tenue très propre à l’intérieur et à l’extérieur.—5o Plus les peuples ont avancé dans la civilisation, plus ils ont perfectionné l’art de bâtir.-—-6o Quelques animaux savent aussi se construire un abri.DEVOIRS Cours moyen.—-Si vous deviez bâtir une maison, où la placeriez-vous de préférence?Dites comment vous la voudriez à l’intérieur et à l’extérieur.Cours élémentaire.—Quels sont les divers ouvriers qui travaillent à la construction d’une maison?Que fait chacun d’eux?Où doit-on bâtir une maison ?Que plante-t-on tout autour ?Qu’est-ce qu’il ne faut pas déposer au pied des murs ?{Devoir à rédiger apres avoir répondu à ces questions.) Section enfantine.—Copie.Notre maison est bâtie sur le coteau.Elle a deux portes et six fenêtres.Il y a de beaux arbres tout autour.J’aime beaucoup notre maison.Dessin.—-Une maison, une hutte, un nid.M.-L.L.(L’École et la Famille).— L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 441 LEÇON D’ANGLAIS D’APRES LA MÉTHODE NATURELLE How many men do you see in the picture ?I see one man.How many boys are to be seen in the picture?Three boys are to be seen in the picture.How many women are shown in the picture?None are shown.There are how many girls in the picture?There are none.Of the persons represented in the picture, how many are working ?One of the persons represented in the picture is working.Which one is working?The man is working.The others are doing what?They are looking on.;v?Looking on at what ?They are looking on at the work on which the man is occupied.!; Which is the scene in the picture, in-doors or out-of-doors?It is out-of-doors.Where out-of-doors is it ?It is by the side of a house.Do you see the house?I see a very small part of it.How much of it do you see ?I see the lower part of one window and a very small part of a wall.Is the window, of which you see a part, open or shut ?It is open.How does the window in the picture open?It opens up and down.Do windows always open up and down ?No, many windows open inwards.Which kind of window do you prefer, the one which opens up and down or the one which opens inwards ?At home, in our house, all the 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE windows open inwards, here in school, as you are aware, the windows open up and down.Each kind has its advantages and its defects.On the whole I think I prefer the window to which I aip most accustomed, the one which opens inwards.What advantage do you see in the window which opens up and down?The window which opens up and down may be opened very little or very much, to suit the taste of the inmates of the house.What defect is there in the window which opens up and down?It does not close so tightly, a great disadvantage in winter; again when a strong wind is blowing, windows of this kind not being very tight are apt to make a rattling noise.What advantage is there in the window which opens inw^ard ?The window which opens inward may be made to close very tight, which keeps out the cold in winter, again as it closes tight it does not rattle in windy weather.«y What defect or defects do you know of in windows which open inward?Windows which open inward take more room; they must be fastened or hooked back when open or they are liable to slam to, if •> there should happen to be a draught of air, again, it is not possible to graduate the opening so nicely as is the case with windows of the other sort.Describe the man’s position in the picture.He is sitting on the ground; his legs, which are close together, are stretched out.Over his trousers from his waist to his knees what has he on ?He has an apron on over his trousers from his waist to his knees.What is the apron made of?I can’t say with certainty w'hat it is made of, but I think it is of leather.What reason have you for thinking it is of leather?The work which the man is doing is my reason for thinking it is of leather.What is the man doing?He is soldering.What is the root of the word soldering ?It is the latin word solidus which means solid, to make solid.What is the meaning of the word soldering?Soldering means to unite by a metallic substance in a state of fusion, or a melted state, which hardens in cooling, and renders the joint solid.What is the metal compound or metallic substance used in soldering called?It is called solder.How many kinds of solder are there ?There are two kinds : hard solder and soft solder.What is hard solder?It is a solder that requires a red heat to fuse or melt it.What is soft solder?It is a solder that melts at a comparatively low temperature.Is solder a metal ?No, it is not a metal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 WLy do you say it is not a metal?I say that it is not a metal, because a metal is a simple body; solder is not a simple body, it is an alloy.What is a simple body?A simple body is one which contains nothing but one simple substance; for instance, gold, silver, copper, lead, tin, zinc, etc., are metals; a piece of gold contains nothing but gold; a piece of silver nothing but silver; a piece of copper, nothing but copper, etc.What is an alloy?An alloy is a mixture of two or more different metals; a metallic compound.Solder is an alloy of what metals?It is an alloy of lead and tin; a compound, a mixture of lead and tin.How is it made ?It is made by melting lead and tin together in different proportions according to the kind of solder required.When ready for use what is its color ?When ready for use it is whitish like tin.Is it soft or hard?It is harder than lead and softer than tin; it can be cut with a strong knife.Does it melt easily?It is harder to melt than lead and easier than tin.In what form is it sold?It is generally sold in short irregularly shaped bars or sticks.Is it very much used ?Yes it is very very much used.Who use it principally ?Tinsmiths and plumbers use it constantly.Resting on the man’s apron what is there?Resting on the man’s apron there is a dish pan.What is a dishpan ?A dishpan is a large tin vessel or pan in which dishes are washed.How is the dishpan placed on the man’s apron ?It is placed upside down or it is inverted.Why has the man turned the dishpan upside down ?He has turned it upside down because there is a hole in the lowest part if it and he is going to mend the dishpan by closing the hole.Is he closing the hole ?Yes he is closing it.With what is he closing it ?He is closing it with solder.How is he closing it ?He has placed a little finely powdered resin on the surface around the hole; in his left hand he holds by one end a bar or stick of solder with the other end resting on the powdered resin; in his right hand he holds by its wooden handle a red-hot soldering iron with the point or tip of the soldering iron pressing on the solder; the heat of the iron melts or fuses the solder which flows like wax into the hole, fills it up, cools and hardens as soon as the hot iron is removed.After the hole has been soldered will the dishpan leak ?No, it will not leak after the hole has been closed with solder. 