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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1916-01, Collections de BAnQ.

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' y ' * ' ¦ o M.J.-O.Cassegrain he doyen des instituteurs canadiens en activité—Professeur à VEcole normale Jacques-Cartier, Montréal, depuis le 2 janvier 1866. 37e Année No 5 Québec, Janvier 1916 L'Enseignement Frimaire Revue illustrée de l’École et de la Famille C.-J.MAGNAN Propriétaire et Rédacteur-en-chef NOTES BIOGRAPHIQUES SUR M.JOSEPH-OCTAVE CASSEGRAIN Professeur à l’École normale Jacques-Cartier, depuis un demi- siècle Le 2 janvier 1916, il y aura cinquante ans que M.J.-O.Cassegrain est professeur à l’École normale Jacques-Cartier.Ce vénérable professeur’ est le doyen des instituteurs en activité dans la province de Québec, et peut-être du Canada.A cette occasion, nous offrons, avec nos meilleurs vœux, nos vives félicitations et l’hommage de notre profonde admiration au distingué jubilaire.Durant sa longue et fructueuse carrière, M.Casse-grain a donné partout et toujours l’exemple de la plus parfaite honorabilité professionnelle, et il a été un chrétien et un citoyen irréprochable.Monsieur Cassegrain naquit à Saint-Césaire (comté de Rouville) le 13 mai, 1837.Dans son enfance, il fréquenta l’école de son village, puis, ses classes terminées, sur b avis de ses parents, il entra dans le commerce.Mais son grand amour de l’étude lui fit abandonner sa position au bout d’une couple d’années.L’enseignement étant plus en rapport avec ses goûts, parce que cette carrière permet à celui qui l’embrasse de se livrer à l’étude et d’y consacrer beaucoup de temps, il prit la résolution de se faire instituteur.Il enseigna à Granby (comté de Shefford) pendant deux ans, à Saint-Georges (comté d’Iberville) pendant trois ans, à West-Farnham (comté de Missisquoi) pendant un an.Sa décision de rester dans l’enseignement s’accentuant de plus en plus, il crut que, dans ce cas, obtenir un brevet d’une école normale lui procurerait une position plus avantageuse dans la suite.C’est pourquoi il suivit les cours de l’École normale Jacques-Cartier sous la direction éclairée et ferme de M.l’abbé Verreau, de regrettée mémoire.A sa sortie de cette institution, il dirigea l’Académie Sainte-Marie (Montréal) pendant un an et demi.La position de professeur à l’École normale lui ayant été offerte par l’honorable M.Chauveau, sur recommandation de M.Verreau, il n’hésita 258 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pas à l’accepter Le 2 janvier 1866, il entrait officiellement en fonctions, et, depuis cette date, il n’a pas changé de position.M.Cassegrain a dirigé le Journal de V Instruction publique (la seconde revue pédagogique portant ce titre) de 1881 à 1898.Il fait actuellement partie de plusieurs bureaux d’examens: Bureau des examinateurs catholiques de Québec, etc.; Bureau des aspirants à l’étude de la Pharmacie; Bureau des aspirants à l’étude de la Médecine.Nous souhaitons à M.Cassegrain de longues années encore, années heureuses et paisibles, qui seront le digne couronnement d’une honorable et utile carrière.C.-J.M.BONNE ANNEE 1916 A tous nos chers lecteurs et amis fidèles nous offrons nos meilleurs souhaits de bonne, heureuse et sainte année.Santé, prospérité et longue vie à tous! tels sont les vœux que nous formulons au seuil de cette nouvelle année.PÉDAGOGIE LES ECOLES MATERNELLES (1) III.—Programme et Directions (2) Le programme des Écoles maternelles comprend: 1° courtes prières, NOTIONS ESSENTIELLES DE CATÉCHISME, LES FAITS SAILLANTS DE l’hIS-TOIRE SAINTE, ÉTUDIES AU MOYEN DE GRANDS TABLEAUX OU DE GRAVURES, SOUS FORME DE LEÇONS DE CHOSES.Direction Pour le catéchisme, on greffe cet enseignement sur les connaissances que l’enfant apporte de la famille.Il apporte des habitudes morales: les blâmes, les reproches, les encouragements de ses parents, les baisers de sa mère après une bonne action ont développé dans sa conscience les premières (1) Voir VEnseignement Primaire de décembre 1915.(2) Voir les Reglements du Comité catholique, Appendice F.; p.211. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 259 notions du bien et du mal, les premiers germes de la dignité et du sentiment de l’honneur.Il apporte encore un rudiment d’instruction religieuse.Dans la maison paternelle, il y a des images de Dieu, des saints; dans le petit coin de terre où il a vécu, il y a une église, des croix, il y a le prêtre.Il est sans doute entré dans une église pour visiter le petit Jésus dans la Crèche, au temps de Noël; on lui a appris un peu à prier; on lui a inspiré le respect des choses saintes.Utiliser toutes ces connaissances dans l’enseignement très élémentaire du Catéchisme, c’est aller du connu à l’inconnu, du concret à l’abstrait.2° EXERCICES ET JEUX GYMNASTIQUES PROPRES À DEVELOPPER LES FORCES PHYSIQUES DE L’ENFANT ET 1 LUI ASSURER UNE SANTÉ ROBUSTE.Direction Chaque fois que le temps le permet, ces exercices se font au grand air, dans la cour, dans le jardin, en promenade; quand les circonstances l’exigent, ils se font dans la salle de jeux, dans le préau couvert, quelquefois même dans la classe.Ils consistent en divers mouvements des doigts, des mains, des bras, des jambes, de la tête; en marches, sauts, rondes, courses; en jeux imitant des actions du cultivateur, de l’artisan, de l’ouvrier, des forces de la nature; en petits travaux de jardinage, etc.Souvent, ils sont accompagnés de chants.L’institutrice les inspire, les encourage et les surveille.Elle s’efforce d’y faire participer tous les enfants, et elle en profite pour porter ceux-ci à la générosité, à l’assistance mutuelle, à la charité.3° EXERCICES DE PENSEE, DE LANGAGE ET DE RECITATION DE NATURE À ÉVEILLER L’ESPRIT DE RECHERCHE ET D’OBSERVATION, À FAIRE NAÎTRE DES IDÉES SUR LES CHOSES DE LA NATURE ET DE LA VIE, À DONNER LES PREMIÈRES NOTIONS DU DEVOIR, A OUVRIR LE CŒUR AUX BONS SENTIMENTS ET À.METTRE PEU À PEU L’ENFANT EN ÉTAT DE S’EXPRIMER AVEC AISANCE ET NETTETÉ.Direction Ces exercices sont de tous les jours, de tous les instants, soit qu’ils arrivent en leçons spéciales, soit qu’ils se mêlent aux travaux de la classe et aux jeux des récréations.Tantôt ce sont des causeries sur les membres de la famille et les choses de l’école ou de la maison paternelle; sur les aliments, les vêtements, les habitations; sur les animaux domestiques, les oiseaux, les poissons, les insectes; sur les légumes du jardin, les arbres du verger, les fleurs de la prairie, les moissons des champs; sur les collections de graines, de minéraux, 260 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de tissus que les enfants ont réunies avec l’aide de la maîtresse; tantôt ce sont des entretiens familiers sur le jour et la nuit, sur la succession des mois et des saisons, avec leur cortège de plaisirs, de souffrances, de travaux, sur la pluie, la neige, la grêle, la glace, sur les voyages, les excursions, les moyens de communication; tantôt ce sont des descriptions d’images représentant des scènes enfantines ou des événements empruntés à la vie de famille, à l’histoire du pays, aux mœurs champêtres; aujourd’hui, c’est le récit d’un trait de courage, d’une anecdote curieuse, d’une historiette touchante; demain, ce sera l’étude d’un conte amusant, d’une fable naïve, d’un quatrain de circonstance, d’une pièce de poésie toute fraîche et toute pleine de tendresse.Et toujours c’est la parole pénétrante, insinuante d’une mère qui^ent, qui aime, qui glisse dans l’esprit une pensée utile ou dans le cœur un bon sentiment et qui, en même temps, amène la parole sur les lèvres de l’enfant, en l’aidant à traduire ses impressions et et le résultat de ses observations.4° CHANTS APPRIS PAR L’AUDITION.Ils doivent être d’un sens facile à saisir, simples de mélodie, assez mouvementés pour amuser les enfants, assez variés d’intonations et de nuances pour plaire.Parfois, ils sont mis en rapport avec les jeux, les rondes et les marches; parfois, avec les causeries et les récits.5° OCCUPATIONS MANUELLES BASEES SUR LE SYSTÈME FRŒBE ET VISANT PARTICULIÈREMENT L’EXERCICE DE L’ŒIL ET DE LA MAIN, LE DÉVELOPPEMENT DES FACULTÉS INVENTIVES ET LE PERFECTIONNEMENT DU GOÛT.Direction Le pliage et le découpage du papier jouent un grand rôle dans les écoles maternelles.Ils n’exigent aucun outil, aucune dépense, la main suffit à faire les plis, l’ongle du pouce à les marquer fortement et les doigts à en diviser les parties.De la feuille de papier la plus simple, l’institutrice intelligente tire, par d’ingénieuses transformations, toute une géométrie élémentaire, toute une collection de formes variées: le carré, le rectangle, le losange, le triangle, le trapèze, l’hexagone, l’octagone; puis de ces formes fondamentales, elle fera naître une étonnante quantité d’objets usuels et de formes de beauté.De tous ces travaux résultent, acquises par la perception plutôt que la conception, des notions précieuses pour la préparation à l’apprentissage des métiers.Et exécutés avec propreté, avec exactitude et avec délicatesse, ils contribuent à donner à la fois l’adresse et le goût. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 261 Le tressage au moyen d’une, puis de deux, puis de quatre bandelettes; ensuite les entrelacements en combinaisons diverses produisent des formes non moins intéressantes et non moins instructives.Il en est de même du tissage, bien gradué dans ses formules, habilement conduit dans ses contrastes, heureusement distribué dans ses couleurs et ses nuances.Combiné avec ces divers travaux et avec les assemblages auxquels donnent lieu les bâtonnets, les lattes et les planchettes, le dessin ne manque pas non plus de plaire à l’enfant.Celui-ci est heureux de voir renaître, sur l’ardoise ou sur le papier, l’image des petites constructions qu’il a obtenue.En s’exerçant au tracé des lignes et des figures, il apprend peu à peu à bien voir et à bien représenter, c’est-à-dire dessiner.L’institutrice maternelle aurait grand tort de négliger ces travaux et ces occupations, si propres à faire chercher, trouver et produire sous mille formes le beau et l’utile, si propres à procurer à l’enfant des satisfactions et des ressources partout et toujours à sa portée.Enfin, les dons de Frœbel, balle, cube, cylindre, boule et autres jouets sont d’excellents matériaux de construction, de travail et de jeu.6° PREMIERS ÉLÉMENTS DE LA LECTURE, DE l’ÉCRITURE ET DU CALCUL.Direction Pour répondre au désir des familles, l’institutrice maternelle est souvent obligée d’enseigner aux élèves les plus avancés de sa classe les premiers éléments de la lecture et de l’écriture.Initiée à la méthodologie de l’école primaire, elle peut rendre par là un service de plus.C’est alléger la tâche de l’instituteur primaire que de le dispenser d’enseigner les lettres et leurs combinaisons en syllabes, en mots et en phrases.Quand l’institutrice maternelle est vraiment capable, il lui suffit d’une demi-heure chaque jour, matin et soir, pour familiariser ses élèves avec les exercices de lecture et d’écriture qui figurent au programme de la première année d’études de l’école primaire.C’est à cela aussi qu’elle se borne.Quant au calcul, elle y accoutume les enfants à l’occasion du maniements des bâtonnets, des lattes, des planchettes, des cubes, que, tous les jours, elle fait compter, réunir et séparer.Et lorsqu’ils ont acquis la notion des dix premiers nombres et de leurs combinaisons, il lui devient facile de les conduire jusqu’à vingt, en se conformant aux indications du programme dressé pour une division inférieure d’école primaire.Toutefois, elle doit résister au désir d’aller trop loin et d’altérer ainsi le caractère -de l’école maternelle. 262 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ouvrages Consultés et Mis 1 Contributions I—A l’École maternelle et à l’École primaire.A.Pierre, Paris, 1900.II —L’Enseignement primaire en France, Rapport, Paris, 1900.III —Les Dons du Jardin d’Enfants.Paris, 1877.IV —Règlement des Écoles enfantines du Canton de Genève, 1909.^ V —Les Écoles primaires et les Écoles normales en France, en Suisse et en Belgique.C.-J.Magnan, Québec, 1909.VI —Mon Filleul au “Jardin d’Enfants”, Félix Klein, Paris, 1913.VII —Les Écoles maternelles.R.P.G.Daly, Montréal, 1914.C.-J.Magnan LA DISCIPLINE (1) Par Mgr F.-X.Ross, V.G.Principal de l’École normale de Rimouski II En second lieu, vous ai-je dit, il faut surveiller.Oh! l’affreux mot: surveiller.Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?Epier ?chercher à prendre en faute ?Mais alors, quel effet éducateur ce contrôle peut bien produire?Pensez donc: toujours sentir un œil sévère qui suit les mouvements pour les enrayer! Toujours craindre cette voix menaçante qui va rappeler à l’ordre, se sentir toujours dans un cercle de fer qu’on ne peut dépasser sans s’y meurtrir, savoir sa liberté toujours menacée, être gêné dans tous ces joyeux ébats auxquels l’enfant aime tant à se livrer! Il est bien triste de reconnaître que de si déplorables impressions existent chez un bon nombre d’écoliers, pour ne pas dire d’écolières.Il serait bien plus déplorable que le système de discipline adopté par un éducateur justifiât ces impressions.Le grand malheur serait que nos élèves nous regardent comme des gendarmes et qu’ils nous croient disposés à les con-trecarer systématiquement en tout, et qu’ils saisissent dans notre allure un air de satisfaction quand nous pouvons les prendre en défaut.Eh! non, Mesdemoiselles, surveiller ne veut pas dire épier ni exercer le rôle de gendarme.Comprenons bien d’abord ce que veut dire ce mot.Si j’étais en classe je l’écrirais au tableau pour vous en faire trouver l’étymologie : “Veiller sur quelqu’un”, c’est cela surveiller.L’usage lui a attribué le sens de “veiller particulièrement sur quelqu’un”.Et dans quel but?(1) Voir L'Enseignement Primaire de décembre 1915. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 263 Le but est déterminé par la fonction même dont on est chargé.Le gendarme surveille quelqu’un pour le pincer ; le chasseur surveille son gibier pour l’abattre; la mère surveille son enfant pour le préserver du danger et en faire un homme.Saint Paul dit que le Saint-Esprit a placé les évêques pour gouverner l’Église de Dieu.Or dès l’origine de l’Église on a donné à ces chefs le beau nom de “surveillants” — Episcopi.Et ce surveillant, ajoute l’Apôtre, ne doit être “ni violent, ni prompt à frapper”.C’est que, en religion, et en éducation également, la surveillance, est un acte d’amour: On ne veille bien que sur ce que l’on aime, et on veille sur l’objet aimé pour le conserver et augmenter sa valeur.C’est encore que, en dehors de la surveillance extérieure qui empêche l’acte répréhensible ou le punit, il y a cette surveillance intime de l’éducateur qui cherche à s’insinuer, par la confiance qu’il inspire, dans l’âme de ses élèves, pour les amener à l’accomplissement volontaire de leurs obligations, il y a cette sollicitude qui ne perd pas de vue les enfants afin de les préserver du danger, de former leur conscience par la pensée du devoir, de fortifier la volonté par des actes librement consentis.Loin d’être un homme de police, l’éducateur, comme la mère, doit être l’ange gardien qui couvre l’enfant de sa surveillance et le forme à l’habitude de vouloir librement le bien, d’accomplir généreusement son devoir, même aux dépens de sacrifices dont il sera avec Dieu le seul témoin.C’est toujours le même principe éducateur qui nous guide, ne l’oublions pas: former l’enfant par l’intérieur.On vous parle de moniteurs pour vous remplacer.Il y a un moniteur que vous devez installer, non aux côtés, mais à l’intérieur de l’enfant : c’est sa conscience.Sans ce moniteur, toute surveillance devient illusoire.Il ne faut donc pas qu’en surveillant, vous preniez aux yeux des élèves une mine d’espion désireux de les prendre en faute, de policier qui tend des pièges.C’est un grand malheur dans les maisons d’éducation quand les enfants se sentent l’objet d’une mesquine tactique qui cherche à les surprendre.Les plus lutins se font un malin plaisir de se mettre dans d’apparentes fausses positions pour jouir de la déconvenue de la maîtresse qui semble toujours présider à quelque’tribunal d’enquête; les autres se sentiront mal à l’aise, comprimés, vous développerez la défiance, l’aigreur, vous ferez des caractères renfrognés, dissimulés, vous vous perdrez dans l’estime de tous.Soyez toujours au courant de tout ce qui se passe dans votre petite famille, mais que cela se fasse sans ostentation.Encore moins, ne chargez personne du groupe de surveiller les autres pour vous faire rapport de leur conduite.Vous développeriez des jalousies et des révoltes chez les enfants, vous provoqueriez des scènes désagréables de la part des parents, et des cancans ennuyeux de la part de tout le monde.Développez un esprit de corps en cultivant le point d’honneur, le sentiment religieux du devoir; intéressez tout le groupe à ce que chaque membre se conduise de manière à faire honneur à la classe, et formez une 264 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE élite qui entraîne les autres; faites en sorte que la conscience des enfants soit assez éveillée pour qu’ils vous avertissent des désordres vraiment graves qui peuvent se produire: tout cela est dans Tordre et c’est de la meilleure éducation; vous développez ainsi le sentiment des responsabilités sociales.Mais il ne faut pas que les enfants se sentent encerclés par un réseau de police secrète.Il faut voir à ce que la dénonciation parte de la conscience publique plutôt que d’un groupe d’espions plus intéressés à surveiller les autres qu’à se surveiller eux-mêmes.Il est souverainement important que les élèves aient la notion exacte de la surveillance à laquelle ils sont soumis, et qu’ils sachent, qu’ils sentent par votre conduite, encore plus que par votre parole, que vous voulez, non les espionner, non les prendre en faute, non les gêner inutilement, non comprimer leur activité naturelle, mais en faire des hommes en qui vous pouvez avoir confiance, des caractères ouverts qui n’ont rien à vous cacher, des consciences droites qui ne mentent pas plus à elles-mêmes qu’à la maîtresse, des hommes d’honneur qui se conduisent par le sentiment du devoir aussi bien en votre absence qu’en présence de vous.Il faut qu’ils sachent qu’une faiblesse librement avouée est pardonnée, qu’un effort soutenu à se contrôler est le meilleur titre à votre estime, qu’une victoire remportée sur soi-même est plus appréciée qu’un succès dû à leur facilité naturelle.Disons le mot, il faut qu’ils sentent que vous les aimez, que vous remplacez leur mère et que la surveillance que vous exercez sur eux n’est que la sollicitude aimante de leur mère prolongée jusque dans l’école.Mes Enfants, le premier dimanche de chaque année, lorsque je vous expose notre système disciplinaire, j’ai coutume de vous tenir à peu près ce langage que vous voudrez bien me permettre de répéter ce soir: aMesdemoiselles, vous venez ici pour corriger des défauts et acquérir des qualités.Il y a des défauts qui vous font commettre des fautes contre la grammaire ; d’autres, des fautes contre la bonne éducation.Il faut corriger les uns et les autres et acquérir les qualités qui en sont le contre-pied.Nous traitons avec la même indulgence et la même fermeté les uns et les autres.Quand on vous signalera une faute dans une dictée, dans une leçon, ou un concours, vous ne croirez pas qu’on veut vous persécuter, vous prendre en faute, ou qu’on vous en estime moins; vous ne chercherez pas à cacher votre faiblesse, puisque vous venez ici pour lui substituer la force et la vigueur.De même en doit-il être pour les fautes dans votre conduite, pour les défauts dans votre formation morale, encore plus importante que la formation intellectuelle.Quand on vous signalera un manque d’énergie, de sincérité, de piété, de délicatesse, de savoir-faire, vous n’aurez pas l’envie de penser qu’on cherche à vous humilier, à vous abaisser, à vous prendre en faute, mais vous travaillerez à les corriger comme vous faites en grammaire, en dictées, en composition.Ne les cachez pas, vous n’auriez jamais occasion de les corriger.Du reste, on saurait les découvrir comme vos manquements contre la grammaire, l’arithmétique et autres.Avoir des défauts, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 265 ce n’est rien; vouloir les garder: tout le mal est là.Je n’ai de rigueur que pour une classe d’élèves, celles qui refusant de reconnaître leurs défauts, les dissimulent pour les laisser croître à l’intérieur sans les laisser paraître au dehors.Je renverserais la maison pour défendre, abriter, protéger une enfant, qui étant remplie de défauts, se les avoue, cherche à s’en corriger et, par toute sa conduite, montre qu’elle attend de nous bienveillance et secours.Je négligerais toutes les autres pour aider celle-là et c’est à celle-là que je m’attacherais davantage.” Mes enfants, je ne sais si je me fais illusion, mais il me semble que cette simple mise au point, à laquelle nous tâchons ensuite de conformer notre conduite, a dilaté bien des âmes et rendu bien facile un travail de formation dans lequel j’avoue avoir goûté une exquise consolation.Si je vous le rappelle aujourd’hui,, c’est pour vous inciter à avoir la même franchise et à tenir la même conduite envers les autres.Mettez les âmes à l’aise en leur disant franchement ce que vous attendez d’elles et provoquez la confiance par une indulgente sollicitude qui cherche les maux pour les guérir.Dilatez les âmes, on ne peut pas faire d’éducation sans cela, et quand les âmes sont dilatées, les âmes des