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Is soldering a hole in a dishpan a difficult job?No, it is quite easy if you have all that is necessary and know how to go about it.On the dish pan where it touches the man’s knees, what do you see ?On the dishpan where it touches the man’s knees, I see a handle.What is a soldering-iron?It is a short piece of iron generally wedge or rather pyramid-shaped; in the centre of the flat end, farthest from the point, there is a hole, into which, when the iron is red hot, the tinsmith sticks, an iron socket winch projects from a wooden handle.Where is the soldering-iron heated?It is heated in a fire-pot.Is there a fire-pot in the picture?Yes there is a fire-pot in the picture.Where is it ?It is on the ground, quite close to the man’s right knee.What is a fire-pot?It is a vessel such as is shown in the picture; it is made of strong sheet-iron, with a cast-iron base.What fuel is used in fire-pots?The fuel generally used in fire-pots is charcoal or coke or both.Why are charcoal and coke used as fuel in fire-pots ?They are used as fuel because they give very little if any smoke.Why are fire-pots used instead of stoves, or furnaces?They are used because they are portable and can be moved about from place to place as required.Is there anything else heating in the fire-pot in the picture ?There are two other irons heating in it.What is the trade of the man in picture?I think he is a tinker.What is a tinker ?A tinker is a man who repairs or mends kettles, pots,'pans and the like.What difference is there between a tinsmith and a tinker ?A tinsmith is a man wTho works in tin, wLo makes vessels, utensils of tin, such as tin-dishes, pans, spouts, etc., while a tinker mends or repairs.Do you think the tinker in the picture mends only tin vessels?No, I think he mends or at least tries to mend almost anything that offers.What leads you to think so ?The bag of umbrellas on the ground just behind the fire-pot leads me to think that he tries his hand at mending almost anything.What kind of a tinker is the man in the picture ?I think he is what is known as a wandering tinker, or better still an itinerant tinker.What is an itinerant tinker?The word itinerant comes from the latin word iter wdiich means a road; an itinerant tinker is therefore a tinker who goes along the roads or streets stopping at each house and offering to mend pots, pans, etc.; to repair umbrellas; to sharpen knives, axes, scissors, saws, etc., etc.What clothes has the man on ?He has on a cotton shirt, a waist-coat, a pair of trousers, a pair of socks, I suppose, and a pair of boots. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 What is the pattern of the staff of which his shirt is made?The pattern is small white squares formed by dark lines crossing at right angles.How are the sleeves of his shirt?They are rolled up to his elbows.What is the part of the man’s arm which is uncovered called?It is called the forearm.What have you to say of the man’s forearms?They are good strong forearms.Is the man fat?No, he is not at all fat.Judging the man by his forearms what have you to say of him?Judging him by his forearms, I think I may say that he is a strong, muscular man.Has the man a collar?No, he has no collar.What have you to say of his hair ?It is thin and he appears to have lost much of it.Is his eyesight very good ?It does not appear to be very good for he is wearing glasses, or spectacles.Has he any beard ?He has no beard but he has a thin mustache.Who is on the man’s left ?The smallest of the three boys is on the man’s left.What is his position?Pie is sitting on the ground facing in the same direction as the man.What has he on?He has on a cap and a white shirt; what else he has on, I can’t tell, because I see only his head and a small portion of the upper part of his body.Does he appear interested in anything ?Yes, he appears deeply interested in the operation on the dishpan.Do you suppose he will remember it and be able to describe it accurately?I have not the least doubt that he will remember all about it and be able and willing to describe it exactly.Where is the biggest of the boys ?He is standing between the two other lads.Is he standing straight up?No he is not standing straight up; he is leaning slightly forward, with a hand resting on each knee?What is his expression?His expression is one of very serious attention.His attention is held by what?It is held by the man’s work.What have you to say of him?He is a clean, neat, good-looking lad, his hair is well brushed.What clothes has he on ?He has on a collar and a necktie, a white shirt and a pair of overalls; he appears to be in his bare feet.Where is the third boy?He is seated on the ground to the left of the biggest boy and slightly in front of him. 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE How is he sitting?I think he is sitting cross-legged.Where are his hands ?One the left-hand is resting on the ground, while the right-hand is resting on one of his legs.What clothes has he on?He has on a shirt and I think a pair of overalls; he dees not appear to have anything on his feet.What do yon think of his appearance?In appearance he is a nice clean looking lad.Is his attention centered on anything?Yes it is centered on the same subject as that of his companions.Does the man seem to be taking any notice of the three spectators who are so deeply taken up with his efforts to mend the leaky dishpan ?No, he does not seem to be aware of their presence.Across the third boy’s left-leg, almost under his left-hand what do you see ?Across the third boy’s left-leg, almost under his left-hand, I see a baseball mitt.On the ground in front of the third boy what is to be seen ?On the ground in front of the third boy a baseball bat is to be seen.Can you see the whole of the bat ?No, I can see only a part of the bat.Why can’t you see the whole of it ?Because a part is hidden by the man’s left leg.Directly behind the third boy what is there ?Directly behind the third boy there is a pump.On the ground directly under the spout of the pump there is what ?On the ground directly under the spout of the pump there is a bucket.The pump is very close to what ?It is very close to a fence.To the left of the boy what do you see?I see two hens.What are they doing ?One is picking up seeds, I suppose, while the attention of the other appears to be fixed on what is being done to the dishpan.What have the hens on ?They have their feathers on.Do they take them off at night when they go to roost?No they sleep in them.What do you suppose were the boys doing before the tinker came along?I imagine they were playing baseball.What do you think of the picture ?I think it is a very good picture, very well executed, and extremely lifelike.J.Ahern. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 ENSEIGNEMENT PRATIQUE ENSEIGNEMENT RELIGIEUX L’observation des commandements de l’Eglise L’Église, en vertu de l’autorité qu’elle a reçue de Dieu, a fait des lois ou des commandements qui obligent tous les chrétiens.Le premier de ces conmiandements prescrit la sanctification, par l’abstention des œuvres serviles, du dimanche et de certaines fêtes.On entend par œuvres serviles des travaux auxquels le corps a la plus grande part et qui sont ordinairement faits par des mercenaires.Outre les fêtes d’obligation, l’Église célèbre un certain nombre de fêtes dont l’observation est laissée à la dévotion des fidèles.On distingue les fêtes de Notre-Seigneur, les fêtes de la sainte Vierge et les fêtes des saints.L’année ecclésiastique est divisée en plusieurs époques, qui rappellent diversement les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption.La fête de Noël est précédée du temps de l’Avent, qui rappelle l’attente du Sauveur sous l’Ancien Testament; elle est suivie de plusieurs autres fêtes qui se rapportent à l’enfance de Notre-Seigneur.La fête de Pâques, à laquelle le carême sert de préparation, est une fête mobile fixée au dimanche qui suit la pleine lune de mars.Elle est précédée de la semaine sainte, qui rappelle la Passion et la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Quarante jours après vient la fête de l’Ascension.La fête de la Pentecôte, cinquante jours après Pâques, rappelle la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et les commencements de l’Eglise.Les principales fêtes en l’honneur de la sainte Vierge sont: l’immaculée Conception (8 décembre), l’Annonciation (25 mars), la Visitation (2 juillet), la Nativité de la sainte Vierge (8 septembre), l’Assomption (15 août).En l’honneur des saints nous célébrons la fête de Tous les Saints (1er novembre), suivie le lendemain de la commémoration des trépassés, la fête de saint Joseph, la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul, etc.Le second commandement, qui complète le premier, ordonne de sanctifier les dimanches et les fêtes par l’assistance au saint sacrifice de la messe.Deux autres commandements prescrivent, l’un la confession annuelle, l’autre la communion pasca - d doit se faire dans l’église paroissiale.Ainsi l’a ordonné le quatrième concile de Latran en 1215.L’Église a établi pour certains temps ou certains jours l’abstinence, qui consiste à s’abstenir d’aliments gras, et le jeûne, qui ne permet qu’un repas principal, une collation et le matin un frustulum, La loi de l’abstinence oblige dès l’âge de raison, la loi du jeûne à partir de vingt et un ans.Le chrétien qui comprend l’honneur dû à l’Eglise, respectera ses ministres, ne sera pas indifférent à ses épreuves et sera heureux de pouvoir lui rendre quelques services, soit en la défendant contre ses ennemis, soit en la secondant dans les œuvres de zèle et de charité. 448 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LANGUE FRANÇAISE COURS ÉLÉMENTAIRE DICTÉFS I L’encre L’encre sert à écrire.Elle est liquide.On la met dans les encriers.L’encre ordinaire est noire.On fait aussi de l’encre violette, de l’encre bleue ou rouge et même de l’encre jaune et de la verte.Un peu d’oseille écrasée enlève les taches d’encre sur les doigts.Questions.—Dites les emplois de Vencre.Y a-t-il plusieurs espèces d’encre?—Indiquez un moyen pour faire disparutre les taches d’encre des doigts.Vocabulaire.Copier encre, ancre;—met, mets) mai, mais;—tache, tâche;—doigt, doit.Exercice.— Relever les verbes et en indiquer la conjugaison.II L’image de Marie Marie est la patronne de l’innocence, de la faiblesse et du malheur.Les mères apportent leurs petits enfants devant son image.Et ces petits enfants, qui ne comprennent pas encore le Dieu du ciel, comprennent cette divine Mère qui tient un enfant dans ses bras.Ch ate aubei an d .Explications.—Marie, la mère de Notre-beigne ar Jésus-Christ.- Patronne: celle qui protège d’une manière spéciale.-—-L’innocence, la faiblesse, le malheur; les innocents, ceux qui sont faibles et ceux qui sont dans le malheur, les malheureux.—Image: une statue, un tableau qui représente la Vierge Marie.-—-De qui Mane est-elle particulièrement la patronne?—Pourquoi les mères s'adressent-elles à elle de préférence?Exercice.—Trouvez les sujets des verbes de la dictée.RÉCITATION La prière et l’aumône Jean et Robert allaient à la messe un dimanche.Ils avaient tous les deux dix sous en pièce blanche, Et s’en allaient tout fiers, bras dessus, bras dessous Causant de ce qu’on peut s’acheter pour dix sous.Juste au seuil de l’église un pauvre les arrête: “La charité, j’ai faim !” Jean détournant la tête: Lui répondit : “Si je n’avais Qu’un sou je vous le donnerais.Je n’ai pas de monnaie aujourd’hui, mon brave homme.-—Moi non plus, dit Robert, mais j’ai toute une somme.Prenez-la, voici de l’argent.” Et, dans la main de l’indigent, Il met ses beaux dix sous, la pièce toute entière.Il entra dans l’église alors avec son frère, Et tous les deux priaient très bien dans le saint lieu; Mais la voix de Robert monta seule vers Dieu.Car il ne suffit pas de prier dans un livre : Il faut, pour plaire au ciel, aimer les ma: heureux.Et leur donner l’argent quand on n’a pas le cuivre.Joindre les mains, c’est bien, mais les ouviir, c’est mieux.Louis Ratisbonne.RÉDACTION Les phases de la lune Canevas.-—-La lune.—D’où elle reçoit sa lumière.-—Différents aspects.-—La pleine lune (disque rond et brillant).-—Dernier quartier (quart seul éclairé).— Nouvelle lune (invisible).— Premier quartier (croissant lumineux).DÉVELOPPEMENT La lune, qui éclaire les nuits de sa douce clarté, reçoit la lumière du soleil.Elle se présente à nos yeux sous différents aspects.Parfois, elle paraît toute ronde et est très brillante: c’est la pleine lune.Une semaine après, on n’aperçoit plus qu’une partie de son disque; le quart seul de la lune est éclairé; elle est alors dans son dernier quartier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 449 Sept jours après, elle a complètement disparu: c’est ce qu’on appelle la nouvelle lune.Elle reparaît quelques jours plus tard sous la forme d’un croissant, qui grandit peu à peu.Lorsque le quart de sa sphère est éclairé, on dit que la lune est dans son 'premier quartier.Nouvelle lune, premier quartier, pleine lune et dernier quartier, sont donc les quatre phases de l’astre des nuits.COURS MOYEN DICTÉE I Les castors Les castors se réunissent au mois de juin et se forment en société.Ils établissent toujours leur petite bourgade au bord des eaux.Ils commencent par couper des arbres ; ils les équarrissent et les scient à une certaine hauteur pour en faire des pieux.Ils enfoncent ces morceaux de bois et bâtissent ainsi une espèce de pilotis serré.Puis ils Yalîer-missent et remplissent les intervalles de petites branches et de terre qu’ils pétrissent avec leurs pieds et avec leur queue.Questions et explications.—Castors : quadrupèdes mammifères de l’ordre des rongeurs, qui habitent les lieux aquatiques, au nord de l’ancien et du nouveau continent.Quels produits fournit le castor?—Equarrir: tailler à angle droit.Tracer sur Je tableau un angle droit.Montrer dans la salle de classe des angles droits.(On en trouve quatre dans l’ardoise, la feuille de papier, le tableau, la vitre, etc.)—Pieu: pièce de bois pointue par un des bouts—Pilotis: un pilot ou pieu; un pilotis est donc l’ensemble de tous les pilots ou pieux destinés à soutenir une construction établie sur un terrain dont le fond n’est pas Jugé assez solide.-—Rappeler ce que signifient mammifère, aquatique, quadrupède, rongeur, pelage, bourgade.-—Souligner les verbes et chercher les sujets.—-Après avoir trouvé le sujet, en dire le nombre et la personne.-—-Mettre la dictée à la première personne du pluriel, en faisant parler les castors: Nous nous réunissons au mois de juin et nous formons une société, etc.II La nature cultivée Qu’elle est belle la nature cultivée ! Que de trésors cachés, que de richesses nouvelles! Les fleurs, les fruits, les grains perfectionnés à l’infini, les espèces utiles d’animaux transportées, propagées, augmentées sans nombre; les espèces nuisibles confinées, reléguées ; l’or, et le fer plus nécessaire que l’or, tirés des entrailles de la terre; les torrents contenus, les fleuves dirigés, resserrés ; la mer reconnue, traversée d’un hémisphère à l’autre; la terre accessible partout, partout rendue aussi vivante que féconde; les collines chargées de vignes et de fruits ; les déserts devenus des cités, des routes ouvertes et fréquentées ; mille autres monuments de puissance démontrent que l’homme partage avec la nature, l’empire de la terre.Buffor.Questions.—1.Que signifient les mots propagé, confiné, accessible.2.Que signifie hémi dans hémisphère.3.Donner les synonymes des mots suivants: relégué, entrailles, vivante, féconde, démontrer.4.Conjuguer le verbe contenir au passé d éfini de l’indicatif, Ire personne: à l’impératif; à la Ire personne du subjonctif passé.5.Analyser que dans que de trésors cachés.RÉCITATION Les oiseaux de neige Quand le rude Equinoxe, avec son froid cortège, Quitte nos horizons moins inhospitaliers, Sur nos champs de frimas s’abat rent par milliers Ces visiteurs ailés qu’on nomme oiseaux de neige.Des graines nulle part! nul feuillage aux halliers! Contre la giboulée et nos vents de Norvège, Seul le regard d’en haut les abrite, et protège Ces courriers du soleil en butte aux oiseliers.Chers petits voyageurs, sous le givre et la grêle, Vous voltigez gaiement, et l’on voit sur votre aile Luire un premier rayon du printemps attardé.Allez, tourbillonnez autour des avalanches; Sans peur, aux flocons blancs mêlez vos plumes blanches: Le faible que Dieu garde est toujours bien gardé.Louis Fbéchette.RÉDACTION Souvenez-vous de vos parents Un de vos amis, jeune encore, mais déjà pourvu d’un emploi, a quitté sa famille qui 450 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE est pauvre, et il néglige de lui venir en aide.Vous lui écrivez pour le rappeler au sentiment de ses devoirs.Berthier, 2 mars 1922.Mon cher ami, Je suis profondément triste à ton sujet, et j’ai trop d’affection pour toi, je te porte trop d’intérêt, à toi et à ta chère famille, pour ne point te dire ce que j’ai sur le cœur.J’ai vu ta mère dimanche, elle paraissait si triste que je l’ai suppliée de me confier ses ennuis: des larmes brûlantes ont alors jailli de ses yeux et elle m’a appris que depuis ton départ pour la 'ville tu ne t’es plus