jeunes surtout, elles ont des élans généreux capables de surprendre ceux qui agissent toujours comme si la contrainte était le grand moyen d’éducation.Le Prophète criait au Seigneur: “Quand vous avez dilaté mon cœur, j’ai couru dans la voie de la perfection”.Tout cela, vous le comprenez, ne veut pas dire que vous devez vous désintéresser de la surveillance et d’une surveillance active.Ma formule est contenue dans cette proposition que j’énonçais il y a un instant: Soyez au courant de tout ce qui se passe dans votre petite famille, mais faites-le sans paraître épier ou paralyser tout élan.Qu’il faille une surveillance judicieuse, ce n’est pas démontré seulement par la nécessité de la discipline ; vos responsabilités au point de vue civil et religieux vous y obligent.Et d’abord c’est un devoir qui vous est formellement imposé par le paragraphe 17 de l’article 227 des Règlements du Comité catholique.L’art.239 détermine jusqu’où doit s’étendre cette surveillance: “Les élèves doivent rendre compte à l’instituteur de leur conduite sur le terrain de l’école, et en venant à l’école ou en retournant à la maison, à moins qu’ils ne soient accompagnés de leurs parents ou de ceux qui leur en tiennent lieu”.D’autre part, l’article 1054 de notre code civil vous tient responsable des dommages ou désordres causés par vos élèves tant qu’ils sont confiés à vos soins, et des maux qui peuvent leur arriver par votre défaut de surveillance.Cette responsabilité qui ressort de votre rôle d’éducatrice, est une véritable obligation morale qui vous lie en conscience.Vous savez avec quelle véhémence souvent, les pasteurs des âmes recommandent aux parents la surveillance de leurs enfants au point de vue moral.Je puis vous dire que c’est l’une des plus fortes préoccupations du 266 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ministère paroissial.C’est qu’il y a un danger dans le groupement libre des enfants.Il s’y trouve presque toujours en effet des fruits pourris qui contamineront les autres, et il suffit d’un seul pour propager la contagion.Et que dire de ces rassemblements nombreux, de ces contacts journaliers et continus de plusieurs dizaines d’enfants dans la petite école, autour de la petite institutrice?Et ajoutez que ce mélange des enfants des deux sexes provoque encore des manifestations sympathiques dont leur exubérante nature est débordante, et qui, grâce à l’ingénuité de leur âge pour quelques-uns, et à la perversion précoce pour quelques autres, peuvent constituer des dangers sur lesquels l’institutrice n’a pas suffisamment les yeux ouverts.Ajoutez encore que la contrainte à laquelle ils se trouvent soumis par l’étude et l’observation parfois forcée de la discipline, comprime leur activité comme les parois d’une chaudière emprisonne la vapeur qui s’y accumule sans se dépenser; qu’une fissure se produise dans cette paroi, et la vapeur s’échappe et se perd, causant parfois de grands dégâts.Le mauvais exemple d’un compagnon pervers causera cette fissure par laquelle s’échappera la force qui bouillonne à l’intérieur de ces petites âmes, et le vice soutirera souvent à son profit ces forces vives que la maîtresse devrait utiliser pour le bien et qui se perdent faute d’une surveillance active qui sait prévoir.Ce sont des cas assez fréquents, croyez-en mon expérience de curé.Surveillez donc, Mesdemoiselles, saisissez dans les manières de vos élèves, leurs gestes, leurs regards, leur langage, dans la manifestation de leur piété, les sentiments intérieurs qui les animent.Mais en même temps, travaillez, suivant que je vous ai dit plus haut, à fortifier dans leur intérieur ce moniteur toujours en éveil qu’est la conscience.Aujourd’hui, Dieu soit béni! nous avons à notre disposition le grand moyen de discipline intérieure: c’est la communion fréquente bien faite.Ce n’est pas seulement aux prêtres c’est à tous les éducateurs que le Décret de 1905 fait l’injonction suivante: “Que l’on fasse tous les efforts possibles pour promouvoir la communion fréquente et quotidienne dans toutes les maisons d’éducation chrétienne”.Parlez souvent aux enfants de l’appel que Notre-Seigneur leur fait: “Laissez les petits enfants venir à moi” ; inculquez-leur le goût de la nourriture divine, enseignez-leur à s’y bien préparer et à bien faire leur action de grâces, donnez-leur l’exemple vous-mêmes, et vous aurez fait pour le maintien d’une forte discipline plus que ne pourraient faire tous les règlements, les codes, les inspecteurs et les commissions scolaires.Vous avez compris, n’est-ce pas, avant que je vous l’aie dit, que pour agir sur les âmes, il faut compter avant tout sur les moyens surnaturels qui éclairent l’intelligence et stimulent la volonté.Je résume cette deuxième règle en vous disant que tout en tenant ferme à la discipline, il ne faut pas imposer ses obligations sans tenir compte des dispositions et du tempérament des élèves et sans choisir son heure et les circonstances favorables; que de plus une surveillance active mais intelli- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 267 gente et éducative, qui provoque la confiance et dilate les âmes, fera plus de bien que la répression énergique des fautes qu’on n’aura pas cherché à prévenir.En tout cela, nous nous conformons à notre principe que le travail d’éducation doit s’exercer sur l’intérieur de l’enfant pour le mener à agir librement par lui-même.La prochaine conférence nous dira comment il faut ensuite le provoquer à l’action en engageant sa responsabilité.Le Cercle pédagogique Roy Il y a plus d’une année, un certain nombre de professeurs de Montréal, décidaient de se grouper pour discuter en commun des questions intéressant la classe enseignante.Cette idée était heureuse, car il est toujours utile aux gens de même profession de s’unir, et l’étude faite en groupe, où chacun apporte le tribut de ses talents et de ses connaissances, offre plus d’agrément et est plus complète que l’étude faite en particulier.Ce groupe prit le nom de Cercle Roy.Il reçut de précieux témoignages d’encouragement de la part des autorités scolaires et l’appui d’un bon nombre de professeurs.Des statuts furent soigneusement élaborés.En voici le premier article : “Le Cercle Roy est un groupement d’instituteurs catholiques de Montréal, dont les membres ont pour but l’accroissement de leurs connaissances professionnelles et le perfectionnement de leur culture générale.Les membres recherchent les meilleures méthodes pédagogiques et travaillent à leur diffusion pour aider au progrès de l’enseignement primaire.” Les moyens choisis pour atteindre ce but sont l’étude collective et les, conférences.Tous deux ont été mis en œuvre.Après un an de fonctionnement régulier, le cercle a un bilan assez avantageux à présenter.Voici quelques faits tirés du rapport annuel: Au cours de l’année, le Cercle Roy a tenu 10 assemblées générales et 5 assemblées de comités.Ces séances furent toujours vivantes et intéressantes.Certaines réunions ont groupé jusqu’à cinquante professeurs.Les sujets qui ont été étudiés sont les suivants: 1.—Des relations du professeur avec ses élèves au début de l’année.2.—Analyse des causes qui tendent à faire disparaître les démonstrations patriotiques de la St-Jean-Baptiste.3.—Le chant à l’école.4.—La comptabilité en quatrième année.5.—La rédaction à l’école primaire.6.—Le professeur doit-il accorder une moyenne de notes à l’élève absent le jour d’une composition ? 268 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7.—Essai de formation littéraire et morale au moyen d’une pensée développée brièvement chaque jour 8.—L’enseignement de la géographie en première année.9.—L’enseignement de l’anglais par la méthode naturelle.Les membres eurent aussi le plaisir d’entendre une causerie de M.l’abbé Dupuis, leur aumônier, sur “Ce que l’Église pense de la Guerre”.Les membres du Cercle Roy ont donc fait depuis 12 mois de la bonne besogne.Ils continueront.Le vaste champ qui s’ouvre devant eux ne fait qu’affermir leur volonté et les inciter à de nouveaux efforts.Puissent-ils poursuivre longtemps leur marche ascendante vers le progrès ! Irenée Beauchemin, Secrétaire du Cercle Roy.CERCLE ROY Comité des Sciences, Arts et Littérature Septembre 1914- Sujet d’étude: Le Chant a l’École.La séance d’étude du 11 septembre était présidée par M.Mondou, principal de l’École Montcalm.Les membres du comité ont été unanimes à reconnaître que le chant est un puissant moyen de formation religieuse, morale et civique et qu’il doit, en conséquence, faire partie intégrante du programme d’études des écoles.Tour à tour, MM.Mondou, Bergeron et LeRouzès ont abondé dans ce sens, se basant sur les faits établis de longue date et sur de multiples constatations personnelles.La nature entière est un hymne incessant au Créateur et le roi des êtres créés, l’homme, monte d’instinct vers son Maître.Il ne lui suffit pas de dire son amour et ses aspirations, il faut qu’il les chante, dans la solitude aussi bien qu’au milieu de ses frères.L’Église, la famille spirituelle, trait d’union du créé à l’Incréé, chante sa prière, et quel cœur ne s’attendrit aux accents des mélodies grégoriennes dont Mozart était jaloux?L’État, famille groupant les intérêts matériels, chante son hymne national qui entretient ardente la flamme du patriotisme.Or, l’instituteur prépare des enfants à l’Église et à la Patrie, et tel aura été l’enfant, tel sera l’homme.Que l’écolier chante donc, dès le jeune âge, le Dieu qu’il aime et le pays qu’il chérit.Que, tour à tour, suivant son milieu, il chante aussi les Champs, les Bois, la Mer; par là sa Foi sera plus ferme, son patriotisme plus viril; il sera plus heureux de vivre dans sa sphère, quelle qu’elle soit: car le chant L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 269 soulagera son âme, endolorie parfois, et dilatera son cœur qui s’élèvera au-dessus de la réalité.Par les morceaux choisis—bien dits—on arriverait aussi à ce résultat, et un membre du comité, M.Bergeron, n’a pas manqué de signaler la connexité qui existe entre le chant et la déclamation.Avantages divers.Mais le chant à l’école fournit d’autres avantages bien appréciables ; en voici quelques-uns : 1° La leçon de chant, permettant à l’enfant de donner libre cours à son enthousiasme religieux, patriotique, etc., a un attrait particulier comparable à celui des terrains de jeux, où l’enfant peut se livrer à son enthousiasme physique, et ainsi l’école devient plus aimée; 2° Dans l’école où l’on chante, on n’est pas à court quand, sans crier gare, des personnages de marque arrivent faire une visite; 3° Il est bien facile de préparer un petit chant spécial à l’occasion d’une fête à célébrer; 4° Les enfants et les jeunes gens goûteraient davantage les offices de l’Église; 5° Adieu le cauchemar de la distribution des prix à la fin de l’année scolaire : les élèves sont prêts.Je sais bien que ces avantages sont plus palpables à la campagne qu’en ville et là, combien précieux serait, pour les cérémonies du culte, le concours de l’instituteur.Méthode La méthode à suivre dans l’enseignement du chant, M.Mondou l’indique comme suit : 1° Faire chanter tous les enfants, et à l’unisson; 2° Apprendre le solfège et en faire un peu tous les jours.Pour obtenir un résultat plus profitable à l’enfant, il faut néanmoins faire chanter séparément de temps à autre, en commençant par les meilleures voix.Que Chanter ?Des chants religieux connus (quelquefois), l’Hymne national, des hymnes nationaux de pays amis,—des chansons populaires,—des cantiques (Mois de mai—de juin—Noël)—une marche militaire,—une barcarolle,— un chant de labour, etc.Quand Chanter ?Tous les jours, autant que possible, pendant quelques minutes à la rentrée du midi de préférence (avantage—calmer les nerfs et saisir l’imagination). 270 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Suggestions : 1° Faire chanter O Canada!.auxjséances de fin de mois; 2° Encourager les élèves qui vont au chant; 3° Demander à M.le Principal de l’École normale s’il ne serait pas possible que les élèves du cours académique apprissent l’harmonium.Objection: C’est le temps qui manque.—Réponse: “Une école où l’on fait de bons exercices de chant en surpassera bientôt une autre qui, quant au reste, lui serait supérieure”, (Over-berg.) Yves LeRouzès, Rapporteur du Cercle Roy.PROPOS DE GUERRE Qui s’est mis au ban de l’Humanité?La réponse n’est pas douteuse, car bien que les journaux allemands aient affecté à grand bruit de dénoncer les alliés comme jetant dans la guerre des Africains et des Hindous, il est visible pour tous que ces “prétendus sauvages” ont fait la guerre de façon plus humaine que les troupes régulières d’Allemagne et d’Autriche.On n’en veut pour preuve que les rapports officiels et les enquêtes juridiquement établies par les belligérants de la Quadruple-Entente.Le Livre Rouge, résumé authentique des atrocités commises en Belgique et en France, édifiera les plus difficiles, et la critique historique, même aiguisée par l’intérêt que prend toujours un coupable à nier les mauvais cas où il s’est mis, trouvera difficilement à mordre sur cette collection de faits dûment établis.Les aveux tirés des carnets de prisonniers ou de soldats tués sur le champ de bataille publiés par M.Bédier, professeur au Collège de France, sont une illustration terrible de la méthode allemande de la Guerre.Les chicanes de traduction inexacte qu’on y avait opposées ont donné occasion à une réplique qui a fourni bon nombre de faits nouveaux, et depuis lors les contradicteurs se taisent.Qu’on lise: La Belgique martyre, de Pierre Nothomb, Les Procédés de Guerre, de l’homme d’état Belge, Henri Davignon, brochure complétée par les résultats de l’enquête juridiquement conduite en Angleterre parmi les réfugiés de Belgique témoins et victimes des horreurs commises par cette horde envahissante qu’on a pu nommer L’armée du Crime.Ce sont là autant d’œuvres vengeresses ou L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 271 de réquisitoires terribles dont les auteurs ne craignent pas la discussion.De pied ferme ils attendent la réplique et ils ont sollicité vingt fois, mais en vain, une enquête contradictoire.Toutes leurs conclusions sont amplement confirmées et juridiquement établies dans le volume d’une sérénité implacable que M.Léon Macoas, un hellène dont la neutralité garantit l’œuvre impartiale et dont le talent de juriste a discuté et établi chaque accusation, a publié sous le titre presque trop faible: Les Cruautés Allemandes.Que tout homme impartial lise, s’informe, confronte et pèse ces témoignages.Il n’aura aucune peine à décider laquelle des nations belligérantes a foulé aux pieds le droit des gens, les principes de l’humanité et s’est mise pour jamais au pilori des peuples civilisés.Eugène Gpjselle Une heure à l’Exposition anti-alcoolique (1) Deuxième Section (Suite) TOXITÉ DES ALCOOLS Les Médecins de la Belgique Au deuxième congrès national belge, tenu contre Valcoolisme en 1910, 1426 médecins ont adopté les conclusions que voici: 1° C’est une erreur de croire que l’usage des boissons alcooliques donne des forces, nourrit et réchauffe.2° h’usage des liqueurs enivrantes prépare et aggrave les maladies.3° Ij’eau bien pure est la boisson la plus hygiénique.Alcoolisme et Ivresse L’alcoolisme est une maladie.On devient lentement et sûrement alcoolique en buvant tous les jours une petite quantité de boisson forte.Deux petits verres de cognac (4 cuillerées à soupe) suffisent pour alcooliser un individu en 12 mois.Progressivement l’alcoolisme : (a) diminue l’intelligence et la volonté; (b) détruit les forces et l’habileté manuelle; (c) tue finalement l’individu par des lésions qui lui sont spéciales, ou par d’autres graves maladies auxquelles il le prédispose.U empoisonnement du sang et la détérioration des organes (cerveau, cœur, foie, rein) se font sourdement, sans signes extérieurs au début.On peut être alcoolique sans s’être jamais enivré.L’alcoolisme est une maladie mortelle pour quiconque ne renonce pas à temps à sa mauvaise habitude.(1) Voir L’Enseignement Primaire de décembre 1915. 272 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ivresse est une 'paralysie passagère des membres et du cerveau due à l’absorption exagérée de boissons fortes.L’ivrogne est celui qui s’enivre de temps en temps.L’ivresse et l’alcoolisme dégradent l’homme physiquement, moralement et intellectuellement.L’Alcool, c’est tout ce qui saoûle Titre alcoolique des Boissons et Remèdes Populaires Spiritueux Médecines brevetées • Alcool de preuve Alcool de|preuve Cognac (Brandy) 73.72% Beef Iron and Wine .14 à 40.% Scotch 73.% Péruna (Whisky des dames).40.% Geneviève (Gin) 72.04% Ayer’s Sarsaparilla 38.11% Absinthe 60.% Byrrh 35.40% Whisky 60.28% Pain Celery, Compound 32.19% Rhum 50.% Yin Dubonnet 31.24% Rye 50.% Standard Sarsaparilla 31.03% Vermouth 40.% Burdock Blood Bitters 28.62% Bitters 40.% Vin St-Célestin 27.48% Kirsch 40.% Yin St-Michel 26.% Dr Madison’s Peruvian Tonic 25.18% Nyal’s Celery Nervine 25.01% Vin des Carmes .'.20.% Bristol’s Sarsaparilla 12.43% Le titre des bières vendues au Canada varie de 6 à 15% d’alcool; il devrait être de 1 à 2%.Au Canada, les vins contiennent un minimum de 16.42% d’alcool et un maximum de 38.18%.C’est un pourcentage énorme.Le cri d’alarme des médecins: guerre à l’alcoolisme n’est-il pas parfaitement justifié ?Pourquoi l’on boit de l’Alcool?La principale raison est l’ignorance.Beaucoup de gens croient encore que l’alcool est un liquide doué de propriétés bienfaisantes.On croit que l’alcool est un fortifiant, qu’il réchauffe, quand il fait froid, qu’il aide la digestion, qu’il donne de l’appétit.Une autre raison est l’influence de l’habitude.Si souvent nous voyons boire autour de nous! Il est dans nos habitudes de boire en tant de circonstances: naissances, baptêmes, mariages, affaires, etc., etc.Que l’ignorant fasse comme tout le monde, c’est compréhensible: il ignore les dangereuses propriétés de l’alcool.Mais il n’est pas d’excuse possible chez celui qui sait que tous les alcools sont des poisons.Il boit alors par manque d’énergie, par lâcheté.Enfin, une autre raison est la traite.C’est en acceptant une traite que tous les ivrognes ont commencé leur triste et honteux apprentissage.La traite, pour les jeunes, est le premier pas vers la mauvaise habitude, et quand l’habitude est contractée, il est difficile de s’en débarrasser.Cependant on peut toujours vaincre cette mauvaise habitude.Il n’y a qu’à le vouloir avec Jésus-Hostie, en s’enrôlant dans la Société de Tempérance.Pensées L’alcool ne nourrit pas plus que le chloroforme, la morphine, l’éther.La bouteille donne de courtes joies et de longs déplaisirs. fe ;s> ''' & ‘ *' # I ¦ J .-M.Breton Laissez venir à moi les petits enfants, 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 273 La grammaire à l’école primaire “Il faut rendre l’enseignement de la grammaire éducatif, vivant et intéressant pour qu’il soit profitable à l’enfant”, avons-nous dit dans le numéro de novembre dernier de L’Enseignement Primaire.On le rendra éducatif en s’adressant d’abord à l’intelligence, c’est-à-dire en cultivant l’observation et le jugement.Le rôle de la mémoire viendra ensuite, et il sera d’autant plus facile et durable que l’intelligence aura mieux compris.Il sera éducatif, si au lieu d’enseigner la grammaire pour elle-même, on l’enseigne pour la langue, c’est-à dire pour apprendre à l’enfant, à comprendre ce qu’il lit, à penser par lui-même et à s’exprimer ensuite.C’est l’accessoire qu’on tient pour l’essentiel, quand on l’enseigne pour faire des élèves forts en dictée et en analyse.Quantité de ces élèves sont incapables de narrer le moindre incident, de décrire le plus commun des objets qui l’entourent, de rédiger la plus simple lettre.Ce qu’il faut à l’école primaire, c’est un cours de langue, et non pas un cours d’orthographe.La méthode à suivre pour orienter l’enseignement de la grammaire dans cette direction, Mme Cape Carpentier va nous-l’apprendre, c’est “la méthode naturelle, physiologique, la méthode enfin,, car il n’y a qu’une méthode, comme il n’y a qu’une vérité! Toutes les inventions qui ne procèdent pas de la méthode naturelle, toutes celles qui ne sont pas calquées sur la nature, seul type offert par le Créateur à notre sagacité, ne méritent point le nom de méthodes.Ce ne sont que des procédés de fantaisie, des systèmes, de l’arbitraire.La méthode naturelle n’exige des maîtres qu’une application sincère de l’esprit d’observation des faits journaliers”.Écoutons encore ce qu’en dit M.F.Brunot(l) : “La langue n’est pas une création voulue et réfléchie: la grammaire n’est pas une forme de la logique, c’est une science d’observation, qui doit être faite d’induction et non de déduction.Elle part du fait pour aboutir à la loi.Ce n’est pas parce qu’il y a une loi supérieure quelconque qui impose la forme grise au féminin de gris et grosse au féminin de gros, que nous parlons ainsi, c’est parce que nous parlons ainsi qu’on a mis cela en règle.” S’inspirant de cette méthode, on tiendra compte de ce que l’enfant sait.N’applique-t-il pas dans son langage la plupart des règles de la grammaire ?Il donne les noms des personnes, des animaux et des choses, quand il en parle; il accole un adjectif à chacun de ces noms pour nous dire comment ils (1) F.Brunot, auteur d’une Grammaire Historique de la Langue Française, de l’Enseignement de la Langue Française, librairie Armand Colin (livre qui a fait sensation dans le monde pédagogique en France), et d’une Méthode de Langue Française, où il applique les principes préconisés dans L’Enseignement de la Langue Française, méthode qui a été nationalisée par MM.Magnan & Tremblay, librairie J.