inquiété de ta famille.Cela se peut-il, cher ami?As-tu bien pu oublier ainsi tes devoirs envers les tiens ?Si tu as un emploi bien rétribué dans un âge où tu ne devais pas l’espérer, n’est-ce pas aux sacrifices de tes excellents parents que tu le dois ?et tu refuserais de leur venir en aide aujourd’hui?Tu sais pourtant dans quelle situation précaire ils se trouvent.Tu as de jeunes frères, tu dois aider à préparer leur avenir en apportant ton concours aux dépenses de la famille.Mais je n’insiste pas, tu ne pensais point, sans doute, que tes parents étaient dans une telle gêne, et maintenant je suis certain de te voir accourir à leur aide; aussi je te prie de me pardonner si je me suis posé en redresseur de torts.Je t’envoie l’assurance de ma meilleure amitié.Alfred.COURS SUPÉRIEUR DICTÉES I LA DEHEURE DU ROI DU XORD Le logement du Déné est son moindre souci.Il peut tenir à la belle étoile par des températures extrêmes.Lorsqu’il veut s’abriter, quelques branchages, jetés sur des saules penchés, lui servent de maison.Ou bien il applique des peaux de renne, d’orignal, de phoque, sur des perches dis- posées en large cercle à la base et se rencontrant en faisceau au sommet : c’est la loge, la résidence régulière.Le lit consistera en une simple toison de bœuf musqué-d’élan ou de loup.Le foyer tiendra en quelques tisons allumés au milieu de la loge.Pour mobilier : un chaudron, quelques tasses en zinc ou en écorce de bouleau, dans lesquelles on boit le thé—nectar du sauvage—, un fusil, une hache, deux pipes : l’une pour l’homme, l’autre pour la fenune.En un quart d’heure, la maison sera pliée, paquetée sur le canot si c’est l’été, sur le traîneau, si c’est l’hver.Un autre quart d’heure la rebâtira pour le campement du soir.C’est dans ce palais mobile que naquit le roi des forêts glacées ; là qu’il se repose entre ses chasses ; là qu’il fait sa prière à Dieu ; là q rendra son âme, sans regretter ni une richesse, ni un bien-être qu’il n’aura point soupçonnés, et qui auront coûté tant de sang et de larmes à ses frères inconnus, les autres mortels.R.P.Duchaussois, o.m.i., (Aux Glaces Polaires.) Exercice.-—-Rechercher les verbe?transitifs, * en justifier la terminaison et les conjuguer au futur, au conditionnel et au subjonctif.II LES BONHEURS DU DIMANCHE Si de superbes esprits dédaignent une grand’messe, c’est qu’ils ne savent pas les touchants souvenirs qu’elle rappelle.J’aime la mélodie des Kyrie, les joyeux Alleluia, les Gloria, les Credo, les Agnus Dei.J’aime la grande voix du peuple dans la nef et dans les bas côtés, répondant aux versets et aux antiennes du sanctuaire.Quel moment de saintes délices quand, à l’élévation, tout fait silence dans l’immense basilique, alors que les orgues majestueuses soupirent et tremblent devant le Dieu que le prêtre vient d’appeler sur l’autel ! L’office du soir n’a pas moins de beautés ; les vêpres ont leurs poétiques psaumes ; et le salut, ses hymnes touchantes, ses cierges et son encens.Entre les offices, les enfants et les petit-enfants sont venus s’asseoir à la table de ZZ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 451 famille.Le grand’père et la grand’mère ont fait revivre les souvenirs des aieux.Ainsi le dimanche a passé doucement : la prière, la charité, les joies innocentes, les réunions de famille l’ont rempli ; et quand ce jour est fini, il vit encore, radieux des bonnes œuvres qu’il a fait faire et parfumé de l’encens brûlé devant les autels.Vicomte Walsh, (1782-1860) exercice:—1.Dire pourquoi les mots Kyrie.Alleluia, été., s’éciivent au singulier dans cette dictée—2.Genre de délices et orgues—Pourquoi beautés au pluriel—Genre du mot hymnes—Justifier l’orthographe du participe rempli.L’ENSEIGNEMENT SPÉCIAL AGRICULTURE (Pour les garçons) RÉDACTION LA CHARRUE Canevas.— 1.La charrue.ses parties.2.Comment on la fait fonctionner.3.Ses usages, effets des labours.4.Les semailles du blé.DEVELOPPEMENT 1.La charrue est formée d’une solide pièce de bois arrondie.Une grosse pointe de fer est emmanchée à l’un des bouts de la pièce ; à l’autre bout deux bâtons sont implantés.La pointe de fer s’appelle le soc ; les bâtons s’appellent les manches ou mancherons.2.On attelle à la charrue des chevaux ou des bœufs.Pendant que ces animaux tirent l’instrument, le laboureur tient les mancherons dans ses mains ; il appuie sur le soc pour le faire entrer dans la terre et le dirige bien droit pour tracer un petit fossé qu’on appelle sillon.3.C’est avec la charrue qu’on retourne la terre pour que les racines des plantes y pénètrent plus facilement et qu’elle soit exposée à l’air et aux rayons du soleil.Sans cela, elle ne produirait presque rien ; ce n’est même qu’après avoir été labourés plusieurs fois et recouverts de fumier que les champs deviennent fertiles.4.Lorsque la terre est bien remuée et bien fumée, on jette des grains de blé ; ensuite on les recouvre de terre en faisant passer sur les sillons une espèce de grand râteau traîné par un cheval et qu’on nomme herse.Par l’effet de la chaleur et de l’humidité, ces grains, enfouis dans la terre, germent et produisent une plante qui ressemble d’abord à un brin d’herbe ; chacun de ces brins grandit et se couronne, en été, d’un épi doré qui contient trente ou quarante grains.ÉCONOMIE DOMESTIQUE (Pour les filles) Développez cette pensée exprimée dans ce vers de Delille: Gui borne ses désirs est toujours assez riche.PLAN Rareté de ceux qui disent: “Je suis heureux!” •—Pourquoi n’est-on pas heureux?—Désirs ambitieux: le pavsan et le millionnaire.^—Bonheur dans la médiocrité.—Nécessité pourtant de ne point borner ses désirs quand il s’agit de travail, de progrès intellectuels et moraux.“Je suis heureux!” avons-nous souvent entendu cette phrase?Pas souvent.En général, les créatures se plaignent perpétuellement ; elles souffrent, elles sont inquiètes, ambitieuses, elles n’ont pas ce qu’elles veulent, elles courent après ce qu’elles désirent, elles éprouvent des déceptions, des amertumes, alors que près d’elles, à portée de leurs mains, se trouvait le vrai, le simple bonheur.Mais en général on ne voit pas les petites satisfactions de chaque jour, on ne veut pas s’arrêter aux événements heureux, on veut plus, toujours plus.Quine borne pas ses désirs n’est jamais assez riche.Mais nous bornons rarement nos désirs: ambitieux, nous rêvons le bonheur du voisin, alors que nous fermons les yeux sur le vrai bonheur de notre toit.D’abord le bonheur est-il dans la richesse?Non.Pour comprendre la vie, il n’est pas nécessaire de posséder de grands trésors ; au contraire, si on en croit les moralistes de tout temps, 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE on penserait que la richesse encombre la vie et dessèche le cœur.Le paysan, l’ouvrier, celui qui toute une journée a peiné sur un labeur fatigant, mais qui revient le cœur joyeux le soir et trouve pour le recevoir sa petite famille gaie et en bonne santé, est plus heureux que le riche millionnaire, dont les désirs toujours satisfaits sont lassés, qui ne peut plus apprécier les petits bonheurs de la vie, les vraies satisfactions du cœur, de la conscience, qui elles seules forment le vrai bonheur.Tous ceux qui restent dans leur sphère, qui ne rêvent pas les châteaux en Espagne, qui remercient la Providence de la petite part qu’elle leur a faite, tous ceux-là “bornent leurs désirs” et peuvent dire: Nous sommes heureux.Le petit oiseau lui-même nous donne une leçon de sagesse.Il chante près de son nid caché sous le buisson, et il n’envie pas les puissantes ailes de l’aigle, le roi des airs, qui s’élève là-haut, là-haut dans les cieux.Donc, pour tout ce qui regarde la richesse et le bonheur matériel, sachons nous contenter, mais ne bornons pas nos désirs du côté de notre cœur, de notre intelligence.Donnons à l’un et à l’autre tout le dévelop- pement nécessaire.C’est un capital qu’il s’agit de faire fructifier.Plus nous comprenons et plus nous sentons, plus nous pouvons être utiles à ceux qui nous entourent.L.G.(L’Ecole Française.) RÉCITATION VIEUX ARBRES ET VIEUX HOMMES Quand les arbres sont vieux, leurs rameaux dépouillés Ne sentent plus courir les frissons de la sève En un gémissement leur murmure s’achève, Les oiseaux les ont fuis, les vers les ont souillés.Quand les hommes sont vieux, ils vont, les yeux mouillés, Evoquer, loin du bruit, leur vie encor trop brève.Souvent avec courage ils ont lutté sans trêve, Et le suprême appel les trouve agenouillés.Autour de l’arbre vieux qui lentement s’affaisse.Avec ses nids déserts et ses pâles festons.On voit croître et verdir de caillants rejetons.Autour de l’homme vieux et pour qui le iour baisse, On entend les gais cris et le rire argentin Des enfents que réveille un rayon du matin.Pamphile Lemay.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE PROBLEMES SUR LES QUATRE OPERATIONS 1.Un papetier revend à $0.12 la pièce des cahiers qui lui coûtent $5.75 le cent.Combien doit-il en vendre pour gagner $20.?$5.75 -P 100 = $0.0575, le prix qu’il paie pour 1 cahier.$0.12 - $0.0575 =$0,0625, le bénéfice sur 1 cahier.$20.-u $0.0625 =320 cahiers.Rép.2.Autour d’un champ de forme rectangulaire ayant 91 verges de long sur 63 verges de large, on a planté des arbres qu’on a placés à 3.5 verges les uns des autres.Quelle est la dépense, sachant que les arbres coûtent $15.le cent et que la main-d’œuvre revient à $3.? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 453 Solution : (91 +63) X2 = 154 X2 = 308 verges, périmètre du champ.308 -^3.'5 =88 arbres.(88 X15)-e 100 = $13.20, le coût des arbres.$13.20+$3.=$16.20, la dépense totale.Rép.3.Un cultivateur veut faire construire une bergerie peur 245 brebis et 125 agneaux.Il faut 4 verges cubes d’air par brebis et 3.8 verges cubes par agneau.La bergerie doit avoir 29.8 verges de longueur et 14.6 verges de largeur.Quelle doit être la hauteur?Solution : 4x245=980 verges cubes d’air pour les brebis.3.8x125 =475 verges cubes d’air pour les agneaux.980 +475 = 1455 verges cubes d’air dans la bergerie.29.8x14.6 =435.08 verges carrées, surface du plancher.1455 435.08 =3.344 verges de hauteur.Rép.PROBLÈMES DE RÉCAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1.Dans un temps donné A fait 2 fois autant d’ouvrage que B.Ils entreprennent un ouvrage qui doit rapporter $153, mais A ne travaille que les % du nombre de jours de B.Partagez les $153 entre A et B.Solution : S’ils avaient travaillé le même nombre de jours, l’ouvrage d’A serait représenté par 2, celui de B par 1 et tout l’ouvrage par 3; Dans ce cas A recevrait les 2/3 de la somme et B 1/3‘, mais A n’a travaillé que % du nombre de jours de B.2x4^=8/9; l’ouvrage fait par A.9/g l’ouvrage fait par B.®/g+9/9 = 17/9 l’ouvrage fait par les deux; ainsi A a droit à 8/17 de $153 et B à 9/17 de $153.s/17 de $153.=8X9 =$72., la part d’A.Rép.9/17 de $153 =9X9 =$81., la part de B.Rép.2.Un voyageur parcourt une certaine distance dans 6 jours.Le 1er jour il fit le V4 du chemin, le 2e jour, le Vs du reste, le 3e jour, la H du 2e reste et enfin le 4e jour il termina son voyage en parcourant 36 milles.On demande la longueur du chemin parcouru en tout.Solution : 4U-1U = 3U, le 1er reste.Après avoir parcouru le Vs du 1er reste il reste les 2/s du 1er reste, c’est-à-dire les 2/s des 3/4 = le 2e reste.Après avoir parcouru la V2 du 2e reste, il reste du 2e reste, c’est-à-dire V2 de V2 = Vt, le 3e reste, insi le 4e jour il fit V4 du chemin =36 milles.L du chemin =36 X4 = 144 milles.Rép. 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.Quelle heure est-il lorsque le nombre d’heures pour aller à minuit est égal aux 4/s du nombre d’heures depuis minuit ?Solution : Entre minuit et minuit il y a 24 heures.Il s’agit donc de partager 24 en 2 parties de manière qu’une des parties soit égale aux 4/ô de l’autre.Représentons par 5 parties le nombre d’heures depuis minuit alors 4 parties représenteront le nombre d’heures jusqu’à minuit.5+4=9 parties en tout dans 24 heures.5/9 de 24 = 1373 heures, depuis minuit, ou 1 heure et 20 minutes de l’après-midi.Rép.Ou 4/9 de 24 = 107, heures pour aller à minuit, c’est-à-dire 1 heure 20 minutes de l’après-midi.Rép.4.Si on fond ensemble 6 onces 2/7 d’argent et 15 onces 73 de cuivre, quel sera le poids de l’argent contenu dans 8 onces et 3/4 de l’alliage?Solution: 67v+ 1573 = 66/2i+157/2i =2113/2i onces d’alliage.2113/2i onces d’alliage contiennent 62/r onces d’argent.83/4 onces d’alliage contiennent ?d’onces d’argent.35/ _44/ v21/ v35/ - /4 — /7 X /454 X /4 — (62/7 ^2113/21) X 874 = (44/7 -45472i) X°74=‘t77Xi7454X< /4 11 X'5/^X35 = =2 onces 247/454 d’argent.Rép.RÈGLES DE L’UNITÉ, POURCENTAGE, ETC.1.Trois bourses contiennent de l’argent; dans les deux premières il y a $795; dans la 1ère et la 3e, $851.; enfin dans la 2e et 3e, $1012.Combien y a-t-il dans chaque bourse séparément ?Solution : Dans la 1ère et la 3e: $851.Dans la 2e et la 3e: $1012.La différence dans ce cas, $161 est ce que la 2e contient de plus que la 1ère.Ainsi la somme de la 2e et de la 1ère =$851.Et la différence de la 2e et de la 1ère =$161.Si la 1ère contenait autant que la 2e, les deux premières contiendraient chacune la même somme, en tout $795+$161 =$956.$956-^-2 =$478, la somme dans la 2e.Rép.$478 - $161 =$317, la somme dans la 1ère.Rép.$851 -$317 =$534, la somme dans la 3e.Rép.2.Un épicier achète du café à raison de $44 les 80 livres.Que doit-il revendre la livre pour réaliser un bénéfice de 40% ?Solution : $44X0.40 = $17.60 le bénéfice sur 80 livres.$44+$17.60 =$61.60, le prix de vente de 80 livres.$61.60 4-80 =$0.77, le prix de vente de la livre.Rép.Si et L’ENSEIGN MENT PRIMAIRE 455 3.Le 1er septembre un spéculateur acheta une quantité de farine; le 1er octobre la valeur de la farine avait augmenté de 25%; le 1er novembre la valeur au 1er octobre avait augmenté de 30%.Le 1er décembre il vendit la farine 15% moins cher que le prix du 1er novembre.Il reçut en payement un billet à 6 mois, qu’il fit escompter à une banque à 7%, sans les 3 jours de grâce, et reçut $12950.Quel bénéfice fit-il sur la fleur ?Solution : Soit $100 la somme dépensée pour l’achat de la fleur.$100+25% de hausse =$125.$125+30%, de hausse =$125+$37.50 =$162.50.$162.50 - 15% =$162.50 - $24.375 = $138.125.$138.125 xO.07 XH =$4.834375 disons $4.835, l’escomp-^ te de $138.125 pour 6 mois, à 7%.$138.125 - $4.835 = 133.29, ce qu’il aurait reçu en fin de compte si la fleur avait coûté $100.($12950 = 133.29) X100 = $129500 = 133.29 = $9715.66, le coût de la farine.$12950 -$9715.66 =$3234.34, le gain.Rép.ALGÈBRE 1.Un train parcourt une certaine distance à une vitesse uniforme.Si la vitesse avait été de 6 milles de plus par heure, la distance aurait été parcourue dans 4 heures de moins ; si la vitesse avait été de 6 milles de moins par heure le trajet aurait pris 6 heures de plus.Trouvez la distance et aussi la vitesse du train.Solution : Soient x la vitesse du train et y le nombre d’heures, alors xv la distance.Daprès la 1ère supposition la vitesse serait x+6 et le nombre d’heures y - 4.Dans ce cas la distance, qui ne change pas, serait représentée par (x+6) (y-4).D’après la 2de supposition la vitesse serait {x - 6) et le nombre d’heures {y +6).Dans ce cas la distance serait représentée par (rc - 6) (y+6).Ainsi nous avons trois expression pour la distance, au/= (£+6) (y-4)=(rc-6) (y+6).xy =xy +6i/ - 4.V - 24 Ou xy - xy +4.x - 6y = - 24.4x - 6y = - 24 Ou 6y - Ax =24.Et xy =xy - Qy +6x - 36.Ou xy - xy +6y - 6x = - 36.(1) 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE D’où Qy - 6x = ~ 36.Ou 6.x - Qy =36_.(2) Posant (1) de nouveau : 6î/ - 4x =24.(1) Ajoutant (2) et (1): 2x=60.(3) x = 30 milles, vitesse du train.Rép.Substituant 180 la valeur de 6x dans (2) on a : 180 - Qy = 36.-62/=36 - 180= - 144.Qy=144.y = 144/e = 24 le nombre d’heures.x?/=30 X 24 =720 milles, la distance.Rép.2.Le périmètre d’un champ rectangulaire est de 500 verges et la surface du champ de $14400 verges carrées.Trouvez la longueur et la largeur du champ.Solution : 500-^2 =250, la somme de la longueur et de la largeur.Soit x la longueur alors 250 - x, la largeur.(250 -x) x=250x-x2 = 14400.x2 - 250.x = - 14400.x2 - 250x +1252 = - 14400+15625 = 1225.Extrayant la racine : x - 125 = +35 ou - 35.x = 125 +35 = 160, la longueur.Rép.250 - x =250 - 160 =90, la largeur.Rép.