-A.Langlais & Fils.2 i 274 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sont; il exprime par des verbes les actions qu’il attribue aux personnes ou aux choses; et il en parle au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin, au présent, au passé et au futur.C’est dire qu’il use de toutes les parties du discours, qu’il manie la langue sans connaître la grammaire.En utilisant cette connaissance, l’élève guidé par le maître, trouvera des exemples autant que possible dans le langage courant, les écrira au tableau, en étudiera le sens et l’orthographe, et conclura par une règle.Qu’on se garde bien d’un seul exemple d’inférer une conséquence: ce serait conclure du particulier au général, avant que l’élève en eût l’intuition, le sentiment.L’important c’est qu’il comprenne et trouve un grand nombre de faits, dont l’observation le poussera à formuler le principe.Et encore, s’il s’agit de tout jeunes élèves, on simplifiera la définition, en attendant qu’un plus ample développement leur permette la généralisation.Si on en est à|la définition du nom, par exemple, après que l’élève aura au cours de plusieurs exercices oraux d’abord, écrits ensuite, nommé et écrit les noms des personnes, des animaux et des choses de son milieu, il sera amené à dire que "“les mots qui font connaître (ou qui désignent) des personnes, des animaux et des choses sont des noms” ; ce qui est plus facile que de dire : “les noms sont des mots qui désignent des personnes, des animaux et des choses.” Si tant d’élèves retiennent difficilement les règles de la grammaire et obligent sans cesse à revenir en arrière, à recourir à de fréquentes revisions, c’est qu’ils les ont apprises avant de les comprendre.Nérée Tremblay DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE .Direction du Dessin Comment se 'procurer, sans frais, les modèles-nature Rien de plus facile et de moins coûteux que de se procurer des centaines et des centaines d’objets usuels pouvant servir de modèles-nature pour tous les genres de dessin: perspective d’observation, croquis géométraux, arrangements décoratifs, etc.Il suffit d’engager les élèves à apporter, chacun, pour la leçon suivante, tel ou tel objet (non encombrant ni fragile) de forme spécifiée.Et tous se feront fête de répondre à cet appel.Avons-nous besoin d’objets à peu près cylindriques ?les enfants apporteront, de la maison paternelle ou d’ailleurs, qui une boîte vide de conserves, qui un fuseau vide de fil, qui une petite bouteille ronde, qui une tasse ou gobelet en fer blanc avecjou sans anse, qui un étui, qui un rond de serviette RENSEIGNEMENT PRIMAIRE - ¦¦'J s 275 qui un petit tambour-jouet, qui un rouleau, qui une quille, qui un gros bouchon, etc., etc.Nous faut-il des objets cubiques ou parallélépipédiques?voici des livres, des boîtes avec ou sans couvercle (en bois, en métal, en carton) des blocs-jouets, des dominos, etc., etc.Désirons-nous des objets de formes variées ou irrégulières?nous n’aurons que l’embarras du choix.Chaque enfant placera l’objet sur son pupitre et le dessinera successivement dans diverses positions: debout, couché; de face, de côté; à gauche, à droite.Ce qui donnera, avec un seul objet, six à huit modèles différents.Et si, de plus, ces objets sont entr’échangés ou groupés, c’est par centaines que, dans la classe, se compteront les modèles individuels.Quant aux grands objets, nécessaires parfois pour les explications et démonstrations collectives, ils seront empruntés au matériel scolaire, au mobilier du maître, aux industries locales, etc., etc.Et nous n’avons rien dit encore des nombreux motifs fournis par le règne végétal ou animal, par les draperies, par le modèle vivant vêtu ! ! Ni des très grands sujets à dessiner hors la classe: paysages, maisons, bateaux, balançoires, charrettes, etc., etc.En vérité, les modèles-nature de dessin sont légion ! ! P.S.—(1) Bien entendu que les petits objets, une fois dessinés, seront remportés à la maison et remplacés par d’autres se rapportant aux principes étudiés.(2) Pour la gradation (facultative) des modèles, voir u U Enseignement Primaire”, du mois dernier.Notes et Conseils — ! — Pour bien voir un objet d’un seul coup d’œil, il faut en être éloigné d’au moins trois fois sa plus grande dimension.Ex: pour dessiner une chaise de 3 pieds de hauteur, plaçons-nous à 9 pieds au moins de cette chaise.— 2 — Excellent procédé que de faire suivre du doigt, dans l’espace, les contours apparents des objets : cela oblige à bien observer, c’est-à-dire à bien voir. 276 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIEE — 3 En dessin perspectif, toute dimension doit être évaluée, non en pieds ou en pouces, mais comparativement à une autre dimension.Ex: une ligne est deux fois, trois fois, etc., plus longue ou plus courte qu’une autre.Peu importe sa longueur réelle.— 4 Que le tracé d’un objet ne prenne généralement qu’une séance.Souvent, plusieurs exercices peuvent et doivent être faits en une heure.— 5 Pour réussir vite en dessin, il faut, comme en toute autre étude, pratiquer souvent, souvent.“Not a day without a line” dit-on aux Etats-Unis.— 6 Dessinons de mémoire, dessinons beaucoup de mémoire.(Voir “L’Enseignement Primaire” de novembre et de décembre, 1913).— 7 Exerçons-nous à manier la plume aussi bien que le crayon.Chs-A.Lefèvke, Directeur de l’Enseignement du Dessin* Jr — 'V! ; >- / *1 itflf L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 277 L’Education des filles {Suite) (1) {Lettre 'pastorale de Sa Grandeur Monseigneur Emard, Evêque de Valleyfield) Une piété solide et éclairée voilà donc ce qui doit pénétrer l’éducation que l’on vous demande de donner aux jeunes filles.Sur ce fondement doit s’élever tout un édifice surnaturel composé de toutes les vertus qui sont propres à la femme, et dont la pratique plus tard la rendra semblable à celle que l’Esprit Saint lui-même a pris soin de nous dépeindre.A vos élèves vous joignez de par votre état lui-même l’exemple à la leçon; il|vous est facile par votre propre tenue de leur inspirer le goût de la modestie, le sens de la justice, l’amour du devoir, la régularité de la vie, la pratique de l’économie, et celle du bon ordre.Vous les plie* aisément à la constance dans le travail, à la discrétion par le silence, et vous leur faites goûter le* douceurs de la charité.Elles doivent apprendre de vous que le labeur manuel a sa dignité, que la vie du couvent ne change point leur condition, qu’elles doivent garder dans leur cœur le respect absolu de la profession paternelle, que la recherche du luxe doit leur être étrangère comme à toute femme vraiment chrétienne, et que l’éducation pour être complète doit comprendre tout ce qui intéresse la bonne tenue d’une maison.Les détails ici nous sont interdits, mais vous comprenez aisément, et vous savez depuis longtemps, et c’est du reste ce que vous enseignent vos propres traditions, que ce qui fait la femme forte et vraiment utile aux siens, c’est l’art de leur procurer la félicité complète qui provient de la bonne conscience et de la bonne humeur; celle-ci étant habituellement le fruit du dévouement maternel qui sait fournir à tous le vêtement et l’aliment dans une demeure de tenue irréprochable.Le monde lui-même qui pourra pardonner à la femme son ignorance en bien des choses, se montrera toujours reconnaissant et plein de confiance à l’égard des couvents qui lui prépareront d’excellentes maîtresses de maisons.C’est sans doute à ce sentiment maintes fois exprimé que l’on doit voir surgir depuis quelque temps des institutions qui portent un nom nouveau, mais qui en réalité ont toujours existé parmi nous, et sont dans les meilleures traditions de nos communautés, les écoles ménagères.Cependant, nos très chères sœurs, nous devons admettre que les jeunes filles vous sont confiées spécialement en vue de leur instruction, et que les études qu’elles poursuivent forment une partie substantielle du programme de vos institutions.Enrichir l’esprit de connaissances qui aideront à augmenter l’utilité de leur vie, voilà ce que se propose la religieuse enseignante, et elle y emploie toute sa science et tout son zèle.Si la femme n’est pas appelée à régner dans le domaine des sciences profanes, si de façon générale on peut dire que la nature même de ses devoirs l’écarte plutôt des ambitions de ce genre, il est cependant certaines matières dans lesquelles il lui est permis d’aspirer à la perfection relative.Il est des sciences qui non-seulement ne sont pas chez elles déplacées ou de pur surcroît, mais qui sont essentiellement liées à toute bonne éducation.En premier heu nous mettons la langue maternelle; l’art de la parler et de l’écrire correctement.Cette langue qui se parle dans la famille, instrument habituel des relations sociales, devient par la manière dont elle s’exprime la meilleure réclame de la maison où elle a été apprise.Nous ne mettons à cela aucune réserve.Une jeune fille au sortir du couvent ne saura jamais trop sa langue; qu’il s’agisse de la faire valoir dans ses conversations par un langage châtié, aussi éloigné de l’affectation ridicule que de la simple incorrection, ou de la rendre par l’écriture dans fl) Voir L’Enseignement Primaire de décembre 1915. 278 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE un style exempt de fautes et même élégant, nous ne craignons pas de dire que c’est là la première et la principale marque qu’elle fournira de l’excellence de sa formation intellectuelle.Aussi ne pourrons-nous jamais qu’applaudir à tous les efforts qui seront faits pour rendre vos élèves pleinement maîtresses de leur grammaire, et capables d’en observer fidèlement toutes les règles.La langue maternelle a cet avantage d’être liée à toutes les matières enseignées comme à tous les exercices communs.Il est donc important de savoir profiter de toute occasion d’en rappeler les règles et de les faire appliquer.Il n’y a pas jusqu’aux récréations elles-mêmes qui ne puissent prêter à un excellent exercice, par la vigilance dont les élèves se sentent l’objet dans leur conversation.Et rien ne prête mieux à l’acquisition facile d’un langage clair et correct que l’habitude Qui s’en contracte ainsi entre les enfants.A l’enseignement de la langue maternelle, vous joignez dans la mesure justifiée par notre état social et par les nécessités futures de vos élèves, celui de l’autre langue également en usage dans ce pays, et dont la connaissance devient chaque jour plus indispensable aux personnes instruites.Nous vous encourageons de tout notre pouvoir à continuer dans cette voie, et même, s’il est possible, à faire faire aux jeunes filles des progrès encore plus marqués dans la langue, française ou anglaise, qui n’est pas leur langue maternelle.On s’est toujours appliqué dans nos maisons d’éducation à l’étude de l’arithmétique.Aujourd’hui la science des chiffres et des formules mathématiques est poussée très loin.Les jeunes filles qui ont suivi le corns complet d’études possèdent ce qu’on peut appeler la science du calcul.Et c’est bien.Savoir calculer c’est posséder la sagesse de la vie.Notre-Seigneur lui-même en donne dans l’évangile une grande leçon.La femme qui sait compter, nous voulons dire qui sait utiliser ses connaissances, surtout en matière de comptabilité, pourra toujours rendre aux siens de très grands services.Souvent même c’est celle qui par une bonne tenue de livres, par un tableau bien fait des recettes et des dépenses, par l’équilibre bien établi du budget domestique, contribuera 1 e mieux à maintenir la prospérité de sa maison.Et ce sera toujours un grand service à leur rendre-ainsi qu’à leurs familles, de former vos élèves à la tenue exacte des dépenses qu’elles occasionnent actuellement à leurs parents, pour en même temps affermir en elles le sens de l’épargne.L’arithmétique, comme les autres sciences basées sur ses règles fondamentales, possède alors même pour les enfants un caractère éminemment pratique, en même temps qu’elle développe admirablement chez eux l’intelligence et le jugement.Depuis quelques années l’enseignement et l’étude de l’histoire ont pris dans les programmes une importance très grande.Et nous devons nous en réjouir.Dans le domaine religieux les connaissances historiques servent d’appui 0u fournissent le développement à la doctrine et a la morale.Et c’est pour cela que nous insistons sur l’histoire sainte, comprenant 1 ancien et le nouveau Testament, aussi bien que sur l’histoire au moins sommaire de l'Église, comme matière essentielle qu’une jeune fille instruite, qu’une femme élevée dans nos couvents ne saurait ignorer.Nous devons dire la même chose de*notre histoire nationale.A cause de l’influence qui dérive pour ainsi dire d’elle-même de toute femme consciente de sa mission dans n’importe quel état, die contribue dans toute la mesure de son éducation à former ou à soutenir autour d'elle les caractères et les sentiments.Elle est donc par elle-même un puissant facteur de patriotisme éclairé, pourvu que son âme ait reçu de bonne heure et gardé l’empreinte des grandes leçon® contenues dans notre histoire nationale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 279 Ici encore le sujet demanderait à être traité plus longuement.Nous ne faisons que l’indiquer, mais cela suffit pour faire voir avec combien de raison vous donnez dans les études de vos élèves une aussi large place à l’histoire du Canada.Cette histoire ne consiste point dans une série aride de noms et de dates qu’une mémoire tant soit peu fidèle peut retenir aisément, mais bien plutôt dans l’appréciation dûment faite des grands faits qui résument notre histoire elle-même, et sur lesquels on voit constamment planer l’action d’une providence qui marque bien la vocation d’un peuple et le conduit vers ses destinés.A l’histoire du Canada s’adjoint nécessairement, bien que d’une façon relative et plus restreinte, celle des pays avec lesquels le nôtre a eu ou entretient des rapports plus directs et phis constants.Appuyée à l’histoire et comme son complément, la géographie devient utile autant qu’intéressante.Les événements actuels le démontrent amplement.Il n’est personne qui ne cherche à se rendre compte, non-seulement du théâtre si étendu et si complexe de la guerre, mais encore de tout ce qui peut en faire ressortir les difficultés ou les avantages selon les divers points de vue.La géographie tient lieu de voyages qu’on ne peut pas faire.Elle fournit le même intérêt pourvu qu’elle ne se borne point à une nomenclature sèche, mais qu’elle fasse connaître, outre leurs configurations et leurs bornes, les habitants, les mœurs, les produits et les relations politiques et commerciales des diverses contrées.On voit dès lors que cette science convient admirablement à toute intelligence qui veut être cultivée, et que vos élèves ne sauraient trop l’étudier.D’ailleurs, bien comprise, elle devient l’auxiliaire de l’histoire.Enfin, nos très chères sœurs, nous devons dire un mot de ce qu’on est convenu d’appeler les arts d’agrément et qui sont surtout la musique vocale et instrumentale, le dessin et la peinture.Nous estimons qu’étant en eux-mêmes un bienfait de la bonté divine, les arts doivent être cultivés selon les aptitudes montrées par les élèves, en vue de développer chez elles le sens du goût, l’amour du beau et du bien, en un mot de contribuer à leur formation morale.Il serait à souhaiter que toutes les jeunes filles de nos couvents pussent recevoir des notions générales qui, après avoir développé chez elles le jugement même en ces choses artistiques, pourront les gmder plus tard quand dies auront à présider à la direction d’une maison.D'un autre côté, c’est le petit nombre d’entre elles qui ont le talent voulu, ou encore dont les parents ont les moyens pécuniaires pour justifier des études musicales prolongées qui resteront pour les autres inutiles.Il y a une grande discrétion qui s’impose et doit empêcher qu’on fasse perdre inutilement aux enfants leur temps, aux parents leur argent.Mais, dans tous les cas, il importe de garder dans nos couvents à l’enseignement de la musique et à ses applications le cachet qui convient, et qui doit être absolument étranger à l’esprit mondain qui s’alimente surtout aux sources le* moins religieuses.—-{à suivre) UNE PAGE D’HISTOIRE Héroïsme des Missionnaires Canadiens français pour évangéliser l’Ouest Canadien Lettre inédite de Monseigneur Taché Nous publions ci-dessous une lettre inédite de feu Monseigneur Alexandre-Antoine Taché, 2e évêque (et 1er archevêque) de Saint-Boniface, 280 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Manitoba.Cette lettre est adressée à Mlle de LaBroquerie, plus tard Madame Boucher de LaBruère, et mère de l’honorable P.-B.de LaBruère, surintendant actuel de l’Instruction publique.Dans sa simplicité charmante, cette lettre démontre bien la force d’âme de Monseigneur Taché, qui ne trouve rien à se plaindre des fatigues d’un long voyage de Montréal à la Rivière-Rouge, voyage qui durait des semaines, parfois des mois, que l’on faisait en charrette, à pied ou en canots.La comparaison entre la façon de voyager il y a soixante ans et celle d’aujourd’hui, pourra donner lieu à une excellente leçon de géographie.Tous nos remerciements à l’honorable M.de LaBruère qui a bien voulu nous permettre la publication de la lettre que voici : Rivière-Rouge, 20 Novembre 1857.Ma bonne et chère tante, Maman vous aura sans doute dit que je suis heureusement arrivé id le 6 du courant.Je dis heureusement arrivé et en effet, pour la saison, nous avons eu un beau voyage.Dans ces sortes de trajet les aventures ne manquent pas, aussi en avons eu quelques-unes, je me contenterai de vous rapporter la plus remarquable.Depuis vingt jours nous étions partis de St-Paul, le soir nous arrivions à Pimbina, sur les bords de la Rivière-Rouge.Nos chevaux étaient rendus à bout, nos provisions épuisées ce jour-là même, en sorte que la vue des maisons de Pimbina nous fit tressaillir d’allégresse.Vite nous dételons nos chevaux pour les traverser plus aisément.Un bac promet de nous traverser heureusement, mais il n’en fut rien.D’après le conseil d’un vieillard qui s’offrit à nous traverser, nous mîmes la voiture et les deux chevaux sur cette frêle embarcation; mais à peine y fûmes nous établis que l’eau s’introduisit dans le “bac” avec une telle rapidité, qu’en quelques instants il fut submergé.Le courant alors, nous entraînait au large, où nous allions périr.De suite je vis l’éminence du danger et m’élançant dans la rivière je saisis le bac pour donner le temps à mes compagnons de se sauver, ce qu’ils firent sans difficulté.Il fallait ensuite sauver les chevaux et la voiture.L’un des chevaux épuisé de fatigue ne put pas se tirer de l’eau.Pendant à peu près une demi-heure, je fus ci l’eau avec un homme pour arracher la pauvre bête qui était tellement enfoncée dans la “glaise” que nous ne parvenions à la dégager qu’en la renversant sur U dos et en la poussant en bas de “l’écore” où elle commença à nager, mais si difficilement, qu’elle faillit se noyer.La voiture s’était aussi enfoncée dans cette glaise: les roues de devant étaient trop au large pour que nous puissions aller les soulever.Enfin, après de longs efforts nous réussimes à sauver le tout.Heureusement que nous avions le clair de lune, car cet accident nous arriva assez longtemps après le coucher du soleil.Je fus à peu près deux heures dans l’eau à la glace et la boue.Cette circonstance agrava un peu une douleur que j’avais dans un pied, mais le tout n’eut aucune suite fâcheuse et je suis tout à fait bien.Mille amitiés à ?non cher oncle, un souvenir L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 281 affectueux à Labreuèreft chez Samuel.Votre aimable curé sait bien que je ne l’oublie pas et je vous prie de dire chez M.Raymond que je pense aussi à eux tous.Adieu, ma bonne tante, priez bien pour moi et croyez moi avec la plus vive affection, Votre neveu tout dévoué, i Alexandre UNE BELLE PAGE (1) Discours prononcé par l’honorable P.-B.de LaBruère, au BANQUET DONNÉ A L’OCCASION DES NOCES d’Or CURIALES DE M.l’abbé S.Taupier, curé de St-Charles Monseigneur, (2) Vénéré Jubilaire, Mesdames et Messieurs, Je revois toujours avec plaisir l’intéressant village de Saint-Charles qu’ont rendu justement célèbre les événements malheureux de 1837; mais je l’ai revu aujourd’hui avec un charme particulier, car la solennité à laquelle on m’a fait l’honneur de me convier, invitation que j’ai acceptée avec empressement et gratitude, emprunte aux circonstances une saveur spéciale; elle est à la fois un jour d’action de grâces à Dieu et une fête du cœur.J’avais aussi un motif plus personnel d’entreprendre le voyage un peu long de Québec ici, puisqu’en me rendant à la bienveillante invitation des organisateurs de ces fêtes jubilaires, je devais revoir un ancien confrère de classe du Séminaire de Saint-Hyacinthe et m’unir à son évêque et à ses paroissiens pour le féliciter sur ses cinquante années de ministère curial dans le diocèse.Oui, mon bien cher compagnon de collège, veuillez croire combien j’ai été heureux de venir assister à cette belle et touchante démonstration d’amour filial de la part de vos ouailles.Voilà 59 ans déjà que 18 élèves terminaient ensemble, à Saint-Hyacinthe, leur eours d’études.Nous étions tous deux du nombre.Tu te rappelles, mon cher ami, car permets-moi de te tutoyer comme autrefois, il me semble de la sorte que nos cœurs se comprendront mieux, tu te rappelles, dis-je, les finissants de l’époque: Eucher Lussier, Rodrigue Masson, George Brown, Moïse Lavallée, Basile Benoit, Michel McAuley, David Bernard, Romuald (1) Grâce à l’obligeance d’un ami de notre revue, nous pouvons publier le discours que M.le Surintendant de l’Instruction publique a prononcé en octobre dernier, à l’occasion des noces d’or de M.' l’abbé Taupier, ancien confrère de classe de M.de LaBruère.