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR “LES FEMMES NE DOIVENT PAS SE MELER DE POLITIQUE” Un groupe de femmes de Montréal se sont rendues en délégation, à Québec, le 9 février dernier, afin de demander au gouvernement d’accorder le droit de vote à l’élément féminin.En réponse à la demande des déléguées, l’honorable Premier Ministre, M.Taschereau, s’est déclaré ouvertement contre le suffrage féminin.“Dans aucun pays français ou latin, a dit M.Taschereau,on n’aaccordéle droit de suffrage aux femmes.Je me demande ce que pourra gagner la femme en ayant le droit de vote.Sa place n’est pas dans la politique, c’est au foyer, dans la famille où elle peut exercer la meilleure influence.En se mêlant aux luttes politiques, la femme perdra peut-être le respect qu’on lui doit.” Ces sages paroles du Premier Ministre ont été applaudies par la très grande majorité du peuple de la province de Québec, qui croit que la femme doit rester reine au foyer et non pas descendre dans l’arène électorale où elle serait éclaboussée. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 457 Relativement peu de femmes canadiennes-françaises réclament le droit de voter.Elles sont en masse opposées à cette innovation chère aux pa}^ anglo-saxons.Si quelque deux mille femmes de Montréal et environs ont demandé le droit de suffrage, vingt-cinq mille à Québec et dans la province ont signé la requête suivante, qui a été transmise à l’honorable Premier Ministre : CONTRE LE SUFFRAGE Voici la résolution contre le suffrage féminin qui a été soumise au lieutenant-gouverneur et au gouvernement de la province : “ Nous, soussignées, résidentes à Québec, soumettons respectueusement à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur et au Gouvernement de la province de Québec les réflexions suivantes : “ 1.Si la nature n’interdit pas formellement à la société de concéder à la femme le droit de participer, par son suffrage, aux élections politiques, elle lui conseille nettement et fortement, sauf en vue d’un bien d’ordre supérieur, de ne pas accorder ce droit.“2.Guidés par leur esprit chrétien, nos ancêtres ont ainsi compris, sans doute, le droit naturel, et ils n’ont pas établi le suffrage féminin.Cette tradition électorale, qu’ils nous ont léguée, est saine et doit être conservée.Respect à l’œuvre de nos ancêtres.“ 3.Rien, ni notre situation sociale actuelle, ni aucune circonstance importante, n’exige ou ne justifie, dans la province de Québec, l’introduction du suffrage féminin.Pourquoi, sans raison sérieuse autre que certains caprices du temps présent, briser .avec un passé si plein de sagesse ?“ 4.Le suffrage féminin que ne justifierait, pour nos élections provinciales, aucune cause valable, entraîne des inconvénients graves qu’il ne faut pas perdre de vue : “ (a) La nécessité pour la femme, ou au moins la tentation très grande, d’entrer dans les organisations des partis politiques et de prendre part aux campagnes électorales, de se mêler, en un mot, à un genre d’action qui s’harmonise mal avec la condition de notre sexe et les devoirs du foyer : “ (b) La division dans les familles: c’est déjà nalheureusement un fait d’experience, des ménages se sont brouillés parce que telles femmes ne savaient pas adopter les opinions politiques de leurs maris.Et tout cela encore une fois pour quel avantage?Il suffit de mentionner ces inconvénients, mais il en est encore d’autres.“ 5.En raisonnant comme nous le faisons, nous prétendons n’être nullement rétrogrades.La grandeur de la femme, à nos yeux, ne dépend ni du droit de voter ni de 1 éligibilité.D’ailleurs, nous ne nous occupons guère de ces discussions sur la supériorité de l’homme et de la femme : chacun des deux sexes a la supériorité en son genre et chacun des deux garde sa supériorité, pourvu qu’il reste dans son domaine et qu’il y remplisse son devoir.Peu importent les inégalités politiques, elles ne nous seront pas plus desavantageuses, elles ne nuiront pas plus à notre influence sociale demain, qu’hier et aujourd’hui.Cette influence, nous avons tant de manières de l’exercer dignement et efficacement.“ 6.Pour toutes les raisons que nous avons apportées, nous demandons respectueusement à Son Honneur le lieutenant-gouverneur et au Gouvernement de la province de Québec, de ne pas attribuer à la femme le droit de voter.” 458 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “COURS D’HISTOIRE DU CANADA” Le tome III du Coiirs d’Histoire du Canada donné à TUniversité Laval par Phonorable Thomas drapais, vient de paraître.Ce volume va de 1815 à 1833.La grande œuvre historique de H.drapais en est donc rendue à son troisième volume.Il faudra bien encore deux volumes pour permettre à l’auteur d’atteindre la fin des luttes pour le gouvernement responsable, 1850.Une fois terminé, le Cours d’Histoire du Canada de M.drapais constituera un véritable monument historique, d’architecture sobre et élégante et d’un style clair, vivant, toujours correct et souvent éloquent.Pour cette œuvre nationale, M.Chapais aura bien mérité de ses compatriotes.C.-J.M.DEUX BEAUX VOLUMES On peut se procurer à la librairie Granger, 43 rue Notre-Dame-Ouest, Montréal, l’Histoire de Sainte Monique, par Monseigneur Bougaucl (600 pages, 81.20) et la Vie de Saint Augustin, par Ad.Hatzfeld, (186 pages, 0.60 sous).Ces deux volumes méritent d’être lus et conservés.OUVRAGES DE M.FÉNELON GIBON Secrétaire honoraire de la Société Générale d’Education et d’Enseignement U enseignement secondaire féminin.—Edition honorée d’une lettre d’approbation de S.Em.le Cardinal de Cabrières, évêque de Montpellier, et placée sous le patronage de la Société Générale d’Êducation et d’Enseignement.—Un volume in-8° de 220 pages ; l’exemplaire, franco, 6 francs.Petite histoire illustrée de la Révolution Française.—Septième édition, honorée d’une préface de G.Gautherot, professeur d’histoire de la Révolution française aux Facultés libres de Paris, avec 8 illustrations hors texte.—Un volume in-8o de 240 pages ; l’exemplaire, franc-o, 5 fr.50.Le Comte de Montalembert.—Troisième édition, honorée d’une préface du comte d’Haussonville, de l’Académie française, et d’un portrait.—Un volume in-12 de 260 pages : l’exemplaire, 4 fr.50 franco.Ces ouvrages sont en vente à la librairie Garneau, rue Ruade, Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 459 “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE” Il est du devoir des commissions scolaires de faire relier VEnseignement Primaire.La plupart d’entre elles se conforment, à ce sujet, aux instructions du département de l’Instruction publique.En faisant relier chaque année la revue pédagogique, on est certain qu’aucun des numéros n’en sera égaré.M.Jérémie Richard, relieur, s’est fait une spécialité de la reliure de VEnseignement Primaire.Adresse: 31, rue Sault-au-Matelot, Québec.REVUES RECOMMANDÉES Revues canadiennes :—Le Canada français, Université Laval, Québec.-—La Revue canadienne, Université de Montréal.—U Action française, Montréal.—Le Naturaliste canadien, Québec.—Le Bulletin des Recherches historisques, Beauceville, P.Q.—La Vie Nouvelle, Montréal.Revues françaises :—Le Noël, 5 rue Bayard, Paris.—La Maison, 5 rue Bayard, Paris.