(2) Monseigneur Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe. 282 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Gariépy, Frs Michon, Demers, Blanchard, Jeannette, Poulin, Pigeon, Remillard et Véronneau.Le cours terminé, tous dirent adieu à leur Alma Mater et partirent avec les illusions et les espérances de la jeunesse.Treize entrèrent dans l’état ecclésiastique et cinq restèrent dans le monde— comme on dit.Sur ces 18 élèves, 16 sont décédés et nous sommes les deux seuls survivants de la classe senior de philosophie de 1856.Que de chemin nous avons parcouru depuis que les cheveux blancs du vieillard ont remplacé la blonde chevelure du jeune âge.Notre route, comme celle de tout homme ici-bas, a été semée d’obstacles, le travail a été parfois rude et les jours de succès ont alterné avec les jours d’épreuves.Comme prêtre, tu as eu la mission auguste d’enseigner les vérités de l’Evangile aux fidèles confiés à tes soins; de jour en jour, d’année en année, ton âme a monté, monté sans cesse jusqu’au soir de la vie, en faisant le bien, car la vieillesse, comme l’a dit quelqu’un, ce n’est pas le déclin, c’est le progrès; elle ne descend pas, elle monte.En effet, ta vie consacrée au service de Dieu s’est épanouie sous le souffle puissant de l’Esprit-Saint ; l’onction sacerdotale dont tu étais digne a fait fructifier ton enseignement et tes œuvres.Te voilà rendu au faîte de ton existence, supportant allègrement tes 80 ans et ne fléchissant que sous le poids de la profonde estime et de la reconnaissance de tes paroissiens.Mon cher condisciple, se ressouvenir, c’est presque recommencer la vie.A notre âge, la mémoire des noms peut nous échapper; les événements récents, quelqu’intéressants qu’ils soient, se gravent peu profondément dans l’esprit; mais le passé, combien il nous apparaît vivace et réconfortant.Dans notre montée vers le soimnet, par les sentiers tortueux de la route, nous avons laissé aux épines du chemin les lambeaux de nos joies et de nos épreuves, et, maintenant, après avoir gravi la montagne, il nous semble que les fatigues sont moins lourdes à supporter et que nous nous sentons plus forts pour terminer notre pèlerinage terrestre.Au crépuscule, la lumière, moins éblouissante que celle du matin, a une teinte plus douce; elle a, il est vrai, des nuances de mélancolie, mais l’âme contemple alors avec plus de ravissement les plaines qui se déroulent devant elle; un air pur la dilate et les horizons qu’elle contemple ont pour elle une majesté qui la rapproche de l’Infini.Voilà bien, n’est-ce pas, mon cher ami, les sentiments que nous éprouvons à notre âge.Oh! tu as à ton crédit bien des mérites; tu es revêtu de pouvoirs qui n’appartiennent qu’aux ministres du Seigneur, car tu es prêtre pour l’éternité.C’est saint Jérôme qui établit que dans l’ancienne loi prêtre signifiait maître.Sacerdos Dei, id est magister.Si l’on a pu dire qu’une âme est un diocèse assez vaste pour un évêque, on peut aussi appliquer cette parole au curé d’une paroisse.En effet, Monseigneur et Messieurs, depuis 56 ans que le vénérable jubilaire exerce le ministère pastoral, que de misères il a soulagées, que d’œuvres il a accomplies, que de consolations il a prodiguées et que d’âmes il a sauvées! C’est que l’église du village assainit le sol au milieu duquel elle est fixée; L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 283 son clocher, surmonté de la croix, est un phare qui reçoit sa lumière d’en haut et la modeste lampe du sanctuaire, à l’aurore comme au crépuscule, remplit le cœur de pensées réconfortantes.Par exemple, contemplons cette gracieuse rivière Richelieu qui coule devant nous et arrose de ses eaux limpides les magnifiques paroisses qui s’échelonnent sur ses rives.Saint-Ours et Saint-Roch, Saint-Denis et Saint-Antoine, Saint-Charles et Saint-Marc, Saint-Hilaire et Belœil, Saint-Mathias, Notre-Dame-de-Richelieu et Cham-bly se regardent comme les enfants d’une même famille; les derniers vestiges de la forêt primitive sont depuis longtemps disparus; la bonne population qui cultive cette belle région de notre province vit dans l’aisance et la pratique des vertus chrétiennes et, le soir, le travailleur, se reposant de sa journée de fatigue, peut voir, de Sorel au vieux fort de Chambly, les blancs clochers des églises jumelles briller aux feux du couchant et entendre résonner de l’une à l’autre rive le doux son de l’Angelus.Le prêtre que nous fêtons a été, depuis 28 ans, le pasteur de l’une de ces belles paroisses; Saint-Charles a été le témoin de son zèle et, au milieu de ses occupations sacerdotales, il a donné grande attention à l’éducation des enfants.Il a voulu confier l’école de son village à la communauté des sœurs de la Présentation de Marie de Saint-Hyacinthe.C’est que M.Taupier saisissait parfaitement l’importance de la cause éducationnelle.Cette cause préoccupe les hommes d’État, fixe spécialement l’attention de notre clergé, lui qui, de tout temps, depuis les origines mêmes de la colonie, a été le promoteur et le propagateur de l’instruction.C’est à sa prévoyance, à ses sacrifices et à son dévouement, que nous devons l’établissement de nos collèges et de nos institutions religieuses d’enseignement.Dans la paroisse, le prêtre est le meilleur conseiller des commissions scolaires et, dans mes vingt années d’expérience comme Surintendant de l’Instruction publique, j’ai constaté que c’est dans les localités où les commissaires d’écoles montrent une plus grande déférence pour le curé que progresse davantage l’instruction des enfants.Laissez-moi ajouter que l’école du village de Sainte Charles donne satisfaction au point de vue de l’hygiène et du comfort des élèves.Placée sous la direction de religieuses d’expérience, elle fait honneur à la localité.C’est le témoignage que lui rend l’inspecteur d’écoles du district.Votre vénérable curé, MM.les paroissiens, mérite donc votre gratitude, et vous la lui exprimez magnifiquement aujourd’hui, pour l’intérêt qu'il porte à vos enfants et pour avoir réussi, avec la coopération de commissaires dévoués, à doter cette paroisse d’une institution qui par sa stabilité et sa direction, joue un rôle de premier ordre dans l’éducation de l’enfance.C’est Mgr Baunard qui écrivait que nous sommes ici-bas au service de Dieu pour deux choses: “fabriquer de la vertu pour nous et du bonheur pour les autres.” Vous savez comme moi et mieux que moi que, de ce point de vue, M.Taupier a été un industriel modèle: il & fabriqué de la vertu partout où 3 a demeuré.Depuis au delà d’un quart de siècle, sa fabrique a été en 284 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pie ne opération au milieu de vous et elle n’a jamais failli.Votre curé a su dépenser son zèle sans compter pour le bien général de ses ouailles.Il le faisait pour remplir son devoir de pasteur des âmes, mais en travaillant pour Dieu, il travaillait aussi pour son pays.Il a été bon prêtre et bon canadien.Mon cher et bon ami, j’ai été heureux, ai-je dit, de participer à cette belle démonstration d’affection et de reconnaissance envers vous de la part des habitants de cette paroisse.C’est très probablement la dernière démonstration de ce genre à laquelle nous assisterons ensemble, car nous sommes arrivés à un âge où le lendemain est loin de nous être assuré.Le soleil se dérobe peu à peu à notre vue et l’ombre descend sur nos têtes.Ne nous en affligeons pas, mais rendons à Dieu des actions de grâces pour les bienfaits qu’il nous a prodigués.La vieillesse, malgré ses brumes, n’est pas sans poésie, car ses regards pénètrent davantage les mystères du ciel.Le Père Gratry, parlant de la vieillesse, disait que “l’automne de la vie n’est pas une chute de feuilles, ce n’est qu’une chûte de fleurs, chûte nécessaire pour la venue des fruits”.Puissions-nous, nous qui avons été plantés ensemble, il y a bien longtemps, dans le jardin du Père de famille, être surchargés de beaux et bons fruits, quand il plaira au Maître de nous transplanter en une terre plus belle encore et où les jours n’ont pas de déclin.Feu M.François Liénard, Instituteur Le 22 novembre dernier, est décédé à Saint-Zotique, comté de Sou-langes, M.François Liénard, instituteur, après quarante-six ans de séjour dans la province de Québec.M.Liénard n’est pas un inconnu pour les anciens lecteurs de L’Enseignement Primaire.Il fut l’un des plus distingués collaborateurs de notre revue pendant plusieurs années.Il était vraiment instruit et possédait en particulier la science pédagogique.M.Liénard était Belge de naissance, mais il habitait le Canada depuis 1867.Voici, en abrégé, la carrière du bon maître qui vient de descendre dans la tombe : M.François-Xavier Liénard est né à Bruxelles, (Belgique) le 21 octobre 1849.Il fit ses études à Saint-Joseph de Mousron, (France) et il vint au Canada en 1867.Il se fixa d’abord à Québec où il fut le précepteur des fils de l’honorable juge Taschereau.Il enseigna ensuite successivement à Ottawa, pendant trois ans; à l’Orignal et à Saint-Biaise pendant trois ans; à Saint-Cyprien et à Saint-Sébastien pendant sept ans; à l’Acadie et à Saint-Denis de Montréal pendant cinq ans; et en 1904, à l’Académie Commerciale Catholique de Montréal.En 1911, il prit sa retraite et alla se fixer à Saint-Zotique.En février 1912 il devenait maire de l’endroit, juge de paix et président de la commission scolaire de Saint-Zotique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 285 Monseigneur Emile Roy, Y.G.et M.l’abbé Philippe Perrier, curé du Saint-Enfant-Jésus, Montréal, ont été ses élèves à Saint-Biaise.Son épouse, Dame Albertine Lavoie, et six enfants lui survivent : MM.Léopold, Montréal; Philémon, New Bedford; Edmour, Yvon, Léon et Mlle Florine, Mme Depelteau, de Saint-Jean, P.Q.Quatre mots résument la vie de AL François Liénard: ce fut un chrétien modèle, un travailleur infatigable, un professeur dévoué et un ami sincère.Nous recommandons notre ancien collaborateur aux ferventes prières de nos lecteurs.La véritable amitié va au-delà de la tombe.Hygiène L’institutrice, qui veut conserver sa santé et ses énergies pour bien accomplir la belle mission qui lui incombe, doit surveiller rigoureusement sa diète.Le professeur dépense une grande somme de forces vitales et, pour suppléer à cette déperdition quotidienne, il faut qu’il ait recours à une alimentation rationnelle, réparatrice et sainement préparée.Nous ne pouvons ici donner des menus et écrire des recettes: on trouve tout cela dans les traités d’enseignement ménager.La diète de l’institutrice doit être dirigée plus vers la qualité des aliments que vers la quantité, c’est-à-dire que l’on doit éviter de charger l’estomac: on lui confiera des matières alimentaires riches en principes nutritifs, d’une digestibilité facile et convenablement préparées.Il est entendu que la diète de l’instituteur ne doit pas être établie sur la diète de l’ouvrier de l’usine ou celle de l’homme des champs qui, tous deux, dépensent beaucoup de force musculaire, et peu de force cérébrale.Le grand principe de l’alimentation rationnelle consiste à restituer à l’organe qui, par la nature de son travail, fait une plus grande dépense d’énergie, les éléments nutritifs qui se rapprochent le plus de sa substance intime.La Providence nous fournit amplement ces aliments récupérateurs dans les trois règnes de la nature; il ne s’agit que de les bien combiner.J.-G.Paradis, M.D.Pedagogic organization of schools (School Regulations of the Catholic Committee (1) XIII.Written exercises.—Written exercises done at school—and even at home—should occupy an important place in primary education.(1) See L’Enseignement Primaire of December 1915. 286 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE The oral lesson, however useful it may be, can not take the place of everything else.The impressions made by it on the minds of young children are necessarily transitory; the traces that it leaves in the memory are soon effaced.This period of life is so unstable, so changeable.Written exercises are a necessary and valuable complement of the oral lesson; they impress more deeply on the mind, the elements taught, they fix them more surely, and define them more clearly, not only by the scholars being obliged to write them out—in itself a great advantage—but by the demands which they make on the individual activity of each pupil.The child, called upon, without his teacher’s help, to apply the rules and principles already learned will be forced to think, to reflect, and to apply himself with renewed energy to the subject on hand.This work, done alone, cannot fail to benefit the child in a marked degree, provided that it is not beyond his capacity and that it has been sufficiently explained.But the preliminary explanations, just alluded to, are absolutely necessary.If not given, the time devoted to written exercises will be passed in vainly groping in the dark.It is, therefore, necessary that the teacher give his pupils such assistance as they really need, in order that when working alone they may do so in a profitable manner.And with the object in view of rendering agreable and attractive the exercises worked out alone, the teacher should neglect no means of holding his pupils’ attention, of exciting their curiosity.For this purpose he will select exercises which are neither too long nor too difficult; exercises based on the lessons of the week; he will vary them from day to day; he will not fail to give them as much actuality as is possible; he will make them practical; and incidentally, he will use them as a means of imparting information on points foreign to the special subject of the exercises.The practice so fruitful in good results of treating of several subjects, while apparently teaching only one, finds, here, its proper place.During dictation exercises, it is not at all difficult to combine a lesson on grammar, or spelling, with one upon morals, manners, or science; in giving arithmetical problems, it is quite easy to impart a great deal of knowledge on many different subjects—knowledge useful to the farmer, to the housewife, etc., in the practical affairs of life.But written exercises to produce their full effect must be carefully corrected every day.The teacher will, therefore, make it a point not to defer the correction of exercises for two or three days.Correction thus delayed loses much of its value as an educational instrument and as a means of imparting knowledge, for the pupils have had time to lose interest in the work.The teacher’s inspection should follow close on the pupil’s labor, taking account of all its parts, passing over no point that calls for remark.In general, let the correction, in which all should take part, be carried out on the blackboard.Let it be oral and collective.Let it finally be L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 287 inspected by the master; for it is essential that an experienced and practised eye control the self or inter-correction of the pupils, so that negligence, or attempts at cheating be banished from the school.In their proper place, in this Programme, will be found supplementary remarks on the manner of correcting exercises in the different branches of the Course of Study.There remains a last suggestion of the very highest importance: whatever the subject, insist that the exercise be carefully written; that the work be done with order and neatness; that the language used be clear, simple, and appropriate; and that the spelling be correct.If teachers exercised a strict supervision in connection with the points just mentioned, there would no longer be found in the schools, pupils whose dictations are absolutely irreproachable, while their other exercises swarm with faults.MÉTHODOLOGIE La rédactton à Sa petite école Présentant l’image aux regards des élèves, le maître commencera la conversation qui servira à préparer le devoir.Les questions doivent être de nature à provoquer chez les enfants l’esprit d’observation, afin qu’ils arrivent à comprendre le sujet pour être en état ensuite de faire un bon devoir de rédaction.Le Maître—Mes enfants, voici une image qui va vous intéresser, car le sujet est bien pour plaire à votre âge.Regardez bien partout, en pensant à ce que vous voyez.Je vous interrogerai ensuite pour voir si vous savez voir.(Laisser quelques instants aux élèves pour observer en silence.) Bien, maintenant Henri, va nous dire où se passera scène représentée ; voyons, Henri ?Henri—Monsieur, la scène se passe à la campagne.M.—Oui; et dans quelle saison?Henri—C’est pendant l’hiver.M.—Comment voyez-vous que c’est à la campagne et pendant l’hiver ?Henri—M., on ne voit que quelques maisons autour de l’église; puis les chemins, le petit pont sur la rivière et les arbres partout font bien voir que l’on n’est pas à la ville.La neige épaisse sur les toits, sur les arbres et sur la terre, montre que c’est pendant l’hiver.M.—Henri a bien répondu.A présent nous allons demander à Joseph.Voyons, mon Joseph, voyez-vous des personnes ?Joseph—Oui, monsieur, on voit des petits garçons, puis une vieille femme avec une petite fille. 288 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.—Y a-t-il beaucoup de petits garçons ?Joseph—Monsieur, il y en a huit.M.—D’où viennent-ils, selon vous?Joseph—Je crois qu’ils viennent de l’école, car on les voit presque tous avec leur sac d’écolier.M.—Qu’est-ce que Charles va nous dire de leur occupation dans^le moment ?Charles—Monsieur, ils jousent.M.—Comment dites-vous cela?ils jousent1! Voyons,pensez un peu si c’est le verbe jouser ou le verbe jouer.Charles—C’est le verbe jouer.M.—Alors corrigez votre faute; comment faut-il dire?Charles—Ils jouent.M.—C’est cela; de même qu’on ne dit pas nous jousons, vous jousez^il ne faut pas dire ils jousent.Maintenant, dites-nous s’ils jouent tous au même jeu ?Charles—Non, M.; il y en a quatre qui s’amusent à glisser, un qui les regarde, deux qui jouent à faire un bonhomme de neige, et un autre qui a l’air de commencer à rouler une grosse boule.M.-—Oui, c’est bien cela.A présent, Georges, dites-nous donc ce que vous pensez de ceux qui glissent, leurs visages ont-ils la même expression ?Georges—Non, monsieur, il y en a deux qui ont l’air joyeux, ils sont debout et tiennent bien leur équilibre en glissant ; mais les deux autres font un peu la grimace, ils ne sont pas aussi habiles, car l’un tombe et l’autre est déjà tombé en laissant échapper ses livres que l’on voit à côté de lui sur la neige.M.—Est-ce bien difficile de glisser?Georges—Non, monsieur, on n’a qu’à bien se tenir.M.—Mais si les pieds vont plus vite que la tête ?.Georges—Monsieur, quand on s’élance, il faut penser à envoyer le corps en avant, puis on tâche de penser vite, comment faire pour se redresser quand on est pour tomber.M.—Bon! je comprends, c’est la tête qui conduit en commandant tous les mouvements.Mais pour que la tête puisse bien commander, il ne faut pas avoir peur.Maintenant, Joseph nous a dit tantôt qu’il y avait aussi une vieille femme, et une petite fille; François qui n’a pas encore parlé va nous dire si ces deux personnes s’intéressent au jeu des petits garçons ?François—Non, monsieur; elles sont loin et elles tournent le dos.M.—Quelle est leur occupation ?François—Monsieur, elles ont l’air de s’en aller vers le village; la vieille marche avec un bâton pour s’aider et elle porte sous son bras droit, quelques branches de bois mort; la petite fille marche à côté d’elle en la tenant par sa robe. '¦m&â Tk-IM Z'-feÿ-S; ïoAàfatiç "iÿjçHÊkéL Joies d’Hiver {Voir “la Rédaction à la petite école”, au chapitre de la Méthodologie) mm WÆ - ‘ -—rS r:- : '-V VM 2 Wi % ¦ WiÊ ^ - : r-vüT ‘s L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 289 M.—Pourquoi la vieille emporte-t-elle le bois mort ?François—Monsieur, c’est pour faire du feu.M.—Mais du bon bois chaufferait mieux?François—La vieille femme est peut-être trop pauvre pour en avoir.M.—Bien répondu! Et puis, la scène se passe en France où l’hiver est moins rigoureux, le bois de chauffage est rare et cher.Les pauvres gens de la campagne se chauffent ainsi avec des brassées de branches sèches qu’ils font flamber dans le foyer de la grande cheminée qui ressemble à celle que l’on voit encore dans nos fournils.Maintenant, mes enfants, vous avez bien compris l’image, et vous seriez, j’en suis certain, capable de raconter très bien ce que nous y avons vu ensemble en causant.Vous allez prendre par écrit le canevas que je vais vous donner; il vous aidera à faire une bonne petite rédaction.Canevas.—Vous direz où se passe la scène et dans quelle saison les choses que l’on voit—groupe de maisons, clocher, arbres, chemin, pont, la neige—les personnes—ce que font les petits garçons—les glisseurs, le bonhomme de neige—décrivez un peu les attitudes, les expressions de visage, les mouvements.—La vieille et la petite fille—d’où elles viennent, où elles vont—appréciation du tableau.Après la préparation orale et avec le secours du canevas, les élèves seront; en état de faire un bon devoir, à peu près dans le genre de ce qui suit: scène d’hiver C’est à la campagne pendant l’hiver.La neige molle et blanche recouvre les toits de quelques .pauvres maisons groupées autour de l’église du village; elle recouvre aussi les chemins et les champs; les arbres et les broussailles dépouillés de leurs feuilles ont retenu une partie des flocons blancs ; ils en sont tout argentés comme aussi la vieille charette au bord du champ derrière les maisons.On dit quelquefois que l’hiver est triste, mais les petits garçons qui s’amusent ne pensent pas ainsi: Quatre d’entre eux sont occupés à glisser; un autre regarde; il a du plaisir à voir la bonne figure joyeuse et fière des deux qui passent rapides en tenant bien leur équilibre, et aussi la grimace des deux moins habiles qui ont laissé leurs pieds aller plus vite que leur tête.Un peu plus loin, un artiste a fait un grand bonhomme de neige, et, pendant qu’il achève de lui faire une main, son camarade bombarde le bonhomme avec des pelotes de neige.Plus près du village, un autre commence à rouler un petit amas de cette belle neige, pour en faire une boule plus grosse que lui.Ainsi tous goûtent du plaisir après leur journée d’école.Si l’on regarde plus loin, près du petit pont qui traverse la rivière glacée, on aperçoit une pauvre vieille avec une petite fille; elles s’en reviennent du bois et retournent au village; la vieille marche péniblement dans cette neige épaisse; de la main gauche elle s’appuie sur un bâton, 290 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tandis que son bras droit porte des branches de bois mort, la petite marche à côté en se tenant à la jupe de la pauvre vieille qui doit être sa grand’mère.Elle sera bien heureuse à la maison, de se réchauffer à la bonne chaleur que les branches jetteront en flambant dans la grande cheminée.L’image qui m’a montré tout cela parle bien mieux que mon écrit, et l’artiste peut se vanter d’avoir fait un joli tableau d’hiver.—Soyons toujours indulgent en appréciant les devoirs, cherchons toujours ce qui est bien d’abord et aidons à corriger ce qui est défectueux.H.Nansot, Inspecteur d’écoles.LEÇON D’ANGLAIS D’après la Méthode Naturelle How many children are there in the picture ?There is one child in the picture.What is the child, is it a little boy or a little girl ?It is a little girl.What is she doing ?She is blowing soap-bubbles.WTrat are soap-bubbles ?I can’t say what they are ?Do you know what they are ?Yes, I know perfectly what they are ; there is one in the picture.Since you know what they are and there is one in the picture what objection have you to saying what they are ?I have no objection to telling you what a soap-bubble is; I know what it is but I can’t find the words to properly describe it.A person may see a thing, a scene, a landscape, and yet be unable to make a picture of the thing, of the scene, of the landscape,— a drawing of the thing, of the scene of the landscape,—to draw the thing, the scene, the landscape; my difficulty is somewhat similar, I know perfectly what a soap-bubble is and yet I am incapable of giving you a word-picture, a verbal picture of it.What is the shape of a soap-bubble ?It is round.Are you sure that it is round ?Yes, I am absolutely sure, absolutely certain that it is round.How many kinds of roundnesses are there ?I know of two kinds of roundnesses.Name the two kinds of roundness which you know of.There is the roundness of a barrel hoop or circle and the roundness of a ball or sphere.Is the soap-bubble round like a barrel-hoop or a circle?No, it is not round like a barrel-hoop or a circle.It is round like what ?It is round like a ball or a sphere.WTiat part of speech is the word sphere ?It is a name-word or noun. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 291 What adjective can you make from the word sphere ?I don’t know; per-hapsjit is spheral.No, it'is not spheral; it is spherical.What does the adjective spherical mean ?It means round like a ball or"sphere.Nowfwhat is the shape of the soap-bubble ?It is spherical.Can%ou now partly describe the soap-bubble in the picture ?Yes, I can say the soap-bubble in the picture is round like a ball or sphere, or simply;(say the soap-bubble is spherical.Isfyour description complete ?No, it is not complete.Why is it not complete ?It is not complete because the same words can be used to describe a dozen of other things that are round like a ball or sphere and that are not soap-bubbles.Mention a few things that are spherical and which are not soap-bubbles.That is quite easy to do : the sun, the moon, the stars, the earth.Very good; now complete your description of the soap-bubble.I can’t complete it.Why can’t you complete it ?I can’t complete it because the words to do so fail me.Is the soap-bubble a solid sphere?No, it is not a solid sphere.What is it, if not solid ?It is the opposite of solid.What word expresses the opposite of solid ?I don’t know.Well the opposite of solid is hollow.Can you now add something to your description ?Yes, I may say a soap-bubble is a hollow sphere.Is your definition of a soap-bubble complete now?No, it is not complete yet.Why is it not complete yet ?It is not complete yet because there are many hollow balls or spheres which are not soap-bubbles.Could you add anything to your definition ?Yes, I might say a soap-bubble is a hollow sphere filled with air.Would it be complete then?No, it would not because there are many hollow spheres filled with air, that are not soap-bubbles.Is the air in the soap-bubble cold air ?No, it is warm air.Change your description so as to show with what kind of air the bubble is filled.A soap-bubble is a hollow sphere filled with hot air.Is the description complete now?No, it is not.What is missing?I don’t understand missing ?Well, what is lacking ?I don’t understand lacking.Well, what is wanting?Missing, lacking, wanting, do these three words signify the same thing ?Yes, they signify or better still mean the same thing. 292 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE What is missing, lacking, wanting in my definition is the substance of which the hollow sphere is composed or made.What is the substance of which the bubble is made ?It is made of soap and water.Add your last statement to your definition.A soap-bubble is a hollow sphere made of soap and water and filled with warm air.Is your definition right now ?No, it is not.What is wrong with it ?A person would think from my definition that in making soap-bubbles, the first thing to do is to make a hollow sphere of soap and water, and then to fill it with warm air.Is that not the correct idea ?No, sir, it is the warm air which makes the soap and water take the shape of a sphere and causes them to keep that shape.You are quite right; all you have to do is to change your definition to make it express what you have just said.But I can’t change it.Well, how will this do.A soap-bubble is a hollow sphere of soap and water filled with warm air.That is better, sir, but I don’t think it is altogether right yet.What fault have you to find with it now ?I think it means now that the soap and water are filled with warm air.Is not that what the soap-bubble is ?No, sir, it is the sphere that is filled with warm air.What would you suggest to improve it ?I can’t suggest anything ?I know that it does not render the idea exactly, yet I am not able to ameliorate it.Don’t say to ameliorate it say, to better, to improve it.How would it do to put a comma after the words sphere and water, thus: A soap-bubble is a hollow sphere, of soap and water, filled with warm air.That would be much better for a written sentence, but in conversation we don’t hear the commas.You are hard to please, are you not ?No, sir, I don’t think I am hard to please, but I would like to get it exactly right.Admitting for an instant that it is right, is it complete?No, sir, it is not.What is missing?Four things are missing: the size of the sphere, the proportion of soap to water, the thickness of the shell and how the bubble is formed.You are right, but why do you use the word shell.I use the word shell because I know of no other word to use in this case.Is it the right word.It is the best word that.I know, but, I don’t think it is absolutely correct.Why don’t you think it absolutely correct ?I don’t think it absolutely correct because a shell is not soft while the mixture of soap and water forming the soap-bubble is soft. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 293 Is there another property besides softness which the mixture of soap and water possesses and which is not possessed by a shell?Yes, sir, elasticity, I think, sir, that if you would give me a proper definition, we would get on faster.Very well, I will try to satisfy you.Do you know what suds are?No, sir, I don’t know what suds are.Suds are a lye of soap and hot water, or a strong mixtüre of hot water and soap forming a frothy mass.Do you understand ?I don’t understand frothy.Frothy means full of froth, or covered with froth.I know that frothy means full of froth, but I don’t know what froth is.Froth is foam, scum, a quantity of very small bubbles.Yes, sir, but what are very small bubbles ?They are little vesicles of water or other fluid full of air, or inflated with air.I see sir, froth is a mass of very small bubbles and bubbles are vesicles, but what are vesicles ?Vesicles are very small sacs or bags.I understand, sir, froth is foam, scum, a quantity of very small bubbles, or vesicles, or very small sacs or bags of water or other fluid inflated with air.Do you now understand the meaning of suds ?I think so ; suds are a strong mixture of hot water and soap forming a frothy mass, that is a mass of very small bubbles, or vesicles, or little sacs or bags inflated with air.Very good, do you know what a filmis ?No, sir, I don’t know what a film is.A film is a very thin skin.Now for the definition of the soap-bubble: a soap-bubble is a thin film of soap-suds inflated by blowing through a pipe, and forming a hollow globe or sphere with beautiful iridescent colors.Are you satisfied?Yes, sir, but what does iridescent mean?Did you ever see a soap-bubble ?Yes, sir, many times.Did you notice the color of a soap bubble ?The colors you mean, yes, sir, I noticed them.What were the colors ?They were all colors.You are quite right; do you know of anything in which all the colors can be seen?Yes, sir, the arc-en-ciel.You mean the rainbow don’t you ?I suppose so.Well, the colors of a soap-bubble are like what ?They are like the colors of a rainbow.Might not the end of the definition read.and forming a hollow glo- be with beautiful rainbow like colors ?Yes, certainly, sir.Iridescent means rainbow like.Describe the little girl’s pose.She is sitting on the ground, on her left leg which is folded under her, with her right leg bent backward at the knee, the ankle of her right foot resting on the left foot.Her head is 294 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE inclined a little backward, her face is turned slightly upward, her eyes are fixed on the bubble floating in front and a little above her.Her lips are parted and she is evidently trying to make the bubble rise higher by gently blowing towards it.Her right arm is outstretched and in her right hand is the clay-pipe which has been just used in inflating the many colored balloon.Her expression is one of deep admiration.Describe her clothes.Her hair is fastened with a wide ribbon; she has on a gray dress with white lace collar and cuffs and a broad white sash tied in a big bow at the bag.Her petticoat which is white is trimmed with lace.On her feet she has white socks with a border and white shoes.What is there on the ground near her ?There is a very pretty Japanese bowl filled with soap-suds, in "which very small bubbles may be seen floating.J.Ahern Ma Préparation de Classe (Esquisses de leçon, Cours élémentaire, 1er degré) HISTOIRE DU CANADA (1) Jean-Antoine Panet M.Panet est un des premiers Canadiens français qui entrèrent au'|Barreau (2) dès que ’Angleterre leva la proscription qui pesait sur nos compatriotes àha fin du dix-huitième siècle.En 1791, l’Angleterre octroya au Canada une nouvelle constitution qui permettait à nos pères d’être représentés dans une Assemblée délibérante.Élu député en 1792, M.Panet fut nommé premier président de la Chambre, en dépit des efforts des Anglais.Il fut nommé juge en 1793, mais il abandonna bientôt son siège de magistrat pour se jeter de nouveau dans l’arène politique.Réélu député, il fut nommé une seconde fois président de la Chambre.M.Panet occupa ce poste important jusqu’en 1815.A cette date, il fut remplacé par M.L.-J.Papineau.Le gouverneur Craig persécuta M.Panet, qui s’était toujours montré sympathique au journal Le Canadien, dirigé par le grand patriote Pierre-Stanislas Bédard.Questionnaire—Qu’est-ce que l’Angleterre octroya au Canada en 1791 ?—Qu’est-ce que la Constitution de 1791 permit à nos pères ?—Qui fut le premier président de la Chambre de Québec?—M.Panet occupa-t-il une deuxième fois le fauteuil de la présidence?—Qui succéda à M.Panet au poste de président de l’Assemblée ?—Pourquoi le gouverneur Craig persécuta-t-il M.Panet ?(1) Voir LJEnseignement Primaire de novembre 1915.(2) Le maître devra expliquer ce mot ainsi que tous les autres mots qui sont peu à la portée des élèves.J.A.Panet L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 295 GÉOGRAPHIE La Province du Nouveau-Brunswick CARTE DE LA PROVINCE DU NOUNEAU-BRUNSWICK Le Nouveau-Brunswick est borné: Au nord, par la province de Québec et la Baie des Chaleurs; A l’est, par le golfe St-Laurent et le détroit de Northumberland; Au sud, par la Nouvelle-Écosse et la Baie de Fundy; A l’ouest, par les États-Unis.La province du Nouveau-Brunswick est huit fois plus petite que la province de Québec.Sa population est de trois cent cinquante et un mille habitants.^fSur ce nombre, il y a soixante-dix mille personnes de langue française.Un peu plus du tiers de la population totale de cette province est catholique.La capitale du Nouveau-Brunswick est la ville de Frédéricton, sur la rivière Saint-Jean.Le Nouveau-Brunswick faisait autrefois partie de l’Acadie, une ancienne colonie française, fondée en 1604.Questionnaire—Indiquez les bornes du Nouveau-Brunswick.—La province du Nouveau-Brunswick est-elle plus petite que la province de Québec?—Combien y a-t-il de personnes de langue française au Nouveau-Brunswick?—Quelle est la capitale du Nouveau-Brunswick?LEÇON DE CHOSES Les Plantes Les plantes naissent, vivent^'et’ meurent comme nous, mes enfants.Elles respirent, se nourrissent et’se développent, mais elles ne se meuvent ni ne sentent.Elles se composent, généralement, de quatre parties principales: la racine, la tige, les feuilles et les fleurs.Les plantes se nourrissent du suc de la terre par leurs racines et elles respirent à l’aide de leurs feuilles.Les plus importantes des plantes sont les céréales.Les principales céréales sont : le blé, le seigle, Y orge, Y avoine, le maïs ou blé-d’inde, le nz.(l) Il y a encore beaucoup d’autres plantes que vous connaissez : le chanvre, le lin, les arbres fruitiers, les arbres de nos forêts, etc., etc.RACINE PIVOTANTE (1) Le riz n’est cultivé que dans les pays chauds. 296 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE BLÉ SEIGLE ORGE AVOINE MAÏS RIZ Épellation et copie.—Plante—racine—tige—feuille—-fleur—suc—blé—seigle—orge—avoine—maïs—riz—céréales—chanvre—arbres—-arbres fruitiers—forêt.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE VII.—JÉSUS-CHRIST SA MORT, SA RÉSURRECTION Le chrétien croit au mystère de la Rédemption et que Jésus-Christ nous a SAUVÉS DE l’enfer ET OUVERT LE CfEL PAR SA MORT.Comment Jésus-Christ a-t-il fait pour nous sauver?Il a donné sa vie, et il est mort pour nous.A-t-il beaucoup souffert pour nous sauver?Oui, il fut outragé, maltraité, battu par les méchants, méprisé et cloué à la croix.Comment est-il mort?Il est mort sur la croix, le vendredi saint, après avoir versé tout son sang.Pourquoi a-t-il voulu souffrir ainsi?Pour effacer nos péchés et nous ouvrir le ciel.N’est-il pas revenu à la vie?Oui, le jour de Pâques il se ressuscita lui-même et sortit vivant du tombeau.Où est-il allé apres sa résurrection?Il est retourné au ciel, le jour de l’Ascension.Quels sont nos devoirs envers notre Rédempteur?C’est de le remercier, et de ne jamais l’offenser.LANGUE Cours élémentaire DICTÉES I En Classe Enfant, tu viens en classe pour apprendre la lecture, l’écriture, le catéchisme, l’histoire FRANÇAISE ! sainte, le calcul, l’histoire et la géographie du I Canada.Toutes ces connaissances te seront | utiles plus tard, quand, devenu homme, tu devras diriger tes affaires.Mais, par-dessus tout, tu apprends en classe à devenir un homme honnête, un bon chrétien et un bon citoyen.Exercices.—1.Classe: synonjone (école).2.Analyser: tu viens en classe.Tu, pr.pers.2e p.du sing., sujet de viens. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 297 Viens, v.n., 2e conj., 2e pers.sing., indicatif présent.En, prép., marque le rapport qui existe entre viens et classe.Classe, n.c.f.s., compl.ind.de viens.3.Citer deux noms de la famille de histoire: (Historien, historiographe.) 4.Citer des mots commençant par géo, comme géographie.(Géologie, géométrie, et>Tes mots qui en dérivent.) II Les Abeilles Travaillent {Souvenir d’été) La journée est chaude, la journée est belle.Le soleil répand ses rayons sur la terre.Les abeilles voltigent dans les champs, dans la prairie: elles volent de fleur en fleur.Elles travaillent pour recueillir le miel: elles vont le porter dans la ruche et font ainsi leurs provisions pour l’hiver.Exercices.—1.Souligner d’un trait les verbes de la dictée, de deux traits les noms ou les pronoms sujets de ces mêmes verbes.2.Relever la dictée, en ne parlant que d’une ftbeille.3.Chercher les mots ayant à peu près le même sens que répandre (jeter, laisser tomber) ; prairie (pré);—recueillir (prendre, récolter, conserver).4.Expliquer les mots suivants: ruche, rucher, cire, miel, alvéole, rayon, reine, abeille ouvrière.5.Copier la dictée en mettant les verbes: 1° au passé défini; 2° au futur.RÉCITATION Conseils à un Enfant Oh! bien loin de la voie Où marche le pécheur, Chemine où Dieu t’envoie! Enfant, garde ta joie; Lis, garde ta blancheur! Sois humble! Que t’importe Le riche et le puissant! Un souffle les emporte.La force la plus forte, C’est un cœur innocent ! Bien souvent Dieu repousse.Du pied les hautes tours; Mais dans le nid de mousse Où chante une voix douce, Il regarde toujours.V.Hugo RÉDACTION La Pomme gâtée Les parents de Claudine venaient de recevoir un panier de pommes.—Va,Alit la mère à sa fille, va placer ces fruits dans le placard; mais n’oublie pas de retirer ceux qui sont gâtés.Les pommes étaient très bien conservées; une seule présentait une tache noirâtre, indice d’un commencement de pourriture.“Pour une si petite tache, se dit Claudine, ce n’est vraiment pas la peine de séparer cette pomme des autres.” Mais huit jours après, lorsque la maman vint visiter les fruits, elle en trouva cinq ou six qui étaient pourris.La pomme tachée avait gâté ses voisines.—“Tu vois, dit la mère à sa fille, ce qu’il en coûte de vivre en mauvaise société.Applique-toi donc toujours, mon enfant, à ne fréquenter que de bonnes compagnies.” Questionnaire.—Qu’avaient reçu les parents de Claudine ?Qui fut chargé de placer les fruits ?Quelle recommandation fut faite à Claudine?Que vit-elle sur une pomme?Que se dit-elle en voyant la petite tache?De quoi s’aperçut la maman, huit jours après?Que dit-elle à Claudine?Quel conseil lui donna-t-elle?Canevas.—Panier de pommes envoyé aux parents.—Claudine chargée de ranger les fruits.—Recommandation.—État des fruits.— Une tache.—Faux raisonnement de l’enfant.— Visite des fruits.—Cinq gâtés.—Les mauvaises compagnies.—Conseil de la mère à sa fille.Cours moyen DICTÉES I Le Ceeval L’homme n’a pas de meilleur serviteur que le cheval.C’est le cheval qui laboure ses 298 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE champs, qui traîne sa voiture et son chariot le plus lourd.C’est lui encore sur lequel on monte pour aller vite et il est rare que le cheval jette par terre son cavalier.Nous employons donc le cheval pour nos besoins et notre agrément, pour nos travaux et nos plaisirs.Si vous avez un cheval chez vous, veillez à ce qu’on le soigne bien, à ce qu’on ne le brutalise pas, car votre cheval est un serviteur précieux.Questions diverses:—De quoi est-il question dans cette dictée ?—Qu’est-ce que le cheval ?(mammifère, quadrupède, pachyderme, solipède, expliquez ces mots).—Quels services rend le cheval à la campagne ?—à la ville ?—si on est pressé d’arriver ?—Pourquoi faut-il bien soigner un cheval?Pourquoi dit-on que le cheval est un serviteur?—Quel est l’autre animal qu’on emploie aussi pour labourer les champs et traîner des charrettes?(le bœuf).—Sous quel nom désigne-t-on l’homme qui monte sur le cheval (cavalier).Pourquoi dit-on que le cheval est précieux?Citez et analysez les adjectifs possessifs contenus dans la dictée.Exercices écrits:—1.Copier la dictée en | soulignant les adjectifs possessifs.2.Écrire les trois premières phrases de la ' dictée en employant la 1ère personne du pluriel: Nous n’avons pas de meilleur serviteur que le cheval.C’est le cheval qui laboure nos champs, etc., etc.3.Revision.Rendre, par l’adjectif convenable.les expressions suivantes: Cet homme n’est pas jeune.(Cet homme est âgé ou vieux.) Ce fruit est mûr trop tard.(Ce fruit est tardif.) Cette fête revient tous les ans.(Cette fête est annuelle.) Cette substance n’a pas d’odeur.(Cette substance est inodore.) Cet élève travaille beaucoup.(.laborieux.) Celui -ci aime l’étude.(.studieux.) Cet enfant n’a pas de propreté.(.mal- propre.) Cet homme n’a pas de prudence.(.im- prudent.) Celui -ci aime trop l’argeyit.