—Les Etudes, 5 Place Saint-François-Xavier, Paris.Cette dernière publication compte parmi les quelques rares grandes revues qui ont une influence mondiale.Les Etudes sont dirigées par les RR.PP.Jésuites.POUR LA LANGUE FRANÇAISE A la suite d’un article intitulé : la Corruption de la langue française, opinions réactionnaires et consacré au livre de M.A.Claveau sur la Langue nouvelle, M.André Beaunier recevait naguère de M.Camille Saint-Saëns, qui vient de mourir, la lettre que voici : Cher monsieur, Grâces vous soient rendues pour avoir pris la défense de la pauvre langue française battue en brèche de tous les côtés ! Vous n’avez qu’effleuré encore la question ; et il est permis d’espérer que vous n’en resterez pas là.U y a longtemps que je me tiens à quatre pour ne pas engager cette bataille : on ne m’écouterait pas, on me renverrait à mes clefs et à mes portées: aussi je me tiens coi.Pour vous, il en va tout autrement.Vous avez raison, le mal vient d’en haut ; mais n’en vient-il pas aussi beaucoup d’en bas?Si ce n’est le peuple, c’est le commerce et la bourgeoisie qui sont de grands coupables.Le commerce, qui se soucie de la langue comme des vieilles lunes, supprime tous les mots qu’il trouve inutiles, et si quelques-unes de ces ellipses sont admissibles, il y en a d'autres qui sont affreuses et qui, petit à petit, s’insinuent dans le langage et s’y installent.Il ignore la grammaire et ne voit aucun inconvénient à dire “en face le théâtre”; et, à force de lire cela, le public finit par en faire autant.Que dire de “manucure”, inventé par un latiniste ayant mal digéré son latin et n’ayant pas observé que “manus fait “manibus ’ et non point “manubus” ! Pourquoi l’usage “inutile” de mots étrangers?Pourquoi dire “palace” pour “palais”, “meeting” pour “réunion”, veglione” pour “soirée”, “aficionado” pour “amateur”, “ticket” pour “billet” ?Pourquoi cette manie de fabriquer des verbes avec des substantifs, quand on a les verbes nécessaires?On écrit “émotionner” pour “émouvoir”, exploser” pour “éclater”, et ainsi de suite.Dites tout cela, monsieur, portez le fer rouge sur les plaies.Vous pouvez le faire, donc vous le devez.Si les écrivains voulaient former une ligue, le mal pourrait être enrayé.Agréez mes compliments les plus empressés.C.Saint-Saëns 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE NOS VIEUX MONUMENTS Le Manoir de Boucherville Il fut bâti par Pierre Boucher en 1668.A ses pieds coule la rivière Sabrevois.Il n'a point l'air d’un château ; mais les hommes qui l’ont habité, plus encore que son vieil âge, en ont fait un monument historique.Ce manoir, après la mort de Pierre Boucher, passa en héritage à sa fille Jeanne qui épousa M.Jacques-Charles Sabrevois de Blemy.L’édifice porta pendant un siècle le nom de Châ-teau-Sabrevois, puis devint la possession de M.François Piedmont de la Bruère qui le céda à son neveu Joseph de la Broquerie, oncle de Mgr Alexandre-Antonin Taché.Mme Taché devenue veuve se fixa avec le jeune Antonin au manoir de Boucherville.Mme Taché et M.de la Broquerie étant morts, Mgr Taché, alors archevêque de Saint-Boniface, acheta des cohéritiers le vieux château et, en 1884, il en fit don aux pères Jésuites.Maison chère aux Pères, car le premier prêtre entré dans ce manoir fut le Jésuite Marquette, qui venait faire ses adieux au vénéré Pierre Boucher, avant de partir pour la découverte du Mississipi.Cette première maison de Boucherville abrita aussi la vénérable Marguerite Bourgeois, fondatrice de la congrégation de Notre-Dame.En cet endroit, la sœur Bourgeois établit une école.Le manoir est appelé aujourd’hui : “Villa de la Broquerie”.La toiture a été légèrement réparée ; mais ce sont toujours les mêmes murs et la même charpente.Ce château, à l’ombre des grands peupliers, sert actuellement de maison de campagne.Ce lieu est devenu aussi le pieux rendez-vous de nombreux citoyens qui, tous les ans, loin du bruit des affaires, vont sum’e les exercices d’une retraite fermée.Pouvait-on mieux choisir l’endroit ?Séjour encore tout embaumé du souvenir des vénérables aïeux qu’il a jadis abrités.LE FRANÇAIS M.Nicholas-Murray Butler, président de V Université de Columbia, New-York, a été reçu il y a quelque temps par VAcadémie Française de Paris.On lui fit une belle réception, et M.Butler prononça une allocidion où il rendit un bel éloge à la langue française.Nous en extrayons ce passage : “L’homme civilisé conserve soigneusement les modèles qu’il a créés.Le modèle métrique est préservé soigneusement du froid et du chaud.Le modèle de la langue française, dont vous êtes les conservateurs privilégiés, ce manteau si varié de la pensée et de l’imagination d’un peuple, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 461 est un instrument merveilleux, si flexible, si juste, si riche qu’il est capable de rendre la clarté d’esprit d’un Comines, la pénétration d’un Montaigne, l’élévation d’un Pascal, le génie d’un Molière, la magnificence d’un Bossuet et tous les triomphes de la littérature française dans ses formes nouvelles depuis deux cents ans.En conservant ce modèle, l’Académie française conserve la plus précieuse des possessions humaines." Voilà certes un témoignage, dit un journal franco-américain, qui devrait avoir du poids auprès de certains Franco-américains trop portés à abandonner l’usage du verbe français.Il y a aussi des Canadiens, du Canada, qui pourraient en profiter.H.B.{Le Droit) LES MUSÉES SCOLAIRES Après avoir été assez en faveur pendant un certain temps, les musées scolaires sont aujourd’hui presque généralement délaissés.Il semble que nous soyons condamnés, par notre mobilité d’humeur, à passer continuellement d’une idée et d’une pratique à une autre, brûlant le lendemain ce que nous avons adoré la veille.C’est évidemment un tort et, en ce qui concerne les musées scolaires, c’est une institution qui se justifie pleinement et qui mérite de rester en faveur.Nous ne devons pas oublier que les leçons de choses et les notions scientifiques font partie du programme des écoles primaires élémentaires au même titre que les exercices de lecture et d’écriture (art.27 du décret du 18 janvier 1887).Or, une leçon de choses n’est fructueuse qu’à la condition d’être faite avec les choses mêmes, que les enfants doivent voir, toucher, sentir et goûter, suivant les cas.Quant à l’enseignement scientifique, si modeste qu’on le suppose, il n’existe, en réalité, que s’il est exclusivement expérimental.Malheureusement» il n’en est pas toujours ainsi et il m’est arrivé plus d’une fois de voir faire des leçons de choses sans choses.C’est là une pratique dont les conséquences peuvent être, au point de vue de l’éducation de l’esprit, plus fatales qu’on ne se le figure généralement, Les élèves s’habituent ainsi à se payer de mots.Or les mots ne sont rien sans les idées, et à tout mot nouveau doit correspondre dans l’esprit de l’enfant une idée nouvelle.En disant une idée nouvelle je veux dire aussi une idée exacte, car c’est précisément le défaut de l’enseignement verbeux dont je parlais toutà l’heure de ne donner le plus souvent aux élèves que des idées fausses.Et, de même qu’il est plus facile de faire acquérir à l’enfant une bonne habitude que de lui en fair e perdre une mauvaise, de même rien n’est plus difficile que de déraciner d’un esprit prévenu ces fausses idées dont l’influence se fait sentir pendant la vie entière.Je ne m’étendrai pas plus longuement ici sur cette question de l’enseignement intuitif, déjà traitée dans l’Ecole et la Famille.Tous les bons instituteurs font régulièrement des leçons de choses et tout serait pour le mieux si les choses venaient réellement à 1 appui.On objecte, je le sais, que l’instituteur ne peut pas toujours se procurer les échantillons dont 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE il a besoin pour sa leçon et qu’il ne peut acheter tout ce dont il veut parler.A cela, je répondrai simplement qu’il faut se borner, dans ces leçons spéciales, à parler des choses qu’on peut mo?itrer aux enfants, à moins qu’on n’ait la certitude que tous ont vu ce qui fait l’objet de la causerie, ou bien encore que l’on ne dispose d’un terme exact de comparaison suffisant, familier aux enfants, On peut, à la rigueur, faire une leçon sur les abeilles sans avoir les échantillons en main, lorsqu’on sait que tous les enfants ont vu des ruches, goûté le miel et touché la cire ; mais s’il en est autrement pour un seul élève, la leçon sera entièrement pert due pour celui-là.D’ailleurs, ce n’est pas dans un autre but que celui de remédier à cette difficulté de se procurer les choses, qu’on a imaginé les musées scolaires.Il est, en effet, des échantillons qu’on se procure facilement et, pour ainsi dire, à la minute, et d’autres qu’on n’a pas souvent sous la main.En conservant les uns et les autres et en les classant, on évite toute difficulté.De cette façon, on peut aussi revenir sur une leçon faite—et Dieu sait qu’il est utile d’y revenir— : par exemple, à propos d’une lecture, d’une dictée, etc.Les musées scolaires ont encore un autre avantage.La vue des objets remédie en partie à la mobilité d’esprit des enfants et empêche d’oublier aussi rapidement : le musée scolaire constitue ainsi une sorte de revision et même de leçon de choses permanente.Ce qui arrête, je crois, les initiatives, c’est ce mot de musée, peut-être un peu ambitieux et qui éveille dans l’esprit l’idée d’une collection de raretés ou de curiosités.Je viens de montrer que tel n’est pas le but des musées scolaires ; il est vrai qu’à la longue nos collections s’enrichiront de plus en plus et que quelques-unes en viendront, sans doute, à justifier leur nom.Mais le vrai musée scolaire est toujours constitué à l’origine par les échantillons qui ont servi et qui peuvent servir à nouveau aux leçons de choses.Bornons-nous d’abord au nécessaire : ce qui n’est qu’agréable viendra plus tard, s’il est possible.L’important est de conunencer.puis de persévérer.Chacun apportera naturellement dans la formation de ces collections son goût et ses aptitudes personnelles : il n’y a pas et il ne saurait y avoir de régie fixe pour la création d’un ¦musée scolaire.Il est cependant utile d’adopter un ordre de classification, comme, par exemple : Productions naturelles', alimentation, vêtement, chauffage et éclairage, etc.Le meilleur musée scolaire est celui qui porte le cachet de la personnalité de son organisateur.Les instituteurs voisins ne peuvent cependant que gagner à mettre en commun leurs connaissances particulières et leur expérience et aussi à échanger les échantillons dont ils peuvent disposer.Pour la détermination des échantillons et produits naturels, on trouve partout des amateurs éclairés qui se feraient un plaisir d’aider de leurs lumières maires et maîtresses-Ceux-ci ne peuvent d’ailleurs que gagner à ce commerce avec des esprits cultivés.C’est là encore un avantage, et non des moindres, qui peut résulter de l’organisation d’un musée scolaire.Comme il n’est pas possible de se procurer dans tous les cas les choses elles-mêmes, nous les remplacerons au besoin par leur représentation.C’est dire que nous ferons une grande place aux gravures et aux dessins.L’imagerie scolaire a fait depuis quelques années d’immenses progrès et certains éditeurs publient aujourd’hui des gravures coloriées qui sont à la fois des merveilles d’exactitude, d’élégance et de bon goût.Telles de ces collections, mises en album ou mieux en tableaux, constitueraient presque à elles seules un véritable musée L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 463 scolaire.Les éditeurs d’ouvrages illustrés pour distributions de prix publient aussi chaque année des catalogues renfermant un assez grand nombre de spécimens de gravures, que l’on peut détacher et collectionner.Un bon maître tire parti de tout.Le musée scolaire est nécessaire pour toutes les écoles, aussi bien pour celles de filles que pour celles de garçons.Pour les premières, une importante section doit même être consacrée à l’économie domestique.Une jeune fille de onze à douze ans doit être familiarisée avec les choses du ménage et ne pas confondre, comme je l’ai vu, du calicot avec de la grosse toile de chanvre, ou une indienne avec une étoffe de laine.Beaucoup d’écoles de filles possèdent des armoires non utilisées, faute de livres.Par la création d’un musée scolaire, les institutrices tireront parti de ces meubles, tout en ornant leur classe.D’ailleurs l’armoire est loin d’être indispensable : de simples rayons, des cartons, etc., sont suffisants.B.L.Inspecteur primaire.Plan d’organisation d’un musee scolaire I.Produits naturels.—Minéraux divers, éléments constitutifs des terrains, roches et fossiles, etc.—Types des principales familles végétales représentées autant que possible par des plantes usuelles.Petite collection des principaux insectes (utiles ou nuisibles), etc., etc.II.Alimentation.—Produits alimentaires de toute nature aux différents états de fabrication ;—plantes alimentaires, grains et graines ;—pâtes et fécules alimentaires ; condiments et excitants ; matières premières em.ployées dans la fabrication des boissons, etc.III.Vêtement.—Matières textiles, fils et tissus, etc.—Matières tinctoriales ; peaux et cuirs, etc.IV.Blanchissage, toilette, économie domestique.—Tous les échantillons possibles.V.Chauffage et éclairage.—Echantillons de bois en grume (collection complétée par les feuilles et les fleurs).Charbons, tourbe, etc.—Résines, huiles, cires et suifs, etc.(Matières premières et produits fabriqués.) VL Habitation.—Matériaux.VIL Ameublement.—Tout ce qui a trait à l’ameublement: bois d’ébénisterie, tentures, vaisselles, verreries, métaux usuels, etc.VIII.Enseignement.—Industrie du papier et des livres.Objets de classe et de bureau.IX.Sciences physiques.—Instruments préparés par les maîtres et les élèves et pouvant servir à des expériences faciles.X.'Gymnastique des sens.—Objets divers pouvant servir à l’éducation des sens.XI.Histoire profane et histoire sacrée.—Gravures.(L’Ecole et la Famille.) 464 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES SAINTS CANADIENS Les béatifications et canonisations dont les cérémonies se sont déroulées, durant l’année 1920, dans la ville éternelle, n’ont pas eu seulement pour résultat de placer sur les autels des âmes d’élite et d’authentiquer l’opinion de sainteté que le peuple chrétien se formait d’elles.Elles ont eu encore un double but : lo rappeler à tout chrétien baptisé l’obligation d’être saint, ainsi que l’apôtre Paul le rappelle aux Thessaloniciens (I Ep., iv, 3) ; 2o stimuler les diocèses, les ordres religieux, les nations, afin qu’ils poursuivent en cour romaine, selon le droit canon, les causes de béatification ou de canonisation possibles.Le Canada se doit d’avoir des enfants sur les autels.Il doit pouvoir présenter aux générations futures les héros en sainteté qu’il possède et leur dire : ‘‘Enfants,ünitez vos devanciers et rappelez-vous que, fils de saints, vous ne pouvez dégénérer.D’ailleurs, la perfection chrétienne est lacile.Voyez et copiez leurs exemples.La grâce de Dieu ne vous manque pas plus qu’elle ne fit défaut aux autres.En haut, et toujours mieux pour Dieu !” Certes, les causes de béatification ne manquent pas en la Nouvelle-France.Nous en distinguons trois sortes.1.D’abord des serviteurs de Dieu nés en France et morts sur le sol canadien; saluons ici le vénérable Montmorency-Laval, 1er évêque de Québec; la vénérable Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation Notre-Dame de Montréal; la mère Marie-de-l’Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec; la mère Catherine-de-Saint-Augustin, de l’Hôtel-Dieu de Québec; citons aussi les PP.Jean de Brébœuf, Gabriel Lalemant, Antoine Daniel, Charles Garnier, Neel Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil et Jean de la Lande, de la compagnie de Jésus; le Père récollet Nicolas Viel, né dans la Normandie, au diocèse de Coutances, et noyé au nord de l’Ile de Montréal en 1625.Enfin, parmi nos contemporains, nommons le Père Frédéric de Ghyvelde, o.f.m., né dans le diocèse de Cambrai et mort dans sa 78e année, en odeur de sainteté, à Montréal, le 4 août 191G.2.Un héros en saintété né au Canada et mort en France: André Grasset de Saint-Sauveur, fils d’un secrétaire du comte de Frontenac.Il naquit à Montréal le 3 avril 1758.Retourné en France avec sa famille, lors de la conquête anglaise, il fut ordonné prêtre en 1782 et devint chanoine de l’église primatiale et métropolitaine de Sens.En 1792, il fut guillotiné pour la foi et figure parmi les 230 martyrs de la prison des Carmes à Paris.3.Il y a enfin les causes exclusivement canadiennes: a) celle du frère Didace Pelletier, récollet, né et baptisé à Sainte-Anne-de-Beaupré le 28 juillet 1657 et mort aux Trois-Rivières, le 21 février 1699; b) celle de Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve de François-Madeleine d’Youville et fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal (Sœurs Grises); c) celle enfin d’Alfred Pampalon, prêtre rédemptoriste.Vincent de Cartset.
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