(.avare.) II Le Ruisseau Le ruisseau qui arrosait mon jardin sortait des flancs d’une colline couverte d’ajoncs; c’était un heureux ruisseau.Il traversait de =5 prairies où toutes sortes de charmantes fleurs sauvages se baignaient ou se miraient dans ses ondes, puis il entrait dans mon jardin.Là je l’attendais; je lui avais préparé des rives vertes, j’avais planté sur ses bords et dans ses eaux toutes les plantes qui fleurissent dans le monde entier au sein et sur les rives des eaux pures.Il traversait mon jardin en chantant sa mélancolique chanson, puis, tout parfumé de mes fleurs, il sortait de mon jardin, traversait encore une prairie, et allait se précipiter dans la mer, à travers les flancs abrupts de la falaise qu’il couvre d’écume.C’était un heureux ruisseau, il n’avait absolument rien à faire que ce que je vous ai dit: couler, rouler, être limpide, murmurer entre des fleurs et des parfums.Alphonse Karr Résumé de la dictée.—L’auteur décrit d’une façon poétique le petit ruisseau qui traverse son jardin.Il le montre nonchalant, soigné, heureux pour ainsi dire parmi toutes sortes d’herbes et de fleurs et n’ayant rien à faire qu’à se laisser tout doucement couler.Dans la suite de ce récit, on voit le ruisseau être capté par un ingénieur et servir de moteur à des machines de grande industrie.Le petit ruisseau si heureux dans sa paresse est devenu un travailleur.Il est utile, mais il a perdu sa beauté.Alphonse Karr est ^un''écrivain français du XIXe siècle.Principales idées.—Sens des mots et des phrases.—D’où sortait le ruisseau?—Que traversait-il avant d’entrer dans le jardin?— Qu’avait fait le propriétaire du jardin pour le bien recevoir?—Que devenait-il en sortant du jardin?—A quoi se bornait son rôle?Exprimez d’une autre manière cette idée: “Il sortait des flancs d’une colline?” (Il sortait du versant de la colline).—Qu’est-ce que les ajoncs?—Quel est le contraire d’une fleur sauvage?—Citez des fleurs qui sont sauvages et d’autres qui ne le sont pas.—Qu’est-ce que se mirer dams les ondes ?—Qu’est-ce que les rives d’un ruisseau?—-Qu’entend-on par le sein des eaux?—Que signifie cette expression: “en chantant sa mélancolique chanson?”— Pourquoi dit-on qu’il “se précipitait” dans la mer?(Parce qu’il accélérait son cours, allait très vite)—Qu’est-ce qu’une falaise ?—des flancs abrupts ?—Qu’est-ce qu’être limpide ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 299 Grammaire et orthographe—Qu’est-ce que le verbe?—Qu’appelle-t-on verbe substantif ?—attributif ?—auxiliaire ?—Combien y a-t-il de sortes de verbes attributifs ?—Trouvez dans la dictée des verbes transitifs, intransitifs.Avec certains de ces verbes construisez des verbes passifs—des verbes réfléchis.—Citez des verbes unipersonnels.Trouvez et épelez des mots terminés comme franc (banc, blanc, franc).—Trouvez et épelez des mots commençant comme colline et prenant deux ‘IV (collage, collation; colle, collection, collège, collerette, collier, colloque, etc.,) —Des mots commençant par ‘col’ et ne prenant qu’un ‘V ?(colère, colique, colibri, colis, colon, colombe, colonne, coloration, colosse, etc.)—Trouvez et épelez des mots de la famille de bord (border, bordure, abord, aborder, broderie, etc.Analyse logique et grammaticale.— Le ruisseau qui arrosait mon jardin sortait des flancs d’une colline couverte d’ajoncs.RÉCITATION L’Église Du plus loin que je vois mes heures de jeunesse, L’éghse m’apparaît, avec son fin clocher.Je songe aux premiers jours où j’allais à la messe, Et je revois la nef, où j’écoutais prêcher.J’entends le bruit joyeux des lourdes carrioles, Qui passaient, à grand train, le soir de la minuit.Je vois les lampions, les larges banderoles, Et la lampe du chœur, qui brillait dans la nuit.L’église! C’est le cœur des paroisses rustiques! C’est leur âme, qui chante en sa cloche d’airain; C’est l’éternel témoin des âges héroïques, Qu’ont vécus nos aïeux, dans leur labeur serein! Sans elle il n’est plus rien de ta grâce, ô campa-Sans elle il n’est plus rien de ta sublimité; [gne; Sans la croix, ta fidèle et céleste compagne, Tu serais comme un corps dont l’esprit est ôté.Ah! puisse-tu garder ta faveur ancienne, O race de croyants, bon peuple de chez nous! Nulle gloire, ici-bas, n’égalera la tienne, Car un peuple n’est grand et n’est beau qu’à [genoux ! Cours supérieur La Ville de Tyr J’admirais l’heureuse situation de cette grande ville, qui est au milieu de la mer, dans une île.La côte voisine est délicieuse par sa fertilité, par les fruits exquis qu’elle porte, par le nombre des villes et des villages qui se touchent presque; enfin, par la douceur de son climat, car les montagnes mettent cette côte à l’abri des vents brûlants du midi, et elle est rafraichie par le vent du nord qui souffle du côté de la mer.C’est auprès de cette belle côte que s’élève, dans la mer, l’Ile où est bâtie la ville de Tyr.Cette grande ville semble nager au-dessus des eaux et être la reine de toute la mer.Les marchands y abordent de toutes les parties du monde, et ses habitants sont eux-mêmes les plus fameux marchands qu’il y ait dans l’univers ' Quand on y arrive, on croit d’abord qu’elle n’appartient pas à un peuple particulier, mais qu’elle est la ville commune de tous les peuples et le centre de leur commerce.Elle a deux grands ?noles semblables à deux bras qui s’avancent dans la mer et qui embrassent un vaste -port où les vents ne peuvent entrer.(Fénelon, 1651-1715.) Annotation:—Tyr, grande ville de l’antiquité aujourd’hui disparue, et qui se trouvait sur la côte occidentale de la Syrie.Le commerce de Tyr était considérable.C’était là que se fabriquait spécialement la teinture appelée pourpre, que l’on tirait d’un coquillage.—Fruits exquis: Comment l’adjectif exquis s’écrit-il au singulier?avec un s comme au pluriel.—¦ Comment fait-il au féminin?exquise.—Comment l’x se prononce-t-il dans ce mot: eksquis, mais le k est très doux.—Climat: Ensemble des conditions atmosphériques d’un pays, c’est-à-dire de la température et du plus ou moins d’humidité qu’il y a ordinairement.On dit d’un pays qu’il a un climat chaud, ou froid, ou humide ou tempéré, ou sec, etc.—Rafraichie: Il y a peu de verbes commençant par raf., sept seulement, dont trois ne pren- nent qu’un /; ce sont rafler (prendre tout), rafistoler (réparer), rafraîchir (rendre plus frais ou plus neuî).—Eux-mêmes.Ne pas oublier que le pronon personnel moi, toi, lui, eux, nous, vous joint au mot même, s’unit à lui par un trait d’union.—Qu’il y ait: Le sens indique le Blanche Lamontagne 300 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE verbe avoir et non pas le verbe être.Pour s’en .convaincre, on tourne la phrase à la forme impersonnelle et on a: Il y a dans l’univers les plus fameux marchands.”—Commune: qui ap- partient à tous, dont chacun peut se servir.— Moles: Énorme construction de pierres que l’on bâtit à l’entrée d’un port pour rompre l’impétuosité des vagues et mettre les vaisseaux en sûreté.—Embrassent: c’est-à-dire qui tiennent enfermés dans leurs bras.—Port: Sorte de canal ou bassin, soit naturel, soit creusé par l’homme, où les bateaux viennent s’abriter ou se ranger commodément.Fénelon: Archevêque de Cambrai, précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, et auteur d’un certain nombre d’ouvrages remarquables.Le morceau qui fait l’objet de cette dictée est emprunté aux “Aventures de Télémaque”.Il Tableau Champêtre Notre voiture se range à côté du chemin pour livrer passage à une charrette attelée d’un bœuf qui traîne en ruminant une charge de gerbes d’avoine.Parmi les gerbes sont installés deux musiciens champêtres: le petit Pierre à Joseph Dufour s’est fait un instrument de musique avec de grosses pailles d’avoine; les airs primitifs qu’il tire de ces pipeaux rustiques ressemblent aux cris d’une cigale.A côté de lui, sa sœur, un peu plus âgée, chante un air de cantique sur cet accompagnement.La jeune fille est si bien enfouie dans les gerbes qu’on n'aperçoit que sa belle tête d’où ruisselle une chevelure en désordre qui retombe sur son cou en boucles aussi blondes que les épis d’avoine qui l’entourent.Tous les deux s’interrompent pour nous regarder passer de leurs grands yeux bleus comme la mer qui nous environne, puis ils reprennent leurs accords avec le même entrain.Vous souriez de la simplicité de ces chants qui rappellent la musique des premiers âges du monde, et pourtant c’est ainsi que chantaient les bergers de Théocrite, dans les champs de VArcadie, ou plutôt c’est ainsi que chantaient sur leurs chalumeaux les bergers d’Israël autour de la grotte de Bethléem.L’abbé H.-R.Casgrain Explications et EXERCiCES.-CTiorreMe: donnez des mots de la même famille:—charretier, charron, char, charretée, charriage, chariot, charroi, etc.—sont installés: le sujet?musiciens, placé après par inversion.—le petit Pierre à Joseph Dufour: manière familière de parler pour dire: Pierre, le petit garçon de J.Dufour.—s’est fait: le rôle de s’ ?c’est le complément indirect (a fait pour lui-même).— pipeaux: flûtes champêtres comme en font les enfants avec l’écorce détachée de jeunes branches ou avec des plantes à tige creuse.—un air.cet accompagnement: faire remarquer que ces deux noms sont masculins; on entend si souvent dire “une belle air avec une belle accompagnement.—enfouie: enfouir veut dire enterrer.Fouir (creuser la terre) et fouisseur sont de la même famille.—on n’aperçoit: n’est-il nécessaire?Oui, il fait partie de la locution adverbiale ne que qui veut dire seulement.L’hésitation peut venir de ce que on aperçoit et on n’aperçoit sonnent également à l’oreille.On.essaie alors un autre verbe pour s’assurer: on ne voit que.—ruisselle: remarques à rappe- ler sur les verbes terminés par eler.—s’interrompent: mettez au passé indéfini: se sont interrompus (accord avec le complément direct se pluriel.—environne: qui est aux environs, proche.—accords1, chants, sons différents qui vont bien ensemble, en harmonie.—souriez: remarques à faire sur les verbes en ir et ceux en ire (imparfait et futur de l’indicatif, subj.présent)— c’est ainsi que chantaient les bergers de Thêo-crite: la fonction de que ?fait partie du pléonasme c’est.que.Le mot que remplace ainsi déjà attribut de c’.Que est alors complément de chantaient.Mais pour analyser il faut détruire le gallicisme et tourner de cette manière : Les bergers de Théocrite chantaient ainsi.La même remarque peut être faite dans la phrase suivante.—Arcadie: province de la ¦Grèce ancienne.—plutôt: en un seul mot parce qu’il indique la préférence: ou mieux c’est ainsi.—chalumeaux: tuyau de paille, de roseau, flûte champêtre, pipeau.Calumet est de la même famille (du latin calamus).Analyse Notre voiture se range à côté du chemin pour livrer passage à une charrette attelée d’un bœuf qui traîne en ruminant une charge de gerbes d'avoine. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 301 Deux propositions.Principale: Notre voiture se range à côté du chemin pour livrer passage à une charrette attelée d’un bœuf.Comp.exlpicative: qui traîne en ruminant une charge de gerbes davoine.Dans la principale, à côté de, locution prépositive, indique assez que chemin est compl.cir-const.de se range.La préposition your indique que livrer est un autre complément de se range.(se range où ?.se range pour quoi faire ?.) à une charrette, compl.indirect de livrer.Dans la complétive explicative (non absolument nécessaire) du mot bœuf, le verbe traîne a un compl.direct charge et un compl.circonstanciel en ruminant.Nous croyons avoir indiqué ici les parties importantes à analyser dans la phrase donnée.RÉCITATION A la Langue 'Française Douce langue française, ô ma langue bénie, J’aime le rythme pur et j’aime l’harmonie De ton chant plein d’amour! Ton nom est le seul que nous laissa la France Pour conserver en nous la chère souvenance D’un passé sans retour! Langue douce à mon âme ainsi qu’une caresse, Je t’aime avec l’élan de la grande jeunesse Que je sens en mon cœur.Pour te garder chez nous, je saurai te défendre.Plus tu subis d’affronts, plus tu me parais Et noble en ton malheur.[tendre Ne crains pas la menace et ne crains pas l’ou- [trage, Tes enfants sont vaillants et remplis de cou-La lutte va finir.[rage, Je suis un des soldats de ta juste querelle, Et je ne tremble pas, ma langue est immor-J’ai foi dans l’avenir!.[telle, Jacques d’Antan COMPOSITION La Critique est aisée 1.Un jeune cheval, élégant et plein d’ardeur, raillait un cheval fort et vigoureux qui traînait lentement une charrue.2.Le cheval de labour lui proposa de prendre sa place.3.Le jeune cheval ayant accepté, vous direz ce qui en résulta.—Développez, comme il convient, les trois points de cet apologue.DÉVELOPPEMENT 1.—Sigurd, jeune cheval fringant tout plein de feu, était un jour au vert dans une prairie où il prenait en liberté ses ébats, heureux et fier de se sentir à la fois tant d’ardeur et de souplesse, de force et de volonté.Comme il longeait la lisière de son domaine, il vit à travers la haie, de l’autre côté du pâturage, un gros et fort cheval qui, la tête courbée vers la terre, le cou allongé, traînait lentement une charrue.Il allait en droite ligne, sans s’écarter ni d’un côté ni de l’autre, toujours du même pas monotone et mesuré.A cette vue, un flot de sang monta à la tête du fougueux Sigurd; d’indignation, il pointa ses fines oreilles et, passant la tête au-dessus de la barrière, il apostropha ainsi le brave percheron, —Hé quoi! vous osez, vous, un cheval si vigoureux, marcher d’une telle allure ?N’avez-vous pas honte de montrer si peu d’ardeur à la besogne?Tenez, les limaçons, cachés aux creux de la muraille, devraient vous montrer les cornes! C’est bon pour le bœuf, gros et lourd animal, de travailler ainsi, le front courbé et les pieds rivés au sol.Allez donc, allez, dépêchez-vous, et ne déshonorez plus par votre paresse, notre race vaillante et courageuse.Ah! si j’étais à votre place?.L’honnête limonier releva la tête et, de ses bons yeux graves et doux, regarda l’impertinent Sigurd.Pourtant il ne se fâcha point.Hélas! il avait été jeune luQaussi et savait à quoi s’en tenir sur la jactance des fringants coursiers.Il savait encore combien les jeunes cervelles sont promptes à s’échauffer et aiment peu à se rendre aux avis des gens expérimentés.Donner des conseils à Sigurd eût été peine perdue.Il se contenta donc de lui répondre: 2.“Mon enfant, j’admire votre ardeur et je vous félicite de vos bonnes dispositions au travail.Puisque vous semblez désirer ma place, je vais vous la céder; l’homme, mon maître, y consentira volontiers, car, sans doute, il ne perdra pas au change.Venez donc, la charrue est là qui vous attend.” Sigurd eut vite fait de renverser d’une ruade la porte à claire-voie qui le séparait de son 302 L’ENSEIGNEMENT|PRIMAIRE camarade.Sitôt dit, sitôt exécuté; il s'attelle à la charrue, et, la tête haute, les naseaux frémissants, l’œil assuré, le pied nerveux, il bondit en avant, tirant avec vigueur l’attelage.3.D’abord, le soc trancha la terre sans obstacle, et, tout fier, Sigurd jeta un regard de triomphe au vieux cheval qui soufflait paisiblement à l’ombre d’un frêne.Mais bientôt le fer rencontra des pierres, des racines dures et noueuses; tout cela résista opiniâtrement.Irrité, Sigurd tira de plus belle, rua, s’emporta.Le soc s’ébrécha, le sillon fut irrégulier, zigzaguant d’ici, de là, tantôt trop profond, tantôt à fleur de terre.Et cependant le jeune cheval suait, écumait, bondissait de colère.Ce fut bien pis.L’homme, las de rappeler au devoir le cheval indocile, qui ne voulait agir qu’à sa guise, prit un fouet et lui infligea une maîtresse correction.Blanc d’écume, frémissant de honte, le front courbé, l’oreille basse, Sigurd quitta le champ pour retourner à sa prairie.Lorsque, tout honteux de sa mésaventure, il passa devant le percheron qui s’en allait doucement reprendre son travail, il n’osa point lever les yeux.Mais celui-ci lui dit: 4.“Mon enfant, la leçon est un peu rude; qu’elle vous soit au moins salutaire.N’oubliez jamais que les meilleures qualités, si elles ne sont réglées par la sagesse et la modération, dégénèrent en véritables défauts.Il est beau d’être fort, ardent et courageux, il est plus beau encore de savoir dominer son caractère et le plier aux circonstances qu’exige le devoir.Il faut apprendre à commander à ses passions si l’on ne veut pas en devenir l’esclave.Enfin, n’oubliez jamais qu’en toute chose, “Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage.” (L’Ecole et la Famille.) ENSEIGNEMENT SPÉCIAL AGRICULTURE RÉCITATION Près du Clocher Canadien, que l’amour des champs Te garde où vécut ton ancêtre, Que tes jours s’écoulent, riants, Près du clocher qui t’a vu naître.Que les exemples d’autrefois Te forgent une âme très fière, Capable d’écouter la voix Des morts, qui dorment sous la terre.Ah! ne délaisse pas ces toits Auxquels nous devons de survivre, Et reste auprès des blanches croix, D’où nous vient la force de vivre.Mais, si, vaincu par le malheur, Et, cédant à la voix fatale, Oubliant l’antique bonheur, Tu quittes la place natale, Quand la vieillesse, sur ton front, Posera sa décrépitude, Et quand tes rêves s’éteindront Dans la nuit de la solitude; Tel l’oiseau sait se souvenir De son nid, dans le creux d’un hêtre, Alors, reviens, reviens mourir Près du clocher qui t’a vu naître! Blanche Lamontagne COMPOSITION Wyî if;.; ' Parallèle entre la Poule et le Pigeon 1.Ressemblances: Oiseaux domestiques, nourriture, chair, plume, engrais.2.Différence: Taille, vol, ponte, petits, leur nourriture, cri, utilité.3.Morale: Attachement à leurs petits, courage de la poule. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 303 DÉVELOPPEMENT 1.La poule et le pigeon sont des oiseaux domestiques.Tous deux se nourrissent de graines et nous fournissent une chair estimée, de la plume et un excellent engrais.2.Ces oiseaux sont cependant bien différents.Le pigeon est plus petit que la poule; son vol est rapide tandis que celui de la poule est lourd.Chez les pigeons, la ponte est de deux œufs pour chaque couvée; lorsque les petits sont éclos, le père et la mère les nourrissent d’une bouillie qu’ils dégorgent et déposent dans le bec des pigeonneaux.La poule, au contraire, pond un grand nombre d’œufs et peut en couver de dix à quinze; les poussins, au sortir de l’œuf, se mettent à courir et recherchent leur nourriture.Le pigeon roucoule, la poule caquette; le premier se tient au colombier et la seconde au poulailler.Les petits du pigeon se nomment pigeonneaux et ceux de la poule poussins d’abord, puis poulets.La poule est certainement plus utile que le pigeon; toutefois nous devons ajouter que, en qualité de messager, celui-ci rend des services en tout temps et surtout en temps de guerre.3.Ces deux oiseaux manifestent beaucoup d’affection pour leurs petits; la poule fait même preuve de grand courage pour défendre ses poussins contre tout ennemi qui les menace.Nos parents nous aiment aussi et nous protègent contre tout danger.Aimons-les à notre tour et soyons leur consolation.ENSEIGNEMENT MENAGER DICTÉE L’Education pratique des Filles Par l’éducation 'proprement pratique des filles, j’entends pour la jeune fille l’apprentissage des devoirs prochains de la femme, l’expérience directe, active et méthodique des occupations fondamentales qui devront remplir sa vie.En deux mots, j’entends par là essentiellement l’économie domestique et les travaux manuels féminins Il ne s’agit pas encore ici de l’éducation professionnelle, mais seulement de l’éducation générale dans laquelle je pense qu’il faut faire entrer l’éducation domestique nécessaire à toutes les filles.En vain la morale leur prêcherait le devoir en général et le bon vouloir: elle resterait en l’air pour ainsi dire, et risquerait fort de ne pas prendre racine dans le cœur, et de servir à peu de chose dans la suite, si elle n’exerçait à la pratique de devoirs déterminés, de ceux-là mêmes que la vie réserve à la femme.Riche ou pauvre, en effet, jeune ou vieille, mariée ou non, elle aura une maison à tenir; elle devra se rendre utile dans une maison, tantôt comme maîtresse, tantôt en sous-ordre.Pour gagner sa vie ou pour occuper également ses loisirs, elle devra faire œuvre de ses mains, tricot grossier ou féerique tapisserie, rude couture ou dentelle aérienne, peu importe.Ne le fît-elle pas, elle devra être à même de le faire, elle devra pouvoir commander et apprécier ce que feront les autres, sous peine d’infériorité flagrante.Or comment commander intelligemment, surveiller et juger ce qu’on serait totalement incapable de faire ?Bref, c’est peu qu’une fille ait reçu les plus belles leçons de morale si elle n’est pas préparée spécialement aux devoirs spéciaux que la vie lui réserve.Henri Marion Commentaires relatifs a l’intelligence du TEXTE DE LA DICTÉE Sommaire des questions :—1 ° Analyse grammaticale du mot proprement.—2° Expliquer le sens du mot féerique.—3° Expliquer le sens du mot aérienne.—1° Analyse grammaticale du mot fît.—5° Décomposer en propositions la dernière phrase de la dictée: Bref, c’est peu qu’une fille.etc.Indiquez la nature de chaque proposition.Proprement, adverbe de manière, modifie l’adjectif pratique.Féerique.Cet adjectif appliqué à la tapisserie indique que cet ouvrage paraît accompli „ par la main d’une fée.L’épithète indique donc une tapisserie d’une grande perfection, faite avec une adresse admirable.Aérienne, appliqué à la dentelle, cet adjectif signifie qu’il s’agit d’une dentelle fine, transparente et légère comme l’air. 304 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Fît est la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif du verbe actif faire de la quatrième conjugaison.L’emploi de ce temps n’est pas ici conforme aux règles de la syntaxe.Si les idées de l’écrivain sont justes, la manière dont il les exprime n’est pas d’une entière correction.Bref, c’est peu qu’une fille ait reçu les plus belles leçons de morale, si elle n’est pas préparée spécialement aux devoirs spéciaux que la vie lui réserve.—La phrase renferme cinq propositions: la première est bref, terme qui la renferme implicitement à lui seul; il est l’équivalent de ces ENSEIGNEMENT ANALYSE “L’alcoolisme est l’ensemble des maladies du corps et de l’âme causées par l’alcool, pris même en petite quantité.” “La tempérance est une vertu qui nous fait éviter les excès dans le boire et le manger.” Edmond Rousseau DICTÉE L’alcool est un poison violent quand il est pur.Si on y ajoute de l’eau, son action est plus lente; mais il n’en reste pas moins meurtrier, c’est-à-dire qu’il fait mourir.En conséquence, s’il peut être rarement employé dans la maladie, on ne devrait s’en servir que comme les autres poisons, sous la direction d’un médecin prudent.Edmond Rousseau {Petit Catéchisme de Tempérance) Ouvrage recommandé.PROBLÈMES 1.Un père de famille boit tous les jours en moyenne la valeur de $0.20.Pour quelle somme a-t-il bu à la fin de l’année, et avec ce montant ainsi dépensé pour avancer sa mort, combien achèterait-il de pains à $2.16 la douzaine?mots: pour être bref, nous dirons; cette proposition est principale absolue et elliptique; la seconde c’est peu, proposition indépendante, relative à la première; la troisième, qu’une fille ait reçu les plus belles leçons de morale, est une proposition subordonnée, déterminative de la précédente; la quatrième, si elle n’était pas préparée spécialement aux devoirs spéciaux, proposition subordonnée, déterminative de la troisième; la cinquième, que la vie lui réserve, proposition subordonnée, déterminative de la quatrième.ANTI-ALCOOLIQUE 2.En supposant que la famille de cet homme compte 6 personnes, et que chacun mange en moyenne par semaine deux pains, combien de mois l’argent gaspillé par le père aurait-il pu procurer le pain à sa famille ?3.Un embouteilleur de bière distribue pendant trois mois de l’année, 600 douzaines de bouteilles à $1.00 la douzaine, chaque semaine, et cela dans trois paroisses seulement.Quel était le montant total de la vente ?4.Avec ce montant trouvez le nombre de journées de travail que l’on aurait pu payer à $1.50 pour réparer les chemins de ces paroisses qui sont affreux.5.Un homme boit tous les jours 3 verres de bière.Au bout de 40 ans, combien de verres a-t-il bus?Combien de bouteilles et de tonneaux cela représente-t-il, étant donné qu’une bouteille contient 4 verres, et un tonneau 50 gallons?Une bouteille de bière en contient 3 demiards.6.Un journalier est payé $0.20 sous de l’heure.Il boit la valeur de dix verres par jour à $0.05.Combien faudra-t-il qu’il travaille d’heures pour payer l’alcool qui l’empoisonne ?7.Dans une petite ville de la province de Québec, où il y a quatre marchands de boisson, un seul de ces marchands a vendu des liqueurs enivrantes au montant de $80,000.00 dans l’année; en ne tenant compte des femmes ni des enfants, qui forment les 5-7 de la population, quelle est la consommation par tête pour ce seul marchand ?Pour les 4 marchands, en supposant que les 3 autres ont vendu respectivement le 1-3,le M et H moins que le quatrième ? .1111811 -¦ - .• -• îs^w^-i - ' ! •¦ k (Voir “Leçons dianglais d’après la méthode naturelle au chapitre de la Méthodologie) irî'wirTrt :;!I5îÆ! WM ÏA::'.' fAAAA u?r7:- (AM mM ¦ A M'aaa WÊËMê 7m ms am 15555' ;.r , mm .A-'.-'y.-.-: ¦Ar .•îj'rtfti lîiririr'f^j Wm SI .nrü .; ' L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 305 Fable expliqué Le Nid de Fauvette Je le tiens ee nid de fauvette! Ils sont deux, trois, quatre petits! Depuis si longtemps je vous guette; Pauvres oiseaux, vous voilà pris! Criez, sifflez, petits rebelles, Débattez-vous; oh! c’est en vain; Vous n'avez pas encore d’ailes; Comment vous sauver de ma main ?Mais, quoi! n’entends-je point leur mère Qui pousse des cris douloureux ?Oui, je le vois, oui, c’est leur père Qui vient voltiger auprès d’eux.Ah! pourrais-je causer leur peine, Moi, qui, l’été dans les vallons, Venais m’endormir sous un chêne Au bruit de leurs douces chansons ?Hélas! si du sein de ma mère Un méchant venait me ravir, Je le sens bien, dans sa misère, Elle n’aurait plus qu’à mourir, Et je serais assez barbare Pour vous arracher vos enfants! Non, non, que rien ne vous sépare; Non, les voici, je vous les rends.Apprenez-leur, dans le bocage, A voltiger auprès de vous; Qu’ils écoutent votre ramage, Pour former des sons aussi doux.Et moi, dans la saison prochaine, Je reviendrai dans les vallons Dormir quelquefois sous un chêne, Au bruit de leurs jeunes chansons.Résumé : Un jeune enfant goûtait une joie cruelle en se voyant possesseur d’un nid de fauvette.Mais bientôt, ému par les cris douloureux de la mère, il rend la liberté aux oisillons.Le début est vif, saisissant; c’est un cri de victoire : Je le tiens ce nid de fauvette! Une joie maligne est peinte sur le visage du petit dénicheur: 4 Depuis si longtemps je vous guette! On le voit qui retourne le nid en tous sens, en faisant éclater une joie nouvelle chaque fois qu’il y découvre un oisillon de plus: Ils sont deux, trois, quatre petits ! C’est la nature prise sur le fait.Puis une cruelle ironie vient se joindre à ces accents joyeux: Criez, sifflez, petits rebelles, Débattez-vous; oh! c’est en vain.Il triomphe et se plaît à considérer l'impuissance de ses petits prisonniers: Vous n’avez pas encore d’ailes; Comment vous sauver de ma main?“Cet âge est sans pitié!” Mais bientôt la voix du cœur se fait entendre : Mais, quoi! n’entends-je point leur mère.Qui pousse des cris douloureux?Oui, je le vois, oui, c’est leur père.Qui vient voltiger auprès d’eux.Ces cris de détresse ont retenti dans son cœur; cette touchante sollicitude de la mère pour ses petits a reveillé en lui des sentiments tendres, et le petit cruel redevient sensible et compatissant.C’est bien là le caractère de l’enfance, mélange bizarre de tyrannie et de sensibilité.Il se reproche son ingratitude: Ah! pourrais-je causer leur peine, Moi, qui, l’été dans les vallons, Venais m’endormir sous un chêne Au bruit de leurs douces chansons ?Et, ce qui achève de l’émouvoir, c’est une comparaison puisée dans l’amour filial, source pure et féconde des meilleures inspirations.Hélas! si du sein de ma mère Un méchant venait me ravir, Je le sens bien, dans sa misère, Elle n’aurait plus qu’à mourir.Son cœur se révolte à l’idée de l’action barbare qu’il allait commettre : Et je serais assez barbare Pour vous arracher vos enfants! La graduation est bien marquée et amène naturellement cette détermination généreuse: Non, non, que rien ne vous sépare: Non, les voici, je vous les rends.Ce non, trois fois répété, et cette même pensée reproduite sous trois formes diverses: que rien ne vous sépare,—les voici,—je vous 306 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lea rends, marquent bien une résolution ferme et énergique.sonniers l’avantage de jouir de leur doux chant au printemps prochain : La liberté leur est assurée: Apprenez-leur, dans le bocage, A voltiger autour de vous; Qu’ils écoutent votre ramage, Pour former des sons aussi doux.Et moi, dans la saison prochaine, Je reviendrai dans les vallons Dormir quelquefois sous un chêne, Au bruit de leurs jeunes chansons.Terminaison délicate et gracieuse Pour toute rançon, l’enfant réclame de ses petits pri- Tout, dans cette jolie composition, nous rappelle le pinceau délicat de Berquin, le poète aimé de l’enfance.felÂÏHEiÂT!QUES ARITHMÉTIQUE PROBLÈMES DE RÉCAPITULATION SUR LES QUATRE OPÉRATIONS 1.Deux ouvriers travaillent ensemble; le premier gagne $0.37 par jour de plus que le deuxième.Après avoir travaillé le même nombre de jours; le premier reçoit $205.02 et le second $155.44.On demande ce que chaque ouvrier gagnait par jour.Solution: $205.02 - $155.44 = $49.58, la différence entre ce qu’ils reçoivent.$49.58 -b $0.37 = 134.Rép.134 jours.3- 0 f, IV \ i i I, jTJ i *V.'t1 * " A y * 2.Un ouvrier dépense $1.27 par jour pour l’entretien de sa maison; iUtravaille 25 jours par mois et, au bout d’un an, après avoir pourvu à sa dépense, il se trouve qu’il a mis de côté $172.45.Combien a-t-il gagné chaque jour de travail?Solution: $1.27 X 365 = $463.55, la dépense totale.$463.55 + $172.45 = $636, ce qu’il gagne dans 12 mois de 25 jours chaque.25 X 12 = 300 jours.$636 -T- 300 = $2.12, ce qu’il gagne par jour.Rép.3.Si on a le dividende, le diviseur et le quotient d’une division, comment peut-on obtenir le reste?Rép.On peut obtenir le reste en soustrayant du dividende le produit du diviseur et du quotient.PROBLÈMES}DE|RÉCAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1.Les | d’un champ ont été vendus $72 de moins que les Quelle est la valeur de ce champ ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 307 Solution: t“t — — — tV -sV du champ = $72.7^8 14 = * S = 8 x 28 = $224.Rép.2.Un marchand vend les f d’unè pièce d’étoffe, puis les J- du reste.' Combien reste-t-il, si la pièce avait 105 verges ?Solution: \ ^ le reste.Les -I des | quantité vendue en deuxième lieu.t ~ ü = il - If = A le deuxième reste.A de 105 verges = 8 X 3 = 24 verges.Rêp.3.Une balle élastique rebondit chaque fois qu’elle touche le sol des f de la hauteur d’où elle est tombée.On la laisse tomber du haut d’une tour qui a 300 pieds de hauteur.Si on ne tient pas compte de la résistance de l’air à quelle hauteur rebondira la balle après avoir touché trois fois le sol ?Solution: La balle touche le sol la première fois et rebondit des f de 300 = 2 X 60 = 120 pieds.Elle touche le sol la deuxième fois et rebondit des f de 120 pieds = 2 X 24 = 48 pieds.Elle touche le sol la troisième fois et rebondit des f de 48 pieds = -A = 19.2 pieds.Rép.Autre solution: Quelque soit la hauteur d’où elle tombe, la 1ère fois elle rebondit les f de la hauteur; la seconde fois elle rebondit les f des f de la hauteur; la troisième fois elle rebondit les f des f des f = de la hauteur.tA de 300 pieds = f de 12 pieds = -y- = 19.2 pieds.Rép.RÈGLES DE L’UNITÉ, POURCENTAGE, Etc.1.Un capital a été placé à un taux tel, qu’après 11 mois le capital et les intérêts s’élevaient à $6302.50, et après deux ans et demi à $6825.Calculez le capital et le taux.Solution: La différence entre 2| ans et 11 mois = 30 mois — 11 mois = 19 mois = 1 an 7 mois.$6825 — $6302.50 = $522.50, la différence entre les intérêts.$522.50 = les intérêts du capital inconnu, à un taux inconnu, pour 19 mois.$522.50 -T- par 19 = les intérêts pour 1 mois.($522.50 4- 19) X 30 = $27.50 X 30 = $825, les intérêts du capital inconnu pour 2 ans et demi.$6825 — $825 = $6000, le capital.Rép.$6000 X 0.01 = $60, les intérêts de $6000 pour 1 an à 1%. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 308 $60 X 24 = $150, les intérêts de $6000 pour 2 ans et demi, à 1%.$825 + $150 = 51%.Rép.2.Deux sommes, l’une de $4800, l’autre de $5400, sont placées à intérêts simples, la première à 5%, la deuxième à 4%.Au bout de combien de temps ces deux capitaux augmentés de leurs intérêts seront-ils devenus égaux ?Solution: $5400 — $4800 = $600, ce que la 1ère somme doit gagner de plus que l’autre pour l’égaler.$4800 X 0.05 = $240, l’intérêt annuel de la 1ère sonome.$5400 X 0.04 = $216, l’intérêt annuel de la 2ème somme.$240 — $216 = $24, le surplus annuel des intérêts de la 1ère somme sur la 2de.$600 -r- $24 = 25.Rép.25 ans.Preuve: $4800 X 0.05 X 25 = $6000, les intérêts de $4800, pour 25 ans, à 5%.$4800 + $6000 = $10800, la 1ère somme avec ses intérêts au bout de 25 ans.$5400 X 0.04 X 25 = $5400, les intérêts de $5400, pour 25 ans à 4%.$5400 + $5400 = $10800, la 2ème somme avec ses intérêts au bout de 25 ans.$10800 = $10800.Rép.3.Trois négociants engagent dans un commerce des sommes de $6000, $10000, $7000.Le bénéfice s’élève à $2760.Faites le partage.Solution: $6000 + $10000 + $7000 = $23000, le total des sommes engagées.($2760 -f- 23000) X 6000 = ($2760 X 6000) -f- 23000 = $120 X 6 = $720.($2760 -T- 23000) X 10000 = ($2760 X 10000) -î- 23000 = $120 X 10 $1200, la part du 2e.Rép.($2760 23000) X 7000 = ($2760 X 7000) ^ 23000 = $120 X 7 = $840, la part du 3e.Rép.ALGÈBRE 1.La surface d’un rectangle est de 3600 verges.Deux fois la largeur du rectangle excède sa longueur de 28 verges.Quelles sont les dimensions du rectangle ?Solution: Soit x la largeur du rectangle; alors 2x — 28, la longueur.(2x - 2S)x = 3600 2x2 - 2Sx = 3600 Divisant par 2 on a: a;2 — 14z = 1800 Complétant le carré on a: æ2 — 14a: + 72 = 1800 + 49 = 1849 Extrayant la racine on a: a: — 7 = plus ou moins 43. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 309 y = - 43!+ 7}= - 36 x = 43 + 7 = 50 la largeur.Rép.2» — 28 = (2 X 50) — 28 = 100 — 28 — 72, la longueur.Rép.2.Un train rapide fait par heure 9 milles de plus que le train ordinaire.Si pour parcourir une distance de 360 milles le train rapide met 2 heures de moins que le train ordinaire, quelle est la vitesse de chaque train ?Solution: Soit x le nombre de milles par heure du train ordinaire, alors z + 9, le nombre de milles du train rapide.3 KA >1J.'I.^ S =5: 5 4^Z- V^-ù^' Wuuvt-W— {A^ a^~ ^ Q***^~) — 2 — _ 4 — Reste dans ton trou Et mets le verrou; Prudence! S’il va s’élancer Tu peux commencer La danse.Il fait le dos rond Et dans son ronron Se moque; Je vois le moment Où le garnement Te croque.— 3 — — 5 — — 6 — Lorsque, sans souci, Tu ronges ainsi Les chiffes, Le traître discret Aiguise en secret Ses griffes.Las! tu te débats, Tu tiens mur eau bas; Qu’importe Le cruel plus fin Pour calmer sa faim T’emporte.Enfants, ayez soin De vous tenir loin Du vice! En celui qu’il mord Aussitôt la mort Se glisse.La Langue Française au Canada par Henri Bourassa.—Imprimerie du Devoir, 42 rue St-Vincent, Montréal.Prix 15 sous.Cette jolie brochure renferme le discours que M.Bourassa prononça au Monument National, le 19 mai, 1915.Dans ce discours, M.Bourassa a traité à fond des droits, de la nécessité et des avantages de la langue française.C’est un document qui mérite d’être lu et conservé.Le Code Catholique, ou Commentaire du Catéchisme Provincial.La nouvelle édition du Code Catholique ou Commentaire du Catéchisme provincial, par M.l’abbé D.Gosselin, est actuellement en librairie, au même prix que l’ancienne.Elle est bien une édition légèrement abrégée, modifiée, et surtout mise au courant des récents décrets romains.Ainsi, elle mentionne ce qu’il importe de savoir sur la communion des enfants, sur le minimum de connaissances qui leur suffit, sur la communion des malades alités, sur l’Extrême-Onetion qu’il est licite—en certains cas—de recevoir plusieurs fois, sur les conséquentes du décret L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 313 uNe temere”.Cette théologie populaire, claire, précise et laconique, comme sait l’être la plume de l’auteur, les simples fidèles sont tenus de la connaître aussi bien que le clergé.Sous la rubrique “à lire seulement,” on saura apprécier des renseignements qu’il est permis d'ignorer, bien que, pratiquement parlant, ils soient fort utiles.La Guerre Allemande et le Catholicisme.—Ouvrage publié sous la direction de Mgr Alfred Baudrillart, Paris, chez Bloud et Gay.Document historique de la plus haute importance, où la brutalité des Allemands et leur haine du catholicisme sont mises à nu.Le rôle catholique de la France dans le monde y est aussi admirablement démontré.La Femme au Foyer, par Mgr J.Tissier, évêque de Châlons.Un volume in-12 de XX-322 pages.Prix: 3 fr.50.“Ce n’est pas un manuel de piété, mais un code pratique de morale domestique.Presque toutes les questions qui touchent à la vie personnelle des femmes et à la vie intime, au foyer, des épouses et des mères y sont étudiées et y reçoivent, en trois séries de conférences, une solution chrétienne.U introduction rappelle d’abord aux femmes leurs graves responsabilités générales.Sous le titre d’Attitudes mer aies, la première partie est une analyse et une peinture des mœurs féminines considérées dans leurs traits contemporains les plus saillants, comme on le verra par le titre des neuf conférences (1.L’indifférence.2.La faiblesse.3.La crainte.4.Le calcul.5.La douleur.6.La force.7.La beauté.8.La bonté.9.La religion)—Une deuxième série: Les Attitudes morales au foyer, expose plus spécialement les joies, les déceptions, les conflits, les devoirs et les vertus de la vie conjugale (1.L’espérance.2.Les déceptions.3.Le respect.4.Les conflits.5.Le support.6.La susceptibilité.7.Les égards.8.La lassitude.9.L’attachement.)—La troisième partie, consacrée aux Péchés actuels de la famille, montre la part habituelle qu’y ont les femmes et les mères, avec le rôle qu’elles pourraient jouer pour les guérir.” (1.La religion.2.L’égoïsme.3.Le bien-être.4.L’indiscipline.5.La partialité.6.L’ambition.7.L’abstention-isme.8.Le scandale.9.La dispersion.) En vente à la librairie Garneau, 6 rue Buade, Québec.Méditations sur le Chemin de la Croix, par l’abbé H.Perreyve.—17e édition 1915.In-32, prix: 1 franc; relié toile 1 fr.60.Ces méditations, si remplies de chaleur et d’onction chrétienne, de l’apostolique abbé Perreyve, sont suivies de l’Exercice du Chemin de la Croix du bienheureux Léonard de Port-Maurice, de diverses prières, dont une série pour l’assistance au saint Sacrifice et de réflexions pieuses sur des psaumes, sur le chapitre LUI d’Isaïe et sur la Passion.En vente chez J.P.Garneau, libraire, 6 rue Buade, Québec.De la Connaissance de l’Ame, par R.P.A.Gratry.—7e édition, 2 vols in-12.Prix: 7 fr.50.Cette septième édition est appelée à avoir elle aussi le même succès que celles qui l’ont précédée.Ce serait téméraire de vouloir louer un ouvrage qui a eu un si grand retentissement dans le monde ami et désireux de la science qui conduit à Notre-Seigneur Jésus-Christ.Le R.P.Gratry cherche avant tout dans ses livres à mener les âmes à Dieu et dans cette étude de l’âme il tend constamment à ce but.Chaque volume comprend trois livres: Le premier est consacré à la connaissance de l’âme comparée à Dieu et au corps.Le second étudie l’âme et le troisième parle des trois puissances de l’âme.Le second volume comprend aussi trois livres.Le livre quatrième explique la transformation de l’âme par le sacrifice.Dans le livre cinquième consacré à l’immortalité se trouve l’intéressante étude sur le lieu de l’immortalité, au sujet de laquelle le R.P.Gratry soumet ses idées au jugement de l’Église, et où l’on trouve des aperçus neufs et piquants.Le livre sixième parle de la mort et se compose de deux chapitres: l’automne et l’hiver.Ce simple et rapide résumé des matières contenues dans la Connaissance de l’Ame, suffira pour faire comprendre quel intérêt cette publication comporte, puisqu’elle émane de la plume si fine et si attachante du R.P.Gratry.In vente à la librairie Garneau, 6 rue Buade, Québec. 314 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Lettres du R.P.Lacordaire à des Jeunes Gens, recueillies par M.l’abbé Perreyve.Nouvelle édition 1915.In-32 de 470 pages.Prix: 1 franc.En vente à la librairie Garneau, Québec.Dans une introduction d’une cinquantaine de pages, M.l’abbé Perreyve dépeint le caractère de celui dont il fut l’ami et le confident.Il met surtout en relief la figure du prêtre si zélé pour le salut des âmes et si convaincu de la valeur de la souffrance.Mais cette introduction n’est qu’un pâle reflet de l’âme véritable du P.Lacordaire, âme qui se révèle avec toute sa richesse et toute sa délicatesse à travers cette série de cent vingt lettres.Tous les sujets y sont touchés depuis les questions de dogme et d’apologétique jusqu’aux incidents d’une candidature à l’Académie.Toujours Lacordaire apparaît vraiment homme de Dieu.Aussi un éducateur trouvera-t-il dans ce livre une riche mine de leçons personnelles et d’exhortations à l’adresse de la jeunesse.(Apôtre de Marie.) On a bien fait aussi de donner à nouveau ce recueil de lettres du P.Lacordaire si sacerdotales, si attachantes, si affectueuses: elles ont fait du bien, elles en feront beaucoup encore.(Romans-Revue.) Paraboles Évangéliques, par le P.A.Roussel.Prix: 1 franc; cartonné, 1 fr.50.En vente à la librairie Garneau.Ces commentaires prennent dans leur texte traditionnel vingt-six des plus belles paraboles de l’Evangile.L’auteur les situe, puis en dégage le sens exact et en détermine la portée morale et pratique.Toutes les âmes religieuses qui aiment à se repaître de la lecture de l’Evangile seront heureuses de trouver en ce petit livre une explication aussi sûre que substantielle des passages les plus riches de doctrine et les plus admirables du Nouveau Testament.Si M.Roussel se garde avec soin de l’imagination et de la fantaisie, s’il s’appuie sur l’histoire, la tradition, l’enseigne ment de l’Église le plus authentique, ses commentaires n’en sont pour autant ni secs, ni sévères.Un cœur bien chaud les anime de sa profonde piété; et la plume experte qui les écrivit a su les mettre à la portée de toutes les intelligences.Les catéchistes, les instituteurs, les institutrices qui ont à expliquer ces paraboles, à en tirer une leçon morale et religieuse, tireront un profit spécial de la lecture de cet opuscule.Quant aux prédicateurs, ils possèdent sans doute des exégèses d’appareil plus scientifique dans leurs bibliothèques; ils pourront cependant, eux aussi, tirer parti des délicates observations morales, doctrinales et psychologiques de notre collaborateur.Nous souhaitons bon succès à cet ouvrage.En garde Nous mettons nos lecteurs en garde contre les dépêches tendancieuses, à l’égard du Pape, que publient de temps à autre certains journaux canadiens.Il est évident que les ennemis de l’Église veulent faire jouer un rôle odieux à Sa Sainteté Benoît XV, durant la terrible guerre, qui cessera, Dieu sait quand.Soyons tranquilles: le Vicaire de Jésus-Christ parlera et agira dans l’intérêt supérieur des nations actuellement aux prises; et il ne demandera à aucun peuple de sacrifier ses droits légitimes.La librairie G.Ducharme M.G.Ducharme [a'su’uréer la librairie canadienne par excellence.Sa librairie renferme les ouvrages canadiens les plus rares.On peut aussi s’adresser à M.Ducharme pour compléter une collection de L'Enseignement Primaire.Adresse: 245 rue Fullum, Montréal, P.Q. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 315 Le rôle glorieux de la France Leçons d’Énergie Un journal hollandais disait récemment l'étonnement du monde devant le réveil de la France: l’étranger l’avait crue morte ou mourante et aujourd’hui il la voit debout, jeune et forte.Cette vitalité de la race française ne s’affirme pas seulement sur les champs de bataille, dans des efforts surhumains, tels qu’aucune autre guerre n’en demanda jamais; elle apparaît jusque dans la continuation tranquille et vaillante du labeur quotidien, malgré la guerre et ses angoisses.C’est ainsi que, la semaine passée, l’Institut catholique de Paris faisait, à sa date ordinaire, comme en temps de paix, sa rentrée annuelle.La foule des étudiants, ecclésiastiques et laïques, était nombreuse, au moins relativement.C’est que beaucoup de ces étudiants étaient venus des pays envahis, de Lille, de l’Alsace redevenue française, de Belgique, d’Angleterre; ils remplissaient ainsi une partie des vides faits dans les rangs de la jeunesse catholique par la mobilisation.Par la mobilisation, et aussi par la mort au champ d’honneur, car déjà 122 élèves ou anciens élèves de l’Institut catholique de Paris sont tombés pour la France.Au début de la messe du Saint-Esprit, M.le chanoine Pisani donna lecture de la liste glorieuse, et ces 122 noms sonnaient comme des coups de clairon sous les voûtes de la chapelle des Carmes.A l’Évangile, Monseigneur Baudrillart, l’éminent Recteur de l’Institut catholique, continua éloquemment la haute leçon de force morale donnée ainsi par les morts et par les vivants.La force matérielle scientifiquement organisée prétend être invincible; pour peu que l’on s’abandonne à ses impressions, elle donne presque l’illusion d’un cataclysme de la nature, contre lequel l’homme demeure impuissant; il n’y a qu’une arme contre cette force matérielle; c’est l’énergie morale.Jamais cette énergie, dont tant de maîtres, tant d’étudiants de l’Institut catholique ont donné l’exemple, ne fut chez nous plus commune et plus superbe qu’en cette guerre.Elle est, elle sera victorieuse de toute la puissance matérielle, de toute l’organisation scientifique de cette puissance.Mais cette force morale elle-même a besoin d’être préparée; elle vient de plus loin et de plus haut que nous: voix de la terre natale, voix des ancêtres, voix du Christ.Toutes ces voix résument la civilisation chrétienne; elles disent quel est le but à atteindre.La route qui y conduit c’est une préparation professionnelle et technique, une préparation intellectuelle générale, une préparation morale.Ainsi l’homme est prêt à vivre utilement et, s’il le faut, à mourir noblement.En terminant, l’éminent orateur qui est en même temps un savant historien, se souvient opportunément d’une autre génération, également décimée, la génération de 1815; il lui compare celle d’aujourd’hui et il s’écrie: “Parmi ceux qui survivent et parmi ceux qui montent—je parle de ceux qui sont capables de donner le ton au reste de la nation—n’y a-t-il pas autant, peut-être plus de croyants ardents et eonvaincus que n’en comptaient l’aristocratie et la bourgeoisie de 1815?La patrie et l’Église mettent en eux leur confiance et leur espoir.“La terre de France, remuée à fond, est prête à recevoir la semence.Fils des Croisés, vous aussi, soyez résolus et soyez prêts à la verser dans son sein: semence de force, semence de vérité, semence de vertu.” Où faire relier “L’Enseignement Primaire” M.Jérémie Richard, relieur, 31 rue Sault-au-Matelot, Québec, relie U Enseignement Primaire à un prix modéré.Le travail est bien exécuté et les commandes remplies avec célérité. 316 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Notre langage Deux nouveaux ouvrages par l’abbé Etienne Blanchard, auteur’ du uDictionnaire de bon langage-.'” 1000 mots illustrés et Catalogue de -philologie.Dans 1000 mots illustrés, brochure (112 p., 8 x 5.5 pcs) d’un genre tout à fait nouveau, un millier d’objets usuels sont étiquetés de leur nom véritable.A la fin, une table alphabétique permet de trouver facilement la gravure en cherchant les noms soit français, soit anglais, soit vulgaire de l’objet.Les maisons d’éducation peuvent l’employer tout à la fois comme dictionnaire, aide-mémoire ou leçons de choses.L’explication des gravures fera acquérir aux élèves une foule de connaissances pratiques.Prix de l’ouvrage, 25 sous; port 4 sous.Catalogue de philologie Ce catalogue (40 p., 10x7 pcs) est publié par le Comité permanent des Congrès de VEnseignement secondaire de V Université Laval.Il a pour but de diriger les philologues dans l’étude à fond de la langue française et il indique les prix, les noms des éditeurs, etc., d’une foule de livres rares et peu connus qui seraient très utiles aux studieux et aux bibliophiles désirant enrichir leur bibliothèque d un rayon spécial de philologie.—Prix: 25 sous; franco 27 sous.Se procurer cet ouvrage en s’adressant aux libraires ou à l’auteur, l’abbé Blanchard, Presbytère Saint-Jacques, Montréal.Prix spéciaux à la douzaine et au cent.Enseignement de l’histoire sainte Sujet traits par Mlle Blanche Gobeil, devant le Cercle pédagogique de l’Ecole normale de Valleyfield (mars 1915) Avant de tracer la marche à Suivre pour les premières années du cours, je dirai un mot des tableaux d histoire sainte dont l’usage, au début de la leçon, a été parfois blâmé.Evidemment, disent les experts, on a eu tort.Dans les classes intérieures, tout au moins, le tableau doit être utilisé avant, pendant et après l’exposé fait par la maîtresse.Avant, c’est l’appât le plus sûr pour capter l’attention.Qui ne connaît l’attrait de l’enfant pour les images ?Quoi de mieux alors que d’utiliser cette disposition et de préparer une audition fructueuse parce qu’éclairée du récit.Pendant : La gravure soutient l’attention surtout si la maîtresse a soin de préciser, en les montrant sur l’image, les principaux détails de l’exposé.Après: Elle aide puissamment les élèves dans les exercices de catéchisme et de reproduction du récit.S ils hésitent, il suffit de montrer le détail sur l’image pour que le souvenir se ravive immédiatement.Ces courtes observations justifient le recours au tableau pour chaque partie de la leçon, dont voici l’ordre logique.D’abord, une courte interrogation sur la leçon de la veille, suivie d’un préambule annonçant celle du jour.Vient alors l’analyse ou étude du tableau placé de façon à être aperçu de tous les élèves.Après l’avoir considéré quelques instants en silence, aidés de la maîtresse, ils recherchent les personnages principaux, puis les secondaires, donnant à chacun l’attention proportionnée à leur importance; ils trouvent aussi les circonstances de temps et de lieu; et la maîtresse met en relief les détails qui évoquent plus directement le fait et donnent l’intuition de la doctrine à déduire.L’analyse terminée, on passe à la synthèse ou exposition du fait historique, évitant de laisser le tableau absolument de côté, et de surcharger le récit de détails qui en feraient perdre la suite même. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 317 Au moyen de questions bien conduites, les enfants sont alors amenés à reproduire ce récit, et l’on procède à l’étude de la doctrine renfermée dans le sujet; le cas échéant, on prépare l’explication des questions du catéchisme qui exposent cette doctrine.La morale vient alors clore la leçon; tantôt, elle est déduite par les élèves eux-mêmes, tantôt, elle sort toute chaude du cœur enflammé de l’institutrice, qui l’a fait courte, solide, appuyée sur des motifs sérieux et concluants.Le mérite de ces déductions ressort de trois qualités: elles doivent être courtes, incisives, naturellement amenées.En 3e et en 4e années, l’intelligence et le jugement se sent fortifiés chez les élèves, ils sont à même, en règle générale, de suivre assez facilement le développement de ces belles et captivantes biographies dont la Bible est remplie ; il n’est pas impossible alors de faire apparaître à leurs yeux, chemin faisant, les trois phases progressives de la révélation divine: les phases patriarcale et mosaïque comme préparation, la phase chrétienne comme couronnement.La marche de la leçon est à peu près analogue à celle des divisions précédentes.Mais on apporte plus de soin dans l’exposé du fait qui exige de la chaleur, de la vie, du coloris, sans luxe de détail pourtant et sans exagération; une charmante simplicité doit régner partout : la vérité n’aime pas les allures théâtrales.Si le récit cache sous son enveloppe historique une vérité importante de dogme ou de morale, on a soin de la dégager et de la rendre apparente aux yeux des enfants; on fait appel au catéchisme si cette vérité y a déjà été rencontrée par les élèves.Mais ceci ne doit pas absorber trop de temps; le côté moral de la leçon importe trop pour être omis ou écourté.La leçon se termine par l’imposition d’un devoir, qui peut être l’étude du texte dans le livre, le développement du canevas, un rapprochement avec le catéchisme ou même le tracé d’une carte.Si elle s’adresse à deux divisions, il convient de varier le devoir pour chacune.Bibliothèque pédagogique Histoire de saint Jean-Baptiste de La Salle.—Par Yabbé J.Guibert.Livre admirable racontant la vie d’un des plus grands éducateurs qu’ait connus le monde.En vente à la librairie Garneau, rue Buade, Québec.$1.50; franco par la poste $1.65.La Bonne Maîtresse ou Conseils Pédagogiques, par M.l’abbé J.-O.Cliche, vicaire à Ste-Perpétue, Co.de L’Islet, P.Q., 1915.Petit recueil à l’usage des institutrices des écoles rurales.L’Auteur, un ancien élève de l’École normale Laval, a fait œuvre vraiment utile en rédigeant cet opuscule, qui renferme des conseils aussi pratiques que sages.Guide pour les Leçons Orales de Géographie—Par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.—Montréal, 1915.Petit recueil illustré de vingt-quatre leçons orales de géographie pour les élèves de première et de deuxième années.Ces leçons ont été expérimentées à l’École normale des filles de Montréal.Elles rendent de précieux services aux élèves-maîtresses et aux jeunes instituteurs.S’adresser à la Directrice de l’École normale des filles, coin des rues Atwater et Sherbrooke, Montréal.Dessin.—Explication du Programme—Par une Religieuse des SS.NN.de Jésus et de Marie, Hochelaga, 1914.Une dévouée Religieuse, professeur de dessin, a eu l’heureuse idée^de mettre en brochure une Explication du programme de Dessin, fruit d’une longue expérience.Cette brochure est illustrée à profusion, ce qui donne un caractère très pratique au manuel.S’adresser à l’École normale de Valleyfield.Aux prières Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l’âme de M.J.-T.Molleur, inspecteur d’écoles, de St-Hyacinthe, Rouville et Bagot depuis le 1er septembre 1899, décédé à St-Césaire, en décembre dernier. 318 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La paroisse La paroisse est ce coin de terre qui nous paraît le plus beau du monde, parce que les liens les plus doux et les plus forts nous y rattachent, parce que c’est là qu’est la maison paternelle.L’enfant y grandit en s’imprégnant les yeux de ses paysages, dont l’image ne le quitte plus, et qui lui serviront désormais de terme de comparaison pour apprécier, partout où il ira, les beautés de la nature; tout naturellement, il dira alors: c’est moins beau que chez nous, ou, c’est aussi beau que chez nous, mais très rarement, sinon jamais, c’est plus beau que chez nous.La force des souvenirs d’enfance est si grande qu’elle peut faire un lieu enchanteur du plus ordinaire des hameaux; et, même dans ce cas, l’âme a raison d’ennoblir les choses, puisque rien n’est si beau que l’endroit de la terre où un père et une mère ont travaillé et souffert pour nous.Mais la paroisse est surtout le lieu de la terre où l’homme s’inscrit pour le ciel.Dès qu’on a mis son nom au livre de la vie chrétienne, il commence à faire partie de la grande famille paroissiale, et aussitôt qu’il est devenu capable de se nourrir, le père des âmes lui rompt le pain de la doctrine en miettes substantielles.Quand il se l’est bien assimilé, et que'**n intelligence fortifiée a pu regarder en face le mystère de sa destinée immortelle, il est admis à manger le pain sacramentel, qui est Jésus-Christ lui-même, et, après avoir été confirmé dans sa foi par les dons du Saint-Esprit, il est prêt à s’avancer sur le chemin de la vie.Quels que soient les obstacles qu’il rencontre sur sa route, le chrétien ne devra jamais oublier les liens surnaturels qui l’attachent à sa paroisse, et il saura le prouver par sa conduite.Le chrétien devra se faire, d’abord, un devoir d’assister aussi régulièrement que possible à tous les offices du dimanche, messe et vêpres, dans l’église de sa paroisse.Il doit le faire pour sa sanctification et pour son instruction propre, non moins que pour donner l’exemple.Le dimanche est le jour consacré à Dieu, et il faut que les actes du chrétien prouvent, ce jour-là, qu’il comprend et qu’il sait observer la loi divine.Tout en sachant bien que l’assistance aux vêpres n’est pas d’obligation grave, comme l’assistance à la messe, le bon paroissien ne fera guère de distinction entre l’une et l’autre, et il ne croira avoir complètement sanctifié le jour du Seigneur qu’après avoir assisté à la messe et aux vêpres.Le vrai chrétien se reconnaîtra encore, dans la paroisse, à son esprit de soumission et à sa charité.Les désirs de ses supérieurs ecclésiastiques seront des ordres, et son respect de l’autorité en tout ne contribuera pas peu au règne de la paix et de la bonne entente dans la grande famille paroissiale, dont il aura le bon renom à cœur.Sa charité le rendra serviable à tous et lui fera faire, au besoin, le sacrifice de ses opinions personnelles, quand celles-ci pourront être un sujet de discorde.En ces circonstances, il saura montrer, par sa conduite, qu’il aime réellement sa paroisse et qu’il n’est pas prêt à en sacrifier les intérêts à son amour-propre, comme cela s’est fait malheureusement plus d’une fois, chez nous, au détriment des âmes.Le chrétien rendra à sa paroisse tout le bien qu’il en a reçu, surtout s’il donne aux œuvres sa coopération zélée, s’il se fait apôtre.Des apôtres! Voilà ce que l’Église demande plus que jamais aux fidèles, en ces temps troublés où des associations, les unes antichrétiennes, les autres neutres, groupent contre l’Église un si grand nombre d’hommes et tendent à neutraliser le ministère du prêtre.Pour réagir contre cette action néfaste, il faut, dans chaque paroisse, de ces laïques dévoués et éclairés qui sachent être, pour leur pasteur, des auxiliaires précieux dans l’organisation et le maintien des œuvres de tempérance et de presse catholique, des associations de jeunes gens; il faut des paroissiens qui soient, en un mot, des apôtres de l’action sociale catholique.Pour nous, Canadiens français, la paroisse est le grand centre de ralliement religieux et national: elle a gardé notre foi, elle a sauvé notre race, et si nous lui restons toujours fidèles, la paroisse assurera notre avenir.(La Semaine Religiense, de Québec.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31© Nouveaux inspecteurs d’éeeles Par arrêté en conseil en date du 3 novembre 1915, M.A.-B.Charbonneau, professeur, a été nommé inspecteur d’écoles en remplacement de M.H.Prud’homme, décédé.Par arrêté en conseil, en date du 17 novembre 1915, M.Noël Gingras, instituteur, a été nommé inspecteur en remplacement de M.J.-A.Chabot, transféré au nouveau district de Kamou-raska-Témiscouata, Nos félicitations et meilleurs souhaits aux nouveaux titulaires.^elsyion—Littérature—Pédagogie Nos lecteurs trouveront à la Librairie J.-A.Charbonneau, 189 rue Notre-Dame, Trois-Rivières, un choix de livres sur l’ascétisme, l’apologétique, la littérature (histoire et romans choisis) et l’éducation.Aussi des images religieuses de toutes les dimensions et variétés.On trouvera aussi à la librairie Charbonneau VAlmanach des Trois-Rivières (5e année) pour 1916 et le Calendrier des diocèses des Trois-Rivières et Nicolet.Pensée L’Ami Sincère L’ami sincère est celui qui vous tend la main quand tout le monde vous abandonne.Qui pleure avec vous quand le monde rieur s’éloigne de vous.Instituteur en disponibilité Un instituteur porteur d’un diplôme anglais et français, six ans d’expérience, pouvant fournir de bonnes références, offre ses services.S’adresser à Boîte 42, Chapeau, P.Q.Bureau central (errata) Mlles M.-LseForest et M.-Alice Brossard ont obtenu le diplôme académique français avee distinction et non d’une manière satisfaisante, tel que publié par erreur.Lire “Cassan Cyprien” et non “Cassau Cyprien”, qui a obtenu un diplôme académique (Saint-Hyacinthe, 1915).Feu 8.G.ftlgr Lorrain Nous recommandons aux prières de nos lecteurs l’âme de feu Mgr N.-Z.Lorrain, premier évêque de Pembroke (1898).De 1881 à 1898, Mgr Lorrain fut Vicaire Apostolique du vicariat de Pontiac.Mgr Lorrain naquit à St-Martin, Co.de Laval, le 3 juin 1842.Il fit ses études au collège de Ste-Thérèse, fut ordonné prêtre en 1867 et consacré sous le titre d’évêque de Cythère en 1882, avec charge du Vicariat apostolique de Pontiac.Mgr Lorrain était membre du Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DEPARTEfelENI DE L’iNSTRUCTiON PUBÜQÜE ARRÊTÉS EN CONSEIL (D’après la “Gazette officielle” de Québec) Délimitation de Municipalités Scolaires Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a détaché de la municipalité scolaire du Lac Noir, dans le comté de ITslet, les Nos 1 à 29 inclus du rang “A” canton d’Ashford, 1 à 24 inclus du rang “A” canton Fournier, plus 1 à 21 inclus du 5e rang, plus 1 à 43 inclus du 6e rang, tous du dit canton Fournier et a annexé tout ce territoire à celle d’Ashford, comté de l’Islet.Cette annexion a pris effet le 1er juillet 1915.Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a détaché de la municipalité scolaire de Wright, dans le comté d’Ottawa, les lots Nos 15 du rang “D” et 16 du rang “C” du canton de Wright et les a annexé à celle de Northfield, même comté.Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 26 juin 1915, a détaché.1.De la municipalité scolaire de Saint-Damien, dans le comté de Berthier, les lots Nos 64,65, 67, 68 et 69 inclus du 8e rang du cadastre officiel de la paroisse de Saint-Damien-de-Brandon.2.De la municipalité scolaire de Saint-Gabriel-de-Brandon, même comté, concession Saint-Augustin, les lots Nos 114 à 134 inclus, 93, 93/, 93g, 93h, (concession Saint-Norbert), 1, 2a, 2b, 3a, 3b, 4a, 4b, 5a, 5b, 6 (1er rang sud ouest Peterborough), et a annexé tout ce territoire à celle de Mandeville (Saint-Charles).Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a détaché: 1.De la municipalité scolaire de Berthier, dans le comté de Berthier, les lots Nos 651, 655 à 666 inclus du cadastre officiel de la paroisse de Sainte-Geneviève de Berthier.2.De la municipalité scolaire de La Véren-drye, même comté, les lots Nos 441 à 444 inclus du cadastre officiel de la paroisse de la Visitation de l’Ile-du-Pads, et a annexé tout ce territoire à la municipalité scolaire de l’Ile du Pads.Érections de Municipalités Scolaibb* Le Lieutenant-Gouverneur en «onseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a érigé en municipalité scolaire pour les protestants seulement sous le nom de “Coleraine and Thetford”, tout le territoire compris dans le canton de Coleraine comprenant la ville de Black Lake, et tout le canton de Thetford, comprenant la cité de Thetford Mines, tous situés dans le comté de Mégantic.Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a érigé en municipalité scolaire le rang de la Pointe-aux-Outardes et le rang de la Rivière aux Outardes, dans le canton Manicouagan, à l’est de Bershnis, dans le comté de Saguenay, sous le nom de “Pointe-aux-Outardes”.Ce territoire n’appartient à aucune municipa-lité scolaire.Cette érection a pris effet le 1er juillet 1915.Le Lieutenant-Gouverneur en conseil, par arrêté en date du 25 juin 1915, a détaché de la municipalité scolaire de Sainte-Thèele, dans le comté de Champlain, tout le territoire ci-après décrit, comprenant le tiers longitudinal nord-est du lot No 73 du cadastre officiel de la paroisse de Sainte-Thèele, rang “B” sud, et les lots Nos 74 à 84 inclus, aussi dans le rang “B” sud, plus le lot No 85 du même rang, moins les emplacements situés au nord du terrain occupé par la fabrique de Sainte-Thèele, plus le lot No 86 aussi du même du même rang “B” sud, moins tous les emplacements situés au nord du petit lac à la Mousse, coupant transversalement le dit lot No 86, plus les Nos 87 à 89 inclus du dit rang “B” sud, ainsi que les Nos 22 à 26 du cadastre de Sainte-Thèele, pour le rang Saint-Georges, et a formé de tout ce territoire une municipalité scolaire distincte, sous le nom de Sainte-Thèele, village, l’autre partie devant à l’avenir être désignée sous le nom de Sainte-Thèele, paroisse.Cette érectibn a pris effet le 1er juillet 1915. Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) blanche(s)
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